Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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Star Wars RPG

Bertrolen Gil'EadB

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  • Entre dettes et survie
    Bertrolen Gil'EadB Bertrolen Gil'Ead

    Le mouvement du Bith fut brutal, désordonné, presque paniqué.

    Mais Bertrolen l’avait vu venir avant même que le blaster n’émerge du coffre. La peur avait changé de densité. Elle s’était contractée en une impulsion unique, désespérée, celle d’un homme acculé qui préfère tenter sa chance plutôt que d’attendre le couperet.

    Le premier tir partit dans un éclair rouge.

    Bertrolen pivota immédiatement sur le côté. Le trait d’énergie frôla son manteau, mordant le tissu sans atteindre la chair, avant d’aller exploser un vieux panneau mural dans une pluie d’étincelles. Le deuxième tir suivit trop vite, mal aligné, arraché par le réflexe plus que par la maîtrise. Bertrolen se jeta contre la table basse qui bascula sous son poids et le trait rouge passa au-dessus de son épaule pour venir brûler une longue balafre noire dans la cloison.

    Le troisième coup fut le plus dangereux.

    Rhapsody, porté par la panique, corrigea instinctivement sa visée. Cette fois, le tir était moins mauvais. Bertrolen sentit la chaleur du plasma lui lécher la joue lorsqu’il s’abaissa d’un mouvement sec. Le trait alla se perdre derrière lui, pulvérisant une partie du cadre de porte dans un craquement sec.

    Le Jedi était déjà en mouvement.

    Le DC-15S surgit de son holster avec une fluidité sèche, sans geste théâtral. Bertrolen tira avant même d’avoir pleinement redressé le bras, pleinement ouvert à la Force pour riposter sans tuer.

    Le premier coup pulvérisa l’arme du Bith.

    Le vieux pistolet éclata entre ses doigts dans une gerbe de métal brûlant et de composants arrachés. Rhapsody poussa un cri de douleur en reculant, serrant instinctivement sa main blessée contre lui.

    Le second tir suivit immédiatement.

    Le trait bleu frappa son genou.

    L’articulation céda sous l’impact dans un bruit écœurant, mêlé à celui de la chair cautérisée et du tissu brûlé. Rhapsody s’effondra au sol en hurlant, entraînant avec lui un meuble branlant qui se renversa dans un vacarme pathétique.

    Puis le silence revint.

    Pas un vrai silence. Nar Shaddaa grondait toujours derrière les murs, mais dans le logement il ne restait que les gémissements du débiteur, le crépitement des circuits fumants et l’odeur âcre du plasma.

    Bertrolen abaissa lentement son arme sans la ranger. Son visage était fermé, presque vidé de toute expression. Il approcha de Rhapsody avec une lenteur volontaire, chaque pas laissant au Bith le temps de comprendre qu’il n’avait plus aucune initiative.

    Rhapsody tenta de reculer en traînant sa jambe blessée sur le sol. Bertrolen lui écrasa la main droite d’un coup de botte sec.

    Le cri qui suivit déchira l’air confiné de l’appartement.

    Le Jedi se pencha légèrement, attrapa l'index de la main immobilisée, puis fixa le Bith droit dans les yeux.

    -Tu as déjà descendu un homme de Jared. Tu savais que quelqu’un finirait par passer cette porte.

    Sa voix était basse. Stable. Plus inquiétante que s’il avait crié.

    Puis il tira brutalement.

    Le craquement des phalanges fut net. Rhapsody hurla de nouveau, son corps se tordant inutilement sous la douleur.

    -Je t'ai laissé une chance de régler tout cela à l'amiable.

    Il prit le majeur, et le tordit d'un coup sec. Le hurlement du bith se mua en gargouillis indéfinissable.

    -Le problème avec les gens désespérés, c’est qu’ils finissent par croire que la panique est une stratégie.

    Puis le jedi se pencha et chuchotta

    -En temps normal, je serais venu à ton aide. Mais j'ai moi même des problèmes et je suis obligé de m'occuper de ton cas.

    Son regard glissa alors vers le petit portrait aperçu plus tôt. L’enfant. Il ne s’y attarda qu’une seconde mais assez longtemps pour que Rhapsody suive malgré lui la direction de ses yeux.

    Bertrolen se releva, en conservant sa botte sur la main blessée.

    -Tu vis dans une ville où tout a un prix, Rhapsody. Les objets. Les services. Les silences. Les informations. Les attaches personnelles.

    Il marqua une pause, laissant la phrase descendre lentement là où elle ferait le plus mal.

    -Quand un homme ne paye pas ses dettes, d'autres viennent saisir ses possessions. Pense tu que ton gosse vaut assez pour couvrir ta dette? Je ne connais pas bien le cours du marché aux esclaves ici.

    La peur du Bith changea aussitôt de nature. Elle devint plus profonde, plus viscérale. Ce n’était plus seulement la peur d’avoir mal ou de mourir.

    Bertrolen sentit une pointe de dégoût remonter en lui. Pas pour Rhapsody. Pour ce qu’il venait de faire naître volontairement dans son esprit.

    Il repoussa cette pensée.

    Pas maintenant. Il a une mission, aussi abjecte soit elle. Et il a donné sa parole. Le temps de retrouver les siens, la nécessité ferait loi.

    Il attrapa Rhapsody par le col et le redressa à moitié malgré sa jambe blessée. Le Bith gémit, incapable de soutenir son propre poids, mais Bertrolen le maintint fermement en place.

    -Maintenant tu vas m’écouter très attentivement.

    Le canon du DC-15S descendit lentement, non vers sa tête, mais vers son autre genou.

    -Tu me donnes les deux mille crédits. Ensuite tu vas m’expliquer comment tu va trouver les trois mille restants en une semaine et quelles garanties tu consens à me donner.

    Il inclina légèrement la tête.

    -Et si tu me mens encore, si tu caches encore quelque chose, ou si tu essayes une énième mauvaise idée… je te retrouverais avec beaucoup moins de patience.

    Son regard se porta une dernière fois vers le portrait, puis revint au Bith.

    -Et je regarderai plus attentivement ce qu’il reste à saisir.

    Spacebarn

  • Bataille de Fans
    Bertrolen Gil'EadB Bertrolen Gil'Ead

    C'est difficile de choisir, mais pour ma part je vais choisir la série de livres Le Nouvel Ordre Jedi.

    Il s'agit selon moi de l'apothéose de l'univers. L'arrivée, dans la galaxie de nos personnages préférés, d'une horde d'aliens à ce point étrangère qu'elle n'apparait pas dans la Force, aux moeurs délicieusement SM, et utilisant une technologie exclusivement biologique est une superbe idée que même les petits succès comme KOTOR ne peuvent qu'effleurer.
    Cette menace qui pousse tous nos protagonistes à se dépasser, à trouver de nouvelles façon de piloter, de se battre, d'utiliser la Force...
    Les dilemmes moraux qui doivent être affronté et la remise en question par Jacen de la place de la Force, de l'impact de ses utilisateurs et de la notion d'équilibre.
    Le fait que pour réussir à tuer Chewbacca il a quand même fallu lui faire tomber dessus une lune.
    La mobilisation de toute la galaxie malgré les conflits passés et toutes les tensions du quotidien que cela apporte.
    Les manœuvres insidieuse des espions Yuuzhan Vong tentant des sabotages subtils.
    Etc.
    Tout est grandiose dans cet arc de l'UE.

    Et surtout, Le Nouvel Ordre Jedi a le bon goût de ne pas se contenter de nous resservir éternellement le même conflit Jedi contre Sith, sabre rouge contre sabre bleu, tentation du côté obscur et capuches noires dans des couloirs mal éclairés. Là, on a enfin une menace qui oblige la galaxie à penser autrement. Les Yuuzhan Vong ne sont pas juste “les méchants du mois” avec un sabre laser en plus et une voix grave. Ils arrivent avec leur culture, leur fanatisme, leur rapport au corps, à la douleur, au sacrifice, à la technologie, à la Force, et même leur esthétique absolument immonde mais fascinante. C'est une invasion totale tant sur le plan militaire que spirituelle, biologique et culturelle.

    Et c'est précisément ce qui rend l'arc aussi puissant : les héros ne peuvent pas simplement gagner parce qu'ils sont les héros. Luke ne peut pas juste méditer très fort dans un marais, Han ne peut pas simplement faire trois vannes dans le Faucon, Leia ne peut pas résoudre la crise avec une réunion diplomatique, et les Jedi ne peuvent pas juste agiter leur sabre laser en déclarant que la Force est avec eux. Tout le monde est dépassé. Tout le monde perd quelque chose. Tout le monde doit s'adapter.

    Là où beaucoup d'œuvres Star Wars se contentent de rejouer la chute, la rédemption, la tentation ou la grande bataille spatiale finale avec plus ou moins de talent, Le Nouvel Ordre Jedi a l'audace de demander : qu'est-ce que devient Star Wars quand la Force elle-même ne suffit plus à expliquer l'univers ? Qu'est-ce que font les Jedi quand leur principal outil spirituel, philosophique et militaire est mis en défaut ? Qu'est-ce que fait la Nouvelle République quand elle découvre que renverser l'Empire ne l'a pas magiquement rendue compétente ?

    Et rien que pour ça, ça écrase une bonne partie de la concurrence.

    Alors oui, je vois venir les défenseurs de La Revanche des Sith. “Oui mais Anakin devient Vador.” Certes. C'est important. C'est dramatique. Il y a des sabres laser, des regards lourds, des Jedi qui meurent, Palpatine qui fait son numéro de vieux gobelin sous amphétamines, et Obi-Wan qui prend l'ascendant moral depuis une colline de lave. Très bien.

    Mais soyons honnêtes deux minutes: l'Épisode III, c'est surtout deux heures où toute la galaxie décide collectivement de ne pas voir que le vieux politicien le plus louche de Coruscant est littéralement le Seigneur Sith qu'ils cherchent depuis dix ans. Les Jedi, censés être les grands sages de la République, passent le film à avoir le sens de l'observation d'un droïde protocolaire en panne. Anakin, lui, bascule du côté obscur avec la subtilité d'un speeder lancé contre un mur. “Je veux sauver Padmé” devient en quelques scènes “finalement, massacrer des enfants, pourquoi pas”. On a connu descente morale plus nuancée.

    Quant à Dark Vador, oui, sa naissance est iconique, mais elle est précédée par tellement de crises d'adolescent galactique qu'au moment où il met enfin le casque, on a presque envie de remercier Palpatine d'avoir coupé le micro interne. Le Vador mystérieux, tragique et terrifiant de la trilogie originale devient rétroactivement un ancien champion olympique du mauvais choix sentimental. C'est fort, mais pas forcément dans le bon sens.

    Et puis KOTOR 1. Ah, KOTOR 1. Le jeu que tout le monde adore et que je respecte évidemment mais que je vais tout de même piétiner avec l'élégance d'un rancor dans une boutique de porcelaine.

    Oui, c'est un très bon RPG. Oui, l'ambiance fonctionne. Oui, la guerre Sith/République est plaisante. Oui, le twist est célèbre. Mais enfin, à côté du Nouvel Ordre Jedi, KOTOR 1, c'est quand même Star Wars qui se regarde dans un miroir en se disant : “Et si on refaisait tout, mais 4000 ans avant, comme ça personne ne peut nous accuser de copier, même si on copie absolument tout ?”

    Une République menacée, des Jedi dépassés, des Sith en armure noire (et des soldats chromé, l'épisode 7 avant l'heure), un super-méchant masqué, un apprenti torturé, des planètes à visiter une par une, une super-arme ancienne, des choix lumineux ou obscurs tellement discrets qu'on dirait parfois un questionnaire administratif : “Voulez-vous sauver l'orphelin ou lui voler ses chaussures ?” C'est très bien, mais ce n'est pas exactement une révolution conceptuelle à chaque couloir.

    KOTOR 1 a pour lui l'immersion, certes. Mais il reste un RPG Bioware de son époque, donc avec cette structure très subtile où l'on débarque sur une planète, on parle à trois PNJ qui attendent depuis dix siècles au même endroit, on règle le conflit local, on récupère un bout de carte antique, puis on repart comme si la galaxie était une chasse au trésor organisée par un comité touristique Sith. C'est charmant. C'est efficace. Mais enfin, le Nouvel Ordre Jedi te fait sentir l'effondrement progressif d'une civilisation entière sous la pression d'une invasion étrangère à toute sa cosmologie.

    Et je ne dis pas que KOTOR 1 est mauvais. Non. Je dis simplement que c'est le choix des gens qui veulent croire qu'ils ont choisi l'originalité alors qu'ils ont choisi “Star Wars : le best-of interactif”. C'est très bien pour ceux qui aiment se sentir profonds parce qu'ils ont cliqué sur une ligne de dialogue “côté obscur” avant de voler 25 crédits à un pauvre type.

    Pendant ce temps, Le Nouvel Ordre Jedi prend les personnages historiques, leurs enfants, leurs héritages, leurs erreurs, leurs dogmes, leurs certitudes et toute la structure politique de la galaxie, puis jette dessus une civilisation d'envahisseurs fanatiques qui ne rentre dans aucune case connue. C'est un choc de mondes. C'est Star Wars qui sort enfin de son confort, qui accepte de salir ses héros, de leur faire perdre des batailles, des amis, des repères et parfois même leur foi dans ce qu'ils croyaient comprendre de la Force.

