Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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  • Le ChroniqueurL Hors-ligne
    Le ChroniqueurL Hors-ligne
    Le Chroniqueur
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    #5

    Post n°5
    Auteur : Atreïs Helcar

    L'entretien s'était achevé comme il avait commencé : pathétiquement. Plus le sous-préfet parlait, plus le Gurlanin sentait qu'il perdait son temps avec lui. Aux questions militaires s'étaient succédées les questions logistiques, puis pratiques... En somme quelque chose qui ne le concernait absolument pas, lui qui était en haut de la pyramide sociétale. L'évidence frappa Atréis au cœur : l'homme devait se sentir inutile au point de chercher absolument à résoudre l'un ou l'autre souci. Il lui proposa tour à tour la caserne, l'hôtel, le restaurant, mais l'aspirant refusa toutes ses propositions. Il voulait sa propre liberté, et surtout, ne pas être vu trop souvent. Surtout si il lui fallait également rendre des comptes à la Générale Suprême. Il venait de poser le premier pied sur un fil tendu, gare à la chute.

    En sortant du palais préfectoral, il respira un grand coup. Arme dans le dos, il faisait légèrement tâche au milieu de la foule, mais ne s'en préoccupait pas. A nouveau, il ressentait cette étrange liberté qui l'accompagnait, sans pour autant oublier la laisse qui pendait autour de son cou. Son engagement à la CSI était autant une bénédiction qu'une malédiction, finalement. Il imaginait sans mal que le temps lui permettrait de passer outre cet étrange sentiment, qui sans l'oppresser, le mettait dans une posture délicate, systématiquement. Cette impression le suivait partout, dorénavant, et l'empêchait de réfléchir alors qu'il se dirigeait vers la ville basse. Il avait besoin de repos, déjà. Et de réfléchir à la suite des événements. Aussi prit-il une chambre des plus simples dans un hôtel qui ne payait pas de mine. Bien entendu, on loucha sur son arme, mais il n'essuya aucune remarque. Après tout, les personnes armées étaient nombreuses, même si c'était rarement avec un fusil de cette envergure.

    Le lit, tout classique fut-il, était une bénédiction pour le Gurlanin qui s'affala dessus. Le manque d'habitude des voyages spatiaux se faisait ressentir et le laissait courbaturé systématiquement. La tête posée sur l'oreiller, il ferma les yeux. Se remettre les idées en place. Il avait plus ou moins tout pouvoir pour enquêter. Mais pour s'en servir, il lui faudrait sans doute justifier chaque étape. Cela ne serait pas compliqué : l'attentat Sith était une excuse toute trouvée, en plus du statut donné par Valkoinen. Il voulait s'inspirer, s'imprégner des différentes scènes. Bien sûr, il n'y trouverait sans doute pas grand chose, pour le moment. Mais ce serait un début. Surtout, il lui fallait connaître le dossier sur le bout des doigts. Ce fut sur cette ultime pensée qu'il sombra dans le sommeil.




    -Lieutenant. Réveillez-vous.

    Le comlink et la voix froide et robotique de l'agent spécial 003 qui en sortaient tirèrent Atréïs de son sommeil aussi rapidement qu'il y était tombé. A peine une heure, rien de suffisant pour lui... Il s'empara de l'objet du délit.


    -Ici Vasburg...

    -Lieutenant, les services de sécurité d'Utapau ont détecté une capsule de sauvetage, apparemment séparatiste, qui s'est écrasée en plein désert. Ils l'ont récupérée, un seul occupant à l'intérieur, organique, et inconscient, transporté à la prison de la capitale, section haute sécurité.

    -Ce n'est pas rare, Monsieur.

    -Non. Mais que l'inconscient en question ait été déclaré mort quelques jours auparavant, ça l'est nettement plus. Il s'agit de votre « ami » Raxien, Arnon Veral.

    -Cette affaire concerne le DSP, Monsieur...


    -Plus maintenant. Assurez-vous que monsieur Veral soit bien mort. Suis-je clair ?

    -Très clair, Monsieur.

    La communication se coupa aussi rapidement qu'elle avait commencé, laissant Atréïs dans un état second. Devait-il vraiment endosser un rôle d'assassin, désormais ? C'était impensable. Si rapidement, cela tenait soit du miracle, soit de la damnation. Cela prouvait également qu'il était sans doute le seul agent sur place. Ou en tout cas, le plus à même de mener cette tâche là. Le problème... venait de l'intitulé de la mission. Que la DCRS s'occupe de faire disparaître un agent du DSP était une chose... Mais dans leur dos ? Etaient-ils au courant ? Qui avait déclaré Arnon mort ? Autant de questions sans réponses. Mais une idée germa dans l'esprit du Gurlanin, rapidement. Il prit son comlink et passa à son tour une communication. Sécurisée.



    La prison, fut-elle haute sécurité, ne résista pas longtemps à Atréïs. L'avantage d'avoir les passe-droits venant à la fois d'un sous-préfet et d'une Générale Suprême, quelque part. Il ne voulait pas en abuser, mais cette fois, c'était un cas de force majeure. On le guida, désarmé, jusqu'à une cellule.


    -C't'ici. Vous aurez qu'à frapper à la porte pour qu'on vienne vous chercher.

    Il hocha de la tête. Sous les traits d'Elfriede Vasburg, habillée en civile, les mains enfoncés dans les poches de son pantalon, il pénétra dans la cellule. Au fond de celle-ci, sur le lit miteux et abîmé, Arnon Veral, inconscient, gisait. On lui avait donné son dossier médical. Hormis les cicatrices qu'il commençait à connaître, il avait perdu connaissance dans la capsule, de dénutrition et par manque d'oxygène, et avait eu une chance folle d'en réchapper. Lorsqu'ils avaient voulu confirmer son identité, on avait parlé d'un mort dans l'explosion d'une navette, explosion confirmée par ailleurs par la Légion Amber, dans le cadre d'une mission sans intitulée de reconnaissance.

    Il se rapprocha, les talons de ses bottes claquant sur le sol. Il devait avoir une sale tête, actuellement, mais une chose était sûre, c'était la première chose qu'Arnon verrait en se réveillant. Le noir.

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      #6

      Post n°6
      Auteur : Arnon Veral

      Les poussées d’adrénalines diffusaient dans tout mon corps, me donnant le coup de fouet du désespoir. J’inspectai chaque recoin de la navette et force était de constater que tout était verrouillé : les commandes ne répondaient pas, l’écran n’était pas fonctionnel, aucun tableau de bord…Rien. J’étais fait comme un rat dans un astronef qui filait à toute allure. Je devais me rendre à l’évidence, j’avais été piégé. Qui était derrière tout ça ? La Légion Amber ? Leurs chefs ? C’était délirant, pourquoi auraient-ils fait cela ? Quelqu’un était-il au courant de mon passé ? Même cela était complètement absurde puisque de toute manière, il aurait été plus intelligent et avisé de me mettre devant un cours martiale et de me juger pour crime de guerre. Ce n’était pas ce qui s’était passé.

      Fouillant dans le minuscule habitacle, je recherchais n’importe quoi : un terminal, une manette d’urgence, une notice, n’importe quel écran connecté qui me permettrait de décrypter le plan de vol et éventuellement de le modifier. Dans une ultime tentative, je cherchais à ouvrir le boîter sous le tableau de commande pour avoir accès à la connectique et aux fils…Là-encore ce fut sans succès. J’étais bel et bien prisonnier de cette capsule, cercueil métallique propulsé à une allure démente dans l’immensité d’un bleu nuit profond. Lorsque j’étais enfant, je me plaisais à regarder les par les hublots, cette immensité sombre avait quelque chose de relaxant, elle me happait. Pourtant, aujourd’hui elle me terrifiait. Une heure après avoir cherché et tourné dans tous les sens, je restais là, haletant, des auréoles de sueur mouillant mon uniforme. Je dégrafais ma tunique et la déboutonnait pour la mettre de côté, ôtant aussi ma casquette. Ma chemise blanche était débraillée elle-aussi, j’avais trop chaud et je suffoquais…Et pourtant je savais que tout cela était très mauvais pour les réserves d’oxygène.

      Combien de temps cela dura ? Une heure, un jour ? Je me rappelle avoir mangé, bu, puis être tombé dans un état de torpeur. Un état de semi-conscience dans lequel le passé et le présent se mêlaient dans une zone grise, claire-obscure, qui n’était plus vraiment définie. Tel un poisson navigant entre deux eaux, j’alternais entre les deux réalités et pourtant, je lâchais peu à peu prise pour embrasser le passé et les souvenirs.


      7 ans auparavant, cérémonie du Moff Zelen,

      Tout le gratin avait été invité dans la résidence d’été du Moff Karolus Zelen. Comprenez une sorte de maison de maître avec jardins, fontaines et un style qui pouvait tenir du néo-classicisme. Rec et moi avions été invités en tant que membres du BSI, sans doute car Rec avait lui-aussi ses entrées dans l’entourage des puissants. Ce dernier y voyait une opportunité qui permettrait de nous placer. Officiers supérieurs, administratifs, responsables locaux, chefs d’entreprises. Tout cela était éminemment politique et Zelen voulait rassurer les investisseurs et ceux qui investissaient pour l’effort de guerre. C’était d’ailleurs précisément pour cela que nous avions été invités, Rec et surtout moi, car les prisonniers de guerre jouaient un rôle essentiel dans ce modèle économique. Les rébellions et l’intensification des combats avaient récemment inquiété les investisseurs. Nous avions enfilé nos uniformes de cérémonie pour l’occasion avec fourragères et parements, nous devions faire bonne impression.

      Rec était dans son environnement, débonnaire et bavardant avec les différents convives, un verre d’alcool à la main. Je peinais à croire que ce dernier sortait de notre mission du camp de prisonnier à l’issue tragique. Bien évidemment, l’histoire avait été rapidement enterrée et Rec et moi avions bouclé les rapports comme il se devait, pour ne pas avoir trop de questions…Car la hiérarchie détestait ça, les questions…Comme les problèmes d’ailleurs. Nous étions subrepticement incités à mettre la poussière sous le tapis, qu’importaient les moyens, tant que la machine fonctionnait toujours. C’était un peu devenu notre quotidien, une sorte de fuite en avant permanente.

      Je fus finalement présenté au Moff, un homme grisonnant et grassouillet qui devait approcher la soixantaine. En d’autres termes, un homme dépassé qui n’était aujourd’hui qu’un rond de cuir administratif. L’homme m’accueillit avec une poignée de main qui se voulait chaleureuse et qui pourtant était molle et moite…La main d’un planqué. Je le saluais pourtant respectueusement et Rec qui le connaissait déjà me présenta.

      -C’est l’homme dont je vous avais parlé, Moff Zelen, le Capitaine Ludwig Noas, du BSI. Le Capitaine est un de nos meilleurs éléments dans son genre, il a réorganisé la productivité de nos prisonniers. Son modèle a été étendu à beaucoup de nos usines.

      Le visage de Zelen, qui ressemblait à une pastèque trop mûre sembla devenir plus écarlate encore alors qu’il se fendit d’un sourire. Le sourire ne suffisant pourtant pas à cacher ni son anxiété, ni son regard fuyant.

      -Bon…Oui…Enchanté Capitaine…Noas. Nous avons besoin d’hommes comme vous. Les investisseurs sont inquiets, nos récents revers…Les soulèvements…Le front…Enfin vous voyez. Il faut les rassurer, vous êtes l’homme de la situation. Je compte sur vous aujourd’hui pour leur faire un rapport clair sur la situation et leur expliquer que tout est sous contrôle. Ils sont comme des rapaces et cherchent à renégocier les termes du contrat…Les usines sont parfois sabotées et vous connaissez le reste…

      Par le reste, ce gros porc adipeux faisait sans doute référence aux revers que se prenaient l’armée Impériale Sith sur les différents fronts. Le conflit se radicalisait et tout le monde était contre nous, il n’y avait donc rien de nouveau à ça. Rec lui envoya un sourire enjôleur et je pris la parole, avec un ton neutre et presque clinique.

      -La productivité des usines a pourtant augmenté de 13% cette année. Je ne m’occupe pour ma part que de la partie administrative et de la mise-en-…

      Zelen ventila l’air avec sa main.

      -Oui, oui, c’est très intéressant Capitaine, mais épargnez-nous les détails techniques. Contentez-vous de leur dire ça et occultez le reste…J’ai assez de problèmes à gérer comme ça !

      L’imposant Moff me fit un sourire qui ressemblait plus à une grimace et me tapota mollement l’épaule. Cet homme ne voulait pas en savoir plus, c’était évident. Rec lui rendit son sourire alors qu’il s’éloignait avant de se retourner vers moi avec un clin d’œil.

      -Quel tocard ! Il sent le vent tourner et il ne veut surtout pas être mis au courant, de peur qu’on lui demande des comptes après. Ils vont bientôt servir le buffet, allons-y !

      Si Rec demeurait enjoué, il était clair qu’il avait vu clair dans le jeu du Moff et de ses amis. Zelen était un politicien, il préférait se couvrir. Nous nous dirigeâmes vers le buffet en question et alors que nous mangions, nous fûmes approchés par une autre connaissance de Rec -vu qu’il connaissait à peu près tout le monde et avait ses entrées partout, rien d’étonnant- il s’agissait d’un officier qui revenait du front, une femme avec le grade de Colonel. Rec me la présenta comme étant une ancienne amie lorsqu’il travaillait encore dans le secteur de Coruscant Ariela Mongi, qui avait travaillé pendant longtemps avec le BSI pour finalement retourner dans l’armée. Mongi avait la quarantaine et ses longs cheveux noirs ne suffisaient pas pour détourner l’attention de ses yeux bleus. Mongi se plaignit du front et des conditions, elle semblait très lucide sur la situation et en parlait ouvertement, sans doute connaissait-elle suffisamment Rec pour cela.

      -Bientôt, nous ne pourrons même plus ravitailler tranquillement. Les soulèvements un peu partout, les rébellions et l’intensification des combats au front, nous sommes complètement dépassés et pourtant, rien ne bouge.

      -Pourtant, nous avons largement augmenté les rendements et la production, donc nous sommes censés conserver notre supériorité, c’est théoriquement pour ça qu’on nous demande de faire un effort, non ?

      -Quelle supériorité ? Tout ce que vous faites produire dans les usines n’arrive pas au front. Les sabotage, les bombardements incessants des flottes ennemies en maraude…Bref, c’est une perte immense. Le gouvernement le sait, Zelen par exemple, il en est parfaitement conscient, mais s’il ne réagit pas, c’est qu’il ne peut rien faire. Mais après tout, vous constaterez sans doute cela par vous-mêmes bien assez tôt…Il paraît qu’ils travaillent sur un plan pour envoyer les troupes non combattantes au feu ! Je vous souhaite seulement de ne pas vous faire capturer, car si moi je connais vos méthodes, nos ennemis les connaissent sans doute aussi !

      Cela me laissait sceptique à ce moment-là. Je savais bien que nous avions essuyés des revers, mais Mongi exagérait sûrement.

      Combien de temps avais-je voyagé ? Dans quelle direction ? Je ne saurais le dire, mes souvenirs se brouillaient, les souvenirs lointains s’entrechoquaient dans mon esprit, à la dérive, un peu comme cette capsule rendue folle. Si mon corps inanimé allait de l’avant, dans l’immensité de l’espace, mon esprit, lui, vagabondait en arrière, dans le temps, plongeant ses racines dans ses souvenirs. L’accident de la capsule, les équipes médicales qui m’extrayaient de mon cercueil de métal, tout ça n’était qu’un brouhaha grave et inintelligible. J’étais inconscient, pourtant spectateur de ce qui se passait de l’autre côté du mur. Les mots n’étaient que des tonalités rauques et graves, lointaines. Spectateur de mon propre destin, je l’avais toujours été…

      La Forge Stellaire,

      Alors que nos véhicules se garaient à proximité d’une baie de chargement où grouillaient stormtroopers et soldats de différents corps, nous fûmes accueillis par un officier d’ordonnance qui se trouvait sur le quai et se mit au garde-à-vous en nous voyant. J’emboîtais le pas de Rec qui semblait naviguer à vue dans tout ce monde qui chargeait et déchargeait des munitions et du matériel pour la défense de la Forge Stellaire. Ariela Mongi nous attendait, portant son armure et en tenue de combat. La femme sourit en nous voyant.

