Post n°24
Auteur : Jagabamda
Un semblant de silence se fit entendre dès que Lyzs Yvanol se met en place. Elle allait pouvoir enfin s'exprimer. Tous étaient dans l'attente."— Si nous avions des enregistrements vidéo, nous les aurions exploités depuis longtemps. Il en va de même pour les enregistrements audio""- Ha ! Quand même, on a droit à une réponse !"- Tss ! On se tait !" Lancé aussitôt à mes deux partenaires.Une façon de leur intimer de se taire. La Chancelière par intérim souhaitait entendre la Jeune Générale. Comment poursuivre l'écoute à la prise des explications ou des avis de celui ou celle qui avaient la Parole si chacun allait de ses petits commentaires de son côté, en même temps ? Déjà que l'hémicycle ne permettait pas de tout entendre. Il est vrai qu’un microphone se mettait en marche dès que la nacelle était en mouvement, mais... même... malgré ça... Il fallait tendre l'oreille pour pouvoir assimiler ce qui était dit de la part des intervenants. Pendant que d'autres, "politesse oblige", si l'on peut dire, préférait gesticuler aboyer sans prendre en considération les dires des uns et des autres. Ce n'était plus une assemblée de représentants planétaires, on dirait des bestioles des basses-cours criaillant, cacardant ... On ne s'entendait plus. ** « - Au lieu de rajouter des bavardages incessants. Il serait de bon goût ... Me dis-je...Que les membres de cette assemblée pensent, peut-être à l’avenir, puisque, aujourd’hui, le mal est fait...à garder une certaine civilité, courtoisies, à conserver une écoute attentive envers ceux qui s'exprimaient en ce lieu. » Si beaucoup n'en avaient à faire, au moins, il est du devoir de mes proches collaborateurs de donner l'exemple.Le Général Breymens paraît inquiet. Moi, je reste passive sans réaction. Je sais qu'on peut tenter de chercher une réaction sur mon visage, mais peine perdue. Celui-ci ne révèle jamais rien. Cette figure fermée à toute expression ne trahira jamais ma pensée. Et ce que j'ai à dire, seule ma bouche pourra le formuler. C’est pour cela, qu’en cet instant, mon expression ne change pas. Je réalise, en espace d'une seconde ... Regards et gestes furtifs entre ces deux militaires m'éclairent, comme un « flash » soudain... Ce n'est pas lui qui mène la danse ! " — Par contre, Chancelière suprême, avec tout mon respect, je me dois d'apporter quelques précisions. Je me permets de revenir sur vos mots pour les corriger : les militaires ne sont pas de simples machines à tuer, madame. Nous vouons nos vies à...""- Je pense, Jaga, que vos mots n'ont pas été compris, de nouveau ! Ou alors, c'est un leurre, pour donner le change !" Fait Arelya« - Je pense même que je n’avais pas continué ma phrase ! » Chose étonnante qui ne m’était pas arrivée depuis longtemps, j’ai envie de rire."- Voulez-vous que je le note pour que vous puissiez relever cette mauvaise interprétation de sa part ? " Renchérit-elle "- Non ! Nul besoin de s'égosiller une fois de plus. Le ... "Vous dîtes que j'ai dit, alors que j'ai dit..." Cela n'aura rien de constructif et... C'est... très peu pour moi. On ne comprend bien la parole que si l'on comprend bien celui qui la prononce... Et je t'avouerai, que je préfère rester muette avec les mauvaises personnes, car seuls mes gestes leur suffisent amplement..."Pendant cet échange avec mes acolytes, mes yeux ne quittent pas le petit groupe des militaires. Sur le mouvement de la jeune Générale, Breymens qui paraissait vouloir intervenir, ravale aussitôt ses mots... Cela permet de confirmer ma pensée, plus de doutes. Mon imagination ne m'a pas joué de tour. La jeune Garde poursuit son élocution sans se démonter, je fais autant en la fixant. « - Ce discours démontre la mauvaise foi. Récupérer au milieu de cette agitation que les brindilles de mots qui alimenteront la poudre prête à embraser une fois de plus cette assemblée.»" - Suis-je en train de m'exprimer avec mon sabre, en ce moment-même ?" " - On ne vous aurait pas forcé la main pour intervenir, vous n'aurez même pas ouvert la bouche. Aimerai-je vous dire."A chaque parole, une réplique fuse de la part de mes deux partenaires. Je