    Et franchement, entre “Anakin boude très fort jusqu'à devenir un cyborg” et “Revan découvre qu'il est le centre du scénario parce que Bioware l'a décidé”, je choisis sans hésiter l'arc où la galaxie entière manque de se faire remodeler par des gothiques extragalactiques adepte du bushido

    Le Nouvel Ordre Jedi, c'est excessif, baroque, parfois brutal, parfois maladroit, mais immense. C'est une fresque. Une vraie. Pas seulement un bon film, pas seulement un bon jeu, mais un moment où l'Univers Étendu a tenté quelque chose de gigantesque.

    Bref, vous pouvez garder vos Jedi en robe de chambre qui ne sentent pas venir Palpatine alors qu'il clignote en rouge Sith depuis trois films, et vos cartes stellaires cachées par des architectes antiques qui n'avaient manifestement rien de mieux à faire.

    Moi, je monte sur mon Bantha de bataille génétiquement modifié, douloureux, hérissé de pointes et probablement incompatible avec les normes sanitaires de la République et je pars défendre les Yuuzhan Vong.

    Discussions sur Star Wars

  • Entre dettes et survie
    Bertrolen Gil'EadB Bertrolen Gil'Ead

    Lorsque la porte s'entrouvrit, Bertrolen plongea ses yeux dans ceux du Bith. Ce dernier avait les traits tirés, les yeux cernés. Il transpirait la fatigue, la peur surtout. Une peur ancienne, installée depuis suffisamment longtemps pour avoir commencé à dévorer le reste.

    Le Jedi percevait derrière cette porte un individu qui dormait mal, réfléchissait trop et sursautait au moindre bruit dans le couloir.

    Il laissa le silence s’étirer juste assez pour laisser l’inquiétude monter encore d’un cran.
    Puis il parla enfin, d’une voix basse et calme.

    -Rhapsody.

    À l’évocation implicite de son nom, Bertrolen sentit immédiatement la crispation dans l’esprit du Bith. Les émotions s’entrechoquaient derrière son regard laissant se succéder la panique le calcul et le déni. Ainsi qu'une envie très fugace de refermer brutalement la porte.

    Le Jedi ne lui en laissa pas le temps.

    D’un mouvement sec mais parfaitement contrôlé, il poussa la porte de la paume et entra dans l’appartement sans demander l’autorisation. Le battant heurta le mur dans un claquement sourd.

    L’intérieur était à l’image du quartier: exigu et mal entretenu. Une odeur de renfermé et d’humidité stagnante flottait dans l’air, mélangée à celle d’appareils électroniques chauffant trop longtemps. Quelques objets traînaient encore sur une table encombrée. Des emballages alimentaires. Des composants démontés. Un logement de quelqu’un qui survivait plus qu’il ne vivait.

    Bertrolen referma calmement la porte derrière lui.

    Le Bith paraissait nerveux, désordonné, presque tremblant.

    Lui se tenait parfaitement droit au milieu de la pièce, manteau sombre encore humide des pluies industrielles de Nar Shaddaa, posture stable, regard clair et fixe. Il n’avait pas besoin d’élever la voix pour imposer une présence. Toute son attitude suffisait.

    -Jared m’envoie.

    Bertrolen observa attentivement la réaction qui suivit. Les épaules qui se tendent. Le regard qui fuit une fraction de seconde. La respiration qui change imperceptiblement.

    Le Jedi fit lentement quelques pas dans la pièce, sans précipitation, comme quelqu’un qui avait déjà décidé qu’il ne partirait pas sans réponse. Son regard glissa brièvement sur les accès secondaires, les fenêtres, les objets pouvant servir d’arme improvisée. Il focalisa sa perception dans la Forcesur les instincts de fuite du Bith, se préparant à réagir instantanément à la moindre velléité, fusse en le retenant d'un coup sec par la son pouvoir.

    Puis il revint vers Rhapsody.

    -Cinq mille crédits.

    Le ton était plus ferme désormais.

    -Et un meurtre.

    Il marqua une légère pause.

    -Tu vois, le problème avec les dettes ici, ce n’est jamais vraiment l’argent. L’argent finit toujours par revenir d’une manière ou d’une autre.

    Son regard ne quittait pas celui du Bith. Le jedi continuait à se déplacer lentement dans la pièce, attrapant un objet au vol et l'examinant avant de le laisser tomber au sol même si ça devait le casser.

    -Le vrai problème, c’est quand les gens commencent à croire qu’ils peuvent ignorer ce qu’ils doivent.

    Le silence retomba un instant dans la pièce. Au loin, derrière les murs fatigués de l’immeuble, on entendait encore le grondement permanent de Nar Shaddaa. Les moteurs. Les voix. Les sirènes lointaines.
    Bertrolen prit un petite bouteille de ce qui pourrait être de l'alcool. L'ouvrit, renifla le goulot et fit la moue. Il vida le contenu sur le canapé. Le jedi continuait son inspection. Les restes de nourriture, à l'aspect putride, faisaient le bonheur d'une faune à la diversité insoupçonnée pour un tel monde. Sur une petite étagère, un portrait attira l'attention. Un être qui semblait être un enfant. Etait-ce celui de sa cible? Probablement, mais cela ne ferait aucune différence. Et même, cela pourrait donner un moyen de pression supplémentaire car le plus désespéré des individus donnerait tout pour protéger sa progéniture.

    -Cette planète entière, cette ville géante vit dans le bruit pour ne jamais entendre sa propre misère. Tu as cru pouvoir te dissimuler dans le fond diffus de l'agitation globale et faire profil bas. Mais les gens à qui tu dois quelque chose n'oublient pas. Jamais.

    Bertrolen s’arrêta finalement à quelques pas du Bith. Quelque chose dans son regard avait changé. Une froideur professionnelle. Contrôlée. Presque militaire. Il posa sa main gauche sur l'épaule du débiteur, de la droite il découvrit son blaster.

    -Je vais être honnête avec toi, Rhapsody. Jared m’a demandé de récupérer son argent. Pas de te tuer.

    Puis il inclina légèrement la tête et sera suffisamment sa poigne pour que la douleur fasse légèrement trembler les jambes du Bith puis exerça une pression pour le forcer à s'asseoir sur le canapé trempé.

    -Mais il ne m’a pas demandé d’être agréable non plus.

    Sa voix demeurait calme. C’était probablement le plus inquiétant.

    -Alors maintenant, tu vas respirer un grand coup et tu vas m’expliquer où sont passés ces cinq mille crédits. Ensuite, on verra combien de problèmes tu essayes réellement d’ajouter à ceux que tu as déjà.
    Je te conseille de faire ce qu'il faut pour ne pas finir en exemple.

    Spacebarn

  • Entre dettes et survie
    Bertrolen Gil'EadB Bertrolen Gil'Ead

    Le silence s’installa une fraction de seconde après que le chef eut terminé. Pas un silence lourd, un simple temps d’évaluation.

    Bertrolen ne prit pas immédiatement le projecteur. Son regard resta fixé sur l’homme, non pas pour le défier, mais pour mesurer ce qui venait réellement d’être proposé. Un test, oui. Simple en apparence. Classique dans sa forme. Mais jamais anodin dans ce genre d’endroit.

    Il tendit finalement la main et saisit le petit dispositif holographique. Le visage du Bith apparut. Il avait traits allongés, tirés par un travail éreintant et le regard fuyant même dans une image figée. Le genre d’individu qui pense toujours pouvoir négocier jusqu’au moment où il est trop tard.

    Bertrolen observa quelques secondes sans rien dire, mémorisant les détails, puis coupa l’affichage.

    -Dix pourcents, répéta-t-il calmement.

    Il glissa le dispositif dans une poche intérieure de son manteau avant de relever légèrement le menton.

    -Vous voulez votre argent. Et vous voulez que ça se sache.

    Cette fois, une nuance plus concrète passa dans son regard. Il ne posait pas une question. Il validait le cadre.

    Il ne demanda rien de plus. Pas de détail supplémentaire, pas d’excuse pour négocier. Ce n’était ni le lieu ni le moment. Et surtout, ce n’était pas le genre d’impression qu’il voulait laisser.

    Il fit un léger pas en arrière, prêt à se mettre en mouvement, puis s’arrêta une seconde de plus et dit d'un ton neutre.

    -Si je le trouve et qu’il ne peut pas payer immédiatement, je vous préférez que je vous rapporte quel morceau?

    Son regard ne quitta pas celui du chef.
    Une fois la réponse obtenue, il hocha simplement la tête et sans un mot de plus, tourna les talons.

    En repassant à hauteur d’Austin et du reste de l’équipe, il ralentit à peine. Juste assez pour glisser, d’un ton plus léger, presque imperceptible sous le bruit ambiant :

    -J’espère que votre “boss” ne m'envoie pas dans un traquenard.

    Puis il quitta la pièce.

    Dès que la porte se referma derrière lui, l’atmosphère du Spacebarn le frappa à nouveau de plein fouet. Le bruit, les odeurs, les mouvements constants. Rien n’avait changé pendant ces quelques minutes. Et pourtant, tout était différent.

    Il n’était plus un passager.

    Il avait une mission.

    Bertrolen s’écarta légèrement de l’entrée, laissant passer deux manutentionnaires chargés, puis s’arrêta un instant dans une zone plus dégagée. Il activa brièvement le projecteur pour revoir le visage du Bith et l’adresse associée.

    Il pouvait s'y rendre à pied.

    Il coupa à nouveau l’hologramme.

    Sa main effleura instinctivement sa manche, là où reposait le sabre, toujours dissimulé. Puis elle redescendit vers son holster. Le blaster était là, plus accessible, plus… adapté à ce genre d’environnement.

    *Sans trop l’amocher.

    Un coin de sa bouche se releva légèrement.

    -On va essayer.

    Il était toujours Jedi, et participer à ce genre de tâche le dérangeait. Mais Bertrolen est aussi un homme de parole. Désormais tiraillé entre ces 2 facettes de sa nature, il lui fallait temporairement mettre de côté son engagement afin de survivre. Aussi longtemps qu'il était sur Nar Shaddaa, il devait enfouir le Jedi au plus profond de lui.

    Il releva la tête, repéra rapidement une sortie latérale menant vers les niveaux inférieurs du secteur indiqué, puis s’engagea dans le flot de Nar Shaddaa sans hésitation.

    En quittant les abords directs du Spacebarn, le flux de travailleurs laissa place à une circulation plus dense, plus désordonnée. Les passerelles se resserraient, les plafonds s’abaissaient par endroits, et les lumières devenaient plus agressives. Néons vacillants, enseignes criardes, projections holographiques saturées de couleurs. Chaque mètre semblait disputé par une activité différente.

    Bertrolen avançait sans précipitation. À la bonne cadence pour ne pas attirer l’attention. Son regard ne s’arrêtait jamais vraiment, mais il tentait de reste attentif à tout. La Force l'y aidait. Le jedi avait dressé autour de lui un champ de quelques pas où aucun mouvement ne lui échappait. Mais au delà, il devait se contenter de sa perception.

    Il ajusta légèrement sa trajectoire à plusieurs reprises, évitant des zones où l’activité changeait subtilement de nature. Ici, un attroupement trop compact. Là, un échange discret entre deux individus qui n’avaient rien de commerçants ordinaires. Plus loin, un couloir presque désert qui sentait l’embuscade.

    Nar Shaddaa ne cachait rien. Elle montrait tout. Il suffisait de savoir lire.

    Il descendit de plusieurs niveaux, empruntant des escaliers métalliques dont les marches vibraient sous le passage constant. L’air devenait plus lourd à mesure qu’il s’enfonçait. Moins filtré. Plus chargé. Plus vrai. Plus toxique. Cela lui rappela l'air des bas fonds de Coruscant, même si ces derniers restaient relativement sain comparé aux pires lieux de Nar Shaddaa.

    L’adresse le mena vers un secteur plus ancien. Les structures y étaient moins entretenues, les panneaux plus usés, les systèmes d’éclairage partiellement défaillants. Les bruits restaient constants, mais plus diffus. Comme étouffés par l’épaisseur des couches supérieures.

    Il ralentit légèrement en approchant.

    La façade était marquée par le temps. La porte, renforcée sans être véritablement sécurisée, montrait des traces d’activité récente. Le logement d'un individu pauvre. Ou qui veut s'en donner l'apparence.

    Bertrolen s’arrêta à quelques pas de l’entrée.

    Il observa une dernière fois les alentours. Les axes de fuite. Les points hauts. Les angles morts. Rien d’alarmant. Rien de rassurant non plus puis il ajusta légèrement son manteau, vérifia d’un geste imperceptible la position de son blaster et avança jusqu’à la porte.

    Sa main se leva.

    Il marqua une courte pause.

    Puis il frappa, vivement, et étendit sa perception par delà le seuil.

    Spacebarn

  • Entre dettes et survie
    Bertrolen Gil'EadB Bertrolen Gil'Ead

    Bertrolen ne suivit pas immédiatement le mouvement lorsque la main d’Alistair vint se poser sur son épaule. Il détourna d’abord une dernière fois le regard vers l’immensité grisâtre du Spacebarn, vers les passerelles suspendues, les silhouettes pressées, les gerbes d’étincelles et les coques éventrées que l’on réparait à même le vide industriel de Nar Shaddaa. Puis il revint à lui et tourna légèrement la tête vers le contrebandier.

