L'exil plutôt qu'une mort injuste
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Post n°10
Auteur : Dayimiyo QoraasDurant le voyage en hyperespace, le jeune Jedi n'avait pas chômé, bien au contraire. Supervisé par sa garante, il avait continué son entraînement à la maîtrise de la Force, consistant dans un premier temps en plusieurs exercices de méditations. Ces derniers avaient permis au novice de comprendre un peu mieux son "empathie" : dès qu'il faisait appel à la Force de quelque manière que ce soit, elle sondait les environs et lui apportait les émotions des êtres alentours. Heureusement, les seules autres personnes à bord étaient deux Jedi qui avaient appris à maîtriser leurs émotions, aussi l'empathie était largement supportable. Mais pour faire usage de la Force dans un endroit plus peuplé, ce ne serait pas aussi simple. Idéalement, il faudrait qu'il puisse à faire le vide dans son esprit, ou bien à apprendre à se fermer à certaines d'entres elles, comme une sorte de filtre, voire de muraille, mais cela demanderait un entraînement long et rigoureux. Tant qu'il ne pourrait réussir à bloquer les émotions parasites, il devrait apprendre à les supporter. Siphra semblait soucieuse du problème de son élève. Elle tentait de l'aiguiller du mieux qu'elle pouvait, avec calme et compréhension. S'il était encore loin de parvenir à maîtriser ce qu'elle lui enseignait, il était reconnaissant de l'attention qu'elle lui portait. La leçon prit finalement fin, et peu après, le Jedi en devenir dormait à poings fermés.
Son réveil se passa mieux que le précédent. Le jeune homme ouvrit les yeux lentement, entendant un son venant de l'intercom. La voix de Pete résonnait dans ses oreilles. Ils allaient bientôt arriver. Il se leva avec entrain. Cette fois, il était bien mieux reposé qu'au début de leur voyage. Pour ainsi dire, il débordait d'énergie. La perspective de découvrir une nouvelle planète le l'excitait au plus haut point. La description qu'en avait faite Siphra n'avait d'ailleurs fait que renforcer ce sentiment : « Un monde perpétuellement pris dans la glace ». Il n'avait jamais vu ça de sa vie. Il avait vraiment hâte d'y être. Mais il fallait qu'il se reprenne. Ils n'étaient pas là pour faire du tourisme. La Force l'avait appelée ici. Cette planète avait un lien avec l'énigme du fantôme, il en était certain. Et peut-être même que c'était lié au passé des Jedi en ces lieux.
"Maître, qu'est-ce que représente Ilum pour l'Ordre, exactement ?"
La question s'était posée d'elle-même, entre deux entraînements du novice.
"Eh bien, comme je te l'ai dit, Ilum était autrefois un endroit sacré pour nous autres Jedi. C'était un cap décisif dans l'entraînement des novices. Mais avec la chute de l'Ordre, nous avons dû délaisser cette planète. Nous devions disparaître, et des voyages répétés aussi loin de notre cachette étaient trop dangereux. Quelques-uns parmi nous s'y sont tout de même rendus après notre déchéance, mais cela fait plusieurs années qu'aucun Jedi n'a foulé son sol."
Dayimiyo ne dit rien pendant un court moment. Les témoignages de Siphra ne faisaient que noircir le tableau déjà sombre qu'était la chute des Jedi. Leur chute avait été totale. Ils avaient tout perdu à ce moment-là. Mais ils avaient réussi à survivre. À se relever.
"Je vois... Et qu'est-ce que les novices faisaient ici ?
-Il s'agissait d'un test pour déterminer s'ils méritaient un sabre laser. S'il était réussi, les novices obtenait un cristal Kyber. Ainsi, ils pouvaient construire leur propre sabre laser.
-Leur propre sabre laser ?"
Il s'en souvenait, maintenant. Ça lui était sorti de l'esprit, mais les choses restaient les mêmes. L'entraînement au combat faisait aussi partie des choses qu'il devait maîtriser. Il était toujours peu enclin à se battre, mais l'épisode du Temple Jedi lui avait fait comprendre qu'il devait apprendre à se défendre. Son premier combat s'était soldé par une défaite, d'autant plus que l'ennemi qu'il combattait n'était pas réellement là. Sa main se referma sur le pommeau de sa vibrolame. Il comprenait maintenant pourquoi Kryann la lui avait confiée.
Il tenterait toujours d'éviter le conflit, mais une telle éventualité ne pouvait être ignorée. Les dires de la Cathar lui revenaient en tête. Cette arme était avant tout un symbole d'espoir. Peut-être qu'en la voyant ainsi, il arriverait plus facilement à l'accepter. Oui, ça valait la peine d'essayer. D'ailleurs, c'était peut-être une bonne idée de s'y mettre tout de suite.
"Dites, Maître, je... ne sais pas trop comment vous demander ça, mais..."
Les mains dans le dos et le regard fuyant, il osa poser sa question.
"Pourrais-je... voir le vôtre ?"
Il crut voir l'espace d'un instant un soupçon de surprise sur le visage de la Chevalière, avant d'être remplacé par un de ces sourires légers et presque malicieux dont elle avait le secret. Acquiesçant, elle détacha l'objet de sa ceinture et le lui présenta.
Le manche était simple en apparence, globalement lisse, avec des extrémités qui ressortaient, légèrement chromé et parsemé de quelques parties noires. Cette arme était sobre, tout simplement. Mais il se doutait que ce n'était pas tout. Reprenant le sabre, Siphra pressa le bouton sur le haut du manche, et soudainement, une lame couleur émeraude en jaillit, faisant sursauter le novice. Cette vision était irréelle. Un trait de lumière blanc et vert, oscillant dans un vrombissement léger, venait de sortir de la poignée du sabre. Le jeune homme ne savait pas quoi dire. Les Jedi n'avaient décidément pas fini de l'étonner. Ce n'était même que le début. Voyant l'air sidéré de son élève, Siphra décida de l'éclairer un peu plus. Elle éteignit son arme, et la tendit à nouveau. Mais avant qu'il n'ait le réflexe de la saisir, elle se mit à léviter juste au-dessus de la main de la Jedi. Puis, l'arme commença à se démonter lentement, pièce par pièce, jusqu'à ce que chacun de ses composants soient parfaitement alignés les uns derrière les autres, toujours dans les airs. Parmi toutes ces pièces mécaniques, se trouvait une pierre cristalline verdâtre.
"Est-ce que c'est...
-Le cristal Kyber. C'est lui qui produit la lame. Mais il n'est efficace que grâce à chacune des pièces que tu vois là. La cellule d'énergie, l'émetteur, la lentille, tous ont leur fonction."
Il tiqua sur le dernier composant. Sa main glissa dans sa poche et il passa entre ses doigts la lentille du temple. Mais sa curiosité et son émerveillement revinrent de plus belle.
"... Continuez, s'il vous plaît."
Souriante, Siphra expliqua en détail le fonctionnement et la place de chaque pièce. Elle n'était pas une combattante par nature, mais elle prenait goût à enseigner au jeune homme.
Lorsqu'ils eurent terminé, Dayimiyo avait plus de respect pour cette arme si singulière et un peu mieux compris en quoi elle pouvait être un symbole.
Tandis que le vaisseau entamait sa descente, Dayimiyo se hâta d'aller retrouver Siphra et Pete. Il ne trouva que la première, Le Chevalier ayant besoin d'un peu de temps pour atterrir. Tous deux profitèrent de ce moment pour enfiler des vêtements adaptés. Manteaux épais à capuche, gants et bottes adaptées à la neige, rien n'était de trop face au blizzard. Une intense vibration se fit sentir lorsqu'ils eurent finit. Le vaisseau s'était enfin posé. Peu après, le Jedi les rejoignit, et ils se dirigèrent ensemble vers la sortie du cargo.
Mais à peine la passerelle s'ouvrit que le froid extrême se glissa dans l'ouverture, arrachant un frisson au novice pourtant protégé par sa tenue. Siphra n'avait pas menti : le climat d'Ilum était rude, terriblement rude. Même les nuits d'hiver les plus glaciales de Sacorria n'étaient rien face à ce vent glacial.
Les Jedi entamèrent alors leur sortie. Dayimiyo emboita le pas à ses deux compères, jusqu'à ce que lui aussi marchent enfin sur le sol gelé. Les premiers pas du jeune homme sur Ilum. Il était tout simplement subjugué par la beauté du paysage maculé de blanc. Devant lui se dressaient des montagnes gelées, immenses, magnifiques et imposantes. Derrière cette beauté se cachaient probablement d'innombrables dangers, mais il était déterminé. Il percerait le mystère de ce monde de givre. -
Post n°11
Auteur : Super PNJIl n'y avait pas des dizaines d'explications possibles pour une ancienne esclave qui subissait des hallucinations. Une réminiscence d'un passé trop lourd, l'influence d'une quelconque drogue ou celle, plus obscure et opaque, de la Force. Quelle qu'en fut la raison, il était certain que celle de Lilithyia n'avait aucune envie de la ménager. La violence des scènes qu'elle revivait témoignait à la fois de l'emprise de son Maître sur elle autant que des traumatismes qu'elle subissait suite à ses aventures sur Tatooine et Vinsoth. Mais pouvait on le reprocher à une Chagrienne esseulé et sans repères, envoyée à l'autre bout de la Galaxie ? Certainement pas. Et pouvait-on lui reprocher de se jeter à corps perdu dans les congères glaciales d'une planète inconnue ? Sans doute un peu plus. Mais on ne pouvait pas lui imputer un manque de courage. Ou de folie. Ou de confiance.
Toujours est-il qu'en plongeant la tête la première dans les ténèbres et l'obscurité des grottes d'Ilum, la jeune fille scellait son destin. Elle ne pouvait absolument pas le savoir, compte tenu de son manque d'éducation, mais Ilum n'était pas juste une réserve presque infinie de cristaux Kyber. Au contraire. Elle était également un haut lieu de la Force, la cible de nombreuses convoitises, et surtout, un endroit où de nombreux secrets étaient gardés. Mais pour l'heure, elle n'en saurait rien. Pour l'heure, elle devait avancer ou reculer. Dans les tréfonds de cette grotte, à nouveau, elle pouvait ressentir à la fois comme un très faible murmure, qui répétait son nom, encore et encore, alternant entre celui qu'elle s'était choisi et celui par lequel on l'avait nommée en tant qu'esclave. Lilithyia comprendrait rapidement qu'on s'adressait à elle, oui. Et à d'autres. Mais pourquoi ? Elle n'en savait rien. Tout ce qu'elle pouvait deviner était que cet appel pouvait changer sa vie. Si elle survivait.***
De murmures, il n'était pas question pour Pete à cet instant. Car pour le jeune homme qui avait tous les droits du monde de se sentir frigorifié, ce fut par une rafale de vent et de neige qu'il fut accueilli, sans aucune douceur. Siphra s'était à moitié trompée : la chaîne de montagnes ne protégerait pas les Jedi des bourrasques glaciales, uniquement de potentiels curieux. De fait, en lieu et place de comité d'accueil, il n'eut droit qu'au crissement de la poudreuse lorsque son pied s'enfonça de quelques centimètres pour finalement toucher le sol gelé d'Ilum. Comme ses acolytes sensitifs, il ne pouvait pas ignorer le pouvoir qui résidait dans cette planète, fut-il capable ou non d'en déterminer l'origine.
Rapidement, il fut rejoint par Siphra, qui a était suivie de son padawan La jeune femme avait la sensation intime de ne pas avoir un seul mais bien deux Jedi perdus avec elle. Son instinct à elle lui intimait de faire confiance à la Force avant tout, et la Force lui dictait d'accompagner et d'aider ses frères. En particulier lorsque ceux ci se retrouvaient aussi lésés par la vie. Elle posa sa main sur l'épaule de Ppete. La Mikkian lui sourit et lui parla directement.
-Vous avez vécu quantité de choses, Pete, et je comprends que vous ne vouliez pas en parler. Néanmoins, je vous suis reconnaissante de nous accompagner, et de participer à l'apprentissage de Dayimiyo. Puisse la Force me permettre de vous rendre la pareille dès que possible.
Elle eut un simple silence.
-Vous portez des blessures profondes, mon frère. N'oubliez pas qu'un jour, vous devrez les soigner.
Elle s'apprêtait à poursuivre lorsqu'elle releva la tête. Comme si quelque chose venait de la traverser. Immédiatement, elle regarda Pete et Dayimiyo : eux aussi devaient l'avoir senti. Comme si un courant d'énergie concentrée, pure, comme si la Force elle-même venait de la toucher, au cœur, aux tripes, presque violemment. C'était aussi ténu que puissant, aussi furtif que prenant. Il y avait, ici, bel et bien quelque chose qui les touchait, tous les trois. Et qui venait des entrailles de ce monde.Spoiler : Spoiler
Kryann -
Post n°12
Auteur : Darth LilithyiaAvez-vous déjà ressenti la sensation d’oppression ? Celle de peiner à respirer, de trouver son calme dans un endroit où vous ne vous sentez pas en sécurité. C’était le sentiment qui prévalait sur tous les autres en ce moment pour la jeune Lilithyia. L’atmosphère dans cette grotte était suffocante, rares étaient les bruits si ce n’était ces longs murmures inhumains, qui répétaient sans cesse les mêmes choses, rythmant ainsi sa lente progression dans cet endroit terrifiant.
