Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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Bureau de la Sous-Préfète

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    Le ChroniqueurL
    Post n°2 Auteur : Leiel Osso II- Leiel ? Qu'est-ce que c'est ?- Un insecte, Maître Fanla. Une sorte de coléoptère. Mais je ne le reconnais pas.Je me suis penché sur la créature qui me dégoûte un peu. La petite, elle, semble fascinée. Cela m'étonne assez qu'elle le tienne dans sa main nue. Peut-être que son enfance sur une planète océan l'a mise en contact assez tôt avec toutes sortes de créatures peu ragoutantes. Elle manifeste pourtant un désintérêt marqué pour les créatures non sentientes. Sauf pour les insectes, les méduses, les arachnides, ces bêtes qui grouillent, repoussent, effraient. - Tu cherches à identifier l'animal ?- Oui Maître. Je reconnais la forme des fémurs, qui est assez caractéristique, mais pas les élytres, ni la couleur de la carapace. Alors... je ne le connais pas.- Que vas-tu faire avec ? Certains les collectionnent. - Oh, non. Pourquoi le tuer ? Il a sa vie à vivre. Son attitude ne correspond pas à ce que j'anticipais. La répugnance, la réaction émotionnelle face à la décomposition, à la déformation, au changement d'état, à ce qui grouille, c'était à mon sens une évidence, au vue de ses réactions précédentes. Je n'apprécie pas la surprise, surtout dans son cas. Leiel le relâche, à l'ombre d'une feuille. Que de précautions pour un être si infime. - Pourquoi ne pas le tuer, alors ? Cela ne changerait rien. Rien au cours de l'histoire, de son espèce, de ta journée. Tu as ce pouvoir, pourquoi ne pas le prendre ?Les sourcils froncés, elle m'observe, surprise. Non, pas surprise. Ses pupilles se contractent. En colère. C'est encore moi qui suis surpris. Décidément, cela ne me plaît pas.- Vous aussi, vous rejetez ce que vous trouvez laid, inutile, imparfait ? Il suffit de remarquer le regard que vous lancez à ce qui pourrait tâcher votre manteau. La boue même vous dégoûte ? La boue, cette... impureté ?- Impureté ? Que veux-tu dire ? La colère enfle en elle, sa main jaillit, elle attrape l'insecte qu'elle observait avec tant de délicatesse et l'écrase sans une once de pitié entre ses doigts, sans me quitter des yeux.- La perfection, je comprends, maître. Que l'on tende vers un objectif toujours plus... affiné, précis, précieux. La pureté, c'est une idéologie infâme. Un refus du mélange, de la compromission, de l'erreur... parce que tout est immobile, tout est joué dès le départ. Et dans quel but, cette fascination pour le statique ? Toutes les décisions les plus mortifères de l'histoire ont été prises au nom de la pureté. La pureté, c'est l'ennemi ultime. L'antithèse de ce qu'est la vie, qui n'est que brassage et filtration. L'absolu est une illusion. Alors oui. J'aime ce qui grouille, parce que dans un monde « pur », libéré de la corruption ou simplement de l'altérité, elles, les vermines, n'en n'ont rien à foutre.Elle s'interrompt soudain, étonnée par sa propre véhémence. Je découvre chez elle ce que je ne soupçonnais pas : la construction d'un système de valeurs différent de ce que nous avons essayé de lui inculquer. Pas forcément... incompatible. Probablement même utile à nos objectifs. Mais ces pensées originales, propres à elle-même, sont autant d'écueils possibles. Des failles dans ses raisonnements. Ou alors...- Tu parlais de préciosité avant de parler de pureté. Tu fais mention de valeur... et tu classes le vivant, ou au moins une partie du vivant, dans une hiérarchie axiologique, n'est-ce pas ? Toi-même, tu émanes du bas de l'échelle, et tu revendiques le droit d'y grimper ?Les débris de l'insecte ont sali ses doigts. Elle les regarde, un peu confuse. Encore une fois, sa réflexion est devenu un acte destructeur. - Je ne sais pas. Peut-être.Puis elle s'éloigne de moi, remontant le sentier du jardin botanique. Inutile de la suivre, j'ai fini par la connaître. Elle ne parlera pas davantage, malheureusement.