    Un très léger sourire passa sur ses lèvres. Fatigué et discret mais présent.

    D’un geste mesuré, il donna à Alistair une petite tape amicale entre les omoplates.

    -Ne t’en fais pas. Ce n’est pas de l’émerveillement.

    Il jeta un nouveau regard autour d’eux, comme pour désigner tout ce capharnaüm d’un simple mouvement du menton.

    -C’est plutôt… de l’étonnement. Je m’attendais à ce que le temps change au moins un peu les choses. Finalement c'est toujours la même rouille, la même tension dans l’air, les mêmes affaires dont il vaux mieux ne pas prêter attention.

    Il inspira lentement. L’odeur n’était pas agréable, mais elle avait quelque chose de rassurant dans sa brutalité.

    -Et puis il y a autre chose. Après avoir passé autant de temps presque seul, retrouver autant de vie d’un coup a quelque chose de… revigorant. Même ici.

    Le terme était choisi avec soin. Il n’idéalisait rien. Il constatait seulement que le vacarme, les voix, les mouvements et jusqu’aux jurons qui fusaient à travers les docks avaient rendu à la galaxie une densité qu’il avait presque oubliée.

    Il suivit ensuite le groupe sans davantage ralentir la marche. La demi-heure à travers le Spacebarn ne lui fit rien perdre de sa vigilance. Son regard allait d’un atelier à l’autre, jaugeait les grues, les chaînes, les postes de soudure, les équipes de manutention et les petits attroupements plus douteux où l’on échangeait probablement tout autre chose que des pièces détachées. Il remarqua les trajectoires naturelles des gens du coin, les zones qu’on évitait, les regards trop insistants et les poches d’ombre où il serait facile de faire disparaître quelqu’un. Sans même y penser, il mémorisait déjà une partie des accès, des escaliers et des sorties.

    Lorsque Austin les fit passer par le côté de l’entrepôt, Bertrolen se contenta d’un hochement de tête.

    Plus ils approchaient du cœur des affaires de cette petite équipe, plus il sentait se dessiner la hiérarchie réelle. Austin commandait sur le terrain. Mais ici, il n’était plus le sommet.

    Le bureau du boss confirma cette impression avant même que l’homme ne parle.

    Bertrolen entra sans hésitation mais sans arrogance. Son regard capta d’abord les détails utiles. Le datapad posé. Les mains gantées. L’attitude. La manière de se lever. Le genre d’homme qui ne jouait pas au chef. Il l’était parce qu’il tenait assez bien sa place pour qu’on ne la lui conteste pas trop souvent. C’était différent des ambitieux. Plus sobre. Plus dangereux aussi.

    Bertrolen ne répondit pas immédiatement à la question posée. Il se tint droit, les épaules basses, la posture simple mais tenue. Pas au garde-à-vous. Pas assez rigide pour cela. Mais avec cette droiture tranquille qu’on retrouve chez ceux qui ont longtemps vécu avec des consignes, des ordres et des responsabilités réelles.

    -À être utile, répondit-il d’abord.

    Puis il reprit très vite, plus concrètement.

    -Je sais piloter. Pas comme un as, mais suffisamment bien pour emmener un appareil d’un point à un autre sans le transformer en débris fumants ou réaliser une escorte efficace à bord d'un appareil léger. Je sais aussi me débrouiller au sol. Tir, progression, sécurité de convoi, reconnaissance. Je suis meilleur avec une lame qu’avec un blaster, mais je sais me servir des deux. J'ai une appétence pour les opérations requérant de la discrétion.

    Il laissa une courte pause. Sa voix restait posée, propre, sans exagération. Il n’était pas là pour se survendre comme un mercenaire de bas étage.

    -Je sais me faire discret quand la situation l’exige. Observer. Entrer quelque part, comprendre vite ce qu’il faut regarder et ressortir sans attirer l’attention. Ou au contraire tenir une position quand il faut la tenir.

    Son regard resta fixé sur celui de l’homme en face de lui. Franc, stable.

    -J’ai servi assez longtemps pour savoir suivre une chaîne de commandement, exécuter une mission correctement et ne pas m’effondrer au premier imprévu. Et je sais faire la différence entre une opération propre et une mission suicide déguisée en opportunité.

    Cette fois, une nuance plus vivante traversa son expression. Quelque chose d’un peu plus léger, sans rompre le sérieux général.

    -En résumé, si vous cherchez quelqu’un capable de transporter quelque chose, de retrouver quelqu’un, de surveiller un secteur, d’escorter une cargaison ou d’aller voir discrètement ce qu’un autre essaie de cacher, je peux probablement vous être utile.

    Il inclina très légèrement la tête.

    -Je ne connais pas encore vos méthodes, ni vos besoins exacts. Mais j’apprends vite et je ne suis pas du genre à discuter un ordre en plein milieu de son exécution.

    Le silence qui suivit ne fut pas gêné. Bertrolen ne cherchait pas à meubler. Il avait donné l’essentiel.

    Puis il ajouta, avec une franchise simple qui allait bien avec le ton général de l’échange :

    -Et comme Austin a déjà dû vous le dire, j’ai besoin de travail. Pas d’aumône. Pas d’un toit offert par pitié. Juste d’une place à gagner correctement.

    Il garda le visage ouvert, presque plus vivant qu’à son arrivée sur Nar Shaddaa. Pas chaleureux au sens large, mais présent. Engagé dans l’instant. Quelque soit la tâche qui allait lui être proposé, Bertrolen ne la considèrera pas comme servant à rembourser la dette qu'il a envers Austin et son équipage. Ce sera lui qui demandera une faveur au jedi en temps voulu.

    Spacebarn

  • Entre dettes et survie
    Bertrolen Gil'EadB Bertrolen Gil'Ead

    L’hyperespace s’étirait à l’infini autour du YT-1300, un tunnel bleuté sans début ni fin, presque hypnotique.

    Bertrolen resta un moment immobile dans l’embrasure du cockpit, observant ce flux irréel sans réellement le voir. Son attention s’était déjà détachée du spectacle. L’esprit, lui, travaillait ailleurs.
    Les informations qu’il venait d’entendre tournaient encore dans sa tête. Imperium. CSI. République Fédérale. Des noms, des équilibres instables, des tensions. La galaxie avait continué sans lui, s’était réorganisée, fragmentée peut-être. Rien de surprenant, au fond. Le vide laissé par une chute de régime ne restait jamais vide bien longtemps.

    Rien ne disparaît vraiment. Tout se transforme… souvent en pire.

    Il expira lentement.

    Nar Shaddaa. Un point d’ancrage. Un point de chute. Peut-être un point de départ.

    Mais avant cela, il fallait se préparer.

    Sans un mot de plus, il quitta le cockpit et regagna les couloirs étroits du transport. Le bruit ambiant changea immédiatement. Le bourdonnement du vaisseau devenait presque organique, comme un cœur mécanique battant derrière les cloisons.
    La cale l’accueillit avec sa lumière tamisée et ses lignes brutes. Les caisses arrimées, les filets de sécurité, les parois marquées par le temps. Rien de confortable. Rien de superflu.

    Bertrolen s’assit sur une caisse solidement fixée, puis resta immobile quelques secondes, laissant son corps relâcher une tension qu’il ne s’était même pas rendu compte porter. Le voyage n’avait pas été éprouvant en apparence. Mais l’enchaînement des événements, lui, l’était.

    Sa main glissa lentement sous sa manche. Le manche de bois, discret, presque banal pour un œil non averti. Il le sortit avec précaution. Il observa un instant les lignes irrégulières, les inserts d’ivoire brut, les marques laissées par le temps.
    Puis il activa le petit générateur qu’il avait récupéré.
    Un faible vrombissement accompagna l’activation. Il connecta l’arme avec précision, vérifiant d’un regard les indicateurs. L’énergie afflua progressivement, lente mais stable. Rien à voir avec les installations d’un temple ou d’un croiseur. Mais suffisant.

    Il resta là, à surveiller la charge et le temps s’étira.

    Autour de lui, le vaisseau poursuivait sa route en hyperespace, indifférent à ce rituel discret. Bertrolen ferma finalement les yeux, laissant son souffle ralentir. Il n'entra pas en méditation profonde. Pas ici. Pas maintenant. A peine un recentrage.

    Lorsque le générateur indiqua une charge complète, il déconnecta le sabre et le remit en place sous sa manche avec le même soin. Invisible, silencieux et prêt.

    Il resta encore quelques instants assis, les avant-bras posés sur les cuisses, le regard perdu dans le vide puis il se releva.

    Il regagna le cockpit sans bruit, reprenant sa place en retrait, comme s’il ne l’avait jamais quitté.
    L’hyperespace se déchira comme il l'avait anticipé.
    Un instant, il n’y avait que le flux bleuté et infini qui enveloppait le YT-1300. L’instant d’après, la réalité reprit ses droits avec une brutalité presque physique. Les étoiles revinrent, fixes, froides, familières.

    Et devant eux, Nar Shaddaa.

    Bertrolen se tenait en retrait dans le cockpit, légèrement en arrière des sièges de pilotage. Il ne s’imposait pas, mais il observait. La planète-lune emplissait une large partie du champ de vision, masse grise et saturée de lumière artificielle. Aucune surface naturelle visible. Aucun océan. Aucun continent. Seulement une accumulation infinie de structures, de plateformes, de tours, d’extensions empilées les unes sur les autres comme si la planète avait été construite sans jamais être pensée. Un monde entier transformé en ville.

    Des milliers de points lumineux pulsaient à sa surface, certains fixes, d’autres clignotants, d’autres encore mouvants au gré du trafic aérien. Des couloirs de circulation balisaient des flux constants de vaisseaux, des silhouettes de toutes tailles glissant dans l’orbite basse comme un essaim désorganisé mais étrangement fonctionnel.

    Bertrolen plissa légèrement les yeux.

    L'hostilité de ce monde était différente de celle de la jungle. C’était pire. Un monde indifférent, saturé, où chaque vie pouvait disparaître sans même laisser une trace.

    Le YT-1300 s’inséra dans le trafic sans difficulté apparente. Les gestes d’Alistair restaient précis, efficaces. Quelques corrections, une trajectoire ajustée, et déjà ils plongeaient vers la surface.

    À mesure que l’appareil descendait, les détails devenaient plus nets. Les structures révélaient leur état réel. Métal fatigué. Plaques rafistolées. Conduits exposés. Lumières vacillantes. Certaines zones semblaient abandonnées, d’autres surpeuplées, toutes marquées par une usure constante.

    La descente se poursuivit à travers plusieurs niveaux de circulation. Les couches de la ville se superposaient comme des strates géologiques inversées. Plus ils descendaient, plus l’atmosphère semblait lourde, plus les lumières devenaient crues et plus les vaisseaux croisés étaient marqués par des années d’usage.

    Puis le Spacebarn apparut.

    Une structure massive, ouverte, une immense zone industrielle où docks, plateformes et structures métalliques s’entremêlaient dans un chaos organisé. Des vaisseaux de toutes tailles y étaient amarrés, en réparation, en démontage ou en attente. Des bras mécaniques s’activaient sans relâche. Des étincelles jaillissaient à intervalles réguliers. Le bruit, même filtré par la coque, était constant.

    Le YT-1300 amorça son approche finale.

    L’atterrissage fut sec mais maîtrisé. Les répulseurs s’éteignirent progressivement, laissant place à un bourdonnement résiduel. Le silence relatif du cockpit contrastait violemment avec l’agitation visible à l’extérieur.

    Bertrolen ne bougea pas immédiatement. Il observait.
    Des silhouettes circulaient déjà autour des appareils voisins. Techniciens, récupérateurs, pilotes. Certains pressés, d’autres nonchalants. Tous occupés. Tous indifférents à l’arrivée d’un transport de plus.
    Ici, personne ne regarde deux fois le même visage. Le genre d’endroit où disparaître était facile.

    Ou mourir.

    Il inspira lentement, puis se redressa.
    Sans attendre d’invitation particulière, il quitta le cockpit et descendit à son tour de l’appareil lorsque la rampe s’ouvrit. L’air de Nar Shaddaa le frappa immédiatement. Plus sec que celui de la jungle, mais chargé d’odeurs industrielles. Métal chaud, carburant, ozone, déchets recyclés. Une atmosphère artificielle, filtrée, mais loin d’être propre.

    Le bruit était omniprésent. Marteaux, soudures, moteurs, voix. Un fond constant qui ne laissait aucune place au silence. Bertrolen fit quelques pas, s’écartant légèrement de la rampe du YT pour ne pas gêner. Son regard balayait déjà les environs avec méthode. Les accès. Les hauteurs. Les issues.

    Il ajusta légèrement son manteau encore marqué par son périple, puis posa une main contre la coque du transport qui l’avait amené ici.

    -Un sacré contraste avec ma dernière escale, murmura-t-il pour lui-même.

    Puis il releva la tête.

    Quelque part dans cette structure se trouvait ce fameux “boss”.
    Quelque part dans cette ville se trouvait sa prochaine étape.
    Et pour la première fois depuis longtemps, Bertrolen n’était plus spectateur.

    Il avançait.

