Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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Star Wars RPG

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Deux armées œuvrant main dans la main...

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    Le ChroniqueurL Hors-ligne
    Le Chroniqueur
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    #1

    Post n°1
    Auteur : Hivernus

    Précédemment.


    Campé derrière la baie vitrée de son bureau, le général Ama Shisey contemple dans un silence quasi religieux les lueurs vives qui illuminent de mille feux la capitale de Pantora. A cette heure-ci de la nuit, il n’est guère difficile de s’émerveiller devant un tel spectacle. Semblables à de petits insectes volants à l’abdomen fluorescent, des centaines de véhicules aériens se faufilent entre les immenses structures qui se dressent dans la ville. Le regard du Pantoran passe d’un speeder à un autre, s’attarde sur les enseignes scintillantes de quelques grandes marques locales puis s’arrête finalement sur la façade éclairée d’un grand bâtiment qu’il ne connaît que trop bien. L’Assemblée…

    Le commandant en chef des forces armées de Pantora ne peut s’empêcher de ressentir une once de dégoût pour les politiciens qui y passent le plus clair de leur temps. Nombre d’entre eux sont des hommes ou des femmes de pouvoir qui refusent que l’on empiète sur leur terrain. L’annonce de l’achat de matériel militaire auprès du Seigneurat de Bajic par le président de l’Assemblée a eu l’effet d’un pavé dans la mare. Touchés dans leur égo, nombreux sont ceux qui ont dénoncé cette initiative prise sans le consentement d’une commission issue de l’Assemblée.

    Militaires et politiciens se livrent à nouveau à des affrontements puérils, sans queue ni tête, alors que Pantora menace toujours d’imploser… Et comme pour se venger du général Shisey et de ses partisans, de nombreux membres de l’Assemblée se sont fait un malin plaisir de retarder l’étude de la demande d’une coopération militaire entre les forces armées de Pantora et celle du Seigneurat de Bajic. Lorsqu’une affaire ne va guère dans leur sens, il n’est pas rare, pour les politiciens les plus infâmes, d’avoir recours à l’extrême lenteur de la bureaucratie pour noyer le poisson.

    Fort heureusement pour le commandant en chef des forces armées de Pantora, cette méthode douteuse n’a pas eu l’effet escompté très longtemps. Le général, qui n’est pas sans alliés au sein de l’Assemblée et qui sait comment traiter avec l’élite dirigeante, n’a pas attendu que ses ennemis frappent le premier pour avancer ses pions. Grâce aux pots-de-vin, au chantage et à l’intimidation, Shisey a su obtenir le soutien de nombreux élus. Le Pantoran s’est également appuyé sur son propre réseau de contacts pour faire pression sur les plus récalcitrants et n’a pas hésité à demander l’appui du président de l’Assemblée ou d’autres figures emblématiques du gouvernement pour forcer ses opposants à capituler.

    Finalement, après plus de deux semaines à batailler au sein de l’hémicycle ou dans des dizaines de bureaux, le général a enfin obtenu ce qu’il voulait. L’Assemblée a accepté de ratifier un accord de coopération militaire avec le Seigneurat de Bajic. Et les rares politiciens qui osent encore s’opposer à un tel projet ne peuvent désormais plus rien faire pour empêcher un rapprochement entre une planète en proie aux troubles et un régime militariste qui pourrait bien être leur seule planche de salut.

    Le seigneur Hivernus, qui avait promis au gouvernement Pantoran l’envoi de vingt-cinq conseillers militaires pour encadrer et former les unités de police et les forces armées de Pantora, a tenu parole. Commandos spécialisés dans les missions de renseignements, le contre-terrorisme ou les opérations en zone urbaine, soldats chargés du maintien de l’ordre, démineurs, pilotes… Le Chiss a envoyé autant de spécialistes que possible afin que le général puisse faire bénéficier à ses hommes d’un certain nombre de compétences. Il a même été plus généreux que prévu en acceptant de fournir dix conseillers supplémentaires, issus de sa société de sécurité privée, afin qu’ils se chargent des exercices de protection rapprochée et de l’encadrement de certaines opérations spéciales.

    Pour le commandant en chef des forces armées de Pantora et ses plus proches collaborateurs, il ne fait aucun doute que le rapprochement amorcé avec le Seigneurat de Bajic porte déjà ses fruits et montre l’avantage qu’il y a à s’entourer de puissants alliés. D’ici peu, Pantora sera un endroit plus sûr et un certain nombre de problèmes sera réglé. L’ordre sera restauré et la grogne de la population baissera en intensité. Il serait bien idiot de ne pas accepter les bénéfices d’une telle alliance…


    - Excusez-moi de vous déranger à une heure aussi tardive, mon général, mais il se trouve qu’un certain major Brunson souhaite s’entretenir avec vous. Indique un droïde secrétaire dans l’encadrement de la porte. Dois-je le renvoyer ?

