Post n°1
Auteur : Synar
le cristal et la femme, qui tourna des yeux doux vers lui. Il pris peur, mais ne put bouger, son corps comme totalement glacé. Celle-ci retourna alors son regard vers son ami, et plaça doucement son cristal sur le front du jeune homme. Il vit ses lèvres bouger, mais aucun mot n'en sortait. Il tourna à nouveau la tête, s'envolant vers un autre fanal, le bruit de ses battements d'ailes brisant le silence nocturne. Il se posa à nouveau, sans un bruit, et regarda à nouveau la scène.Une flamme naquit au niveau du cristal, alors éloigné du front du jeune homme. La femme semblait sourire, et il essaya… mais son bec ne bougea pas d'un pouce. Il ressentait le calme de son ami, et cela l'apaisa. Ce dernier se mis à nouveau à genoux, et se tourna vers l'assemblé. Il était serein, dans son corps et dans son âme. Il avait d'étranges vêtements, mais il n'y prit pas garde, et regarda calmement toutes les silhouettes présentes, alors qu'un nouveau bruit troubla le calme :« Raeven, te voilà rebaptisé selon les préceptes de notre Ordre. Puissent tes pas te conduire vers l’Équilibre, et ta sagesse illuminer toutes les torches éteintes. Lève-toi, et profite de ta renaissance ! »L'homme dont provenait le son avait les bras écartés, et il regarda calmement toutes les personnes s'éloigner du lieu de la cérémonie. Des minutes passèrent, et il prit son envole pour rejoindre son ami, en piaillant de bonheur. Le nouveau nommé Raeven se tourna, et tendit sa main vers le volatile, qui se posa sur le doigt, en le saisissant de ses pattes.« Je savais que tu étais ici. Je t'ai sentit et entendu tout à l'heure, excuse-moi de ne pas t'avoir répondu... »Il lui répondit en ouvrant le bec, un léger son strident sortant de celui-ci. Raeven rit, avant de reprendre :« Tu es en très bonne santé, à ce que je vois. Cela me fait plaisir de te revoir, ta curiosité m'a beaucoup manqué » lâcha t-il, amenant l'oiseau jusqu'à lui, afin de le caresser de l'autre main.Le volatile se laissa faire, cherchant de lui même le contact. Raeven leva son regard au ciel, et sourit à l'astre lunaire, l'oiseau suivant son regard. Son ami lui dit :« Tu vois… un jour, les humains comprendront ce qu'ils loupent, ce qu'ils gâchent, à vouloir ainsi s'entre-tuer… Un jour, peut-être parviendront-ils à l'illumination qui nous a tous touchés ici… »Il soupira calmement, avant de se diriger vers l'escalier qui lui permettrait de regagner les locaux de son Ordre...SpoilerChapitre troisième : L'ExilLes bottes martelaient le sol de ce sentier de terre, que la pluie torrentielle de la veille avait rendu boueux. A chaque pas giclait, de chaque côté, le liquide pâteux et brun, souillant les chausses de la troupes qui s'aventuraient, à allure modérée, par ici. Ils avaient tous l'épée au côté, et le tintement métallique de leurs cottes de mailles étaient la seule chose que l'on pouvait entendre lors de cette nuit sans lune. De la quinzaine d'hommes, quelques-uns semblaient porter des torches afin d'éclairer d'une lueur presque spectrale la nuit noire, mais tous étaient armées jusqu'aux dents : Fouets, crucifix, arbalètes et lames en tout genre. Leurs manteaux longs et leurs chapeaux, d'un cuir sali, craquelé par le temps et les intempéries, et cirés, semblaient faire glisser les trombes d'eaux qui tombaient alors du ciel. L'un d'eux, au visage cicatrisé, buriné, semblait néanmoins avoir des armes, et des vêtements, bien plus neufs, alors que l'épée qui pendait à sa droite avait un aspect bien plus aiguisé et tranchant que celles de ses comparses. Il leva la main, et la totalité de la troupe se stoppa derrière lui, dans un silence mortuaire. L'un de ses hommes trottina jusqu'à lui, et sortit de sous son manteau un morceau de parchemin, qu'Il arracha d'un geste rageur, et déplia sans la moindre retenue. Il pointa un point de son doigt ganté, et leva son regard de la