Noires représailles
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Post n°11
Auteur : TericaraxLa générale révèle ce que soupçonnait Tericarax : elle a bien usé de la Force, mais pour tenter d'apaiser Blaum et le mettre en confiance. Avec les effets qu'elle a déclenchés, le Pau'an devrait parler d'ici quelques minutes. Le ton, la posture, le regard, tout est évoqué sans le moindre doute, pas de marge d'erreur : pour cette Lyzs Yvanol, Tarun Blaum va parler, c'est une certitude. La curiosité du cyborg s'anime. Il n'a que peu vu le protocole hélas ; il a vu les doigts de la générale s'agiter, puis a succombé à une inexplicable fureur. Mais un si bref geste, et la voici assurée de son succès ? Sur quelles données, sur quelles analyses, sur quoi peut-elle se baser pour affirmer si solidement les événements à venir ? La femelle humaine se désole du manque d'informations. Paradoxale et futile réflexion : si Tericarax possédait des informations, il les lui aurait transmises avant l'entretien, par soucis de clarté et par égard au fait que toute donnée est bonne à prendre. Il n'est pas dupe : ce n'est pas tout à fait à lui que s'adresse l'humaine. Moyen psychologique classique pour les êtres sapiens de décharger leurs émotions, parler dans le vent. Est-ce juste cela ?
Mais elle change sa posture, soudain. Le prodigieux temps de réaction de Tericarax met immédiatement en marche toute la machinerie de son esprit : il retient le déploiement – presque instinctif – de ses vibrolames. La générale ne bouge pas ainsi pour lui, ce n'est pas un mouvement d'agression, non. La posture est défensive, la menace invisible. Les pupilles reptiliennes du scientifique se dilatent et ne quittent plus l'humaine, magnétisées par son image. Il ne retient plus que cette jeune femme aux cheveux noirs, si frêle mais à présent à l'expression si grave.
Soudain, la voici qui s'élance vers le petit boudoir de Blaum. Étonnant comportement. Quelle intuition peut justifier pareil déplacement ?
Sa curiosité déchaînée, mais dans le silence le plus total, Tericarax la suit du regard. La surprise est absente de son esprit, même si son pas lent – comme hésitant – pourrait faire penser l'inverse. Non, ses neurones cogitent bien sur l'agissement de la républicaine. Comment justifier son soudain revirement d'humeur ? Est-elle sujette au même phénomène dont le cyborg a été victime quelques secondes auparavant ? Il la regarde entrer. Elle fait lever Tarun qui, déboussolé, jette des regards apeurés autour de lui mais s'exécute docilement. Tericarax n'a pas le temps d'établir la moindre corrélation entre toutes les observations comportementales des dernières secondes : une fenêtre éclate soudain dans la pièce. Un fragment de seconde, un violent ricochet dans un mur, et la générale tient son arme en main.
Un sabre laser ? Les différentes pièces, prises une à une, sont incohérentes, inconsistantes, déliées. Les puissants algorithmes de logique et de mathématique qui guident le Kaleesh déchiquettent la scène. Fenêtre qui explose. Influence météorologique hautement improbable ; ne correspond pas à Utapau. Impossibilité statistique qu'il s'agisse d'un grêlon, d'une roche ou même d'une météorite. Météos récentes, localisation de la fenêtre, angle par lequel le verre a explosé, impossible, rigoureusement impossible. Hypothèses : conséquence de la Force, tir. Première hypothèse rejetée, illogique.
Impact sur le mur : hypothèse : projectile. Explosion de la fenêtre : hypothèse retenue : projectile. Corrélation évidente entre les deux. Le tir est le plus probable. Explication du sabre laser : déviation du tir. Explication de la posture de la générale : hypothèse de prescience. Cette possibilité est corroborée par les informations accumulées au sujet des utilisateurs de la Force, aux réflexes prodigieux et dotés d'une pseudo-capacité à déterminer l'avenir (quoi que non vérifiée et contrôlée empiriquement à l'heure actuelle).
Un fragment de seconde s'est écoulé entre la déviation du tir et maintenant. Alors parvient le son d'une détonation, qui provient de la fenêtre, comme un lointain coup de tonnerre. Le son du tir, huh ? Temps écoulé entre la générale faisant lever Blaum et maintenant : une seconde et demi, songe le cerveau rigoureusement mathématique. Fabuleux réflexes. Temps de réaction extrêmement élevé, intuition et célérité hors du commun. Par quels processus neurobiologiques a-t-elle pu prévoir ainsi l'arrivée du projectile et le parer avec une telle dextérité ? Comment peut-elle se mouvoir avec pareille fluidité et réagir à des événements avant que ces derniers ne se soient produits ? Fascinant, proprement fascinant. Ceci, ceci justifie parfaitement comment elle a pu se hisser au poste de générale.
L'autre sort une paire de jumelles. Ayant trouvé une explication rigoureusement logique à son comportement, Tericarax détache ses yeux de ce fabuleux spécimen. Ses pensées s'axent maintenant sur le tireur et les événements satellitaires autour de cette Yvanol.
En prenant en compte le délai entre l'arrivée de la balle et la détonation, c'est un tir à longue distance. Puisque ni les gardes ni les patrouilles n'ont empêché le tir, et qu'il n'a reçu aucun message des troupes au sujet d'une quelconque intrusion, l'individu possède ou bien de fabuleuses capacités de dissimulation...Ou bien il a infiltré les troupes.
Les magna, alertés, accourent et forment un véritable bouclier de métal autour de Tarun Blaum.
À cet instant, la générale revient à son niveau, après avoir distribué ses ordres. Il a noté la position qu'elle a déclaré pour l'hostile, effectue mentalement la conversion en coordonnées. Son datapad s'illumine, devant lui apparaît l'image de son propre garde magna, mais aussi de deux OOM.
- Changement de prérogatives : hostile à appréhender un niveau au-dessus, coordonnées estimées à 66-48-92. Porte l'uniforme séparatiste selon toute vraisemblance. Coopération avec les gardes républicains de mise. Armes réglées sur tirs non létaux, je le veux vivant, commande-t-il froidement.
L'image s'interrompt sur le garde s'inclinant et les OOM se mettant au garde-à-vous. Tericarax tousse, puis ses yeux glacés reviennent sur la générale. Intervention sans laquelle Tarun Blaum serait mort. Sniper, mais dans quel but ? Pour qui le Pau'an serait-il embarrassant au point de justifier un assassinat en règle ? Les hypothèses sont prêtes à être formulées, mais le lieutenant les écarte mentalement : ce n'est pas le moment. Il considère pendant un moment de prendre part à la chasse. Pareil événement n'est pas anodin, échouer à capturer le sniper serait un inacceptable déboire. L'on fera confiance aux troupes. C'est le moment de constater l'efficacité de la garde.
- La sécurité de M. Blaum est notre première priorité, indique-t-il autant à lui-même qu'à l'humaine. La tournure des événements indique que notre cher Pau'an ici présent a un peu trop de valeur aux yeux de certains. (Ses iris reptiliens brillent encore de curiosité). Ce tireur n'a pas agit sous mes ordres, si pareille idée avait traversé votre esprit, générale. Je présume qu'il n'a pas agit non plus sous les vôtres : souhaitez-vous prendre part à la traque, ou amener notre invité en lieu sûr et poursuivre votre...Douce interrogation de sa mémoire ? -
Post n°12
Auteur : Lyzs— …Ce tireur n'a pas agi sous mes ordres, si pareille idée avait traversé votre esprit, générale…
Lyzs s’est retournée. Le séparatiste juge bon d’être rassurant. Il fait bien : la générale raccroche son sabre à sa ceinture sans mot dire. Elle jette ensuite un dernier regard à la fenêtre avant de se diriger vers la sortie. Sans y faire attention, elle écrase quelques bouts de verre avant de passer devant Tericarax. Elle fixe alors le mur de magnagardes.
— …souhaitez-vous prendre part à la traque, ou amener notre invité en lieu sûr et poursuivre votre...Douce interrogation de sa mémoire ?
Elle s’arrête. De ses deux mains, elle fait signe aux droïdes de libérer le passage pour qu’elle puisse atteindre Blaum. Les gardes regardent leur lieutenant, puis s’écartent enfin.
— Il nous faut plus d’informations. Le plus rapidement possible…
Les deux autres républicains attendent là, en se questionnant encore sur les récents événements. Ils sont sur leurs gardes. Lyzs leur adresse un regard avant de leur faire, à eux aussi, un signe de la main. Ils se redressent et éloignent leur main de leur sabre, toujours ignorants.
La générale se rapproche ensuite du Pau’an. Celui-ci fait bien deux mètres. Elle lève donc les yeux pour observer son visage marqué par la peur. Finalement, après avoir lancé quelques coups d’œil agités par ci par là, il comprend qu’il faut porter son attention sur la jeune femme. Il incline alors la tête pour remarquer que deux yeux bleus percent à travers lui. Il a déjà vu cette petite personne, peut-être il y a quelques minutes, même. Cependant, tout lui semble si flou. Il s’agissait peut-être d’un rêve ? Très certainement. Après tout, le regard dont il se souvient était bien plus rassurant, plus doux. Ces yeux-là ne sont pas ceux d’une personne appelant au calme. Non. Il s’agit plutôt des yeux d’une personne qui veut des réponses, et vite.
Lyzs, secouée par l’attaque, estime qu’elle n’a plus de temps à perdre. Des Sith et un assassin courent toujours sur Utapau. Des gens exécrables qu’il vaudrait mieux avoir sous contrôle et sur lesquels Blaum pourrait avoir des informations. Certes, il s’agit d’une victime, mais les circonstances sont telles que la générale se sent pressée, forcée de changer de méthode.
— Tarun, je sais que vous souffrez. Mais, des gens sont morts. Et pas vous. Vous comprenez ? On vient d’essayer de vous tuer, à l’instant. Ce n’est pas un hasard…
Lyzs se rapproche un peu plus. Elle doit lever la tête, un peu plus encore. Tarun, lui, ne la suit que des yeux. La fille soupire. Sans trop savoir quoi dire, sentant la pression de l’instant, l’homme peine à avaler sa salive.
— Si vous voulez que l’on vous protège efficacement, il va falloir nous en dire le plus possible. Vous ne voudriez pas que ces meurtriers s’enfuient, n’est-ce pas ? Vous voudriez qu’ils assassinent d’autres innocents ?
Elle marque un silence, observe sa réaction inhibée par ses peurs et ses doutes.
— Non… C’est bien ce que je pensais. Alors, pourquoi voudrait-on votre tête ?
Lyzs envoie une image violente dans l’esprit du pauvre homme. Sa tête. On veut sa tête. Il détourne le regard, en imaginant une triste scène, sans doute. Puis, il revient sur la générale. Ses yeux se portent alors sur ses fins bras croisés. Plus précisément sur la pièce d’armure qui s’y trouve. Il y voit un symbole républicain gravé subtilement, puis il retourne à nouveau les deux perles bleues de la générale.
— J-Je ne… tente-t-il, déboussolé.
La jeune femme comprend. Elle use de toute sa maîtrise d’elle-même pour rester forte, droite, impressionnante même. Finalement, elle arrive à afficher un sourire confiant.
— Je vois...
Si proche du but, mais bloquée pour si peu. Lyzs décide alors de donner un peu d’espace au pau’an. Elle recule de deux pas et se libère, par la même occasion, de cette désagréable tension.
— La république collabore actuellement avec la CSI. Vous pouvez parler. Nous devons avancer. Et vite.
Blaum n’a pas l’air moins tourmenté, même s’il peut à présent détendre son dos. De la tête, il montre qu’il ne s’accorde toujours pas le droit de parler. Mais, il rassemble son courage. Bien qu’impressionné par l’assurance de l’humaine, il se jette à l’eau :
— Je ne peux pas. Pas à vous... Pas à une républicaine.
Lyzs fronce les sourcils. Il ne voit pas la personne, il ne voit pas la cause. Non, il voit un drapeau, une bannière. Elle aussi, hoche négativement la tête. Embêtée, désolée, elle ferme les yeux un instant.
— Ne me forcez pas, Tarun. Je vous dis que nous avons un but commun.
Blaum n’a pas l’air rassuré : il cherche ses mots. Sûrement pour refuser une nouvelle fois.
Quel manque de coopération. Lyzs, agacée, perce à nouveau Tarun du regard. Elle se rapproche et attrape ses épaules. Les magnagardes, en alerte, changent leur attitude. Mais, ils n’interviennent pas : la républicaine ne fait qu’agripper le pau’an pour l’incliner vers elle. Leurs yeux sont à quelques centimètres les uns des autres. Le pauvre homme transpire, il ne sait pas quel genre de souffrances l’attendent. Il sent que l’humaine n’est pas concentrée sur ses pupilles, mais sur ce qui se trouve derrière…
— Qui pourrait… vous être hostile ? Demande-t-elle, insistante.
Sa prise s’affirme, ses sourcils se froncent un peu plus alors que ses yeux, eux, s’ouvrent de plus belle. L’homme ne peut pas répondre : sa bouche est entrouverte, mais aucun son n’en sort. Il est comme paralysé par un frisson courant le long de son dos. Il tremble un instant, avant d’être libéré : Lyzs lâche prise et secoue la tête, comme pour chasser une mauvaise pensée.
La réponse tant désirée, celle que le pau’an n’osait pas donner, est enfin là. Une brève image. Puis un nom, prononcé par une voix inconnue, qui semble y être attaché. Il s’agit d’un souvenir vague, d’une connaissance qui aurait pu se trouver là depuis longtemps. Tout en s’éloignant, Lyzs cherche. Rien. Cela ne lui dit rien… Finalement, elle se tourne vers le lieutenant Tericarax.
— Qui est… Qui est Sharkaran El… Eldj… Eldjurath ?
Blaum est déboussolé, terrifié. Il a l’impression d’avoir été volé... d’avoir été dupé ! Il aurait trahi la confiance de la CSI sans le vouloir ? -
Post n°13
Auteur : TericaraxL'humaine se lance sans attendre dans un nouvel interrogatoire. L'escorte de IG-100 autour du Pau'an se dresse contre la générale, mais Tericarax leur fait signe de s'écarter d'un geste de la main, laissant la générale à ses procédés. Il aimerait, naturellement, observer le protocole – sans interruptions cette fois. Mais l'heure n'est pas à l'observation, il faut travailler en parallèle, car sinon l'on prendra du retard. Le temps manque, l'heure est à l'efficacité et plus à la curiosité.
Le personnage s'éloigne encore plus de la générale. Il ne faudrait pas faire échouer sa manœuvre, on lui fera donc confiance. Et si elle obtient des informations critiques sur la CSI ?
Le cyborg avise. Il y a en tout et pour tout huit magna gardes. Avec lui, cela fait bien assez de bras pour la réduire au silence, si elle devait s'avérer une menace. Malgré toute la compétence qu'il veut bien lui accorder, il n'est personne qui ne puisse triompher avec un désavantage numérique si conséquent. Mais cette piste de réflexion est futile – une perte de temps protocolaire digne d'un politicien, qui n'a aucun futur.
Il y a plus important : pourquoi Tarun Blaum a-t-il été visé à l'instant, et comment ceci se lie-t-il à tout se qui s'est passé ces derniers jours ?
Il tapote sur son datapad tout en réfléchissant aux événements dont il a connaissance. Attentat contre une assemblée de représentants haut placés. Selon les messages d'alerte, les responsables sont des Sith, on appelle la CSI à l'aide. En arrivant sur les lieux, on trouve un cadavre de Twi'lek : supposément l'un des Sith. Mais qu'est-ce qui vient l'affirmer ? À la réflexion, il ne manipulait qu'une vibrolame, pas le sabre laser emblématique des Sensitifs. Tericarax peut utiliser quatre de ces lames à haute fréquence, cela ne fait pas de lui un Sith ou un Jedi pour autant ; il n'existe aucune corrélation entre l'utilisation de cet outil et une appartenance à l'un des...Dogmes de la Force. Aussi, il n'y a rien qui étaie à l'heure actuelle le fait que le Twi'lek soit bien un Sith. Cela pourrait tout aussi bien être un simple meurtrier qui se serait jeté dans la salle du conseil avec une vibrolame et des grenades.
Élément suivant.
Les deux cadavres dans la ruelle. Faute d'empreintes sur la gorge, ils sont supposés morts par un étranglement de Force. Ceci est cohérent avec l'attaque des Sith : la ruelle où ils ont été trouvés est un chemin de fuite du siège, c'est une route pour fuir la scène du crime. Un terroriste Sith aurait pris ce chemin et fait taire les témoins, de malchanceux badauds au mauvais endroit au mauvais moment. Correspondance parfaite. La façon dont ils sont morts corrobore parfaitement l'étranglement de Force : les signes biologiques sont clairs, ils sont morts de suffocation, mais sans que leur gorge ait été touchée physiquement. Une force s'est exercée sur leur œsophage, violente aux marques et aux déformations de l'épiderme et de la trachée, mais il n'y avait toutefois pas la moindre substance qui indique un toucher direct : pas d'empreintes extérieurs, pas de particules laissées par exemple par des gants, pas de stries laissées par une corde...Cet élément concorde avec l'hypothèse 1 : des Sith ont attaqués le conseil, et ces témoins sont morts par l'un des Sith en fuite.
Élément problématique.
L'assassin, véritable cheveux sur la soupe.
Le tireur embusqué met à mal les hypothèses précédentes. Il ébranle les certitudes et remet en question les raisonnements et suppositions établies précédemment. En effet, la supposition était que les Sith ont attaqué le conseil pour faire passer un message ; pour se venger sans doute de l'assaut sur Cathar, un ultime acte d'arrogance futile pour se croire importants.
Toutefois, des terroristes suicidaires n'auraient pas été jusqu'à aller quérir un tireur de précision pour abattre toutes leurs cibles. Si les profils supposés par le lieutenant sont corrects, les individus ici sont par hypothèses désespérés au point d'être prêts à donner leur vie pour envoyer un message à la galaxie entière, mais aussi prêts à périr dans un coin boueux et perdu comme Utapau.
Incohérent avec l'engagement d'un tireur d'élite : bien trop méticuleux pour une attaque montée à la hâte. Hypothèses alternatives ?
La première, la plus triviale, est que le tireur soit le responsable de toute cette affaire ; le corps serait peut-être un complice, et les messages d'alerte seraient faux, pour brouiller les pistes. Ainsi, on forcerait les troupes séparatistes à chercher dans la mauvaise direction, pour avoir le champ libre et assassiner tranquillement les rescapés de l'attentat.
Tout en composant les identifiants sur son appareil, le lieutenant poursuit sa réflexion. Bien entendu. C'est plausible. Mais à quel point ceci est-il vraisemblable ? Sa mémoire fait le récapitulatif : Fondamentalement, plusieurs mondes sont attaqués simultanément par des pseudo Sith. On accuse en premier lieu une attaque sur Mygeeto, annoncée par un droïde OOM. Ensuite, des messages d'alerte quasiment simultanés, mais en retard de quelques heures par rapport à Mygeeto, en provenance de Muunilinst et Utapau. On dépêche des troupes sur Félucia au cas où. Quelles sont les chances que des tueurs posant comme des Sith puis des séparatistes aient sévi sur tous les mondes simultanément ? Quelles sont les chances que le message originel de l'OOM soit falsifié, et un piège tendu à la Confédération toute entière ?
Probabilités très faibles. Chances qui tendent vers zéro, quasiment nulles, inexistantes. Hypothèse improbable donc. Seconde hypothèse : des tueurs profitant des attaques Sith sur d'autres mondes pour en simuler une ici et tuer leurs cibles ni vu ni connu.
Le lieutenant avise. Ceci semble plus vraisemblable, toutefois les tueurs n'auraient eu aucun intérêt à lancer des messages d'alerte. S'ils avaient réussi par eux-même à passer la sécurité Utapaun, ils n'auraient alors pas eu à lancer une quelconque alerte ou à poser pour des Sith, car dans la situation actuelle ç'aurait été le meilleur moyen d'attirer l'attention et faire rater toute leur opération : un plan extrêmement stupide, vide d'intérêt, stérile. Cette hypothèse là ne peut être retenue. Il en reste une troisième...
- Lieutenant, dit en guise de salutation le droïde.
La réflexion du cyborg s'arrête un instant. Ses yeux se fixent sur la communication qui vient de s'engager. Devant lui se tient un automate aux allures cyclopéennes. L'unique lentille de son subordonné s'ajuste, comme un humain ajusterait une paire de lunettes devant ses yeux. De l'autre côté de la communication, le séparatiste tape rapidement. Il recule hors du champ de la caméra, puis revient brancher de larges fils entre eux. Enfin son attention revient sur son supérieur.
- Nous avons quasiment fini de restaurer les données. Ils ont massacré les caméras, mais les données ont été épargnés. Quasiment. Les systèmes sont archaïques, des cassettes holographiques. Mais c'est du solide, plus faciles à réparer que des disques. La baisse de courant a causé une boucle de retour qui a fait péter les circuits à hauteur de 78.3%. Pour pouvoir retrouver les images, on a donc dû extrapoler à partir du peu de signaux restants. Les images ne seront pas très nettes, lieutenant. Dans dix minutes on devrait avoir ça.
- Bien, vous enverrez ceci également à la générale Yvanol. Au plus cette information est dupliquée, au moins nous risquons de la perdre par une corruption lors de l'émission rétorque le Kaleesh sans enthousiasme. SVE-97, vous êtes un expert en signaux et en communications, n'est-ce pas ?
Le droïde hoche affirmativement de la tête tout en poursuivant ses tâches, concentré.
- C'est exact lieutenant.
- Par où passent les communications entre Géonosis et Utapau ? Réclame notre squelette d'acier. L'autre penche la tête sur le côté, pensif.
- Utapau possède deux relais Holonet avec une portée suffisante : chaque relais s'occupe de la moitié des utilisateurs de la planète, répartis géographiquement.
- Trouvez celui depuis lequel les dernières communications ont été lancées, commande Tericarax.
L'autre dé zoome avec son œil. Il s'éloigne de sa chaise, sort à nouveau du champ. Il revient avec une tablette, la branche à un écran devant lui – invisible pour Tericarax – et commence à chercher. Après quelques secondes, il annonce :
- C'est fait. Il s'agit du relais id 160-946-ad64-055. Celui affilié à cet hémisphère de la planète.
- Trouvez un relais qui aurait émis il y a moins de quelques minutes, à destination de Utapau-même. Id de l'appareil, et s'il émet encore sa position géographique.
À nouveau, SVE-97 se met à chercher silencieusement de l'autre côté de l'hologramme, laissant Tericarax seul avec sa lourde respiration. Les recherches sont plus longues cette fois, car il faut trier parmi des dizaines – des centaines de données. Malgré le blocus imposé, il est normal que des communications continuent à entrer et sortir, on ne peut pas bloquer l'HoloNet. Notre montagne d'acier se fend d'une douloureuse quinte de toux. La fraîcheur du bâtiment a beau être plus clémente pour ses problèmes d'asthme que l'étouffante chaleur des rues, elle ne peut soigner ses poumons : rien dans la galaxie ne le peut. Pendant ces quelques instants, Tericarax entame une nouvelle piste de réflexion.
En supposant la troisième hypothèse, quelles raisons peuvent justifier la mort de Tarun Blaum ?
- Je l'ai, dit le droïde.
Cela serait assurément pour le faire taire qu'on a tenté de le supprimer.
- Je vous écoute, dit Tericarax.
Mais le tireur s'est trouvé plus pressé que prévu. Il avait sans doute prévu de le tuer, mais l'opération et les ordres du lieutenant ont contredit ses plans ; avec la garde autour de Blaum, il a dû attendre un moment plus opportun. Eloigné des fenêtres, cloîtré entre tous ses gardes IG-100, le Pau'an n'offrait pas d'angle de vulnérabilité. Il n'en a offert un qu'au moment le plus critique, lorsque la générale Yvanol a commencé à l'interroger. À le faire lever.
- Dix mètres, lieutenant. Dans la pièce adjacente à là où vous êtes. Id impossible à déterminer, la communication est encryptée.
Tericarax lâche un « Merci » glacial, et interrompt la communication. Le tireur s'est montré impatient. Il devait faire taire Blaum, mais en voyant la garde républicaine et la Confédération si près de sa cible, il savait sans doute qu'il n'avait plus de temps. Ses dernières chances de supprimer le responsable Utapaun avant qu'il ne livre les précieuses informations se raréfiaient de seconde en seconde...
- Et donc il a tiré alors même que nous étions présents, souffle le Kaleesh pour lui-même. Mais c'était sans compter la présence de la générale...Elle a en même temps mis Blaum en danger et en même temps l'a sauvé.
Il tousse, reprend le chemin de la salle. À cet instant, ses yeux s'arrêtent sur une petite figure qui s'avance dans sa direction. Petite, élancée, c'est la générale Yvanol. Ayant posé son manteau, elle porte à présent une armure articulée, veinée dans ses courbes d'un bleu électrique. Ses yeux bleus trahissent une expression que le scientifique a déjà aperçu chez elle : le trouble. D'une voix perturbée – comme hésitante, elle demande :
- Qui est… Qui est Sharkaran El… Eldj… Eldjurath ?