      -Rec et ce bon vieux Capitaine. Quel plaisir de vous voir, je vous avais dit qu’on vous enverrait au front tôt ou tard. Vous venez donc préparer la défense avec nous…Bien, préparez-vous, ça s’annonce plutôt mal !

      Mongi avait le don de m’exaspérer et j’étais piqué au vif. Si Rec avait toujours son sourire de circonstance, je détestais cette bonne femme et pris le parti de lui répondre sèchement.

      -Faites attention, Colonel, en d’autres circonstances, vos propos auraient pu être pris pour du défaitisme.

      Mongi éclata de rire, elle savait très bien que nous étions au front…Le terrain de jeu de l’armée et donc que l’autorité d’un petit fonctionnaire du BSI n’avait pas réellement cours ici. En d’autres termes, si quelqu’un devait être fusillé, ça serait plutôt moi qu’elle…

      Cette rivalité entre l’armée et les services de renseignements, je venais de l’expérimenter. Devais-je y voir une manifestation de cela dans ce qui s’était passé au sein de ma mission ? Je n’en savais rien, les choses s’étaient rapidement enchaînées et moi, je n’avais rien pu faire. J’étais dans l’ignorance la plus totale, mon esprit inconscient ayant admis la séquence des évènements sans les comprendre. Pourtant, j’émergeais petit à petit, quittant le monde des rêves et des souvenirs pour celui des sons, le brouhaha laissait place à des phrases découpées, puis à quelques mots intelligibles du personnel médical. Je ne saisissais pas tout mais parfois, mes yeux s’entrouvraient. Je n’étais pas mort, mais mon corps endolori était très faible, je le ressentais. J’avais été blessé et je gisais sur un lit métallique miteux, avec pour seuls vêtements une sorte de pyjama d’hôpital. Alors que je recouvrais petit à petit l’usage de mes sens, je pus voir que j’étais menotté au lit. Je voulus m’insurger, me rebeller, mais pourtant, je n’en avais pas la force, j’étais toujours faible. Cet état de semi-conscience dura encore un moment.

      Au moment où je rouvris les yeux, je pus vois Vasburg. Le Lieutenant était là, les traits tirés de quelqu’un qui n’avait pas dormi depuis longtemps. J’aurais aimé me relever, gesticuler et demander des explications, pourtant, je n’arrivais même pas à me relever sur le dossier du lit. Si j’étais tiré d’affaire, j’étais encore faible. Des mots sortirent de ma bouche, doucement, semblables à un soupir.


      -Lieutenant…La capsule de sauvetage…On m’a piégé. Stevic et la Légion Amber.

      Ce n’était pas suffisant pour comprendre, peut-être que Vasburg comprendrait car elle était courant. En tout cas, toujours alité, je peinais à parler et mon corps était de plomb. Mes sens revenaient pourtant petit à petit et je pouvais bouger mes doigts de pieds. Discuter avec Vasburg m’aiderait sans doute à revenir parmi les vivants…Et je comptais sur elle pour me donner une explication pour tout ça.

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        #7

        Post n°7
        Auteur : Atreïs Helcar

        Atréis, toujours sous l’apparence du Lieutenant Elfriede Vasburg, fixait Arnon Veral, menotté à son lit. L’homme semblait largement affaibli, étourdi et surtout perdu. Lorsqu’il évoqua la Légion Amber et un certain Stevic, il haussa un sourcil. Des gens puissants, de toute évidence. Qu’avait pu faire ce type pour se retrouver dans une prison de haute sécurité sur Utapau ? Il manquait des pièces au puzzle, et surtout, il y aurait fort à faire. Arnon Veral devait disparaître.

        -Je ne pensais pas vous revoir si vite, Monsieur Veral, et pas dans ces circonstances. Je dois admettre que vous êtes bien le dernier que je m’attendais à voir débarquer ici. Mais je suppose que vous n’avez même aucune idée de ce qu’est « ici ».


        Un sourire narquois se forma sur les lèvres du Lieutenant en le regardant droit dans les yeux. L’homme si assuré était en position de grande faiblesse, ce qui amusait légèrement le Gurlanin. De là à dire qu’il éprouvait une certaine rancune vis à vis des propos d’Arnon, il n’y avait qu’un pas. Mais son sourire s’effaça finalement rapidement. Il avait une mission ici, et il entendait bien l’accomplir. Faire disparaître Arnon Veral. Pourtant, il lui devait bien quelques explications, si tant est qu’il en avait à fournir.

        -Aux dernières nouvelles, vous étiez en partance de Raxus Secundus pour une mission d’importance capitale. Et je vous retrouve sur Utapau, alors qu’on vous a déclaré mort voici plusieurs jours, alors que vous vous écrasez à bord d’une capsule de sauvetage. Je ne vais pas vous mentir, j’hésite entre me moquer ou m’apitoyer sur votre sort, Aspirant.


        Le Lieutenant enfonça les mains dans les poches de son manteau de cuir. Sur son visage, il n’y avait que son petit sourire habituel, mais celui-ci n’était plus ironique, pas plus qu’il n’était compatissant. Il faisait partie de son expression faciale, voilà tout. Le Gurlanin était fatigué et n’avait aucune envie de s’occuper de l’homme du DSP maintenant. Surtout qu’il avait bien autre chose à faire. Mais il y avait quelque chose à tirer de la situation d’Arnon.


        -Avant que vous ne disiez quoi que ce soit, sachez que l’enceinte est close. Pas de communications avec l’extérieur, caméras désactivés. Nous ne sommes que tous les deux, pour le moment. Au risque de me répéter, vous avez été déclaré mort par la Légion Amber durant l’opération, voici trois jours. Cadavre identifié par témoins, funérailles, héritage. En d’autres termes, monsieur Veral est mort et enterré, mais vous venez de ressusciter à la manière d’une ancienne religion… Et je crains que personne ne trouve cela drôle, intéressant ou même utile au sein de la CSI.


        Il le fixait toujours, et cette fois, son sourire disparut.


        -En d’autres termes, on m’a demandé de faire en sorte que Monsieur Veral soit effectivement mort. Autant vous dire que je n’apprécie que moyennement de faire ce genre de basses besognes, surtout envers quelqu’un que je connais. Mais les ordres sont les ordres.

        Le Gurlanin n’aimait pas la situation. Toujours ce fil tendu au dessus du vide… Toujours cet exercice d’équilibrisme.

        -J’en suis la première navrée. Mais dans trois jours, vous serez exécuté.

        Elle se dirigea vers la porte, s’apprêtant à cogner contre celle-ci pour sortir. Il laissait quelques secondes à Arnon, au cas où celui-ci avait une question.

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          #8

          Post n°8
          Auteur : Arnon Veral

          Mes sens reprenaient peu à peu leur place. Si j’étais encore trop faible pour me relever, je pouvais raisonner. Mais ce que me dit Vasburg par la suite fut un peu plus préoccupant. Je ne sus dire ce que voulait dire son sourire : avait-elle une certaine forme de compassion ? De pitié ? S’amusait-elle de ma situation ? Peut-être avait-elle une certaine jouissance car elle avait un pied dans l’armée…Je ne pouvais pas savoir d’où j’étais. Alors qu’elle expliqua d’une manière neutre ce qui allait se passer, mes sourcils se froncèrent, c’était trop gros et trop idiot à la fois. Lorsqu’elle m’annonça que j’avais été dépossédé et enterré et ce qui allait se passer, mes yeux clignotèrent et mon visage se renferma sous la surprise.

          -Je vous demande pardon ? Si c’est une plaisanterie, elle est très mauvaise, Lieutenant.

          Si ma voix était faible, on pouvait sans doute ressentir un agacement soudain qui remontait du plus profond de mon être. Je me dois cependant de faire une petite parenthèse, car je me doute bien de ce que vous pouvez penser : moi qui avais fait tant de mal durant ma précédente carrière, ne me doutais-je pas que cela finirait ainsi ? Je m’étais en effet préparé à ce moment, bien sûr, j’avais à mainte reprise imaginé plusieurs scenarii. Le tribunal était le plus probable, après tout les autorités de tous bords de la galaxie recherchaient activement les gens comme moi…Ceux qui avaient traversé les mailles du filet et qui écopaient souvent de peines exemplaires (souvent capitales). J’avais également imaginé que tôt ou tard, je pourrais tomber sur un ancien détenu de l’Empire Sith qui m’aurait croisé et qui chercherait à se venger, cela aussi était probable, même si j’avais changé physiquement, quelqu’un avec une bonne mémoire aurait très bien pu me reconnaître malgré mes cicatrices et mes quelques années en plus. Finalement, j’avais tout à fait intégré l’idée de mourir durant une mission. Mais là, c’était bien trop idiot, je ne l’acceptait pas. Pourquoi diable cette femme voulait-elle m’exécuter ? Qu’avais-je fait ?

          L’offusquement avait petit à petit laissé place à un rictus qu’elle n’aurait peut-être pas attendu sur mes lèvres. Au fond de moi, je ne pouvais m’empêcher de penser que la vie était une garce cynique. Naturellement, je n’avais jamais cru en un quelconque dieu -pas plus qu’en le diable d’ailleurs- car je laissais cela aux esprits qui en avaient besoin. Il aurait par contre été malhonnête de ma part de ne pas vous avouer que j’accusais le coup, moi qui souhaitais enfin me racheter et qui étais arrivé aux portes de nouvelles fonctions au sein de la CSI. Les arcanes Confédérées semblaient être aussi pourries que celles de l’Empire Sith. Car oui, j’y avais pensé, à l’instant où Vasburg avait prononcé ce « on » tout en parlant de la Legion Amber qui m’avait déclaré comme mort en mission. Bien sûr, la seconde proposition était plausible : ils auraient pu croire que j’étais mort à la dérive dans l’espace, par contre le fait qu’on demande à Vasburg de terminer le travail, c’était tout bonnement machiavélique. Pourquoi auraient-ils voulu sacrifier un agent ? C’était absurde et cela ne collait pas du tout avec l’image que j’avais des autorités et des organes gouvernementaux de la CSI…Et pourtant Vasburg ne semblait pas disposée à me faire une blague. La CSI se ventait de trier ses organiques sur le volet, ce n’était pas pour les sacrifier ainsi. Il y avait quelque chose qui manquait, une pièce qui n’était pas présente. J’avais beau réfléchir, réfléchir vite, je n’avais aucune idée de qui aurait pu ordonner de me liquider de la sorte, je n’étais personne, juste un aspirant. Pourtant, tapis dans l’ombre, mes vieux démons déployaient leurs griffes, je sentais leur haleine fétide qui embrumait mon esprit, mon échine parcourue d’un frisson glacée. Je repartais dans la boucle paranoïaque, imaginant des ennemis anciens, des ennemis de la nation, des terroristes, des rebelles qui me poursuivraient pour me nuire. Des individus anonymes et sans visage qui m’auraient observés pendant des années, attendant le bon moment pour déclencher leur perfide conspiration. Les rouages et les écrous d’une machine infernale bien huilée qui déclencheraient les différentes pièces tragiques d’un complot bien orchestré avec une seule issue : ma mort. Ces pensées étaient absurdes, je le savais, mais j’avais également pu méditer sur ces réflexes pavloviens durant mes années de liberté : c’était le résultat d’un conditionnement. Un conditionnement que j’avais reçu à l’académie, pendant ma formation comme agent du BSI. On nous avait entraîné à voir l’ennemi partout, à se mettre dans sa tête, à anticiper chaque mouvement potentiel. C’était précisément ce détail qui avait fait de nous des agents si efficaces dans un état policier qui traquait toute opposition, car nous n’avions jamais de répit. Tout pouvait être suspect.

          Ce fut paradoxalement cette pensée qui me libéra de mes Némésis et me donna une solution à la situation. Mon sourire avait disparu, mon visage était redevenu neutre et presque avenant malgré mon état…Comme si le choc et les émotions négatives venaient d’être absorbées d’une traite. Mes yeux roulèrent vers Vasburg qui m’avait laissé une porte ouverte, un créneau de quelques secondes pour réagir. Cette femme était comme moi, victime d’un conditionnement, elle obéissait aux ordres et moi mieux qui quiconque pouvais la comprendre. Par contre, je connaissais également les travers et les faiblesses d’un tel conditionnement.


          -Je m’excuse, mais comme vous vous en doutez, je ne peux accepter cela, Lieutenant Vasburg. Pas sans explication…Je ne m’attendais pas à de telles pratiques au sein de la CSI, ces pratiques sont dignes de la pire des dictatures. J’espère simplement pour vous que vous êtes suffisamment sûre du « on » qui vous a demandé de terminer le travail, car ce que vous vous apprêtez à commettre s’appelle un meurtre. J’ignore qui est derrière tout cela, mais c’est une terrible injustice, j’oserais même le mot trahison. Je suis un vétéran, Vasburg, j’ai combattu au front et je suis revenu de la vie civile plusieurs années après pour servir…Est-ce là ma seule récompense Lieutenant ? N’ai-je pas donné assez ?

          J’avais relevé ma main tremblante sur mon visage pour désigner mes cicatrices. Même si je n’avais pas combattu pour la CSI, c’était cohérent avec mon dossier. Je me doutais bien que cela pouvait toucher Vasburg : après tout, si elle s’était montrée totalement froide et détachée, elle avait montrée certaines petites attentions qui me faisaient penser qu’elle ne me haïssait pas et qu’elle avait un certain code de l’honneur militaire. C’était le moment de voir ce qu’elle avait dans le ventre, mes yeux ne clignaient pas, je n’étais pas effrayé, apaisé mais ferme, mon regard s’était plongé dans ses yeux sombres. Au fond, je savais que ce n’était pas le comportement qu’on aurait attendu de ma couverture, ce bon vieil Arnon Veral, je me sentais, l’espace d’un instant, à nouveau dans la peau de celui que j’avais été, le Capitaine Ludwig Noas. La rectitude d’un homme ayant été dans l’armée, c’était à cela que je devais me tenir. Car c’était ce que j’aurais souhaité finalement, continuer ma mission.

          -J’ai été empêché dans ma mission…La navette d’abordage est partie en hyperespace. Quelle que soit l’origine de ce dysfonctionnement, ce qui est en train de se passer est très injuste Lieutenant Vasburg et il y a fort à parier que tôt ou tard, une enquête rétablira la vérité. Nous sommes dans un état de droit après tout. Je ne peux que déplorer que vous ne sembliez pas avoir posé plus de questions. Quoi qu’il en soit, une fois que vous sortirez d’ici, ça sera entre vous et votre conscience, car moi, je n’ai rien d’autre à faire que d’attendre ici…

          J’agrémentais ma phrase d’un sourire las. Vasburg était la seule à avoir un quelconque pouvoir et je le savais. Il n’y avait aucune ironie, aucun reproche, aucun cynisme dans mes paroles, je ne souhaitais pas la confrontation avec le Lieutenant. J’avais accepté le déroulement des faits et demeurais étrangement serein.

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            Auteur : Atreïs Helcar

            Accepter cela ? Etait-il naïf à ce point de penser que son avis comptait dans la CSI ? Ou bien était-ce une manière de parler ? Il avait déjà combattu, il ne pouvait pas penser qu’il avait voix au chapitre. Dans toutes les armées de la Galaxie, c’était une dictature qui était en place, qu’elle soit masquée ou non. Et c’était encore pire dans les services, où plus on gravissait les échelons, plus on risquait de sombrer dans une paranoïa profonde. Quant à parler d’une quelconque enquête, c’était sans doute surestimer la machinerie grandiloquente de la Confédération. Arnon n’était rien, comme Atréïs d’ailleurs. Un rouage remplaçable. Mais là où le Gurlanin l’avait compris, assumé et assimilé, il semblait que l’Humain faisait face à un cas de conscience vis à vis de cela. Il semblait pourtant au courant de cet état de fait, lors de leurs premières entrevues.

