Post n°17
Auteur : Elana "Hope"
Elle avait fini par trouver, comme quoi il suffisait d’un minimum de persévérance, de réflexion et de prise de décision pour pouvoir s’en sortir dans cet immense monde où tout respirait la démesure. Espérance avait ainsi vite entendu qu’elle pourrait trouver son adresse au Bureau de Liaison et de Gestion du Territoire, une grande administration qui donnait mal à la tête rien qu’à y penser. Le taxi-speeder la déposa devant le grand bâtiment officiel, un immeuble large et grand mais plutôt sobre dans ses ornements. Espérance sortit du véhicule en demandant au chauffeur de l’attendre ici ; le temps qu’elle revienne. Pour entrer l’on devait passer un contrôle de sécurité, la jeune amnésique s’y prêta et tout se déroula le mieux du monde. Le garde se montra très laxiste avec elle, jetant à peine un œil aux résultats du détecteur de métaux, sûrement le charme de la nouvelle venue n’y était pas étranger. Une fois passée le sas, la jeune femme se retrouva dans un immense hall où des centaines de fonctionnaires s’affairaient derrière des comptoirs ; accueillant des foules de citoyens aux réclamations diverses. Dans un coin, Espérance repéra une carte holographique des lieux pour mieux se situer, elle devait trouver où elle pourrait se renseigner sur les adresses. Elle ne mit pas bien longtemps à repérer le Service des Adresse dont le comptoir ne se trouvait pas loin d’ici, elle emprunta quelque larges couloirs avant de déboucher sur une nouvelle série de comptoirs ; là, les queues étaient moins grandes. Après quelque minute d’attente, ce fut à son tour, un petit homme à lunettes, au crâne dégarni et à l’air grognon “l’accueillit” au guichet avec un “bonjour” dont le manque d’enthousiasme en disait long sur ses journées .-Bonjour monsieur, je suis ici pour trouver une adresse. Le petit employé leva les yeux en direction de la jeune femme, l’air exaspéré. -Bravo, vous avez compris à quoi nous servons. L’adresse de qui ? -Euh… Je voudrais retrouver le domicile d’une amie, une certaine Elana Orlina. D’un air toujours aussi antipathique, le petit homme se pencha sur son ordinateur et tapa le nom de l'intéressée sur son clavier. Espérance observa sa façon de procéder, visiblement ici tout était informatisé comme à l’hôpital d’ailleurs, les armoires et casiers remplis de document papiers placé derrière les guichets n’étaient donc là que pour décorer ou peut-être pour prévenir une coupure de courant ou un quelconque piratage. La recherche ne fut pas longue, l’homme lui communique l’adresse que la jeune femme s’empressa d’écrire sur sa main. Prestement, elle courut vers la sortie et rejoignit le taxi lui demandant de la mener à cette adresse, elle était dorénavant habitée par une excitation nouvelle : sa nouvelle vie commençait enfin… Le trajet fut bref, le chauffeur l’amena dans un quartier loin des grands lieux très riche et huppé, mais qui s’avérait néanmoins correct et plutôt propre ; ce n’était pas non plus les bas-fonds. Espérance poursuivit son trajet à pied jusqu’à arriver au pied d’un immeuble de taille moyenne, elle jeta un coup d’œil au tableau de sonnettes, au milieu de la liste figurait un petit papier jauni et presque déchiré sur lequel on pouvait lire “ Elana Orlina”, a priori, c’était ici. Elle ouvrit la porte avec l’aide de sa clef et monta plusieurs étages à pied, la jeune amnésique n’avait pas la patience d’attendre un ascenseur, elle devait avoir la sensation de foncer. Elle arriva finalement devant une porte sobre et noire, avec une grosse serrure sur le côté. C’était ici, ici qu’elle avait habité dans sa vie d’avant. Que pouvait-il bien se cacher derrière cette porte ? Découvrirait-elle des éléments qui lui révéleront son passé oublié ou bien au contraire ne trouvera-t-elle que des objets qui renforceront le mystère ? Les mains tremblantes, elle dut s’y reprendre à plusieurs fois pour entrer la clé dans le trou de serrure ; Espérance tourna la clef, une fois puis deux fois et il y eut un petit “clic”. Elle poussa alors la porte qui s’ouvrit vers l’intérieur, à l’intérieur, il faisait sombre, très sombre même ; elle trouva rapidement l’interrupteur, mais la lumière ne s’allumait plus ; logique après près de deux ans d’absence l’ampoule devait être endommagée. Une étonnante couche de poussière s’était accumulée sur le sol et les objets, rendant l’air difficilement respirable ; de toute évidence, il fallait d’urgence passer un coup de balai. Espérance fit