Au royaume des aveugles, le borgne est roi.
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Post n°4
Auteur : HivernusPrécédemment.
Le mécanisme s’actionne. Un pan entier de mur disparaît et laisse apparaître le ventre humide d’un couloir. L’obscurité qui y règne a l’air vivante, palpable, tant elle semble irréelle. Le passage secret se referme presque aussitôt, lorsque la silhouette féminine s’enfonce dans le corridor. Les yeux de la jeune femme s’adaptent rapidement. L’antre des lames d’Hivernus est en réalité un assemblage de couloirs et de salles creusés dans la roche du planétoïde. L’éclairage, peu présent, est principalement réservé aux endroits clefs du complexe des “maîtresses sanglantes”. Les parois oppressantes et les dédales obscurs permettent aux assassins du Chiss d’affiner leurs talents. Curieusement, les détenus ayant construit l’endroit ont disparu, faisant ainsi du repaire des lames d’Hivernus un endroit n’existant pas officiellement et connu uniquement par quelques individus. Il y a fort à parier que ces pauvres âmes, si on peut les appeler ainsi, ont été les premières à goûter à l’art mortel pratiqué par celles qui servent aveuglément la volonté de l'humanoïde à peau bleue.
Le seigneur de la guerre ne s’est pas attardé sur le destin tragique de ces quelques prisonniers sacrifiés à celles qui servent ses moindres désirs. Néanmoins, on peut imaginer qu’ils ont eu une fin horrible. Les “élues d’Hivernus” se sont probablement servies de ces individus pour peaufiner leurs talents. Empoisonnés, torturés, égorgés, déchiquetés… Le sort réservé à ces détenus est un réel mystère… Un secret qu’ils ont emporté avec eux dans la mort. De toute manière, cela n’a pas d’importance. Nul ne se soucie de la perte de quelques criminels. Pour les uns, ils ne sont qu’une vermine qu’il faut supprimer par tous les moyens. Pour les autres, il ne s’agit là que d’une main d’oeuvre facilement remplaçable. Chacun semble y trouver son compte au final.
La silhouette féminine poursuit son chemin dans un labyrinthe de couloirs destiné à la mettre à l’épreuve. Parfois, une lumière tamisée vient éclairer ses cheveux rouges. Ceux-ci se mettent à briller légèrement et s’abreuvent de cette brève lueur pour garder une couleur vive et sanglante. Puis, lorsque l’obscurité revient, ils reprennent un aspect plus mélancolique. Finalement, l’écho de lames qui s’entrechoquent vient indiquer la direction à vivre. La jeune femme s’arrête à l’entrée d’une grande cavité servant de salle d’entraînement aux tueuses et gardes du corps du Chiss, profitant de la pénombre pour garder une certaine discrétion. Au centre de la pièce, une Falleen affronte une humaine dans un combat singulier. Les deux combattantes évoluent avec des mouvements rapides et élégants, cherchant à trouver un point faible chez l’adversaire. Les lames des poignards utilisés pour l’entraînement scintillent lorsqu’ils apparaissent dans la lumière, puis disparaissent après avoir porté un coup rapide.
Les femmes qui les manient utilisent des mouvements fluides et imprévisibles pour se tromper l’une et l’autre. Dans cette danse mortelle, les ténèbres qui recouvrent une partie de la salle ont leur rôle à jouer. Azah Suutrar cherche visiblement à faire travailler ses petites protégées sur de nombreux points. La Falleen disparaît d’un bond lorsque le poignard de l’humaine s’approche dangereusement. Un éclair brille dans l’obscurité et la lame de l’alien vient se planter dans l’épaule de son adversaire. L’humaine hurle autant de rage que de douleur, se retourne pour frapper et ne rencontre que le vide. La Falleen est agile et semble habituée à cet exercice.
- Assez ! Vient hurler une voix dans le fond de la salle.
La lumière revient brusquement dans l’ensemble de la pièce et éclaire les corps couverts de sueur des deux combattantes. L’Anzat se rapproche avec sa démarche féline, l’ombre d’un sourire sur les lèvres. Le plaisir qu’elle éprouve à la simple vue d’un duel réussi est visible sur son visage. L’excitation qu’elle ressent semble faire vibrer toutes les fibres de son être. La tueuse en série est à sa place, dans cet endroit sombre et mystérieux. Azah Suutrar attend que l’ensemble du groupe se rassemble. Au total, il y a six postulantes, ou plutôt, six jeunes femmes et autres créatures féminines à peine sortie de l’adolescence qui ont été retenues pour intégrer les rangs des illustres lames d’Hivernus. Les rares élues s’apprêtent à faire partie d’une élite particulièrement mortelle et redoutée… Mais pour l’heure, elles n’en sont qu’aux prémices de leur formation… Et certaines d’entre elles finiront sûrement par mourir avant même de pouvoir prétendre au titre de lame d’Hivernus.
- La proie attend et se laisse tuer. Tu n’es pas une proie n’est-ce pas ? Le regard de l’Anzat se pose sur la jeune femme à l’épaule ensanglantée. Tu as un don, à n’en pas douter… Mais visiblement, il va falloir le travailler.
La première des lames ne semble pas se soucier de la blessure de la postulante. Elle n’éprouve, du moins pour l’heure, rien à son égard. La compassion, toute comme la pitié, n’ont pas lieu d’être. Et si la camaraderie et l’estime des autres sont des choses acceptables, elles n’ont le droit d’exister qu’avec des compagnes d’armes… Celles qui ont réussi les épreuves et qui se sont illustrées lors de quelques missions. Tels sont les enseignements de la tueuse en série. L’amitié n’est qu’une illusion et pour ce qui est de l’amour, on apprend aux recrues que seul Hivernus est digne d’être aimé.
