Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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La parole est à la sentence

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    #17

    Post n°17
    Auteur : Tericarax

    Cinder ne broncha pas alors que les remarques fusaient de tous côtés de la pièce. D'abord, la jeune Moff prit la peine de répondre, puis le bras droit de Barrik. Enfin, même, un Trandoshan qui n'était pas même concerné – pour l'heure – par l'opération s'accorda la liberté de la parole, alors qu'il n'était pas convié pour cette première partie de la discussion.
    La propagande séparatiste avait peut-être convaincu le lézard qu'il se trouvait en démocratie faible comme l'Ancienne République ; ce n'était pas le cas. Cette Ashe avait peut-être pensé que le consulat l'avait conviée pour discuter d'égal à égal, entre puissances alliées. Ce n'était pas le cas. Et le ministre Boylt pensait peut-être qu'il avait une place à cette table et autant d'influence que le préfet Barrik à la parole. Ce n'était pas non plus le cas.

    Le colonel était toujours debout après la contre-attaque de ses interlocuteurs. Campé sur ses deux pieds, sous son masque respiratoire il n'arborait qu'une expression : le dégoût. La politique de front était vraiment exécrable, détestable, impure. Il y a quelques mois encore, il en était à égorger les opposants, réduire au silence les voix dissidentes dans l'ombre de la nuit, isoler et supprimer à l'abri des regards ceux qui menaçaient la Confédération, assassinant dans les ténèbres ceux qui se pavanaient dans la lumière, daignant défier l'autorité et la stabilité du Consulat. Maintenant, il était là, en plein soleil contre ceux-là mêmes qu'on lui aurait désigné comme ses proies il y a quelques mois s'ils n'avaient qu'à peine esquissé des désirs d'insubordination ou de trahison.

    Lam Cinder savait parfaitement pourquoi il était présent dans cette salle. Il avait déjà eu sa punition du Consulat pour ses propres échecs, ce procès public que sa personnalité et les circonstances avaient monté contre lui n'était pas la continuité du châtiment de l'Etat Major. On ne l'avait pas choisi pour son éloquence – sinon l'on aurait simplement donné les détails à Nuts à son côté, et la discussion aurait été bien plus calme et courtoise, bien plus mesurée. Il n'avait pas dévoilé tous les détails de l'opération – les préfets et sous préfets ainsi que l'Impérium n'avaient pas besoin de tous les détails, c'étaient des opérations militaires secrètes dont il s'agissait, après tout.

    Mais alors, si n'importe qui d'autre aurait pu remplir le rôle de diplomate plus efficacement que lui, et si le soumettre à cette situation n'était pas non plus une réprimande tacite que le Consulat lui infligeait, pourquoi était-il ici ? C'est en prenant en compte les réactions de tous les acteurs que Cinder comprit. Tous pavés de fierté, tous enflés d'orgueil. Ce Trandoshan à la tête d'un caillou nommé Korriban n'en était que le plus brillant exemple : il se comportait comme un noble, mais il était un cafard qui s'était aventuré par chance dans un manteau de soie bien trop précieux pour lui. Enorgueilli par l'étoffe, il avait fini par penser qu'il avait lui-même de la valeur, et à présent il venait ici, s'octroyant le droit de donner des leçons à ceux qui auraient pu écraser son existence d'un simple mot.

    L'Impérium était un autre exemple, une caste relevée de force par la puissance confédérée, qui réclamait à présent son indépendance et hurlait sa légitimité. Depuis quand les esclaves relèvent-ils la tête pour discuter les instructions de leurs maîtres ? Courbez donc l'échine, vous qui ne pouvez voir la finalité des plans dans lesquels vous êtes intriqués ! Traînez vos chaînes et craignez le fouet, faites ce qu'on exige de vous et acceptez les récompenses avec bonheur, les réprimandes avec crainte. Oui, Cinder et son parler avaient permis de mettre au jour ce que la personnalité de Nuts aurait occulté : la fierté impériale n'était pas morte, pire c'était aussi une occasion pour d'autres de tenter de s'engouffrer dans un apparent moment de faiblesse pour atteindre leurs propres fins.

    Pourquoi Cinder était-il ici ?

    Dans un des coins de la pièce, un grand muun s'était levé. Ses yeux étaient encore las, mais son expression était ferme, et il était vêtu pourtant d'une humble tunique fine, reliée de cuir sur le torse et les épaules. C'était ce genre d'habits qui trouvait son élégance dans sa simplicité. C'était le chef du Clan Bancaire, Sin Hall. Son regard était porté vers le colonel, son intention n'était pas difficile à discerner : il voulait prendre sa défense et n'attendait que sa permission.
    Si l'aide d'un individu aussi éloquent que le muun était inespérée, Cinder savait aussi que le banquier s'apprêtait à évoquer la légion Amber. C'était quelque chose qui ne devait être connu de personne ; d'un geste de la main il déclina la proposition silencieuse du président Hall. Il avait sa réponse.

    Pourquoi le Consulat l'avait-il envoyé lui plutôt qu'un beau parleur assurément plus agréable pour cet auditoire ?

    Parce qu'il était l'un des meilleurs assassins de la Confédération, et que ceux en face de lui devaient être tués. Leur insubordination devait être tuée, leur irrespect du consulat à travers Cinder devait être tuée, leur fierté devait être tuée. Tous ces traits de personnalité palpitants et gorgés d'un sang orgueilleux devaient être éventrés, asséchés, pendus au gibet méthodique du colonel.

    - Si nous avons fait appel à l'Impérium et la République, ministre Boylt, ce n'était pas parce que nous n'avions pas confiance en nos armées, mais parce qu'il était bien plus intéressant d'observer les moyens de ceux-ci face à une menace Sith. Nos propres unités anti-sensitifs ont été mobilisées sur les planètes Muunilinst et Félucia ; et ce fut un succès tant pour les modèles droïdes engagés que pour les officiers organiques à la direction de l'opération.
    Pensez vous que les B1 mobilisés sur Mygeeto sont réellement les seuls moyens à la disposition de la Confédération et du Consulat ? Ces B1 n'ont pas été mobilisés contre les Sith. Si le Consulat avait désiré mettre fin à l'opération rapidement, nous aurions mobilisé ce qui a été envoyé sur Muunilinst – et les Sith auraient été appréhendés et tués. Nous attendions de voir la qualité de l'Impérium sur ce front, et mettre à l'épreuve le commandant séparatiste qui était en charge de la garde de la planète.

    Vos hommes, moff Ashe, n'ont pas déçu nos attentes...


    Il se baissa pour observer le dossier d'un humanoïde à la peau bleue devant lui. C'était l'un des acteurs qui avait joué un rôle important dans la neutralisation des Sith, mais qui avait également été grièvement blessé. Fou est celui qui pense qu'un combat peut se faire sans cicatrices.

    -...Notamment un certain Nash Futhark, blessé au cours de l'opération. Nous avons conscience de la gravité de ses séquelles, et vous proposons de lui fournir une prothèse appropriée ; qu'il prenne sa retraite ou non, son service exemplaire au côté de la C.S.I mérite une récompense.

    L'opération de Mygeeto était une mise à l'épreuve, ministre Boylt. Une mise à l'épreuve sur les compétences de commandement de nos unités cybernétiques, sur les compétences d'intervention de notre allié l'Impérium. Comme vous l'avez souligné, baron Rissk, l'intelligence artificielle des unités OOM laisse terriblement à désirer. C'est au regard de son passé d'officier tout à fait brillant que nous l'avons mis aux commandes. La Confédération surveille le passé attentivement, parfois avec indulgence...Parfois avec férocité.


    C'était un message tout personnellement adressé au baron ici; le colonel avait reçu les informations et remonté la piste. Il avait pleinement conscience du passé criminel de son interlocuteur, et ses propos ici n'étaient rien de moins qu'une menace silencieuse. Le lézard n'était pas à son avantage, il jouait à une roulette russe en prenant la parole contre quelqu'un qui en savait long sur ses anciens agissements. Toutefois le colonel ne développa pas plus dans ce sens, reprenant avec neutralité:


    - Les officiers organiques sont bel et bien préférables, tant que les algorithmes stratégiques de nos droïdes n'auront pas progressé. Mais, ministre, ne faites pas l'erreur de prétendre connaître l'entièreté de notre armée.

    Il est bien des projets et des unités qui avancent dans l'ombre et qui assurent la sécurité de nos mondes dont vous n'avez pas connaissance. Les droïdes qui marchent sur Géonosis ne sont qu'une goutte d'eau dans l'océan de notre technologie.

    Vous rejetez la faute sur la Confédération, oui, nous sommes coupables. Jamais je n'aurais dû demander au préfet de s'aventurer aux commandes de l'intervention de Muunilinst. Je n'avais pas pensé qu'il irait face à face avec des Sith sur le terrain, ce fut mon erreur, erreur que je ne commettrai plus.

    Ne vous méprenez pas non plus. Le Consulat a pris la décision au sujet de la République et son rôle dans l'opération sur Utapau. Remettez vous en question son autorité suprême et souveraine dans notre Confédération ?


    La voix du colonel était devenue glaciale. Une réponse affirmative à cette question revenait à une déclaration de trahison. Nul dans la pièce n'ignorait le prix de la trahison dans la C.S.I. Ministre comme soldat s'exposaient aux mêmes risques en trahissant la Cause séparatiste.

    - Cependant, vous touchez à un point important ; nous avons effectivement mis à jour dans les archives de l'Impérium l'importance de Korriban. C'est ceci qui a motivé le déplacement d'une flotte vers votre planète, baron Rissk, en recevant les messages d'alerte de votre prédécesseur. Nous soupçonnions une attaque Sith. Il me semble que la préfète Maar Shane a laissé des troupes stationnées sur votre monde en cas d'attaque, c'est ce qu'elle m'a assuré du reste.

    Messieurs et mesdames les préfets et sous-préfets.
    L'opération Frappe Noire a révélé un fait plus grave que le dysfonctionnement d'une unité OOM : nous sommes en guerre contre ce que nous pensons être un ordre Sith à part entière.

    Les attentats étaient coordonnés, mais pire ! Nous avons aperçu d'autres Sith que les terroristes sur Muunilinst, des individus extérieurs.


    Cinder s'arrêta un instant, pour presser un petit projecteur holographique, sur la table. L'appareil chauffa quelques secondes, pour projeter vivement l'hologramme d'un visage en l'air. C'était une ancienne figure, sans doute méconnue de tous si ce n'étaient les plus anciens membres de la C.S.I (en d'autres termes les leaders du CBI, du Techno Syndicat et de la Fédération du Commerce).

