Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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La Boîte de Pandore s'ouvre...

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    Le ChroniqueurL Hors-ligne
    Le Chroniqueur
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    #1

    Post n°1
    Auteur : Hivernus

    Une sonnerie tire le capitaine Netbers hors de ses pensées. Il regarde l’heure et constate qu’il somnole dans son fauteuil depuis presque vingt minutes. L’officier se redresse péniblement, rectifie les plis de son uniforme vert et rejoint la porte de ses quartiers privés. Dehors, un enseigne attend patiemment. Le subordonné se met au garde-à-vous lorsque le commandant du “Poing de Pandore” apparaît sur le seuil de la porte.

    - Désolé de vous importuner Monsieur mais vous êtes attendu sur la passerelle. Indique le matelot.

    - Vous n’auriez pas pu me prévenir par l’intercom ? Demande Netbers, légèrement agacé.

    - Monsieur… Nous avons déjà tenté de vous joindre trois fois. Répond l’enseigne, gêné.

    - Ah je vois… Laissez-moi deux minutes. Soupire l’officier.

    L’homme regagne sa cabine et la lumière tamisée qui l’éclaire. Il attrape sa casquette, qu’il enfonce sur sa tête et récupère le bloc de données posé sur son bureau. Une fois dans le couloir, le capitaine Netbers presse le pas et consulte à la va-vite les dernières informations enregistrées sur son datapad. Un dossier attire son attention : Un rapport de quatre pages envoyé il y a vingt minutes depuis les quartiers privés du seigneur Hivernus. Comprenant désormais pourquoi on a dépêché un matelot à sa cabine, l’officier accélère le rythme de marche afin de rejoindre au plus vite la passerelle. Fort heureusement, les quartiers du commandant se situant un pont en dessous, le trajet ne dure que quatre petites minutes.

    Lorsque Netbers arrive enfin dans la salle de commandement jouxtant la passerelle, il est accueilli par les regards anxieux ou contrariés des membres d’équipage patientant déjà depuis plus de vingt minutes. La silhouette holographique de l'humanoïde à peau bleue tressaute puis se stabilise. Le Chiss, au visage peu expressif, observe le temps de quelques secondes le capitaine, sans rien dire. La tension monte dans la pièce. Les marins se taisent. Tous les regards sont tournés vers l’officier, qui déglutit péniblement.


    - Capitaine Netbers, j’ai une mission pour la flotte seigneuriale. Débute doucement le seigneur de la guerre. Une source a mentionné une station militaire abandonnée non loin de notre position. L’ancrage de Tashvar, dans la nébuleuse du Dragon. Elle est actuellement occupée par un petite groupe de contrebandiers Corelliens. Le “Poing de Pandore” doit se rendre dans les plus brefs délais sur les lieux pour s’emparer de la station et des ressources qui y sont entreposées.

    - A vos ordres, mon seigneur. Que doit-on faire à propos de ces… Contrebandiers ? Demande l’homme, nerveux.

    - N’essayez pas de négocier avec ces Corelliens. Selon ma source, ils ne sont pas coopératifs. Répond Hivernus, avant de rajouter froidement : Ne laissez aucun témoin. Capturez ceux qui peuvent l’être et éliminez les autres. Il ne faut pas que le Syndicat Tenloss ait vent de cette opération.

    - Noté. Dois-je impliquer le “Cocatrix” et le “Marque des Ténèbres” dans l’opération ?

    - Je vous accorde le soutien du “Cocatrix” pour la mission. Le “Marque des Ténèbres”continuera ses patrouilles dans le système Lybeya. Continue l'humanoïde à peau bleue. Ne perdez pas plus de temps Capitaine…

    Le Chiss quitte des yeux l’officier et lui tourne désormais le dos.

    - Le moindre échec, la moindre erreur, pourra nous coûter très cher. Alors n’échouez pas, Capitaine.

    L'hologramme tressaille puis disparaît complètement, laissant le pauvre homme seul avec ses pensées. Autour, les membres d’équipage attendent une réaction de leur commandant. Netbers leur adresse un regard noir.

    - Au travail Messieurs. Ordonne t-il sèchement.

    Le capitaine réajuste le col de son uniforme, sort un mouchoir pour éponger son front couvert de sueur et remet sa casquette bien en place. Il pense aux derniers mots de son seigneur, à leur intonation, et se surprend à trembler. L’officier a l’impression d’avoir une lame de rasoir sous la gorge. Il comprend les enjeux, la nécessité de réussir… Et la menace dissimulée de l'humanoïde à peau bleue achève de le motiver. Netbers obtiendra la victoire à tout prix, par tous les moyens.






    Quelques heures plus tard… Dans la nébuleuse du Dragon.

