Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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Star Wars RPG

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  • Le ChroniqueurL Hors-ligne
    Le ChroniqueurL Hors-ligne
    Le Chroniqueur
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    #5

    Post n°5
    Auteur : Super PNJ

    La pièce où avait été laissé Arnon à sa patience était à l'image des prédécesseurs Neimoidiens du préfet actuel : richement décorée, un étalage de luxe qui se voulait à la fois impressionnant et légèrement écrasant pour bien marquer les différences de classe entre les dirigeants et le reste du peuple. Il était de notoriété commune que les autochtones de Cato Neimoidia étaient bien peu à l'aise dans tout ce qui touchait au travail physique, se complaisant dans les directives et les ordres. Il était bien normal que ce trait de caractère rejaillisse sur ses représentants. Dae'Mid, lui, n'avait que faire de ce genre d'atours, y préférant largement l'art de la table, mais il n'avait eu ni le goût, ni le temps de se pencher sur la décoration de ses nouveaux locaux, surtout avec ce qui venait de se produire.

    Lorsque le préfet fut mis au courant de l'arrivée de l'agent du DSP, il se trouvait justement être dans les dossiers les plus nébuleux de ces derniers temps, sur Cato Neimoidia. Notamment sur des règlements de compte en apparence qui avaient eu lieu au Neimo's Inn, l'un des bars les plus branchés, incluant un Lieutenant de la Marine, une certaine Elfriede Vasburg, et d'autres événements plus ou moins localisés. Pour une planète qui se démarquait avant tout par une certaine lascivité (pour ne pas parler de paresse), des moments aussi brutaux se devaient d'être analysés sous toutes les coutures. Aussi, Dae'mid ne perdit pas de temps : il n'en avait déjà que peu à consacrer à l'homme qu'il fit inviter à rentrer.

    Pour Arnon, ou Adriel, la situation pouvait prêter à un léger sourire si tant est qu'il en eut le cœur : depuis un salon spacieux, luxueux et programmé pour les longues attentes, il fut rapidement emmené à un bureau plutôt austère qui voulait plutôt se donner des airs de temple du savoir, avec de nombreux ouvrages sur les étagères au mur, peu de technologie hormis un holo-communicateur à hologramme et un ordinateur. Derrière son bureau, l'officiel Gossam attendait sagement, les dossiers devant lui, mains croisés. Lorsque le Sergent fit son apparition, il se leva par politesse, attendant le salut militaire. C'était une situation qui se trouvait toujours être des plus intrigantes : le soldat devant lui ne lui devait rien, tout comme le préfet n'avait rien à lui rendre, ne gravitant pas dans les mêmes sphères de pouvoir et d'influence. Pourtant, il était de notoriété commune qu'hormis les hauts gradés, tous s'accordaient pour suivre les directives des préfets, jusqu'à un certain point.


    - Merci d'avoir fait le voyage aussi vite, Sergent. Asseyez-vous, je vous en prie, et allons droit au but. Je crois qu'un premier briefing vous a été fait ?

    Atréïs

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    • Le ChroniqueurL Hors-ligne
      Le ChroniqueurL Hors-ligne
      Le Chroniqueur
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      #6

      Post n°6
      Auteur : Arnon Veral

      Le salon était spacieux et richement décoré. Il reflétait toute l’idéologie de Cato Nemoidia, donnant une certaine véracité aux rumeurs concernant cette planète. Si je savais me tenir, j’avais toujours aimé le luxe, c’était précisément ce qui avait expliqué ma carrière au sein du BRI. J’avais accepté d’accomplir les basses besognes de l’Empire Sith précisément car ce dernier m’avait permis d’avoir une promotion sociale. Mes idées révolutionnaires à l’époque où j’étais encore un membre du Cercle Ouvrier m’avaient amené à rêver d’une révolution sociale qui renverseraient les classes dirigeantes. Etrangement, lorsque j’étais passé du côté des oppresseurs, je ne m’étais pas démarqué par mon sens de la morale. J’avais fait participé à la mise-en-place d’un système de tortionnaire et d’exploitation. Je ne pouvais m’empêcher d’éprouver une certaine satisfaction dans cette pièce pompeusement décorée et droit dans mon uniforme : les choses avaient changé et j’étais redevenu quelqu’un de respectable. Si initialement rempiler ne m’avait pas paru très agréable, je devais reconnaître que mes nouvelles fonctions au sein du DSP avaient quelque chose de très confortable. L’armée et les structures administratives fournissaient un cadre, une ligne à suivre, cela me canalisait et je n’avais plus à me poser de question. Mon unique préoccupation pour l’instant avait été de suivre le droïde et de rejoindre Cato Nemoidia et l’antre du Sous-Préfet. Il me fallut un certain moment pour comprendre que j’allais rencontrer Dae’Mid en personne. Je l’avais déjà rencontré, au moins deux fois, dans le cadre de délégation sur Raxus Secundus. Se rappellerait-il de moi ? Peu probable, le Gossam était une personnalité très importante qui avait l’oreille des huiles de la CSI comme du peuple. Il avait toujours réussi à se recycler, pour lui ce poste sur Cato Nemoidia n’avait été que la continuité d’une carrière très fructueuse.

      Je fus tiré de mes flâneries lorsqu’un intendant fit son apparition et m’indiqua le chemin à suivre, c’est la casquette sous un bras que je le suivis. Une fois dans le bureau de Dae’Mid, je ne pus que remarquer le contraste saisissant qu’il y avait avec la décoration fastueuse de la Préfecture qui était un véritable palais doré ou encore avec le bureau de sa successeuse, la Sous-Préfète Leiel Osso sur Raxus Secundus qui avait transformé ses quartiers en véritable musée d’art de la nouvelle vague. Quelques livres et seulement un holo-communicateur. Dae’Mid était de petite taille, les bras et les jambes croisées, derrière son bureau. Droit comme un « i », je saluais le Gaussam d’une manière des plus martiale, peut-être un peu trop raide pour la CSI, mais j’avais bien conscience qu’il y avait des choses dont je ne pourrais me départir. Loin d’être impressionné car sans doute habitué à être salué par des militaires et des fonctionnaires du renseignement, Dae’Mid prit les rennes et m’invita à m’asseoir, ce que je fis en déposant ma casquette sur le rebord de son bureau. Dae’Mid ne s’éparpilla pas en banalités…J’avais connu le Sous-Préfet mielleux et aimable, celui que j’avais face à moi était bien différent. Cela n’avait pourtant rien d’étonnant, on n’atteignait pas de si hautes sphères sans être capable de s’adapter à son auditoire. Cette dichotomie entre image publique et image plus privée du politicien donnait presque raison à la rhétorique de l’Empire Sith. En voudrais-je pour autant à Dae’Mid ? Non, car premièrement je n’étais pas en position d’avoir une quelconque expectation. La deuxième raison était plus pragmatique : nous avions perdu la guerre et l’Empire Sith s’était effondré, avec lui son modèle, je devais donc accepter et m’adapter au régime qui avait prospéré depuis. Je me surpris à avoir envie de fumer une cigarette, mais je chassais ces pensées. Ici j’étais Adriel Venkhor, mon nom d’emprunt pour le service, même s’il était possible que Dae’Mid connaissent mon nom sur Raxus Secundus puisque ce « Petit Homme » m’avait fait quérir dans les locaux d’AgroChrome. Habitué aux jeux de dupes, je me contentais de répondre à mon interlocuteur.


      -C’est exact Monsieur le Préfet, j’ai été informé de l’attentat infructueux contre vous.

      C’était extrêmement faible comme information. Il était évident que Dae’Mid rechercherait à trouver les commanditaires et même les exécutants. La Confédération avait tout intérêt à mater tout groupuscule avant que ce dernier ne lance des opérations régulières. C’était d’autant plus important dans un régime comme la CSI où tous les mondes conservaient une certaine indépendance et surtout des règles locales qui cohabitaient à des règles Confédérées. Cela mettait les peuples autochtones dans des situations très variées. Il fallait donc garantir une cohésion. Je ne pouvais que m’étonner que Dae’Mid en ait été la cible. Je voyais bien que le Sous-Préfet était un homme pressé, aussi était-ce le moment où j’allais devoir prendre le contrôle de la situation. Le Gossam attendait sans doute de moi que je sois un professionnel enclin à régler ses problèmes. Même si mon rang de sous-officier me cantonnait à des tâches subalternes, c’était moi que Petit Homme avait envoyé pour une quelconque raison.

      -Sachez que vous pouvez compter sur moi pour mettre tout en œuvre pour retrouver les commanditaires et ce dès maintenant, Monsieur. Afin de pouvoir évaluer concrètement la situation et de nous permettre de lancer l’enquête, il va me falloir toutes les informations sur ces évènements.

      J’en étais maintenant convaincu, c’était ce que Dae’Mid attendait du DSP, avoir face à lui un agent qui agisse avec professionnalisme. Si je restais un subordonné, je pouvais imaginer que le Gossam avait vécu un évènement traumatisant et qu’il s’attendait à ce que nous réglions l’affaire au plus vite. Il était probable que la mort de Dae’Mid n’ai pas été le seul objectif d’une telle attaque, mais qu’en réalité l’objectif ait été de semer la terreur en médiatisant l’action. Il était bien trop tôt pour tirer ce type de conclusion sans plus d’information mais il allait bien me falloir un point de départ pour trancher entre les différentes hypothèses qui me permettraient de commencer l’enquête. J’avais déjà en tête plusieurs propositions pour démarrer si Dae’Mid n’était pas capable de me donner plus de détail : le plus intéressant serait d’aller m’entretenir avec les responsables locaux de la police Nemoidienne, eux seraient capables de me renseigner sur d’éventuels groupuscules politiques, ainsi je pourrais évaluer la valeur de mon hypothèse assez rapidement.

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        #7

        Post n°7
        Auteur : Super PNJ

        Dae'mid avait masqué habilement sa surprise face à l'homme qui venait de le saluer de manière si rigide. Doté d'une mémoire assez fabuleuse, le Gossam n'avait pas pu oublier le visage dur et abîmé d'Arnon Veral, directeur d'AgroChrome. Longtemps, il s'était demandé, lors de leurs rencontres, ce qui lui avait donné ces cicatrices, mais à présent qu'il l'avait devant lui en tant qu'envoyé de Petit Homme, il comprenait mieux : un agent du DSP, ni plus, ni moins. C'était une réelle surprise, autant pour son identité que pour l'absence de contact qu'ils avaient pu avoir en dehors des entrevues officielles, alors qu'il avait tant oeuvré, dans l'ombre, pour la CSI. Ou bien était-ce une nouvelle recrue ? Après tout, il n'avait pas demandé d'homme d'expérience... Ce fut d'une voix calme qu'il enchaîna, bien loin de la précipitation qu'aurait eu un traumatisé suite à ces attentats.

        - Bien entendu, Sergent Venkhor. Avant toute chose, je tiens à préciser que je ferai mettre à votre disposition les enregistrements que j'ai fait récupérer par nos services de sécurité. Ceux-ci vous seront transmis là où vous logerez, j'imagine à la caserne, ou tout autre endroit que vous m'indiquerez.

        Arnon Veral n'avait jamais masqué son goût des bonnes choses. Il était curieux de voir si il se contenterait du confort spartiate des barraquements, ou si il tirerait profit de sa position pour obtenir plus confortable. Ce serait un indice utile sur l'homme qu'il était et sa faculté à résoudre ce sac de nœuds.

