Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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    #11

    Post n°11
    Auteur : Atreïs Helcar

    Trois jours. Atréïs savait qu’Arnon vivrait l’enfer pendant trois jours. Ces geôles-là n’étaient pas faites pour les fragiles, mais pour des meurtriers, et elles en pullulaient, symbole de la répression séparatiste et de la purge qui avait eu lieu pendant des années. Il était parvenu, malgré tout, à avoir des renseignements sur ce qu’il vivrait. Comme attendu, un enfer, mais il s’en sortirait endurci, plus qu’il ne l’était avant, et avec une haine qui serait bien utile. Sans doute serait-elle dirigée contre lui, mais il s’en fichait : ce n’était pas une si mauvaise chose. Qu’il ait quelque chose à haïr le rendrait vivant, passionné. Au moins aurait-il quelque chose à défendre, en dehors de lui-même. Ce qui était déjà beaucoup en soit. Chaque jour, le Lieutenant recevait les quelques informations qu’on voulait bien lui donner. Maltraitance carcérale ordinaire, que ce soit par les prisonniers ou par les gardiens, la loi du plus fort qui était en place comme bien souvent. Un traitement inhumain, certes, mais qui irait crescendo. C’était souvent comme ça : les nouveaux étaient broyés ou renversaient l’actuel leader, la plupart étaient terrorisés, bien trop pour se rebeller ou faire front commun. Un cycle perpétuel où la violence nourrissait la violence.

    Mais il lui faudrait se débrouiller seul, pour l’heure. Hors de question pour le Gurlanin d’investir la prison pour les yeux de Veral, ou plutôt, de l’inconnu. Officiellement, Arnon Veral était mort. Ses possessions reviendraient à ceux qu’il avait désigné dans son testament, si il en avait un. Ce serait la partie la plus difficile à lui faire avaler. Il avait perdu beaucoup. Tout. Sauf lui-même. Lui-même qui devrait endosser une nouvelle identité, un nouveau statut. Un simple sergent de la Marine, qui lui servirait d’aide de camp, plus ou moins. Surtout moins que plus. C’était une simple couverture et si en public, il faudrait qu’il joue le jeu, ce serait plus compliqué dans l’ombre. Mais il verrait cela plus tard. Car il avait à faire.

    Durant ces trois jours, Atréis évolua dans les rues de Pau City, la capitale de la planète. Sous sa propre couverture, il inspecta les différents postes de garde, certaines casernes de la ville. Récupérant des données vidéos, chiffrées, papier, les cumulant, il s’offrait de longues nuits blanches à venir. Mais cela l’aidait considérablement. Il régnait sur la planète une sorte d’aura de peur, de tourment suite aux attentats Sith qui avaient laissé la ville meurtrie. C’était comme si il y avait une agressivité cachée, latente, dans ces longues traverses souterraines. Comme si elles n’attendaient qu’une étincelle pour s’embraser. C’était comme si tout n’était qu’un vernis craquelant, qui ne faisait que cacher la vérité dissimulée aux yeux de tous. Ces attentats avaient déclenché une véritable vendetta contre les Sith et désormais, une partie des ressources, dont la Légion Amber, avait été détachée à leur poursuite. C’était une autre chose qui inquiétait le Gurlanin. Se confronter à cette unité là était sans doute la pire chose à faire, et ils avaient sûrement leurs raisons de faire disparaître Arnon, qu’il le comprenne ou non. Et ce n’était pas Valkoinen qui le sauverait face à l’une de ses meilleures commandantes…

    Le soir venu, il consultait les archives qu’on lui avait fournies, avec les différentes renseignements collectés. Le travail de fourmi qu’il commençait à réaliser lui prendrait un temps fou, mais ce n’était pas le but de la manœuvre. De toute façon, il allait devoir travailler de concert avec un agent républicain inconnu. Autant profiter en attendant sa venue… Puis, il reçut son rapport de la prison. Celui-ci était chaque soir plus glaçant. Le troisième jour fut le pire, l’enregistrement vidéo allant avec lui procurant un malaise grandissant. Arnon devenait complètement fou. En à peine trois jours, il était devenu presque pire que ses co-détenus. Le monstre déchaîné qui s’acharna sur le chefaillon ne ressemblait en rien à l’administrateur calme qu’il avait rencontré. Et autre chose le gênait, sans qu’il puisse déterminer quoi. Comme si il ratait quelque chose d’évident, tellement évident que c’en était grossier. Il était plus que temps de le faire sortir. Son exécution prévue pour le lendemain aurait lieu en dehors des murs de la ville, heureusement. Comme beaucoup de détenus du genre, il fallait les abattre à l’écart, pour éviter d’éventuels témoins. C’était pratique. On pouvait leur demander de courir, pour simuler une fuite, par exemple. Un vrai règne de la terreur, mené par des petites frappes qui s’étaient retrouvés responsables d’une toute petite chose.

    La situation convenait largement à Atréïs. Ses repérages lui avaient permis de déterminer leur lieu de prédilection, et leurs habitudes. Ils prenaient deux à trois prisonniers, deux gardes. Puis, il suffisait de leur dire de courir. Et de les abattre dans le dos. La pire des morts, ou presque, et surtout, la façon de la donner la plus lâche qui était.




    Le lendemain, il était déjà aux avant-postes au petit matin, bien avant l’heure supposée de l’exécution sommaire. En réalité, il était là avant même que le soleil n’éclaire la vaste plaine ensablée qui s’étendait derrière lui. Au bord d’un canyon, celui-là même qui avait vu le sang de beaucoup trop d’inconnus. Oh, bien entendu, ils étaient tout sauf innocents (et encore, on pouvait en douter), mais la manière de faire était barbare. Digne de civilisations pré-galactiques. Atréis avait déjà repéré et balisé le terrain. Quelques mouchards pour prévenir de l’arrivée des gardes et des prisonniers, son fusil en place pour une mort rapide. Battus à leur propre jeu.

    Du côté d’Arnon, on le tira sans aucun ménagement de sa cellule. Cette fois, il n’eut pas le droit à la douche. Même cela, on lui avait enlevé pendant son isolement. C’était sans doute ce qui était le pire, surtout pour un ancien soldat : perdre toute dignité avant qu’on ne prenne sa vie. Car finalement, au-delà des principes, des richesses, des biens, c’était cela qu’il nous restait à la fin. Une dignité. Et il était certain que l’administrateur était déjà proche de la perdre, en plus de la raison. Une nouvelle bouillie infâme qu’on lui jeta presque à la figure en guise de repas, en même temps qu’on lui annonçait avec un sourire narquois qu’il travaillerait à l’extérieur aujourd’hui avec deux autres « collègues ».


    -En plus, tu les connais bien, c’est tes deux potes d’hier !

    Il était certain que l’ironie était volontaire. En s’occupant du chef, Arnon avait tiré une épine du pied de l’administrateur pénitentiaire, et on le remerciait avec une liberté inconditionnelle et éternelle, sous forme de laser dans la nuque. Ultime affront pour un homme qui avait déjà passé trop de temps les mains enchaînées. Sans aucun ménagement, on le chargea bien vite dans un speeder renforcé de transport sécurisé avec ses deux acolytes. Deux gardes à l’avant, armés, qui avaient certainement gagné un concours pour s’acquitter de cette basse besogne. Ces hommes là étaient peut-être pire que ceux qu’ils gardaient, mais étaient en position de force. Animés d’intentions sadiques pour la plupart, ils se comportaient avec leurs collègues un peu fragiles comme les prisonniers : en tyrans. Et ils tiraient plaisir de recevoir des ordres d’exécution tels que celui-là, leur permettant de réfréner leurs basses pulsions. Bien sûr, tous n’étaient pas ainsi. Mais les pires se reconnaissaient et formaient un clan suffisamment solide pour esquiver la discipline. Et ils étaient utiles. Et on retrouvait ces individus partout dans la Galaxie…

    Comme prévu, ils se dirigèrent vers le dit canyon. A l’écart de Pau City, reculé, inhabitable et peu accueillant, il était tout juste le territoire de quelques chasseurs. Le bruit des balles serait aisément masqué par la faune ambiante et le vent. Bref, tout était parfait. Arrivés à destination, ils firent descendre les trois détenus, sous la menace de leurs armes.


    -Prêts pour la balade, les gars ? On va juste faire un petit jeu. On vous enlève vos petits bracelets, là, et vous commencez à courir. Si vous arrivez au bout du canyon, vous avez le droit d’être en vie. Sinon…

    La menace n’arrive jamais à son terme. L’homme se raidit d’un coup, fauché par une balle qui n’avait même pas claqué dans l’air, le bruit recouvert par l’environnement. Son collègue se mit immédiatement à couvert. Cette fois-ci, on entendit la détonation, à la faveur d’un came inespéré. Une balle faucha la jambe d’un des deux collègues d’Arnon, bientôt suivi par l’autre. Leurs cris de douleur alors qu’ils se laissaient tomber au sol étaient déchirant et appelaient à l’aide, mais tous savaient que personne ne leur viendrait en aide. Quelques balles fusèrent de nouveau, manquant leur cible. A la faveur d’une accalmie, le second garde risqua un coup d’oeil en dehors. Erreur fatale. A son tour, il fut fauché d’un tir en pleine tête. Le calme revint presque, à l’exception des cris de douleur des deux autres détenus. Arnon était en vie. Peut-être pas pour longtemps, car à peine quelques minutes après, un speeder fit irruption dans le canyon. Et à son bord, une tête bien connue.



    Atréis maniait son arme par nécessité, ps par envie. Le fait de rater des tirs lui donnait l’impression de revenir à ses premiers pas à la caserne, quand il n’était encore qu’une simple recrue. Encore plus lorsqu’il ne tuait pas immédiatement. Mais cette fois, c’était par nécessité. Arnon avait sans doute besoin d’une catharsis, et il comptait la lui offrir. Aussi n’avait-il pas tué les deux tortionnaires. Une erreur peut-être, mais il espérait surtout que l’homme se livrerait ainsi. Une nécessité, si il devait lui faire confiance à l’avenir. Car le temps de régler ses affaires, il devrait rester avec le Lieutenant. Sordide association.

    Arrivé à quelques mètres, il stoppa son speeder et en descendit, fusil à la main. Ses cheveux bruns étaient détachés et s’agitaient dans le vent. Sa tenue civile était pleine de poussière, et il portait des lunettes de conduite informes qui le protégeait juste assez.


    -Sergent. Je sais que de toutes les femmes du monde, je suis celle que vous vouliez le moins voir. Mais navrée, il faudra vous en contenter.

    La brune se rapprocha lentement, passant devant Arnon. Sans attendre plus longtemps, elle trouva la clé des menottes et libéra l’homme. Puis, elle se pencha à nouveau sur les cadavres et en récupéra un blaster. Une arme simple, aussi dangereuse pour son porteur que pour sa cible. Mais elle suffirait. Elle la tendit à Arnon, crosse en avant, ses yeux noirs le fixant.

    -Vous avez quelque chose à faire, Sergent.


    Son ton était froid, sec, autoritaire. D'emblée, elle imposait le rapport de force qui s'installait entre eux. Mais ce n'était pas par plaisir. C'était les prémices de leur collaboration à venir. Il alalit falloir que le rapport de hiérarchie soit clair. Et Atréis n'accepterait aucun écart.

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      #12

      Post n°12
      Auteur : Arnon Veral

      La routine infâme se poursuivait. Je fus réveillé le matin très tôt par un bruit strident, ce que les gardes appelaient « le réveil » et on me tira du lit -comprendre une couche constituée d’une paillasse rêche- sans ménagement. Les gardes étaient violents dans leurs actions, leurs paroles, ils me hurlaient dessus et me conduisirent sans même avoir droit à une douche au réfectoire où la même bouillie infâme me fut servie. Je l’engloutissais sans réellement sourciller, je devais me nourrir pour encaisser leurs travaux. Le regard sombre, collé dans le petit bol de terre cuite aux bords encore maculés de résidus gluants de la maigre pitance. A postériori, je pourrais vous dire qu’il est étrange de voir à quel point la frontière entre l’homme et la bête est ténue, en moins de trois jours, j’avais complètement renoncé à toute dignité. Moi qui avais toujours scrupuleusement suivi les règles et les ordres, j’avais tué un homme. Plus que tout le reste, c’était cela qui m’avait fait basculer : je n’avais reçu aucun ordre pour tuer cet homme, j’avais fait cela de mon propre chef, j’étais donc un meurtrier. Tel était encore le reliquat du logiciel qu’on m’avait inculqué au sein du BSI : les exécutions n’étaient pas un crime, c’étaient un mal nécessaire et un ordre de l’Etat, par contre toute initiative personnelle -fusse-t-elle justifiée- aurait été un meurtre ou un crime qui m’aurait valu d’être fusillé.

      Fusillé, je compris que je le serais bientôt. Entre railleries malsaines et rires gras, les gardiens m’indiquèrent que c’était notre heure. Ironie du sort, je partirais avec les deux hommes restants du groupe d’hier. Les deux colosses semblaient s’être ternis, leur attitude rigolarde, débonnaire et sadique avait quitté leur visage. Ils étaient finalement comme moi, le regard terne, plongé vers le sol…Ces hommes savaient très bien ce qui allait leur arriver. Ils avaient beau être des soldats, ils savaient tout ce qui allait se passer à partir de maintenant. Nous montâmes à l’arrière du speeder, attachés comme des bêtes. Les deux hommes me faisaient face, j’étais dans un état d’apathie, incapable de réagir autrement, je les fixais dans les yeux, sans cligner.

      -Sous mon commandement, vous auriez été mis aux arrêts et été envoyés en cours martiale. Il n’est pas étonnant que la guerre ait été perdue avec des gens comme vous dans les rangs…

      Je crois que l’un des deux comprit, même si son regard demeurait terne. L’autre ne réagit même pas à cette phrase que j’avais prononcé à voix basse pour ne pas que les gardes ne l’entendent…Ils étaient de toute manière bien trop occupés à discuter entre eux de sujets aussi inintéressants que banals. Ce que je leur avais dit me surprit moi-même, j’avais fuit mon passé mais désormais j’y faisais référence face à ces deux brutes. Sans doute avais-je compris que c’était les deux seuls langages qu’ils connaissaient et comprenais : l’autorité et la violence. L’Empire Sith leur avait offert les deux légalement, ce qui leur avait permis d’avoir un travail respectable et de canaliser leurs instincts primitifs ; la prison ne leur avait offert que la violence, mais ils s’en étaient sans doute accommodés sans sourciller. Après tout, ce genre d’individus finissait très mal, c’était connu et je pense que ceux qui les recrutaient le savaient. Au fond, n’étais-je pas comme eux ? Si la proposition paraissait absurde au premier abord, elle méritait réflexion, car eux et moi, nous finirions de la même façon, nous avions prêté allégeance à la même engeance.

