Enquête sur Yashuvhu
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Post n°1
Auteur : Darth Malraas
Les vaisseaux cargos flottent au-dessus de la belle Yashuvhu. Tels des nuages qui attendant que leurs entrailles fournissent la noirceur d'un orage et les gifles d'une pluie abondante, fracassante. Une petite dizaine de ces vaisseaux naviguent à travers les étoiles et apportent un chargement vital pour toute civilisation se respectant : Des civils. Le centre principal douanier effectue des enregistrements, des autorisations ainsi que des cartes nationales d'identités à la pelle, chaque jour. Quelques fois les cargos déchargent une vermine criminelle, des réfugiés clandestins capables de contourner la sécurité pour faire valoir un droit qu'ils ne possèdent pas. Tous les civils sont des parents proches des Ravageurs, du fils à la femme, de la mère à la tante, du père au grand père. Ils sont innombrables à choisir de se rassembler sur cette nouvelle terre, en quête de la colonie sur laquelle tous les péchês sont pardonnés. C'est grâce à cela que je suis ici, grâce à ma mère officiant dans la Marine à bord d'un destroyer stellaire. Je vivais sur Coruscant à désapprouver la république et gâchant ma vie à m'essayer à une carrière dans la police des bas fonds. Si vos poils se dressent au nom de la terrifiante Nar Shaddaa, vous devriez voir les enfers noirs de Coruscant. Là-bas votre vie est suspendue à chaque croisement de rues, à chaque fois que vous faites un pas à l'extérieur de votre domicile. Les fédéraux n'y font pas grand chose, les Empires d'autrefois et les Républiques d'antan ne faisaient rien non plus. Ici sur la baptisée Bélériand, j'ai cette opportunité d'être inspecteur de police au service de l'état. Je traque la vermine expédiée des confins de la Galaxie, telle est ma mission.
L'une de mes enquêtes s'est portée sur un Rodien, Feevo Itam, à l'origine d'une grande braderie intergalactique pour fugitifs. Des semaines se sont passées avant que sa trace ne soit retrouvée dans les archives de la capitale. La douane est tombée sur lui pour l'envoyer purger une peine de bagnard en travaillant gratuitement pour une entreprise. Des travaux d'extension de la ville se poursuivent et malheureusement un rapport confirme sa mort dans une coulée de durabéton, avec trois autres hommes. Fin de l'histoire, rideaux. Mais avant ça, j'ai appris qu'il avait des intermédiaires et pouvait nationaliser des étrangers. J'ai compris bien assez tôt que quelqu'un s'occupait déjà de cette affaire, en freelance, mes pas étaient dans les siens. C'est pour ça que je suis ici, dans cet appartement mis complètement à sac. Je me posais une question en regardant le corps encastré dans la cloison, à mi chemin entre le salon et la cuisine, qui pouvait déborder de rage au point de faire ça à une personne aussi insignifiante qu'un fabriquant de faux papiers ? Situation peu banale et fin tragique.
-Ronacaid Dou... Dougfugi.
Elle c'est Angiri Charmill. Lieutenant Charmill, nous travaillons maintenant sur la même enquête. Nous avons désormais l'identité du cloisonné et une armée d'indices à notre portée. La porte a été enfoncée, les gonds se sont arrachés en une seule fois. Une arme a été retrouvée près du corps, un blaster de poing discret à six coups, par énergie. Il y a des impacts sur les murs, à des endroits improbables. Soit le tireur était dans une panique incontrôlable, soit il était au corps à corps avec son agresseur. On réfléchit, Charmill observe le sol et renifle en secouant la tête. Il y a aucune logique. L'équipe scientifique est d'accord, pas de traces d'empruntes, pas de fibres, rien de précis. L'un d'eux émet une suggestion : Un adepte de la Force. Ca colle, pas de traces, la porte moderne enfoncée, des tirs dispersés et le Togruta le cul dans son bol de nouilles.
-Pourquoi un Sith ferait ça ?
Belle interrogation, pourquoi ?