        - Pour vous répondre... J'ai eu une chance assez inouïe d'essayer de passer une communication très importante au moment du drame. Celle-ci ayant été subitement coupée de mon côté, j'ai tout de suite fait le lien avec la situation, où nous étions arrêtés... Je dois dire que j'ai peut-être trop vu de films avec Rabel Mondo, mais cela m'a sauvé, preuve en est ma présence en ces lieux. L'explosion m'a sonné uniquement. Nous avons également relevé l'absence de quelques gardes qui auraient dû être de faction à des endroits proches, gardes qui ont été retrouvés, désactivés ou abattus, plus tard.

        Il joignit les mains devant lui, l'air grave, légèrement plus tendu. Ils étaient rentrés dans le vif du sujet très rapidement, et si ça ne lui déplaisait pas, il fallait tout de même qu'il garde le fil de son histoire pour ne rien en omettre. Veral était un homme intelligent, et le savoir face à lui et sur cette affaire avait un côté rassurant, car il ne laissait jamais rien au hasard ou à la chance. Restait ce souci de l'inexpérience.

        - Permettez moi désormais d'en venir au pourquoi de votre présence ici, sergent. J'ai eu des contacts très réguliers et depuis longtemps avec Petit Homme, votre contact et, je suppose supérieur, sur Raxus Secundus, à l'époque où j'en étais le Sous-Préfet. Ces contacts s'expliquent par la nature même de la planète Raxus : calme, isolée et agricole, elle est l'endroit parfait pour rassembler des informations venant de l'extérieur. Sans être moi-même un agent du DSP, j'ai pendant longtemps collaboré avec l'armée et les services pour lutter contre les cellules terroristes présentes dans l'espace séparatiste, notamment les groupuscules Sith, comme celui qui a frappé Utapau, voici plusieurs années.

        Nouvelle pause dans la diatribe du Gossam. Révéler ce fait risquait de fortement infléchir l'enquête de l'humain face à lui, mais il était nécessaire qu'il comprenne.

        - En d'autres termes, nous ne pouvons écarter la piste de l'attentat politique, mais je n'ai guère eu le temps de me faire le moindre ennemi sur cette planète que vous ne manquerez pas de trouver quelque peu oisive. C'est pourquoi je privilégie la thèse de l'organisation souterraine, avec de nombreuses ramifications, qui iront des bas-fonds jusqu'à des niveaux de l'administration que nous ne soupçonnerons sans doute pas.

        Dae'mid sourit. Quitte à jouer cartes sur table, autant le faire jusqu'au bout.

        - Pour cette raison précisément, je suis heureux qu'un spécialiste des administrations tortueuses telles que celles des corporations agricoles puisse s'atteler à la tâche, monsieur Veral. Je suis heureux de vous revoir, et de vous savoir en vie. Mais vous avez certainement des questions à me poser ?

        Atréïs

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          #8

          Post n°8
          Auteur : Arnon Veral

          Je me trouvais face à Dae’Mid, totalement impassible. Si j’avais bien appris quelque chose durant ma formation au BSI, c’était qu’il valait mieux parfois écouter plutôt que trop en dire. En tout cas, cela m’avait appris à écouter l’autre. Dans le cas du Sous-Préfet, ce dernier se révéla particulièrement organisé dans son récit. Je m’étais contenté de sortir un petit carnet protégé par un étui de cuir et à noter les éléments importants. Je n’avais pas en tête de noter tout le récit de Dae’Mid, loin de là, mais je comptais me focaliser sur l’essentiel. Avant qu’il n’ait démarré, j’avais répondu laconiquement à sa question :

          -Vous pourrez en effet envoyer les enregistrements à la caserne. Je vous remercie.

          Si à ce stade, je n’excluais pas plus tard de quitter mon uniforme et de prendre une chambre qui me permettrait de me fondre un peu plus dans la population civile, ce n’était pas nécessaire pour le moment. Le fait que Dae’Mid ait les enregistrements était une très bonne chose, même si je ne me faisais pas d’illusion là-dessus. A en juger le reste de son récite, ceux qui avait organisé cela étaient très bien organisés et avaient sans doute pensé à tout. Le fait qu’ils aient détruit ou désactivé les droïdes à proximité du lieu de l’attentat confirma mes craintes. Je me contentais de prendre des notes rapides, quelques mots tout au plus, afin de garder certains points pour plus tard. Quelle ironie, moi qui avais tenté d’organiser les manipulations lorsque j’étais au sein du BSI, je me retrouvais à enquêter pour en déjouer une alors que je venais d’entrer au DSP.

          Dae’Mid, en dépit de sa propension à vouloir être exhaustif et à couvrir chaque élément, n’était pas stupide. Je ne pouvais pas non plus nier de mon côté que l’attentat politique me semblait être une piste intéressante. J’avais un certain nombre d’arguments pour cela, mais nous n’en étions pas encore là. Je préférais m’abstenir de spéculations car c’était la porte ouverte à des biais cognitifs qui auraient pu nuire à l’enquête. Dae’Mid termina son discours par un sourire, et une phrase qui dévoila qu’il se rappelait de moi. Au fond, il aurait été idiot de penser le contraire, même si cet homme passait sa vie dans des bains de foules, j’avais été face à lui pour représenter une commission et j’avais par la suite pris contact auprès d’Osso qui n’était autre que son ancienne collaboratrice. Il y avait fort à parier qu’Osso lui ait reparlé pour lui demander conseil ou tout simplement l’informer. Mon apparence physique et mes cicatrices étaient d’autres explications, les gens se rappelaient de moi par mes caractéristiques physiques. Je lui souris à mon tour.


          -Je suis également heureux de vous voir sain et sauf, monsieur le Préfet. Beaucoup de choses se sont en effet passées depuis nos derniers échanges. Et je crains que cette fois-ci, si nous avons à éplucher l’administration, cela sera dans un tout autre contexte.

          Et c’était vrai. Le Sous-Préfet était un homme habile, il avait dévoilé en sous-texte qu’il était au courant de mon « accident ». Cet homme avait des connexions partout, il aurait été idiot de sous-estimer son importance. Cela, je l’avais toujours du, car Dae’Mid était un vieux routard de la politique, ce que je savais moins en revanche, c’était sa collaboration avec l’armée et le DSP. Ces organismes n’étaient normalement pas directement inféodés aux branches locales ou confédérées des administrations politiques, mais pour un administrateur, avoir des contacts chez eux pouvait se révéler très précieux. Dae’Mid avait réussi cette prouesse sans se compromettre en étant membre. Pourtant cela s’était révélé à double-tranchant puisqu’il avait été la cible d’un attentat. Mon esprit s’emballait, et je tentais de le calmer, pour l’instant nous n’avions aucune raison de penser qu’il y avait une connexion. Regardant mes notes griffonnées sur le papier de bonne qualité, je décidai de faire un petit récapitulatif.

          -En effet, j’ai plusieurs questions à vous poser, mais je vais me borner aux principales interrogations.

          Je me remettais en place sur la chaise, me tenant bien droit. Plongeant dans mes petites notes, je construisais mes réponses afin de les faire les plus concises possibles et qu’elles puissent faire mouche dans son esprit. Dae’Mid était un puissant et surtout, comme il l’avait démontré à de nombreuses reprises, c’était le genre de personne qui voulait comprendre les choses, même celles qui dépassaient son domaine. Afin de m’assurer d’avoir sa coopération et son adhésion, j’allais devoir être très clair sans lui faire perdre son temps.

          -Je suis de votre avis, à ce stade on ne peut plus exclure la portée politique. Je pense également que les gens qui ont fait ça avaient accès à des informations très précises vous concernant. L’emplacement des gardes, votre trajet, votre emploi-du-temps. Ma première question est la suivante : vous me confirmez que vous avez été coupé peu avant l’attaque ? Ces gens ont donc été capables de couper les conversations. Il va falloir examiner votre système de communication pour savoir comment ils ont fait ça.

          Regardant à nouveau brièvement mes notes, je formulais la deuxième interrogation que j’avais.


          -Ma deuxième question concernera les gardes désactivés. Ces droïdes ont, il me semble, un système d’encodage bien spécifique, les désactiver n’est pas à la portée de tout le monde. Je crois que je vais devoir examiner ceux qui ont été désactivés en demandant l’aide d’un ingénieur qui pourra nous indiquer comment ils ont été désactivés. Était-ce un signal à distance ? Quelqu’un avait-il implanté un dispositif ?

          J’allais droit au but, tentant d’être le plus concis possible. Je n’avais aucune idée d’où nous propulserait cette enquête, ce que je savais en revanche, c’était que je n’avais pas le choix et que je devais absolument tout mettre en œuvre pour réussir cette mission. Refermant mon petit carnet et croisant les mains sur mes cuisses, je fixais intensément le Gossam.

          -Je pense que répondre à ces deux questions nous permettra d’avoir un point de départ objectif. Pour le reste, je crains en effet qu’une telle action n’aurait pas été possible sans avoir complices au sein de l’administration de la Sous-Préfecture. En ce sens, je vous conseillerais de limiter vos déplacements au strict minimum jusqu’à ce que nous en sachions plus sur cette affaire.

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            #9

            Post n°9
            Auteur : Super PNJ

            Arnon Veral avait une qualité qui justifiait amplement son emploi par le DSP : une intelligence redoutable et situationnelle qu'il mettait au profit de ses intérêts. Hélas, cette finesse d'espriit et d'analyse allait nécessairement de pair avec un certain sens du secret qu'il avait fait valoir pendant de longues années sur Raxus Secundus. De fait, on ne lui connaissait pas d'amis proches, de connaissances passées ou même d'anecdotes sur lui qui faisaient le sel des personnalités les plus imposantes et tendaient à les ramener à leur statut de simples mortels. De là à dire qu'Arnon n'était pas de cette caste, il n'y avait qu'un pas...

            Quoi qu'il en fut, pour l'heure, il fallait considérer Arnon comme un allié, probablement le seul réellement sûr dans ce monde, car le moins à même d'avoir des relations externes sur Cato Neimoidia. Pour autant, dans le pire des cas, il faudrait être certain de pouvoir gérer l'inconnue qu'il représentait. Tant que son allégeance n'était pas parfaitement claire, il faudrait garder un œil sur lui, ou deux. Si seulement il avait quelqu'un de réelle confiance à lui attacher pour l'accompagner, l'aider et le surveiller, ce serait l'idéal. Mais Dae'mid n'avait personne de ce profil, aussi, il lui fallait faire un grand pas en avant, risqué et inattendu. Faire confiance à Petite Homme, au Sergent Adriel, et espérer, en attendant mieux.


            - Vous ferez ce qui vous semblera juste, Sergent, de cela, je n'en ai aucun doute, et vous trierez le bon grain de l'ivraie comme vous l'avez toujours fait, n'est-ce pas ? Si cela peut vous aider, je peux vous trouver un endroit plus calme que la caserne, où vous attirerez peut-être moins l'attention. Mais tout dépend de votre manière de travailler, évidemment. Je vous laisse juge.


            Le vieux Gossam se laissa aller en arrière dans son siège, sondant toujours Arnon du regard, son sourire collé à ses lèvres. Fidèle à sa réputation, l'administrateur ne laisserait rien au hasard et irait toujours à l'essentiel, pour tirer la quintessence des informations recueillies.


            - Il vous sera malheureusement fort compliqué d'accéder au système de communication propre de mon véhicule, celui-ci ayant sauté avec le reste. Peut-être qu'en retraçant les données depuis leur point de transmission sur la planète ? Je suis assez peu au fait du fonctionnement technologique des hyper-relais, je dois bien l'avouer. Mais effectivement. Pour couper ce type de communication, il faudrait des hommes d'un certain rang, ou un accès illégal à des installations sécurisées. En tant que préfet, j'ai l'honneur de bénéficier de lignes cryptées, rapides, et directes. C'est de cela dont nous parlons. Je vous donnerai les accès, et une aide d'un ingénieur au besoin, mais vous devrez être rapide, prudent et discret.