peux y mettre fin, un son, un mot de ma part. Ce genre de comportement, en d’autres circonstances j’aurai mis un terme, mais là je n’avais pas envie, vraiment pas envie. Je reste imperturbable.Le silence n'est jamais neutre. Se taire, ce n'est pas admettre, ni approuver... Parlant de silence, ce répit à l'apparition de la "Générale de la Garde" au milieu de cette "scène" de la Rotonde est de courte durée. Ses premières phrases suffisent pour que le brouhaha reprenne de nouveau persistant. Chacun de par leur conviction, leur jugement, se retrouve dans leur propre certitude, gardant une position de révolté. Grand nombre de politiciens prouvent sous cette coupole qu'ils ne sont pas dupes. Comme sous un roulement de tambours, le grondement repart à l'unisson. Les clameurs d'une partie de cette assemblée n'ont pas de prise sur les représentants du corps de cette armée Républicaine. "- Ne faut-il pas intervenir de nouveau, pour mettre fin à cette agitation ? Chuchote l’une"- Chacun sa tambouille ! Si je puis dire... Lorsqu'on commande une armée, on a du coffre ! Alors, ils n'ont qu'à s'en servir ! " Rétorque l’autreSans me laisser déconcentrer, je maintiens mon attention sur la jeune brune qui continue son monologue... L'attaque est la meilleure défense, à ce que je vois... Pour certains militaires, si c'est ainsi qu'ils règlent les conflits, je comprends pourquoi la diplomatie n’est pas leur cheval de bataille.Depuis quelques heures déjà certains responsables politiques, toutes tendances confondues, tout comme moi s’agacent de l’intervention jugée intempestive, voire contraire au devoir, de ces généraux habituellement silencieux.« - C’est vous qui vous décréditez ? Ou cette générale auditionnée par les représentants de la nation de la Nouvelle République Fédérale, qui finalement se discrédite et manque à tous ses devoirs, par son ton condescendant et méprisant ? Il ne suffit pas de dire « avec tout mon respect ». Faut-il encore le marquer... Militaire, qui, ne l’oublions pas, est également, Citoyen. Comment peuvent-ils manquer de respect à ce point aux représentants du Sénat ? Sous prétexte qu’ils font partie de la Grande Armée Républicaine ? Qui, dit en passant n’a pas été mise en place par Ses Représentants planétaires mais bien ... »« - De toute façon, faut pas se leurrer, anciens « Chevaliers Impériaux », ils sont. Ce n’est pas ton nouveau « costume » qui changera ce que tu es au fond de toi... Il faudrait... Si j’étais vous Chancelière. En reprenant la Parole, vous devriez en faire part à l’hémicycle de... »« - Leur donner encore l’occasion de se tirer la couverture à eux... pavanant fièrement tels des coqs... Criant à tous ceux qui veulent les entendre « Voyez son incompétence, elle détourne le sujet, ... » ! Non, Non ! Je ne leur donnerai pas ce plaisir à Ces militaires !»« -Vous ne voulez vraiment pas relever, laisser taire tout ressentiment lorsqu’on entend ce ton méprisant de ceux qui se nomment « Hauts gradés » ?Je préfère ne pas relever, mettant fin à ses questions par un simple geste, ma main posée furtivement sur son genou. Cet échange auprès de mes compagnons ne m’empêche pas de continuer à écouter la jeune femme. A l’ouverture de cette séance, je me souviens m’être dit par ces mots « interpréter leur rôle », à ce que je vois LA Générale Yvanol, souhaite en avoir le premier « Personnage Vedette » qui a endossé son uniforme de Militaire, celui qui espère être le meneur de l'intrigue, se croyant rusée, spirituelle mais n’a cesse de brouiller les cartes. Nous n’avons pas le même objectif, en ce lieu, à ce que je vois. Ces Généraux, plus particulièrement à ce que je constate, cette Yvanol, prenant tour à tour mes mots pour faire mouche dans sa revendication, en faisant fi de celle qui a compris les sens de ce que je voulais dire. Une façon de s'approprier les bénéfices de cette affaire, de leur action. Le but de « rivaliser avec vigueur », alors que le mien restera toujours tourné vers les Républicains. Je constate avec tristesse que la détérioration de nos capacités d’échange a atteint un niveau critique mettant en danger la vie de nos soldats