            La femme brune se retourna à peine vers l’agent. L’affaire se compliquait pour tout le monde. En annonçant sa mort, la Légion Amber mettait effectivement Arnon dans une très mauvaise passe. Objectivement, il avait désormais tout perdu, jusqu’à son identité. Et c’était de cela que le Lieutenant était venu s’assurer. Qu’Arnon Veral était effectivement mort. Mais pour cela, il leur faudrait, à tous les deux, jouer un jeu très serré. Un jeu dont Atréïs ne pouvait pas dévoiler toutes les règles pour l’instant. Il faudrait espérer que son collègue d’infortune ait suffisamment d’instinct pour comprendre. Ce n’était pas une histoire de sens de l’honneur, uniquement d’intérêt, à cet instant. Pas plus qu’il n’était question de respect, pas plus qu’il n’était question de conscience. Vasburg n’était qu’un nom, qu’une couverture qui s’évaporerait avec le temps, et avec sa mort. Ou même avant, si on jugeait que cette couverture n’avait plus de raison d’être. Surtout, lui-même n’était qu’un pion, et comme dans tout jeu, il menait sa propre partie selon sa propre stratégie. L’irruption de la Générale Suprême avait changé la donne, considérablement. Pis. Il était en position de force. Et ça, c’était nouveau. Elle finit par toquer à la porte de métal.


            -Injuste ou non, vous savez comme moi que ce sont les lois de la guerre, et encore plus lorsqu’on fait partie des renseignements, Monsieur Veral. Quant à parler de récompense… Voilà qui me semble bien idéaliste pour un soldat reconnu.

            Il faisait un peu d’ironie, quand bien même il pouvait comprendre la gravité de la situation. En tant qu’ancien soldat, malgré les doutes qu’avait Atréis sur cette vérité-là, il pouvait s’attendre à de la reconnaissance. Néanmoins, dans un coin de sa tête, le Gurlanin ne pouvait pas s’empêcher de se demander si Arnon ne se surestimait pas, tout simplement. Peu importe l’agent qui aurait été sur place, il aurait subi les foudres de la Légion Amber…




            -Lieutenant. Faites vite.

            -Générale Suprême Valkoinen. Vous m’avez demandé d’être vos yeux et vos oreilles, mais j’ai bien peur que je doive vous demander de l’aide. On m’a demandé de régler le cas d’un autre agent, déclaré mort par la Légion Amber.

            -La commandante Tahiri Delia, je suppose.


            -Oui, Générale.

            -Je vois. Elle avait sans doute ses raisons, Lieutenant. Que voulez-vous ?

            -Je peux tirer profit de cette situation, Générale. Les ordres sont volontairement flous. J’ai juste besoin d’un dossier. D’une identité.

            -… Vous l’aurez. Faites attention à vous, Lieutenant.



            La Lieutenant quitta la cellule sans un regard en arrière. Cela l’aurait peut-être trahi et il voulait surtout être prudent et patient. Arnon allait sans doute devoir vivre trois jours compliqués. Sans identité, sans protection, il allait surtout devoir survivre à l’enfer de la prison de haute sécurité, en attendant son exécution. Sans accorder un mot au gardien, la brune se dirigea vers la sortie. Elle avait fort à faire, désormais. Déjà, il lui fallait consolider sa couverture, en inspectant les différentes casernes et sites stratégiques militaires. Surtout, il lui fallait trouver un alibi pour ce qu’il comptait faire. C’était sans doute la partie la plus compliquée. Trois jours.

            Spoiler : Spoiler
            HRP
            A toi de décrire l’environnement dans lequel tu es, tes relations (sans doute tumultueuses avec les autres détenus), bref, ta vie pendant ces trois jours… Ne t’en fais pas, on arrive au bout !

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              Auteur : Arnon Veral

              Ainsi se scellait l’issue de mon entretien avec le Lieutenant Vasburg. Il y avait en cette femme quelque chose d’horripilant, une sorte sourire de façade en coin, était-ce du cynisme ? De la résignation ? Je n’en savais rien. J’avais eu beaucoup de gens avec moi pendant mes années passées de service et leur réaction face au totalitarisme avait été différente. Ceux qui étaient du bon côté de la crosse buvaient, fumaient et s’abandonnaient à des excès dans des paradis artificiels, c’était le cas de beaucoup. D’autres étaient de vrais psychopathes, bien sûr, mais ils ne représentaient qu’une infime minorité et ceux qui vous disent que nous avions tous des problèmes psychiatriques vous mentent. Vasburg faisait partie d’une autre catégorie, celle qui gardait une certaine retenue. Je pouvais comprendre cela, mais savoir ce qu’elle pensait vraiment se retrouvait relativement difficile. En invoquant les lois de la guerre, Vasburg jouait magistralement, mais qu’attendre dans sa position, c’était un combat inégal et j’étais dans une position de faiblesse, à la fois physique et morale. Pourtant, mes membres commençaient à se réveiller. Alors qu’elle allait partir, je plongeais mon regard droit dans ses yeux.

              -L’idéalisme, c’est ce qui nous tient tous lorsque nous ne sommes pas au front non ? Cela est valable même pour vous, mais je ne vais pas vous prendre plus de temps : vos actions, votre conscience.

              Je rendais le petit sourire à Vasburg. Mon sourire désabusé était tout aussi ironique qu’aurait pu être le sien. Après tout, c’était une situation absurde et je comprenais bien que j’aurais beau me plaindre, supplier, m’indigner, cela ne changerait rien. J’avais, dans ma jeunesse, déjà écopé d’une peine de prison et j’avais été libéré par Rec, je connaissais le milieu carcéral. Humiliations, violences, c’était ce à quoi je devais m’attendre pendant ces trois jours si je rejoignais les autres prisonniers, car oui, nous étions visiblement dans une prison. Je devais donc économiser mes forces et rester alité le plus longtemps possible.

              Etrangement, lorsque Vasburg fut partie, je me retrouvais face à moi-même. Le vide de mon existence et de tout mon être m’apparut flagrant, dans cette geôle aux murs décharnés et au sol nu. Il y avait quelque chose qui dépassait la frugalité, une sorte d’âme malveillante qui me transperçait le cœur. Combien de gens avais-je vu envoyés dans des lieux bien pires que ceux-ci ? Combien de ces gens s’y étaient retrouvaient par ma responsabilité directe ? Et là, comme un mantra, l’excuse toute faite des ordres me revint en tête. Je réalisais avec dégoût que c’était également l’excuse de Vasburg, une excuse qui faisait tourner les rouages. Chacun était à sa place et maintenait l’absurde machine qui nous broyaient tous, semblables à des milliards de grains de sable dont l’existence était aussi brève qu’insignifiante. Je compris alors que j’avais été idiot de vouloir changer les choses, de vouloir me racheter. Cela n’était que des pleurnicheries, car finalement, la seule chose qui comptait, c’était la situation actuelle. J’avais cru en la Confédération, comme auparavant j’avais cru en L’Empire Sith, mais finalement, tout cela n’était qu’une mascarade. Ces gens de la Légion Amber, j’en venais à les haïr et à m’imaginer tous les sévices que je leur aurais fait subir de bon cœur si j’avais moi-même été du bon côté de la crosse. Et pourtant, je ne pouvais m’empêcher de penser que cette situation n’était que juste retour des choses. La lumière des petites diodes vacillait et je sombrais dans un sommeil obscur et sans rêve, à la limite de la conscience.

              Je fus sorti du lit par les gardiens au lendemain. Si j’étais encore faible, je pouvais marcher et cela leur suffisait. Ces gardiens avaient la matraque facile et ils n’étaient pas commodes. L’un d’eux me fit immédiatement comprendre que je n’avais aucun intérêt à me rebeller. Je levais mollement les bras, me laissant faire. J’avais appris lors de mon premier séjour en prison pendant ma jeunesse que montrer de la résistance face aux gardiens ne servait à rien. Bien évidemment, lesdits gardiens n’avaient rien à voir avec ceux-là : ceux-là étaient armés et semblaient encore plus enragés. Je n’opposais aucune résistance et pourtant, ils s’évertuaient à crier et à aboyer des ordres. J’avais beau obtempérer, l’un d’eux -portant un bouc- semblait pris de zèle et m’asséna un coup de matraque à l’arrière du dos car je n’allais pas suffisamment vite à son goût. Le coup n’était pas suffisamment violent pour me blesser sérieusement…Mais il était asséné avec l’expertise de celui qui sait donner des « coups invisibles ». Je me contentais d’un gémissement et je fus conduis à la douche : comprendre un homme avec un tuyau d’arrosage alors qu’un autre me rasa entièrement le corps, à l’exception de mes cheveux qui n’étaient pas si longs. Je ne compris pas la manœuvre au début, mais je vis qu’on ne me fit même pas passer à la section administrative, je n’avais plus aucune identité et ils s’en moquaient.

              Je fus pris en charge par le système carcéral. Les gens qui se trouvaient ici devaient avoir commis des ignominies, à en juger les nombreuses portes blindées et les barreaux qui les constituaient. On me donna un uniforme de prisonnier et des chaussures en matériau recyclé pour seules affaires personnelles avant de m’amener dans la partie commune. L’un des gardes m’indiqua que j’avais de la chance car j’étais prêt à l’heure de « la promenade ». L’homme accompagna son propos d’un rire gras et malfaisant. On me jeta au milieu de mes codétenus dans un espace ouvert et grillagé. Certains s’adonnaient à des jeux, d’autres discutaient. Tous avaient les cheveux rasés, j’étais le seul qui les avait encore longs. Je compris alors le but de la manœuvre, mais trop tard. L’un d’eux s’approcha de moi, accompagné de deux autres qui avaient des mines patibulaires et étaient des armoires à glace. Ces trois hommes avaient traversé la cours pour venir à moi, et l’un d’eux, le plus petit, s’approcha, il portait des vêtements négligemment déboutonnés et tous les trois avaient des brodequins cloutés impériaux que je reconnus immédiatement, de la contrebande...


              -Eh, t’es nouveau ici toi, non ? Nous ça fait huit ou dix ans qu’on croupit ici !

              Un autre qui avait glissé derrière moi et qui m’avait saisi par les épaules renchérit après que le premier ait retroussé sa manche pour montrer un tatouage militaire Impérial.

              -Ouais, tant d’années pour avoir servi l’Empire. Par contre toi, t’as l’air d’un notable, t’es bien trop propre pour avoir fait des saloperies. A mon avis, t’as du fric à l’extérieur et tu vas pouvoir nous en donner car ici, tout se vend et tout s’achète tu sais ?

              Je savais ce qui allait se passer, tout comme je savais que je n’étais pas en mesure de donner à ces gens ce qu’ils voulaient. Un coup violent me percuta la tempe et je fus projeté au sol, pendant que deux des hommes me rouaient de coups au niveau du ventre. Les coups s’intensifiaient, j’avais le souffle coupé, la douleur me paralysait le corps, encore endolori par mon accident. J’aurais aimé crier, appeler les gardiens, mais j’en étais bien incapable. L’un d’eux intervint après quelques minutes de supplice, j’étais persuadé qu’il avait vu la scène et pourtant, il n’avait rien fait. Les trois hommes me lâchèrent, en me jetant un dernier regard menaçant et me promettant de revenir le lendemain et de recommencer s’ils n’étaient pas payés. Je devais me rendre à l’évidence, ces hommes étaient devenus des bêtes sauvages, l’enfermement les avait rendu ainsi. Ils avaient le profil de ceux que recrutait Rec pour ses opérations spéciales ou de la bidasse qui était envoyé pour les opérations commando.

              Le gardien ne fit pas cas de mes blessures, il se contenta de me donner un coup de matraque pour que je me relève plus rapidement. Je me relevais, chancelant, les jambes en coton. Ma haine ne faisait que croître. Ce qui arrivait était injuste et j’en voulais à Vasburg d’avoir laissé faire. Le reste de la journée fut rythmé par du travail forcé : blanchisserie pour certains, culture pour d’autres. Bien évidemment, j’avais été assigné à la culture : je passais l’après-midi à bêcher une terre rocailleuse dans une des cours du centre pénitencier…Je doutais même qu’on ait un jour fait pousser quoi que ce soit dans cette terre. J’étais épuisé et les autres détenus m’observaient avec un regard de prédateur. Je sus à cet instant que les trois jours allaient être très durs. J’avais été humilié, et cela me faisait enrager. Pourtant j’avais peur, peur de ce que me feraient ces détenus et les gardiens, peur de l’échéance fatidique du peloton d’exécution…Peur de mon ombre et de ceux qui avaient fait ça.

              C’est la tête baissée que je rentrais dans ma cellule. Le soir, je ravalais mes larmes, je ne voulais pas leur faire ce plaisir. Je m’en voulais d’être aussi lâche et pourtant, la perspective du deuxième jour me terrifiais. Je m’endormis après avoir avalé goulûment mon repas : une bouillis infâme et un quignon de pain. Le lendemain, je fus réveillé à l’aube, comme tous les autres et le rythme reprit, je fus à nouveau affecté à « la culture », un travail harassant…Je soupçonnais d’ailleurs un certain bizutage. Du coin de l’œil je pus voir que les trois ex-soldats Impériaux avaient été assignés à la culture avec moi et qu’ils m’observaient. Eux ne travaillaient pas aussi énergiquement que moi et pourtant, le gardien ne leur disait rien, il était focalisé sur moi. L’un des hommes s’approcha et s’adressa à moi à voix basse.


              -T’as réfléchi ? Tu vas payer ? Il vaut mieux pour toi car l’heure tourne…C’est bientôt la promenade et aujourd’hui, c’est la relève des gardes, ça nous laisse dix bonnes minutes pour te fracasser…Tu ne pourras pas travailler cet après-midi c’est sûr.

              Il agrémenta sa tirade d’un clin d’œil et d’un sourire mauvais avant de me taper sur l’épaule. J’étais très différent de ces gens, je n’avais pas le profil et ils étaient décidés à me faire vivre l’enfer sur terre. Pourtant, je savais que je ne pourrais pas payer. Je n’avais ni identité, ni argent, ni même allié dans cet univers carcéral hostile. Ces hommes me répugnaient. Ce qui devait se passer se passa…A la promenade j’eus beau leur dire que je n’avais plus d’argent, rien ne put les convaincre. Les trois hommes je rouèrent de coups pendant dix minutes, la violence était telle que je vomis à deux reprises. L’un d’eux acheva la séance en m’urinant dessus et en me promettant pire le lendemain. Le gardien comme la veille ne releva pas cela et m’obligea à retourner à la culture sans même pouvoir me nettoyer. Je vis l’un des trois hommes lui donner quelques crédits discrètement. A cet instant je sus, je sus que personne ne m’aiderait le lendemain.

              Ayant franchi un pas de plus dans l’humiliation, je me dirigeais vers la culture, chancelant et boiteux. J’étais bien incapable de travailler et plusieurs fois, le gardien me donna des coups avec sa matraque. Je m’efforçais donc de gratter le sol et vers la fin de la journée, ma bêche percuta un objet métallique, une sorte de morceau de ferraille rouillée comme on en trouve souvent dans les champs. J’étais en colère et finalement, je savais que je n’avais plus rien à perdre. Feignant de ralentir le rythme, j’attirais le gardien qui -comme attendu- me donna un coup de matraque au niveau des cuisses. Je feignis de tomber à terre, ramassant discrètement le morceau de ferraille que je mis dans ma manche. L’espace d’un instant, je crus qu’il m’avait vu, mais ce ne fut pas le cas. Le soir, je rentrais dans ma cellule, les vêtements imprégnés d’urine, je n’eus même pas droit à la douche qui aurait lieu le lendemain. Moi-même, je sentais mon esprit vaciller, à la limite de la folie. Une seule journée dans cet univers me faisait perdre la raison et la rage profonde et sourde commençait à s’exprimer. Je passais toute ma soirée à limer le morceau de fer pour le rendre acéré. Je n’avais de toute façon plus rien à perdre et cette fois, j’étais bien décidé à ne plus me laisser faire.