Sharkaran Eldjurath. Si l'esprit du cyborg pouvait encore être marqué par la surprise, sans doute ses yeux trahiraient-ils un choc pur et simple. Ce nom, prononcé par ces lèvres...C'est véritablement quelque chose que l'esprit du scientifique n'avait pas envisagé. Mais, incapable de ressentir l'étonnement face aux revers les plus surprenants du hasard, Tericarax se contente d'observer la Républicaine de ses pupilles glaciales, dévorant de ses deux iris ternes chaque parcelle de la jeune femme. Position des mains, tenue de la colonne vertébrale, expression faciale, dilatation des pupilles, fréquence de la respiration, le cyborg note tous ces signes, tentant de déterminer s'il s'agit de bluff ou non.
Effort inutile, mais dont il s'encombre néanmoins : son esprit étant vide de sentiments, il est également incapable d'empathies. De ce fait, il ne peut pas deviner ce que tous ces indices comportementaux trahissent actuellement chez la jeune à la chevelure de jais. Elle pourrait être en train de bluffer ou d'être réellement étonnée, mais le séparatiste est purement incapable de distinguer les deux. Sharkaran Eldjurath.
Le nom fait soudainement l'effet d'un choc électrique à l'esprit du cyborg.
- Je vois, dit le séparatiste d'un ton algide, si sinistre qu'il en ferait frissonner jusqu'aux magna. Puériles machinations, subtiles mais futiles intrigues, embûches infécondes, complots périlleux et inutiles. C'est donc de sa main que ce tireur vient semer le chaos dans mes hypothèses, c'est donc par ses ordres qu'on chamboule mes opérations ? (Il fixe à nouveau ses yeux sur son interlocutrice. Le regard reptilien est fixe, comme magnétisé par les iris bleus de l'humaine.) Vous venez de marcher sur une toile dangereuse, générale, tissée par une araignée habile. Une que, même avec vos pouvoirs, vous ne pourrez pas dévorer seule.
Il bat l'air de la main, éloignant tout caractère menaçant de ses propos à la façon dont on éloigne un insecte agaçant.
- Savoir à quoi correspond ce nom ne vous apportera rien : au contraire, ceci vous mettra dans le même danger si ce n'est même pire que notre ami Blaum (le doigt rachitique du cyborg désigne fatalement le Pau'an alors qu'il parle). Mes assignations sont d'obtenir votre aide pour traquer les Sith ; pas de vous entraîner par accident et jeu de coïncidences dans un piège mortel. Ceci ne serait pas bénéfique à nos deux mondes, vous en conviendrez.
Sur ces énigmatiques paroles, le cyborg entre dans le boudoir où se reposait Blaum avait qu'on attente à son existence. Ses griffes passent sur les éclats de verre, éraflent le parquet, laissent la marque de Tericarax comme une balafre. Les meubles sont sans intérêt. Le sofa juste à la gauche de l'entrée est secondaire. La bibliothèque au fond de la pièce, sans importance. Non, c'est le bureau au centre qui attire tout l'intérêt du lieutenant. La pièce à côté de vous disait SVE-97.
Sur le meuble de bois, des papiers sont rangés avec le soin d'un apothicaire. Des feuilles - une denrée rare sur un monde comme Utapau – reposent sur le bureau, à côté dort un porte-plume attendant son encre. Tericarax contourne le pupitre, repousse d'un geste un luxueux siège rembourré, et s'agenouille pour se mettre au niveau du meuble. Trois tiroirs lui font face. Sans attendre, il tente de les tirer et de les ouvrir ; mais les tiroirs ont une serrure, et elles réclament une clef. La vibrolame du cyborg se déploie en claquant et se met à vrombir.
***
Lorsque Tericarax revient au niveau de Lyzs, il tient dans sa main droite une petite puce, qu'il tend à la Républicaine.
- Un mouchard, dit-il.
Il tousse, puis se redresse. Derrière lui, le bureau n'est plus qu'un tas de bois déchiqueté et méconnaissable, et pour cause : le mouchard était logé à même le bois, pas dans l'un des tiroirs comme il l'avait soupçonné au début. Il accuse le coup. Il devrait expliquer à la générale au moins une part de son raisonnement, sans quoi elle risque de penser – à tort – que Tericarax a massacré le meuble pour calmer ses nerfs. Avec l'application d'un - sinistre – professeur, il entame :
- N'avez vous pas trouvé étrange que le tireur décide d'agir lorsque nous sommes présents ? Sûrement, il aurait pu supprimer Blaum dans les jours précédents votre arrivée, mais il ne l'a pas fait. Pendant que vous l'interrogiez, je me suis demandé pourquoi ; j'en ai déduis que c'était en premier lieu parce qu'il n'en avait pas eu l'opportunité. Traumatisé par les événements récents, notre « ami » n'a quasiment pas bougé de son sofa. Avec le peu d'immeubles présents dans la zone, ceci limite grandement les fenêtres de tir possibles. La fréquence des patrouilles droïdes par ailleurs était un second facteur limitant : notre tireur devait avoir un angle d'où il ne puisse être vu, car même en séparatiste il aurait attiré l'attention avec pareil matériel...Tericarax s'arrête. Sa trachée s'enflamme après avoir parlé aussi longtemps en continu. Sa voix se trouble en des sons gutturaux répugnants. Il exhorte, des secrétions l'empêchent un moment de respirer. Il reprend enfin : Mais ceci n'explique pas pourquoi le tireur a choisi de tirer maintenant. Votre arrivée n'aurait pas été un facteur suffisant, puisque vous étiez sensée m'aider à chasser les Sith – et Sharkaran Edjurath est tout sauf lié à ces derniers. Un tireur embusqué qui tente d'assassiner Tarun Blaum ? Des informations sensibles ? L'espionnage des faits et gestes de notre victime était un effet de bord logique, prévisible. Or, vous avez parlé vous même dans le bureau et commencé à interroger Blaum. Pourquoi le tireur n'a-t-il pas tiré à ce moment là ? Parce qu'il n'était pas encore là. Il était en train d'écouter les actions de Blaum, et votre voix l'a alerté : il a su que des gens étaient présents pour extraire des informations de sa cible, et il s'est mis en position aussi vite que possible. C'est pour cela que vous avez eu le temps de le...Prévoir. J'ai demandé à l'un de mes hommes les communications les plus directes passant par un relais HoloNet et allant d'Utapau à Utapau. Compte tenu du blocus, de telles transmissions sont tout sauf courantes. L'une d'elle provenait de ce bureau. J'en ai déduis le mouchard.
Il s'interrompt à nouveau en une tousse grasse et maladive ; l'on le croirait atteint de la pire des pneumonies, mais le mal qui ronge ses poumons est plus pernicieux encore. Il reprend doucement son souffle.
- C'est une affaire que je pense indépendante des Sith. C'est l'hypothèse qui me semble la plus probable : un croisement d'attaques simultanées, mais seule celle du tireur dépend de celle des Sith. Les Sith ne sont pas liés à Sharkaran Edjurath, ni à ce que sait Tarun Blaum. Vos troupes seront bien aptes à attraper le fugitif, jointes aux miennes. Mais nos fugitifs du Côté Obscur courent toujours, eux.
Il porte ses yeux sur le Pau'an, qui est apeuré dans un coin du couloir. Le but de base était d'en tirer des informations sur les utilisateurs du Côté Obscur, et à présent on lui donne le nom d'un des énigmatiques consuls de la CSI actuelle ? Il va y avoir du ménage à faire. -
Post n°14
Auteur : LyzsLyzs, assez perplexe, écoute le cyborg. Celui-ci s’exprime à la manière d’un auteur. Métaphores et tournures de phrases alambiquées sont de la partie. Mais, au moins, le message passe : Sharkaran Eldjurath est quelqu’un d’important. Un ennemi du lieutenant, peut-être ? Ou bien une personnalité confédérée ? Il faudra se renseigner à ce sujet mais, pour l’instant, ces affaires n’ont pas vraiment d’intérêt pour la jeune femme. Tout ce qui compte, c’est de savoir si cette personne a un lien avec les attaques Sith. Piège « mortel » ou non.
Pendant que la républicaine fait du ménage dans les sentiments volés à Tarun Blaum durant l’extraction de son petit fragment de souvenir, Tericarax, lui, s’attelle à réduire un bureau en miettes. Peut-être que c’est ce nom, qui lui fait cet effet ? Probablement pas. Après tout, la générale a du mal à percevoir une simple variation d’humeur chez le cyborg. Les chances pour qu’il s’énerve sur ce meuble pour passer ses nerfs sont bien trop faibles.
La pauvre créature guidée par sa logique et sa loyauté revient enfin pour présenter sa trouvaille : un mouchard. S’en suit un raisonnement sur la récente tentative de meurtre et sur la découverte du petit gadget. Bien qu’il soit unique en son genre, il faut reconnaître que le lieutenant est diablement efficace dans son domaine d’expertise : le raisonnement logique.
D’un coup, celui-ci s’esquinte ce qui lui reste de sa gorge avec sa plus impressionnante toux. La générale semble prise d’empathie : rien qu’entendre cet immonde bruit lui fait mal aux bronches. Il se calme enfin et Lyzs se décrispe à son tour. Puis, le cyborg explique sa conclusion : Sharkaran Edjurath n’est pas lié aux Sith. Le tireur d’élite serait lié à cette personne. Et non aux adeptes du côté obscur. Pourquoi pas ? Cela semble tenir la route. Cependant, tout cela manque de preuves tangibles. Lyzs, pensive, se tient le menton en reliant les points.
— Sharkaran aurait quelque chose à voir avec les victimes. L’attaque des Sith aurait précipité ses actions… Probable. Mais, peut-être que les Sith eux aussi agissaient sous ses ordres ? Le fait que nous les traquons les empêche de finir le travail, alors on aurait fait appel à ce tireur…
Les yeux bleus de la générale quittent le vide dans lequel ils s’étaient plongés pour revenir sur Tericarax. La petite républicaine n’est pas satisfaite.
— C’est une hypothèse tout aussi valable non ? Je comprends bien que l’affaire Eldjurath est très certainement un « jeu » interne à la CSI. Ce sont vos affaires. Par contre, si celui-ci a quelque chose à voir avec ces Sith, c’est une autre histoire…
Nouvelle réflexion. Peut-être a-t-elle parlé un peu vite ?
— Hm… Non, non. Vous avez certainement raison. Je manque d’informations au sujet de cette personne. Je ne vois pas pourquoi un confédéré ferait appel à des Sith pour faire ce genre de travail. Je ne vois pas non plus pourquoi il ordonnerait des attaques Sith sur différents mondes séparatistes... Ou alors ce serait bien plus grave que prévu. C’est un peu tiré par les cheveux.
Elle affiche un air déçu. La faute au peu d’informations utiles apporté par cette virée dans l’esprit du pau’an. Un effort pour rien…
— Je pense que vous avez raison. Ce sont deux problèmes différents. Ce qui ne nous avance pas dans notre recherche.
Elle se tourne à moitié pour s’adresser au survivant.
— Donc, Tarun…
Une interruption. Quelque chose sonne. L’attention de Lyzs se porte à présent sur son datapad. Il s’agit des résultats des travaux séparatistes : les vidéos ayant captées les déplacements des Sith. Son comlink s’active ensuite :
— Générale, nous avons relayé les vidéos. C’est assez flou, mais on distingue bien nos hommes : le bith et le twi’lek. Avec les heures de capture, on peut en déduire qu’ils ne sont pas bien loin. Ils sont séparés et leurs déplacements sont hasardeux. Ils doivent chercher quelque chose.
— Parfait, vous pouvez commencer les…
Un puissant grésillement vient agresser les oreilles de la républicaine : la communication est comme brouillée. Elle trouve vite le récepteur sur son col pour le couper. Sur ses gardes, elle jette rapidement un œil à son datapad pour comprendre ce qu’il vient de se passer : les communications sont bloquées. Dans le même temps, les magnagardes semblent entrer en action.
Au son des bâtons électriques se dépliants, Lyzs dégaine et allume son sabre. Sans qu’elle ne puisse intervenir, l’un des droïdes plante la pointe de son arme dans le torse de Blaum ! Il l’électrocute avec toute la puissance dont il dispose et, après quelques convulsions et un long cri de douleur, le pau’an s’écroule. Sa plaie fumante dégage une désagréable odeur que les magnagarde ignorent : ils ajustent leur formation en avançant leurs piques serties d’étincelles bleues. Les deux gardes de la générale, qui étaient de l’autre côté, n’ont pas le temps de traverser le mur de droïdes pour rejoindre leur supérieure. Celle-ci se trouve entre les magnagardes et le cyborg. Ils ne peuvent que se défendre eux-mêmes.
Lyzs, de son côté, n’a même pas le temps de se questionner : on l’attaque ! Elle pare un coup, puis deux avant de réussir à se reculer pour retrouver ses esprits embrouillés par la surprise. Les gardes républicains, eux, se lancent dans une riposte et s’engagent dans le combat. Leurs sabres bleus viennent faire jaillir des étincelles au contact de la foudre des bâtons électriques. Trois droïdes, dans le plus mécanique des styles, repoussent leurs assauts à l’arrière tandis que les autres continuent d’avancer.
Alors que ses hommes échangent de violents coups avec ces magnagardes, la jeune femme tente de trouver un moyen de s’en sortir en gardant ses distances. La CSI les attaque et les droïdes s’avancent vers elle, décidés à en découdre. D’ailleurs trop concentrée sur ceux-ci, elle tourne complètement le dos à l’imposant lieutenant. Seulement, le son des vibrolames qui se déploient lui fait comprendre son erreur… -
Post n°15
Auteur : TericaraxTericarax reste silencieux. La générale en face de lui s'exprime, mais il n'est pas dupe : elle mène sa réflexion à voix haute, ses mots ne lui sont pas destinés. Néanmoins, il salue sa logique : la jeune humaine finit par arriver à la même conclusion que lui – encore que ce soit ici par manque d'éléments plutôt que par une inférence purement logique, mais la conclusion n'en reste pas moins la même que la sienne. Et elle accepte de laisser cette affaire à la charge de la CSI. Logique, ce sont là des problèmes internes qui ne concernent que la Confédération. Le datapad du cyborg sonne. Il fouille dans sa cape, en extirpe le petit objet, qui vibre et sonne. Une pression de ses doigts froids suffit à enclencher le message : devant lui apparaît le visage cyclopéen de SVE-97. L'image bleue, légèrement troublée par des vagues de parasites à sa surface, se stabilise.
- Lieutenant, décodage terminé. Espèces identifiées. Nous avons trois individus, deux Twi'lek et un Bith. Vous devriez recevoir la vidéo dans 3...2...1...(Un nouveau bip confirme la réception du fichier. Notre Kaleesh ne relève pas pour ne pas interrompre l'automate en face de lui.) Ils entrent tous les trois dans le bâtiment et commencent à massacrer les gardes présents. Pas de doute, ce sont bien nos terroristes. Les images sont trop floues pour pouvoir obtenir un faciès net.
- Identités connues ? Réclame froidement Tericarax. Si les visages sont indiscernables à cause de la faible qualité des données, il faut utiliser les connaissances périphériques dont on peut disposer. Il est possible que ces individus aient déjà fait des vagues : agressions, comportements violents, quelque chose qui aurait laissé une trace, une trace à laquelle on puisse remonter. Son interlocuteur hoche négativement de la tête.
- Négatif. Les bases de données de Utapau sont maigres, à peine informatisées, mais nous n'avons rien trouvé au sujet d'un Bith ou de Twi'lek. De vrais fantômes.
Prévisible, songe Tericarax. La galaxie est vaste, et rares sont les planètes qui disposent des moyens pour créer une base de données où répertorier chaque individu présent sur son sol : même Géonosis ou Coruscant ne possèdent pas pareille technologie. Les Sith sont probablement venus dans l'ombre qu'ils affectionnent tant, sans identité réelle et sans se faire répertorier où que ce soit. Peu importe, on avance déjà. En connaissant leur espèce, on écarte 99.9% de potentiels suspects et on facilite grandement les recherches.
- Bien. Envoyez le signalement aux patrouilles. Ensuite préparez les scanners satelli...
L'image se trouble en une nuée de parasites, ne devient plus qu'une forme discontinue de lignes blanches et bleues, et la communication se coupe. Tericarax reste insonore devant l'événement. Problème technologique ? Il fixe son datapad, lorsqu'un crépitement familier se met à résonner dans le couloir. Un crépitement électrique, le son d'un bâton électrique. Tous les gardes IG-100 de Blaum viennent comme un seul homme d'allumer leurs bâtons. Soudain, l'un d'eux frappe Blaum en plein torse. La foudre parcourt son corps, fait convulser ses membres, lui arrache un cri. Tout semble se dérouler au ralenti. Sous les impulsions de tonnerre, le corps entier du Pau'an, ranimé un instant par une énergie nouvelle, s'agite en tout sens. Ses yeux, bien plus ouverts que pendant tout l'entretien avec la générale, fixent le plafond, le sol, les murs, le lieutenant, une expression où se fondent la terreur et la douleur hante chaque parcelle de peau de Tarun. Avec une ultime impulsion, il s'effondre au sol. Tout n'a duré qu'une seconde au plus. La surprise n'existe pas dans l'esprit de Tericarax, mais il n'a pas le temps d'agir ni de voir le reste : car soudain, une forme entre dans son champ de vision.
Tous les processus cybernétiques et biologiques du Kaleesh se mettent en action. Par réflexe, il se protège de ses deux bras ; ses avants-bras interceptent une arme électrique, qui vient chanter sa foudre à quelques centimètres de son visage. De petites langues pourpres et blanches viennent lécher le bord de ses bras, s'écrasent contre son masque mortuaire. Il plisse les yeux. Il repousse en arrière le garde, de sa force colossale renvoie le bâton en arrière. Ses deux vibrolames se déploient en claquant de ses poignets. Un autre garde se jette sur lui de la droite alors que le premier reprend son équilibre, projetant sa lance en une fente. Tericarax dévie le coup sur le côté de sa lame droite. Les dizaines d'heures passées à combattre son propre garde IG-100 lui font exécuter ces mouvements par réflexe. Il fait un pas en avant, sa deuxième lame – la gauche - tranche la gorge cybernétique du garde.
Le Kaleesh, d'une seconde entaille, tranche le bras armé du garde, se remet de face et sectionne son torse de sa vibrolame droite. Mais l'action a laissé le temps au deuxième IG-100 de se remettre en posture ; le droïde se tient en posture de combat à une distance raisonnable, ses deux photorécepteurs rouges plongés dans les iris reptiliens du Kaleesh. Un troisième IG-100 est à côté de lui, pour assurer l'avantage numérique contre Tericarax. Derrière le duo d'acier, il aperçoit la générale Lyzs et ses gardes, en plein combat contre les cinq autres magna.
Illogique retournement de situation. Un de ses assaillant tente une fente, assisté du deuxième. Ils se mettent à harceler Tericarax par des coups d'estoc, profitant de l'insolente allonge de leurs bâtons électriques. Le lieutenant repousse, quarte sur sixte, se penche sur la droite pour laisser filer un coup qu'il n'a pu intercepter et qui menaçait de lui emboutir l'épaule. Est-ce vraiment illogique ? Il repousse ses ennemis, manque de décapiter un des droïdes, mais une contre-offensive du premier des deux lui fait interrompre son assaut. Défaillance technique non envisageable, pas à une telle échelle. Les gardes magna ne suivent pas un ordinateur central, ils reçoivent des ordres individuels.
Il fait un pas en arrière. Un des bâtons vient heurter le mur en un arc de cercle, laissant une trace brûlée derrière lui. Ordres alors ? Source(s) possible(s) ? Il pare un coup latéral, dévie un nouvel estoc. La réponse est évidente. Sharkaran Edjurath.
Ce n'était pas prévu. Ce n'était pas du tout ce qui était prévu. Tarun Blaum devait disparaître, et avec le dernier témoin « gênant » aurait été réduit au silence. Voilà ce qui aurait dû se passer. Un laser au milieu de sa boîte crânienne Pau'an, et une éternité muette. C'était ça qui devait se passer. C'était ça qui était prévu. Grâce au mouchard dans le bureau, il avait tout entendu. Par son homme sur le terrain, il avait été prévenu : le séparatiste qui commandait l'opération d'intervention sur Utapau, le lieutenant Tericarax, connaissait son identité. Tout ça à cause de cette républicaine. Une enfant et une machine allaient le mettre à mal, lui ?
Sharkaran Eldjurath crissa, et déchiqueta tout ce qui se trouvait sur son bureau de ses pattes chitineuses. Il envoya voler une porcelaine sans prix contre le mur en face de lui, renversa les piles de dossier, menaça d'écraser entre ses bras son datapad.
Puis il se calma. Non, ce n'était pas encore terminé. Il n'en était pas à son premier témoin gênant. Le nombre de morts engendrés par ses ordres était incalculable, c'était le maître exécuteur, qui purgeait l'ombre séparatiste : opposants et fanatiques tombaient tous par sa main. Il n'avait nul ennemi qui ose se déclarer ouvertement contre lui, car pareil fou était promis à une mort rapide, maquillée naturellement en suicide – et sans enquête ouverte derrière, car on ne s'opposait pas à lui, et son influence était partout.
Le killik se reprit. Il inspira et acheva de se calmer, tout en s'asseyant à nouveau derrière son bureau, insensible aux ravages qu'il venait de provoquer. Tericarax...Il ne l'avait jamais aimé. Un droïde prétentieux, et difficile à cerner. Il l'avait à l’œil depuis quelques temps déjà. Suite à son succès sur Taris, Sharkaran avait décidé de mobiliser le cyborg pour négocier avec Atin Jnum, assuré que le tempérament explosif du sénateur serait incompatible avec l'assurance froide du kaleesh. Mais celui-ci avait accompli brillamment sa tâche, et était revenu avec un deal plus qu'avantageux pour la CSI. Même si ces matériaux allaient apporter beaucoup à la Confédération, Sharkaran n'en avait que moins aimé Tericarax. Il était compétent...Trop compétent. Il n'avait pas ce fanatisme décérébré qu'ont la plupart des officiers. Il était intelligent, un scientifique aux projets obscurs. Et c'était une machine de guerre. Tous ces éléments en faisaient un rival dangereux.
Le consul ne l'avait jamais apprécié : il ressemblait trop à l'ex général Gelmir, c'était un monstre engendré par la guerre, né pour la guerre. C'était un candidat parfait pour prétendre à son poste, et lui piquer la vedette. Cela en faisait un ennemi de Sharkaran ; et les ennemis du killik n'avaient jamais une espérance de vie très longue. Et cette générale républicaine...Une jeune fille ! Une gamine ! Nommée sans doute à ce poste parce qu'elle avait un joli minois, parce qu'elle avait tapé dans l’œil du Chancelier, c'était la seule explication possible ! Mais une sensitive néanmoins, une dangereuse sensitive. Lorsque le reste du Consulat avait demandé la présence de la République, le Killik avait choisi de ne pas s'y opposer ; c'était l'occasion de récolter des informations capitales sur leur façon de procéder, placer des mouchards sur leurs vaisseaux, répertorier les visages des militaires pour plus tard pouvoir exercer une pression sur eux, par des réseaux illégaux : soudainement faire vendre leur maison, faire s'enliser un procès, corrompre les juges, détruire leur vies ! Cette générale n'avait personne. Pas de famille proche, pas d'amant, pas d'enfant. Comme Tericarax, elle était dévouée corps et âmes à sa cause. Le Killik observa les traits fins de la femme. Si jeune...Elle aurait fait une parfaite esclave...Mais l'un comme l'autre avaient entendu son nom. Il n'y avait qu'une chose à faire, les supprimer.
Sharkaran entra en communication avec les gardes magna qui étaient mobilisés sur place. Une broutille quand on était consul confédéré, toutes les fréquences vous étaient ouvertes à tout moment. Au même moment, il envoyait ses ordres aux ordinateurs centraux stationnés en orbite de Utapau. Le message était clair :
- Le lieutenant Tericarax s'est rendu coupable de trahison aux côtés de la garde républicaine. Capturez par la force si nécessaire les gardes. La générale Lyzs Yvanol, le lieutenant Tericarax et Tarun Blaum doivent être supprimés. Le lieutenant Tericarax est déchu de son statut de militaire et n'a plus aucune autorité dans la CSI.
Un son de confirmation des ordres émis en basic. Et Sharkaran se laissa enfin aller dans son fauteuil. Personne ne s'opposait à lui. N'était-il pas après tout l'un des leaders suprêmes de la CSI ?
- Adieu lieutenant, adieu générale Yvanol...Ce n'a pas été un plaisir de vous connaître, murmura l'insecte à lui-même.
Logique, logique. Il a probablement entendu depuis le mouchard. C'est une explication plausible, et même tout à fait cohérente. Mais donner l'ordre de supprimer Tericarax et une générale républicaine ? Le cyborg saute en l'air, évitant qu'un des gardes ne lui fauche les pieds de sa lance crépitante. C'est certainement bien plus osé qu'il ne l'avait imaginé. Mais c'était aussi une éventualité à prévoir. Il abat sa lame vers le garde qui livre tout son torse, ayant manqué son balayage, mais le second vient le protéger. Par ses ordres, ce consul chamboule encore les opérations du lieutenant. Le garde est complètement déséquilibré par la force monstrueuse du cyborg, mais alors que Tericarax retombe souplement au sol et s'apprête à le frapper, le bâton de l'autre entre dans son champ de vision, le forçant à faire deux pas en arrière. Il se remet en garde.
