Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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    #16

    Post n°16
    Auteur : Pete Jeabro

    Pete sursauta. Mais ce n’était pas à cause du froid. Derrière lui, la main chaude de Siphra venait de se poser sur son épaule. Le jeune homme ne s’était pas attendu à un tel geste, lui qui était plongé dans ses pensées : avec ce vent naissant, il se préparait déjà à chercher un endroit où se réfugier. Une tempête était si vite arrivée... Mais le geste inattendu de la chevaleresse Jedi venait de le ramener à une autre réalité. Pete appréciait les remerciements, même s’il les jugeait mal-venus. Le groupe se trouvait à l’aube d’une tempête et ce n’était peut-être pas le meilleur moment pour s’échanger des gentillesses. Mais la dernière phrase lui fit un choc. Là encore, le timing était curieusement choisi : de quelles blessures parlait Siphra ? En soit, il adhérait pleinement aux préconisations de sa consoeur, mais Pete ne comprenait pas ce à quoi elle faisait allusion. Le jeune homme, prêt à partir dans l’une de ces introspections dont il avait le secret, s’interrompit immédiatement. Quelque chose, ailleurs, venait de titiller ses sens. L’impression d’un danger imminent le força à reporter son attention sur son environnement. Après tout, ils étaient en terrain hostile et la discussion allait devoir être ajournée. Car l’instinct de Pete s’agitait de toutes parts. Il ressentait l’urgence de se mettre en mouvement. Dans le regard de Siphra, Pete comprit instantanément qu’elle était du même avis.

    - Moi aussi, je l’ai senti ! susurra-t-il avant de se mettre en route vers le vaisseau.

    Son enseignement militaire lui intimait d’aller vers ce qu’il connaissait déjà. Et puis, le cargo était le seul endroit où il était certain de trouver chaleur et vivres. Déjà élancé, il arrêta nette lorsqu’il faillit bousculer Siphra qui, à sa grande surprise, s’était dirigée dans la direction opposée : vers les montagnes. Confus, les deux Jedi se regardèrent, comprenant leurs intentions mutuelles à la lumière de leurs yeux. La chevaleresse voulait aller au devant du danger là où Pete, plus prudent, préférait se replier pour observer la situation depuis un lieu sûr. Car ce qu’il venait de ressentir était profond, était sombre était... à éviter. Depuis longtemps, Pete fuyait l'obscurité comme la peste. Il savait qu’il n’était pas infaillible, que le Côté Obscur prenait le temps de vous tourmenter avant de pleinement vous corrompre. Ça commençait par des promesses alléchantes, puis de premières récompenses et, lorsque l’étourdi avait pleinement baissé sa garde, venaient alors les déconvenues, le chaos et le tourment. Pete voulait à tous prix éviter ça ! C'était pourquoi, au moindre doute, le jeune homme préférait passer son tour. Car la corruption du Côté Obscur, il l’avait vue, de ses propres yeux. On voit d'abord un visage amical, une solution à un problème. Puis, au moment fatidique, le fameux ami vous frappe dans le dos. Ça avait été le cas dans la Montagne Noire d'Endor, lorsque le même Sam qui avait sauvé Pete des Sanyassans avait finalement retourné son arme contre le Maître Jedi Vendar Olorin. Une corruption par le Côté Obscur qui, selon les maîtres du Conseil, avait eu le temps de grossir de manière inaperçue pendant de longues années.

    C’était peut-être ça, les blessures dont parlait Siphra ? Cette expédition dans les entrailles de la Montagne Noire n'avait cessé de hanter Pete. Il y pensait en permanence : à ce qu'il avait fait de bien et ce qu'il aurait pu faire de mieux. Il repensait aux heures passées avec Sam et à l'incapacité que Pete avait eue de déceler la trahison à venir. Il repensait à la bataille dans l'immense caverne et à sa décision de laisser son propre maître derrière lui. Il repensait à cette vision qu'il avait eue, celle où il avait affronté son père. Et pour autant, Siphra avait tort : Pete n’était pas blessé. Il était même celui qui s’en était le mieux sorti ! Il n’avait perdu ni la vie, ni un frère, ni son maître. Or, personne parmi Vendar Olorin, Phyl Reel ou Tev ne pouvaient s’en vanter. À son retour au Sanctuaire Jedi, Pete avait même été considéré comme un héros. Un héros, l'était-il vraiment ?

    Ses pensées, une nouvelle fois, furent évacués en un instant par Siphra. Pourtant, elle n’avait pas bougé. Elle s’était contentée de regarder Pete avec un regard au fond duquel une intensité immuable brûlait : elle ne changerait pas d’avis. En le comprenant, Pete retint un hoquet. Lui non plus ne pouvait pas changer d’avis ! Ce qu’ils avaient ressenti, tous les deux, était quelque chose de profond, quelque chose d’ancien, quelque chose de mauvais. Très légèrement, Pete entrouvrit la bouche, comme s’il s’apprêtait à justifier sa décision, qui pourtant était pleine de sens. Ce qu’ils s’apprêtaient à vivre était trop semblable à ce qu’il avait déjà traversé dans la Montagne Noire. Là, ce n’était pas du bon sens, c’était son instinct qui le lui hurlait aux tympans. Et, il le savait, il ne serait pas capable d'affronter pareille épreuve une nouvelle fois. Son salut, il ne l'avait dû qu'à deux choses : la bienveillance de Phyl Reez et sa propre naïveté. En tant que simple novice, fraichement débarqué dans l'Ordre Jedi, méconnaisseur de la Force et du passé de ses acolytes, il avait fait les choix qui lui avaient permis d’éviter de sombrer dans le Côté Obscur. De nombreuses fois depuis, le jeune homme s’était demandé comment les choses se seraient passées s’il avait été plus aguerri, plus mature, plus... Jedi. Ce jour-là, Sam aurait-il été le seul à sombrer ? Pete n’avait pas la réponse. Mails il était hors-de-question qu’ils entrent dans les entrailles des montagnes d’Ilum pour vérifier. Il avait un très mauvais pressentiment et, généralement, son instinct ne le trahissait pas.
    La Force ne le trahissait pas.

    Un unique oeil. C’était celui de Dayimiyo, qui le fixait à son tour. Pete ne savait pas s’il avait ressenti le signal dans la Force, mais il était aux côtés des deux chevaliers, observant leur joute silencieuse. Il paraissait si jeune et à la fois si... naïf ? En un sens, Pete se reconnaissait en lui. Et, même s’il n’était pas son maître attitré, il savait que c’était sa responsabilité, en tant que chevalier, de le protéger. Il était inenvisageable que Dayimiyo vive la même chose que ce que lui-même avait vécu. C’était trop pour quelqu’un qui souhaitait rejoindre l’Ordre Jedi. C'était trop pour n'importe qui.

    Siphra dit quelque chose que Pete n’entendit pas. Il contemplait, encore trop loin d’eux, le vaisseau salutaire. Celui qui les avait amenés ici mais qui pouvait encore les ramener dans la douceur du foyer d’Endor. C’était ironique, se disait Pete. En venant ici, il avait cru répéter l’histoire : celle qu’il avait vécue précisément sur Ilum, où il avait dû surmonter tant d’épreuves pour construire son sabre-laser. Et maintenant, il se demandait s’il ne s’apprêtait pas à vivre une autre histoire : celle de la Montagne Noire, où il avait dû faire usage du même sabre pour sauver sa peau et celle de ses camarades. Et il avait beau y penser, cette perspective ne l’enchantait absolument pas. Comme l’avait évoqué Siphra, Pete faisait de gros efforts pour être avec eux aujourd’hui. Et, contrairement à ce qu’il avait vécu sur Endor, il était plus rôdé. Aujourd’hui, il avait le pouvoir de reculer devant le danger, plutôt que d’y foncer tête baissée. S'il y avait des destins à changer, il était encore temps.

    À son tour, Dayimiyo posa une question. Lui aussi avait senti la Force et, de toute évidence, ça l’inquiétait. Mais son intervention fut une aubaine car, immédiatement, Siphra dû porter son attention sur lui. Cette interlude offrait quelques minutes de répit à Pete pour que, lui aussi, remette ses idées en place. Peut-être que Siphra avait raison et qu’il était blessé. Mais Pete savait aussi que lorsqu’il avançait autant à reculons, c’était mauvais signe. Leur expédition improvisée ne présageait rien de bon et ce, depuis le début. Le répit ne fut que de courte durée : Dayimiyo avait insisté pour aller de l’avant. Siphra en avait profité pour l’encourager et mettre fin au débat muet. : quelque chose qui n’était pas vraiment du goût du chevalier. Mais il n'eut pas son mot à dire car, déjà, le duo s’éloignait pour se rapprocher des montagnes.

    Lentement, un nuage de buée s’éleva dans l’air glacial d’Ilum, alors que Pete poussait un soupir de résignation. Il aurait souhaité crier, les interpeller, pour leur demander de faire demi-tour. Mais, il devait l’avouer, il n’en avait pas eu le courage. Après tout, ils étaient des Jedi et si la Force leur disait d’aller dans cette direction, alors ils faisaient certainement la bonne chose. Qui était-il, lui, Pete, pour les en dissuader ? Siphra avait des années d'ancienneté dans l'Ordre Jedi, là où lui faisait partie des derniers arrivés. Histoire de faire taire ses doutes, le chevalier Jedi regarda une dernière fois la silhouette métallique du vaisseau. À nouveau, le battement dans la poitrine lui fit comprendre que c'était là qu’il désirait être. Mais il combattit son instinct naissant pour se détourner et emboiter le pas à ses camarades. Quoi qu’il advienne, il ne serait certainement pas de trop. Et il avait promis de les accompagner.

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      #17

      Post n°17
      Auteur : Ramius Lem

      Si proche de lui, la lame rouge du sabre-laser diffusait une chaleur qui en d’autre circonstance aurait pu être réconfortante. A la chaleur et à la lumière vive, Ramius sentait aussi une odeur singulière exhalée par l’arme, aussi piquante et agressive que discrète. Les mains bien en vue pour indiquer qu’il ne représentait aucune menace, Ramius ne lâchait pas la nouvelle venue du regard. Elle était sensitive elle aussi, il pouvait le sentir malgré une maîtrise quasi instinctive et imparfaite de ses sens et de la Force… cette dernière semblait même être revenue à lui aussitôt que la jeune femme l’avait menacé.

      « Qui je suis… Plus je passe de temps dans cette mine et plus répondre à cette question devient difficile… »

      Le regard de Ramius n’était pas spécialement menaçant mais pas dès plus agréable non plus. Une certaine lassitude et fatigue pouvaient se percevoir dans le ton de sa voix. Était-ce là encore une nouvelle illusion ? Une manifestation destinée à le tester encore et toujours ? Et comment faisaient-il tous pour se procurer cette arme fascinante ?!

      « Je m’appelle Ramius et je suis en mission pour La Gueule… Mais je suppose que tu dois déjà le savoir. Tout comme, à en croire le sabre que tu brandis contre moi, je suppose que tu es une Sith… »

      Vace, Azadji et maintenant la jeune femme. Tous ceux que Ramius avait croisé et qui portait cette arme s’étaient présentés à lui comme étant des Sith. Il n’en fallait pas plus pour en déduire que la jeune femme était également de cette obédience. D'autant plus qu'il sentait la Force autour d'elle.

      Face à face, les deux sensitifs s'observaient et se jaugeaient d'une certaine manière. Ramius était totalement désarmé et à sa merci, une situation qui n'était pas inédite pour Ramius qui, malgré les bizarreries et les défis auxquels il était confronté depuis le début de cette aventure, se découvrait des ressources jusqu'ici insoupçonnées.


      Méfie-toi des apparences...

      Cette voix que seul Ramius pouvait entendre était revenue, il en éprouvait presque un certain réconfort et un soulagement.

      Le véritable ennemi n'est pas toujours celui qui se présente comme tel

      Le jeune homme aurait bien voulu prendre le temps de donner un sens à ces mots, mais la situation ne se prêtait pas vraiment la rhétorique.

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        #18

        Post n°18
        Auteur : Super PNJ

        Spoiler : HRP
        Note : petit post pour débloquer Ramius. Ramius, n'hésite pas à venir me trouver en MP pour qu'on te trouve un autre RP si celui-ci bloque trop longtemps. -- Kath.


        - Ramiuuuuus !

        Le son se répercutait doucement sur les parois de glace des cavernes environnantes. Léger, presque imperceptibles, ce sifflement exprimé sur une tonalité nasillarde semblait provenir des tréfonds du lieu. Les Ravageurs avaient dit vrai au sujet d'Azadji : s'il avait pu survivre dans ces grottes, ce n'était peut-être pas par sa grande force martiale, mais son sens habile du déguisement. En outre, il faisait peser sur son nouveau protégé une vilaine pression, l'empêchant d'endormir ses sens au risque de finir à genoux, une dague plantée entre les omoplates. Oh ! Bien sûr, l'acolyte sith n'avait aucune réelle raison de faire pencher cette épée de Damoclès au-dessus de la nuque de Ramius Lem. Mais la lente torture que cela pourrait entrainer devait très certainement accroître son excitation...pardon, améliorer l'entrainement du jeune homme au Côté Obscur.

        - Ramius !

        Et le sifflement continuait. L'Ombre se déplaçait, de gauche à droite, de haut en bas ; des reflets sombres filaient sur la glace comme de vives apparitions sitôt disparues. Un ricanement le ponctuait, donnant au tableau des allures de festival macabre.

        - Ramius !

        La voix était plus forte à présent. Comme un grand écho, elle résonnait pour tous, trahissant la présence des deux sensitifs à cet endroit pour quiconque pourrait également se trouver dans ces grottes.

        - Celle-là n'est pas avec eux... Elle sent le chevin. La moissonneuse, Koras ! Je le lis dans la Force... Pas quelque chose de vraiment clair, un adepte obscur plus nouveau, quelqu'un que je ne connais pas ? Je vois... "Oblivius", Vinsoth. Encore des petits moucherons qui veulent se faire leur place au soleil dans cette galaxie et qui rêvent de défier l'ordre établi. Celle-là n'est pas différente de toi, Ramius. Tu comprends ce que ça veut dire ? Ca veut dire que vous êtes à égalité, perdus ici comme des âmes en peine, prêts à tout pour devenir les champions de la Force qui renverseront les vieux maîtres... Autrement dit, vous êtes rivaux !

        Brusquement, une main squelettique se posa sur l'épaule du jeune Ramius Lem. Depuis combien de temps Azadji avait-il reparu ?

        - Tue-la, avant qu'elle ne te tue. Tu n'as pas d'alliés, pas ici, pas aujourd'hui... jamais.
        Azadji posa entre les mains de Ramius son sabre-laser, plongeant dans les yeux du jeune homme un regard vide d'émotions, aussi glacial que le sol gelé. L'acolyte retira sa main de l'épaule du jeune homme et fit un pas de côté, disparaissant à nouveau dans l'ombre, quoique la lueur du sabre-laser écarlate permettait toujours de discerner les contours de sa silhouette. ...Tue-la.

