Bertrolen Gil'Ead
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Nouveau forum, c'est l'occasion de dépoussiérer ma vielle fiche de personnage et lui donner un coup de propre.
DOSSIER D'INSCRIPTION
ARCHIVES GALACTIQUES - SYSTÈME DE CLASSIFICATION CONFIDENTIEL
IDENTITÉ & CARACTÉRISTIQUESNomBertrolenPrénomGil'EadSurnom / Matricule-Âge35 (19 au commencement du RP)Race / EspèceHumainCarrière EnvisagéeJedi
️ PROFIL PSYCHOLOGIQUE & PHYSIQUEDescription MentaleBertrolen est d’un naturel réservé. Il ne parle que rarement pour combler le silence et chaque mot qu’il prononce est généralement pesé. Il préfère observer avant d’agir, écouter avant de juger. Son esprit est analytique, critique et parfois tranchant ; et il possède un sens de l’observation particulièrement affûté.
Sa réserve ne doit pas être confondue avec un repli sur soi. Il n’est ni misanthrope ni incapable de lien. Simplement, il lui faut du temps. Bertrolen accorde sa confiance avec prudence. Lorsqu’il s’ouvre enfin, il le fait sincèrement, sans demi-mesure. Ceux qui parviennent à franchir cette distance initiale découvrent quelqu’un de loyal et profondément constant.
Plutôt débrouillard, il a développé très tôt une forte capacité d’adaptation. Face à l’imprévu il analyse vite et agit efficacement. Toutefois cette autonomie l’a souvent conduit à surestimer sa capacité à gérer seul certaines situations. Il a une tendance presque ironique à se retrouver dans des circonstances complexes, voire désastreuses, non par imprudence mais parce qu’il accepte trop facilement de porter des responsabilités qui le dépassent. Il avance parfois là où d’autres hésiteraient, quitte à en payer le prix.
Dans sa jeunesse, Bertrolen était animé d’une forme de bienveillance instinctive presque naïve. Il croyait en la rectitude morale des individus comme des institutions. Les épreuves l’ont marqué. Avec le temps il s’est forgé une carapace, une distance volontaire. Cette dureté n’est pas une absence d’émotion mais un mécanisme de défense. Il a appris que la compassion sans discernement peut devenir une faiblesse exploitable.
Idéaliste malgré lui, il demeure profondément attaché aux valeurs de l’Ancienne République. Non par nostalgie politique, plutôt par adhésion à ce qu’elle incarnait selon lui : équilibre, responsabilité collective, et coexistence des diversités.
À l’opposé, il voue une aversion profonde vis-à-vis de l’Empire qu’il perçoit comme une négation brutale de ces principes. Cette opposition est viscérale.Paradoxalement, malgré cette colonne vertébrale morale solide, Bertrolen ne poursuit pas de but personnel clairement défini. Il avance davantage guidé par ses principes que par une ambition précise. Il agit selon ce qu’il estime juste. Cette absence d’objectif personnel peut parfois le rendre errant comme s’il se laissait porter par les événements plutôt que de les provoquer.
Enfin, détail plus trivial mais bien réel : il éprouve une crainte tenace des toiles d’araignée. Non, pas des araignées elles-mêmes, mais du contact inattendu d’un fil à hauteur de visage. Cette phobie contraste avec son sang-froid habituel et rappelle que derrière l’armure mentale subsistent des fragilités anciennes.
Description PhysiqueBertrolen est un homme à l’allure à la fois sobre et intense dont la silhouette se dessine dans des contrastes marqués. Plutôt grand il se tient avec une posture mesurée comme s’il évaluait constamment son environnement avant d’y plonger pleinement. Sa carrure n’est ni massive ni fragile mais suffisamment athlétique pour suggérer une force disciplinée plutôt que brute.
Sa chevelure mi-longue est d’un châtain clair naturellement indiscipliné tombant sans retenue artificielle sur sa nuque et autour de son visage. Il n’use ni de coiffants sophistiqués ni de fioritures. Ses cheveux encadrent un regard gris acier, perçant, légèrement amande qui semble sonder tout ce qu’il observe sans jamais s’y attarder inutilement. Des sourcils fins mais expressifs accentuent cette impression d’attention constante.