  • Nharqis'Al

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    Le ChroniqueurL
    Post n°2 Auteur : Leiel Osso Le simulateur avait été privatisé pour la soirée. A part les quelques droïdes indispensables au fonctionnement du lieu, ceux qui gardaient la Sous-Préfète Leiel Osso et monsieur Sief Saad, de l'extérieur le bâtiment semblait vide et inhabité. Dans la salle, sur une table, plusieurs blasters étaient disposés en éventail.- Si vous voulez bien, je commencerai avec le DL-18. Il est léger, efficace, assez précis. La difficulté pour vous serait son système de visée. A bras tendu, il faudra vous entraîner un peu. Le DE-10, bonne arme, un peu plus lourde mais plus équilibrée. Vous le prendrez mieux en main que le DL, à mon avis.Leiel se saisit de la crosse du DE et l'arme ne lui parut pas particulièrement pesante. Mais ça, c'était bras replié. Quand elle le tendit, elle sentit presque immédiatement la tension musculaire se répartir sous sa peau. La danse la maintenait en forme mais cet exercice là, elle ne le pratiquait pas. Déjà le canon commençait à trembler.- Non, retirez votre doigt de la gâchette. Remontez le bras, dans l'alignement de l'épaule. C'est le meilleur moyen de viser. Là. Voilà, c'est exactement cela que vous devez éviter. Vous crispez votre poignet, et cela tord la ligne. L'axe doit être parfait.Déjà, elle reposait le blaster sur la table. L'angle de la crosse ne lui plaisait pas.- Et celui-là ?- Kueget LN-21. Léger, défensif. J'ai pensé qu'il vous plairait.Esthétiquement, ce dernier lui convenait un peu plus que les autres. Sa taille également : plus court, plus ramassé. Mais son poids étonna la Sous-Préfète, ainsi que le cache à l'arrière de la crosse.- Décharges incapacitantes. Parfait pour vous défendre. Sur des organiques.- Et les droïdes ? - Inefficace. Et celui-ci ? Un Westar-34. Excellente arme. La mienne, d'ailleurs. - Je n'aime pas trop son design...Saad sourit en coin, amusé par la remarque.- Celui-là ?- Le Relby-23, madame. Vous n'allez pas l'utiliser souvent, voire, je l'espère, jamais. Sa sécurité... relevez le canon, dans l'axe de l'épaule... voilà. La sécurité n'est pas très sensible, on a rapporté quelques incidents lors de son utilisation. Mais c'est rare. Qu'en pensez-vous ? - Léger... joli, aussi, même si je le trouve un peu long. - Attention, ils sont tous déchargés et pèseront davantage quand vous serez en entraînement. L'acte de tirer appela aussitôt l'image de Phlox Alotran dans l'esprit d'Osso. Mais elle fut remplacée très vite pas une autre, plus ancienne, qui fit fleurir un cercle noir au milieu d'une chemise blanche. Elle baissa le bras.- C'est ridicule, Saad... je ne serai jamais dans une position où ce sera à moi de faire feu.- Si je puis me permettre, vous n'avez aucun moyen concret de garantir une sécurité parfaite à qui que ce soit. Ni pour vous, ni pour votre entourage. Je peux me trouver dans l'incapacité de vous protéger. Une IEM désactivera vos gardes.- Vous expliquez ça comme si la Préfecture allait subir un siège, monsieur Saad...L'assistant personnel sourit à nouveau, de l'amusement au fond des yeux. - Nous ferons en sorte que les choses n'en arrivent jamais là, madame, et puis nous trouverons bien un trou par lequel vous faire passer de toute façon.- Monsieur Saad...- Reprenez. Bras tendu d'abord. On verra les autres positions d'urgence ensuite. Axe de l'épaule... Non, pas comme... attendez. Vous voulez vraiment essayer de profil d'abord ? Je ne sais pas où vous avez vu ça... - Je pourrais tenir l'arme à deux mains ? Ca tremblerait moins.- Absolument, mais pour trouver le bon blaster, il faut en passer par là. Ca ne va pas. Redressez le poignet, sans écraser la crosse. Si vous voulez vous mettre de profil, faites ça bien. Non, votre menton n'a pas besoin de toucher votre bras. Gardez... vous tremblez déjà ? - C'est lourd...- Baissez le bras. Essayez le Westar.- Il est gros...- Il est léger, la crosse est évidée. Ce qui signifie que vous allez devoir trouver votre point d'équilibre plus en arrière. Soupesez-le d'abord. L'arme occupait bien les deux mains blanches de Leiel. Elle lui semblait étrangement légère, rassurante. La seule fois où elle avait tiré, c'était avec un SE 14C. Il lui semblait que l'odeur de l'arme flottait encore dans l'air, qu'elle sentait toujours l'énergie qui jaillissait du canon dans le frémissement ses doigts. Il était plus lourd, peut-être. Sans doute. Le déversement d'adrénaline ne permettait pas d'être sûre. La superposition du passé et du présent rendait l'expérience désagréable.- Madame, écoutez moi. Il faut d'abord se contenter de se préparer à l'usage que vous allez faire de l'arme. Potentiellement, bien sûr. Ce sera dans une position défensive ou intimidatrice. Vous pourriez, si vous le souhaitez, ne charger que des cartouches incapacitantes. Pour les débutants, c'est plus rassurant de savoir qu'on tire sans risquer de tuer. Cela élimine certaines hésitations.Leiel n'avait rien à opposer à la remarque. Ne pas tuer retirait la culpabilité. Mais cette dernière extrémité était parfois nécessaire. Les yeux bleus surpris revinrent à sa mémoire. La profonde surprise. Il n'avait pas eu mal. Il était... confus. Et puis il était tombé en arrière et elle avait collé son dos au mur pour glisser jusqu'au sol. C'était... il y a longtemps. Cela faisait toujours aussi mal.