    Spacebarn

  • Un naufrage
    Bertrolen Gil'EadB Bertrolen Gil'Ead

    Bertrolen resta silencieux un instant après les paroles d’Austin. Il n’avait pas quitté sa position dans l’embrasure du cockpit, mais son attention s’était légèrement déplacée. Moins sur les gestes techniques, plus sur les voix, sur les regards. Il sentait le changement. Ce n’était plus seulement de la méfiance. Il y avait autre chose désormais. De la curiosité. Peut-être même une forme de respect naissant.

    Le récit avait fait son effet.

    Ils écoutent encore comme on écoute une histoire. Pas comme on écoute un homme dangereux.

    Ce constat ne le rassura qu’à moitié.

    Les jeunes membres de l’équipage avaient ce regard particulier, celui de ceux qui n’avaient pas encore été entièrement broyés par la réalité. Ils avaient vu des choses, sans doute. Mais pas encore assez pour que l’idéalisme se transforme en cynisme pur. Bertrolen connaissait bien cette frontière. Il l’avait franchie depuis longtemps.

    Il reporta son attention sur Austin lorsque celui-ci décrivit l’état de la galaxie. Imperium. CSI. République Fédérale. Les noms s’entrechoquaient sans encore former une carte cohérente dans son esprit. Les grandes structures avaient changé, muté, mais le fond restait le même. Luttes de pouvoir, conflits d’influence, populations prises entre les lignes.

    Il hocha légèrement la tête.

    -Certaines choses ne changent jamais.

    Sa voix était calme, sans amertume apparente. Juste un constat posé.

    -La guerre ne meurt jamais. Même quand les noms changent.

    Il laissa passer un court silence, comme pour laisser cette idée se poser sans l’imposer. Puis son regard dériva brièvement vers les commandes, les coordonnées, les indicateurs lumineux. Tout fonctionnait. 

    Lorsque Austin évoqua Nar Shaddaa, Bertrolen esquissa un léger sourire, à peine visible. Un sourire fatigué plus qu’amusé.

    -J’imaginais mal cet endroit devenir fréquentable avec le temps.

    La proposition suivante, en revanche, retint pleinement son attention.

    Il ne répondit pas immédiatement. Il observa Austin quelques secondes, comme s’il cherchait à mesurer ce qu’il y avait réellement derrière cette offre. Opportunité. Intérêt. Calcul. Peut-être un mélange des trois.

    Un boss. Donc une organisation. Donc des règles. Donc des chaînes… plus ou moins visibles.

    Il croisa lentement les bras, sans se fermer pour autant, adoptant simplement une posture plus stable.

    -Une présentation, ça me va.

    Il marqua une légère pause avant de reprendre, plus posé encore.

    -Je ne cherche pas à m’imposer dans un groupe, ni à m’attacher trop vite à une structure. Mais je cherche à comprendre ce qui se passe, et à me remettre en mouvement.

    Son regard resta accroché à celui d’Austin.

    -Si votre contact a besoin de quelqu’un qui sait piloter, se battre et survivre… je peux être utile.

    Il ne se vendait pas. Il énonçait des faits.

    Puis, après un très bref silence, il ajouta avec une nuance plus personnelle

    -Et j’ai besoin de crédits. Ça aussi, c’est un fait.

    Il laissa échapper un souffle lent.

    -Nar Shaddaa. Ce sera un bon point de départ.

    Il ne dit rien de plus. Pas de gratitude excessive, pas d’enthousiasme déplacé. Juste une acceptation lucide.
    Un nouveau monde et de nouvelles règles même si les anciennes ne disparaissent jamais vraiment.
    Il redressa légèrement la tête.

    -Je vous suis, Austin. Montrez-moi ce que vaut votre “boss”.

    Ce n’était pas un défi.

    Mais ce n’était pas non plus une promesse aveugle.

    Régions Inconnues

  • Un naufrage
    Bertrolen Gil'EadB Bertrolen Gil'Ead

    Bertrolen resta quelques instants dans l’embrasure du cockpit sans chercher à s’imposer davantage dans l’espace déjà étroit. Il observait les gestes rapides d’Austin et d’Alistair, la façon dont leurs mains glissaient sur les commandes avec l’assurance de ceux qui avaient répété ces manœuvres des centaines de fois. Le vieux transport vibrait d’une énergie contenue, chaque module semblant participer à la montée progressive vers le saut.

     

    Lorsque les présentations furent faites, il inclina légèrement la tête.

     

    -Austin. Alistair. Althéa. Enchanté.

     

    Il prononça les noms calmement comme pour les ancrer dans sa mémoire. Dans son esprit associer un visage à un nom n’était jamais un simple réflexe social, juste une manière de situer les gens dans une carte mentale, de comprendre à qui il avait affaire.

     

    Le rire d’Austin et sa manière désinvolte d’évoquer les routes hyperspatiales bricolées ne surprirent pas Bertrolen. Mais c’était une réponse évasive. Son regard se posa à nouveau sur l’écran où les coordonnées de départ s’affichaient encore afin de confirmer à nouveau leur position. Ils étaient vraiment éloignés de tout. Pas simplement dans un système non cartographié sur le bord d’une route hyperspatiale oscure empruntée par les malandrins souhaitant se faire discret.

    Ils étaient venus dans ce système délibérément. Pour une rencontre cachée ou récupérer quelque chose dans une boite aux lettres morte. Mais ce n’était pas le problème du Jedi. Il ne ressentait pas à bord d’artéfacts lié au côté obscur donc la nature des activités de la petite équipe importait peu. Mieux valait faire mine d’adhérer à l’histoire.

     

     

    -Je vois, répondit-il. Les grandes puissances tracent les routes officielles. Les gens qui vivent vraiment de l’espace trouvent les autres.

     

     

    La question d’Austin arriva alors, directe et curieuse mais pas hostile.

    Bertrolen resta silencieux quelques secondes avant de répondre. Plus par habitude que par hésitation. Choisir ce qu’on dit et ce qu’on garde pour soi.

     

    -L’Ancienne République. Oui j’y ai servi.

     

    Il ne chercha pas à embellir la formule. Sa voix restait posée, presque détachée.

     

    -Je commandais cet Acclamator. Ce bâtiment a participé à plusieurs engagements majeurs.

     

    Il marqua une courte pause. Les images revenaient facilement, comme si le simple fait de prononcer ces mots ouvrait une porte.

     

    -Vous avez sans doute entendu parler des assauts des Siths sur Coruscant, j’y étais.

     

    Son regard se perdit une fraction de seconde vers l’avant, au-delà du cockpit, vers les étoiles encore invisibles derrière la coque.

     

    -J’ai vu mon monde natal se faire vitrifier par des armes à la puissance inimaginable, mais ça a été rapide. Ce qui s’est passé sur Coruscant, c’était un massacre. Une souffrance infligé aveuglement et délibérément. La guerre devrait être l’affaire des soldats, pas des civils.

     

    Il reprit ensuite, d’un ton légèrement plus grave.

     

    -La plupart des cicatrices que vous avez vues sur la coque ne viennent pas du crash. Elles datent de la bataille de la Forge Stellaire. C’était un sacré merdier là-bas. C’était à croire que toutes les forces de la galaxie s’y sont rejointe.

     

    Il haussa légèrement les épaules.

     

    -Mais bon, un vieux croiseur comme celui-là finit toujours par ressembler à une relique.

     

    La remarque d’Austin sur le chaos politique récent fit naître un léger silence. Bertrolen ne répondit pas immédiatement. Sa main s’appuya contre l’encadrement de la porte du cockpit, les doigts immobiles contre le métal froid.

     

    *Le bordel des dernières années…

     

    Il expira lentement.

     

    -Je n’ai pas suivi les événements. Je n’ai pas pu.

     

    Son regard revint vers Austin.

     

    -Lorsque l’hyperpropulsion a explosé, nous étions en transit. Des réparations avaient été faites dans l’urgence. Une erreur… ou une pièce défectueuse. La réaction en chaîne a soufflé toute la poupe.

     

    Il parla sans pathos, comme quelqu’un qui avait ruminé la scène dans sa tête de nombreuses fois.

     

    -Le croiseur a été éjecté de l’hyperespace, les moteurs hors service. Enfin... Absent plutôt. Et le croiseur a dérivé. Longtemps.

     

    Il ne précisa pas combien.

     

    -J’étais seul dans la section des hangars avant. Un endroit refuge où je pouvais réfléchir sans personne à proximité. Il n’y a pas d’activité dans les hangars lors d’un long transit. La plupart de l’équipage était dans leur quartiers, à proximité des réacteurs…

     

    Son regard s’assombrit à peine.

     

    -J’ai fini par comprendre que je ne capterais plus aucune activité. Plus aucun signal interne. Plus aucune voix. J’ai redirigé autant que possible l’énergie vers les systèmes de survie.

     

    Il redressa légèrement la tête.

     

    -Alors oui. Si la galaxie a changé pendant ce temps, je suppose que je vais le découvrir.

     

    Il observa Austin un instant, puis ajouta avec une pointe d’ironie très discrète.

     

    -D’après ce que vous appelez “le bordel”, j’imagine que l’équilibre des pouvoirs n’est pas très stable.

     

    Un léger silence suivit, ponctué par les vibrations croissantes du vaisseau. Les moteurs atteignaient leur régime optimal.

     

    Bertrolen détourna alors le regard vers l’écran principal.

     

    -Nar Shaddaa, répéta-t-il doucement. Ce sera un bon endroit pour comprendre ce qui reste de la galaxie.

     

    Il se redressa légèrement.

     

    -Et pour trouver du travail.

     

    Il ne précisa pas quel genre.

     

    Dans son esprit, les possibilités défilaient déjà. Mercenaire. Escorte. Pilote occasionnel. Mécanicien. Tout ce qui permettrait de retrouver une place dans un univers qui avait continué sans lui.

     

    *Et peut-être explorer les ruines de l’Ordre Jedi.

    Casier

    Chevalier Jedi - Niveau 3
    Forme III ~ Soresu
    Forme V ~ Djem So
    Régions Inconnues

  • Un naufrage
    Bertrolen Gil'EadB Bertrolen Gil'Ead

    Bertrolen ne laissa rien paraître du soulagement qui lui traversa brièvement le visage lorsque la tension commença à se dissiper. Ce n’était pas encore de la confiance, à peine un relâchement. Il observa celui qui semblait être le chef hausser la voix pour couvrir la distance entre eux puis tendre un peu la situation vers quelque chose de plus praticable. Les autres restaient armés, encore tendus, mais ils n’étaient plus sur leurs gardes et n’avaient plus ce scintillement nerveux dans le regard qui précède les gestes irréparables.

    Le jedi descendit donc de la carcasse avec précaution. Le métal de l’Acclamator, tordu par le crash et meurtri par les années d’errance, geignait sous ses bottes à chaque appui. La pente improvisée qui menait du flanc éventré du croiseur jusqu’au sol de la jungle n’avait rien d’un chemin sûr et pourtant il la franchit sans empressement, comme un homme qui sait que précipiter ses gestes reviendrait à réveiller une méfiance à peine assoupie. La boue absorba son poids lorsqu’il atteignit enfin le sol meuble. Autour de lui, l’odeur de terre chaude, de végétation humide et de métal brûlé se mêlaient en une senteur lourde, presque poisseuse.

    Il s’arrêta à quelques pas du groupe et regarda l’arme qu’on lui tendait. La crosse en avant en signe de confiance. Bertrolen prit le blaster avec lenteur, comme s’il ne voulait pas brusquer ce commencement de confiance. Ses doigts se refermèrent autour de la poignée usée. Il la contempla une fraction de seconde avant de la replacer dans son holster, d’un geste mesuré.

    -Merci, dit-il simplement.

    Le mot n’était ni chaleureux ni froid. Juste sincère, à sa manière. Puis il écouta la suite sans l’interrompre. Nar Shaddaa. Le nom éveilla aussitôt toute une série d’images peu rassurantes, de rumeurs anciennes et de violence ordinaire maquillée en commerce quotidien. Pourtant, comparé à une mort anonyme dans une jungle des Régions Inconnues, s’enfoncer dans la noirceur du monde des Hutts avait presque l’air enviable.

    Quand la cale fut mentionnée, Bertrolen eut un très léger mouvement d’épaules. Peut-être même l’amorce d’un sourire.

    -J’ai déjà dormi dans pire.

    C’était vrai. Sous des ponts, dans des soutes éventrées, dans des tranchées lors de campagne militaire où même l’air semblait usé avant d’être respiré. Une cale de YT-1300, même encombrée, n’avait rien d’un affront. C’était un espace clos, un toit au-dessus de la tête et l’assurance de quitter ce monde.

    Il tourna ensuite la tête vers l’épave. Son regard remonta le long de la coque crevée jusqu’au vieux symbole de la République encore visible malgré les brûlures, l’usure et les impacts. L’Acclamator ressemblait moins à un vaisseau qu’à un cadavre de métal, vidé depuis longtemps de ce qu’il avait été. Pourtant, l’abandonner ainsi n’était pas un geste anodin. Il y avait derrière lui plus qu’un moyen de transport détruit. Il y avait des années arrachées au temps, du silence, de la survie, des fantômes aussi. Il avait acheté cet appareil sur ses fonds propres, à une époque où la république était empêtrée dans des conflits nécessitant la sacrifice de tous. Pour ce qu’il en savait, la république était tombée depuis et le symbole peint n’avait plus aucun sens si ce n’est dans son cœur qui transporte encore les valeurs d’unité et de bienveillance. Le jedi s’en voulait d’avoir été absent si longtemps. Tellement longtemps qu’il doutait que l’ordre existe encore. Tellement longtemps qu’il doutait de pouvoir avoir aujourd’hui le moindre levier. Il demeura immobile une seconde de trop, juste assez pour que ce regard vers l’épave ressemble à un adieu que personne n’était tenu de comprendre.

