Post n°11
Auteur : Tericarax
« - Colonel, baissez votre arme. » réclame le Muun, autoritaire.L’interpellé fait un pas sur le côté, puis deux, le blaster toujours pointé droit sur le torse d’un Tericarax épuisé, revenu difficilement à une conscience approximative. La vue du cyborg est trouble. Tout est si difficile à percevoir...La lumière est si vive, les néons si intenses. Le sol carrelé, blanc impeccable, est pareil à un soleil infâme dont la simple contemplation réclame un insoutenable effort. C’est un tableau de flammes blanches, et au milieu de cette mosaïque de douleur ne se détache pour l’instant qu’une forme : noire, rigide, luisante de cuir, la figure stricte du militaire Cinder, engoncé dans son manteau de nuit. De tous les contrastes cruels qui sont venus accueillir le cyborg à son réveil, le colonel est ironiquement l’un des rares points de repère qu’il peut suivre dans l’espoir d’apaiser sa vue. Il cligne des yeux, pour se laisser le temps de s’acclimater à cette maudite lumière. L’expérience lui donne mal au crâne. Les images s’impriment au fer rouge dans son esprit. Cette étrange délégation venue le saluer sans courtoisie est préoccupante à plusieurs égards, mais plus encore la présence du funeste colonel. Cinder est un intrus, au milieu du trio ; ses deux camarades sont habillés de toges élégantes et précieuses, ce sont des élus, des délégués, des présidents, des hommes d’affaires. Lui est un assassin. Il ne porte point de carnet ou de tablette, guère d’onéreux dossier qui réclame son attention même aux instants où la priorité est à d’autres affaires. Les porte-feuilles sont troqués pour des poignards, les attaché-caisses pour des blasters. Émergé de son coma, le Kaleesh ne comprend pas pourquoi ni comment ses trois invités peuvent se tenir face à lui. Combien de temps a pu s’écouler entre sa perte de connaissance et l’instant présent… ? Des heures ? Des jours ? Des mois, voire des années peut-être…Il ne sait pas. Tericarax ne sait pas. La situation est hors de son contrôle ; tout ce qu’il sait est qu’un mot de travers pourrait signer sa mort, de la main gantée du colonel. C’en serait presque effrayant. Une simple impertinence pourrait signifier sa mort, sans appel et d’un verdict immédiat. Il doit comprendre le contexte, la situation, assembler tous les éléments. Son bluff initial n’a pas fonctionné. Il avait espéré qu’en taquinant l’assurance de Cinder d’une propre salutation emplie d’arrogance, il pourrait apprendre plus d’informations sur le présent. Ils ne se sont rencontrés qu’une fois, ceci pour le briefing qui précédait l’envoi de Tericarax en orbite de Utapau. Pour quelle raison un haut-dignitaire confédéré se serait-il déplacé jusqu’au chevet d’un cyborg mourant ? Pour l’interroger, a indiqué Cinder...Mais un soldat aurait pu lui-même s’en charger...Compte-t-il l’exécuter sur le champ ? Non, Hall, grand gourou et président du Clan Bancaire demande à Cinder de baisser son arme ; c’est bien qu’ils ont besoin de Tericarax vivant, pour ce qu’il sait. Les informations sont donc si cruciales qu’elle exige la présence de Cinder...Mais Sin Hall ? Le président du Clan Bancaire ? « - Avec tout le respect que je vous dois président Hall... » Entame d’un ton mielleux le Skakoan, troisième personnage présent dans ce tribunal improvisé qui accable Tericarax de peines qu’il ignore « Notre...Invité (sa voix s’emplit brusquement de dégoût, alors qu’il désigne d’un geste la direction de Tericarax) semble encore sous l’emprise de cette sorcière républicaine...Ne serait-ce pas grâce que de lui accorder le repos qu’il mérite ? »Sorcière