Juste au-dessus de l’arête du nez, une cicatrice fine et oblique traverse son visage. Elle est la marque d’une rencontre passée avec le danger, reçue au cours d’un entraînement intense et rappelant silencieusement que le manque de maîtrise de soi a un prix. Ses traits sont plutôt anguleux sans être sévères.
Son cou dégagé porte un pendentif singulier. Ce dernier, en forme de tête de lion stylisée, repose contre sa poitrine comme une touche personnelle dans une apparence par ailleurs sobre. Ce symbole, à la fois noble et discret, fait écho à la force intérieure qu’il dissimule derrière sa réserve naturelle.
La garde-robe de Bertrolen est restreinte. Il ne possède que deux tenues chacune réfléchissant son tempérament et ses priorités.
Sa tenue de prédilection est une combinaison fonctionnelle et sombre. Un pantalon en cuir noir souple et des bottes assorties renforçant mobilité et discrétion et complétés par des gants d’un cuir aussi sombre. Cette base est rehaussée d’une chemise blanche simple contrastant avec l’ensemble. Par-dessus, une veste noire également en cuir complète le tout.Sa seconde tenue est bien plus formelle. Elle est réservée aux occasions exceptionnelles. Elle conserve la même palette contrastée alliant élégance sombre et détails clairs mais s’enrichit de pièces cérémoniales spécifiques en tissus plus fins avec des découpes travaillées et des éléments décoratifs qui soulignent son rang ou une réussite particulière. Dans cette tenue, les lignes de sa silhouette sont plus marquées l’ensemble plus structuré.
Les deux ensembles restent cependant pratiques, taillés pour accompagner autant une progression discrète que des déplacements rapides ou des moments de confrontation.
TRANSMISSION AUDIO
ARCHIVES BIOGRAPHIQUESHistoire PersonnelleChapitre I – Les fondations brisées
Bertrolen naquit sur Corellia en périphérie de Coronet dans une demeure vaste et élégante qui dominait légèrement les quartiers résidentiels voisins. La propriété familiale était ancienne, solidement construite et entourée d’un jardin soigneusement entretenu où les saisons semblaient s’écouler sans heurt. Rien dans cet environnement ordonné ne laissait présager le désordre à venir.
Son père travaillait dans le secteur du transport civil, un métier exigeant mais rentable. Sa mère, rigoureuse et attentive, veillait au rythme de la maison avec une constance presque militaire. Bertrolen grandissait aux côtés de deux frères : un aîné et un jumeau avec lequel il partageait une complicité silencieuse parfois teintée de rivalité. Autour d’eux gravitait une famille élargie soudée, grands-parents à proximité et cousins omniprésents lors des rassemblements hebdomadaires. Les repas étaient bruyants, les discussions animées et les éclats de rire fréquents.
Durant ses premières années, Bertrolen mena l’existence ordinaire d’un enfant privilégié sans en être conscient. Il allait à l’école, obtenait des résultats corrects sans briller particulièrement et respectait les règles établies sans chercher à les contester. Il ne contestait pas le couvre-feu, ne provoquait pas ses parents, ne rivalisait pas excessivement avec ses frères. On le décrivait comme poli, calme et étonnamment posé pour son âge. Il parlait peu mais observait beaucoup.
Très tôt pourtant quelque chose le distinguait. Il s’intéressait à la mécanique avec une curiosité presque méthodique. Il démontait des appareils domestiques hors d’usage, étudiait les agencements internes, redessinait des pièces sur de vieux datapads. Il ne se contentait pas de comprendre comment fonctionnaient les choses, il cherchait comment les améliorer. Son parrain, technicien indépendant, remarqua rapidement ce talent brut.
Un jour, poussé par une audace surprenante, Bertrolen subtilisa une vibrolame appartenant à son père. Il présenta l’arme à son parrain avec une série de croquis détaillant des modifications esthétiques et d’équilibrage.