    - Non, ce ne sera pas nécessaire… Vous pouvez le faire entrer.

    Un homme de grande taille, à la silhouette élégante, vêtu d’un uniforme vert aux manches striées d’une unique bande bleue, se présente dans le bureau du général et présente à ce dernier son plus beau salut militaire. Le Pantoran esquisse l’ombre d’un sourire, appréciant cette marque de respect. Les politiciens qui gangrènent Pantora de tous leurs maux devraient prendre exemple…

    - Mon général.

    - Major Brunson… Vous n’avez pas mis longtemps à vous acclimater. Fait remarquer le général en invitant l’officier à s’installer en face de lui.

    - L’air est plus clément ici que sur Rezi-9. On a tôt fait d’étouffer dans la jungle… Répond le dénommé Brunson, un sourire au coin des lèvres.

    Le major et ses hommes, qui sont arrivés il y a quelques jours seulement, se sont rapidement adaptés à la vie sur Pantora. Les militaires locaux ne manquent pas de faire remarquer à leur supérieur le niveau de professionnalisme des conseillers envoyés par le seigneur de la guerre. Il ne fait aucun doute que ces lascars-là n'auront aucun mal à se faire respecter par les soldats qu’ils auront sous leur tutelle.

    - Vous marquez un point, major. Que puis-je faire pour vous ?

    - Mon général, ça me tue d’avoir à vous le dire mais j’ai remarqué plusieurs défaillances dans vos protocoles de sécurité depuis mon arrivée sur Pantora. Annonce l’homme. Plusieurs de vos patrouilles sont mal utilisées, mal positionnées. Et de ce que j’ai vu, certains de vos officiers exploitent mal les ressources qui sont à leur disposition. Si j’ai pu observer tout ça en quelques jours, je ne doute pas un instant que d’autres ont pu faire le même constat… Ce qui pourrait, s’il s’agissait d’agents étrangers, d’opposants politiques ou d’organisations criminelles, se retourner contre vous.

    - A la bonne heure… Au moins on peut dire que vous n’avez pas perdu de temps pour vous mettre au travail. Lâche pour tout commentaire Shisey.

    - Quand on aime son boulot, général, il n’est guère difficile d’aller au turbin. Admet Brunson en souriant de plus belle. Quoi qu’il en soit, je dirai à mes hommes de travailler là-dessus avec vos équipes. Les gars de Sécurité Globale sont plutôt doués pour remarquer les failles de sécurité. Et ils prennent leur boulot très au sérieux.

    - Bien évidemment. Vous êtes là pour ça, après tout.

    Au moins, on ne peut pas dire que les premiers résultats se sont fait attendre… Le président de l’Assemblée sera probablement ravi d’apprendre que les hommes du seigneur Hivernus n’ont pas mis longtemps à mettre leurs compétences au service des forces armées de Pantora. Et nombre d’élus se sentiront probablement plus en sécurité une fois que les agents de Sécurité Globale et les commandos des forces spéciales seigneuriales auront appris à leurs homologues Pantorans tout ce qu’il y a à savoir dans le domaine de la protection et les missions de défense.

    - Je sais que la journée de demain risque d’être longue pour vous, major. Cependant, si vous avez quelques heures devant vous, j’aimerai prendre un peu de votre temps pour passer en revue ces failles de sécurité.

    Pour le général Shisey, ce serait là l’occasion d’en apprendre plus sur les doctrines en vigueur au sein des forces armées seigneuriales. Tout échange est bon à prendre. Et le Pantoran ne doute pas un instant que les officiers du seigneur Hivernus ont beaucoup à lui offrir…

    - Vous l’avez dit vous-même, général. Je suis là pour ça. Je ne vois donc aucun inconvénient à passer une partie de la nuit à plancher sur vos problèmes de sécurité.

    Les officiers se serrent chaleureusement la main, tels deux vieux frères d’armes qui ont traversé ensemble mille champs de bataille, puis commencent à se mettre au labeur. Pour ces deux-là, la nuit risque d’être longue… Ou pourrait tout aussi bien passer si rapidement qu’ils ne s’en rendraient pas compte, probablement débordés par une masse de travail.

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    • Le ChroniqueurL Hors-ligne
      Le ChroniqueurL Hors-ligne
      Le Chroniqueur
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      #2

      Post n°2
      Auteur : Hivernus

      Campé devant l’immense bâtiment abritant le Ministère de la Défense, le major Brunson attend patiemment qu’on vienne le chercher. Sanglé dans son uniforme vert aux manches striées d’une unique bande bleue, l’officier observe les allées et venues des différents employés. Fonctionnaires, politiciens, militaires… Ils sont nombreux à passer les portes du Ministère. Trop pour qu’ils soient comptés. Des centaines d’individus se pressent ainsi dans les locaux de ce département pour discuter des prochaines coupes budgétaires alors que le spectre d’une nouvelle guerre menace de faire son retour à l’horizon… La bureaucratie dans toute sa splendeur ! Ces fous furieux beaux et propres dans leurs costumes hors de prix causeront la perte de Pantora, à n’en pas douter.