républicaine ? Emprise ? Impossible cette fois de bluffer ; le Kaleesh n’a pas la moindre idée de ce dont il est question. Il cligne à nouveau des yeux. Son regard s’habitue progressivement à la luminosité, bien que le mal de tête soit toujours bien présent. « - Assez ! Tonne Sin Hall, irrité. Colonel, baissez votre arme, je ne vous ai pas appelé de Géonosis pour que vous veniez ruiner une si fortuite découverte. »Fortuite découverte, eh ? Cela suggère un coup de chance. Première hypothèse : Sin Hall a localisé son corps sans vie et l’a ramené à son état de conscience. Il a appelé le colonel ensuite pour l’interrogatoire. Mais ça n’explique pas le troisième individu. Tericarax arrive à présent à percevoir plus nettement les visages de ses interlocuteurs. Cette pièce est trop lumineuse à son goût – et s’il n’avait que le soucis de son confort il garderait sans doute les yeux clos. Mais la situation exige qu’il tolère sa douleur lancinante pour l’heure – car des prochaines interactions dépend sa vie. « - Mais votre fortuite découverte pourrait bien déblatérer mensonges sur mensonges, monsieur le président... » Objecte le Skakoan en protestation.« - Et vous pourriez tout à fait revenir d’où vous êtes venu sur le champ, monsieur Vryla. » tranche Hall.Les objections tues, Cinder lui-même consent enfin à rengainer son arme sous son manteau. Le Muun porte son visage ridé par l’âge comme par le soucis vers Tericarax. Les yeux du Kaleesh se sont à présent habitués à la luminosité. « - Par deux fois...Votre parole m’aura sauvé la vie, président Hall. » Dit le cyborg d’un souffle rauque.« - Pour l’heure du moins. Nous voici quinze ans après, professeur. Je n’étais qu’un petit pion de la Fédération du Commerce à l’époque. À présent je suis président du Clan Bancaire...Vous n’avez guère changé depuis cette nuit là. »« - À votre inverse...Vous avez vieilli, président Hall. »Le Muun sourit avec amertume.« - Vous n’avez pas perdu votre honnêteté à toute épreuve à ce que je vois...Vous avez raison. Le temps nous rattrape tous professeur. Vous même, vous n’avez plus la force que vous aviez il y a quinze ans. »« - La seule chose que je n’ai perdu cette nuit est mon esprit, président Hall. Et c’est la seule part que j’ai continué à entretenir ces quinze longues années. »« - Qu’en est-il de votre loyauté ? » Intervient Cinder, courroucé.« - Mon allégeance est à la Confédération. Elle l’a toujours été. »« - Vraiment ! » S’esclaffe le Skakoan du nom de Vryla sous son scaphandre. Sa voix, hilare, poursuit, en écho sous son heaume artificiel de fer et de caoutchouc : « Vous avez donc tué Tarun Blaum par loyauté envers la Confédération ? Et la générale, votre complice, échappée par votre loyauté à la Confédération ? »C’est donc ça. La situation sur Utapau...Oui, Sharkaran...Sharkaran a probablement pris soin d’obscurcir au possible tous les éléments de cette sombre trame. Lui faire porter le chapeau pour Blaum n’est que pure logique. Complexe...Tericarax n’a aucune garantie que les agents du Killik ne sont pas présents ici. Cinder lui-même pourrait être à la botte du consul, prêt à abattre quiconque serait prêt à faire éclater la vérité. Il va falloir jouer finement.« - Je vois...C’est donc votre curiosité qui vous amène devant moi, président Hall ? »Retrouvé par hasard par les hommes du Muun, amené dans cette...Capsule de soins intensifs, préservé pour qu’on l’interroge enfin, qu’on sache s’il a réellement trahi...Oui, ça n’est pas incohérent.