Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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    #1

    Post n°1
    Auteur : Super PNJ


    Flay'n Zan'nta


    L'Amirale Flay'n Zan'nta prit place dans son fauteuil de commandement. Son vaisseau de combat, un croiseur de classe Providence, sobrement baptisé Ragnarok par sa commandante, fendait l'hyperespace à sa vitesse de croisière et s'apprêtait à le quitter pour entrer dans le système Raxus. Les couleurs de la CSI s'étalaient sur la carlingue de l'appareil, portées avec la fierté d'une militaire qui avait déjà vu trop de combats, mais ne s'en lassait pas. Originaire de Mygeeto, élevée dans la bourgeoisie la plus stricte en tant qu'aînée de sa fratrie, on lui avait toujours dévolu la responsabilité de porter le nom de sa famille sous les drapeaux, chose qu'elle fit sans rechigner. Major de promotion à l'Académie Planétaire sous l'Ancienne République, officier d'artillerie puis commandante de petite frégate, elle avait démissionné au moment où les tensions vives apparaissaient entre la République et la Confédération. Retournée sur Mygeeto auprès de sa famille, bénéficiaire d'une belle réputation d'efficacité, on lui confia au début de la guerre un nouveau commandement, qui s'étira dans le temps par la force des choses, lui permettant de gravir les derniers échelons qui lui manquaient, faisant d'elle la fierté de sa famille.

    Depuis son fauteuil, qu'elle avait voulu inconfortable pour, selon ses dires, ne pas regretter lorsque viendrait le moment de partir, elle observait les manœuvres de sortie de route d'hyperespace, silencieuse. Chaque homme à bord avait été trié sur le volet, sélectionné selon des critères stricts par l'Amirale : une expérience d'au moins cinq années dans la Marine, célibataire, sans casier judiciaire... Zan'nta voulait compter sur ses hommes à tout instant. Et ses troupes savaient qu'elle ferait tout pour les ramener intact. C'était là également l'une de ses caractéristiques : elle préférait largement les organiques, soumis à l'erreur mais capable d'initiatives, aux droïdes qui ne faisaient que ce pour quoi ils étaient programmés. En tout cas, aux postes clés.


    -Amirale Zan'nta. Toutes les unités au rapport.

    -Hraesvelg, au rapport.

    -Valkyrie, au rapport.

    -Fenrir, au rapport.

    -Jormungand, au rapport.

    Lorsque l'imposant Providence surgit dans l'espace Raxien, ralentissant d'un seul coup, suivi par son escorte de deux Recusant et de deux Munificent, l'Amirale se leva de son siège et se rapprocha de la grande baie d'observation, mains croisées dans le dos. Tout ses subordonnés connaissaient cette façon de faire et d'être de l'officier supérieur, qui ressentait systématiquement le besoin d'embrasser la vision du système dans lequel elle arrivait. Immédiatement, elle réfléchissait aux possibilités d'échappatoire, de poursuite, de combat... Dores et déjà, elle imaginait de nombreux scenarii. Par expérience, il valait mieux prévenir que guérir, quand bien même elle n'était là que pour surveiller et protéger le système.

    Raxus Prime, l'industrielle, qui s'opposait à Raxus Secundus, la rurale. Le monde décharge contre le monde Eden. La guerre contre la paix, presque. D'instinct, Flay'n se tourna vers la seconde. Cette planète avait son importance pour la CSI. Peu le savaient, mais le Consulat était présent sur ces terres. Elle-même ne le savait que parce qu'elle en avait désigné des membres, en son temps, à la formation de l'organe politique. Une création qu'elle avait redouté, à l'époque, et qu'elle redoutait encore, tant son influence était tentaculaire et nébuleuse. Le réel pouvoir central de la Confédération. Mais pour l'heure, c'était une autre strate du pouvoir qui allait accaparer son attention : si Becky Katinsale, sous-préfète de Raxus Prime, était une habituée de la politique et de la défense, ce n'était pas le cas de Leiel Osso. Jeune transfuge de l'Imperium, arrivée récemment sur Raxus Secundus, elle avait fait des discours plein de bonne volonté, mais personne n'était dupe : on ne devient pas sous-préfet sans une bonne dose de vice, de roublardise. Des défauts aux yeux de l'Amirale, des qualités pour les politiciens. Un vrai mur qui séparait les deux organes principaux de la Confédération. Pourtant, ils seraient obligés de travailler ensemble.

    Zan'nta retourna à son poste de commandement et se tourna vers son enregistreur holographique.


    -Message à l'attention de la sous-préfète de Raxus Secundus Leiel Osso, en provenance de l'Amirale Flay'n Zan'nta, commandant de la flotte Yggdrasil et capitaine du Ragnarok.
    Mes hommages, sous-préfète. J'ai été envoyée dans le secteur Raxus à la demande de la Générale Suprême Valkoinen, afin d'assurer la protection de votre planète, ainsi que de Raxus Prime et de vous conseiller concernant votre politique de défense. Je serais honorée de vous recevoir à bord.
    Amirale Zan'nta. Terminé.


    Kryann
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    • Le ChroniqueurL Hors-ligne
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      Le Chroniqueur
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      #2

      Post n°2
      Auteur : Leiel Osso

      -Message à l'attention de la sous-préfète de Raxus Secundus Leiel Osso, en provenance de l'Amirale Flay'n Zan'nta, commandant de la flotte Yggdrasil et capitaine du Ragnarok.
      Mes hommages, sous-préfète. J'ai été envoyée dans le secteur Raxus à la demande de la Générale Suprême Valkoinen, afin d'assurer la protection de votre planète, ainsi que de Raxus Prime et de vous conseiller concernant votre politique de défense. Je serais honorée de vous recevoir à bord.
      Amirale Zan'nta. Terminé.



      - Cinq vaisseaux, et non des moindres.
      - Un Providence, deux Munificent, deux Recusant. C'est un changement radical de la politique de patrouille de l'espace indépendantiste. Ma question est : est-ce qu'il s'agit d'une répartition de la flotte selon une logique à déterminer, ou courons-nous un danger dont nous ignorons la nature ?
      - Ou d'un moyen de pression.

      Conseiller à la Sécurité, Allar Korvax avait vu passer trois Sous-Préfets. Le bref premier représentant de la Confédération, son successeur Dae'mid et la nouvelle surprise, Osso. Dans les trois cas, la politique planétaire en matière de sécurité avait été de faire porter la charge la plus lourde possible à la société civile. Les intérêts privés organisaient des milices armées pour escorter les vaisseaux de commerce, pour garantir la paix sur les sites d'exploitation, pour surveiller les propriétés appartenant aux particuliers. Bien sûr, ces organismes ne remplaçaient pas le maintien de l'ordre assuré par la puissance publique. Mais celle-ci atteignait à peine 78 gardiens de la paix organiques pour 100 000 habitants. Et cela comprenait la Milice Urbaine, les Forces d'Enquêtes et d'Investigation, les casernes qui émaillaient la campagne raxienne, les Forces d'Intervention qui n'intervenaient presque jamais. Raxus Secundus était une planète calme, certes, mais une mosaïque décentralisée en ce qui concernait les forces armées dont les effectifs reposaient largement sur des droïdes de patrouille aux programmations dépassées.

      Korvax avait fini par s'endormir à son poste. Il n'attendait plus grand chose des pouvoirs successifs et s'était contenté de maintenir le statu quo. Les budgets ne baissaient pas, mais il était difficile d'aller plus bas de toute façon. Alors il fallait faire avec ce qui était disponible, et composer avec les forces privées, beaucoup plus efficaces, et bien mieux équipées. L'apparition dans l'espace raxien d'une flotte confédérée conséquente changeait radicalement la donne. Peut-être que le moment était enfin venu pour une petite révolution interne.

      - Un moyen de pression... potentiellement. Mais je ne vois pas pourquoi ce serait nécessaire. Raxus a toujours eu à cœur les intérêts de la Confédération. Nous rappeler à nos devoirs serait inutile. Nous ne connaîtrons le véritable sens de cet événement qu'en nous rendant sur place. Conseiller, si cette flotte s'installe dans notre système, nous tenons peut-être un moyen de reprendre le contrôle sur nos forces armées. Ce... précédent nous forcera fatalement à revoir des lignes de budget.
      - Cette idée de nous « conseiller » m'intrigue, Sous-Préfète. Puis-je insister sur l'importance de conserver notre indépendance dans les choix vitaux qui gouvernent les intérêts de notre planète ?
      - J'entends bien, Korvax. Nous ne déléguerons pas nos prérogatives. Mais je veux entendre leur diagnostic, s'ils en ont un à proposer. Leurs solutions à nos propres problèmes seront peut-être inattendues. Je suis d'accord avec vous, cela doit rester notre choix. Cependant, la présence de cette flotte est un atout inespéré. Rien n'est jamais gratuit, certes. Pourtant, présenté comme tel, ce cadeau n'a presque que des avantages.
      - Si je puis me permettre, madame, ce n'est pas un cadeau. Une logique dicte ces décisions. Le fait que nous ne puissions pas la voir ne signifie pas qu'elle n'existe pas. De plus, en cas de conflit global...
      - Vous voyez tout en noir, Conseiller...
      - En cas de conflit global, soit nous perdons la flotte, qui partira en soutien dans des zones plus importantes de la galaxie, soit nous devenons une cible pour des intérêts ennemis. J'ajouterais que nous ne sommes pas la seule planète de notre système. Prime bénéficie des mêmes traitements que les nôtres. L'attention de la flotte confédérée est donc divisée.

      Leiel dut s'incliner. Ce message de l'Amirale Flay'n Zan'nta l'avait pris par suprise et l'avait passablement ébloui. Une puissance pareille, en orbite de Raxus ? Aucune configuration rêvée ou espérée n'approchait la réalité qui s'offrait à elle. Et avec la puissance militaire venait la puissance politique. Mais... pas seulement. Il fallait retrouver plus de mesure, et Korvax l'y aidait grandement.

      - Je comprends vos réserves, Conseiller. Nous en saurons davantage en rencontrant l'Amirale.