Parmi les postulantes, nulle ne semble remettre en question ces enseignements. Elles ont été sauvées par l'humanoïde à peau bleue et s’estiment heureuses de pouvoir le servir. Du fait de leur jeunesse et de leur esprit encore malléable, il est aisé de leur murmurer quelques paroles qui leur donnent du réconfort et une raison de vivre. Ces femmes là considèrent qu’elles ont été choisies, élues même, pour accomplir sa volonté. Leur destin est de tuer ceux qui ne croient pas en Hivernus, ceux qui prennent les armes contre lui. Et elles lui offriront volontiers leur sang. Sous la supervision d’Azah Suutrar et de Kiravah, ce groupe d’assassins et de gardes du corps qu’elles forment devient peu à peu un culte aux dérives sectaires. Elles sont choisies parmi tant d’autres par le seigneur de la guerre et de ce fait, elles doivent se dévouer à lui corps et âme. Il devient leur raison de vivre et en échange, elles assisteront à son règne glorieux sur la galaxie. Se réjouissant d’avoir été distinguées pour accomplir quelques sinistres actions, celles qui sont prêtes à séduire, espionner et tuer en son nom se sont déjà données un surnom : Les “épouses du Chiss”.
Bien évidemment, la création d’un tel groupuscule semble inquiéter les rares officiers mis dans la confidence. Mais le principal concerné qu’est Hivernus ne semble pas se soucier de ce détail. De son point de vue, le travail de ses deux lames est justifié et particulièrement intéressant. Là où ses proches collaborateurs voient un danger imprévisible, lui voit un outil militaire efficace et loyal à sa personne. En outre, il se moque bien de savoir qu’elles forment un véritable culte de fanatiques prêtes à tuer pour lui. Après tout, n’est-ce pas ce qu’il souhaite secrètement ? Ses pions se mettent en place, un à un, sur un échiquier dessiné par ses propres soins… Il s’adapte à chaque manoeuvre adverse et trouve des solutions pour franchir les moindres obstacles. Son jeu semble évoluer, selon les mouvements de ses ennemis, ce qui le rend d’autant plus dangereux. Se peut-il, un jour, qu’il domine la galaxie ? C’est là le rêve de certains… Et de certaines.
Kiravah s’avance à son tour dans la lumière de la salle d’entraînement. Elle porte la robe écarlate qui l’a rendu célèbre auprès des fidèles du Dieu Brisé. Ses longs cheveux rouges s’écoulent en cascade sur ses épaules dénudées et son regard bleu pétille. On aurait du mal à croire qu’une telle beauté renferme un monstre sanguinaire. Les apparences sont parfois trompeuses, et dans le cas des lames d’Hivernus, un corps séduisant est une arme redoutable qu’il convient d’entretenir avec soin.
- Ah… Kiravah ! Te voilà revenue, charmante petite soeur… Constate la tueuse en série sur un ton moqueur. Viens prendre place à mes côtés…
La deuxième lame d’Hivernus s’exécute en silence, sans broncher. D’un pas léger, elle vient rejoindre l’Anzat. Si sa robe frémit doucement, sa démarche, elle, ne provoque aucun bruit.
- Ceux et celles que le seigneur Hivernus prend à son service ont le privilège de se joindre à quelque chose de supérieur à ce qu’ils et elles n’auraient jamais pu espérer s’il les avait laissé mener leur petite vie pathétique. Poursuit Azah Suutrar à l’intention des postulantes. Servir le seigneur Hivernus, c’est servir le plus grand souverain que la galaxie ait jamais connu. Nous n’avons pas le droit à l’erreur. Nous devons nous montrer digne de sa confiance, si nous voulons mériter son respect et son amour. Soyez exigeantes, soyez inflexibles et surtout, soyez combatives. Nulle faiblesse n’est autorisée dans nos rangs.
La première des lames marque un temps de pause, puis se tourne vers sa comparse en lui souriant étrangement.
- Quelque chose à ajouter, très chère soeur ?
La jeune femme aux cheveux rouges acquiesce d’un signe de tête et s’avance de quelques pas, les mains jointes sur son ventre.
- Un jour viendra où la guerre s’emparera de toutes les parties de cette galaxie. Le sang et la destruction seront choses si banales et les objets d’horreur si familiers… Que toute pitié sera étouffée par l’habitude des actions féroces. Déclare d’une voix calme et troublante Kiravah. Hivernus, ayant près de lui ses élues, ira dans ces contrées en criant d’une voix souveraine : Pas de quartier ! Il déchaînera ses armées et ses vaisseaux de guerre sur l’ensemble de la galaxie, de telle sorte que la paix sera enfin rétablie. Une ère de prospérité suivra bientôt… Ce sera… Notre âge d’or.
La silhouette à la robe écarlate semble, une fois de plus, avoir ensorcelé son public. Les postulantes se mettent à sourire bêtement, parfois cruellement, en pensant à l’illustre destin qui les attend toutes. L’Anzat elle-même semble charmée par cette intervention. C’est comme si l’inspiration s’emparait de sa jeune camarade pour lui souffler des réponses appropriées.
- Nous devons nous entraîner sans relâche, nous surpasser, afin que ce jour puisse advenir. Termine finalement celle qui semble pouvoir convertir n’importe qui. Et alors nous serons récompensées comme il se doit.
La recrue touchée à l’épaule tourne de l’oeil et manque de s’écrouler. La perte de sang et les entraînements intensifs l’ont sûrement fatigué à telle point qu’elle ne tient presque plus debout. Il faut qu’une autre postulante la soutienne pour qu’elle puisse tenir sur ses deux jambes flageolantes.
- Dans cet état là, tu ne nous sers à rien. Note froidement la tueuse en série en s’approchant de la jeune femme blessée. Va faire soigner ta blessure et tâche d’être en état de combattre rapidement. Nous reprendrons l’entraînement dans trois heures. Dispersez vous !
Les “élues d’Hivernus” se retirent en silence et disparaissent dans les couloirs obscurs du complexe. Chacune part se trouver une occupation au sein de l’antre des “maîtresses sanglantes”. Il ne reste bientôt plus que les deux premières lames du Chiss.
- Le seigneur Hivernus a t-il donné des instructions précises ? Demande alors Azah Suutrar.