carte.Sa barbe, d'un blond cendré pigmenté de gris, était longue de quelques jours, et son nez, rougit par la fraîcheur nocturne de cette nuit d'automne, avait un aspect crochu. Son œil droit, vert comme l'émeraude, brillait d'une lueur funeste, accompagnant son sourire pervers dans la besogne qu'il allait accomplir. Finalement, son cache œil, cousu dans un tissu noir, lui bandait l’œil gauche. Dessus, on pouvait clairement voir brodée cette fameuse croix, la croix rouge, la croix des Inquisiteurs. Voilà longtemps que lui et sa bande n'avait plus de réelles missions à accomplir pour le compte de sa Grandeur le Pape, aussi s'étaient-ils installés dans les villages par lesquels ils passaient. Il se souvenait encore de ce forgeron, qui avait généreusement accepté de reforger une lame digne d'un inquisiteur. Il s'était débrouillé pour le faire juger coupable d'hérésie, et le pauvre homme fini pendu haut et court en place publique, alors que sa bourse avait conservé quelques généreuses pièces. Il esquissa un sourire macabre au souvenir de cette douce journée. Brûler quelques innocents lui permettait de ne pas perdre la main pour les véritables nécessités.Et le jour était venu. Alors qu'il avait reçu un édit papale, aucun doute possible là-dessus. Ses hommes et lui allaient reprendre du service dans ce qu'il savait faire le mieux, la chasse aux sorcières et aux démons. Voilà des mois que l'on surveillait cette cabale, et on en avait enfin trouvé le lieu de culte. Il fallait simplement leur apporter le pardon divin. Cette pensée lui parcourue l'échine d'un faible tremblement, alors que ses réflexes, qui ne l'avaient jamais vraiment quittés, commençaient à revenir. Il se souvenait de tout ses précédents ''contrats'', alors qu'il arrachait à des familles les personnes les plus importantes. Mais peu lui importait. Elles avaient été jugées coupables de trahison envers l’Église, et lui n'était que le berger qui ramenait le troupeau à la raison… par l'élimination de quelques têtes grises. Il jeta alors la carte qu'il tenait en main, qui alla se noyer dans une profonde flaque d'eau croupie, et reprit sa course, faisant signe à sa compagnie de le suivre, piétinant au passage le pauvre papier. Peu lui importait désormais. Il pouvait sentir l'odeur de la corruption, l'odeur du démon. Il courrait allègrement au milieu des arbres qu'il ne voyait pourtant qu'à moitié, sans aucun bruit. Il s'approcha alors d'un petit bosquet, non loin d'une étrange arche, et fit signe à sa troupe de se cacher. Il irait s'occuper des deux gardiens… seul. Et en un éclair, il sortit des fourrés, alors que les deux silhouettes encapuchonnées tendirent vers lui des lances de bois et de silex :« Qui va-là ? » lança l'un d'eux.« Un simple voyageur égaré. Je demande le gîte et le couvert pour la nuit… Ayez bon cœur... » Et les deux gardiens baissèrent leur garde, le moment parfait pour agir. D'un geste rapide, il dégaina lestement, tranchant la gorge de l'un des deux hommes, étouffant au passage ses cris, qui auraient pu alerter ses pairs. L'autre regarda le bout de sa lance, littéralement tranché, d'un regard incrédule. Il voulu hurler, mais un poing vint rencontrer sa mâchoire, qui se disloqua littéralement sous la puissance de l'impact. Roulant alors au sol, incapable de parler et d'émettre le moindre son, il se sentit lever par les deux bras, et traîné jusqu'à l'homme qui avait demandé asile. Ce dernier, essuyant son épée avec un pan de la robe de son confrère, le regarda dans les yeux, et lâcha, d'un ton cruel :« Tu reconnais ce symbole, n'est-ce pas ? Tu sais qui nous sommes. Alors pas besoin de te dire ce que nous allons faire à tes amis… »Il claque des doigts, et une torche s'approcha de la robe, qui prit rapidement feu. Les yeux du pauvre homme semblait luire d'une aura qui demandait pourquoi, alors que son corps rôtissait peu à peu. En tendant