Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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  • Bertrolen Gil'EadB Hors-ligne
    Bertrolen Gil'EadB Hors-ligne
    Bertrolen Gil'Ead
    a écrit sur dernière édition par Bertrolen Gil'Ead
    #6

    Bertrolen ne réagit pas immédiatement à l’ordre. Il observait du regard les huit silhouettes réparties en arc de cercle face à lui. Ils étaient jeunes mais déjà trop habitués à tenir une arme comme on tient une certitude. Ils avaient été formés au combat, leur discipline était palpable tout comme leur nervosité. Il sentait, dans leur posture, ce mélange dangereux de crainte et d’excitation prompte à déclencher des actes sans réflexion sur les conséquences.

    Celui qui semblait être leur chef, en revanche, paraissait plus mesuré.

     

    *Ils veulent un geste clair, une preuve de soumission. Si je refuse je deviens une menace mais si j’obéis trop vite, je deviens une proie.

     

    Son manteau brun, trempé par l’air lourd de la lune, collait à ses avant-bras. La manche gauche dissimulait encore la ligne de son sabre. Il n’y eut pas la moindre hésitation à ce sujet. Il ne le donnerait pas. Pas à des inconnus. Pas dans cet endroit. Pas après tout ce que ce cylindre avait traversé, et ce qu’il représentait encore.

     

    Mais il avait une autre arme.

     

    Le blaster qu’il avait acheté si longtemps auparavant, au point où cela lui semblait être dans une autre vie. Un DC-15S, une arme de poing déjà considéré comme une vieillerie à son acquisition. Un outil de soldat, plus compréhensible pour ces gens que s’il exhibait un court cylindre de bois. Le jedi ne s’en était pas beaucoup servi. Un peu d’entrainement avec, tout au plus mais elle portait déjà les stigmates de la guerre menée par son précédent propriétaire.

     

    Bertrolen inspira lentement et inclina légèrement la tête comme pour signifier qu’il avait entendu. Il s’approcha du bord de sa falaise artificielle d’un pas puis s’arrêta de nouveau, les mains toujours bien en évidence.

     

    -D’accord, je vais vous lancer mon arme.

     

    Il avait pris le temps de parler et d’être certain d’avoir été comprit avant de bouger afin que chacun de ses gestes soient anticipés. Avec précaution, il défit d’un index délicat la fermeture du holster puis préleva l’outil en le tenant par l’arrière de la culasse. Puis, de son autre main, il le prit le blaster par le canon et le lança à mi-chemin entre lui et les contrebandiers. L’arme décrivit une courbe et retomba dans la terre meuble, retournée par le crash. Bertrolen avait délibérément visé cette zone pour éviter un quelconque dégât ou tir accidentel.

     

    Le jedi relevé légèrement la tête quand la question du nom fut posée. Le chef des contrebandiers tentait de faire redescendre la pression mais ses mots restaient encadrés par les armes.

     

    -Bertrolen, répondit-il simplement. Je suis Bertrolen.

     

    Il laissa le silence s’installer une seconde, non par provocation mais parce que la suite devait être choisie avec soin. Chaque information pouvait se transformer en corde.

     

    -Vous avez raison d’être prudent, je serais à votre place aussi. Vous avez probablement reconnu derrière moi ce qu’il reste d’un Acclamator, pour être arrivé si vite vous avez dû assister au crash. Il fit une pause puis reprit : Après des réparations à l'évidence bâclées, notre hyperdrive a explosé. La majeure partie de la poupe a été engloutie dans la déflagration. Mon équipage et moi-même avons dérivés pendant de nombreuses années, je ne sais pas encore depuis combien de temps mon bâtiment a disparu de l’espace connu.

     

    Le jedi tourna la tête vers la carlingue, l’air ému puis continua. 

     

    -J’ai été séparé du reste de l’équipage, bloqué dans une section par l’effondrement des coursives. J’ai survécu, les autres non. Je ne compte pas défendre ce tas de métal. Je veux simplement quitter cet astre.

     

    Il posa ensuite son regard sur celui qui semblait mener sans chercher à l’intimider. Juste un contact afin de dire qu’il avait compris qui décidait.

     

    -Vous avez un vaisseau fonctionnel, vous avez des armes et un équipage. Vous pouvez tenter votre chance dans l’épave en espérant que rien ne vous tombe dessus, m’abattre sur pieds ou repartir, ce qui reviendrait à me tuer, ou vous pouvez me ramener sur n’importe quel système un minimum civilisé. Vous pourriez même revenir avec de l’outillage pour désosser cette vielle carcasse. Si vous avez un peu de chance, il reste peut-être des chasseurs ou des barges en état relativement correct. C'est à vous.