- Non. Pas pour l’heure. Murmure Kiravah, perdue dans ses pensées. Il doit probablement nous chercher une nouvelle cible… Il a cependant ordonné qu’on lui présente le plus rapidement possible notre meilleure postulante.
- Ah oui… Je vois… L’Anzat affiche l’ombre d’un sourire sur ses lèvres. Il a des projets pour chacune d’entre nous… Et celle que nous lui choisirons aura un destin particulier.
La femme aux cheveux rouges arque un sourcil, intriguée. Se peut-il que la première des lames soit au courant de quelque chose ? Le mystère reste entier. Un lien spécifique unit l'humanoïde à peau bleue à l’étrange créature qui le sert, à n’en pas douter… Si bien que les deux parviennent à se compléter parfaitement. Mais la nature de ce lien reste une énigme à part entière. Un secret que personne ne semble pouvoir découvrir.
Trois semaines plus tard…
[Thème] The Warlord's Web.
Le seigneur Hivernus sirote tranquillement son verre de lait bleu, contemplant en silence les étoiles qui brillent d’une faible lueur de l’autre côté de la baie vitrée. Le feulement rauque de quelques chasseurs TIE en patrouille ne semble pas perturber le cours de ses pensées. Il les observe le temps d’un instant, puis se replonge dans ses réflexions lorsque les appareils quittent son champ de vision. Où en était-il déjà ? Ah oui… Avec la mort de Walter Cole, ancien directeur des Transports Ororo, l’entreprise a été récupérée par le Seigneurat de Bajic. Une affaire qui profite bien évidemment au Chiss… Et ce pour de nombreuses raisons. D’une part, le rattachement des Transports Ororo à son gouvernement permet de bénéficier d’une flotte de vaisseaux civils qui pourra fournir des matières premières et autres marchandises sans avoir à passer par un partenaire peu fiable ou trop gourmand. D’autre part, ce rattachement a permis d’avoir accès aux données confidentielles de l’entreprise…
Quelques vilains petits secrets ont ainsi été découverts, sans que cela étonne quelqu’un toutefois. Walter Cole a apparemment passé quelques accords avec le Syndicat Tenloss afin de récupérer les Transports Ororo en échange de menus services. Le petit homme est notamment responsable de la mort de Carth Kase, qu’il a remplacé en tant que directeur de cette entreprise qu’il convoitait tant. Il a permis aux commandos de s’infiltrer dans Base Vergesso en modifiant le manifeste de cargaison et en faisant diversion. Il s’est donc rendu coupable de la tentative d’assassinat sur la personne du seigneur de la guerre. Pire encore ! Il a volontairement affaibli le Seigneurat de Bajic en détournant plusieurs convois destinés à Base Vergesso vers des planètes contrôlées par l’ennemi. Mais la dernière révélation est certainement la plus inquiétante. Une communication entre le Syndicat Tenloss et Walter Cole, récupérée par les services de renseignement du Coeur Ardent, a permis de mettre au jour une nouvelle manoeuvre. Un deuxième groupe d’assassins a été acheminé sur Base Vergesso.
Le Coeur Ardent a bien évidemment été sollicité pour retrouver cette nouvelle escouade de commandos avant qu’elle ne puisse faire des dégâts. Peut-être qu’on pourrait retrouver ces tueurs et les mettre hors d’état de nuire rapidement… Peut-être pas. Quoi qu’il en soit, Hivernus sait qu’il est leur cible et nombre de ses proches ont déjà essayé de l’avertir à propos du danger qu’il court. Mais au lieu de renforcer sa sécurité, qui risque de rendre les assaillants méfiants et plus difficiles à saisir, le Chiss a décidé de s’en remettre aux agents du Coeur Ardent et à l’Unité Tactique d’Intervention Rapide. Cependant, il est loin de risquer sa vie sur de simples calculs de probabilité, même si c’est ce qu’il fait la plupart du temps. Aujourd’hui, les enjeux sont bien trop importants pour accorder le moindre soupçon de mépris à sa propre existence. Il a donc pris certaines précautions…
La porte de ses appartements privés s’ouvre, dans son dos. Le reflet d’une silhouette inconnue, sur la baie vitrée, fait retourner l'humanoïde à peau bleue. Celle qui se tient à quelques pas de l’entrée est une belle jeune femme à la silhouette élégante et à la longue chevelure blanche aux reflets d’argent. Ayant tout juste seize ans, on peut se dire que cette inconnue est une adolescente, une… Fillette. Mais derrière cette apparence juvénile, agréable et attirante, se cache en réalité une tueuse aguerrie. Cette jeune femme qui se présente aujourd’hui au seigneur de la guerre n’est autre que l’une de celles que l’on appelle “maîtresses sanglantes”. Hivernus avale une nouvelle gorgée de son lait bleu et s’avance vers son invitée, s’aidant de sa canne pour garder un certain équilibre. Il s’arrête à quelques mètres de l’élue et sourit étrangement.
- Azah Suutrar m’a indiqué que tu as tué l’une de tes camarades lors d’un entraînement. Elle m’a dit que tu as aimé ça... Débute énigmatiquement le Chiss, plongeant son regard de feu dans celui de la jeune femme. Nous t’avons alors confié de nombreuses missions. Tu as assassiné de nombreuses personnes parce que nous te l’avons ordonné...
L'humanoïde à peau bleue marque un léger instant de pause. Son attention se reporte sur la statue d’une femme vêtue d’une robe au décolleté plongeant et fendue au niveau des jambes. Deux oiseaux, peut-être des corbeaux, battent des ailes en s’accrochant fermement à celle qui leur sert de maîtresse. Cette sculpture semble tout aussi mystérieuse que celui qui la contemple silencieusement.
- Tu t’es montrée digne de ma confiance Frilla… En manifestant ta loyauté dans un bain de sang. Tu m’as honoré comme il se doit en me faisant don de ta vie et de tes services. Poursuit le seigneur de la guerre d’une voix froide, sans même regarder son interlocutrice. Et pour cette raison, j’ai une récompense spécifique à te donner. Je t’en prie… Approche.
