Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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    #8

    Post n°8
    Auteur : Leiel Osso

    • Des inquiétudes ?

      La bille verte, bleue et blanche semblait flotter dans l'éther, imperturbable, paisible, sa surface trop lointaine pour qu'on y distingue les villes, les infrastructures, les signes d'activités. Il ne restait de Secundus que l'ébauche de ce qu'elle était : sa part lumineuse, éclairée par son soleil, colorée, vivante, celle sombre de sa nuit, aux filaments brillants et immobiles. Comme tout paraissait simple de si loin.

      - Aucune inquiétude en ce qui concerne la capacité de la Confédération à défendre ses planètes, Amirale. Je prends simplement la mesure de votre offre. La perspective d'un conflit global me... désole, plutôt. Ces dernières décennies ont été difficiles, n'est-ce pas ? Nous sortons d'une guerre pour nous engager dans une autre.

      Leiel tourna la tête, laissant Raxus pour fixer l'Amirale.

      - Rien n'est joué, bien sûr. Nous pouvons espérer un règlement pacifique de la dernière crise en date. Mais votre présence indique que tout le monde ne pense pas ainsi. Et vous avez raison. Préparer la guerre est l'assurance de maintenir la paix. Votre flotte sera présente pendant un moment précieux. Sa protection sera surtout dissuasive, puisque vous n'êtes pas appelé à intervenir à tout bout de champ. Et vous partirez, quand le temps sera venu.

      Elle leva la main, comme pour écarter une idée saugrenue.

      - Nous ne serons pas seuls ou oubliés, j'ai bien compris. Mais l'essence de votre présence n'est pas notre protection. Celle-ci est assurée par la CSI de bien des manières, et nous sommes globalement en sécurité, que vous soyez physiquement présents dans notre système ou non. Non, l'essence de votre présence est la reconstruction de nos capacités défensives. Amirale, je dois vous expliquer quelque chose.

      Osso détourna le regard pour à nouveau embrasser sa planète. Calme, paisible.

      - Le peuplement de Secundus est ancien. Aussi ancien que celui de Prime. Et pendant ces milliers, ces dizaines de milliers d'années, nous avons passé... beaucoup de temps à nous battre. Entre nous. Continents, provinces, religions, Maisons... L'histoire de ce monde est jalonné de batailles plus ou moins sanglantes, et toutes terribles. Cette histoire est oubliée. Non, pas oubliée, réécrite.
      - Madame la Sous-Préfète, veuillez m'excuser, mais c'est inexact.

      Korvax semblait mal à l'aise, le sujet ne lui plaisait visiblement pas. Leiel tourna les yeux vers lui, silencieuse, pour le laisser parler.

      - Raxus Secundus a connu son lot de conflits, il est vrai. Mais en aucun cas notre histoire ne se réduit à une succession de guerres. Au contraire, nous avons une longue culture de la médiation, alternative qui a prouvé son efficacité et dont nous tirons notre fierté.
      - J'y viens, Conseiller. Voyez-vous, Amirale, je ne suis pas native de Secundus. Cela me donne un point de vue légèrement différent de celui de mon estimé collègue. L'histoire de notre planète est sanglante. Et justement parce que cela a été le cas, nous avons trouvé des parades pour mettre fin aux massacres.

      Korvax se renfrogna visiblement au terme « massacre ». La divergence entre les deux politiciens était palpables, mais il ne contredit pas son supérieur, se contentant de froncer les sourcils, lever le menton et pincer les lèvres.

      - Il y a environ trois cent cinquante ans, les Raxiens en ont eu assez. Alors ils ont crée un carcan légal extrêmement contraignant afin de limiter la formation d'unités armées. Les soldats ont été démobilisés, et « recyclés », en partie, dans des milices privées. Les armes ont été fondues et sont devenues les agribots qui moissonnent nos champs. L'Etat a volontairement écrasé sa propre puissance militaire pour acheter la paix. Et cela a fonctionné. Et les Raxiens ont oublié la guerre.

      Leiel sourit amicalement au vieux conseiller contrarié.

      - La guerre nous a oubliés aussi, il est vrai. Pardonnez mon exposé, Amirale. Votre présence ici est instrumentale dans la recréation d'une armée de métier sur Secundus. Nous avons besoin de votre aide pour le faire. Mais cela sera sans doute long. Et passablement difficile à faire accepter à tout le monde.
      - Mais nous expliquerons les tenants et les aboutissants, Sous-Préfète, et nous serons suivis.
      - Il le faudra bien, Conseiller Korvax. Amirale Zan'nta, j'ai toute confiance dans vos capacités à nous défendre et à nous aider à reconstruire une véritable force défensive. Seulement, il faudra composer avec certaines limites. Aussi, j'aimerais qu'une demande soit intégrée dans les propositions de défenses. Je souhaite la réouverture d'une ancienne académie militaire raxienne. Je voudrais qu'à terme, les officiers raxiens soient formés sur leur propre planète.
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    • Le ChroniqueurL Hors-ligne
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      #9

      Post n°9
      Auteur : Super PNJ

      L'Amirale laissa le petit débat entre les deux politiciens. Ce n'était pas son monde, pas sa responsabilité, pas sa charge. Elle se gardait bien d'avoir un avis sur les événements qu'elle ne pouvait pas analyser à l'aune de tous les facteurs présents. Néanmoins, elle écouta l'exposé de Leiel sur le passé de Raxus Secundus et ses conséquences sur le présent. C'était sans doute sommaire et très grossièrement résumé, mais aucune personne ici n'avait le temps ou les compétences pour faire une conférence sur le sujet. Dommage. Il eut été sans doute passionnant. Mais Zan'nta revint rapidement à la réalité, et surtout, à la demande d'Osso.

      Déjà, il était appréciable de constater que la sous-préfète prenait l'intervention séparatiste pour ce qu'elle était : une aide et un support logistique, pas une force d'invasion. La CSI laissait cela aux autres systèmes politiques. L'entraide se devait d'être au centre de la Confédération. C'était une douce ironie, même aux yeux de l'Amirale. Après tant d'années de service, elle aurait sans doute pu... ou du perdre ses illusions et ses principes, mais il n'en était rien. Elle continuait de regarder le monde avec des yeux d'enfant. Sans doute que son idéalisme la perdrait, mais pour l'heure, cela lui permettait surtout de ne pas perdre de vue les principes fondateurs de la CSI. Et, de fait, de ne pas être surprise par l'ultime demande de la jeune femme.


      -Une ancienne académie militaire raxienne, vous dites... Eh bien, cela rentre dans vos prérogatives, il me semble. Mais l'ouvrir ne sera pas le problème, sous-préfète. Il faudra surtout la faire vivre, prospérer... Et pour cela, il vous faudra des instructeurs, renommés si possible, pour faire rayonner l'école dans la Galaxie. Si je puis me permettre, je vous conseillerais de ne pas trop privilégier l'entre-soi. On apprend toujours d'autres races, ou cultures, et la polyvalence est une des clés de voûte du système militaire séparatiste. Que notre force armée soit composée majoritairement de droïdes ne doit pas nous faire occulter, qu'au plus haut de la chaîne, nous restons des organiques. Et donc... Ne nous rejetons pas les uns, les autres. Mais je comprends le besoin de l'ancrage régional, identitaire. Ce n'est pas une mauvaise idée, c'est à développer.

      Elle sourit légèrement. Au moins, Leiel Osso prenait la chose très au sérieux et serait force de proposition. C'était une bonne chose, car Zan'nta avait craint un moment d'être face à une nouvelle potiche. Il y en avait d'autres, qui attendaient de se retrouver avec le déjeuner tout cuit dans la bouche, elle en avait suffisamment croisé. Mais elle, elle était différente. Habitée. Une sorte de détermination latente qui ne plierait ni ne romprait.

      -Bien. Avant que je ne demande à l'un de mes officiers de bord de vous donner un bref aperçu des capacités de Ragnarok, car je suis sûre que Monsieur Korvax ici présent en serait ravi, je me dois de vous donner de quoi réfléchir, préfète.

      La militaire actionna à nouveau le projecteur d'hologrammes, le calibrant pour qu'il affiche, au fur et à mesure, les types de vaisseaux et leurs caractéristiques principales. L’exposé de l’Amirale serait court, bref, mais suffisant.

