Post n°1
Auteur : Maar Shane
Cette réunion s’éternisait décidément. Maar n’avait plus qu’une hâte, pouvoir prendre un vrai repos et abandonner pour quelques heures au moins sa peau de politicienne. Bien sûr tout cela était important, primordial, que ces discussions interminables étaient nécessaires. Mais elles étaient aussi, pour elle, extrêmement douloureuses, et se concentrer dans ces circonstances n’était pas le plus simples.Chacun annonçait les forces qu’il (ou elle) engagerait dans la bataille.Et finalement, le président Mufus reprit la parole. Son discours annonça la fin de la première réunion de l’OCD. Un événement que la galaxie ignorerait toujours, il fallait l’espérer. Mais qui, pourtant, pouvait changer la vie des mondes connus et inconnus.Maar pensait à tout cela en se levant lentement, à l’instar des autres membres. Encore novice dans le monde politique, elle ne connaissait pas vraiment ceux qui quittaient la table avec elle, et n’avait rien à leur dire. Elle n’avait de toute façon aucune envie de s’attarder.Elle quitta rapidement la salle, et se réfugia à nouveau dans les premiers sanitaires qu’elle trouva et, une fois enfermée, reprit son apparence avec un soupir de soulagement.Cinq minutes ! Cinq minutes de répit et je pars retrouver Pamela. Elle doit bouillir d’impatience. Après… le programme va être chargé…Fermant les yeux, chassant de son esprit tous les tracas de la vie politique, la Clawdite s’efforça de chasser de même la tension accumulée ces dernières heures. Ce n’était malheureusement pas si facile. Une migraine sournoise tambourinait sous son crâne et avait l’air bien installée. Maar se massa les tempes, sans grand espoir que ça améliore quoi que ce soit. Mais la changeante n’était pas arrivée où elle était aujourd’hui (oui, parce que les toilettes d’un vaisseau spatial…. Ça c’est classe…). Ses années passées au Pain de Sucre lui avait au moins appris ça. Mépriser la douleur de ses transformations et les reléguer dans un coin perdu de sa tête le temps nécessaire.Elle finit par rouvrir les yeux. Et constata, agacée, que les cinq minutes étaient devenues dix…Zut…Elle se redressa, rajusta une nouvelle fois sa tenue et quitta rapidement son refuge. Elle chercha à joindre Pamela, mais en vain. Alors la préfète se lança à sa recherche à travers le vaisseau. Mais nulle trace de l’agent cerbérien, nulle part…Tu parles d’un garde du corps… Elle disparaît sans prévenir… Vais finir par rentrer toute seule moi… Où elle est ?…Mais Maar ne devait pas retrouver Pamela ce jour-là. Elle n’avait qu’une vague idée de l’endroit où elle se trouvait (à part dans le vaisseau) quand elle croisa le président Corellien. Le Jawa pas le Sith. Il lui tendait quelque chose.-Président Mufus. Qu’est-ce que c’est ? De l’aspirine ? Oh, c’est très aimable à vous.Elle fit jouer un moment le tube dans sa main. Sans se décider à en prendre. Elle n’en prenait jamais. Elle n’était pas sure des effets que ça pouvait avoir. Si jamais ça perturbait sa transformation…Alors, elle supporterait sa migraine. Une fois de plus. Décidément trop fatiguée et assommée par les tambours sous son crâne, elle ne remarqua même pas que le président jouait au bilboquet. Elle ne réagit que quand il lui proposa de la ramener sur Cato. Elle reporta la main à son front. Elle n’avait toujours aucune nouvelle de Pamela, et pas franchement envie de prendre la navette pour rentrer sur Cato.Maar réussit à s’arracher un sourire à peu près charmant pour remercier le président serviable, et le suivit jusqu’à la navette. Elle envoya tout de même un message à sa conseillère/garde du corps pour l’avertir, après avoir héisté à la laisser s’inquiéter un peu.Au passage, elle lui rendit son tube d’aspirine. Il semblait que jouer au bilboquet présentait des risques de migraines.Sitôt à bord du vaisseau, elle s’excusa auprès de son hôte, et lui demanda s’il était possible qu’elle ait une cabine pour se reposer. Le petit homme aurait peut-être préféré passer le trajet à bavarder avec elle, mais il eut la bonne grâce de la faire conduire jusqu’à une petite pièce.Maar ne fut pas étonnée de constater que celle-ci, petite et presque vide, n’avait pas, et de loin, le confort du salon principal de la navette. Mais ça n’avait aucune importance. Elle avait tellement besoin de sommeil qu’elle aurait pu dormir dans une soute. D’ailleurs, l’espace dans lequel elle se trouvait avait bien tout d’une soute, à part une espèce de lit de camp dans un coin.Maar verrouilla la porte. Ça devient une manie…Puis abandonnant le visage de la préfète, elle pratiqua quelques exercices de détente avant de s’endormir.Deux heures plus tard, Maar, reposée et en bien meilleure forme apparaissait dans le salon de la navette. Le petit Jawa semblait ravi de la revoir. Et le sourire qu’elle lui adressa était bien plus vraisemblable que ceux qui dataient de quelques heures plus tôt.