Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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    Post n°1
    Auteur : Shar'kan Nocturna

    Titre: Libertatem (et Seditio)

    ( Type : Dystopie/Science-Fiction )  
     
      


    Introduction générale: (à compléter globalement)
       


    Spoiler : Géographie: (à compléter)

    République d'Aurora :
        Capitale : Aurora
        Dirigeant : Aeslan Valoran
        Régime : État totalitaire

    Xihan :
        Capitale : Zuo'Zhang
        Dirigeant : Lu Xing
        Régime : État totalitaire.

    République de Saïdan :

        Capitale : Andana
        Dirigeant : Aria Van Khöl
        Régime : République/Démocratie

    Ishval :
        Capitale : Ishval
        Dirigeant : Esval Valesar
        Régime : Principauté.


    Spoiler : Lieux importants: (à compléter)


    - Le Narthex : Genre de temple représentant les intérêts de l’État d'Aurora. Dirigé par le Conseil composé de 7 membres.
    - Palais de la Présidence (Aurora) : Siège du pouvoir autoritaire et exécutif d'Aurora.
    - Hôtel de Saran : Siège du Gouvernement, résidence de Levi Cardigan.
    - L'Arxan : Immense bâtisse imposante siège de l’État Major et quartier général des Juges.


    (Carte à venir)



    Prologue:



    Dans les tréfonds du Narthex, il était là, prisonnier d'une structure quasi cylindrique et métallique étrange. Invisible aux yeux de tous, protégé de l'extérieur, il semblait comme dans un sommeil profond. Il n'attendait pourtant qu'à ce qu'on le réveille.
    Des dizaines de réseaux de fibres optiques incrustés dans le sol reliaient les ordinateurs les plus puissants à cet Arme au centre de la pièce, irradiant le laboratoire de leur lumière écarlate. De temps à autres la lumière s'éteignait, puis s'allumait de nouveau les rayons se dirigeant à chaque fois progressivement vers la structure centrale vers laquelle tout convergeait. C'est comme si on l'alimentait, comme si on la nourrissait. Mais de quoi donc ? Ceux qui le savaient se comptaient sur les doigts de la main.
    Evon était le secret le mieux gardé du Monde.

    Derrière une vitre, dominant la salle, le responsable de l'expérience les mains croisées dans le dos ne cessait d'admirer sa création et ne pouvait guère s'empêcher de l'imaginer en action. Le regard fixe, il ne bougeait pas, ressassant au plus profond de son esprit tout ce qu'il était parvenu à faire pour en arriver là. Evon n'était pas simplement son projet, c'était le reflet de toute sa vie, le fruit de toute sa force, de toute son intelligence. Excitation et impatience se mêlaient étroitement avec  crainte et peur. Sa création attisait ces sentiments, pour la simple raison qu'il ne savait comment il allait la maîtriser lorsque celle-ci se réveillera.
    Y penser lui procura un frisson d'une intensité remarquable, se propageant lentement de sa nuque jusqu'au bas de son corps. Cette sensation d'avoir créé un fléau, Arkam Deloy en était l'homme le plus fier du monde...

    * * *
       

    Le monde allait mal. Les menaces alimentées par Aurora et Xihan sur le territoire d'Orbis attisaient les tensions entre alliés d'un pays, alliés d'un autre et ceux qui ne s'arrêtaient jamais de demander la cessation de ces hostilités. Tout cela pour un petit continent... Mais pas n'importe lequel, Orbis abritait dans son sous sol un milieu propre à la génération d'Orichalcum une matière qui une fois traitée possédait des caractéristiques assez exceptionnelles. Cette ressource,  Aurora et Xihan se battaient pour en avoir le monopole du trafic afin d'alimenter leurs hôpitaux. C'était la mode aujourd'hui de se faire placer des implants chiridiens se prolongeant parfois le long des bras ou même sur les jambes, parce qu'ils amélioraient également la condition physique. Les gens occupaient les cliniques et les hôpitaux pour s'implanter ces choses, des sortes d'organes artificiels d'Orichalcum. Le pire était que beaucoup d’États encourageaient ce geste, sans pourtant avoir le recul nécessaire sur l'implantation de tels objets dans le corps humain. Relativement invisibles et désormais très stylisés, les implants étaient une marque pour reconnaître les gens qui vivaient avec leur temps.
    L'Orichalcum traité et combiné avec d'autres éléments assemblés par l'élite de l’ingénierie avait la capacité de créer une magie artificielle quasiment aussi puissante que celle naturelle que l'on pouvait trouver chez certaines personnes. C'est dans un soucis d'égalité que quelques gouvernements ce sont lancés dans la productions de ces implants. Certains n'étaient pas dupes et se doutaient que l'argument du respect de la Démocratie et de l'Egalité des citoyens cachait derrière un tout autre but. Mais hélas tout restait à prouver. Après tout, rien ne contredisait ces affirmations là, jusqu'à que Aurora affiche sereinement et sans la contradiction du peuple, un pouvoir autoritaire tendant vers la dictature.