La dénommée Frilla vient rejoindre son maître devant l’étrange statue qu’il ne semble pas vouloir quitter des yeux. Elle observe à la dérobée le visage glabre du Chiss, sa frêle silhouette et les moindres blessures de guerre qu’il affiche. La froideur qui se dégage de son corps contraste avec son regard enflammé. La jeune femme n’imaginait pas son sauveur, son protecteur et son seigneur d’une telle manière. Il semble si sombre… Si triste… Et pourtant si prévenant.
- Tu es la meilleure de nos postulantes… La plus efficace, la plus mortelle… Et surtout, la plus intelligente. Continue d’une froideur renouvelée Hivernus. Ton destin n’est pas celui d’une simple lame… Tu seras la gardienne de mon héritage.
- Je ne vis que pour vous servir mon seigneur. Indique la postulante en s'agenouillant humblement.
- Non. Tu vis pour servir le Seigneurat de Bajic, pour servir ses citoyens. Répond d’une voix plus douce l'humanoïde à peau bleue. Je t’ai choisi pour que tu puisses un jour reprendre en main mon empire. Tu devras faire en sorte de veiller sur ta soeur, celle qui héritera de cet empire lorsque l’heure viendra...
Frilla sent sa poitrine se gonfler de fierté. Elle comprend tout à coup. Le seigneur de la guerre vient de l’adopter, de faire d’elle un membre à part entière de la famille seigneuriale. Son destin n’est plus celui d’une simple lame en effet. Peut-être l’est-elle toujours… Mais elle est désormais beaucoup plus que ça. Hivernus consolide ses positions et assure son maintien au pouvoir en se forgeant une lignée. S’il vient à mourir, alors tout ce qu’il a construit pourra revenir à ses héritiers, ceux-là même qu’il a choisi. Cependant, une question se pose : Est-ce qu’il fait tout ceci uniquement du fait de ses ambitions ou se constitue t-il une lignée parce qu’il ressent un réel besoin de fonder une famille ? La réponse reste en suspens. Une chose est sûre toutefois, il va transmettre à ses héritiers tout ce qu’il sait et tout ce qu’il juge nécessaire d’apprendre.
- Nous t’avons trouvé sans famille, sans attaches et sans avenir. Te voilà désormais bien entourée, maîtresse d’une grande destinée. Reprend d’un ton parfaitement modulé le Chiss en venant poser une main paternelle sur l’épaule de celle qui s’est prosternée à ses pieds. Relève-toi, Frilla. Nous avons beaucoup à nous dire.
- Je suis prête… Père. Souffle la jeune femme en se relevant.
- Bien… Bien.
Le seigneur de la guerre esquisse l’ombre d’un sourire. Il humecte ses lèvres et dirige à nouveau son regard vers la statue. Cette dernière semble lui renvoyer son regard, d’un air triste ou tout du moins énigmatique. Les deux oiseaux qui sont à ses côtés adoptent une attitude agressive et battent furieusement des ailes pour repousser l’imprudent qui oserait s’en prendre à leur maîtresse.
- Dis moi Frilla, que penses-tu de cette sculpture ? Demande alors Hivernus en posant son unique oeil enflammé sur sa nouvelle fille adoptive.
La première leçon vient de commencer. Un nouveau pion vient de se positionner. -
Post n°5
Auteur : Darth MalraasPlusieurs jours se sont écoulées depuis le départ de la Corvette Raider du Colonel Hamer.
Le Destroyer Recusant du Capitaine Ed'Link sur les talons, le petit engin -aux proportions toutefois respectables- fuse à une allure de croisière à travers les étoiles de la Galaxie. Sur le chemin et bien avant de rejoindre le Secteur Bajic, dans la Bordure Extérieure, un ravitaillement en carburant nécessaire, à mi-chemin, permet aux Ravageurs de se fournir en matériels de première nécessité. Bacta, rations de survies et autres munitions, sont entreposés dans le vaisseau de combat. Grossissant à peine le tonnage de l'engin stellaire, le convoi reprend sa route sans un seul incident. Confrontés dès la sortie en hyperespace, au champ d'astéroïdes du système Lybeya, le Capitaine Ed'Link bien plus adroit dans l'espace, que son homologue, prend les mesures nécessaires ainsi que le commandement.
Un escadron de droïdes Vautour s'arrache des entrailles du Recusant, accompagnés par plusieurs Tri-Droïdes anciennement confédérés. Sur le pont, les officiers chargés de la programmation des cerveaux téléchargent une séquence de protection, au prix de la destruction des engins ainsi réglés. A celle-ci s'ajoute un traçage des particules carbonisées provenant des barres de carburant solide, que possèdent les Chasseurs Vautours. Les astéroïdes à la nature non-identifiées et aux -possibles- propriétés diverses, de ce secteur de la Galaxie, pourraient empêcher des communications viables. S'il advenait donc, pour une raison ou pour une autre, que la Corvette et son escorte se retrouvent coupées du Destroyer Recusant, le traçage des particules reste la plus simple et la meilleure des alternatives de pistage. Bien que ceci dit, sa précision reste contestable.
S'assurant via les senseurs, du déploiement du convoi diplomatique, le Capitaine Ed'Link transmet l'information à l'autorité de Bélériand, incarnée par le Colonel Hamer. Claire et concise elle ne dit que ceci : "Le Corellien empiète sur les rochers". De son côté, Hector et l'équipage de la Corvette entrent les coordonnées fournies par le Seigneur de Bajic.Code6552.04 , -12012.72
Les moteurs sont lancés et les senseurs et autres radars, mis en alerte.
La cartographie de l'amas d'astéroïde est soigneusement consignée et sauvegardée dans la base de donnée. L'ordinateur de bord calcule les trajectoires et les vecteurs de déplacements théoriques d'une agglomération définie de plusieurs rochers stellaires. Le but est d'empêcher les surprises inattendues en théorisant sur la route empruntée par chaque groupes de roches ciblées. C'est ainsi que le convoi diplomatique trace sa voie et apparaît dans le secteur de la Base Vergesso, comme l'indiquaient les coordonnées.