    Le “Poing de Pandore” traverse l’immense nuage de gaz interstellaire avec beaucoup de difficulté. A cause d’un important niveau de radiation émis par les nombreuses étoiles nichées dans la nébuleuse, les appareils du vaisseau de guerre se détraquent, rendant la navigation particulièrement dangereuse et pénible. Le capitaine Netbers comprend pourquoi des contrebandiers se sont installés dans ce coin paumé. Ils sont à l’abri des représailles, dissimulés dans leur nuage de gaz… Mais la nébuleuse est à la fois un atout et un désavantage… Car aujourd’hui, la flotte qui s’apprête à fondre sur eux est elle-même indétectable. Lorsqu’elle sortira de l’amas pour attaquer la station dans le but de s’emparer de ses précieuses cargaisons, il sera trop tard. Le commandant du “Poing de Pandore” vérifie l’heure sur la console qu’il a sous les yeux. Le compte à rebours, lancé depuis leur entrée dans la nébuleuse, affiche déjà quarante minutes de navigation à l’aveugle.


    - Des nouvelles du “Cocatrix” ? Demande l’officier à l’enseigne chargé des communications.

    - L’équipage rapporte une collision avec un élément non identifié. Plusieurs équipes se chargent actuellement de vérifier qu’il n’y a pas d’avaries sur la coque. Indique le matelot.

    - Combien de temps leur faut-il ? S’inquiète Netbers, qui n’aime pas les contretemps.

    - Quinze minutes tout au plus. Rapporte l’enseigne.

    - Bien. Qu’ils fassent au plus vite. Commande le capitaine. Navigation, réduisez la vitesse du “Poing de Pandore” afin de permettre au “Cocatrix” de nous rattraper dans les plus brefs délais.

    La coordination entre les deux vaisseaux est vitale pour que l’opération militaire qui se prépare soit une réussite totale. La moindre petite erreur peut amener à un échec significatif. Et le commandant du croiseur de classe Interdictor ne souhaite pas annoncer à son supérieur qu’il a misérablement échoué à cause d’un contretemps. L’officier quitte la fosse et fait les cent pas sur la passerelle, agité par une nervosité s’accentuant de minute en minute. Lorsque le “Cocatrix” annonce que tout est en ordre, qu’il s’agissait d’une fausse alerte, Netbers sent son corps se détendre. L’opération peut reprendre… Finalement, les deux vaisseaux quittent la nébuleuse pour s’engager dans un espace découvert. L’ancrage de Tashvar apparaît alors comme une proie facile, isolé dans ce coin paumé de la galaxie. Mais le capitaine du “Poing de Pandore” sait qu’une résistance est à prévoir.

    - Tous les hommes aux postes de combat ! Interceptez toutes les communications entrantes ou sortantes. Notre présence ici ne doit pas s’ébruiter. Indique l’officier.

    Dans la fosse, l’effervescence est totale. Les membres d’équipage sont concentrés sur leur tâche, surveillés par quelques supérieurs faisant le tour des consoles. Une tête se redresse soudainement.

    - Monsieur ! Nos senseurs détectent de nombreux appareils provenant de la station. Communique un matelot au commandant.

    Netbers descend dans la fosse et constate de ses propres yeux divers points faisant route vers le croiseur de classe Interdictor et son vaisseau d’escorte. Dix chasseurs, deux bombardiers, une canonnière DP20 et… Un vaisseau de patrouille D5-Mantis. Une telle antiquité volante pourrait être considérée comme une plaisanterie au beau milieu d’un affrontement. Mais pour l’officier, tout vaisseau armé peut être dangereux s’il est entretenu et bien utilisé. La flotte qu’il commande en est la preuve même.

    - Lancez les chasseurs TIE. Message aux chefs d’escadron : Qu’ils se chargent de rabattre les vaisseaux ennemis vers nous. Ils ne doivent pas s’échapper. Ordonne le capitaine. Contactez le “Cocatrix”. Qu’il manoeuvre pour se placer derrière leurs forces.

    Les ordres sont transmis sur les divers canaux de communication de la flotte seigneuriale. Le commandant du “Poing de Pandore” se demande pourquoi les Corelliens cherchent à livrer bataille, quand ils n’ont pas la puissance de feu pour eux. Peut-être est-ce là un acte désespéré… Ou une manoeuvre suicidaire qui dissimule un but bien précis.

    - Navigation, passez en vitesse d’attaque. Artillerie, préparez-vous à faire feu.


    Le croiseur de classe Interdictor fend le vide pour se rapprocher vers sa cible. A sa gauche, le croiseur de classe Munifex exécute une manoeuvre de contournement, selon les directives du capitaine Netbers. Les chasseurs TIE, qui sont déjà au contact de l’ennemi, semblent tailler en pièces la maigre chasse des Corelliens. Le combat est perdu d’avance. Après quelques échanges de tirs, la canonnière DP20 semble opter pour la fuite. Mais il est trop tard.

    - Transmettez un message aux artilleurs du “Cocatrix”. Qu’ils fassent feu sur la canonnière. Lâche l’officier.

    - La cible est trop rapide Monsieur. Elle semble éviter tous les tirs. Rapporte l’enseigne chargé des communications.

    - Que les équipages des rayons tracteurs se chargent de maintenir la canonnière à portée de tir. Nous ne devons pas la laisser s’échapper ! Insiste Netbers, le front à nouveau couvert de sueur.

    - Notre cible a abaissé ses boucliers déflecteurs pour augmenter la puissance de ses moteurs. Indique un autre matelot.

    - Ils vont chercher un couloir pour faire le saut en hyperespace. Suppose avec justesse le commandant du vaisseau. Où en sont nos escadrons ?