            Le Gossam ne cherchait pas à faire peur à Arnon, mais il était évident que la situation était dangereuse autant pour lui-même que pour l'agent. Il était clair que si l'homme politique avait été visé par un attentat, ils ne reculeraient pas devant l'idée d'abattre un sergent de l'armée. Mais il avait dans l'idée que l'Humain était bien au courant de cela.


            - Toutes ces questions, Sergent, ce sera à vous de les élucider. J'ai tenu à ce que les preuves et les différents éléments soient le moins compromis possibles avant votre arrivée, et il a fallu que j'use de mon influence. Vous aurez des moyens pour cette enquête. Ils ne seront pas illimités, mais je ferai en sorte que vous ayez le nécessaire...

            Il s'arrêta de parler, le temps de prendre un message écrit, puis sourit à Arnon.

            - Eh bien, en parlant de moyens. Votre ingénieur est arrivé, et vous pourrez le rencontrer dès lors que nous aurons fini cet entretien. Mais je vous en prie, continuez.


            Atréïs

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              #10

              Post n°10
              Auteur : Arnon Veral

              J’écoutais avec la même politesse le Sous-Préfet Dae'mid. Ce dernier se révélait assez enjôleur, toujours le même sourire collé sur les lèvres. J’avais souvent eu à faire aux politiciens dans ma carrière d’administrateur puis de directeur d’AgroChrome sur Raxus Secundus et je connaissais leurs codes. Je devais cependant reconnaître que Dae'mid m’avais toujours fasciné par son flegme et cette bonhommie qui, alliés à une grande connaissance des choses, lui donnaient une aura paternelle. Lorsqu’on écoutait Dae'mid, on avait face à nous le type de personne capable à la fois de baser ses décisions sur des expertises pour leur donner un sens et baser des arguments, mais également de jouer sur le côté relationnel en étant parfaitement empathique. Contrairement à beaucoup de politiciens modernes, il ne fustigeait pas l’opposition, n’entrait pas en conflit avec l’administration locale, c’était une bonne oreille. Cela ne faisait que renforcer le mystère autour de cet attentat. Si viser les autorités Confédérées était un pain béni pour les groupuscules radicaux…Pourquoi viser Dae'mid ? Il était sans doute un des plus modérés et un des plus appréciés, sans doute également le plus enclin à écouter tout le monde. Ceux qui avaient fait cela étaient soit très mal informés -ce dont je doutais vu la précision et les moyens déployés pour l’opération- soit ils voulaient frapper fort et montrer que personne ne serait à l’abri. Si les fanatiques et les fous n’étaient pas monnaie courante, on finissait toujours par en retrouver dans un territoire aussi vaste que la CSI. Groupuscules extrémistes, religieux dévots prêts à en découdre, activistes sectaires…Mais également des ennemis qui auraient pu prêter allégeance à d’autres factions. Les Siths en tête de liste.

              Etrangement, la perspective de m’opposer à des Siths ne me dérangeait pas, j’avais certes travaillé au sein de l’Empire Sith, mais je n’avais jamais vraiment eu affaire à eux. Mon travail s’était borné à faire la basse besogne qu’on m’avait confié et les ordres m’étaient donné par des personnes tout à fait normales. Nous n’avions pas réellement d’excuses, si certains qui s’étaient retrouvés dans des procès avaient clamé qu’ils avaient eu le sabrolaser sous la gorge et été contraints, je peux vous assurer que ce n’était pas mon cas. J’avais agi en mon âme et conscience, j’aurais tout à fait pu refuser le poste. Mais l’appât du gain et de reconnaissance sociale avaient fait le reste. Je dois bien l’avouer, un peu d’idéologie aussi, nous avions été pris en charge à l’académie impériale et les cours d’instruction politiques avaient été très clairs, les ennemis de l’état étaient désignés en ces termes : « traîtres », « lâches », « vermines ». Des nuisibles qu’il aurait fallu éliminer tôt ou tard. Le contexte était différent maintenant et Dae'mid parlait d’une voix douce et apaisante. Je me surpris à me demander ce qu’il aurait pu penser si, derrière mon visage impassible, lui rendant quelques sourires polis, il avait pu déceler un dixième de ces pensées. Tout cela était derrière moi et je chassais ces souvenirs parasites, me concentrant sur notre conversation.


              -Je vous suis très reconnaissant de votre proposition concernant le logement. Il est vrai que d’être en-dehors de la caserne me permettrait d’agir sous couverture civile. Je paierai de ma poche tout excédant par rapport à la dotation allouée par ma hiérarchie.

              Car l’argent n’était pas un problème et qu’au fond, mes motivations n’étaient pas pécuniaires. Je ne voulais en outre pas inquiéter Dae'mid mais le fond de ma pensée était que des officiels ou des membres de son administration étaient impliqués dans cette affaire. Si je ne pouvais pas l’affirmer avec certitude, je ne pouvais pas non plus nier le caractère plausible de cette hypothèse. Revenir à la caserne signifiait attirer l’attention de militaires et de potentiels conjurés. Mes années au sein du BSI m’avaient bien appris quelque chose : tout le monde pouvait être suspect. Ceux qui recrutaient des traîtres ou des agents doubles le savaient bien, il fallait trouver des gens hors de soupçons, c’était rarement des gens de premier plan ou machiavéliques qu’on retrouvait dans ce rôle…Non, ça c’était pour les holofilms. Souvent, on recrutait des gens sans histoire et sans réelle importance…Des gens dont on ne se méfiait pas. Des personnalités effacées du quotidien qui n’avaient jamais parlé de politique et jamais manifesté le moindre intérêt pour des affaires étatiques ou pour la hiérarchie. Des gens dont on ne pouvait pas même sonder ce qu’ils avaient en eux. Alors par chance, parfois, les recruteurs sondaient en eux une certaine frustration, une noirceur d’âme ou toute autre caractéristique qui permettrait de les retourner. Au fond, ne parlai-je pas en connaissance de cause ? N’était-ce pas ce que Rec avait fait me concernant ? Le Cercle Ouvrier était profondément opposé à l’oppression impériale et moi, j’en étais un des leaders, pourtant j’avais retourné ma veste si facilement. L’âme humaine était si complexe et si insondable qu’il fallait nous résoudre à conclure que nous n’en explorerions pas les ficelles, ni dans cette vie, ni dans l’autre. C’était un des comptes-rendus de mon procès par coutumace qui rendait bien compte de cela, le procureur se demandait comment Ludwig Noas, ouvrier sans instruction d’un syndicat contestataire, avait pu devenir un officier du BSI « fanatique » qui s’était battu jusqu’au bout pour l’Empire Sith sur la Forge Stellaire, allant jusqu’à liquider tous les prisonniers encore présents sous sa responsabilité. L’énoncé du problème était faux et montrait que cet homme n’avait rien compris. Le fait qu’on me considère comme « sans instruction » toute ma vie avait permis à des gens comme lui de m’enfermer dans des couches défavorisées, de là était née ma frustration. L’Empire Sith m’avait donné ce que jamais personne ne m’avait donné : un but dans la vie et un statut. Même en ayant repris AgroChrome des années plus tard, j’avais dû me sevrer des idées extrêmes Impériales. Ce système m’avait convenu pendant des années, au point que je n’avais plus à penser, tout avait été extrêmement bien ficelé.

              -Très bien, je vous remercie pour votre coopération. De mon côté, j’ai terminé et je dispose de toutes les informations nécessaires pour commencer mon enquête. Je vous recontacterai si j’ai d’autres questions, mais pour l’heure, je dois rencontrer votre ingénieur. J’attendrai d’en savoir plus sur ce qui s’est passé avec les communications et surtout les gardes.

              En effet, les gardes constituaient ma piste prioritaire. Ces derniers étaient dotés d’un système d’exploitation très sophistiqué, il était impossible d’imaginer qu’on les aurait désactiver sans laisser de trace. Je comptais donc beaucoup sur leur examen. C’est poliment que je saluerais Dae'mid en prenant congé…Cet homme m’était toujours apparu très sympathique.

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                Auteur : Super PNJ

                Le Sergent Venkhor n'avait pas besoin de faire étalage de ses hypothèses en ces lieux, et le préfet le comprenait fort bien : comme il l'avait dit, il ne souhaitait pas infliger à l'enquêteur un flot d'idées qui le mènerait sur le mauvais chemin. Aussi ne demanda-t-il pas quelles étaient ses premières idées, c'était définitivement au soldat de prendre le relais. Alors que leur discussion touchait à sa fin, Dae'mid sourit un peu plus largement. Affable et sincère, il reconnaissait en cet homme, jeune pour lui, quelques uns des traits de caractère qui l'avaient mené à ce poste. Cependant, si ses qualités étaient réelles, il se demanda un instant quels défauts il cachait réellement. Peut-être ceux-ci ressortiraient lors de l'enquête. Il finit par se lever et tendre une main à son interlocuteur.

                - Sergent, ce fut un plaisir de suivre cette discussion fort constructive. Je vous laisse libre de me contacter en cas de besoin ou si vous tirez des conclusions solides. Ma secrétaire vous escortera jusqu'à votre rendez-vous. D'ici à ce que nous nous revoyons, je vous souhaite un agréable séjour sur Cato Neimoidia et que la Force vous guide.

                Alors qu'Arnon fut invitée par la secrétaire à la suivre pour le guider hors du dédale de couloir qui constituait le palais préfectoral neimoidien, elle s'arrêta près de la salle d'attente où il avait déjà patienté quelques dizaines de minutes. Elle lui fit un geste de la main pour l'inviter à rentrer, le laissant seul face à une Miralian confortablement installée dans l'un des canapés. Capuche remontée sur la tête qui laissait dégringoler une tignasse brune que l'on devinait lourde, vêtements simples et amples qui pouvaient laisser imaginer n'importe quoi, bottes usées faites pour marcher, elle releva la tête vers Arnon. Ses yeux bleus semblèrent pétiller doucement, alors que ses lèvres peintes en noir s'étiraient en un sourire joyeux... et légèrement moqueur. Sa peau verte ressortait à merveille dans ce cadre de moulures et de dorures, montrant son appartenance à son espèce, de même que les formes géométriques qui constellaient son visage. De sa main gauche, elle jouait avec une pièce qu'elle faisait rouler adroitement entre ses doigts, les tintements du métal contre ses nombreuses bagues au métal passé troublant le silence de la pièce. Elle s'arrêta brusquement de jouer, faisant simplement voler la dite pièce en l'air dans un pile ou face dont elle se garda bien de donner le résultat, son sourire s'amplifiant encore plus. Sans autre forme de procès, elle se leva du canapé en s'étirant et en ôtant sa coiffe, se présentant à l'agent du DSP d'un faux geste militaire, deux doigts à la tempe et un clin d'oeil enjoué.

                - Salut ! Adriel, j'imagine, vu qu'on m'a dit que je devais attendre un humain et que t'es bien le seul que j'ai vu. Moi, c'est Nocturna Arestadili, mais tu peux m'appeler Nocturna si tu préfères. Ou Noc', j'ai l'habitude.


                Elle ne se gêna pas pour regarder Arnon qui était comme toujours tiré à quatre épingles, impeccablement coiffé, uniforme taillé, bref, il faisait ce qu'il fallait pour impressionner ses interlocuteurs, et ça semblait avoir une sorte d'effet sur la Miralian qui enchaîna aussitôt.

