Échardes de mémoire [Taanab]
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Post n°1
Auteur : HK-66[analyse] luminosité à 5 %, humidité à 12 %, atmosphère respirable pour un nuisible, absence de nuisibles dans un rayon de 260 mètres.
Les photorécepteurs de HK-66 s’allumèrent comme un phare dans la nuit, éclairant une salle qui servait visiblement d’entrepôt. Plusieurs entassements de containers et d’étagères créaient de multiples corridors. L’assassin lui même se trouvait en ce moment replié sur une planche à quatre mètres du sol, mais ne voyait pas pour autant la sortie du bâtiment, masquée par les amoncellements de cargaisons. De nombreux autres droïdes se trouvaient positionnés à ses côtés, rangés selon la manière spécifique des nuisibles comme de simples objets utilitaires, et totalement inactifs.
HK se connecta rapidement à sa banque de données pour analyser le type de droïdes qu’il contemplait, lorsqu’une notification interne lui indiqua qu’il s’agissait de sa première connexion et lui demanda s’il désirait accéder au tutoriel de gestion des filtres de recherche. HK ferma la notification, qui se stocka dans sa mémoire et déclencha une nouvelle notification, le félicitant d’avoir réussi à sauvegarder ses données internes pour la première fois.
Quelque peu dérouté, le centre du comportement de HK tourna les processeurs vers la consultation de la mémoire interne, seulement pour découvrir qu’elle était totalement vide, à l’exception de la notification, à laquelle venait de s’ajouter la deuxième notification, bientôt suivit d’une troisième proposant un rangement par favoris de ses données. La conclusion de son diagnostic ne laissait place à aucun doute : il venait d’accéder pour la première fois à ses données mémorielles, et venait donc tout juste de s’activer.
Les motivateurs de HK oscillaient entre la fierté de cette activation réussie qui laissait présager des lendemains de désinfection efficace, et la crainte d’avoir été auparavant victime d’un effacement de mémoire, qui aurait pu porter atteinte à ses capacités d’assassinat, ou bien qui aurait pu témoigner d’un échec nécessitant un oubli réconfortant pour ses maîtres. «Maître » : le terme se manifesta dans son système, emprunt à la fois d’une autorité incontestable et mystérieuse et d’un agacement lié à des contraintes imposées.
Explorant plus en avant cette signification, HK tomba dans ses circuits sur le dossier « Cible » lié en hyperlien à celui de « Maître », et qui était relié en dérivation à toutes ses fonctions. Avec un subtil mélange d’appréhension et d’anticipation simulée par ses processeurs, le droïde ouvrit le dossier, qui illumina de données sa situation présente.
Il se trouvait dans le spatioport de la planète Taanab, plus précisément dans l’entrepôt H47 du quai K. La situation dans le spatioport était pour le moment confuse, un groupe de terroristes, les Corsaires de l’Aube enflammée, ayant pris en otage dans un entrepôt un yacht de luxe transportant non seulement une importante cargaison de droïdes militaires produits par la firme Automata Galactica, ainsi que le directeur exécutif Piter Fon et et le chef de la division Recherche et Développement Loeman Korisa de cette même firme, qui apparemment avaient utilisé le yacht pour se déplacer à moindre frais.
Une brève recherche lui présenta les informations relatives à ces deux personnes. Piter Fon était à la tête de l’entreprise depuis maintenant douze ans, ayant réussi à la relancer alors qu’elle était presque au bord de la faillite face à ses concurrentes. Mais le flair de son nouveau dirigeant Twi’lek lui avait permit de redresser la barre notamment face à Arakyd Industries et Cybot Galactica, profitant notamment de la crise de succession à la tête de la dernière après le décès tragique de son PDG dans un safari sur Baroonda. Néanmoins, certaines publications faisaient état de soupçons d’espionnage industriel et de corruption dans la gestion de l’entreprise, mais rien n’avait pu être confirmer. Aux dernières nouvelles, M. Fon se rendait sur Vortex pour assister à l’extension de la cathédrale des Vents qu’il avait en partie financé.
Loeman Korisa était beaucoup plus anodin dans la presse people, mais plusieurs revues scientifiques produisait des rapports sur les avancés technologiques réalisées par ce Dévaronien dans la conception des droïdes. Il possédait ses appartements sur Coruscant dans les quartiers chics, avec son propre laboratoire. Sa présence à bord du Yacht n’était pas encore expliquée.
Les forces de sécurité locales avaient établis un cordon de sécurité autour de l’entrepôt, et des négociateurs étaient en route pour tenter d’établir le contact avec les terroristes et savoir ce qu’ils exigeaient, aucune revendication n’ayant été annoncée pour le moment. Par mesure de précaution l’ensemble du spatioport avait été évacué, les terroristes s’affichant avec des ceintures de détonateurs thermiques et avec des caisses de mines au baradium. Une brève analyse indiqua que HK se trouvait à l’intérieur de la zone évacuée mais en dehors du cordon de sécurité.
Après cette courte description, la mission elle-même se présenta : le droïde devait d’abord éliminer les deux otages, puis éliminer les terroristes, sans aucune victime collatérale, sans témoin et sans traces de son intervention. Le tout devait apparaître comme un accident avec une réaction suicidaire de la part des preneurs d’otages.
Un contractuel nuisible aurait pu être surpris de cette mission, et aurait poser des questions pour savoir pourquoi tuer les otages et non pas les terroristes. Mais les processeurs de HK-66 n’avaient pas pour fonction la procrastination et le badinage. Son centre du comportement frémit dans une belle simulation de fierté mécanique, se sachant dévoué corps et électricité à la réussite de sa mission. Si on avait jugé bon de l’activer pour remplir cette tâche, c’est parce qu’on savait qu’il l’exécuterait à la perfection et sans retard superflu. Et si les deux otages étaient désignés comme nuisibles à éliminer, il était programmé pour le faire, et non pour attendre qu’un autre lui vole cette opportunité.
[Méditation contemplative] Il me reste plus qu’à trouver un moyen de désinfecter la création du Concepteur de ces nuisibles agités et dégoulinants.Spoiler : HRP
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Post n°2
Auteur : HK-66[Proverbe inventé de toute pièce] une bonne désinfection passe toujours par une bonne planification.
Le droïde avait quitté sa salle de stockage, et s’était dirigé vers le pupitre de contrôle le plus proche. Il avait pu constater avec une grande fierté sur le trajet que ses joints étaient parfaitement huilés, ses rotules mécaniques pivotant sans bruits tandis qu’il se faufilait entre les étagères et autres caisses. Il nota avec autant de satisfaction que son noyau énergétique était parfaitement fonctionnel lorsqu’il augmenta sa demande physique pour ouvrir la lourde porte qui barrait la sortie. Il l’avait fait coulisser de cinquante centimètres vers la droite, juste assez pour se faufiler, avant de la refermer discrètement. Le prédateur de métal avait ensuite longé les murs comme une ombre sur à peine quelques mètres avant de trouver une console visiblement consacrée à la logistique des chargements du spatioport.
