Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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    Le ChroniqueurL Hors-ligne
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    #1

    Post n°1
    Auteur : Lysandre Sylla




    Dans le bureau gouvernemental, le nouveau dirigeant d’Ord Trasi était en pleine réflexion. Sur le mur, un écran diffusait l’holojournal rédigé par la chaîne d’information planétaire. Le son était toutefois coupé, pour que Sylla puisse se concentrer sur son problème. Assis à son bureau, des dossiers s’empilaient, et plusieurs datacartes clignotaient, mais il les avait repoussés pour bien voir ce qu’il faisait. Près de la porte d’accès au bureau, le secrétaire Agis attendait avec un dossier supplémentaire dans les bras, mais il savait qu’il ne valait mieux pas percer la bulle dans laquelle le Cunctator s’était enfermé.

    Ce dernier leva la main, traça un trait entre deux points, puis tapota sur son clavier, tandis que l’holoprojection d’un modèle de vaisseau prenait forme devant lui. Entrant des données supplémentaires, il fit déplacer des points de contact de la coque vers une position plus proche. Une fois validé, il se rassit avec un sourire et regarda la simulation de l’assemblage du vaisseau se faire sous ses yeux : Etape 1 Validé… Etape 2 validé ! Etape 3… la simulation vira soudain au rouge, et les points holographiques qui constituaient la coque du vaisseau se fragmentèrent, avant que l’ensemble de l’holoprojection ne vole en éclats de lumière.


    Stang ! le sourire de Lysandre avait été remplacé par une grimace de frustration profonde. Qu’est ce qui a coincé ? l’alliage métallique était-il de trop mauvaise qualité ?

    Sylla leva les yeux de son bureau et aperçut le secrétaire se rapprocher discrètement. Un autre aurait attendu l’autorisation, mais Agis, par ses compétences et son ancienneté, avait acquis le droit de se manifester auprès du nouveau gouverneur s’il le jugeait bon. Il tendit un dossier à Sylla, qui passa un coup d’œil dessus avant de le déposer avec un grognement sur la pile la plus proche.

    -Peut-être est-ce lié aux difficultés d’approvisionnement des chantiers navals, gouverneur. Les forages sur la lune de Taygète ne sont pas d’aussi bonne qualité que l’année passée. Le contremaitre Laurion a averti qu’il faudra sans doute faire un tri du minerai plus important.

    -Ce qui va encore coûter des investissements et ralentir les chantiers, à moins que nous ne préférerions avoir des vaisseaux qui partent par morceaux en plein vol.

    Sylla se leva et se tourna vers la baie panoramique derrière son bureau. Au premier plan, les chantiers navals, avec notamment l’assemblage d’un cargo OT 250 pour le transport de matières périssables. Au deuxième plan, Ord Trasi, avec son atmosphère appauvrie et ses habitants qui comptaient sur lui pour continuer à relancer la planète. Et au fond, émergeant derrière la planète, la lune de Taygète, qui scintillait comme pour le narguer.

    Au moins notre situation n’est pas aussi catastrophique que d’autres.

    Agis brancha le son de l’écran d’information : un reportage décrivait les manifestations et grèves ayant lieu dans les chantiers navals de Kuat. Le commentateur trasi ne faisait pas mystère de sa satisfaction à voir un concurrent mis en difficulté.

    -Ces grévistes feraient mieux de se mettre au travail, ils riront moins s’ils se trouvaient à la tête des chantiers et devaient parvenir à un consensus sur la production. Kuat va souffrir. Combien de contrats avons-nous pu récupérer dans cette affaire ?

    -Une dizaine tout au plus. La plupart des investisseurs sont confiant sur la capacité du gouvernement à briser la grève, et les plus frileux ont préféré rester sur des chantiers du plus proches de Coruscant. Sullust a ainsi récupéré une centaine de contrat.

    Le journal continua sur la semaine électorale du candidat à la chancellerie républicaine Kumitomo, et son voyage vers la planète neutre d’Alderaan.

    -Encore une fois, ce sont les mondes du noyau qui sont privilégiés. On aurait pu croire que ce monsieur, issu de Kamino, aurait d’abord cherché à penser aux plaies économiques qui affectent les mondes de la Bordure, mais non, il est allé tout de suite vendre son âme auprès des parasites de Coruscant.

    -J’en conclue que je peux rayer la réunion électorale organisée par le sénateur de Rodia en faveur de cette candidature de votre agenda ?

    -Vous concluez bien ! hors de questions que j’aille mettre les pieds dans ce nid de crabes, même pour des concessions commerciales ! A ce propos, avez-vous eu des nouvelles du secteur Dantus ?

    -Non gouverneur, rien pour le moment.

    Sylla ramassa l’un des datapads qui trainaient sur son bureau, et passa en revue la liste qui s’y affichait : Meleenium, Zersium, Oridium, Lommite, et plusieurs autres minerais de ce type. Il raya la mention Oridium, et souligna le Zersium, avant de se tourner à nouveau vers Agis.

    Le rapport sur la situation locale ?


    -Les chantiers Mu et Omicron maintiennent leur production de cargo. Une hausse légère a été observée pour le chantier Epsilon après la commande d’un yacht pour un ressortissant privé de Agamar. Sinon, la productivité est en baisse sur l’ensemble des chantiers, en raison d’un défaut de matières premières et de commandes sur le long terme. Même l’investissement dans de nouveaux forages planétaires ou lunaires n’est pas jugé rentable pour le moment par le Conseil de surveillance sans garanties de commandes pour convertir ces matières premières en vaisseaux.

    -Et comment a réagi le Conseil à ma dernière proposition concernant l’Imperium ?

    Agis se tue un instant, semblant chercher ses mots :

    Ils sont sceptiques, dans le meilleur des cas. Les Conseillers Isée et Isocrate vous soutiennent, mais ils exigeront des garanties politiques sur l’autonomie d’Ord Trasi. Andocide préférerait certainement un simple partenariat commercial, qui serait moins jugé défavorablement par nos voisins immédiats. Quant à Hypéride, il a pris la tête de l’opposition, vous accusant de faire passer vos obédiences politiques avant vos obligations envers Ord Trasi.

    Et qu’en pensez-vous Agis ?

    Nouveau temps mort.


    Je pense que la situation d’Ord Trasi est trop précaire pour se contenter du statu quo.

    Exactement, et c’est pour cela que je compte faire bouger les choses. Obédiences politiques ! Humpf ! si jamais c’était le cas, au moins je pourrai me réclamer d’une cause différente de celle du conseiller Hypéride, à savoir son porte-monnaie ! Mais l’heure n’est pas aux récriminations mesquines. La République n’est pas prête à discuter avec nous sans que nous sacrifiions notre attitude neutraliste, la CSI serait plus que ravi d’ajouter ce fleuron de la production navale que sont nos chantiers à son complexe industriel sans âme, et je ne me maintiendrai pas dans la neutralité comme Kuat pour finir avec une grève d’ouvriers fainéants dans les bras.

    Certains conseillers seraient...refroidis à l’idée de parier sur le mauvais podracer. L’Imperium n’a pas vraiment brillé sur la scène galactique depuis sa création dans la défaite.

    Raison de plus ! les Conseillers voulaient des garantis, il est bien plus facile de les avoir avec un régime jeune et dans le besoin qu’avec un régime sclérosé par le poids de son passé. Et les citoyens Trasi se souviennent encore des contrats juteux de l’Empire. L’Imperium aura autant besoin de nous que nous d’eux.
    De toute façon, ils m’ont confié les pleins pouvoirs, et je compte les exercer, même au péril de ma vie.


    Je ne pense pas que les conseillers iraient jusqu’à vous faire assassiner.

    Oh je ne parlais pas de ça ! bien sûr un imbécile peut s’amuser à vouloir me planter un couteau dans le cœur. Mais ce n’est rien comparé à ce qui peut m’attendre sur Cathar. Je doute que ma lettre de démission et son mode d’envoi leur aient plu sur le moment. Le départ des Sith les aura peut-être adoucis, mais je suis toujours sous la menace d’une cour martiale. Si je fais rentrer Ord Trasi dans l’Imperium, je perds mon immunité diplomatique et risque ma tête. Mais c’est un pari intéressant.

    Prenez le dossier sur la facturation du Zersium importé et tâchez de savoir s’il est comparable à celui de la Lune de Teygète. Moi j’ai message à rédiger. Je compte sur vous pour tenir la baraque en mon absence éventuelle.

    Agis s’inclina et se retira avec le dossier, tandis que Sylla se redressait dans son fauteuil et commençait à taper sur son clavier sa prise de contact avec l’Imperium. Il effaça une première fois son message, fit appel à un logiciel de politesse et de langage soutenu, puis effaça une deuxième fois son message.

    Bon sang ! j’ai l’impression de refaire ma thèse de Beslmuth II.

    Après plusieurs autres échecs, il opta finalement pour

    Aux représentants politiques de l’Imperium
    Le gouvernement d’Ord Trasi souhaite entamer des négociations diplomatiques pour établir des relations cordiales avec l’Imperium. Veuillez transmettre les modalités pour une rencontre. Discrétion souhaitée.
    Lysandre Sylla
    Gouverneur d’Ord Trasi


    Le Cunctator sourit et se décida à l’envoyer comme tel. Puis il ouvrit une page pour consulter les horaires des navettes. Tel qu’il connaissait le Conseil, celui-ci allait lui infliger un voyage à ses frais en classe économique, officiellement pour la discrétion, officieusement pour faire des coupes budgétaires.
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      #2

      Post n°2
      Auteur : Lysandre Sylla

      Plusieurs jours s’étaient écoulés depuis l’échange diplomatique tenu avec l’Imperium. Sylla n’avait pas cherché à se tenir au courant des arrivées sur la planète pour tenter de repérer les envoyés impériaux potentiels. Après tout, il jugeait peu discret de la part du gouverneur de s’enquérir directement de la liste des visiteurs, alors qu’il ne le faisait pas avant. Autant marquer en lettre rouge sur sa baie panoramique : CHERCHE ENVOYÉ IMPÉRIAL DESESPEREMENT !

      Agis en revanche avait été chargé de rester vigilant pour repérer d’éventuelles prises de contacts. Dans ce but, il avait été informé du protocole de reconnaissance convenu entre le gouverneur et l’Imperium, et avait fait aménager un petit salon discret pour la rencontre, loin des oreilles indiscrètes, surtout celles du conseil de surveillance.

      En parlant de ce dernier, le gouverneur avait encore les oreilles qui sonnaient de sa dernière réunion. Il avait de nouveau évoqué la possibilité de l’accord avec l’Imperium, et avait obtenu une majorité en sa faveur, au prix de nouvelles garanties économiques. Le basculement dans son camp des conseillers Dinarque et Lysias avait été particulièrement difficile, mais avec les voix des conseillers Eschine, Andocide, Isée et Isocrate, il avait assez de soutien pour faire taire l’opposition des rétrogrades nationalistes Demosthenes, Lycurgue et Hypéride, alors que le doyen Antiphon restait neutre et arbitre.

      Et il n’allait pas pouvoir se reposer devant un schéma de module d’hyperpropulsion modifié de suite, puisque son programme indiquait à présent le baptême inaugural du premier modèle d’une nouvelle série de cargos transporteurs de munitions. le Cunctator avait participé aux travaux sur le blindage extérieur du vaisseaux, travaux qui s’étaient révélés particulièrement pénibles en raison du manque de matières premières pour élaborer des solutions originales. Le modèle avait finalement été baptisé cargo de type
      Corne d’Abondance, après que le service marketing a refusé la proposition de « Caisson » proposé par Sylla.

      Long de 150 mètres, le vaisseau ressemblait en effet à un pavé géant, la couleur gris sombre ayant été choisie pour peindre la coque du premier modèle. La majeur partie de l'espace intérieur était consacré aux soutes, protégés des projectiles extérieurs par une double coque blindée. Mais un tel ensemble avait dû sacrifier ses capacités de déplacement pour atteindre un tel degré de protection ( et déplacer un tel poids), ce qui avait considérablement agacé le Cunctator, et lui avait valu son surnom: un caisson ne vole pas, il est lancé depuis un point vers un autre point, sans possibilité, de varier sa course. Un peu comme le cargo qui volerait avec la maniabilité d'un rocher.

      Mais il devait participer au baptême du vaisseau dans le cadre de son rôle de gouverneur, ses apparitions publiques augmentant le niveau de bonheur de la population de 0,3 points selon les dernières analyses des droïdes statisticiens. Lysandre avait donc mis sa plus belle tenue gris vert, à vrai dire la moins rapiécée. Le droïde intendant du service exécutif gouvernemental avait failli avoir un court-circuit la première fois qu’il l’avait vu allé à une cérémonie officielle dans cette tenue, mais il avait appris à se taire les fois suivantes, après que Sylla l’a fait reprogrammer selon ses préférences.

      Dans le speeder qui le conduisait à la cale sèche de la
      Corne d’Abondance, Sylla se dandinait inconfortablement, Agis assis à ses côtés.

      Si la hausse du moral n’est pas de 0, 3 point après cette cérémonie, je ne vais plus rien baptiser pendant un mois. Par le sang des Sith ce que je déteste ces minauderies et démonstrations de grandiloquence.

      Je suis sûr que tout se passera bien gouverneur. J’irai dans la foule pour m’assurer des besoins du peuple et vérifier que vous êtes bien entendus, dans tous les sens du terme.


      Quel conseiller est propriétaire de ce chantier déjà ?

      Le Conseiller Isocrate. Il est donc d’autant plus important de faire bonne figure.

      S’il se lance dans un de ses grands discours, je ne réponds de rien.

      Le speeder arriva à la cale sèche, où une grande foule s’était réunie, tandis que derrière une vaste baie vitrée, le nouveau cargo était encore enchaîné dans ses entraves. Un podium avait été ménagé devant la baie, sur lequel les officiels, dont le conseiller, s’agitaient déjà et prenaient la pose. Sylla pris une longue inspiration, puis sorti du speeder, traversant le corridor gardé par les forces de sécurité planétaires jusqu’au podium.

      Il serra brièvement la main du conseiller, puis s’assit sur la chaise qui lui avait été attribué, les bras croisés. Il se contentait d’opiner de la tête lorsque le directeur du projet et le chef de la production le désignèrent dans leurs allocutions, et leva les yeux au ciel quand le conseiller se lance dans un long discours panégyrique. Finalement, ce fut à son tour de prendre la parole.

      Ord Trasi ! Une fois de plus, nous voici réunis pour célébrer un nouveau vaisseau produit par nos chantiers, un nouveau joyau ajouté à la couronne de notre excellence, pour reprendre les mots de notre très cher conseiller.

      Le gouverneur se retourna vers le conseiller et le salua de la tête en disant ces mots, même si son regard était quelque peu ironique.

      Vous pouvez être fier du travail accompli, et assuré que nous continuerons à travailler ensemble pour accomplir des vaisseaux encore meilleurs qui montreront jusqu’à l’autre bout de la galaxie notre fierté d’artisan. Ord Trasi, je vous présente, même si vous le connaissez déjà, le Caiss...La Corne d’Abondance.

      Sylla se tourna vers la baie vitré les bras tendus, et dans le même temps, les amarres furent retirées, les moteurs rugirent, et le vaisseau s’élança dans l’espace sous les acclamations habituelles de la foule. Sylla se retourna vers les officielles. Le représentant du service marketing était si empourpré qu’on aurait pu croire qu’il avait avalé l’arme d’un Sith. Les autres semblaient globalement satisfaits, y compris le conseiller. Lysandre entama alors les traditionnelles poignées de main et félicitations réciproques.

      Parmi les spectateurs, Agis respira un peu mieux lorsque l’envol se conclut. Aucun accroc n’avait été observé, et les personnes présentes semblaient être satisfaites. Le Secrétaire pouvait voir des ouvriers, des cadres administratifs et des représentants commerciaux, plusieurs étant là pour passer commande de ce nouveau modèle. Son regard s’arrêta cependant sur un marchand Bothan entouré de quatre gardes du corps, qui regardaient la scène avec une attention globale. Se pouvait-il ?


      Fendant la foule avec fluidité, Agis les approcha, et après un bref salut, pris la parole.

      C’est une belle journée pour réaliser de bonnes affaires

      Si son intuition était bonne, il prendrait discrètement contact avec son supérieur pour lui annoncer que son ami de Bothawui lui avait bien fait livrer son colis dans le salon convenu.

