Brume sur l’Échine
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Post n°4
Auteur : Zaden KryosLes deux mercenaires achevaient leur inspection du secteur de maintenance, leurs gestes précis trahissant un entraînement militaire solide. Le plus grand des deux, un homme au crâne rasé marqué de cicatrices, vérifia une dernière fois les charges explosives disposées le long des conduits principaux.
- Secteur 7 sécurisé, Chef , murmura-t-il dans son comlink. Les charges sont en place, détonation programmée dans quarante minutes.
Son équipier, plus jeune, aux traits burinés par les soleils de la Bordure Extérieure, ajusta la balise de marquage sur le pylône d'antenne. Il jeta un coup d'œil à son chronogramme.
- On a fait du bon boulot. Personnel neutralisé proprement, pas de traces d'effraction visible de l'extérieur. Le client sera satisfait.
- Ouais, mais j'aime pas ces histoires de Sith. Ces types-là, ils ont le don de surgir de nulle part quand on s'y attend le moins.
Le plus jeune eut un rire nerveux.
- T'inquiète pas, Korr. D'après les rapports, la plupart sont morts ou en fuite depuis la chute de l'Empire d’Omega. Et puis, qu'est-ce qu'il pourrait faire contre une équipe comme la nôtre ?
Korr hocha la tête, mais sa main resta près de son blaster. Quelque chose dans l'atmosphère de cette station lui donnait la chair de poule. Trop de silence, trop d'ombres.
- Allez, on remonte. Le chef veut qu'on vérifie les systèmes de communication avant de partir. Faut s'assurer que plus rien ne pourra transmettre vers la flotte Sith.
Ils se dirigeaient vers la sortie du secteur quand le plus jeune s'arrêta brusquement, consultant un petit appareil fixé à sa ceinture. L'écran du détecteur de mouvement clignotait faiblement.
- Korr... regarde ça.
Le mercenaire expérimenté fronça les sourcils en observant l'écran. Une signature thermique faible mais distincte apparaissait dans les niveaux inférieurs de la station, là où ils se trouvaient.
- C'est peut-être un système de chauffage défaillant ? suggéra le jeune mercenaire, mais sans conviction.
Korr secoua la tête, son instinct de vétéran en alerte.
- Non. C'est trop régulier, trop... regarde la température ; c'est une signature biologique.
Il activa son comlink, sa voix désormais tendue.
- Chef, ici Korr. On a un problème potentiel ; détection d'une signature thermique non identifiée dans les niveaux inférieurs.
La voix grésillante de leur commandant leur parvint.
- Reçu, Korr. Montez immédiatement en salle de contrôle pour briefing. Et restez en alerte si quelqu'un a survécu à notre nettoyage, il faut l'éliminer avant que notre mission soit compromise.
Les deux mercenaires échangèrent un regard inquiet. Leur opération, jusque-là parfaitement exécutée, prenait une tournure inattendue.
- Tu crois que c'est un des employés qui aurait réussi à se planquer ? chuchota le plus jeune.
Korr vérifia son blaster une dernière fois.
- Peut-être. Dans tous les cas, on va pas tarder à le savoir.
Ils quittèrent le secteur de maintenance d'un pas rapide, leurs bottes résonnant dans les couloirs métalliques, laissant derrière eux une station piégée et un mystère non résolu qui attendait d'être élucidé, qui pouvaient-ils bien être ? pourquoi un commando ici, dans quel but ? -
Post n°5
Auteur : Finall Kel’qsoLe Miraluka restait immobile, caché entre deux conduits d’alimentation dans une cavité partiellement effondrée. La Force lui transmettait chaque vibration.
Il percevait leurs présences leurs pas, voix et gestes formaient un relief précis. Deux signatures proches : l’une lourde, lente et assez tendue l’autre par contre l’inverse du premier elle était nerveuse, rapide, plus instable.