Il ne s’agissait pas d’une console de sécurité, mais HK-66 devrait y trouver suffisamment d’informations pour préparer la suite des opérations. Une sonde informatique jaillit d’un compartiment secret au sein de son châssis, et se connecta au port d’accès de la console, tandis que les doigts étincelants du droïde pianotaient d’un air distrait sur les touches de la machine inférieure. Au bout de 5 483 essais, soit deux secondes et 33 millièmes, l’écran de la console passa de « veuillez entrer votre carte d’identification » à « bienvenue inspecteur général des douanes ».
Toutefois, une fenêtre s’ouvrit rapidement, recouvrant le chaleureux message par une alerte en grosses lettres écarlates : « dans le cadre de la situation présente apparentée à un événement terroriste de niveau 4 selon l’alinéa b , page 4578 de la charte du personnel, la présente console est verrouillée jusqu’à la fin de la situation de crise et au retour à la normale, dûment notifiée par les agents de sécurité responsables et accrédités. »
le droïde poussa une imitation plus vrai que nature d’un soupir d’exaspération, et tout en relançant ses algorithmes de piratage, se mit à grommeler.
[Remarque condescendante] Je suis le retour à la normale !
l’écran clignota, puis se couvrit de parasites, avant de revenir à la normale, cette fois-ci sans les odieux caractères cramoisis. HK- 66 avait désormais un accès total au système logistique des quais et entrepôts. Une subtile dérivation et il fut branché également sur le système de sécurité du spatioport, disposant ainsi d’un accès aux caméras de sécurité et d’une connexion avec la fréquence de communication des agents de sécurités. De ce qu’il captaient, ces derniers pestaient contre les troupes de chocs du contre-terrorisme qui avaient pris en charge les accès immédiats du quai assiégé, renvoyant les amateurs à la surveillance du périmètres. HK n’attendit pas d’avoir la réponse à la question posée par les agents sur quelle partie de leur anatomie les troupes de chocs cherchaient visiblement à compenser avec leur matériel d’élite, et se pencha sur des problèmes plus immédiats.
En premier lieu, il accéda aux caméras à proximité de sa position, et s’arrangea pour les réorienter de manière à les rendre aveugles. S’il ne devait pas laisser de traces, commencer par ne pas apparaître sur les enregistrements de sécurité allait de soi. Dans la foulée, il s’arrangea pour se procurer la liste du dépôt où il avait été stocké. Quitte à effacer sa présence, mieux valait être appliqué. La liste fut bientôt trouvée, avec la mention d’un droïde protocolaire de type HK incluse dans une livraison récente de droïdes. D’un simple clic, l’assassin fit disparaître la liste. Néanmoins, un avertissement se présenta, signalant que la livraison pouvait toujours être consultée depuis la borne de contrôle du hangar où la livraison avait eu lieu, hangar qui n’était pas enregistré sur la présente console.
Les circuits de HK s’échauffèrent quelque peu devant ce contretemps imprévu. Il ne pouvait pas se permettre de visiter tous les hangars du spatioport. Il devrait se contenter de vérifier ceux qui se présenteraient sur son chemin vers ses cibles. En parlant de chemin d’ailleurs, il était temps de se procurer le plan du quai où étaient détenu les otages ainsi que le parcours pour y parvenir sans gêne.
l’entrepôt H47 fonctionnait selon un système classique, avec un hangar pour décharger le vaisseau, flanqué de deux salles latérales pour contrôler la distribution du carburant et l’ouverture du toit du hangar. Le vaisseau pouvait donc sortir par le toit, où il débouchait dans un corridor qui l’amènerait vers le puits de sortie du quai K, avant d’atteindre l’espace intersidéral au dessus de Tanaab.
Derrière le hangar se trouvait l’entrepôt proprement dit, connecté par un couloir à rail vers la zone de déchargement dans le hangar. Il ne s’agissait que d’une zone de stockage temporaire, essentiellement consacrée au tri, et qui en conséquent ne gardait qu’une quantité limitée de caisses, avec en temps normal quelques droïdes de manutention qui envoyaient les pièces défectueuses au vide ordure. À l’exception de l’accès au hangar, le seul autre point de sortie était un portail qui donnait accès au réseau sur rail du spatioport pour transporter les marchandises vers d’autres dépôts.
Le hangar lui-même disposait d’un point d’accès piéton pour l’équipage et le personnel de contrôle, situé à l’opposé de l’accès à l’entrepôt. On y prenait alors un ascenseur pour descendre vers le cœur du spatioport. En outre, une sortie de service permettait d’accéder à une passerelle d’entretien qui faisait le tour du bâtiment pour pouvoir accéder éventuellement aux systèmes de guidage ou aux valves des conduites de carburant en cas de maintenance.
Selon les protocoles propres aux nuisibles, qu’ils soient terroristes ou bien forces de l’ordre, tous ces accès avaient été soit condamné,soit mis sous surveillance. Les criminels avaient détruits les caméras de sécurité, et il était donc impossible de savoir ce qui se déroulait à l’intérieur de la zone. Ils avaient de plus piégé les accès à l’explosif, ce dont s’étaient rendus compte les forces du contre terrorisme lorsque l’ascenseur menant à l’entrée du hangar avait exploser avec une de leurs escouades à bord.
La passerelle extérieure avait été minée et sa porte aussi condamnée par les preneurs d’otages. De son côté, le contrôle portuaire avait verrouillé avec des champs magnétiques l’accès au quai K, interdisant toute fuite par les airs. La seule voie de communication était l’accès par rail à l’entrepôt, d’où les terroristes envoyaient des messages à bord de caisses avec leur revendications pour la libération de leurs compagnons de lutte à travers la galaxie, l’envoi d’un million de crédits sur un compte de Nar Shaddaa, et l’accès au quai pour fuir sans être suivi. La réponse des autorités se faisait attendre, des négociateurs étant en route.
[analyse] Force est de reconnaître que ces nuisibles excités savent protéger leur peau flasque.
Cependant, le droïde repéra un point faible dans le dispositif : le vide-ordure de l’entrepôt. Il débouchait sur un incinérateur connecté à d’autres hangars, qui n’avait pas été arrêté pour justement empêcher les terroristes de fuir par là. Un nuisible n’avait pas les capacités pour remonter les tuyaux, ni pour survivre à la chaleur, mais ce n’était pas un problème pour un droïde d’exception comme lui. Et si cette option n'était finalement pas réalisable, il pourrait peut-être se renseigner sur le diamètre des conduites de carburant, même si être couvert d'essence lorsqu'on se prend un tir de blaster n'est clairement pas l'option préférable.
HK localisa l’accès de de maintenance de l’incinérateur, situé à quelques cliks de sa position. Il y avait bien deux gardes de sécurité en faction, mais ils ne feraient pas le poids face à un droïde. Après avoir téléchargé les plans, il s’attela à effacer les traces de son intrusion.