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        #3

        Post n°3
        Auteur : Hivernus

        Ord Trasi...

        Une planète de la Bordure Extérieure parmi tant d'autres. Un monde méprisé du fait de sa position reculée, et probablement oublié de ce fait. Après tout, les mondes du Noyau se moque bien de savoir ce qu'il se passe dans le reste de la galaxie. Pourtant, Ord Trasi n'est pas une planète minable et sans intérêt. Certains, au sein de la Confédération des Systèmes Indépendants et de l'Impérium, semblent comprendre l'utilité de rallier à leur cause ce monde neutre. Les chantiers navals ont toujours représenté un atout certain dans les domaines de l'économie et de l'armée. Ord Trasi pourrait devenir le troisième producteur de vaisseaux de l'Impérium, après Fondor et Yaga Minor. En cas de guerre, cela pourrait vite devenir un point stratégique à contrôler et à défendre. En outre, un lieu où la flotte impériale pourrait se ravitailler et réparer ses navires de guerre. Et c'est ce qui a amené la Grande Moff à envoyer son plus brillant agent sur place...

        C'est donc en toute logique que le major Ota Teu'lya a été dépêché sur place, pour mener les premières négociations avec le gouvernement local. Le Bothan a beaucoup de talent et une multitude de compétences. Il aurait probablement eu beaucoup de mérite au sein des institutions militaires impériales régulières. Mais l'espion n'a que faire des titres et du prestige. Commander une armée et se pavaner devant ses pairs sont des choses qui ne l'intéressent pas. C'est dans le royaume des ombres que tout se joue. Complots, meurtres, trahisons... C'est dans cet univers là qu'il a été élevé et son souhait est d'y rester jusqu'à ce que la mort vienne le cueillir. Pour rien au monde il ne désire quitter le confort de sa position privilégiée auprès de la Grande Moff. Le Bothan accepte donc toutes les missions officieuses de la naine. Lorsqu'elle souhaite la mort de quelqu'un, il se charge d'exécuter personnellement la basse besogne. Lorsqu'elle chercher des informations sur un personnage bien particulier, il part se renseigner. Lorsqu'il faut saboter les plans d'un type trop ambitieux, il s'assure que ce dernier n'aura plus envie de jouer les comploteurs. Une polyvalence très appréciée qui a tout naturellement fait de lui l'homme à tout faire de la Boroskaise.

        Aujourd’hui, sa mission est des plus cruciales… A savoir rallier à la cause impériale Ord Trasi tout en restant incognito. Par chance, c’est lui qu’on a envoyé, il n’y a donc rien à craindre pour ce qui est d’une rencontre discrète… Et pour ce qui est de la question politique, et bien… Il avisera, comme il sait si bien le faire. A vrai dire, il n’a jamais été très doué dans les manoeuvres politiques et les négociations, mais si la Grande Moff lui fait confiance, c’est qu’il peut probablement bien se débrouiller dans ce domaine. Le principal objectif sera d’éviter de froisser les locaux. Si l’on ne peut pas les avoir du côté de l’Impérium, alors autant faire en sorte qu’ils n’aillent pas non plus du côté de l’ennemi républicain. Alors que sa navette se rapproche dangereusement des chantiers navals, Ota Teu’lya fait le point sur ce qu’il sait à propos de son futur interlocuteur… Des informations tirées des archives du renseignement impérial bien sûr.

        Lysandre Sylla. Un type sorti d’on ne sait où, probablement d’un trou paumé de la galaxie, et qui s’est rapidement fait connaître dans le milieu de l'ingénierie spatiale. Il aurait apparemment été à l’origine d’un modèle amélioré du destroyer stellaire de classe Victoire avec quelques uns de ses petits camarades et aurait par la suite démontré quelques compétences dans le domaine militaire. Selon les données disponibles, il aurait peu de temps après eu une promotion au sein de la flotte impériale et serait resté en service jusqu’à une certaine bataille où il aurait déserté. Le voilà désormais gouverneur de la tranquille Ord Trasi. Il a probablement du faire jouer ses relations et user de son influence pour parvenir à cette fonction. Ce parcours est tout à fait singulier… Unique en son genre. Un civil qui devient militaire puis politicien ! Rien de plus étrange. Mais le Bothan voit surtout d’un trait mauvais oeil cette histoire de désertion. Pourrait-on se fier à un homme qui n’a pas hésité à fuir quand la situation s’averait des plus compliquées pour le régime impérial ? Il faudrait sûrement le surveiller de près celui-là. Selon les dires de la Boroskaise, les Moffs sont nombreux à conspirer. Et l’espion a lui-même pu le constater, on ne peut pas faire confiance à ces politiciens. M’enfin… Il ne faut pas parler trop vite. Ce gars a un passé curieux et suspect, mais on pourrait probablement le jauger lors d’un brin de causette. C’est pour ça que le Bothan est là aussi après tout.

        La navette vient finalement se poser dans un hangar, mettant un terme aux réflexions du major. Ota Teu’lya passe une main dans ses longs cheveux d’argent puis rectifie machinalement les plis de sa tenue. Il vient de se rendre compte qu’il a encore l’attitude sévère d’un militaire, bien qu’il ne porte plus un uniforme. Le Bothan corrige rapidement ce point là et se prépare mentalement à jouer son nouveau rôle. Il n’est désormais qu’un simple représentant d’une société anonyme. Il a plusieurs commandes à passer et profite de son séjour sur la planète pour voir ce qu’il se fait de mieux en matière technologique sur les chantiers navals de ce monde. Bien évidemment, pour protéger ses intérêts, cette société anonyme s’est offerte les services de protection de quelques mercenaires, afin de veiller sur leur ambassadeur. Ces quatre agents de sécurité sont en réalité des Manteaux de Nuit. Des soldats impériaux d’élite de la garde rapprochée de la Grande Moff. Une façon de s’assurer que le Bothan fera bien son travail, et que rien ne viendra l’importuner. C'est en outre un facteur très motivant... S'il ne réussit pas sa mission, ses petits copains iront tout balancer à la naine. Pas le droit à l'erreur donc. Voilà que le cortège descend enfin la rampe d’accès de la navette et se mêle aux combinaisons de travail des ouvriers et aux sublimes tenues colorées des entrepreneurs. Des rumeurs font rapidement part d'une cérémonie en l'honneur d'un vaisseau fraîchement sorti des chantiers navals d'Ord Trasi. L'espion et ses comparses suivent donc le mouvement de foule et finissent finalement leur périple dans une cale sèche où s'entassent là des dizaines de personnes au bas mot. Le major jette un coup d’œil au vaisseau qui reçoit tous les honneurs. Il s'agit d'une vraie horreur. Une espèce de gros pavé gris immonde qui n'aura jamais le moindre succès selon son avis. Espérons que les productions militaires soient bien plus surveillées et réussies que ce tas de ferraille absolument dépassé...

        Et voilà désormais que plusieurs officiels prennent la parole. La cérémonie s'achève sur une intervention du gouverneur, ce fameux Lysandre Sylla que le Bothan doit rencontrer. Un type avec une certaine prestance et une carrure qui force le respect. Son aura charismatique permet de faire oublier la médiocrité de son discours, que l'espion trouve passe-partout. Et puis d'un coup, tel un dieu muni de pouvoirs extraordinaires, il lève les bras et voilà que le vaisseau quitte les chantiers navals pour rejoindre les étoiles. Un tonnerre d’applaudissements vient conclure cette mise en scène. Ota n'a jamais été un grand amateur des cérémonies et autres prestations pompeuses. Il avait oublié à quel point la politique est ennuyeuse... Il n'y a qu'à voir ces sourires de façade et ces poignées de main bien trop fermes pour être honnêtes. Il en a presque la nausée. M'enfin... Tout ceci ne serait bientôt qu'un mauvais souvenir. Un gars déterminé se faufile dans la foule avec une certaine aisance. Il se dirige vers le cortège impérial sous couverture. Il doit s'agir d'un homme de confiance de ce cher déserteur. Dans le doute, les Manteaux de Nuit restent sur leurs gardes. Le type les salue et lance le mot de passe. C'est donc bien un envoyé du gouverneur. Parfait. On pourrait enfin quitter ce lieu de malheur ! Et tous ces rapaces !


        - Bien le bonjour... Il serait plus juste de dire que la journée sera belle quand nous aurons réussi à faire de bonnes affaires. Souffle dans ce qui ressemble à un miaulement le major, souriant de toutes ses dents.

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          #4

          Post n°4
          Auteur : Lysandre Sylla

          Bien le bonjour... Il serait plus juste de dire que la journée sera belle quand nous aurons réussi à faire de bonnes affaires

          Agis hocha de la tête à la répartie de son interlocuteur. Autour d’eux, la foule se déplaçait sans prêter attention à leur rencontre, mais avec la tension au sein du conseil de surveillance, mieux ne valait pas prendre de risque. Si jamais la rencontre venait aux oreilles du conseiller Hypéride par exemple, le secrétaire était certain que la présence d’un émissaire impérial sur Ord Trasi serait connue jusque sur Hoth.

          Ah les offres défiant toutes concurrences. Avant d’entrer dans l’administration gouvernementale, je dirigeais une entreprise proposant une comparaison des tarifs des différentes chaînes de production de la planète. C’était le bon temps. Toutefois, mon ancien collaborateur Cléomène a poursuivi ce travail après mon départ, et je suis certain qu’il serait ravi de vous conseiller. Voici l’adresse où il se tient à disposition dans la journée pour conseiller des clients.

          Agis tendit un datapad qui donnait les instructions suivantes : salon privé de l’Aurodium Club, 3 étage, bâtiment D, secteur H de la zone du chantier Rhô.

          Je vous souhaite de bonnes affaires sur Ord Trasi !

          Après un bref salut, Agis s’éloigna. Il se dirigea vers un autre groupe dans la foule, où il identifiait de potentiels acheteurs repérés par ses soins auparavant, et avec qui il répéterait la même scène, mais avec une adresse différente. Tout en marchant, il prit son comlink et laissa un message privé à son supérieur.

          Votre cargaison de vin de Bothawui vous a été livrée comme convenu gouverneur !

          __________

          Le gouverneur en était justement à sa troisième conversation d’affilé avec des officiels de l’administration relevant du conseil de surveillance où il se contentait d’opiner de la tête en souriant dans le vide. Il sentit soudain son comlink vibrer, et sans cérémonie pour ses interlocuteurs, se détourna d’eux et écouta le message, avant de revenir dans la discussion et d’interrompre la description du dernier speeder de luxe acheté par le chef du service, de ses fauteuils en cuir de rancor et de ses pointes de vitesse.

          Tout cela est absolument passionnant, déclara-t-il en insistant sur le absolument, mais je viens d’apprendre qu’on vient de me livrer un cadeau, et je préfère profiter du mien plutôt que de vous écouter décrire le vôtre.

          Laissant derrière lui les officiels contrits et consternés, Sylla quitta l’estrade et se dirigea vers l’aire des speeders. Sourd aux sollicitations de quelques personnes derrière les barrières de sécurité, il se dirigea vers le droïde en charge de la gestion du parking et fit demander son speeder. Ce dernier s’éleva de sa place, piloté par un droïde également programmé pour ne pas taper sur les nerfs du gouverneur avec des conversations artificielles.

          Le speeder, de couleur écarlate, se posa sur la zone d’embarquement, et la porte arrière s’ouvrit dans un sifflement de dépression d’air. Lysandre prit place, salua brièvement les quelques personnages qui tentaient de l’accaparer avant son départ, puis ferma la portière et s’adressa à son pilote.

          Mode sécurité actif, mode discrétion actif et destination l’Aurodium Club, parking privé C, autorisation 46B.

          Bien reçu. Reconnaissance vocale confirmée. Activation du brouillage auditif et choix d’un parcours aléatoire pour atteindre la destination. Départ imminent.

          Le speeder décolla et fila dans les axes aériens reliant les différentes parties des chantiers. Se faufilant entre différents véhicules, sans activer ses sirènes ou ses symboles prioritaires toutefois. Après avoir laissé sur sa droite le chantier Delta et prit un itinéraire de déviation pour contourner un cargo déchargeant ses marchandises sur le quai 23. Il suivit le trafic et changea à deux reprises de direction.

          Sylla aurait pu se penser paranoïaque. Après tout, il avait l’accord, même du bout des lèvres, du conseil de surveillance pour organiser cette prise de contact, et il semblait improbable que des espions de puissances étrangères à la planète s’intéressent à son manège. Mais il n’était pas prêt à prendre le risque de subir des facteurs externes qui viendraient perturber les négociations et pousseraient les Impériaux à modifier leurs demandes. Dans un premier temps, il s’agissait uniquement de s’avancer sur un partenariat commercial. Cela pouvait également s’accompagner d’un échange de technologies, Ord Trasi partageant ses avancés en matière de recherche spatiale contre des investissements économiques et la présence de conseillers impériaux pour encadrer l’armée et assister l’administration.

          Il ne saurait toutefois être question d’un noyautage en règle de la planète. Si le gouverneur pensait effectivement qu’à terme, le mieux serait de faciliter la chaîne de commandement et que le peuple d’Ord Trasi s’en remette au chef de l’Imperium, Sylla entendait rester suffisamment longtemps aux commandes de la planète pour s’assurer des qualités du régime héritier des Vestiges de l’Empire. S’il s’avérait que ses dirigeants privilégiaient leur propre personne par rapport à l’Etat, Ord Trasi se retirerait de l’alliance avant d’être transformé en une simple batterie énergétique pour les besoins abjects d’un tyran.

          C’est sur ces pensées tournées vers l’avenir que Lysandre arriva à l’Aurodium Club sur un parking privé intérieur. L’établissement servait de lieu de rencontre pour les élites commerçantes de la planète, qui prenaient plaisir à échanger des banalités dans les salles de réunion de cet hôtel de luxe. C’était effectivement dans ce lieu qu’Agis avait assez fait ses preuves en tant que directeur pour obtenir l’attention du gouvernement planétaire. Mais il y avait toujours ses habitudes, assez pour garantir la sécurité et la discrétion pour les rencontres diplomatiques capitales comme celle qui s’annonçait.

          Sylla sortit du speeder. La zone de stationnement ne comprenait ni droïde ni caméra et garantissait une totale clandestinité à ses arrivants, qui pouvaient gagner par un ascenseur personnel les salles de réunions aux étages supérieurs. Le représentant de l’Impérium devrait lui passer par les parkings publics, mais personne ne se formaliserait qu’il se rende dans le salon privé qui servait de lieu de rencontre pour Cléomène, un courtier qui conseillait régulièrement les grandes fortunes. Sylla aurait bien pris ce dernier à son service comme son associé Agis, mais les passions vénales de l’homme n’étaient pas à la hauteur des services qu’il pouvait rendre.

          Le trajet en ascenseur se fit en silence, et Sylla déboucha dans le salon privé. A sa droite, une baie vitrée avec terrasse donnait sur la planète. Su le mur d’en face se trouvait un bar et une bibliothèque constitués d’ouvrages de divertissements. A sa gauche des copies de tableaux de maîtres recouvraient les murs et encadraient une porte qui servait d’accès publique au salon. Les coins de la salle étaient recourbés vers l’intérieur comme des piliers et recouvert d’une dorure tape à l’œil dans le style du Club.

          Au centre de la pièce se trouvait une table entourée de canapés et de fauteuils confortables, bien plus coûteux que ceux qui se trouvaient dans le bureau du gouverneur. Sylla soupira : pas étonnant que la planète aille mal si les investissements partent dans de telles frivolités au lieu de soutenir l’administration. A sa première visite, il avait songé à faire saisir l’établissement, mais Agis, déjà son secrétaire, le lui avait déconseillé, insistant sur l’importance qu’il avait pour les familles du Conseil de surveillance. Ces dernières avaient besoins de pain et de jeux pour être satisfaites, et les priver des privilèges de leur rang ne servirait pas à se les concilier dans l’immédiat. Peut-être que le caractère martial de l’Imperium saura redonner du muscle à cette caste décadente.

          Sylla prit place dans l’un des fauteuils et s’assura que les protocoles de sécurités étaient en place : vitres occultés et blindés, brouillages des fréquences et balayage de détection. Il se leva pour se servir au bar un jus de fruit, et déverrouilla le coffre contenant un émetteur de bouclier et un blaster, en cas d’attentat improbable. Puis il se rassit et attendit son invité en consultant via le dispositif holographique de la table les derniers rapports de prospections de ses chercheurs des compagnies des mines.