        Haa "Azadji" Zen laissait Ramius devant un dilemme entre conciliation et instinct de survie. Il restait maintenant au jeune homme à poser un choix : obéir, et combattre, ou briser ses chaînes. L'arme de l'acolyte sith entre les mains, il avait à présent plus de marge de manoeuvre. Peut-être trop - mais quand Azadji se fit cette réflexion, les dés avaient déjà été jetés.




        Spoiler : HRP
        Je reprends cette formation le temps que Kryann et Lilithya reviennent. Pour la suite des évènements, je suggère de ne pas trop impliquer d'autres PJs pour éviter les ralentissements. Tu l'auras compris, Azadji a donné son arme à Ramius : peut-être une occasion de remplir la tâche que la Gueule lui a assignée ?
        Je pense qu'il serait intéressant que nous échangions par MP pour savoir où tu veux emmener ton personnage au milieu des différentes factions sith : cela permettra de te proposer des intrigues adaptées à tes besoins pour la suite. On verra bien entendu avec les autres, mais à mon humble avis la formation approche doucement de sa fin et il sera bientôt temps d'aborder "l'après"
        !

        by Kath.
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          #19

          Post n°19
          Auteur : Ramius Lem

          Un frisson parcourut l’échine de Ramius au moment même où il l’entendit. Le peu de chaleur qu’il avait retrouvé se dérobait à lui une nouvelle fois. Il était donc de retour. Azadji. Il était resté silencieux depuis un moment au point même où le jeune homme s’était demandé s’il ne s’agissait pas d’une illusion de son esprit perturbé par cette mine hantée. Les nerfs de Ramius étaient pour le moins à vifs et sous tension extrême. Son esprit était assailli par des voix venues de nulle part, des voix familières mais de revenants, ses sens étaient saturés de sensations nouvelles et déroutantes, une arme était pointée par une femme au regard hostile, prête à l’embrocher au moindre mouvement suspect et voilà encore qu’on lui disait ce qu’il devait faire… comme dans toute sa vie.

          Il avait reçu un entraînement rude toute au long de son enfance, de son adolescence et récemment en tant que jeune adulte. Au fond, c’était un guerrier, formé pour le combat, préparer mentalement pour se battre et endurer. Mais il n’avait jamais été confronté à pareil sorcelleries et menaces.

          Le plus curieux étant que son adversaire, cette rivale comme la nommait Azadji, ne semblait entendre sa voix ou bien ne pas en tenir compte ce qui intriguait Ramius fortement. Aussi, lorsque Azadji posa sa main sur son épaule et que, mystérieusement après avoir perçu une sombre présence sur lui, il se rendit compte que ce tenait dans ses mains la même arme que celle qui menaçait de le décapiter, il comprit. Le bref mouvement des yeux de son adversaire indiquant qu’elle venait de se rendre compte de cette subite apparition elle aussi, le sang de Ramius ne fit qu’un tour…

          En quelques instants, Ramius activa la lame du sabre laser d’Azadji pour se dégager de la menace de la lame de son adversaire. Ce fut la seule fois où les deux lames rouges s’entrechoquèrent… Mue par l’instinct de survie, le jeune homme porta quelques coups bien placés aux jambes et au torse de la jeune adepte afin de la déstabiliser et lui faire désactiver sa lame. Pour une raison inconnue, la jeune femme semblait distraite ou déconcentrée car à n’en pas douter elle ne semblait tout aussi combattante que lui. Mais Ramius comptait bien profiter de cet avantage. Dans la violence de l’action, la jeune femme finie par lâcher son sabre-laser. Ils échangèrent alors quelques coups mais Ramius avait le dessus. Les techniques de combats au corps à corps qu’on lui avait enseigné s’enchainait parfaitement comme les gammes sur une portée de musique. Le sabre-laser d’Azadji servit à nouveau, mais seulement pour assommer définitivement l’adversaire.


          « Il faut que je sorte de cet enfer… »

          Ramius ne prêta même pas attention à la jeune femme qui gisait à présent inconsciente à ses pieds. La tension en lui était à son paroxysme… Il se décida à emprunter d’un pas assuré le chemin d’où provenait la jeune femme.

          - Voilà qui est décevant, mon jeune apprenti. Je mets à ta disposition une arme de choix, une arme dont rêve la plupart des autres apprentis… et voilà ce que tu en fait ! Cette lame est faîte pour ôter la vie, pour anéantir tes ennemis !

          Ramius continuait le long du tunnel glacé et s’efforçait de ne pas prêter attention à Azadji, à sa voix. Il venait d’arriver dans une énième caverne haute en volume. Mais c’est alors qu’une vive douleur se saisie de lui et de son esprit. Un mal de tête fulgurant et extrêmement vif s’emparait de lui.

          - Peut être ais-je fait erreur à ton sujet… Je croyais avoir à faire à un guerrier, un être redoutable qui sait se battre, formé à tuer et avec un potentiel incroyable de répandre la destruction. En refusant de tuer ton adversaire, non seulement tu t’ais mis en situation d’être l’objet de sa vengeance, mais pire !! Tu me désobéis et crache sur le Côté obscur et ce qui fait de nous des Siths ! Quel perte de temps…

          « Sortez de ma tête… Sortez de ma tête ! »

          - Hahahah… Désespérant… vraiment désespérant…

          Azadji n’était plus seulement une ombre, un murmure dans l’esprit de Ramius. Sa personne toute entière venait de sortir des ténèbres et s’avançait au côté de Ramius qui venait de tomber à genoux tant la douleur était insoutenable.

          - Tu ne comprends pas que tu m’appartiens à présent et que c’est mon droit de faire ce que bon me semble et crois moi…. Ceci n’est que le début.

          La douleur gagna encore en intensité au point où Ramius n’arrivait plus à se maintenir et se coucha littéralement au sol. C’est comme si des milliers de pointes s’enfonçaient dans son crâne.

          Ce n’est pas encore le moment… Bien des choses restent à accomplir…

          Cette voix si familière et pourtant inconnue de Ramius se manifesta encore une fois dans son esprit. Ramius ne pouvait cependant s’empêcher de hurler de douleur.

          « Je ne sais pas quoi faire… »

          Ramius commençait alors à parler entre ses cris de douleurs. Ce qui n’était pas sans troubler Azadji qui se rendait compte que le jeune homme se s’adressait pas à lui.

          Ne la ressens-tu pas ?

          « Quoi ?! »

          Elle est toujours en toi, elle brûle encore au tréfond de ton être… L’Eternelle flamme !

          A cette simple évocation, quelque chose changea chez Ramius. Comment avait-il pu l’oublier. Ce brasier chimérique qui l’animait et brûlait au plus profond de son être, au plus profond de son subconscient. Il percevait nettement sa présence, sa chaleur… Cette flamme brûlait comme jamais elle n’avait brûlée auparavant.

          Tout en poursuivant le supplice, Azadji percevait qu’il se passait quelque chose d’étrange à travers la Force. Il ressentait une présence supplémentaire… une présence qui aussi curieux que cela puisse paraître émanait du corps de Ramius. Afin de pouvoir au mieux sonder l’esprit de son apprenti, Azadji tenta de poser sa main décharnée sur le front de Ramius. Il la retira aussitôt tant la température de sa peau était élevée au point de ressentir comme un effet de brûlure sur sa paume.


          - Qu’est-ce que ceci…

          La présence nouvelle qui émanait de Ramius était sombre, attachée à l’obscurité mais pas seulement. Cette marque de l’obscurité était tout à fait inédite pour Azadji, qui ne put s’empêcher de faire un pas en arrière.

          * Par le pouvoir, j’ai la victoire… Par la victoire, je brise mes chaînes… Lève-toi ! Laisse l’Eternelle flamme briser tes chaînes… Déchaine son pouvoir afin de te libérer… de ne plus jamais être l’esclave de personne … et … qu’il dévore ton véritable ennemi*

          Azadji usa alors de la Force pour faire venir à lui son sabre-laser. Son visage livide et apeuré se teinta de la lumière rouge de sa lame. Craignant pour sa vie, Azadji brandit son arme pour l’abattre sur Ramius.

          La douleur était si forte dans le crâne du sensitif, qu’il en était presque devenu insensible. Néanmoins, au moment où Azadji allait porter le coup fatal, les yeux de Ramius devinrent couleur de feu. Les vêtements d’Azadji s’enflammèrent alors spontanément provoquant en lui la panique. L’effet fut immédiat, la douleur disparut aussitôt de la tête de Ramius. Fortement éprouvé mais dopé par l’adrénaline, Ramius se releva. Azadji allait et venait cherchant un moyen d’éteindre le feu sur lui. Ramius ramassa le sabre-laser qu’Azadji avait laisser tomber dans sa panique, il s’approcha, l’alluma et lui trancha la tête d’un coup net… Tandis que la tête du Sith roulait à quelques pas de là, Ramius tombait au sol, inconscient.

          Lorsqu’il reprit connaissance, le sensitif ne sentait plus son corps… ou plutôt si, il ne le sentait que trop bien. Il avait l’impression d’avoir été piétiner par un troupeau de banthas enragés, sans compter les sensations de brûlures. Se roulant sur le côté pour pouvoir réussir à se relever, Ramius remarqua qu’il ne s’agissait pas d’une simple sensation, sa main était comme brûlée à plusieurs endroits. Ses yeux se posèrent alors sur cette « chose » calcinée qui se trouvait devant lui. « Chose » était le bon terme car en l’état, plus rien ne suggérait qu’il s’agit avant d’un homme. Le jeune homme n’avait que des fragments de ce qui s’était passé réellement, mais l’effet était pire que la pire des bitures qu’il avait pu prendre un soir de beuverie. Péniblement, Ramius ramassa le sabre-laser et l’accrocha à sa combinaison en piteux état. Se saisissant d’un morceau de la tenue d’Azadji qui n’avait pas totalement brûlée, Ramius enveloppa la tête du Sith dedans et l’emporta avec lui.

          Quelques heures plus tard, après avoir trouvé la sortie de la mine et retrouvé le sentier, Ramius arriva à l’avant-poste. Les éclaireurs en patrouilles l’observaient tandis que d’autres ne faisaient pas attention à lui du tout. Alors qu’il venait d’entrer dans le hangar, une voix forte se fit entendre.



          - Hé ! L’ahuri !


          La Gueule venait de s’approcher de Ramius avec un air narquois et mauvais.

          - Qu’est ce que tu fou ici ?! Tu reviens seul à ce que je vois… j’en étais sûr ! Vace ne m’envoie que des incapables et des vauriens… T’aurais mieux fait de pas revenir mon gars, car tu vas vraiment douiller maintenant !

          Ramius le regarda alors droit dans les yeux, chose que le Nikto ne semblait pas apprécier, ni même avoir l’habitude. C’est alors que le jeune homme déballa le morceau de tissu et laissa tomber la tête d’Azadji à ses pieds, faisant presque sursauter la Gueule. Observant la tête puis Ramius, le Nikto impassible remarqua quelque chose de changer chez lui.

          « On a eu une différence de point de vue, Azadji et moi. L’idée de vous revoir ne semblait pas l’emballer plus que ça alors j’ai tranché la question.»

          Ramius laissa tomber le morceau de tissu qui contenait la tête.

          « Maintenant… je vous laisse vous retrouver tous les deux… vous avez des choses à vous dire. »

          Et c’est ainsi que Ramius s’éloigna du Nikto en suivant simplement un médico-droïd qu’il avait aperçu au détour d’une salle au loin.

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            Auteur : Pete Jeabro

            Le vent soufflait de toutes ses forces, de telle sorte que Pete ne parvenait pas à voir plus loin que le bout de son nez. Heureusement, le trio venait de trouver refuge dans un pli de la roche, suffisamment bas et enfoncé pour les protéger de la tempête de neige. Mais ça ne rassurait en rien le chevalier Jedi. Au contraire, il était à cran. D’ailleurs, sa nervosité allait en augmentant dès lors qu’il pensait à ce qui la déclenchait de la sorte : le Côté Obscur. Car à l’instant-même où le groupe s’était abrité de la tempête, Pete en avait ressenti l’aura. Toute l’atmosphère était imprégnée de cette substance invisible et pourtant pesante. Elle était diffuse et semblait lointaine, mais Pete avait désormais assez d’expérience pour savoir de quoi il s’agissait. C’est pourquoi sa vigilance était teintée de nervosité : il avait déjà été témoin des méfaits du Côté Obscur. Une expérience qu’il ne souhaitait en aucun cas revivre.

            - Marchons vers l’intérieur pour nous abriter un peu plus, suggéra Siphra.

            La proposition eut le bon goût de surprendre Pete, selon qui voir au-delà de son bras tendu relevait du miracle. Mais ne perdant rien de sa discipline militaire, ce-dernier proposa d’explorer rapidement le renfoncement. Avant même le Côté Obscur, c’était la rencontre potentielle avec une bête sauvage qui l’inquiétait le plus. Il fit rapidement le tour de la travée, se fiant à la Force pour aiguiser ses sens.

            - Hey ! chuchota-t-il à l’adresse de ses compagnons. On dirait... un tunnel ?

            En effet, la grotte s’enfonçait de telle sorte qu’elle n’avait pas réellement de fond. À la place, une sorte d’entrée s’engouffrait dans les ténèbres. Pete était partagé entre l’idée de rester dans la grotte et de s’exposer à deux fronts potentiels (l’extérieur à la météo endiablée d’un côté, le tunnel obscur de l’autre) ou à se déplacer pour réduire les menaces. Au vue de la tempête, sortir n’était pas une option. Ne restait plus qu’à s’enfoncer dans l’obscurité ou rester dans le froid de la caverne.

            - Voyons où il nous mène, proposa Siphra.

            - Ne vaudrait-il pas mieux rester ici ? tenta Pete. Nous ignorons ce qui s’y trouve.

            L’idée même de se retrouver dans un souterrain à limiter ses mouvements par « tout droit » ou « demi-tour » n’enchantait pas vraiment Pete. Dans l’immédiat, l’objectif était de se protéger de la tempête. Mais Siphra ne voulait pas en démordre :

            - Nous sommes venus ici pour suivre l’intuition de Dayimiyo. La Force nous a conduits jusqu’à cet endroit et, désormais, nous nous trouvons à l’entrée d’un tunnel. Peut-être est-ce une voie sans issue ? C’est possible. Mais peut-être est-ce précisément l’endroit où la Force souhaite nous conduire ?

            Pete devait reconnaître qu’elle faisait mouche. Il n’était pas adepte de l’idée consistant à constamment tout mettre sur le dos de la Force -c’était trop facile. Mais il savait reconnaître lorsqu’il était à court d’arguments. Et puis, nul ne savait combien de temps la tempête aller durer. D’un air entendu, il donna son approbation et le trio s’engouffra dans le corridor de granite. La galerie se rétrécissait rapidement, de telle sorte que la plupart du temps, le groupe devait avancer en file indienne. De temps à autres, les Jedi tentaient de se mettre en rang, mais ils durent finalement se rendre à l’évidence : c’était peine perdue. Ils s’en tinrent donc à la disposition initiale, certes moins conviviale. En tête du cortège, Siphra brandissait son sabre-laser pour éclairer tant que bien que mal la voie. Pour le moment, elle ne pouvait rien faire d’autre que d’aller tout droit. Ensuite venait Dayimiyo, bénéficiant à la fois de la protection de Siphra à l’avant et de Pete à l’arrière. C'était pour cette raison que Pete avait préféré fermer la marche. Étant particulièrement aux aguets, ils se sentait plus à l’aise à l’idée de surveiller les arrières de ses compagnons.