- Je comprends. Mais un droïde ne serait pas arrêté par une décharge paralysante. Et puis si je m'entraîne, je peux envisager de toucher une épaule ou une jambe.Saad eut un petit rire qu'il réprima sur le champ.- Excusez-moi madame. Pour toucher un endroit précis du corps, il faut déjà pouvoir toucher la cible. Si je puis me permettre.- Vous êtes parfois absolument désagréable, monsieur Saad.- Mes excuses, madame. Reprenez le Westar, levez-le. Alignez l'épaule et le bras... Menton levé... bien ! C'est mieux. Vous tremblez vite. Gardez à l'esprit que si l'adrénaline est votre alliée en cas de danger, elle a aussi un coût. Vous allez trembler. Beaucoup plus que vous n'imaginez. Cela ne joue pas en votre faveur, ni pour viser, ni pour intimider. On change de position. De face, deux bras tendus devant vous. C'est la position la plus simple. Bien. Bien, vous avez centré le canon de l'arme, vous pouvez viser de manière plus stable. Parfait. Baissez les bras. Nous devons évoquer quelque chose.Même vide, l'arme était lourde. Osso réalisait que si affrontement il y avait, il devrait être le plus bref possible, sans quoi elle perdrait tous les avantages que le blaster donnait, tout en souffrant de toutes les pénalités de la résistance armée.- Je vous écoute.- Mettons que nous partons sur le Westar. A mon sens, c'est l'option la plus simple, parce que la meilleure, en terme de poids, de puissance, de sécurité. Vous n'allez jamais avoir le temps de tendre le bras.- Pardon ?- Réfléchissez. L'arme ne sera pas sur vous, elle sera... dans un tiroir de votre bureau, accrochée sous la table, elle sera à portée, mais il faudra la saisir, viser, tirer. Pas le temps de tendre un bras. - Alors à quoi tout cela sert-il ? - A savoir qu'en cas de besoin vous avez une alternative. Et c'est tout. Vous êtes ici avec moi parce que posséder une arme sans savoir s'en servir est dangereux. Mais le blaster que vous allez choisir devra rester dans le tiroir. Vous me comprenez ? Osso fronça les sourcils comme un gamin qu'on aurait repris. Saad chargeait l'arme avec des cartouches d'entraînement. Inutile de faire des trous dans les murs, la simulation compterait les points.- Prenez le. Voilà, bras tendus ? Jamais le doigt sur la gâchette tant que le champ de tir n'est pas dégagé.- C'est plus lourd... et ça penche vers l'avant.- Vous avez deux mains, trouvez le point d'équilibre. Je lance la simulation : contentez vous de toucher la cible. On part sur du statique, prenez votre temps.Saad disparut derrière elle et Leiel fut plongée dans le noir. Puis l'éclairage se ralluma, différent. Elle voyait ses bras, rien d'autre. Puis une spirale noire, blanche et jaune s'afficha devant elle, comme suspendue dans le vide. Osso leva les bras, tenta de garder le canon de l'arme au centre de son champ de vision, puis fit feu, avec application, à plusieurs reprises.Après cinq coups, la spirale disparut, et dans son dos, Saad éclata de rire. Elle se retourna, particulièrement vexée.- Monsieur Saad !- Pardonnez-moi madame... C'est... c'est un bon début ! - Ne vous moquez pas de moi !- Vous avez touché deux fois la cible. Tout en haut, à gauche.L'assistant personnel de la Sous-Préfète trouvait le résultat visiblement hilarant. Leiel, beaucoup moins.- Envoyez la suite.- Houla, quelle suite, madame. On reprend. La chose qu'il faut retenir de votre... non, pas exploit... exercice, c'est que les deux tirs sont assez rapprochés. Vous devez serrer trop fort la main droite. Attendez.Il passa derrière elle, lui fit tendre les bras, les mains sur ses poignets. Sa proximité étrangla Leiel. Elle cessa brusquement de respirer, le cœur battant.- Détendez-vous. Vos deux mains sur la crosse, la main droite dessus. Vous voyez ? Vous sentez la pression de vos doigts ? Vous serrez moins fort à gauche.C'en était trop. Osso fit un pas en avant, baissa les bras, cherchant son souffle. Sief Saad l'avait laissé faire, stupéfait, percevant trop tard le malaise. Il lui fallut du temps pour parler.- Madame, pardonnez-moi. J'aurais dû vous demander l'autorisation. Je suis désolé.Elle tourna seulement la tête vers lui, secoua ses bras comme pour les ranimer et repris sa position. Saad, n'osant plus la toucher, était passé sur le côté et dans un silence concentré, corrigeait du bout d'un doigt seulement la position de la Sous-Préfète. D'une voix douce et basse, tout en améliorant l'angle du canon, il lui dit : - Vous pouvez m'en parler, si vous le souhaitez.- Envoyez la suite, monsieur Saad, je vous prie.Sur les cinq tirs suivants, quatre étaient dans la cible, trois à gauche, mais un autre égaré en bas à droite.- On reprend. Corrigez votre position. C'est parti.Pendant les deux heures qui suivirent, Leiel ne parvint jamais à toucher la cible cinq fois d'un seul tenant. Elle se demandait quelle divinité lui avait permis, il y a des années, d'abattre l'homme qui la protégeait tout en protégeant leur maître d'un seul tir. Depuis combien de temps n'y avait-elle plus pensé ? Depuis combien de temps n'avait-elle plus éprouvé cette culpabilité écrasante ? Mais sur toutes les sessions de tir, les plus réussies étaient, toujours, celles où elle imaginait Jayce en cœur de cible.