« Elizyia… Mos… Lilithyia… Elizyia... »
Elle fut un peu plus perturbé d’entendre ce deuxième nom, elle s’était autrefois autoproclamée ainsi en mémoire de son défunt sauveur de Tatooïne mais rares étaient ceux qui le savaient. Cette grotte, cette montagne et même encore plus globalement cette planète semblait connaître tellement de choses. Quelle était la connexion entre Ilum et la galaxie toute entière ? Hésitante, la chagrienne effleura de ses mains les parois rocheuses par endroits plus tranchantes et l’avancée se complexifiait. La lumière de l’antre commençait rapidement à disparaître et les ténèbres l’envahirent soudainement. Manquant de trébucher sur une pierre au sol, elle se rattrapa de justesse et activa sans plus tarder son sabre laser. Debout, les jambes tremblotantes, elle n’arrivait pas à se calmer et à faire le vide dans sa tête. La peur n’avait jamais autant pris possession de son corps, elle semblait ne plus pouvoir avancer.
* Que m’arrive-t-il ? Calme-toi ! Respire.
Elle ferma les yeux et tenta de retrouver son souffle petit à petit, mais elle peina à y arriver. Au bout de quelques secondes, la sensation de ne plus être seule s’empara d’elle violemment, elle ouvrit les yeux sur-le-champs et une ombre animée par les reflets de la lumière du sabre s’approcha lentement d’elle. Lilithyia referma ses mains sur l’artefact de Wyllord et se prépara à se défendre avec la peur au ventre… Mais contre toute attente, l’ombre se rapprocha à une vitesse au-delà du possible pour un être vivant et fonça sur l’apprentie prise de panique.
Tapant du poing sur le sol dût à un spasme, Lilithyia se surprit elle-même et ouvrit les yeux, elle était complètement allongée sur le sol face contre terre. Elle se releva doucement sur ses 4 membres et comprit qu’elle avait une nouvelle fois perdu connaissance lorsqu’elle avait fermé les yeux pour se calmer. Le doute l’envahissait grandement à présent, devait-elle continuer à combattre des visions plus glaçantes encore que la température la plus négative de cette planète ? Les palpitations de son cœur ne s’étaient toujours pas calmées depuis son arrivée dans la grotte et cela devenait pénible aussi bien pour son mental que son corps. A cet instant, elle aurait préféré cent fois subir un entraînement intensif de Wyllord sur des heures et des heures sans jamais se reposer et même si en fin de compte c’était un peu exagéré, le ressentiment de cette grotte lui faisait perdre toute notion de rationalité.
Maîtresse… J’… J’ai besoin de vous là… *
Tapant des poings sur le sol, consciemment cette fois, Lilithyia ne put contenir plus encore ses émotions et les larmes lui montèrent brusquement aux yeux. Elle serra les dents, ne souhaitant pas succomber dans cette peur, cette fragilité qui pourrait, le pensait-elle, la détruire dans cet endroit mystique. Alors qu’elle haletait tout en essayant de respirer plus profondément, la voix caverneuse fantomatique de tout à l’heure résonna.
« Que fais-tu ici… Elizyia… esclave... »
Écarquillant les yeux instantanément, gonflant ses poumons puissamment, la jeune apprentie prit appui sur ses poings et se releva sur ses deux jambes. Les mots avaient un pouvoir que les actes n’avaient pas, ils réveillaient des émotions qui amenaient les agissements et non pas l’inverse. Elle n’avait pas subi tout ce qu’elle avait vécu en venant ici pour s’arrêter maintenant. Oui, elle avait été esclave mais elle ne l’était plus. Sa faiblesse était son passé, et aujourd’hui encore on s’en servait pour la dénigrer, même les mystères d’une grotte au fin fond d’une planète gelée le savait. A moins que son passé ne fut pas seulement une faiblesse ? Car en fin de compte, son passé n’était-il pas également une force qu’elle devait utiliser pour avancer ? Pour tout simplement se souvenir d’où elle venait afin de surmonter le destin injuste qu’on lui avait donné vulgairement à sa naissance.
« Bien… Avance… Darth Lilithyia... »
Sentant qu’il lui manquait quelque chose, elle regarda vers le sol mais la luminosité étant grandement diminuée, elle ne parvenait pas à percevoir ce qu’elle cherchait. Sans fermer les yeux cette fois, Lilithyia tendit sa main droite et sa vision se focalisa sur le chemin obscur devant elle. A peine visible, grandement aidé par de faibles éclats de lumière sur les parois, il semblait impénétrable.
Une larme termina de couler sur sa joue, mais son visage était fermé, sa concentration était totale et quelques secondes plus tard, le sabre laser de Wyllord revint dans sa main. Activant à nouveau le sabre, elle laissa cette fois un regard en arrière, comme pour se défier elle-même, la partie d’elle qui voulait abandonner.
La caverne lui avait tracé un chemin à suivre, elle seule pouvait l’emprunter, sans aucune aide extérieure, c’était son défi à relever.
Au bout de quelques minutes de marche sans perte de connaissance pour l’instant, Lilithyia put apercevoir de temps à autre quelques cristaux d’une faible lueur l’aider à arpenter les ténèbres de cette cavité rocheuse. Les évènements qui survinrent auparavant ajoutés à ces reliques ne laissaient plus trop de doute pour Lilithyia qui comprit à quel point ce test pourrait être nécessaire à avancer au sein de l’Ordre Sith. C’était une nouvelle épreuve, lancée par la force elle-même ou quelqu’un qui savait la manipuler avec une grande aisance. Dans tous les cas, il lui faudrait montrer de quoi elle était faite pour parvenir au bout du chemin… -
Post n°13
Auteur : Dayimiyo QoraasMalgré la majesté du paysage et l'aura étrange de ces lieux, Ilum restait un monde inhospitalier. Le vent soufflait de plus en plus fort, et le froid s'intensifiait dans le même temps. Il allait vite falloir prendre une décision sous peine de finir en statues de givre.
Alors que Siphra s'approchait de Pete, Dayimiyo, lui, s'avança légèrement de son côté. Le regard perdu dans le blizzard, et malgré le froid, il ferma les yeux un instant. Quelque chose à propos de cet endroit était étrange. Il n'était pas sûr d'où il devait aller. Depuis le début de leur voyage, il avait toujours eu au plus profond de lui cette étrange impression de savoir quelle était la voie à emprunter, comme si la Force le guidait sous forme d'intuition. Mais là, rien. Enfin, pas exactement. Ce n'était pas qu'elle avait complètement disparu, mais plutôt qu'elle s'était tue. Il se sentait comme un voyageur dont la boussole venait de se casser.
Il était quelque peu dépité. Il se retrouvait à nouveau dans le flou total. Cette sensation d'avancer à l'aveuglette... il détestait ça. C'était assez étrange pour quelqu'un d'aussi curieux.
"Maî-"
Il n'eut pas le temps de continuer qu'il fut immédiatement interrompu. D'un coup, comme ça, la Force le transperça. Même après le choc initial, la sensation était encore vivide dans sa poitrine. C'est là que ses prières furent exaucées. L'impression était revenue, plus forte que jamais. Toutefois, elle semblait différente. Il ne savait pas mettre des mots dessus, mais quelque chose n'était plus pareil.
Ses poils s'étaient hérissés. La boussole s'affolait, à présent. Il était surpris, peut-être même inquiet, mais au moins ils avaient une direction.
Il se tourna vers Siphra pour l'en informer, mais fut étonné de la voir, ainsi que Pete, avec un air à la fois étonné et circonspect.
Serait-il possible que...
"Maître, vous aussi vous avez... senti cela ?"
Elle hocha la tête, sans rien dire. Voilà une différence avec avant. Ce n'était pas normal, du moins pas à sa connaissance. Qu'est-ce que la Force faisait, au juste ? Il ne comprenait plus rien.
"Qu'est-ce... qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce que c'est ?"
La Jedi garda son regard vers où semblait provenir l'appel.
"... Je l'ignore."
Son incertitude se ressentait aussi dans le ton de sa voix. Elle semblait inquiète, et sur ses gardes. Dayimiyo ne l'avait jamais vue comme ça. La Maître Siphra toujours sûre d'elle et calme, semblait faire face à l'incertitude. Si elle était dans cet état, alors les risques étaient bien réels. Et pourtant...
"Si c'est un appel, alors... je pense que nous devrions y répondre."
La Jedi tourna la tête pour enfin croiser le regard du novice.
"Dayimiyo-"
"Nous n'avons pas le choix. C'est notre seule piste. On... on ne peut pas rebrousser chemin maintenant. C'est peut-être dangereux, mais c'est là que la Force veut qu'on aille."
Ils se regardèrent en silence quelques instants, jusqu'à ce que Siphra tourne à nouveau la tête.
"Je ne comptais pas te demander d'abandonner, rassure-toi. Nous ne savons pas ce qui nous attend, comme tu l'as dit. Alors je te demande simplement d'être extrêmement prudent.
-Je vous le promets."
La Chevalière sourit légèrement.
"Très bien. Alors allons-y."
Mais alors qu'ils se mirent en route, Dayimiyo se rendit compte d'une chose. Il constatait qu'il avait parlé presque sans hésitation. Tant d'assurance de sa part... Il se surprenait lui-même. Il y a peu de temps encore, jamais il n'aurait osé parler aussi franchement. Trouver la réponse à sa quête le galvanisait tant que ça ? Il n'était pas sûr de connaître la réponse, mais préféra se poser la question une autre fois. Il avait déjà bien trop de mystères à résoudre.
Le trio se mit en route, et marcha un petit moment, jusqu'à arriver au flanc d'une des montagnes qui les entourait. Là, ils tombèrent sur un trou béant dans la roche et la glace.
"Une caverne ?"
Un souterrain... Même si le jeune Jedi était déterminé, il aimait de moins en moins la tournure que prenaient les choses. Se perdre serait chose aisée, et qui sait ce qui pourrait les attendre, tapis dans l'ombre... Pour l'instant, mieux valait ne pas y penser, et rester concentré.
Cette fois-ci, Siphra prit les devants.
"Dayimiyo, surtout, reste près de moi. Pete, fermez la marche. Avançons prudemment."
Tous deux acquiescèrent.
C'était risqué de s'engouffrer ainsi, mais s'ils voulaient des réponses, ils allaient devoir continuer. Et puis, si la Force tenait tant à les mener là où elle désirait qu'ils soient, il n'allait probablement rien leur arriver de grave.
Du moins, c'est ce que le jeune homme espérait qu'il se produise. -
Post n°14
Auteur : Ramius LemLa carcasse du gorgodon était encore chaude. Ramius ressentait encore les effets de l’adrénaline qui avait littéralement inondé son être. Un test de plus se disait-il, un test réussi mais qui gagnait en intensité à chaque fois. La question à se poser en la circonstance n’était pas s’il y en aurait un prochain. Il y en aurait un autre, c’était une certitude. Mais jusqu’où cela allait aller ? Cette idée même suscitait chez lui une angoisse, assurément. Mais cette angoisse paraissait bien dérisoire à côté de la colère qu’il ressentait. Il en avait assez que l’on joue ainsi avec sa vie.
Alors qu’il s’attendait à un énième ricanement ou quelconque parole jubilatoire de la part d’Azadji, un silence retentissant se fit entendre. Regardant tout autour de lui, Ramius s’aperçu qu’il était seul. Il n’eut même pas l’idée d’interpelé le Sith à haute voix, il ne ressentait même pas sa présence. Il n’en avait rien à faire en réalité… il pouvait enfin sortir de cette mine !
Sans plus attendre, Ramius se dirigea vers la sortie de la grotte dont seul un léger trait de lumière arrivait à percer la masse vaporeuse qui se trouvait devant elle au sol. Il pouvait déjà sentir le vent glacial sur la peau souillée de son visage et ses cheveux bouger. Il y était enfin ! Plus que trois pas et il serait dehors ! Un… deux… trois… Alors que cette liberté tant souhaitée était à sa portée, Ramius se stoppa… devant une paroi cristalline humide. La brume se dissipait peu à peu. Là où le jeune homme avait vu neige, rochers et ciel étoilé, il y avait maintenant cette paroi. Ramius ne put s’empêcher d’y poser ses mains et de frapper la paroi en lâchant un cri de colère. Une illusion ? A mesure que la brume se dissipait, l’adrénaline perdait de ses effets… et avec elle, la Force. Soudainement, Ramius avait froid. Froid en son for intérieur et le feu qui brûlait toujours en lui déclinait pour ne devenir que de simples braises. Plus de paroles, plus de ressentis, plus d’impressions… Ramius était seul mais d’une manière inédite pour lui, comme si la Force elle-même s’était retirée. Voilà que cela recommençait… Un nouveau test.
Quittant sa position, il voulu reprendre son blaster mais il était en miette et de manière générale, il n’y avait rien autour de lui qui pouvait lui servir d’arme. Il trouva simplement un dispositif d’éclairage, qui par chance fonctionnait encore, sur un des cadavres. Il ne produisait pas une grande lumière, même une lumière assez faible comparable à une veilleuse peut être, mais c’était suffisant pour arpenter le tunnel qu’il avait emprunté pour se retrouver dans cette caverne, car même les cristaux semblaient s’être endormis. Ramius ne voyait plus cette faible lueur qui les animaient jusqu’ici.
Après plusieurs dizaines de minutes, Ramius devait se rendre à l’évidence… Il était perdu. Le pad sur lequel se trouvait les plans de la mine n’avait lui aussi pas survécu à sa rencontre avec le gorgodon, il avançait donc à l’aveugle. Il ne saurait dire combien de tunnel il avait emprunté mais une chose était certaine, ses efforts pour rebrousser chemin et revenir à l’entrée principale de la mine était un échec. Et comme si cela ne suffisait pas, la lampe qu’il avait récupérée était sur le point de rendre l’âme…. Mais à sa grande surprise, lorsque cette dernière s’éteignit, il ne se retrouva pas dans l’obscurité totale.