            Après plusieurs minutes de marche, Pete observa un vif mouvement lumineux. Siphra venait de faire basculer son sabre vers la droite, révélant une allée. Le groupe se trouvait devant une intersection. En queue de peloton, Pete avait du mal à visualiser les chemins.


            - Que voyez-vous? demanda-t-il.

            - Rien, répondit la meneuse du groupe.

            La réponse était aussi efficace que décevante.

            - À droite ? suggéra Pete.

            Le jeune homme voyait cette intersection comme une opportunité pour bifurquer. Étrangement, il avait l’impression de se rapprocher de la sortie en tournant vers la droite. Et ça avait le mérite de le rassurer. D’ailleurs, il lui semblait avoir lu dans un manuel militaire que de toujours tourner dans la même direction permettait d’éviter de se perdre. Mais il ne savait plus si ça faisait partie des légendes urbaines partagées à l’Académie de Broh, ou si c’était une méthode qui avait réellement fait ses preuves.

            Le groupe se remit en route. Direction : tout droit. Pete ne réagit pas, mais il se demandait pourquoi Siphra avait pris sa décision sans même consulter les deux autres. Ne voulant pas créer de conflit inutile, il garda sa pensée pour lui. Alors qu’il poursuivait sa progression, le trio s’enfonçait un peu plus dans les profondeurs de la planète. De temps en temps, le tunnel devenait plus bas de plafond et Pete devait alors se pencher pour éviter de se cogner la tête. Cela renforçait peut-être l’impression de descente. Lorsqu’ils rencontrèrent d’autres intersections, les Jedi poursuivirent la « méthode Siphra » en favorisant à chaque fois le chemin qui allait le plus vers l’avant (ou, à défaut, qui paraissait s’enfoncer davantage dans les profondeurs de la planète). Cependant, Siphra s’arrêtait parfois au milieu de l’intersection pour réfléchir un instant, avant de s’engouffrer dans un tunnel.

            La plupart du temps, le groupe restait silencieux. Pete n’avait pas vraiment envie de parler et, de l’extérieur, Siphra semblait savoir ce qu’elle faisait. Peut-être parce qu’il avait été cadet à l’armée, Pete avait pris l’habitude de suivre le mouvement. Même au sein de l’Ordre, il avait naturellement pris soin de respecter la hiérarchie et donc la parole des maîtres qui l’avaient accompagné. Finalement, ce ne fut que sur Naboo que Pete avait eu l’occasion de prendre les choses en main. Avec le succès qu’on lui connaissait.

            Au gré de cette mystérieuse déambulation, le chevalier Jedi fut contraint de s’emmitoufler dans ses vêtements. L’atmosphère glaciale était sans pitié. Ça lui rappelait sa dernière excursion sur la planète. C’était il y a peu, mais Pete avait l’impression d’avoir vécu quinze vies depuis. Ça lui faisait vraiment bizarre de remettre les pieds ici. Tout simplement parce qu’il n’avait jamais pensé y revenir. Par conséquent, il trouvait ça inapproprié de retourner sur Ilum sans avoir accompli une action grandiose auparavant. Dans les légendes qu’il lisait étant petit, le héros revenait toujours au point de départ après être devenu quelqu’un d’exceptionnel. C’était peut-être présomptueux de la part du jeune homme, mais il se demandait s’il n’allait pas trouver sur Ilum ce que le fantôme souhaitait y découvrir. Revenir sur ses pas comme il le faisait aujourd’hui, accompagner Dayimiyo dans sa découverte de l’Ordre Jedi : voilà que Pete revenait à ses origines, celles qui l’avait conduit jusque... là ! En un sens, il était enfermé dans une boucle, comme si la Force se jouait de lui, le faisant inlassablement courir dans une roue de Porg. Il se raccrochait donc à un seul espoir : celui d’enfin trouver les réponses à ses questions et, ainsi, mettre fin à ses tourments. Cet espoir était ténu, mais il justifiait sa présence ici. C'était pour cette raison-là qu'il se surprenait à revenir sur Ilum sans avoir profondément changé. Pete avait besoin de donner du sens à ses actions, de comprendre ce que la Force attendait de lui. Autrement, il serait vraiment venu ici pour rien. Il aurait été détourné de sa route par Siphra et Dayimiyo. Et, au fond de lui, cette éventualité le dérangeait. Comme si aider son frère et sa soeur Jedi ne lui suffisait pas. Alors qu’il réfléchissait en marchant, Pete était surpris de se découvrir des prétentions dont il ignorait tout. Était-ce l’oeuvre du Côté Obscur ? Dans un éclair de lucidité, il venait de se poser la question. Il était là, il était présent, il était partout. Pete le sentait de plus en plus, à chaque pas, et ne parvenait pas à s’en défaire. Et il était vraiment mal-à-l’aise à l’idée de s’en rapprocher comme ils le faisaient en ce moment. Comment ses compagnons faisaient-ils pour ne pas se laisser tourmenter de la sorte ?

            Dans un réflexe empli de curiosité, le jeune Jedi décida de se plonger dans la Force afin de sonder l’état d’esprit de ses camarades. En premier lieu, il voulut se rapprocher de Siphra. Jedi depuis bien plus longtemps que lui, Pete se demandait dans quel état elle pouvait être. Mais ce fut de la déception qui l’accueillit lorsqu’il constata que son homologue demeurait imperméable à son analyse : impossible pour Pete de lire dans son coeur. Il aurait bien évidemment pu chercher à en forcer l’entrée, mais son initiative était insignifiante et il préférait rester discret. Ne se laissant pas abattre par cette déconvenue, Pete tourna ensuite son attention vers Dayimiyo. Par chance, il eut plus de succès ! Cette fois, le chevalier Jedi eut la surprise de déceler une certaine forme de légèreté. C’était comme si Dayimiyo n’avait pas conscience du poids du Côté Obscur autour d’eux. Comment était-ce possible ?

            La réponse se manifesta dans le passé de Pete. Ce fut en cet instant précis que lui revint à la mémoire une conversation qu’il avait eue avec son maître. Ils étaient tous deux au bord du Lac Fektur et discutaient des événements de la Montagne Noire d’Endor. Le périple avait eu lieu quelques jours plus tôt et, à l’époque, Pete était encore obnubilé par ce qui venait de se passer. Il avait alors demandé à son maître pourquoi Tev et lui n’avaient pas succombé au Côté Obscur comme l’avait fait Sam, pourtant bien plus entraîné qu’eux dans les arts Jedi. Maître Reez avait alors répondu qu’en tant que jeunes novices, la connexion de Tev et Pete à la Force avait été trop faible pour qu’ils puissent être corrompus. Moins puissants, ils avaient été moins exposés. À l’époque, la réponse de Phyl Reez avait rassuré Pete. Mais aujourd’hui, elle l’inquiétait. Qu’allait-il se passer s’ils continuaient dans les profondeurs d’Ilum ? Déjà, il se représentait les pires éventualités. Un démon pouvait tout aussi bien leur sauter dessus, que l’un d’entre eux se laisser pervertir par le Côté Obscur. À cette dernière éventualité, le coeur de Pete rata un battement. Instantanément, il repensa à la Montagne Noire d’Endor. Une énième fois, il vit le sabre de Sam transpercer le buste d’Olorin Vendar.

            C’était là que résidait le fond du problème : Pete avait peur. Il marchait avec cette impression de déjà-vu : non pas des galeries d’Ilum, mais de celles de la Montagne Noire. Plus que jamais, il ressentait l’aura malfaisante du Côté Obscur. Là où il y avait été indifférent les fois précédentes, il ne pouvait plus l’ignorer. Et, par conséquent, il devait redoubler de vigilance. Car cette fois-là, Pete sentait ô combien il était vulnérable. Et c’était de cette vulnérabilité que provenait sa peur. Dans la pénombre, Pete distinguait les traits métalliques d’un masque. C’était celui de Sam, celui que le jeune Jedi avait distingué dans un rêve. Telle était l’apparence de la peur : de tout ce que Pete combattait au fond de lui. En un frisson, il comprit ce qu’il redoutait le plus : à l’image de Sam, Pete Jeabro craignait de trahir les siens. Il avait peur de devenir le maillon faible, celui qui allait briser l’équilibre du groupe, balayer leurs avancées et pulvériser leurs chances de salut.

            Mais voilà qu’une chose surprenante se produisit : rien. Même si les battements de coeur dans la poitrine de Pete s’étaient accélérés, ce-dernier ne se sentait pas paralysé par la peur. Au contraire : il prenait la mesure de la situation. En l’instant, il pouvait représenter une menace pour ses compagnons. C’était donc son devoir de redoubler de vigilance et de continuer à veiller sur eux. Or, pour cela, il n’y avait rien de mieux que de rester aux aguets : de s’ouvrir à la Force et de Lui faire confiance. Avec un air légèrement satisfait, Pete se concentra de nouveau sur l’endroit où ils se trouvaient. Passées de nouvelles intersections, le tunnel finit par s’élargir jusqu’à déboucher sur une immense salle. Pete en devinait l’immensité au gré de timides rayons d’une lumière terne qui perçaient une immense voute située loin au-dessus de leur tête. Bien que les yeux du Jedi s’étaient depuis longtemps habitués à l’obscurité, il appréciait le fait de pouvoir voir au-delà des rayons du sabre de Siphra. Dans cette immense caverne, le froid était encore plus mordant et une drôle d’odeur y régnait. Le jeune homme avait l’impression de pénétrer un lieu jusque-là jamais visité.


            - Faites attention où vous marchez, dit Siphra avec précaution.

            Pete obtempéra et vérifia où il posait ses pieds. Le sol rocailleux était très irrégulier. Le conseil de Siphra était très judicieux car, rapidement, le jeune homme découvrit que le sol avait une limite.

            - Attention ! s’exclama Pete. Nous sommes au bord d’un ravin.

            Le chevalier sentit ses acolytes vérifier à leur tour. Rapidement, il eut confirmation de ce qu’il craignait : la voie était sans issue. Sur le point de faire demi-tour, il s’interrompit en entendant Siphra s’exclamer : « Regardez ! ». Au loin, dans un jet de lumière, Pete distingua ce qui ressemblait à une coursive. Rapidement, il évalua les risques. Elle ne l’inspirait pas plus que le tunnel dans lequel ils s’étaient engouffrés toute à l’heure. Mais, déjà ses compagnons s’en approchaient pour l’examiner. Siphra partagea ses découvertes :

            - Il semblerait que nous puissions passer.

            - Et qu’y a-t-il au bout ? demanda Pete.

            - Je l’ignore. Mais c’est notre seul moyen de progresser.

            Pete ne comprenait pas pourquoi Siphra s’exprimait comme s’il leur était impossible de faire demi-tour. Pourquoi ne pas simplement rebrousser chemin et s’enfoncer dans une autre galerie ? Malgré tout, Pete se plia à la volonté générale et, à la suite de ses comparses, posa ses mains contre la roche et se plaqua au mur gelé. Puis, tout doucement, il fit un pas sur le côté, prenant soin de ne pas glisser. C'était parti pour une longue traversée.

            Le fait d’observer ses compagnons agir avant lui le rassurait. Car il ne préférait pas imaginer ce qu’il se passerait s’il glissait. Lentement, mais sûrement, le groupe progressa le long de la coursive, chacun des Jedi épousant la forme de la paroi, avançant un pas à la fois dans la plus grande des précautions. C’était infernal, car la paroi était glissante et froide. Malgré ses gants, Pete ne sentait plus vraiment ses doigts. Poser sa joue contre la paroi, c'était le prendre le risque de rester collé. L’espace d’un instant, il voulut maudire Siphra de les avoir fait sortir de la quiétude du vaisseau, puis il se ravisa. Être Jedi, c’était aussi endurer ce genre de moment sans broncher.

            Soudain, le jeune homme sentit le sol trembler sous ses pieds. Puis la voix de Siphra suivit instantanément :


            - Attention ! Le sol est friable par endroits !

            Pete comprit immédiatement ce que ça voulait dire : Siphra avait failli poser le pied dans le vide. Heureusement pour Pete, ses deux acolytes marchaient devant lui. Cela voulait dire que là où il posait le pied, l’endroit avait déjà été sécurisé. Mais il ne pouvait s’empêcher de laisser émerger une pointe d’inquiétude. Qui les protégeait d'un mauvais pas ?

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              Post n°21
              Auteur : Super PNJ


              Geôlier La Gueule - Acolyte Hilde Orknd


              Ramius avait bien fait de se rendre auprès du médico-droïd. Voyant le piètre état du jeune homme, l’unité de soin l’avait immédiatement escorté jusque dans une baie médicale somme toute assez sommaire, mais suffisamment équipée pour pouvoir s’occuper de lui. En effet, sur Ilum, l’avant-poste Sith était volontairement sous-alimenté afin de s’assurer la pleine motivation des équipes dépêchées sur place. L’absence de soins possibles savait en motiver plus d’un, à la grande satisfaction de La Gueule. Jusque-là, le résultat avait fait ses preuves, si on pouvait considérer qu’un taux de réussite de 7,8% était appréciable. Les Ravageurs ne souhaitaient pas s’encombrer des plus faibles. Ici, il n’y avait qu’une seule politique : réussir ou périr.

              Et, de prime abord, Ramius faisait partie des gagnants. Mais cela n’était pas sans conséquences et, déjà, il pouvait constater les premières marques du Côté Obscur sur sa personne. Ces dernières heures, il avait dû puiser dans ses derniers retranchements pour venir à bout des épreuves qui lui avaient été imposées. Son affrontement avec Haa Zen allait lui laisser des traces indélébiles : sur son corps, mais également dans son âme. Il venait d’arpenter les premiers pas de la voie Sith. Et avec le temps, il allait apprendre à surmonter ses faiblesses pour se libérer. Mais cela allait demander discipline, rigueur et discernement face aux pièges qui l’attendaient.

              Mais pour l’heure, le temps était dédié au repos. Un répit de bien brève durée car, déjà, La Gueule entrait dans la baie médicale et, fidèle à son tact aboya :


              - Gamin !

              Dans la foulée, il laissa son fouet électrique claquer à quelques centimètres de l’oreille de Ramius.

              - Tu vas pas faire le rigolo longtemps ! Si tu te crois plus malin que les autres, tu te mets le doigt là où je pense !

              C’était difficile de savoir si La Gueule était particulièrement énervé, ou si c’était sa manière de récompenser quelqu’un pour une mission accomplie.