     

    Il ne souriait pas. Sa bouche restait neutre mais sa voix avait gagné en stabilité. C’était la première fois qu’il parlait depuis longtemps, chaque mot lui faisait mal à la gorge. Il jouait la carte du pragmatisme, la seule qui aurait une chance de fonctionner face à des gens armé et nerveux.

     

    Il resta immobile, bras légèrement écartés, offrant une cible facile si quelqu’un perdait le contrôle. Il faisait confiance en la Force pour le prévenir en cas de danger mais jusque-là elle ne s’était pas montrée alarmante.

    Casier

    Chevalier Jedi - Niveau 3
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    • Super PNJS Hors-ligne
      Super PNJS Hors-ligne
      Super PNJ
      a écrit sur dernière édition par
      #7

      Le stress du Jedi était à peu près équivalent à celui que ressentaient les hommes et femmes qui le braquaient actuellement. Néanmoins, à l’ordre du meneur, ils avaient obéi, un peu trop en rythme pour que ce soient de simples contrebandiers. Définitivement pas les premiers de la classe… Mais certainement pas les derniers non plus. En voyant le blaster voler entre eux et atterrir mollement dans la boue, il y eut un soulagement imperceptible parmi les rangs. Au moins, ils n’auraient pas à se battre pour le moment. Au moins, ils n’auraient pas à prendre de risque. Austin finit par hausser à nouveau la voix.

      -Ok, Bertrolen, c’est compris. C’est pas dans notre genre de laisser des types derrière, et surtout pas pour crever de faim… dans le meilleur des cas.

      Il ne savait pas pourquoi, mais le combattant avait la sensation de pouvoir faire confiance à ce naufragé stellaire. Etait-ce sa bonhomie ? Son âge un peu plus avancé ? Sa voix neutre et rassurante ? C’était difficile à dire. Il n’arrivait pas à se dire qu’une telle histoire pourrait être inventée de toutes pièces. Trop improbable. Trop délirant. Et puis, l’Acclamator devait avoir vécu pour avoir subi ce genre d’avaries, et le symbole de l’Ancienne République sur la coque faisait foi également. Les éléments s’emboîtaient trop parfaitement pour ne pas être véridiques.

      D’un geste, il fit signe à Bertrolen de se rapprocher. Lui-même fit quelques pas en avant pour se rapprocher, en signe de bonne foi et de confiance. Jusqu’au blaster, en fait, qu’il fut le premier à atteindre à et à ramasser. Lorsque l’inconnu le rejoignit, il lui tendit l’arme, crosse en avant. Un nouveau signe de confiance.

      -Ok, l’ami. J’accepte de vous croire sur parole. Vous avez de la chance, on se dirige vers Nar Shaddaa. Par contre, va falloir que vous vous débrouilliez tout seul sur place, nous on a à faire. Et faudra aussi vous contenter de la cale, on a rien de mieux à proposer.

      Il attendit la réponse, puis fit signe au reste du groupe. Ils décampaient. Assurément, ils ne trouveraient rien ici qui soit rapide à extraire, rien qui valait un retard, rien qui pouvait justifier un retard surtout. Une ruine vieille de plus de dix ans n’irait pas à leur chef qui attendait sans doute leur retour avec impatience. Sans attendre, il regagna le vieil YT, montant le premier à bord, faisant suivre leur nouvel invité.

      -On en a encore pour un moment en hyperespace, par contre. Et j’espère que vous êtes pas du genre à oublier les coups de main, ce serait dommage…

      Le sous-entendu n’était même pas à moitié voilé. Ce n’était pas le genre de la maison, qui laissait les ronds de jambes aux politiques véreux et à ceux qui n’avait pas suffisamment de cojones pour assumer leurs positions. Pas vraiment inquiet, il fit le tour du vaisseau contrebandier à leur passager, sans s’attarder sur le moindre détail. Les lieux d’aisance, le réfectoire, et la cale où il allait pouvoir dormir, au milieu de la cargaison sous scellés. Clairement pas méfiant, il se tourna ensuite vers son équipage.

      -Allez, les gars. Assez perdu de temps. On saute en hyperespace.

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      • Bertrolen Gil'EadB Hors-ligne
        Bertrolen Gil'EadB Hors-ligne
        Bertrolen Gil'Ead
        a écrit sur dernière édition par Bertrolen Gil'Ead
        #8

        Bertrolen ne laissa rien paraître du soulagement qui lui traversa brièvement le visage lorsque la tension commença à se dissiper. Ce n’était pas encore de la confiance, à peine un relâchement. Il observa celui qui semblait être le chef hausser la voix pour couvrir la distance entre eux puis tendre un peu la situation vers quelque chose de plus praticable. Les autres restaient armés, encore tendus, mais ils n’étaient plus sur leurs gardes et n’avaient plus ce scintillement nerveux dans le regard qui précède les gestes irréparables.