Hé, qu’est ce que tu fais là toi ? -
Post n°3
Auteur : HK-66Un nuisible venait d'apparaître au coin du corridor, et le fixait avec insistance. La puissance de ses circuits tournée vers le piratage informatique de la console devant lui, les senseurs de HK-66 n'avaient pas capté à temps l'arrivée de cet intrus. Intrus qui arborait l'uniforme sombre et serré aux entournures des forces de sécurité du spatioport. De son col roulé sortait une tête sur laquelle reposait un toit de chaume couleur paille, qui surplombait des yeux globuleux protégé par des sourcils épais, actuellement plissés et froncés dans une forme de perplexité méfiante. Une épaisse moustache où le droïde repérait plusieurs organiques microscopique servait de point central du visage, sa bouche et ses narines disparaissant dans cette touffe de poils épais.
La main gauche du nuisible serrait un datapad affichant une liste. Un bref zoom et HK détecta que la liste représentait les entrepôts de biens précieux à verrouiller pendant la crise. La main droite serrait de ses doigts crochus un blaster bridé de vigile, une arme de petit calibre et de petit guerrier, mais qui était pointée en direction du châssis du droïde. Une dizaine de mètres les séparait.
Qu'est-ce que tu fais là ? identifies-toi immédiatement et rend-moi compte de ta tâche, s'exclama le garde tout en s'approchant lentement, blaster toujours pointé vers HK. Ce dernier desserra son poing droit qui s'était serré lorsque le garde s'était approché, et leva les mains, tout en effleurant assez vite le pupitre de contrôle pour réinitialiser ce dernier. Puis il tendit les bras vers le garde.
[soulagement] Ah ! enfin un garde, je suis 1 B6; droïde protocolaire spécialisé en psychiatrie et psychologie, affilié au secteur 7 de sécurité. Je fais partie du groupe de négociations chargé de prendre contact avec les preneurs d'otages. Cependant, un défaut dans mon système de guidage, lié vraisemblablement à un manque d'entretien dans la division, m'a dévié de mon plan de parcours et m'a égaré dans le spatioport.
[explication] j'essayais donc de retrouver mon chemin en tentant de me connecter à une borne d'information, mais il me semble que je ne dispose pas des bons codes d'accès.
Pas étonnant, ce n'est pas une borne d'information, mais de sécurité. Je vois que les droïdes du contre-terrorisme sont à peu près aussi futés que leurs groupes d'intervention. Le garde avait commencé à baisser son arme, mais restait encore hors de portée de HK. Après avoir jeté un coup d'œil vers la borne, il tira un comlink.
Je suis le sous-officier Dorn, en charge de sécuriser cette partie du spatioport. J'ignore qui vous a laissé entrer ici, mais il va avoir de mes nouvelles. Je vais contacter le service de sécurité pour vous faire escorter jusqu'à votre unité.
La situation se dégradait ; si sa bonne foi de droïde n'était pas remise en doute, HK ne réussirait sans doute pas à tromper plusieurs nuisibles avisés à la fois. Il activa son brouilleur interne, et ce fut un sifflement de parasites qui sortit du comlink pour irriter l'oreille de Dorn.
Hé mais qu'est-ce qui se passe, il marchait très bien il y deux minutes à peine !
[Hypothèse] Mes compétences dans ce domaine ne sont pas élevées, mais serait-il possible que les terroristes mettent en place un brouillage pour vous empêcher de répondre s'ils font mouvement ailleurs ? Si j’étais un membre des forces de sécurité, je tâcherais de me rendre au Quartier général pour prévenir une possible attaque surprise et récolter la gloire. Mais heureusement, je ne suis qu’un simple interprète qui se tient à l’écart des combats.
Silence droïde, j'essaie de réfléchir. Le garde prit une pose de penseur pendant une dizaine de seconde, puis reprit la parole :
Les terroristes cherchent sans doute à nous isoler de l'action. Je vais immédiatement me rendre au QG central pour rester au courant de la situation. Il ne sera pas dit que les forces spéciales seront les seules à avoir toute la gloire pour elles.
Il se tourna vers HK, comme s'il se rappelait soudain de sa présence,
Est-ce que ta programmation te permet de courir pour me suivre.
[Dénégation attristée] Malheureusement, le recours à des gestes brusques est considéré comme pouvant déstabiliser le patient dans le manuel de psychologie officiel du département. Je suis donc restreint à la marche à petits pas.
Le droïde fit une courte pause.
[Interrogation larmoyante] Vous n'allez pas me laisser là ? Je vais surement faire une mauvaise rencontre et finir à la casse ! Vous devez assurer ma protection !
Ecoute moi bien droïde ! éclata le nuisible rouge brique, comme si l'idée qu'il puisse accéder à une demande d'un droïde lui paraissait grotesque. Je ne te dois rien. La sécurité du spatioport est en jeu, et est prioritaire sur la tienne. Tu n'as qu'à essayer de me suivre, et si tu me perds, j'enverrai quelqu'un, si j'ai le temps. Je file.
Et Dorn partit au pas de course vers ses rêves de dangers et de gloire. HK-66 fit mine de le suivre un instant à petit pas, puis lorsque le nuisible disparut à un angle, il revint sur ses pas et partit en direction de l'accès à l'incinérateur. Cette fois-ci, il garda ses senseurs en éveil, évitant une patrouille et jouant sur les angles morts des caméras qu'il avait lui-même provoqué.
Il arriva bientôt devant l'entrée de service de l'incinérateur, au fond d'un couloir faiblement éclairé par des lampes rougeâtres. Devant l'accès, comme prévu, deux membres de la Sécurité montaient la garde, ou du moins étaient supposés le faire. Ils étaient adossés négligemment contre le mur, en train de s'échanger des banalités humoristiques, tout en fumant une substance en tube que les capteurs du droïde identifièrent comme du tabac de mauvaise qualité.
Ils avaient attaché à leur ceinture leur blaster de fonction, ainsi que leur comlink. HK calcula rapidement une dizaine de possibilités différentes pour neutraliser les deux nuisibles, et opta pour des jets de pierre successifs vers les lampes pour plonger les lieux dans une obscurité propice. Il s'avancerait alors silencieusement pour briser la nuque de ses cibles, et se débarrasserait de leurs corps à l'aide du vide ordure.
Mais alors qu'il allait s'exécuter, ses processeurs se verrouillèrent et lui interdirent tout mouvement. Pendant que son centre du comportement tentait de saisir l'origine de ce problème, une notification s'afficha en rouge : Alerte utilisateur : victime collatérale et témoins interdits par les protocoles de sécurité. Veuillez réinitialiser le programme d'action.
Le centre de comportement de HK simula un soupir d'exaspération, mais sa programmation prit rapidement la suite et supprima le plan avant d'en recalculer un autre. Utilisant son communicateur interne, ainsi que les protocoles de sécurité acquis lors de son intrusion informatique, il n'eut que peu de difficultés à s'introduire dans le système de communication des deux veilleurs.
Le nuisible numéro 2 arrêta soudainement son babillage et se saisit de son comlink, d'où sortait une sonnerie d'appel.
Ici Leroy, à vous Contrôle, déclara-t-il d’un ton distrait.
