Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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    #24

    Post n°23
    Auteur : Rylen Korr

    Qu'est-ce qu'un arbre sans sa racine ? Qu'est-ce qu'un fleuve sans sa source ? Qu'est-ce qu'un peuple sans ses terres ?

    L'air humide, qui suintait encore la récente bruine Endorienne, fut une aubaine pour les corps usés des six compagnons. Pour la première fois depuis longtemps, ils pouvaient reposer leurs muscles et délaisser leurs sens, lesquels avaient bien trop été mis à contribution depuis le début de leur quête. La fatigue physique -et surtout la fatigue mentale- s'étaient accumulées comme jamais durant les combats, camouflées par une surdose d'adrénaline qui avait été d'une grande aide au moment de quitter la Montagne Noire.

    Né pour subir de telles pressions inhumaines, Bareman s'était surpris à ressentir des crampes au niveau de ses mollets alors que le groupe avait embarqué sur le transport fluvial depuis maintenant plus d'une heure. Un rire nerveux s'empara de son visage tandis qu'il enlevait momentanément ses lourdes chaussures pour se mettre à l'aise. L'odeur de ses pieds parvint jusqu'aux fines narines de Kolgat; le petit guerrier Ewok la renifla plusieurs fois avant d'en trouver la triste origine. Il jeta alors un regard noir à son ami clone en lui maugréant des mots autochtones.


    - Relax, mon ami ! s'amusa le militaire en mettant ses bras derrière la tête, Tu sais désormais ce que ça fait de trainer avec des Ewoks toute la journée !

    L'humeur était plutôt au beau fixe, oui. Comme on le disait sur certains mondes du Noyau, après l'effort venait toujours le réconfort. Dans ce sens, le fleuve Chureelung avait été une bénédiction : il leur avait permis de souffler quelques instants après avoir tant souffert au sein de la Montagne Noire.

    Mais si les informations obtenues disaient vraies, cet instant de paix allait très rapidement céder sa place à des péripéties moins reluisantes.

    Dans le ciel, au delà des couches nuageuses qui semblaient toucher la terre, la lumière cédait peu à peu sa place à l'obscurité de la nuit. Mis à part de courtes conversations entre les trois amis Ewoks, la barque avait été sans surprise très silencieuse. Kath et Saecha dormaient paisiblement, récupérant logiquement de leurs précieux efforts dans la Montagne Noire. Quant à Bareman, ses maigres tentatives pour fermer les yeux s'étaient transformés en échecs cuisants. Sa nature de soldat d'élite l'empêchait encore et toujours de penser à sa santé, et il s'était donc rabattu sur l'observation minutieuse de l'environnement dans lequel ils se trouvaient.

    Des montagnes. Des montagnes à perte de vue. Ils avaient beau flotter depuis plusieurs heures maintenant sur le Chureelung, au gré du courant, c'était comme s'ils revivaient la même scène en continu. Une ligne droite, un virage puis... une ligne droite. Et un virage, encore un. Les monts rocheux alentours, eux, se distinguaient par les variations aléatoires de leur relief. Mais ils étaient bien trop similaires pour que leur image soit gardée en mémoire.

    Les dernières lueurs divines s'éteignirent enfin. Les trois Ewoks s'affolèrent quelque peu, conscients que la nuit noire ne les aiderait pas à se repérer au milieu du fleuve. Après quelques centaines de mètres parcourus à l'aveuglette, ils décidèrent tous à l'unisson de s'arrêter pour se reposer autour d'un bon feu.

    Qu'il était bon de se laisser aller au sommeil ainsi, la peau réchauffée par de vives et naturelles flammes...

    Cette sensation récente faisait déjà partie du passé. Cela faisait très (trop) longtemps qu'ils n'avaient pas pu faire une pause digne de ce nom. Entre temps, ils avaient eu à faire à de nouveaux Sanyassans -le cadavre au fond de l'eau y compris- et ils avaient du trouver une nouvelle embarcation pour poursuivre leur route.

    La brume n'avait cessé de s'accentuer sur le fleuve, entre les immenses montagnes qui le bordaient. Si la nuit laissait doucement place à la lumière bienveillante du jour, l'épais brouillard n'était pas aussi rassurant que l'obscurité qui venait juste de s'en aller.

    Le Chureelung était si paisible, et pourtant il recelait une part de mystère grandissante. Ses eaux si tranquilles par endroits étaient toutefois glaciales, comme si elles gardaient enfouies au plus profond d'elles de dangereux secrets. Il n'y avait rien de réconfortant, si ce n'est le silence profond qui régnait en maître dans cette vallée profonde d'Endor.

    Mais parfois, un simple cri d'oiseau était plus accueillant que l'absence complet de bruit. C'était comme si la nature s'était tue, décidée à ne plus accompagner le récit aventurier des six compagnons.

    Bareman ronflait bruyamment lorsqu'il sentit la main étrangement froide de Woopee qui lui tenait fermement la cheville. Il ne sut depuis combien de minutes exactement le petit Ewok lui broyait le muscle, mais à l'expression de son visage, il avait une bonne raison de le faire.

    Les trois autochtones tremblaient de peur. Ils étaient scotchés au canoé de fortune, comme s'ils craignaient une force invisible rodant dans les parages. L'aspect de leur horizon proche semblait être à l'origine de leur grande crainte, et ils ne semblaient pas vouloir partager leur inquiétude de leur plein gré. La réaction naturelle du clone fut alors de prendre un bâton lumineux de sa ceinture -le seul équipement utile qu'il lui restait...- afin d'apporter un peu de soutien moral à ses troupes. Woopee lui attrapa aussitôt l'objet afin de le coller près de soi.


    - Comment vous dites, déjà ? "J'ai un mauvais pressentiment" ... annonça t-il à l'égard de Saecha à ses côtés et de Kath, toujours dans l'eau derrière leur barque de substitution.

    L'atmosphère devint froid et austère. La troupe plongea dans un environnement hostile, dans lequel il était impossible de discerner ne serait qu'un insecte volant à plus de trois mètres devant eux. Était-ce le Néant tant promis par les contes et légendes autour du Chureelung ?

    Même l'eau du fleuve devint livide. Son aspect s'était comme transformée, modifiée par l'ambiance de l'environnement qui était le sien actuellement.


    - Kath, tu devrais remonter... dit-il en gardant les yeux rivés vers l'avant, Kath ... ?

    En se retournant, Bareman constata l'inimaginable : il n'y avait plus aucune corde.

    Kath Aplazm avait disparu dans les eaux du fleuve.


    Mystérieusement attiré par les profondeurs du fleuve, Kath Aplazm a perdu la corde qui le reliait à l'embarcation dans laquelle se trouvent ses compagnons. Va t-il s'en sortir ? [lancer de dès]

    1 ou 2 - Kath se retrouve bien trop éloigné de ses camarades pour qu'ils puissent le sauver. Il ne peut s'en remettre qu'à un coup de chance pour survivre à la puissance mystique du fleuve...
    3, 4, 5 ou 6 - Alors que les profondeurs allaient définitivement l'attirer vers une mort certaine, une étrange main vient sortir l'Alderaani des eaux. Kath se retrouve alors dans une petite barque miteuse, à côté d'un homme encapuchonné dont le visage est à peine visible...
    Résultats des dés : 6 (Lien du registre du Hasard)

    A peine sorti de l'eau, Kath put découvrir de quelle menace son mystérieux sauveteur venait de le sauver : partout autour d'eux venaient d'apparaître des dizaines de barques transparentes, chacune contenant des personnes différentes et difficiles à cerner dans l'épaisse brume qui n'avait toujours pas disparu.

    Il était intéressant de noter que Kath et l'étanger avec lequel il voguait désormais sur le fleuve allaient dans le sens inverse de l'ensemble des barques fantômes... Que représentaient-elles donc ? Et qui étaient ces gens ?


    - Ne croise pas leur regard, avertit sans détour l'homme qui venait de le sauver.

    L'étranger se contentait de ramer de droite à gauche, la tête baissée et le dos tourné au Novice Jedi. Qu'arriverait-il à ce dernier s'il se décidait à regarder dans les yeux de ces gens qui semblaient perdus ?

    Au même moment, une barque avec à son bord un Ewok sans fourrure frôla celle des deux hommes. Le natif d'Endor ne ressemblait plus qu'à un ensemble squelettique, bien plus proche du Sanyassan que du fier guerrier forestier.

    Il n'y avait finalement pas forcément d'exagération dans les légendes autochtones.

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      #25

      Post n°24
      Auteur : Kath Aplazm

      Bien qu'il se fût reposé pendant quelques heures dans la barque avant d'entrer dans les rapides, Kath ressentait une fatigue douloureuse lui engourdir les membres alors qu'il nageait dans l'eau glacée, tentant tant bien que mal de rester accroché à la corde qui le reliait au tronc taillé. Les blessures qu'ils s'étaient occasionnées dans la Montagne Noire lui faisait souffrir le martyr comme il tentait tant bien que mal de ne pas garder le rythme de l'embarcation. Celle-ci n'avançait pas bien vite, mais le courant était puissant, le vent était froid. Les coups frénétiques que les Ewoks assénaient de leurs petites rames rendaient la nage de l'Alderaani difficilement supportable, lui qui n'était d'ordinaire pas spécialement prompt à l'exercice physique. Si Kath survivait à cette nouvelle épreuve, il pourrait indubitablement concourir au prochain triathlon de la contrée des Lacs de Naboo sans perdre la face, se dit-il un instant tout en évitant une nouvelle fois de boire la tasse.

      De temps à autres, Saecha ou Growok se retournaient depuis le canoë pour vérifier qu'il n'avait pas coulé ou pour l'encourager d'un signe. Le regard faussement compatissant de ses compagnons arracha un sourire crispé au jeune homme : à leur place, n'aurait-il pas fait de même ? Personne ne voulait être celui qui affrontait les flots calmes et noirs du Chureelung. Il ne savait toujours pas pourquoi il avait accepté ce sacrifice ingrat. Peut-être savait-il qu'il n'y avait pas d'autre choix. Ou peut-être espérait-il que , de cette façon, le chemin s'achève plus vite. Quoiqu'il en fût, Kath n'avait certainement pas le loisir de sonder son subconscient en cet instant d'intense activité physique.

      Pour oublier sa fatigue, il concentra son regard sur le ciel du matin, qu'il commençait à ne plus apercevoir distinctement. Une brume dense et grise s'était en effet levée, obligeant la compagnie à ralentir sa progression pour ne pas venir s'empaler sur les rochers tranchants qui fleurissaient le long des rives. Trop occupé à ne pas couler, tapant des bras et des jambes dans une eau toujours plus profonde, Kath ne remarqua pas immédiatement le lourd silence qui pesait dans la vallée. Plus un son ne résonnait, si ce n'était celui des éclaboussures et des ronflements de Bareman. Comment le clone pouvait-il dormir sur un tel navire de fortune ? Sans doute était-il vraiment exténué. Malgré ses capacités, son sang froid et son expérience, le tenancier de la cantina du Sanctuaire restait avant tout un homme, fait de chair et d'os, mortel comme tous les autres.
      La barque ralentit progressivement. Kath lâcha la corde peu à peu, se surprenant à philosopher sur son existence, sur Endor, sur la vie et la mort. Même des êtres aussi puissants que Nass pouvaient disparaitre du jour au lendemain, car il n'existait rien dans cette galaxie qui ne puisse fuir le destin réservé aux vivants. Qu'ils soient Ewoks, Sanyassans, Jedi, clones ou mercenaires, tous étaient égaux face à futur. A quoi bon le pouvoir, la victoire ou la gloire ? Sur Alderaan comme sur Endor, il n'y avait rien après la mort.

      Une pensée folle traversa l'esprit du novice comme une évidence. Et qu'en était-il de la Force ? Son maître avait peu parlé à Kath de ce concept dont il n'avait conscience que depuis peu. Qu’advenait-elle une fois que les corps rongeaient la terre ? Se manifestait-elle encore ? Chez d'autres, sans doute. Était-ce pour ça qu'on la disait immortelle, "qu'il n'y avait pas de mort" ? Mais cette Force semblait irrémédiablement liée à la vie, au sensible, à la conscience. Avait-elle une raison d'être ? Pourrait-elle mourir si toutes les créatures de l'Univers s'éteignaient un jour ?
      Toutes ces questions se perdirent dans les flots du Chureelung, alors que le corps de Kath s'engourdissait et qu'il se laissait balancer par les eaux lents et tranquilles du fleuve. Le jeune homme ferma les yeux en prenant une grande inspiration, le visage hors des flots. Sa tête commençait à geler et il avait du mal à garder les yeux ouverts. Pourtant, il se sentait en paix et tout à fait calme. Il n'avait sans doute jamais ressenti une telle plénitude, à part sans doute lorsqu'il avait contemplé le Lac Fektur et les forêts d'Endor du haut de l'arbre Wroshyr.
      Doucement, le novice ferma les paupières, laissant l'onde guider ses membres. Ses tempes battaient au rythme de son cœur, lentement. Il ne sentait plus de douleur, plus d'inquiétude, plus aucune peine. Il se sentait libre, immatériel et pourtant si tranquille. Et sa conscience, peu à peu, s'évapora dans les eaux.

      Son esprit déambula entre songe et déraison. Qu'était-ce que ce visage de grenouille, qui le regardait depuis la surface ? Que ce corps calciné qui nageait en cercle ? Que ces dizaines de corps reptiliens que formaient une ronde autour de lui ? Ils étaient là, mais ils ne les voyait pas, ne les entendait pas, ne les sentait pas. Certains semblaient jeunes, d'autres vieux, comme ayant traversé le temps et l'espace. Et autour d'eux, le silence, le néant. Le corps de l'Alderaani ondulait sans qu'il le bouge au milieu de cette gigantesque farandole aussi prodigieuse qu'effrayante.
      Au milieu des ténèbres résonna un son, comme un gong, lointain. Kath ne le comprit pas entièrement mais son corps entier frissonna et ses muscles se raidirent. Il ressentait à nouveau le froid, l'angoisse, l'eau qui pénétrait ses poumons. Ses yeux s'ouvrirent brusquement, le temps d'être aveuglés par une lueur intense vers laquelle il se dirigeait en trombe.

      Kath reprit conscience, trempé jusqu'aux os, à demi nu et crachant ses poumons. Il se trouvait sur une barque, bien plus petite que celle que son groupe avait trouvée dans la Montagne, mais diablement plus solide. Comme enchantée par une force surnaturelle, elle traversait les flots avec aisance, sans que quiconque ne soit à la rame. Le jeune homme n'eut pas l'occasion de faire plus d'observation. Couché sur le dos contre le bois humide, il peinait à retrouver son souffle, à moitié noyé. Ses environs étaient flous, indistincts. Où était-il ? Avait-il succombé au Chrureelung ? Où étaient Saecha, Bareman,...? L'Alderaani se redressa difficilement, haletant de façon saccadée, les yeux exorbités. Plus que jamais, il avait l'impression d'avoir vu la mort en face, sans pour autant l'avoir crainte. Ce sentiment lui laissait un goût indescriptible dans la bouche.

      Le regard de Kath se posa sur le fleuve. Il semblait traversé d'embarcations grises, presque fantomatiques. Le novice plissa les yeux pour mieux les considérer. Était-ce ...? Non, ce ne pouvait... Une silhouette ressemblant à s'y méprendre à son défunt grand-oncle voguait en tête du cortèges des barques, qui avançaient à contre-courant, comme portées par un vent mystérieux. Sur une autre barque, Kath reconnut son gaupa, le flanc visiblement arraché et ensanglanté. Comment l'animal avait-il pu atterrir ici, alors qu'il l'avait laissé s'enfuir à près de cent-cinquante kilomètres de cet endroit ? Au moment où les yeux de Kath se posèrent sur le visage de Jarrik, une main se posa sur son épaule et le secoua.
      Se saisissant d'un bond, le novice faillit retomber dans les flots et ne dut son salut qu'au rebord de la barque, bien plus stable que ceux du canoë que Saecha et les Ewoks avaient confectionné. Kath jeta un regard médusé à l'homme encapuchonné qui ramait à l'avant de la barque et qui ne s'était pas retourné pour l'observer.