              - Ce n’est pas en fanfaronnant comme tu le fais que tu vas survivre ici plus de deux journées. Alors, je te préviens, si tu ne baisses pas d’un ton, ça va mal se passer pour toi !

              Le Nikto à la peau verte fit un pas de plus vers Ramius. Son air renfrogné ne retirait rien à l’aspect menaçant qu’il pouvait avoir.

              - Bien, fit-il d’un ton plus apaisé, contrastant étrangement avec ses propos précédents. Finalement, on dirait que tu as plus de trempe que les derniers qu’on m’a envoyés.

              Avant de poursuivre, l’instructeur prit le temps de s’adosser lourdement contre l’une des parois de la pièce. Il croisa les bras et dit :

              - Mais tu vas encore devoir faire tes preuves.

              D’un geste incroyablement délicat, au vu de sa stature, La Gueule fouilla dans ses poches pour en retirer un datapad qu’il agita sous les yeux de Ramius :

              - J’ai une nouvelle tâche pour toi. Tu dois aller rencontrer l’acolyte Hilde Orknd sur la plateforme. Elle t’en dira plus sur ce qu’on attend de toi !

              Puis, sans aucune forme de procédure, La Gueule sortit de la pièce, laissant Ramius seul avec ses blessures. Pendant ce temps, là, à l’extérieur du complexe, se trouvait l’acolyte Hilde Orknd. Elle se tenait devant un vaisseau et s’attelait à son activité détestée : attendre. Mais sa frustration était balayée par une pensée ô combien plus réjouissante : celle de quitter ce maudit cailloux. Et pas pour n’importe quelle mission. Ce qu’elle s’apprêtait à faire, c’était précisément la mission dont elle avait besoin !

              - On s’en occupe.

              En tournant la tête, l’acolyte Sith put observer deux soldats discuter avec La Gueule. Obtempérant de toute évidence à un ordre, le duo partit au pas de course vers une destination inconnue. Hilde porta un regard interrogateur à La Gueule, mais le Nikto la dévisagea avant de retourner dans la chaleur -relative- de la base. « Quel imbécile ! » pensa-t-elle. Mais son attention fut immédiatement captée par l’un des membres d’équipages :

              - Tout est en ordre, Madame. Nous décollons à votre signal.

              Hilde hocha silencieusement la tête. Elle n’attendait plus que Ramius.

              Spoiler : HRP
              Pete Jeabro
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                #22

                Post n°22
                Auteur : Ramius Lem

                 « Un jeu de rôle. La vie n’est qu’un simple jeu de rôle, un jeu de faux-semblants dans lequel celui qui est le plus habile, à dissimuler ce qu’il est véritablement, est assuré de perdurer. », c’est ce qui avait confié un jour le grand-père de Ramius à son petit-fils. Il était bien trop jeune à l'époque, ne serait-ce que pour connaître certains des mots prononcés, mais alors que Ramius entrait dans ce qui faisait office d’infirmerie, cette citation prenait du sens.

                Il n’avait quitté le Nikto que depuis quelques instants, affichant assurance et aplomb, se laissant même aller dans son emportement à faire preuve d’une certaine arrogance qu’il ne se connaissait pas. Mais à présent qu’il se trouvait seul, avec le médico-droïd, Ramius sentait tout son être s’effondrer. Il tremblait, au sens propre du terme. S’asseyant sur ce qui devait faire office de civière ou de table d’examen ou bien d’établi, Ramius ne se sentait pas bien. Il était terrorisé et son corps hurlait autant que son esprit par ce qu’il venait de vivre. Les images d’Azadji, la brutalité des émotions qu’il avait ressenties et ressentait encore… tout ceci était en train de le faire exploser intérieurement au point qu’il ne faisait même pas attention aux diagnostics que le médico-droïd avait commencé à faire.

                Qu’avait-il fait… Le temps des « petits boulots » et des truandages de bas-étages semblaient si loin à présent qu’il avait fait verser le sang de ses adversaires.

                Mais alors qu’il se perdait dans les chaos de ses émotions, Ramius senti à nouveau la colère et la peur regagner en intensité soudainement, tout comme une certaine présence à l’approche imminente. La Gueule venait de pénétrer dans l’infirmerie comme un Bantha assoiffé. Chose qu’il n’aurait jamais fait auparavant, Ramius posa par réflexe sa main au niveau du sabre-laser encore attache à sa ceinture et coller le long de sa jambe. Il ne bougea même pas lorsque la chaleur du fouet caressa son oreille. L’adrénaline dans son corps devait certainement dépasser tous les taux recommandés.

                Fixant fermement le Nikto, Ramius ne remuait pas et ne disait mots. Toutes ses pensées n’étaient soudainement tournées que sur une seule chose, agir le premier si nécessaire… Cette préoccupation perdura de longues secondes après le départ de la Gueule...


                 « Monsieur, je crois que vous pouvez lâcher votre arme à présent… il est parti. »

                Les yeux de Ramius se baissèrent vers sa jambe. Sa main tenait encore fortement son arme, trop fortement même pour qu’elle ne soit pas crispée. En vérité, c’est tout son corps qui était tendu à l’extrême.

                 « Mes analyses indiquent des brûlures sérieu…. »

                Les médico-droïd énuméra la liste des blessures qu’il avait relevées. Ramius ne l’écoutait qu’à demi-mot. L’adrénaline et le stress commençant réellement à baisser rapidement, c’est une sensation d’épuisement qui était en train de saisir le jeune homme, un épuisement qui lui faisait également sentir les lésions nombreuses dont il souffrait. Suivant les directives du médico-droïd, Ramius s’allongea afin que les soins puissent débuter. Ainsi positionné, ses yeux ne tardèrent pas à se fermer...

                Repose-toi, mon ami… Repose-toi...

                Les yeux de Ramius s’ouvrirent tout aussi soudainement que son corps se redressa. Le médico-droïd était encore auprès de lui, s’apprêtant visiblement à lui apposer un pansement.

                 « Je me suis endormi… combien de temps?!

                 «  Très exactement dix-huit minutes et dix-sept secondes, monsieur. Ce qui m’a permis de procéder aux soins les plus urgents, cependant certaines lésions internes, notamment musculaires, nécessitent des équipements et des produits dont je ne dispose pas ici. Je vous recommande donc de vous présenter à un service médical supérieur le plus rapidement possible. »

                Le médico-droïd n’en dit pas plus et commença à s’en aller à ses occupations. Cela représentait si peu de temps… Ramius se sentait beaucoup moins tendu, mais son trouble ne s’était pas pour autant dissipé. Malgré les courbatures sévères qu’il ressentait, Ramius se mit debout et constata alors l’étendu des soins qu’il avait reçus… Points de sutures et pansements décoraient à présent plusieurs de son corps, en plus des hématomes et autres marques. Alors que le droïd s’apprêtait à sortir de la pièce, Ramius l’interpella.

                 « Attends ! Où est-ce que je peux trouver des vêtements ? »

                La question, déconcertante de prime abord, était tout à fait justifiée au regard des lambeaux présent au sol de ce qui fut il y a encore peu de temps la combinaison que portait Ramius, alors dans le plus simple appareil.

                 « Vous trouverez ce qu’il faut certainement dans les caisses posées derrière ce générateur. Ils appartenaient à mes précédents patients… peut-être en trouverez-vous dans un état « acceptable ».

                Le sentiment de dégoût que le commun pourrait ressentir à cette idée n’était visiblement pas partagée par Ramius qui fouillait déjà pour trouver de quoi se vêtir. Après quelques minutes, Ramius finit par trouver de quoi s’habiller avec des vêtements sombres, potables, si l’on faisait abstractions des taches de sang séchées… et de l’odeur de renfermé assez forte.

                Alors qu’il venait de réajuster une de ses chaussures qui montait jusqu’à mi-tibia, Ramius fit tomber par maladresse une petite caisse remplie de divers blasters. Ne voulant pas ajouter au désordre ambiant, il s’affaira rapidement à tout remettre en ordre. C’est alors qu’il remarque la trace noire sur le sabre-laser d’Azadji, alors posé non loin de là. Empoignant l’arme, le sensitif reconnu immédiatement la marque d’une forte décharge d’énergie. Délicatement, il essaya de retirer une des plaques d’alliage calcinées de la poignée qui ne tenait guère encore que par miracle. Ce qu’il dévoilait confirmait les craintes de Ramius. Tout était brûlé à l’intérieur et ce qui ressemblait par la forme à un cristal avait l’apparence d’une pierre opaque fracturée. L’arme était inutilisable à jamais… Ramius laissa échapper un soupir de déception, car même s’il ne savait pas s’en servir comme il faut, cette arme semblait redoutable.

                C’est alors que le médico-droïd revint dans l’infirmerie.


                 « On vous fait savoir que le transport de l’acolyte Orknd n’attends plus que vous pour décoller. »

                En d’autres termes, Ramius devait se presser… Avant de quitter l’infirmerie, Ramius prit un blaster dans la caisse, qu’il rangea dans le pli de son pantalon, dans le dos.

                Arrivant à quelques pas de la plate-forme, Ramius observa la personne qui l’attendait visiblement. Silhouette féminine, à l’allure martiale et menaçante. Le jeune homme s’avança et prit un air confiant.


                 « Acolyte Orknd, je présume ? Ramius Lem, je suis prêt à partir.

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                  #23

                  Post n°23
                  Auteur : Dayimiyo Qoraas

                  Si on avait dit quelques semaines plus tôt à Dayimiyo Qoraas qu'il se retrouverait à l'air bout de la Galaxie, à faire le funambule sur une corniche face à un mur de givre et au bord d'un gouffre sans fond, il aurait très certainement pris son interlocuteur pour un fou. Et pourtant, c'était bien la situation dans laquelle il se trouvait actuellement.

                  Après la longue traversée dans les galeries obscures, avec pour seule lumière le sabre émeraude de Siphra, les trois compères avaient atteint une large salle un peu mieux éclairée, mais dont le sol s'était effrité pour ne laisser qu'un énorme trou sombre. La seule solution pour la traverser était de passer par une mince corniche au ras du mur. Voilà donc comment il s'était retrouvé là, encadré par Siphra et Pete, eux aussi dans la même position. S'il ne souffrait pas de vertige, il n'appreciait pas du tout cette position. Un seul faux pas, et c'était la mort assurée. Cette pensée était terrifiante. Mais le jeune homme endurait, et continuait à avancer lentement, mais sûrement.

                  Heureusement, le sort - ou plutôt la Force - semblait leur accorder sa clémence. Ils virent que la corniche donnait sur un autre tunnel, un peu plus large que le précédent, et qu'une plateforme de glace et de roche subsistait encore pour pouvoir accéder au-dit tunnel.

                  Dayimiyo soupira de soulagement. Enfin, le calvaire allait s'arrêter...

                  Siphra, en tête de file, parvint à l'autre bout la première. Elle aida le novice à y accéder à son tour. Celui-ci fut bien heureux de retrouver du sol sous ses pieds.

                  Enfin, Pete arriva, et cette fois ce fut Dayimiyo qui lui tendit la main.

                  "Par ici, M. Pete."

                  Tout à coup, il y eut un bruit sec, comme un craquement.

                  L'instant d'après, la glace sous son pied cédait, et Pete Jeabro chutait dans l'abysse.

                  Une fraction de seconde se passa sans que personne ne comprenne ce qui venait de se produire.

                  Siphra, alors près du tunnel, accourrut aussi vite qu'elle put vers le rebord.

                  Dayimiyo, juste devant Pete, tenta de saisir sa main avec son bras déjà tendu vers lui.

                  Aucun d'entre eux ne réussit.

                  Siphra, avec toute la vitesse que la force pouvait lui procurer, arriva tout de même trop tard pour rattraper son confrère.

                  Quant à Dayimiyo, s'il avait eu quelques dixièmes de seconde supplémentaires, il aurait pu le rattraper. Mais leurs doigts se frolerent à peine que déjà le chevalier disparaissait dans le gouffre infini d'obscurité.

                  Les deux Jedi restants restèrent inertes pendants plusieurs secondes qui parurent une éternité.

                  Qu'est-ce qui venait de se passer ?

                  Même après avoir vu Pete tomber, Dayimyo n'arrivait pas à croire que ce soit possible.

                  Pete venait de... de...

                  Non, c'était impossible...



                  Son souffle devint haletant.

                  Son coeur s'accéléra.

                  Tout devint flou autour de lui.

                  Ce... ce n'était pas possible ! Comment cela avait-il pu arriver ? Il était pourtant tout près de lui ! Sa main était tendue vers lui, il aurait dû savoir le rattraper. Alors... Pourquoi ? Pourquoi n'avait-il pas pu le sauver ?

                  Tout ça était... de sa faute.

                  Il aurait pu faire quelque chose.

                  S'il avait réagi à temps, il l'aurait sauvé.

                  A cause de lui, Pete était...

                  "Calme-toi, Dayimiyo !"

                  La voix perçante de Siphra le rappela alors à lui.

                  La Jedi lui tenait fermement les épaules, le regard lourd. Il pouvait lire dans ses yeux qu'elle était elle aussi impactée par ce qui venait de se produire, mais elle semblait tenir bon, contrairement à lui.

                  "Maître, je... je suis désolé... J'aurai pu le sauver, mais je n'ai pas réussi... Je suis vraiment un incapable..."

                  Les mains de Siphra se resserèrent sur les épaules du jeune homme, et son regard se fit plus doux, plus compréhensif.

                  "Tu n'y es pour rien, Dayimiyo. Tu n'aurais pas pu anticiper que la glace se fendrait après notre passage. C'est moi qui suis fautive. J'étais trop focalisée sur notre objectif, j'ai été imprudente. Je te demande pardon.

                  -Maître..."

                  Il regarda à nouveau le gouffre, terrifié à l'idée de ce qui avait pu arriver au Chevalier.

                  "Est-ce que... M. Pete... est mort...?"

                  La Jedi répondit d'un ton amer.

                  "... Je l'ignore. Mais on ne voit pas le fond de ce trou, il y a peu de chances que...

                  -Pourriez-vous... vérifier avec la Force ?"

                  Étrangement, Siphra n'avait pas pensé cela. Elle avait, peut-être un peu trop vite, elle le reconnaissait, présumé que Pete avait péri dans sa chute. Même si elle ne se faisait pas d'illusions, elle préférait s'en assurer.

                  Dirigeant sa main vers le trou béant, elle ferma les yeux et se concentra.

                  ...

                  ...


                  "Ngh..."

                  La Chevalière porta soudain sa main à son front, la mine palotte et quelques gouttes de sueur perlant sur son visage.

                  "Maître ? Que... Que se passe-t-il ?"

                  Siphra mit quelques secondes à répondre. Quelque chose l'avait définitivement perturbée.

                  "Je... Je ne vois rien. Tout est trouble. Le côté obscur est beaucoup trop présent au fond de ce gouffre."

                  Dayimiyo fut d'abord décontenancé par cette nouvelle. Puis, il vit son maître... hésiter ? Elle hésitait à dire quelque chose ?

                  "Il y a... peut-être un moyen."