      -Il convient d’abord de présenter à votre Conseil les différentes stratégies défensives envisageables pour votre planète. Je suppose que vous n’avez pas encore débattu à ce sujet, aussi, je vous propose trois angles d’attaque, si vous me permettez le bon mot. Tout d’abord, vous pourriez vous équiper d’une flotte légère. Porax-38, Mankvim-814, ces vaisseaux sont légers, maniables, et ne requièrent qu’un pilote par habitacle. Vous pourriez également vous équiper de Belbullab, qui disposent d’une grande autonomie spatiale et d’une plus grande robustesse. Mais nous évoquons là des forces de frappe légères, qui vous protégeraient des pirates, sans doute, mais une attaque d’ampleur les réduirait à néant… Cela dit, votre flotte risque de toute façon de ne pas survivre à une grande offensive.

      Les vaisseaux s’étaient affichés les uns après les autres, et Zan’nta ajoutait également quelques détails techniques, avec des fiches et des datapads.

      -Dans le cas où vous ne chercheriez pas l’interception, mais plutôt une stabilité, vous pourriez choisir une approche plus… lourde, en vous équipant de Destroyers Sabaoth. Maniables, puissants, vous pourriez mettre en déroute les menaces indépendantes sans grand souci, tout en vous assurant une certaine réputation qui vous permettrait d’être un peu plus tranquille. Cela dit, elle risque de vous attirer quelques foudres en cas de conflit galactique.

      Elle leur présenta également le Sabaoth, un vaisseau impressionnant, tout dans les formes séparatistes usuelles. Puis, elle l’enleva, pour finir par afficher un croiseur Recusant.


      -Et voici ma dernière proposition. Bien sûr, celle-ci est la plus coûteuse et la plus difficile à entretenir… Mais un croiseur Recusant pourrait vous apporter à la fois une belle protection et à l fois une plate-forme de formation idéale pour votre académie à venir. Il nécessite un équipage de 300 hommes, permet de transport de nombreux droïdes de combats, de barges de transport, de chasseurs vautours, en somme, une machine de guerre dans le ciel de Raxus Secundus.

      Elle en termina en laissant le Recusant sur l’hologramme, croisant les bras, attendant de voir les déductions des deux Raxiens.

      Atréis

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        #10

        Post n°10
        Auteur : Leiel Osso

        La remarque de Zan'nta sur la diversité des origines, des races, sur la richesse de la Confédération retint l'attention de Leiel. Secundus comptait une large majorité d'humains, race la plus ancienne sur la planète. D'ailleurs, toutes les Maisons étaient humaines, malgré les millénaires passés. Mais la population comptait une part non négligeable de Gossams, de Leyakiens, de Siniteens. Les instances publiques devaient refléter le brassage des peuples, mais il n'était pas toujours simple de comprendre exactement le fonctionnement de races différentes.

        Par exemple, le premier mouvement de Leiel aurait été de choisir plutôt des Conseillers Siniteens. Leurs capacités uniques de computation, leur aisance avec les calculs les plus complexes lui avaient semblé les indices d'intelligence dont elle avait besoin. Mais pendant sa formation auprès de Dae'mid, elle avait cotoyé ces proches-humains au crâne surdéveloppé, et elle avait réalisé que leurs qualités ne compensaient pas leurs défauts. Bien sûr, mathématiquement, ils étaient pour ainsi dire imbattables. En revanche, ils peinaient à adhérer à la hiérarchie, développaient un esprit de compétition entre eux qui ruinait souvent les efforts de groupe, résistaient aux changements de paradigmes, ce qui rendaient leur précision bien trop fragile.

        Les Leyakiens, eux, semblaient bien trop doux à Leiel. Ils écoutaient parfaitement ce qu'on leur disait, acceptaient toutes les informations, même désagréables, sans biais, mais étaient incapables de défendre jusqu'au bout un projet. On leur expliquait un désaccord, et ils acceptaient cette nouvelle opinion comme force de loi. Le compromis ne pouvait être la seule manière de gérer une planète. Pas pour Osso.

        Les Gossams réussissaient mieux en politique. Précis, méticuleux, organisés, ils pêchaient par orgueil, par vanité et par appât du gain. Dae'mid semblait une exception à Leiel. Il était parvenu au sommet du pouvoir sur la planète, mais était resté bien longtemps en poste. Elle avait compris son départ pour Cato Neimoidia comme l'acceptation de sa nature profonde : il ne pouvait végéter plus longtemps sur Secundus, il devait avancer. Elle le regrettait. Pas assez pour le vouloir toujours en poste à sa place, mais il s'était montré patient, intelligent, intuitif. Un bon professeur. Un excellent modèle. Seulement, les Gossams en général se montraient trop friands de privilèges, de joyaux, de déférence. Au sein d'un gouvernement, ils avaient tendance à glisser les premiers sur la pente de l'abus de pouvoir. Et ça, Leiel le redoutait.

        Ses Conseillers néanmoins reflétaient la diversité des peuples. Elle avait dilué les proches-humains parmi les humains, car cela correspondait à la réalité démographique de son monde, et lui permettait de profiter des qualités propres à chaque race sans s'appesantir sur leurs défauts. Leiel se doutait qu'elle-même souffrait des limites de sa propre race, et que la perception des siens était faussée. Malgré ses efforts, elle se sentait toujours plus à l'aise avec les humains qu'avec les proches-humains. Seulement, Zan'nta avait raison. Raxus appartenait à la Confédération, et devait œuvrer pour le bien commun, et ce bien commun concernait tous les organiques, quels qu'ils soient.

        Quant à choisir des formateurs venus d'ailleurs, des représentants d'autres races que celles connues ici, cela semblait à Osso une nécessité. D'abord parce que personne n'aurait été capable d'assurer le rôle de formateur à un niveau correspondant aux ambitions de la Sous-Préfète sur Raxus Secundus. Ensuite, parce que les officiers sortant des rangs de l'académie devraient exercer leurs talents partout dans la galaxie. Raxus ne produirait pas que des officiers voués à rester chez eux. Et Raxus n'accueillerait pas que des gens du cru, évidemment. Une académie militaire devait avoir une identité et des valeurs, mais être ouverte aux meilleurs éléments, d'où qu'ils viennent.

        Mais ces pensées furent chassées par l'exposé de l'Amirale. Trois options, trois budgets, trois objectifs. D'office, Osso écarta la flottille légère. Korvax et elle en avaient déjà parlé, et cela mettrait la flotte planétaire au même niveau que les milices privées qui s'occupaient d'escorter les convois. Des vaisseaux rapides et offensifs étaient très utiles, bien sûr, mais cela ne correspondait pas aux besoins définis par le gouvernement.

        Les Sabaoth n'étaient pas une surprise. C'était l'option préférée de Leiel, d'ailleurs. Trois Sabaoth, dont un ferait office de vaisseau diplomatique. Des vaisseaux légers, mais complets. Un équipage important, cependant, qu'il faudrait trouver, former, et cela ne se ferait pas sur Raxus. L'académie n'était qu'un projet encore vague et personne n'en serait diplômé avant des années.

        La dernière proposition fut une surprise. Personne n'avait mentionné le Recusant. L'option « Munificent » avait été mentionnée, mais écartée parce que trop coûteuse, malgré la puissance de feu du vaisseau. Le Recusant était plus cher, mieux équipé, et surtout, son armada de droïdes pouvait intercepter n'importe quel vaisseau dans l'espace raxien. Les Munificent venaient avec une armée terrestre, inutile dans un contexte de politique d'expansion inexistant. Les yeux rivés sur le vaisseau, Leiel absorbait les informations écrites et complétées par Zan'nta. Son attitude n'échappa pas à Korvax.

        - Sous-Préfète, que pensez-vous du Recusant ? Cette option n'avait pas été évoquée en Conseil, mais l'Amirale soulève des points intéressants. A terme, il serait bien plus intéressant de former des officiers sur cet appareil que sur les Sabaoth.

        Il vibrait presque d'excitation réprimée. Un Recusant était une armée en soi. Cher, très cher. Et remarquablement efficace, bien plus que tout ce dont il avait pu rêver. Mais Osso n'était pas prête à signer.

        - Amirale, j'ai du mal à me représenter les capacités du Recusant. Sa valeur dissuasive est évidente, mais... un seul vaisseau est-il vraiment une menace ? Peut-on comparer... trois Sabaoth à un Recusant ? Je me trompe probablement, mais j'ai toujours eu l'impression qu'il était plus facile de se défaire d'un navire imposant que de plusieurs moins puissants mais qui peuvent manoeuvrer entre eux. Quels sont les critères que vous prendriez en compte dans un choix pareil ?

