Post n°1
Auteur : Rek'kar
Nom: Darr'Ys (A renié son clan et son nom)
Prénom: Rek'kar
Surnom/Matricule: RK-3647, matricule impérial de l'empire démocrate
Age: inconnu, entre 30 et 40ans
Race: Drall
Carrière envisagée: Imperium, intéressé par la BSI, notamment le département de la DIM, correspondant à son ancienne affectation, mais la D2I semble aussi très intéressante !
Description mentale:
Voilà un sujet délicat à aborder ; il y a quelques années, je vous aurai dit que j’étais quelqu’un d’intègre, loyal à un empire qui lui a ouvert ses portes, voulant prouver au monde ses capacités, tout en aidant au possible son régime, quitte à mourir pour lui.
Mais maintenant, après ces presque dix ans de solitudes, je pense que je ne suis plus aussi stable que j’ai pu l’être auparavant ; quelque chose a changé en moi : l’empire n’est plus simplement ma patrie, c’est aussi mon sauveur, le phare qui m’a guidé dans les chemins sombres de la folie, l’éclat qui éclaire ma vie, mon existence.
Je ne suis plus un banal exécutant de l’empire; je suis l’empire. J’embrasse son idéologie, sa vision, sa force et son intransigeance. Il vit en moi.
Socialement… j’ai toujours été quelqu’un d’engagé dans des causes ; mais je sais parfaitement éviter de mettre mes idées sur la table si ce n’est pas nécessaire. Je pense toutefois êtes devenu plus « sauvage » que je ne l’ai jamais été auparavant, mais j’ai bon espoir que cela s’efface avec les années. Ou alors, ce sera pire avec l'âge.
Je suis obstiné. Je l’étais déjà avant, mais je n’ai pas eu d’autre choix que d’y sombrer d’autant plus ; malgré cela, je reste obéissant envers la hiérarchie, car il n’y a qu’elle pour m’ordonner; je lui obéis aveuglément. Il y a déjà bien d’autres sujets qui me butent…
Sous mon apparence de petite boule de poil mignonne, je cache un esprit acéré, prêt à tirer la moindre information des dialogues, comme une soif intarissable que ne saurait se satisfaire d'un simple échange. J'aime comprendre, analyser, percer à jour la personnalité de mes interlocuteurs; en un sens, il y a une forme de kleptomanie qui sommeille en moi !
J’aime discuter, débattre et refaire le monde selon mes idées, me dire qu’il y aura une fin à ces successions de gouvernements fantoches et qu’un jour l’empire règnera sur la galaxie, définitivement.
J’avoue ne pas être très tolérant sur les avis contraires à ces idéaux, je suis toutefois convaincu qu’il y a un potentiel impérial en chacun et qu’il suffit de trouver un moyen de le révéler pour faire de quelqu’un d’ordinaire un nouveau partisan.
Certains me qualifieront de fanatique, a cela, je leur répondrai qu’il n’y a point de fanatisme à croire en des idées de grandeur menant à la seule et unique paix égalitaire, sans une once de corruption, qu’est l’empire.
En dehors de toutes ces considérations politiques, je m’intéresse à l’art sous toutes ses formes ; j’apprécie particulièrement la musique, qui a le don de m’apaiser, bien que cela fasse fort longtemps que je n’ai pu en écouter… Je rattraperai cela en temps voulu. A la réflexion, je n’ai jamais vraiment essayé de me mettre à la musique, mais il n’est pas impossible que je tente d’apprendre un instrument; j’ai souvent regretté de n’avoir jamais essayé.
Au niveau de la relation que j’entretiens avec les Drall… j’ai renié mon peuple, ma famille et je conspue du plus profond de mon âme la société qui m’a vu naître. Drall pourrait être détruite que cela ne me dérangerait que très peu. Il y a certain de mes anciens camarades que j’aimerais recruter dans les rangs de l’empire, les arrachant à ce système clanique misandre qui continue de leur mettre des bâtons dans les roues.
Je n’ai pas non plus oublié la trahison de ma chère Houna, qui paiera un jour pour sa trahison. La vengeance sera un plat qui se mangera délicieusement froid et tendrement cruel, à l’image de ce qu’elle est devenue. Je jubile rien que d’imaginer un plan machiavélique. Mais l’empire a besoin de moi avant que je puisse m’accorder du temps pour mes revanches personnelles.