Sur sa gauche, une multitude de cristaux s’éveillaient d’une pâle lueur violacée, se perdant dans un nouveau tunnel apparemment profond. C’est donc tout naturellement que Ramius s’engagea dedans.
Le tunnel semblait ne pas avoir de fin. A mesure qu’il avançait, le sensitif constatait que ce qu’il considérait comme la sortie ne faisait que s’éloigner. Il s’arrêta alors un instant, une seconde à peine. Et il se mit alors subitement à accélérer le pas pour se mettre alors à courir. Puis il s’arrêta et observa… Toujours le même décor et la sortie se trouvait exactement à la même distance. Il ne s’en était pas rapproché d’un centimètre. Se disant qu’il allait faire demi-tour, il rebroussa chemin mais à sa grande surprise, le tunnel derrière lui était identique à celui qui se trouvait devant lui. C’était à en devenir fou.
« Qu’est ce que c’est que ça encore. Si le but est de nous rendre fou, alors c’est gagné ! »
Que pouvait-il faire ? Marcher dans ce tunnel sans fin pour l’éternité ?! Il ne ressentait plus rien… ou plutôt il sentait qu’il lui manquait quelque chose. La Force… Elle avait toujours été là, en lui, plus ou moins intensément, mais il avait toujours ressenti quelque chose. Aussi loin qu’il pouvait se souvenir, sans d’ailleurs savoir qu’il s’agissait d’elle. Mais là… il ne ressentait que le vide, l’absence de quelque chose…
C’est alors qu’une lueur rougeâtre, aussitôt accompagnée par des bruits de pas se firent entendre à sa droite. L’entrée d’un tunnel annexe qu’il n’avait même pas remarqué à sa plus grande surprise allait être le lieu de rencontre avec un nouvel acteur de ce test délirant… -
Post n°15
Auteur : Darth LilithyiaUne heure s’était écoulée depuis l’affrontement avec ses émotions et son passé et la jeune Lilithyia s’était enfoncée sur le long chemin menant vers les mystères de la grotte. L’environnement n’avait que peu changé, pour ne pas dire pas du tout. Seules les sculptures rocheuses variaient de temps à autre, entre stalactites et stalagmites qui venaient agrémenter ces parois rocheuses et ces cristaux usés par le temps. L’ennui avait donc remplacé la crainte dans l’esprit de la jeune chagrienne, elle regrettait presque les murmures de cette voix si puissante qui au moins l’accompagnait dans ce périple au cœur des montagnes gelées d’Ilum. Mais alors qu’elle termina de prendre un énième virage dans ce couloir de pierre, elle sentit une perturbation assez soudaine la frapper dans la poitrine, comme un violent courant d’air qui l’avait transpercé la laissant le souffle court pendant quelques secondes. Que se passait-il soudainement ? Lorsqu’elle termina de contourner la paroi rocheuse, le chemin devant elle s’arrêta devant une ouverture dans la roche, assez grande pour y entrer sans se baisser. Elle s’y engouffra sans se poser de question, non sans être toutefois vigilante au moindre bruit suspect qui pourrait survenir.
Son regard balaya la petite salle souterraine dans laquelle elle venait de se retrouver, elle était mieux éclairée que les boyaux qu’elle avait traversé, notamment par le nombre de cristaux plus importants et plus variés au niveau de la couleur. Au fond de la pièce, se trouvait un genre de table de pierre où était encore posé un manche de sabre laser, par curiosité elle s’en empara et tenta de l’activer, en vain évidemment. Alors qu’elle était en train de contempler le sabre, elle le fit presque tomber lorsque la voix retentit à nouveau dans ses oreilles.
« Les anciens sont de retour… Lilithyia… Des rencontres s’annoncent… Prépare-toi… Avance… »
Quels anciens et quelles rencontres ? Cette voix parlait en énigme, pourquoi ne pouvait-elle pas être plus précise ? Cependant, elle prit les derniers mots au pied de la lettre, elle se saisit de son sabre sans l’activer et décida de sortir de cette salle dont elle avait de toute façon fait le tour. Prenant le seul chemin qu’elle n’avait pas encore emprunté, elle reprit son voyage à travers les tunnels de cette montagne.
« Lilithyia… Seigneur sith… Réunis... »
La belle aux cornes pointues s’arrêta, les yeux grands ouverts. Se pouvait-il qu’elle retrouve à nouveau sa maîtresse Wyllord ? Une sensation de bien-être l’enveloppa brièvement, comme si tous ses problèmes étaient partis par ces quelques mots, prononcés par un être qu’elle ne voyait pas et peut-être même qui n’existait pas. Mais pourquoi maintenant ? Pourquoi lui parler de cela à ce moment ?
* Où est-elle ? Réponds-moi ! *
En toute logique, elle ne reçut qu’en guise de réponse le simple silence oppressant de la galerie souterraine. La mine déconfite, l’apprentie continua sa marche inexorable, les questions s’accumulaient et elle commençait réellement à trouver le temps long avec des énigmes qui lui mettaient plus de doutes, qu’elles n’en levaient . Après dix bonnes minutes de marche, l’impatience de la sith était de plus en plus en train de monter crescendo, à tel point qu’elle décida d’activer sa lame et de laisser une vilaine cicatrice sur la paroi rocheuse qui continuait de l’accompagner depuis bien trop longtemps.
- AAAAhhhh ! Pourquoi je suis venue ici !!!
C’en était trop pour elle, l’énervement avait fini par avoir raison de la jeune sith qui ne pouvait s’empêcher de se demander pourquoi elle était là ? Hormis revivre des scènes qu’elle voulait oublier, son passé qui continuait de revenir de manière narquoise par une voix qui n’avait pas de visage et des morceaux de phrase qui ne voulaient rien dire, c’en était définitivement trop !
« Impatiente… Colère… Bien… »
- Tu veux que je me laisse envahir par ce sentiment ?! Très bien !
Laissant agir son agacement, elle avança sans se poser de question, déterminée à sortir d’ici et s’il voulait d’elle qu’elle laisse aller ses émotions, l’esprit allait être servi. Laissant traîner sa lame pointée vers le sol, elle savait qu’elle finirait bien par tomber sur quelque chose et l’hybride aux yeux bleus ne fut pas déçue.
A peine avait-elle laissé de côté sa méfiance et sa prudence qu’elle sentit ou plutôt qu’elle entendit quelque chose ou quelqu’un se rapprochait d’elle sur sa droite. Elle vit devant elle l’embranchement qui la mènerait à nouveau sur un choix à faire, mais elle connaissait déjà ce choix, elle n’allait pas lui laisser le temps de se préparer. Alors qu’elle arriva sur le lieu du croisement, ses yeux se posèrent soudainement sur lui, un homme tout de noir vêtu arrivant par l’endroit dont elle avait entendu les bruits. Il fallait faire vite désormais, et ne laissant guère le temps à l’hésitation de s’insinuer dans sa tête, elle le pointa de son sabre laser, sa lame frôlant le visage de l’inconnu.
- Qui es-tu ?
Une question simple, si simple qu’avec ces trois mots, l’étranger pouvait comprendre beaucoup de choses, notamment dans son intonation. Elle était visiblement agacée, la réponse de l’homme allait être décisive. Elle avait même terriblement envie de lui trancher la tête sans attendre mais quelque chose l’avait stoppé dans son action, une sensation, alors autant lui laisser le temps de se présenter, elle pourrait toujours le faire ensuite et cela briserait quelque peu son ennui. -
Post n°16
Auteur : Pete JeabroPete sursauta. Mais ce n’était pas à cause du froid. Derrière lui, la main chaude de Siphra venait de se poser sur son épaule. Le jeune homme ne s’était pas attendu à un tel geste, lui qui était plongé dans ses pensées : avec ce vent naissant, il se préparait déjà à chercher un endroit où se réfugier. Une tempête était si vite arrivée... Mais le geste inattendu de la chevaleresse Jedi venait de le ramener à une autre réalité. Pete appréciait les remerciements, même s’il les jugeait mal-venus. Le groupe se trouvait à l’aube d’une tempête et ce n’était peut-être pas le meilleur moment pour s’échanger des gentillesses. Mais la dernière phrase lui fit un choc. Là encore, le timing était curieusement choisi : de quelles blessures parlait Siphra ? En soit, il adhérait pleinement aux préconisations de sa consoeur, mais Pete ne comprenait pas ce à quoi elle faisait allusion. Le jeune homme, prêt à partir dans l’une de ces introspections dont il avait le secret, s’interrompit immédiatement. Quelque chose, ailleurs, venait de titiller ses sens. L’impression d’un danger imminent le força à reporter son attention sur son environnement. Après tout, ils étaient en terrain hostile et la discussion allait devoir être ajournée. Car l’instinct de Pete s’agitait de toutes parts. Il ressentait l’urgence de se mettre en mouvement. Dans le regard de Siphra, Pete comprit instantanément qu’elle était du même avis.
- Moi aussi, je l’ai senti ! susurra-t-il avant de se mettre en route vers le vaisseau.
Son enseignement militaire lui intimait d’aller vers ce qu’il connaissait déjà. Et puis, le cargo était le seul endroit où il était certain de trouver chaleur et vivres. Déjà élancé, il arrêta nette lorsqu’il faillit bousculer Siphra qui, à sa grande surprise, s’était dirigée dans la direction opposée : vers les montagnes. Confus, les deux Jedi se regardèrent, comprenant leurs intentions mutuelles à la lumière de leurs yeux. La chevaleresse voulait aller au devant du danger là où Pete, plus prudent, préférait se replier pour observer la situation depuis un lieu sûr. Car ce qu’il venait de ressentir était profond, était sombre était... à éviter. Depuis longtemps, Pete fuyait l'obscurité comme la peste. Il savait qu’il n’était pas infaillible, que le Côté Obscur prenait le temps de vous tourmenter avant de pleinement vous corrompre. Ça commençait par des promesses alléchantes, puis de premières récompenses et, lorsque l’étourdi avait pleinement baissé sa garde, venaient alors les déconvenues, le chaos et le tourment. Pete voulait à tous prix éviter ça ! C'était pourquoi, au moindre doute, le jeune homme préférait passer son tour. Car la corruption du Côté Obscur, il l’avait vue, de ses propres yeux. On voit d'abord un visage amical, une solution à un problème. Puis, au moment fatidique, le fameux ami vous frappe dans le dos. Ça avait été le cas dans la Montagne Noire d'Endor, lorsque le même Sam qui avait sauvé Pete des Sanyassans avait finalement retourné son arme contre le Maître Jedi Vendar Olorin. Une corruption par le Côté Obscur qui, selon les maîtres du Conseil, avait eu le temps de grossir de manière inaperçue pendant de longues années.
C’était peut-être ça, les blessures dont parlait Siphra ? Cette expédition dans les entrailles de la Montagne Noire n'avait cessé de hanter Pete. Il y pensait en permanence : à ce qu'il avait fait de bien et ce qu'il aurait pu faire de mieux. Il repensait aux heures passées avec Sam et à l'incapacité que Pete avait eue de déceler la trahison à venir. Il repensait à la bataille dans l'immense caverne et à sa décision de laisser son propre maître derrière lui. Il repensait à cette vision qu'il avait eue, celle où il avait affronté son père. Et pour autant, Siphra avait tort : Pete n’était pas blessé. Il était même celui qui s’en était le mieux sorti ! Il n’avait perdu ni la vie, ni un frère, ni son maître. Or, personne parmi Vendar Olorin, Phyl Reel ou Tev ne pouvaient s’en vanter. À son retour au Sanctuaire Jedi, Pete avait même été considéré comme un héros. Un héros, l'était-il vraiment ?
Ses pensées, une nouvelle fois, furent évacués en un instant par Siphra. Pourtant, elle n’avait pas bougé. Elle s’était contentée de regarder Pete avec un regard au fond duquel une intensité immuable brûlait : elle ne changerait pas d’avis. En le comprenant, Pete retint un hoquet. Lui non plus ne pouvait pas changer d’avis ! Ce qu’ils avaient ressenti, tous les deux, était quelque chose de profond, quelque chose d’ancien, quelque chose de mauvais. Très légèrement, Pete entrouvrit la bouche, comme s’il s’apprêtait à justifier sa décision, qui pourtant était pleine de sens. Ce qu’ils s’apprêtaient à vivre était trop semblable à ce qu’il avait déjà traversé dans la Montagne Noire. Là, ce n’était pas du bon sens, c’était son instinct qui le lui hurlait aux tympans. Et, il le savait, il ne serait pas capable d'affronter pareille épreuve une nouvelle fois. Son salut, il ne l'avait dû qu'à deux choses : la bienveillance de Phyl Reez et sa propre naïveté. En tant que simple novice, fraichement débarqué dans l'Ordre Jedi, méconnaisseur de la Force et du passé de ses acolytes, il avait fait les choix qui lui avaient permis d’éviter de sombrer dans le Côté Obscur. De nombreuses fois depuis, le jeune homme s’était demandé comment les choses se seraient passées s’il avait été plus aguerri, plus mature, plus... Jedi. Ce jour-là, Sam aurait-il été le seul à sombrer ? Pete n’avait pas la réponse. Mails il était hors-de-question qu’ils entrent dans les entrailles des montagnes d’Ilum pour vérifier. Il avait un très mauvais pressentiment et, généralement, son instinct ne le trahissait pas. La Force ne le trahissait pas.