Ici Contrôle, Enfin quelqu’un répond ! Nous avons besoin de renfort d’urgence sur les passerelles extérieures. Certains des preneurs d’otages y auraient été repérés, et le Commissaire veut les repousser dans leur trou par une charge bien sentie avant que les Forces spéciales ne viennent mettre leur nez dans notre gestion du périmètre. A vous Leroy.
Ici Leroy, je suis avec Jenkins. Nous sommes actuellement en train d'assurer la surveillance du vide-ordure sur ordre des Forces spéciales du contre-terrorisme. Permission de contrevenir à leurs ordres pour vous assister. A vous Contrôle.
Ici Contrôle, permission accordée. Faites vite : si ces va-t’en guerre décident de prendre aussi en charge les passerelles, ils risquent de nous faire sauter les conduites de carburant. A vous Leroy.
Ici Leroy, nous somme en route, terminé.
Les deux nuisibles se concertèrent du regard, visiblement ravis d'échapper à la surveillance de l'incinérateur, et incapables de se poser la moindre question sur la logique du plan. Deux secondes après, ils filèrent au pas de course, tenant leur blaster en l’air comme s’ils chargeaient une brigade imaginaire, et ne prêtant aucune attention à HK, dissimulé dans un recoin sombre du corridor. Après avoir attendu par sécurité que la sensation olfactive de leur crasse se soit atténuée, le droïde se dirigea vers la porte. Une simple manette de contrôle sécurisée qui ne fut pas longue à désécuriser, permettait d'ouvrir l'accès, d'où sortit une forte chaleur. HK activa sa protection environnementale et pénétra dans le vide ordure.
Il valida rapidement du bout de ses doigts métalliques le code d'ouverture récupéré dans le système informatique du spatioport, et l'écoutille d'accès coulissa dans un sifflement tandis qu'une vague de chaleur et de fumé surgissait de l'intérieur. L'incinérateur était encore loin et pourtant son influence se faisait déjà sentir. Le grillage énergétique de HK rougeoya tandis qu'il redistribuait la chaleur, mais semblait être totalement opérationnel. Après avoir réglé ses photorécepteurs pour un éclairage plus sombre, le droïde entra dans la fournaise, tandis que l'écoutille se referma derrière lui.
La salle où il se trouvait baignait dans une lueur rouge. De forme rectangulaire, son sol était recouvert de monticules de cendres et de morceaux de matériaux à moitié carbonisés. Les murs présentaient des traces de suie, qui s’étendaient en ligne depuis une ouverture au plafond, où se trouvait une grille de filtrage. A travers elle, HK pouvait voir les jets de flamme de l’incinérateur en action.
Il s’agissait d’un modèle ancien : les détritus étaient jetés par un conduit et descendaient jusqu’à l’incinérateur, dont le plancher était légèrement incliné en entonnoir pour pouvoir concentrer les matériaux jusqu’à la grille de filtrage, grille qui retenait toutefois les produits à désagréger par le feu. Les flammes de l’incinérateur entraient alors en action depuis les parois latérales pour brûler directement ou par effet de chaleur les substances présentes. Lorsque la combustion était jugée suffisante, les particules restantes étaient désormais assez petites pour traverser la grille et tomber dans le déversoir, là où se trouvait maintenant HK. Il ne lui restait plus qu’à monter tout cela.
L’assassin leva son bras droit, et un compartiment métallique au-dessus de son poignet s’ouvrit dans un claquement métallique. Le droïde centra son viseur sur le plafond, à proximité de la grille de filtrage, et fit feu. Le grappin partit et alla se fixer avec un bruit sourd pile au centre du viseur. Activant ses rotateurs internes, HK-66 s’éleva dans les airs, suspendu par son bras où le grappin était en train d’être rentré progressivement, jusqu’à arriver au contact du plafond.
66 activa alors ses amarres magnétiques, et après un bref mouvement de balancier, se colla en parallèle au plafond comme une araignée métallique. A trente centimètres devant lui se trouvait la grille de filtrage, crépitant d’énergie. La couper était trop risquée, car elle pourrait déclencher des alarmes d’urgence. Mais comme les déchets plus gros en bas le montraient, le filtrage n’était pas de grande qualité, et n’avait été conçu que pour limiter les sorties, pas les entrées dans l’incinérateur.
Sa protection environnementale activée au maximum, le droïde glissa sa main gauche vers la grille. Un crépitement se produisit au contact, et il dut appuyer quelque peu pour forcer la résistance, mais il parvint à percer la protection de l’incinérateur. Se rapprochant, il glissa progressivement son bras, puis sa tête et une partie de son torse. Ses capteurs lui indiquaient désormais que si son écran de protection le lâchait, son processeur fondrait en deux secondes et 563 millièmes.
Ses bras à présent dans l’incinérateur, le droïde prit appui de chaque côté de la grille, et se tira à travers le filtre, comme s’il cherchait à se décoller d’une substance particulièrement poisseuse. Ses pieds passèrent enfin, et dans un bref claquement, le grillage retrouva sa forme initiale.
De chaque côté, des bouches à feu émettaient de grandes langues de flammes qui venaient se percuter au milieu. Trois orifices par mur assuraient un débit constant et efficace. Et au-dessus, HK pouvait voir une ouverture, visiblement le tuyau du vide ordure. La question était de savoir comment l’atteindre. En effet son câble grappin ne supporterait pas la température ambiante. Et ses amarres magnétiques ne lui conféraient pas la capacité d’escalade, seulement de s’attacher.
Après 340 simulations différentes réalisées en deux secondes et treize centièmes, le droïde avait décidé de son approche. Prenant son élan il bondit vers la paroi latérale parfaitement lisse. Dans un sifflement aigu son pied traversa un jet de flamme et se posa sur l’orifice qui dépassait légèrement du mur. D’un mouvement parfaitement huilé, la jambe métallique se replia, avant de se détendre sous l’effet de ressorts internes renforcés, propulsant le droïde dans l’air en direction du conduit.
Du bout des doigts, il toucha le rebord et fit pression de ses phalanges sur le métal. Son analyse était correcte comme il se doit. Le métal du conduit était de moins bonne qualité que celui des parois de l’incinérateur, sans doute pour limiter les coûts, avait été poser sans transition jusqu’à l’ouverture. En conséquence, sous l’effet de la chaleur, il s’était déformé et ramolli, assez pour que HK-66 puisse y trouver des prises. Suspendus par une main, son autre se leva et tâtonna un peu, avant de trouver à son tour un renfoncement dans le relief inégal.
Se hissant à la force des servomoteurs, le droïde parvint à passer tout entier dans le conduit et entama son ascension. La progression n’était pas aisée, de multiples particules égarées rendant les parois glissantes en plusieurs endroits, mais les verrous magnétiques en traient alors en action pour permettre à l’assassin de se restabiliser. Après 3 minutes douze secondes et 860 millièmes de tractions et de tensions, HK-66 parvint au contact de la grille du vide ordure. Il pouvait voir à travers un entrepôt du hangar, peu éclairé. Ses senseurs détectaient plusieurs nuisibles à proximité, y compris dans la pièce, mais aucun n’était en position d’avoir la grille dans son champ de vision.