    Très habile, le Président Valoran avait justifié ses actes en pointant l'objectif de la conquête d'Orbis, argument idéal pour rassembler autour de lui tout un peuple. L'objectif de la Nation, faire triompher l'idéologie sur laquelle l'éducation de nos enfants était désormais fondée, tout cela était suffisamment fédérateur pour que la population ne s'aperçoive guère du subterfuge d'Aeslan Valoran. Le Président avait un boulevard ouvert devant lui, l'encourageant à continuer sa politique, celle du contrôle et de l'exacerbation du pouvoir personnel.
    Xihan employait les mêmes méthodes, la force en plus. Le Leader de l'Ancien Empire usait de la terreur, et ne cessait de le faire puisqu'il voyait bien que ce stratagème fonctionnait sur sa population. Aurora s'en inspirait d'ailleurs de plus en plus au fur et à mesure du temps. Une police politique créée à la va-vite sans en informer les gens et parfaitement déguisée comme une unité policière banale avait été suffisant pour ne pas attirer l'attention de la populace. La surveillance dans la rue, d'internet, au cœur de sa vie privée. Le temps ne faisait qu'aggraver la situation et plongeait l'ancien modèle de démocratie dans le totalitarisme le plus pur. Et cela avec l'accord du peuple, qui continuait d'approuver le Régime dans les urnes, sans s'apercevoir de la pression faite par le Gouvernement sur les candidats de l'opposition et sur les citoyens même. Opposition qui allait d'ailleurs plonger sous les accusations de Valoran. Traîtrise, communisme, pacte ou arrangement avec les Xihanais, tout était bon pour faire couler le parti adverse au profit du « Parti Démocrate », soit disant le « Défenseur de la République ». La démagogie n'avait jamais dans l'histoire d'un continent était aussi vive et surtout aussi efficace. Effrayant par son efficacité, Valoran avait détruit tout ce qui avait été instauré avant son arrivée avec une habilité déconcertante. Sabotage des traditions, disparitions des bases et des fondements de la société d'Aurora, objectif nationaux, prestige et fierté exacerbés, manipulation de la Masse. La Terreur était justifiée et approuvée par la majorité. Personne n'osait dire le contraire, personne n'osait car la population s'y était résignée et avait fini par croire véritablement dans leur résignation que c'était la bonne solution. C'était simple quand les médias annonçaient les exploits de la Police, ne cessant jamais de confirmer la bonne direction de la politique de Valoran. Les journaux, la télévision, internet... Tous, absolument tous convergeaient sur les mêmes idées parce que contrôlée par le gouvernement. Et pour le peuple, opprimé par l'esclavagisme intellectuel, n'ayant jamais vu auparavant les médias et la sphère politique se mettre d'accord autour d'une ligne politique menée par le gouvernement, avait fini par croire que la solution, le Président l'avait enfin trouvée. Aurora n'était au final pour eux qu'un paradis, l'endroit où le monde entier voulait vivre.

    Il fallait cependant être idiot pour penser que l'entière population d'Aurora était en faveur de la politique de Valoran. Il existait dans ce pays, des personnes heureusement plus intelligentes que celui qui dirigeait le pays. Ces personnes, libertaires au plus profond d'eux-mêmes et rejetant absolument la politique Aurorienne s'étaient réunies autour d'une personne mystérieuse, représentée par un puissant ordinateur. Cette personne fédératrice dans l'adversité, personne ne la connaissait, exceptée son bras droit et quelques uns de ses proches qui s'étaient jurés de garder le secret de l'identité de cette personne.
    Hackers, pro de l'informatique, encyclopédies vivantes et fin connaisseurs des méandres de la Toile étaient tous réunis dans ce groupe souhaitant se battre pour renverser un régime totalitaire. Si seulement ils savaient que Valoran et son régime n'étaient pas leur pire ennemi...


       
       
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      Post n°2
      Auteur : Shar'kan Nocturna

      Chapitre I : Le Congrès


      Aurora était une ville moderne, sa banlieue historique avait désormais laissé place à des gratte-ciels toujours plus hauts les uns que les autres. Espaces verts suspendus, balcons et immeubles boisés, ponts aériens piétons, d'une certaine beauté et d'une élégance particulière. L'essor économique que connaissait Aurora avait fourni à la population un confort nouveau aux habitants des grandes villes et notamment de la capitale portant le même nom que le pays entier. Le Président Valoran malgré sa soif d'autorité savait qu'il fallait amadouer la masse pour rester au sommet, et en cela il avait fourni à la population une vie urbaine agréable, soumise aux services en tout genre. Si sa politique forte basée sur l'extraction de l'Orichalcum avait rendu le pays riche, elle n'en avait pas moins crée des inégalités profondes entre les différentes classes sociales qui composaient la société Aurorienne. La population cependant heureuse de vivre dans un pays globalement beau, propre, et surtout grandiose avait encore plus facilement assimilé le contrôle qu'exerçait le gouvernement sur elle et lui avait même donné son accord le plus total. D'ailleurs, les beaux immeubles à la pointe de la technologie supportaient – pour quelques-uns – le portrait gigantesque du Président, les rues piétonnes reliant divers quartiers de la ville ne manquaient guère d'affiches de propagande pour la plus part belliqueuses. Aurora semblait être un pays parfait vu de loin, c'était pourtant l'enfer idéologique et autoritaire vu de près.