Un unique oeil. C’était celui de Dayimiyo, qui le fixait à son tour. Pete ne savait pas s’il avait ressenti le signal dans la Force, mais il était aux côtés des deux chevaliers, observant leur joute silencieuse. Il paraissait si jeune et à la fois si... naïf ? En un sens, Pete se reconnaissait en lui. Et, même s’il n’était pas son maître attitré, il savait que c’était sa responsabilité, en tant que chevalier, de le protéger. Il était inenvisageable que Dayimiyo vive la même chose que ce que lui-même avait vécu. C’était trop pour quelqu’un qui souhaitait rejoindre l’Ordre Jedi. C'était trop pour n'importe qui.
Siphra dit quelque chose que Pete n’entendit pas. Il contemplait, encore trop loin d’eux, le vaisseau salutaire. Celui qui les avait amenés ici mais qui pouvait encore les ramener dans la douceur du foyer d’Endor. C’était ironique, se disait Pete. En venant ici, il avait cru répéter l’histoire : celle qu’il avait vécue précisément sur Ilum, où il avait dû surmonter tant d’épreuves pour construire son sabre-laser. Et maintenant, il se demandait s’il ne s’apprêtait pas à vivre une autre histoire : celle de la Montagne Noire, où il avait dû faire usage du même sabre pour sauver sa peau et celle de ses camarades. Et il avait beau y penser, cette perspective ne l’enchantait absolument pas. Comme l’avait évoqué Siphra, Pete faisait de gros efforts pour être avec eux aujourd’hui. Et, contrairement à ce qu’il avait vécu sur Endor, il était plus rôdé. Aujourd’hui, il avait le pouvoir de reculer devant le danger, plutôt que d’y foncer tête baissée. S'il y avait des destins à changer, il était encore temps.
À son tour, Dayimiyo posa une question. Lui aussi avait senti la Force et, de toute évidence, ça l’inquiétait. Mais son intervention fut une aubaine car, immédiatement, Siphra dû porter son attention sur lui. Cette interlude offrait quelques minutes de répit à Pete pour que, lui aussi, remette ses idées en place. Peut-être que Siphra avait raison et qu’il était blessé. Mais Pete savait aussi que lorsqu’il avançait autant à reculons, c’était mauvais signe. Leur expédition improvisée ne présageait rien de bon et ce, depuis le début. Le répit ne fut que de courte durée : Dayimiyo avait insisté pour aller de l’avant. Siphra en avait profité pour l’encourager et mettre fin au débat muet. : quelque chose qui n’était pas vraiment du goût du chevalier. Mais il n'eut pas son mot à dire car, déjà, le duo s’éloignait pour se rapprocher des montagnes.
Lentement, un nuage de buée s’éleva dans l’air glacial d’Ilum, alors que Pete poussait un soupir de résignation. Il aurait souhaité crier, les interpeller, pour leur demander de faire demi-tour. Mais, il devait l’avouer, il n’en avait pas eu le courage. Après tout, ils étaient des Jedi et si la Force leur disait d’aller dans cette direction, alors ils faisaient certainement la bonne chose. Qui était-il, lui, Pete, pour les en dissuader ? Siphra avait des années d'ancienneté dans l'Ordre Jedi, là où lui faisait partie des derniers arrivés. Histoire de faire taire ses doutes, le chevalier Jedi regarda une dernière fois la silhouette métallique du vaisseau. À nouveau, le battement dans la poitrine lui fit comprendre que c'était là qu’il désirait être. Mais il combattit son instinct naissant pour se détourner et emboiter le pas à ses camarades. Quoi qu’il advienne, il ne serait certainement pas de trop. Et il avait promis de les accompagner. -
Post n°17
Auteur : Ramius LemSi proche de lui, la lame rouge du sabre-laser diffusait une chaleur qui en d’autre circonstance aurait pu être réconfortante. A la chaleur et à la lumière vive, Ramius sentait aussi une odeur singulière exhalée par l’arme, aussi piquante et agressive que discrète. Les mains bien en vue pour indiquer qu’il ne représentait aucune menace, Ramius ne lâchait pas la nouvelle venue du regard. Elle était sensitive elle aussi, il pouvait le sentir malgré une maîtrise quasi instinctive et imparfaite de ses sens et de la Force… cette dernière semblait même être revenue à lui aussitôt que la jeune femme l’avait menacé.
« Qui je suis… Plus je passe de temps dans cette mine et plus répondre à cette question devient difficile… »
Le regard de Ramius n’était pas spécialement menaçant mais pas dès plus agréable non plus. Une certaine lassitude et fatigue pouvaient se percevoir dans le ton de sa voix. Était-ce là encore une nouvelle illusion ? Une manifestation destinée à le tester encore et toujours ? Et comment faisaient-il tous pour se procurer cette arme fascinante ?!
« Je m’appelle Ramius et je suis en mission pour La Gueule… Mais je suppose que tu dois déjà le savoir. Tout comme, à en croire le sabre que tu brandis contre moi, je suppose que tu es une Sith… »
Vace, Azadji et maintenant la jeune femme. Tous ceux que Ramius avait croisé et qui portait cette arme s’étaient présentés à lui comme étant des Sith. Il n’en fallait pas plus pour en déduire que la jeune femme était également de cette obédience. D'autant plus qu'il sentait la Force autour d'elle.
Face à face, les deux sensitifs s'observaient et se jaugeaient d'une certaine manière. Ramius était totalement désarmé et à sa merci, une situation qui n'était pas inédite pour Ramius qui, malgré les bizarreries et les défis auxquels il était confronté depuis le début de cette aventure, se découvrait des ressources jusqu'ici insoupçonnées.
Méfie-toi des apparences...
Cette voix que seul Ramius pouvait entendre était revenue, il en éprouvait presque un certain réconfort et un soulagement.
Le véritable ennemi n'est pas toujours celui qui se présente comme tel
Le jeune homme aurait bien voulu prendre le temps de donner un sens à ces mots, mais la situation ne se prêtait pas vraiment la rhétorique. -
Post n°18
Auteur : Super PNJSpoiler : HRP
- Ramiuuuuus !
Le son se répercutait doucement sur les parois de glace des cavernes environnantes. Léger, presque imperceptibles, ce sifflement exprimé sur une tonalité nasillarde semblait provenir des tréfonds du lieu. Les Ravageurs avaient dit vrai au sujet d'Azadji : s'il avait pu survivre dans ces grottes, ce n'était peut-être pas par sa grande force martiale, mais son sens habile du déguisement. En outre, il faisait peser sur son nouveau protégé une vilaine pression, l'empêchant d'endormir ses sens au risque de finir à genoux, une dague plantée entre les omoplates. Oh ! Bien sûr, l'acolyte sith n'avait aucune réelle raison de faire pencher cette épée de Damoclès au-dessus de la nuque de Ramius Lem. Mais la lente torture que cela pourrait entrainer devait très certainement accroître son excitation...pardon, améliorer l'entrainement du jeune homme au Côté Obscur.
- Ramius !
Et le sifflement continuait. L'Ombre se déplaçait, de gauche à droite, de haut en bas ; des reflets sombres filaient sur la glace comme de vives apparitions sitôt disparues. Un ricanement le ponctuait, donnant au tableau des allures de festival macabre.
- Ramius !
La voix était plus forte à présent. Comme un grand écho, elle résonnait pour tous, trahissant la présence des deux sensitifs à cet endroit pour quiconque pourrait également se trouver dans ces grottes.
- Celle-là n'est pas avec eux... Elle sent le chevin. La moissonneuse, Koras ! Je le lis dans la Force... Pas quelque chose de vraiment clair, un adepte obscur plus nouveau, quelqu'un que je ne connais pas ? Je vois... "Oblivius", Vinsoth. Encore des petits moucherons qui veulent se faire leur place au soleil dans cette galaxie et qui rêvent de défier l'ordre établi. Celle-là n'est pas différente de toi, Ramius. Tu comprends ce que ça veut dire ? Ca veut dire que vous êtes à égalité, perdus ici comme des âmes en peine, prêts à tout pour devenir les champions de la Force qui renverseront les vieux maîtres... Autrement dit, vous êtes rivaux !
Brusquement, une main squelettique se posa sur l'épaule du jeune Ramius Lem. Depuis combien de temps Azadji avait-il reparu ?
- Tue-la, avant qu'elle ne te tue. Tu n'as pas d'alliés, pas ici, pas aujourd'hui... jamais. Azadji posa entre les mains de Ramius son sabre-laser, plongeant dans les yeux du jeune homme un regard vide d'émotions, aussi glacial que le sol gelé. L'acolyte retira sa main de l'épaule du jeune homme et fit un pas de côté, disparaissant à nouveau dans l'ombre, quoique la lueur du sabre-laser écarlate permettait toujours de discerner les contours de sa silhouette. ...Tue-la.
Haa "Azadji" Zen laissait Ramius devant un dilemme entre conciliation et instinct de survie. Il restait maintenant au jeune homme à poser un choix : obéir, et combattre, ou briser ses chaînes. L'arme de l'acolyte sith entre les mains, il avait à présent plus de marge de manoeuvre. Peut-être trop - mais quand Azadji se fit cette réflexion, les dés avaient déjà été jetés.Spoiler : HRP
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Post n°19
Auteur : Ramius LemUn frisson parcourut l’échine de Ramius au moment même où il l’entendit. Le peu de chaleur qu’il avait retrouvé se dérobait à lui une nouvelle fois. Il était donc de retour. Azadji. Il était resté silencieux depuis un moment au point même où le jeune homme s’était demandé s’il ne s’agissait pas d’une illusion de son esprit perturbé par cette mine hantée. Les nerfs de Ramius étaient pour le moins à vifs et sous tension extrême. Son esprit était assailli par des voix venues de nulle part, des voix familières mais de revenants, ses sens étaient saturés de sensations nouvelles et déroutantes, une arme était pointée par une femme au regard hostile, prête à l’embrocher au moindre mouvement suspect et voilà encore qu’on lui disait ce qu’il devait faire… comme dans toute sa vie.
Il avait reçu un entraînement rude toute au long de son enfance, de son adolescence et récemment en tant que jeune adulte. Au fond, c’était un guerrier, formé pour le combat, préparer mentalement pour se battre et endurer. Mais il n’avait jamais été confronté à pareil sorcelleries et menaces.
Le plus curieux étant que son adversaire, cette rivale comme la nommait Azadji, ne semblait entendre sa voix ou bien ne pas en tenir compte ce qui intriguait Ramius fortement. Aussi, lorsque Azadji posa sa main sur son épaule et que, mystérieusement après avoir perçu une sombre présence sur lui, il se rendit compte que ce tenait dans ses mains la même arme que celle qui menaçait de le décapiter, il comprit. Le bref mouvement des yeux de son adversaire indiquant qu’elle venait de se rendre compte de cette subite apparition elle aussi, le sang de Ramius ne fit qu’un tour…
En quelques instants, Ramius activa la lame du sabre laser d’Azadji pour se dégager de la menace de la lame de son adversaire. Ce fut la seule fois où les deux lames rouges s’entrechoquèrent… Mue par l’instinct de survie, le jeune homme porta quelques coups bien placés aux jambes et au torse de la jeune adepte afin de la déstabiliser et lui faire désactiver sa lame. Pour une raison inconnue, la jeune femme semblait distraite ou déconcentrée car à n’en pas douter elle ne semblait tout aussi combattante que lui. Mais Ramius comptait bien profiter de cet avantage. Dans la violence de l’action, la jeune femme finie par lâcher son sabre-laser. Ils échangèrent alors quelques coups mais Ramius avait le dessus. Les techniques de combats au corps à corps qu’on lui avait enseigné s’enchainait parfaitement comme les gammes sur une portée de musique. Le sabre-laser d’Azadji servit à nouveau, mais seulement pour assommer définitivement l’adversaire.
« Il faut que je sorte de cet enfer… »
Ramius ne prêta même pas attention à la jeune femme qui gisait à présent inconsciente à ses pieds. La tension en lui était à son paroxysme… Il se décida à emprunter d’un pas assuré le chemin d’où provenait la jeune femme.
- Voilà qui est décevant, mon jeune apprenti. Je mets à ta disposition une arme de choix, une arme dont rêve la plupart des autres apprentis… et voilà ce que tu en fait ! Cette lame est faîte pour ôter la vie, pour anéantir tes ennemis !
Ramius continuait le long du tunnel glacé et s’efforçait de ne pas prêter attention à Azadji, à sa voix. Il venait d’arriver dans une énième caverne haute en volume. Mais c’est alors qu’une vive douleur se saisie de lui et de son esprit. Un mal de tête fulgurant et extrêmement vif s’emparait de lui.
- Peut être ais-je fait erreur à ton sujet… Je croyais avoir à faire à un guerrier, un être redoutable qui sait se battre, formé à tuer et avec un potentiel incroyable de répandre la destruction. En refusant de tuer ton adversaire, non seulement tu t’ais mis en situation d’être l’objet de sa vengeance, mais pire !! Tu me désobéis et crache sur le Côté obscur et ce qui fait de nous des Siths ! Quel perte de temps…
« Sortez de ma tête… Sortez de ma tête ! »
- Hahahah… Désespérant… vraiment désespérant…
Azadji n’était plus seulement une ombre, un murmure dans l’esprit de Ramius. Sa personne toute entière venait de sortir des ténèbres et s’avançait au côté de Ramius qui venait de tomber à genoux tant la douleur était insoutenable.