                  Dès qu'il entendit cela, Dayimiyo releva la tête.

                  "Comment ? Dites-le moi, Maître, je ferai tout mon possible !

                  -Ton empathie."

                  L'espace d'un instant, le jeune homme ne comprit pas, avant de percuter.

                  "Ah ! Vous voulez dire...

                  -Exactement. Peut-être que toi, tu pourrais le retrouver."

                  Enfin ! Il allait pouvoir se rendre utile, et mettre ce pouvoir unique jusqu'ici plus qu'autre chose.

                  "Très bien, laissez-moi faire, Maître...

                  -Attends.

                  -Hein ?"

                  La Jedi prit quelques secondes de plus pour se remettre de sa projection dans la Force.

                  "Regarde l'état dans lequel je suis. Le côté obscur est intense tout autour de nous, et encore plus en bas. Si tu t'ouvres à la Force maintenant, j'ai peur que tu sois... happé par l'ombre."

                  Ce n'était pas tous les jours qu'il voyait Siphra dans un état pareil. Elle avait réellement peur. Peur pour lui. Le danger devait être extrême pour qu'elle soit ainsi.

                  Le côté obscur... il était vraiment tout autour d'eux ? Cette perversion de la Force qui avait corrompu de nombreux être pour en faire des Sith ? Allait-il devenir pareil s'il s'y exposait ? Il comprenait mieux l'inquiétude profonde de son maître. Et pourtant...

                  "Maître... Je comprends vos craintes. Et moi aussi, ça me fait peur. Mais vous m'avez dit que tous les Jedi doivent se confronter au côté obscur. Et si je dois le faire pour peut-être sauver M. Pete, n'est-ce pas une bonne raison ?

                  -Dayimiyo... C'est beaucoup trop tôt pour toi. Tu n'as encore aucune expérience dans le maniement de la Force. Le côté obscur pourrait te dévorer en un instant."

                  Cette perspective le terrifiait de plus en plus, mais il ne pouvait pas rester sans rien faire. Il voulait savoir si le chevalier avait survécu ou non.

                  "Vous avez peut-être raison, mais il faut que j'essaie !"

                  Il refusait de l'abandonner. Ils ne se connaissaient pas encore très bien, mais il sentait une certaine... affinité avec le chevalier. Il avait aussi l'impression qu'il pouvait l'aider à comprendre une partie du problème que le fantôme lui avait posé. Pourtant, son maître semblait catégorique.

                  "Eh bien, si c'est trop risqué, alors allons-y directement pour être sûrs ! S'il est en vie, alors nous n'avons pas de temps à perdre ! Allons tout de suite le cher-

                  -Non, Dayimiyo."

                  Le novice écarquilla l'oeil en entendant cela. Siphra voulait... laisser Pete là ?

                  "Mais... mais pourquoi ?? Si nous le laissons là, il va mourir !

                  -Nous ne pouvons pas y aller. Nous n'avons pas le matériel nécessaire pour descendre ni pour remonter, et même si nous l'avions, nous ne savons pas ce qui nous attend au fond de ce gouffre. Je ne pourrai pas assurer votre sécurité à tous les deux dans ces conditions."

                  Profondément dépité, Dayimiyo baissa la tête.

                  "Mais... on ne peut pas l'abandonner..."

                  Il ne pouvait s'empêcher de comparer la situation à celle dont Siphra l'avait tirée lors de leur première rencontre. Sans elle, il serait mort dans le froid, oublié de tous. Alors pourquoi devait-il aujourd'hui infliger ce destin à une autre personne ?

                  "Dayimiyo. Regarde-moi."

                  Il hésita un instant, avant de croiser à nouveau ce regard sérieux, et en même temps rassurant.

                  "Je comprends ce que tu ressens. Mais je ne peux pas te faire prendre autant de risques. D'autant plus que nous avons une mission. Tu as une mission. Nous devons y aller. Si Pete pouvait nous parler, il nous dirait de continuer sans lui. Et si j'étais dans ce gouffre à sa place, je vous dirais la même chose. Un Jedi doit savoir accomplir son devoir, même s'il doit y laisser la vie. C'est une leçon que tu devras accepter, tôt ou tard."

                  Ses paroles pouvaient sembler cruelles, mais Dayimiyo comprenait ce que son maître voulait dire. Il haïssait cette sensation d'impuissance face à la détresse de Pete. Mais il devait se résigner. Pour que le sacrifice de Pete ne soit pas vain, il devait avancer.

                  "... Je comprends, Maître. Continuons, pour M. Pete."

                  Siphra acquiesça.

                  "Merci, Dayimiyo. Je suis vraiment navrée de ne pas pouvoir faire plus, mais nous n'avons pas le choix."

                  Cette fois, il ne répondit pas, et se contenta de se relever en observant la sortie.

                  Tous deux se mirent en marche vers elle, dans l'espoir de trouver ce qu'ils étaient venus chercher.

                  Pourtant, avant de partir, le jeune homme ne put s'empêcher de se retourner une nouvelle fois vers le gouffre, avant de murmurer, l'espoir aux lèvres :

                  "M. Pete... Survivez, je vous en prie."

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                    #24

                    Post n°24
                    Auteur : Darth Lilithyia

                    Lilithyia ne comprit pas tout de suite ce qui se passait, l’atmosphère devenait brusquement pesante et angoissante. Des ombres, des murmures à peine audibles, un homme qui se tenait devant elle, devenu presque absent après s’être présenté à elle, telle était la description peu banal de la scène présente. Une force invisible, une présence semblait faire vibrer à elle seule l’air ambiant, cela ne présageait rien de bon et elle se mit à froncer légèrement les sourcil lorsque soudainement un sabre laser tomba dans les mains de celui qu’elle menaçait. En une fraction de seconde, les choses vrillèrent et elle n’avait plus aucun contrôle sur son destin. Elle perdit l’avantage et se retrouva quelques secondes plus tard, à éviter des attaques vives et précises de l’apprenti sith face à elle.

                    « Trop faible ... »

                    La situation n’était pas suffisamment difficile qu’elle fut en plus de nouveau perturbée par cette voix sans visage, Lilithyia ne parvenait pas à reprendre ses moyens pour utiliser le Shii-Cho, sa forme de combat et se retrouva au contraire, à parer les attaques uniquement avec son instinct, évitant de justesse des coups portés à son visage séduisant. Elle ne parvenait à garder son sang froid, menacée à la fois par un adversaire déterminé et en même temps par les murmures incessant dont l’unique essence de vie résidait dans l’affaiblissement par la peur de la chagrienne. Si la maîtresse Darth Wyllord avait été présente en ces lieux, elle aurait déjà tué celle qui se vantait d’être sa disciple tant il n’y avait rien de bon dans sa façon de se battre, une façon décousue, uniquement guidée par sa volonté de survivre. Cela ne faisait pas 2 minutes de combat et ses angoisses l’envahirent intensément, ne lui laissant pas le loisir de reprendre son souffle. Ce traumatisme de subir un échec ne lui était pas arrivée depuis si longtemps, mais pourquoi maintenant ? Pourquoi, alors qu’elle avait surmonté de nombreuses épreuves, franchit de nombreux obstacles, pour qu’au final elle redevenait la simple esclave de Tatooïne, affolée et terriblement seule ?

                    « Il serait déçu en te voyant... »

                    De quel « il » cette voix macabre parlait-elle ? La fraction de secondes où elle tenta de comprendre cette question, elle fut à nouveau prise de vitesse et elle en perdit son sabre laser qui tomba à quelques mètres d’elle, au pied de la paroi. Face à ce Remius qui ne tremblait pas le moins du monde, elle n’était plus qu’un simple jouet, le spectre de la honte était même lisible dans le regard de Lilithyia. Un enchaînement de mouvements termina de la mettre hors jeu dans un combat déjà perdu d’avance et elle perdit connaissance après avoir reçu sur le haut de sa tête, le manche de l’arme de son ennemi.
                    L’histoire ne s’arrêtait pas là, car avant de partir il lui jeta l’opprobre ultime en la laissant là, le corps étendu presque inerte, tressaillant légèrement par la respiration faible de la chagrienne, refusant délibérément de l’achever.

                    Les brumes envahissaient son esprit, le sol froid de la montagne venait perturber ses pensées et des bribes de mémoire du combat lui revinrent. Plissant les yeux pour chasser ces images blessantes et honteuses, elle se tint la tête d’une main et posa sa deuxième main au sol. Étalée sur le sol, elle ressemblait d’avantage à une vulgaire femme de charme qu’à une sith élégante. Sa cape de fortune trouvée sur Ilum ne recouvrait plus son corps et ses vêtements habituels, toujours abîmés de ses précédentes aventures sur Vinsoth, ne rendaient pas grâce à sa position affligeante. Essayant de relever le haut de son corps, les doutes et la force de son échec hurlèrent dans ses oreilles.


                    « Oui… On a eu pitié de toi... »

                    Encore lui, encore … LUI ! C’en était devenu un cauchemar.

                    - S… SORS DE … MA TEEEEEEETE !!

                    Un rire lent et sadique résonna dans la caverne.

                    Lilithyia avait hurlé de toutes ses forces, elle n’en pouvait plus de cette voix, de cet endroit qui continuaient de lui marteler des mots dans l’unique but de l’affaiblir. Désabusée et meurtrie dans son âme de sith, la jeune guerrière décida contre toute attente de fermer les yeux et de ne plus faire un seul geste. Son souffle puissant et dérangé se calma petit à petit et les traits de son visage se détendirent. Et si cette voix n’était pas juste la représentation de ses pensées les plus enfouies en elle ? Les battements de son cœur commencèrent à ralentir
                    Cette montagne n’était-elle pas tout bonnement qu’un simple catalyseur à énergie négative pour décontenancer tout individu qui n’aurait pas les moyens de surmonter ces épreuves ? La force tentait-elle simplement, une fois encore, de la pousser dans ses derniers retranchements pour définitivement entrer dans les ténèbres de la force ?
                    En choisissant la voie du côté obscure lorsqu’elle eut quitté sa planète natale, elle avait choisi de faire taire ses peurs et ses craintes et de devenir une nouvelle entité. Mais tôt ou tard, le chemin menant à la grandeur des siths allait forcément nous reconduire à nos instincts primaires, la peur, la colère et toutes les émotions les plus vives et les plus authentiques.


                    « La peur est inévitable pour les siths car elle en est tout simplement son essence, vouloir s’en échapper, c’est tourner le dos au côté obscur. »
                    Une citation qu’elle se rappela désormais avoir lu dans l’académie sith sur Vinsoth. Citation qui, à ce moment, résonna en elle intensément.

                    Comprendre ceci n’était pas chose aisée, et n’allait pas simplement la rendre plus puissante que jamais, non...
                    Elle ouvrit rapidement les yeux, son regard balaya rapidement le sol autour d’elle et se posa sur la relique de Wyllord, celle qui maintenait à la fois son passé et son futur. Se relevant timidement et douloureusement, elle remit la cape sur ses épaules et se dirigea lentement vers l‘arme qui lui fut donnée pour la ramasser. L’observant ainsi durant de longues secondes interminables, elle prit une grande inspiration et souffla bruyamment, comme souhaitant faire jaillir de son être toute sa frustration.


                    * C’était la dernière fois que je vous faisiez honte de la sorte, ma très chère seigneur Wyllord. Je ne suis pas encore celle que vous voulez que je sois, mais j’y arriverai, croyez-moi, j’y arriverai.

                    Vivre avec la peur, jouer avec et ressentir l’adrénaline qui en découlait, telle était la routine d’un sith confirmé. Mais lorsqu’elle avait fini de parcourir votre échine, il n’y avait que deux choix possibles, la laisser vous dominer et mourir, ou s’en servir et causer la mort.
                    Telle était la nouvelle leçon que devait apprendre Lilithyia ou plutôt comprendre, afin de devenir une guerrière sith aguerrie, digne de tous ceux qui lui ont précédé et cela commençait maintenant, au sein de ce lieu, théâtre des émotions exacerbées.

                    Le répit par la découverte, telle aurait pu être la qualification de ce moment pour la belle aux cheveux noirs qui, après avoir compris qu’affronter sa peur était la clef de sortir d’ici, retomba à nouveau dans le calme ambiant des entrailles de la montagne gelée d’Ilum. Ses pas furent plus légers, elle se laissa entraîner dans cette galerie rocheuse sans à priori sur ce qui pouvait l’attendre au détour de ces endroits sombres et perturbants. Une agréable sensation de chaleur lui parcourut l’échine comme lui indiquant qu’elle prenait la bonne direction, aussi bien au sens propre qu’au figuré.

                    Alors qu’elle continuait d’avancer d’un pas assuré, elle s’arrêta sur place et vint se plaquer contre la paroi la plus proche. Elle sentit quelque chose de perturbant, semblable à ce qu’elle avait déjà ressenti sur Vinsoth. Cependant, ce n’était pas exactement la même chose, une sensation étrange, dénuée de sentiments. Elle avait appris à ressentir beaucoup de choses différentes liées à la force, comme ressentir l’effet d’un chemin à suivre, éloigné et éphémère, d’un danger imminent, vif et impactant, ou même la force qui se dégageait d’un être. Et même dans le dernier cas, la force se matérialisait de façon très variée, car on ne ressentait pas la même chose entre un seigneur sith et un simple apprenti. Chez un seigneur, la force était démesurée, être face à l’un d’eux était simplement suffocant et oppressant, même pour un utilisateur de la force. Chez un apprenti, la soif de pouvoir était ce qu’on ressentait le plus, au même titre que la peur et d’autres émotions non contrôlées. Ici, il n’en était rien, cependant cela correspondait davantage à la force dégagée par un être sensitif. Mais la comparaison s’arrêtait là, aucun sentiment n’était perceptible, comme si l’être était tout simplement privé d’émotions ou s’en privait-il lui-même ?
                    Fallait-il continuer plus en avant et aller à l’encontre de cette sensation inconnue où le risque était de se retrouver dans une nouvelle situation périlleuse ? Mais la chagrienne était curieuse et envieuse d’apprendre, et quoi de mieux que de se jeter dans l’inconnu pour surmonter ses craintes ? Prenant son sabre en main sans l’activer, elle reprit son avancée, plus lentement et plus silencieusement encore qu’auparavant, tous ses sens étaient en alerte. Au bout de quelques secondes, elle décida finalement de remettre son sabre en dessous de la cape qui l’enveloppait, comme si son instinct ou la force lui indiquait qu’il n’était pas nécessaire de le montrer sur le champs. De toute façon, elle pourrait l’utiliser suffisamment rapidement pour répondre à un danger, il n’était pas nécessaire de le brandir à vue inutilement. Encore quelques dizaines de mètres, elle sentait toujours cette force, elle se rapprochait même, devenant de plus en plus présente mais tout en étant aussi difficilement discernable. Allait-elle payer le fruit de sa curiosité ? C’était une possibilité mais elle n’avait plus peur d’affronter l’obscurité, après son dernier échec cuisant sans avoir pu se battre, il fallait faire honneur au titre qu’elle avait durement acquis d’apprentie sith de Darth Wyllord.


