Post n°6
Auteur : Lord Sotagar
Un défi impressionnant Une pluie battante s'écrasait implacablement le long des murs de la tour, fondue dans la masse de celles de la ville. Accrochés là, Pagaal et ses mercenaires attendaient silencieusement. Le Sathari avait revêtis un sous-vêtement spécial couvrant également son cou. Le noir de la tenue aidant à se faire plus discret. Ils tenaient à l'aide d'aimants spéciaux fournis par la le contact de Chatan. Attentifs, les yeux plissés, ils attendaient que vienne l'heure de passer à l'action.C'était l'étape finale de leur quête, enfin, après tout ce temps à courir après les informations, à rassembler les pièces du puzzle.Quelques semaines plus tôt, Pagaal était revenu au repaire avec des informations éparses, mais une piste. "C'est bien joli tout ça." Lui avait dit le contact. "Mais le temps de tout détailler, de trouver la bonne source, il se passera une éternité."Pagaal avait alors argué qu'il ne fallait pas perdre de temps et qu'il mobilise ses contacts.À contre cœur, il l'avait fait. Et la longue attente avait commencé. De temps à autre, une information de valeur semblait se présenter. En réalité, chacune se révélait plus vide que la précédente, et les mercenaires commençaient à s'habituer à une routine de faux coups.La lassitude gagnait les recherches à mesure que le temps passait. Pagaal lui, commençait à perdre son sang-froid et son calme. La crainte d'être mis en échec se faisait sentir, et il n'en était pas loin en effet. Les sectes et ordres étaient des choses volatiles, agiles, capables de glisser entre les plumes du Nishaan sans grand effort.Et pourtant, c'est précisément cette idée qui lui avait permis de sortir de cette zone sans vent pour trouver l’alizé qui allait relancer son expédition. En s'intéressant plus en détail à qui référaient les divers informateurs qui les avaient menés sur des fausses pistes, un nom, parmi la foule, revenait chez chacun d'eux. Satark l'avait décidé, il était temps de lui rendre visite, et de lui faire cracher le morceau. Aussi, la patience apparente qu'il arborait sur cet immeuble, le plumage exposé trempé par la pluie, n'était qu'une façade. Intérieurement, une sourde colère l'animait. Il allait lui faire payer ses petits tours, ses diversions et ses coups de renards. En d'autres circonstances, il aurait pu trouver cela exitant, comme un challenge. Mais Bhari Chatan était le bouton rouge, le sujet avec lequel il n'avait ni envie de plaisanter, ni envie d'accorder de pitiée.Un speeder volant passa et la troupe s'élança. Les mercenaires en s'accrochant au câble tiré la seconde plus tôt, Pagaal en déployant sa queue pour planer jusqu'à l'étage inférieur d'en face pris pour cible. Le bâtiment se rapprocha rapidement, la pluie rendant glissant le sol, Pagaal serra immédiatement ses griffes à l’atterrissage, entamant un peu le carrelage. Un éclair tonna au moment de l'impact, cachant le cliquetis.Les mercenaires atterrirent sans coup férir à leurs positions, de l'autre côté.Ils étaient assez loin entre eux, Pagaal seul d'un côté, la troupe mercenaire de l'autre. Mais tout avait été prévu, il n'allait pas laisser la moindre chance à ce petit futé.Il se plaça devant la fenêtre aux stores fermés pendant que ses hommes entraient dans le bâtiment, et accessoirement, en direction de la porte principale.Sa respiration demeurait calme, mais son cœur, lui, battait la chamade. La tension du moment était palpable, et son regard, déterminé de temps à autre illuminé par un éclair, ajoutait au solennel de la scène.Une explosion étouffée retentit, le Sathari sauta sur la fenêtre, griffes en avant. Elle se brisa en milles-morceaux tandis