      - Ne croise pas leur regard.

      - Qu'est-ce que..que..keuwâ ?!
      , balbutia le novice, ahuri, les jambes écartées et les bras devant la tête.Heureusement, il reprit rapidement contenance. Il ne savait pas ce qui lui était arrivé où l'endroit où il se trouvait, mais il avait l'impression d'être en sécurité, du moins pour le moment. Cet homme ne paraissait pas agressif. Qui était-il ? Kath n'avait aucun moyen de le savoir, d'autant que l'inconnu cachait ses traits sous une épaisse capuche. Mais la voix de cette apparition miraculeuse lui rappelait quelque chose, un souvenir. Un son qu'il avait entendu au fond de lui-même, dans les tréfonds du néant, qui l'avait réveillé. Il ne se souvenait plus de grand chose, comme s'il avait rêvé, mais la sensation dérangeant qui l'habitait l'assurait aussi qu'il pouvait faire confiance à cet étranger aux manières si étranges.

      - Qui êtes-vous ? demanda Kath d'une voix claire mais tremblotante, après quelques secondes. Et qu'est-ce que cet endroit ? Je n'ai jamais rien vu de tel.

      Assis dans une position moins inconfortable, le novice jetait des regards alentours, tâchant tout de même de suivre le conseil du rameur et de ne pas croiser les yeux ces mystiques apparitions. Le ciel n'était plus visible, comme si les deux voyageurs naviguaient dans une grotte sans lumière, entourés d'un brouillard toujours plus épais. Kath sentit ses poils se hérisser de froid et de peur. Le conduisait-on en Enfer ? Ce guide miraculeux était-il le Charon de sa barque stygienne ? Il déglutit et tenta de se concentrer sur le dos de l'étranger, massant ses tempes douloureuses à l'aide de ses index frigorifiés. Tout cela n'était qu'un mauvais rêve, rien de plus.

      Soudain, la lumière d'un sabre laser brilla dans l'obscurité de la brume. Kath tourna la tête vers l'éclat lumineux, reconnaissant les lekkus de Saecha et sa bure à travers le brouillard. Un sourire soulagé se dessina sur son visage comme il appelait sa camarade, faisant des grands gestes. La Twi'lek semblait avoir échangé le tronc d'arbre qu'elle chevauchait jusqu'alors pour une barque semblable à celle de Kath, mais elle aussi naviguait dans le sens contraire au courant...


      - Eh, Saecha ! Ici, ici ! Je suis là !

      Constatant que la novice ne l'entendait pas, le jeune homme chercha à capter son regard, plongeant presque ses yeux dans les globes sans pupille de la jeune Jedi. Le bois solide d'une rame vint fracasser l'arcade de Kath, l'assommant sur le coup.


      - Ne croise pas leur regard
      , répéta simplement l'homme encapuchonnée, accélérant le rythme de ses coups de rame.

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        #26

        Post n°25
        Auteur : Rylen Korr

        Spoiler : Musique
        [Flash unavailable]
        Partout autour d'eux, les silhouettes fantomatiques tentaient vainement de se faire regarder. Une faible attention qui aurait fait d'eux des vivants, des choses palpables avec une conscience et une âme. Pourtant, ils n'étaient que des résidus de ténèbres qui ne voulaient rien de bon pour les visiteurs perdus des eaux du Chureelung.

        C'était une lutte de tous les instants. Un combat pour assurer l'équilibre de soi. Mais comment réussir à ne pas faire peser la balance en faveur du côté de la lumière dans un tel environnement d'obscurité ? La nature avait fait de cet endroit un élément défavorisé depuis la nuit des temps. Trop sombre, trop noir. Le peu de lumière qui avait jadis existé en ces lieux - y en avait-il déjà eu ? ... - avait cessé d’émettre depuis très longtemps, si l'on se reposait sur la grandeur du territoire conquis par son ennemi de toujours. Y avait-il une seule et unique recette pour ramener l'équilibre de la Force dans ce monde de Mort ?


        - C'est ce qui attend cette lune si nous ne faisons rien pour endiguer son fléau, annonça d'une voix terriblement convaincue le mystérieux individu encapuchonné.

        A peine venait-il d'évoquer l'idée que ce marais aux morts pouvait à terme recouvrir toute la surface d'Endor que l'étranger se remit comme si de rien n'était à pagayer. Sans tenir compte de l'ampleur du malheur qui s'amplifiait de seconde en seconde, tout autour d'eux.

        Les quelques mots prononcés par l'homme intensément barbu prouvaient au moins une chose : il était loin d'avoir vu pour la première fois de sa vie un endroit aussi maléfique. Le ton de sa voix, sa monotonie et le semblant de calme qui se dégageait de sa personne indiquaient qu'il avait vécu des évènements comparables, si ce n'est bien pires. Mais comment s'était-il retrouvé ici ? Comment avait-il rejoint le Chureelung et surtout, pour quelles raisons s'était-il porté au secours de Kath Aplazm si ce n'est par bonté ? Tant de questions qui restaient sans réponses, et auxquelles le principal concerné ne semblait pas vouloir répondre dans l'immédiat.

        Quelque soit la nature de l'individu, les seuls éléments caractéristiques sur lesquels Kath pouvait se reposer étaient sa voix - définie par un timbre sombre et un débit assez lent -, son apparence vestimentaire - difficile d'observer quoi que ce soit dans l'obscurité et la brume ambiantes du fleuve, si ce n'est une vieille bure complètement décousue et abimée par le temps - ainsi que son apparence physique - ni grand ni petit, d'une masse svelte et même trop affinée pour un homme aux exigences physiques actuelles... -. Son visage, en partie camouflé par la capuche qu'il portait précieusement - souhaitait-il seulement montrer à quoi il ressemblait ? - était de toute façon quasiment imperceptible vu les conditions météorologiques actuelles. Seule une barbe touffue et même vulgaire, signe d'une hygiène qui laissait à désirer, pouvait être perçue sur la face du bonhomme.

        Pour que le jeune Novice Kath Aplazm en vienne à se demander s'il ne faisait pas lui-même partie d'une barque imaginaire - comme celles qui l'entouraient depuis de nombreuses minutes désormais - il n'y avait qu'un pas d'Ewok qu'il ferait bien d'éclaircir au plus vite. Car depuis qu'il avait été sauvé de la noyade, c'était l'étranger qui était aux commandes du bateau sur lequel il se trouvait encore.

        L'ambiance était d'une telle tristesse que la pluie refit son apparition. Mais contrairement à celle qui avait accompagné Kath et ses compagnons dès leur sortie de la Montagne Noire, celle du fleuve Chureelung était beaucoup plus douce. Si l'intensité était tout autant élevée et le rythme des cordes bien plus violent qu'à l'accoutumée, les fines gouttelettes donnaient l'impression d'être sous une douche grandeur nature. Appréciant visiblement cette atmosphère rafraichissante, l'étranger avec lequel se trouvait Kath se laissa aller à un moment de répit en abandonnant les pagaies dans la barque et en levant les yeux vers les cieux. L'étranger appréciait tellement cette sorte de bruine qu'il en ouvrit la bouche afin de boire une quantité non négligeable d'eau naturelle. Qu'elle soit consommable ou non ne semblait pas l'embêter et apportait un nouvel élément de réponse à Kath - si le coup de rame n'avait pas envoyé ce dernier dans un profond sommeil - : l'étrange gaillard n'avait pas bu depuis un certain temps.

        Son attrait pour l'eau de pluie s'arrêta soudainement alors qu'une dernière barque fit son apparition dans le champ de vision des deux hommes. Distante de plusieurs dizaines de mètres du reste des chaloupes, elle accueillait en son bord un vieil homme barbu et coiffé d'un catogan. Immédiatement, celui qui menait Kath Aplazm vers une destination inconnue perdit son tempérament calme et adressa un intérêt non négligeable au vieillard qui s'apprêtait à croiser leur chemin sur le fleuve. Et tandis que leur barque respective se frôlait, le nouveau compagnon du Novice de l'Ordre eut un réflexe contrôlé de sa main droite. Comme s'il avait ressenti un attrait soudain pour le passager qui filait dans l'autre sens du cours d'eau.

        Instantanément, et tandis que le vieil homme disparaissait lentement dans la pénombre recouvrant le fleuve, l'étranger se concentra à nouveau sur sa tâche. Celle de mener le bateau vers une destination moins sombre.

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          #27

          Post n°26
          Auteur : Kath Aplazm

          Une fine pluie vint réveiller le pauvre Kath, étendu de puis un moment -combien de temps exactement ?- sur le bois humide de la barque qui le menait vers les confins d'Endor les plus éloignés du Sanctuaire. L'Alderaani mit un moment à s'apercevoir que l'embarcation dérivait et n'avait plus de conducteur, car il dut bien passer plusieurs minutes à frotter son crâne douloureux. Il lui semblait qu'il avait énormément perdu connaissance ces derniers temps et cela l'inquiétait ; s'il n'avait pas su que le battement intense de ses tempes était une façon pour la Force de se manifester en lui, il aurait directement préparé une visite chez le médecin.

          Au bout d'un instant, donc, Kath se rendit compte que l'inconnu qui dirigeait la barque avait cessé de ramer. Le visage légèrement levé vers le ciel, il paraissait profiter de l'averse. La pluie était certes moins violente que les derniers orages qu'Endor avait eu à subir, mais le novice n'arrivait pas à la trouver agréable. Son œil fatigué remarqua toutefois que l'homme encapuchonné buvait l'eau qui tombait du ciel, comme un assoiffé se serait compromis pour une goutte de vin à la sortie du désert. Qui pouvait bien être ce type ? Il n'avait pas daigné répondre aux questions de celui qu'il avait tiré des eaux et s'était simplement contenté de lui asséner un grand coup de rame.

          Encore désorienté, le novice Jedi s'assit avec difficulté contre le bord de l'embarcation, prenant bien soin de ne pas la faire chavirer. Le regard malade du novice commença alors à décortiquer chaque bribe d'information dont il disposait. Où était-il ? Sur le Chureelung ? Le fleuve maudit était sinistre, bien entendu, mais la brume que les deux voyageurs traversaient n'avait rien à voir avec les eaux sombres que la troupe avait observées avant de s'enfoncer dans les ténèbres de la Montagne Noire.
          Se frottant le front de la main, Kath lâche un grognement ; sa blessure était toujours vive. L'éclat de voix provoqua un mouvement chez l'inconnu, qui se tourna légèrement vers le novice. Kath put apercevoir une barbe abondante qui sortait de ses vêtements rapiécés. L'homme ne paraissait pas bien grand, et semblait même un peu maigrichon. Qui donc était ce type ? L'Alderaani plissa les yeux, tentant d'apercevoir l'un ou l'autre trait qu'il serait en mesure de reconnaitre sous la large capuche...mais en vain.

          A mesure que la barque voguait, lentement au gré des flots, Kath reprenait contenance. S'il ne savait toujours pas où étaient ses compagnons et s'il était toujours aussi perplexe, la douleur de ses membres fatigués et blessés lui rappelait sans cesse sa condition d'être mortel. En outre, il se savait en vie, car capable de souffrir. Cette réflexion un poil hâtive l'amena à des considérations plus philosophiques : était-il impossible de souffrir en Enfer ? La douleur n'était-elle que le propre des hommes ?
          Ces réflexions dans le vague étaient autant le produit de son esprit assommé que de l'atmosphère délétère des lieux. Celle-ci semblait également affecter l'autre occupant de la barque, qui était maintenant tourné vers une silhouette, perdue dans le brouillard. Kath eut beau regarder ce que l'étranger observait, il ne parvint pas à se figurer le visage de la personne qui obnubilait son sauveur. Était-ce un Jedi ? Il semblait porter la bure. Au-delà de cela, il était impossible pour Kath d'en savoir plus ; il ne connaissait pas assez les occupants du Sanctuaire, pour les avoir trop peu côtoyés.

          Comme ils se rapprochaient de la barque qui transportait cette nouvelle ombre, le conducteur de la barque, qui avait lâché ses rames depuis plusieurs minutes, esquissa un geste en sa direction. Le novice tressaillit, comme pris d'une angoisse qui avait dû secouer tout leur véhicule. Il ne savait si c'était la pluie, mais Kath eut l'impression de geler sur place.
          Puis l'homme reprit ses rames avec devoir, en silence, détournant le regard de cette barque fantôme pour à nouveau se concentrer sur les eaux opaques du Chureelung.

          - Vous aussi, vous avez failli vous faire avoir, observa Kath avec détachement, son poignet brisé calé sous son aisselle. En s'adressant à son sauveur, le novice tentait à présent une autre approche : si cet inconnu s'enterrait dans son mutisme, il ne passerait pas le reste du voyage sans en apprendre plus sur lui. Une réaction, un geste... c'était tout ce qu'il lui fallait pour le moment. Ces trucs sont horribles. On dirait qu'ils sont encore plus réels que le dragon qui a chopé maître Nass...

          Kath sourit dans sa barbe. Cet étranger ne resterait certainement pas de marbre à l'évocation d'un dragon ! Tout individu doté d'un tant soit peu de curiosité se serait intéressé à la créature, au moins pour questionner la véracité des propos du novice. Toutefois, Kath ne put s'empêcher de ressentir une pointe de tristesse en évoquant son maître Gungan. Mais, déterminé à ne pas retomber dans la mélancolie, il reprit :

          - Vous avez soif, hein ? J'ai vu que vous buviez l'eau de pluie, tout à l'heure. Moi, je suis mort de faim. Depuis que mon groupe et moi sommes sortis de la Montagne, on n'a rien mangé. Faut dire, on était quand même poursuivis par des maraudeurs... Vous ne les avez pas vus ? Difficile de les rater, des tarés, des tarés j'vous dis ! Ils z'arrêtaient pas de crier comme des fous. Si j'avais eu un sabre laser, on aurait pu réfléchir à les bastonner, mais là... hors de question, surtout avec nos blessés. Eh ? Vous m'écoutez ? Je vous ai dit que je suis un Jedi ?


          Kath n'avait pas oublié toute prudence en dévoilant sa qualité de Jedi -encore qu'il ne soit qu'un novice inexpérimenté- à cet inconnu. Seulement, il désirait obtenir une réaction de cet homme qui n'avait pas daigné le regarder en face depuis qu'il l'avait sauvé. Et puis, l'Alderaani n'était plus à un danger près. De toute façon, il y avait peu de chance que l'individu lui veuille du mal ; après tout, ne l'avait-il pas tiré des flots ? Pendant une seconde, Kath se tut,de peur que ses paroles ne donne envie à l'étranger de le balancer dans le Chureelung pour le faire enfin taire. Mais il reprit très vite le flot de ses paroles, évoquant les difficultés du voyage, les Ewoks abattus, le feu de forêt et les mercenaires de Beemen.

          Masquant ses mouvements par ce brouhaha incessant, Kath tenta de se rapprocher, subtilement mais sûrement, de la position de l'homme encapuchonné, afin d'enfin de ne rien rater si l'inconnu se retournait vers lui. Il ne savait pas si son sauveur avait conscience qu'il s'approchait de lui, presque qu'assez près pour pouvoir lui retirer sa capuche, mais Kath n'en avait cure, sa curiosité ayant pris le pas sur tout autre sentiment. Tout d'un coup, une secousse violente dans la barque le fit retomber sur ses fesses, lourdement.


          - Eh beh, vous avez la conduite agressive...
          lâcha encore Kath en reculant, persuadé que l'inconnu l'avait fait exprès.

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            Post n°27
            Auteur : Rylen Korr

            Le calme de l'étranger avait repris son bonhomme de chemin malgré l'étrange réaction qui avait suivi le passage de la dernière barque fantôme sur le fleuve du Chureelung. Imperturbable, imperceptible, l'homme barbu se contentait de guider le chemin de la chaloupe, donnant le sentiment de savoir où aller alors même qu'il ne connaissait rien de la situation du compagnon d'infortune qu'il s'était fait sur la rive.