-Je vous prie de m’excuser pour ma désertion après le décollage, monsieur le président. Mais j’avais vraiment besoin de repos. Mes opposants politiques critiquent ma santé fragile… Ils n’ont peut-être pas tort après tout.Mais je ne vais pas vous ennuyer avec ça.Je ne sais comment vous remercier pour votre gentillesse. J’espère que vous accepterez l’hospitalité des Cato Neimoidiens. Au moins, pour ce soir, je suis consciente que d’autres affaires vous réclament, et que vous n’avez pas pris la présidence d’une planète pour simplement faire le taxi. –Elle sourit doucement- Quoique, je n’ai pas à m’en plaindre.Quoiqu’il en soit, je serais honorée de vous accueillir au palais royal tout le temps qu’il vous plaira.Les deux politiciens continuèrent sur ce ton pendant les quelques heures que dura encore le voyage. Quand la voix du pilote, désincarnée par le haut parleur, annonça la sortie d’hyperespace, Maar se leva et avança rapidement vers la vitre blindée du salon. Elle voulait voir sa planète apparaître dans le noir sidéral. Tournant le dos à son hôte d’une façon moins que polie, elle oublia tout pendant un moment. Un instant béni de sérénité et de bonheur simple. La joie de voir son chez-soi après s’en être absentée. Elle n’entendit même pas les derniers mots du jawa.Pourtant un incident imprévu allait retarder un peu le retour au pays de la préfète.En effet, si Maar avait prévenu Pamela que le président Corellien la reconduisait jusque sur Cato, elle avait omis d’en avertir son gouvernement. Et la navette Neimoidienne du Jawa était bien plus anonyme que ses autres vaisseaux. Et étant donnée la paranoïa aiguë que manifestait le gouvernement de Maar dès qu’elle s’absentait, les accès à l’astroport étaient strictement contrôlés. Et la navette se voyait sommée de s’identifier et donner la raison de sa venue sur Cato par les autorités compétentes. Et comme le pilote, qui avait ordre d’être discret, refusait de répondre, le contrôle leur refusait l’autorisation d’atterrir.Maar ulcérée, et impatiente de retrouver son palais, intercepta la communication et incendia proprement le correspondant Neimoidien. Sa voix était froide et maîtrisée quand elle s’adressa au Neimoidien de l’hologramme, mais celui-ci ne put s’empêcher de se tasser peu à peu sur son siège quand il compris à qui il avait affaire.-Ici le préfet Shane. J’avoue que je suis quelque peu déçue par votre attitude monsieur. J’espérais un meilleur accueil de la part de mon peuple. Suffit-il que je tourne le dos pour que ma planète devienne un espace fermé, où les étrangers n’auraient plus le droit de cité ? Ne suis-je pas moi-même une étrangère ? Du moins, ne l’étais-je pas avant ? Dois-je comprendre que je n’ai plus ma place parmi vous ? Dois-je donc retourner chez moi ? Vous abandonner à votre sort ? Reprendre peut-être ma carrière à travers la galaxie ? Allez-vous me laisser atterrir ou dois-je chercher une nouvelle patrie ? Répondez !La voix de la Clawdite avait enflé au fur et à mesure de son discours, prenant une ampleur presque dramatique sur la fin. De quoi tirer une larme ou deux à un éventuel public. L’artiste perçait sous la personne politique.Mais c’était efficace.-T… tout de suite madame. Non, madame. Je… je veux dire… oui madame… Tout de suite… vous… vous pouvez atterrir… nous vous dégageons un hangar tout de suite !La communication fut coupée. Et Maar se retourna vers Mufus.-Je suis navrée de ce contretemps. Mes collaborateurs ont une fâcheuse tendance à devenir timorés quand je les laisse seuls…Au même moment, sur le sol Neimoidien, un vent de panique secouait aussi bien le palais royal que l’astroport. La nouvelle courait de proche en proche, la préfète était de retour ! Et rien n’avait été préparé pour ce grand événement ! C’était une catastrophe ! Le chevalier d’Eon était furieux pour une autre raison. Elle revenait dans une navette neimoidienne au mépris de toutes les règles de sécurité, et ne leur laissait pas le temps d’établir un protocole de protection pour son arrivée et son retour au palais. Elle était inconsciente et lui rendait la vie impossible. Comment pouvait-il assurer sa sécurité, hein ?Mais malgré tout, quand la navette se posa et que ses prestigieux passagers en descendirent, la garde royale les attendait en une remarquable haie d’honneur. Au pied de la passerelle, le Ser des Epées, raide et