      En ce jour, les panneaux disposés un peu partout en ville faisaient la publicité du Congrès Annuel du Parti de la Démocratie. Il était annoncé à l'Arxan, le lieu et le domicile des Généraux guidés par le Général Faram. Ce congrès était l'occasion pour le Parti de planifier ses actions futures pour l'année suivante. Il rassemblait une grande parti de ses membres, les personnalités influentes en tête de file, notamment celles qui possédaient un poste à haute responsabilité tels que les Ministres ou même les Gouverneurs des provinces de la « République ». Cette année particulièrement, le Gouverneur d'Orbis était l'homme sur lequel tous les regards étaient tournés. Extrêmement populaire auprès du peuple mais surtout au sein du Parti lui-même, on lui voyait un destin politique hors-norme. Il était pourtant très jeune, cependant son excellence primait sur son jeune âge.
      C'était une voiture d'une classe absolue qui le transportait de son domicile de la capitale jusqu'à l'Arxan. Placé à l'arrière du transport, extrêmement concentré il relisait son discours qu'il allait prononcer juste après le Président Valoran lui-même. Traditionnellement c'étaient les proches du Président qui intervenaient après son discours, il s'agissait donc d'un indice qui quantifiait bien l'influence politique qu'exerçait Solphan Selvëdren sur les siens.
      Une fois son papier électronique relu pour la énième fois, il le rangea dans un tiroir disposé proche de la banquette arrière. Ne sachant comment s'occuper, son regard se perdit ensuite dans l'environnement extérieur. Les gens marchant sur le trottoir reconnurent la voiture officielle du gouvernement. C'est alors qu'ils commencèrent à applaudir le passage du véhicule sans pour autant savoir qui se trouvait à l'intérieur, puis à scander leur amour pour la République. « Vive la République ! » criaient-ils en direction de Solphan. Ce-dernier ne lâcha pourtant pas un sourire, sérieux dans son attitude et concentré pour affronter la foule du Congrès. De toutes façons son visage n'était point visible derrière ces horribles vitres teintées.
      La route de son domicile à l'Arxan était bien trop courte pour lui, Solphan dut se résigner au fait qu'il était véritablement stressé face à la tâche qui lui incombait. Pour sa carrière future, ce discours allait être décisif. Mais voilà que la grande bâtisse lui apparut au bout de l'avenue de la Grande Armée dans laquelle la voiture s'était engagée. Un monument immense, témoignant de la grandeur du régime d'Aurora. Un quartier général de l'Armée qui imposait l'autorité du gouvernement, qui impressionnait de par son architecture raffinée, par la hauteur de ses portes, de ses fenêtres. Un véritable temple de l'autorité, l'autel de la force du Régime. Solphan se pencha en avant pour admirer le bâtiment tout entier avant que son sommet ne s'éclipse au-delà du pare-brise du véhicule. Son cœur s'emballa légèrement, une certaine pression s'empara de son corps au fur et à mesure qu'il s'approchait du lieu du Congrès.
      La voiture longea l'Arxan jusqu'à l'entrée où les transports des membres du Parti devaient se garer.


      - Nous y voici Gouverneur, lui lança le chauffeur.

      Solphan ouvrit la porte puis posa pied à terre pour finalement se lever lentement tout en ajustant la veste noire de son costume favori. Une chemise élégante en dessous, un pantalon assorti puis finalement des chaussures sur-mesure parfaitement cirées, tout était parfait pour son entrée dans la bâtisse. Il marcha un peu en compagnie de ses différents collègues secrétaires et adjoints déjà arrivés quelques minutes auparavant. Des journalistes étaient évidemment présents devant le grand escalier menant à la porte principale titanesque de l'Arxan. Leurs appareils de nouvelles génération bien étranges prenaient en photographie ou filmaient Solphan, la vedette de ce congrès qui bientôt allait entamer la montée des marches de son triomphe.
      Tranquillement et feignant la sérénité, il grimpa l'escalier majestueux en direction du grand hall sous les assauts des questions des journalistes. Lesquels il les savait contrôlés par le gouvernement lui-même, il ne prit d'ailleurs même pas la peine de se tourner vers eux pour répondre à la moindre de leurs questions. Il pénétra finalement dans le hall de l'Arxan. C'était une salle dans les tons argentés, très claire. Le plafond s'élevait à une hauteur digne des plus hautes nefs de cathédrale, et il est vrai que le bâtiment paraissait être le temple du dogme imposé par l’État à sa population, en tout cas rien que son apparence globale laissait libre court à toutes interprétations possibles et inimaginables sur la fonction symbolique de l'Arxan.
      La pièce était presque vide de monde. Seuls les employés ou plutôt devrions-nous dire les domestiques et maîtres d'hôtel étaient placés à intervalles réguliers à des postes stratégiques, le protocole était réglé de façon absolument millimétrique. Il y avait cependant une personne qui ne faisait pas parti de l'équipe des domestiques. C'était une femme, placée devant un escalier menant à une balustrade puis à une porte massive bien que moins importante que celle de l'entrée principale. Elle était blonde, les cheveux longs et élégamment ondulés parcourant sa nuque, puis son dos jusqu'à sa taille. Elle avait des yeux d'un bleu abyssal et perçant qui ne manquait jamais de faire détourner le regard de n'importe qui osant affronter le siens. Grande, élancée, elle portait l'uniforme féminin des Grands Généraux que l'on nommait couramment les Juges, hauts-fonctionnaires de l'armée mais également chefs du Ministère de la Justice. La tenue était une armure très légère d'un teint argenté clair et éclatant magnifiquement gravé. L'armure ressemblait presque à un vêtement en tissu tellement celle-ci semblait d'une légèreté improbable. A l'arrière, une longue cape blanche immaculée accrochée à ses épaules tombait jusqu'aux mollets avec en son centre l'emblème de la République. Une épée d'honneur d'un raffinement le plus poussé se trouvait sur le côté de la taille tangent à sa hanche gauche. Les duels à l'épée se faisaient rares, mais l'utilisation de cette arme nourrissait une nouvelle mode depuis que les armes à feu furent théoriquement prohibées. On avait aujourd'hui plus besoin de cela, les implants s'utilisaient parfois comme une arme a tel point que les armes à feu semblaient complètement dépassées. Le port de l'épée donnait un certain prestige à celui qui la possédait, surtout quand il s'agissait d'épées officielles forgées par l’État.
      Le Juge s'avança près de Solphan et lui tendit la main afin que ce dernier la lui serre en guise de salutation. Ce qu'il ne tarda pas à faire.