Le Colonel Hector Hamer presse le bouton de communication et envoie immédiatement un message, avant d'être à portée des radars... Si ce n'est pas déjà le cas.
-Ici le Colonel Hamer à bord de l'Astucieux.
Nous demandons l'autorisation de nous poser. -
Post n°6
Auteur : Hivernus-------
Trou d'équipage de la passerelle du croiseur stellaire de classe Interdictor "Poing de Pandore".
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Le capitaine Netbers débarque sur la passerelle mal réveillé. Il a passé plusieurs heures à tourner en rond dans sa cabine, incapable de trouver le sommeil. Le commandant du vaisseau-amiral de la flotte seigneuriale rectifie machinalement les plis de son uniforme vert et se dirige vers les officiers de pont, avec qui il échange quelques mots. Tout semble tranquille… Du moins pour l’instant. L’homme traverse le pont, jette un coup d’oeil furtif aux membres d’équipage dans les fosses et s’arrête finalement devant la baie vitrée. Netbers baille discrètement puis se concentre sur ce qui fait sa fierté. A sa gauche, la silhouette du “Marque des Ténèbres” apparaît menaçante. A sa droite, un autre croiseur de classe Munifex, le “Cocatrix”, avance en formation. Selon les renseignements qu’il a pu obtenir du seigneur Hivernus, le bâtiment de guerre aurait été acheté à un propriétaire douteux par l’intermédiaire de la princesse Saadia des Filles du Vent Noir. Le capitaine a bien émis quelques réserves, mais le Chiss ne semble pas aussi regardant que lui en ce qui concerne l’acquisition de vaisseaux militaires. Après tout, ne faut-il pas s’ouvrir à tous les marchés quand le besoin se fait ressentir ?
Quoi qu’il en soit, la marine seigneuriale s’est encore agrandie. Selon les directives de son supérieur, le commandant du “Poing de Pandore” a fait transférer quelques uns de ses meilleurs hommes sur la nouvelle acquisition du Seigneurat de Bajic et a nommé un officier à la tête du vaisseau. Le reste des membres d’équipage a été recruté parmi les esclaves libérés et les volontaires. Il croit même se souvenir qu’un gamin des jeunesses seigneuriales a été intégré à l’équipage à un poste important sur la passerelle du “Cocatrix”. L’avenir est en marche… Une génération entière de nouveaux soldats est en train de se former. Il est étonnant de se dire qu’ici, dans le trou du cul de la galaxie, quelque chose d’important se met en place. D’une certaine façon, c’est bien la première fois que Netbers se sent aussi utile. Dans l’Empire, il n’était qu’un officier parmi tant d’autres à qui l’on donnait des ordres. Mais aujourd’hui, il est bien plus que ça. Il commande une armada qui aura un rôle à jouer dans ce secteur reculé de la Bordure Extérieure.
- Monsieur !
Un membre d’équipage fait signe à un supérieur depuis la fosse bâbord. Un lieutenant s’approche du matelot et se penche au dessus de sa console. L’air grave qu’il affiche sur le visage alerte le capitaine, qui vient prendre le rapport de l’officier.
- Commandant, une flotte vient d’entrer dans le système. Indique alors le lieutenant à Netbers. Le cordon de surveillance fait mention d'un destroyer de classe Recusant et une corvette de modèle inconnu. Les transpondeurs ne correspondent à rien de ce que nous avons dans nos données.
- Faites passer la flotte en état d’alerte. Tous les hommes aux postes de combat ! Ordonne sèchement le commandant du “Poing de Pandore”, la gorge nouée. Rappelez tous les chasseurs en patrouille et les navettes affectées à la surveillance.
Les ordres du capitaine sont transmis. L’armada seigneuriale se prépare pour un éventuel affrontement. A bord des vaisseaux, ceux qui ne sont pas encore à leur poste se ruent dans les couloirs pour rejoindre à la hâte leurs camarades. Les pilotes qui ne sont pas en mission se rassemblent dans le hangar et grimpent dans leurs appareils. En quelques minutes, la flotte est opérationnelle. Les exercices réguliers semblent porter leurs fruits.
- Monsieur, le destroyer de classe Recusant a lâché une poignée de chasseurs. Des modèles droïdes de type Vautour et Tri-Fighter. Rapporte le marin à ses supérieurs.
Une flotte séparatiste, ici ? Non, cela ne se peut. Quel intérêt ? Netbers fronce les sourcils, perplexe. Quelque chose lui échappe. Selon les données visibles sur la console des senseurs, la corvette et son escorte quittent la protection du destroyer de classe Recusant et se dirigent vers la ceinture d'astéroïdes. Une manoeuvre curieuse... Dans la fosse bâbord, les membres d’équipage suivent avec intérêt la progression du vaisseau et des appareils qui l’accompagnent. L’angoisse se lit sur certains visages. Quelques regards inquiets se posent sur le capitaine. Il doit prendre une décision.
- Attendons qu’ils signalent leurs intentions et transmettent leurs codes d’authentification. La ceinture d'astéroïdes a tendance à perturber les communications. Lâche finalement le commandant. S’ils n’ont envoyé aucun message dans la minute qui suit, nous lancerons un avertissement. Et s’ils s’obstinent… Nous ferons feu sur eux.
Les officiers acquiescent d’un signe de tête. Les simples matelots se concentrent à nouveau sur les consoles qu’ils ont sous les yeux, prêts à faire leur part de travail.
- Monsieur, nous recevons un message. Annonce l’enseigne chargé des communications. La corvette transporte un certain Colonel Hamer qui demande l’autorisation de se poser sur Base Vergesso.
La tension redescend aussi vite qu’elle est montée. Le capitaine pousse un soupir de soulagement et se maudit de ne pas y avoir pensé plus tôt. Il avait presque oublié la venue des Ravageurs !