      Alors qu’il en vient une fois de plus à maudire la classe politicienne, Brunson voit venir vers lui le général Shisey et son escorte. Voilà l’homme de la situation ! Le sauveur de Pantora… Les gouvernants de ce monde cherchent par tous les moyens à faire des économies sur la sécurité, considérant que les fonds alloués à la défense sont trop importants et mal distribués. Bien évidemment, à l’aide de ruses aussi vieilles que la galaxie elle-même, ces pourritures sans nom récupèrent une part non négligeable de ces budgets confisqués et s’en servent pour financer leurs propres projets… Le tout au détriment de la population, qui n’en voit pas les bénéfices. Le commandant en chef des forces armées de Pantora est l’une de ces rares personnalités influentes de la planète qui ose s'opposer aux magouilles politiques des membres de l’Assemblée.

      Pour le major, il ne fait aucun doute qu’il faut se salir les mains pour venir à bout de ce fléau. Comme l'adage le dit si bien, il faut combattre le feu par le feu… Et la lutte, qui se veut à la base vertueuse, prend parfois un tournant plus sinistre. Ceux qui font face à la corruption finissent ainsi par employer les mêmes méthodes que ceux qu’ils se sont jurés de combattre. Brunson et Shisey, qui se sont rapprochés au cours des dernières semaines, ont eu de nombreuses discussions très éclairées à ce sujet.

      Mais aujourd’hui, il n’est guère question de magouilles politiques, d’affaires de corruption. Aujourd’hui, les deux officiers se sont donnés rendez-vous pour discuter de sujets plus pressants… D’affaires plus importantes. Brunson présente son plus beau salut militaire au général lorsqu’il arrive à sa hauteur.


      - Mon général.

      - Major Brunson. Lâche pour toute réponse le Pantoran avant de rendre au major son salut militaire, venant ensuite lui serrer la main avec vigueur. Si vous voulez bien me suivre…

      - Bien sûr.

      S’assurant d’avoir Brunson dans son sillage, le commandant en chef des forces armées de Pantora se dirige vers un convoi de trois véhicules. Un soldat lourdement armé ouvre la portière arrière par laquelle les deux officiers s’engouffrent. Après une brève transmission par comlink confirmant la présence à bord de leurs deux personnes d’intérêt, les hommes du général s’embarquent à leur tour dans les différents airspeeders. L’instant d’après, le convoi s’envole et prend rapidement la direction d’une base située à l'extérieur de la capitale.

      Le major, qui ne se lasse jamais de la vue superbe que lui offre chacun de ses voyages, observe par la fenêtre blindée les longues files de véhicules aériens qui passent habilement entre les immenses tours d’habitations de la ville. Des bâtiments du genre doivent se compter par centaines sur Pantora. Et les nombreux engins qui volent ici et là sont très certainement innombrables. Face à tant de gigantisme, il est facile de rendre compte de l’insignifiance d’une seule vie à une échelle galactique… Tout être vivant qui fait son petit bout de chemin dans la galaxie n’est qu’une goutte d’eau parmi tant d’autres dans un vaste océan fourmillant de vie et d’activités.


      - J’ai entendu parler de la libération de Kabaira par les forces seigneuriales… Fait remarquer Shisey afin de lancer la conversation. De ce qu’on m’a dit, il y a eu un véritable carnage dans les couloirs du quartier-général de l’Association Natori.

      - C’est ce qu’on m’a également rapporté, en effet. Les mercenaires de Natori et les forces corporatistes se seraient apparemment entretués après un différend entre leurs commandants respectifs. Raconte le major. L’un de mes contacts, un capitaine combattant au sein de la deuxième légion, m’a confirmé avoir assisté au nettoyage des lieux. Le spectacle n’était pas particulièrement agréable si l’on se fie à ses dires… Des cadavres dans tous les sens, à tous les endroits… Une vraie boucherie. L’ensemble du gouvernement planétaire se serait fait exécuter par les gros bras de Natori dans une salle et plusieurs officiers auraient été assassinés par leurs hommes avant que les forces seigneuriales ne donnent l’assaut. En des termes moins élégants, lorsque nos gars sont arrivés sur place, c’était un sacré foutoir et ce n’était pas beau à voir.

      - Je n’en doute pas un instant, major.
      Répond le général. Je constate toutefois que ces porte-flingues vous ont facilité la tâche en vous débarrassant du gouvernement local. Le Seigneurat de Bajic a désormais la voie libre pour imposer son propre gouvernement.