    - Les chefs d’escadrons rapportent une victoire totale. Vient l’informer l’enseigne.

    - Parfait. Qu’ils effectuent une manoeuvre d’encerclement mais restent hors de portée de tir. Nous allons isoler cette canonnière et la forcer à commettre une erreur. Commande le capitaine.

    Après plusieurs minutes de fuite, les ruses des Corelliens s’essoufflent. Le piège se referme peu à peu sur eux. Les vaisseaux de la flotte seigneuriale empêchent désormais toute tentative de désengagement.

    - Ouvrez un canal de communication Enseigne.

    - A vos ordres.

    - Ici le Capitaine Netbers, commandant du “Poing de Pandore”. Toute résistance est inutile. Vous n’avez aucune chance de vous échapper. Veuillez couper vos moteurs et vous préparer pour l’abordage. Intime l’officier à l’équipage de la canonnière DP20.

    Aucune réponse. Les Corelliens semblent sourds… L’homme répète son message une deuxième fois et obtient pour seule réponse un silence de mort. Il se tourne alors vers le chef des artilleurs dans la fosse.

    - Lieutenant. Allez-y. Préparez les rayons tracteurs. Lance Netbers, avant de rajouter. Et déployez les générateurs de puits de gravité. Nous n’allons pas leur laisser la moindre chance.

    Dans la fosse, les hommes s’exécutent. Sur l’écran d’une console, l’officier observe les énormes projecteurs s’activer. La canonnière se trouvant dans la zone d’action des dômes, le vaisseau est incapable de passer en hyperespace. Et les rayons tracteurs le ramènent peu à peu vers la baie d’amarrage du croiseur de classe Interdictor. Soudainement, l’impensable se produit. La canonnière DP20 explose. Sur la passerelle, l’équipage est secoué.

    - Lieutenant ! Que s’est-il passé ? Demande alors le commandant.

    - Je ne sais pas Monsieur… Peut-être que le vaisseau était trop abîmé pour être ramené. Ou peut-être qu’il a tenté de s’échapper en poussant un peu trop sur les moteurs, ce qui a conduit à une surcharge de ces derniers… Il se peut aussi qu’un tir ait été dévié par des gaz nébuleux... Tente de déduire le lieutenant.

    - Bon... Peu importe. Nous avons suivi les directives du seigneur Hivernus en ne laissant personne s’enfuir. C’est tout ce qui compte à mes yeux. Vient le rassurer Netbers.

    - Oui Monsieur.

    - Monsieur, nos senseurs détectent deux transports qui tentent de fuir dans la nébuleuse. Intervient l’enseigne des communications.

    - Qu’un escadron de TIE se charge d’intercepter les transports. Laissez-leur une chance de se rendre. S’ils refusent de coopérer, abattez-les. Indique le capitaine.

    Il se pourrait bien qu’il y ait des prisonniers finalement… Peu importe. Il reste encore à s’emparer de la base. Et il y a fort à parier qu’un comité d’accueil se prépare en ce moment même. Il vaudrait mieux ne pas leur laisser le temps de s’organiser correctement.

    - Contactez le Capitaine Molitor. Sa compagnie a la voie libre pour aborder la station.

    - A vos ordres.

    L’officier sort un mouchoir pour éponger son front et quitte la fosse. Rejoignant le centre de commandement situé derrière la passerelle, Netbers s’installe dans un siège vacant d’un analyste, anxieux. Il compte bien suivre en direct la progression des soldats d’élite de la Brigade Impera. Car désormais, tout repose sur eux...






    Trois navettes de classe Lambda quittent le hangar du “Poing de Pandore” pour se diriger vers l’ancrage de Tashvar. A bord du transport de tête, le capitaine Molitor et les vingt hommes qui l’accompagnent font des vérifications de dernière minute. Les armes sont chargées, les pièces d’armures sont solidement attachées et l’équipement électronique est opérationnel.

    - Temps estimé d’arrivée : Trois minutes ! Lance l’officier de bord.

    - Vous avez entendu les gars ? Profitez-en pour faire vos prières ! Peut-être que de belles Twi’leks en petites tenues viendront vous accueillir aux portes du paradis ! Gueule le balafré en finissant sa phrase par un rire tordu.

    Les soldats échangent des sourires discrets, amusés. Mais leur supérieur n’en a pas fini avec eux visiblement.

    - Il se peut qu’il y ait des Corelliens dans cette base ! Et croyez-moi, ça m’arrangerait bien que ce soit le cas ! J’ai rien flingué depuis des semaines et mon blaster me démange ! Continue le barjo en faisant les cent pas entre ses hommes. Mais n’oubliez pas l’essentiel : Nous n’sommes pas là pour faire les marioles et tirer sur tout ce qui bouge ! On reste pro’, on veille les uns sur les autres et on ne compromet pas l’ensemble du groupe ! Z’avez compris ?

    - CHEF OUI CHEF ! Hurlent les stormtroopers à l’unisson.

    - Parfait ! Pour Hivernus ! Beugle Molitor en pointant son blaster au plafond.

    - POUR HIVERNUS ! Répètent en choeur les soldats en brandissant leurs armes.

