Post n°13
Auteur : Jagabamda
Chaque fois que je me pose la question, j’éprouve une sensation douloureuse. Le matin, j’essaie de me rappeler le rêve de la nuit, et il ne m’en reste que des lambeaux que je voudrais rassembler mais qui se volatilisent » … j’ai beau fouillé dans mes souvenirs… Je fouille, fouille, fouille encore et toujours dans cette mémoire qui me joue des tours…J’essaye de trouver des indices, les plus lointains dans le temps. Vers douze ans, quand j’accompagnais ma mère … Ma tante ? … Plus tôt ? Plus tard ? J’y suis allée quelquefois, autrefois ! … J’y suis retournée dans ces parages en catimini, même lorsque l’endroit nous était interdit !La voix de Joyce me harcèle : « … Rappelle-toi, on y allait jouer étant petite ! » Il me faut agir … Les réponses se trouvent là-bas… L’évocation d’un souvenir, d’un lieu précis permet de se rappeler a-t-on dit !Ma décision est prise, et il ne me reste que quelques heures pour tout mettre en œuvre. Il me fallait tout organiser afin qu’on ne puisse apercevoir mon absence. Arelya ! Arelya sera mes yeux, ma tête, ma voix en ces lieux… Je la fis appeler aussitôt.En attendant son arrivée, je tournais en rond comme un lion en cage. J’avais déjà préparé, en peu de temps pour le dire, différents hologrammes me mettant en scène, en habits variés pour chaque situation, une réponse, un monologue enregistré d’avance. Il lui suffirait juste de le lancer lorsque la situation l’exigerait.A son arrivée, Je lui mis dans la confidence. Quand je dis « confidence », plus tôt une partie sans révéler les détails et l’exactitude de ce que je souhaitais entreprendre. La décision de me retirer quelques temps …- Vous n’y pensez pas ?? … - C’est un projet, longuement réfléchi ! Mentais-je une fois de plus- Quel projet ? demanda vivement Arelya… Pour combien de temps ? - Combien de temps ? Si je le savais moi-même ! Rapidement, j’espère ! - … Pourquoi ?Je me redressais en détournant les yeux. Cette fidèle assistante me regardait fixement. Je laissais mon étoffe voiler mon visage afin qu’elle ne puisse voir la vérité que je lui cachais avec facilité.- J’ai besoin de prendre un peu de vacances… De me retrouver… Avec tout ce qui s’est passé … la mort du chancelier… Le deuil de mon père Je n’ai pas pleuré la mort de mon père … A l’évocation de ces évènements, je sentis qu’elle l’acceptait. Je ne savais trop si je devais me sentir satisfaite, déçue ou terriblement coupable à cette idée. Et bien entendu, j’entendais ses réticences. … Et si on vous cherche ? S’il y a une urgence… ?.. J’essayais tant bien que mal d’apporter des réponses conformes, cohérents, adéquats… Je répondais à une question par une autre : Et vous que feriez-vous si vous étiez à ma place ? … Quand l’exultation des questionnements fut un peu apaisée, je pus enfin lui répondre sans être interrompue. Je pris sa main dans la mienne- Arelya ! Vous êtes à mes côtés depuis un certain temps déjà… En tant qu’assistante, combien de fois m’avez-vous secondé, conseillé ? Des conseils bien avisés, lorsque je devais prendre des décisions… Je pense que vous saurez quoi faire et comment les faire… Je n’ai pas de crainte là-dessus, et vous ne deviez pas l’avoir non plus… Et vous savez mieux que nous tous réunis, le fonctionnement de nos bureaux… Je ne vous laisse pas démunie, des dossiers sont bouclés, Je vous ai laissé des instructions… Tout est là, tout est prêt … Dis-je en montant les boîtes dans lesquels j’avais aussi glissé les boitiers des hologrammes … – J’en suis navrée, mais j’ai vraiment besoin de m’éloigner… Et j’ai vraiment plus que jamais besoin de votre aide…Elle leva enfin les yeux vers le plafond. N’ayant plus d’argument afin de me faire changer d’avis. Elle me fit comprendre qu’elle accepterait à condition que je sois accompagnée.- D’accord, vous êtes une femme exceptionnellement bien gardée. Je ne vais pas m’en faire pour votre sécurité… Il y a, en liste, un nombre de garde qui pourrait vous accompagner, mais je ne vous donnerai qu’un seul nom- Non !! Surtout pas … Je souhaiterai juste me retrouver seule incognito à me prélasser sur un transat pour un repos bien mérité… Et un garde, reste un garde... Côté discrétion !! Vous voyez ce que je veux dire ! Je devais jouer au plus fin. J’aurai besoin de temps pour contourner ses défenses Car si jamais, on apprenait la vérité, si on découvrait ce que je mijotais… Mon plan tomberait à l’eau.Elle m’avait crue …<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<Dans le couloir, à l’approche de pas, je recule dans un renfoncement. Le visage dissimulé