Les deux en face de lui se remettent également en garde. Ils n'ont pas été affectés à la protection de Blaum pour rien : ces IG-100 sont assurément des unités d'élite, des vétérans. Ils se battent comme de vrais loups. Tericarax souffle et tousse, mais ne quitte pas les deux de son champ de vision. Des loups...Eh ? Il fait des pas lents sur le côté, et l'un des gardes fait de même tandis que l'autre prend la direction inverse de rotation. Ils tentent de l'encercler, uh ?
Brusquement, ils repassent à l'attaque, chacun d'un angle différent. L'un attaque du flanc gauche de Tericarax, mais lui s'est immobilisé. C'est exactement comme sur Myrkr. Exactement comme avec les Vornskr. Ils ont à nouveau marché dans son piège. Il extirpe son blaster sonique, pointe sur sa droite le garde, à bout portant. D'une quinte, il repousse l'assaut sur sa gauche, et tire. VOOM, une onde verte déforme l'air. Le garde est projeté violemment en arrière, ses circuits éclatent sous le choc. L'attention de Tericarax passe immédiatement sur celui à sa gauche, qui se rétablit. Trop lent. Faille sur son flanc droit. Il se retourne, et l'attrape de son pied ; sa serre d'acier se referme sur le crâne du droïde, étau implacable et froid. En équilibre sur une seule de ses jambes, Tericarax plie le genoux et effectue soudain un acrobatique saut : lorsqu'il retombe au sol, il écrase sous son poids la tête du garde. Sa vibrolame vient découper son torse et son photorécepteur. Il se remet en position de combat, mais constate que l'autre IG-100 n'a pas survécu à son tir sonique : toutes ses pièces ont été déformées et détruites par l'onde sonore. Il secoue la tête, son fusil disparaît à nouveau sous sa cape, puis se redresse. La générale, qu'en est-il de la générale ? -
Post n°16
Auteur : LyzsPrête à bondir, la jeune femme regarde par-dessus son épaule. Trois IG-100 se sont détachés de leur groupe pour tenter de submerger l’imposant cyborg. Il n’a pas dégainé pour elle. Alors, dans une expiration rassurée, elle se concentre à nouveau sur les deux droïdes qui n’ont pas l’air décidé à lâcher l’affaire. Tout ça doit être l’œuvre de ce Sharkaran. Le mouchard lui aura permis de savoir qu’elle, ainsi que Tericarax, en savent trop. Il veut donc les supprimer ? Ne craint-il pas qu’ils s’échappent ? Celui qui tire les ficelles risque gros, mais il a les moyens de prendre ce pari… Si toutes les unités séparatistes ont reçu ses ordres, Utapau devient alors un véritable bourbier. Cependant, il faudra s’attarder sur ces détails plus tard. Pour l’instant, il faut survivre à ce combat : la générale n’est pas tirée d’affaire.
Côte à côte, les magnagardes séparatistes donnent quelques coups d’estoc, comme pour jauger leur adversaire. Lyzs écarte donc les pointes électriques avec une certaine aisance, mais elle use plus de son instinct que d’une quelconque technique. Son sabre est en avant et sa main gauche est prête à attraper tout ce qui pourrait passer à sa portée. En maintenant cette posture si amateur, si sauvage, elle se déplace de quelques pas vers la droite. Sa respiration se fait plus forte et son pouls s’accélère : ça fait un moment qu’elle n’a pas eu à se battre en situation réelle. D’un geste de la tête, elle écarte quelques cheveux de son champ de vision avant de parer une nouvelle attaque, puis une autre. Les deux machines cherchent à la faire reculer. Forcée par de nouveaux coups répétés qu’elle dévie encore, elle prend de la distance. Maladroitement et de justesse, elle esquive une attaque latérale d’un petit bond vers l’arrière. Ses adversaires la guident vers le mur, vers un obstacle fatal que les omoplates de la jeune femme touchent bientôt.
Respirant avec plus de peine qu’à son habitude, la générale essuie la sueur perlant sur son front. Pourquoi tant de panique ? Les IG-100 avalent la distance qui les sépare de leur proie et se mettent à lancer des assauts répétés. Les quatre pointes électrisées mises en rotation par les puissants moteurs des droïdes viennent, de secondes en secondes, fragiliser la garde de la jeune femme en détresse. Elle bloque, pare et esquive. Quelques coups mal calculés viennent brûler le mur contre lequel elle s’appuie et carmer le sol sur lequel elle se tient. Entre étincelles et foudre, une fumée noire naissant de ces contacts répétés entre les armes et l’environnement commence à se lever. Lyzs commence à s’essouffler. Elle ne comprend pas pourquoi elle est aussi faible, aussi peu apte à remplir son rôle. Pourquoi ? Pourquoi n’arrive-t-elle pas à se battre comme à son habitude ? Ses coups sont amateurs, sa garde est fragile et, pourtant, les droïdes ne la percent pas. Elle vaut mieux que ça. Et elle le sait. Cependant, quelque chose la bloque. Et cette chose lui donne la chair de poule, la terrifie. C’est la peur de la mort. Une peur qu’elle assimile à ces piques, à ces éclairs qu’elle essaie désespérément de garder loin de son corps. Mais, cette foudre meurtrière-ci ne pourra pas être bloquée par un coup de sabre, non. Son dernier geste était trop ample, trop peu contrôlé. Elle serre les dents et pense à abandonner lors d’un instant. Un instant trop long à son goût : il lui faut trouver le courage d’affronter cette mort et ces armes. Alors, sa main gauche plonge vers le terrible engin pour en saisir sa hampe. Sa prise, trop proche alors du générateur du bâton, lui fait subir le choc d’étincelles venant glisser sur son gant noir. La générale, presque condamnée, sent son bras trembler à cause du choc des éclairs. Mais, malgré cette affreuse douleur nerveuse, elle tient bon : elle écrase ses dents les unes contre les autres plus fort encore et use de ces heures passées à tenter d’être plus forte, plus vivace. Son bras lutte contre les servomoteurs et la foudre pour enfin finir par gagner. Le bâton se dévie et gêne le deuxième IG-100 dans sa prochaine frappe. Le sabre blanc lancé sur la droite revient alors, elle va réussir à couper les jambes de ces pestes mécaniques ! Mais elle n’immobilise qu’une seule arme : l’autre fait glisser son bâton jusqu’à brûler le sol et intercepter la lame d’énergie juste à temps. S’il tente autre chose, il ne pourra pas empêcher l’ennemie de les trancher lui et son partenaire. Le second droïde, lui, n’attend que de voir l’humaine lâcher prise : le courant secouant son bras gauche aura bientôt raison de son endurance. Oui. Bientôt, elle sera morte.
Ces droïdes, semblant si grands, si impressionnants, si puissants, fixent les yeux de la malheureuse fille se trouvant devant eux. Ils observent son expression qu’ils ne comprennent pas vraiment. Peur, terreur, déni, et angoisse sont combattus par d’autres émotions lui donnant la force de tenir encore un peu plus. Leurs armes, émettant un bruit si oppressant et menaçant… Ces piques mortelles, si proches du visage de la générale en détresse. Tout pourrait se finir ici. Cependant, Lyzs a quelque chose que ces magnagardes n’ont pas : la volonté de vivre et, surtout : la Force. Alors, toujours sous plus de pression, elle grogne à travers sa mâchoire crispée. Le mur qui soutient son dos, celui qui l’empêche de tomber alors qu’elle résiste à ces moteurs trop puissants pour elle, lui sert de dernier recours. Elle pousse plus fort encore, sur le bâton, sur son arme et sur ses omoplates. Ses doigts serrent le métal comme ils n’ont jamais autant serré quoique ce soit auparavant. Mais, malgré cette allure de dernier effort, d’ultime résistance, ils se relâchent. Et, alors que plus rien ne retient ces engins de mort, Lyzs respire. Quelque chose les maintient en place. Quelque chose… d’immatériel. Ce n’est pas une simple poussée de Force, ni de la télékinésie, il s’agit plutôt de l’expression de la volonté de la jeune femme : elle veut mettre de la distance entre ces machines et elle. Elle veut se libérer de cette situation. Puis, après ce bref moment de suspens, une sorte de détonation se fait entendre. D’un grand boom sonore, Lyzs est écrasée contre le mur par son propre pouvoir. Les droïdes sont propulsés au loin dans un violent torrent invisible et s’écrasent avec fracas contre un guichet de pierre se trouvant au loin. L’un d’eux est littéralement explosé et éparpillé par la puissance du choc tandis que l’autre ne perd, par « chance », qu’un seul bras. Le vent surnaturel, lui, finit par s’éteindre en secouant ce qui se trouve sur les bureaux et les étagères du grand hall. Quelques plantes en pot sont encore délicatement secouées par la fin de cette mystérieuse explosion sans flammes. Babioles et objets divers finissent de trembler à leur rythme.
La jeune femme reprend alors son équilibre et fait quelques pas. Elle serre et desserre son poing gauche à plusieurs reprises : la douleur est encore présente. Elle tend ensuite son bras droit pour que son sabre, qui a lui aussi été éjecté, puisse revenir à sa propriétaire. Il file jusque dans sa main avant de s’allumer de sa plus radieuse blancheur. Le combat n’est pas terminé, il reste des ennemis dont il faut se débarrasser. Le regard de la générale file vers ses hommes. Ils s’en sortent bien : il manque une tête et un bras à leurs ennemis. Le combat, qui a été interrompue par la détonation, reprend de plus belle. Cependant, le décapité s’extrait de sa bataille pour rejoindre l’IG-100 qui affrontait la républicaine. Celui-ci finit de calculer les ajustements qu’il doit apporter à son style de combat, compte tenu de la perte de son bras. A nouveau, Lyzs se retrouve face à deux adversaires. Sauf qu’ils n’ont plus qu’une tête et trois bras pour deux corps métalliques.
La distance se réduit : ils avancent. Mais, Lyzs aussi, met un pied devant l’autre. Elle se tient droite et contrôle sa respiration. Son sabre est en avant, sa main libre est détendue. Il ne faut pas avoir peur. Ce ne sont que de vulgaires machines… de pâles imitations humanoïdes tentant de se battre au corps à corps contre des sensitifs maniant de nobles sabres laser. Contre des personnes maniant la Force, pouvant sentir des mouvements avant qu’ils ne soient exécutés. Pouvant parfois apercevoir le futur, le vrai. Vivant parfois même une seconde entière derrière leur propre conscience lorsque la situation l’exige. Non, ces bâtons, ces engins de mort ne sont rien dans les mains d’incapables. Si impressionnant soit leur bruit, si puissante soit leur foudre. S’ils n’atteignent pas leur cible, ils ne sont guère plus que du vent.
Les deux machines lancent l’assaut : quelques coups d’un enchaînement programmé viennent fendre l’air avant même d’arriver à portée de la générale, mais elle ne recule pas pour autant. Son sabre vient interrompre la rotation d’un bâton, puis de l’autre. Son dos se ne courbe pas, sa respiration de varie pas. Puis, elle pressent l’attaque suivante, ramène sa poignée devant son ventre pour que la lame s’aligne avec son nez. Elle cambre son dos pour reculer le haut de son corps. Derrière le fil blanc de lumière barrant sa vue, à quelques centimètres de ses lèvres séchées par la tension, elle voit les deux piques se croiser là où aurait dû se trouver sa tête. Puis, d’un coup, ses réflexes explosent : l’attaque passe, puis elle se redresse pour trancher bras et troncs. Un coup, puis deux. La lumière blanche a fait son travail : les droïdes s’écroulent en d’incandescentes pièces découpées.
Un regard au sol : elle observe le résultat de son assurance. Puis, elle se tourne vers ses soldats. Ils finissent d’éliminer le dernier droïde. Sa mémoire musculaire lui fait dessiner deux cercles dans les airs de la pointe de sa lame avant que celle-ci ne s’éteigne, véritable tic résiduel de son entraînement quotidien. Elle respire, soulagée et enfin dans le calme.
— Je suppose qu’il nous faut nous replier… Lieutenant, nous sommes véritablement dans le même vaisseau, à présent. -
Post n°17
Auteur : TericaraxChaos. Alors que le cyborg relève les yeux vers la jeune humaine, c'est la seule définition correcte qui lui vienne. Autour d'elle, le monde éclate ; arrachés par une tempête furieuse, les vases, les rideaux, les magna, les vitres sont soufflés par le vent du pouvoir, le souffle de la Force, l'impulsion de sa volonté. Ecrasés, les droïdes, malmenés avec la même violence qu'une feuille dans un ouragan. Le lieutenant reste immobile, sa cape s'envole furieusement derrière lui, menace d'être arrachée, mais lui tient bon, droit au milieu de la tempête. Un magna démonté, un tas de boulons déconstruit et désorganisé s'écrase sur lui ; mais cette pluie de vis et de circuits ne fait mourir sur son squelette de duranium : les gouttes mécaniques frappent contre les plaques d'alliage blindées sans guère y laisser plus qu'une rayure en souvenir, risible trace – éphémère et futile.
Tericarax est fixé sur Lyzs, ses yeux sont captivés par l'humaine.
La Force. Encore et toujours la Force.
La jeune fille, elle, reprend une posture de combat. Proprement singulier...Un tel pouvoir dans un corps si frêle...Son sabre en main, le regard assuré, la voici qui combat de nouveau ses assaillants. Chair contre acier, foudre contre laser, crépitement contre éclat, elle les repousse. Deux contre un, mais les IG-100 sont en désavantage. Sans trace d'hésitation, pas après pas, la générale mène sa danse, ses ennemis vont à son rythme, marchent à son tempo. Un coup, un autre, une traînée blanche, pas une fausse note. Un zigzag illuminé, et les magna ne sont plus qu'un souvenir, un tas de fragments aux bords incandescents.
- Je suppose qu’il nous faut nous replier… Lieutenant, nous sommes véritablement dans le même vaisseau, à présent.
L'interpellé rajuste sa cape – délogée par le redoutable souffle de Force. Elle dit vrai, mais Tericarax ne lui répond pas immédiatement : il bouge, ignorant les cadavres des magna, et s'agenouiller devant Tarun Blaum. Immobile, le Pau'an est couché au sol. Le souffle l'a projeté contre un angle du mur. Tericarax ouvre ses paupières de son index et de son pouce. Blaum le fixe depuis l'au-delà.
Il sort le mouchard. Puisqu'ils sont découverts, l'avoir en sa possession ne sera d'aucune utilité : les pistes seront sans doute effacées des archives séparatistes par Sharkaran avant que Tericarax ne puisse quitter Utapau. Il lâche le petit appareil au sol et l'écrase sous son pied.
- Ex-lieutenant, corrige-t-il d'un ton neutre. Si des gardes magna séparatistes m'ont attaqué, assurément ce killik se sera assuré de m'ôter toute autorité dans la CSI...Que je ne représente plus une menace compromettante. À l'heure qu'il est, il doit trouver tous les prétextes pour m'accuser de haute trahison, et me condamner à la peine capitale. (Ses doigts de fer accablent la dépouille de Tarun) Nous ne pouvons pas l'emporter avec nous, mais soyez certaine que vous et moi porterons aux yeux du monde la responsabilité de sa mort. Une meurtrière, voilà ce pour quoi il vous fera passer à travers toute la galaxie, Lyzs Yvanol. Il veut vous supprimer ici et maintenant, et annoncer ensuite votre crime ; le jugement avant le procès, car il ne faut aucun témoin, car sa parole contre la vôtre revient à un duel de conviction, mais les morts n'ont nulle conviction. Me supprimer moi, car j'étais au mauvais endroit au mauvais moment, et parce qu'il sait pertinemment que nulle procédure, nulle enquête, nulle corruption de juge, nul pot-de-vin ni nulle menace ne sauraient le soustraire à mes griffes pour sa trahison.
Toutefois, il ne tuera probablement pas tous vos gardes, car pareil acte serait déclarer directement la guerre, ce serait s'avouer coupable et annoncer à tous que les raisons de notre exécution commune ne sont que mensonges. (Le cyborg fixe les fenêtres, puis l'escorte de Lyzs : il mène son raisonnement à voix haute) Non, il a besoin de vos hommes vivants, car ils ne savent rien, et de vous morte car vous n'ignorez pas tout.
Il se stoppe. Dans un revers de logique, il assemble tous les éléments à sa disposition aussi vite que cela lui est permis. Ses neurones fonctionnent à plein régime, nullement occultés par la moindre forme de panique ou d'angoisse. Les paroles de Lyzs résonnent dans son esprit. Dans le même vaisseau...Il revoit tout ce qui s'est produit jusqu'ici. Il se revoit, la carte galactique à quelques centimètres de lui. Il revit la générale, qui l'air pensif montre Utapau puis Félucia, illustre la distance faramineuse qui les sépare. Il revoit son doigt passer de Utapau, dans la bordure extérieure, traverser la bordure médiane, écraser Coruscant dans le noyau, repasser enfin à l'autre extrême galactique et s'arrêter sur Félucia...Le même vaisseau... ? Il entend Nathrin lui résumant la chute des Vestiges, la naissance de la nouvelle République. À la façon dont on construit une carte, il assemble tous les éléments ensemble. Il voit les rangées de gardes serrées, tous le torse bombé, saluant sous une pluie battante une tombe où sont déposées des fleurs blanches. Malgré la fureur de l'intempérie – habituelle sur Coruscant – les militaires restent dans cette posture respectueuse, tandis que plusieurs gradés, le visage fermé, la mine grave, viennent discourir sur la compétence et l'exception de cet individu – CETTE individue – tombée dans l'exercice de ses fonctions. D'une héros, elle passe martyr, la pierre fondatrice des luttes à venir, l'exemple des prochaines générations, son nom gravé à jamais dans les archives républicaines. Il voit les débats enflammés au Sénat, et la défunte utilisée comme ultime argument pour mettre le feu aux poudres. Il voit les armadas décoller, emplissant les ciels de dizaines de mondes, nuées glorieuses qui s'élancent aux hymnes de la glorieuse République, sur les ailes de la liberté, portées par un vent de justice et de vengeance. Il voit des planètes ravagées. Il revoit Kalee, et ses plaines carbonisées. Le plafond menace de s'effondrer, les bombes sifflent, et soudain une poutre vient percer son ventre ! Le métal incandescent carbonise ses organes alors que son sang s'échappe, bouillonnant et brûlant. Il entend dans le chaos tout qui s'effondre, puis ce n'est plus que le noir.
- Non, dit brusquement le personnage. Il revient au présent, ayant pleinement envisagé les conséquences possibles et imaginables en se basant sur des données récoltées empiriquement. Il n'a aucune empathie, mais ses expériences passées lui permettent de prédire ce qui va se dérouler, car ainsi fonctionne son esprit. Ainsi survit son âme. Nous ne sommes pas dans le même vaisseau. Votre mort ici et maintenant générale, serait le début d'un conflit ravageur, à une échelle galactique : pareil affrontement est à l'heure actuelle illogique. Pour venger votre perte, la République déchaînerait sa fureur contre la Confédération ; toute la puissance de nos deux mondes respectifs se heurterait. L'opposition consumerait des dizaines, des centaines de systèmes. Un nombre incalculable de vies seraient détruites ou...Pires, ajoute-t-il en se désignant lui-même. Voilà le futur que ma logique dicte, si vous veniez à périr.
Si je suis tué, assurément c'est un problème d'une ampleur moindre : un nom oublié, qui sera perdu dans l'histoire comme des lettres dans le sable sont effacées par les vagues. Mais que le vôtre soit retenu comme déclenchement d'une guerre galactique n'est pas souhaitable. (Il s'arrête, soudain incapable de parler. Il n'arrive plus à respirer, fait un pas en arrière et se tient contre un mur. Ses poumons se déforment dans son torse, il tousse douloureusement, puis inspire difficilement)...Ne tardons pas plus longtemps. Les patrouilles vont bientôt être lancées à notre recherche. Malgré tout notre savoir-faire combiné, un désavantage numérique écrasant serait notre perte.
Il sort son datapad, le lance à ses pieds puis l'écrase sous sa serre.
- Précaution simple, explique-t-il. Il serait malheureux que l'on nous retrouve par mon datapad. Avec le blocus en orbite comme sur Pau-city, s'échapper devient une tâche complexe. Il faut se montrer astucieux...discrets, souffle-t-il. Ses doigts viennent dégrafer sa cape. Il la saisit, l'ôte de ses épaules, puis s'avance vers la générale, et lui tend son fidèle manteau. Une petite broche en acier accompagne l'habit, rembourré de rouge dans sa bordure intérieure.
- Si des équipes vous cherchent, vous serez recherchée avec votre manteau et votre armure. Les droïdes sont stupides pour ce genre d'affaires, si vous ne ressemblez pas au signalement énoncé sur un nombre suffisant de caractéristiques, ils ne vous arrêteront que pour le blocus que j'ai mis en place.
Il passe à son côté, et entre dans le boudoir du défunt Blaum. Sa cape frappée des symboles séparatistes, remise à une générale républicaine, l'ironie est forte. Toutefois, les dimensions imposantes de celle-ci permettront à l'humaine de s'en envelopper et de dissimuler efficacement ses habits. Ce n'est certes pas une solution optimale, mais il ne voit pas d'autre alternative.
Une fois dans le bureau, il arrache sans effort une des tentures ornementant les murs, un large pan de cinq mètres sur trois ; Tarun avait par chance des goûts plutôt sobres, les coloris du tissus sont dans des tons désaturés et neutres. Il découpe de sa vibrolame pour se confectionner un « manteau » de fortune. Un habit simple en réalité, dans lequel il a tôt fait de s'envelopper, dissimulant un maximum de son propre corps dont son visage en priorité. Heh. On croirait un errant de Kalee, ainsi vêtu, l'un de ces arpenteurs des landes arides. Enfin, le cyborg ressort de la pièce.
- Il faut bouger rapidement, les patrouilles seront là d'une minute à l'autre, nous ne pouvons pas nous permettre de les affronter de face.
Et là-dessus il commence à avancer dans le couloir. Il faut réfléchir à un itinéraire. Oui, mais un itinéraire vers où ? -
Post n°18
Auteur : LyzsLyzs enfile la longue cape noire. Celle-ci est plutôt lourde, mais c’est un détail qui a dû échapper au cyborg. L’épais vêtement est inodore, comme s’il n’avait jamais été porté jusque-là. Etonnant, mais logique : son propriétaire n’a pour odeur que celle du métal dont son armure est composée. Ce parfum si discret ne marque pas la fibre qui, secouée par beaucoup moins de puissance maintenant, ne vole plus. Avec ceci, elle échappera effectivement aux premiers algorithmes droïdes. Mais, il faut prendre plus de précautions encore. Alors la jeune femme appuie sur son col, tout prêt de son comlink, pour que les lumières bleues de son armure s’éteignent. Tant pis pour la praticité : pour connaître son état de santé, il faudra faire à l’ancienne.
Ainsi, la CSI va chercher à les retrouver et à les faire taire, elle, ses gardes et l’ex-lieutenant… Ce dernier souhaite coopérer afin de trouver un moyen de s’enfuir, par ailleurs, ce qui retire une véritable épine du pied de Lyzs. Dans son nouvel habit, l'armure vivante lui rappelle des histoires au sujet de peuples nomades traversant de longues étendues désertes. Masqué par ces vêtements, Tericarax est bien moins menaçant, mais tout aussi imposant. Cependant, il n’est pas l’heure de parler chiffon avec lui. La générale se tourne vers ses gardes :
— Faites de même. Et retirez vos casques, c’est trop voyant. Occupez-vous de Blaum, aussi.
Les deux acquiescent avant de s’y mettre. Il y a bien assez de rideaux ici pour y tailler de longues pièces de tissu. Ils recouvrent alors le cadavre du pau’an avec l’un de ces draps avant d’imiter l’ancien séparatiste. Pendant ce temps, Lyzs réfléchit à tout ce que pourrait causer sa mort : une garde républicaine fragilisée, une république en alerte, une CSI criminelle… Tericarax n’a pas tort lorsqu’il parle des enjeux de leur mort, mais il n’a pas entièrement raison. S’il disparaît, c’est un incroyable témoignage qui s’envole. Une preuve, une manifestation, qui serait nécessaire à Lyzs si, elle, venait à s’en sortir. Mais, cela, il ne peut le savoir. Parce que, évidemment, chacun regarde de son côté en ignorant l’autre. Un mur sépare les systèmes et personne n’ose jeter un œil par-dessus celui-ci. Cependant, la générale a eu un aperçu de ce qui se trame, de l’autre côté de la muraille. Et il faut que le cyborg s’en sorte lui aussi afin de faire tomber les masques. Il faut dénoncer ce Sharkaran. Il faut le faire tomber de son estrade pour rétablir une justice dans le système séparatiste. Car, si l’équilibre de la CSI est maintenu en exécutant ceux qui pèsent trop lourd sur la balance, si l’huile permettant aux engrenages confédérés de tourner n’est que le sang de ceux qui gênent, et si personne n’y fait rien… Alors, le système lui-même est pourrit jusqu’à la moelle. Pour la républicaine, c’est une confirmation : la confédération des systèmes indépendants n’est pas aussi idéale qu’elle prétend l’être. Un dirigeant, un consul de ce que lui font comprendre ses récents souvenirs « lointains », est prêt à risquer une guerre pour son profit personnel. Il est prêt à mettre la vie de centaines de milliers d’innocents sur la table en espérant avoir pioché les bonnes cartes. Pour l’instant, il sourit. Sur le tapis se trouve un as qui va de pair avec le sien, mais l’issue d’une partie n’est décidée que lorsque toutes les cartes sont tirées…
— Une fois sortis d’ici, il faudra faire en sorte que Sharkaran réponde de ses actes.