  • Les arcanes du pouvoir

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    Le ChroniqueurL
    Post n°8 Auteur : Arnon Veral Leiel Osso ne cilla pas, elle se contenta de nous remercier avec les politesses d’usage. A ce stade, il était impossible de savoir si nos arguments avaient fait mouche ou pas. D’un côté, je ne pouvais que me réjouir qu’elle n’ait pas de nouvelles objections par rapport à ma démonstration. Rangeant mes affaires lentement, j’allais partir avec les autres lorsque la Sous-Préfète demanda à me parler, saisissant délicatement ma manche. Je fis signe à Roussimoff et au reste de la délégation que je les rejoindrais. M’approchant à nouveau d’elle, je considérais mon interlocutrice avec le masque sérieux que je n’avais pas quitté. En l’observant de plus près, je pouvais détailler le grain de sa peau et le relief conféré par ses sourcils d’albâtre. Si elle conservait cette apparence de poupée, elle n’en était que plus humaine. Alors qu’elle observait Raxulon, la jeune Sous-Préfète introduisit sa requête, dévoilant une partie de son histoire. Ainsi, Osso n’était pas originaire de Raxus Secundus, cela pouvait être risqué dans un monde rural et enraciné d’avoir nommé une étrangère. Pourtant, je ne pouvais m’arrêter à un tel jugement, Osso avait montré une très grande connaissance des lois, elle connaissait très bien les dossiers. Je la laissais continuer, me contentant de hocher de la tête alors qu’elle se retournais vers moi. Désormais, l’entretien semblait moins formel, plus propice à la confidence. C’était tout du moins ce que laissait entrevoir la tournure que prenaient les évènements. En dépit de son discours, je la laissais poursuivre, elle me fixait autant que je le fixais. Si mon regard était attiré par ses particularités physiques telles que son teint et ses yeux, je crus percevoir l’espace d’un instant que ses yeux s’égaraient sur mon visage bardé par ma grande cicatrice. Se demandait-elle où je l’avais eu ? Je n’en parlais jamais, je n’en avais jamais parlé à personne, pourtant beaucoup la regardaient. Au bureau d’étude, je savais que Stacy avait propagé les informations, révélant à certains employés que j’étais un vétéran. La réalité, c’était qu’aucun ne connaissait la véritable histoire de cette blessure. Rien de surprenant, ceux qui avaient fait la guerre se gardaient en général d’en parler en détail. J’étais donc classé dans cette catégorie, mais ce n’était pas pour autant que j’aimais en parler, il n’y avait guère que les autorités qui m’avaient interrogé à l’hôpital militaire qui avaient pu savoir ce qui m’était réellement arrivé. La proposition d’Osso fit naître en moi des émotions contradictoires. Je réalisai que je ne pourrai plus reculer et que maintenant, j’allais être mouillé politiquement et potentiellement exposé. Pendant des années j’étais resté à l’ombre et j’avais maudit mon manque de courage, c’était quelque chose qui m’avait dévoré de l’intérieur. Mais à voir les joues d’Osso qui s’empourpraient, je sentais que mes idéaux de jeunesses revenaient en moi. -C’est tout à fait possible, en effet. Je serai enchanté de vous aider à les rencontrer, vous pourriez ainsi vous faire votre idée. Cette envie de vous rendre sur le terrain ne pourra que renforcer votre crédit. La réalité de ces gens, elle n’est pour nous que des chiffres sur un tableau sur lesquels nous cherchons à influer, pour eux c’est le péril d’une famille, d’un ménage ou d’une exploitation payée au prix des économies de toute une vie.Et j’étais sincère, sur le fond, Osso avait réussi à attirer mon attention, j’aimais son attitude et ce qu’elle cherchait à faire. Si Roussimoff, Flere et Deurteiker étaient des vautours cyniques, au sujet desquels je ne me faisais aucune illusion d’ailleurs, Leiel Osso venait de dépasser le stade de simple politicienne à mes yeux. Peut-être y avait-il un peu d’idéalisme en cette femme, mais il était trop tôt pour le savoir, le concept du dirigeant providentiel était parfois trompeur. -J’espère ne pas trop vous froisser en vous disant qu’ils auront du mal à ne pas vous reconnaître. Je peux cependant m’arranger pour ne pas vous présenter en tant que Sous-Préfète, vous serez officiellement une experte qui vient inspecter leur exploitation et à qui ils doivent parler de leur réalité. Vous n’aurez qu’à me laisser faire, je prendrai en charge la logistique, et j’insiste pour que nous prenions le temps nécessaire pour que vous vous fassiez une idée. J’avais déjà quelques idées pour camoufler l’identité d’Osso, déguisement de circonstance, elle revêtirais les vêtements des contrôleurs d’exploitation mandatée par AgroChrome pour recueillir de nouvelles informations pour le dossier de la Délégation. Ils parleront franchement et vous pourrez vous faire une idée. Attendez-vous cependant à quelques critiques acerbes concernant la gestion de la planète...Mais je suppose que vous y êtes habituée...C’est le propre du politique d’être