Post n°9
Auteur : Erys Talmark
Liah… Une grande combattante ? Froome m’avait donné ce fichu sabre qui ne marchait pas sans rien me dire à ce sujet. J’aurais bien aimé savoir que je portais une relique, bordel ! Ce type est vraiment complètement con, et peu importe qu’il voie en moi un grand potentiel, à un moment, il va falloir qu’il arrête de jouer au type mystérieux, c’est loin d’être sexy et ça me met dans la sauce à CHAQUE FOIS ! C’est quand même une maladie que de vouloir systématiquement m’envoyer dans le mur, j’avais compris avec les éclairs… Enfin bon, c’est pas grave, il va me trouver une explication à la mord-moi-le-noeud et ça ira bien j’imagine. Pour le coup, je n’ai pas de raisons de ne pas croire Jack quand il me parle de l’arme inutilisable, surtout qu’il avait l’air d’un coup moins heureux. Et des heures plus tard, me voilà avec un sabre à la main, forgé par mes soins, et l’autre, vestige d’une inconnue qui a probablement dû crever lamentablement la bouche ouverte, et également avec les maux de tête qui reprennent. Je serre les dents et je souffle alors qu’il commente mon travail. Je finis par hocher de la tête, et pendant qu’il parle, je reprends l’arme de Liah et en extrait le cristal que je tends à Twolight en lui répondant.-Je ne sais toujours pas ce que Froome me trouve, et à chaque rencontre, c’est un peu plus nébuleux. Mais merci pour la leçon. Et pour le sabre. Je ne suis pas encore convaincue que ça me convient, mais je commence à comprendre ce que je peux en faire.Le cristal Bondar finit par disparaître de mes mains, remplacé par un godet qui sentait drôlement bon. Ce type est en fait un vieil alcoolo, je ne vois que ça ! Je finis par sourire malgré tout et par en prendre une grande rasade… Oh la vache, c’est fort cette merde ! Mais c’est super bon, même si je sens que ça me tape un peu sur le crâne. Pouuuuh, je sens que la chaleur me monte aux joues et me rosit les pommettes, et en même temps ça me fait glousser comme une dinde.-Je peux vous demander d’en donner des bouteilles à Redcask, de ça ? Ca change de la pisse qu’on sert sur Coruscant… hips.Le hoquet est aussi gracieux que moi au combat mais témoigne facilement de mon état, je me sens euphorique, heureuse, fière d’être là et de voir des lauriers m’être tressés comme ça par un instructeur… Bon, après, c’est un professeur qui picole et qui s’est fait battre par une gamine, alors bon…-Je crois que… Il y aurait une douche ? Siouplait ?Après que Twolight me l’ait indiquée, j’y titube tranquillement après avoir fini mon verre, ça fait trop longtemps que je n’ai pas bu, je n’ai plus l’habitude, et en plus… En plus, elle tabasse celle-là ! Je laisse mon armure au sol, je demande à Redcask de me ramener mes habits civils et je plonge dans la douche, en espérant que ça fasse un peu tomber l’alcool, mais rien du tout, ça tourne toujours et je sens qu’il manque un truc. L’eau brûlante n’a pas l’effet escompté, et ça ne fait que rougir ma peau blanche. Pour la première fois depuis un moment, je me regarde un peu plus en détail. Je ne suis pas devenu un tas de muscles, on dirait même que Tatooine m’a amaigrie, encore un peu plus. Je peux sentir mes côtes sous mes doigts, mon ventre tendu par une faim tenace et durable, mes bras maigres qui ont tant de mal à combattre.Du mal à combattre ? Erys, regarde toi, regarde nous enfin, nous avons survécu à chaque obstacle, réussi chaque épreuve depuis que nous sommes entrées dans la Garde, nous sommes entières, plus vivantes et plus fortes que jamais grâce à cette Force que nous maîtriserons bientôt. Ne t’en fais pas, ma douce Erys, je sais que tu parviendras à franchir tous les écueils, sans aucun souci. Et nous serons ensemble, toi et moi, et rien ne pourra jamais se mettre en travers de notre route.Lorsque je rouvre les yeux, j’ai l’impression qu’une éternité s’est écoulée. Je prends le temps de me rhabiller, de me sécher. Au diable les convenances, je laisse ma chemise largement ouverte pour faire un décolleté plongeant. J’en ai marre des Tuskens, de la Garde, et du reste, j’ai envie de me sentir un peu femme, aussi, qu’on me regarde pour ce que je suis, comme avant, et pas parce que je porte de foutues armes à la ceinture que j’utilise plus par instinct de survie qu’autre chose. Le pantalon noir et les chaussures revêtus, je me décide à prendre mon sabre et à le confier au droïde. Pour l’instant, j’ai envie d’oublier cette vie. Veste sur l’épaule, cheveux attachés, je me dirige vers Jack et je le salue négligemment.-Je ne sais pas si on se reverra, mais bon vent d’ici-là. J’essaierai de mettre à profit votre leçon. Et de coller une claque de votre part à cette foutue Sith si je mets la main dessus, promis.Avec un sourire, je finis par prendre congé, laissant Redcask embarquer un fût de bière pour Froome, une caisse pour moi, mon armure, mon sabre, alors que je repars, moi, avec ma dignité pour manteau. Le menton haut, et le sourire aux lèvres, j’ai fait ce que je voulais, j’ai eu ce que je désirais, finalement, ici. Ne restait plus qu’à prendre le speeder direction Aldera. Quelque chose me disait que je ne reverrai sans doute jamais cette planète qui n’avait pas besoin de la République, de la CSI, de l’Imperium, de la Garde ou de quoi que ce soit. Loin du fracas de la Galaxie. A nouveau, mon speeder fend l’air et je quitte Crevasse City sans jeter un coup d’oeil en arrière. Mon destin est devant.