        Le jedi descendit donc de la carcasse avec précaution. Le métal de l’Acclamator, tordu par le crash et meurtri par les années d’errance, geignait sous ses bottes à chaque appui. La pente improvisée qui menait du flanc éventré du croiseur jusqu’au sol de la jungle n’avait rien d’un chemin sûr et pourtant il la franchit sans empressement, comme un homme qui sait que précipiter ses gestes reviendrait à réveiller une méfiance à peine assoupie. La boue absorba son poids lorsqu’il atteignit enfin le sol meuble. Autour de lui, l’odeur de terre chaude, de végétation humide et de métal brûlé se mêlaient en une senteur lourde, presque poisseuse.

        Il s’arrêta à quelques pas du groupe et regarda l’arme qu’on lui tendait. La crosse en avant en signe de confiance. Bertrolen prit le blaster avec lenteur, comme s’il ne voulait pas brusquer ce commencement de confiance. Ses doigts se refermèrent autour de la poignée usée. Il la contempla une fraction de seconde avant de la replacer dans son holster, d’un geste mesuré.

        -Merci, dit-il simplement.

        Le mot n’était ni chaleureux ni froid. Juste sincère, à sa manière. Puis il écouta la suite sans l’interrompre. Nar Shaddaa. Le nom éveilla aussitôt toute une série d’images peu rassurantes, de rumeurs anciennes et de violence ordinaire maquillée en commerce quotidien. Pourtant, comparé à une mort anonyme dans une jungle des Régions Inconnues, s’enfoncer dans la noirceur du monde des Hutts avait presque l’air enviable.

        Quand la cale fut mentionnée, Bertrolen eut un très léger mouvement d’épaules. Peut-être même l’amorce d’un sourire.

        -J’ai déjà dormi dans pire.

        C’était vrai. Sous des ponts, dans des soutes éventrées, dans des tranchées lors de campagne militaire où même l’air semblait usé avant d’être respiré. Une cale de YT-1300, même encombrée, n’avait rien d’un affront. C’était un espace clos, un toit au-dessus de la tête et l’assurance de quitter ce monde.

        Il tourna ensuite la tête vers l’épave. Son regard remonta le long de la coque crevée jusqu’au vieux symbole de la République encore visible malgré les brûlures, l’usure et les impacts. L’Acclamator ressemblait moins à un vaisseau qu’à un cadavre de métal, vidé depuis longtemps de ce qu’il avait été. Pourtant, l’abandonner ainsi n’était pas un geste anodin. Il y avait derrière lui plus qu’un moyen de transport détruit. Il y avait des années arrachées au temps, du silence, de la survie, des fantômes aussi. Il avait acheté cet appareil sur ses fonds propres, à une époque où la république était empêtrée dans des conflits nécessitant la sacrifice de tous. Pour ce qu’il en savait, la république était tombée depuis et le symbole peint n’avait plus aucun sens si ce n’est dans son cœur qui transporte encore les valeurs d’unité et de bienveillance. Le jedi s’en voulait d’avoir été absent si longtemps. Tellement longtemps qu’il doutait que l’ordre existe encore. Tellement longtemps qu’il doutait de pouvoir avoir aujourd’hui le moindre levier. Il demeura immobile une seconde de trop, juste assez pour que ce regard vers l’épave ressemble à un adieu que personne n’était tenu de comprendre.

        *Tu ne m’as pas ramené mais tu ne m’a pas tué. C’est déjà assez.

        Puis il se détourna sans cérémonie supplémentaire et suivit le groupe vers le vieux transport léger. À mesure qu’il approchait du YT-1300, il détaillait machinalement les lignes de la coque, les plaques remplacées, les traces d’entretien inégal, les cicatrices d’un appareil qui avait vécu. C’est un engin pratique, maintenu en état plus par nécessité que par goût.

        La remarque du chef sur les coups de main ne lui échappa pas. Elle avait le mérite de la franchise. Bertrolen préférait cela aux promesses trop propres.

        -Je n’oublie pas ceux qui me tendent la main, répondit-il en relevant légèrement les yeux vers lui. Et je paye toujours mes dettes mais je ne suis pas du genre à me laisser emprisonner dans une spirale infinie de « services » à rendre. Vous pourrez faire appel à moi une fois puis nous serons quitte.

        Le ton n’était pas menaçant. Il exposait un fait. Une manière aussi de signaler qu’il avait entendu le sous-entendu et qu’il n’était pas homme à profiter d’une dette en feignant de ne pas l’avoir contractée. Maintenant qu’ils étaient plus proche, le chef de la troupe pouvait voir au fond des yeux du jedi la dureté et le sérieux que forgent la guerre, les batailles et les épreuves. Des yeux honnetes, entre autre.