      On finit par nous faire descendre. Nous étions dans un canyon, la terre de couleur ocre, le sable et la végétation éparse créaient une étrange atmosphère à la fois sauvage et menaçante. Un rapide coup d’œil me fit comprendre qu’ici, le bruit des tirs serait étouffé et que les corps ne seraient jamais retrouvés. Même s’il l’était, qui s’intéresserait à trois pauvre bougres sans identité, prisonniers qui plus est. Il suffirait sans doute de nous faire passer pour des fugitifs ou des déserteurs. La suite me donna raison quand l’un des gardes, pris du même sourire sadique et mauvais. Nous allions bel et bien être exécutés.

      La menace proférée par le garde mourut pourtant dans l’œuf, sans me laisser le temps de la digérer. Ce dernier fut fauché par un tir. Précis et rapide, létal. Si l’autre garde se mit immédiatement à couvert derrière un rocher, il était évident qu’il manquait d’entraînement, ces gens n’étaient pas des soldats. Une balle toucha l’un des deux autres détenus, puis une seconde l’autre. Les deux hommes beuglaient dans une complainte agrémentée de jurons. Moi, j’étais toujours debout, enchaîné avec mes menottes et de là où j’étais, je pouvais voir le garde qui semblait avoir une sueur froide, de grosses gouttes coulant sur son front. L’homme n’était pas entraîné à ce genre de situation, il me jeta un regard inquiet et moi pourtant, j’étais complètement apaisé et je lui souriais. Conscient que tôt ou tard, une balle me percuterait. Plusieurs tirs loupèrent leur cible, décidant le garde à se risquer à un coup d’œil pour sans doute tenter une sortie vers le speeder. La tentation de l’abri était trop grande, pourtant un tir l’atteint en pleine tête. Convaincu que c’était mon tour, pourtant complètement anesthésié par l’intensité des évènements qui venaient de se dérouler en quelques jours, j’attendais, droit comme un i. J’étais résolument déterminé à ne pas me laisser abattre comme un chien en fuite, je regarderais la mort dans les yeux.

      Pourtant la vie est une garce, et victime d’une énième de ses ironies, j’entendis le bruit d’un véhicule qui se rapprochait. Vasburg en sortit, les cheveux détachés, arme fumante encore à la main et lunettes de protection. En civile, on aurait presque pu conclure qu’il s’agissait d’une femme normale. A sa vue, mon visage ne se ferma même pas, j’étais complètement apathique, prêt à accepter n’importe quelle absurdité de la réalité. Cette femme avait pourtant le don de m’horripiler, elle m’avait mis dans un trou pendant trois jours et probablement organisé ce simulacre d’exécution.


      -Ah Lieutenant, vous êtes ici.

      Je remarquais qu’elle s’adressait à moi comme portant le grade de Sergent. J’étais donc réintégré ? Avec un grade de sous-officier ? Sans doute une couverture, quoi que je n’en savais rien. A ce stade, je me contentais de regarder cette femme s’avancer vers moi, le regard vide. J’étais encore sous le choc. Pourtant, elle me libéra et me tendit une arme de qualité discutable, sans doute avec un numéro de série effacé. L’ordre était donné, et sans discuté, je m’approchais des deux hommes qui gisaient au sol, en criant. Mon bras ne trembla pas…Première détonation, tir dans la tête…Deuxième détonation, tir dans la tête. Je revenais vers Vasburg et lui rendis l’arme. Sans le savoir, Vasburg avait réactivé en moi d’anciens souvenirs, son autorité, loin de me vexer, m’avait au contraire remis dans le rang. Atavisme profond et lointain, réflexe pavlovien hérité de l’Académie et de mes années de service impérial. Je n’avais pas fait ça en réfléchissant, je n’avais pas tremblé, sans même réfléchir au fait que cela choquerait peut-être de la part d’un administrateur du secteur civil et même d’un vétéran…Il s’agissait d’une exécution. A ce stade, je n’avais pas pu cacher que j’avais agi comme par habitude, sans haine, ni rancœur, ni même plaisir, j’avais exécuté ces hommes car un supérieur m’en avait donné l’ordre. Au fond de moi, d’autres réflexes refirent surface, je ne pus m’empêcher de me comparer à ces gardiens qui agissaient par sadisme et à trouver ma moralité supérieure car moi je n’avais pas cédé à mes émotions face aux deux hommes que j’avais exécuté. Cette mauvaise fois demi-consciente ne m’empêcha cependant pas de penser à cet homme que j’avais poignardé sans en avoir l’ordre. La servilité qu’on m’avait imposé lorsque j’étais au sein de l’Empire était toujours présente, dans cette rhétorique que nous nous imposions tous dans un effet d’entraînement collectif.

      Mess des officiers,

      Les discussions s’enchaînaient entre les officiers Impériaux de toutes les armes et de tous les horizons. Beaucoup avaient les yeux rivés sur deux évènements assez récents : l’attaque par les rebelles d’un convois d’armes qui se dirigeait vers le front et nos troupes qui avaient essuyé défaites sur défaites avant d’être obligées de se replier dans la bordure extérieure. Nos ennemis se rapprochaient des zones principales de l’Empire Sith et si toute critique à l’égard du commandement et de ses stratégies était impossible, nous ne pouvions nous empêcher de nous exprimer. Certains des militaires qui se trouvaient au mess revenaient du front, avec parfois une blessure, ils avaient vu comment cela se passait. Rec et moi étions à l’écart, sur une table, comme souvent les militaires évitaient de trop discuter avec les gens du BSI. Nous avions une sinistre réputation. Cela ne me concernait pas réellement car moi, j’étais du service administratif et je travaillais sur la productivité de guerre, les racontars et autres rumeurs ne m’intéressaient…Je n’aurais de toute façon pas eu autorité à faire quoi que ce soit. Cela était moins vrai pour Rec qui avait fait partie des unités combattantes et était donc habilité à prendre des décisions disciplinaires. Nous sirotions un café avec un petit verre d’alcool à côté…Parce que l’alcool n’était jamais loin à cette époque, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Rec consultait les nouvelles et moi, j’étais encore une fois pris par mes réflexions repensant aux conversations chez le Moff Zelen. A côté de nous, deux officiers de marine discutaient avec des hommes de l’infanterie.

      -Il paraît qu’ils ont perdu beaucoup d’armes avec l’attaque des convois. Mon beau-frère qui est au front nous a dit qu’ils n’avaient plus de pièce de rechange pour les blindés, la débâcle n’est pas loin. Moi j’ai eu de la chance, j’étais dans un secteur assez calme.

      L’homme de la marine parlait à voix basse, ton qui fut repris par un autre.

      -Nos patrouilles sont toutes mobilisées au front, on n’a plus les moyens d’escorter des convois dans un espace aussi vaste. Les rebelles en maraude nous harcèlent…C’est sans doute pour ça que le commandement rassemble les flottes, c’est moins risqué, mais là avec les sabotages et les attaques de convois qui se font de plus en plus fréquents, tout approvisionnement efficace devient impossible.

      -Notre erreur a été de pousser les fronts si loin et partout…C’est intenable. Je ne comprends même pas que le commandement ne réagisse pas, ils le savent forcément, les pertes sont colossales.

      Les évidences d’une banalité affligeantes s’enchaînèrent dans un rythme soutenu. Rec but son verre d’alcool d’une traite, de l’alcool fort, qu’il avait bu en grande quantité. Je n’avais pas compté ses verres mais je savais qu’il buvait de plus en plus à l’approche de notre départ pour la Forge Stellaire qui était imminent. Nous avions reçu les ordres et même s’il conservait toujours son attitude joviale et amicale, il devenait parfois colérique lorsqu’il avait trop bu. Bien sûr, son comportement n’avait jamais dérapé avec moi, qui étais toujours très calme, mais parfois cela dérapait face à des subordonnés un peu trop récalcitrants. Car oui, l’anxiété était palpable et les vétérans du front n’avaient plus la même attitude que quelques années auparavant. Le doute était entré dans la tête du soldat jusqu’au citoyen. Serais-je hypocrite au point de nier que moi-même je doutais ? Bien sûr que non, à cet instant, je savais très bien que la guerre était perdue, comme Zelen et les autres le savaient. Rec peut-être était encore le seul à y croire, car il avait trop investi, car sa carrière était trop importante…Il s’accrochait à ses illusions comme un mollusque à son rocher. Il éleva la voix pour que les officiers l’entendent sans même se retourner ou relever le nez des actualités galactiques qu’il lisait sur son datapad.

      -Si au lieu de prêter l’oreille à des cancans de bonnes femmes, tout le monde se concentrait sur sa mission, nous n’en serions pas là messieurs !

      La voix de Rec avait tonné comme une sanction, une punition. Elle semblait presque professorale, imprégnée de l’idéologie toute impériale…Autoritaire. L’un des officiers d’infanterie se renfrogna, serrant les poings, mais son collègues lui posa la main sur l’épaule désignant du doigt l’écusson du BSI de Rec. Ils savaient qu’ils n’avaient pas intérêt à ce qu’une dispute éclate. Un autre de ces officiers, sans doute le plus sage se tourna vers Rec, respectueux mais tout aussi ferme, il avait un grade de Commandant, donc égal à celui de Rec en théorie.

      -Ces hommes sont braves, ils reviennent du front, ont été blessés et décorés, ils ont servi et versé leur sang. Votre propos est indigne !

      Rec sembla piqué au vif de cette invective. C’était pourtant la principale opposition qui naissait entre les troupes combattantes et les Renseignements. Sans doute la même opposition que je vivrais des années plus tard avec la Légion Amber avant l’abordage du Destroyer Obscur. Rec montra lui-aussi ses rubans de décoration.

      -J’ai été au front comme vous tous et pourtant, ma foi en l’Empire ne s’en est pas retrouvée altérée. Ces rebelles sont des criminels ils tuent et détruisent pour affecter notre humeur. Et vous et vos hommes, Commandant, en vous exprimant ainsi vous faites leur jeu. La discipline et l’ordre seront les seules qualités qui assurent notre supériorité morale et nous permettront de traverser cette épreuve. Nous avons tous une responsabilité dans cette histoire !

      Le Commandant s’affaissa dans son siège, il but une gorgée de sa bière et haussa les épaules. Sans doute avait-il compris que Rec était alcoolisé. Le poing levé, il semblait prêt à partir dans une invective aussi vaine qu’outrageuse pour ces militaires. Je savais que les limites allaient une fois de plus être dépassées. Je m’interposais alors en me levant, les bras en l’air pour un signe d’apaisement.

      -Je crois qu’il est temps pour nous de partir, Commandant Ornaz, le Général aimerait nous voir avant de partir.

      Rec me dévisagea et acquiesça lentement avant de se lever et de partir, j'étais le seul qu'il écoutait désormais. Avant de partir, je laissais quelques crédits sur la table que je glissais aux officiers tout en les saluant respectueusement.

      -Veuillez excuser le Commandant, Messieurs, il a trop bu. Prenez ceci, la prochaine tournée est pour moi.

      Les hommes me dévisagèrent tous, tour à tour. Ils me méprisaient et je savais que quelle que soit mon attitude, la leur ne changerait pas. Je n’étais pas habilité à prendre des sanctions et ils le savaient, c’est sans doute pour cela que leur attitude était encore plus irrespectueuse qu’envers Rec. Si je soupçonnais que l’un ou l’autre allait réagir, le Commandant qui les accompagnait ne répondit rien à part un salut militaire respectueux en guise de remerciement. Il restait dans le protocole, évitant ainsi de me remercier personnellement, car lui-aussi, me méprisait de tout son être…Alors que je m’apprêtais à tourner les talons, l’un des hommes glissa à mon encontre.

      -Bonne soirée Capitaine, profitez bien de ces instants de liberté, un jour vous serez en cavale et on vous traquera comme un bête sauvage pour vous abattre comme un chien…

      Ces souvenirs étaient lointains, si les visages et les paroles étaient encore frais dans ma mémoire -pourtant excellente- je n’étais plus tout à fait sûr des expressions et de certaines intonations. Après tout, nous avions tous beaucoup bu ce jour-là. Je me rappelle que Rec était très calme, comme anesthésié devant le Général. Ce dernier, à l’instar du Moff Zelen à cette période, avait d’autres chats à fouetter et s’était contenter de nous lire laconiquement nos attributions lors de la mission à venir.

      J’étais face à Vasburg, elle en vêtements civils poussiéreux, moi en vêtements usés et sales de prisonniers, le corps couvert de bleus, les yeux pochés de cernes. Une barbe de trois jours me mangeait le visage et mes cheveux noirs hirsutes se rassemblaient en petits épis désorganisés. J’empestais la crasse de cette prison infâme.


      -Je crois qu’il va me falloir quelques explications sur ce qui se passe ici, Lieutenant. Ensuite, je vous demanderai sans doute une permission d’une heure pour me nettoyer et bien évidemment, recevoir mes ordres.

      Clair, net, rien ne dépassait. Je savais pertinemment qu’aucune rébellion ne serait possible. J’avais mis à nouveau le doigt dans un engrenage et ceux qui étaient morts quelques instants auparavant étaient des criminels. Cet acte, au-delà de l’ordre était une catharsis incroyable. Je faisais peu à peu le ménage avec ma vie Impériale pour revenir dans le rang du bien…Tout du moins c’était ce que je croyais à cet instant…

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        #13

        Post n°13
        Auteur : Atreïs Helcar

        Atréïs regarda l’homme abattre de sang-froid les deux prisonniers. Désarmés, sans défense, isolés, ils n’avaient aucune chance de s’en sortir. Pourtant, il n’avait pas hésité une seconde. Psychopathie latente ? Il ne pouvait le dire. Mais la manière qu’il avait eu d’appuyer sur la gâchette trahissait autre chose qu’un simple soldat. Mêlé à toutes ces attitudes étranges, notamment celles vues en vidéo en prison, lorsqu’il affirmait haut et fort être un officier, cela mettait la puce à l’oreille du Gurlanin qui ne savait plus vraiment qui il avait en face de lui. Ou plutôt, si : il n’avait pas Arnon Veral qui était, de fait, mort et enterré. Alors qu’il pensait ne laisser derrière lui qu’un nom, il voyait également une personnalité s’évanouir. Un personnage construit avec du temps, de la patience, et que trois jours avaient suffit à faire voler en éclats. Le voile se levait sur ce qu’était vraiment Arnon Veral. Les doutes d’Atréis se confirmaient, et il tirerait tout cela au clair. Avant toute chose, il récupéra l’arme et la jeta vers le cadavre de garde. Elle était inutile, ici, et surtout, le Lieutenant ne voulait pas s’encombrer d’affaire réglementaires d’Utapau. Il se détourna pour s’asseoir sur le capot du speeder.