    - Cet homme est Bens Malastare. Ancien membre de l'Ordre Sith et ex-sénateur de Mustafar, il s'est révélé en tant que sensitif devant le Sénat et a même tenté de devenir chancelier républicain lors de la Guerre des Clones. Nous le supposions disparu. Nos troupes sur Muunilinst ont intercepté plusieurs terroristes...Mais aussi ce Bens Malastare.

    Il n'est pas l'instigateur de ces opérations, mais nous pensons qu'il suivait un maître, un maître noir plus puissant.

    D'où l'ordre Sith, dont il nous faut cerner au plus tôt les moyens et les motivations. Nous sommes en guerre contre cet ordre, mais nous devons savoir jusqu'où plongent ses racines pour le brûler jusqu'à ses strates les plus profondes.

    Moffe Ashe, le Consulat vous rendra les archives relatives aux Sith et à vos territoires, conformément à votre requête – aussi tardive soit-elle. Quant à votre libre intervention...


    Il éteignit le projecteur.

    - Je vous prie, représentants de l'Impérium, de me suivre. Vous allez participer à la deuxième phase de l'opération Frappe Noire.
    Messieurs et mesdames les préfets, ministre Bolt, bonne journée.


    Cinder attendit que la moffe et sa garde viennent à son niveau pour quitter la pièce sans un mot de plus. N'était-il après tout pas temps de construire un abattoir approprié pour leurs ennemis, les Sith ?


    Hankki Nuts, lui, patienta jusqu'au départ de Cinder. Alors, avec une mine plus assurée :


    - Votre proposition de flottes sectorielles pour les mondes qui n'ont pas les moyens est certainement une bonne idée, ministre Boylt. Si vous voulez dès à présent mettre en place les démarches, je ne vous retiendrai pas plus longtemps dans la réunion. Monsieur Bortan. La Confédération souhaite que le Techno-Syndicat...Diversifie son influence. Il est un monde pivot qui retient l'attention de la C.S.I depuis quelques mois déjà. Voyez-vous, il s'agissait d'un monde avec qui nous avions des échanges courtois et fructueux mais qui, depuis une courte période, est tombé dans le silence politique le plus total.

    Corellia.

    Ce monde était dirigé par Mufus, éminente figure et héros de la Cause séparatiste. Aussi longtemps qu'il était présent sur la planète, nous étions convaincus que tout irait pour le mieux, et nous ne mêlions en conséquence pas de la politique de cette planète, une zone de neutralité sûre et apolitique. Seulement, Mufus a disparu. Corellia n'a plus de tête pensante. Nous ne pouvons pas laisser ce monde tomber entre les mains de la République ou d'un quelconque politicien indépendant extrémiste ; piétiner l’œuvre menée par l'ex-général Mufus serait une insulte directe à ses accomplissements, un affront à la Confédération elle-même !

    Avec sa disparition – inexpliquée même par nos agences de renseignement – les regards convoiteurs se tournent à nouveau vers Corellia. Nous souhaitons donc, monsieur Bortan, que vous choisissiez parmi vos hommes une tête qui puisse mener cette tâche à bien. Ni plus ni moins que trouver celui qui pourra devenir le président de Corellia à la place de Mufus!

    Il est capital que tout soit fait de façon indépendante de la Confédération ; notre ex-général avait mené une campagne axée sur la neutralité et qui refusait la présence républicaine comme séparatiste sur son sol. La population refuserait tout politique directement affilié à notre Cause, ouvrant la voie à des candidats qui menaceraient de piétiner tout ce que Mufus a mené jusqu'ici.


    C'est alors que Sin Hall se leva de son siège. Ses yeux perçants poignardaient du regard une figure qui était à l'autre bout de la pièce ; un Skakoan assis juste au côté du président Bortan.

    - Si je puis me permettre, président Bortan, le haut-prospecteur que vous aviez nommé sur Mygeeto me semble un excellent candidat à ce poste ; il n'a après tout pas encore pris ses fonctions sur ma planète, vous n'aurez aucun mal à lui trouver un remplaçant n'est-ce pas ?

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      #18

      Post n°18
      Auteur : Asavar Phocas

      Le conflit. Le chaos. L’anarchie complète.

      Des accusations fusaient de toute part, tantôt adressées à l’Imperium, tantôt adressées à la CSI. Certaines d’entre elles étaient même adressées au colonel Cinder lui-même tandis que d’autres mettaient en cause un pauvre droïde insignifiant dans les récents fiascos. Car on pouvait bien parler de fiascos : il était tout à fait inacceptable qu’une poignée d’individus soient en mesure d’infliger de tels dégâts à la Confédération, même si les individus en question étaient des sensitifs. Combien étaient ces terroristes ? Dix ? Douze peut-être ? Et pourtant, ils étaient parvenus, l’espace d’un instant, à mettre en difficulté la plus grande superpuissance de la galaxie, une superpuissance de plusieurs dizaines de milliards d’habitants et disposant de ressources quasi-illimitées en matière d’armement. Si cela ne décrédibilisait pas autant notre système de défense et ne nous plaçait pas dans une situation aussi délicate j’aurais presque pu en rire. J’en aurais même sûrement ri à gorge déployée…


      Toujours est-il que la majeure partie des participants à la réunion se contentait de dénoncer telle ou telle incompétence. Un vrai délice. Ce spectacle avait beau être affligeant, je ne m’étais rarement autant amusé de toute mon existence. Même le « baron » y mettait du sien malgré sa faible position au sein de cette assemblée. Tout ce désordre résonnait comme une magnifique symphonie à mes oreilles. La dénonciation publique était la politique dans sa forme la plus archaïque, mais aussi certainement la plus divertissante. Cinder ne partageait certainement pas mon enthousiasme. Pour moi, les masques n’occultaient en rien les sentiments et la rage bouillonnante du colonel était très nettement perceptible, même depuis ma position éloignée. L’officier ne manquait pas de mérite : il faisait indéniablement un effort colossal pour contenir sa furie et je ne doutais pas qu’il aurait pu massacrer l’intégralité des individus présents dans la chambre du conseil à mains nues si cela lui chantait. Quelques idées concrètes étaient parfois avancées, mais ma foi rien de bien grandiose. Le ministre Boylt de Géonosis proposait par exemple de renforcer les défenses planétaires des différents systèmes séparatistes pour leur permettre d’assurer leur propre protection. Brillant. Absolument brillant. Ce ministre enfonçait une porte ouverte de façon si brutale que j’aurais presque pu l’applaudir pour sa stupidité…


      Le colonel Cinder prononça quelques mots supplémentaires avant de se retirer. Il évoqua notamment la potentielle existence d’un seigneur Sith ayant pris la tête de l’ordre. Ce seraient donc des Sith unifiés sous une seule bannière qui auraient frappé conjointement les systèmes séparatistes. L’information n’était guère surprenante vu la coordination avec lesquels les terroristes avaient frappé. Cette découverte n’avait donc rien d’exceptionnel mais elle nous donnait un avantage certain : pour abattre l’ordre Sith, il suffisait de couper la tête du serpent. La réunion pris enfin une tournure non seulement amusante mais aussi réellement intéressante lorsque le colonel Cinder et la délégation impériale quittèrent l’assemblée. Hankki Nuts pris alors la parole. Ce pauvre Neimoidien avait l’air complètement perdu dans cet enfer. Il était comparable à un faon tentant de se faire aussi discret que possible au milieu d’une meute de loups enragés. Il me fallait cependant faire attention à ces paroles qui étaient adressées au Techno-Syndicat. Visiblement, le Neimoidien souhaitait que l’un de nos membres se présente au poste de président de Corellia afin de sécuriser la position confédérée sur ce monde indépendant. C’était bien là l’une des rares propositions intelligentes de la réunion… Corellia était en effet un monde clé, tant sur le plan économique que militaire : les chantiers navals de Corellia faisaient partie des plus importants de la galaxie et n’avaient rien à envier à l’industrie Skakoan. Le choix du Techno-Syndicat était lui aussi habile. En effet, qui de mieux qu’un membre du Techno-Syndicat avait les connaissances en finance, en politique et en industrie lourde nécessaires pour diriger un monde comme Corellia ? Je me pris soudain à envier celui qui serait désigné pour accomplir une telle tâche. Je ne m’attendais alors certainement pas aux événements stupéfiants qui allaient suivre.


      Sin Hall lui-même se manifesta et fit quelque chose des plus inattendus : il suggéra au Président Bortan de me désigner comme candidat. Le regard que jetait le président du Clan Bancaire Intergalactique à mon supérieur trahissait un mélange d’estime et de rivalité. Vardek Bortan regardait le Muun de la même manière. Quant à moi, mes yeux s’écarquillèrent subitement et mon cœur bondit lorsque Sin Hall prononça ces mots. C’était inattendu. C’était très inattendu. En fait, le mot « inattendu » était beaucoup trop faible pour qualifier l’absurdité de la situation. Avec le recul, il m’est désormais possible d’observer la finesse de cette suggestion. En proposant ma candidature, Sin Hall écartait une potentielle menace à sa souveraineté sur Mygeeto tout en trouvant une solution adéquate à l’épineuse question de Corellia. Sin Hall se contentait de m’écarter. Néanmoins, je ne pouvais simplement pas lui en en faire le reproche : en m’écartant, Sin Hall m’entraînait vers une voie plus prestigieuse encore. Ce petit compromis était donc des plus bénéfiques pour nos intérêts respectifs.


      Le Président Bortan détourna son regard dans ma direction avant de réfléchir en silence l’espace d’une dizaine de secondes.

      -Je n’y vois pas la moindre objection, dit-il enfin, brisant ainsi le silence qui régnait sur l’assemblée. Monsieur Phocas est probablement un peu surqualifié pour le simple poste de haut-prospecteur, aussi prestigieux soit-il. Je n’aurai aucun mal à trouver un remplaçant adapté. Qu’en pensez-vous monsieur Phocas ?

      La question me prit de court. Je n’étais toujours pas parvenu à réaliser que tout cela se passait réellement. Après une légère hésitation je pus répondre à la question de mon supérieur.

      -Ma foi, ce serait pour moi un grand honneur que de servir la Confédération en occupant un siège impliquant de telles responsabilités. Je vous remercie pour votre estime monsieur Hall.