engagés en opérations, tout comme la vie de tous nos citoyens. Mes yeux distinguent quelques sourires en coin de contentement de sa part de ce qu’elle était venue créer sous cette coupole. Elle semblait fière de l’avoir réussi. Cette détérioration va d’ailleurs mener à une rupture extrêmement préjudiciable pour La Nouvelle République Fédérale et dangereuse pour la défense de nos intérêts dans la Galaxie. Tout comme la vie de nos citoyens. Dans de telles conditions, aucune des parties n'a à se tirer la couverture à elle. Force est de constater que nos Mondes ne sont pas encore apaisés gardant en mémoire les évènements du passé et ne le seront plus avant longtemps en raison de ce conflit qui lui est imposée contre son gré. "- Ce n'est pas ce qu'on appelle un dialogue de sourd ? Ironise Eldahi- "Nul n'est sourd que celui qui ne veut entendre ! Il nous faut admettre la validité de l'adage. - Tout comme : " il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir."Il y a aujourd’hui, incontestablement, un fossé qui s’est creusé et qui sépare l’approche des problèmes de la Galaxie, et par voie de conséquence des territoires Républicains, entre le militaire et le politique dont les logiques et les horizons sont par nature différents. Le politique voit au-delà du combat, de la bataille à emporter. Il détient le pouvoir après avoir gagné des élections l’exerce le plus souvent soumis au cours des événements qu’il ne maîtrise pas toujours, certes, mais qui le maintient dans une vision. Il voit la défense de sa Nation Républicaine et de sa planète. La sécurité et la protection de son peuple restent un tourment constant.Ce n’est pas tout ça, mais ça en est où ? S’enquière ....Mes yeux se portent sur ce que mon assistante avait déniché dans les archives.Séance n°1 de la Nouvelle République = Intervention du Sénateur du Système de Japraël, Atin Jnum : - « .... j’ai appris par votre Général Lyzs, anciennement membre de la garde Impérial il me semble...Votre général lors d’une déclaration qui est passé sur toutes les chaines de l’holonet ; ...que la garde républicaine existait et agissait .... Il me semble que cette garde n’avait pas été votée par le sénat et qu’elle était sujette à débat. Vous l’avez donc créé sans la permission du sénat....De plus, j’ai entendu les paroles qui vont suivre de la bouche de cette Général.... « Pour ce qui est des limites : j’ai les pleins pouvoirs sur la garde républicaine. C’est-à-dire que je peux agir sans contraintes »... Comment cette garde ne peut pas avoir de limite ? Comment pouvez-vous définir qu’ils n’iront jamais trop loin ?... Nous parlons, je tiens à le rappeler, de personne qui peuvent agir sans contrainte en usant de la 'Force'. ... En clair Chancelier Nocturna....Vous avez créé un corps armé, dangereux, qui peut agir à sa guise là où il le veut. Vous passez outre l'avis du Sénat. ... Sommes-nous revenus au temps sinistre de l'Omega et sa Garde Impériale. »Je sais bien qu’Arelya aurait souhaité que je relève à voix haut, ces premières craintes émises lorsque cette Générale avait pris la première fois place face aux caméras de l’Holonet, à notre assemblée, mais je ne le ferai pas. Transcrites dans ces notes, gardées dans ces archives, « Comment cette garde ne peut pas avoir de limite ? Comment pouvez-vous définir qu’ils n’iront jamais trop loin ? » Mes yeux n’arrivent plus à s’y détacher, jusqu’à que ....— Alors, si vous tenez à la république, vous ferez ce que j'ai dit. Et peut-être qu'au lieu de confier la tâche à d'autres, vous vous déplacerez vous-même pour régler ce problème.Indignée, oui, c’est bien le mot, indignée de ce comportement. Voilà ce que je ressens. Nous avons sollicité cette générale pour obtenir des informations complémentaires et quelques précisions, sur l’avenir des planètes Républicaines suite à ce que son action a provoqué, je peux le dire. Ce qui lui a été demandé, elle l’a refusé... C’est donc à ça qu’elle veut jouer... Il va de soi que le Peuple de la Nouvelle République fédérale tirera ses propres conclusions quant à savoir si oui ou non les accusations proclamées par les Confédérés sont exactes