        À bord, il suivit sans commentaire la visite rapide du vaisseau. Les lieux d’aisance, le réfectoire, les couloirs étroits marqués par l’usage puis enfin la cale. Il s’y arrêta un instant laissant son regard courir sur la cargaison sous scellés, les ancrages et les parois métalliques vibrantes. Le bourdonnement du bâtiment lui parut presque apaisant après le silence trop vaste de l’épave à la dérive. L’endroit était brut et peu accueillant mais fonctionnel. Cela lui suffisait.

        Il posa sa main sur une cloison comme pour sentir à travers elle le cœur mécanique du transport. Tout ici paraissait plus petit, plus dense, plus vivant que dans l’Acclamator. Là où le croiseur avait fini par devenir une tombe, ce vaisseau respirait encore.

        Il se recula ensuite pour ne pas gêner l’équipage alors qu’ils se remettaient en mouvement. Déjà, il percevait la transition dans les bruits à bord, cette succession de préparatifs familiers qui précède un saut. Des vérifications. Des calculs. Des voix plus brèves. Une mécanique d’équipe. Cela réveillait en lui des souvenirs qu’il ne souhaitait pas explorer tout de suite. Son pont de commandement.

        Bertrolen s’assit sur une caisse solidement arrimée, les avant-bras sur les cuisses, en posture de repos plus que d’abandon. Sa main gauche effleura brièvement la manche qui dissimulait encore son sabre. Quand il irait dans la cale afin de méditer plus que dormir, il serait imprudent de baisser sa garde maintenant, il rebrancherait son arme au générateur. La planète vers laquelle ils se dirigeaient était très dangereuse et le moindre parcelle d’énergie pour alimenter la lame serait nécessaire.

        Puis il releva la tête en direction de la sortie de la cale, là où les derniers pas s’éloignaient.

        Le vieux YT vibra plus fort. Les moteurs montaient en régime. Quelque part dans la coque, le saut vers l’hyperespace se préparait déjà.

        Bertrolen inspira lentement. Pour la première fois depuis longtemps, il reprenait la route. Pour la première fois depuis longtemps, il y avait un espoir. C’était un nouveau départ. Si l’Ordre existe encore, il le trouverait. Sinon, le mercenariat il connaissait.

        Le jedi se leva et s’approcha du cockpit. Dans l’embrasure de ce dernier, il distinguait l’écran qui dirigeait le saut hyperspatial. Il ne reconnu pas les coordonnées du point de départ. Il semblerait que l’Acclamator se soit égaré pas loin après la limite des systèmes explorés, dans les régions inconnus.

        -Vous ne m’avez pas dit comment je dois vous appeler, dit Bertrolen au chef qui s’était assit derrière le pilote. Et sans vouloir être indiscret, que faisiez vous dans les environs ? Je vois que nous étions dans un secteur non cartographié. Votre arrivée a été autant une aubaine qu’un mystère.

        Casier

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        • Super PNJS Hors-ligne
          Super PNJS Hors-ligne
          Super PNJ
          a écrit sur dernière édition par Super PNJ
          #9

          Les émotions négatives avaient enfin fini par s'estomper, à la faveur de l'apaisement général de la situation et des esprits. Austin n'aurait pas spécialement parié dessus dès le départ, il savait que ses camarades pouvaient avoir l'esprit un peu chaud, mais finalement, tout s'était bien goupillé, et chacun en sortait indemne. Tant pis pour les richesses potentielles du croiseur, ils s'en tiraient avec une bouche de plus à nourrir et un invité à transporter, mais peut-être en tireraient-ils quelque chose à l’avenir. Dans le pire des cas, un ancien républicain, ça pouvait sûrement se revendre, sait-on jamais. Même si, dans l’immédiat, le chef du groupe ne voyait pas à qui. Ni dans quelle mesure il le justifierait, d’ailleurs…

          D’autant plus que l’inconnu, Bertrolen comme il avait demandé à être appelé, ne semblait pas spécialement être du genre à oublier les services, et pas non plus du genre mou du genou. Pire, il ressemblait à ces durs-à-cuire qui ne s’en laissaient pas compter. Mais ça, il s’en fichait pour l’heure. Déjà, ils devaient reprendre leur route. En espérant qu’Alistair arrête de râler. Mais connaissant l’animal… Ce n’était pas pour demain la veille. Alors qu’il l’assistait pour les commandes de mise en orbite de l’appareil, il entendit la voix de son passager derrière lui, qui le fit rire.

          -Appelez-moi Austin. Le pilote, c’est Alistair. Et mon second dans cette mission, c’est Althéa, la fille avec le gros flingue.