                - Du coup, on fait quoi ? On reste là à s'regarder en chien de faïence ou on trouve un coin tranquille pour discuter ? Non, parce que moi, on m'a dit « Nocturna, on a un boulot pour toi, c'est mal payé mais ça vient du préfet directement, alors tu discutes pas, et tu te bouges, tu vas être à la bourre. » et même malgré ça, j'ai quand même dû attendre... Enfin bref, on s'en fout, paraît que t'as besoin d'un ingé et d'un mécano, t'en fais pas, je gère. Je suis la meilleure du cadran.

                Elle partit alors dans un grand rire joyeux. Cette fille avait décidément un pet au casque et ne se privait pas de le montrer à tous. Cela étant dit, Dae'mid lui-même s'était porté garant de la Miralian, celle-ci ne tardant pas à reprendre un sérieux tout relatif.

                - Bon, assez déconné, j'suis peut-être pas la meilleure, mais je connais le coin comme ma poche en plus des consignes de sécurité séparatistes et neimoidiennes. J'te propose de me suivre à mon atelier, on pourra causer tranquille et tu m'diras de quoi t'as besoin.


                Et sans attendre de réponse, elle partit à grands pas, presque en courant, vers la sortie, saluant ça et là l'un ou l'autre droïde d'un grand geste sans que ceux-ci ne lui répondent, à aucun moment. Oui, elle avait décidément un grain. Néanmoins, Nocturna savait parfaitement ce qu'elle faisait. Après des années à travailler pour la Confédération, elle avait acquis une petite réputation de faiseuse de miracles, et elle ne dérogeait que rarement à celle-ci : très rarement dans les clous, elle s'était fait à la fois une spécialité et un plaisir de se plonger dans les systèmes robotiques et électroniques les plus absurdes pour les décortiquer et en tirer la quintessence. C'était là sa triste malédiction, cette volonté de toujours repousser les limites de l'improbable limitait finalement ses accès aux contrats les plus simples ou les plus lucratifs, ceux qui requéraient de l'efficacité, chose qu'était incapable de comprendre la jeune femme, qui avait, justement ce besoin de tout comprendre d'une situation.

                Arrivés à l'atelier proprement dit, elle tira un lourd rideau de fer pour permettre à son étrange binôme de la suivre. Elle lui désigna un porte-manteau de fortune sur lequel elle jeta sa cape de voyage, révélant qu'elle portait dessous des vêtements type de mécanicien : pantalon large et conçu pour résister aux chocs et aux déchirures, haut dans la même veine, le tout plein de poches qui semblaient bien pleines. Elle se fit une place sur un établi, croisant les jambes, reprenant sa pièce avec laquelle elle commença à jouer à pile ou face, sans prendre le temps de regarder le résultat.

                - Du coup, j't'écoute. T'as besoin de moi pour quoi ?




                Nocturna Arestadili

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                  #12

                  Post n°12
                  Auteur : Arnon Veral

                  Il était temps de prendre congé du Sous-Préfet Dae’Mid. Me levant et le saluant respectueusement, je m’éclipsais lentement en prenant ma serviette et ma casquette sous le bras. Une secrétaire me montra le chemin, je lui emboîtais le pas. Les choses semblaient bien huilées, et c’était donc en me conformant parfaitement à ce qu’on me disait que j’avançais lentement dans le couloir. Je ne pouvais m’empêcher d’avoir l’esprit embrumé par les questions. Qui avait fomenté cet attentat ? Dans quel but ? Je ne pouvais réprimer mon instinct qui me disait que les choses étaient plus complexes. L’exécution était grossière et pourtant, ceux qui avaient fait ça s’étaient donnés la peine de trafiquer les droïdes et les réseaux de communication. Je chassais ces questions parasites, après tout je n’étais qu’un simple Sergent de la Marine sur le papier, la politique ne me concernait pas. Je devais procéder par étape et tenter de forger mes opinions sur des faits tangibles.

                  On m’invita à entrer dans la même salle dans laquelle je m’engouffrais lentement. Une personne m’y attendais, je reconnus immédiatement une femme…Enfin pas tout à fait. La teinte de la peau était différente lorsqu’elle retira sa capuche, je reconnus rapidement qu’il ne s’agissait pas d’une femme, les formes géométriques sur son visage rajoutant au tableau. C’était une Mirialan, une espèce que j’avais déjà rencontré plusieurs fois au cours de mes voyages intergalactiques. J’évitais en général au maximum les autres espèces, ne traitant presqu’exclusivement avec des humains…Aussi je dus réprimer un tic de dégoût face à cette personne dont l’affiliation n’était pas claire. Je me contentais d’un sourire en coin poli à son sourire enjôleur. A son pastiche de salut militaire, je lui opposais un salut parfaitement règlementaire, ne lui serrant pas la main comme la convenance l’aurait pourtant voulu. J’attendais de savoir ce que cette Mirialan venait faire dans l’équation, était-elle une énième interlocutrice ? Je décidais donc de conserver ma position d’observateur, lui rendant un sourire franc mais discret.

                  Le tutoiement et la familiarité m’arrachèrent cependant un plissement des yeux. Cette Mirialan ne semblait pourtant pas étrangère à l’armée ni au système Confédéré et pourtant elle se permettait cette proximité. Je me rappelais alors que c’était la première fois que je voyais un membre de cette espèce d’aussi près. Malgré cette horrible peau verte, certains auraient sans doute pu la trouver attirante et il était clair qu’Arestadili en jouait. Je compris alors qu’elle était l’ingénieur qu’on m’envoyait.

                  Vieux cochon de Dae’Mid…

                  Je ne pus réprimer un soupir intérieur…J’avais demandé un ingénieur à ce vieux salaud et il m’envoyait…Ca. Au sein de l’Empire Sith, plusieurs officiers pensaient que les aliens étaient un véritable fléau. Pour avoir passé des années au sein de leur organisation, j’avais bien compris que cela tenait plus du mythe que de la réalité. L’Empire Sith avait envahi de nombreuses planètes peuplées d’autochtones qui avaient été réduits à l’état d’esclaves et maltraités, cela avait favorisé l’apparition de mouvements armés de résistance…Lesdits autochtones n’étaient donc pas plus nuisibles que nous…C’était une simple réaction. Pour ma part, si je n’avais jamais adhéré à ces racontars, j’avais quand même compris que les aliens n’étaient pas compatibles avec les humains, nos cultures et nos mœurs étaient trop différents. L’attitude d’Arestadili donnait de l’eau à mon moulin, je la trouvais déjà vulgaire et son attitude me gênait au plus haut point. Sa familiarité était à mon sens un profond manque de respect. Dae’Mid était également un alien, mais le Sous-Préfet avait su gagner une certaine forme de respect de ma part, précisément car il avait su maintenir l’étiquette inhérente à son rang. Je me surpris à verser dans des pensées incohérentes…Réalisant que je ne pouvais pas rester là sans rien faire les bras ballants, c’est après une petite hésitation que mon visage se fendit d’un nouveau sourire.

                  -Eh bien…Nocturna, il semblerait que nous devions travailler ensemble. Trouvons un coin tranquille pour discuter et je t’expliquerai de quoi il en retourne.

                  Mon masque était parfait, je faisais ce que j’avais toujours su faire : donner le change. Mon hésitation avait été maquillée en légère timidité et désormais, je laissais apparaître quelqu’un de chaleureux. Les années passées au sein du BSI m’avaient changé et je pouvais maintenant le dire : si j’avais été un peu rouillé au début de mes missions, j’étais désormais à nouveau opérationnel. Cette mission était un test et je me devais de l’accomplir avec brio…Il n’y avait aucun choix. Je décidais de mettre mon dégoût de côté et de suivre Nocturna qui de toute manière n’attendait aucune réponse et semblait bien décidée à m’entraîner dans son atelier. Je récupérais mon arme que j’enfournais dans son holster à mon ceinturon et sortis du palais. Alors que mon esprit était régulièrement attiré par le cliquetis de ses bagues et son jeu d’adresse avec la pièce qu’elle tenait entre les mains, je la suivis jusqu’à l’atelier…Une bicoque fermée par un lourd rideau de fer qu’elle tira avec une force insoupçonnée pour un être de sa taille. Ma « farfadette » du jour s’y engouffra, dévoilant un atelier qui reflétait en effet un niveau professionnel. Plusieurs ustensiles et outils spécialisés étaient rangés par ordre sur des portoirs et du matériel électronique était rangé avec la même méticulosité dans des tiroirs transparents. Laissant ma nouvelle amie se changer et venir avec les attributs propres à son statut de mécanicienne cette dernière m’interrogea alors sur sa mission, continuant de jouer avec sa pièce. Malgré ses vêtements amples, la Mirialan ne pouvait cacher qu’elle était très attirante. Chassant à nouveau ces pensées, je me concentrais sur l’essentiel, tentant d’oublier la course infernale de cette pièce qui s’était lancée dans un nouveau tintamarre avec les bagues de Nocturna. Posant ma casquette et ma serviette sur un coin de la table après avoir inspecté méticuleusement que cet endroit était propre, je fixais à nouveau la Mirialan.


                  -Allons droit au but. Le Sous-Préfet a été victime d’un attentat et ce dernier a raté. Si c’est plutôt encourageant pour nous, il y a un certain nombre de détails problématiques dans cette histoire. Ceux qui ont fait ça ont réussi à couper localement les relais de transmission en pleine ville…Empêchant le préfet de contacter qui que ce soit. Pis encore, certains droïdes de surveillance ont été désactivés, d’autres détruits…

                  J’agrémentais ma phrase en suspens d’un sourire mystérieux. Je me surprenais à laisser mon naturel analytique reprendre le dessus. Si pendant des années j’avais été un bon chef d’entreprise relativement discret, je dévoilais là mon potentiel : celui d’un intrigant, d’un homme qui aimait se sentir important. Malgré la répulsion véritable que j’éprouvais à l’égard des non-humains, Nocturna n’en demeurait pas moins jolie et enjouée et au fond, on ne se refaisait pas.

                  -Tu connais sans doute les protocoles Confédérés et officiels, tu sais que ces droïdes ont plusieurs systèmes de cryptage internes et externes, il est quasi-impossible de les pirater. A ce stade de l’histoire, tu dois commencer à voir où je veux en venir. Si certains ont été désactivés…Pourquoi avoir détruit les autres ? Cela implique deux choses, premièrement, c’est que quelqu’un a eu accès à une partie des droïdes pour les pirater et deuxièmement, tous n’ont pas été piratés. S’agit-il de lots différents ? Comment ont-ils été piratés ?

                  Je ménageais mes effets de surprise, à l’image d’un conteur, je posais ma voix, sûr de moi. Bien sûr, Nocturna devait avoir compris l’histoire maintenant. Elle avait été informée et elle allait devoir m’aider. M’approchant d’elle et saisis soudainement la pièce au vol, la déposant délicatement sur la table, l’index sur le métal froid de sa tranche. J’observais le côté face, captivé par les détails de la figure.

                  -C’est là où je vais avoir besoin de toi. Je suppose que si tu es la meilleure, tu connais les protocoles Confédérés et tu pourrais inspecter les modules de cryptage des droïdes désactivés n’est-ce pas ? On va commencer par-là, je vais appeler la Sous-Préfecture et nous faire transférer les droïdes qui ont été désactivés et ceux qui ont été détruits. Je veux que tu regardes si les modules de cryptage ont été modifiés, peut-être par un programme malveillant ou par un appareil qui aurait été implanté. Ensuite, nous nous occuperons des communications…Mais chaque chose en son temps. De mon côté, je vais leur demander l’emplacement des droïdes qui ont été détruits et de ceux qui ne l’ont pas été pour voir si je peux y voir une logique dans l’espace ou par rapport à l’heure à laquelle ils ont été relevés.