            Le rythme des coups de rame dans l'eau était parfaitement cordonné. Lents mais réguliers, les frottements contre la surface liquide du fleuve permettaient au petit bateau d'avoir une allure convenable pour son gabarit. Cela renforçait d'autant plus une faille énorme dans le comportement du capitaine de navire, puisque le moindre changement de comportement ou la moindre réaction émotive pouvait facilement se déceler dans sa manière de diriger la barque.

            Le ralentissement fut bref et quasiment invisible. Mais le rythme de l'avancée du bateau avait réellement été modifié, au moment même où Kath évoquait l'affrontement entre le Maître Nass et le dragon.

            Comme si de rien n'était, le mystérieux barbu reprit sa démarche devenue habituelle. Aucun mot ne sortit de ses cordes vocales. Le dos bien droit, les bras effectuant le même mouvement depuis de nombreuses minutes... Celui-ci était bien décidé à ne pas rentrer dans le jeu du jeune homme, quelque soit la persévérance de ce dernier. Mais ses mots, tous portés sur les aventures qu'il avait vécu ces derniers jours, ne pouvaient tomber dans l'oreille d'un sourd. Si le compagnon de Kath ne réagissait pas, ça ne voulait certainement pas dire qu'il se fichait royalement de la conversation proposée par le jeune passager dans son dos. Dans ce cas, il lui aurait déjà fait comprendre qu'il préférait d'avantage le silence à sa voix typique de la jeunesse branchée du Noyau.

            La barque vacilla au moment même où le jeune homme semblait étrangement vouloir rentrer dans le périmètre de sécurité de son camarade. Celui qui avait la plus grosse barbe des deux n'eut aucune réaction trahissant son geste - avait-il vraiment provoqué ce soubresaut et si oui, comment ? - mais très vite, un son assez étrange provint du plus profond de sa gorge. C'était une sorte de rire, mais un rire nerveux, une réaction vraiment décalée qui semblait provenir de nulle part tant le personnage qui en était à l'origine se retenait de bouger ou de se mouvoir.


            - Un Jedi ne se noie pas, jeune Novice, répondit-il brièvement en concluant son rire par un coup de rame bien plus rapide et bien plus puissant qu'à l'accoutumée.

            Ce fut la conclusion de l'échange verbal le plus intéressant de toute cette contrée d'Endor.

            Les minutes défilèrent de nouveau, effaçant encore une fois les péripéties passées. Le calme qui s'était réinstallé sur le fleuve pouvait donner une énième occasion de se demander si tout ceci était bien réel. Ça l'était, pour certains. Mais pas pour d'autres.

            Cette apparence d'Endor était comme une métaphore galactique. L'être naïf qui se croyait intelligent était certain de tout connaître, mais le sage qui se savait ignorant était conscient qu'il ne connaissait rien de ce qui l'entourait. L'étranger qui accompagnait Kath, le Novice lui-même et les siens - encore fallait-il qu'ils aient survécu au Néant du Chureelung - venaient de pénétrer sur des terres inconnues, qu'aucun autre homme de leur génération avait jadis foulé. Les empreintes qu'ils laisseraient sur la terre ferme de ces lieux inconnus resterait gravée à jamais. Leurs actes bouleverseraient la nature de cette lune sur des siècles entiers et il faudrait attendre des milliers d'années pour qu'une nouvelle expédition de ce type vienne remplacer leurs chemins à peine tracés.

            Chaque battement de cœur, chaque respiration et chaque réflexion provoquaient un écho qui se propageait jusqu'au fin fond de cette contrée d'Endor. Un seul coup de pagaie dans les eaux glacées du Chureelung et l'onde se propageait des centaines de kilomètres en aval. Rien n'était du au hasard, tout avait une source et tout était conséquence.

            Une série de rapides loin d'être rassurants au départ s'avérèrent finalement peu inquiétants tant ils furent peu intenses. Une fois la barque revenue dans des eaux moins agitées, le fleuve sembla retrouver une quiétude qu'il n'avait plus eu depuis de nombreuses heures. La pluie était toujours vivace mais s'était relativement calmée, et le brouillard s'était quelque peu dissipé pour offrir d'avantage de lumière même si celle-ci était encore bien faiblarde. Le jour se levait petit à petit et il semblait vouloir gagner d'avantage de terrain que la veille, même si le combat semblait perdu d'avance tant l'obscurité allégorique gangrenait les lieux.

            La paix retrouvée ne dura guère longtemps, car très vite une anomalie environnementale fit son apparition sur les flancs du cours d'eau. Kath Aplazm et l'étranger qui le guidait au milieu des eaux étaient les seuls individus dans un rayon de plusieurs dizaines de mètres - aucune trace de Bareman, Saecha et des trois Ewoks, mais la brume ne permettait pas de voir à une très longue distance. Pourtant, malgré cette sensation de solitude, le silence qui accompagnait l'avancée de la barque n'était pas naturel. Celui-ci donnait même à l'atmosphère un certain poids nouveau qui n'avait jusqu'à présent pas été ressenti.

            Dans les forêts avoisinantes, à flanc de montagne, une oreille attentive pouvait facilement discerner des bruits de branches et de feuilles réguliers. De temps à autre, des sons animaliers accompagnaient les craquements du bois mort tombé au sol depuis des semaines, mais aucune bête vivant sur cette lune n'était réputée pour pister une barque avec à son bord deux hommes - qui plus est, deux hommes hors de portée d'une éventuelle attaque. Si le meneur de la chaloupe artisanale - qui ramait avec le même rythme depuis bientôt une heure maintenant - donnait l'impression d'être parfaitement serein, son ouïe était totalement concentrée sur les bruits alentours. Il avait déjà ressenti la potentielle menace qui, petit à petit, quadrillait la zone de manière parfaitement coordonnée.


            Spoiler : Musique
            [Flash unavailable]
            Tandis que l'étranger ralentissait l'allure de la barque pour quasiment stagner sur les eaux du fleuve, une adorable mélodie se fit entendre sur le flanc gauche de la rive. Mélange de voix graves et de nature non animale, celles-ci étaient loin d'être désagréables et avaient même le don de capter l'attention de ceux qui l'écoutaient. L'inconnu encapuchonné remarqua même un petit oiseau venu se poser près de Kath, le regard luisant tourné vers les bois et le bec près à s'ouvrir pour participer à l'ariette improvisée.

            - On dirait... une invitation.

            Ces mots venaient droit du cœur. Le nouveau compagnon de Kath avait l'étrange sentiment que ces individus, quels qu'ils soient, s'adressaient directement à eux en leur instillant de la confiance à longue portée. Comme s'ils avaient pu ressentir de la méfiance spontanée dans le comportement des deux hommes et qu'en réaction, ils tentaient joyeusement de les amener à baisser leur garde.

            Reprenant les rames en mains, l'inconnu à la barbe bien épaisse s'évertua à rapprocher leur barque de la rive gauche du fleuve, bien décidé à découvrir ce dont il s'agissait. L'appel était bien trop beau pour être ignoré, et continuer à avancer sur les eaux du fleuve en se sachant épiés ne leur remonterait pas le moral. Le bateau se rapprocha ainsi de la terre ferme en l'espace de quelques secondes - une prouesse remarquable de son capitaine improvisé si l'on accordait de l'importance aux courants actuels du Chureelung. Leurs pieds à nouveau en contact du sol d'Endor, l'étranger se lança de manière presque aveugle en direction de la mélodie qui n'avait jamais été aussi adorable que depuis sa naissance il y a quelques instants en arrière.

            Visiblement, le récent sauveur de Kath Aplazm accordait peu d'importance à ce dernier, tant il se fiait uniquement à son seul instinct pour connaître le chemin à emprunter. Et pourtant, le Novice n'avait aucunement besoin de livrer d'importants efforts pour remarquer les coups d’œil réguliers en arrière du bonhomme avec qui il s'était - par un mystérieux hasard ? - retrouvé. L'homme à la bure aussi vieille que la galaxie s'efforçait néanmoins de rendre ces légères attentions les moins bienveillantes possible, par exemple en accélérant sa démarche afin de donner le sentiment de ne pas vouloir se faire ralentir par le jeune Novice Jedi.

            Se souciait-il réellement de son camarade aux cheveux longs ? Beaucoup d'interrogations de posaient autour de cet inconnu qui était tombé du ciel comme par miracle pour venir en aide à Kath. La frontière entre le réel et le rêve n'en était que trop réduite, et il y avait de grandes raisons de se demander si l'esprit de l'Initié Jedi ne lui jouait pas des tours.

            Peut-être était-il même déjà mort, ayant succombé à la folie du Chureelung et à ses eaux meurtrières. Aplazm était-il assez fou pour se croire vivant ? Était il même assez vivant pour se croire dément ? Tout était réuni pour se poser les bonnes questions : les spectres du fleuve sortis de nulle part, l'étranger apparu de nulle part, la gracieuse mélodie de la forêt née de nulle part... Même la météo était porteuse d'interrogations qu'il ne fallait pas sous-estimer, avec cette pluie douce venue de nulle part remplacer les averses glaciales qui n'avaient pas cessé depuis la fuite de la Montagne Noire.

            Et comme si les éléments actuels n'étaient pas assez flagrants, la forêt dans laquelle les deux hommes venaient de mettre les pieds n'avait jamais été aussi majestueuse que toutes les sylves réunies de leurs rêveries les plus travaillées. Les grands et magnifiques arbres d'Endor semblaient taillés pour plaire, tandis que de nombreux feuillages chutaient lentement des cieux afin d'entourer les deux visiteurs d'une grâce naturelle. L'odeur parfumée de l'endroit semblait provenir directement de la mélodie toujours jouée tant elle lui ressemblait, séduisante et suave à la fois. Rien au monde ne pouvait donner envie de rebrousser chemin tant ce sentier était tentant. Mais la tentation n'était-elle pas un pêché ?

            Cette pensée apparut bien trop tardivement. Apparus de nulle part, d'étranges spécimens camouflés par la nature ambiante et armés de lances primitives entourèrent de manière extrêmement menaçante les deux visiteurs. Immobiles et parfaitement coordonnés, ces individus étaient fins et grands, et leurs grandes jambes dénués de graisse ne passaient pas inaperçues. Si leur corps n'était pas très imposant, leur minceur s'avérait plutôt être une sveltesse à toute épreuve, tant leur approche de Kath et de son compagnon avait été réalisée sans aucun geste brusque qui aurait pu trahir leur arrivée. Bien qu'ils soient en position de dominant et donc de prédateur sur une lune telle qu'Endor, ils ne donnaient pourtant pas l'impression d'être sauvages, ce qui les aurait certainement amené à sauter sur leur gibier humain sans qu'ils n'aient eu le temps de s'en rendre compte. Au contraire, leur réaction était plutôt celle d'individus préférant la capture à la mort immédiate. Il s'agissait donc certainement d'être intelligents - toujours dans la définition Endorienne du terme, bien spécifique à elle en comparaison des termes galactiques.

            Leur morphologie mise à part, ils semblaient étrangement avoir quelques similitudes avec les Ewoks. Leur caractère primitif, leurs connaissances de la nature environnante et leurs actions groupées ressemblaient mystérieusement à celles qu'employaient les petites boules de poils. Était-ce une caractéristique commune à toutes les espèces intelligentes de la lune d'Endor ? Ou peut-être que ces boules sur tige étaient de lointains cousins de la famille Ewok ? Peu de réponses pouvaient être trouvées sans d'avantage de renseignements sur leur communauté.

            Et c'est justement vers celle-ci que Kath et son compagnon dont il n'avait strictement aucune information semblaient se diriger, puisque ceux qui venaient de les capturer s'étaient silencieusement mis en route à leurs côtés - leurs lances toujours pointées dans le dos des deux visiteurs. Et l'étrange mélodie, elle, continuait toujours à répandre sa grâce à travers la majestueuse forêt de cette contrée inconnue...

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              #29

              Post n°28
              Auteur : Kath Aplazm

              Spoiler : Fond musical
              [Flash unavailable]


              Le flot des paroles de Kath étaient reçues par l'étranger comme un roc impassible accueille les vagues. Rien de ce que disait le novice n'aurait pu perturber ce guide taciturne, dont les larges mouvements faisaient avancer la barque sur les eaux tantôt calmes, tantôt plus brusques du Chureelung. Au fil des minutes, le jeune homme finit par perdre patience et cessa de bombarder l'homme de questions et d'anecdotes inutiles. A quoi bon ? Les seuls mots qu'avaient prononcé le vagabond -car c'était bien ce que à quoi il ressemblait avec ses vêtements sales et délavés- n'avaient pas chassé l'impression qui habitait Kath d'être en train de parler à un mur.

              Mais cette maigre réponse, prononcée sur un ton rieur mais étrangement froid, offrait plus d'information sur l'étranger qu'on ne pouvait s'en douter. Kath mit plusieurs silencieuses minutes à se rendre compte que l'homme l'avait appelé par son titre au sein de l'Ordre Jedi, sans qu'il l'ait lui-même précisé. Etait-il à ce point flagrant qu'il n'était qu'un simple initié ? Ou était-ce là une simple supposition de l'étranger étant donné le fait que Kath ne portait pas l'arme traditionnelle des Jedi à sa ceinture ? Quoiqu'il en soit, l'homme ne semblait pas ignorer les coutumes Jedi. Entre cela et son apparente connaissance des lieux et du fleuve, il ne pouvait s'agir d'un simple mercenaire. Un voile de mystère continuait à entourer ce personnage énigmatique, mais Kath ne se risqua pas à tenter de le démasquer une nouvelle fois ; les quelques vêtements qu'il portait encore étaient à peine secs et il redoutait un nouveau plongeon dans le fleuve maudit.

              Au fil des minutes, la pluie se fit plus fine, plus douce encore. Les premières lueurs du jour perçaient le voile des nuages et d'un brouillard qui commençait lentement à se dissiper, comme pour annoncer une nouvelle frontière dans les contrées sauvages de la lune forestière. Kath regarda avec admiration les arbres, plus verts et plus grands que partout ailleurs, percer le flanc des collines et des rives. Aussi majestueux que l'arbre qui dominait le lac Fektur, quoi que plus petits, ils ressemblaient aux géants des histoires pour enfants : tranquilles, sages, mais également puissants et immortels. L'Alderaani s'était déjà plusieurs fois extasié devant la nature d'Endor, mais cette vue lui offrait un émerveillement nouveau. Muet, il se contentait de se cramponner à la barque, son regard caressant les berges du Chureelung, à la recherche de vie. Mais seul le silence de la mort répondit à son appel d'espoir. Pas un oiseau, pas un animal des bois, ne vint percer la sombre litanie des flots.

              Soudain, le mouvement de la barque ralentit sur les eaux, car les mouvements du sauveur de Kath s'étaient fait plus modérés. L'homme encapuchonné semblait alerte, quoique le novice ne put jamais apercevoir les traits de son visage. Ouvrant l’œil et dressant l'oreille, Kath put finalement distinguer ce qui avait sans doute attiré l'attention de son compagnon de fortune : des bruits, réguliers mais discrets, s'élevaient de la forêt, comme si la barque et ses occupants étaient observés et suivis. Le jeune homme jeta un regard inquiet en direction de la rive gauche. Il avait cru apercevoir une silhouette, mais celle-ci s'était déplacée avec tant de célérité et de discrétion qu'il aurait très bien pu avoir rêvé. Perplexe, il se massa les épaules à l'aide de sa main valide et se secoua de gauche à droite. La brise était douce, mais il commençait à attraper froid dans cette atmosphère angoissante.

              Un petit oiseau vint se poser sur la barque, non loin du novice. Kath l'observa avec étonnement comme un chant, grave mais mélodieux, presque irréel, émanait de la forêt. Qu'est-ce que cela voulait dire. L'étranger déplaça lentement la barque, qui était pratiquement immobile sur le fleuve, vers la rive. Il prononça quelques mots que le novice n'entendit pas. Kath était captivé par cette chanson dont il ne comprenait les paroles. Sa mélodie semblait s'échapper du tronc de ces arbres dont il n'avait cessé d'admirer la grandeur. La forêt l'invitait-elle à la rejoindre ? Etait-elle prête à le pardonner pour ses fautes, au bout du long chemin d'expiation qu'il avait traversé ? Il en avait secrètement rêvé, mais son esprit fatigué ne pouvait en être certain.