      ***


      La conversation se poursuivit dans la navette. Korvax et Osso s'éparpillaient en conjectures, invérifiables et inutiles. En revenant à plus de mesure, ils convinrent de montrer un front uni. Le vieux Conseiller considéra un instant la jeune Sous-Préfète. Elle était surtout cela, jeune. Inexpérimentée, trop rapide dans ses jugements, et pas toujours facile à suivre. Il se demanda pourquoi elle portait systématiquement ces couleurs : cette combinaison blanche, ce long manteau violet. C'était si... redondant. Il devenait impossible de songer à elle sans y apposer ce schéma. Impossible de penser à la Sous-Préfecture autrement, d'ailleurs, comme si la personne et la fonction s'étaient mêlés. Une manipulation, rien d'autre. Mais efficace, dut-il reconnaître. Comme sa décision d'être escortée par deux Z-65. Pur décorum. Venir sans droïde aurait envoyé un message de faiblesse absolue ou de dénuement. Certes, les Z-65 étaient de belles machines, mais largement dépassées aujourd'hui. Personne ne serait dupe. Il fallait seulement montrer que Raxus n'était pas désarmée, éviter un aveu d'impuissance.

      La navette se posa dans le hangar principal du Providence. La rampe s'abaissa, libérant ses occupants. Osso et Korvax s'avancèrent, escortés par les deux droïdes Z-65.

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        #3

        Post n°3
        Auteur : Super PNJ

        L'Amirale Zan'nta, outre son grade et ses compétences largement reconnues, était avant tout une femme d'une courtoisie extrême. Qu'il s'agisse d'un ennemi, d'un allié ou d'un inconnu, elle s'adressait à autrui avec une certaine assurance, certes, mais surtout une politesse réelle et non feinte. Elle considérait son poste comme son métier et l'occupait avec le maximum d'efficacité possible, ne trouvant pas son plaisir dans le combat, mais dans son évitement, au maximum. Bien sûr, lorsqu'il fallait combattre, ses stratégies redoutables et éprouvées mettaient à rude épreuve ses adversaires. Mais elle limitait les pertes et les dommages au maximum, consciente que la guerre n'était pas une finalité en soi.

        De fait, lorsqu'on l'avait informée de l'arrivée prochaine de la sous-préfète Leiel Osso, elle n'avait pas forcément mis les petits plats dans les grands, mais avait fait préparer ce qu'il fallait pour la recevoir décemment. La salle de réunion, à l'image de l'officière, austère et classique, avait été arrangée pour permettre un face-à-face qui se voulait constructif, entre deux personnes que tout opposait probablement, la militaire et la politicienne. Surtout, elle voulait faire de cette rencontre un échange cordial. Elle allait passer du temps en orbite du système Raxus et se voyait mal devoir composer avec une inimitié avec l'autorité suprême d'une des deux planètes. Encore que ce n'était pas Osso qui l'inquiétait le plus, comparée à l'autre sous-préfète, Becky Katinsale, qu'elle comptait rencontrer également, qui était bien plus inquiétante. Mais l'heure viendrait, plus tard. Pour l'heure, elle se concentrait sur l'autre.

        Les rapports qu'elle avait reçu de Raxus Secundus faisaient état d'une planète agricole, peu voire pas défendue, à tendance conservatrice et pacifique. Même l'armée locale était réduite à peau de chagrin, et c'était les milices privées qui assuraient la sécurité locale, quand bien même le crime fut assez bas. Pas suffisamment riche pour attirer l'attention de la pègre galactique, elle échappait à une bonne partie de la corruption qui gangrénait les grands systèmes de la Galaxie.


        -Amirale, la sous-préfète Osso s'apprête à aborder.

        -Parfait. Dirigez les vers le hangar principal, je vais les accueillir moi-même.

        Zan'nta se drapa dans son uniforme cintré, avec très peu de décorations, uniquement avec ses galons d'amirale. Il n'y avait aucun luxe, aucune fioriture, car elle tenait à porter le même tissu que ses hommes de troupe, pour marquer leur connivence. Elle donnait les ordres, ils les exécutaient, mais la machine se devait d'être parfaitement réglée. C'est donc sans escorte qu'elle se rendit au hangar principal, arrivant alors que la navette accostait. Mains croisées dans le dos, elle regarda la rampe tomber au sol, et les occupants de la navette sortir. Une femme, habillée de blanc et de violet, et un homme habillé de manière nettement plus sobre. A leur manière, ils marquaient à la fois le rapport de force, leur vision de cette entrevue, et surtout, leur connaissance des rouages de la CSI. Zan'nta était habillée de manière officielle, nécessairement et par envie, mais c'était sa volonté également. En face d'elle, Osso était habillée de manière plutôt extravagante, ce qui, selon la militaire, semblait marquer sa volonté de se démarquer. Quant à Korvax, lui devait n'en avoir cure. Il était certain que pour un conseiller à la défense, se trouver sur Raxus devait être d'un ennui terrible. Pour compléter le tableau, ils étaient flanqués de deux antiques droïdes Z65. Antiques, mais efficaces, ils semblaient entretenus à la va-vite. Leur présence étonnait un peu plus l'Amirale. S'attendait-elle à être attaquée sur un vaisseau mère ?

        -Sous-préfète Osso. Conseiller Korvax. Je vous souhaite la bienvenue à bord du Ragnarok. Je suis l'Amirale Flayn Zan'nta, et je suis honorée de vous rencontrer en personne. Suivez-moi, je vous prie.

        Le ton directif habituel de l'officière ressortait. Elle se voyait mal prolonger des présentations au milieu d'un hangar. Aussi, elle tourna les talons, se dirigeant vers la salle de réunion sans plus de cérémonie. Elle n'avait jamais été une grande amatrice du protocole de toute façon. Pour preuve, elle-même n'avait pas d'escorte, ni de représentant. Elle n'avait besoin de personne pour parler à sa place, pire, elle détestait ça. Aussi, dès qu'elle le pouvait, elle s'exprimait et se déplaçait elle-même. Elle précéda ses invités dans la salle, les invitant à s'asseoir. Tout était déjà prêt pour recevoir ses invités : une carafe d'eau, et trois verres. Pourquoi auraient-ils besoin de plus ?

        -Avant toute chose, sous-préfète, je tiens à m'excuser de vous avoir imposé cette rencontre à mon bord. Les manœuvres de mise en orbite ne me donnent que peu de temps libre, mais je serais ravie, si vous le désirez, de venir à la surface de Raxus Secundus.

        Elle croisa les mains devant elle, dos droit.

        -Comme je vous le disais dans mon message, c'est à l'initiative de la Générale Suprême Valkoinen que je suis ici, ainsi que pour notre proposition de vous aider à créer une défense pour votre planète. Vous n'êtes pas sans savoir que les rapports avec la République sont plus que tendus, et si votre juridiction n'est pas nécessairement une cible de première importance, elle pourrait aisément le devenir. Evidemment, libre à vous de refuser cette offre. Sachez juste qu'il s'agit d'une main tendue de la Générale. Elle pense, à juste titre, que les vies politique et militaire de la CSI ont été trop longtemps séparées.

        Son ton était cordial, sans ironie, ni menace, elle exposait juste les raison de leur présence ici. Devant elle s'étalait les rapports sur Raxus Secundus qu'elle avait reçu. La discussion serait sans doute intéressante.

        Atréis

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          #4

          Post n°4
          Auteur : Leiel Osso

          • Amirale Zan'nta, c'est un honneur de vous rencontrer et un honneur de monter à bord d'un des fleurons de la flotte séparatiste. Nous vous remercions de votre engagement et de la proposition de la Générale Suprême Valkoinen.

            Un geste et les droïdes s'immobilisèrent en bas de la rampe. La délégation raxienne emboîta le pas à l'Amirale. Inutile de rester ici plus longtemps et personne n'avait envie de perdre de temps, sauf peut-être Korvax. Les dimensions gigantesques du hangar furent pour Leiel autant un spectacle que celui offert par l'antique Conseiller. Elle suivait en silence Zan'nta pendant que le vieil homme murmurait en sa direction, mais presque plus pour lui-même, une foule de renseignements militaires.

            - Et je ne vous ai pas parlé de l'armement ionique sur ce vaisseau : des canons ioniques lourds de dernière génération , avec des turbogénérateurs à charge plasmique, évidemment !

            Dans la salle de réunion, les Raxiens prirent place avec un sourire poli, malgré la pointe de déception dans le regard de Korvax qui aurait bien fait le tour du navire. Les Providence restaient les vaisseaux élites confédérés, mais cela faisait des années qu'on n'en avait vu de près sur leur calme planète. Déjà, la réunion commençait, et le Conseiller dut faire le deuil de ses désirs de visite plus poussée. Il n'était pas ici pour cela, et son excitation disparut sous la surface de sa concentration.

            - Nous partageons votre vision des choses, Amirale. Militaires, politiques, nous sommes au service des peuples et travaillons donc dans le même but. La proposition de la Générale Suprême Valkoinen a été une surprise, il est vrai, mais une surprise très bien accueillie. Votre double proposition, à la fois défensive et de conseil, répond à des attentes que nous n'avions pas formulées, mais qui restaient prégnantes. Cependant, avant d'applaudir des deux mains et de signer quelque accord que ce soit, nous avons, le Conseiller Korvax et moi-même, un certain nombre de questions.

            - Effectivement, Amirale. Permettez-moi de commencer sur le champ. Quand nous parlons de flotte, il s'agit bien du Ragnarok et des quatre navires que vous avez sous votre commandement, je suppose. Un groupe conséquent, mais qui soulève la question du contexte. Jusqu'à présent, les flottilles séparatistes opéraient des patrouilles dans diverses zones de la Confédération, dont l'Hégémonie de Tion. Le fait de vous ancrer dans notre système indique un changement dans cette politique qui, jusqu'ici, avait été assez efficace. Que s'est-il passé pour que la situation évolue ? Devons-nous nous attendre à un durcissement des relations avec la République ? A une déclaration de guerre ?

            La question était directe, peut-être un peu trop en début de réunion, mais fondamentale. De la réponse dépendait à la fois l'intérêt de la flotte en orbite ou pas loin, et la modernisation des forces locales de Secundus. Leiel doutait que la situation soit si tendue que cela, les nouvelles dont elle disposait ne semblaient pas si dramatiques. A moins que tout ne lui parvienne pas, bien sûr.

            Sa réflexion silencieuse appela ce qu'elle savait de l'Amirale Zan'nta. Une femme exigeante, posée, réfléchie, qui préférait attendre que passer trop vite à l'attaque. A tout prendre, le type de commandement que préférait Osso. Les têtes brûlées finissaient trop souvent comme leur nom l'indiquait.