HK-66 tendit son bras droit, et un de ses compartiment s’ouvrit, révélant un projecteur de carbonite miniaturisé. Réglant la puissance au minimum, HK visa les interstices sur les bords de la grille, les remplissant de carbonite. La glace ne tarda pas à faire son effet et la grille ne trouvant plus l’espace nécessaire, se tordit légèrement et sortit de ses gonds. Le droïde la saisie avant qu’elle ne tombe et la fit glisser silencieusement de côté, avant de pénétrer à l’intérieur. Il était dans la place. -
Post n°4
Auteur : HK-66Le dépôt de tri et transfert était parsemé de rangées de caisses qui créaient un mini-labyrinthe. D’après ce que les panneaux de données indiquaient, ces caisses n’étaient pas issues du vaisseau actuellement amarré, mais provenaient de cargos précédemment au même emplacement, et dont la cargaison n’avait pas pu être entièrement triée.
Ce retard était, selon toute probabilité, lié à la prise de contrôle par les preneurs d’otages, puisque HK-66 pouvait observer entre deux rangées de caisses un droïde chargé de déplacer et de trier les caisses, haut de trois mètres, large de deux, mais avec cinq trous fumant au niveau de la plaque de métal protégeant son processeur. Visiblement, les terroristes n’aimaient pas les droïdes, et HK le leur rendrait bien.
La priorité du droïde assassin était de trouver une console liée au réseau interne du hangar, afin d’améliorer les données à sa disposition et de pouvoir placer chaque cible sur sa carte holographique interne. Si de telles consoles n’existaient pas, il pourrait toujours employer l’option numéro deux, à savoir l’interrogatoire avec violence physique et/ou morale envers un terroriste. Tout compte fait, son centre du comportement préférait d’ailleurs basculer l’option deux en option une. Cela ferait plaisir aux nuisibles qu’il ne les fasse pas attendre.
En parlant de ces derniers, ses senseurs lui indiquaient la présence de quatre nuisibles dans la pièce. Les petits points thermiques autour d’eux indiquaient également qu’ils étaient tous armés en blaster et en explosifs, et qu’un tir mal placé de nuisible pourrait déclencher un drôle de feu d’artifice. Mais plus que leur armement, c’était leurs positions précises qui intéressaient le droïde.
Deux des nuisibles se trouvaient à proximité du portail d’accès au réseau du rail électrique les connectant au reste du spatioport. Ils étaient visiblement de garde pour surveiller qu’aucune force de police ne tenterait une approche furtive par ce conduit pour tenter un attaque surprise contre leur retranchement, sans savoir que celui-ci était déjà compromis par l’infiltration d’un droïde assassin de première qualité.
Un troisième nuisible patrouillait entre les rangées de caisses, ses mouvements et son rythme cardiaque indiquant davantage l’ennui que la vigilance. Il descendait et remontait colonne après colonne d’un rythme de sénateur républicain. Les piles de caisses constituaient en effet une succession de murs opportuns à travers la salle, deux rangées séparant actuellement les deux premiers nuisibles du troisième, et une autre séparant ce dernier de HK-66. Enfin, trois autres rangées le séparaient à son tour des deux derniers nuisibles occupant la salle, postés près du couloir donnant accès au hangar proprement dit.
Le centre comportemental de HK nota avec satisfaction que cette disposition était le fruit des programmes de tri des droïdes manutentionnaires, et que si ces derniers avaient au contraire orienté leurs colonnes à l’horizontale entre les deux points d’accès de la salle, sa tâche aurait été bien plus complexe, même s’il accueillait toujours avec plaisir un challenge.
Pour le moment, il convenait de neutraliser le nuisible qui se rapprochait de lui, puis désinfecter la pièce avant d’atteindre le pupitre de contrôle à proximité du couloir menant au hangar. Tournant ses protocoles d’assassinat vers sa première cible, HK-66 enregistra avec une simulation de satisfaction qu’il pouvait infliger tous les sévices possibles du moment qu’ils seraient masqués par les dégâts d’une explosion. La liste des dommages visibles après explosion et indépendants de celle-ci étant assez réduite, le droïde allait pouvoir mettre en action la vaste majorité de ses protocoles.
La cible, appelons la « nuisible numéro 1 », ou « N1 » en abrégé, pivota le long des caisses et s’engagea dans le couloir suivant de sa ronde. N 1 semblait à la fois sous tension, une petite opération terroriste impliquant bien sûr pour les organiques le phénomène physiologique du stress, mais semblait aussi quelque peu relâché, ne s’attendant pas à être en première ligne de l’action dans les moments à venir.
Tout en marchant d’un pas nonchalant, son regard allait et venait sur les côtés, avec le désabusement de celui qui était déjà passé une demi-douzaine de fois au même endroit et qui commençait à se demander sir le vert foncé de telle caisse n’était pas un tout petit peu plus clair que celui de la caisse voisine. Un droïde aurait pu l’informer sur la composition des pigments de peintures, mais il devait se contenter de sa petite boîte cervicale pour analyser les données que lui apportaient ses globes oculaires.
Dans ces derniers apparurent soudain une lueur de légère surprise lorsqu’ils se posèrent sur une forme immobile entre deux caisses. Se rapprochant, la main sur son arme, mais le pouls guère remuant, N1 contempla le droïde qui lui faisait face. A l’arrêt, toute lumière éteinte, le modèle semblait inactif. Toutefois, le terroriste se demandait sans doute pourquoi il n’avait pas repéré jusqu’à présent cette magnifique unité au cours de ses rondes précédentes.
Se tenant à une trentaine de centimètres du châssis de sons sujet d’observation, N1 tendit le bras et toqua deux brefs coups sur le front du droïde, comme s’il cherchait à tester son activité. N’obtenant aucune réponse, il recula, puis se retourna en haussant les épaules. Comme quoi même au bout de sa sixième ronde, il pouvait continuer à découvrir de nouvelles choses.
Il n’avait pas fait deux pas qu’une main de métal se plaça sur le devant de sa tête, recouvrant sa bouche, tandis qu’une autre se posa le long de long de son épaule droite. Sa prise bien assurée, HK-66 tendit ses joints, et après un son comme celui d’une branche un peu sèche se brisant sous le poids d’un Ewok bedonnant, il se baissa pour allonger sa cargaison sans bruit le long du sol et la délester de ses armes.
Le temps pressait, car les nuisibles près de l’accès au spatioport, sans doute plus tendus, venaient de se redresser au son anodin qui avait éclaté dans leur veillé guerrière. N2 se leva et demanda son acolyte, N3:
T’as pas entendu quelque chose ?
Bof, sans doute Geil qui fouille dans les caisses, répondit son camarade, peu intéressé à se déplacer.
Je te dis que j’ai entendu quelque chose
N2 tendit la main vers comlink, et contacta N4 et N5, de l’autre côté de la salle, vu leurs mouvements soudains pour répondre.
Ici Pal, vous n’avez rien entendu ?
Ici Zopo, non rien que les diodes qui rougeoient et le plafond qui noircit.
Geil, Ici Pal, au rapport, c’était quoi ce son ? demanda alors N2, tandis que le comlink de N1, au raz du sol, se mit à crachoter.