              Perdu dans ses rêveries, Kath mit quelques instants à comprendre que la barque, dirigée par l'habile conduite de son capitaine, venait d'accoster contre la rive. L'étranger, lâchant les rames, s'était précipité sans un mot sur le sol humide de la berge et avait pénétré dans la forêt. Secouant la tête, le novice mit également pied à terre.


              - Eh, attendez !

              La silhouette encapuchonnée ne daigna pas lui répondre ; tout juste lui accorda-t-elle un regard en coin, comme pour vérifier qu'il était encore en vie. Kath prit quelques secondes pour caler la barque le long des flots avec quelque rondin ou pierre trouvé ça et là, afin que le torrent n'emporte pas l'embarcation, puis courut rattraper l'étranger, qui n'avait pas pris la peine de l'attendre.

              - Où allez-vous comme ça ? Faites attention ! La lune est pleine de maraudeurs, ou pire...!

              Torse nu et frigorifié, et encore un peu engourdi, le novice eut quelques difficultés à suivre les pas de son acolyte. Il évitait avec soin les racines et les flaques de boue, mais cela lui prenait un temps et une énergie considérable malgré son entrain et le plaisir qu'il avait d'enfin retrouver la terre ferme. Sans son épieu Ewok, qui lui avait longtemps servi de bâton de marche, il devait s'en remettre à ses membres fatigués pour évoluer au milieu de la forêt et sa main blessée ne faisait que le ralentir. Évoluant à plusieurs dizaines de mètres de son sauveur, il dut concentrer toute son énergie et sa concentration à ne pas perdre l'homme de vue. Bon sang, jusqu'où comptait-il aller ?

              L'Alderaani s'immobilisa soudainement, les bras figés dans une position étrange et les genoux pliés. Ses tempes lui faisaient mal. Il savait désormais ce qu'une telle sensation voulait dire. S'il avait encore du mal à interpréter les signaux que lui envoyait la Force, il ne prenait plus ses avertissements à la légère. Quelque chose d'instinctif en lui lui disait de ne pas s'avancer plus loin que de raison. Etait-ce les chants, qui avaient continué tout le long de leur traversée des bois, qui lui faisait cet étrange effet ? Réticent à l'idée de s'aventurer dans le sillage d'un homme qui ne lui avait donné aucune garantie d'amitié, si ce n'était de lui avoir sauvé la vie -pour quelle raison au juste ?-, le novice envisagea même de tourner les talons et de rejoindre la barque abandonné le long du fleuve.

              Au bout d'une poignée de secondes, s'étant fait à l'idée de ne pas continuer, Kath initia un mouvement lent de recul. Mais en se retournant, quelle ne fut pas sa surprise de se retrouver nez-à-nez avec une horde de créatures poilues, rondes et dressées sur des échasses qui devaient leur servir de jambes. Avec un cri de surprise, Kath prit immédiatement ses jambes à son cou en direction de l'étranger. Dix mètres plus loin, il manqua de peu de se faire percer le flanc par l'une des lances primitives qui l'entouraient de façon menaçante pour lui interdire le passage dans la forêt.


              - Je..Je...Je me rends !
              , balbutia l'Alderaani en levant les bras en l'air, les traits tirés dans une expression crispée. Un simple regard alentour lui indiqua que l'homme encapuchonné avait lui aussi été interpellé par ces étranges créatures des bois. Leurs membres fins et gracieux contrastaient avec leurs corps trapus et poilus, qui rappelaient ceux des Ewoks. Se pouvaient-ils qu'ils soient des cousins des Naa'Fruu ? Leurs yeux étaient cependant bien plus grands et leurs narines proéminentes tranchaient avec les visages d'ourson des alliés des Jedi.

              Kath hésita un instant à combattre. Mais il connaissait l’opiniâtreté, la combattivité et l'habileté des Ewoks, pour les avoir maintes et maintes fois vus à l’œuvre. Blessé et désarmé, il n'avait de toute façon aucune chance et mettrait sans doute la vie de son compagnon en danger. Mieux valait se rendre et espérer que ces nouvelles bestioles n'aient pas l'idée saugrenue de vouloir les rôtir à la broche, sort qui avait failli attendre Uriel et Kath plusieurs jours -ou semaines, maintenant, qui le savait vraiment ?- plus tôt.

              - Ee chee wa maa...
              jura Kath dans un Ewokese approximatif, que n'aurait toutefois pas désapprouvé Woopee s'il avait été présent. Le novice s'étonna d'avoir recours à la langue des Ewoks à cet instant. Peut-être avait-il tout de même appris l'une ou l'autre chose à leur contact, finalement... mais ces onomatopées ne le mèneraient pas bien loin. ...Vous êtes fier de vous ?

              Cette remarque pleine de reproche et d'impertinence s'adressait à l'étranger, près duquel Kath avait été ramené sous la pression des pointes acérées des armes des autochtones. Kath l'avait faite à mi-voix, se forçant à sourire aux créatures et à leur adresser des gestes de respect, dans l'espoir de les apaiser.

              - Euh... chers...euh...z'amis ? Chers amis ! Nous venons en paix, oui...en paix ! Pas la peine de vous énerver, on ne fait que passer, on va repartir pas vrai, hein... (Kath adressa un coup de coude faussement complice à son camarade encapuchonné) ..mon pote ! Allez, dites-leur qu'on ne leur veut aucun mal !

              S'il tentait de garder contenance, Kath avait bien du mal à calmer le tremblement de ses jambes. Après avoir survécu aux mercenaires de Beemen, aux Sanyassans, au dragon de la Montagne et au fleuve Chureelung, l'Alderaani aurait espéré arriver à la fin de son périple. Il semblait pourtant que les ennuis ne faisaient que s'accumuler, et cela n'allait pas en s'améliorant. Kath et son compère furent emmenés plus loin dans la forêt sans qu'on leur réponde, loin du fleuve et de ses eaux glaciales. Pas nécessairement pour un mieux.

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                #30

                Post n°29
                Auteur : Kath Aplazm

                La traversée de la forêt avait les contours flous et les couleurs pâles d'un songe. Bercé par la douce mélodie des arbres, Kath, l'étranger et la troupe mystérieuse avançaient lentement. Leur pas lent se mêlait au bruissement des orties et des brindilles, ajoutant une infime percussion au concert des bois. Cric, crac, pouf. Ces échos résonnaient aux oreilles de l'Alderaani comme le son monotone mais rassurant d'un métronome ou d'une horloge. Le temps passait, doucement, mais leur dernière heure n'était pas arrivée. De cela, il avait la conviction profonde.

                Au détour d'un chemin, près d'un petit totem de pierre primitif, le paysage changea. La forêt touffue s'était muée en verdoyantes plaines, percées par endroit de fontaines et de ruisseaux, sous un ciel bleu azur. Le soleil brillait au zénith, éclairant au loin les murs imposants d'une cité d'où s'échappait des rires et des chants. Kath se frotta les yeux d'un revers de sa main valide, puis se pinça vivement pour s'assurer qu'il ne rêvait pas. Ce paysage idyllique ressemblait à s'y méprendre à la campagne qui entourait les faubourgs de son Aldera natale. La fatigue lui avait-elle fait perdre la raison ?

                Le novice jeta un œil à sa droite et à sa gauche, scrutant les réactions des créatures qui l'escortaient. Celles-ci s'étaient immobilisées, la mine si grise qu'on les aurait aisément confondues avec les statues qui agrémentaient les jardins luxuriants d'Alderaan. Tous leurs regards étaient braqués sur un promontoire placé en évidence au milieu d'un carré d'herbe, à quelques mètres de là. Intrigué, Kath l'observa de longues secondes en silence, dans l'espoir peut-être que quelque chose se passe. Il chercha aussi des yeux l'étranger encapuchonné, mais celui-ci semblait s'être volatilisé.

                Au bout de plusieurs minutes à ne faire qu'écouter le souffle de la brise, Kath se décida à avancer prudemment vers le promontoire de pierre, veillant bien à ne pas contrarier ses veilleurs. Pas un n'esquissa un geste. Kath s'arrêta tout d'un coup. Avec une moue dérangée,il rebroussa chemin vers la forêt. Le novice avait déjà vécu une scène similaire, quoique moins joyeuse, dans les marais menant à la Montagne Noire : il savait que rien de tout ceci ne pouvait être naturel. Si la Force n'était pas à l’œuvre ici, il devait être pris d'hallucinations ou piégé par les artifices malsains d'un quelconque sorcier. Quoiqu'il découvre auprès de ce promontoire, cela ne pouvait lui apporter que de nouveaux ennuis.

                Et pourtant... Et pourtant sa curiosité le démangeait. Pourquoi la Force avait-elle choisi de lui montrer Alderaan ? S'il se plaignait souvent de la lune forestière et de sa météo, il ne regrettait pas vraiment d'avoir quitté sa planète natale. Certes, il avait fait plus de mal que de bien à son arrivée au Sanctuaire, mais il avait tout de même plus sa place ici que parmi ses concitoyens alderaanis. Une manifestation de son subconscient ? Haussant les épaules, Kath reprit sa marche vers les arbres. Cependant, à mesure qu'il avançait vers l'orée de la forêt, ses genoux le faisait souffrir et ses pieds lui paraissaient de plus en plus lourds. Conscient du fait qu'il s'agissait sans doute d'une nouvelle vision, Kath ne se découragea pas et continua.

                Mais au bout d'une minute, la douleur commença à devenir insoutenable et il tomba sur les fesses pour prendre ses jambes endolories entre ses bras. Un coup d’œil derrière son épaule le fit tressaillir. La vision bucolique s'était changée en vaste terre de feu. Le sol verdoyant s'était craquelé, percé de geyser, et les calmes ruisseaux ressemblaient maintenant à des coulées de lave. Autour de lui, les créatures s'étaient retournées et le fixaient avec des yeux perçants dans lesquels brillait une lumière inquiétante. Enfin, le promontoire, encore visible au loin, s'était mué en une large statue représentant un guerrier à l'aspect terrifiant. Pris d'une douleur au front, Kath tomba en arrière et ferma les yeux.

                Quand il les rouvrit, il était seul, à genoux en face de la statue. Il voulut bouger, courir, mais ses yeux restaient inlassablement collés à la figure de pierre. Le personnage portait des habits de Jedi, semblables à ceux de l'étranger. L'homme était-il de mèche avec les créatures, n'était-il qu'une autre manifestation de l'Ombre de la Montagne ? Après tout, il avait bien surgi de nulle part sur le Chureelung, rien ne garantissait qu'il ne fut pas lui aussi l'un des habitants maléfiques des contrées sauvages d'Endor.
                En regardant de plus près les traits de la statue, Kath changea d'avis : il ne s'agissait pas de l'étranger à la barbe touffue. Ce visage était plus jeune, plus émacié... Ces traits étaient les siens. Pris d'une soudaine chair de poule, Kath sentit ses liens invisibles se desserrer. Libre, il sauta sur ses jambes et recula de deux bons mètres avant de buter sur un objet mou. C'était l'une des créatures, maintenant prostrée à ses pieds, en signe de vénération. Qu'est-ce que cela voulait dire ?

                Kath s'administra une série de claques violentes, conscient d'encore se trouver sous le coup d'un champ de Force très puissant. Il n'attendait qu'une chose : la fin de ces cauchemars immondes, auxquels il ne cherchait plus de signification profonde. Mais comme son excitation grandissait, le décor se fit plus sombre et le ciel se mit à gronder. Pour éviter la tempête qui s'abattit soudainement sur le lieu, Kath se jeta sous la statue, dont l'envergure lui offrait un couvert bienvenu. Plusieurs minutes passèrent et l'Alderaani sentait peser sur lui le regard de son double de pierre. L'orga e violent décochait des éclairs qui déchiraient le ciel et le tonnerre grondant annonçait l'arrivée d'un danger imminent.
                Un instant plus tard, la foudre s'abattit, faisant s'écrouler le colosse de granit sur un Kath abasourdi.


                ...

                - Ah !

                Le novice Kath Aplazm se sentit frissonner. L'air se faisait-il plus froid, ou était-ce juste cette bizarre impression d'avoir vécu un instant hors de son corps ? Derrière et devant lui, la troupe des créatures avançait toujours, portée par les chants environnants. A quelques mètres, Kath aperçut l'étranger qui se reposait contre le petit totem en pierre sombre qu'il avait déjà aperçu. Pas de doute, le groupe venait de franchir une sorte de frontière. Vers où les menait-on ? Dans le lointain, des huttes commençaient à émerger au sommet des arbres. Un instant, le novice crut que la troupe était de retour au Sanctuaire Jedi. Mais ce n'était pas possible car ils s'en étaient bien trop éloignés.

                Des silhouettes semblables à celles de créatures qui composaient l'escorte pointèrent hors des petits bâtiments construits avec des matériaux locaux, mais avec une habileté impressionnante et un sens architectural indéniable. Pas de doute, il s'agissait du repère des "Longues Jambes". Pourquoi les avait-on amené ici ? Kath et son compagnon mystérieux allaient devoir le découvrir...

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                  Post n°30
                  Auteur : Kath Aplazm

                  Deux jours. Deux jours entiers qu'il était attaché à cet arbre.

                  Les yeux ouverts malgré la fatigue, des tisons brûlants à quelques centimètres de ses pieds nus, Kath avait compté les heures depuis que ce rêve éveillé s'était transformé en cauchemar.

                  D'abord, il y avait eu cet accueil qui leur avait semblé chaleureux, à son compagnon barbu et lui. Et puis... Un torrent de violence, comme si le temps était enfin venu de payer pour les souffrances infligées à la forêt, au bout de ce voyage expiatoire. L'Alderaani avait regardé son compagnon se faire rouer de coup par des vagues de bâtons rudimentaires. Son corps était resté inerte, dans la boue, quelques quatorze heures durant, avant qu'un garde vienne le traîner pour le jeter hors de vue. Kath, lui, avait été privé de tout, si ce n'était d'un court pagne qui ne préservait guère le peu de dignité qui lui restait.

                  On l'avait attaché, fouetté maintes fois pour s'assurer que la position inconfortable dans laquelle il se trouvait, ficelé contre un tronc, soit définitivement suffisante pour lui empêcher de fermer l'oeil. Au début, il avait crié. Mais les mots avaient vite tari dans son gosier desséché. Son esprit brisé n’essayait même plus de comprendre ce qui lui était arrivé. Il n'implorait plus la Force, dont le battement contre ses tempes s'était fait à chaque seconde moins audible. La pluie avait repris comme jamais, fouettant son torse mais épargnant ses pieds de brûlures d'un bûcher allumé à la hâte près de lui.

                  Qu'ils aient été des Ewoks, des Sanyassans déguisés ou quelque autre créature forestière mystérieuse, l'identité des Longues Jambes n'importait plus à présent. Leurs intentions n'avaient jamais été de discuter en paix. Ils voulaient simplement finir le boulot abandonné par les Naa'Fruu et les bêtes des montagnes. Cruels, masqués et sans pitié, ils ne réagissaient pas aux suppliques ni même aux pardons. Leur seul mot d'ordre semblait être la violence, dans sa forme la plus dénudée: gratuite, aveugle et sans retenue.

                  Les poings du novice Jedi se desserrèrent lentement, laissant couler au sol des gouttes d'un sang rouge qui devait se mêler à la boue noire. Ses membres faibles pendaient ballant au bout des cordages qui le raccrochaient à son perchoir. Au dessus de lui, des oiseaux de proie riaient, envisageant leur festin prochain. Et, inlassablement, le claquement du fouet rythmait le silence du jour.

                  Au bout de la quarante-neuvième heure, un des liens rompit, abandonnant à la gravité le corps sans vie du garçon qui n'avait jamais eu l'occasion de réellement grandir. Ses yeux étaient enfin clos, sa bouche ouverte crachait le râle inaudible de l'agonie. D'un coup de machette décidé, un des gardiens trancha les autres liens et le cadavre tomba dans les cendres mouillées du bûcher, quelques mètres plus bas. Personne dans le village des Longues Jambes ne bougea. Sans doute avaient-ils déjà supposé que l'Alderaani était mort depuis plusieurs heures. Un garde solitaire finit néanmoins par s'approcher, épieu au poing. Sans doute pour finir la besogne, l'air pataud et alcoolisé. Il retourna le garçon et le secoua une ou deux fois avant de trancher ce qui lui restait de liens. Un de plus pour la fosse commune?