          La porte s’ouvrit dans un cliquètement de sécurité et laissa pénétrer un Bothan et ses gardes du corps, comme convenu. Sylla n’avait pas eu beaucoup l’occasion d’en rencontrer, mais rien chez celui-ci ne semblait le distinguer des autres, si ce n’est son escorte nombreuse. Sylla se leva et se dirigea vers l’arrivant.


          Bienvenu sur Ord Trasi, j’espère que le trajet s’est déroulé sans heurs et que vous êtes prêt à discuter pour trouver de bonnes affaires pour vous comme pour moi.
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            Auteur : Hivernus

            Le messager part dans un petit discours bien rôdé. On ne sait pas s’il s’agit d’une histoire avérée qu’il aime raconter à ses clients ou s’il ne s’agit en réalité que d’un bobard sans nom, mais cette discussion ne semble pas réellement emballer le Bothan. En fait, l’espion écoute sans réellement entendre, comme si les paroles de son interlocuteur entrent par une oreille et ressortent presque immédiatement par l’autre. L’homme de main du gouverneur lui remet ensuite un datapad et s’enfuit comme un voleur. Ota le suit un instant du regard et le voit se diriger vers un autre groupe, où il semble à nouveau jouer un rôle. Visiblement, il est loin d’être feignant ce bougre. Il faut toutefois admettre que cette façon de faire à au moins le mérite de brouiller les pistes et de rendre moins suspect une rencontre de quelques minutes à peine. Ce gouverneur semble bien plus habile en ce qui concerne les manoeuvres qui se veulent plus officieuses visiblement. Un point intéressant qui rentre particulièrement bien dans l’esprit du major…

            Le sous-officier impérial suit les indications laissées sur le datapad sans afficher la moindre crainte sur son visage. En fait, il semble même confiant et hautain dans son attitude. Il est difficile de savoir si c’est un rôle qu’il essaie de tenir ou s’il est réellement comme ça au quotidien… Et c’est probablement ce qui fait de lui un agent particulièrement efficace. A l’inverse, les membres de sa garde rapprochée semblent bien nerveux. Ils ont le doigt au dessus de la gâchette, prêts à mitrailler tout ce qui sortira d’un coin sombre et louche. Les Manteaux de Nuit ont entendu de sales histoires au sein du palais impérial de Cathar. Jusque là, les échanges diplomatiques entre les impériaux et les puissances étrangères ont toujours été des plus désastreux. En outre, le Grand Moff Valiant s’était fait capturer en tentant de négocier une paix durable avec la République Fédérale par un sénateur se souciant visiblement peu de l’avenir de la galaxie. Et bien sûr, un évènement en entraînant un autre, la Moff Raina, venue négocier à son tour la paix et les termes de la libération de Valiant avec les néo-républicains avait également manqué de peu de se faire arrêter par ces abrutis. Elle avait quitté Bogden non sans emporter avec elle un désagréable souvenir qu’elle n'oubliera probablement jamais… On peut donc se douter que ces deux évènements particulièrement marquants dans l’histoire de la diplomatie impériale inquiètent particulièrement les soldats d'élite chargés d’assurer la sécurité du Bothan. Ils ne sont pas à l’abri d’un énième guet-apens de la part de ces foutus républicains. Au final, quand on y réfléchit bien, ils n’ont pas quitté leurs vieilles habitudes. Ce ne sont rien d’autre que de sales petits rebelles dont le gouvernement illégitime est destiné à sombrer à nouveau dans la corruption et la décadence. Qu’ils profitent donc de leurs quelques années de répit, car ils seront bientôt rongés de l’intérieur par leur propre culpabilité !

            Durant tout le temps de ce trajet qui semble interminable, les impériaux entretiennent les flammes de leur vieille rancune contre cet éternel ennemi républicain condamné ou bien à périr de leurs mains, ou bien à se soumettre de façon définitive à un idéal de loin bien meilleur au leur. Ota'Teulya semble faire exception, puisqu'il semble privilégier des réflexions intelligentes à un simple constat des plus tristes. Pourquoi ressasser en boucle ce qui est déjà fait quand on peut écrire les prochaines pages et donc de ce fait, changer tout un avenir ? C’est probablement ce qui fait la différence entre un soldat, bon uniquement à exécuter des ordres et à se passer en boucle de vieux rêves de gloir dépassés, et un officier, qui sait se montrer pragmatique et créateur pour mieux préparer l’avenir. Voilà une réflexion des plus intéressantes ! L’opposition entre nostalgiques passifs et idéalistes novateurs… Il faudrait qu’il songe à se pencher sur cette question particulièrement éloquente.

            Mais pour l’heure, il devrait se contenter de jouer à un stupide jeu politique. Bien évidemment, cela se révèle être extrêmement important aux yeux de la Grande Moff Ashe et même pour le futur de l’Impérium, mais il est toujours convaincu de ne pas être la bonne personne pour remplir cette tâche. L’arrivée dans le salon privé est des plus étonnantes. Point de sécurité apparente. L’homme qui les attend semble être seul. Il s’agit du gouverneur d’Ord Trasi, ce fameux Lysandre Sylla. Plus curieux encore, il affiche volontiers son goût pour le luxe. Le salon est relativement somptueux et ne manque visiblement de rien. Pour le Bothan, qui a appris à vivre dans la célèbre austérité Boroskaise, il ne s’agit là que d’un gaspillage de ressources qui ne l’impressionne nullement. C’est un fait avéré, les politiciens se sont toujours vautrés de plaisir dans l’étalage inutile de leur pouvoir. Ces célébrations criardes ne sont que le pâle reflet d’une société faible et sans intérêt… Le dirigeant politique de la planète commence la discussion par une formule de politesse des plus classiques. La conversation serait probablement pompeuse et ennuyante à souhait si l’on ne se décide pas à avoir une attitude ferme… D’un geste presque paresseux de la main, le major impérial fait comprendre à ses soldats qu’il n’est pas menacé. Ces derniers se retirent donc et se placent loin du centre de la pièce. Ils privilégient les endroits stratégiques d’où ils pourront tout contrôler et surveiller, à savoir les entrées et les sorties.


            - Je vous remercie pour votre accueil Gouverneur. Il serait impoli de ma part de ne pas me présenter à vous, toutefois, je ne suis qu'un simple messager... Mon nom n'a donc aucune importance. Vous comprendrez bien sûr qu'il s'agit là d'une simple formalité destinée à vous protéger tout autant que l'Impérium. Débute doucement l'espion en s'installant dans un fauteuil après avoir serré la main de son interlocuteur. J'imagine qu'il est inutile de perdre du temps en échangeant quelques politesses. Alors j'irai droit au but : La Grande Moff est intéressée par un rapprochement entre votre gouvernement et l'Impérium. Il est intéressant de noter que notre régime a grandement évolué et qu'à l'inverse des précédents empires, il n'y a point de Sénat pour entraver nos mouvements. Voici ce que vous propose la Grande Moff Ashe, dans sa grande générosité : En acceptant de rejoindre l'Impérium ou de se placer tout du moins sous sa protection, vous relèverez de l'autorité impériale mais votre système politique, économique et social restera placé sous votre contrôle. Pour ce qui est de la question militaire, sachez que votre armée et votre flotte seront placées sous votre commandement, mais en contrepartie, vous vous devrez de tenir des engagements auprès de l’État-major impérial. Et bien sûr, si vous acceptez ces conditions, nous nous engageons à fournir du travail à vos chantiers navals et même, dans votre cas personnel, à vous remettre aux mains expertes de nos meilleurs officiers afin disons... De nous assurer que vous n'avez pas perdu la main pour ce qui est de l'expertise militaire. Cette offre est des plus généreuses, il ne tient qu'à vous de l'accepter ou de la décliner.

            Le Bothan adresse un sourire étrange au gouverneur lorsqu'il achève de parler. Il a volontairement omis de parler de la possibilité de changer les termes des accords... En outre, de renégocier. Car il cherche dans un premier temps à tâter le terrain. Et d'une certaine façon, ce qu'il dit est vrai : L'offre est relativement généreuse. On est bien loin de l'époque où l'Oméga se permettait d'intervenir sur des mondes sous contrôle impérial pour embarquer de force des milliers de conscrits pour en faire de véritables instruments de guerre à son service.

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              Auteur : Lysandre Sylla

              Lysandre serra la main de son interlocuteur en tâchant de se remémorer dans quelle mesure il devait ou non exercer une forte pression. Il se rappelait encore de la leçon désagréable qui lui avait été imposée juste avant sa première sortie politique alors qu’il était seulement un jeune ingénieur sur la planète. Un maître du protocole était venu lui faire répéter, à lui et vingt-trois autres ingénieurs, les pratiques de la révérence et de la salutation, pour qu’ils fassent bonne figure devant les grandes familles. Sylla se souvenait encore de ce vieux grincheux qui les avaient assommés de conseils philosophiques sur l’affirmation forte de leur virilité masculine face à un interlocuteur récalcitrant, comme sur la prise légère et respectueuse de celui qui se sait flatteur face à un supérieur nobiliaire. Lysandre avait par la suite souvent rêvé de l’étrangler durant ses nuits.

              La poignée de main du Bothan elle ne dévoilait rien de sa nature, suffisamment ferme sans trop l’être. En revanche, le gouverneur put observer du coin de l’œil les quatre gardes prendre place à des positions millimétrées dans la pièce, dans une cadence parfaitement chronométrée qui contrastait avec la relaxation de son interlocuteur. Devait-il en conclure qu’il s’agissait de militaires accompagnant un civil, ou bien ce dernier disposait-il de l’assurance de ceux qui exercent le pouvoir sans crainte ?

              Lysandre accompagna le représentant impérial au cercle de fauteuils, et prit place dans le canapé en face du fauteuil choisi par le Bothan, s’efforçant sans trop de succès à rester le plus droit possible dans les coussins moelleux à l’excès tout en écoutant les paroles portées par le héraut de l’Imperium.


              Je vous remercie pour votre accueil Gouverneur. Il serait impoli de ma part de ne pas me présenter à vous, toutefois, je ne suis qu'un simple messager... Mon nom n'a donc aucune importance. Vous comprendrez bien sûr qu'il s'agit là d'une simple formalité destinée à vous protéger tout autant que l'Impérium


              Si Sylla détestait les frivolités oratoires, il n’aimait guère plus tout ce qui avait trait au complot permanent. Ceux qui l’employaient contribuaient généralement à déclencher des théories du complot qui aveuglaient la populace et l’entraînaient dans des voies qui n’étaient pas les siennes. Quelqu’un qui refuse de se présenter n’était donc pas généralement bien vu par le gouverneur d’Ord Trasi. Cela sentait en effet plus les services secrets qu’un représentant reconnu.

              Mais Sylla devait s’avouer qu’il était cette fois-ci lui-même à l’origine de cette manœuvre de l’ombre, et donc ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même d’aller contre ses principes pour assurer le bien d’Ord Trasi. Etait-ce le même genre de réflexions qui avaient poussé son ex-ami sénateur à violer la loi pour se rebeller contre l’Omega ?

              Lysandre s’ébroua mentalement devant cette comparaison odieuse. Le sénateur, en prétendant défendre les droits de la République, n’avait fait que défendre ses intérêts personnels, alos que maintenant, lui agissait pour le bien d’Ord Trasi au détriment de ses propres intérêts. Si l’Imperium cherchait à le protéger pour cette rencontre tout comme ils se protégeaient, ils n’en auraient pas moins aucun mal à mettre fin à ses pouvoirs ou à ses jours au bout du compte.


              J'imagine qu'il est inutile de perdre du temps en échangeant quelques politesses. Alors j'irai droit au but

              Bien, pensa le gouverneur, peut-être fourbe, mais au moins direct, on ne perdra pas de temps comme ça. Après à voir jusqu’où cette approche directe favorise des manœuvres indirectes. Il était tentant de regarder si les gardes avaient bougé d’un millimètre depuis la prise de parole, mais mieux vaut garder les yeux sur le Bothan.

              La Grande Moff est intéressée par un rapprochement entre votre gouvernement et l'Impérium


              La Grande Moff, et non pas la régente ou la Grande Moff intérimaire. Cela confirmait que Valiant était hors-jeu pour le moment. Sylla n’avait jamais rencontré l’homme, mais il avait beaucoup de respect pour ses actes et son sens du devoir même confronté à l’adversité de ses pairs. Sa prise de pouvoir à la tête de l’Imperium avait beaucoup compté dans les manœuvres entamées par Lysandre auprès du Conseil de surveillance en faveur de rapprochements. Dans le même temps, sa capture stupéfiante interrogeait le gouverneur sur sa conviction que Valiant incarnait un pôle de prévoyance et de stabilité. Si Sylla avait lui aussi été joué par un sénateur par le passé, il attendait autre chose de celui à qui il devait prêter allégeance pour redresser la galaxie.

              Sa remplaçante était donc bel et bien la Grande Moff Ashe. Jusqu’aux nouvelles de sa prise de fonction, Sylla avait dû reconnaitre qu’il n’avait jamais entendu parler d’elle auparavant. Ils étaient en effet issus de deux monde différents, Sylla étant arrivé dans la Flotte impériale par la voie détournée de l’ingénierie spatiale et des faveurs politiques, avant de se voir propulser gouverneur. Ashe elle avait gravi les échelons de l’Armée de Terre un à un avant de gravir ceux du pouvoir politique de Borosk puis de l’Imperium. Un parcours admirable, mais un caractère difficile à cerner avec les informations à sa disposition. Etait-elle une idéaliste ou une carriériste ? où plaçait-elle la limite entre les intérêts de l’Imperium et les siens ?
              Sylla se demanda si le Bothan avait une opinion sur la question. Mais à y réfléchir, mieux valait éviter de la poser. S’il lui tenait à présent ce discours, c’était assurément parce qu’il était un homme de confiance des cercles du pouvoir impérial. De là à tenter de le provoquer pour tester le degré de fidélité que Ashe inspirait, il y avait une piste à explorer pour la suite de la discussion, mais pas de suite.


              Il est intéressant de noter que notre régime a grandement évolué et qu'à l'inverse des précédents empires, il n'y a point de Sénat pour entraver nos mouvements.


              « Notre régime », nos mouvements », cela ressemblait à l’oligarchie militaire technocratique débarrassé d’un sénat incapable sur laquelle Sylla avait toujours construit des châteaux en Alderann étant plus jeune. Mais il avait appris à la dure que les régimes tournaient souvent à l’exercice du pouvoir par un seul qui faisait mine d’écouter les conseils avant d’agir à sa guise. Jusqu’à où ses futurs supérieurs seraient prêts à entendre des critiques s’ils sortaient du droit chemin ? le Bothan lui-même se sentait-il vraiment plus un conseiller qu’un domestique glorifié servant les messages de son maître, ou plutôt de sa maîtresse à la si grande générosité ?

              En acceptant de rejoindre l'Impérium ou de se placer tout du moins sous sa protection, vous relèverez de l'autorité impériale mais votre système politique, économique et social restera placé sous votre contrôle.


              Voici le moment des garanties, où s’ils avaient été présents, les membres du Conseil de surveillance auraient commencé à se déchirer sur leurs significations et les bénéfices qu’ils peuvent en tirer. Mais Sylla pouvait le faire à leur place : le maintien du système économique et politique de la planète ne menacerait pas dans l’immédiat leur puissance et leurs gains…pas dans l’immédiat. L’exercice d’une tutelle impériale imposait de savoir dans quelle mesure cette tutelle serait habilitée à modifier le moment venu les lois internes, à moins que l’Imperium incarne vraiment ce qu’il veut être. Mais même un coup de pied dictatorial dans la fourmilière était mieux que de laisser celle-ci s’écrouler dans sa propre décadence. Toutefois le peuple trasi méritait mieux qu’une dictature.

              Pour ce qui est de la question militaire, sachez que votre armée et votre flotte seront placées sous votre commandement, mais en contrepartie, vous vous devrez de tenir des engagements auprès de l’État-major impérial.


              Laisser le contrôle de l’armée à un gouverneur planétaire était une pratique courante dans les institutions impériale. C’est ce qui créait la fonction de moff, une caste où on devait faire le tri entre les génies et les incapables. En revanche, la proposer à Ord Trais dans le cadre de son intégration faisait montre d’un remarquable esprit d’ouverture. Une flotte appuyée sur un chantier naval pouvait être un instrument redoutable entre les mains d’individus rebelles. Il se posait bien sûr la question de la fidélité du personnel militaire, et la nature exacte des engagements. Mais en veillant personnellement à l’intégration de ses vaisseaux dans la Flotte, Lysandre s’assurerait que la Base Delta Zero d’un monde soit décidée par des capitaines compétents.

