Le Chancelier n'est plus - Il lui Restera -
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Post n°1
Auteur : Jagabamdahttp://star-wars-rpg.soforums.com/t5863-Communications-Holographiques.htm?s…Précédemment :
Personne ne bouge de ces bureaux pour le moment ! Gardez les portes ! ... Chancelière... ! Fait-il en lui montrant la sortie
La Telosienne ne se fait pas prier, ne revendique pas, redressant son Palu sur le haut de son front la voilà qui emboîte le pas du chef de peloton en essayant de garder la même cadence que lui, déambulant dans quelques couloirs désertés de ses occupants habituellement.
Ils filent tout droit. Mais vers où ? ….
Tout ce qu’elle a pu récolter c’est « J’ai eu ordre de venir vous chercher ». Sous-entendu, si elle voulait des explications supplémentaires, il lui fallait attendre d’arriver à destination. Mais avait-il besoin de faire cette démarche avec autant de « cérémonial », se demandait-elle. Quoique ! Il n’obéissait qu’aux ordres, et elle n’était pas plus avancée du pourquoi, du comment de la situation. Toutefois, installés à bord de l’engin, le « Garde » lui remet un DataPad, avant de prendre place sur son siège. ** « Ah ! Il y a bien une info, donc ! » Pense-t-elle. Prenant l’appareil du bout des doigts, sans perte de temps supplémentaire, elle l’active. Elle ne met pas longtemps pour afficher sur le petit ordinateur l'information. Elle en prend aussitôt connaissance.Ah ! Ben, elle comprend mieux, la démarche de …. Ce qu’elle a appelé le « cérémonial » du Garde.
- Chancelière, je remets à cet instant au Garde du Sénat ce DapaPad, il a pour ordre de vous le remettre en main propre … Comme vous avez pu le constater, nous avons veillé à que vos directives soient suivis à la lettre. Nous l’avons pris en compte lors de votre message, je vous cite : Dès que vous avez du nouveau. Une réaction, un battement de cils… Qu’importe … Quel que soit le mouvement ! Teniez moi personnellement au courant de l’évolution. Lorsque ce jour arrivera, tenez compte de la nécessité d’observer et de maintenir le secret le plus absolu …. Veillez à que des ordres stricts soient donnés dans ce sens… » Comme vous avez pu le constater, nous y avons veillé…. Rien ne s’ébruitera avant, pendant et après votre arrivée à nos côtés et ça jusqu’à nouvel ordre de votre part… Chancelière ! Puisqu’il y a du nouveau …. Votre présence est vivement demandée »
… Elle essaie de se remémorer … « Bon ! Possible ! J’en ai fait les frais, alors ! Si ce sont là mes directives …Peut-être pas mot à mot, mais ça y ressemble. » . C’était assez comique … Entre-temps, cependant, est apparu un sentiment d'inquiétude qui ne la laissait pas. Elle éteint le petit appareil. Elle sait à présent où elle doit se rendre.
Instinctivement une main se pose sur l'accoudoir de son siège. De l'autre, elle fait machinalement glisser entre ses doigts la cordelière de son sautoir.
La dernière fois qu'elle aurait dû mettre les pieds dans ce genre d’établissement, c’était... L’hospitalisation de son père, qui ne reviendra plus jamais à la maison après ce jour. … Aujourd'hui ! … Elle aurait, tellement voulu … Revenir en arrière, tout reprendre de zéro ! … Elle aurait tellement souhaité retrouver ce temps … Juste un tout petit… lui accorder une sorte de … « privilège » … et elle en profiterait pour dire … Lui dire … Combien il comptait pour elle. Combien il pouvait compter pour elle… Ou … juste lui parler. Oui lui parler ! Pas de banalité, non, mais seulement converser. Et puis, ZUT ! Même si c‘est à couvert de banalité, qu’importe ! … Mais lui accorder de nouveau ce moment. … Ce moment ? Plus qu’un instant pour qu’elle comprenne de ce qui était important de dire, de faire… Lui parler de sa vie, de ses projets, de ses problèmes… Partager …
Partager avec lui…On lui en avait laissé, elle en a eu. A foison ces instants existaient, étaient programmés… Alors, Oui ! Elle s'en voulait d'avoir laissé filer les années, de ne pas avoir profiter d’une occasion quelconque pour poser pieds sur Telos, plus souvent, de ne pas avoir insisté pour que ses parents lui rendent visite à Coruscant. Bien sûr, on peut lui dire de ne pas s’en faire que de toute façon, de là où il est, il le sait. Ne les a-t-elle pas prononcés ces mots plusieurs fois à quelques amis ou proches qui vivaient ce deuil ?