l'oreille, il était même possible d'entendre les couinements de douleurs du gardien, qui ne pouvait assister qu'impuissant à sa propre mort.L'Inquisiteur se leva, et s'engouffra alors dans la tanière des hérétiques, suivit de très près par ses hommes. ''C'est comme lâcher un furet dans un terrier de lapin'' pensa t-il, des flammes meurtrières dans l’œil…*** *** ***Ils descendaient calmement, le long de cet escalier qu'ils s'étaient imaginés beaucoup plus court. Depuis plusieurs minutes déjà, ils avançaient dans cette gueule béante vers l'enfer, éteignant à chaque fois les torches aux lueurs bleutées. Quelques-uns d'entre-eux étaient restés en haut, à l'entrée, afin de guetter l'arriver d'éventuelles nouvelles proies. Le Capitaine menait la marche, alors qu'il entendait de plus en plus les activités de cette société secrète, dénigrée et rejetée par Dieu. Il finit par entrevoir le bout de la descente, alors que la lumière semblait s'épaissir à chaque nouveau pas. Il arriva en bas de l'escalier, et y posa un pieds leste, dénué de tout bruit, suivi de près par sa bande. Il fit quelques signes incompréhensibles par ceux qui n'y avaient pas été habitués, et rapidement, une moitié du groupe se scinda dans l'autre couloir. La moisson allait pouvoir commencer. Il continua dans le couloir, et arriva au beau milieu de ce qui semblait être une cuisine. Les femmes ici lâchèrent leurs plats sous la stupeur, alors que le regard froid et cruel du Capitaine les glaça sur place. Puis soudain, un hurlement. Il dégaina sa lame, et la passa au travers de la jeune femme la plus proche, alors que l'autre, saisie par deux hommes, vit sa tête être écrasée par un énorme maillet. Le calme des lieux avaient alors laissés leur place à une cacophonie sans nom, alors que tout le monde à l'intérieur semblait vouloir s'affairer rapidement.Il défonça la porte à coup de pied, et les échardes de bois tombèrent au sol, laissant un trou béant par lequel ses hommes tirèrent quelques carreaux d'arbalètes, suivis de près par d'étranges soufflements, signe que certaines avaient atteint leur but.« Tenez les ici ! » hurla une voix, de l'autre côté.Ils entrèrent, et firent face à une groupe de sept hommes, armés de bâtons lestés, renforcés de fer. La mêlé s'engagea, les lames étaient déviées par les renforts de métal, mais aucun des sectaires n'avaient l'agilité et la fourberie au combat des inquisiteurs, alors que les uns dégainaient des lames de leur manche afin de les planter dans les yeux de leurs adversaires, tandis que d'autres lâchaient des carreaux venus d'arbalètes miniatures qu'ils tenaient dans la main. Le Capitaine tenait tête à trois adversaires à la fois, et les terrassa d'un large moulinet du bras, tranchant aisément veines et membres. La salle fut vidée en quelques instants, alors que de l'autre côté, venant de la direction de l'autre groupe, les bruits de combat faisaient encore rage.« Continuez ! » ordonna t-il à ses hommes. Et ils s'exécutèrent promptement, connaissant l'humeur mortuaire de leur chef lorsque les effluves de sang lui montaient à la tête. Lui s'en alla en trottinant rejoindre l'autre groupe, hurlant un ordre vif, sec, afin que les vigiles descendent, planta trois flèches d'une côté et deux de l'autre. Il comprendrait, mais il ne s'attarda pas à les attendre. Il continua. Le dédale de couloir était long, tortueux, mais à mesure qu'il se rapprochait, il entendait de moins en moins les bruits des armes qui s'entrechoquent. C'est alors qu'il arriva dans une longue pièce. Quatre de ses hommes étaient encore debout, le cinquième au sol, une longue estafilade sanglante coupant le cou en deux, et remontant jusqu'à l’œil gauche, qui ne saignait pourtant pas, semblant littéralement glacée. Il leva les yeux, et vit l'un des condamnés, emmitouflé dans une lourde robe noire comme la nuit. Il portait une lourde et longue faux, au