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          Le Chroniqueur
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          #11

          Post n°11
          Auteur : Super PNJ

          Zan'nta avait laissé à Leiel le temps de la réflexion. Il était évident que tout les éléments bouillonnaient sous son crâne blanc, dans une soupe aussi indigeste que compliquée pour elle. Nouvelles responsabilités, nouvelles données, nouveaux interlocuteurs, rien ne serait facile pour elle. De fait, lorsqu'elle commença à évoquer le Recusant, elle le fit avec la naïveté du néophyte. L'Amirale aurait très bien pu partir dans un exposé de plusieurs heures, et l'aurait fait si elle avait eu le temps de s'y consacrer, mais elle n'était pas face aux aspirants officiers séparatistes, bien au contraire. Dommage. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas fait d'intervention dans une académie. Ce serait peut-être l'occasion ici, si d'aventure elle n'était pas encore à la retraite à son ouverture. Finalement, elle agrandit le Recusant holographique. Elle ne comptait pas faire une analyse détaillée mais au moins, ils auraient du grain à moudre. Un début, en somme.

          -Croiseur Recusant, ou Destroyer, si vous préférez. Nous pourrions l'appeler le petit frère du Providence, tant dans sa taille que dans ses caractéristiques. Si il est plus petit et légèrement moins rapide, sa forme effilée lui permet notamment de ne pas être aisément repéré. Les armements en turbolaser et canons laser couvrent la totalité de la coque sans angle mort, ce qui lui confère une résistance exceptionnelle pour un vaisseau de son gabarit.

          Légère pause. Les vaisseaux Recusant étaient une des fiertés, un des fleurons de la CSI, et étaient parmi les plus redoutés de la flotte. Pour Zan'nta, c'était comme présenter son enfant. Son discours, quoique policé et neutre, reflétait à la fois de grandes connaissances techniques, et une affection étrange pour les barges de combat.

          -Comme je vous le disais, un équipage de 300 hommes est nécessaire, ce qui implique également soit le recrutement d'hommes à l'extérieur, soit une formation accélérée qui ne serait pas forcément une excellente idée. A côté de cela, il embarque une garnison de 40.000 droïdes de combat, 120 droïdes tri-chasseurs et 120 chasseurs Vautour pour la chasse, ainsi que deux barges de débarquement. Conçu avant tout pour être au centre des flottes, il a peu à peu dévié vers un emploi de protection des Providence, entre autres. Néanmoins, et pour en revenir à votre suggestion de départ, il n'y a pas d'échelle de simplicité pour détruire un vaisseau.

          C'était là qu'elle entrait dans le domaine de la technique, celui qui serait le moins évident à développer en restant parfaitement neutre.

          -Il n'y a pas de configuration de flotte miracle, en tout cas, pas en défense. Je pourrais vous citer douze manières de disposer les exacts même vaisseaux et autant de manière à chaque fois de composer une flotte pour la défaire avec le moins de pertes possible, le plus rapidement, et j'en passe. En d'autres termes, à moins de vous constituer la flotte la plus imposante qui soit, vous serez toujours soumise aux aléas de la guerre et des commandements. Plus prosaïquement, peu importe ce que vous aurez en orbite, si votre ennemi fait son travail suffisamment bien, vos chances de survie seront maigres. En ce sens, peu importe l'option que vous choisirez, celle-ci sera possible à contrer, si j'ose dire. Donnez moi trois Sabaoths, je peux abattre un Recusant. Donnez moi un Recusant, je peux abattre trois Sabaoths. Mais les critères sont si nombreux que je serais incapable de vous le résumer en quelques termes.

          Elle fit une nouvelle pause, le temps de laisser à ses deux invités le loisir d'intégrer toutes les informations qu'elle leur transmettait. Puis, elle reprit, pour mettre un point final.

          -De manière générale, chaque choix présente évidemment ses avantages et ses inconvénients. Tout dépend de vous et de votre planète, sous-préfète. Dans un premier temps, il est important de soupeser la masse budgétaire que vous souhaitez allouer à votre défense. Ces trois solutions seront de toute façon coûteuses, à vous d'en déterminer l'envergure. Un autre point d'importance est, si j'ose dire, l'aura que vous souhaitez imprimer, à la fois sur vos concitoyens et sur les systèmes alentours. Une flotte de vaisseaux légers reste habituelle, à l'inverse d'un Recusant, si je puis me permettre. L'impact dans l'imaginaire collectif s'en trouve renforcé. Il convient aussi d'aborder l'aspect formation de vos officiers et sous-officiers. Un Sabaoth nécessite 250 hommes seul, pour 300 sur un Recusant. Bien sûr, les droïdes sont utilisables mais vous perdriez l'aspect instinctif du vivant, ce qui serait regrettable. Enfin, et je terminerai là-dessus, il est important de prendre en compte le passé de ce monde. Comment acceuillerait-il un armement nouveau ?

          Atréis

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            #12

            Post n°12
            Auteur : Leiel Osso

            Leiel ne répondit pas tout de suite à l'Amirale. Ce fut Korvax qui enchaîna :

            - Le Recusant est cher, bien sûr, mais c'est un appareil complet, Sous-Préfète. Et des hommes formés sur un tel Destroyer seront plus efficaces, plus polyvalents que ceux officiant sur un Sabaoth.

            Mais la Sous-Préfète ignora un instant le Conseiller, pensive. Elle répondit plutôt à la question de l'Amirale.

            - Mal, probablement. Mais les souvenirs de la guerre sont souvent fantasmés. Ils rejoignent un imaginaire collectif qui... peut être... éduqué. La guerre, celle qui risque d'arriver prochainement, que nous le voulions ou non, doit être préparée. Nous avons été épargnés jusqu'ici, c'est vrai. Il n'en reste pas moins que les planètes agricoles peuvent rapidement devenir des enjeux stratégiques. Supprimez les approvisionnements vitaux, et déstabilisez n'importe quel monde.

            Elle parlait plus lentement, songeuse. Korvax, qui n'aurait pas formulé les choses de la même façon, conservait un silence poli, mais probablement heurté.

            - Vous expliquiez justement qu'on ne peut séparer la machine de l'organique. Que l'un et l'autre, pour être efficaces, doivent travailler de concert. La machine seule ne détermine pas l'issue d'une bataille sans les réflexes, l'expérience et l'initiative de l'intelligence vivante. De même, on ne peut pas séparer un peuple de son armée. Seulement les vaisseaux que nous armerons ne pourront être tenus par des Raxiens. Former à moitié des hommes est la pire solution possible et je m'y refuse. Bien, ou rien. Mais à terme, les Raxiens devront pouvoir se reconnaître dans leur armée.

            - Les valeurs de l'armée de la CSI sont absolument reconnues par les habitants de Raxus, Amirale. Elles ne sont pas différentes, et des soldats venus d'autres mondes, qui s'engagent à défendre ces valeurs, ne seront jamais rejetés par la population, coupa Korvax.

            Osso observa un instant son Conseiller, le temps de comprendre d'où venait sa remarque.

            - Bien évidemment. Mais nous devons participer à cet effort nous aussi. Nos hommes doivent habiter ces Destroyers, ici, et partout où les intérêts de la CSI doivent être défendus. Amirale, je ne doute pas que vous puissiez nous fournir les meilleurs hommes pour nos futurs navires. Ce sera absolument nécessaire, quelque soit l'option qui sera retenue en Conseil restreint et en Conseil Général. J'anticipe... une certaine résistance. Mais rien d'insurmontable.

            Elle adressa un sourire confiant à Korvax qui écoutait dans un silence respectueux.

            - Notre projet est le bon. Nous devons nous préparer à un conflit potentiel. Nous devons amener la population de Secundus à accueillir cette initiative comme une bonne nouvelle. Et avec le temps, plus personne ne se posera la question. Raxus enverra ses enfants dans les étoiles, et Raxus en sera fier.

            Puis elle inclina légèrement la tête devant Zan'nta.

            - Nous pouvons apporter plus que des céréales aux mondes de la CSI. Nous aussi, à terme, ferons notre part au front. Les Raxiens comprennent la notion de devoir. Ils ne manqueront pas à l'appel.

            Mais la remarque suivante surprit le Conseiller, qui baissa les épaules.