Je pourrais rajouter que j’ai une bonne faculté à me dissimuler, au vu de ma taille, et à me fondre dans les foules, en jouant le rôle d’un autochtone somme tout à fait normal ; je maîtrise un basic tout à fait courant, bien qu’il me faudrait sûrement apprendre d’autres langues pour parfaire mes connaissances.
En parlant de cela, j’adore apprendre, connaître, découvrir ; c’est peut-être la seule caractéristique que j’ai hérité de mon peuple et dont je suis fier. J’aime comprendre, découvrir, créer, réaliser, mais aussi théoriser. Tout ce qui tourne autour des informations, de l’espionnage, de l’utilisation des rumeurs et de la manipulation de manière générale me passionne !
Description physique:Les Drall ne sont guère connus pour être des personnes de grande taille, notamment les hommes, et je ne déroge pas à la règle, je la confirme même : je suis 10 cm en dessous de la moyenne, mesurant 79cm, bien que j’aime à prétendre que j’en fais 80; c’est un plus joli chiffre, plus rond. Je ne souffre pas spécialement de ma condition, j’essaye d’exploiter cet avantage en l’utilisant pour me cacher n’importe où ou pour me dissimuler dans des foules très facilement. Il est toutefois véridique que je ne suis pas fait pour attraper des choses en hauteur ou pour sauter loin ou haut; certaines choses me sont impossible.
Pour mon poids, il peut paraître ridicule, mais je fais seulement 15kilos. Cela me permet d’être très léger pour me déplacer, et donc de rester très discret si cela est nécessaire. Petite précision, oubliez toute volonté de me lancer, c'est dégradant.
Ma couleur de peau est orangée, avec des tâches blanches sur le ventre, au niveau visage et certaines bleuté sur mes oreilles et le bout de ma queue. Mes mains et mes pattes sont pourvues de petites griffes non-rétractables, ce qui reste un moyen de défense pour qui n’y ferait pas attention.
De base, les Drall ne s’habillent pas vraiment, ils portent tout juste de quoi masquer leurs attributs, ainsi que pléthore de bijoux ; pour ma part, je me suis habitué à la mode impériale et j’aime porter l’uniforme qui convient, bien qu’il soit nécessaire d'en commander sur-mesure, au vu de ma carrure… Cela est d’ailleurs souvent resté un sujet de moqueries entre camardes impériaux, car rares sont les espèces qui nécessitent de tels ajustements dans leur garde-robe impériale !
En dehors de cela, il est commun de trouver un Drall mignon ; certains vont même jusqu’à me qualifier de « boule de poil », de « familier » ou même, de manière moins sympathique, de « sous-espèce dégénérée ». Mais à cela, je leur rétorque que bien au-delà de mon apparence, ce qui compte, se sont avant tout les actes au service l’empire. Qui aurait peur d’un petit Drall ? Qui penserait une seule seconde qu’un être de 80cm puisse être dangereux ? Une bonne partie de ma stratégie repose sur ce facteur : le fait d’être en permanence sous-estimé. Mais quand, en mission, on se retrouve dans une zone qui ne peut être infiltré qu’en passant par des conduits de maintenance trop petit pour les humains, on est rapidement content d’avoir avec soi quelqu’un qui peut s’y faufiler discrètement !
Bien entendu, la bagarre n’est pas vraiment mon truc. Déjà, ma force physique correspondant à ma taille - et bien qu'en forme - j’aurais du mal à blesser un homme sans blaster ; c’est triste à dire, mais je le reconnais amplement et humblement. Je sais quelles sont mes forces et mes faiblesses et j’essaye de les exploiter au mieux.
Il faut noter qu’après ma dernière aventure, j’ai dû sacrifier mon bras gauche en échange de ma vie. Cela signifie donc que depuis une dizaine d’année, passée seul et isolé, je n’ai utilisé que le droit ; j’espère de tout cœur que l’empire acceptera de me financer une prothèse afin de remplacer mon membre perdu à jamais dans les neiges éternelles de ma prison gelée. À l’heure actuelle, j’ai du mal à accomplir certaines de mes tâches à cause de mon bras disparu; mais j’ai aussi acquis une très bonne dextérité avec l’autre bras, pour compenser. De toute façon, je n’ai pas vraiment eu le choix, m’adapter ou mourir n’ont été que mes seules options.