« - Est-ce vrai… ? Demande le banquier. Avez-vous aidé une républicaine à abattre l’un des nôtres ? »« - Évidemment que c’est vrai ! Tonne Vryla, exaspéré. Vous avez vu les vidéos ! Vous avez vu les gardes magna, et vous avez vu la férocité avec laquelle cette...(Il agite la main en direction de Tericarax, cherche un instant le mot approprié pour exprimer tout son dédain)...Bête sauvage les a abattus. »Tericarax choisit de ne pas répondre. Sin Hall demeure silencieux un moment. Visiblement pensif, il fait les cent pas dans la pièce à présent, une main sous le menton. Quelle affaire, songe le cyborg. Il semble que son procès soit déjà majoritairement rendu, avant même d’avoir réellement commencé. Il n’a pas les moyens de s’échapper par la force, de cela il est certain. Son éventuel salut ne peut provenir que du président et de ses décisions. Son sort est pendu à la volonté du vieux Muun. Des vidéos a dit Vryla, hm ? Quelle question complexe...Il se peut que les services du renseignement aient créé un enregistrement factice où Blaum périrait effectivement de sa main. Qui sait quel scénario tordu Sharkaran et la propagande confédérée ont bien pu inventer à son sujet ? Répondre quoi que ce soit qui apparaisse faux pourrait bien lui attirer les défaveurs de Hall et signer son arrêt de mort. Le silence est sa seule alternative pour l’heure.« - Fidèle à la Confédération ! Fanfaronne Vryla. Si fidèle qu’il s’est laissé avoir par les pouvoirs d’une petite sensitive ! Vous vous êtes laissé avoir, mon bon professeur ! Ensorcelé par les soins de cette maudite générale ! »Sin Hall cesse de faire les cent pas.« - Merci monsieur Vryla, ce sera tout. » Dit-il avec calme et douceur.« - Que...Mais je... » argumente le Skakoan, soudainement penaud.« - J’ai bien entendu votre avis, merci, à présent laissez-nous seuls je vous prie. »Avec un soupir de frustration, l’alien en scaphandre s’exécute. Il ne reste bientôt plus que le Kaleesh, le Muun et l’assassin dans la pièce. Tericarax demeure pensif quant aux paroles de Vryla. Ensorcelé par Yvanol, huh ? C’est donc ça que Sharkaran est allé chercher ? Malin, il faut l’avouer. Cela permet à la fois de rejeter la faute pleine et entière sur la République, mais aussi sur les sensitifs…Une stratégie extrêmement futée, il faut bien l’avouer. « - Donc, reprend Sin Hall, est-ce vrai ? Avez-vous collaboré au meurtre du défunt Blaum ? »Vryla ne semblait pas porter Tericarax dans son coeur. S’il en est un qui aurait pu effectivement servir les intérêts de Eldjurath, sans doute était-ce lui. Cinder semble obéir à Hall – bien qu’avec réticence. Il peut demeurer un agent du consul venu faire taire la vérité mais...Jamais le Consulat n’irait jusqu’à abattre le président du Clan Bancaire. Le colonel risquerait trop en contrariant Sin Hall, l’un des acteurs les plus éminents de l’économie confédérée.En d’autres termes, le cyborg est dans un environnement fiable.« - Non. » Dit-il enfin.« - Vous n’avez pas été ensorcelé par la générale Yvanole ? »« - Pareils tours de Force ne fonctionnent guère que sur les faibles d’esprit. Vous conviendrez que je n’en suis guère. »« - Alors pourquoi l’avoir laissée agir ? Pourquoi ne pas avoir défendu Blaum ? »« - C’est précisément ce que nous faisions, président. Nous défendions Blaum. Un tireur a tenté de l’abattre, voyez-vous. Il y serait parvenu, sans notre présence. J’ai trouvé dans le bureau de Blaum un mouchard, qui était sans doute utilisé par ledit tireur pour déterminer le moment opportun où frapper. »« - Un tireur, reprend le colonel Cinder sous son masque à gaz. Vous insinuez que les Sith seraient allés jusqu’à engager des snipers ? Pour une opération organisée à la hâte comme leurs attentats ? »« - Non, colonel. Je crains que le sniper ne soit de nos propres hommes. »« - Vous suggérez une taupe. Et sans preuves, de surcroît. »Des allégations sans preuve n’auront effectivement qu’un seul effet : diminuer le crédit que le colonel et le président veulent bien accorder à Tericarax. Il ne peut se permettre de soumettre ses hypothèses. Il ne peut se permettre de parler à la hâte et d’accuser, car ce serait probablement fermer sa seule porte de sortie. Il lui faut être précautionneux.