      - C’est pas faux. Lâche pour toute réponse Brunson, avant de renchérir. Mine de rien, si vos politiciens pouvaient faire de même et s’entretuer… Cela vous éviterait bien des problèmes sur Pantora.

      - A qui le dites vous… Marmonne le commandant en chef des forces armées Pantorans, lucide quant à la situation actuelle sur sa planète.

      - Vous savez, général, j’ai remarqué que la sécurité est pratiquement laxiste au Ministère de la Défense. Il suffirait de placer quelques bombes ici et là et pouf ! Moins de problèmes en perspective. Et avec un peu de tact, on pourrait même utiliser cet attentat à notre avantage. Blague le major.

      La remarque amuse le Pantoran autant qu’elle l’irite. Le sourire qu’il affiche au coin des lèvres est le sourire d’un type dépité par l’idiotie d’une classe politicienne à la ramasse.

      - Oui… J’avais bien remarqué moi aussi. Ces imbéciles ont peur que je place mes sympathisants à tous les recoins de la capitale et que j’en profite pour lancer un coup d’état… Alors ils préfèrent se contenter d’une protection minimaliste plutôt que de se fier à des forces de sécurité qu’ils jugent peu fiables. Soupire Shisey. Et le jour où un idiot se fera sauter sous leur nez, ils en profiteront allégrement pour me discréditer.

      - Foutus politiciens…

      Les deux officiers en viennent à raconter toutes sortes d’âneries sur ces individus magouilleurs qu’ils ne portent pas dans leur cœur. Le général évoque même quelques anecdotes croustillantes sur une poignée de grandes personnalités politiques locales. Certains sont surpris dans les bras d’une maîtresse, parfois chassés nus dans la rue ou dans un couloir d’hôtel par un mari en colère. D’autres font l’objet de rumeurs amusantes, étant la cible de sobriquets et de pensées cocasses. On les imagine volontiers avec des fétiches sordides. Les plus gros poissons se retrouvent quant à eux impliqués dans des affaires embarrassantes, reconnus par monsieur ou madame tout le monde dans des soirées aux mœurs légères. Un membre d’un parti conservateur de l’Assemblée s’est ainsi fait surprendre lors d’une fête, entouré d’hommes aux tenues affriolantes.

      Le temps passe. Et la haine des politiciens que partagent Shisey et Brunson les rapproche assurément. Finalement, le convoi arrive à destination. Les trois véhicules s’arrêtent à un premier checkpoint où l’on contrôle l'identité des passagers. Ils pénètrent ainsi le périmètre extérieur de la base puis sont invités à s’identifier à nouveau à un second point de contrôle. Le major en profite pour évaluer le niveau de sécurité de cette installation militaire. Des patrouilles armées, des gardes postés sur des miradors, des droïdes de surveillance et des appareils survolant la zone en continu… De quoi forcer l’admiration chez n’importe quel officier. Le seigneur Hivernus lui-même serait impressionné.

      Recevant l’autorité de pénétrer dans l’enceinte de la base, le convoi poursuit sa route jusqu’à arriver devant une série de hangars de grande taille. Jouxtant une vaste aire d’atterrissage où de nombreux vaisseaux cargo viennent livrer leurs cargaisons, ces bâtiments doivent très certainement servir d’entrepôts pour les forces planétaires. Les soldats de l’escorte du général sont les premiers à s’extirper hors des airspeeders afin de sécuriser la zone, suivant là un protocole aussi vieux que le monde. Le commandant en chef des forces armées de Pantora est ensuite invité à descendre de son véhicule, un homme de sa garde rapprochée lui ouvrant la porte. Le major le suit comme son ombre.

      Les deux officiers sont conviés par le personnel de la base à entrer dans le premier hangar, où d’immenses rangées de caisses attendent d’être entreposées par des équipes de manutention. Un capitaine, commandant en second des installations militaires, est chargé de faire la visite au général et à son invité de marque. Mais Shisey n’est pas particulièrement patient et on le dirige donc à l’arrière de l’entrepôt, où de multiples chargements en provenance du Seigneurat de Bajic sont provisoirement stockés. L’inventaire du contenu des caisses, ornées de l’emblème de l’Arsenal Militaire de Lybeya, est répertorié par un droïde protocolaire. L’unité 3PO, qui se retourne instinctivement en entendant des bruits de pas dans son dos, lève les bras au ciel en guise de stupeur.


      - Bonté divine ! Général… Je ne m’attendais pas à vous voir aujourd’hui ! S’indigne l’automate, perturbé dans ses complexes calculs de données.

      - Je voulais être aux premières loges pour l’inventaire de notre dernière cargaison. Indique le général. Et puis… Je suis général. Je fais bien ce que je veux de mon temps libre, n’est-ce pas ?