    *Tu ne m’as pas ramené mais tu ne m’a pas tué. C’est déjà assez.

    Puis il se détourna sans cérémonie supplémentaire et suivit le groupe vers le vieux transport léger. À mesure qu’il approchait du YT-1300, il détaillait machinalement les lignes de la coque, les plaques remplacées, les traces d’entretien inégal, les cicatrices d’un appareil qui avait vécu. C’est un engin pratique, maintenu en état plus par nécessité que par goût.

    La remarque du chef sur les coups de main ne lui échappa pas. Elle avait le mérite de la franchise. Bertrolen préférait cela aux promesses trop propres.

    -Je n’oublie pas ceux qui me tendent la main, répondit-il en relevant légèrement les yeux vers lui. Et je paye toujours mes dettes mais je ne suis pas du genre à me laisser emprisonner dans une spirale infinie de « services » à rendre. Vous pourrez faire appel à moi une fois puis nous serons quitte.

    Le ton n’était pas menaçant. Il exposait un fait. Une manière aussi de signaler qu’il avait entendu le sous-entendu et qu’il n’était pas homme à profiter d’une dette en feignant de ne pas l’avoir contractée. Maintenant qu’ils étaient plus proche, le chef de la troupe pouvait voir au fond des yeux du jedi la dureté et le sérieux que forgent la guerre, les batailles et les épreuves. Des yeux honnetes, entre autre.

    À bord, il suivit sans commentaire la visite rapide du vaisseau. Les lieux d’aisance, le réfectoire, les couloirs étroits marqués par l’usage puis enfin la cale. Il s’y arrêta un instant laissant son regard courir sur la cargaison sous scellés, les ancrages et les parois métalliques vibrantes. Le bourdonnement du bâtiment lui parut presque apaisant après le silence trop vaste de l’épave à la dérive. L’endroit était brut et peu accueillant mais fonctionnel. Cela lui suffisait.

    Il posa sa main sur une cloison comme pour sentir à travers elle le cœur mécanique du transport. Tout ici paraissait plus petit, plus dense, plus vivant que dans l’Acclamator. Là où le croiseur avait fini par devenir une tombe, ce vaisseau respirait encore.

    Il se recula ensuite pour ne pas gêner l’équipage alors qu’ils se remettaient en mouvement. Déjà, il percevait la transition dans les bruits à bord, cette succession de préparatifs familiers qui précède un saut. Des vérifications. Des calculs. Des voix plus brèves. Une mécanique d’équipe. Cela réveillait en lui des souvenirs qu’il ne souhaitait pas explorer tout de suite. Son pont de commandement.

    Bertrolen s’assit sur une caisse solidement arrimée, les avant-bras sur les cuisses, en posture de repos plus que d’abandon. Sa main gauche effleura brièvement la manche qui dissimulait encore son sabre. Quand il irait dans la cale afin de méditer plus que dormir, il serait imprudent de baisser sa garde maintenant, il rebrancherait son arme au générateur. La planète vers laquelle ils se dirigeaient était très dangereuse et le moindre parcelle d’énergie pour alimenter la lame serait nécessaire.

    Puis il releva la tête en direction de la sortie de la cale, là où les derniers pas s’éloignaient.

    Le vieux YT vibra plus fort. Les moteurs montaient en régime. Quelque part dans la coque, le saut vers l’hyperespace se préparait déjà.

    Bertrolen inspira lentement. Pour la première fois depuis longtemps, il reprenait la route. Pour la première fois depuis longtemps, il y avait un espoir. C’était un nouveau départ. Si l’Ordre existe encore, il le trouverait. Sinon, le mercenariat il connaissait.

    Le jedi se leva et s’approcha du cockpit. Dans l’embrasure de ce dernier, il distinguait l’écran qui dirigeait le saut hyperspatial. Il ne reconnu pas les coordonnées du point de départ. Il semblerait que l’Acclamator se soit égaré pas loin après la limite des systèmes explorés, dans les régions inconnus.

    -Vous ne m’avez pas dit comment je dois vous appeler, dit Bertrolen au chef qui s’était assit derrière le pilote. Et sans vouloir être indiscret, que faisiez vous dans les environs ? Je vois que nous étions dans un secteur non cartographié. Votre arrivée a été autant une aubaine qu’un mystère.

    Casier

    Chevalier Jedi - Niveau 3
    Forme III ~ Soresu
    Forme V ~ Djem So
    Régions Inconnues

  • Un naufrage
    Bertrolen Gil'EadB Bertrolen Gil'Ead

    Bertrolen ne réagit pas immédiatement à l’ordre. Il observait du regard les huit silhouettes réparties en arc de cercle face à lui. Ils étaient jeunes mais déjà trop habitués à tenir une arme comme on tient une certitude. Ils avaient été formés au combat, leur discipline était palpable tout comme leur nervosité. Il sentait, dans leur posture, ce mélange dangereux de crainte et d’excitation prompte à déclencher des actes sans réflexion sur les conséquences.

    Celui qui semblait être leur chef, en revanche, paraissait plus mesuré.

     

    *Ils veulent un geste clair, une preuve de soumission. Si je refuse je deviens une menace mais si j’obéis trop vite, je deviens une proie.

     

    Son manteau brun, trempé par l’air lourd de la lune, collait à ses avant-bras. La manche gauche dissimulait encore la ligne de son sabre. Il n’y eut pas la moindre hésitation à ce sujet. Il ne le donnerait pas. Pas à des inconnus. Pas dans cet endroit. Pas après tout ce que ce cylindre avait traversé, et ce qu’il représentait encore.

     

    Mais il avait une autre arme.

     

    Le blaster qu’il avait acheté si longtemps auparavant, au point où cela lui semblait être dans une autre vie. Un DC-15S, une arme de poing déjà considéré comme une vieillerie à son acquisition. Un outil de soldat, plus compréhensible pour ces gens que s’il exhibait un court cylindre de bois. Le jedi ne s’en était pas beaucoup servi. Un peu d’entrainement avec, tout au plus mais elle portait déjà les stigmates de la guerre menée par son précédent propriétaire.

     

    Bertrolen inspira lentement et inclina légèrement la tête comme pour signifier qu’il avait entendu. Il s’approcha du bord de sa falaise artificielle d’un pas puis s’arrêta de nouveau, les mains toujours bien en évidence.

     

    -D’accord, je vais vous lancer mon arme.

     

    Il avait pris le temps de parler et d’être certain d’avoir été comprit avant de bouger afin que chacun de ses gestes soient anticipés. Avec précaution, il défit d’un index délicat la fermeture du holster puis préleva l’outil en le tenant par l’arrière de la culasse. Puis, de son autre main, il le prit le blaster par le canon et le lança à mi-chemin entre lui et les contrebandiers. L’arme décrivit une courbe et retomba dans la terre meuble, retournée par le crash. Bertrolen avait délibérément visé cette zone pour éviter un quelconque dégât ou tir accidentel.

     

    Le jedi relevé légèrement la tête quand la question du nom fut posée. Le chef des contrebandiers tentait de faire redescendre la pression mais ses mots restaient encadrés par les armes.

     

    -Bertrolen, répondit-il simplement. Je suis Bertrolen.

     

    Il laissa le silence s’installer une seconde, non par provocation mais parce que la suite devait être choisie avec soin. Chaque information pouvait se transformer en corde.

     

    -Vous avez raison d’être prudent, je serais à votre place aussi. Vous avez probablement reconnu derrière moi ce qu’il reste d’un Acclamator, pour être arrivé si vite vous avez dû assister au crash. Il fit une pause puis reprit : Après des réparations à l'évidence bâclées, notre hyperdrive a explosé. La majeure partie de la poupe a été engloutie dans la déflagration. Mon équipage et moi-même avons dérivés pendant de nombreuses années, je ne sais pas encore depuis combien de temps mon bâtiment a disparu de l’espace connu.

     

    Le jedi tourna la tête vers la carlingue, l’air ému puis continua. 

     

    -J’ai été séparé du reste de l’équipage, bloqué dans une section par l’effondrement des coursives. J’ai survécu, les autres non. Je ne compte pas défendre ce tas de métal. Je veux simplement quitter cet astre.

     

    Il posa ensuite son regard sur celui qui semblait mener sans chercher à l’intimider. Juste un contact afin de dire qu’il avait compris qui décidait.

     

    -Vous avez un vaisseau fonctionnel, vous avez des armes et un équipage. Vous pouvez tenter votre chance dans l’épave en espérant que rien ne vous tombe dessus, m’abattre sur pieds ou repartir, ce qui reviendrait à me tuer, ou vous pouvez me ramener sur n’importe quel système un minimum civilisé. Vous pourriez même revenir avec de l’outillage pour désosser cette vielle carcasse. Si vous avez un peu de chance, il reste peut-être des chasseurs ou des barges en état relativement correct. C'est à vous.

     

    Il ne souriait pas. Sa bouche restait neutre mais sa voix avait gagné en stabilité. C’était la première fois qu’il parlait depuis longtemps, chaque mot lui faisait mal à la gorge. Il jouait la carte du pragmatisme, la seule qui aurait une chance de fonctionner face à des gens armé et nerveux.

     

    Il resta immobile, bras légèrement écartés, offrant une cible facile si quelqu’un perdait le contrôle. Il faisait confiance en la Force pour le prévenir en cas de danger mais jusque-là elle ne s’était pas montrée alarmante.

    Casier

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  • Casier de Bertrolen Gil'ead
    Bertrolen Gil'EadB Bertrolen Gil'Ead
    📂 DOSSIER PERSONNEL
    ARCHIVES DE PERSONNAGE — DOSSIER CONFIDENTIEL
    👤 IDENTITÉ
    Nom
    GIL'EAD
    Prénom
    BERTROLEN
    Rang
    LVL 3
    💰 FINANCES
    Argent en possession & Historique
    • +500cr prime de départ
    • +7 500cr Prime diversion sur Tatooine
      https://star-wars-rpg.soforums.com/t1688-Diversion-sur-Tatooine.htm
    • +8 000cr attaque du temple de Coruscant
      https://star-wars-rpg.soforums.com/t1797-Attaque-du-temple.htm
    • +4000cr la revanche des Sith (défense du chancelier)
      https://star-wars-rpg.soforums.com/t3132-La-revanche-des-Sith.htm
    • +1600cr besoin de construction et d'aménagement
      https://star-wars-rpg.soforums.com/t2400-Besoins-de-construction-et-d-amenagement.htm

    • -900cr achat d'un blaster DC15
      https://star-wars-rpg.soforums.com/t2290-Achats-de-Bertrolen.htm
    • -16000cr achat d'un croiseur Acclamator
      https://star-wars-rpg.soforums.com/t1914-J-achete.htm

    Total : 4700 Cr

    🛠️ ÉQUIPEMENT & BIENS
    Arme
    -Sabre laser à lame blanche argentée
    -Vibrolame (Non portée)
    -DC-15s
    Droïde
    Aucun
    Véhicule
    Aucun
    Vaisseau
    -Transport lourd Acclamator (Détruit)
    https://star-wars-rpg.fr/topic/20945/un-naufrage
    -Griffe Chiss (don de Bens Malastare)
    Autres
    Aucun
    Dossier Classifié — Archives Galactiques
    Accès Restreint — Personnel Autorisé Uniquement

    ⌬
    Chevalier Jedi - Niveau 3
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    Casiers

  • Bertrolen Gil'Ead
    Bertrolen Gil'EadB Bertrolen Gil'Ead

    Nouveau forum, c'est l'occasion de dépoussiérer ma vielle fiche de personnage et lui donner un coup de propre.

    DOSSIER D'INSCRIPTION
    ARCHIVES GALACTIQUES - SYSTÈME DE CLASSIFICATION CONFIDENTIEL
    👤 IDENTITÉ & CARACTÉRISTIQUES
    Nom
    Bertrolen
    Prénom
    Gil'Ead
    Surnom / Matricule
    -
    Âge
    35 (19 au commencement du RP)
    Race / Espèce
    Humain
    Carrière Envisagée
    Jedi
    👁️ PROFIL PSYCHOLOGIQUE & PHYSIQUE
    Description Mentale

    Bertrolen est d’un naturel réservé. Il ne parle que rarement pour combler le silence et chaque mot qu’il prononce est généralement pesé. Il préfère observer avant d’agir, écouter avant de juger. Son esprit est analytique, critique et parfois tranchant ; et il possède un sens de l’observation particulièrement affûté.

    Sa réserve ne doit pas être confondue avec un repli sur soi. Il n’est ni misanthrope ni incapable de lien. Simplement, il lui faut du temps. Bertrolen accorde sa confiance avec prudence. Lorsqu’il s’ouvre enfin, il le fait sincèrement, sans demi-mesure. Ceux qui parviennent à franchir cette distance initiale découvrent quelqu’un de loyal et profondément constant.

