Post n°3
Auteur : Lyzs
Saleté de sénat, saleté de prétentieux ! Ces anciens chevaliers ne payaient rien pour attendre. Lyzs fatiguait et pestait intérieurement contre tout. Elle était habituellement douce et calme, mais trop d’agitation avait fini par l’irriter. Sa fin d’après-midi passée à errer dans les couloirs du centre politique l’avait épuisée. Elle quitta l’immense dôme de métal et respira un grand coup. Ses deux sphères reprirent leur activité, mais leurs mouvements nerveux donnaient l’impression que la générale avait bu trop de café. Le rythme diminua soudainement, après un long soupir. Tout en se frayant un passage au milieu de la population urbaine, elle se parlait à elle-même. — Enlevée à ma famille, sujet de tests, condamnée par les Sith, évadée, rescapée du massacre de mes nouveaux parents, vagabonde, chevalière impériale, garde républicaine et maintenant générale… Je devrais écrire un livre, vraiment. L’emprunt d’un speeder militaire conduit par un droïde lui permit de rejoindre ses nouveaux quartiers. Ceux-ci n’étaient pas très loin du complexe militaire. Apparemment être générale lui offrait pas mal d’avantages, notamment celui d’avoir un logement assez luxueux d’après le bâtiment indiqué par son petit écran. L’idée qu’elle consultait son datapad pour tout et pour rien depuis quelques jours la fit sourire : à quel point en avait-elle besoin ? Elle s’en passait pourtant très bien avant d’être dans l’armée. Son questionnement intérieur prit fin quand elle dut prendre l’ascenseur. A peine fut-elle rentrée dedans que ses portes se fermèrent, comme si la cabine ne voulait laisser entrer personne d’autre qu'elle. — Bonjour et bienvenue, générale. Ces mots éveillèrent la curiosité de Lyzs. Elle fouilla l’endroit du regard pour y trouver un objectif la fixant. Apparemment, les systèmes informatiques étaient bien tenus à jour. La voix, aux sonorités presque humaines, continua. — Souhaitez-vous vous rendre à votre étage ? — Euh… oui. répondit-elle, hésitante. C’est lequel ? — Le 111ième. La jeune femme sentait à peine l’ascension. C’était à croire que l’architecte avait mis le paquet dans le budget ascenseur. Elle trouva ses quartiers après s’être informée auprès du système. Elle découvrit, non sans surprise, que l’on pouvait faire plus classieux que dans l’hôtel où elle avait séjourné. Elle ne comprenait pas vraiment pourquoi elle avait droit à tout cela. En fait, elle ne réalisait pas vraiment l’importance de sa position non plus malgré tout le mal qu'elle se donnait pour comprendre sa primordialité. Tout ce qu’elle savait, c’est qu’elle devait humblement transformer un groupe d’agité en corps militaire d’élite. Elle soupira en y pensant. Lyzs fit le tour des lieux. Elle était à la fois impressionnée, satisfaite et étrangement mélancolique. Elle ne pouvait pas s’empêcher de comparer l’endroit aux bas-fonds. L’écart entre les deux mondes la choquait. Tant de différences sur une seule et même planète. Et encore… elle avait vécu dans un coin particulièrement tranquille. Sur cette pensée, elle se jeta dans ses draps, épuisée par sa journée trop chargée en émotions. Le lendemain, la jeune femme se leva aux aurores pour aller chercher son uniforme. Elle tomba plutôt sur un droïde qui la scanna avant de lui annoncer qu’elle devait patienter. Après deux heures passées à fouiller des données sur les chevaliers impériaux sur son datapad, elle reçut enfin sa commande. C’était un ensemble gris clair, avec le symbole républicain sur la poitrine et les gallons sur les épaules. Quelque chose d’assez classique qui ne lui plaisait pas vraiment. La veste, cernée par une ceinture, formait une sorte de jupe droite au-dessus de son pantalon. Si ce n’était pas pour son travail, elle ne porterait jamais quelque chose d’aussi... formel. Elle fit la moue en se regardant dans le miroir. — C’est classe, mais si sévère... La jeune garde préférait de loin ses combinaisons habituelles : on y bougeait mieux et elles lui allaient bien mieux. Ces vêtements auraient été parfaits si elle avait eu vingt ans de plus. Elle était un peu gênée, au final. Elle n'osait même plus sortir ses sphères pour ne pas encore plus attirer l'attention. Elles vinrent se ranger dans deux poches de la seule chose utile de cet uniforme : la ceinture. Tout en finissant de se lamenter intérieurement, elle se rendit au complexe militaire. Lyzs commençait à s’habituer aux soldats, aux armes, à l’environnement militaire. Elle passa les barrières, descendit du véhicule et se déplaçait dans la zone comme on le ferait dans n’importe quel lieu public. A l’exception près que tous les gardes qui la croisaient la saluaient. Elle ne pouvait pas s’empêcher de sentir une certaine confusion chez ceux-ci… une véritable épreuve pour son sang-froid. Datapad en main, elle accéda à la bibliothèque des écoles. Elle devait rencontrer des gens capable de la mettre à niveau, mais elle n’avait pas envie d’arriver devant eux sans rien y connaître. Deux bonnes heures s’écoulèrent et Lyzs avait accumulé une petite pile d’ouvrages