      - Bien évidemment, général… Loin de moi l’idée de vous offusquer.
      Répond alors l’unité protocolaire. Comment puis-je vous être utile ?

      - Ces caisses nous viennent tout droit du Seigneurat de Bajic n’est-ce pas ?

      - En effet, général. Nos alliés sont toujours très ponctuels sur les délais de livraison. Certains de nos fournisseurs locaux devraient prendre exemple sur la conduite irréprochable de l’Arsenal Militaire de Lybeya. Commente le droïde.

      - J’en prends bonne note. Tu as pu faire un premier inventaire des caisses, j’imagine.

      - Naturellement. Mes processeurs ont déjà rencensés huit mille kits Comodo, deux mille fusils blasters AML-FB3 et quatre mille carabines blasters AML-C1. Rapporte l’automate avec fierté. Je me dois de vous informer qu’il reste encore trois rangées complètes de caisses à enregistrer. L’équipement recensé n’est donc pas encore complet… Mais je n’ai aucun doute, connaissant la qualité du service de nos alliés, que la commande sera livrée dans son intégralité.

      Il vaut mieux, en effet. Les membres de la commission à la défense, fidèles à leur réputation d’emmerdeurs de première catégorie, veulent noyer Shisey sous une tonne de paperasse. S’ils n’ont pas le temps de débattre de l’utilité de certaines initiatives militaires dans l’hémicycle, ces foutus politiciens ont toutefois toujours des heures à consacrer aux inspections surprises. Au moindre faux pas du général, les voilà prêts à dégainer leur arsenal administratif pour le restreindre dans ses mouvements. Obtenir leur aval pour l’achat de nouveaux équipements a été une véritable horreur… Alors il vaudrait mieux pour tout le monde que le compte soit bon.

      Le regard du Pantoran se dirige soudainement vers une caisse ouverte. Le commandant en chef des forces armées de Pantora s'empare d'un blaster, un modèle AML-FB3, qu'il manipule avec beaucoup de précaution. Mettant en joue une cible imaginaire, l'officier évalue le poids de l'arme, l'examine sous tous ses angles. Puis une idée vient germer dans son esprit.


      - Nous avons un peu de temps à tuer, major... Et il faut bien vérifier la qualité du matériel que vos supérieurs nous envoient. Que diriez vous de tester quelques-unes de ces armes ?

      - Je suis toujours partant pour faire sauter quelques têtes, mon général ! Avoue Brunson, un sourire rayonnant aux lèvres. Et puis... L'odeur caractéristique des blasters qui fument... Un vrai régal !

      - Capitaine, veuillez préparer le terrain d'entraînement. Nous poursuivrons la visite des locaux après. Commande le général.

      Le commandant en second de la base s'exécute presque aussitôt. Lorsqu'il est possible de lier l'utile à l'agréable... Pourquoi s'en priver ?

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        #3

        Post n°3
        Auteur : Hivernus

        Précédemment.


        Après plusieurs semaines de négociations clandestines entre les autorités seigneuriales et le gouvernement de Pantora, puis autant de temps à débattre de manière officielle au sein d’une commission parlementaire, il a finalement été décidé d’accepter la requête du Seigneurat de Bajic. Malgré une résistance acharnée de la part de l’opposition, un accord a été trouvé. Chune Tomoon a de toute manière une grande partie de l’Assemblée dans sa poche, par l’intermédiaire d’alliances politiques, de jeux d’influence ou de magouilles en tout genre, et toute protestation venant des partis d’opposition semble vouée à l’échec.

        C’est donc sous un tonnerre d’applaudissements que l’Assemblée de Pantora a voté en faveur d’un nouvel accord avec le Seigneurat de Bajic. Certains considèrent que l’autorisation d’achat et de vente de biens locaux aux autorités seigneuriales et à leurs firmes représentent un danger pour l’économie locale et les intérêts de Pantora de manière générale. Ces opposants politiques s’inquiètent de l’influence que le seigneur de la guerre Hivernus commence à avoir au sein du système politique de Pantora et affirment par ailleurs que l’appareil militaire est déjà sous contrôle étranger. Au sein du camp de la majorité, on réfute ces accusations avec véhémence, considérant que les arguments de l’opposition ne font aucun sens et ne reflètent en rien la réalité.

        Le président de l’Assemblée est par ailleurs le premier à rappeler publiquement à ses détracteurs que la souveraineté de Pantora est déjà remise en question par les actions de divers groupes pirates et esclavagistes qui, du fait de leur complaisance, ont eu les mains libres pour attaquer les convois qui ravitaillent la planète. Accusant volontiers ces mêmes opposants politiques de soutenir les intérêts de quelques cartels criminels, des marchands d’épices ou de sectes religieuses, Chune Tomoon met notamment en avant la facilité avec laquelle ils proposent et votent des lois de désarmement des forces de sécurité Pantorans dans un moment où la société est assaillie de toute part par des menaces tant intérieures qu’extérieures.