    Plutôt débrouillard, il a développé très tôt une forte capacité d’adaptation. Face à l’imprévu il analyse vite et agit efficacement. Toutefois cette autonomie l’a souvent conduit à surestimer sa capacité à gérer seul certaines situations. Il a une tendance presque ironique à se retrouver dans des circonstances complexes, voire désastreuses, non par imprudence mais parce qu’il accepte trop facilement de porter des responsabilités qui le dépassent. Il avance parfois là où d’autres hésiteraient, quitte à en payer le prix.

    Dans sa jeunesse, Bertrolen était animé d’une forme de bienveillance instinctive presque naïve. Il croyait en la rectitude morale des individus comme des institutions. Les épreuves l’ont marqué. Avec le temps il s’est forgé une carapace, une distance volontaire. Cette dureté n’est pas une absence d’émotion mais un mécanisme de défense. Il a appris que la compassion sans discernement peut devenir une faiblesse exploitable.

    Idéaliste malgré lui, il demeure profondément attaché aux valeurs de l’Ancienne République. Non par nostalgie politique, plutôt par adhésion à ce qu’elle incarnait selon lui : équilibre, responsabilité collective, et coexistence des diversités.
    À l’opposé, il voue une aversion profonde vis-à-vis de l’Empire qu’il perçoit comme une négation brutale de ces principes. Cette opposition est viscérale.

    Paradoxalement, malgré cette colonne vertébrale morale solide, Bertrolen ne poursuit pas de but personnel clairement défini. Il avance davantage guidé par ses principes que par une ambition précise. Il agit selon ce qu’il estime juste. Cette absence d’objectif personnel peut parfois le rendre errant comme s’il se laissait porter par les événements plutôt que de les provoquer.

    Enfin, détail plus trivial mais bien réel : il éprouve une crainte tenace des toiles d’araignée. Non, pas des araignées elles-mêmes, mais du contact inattendu d’un fil à hauteur de visage. Cette phobie contraste avec son sang-froid habituel et rappelle que derrière l’armure mentale subsistent des fragilités anciennes.

    Description Physique

    Bertrolen est un homme à l’allure à la fois sobre et intense dont la silhouette se dessine dans des contrastes marqués. Plutôt grand il se tient avec une posture mesurée comme s’il évaluait constamment son environnement avant d’y plonger pleinement. Sa carrure n’est ni massive ni fragile mais suffisamment athlétique pour suggérer une force disciplinée plutôt que brute.

    Sa chevelure mi-longue est d’un châtain clair naturellement indiscipliné tombant sans retenue artificielle sur sa nuque et autour de son visage. Il n’use ni de coiffants sophistiqués ni de fioritures. Ses cheveux encadrent un regard gris acier, perçant, légèrement amande qui semble sonder tout ce qu’il observe sans jamais s’y attarder inutilement. Des sourcils fins mais expressifs accentuent cette impression d’attention constante.

    Juste au-dessus de l’arête du nez, une cicatrice fine et oblique traverse son visage. Elle est la marque d’une rencontre passée avec le danger, reçue au cours d’un entraînement intense et rappelant silencieusement que le manque de maîtrise de soi a un prix. Ses traits sont plutôt anguleux sans être sévères.

    Son cou dégagé porte un pendentif singulier. Ce dernier, en forme de tête de lion stylisée, repose contre sa poitrine comme une touche personnelle dans une apparence par ailleurs sobre. Ce symbole, à la fois noble et discret, fait écho à la force intérieure qu’il dissimule derrière sa réserve naturelle.

    La garde-robe de Bertrolen est restreinte. Il ne possède que deux tenues chacune réfléchissant son tempérament et ses priorités.
    Sa tenue de prédilection est une combinaison fonctionnelle et sombre. Un pantalon en cuir noir souple et des bottes assorties renforçant mobilité et discrétion et complétés par des gants d’un cuir aussi sombre. Cette base est rehaussée d’une chemise blanche simple contrastant avec l’ensemble. Par-dessus, une veste noire également en cuir complète le tout.

    Sa seconde tenue est bien plus formelle. Elle est réservée aux occasions exceptionnelles. Elle conserve la même palette contrastée alliant élégance sombre et détails clairs mais s’enrichit de pièces cérémoniales spécifiques en tissus plus fins avec des découpes travaillées et des éléments décoratifs qui soulignent son rang ou une réussite particulière. Dans cette tenue, les lignes de sa silhouette sont plus marquées l’ensemble plus structuré.

    Les deux ensembles restent cependant pratiques, taillés pour accompagner autant une progression discrète que des déplacements rapides ou des moments de confrontation.

    🎵 TRANSMISSION AUDIO
    Bertrolen · Bertro SW en
    📖 ARCHIVES BIOGRAPHIQUES
    Histoire Personnelle

    Chapitre I – Les fondations brisées

    Bertrolen naquit sur Corellia en périphérie de Coronet dans une demeure vaste et élégante qui dominait légèrement les quartiers résidentiels voisins. La propriété familiale était ancienne, solidement construite et entourée d’un jardin soigneusement entretenu où les saisons semblaient s’écouler sans heurt. Rien dans cet environnement ordonné ne laissait présager le désordre à venir.

    Son père travaillait dans le secteur du transport civil, un métier exigeant mais rentable. Sa mère, rigoureuse et attentive, veillait au rythme de la maison avec une constance presque militaire. Bertrolen grandissait aux côtés de deux frères : un aîné et un jumeau avec lequel il partageait une complicité silencieuse parfois teintée de rivalité. Autour d’eux gravitait une famille élargie soudée, grands-parents à proximité et cousins omniprésents lors des rassemblements hebdomadaires. Les repas étaient bruyants, les discussions animées et les éclats de rire fréquents.

    Durant ses premières années, Bertrolen mena l’existence ordinaire d’un enfant privilégié sans en être conscient. Il allait à l’école, obtenait des résultats corrects sans briller particulièrement et respectait les règles établies sans chercher à les contester. Il ne contestait pas le couvre-feu, ne provoquait pas ses parents, ne rivalisait pas excessivement avec ses frères. On le décrivait comme poli, calme et étonnamment posé pour son âge. Il parlait peu mais observait beaucoup.

    Très tôt pourtant quelque chose le distinguait. Il s’intéressait à la mécanique avec une curiosité presque méthodique. Il démontait des appareils domestiques hors d’usage, étudiait les agencements internes, redessinait des pièces sur de vieux datapads. Il ne se contentait pas de comprendre comment fonctionnaient les choses, il cherchait comment les améliorer. Son parrain, technicien indépendant, remarqua rapidement ce talent brut.

    Un jour, poussé par une audace surprenante, Bertrolen subtilisa une vibrolame appartenant à son père. Il présenta l’arme à son parrain avec une série de croquis détaillant des modifications esthétiques et d’équilibrage.

    -Si on redistribue la masse vers la garde, elle paraîtra plus stable en main, expliqua-t-il avec un sérieux surprenant pour ses huit ans.

    Le technicien, d’abord amusé, décida de suivre les indications de l’enfant. Les performances restèrent identiques au modèle standard mais l’arme gagna en élégance et en précision visuelle. Le parrain la baptisa d’un nom technique volontairement compliqué davantage pour taquiner que pour officialiser quoi que ce soit. Bertrolen, lui, retint surtout que ses idées pouvaient prendre forme.

    Puis la succession des drames débuta.

    L’accident d’airspeeder qui coûta la vie à ses quatre grands-parents frappa la famille comme une onde de choc. Du jour au lendemain les rassemblements cessèrent. Les sièges vides autour de la table devinrent des présences silencieuses impossibles à ignorer. Les adultes parlaient plus bas comme si élever la voix risquait d’aggraver la situation. Bertrolen observa ce changement avec la même discrétion qu’il appliquait à tout.

    Au cours des années suivantes la spirale se poursuivit. Deux cousins sombrèrent dans des excès dont ils ne revinrent pas. Une cousine, déjà fragile, ne supporta pas les pertes successives. Son frère aîné submergé par le poids accumulé des deuils mit fin à ses jours sans un mot d’adieu. Chaque disparition érodait un peu plus les fondations familiales.

    La maison, autrefois pleine de vie, résonnait désormais d’un silence pesant. Bertrolen avait appris à enfouir ce qu’il ressentait. Il ne protestait pas, ne pleurait pas devant les autres. Il absorbait. Cette accumulation silencieuse forgeait en lui une forme de dureté naissante. Son mutisme, autrefois simple tempérament, devenait protection.

    Son père en revanche ne trouva pas d’équilibre. L’alcool s’installa progressivement dans le quotidien. D’abord discret, presque justifié par le chagrin, il devint refuge permanent. Les conversations se transformèrent en reproches, les regards en accusations muettes. La tension occupait les pièces autrefois lumineuses.

    Puis survint la nuit qui mit un terme définitif à l’illusion de stabilité.

    Les éclats de voix éclatèrent au rez-de-chaussée, plus violents qu’à l’ordinaire. Un objet se brisa contre un mur. Bertrolen, déjà habitué aux signes avant-coureurs, sentit que quelque chose avait basculé au-delà du simple emportement. Il descendit à la cave sans bruit comme il l’avait déjà fait d’autres soirs lorsque l’atmosphère devenait irrespirable.

    Au-dessus, les cris se muèrent en hurlements indistincts puis en sons qu’il ne comprit pas immédiatement. Il resta immobile dans l’obscurité, le dos contre les étagères métalliques, le souffle retenu. Le silence qui suivit n’avait rien de rassurant. Il était lourd.

    Lorsqu’il remonta enfin, la nuit avait envahi la maison. Il découvrit sans véritable réaction consciente les corps de sa mère et de son frère jumeau. Son père gisait non loin. L’odeur de métal et d’alcool imprégnait l’air.

    Quelque chose en lui se figea.

    Sans prononcer un mot il quitta la maison. Il traversa le jardin qu’il connaissait par cœur, franchit le portail et s’éloigna dans les rues périphériques de Coronet. La ville semblait indifférente à sa tragédie personnelle. Les lumières des immeubles brillaient comme d’habitude. Des speeders circulaient. Des rires s’échappaient de certains établissements encore ouverts.

    Il marcha longtemps, sans but précis. La fatigue finit par l’emporter sous un pont dominant une voie de circulation secondaire. Le béton froid lui servit de dossier. Un chat famélique s’approcha, renifla brièvement sa présence, puis s’éloigna sans insister. Même les animaux ne voyaient en lui qu’un élément de plus dans le paysage urbain.

    Le chômage frappait durement certains quartiers de Corellia, et les adolescents livrés à eux-mêmes n’étaient plus rares. Bertrolen jusqu’alors enfant protégé d’une maison prospère rejoignait cette catégorie en une seule nuit.

    Allongé contre le béton humide, il fixa les structures métalliques au-dessus de lui. Il n’avait plus de famille, plus de foyer, plus de repères.

    Il s’endormit...



    Chapitre II – Début de l’ouverture

    Bertrolen se réveilla dans le noir d’un réveil trop net pour être naturel.

    L’air avait une odeur de linge propre et de désinfectant léger. Un parfum presque rassurant.

    Il était allongé sur quelque chose de moelleux. Un lit. Pas un sol humide, pas une dalle froide. Son corps eut un réflexe de défense, comme s’il s’attendait à recevoir un coup dès qu’il bougerait.

     

    Quand il fut persuadé d’être seul, il tendit le bras vers la gauche, tâtonnant et heurta une petite lampe. Elle bascula puis s’alluma d’un clic sec. La lumière dévoila une pièce carrée et propre. Un dallage bleu et blanc agrémenté d’un bureau d’une armoire et du lit.

    L’ameublement était purement fonctionnel, sans fioriture. C’était un lieu pour travailler ou dormir.

    Et le long du bureau, la pointe reposant au sol, sa vibrolame.

     

    Il resta assis un moment, les épaules lourdes, les yeux fixés sur l’arme.

     

    *Où suis-je ?
    *Pourquoi je suis vivant ?
    *Combien de temps j’ai dormi ?

     

    Il toucha son propre visage, comme pour vérifier qu’il n’était pas en train de rêver. Ses vêtements étaient différents. On l’avait lavé, changé, soigné. Pas parfaitement, mais assez pour qu’il comprenne qu’on ne l’avait pas ramassé pour le dépouiller.

     

    Il se leva. Ses jambes tremblaient légèrement non seulement parce qu’il avait faim mais aussi en raison du stress.

    Il ouvrit la porte et découvrit un couloir étroit éclairé par des panneaux lumineux au plafond. Le bâtiment ne ressemblait pas aux rues sales de Coronet. C’était trop propre pour être un squat, presque clinique.

    Il fit quelques pas avant qu’une voix ne l’arrête.

     

    -Hé. Doucement. Tu tiens debout ?

     

    Une femme s’approcha une tablette de données sous le bras. Elle devait avoir l’âge d’être une grande sœur, peut-être même pas encore adulte. D’un regard ferme mais pas hostile elle le détailla rapidement puis posa ses yeux sur la vibrolame qu’il tenait par réflexe.

     

    -Je m’appelle Jolya Jamar. Je m’occupe des nouveaux. Et toi tu es le gamin du pont n’est-ce pas ?

     

    Bertrolen ne répondit pas tout de suite. Sa gorge était sèche. Il finit par murmurer son prénom comme s’il le goûtait.

     

    -Bertrolen. Où… où je suis ?

