Post n°28
Auteur : Arnon Veral
Dae’Mid était égal à lui-même, il n’avait pas changé après toutes ces années. S’il demeurait maître de ses émotions, il y avait quand même un certain soulagement sur le fait d’avoir des résultats aussi rapidement. Les équipes de communication feraient le reste, la CSI ne pouvait pas laisser des terroristes dans la nature et le coup de filet qui avait été mené chez cette Légion montrerait que la Confédération était capable de répondre efficacement à une attaque. Si des puissances extérieures étaient à la manœuvre, elles verraient que la tâches ne serait pas aisée. Je me réjouissais de cela puisque ma mission était accomplie, elle ne réglait pas définitivement le problème mais pouvait cependant me permettre de justifier les choses par rapport à mes supérieurs. -C’est peu probable monsieur le Préfet, selon moi les deux évènements sont intrinsèquement liés. Je pense cependant que la Légion a plusieurs niveaux décisionnels et que les chefs sont peut-être connectés à d’autres entités. Il est trop tôt pour avoir des réponses tranchées, l’enquête nous le dira à l’avenir. C’était le fond de ma pensée. Leurs chefs devaient avoir été chamboulés par les évènements et surtout la réponse rapide de la CSI. Si Dae’Mid était vu comme un politicien consensuel, l’arrivée d’enquêteurs extérieurs mettrait en garde les ennemis de la CSI, elle leur ferait comprendre que même si le système Confédéré s’étendait sur des systèmes immenses, qu’il y avait une administration tentaculaire, le « système immunitaire » de la CSI avait su répondre très efficacement à l’agression extérieure. Le Préfet me proposa ensuite plusieurs options, pour finalement terminer par une main amicale sur mon épaule et un conseil. Dae’Mid avait toujours eu ce charisme, ce magnétisme qui le rendait à la fois sympathique et respectable. C’était quelque chose que je n’avais jamais su expliquer, pourtant déjà lorsqu’il était sur Raxus Secundus, le Gossam avait toujours su naviguer et convaincre. Il savait négocier et imposer en douceur. Si j’avais toute ma vie nourri une méfiance cru envers les aliens, je ne pouvais que m’incliner devant l’intelligence de ce « vieux hibou » de Dae’Mid comme l’appelaient certains du temps où nous travaillions avec son administration. Je ne m’étais jamais permis de telles grossièreté à son égard car il était une des rares personnalités politiques que j’avais toujours respecté. Nous n’avions pas toujours été d’accord, nous avions même été opposés dans les délégations, mais je respectais son intelligence. Je soutenais son regard, droit dans les yeux, hochant lentement la tête. Je marquais mon approbation à ses propos et ses conseils. -Très bien, dans ce cas, je me dois à mon tour de vous remercier pour votre aide. Je vais laisser les autorités locales gérer la suite de l’enquête, mais je resterai disponible afin d’intervenir si mon aide est nécessaire. Je vous laisse mes coordonnées afin que vous puissiez me contacter directement si vous le désirez et que vous avez besoin de mon aide. Je rédigerai un rapport à mes supérieurs afin de relater les évènements qui se sont produits ici et le déroulement de la mission. Je ne manquerai pas de souligner la bonne volonté de vos services et de vous-mêmes. Je vous enverrai mon rapport à titre confidentiel et officieux afin que vous puissiez le valider et l’éditer si vous le souhaitez. Ceci n’était pas nécessaire, mais ça se faisait. Je montrais ainsi à Dae’Mid que je n’étais pas son ennemi et je comptais sur cette délicatesse pour qu’il comprenne que j’étais de son côté. Après tout, cette affaire était mauvaise pour tout le monde et nous avions tous intérêt à ce que les coupables soient arrêtés. Il était cependant temps pour moi de rentrer sur Raxus Secundus, j’avais beau avoir été absent seulement deux jours, il me fallait retourner à AgroChrome pour justifier de ma présence et surtout écrire mon rapport. Mes employés avaient été très choqués par l’annonce de ma disparition et ils craignaient encore de voir l’entreprise couler si je ne revenais pas. J’étais en train de