« - Je suggère qu’il suivait des ordres bien précis et qui n'étaient pas de moi. J’avais ordonné à mes forces de lui livrer la chasse – certainement ces ordres vous pouvez les retrouver dans les communications que j’ai pu passer à mes troupes. »Sin Hall jette un œil à l’homme engoncé de noir à son côté.« - En piste, colonel. »Tericarax demeure silencieux. Avaient-ils anticipé qu’il parlerait de la sorte ? Sans un mot, Cinder sort un large datapad. Après avoir composé plusieurs codes d’accès différents, il affiche enfin un long texte déroulant.« - Ceci, entame-t-il, est l’historique de tous les ordres que vous avez donné lors de l’opération sur Utapau. Suivant votre trahison, une enquête approfondie a été ouverte. Vous comprenez bien, il fallait s’assurer que vous n’ayez pas infiltré d’éventuels complices supplémentaires dans toute cette affaire. »Logique, en effet, songe le cyborg. Une précaution qu’il ne peut que saluer ; il aurait fait de même à la place de l’État Major. C’est donc pour ça que Hall a appelé Cinder. Il ne voulait pas que le colonel l’interroge, mais qu’il aide à vérifier ses dires...La prévoyance du président n’a guère changé en ces quinze années. Le colonel, actuellement, parcourt les ordres.« - Vous dites vrai, vous avez bien ordonné aux troupes de pourchasser un sniper. Et vous avez demandé également à l’unité SVE-97 qu’il...Traque les communications jusqu’au bureau du feu Blaum. »« - C’est donc ainsi que vous avez déterminé la présence du mouchard ? S’enquiert Hall. Son regard brille de curiosité. »« - Cela est correct. Nous étions en pleine phase d’entretien avec Blaum. État post traumatique grave, aptitudes de paroles restreintes, fixation sur son fils mort. Mais il a mentionné un nom. Signes d’anxiété à sa mention. »« - Revenons au sujet, tranche le colonel. Si vous protégiez Blaum, vous et la générale, qui l’a tué ? Et ne me dites pas le tireur, car les blessures ne correspondent pas. »« - Les blessures ne correspondent pas non plus à des vibrolames ou un sabrolaser, n’est-ce pas colonel ? C’est l’escorte de Blaum – ses gardes IG-100 – qui est responsable de sa mort. »Le binôme échange un regard. Ils ne le croient probablement pas.« - Vous suggérez que les gardes ont été compromis et que vous êtes innocent ? »« - Je suggère cela, en effet. »Cinder soupire, excédé.« - Pardonnez moi président, mais je ne peux que donner raison à Vryla. »« - Ne soyez pas hâtif, colonel. Professeur, vous étiez l’autorité référente sur Utapau. La garde qui protégeait Blaum avait été mobilisée par vos soins, seuls vos ordres ont pu signer sa mort, à moins d’une autorité supérieure. »« - C’est exactement à cette autorité que je fais référence, président Hall. »« - Qu’un traître se cache dans les hauts rangs confédérés ?! Absurde, vous êtes absurde ! »« - Calmez vous colonel. Si pareil ordre était donné, il y en aurait certainement mention quelque part. »« - Et il n’y a rien ! Voyez-vous même président ! Rien ! »Problématique. Les deux échangent à voix basse et se mettent à débattre. Tericarax reste pensif. Sharkaran a probablement effacé ses propres traces...Altérer les registres de droïdes entiers… ? Maudit Killik, ses services doivent être extrêmement performants pour accomplir une telle pirouette. Il a probablement profité du temps où les escouades droïdes le pourchassaient, lui et la générale, pour effacer toute trace des ordres donnés à son sujet...Et bien entendu, toutes les unités sur le canal étaient les droïdes. Les unités organiques ne suivent pas les directives des ordinateurs centraux, seuls les droïdes y sont connectés pour…Droïdes.