          Il se retourna vers le nouveau venu après avoir réalisé un dernier check-up sur un écran. Tout était ok, le vieux coucou restait un modèle de fiabilité qui pourrait traverser les âges, à n’en pas douter. Il tapota l’épaule de son pilote avant de se redresser en s’étirant.

          -Les secteurs non cartographiés, c’est bon pour les républicains et les impériaux, l’ami. Ca fait longtemps que les gens débrouillards empruntent des voies hyperspatiales bricolées depuis un moment. C’est nettement plus pratique que de devoir justifier d’un manifeste de fret un peu modifié. Faut bien vivre.

          Il eut un nouveau rire en terminant sa phrase. Personne n’était dupe de la profession de la fine équipe, ici, et tant mieux, mais ce n’était pas pour ça qu’il allait le crier haut et fort sur tous les toits, y compris dans le vide intersidéral où personne ne l’entendrait crier. Aventureux, mais tout de même un peu prudent.

          -Ce qu’on faisait dans le coin, par contre, du business, comme tout ceux qui s’aventurent loin de chez eux et partent à la conquête des étoiles. On est pas les premiers, et on sera sûrement pas les derniers. On a la chance d’avoir des contacts réguliers et qui payent à la fois bien et rubis sur l’ongle, alors on va pas se priver.

          Evidemment, il n’allait pas dévoiler le contenu de leurs caisses. Eux-mêmes déjà n’en savaient rien, et ils espéraient juste leur solde à la fin du voyage, la prime de risque qui allait bien. Leurs chemins se sépareraient d’avec Bertrolean, et c’en serait fini. Néanmoins, Austin était du genre curieux.

          -C’est quand même pas commun, un naufragé comme ça, dans les Régions Inconnues, et à bord d’un Acclamator. Si vous rouliez pour l’Ancienne République, la suite doit vous faire bizarre, vu le bordel des dernières années, non ?

          Kryann

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          • Bertrolen Gil'EadB Hors-ligne
            Bertrolen Gil'EadB Hors-ligne
            Bertrolen Gil'Ead
            a écrit sur dernière édition par
            #10

            Bertrolen resta quelques instants dans l’embrasure du cockpit sans chercher à s’imposer davantage dans l’espace déjà étroit. Il observait les gestes rapides d’Austin et d’Alistair, la façon dont leurs mains glissaient sur les commandes avec l’assurance de ceux qui avaient répété ces manœuvres des centaines de fois. Le vieux transport vibrait d’une énergie contenue, chaque module semblant participer à la montée progressive vers le saut.

             

            Lorsque les présentations furent faites, il inclina légèrement la tête.

             

            -Austin. Alistair. Althéa. Enchanté.

             

            Il prononça les noms calmement comme pour les ancrer dans sa mémoire. Dans son esprit associer un visage à un nom n’était jamais un simple réflexe social, juste une manière de situer les gens dans une carte mentale, de comprendre à qui il avait affaire.

             

            Le rire d’Austin et sa manière désinvolte d’évoquer les routes hyperspatiales bricolées ne surprirent pas Bertrolen. Mais c’était une réponse évasive. Son regard se posa à nouveau sur l’écran où les coordonnées de départ s’affichaient encore afin de confirmer à nouveau leur position. Ils étaient vraiment éloignés de tout. Pas simplement dans un système non cartographié sur le bord d’une route hyperspatiale oscure empruntée par les malandrins souhaitant se faire discret.

            Ils étaient venus dans ce système délibérément. Pour une rencontre cachée ou récupérer quelque chose dans une boite aux lettres morte. Mais ce n’était pas le problème du Jedi. Il ne ressentait pas à bord d’artéfacts lié au côté obscur donc la nature des activités de la petite équipe importait peu. Mieux valait faire mine d’adhérer à l’histoire.

             

             

            -Je vois, répondit-il. Les grandes puissances tracent les routes officielles. Les gens qui vivent vraiment de l’espace trouvent les autres.

             

             

            La question d’Austin arriva alors, directe et curieuse mais pas hostile.

            Bertrolen resta silencieux quelques secondes avant de répondre. Plus par habitude que par hésitation. Choisir ce qu’on dit et ce qu’on garde pour soi.

             

            -L’Ancienne République. Oui j’y ai servi.

             

            Il ne chercha pas à embellir la formule. Sa voix restait posée, presque détachée.

             

            -Je commandais cet Acclamator. Ce bâtiment a participé à plusieurs engagements majeurs.

             

            Il marqua une courte pause. Les images revenaient facilement, comme si le simple fait de prononcer ces mots ouvrait une porte.

             

            -Vous avez sans doute entendu parler des assauts des Siths sur Coruscant, j’y étais.

             

            Son regard se perdit une fraction de seconde vers l’avant, au-delà du cockpit, vers les étoiles encore invisibles derrière la coque.