D’après leur conversation ils posaient des charges. Le mot “client” revenait. “Sith”, aussi. Il sentit un tressaillement dans l’un des deux — pas de peur, mais une vieille appréhension. Ils connaissaient ce genre de mission. Ils savaient que ce genre d’endroit pouvait cacher bien pire que du personnel.
Il se tassa un peu plus dans le recoin. Invisible à l’œil nu, mais plus pour longtemps.
Un bip léger brisa le rythme des échanges. Un appareil venait d’alerter. Le plus jeune se figea. Finall le sentit d’un coup : le poids du regard, la tension de l’instant. Le plus vieux approcha.
« …Signature thermique non identifiée dans les niveaux inférieurs. »
Pas de doute, ils l’avaient repéré.
Il se força à ne pas réagir. Pas tout de suite. Il sentit leurs pas reculer, les deux silhouettes remonter d’un pas rapide, armes prêtes. Il capta leur nervosité — contenue, mais bien réelle.
Finall resta figé, ses sens tendus à leur limite.
Il capta nettement la tonalité autoritaire qui émergea dans leur comlink. Le vétéran, répondit rapidement, puis le duo échangea un dernier regard. Ils s’étaient fait appeler par leur chef. Une réunion imminente, probablement un renfort.
C’était une ouverture.
Ils allaient quitter cette zone pour se rassembler en salle de contrôle, laissant derrière eux un secteur sans surveillance immédiate. Finall savait qu’il pouvait bouger sans être repéré du moins pour un moment.
Il attendit qu’ils s’éloignent, leur silhouette s’évanouir dans le couloir métallique, puis glissa silencieusement hors de son refuge.
La station vibrait faiblement, mais ses pas étaient maîtrisés, ses appuis légers. Il bifurqua vers un accès de maintenance latéral, où les systèmes de communication étaient vulnérables. S’il sabotait ces relais, il couperait leurs liens et affaiblirait leur coordination.
Il ne se faisait pas d’illusions : le commando était entraîné et organisé. Mais cette pause, c’était son moment.
Il devait agir vite.
Le couloir était étroit, bordé de câbles rongés et de panneaux descellés. L’air y portait une odeur de métal brûlé, mêlée à celle, plus subtile, d’un fluide hydraulique en fuite. Finall progressa sans bruit, guidé par le frémissement de la Force, chaque pulsation des systèmes lui indiquant la proximité des points névralgiques.
Un carrefour. Trois modules de relais empilés, connectés à la dorsale de transmission. Il posa deux doigts sur le blindage du premier boîtier, ferma brièvement les yeux.
Oui. C’était ici il en était certain.
Il sortit une petite charge IEM à déclenchement différé. Matériel récupéré sur Nar Shaddaa, discret, non traçable. Il fixa l’engin dans un creux entre deux gaines. L’impulsion qu’elle produirait désactiverait les relais sans les détruire juste assez pour couper leurs communications internes. Une fois isolés, ils seraient plus lents et il l’espère moins coordonnés.
Deux autres charges vinrent se nicher à des points secondaires. Il ajusta la temporisation : deux minutes. De quoi s’éloigner sans bruit.
Il recula sans bruit, remonta par une échelle de maintenance, bifurqua vers les niveaux supérieurs.
À mi-chemin, un frisson.
Quelque chose remontait dans l’axe opposé. Pas seul. Un binôme ?
Il s’immobilisa dans un renfoncement étroit, dos plaqué contre une cloison tiède. Son souffle se suspendit.
Les présences s’approchaient.
Le premier ouvrait la marche avec régularité, chaque pas calé, chaque balayage net. L’autre suivait sans un mot, couvrant les arrières, focalisé sur les angles. Aucun flottement. Pas de sursaut. Juste des réflexes rodés.
Dans la Force, ils formaient un noyau stable, lisse, sans dissonance. Deux esprits disciplinés.
Le premier émettait une impression froide, presque clinique : mouvement, observation, tri. L’autre, plus compact dans la Force, agissait comme une ombre — peu de traces mentales, peu d’intention visible, mais une présence tendue au bord du déclenchement.