roide, en homme outragé, attendait de pieds fermes la préfète, un air revêche sur la figure. Il s’inclina brièvement devant Maar et lui souhaita la bienvenue d’un ton qui laissait penser le contraire. -nous sommes ravis de vous revoir parmi nous madame le préfet. Nous allons vous faire conduire au palais immédiatement. Vous y trouverez… quelques surprises…. -Très bien Ser, très bien… Le président Corellien Mufus m’accompagne, veillez à ce qu’on lui prépare une suite au palais et à ce qu’il ne manque de rien.Le chevalier marmonna alors quelques mots que seule Maar entendit. -Le président Mufus…. Ah ! La préfète siffla entre ses dents un avertissement à son ministre de l’Intérieur :-Suffit chevalier ! Vous vous égarez !Alors, il reprit plus haut : -Nous sommes très honorés de votre visite, monsieur le président. Si vous voulez bien me suivre… Maar jeta un regard intrigué au Kiffar, il avait l’air… en colère après le petit Jawa. Et Maar ne parvenait pas à comprendre pourquoi.Comment aurait-elle pu savoir ? Savoir que le ministre avait été particulièrement perturbé par l’arrivée inopinée au plais, quelques jours plus tôt d’un pachyderme venu d’on ne savait où. Le suspicieux chevalier avait bien failli faire débiter le pauvre animal dans le doute. Heureusement, il n’en avait rien fait. Il s’était avéré par la suite que l’éléphant était un présent du président Corellien à la préfète de Cato. Aussi, le chevalier avait-il une dent contre le Jawa dont le cadeau lui avait donné des sueurs froides pendant plusieurs jours.Mais comme le lui avait signalé Maar, ses sentiments n’avaient pas leur place dans le jeu politique.Et c’est donc en gardant pour lui ses états d’âme que le ministre conduisit les deux dirigeants jusqu’aux véhicules qui devaient les conduire au Palais. Malgré le temps très court écoulé depuis l’annonce du retour de la préfète Shane, une foule assez conséquente s’était massée aux abords de l’astroport et sur la route du palais. Les ovations de cette foule les accompagnèrent tout du long.Mais si l’amour de ses concitoyens réchauffait le cœur de Maar, elle fut tout de même soulagée de voir enfin apparaître les murs de son palais.Enfin chez moi !Pourtant le cortège officiel ne se dirigea pas vers la Grande Porte, mais contourna le mur Ouest. Ils allaient passer par le Porte des Fleurs, celle qui donnait sur les jardins. Cela étonna Maar et elle jeta un coup d’œil à son Ser des Epées.Qu’est-ce qu’il cherche ? Pourquoi passer par les jardins ?Elle n’allait pas tarder à le savoir. Ils passèrent les postes de sécurités et purent quitter les véhicules. Et le cortège désormais piéton s’enfonça dans les allées ombragées du Jardin bas. Ils allaient franchir l’enceinte du jardin Haut quand un bruit surprenant les fit s’arrêter. C’était un… barrissement ?-Qu’est-ce que c’est ? Chevalier, qu’avez-vous installé dans mes jardins ? -Je n’ai rien installé du tout… Nous n’avons fait que recevoir un cadeau… pour vous… -Un cadeau ?Et Maar, plantant sa suite au beau milieu d’une allée, se dirigea rapidement vers l’origine du bruit. Au débouché d’un massif de dahlias elle découvrit un vaste espace de pelouse. Et au milieu de la pelouse…Un éléphant… c’est bien un éléphant… Il est magnifique mais… Qui pourrait m’offrir un éléphant ??? -Il est beau, hein ?C’était le président Mufus.Et Eon, d’un ton désabusé. -Et encore vous n’avez pas tout vu… Le reste de la suite avait disparu.Eon, pour illustrer ses dires, lança un appel qui fit un moment douter la préfète de la santé mentale de son ministre.Quelle personne saine d’esprit crierait « Monsieur Baboulinet » à travers les jardins d’un palais royal ?Mais quand le pachyderme redressa la tête et se mit en mouvement, elle comprit que ça devait être son nom.Elle observait l’animal qui avançait vers eux. Sa démarche était curieuse. Il ne marchait pas, il se déplaçait par bonds !C’était un spectacle à ne pas manquer.Maar se mit à rire comme une enfant et applaudit devant la performance de l’animal.-C’est un de vos cadeaux, Mufus ? Il est magnifique. Merci !Et, toute à sa joie enfantine, Maar souleva le Jawa, le serra un instant dans ses bras avant de le faire tournoyer dans les airs.Elle le reposa doucement au sol, finalement, et prit une mine confuse.-Je suis désolée, monsieur le président. Je crains que mon attitude n’était pas vraiment digne de ma fonction. Ni de la vôtre.Mais votre présent est vraiment magnifique !Le chevalier d’Eon s’était renfrogné encore un peu (si si, c’était possible). Il s’était visiblement attendu à une autre attitude de la part de sa préfète.Ils finirent par repartir vers le palais.