qu’elle promenait avec elle. Alors qu’elle cherchait encore pour voir si rien d’autre ne pouvait l’intéresser, elle s’arrêta. Brusquement, elle se tourna pour regarder qui l’observait. Trois futurs officiers sursautèrent au loin. Ils ne s’attendaient pas à être repérés ainsi. Il faut dire que leur intérêt pour l’uniforme de Lyzs était assez pesant. L’un d’eux ria à leur propre réaction. Cette même personne s’avança jusqu’à la jeune femme et salua, dans le doute. — Excusez-moi par avance, mais êtes-vous vraiment générale, générale ?Lyzs prit le temps d’observer l’individu une paire de secondes. Elle soupira tout en supportant le sourire en coin de l’étudiant qui avait l’air plus vieux qu’elle. Ses cheveux blonds en pétard faisaient négligé, en plus. — En effet. Aussi, on dit « je vous prie de m’excuser ». On ne donne pas l’ordre d’accepter nos excuses, ce n’est jamais acquis. Si c’est tout ce dont vous aviez besoin, retournez à vos activités. Tout en prononçant ces mots soigneusement choisis, la générale reprit ses recherches. Elle affichait un air contrarié et concentré à la fois. Le jeune homme, lui, y voyait une moue plutôt mignonne. Il plaisanta. — Oh allez, tu es nouvelle ? Où est-ce que tu as eu ça ? Il faut t’en débarrasser avant que tu aies des problèmes. En plus, je te prie de m’excuser mais… ça ne te va pas vraiment. Lyzs lui jeta un regard meurtrier. Elle soupira pour se calmer et posa ses livres sur l'étagère la plus proche. Elle tendit un bras vers le malotru. Il sourit. Puis, ses lèvres retombèrent en entendant un léger crissement régulier. Il éprouvait une drôle de sensation et en cherchait la source en bougeant la tête. Il fixa la "nouvelle", sans savoir quoi dire dans une telle situation : il était en train de glisser jusqu’à la table d’où il venait et le son émanait en fait de ses chaussures qui frottaient contre le sol. Ses amis n’osaient rien dire. Un léger bruit choc avec une table indiqua à la jeune fille que l'indésirable était arrivé à destination. — Vous ne m’adressez plus la parole et vous ne bougez pas d’ici. Sinon, vous le regretterez. La générale reprit ses recherches plus loin, elle n'avait pas envie de rester près de ces gens-là. Seulement, elle ne fut tranquille qu'un bref instant. Car, peu de temps après son petit règlement de comptes, un homme approchant de la soixantaine arriva. Il avait l'air bien portant et arborait fièrement une imposante moustache grise qui semblait compenser sa calvitie naissante. Il salua, puis sourit. — Ah, générale ! Je vous cherchais, j'ai eu vent de votre arrivée. Wilhelm Ban, enchanté. il se mit à chuchoter. Je suis au courant pour votre situation. Mon fils et moi-même nous chargerons de vous mettre à niveau. Lyzs recula son visage car l'homme se tenait un peu trop prêt à son goût. Elle avait l'air intriguée. — Votre fils ? — Oui, c'est quelqu'un de très doué et de passionné, vous verrez. La générale sentait venir ce qui lui semblait être l'évidence. Comme si tout était écrit dans un scénario trop peu réfléchit. L'homme, bien qu'étant dans une bibliothèque, se permit de parler plus fort. — Matthew ! Viens donc. Sans surprise, le jeune homme aux cheveux blonds dont elle s'était à peine débarrassée arriva. La jeune femme lui lança un regard noir. Il ne comprenait pas ce qu'il venait faire ici, mais il commençait à cerner la situation. — Voici la générale Yvanol, nous allons... Lyzs toussa. C'était, de toute évidence, pour l'interrompre.— Ecoutez, je pense que nous allons remettre cette discussion à plus tard. Je compte d'abord m'informer un peu en lisant tout ceci. dit-elle en posant les yeux sur les livres. Aussi, j'ai un emploi du temps plutôt... Son propre datapad l'interrompit à son tour en bipant. Ce qui était bien arrangeant en matière de crédibilité. Ce qui était moins bien, par contre, c'était le contenu du message qui venait de lui être transmit. "On va faire le grand ménage dans les bas-fonds. Nous allons demander du soutient au Général Lowel Hayden qui est à la tête des Hommes de la Médiation. ~ Chevalier Coy Sjanneur & Char'dy ~ " La gène de la générale s'effaça pour faire place à un air grave. Tenant son datapad à deux mains, elle leva les yeux pour appuyer son regard sur Wilhelm et Matthew. On aurait dit que la galaxie allait s'effondrer. — Je... je dois y aller. C'est urgent. Les deux hommes ne semblaient pas vraiment comprendre mais saluèrent tout de même de manière synchrone, comme deux automates bien réglés. Lyzs avait vraiment du mal à se faire à ce genre de formalités. C'était sûrement l'une des dernières choses qui la dérangeaient vraiment au sujet de l'armée. Elle quitta les lieux en oubliant totalement ce qu'elle était venue emprunter. Sa priorité était de retrouver Coy et de l'empêcher de lancer une mission de nettoyage commandée par la garde républicaine. *Cet hurluberlu va encore trouver le moyen de péter un câble et de s'attaquer à tout ce qui bouge. Si je le laisse faire ça, que ça dérape (et avec Coy, ça va déraper) et que ça s'ébruite... bonjour la réputation de la garde !*