Un pas léger frôla le métal. Une silhouette passa, visière abaissée, arme levée.
Il capta une voix, filtrée par les micros :
Secteur A5, clair. Passage vers la salle 32.
Puis un signe de tête vers un embranchement. Ils continuaient toujours de manière méthodique.
La Force pulsa, l’alerte maintenue.
Finall attendit deux respirations après leur passage, puis glissa hors de l’ombre.
Au loin, trois déclics nets. Les détonateurs armés. Le décompte avait commencé. -
Post n°6
Auteur : Zaden KryosLes charges IEM explosèrent dans un grondement sourd, plongeant instantanément les couloirs dans une semi-obscurité. Les lumières d'urgence se mirent à clignoter de manière erratique. Dans le silence qui suivit, seul le bourdonnement des systèmes auxiliaires troublait l'atmosphère.
Les mercenaires se mirent à bouger avec une précision redoutable, leurs lampes tactiques perçant les ténèbres en faisceaux croisés. Leurs formations se resserrèrent instinctivement, l'entraînement avait pris le dessus sur la confusion.
Korr émergea d'un embranchement, son blaster E-11 balayant méthodiquement les angles morts.
- Contact visuel !
Le jeune Miraluka plongea derrière une console de maintenance, les impacts de blaster crépitant autour de lui. Il roula sur le côté, dégaina son épée.
Ce fut alors que l'entraînement des mercenaires se révéla dans toute sa brutalité. Ils ne cherchèrent pas l'affrontement direct. Deux tireurs prirent position en hauteur, utilisant les passerelles de maintenance pour un tir plongeant. Deux autres bloquèrent les issues, leurs armes automatiques crachant un feu nourri qui força Finall à rester couvert.
Un filet énergétique s'abattit soudain sur l’aveugle depuis une alcôve latérale. Finall s'effondra, pris au piège, son épée tombant hors de portée avec un claquement métallique.
- Cible neutralisée ! rugit Korr en émergeant de l'ombre, un lanceur de filet fumant entre les mains.
En quelques secondes, quatre mercenaires se positionnèrent autour du Sith immobilisé, leurs blasters pointés vers sa tête. Le cinquième, un homme au visage balafré, s'approcha lentement.
- Eh bien, eh bien... murmura le dernier en s'accroupissant près de Finall. Un petit Sith. Tu as causé pas mal de désagréments à mon équipe, gamin.
Korr cracha sur le sol, essuyant une trace de sang qui coulait de son arcade sourcilière.
- On fait quoi, on appelle le Chef ? Le client a dit "pas de témoins".
Le silence se fit pesant dans le couloir dévasté. Seul le bourdonnement des systèmes d'urgence accompagnait maintenant la respiration tendue des mercenaires. Finall était à leur merci, cerné par cinq professionnels de la mort qui n'attendaient qu'un geste de Korr pour appuyer sur leurs détentes.
L'étau s'était refermé, ou le côté Obscur allait prouver le contraire...Spoiler
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Post n°7
Auteur : Finall Kel’qsoLe déclic métallique résonna à peine, mais il le sentit dans la Force : un mouvement sec, trop précis. Quelque chose surgissait d’une alcôve.
Un éclair d’énergie fondit sur lui. Il tenta de pivoter, mais ses appuis cédèrent, sa jambe happée par une impulsion gravimétrique. Le choc le projeta au sol, l’enserrant dans une toile d’énergie pulsante, collée à sa peau comme un feu vivant. Sa lame tomba hors de portée, raclant le sol sur quelques mètres.
Il se débattit violemment. Impossible. Le maillage vibrait, verrouillant chacune de ses articulations.
Des pas lourds s’approchèrent.
Cible neutralisée !
Ils étaient là. Cinq. Il les percevait sans les voir : lourdeur des bottes, le souffle maîtrisé, blasters prêt à tirer. Tous visaient sa tête avec précision.