- Tu ne comprends pas que tu m’appartiens à présent et que c’est mon droit de faire ce que bon me semble et crois moi…. Ceci n’est que le début.
La douleur gagna encore en intensité au point où Ramius n’arrivait plus à se maintenir et se coucha littéralement au sol. C’est comme si des milliers de pointes s’enfonçaient dans son crâne.
Ce n’est pas encore le moment… Bien des choses restent à accomplir…
Cette voix si familière et pourtant inconnue de Ramius se manifesta encore une fois dans son esprit. Ramius ne pouvait cependant s’empêcher de hurler de douleur.
« Je ne sais pas quoi faire… »
Ramius commençait alors à parler entre ses cris de douleurs. Ce qui n’était pas sans troubler Azadji qui se rendait compte que le jeune homme se s’adressait pas à lui.
Ne la ressens-tu pas ?
« Quoi ?! »
Elle est toujours en toi, elle brûle encore au tréfond de ton être… L’Eternelle flamme !
A cette simple évocation, quelque chose changea chez Ramius. Comment avait-il pu l’oublier. Ce brasier chimérique qui l’animait et brûlait au plus profond de son être, au plus profond de son subconscient. Il percevait nettement sa présence, sa chaleur… Cette flamme brûlait comme jamais elle n’avait brûlée auparavant.
Tout en poursuivant le supplice, Azadji percevait qu’il se passait quelque chose d’étrange à travers la Force. Il ressentait une présence supplémentaire… une présence qui aussi curieux que cela puisse paraître émanait du corps de Ramius. Afin de pouvoir au mieux sonder l’esprit de son apprenti, Azadji tenta de poser sa main décharnée sur le front de Ramius. Il la retira aussitôt tant la température de sa peau était élevée au point de ressentir comme un effet de brûlure sur sa paume.
- Qu’est-ce que ceci…
La présence nouvelle qui émanait de Ramius était sombre, attachée à l’obscurité mais pas seulement. Cette marque de l’obscurité était tout à fait inédite pour Azadji, qui ne put s’empêcher de faire un pas en arrière.
* Par le pouvoir, j’ai la victoire… Par la victoire, je brise mes chaînes… Lève-toi ! Laisse l’Eternelle flamme briser tes chaînes… Déchaine son pouvoir afin de te libérer… de ne plus jamais être l’esclave de personne … et … qu’il dévore ton véritable ennemi*
Azadji usa alors de la Force pour faire venir à lui son sabre-laser. Son visage livide et apeuré se teinta de la lumière rouge de sa lame. Craignant pour sa vie, Azadji brandit son arme pour l’abattre sur Ramius.
La douleur était si forte dans le crâne du sensitif, qu’il en était presque devenu insensible. Néanmoins, au moment où Azadji allait porter le coup fatal, les yeux de Ramius devinrent couleur de feu. Les vêtements d’Azadji s’enflammèrent alors spontanément provoquant en lui la panique. L’effet fut immédiat, la douleur disparut aussitôt de la tête de Ramius. Fortement éprouvé mais dopé par l’adrénaline, Ramius se releva. Azadji allait et venait cherchant un moyen d’éteindre le feu sur lui. Ramius ramassa le sabre-laser qu’Azadji avait laisser tomber dans sa panique, il s’approcha, l’alluma et lui trancha la tête d’un coup net… Tandis que la tête du Sith roulait à quelques pas de là, Ramius tombait au sol, inconscient.
Lorsqu’il reprit connaissance, le sensitif ne sentait plus son corps… ou plutôt si, il ne le sentait que trop bien. Il avait l’impression d’avoir été piétiner par un troupeau de banthas enragés, sans compter les sensations de brûlures. Se roulant sur le côté pour pouvoir réussir à se relever, Ramius remarqua qu’il ne s’agissait pas d’une simple sensation, sa main était comme brûlée à plusieurs endroits. Ses yeux se posèrent alors sur cette « chose » calcinée qui se trouvait devant lui. « Chose » était le bon terme car en l’état, plus rien ne suggérait qu’il s’agit avant d’un homme. Le jeune homme n’avait que des fragments de ce qui s’était passé réellement, mais l’effet était pire que la pire des bitures qu’il avait pu prendre un soir de beuverie. Péniblement, Ramius ramassa le sabre-laser et l’accrocha à sa combinaison en piteux état. Se saisissant d’un morceau de la tenue d’Azadji qui n’avait pas totalement brûlée, Ramius enveloppa la tête du Sith dedans et l’emporta avec lui.
Quelques heures plus tard, après avoir trouvé la sortie de la mine et retrouvé le sentier, Ramius arriva à l’avant-poste. Les éclaireurs en patrouilles l’observaient tandis que d’autres ne faisaient pas attention à lui du tout. Alors qu’il venait d’entrer dans le hangar, une voix forte se fit entendre.
- Hé ! L’ahuri !
La Gueule venait de s’approcher de Ramius avec un air narquois et mauvais.
- Qu’est ce que tu fou ici ?! Tu reviens seul à ce que je vois… j’en étais sûr ! Vace ne m’envoie que des incapables et des vauriens… T’aurais mieux fait de pas revenir mon gars, car tu vas vraiment douiller maintenant !
Ramius le regarda alors droit dans les yeux, chose que le Nikto ne semblait pas apprécier, ni même avoir l’habitude. C’est alors que le jeune homme déballa le morceau de tissu et laissa tomber la tête d’Azadji à ses pieds, faisant presque sursauter la Gueule. Observant la tête puis Ramius, le Nikto impassible remarqua quelque chose de changer chez lui.
« On a eu une différence de point de vue, Azadji et moi. L’idée de vous revoir ne semblait pas l’emballer plus que ça alors j’ai tranché la question.»
Ramius laissa tomber le morceau de tissu qui contenait la tête.
« Maintenant… je vous laisse vous retrouver tous les deux… vous avez des choses à vous dire. »
Et c’est ainsi que Ramius s’éloigna du Nikto en suivant simplement un médico-droïd qu’il avait aperçu au détour d’une salle au loin. -
Post n°20
Auteur : Pete JeabroLe vent soufflait de toutes ses forces, de telle sorte que Pete ne parvenait pas à voir plus loin que le bout de son nez. Heureusement, le trio venait de trouver refuge dans un pli de la roche, suffisamment bas et enfoncé pour les protéger de la tempête de neige. Mais ça ne rassurait en rien le chevalier Jedi. Au contraire, il était à cran. D’ailleurs, sa nervosité allait en augmentant dès lors qu’il pensait à ce qui la déclenchait de la sorte : le Côté Obscur. Car à l’instant-même où le groupe s’était abrité de la tempête, Pete en avait ressenti l’aura. Toute l’atmosphère était imprégnée de cette substance invisible et pourtant pesante. Elle était diffuse et semblait lointaine, mais Pete avait désormais assez d’expérience pour savoir de quoi il s’agissait. C’est pourquoi sa vigilance était teintée de nervosité : il avait déjà été témoin des méfaits du Côté Obscur. Une expérience qu’il ne souhaitait en aucun cas revivre.
- Marchons vers l’intérieur pour nous abriter un peu plus, suggéra Siphra.
La proposition eut le bon goût de surprendre Pete, selon qui voir au-delà de son bras tendu relevait du miracle. Mais ne perdant rien de sa discipline militaire, ce-dernier proposa d’explorer rapidement le renfoncement. Avant même le Côté Obscur, c’était la rencontre potentielle avec une bête sauvage qui l’inquiétait le plus. Il fit rapidement le tour de la travée, se fiant à la Force pour aiguiser ses sens.
- Hey ! chuchota-t-il à l’adresse de ses compagnons. On dirait... un tunnel ?
En effet, la grotte s’enfonçait de telle sorte qu’elle n’avait pas réellement de fond. À la place, une sorte d’entrée s’engouffrait dans les ténèbres. Pete était partagé entre l’idée de rester dans la grotte et de s’exposer à deux fronts potentiels (l’extérieur à la météo endiablée d’un côté, le tunnel obscur de l’autre) ou à se déplacer pour réduire les menaces. Au vue de la tempête, sortir n’était pas une option. Ne restait plus qu’à s’enfoncer dans l’obscurité ou rester dans le froid de la caverne.
- Voyons où il nous mène, proposa Siphra.
- Ne vaudrait-il pas mieux rester ici ? tenta Pete. Nous ignorons ce qui s’y trouve.
L’idée même de se retrouver dans un souterrain à limiter ses mouvements par « tout droit » ou « demi-tour » n’enchantait pas vraiment Pete. Dans l’immédiat, l’objectif était de se protéger de la tempête. Mais Siphra ne voulait pas en démordre :
- Nous sommes venus ici pour suivre l’intuition de Dayimiyo. La Force nous a conduits jusqu’à cet endroit et, désormais, nous nous trouvons à l’entrée d’un tunnel. Peut-être est-ce une voie sans issue ? C’est possible. Mais peut-être est-ce précisément l’endroit où la Force souhaite nous conduire ?
Pete devait reconnaître qu’elle faisait mouche. Il n’était pas adepte de l’idée consistant à constamment tout mettre sur le dos de la Force -c’était trop facile. Mais il savait reconnaître lorsqu’il était à court d’arguments. Et puis, nul ne savait combien de temps la tempête aller durer. D’un air entendu, il donna son approbation et le trio s’engouffra dans le corridor de granite. La galerie se rétrécissait rapidement, de telle sorte que la plupart du temps, le groupe devait avancer en file indienne. De temps à autres, les Jedi tentaient de se mettre en rang, mais ils durent finalement se rendre à l’évidence : c’était peine perdue. Ils s’en tinrent donc à la disposition initiale, certes moins conviviale. En tête du cortège, Siphra brandissait son sabre-laser pour éclairer tant que bien que mal la voie. Pour le moment, elle ne pouvait rien faire d’autre que d’aller tout droit. Ensuite venait Dayimiyo, bénéficiant à la fois de la protection de Siphra à l’avant et de Pete à l’arrière. C'était pour cette raison que Pete avait préféré fermer la marche. Étant particulièrement aux aguets, ils se sentait plus à l’aise à l’idée de surveiller les arrières de ses compagnons.
Après plusieurs minutes de marche, Pete observa un vif mouvement lumineux. Siphra venait de faire basculer son sabre vers la droite, révélant une allée. Le groupe se trouvait devant une intersection. En queue de peloton, Pete avait du mal à visualiser les chemins.
- Que voyez-vous? demanda-t-il.
- Rien, répondit la meneuse du groupe.
La réponse était aussi efficace que décevante.
- À droite ? suggéra Pete.
Le jeune homme voyait cette intersection comme une opportunité pour bifurquer. Étrangement, il avait l’impression de se rapprocher de la sortie en tournant vers la droite. Et ça avait le mérite de le rassurer. D’ailleurs, il lui semblait avoir lu dans un manuel militaire que de toujours tourner dans la même direction permettait d’éviter de se perdre. Mais il ne savait plus si ça faisait partie des légendes urbaines partagées à l’Académie de Broh, ou si c’était une méthode qui avait réellement fait ses preuves.
Le groupe se remit en route. Direction : tout droit. Pete ne réagit pas, mais il se demandait pourquoi Siphra avait pris sa décision sans même consulter les deux autres. Ne voulant pas créer de conflit inutile, il garda sa pensée pour lui. Alors qu’il poursuivait sa progression, le trio s’enfonçait un peu plus dans les profondeurs de la planète. De temps en temps, le tunnel devenait plus bas de plafond et Pete devait alors se pencher pour éviter de se cogner la tête. Cela renforçait peut-être l’impression de descente. Lorsqu’ils rencontrèrent d’autres intersections, les Jedi poursuivirent la « méthode Siphra » en favorisant à chaque fois le chemin qui allait le plus vers l’avant (ou, à défaut, qui paraissait s’enfoncer davantage dans les profondeurs de la planète). Cependant, Siphra s’arrêtait parfois au milieu de l’intersection pour réfléchir un instant, avant de s’engouffrer dans un tunnel.
La plupart du temps, le groupe restait silencieux. Pete n’avait pas vraiment envie de parler et, de l’extérieur, Siphra semblait savoir ce qu’elle faisait. Peut-être parce qu’il avait été cadet à l’armée, Pete avait pris l’habitude de suivre le mouvement. Même au sein de l’Ordre, il avait naturellement pris soin de respecter la hiérarchie et donc la parole des maîtres qui l’avaient accompagné. Finalement, ce ne fut que sur Naboo que Pete avait eu l’occasion de prendre les choses en main. Avec le succès qu’on lui connaissait.