                  Grossière négligence.

                  Un poing ferme se referma sur sa gorge. Il l'écarta d'un geste surpris de son bâton pointu avant de grogner, infligeant un coup sec à ce cadavre récalcitrant qui n'en finissait pas de ne pas mourir. Surprise, l'objet se brisa net alors que de nouveaux doigts encerclaient sa gorge frêle, étouffant ses cris d'alerte. Un instant plus tard, il gisait les quatre fers en l'air, les yeux révulsés. La foule attentive des oiseaux s'envola, accueillant comme un miracle ce souper copieux qui lui était offert. Ils oublièrent un instant le garçon que la vie n'avait pas quitter pour s'en prendre à l'autre, ne laissant derrière eux qu'un tas dos rongés.

                  Quand retentit la cloche du village, on remarqua que le supplice était terminé. La place semblait vide, quoique maculée de sang et d'un squelette qui n'était pas humain. Quelques mains grattèrent quelques fronts, mais tout le monde finit par applaudir cet épilogue macabre qui voyait une fois de plus la forêt triompher de ses envahisseurs. Chacun rentra chez soit, l'un ou l'autre se demandant tout de même où pouvait bien se trouver 'Dorgi' à cette heure. N'était-il pas de garde? Bah!

                  Dans un trou, non loin de là, une silhouette noire pansait les plaies d'un jeune homme aux yeux ouverts. Ses pupilles jaunâtre fléchissaient l'or d'un anneau brillant. Ses muscles tremblaient, meurtris. Il était en vie, et il le devait à la Force. Pas celle qui tambourinait dans sa tête et avait calmé ses nuits agitées, mais bien celle qui coulait dans chacune de ses veines. Ses chaînes étaient brisées, il était libre.

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                    Post n°31
                    Auteur : Kath Aplazm

                    Le vent sifflait dans les branches, les oiseaux chantaient doucement le lever du jour. La rosée --ou était-ce encore la pluie?-- perlait sur les feuilles des arbres et son odeur fraîche se mêlait à celles des multiples fleurs qui croissaient lentement au milieu de la jungle luxuriante. Au milieu du semi-silence matinal, des bruits sourds, presque imperceptibles, traçaient dans l'air une mélodie lointaine. Comme des tambours silencieux, une cohorte de pieds foulaient l'herbe, les racines et les branchages avec légèreté et discrétion. A un moment donné, le bruit des pas s'estompa, se transformant en un concert plus bruyant de reniflements sonores.

                    Des jours, des semaines, des mois qu'ils le traquaient. La sale bête avait disparu aussitôt leur attention relâchée, en profitant au passage pour emporter la vie d'un des leurs. S'il était une chose que les Longues Jambes ne pardonneraient pas, ce serait ce genre d'affront. Et pourtant, fait est qu'ils commençaient à perdre autant courage que patience. La traque avait jusqu'ici été infructueuse, bien qu'ils aient suivi la trace de leur proie sur des dizaines de kilomètres. Un bandage, une goutte de sang, une trace de pas dans la boue: ils n'avaient rien manqué qui puisse les mettre sur la voie de l'humain qui avaient souillé leur terre sacrée par le meurtre. Et pourtant...et pourtant, ils ne l'avaient jamais repris, mort ou vif. Aussi étrange que cela semble, l'animal blessé leur filait toujours entre les doigts, à la faveur du climat changeant et de nouveaux pouvoirs mystérieux qu'il semblait s'être découverts. Un instant il leur paraissait qu'il était là, sur un rocher ou un tronc, l'instant d'après il avait disparu, comme emporté par le vent. A quelque autre occasion il leur avait paru qu'il s'était nourri de leurs provisions pendant la nuit, car il leur manquait des victuailles, et que c'était la seule explication plausible pour expliquer que le bougre ne soit pas encore tombé d'inanition, mais encore une fois, aucune trace de lui. C'était comme chasser un fantôme espiègle.

                    Plusieurs membres de la troupe de chasseurs s'en étaient déjà retourné au village. Ne restaient qu'une poignée de combattants résolus, que le moral d'acier et le talent pour la chasse avaient mené bien loin à l'est de leurs terres. Quoiqu'ils maîtrisaient encore bien leur géographie et ne s'étaient pas encore avoués perdus, ils commençaient doucement à ne plus reconnaître les environs depuis quelques temps: loin derrière eux se trouvait le lit du Chureelung dorénavant. Ils avaient failli rebrousser chemin un jour ou deux auparavant, mais avaient fini par se raviser quand une nouvelle piste les avaient galvanisés: sur les bords du fleuve, le corps sans vie d'un Ewok de la tribu Naa'Fruu avait semblé témoigner d'un passage récent d'au moins un groupe de personnes, peut-être en lien avec leur fugitif. Ils avaient consciencieusement analysé les atours du cadavre apparemment noyé et en décomposition; celui d'entre eux qui parlait l'Ewokese avait reconnu sur son pagne des signes: "Woopee". Au moment de les déchiffrer, il leur sembla à tous avoir entendu un sanglot, semblablement venu de la forêt. Etaient-ce les arbres qui pleuraient l'un de leurs adorateurs? Ou alors... Ils s'étaient remis en marche.

                    Alors que les quatre --ou cinq ?-- traqueurs arrivaient au bord d'un précipice dans la forêt, les yeux fatigués mais alertes, l'un d'eux émis un puissant cri. A quelques mètres de distance, de l'autre côté du ravin par lequel s'écoulait un ruisseau à plusieurs mètres en contrebas, se tenait une forme, prostrée à quatre pattes. Elle ne ressemblait pas au garçon qu'ils avaient capturé voilà cinq ou six mois. A vrai dire, ils n'avaient jamais vu une telle silhouette. Sombre, meurtrie, presque nue... on avait peine à croire qu'il puisse un jour s'être agi d'un homme. Mais les regards expérimentés des chasseurs ne les trompaient pas: ils touchaient enfin au but. Cette fois-ci, il ne s'échapperait pas.

                    A cours de flèches à force d'en avoir usées sur du petit gibier qui leur avait servi de pitance pendant de longs mois, les pisteurs devaient s'en remettre à leurs épieux et leurs machettes, prestement. Le premier lança son javelot vers sa cible mais manque son coup de peu. La créature ne bougea pas. Deux autres chasseurs portèrent au troisième un tronc auquel il attacha de la corde en un instant afin de fabriquer un pont de fortune au-dessus du ravin. Il ne leur suffirait pas d'abattre le monstre, il leur faudrait aussi sa peau à ramener en trophée au village; sans cela, jamais ils n'apaiseraient l'âme de Dorgi. Le dernier chasseur hurlait des insultes dans son langage étrange à la proie qui ne bougeait plus, comme morte.

                    Quelque minutes suffirent pour dresser un passage sur lequel les pieds lestes des Longues Jambes n'eurent pas de mal à se dresser. Tous grognaient de rage et de satisfaction d'enfin apercevoir la fin de la chasse. Resté en retrait pour ajuster l'unique flèche qui lui restait sur la corde de son arc, le dernier des chasseurs n'eut pas le temps de crier pour avertir ses camarades du danger dont il venait à peine de prendre conscience. En une poignée de secondes, un vacarme assourdissant retentit et le tronc se fendit en deux, faisant tomber les pisteurs qui tentèrent tant bien que mal de se raccrocher les uns aux autres.

                    Il fallait craindre la bête blessée. Dans un ricanement rauque, loin d'exprimer de la joie, la silhouette se releva. Dressée sur ses deux pieds, elle toisait le chasseur rescapé qui, lui, l'avait d'yeux que pour les corps sans vie ou agonissant de ses compagnons dont les os devaient s'être rompus dans leur chute. Reprenant contenance l'instant d'après, il constata que leur ancien captif n'avait à nouveau pas bougé. Mais cette fois-ci, il donnait clairement signe de vie: ses muscles, bien plus développés que dans ses souvenirs, semblaient bandés et prêts à le voir bondir. Le visage d'adolescent attardé avait laissé la place à un masque de boue auquel s'ajoutait un barde plutôt fournie, au milieu de cheveux gras et longs qui lui descendaient jusque sur les épaules. Etait-ce vraiment celui qu'ils étaient venus chercher?

                    Le Longue-Jambe ne se posa pas plus de questions et décocha sa flèche qui n'atteint pas son but. Ou plutôt si, mais elle se trouvait à présent dans la main de sa cible, qui la rompit d'un geste brusque et lança ses morceaux contre un roc.


                    - Va t'en.

                    L'homme avait parlé d'une voix rauque et sombre, mais ses mots étaient distincts. Le traqueur ne réagit pas à son injonction mais sortit de son paquetage un couteau long d'un bon pied, l'air carnassier. Il n'était pas venu si loin pour abandonner, et ses amis devaient être vengés.

                    - Va t'en.

                    La voix cassée s'était faite plus insistante, mais le langage corporel de l'homme était toujours aussi impénétrable, quoique menaçant. Les battements de ses cils étaient autant de petites lames qui mitraillaient virtuellement le corps poilu du dernier des chasseurs, son regard portait avec lui le vent froid de l'hiver. Plus une trace de la joie de celui qu'ils avaient un jour capturé dans la forêt: était-ce vraiment celui qu'ils étaient venus chercher?
                    Un râle soudain coupa l'affrontement à distance des deux combattants: l'un des traqueurs avait survécu à sa chute et se remettait à peine sur pieds. Il tentait à présent de remonter le ravin en grimpant difficilement, non sans avoir au préalable confirmé que ses compagnons étaient bel et bien morts.
                    Le chasseur n'eut pas le temps de monter bien haut, car l'épieu qu'il avait lui-même lancé le transperça dans le dos et précipita une nouvelle chute, fatale cette fois.


                    - Tuer, ou être tué. ...Le seul chemin.

                    Cette fois, l'homme semblait se parler à lui-même. Il était retombé sur ses genoux après avoir lancé l'épieu, à bout de force.

                    - Elle m'a libéré, mais elle est ma prison. Jamais plus la même chose... Liberté, c'est ça que je veux..la liberté.

                    L'homme avait étendu sa carcasse de tout son long à présent. Le chasseur avait de son côté pris de l'élan. Le fou tenterait-il de se propulser de l'autre côté du ravin par la seule force de ses membres postérieurs ? L'instant suivant, il courait en direction du vide, ses affaires derrière lui ainsi que ses armes: il n'aurait besoin de rien pour achever ce cadavre ambulant qui semblait avoir déjà usé ses dernières forces dans la bataille. Au prix d'une frayeur non dissimulée lorsqu'il atterrit, le Longue-Jambe parvint à franchir le précipice de justesse. S'étalant au sol à quelques mètres seulement de sa proie, il se jeta sur ses pieds et, l'air carnassier, tira de sa ceinture une dague qu'il cachait encore. C'en était fini de ce salopard...!

                    Une volée de flèches le stoppa net dans son mouvement. Transpercé de part en part, le Longue-Jambe n'eut même pas la force d’ hurler et s'écroula en arrière, rejoignant les cadavres de la troupe tout en bas de la falaise. Des rires gras couvrirent subitement les chants des oiseaux en cette matinée brumeuse.


                    - Alors, Jédaaaaï..On faaaait un somme...?

                    Le corps inerte ne réagit pas, mais ses lèvres grincèrent:

                    - Les Sanyassans...

                    - Nous découper toi..et puis manger toi. Vivant. Puis les Longues Jambes. Ou l'inverse. Nous très faim et nombreux, haha!

                    * * *


                    Kath se réveilla en sursaut, haletant. Il se tenait la poitrine et dût attendre plusieurs secondes pour se calmer complètement. Il ne prêta pas attention au sorcier Longue-Jambes qui tournait autour de lui en mélangeant encens et vapeurs. Encore un de ces rêves... Combien en avait-il fait? L'expérience de la Force était ici très troublante: tous semblaient la cultiver, l'adorer, au point de faire de lui un être mystique, mais les drogues qu'on lui administrait depuis de nombreux mois ne faisaient que le rendre plus paranoïaque. Etait-il un ennemi de ces indigènes, ou était-il malgré lui devenu une pythie? Etait-il cet animal blessé de la forêt, ou existait-il encore en lui une once du Jedi qu'il n'avait jamais réussi à vraiment être ? Il tourna les yeux vers une silhouette encapuchonnée dans le fond de la hutte.


                    - Combien de temps, combien encore ?

                    - Patience, novice, patience.

                    - Le chemin est-il encore long ?

                    - Celui qui mène vers l'aube ? Pour toi, et pour eux, ...
                    (Il pointa vers la sortie de la hutte, mystérieusement.) ...il l'est encore, je le crains.

                    - Alors quand...?

                    - Patience, novice, patience.


                    L'homme releva son capuchon et sourit paternellement, découvrant son visage de vieillard. Kath s'apaisa à la vue rassurante de son compagnon, veilleur... et mentor.


                    - ...Mes excuses. Et encore merci, maître Vendar.

                    - C'est "maître Olorin" pour toi, bougre d'Alderaani.

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                      Post n°32
                      Auteur : Kath Aplazm

                      Des rêves --des cauchemars-- comme celui d'hier, Kath en faisait régulièrement. En fait, à chaque fois que ses hôtes le sollicitaient, à peu près tous les trois jours. Il lui fallait toujours plusieurs heures pour se remettre de ses songes agités et trouver la paix lui était impossible malgré les injonctions du vieux Olorin.
                      Assis sur une couche de feuille, enfermé dans une hutte à l'écart du village, l'Alderaani restait pensif, les yeux ouverts, la tête entre ses mains caleuse. Observant son reflet dans l'eau d'un seau qu'on lui avait amené pour qu'il puisse se rafraîchir, il constata qu'il avait l'air fatigué: des cernes lui cerclaient les yeux et de légères rides striaient son front. S'il ne se connaissait pas aussi bien, il se serait facilement donné dix années de plus que ses vingt-trois ans. Ou était-ce vingt-quatre? Le temps qui s'écoulait au ralenti dans cet endroit lui avait fait perdre toute connaissance de l'évolution du cours des calendriers républicains.

                      Il caressa sa barbe naissante, noua en une queue-de-cheval disgracieuse ses cheveux mi-longs et tâcha d'avoir l'air présentable. Il s'arrêta en plein cours de cette toilette improvisée. A qui ce rituel mondain était-il destiné ? Qui devait-il encore impressionner ici? Le vieux maître, les Longues Jambes ? ...Saecha ? Kath eut un rire silencieux, nerveux. Les visages de ses compagnons lui revenaient parfois lorsqu'il rêvait éveillé. Mais, endormi, il ne voyait que leurs cadavres. Woopee, Bareman, Saecha, Uriel,... Nass. Ce diable de Nass. Que n'aurait-il pas donné pour le revoir, lui, en cet instant ? Kath n'aurait jamais cru avoir à regretter son vieux maître.

                      Il fallait dire que, si le temps se faisait long en ce village isolé dans la jungle, la solitude était vraiment la chose la moins supportable. Les "Longues Jambes" --des créatures que l'on nommait les Yuzzums, apparemment-- ne lui prêtaient guère d'attention en dehors des moments où leurs shamans venaient lui administrer quelque substance hallucinogène dans un but qui lui était toujours inconnu. Quant à Olorin Vendar, il apparaissait et disparaissait au gré du vent, intimant juste à celui dont il avait fait son élève de rester en place et de se laisser faire.