Le silence sur le comlink fut sa seule réponse, et il appela à haute voix.
Geil, qu’est-ce que tu fiche ?
La réponse lui vint, quelque peu étouffée de manière étrange.
Rien de grave, mais j’ai trouvé quelque chose qui pourrait nous intéresser. Me faudrait deux paires de bras en plus par contre pour m’aider.
N2 soupira et reprit le comlink.
Zopo, prend Mih avec toi et va voir ce que veut Geil. Et si c’est encore pour faire du ferraillage alors qu'on doit monter la garde pour attendre la rançon, donne-lui une paire de baffes de ma part.
Bien reçu, on y va.
N4 et N5 quittèrent leur poste de garde et pénétrèrent à l’intérieur du labyrinthe de caisses d’un bon pas, cherchant où N1/Geil avait pu se fourrer. N4 avançait le premier, suivit de N5. Ils dédaignaient les mesures de sécurité, se croyant toujours en terrain conquis. Alors que N4 s’engageait entre deux nouvelles rangées, N5 voulut le suivre, mais se retrouva empêché lorsque deux bras métalliques surgirent de l’ombre entre deux containers, le saisirent et l’entraînèrent dans les ténèbres qui le dévorèrent sans autre son que des grognements étouffés.
N4, inconscient du drame qui se jouait derrière lui, continuait d’avancer et s’apprêtait à élever la voix pour invectiver N1, lorsqu’on le tapota sur l’épaule. Se retournant pour voir ce que lui voulait N5, il eut la surprise de découvrir à la place deux yeux d’une couleur spectrale appartenant à un modèle de droïde qui visiblement ne lui était pas totalement étranger mais qu’il n’aurait pas crût trouver ici. Il eut à peine le temps de digérer cette information qu’un poing de métal lui assena un uppercut au menton, envoyant par effet balancier son crâne en arrière, bien au-delà de la limite que permettait l’élasticité relative de sa colonne vertébrale. Un nouveau craquement de branche, et cette fois-ci la cargaison alla s’écraser contre une large caisse.
Geil, si tu casses quelque chose pour t’arrondir tes fins de mois au marché noir, le boss va pas être content, cria depuis l’entrée de la salle N2.
Il espérait visiblement une excuse, ou du moins des réponses, mais la seule qu’il obtint fut le silence.
Geil ? une pause… Geil ? Zopo ?Mih?
N2 se leva nerveusement, commençant à se saisir de son blaster, tandis que N3 se contenta d’un regard interrogateur. Mais avant qu’ils aient pu faire un autre mouvement, une silhouette apparut à la sortie des caisses à proximité d’eux. En fait il s’agissait de deux silhouettes, dont l’une était portée par l’autre. N2 baissa un instant son blaster, se demandant dans quoi les autres s’étaient fourrés. Il reconnut le premier comme étant Mih, mais celui qui le portait n’était pas un de ses collègues, mais un droïde qu’ils avaient visiblement déjà vu.
Stang !! l’un des droïdes de la cargaison s’est activé !
N3 sauta sur pieds et fit un geste vers son comlink, avant de s’immobiliser, le visage constellé de fléchettes, parties du bras droit de HK-66. Enduites d’une substance liquide que la base de données du droïde recensait comme une variante de la Sennari, elles contaminaient leurs victimes de manière instantanée, et N3 ne fit pas exception à la règle, devenant un ex-nuisible avant même de toucher le sol.
N2 avait senti le sifflement des fléchettes l’effleurer, et avait vu son partenaire s’effondrer. Mais avant même qu’il puisse se reprendre et viser le droïde, il reçut le corps de N5 au creux de l’estomac et s’effondra sous le poids de celui-ci. Une fois au sol, un autre poids vint s’ajouter lorsque le pied de métal droit du droïde se posa par-dessus le cadavre, alors que son pied gauche écrasa avec un frottement sinistre la main de N2 qui serrait encore son blaster. Le nuisible glapit de douleur, et relevant la tête, observa d’abord le regard fixe et figé d’horreur de N5 puis, par-dessus, les deux lueurs verdâtres qui servaient d’orifices oculaires pour son adversaire. Une voix nettement métallique surgit du châssis du droïde.
[Remarque préliminaire] plus ton composant flasque te permettant de s’exprimer s’agitera pour répondre à mes interrogations, plus tes souffrances seront courtes et ledit composant préservé d’une amputation anticipée. Compris ?
Sans attendre de réponse, le droïde entreprit son interrogatoire.
[Interrogations successives] où est Piter Fon ? où est Loeman Korisa ? où est le responsable assermenté de votre groupe ? Combien êtes-vous au total ?
[avertissement] mes senseurs me permettent de détecter le mensonge. Si c’est le cas, je procéderai à des prélèvements directs sur votre personne en guise de dédommagement. A titre d’exemple voici le prélèvement bas de gamme:
Le droïde se pencha et sa main se referma sur la tignasse de N2 qu’il tira violemment jusqu’à avoir une bonne touffe dans la main. Après avoir étouffé quelques sanglots, le nuisible se mit à parler.
Arrêtez ! arrêtez ! La grosse légume est dans le poste de contrôle du carburant, et l’intello dans celui des volets du hangar ! le boss s’est gardé le vaisseau pour lui !
[Interrogation méfiante accompagnée d’une pression physique] Pourquoi ne pas garder les otages à bord du vaisseau ensemble ?
J’en sais rien ! tout ce que le boss a dit, c’est qu’il avait besoin des codes de contrôle du vaisseau, et qu’il fallait séparer les otages et les mettre à l’écart du yacht, qui serait la première cible d’une opération de secours ! pitié !
[Addendum menaçant] et combien de nuisibles êtes-vous ?
Nuisibles ? aïe !! on est une vingtaine !! ouille !!! 22 ! 22 ! trois pour chaque otage, cinq ici dans la baie de déchargement, quatre pour l’accès au turbo élévateur, deux pour les passerelles, deux autour du yacht et deux avec le boss dans celui-ci ! C’est tout ce que je sais !!
Les battements cardiaques semblaient corroborer les propos du nuisible, et HK-66 comprit qu’il n’en tirerait rien de plus.
[remerciement] merci pour ces informations. Comme convenu, je ne vous ferais pas souffrir davantage.
Joignant le geste à la parole, HK prit le blaster au sol, le posa sur le front de N2 et pressa la détente. A cette distance, il n’avait effectivement pas le temps de souffrir. Le droïde se releva et se dirigea ensuite vers le pupitre de contrôle pour prévoir rapidement la suite des opérations. -
Post n°5
Auteur : HK-66Depuis la console de commande, HK-66 constata que les preneurs d’otages avaient bien effectué leur travail. La plupart des commandes étaient hors d’usages, et même l’ouverture des différentes portes avait été passée en mode manuel. Se déplacer discrètement pour atteindre ses cibles allait demander un doigté particulier, chose impossible pour le nuisible commun.