        -C’est plutôt à vous de me donner des explications, Veral. Ou qui que vous soyez. Arnon Veral est officiellement mort, et j’ai veillé à ce que rien ne transparaisse de notre petite expédition ici. Mais j’ai dans l’idée qu’Arnon Veral n’est jamais vraiment né et n’est qu’une petite idée toute droit sortie de l’imagination d’un cerveau plus complexe qu’un simple administrateur.

        La Lieutenant sortit un paquetage du speeder, qu’elle jeta aux pieds de cet homme sans nom. A l’intérieur, un uniforme de sergent, une arme et tout un dossier au nom d’Adriel Venkhor. Sergent de la Marine. Puis, elle se rapprocha, suffisamment proche pour regarder droit dans les yeux de ce prisonnier sans identité, et sans réel visage.


        -Les choses sont simples. Soit vous prenez ce sac, ces affaires, et vous abandonnez le masque d’Arnon Veral pour devenir le Sergent Venkhor, du DSP, missionné pour m’assister sur Utapau. En échange, vous me racontez qui vous êtes réellement, sans oublier le moindre détail. L’autre possibilité, c’est d’abandonner, ici et maintenant. Une bande de bandits aura pris pour cible un convoi pénitentiaire. Trois prisonniers et deux gardiens morts, ça fera un encart dans le journal demain. A vous de choisir.

        Il n’y avait pas de menace dans les yeux de Vasburg, uniquement ce noir si intense qu’on croirait voir le vide galactique.


        -Si on doit travailler ensemble, je dois pouvoir vous faire confiance. Peu importe ce que vous étiez, même si je n’ai pas beaucoup de doutes sur votre réponse, je veux l’entendre de votre bouche. Et si vous vous demandez ce que j’ai à proposer en échange, c’est simple : rien. Je vous formerai, puis nos chemins finiront par se séparer tôt ou tard. En ce qui vous concerne, ma bouche restera cousue.

        Ce qui intéressait Atréis, c’était les détails. Aurait-il le cran d’avouer son ancienne allégeance ? Les vidéos étaient explicites, l’homme en face de lui n’était pas qu’un simple administrateur. Non, il avait l’expérience du combat, mais sans doute pas en première ligne. Dans l’ombre. Dans les hautes sphères. Il fallait qu’il sache à quelles compétences s’attendre, comment le réintégrer dans le système de la CSI. Mais ça ne pouvait venir que de lui.


        Spoiler : Spoiler
        HRP
        Navré pour le post relativement court, mais cette petite discussion laisse Arnon comme le centre d'intérêt !

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          Post n°14
          Auteur : Arnon Veral

          Vasburg m’expliqua alors comment allaient se dérouler les choses. Elle doutait, doutait de mon identité et me proposait un nouveau marché. Alors que je ramassais péniblement le sac de toile qui se trouvait au sol, je constatais qu’elle n’avait pas menti. A l’intérieur se trouvait un uniforme bleu de sous-officier de la Marine : tunique et casquette. Les documents étaient tamponnés officiellement et me donnaient l’identité d’Adriel Venkhor, avec tous mes états de service indiqués. Les règles étaient claires et comme toujours, la menace tacite d’être abandonné dans le désert. Vasburg maniait le verbe et l’action, le bâton et la carotte, elle me menaçait et me baladait pourtant depuis le début. En ce sens, il était impensable de lui faire une quelconque confidence, et ce quelle qu’elle soit. Vasburg m’avait apporté plus de mal que de bien jusqu’à présent. Dépliant lentement la tunique et feuilletant les papiers je caressais le tissu neuf tout en me retournant vers Vasburg.

          -Eh bien, les standards ont baissé. Mon précédent uniforme était de meilleure qualité…


          Ma raillerie s’agrémenta d’un sourire amer. J’étais affecté de tout cela, et si ma plaisanterie n’était pas méchante ni dirigée contre Vasburg, elle traduisait un certain agacement aux regards de tout ce qui se passait. J’en avais marre, je fulminais intérieurement. Cette petite aventure au sein du DSP devenait extrêmement pesante et je me retrouvais sur Utapau, sale et mal rasé, dans un canyon avec des cadavres sur les bras. L’action du DSP semblait particulièrement opaque, voire obscure. Je fixais Vasburg en soutenant son regard, en d’autres circonstances, cette femme aurait pu être charmante, mais c’était sans compter tout ce que j’avais vu d’elle. Pour moi elle n’était qu’un oiseau de mauvais augure qui m’annonçait des problèmes.

          -Je crois que cela suffit, maintenant, Lieutenant Vasburg. Jusqu’à présent, j’ai été conciliant et poli, mais là c’en est trop. Depuis que je vous ai rencontré, je n’ai que des problèmes. Vous m’avez menti, manipulé, traîné sur ce caillou où j’ai été maltraité, molesté et j’ai failli perdre la raison. Je ne suis qu’un simple citoyen et je ne vous ai jamais demandé quoi que ce soit. Et maintenant, vous me menacez alors que par vos actions j’ai perdu à la fois mon identité, tout ce que je possède et ma vie tranquille sur Raxus Secundus ? J’ai fait la guerre, j’ai servi, mais tout cela est derrière moi. J’ai rejoint le DSP de bon cœur car j’ai un certain sens du devoir, mais je n’aspire pas non plus à être menacé et maltraité !

          Si mon ton de voix était calme, l’indignation était palpable. Bien sûr, cela n’avait rien d’une contrainte, mais j’indiquais à Vasburg que je n’acceptais pas son ultime demande…Celle d’abandonner toute dignité et de céder à ses menaces. J’y voyais clair dans son jeu et c’était d’ailleurs pour cela que je ne lui dirais rien. Je n’avais aucune intention de lui dire quoi que ce soit même si elle prétendait savoir quelque chose. Mon intime conviction était qu’elle ne savait rien, elle ne pouvait rien savoir : Ludwig Noas n’était même pas sur les registres de naissance, c’était précisément pour cela que personne ne l’avait jamais retrouvé, c’était seulement un des criminels de guerre tombés sur la Forge Stellaire. Donc en effet, Vasburg n’avait rien à part des doutes, et elle pourrait se coucher avec eux ce soir. Bien sûr, je savais que ces doutes étaient sincères, aussi je devrais lui lâcher quelques petites informations.

          -Je suis bel et bien Arnon Veral, né sur Ryloth. J’ai rejoint la résistance à l’Empire Sith il y a quinze ans pour finalement combattre au sein des Rebelles. Je me suis battu pour finalement être emprisonné lors d’une opération sur un vaisseau Impérial, nous attaquions leurs convois qui allaient sur la Bordure Extérieure pour ravitailler leurs multiples fronts. En général ça se passait bien, mais cette fois ils nous attendaient et j’ai été pris, comme d’autres, en charge par le BSI qui nous a mis au travail forcé. Sur la Forge Stellaire, on nous faisait travailler comme des esclaves, beaucoup ont été fusillés après avoir travaillé, avec mon groupe, on ralentissait la cadence en espérant gagner du temps et en faire perdre aux Impériaux. A la fin, les officiers qui nous gardaient n’ont pas voulu se rendre, j’ai été blessé à cause de l’explosion d’une conduite et j’ai finalement réussi à désarmer un des officiers et à les abattre. Mon numéro de matricule était F2034…F car j’ai été capturé sur une flotte. Voilà, c’est tout, rien de plus, rien de moins. Il y a bien quelque chose que je cachais, c’était qu’avant de me rebeller pour l’Empire je trafiquais dans l’espace de la CSI notamment…Oui j’ai effacé ça du registre quand j’ai refait mes papiers, mais je ne crois pas que ça mérite la peine capitale.

          J’avais déroulé cela d’un bloc, toujours aussi calme. Dévoilant le passé de contrebandier de Veral avec une certaine lassitude. La manœuvre était habile : je connaissais le matricule de prisonnier de Veral, son parcours et son passé légèrement délinquant qui n’apparaissait pas sur les registres. C’était un détail que je n’aurais pas pu avoir par moi-même si j’avais usurpé…A moins bien sûr d’être avec les officiers Impériaux qui l’avaient interrogé et d’avoir accès à tout son dossier lorsqu’il était prisonnier. Mais ça, Vasburg n’en savait rien. Moi aussi je manœuvrais la réalité et je soutenais le regard de Vasburg, comme si je n’avais rien à me reprocher. Je saisissais le sac pour m’approcher lentement du Speeder.

          -Si c’est tout, nous pouvons nous mettre en route, car il semblerait que je n’ai pas d’autre choix que d’accepter votre offre. Je serai le Sergent Venkhor et je vous assisterai…Avec loyauté envers la CSI, comme je l’ai fait jusqu’à présent…Mais pour le reste, sachez que moi non plus je ne vous dois rien, Vasburg ! Je vous ai fait confiance jusqu’à présent, je vois où ça m’a mené !

          Sans demander mon reste, je m’installais sur le siège passager du Speeder, le sac sur mes genoux et le visage fermé. J’étais en colère et j’avais du mal à le dissimuler.

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            #15

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            Auteur : Atreïs Helcar

            Atréis écouta silencieusement l'Humain parler. Ca y est, il lui cassait les pieds. Non, il l'emmerdait royalement. A le tenir responsable de tous ses maux, à se plaindre en boucle de sa situation. Et ça commençait à fatiguer très sérieusement le Gurlanin. Lorsqu'il reprit la parole, ce fut d'une voix plus froide que le sol d'Ilum, comme si le vent de la planète gelée lui-même venait balayer toute trace de sympathie qu'il s'évertuait à garder. Tout en parlant il se rapprocha.

            -Je crois que nous ne nous sommes pas compris. Pour l'heure, tu n'es rien, misérable avorton. Tu n'es à mes yeux, qu'un @£*!&% de rebut de l'ancien empire Sith, un insecte qu'on écrase. Et malgré ça, malgré toute ta morgue, toutes tes insultes, toutes tes accusations, je prends encore le risque de te sortir de la prison dans laquelle tu t'es fourré seul ?

            Son geste fut vif, puissant. Atréis avait à la fois l'avantage de la surprise et de la force sur un prisonnier dores et déjà maltraité. Il était presque enragé de fait. Accusé de tous les maux d'Arnon, il n'avait plus envie d'encaisser ces chocs-là. Et il en avait plus que marre de ses manières pédantes et condescendantes. Il voulait jouer ? Ils joueraient à deux. Et à ce jeu-là, le Gurlanin était fort, très fort. Tant pis pour les conséquences. Il avait toute autorité pour faire de lui un simple fugitif, un terroriste. Il avait la main sur toute la situation, restait à mettre la main sur son vis-à-vis. Sa poigne gauche se referma sur le gilet d'Arnon, la droite sur son poignet. Un mouvement de hanches rapide, et il le fit basculer cul par dessus tête depuis le speeder où il avait eu l'audace de s'asseoir jusqu'au sol. Le visage de colère de l'agent du DSP ne changerait rien à l'affaire. Toujours aussi froid, Atréis le laissa se relever.

            -Je n'ai jamais rien manipulé te concernant. J'ai autre chose à faire que de te pourchasser à travers les étoiles, et tu aurais bien pu y rester dans les étoiles que ça n'aurait rien changé pour moi. Maintenant, tu es là, je te sors de ta taule, tu crois que c'est pas pur esprit sadique ? J'aurais pu t'abattre comme un chien dans ta cellule que personne n'aurait rien trouvé à redire.

            Tout en parlant, il s'était rapproché. A nouveau, il se tint au plus proche de son adversaire. Cette fois, ce fut son genou qui partit au creux de son ventre, et sa jambe faucha celles d'Arnon. Si il pouvait sembler violent, il n'en était finalement rien. Les coups étaient destinés avant tout à maîtriser au sol l'homme, et surtout, à lui faire comprendre le message. Il n'était pas là pour le blesser, mais n'hésiterait pas à le faire en cas de besoin. Dès qu'il tomba au sol, un genou du Lieutenant vint appuyer sur l'épaule de l'agent pour le forcer à rester immobile.

            -Toi, un Rebelle. Ha. Laisse moi rire. Et ça, alors ?

            Il sortit de sa poche un petit holotransmetteur qu'il colla violemment sur la poitrine d'Arnon et l'enclencha. Une phrase, une seule, qui était sortie de la bouche de l'homme, se répéta en boucle, encore et encore, jusqu'à être coupée par l'agent d'un geste rageur. « Tenez vos rangs…SOLDATS ! Ce n’est pas une façon de parler à un officier… ORDURES ! »

            -Je ne suis pas né de la dernière pluie. Et quand j'ai une idée derrière la tête, elle est rarement mauvaise. J'ai vérifié les antécédents de tes petits amis, qui ont joyeusement collaboré avec l'Empire Sith. Et tu le savais. Et ça, c'est ce qu'on appelle une réminiscence.

            La voix avait changé. Le timbre féminin, même froid, s'était évaporé. Il n'y avait plus de Vasburg dans ces mots. Le ton était toujours glacial, mais nettement plus grave et bestial. L’innommable se produisit alors. La jeune femme brune céda sa place à un monstre. Un énorme loup qui maintenait Arnon en place. La fourrure noire d'ébène rappelait la tignasse de Vasburg. Les crocs acérés luisaient, aiguisés comme des couteaux. Dans son dos et sur sa tête, la même mèche blanche ornait cet animal aussi noir que la nuit. Et les yeux. Les yeux étaient exactement les mêmes. Aussi insondables que l'Univers, aussi noirs que la mort. Devant, ou plutôt sur Arnon, se dressait le Gurlanin dans toute son animalité, toute sa rage, toute sa noblesse.

            -Je pourrais t'arracher la gorge de mes griffes et laisser ton cadavre pourrir au soleil pour ton insolence. J'aurais pu te laisser croupir dans cette prison sans que personne n'en sache rien. J'ai eu cent fois l'occasion de te tuer, et cent fois je t'ai laissé vivre, misérable ver de terre.