Au gré de cette mystérieuse déambulation, le chevalier Jedi fut contraint de s’emmitoufler dans ses vêtements. L’atmosphère glaciale était sans pitié. Ça lui rappelait sa dernière excursion sur la planète. C’était il y a peu, mais Pete avait l’impression d’avoir vécu quinze vies depuis. Ça lui faisait vraiment bizarre de remettre les pieds ici. Tout simplement parce qu’il n’avait jamais pensé y revenir. Par conséquent, il trouvait ça inapproprié de retourner sur Ilum sans avoir accompli une action grandiose auparavant. Dans les légendes qu’il lisait étant petit, le héros revenait toujours au point de départ après être devenu quelqu’un d’exceptionnel. C’était peut-être présomptueux de la part du jeune homme, mais il se demandait s’il n’allait pas trouver sur Ilum ce que le fantôme souhaitait y découvrir. Revenir sur ses pas comme il le faisait aujourd’hui, accompagner Dayimiyo dans sa découverte de l’Ordre Jedi : voilà que Pete revenait à ses origines, celles qui l’avait conduit jusque... là ! En un sens, il était enfermé dans une boucle, comme si la Force se jouait de lui, le faisant inlassablement courir dans une roue de Porg. Il se raccrochait donc à un seul espoir : celui d’enfin trouver les réponses à ses questions et, ainsi, mettre fin à ses tourments. Cet espoir était ténu, mais il justifiait sa présence ici. C'était pour cette raison-là qu'il se surprenait à revenir sur Ilum sans avoir profondément changé. Pete avait besoin de donner du sens à ses actions, de comprendre ce que la Force attendait de lui. Autrement, il serait vraiment venu ici pour rien. Il aurait été détourné de sa route par Siphra et Dayimiyo. Et, au fond de lui, cette éventualité le dérangeait. Comme si aider son frère et sa soeur Jedi ne lui suffisait pas. Alors qu’il réfléchissait en marchant, Pete était surpris de se découvrir des prétentions dont il ignorait tout. Était-ce l’oeuvre du Côté Obscur ? Dans un éclair de lucidité, il venait de se poser la question. Il était là, il était présent, il était partout. Pete le sentait de plus en plus, à chaque pas, et ne parvenait pas à s’en défaire. Et il était vraiment mal-à-l’aise à l’idée de s’en rapprocher comme ils le faisaient en ce moment. Comment ses compagnons faisaient-ils pour ne pas se laisser tourmenter de la sorte ?
Dans un réflexe empli de curiosité, le jeune Jedi décida de se plonger dans la Force afin de sonder l’état d’esprit de ses camarades. En premier lieu, il voulut se rapprocher de Siphra. Jedi depuis bien plus longtemps que lui, Pete se demandait dans quel état elle pouvait être. Mais ce fut de la déception qui l’accueillit lorsqu’il constata que son homologue demeurait imperméable à son analyse : impossible pour Pete de lire dans son coeur. Il aurait bien évidemment pu chercher à en forcer l’entrée, mais son initiative était insignifiante et il préférait rester discret. Ne se laissant pas abattre par cette déconvenue, Pete tourna ensuite son attention vers Dayimiyo. Par chance, il eut plus de succès ! Cette fois, le chevalier Jedi eut la surprise de déceler une certaine forme de légèreté. C’était comme si Dayimiyo n’avait pas conscience du poids du Côté Obscur autour d’eux. Comment était-ce possible ?
La réponse se manifesta dans le passé de Pete. Ce fut en cet instant précis que lui revint à la mémoire une conversation qu’il avait eue avec son maître. Ils étaient tous deux au bord du Lac Fektur et discutaient des événements de la Montagne Noire d’Endor. Le périple avait eu lieu quelques jours plus tôt et, à l’époque, Pete était encore obnubilé par ce qui venait de se passer. Il avait alors demandé à son maître pourquoi Tev et lui n’avaient pas succombé au Côté Obscur comme l’avait fait Sam, pourtant bien plus entraîné qu’eux dans les arts Jedi. Maître Reez avait alors répondu qu’en tant que jeunes novices, la connexion de Tev et Pete à la Force avait été trop faible pour qu’ils puissent être corrompus. Moins puissants, ils avaient été moins exposés. À l’époque, la réponse de Phyl Reez avait rassuré Pete. Mais aujourd’hui, elle l’inquiétait. Qu’allait-il se passer s’ils continuaient dans les profondeurs d’Ilum ? Déjà, il se représentait les pires éventualités. Un démon pouvait tout aussi bien leur sauter dessus, que l’un d’entre eux se laisser pervertir par le Côté Obscur. À cette dernière éventualité, le coeur de Pete rata un battement. Instantanément, il repensa à la Montagne Noire d’Endor. Une énième fois, il vit le sabre de Sam transpercer le buste d’Olorin Vendar.
C’était là que résidait le fond du problème : Pete avait peur. Il marchait avec cette impression de déjà-vu : non pas des galeries d’Ilum, mais de celles de la Montagne Noire. Plus que jamais, il ressentait l’aura malfaisante du Côté Obscur. Là où il y avait été indifférent les fois précédentes, il ne pouvait plus l’ignorer. Et, par conséquent, il devait redoubler de vigilance. Car cette fois-là, Pete sentait ô combien il était vulnérable. Et c’était de cette vulnérabilité que provenait sa peur. Dans la pénombre, Pete distinguait les traits métalliques d’un masque. C’était celui de Sam, celui que le jeune Jedi avait distingué dans un rêve. Telle était l’apparence de la peur : de tout ce que Pete combattait au fond de lui. En un frisson, il comprit ce qu’il redoutait le plus : à l’image de Sam, Pete Jeabro craignait de trahir les siens. Il avait peur de devenir le maillon faible, celui qui allait briser l’équilibre du groupe, balayer leurs avancées et pulvériser leurs chances de salut.
Mais voilà qu’une chose surprenante se produisit : rien. Même si les battements de coeur dans la poitrine de Pete s’étaient accélérés, ce-dernier ne se sentait pas paralysé par la peur. Au contraire : il prenait la mesure de la situation. En l’instant, il pouvait représenter une menace pour ses compagnons. C’était donc son devoir de redoubler de vigilance et de continuer à veiller sur eux. Or, pour cela, il n’y avait rien de mieux que de rester aux aguets : de s’ouvrir à la Force et de Lui faire confiance. Avec un air légèrement satisfait, Pete se concentra de nouveau sur l’endroit où ils se trouvaient. Passées de nouvelles intersections, le tunnel finit par s’élargir jusqu’à déboucher sur une immense salle. Pete en devinait l’immensité au gré de timides rayons d’une lumière terne qui perçaient une immense voute située loin au-dessus de leur tête. Bien que les yeux du Jedi s’étaient depuis longtemps habitués à l’obscurité, il appréciait le fait de pouvoir voir au-delà des rayons du sabre de Siphra. Dans cette immense caverne, le froid était encore plus mordant et une drôle d’odeur y régnait. Le jeune homme avait l’impression de pénétrer un lieu jusque-là jamais visité.
- Faites attention où vous marchez, dit Siphra avec précaution.
Pete obtempéra et vérifia où il posait ses pieds. Le sol rocailleux était très irrégulier. Le conseil de Siphra était très judicieux car, rapidement, le jeune homme découvrit que le sol avait une limite.
- Attention ! s’exclama Pete. Nous sommes au bord d’un ravin.
Le chevalier sentit ses acolytes vérifier à leur tour. Rapidement, il eut confirmation de ce qu’il craignait : la voie était sans issue. Sur le point de faire demi-tour, il s’interrompit en entendant Siphra s’exclamer : « Regardez ! ». Au loin, dans un jet de lumière, Pete distingua ce qui ressemblait à une coursive. Rapidement, il évalua les risques. Elle ne l’inspirait pas plus que le tunnel dans lequel ils s’étaient engouffrés toute à l’heure. Mais, déjà ses compagnons s’en approchaient pour l’examiner. Siphra partagea ses découvertes :
- Il semblerait que nous puissions passer.
- Et qu’y a-t-il au bout ? demanda Pete.
- Je l’ignore. Mais c’est notre seul moyen de progresser.
Pete ne comprenait pas pourquoi Siphra s’exprimait comme s’il leur était impossible de faire demi-tour. Pourquoi ne pas simplement rebrousser chemin et s’enfoncer dans une autre galerie ? Malgré tout, Pete se plia à la volonté générale et, à la suite de ses comparses, posa ses mains contre la roche et se plaqua au mur gelé. Puis, tout doucement, il fit un pas sur le côté, prenant soin de ne pas glisser. C'était parti pour une longue traversée.
Le fait d’observer ses compagnons agir avant lui le rassurait. Car il ne préférait pas imaginer ce qu’il se passerait s’il glissait. Lentement, mais sûrement, le groupe progressa le long de la coursive, chacun des Jedi épousant la forme de la paroi, avançant un pas à la fois dans la plus grande des précautions. C’était infernal, car la paroi était glissante et froide. Malgré ses gants, Pete ne sentait plus vraiment ses doigts. Poser sa joue contre la paroi, c'était le prendre le risque de rester collé. L’espace d’un instant, il voulut maudire Siphra de les avoir fait sortir de la quiétude du vaisseau, puis il se ravisa. Être Jedi, c’était aussi endurer ce genre de moment sans broncher.
Soudain, le jeune homme sentit le sol trembler sous ses pieds. Puis la voix de Siphra suivit instantanément :
- Attention ! Le sol est friable par endroits !
Pete comprit immédiatement ce que ça voulait dire : Siphra avait failli poser le pied dans le vide. Heureusement pour Pete, ses deux acolytes marchaient devant lui. Cela voulait dire que là où il posait le pied, l’endroit avait déjà été sécurisé. Mais il ne pouvait s’empêcher de laisser émerger une pointe d’inquiétude. Qui les protégeait d'un mauvais pas ? -
Post n°21
Auteur : Super PNJ

Geôlier La Gueule - Acolyte Hilde Orknd
Ramius avait bien fait de se rendre auprès du médico-droïd. Voyant le piètre état du jeune homme, l’unité de soin l’avait immédiatement escorté jusque dans une baie médicale somme toute assez sommaire, mais suffisamment équipée pour pouvoir s’occuper de lui. En effet, sur Ilum, l’avant-poste Sith était volontairement sous-alimenté afin de s’assurer la pleine motivation des équipes dépêchées sur place. L’absence de soins possibles savait en motiver plus d’un, à la grande satisfaction de La Gueule. Jusque-là, le résultat avait fait ses preuves, si on pouvait considérer qu’un taux de réussite de 7,8% était appréciable. Les Ravageurs ne souhaitaient pas s’encombrer des plus faibles. Ici, il n’y avait qu’une seule politique : réussir ou périr.
Et, de prime abord, Ramius faisait partie des gagnants. Mais cela n’était pas sans conséquences et, déjà, il pouvait constater les premières marques du Côté Obscur sur sa personne. Ces dernières heures, il avait dû puiser dans ses derniers retranchements pour venir à bout des épreuves qui lui avaient été imposées. Son affrontement avec Haa Zen allait lui laisser des traces indélébiles : sur son corps, mais également dans son âme. Il venait d’arpenter les premiers pas de la voie Sith. Et avec le temps, il allait apprendre à surmonter ses faiblesses pour se libérer. Mais cela allait demander discipline, rigueur et discernement face aux pièges qui l’attendaient.
Mais pour l’heure, le temps était dédié au repos. Un répit de bien brève durée car, déjà, La Gueule entrait dans la baie médicale et, fidèle à son tact aboya :
- Gamin !
Dans la foulée, il laissa son fouet électrique claquer à quelques centimètres de l’oreille de Ramius.
- Tu vas pas faire le rigolo longtemps ! Si tu te crois plus malin que les autres, tu te mets le doigt là où je pense !
C’était difficile de savoir si La Gueule était particulièrement énervé, ou si c’était sa manière de récompenser quelqu’un pour une mission accomplie.
- Ce n’est pas en fanfaronnant comme tu le fais que tu vas survivre ici plus de deux journées. Alors, je te préviens, si tu ne baisses pas d’un ton, ça va mal se passer pour toi !
Le Nikto à la peau verte fit un pas de plus vers Ramius. Son air renfrogné ne retirait rien à l’aspect menaçant qu’il pouvait avoir.
- Bien, fit-il d’un ton plus apaisé, contrastant étrangement avec ses propos précédents. Finalement, on dirait que tu as plus de trempe que les derniers qu’on m’a envoyés.
Avant de poursuivre, l’instructeur prit le temps de s’adosser lourdement contre l’une des parois de la pièce. Il croisa les bras et dit :
- Mais tu vas encore devoir faire tes preuves.
D’un geste incroyablement délicat, au vu de sa stature, La Gueule fouilla dans ses poches pour en retirer un datapad qu’il agita sous les yeux de Ramius :
- J’ai une nouvelle tâche pour toi. Tu dois aller rencontrer l’acolyte Hilde Orknd sur la plateforme. Elle t’en dira plus sur ce qu’on attend de toi !
Puis, sans aucune forme de procédure, La Gueule sortit de la pièce, laissant Ramius seul avec ses blessures. Pendant ce temps, là, à l’extérieur du complexe, se trouvait l’acolyte Hilde Orknd. Elle se tenait devant un vaisseau et s’attelait à son activité détestée : attendre. Mais sa frustration était balayée par une pensée ô combien plus réjouissante : celle de quitter ce maudit cailloux. Et pas pour n’importe quelle mission. Ce qu’elle s’apprêtait à faire, c’était précisément la mission dont elle avait besoin !
- On s’en occupe.
En tournant la tête, l’acolyte Sith put observer deux soldats discuter avec La Gueule. Obtempérant de toute évidence à un ordre, le duo partit au pas de course vers une destination inconnue. Hilde porta un regard interrogateur à La Gueule, mais le Nikto la dévisagea avant de retourner dans la chaleur -relative- de la base. « Quel imbécile ! » pensa-t-elle. Mais son attention fut immédiatement captée par l’un des membres d’équipages :
- Tout est en ordre, Madame. Nous décollons à votre signal.
Hilde hocha silencieusement la tête. Elle n’attendait plus que Ramius.Spoiler : HRP
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Post n°22
Auteur : Ramius Lem« Un jeu de rôle. La vie n’est qu’un simple jeu de rôle, un jeu de faux-semblants dans lequel celui qui est le plus habile, à dissimuler ce qu’il est véritablement, est assuré de perdurer. », c’est ce qui avait confié un jour le grand-père de Ramius à son petit-fils. Il était bien trop jeune à l'époque, ne serait-ce que pour connaître certains des mots prononcés, mais alors que Ramius entrait dans ce qui faisait office d’infirmerie, cette citation prenait du sens.