              Le lendemain, j’eus droit à la douche avant de rejoindre ma cellule, nous ne travaillerions pas. Lorsque vint l’heure de la promenade, c’est avec ma lame de fortune que je me dirigeais dans la cours. Comme prévu, les trois hommes revinrent me voir en me demandant de payer. Il serait difficile de décrire mon état, j’avais le regard hagard et le feu de la haine brûlait en moi. Je les haïssais, du plus profond de mon être. Calmement, je leur dis que je n’avais pas d’argent. Toute discussion était impossible avec ces abrutis. Le chef s’adressa à moi avec un visage illuminé d’un sourire.


              -A partir d’aujourd’hui, on te préviens, si tu nous paies pas, tu seras notre femme exerçant un métier ancien et honnête.

              Je crois que même lui fut surpris du regard que je lui lançais. Un regard fou, haineux. Mon visage s’empourprait, plusieurs temporalités se mêlait et je me dégageais violemment de l’emprise de celui qui me tenait le bras.

              -Tenez vos rangs…SOLDATS ! Ce n’est pas une façon de parler à un officier…ORDURES !

              Sans aucune forme de procès, je me jetais à la gorge de leur chef. Je me rappelle du regard surpris et hébété de ce dernier qui ne comprenait pas ce qui se passait. L’homme roula en avant et je le poignardais frénétiquement, à plusieurs reprises. Mes propos étaient incohérents, je les menaçais de les mettre aux arrêts alors que mes vêtements s’imprégnaient d’un liquide carmin et poisseux. L’un des deux autres tenta de m’attraper à la gorge pour me séparer de son chef qui était pris de convulsions…Je lui mordis la main jusqu’au sang. Les gardiens mirent quelques minutes avant de voir ce qui se passait et ils accoururent, faisant jouer leurs massacres, mais je me débattais comme un diable, ils fallut quatre gardiens et un coup de matraque électrique pour me maîtriser.

              Une heure plus tard, j’étais à l’isolement, attaché comme un animal dans une cellule sans lumière. Je serais bientôt exécuté donc je n’avais plus rien à perdre. Je me rappelle avoir passé le jour restant à fixer le mur, le visage fermé, attendant le retour de Vasburg. En m’apportant ma pitance, qui se limitait à un quignon de pain rassis et de l’eau croupie, l’un des gardiens me dit que le prisonnier que j'avais poignardé était mort, mais il ajouta cyniquement que personne ne le regretterait. J’accueillis la nouvelle sans lui répondre, je ne regrettais rien, ces gens m’avaient cherché et c’était qu’un juste retour des choses…C’était désormais le troisième jour et l’heure de mon exécution approchait, mon corps était couvert de bleus, mes cheveux ébouriffés et mes yeux cernés et injectés de sang…J’étais méconnaissable. Finalement, j'avais tenu parole, je n'avais pas accepté les conditions de ma détention et je me promis de le faire remarquer à Vasburg.

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                Auteur : Atreïs Helcar

                Trois jours. Atréïs savait qu’Arnon vivrait l’enfer pendant trois jours. Ces geôles-là n’étaient pas faites pour les fragiles, mais pour des meurtriers, et elles en pullulaient, symbole de la répression séparatiste et de la purge qui avait eu lieu pendant des années. Il était parvenu, malgré tout, à avoir des renseignements sur ce qu’il vivrait. Comme attendu, un enfer, mais il s’en sortirait endurci, plus qu’il ne l’était avant, et avec une haine qui serait bien utile. Sans doute serait-elle dirigée contre lui, mais il s’en fichait : ce n’était pas une si mauvaise chose. Qu’il ait quelque chose à haïr le rendrait vivant, passionné. Au moins aurait-il quelque chose à défendre, en dehors de lui-même. Ce qui était déjà beaucoup en soit. Chaque jour, le Lieutenant recevait les quelques informations qu’on voulait bien lui donner. Maltraitance carcérale ordinaire, que ce soit par les prisonniers ou par les gardiens, la loi du plus fort qui était en place comme bien souvent. Un traitement inhumain, certes, mais qui irait crescendo. C’était souvent comme ça : les nouveaux étaient broyés ou renversaient l’actuel leader, la plupart étaient terrorisés, bien trop pour se rebeller ou faire front commun. Un cycle perpétuel où la violence nourrissait la violence.

                Mais il lui faudrait se débrouiller seul, pour l’heure. Hors de question pour le Gurlanin d’investir la prison pour les yeux de Veral, ou plutôt, de l’inconnu. Officiellement, Arnon Veral était mort. Ses possessions reviendraient à ceux qu’il avait désigné dans son testament, si il en avait un. Ce serait la partie la plus difficile à lui faire avaler. Il avait perdu beaucoup. Tout. Sauf lui-même. Lui-même qui devrait endosser une nouvelle identité, un nouveau statut. Un simple sergent de la Marine, qui lui servirait d’aide de camp, plus ou moins. Surtout moins que plus. C’était une simple couverture et si en public, il faudrait qu’il joue le jeu, ce serait plus compliqué dans l’ombre. Mais il verrait cela plus tard. Car il avait à faire.

                Durant ces trois jours, Atréis évolua dans les rues de Pau City, la capitale de la planète. Sous sa propre couverture, il inspecta les différents postes de garde, certaines casernes de la ville. Récupérant des données vidéos, chiffrées, papier, les cumulant, il s’offrait de longues nuits blanches à venir. Mais cela l’aidait considérablement. Il régnait sur la planète une sorte d’aura de peur, de tourment suite aux attentats Sith qui avaient laissé la ville meurtrie. C’était comme si il y avait une agressivité cachée, latente, dans ces longues traverses souterraines. Comme si elles n’attendaient qu’une étincelle pour s’embraser. C’était comme si tout n’était qu’un vernis craquelant, qui ne faisait que cacher la vérité dissimulée aux yeux de tous. Ces attentats avaient déclenché une véritable vendetta contre les Sith et désormais, une partie des ressources, dont la Légion Amber, avait été détachée à leur poursuite. C’était une autre chose qui inquiétait le Gurlanin. Se confronter à cette unité là était sans doute la pire chose à faire, et ils avaient sûrement leurs raisons de faire disparaître Arnon, qu’il le comprenne ou non. Et ce n’était pas Valkoinen qui le sauverait face à l’une de ses meilleures commandantes…

                Le soir venu, il consultait les archives qu’on lui avait fournies, avec les différentes renseignements collectés. Le travail de fourmi qu’il commençait à réaliser lui prendrait un temps fou, mais ce n’était pas le but de la manœuvre. De toute façon, il allait devoir travailler de concert avec un agent républicain inconnu. Autant profiter en attendant sa venue… Puis, il reçut son rapport de la prison. Celui-ci était chaque soir plus glaçant. Le troisième jour fut le pire, l’enregistrement vidéo allant avec lui procurant un malaise grandissant. Arnon devenait complètement fou. En à peine trois jours, il était devenu presque pire que ses co-détenus. Le monstre déchaîné qui s’acharna sur le chefaillon ne ressemblait en rien à l’administrateur calme qu’il avait rencontré. Et autre chose le gênait, sans qu’il puisse déterminer quoi. Comme si il ratait quelque chose d’évident, tellement évident que c’en était grossier. Il était plus que temps de le faire sortir. Son exécution prévue pour le lendemain aurait lieu en dehors des murs de la ville, heureusement. Comme beaucoup de détenus du genre, il fallait les abattre à l’écart, pour éviter d’éventuels témoins. C’était pratique. On pouvait leur demander de courir, pour simuler une fuite, par exemple. Un vrai règne de la terreur, mené par des petites frappes qui s’étaient retrouvés responsables d’une toute petite chose.

                La situation convenait largement à Atréïs. Ses repérages lui avaient permis de déterminer leur lieu de prédilection, et leurs habitudes. Ils prenaient deux à trois prisonniers, deux gardes. Puis, il suffisait de leur dire de courir. Et de les abattre dans le dos. La pire des morts, ou presque, et surtout, la façon de la donner la plus lâche qui était.




                Le lendemain, il était déjà aux avant-postes au petit matin, bien avant l’heure supposée de l’exécution sommaire. En réalité, il était là avant même que le soleil n’éclaire la vaste plaine ensablée qui s’étendait derrière lui. Au bord d’un canyon, celui-là même qui avait vu le sang de beaucoup trop d’inconnus. Oh, bien entendu, ils étaient tout sauf innocents (et encore, on pouvait en douter), mais la manière de faire était barbare. Digne de civilisations pré-galactiques. Atréis avait déjà repéré et balisé le terrain. Quelques mouchards pour prévenir de l’arrivée des gardes et des prisonniers, son fusil en place pour une mort rapide. Battus à leur propre jeu.

                Du côté d’Arnon, on le tira sans aucun ménagement de sa cellule. Cette fois, il n’eut pas le droit à la douche. Même cela, on lui avait enlevé pendant son isolement. C’était sans doute ce qui était le pire, surtout pour un ancien soldat : perdre toute dignité avant qu’on ne prenne sa vie. Car finalement, au-delà des principes, des richesses, des biens, c’était cela qu’il nous restait à la fin. Une dignité. Et il était certain que l’administrateur était déjà proche de la perdre, en plus de la raison. Une nouvelle bouillie infâme qu’on lui jeta presque à la figure en guise de repas, en même temps qu’on lui annonçait avec un sourire narquois qu’il travaillerait à l’extérieur aujourd’hui avec deux autres « collègues ».


                -En plus, tu les connais bien, c’est tes deux potes d’hier !

                Il était certain que l’ironie était volontaire. En s’occupant du chef, Arnon avait tiré une épine du pied de l’administrateur pénitentiaire, et on le remerciait avec une liberté inconditionnelle et éternelle, sous forme de laser dans la nuque. Ultime affront pour un homme qui avait déjà passé trop de temps les mains enchaînées. Sans aucun ménagement, on le chargea bien vite dans un speeder renforcé de transport sécurisé avec ses deux acolytes. Deux gardes à l’avant, armés, qui avaient certainement gagné un concours pour s’acquitter de cette basse besogne. Ces hommes là étaient peut-être pire que ceux qu’ils gardaient, mais étaient en position de force. Animés d’intentions sadiques pour la plupart, ils se comportaient avec leurs collègues un peu fragiles comme les prisonniers : en tyrans. Et ils tiraient plaisir de recevoir des ordres d’exécution tels que celui-là, leur permettant de réfréner leurs basses pulsions. Bien sûr, tous n’étaient pas ainsi. Mais les pires se reconnaissaient et formaient un clan suffisamment solide pour esquiver la discipline. Et ils étaient utiles. Et on retrouvait ces individus partout dans la Galaxie…

                Comme prévu, ils se dirigèrent vers le dit canyon. A l’écart de Pau City, reculé, inhabitable et peu accueillant, il était tout juste le territoire de quelques chasseurs. Le bruit des balles serait aisément masqué par la faune ambiante et le vent. Bref, tout était parfait. Arrivés à destination, ils firent descendre les trois détenus, sous la menace de leurs armes.


                -Prêts pour la balade, les gars ? On va juste faire un petit jeu. On vous enlève vos petits bracelets, là, et vous commencez à courir. Si vous arrivez au bout du canyon, vous avez le droit d’être en vie. Sinon…

                La menace n’arrive jamais à son terme. L’homme se raidit d’un coup, fauché par une balle qui n’avait même pas claqué dans l’air, le bruit recouvert par l’environnement. Son collègue se mit immédiatement à couvert. Cette fois-ci, on entendit la détonation, à la faveur d’un came inespéré. Une balle faucha la jambe d’un des deux collègues d’Arnon, bientôt suivi par l’autre. Leurs cris de douleur alors qu’ils se laissaient tomber au sol étaient déchirant et appelaient à l’aide, mais tous savaient que personne ne leur viendrait en aide. Quelques balles fusèrent de nouveau, manquant leur cible. A la faveur d’une accalmie, le second garde risqua un coup d’oeil en dehors. Erreur fatale. A son tour, il fut fauché d’un tir en pleine tête. Le calme revint presque, à l’exception des cris de douleur des deux autres détenus. Arnon était en vie. Peut-être pas pour longtemps, car à peine quelques minutes après, un speeder fit irruption dans le canyon. Et à son bord, une tête bien connue.



                Atréis maniait son arme par nécessité, ps par envie. Le fait de rater des tirs lui donnait l’impression de revenir à ses premiers pas à la caserne, quand il n’était encore qu’une simple recrue. Encore plus lorsqu’il ne tuait pas immédiatement. Mais cette fois, c’était par nécessité. Arnon avait sans doute besoin d’une catharsis, et il comptait la lui offrir. Aussi n’avait-il pas tué les deux tortionnaires. Une erreur peut-être, mais il espérait surtout que l’homme se livrerait ainsi. Une nécessité, si il devait lui faire confiance à l’avenir. Car le temps de régler ses affaires, il devrait rester avec le Lieutenant. Sordide association.

                Arrivé à quelques mètres, il stoppa son speeder et en descendit, fusil à la main. Ses cheveux bruns étaient détachés et s’agitaient dans le vent. Sa tenue civile était pleine de poussière, et il portait des lunettes de conduite informes qui le protégeait juste assez.


                -Sergent. Je sais que de toutes les femmes du monde, je suis celle que vous vouliez le moins voir. Mais navrée, il faudra vous en contenter.

                La brune se rapprocha lentement, passant devant Arnon. Sans attendre plus longtemps, elle trouva la clé des menottes et libéra l’homme. Puis, elle se pencha à nouveau sur les cadavres et en récupéra un blaster. Une arme simple, aussi dangereuse pour son porteur que pour sa cible. Mais elle suffirait. Elle la tendit à Arnon, crosse en avant, ses yeux noirs le fixant.

                -Vous avez quelque chose à faire, Sergent.


                Son ton était froid, sec, autoritaire. D'emblée, elle imposait le rapport de force qui s'installait entre eux. Mais ce n'était pas par plaisir. C'était les prémices de leur collaboration à venir. Il alalit falloir que le rapport de hiérarchie soit clair. Et Atréis n'accepterait aucun écart.

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                  Auteur : Arnon Veral

                  La routine infâme se poursuivait. Je fus réveillé le matin très tôt par un bruit strident, ce que les gardes appelaient « le réveil » et on me tira du lit -comprendre une couche constituée d’une paillasse rêche- sans ménagement. Les gardes étaient violents dans leurs actions, leurs paroles, ils me hurlaient dessus et me conduisirent sans même avoir droit à une douche au réfectoire où la même bouillie infâme me fut servie. Je l’engloutissais sans réellement sourciller, je devais me nourrir pour encaisser leurs travaux. Le regard sombre, collé dans le petit bol de terre cuite aux bords encore maculés de résidus gluants de la maigre pitance. A postériori, je pourrais vous dire qu’il est étrange de voir à quel point la frontière entre l’homme et la bête est ténue, en moins de trois jours, j’avais complètement renoncé à toute dignité. Moi qui avais toujours scrupuleusement suivi les règles et les ordres, j’avais tué un homme. Plus que tout le reste, c’était cela qui m’avait fait basculer : je n’avais reçu aucun ordre pour tuer cet homme, j’avais fait cela de mon propre chef, j’étais donc un meurtrier. Tel était encore le reliquat du logiciel qu’on m’avait inculqué au sein du BSI : les exécutions n’étaient pas un crime, c’étaient un mal nécessaire et un ordre de l’Etat, par contre toute initiative personnelle -fusse-t-elle justifiée- aurait été un meurtre ou un crime qui m’aurait valu d’être fusillé.