                    Ce n’est peut-être rien, mais je découvrirais ce que cette grotte et la force ont à m’offrir, jusqu’au dernier mystère qui hante ces lieux. *

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                      Auteur : Dayimiyo Qoraas

                      Depuis qu'ils avaient repris leur avancée, ni Dayimiyo ni son maître n'avaient prononcé le moindre mot. Ils marchaient l'un derrière l'autre dans un silence pesant, les seuls sons audibles étant le vrombissement du sabre de Siphra, et de temps à autre, un craquement ou grincement lointain de la glace qui les entourait.

                      La chute de Pete avait porté un coup terrible à la volonté du jeune homme. Il était entré dans ces cavernes gelées dans l'insouciance la plus totale, mais après cet accident, il était perdu. Il ne savait plus quoi faire. Il continuait d'avancer aux côtés de son maître, mais il ne savait même pas où il allait véritablement.

                      Il avait été tellement naïf. Lui qui se croyait était déterminé à faire face à toutes les épreuves qui se dresseraient sur sa route, ne pouvait que constater à quel point il n'était pas prêt pour la première d'entre elles. Il n'avait même pas été capable de sauver son confrère. Quand bien même Siphra lui assurait que ce n'était pas de sa faute, il ressentait toujours une profonde culpabilité. A cause de son incompétence, Pete était peut-être mort, et même s'il ne l'était pas, il était pris au piège dans un gouffre, en proie au froid et aux ténèbres. Son incompétence avait condamné le Jedi. Dayimiyo priait de toutes forces pour que Pete s'en sorte, mais les chances étaient terriblement mince. La seule chose qu'il pouvait faire, à présent, c'était continuer. Mais pour cela, il fallait d'abord survivre.

                      Le froid commençait à devenir de plus en plus insupportable. Le jeune homme tremblait encore plus qu'avant, la fatigue le gagnait peu à peu et ses doigts commençaient à s'engourdir. Bien qu'elle ne le montrait pas, Dayimiyo savait que Siphra souffrait aussi de la température extrêmement basse. Sa démarche semblait plus raide, comme si elle avait plus de mal à se déplacer qu'avant. Pourtant, elle ne laissait rien paraître, et continuait à avancer sans broncher. La force de sa volonté forçait l'admiration.

                      Malheureusement, ils n'allaient pas pouvoir continuer éternellement. Tels qu'ils étaient partis, ils ne tiendraient plus très longtemps avant de ne plus pouvoir bouger. La perspective de mourir ici, oublié de tous, terrifiait le jeune homme. Ce n'était pourtant pas la première fois qu'un tel destin se présentait à lui. Sa fuite de chez lui, après l'apparition de ses pouvoirs, l'avaient amené à s'écrouler de fatigue dans une forêt sacorrienne, en plein hiver. Si le froid de sa planète natale n'était rien comparé à celui d'Ilum, les sensations étaient les mêmes. Lentement perdre le contrôle de son propre corps, et voir sa conscience lentement s'éteindre... Il savait ce que ça faisait. Et hors de question de revivre ça. Il fallait continuer. La dernière fois, c'était Siphra qui l'avait sauvé, mais désormais elle était à ses côtés, et il valait mieux ne pas espérer une nouvelle fois une aide providentielle. Mais cette fois, c'était différent. Cette fois, il avait un objectif à atteindre. Des réponses, et peut-être le salut, l'attendaient. Et une fois qu'il y serait...

                      Soudainement, le novice vit son maître vaciller et s'effondrer sur le sol de givre et de roche.

                      "Maître !"

                      Le jeune homme accourut vers la chevalière pour l'aider à se relever.

                      "Maître, vous allez bien ??"

                      Elle n'avait rien de cassé, heureusement, mais l'état de Siphra le choqua profondément. Son corps était frigorifié. C'était incroyable qu'elle puisse encore se mouvoir dans de telles conditions. Et pourtant, elle n'avait rien dit, alors même que sa vie était en danger. Enfin, il comprenait. Tout ça, c'était pour lui. A cause de lui, elle endurait tout ça, sans rechigner une seule seconde, simplement pour ne pas l'inquiéter. Voyant l'expression horrifiée de son disciple, Siphra se releva tant bien que mal et posa une main sur son épaule, pour le rassurer à nouveau.

                      "Tout va bien. J'ai simplement... perdu l'équilibre. Continuons.

                      -Ne dites pas ça, vous êtes à bout. Vous ne pouvez pas continuer comme ça !

                      -Je vais bien, Dayimiyo, je t'assure. Ne t'en fais pas pour moi."

                      Le novice ne savait pas quoi dire. Il s'en voulait de la voir endurer tout cela. Il commença à relativiser sa décision de venir sur Ilum. S'il ne les avait pas convaincus, elle et Pete, de suivre cette intuition qu'il avait eu, ils n'en seraient pas là.

                      "Maître, je suis désolé...

                      -Dayimiyo...

                      -Tout ceci est de ma faute, je n'aurai jamais dû...

                      Il fut interrompu par une sensation étrange.

                      Quelque chose... quelque chose lui parvenait. Le sacorrien tourna lentement la tête. Là, devant eux, il y avait une fine lumière. Et par delà cette lumière, l'appel de la Force résonnait à nouveau. C'était là ! Ils étaient tout proches ! Enfin, ils y étaient arrivés !

                      "Maître... Vous le sentez, vous aussi, n'est-ce pas ? Ca y est, on y est presque !!"

                      Elle suivit son regard, et lorsqu'elle aussi vit la lumière, un faible sourire apparut sur son visage.

                      "Oui, tu as raison... Nous y sommes."

                      La Jedi fut surprise lorsque le jeune homme prit son bras sur ses épaules pour l'aider à marcher. Ils étaient si proches du but, et le novice était plus décidé que jamais. Même s'il devait la porter jusque-là, il ne l'abandonnerait pas. Il ne la perdrait pas. Il ne perdrait plus personne.

                      "On peut le faire, Maître. On va y arriver, tous les deux. Pour... Pour M. Pete. Et puis, la Force est avec nous, pas vrai ?"

                      C'est vrai, la Force était encore de leur côté. Leur rôle était loin d'être terminé. La Jedi en était désormais certaine. Elle leur réservait encore bien des surprises, et, au fond d'elle-même Siphra croyait sincèrement que son disciple saurait La satisfaire.

                      Ils reprirent leur route, plus proches que jamais de leur objectif. Malgré tout ce qui s'était passé, Dayimiyo sentait sa soif de savoir monter de nouveau en lui. Peut-être que Pete n'était pas mort en vain, finalement. Peut-être qu'enfin, il allait avoir un début de réponse.

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                        Auteur : Kryann

                        Kryann fut avertie par l'alarme de cabine, la sortant d'un sommeil aussi profond que bienvenu. Se sortant lentement de son sommeil, s'ébrouant pour se donner une contenance face à un public invisible, elle se passa une main sur le visage. La sonnerie lui donnait un bon quart d'heure pour se préparer à son entrée dans le système d'Ilum, l'un des seuls mondes présents dans l'ordinateur d'astrogation, aux côtés de planètes tout aussi inconnues telles que Kashyyyk, Coruscant, Corellia, et d'autres nettement plus remarquables pour la Cathar, comme la tristement célèbre Nar Shaddaa, et sa lune Nal Hutta. Ses vagues recherches dans l'Holonet faisaient état d'une planète inintéressante au possible, vaguement connue pour ses cristaux utilisés anciennement dans les sabre-lasers, et son climat rude et froid. Après Alzoc, un autre désert de glace, elle devait y être destinée... Et surtout, elle avait choisi cette destination sans réfléchir, comme poussée. Ou bien était-ce sa malchance habituelle ? Qui sait.

                        Elle ne put s'empêcher de passer devant une glace, comme elle le faisait si souvent. Mais cela faisait longtemps qu'elle ne l'avait pas fait. Comme toujours, ses yeux jaunes étaient à la fois interrogateurs et féroces, jugeant la Cathar, sans aucun doute, lui renvoyant au visage ses questionnements et ses actes passés. Ses cicatrices n'avaient pas bougé, elles, mais son corps avait objectivement changé. Ses muscles s'étaient élancés, raffermis, conséquence de multiples heures à courir, à manier le sabre et à s'entraîner, au point qu'elle avait du mal à retrouver les marques de malnutrition sur son corps. Elle restait maigre bien sûr, mais à présent, elle ressemblait davantage à la guerrière qu'elle commençait à devenir. Ses mains le confirmaient, s'étant endurcies à force de tenir son arme, de frapper le sol ou les murs pour se redresser. Il lui semblait presque voir une personne différente.

                        Pourtant, pour une fois, elle ne feula pas par instinct. S'apprivoisait-elle, elle-même, ou bien était-elle résignée, c'était difficile à dire. Ou plus simplement, ce qu'elle avait à accomplir surplombait en importance le besoin de se regarder en face, dans les yeux. Par réflexe, sa main se tendit, effleurant la pyramide noire et froide de Xaequa qui ne bougeait plus depuis leur dernière confrontation vocale. Les deux sensitives s'ignoraient et se jaugeaient sans doute, la Cathare étant dans l'incapacité de déterminer l'étendue réelle de l'influence de la sorcière sur elle et son environnement. Malgré tout, la présence de l'holocron l'ancrait dans cette réalité, lui rappelant qu'un jour, quelque part, quelque chose l'attendait pour la récompenser de ses efforts et pour enfin reconnaître les talents qu'elle essayait de forger seule.

                        Lorsqu'elle arriva dans le cockpit, les couleurs si particulières de l'espace vu depuis un voyage hyperspatial achevèrent de la réveiller. C'était un spectacle si particulier, si étrangement beau, qu'il semblait à Kryann qu'elle ne s'en lasserait jamais. Il y avait là une sorte d'excitation qui la prenait, comme si voir cette lumière était la signe d'une aventure à venir, encore inconnue, insondable. S'asseyant au siège de pilote, elle prit à nouveau le temps de s'étonner lorsqu'elle se rendit compte que toutes ses actions étaient naturelles pour elle, comme si elle était une pilote. Bien sûr, le fonctionnement simplifié était d'une grande aide, mais on était loin de la manière dont elle avait arraché le cargo au sol d'Endor, des mois auparavant. Tout avait changé depuis ce moment. Un instant, elle se demanda comment le regard avait changé. Dayimiyo, le jeune peureux, aurait-il toujours aussi peur d'elle ? Et Vimki, le vieil Archiviste, serait-il toujours aussi prévenant ? Quid de ses Maîtres successifs finalement ? Ou du Conseil ? Finalement, elle chassa ces questions en sortant de l'hyperespace, rentrant immédiatement dans l'atmosphère d'Ilum.

                        L'astroport qu'elle visait, perdu au milieu de la neige, non loin d'une sorte de chaîne de collines, ne lui demanda même pas une identification. A croire que n'importe qui pouvait passer avec juste une petite dose de culot. Elle avait à peine élevé la voix pour annoncer qu'elle allait se poser et qu'elle avait besoin d'un mécanicien. La manœuvre effectuée malgré le vent qui soufflait bien plus fortement que sur Alzoc, la padawan ne perdit pas plus de temps. S'enveloppant dans sa bure, cachant son sabre-laser à sa ceinture, elle descendit rapidement de son vaisseau pour se mettre en quête du fameux mécano, qu'elle trouva sans mal puisqu'il se cachait presque derrière d'innombrables pièces détachées dans une sorte de bicoque juste à côté des pistes d'atterrissage. Le Duros sursauta lorsque la voix de la Cathar, légèrement aiguë, sifflante dans le froid, parvint à ses oreilles, le refroidissant plus sûrement que le temps glacial, tant elle était aimable comme un glaçon.

                        -Argon, c'est bien ça ? J'ai besoin de faire réparer et recalibrer mon droïde, un modèle HK.

                        Sans attendre, elle déposa des crédits sur le comptoir, attirant inévitablement le regard du mécanicien dessus. Seulement, lorsque sa main fit seulement mine de s'approcher de la petite liasse, Kryann fut plus vive, attrapant son poignet et le serrant. Son regard respirait la brutalité et un léger sourire inquiétant ornait ses lèvres.

                        -D'abord la réparation.

                        Elle désigna son vaisseau, facile d'accès, donnant au Duros l'autorisation d'y pénétrer. Il ne se fit pas prier, détalant sous le regard lourd de la jeune Cathar, que son propre aplomb avait surprise également. D'instinct, elle vint toucher son arme à sa ceinture, pour se rassurer comme pour s'assurer qu'il ne quittait pas sa taille. Elle sentait son cœur battre légèrement plus fort sous le stress d'y aller avec tant de culot. Finalement, elle se détourna de l'échoppe, rempochant les crédits. Tout comptes réalisés, elle avait sans doute de quoi s'équiper un peu plus que ce qu'elle avait actuellement. Ses recherches s'écourtèrent rapidement, faute de possibilités, mais elle finit enfin par trouver des vêtements plus chauds que ce qu'elle portait sur le dos, et avait pu dénicher une unité R2 cabossée qui la suivait désormais en poussant de temps à autre des sifflements mécaniques qui exaspéreraient bien vite la Jedi si elle n'apprenait pas à se taire rapidement, d'autant que les regards qu'elle lui lançait n'avaient que peu d'influence sur elle. Ironiquement, elle comprenait à la fois le prix dérisoire et les chocs qu'avait subi l'unité, puisqu'elle pourrait bien y ajouter les siens bien vite. Mais elle ne pouvait pas continuer de piloter sans un soutien technique pour réparer son vaisseau.

                        Accompagnée de sa nouvelle acquisition, elle finit son tour devant l'étal du Duros qui était de retour et attendait son dû, grognant manifestement et regardant les crédits d'un air de dégoût.


                        -C'est bon, je me suis occupé de ton tas de ferraille. T'as de la chance que je sois doué... D'ailleurs, vu comment j'ai galéré, y'aura une rallonge. Et pas une petite, j'ai dû reconfigurer tout son processeur et ses centres de motivation.

                        -Une rallonge ?


                        Elle commençait déjà à feuler, mais l'autre glissa une main sous son comptoir et en sortit un blaster qu'il braqua sur la jeune fille. Un simple coup d'oeil de novice suffisait à voir qu'elle était modifiée spécialement, et il ne faisait aucun doute de sa létalité. Intérieurement, Kryann se maudit d'avoir été à la fois désagréable et imprudente... Comme toujours, sans jamais changer. Son arme cachée sous ses vêtements, elle n'aurait jamais le loisir de la brandir à temps. Alors elle leva lentement les mains, au niveau de sa poitrine, les montrant vide pour qu'il puisse constater qu'elle n'était pas armée.

                        -Pas la peine de me faire ton petit numéro. Tu te balades avec un HK, tu crois quoi, que je te vois pas venir ? T'es juste une criminelle parmi les autres, ici, t'es juste pas douée pour te cacher. Maintenant, aboule les crédits.