toujours critiqué. La critique est facile, mais l’art est difficile, comme disait mon père. Il était évident à ce stade que j’acceptais la proposition et ce ne fut qu’une formalité que les questions oratoires d’Osso en fin d’entretien. Cette femme semblait particulièrement attachée au consentement et aux protocoles. Elle voulait absolument que je sois satisfait par rapport à cet entretien, fort heureusement, j’étais suffisamment fin psychologue pour comprendre les verrous mentaux qui pouvaient l’écarter d’une telle virée. Elle avait des craintes, probablement car elle commençait son mandat. J’étais apparu dans une configuration qui n’était pas à mon avantage, puisque les lobbyistes qui m’accompagnaient n’auraient pas eu mon attitude. Ils auraient sans doute profité de la situation pour être sirupeux à souhait et ainsi tirer avantage de la situation...Ce n’était pas mon cas. Aussi je laissais un peu de temps s’écouler avant de m’approcher un peu plus d’Osso, j’étais désormais très proche d’elle, si bien que ma voix ne porterait pas. Dans cette ambiance intimiste, je concluais.-J’accepterai de vous guider le temps qu’il faudra. Retrouvons-nous après-demain si votre emploi du temps le permet, car j’ai besoin de préparer notre tour. Pour le reste, je vous remercie, mais je me dois de refuser votre argent. Vous me rémunérerez si vous êtes satisfaite et que nous trouvons un accord à la suite. Je ne fais pas cela pour l’argent et je veux à tout prix éviter toute accusation de conflit d’intérêt. Cela, je le fais pour Raxus Secundus, et de vous à moi, sachez que je n’aurai aucun problème à dévier de la marche imposée par mes collègues de la Délégation. Ce sont des lobbyistes et comme tout le monde, ils ont leurs limites. Si nous voulons trouver un accord convenable, cela doit se faire loin des grands groupes. Je partage un point commun avec vous, je ne suis pas de Raxus Secundus, et il est préférable que notre petite inspection reste secrète afin d’éviter tout entrisme extérieur. Pour le reste, je vous remercie d’avoir pris ces quelques minutes pour discuter de quelques points techniques...Cette conversation n’a jamais eu lieu. Je me reculais légèrement. J’avais pris moi-aussi un risque, je me désolidarisais des lobbies qui m’avaient amenés ici. Dans le marasme politique de cette entrevue et dans le réseau complexe de complots, de manipulations et de conflits d’intérêts tissés par les autres membres de la délégation, je cassais la boucle. Je ne saurais m’expliquer pourquoi j’avais fait ça, face à cette femme que je connaissais finalement peu. La saluant en lui tendant la main, je tournais les talons. C’est alors que je stoppais ma course, à quelques pas de la porte et que sans même me retourner, j’ajoutai.-Ah, et une dernière chose, Madame la Sous-Préfète. La Bataille de la Forge Stellaire, il y a six ans, les Impériaux défendaient chaque centimètre de terrain, c’était bien au-delà de ce qu’on en dit. Les prisonniers devaient travailler pour les Impériaux. Quand ils ont compris qu’ils avaient perdu, le BSI a décidé de liquider tout le monde. Je ne dois ma survie qu’à une explosion qui m’a à jamais marqué dans ma chair. J’ai descendu l’officier du BSI qui a fait exécuter tous les prisonniers et j’ai pu être transféré vers un hôpital militaire. Je n’ai jamais parlé de cette histoire à personne en six ans, considérez cela comme un gage de confiance ou une sorte de...Pacte, vous et moi connaissons chacun un secret sur l’autre. Je m’étais retourné de trois-quart en désignant ma cicatrice. Une réponse et un acte impromptus, comme une réaction à son regard furtif envers ma cicatrice. Un autre type de pas vers elle. Si ma dernière phrase était sur le ton de la plaisanterie, avec un petit sourire qui devait plutôt ressembler à une grimace sur mon visage ravagé, l’émotion était palpable et à l’évocation du BSI ma voix sembla légèrement tremblante. Je ne saurais dire pourquoi, après tant d’années, j’ai ressenti le besoin de me confier à cette femme que je ne connaissais pas, mais elle fut la seule à qui je racontai mon histoire depuis des années. L’intrigante Leiel Osso avait réussi à me toucher tant par son apparence que par son attitude, j’avais envie de lui donner un gage de confiance. Si le sens de mon discours ne ferait aucun doute pour Osso, je remarquais que je n’avais pas vraiment travesti la vérité et qu’on pouvait aussi prendre mes paroles pour décrire ce qui s’était vraiment passé. Je sortais lentement du bureau de Leiel Osso en rejoignant mes collègues. Je leur racontais comme convenu une version allégée de ce qui s’était produit, Osso m’avait félicité pour la présentation et avait demandé quelques informations complémentaire sur les chiffres présentés. Je remerciai chacun des membres de la Délégation et en sortant, je fut pris d’une étrange sensation, comme une bouffée d’air...C’était quelque chose que je n’avais pas ressenti depuis des années...L’envie de Vivre.