            Aussi vite qu'il était apparu, le loup céda à nouveau sa place à la Lieutenant Vasburg, qui se releva, et empoigna le sac à dos qu'elle colla à nouveau dans le ventre d'Arnon.

            -Je répète. Qui es-tu ?

            La voix s'était radoucie, mais elle n'en demeurait pas moins hostile. Mais en se dévoilant, Atréis avait fait un premier pas. Quelque part, il savait qu'il intriguait a minima Arnon, entre sa manière de toujours être dans son chemin, et ses façons de faire. Il ouvrait la porte à une collaboration plus efficace, peut-être pas de confiance, mais au moins dans la vérité. Quelque part, il se soulageait également d'un poids, en se montrant sous sa vraie forme. Restait à voir si il accepterait la situation, et en ferait de même.

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              Auteur : Arnon Veral

              La tirade n’avait visiblement pas plu à Vasburg. Cette dernière se transforma, peu encline à la critique. Son visage s’était fermé, elle était devenue glaciale. Mais loin de m’excuser, je lui tenais tête en soutenant son regard. Je n’avais pas peur de cette femme, pour moi elle n’avait aucune légitimité, elle était inapte à me juger de quelle que manière que ce soit. Elle passa au tutoiement sur un ton qui frisait l’insulte et eut pour conséquence d’assombrir un peu plus mon visage, cette fois, elle venait de franchir une nouvelle limite. Je m’apprêtais à lui lancer une nouvelle tirade bien sentie et à claquer la porte pour partir. Si elle avait envie de me tuer...Qu’elle le fasse. Pourtant, alors que je pensais que l’ultime limite était franchie, je constatais que la femme était prise d’une hystérie bouillonnante, elle se saisit de mon poignet et de mon gilet et me fit basculer par dessus sa hanche, dans une prise experte qui me projeta au sol. Je mordais la poussière, incapable de réagir. Je ne pus émettre qu’un raclement de gorge de douleur. Mon corps était déjà endolori par mon séjour à la prison d’Utapau et c’était péniblement que je me relevais, voyait désormais que la jeune femme était partie dans une nouvelle litanie. Elle avait le regard fou...Cinglé...Elle était comme enragée. Cette bonne femme commençait à sérieusement me taper sur le système, je l’avoue. Malheureusement, je n’étais pas en état pour lui faire à mon tour mordre la poussière. Idéalement, c’est ce que j’aurais aimé faire -et j’imagine que beaucoup d’entre vous dirons qu’à ma place, ils ne se seraient pas laissés battre- mais au risque de vous décevoir, je n’étais pas suffisamment préparé pour combattre à mains nues un agent entraîné au terrain et donc probablement au combat.

              Mes jambes étaient chancelantes, et pourtant, mon visage toujours aussi fermé. Mon voyage au merveilleux pays de l’humiliation n’était pas arrivé à son terme. Vasburg, pris une nouvelle fois d’un accès de colère me donna un coup de genou au niveau de l’abdomen, alors que j’expirais brutalement dans un râle -elle avait touché mes bleus et mes hématomes- je sentais son pied me balayer, ne me laissant d’autre choix que de m’effondrer pitoyablement sur le sol sableux du canyon. Elle était sur moi, un genou sur l’épaule et je pouvais observer en détail son visage colérique de la harpie alors qu’elle colla holotransmetteur sur ma poitrine. La séquence tournait en boucle, c’était précisément celle où je parlais à ces trois hommes. Bien sûr, cela pouvait prêter à confusion, je pouvais tout dire par ces mots, mais Vasburg était visiblement convaincue d’avoir flairé quelque chose. Je devais reconnaître qu’elle était moins idiote qu’elle n’en avait l’air au premier regard et que c’est quelqu’un qu’en d’autres circonstances, j’aurais pu respecter pour cela. Malheureusement, les limites de la violence physique et de la menace avaient été franchies.

              Alors que je m’apprêtais une nouvelle fois à répondre, sans desserrer la mâchoire, Vasburg se transforma. Mes yeux s’écarquillèrent sous la surprise, je n’avais jamais rien vu de tel et si certains auraient pu reconnaître un Gurlanin, pour ma part, je ne savais pas ce qu’était cette créature noire et primitive. Je ne voyais qu’un énorme loup et instinctivement, je relevais mes bras au niveau du visage pour me protéger de cette créature dont je sentais l’haleine fétide. Si les yeux et le pelage rappelaient Vasburg, il était difficile de trouver un autre point commun entre la jeune femme et la bête qui me faisaient face. Cette créature semblait tout droit sorti des enfers et je ne pus réprimer un instant de terreur et de surprise. Mon regard dévia vers l’arme qui se trouvait au sol près d’un des cadavres. Le pistolet était là, à portée de main, j’avais l’occasion d’occire la bête, d’abattre cette créature avec une gueule remplie de poignards acérés à couleur d’ivoire. L’espace d’une seconde, j’aurais pu envoyer ma main, saisir l’arme et lui tirer dans la tête. Là-encore c’était la séquence que je visualisais dans ma tête, mais comme souvent en situation de panique, la torpeur s’en mêle. Je restais donc figé l’espace d’une seconde, ayant vu l’arme à portée…Mais l’occasion était passée, je l’avais raté. Force était de constater que je n’étais pas un soldat, je n’étais pas fait pour le combat, mes expériences dans ce domaine avaient eu pour conséquence de me montrer mes limites. J’avais pris de l’âge et il était fort probable que mes années confortables à la tête d’AgroChrome m’aient ramolli. Une nouvelle menace émanant finit de craqueler ma dignité. C’en était trop, je ne supportais plus ces insultes à répétition et je dois reconnaître qu’à cet instant, la colère prit de nouveau le dessus sur tout le reste. Pourtant, aussi sourde et violente soit-elle, cette colère fut contenue au plus profond de mon être. J’avais beau être amoindri et humilié, mon cerveau fonctionnait toujours et prendre des décisions dans une situation critique, ça je savais le faire. Alors que Vasburg se relevait pour reprendre forme humaine sous mes yeux ébahis, elle posa à nouveau la question de mon identité. Sa voix semblait s’être apaisée, comme si la bête avait à nouveau laissé place à la jeune femme.

              Je me relevais à nouveau péniblement, observant le sac qu’elle avait jeté sur moi. Pris d’une quinte de toux, mes méninges fonctionnaient à plein régime. Il était évident que je ne lui dirais rien, par principe, les choses desquelles on m’accusaient étaient trop graves. J’étais de plus humilié, je n’allais pas me soumettre à cette chose, c’était une question d’honneur. Il faut rajouter quelque chose à cela, l’essentiel en fait : ne pas oublier que j’avais été entraîné au BSI, et qu’à l’académie, ne pas parler, préférer mourir étaient les maîtres mots. J’avais fais du chemin depuis, certes, mais ce conditionnement mental avait laissé des traces et finalement, le comportement de cette bête venaient de montrer que certains officiers Impériaux avaient raison quand ils parlaient de nos ennemis. La vérité venait de me percuter en plein visage : la CSI ne valait pas mieux que l’Empire Sith. Comment avais-je pu être aussi naïf ? Comment avais-je pu penser que les choses seraient différentes ? C’était inacceptable, surtout en considérant d’où je venais. Je n’avais aucune confiance en Vasburg, et son comportement inadmissible venait de me montrer la personne ou la chose qu’elle était. J’aurais ma revanche, je me rappelle à cet instant-là m’être fait la promesse de me venger. J’étais resté courtois avec elle et pourtant, elle avait cherché cela. Pourtant, je n’étais pas en mesure de m’opposer à elle, c’était frustrant, mais c’était la piètre réalité. La réalité, cet état de fait décevant dont nous devons tous nous accommoder. L’espace d’un instant, mon regard glissa à nouveau vers l’arme qui gisait au sol. J’aurais pu l’attraper et tirer, j’aurais pu en finir et liquider cette créature. Pourtant, quelque chose m’en empêchait, la même chose qui m’avait fait culpabiliser d’avoir poignardé cet homme qui m’avait menacé dans la prison : là-encore il s’agissait d’un conditionnement. Le conditionnement des ordres et de la discipline de fer que j’avais subi au cours de mon entraînement. Je venais de laisser s’envoler ma deuxième occasion...Preuve que mon cerveau fonctionnait encore et que je n’étais pas devenu stupide. Abattre un agent du DSP aurait été une faute grave et même si Vasburg m’avait menacé, j’étais intimement persuadé qu’elle aurait eu des scrupules à m’abattre, on avait beau m’avoir déclaré mort, j’osais espérer qu’elle avait un minimum de morale et d’éthique. Je toussais à nouveau pour reprendre la parole.


              -Tu peux me menacer, me battre, me tuer si tu veux, mais sache que cela ne changera rien à mon identité. Je suis réellement Arnon Veral. La confiance est maintenant rompue, Vasburg, ou quoi que tu sois. Je suis un vétéran, et pour cela, j’attendais un peu de respect...Même venant de quelqu’un qui n’a pas du foutre beaucoup les pieds au front.

              Je soutenais à nouveau son regard. Mon discours ne changerait pas, je ne pouvais pas lui dire, j’en étais incapable. Les chefs d’accusation étaient trop graves et en tant que criminel de guerre condamné à mort par contumace, je m’exposais à un chantage permanent de Vasburg, ce que je n’avais pas envie. Je devais tenir ma couverture coûte que coûte. Qu’elle pense que j’ai collaboré avec l’Empire comme les petites frappes qui m’avaient menacé ne me gênait pas...Qu’elle sache que j’avais été un officier au sein du BSI était plus gênant. Tôt ou tard, je devrais peut-être assumer mes responsabilités, mais ça ne serait pas devant Vasburg.


              -J’ai fait ce que tu m’as demandé, je suis allé sur le vaisseau, on m’a piégé, pourtant les ordres ont été appliqués à la lettre. J’ai espionné Osso, comme tu me l’as demandé. Encore une fois, et même si cela ne te plaît pas, je ne te dois rien. Si tu veux m’abattre, fais-le ici et maintenant, sinon, donnes-moi mes ordres et LAISSE-MOI TRANQUILLE !

              Les derniers mots avaient raisonné dans le canyon, je les avaient tout bonnement hurlé, donnant un timbre cassé à ma voix. Je l’avoue, je perdais patience et mes nerfs étaient en train de lâcher face à ce nouvelle ennemi. Vasburg m’avait humilié et je n’étais plus disposé à jouer à ses petits jeux pervers.

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                Auteur : Atreïs Helcar

                Le Gurlanin regardait Arnon droit dans les yeux. Cet homme était cinglé, tout simplement, et tout son corps était un simple appel à la culpabilité pour Atréis. Tout dans son attitude laissait transparaître sa gêne et sa colère. Le simple fait de le voir hurler ainsi ne laissait pas de choix à l'agent de la DCRS. Cet Humain était aussi instable qu'irrespectueux. Depuis qu'ils s'étaient rencontrés, jamais il n'avait montré le moindre respect, que ce soit pour l'uniforme ou le grade, alors que lui même en réclamait de manière totalement indue. La situation était dans une impasse totale. Le Gurlanin avait cherché à imposer une autorité naturelle, puis hiérarchique, sans y parvenir, face à un homme qui lui refusait toute forme de confiance. En désespoir de cause, ou plutôt comme une main tendue, il lui avait dévoilé sa véritable nature. Celle d'une bête, qu'on pouvait qualifier de primitive peut-être, mais pas suffisamment pour se faire prendre.

                A nouveau, Atréis était en position de force, cela ne faisait aucun doute. Il avait pour lui l'autorité, le grade, les armes, la connaissance de la situation. Pourtant, la résolution farouche de son vis-à-vis à ne céder aucun pouce de terrain en aurait destabilisé plus d'un. Maltraité, mis au pied du mur, il y avait dans sa résilience quelque chose d'admirable... Et sans doute de profondément stupide. Pour quelqu'un qui semblait pourtant être animé d'une envie de vivre presque démesuré, il prenait face à celui qui avait presque droit de vie et de mort sur lui des risques incroyables. Et surtout, à son tour, Arnon mettait son adversaire au pied du mur. Ses yeux clamaient son envie d'en découdre, mais il n'y aurait pas de combat, pas plus qu'il n'y aurait d'espoir.

                Atréis avait du feu dans les yeux. Ses pupilles noires dilatées témoignaient à la fois de l'adrénaline qui courait dans ses veines et de son envie d'abattre l'homme immédiatement. Son sang bouillait dans ses veines, son cœur lui hurlait de faire ce que son instinct lui criait, ses artères cognaient dans ses tempes et si il demeurait parfaitement immobile, c'était surtout car pour l'heure, il défiait Arnon. Même si sous cette apparence il était plus petit. Même si il venait d'essuyer sans doute la pire des insultes, l’infamie. Mais l'autre ne baisserait pas les yeux. Alors tant pis pour lui. Sa main se referma sur son arme, qu'il avait laissée sur le capot de son speeder. Un fusil de précision. Un DLT-20A. Quelle ironie. Après avoir sauvé Arnon, s'être presque dévoyé pour le sauver, voilà qu'il se retrouvait à devoir finir le travail. Non pas que ça le dérangeait outre mesure de tuer. L'homme s'était moqué de lui et de sa main tendue, et lui avait craché au visage. Non, c'était plutôt de devoir contempler le visage de son échec qui le troublerait. Au moins pendant un temps.

                Le temps semblait presque suspendu. Une éternité qui s'écoulait entre eux, alors que le Gurlanin se demandait encore si il lui fallait appuyer sur la gâchette. Oui, sans doute. Il n'aurait pas le choix, pas après s'être trompé à ce point. Il suffisait de pointer son fusil et d'appuyer sur la gâchette. Mais au moment où il allait lever son arme, son œil se retrouva soudainement aveuglé. Une infime fraction de seconde. Le reflet du soleil. Sur quoi ? Rien ne traînait dans ce désert poussiéreux. Alors son sang ne fit qu'un tour. Au moment où une détonation retentissait, il n'était déjà plus là. Dans un réflexe soudain et étrange, il avait tout bonnement plaqué Arnon au sol en le prenant à la taille. Manière de se protéger ? De se racheter ? Impossible à savoir, et il n'avait pas le temps de s'en préoccuper. Le chasseur en lui se réveillait, d'un seul coup, et il se releva instantanément main. De sa foulée rapide, il se mit à couvert en quelques pas derrière le véhicule abandonné par les désormais décédés geôliers. Derrière lui, quelques tirs firent voler la poussière, et il n'eut pas le temps de voir ce qu'avait fait son... son quoi ? Difficile à dire. Mais dans la situation présente, il ne pouvait pas attendre.