             

            -J’ai vu mon monde natal se faire vitrifier par des armes à la puissance inimaginable, mais ça a été rapide. Ce qui s’est passé sur Coruscant, c’était un massacre. Une souffrance infligé aveuglement et délibérément. La guerre devrait être l’affaire des soldats, pas des civils.

             

            Il reprit ensuite, d’un ton légèrement plus grave.

             

            -La plupart des cicatrices que vous avez vues sur la coque ne viennent pas du crash. Elles datent de la bataille de la Forge Stellaire. C’était un sacré merdier là-bas. C’était à croire que toutes les forces de la galaxie s’y sont rejointe.

             

            Il haussa légèrement les épaules.

             

            -Mais bon, un vieux croiseur comme celui-là finit toujours par ressembler à une relique.

             

            La remarque d’Austin sur le chaos politique récent fit naître un léger silence. Bertrolen ne répondit pas immédiatement. Sa main s’appuya contre l’encadrement de la porte du cockpit, les doigts immobiles contre le métal froid.

             

            *Le bordel des dernières années…

             

            Il expira lentement.

             

            -Je n’ai pas suivi les événements. Je n’ai pas pu.

             

            Son regard revint vers Austin.

             

            -Lorsque l’hyperpropulsion a explosé, nous étions en transit. Des réparations avaient été faites dans l’urgence. Une erreur… ou une pièce défectueuse. La réaction en chaîne a soufflé toute la poupe.

             

            Il parla sans pathos, comme quelqu’un qui avait ruminé la scène dans sa tête de nombreuses fois.

             

            -Le croiseur a été éjecté de l’hyperespace, les moteurs hors service. Enfin... Absent plutôt. Et le croiseur a dérivé. Longtemps.

             

            Il ne précisa pas combien.

             

            -J’étais seul dans la section des hangars avant. Un endroit refuge où je pouvais réfléchir sans personne à proximité. Il n’y a pas d’activité dans les hangars lors d’un long transit. La plupart de l’équipage était dans leur quartiers, à proximité des réacteurs…

             

            Son regard s’assombrit à peine.

             

            -J’ai fini par comprendre que je ne capterais plus aucune activité. Plus aucun signal interne. Plus aucune voix. J’ai redirigé autant que possible l’énergie vers les systèmes de survie.

             

            Il redressa légèrement la tête.

             

            -Alors oui. Si la galaxie a changé pendant ce temps, je suppose que je vais le découvrir.

             

            Il observa Austin un instant, puis ajouta avec une pointe d’ironie très discrète.

             

            -D’après ce que vous appelez “le bordel”, j’imagine que l’équilibre des pouvoirs n’est pas très stable.

             

            Un léger silence suivit, ponctué par les vibrations croissantes du vaisseau. Les moteurs atteignaient leur régime optimal.

             

            Bertrolen détourna alors le regard vers l’écran principal.

             

            -Nar Shaddaa, répéta-t-il doucement. Ce sera un bon endroit pour comprendre ce qui reste de la galaxie.

             

            Il se redressa légèrement.

             

            -Et pour trouver du travail.

             

            Il ne précisa pas quel genre.

             

            Dans son esprit, les possibilités défilaient déjà. Mercenaire. Escorte. Pilote occasionnel. Mécanicien. Tout ce qui permettrait de retrouver une place dans un univers qui avait continué sans lui.

             

            *Et peut-être explorer les ruines de l’Ordre Jedi.

            Casier

            Chevalier Jedi - Niveau 3
            Forme III ~ Soresu
            Forme V ~ Djem So
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            • Super PNJS Hors-ligne
              Super PNJS Hors-ligne
              Super PNJ
              a écrit sur dernière édition par
              #11

              Bertrolen ne fut interrompu à aucun moment, que ce soit par une question inopinée, par un mouvement désagréable ou parasite, par une exclamation de surprise. Rien de tout ça ne vint, tant les présents étaient accrochés à son récit. C'était comme dénicher une relique des temps anciens. Face à eux se dressait semble-t-il un soldat, un vieux de la vieille, un type qui avait connu les derniers instants de l'Ancienne République sans savoir ce qu'il s'était passé après. C'était une expérience... dérangeante. Une sorte de miroir déformant, dans lequel ils se voyaient tous. Depuis la chute de ce régime, ils avaient tous connu des fortunes différentes, qui les avaient menés à cet endroit précis, et leur avait donné cette haine des gouvernements actuels...

              Cependant, et pas besoin d'être grand Jedi pour le voir et le comprendre, il avait capté l'attention de son auditoire, d'un public jeune et manifestement avide de grandes sagas, et d'aventures presque chevaleresques. C'est dans ce genre de situations qu'on se révèle : des jeunes gens, sans doute encore bercés par des idéologies utopiques, des volontés de bien faire pour le mieux commun. En d'autres termes, des adultes à peine sortis de l'adolescence. Les quelques rides sur les visages ne trompaient pas, il n'y avait pas cette ombre de dépit qu'on trouve dans la plupart des pupilles des contrebandiers. Ceux-là étaient nouveaux dans le métier.