Jamais, elle ne voudrait l’avouer à d’autres, aujourd’hui, plus que jamais, elle souhaiterait demander une faveur… Ne serait-ce qu’une heure. Alors quand arrivait le soir, elle fermait les yeux, espérant qu’il vienne lui parler, lui avouer qu’il le savait, qu’il le sait, cela aurait pu peut-être un tantinet la consoler. Mais, rien, il n’est jamais venu, ou alors peut-être que si, et, elle ne l’a pas vu, le sommeil n’a pas gardé son esprit en éveil… C’était peut-être une erreur …
Peut-être, pour y remédier, elle allait l’attendre. Dans la solitude de la nuit, dans son lit, lorsque la ville était complètement endormie, elle restait éveillée, pour ne pas le manquer. Non, ce n’est pas de l’insomnie, elle ne pourrait pas le rater, ainsi. Bien sûr, si on lui laissait le temps de revenir, de passer, de lui rendre visite dans sa suite… Pourquoi ne pas profiter de quelques heures de répit ? même s'il est tard…
« - Tard ! Tu peux le dire, il est trop tard ! Fait une petite voix dans sa tête … C'était trop tard. Bien trop tard, Oui ! Pourquoi ne pas avoir profité des quelques heures de répit, lorsqu’il était encore temps ? Tu aurais pu garder intact ce contact familial...Au lieu de cela, tu avais résolument tourné le dos au passé de peur de souffrir. Souffrir ! Tu avais fait preuve d'un égoïsme ignoble, voilà tout. Tu n’as pensé qu'à toi, à tes déboires sentimentaux, à tes déceptions, à ta carrière, ta nouvelle vie sur Coruscant, mais jamais à tes parents ni au désarroi dans lequel tu les avais sûrement plongés. Après tout, si les choses avaient mal tourné avec ton "centurion", si ton planning se surchargeait, tes parents n'y étaient pour rien. »** …
Et elle se le reprochait d'autant plus que… Oh, oui ! Aujourd'hui plus que jamais. Comme elle s'en veut de toutes ces années perdues, de ces silences au cours de ces deux ans ! Comment avait-elle pu se montrer ingrate au point de ne pas même prendre plus souvent des nouvelles ? Certes, elle avait une carrière à mener, des objectifs à atteindre … accorder des priorités, ailleurs.… Mais… Elle n’en a pas profité … ni de lui, ni de tous ces petits riens de l'existence, rattraper le temps qu'ils n'ont pas pu se voler…. Ce temps, n’est plus… Il s’est envolé.
Et la petite voix poursuit « Son absence s'impose à toi. … La première semaine après sa mort, tu étais submergée par le chagrin ! La douleur ! Le manque… Il te manque, encore, terriblement. L'amour inconditionnel de ton père a … »
- Définitivement disparu… Une évidence qui s’unit à ces pensées-là.
« - Reprends-toi, Jaga !»
- Il n'est pas question de regarder en arrière et d'avoir des regrets. Cela ne sert à rien… c’est ce qu’il m’aurait dit … … Il est vrai…
« - Et, ce n’est ni le moment, ni l’endroit ! C’est cette situation qui remue des choses enfouies en toi. Alors ressaisis-toi ! … Pour l’heure, tu dois seulement découvrir pourquoi cette Urgence. »
- J’espère pour une bonne nouvelle… Oui une… " **
- Chancelière Dorf ?
Jagabamda cligne des yeux, comme tirée d'un sommeil. Elle relève la tête et découvre le garde, debout devant elle. Dans son "délire", elle ne l'a pas entendu s'approcher. Il faut dire qu'elle a peu dormi les nuits précédentes et commençait sérieusement à sentir la fatigue.
- Nous sommes arrivés.
« Quand il faut y aller ! Faut y aller » Se dit-elle comme pour s’encourager. S'efforçant d'esquisser un sourire, elle lui tend la main, il la prend, et elle se lève lentement.