            - Il faut commencer par les Sabaoth. Ce sont ceux qui seront les mieux acceptés, dès le départ. Et... plus tard, sans doute, nous monterons en gamme. Nous proposerons au vote l'achat et l'équipement de trois Destroyer Sabaoth. Amirale, nous aurons besoin d'aide pour les garnir d'hommes, évidemment. Il faut commencer par le commencement. Nous avons une belle progression devant nous, il ne s'agit pas de sauter des étapes.

            Korvax inspira longuement, en voyant son magnifique Recusant s'éloigner dans un avenir incertain. Si la décision de la Sous-Préfète n'était pas incontestable, elle n'en restait pas moins logique, et acceptable. Et surtout parce que l'option n'était pas totalement écartée. L'espoir était donc permis.

            - Amirale Zan'nta, nous vous remercions pour ces explications claires et pour votre temps précieux. Nous ne l'avons pas évoqué, mais vos hommes et vous-mêmes êtes bien sûr les bienvenus sur Raxus quand vous le désirerez. Nous pouvons mettre à votre disposition des hébergements qui vous seront réservés. Acceptez notre invitation prochaine. Notre planète est belle, je ne doute pas que la connaître au sol est aussi important que la saisir d'un regard, depuis l'espace.

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              Post n°13
              Auteur : Super PNJ

              Pour Zan’nta comme pour les officiels raxiens, la situation était claire : chacun devait retourner à ses prérogatives et ses devoirs. L’Amirale ne pouvait qu’imaginer ou supposer quelles étaient ceux de ses invités, mais elle ne voulait surtout pas les en séparer beaucoup plus longtemps. Aussi, lorsqu’Osso lui annonça qu’il était temps pour leurs chemins de se séparer, elle acquiesça simplement avant de porter la main à son oreille.

              -Capitaine Anderson. Rejoignez moi en salle de briefing.

              La discussion avait été intéressante, surtout ce dernier échange entre une femme pleine de vigueur, d’idées, voire d’idéalisme si elle avait osé, et un politicien nettement plus rompu aux joutes de son peuple et par la même, à l’imagination sclérosée. A la fougue de la jeunesse, il opposait la tradition. A l’innovation, il répliquait par un conservatisme dépassé. Néanmoins, les idées des uns comme des autres n’étaient pas sans fondement, et si il fallait choisir, il y avait fort à parier que Zan’nta n’eut gardé les deux pour en faire sa propre ultime idée. L’un comme l’autre défendait son parti sur un ton plutôt courtois, et c’était là quelque chose d’agréable pour une militaire habituée aux officiers parfois bien pus vindicatifs, même à son égard. C’était sans doute là l’une de ses grandes faiblesses : trop souvent, on avait pris son air affable pour celui d’un chien battu, son ton patibulaire pour de la lassitude. Mais il n’en était rien. Sous la glace couvait un feu qui ne s’éteignait jamais, et le temps remettait usuellement chacun à sa place. Et jusqu’ici, le temps l’avait bien souvent remise au sommet. A sa place.

              -Si vous me le permettez, avant de quitter le Ragnarok, je vous invite à suivre le Capitaine Anderson, que voici.

              Un Rodien venait de rentrer dans la pièce. Ses grands yeux reflétaient le ciel étoilé dans la baie derrière l’amirale, sur son uniforme brillaient des galons aussi simples qu’efficaces, sans aucune autre décoration. L’homme, rompu à la guerre, était un des seconds de l’Amirale à bord, et l’un de ses soutiens les plus fidèles. Cela faisait des années qu’ils travaillaient ensemble, désormais, et son grade ne reflétait pas exactement son importance. Mais il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même : il se complaisait dans cette position d’officier, acceptant des responsabilités sans trop en faire, lui permettant de revoir femme et enfants à son bon vouloir ou presque. Un homme presque dénué d’ambition, arrivé là où il voulait vaguement être. Eut-il échoué qu’il aurait fait son devoir peu importe le grade. Un homme malléable, en somme.

              -Capitaine Anderson, je vous présente la sous-préfète Leiel Osso et Monsieur le Conseiller Allar Korvax. Ils sont ici en qualité de représentants de Raxus Secundus, ainsi qu’en charge partiellement de la création d’une flotte Raxienne. Si vous pouviez leur montrer quelques uns de nos atouts à bord, je vous remercie.

              Puis elle se retourna vers ses invités, et les salua militairement.

              -Madame. Monsieur. Ce fut un plaisir d’échanger avec vous. Je vous conseille de réfléchir aux options et d’avancer sur votre projet avant de me demander de revenir. Mon temps reste assez précieux, et je ne pourrais pas m’autoriser des dizaines de permissions, vous le comprendrez. Peut-être aurez vous besoin de moi lors d’une présentation face au Conseil. D’ici là, portez vous bien, et que la Force soit avec vous.

              Puis elle tourna les talons, retournant à son poste de commandement. Bien sûr, tout tournait sans elle. Malgré cela, elle préférait rester proche des opérations. On ne savait jamais ce qui pouvait arriver.

              De son côté, le Capitaine montra de bonne grâce quelques aspects du vaisseau aux invités. Notant la parure extravagante de l’Humaine, il avait d’emblée exclu les moteurs et autres travées sales par nécessité. De fait, il les dirigea plutôt vers l’hyperdrive, un modèle de dernière génération de grande qualité, entretenu par une batterie de droïdes, leur montra les baies de stockage des droïdes e combat, leur permettant de contempler directement la puissance de la Confédération. Il les guida également vers l’énorme poste de pilotage, ruche presque grouillante d’activité, une machinerie huilée et efficace qui permettait de conduire le mastodonte. Enfin, il conclut par la salle de contrôle, où en dehors de la représentation holographique de la planète, on pouvait aisément y voir les autres vaisseaux qui accompagnaient le Ragnarok : Hraesvelg, Valkyrie, Fenrir et Jormungand. Une réelle démonstration de force.


              Atréis

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                #14

                Post n°14
                Auteur : Leiel Osso

                Les aspects techniques avaient intéressé Leiel, mais certainement pas autant que Korvax, qui ne tarissait pas d'éloges dans la navette du retour.

                - Et ce n'était qu'une fraction des réserves droïdes du Providence. Quarante mille droïdes de combat ! Et vous avez vu les Hailfire ?
                - Oui, Conseiller, j'ai vu.

                Elle sourit à Korvax qui accumulait les détails de l'armement du vaisseau principal avec enthousiasme. Cette visite avait fait l'effet d'une cure de Jouvence sur le vieil homme qui touchait du doigt ses rêves les plus anciens, et les plus fous. Osso, de son côté, revoyait en pensée les travées de droïdes inertes, pendus et stockés en attendant leurs ordres. Quelle armée formidable. Mais comment faire confiance à des machines ? Mia les considérait comme de simples outils et Leiel n'avait pas énormément évolué sur le sujet. Par la force des choses, elle côtoyait des droïdes de sécurité, des droïdes protocolaires, des droïdes de service, des droïdes de maintenance, des droïdes secrétaires, des droïdes conducteurs de navette, des droïdes infirmiers... toute la journée. Et derrière cette animation sans vie se cachait tous les autres, comme les droïdes de classe 1, qui calculaient les indices boursiers, les données biochimiques des laboratoires, les trajectoires dans l'hyperespace, ou les esclaves mécaniques modernes de classe 5, ceux qui faisaient le travail qu'aucun organique ne se résoudrait à effectuer.

                Comment faire confiance à une programmation ? Mia avait déjà détourné des droïdes de leur objectif premier. Leiel se souvenait comment faire, et ne remarquait, la plupart du temps, que les plaques de métal et les vis qui les maintenaient en place. Elle imaginait sans peine tous les circuits, cachés, organes si faciles à pénétrer et à reconfigurer au lieu de l'entité artificielle devant elle. C'était injuste, certes. Mais même sans cela, les droïdes développaient des personnalités, et il convenait d'effacer leur mémoire régulièrement pour que cela ne devienne pas un problème. Alors il fallait faire avec ces bombes à retardement, ces outils utiles mais des outils qui pouvaient changer de main.

                Pourtant, la Confédération n'avait pas eu à se plaindre de ses soldats artificiels. Sa puissance s'appuyait dessus. Ils composaient l'armée et l'armement idéal. Ils ne se posaient pas de question, leur obéissance restait aveugle et ils n'en étaient que craints davantage. Malgré tout, Leiel préférait les organiques. Leur fidélité était discutable, leur efficacité variable et leur coût prohibitif. Seulement on pouvait s'investir pour une telle armée. Des hommes engagés valaient mieux que des droïdes programmés. Elle étira ses jambes sous la table du salon protocolaire dans la navette et écouta avec le même léger sourire les constatations passionnées de son Conseiller à la Défense.