                  Je relevais l’index de la pièce, la libérant et me saisissant de mon datapad. J’écris à la Sous-Préfecture pour leur demander de nous envoyer les droïdes désactivés et ceux qui étaient endommagés. Je leur demandais également un plan exact de la position des gardes synthétiques et également de me communiquer les heures de relèves, je chercherais une logique pour savoir si ceux qui avaient été détruits étaient des droïdes qui auraient été remplacés plus tôt ou plus tard par rapport à ceux qui avaient été piratés. Ce que j’espérais était clair : retrouver les droïdes qui avaient été relevés, ils étaient peut-être encore en service et portaient peut-être encore d’autres traces de piratage ou des enregistrements qui permettraient d’en savoir plus sur l’opération. Déposant soigneusement mon datapad sur la table, je fixais désormais Nocturna.


                  -Maintenant, il n’y a plus qu’à attendre. C’est notre premier coup sur l’échiquier.

                  Le premier et sans doute un des plus importants. Il était temps désormais de nous confronter à ces comploteurs. Ils étaient sans doute intelligents, mais cette pensée ne faisait qu’attiser ma détermination à les battre à leur propre jeu…

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                    Post n°13
                    Auteur : Super PNJ

                    Le vieux militaire avait une verve qu'elle ne lui aurait pas soupçonné au premier abord, une sorte de charisme lancinant qui donnait envie d'écouter et de croire à ses petites histoires. Il faut dire qu'il parlait de droïdes de la CSI piratés à une Miralian qui s'en était fait un objectif personnel, difficile de ne pas la captiver. Si il avait parlé culture de choux, elle eut été moins attentive... Mais de fait, il avait l'attention de la mécano, même si tout ses gestes semblaient indiquer le contraire : regardant ailleurs, jouant avec sa pièce, se grattant la tempe, bref, tout pour montrer qu'elle était d'un je-m'en-foutisme rare : sans doute une couverture. Des plus agaçantes, mais une couverture.

                    Lorsqu'il se rapprocha et attrapa la pièce au vol, elle ne s'en émut pas, le regardant la poser sur la table. Elle l'écoutait toujours, triant les informations et les rangeant dans son cerveau, c'était là sa seule attitude adulte, puisque ses jambes se balançaient avec une certaine élégance, elle jouait avec ses cheveux maintenant qu'il lui avait piqué sa pièce... Pour autant, elle restait attentive.


                    - Déjà, ce qui est très juste dans ta description de notre super armée robotique, c'est qu'elle est quasiment impossible à pirater. Quasiment, ça veut tout et rien dire, et du coup, va falloir commencer par là. Y'a pas grand monde sur cette planète capable de ce genre de petit miracle, pour ainsi dire, j'les compte sur les doigts de mes mains... Après, pour l'histoire des détruits et des piratés, y'a deux choses pour moi : soit c'est voulu pour foutre la merde dans l'enquête, soit y'avait juste pas le temps de mieux... Mais ça veut dire que soit y'a eu un pépin, soit c'était précipité. Je sais pas ce que je préfère du coup.

                    Elle finit par récupérer sa pièce, mais elle ne joua pas avec cette-ci. Suite à sa phrase, toutes ses attitudes et gestes parasites avaient disparus comme par magie, laissant Nocturna le regard plongé dans les gravures de son maigre magot. Ses yeux dans le vague témoignaient d'une réflexion intense, et elle finit par jeter à nouveau la pièce, la récupérant dans son poing. Après quelques secondes et un léger sourire très charmeur, elle ouvrit la main, révélant le côté pile.

                    - T'es au courant que ça va me prendre looooongtemps pour étudier tout ça et qu'il me faudra un peu de matos de la sous-préfecture ? J'me doute que tu pourras m'obtenir ça, hein, mais tarde pas trop, y'a aussi les sauvegardes et mises à jour qui font que y'a des effacements de mémoire très réguliers. A moins qu'ils aient été renvoyés dans les fonderies de Jabiim. Ce qui serait d'autant plus moche.


                    Elle récupéra un bout de papier et commença à écrire en quelques secondes, frénétiquement, avant de le tendre à Arnon.

                    - Tiens ! Va m'falloir tout ça, et si tu peux aussi m'négocier une avance sur salaire pendant que je bosse, ça m'ira bien. D'ici à ce que j'ai fini, j'te souhaite bien du courage, Cato, c'est la jungle... Et les politiques c'est de la saloperie. Alors les deux en même temps... T'as pas fini d'en %$!#.

                    C'est d'un sourire amusé qu'elle mit fin à leur petite discussion, s'échappant rapidement de la vue d'Arnon pour s'éclipser dans l'arrière-boutique, mettant le volume sonore d'une musique électronique à fond comme pour marquer une envie de rester seule. En tous les cas, elle en avait vraisemblablement fini pour l'heure et attendrait la suite, sans doute avec une certaine impatience. Pour Arnon lui-même, la suite serait moins réjouissante, car sans la Miralian, il était laissé, livré à lui-même. Peut-être même était-ce la volonté de Nocturna ? Toujours est-il qu'il allait devoir faire montre d'une certaine ingéniosité désormais, surtout que les documents confidentiels de la préfecture arrivaient en masse depuis les ateliers et les garnisons, noyant l'agent sous une masse d'informations considérable...

                    Spoiler : Spoiler
                    HRP
                    J'ai volontairement laissé à ton interprétation le contenu des documents de la préfecture (ce ne serait pas drôle si je te donnais tout). La seule chose que j'impose est que les droïdes piratés furent les plus proches du lieu de l'attentat. Du reste, libre à toi !


                    Atréïs

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                      Post n°14
                      Auteur : Arnon Veral

                      Je considérais mon interlocutrice, l’espace d’un instant. Son attitude désinvolte m’agaçait au plus haut point et je me surpris à penser des conséquences qu’auraient eu une telle attitude du temps où j’étais au BSI. Bien sûr, moi je n’aurais sans doute rien dit…Je ne disais jamais rien…Mais Rec n’aurait pas accepté cela. Pas plus que le reste de la chaîne de commandement d’ailleurs. Une nostalgie fugace s’empara de moi, rapide comme l’éclair, électrisant mes sens, caressant mon âme. La nostalgie d’une période révolue et d’un temps où j’étais encore quelqu’un, pas un débris inutile. Vous auriez bon ton de me juger, les Pères Lamorale et autres objecteurs de conscience, mais en réalité, comme dans toute société humaine, j’avais accepté une contrepartie pour en arriver là où j’étais arrivé à cette époque. J’avais transgressé la morale, scarifié ma conscience, éclipsé mes aspirations pour embrasser ma carrière. Comme à chaque fois, ces pensées m’entraînaient dans un maelström mental qui balayait ma motivation et m’enlisait dans les remords. Seules les cigarettes -que je fumais l’une après l’autre- et les verres d’alcool -que j’enchaînais avec la même frénésie- pouvaient me calmer et embrumer suffisamment mon esprit pour me faire oublier ce que j’avais commis. Mais pour autant, cela n’empêchait pas le constat final d’émerger, rude et violent, comme une claque : je n’étais plus un officier du BSI, j’étais maintenant tout au plus un sergent de la marine. Nocturna le savait sans doute tout autant que moi, les temps et le monde avaient changé et moi, je n’étais plus qu’un spectre qui était ressurgi du passé. Une silhouette décharnée dont le visage lardé de cicatrice était tout juste bon à effrayer les enfants. Je faisais un bien piètre épouvantail, qui aurait suscité tout au plus le dégoût chez Nocturna si elle avait connu mes états de service.

                      Je chassai à nouveau ces pensées. Mon esprit vagabondait, captivé par les cheveux que Nocturna entortillait avec son doigt…Hagard face aux retournements de ses longues jambes…Consterné face à son sourire. Mais des considérations plus pragmatiques émergeaient durant ses prises de paroles : elle savait réfléchir. Plus nous avancions, plus je comprenais qu’elle serait ma meilleure alliée dans cette affaire. Si j’avais accumulé de nombreux défauts au fil des années, il y avait bien une qualité qui ne s’était jamais éteinte : j’avais toujours bien su m’entourer. C’était comme un don, je savais reconnaître mes meilleurs alliés et miser sur le bon cheval pour arriver à mes fins. Acquiesçant lentement, je complétais la remarque de Nocturna.

                      -Et je suppose que tu connais ceux qui en sont capables, n’est-ce pas ? Si le piratage est avéré, il va falloir trouver un moyen d’aller vers eux pour éventuellement les confondre…Ou trouver quelqu’un qui pourrait nous renseigner sur leur éventuelle implication. Je devine que tu en es capable aussi hein ? Dans tous les cas nous ne devons pas perdre de vue que les responsables sont peut-être des membres du gouvernement local ou même Confédéré. Je n’aime pas cette idée, mais nous devons nous y préparer. Ainsi si les gens auxquels tu penses ne sont pas impliqués et qu’on commence à savoir qu’on enquête sur les responsables, les coupables vont tenter de se couvrir. Nous devons agir vite, tu as raison, je m’occupe de ce pas de nous faire livrer les droïdes.

                      Alliant le geste à la parole, je me saisissais à nouveau de mon datapad, contactant la préfecture. Les contacts que m’avait donné Dae’Mid étaient pour la plupart des intendants très efficaces. Ils répondirent très rapidement, m’informant que les droïdes seraient livrés à l’atelier de Nocturna. Je demandais également à ce qu’une escorte soit envoyée ici, sans en informer mon interlocutrice. Avoir une patrouille dans les environs éviterait les mauvaises surprises. Je ne savais l’expliquer, mais j’avais un mauvais pressentiment concernant cette mission. Si des membres de la Sous-Préfecture ou du cabinet de Dae’Mid étaient impliqués, je ne pouvait m’empêcher de penser que nous courrions un danger et qu’en plus de ça nous jouions contre la montre. Nos adversaires étaient sûrement au courant que des enquêteurs seraient bientôt là. Aussi, je m’activais. Je m’étais saisi du bout de papier, acquiesçant à nouveau lentement. L’attitude de Nocturna était aussi désespérante que désopilante, mais au fond, je m’adaptais. J’avais compris que j’avais besoin d’elle et que j’allais devoir composer avec ses extravagance. Elle acheva de m’exaspérer lorsqu’elle me laissa seul, en proie à une musique sauvage. Je me contentais de m’éclipser devant l’atelier, afin de prendre l’air. Me mettant à l’abri des regard, je sortais un étui métallique à cigarettes, gravé à mes initiales.

                      Craquant une allumette, j’aspirais la fumée. La nicotine ne tarda pas d’affluer dans mes veines, calmant brièvement mon anxiété. La ruelle était calme et nous étions loin de l’agitation aux abords de la Préfecture. Les volutes de fumées dansaient autour de moi comme des nuages. L’atmosphère était calme, presque placide, il était difficile d’imaginer qu’une crise politique couvait en ce monde et encore plus difficile d’imaginer que c’était moi, ancien officier du BSI condamné à mort par contumace, qu’on avait envoyé pour régler ce problème mettant en péril la CSI. CSI qui d’ailleurs n’avait d’indépendante plus que le nom puisque personne n’était dupe, les mondes n’avaient plus aucun pouvoir. En l’absence d’un ennemi fort et fédérateur, les grands discours sur la « défense du monde libre » s’étaient étiolés, les masques étaient tombés, laissant apparaître une sorte de dictature molle de l’institution. Les gens auraient beau protester, personne ne les écouteraient. Les plus radicaux entreprendraient des actions criminelles, comme sans doute les instigateurs de l’attentat contre Dae’Mid, mais là non plus, personne ne les écouterait, ils seraient traités comme les bandits qu’ils étaient. Laissant apparaître un rictus, j’en arrivais à la conclusion que j’étais un rouage de ce système. Les idéaux d’égalité que j’avais embrassé lorsque j’étais travailleur pauvre sur Coruscant avaient bel et bien disparu, je n’étais plus membre du Cercle Ouvrier, certains auraient dit que je m’étais embourgeoisé. La politique ne m’intéressais de toute manière plus vraiment et je me surpris à penser que les raisons pour lesquelles je servais la CSI et j’avais rempilé n’étaient pas très claires pour moi. Sans doute avais-je abandonné mes illusions, comprenant que plus rien ne serait comme avant et que le temps où j’étais quelqu’un, au sein de l’Empire Sith, était bel et bien révolu.