Histoire: Début de l'enregistrement du matricule impérial RK-3647 ; si vous écoutez ceci, c’est qu’il est fort probable que je sois tombé après des années de lente agonie sur cette planète hostile… Toutefois, j’aimerais laisser un souvenir de mon passé, de mes combats, de ma gloire d’antan au sein de notre glorieux empire !
Je vais vous narrer mon histoire, aussi insignifiante soit-elle à l’échelle de notre galaxie. J’espère qu’elle saura toucher les cœurs de valeureux guerriers qui n’auront eu de cesse de défendre loyalement nos valeurs, comme j’ai pu le faire au cours de ma vie ; mais plus que cela, c’est cet enregistrement qui reste mon seul lien avec la réalité et me permet de ne pas sombrer un peu plus dans une folie me poursuivant comme mon ombre…
Avant de commencer à vous parler de moi, laissez-moi vous parler un peu de Drall, mon monde d’origine.Chapitre I : DrallDrall est une planète du système Corellien – la seconde en partant de Coreil, son étoile - ; c’est un bel astre: nombreuses plaines, forêts et de superbes calottes polaires.
Vu sous cet angle, on pourrait penser qu’il s’agit d’une destination touristique de choix – Et dans un certain sens, ça l’est devenu -, mais malheureusement son atmosphère laisse filtrer un taux de radiation solaire bien plus élevé que d’autres planètes. C’est d’ailleurs en parti à cause de ce problème que mon peuple a choisi de bâtir ses villes de manière souterraine, ou protégée par des dômes, ce qui limite quelque peu la vue et les balades en forêt pour les non-natifs.
Cela étant, si vous êtes adeptes de spéléologie, de randonnées au fonds de grottes, d’antiques cavernes et de réseaux creusés depuis des millénaires, alors vous serez servi, Drall regorge de tout ce que nos ancêtres ont explorés par le passé.
Abordons maintenant le sujet de ma propre race, les Drall. C'est un peuple plein de contradictions :
-Nous vivons sous terre, mais nous sommes largement habitués aux radiations solaires
-La passion de la technologie est très commune, mais nous sommes pourtant très en retard sur la technologie parce que nombre préfère la théorie à la pratique...
-Malgré notre ouverte aux sciences, nous sommes coincés dans une société matriarcale et inégalitaire
Dépeint comme cela, on peut rapidement comprend pourquoi j’ai décidé de renier mon propre peuple ; mais j’y reviendrais plus tard, il me faut avant tout approfondir le fonctionnement de notre société avant que vous ne puissiez comprendre mes choix, quel qu’en soit le jugement que vous pourrez porter dessus.
Comme je le disais, notre société est construite sous la forme de clans dirigés par des femmes - les "duchesses" - qui « le mérite » d’après leur charisme, leur capacité à diriger et à aiguiller le clan dans le bon chemin. Chaque clan possède une fonction au sein de la société Drall et s’occupe d’un morceau de notre société : administration, police, mécaniciens, théoriciens, vendeurs…
Celui au sein duquel je suis né, le clan Darr’Ys, est spécialisé dans la maintenance des systèmes et réseaux informatisés de la planète : gestion et diffusion de l’holonet dans les villes, installations, configuration et sécurisations de réseaux privés pour les entreprises ; bref, tout ce qui peut toucher de près ou de loin à la transmission de données. Notre matriarche, Ekna Darr’Ys, étaient très… proche des doctrines conservatrices de notre peuple, c’est-à-dire la domination de la femme au sein de notre société et « l’écrasement » des hommes, relégués aux tâches les plus ingrates, sans jamais plus de considération qu’un bantha.
Même si je sais que cela sonne très caricatural dans la manière dont je le décris, et bien que je ne sois pas forcément totalement objectif, c’est néanmoins très proche de la vérité ; laissez-moi le prouver en vous introduisant le personnage principal de l’histoire en ma personne : Rek’kar Darr’Ys.Chapitre II : Une enfance dans la contestationQuand je suis né, mes parents avaient déjà eu un enfant l’année précédente : Arkna Darr’Ys, ma sœur ; ils étaient tous deux de parfaits Drall, endoctrinés par le système : ma mère dirigeait la famille et laissez à mon père toutes les tâches ingrates, le gratifiant souvent de railleries misandres auxquelles il répondait toujours une brève excuse et un affichait grand sourire, soumis pas sa propre volonté à s’effacer au profit de sa femme.