                Sans regarder, le Lieutenant récupéra l'arme du cadavre du garde abattu contre son véhicule. A nouveau, c'était un blaster, une méchante pétoire aussi dangereuse pour son porteur que pour son opposant. Mais c'était ça ou rien. Il la jeta vers la direction d'Arnon, au moins sa position supposée. Au pire, il aurait une arme. Au mieux, il était déjà à l'abri. Autour de la scène de massacre, les tirs commençaient déjà à pleuvoir, empêchant le Gurlanin de se positionner pour observer les positions de ses ennemis. Il n'aurait pas beaucoup de temps. Quelques secondes, au maximum, si tant est que son ennemi caché n'avait pas bougé. Même en étant confiant en ses capacités à toucher, ce tir serait prépondérant pour la suite. Il inspira un grand coup. Bloqua. Se redressant d'un coup, il braqua son arme sur la position où il avait cru voir la lunette de visée qui l'avait aveuglé. Rien d'autre ne comptait. Il eut tout juste le temps de regarder à travers son viseur. Vise. Expire. Bloque. Le tir fusa alors même qu'il se remettait à couvert derrière le speeder, grognant de frustration, dans l'impossibilité de voir où se situerait la prochaine menace.

                Spoiler : Spoiler
                HRP
                Cinq hommes agressent notre duo. Deux snipers, trois qui arrivent à bord d'un véhicule de contrebande modifié. Atréis a sans doute touché, puisque le premier sniper ne tire plus, mais le second est toujours actif.

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                  Post n°18
                  Auteur : Arnon Veral

                  Je fixais Vasburg, le temps était suspendu. Le vent entraînait quelques amas d’herbes sèches négligemment tressées. Il y avait dans ce canyon une manifestation sauvage et primaire d’une nature qui ne s’était pas soumise. Alors que le Lieutenant prenait son arme, elle sembla hésiter, mais nous étions dans une impasse. Je le savais et elle le savait aussi, nous ne pourrions pas trouver d’issue favorable. C’était comme ça, j’avais fait le choix de ne pas plier face à elle, car je ne connaissais pas réellement ses intentions concernant la Légion Amber cette conspiration dont j’étais la cible. Il y avait là quelque chose que je détestais, c’était le mensonge et l’intrigue. Du temps du BSI, cela aurait été très violemment réprimé, j’aurais fait réprimer cela dans le sang. Bon d’accord, je ne pourrais pas vous mentir plus longtemps, il y avait également une blessure dans mon ego, j’étais au fond de moi peut-être un peu chagriné de me faire maltraiter par un officier subalterne au rang de Lieutenant, mais cela n’était finalement qu’une chose parmi tant d’autres.

                  Vasburg avait saisi son arme et je soutenais son regard. Je n’avais pas peur de la mort, elle le saurait tout de suite. Je pouvais saisir dans son regard une sorte de retenue, elle réprimait toute émotion et sa détermination ne faisait aucun doute : le Lieutenant Vasburg avait une grande expérience, elle avait déjà tué et pourrait recommencer sans problème. C’était d’ailleurs sans son intention. Le bruissement des herbes sèches à proximité de mon pied attira mon attention, un petit lézard venait de partir à toute allure, faisant frétiller sa langue. C’était un bel endroit pour mourir, face à l’immensité de cette nature qui rappelait que finalement, nous n’étions que bien peu de choses. Je n’étais qu’un grain de sable dans l’immensité de l’univers et la durée de mon existence aurait été aussi brève qu’inutile. Il aurait été illusoire de penser pouvoir changer quelque chose, nous n’étions que des petits grains de sables, broyés par l’immense machine qu’était l’Univers. Vasburg allait avoir un peu d’impact dans sa réalité immédiate -tout du moins le penserait-elle- mais finalement, cet acte se noierait dans les déterminismes cosmiques, tous ceux qui l’aurait précédé et lui avaient imposé cet acte, et tous ceux qui la précéderaient et asserviraient sa volonté pour ses actes à venir.


                  Treize ans auparavant, bordure extérieure,

                  Les fanions et les affichettes emplissaient les rues. Les gens de la planète, désormais libérée accueillaient notre armée dans un mouvement de liesse. Les stormtroopers, les blindés et les transport de troupe défilaient dans les rues. Rec et moi avions mis notre uniforme de sortie, et nous saluions la foule. Une femme, hystérique tendit une bouteille d’alcool à Rec et l’embrassa avec fougue. Ils étaient heureux de voir l’Empire Sith prendre la planète, la propagande avait bien fonctionné et nous avions réussi notre coup. Le gouvernement qui nous avait précédé était corrompu et opprimait la population en lui imposant taxes et restrictions de guerre. Notre armée avait envahi cette partie de la planète en deux semaines, leur armée était mal équipée et nous avions une supériorité évidente. Des combats avaient encore lieu dans l’hémisphère nord de la planète, mais pourtant, nous avions quasiment pris cette planète mineure. Notre Speeder était conduit par un chauffeur et les gens nous envoyaient des bouquets de fleur alors que certains jouaient de la musique. Certains au sein de l’état-major, commençaient à douter de la stratégie globale d’ouvrir des fronts multiples, mais nous étions aveuglés, persuadés que nous faisions le bien. En quelques années, j’étais passé de prisonnier à officier du BSI, j’étais devenu quelqu’un, j’avais enfin atteint un statut social. Les cérémonies se poursuivirent jusqu’en fin d’après-midi où nous devions nous préparer pour une conférence sur la situation avec les officiers de l’armée.

                  Hôtel de ville, dans la soirée,

                  Rec et moi avions dîné dans un restaurant sans payer, le restaurateur semblait content de faire un cadeau à des membres du BSI. Nous avions rejoint une salle aménagée avec des sièges pliables pour la conférence sur la situation. Les gens de l’armée parlèrent pendant une heure, le Général Ars Fenlon, qui dirigeait les opérations nous informa que la région était sécurisée, que les divisions de Stormtroopers repoussaient quelques loyalistes au nord mais que les points stratégiques avaient été pris à plus faible coût. Rec prit la parole dans une seconde partie de la soirée.

                  -Messieurs les officiers, je suis le Capitaine Rec Ornaz, du D2I et je suis accompagné du Lieutenant Ludwig Noas, du Département de Surveillance, qui est ici pour m’assister. Nous avons été mandatés pour les opérations contre les rebelles qui -d’après nos informations- ont été organisés en réseau. Un détachement des Opérations Spéciales Impériales a également été dépêché pour nous aider dans la partie opérationnelle. Le Lieutenant Noas sera l’officier de liaison qui assurera la coordination entre l’état-major des armées et notre groupe de travail.

                  Un homme, un colonel, leva la main pour demander comment cela se passerait en pratique. J’entendais déjà des chuchotements, l’évocation du Département de Surveillance n’était pas bien vue. Tous se doutaient qu’ils allaient être sur écoute, l’armée n’aimait en général pas cela. Pourtant, Rec savait que j’avais eu le contact facile et nous avions pu discuter d’un plan afin d’amadouer l’armée.

                  -Vous n’aurez pas à vous occuper de nous, faites comme si nous n’étions pas là. Nous souhaitons éviter de vous perturber dans vos tâches quotidiennes. Nous organiserons quelques réunions avec les officiers concernés et le Général Fenlon afin de poser des questions spécifiques et nous organiserons aussi, une fois par semaine, une conférence libre d’accès pour vous informer sur la situation. Nous avons en outre toute autorité pour demander du soutien aux Stormtroopers si cela est nécessaire, nous n’avons que peu d’hommes des OSI, il faudra donc nous aider dans le cas d’une opération majeure. Je laisserai le Lieutenant Noas discuter avec vous des modalités pratiques. Vive l’Empire !

                  La soirée se termina ainsi. Ce fut quelques jours plus tard que nous avions fait des listes d’opposants à arrêter et à interroger. La population se rendrait rapidement compte qu’elle avait renversé un gouvernement incompétent pour un gouvernement autoritaire qui n’aurait de cesse de l’opprimer. Cette planète mineure serait soumise à des restrictions et des réquisitions de plus en plus importantes. Le premier opposant de notre liste était le restaurateur qui nous avait si bien accueilli, cet homme avait proféré des critiques envers l’Empire et était suspecté d’avoir aidé à cacher des armes. L’interrogatoire se terminerait par son exécution par les hommes de Rec...Nous découvririons plus tard qu’il avait été dénoncé par un concurrent -qui lui-aussi serait exécuté par nos services- et qu’il n’avait rien à voir avec nos ennemis. La paranoïa de nos services ne ferait qu’augmenter avec les revers que subirait l’Empire Sith quelques années plus tard.

                  Le visage de Vasburg changea du tout au tout, ce qui m’arracha à mes pensées pour me faire revenir à la réalité. Sans aucune autre forme de procès, Vasburg me ceintura pour me projeter au sol. Je compris ce qui s’était passé uniquement lorsque j’entendis la détonation. Une salve ricocha à l’endroit où nous nous trouvions, soulevant la poussière. Alors que Vasburg avait glissé, tel un prédateur, à couvert derrière le véhicule abandonné, je la suivit péniblement, me hissant contre la carrosserie. Les tirs ricochaient un peu partout autour de nous. Nous étions pris pour cible et il était très difficile de savoir qui nous tirait dessus. Le souffle court, haletant, je saisis l’arme que m’avait envoyé Vasburg. L’arme était de très mauvaise qualité, de la contre-bande bas-de-gamme. Dans un craquement, je l’armais avec une main experte, vérifiant qu’elle était correctement chargée. Une fois de plus, je ne pouvais cacher que j’avais reçu un entraînement. Vasburg venait de tirer avant de se remettre à couvert, un autre tir longue portée venait de trouer la carrosserie. Il y avait donc un autre tireur d’élite.

                  J’aurais pu tirer sur Vasburg ou encore chercher à m’enfuir, mais je ne l’ai pas fait. Force était de constater que j’étais attaché au DSP, plus que je ne voulais l’admettre. Les ordres me rassuraient et j’avais eu beau fuir mes responsabilités durant toutes ces années, j’étais fait pour un travail de renseignement. Je fis un signe à Vasburg que j’allais faire une sortie pour essayer de voir. Sur le côté du véhicule, je fis sortir ma tête délicatement, à un endroit différent de celui de Vasburg et je vis le véhicule avec les trois hommes en approche, ils étaient armés et vêtus de nippes, du surplus militaire des différentes armées. Des mercenaires en fuite ou des brigands. Je rentrais ma tête alors que les tirs continuaient à fuser.


                  -Trois, dans un véhicule. Probablement au moins un autre tireur d’élite. Y en a peut-être d’autres. Vous ne pourrez pas faire un tir supplémentaire sans qu’ils vous tirent dessus, ils sont trois cent mètres environs. Je vais faire un tir de couverture quand ils seront plus proches, vous n’aurez qu’une petite fenêtre de tir pour trouver le tireur dans la falaise...Ensuite on s’occupe de ceux qui restent dans le véhicule…


                  C’était notre seule chance. Ma manœuvre était aussi suicidaire mais je confirmais une fois de plus que j’avais l’expérience du combat. Je n’avais pas questionné l’inimitié que j’avais pour Vasburg et pourtant, immédiatement, je me proposais pour une opération très risquée, ces gens allaient me prendre pour cible et elle pourrait tirer. Je n’avais pas le temps de questionner outre-mesure la validité de cette manœuvre, mais nous étions dans une situation critique. J’affichais un compte-à-rebours sur mes doigts. Quatre...Trois...Deux...Un…

                  Comme monté sur ressort, je bondissais de notre abri, arme à la main. Je fis un feu nourri sur le véhicule. Je crois que les brigands furent surpris de me voir agir ainsi et ils se mirent immédiatement à l’abri. Je vidais la pétoire sur le véhicule sans me soucier de si je faisais mouche ou pas, mes tirs étaient hasardeux, peu précis, soulignant la légèreté de mon entraînement. Je ne pus dire si j’avais fait mouche, mais cela laissait le temps à Vasburg de trouver le tireur avant qu’il ne me tire dessus. Je bougeais pour éviter d’être pris pour cible, sans me rendre compte que l’arme surchauffait. Dans une gerbe de flamme, elle explosa littéralement et je lâchais le tas de ferraille fumant alors que je me remettais à couvert, la main brûlée.


                  -Quelle merde...Cette saloperie m’a pété entre les doigts…


                  J’avais la main en sang. C’était superficiel mais impossible de me servir d’une autre arme maintenant. J’espérais que Vasburg ait réussi à localiser le tireur. De mon côté, impossible de savoir si j’avais éliminé un des hommes sur le véhicule ni si j’avais fait mouche d’une quelconque manière. La suite serait entre les mains du bon Lieutenant.

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                    Post n°19
                    Auteur : Atreïs Helcar

                    Atréis fut presque surpris de voir le prisonnier se jeter à sa suite derrière le véhicule abandonné. Ce faisant, il avait pratiquement abandonné toute chance de s’échapper… voire de survivre, si on voulait être parfaitement honnête. Avec un véhicule en approche et au moins un tireur de plus en hauteur, la situation était plus que périlleuse, voire désespérée. Mais les situations désespérées, c’était techniquement ce pourquoi Atréïs avait été formé. Pour les résoudre, si possible discrètement. Pour ce coup-ci, ils repasseraient sur la discrétion. Arnon n’avait rien arrangé par son entêtement, et maintenant, le Gurlanin devait gérer son cas et celui de leurs assaillants.

                    Néanmoins, il n’avait pas le choix. Qu’il le veuille ou non, il faudrait compter sur son acolyte de fortune. Malheureusement, à peine le Lieutenant avait-il abattu l’un des tireurs que le prisonnier se relevait pour tirer droit sur le véhicule qui leur fonçait dessus. C’était le problème avec les ordres donnés à la va-vite : des fois ils sont débiles et mettent en danger l’exécutant. Et ce coup-ci, c’était plus que stupide. Courageux, mais stupide. Déclenchant un tir de barrage, il s’attirait inévitablement l’hostilité des pillards et du tireur. Autant dire qu’Atréis n’aurait eu droit qu’à un unique tir, là où la patience lui en aurait conféré au moins trois de plus. Il enrageait intérieurement, mais il s’y plia, contraint et forcé. Au moment où Arnon attirait l’attention, il sortit à son tour de son couvert. Un genou en terre, l’oeil dans la lunette de visée, il balaya rapidement les hauteurs. L’autre avait eu la même idée. Surtout, il ne cherchait pas à viser le premier soldat et son pauvre blaster. Non, il attendait Atréis.