      - Heureuse de vous voir Gouverneur, lança-t-elle d'une voix douce, presque innocente.

      - Moi de même Juge Faram, moi de même.

      Après une poigne relativement douce entre elle et Solphan, elle ajouta :

      - Je suis chargée de vous accompagner jusqu'à la salle du Congrès. Le Président Valoran m'a demandé de rester à vos côtés.

      Solphan se demandait si c'était par estime de la part de Valoran que le Juge se tiendrait à ses côtés le long de la séance ou si c'était pour mieux le surveiller, ce qu'il ne s'empêcha guère de demander au général.


      - Mademoiselle, êtes-vous chargée de scruter le moindre de mes gestes ? Demanda-t-il un léger sourire s'esquissant sur les lèvres.

      - Vous connaissez l'admiration que le Président a pour vous Monsieur Selvëdren. Je serais surprise que vous doutiez de sa sincérité. Prenez cela comme un gage de prestige.

      Solphan sourit un peu plus bien que ce ne soit pas dans son habitude, certainement que le Juge Faram ne laissait le jeune Gouverneur totalement indifférent. Il se doutait bien que la réponse du Général fusse celle-ci, elle qui représentait les plus hautes responsabilités de l’État n'allait dire le contraire.
      Tout deux finirent par monter les marches qui menaient vers la porte de la salle du Congrès. Plus Solphan s'approchait de celle-ci, plus il sentait le stress s'emparer de son corps, plus il avançait, plus le brouhaha assourdissant de la salle se faisait entendre. Faram capta la pression qui émanait du corps du jeune politicien.


      - Tout se passera bien j'en suis sûre.


      - Je ne panique pas, répondit-il par réflexe.

      - Je n'ai pas dit que vous paniquiez Solphan, fit-elle avec un sourire plus large.

      La belle Juge ouvrit alors la double porte du congrès et laissa rentrer Solphan dans la majestueuse assemblée. La salle, décorée dans les mêmes tons que ceux du grand hall possédait tout de même un style plus marqué et plus riche, légèrement plus coloré. C'était un grand hémicycle, à l'image du pouvoir de l’État : immense. Tout dans l'Arxan semblait colossal et montrait la puissance que l'armée et le Ministère de la Justice possédait. Les Juges étaient d'ailleurs tous présents, assis au premier rang. Le seul siège pour l'instant vide était celui de Lëne Faram, la patronne des Juges.
      Tous les regards étaient d'ailleurs tournés vers elle et Solphan, et l'assemblée commença à applaudir le jeune duo descendant les marches vers les premiers rangs de l'hémicycle. Le jeune homme ne s'attendait guère à une telle ovation improvisée. Relativement stoïque et cachant subtilement la pression qui pesait sur ses épaules il s'installa sur le fauteuil qui lui était attribué lâchant tout de même un léger salut aux membres du Parti de la Démocratie.
      Solphan se cala confortablement sur son siège, regardant sur son pad de communication l'heure qu'il était. La nuit était tombée depuis environ une heure et le Président était annoncé pour 21 heures, c'était dans à peine deux minutes.
      On fit signe d'ailleurs aux partisans de se taire car la venue de Valoran était imminente. On allait bientôt pouvoir entendre une gigantesque ovation presque difficile à contenir en l'honneur du Gardien de la République, vantant de ce fait la personnalité et d'autant plus le personnage qu'il incarnait. La Garde Présidentielle se plaça comme un seul homme près de la porte d'entrée, puis Valoran pénétra dans l'hémicycle sous l'ovation folle de ses partisans. L'hymne d'Aurora résonna dans la salle, le chant de ces hommes et de ces femmes aliénés par l'idéologie et le dogme imposé par l’État était chanté d'une seule et unique voix, d'une synchronisation parfaite, tellement parfaite qu'elle en était effrayante. Solphan ne participait jamais à ce jeu de glorification de Valoran et on le lui reprochait d'ailleurs au sein même du Parti. Mais son influence et le poste qu'il occupait lui donnèrent presque une sorte d'excuse car il était vrai que les très hauts-fonctionnaires de la République ne mettaient pas publiquement ou du moins guère devant les partisans une glorification exacerbée du dirigeant. Cela était le rôle des moins biens classés dans la hiérarchie du Parti, c'était aussi le rôle du Peuple.Il se contenta alors de l'applaudir comme il se devait, tout en se levant de son siège en guise de respect.
      Valoran salua l'immense foule des Partisans d'un sourire timide puis il adressa un salut de tête léger mais suffisamment remarquable à un homme situé sur le côté du premier rang. Ce-dernier, peu souriant, même glacial quand on osait lui parler était le conseiller du Président, son influence était telle qu'on le surnommait le Numéro II. Levi Cardigan, tel était son nom ne semblait pas uniquement redoutable, il était un véritablement fauve en politique. Il était d'une rigueur à toute épreuve, d'une sévérité aiguisée, d'un sérieux inégalable mais d'une intolérance flagrante. Cardigan était apprécié car son statut obligeait les partisans et le peuple à l'aimer. Mais dans les sentiments les plus profonds de ces hommes et de ces femmes, il demeurait autant craint que détesté. Il avait des cheveux noirs et relativement courts, un regard sombre et perçant, un non-sourire figé sur un visage au teint clair. Ses habits restaient tout de même très appréciables et montraient qu'il conservait un goût prononcé pour l'apparence personnelle.
      Finalement sous l'acclamation folle de la foule, Aeslan Valoran se positionna devant son pupitre. Mais rien n'arrêtait l'ovation monstrueuse pour le Gardien de la République. Solphan presque effrayé par ce mouvement incontrôlable fut parcouru d'un intense frisson puis secoua sèchement la tête pour le faire s'estomper. Le Président leva la main pour faire signe à la foule d'arrêter son délire. D'une obéissance sans nom, le silence tomba brusquement sur l'assemblée.