« - Mon garde magna aura les ordres.» Dit Tericarax pour lui-même à voix haute. Le colonel se tourne vers le cyborg.« - Les ordres ? »« - Il était connecté aux ordinateurs centraux de notre flotte, pour faciliter la communication avec ses pairs. Il a été conçu sur mesure, aussi il ne porte pas l’empreinte des fabriques de l’armée – je me suis assuré moi-même qu’il n’ait nul dispositif de traque à son bord – simple précaution. Si vos forces ne l’ont pas réduit en charpie...Il aura les ordres que vous cherchez. »« - Ridicule. Je ne peux pas croire que vous essayez de vous en tirer de la sorte... »« - Quand vous dites garde magna...À quoi ressemble-t-il ? » Demande le vieux muun, ignorant la remarque de son compagnon militaire, qui commence à perdre manifestement patience.« - Il est féroce au combat, car entraîné de ma main, dévoué aussi. Il porte un manteau blanc, frappé des symboles du Mumuu qui ornent mon propre visage. »Sin Hall, alors, fait quelques pas en arrière et applaudit.« - Voilà qui est splendide ! Lorsque je vous ai trouvé, j’ai également trouvé avec vous un tel droïde. Si vous aviez menti sur son apparence, j’aurais su que vous n’étiez pas digne de confiance, mais à présent peut-être pouvons nous espérer que la vérité éclate au grand jour. Qu’on l’amène ! Et nous tirerons enfin cette affaire au clair. » Il ne faut que quelques minutes pour qu’on amène un droïde entravé de menottes magnétiques dans la pièce. Un silence lourd d’attente s’est installé, couvert par la respiration difficile du cyborg – parfois marquée de sa toux. Il arrive à faire le point à présent. Sin Hall a trouvé Tericarax, ainsi que son IG-100. Sharkaran a établi une propagande certaine autour de sa quasi mort, prétendant d’une part que Yvanol et lui ont assassiné Blaum – comme il l’avait anticipé – mais également que Lyzs aurait d’une manière ou d’une autre contraint Tericarax par la Force à le faire. Pour couvrir ses traces, il aurait effacé les ordres donnés au sujet de Blaum ainsi que Lyzs et Tericarax ; de la sorte, l’État Major songerait en effet à une trahison pure et simple, où les droïdes auraient pourchassé le binôme en réaction au meurtre et non à un ordre externe. Le killik est d’une efficacité à toute épreuve, il faut bien l’avouer. L’ordre donné uniquement aux droïdes puis retiré des bases de données permet de porter une culpabilité accablante sur Tericarax, tout ceci quasiment sans frais. Un vrai coup de maître. Devant les yeux du cyborg, on vient brancher au crâne de son IG personnel une batterie de connectiques et de câbles ; on les relie à une console, bientôt celle-ci s’allume.« - Vous êtes certain qu’il n’aurait pas pu modifier les ordres lui-même ? » demande l’homme vêtu de noir au Muun vêtu de blanc.« - En plein coma ? Assurément ce serait un talent qui nous dépasserait tous mon cher colonel. Trouvez vous un ordre des ordinateurs, à la même date ? »Cinder demeure quelques moments silencieux, occupé à naviguer à travers les archives de la mémoire du fidèle serviteur de Tericarax.