                    Stop.

                    Un clignement de paupières. Un click sur la droite.Le doigt, ferme, sur la détente. Inspiration. Bloque. Les deux tirs fusèrent presque en même temps, les deux détonations se mêlant pour ne faire qu’une qui vint se perdre dans les bruits de coups de feu d’Arnon. Un grognement. Tout ça en à peine trois secondes.

                    Reprise.

                    Lorsqu’Atréis se remit derrière son abri, c’était en se tenant le flanc, qui avait été brûlé par la balle. Son blouson de cuir présentait désormais un trou derrière et son haut était déchiré, montrant une peau légèrement calcinée à cet endroit. Un juron, un crachat. Il détestait se faire avoir comme ça. Au moins, lui avait la chance de pouvoir continuer à se battre. Ce qui n’était pas le cas de son ennemi d’un jour. Lui avait été touché en plein milieu du front, sans avoir le temps de prononcer ne serait-ce qu’un nom. Le cri de stupeur et le bruit de chute qu’il fit en s’écrasant au fond du canyon eurent un effet euphorisant sur Atréïs. Même si il n’aimait pas spécialement donner la mort, l’offrir aux cinq idiots qui l’assaillaient lui donnait un certain plaisir qu’il ne contenait pas. Mais il n’avait pas le temps de se formaliser sur ses émotions ou juste sur ses pensées. A côté de lui, Arnon se tenait le poignet en regardant sa main brûlée et ensanglantée. Evidemment. Les pétoires avaient fait leur office, et il risquait de se montrer inutile au combat, à présent. Mais le Gurlanin ne pouvait pas se résoudre à le laisser tomber comme ça. Un simple coup d’oeil à l’extérieur et il prit sa décision. Sa main se referma sur le biceps d’Arnon et le tira, l’amenant à plonger en dehors de l’abri juste avant que celui-ci ne se fasse exploser par le véhicule lancé à pleine vitesse, percuté par le pare-buffles.

                    Le Lieutenant roula au sol plusieurs fois, entre son acrobatie et l’onde de choc, il avait à peine le temps de se remettre. Les autres ne tarderaient pas à se retourner et à leur foncer à nouveau dessus. C’était surtout la mitrailleuse lourde montée sur le véhicule qui inquiétait le soldat. A nouveau il se mit en joue, changeant le mode de tir de son arme. Il n’avait pas spécialement le temps de viser, et déclencha une salve de plusieurs balles qui atteignirent la carrosserie. Elle s’en tira sans dommage, mais c’était surtout un coup de semonce, afin de forcer leurs ennemis à changer leurs plans. Les deux séparatistes n’hésiteraient pas à tirer et à les abattre.


                    -Sergent, à l’abri ! Et c’est un ordre !

                    Les yeux noirs fusillèrent le prisonnier du regard. Mais ils brillaient surtout d’une étrange lueur. Au delà du simple commandement, il y avait autre chose. Il comptait sur Arnon pour faire la différence, blessé ou non. A son tour, le Gurlanin allait prendre toute l’attention sur lui, quitte à devoir y laisser quelques plumes. Comme il l’espérait, leurs ennemis ne cherchèrent pas à rejoindre la mitrailleuse, mais bien à sauver leur peau. C’était bien leur chance : ils ne s’attendaient sans doute pas à une réelle riposte venant d’une humaine et d’un prisonnier, et s’en trouvaient déstabilisés. Alors qu’ils se mettaient à couvert, leurs armes crépitèrent cette fois, et Atréis eut tout juste le temps de se jeter à couvert, hors de vue de tout le monde, y compris de son allié de fortune.

                    Sa main se porta à son épaule dans un mouvement réflexe. Evidemment, il n’avait pas pu tout éviter et son membre le lançait atrocement, lui donnant l’envie de crier. Mais il ne leur donnerait pas ce plaisir, hors de question. Ses doigts se serrèrent à nouveau sur la poignée de son arme qu’il passa à nouveau en mode de précision. Il n’avait pas beaucoup de temps, il devait concentrer leur feu, ainsi que leur attention. D’un nouveau mouvement rapide, il sortit de son couvert. Le temps d’une inspiration. Juste assez pour épauler en serrant les dents, pour viser et tirer, avant de plonger à nouveau à couvert.

                    En son for intérieur, il espérait surtout qu’Arnon serait capable de faire quelque chose. Sans quoi, la tâche se compliquerait atrocement. Au bruit, il avait touché, sans abattre. Il jura.

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                      #20

                      Post n°20
                      Auteur : Arnon Veral

                      Si je n’eus pas le temps d’apprécier les talents de tireuse (quoi qu’on aurait pu dire tireur…) de Vasburg, je constatais qu’elle avait été blessée au flanc. Pourtant, dans son attitude, je remarquais une terrible détermination. Nos assaillants n’étaient que des brigands probablement sans aucun entraînement militaire qui profitaient de la naïveté de voyageurs pour les détrousser, mais là cela dépassait largement ce qu’ils avaient l’habitude de voir, je le savais comme eux le savaient. Leur véhicule avançait à tombeau ouvert sur notre position et moi, j’en avais complètement oublié la trajectoire. Ce fut Vasburg qui me tira par le bras, sa poigne était forte et saisissante. Entraîné vers l’avant, je roulais sur le sol, bercé par le bruit mat du véhicule qui se faisait faucher par le pare-buffle du véhicule tout-terrain de nos ennemis. Ces derniers avaient foncé dans le tas, sans réfléchir, ce qui n’était absolument pas judicieux en situation de combat. Je restais au sol, plaqué et à l’abri pour éviter d’être une cible facile pour les tireurs du groupe de brigands qui nous faisaient face.

                      Alors que Vasburg se redressait pour faire feu, je jetais un coup d’œil à mon environnement. L’un des cadavres des gardes n’était pas très loin, à quelques mètres de moi. L’étui de son pistolet me sauta aux yeux immédiatement. Malgré l’aridité du canyon, les touffes d’herbe sèche me permettaient de rester au sol sans trop attirer l’attention. Vasburg avait hurlé un ordre, je restais au sol, rampant lentement vers le cadavre du garde. J’étais choqué, mon corps était totalement endolori par les sévices et les blessures que j’avais eu à endurer depuis ces derniers jours, pourtant mon cerveau s’était déconnecté de mes sens, il s’était totalement focalisé sur cette arme qui se rapprochait lentement, à mesure que je rampais vers l’arme, je faisais totalement abstraction de ce qui se passait autour de moi. Les tirs de Vasburg, les brigands qui beuglaient des jurons et des phrases dans un argot que je comprenais à peine pour finalement se mettre à l’abri. Je détournais l’espace d’un instant mon attention pour finalement jeter un coup d’œil à Vasburg qui avait un regard calme et déterminé, elle me fixait, ce regard valait plus qu’un ordre. Le reste n’avait plus vraiment besoin d’être verbalisé, j’allais devoir agir car déjà, les brigands tiraient sur la tireuse. Ils semblaient avoir totalement fait abstraction de moi, ayant compris que je n’étais pas la véritable menace…Ce que je concevais parfaitement après avoir vu le Lieutenant à l’œuvre. Je regrettais l’espace d’un instant de l’avoir provoqué de la sorte concernant le front, car finalement elle combattait avec bien plus de courage que d’autres. J’étais blessé et affaibli, elle aurait pu me laisser ici et tenter de s’enfuir, pourtant elle faisait face à ces attaquants.

                      J’étais désormais tout proche du cadavre. Je rampais encore quelques dizaines de centimètres pour finalement ouvrir délicatement le holster, un simple étui en matière synthétique attaché avec une lanière nouée. J’extrayais le pistolaser, une arme de qualité basique, le premier prix, mais pourtant de bien meilleure facture que la pétoire que j’avais eu à manœuvrer. Je ôtais soigneusement la sécurité avant de jeter un coup d’œil sur les assaillants qui faisaient toujours feu de derrière leur véhicule. L’un d’eux avait glissé à couvert et grimpais déjà sur l’arrière du véhicule tout-terrain, pour prendre place derrière la mitrailleuse lourde et faire face à Vasburg. De là où j’étais, je pouvais voir que Vasburg ne pouvait pas voir la scène. Pourtant, je n’étais qu’à quelques mètres, et l’homme ne m’avait pas vu. Je le détaillais, un grand costaud, dans la trentaine, une barbe drue et noire mangeait le bas de son visage mais peinait à masquer des cicatrices profondes qui semblaient être creusées avec une charrue. Il portait un foulard autour du coup et des vêtements de surplus militaire qu’il avait dû acheter pour l’occasion. Je me surpris à me demander quel avait été son parcours, comment en était-il arrivé là ? Cette question mourrait dans mon esprit, comme tant d’autres. Moi qui avais toujours été un contemplateur, j’allais être poussé à l’action, pour la première fois de ma vie en ces trois jours, j’avais eu des choix difficiles à faire. L’adrénaline pulsait dans mes veines, je pouvais sentir les vaisseaux sanguins qui tapaient sur mes tempes, avec l’appréhension de l’action. Je n’aurais qu’une petite fenêtre, je ne pourrais pas rater ma cible, je n’avais pas le choix. M’approchant au maximum, j’attendais le bon moment. L’homme avait rejoint le poste de tir et armait l’imposant canon, prêt à déchaîner l’enfer sur terre pour faire sortir Vasburg de sa cachette et l’abattre. C’était maintenant…La fenêtre que j’attendais tant. Je me levais d’un coup, comme un diable sortant de sa boîte, et l’homme face à moi tourna la tête, j’étais en réalité à moins de trois mètres de lui, il n’avait pas anticipé que je puisse être si proche et ses yeux s’écarquillèrent, sa bouche s’ouvrit, dévoilant ses dents jaunes et gâtées. Il ne cria pas, je crois qu’il était simplement surpris et que ses sens tiraient la sonnette d’alarme. Saisissant l’arme à deux mains et maintenant ma main déjà blessée, je le braquais et tirais, je vidais le chargeur sur l’homme , le touchant à plusieurs reprises au torse et à la tête. Il bascula en arrière et s’effondra dans un bruit mat.

                      Je n’eus pas le temps de me réjouir, un autre homme, plus sec, avait pris sa suite. Il remarqua le cadavres qui venait de tomber, tentant de comprendre ce qui se passait dans le chaos du combat. Là-encore, je ne réfléchis pas, je le chargeais en hurlant. Fonçant dessus, je le percutais de toutes mes forces, tentant de le frapper au visage avec ma main valide. L’homme, bien que plutôt chétif encaissa le coup et me rendit un direct au niveau de la tempe, me sonnant à moitié. Je n’étais pas suffisamment entraîné au combat rapproché, mais lui était un combattant de rue aguerri, ayant lâché son arme, il m’asséna un autre crochet qui cette fois me cloua au sol. Le brigand hurla quelque chose à l’attention de son comparse avant de sortir un poignard de combat et de se jeter sur moi. Dans un mouvement de réflexe, je me protégeais avec les mains, décalant l’arme dont la lame me mordit l’épaule, m’arrachant un cri de douleur. J’étais désormais en position de duel face à cet homme qui appuyait sur le manche pour enfoncer la lame. Affaibli, blessé, je ne pourrais pas me dégager de son emprise, c’était désormais à Vasburg d’agir, j’étais bel et bien hors-jeu désormais.

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                        Auteur : Atreïs Helcar

                        Arnon avait fait son petit effet. Comme ordonné par Atréïs, il avait réussi à détourner l’attention de leurs assaillants, en plus, contrairement aux prévisions du Gurlanin, d’abattre un des hommes. C’était absolument inespéré vu son inaction jusque là, mais il n’y avait pas matière à ergoter ou débattre. Un mort, en plus d’un blessé, et le troisième venait justement de reporter son attention sur Arnon. A nouveau, la fenêtre d’action était aussi mince que risquée, mais c’était, pour cette fois, bien plus dans les cordes du Lieutenant dopé à l’adrénaline et qui voyait dans ce combat tout autant une catharsis qu’un défouloir.

                        Il inspira une fois. Son allié de circonstance, désarmé et à terre, était en train de souffrir le martyre, en témoignaient ses cris de douleur. L’autre qui criait et proférait des jurons était le premier qu’il avait touché. Enfin, il restait les ahanements du dernier survivant intact qui s’échinait à enfoncer son poignard dans l’épaule de sa victime. Atréïs ferma les yeux. Il détestait déjà ce qu’il allait devoir faire, mais tant pis.

                        Roulant hors de sa cachette pour ne pas donner d’angle de tir trop simple à sa cible, il épaula en serrant des dents. Ses blessures lui faisaient mal et l’handicapaient dans ses mouvements, il sentait leur feu se répandre dans son flanc et dans son épaule meurtris. Lorsqu’il leva son arme, il fut obligé de se mordre la lèvre pour ne pas montrer sa douleur par un cri. Son œil passa dans la lunette juste quelques secondes. Juste le temps qu’il fallait. Juste l’espace nécessaire. Le doigt sur la gâchette. La main ferme. Le bras sûr. Nul besoin d’une force extraordinaire. Il expira. Le coup partit. Sa cible, déjà blessée, n’eut pas le temps de réaction nécessaire pour avoir une pleine riposte. Comme Atréïs il tira. Mais là où l’un était un soldat entraîné, l’autre n’était qu’un vulgaire pillard. Le laser frôla la joue du Gurlanin, le brûlant légèrement, alors que celui du Lieutenant atteint sa cible au coeur, qui s’effondra sur place. L’agent porta la main à sa joue, serrant à nouveau les dents. Mais il n’avait plus le temps de tergiverser. Lâchant son arme, il se releva, commençant à courir. Il n’y avait pas dix mètres.

                        Pour le dernier homme, le bruit qu’il faisait, ainsi que celui qui sortit du corps à l’agonie de son dernier collègue, fut suffisant pour le distraire une fraction de seconde. Un premier coup d’oeil lui indiqua que cette fichue femme brune courait droit vers lui. Il avait juste le temps qu’il lui fallait pour achever l’autre. Il leva son couteau de combat et tourna la tête juste un instant. Ce qu’il vit lui glaça le sang une dernière fois. Ce n’était plus cette femme fluette en habits civils qu’il voyait mais une bête quadrupède immonde, répugnante, dotée de crocs de la taille de son arme, d’un pelage aussi noir que la nuit d’Utapau, d’yeux malfaisants d’où irradiaient conjointement la haine et la sauvagerie.