Sa respiration devint courte. Une brûlure ancienne remonta, acide, familière. Une douleur qu’il n’avait plus ressentie depuis des années.
Le filet devenait la cage.
Le métal, le collier.
Le sol, la boue d’Orvax.
Il revivait son enfance. Les coups de fouet. Les cris du contremaître. Le cliquetis des chaînes. L’odeur du sang. Son petit corps tremblant, incapable de se défendre.
Pas cette fois.
La peur bascula est quelque chose flamba à l’intérieur.
Un appel instinctif, brutal, primal.
La Force répondit. Pas par des mots plutôt par une déferlante muette. Un cri silencieux explosa de son être.
Tout son corps se tendit, ses muscles arrachèrent le filet, et une Vague partit.
Une onde noire, brute, violente.
Trois mercenaires furent balayés de plein fouet. Ils volèrent comme des pantins, broyés contre les cloisons. L’un s’écrasa, sa nuque brisée. L’autre resta vide de mouvement et le troisième convulsa au sol.
Les deux restants furent projetés à plusieurs mètres. L’un heurta un conduit. L’autre roula, désorienté.
L’apprenti se redressa lentement.
Son souffle rauque, ses membres tremblants. Il planta ses doigts dans le sol, se remit debout et ramassa son arme d’une main ferme.
Le contact du métal calma une partie de sa fureur.
Aucune hésitation.
Un pas, puis deux et la lame siffla dans l’air. Le premier survivant tenta de lever son arme mais s’effondra sous le coup. La gorge tranchée, une fontaine écarlate jaillit de son centre.
L’autre, au sol, leva ses bras dans un geste dérisoire de protection mais le sabre l’abattit sans ralentir. Le crâne perforé cogna la cloison dans un bruit mat. Inerte.
Silence.
Un bip grésilla faisant rompre ce silence mortuaire.
Pas le temps pour l’écouter.
Il fit glisser le comlink du bout du pied vers un recoin. Hors de portée sonore.
Plus aucun tir. Plus aucune voix. Juste le sifflement des systèmes de secours et la pulsation rouge des éclairages de crise.
Il savait où diriger.
Le poste de commandement était proche, deux sections plus haut, protégé par une porte blindée. Si le chef y attendait toujours, il allait bientôt comprendre que l’initiative avait changé de camp. -
Post n°8
Auteur : Zaden KryosLe Commandant du groupuscule observait les écrans de surveillance avec attention. Les caméras infrarouge avaient capté les derniers instants du combat, du moins jusqu'à ce que cette... chose se produise. Une onde d'énergie invisible avait grillé la moitié des capteurs du secteur, visiblement, ils avaient sous estimé que l’Ordre Noir envoit un disciple afin d’examiner la station...ils s’attendaient à une patrouille de soldats tout au plus et le temps que les forces rassemblé par la celégienne arrive, il n’aurait qu’à tenir la position.
- Korr, rapport ! aboya-t-il dans son comlink.
Silence radio.
- Répondez !
Toujours rien. Seul le grésillement des communications coupées lui répondait. Il se tourna vers son équipier, un Duros aux yeux rouges perçants qui contrôlait les commandes de surveillance.
- Keph, status des charges principales ?
- Toujours opérationnelles, Commandant. Détonation prévue dans... Il consulta son chronogramme. Vingt-trois minutes.
- Parfait. Et les systèmes de sécurité ?
- J'ai réussi à rétablir partiellement les communications. Le Duros marqua une pause. Commandant... les biosignatures de l'équipe Beta ont disparu. Toutes.
Le chef serra les mâchoires. Cinq hommes d'élite, éliminés par un seul Sith. Le client l'avait prévenu que ces adeptes obscurs étaient dangereux, mais il n'avait pas imaginé... ça.
- Activez les verrous magnétiques sur toutes les issues principales
- Compris, Commandant.
Le Duros pianota rapidement. Dans toute la station, des portes blindées se verrouillèrent avec un claquement métallique. Des barrières énergétiques s'activèrent dans les couloirs stratégiques. Mais le commando savait que cela ne ferait que ralentir leur adversaire. Keph fronça ses sourcils inexistants.