Il n’avait quitté le Nikto que depuis quelques instants, affichant assurance et aplomb, se laissant même aller dans son emportement à faire preuve d’une certaine arrogance qu’il ne se connaissait pas. Mais à présent qu’il se trouvait seul, avec le médico-droïd, Ramius sentait tout son être s’effondrer. Il tremblait, au sens propre du terme. S’asseyant sur ce qui devait faire office de civière ou de table d’examen ou bien d’établi, Ramius ne se sentait pas bien. Il était terrorisé et son corps hurlait autant que son esprit par ce qu’il venait de vivre. Les images d’Azadji, la brutalité des émotions qu’il avait ressenties et ressentait encore… tout ceci était en train de le faire exploser intérieurement au point qu’il ne faisait même pas attention aux diagnostics que le médico-droïd avait commencé à faire.
Qu’avait-il fait… Le temps des « petits boulots » et des truandages de bas-étages semblaient si loin à présent qu’il avait fait verser le sang de ses adversaires.
Mais alors qu’il se perdait dans les chaos de ses émotions, Ramius senti à nouveau la colère et la peur regagner en intensité soudainement, tout comme une certaine présence à l’approche imminente. La Gueule venait de pénétrer dans l’infirmerie comme un Bantha assoiffé. Chose qu’il n’aurait jamais fait auparavant, Ramius posa par réflexe sa main au niveau du sabre-laser encore attache à sa ceinture et coller le long de sa jambe. Il ne bougea même pas lorsque la chaleur du fouet caressa son oreille. L’adrénaline dans son corps devait certainement dépasser tous les taux recommandés.
Fixant fermement le Nikto, Ramius ne remuait pas et ne disait mots. Toutes ses pensées n’étaient soudainement tournées que sur une seule chose, agir le premier si nécessaire… Cette préoccupation perdura de longues secondes après le départ de la Gueule...
« Monsieur, je crois que vous pouvez lâcher votre arme à présent… il est parti. »
Les yeux de Ramius se baissèrent vers sa jambe. Sa main tenait encore fortement son arme, trop fortement même pour qu’elle ne soit pas crispée. En vérité, c’est tout son corps qui était tendu à l’extrême.
« Mes analyses indiquent des brûlures sérieu…. »
Les médico-droïd énuméra la liste des blessures qu’il avait relevées. Ramius ne l’écoutait qu’à demi-mot. L’adrénaline et le stress commençant réellement à baisser rapidement, c’est une sensation d’épuisement qui était en train de saisir le jeune homme, un épuisement qui lui faisait également sentir les lésions nombreuses dont il souffrait. Suivant les directives du médico-droïd, Ramius s’allongea afin que les soins puissent débuter. Ainsi positionné, ses yeux ne tardèrent pas à se fermer...
Repose-toi, mon ami… Repose-toi...
Les yeux de Ramius s’ouvrirent tout aussi soudainement que son corps se redressa. Le médico-droïd était encore auprès de lui, s’apprêtant visiblement à lui apposer un pansement.
« Je me suis endormi… combien de temps?!
« Très exactement dix-huit minutes et dix-sept secondes, monsieur. Ce qui m’a permis de procéder aux soins les plus urgents, cependant certaines lésions internes, notamment musculaires, nécessitent des équipements et des produits dont je ne dispose pas ici. Je vous recommande donc de vous présenter à un service médical supérieur le plus rapidement possible. »
Le médico-droïd n’en dit pas plus et commença à s’en aller à ses occupations. Cela représentait si peu de temps… Ramius se sentait beaucoup moins tendu, mais son trouble ne s’était pas pour autant dissipé. Malgré les courbatures sévères qu’il ressentait, Ramius se mit debout et constata alors l’étendu des soins qu’il avait reçus… Points de sutures et pansements décoraient à présent plusieurs de son corps, en plus des hématomes et autres marques. Alors que le droïd s’apprêtait à sortir de la pièce, Ramius l’interpella.
« Attends ! Où est-ce que je peux trouver des vêtements ? »
La question, déconcertante de prime abord, était tout à fait justifiée au regard des lambeaux présent au sol de ce qui fut il y a encore peu de temps la combinaison que portait Ramius, alors dans le plus simple appareil.
« Vous trouverez ce qu’il faut certainement dans les caisses posées derrière ce générateur. Ils appartenaient à mes précédents patients… peut-être en trouverez-vous dans un état « acceptable ».
Le sentiment de dégoût que le commun pourrait ressentir à cette idée n’était visiblement pas partagée par Ramius qui fouillait déjà pour trouver de quoi se vêtir. Après quelques minutes, Ramius finit par trouver de quoi s’habiller avec des vêtements sombres, potables, si l’on faisait abstractions des taches de sang séchées… et de l’odeur de renfermé assez forte.
Alors qu’il venait de réajuster une de ses chaussures qui montait jusqu’à mi-tibia, Ramius fit tomber par maladresse une petite caisse remplie de divers blasters. Ne voulant pas ajouter au désordre ambiant, il s’affaira rapidement à tout remettre en ordre. C’est alors qu’il remarque la trace noire sur le sabre-laser d’Azadji, alors posé non loin de là. Empoignant l’arme, le sensitif reconnu immédiatement la marque d’une forte décharge d’énergie. Délicatement, il essaya de retirer une des plaques d’alliage calcinées de la poignée qui ne tenait guère encore que par miracle. Ce qu’il dévoilait confirmait les craintes de Ramius. Tout était brûlé à l’intérieur et ce qui ressemblait par la forme à un cristal avait l’apparence d’une pierre opaque fracturée. L’arme était inutilisable à jamais… Ramius laissa échapper un soupir de déception, car même s’il ne savait pas s’en servir comme il faut, cette arme semblait redoutable.
C’est alors que le médico-droïd revint dans l’infirmerie.
« On vous fait savoir que le transport de l’acolyte Orknd n’attends plus que vous pour décoller. »
En d’autres termes, Ramius devait se presser… Avant de quitter l’infirmerie, Ramius prit un blaster dans la caisse, qu’il rangea dans le pli de son pantalon, dans le dos.
Arrivant à quelques pas de la plate-forme, Ramius observa la personne qui l’attendait visiblement. Silhouette féminine, à l’allure martiale et menaçante. Le jeune homme s’avança et prit un air confiant.
« Acolyte Orknd, je présume ? Ramius Lem, je suis prêt à partir. -
Post n°23
Auteur : Dayimiyo QoraasSi on avait dit quelques semaines plus tôt à Dayimiyo Qoraas qu'il se retrouverait à l'air bout de la Galaxie, à faire le funambule sur une corniche face à un mur de givre et au bord d'un gouffre sans fond, il aurait très certainement pris son interlocuteur pour un fou. Et pourtant, c'était bien la situation dans laquelle il se trouvait actuellement.
Après la longue traversée dans les galeries obscures, avec pour seule lumière le sabre émeraude de Siphra, les trois compères avaient atteint une large salle un peu mieux éclairée, mais dont le sol s'était effrité pour ne laisser qu'un énorme trou sombre. La seule solution pour la traverser était de passer par une mince corniche au ras du mur. Voilà donc comment il s'était retrouvé là, encadré par Siphra et Pete, eux aussi dans la même position. S'il ne souffrait pas de vertige, il n'appreciait pas du tout cette position. Un seul faux pas, et c'était la mort assurée. Cette pensée était terrifiante. Mais le jeune homme endurait, et continuait à avancer lentement, mais sûrement.
Heureusement, le sort - ou plutôt la Force - semblait leur accorder sa clémence. Ils virent que la corniche donnait sur un autre tunnel, un peu plus large que le précédent, et qu'une plateforme de glace et de roche subsistait encore pour pouvoir accéder au-dit tunnel.
Dayimiyo soupira de soulagement. Enfin, le calvaire allait s'arrêter...
Siphra, en tête de file, parvint à l'autre bout la première. Elle aida le novice à y accéder à son tour. Celui-ci fut bien heureux de retrouver du sol sous ses pieds.
Enfin, Pete arriva, et cette fois ce fut Dayimiyo qui lui tendit la main.
"Par ici, M. Pete."
Tout à coup, il y eut un bruit sec, comme un craquement.
L'instant d'après, la glace sous son pied cédait, et Pete Jeabro chutait dans l'abysse.
Une fraction de seconde se passa sans que personne ne comprenne ce qui venait de se produire.
Siphra, alors près du tunnel, accourrut aussi vite qu'elle put vers le rebord.
Dayimiyo, juste devant Pete, tenta de saisir sa main avec son bras déjà tendu vers lui.
Aucun d'entre eux ne réussit.
Siphra, avec toute la vitesse que la force pouvait lui procurer, arriva tout de même trop tard pour rattraper son confrère.
Quant à Dayimiyo, s'il avait eu quelques dixièmes de seconde supplémentaires, il aurait pu le rattraper. Mais leurs doigts se frolerent à peine que déjà le chevalier disparaissait dans le gouffre infini d'obscurité.
Les deux Jedi restants restèrent inertes pendants plusieurs secondes qui parurent une éternité.
Qu'est-ce qui venait de se passer ?
Même après avoir vu Pete tomber, Dayimyo n'arrivait pas à croire que ce soit possible.
Pete venait de... de...
Non, c'était impossible...
Son souffle devint haletant.
Son coeur s'accéléra.
Tout devint flou autour de lui.
Ce... ce n'était pas possible ! Comment cela avait-il pu arriver ? Il était pourtant tout près de lui ! Sa main était tendue vers lui, il aurait dû savoir le rattraper. Alors... Pourquoi ? Pourquoi n'avait-il pas pu le sauver ?
Tout ça était... de sa faute.
Il aurait pu faire quelque chose.
S'il avait réagi à temps, il l'aurait sauvé.
A cause de lui, Pete était...
"Calme-toi, Dayimiyo !"
La voix perçante de Siphra le rappela alors à lui.
La Jedi lui tenait fermement les épaules, le regard lourd. Il pouvait lire dans ses yeux qu'elle était elle aussi impactée par ce qui venait de se produire, mais elle semblait tenir bon, contrairement à lui.
"Maître, je... je suis désolé... J'aurai pu le sauver, mais je n'ai pas réussi... Je suis vraiment un incapable..."
Les mains de Siphra se resserèrent sur les épaules du jeune homme, et son regard se fit plus doux, plus compréhensif.
"Tu n'y es pour rien, Dayimiyo. Tu n'aurais pas pu anticiper que la glace se fendrait après notre passage. C'est moi qui suis fautive. J'étais trop focalisée sur notre objectif, j'ai été imprudente. Je te demande pardon.
-Maître..."
Il regarda à nouveau le gouffre, terrifié à l'idée de ce qui avait pu arriver au Chevalier.
"Est-ce que... M. Pete... est mort...?"
La Jedi répondit d'un ton amer.
"... Je l'ignore. Mais on ne voit pas le fond de ce trou, il y a peu de chances que...
-Pourriez-vous... vérifier avec la Force ?"
Étrangement, Siphra n'avait pas pensé cela. Elle avait, peut-être un peu trop vite, elle le reconnaissait, présumé que Pete avait péri dans sa chute. Même si elle ne se faisait pas d'illusions, elle préférait s'en assurer.
Dirigeant sa main vers le trou béant, elle ferma les yeux et se concentra.
...
...
"Ngh..."
La Chevalière porta soudain sa main à son front, la mine palotte et quelques gouttes de sueur perlant sur son visage.
"Maître ? Que... Que se passe-t-il ?"
Siphra mit quelques secondes à répondre. Quelque chose l'avait définitivement perturbée.
"Je... Je ne vois rien. Tout est trouble. Le côté obscur est beaucoup trop présent au fond de ce gouffre."
Dayimiyo fut d'abord décontenancé par cette nouvelle. Puis, il vit son maître... hésiter ? Elle hésitait à dire quelque chose ?
"Il y a... peut-être un moyen."
Dès qu'il entendit cela, Dayimiyo releva la tête.
"Comment ? Dites-le moi, Maître, je ferai tout mon possible !
-Ton empathie."
L'espace d'un instant, le jeune homme ne comprit pas, avant de percuter.
"Ah ! Vous voulez dire...
-Exactement. Peut-être que toi, tu pourrais le retrouver."
Enfin ! Il allait pouvoir se rendre utile, et mettre ce pouvoir unique jusqu'ici plus qu'autre chose.
"Très bien, laissez-moi faire, Maître...
-Attends.
-Hein ?"
La Jedi prit quelques secondes de plus pour se remettre de sa projection dans la Force.
"Regarde l'état dans lequel je suis. Le côté obscur est intense tout autour de nous, et encore plus en bas. Si tu t'ouvres à la Force maintenant, j'ai peur que tu sois... happé par l'ombre."
Ce n'était pas tous les jours qu'il voyait Siphra dans un état pareil. Elle avait réellement peur. Peur pour lui. Le danger devait être extrême pour qu'elle soit ainsi.
Le côté obscur... il était vraiment tout autour d'eux ? Cette perversion de la Force qui avait corrompu de nombreux être pour en faire des Sith ? Allait-il devenir pareil s'il s'y exposait ? Il comprenait mieux l'inquiétude profonde de son maître. Et pourtant...
