Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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    Le ChroniqueurL Hors-ligne
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    #5

    Post n°5
    Auteur : Hivernus

    Le messager part dans un petit discours bien rôdé. On ne sait pas s’il s’agit d’une histoire avérée qu’il aime raconter à ses clients ou s’il ne s’agit en réalité que d’un bobard sans nom, mais cette discussion ne semble pas réellement emballer le Bothan. En fait, l’espion écoute sans réellement entendre, comme si les paroles de son interlocuteur entrent par une oreille et ressortent presque immédiatement par l’autre. L’homme de main du gouverneur lui remet ensuite un datapad et s’enfuit comme un voleur. Ota le suit un instant du regard et le voit se diriger vers un autre groupe, où il semble à nouveau jouer un rôle. Visiblement, il est loin d’être feignant ce bougre. Il faut toutefois admettre que cette façon de faire à au moins le mérite de brouiller les pistes et de rendre moins suspect une rencontre de quelques minutes à peine. Ce gouverneur semble bien plus habile en ce qui concerne les manoeuvres qui se veulent plus officieuses visiblement. Un point intéressant qui rentre particulièrement bien dans l’esprit du major…

    Le sous-officier impérial suit les indications laissées sur le datapad sans afficher la moindre crainte sur son visage. En fait, il semble même confiant et hautain dans son attitude. Il est difficile de savoir si c’est un rôle qu’il essaie de tenir ou s’il est réellement comme ça au quotidien… Et c’est probablement ce qui fait de lui un agent particulièrement efficace. A l’inverse, les membres de sa garde rapprochée semblent bien nerveux. Ils ont le doigt au dessus de la gâchette, prêts à mitrailler tout ce qui sortira d’un coin sombre et louche. Les Manteaux de Nuit ont entendu de sales histoires au sein du palais impérial de Cathar. Jusque là, les échanges diplomatiques entre les impériaux et les puissances étrangères ont toujours été des plus désastreux. En outre, le Grand Moff Valiant s’était fait capturer en tentant de négocier une paix durable avec la République Fédérale par un sénateur se souciant visiblement peu de l’avenir de la galaxie. Et bien sûr, un évènement en entraînant un autre, la Moff Raina, venue négocier à son tour la paix et les termes de la libération de Valiant avec les néo-républicains avait également manqué de peu de se faire arrêter par ces abrutis. Elle avait quitté Bogden non sans emporter avec elle un désagréable souvenir qu’elle n'oubliera probablement jamais… On peut donc se douter que ces deux évènements particulièrement marquants dans l’histoire de la diplomatie impériale inquiètent particulièrement les soldats d'élite chargés d’assurer la sécurité du Bothan. Ils ne sont pas à l’abri d’un énième guet-apens de la part de ces foutus républicains. Au final, quand on y réfléchit bien, ils n’ont pas quitté leurs vieilles habitudes. Ce ne sont rien d’autre que de sales petits rebelles dont le gouvernement illégitime est destiné à sombrer à nouveau dans la corruption et la décadence. Qu’ils profitent donc de leurs quelques années de répit, car ils seront bientôt rongés de l’intérieur par leur propre culpabilité !

    Durant tout le temps de ce trajet qui semble interminable, les impériaux entretiennent les flammes de leur vieille rancune contre cet éternel ennemi républicain condamné ou bien à périr de leurs mains, ou bien à se soumettre de façon définitive à un idéal de loin bien meilleur au leur. Ota'Teulya semble faire exception, puisqu'il semble privilégier des réflexions intelligentes à un simple constat des plus tristes. Pourquoi ressasser en boucle ce qui est déjà fait quand on peut écrire les prochaines pages et donc de ce fait, changer tout un avenir ? C’est probablement ce qui fait la différence entre un soldat, bon uniquement à exécuter des ordres et à se passer en boucle de vieux rêves de gloir dépassés, et un officier, qui sait se montrer pragmatique et créateur pour mieux préparer l’avenir. Voilà une réflexion des plus intéressantes ! L’opposition entre nostalgiques passifs et idéalistes novateurs… Il faudrait qu’il songe à se pencher sur cette question particulièrement éloquente.

    Mais pour l’heure, il devrait se contenter de jouer à un stupide jeu politique. Bien évidemment, cela se révèle être extrêmement important aux yeux de la Grande Moff Ashe et même pour le futur de l’Impérium, mais il est toujours convaincu de ne pas être la bonne personne pour remplir cette tâche. L’arrivée dans le salon privé est des plus étonnantes. Point de sécurité apparente. L’homme qui les attend semble être seul. Il s’agit du gouverneur d’Ord Trasi, ce fameux Lysandre Sylla. Plus curieux encore, il affiche volontiers son goût pour le luxe. Le salon est relativement somptueux et ne manque visiblement de rien. Pour le Bothan, qui a appris à vivre dans la célèbre austérité Boroskaise, il ne s’agit là que d’un gaspillage de ressources qui ne l’impressionne nullement. C’est un fait avéré, les politiciens se sont toujours vautrés de plaisir dans l’étalage inutile de leur pouvoir. Ces célébrations criardes ne sont que le pâle reflet d’une société faible et sans intérêt… Le dirigeant politique de la planète commence la discussion par une formule de politesse des plus classiques. La conversation serait probablement pompeuse et ennuyante à souhait si l’on ne se décide pas à avoir une attitude ferme… D’un geste presque paresseux de la main, le major impérial fait comprendre à ses soldats qu’il n’est pas menacé. Ces derniers se retirent donc et se placent loin du centre de la pièce. Ils privilégient les endroits stratégiques d’où ils pourront tout contrôler et surveiller, à savoir les entrées et les sorties.


    - Je vous remercie pour votre accueil Gouverneur. Il serait impoli de ma part de ne pas me présenter à vous, toutefois, je ne suis qu'un simple messager... Mon nom n'a donc aucune importance. Vous comprendrez bien sûr qu'il s'agit là d'une simple formalité destinée à vous protéger tout autant que l'Impérium. Débute doucement l'espion en s'installant dans un fauteuil après avoir serré la main de son interlocuteur. J'imagine qu'il est inutile de perdre du temps en échangeant quelques politesses. Alors j'irai droit au but : La Grande Moff est intéressée par un rapprochement entre votre gouvernement et l'Impérium. Il est intéressant de noter que notre régime a grandement évolué et qu'à l'inverse des précédents empires, il n'y a point de Sénat pour entraver nos mouvements. Voici ce que vous propose la Grande Moff Ashe, dans sa grande générosité : En acceptant de rejoindre l'Impérium ou de se placer tout du moins sous sa protection, vous relèverez de l'autorité impériale mais votre système politique, économique et social restera placé sous votre contrôle. Pour ce qui est de la question militaire, sachez que votre armée et votre flotte seront placées sous votre commandement, mais en contrepartie, vous vous devrez de tenir des engagements auprès de l’État-major impérial. Et bien sûr, si vous acceptez ces conditions, nous nous engageons à fournir du travail à vos chantiers navals et même, dans votre cas personnel, à vous remettre aux mains expertes de nos meilleurs officiers afin disons... De nous assurer que vous n'avez pas perdu la main pour ce qui est de l'expertise militaire. Cette offre est des plus généreuses, il ne tient qu'à vous de l'accepter ou de la décliner.

    Le Bothan adresse un sourire étrange au gouverneur lorsqu'il achève de parler. Il a volontairement omis de parler de la possibilité de changer les termes des accords... En outre, de renégocier. Car il cherche dans un premier temps à tâter le terrain. Et d'une certaine façon, ce qu'il dit est vrai : L'offre est relativement généreuse. On est bien loin de l'époque où l'Oméga se permettait d'intervenir sur des mondes sous contrôle impérial pour embarquer de force des milliers de conscrits pour en faire de véritables instruments de guerre à son service.

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    • Le ChroniqueurL Hors-ligne
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      #6

      Post n°6
      Auteur : Lysandre Sylla

      Lysandre serra la main de son interlocuteur en tâchant de se remémorer dans quelle mesure il devait ou non exercer une forte pression. Il se rappelait encore de la leçon désagréable qui lui avait été imposée juste avant sa première sortie politique alors qu’il était seulement un jeune ingénieur sur la planète. Un maître du protocole était venu lui faire répéter, à lui et vingt-trois autres ingénieurs, les pratiques de la révérence et de la salutation, pour qu’ils fassent bonne figure devant les grandes familles. Sylla se souvenait encore de ce vieux grincheux qui les avaient assommés de conseils philosophiques sur l’affirmation forte de leur virilité masculine face à un interlocuteur récalcitrant, comme sur la prise légère et respectueuse de celui qui se sait flatteur face à un supérieur nobiliaire. Lysandre avait par la suite souvent rêvé de l’étrangler durant ses nuits.

      La poignée de main du Bothan elle ne dévoilait rien de sa nature, suffisamment ferme sans trop l’être. En revanche, le gouverneur put observer du coin de l’œil les quatre gardes prendre place à des positions millimétrées dans la pièce, dans une cadence parfaitement chronométrée qui contrastait avec la relaxation de son interlocuteur. Devait-il en conclure qu’il s’agissait de militaires accompagnant un civil, ou bien ce dernier disposait-il de l’assurance de ceux qui exercent le pouvoir sans crainte ?

      Lysandre accompagna le représentant impérial au cercle de fauteuils, et prit place dans le canapé en face du fauteuil choisi par le Bothan, s’efforçant sans trop de succès à rester le plus droit possible dans les coussins moelleux à l’excès tout en écoutant les paroles portées par le héraut de l’Imperium.


      Je vous remercie pour votre accueil Gouverneur. Il serait impoli de ma part de ne pas me présenter à vous, toutefois, je ne suis qu'un simple messager... Mon nom n'a donc aucune importance. Vous comprendrez bien sûr qu'il s'agit là d'une simple formalité destinée à vous protéger tout autant que l'Impérium


      Si Sylla détestait les frivolités oratoires, il n’aimait guère plus tout ce qui avait trait au complot permanent. Ceux qui l’employaient contribuaient généralement à déclencher des théories du complot qui aveuglaient la populace et l’entraînaient dans des voies qui n’étaient pas les siennes. Quelqu’un qui refuse de se présenter n’était donc pas généralement bien vu par le gouverneur d’Ord Trasi. Cela sentait en effet plus les services secrets qu’un représentant reconnu.

      Mais Sylla devait s’avouer qu’il était cette fois-ci lui-même à l’origine de cette manœuvre de l’ombre, et donc ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même d’aller contre ses principes pour assurer le bien d’Ord Trasi. Etait-ce le même genre de réflexions qui avaient poussé son ex-ami sénateur à violer la loi pour se rebeller contre l’Omega ?

      Lysandre s’ébroua mentalement devant cette comparaison odieuse. Le sénateur, en prétendant défendre les droits de la République, n’avait fait que défendre ses intérêts personnels, alos que maintenant, lui agissait pour le bien d’Ord Trasi au détriment de ses propres intérêts. Si l’Imperium cherchait à le protéger pour cette rencontre tout comme ils se protégeaient, ils n’en auraient pas moins aucun mal à mettre fin à ses pouvoirs ou à ses jours au bout du compte.


      J'imagine qu'il est inutile de perdre du temps en échangeant quelques politesses. Alors j'irai droit au but

      Bien, pensa le gouverneur, peut-être fourbe, mais au moins direct, on ne perdra pas de temps comme ça. Après à voir jusqu’où cette approche directe favorise des manœuvres indirectes. Il était tentant de regarder si les gardes avaient bougé d’un millimètre depuis la prise de parole, mais mieux vaut garder les yeux sur le Bothan.

      La Grande Moff est intéressée par un rapprochement entre votre gouvernement et l'Impérium


      La Grande Moff, et non pas la régente ou la Grande Moff intérimaire. Cela confirmait que Valiant était hors-jeu pour le moment. Sylla n’avait jamais rencontré l’homme, mais il avait beaucoup de respect pour ses actes et son sens du devoir même confronté à l’adversité de ses pairs. Sa prise de pouvoir à la tête de l’Imperium avait beaucoup compté dans les manœuvres entamées par Lysandre auprès du Conseil de surveillance en faveur de rapprochements. Dans le même temps, sa capture stupéfiante interrogeait le gouverneur sur sa conviction que Valiant incarnait un pôle de prévoyance et de stabilité. Si Sylla avait lui aussi été joué par un sénateur par le passé, il attendait autre chose de celui à qui il devait prêter allégeance pour redresser la galaxie.

      Sa remplaçante était donc bel et bien la Grande Moff Ashe. Jusqu’aux nouvelles de sa prise de fonction, Sylla avait dû reconnaitre qu’il n’avait jamais entendu parler d’elle auparavant. Ils étaient en effet issus de deux monde différents, Sylla étant arrivé dans la Flotte impériale par la voie détournée de l’ingénierie spatiale et des faveurs politiques, avant de se voir propulser gouverneur. Ashe elle avait gravi les échelons de l’Armée de Terre un à un avant de gravir ceux du pouvoir politique de Borosk puis de l’Imperium. Un parcours admirable, mais un caractère difficile à cerner avec les informations à sa disposition. Etait-elle une idéaliste ou une carriériste ? où plaçait-elle la limite entre les intérêts de l’Imperium et les siens ?
      Sylla se demanda si le Bothan avait une opinion sur la question. Mais à y réfléchir, mieux valait éviter de la poser. S’il lui tenait à présent ce discours, c’était assurément parce qu’il était un homme de confiance des cercles du pouvoir impérial. De là à tenter de le provoquer pour tester le degré de fidélité que Ashe inspirait, il y avait une piste à explorer pour la suite de la discussion, mais pas de suite.


      Il est intéressant de noter que notre régime a grandement évolué et qu'à l'inverse des précédents empires, il n'y a point de Sénat pour entraver nos mouvements.


      « Notre régime », nos mouvements », cela ressemblait à l’oligarchie militaire technocratique débarrassé d’un sénat incapable sur laquelle Sylla avait toujours construit des châteaux en Alderann étant plus jeune. Mais il avait appris à la dure que les régimes tournaient souvent à l’exercice du pouvoir par un seul qui faisait mine d’écouter les conseils avant d’agir à sa guise. Jusqu’à où ses futurs supérieurs seraient prêts à entendre des critiques s’ils sortaient du droit chemin ? le Bothan lui-même se sentait-il vraiment plus un conseiller qu’un domestique glorifié servant les messages de son maître, ou plutôt de sa maîtresse à la si grande générosité ?

      En acceptant de rejoindre l'Impérium ou de se placer tout du moins sous sa protection, vous relèverez de l'autorité impériale mais votre système politique, économique et social restera placé sous votre contrôle.


      Voici le moment des garanties, où s’ils avaient été présents, les membres du Conseil de surveillance auraient commencé à se déchirer sur leurs significations et les bénéfices qu’ils peuvent en tirer. Mais Sylla pouvait le faire à leur place : le maintien du système économique et politique de la planète ne menacerait pas dans l’immédiat leur puissance et leurs gains…pas dans l’immédiat. L’exercice d’une tutelle impériale imposait de savoir dans quelle mesure cette tutelle serait habilitée à modifier le moment venu les lois internes, à moins que l’Imperium incarne vraiment ce qu’il veut être. Mais même un coup de pied dictatorial dans la fourmilière était mieux que de laisser celle-ci s’écrouler dans sa propre décadence. Toutefois le peuple trasi méritait mieux qu’une dictature.