    La navette de classe Lambda s’enfonce dans un hangar et se pose en douceur. Lorsque la rampe d’accès se baisse, les “Stries Bleues” du seigneur de la guerre lancent les grenades fumigènes et se ruent à l’extérieur sous les tirs de quelques forcenés prêts à défendre leur territoire. Fort heureusement, les nombreuses caisses entreposées ici et là offrent divers obstacles protecteurs que les soldats s’empressent d’exploiter à leur avantage. Les tirs de blaster pleuvent de toute part. Les hommes du capitaine Molitor progressent lentement mais sûrement, fort de leur expérience du terrain et de leur avantage numérique. Les contrebandiers sont contraints à la retraite, laissant derrière eux leurs blessés et leurs morts.

    - Flanc gauche sécurisé ! Lance un soldat.

    - Flanc droit sécurisé ! Rapporte un autre.

    - Qu’est-ce qu’on fait de ceux-là ? Demande un stormtrooper en désignant d’un signe de casque deux Corelliens traînés au sol comme des misérables par les combattants du Chiss.

    - Abrégez leurs souffrances. On ne peut pas s’encombrer de prisonniers. Indique l’officier barjo, sans la moindre once de pitié.

    Les soldats de la Brigade Impera s’exécutent sans broncher. Les blessés sont achevés d’un tir de blaster dans la tête. Rapide et sans douleur. Le petit groupe continue sa progression dans la station, s’enfonçant peu à peu dans les entrailles de cette dernière. Les couloirs vides et les salles désertes s’enchaînent. Les adversaires qui se montraient si déterminés à leur arrivée semblent avoir opté pour une tactique bien plus sournoise à présent.

    - Lieutenant Fahd, où en êtes-vous de votre côté ? Lance le capitaine dans le comlink intégré à son casque.

    « On vient de sécuriser un entrepôt bourré d’armes et de munitions. » Indique la Devaronienne. « Je ne sais pas d’où ça sort, mais c’est du sérieux. Ces contrebandiers doivent être impliqués dans de sales affaires. »

    - Bien reçu. Évitez de tirer n’importe où. Il serait dommage de tout faire sauter avant qu’on puisse se servir. Répond l’officier balafré.

    « Ne vous inquiétez pas Capitaine, on gère. » Souffle l’autre.

    - Ouais ouais… C’est ça ! Gérez ou j’viendrais vous botter l’cul moi-même Fahd ! Ajoute le barjo. Lieutenant Levorox, est-ce que tout va bien de votre côté ?

    « Affirmatif. On rencontre peu de résistance. Pas de pertes à déplorer. Attendez… Bordel qu’est-ce que… Contact ! CONTACT ! »

    - Fahd, si vous me recevez, portez assistance à nos camarades. On se charge d’assurer vos arrières. Commande Molitor.






    - Bien reçu Capitaine. Souffle la Devaronienne dans le comlink de son casque. Escouade, en avant.

    Les soldats accompagnant la lieutenante poursuivent leur progression dans les couloirs de la station spatiale, s’orientant en suivant l’écho des tirs de blaster. A un carrefour, le groupe tombe sur les cadavres de trois de leurs camarades en armure blanche striée de bleu. Madu Fahd signale à ses hommes de rester sur leurs gardes. A quelques mètres d’eux, le combat semble féroce. La voix grinçante d’un droïde parvient jusqu’aux oreilles de la lieutenante.

    - Annonce : Protocole d’extermination des nuisibles engagé.

    Les bruits de tirs se font toujours plus insistants, plus bruyants. La Devaronienne choisit de séparer son groupe en deux afin de prendre à revers les Corelliens avec plus d’efficacité. Le petit détachement qu’elle commande s’arrête à son signal lorsqu’elle se plaque contre un mur. Nouveau carrefour, nouvelles chances d’embuscade. Finalement, lorsqu’elle décide de s’exposer pour tenter de potentiels assaillants, les tirs se mettent à pleuvoir. Elle se jette instinctivement au sol et roule jusqu’à trouver un abri. Les stormtroopers qui l’accompagnent ne mettent pas longtemps à réagir. Pour venir en aide à leur officier, les soldats en armure blanche striée de bleu offrent un tir de suppression qui force les combattants embusqués à se retrancher à leur tour. L’usage de grenades fumigènes et de grenades flash permet de déloger les Corelliens. Certains sont abattus, d’autres choisissent de se replier afin de trouver un endroit plus facile à défendre. Mais il y a encore quelques forcenés qui refusent de fuir et qui mitraillent tout ce qui bouge dans le brouillard de guerre improvisé. Un soldat de la Brigade Impera s’écroule avant de pouvoir s’abriter, touché à la poitrine. Deux camarades parviennent toutefois à le traîner dans un coin.

    - Empêchez-les de riposter ! Ordonne Fahd.

    - Ces enfoirés ont laissé des droïdes de combat faire tout le boulot à leur place Lieutenant.
    Intervient un caporal. Leur précision n’est pas affectée par la fumée. Et encore, j’ai eu de la chance.

    L’homme montre son bras gauche bandé à la va-vite par un infirmier de terrain.

    - Tu es un gars de la section de Levorox ?