"Maître... Je comprends vos craintes. Et moi aussi, ça me fait peur. Mais vous m'avez dit que tous les Jedi doivent se confronter au côté obscur. Et si je dois le faire pour peut-être sauver M. Pete, n'est-ce pas une bonne raison ?
-Dayimiyo... C'est beaucoup trop tôt pour toi. Tu n'as encore aucune expérience dans le maniement de la Force. Le côté obscur pourrait te dévorer en un instant."
Cette perspective le terrifiait de plus en plus, mais il ne pouvait pas rester sans rien faire. Il voulait savoir si le chevalier avait survécu ou non.
"Vous avez peut-être raison, mais il faut que j'essaie !"
Il refusait de l'abandonner. Ils ne se connaissaient pas encore très bien, mais il sentait une certaine... affinité avec le chevalier. Il avait aussi l'impression qu'il pouvait l'aider à comprendre une partie du problème que le fantôme lui avait posé. Pourtant, son maître semblait catégorique.
"Eh bien, si c'est trop risqué, alors allons-y directement pour être sûrs ! S'il est en vie, alors nous n'avons pas de temps à perdre ! Allons tout de suite le cher-
-Non, Dayimiyo."
Le novice écarquilla l'oeil en entendant cela. Siphra voulait... laisser Pete là ?
"Mais... mais pourquoi ?? Si nous le laissons là, il va mourir !
-Nous ne pouvons pas y aller. Nous n'avons pas le matériel nécessaire pour descendre ni pour remonter, et même si nous l'avions, nous ne savons pas ce qui nous attend au fond de ce gouffre. Je ne pourrai pas assurer votre sécurité à tous les deux dans ces conditions."
Profondément dépité, Dayimiyo baissa la tête.
"Mais... on ne peut pas l'abandonner..."
Il ne pouvait s'empêcher de comparer la situation à celle dont Siphra l'avait tirée lors de leur première rencontre. Sans elle, il serait mort dans le froid, oublié de tous. Alors pourquoi devait-il aujourd'hui infliger ce destin à une autre personne ?
"Dayimiyo. Regarde-moi."
Il hésita un instant, avant de croiser à nouveau ce regard sérieux, et en même temps rassurant.
"Je comprends ce que tu ressens. Mais je ne peux pas te faire prendre autant de risques. D'autant plus que nous avons une mission. Tu as une mission. Nous devons y aller. Si Pete pouvait nous parler, il nous dirait de continuer sans lui. Et si j'étais dans ce gouffre à sa place, je vous dirais la même chose. Un Jedi doit savoir accomplir son devoir, même s'il doit y laisser la vie. C'est une leçon que tu devras accepter, tôt ou tard."
Ses paroles pouvaient sembler cruelles, mais Dayimiyo comprenait ce que son maître voulait dire. Il haïssait cette sensation d'impuissance face à la détresse de Pete. Mais il devait se résigner. Pour que le sacrifice de Pete ne soit pas vain, il devait avancer.
"... Je comprends, Maître. Continuons, pour M. Pete."
Siphra acquiesça.
"Merci, Dayimiyo. Je suis vraiment navrée de ne pas pouvoir faire plus, mais nous n'avons pas le choix."
Cette fois, il ne répondit pas, et se contenta de se relever en observant la sortie.
Tous deux se mirent en marche vers elle, dans l'espoir de trouver ce qu'ils étaient venus chercher.
Pourtant, avant de partir, le jeune homme ne put s'empêcher de se retourner une nouvelle fois vers le gouffre, avant de murmurer, l'espoir aux lèvres :
"M. Pete... Survivez, je vous en prie." -
Post n°24
Auteur : Darth LilithyiaLilithyia ne comprit pas tout de suite ce qui se passait, l’atmosphère devenait brusquement pesante et angoissante. Des ombres, des murmures à peine audibles, un homme qui se tenait devant elle, devenu presque absent après s’être présenté à elle, telle était la description peu banal de la scène présente. Une force invisible, une présence semblait faire vibrer à elle seule l’air ambiant, cela ne présageait rien de bon et elle se mit à froncer légèrement les sourcil lorsque soudainement un sabre laser tomba dans les mains de celui qu’elle menaçait. En une fraction de seconde, les choses vrillèrent et elle n’avait plus aucun contrôle sur son destin. Elle perdit l’avantage et se retrouva quelques secondes plus tard, à éviter des attaques vives et précises de l’apprenti sith face à elle.
« Trop faible ... »
La situation n’était pas suffisamment difficile qu’elle fut en plus de nouveau perturbée par cette voix sans visage, Lilithyia ne parvenait pas à reprendre ses moyens pour utiliser le Shii-Cho, sa forme de combat et se retrouva au contraire, à parer les attaques uniquement avec son instinct, évitant de justesse des coups portés à son visage séduisant. Elle ne parvenait à garder son sang froid, menacée à la fois par un adversaire déterminé et en même temps par les murmures incessant dont l’unique essence de vie résidait dans l’affaiblissement par la peur de la chagrienne. Si la maîtresse Darth Wyllord avait été présente en ces lieux, elle aurait déjà tué celle qui se vantait d’être sa disciple tant il n’y avait rien de bon dans sa façon de se battre, une façon décousue, uniquement guidée par sa volonté de survivre. Cela ne faisait pas 2 minutes de combat et ses angoisses l’envahirent intensément, ne lui laissant pas le loisir de reprendre son souffle. Ce traumatisme de subir un échec ne lui était pas arrivée depuis si longtemps, mais pourquoi maintenant ? Pourquoi, alors qu’elle avait surmonté de nombreuses épreuves, franchit de nombreux obstacles, pour qu’au final elle redevenait la simple esclave de Tatooïne, affolée et terriblement seule ?
« Il serait déçu en te voyant... »
De quel « il » cette voix macabre parlait-elle ? La fraction de secondes où elle tenta de comprendre cette question, elle fut à nouveau prise de vitesse et elle en perdit son sabre laser qui tomba à quelques mètres d’elle, au pied de la paroi. Face à ce Remius qui ne tremblait pas le moins du monde, elle n’était plus qu’un simple jouet, le spectre de la honte était même lisible dans le regard de Lilithyia. Un enchaînement de mouvements termina de la mettre hors jeu dans un combat déjà perdu d’avance et elle perdit connaissance après avoir reçu sur le haut de sa tête, le manche de l’arme de son ennemi.
L’histoire ne s’arrêtait pas là, car avant de partir il lui jeta l’opprobre ultime en la laissant là, le corps étendu presque inerte, tressaillant légèrement par la respiration faible de la chagrienne, refusant délibérément de l’achever.
Les brumes envahissaient son esprit, le sol froid de la montagne venait perturber ses pensées et des bribes de mémoire du combat lui revinrent. Plissant les yeux pour chasser ces images blessantes et honteuses, elle se tint la tête d’une main et posa sa deuxième main au sol. Étalée sur le sol, elle ressemblait d’avantage à une vulgaire femme de charme qu’à une sith élégante. Sa cape de fortune trouvée sur Ilum ne recouvrait plus son corps et ses vêtements habituels, toujours abîmés de ses précédentes aventures sur Vinsoth, ne rendaient pas grâce à sa position affligeante. Essayant de relever le haut de son corps, les doutes et la force de son échec hurlèrent dans ses oreilles.
« Oui… On a eu pitié de toi... »
Encore lui, encore … LUI ! C’en était devenu un cauchemar.
- S… SORS DE … MA TEEEEEEETE !!
Un rire lent et sadique résonna dans la caverne.
Lilithyia avait hurlé de toutes ses forces, elle n’en pouvait plus de cette voix, de cet endroit qui continuaient de lui marteler des mots dans l’unique but de l’affaiblir. Désabusée et meurtrie dans son âme de sith, la jeune guerrière décida contre toute attente de fermer les yeux et de ne plus faire un seul geste. Son souffle puissant et dérangé se calma petit à petit et les traits de son visage se détendirent. Et si cette voix n’était pas juste la représentation de ses pensées les plus enfouies en elle ? Les battements de son cœur commencèrent à ralentir
Cette montagne n’était-elle pas tout bonnement qu’un simple catalyseur à énergie négative pour décontenancer tout individu qui n’aurait pas les moyens de surmonter ces épreuves ? La force tentait-elle simplement, une fois encore, de la pousser dans ses derniers retranchements pour définitivement entrer dans les ténèbres de la force ?
En choisissant la voie du côté obscure lorsqu’elle eut quitté sa planète natale, elle avait choisi de faire taire ses peurs et ses craintes et de devenir une nouvelle entité. Mais tôt ou tard, le chemin menant à la grandeur des siths allait forcément nous reconduire à nos instincts primaires, la peur, la colère et toutes les émotions les plus vives et les plus authentiques.
« La peur est inévitable pour les siths car elle en est tout simplement son essence, vouloir s’en échapper, c’est tourner le dos au côté obscur. »
Une citation qu’elle se rappela désormais avoir lu dans l’académie sith sur Vinsoth. Citation qui, à ce moment, résonna en elle intensément.
Comprendre ceci n’était pas chose aisée, et n’allait pas simplement la rendre plus puissante que jamais, non...
Elle ouvrit rapidement les yeux, son regard balaya rapidement le sol autour d’elle et se posa sur la relique de Wyllord, celle qui maintenait à la fois son passé et son futur. Se relevant timidement et douloureusement, elle remit la cape sur ses épaules et se dirigea lentement vers l‘arme qui lui fut donnée pour la ramasser. L’observant ainsi durant de longues secondes interminables, elle prit une grande inspiration et souffla bruyamment, comme souhaitant faire jaillir de son être toute sa frustration.
* C’était la dernière fois que je vous faisiez honte de la sorte, ma très chère seigneur Wyllord. Je ne suis pas encore celle que vous voulez que je sois, mais j’y arriverai, croyez-moi, j’y arriverai.
Vivre avec la peur, jouer avec et ressentir l’adrénaline qui en découlait, telle était la routine d’un sith confirmé. Mais lorsqu’elle avait fini de parcourir votre échine, il n’y avait que deux choix possibles, la laisser vous dominer et mourir, ou s’en servir et causer la mort.
Telle était la nouvelle leçon que devait apprendre Lilithyia ou plutôt comprendre, afin de devenir une guerrière sith aguerrie, digne de tous ceux qui lui ont précédé et cela commençait maintenant, au sein de ce lieu, théâtre des émotions exacerbées.
Le répit par la découverte, telle aurait pu être la qualification de ce moment pour la belle aux cheveux noirs qui, après avoir compris qu’affronter sa peur était la clef de sortir d’ici, retomba à nouveau dans le calme ambiant des entrailles de la montagne gelée d’Ilum. Ses pas furent plus légers, elle se laissa entraîner dans cette galerie rocheuse sans à priori sur ce qui pouvait l’attendre au détour de ces endroits sombres et perturbants. Une agréable sensation de chaleur lui parcourut l’échine comme lui indiquant qu’elle prenait la bonne direction, aussi bien au sens propre qu’au figuré.
Alors qu’elle continuait d’avancer d’un pas assuré, elle s’arrêta sur place et vint se plaquer contre la paroi la plus proche. Elle sentit quelque chose de perturbant, semblable à ce qu’elle avait déjà ressenti sur Vinsoth. Cependant, ce n’était pas exactement la même chose, une sensation étrange, dénuée de sentiments. Elle avait appris à ressentir beaucoup de choses différentes liées à la force, comme ressentir l’effet d’un chemin à suivre, éloigné et éphémère, d’un danger imminent, vif et impactant, ou même la force qui se dégageait d’un être. Et même dans le dernier cas, la force se matérialisait de façon très variée, car on ne ressentait pas la même chose entre un seigneur sith et un simple apprenti. Chez un seigneur, la force était démesurée, être face à l’un d’eux était simplement suffocant et oppressant, même pour un utilisateur de la force. Chez un apprenti, la soif de pouvoir était ce qu’on ressentait le plus, au même titre que la peur et d’autres émotions non contrôlées. Ici, il n’en était rien, cependant cela correspondait davantage à la force dégagée par un être sensitif. Mais la comparaison s’arrêtait là, aucun sentiment n’était perceptible, comme si l’être était tout simplement privé d’émotions ou s’en privait-il lui-même ?
Fallait-il continuer plus en avant et aller à l’encontre de cette sensation inconnue où le risque était de se retrouver dans une nouvelle situation périlleuse ? Mais la chagrienne était curieuse et envieuse d’apprendre, et quoi de mieux que de se jeter dans l’inconnu pour surmonter ses craintes ? Prenant son sabre en main sans l’activer, elle reprit son avancée, plus lentement et plus silencieusement encore qu’auparavant, tous ses sens étaient en alerte. Au bout de quelques secondes, elle décida finalement de remettre son sabre en dessous de la cape qui l’enveloppait, comme si son instinct ou la force lui indiquait qu’il n’était pas nécessaire de le montrer sur le champs. De toute façon, elle pourrait l’utiliser suffisamment rapidement pour répondre à un danger, il n’était pas nécessaire de le brandir à vue inutilement. Encore quelques dizaines de mètres, elle sentait toujours cette force, elle se rapprochait même, devenant de plus en plus présente mais tout en étant aussi difficilement discernable. Allait-elle payer le fruit de sa curiosité ? C’était une possibilité mais elle n’avait plus peur d’affronter l’obscurité, après son dernier échec cuisant sans avoir pu se battre, il fallait faire honneur au titre qu’elle avait durement acquis d’apprentie sith de Darth Wyllord.
Ce n’est peut-être rien, mais je découvrirais ce que cette grotte et la force ont à m’offrir, jusqu’au dernier mystère qui hante ces lieux. *