                  Fusillé, je compris que je le serais bientôt. Entre railleries malsaines et rires gras, les gardiens m’indiquèrent que c’était notre heure. Ironie du sort, je partirais avec les deux hommes restants du groupe d’hier. Les deux colosses semblaient s’être ternis, leur attitude rigolarde, débonnaire et sadique avait quitté leur visage. Ils étaient finalement comme moi, le regard terne, plongé vers le sol…Ces hommes savaient très bien ce qui allait leur arriver. Ils avaient beau être des soldats, ils savaient tout ce qui allait se passer à partir de maintenant. Nous montâmes à l’arrière du speeder, attachés comme des bêtes. Les deux hommes me faisaient face, j’étais dans un état d’apathie, incapable de réagir autrement, je les fixais dans les yeux, sans cligner.

                  -Sous mon commandement, vous auriez été mis aux arrêts et été envoyés en cours martiale. Il n’est pas étonnant que la guerre ait été perdue avec des gens comme vous dans les rangs…

                  Je crois que l’un des deux comprit, même si son regard demeurait terne. L’autre ne réagit même pas à cette phrase que j’avais prononcé à voix basse pour ne pas que les gardes ne l’entendent…Ils étaient de toute manière bien trop occupés à discuter entre eux de sujets aussi inintéressants que banals. Ce que je leur avais dit me surprit moi-même, j’avais fuit mon passé mais désormais j’y faisais référence face à ces deux brutes. Sans doute avais-je compris que c’était les deux seuls langages qu’ils connaissaient et comprenais : l’autorité et la violence. L’Empire Sith leur avait offert les deux légalement, ce qui leur avait permis d’avoir un travail respectable et de canaliser leurs instincts primitifs ; la prison ne leur avait offert que la violence, mais ils s’en étaient sans doute accommodés sans sourciller. Après tout, ce genre d’individus finissait très mal, c’était connu et je pense que ceux qui les recrutaient le savaient. Au fond, n’étais-je pas comme eux ? Si la proposition paraissait absurde au premier abord, elle méritait réflexion, car eux et moi, nous finirions de la même façon, nous avions prêté allégeance à la même engeance.

                  On finit par nous faire descendre. Nous étions dans un canyon, la terre de couleur ocre, le sable et la végétation éparse créaient une étrange atmosphère à la fois sauvage et menaçante. Un rapide coup d’œil me fit comprendre qu’ici, le bruit des tirs serait étouffé et que les corps ne seraient jamais retrouvés. Même s’il l’était, qui s’intéresserait à trois pauvre bougres sans identité, prisonniers qui plus est. Il suffirait sans doute de nous faire passer pour des fugitifs ou des déserteurs. La suite me donna raison quand l’un des gardes, pris du même sourire sadique et mauvais. Nous allions bel et bien être exécutés.

                  La menace proférée par le garde mourut pourtant dans l’œuf, sans me laisser le temps de la digérer. Ce dernier fut fauché par un tir. Précis et rapide, létal. Si l’autre garde se mit immédiatement à couvert derrière un rocher, il était évident qu’il manquait d’entraînement, ces gens n’étaient pas des soldats. Une balle toucha l’un des deux autres détenus, puis une seconde l’autre. Les deux hommes beuglaient dans une complainte agrémentée de jurons. Moi, j’étais toujours debout, enchaîné avec mes menottes et de là où j’étais, je pouvais voir le garde qui semblait avoir une sueur froide, de grosses gouttes coulant sur son front. L’homme n’était pas entraîné à ce genre de situation, il me jeta un regard inquiet et moi pourtant, j’étais complètement apaisé et je lui souriais. Conscient que tôt ou tard, une balle me percuterait. Plusieurs tirs loupèrent leur cible, décidant le garde à se risquer à un coup d’œil pour sans doute tenter une sortie vers le speeder. La tentation de l’abri était trop grande, pourtant un tir l’atteint en pleine tête. Convaincu que c’était mon tour, pourtant complètement anesthésié par l’intensité des évènements qui venaient de se dérouler en quelques jours, j’attendais, droit comme un i. J’étais résolument déterminé à ne pas me laisser abattre comme un chien en fuite, je regarderais la mort dans les yeux.

                  Pourtant la vie est une garce, et victime d’une énième de ses ironies, j’entendis le bruit d’un véhicule qui se rapprochait. Vasburg en sortit, les cheveux détachés, arme fumante encore à la main et lunettes de protection. En civile, on aurait presque pu conclure qu’il s’agissait d’une femme normale. A sa vue, mon visage ne se ferma même pas, j’étais complètement apathique, prêt à accepter n’importe quelle absurdité de la réalité. Cette femme avait pourtant le don de m’horripiler, elle m’avait mis dans un trou pendant trois jours et probablement organisé ce simulacre d’exécution.


                  -Ah Lieutenant, vous êtes ici.

                  Je remarquais qu’elle s’adressait à moi comme portant le grade de Sergent. J’étais donc réintégré ? Avec un grade de sous-officier ? Sans doute une couverture, quoi que je n’en savais rien. A ce stade, je me contentais de regarder cette femme s’avancer vers moi, le regard vide. J’étais encore sous le choc. Pourtant, elle me libéra et me tendit une arme de qualité discutable, sans doute avec un numéro de série effacé. L’ordre était donné, et sans discuté, je m’approchais des deux hommes qui gisaient au sol, en criant. Mon bras ne trembla pas…Première détonation, tir dans la tête…Deuxième détonation, tir dans la tête. Je revenais vers Vasburg et lui rendis l’arme. Sans le savoir, Vasburg avait réactivé en moi d’anciens souvenirs, son autorité, loin de me vexer, m’avait au contraire remis dans le rang. Atavisme profond et lointain, réflexe pavlovien hérité de l’Académie et de mes années de service impérial. Je n’avais pas fait ça en réfléchissant, je n’avais pas tremblé, sans même réfléchir au fait que cela choquerait peut-être de la part d’un administrateur du secteur civil et même d’un vétéran…Il s’agissait d’une exécution. A ce stade, je n’avais pas pu cacher que j’avais agi comme par habitude, sans haine, ni rancœur, ni même plaisir, j’avais exécuté ces hommes car un supérieur m’en avait donné l’ordre. Au fond de moi, d’autres réflexes refirent surface, je ne pus m’empêcher de me comparer à ces gardiens qui agissaient par sadisme et à trouver ma moralité supérieure car moi je n’avais pas cédé à mes émotions face aux deux hommes que j’avais exécuté. Cette mauvaise fois demi-consciente ne m’empêcha cependant pas de penser à cet homme que j’avais poignardé sans en avoir l’ordre. La servilité qu’on m’avait imposé lorsque j’étais au sein de l’Empire était toujours présente, dans cette rhétorique que nous nous imposions tous dans un effet d’entraînement collectif.

                  Mess des officiers,

                  Les discussions s’enchaînaient entre les officiers Impériaux de toutes les armes et de tous les horizons. Beaucoup avaient les yeux rivés sur deux évènements assez récents : l’attaque par les rebelles d’un convois d’armes qui se dirigeait vers le front et nos troupes qui avaient essuyé défaites sur défaites avant d’être obligées de se replier dans la bordure extérieure. Nos ennemis se rapprochaient des zones principales de l’Empire Sith et si toute critique à l’égard du commandement et de ses stratégies était impossible, nous ne pouvions nous empêcher de nous exprimer. Certains des militaires qui se trouvaient au mess revenaient du front, avec parfois une blessure, ils avaient vu comment cela se passait. Rec et moi étions à l’écart, sur une table, comme souvent les militaires évitaient de trop discuter avec les gens du BSI. Nous avions une sinistre réputation. Cela ne me concernait pas réellement car moi, j’étais du service administratif et je travaillais sur la productivité de guerre, les racontars et autres rumeurs ne m’intéressaient…Je n’aurais de toute façon pas eu autorité à faire quoi que ce soit. Cela était moins vrai pour Rec qui avait fait partie des unités combattantes et était donc habilité à prendre des décisions disciplinaires. Nous sirotions un café avec un petit verre d’alcool à côté…Parce que l’alcool n’était jamais loin à cette époque, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Rec consultait les nouvelles et moi, j’étais encore une fois pris par mes réflexions repensant aux conversations chez le Moff Zelen. A côté de nous, deux officiers de marine discutaient avec des hommes de l’infanterie.

                  -Il paraît qu’ils ont perdu beaucoup d’armes avec l’attaque des convois. Mon beau-frère qui est au front nous a dit qu’ils n’avaient plus de pièce de rechange pour les blindés, la débâcle n’est pas loin. Moi j’ai eu de la chance, j’étais dans un secteur assez calme.

                  L’homme de la marine parlait à voix basse, ton qui fut repris par un autre.

                  -Nos patrouilles sont toutes mobilisées au front, on n’a plus les moyens d’escorter des convois dans un espace aussi vaste. Les rebelles en maraude nous harcèlent…C’est sans doute pour ça que le commandement rassemble les flottes, c’est moins risqué, mais là avec les sabotages et les attaques de convois qui se font de plus en plus fréquents, tout approvisionnement efficace devient impossible.

                  -Notre erreur a été de pousser les fronts si loin et partout…C’est intenable. Je ne comprends même pas que le commandement ne réagisse pas, ils le savent forcément, les pertes sont colossales.

                  Les évidences d’une banalité affligeantes s’enchaînèrent dans un rythme soutenu. Rec but son verre d’alcool d’une traite, de l’alcool fort, qu’il avait bu en grande quantité. Je n’avais pas compté ses verres mais je savais qu’il buvait de plus en plus à l’approche de notre départ pour la Forge Stellaire qui était imminent. Nous avions reçu les ordres et même s’il conservait toujours son attitude joviale et amicale, il devenait parfois colérique lorsqu’il avait trop bu. Bien sûr, son comportement n’avait jamais dérapé avec moi, qui étais toujours très calme, mais parfois cela dérapait face à des subordonnés un peu trop récalcitrants. Car oui, l’anxiété était palpable et les vétérans du front n’avaient plus la même attitude que quelques années auparavant. Le doute était entré dans la tête du soldat jusqu’au citoyen. Serais-je hypocrite au point de nier que moi-même je doutais ? Bien sûr que non, à cet instant, je savais très bien que la guerre était perdue, comme Zelen et les autres le savaient. Rec peut-être était encore le seul à y croire, car il avait trop investi, car sa carrière était trop importante…Il s’accrochait à ses illusions comme un mollusque à son rocher. Il éleva la voix pour que les officiers l’entendent sans même se retourner ou relever le nez des actualités galactiques qu’il lisait sur son datapad.

                  -Si au lieu de prêter l’oreille à des cancans de bonnes femmes, tout le monde se concentrait sur sa mission, nous n’en serions pas là messieurs !

                  La voix de Rec avait tonné comme une sanction, une punition. Elle semblait presque professorale, imprégnée de l’idéologie toute impériale…Autoritaire. L’un des officiers d’infanterie se renfrogna, serrant les poings, mais son collègues lui posa la main sur l’épaule désignant du doigt l’écusson du BSI de Rec. Ils savaient qu’ils n’avaient pas intérêt à ce qu’une dispute éclate. Un autre de ces officiers, sans doute le plus sage se tourna vers Rec, respectueux mais tout aussi ferme, il avait un grade de Commandant, donc égal à celui de Rec en théorie.

                  -Ces hommes sont braves, ils reviennent du front, ont été blessés et décorés, ils ont servi et versé leur sang. Votre propos est indigne !

                  Rec sembla piqué au vif de cette invective. C’était pourtant la principale opposition qui naissait entre les troupes combattantes et les Renseignements. Sans doute la même opposition que je vivrais des années plus tard avec la Légion Amber avant l’abordage du Destroyer Obscur. Rec montra lui-aussi ses rubans de décoration.

                  -J’ai été au front comme vous tous et pourtant, ma foi en l’Empire ne s’en est pas retrouvée altérée. Ces rebelles sont des criminels ils tuent et détruisent pour affecter notre humeur. Et vous et vos hommes, Commandant, en vous exprimant ainsi vous faites leur jeu. La discipline et l’ordre seront les seules qualités qui assurent notre supériorité morale et nous permettront de traverser cette épreuve. Nous avons tous une responsabilité dans cette histoire !

                  Le Commandant s’affaissa dans son siège, il but une gorgée de sa bière et haussa les épaules. Sans doute avait-il compris que Rec était alcoolisé. Le poing levé, il semblait prêt à partir dans une invective aussi vaine qu’outrageuse pour ces militaires. Je savais que les limites allaient une fois de plus être dépassées. Je m’interposais alors en me levant, les bras en l’air pour un signe d’apaisement.

                  -Je crois qu’il est temps pour nous de partir, Commandant Ornaz, le Général aimerait nous voir avant de partir.

                  Rec me dévisagea et acquiesça lentement avant de se lever et de partir, j'étais le seul qu'il écoutait désormais. Avant de partir, je laissais quelques crédits sur la table que je glissais aux officiers tout en les saluant respectueusement.

                  -Veuillez excuser le Commandant, Messieurs, il a trop bu. Prenez ceci, la prochaine tournée est pour moi.

                  Les hommes me dévisagèrent tous, tour à tour. Ils me méprisaient et je savais que quelle que soit mon attitude, la leur ne changerait pas. Je n’étais pas habilité à prendre des sanctions et ils le savaient, c’est sans doute pour cela que leur attitude était encore plus irrespectueuse qu’envers Rec. Si je soupçonnais que l’un ou l’autre allait réagir, le Commandant qui les accompagnait ne répondit rien à part un salut militaire respectueux en guise de remerciement. Il restait dans le protocole, évitant ainsi de me remercier personnellement, car lui-aussi, me méprisait de tout son être…Alors que je m’apprêtais à tourner les talons, l’un des hommes glissa à mon encontre.

                  -Bonne soirée Capitaine, profitez bien de ces instants de liberté, un jour vous serez en cavale et on vous traquera comme un bête sauvage pour vous abattre comme un chien…

                  Ces souvenirs étaient lointains, si les visages et les paroles étaient encore frais dans ma mémoire -pourtant excellente- je n’étais plus tout à fait sûr des expressions et de certaines intonations. Après tout, nous avions tous beaucoup bu ce jour-là. Je me rappelle que Rec était très calme, comme anesthésié devant le Général. Ce dernier, à l’instar du Moff Zelen à cette période, avait d’autres chats à fouetter et s’était contenter de nous lire laconiquement nos attributions lors de la mission à venir.

                  J’étais face à Vasburg, elle en vêtements civils poussiéreux, moi en vêtements usés et sales de prisonniers, le corps couvert de bleus, les yeux pochés de cernes. Une barbe de trois jours me mangeait le visage et mes cheveux noirs hirsutes se rassemblaient en petits épis désorganisés. J’empestais la crasse de cette prison infâme.


                  -Je crois qu’il va me falloir quelques explications sur ce qui se passe ici, Lieutenant. Ensuite, je vous demanderai sans doute une permission d’une heure pour me nettoyer et bien évidemment, recevoir mes ordres.

                  Clair, net, rien ne dépassait. Je savais pertinemment qu’aucune rébellion ne serait possible. J’avais mis à nouveau le doigt dans un engrenage et ceux qui étaient morts quelques instants auparavant étaient des criminels. Cet acte, au-delà de l’ordre était une catharsis incroyable. Je faisais peu à peu le ménage avec ma vie Impériale pour revenir dans le rang du bien…Tout du moins c’était ce que je croyais à cet instant…

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                    Auteur : Atreïs Helcar

                    Atréïs regarda l’homme abattre de sang-froid les deux prisonniers. Désarmés, sans défense, isolés, ils n’avaient aucune chance de s’en sortir. Pourtant, il n’avait pas hésité une seconde. Psychopathie latente ? Il ne pouvait le dire. Mais la manière qu’il avait eu d’appuyer sur la gâchette trahissait autre chose qu’un simple soldat. Mêlé à toutes ces attitudes étranges, notamment celles vues en vidéo en prison, lorsqu’il affirmait haut et fort être un officier, cela mettait la puce à l’oreille du Gurlanin qui ne savait plus vraiment qui il avait en face de lui. Ou plutôt, si : il n’avait pas Arnon Veral qui était, de fait, mort et enterré. Alors qu’il pensait ne laisser derrière lui qu’un nom, il voyait également une personnalité s’évanouir. Un personnage construit avec du temps, de la patience, et que trois jours avaient suffit à faire voler en éclats. Le voile se levait sur ce qu’était vraiment Arnon Veral. Les doutes d’Atréis se confirmaient, et il tirerait tout cela au clair. Avant toute chose, il récupéra l’arme et la jeta vers le cadavre de garde. Elle était inutile, ici, et surtout, le Lieutenant ne voulait pas s’encombrer d’affaire réglementaires d’Utapau. Il se détourna pour s’asseoir sur le capot du speeder.