L’hôpital de Coruscant ! Jagabamda n’y avait jamais mis les pieds, mais on lui en avait parlé de l’immensité de ce bâtiment, du nombre incalculable d'étages, de couloirs. Les médecins et chirurgiens sont très compétents, les infirmières toujours aimables et souriantes devant les visiteurs, comme pour les rassurer sur l'état des malades. Elle avance avec détermination vers l'unité des soins, le regard fixé droit devant. Entre autres cauchemars, elle n'avait pas songé ce matin, en quittant son appartement sous les nuages, que le thermomètre de Coruscant allait avoisiner une température aussi élevée. Est-ce vraiment la température extérieure ? …Ou, alors … Cette atmosphère réveille en elle ses pires angoisses, pas de doute. Sa mémoire ne l'avait pas trompée, elle détestait toujours, autant, ce genre d’endroit. Ces odeurs de caoutchouc, de produits médicaux, cet univers blanc qui vous glace le sang. Ces gens cloués dans leur lit, dans la solitude de la maladie qu’on peut apercevoir au hasard d'une porte entrebâillée. Tout lui semble, glauque, triste, lugubre même. Et la ramène, une fois de plus à … Le jour où ... Le souvenir de … Non, il ne faut plus y penser ! Elle ôte cette image de sa tête et avance. Elle marche, elle pense, elle médite. Les idées défilent et se croisent dans son esprit. La Telosienne serre ses mains sur son sari. Elle aurait tout donné pour troquer sa toilette contre une de ces blouses de coton blanc qu'arborait, à même la peau, le personnel de service. Ce sentiment particulier s’accentue, elle n’aime pas ça. Elle presse le pas, se demandant ce qu’elle allait bien découvrir, vu qu’on ne lui avait rien dévoilé. Plus vite elle saurait pourquoi elle devait se rendre en ce lieu, plus tôt elle serait sortie.
Elle ne regarde pas le garde. Paupières baissées, elle marche le regard viré à l'ombre de cet homme qui s'allongeait sur le mur et dominait la sienne. On dirait qu’ici aussi, le silence s’est installé dans cette partie de l’établissement. Pas âme qui vive dans ses corridors. L’endroit d'ordinaire en effervescence est maintenant dépourvu du va-et-vient continuel. Plus rien dans les couloirs, plus rien dans les bureaux, des bancs vides. Rien! Cette partie de l'établissement est désertée. Seuls ces « hommes en bleu » déployés à des quelques postes stratégiques attestent que cette aile n’est pas complètement sans vie.
" - Où sont-ils donc ?"
La réponse à sa question, elle l’a bien quelques minutes plus tard. Devant une porte vitrée gardée par ces agents de sécurité, à son passage des têtes se tournent. Que de mondes ! De ce qu’elle perçoit, il y a quelque chose dans leur regard, qui fait que… Il y a quelque chose qui ne va pas… Elle voit de l'inquiétude et de la crainte dans leurs yeux. « Non ! Non ! Ce n’est pas de la crainte, se dit-elle Il y a la crainte que si l'espoir disparaît. … Et il n’y a pas de raison !» Elle éprouve une oppression grandissante. De toute évidence, il y a quelque chose qui cloche Le médecin qui a certainement été prévenu, l'attend peut-être plus haut ou sortant d’une des chambres. Elle l’imagine faisant de grands gestes à l’entrée d’une d’entre elles voulant lui dire "Dépêchez-vous !". Mais, pas de geste ! pas de médecins, pas d’officiels que les gardes du sénat et deux infirmières devant la chambre. Que deux infirmières ! Puisqu’elle sait juste qu'elle était attendue d'urgence, avant même d’atteindre la porte :
-Que se passe-t-il ? Demande la Telosienne, à l’encontre des deux femmes.
- Jagabamda Dorf !
- C’est moi, dit-elle timidement, en se retournant, comme si quelqu’un pourrait s’en douter.
- Si vous voulez bien nous accompagner, je vais … Nous allons… Venez ! Je vous en prie.