      Je savais que le choix de Sin Hall n’était vraisemblablement pas une marque d’estime mais je fis un signe de tête respectueux dans sa direction. Il convenait de conserver les apparences. Sin Hall n’était pas mon ami mais je savais que je serais à nouveau confronté à lui à l’avenir. Le Président Bortan repris alors la parole :

      -Faisons ainsi puisque que nous sommes tous d’accord. Monsieur Nuts, j’ai l’insigne honneur de vous soumettre la candidature de monsieur Asavar Phocas au poste de Président de Corellia.

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        #19

        Post n°19
        Auteur : Barrik

        Le Ministre des affaires étrangères Boylt reprit la parole une dernière fois;




        - Je vais informer nos différents capitaines afin que les différentes flottes sectorielles soient prêtes le plus tôt possible. Il nous faudra cependant l'aval de chaque sous préfet afin que cette action ne soit pas remise en cause. Les documents seront à votre disposition, messieurs dans le bureau des affaires étrangères de la planète.

        De plus la forte hausse de la croissance cette année a fait drastiquement augmenter nos réserves financières et notre ministre de la finance est d'ores et déjà entrain de débloquer des fonds conséquents pour les planètes touchées par les attentas afin de pallier au coût de la reconstruction, mais aussi stabiliser leur économie en prévision d'une baisse possible des investisseurs dans ces mondes grandement touché par les attaques Sith.

        Il ne faudrait pas que cette fragilité même partielle vienne perturber une Confédération en pleine essor économique. Géonosis aujourd'hui envoi un message fort à l'ensemble des investisseurs galactiques et espère redonner une certaine confiance dans l'ensemble de nos planètes qui ont certes subit des attaques, mais qui reste des pôles économique très important.

        J'invite donc tout les préfets et sous préfets à nous envoyer des demandes d'aides pour que là aussi nous puissions y répondre le plus rapidement possible.

        Préfets, sous préfets à bientôt donc.



        L'homme à la canne s'inclina légèrement et quitta la pièce en direction de son bureau.

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          #20

          Post n°20
          Auteur : Baron Rissk

          La séance touche déjà à sa fin, et l'assemblée se vide peu à peu. Le Trandoshan mordille son cigare avec satisfaction, bien qu'enfoncé dans un fauteuil trop petit pour son imposante stature. Les "convives" quittent peu à peu l'immense salle, toutefois quelques groupuscules persistent ici et là et se lancent dans des conversations interminables. Ils offrent un spectacle de qualité à Rissk, qui esquisse l'ombre d'un sourire en les voyant se crier dessus pour telle ou telle raison. De temps à autre, le T'doshok décrit des arabesques de fumée après avoir tiré sur son cigare. Donnez lui le choix entre une créature de rêve et un boîte bourrée de cigares, il choisira sans hésiter les cigares. L'objet de sa convoitise est soigneusement glissé entre ses griffes, couvé par le regard amoureux de son propriétaire. Qu'est-ce qu'il ne ferait pas pour un bon cigare...
          Un droïde vient récupérer la coupe vide du Trandoshan, et lui en sert une nouvelle. Finalement, être sous-préfet a bien des avantages, si l'on excepte le colonel Cinder et ses menaces à peine voilées... On pouvait interpréter cette "mise en garde" de deux façons différentes. Soit l'homme se vexe rapidement et n'aime pas qu'on le remette en question, soit il cherche absolument à montrer la supériorité du gouvernement séparatiste sur ses "administrés" en se montrant particulièrement implacable. Quoi qu'il en soit, son intervention a permis au Baron de se faire une idée précise du personnage. Du moins... C'est ce qu'il croit. Il faudrait à l'avenir, éviter de froisser l'officier... Et se tenir tranquille durant un certain temps. Le reptile se redresse finalement, et étire ses bras. Que peut-donc savoir Cinder à son sujet ? Voilà une question bien fâcheuse qui n'aurait pas réponse.
          De toute façon, l'heure n'est pas à la réflexion. Un duo pour le moins étrange vient pointer le bout de son nez et arrive à hauteur du Trandoshan : Une Gossam dont le cou est orné de dizaines de colliers d'or et un Koorivar aux friperies plus que grotesques... Les deux individus s'inclinent respectueusement, Rissk en fait de même, non sans hausser au préalable un sourcil. Voilà qu'ils sont bien éduqués ! Rien à voir avec la froideur hostile des Skakoans, ou l'hypocrisie naturelle des Muuns. Enfin... Tout reste encore à prouver. Rien n'indique qu'il s'agit là d'un protocole plus que d'une habitude malhonnête digne des plus grands Neimoidiens.


          - Et bien... Permettez moi de vous "féliciter" pour votre intervention Baron Rissk. Même si je dois l'avouer, elle fut quelque peu... Maladroite ! Débuta de sa voix rauque le Koorivar. Un sourire mesquin vient étirer ses lèvres. L'Alliance des Corporations, que je représente, s'engage à vous fournir du matériel pour vos... Recherches. Je suis sûr que nous avons tout à gagner à vous aider, n'est-ce pas... ?

          - Oui... Oui... C'était vraiment bien envoyé à la figure de ce cher Cinder... Toutefois, vous devriez être plus prudent à l'avenir... Vient surenchérir la Gossam à l'aide de croassements et de trilles stridentes. La Guilde du Commerce s'intéresse de près à votre projet, et je pense que nous pourrions débloquer des fonds... Si nous pouvions avoir l'assurance que ce ne sera pas pour rien.

          Nous y voilà donc. Une nouvelle opportunité se présente à notre dirigeant autoproclamé. Toutefois, s'il s'agit pour lui de faire avant tout des "affaires", pour les deux autres, l'intérêt semble tout autre. Personne, au sein de la Confédération des Systèmes Indépendants n'ignore les rivalités qui opposent régulièrement les différentes organisations politiques et économiques. Ainsi, en offrant leur "soutien" à des mondes défavorisés, elles étendent leur réseau d'influence et peuvent, par la suite, gagner de nouveaux partenaires commerciaux. Des "partenaires" commerciaux qui ne pourront bien évidemment pas faire d'affaires avec les rivaux, ou alors, sous certaines conditions.
          L'intérêt est même double avec Korriban, puisque ce monde désertique semble être un atout majeur dans la lutte contre les Sith. En investissant des ressources dans le projet du Baron, la Guilde du Commerce et l'Alliance des Corporations pourraient se vanter de s'impliquer directement dans la traque, là où les autres semblent adopter une position plus distante. L'occasion est trop belle pour être gâchée, lorsqu'il s'agissait de faire de l'ombre à ses concurrents, tous les moyens semblent permis. Fédération du Commerce, Clan Bancaire Intergalactique et Techno-Syndicat n'auraient qu'à bien se tenir après ça. Bien loin d'être idiot, le T'doshok est prêt à accepter toute aide potentielle à l'élaboration de son projet. Pour se faire, il faut se montrer convaincant... Et fiable.


          - Je peux l'admettre... Je ssssssuis bien meilleur lorssssqu'il s'agit de faire des affaires. Ricane doucement le Trandoshan, avant de vider sa coupe d'une traite. Korriban vous remercie déjà par avance pour votre... Sssssoutien. Je peux déjà vous affirmer que vos invessssstissements sssseront bénéfiques à vos puissances ressssspectives. Il y aura bien quelques "babioles" que les antiquaires et amateurs d'art des quatre coins de la galaxie sssss'empresseront d'acheter à prix d'or... Vous sssavez, posséder une "relique" Ssssith dans sa collection doit surement être un grand prestige...

          - Oh. Je vois... Intéressant en effet. Lâche le représentant de l'Alliance des Corporations en tripotant machinalement ses doigts recouverts d'une peau épaisse et rugueuse.

          - Pour sssssceller notre accord, je pourrais même envisager de vous remettre quelques pièces maîtressssses de cette culture qui aura été... Annihilée grâce à votre collaboration. Oui... En exposant ces "trophées", j'imagine que vous ferez pâlir d'envie vos concurrents. Et dans le pire des cas, vous pourriez toujours les revendre... On vous en offrira un bon prix, croyez-moi. Continue doucement le principal intéressé.

          - Il est difficile de ne pas vous croire après une telle présentation mon ami... C'est... Prometteur. Enfin, il me semble. En vient à conclure l’humanoïde en affichant un sourire suspect.

          - Vous aurez donc bientôt de nos nouvelles sous-préfet. Rajoute sa comparse dans une nouvelle série de croassements.

          Le trio se sépare donc après avoir échangé les politesses habituelles. Un sourire carnassier vient déformer les traits de Rissk. Ses dents affûtées comme des rasoirs se plantent dans le cigare, qui remue un instant, crépitant, avant de rendre son dernier souffle une nouvelle fois. La fumée s'élève jusqu'au plafond, comme s'il s'agit là de l'âme du cigare, libérée des tortures du Trandoshan. Même si tous ces évènements semblent prometteurs, il lui reste encore beaucoup à faire. S'il a l'habitude d'utiliser son éloquence presque naturelle pour amadouer clients et collaborateurs, le lézard sait aussi que les paroles ne sont rien, et que seules les actions concrètes comptent dans le domaine des affaires.
          Mais il réfléchirait à ses prochaines manœuvres plus tard, le ministre Boylt retient son attention. L'homme quitte visiblement la salle, avec une certaine nonchalance qui lui est propre. Le Baron récupère sa précieuse canne, qu'il glisse sous son bras et s'empresse de rejoindre le responsable des affaires étrangères. Ironie du sort, la fumée, qui jusque là semblait fuir la présence de l'individu, suit désormais l'imposant personnage comme son ombre.
          Les yeux observateurs du reptile se posent sur l'homme qu'il suit à distance respectable pour le moment. Tel un chasseur à l'affût de sa proie... L'élément qui le marque le plus semble l'absence de goût du ministre. Sa canne... Quelle horreur ! D'une banalité... Déconcertante ! Le sous-préfet de Korriban préfère largement de loin la sienne. Son regard se perd l'espace d'un instant sur les futiles détails qui rendent plus réalistes la scène de chasse sculptée soigneusement dans le bois.


          - Monsssssieur le Ministre ? Excusez-moi par avance... Vous avez peut-être plus important à faire que de répondre à mes humbles quesssstions. Néanmoins... En tant que représentant de Korriban, j'aimerai en sssssavoir un peu plus au sujet de ce programme concernant la protection des mondes ssssséparatistes sans défensssse. Quels ssssont les moyens que vous comptez déployer pour Korriban ? Vous le comprendrez, j'esssspère, que je compte ssssur une relative quiétude et ssssécurité pour pouvoir mener mes recherches dans les meilleurs conditions... Commence le Baron avec une solennité à peine exagérée.