La pierre est jetée. Lyzs n’a pas l’intention de fermer les yeux parce que le problème se trouve de l’autre côté du mur. Sa vie est menacée, mais ce n’est pas tout : ce qu’elle estime être la « justice » l’est aussi. Mais, jusqu’où ce système est-il gâté ? le kilik agit-il seul ou bien est-il soutenu par les autres consuls ? Peut-être que la petite générale compte s’attaquer à trop gros pour elle. Peut-être que cet obstacle est insurmontable… Seul l’avenir le dira. Si avenir il y a. Pour l’instant, il faut se sortir d’affaire. La générale s’active donc et rejoint Tericarax. Elle jette un dernier regard au cadavre masqué du long linceul improvisé pendant que ses hommes la rejoignent.
— Notre navette est forcément hors d’atteinte et les hangars les plus proches doivent être surveillés, eux-aussi. Sans oublier que personne ne se déplace puisque vous avez fait libérer les rues et que vos radars vont repérer le moindre mouvement aérien… Si vous connaissez une faille dans vos procédures c’est le moment de l’exploiter. Et, s’il n’y en a pas, il ne nous reste plus qu’à nous faire repérer au plus proche d’un vaisseau et le plus tard possible.
A ses propres mots, elle sent un frisson parcourir ses bras. Ça ne va pas être une partie de plaisir. Tout a changé, les plans ne sont plus les mêmes. L’enjeu lui aussi est tout autre. Une guerre ? Une tension ? La stabilité de la république ? Si elle avait su, elle ne serait pas restée sur Utapau. Mais, alors, elle aurait envoyé quelqu’un d’autre à la mort. Quelqu’un qui aurait pu aussi en apprendre autant mais dont la disparition n’aurait pas fait de vagues. C’est une pensée… répugnante. Non : ce qui est fait est fait et il faut vivre avec. Il faut s’adapter. Tant pis pour les Sith : la priorité est maintenant de revenir en vie.
— Il me faut trouver où sont retenus mes soldats. Dit-elle, un peu plus bas.
Son air convaincu ne dure qu’un temps. Elle soupire et regarde ce masque encapuchonné, si froid, si vide d’émotions. Ce manque est presque inspirant, pour la républicaine. Peut-elle vraiment sauver ses hommes ? Ses priorités seraient-elles dictées par ses sentiments, par son empathie ? Ou par son sens du devoir ? Que va dire l’ex-lieutenant Tericarax ? Elle sent qu’il va répondre. Elle appréhende cette déplaisante réaction. Appréhender ? Le mot parle de lui-même : elle sait. Lyzs regarde alors ses pieds, déçue par cette dure réalité. Forcément, il n’y a pas besoin de la Force pour connaître le raisonnement du cyborg à ce sujet.
— Non... Je me trompe encore. Si on se fait attraper et tuer en essayant de les sauver, c’est fini. Ils devront attendre.
Sa résolution n’en est pas atteinte pour autant, il faut s’échapper pour avoir l’occasion de récupérer ces soldats. Elle trouvera un moyen. La CSI cédera. Elle cligne des yeux avec insistance pour se donner du courage. Puis, elle remonte enfin le regard sur son nouveau partenaire. Alors, a-t-il un plan ? -
Post n°19
Auteur : TericaraxLes serres du cyborg claquent contre le plancher carrelé. Sa réflexion continue, au son de la voix de Lyzs il arpente son propre esprit labyrinthique – et les appartements de Blaum. Il écoute les remarques de la républicaine, mais n'y répond pas : elle-même connaît déjà les réponses. Elle-même sait qu'elle va devoir abandonner ses hommes à leur sort, car leur survie est secondaire. Tericarax compile les connaissances à sa disposition. C'est un officier séparatiste. Il a étudié les procédures de la Confédération. Il a mis en place le blocus lui-même, il sait dans quelles mesures les troupes sont habilitées à agir. Le blocus originel était destiné à traquer les Sith, et à les empêcher de quitter la ville avant tout. Un virage sur la gauche de ses pensées. Les Sith ont attaqué au niveau où Tericarax et Lyzs se trouvent actuellement, c'est là que le blocus est le plus important. Une petite allée éclairée seulement d'une lumière artificielle dans ses idées. Pau-city est coupée du monde. La générale a raison, les vaisseaux sont surveillés. Ils n'arriveront pas à rejoindre la navette Républicaine, et quant bien même, elle serait interceptée par le blocus orbital. Mort assurée. Inconcevable. Il faut prendre une autre approche. La Force peut-être ? Non, les droïdes sont sélectionnés spécifiquement sur ce critère dans le blocus : la Force ne peut influencer leur esprit car leurs pensées ne répondent qu'à des algorithmes, ils n'ont pas d'esprit à influencer à la base. Faire tomber leur intelligence artificielle ? Les pirater ? Dispositifs affiliés aux contrôles droïdes en orbite et aux vaisseaux capitaux tels que la Main Invisible. Ondes trop puissantes pour permettre une telle manœuvre. Tericarax n'a de toute façon pas les compétences nécessaires pour bricoler pareil matériel : les protocoles militaires de pensée droïdes sont chose complexe, on n'entre pas par intrusion dans les algorithmes d'un B1 en bricolant une carte-mère dans une cantina. Le cyborg poursuit sa réflexion, toujours silencieux : cela doit faire déjà quelques minutes qu'ils descendent, pour sortir des appartements de Blaum. Le chemin emprunté est sensiblement différent de l'aller cette fois, on passe naturellement par les portes arrières. Tericarax mène la route, suivi de près par cette Lyzs Yvanol. Ils descendent à présent des marches, pour arriver bientôt en vue d'un petit portique grillagé – une entrée assurément réservée aux domestiques, car sur la gauche se trouve un évier, d'où tombent régulièrement quelques gouttes d'eau. Derrière le portique, on devine un charmant – et stérile – jardinet, et, faisant dos au portique, trois gardes magna, assurant la protection du feu Tarun Blaum.
Évier ?
Tericarax arrête le groupe. Un évier... ?
Il vient de prendre un lacet dans son esprit, remonte le long d'une longue route pentue. Il retrace son raisonnement jusque là. Où en était-il avant ? Cantina, il en était à la cantina. Pareil endroit est naturellement surveillé par les droïdes, car on tient à filtrer la population, ce n'est pas quelque chose qui aura échappé à la vigilance du Kaleesh lorsqu'il a mis en place son blocus : tous les bars de Utapau sont sous bonne garde. En revanche, on cherche également à maintenir la population de la planète en vie. Si les rues de Pau-city sont désertes à cause du couvre-feu, il n'en reste pas moins que des opérations d'approvisionnement doivent être effectuées, des opérations pour assurer que les habitants ne manquent de rien. La CSI intervient pour protéger les Utapaun, pas les laisser mourir de faim pendant qu'on chasse les Sith sur leurs terres. À cet effet, on garde également les installations de la ville dans un état fonctionnel. Les installations vitales...Les installations essentielles...Sont maintenues en état de marche : protocole séparatiste imposé dans l'intervention sur un territoire allié, on doit maintenir – protéger – les installations sur le territoire pour minimiser de potentielles pertes matérielles et stratégiques, mais on ne doit pas empêcher leur fonctionnement.
Si le couvre-feu a été établi, c'est parce qu'on ne peut contrôler des fugitifs courant dans les rues au milieu d'une foule avec des droïdes. Bien sûr, les mines sont alors fermées, car elles représentent beaucoup d'emplois sur la planète : les garder ouvertes générerait trop de flux dans les allées, les mineurs allant à leur travail. Elles ne sont par ailleurs pas nécessaires à la survie immédiate des Utapaun.
Mais cet évier livre la clé à toute cette affaire. Tericarax est toujours affairé au parcourt de ses pensées, insensible pour l'heure à son environnement – et aux trois humains liés à sa propre existence. On entend depuis le portique les murmures du vent, paisible. La maison elle-même est sereine – assoupie, ignorant le décès de son propriétaire. Des ombres paresseuses, typiques de la fin d'après-midi, s'étirent le long des murs, s'étalent de marche en marche. Mais comme tout ce monde ignore le décès de son maître, le Kaleesh ignore le monde, absorbé par ses ultimes calculs logiques.
Placement des troupes séparatistes. Probabilité d'un trajet. Itinéraires possibles et envisageables. Connaissance approximative de Utapau à prendre en compte. Basée sur la mémoire photographique du scientifique ; considération de l'inexactitude. Temps de trajet par des routes déviées, en ajoutant la méconnaissance relative des lieux. Scénarios alternatifs ? Défavorables. Très bien. Assez d'excursion dans son esprit, place aux actes. Les différentes séquences possibles ont été déterminées, ne manque plus qu'à combler les trous manquant entre ces dernières par l'action.
- Vous vous trompez également en pensant que nous menons des scanners orbitaux, générale, dit Tericarax. Pau-city est creusée à même la roche : même des radars militaires ne peuvent percer à travers pareille matière, pas quand elle est si épaisse, encore moins quand il y a des vents ravageurs à la surface pour brouiller encore plus les ondes. J'ai un plan, annonce-t-il d'une voix vide d'enthousiasme comme de fierté. Les patrouilles vont avoir ordre de tirer à vue sur nous, mais Sharkaran ne va pas tenter de modifier le blocus : quoi qu'il ait voulu négocier avec Tarun, puisqu'il a choisi de le supprimer c'est qu'il ne veut pas perdre l'appui d'Utapau dans l'affaire. Il se doit donc d'attraper les Sith – en en retirant tout le mérite naturellement, et pour ça il ne peut toucher aux patrouilles en l'état : s'il dirigeait toute la chasse contre nous, les Sith seraient bien évidemment capables de fuir. Il alertera sans doute les hauts dirigeants de la planète pour nous livrer la chasse et continuer à forger notre réputation de meurtriers – en envoyant bien sûr les troupes gardées en réserve à nos trousses, puisqu'il ne peut toucher à celles qui assurent le couvre-feu et l'isolation de Pau-City. Sous hypothèse que les patrouilles suivent leurs habituels trajets, il y a une faille. Elle ne permet pas de fuir la ville, générale, mais elle nous permettra de nous mettre en meilleure posture. Un repositionnement, une temporisation jusqu'à la phase suivante.
Il y a un dispositif et un seul qui lie tous les niveaux de Utapau en dehors des routes habituelles – et gardées : les égouts, descendant des niveaux supérieurs jusqu'à ceux les plus bas comme vous le soupçonnez. Les canalisations. Les règles d'intervention séparatistes imposent que les installations aussi capitales que celles traitant l'eau soient protégées – mais qu'on n'interfère pas avec leur activité excepté en cas de force majeure – empoisonnement des eaux par exemple. Il en est probablement de même dans votre armée, c'est une règle de bon sens ici.
L'isolation de Utapau a été fixée Centax*, nous sommes Zhell, deux jours plus tard, et le soir approche. Trois jours d'isolation, générale : ce soir, on commencera à distribuer les provisions amenées à bord de la flotte que vous avez pu voir en orbite. Et l'on ne laissera pas de simples B1 distribuer la nourriture, non ; certes les B1 devront assurer l'ordre, surtout quand on ira distribuer dans les bas-fonds de Pau-city, encadrer la foule qui se ruera pour avoir des provisions, si rares dans les zones pauvres de la cité, mais ce seront des organiques qui établiront les rations, on veut après tout faire bonne figure auprès de la population.
Des organiques, qui seront en conséquence sensibles à vos pouvoirs, tous trois que vous êtes. Et qui vous permettront alors de monter à bord de leur navette, car on ne décharge pas pareilles provisions en amenant les croiseurs ou les chasseurs à terre. Ces navettes d'approvisionnement, générale, sont notre clé pour nous échapper, car bien qu'ex-séparatiste je connais toujours les codes nécessaires et les procédures pour mener pareil appareil.
Toutefois, seuls les quartiers les plus purulents, les plus infâmes, les plus répugnants de Pau-city pourraient nous convenir : il nous faut une foule sale, désordonnée, pas un groupe poli et propre sur soi comme ce serait le cas à ce niveau. Pour descendre, nous utiliserons les canalisations. Ce ne sera pas une partie de plaisir, même moi ignore ce qui peut bien se cacher dans les conduits Utapaun. Il y a une station principale d'assainissement des eaux, à l'opposé du quartier général. L'atteindre ne sera assurément pas facile, ce sera même la partie la plus périlleuse de notre voyage. Toutefois...
Il pointe la lumière qui vient du haut des escaliers, en provenance des fenêtres à l'étage. Les rayons s'écrasent contre les murs, faiblards, colorés de doré.
- Le jour déclinera bientôt. Nous aurons les ombres pour nous dissimuler. Êtes-vous prête...Lyzs ?
*Spoiler
-
Post n°20
Auteur : Lyzs« Organiques ». En voilà une expression tout à fait séparatiste. Une frissonnante désignation qui rappelle à Lyzs que la CSI base la quasi-totalité de son effort militaire sur l’exploitation de machines. Là-bas, on doit employer ce genre de termes au quotidien. Cependant, la petite républicaine trouve que ce mot, si pertinent pourtant, manque cruellement d’humanité. Ceci mis à part, l’objectif est fixé, au moins. Il faut atteindre la station de traitement des eaux afin de passer par les égouts pour d’atteindre les niveaux inférieurs de Pau-city. Une fois là-bas, il faudra s’échapper avec l’un des cargos d’approvisionnement. L’idée de tremper ses pieds dans les canalisations ne réjouis pas la générale, mais elle le fera. C’est sûrement la meilleure solution, après tout. Car, même si ce plan tient sur des connaissances que Lyzs ne possède pas, les précédentes démonstrations logiques de l’ex-lieutenant lui font penser que, s’il propose une telle option, c’est qu’il s’agit de la plus viable.
Le groupe finit de traverser les appartements et arrive à la fin du long escalier en avançant silencieusement. Derrière le portique grillagé, donnant sur le jardin, se trouvent trois magnagardes. Ceux-ci vérifient que personne ne s’approche de la demeure au propriétaire absent pour toujours. Il faut trouver un moyen de s’en débarrasser rapidement, sans quoi les fugitifs se feront repérer. Lyzs attrape alors son sabre et se tourne vers ses hommes. Peut-être qu’il est un peu tard pour parler, les machines ne sont pas bien loin et la générale ne connais pas la sensibilité de leurs capteurs. Pour communiquer, elle utilise donc des gestes. D’abord, elle tend les doigts de sa main gauche, puis elle serre le poing pour le ramener vers elle dans un geste d’attraction. Enfin, elle désigne son sabre. Les deux gardes républicains acquiescent ensuite d’un hochement de tête synchrone.
La jeune femme s’avance, suivie de près par sa petite équipe. Une fois arrivée devant le portique, elle fait un nouveau signe par-dessus son épaule. Les deux sensitifs tendent alors leurs mains puis, d’un coup, les trois IG-100 se mettent à glisser vers la générale. Et, avant même que ceux-ci n’aient touché le grillage, le sabre blanc s’est allumé pour les trancher deux fois, eux et le portique. Son geste à peine fini, Lyzs éteint et raccroche son arme à sa ceinture tandis que les morceaux de métal retombent en silence : l’un des gardes a jugé bon de se concentrer pour éviter que tout s’écrase avec fracas. Une initiative des plus plaisantes, s’il en est.
Un regard pour le cyborg qui s’approche. Puis, le groupe enjambe les débris pour se mettre en route. A partir de là, il faut faire confiance à Tericarax : Lyzs n’a aucune idée de là où peut se trouver la station d’épuration. Ainsi, les trois humains encapuchonnés suivent leur guide mécanique à travers les petites rues utapaun. Ils longent les murs, choisissent les passages les plus étroits. De temps à autre, le groupe s’arrête pour vérifier qu’aucune patrouille ne les menace. Quand le chemin est sûr, ils s’activent. Quand il ne l’est pas, ils patientent.
Parfois sur la pointe des pieds, parfois au trot selon la taille des allées à traverser, les quatre fugitifs se rapprochent peu à peu de la station. Lyzs en oublie les curieux bâtiments et ne sent plus l’humidité caverneuse de l’endroit. Elle ne voit plus que l’objectif à atteindre : les vaisseaux, la station. Non, plus proche encore : elle voit Tericarax. Chaque mètre qu’il parcourt, elle doit le parcourir aussi. Pour l’instant, il est le seul à savoir où se trouvent ces objectifs à atteindre. Il faut lui faire confiance : elle n’a pas le choix, pas après avoir été aussi loin en tous cas. La jeune femme ne sait pas si elle serait capable de retrouver son chemin, en cas d’ennui.
Une longue heure plus tard, après avoir parcouru un chemin que quelqu’un effectuerait bien plus vite s’il n’avait pas l’armée séparatiste sur le dos, le groupe arrive au bout d’une ruelle sombre. Ils peuvent apercevoir, dans la pénombre, un grand bâtiment mal éclairé duquel s’échappent plusieurs grands conduits. Autour de celui-ci se trouvent de grands bassins circulaires remplis à ras bord. L’odeur est déjà déplaisante d’ici. Pourtant, le complexe se trouve à l’écart de tout. Entre le groupe et la station, il y a un véritable vide.
Lyzs lève les yeux, la nuit est presque tombée. Très vite, quelque chose d’autre capte son regard bleuté : des droïdes B1 sillonnent l’endroit. Avec une rigueur mécanique, la patrouille effectue un quart de tour sur sa droite et continue sa ronde machinale. A peine s’efface-t-elle derrière l’un des bassins qu’une nouvelle lumière apparaît : nouveau groupe se montre et prend le relais de ce côté-ci de la station. L’endroit est bien gardé. Peut-être est-il surveillé à l’intérieur, aussi ? La générale attrape ses macro-jumelles pour observer les quelques fenêtres. Deux minutes plus tard, elle est formelle : il n’y a pas de mouvement à l’intérieur. Une information rassurante, mais il est de toute façon impossible de passer sans se faire repérer. Il faut trouver un moyen…
— Ils tournent bêtement autour de l’endroit. Je vais faire diversion, et vous passerez. Lance l’un des gardes.
Lyzs est un peu surprise par une telle proposition. Mais, avant qu’elle ne puisse dire quelque chose, le second soldat prend la parole.
— Tu n’y vas pas seul. Nos chances seront meilleures à deux.
La générale se tait. Peut-être que ce n’est pas la pire des options ? Les deux militaires, eux, attendent son approbation. Leur résolution peut se lire sur leur visage. Lyzs est presque touchée : elle repense à il y a peu, quand elle avait du mal à se faire respecter en tant que générale. Elle en a du mal à donner l’ordre. Elle n’a pas envie de les envoyer au casse-pipe. Finalement, c’est le premier encapuchonné qui relance :
— C’est vous, qu’ils veulent. Si on se fait attraper, on s’en sortira sûrement.
Deux longues secondes passent, mais cela suffit finalement à faire acquiescer Lyzs. Sans un mot de plus, les deux soldats se reculent dans la ruelle pour emprunter un nouveau passage. Lyzs et Tericarax attendent là, en silence. Puis, au bout de quelques minutes, ils aperçoivent deux ombres qui s’avancent vers la station. La patrouille de gauche s’éclipse derrière le bâtiment et la patrouille qui arrive à sa droite s’immobilise d’un seul coup. De loin, la scène est plutôt difficile à cerner. Sans plus attendre cependant, l’ex-lieutenant et la générale s’élancent vers la station.
Alors qu’elle court, le plus vite et le plus silencieusement possible, la générale ne détache pas ses yeux de la scène. Très vite, les deux sabres bleus sont dégainés et quelques tirs de blaster foncent s’écraser contre eux. Les droïdes avancent et déjà de nouveaux tirs viennent de plus loin : la deuxième patrouille a du rejoindre la chasse. Les deux gardes reculent progressivement en déviant les lasers, puis ils finissent par atteindre les rues bordant la place pour s’enfuir. La plupart des droïdes les prend en chasse. Lyzs et Tericarax, eux, finissent de franchir une lourde porte coulissante qui se ferme derrière eux. Ils sont à l’intérieur.
La jeune femme n’est pas sereine, son cœur bat à cent à l’heure. C’est sûrement parce qu’elle vient de « perdre » deux soldats de plus. Mais, il y a autre chose. Elle sent que tout ne se déroule pas comme prévu. Elle est désorientée… Non, il s’agit de quelque chose d’autre encore. Elle tourne la tête, cherche quelque chose du regard. Puis, après quelque pas dans cette salle où se trouvent plusieurs machines inconnues, une voix se fait entendre :
— Alors… C’est à cause de vous tout ça, dehors ?
Les ombres, le côté obscur... Il s’agit d’un Sith, Lyzs en est sûre. Mais, d’où vient sa voix ? -
Post n°21
Auteur : TericaraxRapide. Assurément, les gardes viennent d'agir de façon extrêmement rapide – et efficace par ailleurs. Une intervention habile et intelligente, et les magna ne sont plus qu'un souvenir. Tericarax se penche et récupère dans les débris tranchés un cœur d'IG-100 ; une pile énergétique, concrètement. Les explications attendront. Pour l'heure, il faut se mettre en route. Sous les rayons mourants du Soleil Utapaun, le petit groupe se met à arpenter les rues. Le temps presse. La nuit tombera bientôt, ce qui ne laisse que peu de temps pour traverser les égouts ; la fenêtre d'opportunité dont ils disposent ensuite pour entrer dans la navette est courte, bien trop courte. Le groupe de fugitifs progressent dans les rues désertes. Autour d'eux, les fenêtres des maisons sont fermées, on a abaissé les rideaux sans doute devant les patrouilles séparatistes, les portes sont closes. Pau-city est aveugle à la fuite qui se trame au sein de ses propres rues, ses seuls yeux sont ceux des B1 qui arpentent le pavé au pas de l'oie. Il est du devoir de Tericarax de mener le groupe toujours dans l'angle mort des patrouilles.
Plusieurs fois, le cyborg est forcé de modifier l'itinéraire : un bataillon passe dans ce boulevard et pourrait les repérer. Là, une rigide phalange d'automates B1 passent par malchance dans la ruelle qu'il comptait faire emprunter au groupe. Certaines fois, il fait le choix de l'arrêt, car il ne connaît aucun autre chemin et n'est pas prêt à prendre de risques, parfois il détermine mentalement une route alternative, et préfère la suivre plutôt que de gaspiller de précieuses minutes ; la lumière déclinante est son sablier, la nuit son échéance – et le crépuscule est si proche, il sent les ultimes rayons du Soleil mourir à ses pieds, s'écraser – sanglants- sur son habit improvisé ; il force à presser le pas, le groupe passe à un petit trot. Tericarax guette chacun des signes autour de lui; un nom d'enseigne, un virage de rue particulière, un bâtiment qu'il avait mémorisé, tous les indices sont bons pour savoir où ils se trouvent – approximativement. L'absence d'émotions lui permet de garder l'esprit clair et de rester pleinement concentré sur sa tâche : l'erreur n'est pas permise et il ne la commettra pas.
À mesure que le jour décline, les maisons d'Utapau s'illuminent. Derrière les portes filtrent des halos orangés, derrière les fenêtres on devine la vie. Avec l'arrivée du crépuscule, la ville fantôme reprend des couleurs vivantes, comme pour montrer qu'elle n'est pas encore morte. Ces éclairages sont une nouvelle entorse pour la progression, car Tericarax redoute des regards indiscrets quand les habitations reprennent vie ; il modifie encore son plan de route pour n'emprunter que les ruelles les moins éclairées, ces passages d'arrière-boutique où de rares lampadaires jettent des lueurs tremblotantes et incertaines ; les lampadaires sont encore éteints car la nuit n'est pas venue, mais on évitera ainsi que des yeux par hasard tombent sur les fugitifs et ne les dénoncent aux patrouilles ; l'erreur n'est pas permise et il ne la commettra pas. De ruelle en ruelle notre quatuor passe – fugace et sûr, car l'hésitation et l'exubérance seraient leur perte à tous.