                        Elle se garda bien de répondre, elle aurait encore été agressive. Elle inspira profondément, puis souffla. Rester calme. Rester prête à toutes les éventualités. Elle sentait l'afflux de la Force en elle, sa puissance grandissante se mobiliser, et rapidement. Dans un coin de sa tête, elle sentit une présence, qu'elle n'avait pas ressentie depuis Alzoc III, lui tirant un sourire mauvais.

                        -Tu n'as qu'un geste à faire, et tu peux mettre fin à ses jours. Il te suffit de serrer sa gorge, il ne pourra pas résister.

                        Pour une fois, elle n'eut pas de réplique cinglante à l'égard de Xaequa. Pour une fois, elle lui donnait raison. Sa main droite, sa main forte, se referma lentement, alors que via la Force, elle se frayait un chemin jusqu'à la gorge du Duros qui, surpris, vint se prendre la gorge à deux mains, ses yeux exorbités à la fois par la douleur et l'incompréhension. Jurant dans sa langue, il braqua son regard sur son agresseur supposé, suffoquant.

                        -@£*!&%... de... Sith !

                        La simple évocation de ce nom fit basculer la padawan. Avec un rictus de sadisme, manipulant toujours plus habilement la Force, elle attira lentement le Duros vers elle, l'arrêtant à une longueur de bras d'elle, le soulevant le terre, la main toujours fermement tournée vers sa gorge. Elle se prenait à aimer ça, sans comprendre, le rouge avait envahi ses yeux et son esprit, elle ne contrôlait plus rien sinon sa main qui serrait toujours plus fort, faisant ravaler au Duros son insulte. D'un geste lent, elle écarta le pan de sa longue bure, révélant le manche noir et inquiétant de son arme qu'elle tira lentement de la main gauche. Personne ne pouvait la voir, personne ne pouvait la juger. Elle était libre de faire ce qu'elle voulait. La lame se produisit, rouge sang, illuminant l'étal et le visage de Duros qui voulait supplier sans le pouvoir. Elle la dressa simplement devant elle et fit reprendre au mécanicien sa marche en avant. Lentement, sans un bruit car l'oxygène n'atteignait plus ses poumons, il s'empala sur la lame, attiré par la Jedi, jusqu'à la garde, tirant un sourire large et satisfait à la meurtrière. Puis, elle l'éteignit, et relâcha la pression, laissant tomber sa victime au sol.


                        -Paye-toi toi-même.

                        D'un pas assuré, elle se détourna, retournant à son vaisseau, sans un regard en arrière, ni pour le mort, ni pour la planète. Oui, ce corps ferait parfaitement l'affaire.

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                          Auteur : Darth Lilithyia

                          Prenant une profonde inspiration, Lilithyia empoigna son sabre et était bien déterminée à faire face à toute éventualité. Surgissant de derrière le mur contre lequel elle était appuyée, elle activa sa lame dans la foulée mais haussant les sourcils, la chagrienne fut surprise de ne voir rien ni personne sur son chemin. Pour la troisième fois elle ne trouvait rien d’autre que sa stupidité, pourtant elle ressentait toujours cette présence mystérieuse qu’elle ressentait depuis une demi-heure et décida d'aller explorer un peu plus loin pour vérifier qu'elle n'était pas devenue folle à force d'être restée dans cette montagne si longtemps. Remettant son sabre à sa ceinture, elle se laissa guider par ce qu'elle ressentait et s'enfonça plus profondément dans les galeries gelées d'Ilum. Au fur et à mesure qu'elle avançait, la perception qu'elle sentait jusqu'alors semblait s'atténuer, elle commençait à s'habituer à cette sensation différente de ce tout ce qu'elle avait déjà pu connaître auparavant. Tandis qu'elle continuait de se questionner sur la provenance, elle aperçut au détour d'un nouveau couloir rocheux, deux silhouettes en train de se mouvoir et de se diriger vers une mince lueur plus loin devant eux. Si les deux individus à une bonne cinquantaine de mètres d'elle ne semblaient pas l'avoir remarqué jusqu'à présent, elle ne se précipitait pas pour les informer pour autant. Qui étaient-ils et que faisaient-ils ici ? La même chose qu'elle sans doute, c'est-à-dire, se découvrir et s'affirmer dans cette galaxie hostile ? Non, peut-être tout simplement suivre cette sensation qui devait l'attirer tout autant qu'eux vers cette faible lueur et ce que cachait cette grotte ?

                          L'hésitation la gagnait peu à peu, que faire si ce n'était les suivre à distance pour étancher sa curiosité et découvrir les secrets d'Ilum ? Néanmoins il pouvait se révéler dangereux de suivre des inconnus surtout dans cet endroit où les chances pour qu'ils soient de simples voyageurs étaient très, très minces. Elle n'arrivait pas à percevoir quelque chose émanant d'eux, sans doute entravée par les lieux et le mystère vers lequel ils se dirigeaient. Tandis qu'elle se persuada de pouvoir rester discrète et de les poursuivre, quelque chose d'autre attira son attention, un autre chemin sur sa gauche, allant presque à l’opposé. Un chemin beaucoup moins accueillant qui ressemblait terriblement à ceux qu'elle avait déjà emprunté et qui n'avait en apparence, rien pour lui faire envie de le suivre. Pourtant, elle se sentait étrangement happer par lui, une attirance différente mais non moins puissante et décida à contre-cœur de s'y engouffrer sans regarder en arrière.

                          Les minutes passèrent et elle se maudit intérieurement d'avoir suivi son instinct et de prendre ce nouveau chemin qui ne la menait de toute évidence, qu'à s'enfoncer plus profondément dans les entrailles de cette montagne. Se glissant une nouvelle fois dans un passage laborieux où il lui fallu presque se contorsionner pour le franchir, elle sentit son corps en train de tomber et lorsqu’elle posa à nouveau ses pieds au sol, se retrouva à la merci d’une lumière aussi éblouissante qu’aveuglante. Elle ferma les yeux instantanément sous l'effet du choc visuel qui aurait pu l'aveugler durant un long moment puis les ouvrit à nouveau timidement, elle avait trouvé une sortie à cet enfer gelé. Le flanc de la montagne enneigée s’étendait devant elle et elle lâcha un bref soupire de soulagement. Finalement son instinct l'avait aidé à quitter cet endroit et ce n'était pas pour lui déplaire, elle qui n'aurait pas rechigné à connaître un peu plus les mystères de cette planète, elle était toute autant heureuse de la laisser derrière.

                          La descente de la pente rocheuse fut toute aussi ennuyeuse que sa montée, elle n'était pas très loin de l'entrée qu'elle avait emprunté auparavant, lui confirmant par la même occasion que malgré les nombreux chemins empruntés, elle avait tourné en rond à l'intérieur. Ce n'était pas très surprenant, n'ayant aucun repère cartographique pour s'y aventurer, ayant subi une agression psychologique et mentale pour affronter ses peurs et ses doutes sur son avenir, ou même un affrontement physique avec un autre aventurier. En bref, elle avait subi en peu de temps un lavage physique et psychique pour un bon moment et même le froid mordant de la planète était presque laissé en second plan.

                          Après quelques heures à traverser ce relief neigeux et rugueux, Lilithyia aperçut enfin l'astroport d'où elle était arrivée. La fatigue commençait à se lire sur son visage bien emmitouflée dans sa cape de fortune qu'elle avait acquise juste après avoir quitté la navette. Elle avait faim, froid et sentit la fatigue lui venir aussi soudainement que de satisfaire une envie de besoin naturel. La démarche pesante et le pas traînant, elle marqua un arrêt et balaya lentement du regard les quelques personnes qui s'affairaient à leurs occupations. Aucune d'entre elle ne lui prêtait attention, pas plus qu'elle ne leur en prêtait de toute manière, elle se perdait juste simplement dans cet instant comme si elle avait affronté une décennie d'aventures éreintantes. Sa vision se posa néanmoins sur un vaisseau qu'elle n'avait pas vu auparavant et bien qu’il était courant que beaucoup de vaisseaux allaient et venaient dans les astroports, sur Ilum c'était plutôt rare et on repérait aisément ceux qui sortaient de l’ordinaire. Et pour le coup, elle avait déjà vu ce genre de transporteur qui appartenait à l’Ordre Sith, elle l’avait aperçu sur Tatooïne et également sur Vinsoth. Il était évidemment rare de voir un vaisseau de la sorte sur Ilum, d’autant qu’elle était sans doute encore très recherchée après son dernier épisode sur sa planète formatrice. Si le danger était présent dans son esprit, elle était terriblement lasse de se traîner sur cette planète et l’envie d’entrer dans ce vaisseau était bien plus forte que de rester ici.
                          Reprenant ses esprits, elle scruta les alentours et fut assez étonnée de ne voir aucun être, aucun style vestimentaire ou autre chose de suspect lui rappelant l’Ordre auquel elle appartenait. Seuls des mécanos, des voyageurs de passage qui s’étaient sans doute trompés de destination et des vendeurs qui tenaient les quelques boutiques en vie pour tenter d’arrondir les fins de mois difficiles. Un des mécanos sortit d’ailleurs de son atelier et se dirigea rapidement vers le transporteur, la mine à la fois déconfite et légèrement agacée, sans doute qu’il venait d’avoir affaire à un client pressé ou soupe-au-lait.
                          Ce même client qui pourrait tout à fait correspondre à un sith, se surprit-elle à penser subitement et se frappant légèrement la tête, se hâta de reprendre son chemin vers le vaisseau. Il y avait une chance pour que ce sith soit en train d’attendre dans l’atelier et c’était le moment où jamais d’entrer dans le vaisseau. Se rapprochant à distance respectable, elle entendit le mécano en train de se parler à lui-même à voix haute à l’intérieur du vaisseau.


                          - Foutu travail de merde, elle va voir elle, oh oui, elle va voir, elle me connaît pas. Personne ne traite Argon de la sorte, oh non.

                          La passerelle du vaisseau était encore déployée et n’allait sans doute pas le rester longtemps. Regardant en arrière le temps de s’assurer que rien ne semblait sortir des échoppes ou de l’atelier, elle s’engouffra à l’intérieur sans se poser la moindre question et se figea une fois la passerelle montée. Devant elle, quelques marches menaient vers une salle assez grande avec une table et quelques chaises autour, ainsi que le mécano assis par-terre le dos tourné à elle en train de réparer le droïde en bas des marches. Par elle ne savait quel miracle, il ne semblait pas avoir entendu son entrée précipitée, avait-elle réussi à être suffisamment discrète ? Impossible, il était surtout trop occupé à réparer le droïde de façon brutale, une réparation rythmée par son flot continu d’insultes en tout genre à la clientèle désagréable d’Ilum. Profitant de cette occasion pour marcher à pas feutrés dans le couloir sur la droite, elle chercha la meilleure cachette possible pour se dissimuler le mieux possible. De toute façon si son détenteur souhaitait dénicher un intrus, il lui serait facilement aisé de le faire dans ce vaisseau de petite taille où une fouille complète ne lui prendrait pas plus de quelques heures avec un peu d’aide.
                          Tandis qu’elle avait suffisamment avancé dans le couloir pour ne plus être visible par le mécano qui sortirait de la première salle, elle entendit ce dernier avoir enfin terminé sa réparation. Elle entendit également à l’oreille qu’il était bien sûr de lui et qu’il allait exiger son dû, au moins il ne manquait pas d’audace, juste de jugeotte. Une fois certaine qu’il n’était plus dans les parages, elle reprit une course effrénée à la recherche de l’endroit parfait pour se cacher, mais évidemment qu’il n’existait pas, ce n’était pas un croiseur non plus ! Fouettant l’air de sa main, la déception sur le visage, elle se rendit à l’évidence et fonça vers la soute du vaisseau. Cachette facile, pas très surprenante mais qui offrait souvent suffisamment de cargaisons pour s’y dissimuler de façon satisfaisante, au moins jusqu’à la prochaine escale. Quelques caisses métalliques étaient effectivement entreposées à l’intérieur de la soute, des objets en tout genre étaient éparpillés et divers compartiments agrémentés la pièce avec des portes coulissantes, certainement pour empêcher les objets en hauteur de tomber sur le sol. Ni une ni deux, elle se hissa tant bien que mal dans l’un de ces compartiments, heureusement elle n’était pas très grosse, surtout en ce moment où la faim commençait à la dévorer. Lorsqu’elle fut enfin installée dans une position à demi allongée, elle souffla longuement pour calmer sa respiration et se rendit doucement compte dans quel genre de situation elle venait de se fourrer une nouvelle fois.


                          * J’ai quitté Vinsoth en étant considérée comme une traître. Je me suis enfuie ici, sur cette foutue planète. Puis je retourne me cacher dans un transporteur de l’Ordre sans savoir à qui il appartient, ni si je vais vivre une heure de plus. *

                          Sursautant à quelques intervalles, la chagrienne se surprit à rire nerveusement et plaça une main sur son visage pour couvrir un maximum cette envie qu’elle avait du mal à contrôler. La situation était si absurde et ses émotions mêlées à ses envies primaires de manger et de dormir étaient telles qu’elle ne put réprimer ce fou rire qui eut le mérite de relâcher quelques nerfs bien trop douloureux. Tout à coup, les vrombissements du vaisseau furent audibles, les moteurs se mirent en action, au moins il y avait une bonne nouvelle, elle ne serait pas capturée avant d’avoir quitté cette planète, enfin normalement. Puis une minute plus tard, Lilithyia fut bousculée sur la paroi métallique du compartiment, le vaisseau avait quitté la base de l’astroport, direction ? L’inconnu !

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                            Auteur : Super PNJ

                            La Force était de leur côté. Pouvait-on réellement se fier à une telle lapalissade ? La Force était, et c'est tout ce qui importait sur une planète telle qu'Ilum, où elle était extrêmement forte, présente et nourrie par des années, des siècles même, de combats, de passages, d'explorations et de colonisation. Tout au long de la vie de la Galaxie, Ilum avait été une plaque tournante, un endroit spécial et symbolique pour les utilisateurs de la Force, ce qui en faisait ce lieu si unique, plongé dans ce champ d'énergie qui en venait à perturber les plus puissants utilisateurs et à noyer les plus faibles.

                            C'est dans cette soupe de puissance que le Novice Dayimiyo et la Chevalière Siphra devaient évoluer, et chaque pas, chaque mouvement était désormais plus difficile que le précédent, puisqu'à chaque instant la pression sur leurs épaules s'accentuait sans jamais sembler vouloir faiblir ou s'atténuer. Il y avait là tellement d'énergie qu'il semblait que celui qui parviendrait à lever le bras et resserrer le poing pourrait enfin la toucher, comme si elle prenait une forme physique qui désirait mettre à genoux chaque être, sensitif ou non, qui mettrait les pieds aussi profondément dans cet antre.

                            Il fallait du courage pour aller aussi loin. A moins que ce ne soit de la témérité, voire de la stupidité. Pour Siphra, pourtant adepte de la Force et des voyages à l'instant comme pour Dayimiyo, jeune apprenti mal dégrossi qui n'avait que son maigre courage à opposer à cette planète qui semblait vouloir sa mort. Et pourtant, malgré cette impression, voici qu'il lui semblait voir le bout du tunnel avec cette lumière, si lointaine et pourtant si pure, inatteignable et pourtant si proche. Irréelle et pourtant symbole d'espoir. A la manière de la Force qui coulait le long de leurs membres et dans leurs veines, cette lumière venait faiblement lécher leurs vêtements, leur offrant un guide inespéré dans les ténèbres.