                        Le pillard n’eut même pas le temps de prononcer un mot. La bête blessée lui sauta au coup, libérant dans le même mouvement l’homme qu’il retenait. Le Gurlanin roula au sol avec son ennemi, incapable de le maîtriser. Probablement le chef de cette petite troupe d’incapables, il était plus vif, plus adroit que les autres, et avait réussi à esquiver le coup de dents qui l’aurait sûrement décapité si il était resté au même endroit. Portant la main au holster de sa ceinture, il n’eut pas le temps d’en sortir son arme. Devant ses yeux, son adversaire venait à nouveau de changer, se muant à nouveau en Vasburg, lieutenant de la CSI. A peine eut-il le temps d’écarquiller les yeux que la femme était sur lui. Sa jambe se tendit pour l’atteindre au creux de l’estomac, le faisant reculer. Immédiatement après, un uppercut vint le cueillir dans la mâchoire. Un craquement immonde retentit alors que la femme brune arrêta son assaut pour presser son flanc, qui la faisait atrocement souffrir.


                        -Qu’est ce que tu es, bordel ?

                        Il avait hurlé ça en se jetant sur ce monstre inconnu, qui l’acculait, à la fois physiquement et mentalement. Il ne comprenait pas ce qu’il avait en face de lui et ne pouvait que répondre par la violence. Dans un effort supplémentaire, Atréïs attrapa le poing qui se dirigeait vers lui. La répercussion et l’onde de choc du contact le firent grimacer mais il tint bon. Tordant le bras de l’homme, il le frappa à nouveau, à la carotide cette fois, de sa main libre, avant de faucher ses jambes d’un mouvement de pied vicieux. Cette fois, il était à sa merci. Mais laissant la violence prendre le pas sur sa conscience, le Gurlanin se fondit dans sa forme réelle, et égorgea de ses crocs puissants l’homme, qui ne put qu’ouvrir les yeux une dernière fois.

                        Le silence retomba sur le carnage, doucement. Atréïs était redevenu Vasburg, et la seule chose qui restait de la bête était le sang autour de la bouche de la femme brune. Il l’essuya à peine en revenant au speeder, récupérant son fusil au passage, avant de se laisser aller contre le véhicule, soufflant profondément. Sans se soucier de la pudeur ou de l’environnement, il enleva la veste et le haut, pour détailler les blessures sur son épaule et son flanc. Quelques patchs de bacta feraient l’affaire, mais il n’avait rien de cela à l’heure actuelle. Un bandage de fortune ferait l’affaire, pour le moment.

                        Et surtout, ensuite, il faudrait s’occuper de son problème numéro 1 : Arnon.

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                          Auteur : Arnon Veral

                          Tout se passa si vite, que je ne pus réellement le voir. La seule chose que je pouvais sentir, qui était tangible, c’était la lame froide d’acier qui me mordait l’épaule. Elle rentrait inexorablement, le pillard était plus fort, plus déterminé. Mon corps était encore meurtri de toutes les épreuves qu’il avait dû endurer. Je n’avais plus non plus vingt ans, cet homme était plus entraîné, plus fort. Je lâchais en hurlant, me débattant, assénant des coups de pieds quand je le pouvais. Pourtant le salut vint de Vasburg. J’étais encore complètement sonné, je ne réalisais pas ce qui se passait autour de moi, je vis seulement le monstre qu’était Vasburg prendre l’homme à la gorge, à la manière d’un prédateur. L’espace d’un instant, comme un rêve ou plutôt un cauchemar, je reprenais petit à petit mes esprit, le souffle court, haletant. Je ressentais des frissons dans mon échine et des courbatures qui me paralysaient tout le corps. Mes membres tremblaient, j’avais la chair de poule.

                          Rassemblant mes maigres forces, je me relevais en position assise, laissant s’échapper un grognement de douleur. Mon épaule saignait abondamment à chaque mouvement, la blessure était profonde, il allait me falloir des soins et du repos. C’était à peu près la même chose pour Vasburg, elle était blessée au niveau du visage, mais du sang ornait encore sa bouche. Sa blessure la plus sérieuse était indubitablement le flanc. Le Lieutenant enleva sa veste sans aucune pudeur, dévoilant un corps élancé, une condition physique qui devait avoir été parfaite. Je ne pouvais pas en dire autant, je peinais toujours à me relever pour la rejoindre, toujours haletant au niveau de la carrosserie du véhicule. C’était terminé, il n’y avait devant nous que des cadavres et de la tôle froissée. C’était une scène de carnage qui avait peuplé le canyon en quelques minutes. C’était une chose de conceptualiser la guerre, c’en était une autre d’y prendre part…Ces brigands en avaient fait les frais. Je me laissais moi aussi glisser contre la carrosserie, titubant.


                          -J’ai bien cru que nous allions mourir ici, tous les deux. Je vous en dois une.

                          C’était vrai, mais il était aussi vrai que Vasburg m’en devait une. Si je n’avais pas été là, elle aurait probablement été tuée par les brigands. Ces derniers s’étaient montrés particulièrement tenaces, ils n’avaient pas voulu lâcher. Quelle étrange attitude, normalement le voleur cherche à détrousser celui qui ne lui résiste pas, c’est une question de rentabilité. Un savant mélange d’intimidation et d’habileté qui lui permet de récupérer les biens sans avoir à combattre. Ces voleurs étaient tombés sur plus forts qu’eux. Cette idée était étrange. Malgré mon expérience passée au front, je n’avais jamais vraiment mis ma vie en jeu, pas comme ça tout du moins. Moi qui avais autrefois accepté l’idée de mort je me retrouvais dans des situations qui faisaient naître en moi une pulsion de vie. Quelle ironie. Après tant d’années à vivre une vie très ordonnée et à fuir mes responsabilités, je me sentais étrangement vivant.

                          Pour l’heure, nous étions tous les deux dans un sale état et nous allions devoir avoir des soins. C’était l’urgence. Un flot de sang sortait à chaque mouvement de ma blessure à l’épaule et Vasburg était aussi bien amochée. Les choses allaient empirer si nous n’avions pas des soins immédiats. Loin de tout, nous avions cependant le véhicule à notre disposition. Après un rapide coup d’œil, je jugeais que j’étais celui de nous deux qui était en meilleur état -quoi que cette appréciation fut relative- pour conduire. De ma main valide, je saisissais le sac contenant l’uniforme qui se trouvait au sol et je m’approchais de Vasburg.


                          -Il ne faut pas rester ici, nous allons avoir besoin de soins et il serait de mauvais goût qu’on nous filme ici. Je peux conduire si vous m’indiquez le chemin.

                          Nous étions maintenant compagnons d’infortune. J’avais une certaine curiosité quant à la mission qui était proposée par Vasburg, jusqu’à présent je n’avais pas compris ce qui s’était produit et je comptais sur le bon Lieutenant pour me l’expliquer. Mon esprit semblait bloqué face aux évènements qui s’étaient tous déroulés sans que je ne puisse établir un quelconque lien de causalité entre eux. Le comportement de la Légion Amber puis la prison, enfin le comportement de Vasburg et ce qu’on lui avait donné comme instructions. Difficile pour moi de faire le tri entre le vrai et le faux. Je me sentais balloté par des forces contraires que je n’arrivais pas à identifier. Tout cela m’avait profondément contrarié, mais j’étais désormais apaisé, savourant d’être en vie, d’avoir survécu.

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                            Post n°23
                            Auteur : Atreïs Helcar

                            Pour Atréïs, la situation était bien difficile, en plus d’être un calvaire à juger. Tout son corps le lançait, et il aspirait à une nuit de repos, ou plus, plutôt que les sempiternelles questions de cette homme qu’il allait sans doute devoir écrouer. Mais il n’était pas le moment d’en juger. Manifestement, Arnon avait changé d’attitude à son égard. Ce n’était pas l’amour fou, mais ça changeait des hurlements qu’ils avaient échangés avant l’interruption bien opportune des ces crétins de bandits. Oui, des crétins. Mais des crétins armés qui avaient bien failli l’abattre, lui et son idiot de prisonnier. Il s’était complètement laissé emporter par la fougue et, à son grand dam, son inexpérience. C’était sans doute la pire chose qui pouvait arriver désormais : il doutait, à la fois de la marche à suivre, et de son jugement. Mais pour l’heure, il lui fallait faire bonne figure.

                            Récupérant sa chemise d’uniforme, il la déchira pour en faire un bandage de fortune, qu’il noua sur son flanc pour empêcher une quelconque hémorragie de se produire. Heureusement qu’il savait encore où ils pourraient se soigner, mais les questions ne manqueraient pas. Bah. Il verrait cela plus tard. Pour l’heure, il jeta ce qui restait de la chemise dans le véhicule, grognant de douleur lorsqu’il fit un mouvement trop brusque. Puis, il se tourna enfin vers Arnon. Il n’était pas en meilleur état que le Gurlanin, mais il tenait lui aussi à peu près debout. C’était déjà ça. Lorsqu’il le vit récupérer le sac de l’uniforme et se diriger vers lui, il récupéra la sacoche et en sortit la chemise.


                            -Fais voir ton bras.

                            A nouveau, il déchira la chemise. A nouveau, il fit un bandage de fortune. Il ne retiendrait pas le sang très longtemps, mais ça éviterait d’en semer partout, c’était déjà un bon début. Surtout, il en profita pour évaluer l’état général d’Arnon. Déjà que la prison l’avait visiblement secoué, ce combat laisserait également des traces. Il semblait hébété, pensif, ailleurs, un peu comme si c’était la première fois qu’il voyait des morts d’aussi près. Mais il était vrai que la sauvagerie du Gurlanin n’était pas pour rassurer qui que ce soit. Après tout, le Lieutenant avait encore du sang sur la figure, qu’il se contenta tout juste d’éponger d’un revers de l’uniforme déjà détruit.

                            -Mets la veste, par dessus le bandage. Ca va appuyer et faire mal, mais ça fera compression. Et au moins, on verra tes galons. Ca évitera déjà les questions d’usage.

                            Puis le Lieutenant regarda le champ de bataille, pensif. Un carnage. Un vrai. Quiconque arriverait dans ce charnier passerait des jours à comprendre ce qu’il s’était passé, entre les marques de crocs, les balles, le couteau… Un chantier inextricable pour qui n’avait pas toutes les clés. Fort heureusement, ils étaient en état de légitime défense… Et avaient agi comme agents de la CSI. Si on venait leur poser des questions, bien malin qui pourrait démêler le vrai du faux. En somme, ils étaient en sécurité. Il se retourna sur Arnon, désignant le véhicule.

                            -Prends le volant. Et on aura une discussion. Une vraie.




                            L’inconvénient lorsqu’on répond d’un général, c’est qu’il faut rendre des comptes. L’avantage, c’est qu’il est rare qu’on les rende à quiconque d’autre que le donneur d’ordres. Atréis avait guidé Arnon jusqu’à un petit camp militaire, un peu à l’écart de Pau City, où il savait qu’ils seraient tranquilles. Sans en faire son camp de base, c’était une retraite appréciable, au milieu des autres soldats. Les blessures étaient courantes, le respect de la hiérarchie, constant, et les questions, rares. En somme, le coin parfait pour l’improbable duo pour se ressourcer. Le Lieutenant avait demandé à ce qu’Arnon soit traité en priorité : soins, douche, repas, repos. Sous surveillance constante, ordre expressément explicité, devant Arnon, pour qu’il n’y ait pas de quiproquo. Néanmoins, pour bien lui faire comprendre, il utilisa son nouveau nom : Venkhor. Sergent Venkhor. La dernière image que l’homme eut de la femme brune fut une tape sur son épaule valide.

                            -Je vous revois demain, Sergent. Première heure.


                            Pour Atréis, au-delà des soins et de la douche, c’était surtout du calme, qu’il lui fallait, pour réfléchir, se reposer, et réfléchir. Comment passer ses appels, dans quels termes. Il avait deux supérieurs bien distincts à contacter, pour débriefer… Ca promettait.




                            -Aspirant 8913. Au rapport.

                            -Agent spécial. Monsieur Arnon Veral est mort, comme vous me l’avez demandé. Je m’en suis assurée personnellement. Il ne nuira plus.

                            -Très bien. J’ai ouï dire que la situation avait causé du grabuge ?

                            -Non. Rien qui ne sorte de l’ordinaire.


                            -Parfait. L’heure est donc venue pour vous de reprendre votre mission. Ne perdez pas de temps. Agent spécial 003, terminé.

                            Ces appels étaient aussi brefs que désagréables. L’agent spécial 003 semblait observer de très près Atréïs, sans s’expliquer, et sa voix dépourvue de sentiments grâce aux modulations technologiques rendait la situation encore plus glauque et impersonnelle. Non pas que le Gurlanin veuille nouer un quelconque lien. Mais il se demandait ce qui poussait une telle personne à s’intéresser d’aussi près à sa situation, et ce qui se tramait derrière sa mission…

                            ***


                            Pour la Générale Suprême, il avait pris la décision de ne pas appeler. Il avait déjà trop parlé, beaucoup trop pour une journée, et il faudrait encore parler le lendemain, persuader Arnon, ou plutôt, Adriel Venkhor, qu’il devait lui faire confiance pour la suite. Pour sa vie. Leurs vies, même. Le rapport était aussi laconique qu’inintéressant, justifiant simplement de personnes tuées en état de légitime défense. Rien qui puisse défriser l’officier supérieur, il l’espérait. Encore une fois, coincée entre la DCRS et la Générale, il devait jouer à l’équilibriste, travailler sur les deux tableaux sans jamais qu’ils ne se croisent. C’était bien là le souci. Et voilà qu’il en ajoutait un troisième avec Adriel. Décidément, il devait aimer se mettre seul dans la panade.

                            Ceci fait, il eut enfin l’occasion de se reposer, lui aussi. Quelques heures qu’il s’offrit, à lui seul, pour se remettre enfin de cette journée qui lui pesait sur le corps et les nerfs. Repas frugal, soins au bacta, et nuit de sommeil. Tout ce qu’il fallait pour que le lendemain, à la première heure, il ouvre d’un seul coup la chambre d’Adriel.


                            -Debout, Sergent. On a du travail.