Le Kaleesh fait s'arrêter le groupe quand, devant une boutique, un Pau'an sort les poubelles. Ils restent figés ainsi dans les ombres qui s'allongent alors que l'autre, chantonnant dans sa langue natale un air dissonant, jette les gros sacs dans des bennes d'acier rectangulaires. Le cyborg reste parfaitement immobile. Il prend soin de retenir sa respiration pesante ; son cœur proteste, résonne à grands coups dans ses oreilles, en cruel besoin d'oxygène, mais son maître s'y refuse : la discrétion est de mise après tout. Pendant ce temps, le natif d'Utapau se frotte les mains, referme la benne et enfin retourne à l'intérieur. Sitôt la porte fermée derrière lui, le cyborg reprend son mouvement – et sa respiration, imité des autres. Après une cinquantaine de mètres, encadré par des murailles muettes et serrées de maisons, l'allée débouche sur une place plus large. Au centre de cet espace se dresse l'ombre de la station d'épuration. Sous les rayons monochromes et décolorés caractéristiques des premiers instants du crépuscule – ce linceul d'argent et de cendres - il distingue de sept grandes formes cylindriques, plongeant dans le sol comme autant de tentacules démesurés et immobiles. Des tuyaux, d'un très large diamètre. On devine autour des bassins, une odeur nauséabonde en vient. La station est un gros bâtiment, ses formes sont plus industrielles que les habitations de ce niveau ; sans doute est-ce là une installation d'une firme séparatiste et non pas un produit des architectes locaux, ce qui explique la différence évidente d'esthétique. L'objectif est là, sous ses yeux reptiliens. Leur porte de sortie est toute proche. Il tient toujours, sous son manteau improvisé, le cœur magna. Bientôt le jour mourra, il ne faut pas perdre un instant. Mais, dépourvu d'impatience, il observe et, hélas : des patrouilles encadrent naturellement la station. Il n'aurait pas laissé pareil point non-gardé de l'extérieur, évident et logique. Un instant, il estime la distance qu'ils ont parcouru ; ses yeux se portent vers le gouffre au cœur de Pau-City. Ils ont parcouru, avec le trajet vers les appartements de Blaum puis celui vers la station, une distance non-négligeable. S'ils poursuivaient, peut-être seraient-ils au Q.G en une dizaine de minutes...
Son vaisseau n'est au final pas si loin...Non, absurde. Il est probablement sous surveillance, et par ailleurs il serait impossible de transporter dans ce chasseur monoplace qui que ce soit : la carrure de Tericarax emplit tout le cockpit, personne d'autre ne pourrait venir avec lui, ce qui est vide d'intérêt ; une alternative stérile en somme. Non, leur clef est là, la station est juste devant eux. Mais les patrouilles en sont l'ultime gardien hélas. Quelle ironie. Jamais n'aurait-il songé que de misérables B1 puissent le mettre en pareille situation. Malgré toute leur incompétence, il leur accordera au moins cela : leur nombre fait leur force. Son esprit se met à tourner sur un plan. Passage par la force ? Impossible, ils donneraient l'alerte, ne serait-ce que par leur soudaine disparition. Par ailleurs, le temps de tous les éliminer, d'autres patrouilles pourraient venir, et les quatre seraient alors pris au piège, sans plus aucun espoir d'échappatoire. La discrétion ? Non plus. La place est large, il y a plus de deux cent mètres qui séparent la ruelle de la station : les deux bataillons qui arpentent machinalement le pavé auraient tôt fait de les repérer et de donner l'alerte. Ne reste alors qu'une seule solution possible...
- Ils tournent bêtement autour de l'endroit. Je vais faire diversion, et vous passerez, murmure un des gardes de Lyzs.
La seule solution qui puisse être mise en œuvre, songe Tericarax. Néanmoins, il y a deux patrouilles : un seul ne tiendra pas, il ne pourra pas faire distraction assez longtemps pour que le reste du groupe puisse avaler la distance qui les sépare de leur objectif. Le deuxième humain enchaîne immédiatement, pour accompagner son compère. Précisément ce qu'allait réclamer le pragmatique Kaleesh. Oui, ce n'est qu'ainsi qu'une ouverture est possible pour la générale et lui. La seule solution possible est un sacrifice. La supérieure hésite. Pourquoi hésite-t-elle ? Il n'y a pas de doute à avoir : s'ils ne vont pas attirer l'attention des B1, alors tout est perdu. Il n'y a pas de doute à avoir, c'est la seule possibilité, car tout autre choix mènerait à terme à leur perte ; l'erreur n'est pas permise et ils ne la commettront pas. Enfin, elle acquiesce, et le duo s'élance dans les rues, suivi par le regard du scientifique. Cette impulsion héroïque de ces deux ne leur coûtera sans doute pas la vie, mais c'est probablement autre chose qui les a fait bouger. Une affection pour leur supérieure peut-être ? Ou simplement une loyauté sans faille ? Difficile d'établir une véritable distinction entre les deux ; cela n'a de doute façon pas d'importance .
Les deux petites ombres deviennent presque invisibles, alors que l'obscurité commence pleinement à envahir les lieux. L'une des patrouilles s'immobilise soudain, devant les deux individus en liberté après le couvre-feu. C'est le déclic. Les algorithmes droïdes ont compris qu'il y avait des cibles à appréhender, toute la rigidité de leur programmation va les centrer sur cette tâche unique et leur faire oublier le reste. Tericarax prend son élan et s'élance, la générale sur ses talons. Au loin, les armes sont tirées. On aperçoit la lueur des sabres lasers et des tirs de blaster, des traits colorés et luminescents dans la noirceur grandissante de la nuit. Notre cyborg observe devant lui, tout en prenant garde de maintenir son habit en place d'une main ; de l'autre il tient le cœur magna. Ils passent près des bassins, d'où s'échappent une brume opaque. La générale est-elle toujours derrière lui ? Oui ? Parfait. Les deux cohortes de B1 sont toutes axées vers l'escorte de la républicaine ; d'autres droïdes viennent en renfort, chassent les fugitifs vers les rues où ils se réfugient. Leur objectif est là. Ils progressent au milieu des bassins, passent entre les conduits et les brumes aussi vite qu'ils le peuvent, et enfin arrivent devant une porte d'acier coulissante ; elle s'ouvre devant eux, se referme après leur passage dans un son vaporeux.
Tericarax s'arrête, son asthme résonne, pesant et pathologique, ses poumons en feu. Il n'est pas épuisé, non, mais il doit reprendre son souffle. Pendant qu'il inspire bruyamment, il observe les alentours, cet intérieur éclairé uniquement par l'obscurité. On devine les formes des machines industrielles et des installations, leurs arêtes se découpent sous les rares rayons lumineux, qui filtrent par des fenêtres hautes dans le hangar ; il devine là un petit balconnet, sans doute d'acier, qui permet d'accéder à d'autres instruments logistiques. Il n'y a que le son des machines dans cet endroit, continu, suffisant pour couvrir même la respiration de Tericarax. Bien évidemment ; il faut drainer et purifier les milliers de mètre-cube de déchets produits par ce niveau d'Utapau, puis l'envoyer dans les niveaux inférieurs pour continuer le traitement, jusqu'à finalement le déverser encore purulent et vil au tout dernier niveau, là où ne vivent que les plus pauvres, au milieu de la peste et des excréments. Ne reste qu'à utiliser le cœur magna, cette source d'énergie improvisée. Avec, il pourra faire disjoncter une porte de service, et obtenir l'accès vers enfin les tuyaux. Avec, ils pourront s'échapper sans faire le moindre bruit suspect. Leur temps est presque écoulé. Il ne faut plus tarder.
- Alors...C'est à cause de vous tout ça, dehors ?
Tericarax, qui vient de faire un pas, ne s'arrête pas ; son esprit ne peut ressentir la surprise. Mais ses pensées changent face à cet événement imprévu : un nouveau chiffre vient d'apparaître dans ses calculs, tout doit être revu. Il cherche mentalement ; pour quelles raisons quelqu'un se trouverait ici ? Ses yeux fouillent machinalement les ombres, mais c'est un futile essai, une tentative précautionneuse mais vouée à l'échec naturellement : il ne voit rien. Un pas de plus, et un autre. La générale derrière lui est toujours immobile. L'esprit de notre cyborg est partagé. Il hésite à proprement ignorer cette voix, ils doivent poursuivre leur route. Mais une autre parcelle de son esprit compile toutes les données à sa disposition pour déterminer l'identité de cette voix. Son timbre et son accent lui sont purement inconnus – on dirait l'expression d'une personne qui n'a pas de nez, l'expiration des paroles est étrange - mais le contexte est unique, riche en conclusions. Un travailleur est hors de propos. Cela pourrait être un simple badaud, mais alors il serait là depuis longtemps, avant les patrouilles. Sa réflexion se poursuit. Un simple errant, dans les zones favorisées de Pau-city ? Dans une station d'entretien ? Il lui faudrait un sens de la discrétion et de la dissimulation hors du commun. Et le ton assuré n'est pas celui d'un Utai ou d'un Pau'an; l'accent ne concorde pas non plus. Espèce sans nez, sur Utapau. À ce niveau de la cité, à cet instant précis.
Un son brusque ; Tericarax fait un bond sur le côté alors que s'écrase une lourde machine là où il se trouvait juste avant. Elle est tombée du plafond, et l'aurait sans doute broyé sur le coup. Incohérent, illogique, une machine ne se libère pas par hasard de ses attaches.
- Si je vous tue...Est-ce que j'aurai mon billet de sortie ?
Billet de sor...La solution apparaît évidente aux yeux de notre Kaleesh. Soudain, une vive lumière, et la foudre traverse l'air, s'abat en un tonnerre vers la générale. Tericarax plisse les yeux, l'éclairage livide et crépitant est si brusque qu'il lui blesse douloureusement les rétines et l'aveugle presque. Toutefois, il aperçoit un instant le visage à l'origine de la voix...Évidemment. Pas de nez...Ce niveau de la cité, au milieu des ombres. C'est le Bith, l'un des Sith fugitif. L'esprit du cyborg se trouble. Il sent que commence à venir un bouillonnement funèbre en lui, mais il n'y prête pas attention : il n'a pas le temps de s'en occuper. Il lâche le cœur magna au sol, déploie ses deux vibrolames qui chantent à l'unisson de leur macabre vibration. L'autre interrompt son assaut contre la générale ; il est à cinq mètres sur la droite. D'un bond en avant, Tericarax se jette vers lui, la scène replonge dans l'obscurité. Les lames du cyborg battent l'air, mais ne tranchent rien ; le Sith a profité du changement de lumière pour s'échapper. Tericarax se sent brusquement projeté sur le côté et tombe au sol. Il se rattrape et se relève, rajuste son habit en fixant ses alentours directs. La générale, à sa gauche, est éclairée par la lumière de son sabre laser, un blanc pur qui projette un halo autour d'elle. Elle n'a pas l'air d'avoir souffert des éclairs ; sans doute a-t-elle trouvé une façon de les parer, avec son sabre peut-être ? Pas le temps non plus de s'en occuper. Les iris dorés de Tericarax scrutent la pénombre. À nouveau, ils sont au milieu du vrombissement des machines. La voix s'élève une seconde fois, comme amplifiée, multidirectionnelle.
- Une Jedi, ici...Avec ton sabre laser j'ai mon billet de sortie petite.
Le Kaleesh détecte du mouvement, près de la carcasse de machine. Brusquement, un mur noir file dans sa direction et celle de Lyzs : une pluie de débris. L'obscurité l'empêche de distinguer quoi que ce soit ; il se protège de ses bras, alors que la tempête de projectiles s'abat contre la montagne d'acier qu'il est. Ses griffes s'accrochent au sol pour tenir le choc, déformant les plaques de tôle avec un crissement – mais bien moindre comparé au boucan que font tous les débris projetés vers lui et sa compagne d'infortune républicaine.
Il plisse les yeux. Quelle perte de temps. Quelles étaient les chances de tomber ici et maintenant sur le Sith ? Très faibles. Un hasard malheureux, qui pourrait bien saboter tout son plan. Soudain, une raie lumineuse ; les processus cognitifs du personnage doublent de vitesse. Un projectile file dans sa direction. Blaster. Ces lettres s'impriment dans son esprit en un quart de seconde. Il a tout juste le temps de ramener un bras sur la trajectoire de la décharge énergétique ; les alliages qui le composent font leur travail, le tir s'écrase contre son acier, laissant derrière une trace carbonisée – et un disque rouge sur son manteau improvisé. La tempête se calme.
Tericarax jette un regard vers son binôme de combat, qui a su résister au dernier assaut elle aussi. Les sensitifs peuvent se sentir mutuellement. Vers où se porte son regard actuellement ? Où se cache le Sith, qu'il sépare son joli crâne enflé du reste de son corps ? -
Post n°22
Auteur : LyzsSpoiler : HRP
Lyzs sent le côté obscur planer dans les lieux comme un brouillard de mort, mais elle n’en trouve pas l’origine non plus. Le Sith est doué, il se dissimule. Sa présence est fondue dans un nuage à travers lequel il est impossible de voir. Puis, d’un coup, quelque chose se décroche du plafond. Notre garde lève les yeux et s’écarte, mais elle n’est pas en danger : c’est Tericarax qui est visé. Celui-ci esquive d’un bond tandis que la générale se protège les yeux, au cas où. Après un grand fracas accompagné d’un long crissement, Lyzs observe l’impact. Tout autour de la lourde machine fumante, le sol est déformé, plié. Des débris sont éparpillés ci et là, mais l’homme est toujours invisible. Il reprend :
— Si je vous tue...Est-ce que j'aurai mon billet de sortie ?
La républicaine dégaine et allume son sabre, pas de doutes possibles : il s’agit du fugitif. Mais, où peut-il bien se cacher ? La fille lève les yeux. Plusieurs passerelles sont suspendues au plafond, mais elle ne voit ni n’entend personne. Quand, soudainement, quelque chose tombe de cet obscur nuage imaginaire. La générale se retourne alors pour placer son sabre devant elle sans savoir ce qui l’attend. Il s’agit du Sith qui se laisse choir pour atteindre son niveau. Mais, avant même qu’il ne touche le sol, lumière ! Lyzs se protège avec son arme. Elle y redirige d’incroyables éclairs de Force naissant du bout des doigts de son agresseur. Ce ne sont pas là de simples étincelles, il s’agit de véritables démons de lumière s’agitant en tous sens. Des démons imprévisibles dotés d’une incroyable vitesse et d’une intensité monstrueuse, si bien que la jeune femme peine à les contrôler. La foudre s’abat partout autour d’elle en des dizaines d’éclats assourdissants et brûlants. Il lui faut la maîtriser plus possible, appliquer la théorie, se concentrer, respirer, ne pas paniquer… Pour l’instant, tout va bien. Au milieu de la tempête et des explosions, la générale tient bon. Mais, pour combien de temps ?
Puis, tout s’arrête. Lyzs, qui s’était mise sur ses appuis, se redresse. Sa vue se réhabitue doucement à l’obscurité pour qu’elle devine Tericarax. Il est là où se tenait le Sith et décroise ses deux imposantes vibrolames. Elle n’y voit pas de sang : il a donc manqué son coup. Pas étonnant, l’ennemi n’est pas un débutant. Non. Les pouvoirs dont il vient de faire la démonstration trahissent une incroyable maîtrise du côté obscur. Il ne se serait jamais fait avoir par une simple attaque isolée. Mais, comment fait-il pour se déplacer ainsi ? Confuse, la générale se remet de ses émotions et reprend immédiatement la recherche du dark. A nouveau, elle ne le trouve pas. Par contre, elle l’entend encore :
— Une Jedi, ici... Avec ton sabre laser j'ai mon billet de sortie, petite.
Lyzs, une Jedi ? Non. Mais peu importe ! Le Sith a pris de la distance. Sa voix semble venir de partout à la fois, mais notre garde se doute bien qu’il n’est pas loin. Plus rapide, Tericarax a l’air de l’avoir détecté alors que la républicaine perdait son temps à essayer de le sentir à travers la présence obscure. Elle voit que le cyborg se protège, mais de quoi ? La « Jedi », ne s’étant toujours pas réhabituée au manque de lumière, se cache en vitesse derrière son partenaire. Elle le sent : quelque chose arrive, mais quoi ? Et, au moment où elle comprend enfin ce dont il s’agit, de nombreux débris viennent s’écraser tout autour des deux « traîtres ». Elle se laisse tomber sur ses genoux et place ses mains sur sa nuque. Sabre éteint, un peu en panique, elle compte sur Tericarax pour tenir le choc. S’en suit un tir de blaster qui perfore l’habit du lieutenant pour passer juste au-dessus de la générale.
Puis, silence. Lyzs se relève alors, pas vraiment sûre d’elle, pour voir que le Sith a disparu une fois encore. S’en suit une nouvelle recherche. Elle fouille la pénombre du regard. Cette fois cependant, c’est la bonne : après quelques secondes, elle sent enfin quelque chose. Sur ses gardes, elle relève les yeux et entend un craquement : un nouveau projectile, plus gros encore que le premier, leur arrive dessus. Lyzs jette alors son bras gauche en avant. L’épais amas de métaux craque à nouveau, comme s’il venait de percuter quelque chose, puis tombe quelques mètres devant les deux partenaires. Lyzs, qui s’était crispée pour se protéger du choc, s’agite lorsqu’elle entend un rire des plus condescendants. Celui-ci raisonne dans l’endroit, comme si sa nature était fantomatique.
— Ah ah ah ! Ohhh… oh oh. Je vois… Un par un, alors ?
Là, le Sith apparaît de nulle part. Comme s’il avait toujours été présent, il se retrouve entre Tericarax et Lyzs. Avant qu’ils ne puissent réagir, l’homme a déjà une main sur les épaules de chacun de ses ennemis. Subitement, ils sont tous deux projetés dans des sens opposés. Combien de mètres parcourt la générale ? Quinze ? Peut-être vingt ou plus encore ? Elle rentre le menton avant d’entrer en contact avec un mur. Sa combinaison la protège partiellement du choc, mais la taule pliée et son hurlement de douleur ne mentent pas : le choc est violent. Elle tombe au sol. Poussant sur ses bras, peinant à se relever, elle aperçoit l’ombre noire à travers ses cheveux tombants sur son visage. Il fait un geste de la main avant qu’une large et épaisse porte se referme derrière lui comme une immense mâchoire de fer. Soudain, quatre puissantes lumières éclairent la pièce depuis le haut de l’unique sortie, maintenant condamnée.
Lyzs, éblouie, arrive à peine à distinguer les yeux plissés du Bith. Sourit-il ? Non, plus important : où est le sabre ? Où est-il ?! Elle balaie l’endroit du regard. Luttant contre la luminosité, elle voit un long établi longeant la pièce qui n'est pas très grande. Engourdie par le choc, elle se relève avec peine pour découvrir que, sur celui-ci, se trouve une véritable quincaillerie. Outils, schémas, pièces détachées… Si le sabre a atterri là-dedans, le trouver ne sera pas facile. Mais, les réflexions sont interrompues : le Sith à finit de se faire craquer les doigts après avoir fait quelques pas. Il tend maintenant ses mains vers la fille. Celle-ci se relève plus encore, mais ce ne sont pas ses muscles qui l’aident à se dresser contre son adversaire. Il s’agit d’autre chose… Tout son corps tremblant lui fait mal. Mal comme s’il lui demandait d’abandonner, de lâcher prise. Derrière la républicaine, la cape frappée aux couleurs de la CSI danse étrangement. Elle ondule comme un court d’eau que l’on aurait perturbé alors que sa propriétaire s’élève lentement pour quitter le sol. Lyzs veut parler, crier, mais sa gorge est serrée. Elle n’arrive à transmettre que sa douleur dans une longue plainte avant de serrer les dents. De la pointe des pieds, elle tente d’atteindre le sol pour prendre appui, mais elle arrive à peine à bouger ses chevilles. Paniquée, elle cherche une échappatoire. Pas de sabre. Pas de temps, plus de temps ! Il lui faut faire quelque chose ! Le Sith fait un nouveau pas, puis deux. Il se rapproche lentement... Ses doigts crochus sont comme plongés dans l’âme de sa proie.
— Alors… On résiste encore ?
De ses deux bras, il donne une impulsion. Lyzs soubresaute avant de laisser s’échapper un long hurlement de douleur. Sa peau est rouge, ses veines sont gonflées, son cœur bat à cent à l’heure alors que, pour elle, les secondes sont des heures. Elle ne veut pas se laisser tuer. Elle ne veut pas mourir des mains d’un Sith. Elle ne veut pas abandonner, mais la douleur est si intense ! Non, non… il lui faut tenir bon ! Partout, dans cette pièce, il y a des outils tous plus lourds les uns que les autres. Il y a forcément un moyen de s’en sortir, de les utiliser. Mais, comment ? Aucun objet ne veut obéir à la générale. Nulle pièce de métal ne veut bouger. Aucune clé, aucun écrou, aucune vis ! La républicaine est paralysée mais ses pensées filent à mille à l’heure. Cette insupportable douleur secoue ses sentiments et fait grandir en elle la plus grande des rancœurs. Elle rêve de déchaîner une tempête d’acier sur le Sith pour lui déchirer la chair, pour prendre le dessus et lui rendre la monnaie de sa pièce. Ses yeux bleus, qui brûlent d’une volonté malsaine, d’un désir motivé par un sentiment dont se nourrit le côté obscur, se plantent dans ceux du Sith. Et, cet immonde personnage, cette raclure, ose afficher un air satisfait. Il est ravi, même.
— En colère, Jedi ?
Un nouveau cri. Cette fois, il s’agit de rage ! Lyzs tente de donner un à-coup pour se libérer. Cependant, son épaule bouge à peine avant que la prise invisible ne s’intensifie plus encore. La pression de fait plus grande. Elle veut respirer, mais sa bouche s’ouvre sans bruit. Sa tête commence à tourner. Son champ de vision se rétrécit. La lumière se fait plus intense. Le Sith devient une silhouette. Son emprise est trop écrasante, la fille ne peut plus luter. La côté obscur est trop puissant. Et, pourtant, Lyzs ne veut rien lâcher. Elle ferme les yeux et continue à espérer que la Force lui accorde le pouvoir de se libérer de ces chaînes, de terrasser le Sith. Malgré tout ce qui pèse sur elle, elle se concentre. Elle maudit ses faiblesses. Elle maudit le Sith. Elle maudit l’univers ! Ses mains ne veulent pas bouger ! Elles ne peuvent pas guider la Force. Impossible de faire bouger cette ferraille. Si seulement l’un d’entre eux voulait bien se soumettre à sa volonté. Si seulement sa volonté pouvait dépasser ses gestes !
Puis, enfin, le miracle se produit. Derrière de Sith, de lourdes pièces commencent à trembler. Puis, à vibrer. Puis… à s’agiter ! Le cliquetis provoqué par le métal tremblant s’intensifie pour devenir une musique produite par les métaux s’entrechoquant et claquant contre l’établi. Le Bith tend ce qui lui sert d’oreille. Il se retourne à peine. Peut-être que c’est le cyborg qui essaie de forcer la porte ? Bon sang ! Non ! Il se disperse ! Sa prise faiblit un instant ! Il se reconcentre mais il est déjà trop tard : comme sortant de l’eau après avoir frôlé la noyade, la « Jedi » prend une longue inspiration. Elle rouvre les yeux et foudroie le Sith du regard avec toute la rage qu’il sut faire monter en elle. D’un coup, une longue tige d’acier file vers l’ignoble fanatique. Avec aisance, le monstre obscur se baisse pour l’éviter. Mais, c’est maintenant une lourde clé qui file sur lui et le cogne aux côtes. Il tombe au sol et perd le contrôle. Il grogne et peste ! Lyzs, elle aussi, est par terre. Elle est maintenant libérée de l’emprise. Elle se relève en se tenant les bras pour se rassurer. Il lui faut retrouver son sabre, mais elle n’a pas le temps, car le Sith se redresse lui aussi et lance ses griffes vers elle !
Promptement et avec violence, la générale projette elle aussi sa puissance vers le dark. Animée d’une colère provoquée par ses nerfs torturés, elle ne se laisse pas faire. La concentration se mêle à la rage, à la colère et au désir de vaincre. Les dents serrées, les deux ennemis s’assassinent l’un et l’autre du regard. Se souhaitant mutuellement de craquer, de lâcher prise, les combattants résistent à une pression faisant gonfler leurs veines, faisant suer leur peau, faisant trembler jusqu’à leurs os ! Tous deux ont la sensation d’être écrasés par un étau illusoire. Leur crâne bourdonne, leurs tympans chantent une ode à la douleur et leur mâchoire grince comme si elles allaient se briser. Les deux adversaires, grognant leur effort, sont figés dans une furieuse bataille invisible. Les quelques mètres qui les séparent sont secoués c’est un terrible ouragan paranormal. Si bien que cette violence impalpable se transmet peu à peu à tout ce qui se trouve là. Les outils en tremblent, l’établi s’éveille sous une cacophonie des plus inquiétantes. Les pièces les plus légères s’envolent, les moutons de poussière s’agitent et tournoient dans une danse aérienne vide de sens avant de se déchirer dans l’air. La cape et la bure claquent contre leurs propriétaires qui s’acharnent toujours plus l’un contre l’autre.
Lyzs, les yeux injectés de sang, sent ses bras chanceler. Ils sont secoués par un pouvoir qui la surpasse. Son corps faiblit mais son obstination grandit. Pourtant, le Sith commence à baisser les bras comme s’il écrasait cette volonté grâce à la force brute. Notre générale est accablée par cette terrifiante puissance. Ses jambes fléchissent, son dos se courbe. Bientôt, elle met un genou au sol pour ne pas tomber. Elle gémit et grogne à cause de la douleur. Elle se retient de hurler pour ne pas montrer sa faiblesse, mais le Sith la domine. Du sang perle au coin de ses yeux rouges. Elle tousse et goûte au fer de son hémoglobine qu’elle recrache pour mieux respirer. L’homme en noir fait un pas, victorieux. Il ne lâche rien, mais Lyzs non plus. Le vainqueur s’apprête à savourer son triomphe quand, soudain, parmi les outils agités par les torrents invisibles, se détache un cylindre chromé qui file vers lui. Il lâche prise et tente de se saisir de l’objet, mais il échappe à sa portée pour rejoindre la main de Lyzs qui bondit déjà vers le bith. Sa lame blanche apparaît alors pour fendre l’air afin de s’abattre sur le maître obscur tandis que la gravité s’empare à nouveau de tout ce qui volait autour d’eux.