faire le nécessaire pour éviter que le fruit de mon travail ne tombe dans les mains de la Préfecture s’il m’arrivait quelque chose. La prochaine étape serait de négocier avec Calnietis et de lui proposer une somme pour rentrer avec Cynn. Pour l’heure, je devais quitter la préfecture, reculant d’un pas, j’effectuais un salut militaire à Dae’Mid pour finalement lui serrer la main de manière un peu moins formelle. Je disparus en tournant les talons. Dix ans auparavant, bordure extérieure,La veille, j’avais été convoqué par Rec qui n’était pas dans son assiette. Depuis le début de la mission sur ce monde maudit, ce dernier se contentait de disparaître pour rencontrer des responsables locaux et leur promettre monts et merveilles. Sa stratégie était toujours la même : il leur faisait miroiter des opportunités en termes de liberté, de carrière ou tout simplement de main d’œuvre pour les industriels. Pour cela, ils devaient pactiser avec le diable et prêter allégeance à l’Empire Sith, le problème de tous ces arrangements était de me mettre dans une situation délicate. Je devais parfois lui céder une partie des denrées et du matériel capturé, voire des travailleurs, pour lui permettre d’avoir quelque chose à échanger. Quelques jours auparavant, alors qu’il sortait d’un rendez-vous non-officiel avec une femme d’un dirigeant, nous avions eu une violente dispute à ce sujet. Je ne pouvais pas prendre en charge son travail sans avoir aucune visibilité. Alors que les autorités Impérialo-Siths étaient généralement complaisante à l’égard des magouilles de Rec, le département de l’Economie et des Affaires Economiques et Industrielles du BSI me mettait de plus en plus de pression, augmentant mes objectifs. Le département de Surveillance auquel appartenait Rec au contraire, encourageait les interactions avec les populations locales. Nous recevions donc des objectifs contradictoires et personne ne savait vraiment que faire. Les responsables locaux des forces armées étaient focalisés sur la prise des régions qui étaient encore aux mains des autochtones et ne voulaient surtout pas être mouillés dans nos actions. L’intendant n’avait pas vraiment d’avis quant à la marche à suivre et les réunions se terminaient souvent en éclats de voix entre Rec et moi, ce dernier faisant valoir son grade plus important que le mien et moi faisant valoir les nécessités économiques. En effet, l’Empire Sith était entré dans une autre phase, la guerre s’était radicalisé et devenait coûteuse en hommes et en matériel. Nous n’étions plus simplement face à des barbares disposant d’armées sous-équipées. Les puissances galactiques étaient contre nous et les « opérations de maintien de l’ordre public » ou de « pacification » étaient devenues des opérations militaires. Même la propagande n’osait plus nier la guerre totale et terrible que menait l’Empire sur plusieurs fronts…Mais nous étions encore en train de gagner, à cet instant ignorant que c’était le point de bascule. Nous avions reçu une lettre quelques jours auparavant, ou plutôt une note. Les autorités Impériales nous envoyaient un autre agent avec son équipe pour nous prêter main-forte et poursuivre ses propres objectifs. On nous ordonnait une pleine collaboration. Bien évidemment, Rec et moi avions été très nerveux face à cette annonce, cela voulait dire que nous allions potentiellement être surveillés, ces lettres étaient sibylline. Si Rec avait été inquiet pendant à peu près vingt-quatre heures (un record…), il avait rapidement repris ses activités : bitures, rendez-vous avec les locaux (et surtout les femmes) et d’autres activités que je préférais ignorer. Il appelait cela se fondre dans la masse, j’en venais à espérer que la masse ne fut pas comme lui. La veille de l’arrivée de notre collègue dont nous ignorons encore jusqu’à la branche à laquelle il appartenait, Rec avait décidé de rejoindre une sorte de cabaret où il avait joué toute la nuit aux cartes avec un Lieutenant-Colonel en poste sur la planète, l’alcool avait coulé à flot et Rec avait fini par aller se coucher à quatre pattes. C’est un officier