                Son attention s'était plus volontiers portée sur les organiques sous les ordres de l'Amirale. Une troupe efficace, organisée, structurée et obéissante. Une alternative intéressante à l'armée qu'elle voulait voir naître sur le sol de Raxus. Dans combien de temps ? Des années, sans doute. Dae'mid lui avait enseigné la valeur du temps politique. Elle détestait la leçon autant aujourd'hui qu'au premier jour, et pourtant, elle ne pouvait contourner le problème.

                - Conseiller, il faut présenter le projet au Conseil Restreint le plus rapidement possible. Vous pensez que vous pourrez monter les dossiers avant la semaine prochaine ? Je peux vous adjoindre d'autres assistants pour compenser ce surcroît de travail, bien sûr. Mais nous ne pouvons pas perdre de temps. Il faut commencer par voter les achats, avant de s'occuper de l'opinion publique.
                - Vraiment ? Mais, c'est plutôt dangereux, madame, de procéder dans cet ordre-là. Est-ce qu'il ne...
                - Non, nous ne savons pas combien de temps nous avons. Les commandes à SIENAR doivent être passées dès maintenant. Le temps de la livraison... doit être pris en compte. Et les relations avec Prime doivent évoluer dans le bon sens.
                - Dans le bon sens, madame ?
                - Korvax, ça ne vous dérange pas que notre planète sœur soit exploitée comme décharge stellaire par une entreprise privée qui s'en est arrogé le pouvoir ?
                - C'est le cas depuis des années, nous n'avons pas eu à nous plaindre de...
                - Nous plaindre ? Nous avons toute légitimité à nous plaindre. Les Machinistes de Nikato ont détruit ce monde, et SIENAR ronge ses os, tel le charognard qu'il est. Oh, non, ne faites pas cette tête, Conseiller. Je ne vais pas ordonner l'invasion de la planète sur un coup de tête ou de folie.
                - Phase d'approche amorcée. Veuillez regagner vos sièges et attacher vos ceintures. Merci.
                - Je dois vous avouer, Sous-Préfète, que je ne suis pas certain de ce que vous impliquez.

                Leiel boucla sa ceinture et reprit, d'un ton plus léger.

                - Rien, mon cher Korvax. Nous avons bien plus urgent à faire maintenant. Occupez-vous du dossier à présenter au Conseil. Je m'occupe de l'opinion publique. Laissez ces considérations stériles de côté, elles ne sont que cela, et mettons-nous au travail.




                Attendu la décision CRT- 6166 du Conseil Restreint du // portant sur l'équipement militaire et de sécurité de Raxus Secundus, engageant les amendements suivants :
                - l'amendement RS-0101 à la loi Salator sur le désengagement militaire
                - l'amendement RD-0144 à la loi Ducarev sur le financement de la défense planétaire
                - l'amendement RD-0183 à la loi Dovalys sur l'équipement planétaire
                - l'amendement RT-0109 à la loi Martens sur la gestion et l'organisation de la dette publique

                Attendu la décision CGY-8757 du Conseil Général du //* portant sur l'équipement militaire et de sécurité de Raxus Secundus ainsi que la ratification des amendements sus-nommés.

                Attendu la motion de confiance CGA-8931 du Conseil Général du //** portant sur la réorientation et la redéfinition de la politique planétaire dans le domaine de la défense et de l'équipement.

                Nous, le Conseil Général de Raxus Secundus, abondons dans le sens de :
                - la création du Département de Défense Planétaire de Raxus Secundus, autorité militaire publique sous les ordres de la Sous-Préfecture de Raxus Secundus et des organiques et droïdes mandatés à son service et son fonctionnement
                - la commande aux chantiers navals de Raxus Prime de trois Destroyer Sabaoth
                - l'équipement en hommes et en machines des-dits Destroyer
                - le déploiement des-dits Destroyer en orbite de Raxus Secundus et leur mise à disposition auprès le Département de Défense Planétaire de Raxus Secundus.


                En conséquence et devant la Loi, nous émettons l'ordre de commande sus-cité et autorisons l'émission de la ligne budgétaire correspondante.

                Prospérité, Stabilité
                Aqva Flvat, Sol Lvceat

                Leiel Osso,
                Sous-Préfète


                ***


                Sur les ordres et l'autorité de la Sous-Préfecture de Raxus Secundus,
                Sur les ordres et l'autorité du Conseil Général de Raxus Secundus,
                Sur les ordres et l'autorité du Département de Défense Planétaire de Raxus Secundus,
                Sur les ordres et l'autorité du Bureau de l'Equipement,

                nous formulons la commande suivante auprès des chantiers SIENAR de Raxus Prime :

                - Destroyer Sabaoth – 3 unités

                et débloquons les fonds suivants afin d'honorer la commande :

                - 180 000 crédits x3
                Soit 540 000 crédits, à l'ordre des chantiers SIENAR.

                Prospérité, Stabilité
                Aqva Flvat, Sol Lvceat


                Leiel Osso,
                Sous-Préfète

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                  Post n°15
                  Auteur : June King

                  Spoiler : HRP
                  Je prends le relais de notre bon vieux Super PNJ. Je vais t'accompagner un petit bout de chemin pour continuer l'intrigue.


                  Géonosis. Avant la réunion holographique avec le conseiller.

                  « — Très bien monsieur, il en sera fait selon vos ordres. »

                  Éteignant et posant son comlink holographique sur son bureau, après une longue conversation avec un supérieur militaire qui lui expliquait ce qu'il allait devoir faire prochainement : le colonel Otto Graff, masqua discrètement un bâillement de fatigue à l'aide d'une de ses mains. Se détendant la nuque en penchant sa tête de gauche à droite avant d'étirer ses épaules, il se leva finalement de sa chaise de bureau pour se diriger vers la fenêtre la plus proche tout en s'allumant une cigarette - rester derrière un bureau toute la journée à traiter des papiers et participer à des rendez-vous étaient tout aussi difficile que la vie de militaire, pouvait-il se dire à cet instant. À l'extérieur, l'orage grondait toujours autant, ne laissant aucunement le soleil illuminer les journées et rendant les nuits encore plus noires. Cette météo était toujours si hypnotisant et apaisante à contempler, mais terriblement dangereuse. En effet, les orages sur la planète rouge étaient rares - voire inexistants - mais lorsqu'il y en avait un, celui-ci pouvait durer des jours, voire des semaines entières sans interruption, recouvrant une immense partie de la planète sous les éclairs et une pluie diluvienne incessante, rendant toutes communications grésillantes et décollages de vaisseaux millimétrés.

                  Admirant la puissance de la nature en écoutant la pluie frapper sa fenêtre sans se fatiguer, le colonel aperçut son reflet à la suite d'un immense éclair qui illumina le ciel. Le colonel Otto Graff avait dans la cinquantaine et était un homme imposant de par sa taille avoisinant le mètre quatre-vingt-dix. Son visage était marqué par une mâchoire carrée et des yeux perçants d'un bleu acier. Sa carrure était robuste et sa posture toujours droite et dominante, reflétant une discipline stricte. Il portait fièrement l'uniforme distinctif des séparatistes orné de son insigne de la Confédération, ainsi que ses couleurs qu'il respectait énormément. Tellement, que derrière son bureau se tenaient fièrement deux drapeaux séparatistes installés sur des supports individuels.

                  Malheureusement, l'heure n'était pas encore au repos et il lui restait une nouvelle chose à régler avant de pouvoir pleinement se détendre. Terminant sa cigarette avant de se rediriger vers son bureau, il se servit tout de même un verre d'un alcool qu'il appréciait tout particulièrement afin de l'aider à s'éclaircir la voix et à soulager cette sensation de bouche sèche. S'asseyant sur son fauteuil en posant son verre sur le bureau à côté d'un datapad, il prit ce dernier pour observer la fiche d'une sergente qu'il ne connaissait pas du tout. D'après les nombreux rapports, cette sergente était un cas particulier et une tornade à elle toute seule. Heureusement, les rapports faisaient aussi mention de son professionnalisme, de son courage, de sa capacité à s'adapter à toute épreuve, mais surtout d'une habileté presque surnaturelle pour le tir à distance. Curieux d'en apprendre plus sur ce sous-officière, il prit son comlink holographique et contacta la lieutenante Maria Gladmoore, qui était visiblement sa supérieure et également sa protectrice. Prenant une nouvelle gorgée de son alcool, il posa son verre lorsqu'une petite silhouette se forma devant lui.