    - Affirmatif mon Lieutenant. Le caporal pousse un léger grognement et passe une main tremblante sur son bras blessé. Le Lieutenant s’est fait descendre par ces foutus droïdes. C’est le Sergent Drass qui commande désormais. On a réussi à bloquer les Corelliens dans une zone restreinte mais les boîtes de conserve qui les accompagnent sont tenaces et font échouer nos différentes manoeuvres d’attaque.

    - Caporal, toujours prêt à combattre ? Demande la Devaronienne.

    - Oui mon Lieutenant. Affirme le soldat.

    - Nous allons lancer l’assaut et les forcer à se concentrer sur nous. Prends quelques hommes avec toi et rejoignez le Sergent Drass. Qu’il prenne le temps de réorganiser son groupe avant d’envisager une quelconque action offensive.
    Indique la lieutenante.

    - A vos ordres. L’homme fait claquer ses talons et court donner quelques directives à une poignée de soldats défendant un couloir.






    La section du capitaine Molitor a pris position dans trois couloirs et quatre salles différentes afin de couvrir une zone étendue. Si l’ennemi pointe le bout de son nez dans le coin, il recevra la correction de sa vie. L’officier fait le tour du périmètre de sécurité installé à la va-vite par ses hommes et, une fois son inspection terminée, se dirige vers un sas que deux soldats surveillent avec beaucoup d’attention. De l’autre côté de la paroi, une navette se pose dans un petit hangar.

    « Capitaine Molitor, on n’attend que votre feu vert pour débarquer les hommes. »

    Le balafré fait signe aux deux stormtroopers de le suivre. Les trois combattants de la Brigade Impera passe le sas et s’enfoncent dans le hangar avec beaucoup de précaution. Rien à signaler. Le capitaine barjo lève son pouce pour signaler à l’équipage de la navette que tout est bon. La rampe d’accès s’abaisse et le transport vomit son flot de passagers en uniforme et en armure blanche. Les soldats forment un périmètre de sécurité pour permettre au personnel non-combattant de rejoindre le reste de la section sans le moindre accrochage. Lorsque l’ensemble des hommes est à l’abri, la navette décolle et disparaît dans l’espace.

    - Major Cottle, on va vous dégager un accès pour que vous puissiez vous occuper des blessés. Indique l’officier à son comparse.

    Le médecin opine du chef.

    - Caporal, prenez deux hommes avec vous et escortez le Major Cottle. Ordonne Molitor à un soldat.

    - A vos ordres.

    - Nous, on va se charger de leur rentrer dans le lard. Continue le balafré en désignant d’un signe de casque les boucliers d’énergie que la nouvelle escouade emporte avec elle.

    Les troupes d’abordage, réorganisées et renforcées par l’arrivée de soldats de choc frais et motivés, peuvent reprendre leur assaut. Les hommes de Molitor sont les premiers à attaquer. Une colonne protégée par deux stormtroopers portant des boucliers d’énergie avance sous les tirs des Corelliens et de leurs machines de guerre. Les traits laser fusent de toute part. Des grenades fumigènes et flash sont lancées pour perturber les forcenés. Un tir de couverture vient ensuite empêcher les défenseurs de riposter. Ils sont de plus en plus nombreux à converger vers cette position pour tenter de résister à l’avancée lente des soldats d’élite de la Brigade Impera.

    Le plan du capitaine Molitor semble fonctionner. Alors que les Corelliens viennent lui opposer de plus en plus de résistance, le reste de leur dispositif se dégarnit peu à peu. Les combattants du sergent Drass ont donc la voie libre pour lancer leur assaut et briser les maigres défenses des contrebandiers sur leur flanc droit. Lorsqu’ils comprennent le subterfuge, il est trop tard. Nombre de Corelliens s’écroulent sur le sol froid de la station spatiale, frappés par la rage des troupes seigneuriales. Ceux qui ne sont pas encore morts se replient en désordre, laissant une fois de plus les droïdes en première ligne.


    « “Poing de Pandore” à Capitaine Molitor. Nous savons désormais de source sûre que l’ennemi dispose de deux croiseurs placés en cale sèche. Il est fort probable qu’il cherchera à tout prix à les rejoindre pour retourner leur armement contre nous. “Le Cocatrix” est déjà en route pour vous appuyer. Bonne chance. »

    - Bien reçu “Poing de Pandore.” On se charge du problème. Répond le balafré. Vous avez entendu les gars ? On se bouge le cul ! En avant !

    Le capitaine barjo s’empare d’un bouclier d’énergie et fonce tête baissée vers les défenses improvisées des Corelliens. Les cris bestiaux qui sortent de sa gorge semblent inciter les autres à suivre son exemple. L’ensemble de la section de Molitor ne tarde pas à fondre sur l’ennemi. Lorsque l’officier rejoint les barricades, un droïde de combat s’interpose et pousse plusieurs caisses empilées sur l’homme. Le balafré s’écroule et l’automate en profite pour tirer plusieurs salves sur sa cible. Molitor, n’étant pas une victime sans défense, se sert de son bouclier d’énergie pour encaisser tous les tirs et réplique à l’aide de son blaster.

    - Sale enfoiré ! Beugle t-il en direction du droïde qui esquive les traits laser avec une facilité déconcertante.