qu'il atterrit sur le sol, tournant avec empressement la tête pour analyser la chambre. Il ne voyait pas sa cible. C'est là qu'il fixa son regard en face. Le Pantoran le fixait, surpris. À ses pieds, les mercenaires, probablement neutralisés par une grenade autre que celle qu'ils devaient lancer. La cible, pourtant, était seule... et elle prit la fuite.Sans hésiter, Pagaal se lança à sa poursuite. Elle se rua dans le couloir dont l'étroitesse empêcha le Sathari de tirer parti de sa queue., Mais sa taille lui permettait de manger rapidement du terrain sur l'humanoïde. Ce dernier entra dans un ascenseur qui se ferma devant son nez. Sans hésiter, il brisa la fenêtre juste à côté et se jeta dans le vide en direction de l'immeuble présent en face, usant de sa queue pour planer jusque au mur. Une fois arrivé dessus, il activait un instant l'aimant, se positionnait pour retourner à l'immeuble original et se relançait.Il descendit ainsi à peu près aussi vite que le Pantoran qui fut aussi surpris que désemparé de le voir atterrir devant lui lorsqu'il déboucha dans la rue.Cela ne lui fit pourtant pas perdre ses moyens car il se retourna pour fuir cette ombre menaçante dont les éclairs ne plongeaient pas dans l'ombre les deux yeux blancs aux pupilles rouges sangs de Pagaal, évoquant celles d'un sith. La cible se précipita dans le garage, l'aviaire sur ses talons.Il entendit à plusieurs reprises son cri aigu, contribuant à le perturber. Il parvint pourtant à atteindre son speeder qu'il démarra. Promptement, il s'éleva. Mais au moment où il allait quitter le garage, un bruit de métal tordu le fit se retourner : avec effroi, il le vit, cet animal infernal, il le fixait, avec ce regard assassin comme déjà tâché de son sang.Il accéléra à fond en se mettant en chandelle. Pagaal, fermement arrimé au métal encaissa le choc, mais du avancer au risque de tomber avec la porte du coffre qui se détacha. Puis, il donna un coup de pattes qui fit dévier le conducteur qui braqua vers à la gauche en tirant davantage. La chandelle se termina donc par un looping assorti d'un piqué. Dans cette nuit glaciale battue par une pluie régulière, elle passa presque inaperçue. Pagaal sabota alors les commandes d'un coup de griffes que le Pantoran cru lui être destiné, le poussant à écarter la tête. L'instant d'après, le Sathari l'attrapa par les épaules avant de déployer sa queue pour l'extraire.Certes grands, cet implant n'était pas fait pour servir de parachute, et encore moins pour porter un humanoïde adulte. Aussi ne put-il qu'amortir la chute sur un toi à proximité. Les deux adversaires roulèrent, le Pantoran plus loin que Satark. Pourtant, en se redressant, il ne le vit pas. Tirant sur ses forces, son corps lui faisant mal, il s'approcha du bord où sa proie avait pu disparaitre.En regardant par-dessus le garde-fou, il constata que les escaliers extérieurs avaient été dévastés par le passage d'un élément lourd tombé sur eux.Le baron plana alors au milieu de la ruelle, glissant sans problème entre les divers appendices architecturaux dépassants pour se poser au sol, marquant son arrivée par un claquement métallique sourd. Ce n'est qu'après qu'il fut suivi par le tonnerre. En face, rampant dans les quelques millimètres d'eaux que les égouts n'arrivaient pas à évacuer, le Pantoran, blessé à n'en pas douter. Il tentait toujours de s'échapper. À juger par sa dérisoire tentative d'accélération présente, il avait entendu, ou sentit, son poursuivant.Pagaal avança tranquillement jusqu'à lui, à la fois par cruauté, et parce qu'il était lui même secoué de sa chute du speeder. En arrivant sur lui, encore loin de la sortie de la rue, il posa sa