                      Le vieillard lui-même n'avait dévoilé que peu de choses sur sa personne: passé son mutisme initial, il avait fini par révéler son identité de maître Jedi, visiblement à contrecœur, ce qui avait surpris Kath avant de la rassurer. Le bougre n'avait cependant jamais daigné répondre à aucun des questions qui lui étaient posée sur l'état du Sanctuaire, le devenir des compagnons de Kath, la Montagne noire, les Sanyassans ou quoique ce soit. Tout ce mystère avait conduit Kath à se demander si le vieil homme ne lui montait pas un char et n'était pas de mèche avec ces indigènes qui l'assaisonnaient depuis si longtemps.
                      Trop fatigué et rompu pour aller à leur encontre, l'Alderaani en était venu à se demander s'il ne valait pas mieux qu'on le mangeât tout de suite, pour écourter son supplice. Au début, il avait tenté de résister à ses hôtes-geôliers, mais la vue de leurs monstrueux Rakazzaks --des sortes d'araignées apprivoisées avides de sang-- l'avait rapidement refroidi et il avait abandonné tout plan de résistance. Depuis lors, il coopérait, sans savoir bien à quoi, ni pourquoi. Tout ceci devait faire partie d'un enseignement tordu de Jedi, si le vieil Olorin en était bien un. Après tout, c'était bien le style des maîtres, d'être tordus et mystérieux.

                      Kath se coucha, les pieds en tailleur, les mains derrière l'occiput. Il était éreinté. A en juger par la lumière qui traversait le toit en brindille de la hutte, il ne devait pas être midi. La nourriture qu'on lui donnait et les drogues dont on l'imbibaient l'empêchaient de se reposer convenablement et le gardaient tout juste en vie. Il n'était pas prisonnier --en tout cas on ne le lui avait pas signifié--, mais c'était tout comme. Et à quoi bon être libre si l'on n'avait pas la force de s'en aller ?


                      - Très juste.

                      Kath se retourna vers la voix derrière lui. Depuis combien de temps Olorin était-il là, à l'observer ? Le jeune homme déglutit mais ne dit rien, sentant le maître si discret prêt à parler.

                      - Tu es un être très curieux, Kath Aplazm, dit le vieil homme, qui avait laissé tomber son manteau pour dévoiler ce qui semblait être une bure de Jedi, sale mais étrangement lumineuse dans la semi-pénombre. ...Tu es le novice à la fois le plus doué et le plus médiocre qu'il m'a été donné d'observer.

                      Kath ne réagit pas. Ce genre d'insulte déguisée en observation était un quotidien auquel il s'était habitué.

                      - ...Tes observations ne sont pas mauvaises, pas mauvaises du tout. Mais tu ne les imbriques pas dans de plus larges réflexions. "A quoi bon être libre si l'on n'a pas la force de s'en aller ?"... Ne comprends-tu pas ?

                      Kath pensait comprendre. Il avait fini par rompre tous ses liens: physiques avec ceux qu'il aimait sur Alderaan, de loyauté avec l'Ordre Jedi qu'il avait délaissé voilà des mois, sentimentaux avec ses compagnons dont le devenir ne lui importait plus vraiment autant qu'il ne l'aurait admis. Il était libre d'aller où bon lui semblait, libre de ses obligations envers des Naa'Fruus qu'il ne reverrait plus, libre de laisser le souvenir de Nass pourrir au fond de la crevasse qui l'avait vu périr. Les battements dans ses tempes avaient cessé depuis longtemps, signe que la Force elle-même le laissait tranquille et ne le pressait plus à rien. Il était libre, pour sûr.
                      Alors pourquoi ces rêves étranges, violents ? Et tous ces meurtres qu'il se voyait commettre en songe ? Que lui voulait cette silhouette gantée d'un anneau ? Pourquoi lui donnait-on ces drogues qui le faisaient sans cesse replonger dans cet enfer onirique ? Devait-il comprendre quelque chose ici ?


                      - N'est-ce pas clair ?
                      répéta Olorin. La réponse est pourtant one-ne-peut-plus plus simple. C'est la même qui t'a poussé vers les eaux alors que nous voguions, voilà des mois.

                      - Pourquoi est-ce que vous me dites tout ceci maintenant ? Et de quoi est-ce que vous parlez ? Qu'est-ce qui est simple ?


                      Le vieillard ne répondit pas, laissant le silence s'installer, mais plongea ses yeux profonds dans les pupilles du jeune novice. Kath n'y vit d'abord rien que ténèbres, mais... non, non, il y avait quelque chose d'autre. A la faveur d'une éclaircie dans la hutte, il crut distinguer le mouvement de l'onde dans l'orbe du vieux Jedi. Le Chuurelung ? Peut-être. L'eau, violente, qui frappait, sourde, contre la pierre..la Montagne Noire ! Des cris, du feu, attisé par le souffle d'un vent puissant. Du sang, des rires sardoniques. Les Sanyassans, Saecha, Bareman...!

                      Kath se releva en sursaut, les tempes brûlantes. Il était seul dans la hutte. Il passa fiévreusement une main sur son front, en épongeant de la sueur. Encore un rêve ? L'Alderaani ne voulut pas tarder à en être sûr. Grimpant sur ses pieds avec lourdeur, il se renversa vers l'avant et sortit de sa petite maison. Le grand air lui fit un bien fou. Cela devait faire plusieurs jours qu'il n'avait pas mis le nez dehors. Là-haut, le soleil brillait malgré une légère bruine, froide mais rafraichissante. Autour de la hutte, des Yuzzums l'observaient, curieux, le saluant de gestes amicaux. Il reconnut plusieurs visages, qu'il avait aperçus en songes. Ne les avait-il pas tués ?


                      - Tiens, tu es enfin levé, fit remarquer Olorin qui venait d'apparaitre de derrière une hutte. Prêt pour ta leçon ?

                      - De quoi ...?

                      - Je ne vais pas avoir cette conversation avec toi tous les jours. Prépare-toi !


                      Kath n'avait pas eu le temps de se préparer à un assaut et improvisa une pose de combat assez ridicule. Celle-ci inspira un rictus narquois à Olorin, qui l'ignora.


                      - Je te parle de joute intellectuelle, jeune imbécile. On s'y sert de mots, de pensées, d'un enchevêtrement savants de lettres formant des idées, des concepts et de servant à décrire des réalités, universelles ou personnelles, finit-il par dire, amusé.
                      Kath, désarçonné, baissa les bras. Il était vrai que vêtu de sa bure rapiécée et armé uniquement de ses poings fatigués, il ne tiendrait pas la distance contre qui que ce soit, fut-ce un vieillard barbu et agaçant.


                      - Aujourd'hui, je n'ai qu'une question pour toi: qu'est-ce qui fait que tu es en vie ?

                      Kath resta pensif, un instant, à moitié réveillé. Etait-il censé suivre un cours aujourd'hui ? Cela lui semblait familier mais ses souvenirs épars ne se reformaient pas assez vite pour qu'il sache si tout ceci était planifié.

                      - ..euh..Et bien, ma mère et mon père s'aimaient très forts et neuf mois plus tard...

                      - Suffit de tes bêtises ! Je te demande pourquoi tu es encore en vie.

                      - C'est la volonté de la Force.


                      Le jeune homme avait répondu instinctivement, sans hésiter, comme s'il avait déjà répondu à cette question mille fois. Olorin lui adressa un sourire satisfait.

                      - Bien, bien, cela commence à rentrer, marmonna-t-il dans sa barbe, comme à lui-même. Il reprit, plus fort cette fois: Permets-moi une seconde question: es-tu libre ?

                      - Non.

                      - Pourtant, tu peux partir. A ta guise, rien ne t'en empêche.

                      - Je suis captif...

                      - Je pensais que tu avais rompu tes liens... que rien ne te retenait ?

                      - Non...
                      Ces mots mirent quelques secondes à s'échapper des lèvres entrouvertes de Kath. Il y a quelque chose de sombre qui me retient, qui continue à m'attirer, qui m'appelle quelque part. Pas physiquement, je veux dire. Enfin si, mais non... C'est la Force. Quelque chose de sombre dans... la Force ?

                      Olorin tourna les talons et s'en retourna d'où il était venu.

                      - Tu vois ?
                      lança-t-il derrière son épaule. C'était comme je l'avais dit: simple. A demain, même heure, comme d'habitude. Prends bien soin de te reposer et de bien dormir, nous avons encore des choses à découvrir tous les deux.

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                        #34

                        Post n°33
                        Auteur : Kath Aplazm

                        - Cette fois-ci, on a bien failli y passer !

                        Cody essuya le canon de son fusil blaster. Le DC-15A n'était plus tout neuf, mais il faisait encore l'affaire. Crachant une glaire sur un amas de cadavres fumant, il jeta un regard à l'adresse de son compère clone.

                        - Y'en avait combien, dix-douze? Tout le monde va bien ?

                        - On dirait bien
                        , lui répondit Sniper, qui soignait une blessure superficielle qu'il avait reçue au visage. C'était une patrouille de reconnaissance. S'ils sont ici, c'est soit qu'ils nous ont pistés depuis le Chuurelung, soit...

                        - ...soit qu'on approche de leur campement.

                        Muyi Tano rétracta son sabre laser couleur émeraude et rangea son manche sous sa ceinture épaisse. Les clones opinèrent du chef, l'air grave. Le chevalier Jedi laissa trainer un œil las sur sa troupe désormais dégarnie: seuls neuf d'entre eux avaient réussi à échapper à la Montagne. Pire, la croisade avait été presque décapitée puisque tant Nass que Chitupa ne répondaient plus à l'appel, happés par les Sanyassans et leur hargne meurtrière. Ils avaient beau être sauvages et violents, ils n'étaient pas dépourvus d'intelligence et d'un certain don pour le combat et la stratégie martiale, comme en témoignait leur coordination impeccable lors de leur attaque sur le village Naa'Fruu, voilà des mois.
                        Hotar posa une main sur l'épaule de son compagnon et chef de fortune, sentant dans la Force son désarroi et sa peine. L'Ordre enseignait qu'il n'y avait pas de mort, que tout être rejoignait la Force. Mais la Force n'offrait pas de paires de bras supplémentaires pour porter les cadavres, et ne consolait pas les Ewoks éplorés qui pleuraient la perte de leur chef et de leurs guerriers.


                        - Chup-chup, Iki mo'gah! Mo'gah! grommela Luuki en rassemblant les Ewoks autour de lui. Depuis la mort de Chitupa, le guerrier borgne aux poils d'argent commandait ses pairs, épaulés du shaman Lokee.

                        - Que dit-il Muyi ? Encore une de ces prières aux morts pour honorer Woopee, Killi, Kolgat et les autres ?

                        - Non. Il vaudrait mieux que je ne traduise pas ça, pour tes chastes oreilles. "Il n'est plus l'heure de prier, il est temps de se venger", en substance.

                        - Je ne sais pas vous, mais je garde encore espoir pour les petits. Je ne les ai pas sentis disparaître dans la Force.

                        - Erhm.
                        Tano se renfrogna, observant la tempête qui se préparait au lointain. Je ne ressens rien que le Côté Obscur par ici. Comment Phyl Reez a-t-il pu s'échapper de cet enfer, je te le demande ?

                        - Non, j'ai bien senti la mort de Nass, comme un coup de poignard. Mais les novices, Saecha,...

                        - Garde ta salive, Hotar. Vous êtes prêts, vous autres ?
                        lança-t-il en direction des clones qui sautèrent sur leurs pieds en ajustant leurs armes. On y va.

                        Le chevalier Muyi Tano détourna les talons vers une petite colline. Son pas était décidé et ses mouvements assurés, mais Hotar aurait juré entendre un sanglot étranglé dans sa voix. Le diplomate jedi regarda la cohorte des Ewoks emboiter le pas aux clones. Ils touchaient au but de leur voyage. Tout ne s'était pas passé comme prévu, mais ils ne pouvaient plus tourner les talons.

                        - Il n'y a pas de mort... grimaça Hotar.
                        Il n'y a que la Force.

                        Cette phrase mourut dans l'air, emportée par le vent et les premières gouttes de pluie. Il profita encore de quelques secondes de calme avant de suivre les autres. L'orage s'annonçait violent.

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                          #35

                          Post n°34
                          Auteur : Kath Aplazm

                          Il n'y a pas d'émotion, il y a la paix.


                          Assis en tailleur sur une souche, les yeux fermés, Kath se concentrait sur les bruits de la forêt et le souffle du vent dans les branches. L'abri de fortune sous lequel il se tenait lui offrait une protection hasardeuse mais confortable contre la pluie. Il ne pouvait pas voir Vendar Olorin qui se tenait devant lui, lui aussi abrité sous le toit de paille d'une hutte, mais il ressentait sa présence apaisante. Quand il ne sortait pas de ses récurrents cauchemars, l'Alderaani pouvait sentir la quiétude qui planait dans le village Yuzzum, pareille au calme du Sanctuaire Jedi. L'existence-même de cet endroit prouvait qu'il n'y avait pas besoin d'un entrainement et d'années de labeur pour vivre dans l'harmonie. Suffisait le bon état d'esprit : une tendance à l'altruisme et au don de soi, la primeur du bien de la communauté.
                          Les Longues Jambes étaient de féroces guerriers, qui n'avaient rien à envier aux Ewoks. Mais derrière leurs épieux acérés et leurs coutumes peu avenantes se cachaient des êtres tendres, évoluant en parfaite symbiose avec leur environnement. Tout comme les Naa'Fruu, ils vivaient leur vie en tentant tant bien que mal de respecter l'équilibre fragile de la jungle : tuer pour se nourrir, jamais pour le sport; éliminer l'ennemi, pas seulement celui de la tribu mais celui des bêtes indigènes, pour conserver l'ordre.
                          Au départ apeuré par ses hôtes, Kath avait fini par comprendre que les créatures, sans aller jusqu'à vouloir son bien, ne lui voulaient aucun mal. Elles observaient une forme de respect envers Vendar Olorin et accédaient à toutes les requêtes qu'il formulait dans leur langue étrange. Les cauchemars les impliquant se faisaient maintenant plus rares à mesure que Kath les apprivoisait --ou se laissait apprivoiser par eux.


                          Il n'y a pas d'ignorance, il y a la connaissance.


                          Toute peur qui se cachait dans le cœur de l'Alderaani trouvait sa source dans l'inconnu, dans ce qu'il ignorait. Les exercices quotidiens et les séances de maïeutique qu'il pratiquait avec son nouveau mentor le tiraient peu à peu de ses songes obscurs et les crises s’espaçaient maintenant de plus en plus. Loin de lui enseigner les rudiments du combat au sabre --il n'en portait d'ailleurs pas-- ou de lui enseigner l'histoire millénaire de l'Ordre, le vieux Maître ne faisait que stimuler son élève par des questions, le mettait face à ses contradictions et, à force de remontrances et de paroles acerbes, lui ouvrait les yeux sur ce qui l'entourait. Le problème de Kath n'avait jamais réellement été sa maladresse, mais son égocentrisme : aussi loin qu'il pouvait se souvenir, chacune de ses mésaventures prenait sa source dans une mauvaise décision prise par ignorance des autres et mésestimation de ses besoins personnels. Sa recherche-même des Jedi n'avait été poussée que par un sentiment de culpabilité et une envie de se sentir reconnu. Pas une fois avait-il réellement voulu aider les autres. Il avait été enrôlé de force dans cette maudite croisade et avait souvent pensé à tirer au flanc. Il ne s'était jamais soucié de la colère des Naa'Fruu et du devoir de l'Ordre. S'il lui était venu quelque désir de continuer le voyage, c'était plus par vengeance que par devoir.
                          En prendre conscience était la première étape vers la connaissance de lui-même. A mesure qu'il s’ auto-flagellait, il intégrait des notions qui lui étaient étrangères. Et cela faisait un bien fou à son esprit meurtri.


                          Il n'y a pas de passion, il y a la sérénité.


                          Il ne s'emportait plus, ne résistait plus. Il avait compris que les "drogues" qu'on lui donnait n'étaient que des calmants et des anti-douleurs. Ses muscles récupéraient petit à petit comme il mangeait, ses pensées se faisaient plus souples et il se calmait. On ne devait plus lui donner d'encens ni d'herbes, il allait les cueillir lui-même, quoiqu'il dût observer les shamans le faire avant lui après avoir manqué de mourir en avalant un champignon vénéneux. Loin d'être primitifs, les Yuzzums étaient décidément plein de ressources.
                          L'esprit de plus en plus en paix, il pouvait enfin évoluer dans l'espace avec calme et même une certaine grâce, toute relative bien sûr puisque le voir se vautrer à terre en culbutant sur une racine lui attirait plus de rires gênés que de "holà" impressionnés.
                          En l'absence de rêves, il jouissait d'un sommeil réparateur qui reconstituait ses os, ses pensées et sa chair. il ressentait la Force, il s'en abreuvait comme d'un fleuve tranquille. Parfois, il marchait jusqu'au Chuurelung et comparait le cours d'eau avec ce qu'il ressentait. Il n'avait plus peur de son onde, il ne voyait plus les fantômes, même la nuit.