            Gardait-elle ce simple et fondamental calme sur le champ de bataille ? Et à propos de bataille, une flotte comme celle du Ragnarok pouvait repousser des assauts de quelles proportions ? Serait-elle dissuasive et donc non appelée à monter au feu ? Raxus Prime restait la grande inconnue. Des planètes agricoles, on pouvait en perdre quelques unes. Mais des chantiers navals, c'était plus problématique... si le militaire ne travaillait pas avec le politique au devenir des peuples.
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            #5

            Post n°5
            Auteur : Super PNJ

            L’amirale écouta poliment les remarques et les questions de ses invités. Comme on pouvait s’y attendre, ceux-ci étaient sur la défensive vis-à-vis de la Confédération. Il est vrai que Raxus Secundus restait un parent pauvre de la CSI, malgré tout ce qu’on pouvait en dire, surtout depuis que l’administration avait mis l’accent sur les fonderies et les chantiers navals pour produire toujours plus d’unités. Cela dit, la remarque d’Osso l’étonna quelque peu. Il était du devoir du pouvoir central d’assurer la protection des siens, que ceux ci disposent ou non de flottes planétaires. Il était courant que les vaisseaux croisent dans l’Hégémonie de Tion, aussi se demanda-t-elle ce qu’on avait pu lui dire sur la CSI. Mais cela s’éclaircirait plus tard, sans doute.

            Puis ses yeux se posèrent sur Korvax. Un homme plutôt compétent dans le domaine de la défense, mais sans doute dépassé, à la fois par le temps et les évolutions technologiques. Néanmoins il serait d’un certain secours sitôt les dernières innovations intégrées si tant est qu’il y parvenait. Il débitait ses questions à un rythme effréné, obligeant Zan’nta à prendre des notes mentales pour ne pas rater de détail. Lorsqu’elle prit la parole, ce fut toujours de ce ton calme.


            -La situation reste toujours aussi préoccupante, Conseiller Korvax. La République n’est pas la seule menace qui pèse sur la Confédération, à l’heure actuelle. L’Imperium est sujet à bien des remous, la République reste sur le qui-vive, et je crains, en mon for intérieur, que nous ne nous débarrassions jamais totalement des Sith et qu’il nous faudra vivre avec cette menace. Oui, en effet, nous devons nous préparer au pire, et le pire reste la guerre.


            Etranges paroles venant d’une militaire qui avait fait toutes ses armes sur les navires de guerre. Elle se versa un verre d’eau, ainsi qu’à ses invités, avant de reprendre.


            -Les relations avec la République sont bien sûr les plus préoccupantes. Il ne faut pas perdre de vue que les attentats d’Utapau, entre autres choses, ont mis le feu aux poudres. Vous n’êtes pas sans savoir que nous sommes dans l’attente du verdict concernant la Générale Lyzs Yvanol, suspectée d’un assassinat sordide… C’est dans l’optique où les deux gouvernements ne parviendraient pas à s’entendre que la Générale Valkoinen a mis sur pied ce plan de répartition des flottes. Sachez, tout d’abord, que les patrouilles ne cesseront pas pour autant, selon des trajets étudiés. En revanche, nous avons choisi de stationner des flottes dans les systèmes importants à nos yeux. Raxus en était un, bien sûr, comme d’autres.

            Elle marqua une nouvelle pause, regardant tour à tour ses interlocuteurs, attendant qu’ils intègrent sa réponse. Puis elle reprit.


            -Mais ne prenez pas la présence de la flotte Ragnarok comme acquise, sous-préfète. Comme vous l’aurez aisément deviné, nous restons soumis aux différents événements qui agiteront la Galaxie et nous pourrions vite être rappelés. D’ici là, nous serons en poste pour à la fois protéger Raxus Prime et Raxus Secundus et à la fois vous aider dans leur armement. Par ailleurs, je dois également rencontrer votre homologue, Becky Katinsale.

            L’Amirale prit une télécommande et se leva, faisant apparaître un hologramme de planète. Raxus Secundus en miniature.


            -La population de votre planète reste relativement faible. Rurale, peu défendue, elle serait une cible de choix pour qui voudrait faire passer un message, simplement en détruisant une possession séparatiste. De plus, elle est au coeur des systèmes agraires, comme Ithor par exemple. De fait, son importance est capitale. J’ai déjà travaillé sur quelques ébauches afin de vous doter de défenses. Mais le choix vous reviendra, sous-préfète, Conseiller.

            Elle croisa à nouveau les mains dans son dos, avant de conclure.

            -Mais avant de poursuivre, je suppose que vous avez encore beaucoup de questions.

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              #6

              Post n°6
              Auteur : Leiel Osso

              Leiel gardait les yeux sur l'hologramme de Raxus Secundus, reconfigurant mentalement la carte du monde en fonction de ses propres programmes, prévisions et ambitions. Il devenait évident qu'une protection orbitale ne serait pas suffisante en cas d'altercation majeure. La Sous-Préfète avait du mal à se projeter dans un conflit large et ouvert. Les seules véritables attaques extérieures que subissait Raxus venaient principalement des pirates qui détournaient des convois marchands. Les forces privées se chargeaient de leur donner du grain à moudre, certes. Mais la présence de la flotte de Zan'nta dans son système rendait cruellement plausible une aggravation de la situation.

              La question avait déjà été soulevée en Conseil. Korvax, évidemment, défendait une création de forces terrestres et spatiales fixes, qui coûteraient une fortune que les autres Conseillers n'étaient pas prêts à dépenser. Cependant, le relatif calme de la planète pouvait être interprété autrement que par l'intérêt relativement faible de Raxus. Peut-être qu'il s'agissait avant tout de chance. Et la chance pouvait tourner. Un monde à la population en-dessous du milliard d'habitants était par la force des choses un monde mineur. L'orientation globalement agricole de ses productions le rendait d'autant moins attractif d'un point de vue stratégique. Deux éléments venaient troubler ce paysage bucolique.

              D'abord, personne n'était à l'abri d'une attaque « amorale », celle du plus fort mordant le plus faible. Injecter des considérations morales dans un conflit à venir était absurde : le seul critère universellement reconnu était la force de l'adversaire. Ne rien opposer venait à plier devant la première attaque. Ne rien opposer devenait criminel.

              Ensuite il était inexact de considérer que Secundus n'avait que peu d'intérêt en soi. Le bon niveau de vie des habitants de la planète reflétait la santé budgétaire du monde, et donc ses capacités à dégager du profit. Ses productions agricoles nourrissaient des milliards d'organiques dans l'Hégémonie de Tion et bien au-delà. L'agriculture n'était pas le seul secteur lucratif. La chimie, étendue à la pharmacie, ainsi que la conception et la construction de droïdes sur mesure ne devaient pas être mis de côté. La voisine Prime abritait les chantiers Sienar. L'Axe perlemien n'était qu'à un saut dans l'hyperespace. Sur une route secondaire, le système raxien se situait à un carrefour distribuant facilement l'accès aux mondes de la Bordure Extérieure. Raxus n'était pas dépourvu d'intérêts. Et dans un conflit éventuel, l'addition de ces atouts finissait par peser.

              - Tout à fait, Amirale, nous avons encore beaucoup de questions. Mais le cadre général est... un peu plus clair. Ces propositions d'armement nous intéressent vivement et...
              - Pardonnez-moi Conseiller. Votre question est pertinente, mais je souhaite la garder pour la fin. Avant d'évoquer la restructuration de nos défenses, j'aimerais revenir au rôle de votre flotte, Amirale Zan'nta. Deux situations générales serviront de base à mes interrogations.

              Korvax ravala sa surprise et laissa la Sous-Préfète poser sa question. Il avait tant d'idées pour l'équipement de sa planète... certains rêves étaient sur le point de se réaliser, enfin. Il pouvait bien attendre quelques minutes de plus.

              - Premièrement, en temps de paix. Quelle est la mission exacte du Ragnarok ? Notre gouvernement peut-il demander votre aide en cas d'attaque pirate, par exemple ? Accepteriez-vous d'intervenir depuis l'orbite pour régler des différents au sol ? Votre message stipule bien que vous êtes ici pour « assurer la protection » des planètes du système Raxus. Quel est le cadre de cette protection ?

              L'idée traversa l'esprit de Leiel que sa question pouvait être comprise comme un reproche, ou une accusation. Il n'en était rien. Elle marqua un temps avant d'énoncer le second cas de figure. La flotte de l'Amirale était la bienvenue, évidemment. Mais on ne construit rien sur des suppositions. Osso voulait de la clarté.

              - Deuxièmement, en temps de guerre. Je doute que nous fassions partie des premières cibles militaires lors d'un conflit armé. Cependant, nous avons bien conscience que les lignes bougent, et que nous pouvons devenir un objectif stratégique, d'autant plus si nous ne sommes pas armés. Se pose la question de votre présence dans notre système. Il me paraît évident, mais je me trompe peut-être, que votre flotte partira au front, nous laissant démunis. Reviendriez-vous vers nous si nous étions directement menacés ? J'ai bien conscience que tout ceci repose sur quantité de suppositions. Partons du principe que nos propres défenses ne seraient pas encore opérationnelles. Serions-nous, dans les faits, livrés à nous-mêmes ?

              Elle eut un léger sourire, conciliant.

              - Mes questions sont interminables, excusez-moi. Plus directement : quelles sont les limites de votre protection ?

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                Post n°7
                Auteur : Super PNJ

                Zan'nta ne laissa rien transparaître lorsque la sous-préfète Osso coupa brutalement la parole à son Conseiller. Korvax semblait déçu, mais il ravala sa fierté, vraisemblablement, laissant sa dirigeante poursuivre. Sage décision, pour l'Amirale. Après tout, la politicienne devait appréhender et comprendre les tenants et aboutissants d'une telle conversation. De toute façon, rien ne serait conclu aujourd'hui. C'était une mise en bouche, un premier contact, qui permettait aux uns et aux autres de se comprendre, s'apprivoiser en quelque sorte. L'officière, ou ses seconds, devraient également se rendre compte sur place des défenses de la planète. Ainsi que de l'état des officiers qu'il y avait certainement sur Raxus Secundus. Ceux-ci étaient probablement là par défaut, et bien peu entraînés... Sans doute faudrait-il des formateurs externes, des experts. Bref, un chantier au long cours.

                Elle laissa finir la femme blanche. Celle-ci se perdait en circonvolutions, en métaphores, en exemples, et sa question n'en finissait pas. Lorsque finalement elle en vint à bout, l'Amirale était presque déçue. Mais une fois de plus, elle ne montra rien, et prit le temps de peser sa réponse.


                -Notre mission ici est celle décrite dans mon premier message, sous-préfète. Protéger le système Raxus. Cela pourrait en effet impliquer un soutien face à des pirates ou tout autre menace, mais seulement en cas de réelle nécessité. Le but n'est pas de vous rendre totalement dépendants de la présence d'une flotte séparatiste.