- Très bien. Donnez-leur l’autorisation et envoyez une escorte. Répond Netbers en ajustant le col de son uniforme. Transmettez également un message à Base Vergesso. Prévenez-les de l’arrivée du Colonel Hamer.
- A vos ordres.
Le commandant du “Poing de Pandore” enlève sa casquette d’officier et passe une main sur son front couvert de sueur. Il n’y aurait pas de combat aujourd’hui, pour son plus grand plaisir. On lui rapporte rapidement que l’Escadron Fantôme vient de quitter le hangar pour se porter à la rencontre de la délégation des Ravageurs. Avec la présence de cet escadron d’élite, le colonel Hamer devrait arriver à bon port rapidement.
A l’annonce de l’arrivée imminente des Ravageurs, Base Vergesso s’anime d’une façon fort peu courante. Les troupes seigneuriales prennent position aux endroits clefs de la ville spatiale et dégagent un passage pour les transports militaires et policiers. Certaines rues sont entièrement interdites aux civils, par mesure de sécurité, et quelques commandos des Opérations Spéciales Seigneuriales sont détachés pour assurer une surveillance depuis quelques lieux en hauteurs. La dernière fois qu’on avait pris de telles mesures dans Base Vergesso, le seigneur de la guerre avait manqué de se faire tuer par quelques types aux intentions malveillantes. Aujourd’hui, c’est pour une toute autre raison. Mais ce point là, la population l’ignore…
Dans le hangar réservé à la corvette de classe Raider, on s’organise également. Lorsque le vaisseau militaire se pose, une haie d’honneur composée de trente stormtroopers de l’armée régulière se met en position devant la rampe d’accès. Lorsque le colonel Hamer apparaît, les soldats font claquer leurs talons et plaquent l’arme contre le torse, en guise de salut militaire. On pourrait aisément les confondre avec les stormtroopers impériaux, du fait de l’armure blanche et des protocoles similaires. Il y a cependant un détail qui marque une certaine différence entre les deux : La présence d’un poing fermé sur l’épaule gauche des combattants. C’est là le symbole de leur allégeance au seigneur Hivernus. Un signe distinctif qui permet de les différencier de ceux qui servent au sein de l’Impérium. Un lieutenant se porte à la rencontre de l’officier Ravageur, impeccable dans son uniforme vert, et se met au garde-à-vous.
- Colonel Hamer. On m’a demandé de vous conduire jusqu’au quartier de la Citadelle. Débute l’homme. Veuillez me suivre.
L’individu arborant la plaque de lieutenant pivote et se dirige vers la sortie du hangar. Dehors, une autre section de stormtroopers monte la garde, probablement chargée de sécuriser la zone. Plusieurs véhicules de police ont été réquisitionnés pour transporter le colonel et les hommes de son escorte jusqu’au lieu de rencontre. Une fois tout le monde en place dans les divers transports, le convoi se met en route. Les véhicules traversent plusieurs quartiers aux rues plus ou moins désertées. Seul un cordon de soldats en armure blanche semble assister à la progression du convoi. Parfois, quelques passants s’arrêtent et observent d’un air tantôt inquiet, tantôt curieux, les transports qui défilent sous leurs yeux. D’autres semblent s’intéresser au passage des véhicules depuis les fenêtres de quelques maisons. Dans l’ensemble, il semblerait qu’on ait demandé à la population des quartiers traversés de rester chez soi. Les rares individus qui s’aventurent hors de chez eux sont ceux qui n’ont pas entendu la consigne, ou ceux qui s’en moquent éperdument, au péril de leur propre sécurité.
L’arrivée du cortège dans le quartier de la Citadelle se fait en grande pompe. Les véhicules s’arrêtent à quelques centaines de mètres du bâtiment principal. Le lieutenant qui accompagne le colonel Hamer lui fait signe de continuer sans lui, avant de se mettre au garde-à-vous. Face à l’officier des Ravageurs se trouve ce qui ressemble fort à une armée complète. Pas moins de trois cent membres des jeunesses seigneuriales, resplendissants dans l’uniforme brun à col bleu qu’ils arborent, forment la première moitié de la haie d’honneur. Les visages juvéniles des différentes espèces qui composent cette organisation paramilitaire prennent un air sérieux. La première rangée de ces jeunes hommes, femmes et aliens comprend de nombreux musiciens qui tirent leurs baguettes et se mettent à frapper à l’unisson sur quelques tambours. L’air qu’ils jouent se prête particulièrement bien à la situation : Puissant, cérémoniel et surtout, militaire.
Alors que le colonel Hamer remonte la haie d’honneur, ceux qui portent les drapeaux des jeunesses seigneuriales viennent les abaisser au passage de l’officier, comme pour le saluer personnellement. Chaque individu servant au sein de cette organisation semble prendre son rôle au sérieux. Pas un pas de travers, pas un seul sourire, pas une seule fausse note. Les jeunes ont l’étoffe de vrais soldats : Le fruit de plusieurs mois de travail. Le passage en revue des troupes continue. Deux compagnies entières des soldats d’élite de la Brigade Impera remplacent progressivement les membres des jeunesses seigneuriales. Là encore, l’armure de stormtrooper qu’ils portent est pourvue d’un signe particulièrement distinctif : Des stries bleues. L’emplacement de ces marques de couleur semble varier, peut-être selon le goût de chacun. Mais la réalité est plus simple. Il s’agit simplement de distinguer les différents grades sur le champ de bataille. A l’instar de leurs jeunes camarades, les porte-drapeaux abaissent les couleurs seigneuriales au passage du colonel. Lorsqu’il arrive au bout de la haie d’honneur, composée de profils différents du début à la fin, l’officier des Ravageurs est accueilli par une jeune femme à la chevelure blanche, vêtue d’une robe noire brodée d’argent.
- Bienvenue sur Base Vergesso Colonel. Je me présente, Frilla Hawan. Mon père, le seigneur Hivernus, vous attend dans la salle du trône. Indique t-elle.