      Pour ce qui est de la question militaire, sachez que votre armée et votre flotte seront placées sous votre commandement, mais en contrepartie, vous vous devrez de tenir des engagements auprès de l’État-major impérial.


      Laisser le contrôle de l’armée à un gouverneur planétaire était une pratique courante dans les institutions impériale. C’est ce qui créait la fonction de moff, une caste où on devait faire le tri entre les génies et les incapables. En revanche, la proposer à Ord Trais dans le cadre de son intégration faisait montre d’un remarquable esprit d’ouverture. Une flotte appuyée sur un chantier naval pouvait être un instrument redoutable entre les mains d’individus rebelles. Il se posait bien sûr la question de la fidélité du personnel militaire, et la nature exacte des engagements. Mais en veillant personnellement à l’intégration de ses vaisseaux dans la Flotte, Lysandre s’assurerait que la Base Delta Zero d’un monde soit décidée par des capitaines compétents.

      Et bien sûr, si vous acceptez ces conditions, nous nous engageons à fournir du travail à vos chantiers navals


      Intéressant, l’emploi d’un terme similaire pour décrire les promesses économiques de la part de l’Imperium et celles que le commandement militaire d’Ord Trasi devrait avoir auprès de l ‘Etat-major impérial. Une alliance fondée sur une responsabilité militaire et économique mutuelle ne pouvait que plaire à Sylla. Mais cela pouvait aussi signifier que si Ord Trasi se révélait trop indépendant, l’Imperium pourrait l’étouffer économiquement. D’un autre côté, cette mise en comparaison signifiait aussi que la Flotte d’Ord Trasi pourrait se montrer... rebelle, si les exigences économiques ne sont pas tenues.

      De toute manière, la promesse de contrats à dans les plus brèves échéances et sur des longues commandes ne pouvait que servir le gouverneur dans ses négociations avec le Conseil de surveillance. Il imaginait déjà la tête de certains membres en train d’essayer de le critiquer vertement pour ses choix tout en salivant de manière très visuelle à l’idée du nombre de choses inutiles qu’ils pourraient s’acheter grâce aux contrats. De là à leur expliquer qu’il s’agit d’investir non pas dans le superficiel mais dans le nécessaire, il y aura une étape supplémentaire pénible à laquelle Sylla ne voulait pas songer pour le moment.

      dans votre cas personnel, à vous remettre aux mains expertes de nos meilleurs officiers afin disons... De nous assurer que vous n'avez pas perdu la main pour ce qui est de l'expertise militaire. Cette offre est des plus généreuses, il ne tient qu'à vous de l'accepter ou de la décliner.


      Sylla commença à se lever et se dirigea vers la baie vitrée, autant pour réfléchir un instant que pour éviter de se froisser un muscle à rester trop longtemps assis sur des meubles aussi mous. Les mains expertes de l’Imperium, Lysandre s’en doutait, étaient autant capables de le remettre en forme que de le découper en morceaux. Sa garantie toutefois, c’était son importance dans le paysage politique de la planète et sa préférence pour l’Imperium. Tant qu’Ord Trasi ne serait pas pleinement intégrée, il bénéficierait d’une forme de protection, qui lui permettrait également de montrer que s’il comptait rejoindre l’imperium, ce n’était pas juste pour être un beau muet. Et lorsque la planète sera devenue un membre à part entière de l’Imperium, Sylla espèrera s’être assez rendu indispensable pour ne pas souffrir de ses prises de paroles.

      Quant à le remettre en for... le gouverneur étouffa un rire nerveux. S’il s’était appliqué après son entrée dans l’armée à développer autant son physique que son intellect, c’était surtout pour faire taire les chiots Akks issus des académies militaires qui le regardaient de travers. Rien de plus plaisant que de corriger d’un puissant direct du droit un jeune lieutenant qui considère mieux savoir comment placer sa frégate parce que la tradition tactique le dit à l’académie, et non pas un pseudo capitaine tout juste bon à faire des équations de tirs.

      Cependant il n’avait jamais suivi de formation militaire, et tirer avec un blaster lui était aussi naturel que chanter les louanges du conseiller Dinarque et de son dernier airspeeder de luxe. Restait donc à savoir ce qu’était attendu de lui en guise de formation. Mais il n’était pas sûr que son interlocuteur eût la réponse.

      Mains dans le dos et droit comme un I, Sylla se détourna de la vue planétaires et pris la parole en regardant droit dans les yeux le représentant de l’Imperium.


      Je prends note de la proposition « généreuse » de l’Imperium, monsieur mystère. Il est effectivement correct que la garantie des droits et surtout des privilèges politiques rendra heureux les gouvernants d’Ord Trasi. Cependant, je dois poser tout de suite des limites.

      D’une part, il va de soi que pour éviter les abus de confiance, les vaisseaux produits par Ord Trasi seront d’abord intégrés à la Flotte de la planète, et les capitaines et équipages qui leur seront affectés viendront les essayer en manœuvre pendant une certaine période de temps, avant d’être jugés aptes à partir. C’est une mesure qui permettra à l’Imperium de s’assurer de la qualité des vaisseaux avant de les mener au front, et qui permettra à Ord Trasi et au peuple de s’assurer du fruit de leur travail de manière visible.

      Deuxièmement, si je remercie par avance la Grande Moff pour ses promesses d’investissements économiques, il me semble nécessaire de faire également appel à la générosité de l’Imperium de manière plus large. Dans le but de ne pas finir juste comme un simple rouage servant à nourrir la machine de guerre impériale, tout comme de mieux faire accepter la présence de l’Imperium, plusieurs actions concrètes pourraient être menées. Cela va de l’encadrement des troupes d’Ord trasi par des conseillers militaires de l’Imperium, à la sécurisation des voies commerciales de la Nébuleuse Maelstrom, en proie aux attaques de pirates, en passant par l’installation d’académies de formation, qu’elles soient militaires, économiques ou culturelles pour faire bénéficier Ord Trasi du riche savoir de l’Imperium et éviter que le Trasi moyen n’ait comme seul voie devant lui celle du travail en chantiers. Déplacer par exemple l’académie de formation des pilotes, militaire et civil, serait un geste appréciable.

      Troisièmement, en matière de diplomatie commerciale, Ord Trais doit conserver sa pleine indépendance sur le plan galactique. L’approvisionnement des matières premières pour la construction spatiale ne saurait provenir uniquement de l’Imperium, qui doit déjà approvisionner Fondor et Yaga Minor. Par son histoire et ses traditions, Ord Trasi dispose de relations étroites avec plusieurs systèmes non impériaux, et doit conserver sa liberté d’action diplomatique pour garantir son approvisionnement, sous peine de remettre en cause son existence même.

      Quatrièmement, si la protection impériale nous est précieuse, elle peut aussi être un fardeau despotique. Tant que le processus d’intégration ne sera pas terminé et officiellement avalisé par un accord entre l’Imperium et le gouvernement d’Ord Trasi, celui-ci conservera un droit de retrait du projet sans pénalités en cas de litige irréconciliable. Par la suite, le gouverneur, s’il reconnait ses engagements politiques et militaires envers l’Imperium, conservera le droit de manifester sa désapprobation s’il trouve que l’Imperium ne remplit pas ses engagements moraux vis-à-vis d’Ord Trasi. Pour s’assurer de l’indépendance du gouverneur, pendant un nombre d’années à déterminer, en cas de changement du gouverneur, les candidats seront élus à partir d’une liste uniquement d’habitant d’Ord Trasi.


      Enfin...

      Sylla s’interrompit un instant, se demandant s’il ne venait pas de poser des problèmes insolubles avec son interlocuteur. Mais il pensait que ces mesures étaient les plus à même de maintenir à la fois Ord Trasi dans son identité tout facilitant son intégration. Tant pis s’il heurtait les sensibilités.

      Enfin, si ces conditions sont acceptées, ou du moins prises en considération et acceptées lors de mon voyage dans l’Imperium, alors j’accepterai l’offre de la « Grande et généreuse » Moff et je serais prêt à passer tous les tests qui vous viendront à l’esprit pour veiller à ma remise en forme.

      Au lieu de retomber dans le piège et de s’asseoir dans le canapé, le gouverneur s’appuya contre l’accoudoir en attendant la réponse du Bothan.
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        #7

        Post n°7
        Auteur : Hivernus

        Le gouverneur est visiblement un homme malin. Très malin. Mais il commet plusieurs erreurs. Il se sent en sécurité dans ce lieu qui appartient à son gouvernement. Et sa confiance s’est transformé en orgueil. L’homme se permet d’être caustique ou ironique dans ses propos. L’intonation de sa voix ne trompe pas. Si Ota Teu’lya n’avait pas été envoyé ici pour négocier l’allégeance d’une planète, ou du moins son rapprochement avec l’Impérium, il se serait permis de faire taire pour de bon cet idiot particulièrement arrogant. Nul ne peut manquer de respect à la Grande Moff. Du moins, pas sans en payer le prix. Oui… Lysandre Sylla va subir les conséquences de ses paroles déplacées. L’offre du régime impérial avait été généreuse… Elle le serait toujours, mais bien moins que si le gouverneur avait accepté tout de suite sans user d’ironie et de stratagèmes à peine subtils. Au final, les politiciens semblent être tous les mêmes : Avides de pouvoir et hautains à souhait. Et le major ne se priverait pas de rapporter à sa maîtresse les exigences et les railleries du “héros” d’Ord Trasi.

        Et quel héros ! Derrière cet air froid et rigide se cache un vilain petit opportuniste. Il faudrait surveiller de près ses agissements. L’agent personnel de la Grande Moff peut visiblement se fier à la première idée qu’il se faisait sur le gouverneur… On ne peut pas se permettre de lui faire confiance. Du moins, pas dans l’immédiat. Pas tant qu’il n’aurait pas fait ses preuves et démontré son utilité. Autant dire que l’homme part déjà d’un mauvais pied, du fait de ses erreurs de jugement. D’une certaine façon, Ota Teu’lya comprend désormais pourquoi cette chère Ashe tenait tant à ce qu’il se charge de cette mission diplomatique… Les Bothans sont des êtres intelligents et rusés qui se sont spécialisés dans les manoeuvres politiques et les missions de renseignements. C’est ce qui fait qu’ils sont particulièrement mal considérés par de nombreuses espèces. Mais à l’inverse de ses congénères, l’espion Bothan de la Grande Moff est loin d’apprécier à juste valeur l’art de la politique et de la manipulation. Il trouve l’exercice particulièrement méprisable… Néanmoins, la loyauté le pousse toutefois à s’acquitter de sa tâche. Et il va donc se montrer particulièrement implacable avec cet imbécile arrogant.

        Le sous-officier impérial caresse l’une des nombreuses nattes qui rassemblent ses cheveux argentés, l’air songeur. Son esprit affuté reprend point par point tout ce que le gouverneur demande. Ou plutôt… Exige. La première chose qui semble irriter le Bothan concerne les revendications du dirigeant d’Ord Trasi à propos des productions militaires impériales destinées à la flotte. Ainsi, il cherche à s’approprier les futurs vaisseaux sortant des chantiers navals de la planète pour soi-disant les “tester”. Aux yeux du major, c’est surtout un habile moyen de se constituer une flotte personnelle sur le dos de l’Impérium. Et le tout sans dépenser le moindre crédit ! Ota Teu’lya est sûr et certain que la Grande Moff sera de son avis : On ne peut pas prendre le risque de laisser trop de pouvoir entre les mains d’un homme qui en demande beaucoup. Par ailleurs, Lysandre Sylla s’est déjà dérobé une fois. Il n’y aurait pas deuxième fois. Ashe est très claire à ce sujet. Nul ne peut se rebeller ou manquer à ses devoirs au sein du régime impérial. Le Bothan dévisage l’espace d’un instant le gouverneur. Son regard noir se fait particulièrement insistant et pernicieux, comme s’il cherche à pénétrer au plus profond de son interlocuteur pour en tirer ses plus noirs secrets.


        - Nous comprenons parfaitement votre position. Vous avez des engagements à tenir auprès de vos pairs et vous ne voulez pas les décevoir, c’est compréhensible. Vraiment. Nous sommes prêts à accepter certaines de vos exigences, toutefois, vous devez comprendre qu’en retour, vous devrez en faire de même avec les nôtres. C’est pour cette raison que nous accorderons au gouvernement d’Ord Trasi la possibilité d’intégrer dans sa flotte les trois premiers navires de guerre que nous commanderons à ses chantiers navals. Mais seulement ces trois vaisseaux là. Comprenez bien que nous avons tout un espace à protéger, et qu’en outre, nous ne pouvons pas nous permettre de voir une partie de nos bâtiments réduits à la surveillance d’un seul secteur ou d’une seule planète. De même, la limite de votre flotte sera limitée à dix bâtiments de guerre, tout tonnage confondu. Bien sûr, avec le temps, cette limite pourra être revue à la hausse par la suite, mais pour l’instant, nous voulons nous assurer qu’il n’y aura pas de disons… Désagréments. Si nous acceptons que les mondes impériaux puissent bénéficier de leur propre force de défense, nous faisons toutefois attention à ce que cela ne se retourne pas contre nous. Et il serait également mal vu de laisser des gouvernements entreprendre des opérations militaires au nom de l’Impérium ou de leur planète sans en avoir reçu l’ordre… Vous pouvez le comprendre...

        Le major marque un temps de pause. Les termes sont en effet moins en faveur du gouvernement d’Or Trasi désormais, du fait des ambitions démesurées de son représentant. Lysandre Sylla a été gourmand, trop gourmand. Et voici désormais les conséquences. Négocier fermement avec des régimes puissants est à la fois un acte courageux et complètement fou. Le gouverneur a encore beaucoup à apprendre visiblement… Il ne sait pas quand tirer bénéfice de la situation et quand rester en retrait. L’homme cherche à tout prix à conserver son autonomie, son indépendance, et c’est compréhensible. Mais n’est-ce pas ce genre de comportement qui a conduit le Sénat a viré plusieurs fois d’un côté ou de l’autre, provoquant le chaos dans la galaxie ?

        - Toutefois, en dehors de ces “restrictions” militaires, nous n’avons pas réellement d’autres exigences. Nous ne cherchons pas à annexer votre planète, seulement à nous rapprocher de votre gouvernement, comme je l’ai déjà expliqué. Ce qui veut dire que nous n’avons pas pour but de nous impliquer dans la politique d’Ord Trasi. Je me permets de vous le rappeler… Vous conserverez le contrôle de vos institutions politiques, économiques et sociales… Ce qui veut dire, pour en revenir à vos inquiétudes, que vous avez le droit de commercer avec des régimes étrangers qui n’ont aucun lien avec l’Impérium… Tant que cela ne menace pas nos intérêts. Miaule l'espion avec une fermeté presque paresseuse et une voix pleine de sous-entendus. De même… Pour ce qui est de ne pas finir comme simple rouage dans la machine impériale… Sachez que nous avons tous un rôle à jouer. Nous sommes tous, d’une certaine façon, un rouage dans un quelconque régime, que nous le voulons ou non. Néanmoins, cela ne veut pas dire que nous n’avons aucune considération pour ceux qui nous rejoignent de leur plein gré. Vous voulez des preuves de notre bienveillance ? Vous en aurez. Des conseillers militaires viendront former vos officiers et vos soldats. Une flotte sectorielle sera montée pour sécuriser les voies commerciales et pourra renforcer vos effectifs en cas d’attaque à l’encontre d’Ord Trasi. Nous pourrions même envisager la construction d’une académie militaire à moyen ou long terme. Vous voulez une assurance en ce qui concerne l’avenir de vos concitoyens ? Sachez que nous offrirons à chacun la possibilité de démarrer une nouvelle vie au sein de notre empire. Et nous ferons en sorte, en retour, d’inciter les artistes, les artisans et les ingénieurs à venir s’installer sur votre planète afin qu’elle puisse jouir du savoir-faire de nos compatriotes. Je me demande bien ce que l’Impérium peut faire de plus pour satisfaire votre personne...