L’homme d'une cinquantaine d'années, peut-être, se présente en tant que le Docteur Arham. Son regard inspire immédiatement confiance. Cela n’empêche que la Telosienne décline son invitation à aller s’installer dans une salle adjacente. Ilian Oldstein, son ami et quelques fonctionnaires proches du Chancelier sont aussi présents. C'est étrange, mais il lui semble qu'une atmosphère tragique pèse au-dessus de Coruscant, que le temps n'a nullement dissipé. Elle a beau se répéter qu'il n'y avait rien à craindre, son cœur cavalait. Elle appréhende… Elle appréhende. Troublée, elle demande
- Puis-je le voir ?
-Bien sûr ! Cependant, vous ne pouvez pas de….
Pas de suite, voulait-il dire ? Trop tard ! Elle est si inquiète, La Telosienne dirige son regard vers la chambre, ses yeux découvrent la silhouette allongée, elle ne peut s'empêcher de ressentir …
Son estomac se noue, l'image est fulgurante, mais tellement forte qu'elle en a le souffle coupé !
Dans un effort surhumain pour surmonter son émotion, elle s'approche lentement de ce le lit. Le tableau qui s'offre à elle lui serre le cœur.
Découvrant avec stupeur ce visage ... Un large bandage sur le front, dont dépassaient les quelques mèches capillaires, ces traits émaciés presque hâves, les paupières closes, les lèvres serrées, il était méconnaissable. Pire, et ce n'était pas qu'une impression, La mort, déjà est à l'œuvre. Où était l'homme robuste et pétillant que l'ambassadrice de Telos avait connu ? Évidemment, cet état qui l'avait plongé dans ce coma n'était pas pour rien dans cette métamorphose, d'autant que, même si le Chancelier n'avait pas eu le temps de le dire, le choc qu'avaient dû lui causer l'ordre du jour de la dernière séance où il a fait sa dernière apparition, et, les conséquences qui s'en étaient suivies l'avaient probablement atteint au plus profond de lui-même. La jeune femme spéculait peut-être, mais se dit que la dernière attaque qui l'avait terrassé avait sans doute raison de ses dernières forces. Cependant, la jeune femme ne parvient pas à admettre que les événements, ou bien l'état de santé, ou les deux à la fois aient pu faire de tels ravages.
Elle reste planter là près du lit, l’air hagard, refusant de voir la réalité en face Ce qu'elle avait craint, ce qui faisait écho à son ressentiment se révèle plus sombre encore. Les minutes s'égrènent interminables dans un silence de mort.
"Il doit bien y avoir un remède, quelque chose qui mette fin à cet état de fait ! Il n'y a rien qui le réveillerait … Le ramènerai !"** Elle ne peut accepter, l’inacceptable. Elle ne peut le croire.
** - N'aurait-il pas pu tenir suffisamment longtemps pour que les équipes médicales le sauvent ? Et terminer sa convalescence dans un lieu plus propice, surveillé par les meilleurs médecins disponibles. D’ailleurs pourquoi l’avait-on laissé dans cet endroit. … A-t-il pris cette maladie comme une multi bataille ? Une bataille contre le mal lui-même, en premier lieu, avec ces examens, ces résultats, ces traitements. Ensuite vient celle du moral, pour la combattre. C'est bien connu, on ne peut guérir si le moral ne va pas. Je suis persuadée qu'il aurait gagné s'il s'était battu sur ce terrain-là, mais … Peut-être que cette bataille-là, qu’il l’a occultée … Peut-on dire « garder le moral" quand le malade est plongé dans un coma profond ? Et …Une bataille pour garder un sens à la vie ... L’ultime bataille … Le combat était inégal ! …
Le « Faucheur d’âmes » avait agi comme un guerrier invisible, telle une cascade déferlante, enveloppant le Chancelier Suprême en son sein, le portant aussi facilement qu'une graine de Jekka … Dans un trou noir.
"Quand je vais mal, oh mon âme, si lasse
Quand les problèmes viennent et que mon cœur s'alourdit,
Alors je suis immobile et j'attends ici en silence"
[Flash unavailable]- La guerre était son quotidien, se dit-elle … des batailles, il en a mené. Il n'avait jamais connu autre chose que ces combats…, de toute façon. Un peu de paix ne lui ferait aucun mal. … Tout homme mérite repos** Avec cette pensée toute simple, elle lutte contre sa tendance naturelle de perfectionniste, qui interdit toute faiblesse.