d’ordonnance du Lieutenant-Colonel qui l’excusa le matin alors que j’étais en train de me raser pour me rendre au rendez-vous. Au fond, rien de bien surprenant à cela, je me réjouissais cependant que Rec ne vienne pas…J’étais toujours très préoccupé par ce qu’on nous envoyait. Je craignais le D2I, que notre chance ait tourné. Malheureusement, impossible de savoir, j’avais donc reçu l’ordre de me rendre dans un café non loin de la caserne, drôle d’endroit pour un rendez-vous professionnel avec quelqu’un qui pourrait m’envoyer à la potence. Je m’étais donc préparé, rasé de près, revêtant mon uniforme de service, celui que j’avais reçu à mon incorporation et qui était purement règlementaire, pour éviter de donner l’impression d’un profiteur de guerre…Après tout, je ne savais pas à qui j’allais avoir affaire. Commandant une pâtisserie et un café, j’attendis en terrasse. La situation m’agaçait, je n’étais pas heureux de devoir potentiellement rendre des comptes. Allumant une cigarette pour me calmer, j’ouvris les rapports de la situation militaire du jour sur mon datapad pour patienter. Sans réelle surprise, nos armées étaient en train d’écraser ce qui restait du camp adverse. Pas de surprise quant au fait que notre armée lamine cette bande de sauvages dégénérés. Alors que j’étais encore en train de lire et que j’écrasai le mégot de ma cigarette, on s’avança vers moi. Relevant le nez de mes lectures, je vis arriver une Zeltronne qui portait un tailleur de couleur grenat. Je ne m’attendais pas à voir des aliens dans le secteurs et pour être honnête, cela ne me manquait pas. Je m’adressais à elle avec pour simple apostrophe un mouvement de menton. La Zeltronne m’observa et me tendit la main. « Vous devez être le Capitaine Noas, je présume. » L’observant de haut en bas, je hochais lentement la tête. « Lieutenant-Colonel Ambre Cigella, BSI, nous avons rendez-vous. » Les paroles furent comme un électrochoc, elle ne portait pas son uniforme, ce n’était pas règlementaire, mais je ne m’attendais pas à voir débarquer quelqu’un de ce grade. Mon sang ne fit qu’un tour, je me levais, effectuais un salut et lui tendais la main avec un sourire. -Veuillez m’excuser, je ne m’attendais pas à voir arriver quelqu’un en civil. Enchanté de faire votre connaissance. Je vous en prie, asseyez-vous.Cigella s’assit face à moi, commandant un simple thé lorsque je lui faisais passer la carte. Je pouvais saisir son parfum de ma place, une fragrance relativement légère, mais sophistiquée. Son tailleur était de très bonne facture, probablement sur-mesure, indiquant le rang social de cette dernière. Elle était une bourgeoise à n’en pas douter et cela suffit à me convaincre d’être aimable avec elle, je ne voulais pas non plus froisser un officier supérieur. Je me contentais donc de lui sourire, portant un morceau de pâtisserie à la bouche. Lorsqu’on lui apporta son thé, la Zeltronne sortit son datapad et poursuivit. -Autant gagner du temps et jouer franc-jeu avec vous, Capitaine, mon objectif n’est pas de vous faire perdre plus de temps. Un rapport a été écrit contre vous et votre camarade, le Commandant Ornaz. C’est allé assez loin, les huiles ne sont pas très satisfaites de vos actions. Le traitement des prisonniers que vous traitez a des conséquences négatives sur les négociations avec les pouvoirs locaux. Ils ont diligenté une enquête, et c’est en tant que cadre du département de Surveillance que je suis ici. Ces paroles eurent l’effet d’un second électrochoc…Mais je m’y attendais et cela m’aida à masquer ma surprise. Je demeurais donc de marbre, sachant que si Cigella annonçait ses intentions, c’était que c’était moins grave que ce que nous craignons. Rec et moi avions eu des cas très difficiles à gérer, principalement dans les cas de prisonniers, des cas qui avaient demandé de prendre des décisions difficiles. J’avais toujours pensé qu’un jour ou l’autre, notre passé nous rattraperait, mais fort heureusement, cela ne serait pas ce jour-là. J’avais suffisamment préparé le terrain pour être un officier Impérial loyal et irréprochable : les rapports