Les Sith ne sont pas réputés pour faire dans la dentelle mais si l'un d'eux est intervenu, c'est sous les ordres de quelqu'un et pourquoi ? L'affaire des faux papiers n'est peut-être pas basique, mais assez futile sur Yashuvhu, pour préférer envoyer la police. Les Sith s'occupent des gros balourds avec des armes massives, pas des petites raclures à lekkus. Personne dans cette pièce n'est assez idiot pour imaginer qu'un adepte de la Force est assez fou, aujourd'hui, pour essayer d'arrondir ses fins mois avec des crédits gagnés sur des faux papiers. Mais pourquoi le tuer, le faire taire ? A quel propos ? Une vengeance ? Il faut trouver des liens, tirer un fil directement de Ronacaid à Feevo, en dehors de la contrefaçon d'identité.
Et si les deux morts sont liées ? Feevo dans son durabéton, Ronacaid dans la cloison avec deux jours d'intervalles. La personne qui s'en est chargée est motivée et très rapide. Le corps du Rodien n'est pas exploitable et il restera à tout jamais dans sa moulure, alors question de liens, disons que y'a uniquement les papiers. Mais les trois autres gars avec Feevo ? Des innocents ou des roublards dans son genre ? Je reprends mes notes, ma liste sur les identités des morts, fournies par le chef de chantier.
Muhabry Tomvin, Nigmar Stewric, Jord Aterm, trois humains avec un Rodien, aucuns liens ethnique. La Lieutenant et moi-même, allons devoir creuser du côté de la douane et des Ravageurs pour espérer, trouver d'autres liens. Le hasard ne frappe jamais les morts, pas ici en tout cas.
Au fait, moi c'est Luca Tenda, Inspecteur de police sur Yashuvhu. -
Post n°2
Auteur : Darth MalraasEntre deux rendez-vous et trois inspections minutieuses, les douaniers s'autorisent une pause bien mal méritée. D'après mes informations, l'établissement est en sous effectif et ne peut malheureusement traiter toutes les demandes, voire toutes les arrivées de manière convenable. D'autant plus qu'une partie de la structure est commerciale, dissociées de l'ensemble. Pourtant, cette impression m'est rapidement passée en observant leurs agissements. Ils ne sont pas si appliqués qu'ils le devraient. Deux heures plus tard, ils serviront le caf et deux autres groupes se joindront à eux, alors que les engins stellaires ne cesseront de se poser. En fouinant dans les contrats, les conventions portuaires auprès du service administratif et des ressources humaines, je comprends qu'ils abusent d'un certain luxe. Mais qu'importe, ces informations serviront peut-être une prochaine fois. Angiri Charmill s'entretient avec le directeur de ces locaux parfumés par une peinture bien trop neuve à mon goût. Peut-être trouvera-t-elle des informations vitales pour notre enquête ? Tout le personnel n'est pas rassuré par la présence d'un Inspecteur et d'une Lieutenant de police. Sans doute cachent-ils quelque chose, une chose que nous ne devrions pas découvrir lors de notre enquête, sur un tout autre sujet ? J'épluche consciencieusement les registres des arrivées et les documents informatisés, sur une chaise bien trop moelleuse pour être souvent utilisée. Tout me paraît être en règle. Discrètement j'implante une clé pour aspirer les données avant qu'elles ne soient effacées. Je pourrais toujours revenir dessus plus tard.
Muhabry Tomvin est de Naboo, Nigmar Stewric vient de Bespin et Jord Aterm de Tatooine. Je caresse mon menton par mécanisme plutôt que par désir. La délicatesse de ma barbe naissante est, je pense, un moyen d'adoucir mes réflexions, d'y voir plus clair dans cet amas bordélique. Trois hommes liés par une tragédie sans liens, je ne peux vraiment y croire. Les documents notent les arrivées, ils sont tous venus le même jour à bord du même transport, même transpondeur, même numéro et même plateforme. S'ils se sont connus c'est au moment du voyage et je doute qu'ils aient assez d'amitié pour finir dans une même fosse à béton. Alors quel est le lien, bon sang ?! En faisant rouler mes doigts sur les poils du bout de mon menton, le regard noyé dans les données, j'ai cette blague qui me vient : Quatre morts bétonnés, un mort cloisonné... Le criminel travail dans le BTP. Jolie rime.