Cela l’oppresse. Ce qu’elle ressent l’étouffe. Elle se sent si démunie... Elle ne peut se faire à cette idée. Elle se redresse et se sent faillir... Elle ne sent pas les larmes venir. tout au fond d'elle même, elle crie.
** - Oh ! Chancelier Suprême ! Pas maintenant, pas comme ça. Ça fait si peu de temps que ... Pas si longtemps que vous avez.… Sa respiration s'accélère.Elle ferme les yeux, elle la contrôle ...On m’avait dit lors d'un dernier rapport médical que vous ne teniez à la vie que par un fil tendu et que vous ne pouviez aussi bien ne jamais sortir du coma, de suite… De suite, mais pas. … Après des heures d'inconscience, des semaines … Des mois … que vous avez tenu. Pourquoi maintenant ? … On nous a juste dit qu'on ne pouvait rien faire d'autre … Attendre et espérer. Oh ! chancelier ! L’idée même … Non, pas vous ! … Penser que le souffle de la vie vous a quitté dans ce genre d'endroit sans que quiconque ne sache rien. Mes yeux sont posés sur vous, Shark’han Nocturna … Ce moment, je le vois comme une déchirure, un arrachement insurmontable, car aujourd'hui la mort est venue prendre le seul être emblématique qui nous restait. C’est vraiment trop dur, insupportable même.
Tout s’emmêle dans ma tête ... Après tout, vu ma position je devrais les modérer … Mais, non, cela, m’est impossible … Il m’est insupportable… Pas à imaginer … Mais, de vous voir là, éteint, dans ce lit d'hôpital. Faut-il que je trouve les mots pour le décrire ? ... Vous y reposez, inerte, dans un enchevêtrement de tubes et de fils. On n'entend plus le bip régulier du respirateur artificiel, ni le ronronnement sourd de la ventilation. A mes yeux Chancelier, vous étiez "éternel", invincible. Je me rends compte à présent que j’avais gardé sur vous, Shark’han Nocturna, un regard … d’Espérance ...
Alors, l'idée même que vous, L’homme qui avait tant fait pour que chaque peuple goûte à la liberté, à la paix.... Aux dépens de sa propre sécurité, de son propre confort… Vous, qui aviez osé… Tentant même, de trouver des solutions pour l'avenir le bien-être de chacun… Dans cette Galaxie. Vous, charmant à tout égard, en tout cas avec moi, et quand … Quand j’avais eu besoin d'un stage, d'un poste au sein de la politique, cela remonte à mes débuts … Nocturna, vous aviez immédiatement répondu favorablement, sans pression, sans air de supériorité …Vous m’avez accordé votre confiance. … Décidément, il y a des gens exemplaires dans l'existence et pour moi, Jagabamda Dorf… Shark'han Nocturna, vous étiez de ceux-là. »**
Jagabamda se rappelle son sourire qu'elle ne verra plus, ses yeux se remplissent de larmes… Un vide l’envahit … Elle ne sait que trop bien, ce que le mot perte signifiait. Il n'est pas si loin ce temps, certes elle n'était plus une enfant quand elle avait perdu ce père tant aimé, mais elle avait tout de suite perçu la violence de ce rapt, surtout son irréversibilité. Plongeant tout son entourage dans la stupeur et le désespoir… Jagabamda repose ses yeux sur Shark'han Nocturna, dont la poitrine ne soulevait plus le drap à intervalles réguliers. Elle laisse sa pensée divaguer, à défaut de savoir ce qu'il convient réellement de faire… Le silence s’installe en elle…
Toujours plantée près de ce lit. Elle essaie, mais que peut-elle essayer ? … Elle ravale son sanglot et a l'impression qu'en perdant ce "leader", c'était une part d'elle-même qui disparaîtrait … Une part de la République qui disparaitrait, et qu'elle ne pourrait plus vivre comme avant, elle ne pourrait plus agir comme avant…. Sur qui s'appuyer ? Sur qui compter ?
Son palu comme, il était placé, permet à la jeune femme d’effacer sa grande tristesse. Elle lève la tête, au-dessus, un plafond blanc et une lumière artificielle lui fait cligner des yeux. Elle doit se ressaisir afin qu'on ne puisse détecter si elle doit émettre une parole, un quelconque sanglot dans sa voix.