étaient rendus à temps et les procédures administratives respectées. C’était précisément parce que tout était consigné que Cigella avait pu avoir de la matière par rapport à la plainte reçue. Certains voient aujourd’hui l’Empire Sith comme une entité maléfique monolithique mais il n’en était rien, il y avait de nombreuses rivalités et la délation était partout. Rec et moi nous déplaçant dans toute la galaxie, les candidats pour nous dénoncer de manquaient pas : que ce soit un responsable local frustré d’un de nos arbitrages qui n’aurait pas été dans son sens ou un militaire rancunier parce que nous avions réquisitionné ses troupes. Impossible de savoir, mais le rapport devait être suffisamment fourni pour qu’on envoi cette Zeltronne. Gardant un calme olympien, je lui rendis son sourire, me conformant à l’hypocrisie qu’elle avait elle-même initié. -Votre franchise vous honore, Lieutenant-Colonel, la situation ici est très complexe et vous comprendrez rapidement que nous devons parfois prendre des décisions difficiles. Bien évidemment, tous nos rapports sont à votre dispositions. Vous aurez aussi accès aux ordres que j’ai reçu, comme vous le savez, je dépends du Département des Affaires Economiques et Industrielles, pas du Département de Surveillance. Nous avons nos propres objectifs et pour les détails relatifs au Département de Surveillance, vous pourrez voir cela avec le Commandant Ornaz. Naturellement, je reste à votre entière disposition. Je me fendais de mon plus beau sourire poli. Les services de l’Empire Sith étaient une poudrière et les guerres des chapelles étaient légion. Nous nous en étions toujours sortis ainsi, personne ne savait vraiment quoi faire dans le tumulte et le chaos de la guerre, aussi Rec et moi étions de vieux routards du vide juridique et du mille-feuille administratif. Rec la renverrait vers d’autres instances, probablement locales et elle s’épuiserait à savoir qui gérait quoi. La vérité était que personne ne savait vraiment que faire, les institutions donnaient de grandes lignes, des objectifs et les initiatives étaient encouragées pour remplir les objectifs. J’avais toujours eu des évaluations très favorables de ma hiérarchie et je ne comptais pas laisser la Zeltronne bloquer mon avancement ou ternir mon dossier. Elle acquiesça lentement. -En effet, j’ai lu vos rapports. Ceux du Commandant Ornaz également, il y a de nombreuses similitudes…On pourrait presque croire que c’est vous qui les écrivez d’ailleurs. Enfin, c’est un autre débat. Toujours est-il que mes ordres et mes prérogatives sont claires, je vais remettre le BSI de cette planète dans le droit chemin. Vos rafles sont terminées, Capitaine Noas, nous allons laisser ces gens tranquilles le temps des négociations. Je clignais des yeux plusieurs fois, comme si je voulais être sûr de bien avoir compris. En général, ma langue de velours suffisait à convaincre les ronds de cuir et les huiles. Mes rapports, bien ordonnés et synthétiques leur donnaient bonne conscience. Je maniais la langue de bois et l’euphémisme, permettant ainsi de rendre acceptable l’innommable. Nous ne pratiquions pas l’esclavagisme mais nous « réquisitionnions les forces locales pour l’effort de guerre ». Nous n’avions pas recours au parasitisme économique, nous « optimisions l’économie de guerre et remercions les peuples de soutenir une cause juste ». J’avais vu de nombreuses fois la propagande à l’œuvre et j’avais moi-même appris vite. C’était cela mon métier, j’organisais et j’empaquetais le résultat afin de permettre à nos dirigeants d’avoir les mains propres. Rec le savait, comme tout le monde, et malgré sa position au Département de Surveillance où il était censé à la fois me surveiller et m’assister, il était complice, comme tous les autres. Tout en terminant mon café, je désignais du doigt un autochtone qui passait par là. Il était sale, mal rasé et portait une épaisse moustache. Sa peau basanée par le soleil était recouverte d’une couche de crasse qui s’étendait aussi sur ses vêtements auréolés et rapiécés. L’homme passa devant nous et alla fouiller