Finalement... Je reçois un appel du commissariat et l'on m'informe sur les investigations du service scientifique. Le prétexte à la discussion par com est parfait, le téléchargement des documents officiels de l'astroport n'en sera que meilleur. La scientifique s'est penchée sur la probable intervention d'un adepte de la Force mais pour l'instant, cela reste qu'une simple évocation exotique, les tirs peuvent avoir été déviés par un bouclier, peuvent venir de l'opposant... Rien n'est clair. Ronacaid Dougfugi a été pris le corps dans la cloison -ou la main dans le sac- avec des puces électroniques à son domicile. Plusieurs documents copiés dans une cache en dessous des lames du sol de son salon ont été retrouvés, avec des crédits en barre. Mais où se fournit-il pour réaliser les documents ? Il faut un atelier de confection, des machines, des tampons et surtout du matériel électronique permettant d'encoder les puces. Son assassin devait chercher quelque chose, l'appartement était en vrac comme après le passage d'un char d'assaut de la confédération. Pourtant les puces étaient à porté de main, parce qu'il travaillait certainement dessus au moment de sa mort. Le datapad a été massacré mais sa mémoire n'a pas été retirée. Peut-être est-ce un tueur stupide ou bien alors une exécution ciblée que l'on voudrait faire passer pour un cambriolage ? A moins qu'il cherchait autre chose. Mais le Togruta était bien dans le trafic de faux papiers, c'est une certitude d'après le disque de données de son datapad.
La Lieutenant revient bredouille, le directeur ne sait rien et n'a rien vu de particulier.
En discutant avec elle de ma trouvaille, ses yeux se plissent et une interrogation lui vient.
-Est-ce qu'un cargo est réellement capable de faire un trajet Naboo, Bespin et Tatooine dans la même journée ?
Bien sûr, je n'en sais rien, si je savais tout il n'y aurait pas ce récit.
A bord de notre véhicule, elle compile nos données et nous discutons encore une fois des détails de nos découvertes. Son datapad lui sert à rédiger des notes rapides et nous permet de structurer nos pensées de manière plus fiable. Il est admirable de voir à quel point une simple réflexion peut aboutir à une bêtise grotesque, mieux vaut faire le trie. Nous arrivons rapidement à la même conclusion : Il nous faut les données de l'ordinateur de bord du transporteur. Pour ça, il va falloir s'entretenir avec les Ravageurs... C'était quoi qu'il en soit notre destination. Pour arriver à nos fins il faut parvenir à rassurer l'autorité militaire et surtout à avoir un rendez-vous. Aucune ordonnance juridique ne peut être demandée, nous sommes sur Yashuvhu et ceux qui font la loi, ne sont pas ceux que l'on croit.
La Lieutenant et moi-même, nageons dans une mer agitée d'où rien n'apparaît. Il nous manque cette petite pièce de la porcelaine brisée, permettant de soutenir l'ensemble. En moins d'une semaine, cinq cadavres ont été retrouvés. Disons plutôt déclarés. Les meurtres sont-ils liés ? Les quatre premiers sont-ils un seul et unique accident ? Nous allons devoir trouver un responsable au gouvernement, quelqu'un capable de fournir l'accès aux informations que nous cherchons. Pour cela, je ne vois qu'une seule personne : Le Général Wulf Hamer. -
Post n°3
Auteur : Darth MalraasAngiri Charmill fait appel à sa com personnelle pour contacter directement le Palais du Gouvernement, lieu et emplacement de la toute puissance infinie du Protectorat. Il semble que le Général Wulf Hamer n'est pas accessible pour des affaires civiles, quand bien même notre enquête porte sur des transporteurs agréés. La gentille hôtesse d'accueil, certainement une militaire, nous renvoie à notre point de départ : La douane. Avant de raccrocher et de faire pester la Lieutenant Charmill, elle suggère un rendez-vous probable avec une extension du pouvoir autoritaire et militaire de Yashuvhu. Le numéro de com est pris en note et "ils reviendront" vers nous. Il est dans notre intérêt de creuser en profondeur, laissant de côté la piste du cargo. Ma coéquipière fulmine et ronchonne de son côté et s'éternise dans un débat solitaire sur notre propre condition. Après de moult insultes, la tempête se calme et la Lieutenant suggère un apéritif professionnel à son appartement. La soirée arrive à petits pas et sonne la fin de journée pour nous, les petits gens de ce monde.