Il a tenté de m’inculquer la même chose dès mon plus jeune âge, dans le sens du système éducatif de notre société : la femme est plus grande, plus forte, plus apte à diriger ; qui voudrait d’un homme, petit et faible, pour mener les clans qui font, in facto, avancer notre peuple ?
Pourtant, je crois que, dès que j’ai commencé à parler et à comprendre le monde qui m’entourait, je me suis heurté aux barrières du bon sens : en quoi ma sœur était-elle meilleure que moi ? Certes, elle mesurait deux ou trois bonne tête de plus et se trouvait être mon aîné d’une petite année; mais je compensais largement ma taille et ma force par mon ingéniosité.
En y repensant, je crois que je n'ai pas parlé d’un point important dans la société Drall : les ragots. Nulle autre race ne peut imaginer à quel point notre peuple est attaché à tous ces boniments ; nous sommes ici face à ce que l’on pourrait qualifier de sport national ! Je ne retire aucune fierté de cet héritage social, bien que j’avoue m’être parfois prêté au jeu : beaucoup d’informations importantes circulent à qui sait les entendre.
Dans notre monde, Drall, tout le monde parle sur tout un chacun à coup de « machin est aller voir machine, vous pensez qu’ils vont se marier ? » ou « vous vous rendez compte que hier, machin est sorti pendant la nuit… je vous avais dit qu’il tournerait mal celui-là ! » ou encore « vous avez vu machin, il est parti de la planète, il a abandonné son clan et sa famille, quel déshonneur pour sa Duchesse ! ».
Vous devez désormais comprendre où je voulais en venir : j’ai été, je pense, l’un des sujets principaux de ces histoires de bons hommes au sein de mon clan… je crois que j’ai toujours été à contre-courant de mon peuple et du système inégalitaire qui y règne.
J’ai continué dans cette voie de la contestation : je me suis engagé très jeune dans une ligue luttant pour l’évolution du système matriarcale vers quelque chose de plus égalitaire, au sein duquel les hommes autant que les femmes auraient le droit, et de mérite, d’accéder aux instances supérieures du pouvoir par le biais de leur travail acharné !
Notre groupuscule, la Lutte Pour l’Abolition du Matriarcat – abrégé en LPAM -, était considéré comme une entité extrémiste aux propos et aux actions trop fortes pour être bien perçues, à tel point que nous étions obligés de masquer notre propre identité pour éviter de se faire rattraper par le système ! - et par les duchesses, activement occupé à essayer de nous faire tomber -.
Je pensais, à cette époque, que tous les hommes seraient derrière moi dans cette lutte et que la dévotion que je mettais sous la bannière de notre ligue valait pour tous ; pourtant, je me trompais.
Un jour où nous faisions une attaque éclair au sein des réseaux de communication global de la capitale, Mastigophorous, nous nous sommes fait tomber dessus par un groupe de techniciens qui ont réussi à nous attraper ; je crois que je me souviendrais toujours de ce jour.
Nous étions, avec quelques autres personnes de mon clan, envoyés dans une mission de réparation routinière sur l’un des réseaux de transmission global de la capitale ; de par mon jeune âge – et aussi à cause de ma propension à me montrer ouvertement contre le système – j’étais sous la direction de plusieurs techniciennes qui n’arrêtaient pas de me rabâcher les mêmes inepties : « reste à ta place d’homme, laisse le véritable boulot aux femmes, elles sont bien plus capables », accompagné du fameux « tu es sûr que tu as assez de force pour enlever le boulon ? Je pense que tu devrais songer à faire autre chose, ce n’est pas un métier pour toi, c'est trop physique ! ». Délicieuse mélopée, n’est-il pas ?