              -Pas stable, c'est rien de le dire... Après les batailles de Coruscant et de la Forge Stellaire, ça a été un sacré merdier, j'aime autant le dire. Depuis, c'est à couteaux tirés. Entre l'Imperium dans l'ombre qui fait sa tambouille, la CSI qui menace tout le monde de leur envoyer des droïdes sur la gueule, et la République Fédérale au milieu qui a l'air de se dépatouiller comme elle peut, c'est une cata.

              Il inspire en regardant un instant les panneaux de commande. A l'évidence, la situation pèse sur ses épaules, comme une menace invisible. Le ton de sa voix, légèrement colérique et peiné, démontre l'étendue et l'influence du bazar géopolitique sur les basses populations : écrasés comme les autres, ils survivent comme ils peuvent en attendant des jours meilleurs qui mettront du temps à venir. Lentement, il corrige quelques coordonnées et paramètres avant de se tourner à nouveau vers Bertrolen.

              -Mais y'a des choses qui changent pas, hein ?

              Cette fois, c'est une note d'espoir que l'on perçoit dans sa voix, voire d'amusement cynique. Son sourire s'élargit un peu en laissant passer un petit rire tout aussi insolent.

              -Nar Shaddaa est l'idéal pour trouver du travail, ça, ça n'a pas bougé. C'est toujours les Hutts qui contrôlent la place, c'est toujours aussi criminalisé, on a toujours la possibilité de se faire buter pour rien. Mais c'est toujours là qu'on trouve les meilleures opportunités, ou les meilleures tables de Pazaak, ça c'est sûr aussi.

              Il hésite un instant en reportant à nouveau son regard sur les commandes. Dans sa tête, il commence à réfléchir, à penser à la suite. Ce serait idiot de se passer d'un profil comme celui-ci, non ? Le type ne connaît rien à la situation actuelle, et il cherche des crédits, ça lui donne un sacré avantage pour être recruté, non ? Il gratte sa barbe naissante en revenant à lui.

              -Mais si vous cherchez un boulot, je peux toujours vous présenter à un de nos boss. Je promets rien d'autre que ça. Mais ce serait un début.

              Kryann

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              • Bertrolen Gil'EadB Hors-ligne
                Bertrolen Gil'EadB Hors-ligne
                Bertrolen Gil'Ead
                a écrit sur dernière édition par
                #12

                Bertrolen resta silencieux un instant après les paroles d’Austin. Il n’avait pas quitté sa position dans l’embrasure du cockpit, mais son attention s’était légèrement déplacée. Moins sur les gestes techniques, plus sur les voix, sur les regards. Il sentait le changement. Ce n’était plus seulement de la méfiance. Il y avait autre chose désormais. De la curiosité. Peut-être même une forme de respect naissant.

                Le récit avait fait son effet.

                Ils écoutent encore comme on écoute une histoire. Pas comme on écoute un homme dangereux.

                Ce constat ne le rassura qu’à moitié.

                Les jeunes membres de l’équipage avaient ce regard particulier, celui de ceux qui n’avaient pas encore été entièrement broyés par la réalité. Ils avaient vu des choses, sans doute. Mais pas encore assez pour que l’idéalisme se transforme en cynisme pur. Bertrolen connaissait bien cette frontière. Il l’avait franchie depuis longtemps.

                Il reporta son attention sur Austin lorsque celui-ci décrivit l’état de la galaxie. Imperium. CSI. République Fédérale. Les noms s’entrechoquaient sans encore former une carte cohérente dans son esprit. Les grandes structures avaient changé, muté, mais le fond restait le même. Luttes de pouvoir, conflits d’influence, populations prises entre les lignes.

                Il hocha légèrement la tête.

                -Certaines choses ne changent jamais.

                Sa voix était calme, sans amertume apparente. Juste un constat posé.

                -La guerre ne meurt jamais. Même quand les noms changent.

                Il laissa passer un court silence, comme pour laisser cette idée se poser sans l’imposer. Puis son regard dériva brièvement vers les commandes, les coordonnées, les indicateurs lumineux. Tout fonctionnait. 

                Lorsque Austin évoqua Nar Shaddaa, Bertrolen esquissa un léger sourire, à peine visible. Un sourire fatigué plus qu’amusé.

                -J’imaginais mal cet endroit devenir fréquentable avec le temps.

                La proposition suivante, en revanche, retint pleinement son attention.