          Bien loin d'offrir à un sourire à l'homme, le lézard bipède semble presque se préoccuper sincèrement de sa protection et de celle de ses administrés. Car après tout, si la Confédération des Systèmes Indépendants ne peut pas veiller efficacement à la sécurité de ses citoyens, alors Rissk serait obligé de veiller constamment sur ses arrières... Une sensation qu'il a horreur d'éprouver, lui qui s'est toujours senti au dessus de n'importe quelle épreuve. Il doit se fier à l'efficacité des armées séparatistes... Pour l'instant.

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            Auteur : Asavar Phocas

            La réunion touchait déjà à sa fin. Certains notables étaient venus de l’autre bout de la galaxie pour assister à cette assemblée… et elle durait un quart d’heure. Quelques paroles creuses avaient été prononcées, quelques révélations sans grand intérêt avaient été faites, mais aucun événement réellement important n’était venu justifier le déplacement de certains des hommes les plus puissants de la Confédération. De mon côté, je ne me plaignais pas. Non seulement j’étais déjà présent sur Géonosis au moment de l’annonce de l’Assemblée, mais en plus la présidence de Corellia s’ouvrait désormais à moi ! L’espace de quelques minutes, l’excitation avait été telle que j’avais eu l’impression que mon cœur allait exploser. J’étais comme un enfant à qui on venait de présenter le plus beau des jouets. Le prestige du poste en lui-même ne m’intéressait guère : je n’ai jamais pu comprendre l’intérêt que portaient les politiciens au regard du peuple. Pour moi, il s’agissait simplement d’un outil. Considérer cela comme une fin en soi revenait à plonger dans la fange de la vanité et de la régression intellectuelle. En revanche, les innombrables possibilités qui se présentaient me faisaient frétiller d’impatience. Je m’apprêtais à entrer dans le jeu le plus fascinant qui soit, un jeu d’une complexité extrême, ce qui ne nuisait en rien à son attrait, bien au contraire : c’est justement le défi qu’il représentait qui le rendait si cher à mes yeux. Je repris mes moyens lorsque les premiers « convives » quittèrent la salle. Après tout, Corellia demeurait indépendante et son président était élu par le peuple : rien n’était encore joué. Mon regard balaya les dirigeants séparatistes et se posa sur Sin Hall. Je comprenais bien entendu parfaitement pourquoi le Muun m’avait suggéré comme candidat, mais le personnage me semblait de plus en plus mystérieux. Je me disais qu’il pourrait à l’avenir devenir un allié précieux mais je n’oubliais non plus pas la fourberie et l’égocentrisme de ce bien étrange personnage. La prudence s’imposait donc… Ce fut finalement le président Bortan qui me tira de mes réflexions.


            -Votre travail ici semble terminé, dit-il. Comme vous pouvez vous en douter, vous ne retournez pas sur Mygeeto. Corellia vous attend me semble-t-il. Dorénavant, vous n’avez officiellement aucune fonction au sein du Techno-Syndicat. Vous êtes désormais étranger à la compagnie. Croyez-moi, cela vaudra mieux lors de la campagne : n’oubliez pas que vous essaierez de convaincre des fervents partisans de l’indépendance de Corellia de voter pour vous. Un lien persistent avec le Techno-Syndicat et par conséquent avec la CSI risquerait de compromettre vos chances de succès. Néanmoins…


            Il marqua une pause et se leva de son siège, me regardant de haut pour me rappeler qui de nous deux était le plus puissant.


            -… vous travaillez toujours pour nous monsieur Phocas. Vous avez atteint un stade de non-retour : vous ne faîtes plus qu’un avec la compagnie Asavar. Votre sang est confédéré et votre chair est celle de l’entreprise. Tâchez de ne pas l’oubliez.

            Il me tourna le dos et se retira sans me laisser la moindre occasion de lui répondre. Cela me fit sourire : en toute circonstance, Vardek Bortan demeurait fidèle à ses habitudes. Je me levai à mon tour avant de me diriger vers la sortie du palais. Dakul m’attendait toujours à quelques pas de la garde rapprochée du président, immobile sous le soleil de plomb géonosien. L’éclat de l’astre m’aveugla un instant avant que mes optiques s’adaptent pour mettre fin à la gêne. Je fis un signe de tête à mon garde du corps afin qu’il me suive. Lorsqu’il fut suffisamment près de moi, je lui expliquai ce qui nous attendait dorénavant.


            -Changement de plan, entamai-je. Nous ne nous rendons plus sur Mygeeto. Nous allons sur Corellia.

            Le ton du mercenaire aurait probablement reflété sa surprise si son synthétiseur vocal ne masquait pas ses émotions.

            -Corellia ? Intéressant… Puis-je savoir ce qui nous y attend ?

            J’hésitai avant de lui répondre.

            -Au mieux, le siège présidentiel corellien, au pire, un nouvel échec cuisant, et dans tous les cas, une quantité astronomique de travail… pour nous deux.

            -Les choses commencent enfin à devenir intéressantes.

            Cet homme m’ôtait les mots de la bouche. Alors que nous nous dirigions vers l’astroport Loyd, Dakul et moi étions tels deux prédateurs sanguinaires en quête de leur prochaine proie. Et celle-ci portait le nom de Corellia.

            ---


            Vardek Bortan venait de laisser son petit protégé vaquer à ses occupations mais ne quitta pas l’assemblée pour autant. Nombreuses étaient les questions qui le taraudaient nuit et jour, mais celles qui envahissaient son esprit à ce moment-là concernaient principalement Asavar Phocas et le « Baron » Rissk. Asavar étant désormais parti pour Corellia, le puissant dirigeant du Techno-Syndicat dut se résoudre à laisser le destin décider de la suite des événements. Alea jacta est se disait-il dans ces moments en soupirant. Bortan n’aimait pas quand il était absent pour encadrer ses pions. Il considérait en effet que le monde n’était que chaos et hasard, et que seule sa supervision permettait de mettre de l’ordre et de la discipline dans cette anarchie. Le Skakoan haïssait l’aléatoire, mais il devait accepter l’idée que désormais, tout reposait sur un politicien intelligent mais cruellement inexpérimenté. Son esprit se reporta donc sur le Trandoshan lorsque l’ex-haut-prospecteur de Mygeeto quitta le palais préfectoral.


            Deux personnages grotesques vinrent s’entretenir avec le sous-préfet de Korriban. Bortan ne les connaissaient que trop bien : ces vautours représentaient respectivement la Guilde du Commerce et l’Alliance des Corporations, deux compagnies certes gigantesques, mais bien faibles en comparaison avec les trois colosses qu’étaient le Clan Bancaire Intergalactique, la Fédération du Commerce et, bien évidemment, le Techno-Syndicat. Vardek Bortan n’était pas né de la dernière pluie – de tous les manipulateurs présents, il faisait partie des plus anciens et des plus dangereux – et il flairait la vaine tentative des compagnies mineures de se rapprocher un peu plus de la gloire de la trinité commerciale qui régnait sans partage sur l’économie confédérée. Leur naïveté le fit sourire. Il ne s’agissait pas d’un sourire de compassion qu’un parent adresserait à son enfant maladroit mais plein de bonne volonté, mais d’un sourire carnassier qui aurait glacé le sang du plus brave des hommes, car Vardek Bortan semblait être le Diable lui-même. La raison de l’intervention de ces imbéciles ne faisait aucun doute : ils cherchaient à profiter du développement à venir de Korriban pour tirer leur épingle de jeu. C’était bien tenté, il fallait l’admettre… Mais rien n’échappait à Vardek Bortan. Le président du Techno-Syndicat épia discrètement la conversation, lisant les lèvres comme on lit un livre. Aucun détail ne lui échappa et lorsque la discussion fut enfin terminée, il s’éloigna, satisfait.


            Dans l’ombre d’un des couloirs isolés du palais géonosien, Vardek Bortan consulta un petit appareil de communication glissé entre ses robes. Il prit avidement connaissances des informations qu’on venait de lui transmettre et celles-ci ne firent que renforcer sa satisfaction. Le Skakoan avait consulté l’intégralité du réseau criminel à sa disposition pour enquêter sur l’étrange « Baron ». Le Consulat était-il au courant de l’existence de ce réseau ? Très probablement. Cependant, à travers ses intrigues et ses conspirations, Vardek Bortan avait toujours agi dans l’intérêt de la CSI et jamais à l’encontre de ses chefs suprêmes. Au fond de lui-même et aussi étonnant que cela puisse paraître, l’industriel était en effet un confédéré convaincu. Il ne parvenait à se détacher de ses propres intérêts que pour servir ceux de l’union séparatiste qu’il estimait supérieurs. Peut-être étaient-ce la puissance et la liberté que lui laissait la Confédération qui l’avaient séduit. Peut-être encore partageait-il réellement ses valeurs et ses idéaux. L’esprit de Vardek Bortan était un abysse insondable et la réponse ne serait probablement jamais révélée. Toujours était-il qu’avec une vitesse fulgurante, son réseau était parvenu à trouver des informations sur le Trandoshan. Ces informations étaient maigres mais elles seraient amplement suffisantes. Un contact opérant au sein des cartels avait découvert que les Hutt de Nar Shaddaa avaient eu affaire à Rissk. Il avait en effet travaillé pour eux jusqu’à ce qu’une affaire tourne mal, contraignant ainsi le reptile à se retirer vers une autre activité. Cette découverte donnait un atout Vardek Bortan, mais si tout se déroulait comme prévu, il n’aurait même pas besoin de s’en servir.


            Vardek Bortan rejoignit à temps le reste des notables à temps pour voir le Trandoshan suivre le ministre Boylt. Rissk ne perdait décidément pas de temps pour se construire son propre réseau. Le Président du Techno-Syndicat reprit son outil de communication et transmis un bref message à son secrétaire.


            -Débrouille-toi pour m’organiser une rencontre avec le sous-préfet Rissk avant son départ pour Korriban. J’ai à lui parler de toute urgence.

            Vardek Bortan déconnecta à nouveau l’appareil. La Guilde du Commerce et l’Alliance des Corporations avaient fait une offre à Rissk ? Qu’à cela ne tienne : c’était désormais au tour du Techno-Syndicat d’en faire une.