J’avais convenu avec d’autres membres du LPAM que j’allais me carapater discrètement lors de la mission, pour aller à quelques encablures de mon point de chute initial afin d’inséminer sur le réseau une contre-propagande que nous avions tournée quelques semaines avant, montrant de nombreuses choses sur le traitement des hommes dans la société : la violence et la répression de leurs idées, le manque d’égalité et la disparité réelle, bien éloignée de l’image que tentait de donner les duchesses.
J’ai réussi, sans trop de problèmes, à disparaître des radars de mes amies les techniciennes ; à vrai dire, ma taille, qui semblait être un sujet de moquerie très attrayant pour la gent féminine, me permettait de glisser dans n’importe quel conduit ou bouche d’aération sans aucun souci ! Ce certains vivaient comme un handicap se révélait être, pour moi, un réel avantage.
Ainsi, j’ai pris la tangente pour rejoindre mon groupe au point de rendez-vous convenu. Une dizaine d’activistes attendaient mon arrivée, quelque peu retardée par la surveillance accrue que l’on m’avait affecté ; il régnait dans l’air un parfum de danger mêlé à une excitation importante : notre action était prévue depuis longtemps et savamment orchestrée par notre leader, le charismatique Ortho Thar’Rek.
Nous avons rapidement rejoint un nœud qui faisait amplificateur de signal et en même temps répétiteur pour la diffusion du flux d’information vers la plupart des panneaux publicitaires du secteur ; malheureusement, tout ne s’est pas passé comme prévus : nous avions tous mis nos masques et l'opération semblait se dérouler sans accroc, mais l’un d’entre nous, le jeune Yrk Vonrek, semblait bien plus nerveux que d’habitude… Mais personne ne pouvait lui en vouloir, c’était sa première mission sur le terrain et elle était d’autant plus importante pour notre groupuscule que n’importe quelle autre de nos précédentes actions.
C’est au moment où j’ai remarqué que Yrk avait disparu depuis plusieurs minutes que j’ai commencé à me questionner : que s’était-il passé ? Un problème urgent ? Un souci avec sa famille ? Ou faillait-il redouter plus ?
J’ai rapidement compris qu’il n’avait pas résisté à la pression sociale de son clan quand il est revenu avec un groupe de techniciens ; je pensais pourtant que notre cause pourrait les toucher… pourtant, ils semblaient encore plus emplis de mépris et de haine que les femmes qui nous crachaient dessus allègrement en temps normal.
Je pense qu’il n’y a rien de pire que de se retrouver en face de ceux que l’on pense défendre, d’essayer de les convaincre, et de se retrouver face à un mur de traditions, fermé et impénétrable, répondant à notre message par la colère, la haine et la violence.
Ils nous ont tabassés. Tous. Même le petit Yrk, pourtant plus jeune que moi, qui les avaient amenés ici… Après cela, ils nous ont attachés comme des animaux et traînés à même le sol, dans la boue, sali par l’humiliation d’être traité comme un sac à viande, jusqu’au centre de police le plus proche. Nos parents ont dû venir nous chercher au poste de police ; c’est ce jour-là que les miens ont appris mon activisme au sein de la LPAM.
Je crois que je n’ai plus jamais eu de signes d’affection de mes parents après cet événement ; même mon père, qui montrait bien plus de sympathie à mon égard par le passé, ne m’adressait plus la parole qu’avec des pincettes, comme s’il était rongé par la honte d’avoir un fils qui souhaitait simplement vivre d’égal à égal avec tout un chacun.
J’ai été envoyé dans une sorte de maison de redressement pour cas sociaux, qui devait me faire « revenir sur le droit chemin de notre société blablabla ». J’ai décidé, pour pouvoir sortir plus vite et reprendre la lutte, de faire semblant d’être dans le moule tant espéré de notre société désuète et misandre.
Cela a plutôt bien fonctionné et je suis rapidement sorti du cursus, avec une mention pour m’être « repenti » de mes actes passés. Quelle bonne blague. Comment peut-on simplement imaginer se repentir d’un acte légitime ?
Malgré cela, mes parents ne m’ont jamais vraiment pardonné d’avoir rejoint la LPAM : ma sœur était toujours portée au pinacle pour la moindre action qu’elle faisait, comme si elle était l’héroïne d’un roman ; pourtant, elle était bien moins intelligente que moi… Mais je me régalais de lui jouer des tours en douce, sans jamais que personne ne puisse réussir à prouver que j’étais l’investigateur de ces coups fourrés.