- Commandant... si il accède au réseau de ventilation, il pourra contourner nos verrous.
Le Sith était malin et visiblement plus dangereux qu'ils ne l'avaient anticipé. Il fallait changer de stratégie. Le chef des opérations consulta une dernière fois son chronogramme. Vingt-deux minutes avant la détonation. Largement suffisant pour éliminer un Sith, même doué pensait-il. Un nouveau bip d'alerte interrompit son analyse tandis que sur l'écran principal, une section de la station venait de passer au rouge.
- Il a trouvé l'accès au réseau de maintenance, murmura Keph. Il se dirige vers...
L'écran se figea, puis s'éteignit complètement.
- Merde. Il sait ce qu'il fait.
Il serra les poings. Ce n'était plus une simple élimination c'était devenu une partie d'échecs mortelle. Et il commençait à avoir l'impression que son adversaire avait plusieurs coups d'avance. -
Post n°9
Auteur : Finall Kel’qsoLe métal vibrait faiblement sous ses paumes, une pulsation organique, stable et précise. Ce n’était pas un générateur.
Finall restait accroupi dans le conduit, le souffle court, l’épaule engourdie, la jambe droite en feu. Chaque mouvement tirait douloureusement sur ses muscles déchirés, mais il ne ralentissait pas. La douleur… c’était un langage qu’il avait appris à parler.
Devant lui, la grille. Et au-delà, la salle de commandement. Deux présences. L’une agitée, nerveuse. L’autre, froide, bien ancrée — sans doute le chef d’escouade.
Ils m’attendent.
Il écarta lentement la grille. Le métal racla, discret, mais audible. Il se glissa dans l’ombre du couloir, accroupi, la main gauche serrée autour du manche brut de son épée Chev. Dans l’autre, une lame courte récupérée sur un corps.
Un battement. Juste assez pour glisser un morceau de cape roulé dans l’angle de la pièce.
Trois tirs fusèrent, vifs, précis, collés. Le tissu s’effondra sous les impacts, brûlé. Finall roulait déjà de côté, muscles tendus, plaqué contre un renfoncement.
Le Duros ouvrit le feu sans attendre. L’autre… réfléchissait.
Finall compta trois battements, respira profondément, et tira sur la Force.
Ils avaient bougé. Le Duros s’était retranché derrière une pile de caisses trop hautes pour un tir optimal. Le commandant restait près de l’entrée secondaire, en hauteur.
Bien organisée…
Finall expira lentement, prit une inspiration, puis bondit sur la droite en tendant un bras. Une vague mal canalisée de Force projeta une caisse contre le mur, bruyamment. Le Duros se retourna, tirant à l’aveugle.
Trop tard.
Finall jaillit de l’ombre, lame en avant. Le premier coup fut stoppé net par une pièce d’armure, mais le choc fit plier le genou de l’alien. Le second entailla le flanc.
Un hurlement guttural. Le Duros tenta de riposter. Finall lui brisa le bras d’un revers sec de la garde, puis planta la lame courte dans sa gorge.
Le corps s’effondra.
Il se redressa à moitié — et se figea.
Le commandant était déjà là.
Le coup de crosse frappa sa tempe, son oreille bourdonna. Il recula, mais l’autre ne lui laissa pas de répit. Deux pas, un genou levé dans les côtes. Finall gronda, vacilla, serra les dents. Le commandant arma un coup de poing. Il bloqua avec l’avant-bras, riposta avec le pommeau de son épée.
Le commandant dégaina un vibro-couteau, son regard stable, concentré.
Tu vas pas désamorcer ce merdier à temps, lança-t-il froidement.
Finall ne répondit pas, verrouilla son poids, et frappa.