              Et bien sûr, si vous acceptez ces conditions, nous nous engageons à fournir du travail à vos chantiers navals


              Intéressant, l’emploi d’un terme similaire pour décrire les promesses économiques de la part de l’Imperium et celles que le commandement militaire d’Ord Trasi devrait avoir auprès de l ‘Etat-major impérial. Une alliance fondée sur une responsabilité militaire et économique mutuelle ne pouvait que plaire à Sylla. Mais cela pouvait aussi signifier que si Ord Trasi se révélait trop indépendant, l’Imperium pourrait l’étouffer économiquement. D’un autre côté, cette mise en comparaison signifiait aussi que la Flotte d’Ord Trasi pourrait se montrer... rebelle, si les exigences économiques ne sont pas tenues.

              De toute manière, la promesse de contrats à dans les plus brèves échéances et sur des longues commandes ne pouvait que servir le gouverneur dans ses négociations avec le Conseil de surveillance. Il imaginait déjà la tête de certains membres en train d’essayer de le critiquer vertement pour ses choix tout en salivant de manière très visuelle à l’idée du nombre de choses inutiles qu’ils pourraient s’acheter grâce aux contrats. De là à leur expliquer qu’il s’agit d’investir non pas dans le superficiel mais dans le nécessaire, il y aura une étape supplémentaire pénible à laquelle Sylla ne voulait pas songer pour le moment.

              dans votre cas personnel, à vous remettre aux mains expertes de nos meilleurs officiers afin disons... De nous assurer que vous n'avez pas perdu la main pour ce qui est de l'expertise militaire. Cette offre est des plus généreuses, il ne tient qu'à vous de l'accepter ou de la décliner.


              Sylla commença à se lever et se dirigea vers la baie vitrée, autant pour réfléchir un instant que pour éviter de se froisser un muscle à rester trop longtemps assis sur des meubles aussi mous. Les mains expertes de l’Imperium, Lysandre s’en doutait, étaient autant capables de le remettre en forme que de le découper en morceaux. Sa garantie toutefois, c’était son importance dans le paysage politique de la planète et sa préférence pour l’Imperium. Tant qu’Ord Trasi ne serait pas pleinement intégrée, il bénéficierait d’une forme de protection, qui lui permettrait également de montrer que s’il comptait rejoindre l’imperium, ce n’était pas juste pour être un beau muet. Et lorsque la planète sera devenue un membre à part entière de l’Imperium, Sylla espèrera s’être assez rendu indispensable pour ne pas souffrir de ses prises de paroles.

              Quant à le remettre en for... le gouverneur étouffa un rire nerveux. S’il s’était appliqué après son entrée dans l’armée à développer autant son physique que son intellect, c’était surtout pour faire taire les chiots Akks issus des académies militaires qui le regardaient de travers. Rien de plus plaisant que de corriger d’un puissant direct du droit un jeune lieutenant qui considère mieux savoir comment placer sa frégate parce que la tradition tactique le dit à l’académie, et non pas un pseudo capitaine tout juste bon à faire des équations de tirs.

              Cependant il n’avait jamais suivi de formation militaire, et tirer avec un blaster lui était aussi naturel que chanter les louanges du conseiller Dinarque et de son dernier airspeeder de luxe. Restait donc à savoir ce qu’était attendu de lui en guise de formation. Mais il n’était pas sûr que son interlocuteur eût la réponse.

              Mains dans le dos et droit comme un I, Sylla se détourna de la vue planétaires et pris la parole en regardant droit dans les yeux le représentant de l’Imperium.


              Je prends note de la proposition « généreuse » de l’Imperium, monsieur mystère. Il est effectivement correct que la garantie des droits et surtout des privilèges politiques rendra heureux les gouvernants d’Ord Trasi. Cependant, je dois poser tout de suite des limites.

              D’une part, il va de soi que pour éviter les abus de confiance, les vaisseaux produits par Ord Trasi seront d’abord intégrés à la Flotte de la planète, et les capitaines et équipages qui leur seront affectés viendront les essayer en manœuvre pendant une certaine période de temps, avant d’être jugés aptes à partir. C’est une mesure qui permettra à l’Imperium de s’assurer de la qualité des vaisseaux avant de les mener au front, et qui permettra à Ord Trasi et au peuple de s’assurer du fruit de leur travail de manière visible.

              Deuxièmement, si je remercie par avance la Grande Moff pour ses promesses d’investissements économiques, il me semble nécessaire de faire également appel à la générosité de l’Imperium de manière plus large. Dans le but de ne pas finir juste comme un simple rouage servant à nourrir la machine de guerre impériale, tout comme de mieux faire accepter la présence de l’Imperium, plusieurs actions concrètes pourraient être menées. Cela va de l’encadrement des troupes d’Ord trasi par des conseillers militaires de l’Imperium, à la sécurisation des voies commerciales de la Nébuleuse Maelstrom, en proie aux attaques de pirates, en passant par l’installation d’académies de formation, qu’elles soient militaires, économiques ou culturelles pour faire bénéficier Ord Trasi du riche savoir de l’Imperium et éviter que le Trasi moyen n’ait comme seul voie devant lui celle du travail en chantiers. Déplacer par exemple l’académie de formation des pilotes, militaire et civil, serait un geste appréciable.

              Troisièmement, en matière de diplomatie commerciale, Ord Trais doit conserver sa pleine indépendance sur le plan galactique. L’approvisionnement des matières premières pour la construction spatiale ne saurait provenir uniquement de l’Imperium, qui doit déjà approvisionner Fondor et Yaga Minor. Par son histoire et ses traditions, Ord Trasi dispose de relations étroites avec plusieurs systèmes non impériaux, et doit conserver sa liberté d’action diplomatique pour garantir son approvisionnement, sous peine de remettre en cause son existence même.

              Quatrièmement, si la protection impériale nous est précieuse, elle peut aussi être un fardeau despotique. Tant que le processus d’intégration ne sera pas terminé et officiellement avalisé par un accord entre l’Imperium et le gouvernement d’Ord Trasi, celui-ci conservera un droit de retrait du projet sans pénalités en cas de litige irréconciliable. Par la suite, le gouverneur, s’il reconnait ses engagements politiques et militaires envers l’Imperium, conservera le droit de manifester sa désapprobation s’il trouve que l’Imperium ne remplit pas ses engagements moraux vis-à-vis d’Ord Trasi. Pour s’assurer de l’indépendance du gouverneur, pendant un nombre d’années à déterminer, en cas de changement du gouverneur, les candidats seront élus à partir d’une liste uniquement d’habitant d’Ord Trasi.


              Enfin...

              Sylla s’interrompit un instant, se demandant s’il ne venait pas de poser des problèmes insolubles avec son interlocuteur. Mais il pensait que ces mesures étaient les plus à même de maintenir à la fois Ord Trasi dans son identité tout facilitant son intégration. Tant pis s’il heurtait les sensibilités.

              Enfin, si ces conditions sont acceptées, ou du moins prises en considération et acceptées lors de mon voyage dans l’Imperium, alors j’accepterai l’offre de la « Grande et généreuse » Moff et je serais prêt à passer tous les tests qui vous viendront à l’esprit pour veiller à ma remise en forme.

              Au lieu de retomber dans le piège et de s’asseoir dans le canapé, le gouverneur s’appuya contre l’accoudoir en attendant la réponse du Bothan.
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                Auteur : Hivernus

                Le gouverneur est visiblement un homme malin. Très malin. Mais il commet plusieurs erreurs. Il se sent en sécurité dans ce lieu qui appartient à son gouvernement. Et sa confiance s’est transformé en orgueil. L’homme se permet d’être caustique ou ironique dans ses propos. L’intonation de sa voix ne trompe pas. Si Ota Teu’lya n’avait pas été envoyé ici pour négocier l’allégeance d’une planète, ou du moins son rapprochement avec l’Impérium, il se serait permis de faire taire pour de bon cet idiot particulièrement arrogant. Nul ne peut manquer de respect à la Grande Moff. Du moins, pas sans en payer le prix. Oui… Lysandre Sylla va subir les conséquences de ses paroles déplacées. L’offre du régime impérial avait été généreuse… Elle le serait toujours, mais bien moins que si le gouverneur avait accepté tout de suite sans user d’ironie et de stratagèmes à peine subtils. Au final, les politiciens semblent être tous les mêmes : Avides de pouvoir et hautains à souhait. Et le major ne se priverait pas de rapporter à sa maîtresse les exigences et les railleries du “héros” d’Ord Trasi.

                Et quel héros ! Derrière cet air froid et rigide se cache un vilain petit opportuniste. Il faudrait surveiller de près ses agissements. L’agent personnel de la Grande Moff peut visiblement se fier à la première idée qu’il se faisait sur le gouverneur… On ne peut pas se permettre de lui faire confiance. Du moins, pas dans l’immédiat. Pas tant qu’il n’aurait pas fait ses preuves et démontré son utilité. Autant dire que l’homme part déjà d’un mauvais pied, du fait de ses erreurs de jugement. D’une certaine façon, Ota Teu’lya comprend désormais pourquoi cette chère Ashe tenait tant à ce qu’il se charge de cette mission diplomatique… Les Bothans sont des êtres intelligents et rusés qui se sont spécialisés dans les manoeuvres politiques et les missions de renseignements. C’est ce qui fait qu’ils sont particulièrement mal considérés par de nombreuses espèces. Mais à l’inverse de ses congénères, l’espion Bothan de la Grande Moff est loin d’apprécier à juste valeur l’art de la politique et de la manipulation. Il trouve l’exercice particulièrement méprisable… Néanmoins, la loyauté le pousse toutefois à s’acquitter de sa tâche. Et il va donc se montrer particulièrement implacable avec cet imbécile arrogant.

                Le sous-officier impérial caresse l’une des nombreuses nattes qui rassemblent ses cheveux argentés, l’air songeur. Son esprit affuté reprend point par point tout ce que le gouverneur demande. Ou plutôt… Exige. La première chose qui semble irriter le Bothan concerne les revendications du dirigeant d’Ord Trasi à propos des productions militaires impériales destinées à la flotte. Ainsi, il cherche à s’approprier les futurs vaisseaux sortant des chantiers navals de la planète pour soi-disant les “tester”. Aux yeux du major, c’est surtout un habile moyen de se constituer une flotte personnelle sur le dos de l’Impérium. Et le tout sans dépenser le moindre crédit ! Ota Teu’lya est sûr et certain que la Grande Moff sera de son avis : On ne peut pas prendre le risque de laisser trop de pouvoir entre les mains d’un homme qui en demande beaucoup. Par ailleurs, Lysandre Sylla s’est déjà dérobé une fois. Il n’y aurait pas deuxième fois. Ashe est très claire à ce sujet. Nul ne peut se rebeller ou manquer à ses devoirs au sein du régime impérial. Le Bothan dévisage l’espace d’un instant le gouverneur. Son regard noir se fait particulièrement insistant et pernicieux, comme s’il cherche à pénétrer au plus profond de son interlocuteur pour en tirer ses plus noirs secrets.


                - Nous comprenons parfaitement votre position. Vous avez des engagements à tenir auprès de vos pairs et vous ne voulez pas les décevoir, c’est compréhensible. Vraiment. Nous sommes prêts à accepter certaines de vos exigences, toutefois, vous devez comprendre qu’en retour, vous devrez en faire de même avec les nôtres. C’est pour cette raison que nous accorderons au gouvernement d’Ord Trasi la possibilité d’intégrer dans sa flotte les trois premiers navires de guerre que nous commanderons à ses chantiers navals. Mais seulement ces trois vaisseaux là. Comprenez bien que nous avons tout un espace à protéger, et qu’en outre, nous ne pouvons pas nous permettre de voir une partie de nos bâtiments réduits à la surveillance d’un seul secteur ou d’une seule planète. De même, la limite de votre flotte sera limitée à dix bâtiments de guerre, tout tonnage confondu. Bien sûr, avec le temps, cette limite pourra être revue à la hausse par la suite, mais pour l’instant, nous voulons nous assurer qu’il n’y aura pas de disons… Désagréments. Si nous acceptons que les mondes impériaux puissent bénéficier de leur propre force de défense, nous faisons toutefois attention à ce que cela ne se retourne pas contre nous. Et il serait également mal vu de laisser des gouvernements entreprendre des opérations militaires au nom de l’Impérium ou de leur planète sans en avoir reçu l’ordre… Vous pouvez le comprendre...

                Le major marque un temps de pause. Les termes sont en effet moins en faveur du gouvernement d’Or Trasi désormais, du fait des ambitions démesurées de son représentant. Lysandre Sylla a été gourmand, trop gourmand. Et voici désormais les conséquences. Négocier fermement avec des régimes puissants est à la fois un acte courageux et complètement fou. Le gouverneur a encore beaucoup à apprendre visiblement… Il ne sait pas quand tirer bénéfice de la situation et quand rester en retrait. L’homme cherche à tout prix à conserver son autonomie, son indépendance, et c’est compréhensible. Mais n’est-ce pas ce genre de comportement qui a conduit le Sénat a viré plusieurs fois d’un côté ou de l’autre, provoquant le chaos dans la galaxie ?

                - Toutefois, en dehors de ces “restrictions” militaires, nous n’avons pas réellement d’autres exigences. Nous ne cherchons pas à annexer votre planète, seulement à nous rapprocher de votre gouvernement, comme je l’ai déjà expliqué. Ce qui veut dire que nous n’avons pas pour but de nous impliquer dans la politique d’Ord Trasi. Je me permets de vous le rappeler… Vous conserverez le contrôle de vos institutions politiques, économiques et sociales… Ce qui veut dire, pour en revenir à vos inquiétudes, que vous avez le droit de commercer avec des régimes étrangers qui n’ont aucun lien avec l’Impérium… Tant que cela ne menace pas nos intérêts. Miaule l'espion avec une fermeté presque paresseuse et une voix pleine de sous-entendus. De même… Pour ce qui est de ne pas finir comme simple rouage dans la machine impériale… Sachez que nous avons tous un rôle à jouer. Nous sommes tous, d’une certaine façon, un rouage dans un quelconque régime, que nous le voulons ou non. Néanmoins, cela ne veut pas dire que nous n’avons aucune considération pour ceux qui nous rejoignent de leur plein gré. Vous voulez des preuves de notre bienveillance ? Vous en aurez. Des conseillers militaires viendront former vos officiers et vos soldats. Une flotte sectorielle sera montée pour sécuriser les voies commerciales et pourra renforcer vos effectifs en cas d’attaque à l’encontre d’Ord Trasi. Nous pourrions même envisager la construction d’une académie militaire à moyen ou long terme. Vous voulez une assurance en ce qui concerne l’avenir de vos concitoyens ? Sachez que nous offrirons à chacun la possibilité de démarrer une nouvelle vie au sein de notre empire. Et nous ferons en sorte, en retour, d’inciter les artistes, les artisans et les ingénieurs à venir s’installer sur votre planète afin qu’elle puisse jouir du savoir-faire de nos compatriotes. Je me demande bien ce que l’Impérium peut faire de plus pour satisfaire votre personne...

                Le Bothan prend une position bien plus nonchalante dans son fauteuil lorsqu’il a fini de parler. Il y a sur son visage une certaine assurance, comme s’il est sûr et certain de sa victoire sur cet adversaire pour le moins intriguant et ambitieux. Toutefois, son regard noir braqué sur le gouverneur ne trompe pas. Il espère silencieusement que l’homme va se résigner à accepter les termes de ce rapprochement. Il commence à se lasser de cette discussion.

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                  Post n°8
                  Auteur : Lysandre Sylla

                  Une flotte dont était désormais réduite la capacité, la promesse d’une indépendance politique conditionnée aux intérêts de l’Imperium, des engagements économiques assénées comme autant de taloches d’un parent à un enfant mal élevé. Lysandre manquait encore de flair politique, mais il n’avait pas besoin d’un diplôme pour savoir par le regard noir que lui adressait son interlocuteur qu’il avait effectivement commis un impair. Mais lequel ?