                    -C’est plutôt à vous de me donner des explications, Veral. Ou qui que vous soyez. Arnon Veral est officiellement mort, et j’ai veillé à ce que rien ne transparaisse de notre petite expédition ici. Mais j’ai dans l’idée qu’Arnon Veral n’est jamais vraiment né et n’est qu’une petite idée toute droit sortie de l’imagination d’un cerveau plus complexe qu’un simple administrateur.

                    La Lieutenant sortit un paquetage du speeder, qu’elle jeta aux pieds de cet homme sans nom. A l’intérieur, un uniforme de sergent, une arme et tout un dossier au nom d’Adriel Venkhor. Sergent de la Marine. Puis, elle se rapprocha, suffisamment proche pour regarder droit dans les yeux de ce prisonnier sans identité, et sans réel visage.


                    -Les choses sont simples. Soit vous prenez ce sac, ces affaires, et vous abandonnez le masque d’Arnon Veral pour devenir le Sergent Venkhor, du DSP, missionné pour m’assister sur Utapau. En échange, vous me racontez qui vous êtes réellement, sans oublier le moindre détail. L’autre possibilité, c’est d’abandonner, ici et maintenant. Une bande de bandits aura pris pour cible un convoi pénitentiaire. Trois prisonniers et deux gardiens morts, ça fera un encart dans le journal demain. A vous de choisir.

                    Il n’y avait pas de menace dans les yeux de Vasburg, uniquement ce noir si intense qu’on croirait voir le vide galactique.


                    -Si on doit travailler ensemble, je dois pouvoir vous faire confiance. Peu importe ce que vous étiez, même si je n’ai pas beaucoup de doutes sur votre réponse, je veux l’entendre de votre bouche. Et si vous vous demandez ce que j’ai à proposer en échange, c’est simple : rien. Je vous formerai, puis nos chemins finiront par se séparer tôt ou tard. En ce qui vous concerne, ma bouche restera cousue.

                    Ce qui intéressait Atréis, c’était les détails. Aurait-il le cran d’avouer son ancienne allégeance ? Les vidéos étaient explicites, l’homme en face de lui n’était pas qu’un simple administrateur. Non, il avait l’expérience du combat, mais sans doute pas en première ligne. Dans l’ombre. Dans les hautes sphères. Il fallait qu’il sache à quelles compétences s’attendre, comment le réintégrer dans le système de la CSI. Mais ça ne pouvait venir que de lui.


                    Spoiler : Spoiler
                    HRP
                    Navré pour le post relativement court, mais cette petite discussion laisse Arnon comme le centre d'intérêt !

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                      #14

                      Post n°14
                      Auteur : Arnon Veral

                      Vasburg m’expliqua alors comment allaient se dérouler les choses. Elle doutait, doutait de mon identité et me proposait un nouveau marché. Alors que je ramassais péniblement le sac de toile qui se trouvait au sol, je constatais qu’elle n’avait pas menti. A l’intérieur se trouvait un uniforme bleu de sous-officier de la Marine : tunique et casquette. Les documents étaient tamponnés officiellement et me donnaient l’identité d’Adriel Venkhor, avec tous mes états de service indiqués. Les règles étaient claires et comme toujours, la menace tacite d’être abandonné dans le désert. Vasburg maniait le verbe et l’action, le bâton et la carotte, elle me menaçait et me baladait pourtant depuis le début. En ce sens, il était impensable de lui faire une quelconque confidence, et ce quelle qu’elle soit. Vasburg m’avait apporté plus de mal que de bien jusqu’à présent. Dépliant lentement la tunique et feuilletant les papiers je caressais le tissu neuf tout en me retournant vers Vasburg.

                      -Eh bien, les standards ont baissé. Mon précédent uniforme était de meilleure qualité…


                      Ma raillerie s’agrémenta d’un sourire amer. J’étais affecté de tout cela, et si ma plaisanterie n’était pas méchante ni dirigée contre Vasburg, elle traduisait un certain agacement aux regards de tout ce qui se passait. J’en avais marre, je fulminais intérieurement. Cette petite aventure au sein du DSP devenait extrêmement pesante et je me retrouvais sur Utapau, sale et mal rasé, dans un canyon avec des cadavres sur les bras. L’action du DSP semblait particulièrement opaque, voire obscure. Je fixais Vasburg en soutenant son regard, en d’autres circonstances, cette femme aurait pu être charmante, mais c’était sans compter tout ce que j’avais vu d’elle. Pour moi elle n’était qu’un oiseau de mauvais augure qui m’annonçait des problèmes.

                      -Je crois que cela suffit, maintenant, Lieutenant Vasburg. Jusqu’à présent, j’ai été conciliant et poli, mais là c’en est trop. Depuis que je vous ai rencontré, je n’ai que des problèmes. Vous m’avez menti, manipulé, traîné sur ce caillou où j’ai été maltraité, molesté et j’ai failli perdre la raison. Je ne suis qu’un simple citoyen et je ne vous ai jamais demandé quoi que ce soit. Et maintenant, vous me menacez alors que par vos actions j’ai perdu à la fois mon identité, tout ce que je possède et ma vie tranquille sur Raxus Secundus ? J’ai fait la guerre, j’ai servi, mais tout cela est derrière moi. J’ai rejoint le DSP de bon cœur car j’ai un certain sens du devoir, mais je n’aspire pas non plus à être menacé et maltraité !

                      Si mon ton de voix était calme, l’indignation était palpable. Bien sûr, cela n’avait rien d’une contrainte, mais j’indiquais à Vasburg que je n’acceptais pas son ultime demande…Celle d’abandonner toute dignité et de céder à ses menaces. J’y voyais clair dans son jeu et c’était d’ailleurs pour cela que je ne lui dirais rien. Je n’avais aucune intention de lui dire quoi que ce soit même si elle prétendait savoir quelque chose. Mon intime conviction était qu’elle ne savait rien, elle ne pouvait rien savoir : Ludwig Noas n’était même pas sur les registres de naissance, c’était précisément pour cela que personne ne l’avait jamais retrouvé, c’était seulement un des criminels de guerre tombés sur la Forge Stellaire. Donc en effet, Vasburg n’avait rien à part des doutes, et elle pourrait se coucher avec eux ce soir. Bien sûr, je savais que ces doutes étaient sincères, aussi je devrais lui lâcher quelques petites informations.

                      -Je suis bel et bien Arnon Veral, né sur Ryloth. J’ai rejoint la résistance à l’Empire Sith il y a quinze ans pour finalement combattre au sein des Rebelles. Je me suis battu pour finalement être emprisonné lors d’une opération sur un vaisseau Impérial, nous attaquions leurs convois qui allaient sur la Bordure Extérieure pour ravitailler leurs multiples fronts. En général ça se passait bien, mais cette fois ils nous attendaient et j’ai été pris, comme d’autres, en charge par le BSI qui nous a mis au travail forcé. Sur la Forge Stellaire, on nous faisait travailler comme des esclaves, beaucoup ont été fusillés après avoir travaillé, avec mon groupe, on ralentissait la cadence en espérant gagner du temps et en faire perdre aux Impériaux. A la fin, les officiers qui nous gardaient n’ont pas voulu se rendre, j’ai été blessé à cause de l’explosion d’une conduite et j’ai finalement réussi à désarmer un des officiers et à les abattre. Mon numéro de matricule était F2034…F car j’ai été capturé sur une flotte. Voilà, c’est tout, rien de plus, rien de moins. Il y a bien quelque chose que je cachais, c’était qu’avant de me rebeller pour l’Empire je trafiquais dans l’espace de la CSI notamment…Oui j’ai effacé ça du registre quand j’ai refait mes papiers, mais je ne crois pas que ça mérite la peine capitale.

                      J’avais déroulé cela d’un bloc, toujours aussi calme. Dévoilant le passé de contrebandier de Veral avec une certaine lassitude. La manœuvre était habile : je connaissais le matricule de prisonnier de Veral, son parcours et son passé légèrement délinquant qui n’apparaissait pas sur les registres. C’était un détail que je n’aurais pas pu avoir par moi-même si j’avais usurpé…A moins bien sûr d’être avec les officiers Impériaux qui l’avaient interrogé et d’avoir accès à tout son dossier lorsqu’il était prisonnier. Mais ça, Vasburg n’en savait rien. Moi aussi je manœuvrais la réalité et je soutenais le regard de Vasburg, comme si je n’avais rien à me reprocher. Je saisissais le sac pour m’approcher lentement du Speeder.

                      -Si c’est tout, nous pouvons nous mettre en route, car il semblerait que je n’ai pas d’autre choix que d’accepter votre offre. Je serai le Sergent Venkhor et je vous assisterai…Avec loyauté envers la CSI, comme je l’ai fait jusqu’à présent…Mais pour le reste, sachez que moi non plus je ne vous dois rien, Vasburg ! Je vous ai fait confiance jusqu’à présent, je vois où ça m’a mené !

                      Sans demander mon reste, je m’installais sur le siège passager du Speeder, le sac sur mes genoux et le visage fermé. J’étais en colère et j’avais du mal à le dissimuler.

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                        #15

                        Post n°15
                        Auteur : Atreïs Helcar

                        Atréis écouta silencieusement l'Humain parler. Ca y est, il lui cassait les pieds. Non, il l'emmerdait royalement. A le tenir responsable de tous ses maux, à se plaindre en boucle de sa situation. Et ça commençait à fatiguer très sérieusement le Gurlanin. Lorsqu'il reprit la parole, ce fut d'une voix plus froide que le sol d'Ilum, comme si le vent de la planète gelée lui-même venait balayer toute trace de sympathie qu'il s'évertuait à garder. Tout en parlant il se rapprocha.

                        -Je crois que nous ne nous sommes pas compris. Pour l'heure, tu n'es rien, misérable avorton. Tu n'es à mes yeux, qu'un @£*!&% de rebut de l'ancien empire Sith, un insecte qu'on écrase. Et malgré ça, malgré toute ta morgue, toutes tes insultes, toutes tes accusations, je prends encore le risque de te sortir de la prison dans laquelle tu t'es fourré seul ?

                        Son geste fut vif, puissant. Atréis avait à la fois l'avantage de la surprise et de la force sur un prisonnier dores et déjà maltraité. Il était presque enragé de fait. Accusé de tous les maux d'Arnon, il n'avait plus envie d'encaisser ces chocs-là. Et il en avait plus que marre de ses manières pédantes et condescendantes. Il voulait jouer ? Ils joueraient à deux. Et à ce jeu-là, le Gurlanin était fort, très fort. Tant pis pour les conséquences. Il avait toute autorité pour faire de lui un simple fugitif, un terroriste. Il avait la main sur toute la situation, restait à mettre la main sur son vis-à-vis. Sa poigne gauche se referma sur le gilet d'Arnon, la droite sur son poignet. Un mouvement de hanches rapide, et il le fit basculer cul par dessus tête depuis le speeder où il avait eu l'audace de s'asseoir jusqu'au sol. Le visage de colère de l'agent du DSP ne changerait rien à l'affaire. Toujours aussi froid, Atréis le laissa se relever.

                        -Je n'ai jamais rien manipulé te concernant. J'ai autre chose à faire que de te pourchasser à travers les étoiles, et tu aurais bien pu y rester dans les étoiles que ça n'aurait rien changé pour moi. Maintenant, tu es là, je te sors de ta taule, tu crois que c'est pas pur esprit sadique ? J'aurais pu t'abattre comme un chien dans ta cellule que personne n'aurait rien trouvé à redire.

                        Tout en parlant, il s'était rapproché. A nouveau, il se tint au plus proche de son adversaire. Cette fois, ce fut son genou qui partit au creux de son ventre, et sa jambe faucha celles d'Arnon. Si il pouvait sembler violent, il n'en était finalement rien. Les coups étaient destinés avant tout à maîtriser au sol l'homme, et surtout, à lui faire comprendre le message. Il n'était pas là pour le blesser, mais n'hésiterait pas à le faire en cas de besoin. Dès qu'il tomba au sol, un genou du Lieutenant vint appuyer sur l'épaule de l'agent pour le forcer à rester immobile.

                        -Toi, un Rebelle. Ha. Laisse moi rire. Et ça, alors ?

                        Il sortit de sa poche un petit holotransmetteur qu'il colla violemment sur la poitrine d'Arnon et l'enclencha. Une phrase, une seule, qui était sortie de la bouche de l'homme, se répéta en boucle, encore et encore, jusqu'à être coupée par l'agent d'un geste rageur. « Tenez vos rangs…SOLDATS ! Ce n’est pas une façon de parler à un officier… ORDURES ! »

                        -Je ne suis pas né de la dernière pluie. Et quand j'ai une idée derrière la tête, elle est rarement mauvaise. J'ai vérifié les antécédents de tes petits amis, qui ont joyeusement collaboré avec l'Empire Sith. Et tu le savais. Et ça, c'est ce qu'on appelle une réminiscence.

                        La voix avait changé. Le timbre féminin, même froid, s'était évaporé. Il n'y avait plus de Vasburg dans ces mots. Le ton était toujours glacial, mais nettement plus grave et bestial. L’innommable se produisit alors. La jeune femme brune céda sa place à un monstre. Un énorme loup qui maintenait Arnon en place. La fourrure noire d'ébène rappelait la tignasse de Vasburg. Les crocs acérés luisaient, aiguisés comme des couteaux. Dans son dos et sur sa tête, la même mèche blanche ornait cet animal aussi noir que la nuit. Et les yeux. Les yeux étaient exactement les mêmes. Aussi insondables que l'Univers, aussi noirs que la mort. Devant, ou plutôt sur Arnon, se dressait le Gurlanin dans toute son animalité, toute sa rage, toute sa noblesse.

                        -Je pourrais t'arracher la gorge de mes griffes et laisser ton cadavre pourrir au soleil pour ton insolence. J'aurais pu te laisser croupir dans cette prison sans que personne n'en sache rien. J'ai eu cent fois l'occasion de te tuer, et cent fois je t'ai laissé vivre, misérable ver de terre.


                        Aussi vite qu'il était apparu, le loup céda à nouveau sa place à la Lieutenant Vasburg, qui se releva, et empoigna le sac à dos qu'elle colla à nouveau dans le ventre d'Arnon.

                        -Je répète. Qui es-tu ?

                        La voix s'était radoucie, mais elle n'en demeurait pas moins hostile. Mais en se dévoilant, Atréis avait fait un premier pas. Quelque part, il savait qu'il intriguait a minima Arnon, entre sa manière de toujours être dans son chemin, et ses façons de faire. Il ouvrait la porte à une collaboration plus efficace, peut-être pas de confiance, mais au moins dans la vérité. Quelque part, il se soulageait également d'un poids, en se montrant sous sa vraie forme. Restait à voir si il accepterait la situation, et en ferait de même.