    Un stormtrooper se jette sur l’automate pour le mettre hors d’état de nuire mais se fait arrêter dans son geste. La machine de guerre soulève le soldat dans les airs, refermant sa poigne d’acier sur la gorge du malheureux. Le combattant à l’armure blanche striée de bleu se débat vainement pour sa survie. Alors qu’il sent peu à peu la vie l’abandonner, le droïde le relâche brusquement et s’effondre, la

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      Auteur : Hivernus

      tête percée par un trait laser.

      - Du nerf Soldat ! Reprends tes esprits et le combat ! Lance Molitor en se jetant dans la bataille avec toujours plus de frénésie.

      Un autre droïde, armé d’une vibrolame, tente de trancher en deux l’officier. Protégé par la Force ou victime d’un instinct de survie très développé, le barjo parvient à éviter l’attaque et réplique avec autant de conviction que son assaillant surprise. Un coup de bouclier vient déséquilibrer l’automate. Plusieurs tirs le neutralisent pour de bon.

      - En avant ! En avant ! Reprend le capitaine avec ferveur.

      Les sections d’assaut de la Brigade Impera submergent les droïdes de combat affectés à la défense du périmètre. Mais les combats ne sont pas terminés pour autant... Car un groupe de Corelliens cherche toujours à s’échapper et tente de rejoindre coûte que coûte les vaisseaux placés en cale sèche. Une course contre la montre s’enclenche.






      Le capitaine Netbers, toujours installé dans le centre de commandement, suit avec attention les combats se déroulant dans la station spatiale. Les nombreux échanges entre les chefs d’escouades de la Brigade Impera s’enchaînent sur haut-parleur. Les membres d’équipage opérant dans le centre de commandement se concentrent sur leurs tâches respectives, nerveux mais complètement absorbés par leur travail. Une angoisse mortelle étouffe peu à peu le commandant du “Poing de Pandore”, qui tente de réprimer cette peur irrationnelle silencieusement. Il ne peut pas montrer le moindre signe de faiblesse devant ses hommes, alors qu’eux-mêmes luttent contre l’anxiété qui les rongent de l’intérieur. Chaque individu est à son poste, prêt à remplir son devoir… Cette simple vision rassure quelque peu l’officier et le rend fier. Il admire les hommes et les femmes constituant son équipage. Mais l’opération suit son cours… Et l’attention de Netbers est requise.

      « Capitaine, nous sommes en position. »

      « Parfait. Attendez-vous à recevoir de la compagnie. On se charge de rabattre ces fumiers vers vous. »

      « Reçu Capitaine. »


      « Fahd, vous avez pu sécuriser la baie d’amarrage ? »

      « Affirmatif Capitaine. Si les Corelliens tentent de rejoindre les vaisseaux, ils devront forcer le passage. »

      Le commandant du vaisseau-amiral de la flotte seigneuriale resserre son emprise sur les accoudoirs de son fauteuil. Il semblerait bien que les Corelliens soient pris au piège. Mais ils ne sont sûrement pas à court d’options…

      « Contact ! Contact ! »

      « Bordel, d’où sortent ces droïdes ? »

      « Utilisez vos détonateurs à charge électrostatique ! »

      « Et deux de moins ! »

      « Attention, trois autres en approche ! »

      « Je te couvre. »

      Le combat semble violent. Les échanges de tirs prennent parfois le dessus sur les voix. Une explosion fait grésiller les communications.

      « Waaaaaahou ! Sacrée explosion ! Prenez ça tas de boulons ! »

      « Un peu de retenue Sergent. Nous ne sommes pas dans une cantina. »

      « Mes excuses mon Lieutenant. »

      « Concentrez-vous sur la mission. »

      « Chef oui chef ! »

      « Fahd, les Corelliens se dirigent vers votre position. Faites moi plaisir… Saluez-les de ma part ! »

      « Reçu Capitaine. »

      Netbers sue à grosses gouttes dans son siège, concentré sur ce qu’il entend. D’ici peu, tout serait terminé… Enfin si ces Corelliens daignent vouloir mourir. S’il y a bien une chose qu’on ne peut pas leur retirer, c’est leur combativité. Nouveaux échanges de tirs. Puis plus rien… Finalement, un message annonce une nouvelle que l’équipage s’empresse de fêter en toute modestie.

      « Capitaine Molitor à “Poing de Pandore”. Les Corelliens sont neutralisés. A vous. »

      - C’est noté Capitaine. On vous envoie plusieurs équipes techniques. Sécurisez les lieux… Et rassemblez les corps. Indique l’officier commandant le vaisseau-amiral de la flotte seigneuriale.

      « Compris. Terminé. »

      Les contrebandiers étant désormais hors d’état de nuire, l’opération de récupération de leurs “biens” peut commencer. Armes, munitions, rations de combat, vaisseaux… Tout ce qui a été mal acquis sera réquisitionné au profit de l’armée seigneuriale… Le capitaine Netbers, perdu dans ses pensées, est loin d’imaginer les richesses qui attendent d’être découvertes et exploitées par le Seigneurat de Bajic.