patte droite sur son dos et y enfonça une de ses griffes. Il vit alors sa victime lever la tête, mais son cri se perdit dans la furie de la tempête déchirée par un coup de tonnerre. L'instant d'après il rebaissa la tête et tenta de se mettre à quatre pattes, amenant l'une de ses mains dans son dos, précisément là où avait frappé le Sathari.Ce dernier le contourna alors, assez lentement pour qu'il puisse voir ces pattes impressionnantes, garnies en leur bout de griffes en métal.Elles finirent par s'immobiliser en face. Levant alors les yeux, qui papillotaient lorsque de gouttes de pluie les rencontraient, le Pantoran vit, penchée, cette ombre à la tête ronde et aux yeux rouge.- Où EsT-eLlE ?" Demanda-t-elle simplement.Le Pantoran frissonna.- Qu'est-ce que vous me voulez ?!" Dit-il d'une voix craintive, presque affolée, sur le point de craquer.Pagaal repassa derrière lui et le retourna sur le dos. Puis, calmement, il plaça sa patte droite au niveau de sa gorge et referma sa griffe en entourant totalement son cou. Puis, il se pencha pour redemander de ce ton si perturbant, comme fou : "oU EsT-ELLe ?!""MAIS QUI ÇA PAR LA LUNE !" Craqua alors le Pantoran dont les larmes se mêlèrent aux gouttes de pluie recouvrant son visage.À cet instant, il vit le visage de son tortionnaire tant il l'approcha. "Chatan." Souffla-t-il comme possédé.Les yeux du tourmenté s'écartèrent. Il hocha la tête en signe de refus.Alors, de son autre griffe, Pagaal perça sa cuisse en évitant son artère pour ensuite descendre lentement vers le bas. Les cris du malheureux déchirèrent le ciel tandis qu'un regard écarquillé par la colère, ou la folie, illuminait Pagaal, le bec grimaçant, à la fois contrarié et impitoyable.Lorsqu'il eut fini d'ouvrir, il remarqua que son adversaire ne cherchait pas particulièrement à se défendre."SI JE VOUS LE DIS, ILS ME TUERONT !!!"Alors, froidement, Pagaal, se rapprocha : "Tu ne survivras pas à cette rencontre, maintenant, je te laisse le choix de ta mort."Et dans les yeux paniqués du Pantoran se manifesta soudain l'illumination. Il comprenait, surtout, il réalisait qu'il n'allait pas s'en sortir, pas cette fois. Pas avec ce... ce... ce fou furieux ! Il le regardait comme possédé, animé d'un désir, d'une soif de sang, et il semblait prêt à jeter son dévolu sur le sien.Difficilement à cause de ses blessures, il se mit parler. A son rythme, donnant explications, adresses et coordonnées. Tout ce qui manquait à Pagaal depuis le début de sa quête. Ces informations apparurent comme un nectar délicieux qui calmèrent sa soif, petit à petit, il retrouva son calme, sa distinction, il redevenait le baron, le Lord, le personnage noble au milieux des sans éducation d'Orvax.Quand le Pantoran eut finit son laïus, il gémit simplement : "Finissons-en"...Sifflant entre ses dents, à la fois terrifié, souffrant et prêt.Pagaal leva la tête, parut regarder autour de lui. Et sans même adresser un regard à sa victime, il retira sa griffe en la fermant, comme si le cou était une peluche dans une machine à grappin et que ce dernier avait rippé dessus. La différence résidait dans la faiblesse de la peau du Pantoran qui s'ouvrit comme une pelisse à la suite desquelles furent rompues les carotides.Pagaal marcha vers la sortie de la rue, laissant agoniser sa victime qui toutefois, allait plus vite mourir du manque de sang dans son cerveau, que d’asphyxie, noyé dedans. .Et s'éloignant, le Sathari laissa derrière lui un corps sans vie aux mains crispées et dont le sang se mêlait à l'eau du sol. On le trouverait au matin, et sans doute serait-il catégoriser parmis ces victimes des rues que l'on appelaient à raison, des coupes-gorges...