      - Partisans et partisanes de la Nation. Je vous souhaite la bienvenue à ce 3ème congrès de notre Parti de la Démocratie et de la Justice. Je suis heureux, terriblement heureux que nous soyons une nouvelle fois rassemblés en ce lieu, ce magnifique bâtiment qu'est l'Arxan. (Il adressa un regard au Juge Faram) Remercions et congratulons d'ailleurs le Juge Lëne Faram pour son excellence remarquable et son autorité incontestable à la tête du Ministère de la Justice qui vous le savez aussi bien que moi, nous est particulièrement cher.

      Le discours d'ouverture par le Président lui-même était traditionnellement long, mais chaque partisan faisait évidemment comme si cela n'était ennuyant, ponctuant de temps en autres le discours de cris de joie, d'acclamations ou hurlant le nom du Président lors des moments où ce dernier n'hésitait pas à se glorifier au vu des actions qu'il avait conduit pour la République. Sa personnalité bien qu'aimée de force par le peuple était entretenue par un certain mystère autour de lui-même. Valoran n'apparaissait quasiment jamais en public, ou lorsque les occasions s'y prêtaient, il donnait un discours depuis le splendide balcon du Palais d'Aurora devant généralement une folle foule massée sur la Place de la République clamant son idolâtrie pour son Gardien. Pour le peuple, cette apparition était un moment unique à vivre, c'était la reconnaissance du Président envers son Peuple, du moins c'était bien comme ça que les gens voyaient les interventions de Valoran. Ses déplacements n'étaient que peu fréquents et chaque fois il se montrait en bienfaiteur des pauvres, pavanait dans les basses rues de la Capitale ou plus régulièrement s'affichait près des points d'extraction d'Orichalcum. Il incarnait en fait une demi-démagogie car si effectivement beaucoup de ses promesses furent insurmontables, quelques-unes comme par exemple l'amélioration de la qualité de vie et la croissance du développement humain avaient bien été tenues. Ce qui au final empêchait les chefs d’États de dresser un portrait totalement calamiteux du Président tant aimé par son peuple. Il maîtrisait l'art de la dissimulation, celui du mensonge, Valoran était un dirigeant terrible.

      La fin de son long discours fut ovationnée comme Solphan le pensait, sous les hurlements aliénés des partisans. Bien entendu, il applaudit le cher dirigeant, ce dernier saluant la foule d'un air presque grave, comme envoûté par l'appel du devoir. Mais qui disait discours achevé signifiait pour le jeune homme qu'il fallait qu'il se rende au pupitre afin de présenter le siens devant l'assemblée galvanisée, électrifiée par la prestation du Président. Ce fut certainement pour le Gouverneur d'Orbis le moment le plus intense de sa jeune vie politique.