                Arrivait le point le plus critique de sa question, et sans doute le plus simple, pourtant.


                -En temps de guerre, nous irons là où notre présence sera requise, madame Osso. Notre première mission restera de protéger Raxus, mais nous pourrions être appelés n'importe où ailleurs pour prêter main forte. Ce qui, malheureusement, vous laisserait sans défenses, au moins pour un temps. Quant au fait qu'un front s'ouvre ici, eh bien la CSI ferait le nécessaire pour le tenir.

                Elle fit une nouvelle pause, laissant à ses invités le temps de digérer sa réponse. Brutale, mais nécessaire.

                -Mais cela, vous vous en doutiez, sous-préfète, aussi je me demande le pourquoi de cette question. Raxus Secundus est sous la protection de la Confédération, qu'Yggdrasil soit présente ou non. A vrai dire, nous sommes même plus efficaces ainsi, d'où notre présence. Auriez-vous des inquiétudes à partager avant que je ne poursuive ?

                Zan'nta invita ses interlocuteurs à se lever et à l'accompagner. La salle de réunion disposait d'une large baie permettant d'observer l'extérieur, et qui donnait sur Raxus Secundus, à l'instant même. L'Amirale avait vu des dizaines de monde, mais ne pouvait s'empêcher de s'émouvoir face aux astres, lorsqu'il lui semblait qu'elle pouvait les tenir dans sa main fermée. Et techniquement, c'était souvent le cas. Aux commandes de vaisseaux au potentiel destructeur quasi illimité, elle avait le destin de millions, voire de milliards de personnes, au bond d'un fil qui, si il lui plaisait, pouvoir être coupé. Une responsabilité aussi cruelle qu'importante. C'était pour s'éviter que ces visions ne se réalisent qu'elle avait proposé à Valkoinen cette solution différente.

                Elle attendait désormais la réponse de Leiel. Pour Zan'nta, la vue de son monde devrait l'aider à se focaliser sur ce qui importait, l'avenir de ses concitoyens. Elle-même n'était que de passage, après tout, un simple soutien logistique qui finirait par repartir. Les décisions ne seraient donc pas les siennes.

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                  Post n°8
                  Auteur : Leiel Osso

                  • Des inquiétudes ?

                    La bille verte, bleue et blanche semblait flotter dans l'éther, imperturbable, paisible, sa surface trop lointaine pour qu'on y distingue les villes, les infrastructures, les signes d'activités. Il ne restait de Secundus que l'ébauche de ce qu'elle était : sa part lumineuse, éclairée par son soleil, colorée, vivante, celle sombre de sa nuit, aux filaments brillants et immobiles. Comme tout paraissait simple de si loin.

                    - Aucune inquiétude en ce qui concerne la capacité de la Confédération à défendre ses planètes, Amirale. Je prends simplement la mesure de votre offre. La perspective d'un conflit global me... désole, plutôt. Ces dernières décennies ont été difficiles, n'est-ce pas ? Nous sortons d'une guerre pour nous engager dans une autre.

                    Leiel tourna la tête, laissant Raxus pour fixer l'Amirale.

                    - Rien n'est joué, bien sûr. Nous pouvons espérer un règlement pacifique de la dernière crise en date. Mais votre présence indique que tout le monde ne pense pas ainsi. Et vous avez raison. Préparer la guerre est l'assurance de maintenir la paix. Votre flotte sera présente pendant un moment précieux. Sa protection sera surtout dissuasive, puisque vous n'êtes pas appelé à intervenir à tout bout de champ. Et vous partirez, quand le temps sera venu.

                    Elle leva la main, comme pour écarter une idée saugrenue.

                    - Nous ne serons pas seuls ou oubliés, j'ai bien compris. Mais l'essence de votre présence n'est pas notre protection. Celle-ci est assurée par la CSI de bien des manières, et nous sommes globalement en sécurité, que vous soyez physiquement présents dans notre système ou non. Non, l'essence de votre présence est la reconstruction de nos capacités défensives. Amirale, je dois vous expliquer quelque chose.

                    Osso détourna le regard pour à nouveau embrasser sa planète. Calme, paisible.

                    - Le peuplement de Secundus est ancien. Aussi ancien que celui de Prime. Et pendant ces milliers, ces dizaines de milliers d'années, nous avons passé... beaucoup de temps à nous battre. Entre nous. Continents, provinces, religions, Maisons... L'histoire de ce monde est jalonné de batailles plus ou moins sanglantes, et toutes terribles. Cette histoire est oubliée. Non, pas oubliée, réécrite.
                    - Madame la Sous-Préfète, veuillez m'excuser, mais c'est inexact.

                    Korvax semblait mal à l'aise, le sujet ne lui plaisait visiblement pas. Leiel tourna les yeux vers lui, silencieuse, pour le laisser parler.

                    - Raxus Secundus a connu son lot de conflits, il est vrai. Mais en aucun cas notre histoire ne se réduit à une succession de guerres. Au contraire, nous avons une longue culture de la médiation, alternative qui a prouvé son efficacité et dont nous tirons notre fierté.
                    - J'y viens, Conseiller. Voyez-vous, Amirale, je ne suis pas native de Secundus. Cela me donne un point de vue légèrement différent de celui de mon estimé collègue. L'histoire de notre planète est sanglante. Et justement parce que cela a été le cas, nous avons trouvé des parades pour mettre fin aux massacres.

                    Korvax se renfrogna visiblement au terme « massacre ». La divergence entre les deux politiciens était palpables, mais il ne contredit pas son supérieur, se contentant de froncer les sourcils, lever le menton et pincer les lèvres.

                    - Il y a environ trois cent cinquante ans, les Raxiens en ont eu assez. Alors ils ont crée un carcan légal extrêmement contraignant afin de limiter la formation d'unités armées. Les soldats ont été démobilisés, et « recyclés », en partie, dans des milices privées. Les armes ont été fondues et sont devenues les agribots qui moissonnent nos champs. L'Etat a volontairement écrasé sa propre puissance militaire pour acheter la paix. Et cela a fonctionné. Et les Raxiens ont oublié la guerre.

                    Leiel sourit amicalement au vieux conseiller contrarié.

                    - La guerre nous a oubliés aussi, il est vrai. Pardonnez mon exposé, Amirale. Votre présence ici est instrumentale dans la recréation d'une armée de métier sur Secundus. Nous avons besoin de votre aide pour le faire. Mais cela sera sans doute long. Et passablement difficile à faire accepter à tout le monde.
                    - Mais nous expliquerons les tenants et les aboutissants, Sous-Préfète, et nous serons suivis.
                    - Il le faudra bien, Conseiller Korvax. Amirale Zan'nta, j'ai toute confiance dans vos capacités à nous défendre et à nous aider à reconstruire une véritable force défensive. Seulement, il faudra composer avec certaines limites. Aussi, j'aimerais qu'une demande soit intégrée dans les propositions de défenses. Je souhaite la réouverture d'une ancienne académie militaire raxienne. Je voudrais qu'à terme, les officiers raxiens soient formés sur leur propre planète.
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                    Post n°9
                    Auteur : Super PNJ

                    L'Amirale laissa le petit débat entre les deux politiciens. Ce n'était pas son monde, pas sa responsabilité, pas sa charge. Elle se gardait bien d'avoir un avis sur les événements qu'elle ne pouvait pas analyser à l'aune de tous les facteurs présents. Néanmoins, elle écouta l'exposé de Leiel sur le passé de Raxus Secundus et ses conséquences sur le présent. C'était sans doute sommaire et très grossièrement résumé, mais aucune personne ici n'avait le temps ou les compétences pour faire une conférence sur le sujet. Dommage. Il eut été sans doute passionnant. Mais Zan'nta revint rapidement à la réalité, et surtout, à la demande d'Osso.

                    Déjà, il était appréciable de constater que la sous-préfète prenait l'intervention séparatiste pour ce qu'elle était : une aide et un support logistique, pas une force d'invasion. La CSI laissait cela aux autres systèmes politiques. L'entraide se devait d'être au centre de la Confédération. C'était une douce ironie, même aux yeux de l'Amirale. Après tant d'années de service, elle aurait sans doute pu... ou du perdre ses illusions et ses principes, mais il n'en était rien. Elle continuait de regarder le monde avec des yeux d'enfant. Sans doute que son idéalisme la perdrait, mais pour l'heure, cela lui permettait surtout de ne pas perdre de vue les principes fondateurs de la CSI. Et, de fait, de ne pas être surprise par l'ultime demande de la jeune femme.


                    -Une ancienne académie militaire raxienne, vous dites... Eh bien, cela rentre dans vos prérogatives, il me semble. Mais l'ouvrir ne sera pas le problème, sous-préfète. Il faudra surtout la faire vivre, prospérer... Et pour cela, il vous faudra des instructeurs, renommés si possible, pour faire rayonner l'école dans la Galaxie. Si je puis me permettre, je vous conseillerais de ne pas trop privilégier l'entre-soi. On apprend toujours d'autres races, ou cultures, et la polyvalence est une des clés de voûte du système militaire séparatiste. Que notre force armée soit composée majoritairement de droïdes ne doit pas nous faire occulter, qu'au plus haut de la chaîne, nous restons des organiques. Et donc... Ne nous rejetons pas les uns, les autres. Mais je comprends le besoin de l'ancrage régional, identitaire. Ce n'est pas une mauvaise idée, c'est à développer.

                    Elle sourit légèrement. Au moins, Leiel Osso prenait la chose très au sérieux et serait force de proposition. C'était une bonne chose, car Zan'nta avait craint un moment d'être face à une nouvelle potiche. Il y en avait d'autres, qui attendaient de se retrouver avec le déjeuner tout cuit dans la bouche, elle en avait suffisamment croisé. Mais elle, elle était différente. Habitée. Une sorte de détermination latente qui ne plierait ni ne romprait.

                    -Bien. Avant que je ne demande à l'un de mes officiers de bord de vous donner un bref aperçu des capacités de Ragnarok, car je suis sûre que Monsieur Korvax ici présent en serait ravi, je me dois de vous donner de quoi réfléchir, préfète.

                    La militaire actionna à nouveau le projecteur d'hologrammes, le calibrant pour qu'il affiche, au fur et à mesure, les types de vaisseaux et leurs caractéristiques principales. L’exposé de l’Amirale serait court, bref, mais suffisant.