                      Mon datapad ne cessait de me rapporter des notifications. Ecrasant mon mégot pour le mettre à la poubelle, j’inspectais ces documents. Ils n’avaient pas perdu de temps, la CSI avait pour réputation d’être un bourbier administratif. Il fallait croire que lorsque le problème engageait l’intégrité physique de ses dirigeants et de leurs sbires, les choses étaient accélérées. Il y avait là les numéros de série des droïdes, leur position, les relèves de gardes et surtout, le trajet du Sous-Préfet. J’inspectais tout cela avec grand soin, les informations affluant dans ma tête. Pour l’instant, mon esprit tentait de recoller les morceau, d’assembler les pièces du puzzle. Pendant de longues minutes, j’inspectais les documents, profitant du calme pour me plonger dans l’ambiance du jour de l’attentat. Je fus arraché à mes pensées lorsqu’un véhicule s’arrêta. Il s’agissait d’un véhicule civil, deux droïdes en sortirent avec des charriots, sortant les carcasses de leurs congénères. Certains avaient été détruits par des blasters, d’autres semblaient tout simplement inanimés. Les droïdes déchargèrent les carcasses dans l’atelier, les approchant de Nocturna et de ses plans de travail. En silence, ils se dirigèrent à l’extérieur et celui qui commandait l’escouade attendit les ordres.

                      -Je veux une patrouille à portée. Positionnez vos unités dans les rues adjacentes, personne ne rentre dans cet atelier. Ne vous faites pas remarquer et restez proches de vos transmetteurs.

                      Le droïde se mit au garde-à-vous. Je venais de faire preuve d’imprévisibilité, car j’avais fait le choix de faire garder la zone. Les comploteurs ne pouvaient pas anticiper cela. Je doutais qu’ils connaissent mon existence pour l’instant, mais je souhaitais avoir une escouade de droïdes sous la main, prête à servir. Le véhicule serait utile aussi, si nous devions nous déplacer rapidement, nous serions escortés et un véhicule banalisé n’attirerait pas l’attention. Je rangeais mon datapad et rentrais à l’intérieur pour y retrouver Nocturna, toujours bercée par sa musique diabolique. Avec un sourire avenant et poli, je la rejoignais.

                      -Serait-il possible de baisser le volume s’il-te-plaît ? J’ai du mal à me concentrer et on ne va avoir du mal à communiquer. J’ai du nouveau…

                      Attendant que ma nouvelle amie baisse le son, je sortais mon datapad, désignant les droïdes.

                      -Tu avais raison, ce n’est pas si simple, il n’y a pas de logique évidente dans le remplacement et les droïdes qui ont été piratés. En revanche, si on regarde le trajet du Sous-Préfet, l’incident a eu lieu dans le seul tronçon où la sécurité était uniquement assurée par des droïdes et où il n’y avait pas de gardes némoïdiens. Ils connaissaient le parcours du Sous-Préfet. Les parcours de Dae’Mid ne sont pas réguliers, ils ne sont pas non plus publics, j’ai vérifié. Les responsables savaient, ils ont été prévenus…J’en suis convaincu maintenant…Ils ont forcément des informateurs au sein de la Sous-Préfecture.

                      Elle comme moi saurions ce que cela impliquait : la haute-trahison. Nous n’en étions pourtant pas à chercher les coupables. Je désignais les immenses caisses métalliques dans lesquelles gisaient les droïdes, dans une caisse il y avait les carcasses déchiquetées par les blasters, dans l’autre les carcasses piratées et inanimées. Je désignais à Nocturna les outils et tout le matériel qu’elle avait demandé, je lui tendais également un document qui attestait de son avance sur salaire. J’avais accédé à toutes ses demandes sans même les questionner, usant de la méthode que j’avais toujours utilisé : me faire apprécier.

                      -Je te laisse maintenant travailler tranquillement. Si tu as besoin de moi, je serai à côté pour éplucher le reste des documents envoyés par la préfecture.

                      Je lui fis signe, me montrant disposer à l’aider si elle souhaitait transporter les carcasses de droïdes. Nous entrions maintenant dans le vif du sujet.

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                        Auteur : Super PNJ

                        Il était peu dire que le volume de la musique de Nocturna était fort. Pour ainsi dire, elle n'en avait cure, de la gêne potentielle d'Arnon. Les pieds posés sur son atelier, un datapad dans chaque main, un verre d'eau avec une paille dans la bouche pour le siroter allègrement, et la chaise qui ne tenait que sur deux pieds, la Miralian était tout sauf professionnelle, sans doute au grand dam du Sergent et Agent de la CSI. Lorsqu'il rentra dans la pièce et émit sa doléance, elle leva un index vers lui, l'air de lui dire d'attendre, continuant de tapoter de l'autre sur sa tablette. Elle chantonnait en même temps qu'elle travaillait, Dieu sait sur quoi, et quelques dizaines de secondes plus tard, elle finit par enfin tourner la tête vers l'humain, baissant enfin la musique avec un soupir.

                        - C'était le meilleur drop, t'as pourri mon groove !

                        Elle n'avait pas cessé de sourire, mais elle s'était légèrement assombrie, arborant partiellement une moue boudeuse, ses yeux ne riant plus autant. Un nouveau soupir s'échappa de ses lèvres alors qu'elle jetait sa tablette sur son établi. Si elle avait des mouvements d'humeur, elle n'en demeurait pas moins attentive, attendant qu'Arnon n'en finisse avec ses explications pour prendre la parole.

                        - Y'a plein d'monde qui doit connaître ses déplacements, au préfet. Genre, imagine, les mécanos pour son taxi et son droïde pilote, l'intendance pour la bouffe, les secrétaires pour les docs'... Enfin, j'imagine hein, c'est toi le spécialiste, mais j'te vois bien partir dans un délire de trahison haut-placée, et faut pas oublier que tout c'petit gratin là, ça reste des privilégiés qui s'lattent en façade, dans l'arrière-boutique, c'est tous les mêmes et ils se partagent le gâteau du travail des autres...

                        Elle acheva sa tirade d'un coup, sans réellement de conclusion, et reporta ses yeux sur le matériel qui avait été ramené en nombre et en masse dans sa petite boutique. Arnon avait fait vite, et elle pouvait reconnaître et apprécier l'efficacité du type. Même si il avait l'air d'un vieux croûlant, ça bossait bien. Elle récupéra en priorité l'avance sur salaire, qu'elle fit disparaître dans ses vêtements, puis se pencha sur l'une des grandes caisses métalliques, se penchant dedans, le haut de son corps masqué par celui-ci ne restaient au dehors que ses longues jambes et son postérieur qu'elle affichait sans aucune gêne, ni honte. Dans le conteneur, on pouvait entendre la mécanicienne fouiller et faire un barouf d'enfer, alors que sa voix vint surpasser le reste.

                        - Avant de t'enfuir, j'suis pas contre un caf', si tu sais l'faire, y'a tout le matos sur le bureau, à côté du datapad. Tu peux le prendre aussi, j'y ai collé ce que tu demandais tout à l'heure : adresses, contacts, alibis pour les rares que je connais qui sont capables de pirater les droïdes. Ca veut pas dire qu'il y a tout le monde, mais si tu veux jeter un œil, c'est gratuit, c'est pour moi.

                        Elle finit par émerger de la caisse, s'accoudant dessus en tenant une tête de B1 dans une main, levée devant elle. Sa tête s'agitait doucement au son de la musique qui planait encore dans l'air, ses mèches de cheveux rebelles suivant le rythme, chacune à leur manière. Ses doigts pianotaient à nouveau sur le métal, alors qu'elle observait le débris sous toutes les coutures.

                        - Dis-donc, ils étaient pressés de les démonter... T'as vérifié si y'avait tout ? Ou ils t'ont dit qu'il en manquait ? Si c'est l'cas, ça va rendre le boulot vachement plus dur...


                        Elle trouva finalement ce qu'elle cherchait, laissant retomber la tête au fond de la boîte métallique, secouant la sienne avec une nouvelle moue peu convaincue.

                        - Ca va prendre des plombes de tous les vérifier, un par un... On sait même pas si ils ont tous été piratés selon les mêmes méthodes. Moi, en tout cas, j'aurais varié, histoire de foutre la merde. Mais tout le monde est pas aussi doué que moi, hein. Et puis, pirater autant de droïdes, sans que personne s'en rende compte, ça veut dire que ça s'est fait sur un lot précis... Ou entre deux restaurations ? A moins que la Préfecture soit aux fraises et fasse pas de contrôles ? Je veux dire, c'est du courant normalement, mais vu que y'a zéro menaces, ça se trouve, ça s'est ramolli ? T'aurais moyen de vérifier ça, tiens ? Les dates de dernières maintenances ?


                        Elle en donnait beaucoup et s'en doutait, mais en même temps, on lui avait dit qu'il fallait la meilleure, et la paye était sûrement largement supérieure à ce que Arnon allait toucher, lui, mais en même temps, elle avait une compétence rare. En attendant sa réponse, elle tira une carcasse entière d'une caisse et une boîte à outils fournie par la Préfecture et se mit à son atelier pour commencer à travailler.

                        Atréïs

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                          Post n°16
                          Auteur : Arnon Veral

                          J’ignorais les complaintes de mon interlocutrice. Sa musique de sauvage m’importait peu, au fond, seule importait ma mission. Quelque chose qui avait été inscrit en moi, l’Académie Impériale m’avait changé, au point de me faire devenir un autre. C’était l’aspect tragique de ma condition, j’avais beau avoir pris conscience des horreurs commises par le système impérial Sith et de ma responsabilité dans ces dernières, mon esprit porterait toujours les stigmates de leur système d’endoctrinement. Mais j’étais également redoutablement pragmatique et avoir conscience de cet état de fait me rendait encore plus efficace. J’allais utiliser cette détermination à obéir aux ordres de la hiérarchie durant cette mission. Nocturna semblait à des lieux de mes questionnements, simplement préoccupée par sa musique et sa tâche. Il était trop tôt pour me forger une opinion solide sur la femelle Mirialan, mais elle semblait être un peu moins sotte que les autres bestiaux. Aussi, m’en faire une force serait le meilleur pour l’instant. Mon regard s’arrêta sur ses lèvres charnues, fendues d’un sourire. A l’évocation de l’hypothèse complotiste à laquelle je serais précisément en train d’adhérer, un petit sourire se dessina sur mes lèvres.