                  « — Colonel Otto Graff, que me vaut cet honneur ? demanda la lieutenante Gladmoore, droite et saluant son supérieur d'un ton respectueux, mais toujours aussi charmant dans sa froideur. »

                  « — Repos lieutenante, commençait-il en la saluant en retour. J'ai dans mes mains un datapad concernant la sergente King, dont vous êtes la responsable, dit-il en prenant le datapad et en observant la fiche de la sergente. Il est fait mention d'une sous-officière talentueuse au tir à distance et prometteuse pour l'avenir, j'aimerais en apprendre davantage sur elle en ne me contentant pas seulement des rapports, posa-t-il ensuite le datapad sur le bureau en regardant de nouveau la lieutenante. C'est pour cela que je vous contacte, puisque vous êtes à l'origine de sa candidature. »

                  « — Bien sûr, je serais ravi de vous en dire plus. Mais sachez que les rapports qui sont en votre possession ont été écris par mes soins, et que toutes les questions que vous vous posez peuvent avoir leur réponse en les lisant, répondit-elle froidement comme à son habitude. Ce que je peux vous dire et que la sergente est un élément indispensable pour le futur de la Confédération. Loyale et dévouée à la cause séparatiste, la sergente répond parfaitement aux ordres et fait preuve d'un sens critique remarquable et d'une prise de décisions rapides et efficaces. Ce qu'il manque à beaucoup de recrues ou de sous-officiers, détailla-t-elle en marquant certains points importants. Je peux aussi vous dire qu'elle parvient facilement à gagner la confiance des personnes qui l'entourent et est une instructrice remarquable en qui je peux entièrement me reposer, expliqua-t-elle en ayant durant une fraction de seconde un léger rictus de fierté. Aussi vous pouvez lui faire pleinement confiance, tout autant que la confiance que vous m'accordez, termina-t-elle en appuyant sur ce dernier détail. »

                  « — Tout autant que la confiance que j'ai en vous ? répéta le colonel, surpris de voir la lieutenante faire tant de louanges. Seriez-vous en train de m'expliquer que vous l'auriez pris sous votre aile tout particulièrement ? questionna-t-il son interlocutrice. »

                  « — Je ne vais pas m'en cacher colonel, les recrues dont je suis fière se comptent sur les doigts d'une main. Je mise beaucoup sur la sergente. C'est pour cela que je suis stricte avec. Je veux la voir évoluer et monter les marches et c'est pourquoi j'ai tout de suite déposé sa candidature pour qu'elle soit formatrice sur Raxus, je voyais là une occasion parfaite pour elle, expliqua la lieutenante. »

                  Le colonel resta durant quelques instants intrigué par ce que venait de dire la lieutenante. Cela ne lui ressemblait pas, elle ne faisait que rarement des compliments sur ses recrues. Ceci démontrait certainement une importance particulière qu'elle avait envers cette sergente et l'envie de la voir progresser. Posant au même instant son regard sur le datapad un détail qu'il avait manqué capta son attention.

                  « — Je remarque aussi que la sergente est une Lorrdienne, serait-ce pour cela qu'elle est importante à vos yeux ? pointait-il ce détail en prenant le temps de marquer une petite pause. Ils ne sont qu'une poignée dans l'univers et sont énormément recherchés pour leur capacité naturelle à imiter les gens et reproduire leurs faits et gestes, ainsi que leur voix et excellent dans la lecture des émotions et intentions. Pourquoi ne pas en tirer un meilleur usage en lui offrant un poste dont elle pourrait pleinement profiter de ses qualités ou lieu de la faire évoluer dans l'armée ? demanda-t-il à la lieutenante en soulignant un point important. »

                  « — Nous pouvons toujours lui proposer autre chose. Mais, connaissant mon ancienne recrue mieux que quiconque, vous passeriez à côté d'un élément important pour les rangs militaires, continua d'affirmer la lieutenante en prenant une intonation plus sèche. »

                  « — Je vais être franc avec vous, prit-il un ton plus sérieux. Je n'ai aucunement de sympathie ou de respect pour elle, puisque je ne la connais pas et qu'elle n'est qu'une simple sous-officière. Mais, si elle est importante pour vous, je ferais mon maximum pour correctement la présenter et louer ses qualités, expliqua-t-il en joignant ses mains posées sur le bureau. Je vous dois bien ça. »

                  « — Je vous remercie, colonel, rétorqua la lieutenante en saluant son supérieur. »

                  « — Graff, terminé. »

                  Alors que l'hologramme de Gladmoore disparaissait du comlink, le colonel comprit que la lieutenante avait une attache et une importance particulière pour la sous-officière, et qu'elle ne comptait pas changer d'avis à ce sujet. Prenant une nouvelle gorgée de son alcool avant de se masser délicatement les yeux qui devenaient douloureux à cause de la fatigue, il alluma une autre cigarette et regarda de nouveau le datapad en faisant défiler les autres profils des candidats qui s'étaient inscrits pour former les futurs militaires raxiens. Mais très vite, en lisant quelques profils, le colonel réalisa que seul celui de la jeune sergente était digne d'intérêt et réunissait déjà tous les éléments nécessaires pour répondre favorablement à sa nomination au poste de formateur en chef.

                  Déposant le datapad sur le bureau avant de tapoter sa cigarette du bout du doigt pour décrocher la cendre dans le cendrier, le colonel se dit qu'une simple sergente ne pouvait pas accéder au poste de formateur en chef. Devait-il faire un rapport pour préparer sa promotion afin d'accéder à un grade supérieur ? En faisant cela, il serait dans l'obligation d'en faire de même pour la lieutenante. Mais plus le temps de réfléchir, alors qu'un éclair grondait de nouveau dans le ciel de Géonosis, ramenant le colonel de ses pensées, ce dernier dirigea automatiquement ses yeux vers l'horloge numérique de son bureau. L'heure convenue avec le conseiller Korvax pour un rendez-vous holographique allait bientôt débuter. Écrasant sa cigarette au fond du cendrier tout en se levant de son fauteuil, le colonel s'avança vers le miroir de son bureau pour redresser le col de sa chemise et les extrémités de son uniforme avant d'enfiler sa veste. Le colonel avait horreur de sortir sans être un minimum présentable aux yeux de tous - une manie qu'il avait héritée de son formateur de l'époque. Une fois prêt, il se dirigea vers la salle de transmission de la base. En temps normal, il effectuait tous ses appels depuis son bureau, mais le puissant orage - qui durait depuis plusieurs jours maintenant - brouillait toutes les communications, et seuls les appels holographiques depuis l'extérieur étaient perturbés (seules les communications intérieures pouvaient être utilisées sans problèmes), sauf dans cette salle qui était munie d'une puissante antenne capable de transmettre au-delà de l'orage.

                  Traversant la base pour atteindre la salle de transmission, tous les droïdes et organiques saluèrent leur supérieur.

                  « — Mettez-moi en communication avec Raxus ! ordonna-t-il d'un ton sec. »

                  Alors que l'ordre fut donné, les lumières diminuèrent en intensité, plongeant entièrement la salle dans la pénombre. Pour le colonel, cette tâche était cruciale et importante pour renforcer les liens entre les forces armées de la Confédération et les dirigeants politiques de Raxus. Parvenir à bien présenter la sergente et future instructrice en chef de leur académie était une opportunité rêvée pour renforcer l'armée et élargir l'influence séparatiste, même depuis une planète mineure comme Raxus Secundus.
                  Alors qu'on faisait signe au colonel que les communications étaient opérationnelles, l'appel allait enfin pouvoir commencer. Se plaçant au centre de la pièce, la posture fière et sûre de lui, l'hologramme de son interlocuteur apparaissait devant lui.

                  « — Conseiller Korvax, je présume. Enchanté, colonel Otto Graff, se présenta-t-il en saluant militairement le conseiller. Tout d'abord, veuillez m'excuser si les communications ne sont pas aussi bonnes que d'habitude, nous essuyons un orage particulièrement gênant en ce moment, expliqua-t-il au cas où les communications devaient se couper brutalement. Vous devez vous en douter, puisque le rendez-vous a été convenu, je suis ici pour vous présenter votre future formatrice en chef pour votre académie militaire, si vous le voulez bien, prit-il le temps d'être précis et clair dans ses phrases. »
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                    #16

                    Post n°16
                    Auteur : Leiel Osso

                    Volgger Korvax, depuis qu'il avait confirmé la date de la communication, ne dormait plus. Ce n'est pas tant que le Conseiller à la Défense fut un fêtard invétéré, ni qu'il éprouvât une angoisse toute particulière à l'idée de parler avec le colonel Graff. Korvax. Depuis plusieurs jours, et quelques nuits, il répétait inlassablement ce qu'il devait dire.