manche cristallin, presque transparent, et à la lame bleue comme la glace. Un fin sourire se dessina alors sur les lèvres du l'homme, qui ne daigna même pas regarder les hommes en face de lui. Ceux-ci se retournèrent, un étrange rictus de peur, d'agonie et de stupéfaction figé sur le visage. Ils tombèrent lentement, souplement, comme foudroyés par la main Divine.C'est à ce moment que choisir les trois hommes que l'Inquisiteur avait appelé pour débouler dans la pièce. Sans un ordre, sans un son, le capitaine se jeta sur son nouvel adversaire, suivit de près par ses acolytes. L'homme à la faux paraît chaque attaque sans difficulté, tournoyant, lançant sa faux dans une étrange rotation, artistique mais mortelle, qui déviait les lames et les carreaux d'arbalète. Il bloqua l'une des lames à l'aide du tranchant de sa faux, et donna un coup sec du manche. L'épée explosa de mille morceau, et une rapide rotation de l'arme funeste décapita un nouvel inquisiteur. Le Capitaine continuait d'asséner des coups qui ne passaient pas, jusqu'à ce que, détournée par les deux autres inquisiteurs, l'attention de l'homme laissa sa garde ouverte. Le Capitaine plongea sur le côté, et lacéra profondément le flanc de son adversaire, qui n'émit aucun son. L'homme fit tournoyer sa faux, et la trajectoire mortelle coupa, littéralement, en deux les deux autres inquisiteurs.« Tu ne me vaincras pas, Hérétique » pesta l'Inquisiteur taciturne.Et le balais de lame reprit. Chaque coup de l'un était dévié ou esquivé par les mouvements de l'autre, et aucun ne semblait parvenir à prendre l'ascendant. Aucun, jusqu'à ce qu'au bout de plusieurs minutes, l'homme en noir se stoppa dans son mouvement, net. Il esquissa un sourire de douleur, et le Capitaine planta son épée profondément dans le ventre de son adversaire. Il se recula alors. Mais l'autre semblait ne pas vouloir mourir. Il reprit son avancé, et le Capitaine n'eut d'autre choix que de dégainer une courte dague, avec laquelle il rivalisait presque aussi efficacement. Il s'abaissa, en pliant ses genoux, et la faux trancha l'air au dessus dans un ''Wooof'' menaçant. Un coup d’œil lui permit de comprendre qu'elle s'était planté dans le mortier qui tenait les briques entres-elles. Il passa de sa position accroupie à une position debout en un éclair, et se jeta sur son adversaire, plantant sa dague dans l'épaule de celui-ci. Son poing alla rencontrer brutalement la tête de l'autre, alors qu'il disait, un ton de folie dans la voix :« Rencontre ton destin, Fouuuuuu ! »L'autre sourit, dévoilant alors une série de dents ensanglantées, brisées, et cracha une épaisse gerbe de sang au visage de l'Inquisiteur, avant de dire :« Nous savions que vous alliez venir… Ceux que vous cherchez sont déjà loin d'ici… Tu arrives encore trop tard, Gregor... »Le Capitaine recula, surpris. Comment cet homme savait qu'il se nommait Gregor ? Qui était-ce ? Pourquoi ?« Réponds- moi ! D'où me connais-tu, Hérétique ?! » hurla t-il en retirant son épée du corps de l'homme au sol. « Réponds-moi, Démon ! Où tu connaîtras une éternité d'agonie pour les péchés que tu as proféré ! »L'homme au sol ne répondit rien, retirant simplement sa capuche, devant le regard plein de haine, d'amour et de compassion de l'Inquisiteur.« Mannfred ? » lâcha t-il, incrédule… avant d'éclater d'un fou rire malade « Tu m'as trahis Mannfred, et n'imagine pas qu'être mon frère te protégera du jugement Divin ! » déclara t-il, avant de trancher la tête de son adversaire, de son frère… de son sang. Ses hommes survivant arrivèrent alors en trottinant, au rapport :« Capitaine, nous n'avons rien trouvé de ce que nous cherchions. Mais plus aucun de ses fous n'est encore en v... »Gregor le coupa, d'un ton fou et rageur :« ALORS RETROUVEZ MOI CES FUGITIFS AVANT QUE JE NE FASSE PASSER VOS CADAVRES POUR LES LEURS !!! »Il rengaina, rageur, et se dirigea vers la sortie...