                  Etait-ce dans son ton ? C’était la première piste qui vint à l’esprit de Sylla. Il avait toujours méprisé la langue de bois, et s’était peut-être encore une fois laissé aller à lâcher des piques qui avaient froissé son hôte. La dernière fois que cela s’était produit, il avait dû écrire personnellement une lettre d’excuse au Conseiller Antiphon pour que celui-ci accepte de passer l’éponge sur les insinuations à l’encontre de l’usage de son temps libre et accepte de continuer à voter le budget de l’Etat.

                  Mais qu’avait-il froissé ? L’Imperium ou son représentant ? Sylla repensa à ses paroles. Il est vrai que le Bothan avait pu mal prendre d’être moqué pour son absence de nom. De là à le faire passer dans la négociation politique, il y avait un grand pas qu’un négociateur expérimenté ne franchissait pas aisément. Les noms d’oiseaux pouvaient aussi bien voler que les flatteries lorsqu’il s’agissait d’arriver à un accord.

                  Il étudia donc l’autre hypothèse, celle de l’atteinte à l’Imperium. Là encore une nouvelle distinction devait se faire : atteinte à l’Imperium ou atteinte à ceux qui l’incarnaient ? Lysandre avait mis en exergue la générosité impériale. Il avait en effet la connaissance par le passé d’un Empire qui exigeait davantage qu’il donnait, et à présent d’un Imperium qui quémandait davantage qu’il menait. Si l’Imperium pouvait indéniablement apporter beaucoup à Ord Trasi, il ne convenait pas de croire qu’Ord Trasi n’apporterait rien non plus à l’Imperium. Le gouverneur comprenait que le Bothan veuille se voir comme le représentant supérieur dans cette discussion, mais il ne saurait accepter de passer pour un simple mendiant. Il avait énoncé ses exigences, peut-être maximalistes, mais avec la possibilité de les négocier, jusqu’à trouver un compromis. S’il n’avait s’agit que de l’honneur de l’Imperium, la discussion se serait élevée seulement au moment de conclure.

                  Or le représentant s’était bloqué avant même de songer à négocier. S’il avait effectivement repris les propositions énoncées par Sylla, cela semblait plus pour les démonter que pour les discuter, comme s’il avait été brûlé vif par leur simple mention. Pour qu’elles causent cet effet, il avait fallu que le Bothan soit déjà indisposé à son égard avant de les entendre. Ce qui signifiait qu’il avait du donc le provoquer par ses paroles à l’égard de l’Imperium. Et à voir sa réaction lorsqu’il avait évoqué la Grande Moffe, il avait visiblement heurté la sensibilité du représentant vis à vis de cette dernière. Tout cela, entre un dédain affiché pour le principe des négociations et un amour propre blessé mais fièrement brandi de l’Imperium, poussait le gouverneur à penser qu’il avait en face de lui non pas un politicien diplomate, mais plutôt un affidé de l’autorité suprême impériale.

                  Le gouverneur ignorait s’il devait le prendre comme un compliment ou une insulte. D’un côté, l’envoi d’un homme de confiance montrait l’intérêt que la dirigeante de l’Imperium portait à Ord Trasi. De l’autre, dépêcher un diplomate qui n’est pas un diplomate professionnel pouvait passer pour de la dépréciation, voir pour saboter de manière préventive les négociations. Même si Lysandre avait demandé de la discrétion, rien n’aurait empêché un politicien impérial officiel de venir sous couverture.

                  Toutefois, Sylla se sentit plus proche de son interlocuteur sur ces réflexions : lui non plus n’était pas un professionnel, et ils devaient tous les deux être autant agacés par les tournures ampoulées que leur imposait le processus de négociation. Mais il ne pouvait pas pour autant ignorer ce qui les séparait. Tout d’abord, il avait affaire à un Bothan. Si le gouverneur n’était pas un suprémaciste humain, il avait appris dans ses cours et vu de ses propres yeux comment certains comportements d’autres espèces pouvaient être aliens à sa propre conduite. Dans le cadre des Bothan, cela s’appliquait souvent en termes de quête d’influence et de pouvoir. Plus un Bothan était puissant, plus il se sentirait respecté et chercherait à l’être davantage. De la sorte, ceux qui ne le soutenaient pas devenaient rapidement des ennemis potentiels.

                  Sauf qu’ici, le représentant ne semblait pas être en quête d’influence. Son dédain pour la négociation aurait même pu sembler antithétique vis à vis des comportements de son espèce. Mais en même temps, il se comportait comme si le gouverneur était déjà un ennemi potentiel à abattre. Lysandre émit ainsi l’hypothèse mentale que de manière consciente ou non, le Bothan avait réinscrit sa quête de pouvoir dans celle de l’Imperium, ou du moins de sa maîtresse. Cette hypothèse, peut-être fausse, permettait néanmoins d’expliquer en partie la réaction du représentant.

                  Par exemple, Sylla avait proposé de maintenir les vaisseaux produits sur Ord Trasi en orbite sur une courte durée pour des tests de matériel. Cela devait dans son esprit permettre de s’assurer de la fiabilité des vaisseaux et de prendre la mesure de l’état du commandement de la Flotte impériale, afin de voir comment l’optimiser militairement et techniquement. Mais le Bothan, dans sa logique Noir/Blanc, y voyait probablement une manœuvre politique dirigée contre lui et l’Imperium, incapable de penser que Lysandre puisse avoir à cœur autre chose que son intérêt personnel.

                  La même logique devait dicter le reste des propositions, et le gouverneur se sentit quelque peu coincé. S’il cherchait à témoigner de sa fidélité et de son absence d’ambitions politiques, son interlocuteur y verrait sûrement qu’une ruse pour masque de sombres projets. Et si au contraire il tentait de s’affirmer encore plus indépendamment, il ne ferait que tendre le bâton pour se faire battre. Sylla se retrouvait ainsi sur une ligne d’équilibre extrêmement précaire. Celui qui avait déclaré que « Seul les Sith sont aussi absolus » dans leurs convictions n’avait probablement jamais rencontré de Bothan.

                  Lysandre se sentit soudainement beaucoup plus vieux, et se demanda un instant si l’Imperium qu’il souhaitait rejoindre était un Imperium qui se comportait en brute puis qui se présentait comme généreux, qui vivait dans la paranoïa de l’ennemi intérieur et qui semblait à peu près autant capable de se remettre en question qu’un Ysalamiri de ressentir la Force. Au lieu de sortir d’Ord Trasi du marasme économique, n’allait-il pas l’inscrire dans un système aussi fossilisé que la République ou la CSI ?

                  Il laissa s’écouler plusieurs secondes, comme s’il pesait le pour et le contre de la proposition qui était beaucoup plus finale que leur dialogue policé avait pu le laisser entendre. Puis il se redressa et regarda le Bothan droit dans les yeux.


                  Nous avons un accord. Je me rendrai sur Cathar pour apposer ma signature à un traité rédigé par l’Imperium, traité qui sera ensuite amené par mes soins au conseil d’Ord Trasi, qui le validera après d’éventuels amendements. Si l’Imperium s’estime floué à l’issue de ces potentiels d’amendements, il pourra renoncer au traité. Sinon, l’intégration sera considérée comme avalisée et les engagements réciproques entre Ord Trasi et l’Imperium prendront effet. Si l’Imperium souhaite assister à la réunion du Conseil sur le traité, il le peut, s’il s’y comporte comme un ami. Le conseil d’Ord Trasi n’a pas ma patience pour le langage de la force, mais en a bien plus que moi pour générer des artifices légaux ou juridiques.

                  Lysandre avait opté pour le grand saut. Même si l’Imperium était similaire à la représentation qu’en donnait son interlocuteur, il était plus facile de le faire évoluer dans le bon sens que des régimes beaucoup plus tentaculaires. Sylla semblait se soumettre, mais entendait bien faire comprendre qu’il n’était ni un mendiant humilié à souhait ni un arriviste politique. Il était seulement un gouverneur par accident qui s’efforçait de protéger et de responsabiliser ceux dont il avait la charge.Et il ne s'excuserait pas pour ça, même si cela le poussait à dire des bêtises politiques dans ces négociations.
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                    Post n°9
                    Auteur : Hivernus

                    Le gouverneur semble enfin avoir retrouvé la raison ! Il accepte finalement les conditions de l’Impérium… Tant mieux ! Cela lui évitera d’avoir à perdre encore quelques prédispositions impériales bénéfiques à sa planète… Et de se retrouver avec beaucoup plus d'exigences. Après tout, ce n’est pas au représentant d’une planète mineure et isolée de demander à un régime galactique d’aller dans son sens. Les offres généreuses de l’Impérium ne doivent pas être considérées comme acquises. Elles sont accordées selon le bon vouloir de la Grande Moff et de ses émissaires. Utiliser un ton léger est totalement inappropriée, surtout quand cela a pour but de tourner en dérision les propos d’un messager. En agissant de la sorte, c’est le régime impérial dans son ensemble que Lysandre Sylla moque. Fort heureusement pour lui, Ota Teu’lya n’est pas venu pour provoquer un incident diplomatique.
                    Toutefois, il est étonnant et curieux de se dire qu’aujourd’hui, le dirigeant d’Ord Trasi vient de recevoir une leçon de politique de la part d’un espion novice en la matière. L’esprit rigoureux et scientifique d’un homme contre l’intelligence implacable et sournoise d’un Bothan. Une scène bien étrange quand on y pense... Le major étire ses lèvres en un sourire des plus sinistres. Un sourire qui pourrait glacer d’effroi un personnage lambda. Il caresse avec soin ses longues tresses argentées, puis se décide enfin à répondre au gouverneur.


                    - Vous me voyez ravi d’apprendre que nous sommes finalement sur la même longueur d’onde Monsieur le Gouverneur. Nous ne partirons que demain, à l’aube. Cela nous laissera le temps de visiter quelque peu votre planète, et d’en découvrir ses charmes… Et ce sera pour vous l’occasion d’organiser vos préparatifs. Miaule le sous-officier sur un ton plus doux.

                    Bien évidemment, pour notre espion, c’est aussi le moment idéal pour se renseigner sur Ord Trasi et son élite dirigeante. Loin d’être un simple diplomate et touriste, il est avant tout un agent de la Grande Moff. De ce fait, l’informer des moindres éléments récoltés sur un monde impérial ou neutre visité est une formalité destinée à établir des stratégies en fonction de la valeur de ces renseignements. Ota Teu’lya se doute qu’il n’aurait pas le temps d’en apprendre beaucoup en l’espace de quelques heures. Toutefois, il connaît suffisamment son métier pour savoir où mener sa petite enquête… Il ne lui reste plus qu’à régler un détail.

                    - Je vous remercie pour votre accueil Gouverneur… Et je vous souhaite bonne fortune et bon courage pour vos préparatifs. Nous nous reverrons bientôt… Reprend le Bothan en offrant une poignée de main “chaleureuse” à son hôte.

                    Les deux premiers membres de la délégation impériale sortant de la pièce sont les Manteaux de Nuit surveillant l’entrée principale. Ils s’assurent que la voie est bien dégagée, selon un vieux protocole en vigueur dans l’armée puis avertissent l’espion qu’ils peuvent sortir sans crainte. Le major et les deux autres hommes de son escorte suivent donc le pas et disparaissent à leur tour, laissant le gouverneur seul avec ses pensées. Le sous-officier impérial profite du trajet vers la navette le conduisant au sol pour réfléchir et réagir silencieusement aux éléments intéressants de ce petit entretien secret… Un petit résumé de ce qu’il s’est passé en quelque sorte. Le représentant et d’Ord Trasi avait dans un premier temps tenté de l’impressionner en étalant sous ses yeux tout le luxe mis à sa disposition. Toutefois, cela ne fut qu’un gâchis de ressources, et un tel étalage de pouvoir n’eut pas l’effet escompté sur l’émissaire de l’Impérium. En réalité, Ota Teu’lya avait perçu ceci comme une vulgaire mise en scène destinée à le mettre en confiance dans un cadre “privilégié”. Mais le confort dont semble jouir Lysandre Sylla n’est que le pâle reflet de sa personnalité étonnante. L’homme s’était montré exigeant, trop exigeant pour un individu ne jouissant pas d’une renommée ou d’un pouvoir lui permettant d’influencer le cours de la discussion. Cela lui a au final coûté beaucoup… Ce qui laisse sous-entendre clairement que le gouverneur proclamé héros d’Ord Trasi est encore un novice en matière de politique… Ou tout du moins qu’il n’en connaît pas toutes les subtilités. Néanmoins, ce manque d’expérience ne veut pas dire que le dirigeant de cette planète est un être totalement prévisible. Du point de vue du Bothan, la méfiance est de rigueur…

                    Cependant, il n’est en rien maître de la décision. Seule la Grande Moff peut déterminer la manoeuvre à suivre. Et nul doute, la connaissant, qu’elle chercherait d’abord à jauger elle-même le gouverneur pour se forger son propre avis sur le personnage. Et sa longue expérience dans le monde des intrigues lui sera probablement très utile pour influencer Lysandre ou tout du moins lui montrer sa vision de l’avenir… Une chose est sûre, Ota Teu'lya est bien content de pouvoir retourner à son occupation favorite... La politique n'est réellement pas faite pour lui. Il se rend compte que le sang Boroskais est peut-être en train de se distiller en lui... Eux qui méprisent plus que tout ce qui peut mettre en danger leur société. L'intégrité et le sens du devoir... Voilà ce qui fait la base de cette population largement militariste ! Et d'une certaine façon... Ce sont aussi les mots favoris de notre cher Bothan. Côtoyer de près les Boroskais a fini par le rendre complètement réceptif à cette manière de vivre. Il s'en persuade aujourd'hui, et s'étonne de ne pas y avoir pensé plus tôt. (Ou tout du moins ne s'en rappelle pas.)

                    Le stupide jeu de bataille diplomatique et politique étant maintenant loin de lui, l'espion peut désormais pleinement se tourner vers son premier amour... L'information ! Et nul doute qu'il sera bien plus à l'aise dans son élément naturel qu'est le monde des renseignements... Après tout, sa couverture actuelle lui fournit une justification solide. Il n'y a donc aucune raison de fuir dès à présent cette planète qui ne demande qu'à être découverte... Et ses nombreux secrets sont bien évidemment une motivation tout à fait alléchante pour un agent de l'ombre. Le cortège impérial quitte les quartiers isolés des chantiers navals pour rejoindre des endroits plus fréquentés. Et leurs silhouettes banales se fondent sans encombre dans cet univers de vêtements bariolés et disparates.



                    Spoiler : Spoiler
                    Je posterai la suite sur Cathar d'ici peu. Toutefois, tu peux encore poster une fois pour faire tes préparatifs, dialoguer avec des officiels de ta planète ou faire je ne sais quoi d'autre. (C'est toi le boss des lieux après tout !)

                    PS : En tant que gentil CDC, le voyage pour Cathar sera offert par le camp. Tu n'auras donc rien à payer, ça viendra directement de la poche de l'Impérium.

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                      Post n°10
                      Auteur : Lysandre Sylla

                      Le Bothan sourit un instant, si on pouvait appeler cela sourire, puis tripotant ses tresses de manière mécanique, daigna accorder sa réponse :

                      - Vous me voyez ravi d’apprendre que nous sommes finalement sur la même longueur d’onde Monsieur le Gouverneur. Nous ne partirons que demain, à l’aube. Cela nous laissera le temps de visiter quelque peu votre planète, et d’en découvrir ses charmes… Et ce sera pour vous l’occasion d’organiser vos préparatifs.


                      La discussion avait suffisamment été pleine de sous -entendus pour que Sylla comprenne que son interlocuteur comptait ajouter une tranche d’espionnage à sa prise de contact. Le gouverneur songea un instant à contacter Agis pour obtenir un rapport sur les fait et geste du représentant de l’Imperium dans les heures qui viennent, mais se ravisa. Outre la grossièreté d’une telle pratique, il doutait de la compétence de ses services à filer un membre des services secrets de l’Imperium. Tout ce qu’il pouvait souhaiter, c’était que le négociateur rencontre par chance le conseiller Isée et subisse pendant une heure ses discours juridico-administratifs en guise de récompense pour son furetage.

                      Par ailleurs, Lysandre devait s’assurer de son côté de laisser Ord Trasi en bon ordre pour retrouver la planète dans le même état à son retour. Il ne craignait guère de problèmes. Agis était tout à fait capable de gérer les affaires courantes sans lui et de contrôler les différentes démarches du Conseil. Mais il était souhaitable toutefois de laisser entendre que le gouverneur était sur la planète et non pas en voyage à l’étranger. Une visite dans les laboratoires de la surface serait un bon alibi, et Sylla la nota sur son datapad, avant de se redresser pour serrer la main du Bothan, aussi chaleureuse et poilue que celle d’un Wampa.