                    -Il convient d’abord de présenter à votre Conseil les différentes stratégies défensives envisageables pour votre planète. Je suppose que vous n’avez pas encore débattu à ce sujet, aussi, je vous propose trois angles d’attaque, si vous me permettez le bon mot. Tout d’abord, vous pourriez vous équiper d’une flotte légère. Porax-38, Mankvim-814, ces vaisseaux sont légers, maniables, et ne requièrent qu’un pilote par habitacle. Vous pourriez également vous équiper de Belbullab, qui disposent d’une grande autonomie spatiale et d’une plus grande robustesse. Mais nous évoquons là des forces de frappe légères, qui vous protégeraient des pirates, sans doute, mais une attaque d’ampleur les réduirait à néant… Cela dit, votre flotte risque de toute façon de ne pas survivre à une grande offensive.

                    Les vaisseaux s’étaient affichés les uns après les autres, et Zan’nta ajoutait également quelques détails techniques, avec des fiches et des datapads.

                    -Dans le cas où vous ne chercheriez pas l’interception, mais plutôt une stabilité, vous pourriez choisir une approche plus… lourde, en vous équipant de Destroyers Sabaoth. Maniables, puissants, vous pourriez mettre en déroute les menaces indépendantes sans grand souci, tout en vous assurant une certaine réputation qui vous permettrait d’être un peu plus tranquille. Cela dit, elle risque de vous attirer quelques foudres en cas de conflit galactique.

                    Elle leur présenta également le Sabaoth, un vaisseau impressionnant, tout dans les formes séparatistes usuelles. Puis, elle l’enleva, pour finir par afficher un croiseur Recusant.


                    -Et voici ma dernière proposition. Bien sûr, celle-ci est la plus coûteuse et la plus difficile à entretenir… Mais un croiseur Recusant pourrait vous apporter à la fois une belle protection et à l fois une plate-forme de formation idéale pour votre académie à venir. Il nécessite un équipage de 300 hommes, permet de transport de nombreux droïdes de combats, de barges de transport, de chasseurs vautours, en somme, une machine de guerre dans le ciel de Raxus Secundus.

                    Elle en termina en laissant le Recusant sur l’hologramme, croisant les bras, attendant de voir les déductions des deux Raxiens.

                    Atréis

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                      #10

                      Post n°10
                      Auteur : Leiel Osso

                      La remarque de Zan'nta sur la diversité des origines, des races, sur la richesse de la Confédération retint l'attention de Leiel. Secundus comptait une large majorité d'humains, race la plus ancienne sur la planète. D'ailleurs, toutes les Maisons étaient humaines, malgré les millénaires passés. Mais la population comptait une part non négligeable de Gossams, de Leyakiens, de Siniteens. Les instances publiques devaient refléter le brassage des peuples, mais il n'était pas toujours simple de comprendre exactement le fonctionnement de races différentes.

                      Par exemple, le premier mouvement de Leiel aurait été de choisir plutôt des Conseillers Siniteens. Leurs capacités uniques de computation, leur aisance avec les calculs les plus complexes lui avaient semblé les indices d'intelligence dont elle avait besoin. Mais pendant sa formation auprès de Dae'mid, elle avait cotoyé ces proches-humains au crâne surdéveloppé, et elle avait réalisé que leurs qualités ne compensaient pas leurs défauts. Bien sûr, mathématiquement, ils étaient pour ainsi dire imbattables. En revanche, ils peinaient à adhérer à la hiérarchie, développaient un esprit de compétition entre eux qui ruinait souvent les efforts de groupe, résistaient aux changements de paradigmes, ce qui rendaient leur précision bien trop fragile.

                      Les Leyakiens, eux, semblaient bien trop doux à Leiel. Ils écoutaient parfaitement ce qu'on leur disait, acceptaient toutes les informations, même désagréables, sans biais, mais étaient incapables de défendre jusqu'au bout un projet. On leur expliquait un désaccord, et ils acceptaient cette nouvelle opinion comme force de loi. Le compromis ne pouvait être la seule manière de gérer une planète. Pas pour Osso.

                      Les Gossams réussissaient mieux en politique. Précis, méticuleux, organisés, ils pêchaient par orgueil, par vanité et par appât du gain. Dae'mid semblait une exception à Leiel. Il était parvenu au sommet du pouvoir sur la planète, mais était resté bien longtemps en poste. Elle avait compris son départ pour Cato Neimoidia comme l'acceptation de sa nature profonde : il ne pouvait végéter plus longtemps sur Secundus, il devait avancer. Elle le regrettait. Pas assez pour le vouloir toujours en poste à sa place, mais il s'était montré patient, intelligent, intuitif. Un bon professeur. Un excellent modèle. Seulement, les Gossams en général se montraient trop friands de privilèges, de joyaux, de déférence. Au sein d'un gouvernement, ils avaient tendance à glisser les premiers sur la pente de l'abus de pouvoir. Et ça, Leiel le redoutait.

                      Ses Conseillers néanmoins reflétaient la diversité des peuples. Elle avait dilué les proches-humains parmi les humains, car cela correspondait à la réalité démographique de son monde, et lui permettait de profiter des qualités propres à chaque race sans s'appesantir sur leurs défauts. Leiel se doutait qu'elle-même souffrait des limites de sa propre race, et que la perception des siens était faussée. Malgré ses efforts, elle se sentait toujours plus à l'aise avec les humains qu'avec les proches-humains. Seulement, Zan'nta avait raison. Raxus appartenait à la Confédération, et devait œuvrer pour le bien commun, et ce bien commun concernait tous les organiques, quels qu'ils soient.

                      Quant à choisir des formateurs venus d'ailleurs, des représentants d'autres races que celles connues ici, cela semblait à Osso une nécessité. D'abord parce que personne n'aurait été capable d'assurer le rôle de formateur à un niveau correspondant aux ambitions de la Sous-Préfète sur Raxus Secundus. Ensuite, parce que les officiers sortant des rangs de l'académie devraient exercer leurs talents partout dans la galaxie. Raxus ne produirait pas que des officiers voués à rester chez eux. Et Raxus n'accueillerait pas que des gens du cru, évidemment. Une académie militaire devait avoir une identité et des valeurs, mais être ouverte aux meilleurs éléments, d'où qu'ils viennent.

                      Mais ces pensées furent chassées par l'exposé de l'Amirale. Trois options, trois budgets, trois objectifs. D'office, Osso écarta la flottille légère. Korvax et elle en avaient déjà parlé, et cela mettrait la flotte planétaire au même niveau que les milices privées qui s'occupaient d'escorter les convois. Des vaisseaux rapides et offensifs étaient très utiles, bien sûr, mais cela ne correspondait pas aux besoins définis par le gouvernement.

                      Les Sabaoth n'étaient pas une surprise. C'était l'option préférée de Leiel, d'ailleurs. Trois Sabaoth, dont un ferait office de vaisseau diplomatique. Des vaisseaux légers, mais complets. Un équipage important, cependant, qu'il faudrait trouver, former, et cela ne se ferait pas sur Raxus. L'académie n'était qu'un projet encore vague et personne n'en serait diplômé avant des années.

                      La dernière proposition fut une surprise. Personne n'avait mentionné le Recusant. L'option « Munificent » avait été mentionnée, mais écartée parce que trop coûteuse, malgré la puissance de feu du vaisseau. Le Recusant était plus cher, mieux équipé, et surtout, son armada de droïdes pouvait intercepter n'importe quel vaisseau dans l'espace raxien. Les Munificent venaient avec une armée terrestre, inutile dans un contexte de politique d'expansion inexistant. Les yeux rivés sur le vaisseau, Leiel absorbait les informations écrites et complétées par Zan'nta. Son attitude n'échappa pas à Korvax.

                      - Sous-Préfète, que pensez-vous du Recusant ? Cette option n'avait pas été évoquée en Conseil, mais l'Amirale soulève des points intéressants. A terme, il serait bien plus intéressant de former des officiers sur cet appareil que sur les Sabaoth.

                      Il vibrait presque d'excitation réprimée. Un Recusant était une armée en soi. Cher, très cher. Et remarquablement efficace, bien plus que tout ce dont il avait pu rêver. Mais Osso n'était pas prête à signer.

                      - Amirale, j'ai du mal à me représenter les capacités du Recusant. Sa valeur dissuasive est évidente, mais... un seul vaisseau est-il vraiment une menace ? Peut-on comparer... trois Sabaoth à un Recusant ? Je me trompe probablement, mais j'ai toujours eu l'impression qu'il était plus facile de se défaire d'un navire imposant que de plusieurs moins puissants mais qui peuvent manoeuvrer entre eux. Quels sont les critères que vous prendriez en compte dans un choix pareil ?

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                        Auteur : Super PNJ

                        Zan'nta avait laissé à Leiel le temps de la réflexion. Il était évident que tout les éléments bouillonnaient sous son crâne blanc, dans une soupe aussi indigeste que compliquée pour elle. Nouvelles responsabilités, nouvelles données, nouveaux interlocuteurs, rien ne serait facile pour elle. De fait, lorsqu'elle commença à évoquer le Recusant, elle le fit avec la naïveté du néophyte. L'Amirale aurait très bien pu partir dans un exposé de plusieurs heures, et l'aurait fait si elle avait eu le temps de s'y consacrer, mais elle n'était pas face aux aspirants officiers séparatistes, bien au contraire. Dommage. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas fait d'intervention dans une académie. Ce serait peut-être l'occasion ici, si d'aventure elle n'était pas encore à la retraite à son ouverture. Finalement, elle agrandit le Recusant holographique. Elle ne comptait pas faire une analyse détaillée mais au moins, ils auraient du grain à moudre. Un début, en somme.

                        -Croiseur Recusant, ou Destroyer, si vous préférez. Nous pourrions l'appeler le petit frère du Providence, tant dans sa taille que dans ses caractéristiques. Si il est plus petit et légèrement moins rapide, sa forme effilée lui permet notamment de ne pas être aisément repéré. Les armements en turbolaser et canons laser couvrent la totalité de la coque sans angle mort, ce qui lui confère une résistance exceptionnelle pour un vaisseau de son gabarit.

                        Légère pause. Les vaisseaux Recusant étaient une des fiertés, un des fleurons de la CSI, et étaient parmi les plus redoutés de la flotte. Pour Zan'nta, c'était comme présenter son enfant. Son discours, quoique policé et neutre, reflétait à la fois de grandes connaissances techniques, et une affection étrange pour les barges de combat.