sous un masque et un capuchon noir, je me contraignais à me fondre dans le noir, à n’être plus qu’une partie de cette obscurité. Une jeune employée qui servait la chancellerie se dirigeait d’un pas traînant vers la fenêtre ouverte et la referma en grommelant. Un instant plus tard, elle avait disparu dans l’escalier au fond du couloir sans avoir remarqué ma présence…<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<Elle se mobilisa et je fis autant… Gardant mon attention sur son prochain mouvement … Les gardes qui flanquaient l’entrée se redressèrent quand ces membres du personnel les saluèrent d’un signe de tête. Je reportais l’attention sur « l’autre » cachée dans l’ombre.Lorsqu’elle se décida de bouger, je ne l’arrêtai pas. Quand elle se dirigea vers la sortie, je me glissais dans ses pas. Je n’étais pas censé m’interroger. Mon travail consistait à la protéger.Elle s’approcha de la porte, le bas de son manteau balayant le sol. Ses bottes noires ne faisaient presque aucun bruit sur le sol de marbre derrière elle. La voilà, qui traverse d’un pas rapide les couloirs du bâtiment, le sac qu’elle tenait à la main oscillait au rythme de sa marche, heurtant régulièrement ses genoux. Bien que son visage fût presque entièrement dissimulé sous le capuchon de son manteau noir, je connaissais parfaitement son identité dont les yeux brun doré gardèrent une expression lointaine. Elle inspira, soudain oppressée, et je me préparais mentalement à ce qui allait suivre....<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<Dès que les serviteurs furent sortis, je gagnais le boulevard qui était désert. Je reçois en plein visage la lumière d’un de ces véhicules qui n’arrêtent jamais de circuler, je parcours le chemin, j’en arrête un et pris place à bord, donnant d’un air détaché ma destination… Un immeuble de cinq étages, un autre avec 39, forment un bloc entouré par le boulevard. On débouche de la rue principale et une deuxième qui passe derrière les deux immeubles. Ceux-ci sont semblables. Là-voilà celle qui porte une inscription en forme de bouche, et, presque en face, celle de l’entrée de l’astroport. Celle-ci ouvre sur un assez long couloir. Tout au fond, l’escalier part vers la droite.Cet astroport, n’avait jamais attiré mon attention, et pourtant, lorsque je suis venue m’installer dans cette partie de la Galaxie, je suis passé devant pendant des mois… D’hier à aujourd’hui. Avec le recul des années, les perspectives se brouillent pour moi, les mois, jours et heures se mêlent l’un à l’autre. L’hiver, l’automne, le printemps, l’été, ce ne sont que des saisons passées...<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<Que faisait-elle ici ? …. Sans patrouille pour veiller à sa protection ? Elle avait ôter son masque... Si je reconnaissais ces traits parmi tant d’autre, beaucoup le pourraient aussi. Ma main effleura mon épée près à jaillir de son fourreau si besoin. Discret en me mêlant à la foule, je restais sur mes gardes. Je scrutais ses faits et gestes. Immobile et silencieuse tandis que ses yeux dissimulés dans l’ombre de son capuchon scrutaient les vas et viens de la file d’attente. Elle leva la tête…<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<Il n’était pas trop tard pour faire chemin inverse, pensais-je… Et si j’étais démasquée ? Non, ça grouillait de monde, mais personne ne voyait personne … C'est troublant de se sentir invisible au milieu d'une foule… Je dus faire appel à toute ma volonté et à mon instinct de survie pour dissimuler mon identité. En me forçant à respirer régulièrement pour retrouver mon calme, je continuai à regarder droit devant, comme beaucoup autour de moi le faisaient.- Un allé simple pour Telos, s’il vous plait … Voilà les crédits … Gardez la monnaie…Je réprimais mon envie de baisser les yeux, lorsque les doigts gantés du guichetier effleurèrent les miens avant de lâcher le ticket...<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<Je me raidis en entendant ces paroles. Sur un signe de l’employé, elle s’approcha du comptoir, le visage toujours aussi inexpressif, elle prit le ticket que la préposée aux transports lui tendit … Je la suivis des yeux … Puis, je me précipitais aussitôt au guichet afin d’obtenir moi-aussi un billet. Sans se mettre en frais de conversation, ce dernier regardait fixement mon insigne et me remit la pièce demandée … Aussitôt fait, je me dirigeais vers la porte ouverte par laquelle elle s’était éclipsée un instant auparavantHRP : Suite ici https://star-wars-rpg.soforums.com/t8848-Sur-les-traces-des-Amazones.htm#p9…