Atteindre le hangar par un chariot sur rail depuis l’entrepôt n’était pas une possibilité. Le bruit ne manquerait pas d’attirer les deux nuisibles patrouillant autout du vaisseau, ou même ceux plus loin vers l’ascenseur. S’il y avait également deux nuisibles embusqués sur les passerelles, passerelles qui étaient déjà piégées, passer par l’extérieur était aussi une option invalide.
En revanche, le système d’aération du hangar était connecté à la zone de déchargement. Hk-66 utilisa ses senseurs et les quelques données présentes pour s’assurer de son plan. Il y avait des points d’accès qui lui permettaient d’entrer dans les conduits depuis l’entrepôt, et d’autres qui lui permettraient de déboucher dans les salles annexes où étaient détenues ses cibles. Le seul facteur négatif était le temps perdu à avancer au ralenti dans ces conduits.
Sans attendre, le droïde se dirigea vers l’une des grilles d’aération à proximité qu’il entreprit de démonter, puis se glissa à l’intérieur. Pour un nuisible, outre les questions de température, le risque aurait été de se perdre dans le réseau des conduits et d’arriver non pas dans les salles annexes, mais à la bouche de sortie donnant sur le vide à l’extérieur. Mais pour un droïde de la qualité de HK-66, c’était un jeu de droïde souris que de se guider à l’aide de ses senseurs jusqu’à son objectif.
Il arriva bientôt en dessous de la plaque d’aération à même le sol dans la salle annexe où était détenu Loeman Korisa, l’ingénieur dévaronien. Ses senseurs lui confirmèrent sa présence, ainsi que celle de trois autres nuisibles. Deux qui flanquaient leur otage, et un troisième qui faisait une ronde autour du pilier central, où s’encastrait le panneau de contrôle des volets du hangar.
HK-66 entreprit aussi silencieusement que possible de débloquer la plaque sans la mouvoir, puis attendit que le nuisible numéro trois passe dessus, avant de continuer sa route. Couvert par le pilier par rapport aux autres nuisibles, le droïde jaillit alors et se saisit du patrouilleur à la nuque, avant de le neutraliser silencieusement et définitivement. Ses capteurs audios cherchèrent une réaction des acolytes, mais ceux semblaient être davantage par concernés par les plaintes de leur otage.
-Pitié, je ne suis qu’un simple ingénieur ! C’est mon patron qu’il faudrait rançonner. Je suis sûr que votre chef comprendra rapidement mon inutilité et me fera relâcher ! Vous savez que c’est une perte de temps de me garder !
-Silence!
-Je suis sûr que nous pouvons trouver un accord ! il y a sans doute quelque chose que je peux arranger pour vous ? Pourquoi pas un droïde vibromasseur personnel ? ou l’installation d’un implant mémoriel dernier cri ? Ou un accès exclusif au film Spécial Vacances sur Kashyyyk ?
-Mais tu vas te taire oui ?! Les deux gardes se saisirent du Dévaronien assis par terre et le jetèrent à nouveau au sol avant de lui lancer un coup de jambe dans les côtes. Dans une position idéale et avant qu’ils ne réagissent, HK s’avança sans bruit.
Korisa écarquilla un instant les yeux, mais avant que les deux autres ne puissent réagir, leurs deux boîtes crâniennes vinrent se percuter et ils tombèrent au sol devant l’ingénieur assez confus.
HK-66 tu as activé ? Loué soit la Force ! Ne reste pas planté là et viens aider ton concepteur à se relever, droïde ! Ensuite conduis moi en lieu sûr !
Ces paroles auraient pu être interprétées comme une consigne, mais les priorités dans le processeur de l’assassin mécanique étaient clairement établies. HK-66 tendit sa main mécanique, mais celle-ci se referma sur la gorge de Loeman. Avant que celui-ci ne puisse protester, il s’effondra sans vie.
[constat] Un de chute, reste un debout. -
Post n°6
Auteur : HK-66HK-66 tira sur ses articulations pour se hisser jusqu’au corridor supérieur du système de ventilation. Contrairement à la salle précédente, le poste de contrôle de l’approvisionnement en carburant était connecté à la ventilation par son plafond, ce qui nécessitait une approche avec plus de doigté. Surtout quand il s’agissait de se laisser glisser le long de parois métalliques dans un puit vertical pour redescendre vers ledit poste de contrôle.
En dessous de lui, les photorécepteurs de HK-66 pouvaient capter la lumière de la salle qui remontait jusqu’à lui à travers la grille d’aération. Et ses capteurs audios pouvaient percevoir une conversation.
- Je vous le répète, vous ne savez pas à qui vous avez affaire. Vous feriez mieux de me libérer et de vous constituer prisonnier auprès des Forces de sécurité avant que cela ne tourne mal pour vous. Je suis bel et bien Piter Fon, président directeur général et propriétaire de Automata Galactica.
- On le sait, c’est la quinzième fois que tu le répètes, espèce de…
- Ne m’interrompez pas, votre cas est déjà assez grave. Je ne suis pas n’importe qui. J’ai des relations, des gens très haut placés qui peuvent vous faire de très graves ennuis, des gens de haut-rang !
- Ce ne serait pas mieux s’ils étaient de…
- Et quand ils sauront ce qu’il se passe ici, je peux vous assurer que vous le regretterez, vous et vos proches. Vous serez morts avant même de le réaliser. Raides ! Etendus par terre ! et là vous comprendrez toute votre erreur.
Visiblement, l’otage et cible, le directeur Piter Fon, était en train d’argumenter dans le vide avec deux de ses ravisseurs. Comme pour l’autre pièce, le troisième terroriste devait être un peu plus loin. Il allait donc falloir agir vite et bien pour neutraliser les trois terroristes nuisibles sans qu’ils puissent déclencher l’alerte.
Reprenant un peu de hauteur à la force du poignet et de ses jointures, HK se tint en suspension puis relâcha toutes ses prises pour chuter vers la grille de ventilation, les deux pieds en avant. Son analyse structurelle indiquait une résistance assez lâche au niveau des vis de contact. Elle se révéla juste, puisque sous l’impact, la grille céda, tombant à tout vitesse sur la partie supérieure du crâne d’un des nuisibles, avec le poids d’un droïde par-dessus.
Son compère eut à peine le temps de se tourner aussi lentement que sa composition visqueuse le permettait, que HK-66 avait déjà replié sous lui ses jambes, puis bondit dans la direction du terroriste. Il le saisit par les épaules et lui infligea un coup de châssis frontal dans la figure. Sa prise s’effondra, mais le droïde n’avait pas le temps d’éponger les composants internes visqueux qui s’étaient étalés sur ses photorécepteurs.
Le troisième acolyte, averti par le bruit, arrivait en effet au pas de course. Si HK-66 se saisissait d’une arme à portée, le nuisible se mettrait aussitôt à couvert et pourrait donner l’alerte. En revanche, il serait plus lent à appeler à l’aide si sa cible semblait désarmée. Le droïde garda donc les mains libres et activa son bouclier alors que le terroriste le mettait en joue. Puis il se saisit de la plaque d’aération toujours au sol et l’utilisa comme frisbee.