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                          Post n°16
                          Auteur : Arnon Veral

                          La tirade n’avait visiblement pas plu à Vasburg. Cette dernière se transforma, peu encline à la critique. Son visage s’était fermé, elle était devenue glaciale. Mais loin de m’excuser, je lui tenais tête en soutenant son regard. Je n’avais pas peur de cette femme, pour moi elle n’avait aucune légitimité, elle était inapte à me juger de quelle que manière que ce soit. Elle passa au tutoiement sur un ton qui frisait l’insulte et eut pour conséquence d’assombrir un peu plus mon visage, cette fois, elle venait de franchir une nouvelle limite. Je m’apprêtais à lui lancer une nouvelle tirade bien sentie et à claquer la porte pour partir. Si elle avait envie de me tuer...Qu’elle le fasse. Pourtant, alors que je pensais que l’ultime limite était franchie, je constatais que la femme était prise d’une hystérie bouillonnante, elle se saisit de mon poignet et de mon gilet et me fit basculer par dessus sa hanche, dans une prise experte qui me projeta au sol. Je mordais la poussière, incapable de réagir. Je ne pus émettre qu’un raclement de gorge de douleur. Mon corps était déjà endolori par mon séjour à la prison d’Utapau et c’était péniblement que je me relevais, voyait désormais que la jeune femme était partie dans une nouvelle litanie. Elle avait le regard fou...Cinglé...Elle était comme enragée. Cette bonne femme commençait à sérieusement me taper sur le système, je l’avoue. Malheureusement, je n’étais pas en état pour lui faire à mon tour mordre la poussière. Idéalement, c’est ce que j’aurais aimé faire -et j’imagine que beaucoup d’entre vous dirons qu’à ma place, ils ne se seraient pas laissés battre- mais au risque de vous décevoir, je n’étais pas suffisamment préparé pour combattre à mains nues un agent entraîné au terrain et donc probablement au combat.

                          Mes jambes étaient chancelantes, et pourtant, mon visage toujours aussi fermé. Mon voyage au merveilleux pays de l’humiliation n’était pas arrivé à son terme. Vasburg, pris une nouvelle fois d’un accès de colère me donna un coup de genou au niveau de l’abdomen, alors que j’expirais brutalement dans un râle -elle avait touché mes bleus et mes hématomes- je sentais son pied me balayer, ne me laissant d’autre choix que de m’effondrer pitoyablement sur le sol sableux du canyon. Elle était sur moi, un genou sur l’épaule et je pouvais observer en détail son visage colérique de la harpie alors qu’elle colla holotransmetteur sur ma poitrine. La séquence tournait en boucle, c’était précisément celle où je parlais à ces trois hommes. Bien sûr, cela pouvait prêter à confusion, je pouvais tout dire par ces mots, mais Vasburg était visiblement convaincue d’avoir flairé quelque chose. Je devais reconnaître qu’elle était moins idiote qu’elle n’en avait l’air au premier regard et que c’est quelqu’un qu’en d’autres circonstances, j’aurais pu respecter pour cela. Malheureusement, les limites de la violence physique et de la menace avaient été franchies.

                          Alors que je m’apprêtais une nouvelle fois à répondre, sans desserrer la mâchoire, Vasburg se transforma. Mes yeux s’écarquillèrent sous la surprise, je n’avais jamais rien vu de tel et si certains auraient pu reconnaître un Gurlanin, pour ma part, je ne savais pas ce qu’était cette créature noire et primitive. Je ne voyais qu’un énorme loup et instinctivement, je relevais mes bras au niveau du visage pour me protéger de cette créature dont je sentais l’haleine fétide. Si les yeux et le pelage rappelaient Vasburg, il était difficile de trouver un autre point commun entre la jeune femme et la bête qui me faisaient face. Cette créature semblait tout droit sorti des enfers et je ne pus réprimer un instant de terreur et de surprise. Mon regard dévia vers l’arme qui se trouvait au sol près d’un des cadavres. Le pistolet était là, à portée de main, j’avais l’occasion d’occire la bête, d’abattre cette créature avec une gueule remplie de poignards acérés à couleur d’ivoire. L’espace d’une seconde, j’aurais pu envoyer ma main, saisir l’arme et lui tirer dans la tête. Là-encore c’était la séquence que je visualisais dans ma tête, mais comme souvent en situation de panique, la torpeur s’en mêle. Je restais donc figé l’espace d’une seconde, ayant vu l’arme à portée…Mais l’occasion était passée, je l’avais raté. Force était de constater que je n’étais pas un soldat, je n’étais pas fait pour le combat, mes expériences dans ce domaine avaient eu pour conséquence de me montrer mes limites. J’avais pris de l’âge et il était fort probable que mes années confortables à la tête d’AgroChrome m’aient ramolli. Une nouvelle menace émanant finit de craqueler ma dignité. C’en était trop, je ne supportais plus ces insultes à répétition et je dois reconnaître qu’à cet instant, la colère prit de nouveau le dessus sur tout le reste. Pourtant, aussi sourde et violente soit-elle, cette colère fut contenue au plus profond de mon être. J’avais beau être amoindri et humilié, mon cerveau fonctionnait toujours et prendre des décisions dans une situation critique, ça je savais le faire. Alors que Vasburg se relevait pour reprendre forme humaine sous mes yeux ébahis, elle posa à nouveau la question de mon identité. Sa voix semblait s’être apaisée, comme si la bête avait à nouveau laissé place à la jeune femme.

                          Je me relevais à nouveau péniblement, observant le sac qu’elle avait jeté sur moi. Pris d’une quinte de toux, mes méninges fonctionnaient à plein régime. Il était évident que je ne lui dirais rien, par principe, les choses desquelles on m’accusaient étaient trop graves. J’étais de plus humilié, je n’allais pas me soumettre à cette chose, c’était une question d’honneur. Il faut rajouter quelque chose à cela, l’essentiel en fait : ne pas oublier que j’avais été entraîné au BSI, et qu’à l’académie, ne pas parler, préférer mourir étaient les maîtres mots. J’avais fais du chemin depuis, certes, mais ce conditionnement mental avait laissé des traces et finalement, le comportement de cette bête venaient de montrer que certains officiers Impériaux avaient raison quand ils parlaient de nos ennemis. La vérité venait de me percuter en plein visage : la CSI ne valait pas mieux que l’Empire Sith. Comment avais-je pu être aussi naïf ? Comment avais-je pu penser que les choses seraient différentes ? C’était inacceptable, surtout en considérant d’où je venais. Je n’avais aucune confiance en Vasburg, et son comportement inadmissible venait de me montrer la personne ou la chose qu’elle était. J’aurais ma revanche, je me rappelle à cet instant-là m’être fait la promesse de me venger. J’étais resté courtois avec elle et pourtant, elle avait cherché cela. Pourtant, je n’étais pas en mesure de m’opposer à elle, c’était frustrant, mais c’était la piètre réalité. La réalité, cet état de fait décevant dont nous devons tous nous accommoder. L’espace d’un instant, mon regard glissa à nouveau vers l’arme qui gisait au sol. J’aurais pu l’attraper et tirer, j’aurais pu en finir et liquider cette créature. Pourtant, quelque chose m’en empêchait, la même chose qui m’avait fait culpabiliser d’avoir poignardé cet homme qui m’avait menacé dans la prison : là-encore il s’agissait d’un conditionnement. Le conditionnement des ordres et de la discipline de fer que j’avais subi au cours de mon entraînement. Je venais de laisser s’envoler ma deuxième occasion...Preuve que mon cerveau fonctionnait encore et que je n’étais pas devenu stupide. Abattre un agent du DSP aurait été une faute grave et même si Vasburg m’avait menacé, j’étais intimement persuadé qu’elle aurait eu des scrupules à m’abattre, on avait beau m’avoir déclaré mort, j’osais espérer qu’elle avait un minimum de morale et d’éthique. Je toussais à nouveau pour reprendre la parole.


                          -Tu peux me menacer, me battre, me tuer si tu veux, mais sache que cela ne changera rien à mon identité. Je suis réellement Arnon Veral. La confiance est maintenant rompue, Vasburg, ou quoi que tu sois. Je suis un vétéran, et pour cela, j’attendais un peu de respect...Même venant de quelqu’un qui n’a pas du foutre beaucoup les pieds au front.

                          Je soutenais à nouveau son regard. Mon discours ne changerait pas, je ne pouvais pas lui dire, j’en étais incapable. Les chefs d’accusation étaient trop graves et en tant que criminel de guerre condamné à mort par contumace, je m’exposais à un chantage permanent de Vasburg, ce que je n’avais pas envie. Je devais tenir ma couverture coûte que coûte. Qu’elle pense que j’ai collaboré avec l’Empire comme les petites frappes qui m’avaient menacé ne me gênait pas...Qu’elle sache que j’avais été un officier au sein du BSI était plus gênant. Tôt ou tard, je devrais peut-être assumer mes responsabilités, mais ça ne serait pas devant Vasburg.


                          -J’ai fait ce que tu m’as demandé, je suis allé sur le vaisseau, on m’a piégé, pourtant les ordres ont été appliqués à la lettre. J’ai espionné Osso, comme tu me l’as demandé. Encore une fois, et même si cela ne te plaît pas, je ne te dois rien. Si tu veux m’abattre, fais-le ici et maintenant, sinon, donnes-moi mes ordres et LAISSE-MOI TRANQUILLE !

                          Les derniers mots avaient raisonné dans le canyon, je les avaient tout bonnement hurlé, donnant un timbre cassé à ma voix. Je l’avoue, je perdais patience et mes nerfs étaient en train de lâcher face à ce nouvelle ennemi. Vasburg m’avait humilié et je n’étais plus disposé à jouer à ses petits jeux pervers.

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                            Auteur : Atreïs Helcar

                            Le Gurlanin regardait Arnon droit dans les yeux. Cet homme était cinglé, tout simplement, et tout son corps était un simple appel à la culpabilité pour Atréis. Tout dans son attitude laissait transparaître sa gêne et sa colère. Le simple fait de le voir hurler ainsi ne laissait pas de choix à l'agent de la DCRS. Cet Humain était aussi instable qu'irrespectueux. Depuis qu'ils s'étaient rencontrés, jamais il n'avait montré le moindre respect, que ce soit pour l'uniforme ou le grade, alors que lui même en réclamait de manière totalement indue. La situation était dans une impasse totale. Le Gurlanin avait cherché à imposer une autorité naturelle, puis hiérarchique, sans y parvenir, face à un homme qui lui refusait toute forme de confiance. En désespoir de cause, ou plutôt comme une main tendue, il lui avait dévoilé sa véritable nature. Celle d'une bête, qu'on pouvait qualifier de primitive peut-être, mais pas suffisamment pour se faire prendre.

                            A nouveau, Atréis était en position de force, cela ne faisait aucun doute. Il avait pour lui l'autorité, le grade, les armes, la connaissance de la situation. Pourtant, la résolution farouche de son vis-à-vis à ne céder aucun pouce de terrain en aurait destabilisé plus d'un. Maltraité, mis au pied du mur, il y avait dans sa résilience quelque chose d'admirable... Et sans doute de profondément stupide. Pour quelqu'un qui semblait pourtant être animé d'une envie de vivre presque démesuré, il prenait face à celui qui avait presque droit de vie et de mort sur lui des risques incroyables. Et surtout, à son tour, Arnon mettait son adversaire au pied du mur. Ses yeux clamaient son envie d'en découdre, mais il n'y aurait pas de combat, pas plus qu'il n'y aurait d'espoir.

                            Atréis avait du feu dans les yeux. Ses pupilles noires dilatées témoignaient à la fois de l'adrénaline qui courait dans ses veines et de son envie d'abattre l'homme immédiatement. Son sang bouillait dans ses veines, son cœur lui hurlait de faire ce que son instinct lui criait, ses artères cognaient dans ses tempes et si il demeurait parfaitement immobile, c'était surtout car pour l'heure, il défiait Arnon. Même si sous cette apparence il était plus petit. Même si il venait d'essuyer sans doute la pire des insultes, l’infamie. Mais l'autre ne baisserait pas les yeux. Alors tant pis pour lui. Sa main se referma sur son arme, qu'il avait laissée sur le capot de son speeder. Un fusil de précision. Un DLT-20A. Quelle ironie. Après avoir sauvé Arnon, s'être presque dévoyé pour le sauver, voilà qu'il se retrouvait à devoir finir le travail. Non pas que ça le dérangeait outre mesure de tuer. L'homme s'était moqué de lui et de sa main tendue, et lui avait craché au visage. Non, c'était plutôt de devoir contempler le visage de son échec qui le troublerait. Au moins pendant un temps.

                            Le temps semblait presque suspendu. Une éternité qui s'écoulait entre eux, alors que le Gurlanin se demandait encore si il lui fallait appuyer sur la gâchette. Oui, sans doute. Il n'aurait pas le choix, pas après s'être trompé à ce point. Il suffisait de pointer son fusil et d'appuyer sur la gâchette. Mais au moment où il allait lever son arme, son œil se retrouva soudainement aveuglé. Une infime fraction de seconde. Le reflet du soleil. Sur quoi ? Rien ne traînait dans ce désert poussiéreux. Alors son sang ne fit qu'un tour. Au moment où une détonation retentissait, il n'était déjà plus là. Dans un réflexe soudain et étrange, il avait tout bonnement plaqué Arnon au sol en le prenant à la taille. Manière de se protéger ? De se racheter ? Impossible à savoir, et il n'avait pas le temps de s'en préoccuper. Le chasseur en lui se réveillait, d'un seul coup, et il se releva instantanément main. De sa foulée rapide, il se mit à couvert en quelques pas derrière le véhicule abandonné par les désormais décédés geôliers. Derrière lui, quelques tirs firent voler la poussière, et il n'eut pas le temps de voir ce qu'avait fait son... son quoi ? Difficile à dire. Mais dans la situation présente, il ne pouvait pas attendre.

                            Sans regarder, le Lieutenant récupéra l'arme du cadavre du garde abattu contre son véhicule. A nouveau, c'était un blaster, une méchante pétoire aussi dangereuse pour son porteur que pour son opposant. Mais c'était ça ou rien. Il la jeta vers la direction d'Arnon, au moins sa position supposée. Au pire, il aurait une arme. Au mieux, il était déjà à l'abri. Autour de la scène de massacre, les tirs commençaient déjà à pleuvoir, empêchant le Gurlanin de se positionner pour observer les positions de ses ennemis. Il n'aurait pas beaucoup de temps. Quelques secondes, au maximum, si tant est que son ennemi caché n'avait pas bougé. Même en étant confiant en ses capacités à toucher, ce tir serait prépondérant pour la suite. Il inspira un grand coup. Bloqua. Se redressant d'un coup, il braqua son arme sur la position où il avait cru voir la lunette de visée qui l'avait aveuglé. Rien d'autre ne comptait. Il eut tout juste le temps de regarder à travers son viseur. Vise. Expire. Bloque. Le tir fusa alors même qu'il se remettait à couvert derrière le speeder, grognant de frustration, dans l'impossibilité de voir où se situerait la prochaine menace.

                            Spoiler : Spoiler
                            HRP
                            Cinq hommes agressent notre duo. Deux snipers, trois qui arrivent à bord d'un véhicule de contrebande modifié. Atréis a sans doute touché, puisque le premier sniper ne tire plus, mais le second est toujours actif.

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                              Auteur : Arnon Veral

                              Je fixais Vasburg, le temps était suspendu. Le vent entraînait quelques amas d’herbes sèches négligemment tressées. Il y avait dans ce canyon une manifestation sauvage et primaire d’une nature qui ne s’était pas soumise. Alors que le Lieutenant prenait son arme, elle sembla hésiter, mais nous étions dans une impasse. Je le savais et elle le savait aussi, nous ne pourrions pas trouver d’issue favorable. C’était comme ça, j’avais fait le choix de ne pas plier face à elle, car je ne connaissais pas réellement ses intentions concernant la Légion Amber cette conspiration dont j’étais la cible. Il y avait là quelque chose que je détestais, c’était le mensonge et l’intrigue. Du temps du BSI, cela aurait été très violemment réprimé, j’aurais fait réprimer cela dans le sang. Bon d’accord, je ne pourrais pas vous mentir plus longtemps, il y avait également une blessure dans mon ego, j’étais au fond de moi peut-être un peu chagriné de me faire maltraiter par un officier subalterne au rang de Lieutenant, mais cela n’était finalement qu’une chose parmi tant d’autres.