Un enchaînement brutal. Tranchant horizontal — bloqué. Coup de genou — esquivé. Riposte du commandant — Finall recula d’un cheveu, sentit la lame passer près de sa gorge. Il para avec le plat de l’épée, mais le choc faillit lui faire lâcher prise.
Puis l’autre attaqua pour de bon. Une série de frappes rapides, précises, vers les points faibles de l’armure. Finall encaissa un coup au flanc, hurla de douleur, tituba, mais transforma la douleur en élan. En hargne.
Il plongea sous un revers, roula maladroitement, planta sa lame dans la jambe de l’homme. Pas profondément, mais assez pour briser son rythme.
Le commandant recula, mais Finall ne lui laissa pas le temps. Il frappa en arc, visa l’épaule — dévié. Revint par le bas — touché.
Une entaille dans l’armure. Le sang perla.
Leurs souffles se mêlaient, moites, rythmés, comme des tambours.
Le commandant feinta un pas de côté, tenta de le contourner. Finall fit mine de suivre, puis feinta une ouverture. L’homme mordu à l’appât et chargea. C’est là que Finall frappa.
Pas proprement. Pas en force. En désespoir.
Il planta la lame dans la hanche, enfonçant l’arme de tout son poids. Les deux tombèrent ensemble, s’écrasant au sol. Un instant de lutte, les jambes s’agitèrent. Le commandant tenta de saisir quelque chose à sa ceinture.
Trop lent.
Le corps se raidit. Il venait d’avaler une capsule. Finall sentit l’odeur métallique. Le battement cardiaque cessa. Il roula sur le dos, rampa, cracha du sang. Sa main tremblait autour du manche de l’épée.
Il ferma les yeux. Écouta.
Le signal. Toujours là. La vibration, plus rapide. Une urgence. Une faim.
Sa perception à travers la Force glissa vers le panneau mural, derrière la console. Un souffle parcourut la station. L’alerte ne venait pas du combat, mais de ce qu’ils avaient enclenché.
Pas de temps pour les questions.
Il se releva, chancelant, et marcha vers la menace.
Le panneau vibrait. Un grondement discret, grave, comme un écho venu du sol.
Finall se traîna jusqu’à lui, genoux marqués de sang, épaule en feu. Chaque geste était un arrachement, mais il n’y avait pas de place pour l’hésitation.
Il planta sa lame dans le boîtier. Une étincelle jaillit, le métal se tordit. Le panneau céda à moitié. Derrière, un nœud de câbles, des relais scellés, une matrice instable d’énergie.
C’est là. C’est ça le battement.
Il posa une main tremblante sur la structure. Une onde de chaleur monta jusqu’à son bras. Une pulsation synchronisée… pas avec la station, mais avec un détonateur à distance. Déjà armé. Il n’avait pas stoppé un compte à rebours — ils l’avaient déclenché plus tôt.
Leur chef avait prévu de mourir ici. Et de l’entraîner avec lui.
Finall serra les dents. Ses doigts brûlaient. Il tira sur la Force — non pour détruire, mais pour ressentir. Il perçut la vibration interne, les relais de sécurité, les circuits de redondance.
Il ne connaissait rien aux explosifs.
Mais il reconnaissait un cœur quand il en sentait un battre.
Alors il frappa. Une fois. Deux fois. Il martela la base du relais avec la crosse de son arme, jusqu’à ce que le métal se déforme, jusqu’à sentir la vibration changer de ton, devenir chaotique.
Puis il y eut un déclic.
Le rythme s’interrompit.
Pas stoppé, mais brouillé.
La chose était sourde. Comme morte… ou confuse.
Pas désactivée entièrement, mais empêchée le déclenchement, pensa-t-il intérieurement.
Finall recula d’un pas, chancela. Il jeta un dernier regard vers la salle. Le commandant gisait là, la capsule encore collée entre ses lèvres. Pas un mot. Pas une explication.
Tant pis.
Il tourna les talons et courut.
Les couloirs défilèrent. Le métal glissait sous ses bottes ensanglantées. Il passa devant des corps — certains qu’il avait laissés, d’autres non. Des portes, des générateurs, des balises clignotantes. Il n’y avait plus rien à sauver ici.