ou non, vu que la personne concernée a préféré détourner l’attention de sa personne tout en pointant du doigt la maladresse d’une autre. Accusée d’une maladresse, est loin de porter préjudice par rapport à une accusation de meurtres. Vais-je le souligner ? Non... Chacun sera libre d’apporter son opinion...Pour être respecté, il faut commencer par respecter les autres... Être capable de nouer une relation équilibrée avec eux, qui ne soit guidée ni par l’insolence ni par l’envie de les dominer. Chose qui échappe apparemment à certains d’après ce que je constate sous cette coupole. L’attitude et le comportement en disent tout aussi long sur soi ... Le respect est un apprentissage, il se gagne. Il faut savoir garder son calme et agir avec courtoisie. « Pour inspirer ce respect, il faut s’efforcer de rester courtois en toutes circonstances, Mademoiselle Yvanol »**Je me redresse, le regard braqué sur la jeune femme. Sans expression, aucune, égale à moi-même. Il est temps de reprendre la parole... de ma voix posée... Je suis prête... " - Tout d’abord Mademoiselle Yvanol, je vais vous le redire à vous, tout comme mes collègues précédemment auprès du Général Breymens.... Restez à votre place !... Notez que vous n’avez pas à me donner d’ordre... Tous corps d’armée de la Nouvelle République, la GAR n’est pas exemptée, sont placés sous l'autorité du Chef de l’Etat. Jusqu’à preuve du contraire, l’Etat ici c’est moi... Puisque vous n’échappez pas à cette règle, ne l'oubliez pas à l’avenir. Les « Ordres » qui doivent les donner et qui doivent les écouter..."Inutile de crier pour en imposer à son entourage. L’autorité se construit au quotidien, en misant sur l’exemplarité et la maîtrise de soi. " - Concernant l’escorte d’Omega, Mademoiselle Yvanol, il s’agissait là de mon avis... Il est vrai que j’ai été maladroite dans ma formulation. Sans oublier qu’il faudrait peut-être aussi se tourner vers les intéressés pour voir auprès d’eux si cette option est faisable... Cette proposition doit être faite auprès de la Couronne de Dantooine. Libre à eux d’accepter ou pas."Ces sensitifs gardés par la République dans les rangs de son armée étaient vus d’un mauvais œil par certains nombres de la Population des planètes Républicaines, je ne pense pas que ça changera de sitôt... Ce n'est pas pour redorer leur blason. L’opinion de la population se fera d'elle-même. Si c’est son choix de ne pas vouloir démontrer sa bonne foi face aux citoyens qu’elle doit protéger, libre à elle. Quand on n’a rien à cacher, on ne fait pas ce genre de pirouette en forçant d’autres à parler à sa place.« - Bien, puisque je pense que c’est là votre dernier mot, au vu de votre réponse, il nous faut conclure. Je prends acte de votre refus de plaider votre innocence aux yeux de toute la Galaxie. Puisque la majorité du sénat avait déjà voté pour votre retour dans vos fonctions. Qu’il en soit ainsi ! A noter toutefois que la Chancellerie gardera un œil attentif sur vos actions et vos décisions. Au moindre écart de conduite, nous saurons prendre les mesures adéquates... Vous pouvez disposer...Il est de votre devoir de vous rapprocher de la Commission des armées sans délai. »A cette instant, le silence est complet... Plus un murmure, plus un son. On ne peut distinguer que le bruit motorisé de l’air conditionnée. Même les moteurs des petites caméras jaunes ne se font entendre....Pause momentanée, le bruit de bottes nous signale que ces représentants militaires se retirent. Debout au centre de ma nacelle, je les regarde gagner le couloir. Les portes se referment. Il ne reste plus en présence que les Représentants planétaires de la Nouvelle République. Cette séance exceptionnelle se termine, je reste, là, face à mes collègues et j’annonce.« - Sénatrice Novaga, vous avez mentionné au début de votre allocution,d’une motion de censure » et de la tenue d’une nouvelle élection pour la chancellerie. »... Il serait temps de s’y pencher et de le noter dans l’ordre de jour prioritaire à l’ouverture de la prochaine séance... Mes chères Confrères, cette séance est à présent terminée... Je vous remercie de votre présence. »