  • Delmach Sapoj

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  • De Charybde en Scylla

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    Post n°11 Auteur : Leiel Osso Un moment plus tard, Leiel leva la tête et fit signe à son assistante d'approcher avant de reprendre sa conversation. - Entrez Tel'Ilma. Excusez-moi, Conseiller. Cela concerne donc nous deux, et je vous attends cet après-midi pour en discuter. La Sous-Préfète mit fin à l'holocom' et sourit poliment à la Wroonienne.- Tel'Ilma, ne restez pas debout, asseyez-vous. Est-ce que tout va bien ? Avez-vous besoin de la journée ?Athanae avait retrouvé son sérieux, mais la crainte de reproches éventuelles tiraient ses traits. Elle semblait presque fatiguée, plus anxieuse. Leiel n'avait connu de la Wroonienne que sa régularité, en tout. Excellente technicienne, parfaitement organisée, mémoire remarquable et analyse fine. Pour le reste, la jeune femme était toujours restée une énigme pour Osso. La distance qu'elle conservait dans son travail ne permettait que d'imaginer ce qu'elle faisait en dehors, ce que la Sous-Préfète avait renoncé à découvrir. Son comportement plus tôt n'avait paru que plus étrange. Et son attitude à présent, trop raide, les sourcils légèrement froncés, indiquait bien un malaise rémanent.- Non, je vous remercie. Tout va bien à présent. Leiel haussa un sourcil, Tel'Ilma hésita une seconde puis enchaîna :- Le Lieutenant Vasburg. Je l'ai déjà croisée. Peut-être... plusieurs fois.- Peut-être ? - Je l'ai déjà croisée. Je crois. Je ne suis pas certaine. - Venant de vous, cette incertitude est inattendue. Poursuivez.Cela demanda un effort visible à la Wroonienne, qui continua néanmoins.- Il me semble... que je l'ai rencontrée. Un soir. Je me souviens de ses yeux. De sa manière de sourire. Mais... impossible de me rappeler exactement des circonstances exactes. Ensuite, elle est venue, ici, pour vous voir.- Vous l'aviez croisée avant son passage ici ? - Je... crois, oui.- Lui avez-vous parlé ? Osso s'adossa à son siège, contrariée.- Elle voulait savoir ce que je pensais de vous. Je n'ai rien dit qui ne vous nuise, au contraire.- Non Athanae, ce n'est pas ça. La Sous-Préfète lâcha un soupir bref, agacée. - Je ne vous reproche rien. Seulement je n'apprécie pas qu'on tourne autour de mes collaborateurs. Quelque soit la raison. Je suppose qu'elle a parlé à Sapoj.Tel'Ilma hésita. Cela ressemblait à une question, mais l'intonation n'était pas juste.- Je ne saurais dire, madame.- Hmm. Bien. Je vous remercie. Appelez Sapoj en sortant.L'Heptooinien remplaça la Wroonienne. Lui non plus n'en menait pas large, mais par expérience, il avait plus de raisons de s'inquiéter d'une convocation que l'assistante. Osso n'était jamais tendre avec lui. Ou alors il fallait craindre un retour de bâton à courte échéance.- Sapoj, asseyez-vous. Vous avez vu le Lieutenant Vasburg ce matin.- En effet madame, quand elle est venue à son...- Combien de fois l'avez-vous rencontrée avant aujourd'hui ? - Heu... deux... deux fois.- Dans quelles circonstances ? - Eh bien ici. Ici et... dans la rue.- Elle s'est présentée à vous à l'extérieur de la Préfecture. Que vous a-t-elle demandé ? Sapoj ouvrit plus grand ses petits yeux paniqués.- Elle voulait savoir ce que je pensais de vous, madame.- Et ?- Je n'ai été qu'élogieux, madame !C'en était trop. Les intérêts légitimes de la CSI ne souffraient pas ni délai, ni pudeur mal placée, mais ces méthodes-là flirtaient avec l'abus d'autorité.- Bien. Je vous remercie, Sapoj. Vous pouvez retourner à vos affaires. Oh. Et avancez le rendez-vous du Conseiller Korvax. Notre réunion sera sans doute plus longue que prévue.L'entretien avec l'amirale Zan'nta impliquait la présence du Conseiller à la sécurité. Celui-là même qui pourrait affecter un agent à la surveillance de Vasburg. Rien de vraiment sérieux. Simplement, le Lieutenant semblait évoluer dans un cercle qui intriguait Osso. Inutile de savoir précisément ce qu'elle faisait. En revanche, se pencher sur ceux à qui elle s'intéressait pourrait peut-être apporter quelques réponses. Mais bien d'autres questions étaient d'une autre urgence. Leiel tendit la main, hésita une seconde nécessaire pour remettre de l'ordre dans ses arguments. Il était tôt et la journée s'annonçait bien remplie. Elle appuya sur le senseur de l'holocom'.- Sapoj, veuillez faire entrer M. Demesmaeker. Merci.