Juste sortir.
Une secousse fit vibrer la station. Lointaine. Peut-être une surcharge. Peut-être un second système. Il accéléra. Chaque pas tirait sur ses muscles. Sa perception par la Force vacillait, tachée d’éclairs sombres.
Mais il sentit l’ouverture. L’air plus vaste. L’odeur des roches extérieures.
La sortie.
Il bondit à travers un sas éventré, roula sur le gravier tranchant, et tomba à genoux dehors.
La montagne l’accueillit dans un silence écrasant.
Derrière lui, la station resta muette. Aucun souffle d’explosion.
Finall resta là un instant. Genoux dans la poussière. Dos brûlant. Poitrine tremblante.
Puis il se releva.
Et marcha vers la crête. -
Post n°10
Auteur : Finall Kel’qsoL’air changea.
Finall s’arrêta.
Sa respiration soulevait sa poitrine en saccades lentes, mais ce n’était pas l’essoufflement qui l’alertait. Quelque chose — plus bas, sous la ligne brisée des rochers — vibrait. Une pulsation fine, presque noyée dans le chaos ambiant, mais assez claire pour qu’il s’y accroche.
La Force le poussait.
Il bifurqua. Descendit un étroit sentier entre les plaques d’ardoise fendue. L’humidité lui collait à la nuque, la terre était meuble, instable, mais il avançait.
Chaque pas faisait naître une tension plus nette, comme un écho ancré dans la roche.
Pas une présence. Pas un danger.
Il repéra une faille dans un contrefort, à demi enfouie sous des branchages. Un tunnel naturel.
Instinctivement, il s’y glissa. Rampant d’abord, puis accroupi.
L’atmosphère était lourde, saturée d’odeurs minérales et d’humidité froide. Plus il s’enfonçait, plus la Force vibrait autour de lui. Un environnement dense, différent de l’académie.
Et puis… il le sentit.
Un éclat.
Un point de tension pure.
Il se redressa dans une petite cavité ronde, à peine assez grande pour tenir debout. Le sol était couvert de poussière minérale et de fragments rocheux. Mais là, juste devant lui, partiellement enfoui dans une crevasse naturelle… un éclat cristallin luisait doucement.
Bleu. Pur. Naturel.
Il resta figé un instant, abasourdi.
Un cristal Kyber ?
Il ne s’y attendait pas. Pas dans cet endroit perdu, abandonné, si loin des temples et des puits de mémoire.
Il tendit lentement la main. Au toucher, une sensation étrange remonta le long de son bras. Pas une résistance — une acceptation prudente. Le cristal vibrait, comme vivant.
Finall le souleva. Il sentit son poids réel — faible — mais chargé. Comme si chaque pulsation contenait une tension prête à éclater.
Il resta accroupi, tenant le cristal, les doigts encore souillés de sang et de suie.
Un long silence.
C’était réel.
Pas un piège, ni un mirage, ni une vision.
Un cristal de sabre, ici. À portée.
Offert ? Trouvé ? Peu importait. Ce genre de hasard n’existait pas.
Il baissa la tête un instant, concentré.
Ce n’était pas un cristal pour lui. Pas sous cette forme.
Le cristal reposait dans sa main.
Froid. Lisse. D’un bleu pur, intact. Il ne vibrait pas comme ceux de l’académie. Celui-ci était vivant, naturel, mais… étranger.
Finall s’agenouilla dans la cavité rocheuse, puis s’assit en tailleur, laissant le silence l’englober. La grotte suintait encore d'humidité. La Force y coulait, sourde, lente, concentrée.
Il ferma les yeux.
Ses doigts se resserrèrent sur le cristal.
Il écouta.
Chercha à comprendre ce qu’il devait faire. Il n’avait jamais appris à saigner un cristal. Personne ne le lui avait enseigné. Pas même son maître.