- L'équipe médical m'avait conseillé de lui parler, de faire comme s’il était conscient… L’ami, le mentor de celui allongé sur ce lit se tient à ses côtés. Son visage n'était plus qu'une crevasse ridée par le chagrin. …
- D'après ce qu'ils m'ont expliqué, le coma est un état paradoxal dans lequel les patients continuent à percevoir quelque chose du monde extérieur et qu'il aurait pu très bien réagir à une voix familière par exemple… J'ai le sentiment que cela n'a servi à rien… mais j'y croyais... Jusqu'au bout j'y ai cru.
Elle voulait lui demander ce qui s’était passé, mais elle se tait. Lui demander s’il avait eu d’autres visites. A peine se l’est-elle suggéré qu’il émet la réponse comme si son silence se connecte son esprit au sien.
- Je ne pense pas non. En tout cas, je n'ai pas vu grand monde. Il faudrait voir avec les gardes. Ce sont les seuls qui sont en permanence jour et nuit, nuit et jour... De toute façon, les visites sont limitées. ... Pour preuve, il fallait que j'attende deux heures avant qu'on m'autorise à retourner à son chevet.... De manière à ne pas fatiguer le patient disaient-t-ils… Et souvent on me disait, "vous êtes toujours la première personne à venir le voir, vous pouvez entrer", Avant de pousser la porte de la chambre
La gorge nouée, ses appréhensions se confirmaient. "Ne se faisait donc pas passer pour un proche". Le Chancelier n'était pas assailli de visites, c'était le moins qu'on pouvait dire.
- Ces règles sont idiotes" lâche-t-il dans un souffle … Evidemment ! Si l'hôpital les a mises en place, c'est qu'il … et pas "sans doute", mais il y a toujours de bonne raison.
- Evidemment ! se dit-elle
- Cela dit, leur logique m'était complètement égale. J’avais juste peur qu'il...
- Qu'il arrive malheur. Pense-t-elle comme pour terminer sa phrase "aujourd'hui je peux comprendre ça"
Soudain, un détail par-dessus tout la bouleversait, une discussion qui lui revient en mémoire. Evidemment, il n'y avait rien de rationnel dans tout ça, tout juste une intuition. Cette intuition se mêlant à ce chagrin. Pour la jeune femme, la situation parle d'elle-même. Elle préfère effacer cet épisode et se concentre sur le temps présent. De suite, sa pensée se tourne vers ceux qui restent. Puisque la salle d'attente où ils se trouvent, ni même à des box de consultation, ils ne peuvent pas voir de l'autre côté, à l'arrière où se déroule l’événement dramatique. Des murs, des portes, « l’espace » les séparent.
- Que va devenir la République sans vous Chancelier ! … Que vais-je devenir ! Qu’allons-nous devenir
La gravité des visages faisait concrètement mesurer le vide creusé par la mort du Chancelier dans ce monde Républicain. L’implacable vérité, Jagabamda n'était certainement pas la seule à ne pas parvenir à imaginer la Nouvelle République sans lui. Alors que ces pensées lui traversent l'esprit...... Elle entend comme une voix venue du lointain qui lui chuchote à l’oreille un « Il me restera », comme sur quelques notes qui poursuit sur un « Il me restera de la lumière »
La Telosienne se dit qu’il y a encore du chemin à faire, elle n'était plus cette jeune fille solitaire de par jadis, elle avait des amis auxquels elle tenait, et puis des collaborateurs sur lesquels elle pouvait compter, et, par conséquent, l'état de santé du Chancelier l'avait poussé à gérer seule certaines prérogatives, certaines urgences. Et puis, ce n'est pas une affaire de sentiments. Jagabamda se sentait redevable. Elle veut faire pour le Chancelier autant que celui-ci avait fait pour elle. C'était illusoire, évidemment, mais au moins, elle se mettrait-elle en devoir d'essayer. Il lui faut gagner le bureau ! Tout doit se mettre en place afin d'organiser un communiqué officiel ! pas dans l’immédiat se dit-elle. De toute façon pour l'instant, elle est trop ébranlée pour affronter les représentants Républicains et leur lot de question, et même d'hypocrisie de certains. Il suffit qu'elle puisse faire la lumière sur la raison de cette mort, qu'elle ne l'abandonne pas à son triste sort.
Elle s'assoit dans un coin, et écoute cette musique qui ne la quitte pas[Flash unavailable]