     

    Jolya soupira comme si elle avait déjà entendu cette question cent fois.

     

    -Dans un orphelinat. Enfin… c’est le mot le plus simple. On est loin de Corellia. Très loin.

     

    Le mot heurta quelque chose en lui. *Corellia…

    Il s’accrocha à la première idée qui lui restait.

     

    -Je veux rentrer.

     

    Jolya le regarda, puis baissa un peu la voix.

     

    -Tu ne peux pas. Pas pour l’instant. Et… tu n’as peut-être plus rien où rentrer. 

     

    Il fronça les sourcils, une colère froide montant d’un coup.

     

    -Qu’est-ce que tu racontes ?

     

    Elle hésita, puis choisit la franchise. Peut-être par respect. Peut-être parce qu’il avait déjà perdu trop de choses pour qu’on lui mente encore.

     

    -Il n’y a plus rien là-bas pour un orphelin. Le sort des enfants errants n’est guère enviable. Les transmissions sont claires, le trafic d’enfant bat son plein.

     

    Bertrolen ne bougea plus. Il sentit son esprit chercher une faille, un détail qui prouverait l’erreur. L’argument qui prouverait qu’il s’en sortirait. Il ne trouva rien, il avait 8 ans.

     

    *Alors j’ai vraiment tout perdu.

     

    Jolya reprit, plus posée.

     

    -Ce lieu est une base. Le directeur s’appelle Onimi Seljone. Il recueille des jeunes paumés, des orphelins ou des fuyards. Il leur donne un avenir. Il dit aussi qu’un jour, ici, on changera les choses sur cette planète.

     

    -Cette planète ?  demanda Bertrolen.

     

    -Oui. Celle où tu es. Un monde au-delà de la Bordure Extérieure. Peu de gens la connaissent. Nous sommes très loin des grandes routes.

     

    Elle observa son visage, puis ajouta, plus doucement :

     

    -Tu as le droit de te reposer. Mais si tu restes, il faudra apprendre. Ici, on ne survit pas avec des regrets.

     

    Bertrolen regarda le couloir, les portes identiques, les pas d’enfants qu’on devinait derrière certains murs. Il se sentit étrangement semblable à eux et ça lui donna envie de reculer.

     

    -Et si je pars ?

     

    Jolya eut un sourire sans joie.

     

    -Tu peux essayer. Certains ont essayé. Ceux qui reviennent sont plus silencieux encore, quand ils reviennent…

     

    Il baissa les yeux sur sa vibrolame. Elle était là, preuve qu’on ne voyait pas en lui une menace mais plus encore preuve qu’on le considérait déjà comme suffisamment responsable pour la porter. Ou peut-être était-ce un test. Une façon de voir ce qu’il ferait.

     

    *Je n’ai pas de maison. Plus de famille. Plus de ville. Alors je fais quoi ?

     

    Il inspira lentement.

     

    -D’accord, dit-il enfin. Montre-moi où on mange. Et après… tu me montreras où on apprend.




    Chapitre III – Fuite et renaissance

    Les années suivantes furent une forge où il façonna son caractère et ses compétences.

    Bertrolen passa près de dix ans dans cette base. Dix ans à faire de ses mains autre chose que trembler. Onimi Seljone parlait d’ordre et de but. Il parlait de renverser un système politique local, de former une force assez solide pour prendre le contrôle de la planète. Bertrolen, lui, ne s’intéressait pas aux discours. Il s’intéressait aux outils, aux compétences et à tout ce qui empêchait de redevenir un enfant sous un pont.

    Il apprit à piloter des appareils légers, d’abord sur simulateur puis en vol réel. Il apprit à conduire des véhicules terrestres, à réparer. 
    On lui apprit aussi à se battre. À mains nues et l’arme blanche. Là, il était à l’aise. Pas par plaisir mais parce que ça demandait du contrôle et le contrôle était devenu son refuge.
    Il s’essaya aussi au tir mais avec peu de succès.

    Jolya restait présente, parfois proche, parfois distante. Elle le grondait lorsqu’il travaillait jusqu’à l’épuisement

    -Tu vas casser, Bertrolen. 

    Il haussait les épaules.

    -Mieux vaut casser ici que dehors. 

    Il ne cherchait pas d’amis mais en eut quand même. Des gamins devenus adolescents forcés à être frères et sœurs d’arme. Et puis, à dix-huit ans, la planète bascula.

    Une guerre totale éclata entre deux blocs qui se disputaient le même monde comme si l’univers s’arrêtait à leur horizon. Deux camps à forces égales capables de se détruire plusieurs fois. Une guerre où chaque invention trouvait sa parade en quelques semaines. Une guerre qui dévorait tout y compris ceux qui n’avaient rien demandé.

    Onimi fit de sa bande de mercenaire un peloton de soldats. 

    -Vous avez été formés pour ça. Maintenant vous allez servir. 

    Bertrolen sentit une vieille colère remonter. Une colère contre les hommes qui décident et les causes qui écrasent les individus. 

    *Encore une machine. Encore des vies qu’on jette dedans.

    Le front fut un cauchemar. Il y passa un an. Un an à dormir par tranches, à manger vite, à compter les munitions, à regarder les visages autour de lui disparaître. Les pertes furent si massives qu’au bout de quelques mois la moitié de la population mondiale semblait s’être évaporée. Les rivières se chargèrent en déchets chimiques. L’air devint plus lourd. Les pôles fondirent et Les océans se remplirent d’épaves, y compris des carcasses de cuirassés tombés de l’orbite après des dégâts trop importants.

    Les proches qu’il s’était malgré lui autorisé à apprécier moururent en trois mois. Certains au combat, d’autres de maladie et d’autres encore parce qu’il n’y avait plus d’eau potable.

    Bertrolen, lui, survécut. Pas par héroïsme ni en raison de prouesses particulière.

    Simplement la chance car dans un tel conflit, seule la chance décide qui vit et qui meurt.

    Il regardait une colonne de fourmis progressant laborieusement en direction du garde-manger et il se demandait alors si elles aussi connaissaient l’absurdité de la guerre.
    Il lui semblait que non.

    Quand il comprit qu’il ne se battait pas pour protéger mais pour prolonger une guerre sans issue, quelque chose céda. Il déserta.

    Il passa par des réseaux de contrebande, vendit ce qu’il possédait et échangea des services contre du silence. Au marché noir, il acheta un vieux vaisseau. Une épave à peine capable de voler et sauter en hyperespace.

    Le vendeur le jaugea.

    -T’as une drôle de tête. T’es pas d’ici. 

    Même après 10 ans sur place, quelque chose trahissait ses origines.
    Bertrolen posa « quelques » crédits sur le comptoir.

    -Je veux juste partir. 

    L’homme ricana.

    -Tout le monde veut partir. Toi, tu as de quoi payer pour survivre après ? 

    Bertrolen se força à ne pas montrer l’hésitation.

    -Je me débrouillerais.

    Pour franchir le blocus orbital, il dut louer les services d’un intermédiaire. Quelqu’un qui connaissait les angles morts, les fréquences, les moments où les patrouilles se relâchaient. Le plan consistait à se fondre dans un incident. À devenir une nuisance parmi d’autres.

    Au moment du passage, quatre tirs ioniques partirent du sol, frappant plusieurs croiseurs en orbite basse. Un des traits de feu bleu effleura son appareil. Les systèmes hurlèrent. Les alarmes saturèrent le cockpit puis tout s’éteignit. Son vaisseau tanguait, secoué comme une boîte de conserve.

    *Discret, qu’ils disaient.

    L’appareil était heureusement sur le bon cap. A la dérive, la vielle carlingue effectuait une lente rotation et il vit pour la première fois en entier la planète qui lui a tout apprit.

    Au loin, une lumière aveuglante naissait à la surface. Une explosion nucléaire si vaste qu’elle semblait avaler l’horizon. Presque simultanément, de nombreuses autres trainées trahissait le lancement de nouvelles ogives.

    L’un des deux camps venait de franchir la dernière limite, entrainant son adversaire dans une réponse proportionnée mais qui signait la pire catastrophe que ce monde ne subirait jamais.

    Il resta figé incapable de détourner le regard tandis que les déflagrations se propageaient ravageant le globe. Un monde entier basculant vers la mort, sans survivants ni sans vestiges identifiables.

    Un monde effacé, vitrifié.

    Bertrolen baissa enfin les yeux vers son tableau de bord. Les systèmes revenaient en ligne peu à peu. Ce vaisseau était un survivant, tout comme lui. Dans la liste des destinations connue, il hésita à choisir Correlia mais il avait appris à aller de l’avant et à laisser le passé là où il était. Il enclencha l’hyperespace.

    Le saut fut long. Trop long pour un appareil dans cet état. Lorsqu’il ressortit le vaisseau toussa, vibra puis s’éteignit presque complètement. Il parvint à se poser en catastrophe dans un port secondaire où personne ne poserait trop de questions à un pilote épuisé.

    Coruscant, la cité planète, cœur de la galaxie. S’il pouvait se fondre quelque part et commencer une nouvelle vie, c’était ici.

    Il descendit de l’appareil avec ce qu’il avait. Son compte était simple.
    Cinquante crédits.
    Dix-neuf ans.
    Une arme.
    Aucun plan.

    Il regarda la ville devant lui. Les néons, les foules, les bruits. Tout semblait vivant, normal, indifférent. Une autre galaxie dans la galaxie.
    Furtivement il s’éclipsa, abandonnant le vaisseau sur le pad, fumant, tremblant. On aurait dit qu’au moindre impact il allait s’effondrer en morceau. Il ferait le bonheur des ferrailleurs. 

    *Très bien. Alors on recommence. Mais cette fois, je choisis.

    🎯 ÉVALUATION PERSONNELLE
    ✓ Points Forts

    Esprit analytique
    Sang froid
    Adaptabilité

    ✗ Points Faibles

    Distance émotionnelle
    Idéalisme
    Une certaine tendance à vouloir porter le monde sur ses épaules

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  • Un naufrage
    Bertrolen Gil'EadB Bertrolen Gil'Ead

    Bertrolen demeurait assis dans la pénombre de son abri improvisé, le dos appuyé contre une plaque de blindage encore tiède. Ses paupières closes isolaient son regard du chaos métallique qui l’entourait. Il n’était plus dans les couloirs d’un croiseur, ni totalement immergé dans la jungle. Il se tenait à la lisière de deux mondes, suspendu entre la frénésie de la vie dans les étoiles et la patience millénaire du végétal.

     

    Il laissa son souffle s’allonger. La Force affluait ici avec une densité presque étourdissante. Non pas la clarté structurée d’un temple ou l’écho discipliné d’un ordre, mais une pulsation organique, primitive. Sous la terre meuble, les racines communiquaient. Dans l’air saturé d’humidité, des spores dérivaient comme une poussière invisible. Des myriades d’insectes traçaient des trajectoires microscopiques.

    La canopée, bien au-dessus, filtrait la lumière en un réseau mouvant d’ombres et de chlorophylle.

     

    Il prit le pouls de ce monde comme on poserait la main sur une artère vivante.

    Rien ici n’était malveillant par essence. Rien n’était bienveillant non plus.

    La jungle ne haïssait pas l’intrus, elle ne l’accueillait pas davantage. Elle l’intégrait dans son cycle, qu’il le souhaite ou non. Décomposition, absorption, renaissance.

     

    Il ajusta sa perception, cherchant les ruptures dans cette harmonie. Les zones où le métal avait blessé la terre. Les animaux qui contournaient encore prudemment le cratère. Les prédateurs dominants qui marquaient leur territoire par une présence lourde et diffuse.

     

    Une part de lui éprouva une étrange sérénité face à cette évidence. Après l’isolement glacé du vide spatial, cette exubérance chaotique avait quelque chose d’apaisant. La vie n’était pas fragile ici. Elle débordait. Elle vrombissait.

     

     

    *Elle vrombissait ?

     

    Le vrombissement ne ressemblait en rien aux cris de la jungle.

     

    Bertrolen le perçut d’abord comme une vibration dans la Force, une incongruite  stridence mécanique qui tranchait avec l’harmonie organique environnante. Puis le son s’imposa à ses oreilles. Un appareil déchirant l’atmosphère et corrigeant sa trajectoire. Ce n’était pas un écho ancien ni un mirage sensoriel né de l’isolement.

     

    Depuis l’abri de fortune qu’il avait dressé à l’intérieur de la carcasse, il releva la tête.

    Le faible générateur diffusait une lueur discrète en rechargeant le sabre. L’affichage montrait que le générateur avait déjà presque épuisé son combustible. L’énergie insufflée à l’arme était insuffisante pour un affrontement prolongé, mais suffisante pour rappeler que sa survie dépendrait de chaque décision mesurée.

     

    Le hurlement des répulseurs décroissait. L’appareil atterrissait.

     

    Ainsi donc, la balise ou le simple hasard avait attiré quelqu’un. Mais dans les régions inconnues, croiser quelqu’un d’autre par hasard relève du miracle et la balise n’émettait pas depuis assez longtemps pour être la raison de cette arrivée.

    Cet espace non cartographié n’attire que les explorateur ou les contrebandiers.

    L’exploration avait cessé de faire briller les yeux des enfants bien avant la naissance du jedi. La prudence est donc de mise.