-Si on redistribue la masse vers la garde, elle paraîtra plus stable en main, expliqua-t-il avec un sérieux surprenant pour ses huit ans.
Le technicien, d’abord amusé, décida de suivre les indications de l’enfant. Les performances restèrent identiques au modèle standard mais l’arme gagna en élégance et en précision visuelle. Le parrain la baptisa d’un nom technique volontairement compliqué davantage pour taquiner que pour officialiser quoi que ce soit. Bertrolen, lui, retint surtout que ses idées pouvaient prendre forme.
Puis la succession des drames débuta.
L’accident d’airspeeder qui coûta la vie à ses quatre grands-parents frappa la famille comme une onde de choc. Du jour au lendemain les rassemblements cessèrent. Les sièges vides autour de la table devinrent des présences silencieuses impossibles à ignorer. Les adultes parlaient plus bas comme si élever la voix risquait d’aggraver la situation. Bertrolen observa ce changement avec la même discrétion qu’il appliquait à tout.
Au cours des années suivantes la spirale se poursuivit. Deux cousins sombrèrent dans des excès dont ils ne revinrent pas. Une cousine, déjà fragile, ne supporta pas les pertes successives. Son frère aîné submergé par le poids accumulé des deuils mit fin à ses jours sans un mot d’adieu. Chaque disparition érodait un peu plus les fondations familiales.
La maison, autrefois pleine de vie, résonnait désormais d’un silence pesant. Bertrolen avait appris à enfouir ce qu’il ressentait. Il ne protestait pas, ne pleurait pas devant les autres. Il absorbait. Cette accumulation silencieuse forgeait en lui une forme de dureté naissante. Son mutisme, autrefois simple tempérament, devenait protection.
Son père en revanche ne trouva pas d’équilibre. L’alcool s’installa progressivement dans le quotidien. D’abord discret, presque justifié par le chagrin, il devint refuge permanent. Les conversations se transformèrent en reproches, les regards en accusations muettes. La tension occupait les pièces autrefois lumineuses.
Puis survint la nuit qui mit un terme définitif à l’illusion de stabilité.
Les éclats de voix éclatèrent au rez-de-chaussée, plus violents qu’à l’ordinaire. Un objet se brisa contre un mur. Bertrolen, déjà habitué aux signes avant-coureurs, sentit que quelque chose avait basculé au-delà du simple emportement. Il descendit à la cave sans bruit comme il l’avait déjà fait d’autres soirs lorsque l’atmosphère devenait irrespirable.
Au-dessus, les cris se muèrent en hurlements indistincts puis en sons qu’il ne comprit pas immédiatement. Il resta immobile dans l’obscurité, le dos contre les étagères métalliques, le souffle retenu. Le silence qui suivit n’avait rien de rassurant. Il était lourd.
Lorsqu’il remonta enfin, la nuit avait envahi la maison. Il découvrit sans véritable réaction consciente les corps de sa mère et de son frère jumeau. Son père gisait non loin. L’odeur de métal et d’alcool imprégnait l’air.
Quelque chose en lui se figea.
Sans prononcer un mot il quitta la maison. Il traversa le jardin qu’il connaissait par cœur, franchit le portail et s’éloigna dans les rues périphériques de Coronet. La ville semblait indifférente à sa tragédie personnelle. Les lumières des immeubles brillaient comme d’habitude. Des speeders circulaient. Des rires s’échappaient de certains établissements encore ouverts.
Il marcha longtemps, sans but précis. La fatigue finit par l’emporter sous un pont dominant une voie de circulation secondaire. Le béton froid lui servit de dossier. Un chat famélique s’approcha, renifla brièvement sa présence, puis s’éloigna sans insister. Même les animaux ne voyaient en lui qu’un élément de plus dans le paysage urbain.
Le chômage frappait durement certains quartiers de Corellia, et les adolescents livrés à eux-mêmes n’étaient plus rares. Bertrolen jusqu’alors enfant protégé d’une maison prospère rejoignait cette catégorie en une seule nuit.
Allongé contre le béton humide, il fixa les structures métalliques au-dessus de lui. Il n’avait plus de famille, plus de foyer, plus de repères.