La fille adoptive du Chiss lui adresse un sourire, puis le conduit à travers les couloirs austères de la citadelle. Dans les coursives, la dernière compagnie de la Brigade Impera, qui n’a pas été déployée avec le reste des troupes, forme une dernière haie d’honneur. Cent cinq hommes, femmes et aliens en tout genre, engoncés dans des armures adaptées à leur morphologie, établissent un chemin clair vers la salle du trône. Silencieux et immobiles, on pourrait les confondre avec de simples statues. Devant la dite-pièce, un stormtrooper à la moustache grisonnante a retiré son casque, probablement un officier, et fait claquer ses talons lorsque le colonel Hamer et Frilla se présentent devant lui.
- Mon Colonel, votre escorte va devoir attendre ici. Ordre du seigneur Hivernus.
Le principal concerné semble obtempérer, peut-être à contre-coeur, ou méfiant. Nul ne le sait réellement. Quoi qu’il en soit, le soldat à la moustache grisonnante fait signe à ses hommes de les laisser entrer. Plusieurs combattants de la Brigade Impera ouvrent les lourdes portes qui mènent à la salle du trône. Frilla et son invité de marque disparaissent dans l’immense pièce. Les portes se referment derrière eux. La jeune femme remonte un long tapis noir et dépasse de nombreux braseros aux flammes dansantes. Le trône, dans le fond de la salle, est vacant. L'humanoïde à peau bleue se tient devant l’un des nombreux brasiers. Son unique oeil fixe le sein même du foyer. Le rouge flamboyant de son regard semble se gorger de l’énergie des flammes qui lèchent quelques morceaux de bois.
Sentant quelques présences à ses côtés, le Chiss en vient à se tourner. Il présente sa frêle silhouette au colonel Hamer et à sa fille adoptive. On aurait du mal à croire qu’un type au visage glabre et creusé, privé de son oeil gauche et de la jambe droite, puisse être le maître d’un véritable petit empire. Et pourtant, les apparences sont souvent trompeuses. Fermement appuyé sur sa canne, Hivernus incline légèrement la tête en guise de salutation. Il ne porte pas son uniforme blanc et or de seigneur de la guerre et se contente de son simple uniforme noir muni d'une plaque d'amiral. De son point de vue, les tenues excentriques n’ont pas leur place quand il s’agit d’impressionner un militaire… Car les militaires ne se laissent pas impressionner par ce genre de choses superflues.
- Colonel Hamer, je vous souhaite la bienvenue sur Base Vergesso. J’espère que votre voyage n’a pas été trop… Difficile. Débute froidement l'humanoïde à peau bleue. Mais nous ne sommes pas ici pour parler de ceci n’est-ce pas ? Je crois qu’il serait plus approprié de discuter dans un endroit où nous serons bien installés.
Hivernus conduit d’une démarche pénible son invité vers ses quartiers privés, qui jouxtent la salle du trône par pure utilité. Frilla les suit à distance respectable, se voulant discrète. Elle ne désire pas déranger son père et l’officier des Ravageurs qui l’accompagne. Finalement, après seulement deux minutes de marche, les voilà arrivés dans un salon privé de bonne taille. L’endroit ressemble plus à un musée qu’à une pièce réservée à la détente. Quatre masques traditionnels Kaleesh partagent un pan de mur avec un sabre laser et quelques armes anciennes et fantaisistes. Plusieurs statues de grande taille, représentant surtout des silhouettes féminines aux formes généreuses, sont alignées le long d’un autre mur. Dans un coin, un uniforme noir similaire à celui porté par le seigneur de guerre habille un mannequin. On peut cependant noter que cet uniforme là est troué à de nombreux endroits et qu’il semble tâché du sang de quelqu’un. Enfin, un banc de petits poissons exotiques évolue dans un aquarium richement décoré.
Le Chiss ne s’intéresse pas à toutes ces pièces de collection, qu’il a déjà eu l’occasion d’étudier de nombreuses fois. Il préfère s’installer dans un fauteuil trônant au milieu de la pièce et invite le colonel Hamer à en faire autant. Frilla semble vouloir rester en retrait, près de l’entrée, mais son père lui fait signe de les rejoindre. Hivernus s’empare d’un fruit mis à disposition dans une corbeille sur une table basse et mange un quartier entier avant de reprendre la parole.
- Mettez-vous à l’aise Colonel. Si vous voulez un rafraîchissement ou quoi que ce soit d’autre, n’hésitez pas à me le faire savoir. Commente l'humanoïde à peau bleue. Bien… Vous avez sûrement de nombreuses questions à me poser, des propositions à me faire, ou peut-être simplement quelques indications à me donner. Je vous écoute, Colonel.
Les choses sérieuses commencent. Peut-être assiste-t-on à la naissance d’une nouvelle ère…
Drapeaux utilisés lors du passage en revue des troupes :Spoiler : Drapeau du Seigneurat de Bajic :
Spoiler : Drapeau des jeunesses seigneuriales :
Réalisés par June. -
Post n°7
Auteur : Darth Malraas
Hector Hamer (Colonel, niveau 4)
Hector Hamer est le benjamin de la Fratrie des Hamers et probablement le plus populaire parmi les soldats. Depuis l'invasion de Yashuvhu, il est promu au rang de Colonel de la 1er Division Aéroportée rattachée au 1er Corps de Défense chargée de la sécurité des installations et des opérations offensives contre les autochtones.
L'autorisation d'approcher la Base Vergesso et s'y poser, fut accordée par le commandement du "Poing de Pandore". Les senseurs de la Corvette Raider prirent en compte l'arrivée d'un escadrons de chasseurs, assurant ainsi la sécurité du convoi, mais surtout celle des hommes du Seigneur Hivernus. Désormais pris en tenaille entre le champ d'astéroïde et ses rochers stellaires aux trajectoires complexes, et la base Vergesso comptant les "militaires" sous la botte du Seigneur de Bajic, rebrousser chemin n'est plus une option envisageable. Depuis l'Amertume, les radars perdent lentement la trace des appareils stellaires, ne laissant qu'un vide béant sur les écrans de contrôle. Le Capitaine caresse sa barbe parfaitement taillée et délègue la surveillance à son second avant de disparaître du pont. Ils attendront un signe...