                    Le Conseiller était face à la chance de sa carrière, la chance de sa vie. Raxus Secundus avait été une planète violente, pendant des millénaires. Mais elle avait appris à régler ses conflits internes différemment qu'à coup de batteries laser. Le monde était toujours soucieux de ses richesses naturelles, l'ordre était relativement facilement contenu par les droïdes de la police ou les intérêts privés. Alors l'armée...

                    Présent dans les gouvernements pré-datant la CSI, Volgger n'avait jamais vécu une période de tel faste budgétaire. Pour la première fois de sa vie, des crédits abondaient dans sa direction. Des décisions devaient être prises, des choix devaient être faits, et c'était à lui qu'on demandait son avis. Quarante ans de carrière, pour qu'enfin on lui parle de politique.

                    Cependant, ce changement dans le rythme du monde, s'il était bien accueilli, était peut-être moins bien vécu. Le Conseiller vivait dans la crainte de se tromper, lui qui n'avait jamais pris un risque de son existence. Toutes les décisions à venir se rapporteraient à lui, à ce moment précis où la politique militaire multi-millénaire de la planète allait changer. Korvax ne se leurrait pas. Ce serait aussi son chant du cygne. Alors tout devait être parfait.

                    D'autant plus parfait que d'autres Conseillers acceptaient mal les dernières « excentricités » de la Sous-Préfète. Osso s'attirait des reproches dernièrement, son urgence à réformer pesait lourd dans le budget de la planète et la future académie militaire allait creuser encore ces déficits. L'idée avait fait reculer Korvax, au début. Les foudres du Conseiller aux finances Bergen laissaient des traces où elle tombaient. Mais... n'était-ce pas le temps d'agir ? De prendre les devants ? D'enfin faire un pas dans « la bonne direction » ?

                    La communication allait avoir lieu dans quelques instants. Déjà à son bureau, Korvax essuyait ses mains sur son pantalon. Quelle chaleur ! Au moment où il s'épongeait le front, l'holocom illumina la pièce. Il se rassit, droit comme un I, n'osant même plus cligner des yeux, manquant de répondre au salut militaire du colonel, ce qu'il, heureusement, réussit à éviter. Graff, direct, énonçait déjà l'objet de son appel.

                    - Colonel Graff, salutations. Pour que tout soit bien clair, je voulais rappeler quelques éléments propres au dossier raxien.

                    Du calme, une respiration profonde, ne pas parler trop vite. Voilà. Il allait y arriver. Il en avait l'étoffe.

                    - L'académie militaire est appelée de nos vœux, mais tous les budgets ne sont pas encore votés. En conséquence, rien n'est prêt. Nous n'avons pas de bâtiment, ni au sol, ni en orbite, à part nos trois... deux Sabaoth. Je ne veux pas que votre formatrice en chef soit prise de cours, ou déçue.

                    Non, il ne fallait pas présenter les choses comme ça...

                    - Je veux dire qu'il faudra que nous travaillions ensemble sur l'élaboration fine du projet. Je peux confirmer l'engagement de la Sous-Préfète et celui de son gouvernement. Raxus a besoin du projet, mais au-delà de notre planète, nous espérons apporter un nouvel atout à la Confédération.

                    C'était mieux. Mais il louvoyait, il s'en rendait compte.

                    - Nous sommes enchantés d'accueillir la formatrice que vous avez choisie et mettrons à sa disposition tout ce dont elle pourrait avoir besoin. Que devons-nous savoir sur elle ?

                    Mieux. Il fallait arrêter de parler. Trop vite en plus. Mais c'était lancé... le projet était véritablement lancé ! Volgger Korvax vivait, absolument, le plus beau moment de son existence.

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                      #17

                      Post n°17
                      Auteur : June King

                      Les mains jointes dans le dos, le visage froid et impassible, le colonel Graff se tenait seul au milieu de la pièce plongée dans une pénombre totale. Seule son imposante silhouette se distinguait grâce aux faibles éclairages projetés par l'holoprojecteur en face de lui, qui affichait en grand le conseiller à la défense de Raxus Secundus : Volgger Korvax. Détaillant et observant chaque mouvement et écoutant attentivement chaque mot prononcé par le conseiller ; le colonel pouvait percevoir son affolement dans son attitude. Le pauvre homme semblait chercher ses mots au fur et à mesure de son monologue qu'il présentait de plus en plus vite, tout en voulant désespérément paraître le plus détendu et sérieux possible face au colonel qui ne faisait qu'écouter méticuleusement ce qu'il avait à dire. Les explications du conseiller étaient angoissantes pour l'avenir. Les budgets pour l'académie n'avaient pas encore été approuvés et les fondations de celle-ci étaient encore seulement dessinées sur un plan, si le colonel avait bien compris. Comment cela pouvait-il être acceptable d'amener une formatrice importante sur Raxus et de déranger la Confédération pour rien ? Le froncement de sourcils du colonel et ses yeux qui semblaient se transformer en blasters à cet instant pouvaient être clairement visibles. Bien que le conseiller essayait de se rattraper en expliquant plus calmement que sa planète souhaitait travailler en étroite collaboration avec la Confédération pour améliorer leur situation et faire sortir de terre une académie impressionnante, cela ne suffisait pas et le colonel semblait interrogatif.

                      « — Conseiller, que cela soit clair dès à présent et de manière catégorique, répondit froidement le colonel une fois le monologue du conseiller terminé. La formatrice ne sera nullement sous vos ordres ou sous les lois de Raxus. La sergente et une confédérée et une soldate avant tout, elle ne sera là que pour vous aider à former les premiers soldats qui devront reprendre la relève avant son départ, expliqua-t-il afin qu'il ne se repose pas uniquement sur la sergente. Évidemment, elle devra disposer de tout ce qu'elle aura besoin pour le bon déroulement des recrutements et entraînements, appuya-t-il sur ce détail. Aussi, je ne vous cache pas ma déception concernant l'académie qui n'est pas encore présente, mais je prends note que votre planète est en pleine remilitarisation et constructions d'infrastructures militaires, c'est pourquoi je fermerai les yeux sur ce détail, soulageait-il le conseiller sur ce point. Mais, si vous voulez garantir une bonne coopération et une bonne entente avec la Confédération, je vous suggère de débuter les fondations immédiatement, conseilla-t-il sous-entendant de construire l'académie sans passer par un vote ou une approbation majoritaire et de ne pas vendre la peau du Bantha avant de l'avoir tué, concernant les promesses envers la CSI. »

                      Le colonel Graff instaura volontairement un moment de silence pendant lequel il se racla la gorge, puis sortit de derrière son dos un datapad contenant les informations personnelles et professionnelles de la jeune sergente et formatrice chargée des recrutements et des entraînements des premières recrues de Raxus. En appuyant sur l'une des touches du datapad, un hologramme de la sergente apparut devant le conseiller, sans qu'il soit nécessaire de l'afficher également pour le colonel. S'assurant que son hologramme tournait sur lui-même en activant cette fonction, le colonel éloigna le datapad de ses yeux afin de présenter la sergente de manière détaillée au conseiller.