                      - Je vous remercie pour votre accueil Gouverneur… Et je vous souhaite bonne fortune et bon courage pour vos préparatifs. Nous nous reverrons bientôt

                      -Je n’en doute pas. Je vous verrais donc demain à l’embarquement ,répondit le gouverneur sans l’ombre d’un sourire. Il ajouta : Je ne vous retiens pas, je suis sûr que vous avez beaucoup à faire et à voir pour vous assurer du potentiel de notre planète.

                      Comme s’il pouvait le faire retenir à souhait... Mais les formes étaient les formes. Le gouverneur accompagna du regard le départ du Bothan et de sa garde rapprochée, toujours aussi mathématiquement militaire, puis se tourna vers le bar. Il passa derrière alors que la porte se refermait, et pianota sur un clavier tout en refermant le coffre de sécurité. Un projecteur holographique s’alluma et le visage d’Agis se manifesta, ne laissant rien transparaître de ses émotions, comme à son habitude.

                      Tout s’est bien déroulé gouverneur ?

                      -Tout s’est déroulé, rectifia Lysandre avec une grimace. Je partirais vraisemblablement demain en compagnie de notre hôte vers le cœur de l’Imperium. Difficile d’estimer une date de retour. Préparez donc le rapport mensuel en avance, pour que je puisse avoir de la lecture pendant le trajet.

                      - je suppose par conséquent qu’une visite des laboratoires de test 44 sera inscrite à l’agenda officiel ? et que je peux annuler la réunion d’après-demain avec le conseiller Dinarque ?

                      Lysandre était toujours impressionné par cette capacité de son subordonné à deviner et pratiquer les jeux de pouvoirs de la société Trasi. Fort heureusement, ce flair social s’accompagnait d’une grande loyauté au Cunctator.

                      Exactement. Je repasse au duplex pour verrouiller mes affaires et prendre une mallette de voyage.

                      Très bien, vous devriez avoir le temps de venir ensuite au concert de charité du secteur 8. Et je pourrais de la sorte ajouter au moins une tenue de rechange au milieu de vos datapads de données. Il faut faire preuve d’un minimum de classe devant les dirigeants de l’Imperium.


                      Lysandre ne répondit que par un grognement d’acquiescement, puis éteignit la communication. Il coupa les protocoles de sécurité et se dirigea vers l’ascenseur le menant à son speeder, tout en se demandant quel serait le moyen de transport choisi par l’Imperium pour le voyage.
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                        Auteur : Lysandre Sylla

                        Dans un long sifflement de répulseur amené à l’arrêt, le speeder taxi affichant les couleurs du gouvernement d’Ord Trasi se posa sur une plateforme circulaire adossée au spatioport des chantiers navals en orbite de la planète. Descendant du siège passager, Agis, secrétaire du gouverneur d’Ord Trasi, se redressa et se tourna vers la porte menant vers l’intérieur du spatioport, qui s’ouvrit en un coup de vent, et d’où sorti Lysandre Sylla, le gouverneur en question, de retour de l’Imperium avec le titre de Moff et un projet de traité de coopération avalisé par les autorités de Cathar.

                        Le voyage s’était plutôt bien déroulé, Lysandre n’ayant pas à déplorer de voisins ronflant sur son épaule, et il avait fait demander à Agis de lui envoyer un véhicule de transport à l’arrivé, ainsi que des instructions pour convoquer le Conseil de surveillance. Toutefois, la présence même du secrétaire sur la plateforme semblait annoncer des nouvelles urgentes. Bonnes ou mauvaises ?

                        -Gouverneur ! j’espère que vous avez fait bon voyage. Comme convenu le taxi est prêt.

                        -Merci, mais quelle est la situation ? répondit le Cunctator, allant droit au but.

                        Agis fit une grimace.

                        Votre absence impromptue aurait pu passer inaperçue. Mais le Conseiller Andocide tenait absolument à obtenir un rendez-vous, et est passé par tous les canaux pour vous rencontrer, apparemment pour des questions d’investissements boursiers malheureux. Quand il a compris qu’il ne pourrait pas vous oindre, il a pris cela comme du dédain, et est allé voir les conseillers Hypéride et Lycurgue.

                        Sylla retint un juron. Andocide faisait partie des conseillers qui avait soutenu sa proposition de collaboration avec l’Impérium, essentiellement parce que cela servait ses intérêts propres. Et le fait qu’il soit allé s’adresser à deux des conseillers les plus patriotes et hostiles au gouverneur ne présageait rien de bon.

                        Cela a attiré leur attention, et le conseiller Lycurgue étant en charge des finances étatiques, il a remarqué votre achat de billet pour votre retour, qui serait passé inaperçu autrement. Ils n’ont pas encore eu l’occasion de se manifester au-delà de ce constat. Mais je pense que le fait qu’ils n’aient pas été tenu au courant de négociations en cours a pu les vexer et les rendre encore plus hostiles.

                        Un soupir sortit des lèvres de Lysandre tandis qu’il monta dans le speeder. Officiellement, le Conseil lui avait donné carte blanche pour négocier avec l’Imperium, d’une courte majorité. Mais les conseillers auraient quand même sans doute voulu être tenus au courant que les négociations avaient commencé afin de s’immiscer néanmoins. C’est cela qui avait poussé Lysandre à la discrétion, sans compter que certains pourraient rapporter ces propos aux Séparatistes ou à la République. En outre, le Conseil pouvait également avoir tenté de manière officieuse d’espionner les négociations, et l’échec de leurs services d’écoute pouvait également les avoir vexés. Des événements joyeux en perspectives.

                        Direction le siège gouvernemental, ordonna Lysandre au droïde pilote. Puis, se tournant vers Agis. Nous n’avons pas beaucoup de temps avant que les conseillers se concertent, il faut donc s’enfoncer dans la brèche, avant que les plaintes ne s’additionnent pour former un front de contestation. Vous allez transmettre aujourd’hui le rapport sur le traité de coopération aux conseillers pour qu’ils le consultent, mais avec une réunion pour dans six heures pour en discuter, avant qu’ils aient pu se concerter dessus.

                        Le gouverneur marqua un temps de pause. Il aurait pu s’abaisser au rang d’un marchand pour ramener le Conseiller Andocide vers lui, mais il se battait justement contre ce genre de pratiques.

                        Informez également le Conseiller Andocide que je le verrai à l’horaire qui lui convient. Dites-lui cependant de manière ferme que s’il s’agit de problèmes liés à une diminution de son train de vie en raison de boursicotages amateurs, le gouvernement planétaire ne contribuera pas à payer ses dettes encore une fois.

                        Agis haussa les sourcils, puis acquiesça. Le speeder s’engagea dans les artères orbitales, tandis que le gouverneur était en train de calculer comment il pourrait préparer en six heures, une adresse optimale aux conseillers.

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                          Auteur : Lysandre Sylla

                          Avec une sonnerie musicale aiguë, l’ascenseur s’immobilisa et s’ouvrit, laissant entrer Le gouverneur Lysandre Sylla, suivit de son secrétaire. Ils se trouvaient à présent au plus haut étage de la tour gouvernementale sur la planète même, qu’ils avaient rejoint après un court trajet en navette depuis les chantiers navals. C’était en effet dans ce bâtiment que se tenaient les séances du Conseil de surveillance d’Ord Trasi, même si la plupart de ses membres, tout comme Lysandre, passaient la plupart de leur temps dans les habitats orbitaux.

                          Les deux hommes dévalèrent le couloir tapissé de couleurs écarlates et bordés de statues plus ou moins artistiques, pour se présenter devant une porte à double-battant à côté de laquelle une factionnaire montait la garde, plus par respect du protocole que par véritable mesure de sécurité. A leur arrivée, la jeune femme se redressa et prit la parole.


                          Les conseillers sont assemblés et prêts à vous écouter, gouverneur Sylla.

                          Le Cunctator oscilla de la tête et après avoir jeté à coup d’œil vers Agis, qui lui fit un signe d’encouragement, il se dirigea vers la porte, qui s’ouvrit sur une vaste salle. Immédiatement en face de Lysandre se trouvait le pupitre officiel du gouverneur, sans chaise, vers lequel il se dirigea et posa ses datacartes, pour faire face à une longue table où les différents conseillers, avec leurs coteries d’assistants, étaient en train de discuter dans un brouhaha difficilement compréhensible. Mais lorsque les dix membres du Conseil de Surveillance s’aperçurent que le gouverneur se tenait devant eux, le silence se fit et leurs adjoints les laissèrent pour aller s’asseoir au fond de la salle. Agis lui-même les suivit et s’installa dans l’assistance, alors que les Conseillers encore debout se glissaient dans leur fauteuil prestement.

                          Tout à gauche se trouvait le conseiller Dinarque, le plus récent admis au conseil, en charge des fonderies d’Ord Trasi. Puis venait Eschine, qui arborait fièrement comme toujours ses décorations militaires, en charge des mines sur Ord Trasi et les lunes en orbite. Ensuite se trouvait le conseiller Isocrate, l’un des membres les plus influents de l’assemblée par son prestige, qui assumait la responsabilité du secteur industriel civil. Immédiatement après, et visiblement plongé dans une étude approfondie du texte du traité, Isée était le directeur de la filière des matériels de communication, depuis l’extraction des cristaux Hiridiu jusqu’à la vente des systèmes holographiques. A côté de lui, et comme a son habitude affichant un certain malaise en présence d’une large assistance, se trouvait le doyen de l’assemblée, le conseiller Antiphon, qui veillait sur le système éducatif Trasi.

                          Ensuite, consultant visiblement une liste de requêtes, se tenait le conseiller Lycurgue, qui gérait les banques et les finances d’Ord Trasi, de même que la construction publique. A ses côtés, fixant avec un léger sourire Lysandre, le juge supérieur Hypéride s’enfonçait confortablement dans son fauteuil, et semblait ne pas prêter attention aux messes-basses animées de ses deux voisins de gauche. L’un était Démosthenes, le plus farouche opposant de Lysandre, responsable du volet culturel sur la planète. L’autre était Andocide, qui lança un bref regard noir au gouverneur avant de reprendre sa discussion, et qui avait la gestion du commerce et des douanes de la planète. Enfin, à l’extrémité droite de la table en raison de son statut d’étranger résident, le conseiller Lysias contemplait un hologramme que ne pouvait pas bien distinguer le Cunctator. Sans doute s’agissait-il d’un nouveau projet présenté au conseiller en sa qualité de dirigeant des usines d’armement.

                          Sylla se redressa et s’éclaircit la gorge, tandis que les derniers discussions et lectures s’arrêtèrent, et que dix visages affichant des émotions diverses se tournèrent vers lui.

                          Conseillers, merci d’être présent aujourd’hui. Je sais que vous auriez préféré plus de temps pour préparer l’analyse du traité, mais je pense que la situation d’Ord Trasi exige des décisions rapides.

                          Vous avez tout à fait raison, gouverneur, répondit Lycurgue avec un sourire narquois, nous supposons que c’est cette hâte qui vous a poussé à piocher dans le budget gouvernemental pour revenir de chez vos amis Impériaux en classe de luxe.

                          Andocide se manifesta alors, visiblement encore mal disposé vis-à-vis du gouverneur. Son choix de se positionner à côté de Démosthenes en témoignait par ailleurs. Mais j’imagine que votre attrait pour la politique extérieure de la planète ne vous a pas fait songer à prévenir que vous vous trouviez en territoire impérial, au risque de paralyser le système gouvernemental de notre planète.

                          Ce que le conseiller Andocide veut dire, ajouta Isée avec un regard d’avertissement à l’égard de son collègue, c’est que si le Conseil a accepté de vous fournir des pouvoirs régaliens en matière de politique étrangère, nous aurions cependant souhaité être notifiés que les négociations avaient commencé, et que le traité était en phase d’être rédigé. Sans présumer de votre compétence, vous n’êtes pas exactement un spécialiste du droit, Gouverneur, et l’adjonction d’un juriste à ces négociations aurait pu permettre de garantir la légalité du texte et l’absence d’angle morts.

                          De manière prévisible, Isée se retranchait derrière des prévenances pour justifier son intérêt à s’immiscer dans les affaires gouvernementales.

                          Je comprends vos opinions, conseillers, mais rien dans notre accord ne m’obligeait à vous avertir…

                          Rien non plus ne vous en empêchait, l’interrompit Isée.

                          Certes, mais pour être sûr que tout se déroule aussi vite que possible, c’était mieux de réduire le maximum d’intermédiaire, notamment pour des questions de sécurité. Imaginez qu’il s’agisse d’un guet-apens visant à déstabiliser Ord Trasi. Mieux valait que ce soit moi que vous dans ce cas-là qui soit présent.

                          Justement, à propos de déstabilisation, intervint Isocrate, je tenais à rappeler la précarité de notre situation. Les raids pirates s’intensifient, et il y a des bruits inquiétants qui courent sur des mouvements de vaisseaux militaires et de mercenaires dans la Bordure extérieure. Il est d’autant plus nécessaire donc d’agir vite et de rester uni, et j’approuve l’initiative du Gouverneur. Jusqu’à ce que nous ayons assez de fonds pour financer et maintenir une flotte de défense et non plus seulement exporter des vaisseaux, nous restons vulnérables. Vous aviez quelque chose à ajouter, cher Antiphon ?

                          Le doyen sursauta, comme interrompu dans ses pensées, et avec une grande réluctance, se résolu à prendre à son tour la parole, après s’être raclé trois fois la gorge dans un silence gênant.

                          Oui, Mer…Merci Isocrate. En effet, une fenêtre d’opportunité s’offre à nous. Plusieurs de nos concurrents en construction navale semble souffrir de troubles internes qui pénalisent leur production. Le mouvement révolutionnaire de Kuat, méprisable dans sa forme et ses idées, a eu néanmoins l’avantage d’entraîner une perte sensible dans la production. Par ailleurs, les chantiers du système Japraël semblent également immobilisés en raison d’une crise environnementale sur Ondéron. Enfin, la production corellienne semble réduire ses exportations au profit de son marché intérieur. Il y a donc des opportunités à saisir, notamment auprès des gouvernements neutres qui auront plus de mal à se fournir en vaisseaux.

                          Vous avez raison, Conseiller, acquiesça Lysandre, et comme vous pouvez le voir dans le traité, nous conservons notre marge de manœuvre pour négocier avec lesdits gouvernement. Nous pourrons prendre plusieurs initiatives dans ces domaines.

                          Le conseiller Démosthenes éleva la voix : Parlons-en alors de ce traité ! pour ma part je n’y ai vu que de vulgaires appats pour asservir notre Planète à une autorité tyranniques. Nos ancêtres sont morts pour surmonter les périls de la Bordure extérieure, relier notre Monde au Noyau galactique, et nous donner les valeurs de libertés de la République galactique. Et aujourd’hui, avec ces négociations, auxquelles j’ai toujours été opposé, vous nous proposez in fine Gouverneur rien de moins que de cracher à la mémoire de nos Aïeux.

                          Lysandre Sylla secoua la tête, mais ne répondit pas immédiatement. Il savait que le conseiller manifesterait son opposition, et il savait aussi que sur le terrain de la joute verbale, Démosthenes avait l’avantage. Mieux valait détourner l’orage que le rencontrer de face. Et de plus, le gouverneur était loin d’être seul.

                          Le conseiller Dinarque prit en effet la parole, visiblement irrité par la répartie de son collègue.


                          Nos Ancêtres…notre Démocratie…, je vois que vous continuez à vivre dans le passé, Conseiller. Si on vous écoutait, on n’aurait pas adapté les chaînes de production et on continuerait à produire des Acclamators. Ord Trasi aujourd’hui n’est pas que la somme d’un mythe autochtone, il s’agit également de prendre en compte ceux qui viennent de l‘extérieur et veulent y travailler. Ou bien voulez vous que je vous rappelle l’ascendance indigne de votre mère ? Quand aux vertus démocratiques, qu’ont-elles fait pour nous, sinon une hausse des demandes mesquines et des complications. Voyez où cela à amener Kuat. Et n’allez pas nous dire que la République a récemment été un pôle de stabilité et de modération, et encore moins que ses valeurs l’ont poussé à tenir compte d’Ord Trasi. Pour ma part je suis ravi d’un traité qui nous permet d’échanger avec une puissance juvénile porteuse d’un souffle nouveau et d’un pouvoir fort.