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              Auteur : Barrik

              Suivant le rythme de ses pas, l'échos de sa canne résonne dans les immenses couloirs du bâtiment Confédéré. Mais alors qu'il s'éloignait une sensation étrange parcouru l'échine du ministre. Mais avant tout autre analyse une voix reptilienne l'interpellant.

              L'ancien militaire faisait maintenant face à son interlocuteur qui a juste titre commençait à le questionner sur les capacités de Géonosis à pouvoir défendre les mondes mineurs. La volonté du Préfet Barrik était connue de tous et depuis son investiture les deux stations hosk n'avait eu de cesse de produire les dernières technologies en terme d'armement. Et c'est ainsi qu'en moins de trois ans presque deux cents navires de combat virent le jour. Mais prit par le temps, la flotte ne fut pas déployer à bon escient

              Mais les ordres étaient maintenant clairs et le système de défense de Géonosis couplé aux institutions militaires ont fait de la planète de sable une véritable place forte capable de tenir un siège d'une rare intensité. A l'heure actuelle elle est peut-être la planète la mieux défendue de la galaxie, mais il était nécessaire de partager cette puissance à l'ensemble des mondes comme le Préfet l'avait promit.

              - Les industries Géonosiennes ont depuis quelques années procédé à un vaste plan de production. Il n'est pas étonnant que vous ne sachiez rien de cela vu votre récente nomination à la tête de Korriban, des félicitations sont d'ailleurs de rigueur.



              Le ministre n'avait jamais réellement compris la raison de la prise de Korriban et de son incorporation à l'espace Séparatiste. Pour avoir fréquenté des Jedi du temps de l'ancienne république, les histoires et légendes de cette planète faisaient froid dans le dos.

              - Une force de frappe conséquente sera mise à votre disposition. 25 vaisseaux de guerre de lourd tonnage vous seront attribués. Les troupes sont déjà entrain de se préparer et attendent les consignes d'affectation. Cependant baser la défense uniquement sur une flotte serait pour nous une erreur.

              C'est pour cela que Géonosis a actuellement un des système de défense les plus important de la galaxie. Et  nous voudrions montrer l'exemple en aidant les système comme celui de Korriban qui n'ont pas les moyens de s'offrir un tel dispositif.

              Votre cas est tout de même assez particulier pour le souligner. Votre planète est chargée en histoire, ce qui dans un sens vous est bénéfique comme vous le disiez, mais aussi risqué pour toute personne qui voudrait s'y rendre. Si les Sith sont amenés à revenir, il n'est pas impossible que ce monde attise leurs convoitises et si une telle chose venait à arriver il faudra que vous soyez en mesure de vous défendre efficacement.

              C'est donc logiquement qu'une somme de 250.000 crédits vous seront attribué dans ce but en plus d'aide logistique et matériel afin que votre colonie soit à l'image de la Confédération: en avance sur son temps.

              Cependant il est évident que pour éviter toute corruption et de possible détournement, un superviseur sera présent afin de vérifier vos dépenses. Mais je pense que cette seule contrepartie n'en tâche pas la main que le gouvernement de Géonosis vous tend.

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                Auteur : Baron Rissk

                Le Trandoshan hausse doucement ses sourcils écailleux. Vingt-cinq vaisseaux de guerre de lourd tonnage au dessus de Korriban ? Bien loin d'être un expert dans le domaine militaire, Rissk sait que cela représente une force de frappe considérable... Que pourrait-il craindre avec une telle flotte au dessus de sa tête ? Pas grand chose visiblement et cela aurait pu lui arracher un sourire de satisfaction. Mais la suite semblait tout aussi extravagante. Deux cent cinquante mille crédits ? Vraiment ? Durant toute sa carrière de criminel, il ne lui avait jamais fait une offre aussi généreuse en faisant trois fois rien. Le baron en oublie presque de respirer tant l'excitation est grande. Son cigare fumant semble être la seule réponse que peut fournir l'imposant lézard à son interlocuteur. Le T'doshok est figé sur place, comme s'il est la malheureuse victime des pouvoirs mythiques de la Gorgone. Il avait dû retourner ciels et mers pour se faire une place de choix dans les milieux criminels... Il avait dû rester sur ses gardes constamment, éliminer ses collaborateurs et autres confidents si besoin... Et tout ça dans un seul et unique but : se monter une immense fortune personnelle. Et il avait failli réussir... Oh ça oui.
                Et aujourd'hui, on lui donne les moyens d'atteindre son objectif ultime. Bien évidemment, il ne pourrait pas utiliser cet argent à des fins personnelles et mystérieuses, et comme l'a souligné Boylt, on veillerait à ce qu'il ne détourne pas le moindre crédit. Mais cela n'a aucune importance. On lui offre une fortune afin de parvenir à ses besoins, et il ferait de Korriban une place-forte séparatiste, où il pourrait travailler en toute tranquillité sur ses recherches... Un frisson vient parcourir son échine. Il a tellement hâte d'aller ouvrir ces tombeaux... D'étudier l'histoire des Sith... Et d'exposer fièrement le fruit de ses découvertes. A croire que le destin s'acharne pour que le Trandoshan raccroche son tablier d'escroc notoire. Et à dire vrai, c'est peut-être ce que le sous-préfet ferait le temps d'un instant. Le baron autoproclamé n'a de toute manière aucune envie de se mettre à dos les instances séparatistes et les puissantes guildes commerciales. Mieux vaut les avoir de son côté...


                - Monssssssieur le Minissstre, je ne ssssais comment vous remercier.. Je ne m'attendais pas à une telle contribution de la part du gouvernement géonosien... Je peux déjà vous affirmer que mes adminisssstrés et moi-même vous serons éternellement reconnaissssants. Lâche naturellement le lézard bipède après un moment d'absence. Pour ssssse qui est des crédits alloués pour la défensssse et le développement de Korriban, je comprends parfaitement vos inquiétudes. Vous pouvez d'ores et déjà compter ssssur mon entière collaboration.

                S'il ment avec une facilité déconcertante, cette fois-ci, il arrive presque à croire qu'il est réellement sincère. Mais est-il redevable au préfet Barrik pour autant ? Bien sûr que non. Toutefois, il doit admettre qu'il apprécie particulièrement le geste et en conséquence, il se montrerait reconnaissant. Les bonnes manières... Toujours les bonnes manières. C'est à ses yeux le meilleur moyen de faire des affaires et de nouer des partenariats solides.
                Le voilà avec une épine dans le pied en moins. Mais le baron semble loin d'en avoir fini ici. Au loin, il y a bien une figure qui le guette, presque tapie dans l'ombre des couloirs. Cette silhouette est celle du secrétaire du président Bortan. Et bien... Visiblement, le Skakoan semble toujours vouloir se mêler des affaires du Trandoshan...


                - Et bien... Il sssssemblerait que l'on requiert ma présence ailleurs, et je ne sssssouhaite pas vous retenir plus longtemps Monsssieur le Minissstre. Reprend le lézard bipède en adressant un regard noir à l'assistant de Bortan. Je vous remercie pour le temps que vous m'avez accordé. Oh... J'oubliais, vous adresssssserez mes humbles salutations à Monssssieur le Préfet. Puissse t-il se rétablir promptement.

                Rissk s'incline et affiche un léger sourire, canne sous le bras. Il se dirige finalement vers la cause de sa nouvelle irritation. S'il s'est montré respectueux envers le ministre Boylt, les mollusques engoncés dans des boîtes de conserve commencent à lui taper sérieusement sur les nerfs. C'est donc avec un air menaçant qu'il se présente au sous-fifre malchanceux du président du Techno-Syndicat. Oh... Il n'est peut-être pas aussi puissant et aussi riche que le Skakoan, mais il a toutefois un avantage sur lui : Une imposante stature. Sur le trajet, Rissk s'imagine donc dix mille façons de tuer le président Bortan. Tout y passe. Explosion de la combinaison pressurisée qui vient répandre un liquide visqueux sur les murs après une petite erreur de configuration... Une tête insolente arrachée du tronc sur un malentendu... Un masque enfoncé profondément dans le crâne après une discussion fâcheuse... Des yeux arrachés des orbites qui finissent dans le gosier du T'doshok... Non vraiment ? Pourrait-il avaler ne serait-ce qu'un œil ? Non... Ce serait probablement infecte ! Néanmoins, l'idée reste intéressante... Et les yeux de Bortan pourrait tout aussi bien finir dans l'estomac d'une autre personne... Ou d'une créature.
                Ah... L'imagination fertile de l'esprit ne cessera jamais de surprendre le Trandoshan. C'est toujours réconfortant de pouvoir s'imaginer l'improbable pour combler ses frustrations. Tout du moins... Pour patienter en attendant que le moment vienne. Qui sait ? L'occasion viendrait peut-être un jour...
                Et lorsqu'il arrive à portée du Skakoan, il affiche un sourire hypocrite. Il a toujours en tête les multiples meurtres orchestrés sur la personne qui lui fait face. Un nouveau frisson vient parcourir son corps. Ce serait tellement facile de lui ôter la vie... Loin de ses gardes du corps, loin de tout témoin... Oh... Il y a bien le secrétaire, mais serait-il un adversaire de taille lui aussi ? Bien sûr que non... Toutefois, s'il apprécie le travail bien fait et les carnages, il préfère de loin observer, plutôt que de salir ses plus beaux atours. Ce n'est que lors de rares occasions qu'il se satisfait à tuer quelques malheureuses personnes... Lorsqu'il en ressent le besoin.


                - Président Bortan... Vous ssssembliez bien presssssé de me revoir... Vous aurai-je manqué ? Commence sur une pointe d'ironie le reptile, dévoilant doucement ses dents acérés.

                Le revoilà parti à jouer la comédie. La présence du Skakoan le met déjà de mauvaise humeur... Ses mâchoires puissantes viennent broyer silencieusement le cigare, qui se consume lentement, comme agonisant. Que peut-il donc lui vouloir ? Il a forcément une idée derrière la tête, pour venir l'importuner de la sorte... Peut-être se croit-il tout permis grâce à sa position... Le regard du reptile se pose sur son interlocuteur, à la recherche de la moindre faiblesse à exploiter par la suite. Le dirigeant du Techno-Syndicat a plutôt intérêt à se montrer convainquant, bref et précis. Car le Trandoshan n'a pas oublié le mépris et l'attitude hautaine de la précédente conversation... Et il n'est pas d'humeur à jouer avec ces abrutis.