        Dans sa lutte face au crime organisé, le Seigneurat de Bajic demeure en effet le seul allié de Pantora et il convient donc de maintenir ce partenariat prometteur par l’intermédiaire de traités. La réduction des raids pirates est en partie due à l’intervention des forces armées seigneuriales dans la région et il est évident que le retour à la prospérité voulu par tant de Pantorans ne se fera qu’avec l’aide de partenaires commerciaux et militaires puissants tel que le Seigneurat de Bajic. Les médias traditionnels s’alignent par ailleurs sur le discours officiel du gouvernement et quelques journalistes virulents n’hésitent pas à exposer les prétendues affaires de corruption qui impliquent certains membres des partis d’opposition afin de donner du crédit aux accusations du président de l’Assemblée.

        Bien qu’ayant l’appui du gouvernement de Pantora du fait de l’accord nouvellement signé, les autorités seigneuriales ont fait le choix de suspendre leurs opérations de prospection sur la planète, préférant en effet apaiser la situation et conserver le soutien de la population. Le rachat des droits d’exploitation d’un champ pétrolifère appartenant à la richissime famille Shoti représente la seule entorse à cette décision. Les besoins en carburant des forces armées seigneuriales ne cessent en effet d’augmenter et de ce fait, l’acquisition d’un vaste gisement s’avère la seule solution possible pour remédier en partie au problème de ravitaillement. L’acquisition par Lybeya Excavations de l’un des plus vastes champs pétrolifères de Pantora devrait maintenir à flot les réserves de carburant de la marine de guerre du Seigneurat de Bajic pendant un certain temps.

        Par ailleurs, la famille Shoti, puissante maison aristocratique de Pantora dont est issue la vicomtesse Iya Shoti, ambassadrice auprès du Seigneurat de Bajic, ne cache pas le soutien qu’elle apporte au seigneur de la guerre Hivernus. Aux yeux de la famille Shoti, la cession de l’une de ses plus prospères exploitations pétrolières à la Corporation Hawan représente un moyen comme un autre de soutenir l’effort de guerre des autorités seigneuriales… Et il y a fort à parier que l’accord passé en toute discrétion par les deux parties n’est que la face émergée de l’iceberg. En effet, nul ne sait quels étranges arrangements les Shoti et les Hawan ont pu conclure entre eux… Et il en est peut-être mieux ainsi. Quoi qu’il en soit, le changement effectif de propriétaire s’est déroulé loin des projecteurs et des caméras… Et en comité restreint. Le Seigneurat de Bajic, représenté pour l’occasion par sa ministre de la guerre, tient à demeurer discret sur cette passation de pouvoir et n’a pas souhaité un évènement en grande pompe. Une visite des lieux a été organisée en présence des cadres de l’exploitation et de plusieurs membres de la famille Shoti.





        Accompagnée de ses habituels aides de camp, Sylvar a ainsi pu faire le tour de l’impressionnante chaîne de plateformes pétrolières reliées les unes aux autres par de solides ponts suspendus. Nommé POLARIS-2, le vaste complexe industriel est perdu au beau milieu de la toundra, dans les terres les plus septentrionales de Pantora et se situe donc loin des grandes zones habitées. Afin de répondre aux besoins des milliers d’ouvriers travaillant sur le site, il a fallu redoubler d’ingéniosité et faire appel à un certain nombre de spécialistes. Disposant des commodités d’usage pour une exploitation de cette ampleur, POLARIS-2 est ravitaillé depuis un vaste port aménagé de manière à recevoir de grands navires de transport et bénéficie également de la présence d’un petit aéroport depuis lequel cargaisons et personnels transitent.

        La ministre de la guerre ne l’admet guère devant ses hôtes mais elle est tout simplement impressionnée par l’efficacité avec laquelle les Shoti ont organisé cette gigantesque exploitation. La Cathar comprend aisément pourquoi cette famille figure parmi les plus prospères et les plus influentes de Pantora… Mais il lui reste encore beaucoup à découvrir, à apprendre de cet endroit. Et elle doit d’abord s'entretenir avec les représentants syndicaux des ouvriers afin de leur présenter leur nouvelle direction et les futurs changements qui s’annoncent. Une prime immédiate de plusieurs centaines de crédits, accordée à l’ensemble des employés, devrait probablement les aider à appréhender de manière positive cette transition. Pour le reste, il faudra sûrement faire preuve de persuasion et laisser le temps faire son œuvre.