                            Mais la Force est retorse.

                            A peine commençaient-ils à avancer vers cette lumière que le sol s'effrita sous les pieds du duo, d'abord dans un grondement sourd puis dans un bruit d'avalanche, de neige, de roches et de glace qui les emmenait encore plus profondément. La chute semblait interminable, mais Dayimiyo se sentit comme ralentir brusquement avant de heurter le sol dur et froid, ébloui par toute la lumière qui jaillissait de ce nouvel endroit. Non loin de lui, le corps inanimé de Siphra gisait, la main tendue vers son apprenti. Non loin de lui, des cristaux illuminaient la salle. Non loin de lui, un grondement sourd et animal se fit entendre.

                            Spoiler : Spoiler

                            HRP

                            Le grondement vient d'un Gorgodon qui se jette sur toi. Siphra est KO et ne pourra pas t'aider, bonne chance !


                            Kryann

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                              #29

                              Post n°29
                              Auteur : Dayimiyo Qoraas

                              Sa tête bourdonnait encore à cause de l'impact. Son souffle était lourd, son corps douloureux, et il ne voyait pratiquement plus rien. Dans cet état, il ne sentait presque plus le froid. Mais tandis qu'il essayait de retrouver ses repères, une question lui tarauda l'esprit :

                              Que s'était-il passé ?

                              A mesure que ses sens lui revenaient, sa mémoire fit de même. Ils s'étaient rapprochés au plus près de la source de lumière, à tel point qu'ils auraient presque pu la toucher. Il se souvenait avoir senti comme une douce chaleur, mais pas uniquement. Il y avait quelque chose d'autre, qui l'avait... traversé. Mais ensuite, le sol en-dessous d'eux s'était fracturé, et...

                              "Maître !"

                              Le jeune homme eut un sursaut d'inquiétude. Il balaya les alentours du regard, jusqu'à trouver le corps inanimé de Siphra, gisant sur le sol de glace. À cette vue, son œil s'écarquilla.

                              Non, non, non, non ! Pas encore ! Il ne voulait plus perdre qui que ce soit, et surtout pas elle ! Il lui devait la vie, il ne pouvait pas la laisser mourir !

                              Il accourut tant bien que mal vers la Jedi inconsciente, s'agenouilla devant elle et la prit dans ses bras. Pris de panique, il colla son oreille sur sa poitrine.

                              Après une fraction de seconde, le verdict tomba.

                              Un battement.

                              Elle était vivante ! Le novice laissa échapper un soupir de soulagement. Si elle avait... Il n'aurait pas su ce qu'il...

                              Pendant une seconde, il prit la chevalière dans une étreinte, soulagé de la savoir en vie.

                              Malheureusement, leur sort à tous les deux semblait déjà décidé.

                              Il leva la tête vers le gouffre par lequel ils étaient tombés, l'observant avec dépit et frustration.

                              Ses poings se resserrèrent.

                              Pourquoi ? Pourquoi avait-il fallu que ça arrive maintenant ? Ils étaient pourtant si proches du but ! La mort de Pete n'était-elle pas suffisante ? Fallait-ils qu'ils périssent tous les trois dans les tréfonds de cette planète ?

                              Le jeune homme baissa la tête. Il les avait vraiment condamnés ? Pourtant... la Force voulait qu'il réponde à son appel, alors pourquoi tout ça était arrivé ? Il ne comprenait pas. Était-ce une épreuve ? La Force espérait-elle qu'il arrive à survivre dans ces conditions ? À moins... à moins qu'elle voulait que cela se produise. Et si, depuis le début, il n'avait fait que suivre l'appel du Côté Obscur ? Il ne comprenait plus ! À nouveau, il était perdu.

                              Il regarda le visage évanoui de la chevalière, et dans un élan de désespoir, lui posa une question.

                              "Qu'est-ce que je dois faire, Maître ?"

                              Évidemment, il n'eut aucune réponse. Il s'y attendait. Elle était toujours inconsciente. Mais au moins, elle vivait, en tout cas pour le moment.

                              ... C'est vrai, ils n'étaient pas encore morts. Et tant qu'ils respiraient, il y avait un espoir de s'en sortir. Siphra ne pouvait rien faire, c'était donc sur lui que reposait leur survie. Il était peut-être faible, mais il allait faire tout ce qu'il pouvait pour qu'ils vivent. Tous les deux. Comme son maître l'avait sauvé autrefois, il allait lui rendre la pareille et la sauver à son tour. Faute de mieux, il reposa la Jedi sur le sol rocailleux, et se releva pour observer les alentours.

                              L'endroit où ils se trouvaient était pour le moins atypique. Il s'agissait d'une large cave, au plafond très haut et avec de multiples ouvertures vers des tunnels gelés, notamment un gigantesque trou béant dont l'intérieur était indiscernable car entièrement sombre. Mais ce qui était le plus étonnant étaient les nombreux cristaux lumineux incrustés dans les murs de la caverne.

                              C'était étrange. Ces cristaux n'étaient pas de la simple glace. Il n'en était pas certain, mais il avait la conviction profonde qu'ils étaient spéciaux. Peut-être que... la lumière là-haut n'était pas ce pourquoi il était là. C'était peut-être ça qu'il devait trouver.

                              Pour confirmer sa théorie, il se rapprocha d'un des murs, et faisant face à plusieurs cristaux, il s'ouvrit à la Force. Et en effet, il sent vite quelque chose venant d'eux. C'était comme si ils "résonnaient" dans la Force. Mais leur résonance semblait dissoner avec le jeune homme. À la manière de deux fréquences de communication différentes, il n'arrivait pas à pleinement sentir ce qu'ils émettaient. D'ailleurs, maintenant qu'il y pensait, il avait l'impression d'avoir déjà vu un cristal de ce genre.

                              Soudain, un rugissement assourdissant retentit, et Dayimiyo ressentit, à travers son empathie, une rage intense, sauvage et bestiale. Le choc et l'intensité furent tels que son lien avec la Force se rompit net. Secoué et en panique, le jeune sacorrien eut à peine le temps de se remettre que des pas lourds et massifs se firent entendre. Le son provenait de la large cavité qu'il avait vue plus tôt.

                              Lorsqu'il tourna son regard vers le trou sombre, il vit une énorme patte griffue jaillir de l'ombre pour s'agripper à la paroi, et une créature massive en sortir. Il n'avait jamais vu une chose aussi terrifiante. Un animal de plusieurs mètres, à la fourrure argentée et à la gueule orangée, muni de crocs et de griffes massifs, certainement capables de tailler n' importe quoi en pièces.

                              Et cette bête monstrueuse venait de poser son regard sur lui.

                              Instinctivement, il se mit à courir vers Siphra tandis que la créature lui fonçait dessus en mugissant de toutes ses forces.

                              Seulement, sa taille était telle qu'elle fut sur lui en rien de temps. Dayimiyo vit son gigantesque bras se lever et descendre sur lui à toute vitesse, prêt à l'empaler sur ses griffes. Aussi rapidement qu'il le put, il se jeta sur le côté, mais l'onde de choc l'envoya plusieurs mètres plus loin.

                              La frappe de l'animal avait été d'une puissance telle, que des éclats de glace furent projetés dans toutes les directions. L'un d'eux partit dans la même direction que Dayimiyo à une vitesse fulgurante, et lui frôla le visage, laissant une profonde entaille sur sa joue gauche.

                              Le novice n'eut pas le temps de se préoccuper de cette douleur, car il percuta durement le sol après sa chute. Il se releva tant bien que mal, et continua d'avancer vers Siphra. Quelque part, cette onde de choc lui avait permis de se rapprocher plus rapidement d'elle. En même temps qu'il approchait, il tentait de réfléchir à la suite des événements. Non loin du corps de la Jedi, il vit un tunnel assez petit pour l'animal ne puisse pas les suivre. S'il avait le temps de l'atteindre...

                              Tournant brièvement la tête, il vit que la créature ne le suivait pas. Elle avait frappé tellement fort que ses griffes s'étaient enfoncées profondément dans la roche. Au vu de sa force, elle ne tarderait pas à se libérer, mais si ça lui permettait d'avoir quelques secondes de plus, ils avaient peut-être une chance. Il arriva au niveau de la chevalière, prit son bras sur ses épaules et l'entraîna avec lui vers la cavité.

                              Sans se retourner, il entendit la bête extirper ses griffes de la glace et de la roche, et revenir à la charge vers le duo de Jedi. Ils étaient tous proches, mais l'animal n'était pas loin non plus.

                              Il sentit des larmes se former au coin de ses yeux. Mais peu importe le froid, la douleur, ou la terreur absolue que ce monstre lui inspirait, il continua à avancer aussi vite qu'il le pouvait.

                              Dans un ultime effort, et alors que la créature leva une nouvelle fois sa patte acérée pour les déchiqueter, il plongea en avant avec le corps de son maître vers le trou.

                              Cela se joua à quelques centimètres, et à moins d'une seconde, mais il réussit son pari. Les deux Jedi avaient échappé de peu aux faux de la bête, qui frappa de rage les parois de la caverne.

                              Ce qui Dayimiyo n'avait pas prévu en revanche, était que ce tunnel était légèrement en pente, aussi glissèrent-ils jusqu'à arriver dans une zone moins haute et significativement moins large que la première.

                              Une fois s'être assuré d'être encore en vie, Dayimiyo vérifia l'état de Siphra. Elle avait quelques éraflures au visage, mais rien de gravissime.
                              Il ne revenait pas de ce qu'il venait de faire. Il avait réussi à ne pas céder à la panique, et à ne pas se laisser dominer par la peur. Et plus impressionnant encore, il avait survécu à l'impossible. Comment avait-il fait ? Il se surprenait lui-même. Est-ce que c'était ça, être un Jedi ?

                              Ce n'était guère le moment de se poser toutes ses questions. Il était épuisé, avait mal pratiquement dans tout le corps après les multiples efforts et chutes qu'il avait endurés, et sa joue saignait abondamment. Mais Siphra et lui respiraient encore. Avec ce qui lui restait de forces, il mit son maître en position assise, appuyée contre une paroi, avant d'adopter une posture similaire. Il lui fallait un peu de temps pour reprendre son souffle. Mais une lumière lui parvint bien vite à l'œil.

                              Là où ils avaient chu, il n'y avait que quelques cristaux, mais un en particulier attira son attention. Dès qu'il posa l'œil dessus, il sut qu'il était différent des autres. Sa couleur n'avait rien à voir avec ceux qu'il avait vus jusqu'à présent : une lumière violacée, tirant sur le magenta, en émergeait. Mais plus encore que sa couleur, il y avait autre chose qui dénotait. Sans même plonger dans la Force, il le savait. La résonance de ce cristal-là, était en parfaite harmonie avec lui.

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                                Auteur : Super PNJ

                                Au dessus de lui, ou était-ce à côté ? Ou dessous ? En tout les cas, finalement non loin, il entendait les grognements de la bête terrible qu'il n'avait pas pu tuer. Il entendait les râles et son souffle affreux, qui rendait l'air menaçant, le froid lui-même était agressif, sans doute encore plus que dans ces caves et ces innombrables boyaux parcourus. Tout, absolument tout autour de Dayimiyo semblait vouloir l'attraper et l'étriper, comme depuis le début de son voyage finalement. Pourtant, malgré sa solitude physique, il se sentait presque... transporté dans une sorte de quiétude, de félicité intérieure qui résonnait en harmonie avec le cristal pourpre qui lui faisait face. Celui-ci semblait être totalement sur la même longueur d'onde que le Novice, malgré la distance et la difficulté qui les séparait.

                                La Force est retorse.

                                Le cristal était là, présent, presque à portée de main, mais surtout fermement engoncé dans une chape de roche et de glace qui le laissait voir mais narguait le jeune apprenti tant il semblait inextirpable. Ca et là, on pouvait distinguer quelques lueurs similaires mais aucune, aux yeux de Dayimiyo, ne pourrait trouver grâce à ses yeux. Seulement, sans matériel d'excavation, comment faire pour sortir le cristal de son écrin ? Sa vibrolame battait toujours à son flanc, comme le sabre-laser à celui de Maître Siphra. Ou bien pourrait-il y aller à mains nues, ou en s'aidant de rochers trouvés sur place ? Ou bien devait-il ressortir, trouver les outils adéquats à l'astroport et revenir ? Finalement, toutes ces réflexions furent remplacées par un gémissement de douleur.


                                -Gnn...

                                Derrière lui, Siphra se massait le crâne et le bas du dos, comme autant de points douloureux suite à sa chute dans les abysses de la grotte. Elle prit un long moment pour rouvrir enfin les yeux, après avoir pris tout son temps pour s'assurer qu'elle n'avait rien de cassé. Elle était vivante, ce qui relevait déjà du miracle après une telle chute où elle n'avait pas une seconde pensé à elle-même pour sauver le Novice. Et même si la douleur diffusait dans tout son corps, elle n'avait aucun regret à ce sujet. Comme beaucoup de Jedi, elle avait entendu parler d'Ilum, et surtout de ses fameuses grottes aux cristaux, plus dangereuses que celles de Dantooine, mais également bien plus prolifiques et produisant des artefacts bien plus puissants. Et à cet instant, ils baignaient dans la Force et dans ces créations uniques, issues à la fois de la volonté de la Force et des mouvements telluriques. Un phénomène fascinant, jamais observé ni expliqué... Lorsqu'elle regarda autour d'elle, la Maître Jedi put apercevoir Dayimiyo. Celui-ci semblait en pleine introspection, et il ne fallut pas longtemps à Siphra pour comprendre ce qui le fascinait à ce point : non loin de lui, un cristal mauve semblait attirer inexorablement son regard. Alors, lentement, elle se redressa, pliant les genoux sous elle.

                                -La Force est facétieuse, mais je commence à comprendre pourquoi nous avons vécu toute cette aventure, Dayimiyo... Je sais que tu ressens comme moi la puissance qui émane de ce cristal, et que tu sens également que tu ne trouveras nulle part ailleurs quelque chose d'aussi pur à tes yeux.

                                Elle ferma les yeux, pour essayer de diffuser sa présence au Novice, se faisant rassurante pour lui.

                                -Il semblerait que tu aies une ultime étape à franchir pour obtenir ce qui semble te revenir. Finalement, n'est ce pas là la plus grande leçon de ce voyage ? Rien ne te sera donné, ni cédé, jamais. Ce que tu obtiendras, tu en auras le plein mérite. Je sais que tu as tendance à douter de toi, mais cela n'a pas lieu d'être. Laisse la Force affluer en toi, et tu parviendras à extraire ce cristal, avec toute la douceur nécessaire. Courage, Dayimiyo. Nous voyons le bout du chemin.


                                Kryann

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