Un choc, puis deux. La républicaine tente d’en finir avec cette erreur de la Force mais elle n’y parvient pas : ses coups sont bloqués. Le Sith veut dégainer son blaster, mais il a besoin de ses mains pour intercepter le sabre. La fille se déchaîne comme une furie. Sans maîtrise aucune, elle veut briser la défense du dark. Elle s’acharne comme jamais, mais sa maîtrise de la Force est incroyable : les coups sont interceptés à quelques centimètres des paumes du maître. A chaque contact, c’est un son et lumière qui se joue. Comme si des disques spectraux, à peine bleutés, se formaient juste avant les impacts. Les chocs sont lumineux, puissants, explosifs. Ils éblouissent aussi bien Lyzs que le Sith qui ne s’arrêtent pourtant pas dans leur lancée. Plus la fille frappe, plus elle accompagne ses gestes avec des cris rageurs qu’elle ne se serait jamais crue capable de lancer.
Sous la tempête, l’ennemi reste concentré. Il n’a pas le temps de grogner ou de se plaindre. Il doit intercepter cette lame et stopper cette folie furieuse. Quand, tout à coup, il se retrouve face à l’imprévu. Malgré sa fureur aveuglante, la « Jedi » ne fait pas que de donner des coups au hasard. Elle s’est servie des chocs pour gagner du terrain. Le Sith est dos au mur et Lyzs lui assène un imprévisible coup de pied au ventre. Tout en tombant, le dark se prépare à intercepter la plus violente des attaques de son ennemie. Elle a saisi son arme à deux mains et donne toute sa puissance dans ce coup fatal. La pointe blanche creuse dans le métal à toute vitesse pour se retrouver, d’un coup, figée entre les deux mains du bith. Assis et adossé à la paroi, alors que le métal orange crépite au-dessus de lui et que les débris brûlants viennent roussir sa peau et creuser sa bure, il ricane.
— Tu n’es pas une Jedi, alors ?!
Il n’a pour réponse qu’un grognement. Lyzs appuie plus fort encore sur sa prise.
— Ta rage te mène à moi. Elle te mène au côté obscur ! Dit-il en plissant les yeux. Arrête de te battre ! Tu t’acharnes pour rien, comme tous les ignorants.
— Je me bats… pour la justice ! Lui répond enfin la fille, les dents serrées.
Une fois encore, elle donne un à-coup. Cette défense finira bien par céder !
— Ah ! Lance le dark, hautain.
Le bith ramène sa jambe vers lui et pousse sur son pied pour se lever. Suivant son geste, la lame se déloge du métal. L’homme la pousse de ses deux mains, comme s’il tenait l’énergie blanche avec d’épais gants de Force. Le Sith, à peine plus petit que la générale, a pourtant, en cet instant, l’air bien plus grand qu’elle.
— La justice n’est qu’un prétexte, gamine... Tu caches tout au fond de toi, mais aucun verrou ne résiste au côté obscur. Je lis en toi comme dans un livre ouvert ! Ton regard trahit ta haine. Tu cherches la vengeance, simplement la vengeance ! Tu es malhonnête, tu te mens à toi-même ! Ou... es-tu simplement ignorante ? Tu vaux moins encore que ceux que tu abhorres !
Lyzs se perd un instant. Elle doute. Peut-il vraiment lire ces choses-là ? Est-il vraiment entré dans son esprit aussi facilement ? Pense-t-elle vraiment les choses de cette façon, en vérité ? Non ! Ce ne sont là que des paroles vouées à la déstabiliser ! Des paroles de Sith, des paroles sans valeur aucune !
— Les Sith sont le fléau de la galaxie. Il n’y a rien qui vaille moins que vous !
Sous ses deux bras levés, l’homme en noir prend le temps d’observer son adversaire presque essoufflée, mais qui tient bon. Sa peau est salie par son propre sang et par la sueur mélangée à la poussière. Ses yeux sont cernés d’une marque pourpre glissant sur ses joues. Elle a le regard de quelqu’un qui ne se laisse pas convaincre, de quelqu’un qui n’a pas la tête à raisonner. Du point de vue du Sith, la fille est perdue. Sa haine est véritable et son ignorance absolue. Tant pis.
Le bith soupire alors, résigné. Puis, il lâche prise. La lame, libérée, descend d’un seul coup, mais elle ne tranche que l’air agité par le départ du Sith. Lyzs n’a pas le temps de comprendre, il est bien trop rapide. Après son pas de côté, le maître obscur écrase son poing dans le ventre de la pauvre ignorante qui tombe au sol. Sans se presser, il lui marche ensuite sur la main pour lui faire lâcher son sabre fumant. Celui-ci roule jusqu’aux doigts du dark qui s’en empare avec légèreté.
— C’est fini, maintenant. Tu seras restée dans le faux jusqu’à la fin, pauvre imbécile…
Avec son talon, il frappe contre Lyzs pour la retourner. Toujours sous le choc du précèdent coup, elle suit le mouvement en toussant. Sur le dos, elle peine à respirer et voit l’étrange forme du crâne du Sith assombrie par le contrejour des spots qui se trouvent juste au-dessus de celui-ci.
— Dommage. Lance le dark en s’approchant un peu plus.
Lyzs qui essaye tant bien que mal de bloquer la lumière avec ses mains, retient sa respiration : elle aperçoit le Sith en train lever ses deux bras joints autour du sabre allumé. Terrorisée, paniquée, la jeune fille se crispe et enfouit son visage sous ses bras. Elle se réfugie dans les ténèbres et leur rassurante chaleur avant d’entendre sa propre lame entamer la descente finale… -
Post n°23
Auteur : TericaraxComment tenir les Sith en échec ?
Alors que Tericarax se sent violemment projeté en avant, cette question vient à nouveau hanter son esprit. Comment peut-il stopper les utilisateurs du Côté Obscur ? Autour de lui, les ombres des machines filent à toute vitesse, comme un couloir d'arbres qui s'étirent lorsqu'on est à pleine vitesse sur un speeder, une allée de formes noires et titanesques, une assemblée spectrale qui ne dévoile que trop bien sa vitesse. Avec quelle puissance a-t-il donc été éjecté ?
Il cherche une accroche, mais futile : il a bien trop accéléré, il ne ferait qu'arracher ce qu'il pourrait bien agripper dans sa course, ou y laisser même un bras. Ses vibrolames se rétractent, inutiles et gênantes. Fascinant processus, comment son ennemi a-t-il pu le propulser si puissamment ? A-t-il subi un contre-coup ? Car toute action provoque une réaction opposée et de force égale, c'est un principe fondateur de la physique classique. Non, probablement pas, il n'aurait pas prit le risque de...Roc noir, droit devant lui. Roc ? Non, mur. C'est un mur noir, c'est une ombre qui se dresse et occulte tout. Réaction rapide, il ramène ses bras devant lui en protection. Mais cela n'amortit pas le choc ; avec fracas il heurte l'obstacle, aveugle dans cette obscurité silencieuse et dure. Le fer gémit dans ce duel rapproché, avec un hurlement il se déforme, la tôle se froisse, tient bon mais cède ultimement au corps gigantesque du cyborg propulsé à une terrifiante vitesse. Clonc ! Font des gonds invisibles, et Tericarax se retrouve à rouler au sol, incontrôlable. Ses yeux cherchent des images à analyser comme ses griffes cherchent un relief où s'accrocher. Si les seconds échouent, les premiers captent de nouveaux éléments : une aveuglante lumière, puis un passage au noir, puis vert, lumière, noir. Non, ce n'est pas du noir, c'est un grillage. Lumière, plafond, grillage, vert (vert ?). Un ultime tour, soudain le vide.
Le sol se dérobe sous son corps et s'ouvre brusquement en un précipice. Privé de plancher sur lequel rouler, ses sens de l'équilibre peinant encore à le situer, Tericarax se met à chuter. Il secoue la tête, tente de reprendre ses esprits, le monde tangue encore, mais à présent il chute, au diable les malaises et les vertiges ! Une désagréable sensation, celle de son cerveau mis dans un manège lancé à pleine vitesse, et des images étirées l'accompagnent vers sa perte.
Ses bras fouettent l'air à la recherche d'un appui. Bien vain effort, ses griffes se referment sur l'air riant, il n'a qu'une seule prise : le néant. Ridicule. Tout ça pour ça ? Illogique, ce n'est pas acceptable. Il faut une solution, il faut une solution. Brusque coup de fouet de son esprit et de tous ses implants cérébraux, une sensation électrique parcourt tous ses organes vitaux, son pouls s'accélère pour favoriser les réactions rapides. Un ordre, un seul : il faut agir, et vite. Les processus tuent son malaise : les images cessent de se tordre autour de lui, la sensation de tournoiement meurt elle aussi. Libre de penser, il faut observer. Ses yeux passent extrêmement rapidement autour de lui, détaillent une série de visions : son habit, déformé en d'innombrables plis ondulants dans sa chute, au-dessus une plate-forme grise, plus haut un plafond. Là, différence de couleur, il perçoit un relief, une grue de fer. Relief, prise, attache, c'est ce qu'il lui faut ! Sans réfléchir plus longtemps, il ramène devant lui son bras dans cette ultime direction, ce cap inespéré et projette son grappin. Le petit objet s'éjecte au son de la bobine de fer qui se délie. Vzzzzzzzzz. Tchak ! Tericarax sent brusquement sa chute s'arrêter, se terminant sur une violente secousse. La grue se déforme et se courbe sous son poids. Va-t-elle tenir bon ? L'acier s'échine, se ploie sous cette charge imprévue même du meilleur ingénieur. Quelques articulations cèdent, la grue se déforme, se déchire à certaines portions ; deux nouvelles secousses font descendre Tericarax d'un bon mètre plus bas, toujours suspendu à son fil de survie. Vacillant, notre cyborg tousse.
- Hnnrgh, fait-il, car cette position rend sa respiration particulièrement bruyante.
Au-dessus de lui, de gros néons blancs éclairent toute la pièce. Le plafond est constitué par des poutres métalliques courbées, sur lesquelles reposent d'épaisses tôles ondulées. Un entrepôt. Il baisse les yeux...Mais en-dessous nulle marchandise entreposée, nulle caisse stockée, nulle armoire où l'on aurait déposé des biens, non : à la place s'étend une gigantesque piscine où bouillonne un liquide verdâtre, fluorescent - comme radioactif. Des vapeurs funestes en remontent, des bulles épaisses éclatent parfois à sa surface. Le mélange toxique et vicié n'attend que Tericarax, impatient de goûter son corps froid et de le fondre, plasto-céramique comme duranium.
Maintenant pleinement en possession de ses moyens, l'esprit de Tericarax s'apaise : l'impulsion mentale se tranquillise, le Kaleesh réfléchit à nouveau à son rythme habituel. Les néons grésillent au-dessus de lui. La grue agonisante gémit son malheur. Les bulles éclatent dans des tonalités graves et visqueuses, liquides et malfaisantes, la voix affamée de cette piscine obscène qui réclame son sacrifice. Malheureusement, la chèvre qu'on a choisi ce soir de lui livrer mesure deux mètres, pèse cent soixante quinze kilos, est composée à 86.3% de métal, plastique et autres alliages artificiels, et s'appelle Tericarax. Il s'agit probablement de la cuve d'où proviennent tous les produits nécessaires au traitement des eaux : là nagent des agents extrêmement agressifs, probablement une soude assez puissante pour ronger la plupart de ses composants électroniques, des anti-microbiens et peut-être même certains mélanges enzymatiques pour plus facilement détruire les excréments. Une mare corrosive qui, s'il était tombé dedans, aurait sans doute rongé une bonne partie de ses systèmes électroniques. Coup de chance que la grue ait supporté son poids. Non, ce n'est pas tout à fait de la chance ; juste un risque qu'il était prêt à prendre, car la probabilité d'un succès aussi infime soit-elle était préférable à celle d'un échec définitif et d'une indiscutable chute dans cette mare bouillonnante. Il active son grappin, qui commence à le remonter – lentement pour ne pas forcer la grue et la faire définitivement céder.
Faisons la part des choses. Au début de sa rencontre avec le Sith, Tericarax avait senti revenir en lui des effluves courroucées et sanglantes ; il ne ressent plus rien, à nouveau son esprit bat à des pulsations glaciales et méthodiques. Quelle que soit l'origine du phénomène, il semble que celui-ci ne soit que passager ; comme un fil électronique génère un champ magnétique quand on y fait courir du courant, il se peut que son esprit se mette à ressentir, par un phénomène d'induction, sous certaines circonstances. Seulement, quoi ? Est-ce donc la Force qui aurait produit ça ? Non, ce n'est pas correct ; il n'a rencontré aucun sensitif lorsqu'il s'est impatienté quelques jours plus tôt et a violemment giflé un Pau'an un peu trop sûr de lui. Une origine liée à la Force est à écarter. Mais alors, quoi ?
Revenu à une hauteur suffisante, ses griffes se posent enfin sur la plate-forme grillagée. Il tire d'un coup de poignet, pour déloger son grappin, qui revient en sifflant. Toutefois, le mouvement tord encore la grue ; avec un craquement, elle tombe sur le flanc, et chute. Tericarax ne lui prête plus attention, occupé à ses réflexions.
L'origine du phénomène n'a pas d'importance, c'est aussi simple que ça ; ou plutôt son importance est moindre face à d'autres problèmes plus urgents. Son grappin achève de reprendre sa place dans son poignet gauche, l'ex-séparatiste se met en marche. Il doit parcourir le chemin inverse au plus vite, mais il ne peut pourtant agir dans la hâte. Il enjambe une porte désarticulée, arrachée et jetée au sol - sans doute est-ce avec celle-ci qu'il a subi le choc initial qui l'a envoyé rouler – puis replonge dans l'obscurité. Ses yeux s'habituent peu à peu aux ténèbres, son esprit entame toutes les pistes simultanément. Son pas est rapide. S'il a été expulsé dans une direction, il est tout à fait raisonnable d'imaginer que la générale a été expulsée dans celle opposée. Si elle aussi a heurté un mur, aura-t-elle survécu ? Pas si elle a pris une accélération supérieure ou égale à celle de Tericarax ; ses organes internes ne sont pas dans une cuve pressurisée comme le sont les siens, la vitesse les aurait broyés. Le pas du Kaleesh s'accélère. Cette hypothèse est plausible, mais les Sith sont connus pour aimer à corrompre leurs ennemis, les Jedi. Or, le Bith avait incorrectement pris Lyzs pour une Jedi. L'hypothèse d'une mort brutale sous le coup du choc est peu probable. Mais peut-être a-t-elle été sonnée, et que le Sith profite de sa faiblesse pour la mettre hors d'état de nuire. N'avait-il pas manifesté de l'intérêt pour son sabre laser ? Il désire plus l'objet que celle qui le manie alors. Le pas est à présent une course. Tericarax avance dans l'entrepôt, guidé seulement par ses propres pas. Les machines continuent autour de lui leur incessant bourdonnement. Pssshh fait un engin avant de lâcher un nuage de vapeur devant lui – qu'il traverse sans s'en préoccuper. Il retrace le chemin inverse, pour revenir à sa position de départ. Hypothèse suivante : il est envisageable que le Sith et la générale aient engagé un duel. Cela se fait sous hypothèse que la poussée de Force initiale imprimée à l'Yvanol ne l'ait pas sonnée, rendue inconsciente ou tuée, mais l'on a observé que pareil cas n'était pas très vraisemblable à la lumière de la psychologie Sith communément admise et observée. En cas de duel, qui l'emporterait des deux sensitifs ?
Question impossible à résoudre en l'état actuel des choses. Les observations sur les spécimens sont insuffisantes pour...Spécimens ? Est-ce que...Est-ce que tout ceci n'est à nouveau qu'une expérience ? Cet affrontement ici et maintenant entre une républicaine et un manipulateur du Côté Obscur ne relève de rien de plus qu'une simple...Tericarax tousse bruyamment.
- Après tout, n'est-ce pas par le hasard que se sont faites maintes découvertes ?
Si c'est une nouvelle observation, ne devrait-il pas rester en dehors de ce combat ? Intervenir reviendrait à influencer la manipulation, donc à fausser le résultat et toutes les conclusions qu'on peut en tirer. Mais ce n'est pas le résultat que Tericarax recherche. Côté Obscur et Côté Clair, il se moque de savoir lequel domine l'autre. Un outil n'est puissant que proportionnellement à la maîtrise de celui qui l'utilise, cette vérité est indiscutable. Peut-on discourir sur les puissances respectives d'un blaster et d'un sabre laser si l'on donne l'un à un expert tireur, l'autre à un enfant maladroit ? Non, on ne peut rien conclure, car il y a une variable cachée qu'on a pas pris la peine de contrôler. Et quand bien même, il n'a que faire des puissances respectives des deux dogmes. Lui n'a qu'une envie : comprendre le fonctionnement intrinsèque des choses, apprendre et découvrir les mécanismes et règles qui dictent l'existence de la Force. Est-ce que savoir que la générale a vaincu le Sith ou l'inverse va l'aider dans cet objectif ? Absolument pas. Ce n'est qu'un résultat stérile, vide d'intérêt comme de conclusions.
Une chose à la fois de toute évidence. La survie de la générale est prioritaire ; sa mort signerait le début d'un conflit sanglant à une échelle galactique. Bien que Tericarax n'ait aucune considération pour les vies en jeu, une guerre n'est aucunement souhaitable. Il a un killik qui réclame qu'on règle son compte, il a des expériences à poursuivre, encore bien des choses à accomplir ; une guerre ne serait ni plus ni moins qu'une contrainte supplémentaire, une difficulté ajoutée à tous les obstacles qui se dressent entre ses objectifs et lui. Il passe à côté d'une machine broyée. Le sol n'a pas supporté le choc, déformé, tordu, déchiré même. La silhouette de l'objet est familière ; c'est celle que le Sith avait tenté de faire tomber sur lui au début de l'affrontement. Il est de retour au point de départ. Il s'arrête un instant pour écouter. Le boucan des machines couvre tout, ainsi que sa respiration asthmatique...Il faut écouter. Malgré la contrainte de temps, notre cyborg est toujours parfaitement calme. Sons de turbines...Grondements des canalisations...Vibrations des moteurs...Cliquetis multiples...Cliquetis ? Il se concentre sur ces bruits. Ce n'est pas la vibration d'un moteur...C'est celle d'un sabre laser.
Le Kaleesh reprend sa course à l'aveugle. Il passe entre les lourdes machines, arrive finalement devant une...Porte ? Une porte ? Il écoute à nouveau. Derrière, il distingue les sons de sabre laser. Des voix lui parviennent, mais l'acier l'empêche d'entendre ce qui se dit. Stoppé par une porte ? C'est hors de question, c'est inacceptable. Il cherche autour de lui ; il doit bien y avoir un panneau de contrôle pour l'ouvrir. Avec le cœur magna toujours en sa possession, il peut sans doute créer un court circuit et ouvrir la porte. Là, le voici. Un petit rectangle, juste sur la gauche. Il s'en approche vivement...Des étincelles jaillissent de l'écran - éventré...Le Sith a tout massacré, huh? Alors la porte est retenue non pas par l'électronique mais par la Force...Toute action entraîne une réaction opposée. Assez de temps perdu. Il sent chaque seconde passer comme une éternité, la vie de Lyzs est sur la balance. Il écarte les bouts de verre massacrés...Hmm...Pas besoin du coeur magna en réalité. Les fils sont là, mis à nu, il ne suffit que de les reconnecter. Avec application, Tericarax attrape deux fils, les fait se toucher. Une led rouge s'allume devant la pièce. Mauvais choix, mais il s'en moque. Il prend deux nouveaux cheveux électriques et les connecte. La lumière passe à l'orange, au bleu, clignote. Sur la porte, des led se mettent à biper furieusement. Quelle séquence? Bleu, rouge, rouge, bleu, rouge, bleu. Il change de fils. Bleu, bleu, rouge, bleu, rouge, bleu. Il change la configuration des fils. Bleu, bleu, bleu, bleu, bleu, bleu. Toutes les led se figent sur cette teinte,puis passent au vert. Un lourd verrou mécanique bouge, et la grande mâchoire industrielle s'ouvre. Une lumière artificielle se déverse dans le couloir, aveuglant le scientifique. Nouveau coup de fouet dans l'esprit du scientifique, ses yeux ignorent la douleur. Il voit une ombre penchée au-dessus de Lyzs Yvanol, tenant un sabre blanc entre ses mains. Sans réfléchir, son bras attrape à sa ceinture son blaster sonique, vise puis tire.
- J'ai besoin de cette humaine vivante, dit-il en pressant plusieurs fois la gâchette.
Il est encore aveugle à cause du brusque changement de luminosité mais distingue bien les effets de son action : la forme est désarmée par le coup, mais s'écarte vivement. Dans les teintes changeantes, blanches, noires, grises (revoici enfin les couleurs de sa rétine Kaleesh) il ne voit qu'elle. Une soudaine force lui arrache son arme et l'envoie voler dans la pièce. L'image se précise, il distingue le Bith. Il tend les doigts vers lui. Hors de question de lui laisser le temps d'agir ! Les vérins surpuissants activent les jambes du cyborg, il s'élance d'un bond et décoche un fantastique uppercut au maître obscur, lui arrachant un gémissement de douleur et l'envoyant en arrière, contre un établi où les outils crient, dérangés par le fracas. Le Sith sourit, ricane.
- Ah ah, oh oh, tu es du genre énerv-
Il n'a pas le temps de finir sa phrase, un nouveau coup manque de lui écraser le crâne, déforme l'établi derrière lui. Tericarax décoche un coup de pied. Le Bith roule entre ses jambes, se remet en posture de combat, haletant. Le combat contre Lyzs l'a sans doute éprouvé. Pas de chance. Il tend la main, rattrape le sabre de la générale, mais les vibrolames de Tericarax viennent intercepter l'attaque en traître. S'il avait été capable d'éprouver la moindre patience, celle-ci serait à présent à son terme. Il n'a plus le temps d'étudier ce spécimen, il n'a pas le temps de vérifier sa façon de combattre pour trouver une stratégie contre lui, pas le temps, pas le temps, pas le temps. Ses vibrolames se déplient et sifflent, et tous ses gestes accompagnent ce constat. Chaque seconde compte, mais il faut aller plus vite que la seconde, frapper au-delà de la perception rétinienne, là où seuls les réflexes comptent, là où la fatigue devient la plus cruelle des maîtresses !
Gauche, droite, estoc, quarte, Tericarax ne réfléchit pas, les heures d'entraînement en compagnie de son magna dictent tous ses gestes. Il ne considère aucun mouvement défensif, tout son talent se porte sur l'offensive. Ce n'est pas une danse de lames, non : le géant d'acier déploie une tempête de coups, avance sans perdre une seconde sur le Sith trempé par la sueur et essoufflé par l'épuisement. Comment mettre en échec les Sith ? La réponse est simple.
Sa vibrolame manque de peu la nuque du Sith, qui évite sur le côté, tranche une baguette d'acier qui vient s'écraser au sol. Un nouveau coup découpe un tuyau, laissant une estafilade dans le mur. Pas question de lui laisser la moindre ouverture. Tericarax accélère, pousse son corps cybernétique au maximum de ses réflexes. Deux coups à la seconde, puis quatre, puis huit, neuf...Dix. Il attaque de tous les angles, coup de taille et d'estoc se succèdent et se superposent, des rotations de ses poignets accompagnent les gestes pour semer le plus de confusion possible. Vibrolames et regard froid contre sabre et regard courroucé. Comme un prédateur, l'ex séparatiste foudroie son ennemi d'une tempête de coups pour l'empêcher de répliquer.
Son ennemi fait un bond en arrière, et lance ses deux mains vers lui. Tericarax se sent brusquement propulsé à l'opposé. Il resserre ses griffes au sol, glisse, s'écrase contre un mur, tousse, atterrit au milieu des outils, une clef à mollette lui tombe sur l'épaule.
Le bith, après une révérence, s'élance vers la porte que le Kaleesh a déverrouillée pour lui. Il s'échappe, il compte s'échapper ? Sa fuite serait un immense problème, car il emporte le sabre de la générale avec lui. Et il n'a pas la permission du cyborg pour fuir. Celui-ci bondit sur ses jambes, attrape au sol l'épaisse baguette d'acier découpée dans l'échange avec son ennemi, et la projette comme une lance, puis envoie d'un second mouvement un petit objet circulaire vers le Bith. Coup de Poker, c'est sa dernière chance. L'autre se retourne, tranche la baguette dans sa course, et d'un deuxième arc lumineux tranche la sphère. Tericarax plonge devant Lyzs. La dernière vision qu'il a du maître obscur est un sourire satisfait et insolent. Échec et mat, mon petit maître du noir. Comment tenir les Sith en échec ? Par la force et la ruse, trivialement : il vient de trancher le cœur magna, une source d'énergie hautement instable et inflammable. Le liquide énergétique qui l'alimente s'embrase et soudain, un souffle terrifiant, et une déflagration qui balaie l'endroit, secoue le sol, fait vibrer les outils, chauffe l'air à blanc, accompagné du soudain cri de douleur de leur ennemi. Tericarax s'est penché sur la générale pour la protéger de son corps de fer et encaisser le souffle à sa place ; l'explosion est très localisée, insuffisante pour ravager toute la pièce, mais le souffle aurait pu la blesser ou même l'achever compte tenu de son état. Elle est salie, blessée, haletante. Le combat l'a autant éprouvée qu'il n'a éprouvé le Sith. Sans ça, jamais Tericarax n'aurait pu espérer lui faire face de front et le tenir en respect. Au final, c'est elle qui a mené véritablement la bataille, lui n'a fait que ramasser les morceaux...Elle a gagné son grade par sa compétence et son mérite, cela ne fait aucun doute.