rapidement le tour des lieux, l’appartement n’était pas très vaste ou luxueux mais correct et largement suffisant pour une personne seule. Il y avait une petite cuisine, une salle de bains, une chambre et un petit salon-salle à manger. Instinctivement, Espérance se dirigea vers sa chambre, seul lieu où elle avait connu un peu d’intimités durant ces derniers mois à l’hôpital ; si elle devait trouver quelque chose s’était ici. Elle observa un moment la petite pièce avant d’ouvrir l’armoire, des petites piles s’y trouvaient, mais il ne devait pas y avoir que cela, ce serait trop simple. Animée alors par un étrange pressentiment, comme si son inconscient se souvenait où elle avait caché certaines choses, elle poussa sur le fond de l’armoire qui s’ouvrit alors ; un double-fond évidemment, mais c’est ce qui se trouvait à l’intérieur qui s’avérait être le plus intéressant. Elle en ressortit deux objets pour le moins éclairants, le premier était un fusil blaster basique mais mortellement efficace, l’autre un long fusil sniper de type Keester . Elle prit les objets en main, les manipulant avec habileté et elle ressentit alors comme une forme de soulagement comme si ces objets faisaient partie d’elle et qu’elle se sentait bien avec eux. Des bribes de souvenirs ressurgirent alors, des sortes de flash très rapide où elle se voyait s’entraîner sur des cibles avec des formateurs inconnus dans des lieux qu’elle ne reconnaissait pas ou alors elle se voyait abattre des ennemis probables dont elle ne souvenait plus. Elle sourit, oh oui, elle fit un large sourire : si elle s’en doutait jusqu’ici, elle avait maintenant la confirmation : elle était une vraie guerrière dans l’âme et ça lui plaisait. Après avoir soigneusement rangé les deux armes, Espérance sortit de la chambre pour explorer les autres pièces. Dans le salon, les recherches s’avérèrent fructueuses également, elle trouva dans un tiroir un extrait à moitié déchiré de ce qui ressemblait à un ordre mission visant à abattre un certain dignitaire impérial dans un lieu proche, sur le papier, il n’y avait aucun détail pas même le nom du commanditaire, mais elle comprit qu’elle avait jadis combattu contre l’Empire. Elle avait donc été une sorte de rebelle, une révoltée, cela lui plaisait encore plus, l’indépendance coulait donc dans ses veines. Elle fit également la découverte dans un coin de la pièce d’une curieuse petite machine ; un droïde astromécano complètement déchargé et immatriculé R3-D3. Elle l’examina sommairement.-Ah toi aussi, tu es oublié de la société hein… Lui fit-elle. Viens, on va te brancher. Pas mécontente de découvrir qu’elle était aussi propriétaire d’un droïde, elle le brancha au plus vite pour le charger quand, la sonnette retentit. Espérance, méfiante se saisit de son blaster, prête à se défendre chèrement puis elle ouvrit d’un coup sec la porte, sur le seuil se tenait celui qu’elle aurait aimé voir, mais qu’elle ne s’attendait pas à voir : Yash . C’était bien le manchot, sorti miraculeusement de l’hôpital qui lui faisait face accompagné d’un deuxième homme qui semblait être son ami. D’abord plutôt surprise, Yash prit la parole, lui demandant de baisser son ”joujou” ce qu’elle s’empressa de faire. Puis il lui transmit un petit papier avec une adresse inscrite, décidément, c’était la journée des adresses pour Espérance. Il lui conseilla de rejoindre la planète Dantooine, un nom qui ne disait rien à la jeune fille, pour y suivre une carrière de chasseuse de primes. Le vieil homme, qui s’apparentait plus à un ange providentiel aux yeux de la jeune évadée, la laissa alors sans adieux larmoyants ou autres futilités, car elle ne devait plus regarder derrière elle, mais plutôt foncer vers l’avant. Chasseuse de primes ? La perspective était pour le moins alléchante ? La promesse d’un enrichissement conséquent pour pouvoir survivre, la promesse d’action aussi, car après tout n’était-elle pas une combattante née et aussi pourquoi pas l’espoir d’acquérir un peu de notoriété dans certains milieux de la galaxie. Yash lui avait toujours prodigué de bons conseils, il ne pouvait pas se tromper : elle était prête à s’engager sur cette voie ; prête à prendre une revanche sur le monde, sur le monde et sur sa vie perdue….Elle avait trouvé quelque papiers d’identité la présentant comme Elana Orlina, elle les détruisit sans hésitation. Une nouvelle vie commençait, Elana était morte, Espérance était née et elle comptait bien le faire savoir au plus grand nombre.