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                  Auteur : Asavar Phocas


                  Vardek Bortan


                  La conversation entre le ministre Boylt et le sous-préfet Rissk s’était déroulée très rapidement. Décidemment cette journée était placée sous le signe de l’efficacité et de la concision, deux qualités qui mettaient le président Bortan d’excellente humeur. C’était une bonne chose : il aurait besoin d’ondes positives pour conserver son calme lors de son entretien avec ce lézard hautain, sournois et excessivement confiant en lui-même. Le Trandoshan se présenta enfin à lui et comme la dernière fois, son ton voilait à peine son hostilité. Vardek Bortan eut envie de soupirer ; depuis combien de temps n’avait-il pas eu une conversation honnête ? Il n’aurait su le dire. Le Sakoan ne connaissait que trop le regard que Rissk lui jetait. C’était un regard de meurtrier assoiffé de sang frais faisant face à sa prochaine victime. La conversation commençait dans des conditions merveilleuses… Ce Trandoshan avait beau être un criminel, il avait aussi le potentiel pour devenir un partenaire précieux à l’avenir. Il ne s’agissait pas de faire de lui un esclave comme l’avait suggéré Asavar Phocas, mais bel et bien un allié. Les esclaves étaient en effet trop dangereux et, paradoxalement, trop imprévisibles : la haine de leur maître croissait jour après jour dans leur cœur et ils attendaient impatiemment la moindre occasion pour mordre la main qui les battait. En revanche, un partenaire d’affaires était un allié des plus fiables, car il retirait lui-même des bénéfices de sa relation et n’avait donc aucun intérêt à la détériorer. Il fallait donc repartir sur des bases plus saines. Pour y parvenir, Vardek Bortan devait consentir à faire des sacrifices et à ravaler sa fierté. Autrement dit, il devait simplement faire des affaires comme il le faisait d’habitude.


                  -Sous-préfet Rissk, dit le président du Techno-Syndicat en s’inclinant légèrement. Je tenais tout d’abord à m’excuser pour le ton un peu… sec que j’avais employé lors de notre dernière conversation. Cela n’avait rien à voir avec vous mon cher. Voyez-vous, mon jeune protégé me cause bien des soucis. Il est certes talentueux mais il manque aussi de maturité comme vous avez sûrement pu le constater. Je vous présente donc mes plus sincères excuses.


                  Evidemment, il mentait : le ton qu’il avait employé était entièrement lié à la présence du Trandoshan.

                  -Si je voulais vous parler, c’était pour vous faire part d’une offre du Techno-Syndicat. A nos yeux, Korriban est une planète aux immenses potentialités et nous sommes convaincus qu’elle pourra très prochainement briller au sein même de la Confédération. Sous la direction de votre prédécesseur, Korriban n’était qu’un gâchis désastreux, mais nous avons le sentiment que vous êtes l’homme de la situation. Vous êtes un leader charismatique et compétent, mais surtout vous êtes audacieux ! Votre intervention lors de l’assemblée et la façon dont vous êtes arrivés au pouvoir sur Korriban ne font que le démontrer, même si le colonel Cinder ne vous porte probablement pas dans son cœur. Votre audace pourrait bien faire de Korriban l’un des joyaux de la Confédération en un temps record. Or, il se pourrait que votre projet de fouilles archéologiques soit le premier pas vers l’avenir brillant que nous espérons pour votre monde. Le Techno-Syndicat vous propose ainsi d’être le mécène de ces fouilles : nous sommes prêts à financer l’intégralité du projet sans recevoir le moindre crédit en retour. Les reliques Sith faisant en effet partie de l’histoire et du patrimoine de Korriban, nous estimons que le gouvernement local est le seul à pouvoir légitimement tirer profit des recherches et de l’éventuelle vente des reliques. Il s’agit là d’un gage de bonne volonté et de sympathie de notre part. Nous vous offrons donc nos services en espérant qu’une fructueuse collaboration naisse à l’avenir entre le gouvernement de Korriban, en qui nous fondons beaucoup d’espoir, et le Techno-Syndicat.


                  Le Skakoan prit le risque de tendre la main à son interlocuteur. Sa voix était emplie d’un enthousiasme sincère.

                  -Qu’en dites-vous Baron ?
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                    #25

                    Post n°25
                    Auteur : Baron Rissk

                    Décidément... Korriban a un succès inimaginable auprès des entrepreneurs séparatistes. Le président Bortan se jette dans la gueule du Trandoshan sans même hésiter une seconde... C'est trop beau pour être vrai. Ainsi, le Skakoan semble prêt à offrir les services du Techno-Syndicat, en échange de... Rien ? Rissk fronce ses sourcils écailleux l'espace d'un instant, en proie à la réflexion. Non. Cela doit cacher quelque chose. Oui... Mais oui ! Bortan veut évincer ses concurrents en proposant un contrat exclusif entre le Techno-Syndicat et Korriban. Et cela lui permettrait de la même manière, d'avoir une surveillance permanente sur les affaires du sous-préfet. Une manoeuvre habile, qui aurait pu fonctionner sans la présence d'un T'doshok méticuleux et sournois.
                    Et puis toutes ces flatteries et excuses polies... Venant de la part d'un être aussi répugnant que le Skakoan, cela semble presque être une insulte ! Croit-il vraiment pouvoir se mettre dans la poche le baron autoproclamé, à l'aide de quelques mots flatteurs ? Quelle ânerie, vraiment. Rissk l'aurait cru plus intelligent. Et voilà donc que le président Bortan perd plusieurs points dans son "estime". Il semblerait qu'à force de côtoyer les milieux aisés et influents, on en oublie comment mener des affaires avec des crapules comme le lézard bipède. A moins, tout simplement, que le Trandoshan soit trop malin pour le bien de tout le monde. Oh oui... Cette idée est à garder, et elle plaît particulièrement au principal concerné.
                    Rissk se retient d'exploser de rire, cette situation est d'un ridicule ! Tout le mépris qu'il a accumulé pour le mollusque en combinaison se change en ironie. Se peut-il que la fin du président Bortan approche à grands pas ? Oh, bien évidement, il ne supporterait pas le moindre échec, et cette éventualité le rendrait d'autant plus dangereux. Mais l'idée de pouvoir lui dire "non", de lui retirer une partie de son pouvoir... Quelle proposition des plus alléchantes ! Le pauvre petit cigare se voit offrir un bref moment de répit. Les mâchoires du reptile se desserrent doucement tandis qu'un rictus vient trahir l'amusement du T'doshok.

                    Bortan... Bortan... Tu es tombé bien bas.


                    - Monsssssieur le Président, vous comprendrez bien évidement que je ne puis vous "excuser" aussi facilement après l'affront que vous m'avez fait... Nous ne pouvons pas nous permettre de laissssser nos émotions prendre le desssssus, ce serait là un signe de faiblessssse, et un ssssérieux problème pour nous autres politiciens et hommes d'affaires. Il en va de notre... Réputation. Toutefois, je ne vous en tiendrais pas rigueur... Pour sssssette fois. Répond doucement le sous-préfet en prolongeant volontairement ses sifflements pour mettre à rude épreuve les nerfs de son interlocuteur.

                    Après tout, il ne va pas laisser les premiers péquenauds venus l'intimider et le ridiculiser en public, qu'ils soient haut-prospecteurs, présidents ou autre. Ce n'est donc qu'un juste retour des choses. Quand on en vient à faire un quelconque acte, il faut savoir en assumer les conséquences. Visiblement, la prévision n'est pas le fort des Skakoans, ou alors, celui-ci est tellement persuadé de sa réussite qu'il en oublie presque les imprévus qui peuvent survenir à tout instant. Rissk n'est pas le gentil petit partenaire commercial que l'on peut pigeonner ou façonner selon ses envies. Non. Il est rusé, ambitieux, et même dangereux.
                    Et actuellement, Bortan n'est pas en position de force. Quand on se montre méprisant envers quelqu'un, il ne faut pas s'étonner s'il n'est pas prêt à passer un quelconque marché par la suite. Une erreur que le président pourrait payer cher... Le Trandoshan fait quelques pas, silencieux, il savoure cet instant avec un plaisir non dissimulé. L'imposant lézard se plante à quelques mètres du Skakoan, comme s'il cherche à montrer qu'ils appartiennent à deux mondes différents. En outre, il décline de cette façon la poignée de main offerte par le "sympathique" président Bortan. Il fume tranquillement son cigare, et cherche à réaliser des arabesques avec la fumée qu'il recrache.


                    - Pour ce qui est de votre proposition... Elle est tout à fait intéressssante... Et je vous remercie par avansssse de l'intérêt que vous portez à Korriban. Reprend finalement Rissk en se tournant vers le dirigeant du Techno-Syndicat. Toutefois, vous n'êtes pas le premier à me faire une offre, même sssssi la vôtre dépasssse de loin celles des autres. Il est important à mes yeux, de faire de la planète que j'adminisssstre un point de rasssemblement pour tous les séparatisssstes. J'ai déjà des engagements à tenir auprès du gouvernement géonosien... Et auprès de vos collègues de l'Alliance des Corporations et de la Guilde du Comerssssse. Il y a une menace qui gronde... Et il est important de mettre toutes les querelles de côté, tout du moins sssssur Korriban, afin d'optimiser nos chances contre ces Sssssith. Bien évidement, vous pourrez contribuer aux recherches, mais il me tient à cœur, de voir chacun participer à "l'effort de guerre". Nous avons tous un rôle à jouer Monsssssieur le Président. Il n'en va pas sssseulement de l'avenir du Techno-Syndicat ou de Korriban, mais bien... De toute la Confédération des Sssssystèmes Indépendants.

                    Qu'en dites-vous Président Bortan ?


                    Et c'est donc au tour du T'doshok de tendre une main "amicale" au président, souriant de plus belle. Se mettre à dos le Techno-Syndicat est loin d'être la meilleure idée. Même s'il est particulièrement rancunier et qu'il n'oublie pas le mauvais comportement des dignitaires Skakoans, il est prêt à leur "offrir" une seconde chance.