                          Le Cunctator réprima un sourire. Comme d’habitude, les dissension internes au Conseil lui évitais de prendre la parole de manière risquée, même si en échange il devait accepter d’écouter des discours à rallonge. L’intervention de Dinarque, citoyen naturalisé et partisan de l’aristocratie, lui permettait de jouer le rôle de médiateur, alors que Démosthène s’apprêtait à répondre

                          Allons conseillers, nous ne sommes pas ici pour échanger des injures comme sous la rotonde du Sénat galactique, mais pour discuter du traité. Que pensez-vous du premier article ?


                          La dispute s’arrêta aussitôt, chacun se replongeant sur sa fiche pour être le plus rapide à prendre la parole et à donner son avis. A ce jeu-là, ce fut le conseiller Lysias, avec sa fluidité habituelle, qui l’emporta.

                          La commande de nouveaux vaisseaux pour les chantiers est assurément une bonne nouvelle, et je pense pouvoir parler au nom de tous les conseillers ici présents. Certes, on pourrait déplorer qu’il s’agisse de ces vaisseaux-là. Si nous ne remettons pas en cause le modèle du Victoire, nos ingénieurs sont sceptiques sur les modèles Arquitens, jugés trop moyens partout pour être efficace quelque part. Mais nos usines d’armements ne se plaindront pas de pouvoir à nouveau réorienter les conduites de Tibanna.

                          Je rejoins Lysias, ajouta Isocrate, d’autant plus que la mise à disposition de la flotte pour la défense d’Ord trais sera inestimable pour lutter contre les pirates du Maelstrom. Mais je souhaite également voire la production se développer davantage avant d’être tout à fait satisfait. Seul une véritable force de dissuasion protégera nos exportations.

                          A conditions que L’Imperium tienne ses promesses et ne finisse pas par nous faire un chantage aux vaisseaux, grommela Démosthenes. Mais même lui savait à quel point les chantiers avaient besoin de commandes pour pouvoir être rentables.

                          Eschine renifla avec dédain à cette remarque : Si chantage il y a, ce ne sera pas avec le faible nombre de vaisseaux qui nous est autorisé pour le moment, ni avec le tonnage commandé. Je confirme que les mines auraient besoin de commandes plus gourmandes, comme des vaisseaux capitaux plus importants, pour justifier pleinement une exploitation intensive des Lunes Taygète et Messène. Toutefois la limitation est bienvenue, car notre personnel militaire reste pour le moment limité, en dehors des vétérans de la guerre contre les séparatistes.

                          Hypéride prit à son tour la parole. Et je suppose donc que l’idée de laisser déambuler sur Ord Trasi des « conseillers » militaires de l’Impérium autant de temps qu’il le souhaite est pour vous une bonne nouvelle, alors qu’ils pourraient facilement noyauter l’armée et nous imposer une annexion. Quelle idée vous est venue gouverneur de ne pas mettre de limite dans le temps à ces missions. Vous prévoyez de remplacer nos officiers par d’anciens collègues à vous.
                          Comme d’habitude, Hypéride jouait la carte de l’humour pour brandir son patriotisme suranné. Lysandre oscilla la tête.

                          Pour votre information, j’ai développé autant d’amitiés au sein de la flotte impériale qu’en votre compagnie, si cela peut vous donner une idée. Et même si la Mission impériale peut être sujette à caution, nous pouvons également énormément tirer d’eux en matière militaire. Sans compter que cela donnera l’occasion de faire à nouveau fonctionner vos merveilleux systèmes d’espionnages privés. De toute manière, le Commandant Phocion soutient également cette initiative.

                          Hypéride eu un sourire crispé, puis se concerta du regard avec Démosthenes et Lycurgue. Ce dont profita le conseiller Isocrate pour prendre la parole.

                          La période indéterminée peut être réinterprétée autant par l’Impérium que par nous, donc je ne me fais pas de soucis à ce sujet. De plus, je tiens à souligner à mes estimés collègues tout l’intérêt de l’article suivant du traité. La garantie d’autonomie politique, économique, sociale, politique et diplomatique nous laisse une marge de manœuvre considérable, tout en nous permettant de bénéficier d’une protection de qualité. A l’heure où d’autres mondes mendient pour de tels partenariats, il serait idiot de rejeter de front une telle offre.

                          Sans compter, ajouta Isée, que ce qui est jugée comme allant à l’encontre de la politique impériale peut être facilement laissé dans le flou. Avec de la subtilité, il sera possible de mener une véritable diplomatie parallèle donnant une place incroyable à notre monde sur l’échiquier diplomatique.

                          Lysandre se retint de corriger le conseiller. Après tout, ce serait à lui de gérer la diplomatie et non à Isée, autant ne pas le froisser dès à présent.

                          Il n’en demeure pas moins que l’abdication de notre souveraineté militaire me semble intolérable, reprit Démosthenes. Alors que les vaisseaux produits et conservés par Ord Trasi, déjà peu nombreux, devraient servir à protéger notre Peuple des menaces des pirates et autres dangers qui rôdent dans le Secteur Relgim, L’Imperium pourra s’il le désire employer la flotte loin de notre orbite pour écraser ceux qui se soulèveront contre l’oppression. Ce traité va faire de nous des instruments de la tyrannie.

                          Lysandre se devait cette fois-ci d’intervenir.

                          Conseiller, si vos talents d’orateur sont indiscutables, je pense que vous pourrez profitez de l’ouverture de l’Académie militaire sur Ord Trasi. La flotte de défense d’Ord Trasi n’a pas vocation à aller mener des actions offensives hors de sa juridiction, et je superviserais moi-même ses mouvements. Si vous insinuer que le commandant pourrait accepter de supporter des directives tyranniques, vous m’attaquez personnellement. Je n’ai jamais toléré le pouvoir tyrannique, et je ne le tolérerai pas plus à l’avenir. Je placerai les intérêts du peuple d’Ord Trasi toujours avant ceux d’un tyran, fût-il un membre du Conseil qui cherche à placer ses intérêts politiques avant le bien public.

                          Le Conseiller se redressa, cramoisi : De quel droit pensez-vous que vous représentez mieux le peuple d’Ord Trasi que moi, vous qui allez laper auprès d’une oligarchie militariste ?

                          Parce que je ne cherche pas à le représenter, mais à le faire prospérer ! D’ailleurs, si l’Impérium était aussi tyrannique et militariste que vous l’entendez, investirait-il dans la culture et le sport de notre monde ?

                          Allons messieurs, du calme, intervint Hypéride, poussant Démosthenes à se rasseoir, nous ne sommes pas ici pour nous chamailler comme des Ewoks devant un droïde. La mention des finances de la culture est en effet bienvenue. L’organisation d’une équipe de Bolo-ball au sein des ouvriers des chantiers et la construction d’une piste de Pod-Racing pourra contribuer fortement au rayonnement d’Ord Trasi et à la satisfaction du peuple.

                          Le peuple ne doit pas être le seul bénéficiaire de ces investissements, s’ils se concrétisent, intercéda Andocide, un air avide sur le visage. Les plus hautes familles se plaignent du manque de distraction et de la vétusté des infrastructures à leur disposition. L’Aurodium Club est une antiquité comparée aux derniers plaisirs mis en scène sur Nar Shaddaa et Coruscant.

                          Lysandre leva les yeux au plafond, mais le doyen Antiphon, également connu pour ces plaisirs coupables, hocha vigoureusement la tête en faveur d’Andocide. Heureusement, Lycurgue se manifesta.

                          Avant tout investissement, nous vérifierons déjà les comptes, et l’origine des ressources fournies par l’Imperium. Il est hors de question de blanchir de l’argent sale.

                          Tâchez de savoir également si ces fonds doivent également servir à financer l’Académie militaire mentionnée, ou bien s’il s’agit d’un projet à part relevant uniquement de l’Imperium, rappela alors Eschine. Lui-même issu d’un milieu pauvre et qui avait accédé à la notoriété par son service dans l’armée, il défendait en effet une cause qui lui était chère. Le choix de carrière militaire est tout aussi important, si ce n’est plus, que d’aller taper dans un ballon, vu la situation galactique actuelle. En outre, Il peu y avoir la possibilité d’un double cursus, formant les ouvriers à se servir des armes qu’ils fabriquent par ailleurs, qu’il s’agisse de blaster ou de canon turbolaser.

                          Une bonne idée que je retiens, conseiller. J’en conclue que le traité vous convient pour le moment et que nous attendront pour en reparler d’en voir les conséquences se matérialiser ?

                          Démosthenes tenta alors un dernier sursaut.

                          Je reste opposé à ce traité, d’autant plus que l’Imperium n’est pas une situation d’avenir. Vous avez vue les nouvelles annonçant le retour du général clone après sa libération. En tendant la main à ce régime, nous avons toutes les chances de nous retrouver entraîné dans une guerre civile. Sans compter que les tensions entre les Séparatistes et la République ne faiblissant pas, nous pouvons également nous retrouver liés par la vassalité de l’Imperium. Ce traité va apporter une guerre sur Ord Trasi dont nous n’avons pas voulu.

                          Lysandre répondit aussi calmement que possible :

                          A l’heure actuelle, le Moff Valiant est effectivement revenu sur Cathar, mais le pouvoir reste entre les mains de la Grande Moff Ashe de Borosk. De ce que j’ai vu du caractère de la jeune femme, et de ce que j’ai lu sur le Moff et ses partisans, la paix est impossible, mais la guerre est improbable. Quant au risque d’embrasement galactique, se rallier à la République nous aurait également mis dedans, mais en nous exposant à des voisins ennemis, tandis que choisir la neutralité aurait été un faible bouclier dans un conflit où aucune des puissances n’est à l’heure actuelle à son maximum et lancera donc une course aux ressources. Les Chantiers auraient alors constitué une trop bonne cible. Et même si la guerre éclate, le traité n’indique pas que Ord Trasi doit diplomatiquement se rallier une déclaration de guerre de l’Imperium.

                          Isée oscilla devant ce raisonnement qui lui plaisait, et prit la parole.

                          Justement, au vu de la situation confuse qui règne dans la galaxie et dans l’Impérium, n’aurait-il pas été plus judicieux de mettre plusieurs fers au feu, afin d’obtenir en fin de compte le meilleur traité possible. On aurait pu attendre que Ashe et Valiant s’entre déchire pour proposer des services, et faire monter les enchères en les jouant les uns contre les autres. Qu’est-ce que nous dit que dans 3 mois, Valiant n’aura pas renversé Ashe et ne nous aurait alors pas proposé de meilleurs termes ?

                          Tout simplement ceci conseiller : je ne pense pas qu’Ord Trais dispose d’une mise suffisante pour remporter une telle partie de Sabacc. Ce que nous offrons aurait fini par être minoré par rapport à d’autres enjeux, et il vaut mieux se lancer maintenant, quand l’Imperium est en position d’être reconnaissant, que plus tard.


                          Très bien Gouverneur, votre avis est bien noté, déclara Antiphon. Je crois que le conseiller Andocide avait quelque chose encore à dire ?

                          En effet conseiller, déclara Andocide, qui se leva, et se tourna vers ses pairs, je demande l’organisation d’un vote.

                          Lysandre fronça les sourcils. Le Conseil lui avait délégué les pleins pouvoirs pour négocier, et s’était restreint à donner son opinion sur la question du traité. S’il y avait eu des désaccords, Lysandre aurait pu envisager de discuter des modifications avec les Impériaux. Mais il n’avait jamais été question d’un vote sur le traité même.

                          De quel vote parlez-vous, demanda Isocrate, aussi interloqué que le Cunctator.

                          D’un vote de défiance envers le gouverneur, Je ne suis pas le seul à penser qu’il ne mérité plus aujourd’hui notre confiance pour exercer sa charge.

                          La déclaration donna lieu à un brouhaha dans toute la pièce, et Lysandre vit Agis se figer au loin. Sylla avait été élu par le Conseil comme gouverneur pour mettre un terme à l’anarchie de la planète. Le conseil s’était accordé sur lui, mais lui-même n’avait jamais su dans quelle mesure ce choix avait fait l’unanimité. La balance avait-elle été si fragile pour qu’un renversement soit à présent possible pour faire obstacle au traité.

                          Lysandre regarda Andocide, qui prenait une pose déterminée. Le conseiller l’avait soutenu dans son projet de contacter l’Imperium, et semblait intéressé par les projets culturels. La seule explication à son revirement tenait à son honneur bafoué par la rebuffade du Gouverneur absent pour le rencontrer. Lysandre savait que le conseiller n’était pas fin, mais il ignorait qu’il était susceptible et obtus à ce point.


                          Je soutiens la motion de mon collègue, ajouta Démosthenes, se levant à son tour. Voilà qui expliquait les palabres au début de la réunion. Andocide, vexé, avait décidé sans doute de se vendre aux opposants du gouverneur pour racheter ses dettes. Et la majorité gouvernementale étant fragile dans le Conseil, l’ensemble ne tenait plus qu’à un fil. Si Lysandre savait qu’il pouvait compter sur certains soutiens, l’opposition menée par Démosthenes et Hypéride pouvait être grandement renforcée si Andocide, qui auparavant votait en faveur de Sylla, faisait sa palinodie. Le silence revint peu à peu dans la salle.

                          Très bien alors, grommela Antiphon, procédons au vote.

                          En tant que doyen, et malgré ses affinités aristocratiques, il s’abstiendrait, ce qui éviterait une égalité. D’autres toutefois pouvait faire comme lui. En attendant, le doyen demanderait de manière aléatoire, pour limiter les jeux d’influences.


                          -Conseiller Dinarque ? Le plus jeune des conseillers était un partisan de Lysandre. En effet, s’il venait d’un milieu aisé, il n’était pas né sur la planète, tout comme Sylla, ce qui avait créé un lien d’identification.

                          -Je vote contre la défiance. Lysandre remercia de la tête le jeune conseiller qui se rassit lentement.

                          -Conseiller Andocide ? Peu de surprises attendues, vu qui avait lancé le vote.

                          -Je vote pour la défiance. Lysandre se demanda combien de stupre ces mots allaient permettre d’acheter pour Andocide.

                          -Conseiller Eschine ? Le conseiller était monté à la force du poignet par l’armée, et détestait Démosthenes.

                          -Je vote contre la défiance. Claironna-t-il en lançant un regard noir à son rival.

                          -Conseiller Isocrate ? Le plus influent par son réseau, qui avait normalement obtenu les garantis qu’il souhaitait par le traité.

                          -Je vote contre la défiance. Encore deux voix en sa faveur, et Lysandre pourrait laisser cette tentative rétrograde de stopper l’avenir en marche derrière lui

                          -Conseiller Lycurgue ? le conseiller, qui surveillait tous les investissements d’Ord Trasi, n’avait jamais caché son patriotisme et faisait partie de ceux qui défendait l’héritage républicain de la planète.

                          -Je vote pour la défiance. Malheureusement rien de surprenant. La prochaine fois, Sylla prendra une place dans la soute pour voyager.

                          -Conseiller Lysias ? L’un des vétérans du conseil, qui généralement restait en marge des luttes de faction et qui était également un immigré.

                          -Je vote pour la défiance. Lysandre resta un instant estomaqué, mais avec du recul, comprit. Lysias, malgré sa marginalisation comme étranger, avait fait son éducation dans les valeurs républicaines. Il était donc logique qu’il se défie de l’Imperium. Cela ne faisait pas pour autant les affaires du Gouverneur.

                          -Conseiller Démosthenes ? L’orateur se leva, ravi de mettre en Lysandre en minorité.

                          -Je vote pour la défiance. 4 voix contre Lysandre. La situation commençait à mal tourner, et Lysandre commença à se demander dans quelle impasse ils allaient se retrouver. Le forcer à la démission le laisserait Moff, mais que penserait l’Imperium de l’affaire. Il risquait également de se faire mettra à pied par les autorités de Cathar pour incompétence, ou bien contraint de remettre l’ordre par la Force, ce qui aurait l’effet inverse de celui que cherchait le Cunctator. A moins qu’il soit possible… Derrière le Conseil, les assistants s’agitaient, rédigeant fiévreusement sur leurs datapads

                          -Conseiller Hypéride ? le légiste, patriote qui avait régulièrement pourfendu Lysandre, se leva, le visage sombre comme d’habitude.