        Le Bothan prend une position bien plus nonchalante dans son fauteuil lorsqu’il a fini de parler. Il y a sur son visage une certaine assurance, comme s’il est sûr et certain de sa victoire sur cet adversaire pour le moins intriguant et ambitieux. Toutefois, son regard noir braqué sur le gouverneur ne trompe pas. Il espère silencieusement que l’homme va se résigner à accepter les termes de ce rapprochement. Il commence à se lasser de cette discussion.

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          Post n°8
          Auteur : Lysandre Sylla

          Une flotte dont était désormais réduite la capacité, la promesse d’une indépendance politique conditionnée aux intérêts de l’Imperium, des engagements économiques assénées comme autant de taloches d’un parent à un enfant mal élevé. Lysandre manquait encore de flair politique, mais il n’avait pas besoin d’un diplôme pour savoir par le regard noir que lui adressait son interlocuteur qu’il avait effectivement commis un impair. Mais lequel ?

          Etait-ce dans son ton ? C’était la première piste qui vint à l’esprit de Sylla. Il avait toujours méprisé la langue de bois, et s’était peut-être encore une fois laissé aller à lâcher des piques qui avaient froissé son hôte. La dernière fois que cela s’était produit, il avait dû écrire personnellement une lettre d’excuse au Conseiller Antiphon pour que celui-ci accepte de passer l’éponge sur les insinuations à l’encontre de l’usage de son temps libre et accepte de continuer à voter le budget de l’Etat.

          Mais qu’avait-il froissé ? L’Imperium ou son représentant ? Sylla repensa à ses paroles. Il est vrai que le Bothan avait pu mal prendre d’être moqué pour son absence de nom. De là à le faire passer dans la négociation politique, il y avait un grand pas qu’un négociateur expérimenté ne franchissait pas aisément. Les noms d’oiseaux pouvaient aussi bien voler que les flatteries lorsqu’il s’agissait d’arriver à un accord.

          Il étudia donc l’autre hypothèse, celle de l’atteinte à l’Imperium. Là encore une nouvelle distinction devait se faire : atteinte à l’Imperium ou atteinte à ceux qui l’incarnaient ? Lysandre avait mis en exergue la générosité impériale. Il avait en effet la connaissance par le passé d’un Empire qui exigeait davantage qu’il donnait, et à présent d’un Imperium qui quémandait davantage qu’il menait. Si l’Imperium pouvait indéniablement apporter beaucoup à Ord Trasi, il ne convenait pas de croire qu’Ord Trasi n’apporterait rien non plus à l’Imperium. Le gouverneur comprenait que le Bothan veuille se voir comme le représentant supérieur dans cette discussion, mais il ne saurait accepter de passer pour un simple mendiant. Il avait énoncé ses exigences, peut-être maximalistes, mais avec la possibilité de les négocier, jusqu’à trouver un compromis. S’il n’avait s’agit que de l’honneur de l’Imperium, la discussion se serait élevée seulement au moment de conclure.

          Or le représentant s’était bloqué avant même de songer à négocier. S’il avait effectivement repris les propositions énoncées par Sylla, cela semblait plus pour les démonter que pour les discuter, comme s’il avait été brûlé vif par leur simple mention. Pour qu’elles causent cet effet, il avait fallu que le Bothan soit déjà indisposé à son égard avant de les entendre. Ce qui signifiait qu’il avait du donc le provoquer par ses paroles à l’égard de l’Imperium. Et à voir sa réaction lorsqu’il avait évoqué la Grande Moffe, il avait visiblement heurté la sensibilité du représentant vis à vis de cette dernière. Tout cela, entre un dédain affiché pour le principe des négociations et un amour propre blessé mais fièrement brandi de l’Imperium, poussait le gouverneur à penser qu’il avait en face de lui non pas un politicien diplomate, mais plutôt un affidé de l’autorité suprême impériale.

          Le gouverneur ignorait s’il devait le prendre comme un compliment ou une insulte. D’un côté, l’envoi d’un homme de confiance montrait l’intérêt que la dirigeante de l’Imperium portait à Ord Trasi. De l’autre, dépêcher un diplomate qui n’est pas un diplomate professionnel pouvait passer pour de la dépréciation, voir pour saboter de manière préventive les négociations. Même si Lysandre avait demandé de la discrétion, rien n’aurait empêché un politicien impérial officiel de venir sous couverture.

          Toutefois, Sylla se sentit plus proche de son interlocuteur sur ces réflexions : lui non plus n’était pas un professionnel, et ils devaient tous les deux être autant agacés par les tournures ampoulées que leur imposait le processus de négociation. Mais il ne pouvait pas pour autant ignorer ce qui les séparait. Tout d’abord, il avait affaire à un Bothan. Si le gouverneur n’était pas un suprémaciste humain, il avait appris dans ses cours et vu de ses propres yeux comment certains comportements d’autres espèces pouvaient être aliens à sa propre conduite. Dans le cadre des Bothan, cela s’appliquait souvent en termes de quête d’influence et de pouvoir. Plus un Bothan était puissant, plus il se sentirait respecté et chercherait à l’être davantage. De la sorte, ceux qui ne le soutenaient pas devenaient rapidement des ennemis potentiels.

          Sauf qu’ici, le représentant ne semblait pas être en quête d’influence. Son dédain pour la négociation aurait même pu sembler antithétique vis à vis des comportements de son espèce. Mais en même temps, il se comportait comme si le gouverneur était déjà un ennemi potentiel à abattre. Lysandre émit ainsi l’hypothèse mentale que de manière consciente ou non, le Bothan avait réinscrit sa quête de pouvoir dans celle de l’Imperium, ou du moins de sa maîtresse. Cette hypothèse, peut-être fausse, permettait néanmoins d’expliquer en partie la réaction du représentant.

          Par exemple, Sylla avait proposé de maintenir les vaisseaux produits sur Ord Trasi en orbite sur une courte durée pour des tests de matériel. Cela devait dans son esprit permettre de s’assurer de la fiabilité des vaisseaux et de prendre la mesure de l’état du commandement de la Flotte impériale, afin de voir comment l’optimiser militairement et techniquement. Mais le Bothan, dans sa logique Noir/Blanc, y voyait probablement une manœuvre politique dirigée contre lui et l’Imperium, incapable de penser que Lysandre puisse avoir à cœur autre chose que son intérêt personnel.

          La même logique devait dicter le reste des propositions, et le gouverneur se sentit quelque peu coincé. S’il cherchait à témoigner de sa fidélité et de son absence d’ambitions politiques, son interlocuteur y verrait sûrement qu’une ruse pour masque de sombres projets. Et si au contraire il tentait de s’affirmer encore plus indépendamment, il ne ferait que tendre le bâton pour se faire battre. Sylla se retrouvait ainsi sur une ligne d’équilibre extrêmement précaire. Celui qui avait déclaré que « Seul les Sith sont aussi absolus » dans leurs convictions n’avait probablement jamais rencontré de Bothan.

          Lysandre se sentit soudainement beaucoup plus vieux, et se demanda un instant si l’Imperium qu’il souhaitait rejoindre était un Imperium qui se comportait en brute puis qui se présentait comme généreux, qui vivait dans la paranoïa de l’ennemi intérieur et qui semblait à peu près autant capable de se remettre en question qu’un Ysalamiri de ressentir la Force. Au lieu de sortir d’Ord Trasi du marasme économique, n’allait-il pas l’inscrire dans un système aussi fossilisé que la République ou la CSI ?

          Il laissa s’écouler plusieurs secondes, comme s’il pesait le pour et le contre de la proposition qui était beaucoup plus finale que leur dialogue policé avait pu le laisser entendre. Puis il se redressa et regarda le Bothan droit dans les yeux.


          Nous avons un accord. Je me rendrai sur Cathar pour apposer ma signature à un traité rédigé par l’Imperium, traité qui sera ensuite amené par mes soins au conseil d’Ord Trasi, qui le validera après d’éventuels amendements. Si l’Imperium s’estime floué à l’issue de ces potentiels d’amendements, il pourra renoncer au traité. Sinon, l’intégration sera considérée comme avalisée et les engagements réciproques entre Ord Trasi et l’Imperium prendront effet. Si l’Imperium souhaite assister à la réunion du Conseil sur le traité, il le peut, s’il s’y comporte comme un ami. Le conseil d’Ord Trasi n’a pas ma patience pour le langage de la force, mais en a bien plus que moi pour générer des artifices légaux ou juridiques.

          Lysandre avait opté pour le grand saut. Même si l’Imperium était similaire à la représentation qu’en donnait son interlocuteur, il était plus facile de le faire évoluer dans le bon sens que des régimes beaucoup plus tentaculaires. Sylla semblait se soumettre, mais entendait bien faire comprendre qu’il n’était ni un mendiant humilié à souhait ni un arriviste politique. Il était seulement un gouverneur par accident qui s’efforçait de protéger et de responsabiliser ceux dont il avait la charge.Et il ne s'excuserait pas pour ça, même si cela le poussait à dire des bêtises politiques dans ces négociations.
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            Auteur : Hivernus

            Le gouverneur semble enfin avoir retrouvé la raison ! Il accepte finalement les conditions de l’Impérium… Tant mieux ! Cela lui évitera d’avoir à perdre encore quelques prédispositions impériales bénéfiques à sa planète… Et de se retrouver avec beaucoup plus d'exigences. Après tout, ce n’est pas au représentant d’une planète mineure et isolée de demander à un régime galactique d’aller dans son sens. Les offres généreuses de l’Impérium ne doivent pas être considérées comme acquises. Elles sont accordées selon le bon vouloir de la Grande Moff et de ses émissaires. Utiliser un ton léger est totalement inappropriée, surtout quand cela a pour but de tourner en dérision les propos d’un messager. En agissant de la sorte, c’est le régime impérial dans son ensemble que Lysandre Sylla moque. Fort heureusement pour lui, Ota Teu’lya n’est pas venu pour provoquer un incident diplomatique.
            Toutefois, il est étonnant et curieux de se dire qu’aujourd’hui, le dirigeant d’Ord Trasi vient de recevoir une leçon de politique de la part d’un espion novice en la matière. L’esprit rigoureux et scientifique d’un homme contre l’intelligence implacable et sournoise d’un Bothan. Une scène bien étrange quand on y pense... Le major étire ses lèvres en un sourire des plus sinistres. Un sourire qui pourrait glacer d’effroi un personnage lambda. Il caresse avec soin ses longues tresses argentées, puis se décide enfin à répondre au gouverneur.


            - Vous me voyez ravi d’apprendre que nous sommes finalement sur la même longueur d’onde Monsieur le Gouverneur. Nous ne partirons que demain, à l’aube. Cela nous laissera le temps de visiter quelque peu votre planète, et d’en découvrir ses charmes… Et ce sera pour vous l’occasion d’organiser vos préparatifs. Miaule le sous-officier sur un ton plus doux.

            Bien évidemment, pour notre espion, c’est aussi le moment idéal pour se renseigner sur Ord Trasi et son élite dirigeante. Loin d’être un simple diplomate et touriste, il est avant tout un agent de la Grande Moff. De ce fait, l’informer des moindres éléments récoltés sur un monde impérial ou neutre visité est une formalité destinée à établir des stratégies en fonction de la valeur de ces renseignements. Ota Teu’lya se doute qu’il n’aurait pas le temps d’en apprendre beaucoup en l’espace de quelques heures. Toutefois, il connaît suffisamment son métier pour savoir où mener sa petite enquête… Il ne lui reste plus qu’à régler un détail.

            - Je vous remercie pour votre accueil Gouverneur… Et je vous souhaite bonne fortune et bon courage pour vos préparatifs. Nous nous reverrons bientôt… Reprend le Bothan en offrant une poignée de main “chaleureuse” à son hôte.

            Les deux premiers membres de la délégation impériale sortant de la pièce sont les Manteaux de Nuit surveillant l’entrée principale. Ils s’assurent que la voie est bien dégagée, selon un vieux protocole en vigueur dans l’armée puis avertissent l’espion qu’ils peuvent sortir sans crainte. Le major et les deux autres hommes de son escorte suivent donc le pas et disparaissent à leur tour, laissant le gouverneur seul avec ses pensées. Le sous-officier impérial profite du trajet vers la navette le conduisant au sol pour réfléchir et réagir silencieusement aux éléments intéressants de ce petit entretien secret… Un petit résumé de ce qu’il s’est passé en quelque sorte. Le représentant et d’Ord Trasi avait dans un premier temps tenté de l’impressionner en étalant sous ses yeux tout le luxe mis à sa disposition. Toutefois, cela ne fut qu’un gâchis de ressources, et un tel étalage de pouvoir n’eut pas l’effet escompté sur l’émissaire de l’Impérium. En réalité, Ota Teu’lya avait perçu ceci comme une vulgaire mise en scène destinée à le mettre en confiance dans un cadre “privilégié”. Mais le confort dont semble jouir Lysandre Sylla n’est que le pâle reflet de sa personnalité étonnante. L’homme s’était montré exigeant, trop exigeant pour un individu ne jouissant pas d’une renommée ou d’un pouvoir lui permettant d’influencer le cours de la discussion. Cela lui a au final coûté beaucoup… Ce qui laisse sous-entendre clairement que le gouverneur proclamé héros d’Ord Trasi est encore un novice en matière de politique… Ou tout du moins qu’il n’en connaît pas toutes les subtilités. Néanmoins, ce manque d’expérience ne veut pas dire que le dirigeant de cette planète est un être totalement prévisible. Du point de vue du Bothan, la méfiance est de rigueur…

            Cependant, il n’est en rien maître de la décision. Seule la Grande Moff peut déterminer la manoeuvre à suivre. Et nul doute, la connaissant, qu’elle chercherait d’abord à jauger elle-même le gouverneur pour se forger son propre avis sur le personnage. Et sa longue expérience dans le monde des intrigues lui sera probablement très utile pour influencer Lysandre ou tout du moins lui montrer sa vision de l’avenir… Une chose est sûre, Ota Teu'lya est bien content de pouvoir retourner à son occupation favorite... La politique n'est réellement pas faite pour lui. Il se rend compte que le sang Boroskais est peut-être en train de se distiller en lui... Eux qui méprisent plus que tout ce qui peut mettre en danger leur société. L'intégrité et le sens du devoir... Voilà ce qui fait la base de cette population largement militariste ! Et d'une certaine façon... Ce sont aussi les mots favoris de notre cher Bothan. Côtoyer de près les Boroskais a fini par le rendre complètement réceptif à cette manière de vivre. Il s'en persuade aujourd'hui, et s'étonne de ne pas y avoir pensé plus tôt. (Ou tout du moins ne s'en rappelle pas.)