                        -Comme je vous le disais, un équipage de 300 hommes est nécessaire, ce qui implique également soit le recrutement d'hommes à l'extérieur, soit une formation accélérée qui ne serait pas forcément une excellente idée. A côté de cela, il embarque une garnison de 40.000 droïdes de combat, 120 droïdes tri-chasseurs et 120 chasseurs Vautour pour la chasse, ainsi que deux barges de débarquement. Conçu avant tout pour être au centre des flottes, il a peu à peu dévié vers un emploi de protection des Providence, entre autres. Néanmoins, et pour en revenir à votre suggestion de départ, il n'y a pas d'échelle de simplicité pour détruire un vaisseau.

                        C'était là qu'elle entrait dans le domaine de la technique, celui qui serait le moins évident à développer en restant parfaitement neutre.

                        -Il n'y a pas de configuration de flotte miracle, en tout cas, pas en défense. Je pourrais vous citer douze manières de disposer les exacts même vaisseaux et autant de manière à chaque fois de composer une flotte pour la défaire avec le moins de pertes possible, le plus rapidement, et j'en passe. En d'autres termes, à moins de vous constituer la flotte la plus imposante qui soit, vous serez toujours soumise aux aléas de la guerre et des commandements. Plus prosaïquement, peu importe ce que vous aurez en orbite, si votre ennemi fait son travail suffisamment bien, vos chances de survie seront maigres. En ce sens, peu importe l'option que vous choisirez, celle-ci sera possible à contrer, si j'ose dire. Donnez moi trois Sabaoths, je peux abattre un Recusant. Donnez moi un Recusant, je peux abattre trois Sabaoths. Mais les critères sont si nombreux que je serais incapable de vous le résumer en quelques termes.

                        Elle fit une nouvelle pause, le temps de laisser à ses deux invités le loisir d'intégrer toutes les informations qu'elle leur transmettait. Puis, elle reprit, pour mettre un point final.

                        -De manière générale, chaque choix présente évidemment ses avantages et ses inconvénients. Tout dépend de vous et de votre planète, sous-préfète. Dans un premier temps, il est important de soupeser la masse budgétaire que vous souhaitez allouer à votre défense. Ces trois solutions seront de toute façon coûteuses, à vous d'en déterminer l'envergure. Un autre point d'importance est, si j'ose dire, l'aura que vous souhaitez imprimer, à la fois sur vos concitoyens et sur les systèmes alentours. Une flotte de vaisseaux légers reste habituelle, à l'inverse d'un Recusant, si je puis me permettre. L'impact dans l'imaginaire collectif s'en trouve renforcé. Il convient aussi d'aborder l'aspect formation de vos officiers et sous-officiers. Un Sabaoth nécessite 250 hommes seul, pour 300 sur un Recusant. Bien sûr, les droïdes sont utilisables mais vous perdriez l'aspect instinctif du vivant, ce qui serait regrettable. Enfin, et je terminerai là-dessus, il est important de prendre en compte le passé de ce monde. Comment acceuillerait-il un armement nouveau ?

                        Atréis

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                          Auteur : Leiel Osso

                          Leiel ne répondit pas tout de suite à l'Amirale. Ce fut Korvax qui enchaîna :

                          - Le Recusant est cher, bien sûr, mais c'est un appareil complet, Sous-Préfète. Et des hommes formés sur un tel Destroyer seront plus efficaces, plus polyvalents que ceux officiant sur un Sabaoth.

                          Mais la Sous-Préfète ignora un instant le Conseiller, pensive. Elle répondit plutôt à la question de l'Amirale.

                          - Mal, probablement. Mais les souvenirs de la guerre sont souvent fantasmés. Ils rejoignent un imaginaire collectif qui... peut être... éduqué. La guerre, celle qui risque d'arriver prochainement, que nous le voulions ou non, doit être préparée. Nous avons été épargnés jusqu'ici, c'est vrai. Il n'en reste pas moins que les planètes agricoles peuvent rapidement devenir des enjeux stratégiques. Supprimez les approvisionnements vitaux, et déstabilisez n'importe quel monde.

                          Elle parlait plus lentement, songeuse. Korvax, qui n'aurait pas formulé les choses de la même façon, conservait un silence poli, mais probablement heurté.

                          - Vous expliquiez justement qu'on ne peut séparer la machine de l'organique. Que l'un et l'autre, pour être efficaces, doivent travailler de concert. La machine seule ne détermine pas l'issue d'une bataille sans les réflexes, l'expérience et l'initiative de l'intelligence vivante. De même, on ne peut pas séparer un peuple de son armée. Seulement les vaisseaux que nous armerons ne pourront être tenus par des Raxiens. Former à moitié des hommes est la pire solution possible et je m'y refuse. Bien, ou rien. Mais à terme, les Raxiens devront pouvoir se reconnaître dans leur armée.

                          - Les valeurs de l'armée de la CSI sont absolument reconnues par les habitants de Raxus, Amirale. Elles ne sont pas différentes, et des soldats venus d'autres mondes, qui s'engagent à défendre ces valeurs, ne seront jamais rejetés par la population, coupa Korvax.

                          Osso observa un instant son Conseiller, le temps de comprendre d'où venait sa remarque.

                          - Bien évidemment. Mais nous devons participer à cet effort nous aussi. Nos hommes doivent habiter ces Destroyers, ici, et partout où les intérêts de la CSI doivent être défendus. Amirale, je ne doute pas que vous puissiez nous fournir les meilleurs hommes pour nos futurs navires. Ce sera absolument nécessaire, quelque soit l'option qui sera retenue en Conseil restreint et en Conseil Général. J'anticipe... une certaine résistance. Mais rien d'insurmontable.

                          Elle adressa un sourire confiant à Korvax qui écoutait dans un silence respectueux.

                          - Notre projet est le bon. Nous devons nous préparer à un conflit potentiel. Nous devons amener la population de Secundus à accueillir cette initiative comme une bonne nouvelle. Et avec le temps, plus personne ne se posera la question. Raxus enverra ses enfants dans les étoiles, et Raxus en sera fier.

                          Puis elle inclina légèrement la tête devant Zan'nta.

                          - Nous pouvons apporter plus que des céréales aux mondes de la CSI. Nous aussi, à terme, ferons notre part au front. Les Raxiens comprennent la notion de devoir. Ils ne manqueront pas à l'appel.

                          Mais la remarque suivante surprit le Conseiller, qui baissa les épaules.

                          - Il faut commencer par les Sabaoth. Ce sont ceux qui seront les mieux acceptés, dès le départ. Et... plus tard, sans doute, nous monterons en gamme. Nous proposerons au vote l'achat et l'équipement de trois Destroyer Sabaoth. Amirale, nous aurons besoin d'aide pour les garnir d'hommes, évidemment. Il faut commencer par le commencement. Nous avons une belle progression devant nous, il ne s'agit pas de sauter des étapes.

                          Korvax inspira longuement, en voyant son magnifique Recusant s'éloigner dans un avenir incertain. Si la décision de la Sous-Préfète n'était pas incontestable, elle n'en restait pas moins logique, et acceptable. Et surtout parce que l'option n'était pas totalement écartée. L'espoir était donc permis.

                          - Amirale Zan'nta, nous vous remercions pour ces explications claires et pour votre temps précieux. Nous ne l'avons pas évoqué, mais vos hommes et vous-mêmes êtes bien sûr les bienvenus sur Raxus quand vous le désirerez. Nous pouvons mettre à votre disposition des hébergements qui vous seront réservés. Acceptez notre invitation prochaine. Notre planète est belle, je ne doute pas que la connaître au sol est aussi important que la saisir d'un regard, depuis l'espace.

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                            Auteur : Super PNJ

                            Pour Zan’nta comme pour les officiels raxiens, la situation était claire : chacun devait retourner à ses prérogatives et ses devoirs. L’Amirale ne pouvait qu’imaginer ou supposer quelles étaient ceux de ses invités, mais elle ne voulait surtout pas les en séparer beaucoup plus longtemps. Aussi, lorsqu’Osso lui annonça qu’il était temps pour leurs chemins de se séparer, elle acquiesça simplement avant de porter la main à son oreille.

                            -Capitaine Anderson. Rejoignez moi en salle de briefing.

                            La discussion avait été intéressante, surtout ce dernier échange entre une femme pleine de vigueur, d’idées, voire d’idéalisme si elle avait osé, et un politicien nettement plus rompu aux joutes de son peuple et par la même, à l’imagination sclérosée. A la fougue de la jeunesse, il opposait la tradition. A l’innovation, il répliquait par un conservatisme dépassé. Néanmoins, les idées des uns comme des autres n’étaient pas sans fondement, et si il fallait choisir, il y avait fort à parier que Zan’nta n’eut gardé les deux pour en faire sa propre ultime idée. L’un comme l’autre défendait son parti sur un ton plutôt courtois, et c’était là quelque chose d’agréable pour une militaire habituée aux officiers parfois bien pus vindicatifs, même à son égard. C’était sans doute là l’une de ses grandes faiblesses : trop souvent, on avait pris son air affable pour celui d’un chien battu, son ton patibulaire pour de la lassitude. Mais il n’en était rien. Sous la glace couvait un feu qui ne s’éteignait jamais, et le temps remettait usuellement chacun à sa place. Et jusqu’ici, le temps l’avait bien souvent remise au sommet. A sa place.

                            -Si vous me le permettez, avant de quitter le Ragnarok, je vous invite à suivre le Capitaine Anderson, que voici.

                            Un Rodien venait de rentrer dans la pièce. Ses grands yeux reflétaient le ciel étoilé dans la baie derrière l’amirale, sur son uniforme brillaient des galons aussi simples qu’efficaces, sans aucune autre décoration. L’homme, rompu à la guerre, était un des seconds de l’Amirale à bord, et l’un de ses soutiens les plus fidèles. Cela faisait des années qu’ils travaillaient ensemble, désormais, et son grade ne reflétait pas exactement son importance. Mais il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même : il se complaisait dans cette position d’officier, acceptant des responsabilités sans trop en faire, lui permettant de revoir femme et enfants à son bon vouloir ou presque. Un homme presque dénué d’ambition, arrivé là où il voulait vaguement être. Eut-il échoué qu’il aurait fait son devoir peu importe le grade. Un homme malléable, en somme.

                            -Capitaine Anderson, je vous présente la sous-préfète Leiel Osso et Monsieur le Conseiller Allar Korvax. Ils sont ici en qualité de représentants de Raxus Secundus, ainsi qu’en charge partiellement de la création d’une flotte Raxienne. Si vous pouviez leur montrer quelques uns de nos atouts à bord, je vous remercie.

                            Puis elle se retourna vers ses invités, et les salua militairement.