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                      #26

                      Post n°26
                      Auteur : Asavar Phocas


                      Vardek Bortan


                      Vardek Bortan reconnaissait volontiers l’intelligence et le talent de l’autoproclamé Baron Rissk. Néanmoins, il ne put s’empêcher d’être déçu par le personnage. Un esprit aussi brillant pouvait mettre le monde à ses pieds s’il le désirait, et pourtant ce Trandoshan gâchait son talent dans une joute verbale grotesque. Et pourquoi faisait-il cela ? Pour une question d’ego… Pour des enfantillages ridicules… Le genre de comportement qui ne rapporte absolument rien, si ce n’est des ennemis dangereux. Vardek Bortan sentait à quel point le reptile était fier de lui, convaincu d’avoir cloué le bec de l’un des plus grands pontes de la Confédération, et cet orgueil répugnant l’exaspérait. Rissk avait sans aucun doute la conviction d’avoir joué finement et d’avoir vaincu le Skakoan à son propre jeu. Mais était-ce seulement le cas ? Non. Tout simplement parce qu’il n’y avait ni jeu, ni manipulation. Bortan avait simplement fait au sous-préfet une offre qui pouvait leur être bénéfique à tous les deux et dans une soudaine crise de puérilité, ce dernier s’était jeté sur l’occasion pour se moquer de son interlocuteur. Ce que Rissk ne comprenait visiblement pas, c’était qu’il avait un besoin vital de la Confédération pour servir ses intérêts mais que la Confédération n’avait pas besoin de lui. Le Trandoshan n’était qu’un pion de plus sur l’échiquier séparatiste, une pièce interchangeable dont l’unique usage était de servir un dessein qui la dépassait. L’attention soudaine que les grandes compagnies et les gouvernements confédérés portaient à Korriban ne le mettaient absolument pas en position de force. Le Skakoan fut soudainement tenté de faire un cadeau à son "vieil ami" Cinder en lui confiant tout ce qu’il avait appris au sujet du sous-préfet de Korriban mais il se ravisa. Vardek Bortan n’était pas seulement un homme d’affaires rusé et un politicien impitoyable, il était aussi un homme de raison, de mesure et de sagesse. Il se contenta donc de sourire derrière son masque face à l’imprudence et à l’orgueil du Trandoshan. Rissk… Rissk… Tant de talent gâché par l’hubris ! Si tu savais dans quel embarras tu t’étais mis… Néanmoins, au-delà du comportement puéril du sous-préfet, son offre tenait la route, même si Bortan savait que l’unité de la CSI était le dernier des soucis du sous-préfet. Le président du Techno-Syndicat fixa quelques instants la main – si l’on pouvait parler de main – que lui tendait le Baron. Il releva ensuite les yeux et porta son regard vers les orbites du T’doshok.


                      -Je crois que nous avons un accord, dit-il finalement en saisissant fermement les griffes du reptilien. Nous serons amenés à nous revoir très bientôt monsieur Rissk. D’ici là, portez-vous bien…

                      Vardek Bortan et son secrétaire quittèrent le sous-préfet de Korriban et rejoignirent l’escorte de magna-gardes. Bortan était satisfait de cette journée et cette dernière conversation l’emplissait de satisfaction même si le comportement du baron avait eu le don de l’exaspérer. Rissk venait de mettre le pied dans une machine infernale et il ne le savait pas encore. Bortan était l’œil, la main noire du Consulat. Non seulement son travail contribuait à faire la fortune de la Confédération, mais il lui permettait également de se débarrasser de ses ennemis intérieurs. Rissk était mal parti pour se maintenir en place dans la durée mais Vardek Bortan consentit à le mettre à l’épreuve, et il valait mieux pour lui que le Skakoan ne le classe pas parmi les ennemis intérieurs. Ris donc T’doshok… Ris à gorge déployée tant que tu le peux.
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                        Post n°27
                        Auteur : Tericarax

                        La salle était à présent complètement déserte. Les cohortes alien disparates qui composaient la caste politique séparatiste s'en étaient allées, bruyantes et animées ; on s'occupait de ses propres affaires, concentrés sur les plans de son futur, car les directives données ne nous concernait pas. Bien entendu, l'envie occupait une place de choix dans le cœur de beaucoup : un nouveau venu, cet Asavar Phocas, nommé pour se présenter aux élections de Corellia ! Un scandale ! Mais les dirigeants économiques les plus modestes de la Confédération n'auraient pas élevé la voix contre Sin Hall, président du Clan Bancaire Intergalactique : dans le monde des affaires, la voix du président Hall était absolue, et même si l'on jalousait Asavar et l'on méprisait Hall, méprisait de ne pas nous avoir choisi nous plutôt qu'un Skakoan sorti de nulle part, on ne pouvait s'empêcher de se demander ce qui avait motivé pareil choix. Sin Hall était un homme d'affaire redoutablement avisé, il ne jouait jamais ses coups au hasard. S'il avait lui-même désigné le nouveau venu comme l'alien de la situation, c'était sans doute que sa fantastique intuition lui avait permis de sentir quelque chose en l'intéressé, quelque chose qui échappait au commun des mortels.

                        Ainsi, malgré la convoitise, nul ne s'était opposé aux propos du muun. Ainsi donc étaient sortis les dirigeants, les représentants, les ambassadeurs économiques, ainsi s'en étaient allés les quelques politiciens conviés. Et maintenant ne demeurait plus dans la grande salle de réunion – alors que le tumulte s'éloignait dans les couloirs – que la figure de Sin Hall. Il était patiemment assis, les bras croisés sur sa poitrine. Nuts, face à lui, le fixait de ses yeux monochromes et sans pupilles. Il savait pertinemment que le président ne partirait pas, oh non, car le président avait un plan en tête ; et Nuts attendait juste de savoir lequel.

                        L'esprit de Hall était affûté, son flair, redoutable. S'il était toujours présent et Bortan absent, cela ne pouvait signifier qu'une chose. La manœuvre de Corellia avait écarté le dirigeant du Techno-syndicat, l'avait éloigné de la salle par la promesse d'un gros lot. Tout ceci pour permettre au Muun, quoi, quelques secondes, minutes peut-être d'entretien avec Hankki Nuts ? Le brouhahah des discussions n'était maintenant qu'un lointain souvenir – de même que Cinder. Ne demeuraient là que ce duo silencieux et les magna gardes muets, et un pesant secret enveloppait toute la pièce ; un mystère qu'entretenait Sin Hall par son mutisme présent. Une minute entière s'écoula ainsi.
                        Une autre minute détalla dans la pièce, marquée seulement parfois par le son lointain de pas dans les couloirs qui venaient s'échouer enfin ici.

                        Alors, le dirigeant du Clan Bancaire, ce muun aux multiples rides et aux yeux de rapace d'un bleu perçant se pencha en avant, comme formulant quelque secret qui ne devait être prononcé qu'à voix basse – mais qu'il énonça pourtant clairement pour que Nuts, plus d'une dizaine de mètres plus loin, puisse l'entendre.


                        - Vous n'avez pas été très clair au sujet de ce meurtre sur Utapau...Pourriez vous partager quelques détails supplémentaires, président Nuts ?

                        - Des...Des détails ?

                        - Tarun Blaum était un personnage précautionneux à l'extrême – presque même paranoïaque. Il était minutieux dans les affaires comme la protection de sa propre vie. Que s'est-il passé, monsieur Nuts ? Il a survécu à l'arrivée de la C.S.I sur son monde lors de la Guerre des Clones, survécu à de nombreux attentats alors que les conflits battaient leur plein, toujours protégé avec ferveur et rigueur les siens. Lui, si attentif à sa propre sécurité et à ses intérêts, ce Tarun Blaum aurait été assassiné, et par une générale républicaine dont il avait toutes les raisons de se méfier qui plus est compte tenu de notre passé avec les républicains ?

                        Hankki Nuts détourna les yeux quelques secondes, fixant le sol comme si les réponses s'y trouvaient – ou comme si les dalles lustrées lui conféraient le moindre courage pour affronter les interrogations du muun inquisiteur.

                        - Il était en état de choc, justifia-t-il avec faiblesse. Hall, à cette confidence, fronça les sourcils et se balança en arrière dans sa chaise, contrarié. Blaum avait un mental de fer et une volonté d'acier. Il n'était pas prêt à courber l'échine si facilement que le faisait actuellement le neimoidien qui avait été choisi comme président des préfets séparatistes.

                        - En état de choc ? Les attentats sur Utapau ?

                        Nuts hocha positivement de la tête.

                        - Il était en pleine réunion avec les autres dirigeants du conseil quand l'attentat s'est produit. Son fils a été grièvement blessé puis s'est éteint dans ses bras d'après les rapports.

                        Le muun resta silencieux, profondément dérangé par la nouvelle révélation de Hankki Nuts. Une personne aussi attentive à sa propre défense que Tarun Blaum avait été attaquée au siège de son monde, au cœur de la forteresse minutieuse qu'il avait jusqu'ici bâti et que nul n'avait su outrepasser ? Quelque chose ne collait pas. Quelque chose n'allait vraiment pas dans toute cette affaire. Mais, pour en avoir le cœur net, le dirigeant du Clan Bancaire ne devait pas formuler ouvertement ses doutes. Les murs avaient des oreilles. Par ailleurs, Nuts ne devait pas avoir énormément de détails ; il ne devait pas même savoir combien de Sith avaient attaqué le siège du conseil Utapaun. Qu'à cela ne tienne, il ne restait qu'une seule interrogation pour Hall.


                        - Et l'un des nôtres l'a abattu en profitant de sa faiblesse...Qui, Nuts ? Qui est le traître ?


                        Nuts lorgna avec méfiance les magna à chaque coin de la pièce, comme redoutant des représailles de la part des machines. L'ombre de la peur était sur chaque trait de son visage. La paranoïa est une maîtresse cruelle : ceux qu'elle retient en otage ont toujours le couteau de la peur appuyée à leur gorge, et il n'est de remède à la peur que la confiance ; c'est d'accepter que le fil de la lame vous entaille la peau, c'est de reconnaître que parfois il faut saigner pour enfin être libre. Nuts observait les IG-100, et chaque issue de la pièce était barrée par une paire de ces mortels gardes – d'immobiles statues qui n'attendaient qu'un ordre pour se mettre à nouveau en marche.


                        - Président Nuts, dit posément Sin Hall. Vous n'allez pas contre la volonté du Consulat en précisant qui a trahi la cause confédérée. Ces gardes sont les miens, ces gardes sont les vôtres, ces gardes sont le bouclier de nous, têtes pensantes. Oubliez Cinder. Il est féroce, mais il défend nos intérêts et nos vies ; sa colère est dirigée contre les Sith, même s'il gifle l'Impérium. Mais le professeur n'attire-t-il pas l'attention de l'élève endormi en haussant la voix ? Vous n'avez rien à craindre. La vérité n'est pas un crime dans la Confédération, président Nuts.