      - Partisans et Partisanes, fidèles de la Nation, protecteurs de la République (le silence s'imposa, l'assemblée captivée par les premières paroles de celui qu'ils qualifiaient comme le politicien le plus influent de l'année). Je suis fier aujourd'hui, de succéder au Président, le Gardien de notre régime sur cette scène. Je suis fier ce soir de pouvoir parler en tant que Gouverneur d'Orbis.
      Il serait vain de vous parler de mon gouvernorat installé sur les terres du nouveau monde car il est évident que chacun des citoyens de notre belle République connaît parfaitement cette région de notre territoire, sait pertinemment que sa richesse et son sous-sol si bien exploité par l’État contribue à la richesse et à l'essor de notre pays. Si le peuple aujourd'hui vit si bien au sein de l'environnement que le Parti a construit et pour lequel le monde entier nous envie, c'est grâce à l'exploitation de l'Orichalcum.
      Or, notre souveraineté sur le territoire d'Orbis nous est contestée par les ennemis de la République, par ceux qui prétendent gouverner par la peur, réduisant ses propres citoyens à l'esclavage le plus total et en les envoyant au combat à Xalthès, cette ville martyr qui sous l'assaut des Xihanais a été partiellement détruite. Cette ville est aujourd'hui divisée en deux, la frontière entre nos deux pays la divisant de part en part, et je fais, nous faisons tous en sorte le Président, l'équipe du gouvernorat et moi-même, d'assurer à la population de Xalthès, les meilleures conditions de vie. Nous promettons la conquête de cette ville dans les mois qui viennent ce qui marquera sans nul doute, une victoire sur l'Impérialisme malsain de Xihan. Dans ce monde, nous sommes véritablement les seuls à nous battre contre ce monstre politique, nous sommes les seuls à tenter de rétablir la justice, le droit et la paix. Notre cause est juste, nous sommes pourtant seuls.

      Le discours continuait sur la critique de Xihan et sur le devoir citoyen qui était de bouter l'armée et toute personne représentant le régime adverse hors des murs de la ville. Xihan était le peuple ennemi, le devoir de la République était de l'éliminer pour le bien commun. C'était la cible et l'objectif National d'Aurora, un des ingrédients vital au maintien de l’État total.
      L'assemblée buvait les paroles de Solphan, épatée par son discours si engagé et empli de conviction. Il semblait être comme un véritable soldat, un combattant pour la nation souhaitant faire triompher le bien qu'il pensait inhérent à son pays. Il fut logiquement acclamé lorsqu'il se tût et remercia vivement le Président d'abord puis les partisans ensuite.

      La soirée fut longue et intense en discours de propagande. Celui qui n'était pas convaincu par la doctrine Valorienne ne pouvait sortir de l'Arxan que lobotomisé par les discours si enrôleurs des dirigeants du Parti. L'apologie de la haine, la domination justifiée sur le peuple, le mensonge et la démagogie, tout cela était d'un effroi sans nom. Et pourtant tout le monde souriait. 

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        Post n°3
        Auteur : Shar'kan Nocturna

        Chapitre II : Rivalité malsaine (Partie I)


        L'hémicycle se vidait peu à peu, la première séance nocturne du Congrès extraordinaire du Parti de la Démocratie était terminée. Un buffet était prévu dans une salle annexe à la grande salle, richement décorée dans des tons plus chauds. Solphan s'y rendit sans se presser aux côtés du Juge Faram, encore fallait-il qu'il remercie tout ceux qui venaient le féliciter pour son action au sein du Gouvernorat d'Orbis puis pour son discours qui vraisemblablement avait marqué les esprits des partisans. Il fallait dire que ce n'était guère difficile de faire en sorte que les gens aiment ce que les hauts-fonctionnaires faisaient, puis qu'ils en avaient finalement le devoir. Le reste des Juges, tous en armure bien évidemment, rejoignirent Solphan et Lëne postés non loin de la porte d'entrée. Ils entamèrent une brève discussion avec leur patronne.
        Solphan lui, cherchait si le Président était présent dans la salle. Mais rien de tout cela, certainement devait-il observer et épier les propres membres de son parti, du moins c'est ce que pensait le jeune homme à cet instant. « Je dois être en train de devenir paranoïaque » songea-t-il une expression quelques peu triste marquant son visage. Secouant brièvement et sèchement la tête comme pour effacer cette seule pensée de son esprit, Solphan s'empara d'une coupelle de champagne disposée sur le plateau d'argent d'un de ces domestiques qu'il avait vu au début de la soirée. Il s'éloigna un peu du Juge Faram, parcourant l'épaisse foule en évitant tout de même ceux qui pourraient éventuellement interrompre sa marche pour lui faire la causette. Une gorgée de temps en temps, le jeune homme regardait la masse des partisans que ne cessaient jamais en cette soirée de glorifier le régime, mais surtout de glorifier et de vanter les fantastiques qualités du Président Valoran. Le gouverneur d'Orbis remarqua d'ailleurs qu'un petit groupe de membres du Parti s'était agglutiné autour d'un homme. Curieux, Solphan s'y rendit et constata qu'il s'agissait de Delph Valoran. Le fils du Gardien de la République avait fait un tour à la réception sans nul doute pour faire bonne impression ou simplement pour se montrer lui à défaut de son père.


        - Bonjour Delph, lança Solphan lui tendant la main droite.

        L’héritier lâcha un léger sourire voyant un de ses proches collaborateurs le saluer. Ignorant le reste des partisans Delph Valoran serra la main du gouverneur fermement. Le jeune homme à peine plus jeune que Solphan était grand et mince, élégamment vêtu d'un habit sombre mais beau. Ses cheveux était d'un blanc éclatant, ses yeux bleus ciel. Il avait un visage fin et agréable, on ne pouvait se douter qu'il était le fils d'un monstre.