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                              Post n°24
                              Auteur : Arnon Veral

                              C’était terminé…Enfin terminé. Alors que mon corps arrivait encore à se mouvoir relativement aisément dans l’action sous l’effet de l’adrénaline, mes membres étaient désormais lourds, pesants. Chaque mouvement était un effort qui m’arrachait une grimace de douleur. Je n’avais pas dormi depuis la veille et j’étais blessé, mon corps déjà endolori par les mauvais traitements des prisonniers et du personnel pénitencier. Malgré tout cela, je savourais chaque goulée d’air frais, puisque j’étais en vie. Une fois de plus, le sort m’avait joué un de ses mauvais tours mais j’avais eu un atout dans ma manche, bravant un sinistre destin. Bien sûr, tout cela n’était que vaines et creuses pensées, je ne croyais ni dans le sort, ni dans le destin…Ni dans un quelconque Dieu, je vous l’ai déjà dit. Pour moi, la seule personne qui pourrait me juger éventuellement serait un humain au tribunal et même, faudrait-il que je lui reconnaisse une quelconque autorité. Malgré mon carcan nihiliste habituel, je me devais bien de reconnaître que finalement, mes arguments fatalistes ne tenaient pas toujours face à ces heureuses coïncidences : il s’en fallait de peu pour que je ne finisse par croire qu’un ange gardien veille sur moi dans les cieux. Aujourd’hui, sa manifestation -aussi étonnant que cela puisse paraître- était l’action de Vasburg. Vasburg campait dans son attitude très martiale, du sang encore sur la bouche, pourtant, je voyais bien qu’elle souffrait. Elle avait encaissé des blessures sérieuses, s’était battue pour sa vie. Je n’aurais jamais pu croire que de simples bandits puissent nous pousser dans nos derniers retranchements. D’une certaine manière, lorsque j’étais encore membre du BSI, nous arrivions après les combat et faisions des opérations à l’arrière des lignes -jusqu’à la fin de la guerre tout du moins- et je n’avais jamais été sans escorte. Je voyais désormais ce que représentait le combat, mais j’étais fier de me dire que je n’avais pas démérité.

                              Vasburg se soigna à l’aide de sa chemise déchirée. Elle fit de même avec la mienne, épongeant le sang. Alors qu’elle me donnait la marche à suivre, je couvrais le bandage avec les restes de la chemise pour ne pas tâcher la veste que j’enfilais sommairement. Même comme ça, on peinait à me prendre pour un Sergent de la Marine Confédérée : barbe de plusieurs jours naissante, cheveux ébouriffés et sales et égratignures multiples. Pourtant, j’avais les insignes qui attestaient de mon appartenance. Je me relevais péniblement de la carrosserie où j’avais pris appuie pour finalement charger le sac et jeter un dernier regard sur la scène apocalyptique qui me faisait face : les tirs, les impacts, les fragments de carrosserie et les pièces qui gisaient au sol. Les corps des bandits étaient pour certains très endommagés et les le sang se mêlait à l’huile de moteur de leur véhicule désormais inutilisable. Ces gens-là se doutaient-ils qu’ils allaient mourir en se levant le matin ? Peu m’importait, au fond, je ne pouvais m’empêcher de penser que nous avions fait ce qu’il convenait de faire, ces brigands avaient probablement brisé d’autres vies avant de nous rencontrer. Nous avions fait le bien et cela devait être fait. Pour être honnête, peut-être que le conditionnement de l’Académie Impériale m’aidait à penser ainsi et à me déculpabiliser car j’étais théoriquement avec un supérieur qui avait donné l’ordre de le faire. Je me dis que je devrais travailler sur ça aussi, c’était un mécanisme de pensée dangereux. Bien installé aux commandes du Speeder, je fixais l’espace d’un instant Vasburg sans répondre à son invitation à avoir une conversation, nous verrions cela plus tard. Je démarrais le véhicule et suivais les instructions de Vasburg pour arriver finalement à un petit camp militaire en marge de Pau city où on nous contrôla sans faire aucune remarque sur leur état.

                              Vasburg donna ses ordres. Me concernant, je serai traité, soigné et nourri mais sous surveillance. J’avais pris avec moi le sac qui m’avait été donné par Vasburg avec le reste de l’uniforme de la marine, m’accrochant à désormais mais seuls effets personnels. Je n’étais plus rien, plus personne, complètement à la merci d’un système tentaculaire : l’administration de la CSI. Mes états de service, mes papiers et tout ce qui faisait de moi une personne avaient été donné par Vasburg. Sans ça, je n’étais qu’un fugitif apatride. Mais n’était-ce pas ce que j’avais toujours été ? Déjà à ma naissance, mes parents ne m’avaient pas inscrit dans les registres, j’étais né dans un vaisseau, dans les étoiles et c’était ce qui m’avait sauvé lorsque plus tard, je servais l’Empire. Mort aussi dans les étoiles, sur la Forge Stellaire Ludwig Noas avait disparu, balayé par son funeste destin. Arnon Veral non plus n’était plus, officiellement mort. Mes identités, réelles ou fictives, ne semblaient pas être chanceuses en ma compagnie. Je me dis intérieurement que je devrais faire attention à Venkhor. Alors que j’étais pris en charge, ôtant la veste de mon uniforme douloureusement et vérifiant que le sang ne l’avait pas tâché, Vasburg me donna une tape à l’épaule. J’acquiesçais, signe de remerciement à son encontre et je la vis disparaître dans les couloirs, presque comme si elle-même n’était pas du tout touchée par ce qui venait de se passer. Alors qu’on me conduisait à la douche, je demandais à un des membres du personnel une nouvelle chemise, la mienne étant inutilisable.

                              Après douche et rasage, on me conduisit à l’infirmerie. Le système confédéré était particulièrement efficace, même dans cette petite base. Sutures, poches de bacta et bandage, ma plaie nettoyée avait une bien meilleure allure même si mon épaule tuméfiée était encore douloureuse. Les soins durèrent quelques heures après cela, je pouvais à nouveau enfiler mon uniforme avec la chemise qu’on m’avait donné. Comme je pouvais le voir dans la glace, j’étais à nouveau un être humain, loin des nippes de prisonnier qu’on m’avait donné à la prison, je pouvais à nouveau vivre. Sans que je ne puisse dire pourquoi, une nostalgie terrible envahit mon cœur, je me rappelais Raxus Secundus, AgroChrome et mes collaborateurs. Le respectable Monsieur Veral était mort et si je n’avais pas réussi à le réaliser jusqu’ici cette pensée me rendit étrangement triste. Peut-être parce que j’avais construit cette identité pendant des années. Il fallait bien le reconnaître, Arnon Veral était une vie que j’avais fantasmé plus jeune : un homme éduqué qui était parti de rien et avait réussi à s’enrichir en fondant une entreprise prospère. Une vie honnête et laborieuse. Veral était l’archétype de l’homme du peuple, à la fois simple et pourtant soucieux de bien faire. Malheureusement, Arnon Veral était un personnage fictif, il n’avait jamais existé, et Ludwig Noas…Non, le Capitaine Ludwig Noas, avait un secret terrible. Le passé de Noas l’avait rattrapé et désormais, il refaisait surface. Comme quoi, le réel rattrapait toujours ceux qui cherchaient à fuir. Qu’importait finalement le temps qu’avait duré ma cavale, j’étais désormais prisonnier des méandres de mon destin, des manifestations évanescentes et insaisissables du Destin. Je décidais de ne plus penser à tout cela, me coiffant et enfilant mon calot pour finalement sortir de la salle dans laquelle je me changeais. Alors que mon bras et mon épaule étaient toujours immobilisés, cette fois j’étais clairement identifiable comme un militaire de la Marine de la CSI. Je demandais à ce qu’on me conduise au réfectoire, ce qui fut fait. Je pus me restaurer, une nourriture correcte, sans fioriture, mais je ne pouvais m’empêcher de la savourer.

                              La suite de la journée se déroula très vite. J’avais rejoint la petite cellule dans laquelle je dormirais. J’étais constamment accompagné de deux droïdes qui me surveillaient. Je n’y accordais pas trop d’importance, c’était les ordres de Vasburg après tout. J’eus à peine le temps de me changer. A peine ma tête toucha l’oreiller que je sombrais dans un sommeil lourd et profond, sans rêve. Dans cette nuit, semblable à un coma, je recouvrais une partie de mes forces avant d’être tiré du lit par Vasburg qui avait pénétré dans ma chambre. Je n’avais pas entendu les réveils ni même les intervention des droïdes qui étaient censés me réveiller, c’était comme si j’émergeais d’une longue absence. Lentement, mes muscles endoloris se bandaient et je revenais dans le monde des vivants. Me frottant les yeux je me levais immédiatement.


                              -Un instant Lieutenant, je me prépare et je suis à vous.

                              Je me préparais rapidement, il me fallut exactement trois minutes pour enfiler mon uniforme et faire mon lit en deux minutes supplémentaires. Cinq minutes au total pour sortir de la chambre, me rappelant que tout manquement au règlement était très lourdement sanctionné au sein de l’Empire. Un soldat qui traînait au lit, même si cela n’était qu’une minute, héritait des pires corvées. Mais là, la situation était exceptionnelle et j’espérais secrètement que Vasburg ne m’en tiendrait pas rigueur. Sortant de ma chambre, je saluais à nouveau Vasburg et la rejoignais.

                              -Me voilà, je suis prêt. Je vous prie de m’excuser, je n’ai pas réussi à me lever. Eh bien, j’ai hâte de connaître la mission qui nous amène ici.

                              C’était pour moi un moment de vérité car je réalisais que finalement Vasburg ne m’avait jamais vraiment dit ce qui se tramait sur Utapau ni pourquoi nous étions ici. Je la laissais donc m’expliciter cela, m’efforçant de ne pas trahir une quelconque animosité, j’étais redevenu celui que j’étais auparavant : un homme affable et poli. La colère n’était plus, j’étais décidé à saisir ma chance dans cette nouvelle vie…Il fallait que je me rende finalement à l’évidence, j’étais plus attaché à la vie que je voulais l’admettre…

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                                Post n°25
                                Auteur : Atreïs Helcar

                                Le réveil en douceur, ce n'était pas la spécialité du Gurlanin, loin de là. Porte ouverte en grand, voix forte, il aurait pu retourner le lit si besoin était. Mais à sa grande surprise, son nouveau subordonné sauta du lit presque aussitôt. Mieux, en quelques minutes, il était préparé et sa chambre était nickel. Pour Atréïs, qui n'avait pas l'habitude encore de travailler avec des militaires, il fallut cacher sa surprise. Décidément, ce type n'était pas fait du même bois que les autres. Restait à savoir quelle était la qualité du dit bois, désormais. En l'attendant, la gradée s'était adossée au mur de la chambre. Le contraste était évident dans les attitudes, entre un homme formé voire endoctriné dans les pratiques militaires rigoureuses, et une femme bien plus électron libre et détendue. Pourtant, c'était bien à elle que revenait le commandement, actuellement.

                                Pour une fois, Atréïs avait décidé de faire les choses bien. Ou presque, en témoignait ses cheveux tout juste rapidement tirés en arrière en une queue de cheval. Son visage était légèrement marqué, mais on voyait que la nuit de sommeil avait été profitable : le teint était plus frais, les yeux alertes, et il arborait à nouveau ce petit sourire. Les galons sur ses épaules étaient la seule différence avec l'uniforme du Sergent, ou presque. Il était soigneusement entretenu, sans aucun pli, ajusté à la taille fine et musclée de la brune, et plus globalement, taillé pour elle. C'était un des seuls privilèges des officiers, et il en profitait un peu, il fallait l'avouer. Les bottes noires montantes de cuir tranchaient avec le tissu marron, et finalement, hormis son visage, on ne pouvait voir que ses mains légèrement burinées par l'usage des armes.

                                La femme salua Adriel rapidement, protocolairement, puis l'invita à la suivre, prenant les devants. Il avait réussi à obtenir l'autorisation d'emprunter un bureau sécurisé, nécessaire au vu des informations qu'il s'apprêtait à dévoiler, et de la discussion qu'ils devaient avoir. La pièce ressemblait presque à une salle d'interrogatoire. Pas vraiment de mobilier hormis un bureau, un communicateur sécurisé, trois chaises, et c'était tout. Ni fenêtres, ni recoins, le strict nécessaire. Atréïs fit signe à son collègue de s'asseoir et fit de même, en face de lui.


                                -Sergent Adriel Venkhor, anciennement de la huitième flotte, détaché auprès du Lieutenant Elfriede Vasburg dans le cadre de son inspection des installations d'Utapau suite aux attentats Sith ayant eu lieu sur la planète, pour analyse et proposition d'améliorations.


                                Il avait attaqué de but en blanc. L'heure n'était pas à la discussion, mais aux faits. Il leva la main immédiatement pour signaler à son vis-à-vis qu'il n'avait pas terminé.

                                -Ca, c'est l'intitulé officiel de notre mission ici. Pour les civils, les militaires, tout le monde. J'avais déjà commencé avec que vous ne... débarquiez avec fracas, si l'on peut dire. Ce qui m'a légèrement contrarié, vous pouvez l'imaginer, mais peu importe. C'est mon supérieur qui m'a mis sur votre route. Ou dans votre cellule. J'avais une mission très simple : m'assurer qu'Arnon Veral était décédé. Ce qui est fait, nous sommes d'accord là-dessus.

                                A nouveau, ce n'était pas une question. Les yeux noirs de la femme s'était posés sur Adriel, alors qu'elle défaisait élégamment sa coiffure, passant une main dans ses cheveux. Il n'était pas dupe : difficile d'imaginer que le Sergent verrait autre chose qu'une bête sanguinaire désormais. Mais si il voulait vivre, ce qui était sans doute le cas, il allait falloir se serrer les coudes... Surtout au vu de ce qui les attendait. Croisant les mains sur la table, il reprit, plus grave.

                                -Venons en au présent, maintenant. Je vais devoir répondre de vous et de votre présence devant mes propres superviseurs, et surtout de l'utilité de vous garder. Je ne compte pas faire le garde-chiourme longtemps, mais vous avez besoin de repos, déjà, et d'entraînement, ensuite. Avant que j'en vienne à la raison de ma présence sur cette planète, y'a-t-il quelque chose que vous voulez me demander ?

                                Spoiler : Spoiler
                                HRP
                                Je prends le parti de séparer un peu la discussion pour éviter les blocs indigestes !

                                1 réponse Dernière réponse
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