                          Il n'y a pas de chaos, il y a l'harmonie.


                          Kath ouvrit les yeux. En face de lui se trouvait l'ombre de la Montagne. Pas dense et englobante comme d'habitude : petite, translucide, maigrichonne. Elle faisait peine à voir. Comme elle gazouillait des mots sur un ton inaudible, le jeune homme lui sourit et la chassa d'un revers de la main, et elle partit en fumée. Il avait appris à l'apprivoiser, elle aussi. Il savait qu'elle serait toujours là, car elle ne représentait pas la Montagne, mais ses propres tourments. Comme il grandissait en assurance, elle décroissait. Vendar Olorin l'avait mis en garde contre le Côté Obscur de la Force et ses émotions. Il savait qu'il n'était jamais à l'abri : il pouvait replonger à tout moment dans les bras de l'Ombre à l'Anneau, comme lors de chacun de ses songes agités.
                          Mais Kath le savait, à présent. Loin d'en tirer fierté, il n'en était que plus humble. Et prenait sa place dans la communauté en aidant autant qu'il le pouvait ses hôtes de ses nouveaux talents : il arrivait maintenant à déplacer l'une ou l'autre chose --un panier trop lourd ou un fagot de bois-- à l'aide de son esprit, au prix d'efforts considérables. Et quand ses muscles reprirent suffisamment de vigueur, il se mit à ramasser du bois pour les feux, à participer aux cueillettes, à traire les animaux et à réparer les huttes abîmées par le vent et la pluie.


                          Il n'y a pas de mort, il y a la Force.


                          Ces mots avaient été les plus difficiles à accepter. Mais dans le flot de la Force avec lequel Kath parvenait à rentrer en connexion à la faveur du calme du village, il entendait les cris de Nass. Pas ceux de son sacrifice, qui résonnaient plutôt dans ses pires cauchemars, mais ses remontrances aigres mais bienveillantes. "Tiens toi droit, Aplazm !", "Non, à gauche, à gauche !"... Comme il s'exerçait, il avait l'impression que le vieux Gungan était à ses côtés, l'observait, en lieu et place d'Olorin. Et, aussi étange qu'il semble, cela le rassurait.
                          Kath ne sentait pas l'esprit de Bareman, ni celui de Woope ou celui de la jeune Saecha. Etait-ce parce qu'ils n'étaient pas des Maîtres Jedi ? Non, certainement pas. Kath avait bien senti l'esprit des animaux que chassaient les Yuzzums rejoindre la Force. L'Alderaani savait que ses compagnons vivaient. Où ? Comment ? Etaient-ils sains et saufs ? Loin de l'inquiéter, les savoir en vie le rassurait également. Ils étaient quelque part. Et il les retrouverait, un jour. Mais quand ?

                          Il n'était pas pressé. Expirant lentement, il ouvrit les yeux vers son mentor. Mais le vieux Jedi avait encore disparu. Là où il se tenait, l'herbe n'avait pas bougé. Le vent caressa les cheveux devenus longs du novice, chatouilla sa barbe mal taillée de jeune adulte. Habitué des sorties théâtrales du vieux Maître, il se releva sans sourciller, remis son manteau déchiré sur son dos et jeta un coup d'oeil alentours. Chacun s'afférait sans lui prêter attention, malgré la pluie. Avec un éternuement étouffé, Kath s'avança vers sa hutte. Alors qu'il dépassait l'endroit où Olorin Vendar s'était tenu quelques instants plus tôt, il butta sur un petit objet métallique au sol.


                          - Que...?

                          Pas de doute possible pour le novice. Il n'en avait pas vu depuis longtemps, mais il les reconnaitrait encore entre milles. Il s'agissait d'un sabre laser. A qui appartenait-il, à Vendar ? Quand Kath demanda autour de lui où était le vieillard pour lui poser cette question, dans les rudiments de la langue Yuzzum qu'il avait appris, on lui répondit que personne ne savait qui pouvait bien être ce "Vendar" dont il parlait. Ils n'avaient jamais vu un Jedi ici, à part Kath lui-même.
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                            Post n°35
                            Auteur : Kath Aplazm

                            Au petit matin, Kath était parti. Sans un bruit, telle une ombre, il avait rassemblé ses effets --quelques provisions et une petite sacoche de voyage-- et attaché les dernières lanières à sa bure rapiécée. Sur Alderaan, il aurait eu l'air d'un mendiant, avec ses vêtements tachés de boue et sa barbe hirsute. Mais dans les bois, son nouveau terreau, il était tout à fait à sa place.
                            Il avait laissé quelques fruits dans un panier en remerciements pour les Yuzzums, qu'il n'avait pas manqué de saluer la veille au soir. Les shamans avaient prévu que ce jour était le plus propice pour qu'il partir, car il marquait le solstice et la fin du temps des pluie sur cette région de la lune. Et Kath s'y était méticuleusement préparé.

                            Enjambant racines et mousses, qu'il connaissait par cœur à force de s'y être pris les pieds, il avait repris le cours de son voyage interrompu depuis si longtemps. Seul. Mais loin de ressentir de la tristesse, son cœur était plein d'une certaine allégresse. Il souriait dans l'espoir de revoir le sourire bonhomme de Bareman, les manières frustres de Woopee, les grimaces désapprobatrices de Saecha. Il n'avait pas passé beaucoup de temps avec eux, mais ses compagnons étaient ce qui se rapprochait le plus d'amis, qui accompagnaient ses songes, purgés de leurs ombres maintenant.
                            Pour l'heure, son seul compère de route était le vieux sabre éteint qu'il avait fermement accroché à sa ceinture. Il n'avait pas essayé de l'allumer ; tenir une arme de Jedi entre ses poings lui semblait bien trop présomptueux. Autrefois, il n'aurait sans doute pas réfléchi et l'aurait brandit avec fierté et maladresse. A présent, il ressentait tout le poids qu'un tel objet représentait. Pour le faire tournoyer dans les airs, il fallait être prêt à s'abandonner aux autres, à faire don de soi sans espérer en tirer gloire et honneur. C'était le message que lui avait transmis Olorin Vendar. C'était le message que lui avait transmis Nass.

                            Il poussa sa route jusqu'au lit du Chuurelung, qu'il atteint en à peine deux heures. Il avait fait ce chemin des dizaines de fois depuis qu'il avait été recueilli par les Longues Jambes. Il remonta le lit du fleuve pendant deux nouvelles heures, car on lui avait indiqué qu'il trouverait un gué praticable, quelque part en aval. Pour tout gué, il trouva des rapides et une petite chute, mais des gros rochers perçaient le lit dans sa largeur, permettant au grimpeur téméraire et à l'aventurier audacieux de traverser. L'Alderaani évalua ses chances : minces. Mais il faisait beau, la vue était dégagée et le brouillard d'ordinaire très présent laissait place à un ciel bleu qui le mit de bonne humeur.
                            Prenant une inspiration décidée, le novice bondit sur un roc puis l'autre, se balançant de gauche à droite pour maintenir son équilibre sur les pierres glissantes. Non sans manquer de se rompre le coup, il parvint jusqu'au centre du fleuve, sur un rocher large et plat, idéal pour faire une petite pause. Soufflant un peu, il sortit de sa sacoche un petit morceau d'un beurre rance fabriqué à base d'on-ne-sait-quoi et le goba goulument, avant de tousser et de le recracher. Mauvaise magie. Il préféra à son premier repas une pomme pour tout casse-croute.
                            Mais alors qu'il finissait de ronger le trognon jaune et misérable, une vague le happa et manqua de le faire glisser de son perchoir. Il mit quelques instants à regagner contenance, les mains cramponnée à la roche, les cheveux et les habits trempés. D'un air déconfit, il regarda sa sacoche mourir plusieurs mètres en bas de la chute, emportée par les eaux.


                            - Bien sûr, ça ne pouvait pas aller si bien...

                            Le novice se releva prudemment sur ses talons et considéra les dix derniers mètres qui le séparaient de la berge, sur la rive droite. Porté par un vent inconnu, il traversa l'air en un instant. Comme s'il volait. Il ouvrit les yeux juste à temps pour se raccrocher à un arbuste au bord de l'eau, sans quoi il aurait plongé droit dans le Chuurelung et aurait sans doute définitivement dit adieu à la vie.

                            - Je me disais bien, que la Force ne veut pas mon bien ...
                            pesta-t-il encore avec un rictus agacé, se jetant sur le dos dans l'herbe. Il serait bien resté là à faire sécher ses vêtements sous le soleil de midi, mais il lui restait encore des jours de marche et il n'avait pas de temps à perdre. Surtout sans nourriture.

                            Ses pas le menèrent vers une zone plus aride, moins luxuriante, vers la fin de la journée. Une sorte de toundra s'étendait à perte de vue jusqu'à rejoindre la masse noire et informe d'une forêt lointaine mais très ancienne. Le jeune Alderaani se jeta sous un arbuste pour piquer un somme après avoir grignoté quelques baies ramassées en chemin, quand il reconnaissait encore la végétation autochtone. Il ne savait pas encore ce qu'il ferait pour se nourrir les prochains jours maintenant qu'il accédait à cette zone encore inexplorée de la lune forestière... et c'était le dernier de ses soucis, car pris d'un mal de ventre incontrôlable, il dut se dépêcher pour trouver un couvert --un petit buisson non loin-- afin de se soulager. Foutues baies !
                            Dans tout son remue ménage, il ne remarqua pas immédiatement les pas et les discussions qui s'approchaient. Quand elles parvinrent à ses oreilles, les individus étaient déjà trop près pour qu'il puisse bouger.

                            - Yok-yok ! Chuurelung tadaah !

                            - Mais qu'est-ce qu'il dit ? Ce n'est pas possible qu'un animal nous soit passé sous le nez depuis le fleuve, on l'aurait au moins aperçu, bon sang!...

                            - Tadaah Baremani ! Scrog-nob !

                            - C'est à n'y rien comprendre.

                            Toujours caché dans son fourré, le pantalon baissé et les oreilles dressées, Kath se pinça pour être sûr de ne pas rêver. Etait-il bien en train d'entendre ce qu'il était en train d'entendre ? Qui il était en train d'entendre ?

                            - Une minute... Je sens ...

                            Une fraction de seconde plus tard, un caillou de la taille d'une paume vint s'écraser sur le nez de l'Alderaani qui cracha un juron à la cantonade en tombant en arrière, esquivant de peu le trou dans lequel il avait fait son affaire. Aïe ! Mais enfin ?... Une main puissante le releva sur ses pieds et le souleva ensuite à trente centimètres du sol. Plus préoccupé à retenir son vêtement pour cacher ses attributs d'une main et à tenir son nez endolori de l'autre, Kath ne résista pas.

                            - Qu'est-ce que tu fous ici, trou de balle fini à la pisse de bantha ?!

                            - Bareman, c'est...c'est...

                            - Je vois bien qui c'est ...! Qu'est-ce que tu fous ici, Aplazm, rejeton de déjection de Hutt ?!
                            hurla Bareman en secouant l'Alderaani de ses deux mains et en affichant une expression à la foie furibonde et folle de joie qui était réellement déroutante.

                            - Argyub-nub ! renchérit Woopee, qui avait bondit, l'épieu en avant, et donnait des coups frénétiques au postérieur de Kath à demi-couvert.

                            - Laissez-le parler !

                            Les paroles fortes de Saecha interrompirent la scène, ridicule mais cocasse. Bareman relâcha légèrement son étreinte, laissant le temps à Kath de se rhabiller en quatrième vitesse et de l'observer un peu mieux : le vieux clone avait vieilli, quoique ses cheveux longs et sa barbe étaient toujours impeccables. Il ne portait plus d'armes, si ce n'est un vieux blaster à la ceinture et paraissait souffrir de longs mois sans repos, les genoux légèrement chancellants. L'homme avait été un grand soldat, mais ces semaines de vadrouille dans la jungle avait précipité son besoin d'une retraite bien méritée. Mais il était bel et bien vivant.
                            Lorsqu'il eut reposé Kath au sol, le jeune homme lui tomba dans les bras. Le clone sembla tellement désarçonné qu'il envoya valdinguer Kath dans le buisson d'un coup de poing bien senti. Cette fois-ci, le jeune adulte n'évita pas le trou dans sa chute.

                            La Force ne voulait pas de mal à Kath Aplazm, mais elle avait le sens de l'humour.

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                              Auteur : Kath Aplazm

                              - On a vraiment cru que t'étais mort.

                              Les mots de Saecha avaient été prononcés l'air de rien, mais son ton était calme, rassurant. Kath était étonné que, des trois larrons qu'il avait retrouvés, ce fut la Twi'lek qui était la plus calme. Woopee ne lui avait pas épargné les coups de bâton et les insultes en Ewokese; Bareman ne lui adressait plus la parole et observait le paysage depuis des heures. Mais la novice Jedi, elle, s'était montrée compatissante et presque attentionnée. Oh, elle n'était pas non plus aux petits soins pour Kath, et se tenait loin de lui comme il empestait toujours la boue et la crotte, mais elle lui faisait la conversation, comme s'ils ne s'étaient quittés que quelques heures auparavant.

                              Elle lui avait appris comme ils avaient été rattrapés par les Sanyassans peu après que Kath les avait perdus. Ils n'en avaient réchappé que grâce aux sacrifices de Kolgat et Growok. Woopee ne l'avait toujours pas digéré. S'en étaient suivies de longues semaines d'errance à échapper aux embuscades et aux pièges, à chercher désespérément un moyen de faire fonctionner la vieille radio de Bareman pour contacter de l'aide. Mais avec un coup de lame dans les circuits, ils n'avaient jamais réussi à la faire redémarrer. Alors les trois compagnons avaient fini par perdre espoir et, comme Kath, ils s'étaient contentés de survivre, traquant animaux pour se nourrir et, quand l'occasion se présentait, abattant les éclaireurs sanyassans lancés à leur poursuite. Pendant des mois. Quant au groupe qu'ils avaient perdu dans la Montagne, eh bien... aucune nouvelle, évidemment.


                              - On n'est pas vraiment très avancés. Au début, Bareman nous a bien guidé. Mais on dirait qu'il perd espoir depuis quelques temps.

                              Kath et Saecha se regardèrent longuement. L'Alderaani ne savait que dire. Jamais il n'avait essayé de les retrouver quand il était chez les Yuzzums, mais la Twi'lek ne lui fit pas un reproche. Quand avait-elle gagné cette sagesse ?

                              - Je me suis laissé guider par la Force
                              , dit-elle après un instant de silence, comme pour répondre ]à la question muette de Kath. Je me suis demandé ce que mon maître aurait fait dans cette situation. Et puis, je n'ai pas vraiment eu le temps de vous en vouloir...à toi et à maître Tano... parce qu'on était toujours bien occupés.

                              Trois ou quatre minutes passèrent encore en silence. Le soleil commençait à décliner à l'horizon. Bareman et Woopee avaient allumé un petit feu dans l'air frais de la fin d'après-midi et cuisaient quelque petit animal qu'ils avaient du capturer la veille et dont ils avaient conservé les restes dans un petit morceau de tissu. Laissant traîner ses yeux sur l'Ewok et le clone, Kath constata qu'ils avaient maigri. Le Naa'Fruu était encore en forme malgré tout et semblait n'avoir pas perdu sa superbe et sa fierté, en façade du moins; quant à Bareman, il esquivait toujours son regard mais bougonnait bruyamment. L'Alderaani voulut formuler des excuses mentalement, mais rien ne lui vint. Il avait l'intime conviction que son absence avait été un atout pour ses compagnons, qui n'aurait probablement pas survécu à ses constantes gaffes.