     

    Bertrolen sortit lentement de son abri et se glissa jusqu’à l’ouverture béante de la proue, prenant soin d’éviter toute silhouette trop nette contre la lumière diffuse. Sa tenue portait les stigmates du crash. Une courte veste en cuir sombre, ajustée, dont le col relevé protégeait sa nuque, était partiellement calcinée sur une manche. Sous celle-ci, une chemise blanche très simple. Un pantalon de cuir noir, maintenu par une ceinture utilitaire où s’accrochaient désormais les modules récupérés surplombait des bottes de travail toute simples. Recouvrant le tout, un long manteau brun à larges manches, le tissu trempé d’humidité, collait à ses épaules et soulignait une silhouette affinée par des années d’ascèse forcée. Quelqu’un avec un peu de connaissances générale reconnaitrait sous les déchirures et les brulures la coupe et le tissage typique des jedis.

    Pour les autres, il s’agit simplement d’un manteau bas de gamme.

     

    Des voix s’élevèrent depuis le pourtour du cratère.

     

    Il ferma les yeux un instant et étendit sa perception. Plusieurs esprits, jeunes et tendus, impatients et armés. Aucun ne vibrait de la manière particulière des utilisateurs de la Force mais cela ne signifiait pas d’absence de danger. Il fut tenté de saisir ces esprits, de les lacérer jusqu’à que leurs hôtes deviennent malléable et serviles. Ce serait si facile et il retrouverait l’accès à un moyen de transport.

    Mais cette tentation était fugace, vite balayée par les préceptes jedi et la conscience que ce n’était que la fatigue et le désespoir qui s’exprimaient.

     

    Il sortit de l’ombre avec lenteur, les mains visibles, paumes ouvertes. Chaque pas était mesuré, contrôlé, malgré la fatigue encore ancrée dans ses muscles.

     

    La lumière verdâtre glissa sur son corps à mesure qu’il s’exposait. Depuis l’extérieur, il devait apparaître comme une silhouette spectrale surgie d’un tombeau spatial les vêtements sombres marqués par la suie, les cheveux alourdis par l’humidité et le regard clair mais épuisé.

    Bertrolen s’arrêta à distance raisonnable du bord de la carlingue qui surplombait le sol de la jungle d’une demi-douzaine de mètres, suffisamment exposé pour ne pas sembler tendre une embuscade, suffisamment couvert pour ne pas se livrer sans précaution. Au-dessus de lui, érodé par des années d’impact de micro météorites et par l’entrée atmosphérique trônait fièrement le symbole historique de la république.

     

    -Je n’ai aucune intention hostile, répondit-il d’un ton posé, amplifiant légèrement sa voix sans crier.

     

    Il laissa un battement, les mains toujours exposés, conscient que chaque mouvement serait analysé.

     

    -Mon vaisseau s’est écrasé ici il y a peu. Je suis seul survivant. Si vous êtes venus pour récupérer ce qui peut l’être, sachez que la plupart des sections arrière ont été vaporisées. Quartier d’équipage et entrepôt ne sont plus. Les hangars avant restent structurellement instables.

     

    Ses mains demeuraient levées. Sous la manche de sa bure, la poignée de son sabre reposait contre son avant-bras. Le manche en bois, désormais faiblement rechargé, attendait. Il espérait ne pas en avoir besoin. La lame blanche attirerait inévitablement les regards et les questions.

     

    Il observa enfin le vaisseau posé non loin, silhouette familière d’un appareil de transport léger, usé mais opérationnel. Un YT-1300. Pas un bâtiment militaire.

     

    *Contrebandiers? Je les trouve bien armés pour des civils.

     

    -Je cherche uniquement à quitter ce monde, ajouta-t-il avec calme. Rien de plus.

     

    La jungle bruissait derrière lui, comme si elle guettait l’issue de cet échange. Les charognards s’étaient tus, à l’affut d’un potentiel festin.

     

    Bertrolen restait immobile offrant une posture ouverte tout en demeurant prêt à réagir. Dans la Force, il maintenait son esprit clair, alerte aux signes et aux crispations infimes des doigts sur les queues de détente.

    Casier

    Chevalier Jedi - Niveau 3
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    Régions Inconnues

  • Un naufrage
    Bertrolen Gil'EadB Bertrolen Gil'Ead

    La chaleur l’enveloppa lorsqu’il posa le pied sur la terre meuble.
    Après des années passées dans l’air recyclé d’un croiseur agonisant, cette atmosphère saturée d’humidité semblait presque liquide. Elle collait à la peau, s’insinuait dans les vêtements brûlés, alourdissait chaque respiration. Pourtant, elle était vivante. Intensément vivante.

    Bertrolen demeura immobile quelques instants au seuil de la coque déchirée. Devant lui, la jungle s’étendait comme une mer figée dans un éternel mouvement. Les feuillages vibraient, frémissaient, s’agitaient sans cesse sous l’action d’insectes invisibles et de créatures dissimulées. Les sons formaient une trame continue, complexe, presque hypnotique. Ce monde n’était ni hostile ni accueillant. Il était simplement ce qu’il était, indifférent à sa présence.

    Il abaissa son regard vers le sol. L’épave avait creusé un large cratère, écrasant arbres et racines dans une spirale de destruction. Au-delà, la végétation reprenait déjà ses droits. Certaines lianes commençaient à se fixer aux plaques métalliques encore tièdes. La nature recyclait tout.

    Il n’avait aucun intérêt à s’enfoncer inutilement dans la densité de la jungle. Ce dont il avait besoin se trouvait derrière lui, dans les entrailles éventrées de l'Acclamator.
    Composants, réserves outillage voire même peut-être un système encore exploitable.

    Il revint vers une section plus stable de la proue et entreprit d’examiner méthodiquement les zones susceptibles d’avoir résisté à l’impact. Les hangars avant constituaient le meilleur espoir. Leur structure renforcée et leur vaste volume avaient absorbé une partie du choc.
    À l’intérieur de l’épave, l’air était plus sec mais chargé d’odeur de brûlé. Les parois étaient arrachées, les consoles pulvérisées. Pourtant, certaines sections de stockage pouvaient avoir résisté.
    En progressant parmi les poutres tordues, il laissa la Force guider ses intuitions plutôt que ses yeux seuls.

    Chaque pas devait être prudent. Plusieurs sections restaient instables. À deux reprises il dut s’immobiliser lorsque la carcasse émit un gémissement inquiétant, métal frottant contre métal sous son propre poids.

    Dans ce silence relatif, un autre bruit finit par émerger. Pas un grondement massif mais un déplacement léger et souple.
    Autour du cratère, entre les racines écrasées, plusieurs silhouettes basses se déplaçaient avec prudence. Des charognards attirés par l’odeur de brûlé.
    Bertrolen ne leur accorda qu’une attention périphérique. Tant qu’il ne montrait ni faiblesse ni proie facile, ils hésiteraient.

    Il trouva enfin un compartiment d’équipement semi-scellé par l’effondrement d’une cloison. L’ouverture était obstruée par une poutre déformée. Il posa la main sur le métal, concentra brièvement sa volonté, puis la dévia juste assez pour créer un passage.
    À l’intérieur, plusieurs conteneurs de survie étaient fixés au mur. Deux étaient pulvérisés.
    Le troisième semblait intact.
    Il l’ouvrit avec précaution. Des rations déshydratées, un kit médical compact, des outils de diagnostic portatifs et un module d’alimentation secondaire. Ce dernier attira particulièrement son attention. Même affaibli, un générateur auxiliaire pouvait alimenter un émetteur ou recharger un équipement critique. Son sabre, par exemple, dont la cellule d’énergie était restée inutilisée depuis de longues années.

    Un frôlement soudain coupa court à son examen.
    Une ombre plus massive s’était avancée à l’entrée du hangar, plus grande que les créatures observées plus tôt. Sa peau sombre lisse et sans écailles luisait d’humidité. Sa gueule entrouverte laissait filtrer un souffle lourd.
    Le jedi n’avait jamais vu une bête de cette espèce. Si la démarche et l’allure étaient très canines, la tête et la queue confinaient plus au reptile. Sa longue gueule était hérissée de crocs acérés que l’on devinait venimeux. Les griffes serties dans les pattes avant n’étaient pas en reste. Chacune d’entre elles aussi longues qu’une dague, et plus dévastatrices encore. Avec un peu plus de 1m20 au garrot, ce n’était pas adversaire à sous-estimer.
    Elle n’attaqua pas immédiatement. Elle jaugeait.

    Bertrolen se redressa lentement, sabre déjà en main sans que le geste n’ait nécessité réflexion. Lorsque la bête franchit un pas supplémentaire dans sa direction, la lame blanche jaillit dans un claquement sec.
    La lumière pure projeta des reflets pâles sur les parois déformées. Dans cet environnement vert et brun, la blancheur de l’arme semblait presque irréelle, comme un fragment de lumière arraché à un autre monde.
    La créature poussa un cri bref et tenta une charge brusque.
    Le Jedi ne chercha pas l’affrontement prolongé. Un seul mouvement précis suffit. Il pivota, laissa la masse passer et trancha profondément le flanc exposé. La blessure cautérisée net dégagea une odeur âcre.
    La bête recula en titubant, puis choisit la fuite. Les plus petites silhouettes disparurent aussitôt dans la végétation.
    Bertrolen demeura immobile quelques secondes de plus, lame active, évaluant toute menace résiduelle. Il n’y en avait plus et c’était pour le mieux car au même instant la lame pâlit puis s’évanouit en un sifflement lugubre.
    Ce monde testerait ses limites. Il devait économiser ses forces.

    Il rassembla le matériel récupéré et inspecta d’autres compartiments proches. Il trouva des cellules énergétiques partiellement fonctionnelles et une lampe encore intacte. Chaque élément serait utile. Son objectif n’était pas de s’installer ici, mais de prolonger suffisamment sa survie pour exploiter pleinement les ressources du croiseur.
    Plus loin, une section du hangar laissait entrevoir des silhouettes familières sous des filets effondrés et des gravats métalliques. Des formes compactes, fuselées.
    Il n’en approcha pas encore. Trop de structures instables les surplombaient. En revanche les kits de secours de ces appareils pourraient avoir survécu également. En particulier les balises de détresse courte portée. Le jedi tendit sa conscience et explora le plus proche vaisseau. Il trouva rapidement ce qu’il cherchait. S’en emparant délicatement, il le guida à travers les décombres puis le posa délicatement dans sa paume.
    Un délicat cylindre argenté, à peine plus épais que son sabre laser, renfermais peut-être s’il fonctionnait toutes les chances de survie du jeune homme.

    Quant aux chasseurs en eux même, avant d’entreprendre un travail plus risqué, il devait consolider une zone, rassembler davantage d’énergie et vérifier l’état exact des systèmes encore exploitables. Le croiseur n’avait pas livré tous ses secrets.
    Bertrolen sortit à nouveau à l’air libre, non pour s’enfoncer dans la jungle, mais pour observer le pourtour du cratère et identifier un périmètre sécurisé. La forêt l’observait toujours, vivante et vigilante.

    Il inspira lentement.

    Quelque part au sein de cette carcasse tombée des étoiles, se trouvait peut-être le moyen de quitter ce caillou si personne ne captait la balise de détresse.

    Il revint quelques pas à l'intérieur et se construit un abri de fortune avec des panneaux de métal éparpillés. Le jedi s'y installa et brancha son sabre au générateur auxiliaire. Cela ne suffirait probablement pas le recharger pleinement mais permettra sans doute une ou deux altercations supplémentaires si nécessaire.

    Casier

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  • Présentation Bertro
    Bertrolen Gil'EadB Bertrolen Gil'Ead

    Nouveau forum, j'en profite pour faire ma présentation:

    Bertrolen Gil'Ead
    BIENVENUE DANS NOS ARCHIVES GALACTIQUES
    👤 Présentation du Joueur
    Identité de ton personnage
    Bertrolen Gil'ead
    Âge du joueur
    35 (déjà 😞 )
    As-tu déjà RP auparavant ?
    Oui, ici même, sur d'autres forum similaire puis un peu de TTRPG voire du RP dans des MMO.
    Soucis d'orthographe ?
    Pas spécialement, mais des fautes ça arrive à tout le monde.
    Affinité avec une Galaxie lointaine, très lointaine...
    Personnage SW préféré
    Ce n'est pas évident mais je dirais Corran Horn.
    Vu tous les films ?
    Malheureusement, y en a que je préfèrerais oublier.
    Univers Étendu
    Oui. Je ne les ai pas tous lu mais une bonne partie tout de même
    Côté Clair ou Obscur ?
    Clair-Obscur Expédition 33
    Loyauté ou Cupidité ?
    Ça dépend la situation mais en général plutôt loyal
    ⭐ Questions Bonus
    Comment as-tu connu le forum ?
    Je ne me souviens plus. Je crois que je venais à l'époque d'un autre forum RP, plutôt médieval fantastique, et que j'en cherchais un sur le thème SW
    Premier avis sur SWRPG ?
    Je me souviens que j'avais été très impressionné. Le niveau d'écriture était bien plus élevé que ce que j'avais connu jusqu'alors.
    Difficultés rencontrées ?
    Non, il y avait du monde, l'interface claire, les gens étaient (et sont toujours) bienveillant. J'avais un peu de mal à me lancer et à étoffer mes textes.
    Camp envisagé ?
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