Il s’endormit...Chapitre II – Début de l’ouverture
Bertrolen se réveilla dans le noir d’un réveil trop net pour être naturel.
L’air avait une odeur de linge propre et de désinfectant léger. Un parfum presque rassurant.
Il était allongé sur quelque chose de moelleux. Un lit. Pas un sol humide, pas une dalle froide. Son corps eut un réflexe de défense, comme s’il s’attendait à recevoir un coup dès qu’il bougerait.
Quand il fut persuadé d’être seul, il tendit le bras vers la gauche, tâtonnant et heurta une petite lampe. Elle bascula puis s’alluma d’un clic sec. La lumière dévoila une pièce carrée et propre. Un dallage bleu et blanc agrémenté d’un bureau d’une armoire et du lit.
L’ameublement était purement fonctionnel, sans fioriture. C’était un lieu pour travailler ou dormir.
Et le long du bureau, la pointe reposant au sol, sa vibrolame.
Il resta assis un moment, les épaules lourdes, les yeux fixés sur l’arme.
*Où suis-je ?
*Pourquoi je suis vivant ?
*Combien de temps j’ai dormi ?Il toucha son propre visage, comme pour vérifier qu’il n’était pas en train de rêver. Ses vêtements étaient différents. On l’avait lavé, changé, soigné. Pas parfaitement, mais assez pour qu’il comprenne qu’on ne l’avait pas ramassé pour le dépouiller.
Il se leva. Ses jambes tremblaient légèrement non seulement parce qu’il avait faim mais aussi en raison du stress.
Il ouvrit la porte et découvrit un couloir étroit éclairé par des panneaux lumineux au plafond. Le bâtiment ne ressemblait pas aux rues sales de Coronet. C’était trop propre pour être un squat, presque clinique.
Il fit quelques pas avant qu’une voix ne l’arrête.
-Hé. Doucement. Tu tiens debout ?
Une femme s’approcha une tablette de données sous le bras. Elle devait avoir l’âge d’être une grande sœur, peut-être même pas encore adulte. D’un regard ferme mais pas hostile elle le détailla rapidement puis posa ses yeux sur la vibrolame qu’il tenait par réflexe.
-Je m’appelle Jolya Jamar. Je m’occupe des nouveaux. Et toi tu es le gamin du pont n’est-ce pas ?
Bertrolen ne répondit pas tout de suite. Sa gorge était sèche. Il finit par murmurer son prénom comme s’il le goûtait.
-Bertrolen. Où… où je suis ?
Jolya soupira comme si elle avait déjà entendu cette question cent fois.
-Dans un orphelinat. Enfin… c’est le mot le plus simple. On est loin de Corellia. Très loin.
Le mot heurta quelque chose en lui. *Corellia…
Il s’accrocha à la première idée qui lui restait.
-Je veux rentrer.
Jolya le regarda, puis baissa un peu la voix.
-Tu ne peux pas. Pas pour l’instant. Et… tu n’as peut-être plus rien où rentrer.
Il fronça les sourcils, une colère froide montant d’un coup.
-Qu’est-ce que tu racontes ?
Elle hésita, puis choisit la franchise. Peut-être par respect. Peut-être parce qu’il avait déjà perdu trop de choses pour qu’on lui mente encore.
-Il n’y a plus rien là-bas pour un orphelin. Le sort des enfants errants n’est guère enviable. Les transmissions sont claires, le trafic d’enfant bat son plein.
Bertrolen ne bougea plus. Il sentit son esprit chercher une faille, un détail qui prouverait l’erreur. L’argument qui prouverait qu’il s’en sortirait. Il ne trouva rien, il avait 8 ans.
*Alors j’ai vraiment tout perdu.
Jolya reprit, plus posée.
-Ce lieu est une base. Le directeur s’appelle Onimi Seljone. Il recueille des jeunes paumés, des orphelins ou des fuyards. Il leur donne un avenir. Il dit aussi qu’un jour, ici, on changera les choses sur cette planète.
-Cette planète ? demanda Bertrolen.