                          -Effectivement, c’est un nombre conséquent de personnes qui savent qu’il va se déplacer…Par contre l’itinéraire n’est connu à l’avance que par un nombre restreint de personnes. Les chefs de la sécurité, quelques opérateurs et ses deux officiers d’intendance. Tu peux directement oublier les deux officiers de l’intendance et les chefs de la sécurité, ils sont surveillés en permanence. Il reste les opérateurs, mais c’est trop facile…J’ai eu leurs noms rapidement et ces derniers se contentent en général de transmettre les ordres aux droïdes et à la sécurité. On ne peut pas exclure que d’autres membres du personnels aient dérobé les codes d’accès d’un des opérateurs ou piraté le système informatique local de la Préfecture. Je suppose que quelqu’un capable de pirater des droïdes de sécurité serait aisément capable de faire ça. Un paquet de gens donc…Mais ça n’exclut toujours pas la haute-trahison…

                          Nouveau sourire amer. J’étais désabusé, je m’en rendais bien compte, c’était dans ma nature. Le fait de rempiler au sein de la CSI avait fait ressurgir en moi des sentiments contradictoires. Toute la propagande sur les jeunes recrues à qui on vendait de servir sa planète et le drapeau, ça ne fonctionnait plus sur moi. J’étais théoriquement moi-même un traître, je connaissais donc très bien le sujet. Bien plus que Nocturna ne pouvait l’imaginer. Je me contentais de hocher la tête lorsque cette dernière demanda un café, me focalisant sur son datapad. Cette bonne femme était insupportable et il y avait bien des moments dans ma vie où j’aurais utilisé mon autorité pour la mettre aux arrêts…Seulement voilà, bien que Capitaine, je ne faisais pas partie des troupes combattantes. Aujourd’hui j’étais tout au plus un simple sous-officier à peine éloigné des troufions du rang, c’était du moins ce qu’affichaient mes galons. Comme les autres, j’étais à la merci de galonnards qui pourraient me faire tourner à leur guise. Nocturna était ma seule alternative, ma seule réelle alliée. Le Sous-Préfet avait déjà été très gentil de me donner ce contact.
                          Activant la machine, j’insérais le compartiment rempli de grains moulus. Me saisissant de deux gobelets, je lançais la machine tout en me permettant de prendre le datapad de la Mirialan et en lançant un transfert de données sur mon propre appareil. En dépit de son attitude désopilante, elle semblait avoir de la suite dans les idées, les contacts étaient bien ordonnés. Me saisissant des breuvages, j’en tendis un à l’extra-terrestre, me fendant d’un sourire qui ressemblait souvent plus à une grimace à cause de mon masque de cicatrice.


                          -Eh voilà pour toi, cette tournée est offerte…Chanceuse.

                          Si je n’avais écouté que d’une oreille, je n’avais pas perdu une miette de ce qu’elle m’avait dit concernant les droïdes. Les craintes concernant la Préfecture se réalisaient : les droïdes étaient démontés, le tout constituant un fatras informe et minéral qui gisait sur l’établi de Nocturna. Je plissais les yeux, je n’avais jamais aimé la mécanique, moi mon truc ça avait toujours été l’administration et les idées. J’organisais, j’ordonnais, je lançais des procédures, cela avait toujours été mon point fort. J’étais très doué pour avaler des dossiers et les synthétiser, pour trouver des vices de procédure ou pour trouver des solutions afin de faire tourner la baraque. Malheureusement, ces talents n’allaient pas être utiles…Pas tout de suite tout du moins.

                          -Fais ce que tu peux. J’ai bien peur que tes craintes ne soient justifiées. De mon côté, je vais regarder ce que tu as mis de côté et les documents que m’a envoyé la préfecture. J’ai encore quelques tours dans ma manche…

                          J’avais volontairement éludé ses questions. J’avais ces informations, je les lui donnerais, mais pour l’instant, je devais appréhender comment fonctionnait cette Préfecture. Qui faisait les maintenances ? A quelle fréquence ? Qui avait approché ces droïdes ? Cela paraissait simple et basique, mais il était très difficile de trouver des indices quand on ne savait pas ce qu’on cherchait. Je m’étais donc mis à distance, pour éviter d’être à nouveau importuné par la musique primitive de la Mirialan. Je me mis donc à éplucher les documents, méthodiquement. Si j’avais encore un doute sur la lourdeur bureaucratique de la CSI, il venait de se dissiper… J’épluchais toute sorte de bordereaux, de rapports et autres inspections des droïdes. Les fichiers n’étaient bien souvent pas classés et m’avaient été envoyés sous forme de formats bruts, des tableurs impossibles à lire qui me donnèrent un mal de crâne terrible au bout de vingt minutes. Les informations étaient difficiles à trouver, mais je finis par trouver ce que Nocturna m’avait demandé, je notais les informations mentalement, passant une heure supplémentaire à chercher qui effectuait ces maintenances.

                          C’est à la fin de cette heure aliénante que je vis le nom. Une information pourtant totalement anodine, qui aurait sans doute inquiété personne. Un détail, une petite information que j’avais croisé avec la liste fournie par Nocturna. Un petit sourire sarcastique se dessina sur mon visage. Je me levais lentement, me rapprochant de la Mirialan et avalant d’une traite la gorgée du breuvage qui était maintenant froid…Ce qui faisait ressortir son amertume et sublimait les relents âcres de nicotine que j’avais encore dans la bouche. Je m’approchais de Nocturna et déposais sur son établis mon datapad.


                          -Regarde ça !

                          J’affichais un nouveau sourire plein de malice que j’accompagnais d’un clin d’œil qui ressemblait cette fois plutôt à un tic, un de mes yeux étant atteint d’une légère ptôse, conséquence de mes blessures. Lorsqu’elle regarderait le datapad, elle verrait que je m’étais arrêté sur un nom, le nom de la personne qui avait effectué la maintenance, exactement treize jours avant l’attentat contre Dae’Mid.

                          -Figure toi que la Préfecture sous-traite certaines opérations de maintenance des droïdes à des civils. Pas n’importe qui bien sûr, mais des gens revenus à la vie civile ou qui ne sont pas fonctionnaires. Cette femme, Ana Cynn était dans l’armée, elle a fait la Forge Stellaire et y a perdu une jambe à cause d’une mine.

                          Les opérations de sous-traitance étaient extrêmement surveillées, c’était pour cela que j’avais eu accès la fiche de l’ancienne militaire. Nocturna la connaissait aussi puisqu’elle figurait dans sa liste. Avait-elle conscience de son passé ? Moins sûr. Savait-elle qu’elle faisait la maintenance des droïdes pour la Préfecture ? C’était sûr que non, car l’autre était soumise au secret. Les documents stipulaient que Cynn avait une formation d’ingénieur et qu’elle avait fait partie du corps des sapeurs à la Forge Stellaire, sans doute les démineurs.

                          -Son dossier médical est intéressant, apparemment elle aurait quitté le service actif à cause d’un stress post-traumatique. Elle continue de travailler en sous-traitance, sans doute un programme pour lui permettre de rester intégrée à la société. Elle me semble un bon point de départ…Qu’en penses-tu ? Fais-moi confiance, les vétérans ont souvent des raisons d’en vouloir à l’armée…Je sais de quoi je parle.

                          Mon visage labouré par les cicatrices se figea dans un rictus. Mon raisonnement pouvait paraître délirant pour quelqu’un qui n’avait pas vécu la bataille de la Forge Stellaire, mais c’était mes tripes qui parlaient. Cynn n’était peut-être pas la responsable de l’attentat mais il était difficile d’imaginer qu’elle n’aurait pas pu trafiquer les droïdes…Au moins à son insu. Utiliser un civil qui travaillait en sous-traitant, c’était bien moins évident et moins risqué que de passer par les gens de la préfecture. Au fond de moi, mon mauvais génie ricanait, elle et moi avions sans doute été dans des camps adverses sur la Forge Stellaire. Je ressentis une poussée d’adrénaline, cette sensation d’être au bord du gouffre de ma conscience…Et de sentir les yeux inquisiteurs des monstruosités qui s’y terraient…

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                            Auteur : Super PNJ

                            Nocturna n'avaiit pas cherché à pousser ses questions. Elle était payée pour réfléchir sur les droïdes, et si elle mettait de bonne grâce son cerveau au service de la cause, elle n'allait pas pour autant insister. Elle n'était pas de l'armée, pas de la police, et globalement, ne connaissait des enquêtes que des holofilms, souvent à l'eau de rose, qu'elle regardait avachie dans un canapé avec un seau de friandises et un soda ou une bière de taille démesurée, le tout lui permettant de reposer ses neurones fatigués d'une journée bien remplie. De fait, elle se serait bien vue le faire le soir même, mais quelque chose lui soufflait que l'homme aux cicatrices face à elle ne la laisserait pas tranquille tant qu'il n'aurait pas quelque chose de tangible à se mettre sous la dent.

                            Elle le laissa travailler de son côté. L'administratif semblait lui filer une excitation toute particulière, et ça lui évitait de se perdre dans des heures et des heures de traitement administratif. Café en main, outil dans l'autre, elle se pencha sur le premier droïde, se disant qu'elle aurait largement le temps de commencer à le dépecer. Erreur. L'autre devait avoir un don puisqu'à peine une heure plus tard, il relevait la tête comme si il venait de tomber sur un filon de diamant qui le rendait riche. Pire que ça, il semblait excité comme une puce, on aurait cru à un chercheur venant de tomber sur une formule magique pour guérir toutes les maladies du monde...


                            -Regarde ça !

                            Il lui colla un datapad sous les yeux qu'elle eut à peine le temps d'attraper avant qu'il ne finisse sa course dans son nez.

                            -Figure toi que la Préfecture sous-traite certaines opérations de maintenance des droïdes à des civils. Pas n’importe qui bien sûr, mais des gens revenus à la vie civile ou qui ne sont pas fonctionnaires. Cette femme, Ana Cynn était dans l’armée, elle a fait la Forge Stellaire et y a perdu une jambe à cause d’une mine.

                            Elle avait vaguement entendu parler de ça. Elle-même n'était pas concernée, la maintenance, c'était pour les mauvais qui n'avaient pas d'esprit créatif, mais c'était tout de même une source d'emplois assez consistante au sein de la CSI. Mais on parlait là d'armée, de secret militaire, et la traçabilité aurait dû être parfaite de ce côté, même Nocturna qui n'avait qu'une faible opinion de ses collègues en robotique n'avait pas de doute à ce sujet.

                            -Son dossier médical est intéressant, apparemment elle aurait quitté le service actif à cause d’un stress post-traumatique. Elle continue de travailler en sous-traitance, sans doute un programme pour lui permettre de rester intégrée à la société. Elle me semble un bon point de départ…Qu’en penses-tu ? Fais-moi confiance, les vétérans ont souvent des raisons d’en vouloir à l’armée…Je sais de quoi je parle.

                            Pour toute réponse, elle se leva pour se refaire un café. Sa machine fonctionnait déjà à plein régime quand elle travaillait seule, maintenant que ce type venait lui exposer ses idées, ça serait pire... En attendant que le breuvage ne coule, elle réfléchissait. Et pas que à son idée primaire, aux implications de sa réaction aussi. Si elle était encore vivante et en bonne santé, c'était d'abord parce qu'elle surveillait ses arrières alors qu'elle passait son temps à travailler sur des sujets sinon douteux, au moins sensibles. Sa main vint à sa poche, sortant sa pièce de monnaie qu'elle recommença à faire tinter contre ses bagues alors qu'elle dansait entre ses doigts. Habilement, elle faisait passer la devise d'une main à l'autre, couvrant la musique de ce cliquetis régulier.

                            -Et tu veux lui faire dire quoi, à cette... Cynn ? Au mieux, tu as tort et c'est une impasse. Au pire, tu lui poses des questions et les instigateurs de l'attentat te tombent sur la gueule, non ? Parce que j'imagine que tu vas pas te pointer là-bas avec une compagnie de droïdes pour te garder à l'oeil.

                            Tout en parlant, elle porta son café à ses lèvres, ce qui lui offrit un temps de réflexion supplémentaire.