            Le stupide jeu de bataille diplomatique et politique étant maintenant loin de lui, l'espion peut désormais pleinement se tourner vers son premier amour... L'information ! Et nul doute qu'il sera bien plus à l'aise dans son élément naturel qu'est le monde des renseignements... Après tout, sa couverture actuelle lui fournit une justification solide. Il n'y a donc aucune raison de fuir dès à présent cette planète qui ne demande qu'à être découverte... Et ses nombreux secrets sont bien évidemment une motivation tout à fait alléchante pour un agent de l'ombre. Le cortège impérial quitte les quartiers isolés des chantiers navals pour rejoindre des endroits plus fréquentés. Et leurs silhouettes banales se fondent sans encombre dans cet univers de vêtements bariolés et disparates.



            Spoiler : Spoiler
            Je posterai la suite sur Cathar d'ici peu. Toutefois, tu peux encore poster une fois pour faire tes préparatifs, dialoguer avec des officiels de ta planète ou faire je ne sais quoi d'autre. (C'est toi le boss des lieux après tout !)

            PS : En tant que gentil CDC, le voyage pour Cathar sera offert par le camp. Tu n'auras donc rien à payer, ça viendra directement de la poche de l'Impérium.

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              Post n°10
              Auteur : Lysandre Sylla

              Le Bothan sourit un instant, si on pouvait appeler cela sourire, puis tripotant ses tresses de manière mécanique, daigna accorder sa réponse :

              - Vous me voyez ravi d’apprendre que nous sommes finalement sur la même longueur d’onde Monsieur le Gouverneur. Nous ne partirons que demain, à l’aube. Cela nous laissera le temps de visiter quelque peu votre planète, et d’en découvrir ses charmes… Et ce sera pour vous l’occasion d’organiser vos préparatifs.


              La discussion avait suffisamment été pleine de sous -entendus pour que Sylla comprenne que son interlocuteur comptait ajouter une tranche d’espionnage à sa prise de contact. Le gouverneur songea un instant à contacter Agis pour obtenir un rapport sur les fait et geste du représentant de l’Imperium dans les heures qui viennent, mais se ravisa. Outre la grossièreté d’une telle pratique, il doutait de la compétence de ses services à filer un membre des services secrets de l’Imperium. Tout ce qu’il pouvait souhaiter, c’était que le négociateur rencontre par chance le conseiller Isée et subisse pendant une heure ses discours juridico-administratifs en guise de récompense pour son furetage.

              Par ailleurs, Lysandre devait s’assurer de son côté de laisser Ord Trasi en bon ordre pour retrouver la planète dans le même état à son retour. Il ne craignait guère de problèmes. Agis était tout à fait capable de gérer les affaires courantes sans lui et de contrôler les différentes démarches du Conseil. Mais il était souhaitable toutefois de laisser entendre que le gouverneur était sur la planète et non pas en voyage à l’étranger. Une visite dans les laboratoires de la surface serait un bon alibi, et Sylla la nota sur son datapad, avant de se redresser pour serrer la main du Bothan, aussi chaleureuse et poilue que celle d’un Wampa.


              - Je vous remercie pour votre accueil Gouverneur… Et je vous souhaite bonne fortune et bon courage pour vos préparatifs. Nous nous reverrons bientôt

              -Je n’en doute pas. Je vous verrais donc demain à l’embarquement ,répondit le gouverneur sans l’ombre d’un sourire. Il ajouta : Je ne vous retiens pas, je suis sûr que vous avez beaucoup à faire et à voir pour vous assurer du potentiel de notre planète.

              Comme s’il pouvait le faire retenir à souhait... Mais les formes étaient les formes. Le gouverneur accompagna du regard le départ du Bothan et de sa garde rapprochée, toujours aussi mathématiquement militaire, puis se tourna vers le bar. Il passa derrière alors que la porte se refermait, et pianota sur un clavier tout en refermant le coffre de sécurité. Un projecteur holographique s’alluma et le visage d’Agis se manifesta, ne laissant rien transparaître de ses émotions, comme à son habitude.

              Tout s’est bien déroulé gouverneur ?

              -Tout s’est déroulé, rectifia Lysandre avec une grimace. Je partirais vraisemblablement demain en compagnie de notre hôte vers le cœur de l’Imperium. Difficile d’estimer une date de retour. Préparez donc le rapport mensuel en avance, pour que je puisse avoir de la lecture pendant le trajet.

              - je suppose par conséquent qu’une visite des laboratoires de test 44 sera inscrite à l’agenda officiel ? et que je peux annuler la réunion d’après-demain avec le conseiller Dinarque ?

              Lysandre était toujours impressionné par cette capacité de son subordonné à deviner et pratiquer les jeux de pouvoirs de la société Trasi. Fort heureusement, ce flair social s’accompagnait d’une grande loyauté au Cunctator.

              Exactement. Je repasse au duplex pour verrouiller mes affaires et prendre une mallette de voyage.

              Très bien, vous devriez avoir le temps de venir ensuite au concert de charité du secteur 8. Et je pourrais de la sorte ajouter au moins une tenue de rechange au milieu de vos datapads de données. Il faut faire preuve d’un minimum de classe devant les dirigeants de l’Imperium.


              Lysandre ne répondit que par un grognement d’acquiescement, puis éteignit la communication. Il coupa les protocoles de sécurité et se dirigea vers l’ascenseur le menant à son speeder, tout en se demandant quel serait le moyen de transport choisi par l’Imperium pour le voyage.
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                Post n°11
                Auteur : Lysandre Sylla

                Dans un long sifflement de répulseur amené à l’arrêt, le speeder taxi affichant les couleurs du gouvernement d’Ord Trasi se posa sur une plateforme circulaire adossée au spatioport des chantiers navals en orbite de la planète. Descendant du siège passager, Agis, secrétaire du gouverneur d’Ord Trasi, se redressa et se tourna vers la porte menant vers l’intérieur du spatioport, qui s’ouvrit en un coup de vent, et d’où sorti Lysandre Sylla, le gouverneur en question, de retour de l’Imperium avec le titre de Moff et un projet de traité de coopération avalisé par les autorités de Cathar.

                Le voyage s’était plutôt bien déroulé, Lysandre n’ayant pas à déplorer de voisins ronflant sur son épaule, et il avait fait demander à Agis de lui envoyer un véhicule de transport à l’arrivé, ainsi que des instructions pour convoquer le Conseil de surveillance. Toutefois, la présence même du secrétaire sur la plateforme semblait annoncer des nouvelles urgentes. Bonnes ou mauvaises ?

                -Gouverneur ! j’espère que vous avez fait bon voyage. Comme convenu le taxi est prêt.

                -Merci, mais quelle est la situation ? répondit le Cunctator, allant droit au but.

                Agis fit une grimace.

                Votre absence impromptue aurait pu passer inaperçue. Mais le Conseiller Andocide tenait absolument à obtenir un rendez-vous, et est passé par tous les canaux pour vous rencontrer, apparemment pour des questions d’investissements boursiers malheureux. Quand il a compris qu’il ne pourrait pas vous oindre, il a pris cela comme du dédain, et est allé voir les conseillers Hypéride et Lycurgue.

                Sylla retint un juron. Andocide faisait partie des conseillers qui avait soutenu sa proposition de collaboration avec l’Impérium, essentiellement parce que cela servait ses intérêts propres. Et le fait qu’il soit allé s’adresser à deux des conseillers les plus patriotes et hostiles au gouverneur ne présageait rien de bon.

                Cela a attiré leur attention, et le conseiller Lycurgue étant en charge des finances étatiques, il a remarqué votre achat de billet pour votre retour, qui serait passé inaperçu autrement. Ils n’ont pas encore eu l’occasion de se manifester au-delà de ce constat. Mais je pense que le fait qu’ils n’aient pas été tenu au courant de négociations en cours a pu les vexer et les rendre encore plus hostiles.

                Un soupir sortit des lèvres de Lysandre tandis qu’il monta dans le speeder. Officiellement, le Conseil lui avait donné carte blanche pour négocier avec l’Imperium, d’une courte majorité. Mais les conseillers auraient quand même sans doute voulu être tenus au courant que les négociations avaient commencé afin de s’immiscer néanmoins. C’est cela qui avait poussé Lysandre à la discrétion, sans compter que certains pourraient rapporter ces propos aux Séparatistes ou à la République. En outre, le Conseil pouvait également avoir tenté de manière officieuse d’espionner les négociations, et l’échec de leurs services d’écoute pouvait également les avoir vexés. Des événements joyeux en perspectives.

                Direction le siège gouvernemental, ordonna Lysandre au droïde pilote. Puis, se tournant vers Agis. Nous n’avons pas beaucoup de temps avant que les conseillers se concertent, il faut donc s’enfoncer dans la brèche, avant que les plaintes ne s’additionnent pour former un front de contestation. Vous allez transmettre aujourd’hui le rapport sur le traité de coopération aux conseillers pour qu’ils le consultent, mais avec une réunion pour dans six heures pour en discuter, avant qu’ils aient pu se concerter dessus.

                Le gouverneur marqua un temps de pause. Il aurait pu s’abaisser au rang d’un marchand pour ramener le Conseiller Andocide vers lui, mais il se battait justement contre ce genre de pratiques.

                Informez également le Conseiller Andocide que je le verrai à l’horaire qui lui convient. Dites-lui cependant de manière ferme que s’il s’agit de problèmes liés à une diminution de son train de vie en raison de boursicotages amateurs, le gouvernement planétaire ne contribuera pas à payer ses dettes encore une fois.

                Agis haussa les sourcils, puis acquiesça. Le speeder s’engagea dans les artères orbitales, tandis que le gouverneur était en train de calculer comment il pourrait préparer en six heures, une adresse optimale aux conseillers.

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                  Auteur : Lysandre Sylla

                  Avec une sonnerie musicale aiguë, l’ascenseur s’immobilisa et s’ouvrit, laissant entrer Le gouverneur Lysandre Sylla, suivit de son secrétaire. Ils se trouvaient à présent au plus haut étage de la tour gouvernementale sur la planète même, qu’ils avaient rejoint après un court trajet en navette depuis les chantiers navals. C’était en effet dans ce bâtiment que se tenaient les séances du Conseil de surveillance d’Ord Trasi, même si la plupart de ses membres, tout comme Lysandre, passaient la plupart de leur temps dans les habitats orbitaux.

                  Les deux hommes dévalèrent le couloir tapissé de couleurs écarlates et bordés de statues plus ou moins artistiques, pour se présenter devant une porte à double-battant à côté de laquelle une factionnaire montait la garde, plus par respect du protocole que par véritable mesure de sécurité. A leur arrivée, la jeune femme se redressa et prit la parole.


                  Les conseillers sont assemblés et prêts à vous écouter, gouverneur Sylla.

                  Le Cunctator oscilla de la tête et après avoir jeté à coup d’œil vers Agis, qui lui fit un signe d’encouragement, il se dirigea vers la porte, qui s’ouvrit sur une vaste salle. Immédiatement en face de Lysandre se trouvait le pupitre officiel du gouverneur, sans chaise, vers lequel il se dirigea et posa ses datacartes, pour faire face à une longue table où les différents conseillers, avec leurs coteries d’assistants, étaient en train de discuter dans un brouhaha difficilement compréhensible. Mais lorsque les dix membres du Conseil de Surveillance s’aperçurent que le gouverneur se tenait devant eux, le silence se fit et leurs adjoints les laissèrent pour aller s’asseoir au fond de la salle. Agis lui-même les suivit et s’installa dans l’assistance, alors que les Conseillers encore debout se glissaient dans leur fauteuil prestement.

                  Tout à gauche se trouvait le conseiller Dinarque, le plus récent admis au conseil, en charge des fonderies d’Ord Trasi. Puis venait Eschine, qui arborait fièrement comme toujours ses décorations militaires, en charge des mines sur Ord Trasi et les lunes en orbite. Ensuite se trouvait le conseiller Isocrate, l’un des membres les plus influents de l’assemblée par son prestige, qui assumait la responsabilité du secteur industriel civil. Immédiatement après, et visiblement plongé dans une étude approfondie du texte du traité, Isée était le directeur de la filière des matériels de communication, depuis l’extraction des cristaux Hiridiu jusqu’à la vente des systèmes holographiques. A côté de lui, et comme a son habitude affichant un certain malaise en présence d’une large assistance, se trouvait le doyen de l’assemblée, le conseiller Antiphon, qui veillait sur le système éducatif Trasi.

                  Ensuite, consultant visiblement une liste de requêtes, se tenait le conseiller Lycurgue, qui gérait les banques et les finances d’Ord Trasi, de même que la construction publique. A ses côtés, fixant avec un léger sourire Lysandre, le juge supérieur Hypéride s’enfonçait confortablement dans son fauteuil, et semblait ne pas prêter attention aux messes-basses animées de ses deux voisins de gauche. L’un était Démosthenes, le plus farouche opposant de Lysandre, responsable du volet culturel sur la planète. L’autre était Andocide, qui lança un bref regard noir au gouverneur avant de reprendre sa discussion, et qui avait la gestion du commerce et des douanes de la planète. Enfin, à l’extrémité droite de la table en raison de son statut d’étranger résident, le conseiller Lysias contemplait un hologramme que ne pouvait pas bien distinguer le Cunctator. Sans doute s’agissait-il d’un nouveau projet présenté au conseiller en sa qualité de dirigeant des usines d’armement.

                  Sylla se redressa et s’éclaircit la gorge, tandis que les derniers discussions et lectures s’arrêtèrent, et que dix visages affichant des émotions diverses se tournèrent vers lui.

                  Conseillers, merci d’être présent aujourd’hui. Je sais que vous auriez préféré plus de temps pour préparer l’analyse du traité, mais je pense que la situation d’Ord Trasi exige des décisions rapides.

                  Vous avez tout à fait raison, gouverneur, répondit Lycurgue avec un sourire narquois, nous supposons que c’est cette hâte qui vous a poussé à piocher dans le budget gouvernemental pour revenir de chez vos amis Impériaux en classe de luxe.

                  Andocide se manifesta alors, visiblement encore mal disposé vis-à-vis du gouverneur. Son choix de se positionner à côté de Démosthenes en témoignait par ailleurs. Mais j’imagine que votre attrait pour la politique extérieure de la planète ne vous a pas fait songer à prévenir que vous vous trouviez en territoire impérial, au risque de paralyser le système gouvernemental de notre planète.

                  Ce que le conseiller Andocide veut dire, ajouta Isée avec un regard d’avertissement à l’égard de son collègue, c’est que si le Conseil a accepté de vous fournir des pouvoirs régaliens en matière de politique étrangère, nous aurions cependant souhaité être notifiés que les négociations avaient commencé, et que le traité était en phase d’être rédigé. Sans présumer de votre compétence, vous n’êtes pas exactement un spécialiste du droit, Gouverneur, et l’adjonction d’un juriste à ces négociations aurait pu permettre de garantir la légalité du texte et l’absence d’angle morts.

                  De manière prévisible, Isée se retranchait derrière des prévenances pour justifier son intérêt à s’immiscer dans les affaires gouvernementales.

                  Je comprends vos opinions, conseillers, mais rien dans notre accord ne m’obligeait à vous avertir…

                  Rien non plus ne vous en empêchait, l’interrompit Isée.