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        Post n°2
        Auteur : Hivernus

        Le capitaine Netbers arpente les couloirs vides de la station spatiale, escorté par deux soldats de la Brigade Impera. Le silence qui règne en maître absolu dans cet endroit est déconcertant. On aurait du mal à se croire en pleine zone de combat. De temps à autre, les impacts de laser et les corps alignés de quelques combattants prouvent au commandant du “Poing de Pandore” qu’il se trouve bien au beau milieu d’une opération militaire. Au détour d’un énième couloir, l’officier tombe sur une équipe médicale se chargeant de l’état préoccupant d’un stormtrooper, sous le regard inquiet de ses frères et soeurs d’armes. Les Stries Bleues d’Hivernus sont de loin les meilleurs combattants du Seigneurat de Bajic, et pourtant, la mort semblent pouvoir les atteindre eux aussi.

        Lorsque le capitaine Netbers s’approche des soldats, ces derniers se mettent instinctivement au garde-à-vous. L’officier les gratifie d’un signe de la tête, puis pose son regard sur ce pauvre homme que le médecin tente de rafistoler avec le matériel mis à sa disposition.


        - Il s’en sortira ? Demande alors le commandant du “Poing de Pandore”, réellement concerné par l’état de santé du combattant.

        - Il vivra sûrement… Répond évasivement le responsable de la petite unité médicale. J’ai réussi à stabiliser son état. Croisons les doigts.

        Au signal du toubib, les infirmiers de terrain soulèvent le brancard et disparaissent avec le blessé au bout du couloir. Netbers dirige son regard sur les trois Stries Bleues figés dans leur posture militaire.

        - Quelqu’un peut m’indiquer où se trouve le Capitaine Molitor ?

        - Affirmatif mon Capitaine. Allez jusqu’au bout du couloir, tournez à gauche, puis tournez à droite. Vous devriez tomber sur une grande salle. Une très grande salle... Indique le plus gradé des trois, un caporal au bras gauche bandé.

        - Je vous remercie. Vous pouvez disposer. Lâche le capitaine.

        Les soldats font claquer leurs talons puis disposent. Ils reprennent leur patrouille, échangeant des commentaires inquiets sur l’état de santé de leur camarade. Suivant les indications du caporal, l’officier s’enfonce toujours plus loin dans l’ancrage de Tashvar. Lorsqu’il pénètre dans la grande salle, le commandant du “Poing de Pandore” constate avec étonnement qu’il s’agit en réalité d’un immense entrepôt… Techniciens et stormtroopers travaillent de concert pour transporter les divers conteneurs d’un point à un autre. Au milieu de cette fourmilière, Molitor fait l’inventaire. Le balafré, qui n’est pas habituellement un grand amateur de paperasse, semble étonnement dans son élément cette fois-ci.

        - Et bien Molitor… Je ne vous ai jamais vu aussi heureux ! Lance Netbers, perplexe.

        - Si vous saviez mon vieux… Cet entrepôt est une vraie mine d’or ! Répond le capitaine barjo en affichant un grand sourire sur son visage couvert de cicatrices.

        - Donnez moi ça.

        L’officier commandant la compagnie Molitor tend son bloc de données à son voisin. Le commandant du “Poing de Pandore” écarquille les yeux en lisant le contenu du datapad. Les informations qui défilent semblent surréalistes. Des centaines d’armes, des dizaines de conteneurs bourrés de rations militaires, de gaz à blaster, de baradium ou de carburant, une bonne soixantaine de droïdes de type Z-65… Sans oublier les deux croiseurs de classe Munifex placés en cale sèche… Netbers en a presque le vertige.

        - D’où est-ce que ça sort tout ce merdier ? Il y a de quoi équiper et entretenir une armée entière. Ces contrebandiers Corelliens n’ont pas pu acquérir tout ça sans aide extérieure… Grommelle le capitaine, perdu dans ses pensées.

        - Ouaip. C’est trop gros pour être vrai. Y’a anguille sous roche, ou baleine sous gravillon.
        Ajoute à sa suite Molitor. Si vous voulez mon avis, on vient de s’en prendre à un gros poisson. Remarquez… Un de plus ou de moins...

        L’officier balafré se met à rire. Affronter la galaxie entière ne semble pas réellement l’inquiéter. C’est d’ailleurs pour ça qu’on le surnomme “capitaine barjo”. Il n’y a bien qu’un taré pour tenir de tels propos.

        - Le seigneur Hivernus voudra des informations… A tous les coups. Vous avez réussi à faire des prisonniers ? Demande Netbers à son comparse.

        - Vous croyez vraiment, dans le feu de l’action, et vu le bordel que c’était, que j’ai eu le temps de passer les menottes à quelques Corelliens ? S’agace presque Molitor. Désolé. Ils sont tous morts. De toute façon, ils voulaient mourir…

        - En effet… Souffle l’autre.

        Le capitaine Netbers n’a pas été plus efficace. Toute tentative de capture s’est soldée par la destruction pure et simple des vaisseaux. Ces Corelliens ne voulaient pas lâcher l’affaire, ou cracher le morceau…Leur combativité les honnore, assurément, mais prive les forces seigneuriales de renseignements qui pourraient s’avérer utiles.

        - Nous sommes dans une impasse. Reprend l’officier.