                              Vasburg avait saisi son arme et je soutenais son regard. Je n’avais pas peur de la mort, elle le saurait tout de suite. Je pouvais saisir dans son regard une sorte de retenue, elle réprimait toute émotion et sa détermination ne faisait aucun doute : le Lieutenant Vasburg avait une grande expérience, elle avait déjà tué et pourrait recommencer sans problème. C’était d’ailleurs sans son intention. Le bruissement des herbes sèches à proximité de mon pied attira mon attention, un petit lézard venait de partir à toute allure, faisant frétiller sa langue. C’était un bel endroit pour mourir, face à l’immensité de cette nature qui rappelait que finalement, nous n’étions que bien peu de choses. Je n’étais qu’un grain de sable dans l’immensité de l’univers et la durée de mon existence aurait été aussi brève qu’inutile. Il aurait été illusoire de penser pouvoir changer quelque chose, nous n’étions que des petits grains de sables, broyés par l’immense machine qu’était l’Univers. Vasburg allait avoir un peu d’impact dans sa réalité immédiate -tout du moins le penserait-elle- mais finalement, cet acte se noierait dans les déterminismes cosmiques, tous ceux qui l’aurait précédé et lui avaient imposé cet acte, et tous ceux qui la précéderaient et asserviraient sa volonté pour ses actes à venir.


                              Treize ans auparavant, bordure extérieure,

                              Les fanions et les affichettes emplissaient les rues. Les gens de la planète, désormais libérée accueillaient notre armée dans un mouvement de liesse. Les stormtroopers, les blindés et les transport de troupe défilaient dans les rues. Rec et moi avions mis notre uniforme de sortie, et nous saluions la foule. Une femme, hystérique tendit une bouteille d’alcool à Rec et l’embrassa avec fougue. Ils étaient heureux de voir l’Empire Sith prendre la planète, la propagande avait bien fonctionné et nous avions réussi notre coup. Le gouvernement qui nous avait précédé était corrompu et opprimait la population en lui imposant taxes et restrictions de guerre. Notre armée avait envahi cette partie de la planète en deux semaines, leur armée était mal équipée et nous avions une supériorité évidente. Des combats avaient encore lieu dans l’hémisphère nord de la planète, mais pourtant, nous avions quasiment pris cette planète mineure. Notre Speeder était conduit par un chauffeur et les gens nous envoyaient des bouquets de fleur alors que certains jouaient de la musique. Certains au sein de l’état-major, commençaient à douter de la stratégie globale d’ouvrir des fronts multiples, mais nous étions aveuglés, persuadés que nous faisions le bien. En quelques années, j’étais passé de prisonnier à officier du BSI, j’étais devenu quelqu’un, j’avais enfin atteint un statut social. Les cérémonies se poursuivirent jusqu’en fin d’après-midi où nous devions nous préparer pour une conférence sur la situation avec les officiers de l’armée.

                              Hôtel de ville, dans la soirée,

                              Rec et moi avions dîné dans un restaurant sans payer, le restaurateur semblait content de faire un cadeau à des membres du BSI. Nous avions rejoint une salle aménagée avec des sièges pliables pour la conférence sur la situation. Les gens de l’armée parlèrent pendant une heure, le Général Ars Fenlon, qui dirigeait les opérations nous informa que la région était sécurisée, que les divisions de Stormtroopers repoussaient quelques loyalistes au nord mais que les points stratégiques avaient été pris à plus faible coût. Rec prit la parole dans une seconde partie de la soirée.

                              -Messieurs les officiers, je suis le Capitaine Rec Ornaz, du D2I et je suis accompagné du Lieutenant Ludwig Noas, du Département de Surveillance, qui est ici pour m’assister. Nous avons été mandatés pour les opérations contre les rebelles qui -d’après nos informations- ont été organisés en réseau. Un détachement des Opérations Spéciales Impériales a également été dépêché pour nous aider dans la partie opérationnelle. Le Lieutenant Noas sera l’officier de liaison qui assurera la coordination entre l’état-major des armées et notre groupe de travail.

                              Un homme, un colonel, leva la main pour demander comment cela se passerait en pratique. J’entendais déjà des chuchotements, l’évocation du Département de Surveillance n’était pas bien vue. Tous se doutaient qu’ils allaient être sur écoute, l’armée n’aimait en général pas cela. Pourtant, Rec savait que j’avais eu le contact facile et nous avions pu discuter d’un plan afin d’amadouer l’armée.

                              -Vous n’aurez pas à vous occuper de nous, faites comme si nous n’étions pas là. Nous souhaitons éviter de vous perturber dans vos tâches quotidiennes. Nous organiserons quelques réunions avec les officiers concernés et le Général Fenlon afin de poser des questions spécifiques et nous organiserons aussi, une fois par semaine, une conférence libre d’accès pour vous informer sur la situation. Nous avons en outre toute autorité pour demander du soutien aux Stormtroopers si cela est nécessaire, nous n’avons que peu d’hommes des OSI, il faudra donc nous aider dans le cas d’une opération majeure. Je laisserai le Lieutenant Noas discuter avec vous des modalités pratiques. Vive l’Empire !

                              La soirée se termina ainsi. Ce fut quelques jours plus tard que nous avions fait des listes d’opposants à arrêter et à interroger. La population se rendrait rapidement compte qu’elle avait renversé un gouvernement incompétent pour un gouvernement autoritaire qui n’aurait de cesse de l’opprimer. Cette planète mineure serait soumise à des restrictions et des réquisitions de plus en plus importantes. Le premier opposant de notre liste était le restaurateur qui nous avait si bien accueilli, cet homme avait proféré des critiques envers l’Empire et était suspecté d’avoir aidé à cacher des armes. L’interrogatoire se terminerait par son exécution par les hommes de Rec...Nous découvririons plus tard qu’il avait été dénoncé par un concurrent -qui lui-aussi serait exécuté par nos services- et qu’il n’avait rien à voir avec nos ennemis. La paranoïa de nos services ne ferait qu’augmenter avec les revers que subirait l’Empire Sith quelques années plus tard.

                              Le visage de Vasburg changea du tout au tout, ce qui m’arracha à mes pensées pour me faire revenir à la réalité. Sans aucune autre forme de procès, Vasburg me ceintura pour me projeter au sol. Je compris ce qui s’était passé uniquement lorsque j’entendis la détonation. Une salve ricocha à l’endroit où nous nous trouvions, soulevant la poussière. Alors que Vasburg avait glissé, tel un prédateur, à couvert derrière le véhicule abandonné, je la suivit péniblement, me hissant contre la carrosserie. Les tirs ricochaient un peu partout autour de nous. Nous étions pris pour cible et il était très difficile de savoir qui nous tirait dessus. Le souffle court, haletant, je saisis l’arme que m’avait envoyé Vasburg. L’arme était de très mauvaise qualité, de la contre-bande bas-de-gamme. Dans un craquement, je l’armais avec une main experte, vérifiant qu’elle était correctement chargée. Une fois de plus, je ne pouvais cacher que j’avais reçu un entraînement. Vasburg venait de tirer avant de se remettre à couvert, un autre tir longue portée venait de trouer la carrosserie. Il y avait donc un autre tireur d’élite.

                              J’aurais pu tirer sur Vasburg ou encore chercher à m’enfuir, mais je ne l’ai pas fait. Force était de constater que j’étais attaché au DSP, plus que je ne voulais l’admettre. Les ordres me rassuraient et j’avais eu beau fuir mes responsabilités durant toutes ces années, j’étais fait pour un travail de renseignement. Je fis un signe à Vasburg que j’allais faire une sortie pour essayer de voir. Sur le côté du véhicule, je fis sortir ma tête délicatement, à un endroit différent de celui de Vasburg et je vis le véhicule avec les trois hommes en approche, ils étaient armés et vêtus de nippes, du surplus militaire des différentes armées. Des mercenaires en fuite ou des brigands. Je rentrais ma tête alors que les tirs continuaient à fuser.


                              -Trois, dans un véhicule. Probablement au moins un autre tireur d’élite. Y en a peut-être d’autres. Vous ne pourrez pas faire un tir supplémentaire sans qu’ils vous tirent dessus, ils sont trois cent mètres environs. Je vais faire un tir de couverture quand ils seront plus proches, vous n’aurez qu’une petite fenêtre de tir pour trouver le tireur dans la falaise...Ensuite on s’occupe de ceux qui restent dans le véhicule…


                              C’était notre seule chance. Ma manœuvre était aussi suicidaire mais je confirmais une fois de plus que j’avais l’expérience du combat. Je n’avais pas questionné l’inimitié que j’avais pour Vasburg et pourtant, immédiatement, je me proposais pour une opération très risquée, ces gens allaient me prendre pour cible et elle pourrait tirer. Je n’avais pas le temps de questionner outre-mesure la validité de cette manœuvre, mais nous étions dans une situation critique. J’affichais un compte-à-rebours sur mes doigts. Quatre...Trois...Deux...Un…

                              Comme monté sur ressort, je bondissais de notre abri, arme à la main. Je fis un feu nourri sur le véhicule. Je crois que les brigands furent surpris de me voir agir ainsi et ils se mirent immédiatement à l’abri. Je vidais la pétoire sur le véhicule sans me soucier de si je faisais mouche ou pas, mes tirs étaient hasardeux, peu précis, soulignant la légèreté de mon entraînement. Je ne pus dire si j’avais fait mouche, mais cela laissait le temps à Vasburg de trouver le tireur avant qu’il ne me tire dessus. Je bougeais pour éviter d’être pris pour cible, sans me rendre compte que l’arme surchauffait. Dans une gerbe de flamme, elle explosa littéralement et je lâchais le tas de ferraille fumant alors que je me remettais à couvert, la main brûlée.


                              -Quelle merde...Cette saloperie m’a pété entre les doigts…


                              J’avais la main en sang. C’était superficiel mais impossible de me servir d’une autre arme maintenant. J’espérais que Vasburg ait réussi à localiser le tireur. De mon côté, impossible de savoir si j’avais éliminé un des hommes sur le véhicule ni si j’avais fait mouche d’une quelconque manière. La suite serait entre les mains du bon Lieutenant.

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                                Auteur : Atreïs Helcar

                                Atréis fut presque surpris de voir le prisonnier se jeter à sa suite derrière le véhicule abandonné. Ce faisant, il avait pratiquement abandonné toute chance de s’échapper… voire de survivre, si on voulait être parfaitement honnête. Avec un véhicule en approche et au moins un tireur de plus en hauteur, la situation était plus que périlleuse, voire désespérée. Mais les situations désespérées, c’était techniquement ce pourquoi Atréïs avait été formé. Pour les résoudre, si possible discrètement. Pour ce coup-ci, ils repasseraient sur la discrétion. Arnon n’avait rien arrangé par son entêtement, et maintenant, le Gurlanin devait gérer son cas et celui de leurs assaillants.

                                Néanmoins, il n’avait pas le choix. Qu’il le veuille ou non, il faudrait compter sur son acolyte de fortune. Malheureusement, à peine le Lieutenant avait-il abattu l’un des tireurs que le prisonnier se relevait pour tirer droit sur le véhicule qui leur fonçait dessus. C’était le problème avec les ordres donnés à la va-vite : des fois ils sont débiles et mettent en danger l’exécutant. Et ce coup-ci, c’était plus que stupide. Courageux, mais stupide. Déclenchant un tir de barrage, il s’attirait inévitablement l’hostilité des pillards et du tireur. Autant dire qu’Atréis n’aurait eu droit qu’à un unique tir, là où la patience lui en aurait conféré au moins trois de plus. Il enrageait intérieurement, mais il s’y plia, contraint et forcé. Au moment où Arnon attirait l’attention, il sortit à son tour de son couvert. Un genou en terre, l’oeil dans la lunette de visée, il balaya rapidement les hauteurs. L’autre avait eu la même idée. Surtout, il ne cherchait pas à viser le premier soldat et son pauvre blaster. Non, il attendait Atréis.

                                Stop.

                                Un clignement de paupières. Un click sur la droite.Le doigt, ferme, sur la détente. Inspiration. Bloque. Les deux tirs fusèrent presque en même temps, les deux détonations se mêlant pour ne faire qu’une qui vint se perdre dans les bruits de coups de feu d’Arnon. Un grognement. Tout ça en à peine trois secondes.

                                Reprise.

                                Lorsqu’Atréis se remit derrière son abri, c’était en se tenant le flanc, qui avait été brûlé par la balle. Son blouson de cuir présentait désormais un trou derrière et son haut était déchiré, montrant une peau légèrement calcinée à cet endroit. Un juron, un crachat. Il détestait se faire avoir comme ça. Au moins, lui avait la chance de pouvoir continuer à se battre. Ce qui n’était pas le cas de son ennemi d’un jour. Lui avait été touché en plein milieu du front, sans avoir le temps de prononcer ne serait-ce qu’un nom. Le cri de stupeur et le bruit de chute qu’il fit en s’écrasant au fond du canyon eurent un effet euphorisant sur Atréïs. Même si il n’aimait pas spécialement donner la mort, l’offrir aux cinq idiots qui l’assaillaient lui donnait un certain plaisir qu’il ne contenait pas. Mais il n’avait pas le temps de se formaliser sur ses émotions ou juste sur ses pensées. A côté de lui, Arnon se tenait le poignet en regardant sa main brûlée et ensanglantée. Evidemment. Les pétoires avaient fait leur office, et il risquait de se montrer inutile au combat, à présent. Mais le Gurlanin ne pouvait pas se résoudre à le laisser tomber comme ça. Un simple coup d’oeil à l’extérieur et il prit sa décision. Sa main se referma sur le biceps d’Arnon et le tira, l’amenant à plonger en dehors de l’abri juste avant que celui-ci ne se fasse exploser par le véhicule lancé à pleine vitesse, percuté par le pare-buffles.

                                Le Lieutenant roula au sol plusieurs fois, entre son acrobatie et l’onde de choc, il avait à peine le temps de se remettre. Les autres ne tarderaient pas à se retourner et à leur foncer à nouveau dessus. C’était surtout la mitrailleuse lourde montée sur le véhicule qui inquiétait le soldat. A nouveau il se mit en joue, changeant le mode de tir de son arme. Il n’avait pas spécialement le temps de viser, et déclencha une salve de plusieurs balles qui atteignirent la carrosserie. Elle s’en tira sans dommage, mais c’était surtout un coup de semonce, afin de forcer leurs ennemis à changer leurs plans. Les deux séparatistes n’hésiteraient pas à tirer et à les abattre.


                                -Sergent, à l’abri ! Et c’est un ordre !

                                Les yeux noirs fusillèrent le prisonnier du regard. Mais ils brillaient surtout d’une étrange lueur. Au delà du simple commandement, il y avait autre chose. Il comptait sur Arnon pour faire la différence, blessé ou non. A son tour, le Gurlanin allait prendre toute l’attention sur lui, quitte à devoir y laisser quelques plumes. Comme il l’espérait, leurs ennemis ne cherchèrent pas à rejoindre la mitrailleuse, mais bien à sauver leur peau. C’était bien leur chance : ils ne s’attendaient sans doute pas à une réelle riposte venant d’une humaine et d’un prisonnier, et s’en trouvaient déstabilisés. Alors qu’ils se mettaient à couvert, leurs armes crépitèrent cette fois, et Atréis eut tout juste le temps de se jeter à couvert, hors de vue de tout le monde, y compris de son allié de fortune.

                                Sa main se porta à son épaule dans un mouvement réflexe. Evidemment, il n’avait pas pu tout éviter et son membre le lançait atrocement, lui donnant l’envie de crier. Mais il ne leur donnerait pas ce plaisir, hors de question. Ses doigts se serrèrent à nouveau sur la poignée de son arme qu’il passa à nouveau en mode de précision. Il n’avait pas beaucoup de temps, il devait concentrer leur feu, ainsi que leur attention. D’un nouveau mouvement rapide, il sortit de son couvert. Le temps d’une inspiration. Juste assez pour épauler en serrant les dents, pour viser et tirer, avant de plonger à nouveau à couvert.

                                En son for intérieur, il espérait surtout qu’Arnon serait capable de faire quelque chose. Sans quoi, la tâche se compliquerait atrocement. Au bruit, il avait touché, sans abattre. Il jura.

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