                              - Tu te souviens de la première fois où on s'est rencontrés ?

                              Saecha plongea ses yeux violets dans ceux de Kath. Son regard était ferme, hostile comme à l'accoutumée, mais ses pupilles brillaient d'une lueur étrange. Assis sur un petit rocher, les coudes sur les genoux, Kath la dévisagea sans comprendre.

                              - Je t'aurais égorgé comme tous les Hutts de Nal Hutta pour ton insolence. Elle inspira lourdement après cette subtile référence à leur rencontre dans la forêt du Sanctuaire. ...Maintenant...je ne sais pas si c'est l'air du printemps, mais... je suis assez contente de te voir.

                              Un sourire se dessina sur ses lèvres violettes. Mais on aurait plutôt dit un rictus que la réelle manifestation d'une émotion de joie. Il était manifeste que la novice luttait pour ne pas fondre en sanglots, comme si elle n'arrivait plus à contenir une pression enfouie depuis des semaines.

                              - Je pense que je savais que tu étais encore vivant, dit-elle encore. Je me suis demandé ce qui se passerait si on te retrouvait. Je pensais que je te défoncerais pour nous avoir lâchés. Mais... non, je suis assez contente de te voir. C'est bizarre.

                              Aussi étrange que cela puisse paraître, Kath partageait ce sentiment. Comme s'il retrouvait un membre de sa famille depuis trop longtemps perdu de vue. Il ne parvint pas à répondre à la Twi'lek, la mâchoire toujours endolorie par le coup qu'il avait reçu, mais baissa la tête avec compassion. En d'autres temps, il aurait pensé avoir une touche avec la jeune novice. Pas cette fois. Il savait la novice sincère et certainement capable de vraiment l'éventrer s'il tentait quoi que ce soit.
                              Kath garda pour lui sa rencontre avec les Yuzzums et Olorin Vendar. Il ne savait pas quoi dire, en vérité, doutant toujours de la réalité de ses aventures dans la jungle. Qu'avait-il vécu, là-bas ? Les affres du côté obscur, ou l'enseignement d'un vieux maître ? Peut-être un peu des deux.


                              - T'as vieilli, constata Saecha, soudain familière, en lui lançant un morceau de viande cuite que venait de lui passer Woopee. Le novice le réceptionna difficilement mais se mit immédiatement à ronger l'os maigre de ce qui avait du être un rongeur.

                              - Tu sais quel jour on est ?

                              - ... Pas vraiment, mais est-ce que ça importe vraiment ? Ça doit faire 7 mois qu'on est partis, 6 qu'on a quitté la Montagne. Aucune idée.

                              - En fait... je pense que ça fait un an qu'on s'est rencontrés, tout juste.

                              - Sentimental ?

                              - Tu parles.

                              Les deux novices échangèrent une grimace. Kath détourna les yeux en souriant. Il entendit Saecha pouffer et s'étrangler avec sa nourriture. Bareman les avait rejoint mais ne pipait mot, lavant son blaster consciencieusement en observant le feu allumé à quelques mètres.

                              - Content de te revoir, Bareman.

                              - Je sais, petit. Mais tais-toi maintenant, je n'aimerais pas devoir te péter les dents une deuxième fois.

                              * * *


                              Il devait être quatre heures du matin quand Kath ouvrit les yeux. De violentes bourrasques de vent lui frappaient le visage, quoiqu'il faisait relativement bon pour la saison. Il s'aspergea le visage de l'eau d'une gourde dans la semi-pénombre, blâmant le sol dur et les cris du matin qui le gardaient éveillé. Il devait reprendre des forces, car le groupe avait prévu de redescendre vers les montagnes à la levée du jour. C'était une forme d'aveu d'échec que de retourner vers la source du Chuurelung et le début de leur voyage. Si en l'état, les quatre compagnons n'avaient ni assez de moral, ni assez de forces pour combattre, ils ne s'étaient cependant pas avoués que cette manoeuvre leur ferait rebrousser chemin, quoique personne --pas même le fier Woopee-- n'objecta quand Bareman leur pointa la route du sud. Tous savaient que leur seul espoir d'un jour revoir les leur était de retourner au Sanctuaire, bredouilles.
                              Kath ne trouvait pourtant pas le sommeil. Il pensait à ces pisteurs Yuzzums, qu'il avait vus en songe. Les chasseurs Longues-Jambes n'auraient sans doute pas abandonné leur proie, ils se seraient vengé coûte que coûte. Et les Naa'Fruu ? Le regard las de Kath se posa sur la silhouette du guerrier Ewok non loin. Dans ses petites mains velues, le bougre tenait un certain nombre de coliers et chapelets. Le novice savait que plusieurs d'entre eux avaient appartenu à ses frères d'armes tombés. Il poussa un soupir, qui mourut dans le râle de colère que Woopee poussa dans son sommeil profond.

                              Au bout d'une heure à se tourner les pouces sans parvenir à dormir, Kath se releva et jeta un coup d'oeil alentours. La nuit était claire et ses yeux désormais habitués à l'obscurité percevaient les formes des arbres et des rochers au milieu de la plaine semi-aride. Les buissons bougeaient, secoués par le vent, l'odeur de l'air était rance. Le regard du novice s'arrêta sur une lueur étrange, à plusieurs centaines de mètres au sud-ouest, depuis les collines. Son cri fut étouffé par une main qui se posait sur sa bouche.


                              - On a perdu trop de temps ici. Ils nous ont retrouvés.

                              Bareman était lui aussi réveillé. Il avait du prendre soin de prévenir Saecha et Woopee, car ceux-ci étaient accroupis, à couvers, un peu en retrait.

                              - Rob ?

                              - 'sais pas. 'Doivent être une bonne vingtaine, je dirais. On pourra pas se les faire. Mais si on bouge... Merde, le temps joue contre nous.

                              Ils savaient tous que la route du sud leur était barrée, de même que celle qui menait au fleuve. Les quatre compagnons échangèrent un regard rapide, décidé. Kath ne saisit pas tout de suite qu'ils venaient de se mettre d'accord pour décamper et du enfiler ses vêtements humides en quatrième vitesse pour suivre le petit cortège qui fuyait la zone à la queue-leu-leu, accroupi. A peine eurent-ils franchi un nouveau couvert qu'une flèche d'acier fendit l'air pour s'écraser sur un rocher, juste devant Bareman.

                              - On est repérés, grogna le tenancier de la cantina du Sanctuaire. Préparez-vous à vendre chèrement votre peau, camarades !

                              Le dos collé contre la surface d'un rocher plus épais, les quatre compagnons ne bougèrent pourtant pas. Où pouvaient-ils aller, de toute façon ? L'aube pointait doucement et les formes se rapprocheraient bientôt. Bareman se renfrogna. Combien pourrait-il en descendre avant d'y passer ? Sûrement pas assez. Et les petits ? Woopee se défendait bien, mais il n'avait plus qu'un épieu ébrêché. Saecha aussi savait se défendre, elle l'avait prouvé plus d'une fois; mais sa maîtrise approximative du sabre ne suffirait pas. Quant à Kath l'Alderaani, il n'était pas armé. Diable ! Pas le choix.

                              - Non, Bareman
                              . Saecha retint le vieux soldat d'une main ferme accrochée à son vêtement. Assez de sacrifices.

                              La novice avait pressenti ce qui se tramait. Kath, plus loin derrière eux, crut apercevoir une légère perle mouillée sur l'oeil du vieil homme. Aussi dur que de la pierre, son coeur avait du s'ouvrir à ses compagnons depuis qu'il parcourait les plaines avec eux. Les clameurs des maraudeurs Sanyassans approchaient, peu à peu. Kath sentit son coeur battre d'une ardeur nouvelle. C'était comme dans la Montagne. Sauf que maintenant, ils n'avaient plus Nass pour les guider, les protéger.

                              Cette fois, ils étaient seuls.

                              Les minutes passèrent. Un instant, ils crurent qu'on les avait oubliés. Woopee risque une oreille hors du couvers, et rentra directement la tête pour éviter une nouvelle volée. Les traits fusaient pour tuer.

                              Et soudain, le choc eut lieu. Estimant la distance suffisante, Bareman se releva d'un bond, le blaster à la main, et fusilla à gauche, à droite. Kath, resté accroupi, entendit plusieurs cris de rage et d'agonie et des bruits sourds, suivis de pas de course qui se rapprochaient. Il chercha à croiser le regard de Saecha. Leurs yeux restèrent collés un instant les uns aux autres, comme des aimants. Puis la novice twi'lek se leva à son tour en allumant son sabre laser, dont la lame illumina l'aurore. Woopee poussa un cri de guerre sortit tout droit de ses entrailles et porté par la haine.

                              L'Alderaani eut peine à comprendre ce qui suivit : Bareman semblait aux prises avec plusieurs maraudeurs, des cadavres jonchaient déjà le sol. Le sabre violet de Saecha tranchait l'air et les traits, une petit boule de poils roulait et frappait. Un maraudeur se présenta devant Kath, qui rempait à quatre pattes à la recherche d'une pierre à lancer ou de quelque autre projectile. Avant qu'il ait le temps d'abattre son hachoir, un tir de blaster lui transperça le torse. La scène sembla durer un instant.

                              Au bout de cinq minutes pourtant, un lourd silence retomba, uniquement percé par les halètements de Bareman, qui suait à grosses gouttes, huit ou neuf cadavres de Saynassans à ses pieds. Une énorme balafre lui striait le visage, colorant de rouge son faciès déjà empourpré. Au loin, un cor résonna comme le rugissement d'un prédateur, suivi du grondement de tambours et de hurlements.


                              - Parés pour la deuxième vague
                              , cracha le clone. Faites vos prières, saletés.

                              Et soudain, une marée d'une vingtaine, ou trentaine, de maraudeurs sortit de par delà la colline, depuis l'est, armée de lances, de haches, de pics et de masses. Par chance, peu disposaient d'armes de jet et ceux qui en avaient avaient la vue bloquée par les leurs qui courraient en débandade, excités par les cors et les cris de leurs capitaines. Les plus fougueux tombèrent les premiers sous les tirs de blaster, jusqu'à ce que Bareman jette son arme à ses pieds, enraillée. L'épieu de Woopee avait quant à lui fini sa course dans la gorge d'un maraudeur. Les deux combattants serrèrent les poings, et les dents. Voilà comment ils allaient mourir.

                              - Ecartez-vous !

                              Saecha sauta par dessus les couvers, l'arme à la main. Le poignet leste, elle tranchait, frappait, tailladait, avec une certaine rage et une grande dextérité, sous les yeux ébahis des Sanyassans toujours plus nombreux à tomber mais encore plus nombreux à encercler le groupe. Woopee se retrouva vite sonné, balancer contre un rocher par une masse. Bareman luttait tant bien que mal mais perdait du terrain, ses mains fatiguées évitant de justesse les coups tranchants. Saecha finit par perdre pied et tomba à genoux. S'en était fini.

                              - Non !!

                              Kath se jeta devant la novice Twi'lek, sa tête percutant le plastron d'un maraudeur pour l'envoyer au sol. Entre ses mains, il tenait fermement le manche d'un sabre laser.

                              - Où est-ce que tu as trouvé...

                              Saecha ne finit pas sa phrase. Le temps se figea. Tous les yeux regardèrent Kath appuyer sur le déclencheur de l'arme terrible qu'il tenait entre les mains. Mais rien ne se passa. Il appuya de plus belle, sans plus de résultat. Les Sanyassans, qui s'étaient immobilisés une seconde, surpris, éclatèrent d'un rire sardonique à la vue de ce piteux Jedi.
                              L'un d'eux, plus patibulaire que les autres, s'avança alors et projeta Kath en arrière. Il abbatit la lame de sa hache droit vers sa tête. Le coup se stoppa à quelques centimètres des bras que Kath tenait en croix devant son visage, usant de la Force comme il le pouvait pour se protéger. Un éclair violet jaillit, tranchant les poignets de l'assaillant. Saecha, à nouveau devant Kath, se retourna vers lui :


                              - Tu es vraiment un imbé...

                              - Jédaaaaaaïïs !


                              La Twi'lek s'interrompit, l'épaule percée par une lance. Une seconde plus tard, elle crachait du sang, une lame au travers de la gorge. Kath hurla, mais il était trop tard : six nouvelles armes transperçaient Saecha de part en part. Ses yeux s'arrêtèrent sur ceux de l'Alderaani. Elle pleurait.

                              Un coup percuta l'arrière du crâne du novice Jedi qui tomba en avant, inanimé.

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                                #38

                                Post n°37
                                Auteur : Super PNJ

                                Le calme après la tempête. Ce sont ces mots que l'on utilise d'ordinaire pour signifier que le champ de bataille retrouve son apparence d'avant le combat, lorsque les corps sont retirés ou laissés à l'abandon, et que les vainqueurs en ont terminé avec leurs cris de joie et de rage, mus par l'adrénline et une volonté farouche de survivre. La tempête glace d'effroi le sang de tous, du plus téméraire des guerriers, à la plus apeurée des jeunes recrues. Une réaction naturelle lorsqu'on est confronté à la mort.

                                Et la mort venait de se présenter dans ses plus simples effets au Novice Kath Aplazm. Au milieu d'un carnage absurde, sans raison ni nécessité, il avait vu l'une des siennes périr, transpercée encore et encore par la brutalité d'assaillants sans noms, autant d'ombres qui, peut-être, ne quitteraient plus jamais le jeune Jedi. Ses derniers mots seraient une insulte de plus, amicale, mais proférée à l'encontre du Novice pyromane avec qui ils avaient tous juste renoué, après des semaines d'errance dans les vastes forêts d'Endor. La douleur succéda aux mots. Les larmes succédèrent à la douleur. Et la Force reprit ce qu'elle avait donné. La dernière chose qu'elle put voir fut un Sanyassan assommant son compagnon d'infortune. Spectacle pitoyable pour une fin pathétique, et sans raison.

                                Kath, comme ses compagnons vivants, Bareman et Woopee, furent emmenés, inconscients. Même le vieux clone avait été maîtrisé, au prix de nombreuses vies. Fallait-il s'en réjouir ? Sans doute pas. Il était sans doute respecté, dorénavant, après avoir fait preuve d'une telle maîtrise martiale. Mais le sort des vaincus n'est jamais enviable, peu importe la civilisation. Contrairement à Woopee et Kath, il ne fut pas attaché à un poteau, bras en l'air. Ses cris de douleur résonnèrent dans tout le campement Sanyassan, alors que les dirigeants de ce peuple barbare lui offraient la pire des morts pour un combattant : celle où il ne pouvait se défendre. Acte ultime de traîtrise et de cynisme, les maraudeurs prenaient un plaisir non dissimulé à se délecter de ces cris déchirant, à mesure que chaque centimètre carré de sa peau et de son corps était soumis à une douleur chaque fois plus inventive, plus sadique et plus aiguë que la précédente.

                                Les cris finirent enfin par s'estomper, dans un ultime râle d'agonie. Soit ils lui avaient coupé toute possibilité de hurler, soit il ne hurlerait plus jamais. Deux destins proches, finalement, pour un soldat au bagout inégalé sur Endor. Plus personne ne l'entendrait jamais râler et pester. Face aux deux futurs suppliciés s'avança un Sanyassan. Plus grand, plus féroce que les autres, il les apostropha avec une voix sifflante et rauque.


                                -Alors Jéééédaiiiiiiii ? Bien dormi ? On fait un gros dodo ? Toi et tes amis, beaucoup tué ! Nous avoir faim maintenant !

                                Tout en parlant, il fit un signe. Le corps inanimé de Bareman fut traîné jusqu'aux pieds de celui qui était sans doute le chef. Mort ou inconscient ? C'était impossible à dire d'ici. Woopee regarda Kath. Ses petits yeux de peluche animée semblaient l'implorer de faire quelque chose. Mais que pouvait bien faire un Novice dans cette situation ? Kath s'était spécialisé dans la fuite et l'évitement de tout combat ou précepte Jedi !


                                Spoiler : Spoiler
                                Petit post pour introduire un nouveau MJ, je te laisse réagir en conséquence.


                                Spoiler : Spoiler
                                Kryann

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