        Pour l’heure, il faut se contenter de s’approprier les lieux de la manière la plus douce qui soit. Sylvar, qui a une immense pression sur les épaules du fait de son poste de première importance au sein du Seigneurat de Bajic, compte bien rappeler à ses subordonnés qu’aucun débordement ne sera toléré. Après tout, il est déjà admis que cet important complexe a un grand rôle à jouer. La poursuite des opérations militaires seigneuriales au sein du secteur de Bajic et des systèmes avoisinants dépend en partie de l'aptitude des forces armées à se ravitailler en carburant... Et tout mouvement de grève parmi les ouvriers de POLARIS-2 aurait un effet dévastateur sur les capacités de projection de la marine de guerre du Seigneurat de Bajic. Pour la ministre de la guerre, il semble donc logique de veiller à ce que les besoins des employés soient satisfaits et que leurs demandes soient prises en considération.

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          Auteur : Hivernus




          La navette du major Brunson amorce sa phase d'atterrissage, aiguillée en ce sens par les opérateurs de la tour de contrôle du vaste complexe. L’officier, pour qui cette visite est une première, apparaît déjà impressionné par ce qu’il voit depuis le cockpit. POLARIS-2, avec ses dizaines de plateformes pétrolières, ses grandes raffineries et ses immenses cuves de carburant semble s’étendre à perte de vue… Jusque dans la mer où d’imposants navires de fret viennent s’amarrer sur les quais d’un port aux dimensions gigantesques. Assimilant en silence l’ampleur des installations, le militaire comprend mieux pourquoi on l’a envoyé se geler les miches dans un endroit aussi reculé. D’importants moyens doivent être mis en place pour assurer de manière efficace la sécurité d’un tel site. Et puisque cette immense exploitation est vitale à l’effort de guerre du Seigneurat de Bajic, il faudra mettre les bouchées doubles pour déjouer toute tentative de sabotage de la part de l’ennemi.

          Débarqué à terre avec une équipe de protection rapprochée, l’officier s’acclimate rapidement au changement brusque de température. Ajustant le col en fourrure de son uniforme afin de se protéger du froid, se frottant vigoureusement les bras et les mains pour faire circuler la chaleur et le sang dans ses membres engourdis, l’homme se lance dans une inspection minutieuse des installations. Accompagné de plusieurs cadres de l’exploitation et du responsable des forces de sécurité, le major Brunson prend en considération les protocoles de sécurité établis, la disponibilité des patrouilles et leur répartition sur le terrain ainsi que le matériel utilisé.

          Les soixante-quinze opérateurs de la compagnie Blizzard, chargée de la sécurité de POLARIS-2, figurent parmi les meilleurs éléments de Sécurité Globale et disposent, à cet effet, d’un vaste panel d’armes et d’équipements d’excellente facture. Principalement constituée d’anciens militaires et d’agents des forces de l’ordre, cette unité d’élite possède par ailleurs de sa propre flotte de véhicules, composée de six motojets Zephyr-G, huit patrouilleurs, deux canonnières de police et quatre transports blindés modèle Orbitblade-2000, afin d’accomplir sa mission de protection dans les meilleures conditions. Ils sont aidés dans leur tâche par une équipe d’experts en contre-espionnage informatique, dont les membres ont à charge la surveillance des systèmes de sécurité des installations ainsi que la protection du réseau informatique propre à l’exploitation. Sécurité Globale a également commencé à prospecter au sein même de la population de Pantora, ayant déjà réussi à recruter deux cent auxiliaires locaux qu’il faut désormais entraîner et équiper.

          Depuis le centre de contrôle des opérations, le major Brunson peut assister en temps réel aux moindres activités ayant cours sur le site par l’intermédiaire d’une foule de capteurs de mouvement, senseurs, radars et caméras… En somme, tout est fait pour assurer au mieux la protection du site et de ses occupants. Sur les écrans, des centaines d’images transmises en direct par des enregistrements vidéo défilent sous les yeux d’analystes mi-hommes mi-machines. Immobiles sur les chaises qu’ils occupent, les cyborgs sont semblables à des statues endormies. L’officier, qui n’a jamais réellement été à l’aise avec les individus métamorphosés par d’importantes greffes d’implants, dissimule du mieux qu’il peut l’inconfort qui vient l’envahir. Les “augmentés”, comme certains aiment les appeler, n’ont pour la plupart plus rien d’humain. Bourrés de câbles qu’ils dissimulent sous une chair synthétique, organes de vision remplacés par de puissants photorécepteurs, membres supplantés par d’impressionnantes prothèses, peut-on réellement encore placer ces aberrations technologiques dans la catégorie des êtres organiques ?