                  Certes, mais pour être sûr que tout se déroule aussi vite que possible, c’était mieux de réduire le maximum d’intermédiaire, notamment pour des questions de sécurité. Imaginez qu’il s’agisse d’un guet-apens visant à déstabiliser Ord Trasi. Mieux valait que ce soit moi que vous dans ce cas-là qui soit présent.

                  Justement, à propos de déstabilisation, intervint Isocrate, je tenais à rappeler la précarité de notre situation. Les raids pirates s’intensifient, et il y a des bruits inquiétants qui courent sur des mouvements de vaisseaux militaires et de mercenaires dans la Bordure extérieure. Il est d’autant plus nécessaire donc d’agir vite et de rester uni, et j’approuve l’initiative du Gouverneur. Jusqu’à ce que nous ayons assez de fonds pour financer et maintenir une flotte de défense et non plus seulement exporter des vaisseaux, nous restons vulnérables. Vous aviez quelque chose à ajouter, cher Antiphon ?

                  Le doyen sursauta, comme interrompu dans ses pensées, et avec une grande réluctance, se résolu à prendre à son tour la parole, après s’être raclé trois fois la gorge dans un silence gênant.

                  Oui, Mer…Merci Isocrate. En effet, une fenêtre d’opportunité s’offre à nous. Plusieurs de nos concurrents en construction navale semble souffrir de troubles internes qui pénalisent leur production. Le mouvement révolutionnaire de Kuat, méprisable dans sa forme et ses idées, a eu néanmoins l’avantage d’entraîner une perte sensible dans la production. Par ailleurs, les chantiers du système Japraël semblent également immobilisés en raison d’une crise environnementale sur Ondéron. Enfin, la production corellienne semble réduire ses exportations au profit de son marché intérieur. Il y a donc des opportunités à saisir, notamment auprès des gouvernements neutres qui auront plus de mal à se fournir en vaisseaux.

                  Vous avez raison, Conseiller, acquiesça Lysandre, et comme vous pouvez le voir dans le traité, nous conservons notre marge de manœuvre pour négocier avec lesdits gouvernement. Nous pourrons prendre plusieurs initiatives dans ces domaines.

                  Le conseiller Démosthenes éleva la voix : Parlons-en alors de ce traité ! pour ma part je n’y ai vu que de vulgaires appats pour asservir notre Planète à une autorité tyranniques. Nos ancêtres sont morts pour surmonter les périls de la Bordure extérieure, relier notre Monde au Noyau galactique, et nous donner les valeurs de libertés de la République galactique. Et aujourd’hui, avec ces négociations, auxquelles j’ai toujours été opposé, vous nous proposez in fine Gouverneur rien de moins que de cracher à la mémoire de nos Aïeux.

                  Lysandre Sylla secoua la tête, mais ne répondit pas immédiatement. Il savait que le conseiller manifesterait son opposition, et il savait aussi que sur le terrain de la joute verbale, Démosthenes avait l’avantage. Mieux valait détourner l’orage que le rencontrer de face. Et de plus, le gouverneur était loin d’être seul.

                  Le conseiller Dinarque prit en effet la parole, visiblement irrité par la répartie de son collègue.


                  Nos Ancêtres…notre Démocratie…, je vois que vous continuez à vivre dans le passé, Conseiller. Si on vous écoutait, on n’aurait pas adapté les chaînes de production et on continuerait à produire des Acclamators. Ord Trasi aujourd’hui n’est pas que la somme d’un mythe autochtone, il s’agit également de prendre en compte ceux qui viennent de l‘extérieur et veulent y travailler. Ou bien voulez vous que je vous rappelle l’ascendance indigne de votre mère ? Quand aux vertus démocratiques, qu’ont-elles fait pour nous, sinon une hausse des demandes mesquines et des complications. Voyez où cela à amener Kuat. Et n’allez pas nous dire que la République a récemment été un pôle de stabilité et de modération, et encore moins que ses valeurs l’ont poussé à tenir compte d’Ord Trasi. Pour ma part je suis ravi d’un traité qui nous permet d’échanger avec une puissance juvénile porteuse d’un souffle nouveau et d’un pouvoir fort.

                  Le Cunctator réprima un sourire. Comme d’habitude, les dissension internes au Conseil lui évitais de prendre la parole de manière risquée, même si en échange il devait accepter d’écouter des discours à rallonge. L’intervention de Dinarque, citoyen naturalisé et partisan de l’aristocratie, lui permettait de jouer le rôle de médiateur, alors que Démosthène s’apprêtait à répondre

                  Allons conseillers, nous ne sommes pas ici pour échanger des injures comme sous la rotonde du Sénat galactique, mais pour discuter du traité. Que pensez-vous du premier article ?


                  La dispute s’arrêta aussitôt, chacun se replongeant sur sa fiche pour être le plus rapide à prendre la parole et à donner son avis. A ce jeu-là, ce fut le conseiller Lysias, avec sa fluidité habituelle, qui l’emporta.

                  La commande de nouveaux vaisseaux pour les chantiers est assurément une bonne nouvelle, et je pense pouvoir parler au nom de tous les conseillers ici présents. Certes, on pourrait déplorer qu’il s’agisse de ces vaisseaux-là. Si nous ne remettons pas en cause le modèle du Victoire, nos ingénieurs sont sceptiques sur les modèles Arquitens, jugés trop moyens partout pour être efficace quelque part. Mais nos usines d’armements ne se plaindront pas de pouvoir à nouveau réorienter les conduites de Tibanna.

                  Je rejoins Lysias, ajouta Isocrate, d’autant plus que la mise à disposition de la flotte pour la défense d’Ord trais sera inestimable pour lutter contre les pirates du Maelstrom. Mais je souhaite également voire la production se développer davantage avant d’être tout à fait satisfait. Seul une véritable force de dissuasion protégera nos exportations.

                  A conditions que L’Imperium tienne ses promesses et ne finisse pas par nous faire un chantage aux vaisseaux, grommela Démosthenes. Mais même lui savait à quel point les chantiers avaient besoin de commandes pour pouvoir être rentables.

                  Eschine renifla avec dédain à cette remarque : Si chantage il y a, ce ne sera pas avec le faible nombre de vaisseaux qui nous est autorisé pour le moment, ni avec le tonnage commandé. Je confirme que les mines auraient besoin de commandes plus gourmandes, comme des vaisseaux capitaux plus importants, pour justifier pleinement une exploitation intensive des Lunes Taygète et Messène. Toutefois la limitation est bienvenue, car notre personnel militaire reste pour le moment limité, en dehors des vétérans de la guerre contre les séparatistes.

                  Hypéride prit à son tour la parole. Et je suppose donc que l’idée de laisser déambuler sur Ord Trasi des « conseillers » militaires de l’Impérium autant de temps qu’il le souhaite est pour vous une bonne nouvelle, alors qu’ils pourraient facilement noyauter l’armée et nous imposer une annexion. Quelle idée vous est venue gouverneur de ne pas mettre de limite dans le temps à ces missions. Vous prévoyez de remplacer nos officiers par d’anciens collègues à vous.
                  Comme d’habitude, Hypéride jouait la carte de l’humour pour brandir son patriotisme suranné. Lysandre oscilla la tête.

                  Pour votre information, j’ai développé autant d’amitiés au sein de la flotte impériale qu’en votre compagnie, si cela peut vous donner une idée. Et même si la Mission impériale peut être sujette à caution, nous pouvons également énormément tirer d’eux en matière militaire. Sans compter que cela donnera l’occasion de faire à nouveau fonctionner vos merveilleux systèmes d’espionnages privés. De toute manière, le Commandant Phocion soutient également cette initiative.

                  Hypéride eu un sourire crispé, puis se concerta du regard avec Démosthenes et Lycurgue. Ce dont profita le conseiller Isocrate pour prendre la parole.

                  La période indéterminée peut être réinterprétée autant par l’Impérium que par nous, donc je ne me fais pas de soucis à ce sujet. De plus, je tiens à souligner à mes estimés collègues tout l’intérêt de l’article suivant du traité. La garantie d’autonomie politique, économique, sociale, politique et diplomatique nous laisse une marge de manœuvre considérable, tout en nous permettant de bénéficier d’une protection de qualité. A l’heure où d’autres mondes mendient pour de tels partenariats, il serait idiot de rejeter de front une telle offre.

                  Sans compter, ajouta Isée, que ce qui est jugée comme allant à l’encontre de la politique impériale peut être facilement laissé dans le flou. Avec de la subtilité, il sera possible de mener une véritable diplomatie parallèle donnant une place incroyable à notre monde sur l’échiquier diplomatique.

                  Lysandre se retint de corriger le conseiller. Après tout, ce serait à lui de gérer la diplomatie et non à Isée, autant ne pas le froisser dès à présent.

                  Il n’en demeure pas moins que l’abdication de notre souveraineté militaire me semble intolérable, reprit Démosthenes. Alors que les vaisseaux produits et conservés par Ord Trasi, déjà peu nombreux, devraient servir à protéger notre Peuple des menaces des pirates et autres dangers qui rôdent dans le Secteur Relgim, L’Imperium pourra s’il le désire employer la flotte loin de notre orbite pour écraser ceux qui se soulèveront contre l’oppression. Ce traité va faire de nous des instruments de la tyrannie.

                  Lysandre se devait cette fois-ci d’intervenir.

                  Conseiller, si vos talents d’orateur sont indiscutables, je pense que vous pourrez profitez de l’ouverture de l’Académie militaire sur Ord Trasi. La flotte de défense d’Ord Trasi n’a pas vocation à aller mener des actions offensives hors de sa juridiction, et je superviserais moi-même ses mouvements. Si vous insinuer que le commandant pourrait accepter de supporter des directives tyranniques, vous m’attaquez personnellement. Je n’ai jamais toléré le pouvoir tyrannique, et je ne le tolérerai pas plus à l’avenir. Je placerai les intérêts du peuple d’Ord Trasi toujours avant ceux d’un tyran, fût-il un membre du Conseil qui cherche à placer ses intérêts politiques avant le bien public.

                  Le Conseiller se redressa, cramoisi : De quel droit pensez-vous que vous représentez mieux le peuple d’Ord Trasi que moi, vous qui allez laper auprès d’une oligarchie militariste ?

                  Parce que je ne cherche pas à le représenter, mais à le faire prospérer ! D’ailleurs, si l’Impérium était aussi tyrannique et militariste que vous l’entendez, investirait-il dans la culture et le sport de notre monde ?

                  Allons messieurs, du calme, intervint Hypéride, poussant Démosthenes à se rasseoir, nous ne sommes pas ici pour nous chamailler comme des Ewoks devant un droïde. La mention des finances de la culture est en effet bienvenue. L’organisation d’une équipe de Bolo-ball au sein des ouvriers des chantiers et la construction d’une piste de Pod-Racing pourra contribuer fortement au rayonnement d’Ord Trasi et à la satisfaction du peuple.

                  Le peuple ne doit pas être le seul bénéficiaire de ces investissements, s’ils se concrétisent, intercéda Andocide, un air avide sur le visage. Les plus hautes familles se plaignent du manque de distraction et de la vétusté des infrastructures à leur disposition. L’Aurodium Club est une antiquité comparée aux derniers plaisirs mis en scène sur Nar Shaddaa et Coruscant.

                  Lysandre leva les yeux au plafond, mais le doyen Antiphon, également connu pour ces plaisirs coupables, hocha vigoureusement la tête en faveur d’Andocide. Heureusement, Lycurgue se manifesta.

                  Avant tout investissement, nous vérifierons déjà les comptes, et l’origine des ressources fournies par l’Imperium. Il est hors de question de blanchir de l’argent sale.

                  Tâchez de savoir également si ces fonds doivent également servir à financer l’Académie militaire mentionnée, ou bien s’il s’agit d’un projet à part relevant uniquement de l’Imperium, rappela alors Eschine. Lui-même issu d’un milieu pauvre et qui avait accédé à la notoriété par son service dans l’armée, il défendait en effet une cause qui lui était chère. Le choix de carrière militaire est tout aussi important, si ce n’est plus, que d’aller taper dans un ballon, vu la situation galactique actuelle. En outre, Il peu y avoir la possibilité d’un double cursus, formant les ouvriers à se servir des armes qu’ils fabriquent par ailleurs, qu’il s’agisse de blaster ou de canon turbolaser.

                  Une bonne idée que je retiens, conseiller. J’en conclue que le traité vous convient pour le moment et que nous attendront pour en reparler d’en voir les conséquences se matérialiser ?

                  Démosthenes tenta alors un dernier sursaut.

                  Je reste opposé à ce traité, d’autant plus que l’Imperium n’est pas une situation d’avenir. Vous avez vue les nouvelles annonçant le retour du général clone après sa libération. En tendant la main à ce régime, nous avons toutes les chances de nous retrouver entraîné dans une guerre civile. Sans compter que les tensions entre les Séparatistes et la République ne faiblissant pas, nous pouvons également nous retrouver liés par la vassalité de l’Imperium. Ce traité va apporter une guerre sur Ord Trasi dont nous n’avons pas voulu.

                  Lysandre répondit aussi calmement que possible :

                  A l’heure actuelle, le Moff Valiant est effectivement revenu sur Cathar, mais le pouvoir reste entre les mains de la Grande Moff Ashe de Borosk. De ce que j’ai vu du caractère de la jeune femme, et de ce que j’ai lu sur le Moff et ses partisans, la paix est impossible, mais la guerre est improbable. Quant au risque d’embrasement galactique, se rallier à la République nous aurait également mis dedans, mais en nous exposant à des voisins ennemis, tandis que choisir la neutralité aurait été un faible bouclier dans un conflit où aucune des puissances n’est à l’heure actuelle à son maximum et lancera donc une course aux ressources. Les Chantiers auraient alors constitué une trop bonne cible. Et même si la guerre éclate, le traité n’indique pas que Ord Trasi doit diplomatiquement se rallier une déclaration de guerre de l’Imperium.

                  Isée oscilla devant ce raisonnement qui lui plaisait, et prit la parole.

                  Justement, au vu de la situation confuse qui règne dans la galaxie et dans l’Impérium, n’aurait-il pas été plus judicieux de mettre plusieurs fers au feu, afin d’obtenir en fin de compte le meilleur traité possible. On aurait pu attendre que Ashe et Valiant s’entre déchire pour proposer des services, et faire monter les enchères en les jouant les uns contre les autres. Qu’est-ce que nous dit que dans 3 mois, Valiant n’aura pas renversé Ashe et ne nous aurait alors pas proposé de meilleurs termes ?

                  Tout simplement ceci conseiller : je ne pense pas qu’Ord Trais dispose d’une mise suffisante pour remporter une telle partie de Sabacc. Ce que nous offrons aurait fini par être minoré par rapport à d’autres enjeux, et il vaut mieux se lancer maintenant, quand l’Imperium est en position d’être reconnaissant, que plus tard.


                  Très bien Gouverneur, votre avis est bien noté, déclara Antiphon. Je crois que le conseiller Andocide avait quelque chose encore à dire ?

                  En effet conseiller, déclara Andocide, qui se leva, et se tourna vers ses pairs, je demande l’organisation d’un vote.

                  Lysandre fronça les sourcils. Le Conseil lui avait délégué les pleins pouvoirs pour négocier, et s’était restreint à donner son opinion sur la question du traité. S’il y avait eu des désaccords, Lysandre aurait pu envisager de discuter des modifications avec les Impériaux. Mais il n’avait jamais été question d’un vote sur le traité même.