- Générale ? Demande Tericarax d'un ton calme. Lyzs ? Relevez-vous. Nous ne devons plus tarder, le temps presse.
Il tend une main vers la jeune fille pour l'aider à se relever. Elle est mal en point, va-t-elle seulement tenir la course à travers les égouts ? Si le produit corrosif qu'il a vu dans la cuve coule dans les conduits, survivra-t-elle aux vapeurs toxiques ? Son organisme ne va-t-il pas faire un terrible choc dans un milieu aussi purulent et malsain ? La réflexion est coupée court par des sons : il les entend et les connaît presque par cœur. La marche des B1. Comment a-t-il pu négliger pareil aspect ? Quel imbécile. Tout le vacarme qu'ils ont produit, l'explosion...Tout ceci a naturellement alerté les patrouilles ! À l'heure qu'il est, ils savent que des gens se trouvent dans le bâtiment. Les issues seront bientôt bloquées, les autres relais de la station surveillés. Le plan s'écroule en morceaux...À cause de sa négligence. Il s'approche de la jeune, fouille dans sa cape, qu'elle porte sur ses épaules, en tire un petit objet : une clef.
- Écoutez moi bien générale. C'est la clef de mon vaisseau personnel, un chasseur belbullab. Coque mat, ailes rondes, vous ne pouvez pas le manquer. Les escouades droïdes seront bientôt sur nous. Il va être impossible de nous enfuir par la même route, j'en ai peur. Je vais constituer une – ultime – diversion pour que vous puissiez vous échapper. Je suis bien plus aisément repérable que vous. Je vais attirer les forces séparatistes. Vous, continuez à longer les ombres, suivez la route en gardant le gouffre à votre gauche. Lyzs ?
Tericarax s'assure de bien avoir son attention. Il parle aussi clairement que possible pour lui laisser le temps de tout assimiler – elle est très intelligente, mais il ne doit pas sous-estimer la fatigue.
- Vous vous échapperez avec mon propre vaisseau. Partez par la porte où nous sommes entrés. Je passerai par l'entrée principale. Si le killik a ordonné ma mort, mon profil étant bien connu des troupes séparatistes, je mobiliserai aisément leur attention. Ne vous inquiétez pas, je trouverai moi-même une façon de m'échapper ensuite.
Il tousse, puis porte ses deux iris dorés dans ceux d'un bleu marin de son interlocutrice, tendant sa main en ultime signe de confiance.
- Ceci marquera la fin de notre collaboration, générale Yvanol. Ce fut un plaisir de travailler avec vous.
Il rajuste sa tenue, digne d'un voyageur du désert. L'heure n'est hélas pas à la discussion; ils n'ont qu'une chance et une seule pour que Lyzs puisse, dans son état actuel, s'échapper. Le fantôme de Kalee est prêt à agir. Il a une guerre à empêcher; car qui voudrait voir pareil événement dans les manuels d'histoire, quand on peut y lire à la place de fantastiques découvertes scientifiques? -
Post n°24
Auteur : LyzsUne dernière inspiration. Puis, plus rien. Le vide, le néant. Une absence de pensées, d’existence. Trop épuisée, Lyzs n’a pas le courage de faire face à sa terreur. Les bras croisés sur son visage, elle s’est abandonnée à l’obscurité la plus totale. Sa perception du temps s’est altérée. Si bien que l’éternité pourrait tenir au creux de sa main sans qu’elle ne s’en rende compte. Quand, soudain, une explosion à faire se réveiller les morts la sort de sa léthargie. Un souffle divin secoue sa cape et ses sens, la fille retrouve conscience… Comme si elle ne l’avait jamais perdue.
Lyzs ouvre les yeux. Elle ne réalise pas vraiment ce qui est en train de se passer. Ses membres sont engourdis, ses nerfs sont secoués de douleurs électriques. Son esprit revient d’ailleurs, désorienté lui aussi. Tout son corps se crispe : avec peine, elle reprend le contrôle. Inconcevable… Elle respire. Au-dessus d’elle, le cyborg se relève et avance se main. Les yeux fatigués de Lyzs s’ouvrent un peu plus grand. Elle fixe les doigts squelettiques tendus vers elle, l’air étonnée, un peu perdue. Tericarax l’a sauvée ? Cette explosion a emporté le Sith avec elle ?
— Générale ? Demande Tericarax d'un ton calme. Lyzs ? Relevez-vous. Nous ne devons plus tarder, le temps presse.
La fille force pour cligner des yeux. Elle n’en revient pas d’être encore en vie. Timidement, fragile comme fleur fanée, elle attrape la main glaciale pour se laisser relever. Ses oreilles sifflent. Sa tête tourne et se redresse avec mollesse en suivant le mouvement imposé par son corps. Son prénom. Elle est sûre d’avoir été appelée par son prénom. Lyzs… Oui. La générale républicaine en avait presque oublié jusqu’à sa propre identité. Elle n’est pas qu’un outil, c’est aussi une personne. Une simple humaine qui doit rester en vie pour ne pas laisser trembler la galaxie. Les enjeux placés sur sa vie sont trop importants pour se laisser noyer par les mots d’un Sith. Si sa volonté était étouffée par un brouillard de doutes et de résignation, la lumière commence enfin à percer et à la libérer.
L’ex-lieutenant secoue le long vêtement de Lyzs. Perdue, elle ne comprend pas vraiment ce qu’il fait. Elle est bien loin, toujours en train de nager dans ses pensées pour revenir au monde qui l’entoure. Un monde qui tourne… Qui tourne… Stop ! Fuir. Survivre. Elle secoue la tête. Ses moyens lui reviennent enfin, à leur rythme. Le cyborg a fini de fouiller, il lui explique la situation. Tericarax cherchait en fait la clé de son vaisseau. Et, même si nombre de mots sont déformés par les sifflements et les vertiges, la générale comprend qu’il va falloir faire route à part. Le cyborg explique qu’il trouvera un moyen de s’en sortir, mais cela ne plaît pas à Lyzs. Son visage et son silence expriment son malaise. Ce genre de discours n’annonce généralement rien de bon… Elle prend tout de même la clé, il n’y a sûrement pas d’autre solution. Convaincue qu’il en est largement digne, elle décide de faire confiance à son partenaire. Mais, ce n’est pas sans regrets.
— Ceci marquera la fin de notre collaboration, générale Yvanol. Ce fut un plaisir de travailler avec vous.
Devant cette main tendue, devant ces faits, Lyzs a envie de protester. Elle voudrait trouver un autre moyen, plus sûr. Quelque chose qui lui permettrait de savoir que tous les deux s’en sont sorti indemne. Mais, elle se tait. Elle n’a pas la volonté de tenir tête à Tericarax. Pas après tout ça. D’un revers, elle essuie le sang séché berçant son regard. Enfin, elle serre la main du kaleesh. C’est une poignée ferme, aussi sincère que douloureuse. Les yeux saphir de la générale sont plongés dans les iris dorés du cyborg. Elle le remercie, en silence, de sa deuxième main qui vient recouvrir cet ultime salut. Même si l'ex-séparatiste ne peut pas en sentir la chaleur, Lyzs n’a pas le courage de s’exprimer autrement. Elle a l’impression d’abandonner celui qui vient à peine de la sauver. Sa gorge est serrée. Gravement, respectueusement, elle fait un dernier signe de la tête avant de tourner le dos au grand cyborg et de remonter la cape sur sa tête.
Cachée sous le vêtement séparatiste, Lyzs traverse la zone calcinée par l’explosion. Elle se tient droit, elle est déterminée. Il ne faut pas que ce plan-ci échoue. Il ne faut pas décevoir la république, ni Tericarax. Elle doit rentrer chez elle et empêcher la CSI de faire pression grâce aux mensonges de Sharkaran. Ces premiers pas lui servent à souffler sur les braises de sa volonté. La fille tend son bras dans le vide. Y vole son sabre, ou du moins ce qu’il en reste. Elle n’accorde même pas un regard à l’arme détruite. Elle la secoue pour que les parties brisées -qui tenaient les unes aux autres grâce à des fils brûlés- se détachent de la chambre du cristal. Un bref coup d’œil. La pierre est toujours là. Elle fourre l’objet dans l’une de ses poches avant d’emprunter la porte qui s’ouvre sans bruit. La voilà dehors. Maintenant, il ne faut pas se faire repérer…
Comme une ombre, elle glisse le long du mur. Le gouffre à sa gauche… Elle vérifie qu’elle est sur la bonne direction. Elle se tient le bras : la douleur ne veut pas partir. Tous ses nerfs sont endoloris. Se déplacer est une véritable épreuve. Montrer qu’elle a encore des ressources devant Tericarax était une chose, mais se prouver à elle-même qu’elle peut continuer dans cet état en est une autre. Mais, elle n’a pas le choix. Après un arrêt, elle se donne un coup de fouet pour reprendre sa route à bon rythme. Les unités séparatistes approchent, le temps est précieux. En fait, les droïdes sont même sont déjà là, tout autour du complexe. Ceux-ci ne sont pas nombreux, pour l’instant, mais il ne fait aucun doute que les renforts ne vont pas tarder à arriver. Il lui faut donc prendre de la distance. Et, vite. Car, si elle se fait repérer, tout est fini.
Sans bruit, elle quitte son mur pour passer derrière un petit bâtiment. Elle échappe à la vue d’une patrouille qui passe là. Ensuite, elle se sert de la lumière des étoiles pour se guider à travers toute la machinerie qui relie les immenses cuves au bâtiment principal. Il y a des droïdes de tous les côtés. La discrétion est de mise et le chemin est étroit. De là où elle est, elle peut atteindre et longer les conduits qui la mèneront jusqu’au dernier bassin qu’elle devra contourner pour arriver à la sortie de la station… Et après ? Il lui reste toujours cette immense place à traverser. Tout ce chemin à découvert... C'est de la folie !
D’un coup, elle entend le pas de la patrouille qui vient de passer qui s’accélère. Puis, des tirs ! Cachée jusque-là, elle prend le risque de sortir son museau de sa cachette pour voir que tous les droïdes semblent se rassembler au même endroit. C’est donc pour ça, que Tericarax est resté ? Logique… Digne de lui. Elle sent le besoin d’y retourner, d’aller le sortir de là. Mais, ce serait stupide ! Il ne faut pas gâcher cette chance. Il fait tout ça pour elle, après tout ! La fille souffle pour se donner du courage et se lance pour rejoindre le fameux conduit. Elle le longe en prenant soin de ne pas dépasser de celui-ci. Enfin, elle arrive à la cuve. Elle peut se redresser et continuer son chemin. Elle lute pour ignorer les bruits de tirs. Puis, une explosion attire son attention. Que fera-t-elle si elle tente d’aider Tericarax ? Elle n’a plus son sabre et l’ennemi est en bien trop grand nombre. Elle se crispe, jure et se maudit. Elle continue sur sa lancée, il est trop tard. Chaque pas qu’elle fait est une prise de risque. Et si un B1 était resté là ? Si un pas de trop la faisait tomber nez à nez avec lui ? Dans d’autres circonstances, elle serait prise d’angoisse et ralentirait. Mais, pas maintenant. Elle accélère et arrive au bout. Là… rien, personne. La voix est libre ! Elle file alors à toute allure et traverse ce vide qui la sépare des rues Utapaun. Soulagée, la générale touche le premier mur qui se trouve là, comme pour se montrer a elle-même qu’elle a pu s’en sortir. Elle reprend son souffle en marchant, puis reprend un rythme plus rapide. D’un coup, un flash illumine le ciel. Il est suivit d’une puissante détonation et d’un souffle brûlant. Tout vient de la station. Lyzs s’arrête et se retourne un instant, mais elle ne lute plus. Elle ravale son empathie et reprend sa fuite pour s’en sortir, comme convenu.
Après plusieurs minutes de marche rapide, notre républicaine aperçoit enfin le hangar. En traversant les petites ruelles, elle a pu entendre que les rues censées être désertes étaient empruntées par de nombreuses unités séparatistes. Ce mouvement est à la fois inquiétant et rassurant : la situation à la station ne doit toujours pas être désamorcée. Tericarax est sûrement encore en vie et son chemin jusqu’au vaisseau est libéré. Cet endroit devrait être gardé, en effet, mais il n’y a pas âme qui vive et c’est tant mieux. Lyzs quitte les petites rues avec précaution. Elle s’assure à nouveau que personne n’est là pour la repérer et emprunte quelques larges marches pour s’allonger le long de ces dernières. Elle ne laisse dépasser que sa tête pour balayer l’endroit du regard. Elle a atteint l’immense structure logée dans la roche. Le hangar est une large brèche qui enserre à elle seule toute une partie du puits naturel. Comment trouver un chasseur en particulier dans un endroit si vaste ?
A l’intérieur, quelques lumières sont allumées. Il y a du mouvement, mais tout est plutôt calme. Et, à première vue, rien ne correspond à la description du chasseur de Tericarax. Elle ne devrait pas le manquer, disait-il... Le vaisseau devrait donc être mis en évidence quelque part. Ses yeux quittent donc l’intérieur pour regarder autour d’elle. C’est là, quelque chose attire son attention : les plateformes d’atterrissage. Peut-être que l’engin s’y trouve ! Elle force sur sa vue pour regarder dans l’obscurité. De grands disques d’acier surplombent le vide. Sur l’un d’entre eux se trouve un étrange chasseur. A la manière des podracers, un cockpit est attaché à deux sortes de moteurs… Des ailes rondes, c’est bien ça ! Lyzs ne perd pas une seconde de plus et fonce vers la machine sans se soucier du bruit. Elle a bien vu qu’il n’y avait plus personne pour monter la garde, ici. Et ce ne sont pas les machines du hangar qui vont s’en prendre à elle.
La républicaine arrive enfin devant la plateforme où s’activent deux magnagardes. Il y avait donc encore de quoi lui poser soucis, ici ? Pourquoi attendre qu’elle s’approche tant du chasseur ? La générale jette un œil au vide. Un combat rapproché à quelques mètres du bord, peut-être ? Ou bien ce sont simplement des IG-100 qui n’ont pas reçu l’ordre –apparemment- général ? Les deux machines s’avancent dangereusement en activant leurs bâtons électriques. Lyzs ralentit sa progression et penche la tête en avant. Elle se demande si c’est un complot. Peut-être que quelque chose, ou que quelqu’un, essaie de lui mettre des bâtons dans les roues. Encore et encore, il y a toujours quelque chose qui ne va pas. Peut-être même est-ce la Force qui se joue d’elle ? Enfin… Quoi qu’il en soit, sous sa cape ramenée en capuche, elle n’affiche pas son habituelle appréhension. Elle est plutôt lasse, voire agacée, de voir qu’on essaie encore de l’empêcher d’agir. Pas de temps à perdre avec ces incapables… Elle tend sa main tremblante vers les machines qui s’élancent vers elles. Puis, sans même s’arrêter, d’un seul geste, elle les balaie dans le vide comme de vulgaires déchets. Les sons des bâtons électriques s’éteignent dans la chute des gêneurs alors que Lyzs ne leur accorde pas la moindre importance.
Arrivée au cockpit qui s’ouvre. Elle saute dans le chasseur et loge la clé rectangulaire dans son compartiment. De petits écrans, un holoviseur, divers boutons et d’autres instruments s’illuminent ensemble. Les réglages basiques s’opèrent. Le siège s’avance pour qu’elle puisse atteindre le manche. Elle fait craquer sa nuque et ses épaules pour faire glisser la cape sur sa chevelure. Elle observe le tableau de bord et saisit les commandes. Tout est assez similaire à ce qu’elle connaît déjà. Bien. Pour l’instant, les paramètres standards feront l’affaire. Quelques boutons sont pressés. Les moteurs se mettent en marche et font voler la poussière qui s’est accumulée là à cause des vents sévissant en surface. Le puissant ronronnement surprend la générale qui s’était habituée aux sons artificiels des simulateurs. Cette fois, les sensations sont bien réelles. Sans hésiter cependant, elle met les gaz. L’engin s’élève alors pour suivre les mouvements donnés au manche avec précision. Derrière elle, dans le hangar, on s’agite pour comprendre ce qu’il vient de se passer. Mais, le chasseur a déjà filé.
La générale prend un moment pour regarder les étoiles encerclées par la roche. Elle pourrait filer, rentrer chez elle et suivre le plan, mais non. D’abord, il faut prêter main forte à Tericarax. Elle est maintenant aux commandes du chasseur. C’est un outil puissant. Peut-être qu’elle peut en faire quelque chose ? Ne pas prendre plus de risques et s’enfuir, c’est le programme. Mais, Lyzs n’est pas prête à regretter de ne pas avoir tout tenté. Alors, elle s’oriente vers la station de traitement des eaux. L’engin l’y conduit en un rien de temps. Les deux moteurs dévorent les mètres avec une facilité déconcertante. La générale, sanglée et clouée à son siège, peut vite apercevoir le complexe.
Des flammes, des tirs de blaster et une épaisse fumée noire. Ce sont les premières choses qui frappent Lyzs alors qu’elle incline le vaisseau pour mieux voir. Quelque chose a éventré le bâtiment principal. En est pour preuve le feu qui se fait attaquer par de maladroits jets d’eau s’échappant des canalisations brisées. Un véritable raz-de-marée de métaux s’abat sur l’endroit : des centaines de droïdes sont en train de converger vers une zone assaillie de mille tirs. La républicaine ne perd pas de temps. Ils sont certainement en train d’essayer d’abattre Tericarax. Il faut donc agir vite. Son appareil se redresse avant de plonger vers la zone. Mais, très vite, ses instruments virent au rouge : le chasseur est verrouillé par un missile. L’objet est vite repéré car il arrive de face. Par réflexe et par précaution, Lyzs vérifie que le bouclier est bien actif. Tout est en marche, mais il est hors de question de se laisser toucher pour autant. Quelques mètres avant l’impact, l’engin vrille et évite le projectile de peu. Les instruments se calment et l’alerte se tait.
Alors que le missile va s’écraser contre la pierre, loin derrière, la jeune pilote se concentre sur son objectif. Il lui faut trouver un moyen de causer le plus de dégâts au sol avec seulement trois canons. Elle se rapproche de la station à toute vitesse. Et, comme elle pouvait le prévoir, son viseur vire à nouveau au rouge. De nouveaux missiles sont tirés. Quatre… cinq, puis six missiles sont lancés ! Mais, la générale ne peut pas changer sa trajectoire avant d’avoir porté son premier coup. Pour ne rien arranger, une partie des droïdes semble avoir reçu un nouvel ordre : les tirs commencent à partir vers le ciel et dépassent les missiles. Heureusement, l’engin est trop loin pour eux. Il échappe à la plupart des feux et les quelques chocs qui se perdent sur son bouclier n’ont plus assez de puissance pour le faire céder. Cependant, ils masquent la visibilité en s'ajoutant à la fumée qui forme un nuage de plus en plus épais. Presque en s’en remettant entièrement à la Force, Lyzs fronce les sourcils pour trouver l’objectif à temps. Ca y est ! La cible est alignée, la républicaine presse la gâchette à son tour. Trois tirs filent à toute allure vers le sol. Trois tirs qui ne seraient peut-être jamais parti si la garde avait pris en compte les conséquences, mais la vitesse, l’urgence et l’alarme de verrouillage qui retentit ont un effet des plus désinhibant.
A peine le geste effectué, Lyzs change de trajectoire pour perturber les missiles. Tandis qu’elle se lance dans des manœuvres d’évasion, ses lasers percutent le métal. En bas éclate la paroi d’un bassin que contournait le gros des troupes séparatistes. Finissant de céder sous le poids de l’eau, le grand réservoir déverse brusquement tout son contenu sur les droïdes qui se trouvent là. Ce sont des dizaines et des dizaines de pantins armées qui sont emportés vers le vide alors que le son des missiles ayant manqué leur cible raisonne dans le puits naturel. La républicaine s'en est sorti, mais la concentration que requiert le pilote met ses nerfs à bout d'épreuve. Haletante, la générale effectue un virage pour amorcer son second passage. En plus du combat contre l’infanterie, elle se bat contre elle-même. L’adrénaline éclipse sa douleur, mais ses bras tremblent de fatigue et ses yeux sont brûlants. Elle secoue la tête, comme pour chasser sa propre faiblesse, avant d’essuyer la sueur de son front. Elle accélère ensuite pour rejoindre à nouveau la station. Mais, impossible de voir le résultat de son attaque ou de trouver l’ex-lieutenant. Le nuage de fumée commence à surplomber tout l’endroit et la lumière des flammes n’est pas assez puissante pour aider à voir au travers. Il va lui falloir plonger dans la purée de pois pour repérer Tericarax et tenter de l'aider…Spoiler : HRP
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Post n°25
Auteur : TericaraxLyzs saisit la main de Tericarax, et recouvre la poignée franche de son autre main. Les yeux du cyborg s'agrandissent devant l'action. Que fait-elle ? Il réalise subitement. C'est vrai...C'est une coutume humaine, serrer ainsi la main de ceux qu'ils nomment « ami ». Bien qu'incapable d'empathie, il comprend néanmoins pleinement le message que veut lui faire passer sa...Camarade – est-ce le terme approprié ? Des remerciements, huh ? Mais il n'y a pas à le remercier, il ne l'a sauvée de rien. Tous deux sont des militaires, voués au trépas...Elle-même en a sans doute conscience...Pareille fin est inéluctablement réservée à tous les combattants – à eux plus qu'à tous les autres, piégés dans une cité infestée de droïdes hostiles qui ne demandent qu'à les tailler en pièces. Tericarax patiente, laissant tout le temps qu'il faut à la jeune femme. Finalement, elle relâche son étreinte, dans l'état piteux où elle se trouve. Le combat ne l'a pas laissée en pleine forme, loin de là. Est-elle seulement capable de marcher jusqu'aux quais où est stationné son vaisseau ?...Ses muscles pourraient lui faire défaut en route, elle pourrait défaillir et tomber sur le pavé, pour y être récupérée par une patrouille chanceuse...Mais sa volonté n'est pas brisée, le cyborg le sait. Tant que la détermination brûle dans son esprit, tant que ses glandes surrénales produisent toujours de l'adrénaline, elle aura la force d'avancer. Ainsi fonctionnent les êtres organiques : cette hormone est le plus puissant des moteurs lorsqu'un danger se présente, un fantastique neurotransmetteur qui génère parfois des réponses physiologiques surprenantes.
Enfin, elle sort de la pièce, accompagnée par le regard de Tericarax. Il suit la frêle silhouette dissimulée sous l'épaisse cape noire, la regarde s'enfoncer dans les ténèbres puis disparaître dans la noirceur du complexe industriel, passant finalement hors de sa vue. Le Kaleesh, bien qu'inerte émotionnellement, reste néanmoins totalement silencieux pendant de longues secondes, immobile sous les néons grésillants. Face à lui, le cadavre du Sith achève de se consumer. Sa peau est rongée par des veinules incandescentes, carbonisée et noircie par le souffle qui l'a terrassé, son visage est méconnaissable, tordu, déformé, écrasé par l'explosion.
Oui...C'est une coutume humaine de serrer la main de ceux qu'on appelle ami. Il observe son organe griffu, squelettique, fait jouer ses doigts et métacarpes osseux, constate les mouvements artificiels de cette prothèse cybernétique...Décidément il n'a plus rien de vivant. Quel étrange hasard d'avoir, au milieu de tout ce chaos, trouvé une humaine qui spontanément le considère non pas comme un lieutenant, non pas comme un supérieur, non pas comme une interface avec les séparatistes, mais comme un égal et un camarade...
Ses yeux passent dans l'obscurité où elle se tenait quelques instants auparavant. La mort est le destin de tous les combattants...Mais le futur n'est pas écrit. Il fait un pas en avant. Oui, n'a-t-il pas tant de fois trompé la mort ? L'avenir n'est pas une finalité indiscutable, inscrit par une quelconque puissance cosmique dans les étoiles, connu seul de l'univers jusqu'à sa réalisation. Non, pareille chose serait illogique, car toutes les actions indépendantes de toutes les créatures de cette galaxie et des autres seraient alors corrélées dans un plus grand dessein : illogique. Non, le futur n'est que la conséquence de ses propres choix. Et la situation est très claire aux yeux du Kaleesh : Aussi longtemps qu'il se tient debout, le combat ne fait que commencer. Sharkaran les veut morts...Alors Tericarax va lui faire vivre un véritable enfer. Attend donc, killik. Il époussette une fois de plus son habit alors qu'il plonge à son tour dans l'obscurité, enjambant le corps de son défunt adversaire. Attend donc ô consul, car un fantôme de Kalee désire une entrevue en tête à tête.