Mais il sentait qu’il pouvait. Que la réponse était là, quelque part, à portée de volonté.
Il se concentra.
Pas sur le cristal.
Sur lui-même.
Tout ce qu’il avait contenu depuis Orvax. Depuis Kex. Depuis la station.
L’humiliation d’Orvax, l’odeur de la cage, la morsure du fouet sur sa peau nue. Les ordres aboyés, la peur de l’erreur, le mépris silencieux. Le regard de son maître quand il tombait, comme on regarde une bête trop maigre pour tirer une charge.
Et la station. Le silence oppressant. Les corps froids. L'ombre de ceux qu’il avait traqués. Les visages des soldats, leurs cris, leurs tirs paniqués. Le goût du métal sur la langue, celui du sang sur les gants. Le regard vide du commandant à genoux. La fin abrupte, volée. Aucune réponse. Juste une certitude : il ne connaissait toujours pas leur but. Et pourtant, il avait tout détruit.
C’était là. En lui.
Pas un torrent. Un gouffre.
Un puits sans fond, rempli de rancune, de pertes, de douleurs contenues, d’instants qu’on n’efface pas. De violence qui n’avait jamais eu le temps de s’exprimer autrement qu’à travers la survie.
Il ne s’excusa pas.
Il n’en voulait pas à la Force.
Il lui offrit tout ça, sans fard, sans honte. Il imposa son histoire à ce cristal comme on impose une vérité qu’on ne discute pas.
Et la Force, comme un fleuve noir, s’éleva en lui.
Le cristal commença à vibrer.
Un frémissement, presque imperceptible.
Puis une tension, une friction.
Un conflit.
Finall serra les dents. Il n'avait pas besoin de dominer le cristal.
Il devait l'obliger à voir. À comprendre. À plier.
Il ouvrit les yeux.
Et dans un souffle, le saigna.
Un craquement sec résonna dans la grotte. Le cristal se fêla en son cœur.
La lumière bleue vira au cramoisi.
D’abord instable. Puis plus sombre. Rouge sale, noircie par endroits, comme une braise contenue dans une gangue trop fine.
Il ne sourit pas.
Mais il sentit, dans ses tripes, que c’était juste.
Il sortit le manche restauré qu’il portait depuis Nar Shaddaa. Ouvrit l’émetteur.
Ses mains tremblaient, mais pas d’hésitation.
Il ajusta les polarités. Inséra le cristal encore brûlant dans la chambre. Referma le tout. Verrouilla les conduits.
Un simple clic métallique.
Il resta assis un instant, tenant le sabre dans sa paume. Puis l’activa.
Un hurlement sec fendit l’air.
Le faisceau jaillit dans un éclair rouge sombre. Instable. Vibrant.
L’arme vibrait dans la paume comme une bête retenue par un fil.
Finall le fixa.
Pas avec les yeux.
Avec la Force.
Et pour la première fois, ce qu’il tenait dans sa main ne venait pas du passé.
C’était à lui.
Entièrement.
Il coupa le sabre. Le fixa à sa ceinture.
Puis se redressa.
Avec ce sabre complet, il se considérait maintenant comme un véritable Sith — du moins en apparence. -
Post n°11
Auteur : Finall Kel’qsoLe froid de la grotte ne l’avait pas quitté.
Sabre en main, Finall redescendit lentement le flanc rocheux, appuyé contre les pierres humides, traînant sa jambe blessée sans un mot. La douleur battait à son flanc comme un second cœur, mais il l’ignorait.
Le cristal vibrait encore dans la paume de son arme. Vivant. Rouge comme la colère qu’il n’avait pas su éteindre.
Il traversa les marais sans croiser âme qui vive. Ni chasseur, ni patrouille. Juste la vase, le silence et l’écho sourd de ce qu’il venait d’accomplir.
Quand les premières structures de Volak réapparurent à l’horizon, il ne leva même pas la tête. Il passa les murs, les hangars, le port en ruines, comme une ombre parmi les ombres.