                  De quel vote parlez-vous, demanda Isocrate, aussi interloqué que le Cunctator.

                  D’un vote de défiance envers le gouverneur, Je ne suis pas le seul à penser qu’il ne mérité plus aujourd’hui notre confiance pour exercer sa charge.

                  La déclaration donna lieu à un brouhaha dans toute la pièce, et Lysandre vit Agis se figer au loin. Sylla avait été élu par le Conseil comme gouverneur pour mettre un terme à l’anarchie de la planète. Le conseil s’était accordé sur lui, mais lui-même n’avait jamais su dans quelle mesure ce choix avait fait l’unanimité. La balance avait-elle été si fragile pour qu’un renversement soit à présent possible pour faire obstacle au traité.

                  Lysandre regarda Andocide, qui prenait une pose déterminée. Le conseiller l’avait soutenu dans son projet de contacter l’Imperium, et semblait intéressé par les projets culturels. La seule explication à son revirement tenait à son honneur bafoué par la rebuffade du Gouverneur absent pour le rencontrer. Lysandre savait que le conseiller n’était pas fin, mais il ignorait qu’il était susceptible et obtus à ce point.


                  Je soutiens la motion de mon collègue, ajouta Démosthenes, se levant à son tour. Voilà qui expliquait les palabres au début de la réunion. Andocide, vexé, avait décidé sans doute de se vendre aux opposants du gouverneur pour racheter ses dettes. Et la majorité gouvernementale étant fragile dans le Conseil, l’ensemble ne tenait plus qu’à un fil. Si Lysandre savait qu’il pouvait compter sur certains soutiens, l’opposition menée par Démosthenes et Hypéride pouvait être grandement renforcée si Andocide, qui auparavant votait en faveur de Sylla, faisait sa palinodie. Le silence revint peu à peu dans la salle.

                  Très bien alors, grommela Antiphon, procédons au vote.

                  En tant que doyen, et malgré ses affinités aristocratiques, il s’abstiendrait, ce qui éviterait une égalité. D’autres toutefois pouvait faire comme lui. En attendant, le doyen demanderait de manière aléatoire, pour limiter les jeux d’influences.


                  -Conseiller Dinarque ? Le plus jeune des conseillers était un partisan de Lysandre. En effet, s’il venait d’un milieu aisé, il n’était pas né sur la planète, tout comme Sylla, ce qui avait créé un lien d’identification.

                  -Je vote contre la défiance. Lysandre remercia de la tête le jeune conseiller qui se rassit lentement.

                  -Conseiller Andocide ? Peu de surprises attendues, vu qui avait lancé le vote.

                  -Je vote pour la défiance. Lysandre se demanda combien de stupre ces mots allaient permettre d’acheter pour Andocide.

                  -Conseiller Eschine ? Le conseiller était monté à la force du poignet par l’armée, et détestait Démosthenes.

                  -Je vote contre la défiance. Claironna-t-il en lançant un regard noir à son rival.

                  -Conseiller Isocrate ? Le plus influent par son réseau, qui avait normalement obtenu les garantis qu’il souhaitait par le traité.

                  -Je vote contre la défiance. Encore deux voix en sa faveur, et Lysandre pourrait laisser cette tentative rétrograde de stopper l’avenir en marche derrière lui

                  -Conseiller Lycurgue ? le conseiller, qui surveillait tous les investissements d’Ord Trasi, n’avait jamais caché son patriotisme et faisait partie de ceux qui défendait l’héritage républicain de la planète.

                  -Je vote pour la défiance. Malheureusement rien de surprenant. La prochaine fois, Sylla prendra une place dans la soute pour voyager.

                  -Conseiller Lysias ? L’un des vétérans du conseil, qui généralement restait en marge des luttes de faction et qui était également un immigré.

                  -Je vote pour la défiance. Lysandre resta un instant estomaqué, mais avec du recul, comprit. Lysias, malgré sa marginalisation comme étranger, avait fait son éducation dans les valeurs républicaines. Il était donc logique qu’il se défie de l’Imperium. Cela ne faisait pas pour autant les affaires du Gouverneur.

                  -Conseiller Démosthenes ? L’orateur se leva, ravi de mettre en Lysandre en minorité.

                  -Je vote pour la défiance. 4 voix contre Lysandre. La situation commençait à mal tourner, et Lysandre commença à se demander dans quelle impasse ils allaient se retrouver. Le forcer à la démission le laisserait Moff, mais que penserait l’Imperium de l’affaire. Il risquait également de se faire mettra à pied par les autorités de Cathar pour incompétence, ou bien contraint de remettre l’ordre par la Force, ce qui aurait l’effet inverse de celui que cherchait le Cunctator. A moins qu’il soit possible… Derrière le Conseil, les assistants s’agitaient, rédigeant fiévreusement sur leurs datapads

                  -Conseiller Hypéride ? le légiste, patriote qui avait régulièrement pourfendu Lysandre, se leva, le visage sombre comme d’habitude.

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                    #13

                    Post n°12
                    Auteur : Lysandre Sylla

                    #3399ff">-Je vote contre la défiance. Le sourire de Démosthenes s’évapora, tandis que les yeux d’Andocide s’ouvrirent grand. Les autres conseillers se regardèrent, également surpris par ce revirement inattendu qui laissa même Lysandre perplexe. Mais le regard que lança Hypéride vers Demosthenes et Andocide expliqua tout. Le mépris qui s’y affichait témoignait que Hypéride, même patriote intransigeant, et peut-être aussi à cause de cela, ne pouvait cautionner ni la conduite vénale d’Andocide tournée vers les plaisirs, ni l’empressement de Démosthenes à l’utiliser dans un cadre politique. En somme Hypéride faisait honneur à sa condition de juge suprême.

                    Antiphon, après un silence, appela le dernier conseiller, Isée, plus procédurier que véritable politique, et qui avait insisté sur les garanties d’autonomie, mais dont la roublardise judiciaire, entrevue dans son analyse du traité, pourrait bien à présent se retourner contre Lysandre, alors que l’on se trouvait à égalité de voix.

                    -Conseillé Isée ? L’appelé se leva, savourant visiblement le pouvoir de faire la décision. S’il s’abstenait, il faudrait voter à nouveaux le lendemain, avec toutes les négociations en coulisses interminables qui allaient de pair.

                    -Je vote pour le maintien de notre gouverneur et pour le traité. Le fourbe s’était amusé à jouer sur les mots, mais le soulagement qui saisit Lysandre était sans comparaison avec la colère d’Andocide, et l’affaissement de Démosthenes. Autour d’eux, les discussions s’élevèrent à nouveau, avant que le doyen rappelle tout le monde à l’ordre.

                    Très bien, la motion est rejetée par 5 voix contre 4. Je vois cela comme la confirmation de l’avis positif du Conseil vis-à-vis du traité de coopération avec l’Impérium. Avez-vous quelque chose à ajouter avant que nous ne mettions un terme à la réunion, gouverneur Sylla?

                    Rien d’autre que remercier le Conseil pour son soutien continu à une politique qui fera d’Ord Trasi un monde meilleur. Après la transmission convenue avec l’Imperium et l’arrivée de fonds, la production navale commencera. Pour commémorer l’événement, je propose que le Victoire soit nommé la Concorde, pour représenter tant le lien qui nous unit à l’Imperium que celui qui nous lie entre nous. Plus classiquement, les deux Arquitens seront baptisés le Vif et le Juste, pour témoigner de la vivacité d’esprit et de la justice qui anime et continuera d’animer Ord Trasi, même au sein de l’Imperium.


                    Puisse la galaxie vous entendre, Gouverneur. La séance est levée

                    Les exclamations et discussions fusèrent aussitôt, tandis que Lysandre, peu désireux de passer plus de temps dans ce panier de crabes, se dirigea vers la sortie. Agis lui ferait le rapport des éventuelles discussions informelles qui suivraient. Pour le moment, il ne restait plus qu'à envoyer un message de confirmation à l'Imperium, recevoir les fonds pour relancer les constructions et l'économie, et Ord Trasi irait de nouveau vers l'avant.

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                      #14

                      Post n°13
                      Auteur : Lysandre Sylla

                      « Test dans trois, deux un… Bougez moi l’holocaméra numéro cinq… »

                      Lysandre Sylla soupira. Ces derniers mois n’avaient pas été une sinécure. Depuis la validation de son projet de partenariat avec l’Imperium par le Conseil d’Ord Trasi, Il avait été littéralement enterré sous les dossiers administratifs pour régler tous les problèmes juridiques et législatifs et préparer l’arrivée sur la planète de leurs nouveaux partenaires. Même avec l’aide d’Agis et de l’administration gouvernementale, Lysandre se demandait si certains membres du Conseil ne s’étaient pas vengés en surchargeant son emploi du temps de tracas inutiles.

                      Les seuls moments de détentes au cours de ces semaines pénibles avaient été les séances passées dans les chantiers navals pour discuter des projets de développement de nouveaux vaisseaux en intégrant les ressources de l’Imperium et non plus seulement celles d’Ord Trasi. Après plusieurs heures très stimulantes intellectuellement pour parvenir à faire tenir les aspirations multiples au sein d’un budget et de besoins qui restaient somme toute assez restreints, plusieurs ébauches avaient été élaborées. Il était encore bien trop tôt pour y poser la touche finale, et Lysandre trouvait notamment qu’un des modèles de Destroyers proposé pourrait accueillir davantage de chasseurs et bombardiers que ce qui avait été fait jusqu’à présent. Mais pour le moment, il avait une autre tâche à accomplir.

                      Il se trouvait dans une vaste pièce du bâtiment des Holocommunications planétaire, dépendant du conseiller Isée. Une large table avec plusieurs fauteuils le séparait de plusieurs caméras et appareils d’enregistrements postés de l’autre côté de la salle. A ses côtés Agis consultait une nouvelle fois un datapad relatant les dernières informations. Plus loin plusieurs membres du Conseil étaient également présents. Isée bien entendu en tant que maître des lieux, mais aussi Eschine et Dinarque, de même qu’Hypéride et Andocide. Les autres étaient attendus sous peu. Chacun discutait, entouré de sa coterie habituelle, ou occupé à mettre un peu plus de rouge sur ses joues.

                      En effet aujourd’hui devait avoir lieu la déclaration officielle, auprès des habitants de la planète et du reste de la galaxie, de la mise en place du partenariat avec l’Imperium. Tous les membres du Conseil étaient conviés, mais Sylla n’était pas certain que tous viennent. Par ailleurs, il avait transmis un message d’invitation à l’Imperium pour avoir la présence d’un représentant officiel qui témoignerait de la bonne volonté de leurs nouveaux alliés. Ne restait plus qu’à attendre que tout le monde vienne pour débuter la séance.
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                        #15

                        Post n°14
                        Auteur : Hivernus

                        Borosk, Cathar, Bimmiel et maintenant… Ord Trasi. Le capitaine Onov commence à s’habituer à cette vie faite de rencontres et de voyages en tout genre. Cela lui rappelle le bon vieux temps, quand il n’était encore qu’un soldat parmi tant d’autres. Vingt années de bons et loyaux services au sein de l’armée impériale lui ont permis de voir du paysage et d’acquérir une certaine expérience du combat. Son visage balafré et marqué par la dureté des éléments a été le témoin privilégié de nombreux affrontements. Il en a vu de belles choses !
                        Et de moins belles aussi… L’officier n’a pas participé aux violents combats qui ont ravagé par deux fois l’étincelante Coruscant. Il n’était pas là, lorsque la Forge Stellaire a disparu dans un éclair de feu. Mobilisé dans les zones les plus reculées de l’Empire, le bataillon du Boroskais n’a été utilisé que dans des engagements mineurs qui n’ont pas retenu l’attention du grand public. Mais cela ne veut pas pour autant dire qu’il n’a rien vécu. Les nombreuses cicatrices qui parcourent son corps peuvent en témoigner.

                        Le capitaine soupire sans le vouloir, se plonge dans d’intenses réflexions puis se remémore quelques vieux souvenirs enfouis au fin fond de sa tête. L’espace d’un instant, il songe à la chute de l’Empire, à sa vaine tentative de briller à nouveau. Il se souvient de l’invasion raté de Bastion, du beau bordel que c’était… C’est de loin l'événement le plus marquant de sa vie. Et l’une des plus grandes défaites de l’armée impériale...
                        La destruction de la Forge Stellaire et la mise aux arrêts de l’Usurpateur par le Sénat avaient sonné le glas de l’âge d’or impérial. Les mondes sur lesquels régnait l’Empire rallièrent un à un la “nouvelle” République. Nombre de soldats ayant jadis combattu sous la bannière impériale firent défection pour défendre les idéaux républicains. Ce qu’il restait de troupes fidèles à l’Empire se rassembla rapidement dans la Bordure Extérieure pour mener une contre-attaque… Ou tout du moins ce qu’y s’en rapprochait le plus. Les Sith, dans leur folie, se voyaient déjà prêts à reconquérir la galaxie. Les maigres forces qu’ils avaient réussi à réunir leur semblaient suffisantes pour lancer une nouvelle vague d’invasions. Ces cinglés pensaient pouvoir annexer des planètes entières, convaincus d’avoir une glorieuse destinée à accomplir. Ils se sentaient invincibles...

                        Bastion fut leur destination. Et l’erreur de trop. Le bataillon d’Onov, qui avait refusé de rejoindre les rangs des républicains, fut une unité parmi tant d’autres au sein du dispositif d’invasion de l’Empire. La planète n’opposa qu’une faible résistance lorsque la flotte impériale, pourtant réduite à une poignée de vaisseaux, se présenta en orbite. Et elle fut incapable de repousser les forces déployées sur son sol. La milice locale, aux effectifs réduits et à l’entraînement douteux, ne fit pas le poids face aux troupes de choc impériales. Mais les Sith réduisirent à néant les possibilités de victoire lorsque l’un d’entre eux décida de donner l’assaut sur une ambassade séparatiste, massacrant au passage nombre de représentants confédérés. Kovarn, en fidèle successeur de l’Usurpateur, fut l’architecte de l’anéantissement des derniers espoirs d’un empire fort. L’ordre de battre en retraite fut donné à l’annonce de possibles représailles de la part de la Confédération des Systèmes Indépendants. Et la mobilisation de forces hétéroclites aux quatre coins du système acheva de plonger le haut-commandement dans la confusion la plus totale.

                        Privée d’une chaîne de commandement efficace, les troupes impériales furent incapables d’agir avec cohésion. Ce fut le chaos. Dans la panique et la précipitation, on ordonna le retrait des contingents déployés à la surface. Mais nombre de soldats furent abandonnés sur Bastion lorsque la flotte passa en hyperespace. Onov ne fut heureusement pas de ceux-là. En tant que sergent, il commandait une petite escouade qui progressait dans la capitale de la planète aux côtés de troupes clones. Le Boroskais, conscient qu’il était futile de livrer bataille, fit de son mieux pour trouver un transport qui permettrait à son escouade de rejoindre la flotte. Il refusait de laisser mourir ses hommes sur un sol étranger, pour une cause qui n’avait plus aucun sens à ses yeux. L’Empire était à l’agonie. Et il rendait son dernier souffle en abandonnant à leur sort de braves et loyaux soldats. La chute de Cathar, peu de temps après, lui donnerait raison. Onov rallia la plupart des membres de son escouade dans une retraite parfaitement organisée. Quelques uns, les plus courageux ou les plus fous, continuèrent cependant la lutte et furent probablement tous tués durant les combats. Il ne fut pas difficile, pour les impériaux, de quitter la planète tant la mêlée générale était confuse.