Avec la force de ses articulations, la puissance de son noyau énergétique, et la précision de ses capteurs, le projectile partit bien plus vite que le nuisible aurait pu l’attendre à cette distance. Il passa entre la tête et le tronc du terroriste avant de d’esquinter le mur derrière. Sans considération supplémentaire pour le résultat du partage, HK-66 se tourna vers Piter Fon.
Celui-ci semblait à la fois choqué par la violence qui venait de se dérouler sous ses yeux, et extrêmement satisfait du résultat final.
- Je savais que vous ne me laisseriez pas tomber ! Bien fait pour ces bandits de pacotille ! Ma dernière requête était un peu déraisonnable, mais vous avez compris que je ne le pensais pas. Et en plus comme vous venez de le voir, vous n’avez pas investis votre argent dans un droïde de basse qualité. Allez ! donnez lui l’ordre de me libérer de ces liens ! Plus vite je quitterais ces lieux abjects, mieux je me porterai.
Les banques de données de HK ne lui permettaient pas de savoir à qui il s’adressait en le regardant, mais ses instructions restaient inchangées. Il se rapprocha de Fon, et le soulagement dans le regard de ce dernier disparu pour être figé dans une expression d’horreur qui lui resta même après que la vie l’a quitté, sans que ses complaintes puissent quitter sa gorge désormais trop tordue.
Les deux cibles étaient à présent éliminées. Il ne restait plus qu’à monter à bord du Yacht de manière discrète pour éliminer le chef des terroristes, puis orchestrer le final explosif. -
Post n°7
Auteur : HK-66HK-66 avança lentement à l’horizontale dans une obscurité complète, tâtant aussi prestement que possible les parois circulaires qui l’entouraient. Après avoir nettoyé le poste de contrôle d’arrivé du carburant, il avait mis les vannes en mode vidange pour vider les canalisations, puis s’était glissé à l’intérieur. D’après les données du poste, le réacteur du yacht stellaire avait été branché au poste de carburant pour se ravitailler avant la prise de contrôle par les terroristes. Et constituait donc un très bon point d’accès pour une infiltration.
En effet, en utilisant les droits d’accès du poste de contrôle, HK-66 avait pu basculer le secteur du réacteur du vaisseau en mode maintenance. Il lui suffisait désormais de se glisser dans la conduite de carburant vidée et de ramper jusqu’à l’écoutille d’accès pour pénétrer dans le vaisseau, puis sortir par la vanne de maintenance une fois à bord.
C’est donc bien lubrifié par les traces de fuel que le droïde pirata l’ouverture et se laissa tomber dans la section ingénierie du Yacht. D’après ses informations, il n’y avait que trois nuisibles à bord, dont sa cible, le chef du groupe. Et ses senseurs en détectaient un non loin de sa position. Se rapprochant aussi silencieusement que possible, il finit par voir un mercenaire de dos qui pianotait sur un panneau d’alimentation, un comlink dans la main gauche.
- C’est fait boss. Avec ce court-circuit et les codes d’accès du droïde, les données devraient à présent être disponibles.
- Très bien, grésilla le comlink. Dès que tu es prêt, reviens en assurer le codage. Notre client ne devrait pas tarder à se manifester, et je ne veux pas être de son mauvais côté.
- Sûr boss ! j’arrive.
Alors qu’il rangeait son comlink et se retournait, HK-66 le plaqua brutalement au mur.
[Requête] Auriez-vous l’amabilité de préciser ce que vous faites ici ?
Le nuisible le regarda avec des yeux remplis d’incompréhension, et HK commença donc la méthode recommandée de jouer littéralement avec les nerfs de sa victime pour la faire parler. Il commença donc à serrer fortement les différentes parties du corps de sa cible, qui poussa un cri de douleur. Mais elle ne semblait toujours pas vouloir prendre la parole, et le droïde décida donc de procéder à sa tâche principale. Un effet de levier et un craquement plus tard, l’assassin déposait le corps tout mou par terre et se dirigea vers la passerelle du Yacht.
Il se glissa aussi silencieusement que possible, anticipant les senseurs électriques comme les yeux globuleux d’un nuisible potentiel, avant d’ouvrir la porte qui donnait sur le cokpit. Mais un seul nuisible s’y trouvait, lui aussi en train de pianoter sur la console de communication.
- Je continue de bassiner les négociateurs que nous envoient les Forces de Sécurités, mais ils vont finir par comprendre que nos revendications sont du vent. Boss, il va falloir…Hé !
Il ne termina par sa phrase alors que son crâne s’écrasa sur son pupitre. HK-66 devait faire vite. Si les Forces de sécurités passaient à l’offensive, elles allaient compromettre sa mission. Il consulta rapidement les données du vaisseau et repéra le dénommé Chef dans les quartiers privés attribués au propriétaire du vaisseau. Ni une ni deux, il se mit en route.
Le changement de décor devint visible à mesure qu’il se rapprochait des lieux : tapis de velours au sol dorures en aurodium, tout indiquait la richesse tape-à-l’œil chère à feu-Piter Fon. Lorsque le droïde ouvrit les quartiers privés, il entra dans un salon à la décoration limitée mais fort couteuse, avec des statues de différentes tailles et de différentes matières, certaines recouvertes de tapisseries luxueuses. Un escalier de l’autre côté menait à une baie d’observation. Et assis au sommet des marches, négligeant le confort des fauteuils, le chef des mercenaires tapotait nerveusement son comlink.
- Pour la dernière fois je répète que j’ai bien récupéré les données que vous désiriez et suis prêt à vous les envoyer. Allô ? vous m’entendez ? Répondez ! Stang !
Il se releva et se tourna vers le droïde, ne manifestant ni surprise ni peur.
- Ah le voilà enfin le mystérieux assassin. Beau travail jusqu’à présent, mais j’ai pris mes précautions. Toute mon équipe a reçu un implant qui me permet de voir leurs signes vitaux si je le désire. J’admets que j’aurai dû le consulter plus tôt qu’il a deux minutes, mais vois-tu, mon commanditaire se fait attendre.
Sans prêter attention à son discours, HK-66 commença à traverser le salon. Le mercenaire devait juste le prendre pour un droïde protocolaire qui avait mal tourné. L’assassin devait profiter de son monologue pour le réduire au silence.
- J’avoue avoir eu du mal à comprendre qui aurait pu éliminer tant de mes hommes en si peu de temps et si silencieusement. Mais après avoir HK-66 à l’œuvre pour déverrouiller les sécurités de la banque de donnée, et constaté qu’il y avait un emplacement jumeau vide à côté de son container de transport, j’aurais dû comprendre plus vite que seul un droïde d’une qualité similaire aurait pu le faire.
- [avertissement] les flatteries ne vous sauveront…
[Remarque surprise « après avoir vu HK-66 à l’œuvre ? »
Le droïde pivota et évita d’extrême justesse la statuette en aurodium qui filait vers son crâne en duracier. Ce que ses senseurs avaient pris pour une statue protégée dans son emballage s’activa, et deux photorécepteurs d’une couleur familière fixèrent le droïde assassin.
Le boss ouvrit les bras :
-HK-66, je te présente HK-66. Elimine-le.