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                            #13

                            Post n°12
                            Auteur : Lysandre Sylla

                            #3399ff">-Je vote contre la défiance. Le sourire de Démosthenes s’évapora, tandis que les yeux d’Andocide s’ouvrirent grand. Les autres conseillers se regardèrent, également surpris par ce revirement inattendu qui laissa même Lysandre perplexe. Mais le regard que lança Hypéride vers Demosthenes et Andocide expliqua tout. Le mépris qui s’y affichait témoignait que Hypéride, même patriote intransigeant, et peut-être aussi à cause de cela, ne pouvait cautionner ni la conduite vénale d’Andocide tournée vers les plaisirs, ni l’empressement de Démosthenes à l’utiliser dans un cadre politique. En somme Hypéride faisait honneur à sa condition de juge suprême.

                            Antiphon, après un silence, appela le dernier conseiller, Isée, plus procédurier que véritable politique, et qui avait insisté sur les garanties d’autonomie, mais dont la roublardise judiciaire, entrevue dans son analyse du traité, pourrait bien à présent se retourner contre Lysandre, alors que l’on se trouvait à égalité de voix.

                            -Conseillé Isée ? L’appelé se leva, savourant visiblement le pouvoir de faire la décision. S’il s’abstenait, il faudrait voter à nouveaux le lendemain, avec toutes les négociations en coulisses interminables qui allaient de pair.

                            -Je vote pour le maintien de notre gouverneur et pour le traité. Le fourbe s’était amusé à jouer sur les mots, mais le soulagement qui saisit Lysandre était sans comparaison avec la colère d’Andocide, et l’affaissement de Démosthenes. Autour d’eux, les discussions s’élevèrent à nouveau, avant que le doyen rappelle tout le monde à l’ordre.

                            Très bien, la motion est rejetée par 5 voix contre 4. Je vois cela comme la confirmation de l’avis positif du Conseil vis-à-vis du traité de coopération avec l’Impérium. Avez-vous quelque chose à ajouter avant que nous ne mettions un terme à la réunion, gouverneur Sylla?

                            Rien d’autre que remercier le Conseil pour son soutien continu à une politique qui fera d’Ord Trasi un monde meilleur. Après la transmission convenue avec l’Imperium et l’arrivée de fonds, la production navale commencera. Pour commémorer l’événement, je propose que le Victoire soit nommé la Concorde, pour représenter tant le lien qui nous unit à l’Imperium que celui qui nous lie entre nous. Plus classiquement, les deux Arquitens seront baptisés le Vif et le Juste, pour témoigner de la vivacité d’esprit et de la justice qui anime et continuera d’animer Ord Trasi, même au sein de l’Imperium.


                            Puisse la galaxie vous entendre, Gouverneur. La séance est levée

                            Les exclamations et discussions fusèrent aussitôt, tandis que Lysandre, peu désireux de passer plus de temps dans ce panier de crabes, se dirigea vers la sortie. Agis lui ferait le rapport des éventuelles discussions informelles qui suivraient. Pour le moment, il ne restait plus qu'à envoyer un message de confirmation à l'Imperium, recevoir les fonds pour relancer les constructions et l'économie, et Ord Trasi irait de nouveau vers l'avant.

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                              Post n°13
                              Auteur : Lysandre Sylla

                              « Test dans trois, deux un… Bougez moi l’holocaméra numéro cinq… »

                              Lysandre Sylla soupira. Ces derniers mois n’avaient pas été une sinécure. Depuis la validation de son projet de partenariat avec l’Imperium par le Conseil d’Ord Trasi, Il avait été littéralement enterré sous les dossiers administratifs pour régler tous les problèmes juridiques et législatifs et préparer l’arrivée sur la planète de leurs nouveaux partenaires. Même avec l’aide d’Agis et de l’administration gouvernementale, Lysandre se demandait si certains membres du Conseil ne s’étaient pas vengés en surchargeant son emploi du temps de tracas inutiles.

                              Les seuls moments de détentes au cours de ces semaines pénibles avaient été les séances passées dans les chantiers navals pour discuter des projets de développement de nouveaux vaisseaux en intégrant les ressources de l’Imperium et non plus seulement celles d’Ord Trasi. Après plusieurs heures très stimulantes intellectuellement pour parvenir à faire tenir les aspirations multiples au sein d’un budget et de besoins qui restaient somme toute assez restreints, plusieurs ébauches avaient été élaborées. Il était encore bien trop tôt pour y poser la touche finale, et Lysandre trouvait notamment qu’un des modèles de Destroyers proposé pourrait accueillir davantage de chasseurs et bombardiers que ce qui avait été fait jusqu’à présent. Mais pour le moment, il avait une autre tâche à accomplir.

                              Il se trouvait dans une vaste pièce du bâtiment des Holocommunications planétaire, dépendant du conseiller Isée. Une large table avec plusieurs fauteuils le séparait de plusieurs caméras et appareils d’enregistrements postés de l’autre côté de la salle. A ses côtés Agis consultait une nouvelle fois un datapad relatant les dernières informations. Plus loin plusieurs membres du Conseil étaient également présents. Isée bien entendu en tant que maître des lieux, mais aussi Eschine et Dinarque, de même qu’Hypéride et Andocide. Les autres étaient attendus sous peu. Chacun discutait, entouré de sa coterie habituelle, ou occupé à mettre un peu plus de rouge sur ses joues.

                              En effet aujourd’hui devait avoir lieu la déclaration officielle, auprès des habitants de la planète et du reste de la galaxie, de la mise en place du partenariat avec l’Imperium. Tous les membres du Conseil étaient conviés, mais Sylla n’était pas certain que tous viennent. Par ailleurs, il avait transmis un message d’invitation à l’Imperium pour avoir la présence d’un représentant officiel qui témoignerait de la bonne volonté de leurs nouveaux alliés. Ne restait plus qu’à attendre que tout le monde vienne pour débuter la séance.
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                                Post n°14
                                Auteur : Hivernus

                                Borosk, Cathar, Bimmiel et maintenant… Ord Trasi. Le capitaine Onov commence à s’habituer à cette vie faite de rencontres et de voyages en tout genre. Cela lui rappelle le bon vieux temps, quand il n’était encore qu’un soldat parmi tant d’autres. Vingt années de bons et loyaux services au sein de l’armée impériale lui ont permis de voir du paysage et d’acquérir une certaine expérience du combat. Son visage balafré et marqué par la dureté des éléments a été le témoin privilégié de nombreux affrontements. Il en a vu de belles choses !
                                Et de moins belles aussi… L’officier n’a pas participé aux violents combats qui ont ravagé par deux fois l’étincelante Coruscant. Il n’était pas là, lorsque la Forge Stellaire a disparu dans un éclair de feu. Mobilisé dans les zones les plus reculées de l’Empire, le bataillon du Boroskais n’a été utilisé que dans des engagements mineurs qui n’ont pas retenu l’attention du grand public. Mais cela ne veut pas pour autant dire qu’il n’a rien vécu. Les nombreuses cicatrices qui parcourent son corps peuvent en témoigner.

                                Le capitaine soupire sans le vouloir, se plonge dans d’intenses réflexions puis se remémore quelques vieux souvenirs enfouis au fin fond de sa tête. L’espace d’un instant, il songe à la chute de l’Empire, à sa vaine tentative de briller à nouveau. Il se souvient de l’invasion raté de Bastion, du beau bordel que c’était… C’est de loin l'événement le plus marquant de sa vie. Et l’une des plus grandes défaites de l’armée impériale...
                                La destruction de la Forge Stellaire et la mise aux arrêts de l’Usurpateur par le Sénat avaient sonné le glas de l’âge d’or impérial. Les mondes sur lesquels régnait l’Empire rallièrent un à un la “nouvelle” République. Nombre de soldats ayant jadis combattu sous la bannière impériale firent défection pour défendre les idéaux républicains. Ce qu’il restait de troupes fidèles à l’Empire se rassembla rapidement dans la Bordure Extérieure pour mener une contre-attaque… Ou tout du moins ce qu’y s’en rapprochait le plus. Les Sith, dans leur folie, se voyaient déjà prêts à reconquérir la galaxie. Les maigres forces qu’ils avaient réussi à réunir leur semblaient suffisantes pour lancer une nouvelle vague d’invasions. Ces cinglés pensaient pouvoir annexer des planètes entières, convaincus d’avoir une glorieuse destinée à accomplir. Ils se sentaient invincibles...

                                Bastion fut leur destination. Et l’erreur de trop. Le bataillon d’Onov, qui avait refusé de rejoindre les rangs des républicains, fut une unité parmi tant d’autres au sein du dispositif d’invasion de l’Empire. La planète n’opposa qu’une faible résistance lorsque la flotte impériale, pourtant réduite à une poignée de vaisseaux, se présenta en orbite. Et elle fut incapable de repousser les forces déployées sur son sol. La milice locale, aux effectifs réduits et à l’entraînement douteux, ne fit pas le poids face aux troupes de choc impériales. Mais les Sith réduisirent à néant les possibilités de victoire lorsque l’un d’entre eux décida de donner l’assaut sur une ambassade séparatiste, massacrant au passage nombre de représentants confédérés. Kovarn, en fidèle successeur de l’Usurpateur, fut l’architecte de l’anéantissement des derniers espoirs d’un empire fort. L’ordre de battre en retraite fut donné à l’annonce de possibles représailles de la part de la Confédération des Systèmes Indépendants. Et la mobilisation de forces hétéroclites aux quatre coins du système acheva de plonger le haut-commandement dans la confusion la plus totale.

                                Privée d’une chaîne de commandement efficace, les troupes impériales furent incapables d’agir avec cohésion. Ce fut le chaos. Dans la panique et la précipitation, on ordonna le retrait des contingents déployés à la surface. Mais nombre de soldats furent abandonnés sur Bastion lorsque la flotte passa en hyperespace. Onov ne fut heureusement pas de ceux-là. En tant que sergent, il commandait une petite escouade qui progressait dans la capitale de la planète aux côtés de troupes clones. Le Boroskais, conscient qu’il était futile de livrer bataille, fit de son mieux pour trouver un transport qui permettrait à son escouade de rejoindre la flotte. Il refusait de laisser mourir ses hommes sur un sol étranger, pour une cause qui n’avait plus aucun sens à ses yeux. L’Empire était à l’agonie. Et il rendait son dernier souffle en abandonnant à leur sort de braves et loyaux soldats. La chute de Cathar, peu de temps après, lui donnerait raison. Onov rallia la plupart des membres de son escouade dans une retraite parfaitement organisée. Quelques uns, les plus courageux ou les plus fous, continuèrent cependant la lutte et furent probablement tous tués durant les combats. Il ne fut pas difficile, pour les impériaux, de quitter la planète tant la mêlée générale était confuse.

                                Après la débâcle de Bastion, le Boroskais avait choisi de rejoindre sa planète natale afin d’y mener, s’il le devait, un dernier combat. De son point de vue, il était préférable de mourir sur un sol familier. Nombre de ses camarades firent de même en rejoignant leur foyer natal. Aucun combat ne se déroula cependant sur Borosk. Celle qui deviendrait plus tard la Grande Moff Ashe avait forcé la main au gouverneur de la planète forteresse, obtenant de lui le contrôle du système et des troupes locales. Fidèle à l’idéologie impériale, la jeune femme refusa de rallier la République mais fut assez sage pour ne pas déclarer la guerre à ses voisins. Nombre de soldats, à la nouvelle de la chute de l’Empire, firent défection. Onov fut à l’inverse un des premiers partisans de l’autoproclamée Moff Ashe. Et sa loyauté fut récompensée à sa juste valeur lorsqu’il obtint le commandement des Manteaux de Nuit.

                                Aujourd’hui, tout semble différent. Tout est différent. L’Empire des incapables et des traîtres n’est plus. Il a laissé place à quelque chose de… Nouveau. Il est désormais remplacé par un empire puissant et prospère, qui ne se laisse pas corrompre par l’appétit de quelques vils sénateurs ou par une poignée de Sith délirants. G.Man, l’Oméga et son héritier Kovarn, du point de vue du Boroskais, ne furent que des imposteurs et des opportunistes. Ils ne méritent pas le titre d’empereur. Des hommes qui dirigent la moitié de la galaxie et qui en font un tas de ruines ne méritent pas un tel honneur. Ashe… Ashe est la seule qui puisse légitimement revendiquer le trône impérial désormais. Et c’est avec fierté qu’il l’appellerait “Impératrice” si tel était son désir.

                                En attendant que ce jour advienne, le capitaine des Manteaux de Nuit fait tout ce qui est en son pouvoir pour contenter sa Grande Moff. Chaque mission qu’il obtient d’elle est une tâche importante qu’il accomplit avec un soin tout particulier. D’une certaine façon, l’honneur lui dicte de servir Ashe quel qu’en soit le prix. En se mettant à son service, il s’est juré de ne jamais faillir. Cette fois-ci, il n’y aurait aucune désillusion, aucune désertion…

                                Le Boroskais consulte quelques notes sur son bloc de données. Le Renard Impérial a décidé de l’envoyer sur Ord Trasi pour représenter l’Impérium en son nom, faute de pouvoir se déplacer en personne. Le gouverneur Lysandre Sylla, récemment fait Moff de l’Impérium, a apparemment prévu d’officialiser l’intégration de sa planète au sein de la puissante machine de guerre impériale. Selon les informations dont il dispose actuellement, le politicien qu’il s’apprête à rencontrer est un allié de choix pour la Grande Moff Ashe. L’esprit brillant d’un scientifique qui a de nombreuses compétences dans les domaines de l'ingénierie spatiale et du commandement d’unités militaires s’avère être un atout de choix pour celui qui saurait s’en faire un ami. Et un homme qui est à la tête de vastes chantiers navals est d’autant plus précieux… Onov comprend désormais les enjeux liés à cette rencontre.

                                Lorsque la navette se pose finalement dans un hangar, le capitaine fait le vide dans son esprit. Il ne veut pas encombrer sa tête de pensées inutiles. La rampe d’accès s’abaisse doucement, laissant entrer la lumière de l’extérieur dans la soute. L’officier, qui a revêtu un uniforme vert pour l’occasion, passe machinalement une main sur sa petite moustache. Elle espère qu’elle lui portera chance. Les quatre Manteaux de Nuit affectés à sa protection rapprochée s’organisent rapidement. Pour avoir exécuté et fait exécuter les protocoles de sécurité des centaines de fois, le Boroskais sait à quoi s’en tenir. Deux soldats d’élite descendent pour sécuriser le périmètre. Onov sort finalement de la navette, après une bonne minute d’attente, suivi de près par les deux combattants restants.

                                Un représentant du désormais Moff Lysandre se porte à leur rencontre, leur adresse quelques politesses puis les conduit jusqu’au transport devant les emmener au bâtiment des holocommunications de la planète. Le capitaine ne se sent pas forcément à l’aise à l’idée d’apparaître en public et sur les écrans de milliers de foyers. Une certaine appréhension vient le ronger de l’intérieur. En arrivant devant ledit bâtiment, l’officier déglutit péniblement. Une foule se presse déjà devant l’imposante structure et les quelques agents de sécurité semblent dépassés. Il faut croire que cette journée est d’une grande importance pour Ord Trasi. Nombre de curieux rivent leur regard sur le Boroskais. L’heure de vérité est arrivée.

                                Le capitaine, reçu en grande pompe, descend du véhicule sous bonne escorte. Les quatre Manteaux de Nuit ouvrent un passage dans la foule, aidés dans leur tâche par une poignée d’auxiliaires. A l'intérieur du bâtiment des holocommunications, l’ambiance est différente. Dans le hall principal, quelques journalistes préparent leurs questions et discutent à voix basse. Ils ont l’air de conspirateurs à agir de la sorte. Et ceci achève de rendre l’officier plus nerveux encore. L’un d’entre eux cherche à rejoindre le représentant de la Grande Moff Ashe afin de lui poser des questions. Il est vite refoulé par les soldats d’élite qui accompagnent le Boroskais. Finalement, à coup de grandes enjambées et de déambulations dans les couloirs de l’édifice, le cortège impérial pénètre dans une salle rempli d’inconnus en tenues d'apparat, de techniciens et autres assistants.

                                Onov prend une profonde inspiration, racle le fond de sa gorge, rectifie les plis de son uniforme et s’assure que sa casquette militaire soit bien vissé sur son crâne avant de s’élancer vers le gouverneur, qu’il reconnaît de loin à sa grande carrure. Il se prépare mentalement à serrer des poignées de main et à répondre aux potentielles questions embarrassantes.

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