                            -Madame. Monsieur. Ce fut un plaisir d’échanger avec vous. Je vous conseille de réfléchir aux options et d’avancer sur votre projet avant de me demander de revenir. Mon temps reste assez précieux, et je ne pourrais pas m’autoriser des dizaines de permissions, vous le comprendrez. Peut-être aurez vous besoin de moi lors d’une présentation face au Conseil. D’ici là, portez vous bien, et que la Force soit avec vous.

                            Puis elle tourna les talons, retournant à son poste de commandement. Bien sûr, tout tournait sans elle. Malgré cela, elle préférait rester proche des opérations. On ne savait jamais ce qui pouvait arriver.

                            De son côté, le Capitaine montra de bonne grâce quelques aspects du vaisseau aux invités. Notant la parure extravagante de l’Humaine, il avait d’emblée exclu les moteurs et autres travées sales par nécessité. De fait, il les dirigea plutôt vers l’hyperdrive, un modèle de dernière génération de grande qualité, entretenu par une batterie de droïdes, leur montra les baies de stockage des droïdes e combat, leur permettant de contempler directement la puissance de la Confédération. Il les guida également vers l’énorme poste de pilotage, ruche presque grouillante d’activité, une machinerie huilée et efficace qui permettait de conduire le mastodonte. Enfin, il conclut par la salle de contrôle, où en dehors de la représentation holographique de la planète, on pouvait aisément y voir les autres vaisseaux qui accompagnaient le Ragnarok : Hraesvelg, Valkyrie, Fenrir et Jormungand. Une réelle démonstration de force.


                            Atréis

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                              Auteur : Leiel Osso

                              Les aspects techniques avaient intéressé Leiel, mais certainement pas autant que Korvax, qui ne tarissait pas d'éloges dans la navette du retour.

                              - Et ce n'était qu'une fraction des réserves droïdes du Providence. Quarante mille droïdes de combat ! Et vous avez vu les Hailfire ?
                              - Oui, Conseiller, j'ai vu.

                              Elle sourit à Korvax qui accumulait les détails de l'armement du vaisseau principal avec enthousiasme. Cette visite avait fait l'effet d'une cure de Jouvence sur le vieil homme qui touchait du doigt ses rêves les plus anciens, et les plus fous. Osso, de son côté, revoyait en pensée les travées de droïdes inertes, pendus et stockés en attendant leurs ordres. Quelle armée formidable. Mais comment faire confiance à des machines ? Mia les considérait comme de simples outils et Leiel n'avait pas énormément évolué sur le sujet. Par la force des choses, elle côtoyait des droïdes de sécurité, des droïdes protocolaires, des droïdes de service, des droïdes de maintenance, des droïdes secrétaires, des droïdes conducteurs de navette, des droïdes infirmiers... toute la journée. Et derrière cette animation sans vie se cachait tous les autres, comme les droïdes de classe 1, qui calculaient les indices boursiers, les données biochimiques des laboratoires, les trajectoires dans l'hyperespace, ou les esclaves mécaniques modernes de classe 5, ceux qui faisaient le travail qu'aucun organique ne se résoudrait à effectuer.

                              Comment faire confiance à une programmation ? Mia avait déjà détourné des droïdes de leur objectif premier. Leiel se souvenait comment faire, et ne remarquait, la plupart du temps, que les plaques de métal et les vis qui les maintenaient en place. Elle imaginait sans peine tous les circuits, cachés, organes si faciles à pénétrer et à reconfigurer au lieu de l'entité artificielle devant elle. C'était injuste, certes. Mais même sans cela, les droïdes développaient des personnalités, et il convenait d'effacer leur mémoire régulièrement pour que cela ne devienne pas un problème. Alors il fallait faire avec ces bombes à retardement, ces outils utiles mais des outils qui pouvaient changer de main.

                              Pourtant, la Confédération n'avait pas eu à se plaindre de ses soldats artificiels. Sa puissance s'appuyait dessus. Ils composaient l'armée et l'armement idéal. Ils ne se posaient pas de question, leur obéissance restait aveugle et ils n'en étaient que craints davantage. Malgré tout, Leiel préférait les organiques. Leur fidélité était discutable, leur efficacité variable et leur coût prohibitif. Seulement on pouvait s'investir pour une telle armée. Des hommes engagés valaient mieux que des droïdes programmés. Elle étira ses jambes sous la table du salon protocolaire dans la navette et écouta avec le même léger sourire les constatations passionnées de son Conseiller à la Défense.

                              Son attention s'était plus volontiers portée sur les organiques sous les ordres de l'Amirale. Une troupe efficace, organisée, structurée et obéissante. Une alternative intéressante à l'armée qu'elle voulait voir naître sur le sol de Raxus. Dans combien de temps ? Des années, sans doute. Dae'mid lui avait enseigné la valeur du temps politique. Elle détestait la leçon autant aujourd'hui qu'au premier jour, et pourtant, elle ne pouvait contourner le problème.

                              - Conseiller, il faut présenter le projet au Conseil Restreint le plus rapidement possible. Vous pensez que vous pourrez monter les dossiers avant la semaine prochaine ? Je peux vous adjoindre d'autres assistants pour compenser ce surcroît de travail, bien sûr. Mais nous ne pouvons pas perdre de temps. Il faut commencer par voter les achats, avant de s'occuper de l'opinion publique.
                              - Vraiment ? Mais, c'est plutôt dangereux, madame, de procéder dans cet ordre-là. Est-ce qu'il ne...
                              - Non, nous ne savons pas combien de temps nous avons. Les commandes à SIENAR doivent être passées dès maintenant. Le temps de la livraison... doit être pris en compte. Et les relations avec Prime doivent évoluer dans le bon sens.
                              - Dans le bon sens, madame ?
                              - Korvax, ça ne vous dérange pas que notre planète sœur soit exploitée comme décharge stellaire par une entreprise privée qui s'en est arrogé le pouvoir ?
                              - C'est le cas depuis des années, nous n'avons pas eu à nous plaindre de...
                              - Nous plaindre ? Nous avons toute légitimité à nous plaindre. Les Machinistes de Nikato ont détruit ce monde, et SIENAR ronge ses os, tel le charognard qu'il est. Oh, non, ne faites pas cette tête, Conseiller. Je ne vais pas ordonner l'invasion de la planète sur un coup de tête ou de folie.
                              - Phase d'approche amorcée. Veuillez regagner vos sièges et attacher vos ceintures. Merci.
                              - Je dois vous avouer, Sous-Préfète, que je ne suis pas certain de ce que vous impliquez.

                              Leiel boucla sa ceinture et reprit, d'un ton plus léger.

                              - Rien, mon cher Korvax. Nous avons bien plus urgent à faire maintenant. Occupez-vous du dossier à présenter au Conseil. Je m'occupe de l'opinion publique. Laissez ces considérations stériles de côté, elles ne sont que cela, et mettons-nous au travail.




                              Attendu la décision CRT- 6166 du Conseil Restreint du // portant sur l'équipement militaire et de sécurité de Raxus Secundus, engageant les amendements suivants :
                              - l'amendement RS-0101 à la loi Salator sur le désengagement militaire
                              - l'amendement RD-0144 à la loi Ducarev sur le financement de la défense planétaire
                              - l'amendement RD-0183 à la loi Dovalys sur l'équipement planétaire
                              - l'amendement RT-0109 à la loi Martens sur la gestion et l'organisation de la dette publique

                              Attendu la décision CGY-8757 du Conseil Général du //* portant sur l'équipement militaire et de sécurité de Raxus Secundus ainsi que la ratification des amendements sus-nommés.

                              Attendu la motion de confiance CGA-8931 du Conseil Général du //** portant sur la réorientation et la redéfinition de la politique planétaire dans le domaine de la défense et de l'équipement.

                              Nous, le Conseil Général de Raxus Secundus, abondons dans le sens de :
                              - la création du Département de Défense Planétaire de Raxus Secundus, autorité militaire publique sous les ordres de la Sous-Préfecture de Raxus Secundus et des organiques et droïdes mandatés à son service et son fonctionnement
                              - la commande aux chantiers navals de Raxus Prime de trois Destroyer Sabaoth
                              - l'équipement en hommes et en machines des-dits Destroyer
                              - le déploiement des-dits Destroyer en orbite de Raxus Secundus et leur mise à disposition auprès le Département de Défense Planétaire de Raxus Secundus.


                              En conséquence et devant la Loi, nous émettons l'ordre de commande sus-cité et autorisons l'émission de la ligne budgétaire correspondante.

                              Prospérité, Stabilité
                              Aqva Flvat, Sol Lvceat

                              Leiel Osso,
                              Sous-Préfète


                              ***


                              Sur les ordres et l'autorité de la Sous-Préfecture de Raxus Secundus,
                              Sur les ordres et l'autorité du Conseil Général de Raxus Secundus,
                              Sur les ordres et l'autorité du Département de Défense Planétaire de Raxus Secundus,
                              Sur les ordres et l'autorité du Bureau de l'Equipement,

                              nous formulons la commande suivante auprès des chantiers SIENAR de Raxus Prime :

                              - Destroyer Sabaoth – 3 unités

                              et débloquons les fonds suivants afin d'honorer la commande :

                              - 180 000 crédits x3
                              Soit 540 000 crédits, à l'ordre des chantiers SIENAR.

                              Prospérité, Stabilité
                              Aqva Flvat, Sol Lvceat


                              Leiel Osso,
                              Sous-Préfète

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                                #15

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                                Auteur : June King

                                Spoiler : HRP
                                Je prends le relais de notre bon vieux Super PNJ. Je vais t'accompagner un petit bout de chemin pour continuer l'intrigue.


                                Géonosis. Avant la réunion holographique avec le conseiller.

                                « — Très bien monsieur, il en sera fait selon vos ordres. »

                                Éteignant et posant son comlink holographique sur son bureau, après une longue conversation avec un supérieur militaire qui lui expliquait ce qu'il allait devoir faire prochainement : le colonel Otto Graff, masqua discrètement un bâillement de fatigue à l'aide d'une de ses mains. Se détendant la nuque en penchant sa tête de gauche à droite avant d'étirer ses épaules, il se leva finalement de sa chaise de bureau pour se diriger vers la fenêtre la plus proche tout en s'allumant une cigarette - rester derrière un bureau toute la journée à traiter des papiers et participer à des rendez-vous étaient tout aussi difficile que la vie de militaire, pouvait-il se dire à cet instant. À l'extérieur, l'orage grondait toujours autant, ne laissant aucunement le soleil illuminer les journées et rendant les nuits encore plus noires. Cette météo était toujours si hypnotisant et apaisante à contempler, mais terriblement dangereuse. En effet, les orages sur la planète rouge étaient rares - voire inexistants - mais lorsqu'il y en avait un, celui-ci pouvait durer des jours, voire des semaines entières sans interruption, recouvrant une immense partie de la planète sous les éclairs et une pluie diluvienne incessante, rendant toutes communications grésillantes et décollages de vaisseaux millimétrés.