Au moins, le point positif de mon comportement, c’est la quantité astronomique de rumeurs qui circulaient sur moi parmi tous les bonimenteurs de mon clan : certain disait que j’avais été jusqu’à tabasser des filles pour me venger, d’autres me considérait comme un terroriste, on me voyait aussi comme un bagarreur, un partisan de l’investiture d’un patriarcat pour remplacer le système actuel et se venger des femmes ; j’ai même eu le droit aux rumeurs sur mon orientation sexuelle !
C’est drôle de voir à quel point les gens sont imaginatifs et comment les propos peuvent se déformer, s’amplifier, se diffuser. J’avoue avoir bien utilisé ce système pour faire naître des rumeurs sur moi, ainsi que pleins de fausses informations contradictoires, histoire de faire planer un voile sur mes intentions et sur mon comportement.
J’avais installé un micro dans la chambre de mes parents, et je prenais un malin plaisir à les entendre se chamailler sur mon cas : ma mère accusait mon père d’avoir raté mon éducation, se demandait de qui voudrait d’un activiste comme employé, …
Je pense que j’ai compensé mon manque affectif par la jubilation de voir à quel point j’étais un OVNI dans le paysage sociétal de Drall; j’ai continué mes actes avec la LPAM dans la plus grande discrétion et avec un nombre plus réduit de partisans, mais aussi bien plus fidèle.
Et puis un jour tout a basculé : une fille nous a rejoint. J’avoue qu’à cette époque, j’en étais arrivé à développer une haine pour toute la gente féminine, à tel point que je faisais le même amalgame que je reprochais à la société de faire sur les partisans de l’égalitarisme.
Cette demoiselle, Houna Urth, était engagée dans le combat que nous menions depuis plusieurs années déjà ; il était plus que rare de voir des femmes dans notre mouvance, mais on ne pouvait nier la concordance de nos idées. La refuser, c’était dire que nous étions pour une société patriarcale, ce qui n’était pas notre idéal.
Nous lui avons ouvert la porte, un peu à contrecœur, méfiant, mais curieux. Ce ne fut pas justifiée; elle se montra être une ressource tout à fait honorable, prêt à sacrifier son intégrité pour le combat que nous menions.
Je pense que nous sommes tous, à un moment ou un autre, tombé amoureux d’elle ; pourtant, même si je ne saurais dire pourquoi, je fus le seul qu’elle trouva à son goût.
C’est main dans la main que nous avons lutté pendant plusieurs années dans ce combat incessant pour une égalité chaque jour plus illusoire ; Ortho a fini par abandonner la lutte, par manque de résultats : notre société semblait ne semblait pas avoir bougé d’un iota, les mentalités n’avaient pas changées… Beaucoup ont quittés le navire avec notre ancien leader, mais nous avons repris les rênes avec Houna : le combat ne faisait que commencer.
Tout a été fait pour qu’elle puisse jouir de la meilleure situation possible afin de profiter d’une influence féminine forte au sein du paysage politique ; malheureusement, elle a fini par sombrer, dévorée par ses ambitions, absorbée dans un système où le pouvoir grandissait inexorablement dans ses mains.
Et puis est arrivé le jour où elle nous a trahi.
Je… je pense que je n’ai toujours pas digéré, malgré les années, le poids de cet acte… Peut-être parce que je ne l’ai jamais compris ?
Ce jour-là, je l’avais demandé en mariage ; elle m’avait dit qu’elle acceptait, mais qu’elle me demandait quelque chose en retour : lui livrer l’intégralité de mes camarades et de démanteler la LPAM. J’avoue avoir d’abord cru à une blague, mais je me suis rapidement rendu compte qu’il n’en était rien… elle m’a annoncé que c’était la seule manière pour elle de pouvoir grimper rapidement dans les échelons de la société pour accomplir notre but ultime d’égalité en prouvant sa fidélité blablabla…
C’était avant tout une trahison : trahir ses idéaux, mais bien pire encore, trahir ses camarades.
J’ai refusé. Elle m’a dit qu’elle avait tenté de me sauver en prouvant ma bonne foi, mais qu’il était déjà trop tard, elle avait révélé