                Il ne répondit pas immédiatement. Il observa Austin quelques secondes, comme s’il cherchait à mesurer ce qu’il y avait réellement derrière cette offre. Opportunité. Intérêt. Calcul. Peut-être un mélange des trois.

                Un boss. Donc une organisation. Donc des règles. Donc des chaînes… plus ou moins visibles.

                Il croisa lentement les bras, sans se fermer pour autant, adoptant simplement une posture plus stable.

                -Une présentation, ça me va.

                Il marqua une légère pause avant de reprendre, plus posé encore.

                -Je ne cherche pas à m’imposer dans un groupe, ni à m’attacher trop vite à une structure. Mais je cherche à comprendre ce qui se passe, et à me remettre en mouvement.

                Son regard resta accroché à celui d’Austin.

                -Si votre contact a besoin de quelqu’un qui sait piloter, se battre et survivre… je peux être utile.

                Il ne se vendait pas. Il énonçait des faits.

                Puis, après un très bref silence, il ajouta avec une nuance plus personnelle

                -Et j’ai besoin de crédits. Ça aussi, c’est un fait.

                Il laissa échapper un souffle lent.

                -Nar Shaddaa. Ce sera un bon point de départ.

                Il ne dit rien de plus. Pas de gratitude excessive, pas d’enthousiasme déplacé. Juste une acceptation lucide.
                Un nouveau monde et de nouvelles règles même si les anciennes ne disparaissent jamais vraiment.
                Il redressa légèrement la tête.

                -Je vous suis, Austin. Montrez-moi ce que vaut votre “boss”.

                Ce n’était pas un défi.

                Mais ce n’était pas non plus une promesse aveugle.

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                • Super PNJS Hors-ligne
                  Super PNJS Hors-ligne
                  Super PNJ
                  a écrit sur dernière édition par
                  #13

                  Le passager semi-clandestin avait beau être avare de mots, il n'était pas non plus dans la retenue extrême. Simplement, il faisait passer ses idées de manière très directe, même si certaines choses pouvaient sembler lui échapper. Austin ne pouvait pas s'empêcher de sourire en l'écoutant. Un discours de vieux sage, de vieux soldat qui en a vu d'autres, sous d'autres régimes, qui a sombré dans le cynisme le plus total, bien loin de toute idéologie. Pas une seconde il ne laissa transparaître un quelconque doute, ou une quelconque illusion, sur la suite de son périple. Pour le contrebandier, c'était bon signe : un type avec les pieds sur terre, c'était un bon allié, pour peu qu'on se le mette dans la poche. Un type sans un crédit en poche, c'était quelqu'un d'à peu près malléable et prêt à beaucoup plus de choses que le voisin plus aisé. Et enfin, un type qui n'avait vraisemblablement pas d'autre choix que celui qu'on lui proposait était le plus à même d'accepter un deal. Tout ça vint rapidement à l'esprit du chef de l'expédition.

                  -Pas de problèmes, Bertrolen. Il est toujours content d'avoir du monde à rencontrer. Faut juste pas lui marcher sur les pieds et pas se préoccuper de l'odeur.

                  Le sourire d'Austin s'élargit. Quelque part, ça lui rappelait sa première rencontre avec le boss. Une impression d'autorité l'avait frappé d'entrée, un réalisme froid et sans concessions qui l'avait laissé hébété sur place. En réalité, il n'avait pas de souvenir clair de la rencontre, mais il savait ce qui s'était passé : il avait embrassé une cause commune dont il ignorait jusqu'à l'existence à l'époque. Et puis, finalement, il avait suffit d'une courte discussion autour de la situation pour le convaincre de ce qu'il fallait faire.

                  -Puisqu'on a un deal, j'vais aller finir ce que j'ai à faire, l'ami. Content de vous avoir à bord et qu'on se soit pas tiré dessus, au final. Le reste, on verra ce que ça donne.

                  Chose dite, chose faite, le commandant de bord se retira pour repartir à son travail sans plus de cérémonie. Il avait à faire, ils avaient tous à faire, à bord. Le reste du voyage se contentera de discussions banales, autour de la pluie et du beau temps, si on peut parler de ça dans l'espace. Un voyage en hyperespace des plus classiques, dans un endroit confiné, où chacun se devait de marcher un peu sur des oeufs, de manière à ne vexer personne et de ne pas se prendre le chou... Bertrolen sera laissé tranquille si il le désire, il devra dormir dans la cale, mais personne ne le dérangera, peu importe ce qu'il fait. Au final... Un voyage sans histoires. Mais qui aboutira à la pire destination qui soit pour beaucoup de monde : la planète grise, industrielle, le taudis qu'est Nar Shaddaa.

                  Kryann

                  HRP :
                  Je te laisse créer un nouveau sujet sur Nar Shaddaa, au niveau du Spacebarn. C'est là qu'on continuera tes aventures.

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