                            -J'imagine que t'as prévu autre chose, mais c'est pas mon boulot... Tu vas faire des recherches sur elle ? Il faut que je sache comment elle bosse, selon quels algorithmes. Y'en a plusieurs dans la CSI, c'est plus une question de confort personnel que de réelle utilité. Mais si tu chopes celui qu'elle utilise, je peux essayer de retracer son action. Ca te donnera pas une preuve tangible, mais ça peut t'orienter. Bon, t'attends pas à trouver une clé à molette à son nom dans un plastron de B1 non plus, hein.

                            La tâche s'annonçait délicate et longue, mais pas insurmontable. Lentement, un cheminement de pensée s'insinuait dans le cerveau de Nocturna. Comme toujours, elle devait penser différemment pour retracer les événements. C'était à ça qu'elle était douée. Charge au Sergent de lui amener de quoi faire. Et si ça lui permettait de remettre la musique...

                            Atréïs

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                              #18

                              Post n°18
                              Auteur : Arnon Veral

                              Le tintement ne tarda pas à retentir… Cliquetis strident qui, tout comme la musique qu’elle écoutait, me donnait tout simplement envie de retourner mon arme de service contre moi. Nocturna me jaugeait, comme si elle réfléchissait encore, se resservant immédiatement un café. Avait-elle simplement compris ce qu’impliquaient les informations dont nous disposions ? Sa tirade sur Cynn me démontra que non. Cela sonnait presque comme une raillerie, me prenait-elle pour un imbécile ? Mes yeux clignèrent rapidement, mes sourcils se froncèrent alors que je la laissais continuer. Alors qu’elle continuait, les mots algorithmes et code furent stockés dans mon esprit. J’avais beau être un bon organisateur, ces détails techniques sonnaient comme une langue étrangère pour moi. C’était l’objectif de travailler avec Nocturna, cette dernière avait la connaissance qui me manquait. Il était clair à ce stade que j’avais pour projet de m’en débarrasser à la première occasion dès que je n’aurais plus besoin d’elle. Pas parce qu’elle m’agaçait -c’était certes le cas- mais pour éviter de mouiller des civils dans une telle affaire. Au fond, je ne connaissais Nocturna qu’à travers la Préfecture et nous parlions d’une alien qui était payée pour de la sous-traitance. Elle connaissait tout le monde sur cette planète dans le domaine technologique.

                              Je calmais ma paranoïa, mettant ces idées de côté. Pour l’instant, je n’avais aucune raison d’accuser Nocturna de quoi que ce soit. Je devais cependant me méfier de tout le monde. La théorie du conventicule féru de technologie qui aurait comploté dans l’ombre contre Dae’Mid ne tenait pas, j’étais persuadé qu’il s’agissait d’une organisation importante, voire d’un d’une puissance étrangère qui aurait envoyé ses agents pour utiliser quelqu’un. Là où Nocturna n’avait pas tort, c’était que Cynn n’était peut-être pas au courant de son implication. Toute interaction avec elle pourrait informer les comploteurs malgré nous.


                              -J’ai beaucoup de défauts…Mais pas celui d’être stupide. Cynn n’est sans doute qu’une brique dans l’édifice si elle est impliquée…Je ne compte pas avoir investigué davantage !

                              Le ton était froid, presque sec et cassant. Nocturna avait appuyé sur un point sensible, elle questionnait mes compétences à mener cette enquête correctement et même si ce n’était pas ce qu’elle avait voulu faire…C’était ainsi que je l’avais perçu à cet instant. Je lui indiquais sobrement que j’allais faire de nouvelles recherches et attendre que la Préfecture me réponde. C’était l’avantage avec l’administration de la CSI, une telle organisation tentaculaire s’engluait dans les dysfonctionnements et les délais…Mais elle restait une bureaucratie. Et comme toutes les bureaucraties, on notait tout et on enregistrait tout, surtout lorsque cela concernait la sécurité des édiles et de leurs palais. Si Cynn était en sous-traitance, elle aurait des informations à fournir sur les algorithmes ou toutes les opérations qu’elle avait effectué sur les droïdes. Je m’en voulais de ne pas avoir demandé directement ces informations à la Préfectures, mais je péchais par ignorance, la programmation des droïdes était très éloignée de mes compétences.

                              Je m’éloignais donc, pour finalement disparaître au coin d’un mur. J’avais une idée très claire de la procédure à suivre. J’appelais la préfecture pour avoir les informations demandées par Nocturna, mais j’avais également ma propre idée. Utilisant mes identifiants du DSP, j’effectuais une demande de renseignements au bureau central. Mon statut d’agent me conférait certains privilèges qu’un enquêteur classique n’aurait pas pu avoir directement et je comptais bien m’en servir. J’en profitais pour m’isoler avec son sac. Avec mon uniforme, on me repérais à trois kilomètres, aussi, pour éviter de reproduire les problèmes que j’avais eu lors de ma première mission, je fis le choix de me changer. Déboutonnant ma vareuse, je pliais soigneusement mon uniforme de sergent de Marine pour enfiler des vêtements civils plus classiques, chemise et gilet de laine, pantalon de couleur sombre et souliers de cuir. J’attendis encore une dizaine de minutes avant de recevoir enfin les informations du DSP, celles de la préfecture étaient déjà là. Déposant mon sac et mes affaires dans un coin, je revenais au contact de Nocturna, en civil cette fois. Déposant mon datapad sur la table pour qu’elle puisse copier les informations. J’affichais cette fois un rictus carnassier triomphant.

                              -Voilà les algorithme qui sont utilisés par Cynn. Mieux encore, j’ai pu avoir quelques informations sur elle. Notre amie est très endettée depuis un an et demi, a priori, elle est obligée d’aller offrir ses services contre du liquide à un autre type de clientèle…

                              Comprendre très probablement la mafia ou des particuliers. Ce travail au noir, je le savais de la part du DSP qui avait déjà deux notes de services sur cette Cynn. Il était d’ailleurs très étrange qu’on fasse encore appel à elle à la Préfecture. Mais cela n’était finalement pas totalement incohérent, la CSI était une méga-structure de plus en plus centralisée, les institutions dirigeantes ordonnaient sans partage et dans leur volonté de contrôle absolu des autorités locales, elles les bridaient. C’était ce qui se produisait sur Raxus Secundus, où des règles et lois locales étaient constamment en opposition ou en contradiction avec des lois centrales. C’était même la base de mon travail et la raison d’être d’AgroChrome, faire en sorte que les entreprises agricoles puissent exister et exercer leur activité dans tout ce flou artistique de règles. Cette fois beaucoup plus souriant, je poursuivais :

                              -Regarde si tu peux tirer quelque chose de cet algorithme. Ensuite, j’ai bien envie de réfléchir avec toi à un scénario cohérent qui pourrait me permettre d’aller rendre visite à Cynn.

                              Cette fois, j’en étais persuadé…Nous tenions quelque chose.

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                                a écrit sur dernière édition par
                                #19

                                Post n°19
                                Auteur : Super PNJ

                                -J’ai beaucoup de défauts…Mais pas celui d’être stupide. Cynn n’est sans doute qu’une brique dans l’édifice si elle est impliquée…Je ne compte pas avoir investigué davantage !

                                La Miralian sursauta presque en entendant le son cassant de la voix d'Arnon, cessant de jouer avec sa pièce. Non qu'elle s'attendait à beaucoup de gentillesse de sa part, eut égard à son visage défiguré qui en disait long sur sa personne, mais a minima un peu de reconnaissance pour le dépassement de fonction dont elle faisait preuve. Elle se renfrogna et se renferma sur elle-même, récupérant ses outils en se drapant de sa fierté toute féminine pour se remettre à son travail, tournant le volume de la musique plus fort pour ne pas avoir à l'entendre ronchonner et faire ce qu'il avait à faire. Malgré cela, elle restait précise et fine dans son œuvre, démontant habilement les carcasses qu'on lui avait fourni, branchant des droïdes à divers systèmes qui récupéraient les données qui pourraient les intéresser plus tard.

                                A force de travail et d'expérience, mais aussi d'un talent inné, elle n'avait pas besoin de beaucoup plus d'un coup d'oeil pour récupérer l'information qui lui manquait lorsque des lignes et des lignes de binaire défilaient sur les divers écrans. Elle appelait cela son don, mais de manière très factuelle, c'était surtout qu'elle avait beaucoup de vécu et un peu de chance. Au moins, elle pouvait voir que le piratage, ainsi qu'elle le pensait, avait été fait avec beaucoup de finesse, par un vrai professionnel, possiblement quelqu'un de meilleur qu'elle... Mais elle ne connaissait personne qui pouvait la surpasser, en tout cas autour d'elle. Peut-être sur d'autres planètes, sans doute même. Toute à ses réflexions, elle n'entendit pas Arnon revenir derrière elle et poser le datapad sur la table. Le sourire victorieux qu'il affichait n'annonçait rien de bon. En fait, elle commençait presque à être gênée, ce type la mettait mal à l'aise avec sa manière de se sentir ici chez lui alors qu'elle était chez elle... Néanmoins, elle accepta de l'écouter.


                                -Voilà les algorithme qui sont utilisés par Cynn. Mieux encore, j’ai pu avoir quelques informations sur elle. Notre amie est très endettée depuis un an et demi, a priori, elle est obligée d’aller offrir ses services contre du liquide à un autre type de clientèle…

                                Elle regarda ce qu'il fournissait, passant rapidement sur les noms qui étaient affichés, s'arrêtant rapidement sur l'un d'entre eux, puis releva les yeux vers lui.

                                -Regarde si tu peux tirer quelque chose de cet algorithme. Ensuite, j’ai bien envie de réfléchir avec toi à un scénario cohérent qui pourrait me permettre d’aller rendre visite à Cynn.

                                -Bah, moi je vais t'en donner un, de scénar'...


                                Elle plaqua le datapad sur le bureau avec violence. Elle grimaçait, pianotant des doigts sur le petit écran, réfléchissant à comment amener le sujet.

                                -J'imagine que t'as pas eu le temps de te renseigner... En même temps, je sais même pas si c'est de notoriété commune dans la CSI, enfin bref. Lui, là, Arvydas Kalnietis. C'est pas juste un mec qui traîne et demande des services, il les exige. Ah, et puis c'est un mac aussi. Alors, ça m'étonnerait pas que Cynn, elle soit pas juste technicienne, si tu vois ce que je veux dire, et qu'elle reçoive effectivement du liquide.

                                Elle avait le regard dur et froid, pour le coup, et elle se leva pour reprendre une tasse de café. On lui avait promis un boulot sur des droïdes, pas de se plonger dans la fange neimoidienne. Arvydas était une brute de la pire espèce qu'elle avait côtoyé une fois, une fois de trop. La légende à son sujet disait qu'il avait pris la place dans le coin en combattant et en tuant ses prédécesseurs, la réalité était autrement plus glauque. Nocturna avait eu accès à certaines caméras pour constater de ses yeux ce qu'il s'était passé.Il n'y avait pas eu de combats, juste des assassinats, brutaux, sanglants et bruyants. Elle revint au datapad, écrasant l'index dessus.

                                -C'est un Defel... Un @£*!&% de Defel qui a buté tout ce qui passait sous sa main. Si tu veux te frotter à lui, va pas falloir que tu fasses un pas de côté, sinon... Couic. Et là, je vais pas pouvoir t'aider. Je fais parler les droïdes morts, pas les cadavres. Là où t'as du bol, c'est que tout brutal qu'il soit, il dit jamais non à une affaire. Si mon intuition est juste, t'as moyen de négocier des minutes en tête à tête avec Cynn. Ou en tête à queue, c'est toi qui voit.


                                Atréïs

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