Cinq minutes se sont écoulées, nous y voilà. Son antre est plutôt bien décorée, des tableaux s'illuminent paisiblement et des plantes décorent la majorité des coins de chacune des pièces. Une vitrine siège à côté du mini bar en bois dense de Kashyyyk, dévoilant des armes de gros calibres et des fusils d'assauts dédiés à l'offensive militaire. En égarant mes yeux, je découvre d'autres indices à sa fonction précédente. Des insignes militaires, ceux de la Confédération et de la fameuse Douzième Division des Lames, aucune insigne de Ravageurs étrangement. Elle sort des verres aux longs pieds et jette un oeil à mon inspection.
-J'étais chez les Confédérées, me dit-elle tout en essuyant la table basse. Je me permets de sourire comme pour accuser réception de son affirmation.
Cela justifie sa panoplie d'armes mortelles. Il semblerait qu'au sein des Ravageurs, les anciens militaires possèdent l'autorisation du port d'arme, même après la fin de service. Une planète déclarée territoire hostile est une bonne raison aux fusils d'assauts, mais peut-être pas entre les mains de civils. Elle s'assoit sur son divan et me fait signe de la rejoindre. Elle s'empresse d'avaler un petit fruit enrobé d'un morceau de lard cuit et le mâche en servant du vin. Son écran mural s'allume et les informations s'éparpillent aux quatre coins de l'interface. Un onglet musical apparaît et une liste sauvegardée est lancée. Le décor est planté mais notre mission n'est pas achevée. Je suggère l'idée peut-être un peu trop tôt, mais je dois en avoir le coeur net.
Elle hoche la tête et navigue sur l'interface sans couper la musique de fond.
L'holonet des Ravageurs est plutôt complet, voire bien plus que la majorité des gouvernements. Les anciennes données de la Confédération y sont stockées, balancées comme un amas de paquets d'informations en libre service, s'ajoutant à cela et bien entendu, celles de l'Espace Hutt. Bien sûr, les références sont toujours hors cadre militaire et cela permet en l’occurrence, de dénicher les coordonnées stellaires de planètes banales : Bespin, Tatooine et Naboo... Par exemple.
Bespin K-18, Naboo O-17 et Tatooine R-16.
Si nous relions toutes ces coordonnées stellaires, celle-ci se rejoignent parfaitement et sous la forme d'un très léger arc de cercle. Seulement les grandes routes hyperspatiales ne relient pas ces trois points. Bespin est plantée sur celle de la Voie Marchande Corellienne, Naboo très éloignée de la Passe Hydienne pourtant la seule la plus proche. Tatooine en revanche est ancrée à quelques parsecs de celle-ci. D'après Charmill, le transport rapide ne peut passer que par la Voie Marchande de Triellus qui circule par Tatooine, jusqu'à Arkanis pour rejoindre Enarc en franchissant la Passe Corellienne. Au final, plongeons vers Eriadu et reprise du Couloir de Nothoiin, s'ils ne sont pas passés vers le Sud pour un détour et traverser la Passe de Lipsec. Toutes nos suppositions tiennent dans un mouchoir de poche, peut-être se sont ils égarés à trouver une voie plus rapide ? Une route hyperspatiale directe ? Je ne sais que très peu de choses sur la navigation, mais les Ravageurs sont assez fourbes pour réaliser des changements de trajectoire sur des petits chemins.
La conclusion arrive plutôt vite : le transport ne peut effectuer cet itinéraire ou bien un autre, dans une seule journée. J'avale une des préparations de la Lieutenant à base de fruit et nous réfléchissons sur les possibles falsifications de données. Feevo Itam avait peut-être le bras plus long, peut-être que c'est lui qui est à l'origine des mauvaises données auprès de la douane ? Cette alternative est possible et si Ronacaid Dougfugi l'a aidé, alors les experts trouveront quelque chose en lien avec les identités des bétonnés, à l'intérieur de la mémoire du datapad. Nous trinquons, pour rien, nos regards à peine intéressés par l'autre. Demain nous retournerons rendre visite aux douaniers, mais pour les faire parler, il nous faudrait un petit coup de pouce de la Force...