« - J’ai...Bien quelque chose, en effet. "Le lieutenant Tericarax s'est rendu coupable de trahison aux côtés de la garde républicaine. Capturez par la force si nécessaire les gardes. La générale Lyzs Yvanol, le lieutenant Tericarax et Tarun Blaum doivent être supprimés. Le lieutenant Tericarax est déchu de son statut de militaire et n'a plus aucune autorité dans la CSI."... »« - Et cet ordre n’aurait pas pu provenir de vous, n’est-ce pas professeur ? » demande le grand patron du Clan Bancaire, une main au menton.« - Si tel était le cas, il serait assurément présent dans l’historique des communications avec mes unités, président. »« - C’est une affaire grave. Plus grave alors que votre trahison potentielle, je le crains, car vous n’étiez alors qu’un lieutenant – sans vouloir vous offenser, professeur...Mais je pense que vous avez prouvé votre honnêteté. Colonel, libérez le. Un individu de sa stature n’a pas à être traité de la sorte après pareille intrigue. »Ni en pleine convalescence post-coma songe le cyborg. Il ne faut guère longtemps pour qu’on libère enfin Tericarax de ses menottes magnétiques. Il tousse, en quittant son inconfortable position d’interrogatoire, tousse à nouveau. Le président, l’air profondément peiné, poursuit maintenant à l’intention du cyborg :« - Au nom de la Confédération toute entière, professeur Teh Ree Stal’rax, je vous prie d’accepter nos plus sincères excuses. Vous êtes mon invité à présent. Nous allons également libérer vos amis sur le champ. Aucun mot, aucun discours ne saurait effacer l’affront qui vous a été fait...Mes excuses à nouveau... »Ces mots proviennent d’un des Muun les plus puissants de toute la galaxie. De telles paroles en public auraient déchaîné la rage des HoloNews pendant des semaines, aurait créé des potins à n’en plus finir de surcroît, on aurait couvert de lauriers le bienheureux bénéficiaire de si gracieuses paroles de la part du grand dirigeant du Clan Bancaire ! Mais Tericarax demeure silencieux. Non, en effet, aucun mot ni discours ne saurait effacer tout le temps qu’il a pu perdre dans cette affaire. Il a failli même y perdre la vie. Risible, risible.« - Peut-être pouvez-vous nous aider à traquer le coupable, si tant est que vous en connaissiez l’identité ? »« - Je la soupçonne, du moins, entame Tericarax d’une voix sombre, mais je crains que vous ne soyez pas disposé à me croire en la matière ; moins encore à m’aider. C’est le nom que nous a prononcé si fébrilement Tarun Blaum avant sa mort. Il s’agit de Sharkaran Eldjurath. »Il patiente une seconde. Sin Hall et Cinder échangent un nouveau regard. Aurait-il signé son arrêt de mort sur cette ultime vérité ? Maintenant qu’il est libre, peut-être peut-il prendre Hall en otage, si la situation l’exige, pour s’ouvrir une porte de sortie improvisée ? Il va falloir être plus vif que le colonel Cinder...L’assassin le plus mortel du régime, le plus funeste héraut de la Confédération...Avec son corps cybernétique endommagé, est-ce vraiment la meilleure action à effectuer… ? Il doit exister une autre alternative plus optimale. Il faut la trouver.« - Une dernière question, professeur. » demande Hall.Il ne fait aucun doute que le sort de Tericarax dépend entièrement de sa réponse, même si le Muun pourrait prétendre qu’à présent il est son invité d’honneur.« - Vous avez sans doute étudié la disposition des gardes de Blaum et ses confrères, lorsque vous êtes arrivé. À quelle conclusion êtes vous parvenu ? »« - La disposition des droïdes était affligeante. Ils étaient en sous-effectif manifeste. Difficile de croire qu’ils gardaient quoi que ce soit. »« - Je vois. Colonel, il semble que nous ayons tout ce qu’il nous faut. »Épilogue