        - Pas forcément. Intervient Madu Fahd, une caisse de munitions dans les bras. On pourrait récupérer deux ou trois carcasses en bon état de ces modèles Hunter Killer utilisés par les Corelliens et tenter d’extraire de leur “cerveau” tout ce qu’on peut.

        - Fahd, ça me fend le coeur d’avoir à le dire, mais vous êtes géniale. Admet Molitor, sourire aux lèvres.

        Netbers appuie les propos de son collègue d’un geste de tête. C’est une chose qu’il apprécie au sein des forces seigneuriales. Les institutions impériales ont toujours privilégié des doctrines basées sur une obéissance pure et dure… Ce qui a conduit des générations entières de soldats et d’officiers à se baser sur une chaîne de commandement inefficace. Il en est autrement dans le Seigneurat de Bajic. Le seigneur Hivernus encourage les prises d'initiatives de la part des officiers comme de la part des subordonnés. Après tout, un soldat n’est réellement bon que s’il peut s’améliorer et apprendre de ses erreurs comme de ses réussites. On ne peut exceller dans son domaine de compétence du jour au lendemain… Du simple matelot au commandant, tous doivent apprendre à développer leur créativité et leur sens de l’analyse afin de pouvoir répondre au mieux aux attentes de l’armée seigneuriale. C’est ce que l'humanoïde à peau bleue a appris dans son foyer natal, au sein de l’Ascendance Chiss… Et c’est ce qu’il tente de transmettre à ses hommes. Madu Fahd est un exemple de réussite. Elle intègre l’héritage du Chiss au sien.

        C’est pour cette raison que Netbers a choisi de combattre pour le seigneur Hivernus. Il n’est pas un simple partisan de l’idéologie impériale… Il est l’architecte d’un empire fort, d’un empire dont les divers peuples sont unis sous une même bannière pour un même combat, d’un empire dont l’armée n’est pas corrompue par des jeux de pouvoir et d’influence… D’un empire qui cherche à s’améliorer, qui apprend de ses erreurs et qui s’inspire de cultures aliens pour se renforcer… Ces choses là ne peuvent pas voir le jour ailleurs, ou difficilement. Mais quand on a la chance de participer à la construction d’une nouvelle civilisation, tout devient possible… Un sourire apparaît sur le visage de Netbers.

        C’est avec satisfaction qu’il appellerait le seigneur Hivernus “Empereur”, si l’occasion venait à se présenter. Il en est sûr désormais. Mais ce chemin est semé d'embûches. Il faudra traverser d'innombrables épreuves pour en arriver là. Et l’officier ne sera peut-être plus là pour le voir...


        - Pas la peine de sourire pour si peu Netbers. Elle va prendre la grosse tête sinon. Ricane le balafré en donnant une claque amicale sur l’épaule de la Devaronienne.

        - Très marrant Capitaine. Vous n’avez pas perdu votre légendaire sens de l’humour à ce que je vois. Réplique la lieutenante, plus ou moins amusée.

        - Combien de temps vous faut-il pour récupérer tout ce matériel ? Demande finalement le capitaine en sortant de ses pensées.

        - Au moins deux heures. L’informe Molitor.

        - Faites au plus vite alors. Répond le commandant du “Poing de Pandore”.

        - Je croyais que nous devions nous emparer de l’ancrage. Commente alors Fahd, déconcertée par la décision de Netbers.

        - Nous devions surtout nous emparer du matériel entreposé ici. C’est chose faite. Rétorque l’autre. Je ne tiens pas à m’attarder ici. Laisser des hommes sur place, c’est les exposer à tout type de danger. Je refuse d’avoir leur mort sur la conscience. Nous verrons bien si j’ai raison de me fier à mon instinct...

        Des mois entiers passés à côtoyer le seigneur de la guerre ont permis à notre capitaine d’apprendre de nouvelles choses. Aujourd’hui, il applique l’une des premières leçons du Chiss : On ne gaspille jamais des ressources inutilement. Tenir l’ancrage de Tashvar, c’est sacrifier des hommes pour rien. Le Seigneurat de Bajic n’a pas les moyens de se priver de bons soldats. Netbers prend conscience qu’en agissant de la sorte, il va à l’encontre des ordres donnés par Hivernus... Mais il prend le risque. Il est sûr, au plus profond de lui, de prendre la bonne décision. Peut-être même que c’est ce que veut l'humanoïde à peau bleue finalement… Avec le Chiss, tout semble avoir un sens caché, un objectif dissimulé… S’agit-il d’un test ?

        - Si vous le dites… Si vous êtes prêt à risquer votre place, moi ça m’va. Répond le barjo en haussant les épaules.

        - Ces droïdes ont la réponse Capitaine Molitor… Nous verrons bien ce qu’ils ont à nous révéler… Et s’ils me donnent raison. Continue le commandant du “Poing de Pandore”. En attendant, faites au plus vite.

        - Ouais on va se démerder pour embarquer tout le matos dans les plus brefs délais. Vient le rassurer le balafré. Par contre pour les croiseurs…

        - Je m’en occupe. Le coupe Netbers.

        Les trois militaires se quittent, chacun retournant à ses tâches. L’officier de la marine seigneuriale arpente les couloirs de la station spatiale avec un noeud à l’estomac. Il lui tarde de retrouver son confort, sur la passerelle de son vaisseau...

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