  • Chronique d'une mort annoncée

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    Post n°6 Auteur : Leiel Osso Il avait menti. Il l'avait regardée dans les yeux et il lui avait menti. Arnon Veral n'avait jamais existé. Ce n'était qu'une peau, une peau artificielle pour recouvrir ce jeune homme sur la photo. Celui qui souriait, dans son uniforme de capitaine et dont aucune cicatrice ne creusait le visage plus jeune. Un capitaine de l'armée impériale Sith. Un capitaine, et un commandant. Ils souriaient, tous les deux, et le vent faisait onduler les herbes hautes derrière eux. Il avait menti. Très loin, le nom de Ludwig Noas fut mentionné. Lequel des deux ? Le plus hilare ? Celui qu'elle avait cru connaître, celui qui tenait l'oiseau ? Le vent s'était levé ici aussi, dans cette petite salle. Elle le sentait, chargé de pollen, qui coulait sur son bras, qui agitait sa chevelure. Elle aussi, elle avait menti. Mia avait détesté les Sith avec toute la terreur dont elle était capable. La police Sith ne faisait preuve d'aucune pitié et s'était souvent révélée efficace. Deux organismes en concurrence dans le même biotope plus qu'un rapport prédateur-proie. Leiel... Leiel c'était différent. Elle avait collaboré avec l'Empire. Elle avait adhéré à ses idéaux, dans les dossiers apocryphes qui portaient son nom. Un faux nom. Elle avait menti.Comme lui avait menti. Que s'était-il passé à la Forge ? Arnon Veral avait tué l'officier chargé d'exécuter les prisonniers esclaves. Mais Arnon Veral n'existait pas. Comment avait-il été blessé ? Ca aussi, c'était une histoire, une brique dans un mur de narration dont le but était de tromper, tromper pour cacher, pour dissimuler, pour survivre ? Non, elle avait lu son dossier. Tout collait. Veral était un autre ? Un homme qui avait vécu, qui était mort, dont la peau avait changé, s'était étirée sur un mensonge. - Excusez-moi, pourriez-vous me remontrer l'holophotographie ?La blessure l'absolvait. Elle avait été la raison de son évacuation, de sa survie. Elle rendait les identifications bien plus compliquées. Et à mesure que monsieur Veral se déconstruisait, la colère dégoulinait le long des vertèbres de Leiel. Elle la sentait, sa colère glacée, qui secouait les hautes herbes sur la photo, qui soulevait ses cheveux. « L'ami des bêtes », et l'autre avait ri. L'envie de les interpeller lui tordit quelque chose dans le ventre. Arrêtez de rire. Arrêtez de rire, vous ne voyez pas que c'est la guerre ? Là, juste là, à la limite de votre champ de vision, un marcheur brûle encore et le vent répand son odeur fétide partout. Elle l'avait dans la bouche, cette odeur, sur sa peau, et l'oiseau avait le bec plein de pain et battait des ailes et elle recula.- Sous-Préfète ? Excusez-moi, je voudrais revoir la photographie, s'il vous plaît ?Elle n'était pas là-bas, et pourtant les volutes épars d'un ancien brasier teintaient encore l'air. Les deux hommes rient toujours, l'oiseau est toujours dans les mains de celui qu'elle a connu sous un autre nom, les hautes herbes plient sous le vent et derrière elle, tout juste derrière elle, il y a celui qu'elle ne voit pas, celui qui prend la photographie. Elle ne sait qu'une seule chose de lui, avec la même certitude que celle qui condamne ou qui innocente : lui aussi, il ment. C'est de son mensonge que la vérité accouche. La vérité inaltérable : Arnon Veral n'est pas l'homme qu'elle croyait, parce que cet homme n'existait pas. - Ca sent le brûlé, vous ne trouvez pas ?Osso n'attendait pas de réponse. Elle parlait pour être sûre d'être toujours là, pour certifier que la réalité était bien ici et maintenant, et pas là-bas il y avait des années. Son souffle s'anima, puis ses yeux, ses doigts. Saad s'était penché sur elle, vaguement intrigué. Tran la regardait fixement. Qu'est-ce qu'il avait dit ? Ludwig Noas. Elle posa le pouce sur le visage de celui qui ne s'appelait pas Veral et tendit le document à l'Inspecteur.- Cet homme là, celui qui rit, c'est lui, Ludwig Noas ?Tran fit un geste pour saisir la photographie, mais Leiel ne la lâcha pas. Surpris, il leva les yeux sur elle, mais il n'y avait aucune concession dans son regard, aucune place pour aucune manœuvre. - Je ne suis pas sûr. Le nom me dit quelque chose. Je peux me renseigner, si vous le souhaitez.C'est surtout lui qui le souhaitait. Que cachait-elle sous son ongle blanc ? Pourquoi récupérait-elle la photographie si vite, la glissait-elle sous sa large ceinture ?- Huissier Brandt, ce coffre ne contenait que deux objets : la casquette et le carnet.- Mais...- Faites ce que je vous dis. Et vous, Inspecteur Tran.Il l'écouta, fermé. Avant qu'elle n'ouvre ses lèvres mauves, il savait ce qu'elle allait dire.- Vous n'allez pas vous renseigner, vous n'allez pas mener d'enquête personnelle. Il n'y a jamais eu que la casquette et le carnet. Est-ce clair ?Il acquiesça, raide, sombre. Elle eut un regard pour Saad, impassible. Elle mentait, Veral aussi, et eux aussi mentiraient. Osso serra les poings, puis quitta la pièce. La colère ne la lâchait pas. Celui envers qui elle nourrissait des projets politiques l'avait compromise dans une histoire potentiellement dévastatrice. Qui cherche à s'échapper de son passé ? Les coupables. Et elle le savait, parce qu'elle était aussi coupable que lui, parce qu'elle lui avait menti en le regardant dans les yeux, parce qu'il avait fait l'erreur absolue de conserver quelque chose, quoi que ce soit, qui puisse l'incriminer. Elle était aussi coupable que lui, mais lui l'était trop, et elle, presque pas. Alors elle mentirait. De toute façon, la vérité était évanescente, fluctuante. La vérité n'existait pas.