-Oui. Celle où tu es. Un monde au-delà de la Bordure Extérieure. Peu de gens la connaissent. Nous sommes très loin des grandes routes.
Elle observa son visage, puis ajouta, plus doucement :
-Tu as le droit de te reposer. Mais si tu restes, il faudra apprendre. Ici, on ne survit pas avec des regrets.
Bertrolen regarda le couloir, les portes identiques, les pas d’enfants qu’on devinait derrière certains murs. Il se sentit étrangement semblable à eux et ça lui donna envie de reculer.
-Et si je pars ?
Jolya eut un sourire sans joie.
-Tu peux essayer. Certains ont essayé. Ceux qui reviennent sont plus silencieux encore, quand ils reviennent…
Il baissa les yeux sur sa vibrolame. Elle était là, preuve qu’on ne voyait pas en lui une menace mais plus encore preuve qu’on le considérait déjà comme suffisamment responsable pour la porter. Ou peut-être était-ce un test. Une façon de voir ce qu’il ferait.
*Je n’ai pas de maison. Plus de famille. Plus de ville. Alors je fais quoi ?
Il inspira lentement.
-D’accord, dit-il enfin. Montre-moi où on mange. Et après… tu me montreras où on apprend.
Chapitre III – Fuite et renaissance
Les années suivantes furent une forge où il façonna son caractère et ses compétences.
Bertrolen passa près de dix ans dans cette base. Dix ans à faire de ses mains autre chose que trembler. Onimi Seljone parlait d’ordre et de but. Il parlait de renverser un système politique local, de former une force assez solide pour prendre le contrôle de la planète. Bertrolen, lui, ne s’intéressait pas aux discours. Il s’intéressait aux outils, aux compétences et à tout ce qui empêchait de redevenir un enfant sous un pont.
Il apprit à piloter des appareils légers, d’abord sur simulateur puis en vol réel. Il apprit à conduire des véhicules terrestres, à réparer.
On lui apprit aussi à se battre. À mains nues et l’arme blanche. Là, il était à l’aise. Pas par plaisir mais parce que ça demandait du contrôle et le contrôle était devenu son refuge.
Il s’essaya aussi au tir mais avec peu de succès.
Jolya restait présente, parfois proche, parfois distante. Elle le grondait lorsqu’il travaillait jusqu’à l’épuisement-Tu vas casser, Bertrolen.
Il haussait les épaules.
-Mieux vaut casser ici que dehors.
Il ne cherchait pas d’amis mais en eut quand même. Des gamins devenus adolescents forcés à être frères et sœurs d’arme. Et puis, à dix-huit ans, la planète bascula.
Une guerre totale éclata entre deux blocs qui se disputaient le même monde comme si l’univers s’arrêtait à leur horizon. Deux camps à forces égales capables de se détruire plusieurs fois. Une guerre où chaque invention trouvait sa parade en quelques semaines. Une guerre qui dévorait tout y compris ceux qui n’avaient rien demandé.
Onimi fit de sa bande de mercenaire un peloton de soldats.
-Vous avez été formés pour ça. Maintenant vous allez servir.
Bertrolen sentit une vieille colère remonter. Une colère contre les hommes qui décident et les causes qui écrasent les individus.
*Encore une machine. Encore des vies qu’on jette dedans.
Le front fut un cauchemar. Il y passa un an. Un an à dormir par tranches, à manger vite, à compter les munitions, à regarder les visages autour de lui disparaître. Les pertes furent si massives qu’au bout de quelques mois la moitié de la population mondiale semblait s’être évaporée. Les rivières se chargèrent en déchets chimiques. L’air devint plus lourd. Les pôles fondirent et Les océans se remplirent d’épaves, y compris des carcasses de cuirassés tombés de l’orbite après des dégâts trop importants.
Les proches qu’il s’était malgré lui autorisé à apprécier moururent en trois mois. Certains au combat, d’autres de maladie et d’autres encore parce qu’il n’y avait plus d’eau potable.
Bertrolen, lui, survécut. Pas par héroïsme ni en raison de prouesses particulière.
Simplement la chance car dans un tel conflit, seule la chance décide qui vit et qui meurt.