                        Après la débâcle de Bastion, le Boroskais avait choisi de rejoindre sa planète natale afin d’y mener, s’il le devait, un dernier combat. De son point de vue, il était préférable de mourir sur un sol familier. Nombre de ses camarades firent de même en rejoignant leur foyer natal. Aucun combat ne se déroula cependant sur Borosk. Celle qui deviendrait plus tard la Grande Moff Ashe avait forcé la main au gouverneur de la planète forteresse, obtenant de lui le contrôle du système et des troupes locales. Fidèle à l’idéologie impériale, la jeune femme refusa de rallier la République mais fut assez sage pour ne pas déclarer la guerre à ses voisins. Nombre de soldats, à la nouvelle de la chute de l’Empire, firent défection. Onov fut à l’inverse un des premiers partisans de l’autoproclamée Moff Ashe. Et sa loyauté fut récompensée à sa juste valeur lorsqu’il obtint le commandement des Manteaux de Nuit.

                        Aujourd’hui, tout semble différent. Tout est différent. L’Empire des incapables et des traîtres n’est plus. Il a laissé place à quelque chose de… Nouveau. Il est désormais remplacé par un empire puissant et prospère, qui ne se laisse pas corrompre par l’appétit de quelques vils sénateurs ou par une poignée de Sith délirants. G.Man, l’Oméga et son héritier Kovarn, du point de vue du Boroskais, ne furent que des imposteurs et des opportunistes. Ils ne méritent pas le titre d’empereur. Des hommes qui dirigent la moitié de la galaxie et qui en font un tas de ruines ne méritent pas un tel honneur. Ashe… Ashe est la seule qui puisse légitimement revendiquer le trône impérial désormais. Et c’est avec fierté qu’il l’appellerait “Impératrice” si tel était son désir.

                        En attendant que ce jour advienne, le capitaine des Manteaux de Nuit fait tout ce qui est en son pouvoir pour contenter sa Grande Moff. Chaque mission qu’il obtient d’elle est une tâche importante qu’il accomplit avec un soin tout particulier. D’une certaine façon, l’honneur lui dicte de servir Ashe quel qu’en soit le prix. En se mettant à son service, il s’est juré de ne jamais faillir. Cette fois-ci, il n’y aurait aucune désillusion, aucune désertion…

                        Le Boroskais consulte quelques notes sur son bloc de données. Le Renard Impérial a décidé de l’envoyer sur Ord Trasi pour représenter l’Impérium en son nom, faute de pouvoir se déplacer en personne. Le gouverneur Lysandre Sylla, récemment fait Moff de l’Impérium, a apparemment prévu d’officialiser l’intégration de sa planète au sein de la puissante machine de guerre impériale. Selon les informations dont il dispose actuellement, le politicien qu’il s’apprête à rencontrer est un allié de choix pour la Grande Moff Ashe. L’esprit brillant d’un scientifique qui a de nombreuses compétences dans les domaines de l'ingénierie spatiale et du commandement d’unités militaires s’avère être un atout de choix pour celui qui saurait s’en faire un ami. Et un homme qui est à la tête de vastes chantiers navals est d’autant plus précieux… Onov comprend désormais les enjeux liés à cette rencontre.

                        Lorsque la navette se pose finalement dans un hangar, le capitaine fait le vide dans son esprit. Il ne veut pas encombrer sa tête de pensées inutiles. La rampe d’accès s’abaisse doucement, laissant entrer la lumière de l’extérieur dans la soute. L’officier, qui a revêtu un uniforme vert pour l’occasion, passe machinalement une main sur sa petite moustache. Elle espère qu’elle lui portera chance. Les quatre Manteaux de Nuit affectés à sa protection rapprochée s’organisent rapidement. Pour avoir exécuté et fait exécuter les protocoles de sécurité des centaines de fois, le Boroskais sait à quoi s’en tenir. Deux soldats d’élite descendent pour sécuriser le périmètre. Onov sort finalement de la navette, après une bonne minute d’attente, suivi de près par les deux combattants restants.

                        Un représentant du désormais Moff Lysandre se porte à leur rencontre, leur adresse quelques politesses puis les conduit jusqu’au transport devant les emmener au bâtiment des holocommunications de la planète. Le capitaine ne se sent pas forcément à l’aise à l’idée d’apparaître en public et sur les écrans de milliers de foyers. Une certaine appréhension vient le ronger de l’intérieur. En arrivant devant ledit bâtiment, l’officier déglutit péniblement. Une foule se presse déjà devant l’imposante structure et les quelques agents de sécurité semblent dépassés. Il faut croire que cette journée est d’une grande importance pour Ord Trasi. Nombre de curieux rivent leur regard sur le Boroskais. L’heure de vérité est arrivée.

                        Le capitaine, reçu en grande pompe, descend du véhicule sous bonne escorte. Les quatre Manteaux de Nuit ouvrent un passage dans la foule, aidés dans leur tâche par une poignée d’auxiliaires. A l'intérieur du bâtiment des holocommunications, l’ambiance est différente. Dans le hall principal, quelques journalistes préparent leurs questions et discutent à voix basse. Ils ont l’air de conspirateurs à agir de la sorte. Et ceci achève de rendre l’officier plus nerveux encore. L’un d’entre eux cherche à rejoindre le représentant de la Grande Moff Ashe afin de lui poser des questions. Il est vite refoulé par les soldats d’élite qui accompagnent le Boroskais. Finalement, à coup de grandes enjambées et de déambulations dans les couloirs de l’édifice, le cortège impérial pénètre dans une salle rempli d’inconnus en tenues d'apparat, de techniciens et autres assistants.

                        Onov prend une profonde inspiration, racle le fond de sa gorge, rectifie les plis de son uniforme et s’assure que sa casquette militaire soit bien vissé sur son crâne avant de s’élancer vers le gouverneur, qu’il reconnaît de loin à sa grande carrure. Il se prépare mentalement à serrer des poignées de main et à répondre aux potentielles questions embarrassantes.

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                          Post n°15
                          Auteur : Lysandre Sylla

                          Lysandre était encore plongé dans la relecture de son discours. Malgré les conseils de ses droïdes rédacteurs, il continuait à penser qu’il manquait quelque chose à ce texte qui serait à la hauteur de l’événement. Mais les minutes passaient, et il allait bien falloir se contenter de cela. D’autant plus que son assistant Agis lui fit un signe discret.

                          A l’entrée de la salle, les discussions avaient cédé le pas à des murmures, alors qu’un nouveau groupe venait d’arriver. Sylla consulta son datapad qui lui confirmait qu’il s’agissait du capitaine Onov et de sa garde personnelle. Même de loin, le gouverneur pouvait reconnaître l’équipement haut de gamme des quatre personnes entourant un humain. La Grande Moff avait donc décidé d’envoyer à nouveau sa garde d’honneur pour accompagner son représentant.

                          Pour autant, le plénipotentiaire ne disait rien au Cunctator. Serré dans son uniforme militaire, dont l’était impeccable contrastait avec l’usure de ceux de Sylla, sa tête, recouverte du traditionnel couvre-chef de l’armée impériale, se tournait déjà dans la direction du gouverneur.
                          Ce dernier serra les dents. Connaissant les membres du Conseil d’Ord Trasi, il les voyait déjà pester sur le fait d’envoyer un simple militaire au lieu d’un dignitaire de haut rang appartenant aux élites politiques de l’Imperium. Mais l’heure n’était pas aux récriminations.

                          Mais le temps qu’il se mette en marche, les vautours fondaient déjà sur leur proie. Le conseiller Eschine vint se placer rapidement en bombant son torse avec sa décoration militaire, devant le capitaine et lui fit un salut militaire, ainsi qu’à sa garde, avant de prendre la parole, son sourire allant d’une oreille à l’autre.


                          Permettez-moi au nom d’Ord Trasi d’être le premier à souhaiter la bienvenue à l’Imperium. Je suis le conseiller Eschine, ancien capitaine de vaisseau à bord du…


                          Mais avant qu’il puisse terminer, Andocide s’était déjà faufilé comme une anguille entre lui et le Capitaine, défiant la notion traditionnelle d’espace disponible. il se lança dans un discours tambour battant, tout en cherchant à serrer frénétiquement la main du délégué.

                          Ne l’écoutez pas Capitaine, il va encore radoter sur ses « dangereuses » patrouilles dans les mondes du Noyau et encore ne penser qu’à lui. Puis-je m’enquérir plutôt de savoir si vous avez prévu de passer quelques jours sur la planète ? Bien entendu c’est le cas, et je serai ravi de vous faire bénéficier du plus luxueux de mes palaces. Nous pourrions alors nous entretenir…

                          Après avoir observé un instant la scène, et repérant le regard inquisiteur d’Hypéride posé sur lui, Lysandre se décida à intervenir.

                          Excusez moi conseillers, mais le capitaine a sans doute fait un long voyage, et l’heure de la retransmission ne va pas tarder. Ce serait mieux que vous regagniez vos places si vous souhaitez être visible lors du direct.

                          Sans attendre leur réponse, il fit signe à son invité de le suivre, et le guida à la table vers laquelle était tournée les projecteurs. Il l’invita à s’asseoir à ses côtés, tout en lui détaillant le déroulement de la cérémonie.


                          Le Conseiller Isée prendre d’abord la parole pour l’ouverture, puis je procéderai à l’annonce. Ensuite auront lieu les signatures par les membres du conseil, vous et moi-même sous la supervision du juge Hypéride, et enfin je conclurais la séance par une dernière déclaration. Je pensais que le représentant de l’Imperium pourrait prendre la parole juste après l’annonce et avant la signature. Avez-vous des remarques ou des questions ?

                          Sylla allait droit au but. La cérémonie devait être une réussite, et ce n’était pas le moment de l’alourdir par des chichis.
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                            Post n°16
                            Auteur : Hivernus

                            Le capitaine est intercepté par plusieurs individus avant même de pouvoir rejoindre le Moff d’Ord Trasi. Le premier d’entre eux, qui semble accorder beaucoup d’importance à son apparence, se présente à lui en arborant une décoration militaire sur sa poitrine. L’homme effectue un salut militaire que le représentant de la Grande Moff lui rend avec peu d’enthousiasme. L’individu en question, qui se nomme Eschine, annonce être conseiller d’Ord Trasi et ancien capitaine de vaisseau. Onov, qui n’a pas pour habitude de mettre en avant son parcours militaire ou de s’exhiber en public avec ses décorations militaires, considère donc que l’homme cherche à l’impressionner ou tout du moins à s’attirer sa sympathie en se présentant comme un ancien militaire de carrière. L’officier se demande silencieusement si le conseiller s’est servi de ce statut pour se hisser à une position privilégiée…

                            Le commandant des Manteaux de Nuit n’a cependant pas le temps d’aller plus loin dans ses réflexions. Un second individu interrompt le conseiller Eschine dans sa présentation, considérant que ce dernier ne pense qu’à sa petite personne en mettant en avant son “dangereux service militaire” au sein des mondes Noyau. Au moins, le Boroskais ne semble pas vraiment s’être trompé sur l’énergumène. Il y a fort à parier que le prétendu “capitaine” exagère quelque peu les faits dans le but de se faire remarquer. Nombre de militaires peuvent en effet affirmer que les patrouilles au sein des mondes du Noyau sont de loin les plus tranquilles qu’on puisse avoir… En tant que siège politique et culturel historique de la galaxie, le Noyau a toujours été largement favorisé en termes de sécurité et de protection. C’est d’autant plus vrai maintenant… Les deux batailles de Coruscant marquent encore les esprits. C'est un traumatisme qui ne sera pas effacé de sitôt.

                            Néanmoins, le capitaine n’est pas au bout de ses surprises. Le deuxième larron de la bande, qui ne prend même pas le temps de se présenter, l’invite à profiter de l’un des nombreux établissements de luxe qu’il possède le temps de son séjour sur la planète. Il émet même la possibilité d’un entretien privilégié… Tout ceci sent les magouilles à plein nez. Ce type là est probablement plus mauvais encore que le premier. Une sensation de gêne commence à tirailler le commandant des Manteaux de Nuit. Il n’a jamais apprécié les politiciens et le simple fait de se retrouver avec une bande entière de ceux qu’il juge responsables de la chute de l’Empire l’incommode au plus haut point. Seule l’intervention du Moff Sylla permet de sauver l’officier de cette situation pour le moins inconfortable.

                            Le Boroskais suit le colosse sans se poser de questions, trop heureux de pouvoir fuir les conseillers cherchant à tout prix à mettre la main sur lui. Le gouverneur d’Ord Trasi résume brièvement le programme. Discours, signature… Jusque là, rien de compliqué. Cependant, lorsque Lysandre Sylla lui demande s’il peut adresser quelques mots avant la signature du traité, le capitaine sent son cœur s’emballer. Que va t-il bien pouvoir dire à la population de la planète ? Après tout, il est loin d’être bon orateur… S’il avait su qu’on lui demanderait de parler au public, il aurait tout de suite refusé la mission que la Grande Moff lui a confiée. Mais maintenant qu’il est impliqué, il se doit de représenter au mieux l’Impérium. Prenant alors son courage à deux mains, le commandant des Manteaux de Nuit donne enfin sa réponse.


                            - Aucune question Monsieur le Gouverneur. On peut se lancer quand vous voulez.

                            Fidèle à lui-même, Onov s’est contenté d’une réplique courte. Dans l’armée, les grands discours sont l’apanage des officiers politisés ou carriéristes. Les hommes d’action préfèrent des phrases brèves qui se concentrent sur l’essentiel. Armé de son seul courage, le Boroskais s’installe à côté du Moff Sylla et se concentre sur sa respiration. S’il veut être opérationnel à cent pourcent de ses capacités, il doit faire le vide. Alors qu’une maquilleuse se charge de le présenter sous son meilleur jour, le capitaine ferme les yeux et prend une grande inspiration. D’ici peu, il sera sous le feu des projecteurs…

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                              Auteur : Lysandre Sylla

                              Après une énième correction de caméra et un dernier test qui sembla durer plus de trois ans, la cérémonie allait enfin débuter, en présence du gouverneur Sylla, du représentant de l’Imperium le capitaine Onov, et une partie des membres du conseil. Ces derniers, malgré la déposition nécessaire de leur signature à venir, n’étaient en effet pas tous présent. Demosthenes boudait ouvertement la cérémonie, et son confrère Lysias s’était fait excuser, sans doute encore trop mal à l’aise à l’idée de donner sa caution à un traité qui allait à l’encontre de ses convictions. Mais le reste du conseil était présent, et avoir une majorité de signature serait suffisant du point de vue du droit planétaire pour garantir la validité du traité.

                              Un à un, chacun gagna sa place à la table devant les holocaméras. Au centre Lysandre Sylla et le capitaine Onov encadraient le conseiller Isée, maître des lieux et chargé d’ouvrir le protocole. Le Conseiller n’aurait pas laissé passer une occasion pareille d’être au cœur de l’événement, et avait harcelé le gouverneur, invoquant de multiples problèmes techniques de retransmission susceptibles de se produire s’il n’était pas au milieu de la table pour les prévenir. Sylla avait préféré céder. Après tout, ce qui comptait aujourd’hui était moins les personnes présentes que les décisions qui seraient prises.