  • Canal Bajic-Raxus Secundus.

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  • Académiquement correct

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    Post n°46 Auteur : Atreïs Helcar La mâchoire serrée, Atréïs, sous sa forme désormais habituelle de la Commandante Irons, se tenait bien droit devant l’holocommunicateur qui d’un moment à l’autre le mettrait en relation directe avec la Générale Suprême Valkoinen. Il redoutait la confrontation plus que n’importe quelle autre tâche. Non pas par peur -il avait déjà bien trop frôlé la mort et la chute pour ça-, mais par dégoût de ce qui se tramait. L’injustice régnait dans ces discussions, où il n’était qu’avili, réduit à un simple rôle d’exécutant dont la parole n’avait aucune valeur. Il ne parlait pas à la Générale comme à une égale, mais bien comme un subordonné s’adresse à son supérieur. Et cette laisse, ce collier à son cou le rendait hargneux, aigri. Pourtant, lui aussi en profitait avec ses propres subordonnés. Mais il ne se faisait pas encore à l’idée. C’était trop récent. Quelques mois, années, ne suffisaient pas à effacer une vie de liberté. Seulement, il devait aussi composer avec la voix de la raison. Il avait perdu sa raison première de rejoindre la CSI, protéger Qiilura, et devait donc composer avec ce qui lui restait. Pire, il devait désormais sa carrière et sa vie à la Générale Suprême. Son honneur lui dictait d’être reconnaissant. Son instinct de survie l’instruisait d’être déférent. Sa tête lui hurlait de rester à sa place, pour qu’elle même restât à la sienne. Finalement, il entra dans le générateur d’hologramme. La Générale pourrait le voir. Pour une fois, il n’était pas dans un état lamentable. Il était soigné, il était digne et, malgré la fatigue. Au moins avait-il cela pour lui. Rapidement, la voix froide de la Générale retentit dans ses oreilles. -Commandante Irons. J’espère que vous venez, vous, avec de bonnes nouvelles. Ca partait mal. Les réseaux d’informations tournaient en boucle sur les attentats de Raxus Secundus, ceux de Cato Neimoidia, malgré la censure usuelle. On ne pouvait pas ignorer des bâtiments effondrés ou en flammes dans les différents systèmes de la Confédération. Ca ne durerait pas, mais c’était déjà suffisant pour mettre Valkoinen sur les dents. -Une seule, Générale Suprême. L’insurrection a été matée, sans intervention de la flotte en orbite. Nous avons circonscrit le problème à la capitale, heureusement. Les pertes sont acceptables pour une attaque de la sorte. -Vous savez ce que l’on dit, Commandante. Tout ce qui vient avant le « mais » n’a pas d’importance. Je vous écoute. -Générale, nous n’avons pas l’absolue certitude, mais nous avons trouvé un corps de rebelle endommagé que nous avons identifié comme un citoyen Impérial du nom de Konrad Echtner, originaire de Yaga Minor. Ce qui nous amène à la première conclusion que l’Imperium est impliqué. Cependant, et je vous envoie l’image, nous avons également retrouvé sur lui un étrange tatouage. La Générale se mordit la lèvre en voyant l’image du tatouage arriver. Cela confirmait ses craintes, à savoir que Cinder avait raison. Et cela, c’était intolérable. Le colonel cyborg l’avait devancée. D’un geste de la main, elle arrêta la Commandante. -Cela confirme certaines craintes, Commandante. Nous avons récemment appris qu’un groupe criminel se faisant appeler l’Oiseau de Feu, opérant en territoire impérial, avait également des rancoeurs contre la CSI. En voici une preuve formelle. La femme porta deux doigts à l’arête de son nez, réfléchissant quelques instants. Cela changeait beaucoup de choses, et en même temps… En même temps, elle pourrait tourner cela à son avantage. Il était temps que les choses bougent, elle le savait. -Vous m’avez apporté ce dont j’avais besoin, Commandante. Félicitations pour votre réussite. Je vais vous faire transmettre les coordonnées d’un aide de camp du Grand Amiral Konstantine de l’Imperium. Il est temps que les exactions de ces groupes de sauvages cessent, et pour cela, nous devons travailler de concert. Faites le nécessaire avec eux. Vous avez ma confiance pour cela. J’ai échangé récemment avec le Grand Amiral sur Borosk. C’est un homme raisonnable, il saura vous faire orienter. Quant à moi, j’ai du travail. J’attends votre rapport au plus vite, Commandante.