dans une poubelle. -Ce que nous faisons ici, la population en bénéficie. Ces sauvages auront un travail honnête, accès à des infrastructures. Au fond, cela sera profitable à tout le monde…Et nous en avons besoin pour l’effort de guerre. Nous ne serons jamais capables de tenir les planifications imposées par l’Empire si nous arrêtons maintenant. -Les choses ont changé, Capitaine Noas. Nous ne pouvons plus nous permettre de traiter les gens ainsi. Nous devons ménager les peuples dans les mondes annexés à l’Empire afin de faciliter les négociations avec les autorités locales. C’est pour cela que j’ai été envoyé ici, pour rattraper vos bêtises. Avez-vous lu Baxton, Capitaine Noas ? Piqué au vif par tant de suffisance, je ne masquais plus mon agacement. « Oui, et alors ? » Baxton était un auteur assez populaire au sein du Cercle Ouvrier. Une littérature aujourd’hui interdite, même si on pouvait se le procurer facilement, je ne m’attendais pas à voir un officier impérial le citer. Cigella sourit de plus belle et ajouta : « Baxton pense que le productivisme strict est une illusion. Selon lui, le bien-être des ouvriers pousse à une meilleure entente avec les dirigeants. C’est pour cela qu’il prône un partage des richesses. Si je suis moins d’accord sur le partage des richesses, je pense qu’en effet le productivisme est une illusion et qu’on gagne plus par la coopération entre gens raisonnables et éclairés que par la coercition. » Cigella sourit de plus belle, mais moi je ne cachais plus mon agacement. Cette bonne femme -ou quoi qu’elle fut d’autre qu’humain d’ailleurs- allait être un caillou dans ma chaussure qui ne me permettrait pas de rentrer dans mes objectifs. Le Département des affaires Economiques et Industrielles ne changerait pas ses objectifs, précisément car notre armée avait un besoin croissant de matériel. Je balayais son propos du revers de la main, rétorquant : « Baxton était un idéaliste et vous semblez trop intelligente pour ne pas l’avoir compris. Il y a la théorie et il y a la réalité du terrain. Il parle d’un monde idéal rempli de gens raisonnables et éduqués, mais il n’explique pas comment on transforme ces animaux en citoyens éclairés et raisonnables…Ce que nous faisons ici servira le bien commun et sera un mieux pour ces gens qui auront accès au progrès. » J’avais désigné l’homme qui était encore en train de fouiller dans la poubelle, qui semblait ignorer jusqu’à la notion du progrès. Cigella saisit mon étui à cigarettes sans même me le demander, extrayant un des bâtonnets de nicotine alors que je lui tendais mon briquet. Elle sourit de nouveau, cette fois presque moqueuse. « Et c’est ce que vous êtes Capitaine ? ». -Quoi donc ? -Un partisan du progrès universel. Je ne pus réprimer un sourire ironique, elle ne manquait pas d’esprit. J’avais vu défiler beaucoup d’officiels dans mes missions, mais il était rare d’avoir ce type de tempérament. Sans même m’efforcer à la contredire, je répétai les mouvements du Lieutenant qui m’avait assisté dans ma mission ici, je haussais les épaules en allumant une autre cigarette. -Si je l’affirmais, vous peineriez à le croire. Je n’ai pas la prétention d’avoir la solution universelle, j’ai cependant un réel don pour trouver les solutions locales et immédiates…Et comme vous le verrez, on nous sommes loin de l’humanité fantasmée dans les textes de Paxton. La Zeltronne ne put réprimer une sorte de ricanement qu’elle cessa immédiatement, comme si elle avait honte d’avoir succombé à mon trait d’esprit. Se reprenant immédiatement, elle jeta un coup d’œil au coin de la rue où plusieurs soldats étaient apparus, sans doute son escorte et son équipe. Elle me jeta un regard beaucoup plus sérieux cette fois. -Je resterais volontiers bavarder avec vous Capitaine, mais on m’attend ailleurs. Nous nous verrons demain matin à sept heure, je veux visiter toutes les usines de production, j’évaluerai la situation et nous prendrons des discussions en conséquences. Dites au Commandant Ornaz d’être opérationnel cette fois-ci…Les écarts au règlement ne seront pas tolérés sous mon autorité.