        - Cela faisait longtemps que je ne t'avais pas vu mon ami, tu dois être bien trop occupé à t'atteler à ta tâche là bas, à Orbis!
        - Je suis un défenseur des valeurs du Gardien, je dois faire appliquer les lois de la République. En cela nul travail que je fournis me semble inutile du moment qu'il contribue à la gloire de la Nation.
        - Quelles belles phrases, fit Delph un large sourire aux lèvres, cela ne m'étonne guère de toi.


        Solphan hocha légèrement la tête en guise de remerciement. Il prit de nouveau un verre que les domestiques distribuaient à la foule des partisans et en proposa également un au fils Valoran. Le jeune homme leva sa coupe.

        - Je te propose de trinquer. Trinquons pour notre future conquête de Xalthès.
        - Avec plaisir ! S'exclama Delph enthousiaste, frappant sa coupe contre celle de son interlocuteur.


        * * *

              
        Solphan se laissa tomber en arrière sur son lit, demeurant dans l'obscurité de sa chambre laquelle n'était éclairée que par un quartier de Lune. Il desserra son col et déboutonna le haut de sa chemise. Le jeune homme était fatigué, épuisé par le stress qu'il avait éprouvé jusqu'à ce qu'il prononce son discours, puis éreinté par la soirée qui rassemblait les partisans et quelques invités prestigieux proches du gouvernement. Il se frotta les cheveux se décoiffant volontairement et éjecta ses chaussures de luxe au fin fond de la pièce. Un long soupir s'échappa de sa bouche, un long soupir de soulagement. Finalement au bout de quelques minutes passées à ne rien faire allongé sur son lit les bras écartés, il se releva et se dirigea vers la salle de bain de ses appartements. Il avait sorti quelques bougies achetées il y a longtemps et les alluma pour enfin les disposer près du bain. Tout était bon à faire pour éviter la probable agression lumineuse de la pièce. Solphan laissa la porte automatique de la salle se fermer. Il pouvait enfin savourer la solitude bienfaitrice qui s'était imposée depuis qu'il était rentré du Congrès. Le jeune homme se pencha pour appuyer sur le bouton poussoir qui devait alimenter le bain d'une eau chaude et agréable, idéale pour se détendre. La baignoire d'un certain luxe – digne d'un haut-fonctionnaire de la République – se remplissait automatiquement. Solphan en attendant patiemment que le bain fut rempli à un certain niveau capable de le submerger jusqu'en haut de son torse au-moins, ôta lentement les vêtements formels qu'il portait pour le Congrès et les jeta sur le dossier d'une chaise disposée près du large lavabo non loin. Libéré de l'étreinte de son habit, le jeune homme s’immisça doucement dans l'eau fumante de son bain et y plongea son corps, étalant ses bras le long du rebord. Une sensation agréable s'empara de lui et le fit pousser un long soupir d'aise, l'heure était à la détente. Le Favori comme les partisans le surnommaient, pencha la tête en arrière et ferma ses paupières, un sourire de satisfaction se dessinant lentement le long de ses lèvres. La nuque appuyée contre le bord du bain, le gouverneur se décontractait procédant au vide de son esprit, à la purgation de ses pensée. Il était bien capable de s'endormir là puis de passer la nuit dans son bain, mais il préférait son lit particulièrement confortable, en tout cas plus que sa baignoire. Il se glissa lentement la tête sous l'eau puis remonta passant la main dans ses cheveux. Son regard se perdit ensuite dans l'immensité de la Capitale, sa baie vitrée donnant sur un quartier moderne et riche de la ville. Il ne faisait jamais nuit à Aurora, juste sombre chez soi au final. Les lumières des rues, des passerelles, des habitations et des bureaux étaient si nombreuses qu'elles plongeaient la cité dans un ensoleillement artificiel ambiant.
        Solphan profita de ce moment de détente, il s'amusa même à compter combien de vaisseaux policiers circulaient sur la voie rapide qu'il estimait être à quelques centaines de mètres de chez lui. Cependant ses pensées furent de nouveau harcelées par l'actualité de la semaine. Il restait quatre jours de Congrès, mais la pression s'était de toutes façons dissipée le premier jour ayant été pour lui le plus dur. Son rôle n'était plus que d'écouter et de participer à la planification des actions du Parti. Solphan comptait bien jouer de son influence, même s'il avait déjà décroché sa victoire puisque la République allait s'engager prioritairement à Orbis. Il ne pouvait effectivement gérer seul l'économie locale et absolument primordiale car génératrice de la richesse du pays de part l'existence des multiples points d'extraction d'Orichalcum en même temps que le conflit armé de Xalthès. Cette guerre était assez étrange. On n'osait de part et d'autre recourir à la destruction totale des bâtiments adverses ainsi qu'aux bombardements car le sol était bien trop riche, les deux pays comptaient dessus pour alimenter leur pays en ressources d'Orichalcum. Orbis était précieux, il ne fallait guère l’abîmer.