                        Le visage vert du neimoidien se tourna vers celui du muun. Les yeux du politicien se plongèrent dans ceux du banquier. Pendant quelques secondes, Sin Hall put observer jusqu'au fond de leur cornée les deux yeux opaques de son interlocuteur. Alors, Nuts ferma les yeux, battit des paupières. Des gouttes de sueur avaient perlé sur son front.

                        - Vous...Vous avez raison. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Tous les événements avec ces attentats et ces Sith...

                        - Si nous laissons la peur l'emporter, que nous reste-t-il, Nuts ? Nous valons mieux que ça. Nous sommes la Confédération des Systèmes Indépendants. N'avons-nous pas pris un immense pari en nous séparant de la République il y a quinze ans ? Si nous avions laissé la peur dicter notre conduite à ce moment là, où serions-nous ?

                        Sin Hall pointa le sol de son doigt.


                        - Sous terre, mon cher Nuts, six pieds sous la boue froide où rien ne remue. Ces terroristes sont une nouvelle épreuve, une nouvelle conséquence de nos actes passés. Et la Confédération affrontera ce nouveau défi comme tous les précédents. Comme le général Orguen autrefois, comme le général DH-47, comme le général Mufus, comme le général Gelmir, comme le consulat, comme le colonel Cinder, vous et moi, Nuts, sommes garants de la sécurité de notre Confédération. Et pour assurer sa sécurité, j'ai besoin de savoir quel est l'officier qui a poignardé Tarun Blaum dans le dos. Ne me ferez vous pas cette faveur ?

                        Nuts inspira faiblement. Il hocha de la tête, comme pour se convaincre, se convaincre qu'il pouvait faire confiance à Sin Hall. Bien. Enfin il allait lâcher le nom. L'heure de vérité était venue. Les lèvres du neimoidien bougèrent enfin :


                        - Le lieutenant Tericarax, dit-il. C'est lui qui a trahi et brutalement tué Blaum.

                        Tericarax...

                        Les yeux du président Hall s'agrandirent un instant alors que le nom résonnait dans son esprit.






                        Quatorze ans plus tôt, pleine guerre des clones.

                        Un conflit armé avait mené au bombardement orbital par la République d'une petite planète sauvage, une certaine Kalee. Les troupes autochtones ne présentaient aucun intérêt pour la Confédération ; un peuple tribal et sauvage, des clans guerriers qui, bien que légitimes dans leur combat et leurs guerres, n'était ni plus ni moins que des bêtes féroces qu'on aurait à peine pu considérer civilisées.

                        La planète était à présent livrée aux flammes des conflits et de la corruption républicaine ; la modeste civilisation de sauvages avait été abattue, enchaînée pour rembourser les dommages et intérêts, forcée à des années de servitude pour avoir eu l'audace de se défendre. On était en orbite de Géonosis. Notre personnage – un muun au service de la Fédération du Commerce – avançait à grandes enjambées dans les couloirs généreusement éclairés du vaisseau. Ses yeux étaient rivés sur un droïde souris qui filait devant lui, le guidant dans les virage grillagés du grand croiseur Providence – un modèle tout récent et novateur qui sûrement serait décisif dans les affrontements avec la République.

                        Le droïde souris l'amena à une porte de fer noir, puis repartit en sens inverse en glissant sur le sol. Alors que son sifflement s'éloignait, notre muun posait sur une petite console sa main. Un bip sonore retentit, alors que trois grosses lampes passaient au vert sur l'encadrement de la porte ; avec un soupir de vapeur elle se déverrouilla et disparut dans le plafond. Le personnage passa et entra dans la pièce. Une obscurité presque totale y régnait, à une exception près.

                        Au centre de cette chambre trônait une grande cuve, un gigantesque cylindre. Des neimoidiens grouillaient, affairés sur les consoles de contrôle. Parfois, le gros bourdonnement des créatures résonnait, alors que d'un saut disgracieux elles déplaçaient leur corps bedonnant vers un autre appareil à re-régler. Il provenait de la cuve un éclat vairon presque aveuglant qui s'étirait dans toute la pièce en un halo sinistrement synthétique. Et au milieu de la cuve...

                        Flottaient des restes. Ils étaient organiques, certainement. On distinguait ici la forme d'une homoplate, mais on y avait injecté jusqu'à l'os une grosse seringue qui remontait ensuite par des réseaux de tuyaux jusqu'au couvercle de ce bien étrange aquarium. D'autres clous étaient plantés sur ces restes de matière vivante, des sondes noires et étirées si larges qu'elles étaient visibles sous la peau où elles avaient été implantées. Des voyants s'allumaient et s'éteignaient sur celles-ci, à la façon de plusieurs écrans sur les consoles dans les coins de la pièce. Bip, bip, bip, faisait l'un des terminaux.

                        Le muun tourna autour du cylindre. Les restes avaient été maintenus en vie, mais ils n'avaient plus de bassin : leurs jambes manquaient. Leurs bras avaient été amputés. Il ne demeurait là qu'un torse...Et un visage. Un visage de chair et d'os et pas d'acier, respirant par un masque à oxygène. Il était assoupi, pour l'heure, inconscient. Mais les consoles étaient formelles : il était toujours vivant. Son cœur battait toujours, malgré son terrible état.


                        - Obstiné jusqu'au bout, murmura le Muun pour lui-même.

                        Malgré l'état lamentable de la créature face à lui, notre personnage ne pouvait s'empêcher de ressentir une fascination pour ce dernier. Certains périssaient d'un simple tir de blaster dans l'abdomen, incapables de supporter la douleur. Mais lui, ce reste de corps à peine identifiable, s'accrochait avec acharnement au dernier fil d'existence qu'il lui restait.


                        - Aujourd'hui non plus donc...

                        Il avait espéré que notre créature s'éveille. Il avait espéré qu'elle reprenne connaissances et qu'il puisse s'entretenir avec elle...Visiblement, il s'était trompé. Quel dommage. Si cela se trouvait tous ses efforts étaient en vain. La chose allait périr de ses blessures. Après tout, il ne lui restait plus longtemps à vivre. Demain, il reviendrait, et les géonosiens l'accueilleraient pour lui annoncer – navrés et piteux – sa mort. Il soupira, se détourna.


                        - Psshhhhhh... fit le masque à oxygène. Notre muun releva les yeux vers le visage reptilien. Une nuée de bulle s'était échappée de son dispositif respiratoire, remontant vers le couvercle de ce lit d'hôpital liquide. Deux yeux d'ophidien s'ouvrirent dans cette face masquée. Des iris de serpent dorés, glaciaux et droits, affûtés comme des rasoirs se posèrent sur notre muun. Ils étaient cernés et épuisés, mais brillaient néanmoins de curiosité. L'envoyé de la Fédération du Commerce sourit, mais au fond il était tout à fait grisé. Il masqua avec peine son excitation. Il était vivant ! Il était vivant et conscient !

                        - Ah. Bonjour professeur! Vous avez enfin repris connaissances
                        , dit-il avec un trop plein d'enthousiasme qui lui avait échappé.

                        - Que...Pshhhhh...S'est-il passé... ? Réclama faiblement l'autre. Il arrivait à parler ?! Par la Force, quel démon obstiné que voilà ! Un parmi dix milles, non, un parmi cent milles !

                        - Un événement bien malheureux je le crains. Votre laboratoire a été bombardé. Nous vous avons secouru juste à temps, professeur Tericarax.

                        - Votre...Pshhhhh...Nom... ?

                        - Hall, Sin Hall. Je viens vous proposer un marché qui pourrait vous rendre plus parfait que vous n'osez l'imaginer.




                        Quatorze ans plus tôt, Sin Hall travaillait encore pour la Fédération du Commerce. Mais le Clan Bancaire avait repéré son immense potentiel et lui avait proposé une offre plus alléchante ; alors il avait pris sa place, et chaque jour avait grimpé, grimpé par sa compétence, grimpé par son audace. Mais, même maintenant qu'il se trouvait tout en haut de l'empire bancaire, il n'avait jamais oublié le kaleesh qui avait refusé de périr.


                        Ce Tericarax...Avait trahi la Confédération ? Sin Hall se rassit, incapable de parler.

                        Obnubilées par l'incompréhension, ses pensées s'égarèrent.

                        Mais cela...

                        Pour ce Kaleesh brillant et froid...

                        La Confédération n'était-elle pas...

                        Occasion inespérée...Unique...La C.S.I n'avait-elle pas été une chance inouïe pour lui... ?

                        Tericarax, ce docteur brillant avait trahi ce à quoi il avait contribué pendant si longtemps ?


                        Sin Hall souffla pour se calmer et retrouver un air composé et contrôlé. Cela ne faisait qu'un détail étrange de plus dans toute l'histoire. Son intuition lui soufflait que quelque chose de louche se tramait derrière cette affaire. Il se leva de son siège, et avec un air neutre, adressa à Nuts des remerciements polis.

                        Il traversa les rangées de tables, remonta le long des marches, et lorsque enfin il arriva devant la porte, si près de la sortie, lorsque enfin il pouvait apercevoir devant lui les couloirs marbrés et purs du palais préfectoral, il lança une dernière fois ses forces dans la bataille.

                        - Une dernière question, président Nuts.

                        Il se tourna vers son interlocuteur, qui sursauta. Il pensait en avoir fini. Sa mine déconfite trahissait ses pensées.

                        - Euhm, hum, ou-oui ?

                        - Qu'est-ce que le consulat compte faire au sujet de cette générale ?

                        Nuts, à ces paroles, sourit – sans doute pour la première fois depuis le début de la séance.

                        - On m'a assuré que tout était déjà à l'étude. Nul n'échappe à la justice séparatiste.

                        - Vous êtes un neimoidien de courage, président Nuts.

                        C'était un mensonge effronté, mais la seule façon que Sin Hall avait de passer sa frustration présente. Là-dessus il sortit de la pièce. Alors qu'il avançait vivement dans les couloirs, son assistant personnel – un droïde protocolaire de grand talent, un modèle unique – venait à son niveau.


                        - Monsieur Hall. Je vous attendais, vous êtes en retard, votre vaisseau vous attend pour retourner vers Mygeeto.

                        - Prévenez le pilote, nous changeons d'itinéraire.

                        - Monsieur ? Fort bien, mais...Pour aller où ?

                        - Utapau.

                        Il était temps d'aller au fond des choses pour Sin Hall. Et puis, cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas vécu d'aventures. Cela lui rappellerait peut-être sa jeunesse, qui savait ?

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