                                Admirant la puissance de la nature en écoutant la pluie frapper sa fenêtre sans se fatiguer, le colonel aperçut son reflet à la suite d'un immense éclair qui illumina le ciel. Le colonel Otto Graff avait dans la cinquantaine et était un homme imposant de par sa taille avoisinant le mètre quatre-vingt-dix. Son visage était marqué par une mâchoire carrée et des yeux perçants d'un bleu acier. Sa carrure était robuste et sa posture toujours droite et dominante, reflétant une discipline stricte. Il portait fièrement l'uniforme distinctif des séparatistes orné de son insigne de la Confédération, ainsi que ses couleurs qu'il respectait énormément. Tellement, que derrière son bureau se tenaient fièrement deux drapeaux séparatistes installés sur des supports individuels.

                                Malheureusement, l'heure n'était pas encore au repos et il lui restait une nouvelle chose à régler avant de pouvoir pleinement se détendre. Terminant sa cigarette avant de se rediriger vers son bureau, il se servit tout de même un verre d'un alcool qu'il appréciait tout particulièrement afin de l'aider à s'éclaircir la voix et à soulager cette sensation de bouche sèche. S'asseyant sur son fauteuil en posant son verre sur le bureau à côté d'un datapad, il prit ce dernier pour observer la fiche d'une sergente qu'il ne connaissait pas du tout. D'après les nombreux rapports, cette sergente était un cas particulier et une tornade à elle toute seule. Heureusement, les rapports faisaient aussi mention de son professionnalisme, de son courage, de sa capacité à s'adapter à toute épreuve, mais surtout d'une habileté presque surnaturelle pour le tir à distance. Curieux d'en apprendre plus sur ce sous-officière, il prit son comlink holographique et contacta la lieutenante Maria Gladmoore, qui était visiblement sa supérieure et également sa protectrice. Prenant une nouvelle gorgée de son alcool, il posa son verre lorsqu'une petite silhouette se forma devant lui.

                                « — Colonel Otto Graff, que me vaut cet honneur ? demanda la lieutenante Gladmoore, droite et saluant son supérieur d'un ton respectueux, mais toujours aussi charmant dans sa froideur. »

                                « — Repos lieutenante, commençait-il en la saluant en retour. J'ai dans mes mains un datapad concernant la sergente King, dont vous êtes la responsable, dit-il en prenant le datapad et en observant la fiche de la sergente. Il est fait mention d'une sous-officière talentueuse au tir à distance et prometteuse pour l'avenir, j'aimerais en apprendre davantage sur elle en ne me contentant pas seulement des rapports, posa-t-il ensuite le datapad sur le bureau en regardant de nouveau la lieutenante. C'est pour cela que je vous contacte, puisque vous êtes à l'origine de sa candidature. »

                                « — Bien sûr, je serais ravi de vous en dire plus. Mais sachez que les rapports qui sont en votre possession ont été écris par mes soins, et que toutes les questions que vous vous posez peuvent avoir leur réponse en les lisant, répondit-elle froidement comme à son habitude. Ce que je peux vous dire et que la sergente est un élément indispensable pour le futur de la Confédération. Loyale et dévouée à la cause séparatiste, la sergente répond parfaitement aux ordres et fait preuve d'un sens critique remarquable et d'une prise de décisions rapides et efficaces. Ce qu'il manque à beaucoup de recrues ou de sous-officiers, détailla-t-elle en marquant certains points importants. Je peux aussi vous dire qu'elle parvient facilement à gagner la confiance des personnes qui l'entourent et est une instructrice remarquable en qui je peux entièrement me reposer, expliqua-t-elle en ayant durant une fraction de seconde un léger rictus de fierté. Aussi vous pouvez lui faire pleinement confiance, tout autant que la confiance que vous m'accordez, termina-t-elle en appuyant sur ce dernier détail. »

                                « — Tout autant que la confiance que j'ai en vous ? répéta le colonel, surpris de voir la lieutenante faire tant de louanges. Seriez-vous en train de m'expliquer que vous l'auriez pris sous votre aile tout particulièrement ? questionna-t-il son interlocutrice. »

                                « — Je ne vais pas m'en cacher colonel, les recrues dont je suis fière se comptent sur les doigts d'une main. Je mise beaucoup sur la sergente. C'est pour cela que je suis stricte avec. Je veux la voir évoluer et monter les marches et c'est pourquoi j'ai tout de suite déposé sa candidature pour qu'elle soit formatrice sur Raxus, je voyais là une occasion parfaite pour elle, expliqua la lieutenante. »

                                Le colonel resta durant quelques instants intrigué par ce que venait de dire la lieutenante. Cela ne lui ressemblait pas, elle ne faisait que rarement des compliments sur ses recrues. Ceci démontrait certainement une importance particulière qu'elle avait envers cette sergente et l'envie de la voir progresser. Posant au même instant son regard sur le datapad un détail qu'il avait manqué capta son attention.

                                « — Je remarque aussi que la sergente est une Lorrdienne, serait-ce pour cela qu'elle est importante à vos yeux ? pointait-il ce détail en prenant le temps de marquer une petite pause. Ils ne sont qu'une poignée dans l'univers et sont énormément recherchés pour leur capacité naturelle à imiter les gens et reproduire leurs faits et gestes, ainsi que leur voix et excellent dans la lecture des émotions et intentions. Pourquoi ne pas en tirer un meilleur usage en lui offrant un poste dont elle pourrait pleinement profiter de ses qualités ou lieu de la faire évoluer dans l'armée ? demanda-t-il à la lieutenante en soulignant un point important. »

                                « — Nous pouvons toujours lui proposer autre chose. Mais, connaissant mon ancienne recrue mieux que quiconque, vous passeriez à côté d'un élément important pour les rangs militaires, continua d'affirmer la lieutenante en prenant une intonation plus sèche. »

                                « — Je vais être franc avec vous, prit-il un ton plus sérieux. Je n'ai aucunement de sympathie ou de respect pour elle, puisque je ne la connais pas et qu'elle n'est qu'une simple sous-officière. Mais, si elle est importante pour vous, je ferais mon maximum pour correctement la présenter et louer ses qualités, expliqua-t-il en joignant ses mains posées sur le bureau. Je vous dois bien ça. »

                                « — Je vous remercie, colonel, rétorqua la lieutenante en saluant son supérieur. »

                                « — Graff, terminé. »

                                Alors que l'hologramme de Gladmoore disparaissait du comlink, le colonel comprit que la lieutenante avait une attache et une importance particulière pour la sous-officière, et qu'elle ne comptait pas changer d'avis à ce sujet. Prenant une nouvelle gorgée de son alcool avant de se masser délicatement les yeux qui devenaient douloureux à cause de la fatigue, il alluma une autre cigarette et regarda de nouveau le datapad en faisant défiler les autres profils des candidats qui s'étaient inscrits pour former les futurs militaires raxiens. Mais très vite, en lisant quelques profils, le colonel réalisa que seul celui de la jeune sergente était digne d'intérêt et réunissait déjà tous les éléments nécessaires pour répondre favorablement à sa nomination au poste de formateur en chef.

                                Déposant le datapad sur le bureau avant de tapoter sa cigarette du bout du doigt pour décrocher la cendre dans le cendrier, le colonel se dit qu'une simple sergente ne pouvait pas accéder au poste de formateur en chef. Devait-il faire un rapport pour préparer sa promotion afin d'accéder à un grade supérieur ? En faisant cela, il serait dans l'obligation d'en faire de même pour la lieutenante. Mais plus le temps de réfléchir, alors qu'un éclair grondait de nouveau dans le ciel de Géonosis, ramenant le colonel de ses pensées, ce dernier dirigea automatiquement ses yeux vers l'horloge numérique de son bureau. L'heure convenue avec le conseiller Korvax pour un rendez-vous holographique allait bientôt débuter. Écrasant sa cigarette au fond du cendrier tout en se levant de son fauteuil, le colonel s'avança vers le miroir de son bureau pour redresser le col de sa chemise et les extrémités de son uniforme avant d'enfiler sa veste. Le colonel avait horreur de sortir sans être un minimum présentable aux yeux de tous - une manie qu'il avait héritée de son formateur de l'époque. Une fois prêt, il se dirigea vers la salle de transmission de la base. En temps normal, il effectuait tous ses appels depuis son bureau, mais le puissant orage - qui durait depuis plusieurs jours maintenant - brouillait toutes les communications, et seuls les appels holographiques depuis l'extérieur étaient perturbés (seules les communications intérieures pouvaient être utilisées sans problèmes), sauf dans cette salle qui était munie d'une puissante antenne capable de transmettre au-delà de l'orage.

                                Traversant la base pour atteindre la salle de transmission, tous les droïdes et organiques saluèrent leur supérieur.

                                « — Mettez-moi en communication avec Raxus ! ordonna-t-il d'un ton sec. »

                                Alors que l'ordre fut donné, les lumières diminuèrent en intensité, plongeant entièrement la salle dans la pénombre. Pour le colonel, cette tâche était cruciale et importante pour renforcer les liens entre les forces armées de la Confédération et les dirigeants politiques de Raxus. Parvenir à bien présenter la sergente et future instructrice en chef de leur académie était une opportunité rêvée pour renforcer l'armée et élargir l'influence séparatiste, même depuis une planète mineure comme Raxus Secundus.
                                Alors qu'on faisait signe au colonel que les communications étaient opérationnelles, l'appel allait enfin pouvoir commencer. Se plaçant au centre de la pièce, la posture fière et sûre de lui, l'hologramme de son interlocuteur apparaissait devant lui.

                                « — Conseiller Korvax, je présume. Enchanté, colonel Otto Graff, se présenta-t-il en saluant militairement le conseiller. Tout d'abord, veuillez m'excuser si les communications ne sont pas aussi bonnes que d'habitude, nous essuyons un orage particulièrement gênant en ce moment, expliqua-t-il au cas où les communications devaient se couper brutalement. Vous devez vous en douter, puisque le rendez-vous a été convenu, je suis ici pour vous présenter votre future formatrice en chef pour votre académie militaire, si vous le voulez bien, prit-il le temps d'être précis et clair dans ses phrases. »
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