        Solphan avait fait face à ces défis : la guerre sur son territoire et l'extraction optimale du minerai généré par le sous-sol. Mais la montée en puissance du conflit, l'escalade dans la violence l'avaient conduit à réclamer un soutien des plus hautes instances qui évidemment, avaient bien compris que là était tout l'enjeu de la guerre, donc du maintien de leur régime. Le gouverneur était un proche du pouvoir présidentiel. Il était parait-il très regardé par Valoran lui-même voyant en lui non pas un futur Leader mais plutôt un futur conseiller, un nouveau résident de l'Hôtel de Saran. Or l'actuel locataire, Levi Cardigan ne l'entendait pas de cette manière, c'était lui le numéro II, et il comptait bien le rester, jusqu'à ce qu'il devienne le numéro I.
        Ce bain était bien agréable et le jeune homme en profita un long moment. Il se résigna tout de même à sortir au bout d'un moment, l'appel du sommeil étant désormais le plus fort. Il se sécha, essuyant les gouttes qui perlaient le le long de son corps. Le garçon était plutôt bien fait, des pectoraux bien dessinés, des abdominaux saillants, des bras et des cuisses musclés, un fessier harmonieusement bombé. Son visage était assez fin, ses cheveux d'une couleur sombre ni noire ni brune, aux reflets étranges, quelques-uns tombant sur son visage. C'était une couleur que l'on voyait bien trop rarement pour pouvoir la comparer avec quelqu'un d'autre. Ces yeux étaient bleus, d'un bleu océan assez foncé et similaire à ceux du Juge Faram. Son regard était cependant ferme, dur et décidé. Ses lèvres demeuraient fines, sa peau était claire et belle. Solphan plaisait aux femmes, il n'était pourtant pas un grand séducteur.
        Le garçon attacha sa serviette autour de sa taille une fois partiellement sec. Il passa ensuite la porte automatique et se faufila dans son lit, sombrant quelques courtes minutes plus tard dans un sommeil profond.


        Ce fut le soleil qui le réveilla. S'étirant en un long bâillement, Solphan avait passé une des ses plus belles nuits depuis très longtemps, requinqué que la seconde journée du congrès qui devait débuter aux alentours de midi.
        Il était déjà dix heures du matin. Le jeune homme s'empressa alors de se lever, puis de faire sa toilette habituelle du matin pour enfin enfiler un nouveau costume aussi élégant que celui qu'il portait la veille. Un pain au chocolat avalé en quelques bouchées et le voilà parti en direction de l'Arxan. Mais cette fois-ci il pouvait se permettre un petit détour en ville. C'est ce qu'il demanda à son chauffeur attitré, lequel s'exécuta. Le centre historique d'Aurora ressemblait vraiment à Rabastan, la capitale d'Orbis. Des bâtiments anciens et raffinés intacts depuis des siècles. Solphan vivait dans le Palais de Rabastan siège du Gouvernorat d'Orbis. C'était à la base une colonie Auroréenne datant d'il y a de cela quelques siècles. Bâtie sur l'eau, à l'intersection de quatre lacs, au pied des cascades de l'un d'entre eux, la ville était d'une splendeur sans nom. Personne n'osait toucher aux anciens bâtiments, on construisait dans le thème Rabastanais, ancien et historique afin de conserver le charme de cette si belle et ancienne colonie désormais assimilée. Les rues boisées et fleuries étaient bâties sur l'eau des lacs et celles-ci demeuraient toutes piétonnes. Seule la circulation des véhicules aériens étaient autorisée. Y vivre était agréable, la ville était grande, peu dense, espacée, ponctuée de placettes de charme aux fontaines originales. Le sol inégal, il y avait des quartiers plus en hauteur que d'autres, le palais lui, culminait sur le plus haut plateau conférant une vue imprenable au propriétaire des lieux. Solphan ne se plaignait guère de son cadre de vie. D'ailleurs sa Cité lui manquait, lui qui possédait un goût prononcé pour le raffinement et l'architecture ancienne.
        Le jeune gouverneur se concentra de nouveau sur les constructions de la capitale, revenant de son bref voyage spirituel dans la ville qu'il chérissait tant. La voiture officielle du gouvernement, qui continuellement applaudie, acclamée par la population, passait désormais vers un bâtiment ressemblant globalement à un temple colossal. Colonnes géantes, sculptures titanesques, reliefs épiques et symbolisant la victoire, la conquête, la suprématie le tout dominé par l’emblème de la République et par la statue de Valoran érigée sur la grande place située devant le bâtiment. Il s'agissait du Narthex. Certainement le lieu le plus mystérieux de toute la Nation. La fonction du Narthex se résumait souvent au fait qu'il était le défenseur de intérêts de l’État et de plus le siège du Conseil, une organisation mystérieuse qui traitait les questions les plus confidentielles d'Aurora. Un département des mystères, que personne ne pouvait pénétrer était également une description plausible de ce que représentait le Narthex aux yeux de tous. Même Solphan ne savait exactement ce que contenait celui-ci, alors qu'on le nommait comme un des favoris de Valoran. Le mystère qui régnait autour de cette construction contribuait à la création d'une certaine légende autour de sa fonction première, alimentant par la suite divers mythes et donc divers craintes, diverses peurs. Solphan pensait qu'il se passait des choses terribles à l'intérieur alors que pourtant, personne ne le savait réellement. C'est pourtant globalement cela que l'imagination populaire se représentait : un lieu mystérieux comme celui-ci ne pouvait qu'abriter le Mal.

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