                              A la droite de Lysandre se trouvait le conseiller Lycurgue qui, malgré son hostilité au traité, respectait le choix final et faisait donc son devoir de présence. Et à la gauche du représentant de l’Imperium se trouvait le conseiller Hypéride, à la tête du système judiciaire de la planète qui sera chargé de valider le traité une fois celui-ci signé. Les autres conseillers s’égrenaient ensuite le long de la table. Lysandre retint un sourire en voyant Andocide tout au bord. Le placement avait fait l’objet d’âpres négociations entre les personnels, mais son secrétaire Agis avait quand même réussi à le renvoyer aussi loin que possible.

                              En parlant de son secrétaire, ce dernier, comme les assistants des conseillers, se trouvait assis sur une chaise un mètre derrière le gouverneur. Il restait dans l’ombre de l’éclairage, mais était assez près pour intervenir si le besoin s’en faisait sentir.

                              Le signal bascula au vert, et Isée se leva pour prendre la parole. Officiellement, le discours était retransmis à destination d’abord de la population d’Ord Trasi, et il était probable vu l’intérêt que les mondes du Noyau portaient à la planète, que le direct reste à cette échelle. Mais il y avait peu de doute que les images, une fois la nouvelle connue, seraient revues bien au-delà du secteur de Relgim.

                              Mes chers concitoyens. Nous sommes aujourd’hui réunis ici présents dans le cadre des lois fondamentales d’Ord Trasi, sous le regard de nos prédécesseurs, pour procéder selon nos textes à une évolution décisive dans la destinée de notre planète. Vous avez sans doute entendu les rumeurs ces derniers jours sur la possibilité d’un vent nouveau dans notre rapport aux grandes puissances de la galaxie.

                              Vous avez depuis longtemps senti pesé sur vos épaules le poids de l’abandon de la République malgré ses textes fondateurs qui l’oblige à vous traiter, à nous traiter, avec la même équité que les mondes du Noyau. Rappelez-vous, lors…


                              Le discours du conseiller, comme convenu, avait bien débuté, pour partir ensuite dans une liste d’événements et de lois amenées à justifier le propos. Le conseiller avait toujours fonctionné comme cela, alignant les faits et les textes jusqu’à en constituer une montagne pour écraser son interlocuteur par le poids de son argumentation, qu’elle soit fallacieuse ou non. Sylla avait cependant eu assez de discussions avec Isée pour que désormais, l’essentiel du discours entre par une oreille et sorte par l’autre sans pénaliser son flux nerveux.

                              … Et c’est en raison de cette énième infraction, que le gouvernement d’Ord Trasi ne se sent plus lié par des consignes visant à séparer les bons des mauvais, alors que le pire se cache parmi les bons. C’est pour cela que le Conseil et le Gouverneur ont œuvré de concert et ont décidé d’écouter de nouveaux interlocuteurs plus respectueux pour permettre à notre monde de redevenir le joyau de la Bordure extérieur, le laboratoire de l’avenir qu’il mérite d’être. Mais cela, je laisse la parole à notre très estimé gouverneur pour nous l’expliquer.

                              Le Conseiller se tourna et s’inclina vers Lysandre Sylla avant de se rasseoir. Le vieux renard était toujours aussi rusé. Non seulement il s’était arrangé pour se donner se donner un rôle moteur dans les événements, mais en plus il s’était réservé la partie critique de la situation, avant de laisser le gouverneur porter sur ses épaules propres le poids d’annoncer les solutions, consensuelles ou non, que se proposait d’adopter le gouvernement.

                              Le Cunctator se racla la gorge et fixa la caméra.


                              Trasies, Trasis. Vous savez depuis longtemps que je ne me satisfais pas pour moi comme pour vous d’une situation médiocre, et que j’aspire toujours à atteindre la perfection. Or cette quête ne pouvait plus s’accomplir sous la protection d’une République fédérale distante. C’est pour cela que j’ai soutenu une alliance, un partenariat et peut-être même une symbiose, avec le seul régime capable de répondre à nos souhaits. Ni un régime trop éloigné et trop corrompu, ni un régime qui nous aurait dépecer et vendus à ses méga corporations, ne faisant de notre monde qu’une filiale, un entrepôt secondaire.

                              Oui le régime dont je vous parle nous a traité d’égal à égal et nous offre de quoi prendre notre avenir en main. Il nous offre des commandes de vaisseaux pour nos chantiers sans chercher à se les approprier. Il nous finance une flotte pour nous protéger sans chercher à nous commander. Il nous apporte son savoir dans le domaine éducatif, culturel et militaire sans chercher à nous endoctriner. Et il nous laisse décider de notre propre sort sans nous dicter nos choix. Ce régime est l’Imperium, et aujourd’hui nous signons un traité de coopération avec lui.

                              Il était difficile de dire dans quelle mesure Sylla croyait à l’altruisme des dirigeants de Cathar et Borosk. Nul doute que la Grande Moff semblait pour le moment jouer carte sur table. Mais rien ne l’empêchait de modifier ensuite sa mise. Et au vu de certaines personnalités croisées lors de son voyage, le Cunctator pensait qu’il devrait redoubler de vigilance pour s’assurer qu’Ord Trasi n’accueille pas les vices du régime.

                              Aujourd’hui, Ord Trasi considère l’Imperium comme un régime ami. Aujourd’hui Ord Trasi considère que les revendications de l’Imperium sur la scène galactique sont aussi, si ce n’est plus, respectables que celles des autres régimes. Aujourd’hui Ord Trasi se tient prête à aider l’Imperium tout comme celui-ci l’aide. Je veux voir dans ce traité le premier pas commun d’Ord Trasi et de l’Imperium vers un Etat commun qui fera preuve du même altruisme, de la même protection, pour l’ensemble de la galaxie.

                              C’est pour cela qu’au-delà de ce traité, pour témoigner de notre volonté d’avancer en commun, j’ai également accepté le titre de Moff au sein de l’Imperium. Je peux vous assurer que je continuerai à porter la voix d’Ord Trasi, et que ce traité ne marque pas la fin d’une ère, mais le début d’une nouvelle. L’Imperium n’est plus le monstre guidé par les Sith, mais un régime qui élève et protège chacun, permettant à tous de réussir, comme en témoigne à mes côtés la présence du représentant de l’Imperium, ni un Sith tyrannique, ni un milliardaire véreux, ni un politicien corrompu, mais un soldat qui a montré sa valeur par son travail personnel, comme chaque ouvrier de cette planète. Messieurs, je vous présente le Capitaine Onov.


                              Lysandre Sylla se tourna vers le militaire à ses côtés. L’effort lui avait coûté, mais il avait réussi à tenir à peu près un discours cohérent sans se lancer dans des considérations techniques. Ne restait plus qu’à Onov à prendre la parole, même brièvement, pour montrer aux Trasi que l’Imperium, loin d’être un nid à Sith, était guidé par des gens comme eux. nul besoin de long discours, que le capitaine semblait autant apprécié que le nouveau Moff. Simplement parler aux Trasi sans mystique génocidaire de la Force, ni volonté ultracapitaliste.
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                                Post n°18
                                Auteur : Hivernus

                                Derniers réglages. Dernières vérifications. Le feu vert est donné. Et puis tout se met en marche. Le conseiller Isée, en sa qualité de maître de cérémonie, se met debout et lance le début des célébrations à l’aide d’un discours bien rôdé. L’homme est un expert de la communication, on peut bien lui reconnaître ça. Il sait comment prêcher pour sa paroisse et ne s’en cache pas. C’est d’ailleurs peut être du fait de ces prédispositions pour les belles plaidoiries qu’il a été choisi pour ouvrir cette cérémonie… A moins qu’il ne s’agisse là d’une manœuvre politique… Avec ces foutus politiciens, on ne sait jamais à quoi s’attendre.

                                Enfoncé dans son siège, le dos bien droit, Onov n’en demeure pas moins concentré sur la suite des événements. S’il a du mal à tout suivre, notamment à cause d’une terrible crise d’angoisse qui commence à lui enserrer la gorge, le capitaine garde la tête haute et demeure de marbre. « Inspire. Expire. Inspire. Expire. » L’officier impérial, imperturbable (ou presque), se concentre silencieusement sur sa respiration pour ne pas penser au pire. Cette cérémonie n’est qu’un champ de bataille parmi tant d’autres… Une mission de terrain de plus à accomplir. Oui. Voilà. Ressaisis toi, soldat. Cette simple pensée semble un instant faire redescendre le stress.

                                Se concentrant donc sur sa respiration, Onov écoute sans fléchir les palabres du maître de cérémonie. Le capitaine des Manteaux de Nuit garde son regard fixé droit devant lui, afin de ne pas se laisser distraire par un quelconque élément. Fort heureusement pour lui, la lumière éblouissante des projecteurs l’empêche de voir quoi que ce soit au-delà du plateau. Il lui aurait probablement suffi d’un seul échange de regards avec l’un des nombreux assistants ou techniciens présents derrière les caméras pour qu’il perde toute contenance.

                                Le conseiller Isée termine son discours afin de laisser la parole au gouverneur d’Ord Trasi. Le Boroskais sent la pression monter d’un cran. Ce sera bientôt son tour… Lysandre Sylla est un bon orateur. Ou bien il sait comment raconter de belles histoires, ou bien il a d’excellents assistants pour le faire à sa place. Quoi qu’il en soit, il est évident que le capitaine fera bien piètre impression à ses côtés. L’officier impérial n’a rien d’un beau parleur. S’il sait comment haranguer les troupes, leur donner du courage, il n’en sera probablement pas de même avec les nombreux ouvriers, ingénieurs et fonctionnaires qui peuplent Ord Trasi. Après tout, on ne s’adresse pas à des civils comme on s’adresse à des soldats.

                                On lui avait bel et bien remis tout un tas de documents concernant la population de la planète, son histoire, sa culture, ses grandes lignes politiques… Et ce afin qu’il puisse remplir son rôle au mieux. Il avait lu chaque ligne de chaque rapport d’enquête avec beaucoup d’assiduité, espérant être à la hauteur de la tâche. Cependant, peut-il réellement se fier aux informations qu’on lui a communiqué ? Par le passé, nombre de missions militaires ont échoué à cause de mauvais renseignements. C’est un fait avéré. Et il ne souhaite pas réitérer la chose parce que deux ou trois officiers de bureau ont oublié de faire confirmer la véracité de ces informations.

                                Bon sang…

                                Il pourrait se contenter d’un « Trasies, Trasis, je vous ai compris ! » mais il doute que cela ait l’effet escompté… Et il n’est pas tout à fait convaincu que cela suffise à les amadouer. Onov écoute donc distraitement le gouverneur afin de voir sur quels points il pourrait rebondir sans pour autant être redondant. Le colosse évoque les Sith, les républicains, les politiciens et n’en brosse pas un portrait des plus flatteurs. Au moins, l’officier impérial le rejoint là-dessus. Les Sith sont une sale engeance qu’il convient d’éradiquer. Les sénateurs sont de sales petits enfoirés issus de riches familles aristocratiques, qui n’ont jamais foutu un seul pied dans la Bordure Extérieure et qui ne s’intéressent guère à ce qu’il s’y passe. Et les républicains… Que dire ? Ce ne sont que les toutous des précédents. Les remplaçants des impériaux à ce poste. Et ils ont l’air d’apprécier leur statut d’esclaves si l’on se fie aux dires de certains. Grand bien leur fasse !

                                Le gouverneur d’Ord Trasi met par ailleurs en évidence les avantages à rejoindre l’Impérium et loue volontiers le mérite du capitaine lui-même, qui accepte l’éloge en le gratifiant d’un simple signe de tête. L’homme agit probablement par opportunisme politique. Mais peu importe. Onov est là pour jouer le jeu. Le moment de vérité est venu. Lysandre Sylla s’en remet maintenant à lui pour adresser quelques mots à la population. L’officier impérial ne peut plus faire marche arrière désormais. Le capitaine des Manteaux de Nuit déglutit doucement. Que peut-il bien leur dire ? Quelles conneries peut-il balancer devant les caméras ? Diable… Il va devoir improviser, comme il sait si bien le faire… Le Boroskais inspire un bon coup puis se lance, battant frénétiquement de la jambe sous la table pour calmer ses angoisses.


                                - Je vous remercie de me laisser la parole, gouverneur. Débute-t-il doucement en adressant à ce dernier un hochement de tête approbateur. Il dirige ensuite son regard vers la caméra qui se tient en face de lui, dont il devine la silhouette dans l’ombre des projecteurs. Trasies, Trasis. Sachez tout d’abord que c’est un immense privilège, pour moi, de me tenir ici en votre présence. Comme a pu le préciser le gouverneur Sylla, l’Impérium n’est pas l’Empire. Il n’a ni ses Sith sanguinaires, ni ses politiciens corrompus à sa tête. Représenter l’Impérium en ces terres est pour moi un honneur…

                                Le capitaine marque un temps de pause afin de trouver l’inspiration. Il cherche à assembler des mots qui pourront former des phrases cohérentes. Il tente d’organiser ses idées en remarques pertinentes. Mais la tâche n’est pas aisée. S’improviser orateur n’est pas une mince affaire.

                                - Représenter le régime impérial est en effet un illustre honneur car l’Impérium n’est pas l’empire d’une caste de sorciers illuminés, ni l’empire d’une élite aristocratique méprisante. L’Impérium est l’empire des travailleurs. Un empire au sein duquel tout le monde a le droit d’être représenté. Un empire au sein duquel chaque planète, avec ses espèces et ses cultures, ses richesses et ses histoires, a sa place. Poursuit alors l’officier impérial. L’Impérium n’a en aucune manière la volonté d’écraser Ord Trasi ou l’idée de la soumettre de quelque sorte qui soit. Le régime impérial se porte en effet garant de la souveraineté d’Ord Trasi et veillera à ce que les attentes de ses citoyens soient prises en considération.

                                L’homme marque un nouveau temps de pause. Il parle trop. Assurément… Il faut donc trouver un moyen d’achever ce discours médiocre au plus vite. Mais comment peut-il conclure sans passer pour un profond idiot devant des milliers de gens ?

                                - L’Impérium reconnaît la qualité du travail des Trasis, notamment dans le domaine de l’industrie lourde, et tout particulièrement de la construction spatiale. Au nom du régime impérial, je peux donc d’ores et déjà affirmer qu’il nous tarde de nouer des liens forts avec Ord Trasi et d’échanger nos techniques de travail avec ses ouvriers. Continue le capitaine sur sa lancée, avant de conclure. J’aimerai également remercier le gouverneur Lysandre Sylla et le conseil d’Ord Trasi pour la confiance qu’ils accordent à l’Impérium. Nous saurons nous montrer à la hauteur de cette confiance. Merci à tous.

                                Onov adresse un hochement de tête aux conseillers afin d’appuyer ses dires. Une partie de l’angoisse s’envole d’un coup alors qu’il termine sa brève mais intense prise de parole. Il ne reste désormais plus qu’à savoir si son intervention a été du goût de l’imposant Lysandre Sylla… Ou s’il s’est complètement ridiculisé.

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