                      « — Je vous présente la sergente June King, dit-il en se remettant droit et les mains jointes dans le dos qui tenaient le datapad. La sergente et formatrice en entraînements de tirs de toutes catégories, et plus spécifiquement en tir à distance, fait la fierté de la Confédération et est énormément estimée et respectée par tous, y compris par ses supérieurs, détailla-t-il en laissant le conseiller avoir un moment de silence pour enregistrer les informations. Elle a également dirigé des escadrons d'élite dans de nombreuses batailles, notamment sur Félucia lorsqu'elle a fait face à un Sith, et a toujours réussi à tirer le meilleur de ses troupes en les préparant pour la victoire, une sorte de don inné chez elle, prit-il le temps positionner le datapad de nouveau en face de lui en appuyant dessus pour que le conseiller puisse avoir l'intégralité des informations de son côté. La sergente et une proche-humaine de talent et capable de déceler la moindre émotion ou attention malhonnête de son interlocuteur, elle sait faire preuve de discrétion et répond parfaitement aux ordres, c'est pour cela qu'elle excelle parfaitement dans son rôle de formatrice, rien ne lui échappe, louait-il ses qualités naturelles. Ainsi, si quelque chose devait lui arriver, soyez-en sûr qu'il y aurait de graves répercussions, alerta-t-il sous forme d'avertissement déguisé. »

                      Le colonel put enfin, lui aussi, avoir pour la première fois un aperçu complet de cette sergente si particulière aux yeux de la lieutenante Gladmoore. Mis à part une simple photo peu flatteuse dans sa fiche à l'intérieur du datapad-, il fut surpris et étrangement amusé par la taille de ce petit bout de femme qui donnait plus l'envie de la protéger en la serrant dans ses bras que de compter sur elle dans des moments difficiles pour survivre à une catastrophe ou a une guerre intergalactique. Pourquoi avoir sollicité sa candidature ? Allait-elle avoir les épaules suffisamment larges pour répondre correctement aux exigences que demandait cette mission, loin de la capitale de la Confédération ? Cependant, le colonel avait vu bien des choses et savait qu'il ne fallait jamais se fier aux apparences. D'autant plus que la sergente avait un passé et des faits d'armes assez remarquables à son actif.

                      « — Avez-vous des questions particulières auxquelles vous voulez que je réponde ? questionna-t-il le conseiller en souhaitant lui apporter le plus de clarté possible. »

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                        #18

                        Post n°18
                        Auteur : Leiel Osso

                        La réponse du colonel Graff fut une douche froide pour le pauvre Korvax. Il manqua de couper la parole à son interlocuteur pour se justifier : « nous n'avons pas demandé officiellement d'aide à la CSI, notre projet n'est pas fini, vous arrivez trop tôt... » mais fort heureusement, il garda ses états d'âme pour lui. Effectivement, rien n'était prêt. Rien ne le serait avant des mois, sans doute. En revanche, il y avait à faire. Beaucoup à préparer, à prévoir, à mettre en place. La future académie devrait compter entre cent cinquante et deux cents élèves par an pour une formation de quatre ans. Un millier d'élèves, une fois que les choses se seraient mises en route. Une goutte d'eau... mais contrairement à la République dont l'armée était organique, la Confédération utilisait massivement les droïdes pour grouillots. L'Académie ne formerait pas l'infanterie de demain. Elle formerait ses officiers.

                        Et pour former des officiers, il fallait des moyens, des formateurs performants, une volonté d'excellence... un esprit de corps. Et les grandes lignes de cet esprit manquaient encore. Korvax, pour en avoir parlé avec Osso, savait qu'initialement, elle avait privilégié une spécialisation défensive. Puis elle était revenue sur ce choix. Un officier doit être capable de tout faire, avait-elle expliqué. Et pour capable de prendre l'avantage, il faut savoir le trouver. Si les officiers ne savent lire qu'une moitié du champ de bataille, ils ne serviront à rien. Le Conseiller à la défense avait approuvé. Osso n'avait rien d'une militaire. Il lui semblait même qu'elle peinait à concevoir correctement la hiérarchie qui s'appliquait au sein de la Confédération entre les civils et l'armée. Mais il se rangeait à ses côtés, de toute façon. Personne sauf elle n'aurait entrepris un tel revirement de politique publique.

                        - Un Sith ?

                        Korvax haussa les sourcils, impressionné. Il n'en avait jamais vu, même pendant le temps de leur bref Empire. Mais le simple nom déclencha chez lui une sueur froide. Décidément, il fallait que Raxus sache se protéger. La galaxie recelait des monstres partout. Il toussa un peu avant de reprendre la parole.

                        - Merci infiniment, Colonel. Nous sommes ravis d'accueillir la sergente King sur Raxus Secundus. La planète est calme, il n'y a pas de raison que quoique ce soit lui arrive ! Sa sécurité sera assurée, bien sûr. C'est tout naturel. Puis-je vous demander si elle est amenée à rester à l'Académie ? Est-elle pressentie pour en devenir la directrice ?

                        Cette discussion là avec Osso n'avait trouvé aucune réponse : qui allait prendre la tête de l'Académie ? Comment couper l'herbe sous le pied des Viginti qui allaient phagocyter le lieu comme autant de tiques ? La Sous-Préfète n'avait pas de réponse. Pas encore.

                        - Quoiqu'il en soit, nous ferons de notre mieux pour satisfaire les exigences de la Confédération et celles de la sergente King. C'est la raison même de ce projet : fournir à la CSI ce dont elle a besoin.

                        Un élan patriotique fit bomber le torse de Korvax. Il se sentit tout de suite un peu ridicule, mais le transport était sincère. Enfin... enfin, il était utile.

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                          #19

                          Post n°19
                          Auteur : June King

                          Le colonel Graff se révélait être un orateur convaincant, capable d'exprimer ses idées avec clarté et passion dans ses propos. L'art de la persuasion n'était pas donné à tout le monde, mais il savait captiver son auditoire à sa manière et ne manquait jamais d'assurance. Bien que la Confédération lui avait confié ces dernières années des tâches bien moins palpitantes que de conduire des troupes sur le champ de bataille et vers la victoire, il savait que la bureaucratie était tout aussi épuisante et terriblement dangereuse. Malgré cela, il conservait certaines manières militaires dans son discours, qui pouvaient donner l'impression d'une hostilité décomplexée. Bien sûr, il n'allait certainement pas sourire de manière malicieuse, comme le faisaient souvent les politiciens, mais une certaine volonté de paraître amical sans pour autant offenser son interlocuteur pouvait se faire ressentir parfois dans ses paroles.

                          Après le long monologue du colonel sur la sergente et les explications concernant les exigences de la Confédération quant aux conditions à remplir, le conseiller Korvax prit la parole et n'hésita pas à rassurer le militaire. Ce dernier hocha simplement la tête en réponse. Se redressant et éteignant l'hologramme de la sergente, il joignit les mains derrière son dos et remercia le conseiller.

                          « — Vous m'en voyez soulagé, conseiller. Même si certaines choses sont à améliorer, votre sens du travail et votre dévouement envers la Confédération nous honorent et elle saura vous le rendre correctement, dit-il en hochant une nouvelle fois la tête. Vous disposez à présent de toutes les informations nécessaires pour assurer une bonne réception de la sergente et savoir à qui vous avez affaire, j'espère que vous ne la décevrez pas, répéta-t-il. Je vous souhaite bonne chance, conseiller. Graff, terminé. »

                          Alors que l'hologramme du conseiller disparut, plongeant la pièce dans l'obscurité totale avant que les lumières ne reviennent pour éblouir les yeux du colonel, une expression de satisfaction et de fierté se dessina sur son visage. Il craqua sa nuque pour se détendre, signe de soulagement après cette réunion courte, mais épuisante - une chance que son implant réduisant la fatigue fonctionnait parfaitement. Il était déjà très tard, et la soirée avait laissée place à la nuit - dont l'obscurité était accentuée par l'orage qui grondait encore à l'extérieur et recouvrait une grande partie de la planète. Le colonel se dirigea vers la sortie de la salle de réunion pour regagner son bureau, mais décida de faire un léger détour vers l'extérieur pour prendre une bouffée d'air frais et fumer une cigarette, appréciant la douce berceuse apaisante qu'offrait le tonnerre.

                          Mais l'appel du travail se faisait de plus en plus fort. Écrasant sa cigarette dans un cendrier extérieur, le colonel retourna s'asseoir à son bureau pour rédiger un long rapport sur son échange avec le conseiller. Cependant, au cours de la rédaction, il se souvint d'un détail crucial concernant la sergente : un sous-officier ne pouvait prétendre à un poste de chef formateur. Bien qu'elle puisse temporairement pallier l'absence d'un officier ou d'un officier supérieur, son grade de sergent ne lui permettait pas d'assumer des responsabilités importantes telles que diriger une académie en tant que directrice. Il décida donc d'ouvrir une nouvelle page dans son datapad et d'entamer un long rapport et une demande pour que la sergente soit promue. Bien entendu, cela nécessiterait l'approbation de plusieurs officiers et officiers supérieurs et prendrait du temps. Cependant, s'il pouvait garantir à l'académie, qui verrait bientôt le jour, une directrice officielle avec le grade d'officier, cela faciliterait grandement ses recherches pour un remplaçant en lui faisant gagner du temps et lui éviterait surtout une montagne de paperasse inutile.

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