          S’il se pose tout un tas de questions à leur sujet, le militaire préfère toutefois se concentrer sur des domaines qu’il maîtrise et comprend. Il laisse volontiers ces cyborgs errer dans les méandres des réseaux informatiques qu’ils semblent tant affectionner, n’ayant aucun intérêt à les sortir de leur torpeur mystique. Se tournant vers le responsable de la sécurité, le major Brunson retrouve toute sa vigueur.


          - Admettons qu’un ennemi quelconque dispose d’appareils capables d’attaquer ces installations… En combien de temps vos hommes seraient-ils en mesure de réagir efficacement ? Demande-t-il finalement, les mains croisées dans le dos.

          - Nos propres appareils sont capables de décoller afin de répondre à toute menace en moins de cinq minutes.

          - Hmm. C’est un temps de réaction raisonnable… Mais que se passerait-il si un commando venait à prendre en otage un groupe entier d’ouvriers, ou si des saboteurs parviennent à s’infiltrer sur zone, à installer des bombes ? Poursuit alors l’officier.

          - Nous avons des procédures d’intervention et d’engagement pour chacune de ces situations. Et nos systèmes de protection devraient, en théorie, empêcher ce genre d’évènements de se produire. Nous serions prévenus avant même qu’ils ne puissent entrer sur zone. Répond l’homme en charge de la compagnie Blizzard.

          - Et la sécurité du port… De quelle manière est-elle organisée ?

          - Nous avons en permanence une escouade de dix opérateurs sur place, plus au moins une unité d’auxiliaires, pour assurer la sécurité des installations portuaires. Indique l’homme, serein. Chaque navire entrant dans le port doit se conformer aux normes de sécurité en vigueur : Contrôle du manifeste de cargaison, passage au scanner des conteneurs et vérification de l’identité des membres d’équipage notamment. Si tout est en ordre, le navire est autorisé à charger ou décharger sa cargaison.

          - J’imagine qu’il en est de même avec les navettes de transport transitant depuis l’aéroport…

          - En effet, major.

          - Je vois. Très bien. Se contente de murmurer le militaire, songeur.

          Sur le papier, Sécurité Globale semble préparée à toute éventualité. Mais Brunson n’est pas ici pour croire sur parole tout ce qui sort de la bouche d’un capitaine qui a tout intérêt à paraître compétent pour ne pas perdre son poste. S’il ne doute pas des capacités de l’officier à gérer la sécurité d’un tel complexe (après tout, l’homme est un ancien des forces spéciales à ce que l’on dit), le major demeure toutefois prudent. Même le plus expérimenté des soldats peut se faire surprendre… De ce fait, il convient de ne rien laisser au hasard.

          - J’aimerai passer en revue les auxiliaires que vous avez recruté… Et les voir à l'œuvre, aussi. Déclare finalement le militaire.

          - Bien évidemment. Ils seront d’ici peu être impliqués dans un exercice de lutte contre les sabotages qui doit avoir lieu sur le site. Je m’arrangerai pour que vous soyez des nôtres, major.


          L’officier acquiesce en silence. Il compte bien rester sur place quelques jours afin de s’assurer que la sécurité du site est bien prise au sérieux.

          Après tout, POLARIS-2 n’est pas qu’un vaste complexe industriel dédié à l’extraction et à la transformation des hydrocarbures. Sous l’égide du Seigneurat de Bajic, et par l’intermédiaire de la Corporation Hawan qui dispose des droits d’exploitation de ce vaste champ pétrolifère, il semblerait bien que ce site se transforme peu à peu en véritable base militaire. Brunson, qui est loin d’être idiot, pense deviner l’intérêt stratégique qui se cache derrière cette décision… Il voit déjà de futures unités militaires seigneuriales s’installer ici afin de se former sur de nouveaux domaines d’expertise. POLARIS-2 deviendra en peu de temps une base avancée sur un monde qui, bien qu’étant allié au Seigneurat de Bajic, ne dépend toutefois pas de sa juridiction. Et quelque chose lui dit que la coopération militaire entre Bajiciens et Pantorans risque de s’intensifier d’ici peu.

          Raison de plus pour s’assurer que tout soit sous contrôle quand on y pense bien. Le militaire doit donc veiller au grain et supprimer l’existence potentielle de toute faille de sécurité par une inspection minutieuse des installations.


          - Si vous me permettez, capitaine, j’aimerai pouvoir poursuivre la visite du site par mes propres moyens.

          - Bien entendu, major. Faites comme chez vous…

          Dans les faits, le major Brunson n’a pas besoin de l’autorisation du responsable de la sécurité pour quoi que ce soit. Puisqu’il a été désigné par le ministère de la guerre pour mener cette inspection, l’officier a toute autorité en la matière pour agir selon sa volonté… Et sans s’encombrer de la présence d’individus capables d’entraver son enquête. L’autre le sait très bien et cette courtoisie dont ils font preuve à tour de rôle est une sorte de formalité entre soldats.
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