Il traverse en chemin inverse les installations, guidé seulement par les ombres. Il entend les droïdes qui commencent à s'amasser, attirés par le boucan des affrontements mais leur pas est encore éloigné. L'objectif est simple : il doit gagner du temps pour Lyzs, lui offrir une fenêtre d'opportunité pour qu'elle puisse s'échapper. C'est la seule consigne claire à l'heure actuelle. Mais qu'en est-il de sa propre fuite ? Il n'a pas l'intention de se laisser tuer pour une finalité soi disant « plus grande ». Tericarax n'est pas un héros de ceux dont on entend parler dans les livres pour enfants. C'est une créature sinistre et monstrueuse, une aberration technobiologique guidée par sa soif de connaissances et par sa logique. La première n'est toujours pas étanchée, aussi la seconde dicte-t-elle la survie. Mais il n'a pas encore tous les éléments suffisants à ce sujet. Pour pouvoir formuler un nouveau plan, il lui faut des informations qui se trouvent à l'extérieur. Sans cela, concrétiser tout projet de fuite est purement impossible. Mais une chose à la fois. D'abord, il faut faire diversion. Il dépasse de grandes formes, des cylindres qui s'élèvent en de sombres tours spectrales autour de lui, passe à côté d'un gros panneau de contrôle – mais tous les voyants sont éteints ; ses serres claquent contre un sol métallique, grillagé. Enfin, il s'arrête devant une massive porte industrielle. Il pose sa griffe contre l'épais acier qui bloque sa progression. Large de quelques cinq mètres pour trois de haut, c'est un mastodonte de fer, une mâchoire artificielle qui éclaire Tericarax sur sa position : il est à l'entrée principale.
Il tourne autour de la porte quelques secondes avant de trouver le panneau de contrôle. Il l'effleure d'un contact, l'active. Un petit écran se déroule du mur, s'illumine de bleu et commence à projeter les options possibles devant les doigts du personnage, en langue Utapaun. Manque de chance. Tericarax ne connaît absolument pas cette langue. Il y a un total de trois gros boutons sur lesquels il peut appuyer... Il observe les caractères inconnus, tente d'en percer les secrets, de chercher des similitudes avec les dialectes qu'il parle lui-même. Rien à faire. Il n'arrive pas à deviner la logique derrière les lettres, qui s'enchaînent en cercles et en vagues. Il lui faudrait pour ça un exemple de traduction, à partir de là, la question deviendrait triviale par déduction...Mais il n'a pas le temps pour pareille chose. Une chance sur trois de trouver la bonne option. Quels autres paramètres pourraient bien se déclencher ? Probablement allumage ou extinction des lumières. Et puis ? Peut-être une alarme, destinée à la base aux employés, pour signaler le début comme la fin de la journée de travail ? Hm, de toute évidence il ne peut pas hésiter. Dans le pire des cas il testera tous les boutons et voilà. Sa griffe tombe sur celui au milieu, dépourvue de doute comme d'appréhension. Un petit « bip » aigu, puis de longues secondes silencieuses. Tericarax patiente, au sol son de sa respiration asthmatique. Rien ne se passe. Peut-être que ceux qui ont programmé cette interface ont mis des options supplémentaires, inutiles ? Il reste encore à patienter, dans le doute, mais rien ne vient hormis l'immobilisme de la nuit et le son régulier des machines industrielles. Tss, qui aurait pensé que les ingénieurs Pau'an pouvaient être si stupides ?
Il reporte son attention sur le panneau de contrôle. Donc l'option du milieu n'était pas la bonne visiblement...« Chlak » font des mécanismes sur sa droite. Tericarax relève les yeux, se tourne vers la source du bruit. À cet instant plusieurs gros verrous commencent à se débloquer. La porte se met à biper, de puissants vérins s'actionnent, projetant une épaisse vapeur autour des battants. Seul, Tericarax fait plusieurs pas pour se mettre de face, bien centré vers la sortie principale, alors que l'ouverture se poursuit. Il n'y avait donc qu'un long délai à l'ouverture de l'entrée industrielle, huh ?
Il existe une légende sur Kalee, un proverbe. Nsaath Vor Dontrhak, littéralement « Le champion marche avec les fantômes ». Le peuple Kaleesh, hautement spirituel, voue un culte sans fin à la guerre et au combat. Les anciens et plus grands guerriers entrent dans la légende, et parfois deviennent des divinités adorées, une part intégrante et capitale du panthéon Kaleesh ; des fantômes qui lient une génération à l'autre. Il est dit que les combattants marchant seuls souffrent, séparés de leurs camarades : ils ont oublié ce que leurs ancêtres ont accompli pour eux, et progressent hors du chemin tracé par les spectres.
La porte achève de s'ouvrir, dévoilant une volée de cinq marches larges puis une allée bordée de bassins fluorescents, qui jettent un éclairage pâle sur le chemin. On devine sur les côtés les grandes ombres des installations extérieures de la station. Juste au bord des marches, à quelques cinq mètres se tient un groupe de B1. Alors ils sont déjà là, huh. Pas de temps à gaspiller, il a une humaine qui ne demande qu'à s'échapper. Tericarax bondit en avant, ses deux vibrolames se déplient ; d'un saut il arrive en bas des marches, tombant sur les premiers automates comme la foudre. Ses ennemis se parent sous l'éclairage artificiel et faiblard des lacs de teintes blanches et éthérées, lui est une grande forme noire. Le guerrier contre les fantômes...Non, compte tenu de son apparence il incarnerait plutôt le Trépas. Ses deux armes fauchent le métal, les têtes tombent avant que les blasters ne puissent cracher leur feu mortel. Un des droïdes tente de viser sa direction, il finit sectionné en deux dans le sens du torse, s'effondre au sol. Les serres de Tericarax écrasent son crâne de fer alors que ses autres camarades s'effondrent un à un, leurs algorithmes ne leur permettent pas de suivre la cadence foudroyante imposée par le cyborg.
Il doit fournir une diversion suffisante pour la générale, et pour cela il doit attirer l’œil des troupes. Le tumulte commence déjà à faire accourir d'autres patrouilles. Un droïde qui s'était approché trop près finit la gorge éclatée par un vigoureux coup de poing, projetant un jet d'huile, sanglant dans l'obscurité. Les étincelles de ses camarades enflamment le liquide, le transforme en un soudain jet enflammé qui vient crépiter au sol et se déverse en une nappe brûlante et suffocante aux pieds du Kaleesh. Il plaque ses yeux reptiliens sur les ruelles environnantes. Les lointains et éparses lampadaires dévoilent sous leur lumière tremblante l'arrivée de troupes fraîches. L'esprit de Tericarax s'actionne. Il doit certes attirer l'attention, mais il doit également survivre. Il ne doit pas se laisser cerner, les B1 ont déjà repéré sa position et ils ne sont pas les seules troupes stationnées sur Utapau. Il ne doit pas se laisser prendre au piège. Sur ce constat, il fait volte-face et vire sur la droite. L'allée principale ne le mène que vers sa perte, il doit longer le bâtiment, attirer les gardes stationnés là pour dégager la voie à sa camarade d'infortune, puis revenir sur ses pas afin de faire tourner en bourrique les patrouilles.
Au milieu de la nuit noire, il passe et s'écarte de la place principale, longeant un chemin large de deux mètres le long des bassins lumineux, terreux. Sur sa droite, les murs impénétrables du complexe, sur sa droite ces étranges bassins. La nuit lui donne un avantage : les B1 ne possèdent pas une vision nocturne performante, et il est loin d'être visible. Il a toutes les chances de s'échapper s'il se déplace correctement. Les ténèbres seront de précieuses alliées pour les minutes à venir. Mais avant tout, il ne doit pas tomber tête baissée dans un guet-apens car - un sifflement le sort de sa piste de réflexion. Il n'a que le temps de remarquer le son, quand il est violemment projeté au sol. Ses oreilles sifflent, blessées par un son trop élevé et trop proche. Ses yeux sont aveuglés, tout le monde devient un instant blanc. Fiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii font ses oreilles. L'esprit du personnage cherche les origines possibles, toutes mènent vers la même conclusion ; une explosion. Le sifflement était un tir de roquette qui l'a manqué de peu. Tericarax secoue la tête, se force à se relever alors que les douleurs commencent à s'estomper. Derrière lui, le mur a volé en éclats, projetant des tonnes de gravats sur la route, coupant sa retraite. Hélas, il n'a pas le temps de réfléchir plus : alors qu'il se remet sur pied, il entend le soudain crépitement de bâtons électriques. Bondissant par dessus le tas de débris encore fumant, plusieurs gardes magna se jettent sur lui. Il distingue dans le noir trois disques rouges, leurs yeux et leur capteur de buste, et la pourpre foudre de leur arme éclaire leurs formes émaciées, complétant à merveille cette scène sinistre. C'est un tableau où les anges de la mort s'affrontent, l'un, plus massif et sombre, isolé, contre les autres forces du Décès qui tentent de le jeter à bas. Des lasers commencent à frapper les murs autour d'eux, des traînées luminescentes qui s'écrasent sur les pierres avec fracas, explosent au contact physique. Tericarax pare les assauts électriques qui se déchaînent devant lui, car les IG-100 ne lui donnent aucun répit. Les arcs pourpres se succèdent sur tous les axes, épuisent ses rétines, mais ses bras suivent sans y penser, interceptent les trajectoires, dévient les coups alors que ses jambes reculent à pas maîtrisés en arrière. Des traits verts viennent s'écraser dans le décor, le manquant car il se maintient en mouvement : il est sur la défensive, recule devant l'assaut de ces nouvelles unités. Les disques de lumière viennent se heurter à ses lames mat, éclairent ses iris reptiliens, mais son corps reste dissimulé sous ses habits, il demeure une ombre dans la nuit, aux contours inconnus et incertains.
Il repousse en arrière l'arme d'un de ses assaillants. Un bond en arrière. Une grêle de traits lumineux éclate au sol et sur les murs – maintenant à sa gauche - où il se tenait quelques secondes auparavant. Les IG-100 se moquant du déluge avancent, reprennent leur abordage. Tericarax pare l'un d'eux puis le dévie vers son camarade ; ils ne peuvent avancer de front que par deux. La stratégie la plus logique est de les gêner mutuellement, pour leur faire perdre du temps. Ils passent sous un échafaud grillagé, silencieux devant cette scène que nul témoin ne contera jamais. Qui soupçonnerait qu'à cet instant, dans la nuit, quelque part sur la Bordure Extérieure se joue pareille pièce ? Personne. Seules les étoiles muettes et la nuit sans fin se souviendront de cet acte ; et ce public n'applaudira pas à la tombée de rideaux. Un estoc adverse, Tericarax dévie. Le bâton échappe aux mains robotiques de l'assaillant, virevolte en l'air et retombe entre les doigts du cyborg, éteint. À ce rythme, il ne tiendra pas longtemps. La présence des gardes fait que les B1 n'osent pas rapprocher leurs tirs : c'est une couverture faite pour permettre aux IG-100 de se rapprocher et de l'abattre, de former un étau en quelque sorte. D'autres parts, ils n'arrivent sans doute pas à déterminer précisément où se trouve leur cible, et visent plus aveuglément que posément. Toutefois, s'ils venaient à changer de stratégie pour l'abattre à tout prix...Et puis il ne peut pas s'échapper sous pareille condition. Une idée germe brusquement dans son esprit alors qu'il désarme et décapite le second magna. Ses frères vont bientôt s'avancer pour prendre sa place dans l'offensive sans d...
Un brusque poids s'abat sur ses épaules. Illogique. Qu'est-ce qui pourrait bien...
Second choc, il pose un genoux à terre sous l'effort. Incompréhensible. La prochaine vague de gardes se tient docile et immobile devant lui. Ils...Attendent ? Ce poids était donc prévisible...Du coin de l’œil, il aperçoit sur ses épaules des jambes de fer. Aah, c'est donc ça. Des droïdes lui ont sauté dessus. Ils devaient se tenir sur la grue. Il n'a pas le temps de se relever, d'autres automates – des B1 modifiés pour gagner en agilité, communément nommés « commando B1 » - s'entassent sur lui, un peu à l'image des abeilles sur un frelon. Il sent toutes les masses sur ses bras, ses jambes, bientôt les robots l'entourent à tel point qu'il ne voit plus que les torses et les membres de fer autour de lui. Ils l'enserrent, empêchent ses vibrolames de bouger...Ils veulent sans doute l'immobiliser en attendant de trouver un point où le frapper mortellement. Tericarax est enseveli sous l'acier. Il est tombé dans le piège séparatiste tête baissée.
Il est une croyance Kaleesh. Les guerriers souffrent, séparés du reste de leurs camarades, esseulés. Car combien sont revenus, alors que les membres de leurs clans étaient décimés et tombaient au combat ? Bien peu, et tous périssent ensuite du désespoir. Enterré sous l'essaim robotique, Tericarax a du mal à respirer. Sa toux revient hanter ses poumons, son œsophage se déchire. Les guerriers abandonnés souffrent et trépassent...Mais nul n'est vraiment seul. Chaque personne est guidée par des traditions, des valeurs. Il ne mène pas cette bataille pour lui seul. Il marche au milieu des fantômes de son futur, ses plans à venir et ceux qu'il n'a pas encore abouti. De misérables automates ne sauraient le retenir. Ainsi est la logique. Reculez, pantins de fer, il est temps de briser vos chaînes. Ses deux bras se font brusquement quatre. Les deux nouvelles mains attrapent les droïdes les plus proches, écrasent leurs circuits, leur arrachent la vie comme eux tentaient de voler la sienne. Tericarax repousse ses assaillants en arrière de toute la force dont il dispose. Plusieurs de ses ennemis sont expulsés par le choc alors que le monstrueux Kaleesh se relève, écrase sous sa serre un robot qui se maintient encore à sa jambe (et la tête éclate avec un craquement sonore), attrape sur son dos un autre parasite et le disloque en deux dans un mouvement féral et glacial. Le monstre anciennement séparatiste se relève, clame l'existence d'autres machines qui avaient oser tenter de le vaincre. Agenouillez vous, pièces de technologie désuètes. Reconnaissez votre maître et ployez devant sa force. Les bombardements de laser reprennent, mais Tericarax sait à présent comment agir.
Aussi longtemps que son esprit fonctionne, tant que son intelligence lui dicte comment agir, il vaut une armée à lui seul. Il est un, mais il n'est pas seul à cet égard. Les IG-100 se jettent sur lui, sans doute avaient-ils pour ordre de le mener vers l'embuscade. Mais notre personnage n'a plus deux vibrolames, mais bien quatre armes à sa disposition. Du bâton électrique qu'il avait récupéré, il frappe l'IG-100 à la tempe, fait voler son crâne en éclat dans un fracas de circuits broyés. Son bras gauche libre transperce le capteur optique situé sur le torse de son infortuné opposant, ses autres bras abattent son compagnon. Alors, Tericarax soulève sa première victime et d'un geste vigoureux l'envoie – encore crépitante et palpitante d'énergie – sur la prochaine vague de magna, un pantin désarticulé qui servira à merveille pour ralentir ses ennemis. L'autre garde tombe à genoux, toute sa connectique brisée, et sombre dans le lac luminescent, qui l'engloutit goulûment. De grosses bulles remontent paresseusement à la surface. Notre scientifique avise, change le bâton de main ; il le porte à présent dans sa seconde main gauche et fait volte-face, cette arme improvisée sera orientée du côté des B1. Il reprend sa course et commence à faire tourner les pôles de fer irisés à un rythme effréné en même temps que son poignet. Bientôt le bâton forme un disque violet continu, un bouclier que les lasers auront bien du mal à passer. Ces mortels rotors le garderont au moins des assauts de blasters. Il continue à longer le lac. Le mur du complexe laisse place sur la droite à un second bassin. Une brume industrielle et basse s'étire le long de la route, un tapis épais et toxique qui se prélasse à quelques centimètres du sol, flottant au-dessus des liquides à bâbord comme à tribord. S'extirpent quelques mètres plus loin la tuyauterie colossale qui fait tourner toute l'installation. S'il peut atteindre ce couvert, il pourra sans doute perdre les B1 voire les semer, et...
De derrière les tuyaux sortent soudain d'autres gardes magna. La muraille d'acier et d'électricité devant lui est une nouvelle difficulté. Combien de pièges a-t-on prévu sur ce maudit trajet ? Lyzs est-elle aussi tombée dans pareille embuscade ? Tericarax revoit pendant une fraction de secondes l'image de l'enterrement. Il revoit les allées de militaires, tous au garde-à-vous sous la pluie battante, saluant cette tombe où l'on a déposé quelques fleurs, et devant laquelle les officiers tout en présentant leurs hommages, mènent un discours embrasé sur la fidélité, le devoir et la guerre. Cette scène est inacceptable. Tericarax saute ; ses serres tombent sur le magna directement face à lui, ses lames trouvent refuge dans le torse de ses camarades. Avec un affreux crissement, sa première victime éclate, terrassée par son poids. Il fait jouer le bâton électrique, attrape un autre ennemi et lui écrase le visage contre un tuyau. De l'autre côté de la cachette, les B1 se bornent à tirer sans comprendre qu'ils feraient mieux de contourner pour trouver un meilleur angle de tir.
Comme un typhon placide et glacial, un terrible ouragan que nulle digue ne saurait retenir, Tericarax terrasse le mur d'acier qu'on a tenté de dresser contre lui. Les cadavres s'empilent, les corps craquent sous ses pieds, ses armes trouvent toujours une victime sur laquelle s'abattre, son bras libre arrache membres et circuits avec l'avidité d'un chaman à la recherche de cœurs. Mais il n'a pas le temps de contempler ses victimes : sitôt ôte-t-il la vie qu'il reprend son avancée, accompagnant son mouvement d'un grondement asthmatique sinistre. Au milieu de la nuit, les spectres se livrent un ballet mortel, cruel rituel qui réclame le sacrifice de l'un des deux partis à sa conclusion.
Les rangées de tuyaux deviennent des remparts et des plafonds, bientôt des couloirs complets qui filent de face et de côté, sur sa droite. Derrière lui, les IG-100 le pourchassent. Droit devant il aperçoit déjà de nouvelles escouades de B1 qui accourent sous les lampadaires. Face impossible donc, on doit poursuivre à droite. Un B2 se retourne, lève son poids vers le cyborg, mais il y perd son bras et bientôt ses jambes puis sa tête avant de pouvoir répliquer. Heh les patrouilles ont bien mordu à l'appât, c'est le moins qu'on puisse dire. Cela ne garantit pas que la générale se soit échappée, mais cela augmente assurément ses chances de s'en tirer. Il longe la tuyauterie, passe sur une plate-forme de laiton, dépasse un rideau de chaînes. Des marches l'emmènent vers le haut, ses pas résonnent, portés et amplifiés par toutes les canalisations, mais il n'a pas d'autre choix, il doit avancer, abattre tout ce qui lui bloque la route. Tous les cylindres sont extrêmement larges, les passages sont parfois très étroits pour son large corps d'acier. Il se colle aux grands bras circulaires. Une électricité statique vient parfois chatouiller son armure, des petits éclairs courent le long du sol. Le phénomène est étrange, inhabituel. Mais il n'a pas le temps de chercher une explication, tout occupé qu'il est à sa fuite ; on pourra étudier les installations Utapaun tranquillement depuis son laboratoire un autre jour. Devant lui, il aperçoit un espace dégagé.
Enfin, il débouche sur un promontoire à l'air libre. Les tuyaux plongent vers la terre en un angle droit, et lui continue à l'horizontale, sur ce qui ressemble à un ponton, au milieu d'un lac aux eaux noires, qui s'étend tout autour de lui. Il poursuit sa course dans le vaste espace. Il aperçoit les ombres de la galerie Utapaun, au-dessus de lui s'étendent les étoiles. Mais il s'arrête soudain ; de l'autre côté de la passerelle il aperçoit des B1 commandos, qui s'engagent dans sa direction. Il tourne les yeux en arrière. Les magna sont à vingt mètres. Peut-il sauter dans l'eau, tout en ignorant ce qu'elle contient, et espérer survivre ? S'il s'agit d'un composé basique extrêmement agressif, il n'y survivra pas. Un éclair traverse la surface aqueuse. Un éclair... ?
Un vrombissement soudain l'alerte. Il s'accroche à la rambarde métallique quand une monstrueuse explosion fait voler en éclats la station à sa gauche : un souffle titanesque et bleu ravage en une vague électrique et thermique tout le périmètre, éclipse les lumières présentes. Le souffle colossal fait s'élever de grosses vagues le long de la plate-forme, qui tangue. Les IG-100 sont engloutis par les flots. L'esprit de Tericarax, dépourvu de peurs ou d'appréhensions, lui livre un ultime coup de fouet. Sous ces vagues électriques et aqueuses, il s'avance sur les commandos. Éclaboussé par la foudre et les pluies, le géant de fer s'avance pour faucher ses ultimes assaillants. Non, ni les B1, ni les IG-100, ni les commandos, ni personne ne se dressera sur sa route. En parallèle il cherche la raison de l'explosion. Alors qu'il écrase entre ses griffes la gorge d'un droïde commando puis le jette dans les eaux noires, une image lui revient en mémoire : le magna s'effondrant dans le lac luminescent. Au milieu des flots tempétueux, Tericarax se remet en marche. Certaines cultures utilisent effectivement une technologie désuète pour stocker de l'énergie, sous forme liquide, un carburant hydrocarbure. Une gelée énergétique, en quelque sorte. Bien inutile lorsqu'on peut calibrer un réacteur pour fournir une puissance appropriée à la demande des installations, et ce liquide est supposé diablement inefficace. Serait-ce donc ça ? Y faire tomber le magna aurait provoqué une réaction en chaîne, d'où le souffle et les chocs électriques. L'électricité résiduelle constatée dans les tuyaux était en fait un signe avant-coureur, huh ? S'il avait su plus tôt pour les lacs, il aurait sans doute pu contrôler plus efficacement l'explosion, pour permettre une fuite coordonnée de Lyzs et lui-même. Quelle malchance qu'il n'ait pas été au courant...Non, cette piste de réflexion est inféconde. Rien ne sert de blâmer le passé et ce qu'il ignorait. S'il avait su, les choses auraient sans doute été différentes, mais une telle perspective ne l'avance en rien, elle ne sert ni à l'apprentissage ni à la formulation de la suite de ses actions.
Après une course de plusieurs minutes, il arrive enfin de l'autre côté de l'immense lac noir. Là, une petite maisonnette lui offre un abri temporaire, loin des regards inquisiteurs. Il constate que les droïdes sont tous occupés par l'explosion : la station est éventrée, éclatée, répandue sur le pavé. Après le cataclysme, des flammes fauve dévorent la pierre, parfois l'azur vient s'y mêler. On tente de combattre l'incendie, mais rien à faire ; on parle ici d'une réaction chimique après tout. De l'eau n'y ferait rien, mais ça les B1 ne peuvent pas le savoir. Le sol même a été fissuré, de grandes plaies noires s'ouvrent et courent de la station jusqu'au gouffre. Tout Utapau aura sans doute été éveillée par la catastrophe. Bruit de pas qui s'approchent. D'autres patrouilles viennent. C'est évident, ils ont un fugitif sur les bras, et toute l'action récente ne laisse plus aucun doute sur son identité. Moins de dix mètres devant lui, un droïde observe tout le chaos, des jumelles en main. Les flammes lointaines jettent des ombres vacillantes sur son corps rectangulaires. Une seconde unité, en provenance de la station, vient à sa hauteur. Tous deux sont frappés de jaune, ce sont des modèles de commandement OOM.
- /Le fugitif est probablement encore dans le périmètre sergent. Les cellules IG-100 n'ont pas réussi à l'intercepter./ L'explosion a brouillé leurs capteurs./
- /Continuez les recherches./ Le fugitif doit être intercepté à tout prix, ordres de l'état major./, répond celui avec les jumelles. Accourt alors un troisième B1.
- /Sergent, sergent !/
Les deux, comme un seul homme – ou plutôt une seule machine – se tournent vers le nouvel arrivant, qui mime un garde-à-vous sommaire puis enchaîne d'une voix synthétiquement aigu :
- /Un vaisseau non autorisé vient de quitter les hangars./
Vaisseau non autorisé ? La conclusion s'impose d'elle-même : la diversion a porté ses fruits, Lyzs a réussi à atteindre le vaisseau Bellbulab et commence à s'échapper. Avec l'explosion de la station, la majorité des patrouilles rappliquent sans doute ici. Un hasard cruel pour Tericarax, mais favorable dans la réalisation de son objectif premier, la fuite de l'humaine. Maintenant qu'ils ignorent à nouveau sa position exacte, il va pouvoir songer à une façon de s'échapper...La navette de ravitaillement va bientôt descendre, ce n'est qu'une question de minutes. S'il peut s'y accrocher, assurément il aura un moyen de s'échapper.
- /Ce sont les fugitifs. Relayez mon message à toutes les unités :...
La réaction du cyborg est instantanée. Si l'OOM ordonne qu'on livre la chasse à son vaisseau