Il regardait une colonne de fourmis progressant laborieusement en direction du garde-manger et il se demandait alors si elles aussi connaissaient l’absurdité de la guerre.
Il lui semblait que non.
Quand il comprit qu’il ne se battait pas pour protéger mais pour prolonger une guerre sans issue, quelque chose céda. Il déserta.
Il passa par des réseaux de contrebande, vendit ce qu’il possédait et échangea des services contre du silence. Au marché noir, il acheta un vieux vaisseau. Une épave à peine capable de voler et sauter en hyperespace.
Le vendeur le jaugea.
-T’as une drôle de tête. T’es pas d’ici.
Même après 10 ans sur place, quelque chose trahissait ses origines.
Bertrolen posa « quelques » crédits sur le comptoir.
-Je veux juste partir.
L’homme ricana.
-Tout le monde veut partir. Toi, tu as de quoi payer pour survivre après ?
Bertrolen se força à ne pas montrer l’hésitation.
-Je me débrouillerais.
Pour franchir le blocus orbital, il dut louer les services d’un intermédiaire. Quelqu’un qui connaissait les angles morts, les fréquences, les moments où les patrouilles se relâchaient. Le plan consistait à se fondre dans un incident. À devenir une nuisance parmi d’autres.
Au moment du passage, quatre tirs ioniques partirent du sol, frappant plusieurs croiseurs en orbite basse. Un des traits de feu bleu effleura son appareil. Les systèmes hurlèrent. Les alarmes saturèrent le cockpit puis tout s’éteignit. Son vaisseau tanguait, secoué comme une boîte de conserve.
*Discret, qu’ils disaient.
L’appareil était heureusement sur le bon cap. A la dérive, la vielle carlingue effectuait une lente rotation et il vit pour la première fois en entier la planète qui lui a tout apprit.
Au loin, une lumière aveuglante naissait à la surface. Une explosion nucléaire si vaste qu’elle semblait avaler l’horizon. Presque simultanément, de nombreuses autres trainées trahissait le lancement de nouvelles ogives.
L’un des deux camps venait de franchir la dernière limite, entrainant son adversaire dans une réponse proportionnée mais qui signait la pire catastrophe que ce monde ne subirait jamais.
Il resta figé incapable de détourner le regard tandis que les déflagrations se propageaient ravageant le globe. Un monde entier basculant vers la mort, sans survivants ni sans vestiges identifiables.
Un monde effacé, vitrifié.
Bertrolen baissa enfin les yeux vers son tableau de bord. Les systèmes revenaient en ligne peu à peu. Ce vaisseau était un survivant, tout comme lui. Dans la liste des destinations connue, il hésita à choisir Correlia mais il avait appris à aller de l’avant et à laisser le passé là où il était. Il enclencha l’hyperespace.
Le saut fut long. Trop long pour un appareil dans cet état. Lorsqu’il ressortit le vaisseau toussa, vibra puis s’éteignit presque complètement. Il parvint à se poser en catastrophe dans un port secondaire où personne ne poserait trop de questions à un pilote épuisé.
Coruscant, la cité planète, cœur de la galaxie. S’il pouvait se fondre quelque part et commencer une nouvelle vie, c’était ici.
Il descendit de l’appareil avec ce qu’il avait. Son compte était simple.
Cinquante crédits.
Dix-neuf ans.
Une arme.
Aucun plan.
Il regarda la ville devant lui. Les néons, les foules, les bruits. Tout semblait vivant, normal, indifférent. Une autre galaxie dans la galaxie.
Furtivement il s’éclipsa, abandonnant le vaisseau sur le pad, fumant, tremblant. On aurait dit qu’au moindre impact il allait s’effondrer en morceau. Il ferait le bonheur des ferrailleurs.
*Très bien. Alors on recommence. Mais cette fois, je choisis.
ÉVALUATION PERSONNELLE✓ Points FortsEsprit analytique
Sang froid
Adaptabilité✗ Points FaiblesDistance émotionnelle
Idéalisme
Une certaine tendance à vouloir porter le monde sur ses épaulesDocument Classifié - SWRPG Archives
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