L'opération d'atterrissage sur la base, se déroule sans mal. Les hommes du Colonel Hamer vérifient leur tenue et leurs armes. Les deux membres de l'Escadron des Forces Spéciales restent sur leurs positions à lorgner la rampe d'accès, les lunettes de visées s'ajustant à l'éclairage du hangar, apparaissant tout juste. Hector, comme tout bon militaire de rang, effectue des moulinets avec ses épaules afin de s'échauffer. Pour se décrisper, il incline la tête à gauche puis à droite et serre plusieurs fois les poings pour rester à l'aise dans ses gants. Il ne peut contrôler sa tension perceptible par tout le groupe. S'agissant de sa première mission diplomatique, le militaire ne se sent que très peu sûr de lui. Son univers est l'échauffement puis le saut dans le vide, fusiller et mitrailler les ennemis, reconnaître les périmètres et épauler ses camarades. Les Hamer ont toujours été, depuis des générations, nés pour s'épanouir aux premières détonations de mortiers. Une étreinte dans la poitrine le conduit à croire qu'il est peut-être en train de paniquer. Un soldat dans la politique, c'est un poisson hors de l'eau.
-Casque, pas de visage. Se murmure-t-il à lui-même en observant ses pieds. Pas de visage, pas d'émotions... Il redresse la tête. Pas d'émotions, tu parais fort, sûr... Hector tu es fort et sûr.
Il se décide, ses bottes frappent le sol froid de la Corvette Raider jusqu'à la rampe d'accès abaissée. Les soldats à l'extérieur claquent leurs talons, dans une posture parfaitement impeccable, fusil contre le poitrail. Hamer jubile, le Seigneur Hivernus semble proposer une structure militaire impeccable et des uniformes très proches de ceux des Impériaux. En descendant la rampe, le Colonel constate qu'un poing fermé est flanqué sur l'épaule gauche des militaires, signe distinctif représentant très probablement le symbole du Seigneur de Bajic. Préservant son esprit des questions qui le taraudent, Hector et ses hommes sur ses talons, s'arrêtent en voyant un officier venir jusqu'à eux.
- Colonel Hamer. On m’a demandé de vous conduire jusqu’au quartier de la Citadelle. Veuillez me suivre.
Le silence étant parfois pris pour une marque de supériorité, Hector Hamer fait un signe de tête d'approbation, pour seule réponse. Dès la sortie du hangar, la parade cesse pour offrir une sécurité bien affichée. Les Ravageurs montent à bord de véhicules utilitaires plutôt destinés à une police locale qu'à des soldats. La traversée se fait sans un seul accroc, les rues sont désertes. Rares sont les têtes sorties des ombres de ruelles étroites. L'on pourrait constater à s'y méprendre que la Base Vergesso a été tout récemment conquise et que le couvre feu militaire fait loi. En arrivant aux abords d'un lointain édifice semblant être la représentation physique du pouvoir local, l'officier accompagnant fait signe à Hector de poursuivre sur cette voie. Cette voie, parfaitement bien tracée, délimitée, organisée, pourrait faire pâlir de jalousie tous les mondes de la Bordure Extérieure, se prétendant structure militaire exemplaire, les Ravageurs compris.
Hector fait signe à ses hommes de rester quelques secondes sur place, contemplant cette grande ligne, cette haie d'honneur qui paraît présenter des tailles différentes, des gabarits divers, des visages plus jeunes. Une flamme rouge sur un fond bleu survole les têtes juvéniles, présentant probablement un genre... de symbole académique. Les Ravageurs remontent la nuée de petits gens. Tous, se présentent comme d’impeccables membres d'une armée, droits, sans une seule émotion si ce n'est la concentration quasi parfaite. Les drapeaux s'abaissent au passage du Colonel, appréciant cette démonstration de courtoisie militaire. Hector sourit sous son casque, imaginant ses fils qui, un jour l'espère-t-il, seront aussi fiers et beaux que ces enfants, au sein de l'Armée du Protectorat, plusieurs décennies plus tard.
Le passage en revue des troupes se poursuit. Les petits gens à la tenue brune et au col bleu, se muent en soldats bien plus coriaces que les jeunesses seigneuriales. L'uniforme des stormtroopers est toujours présent, des lignes bleues en plus et à différents endroits pour certains, à des emplacements identiques pour d'autres. Le Colonel Hamer sait que, depuis l'époque de la guerre des clones, les uniformes blancs possèdent des couleurs différentes pour signaler la présence d'un grade. Les marques ont évolués depuis les années de l'Empire puis de l'Empire Galactique. Les Clones ainsi que les Stormtroopers ont favorisés les couleurs mais aussi les symboles distinctifs, comme une épaulière plus allongés pour identifier les officiers. En l’occurrence, ici, il semblerait que les rayures aient une importance hiérarchique plutôt qu'une personnalisation récréative comme certains des officiers de Ravages en possèdent. Qui voudrait d'une rayure bleue à un endroit, une autre à un autre ? Peut-être n'est-ce qu'un style.
Au bout de l'interminable haie, une jeune femme à la chevelure blanche, se présente au Colonel.
- Bienvenue sur Base Vergesso Colonel. Je me présente, Frilla Hawan. Mon père, le seigneur Hivernus, vous attend dans la salle du trône.
Se pinçant la lèvre pour éviter une réponse amicale, Hector hoche une fois encore la tête. Les Ravageurs suivent alors, l'enfant du Seigneur Hivernus, dans les entrailles d'un édifice très peu sympathique, visuellement parlant. D'autres soldats, aux races différentes, façonnent l'architecture intérieure de leur présence. La dernière haie débouche sur une moustache détenue par un homme d'âge mûr.
- Mon Colonel, votre escorte va devoir attendre ici. Ordre du seigneur Hivernus.
Hector ne s'attendait pas à ce que ses hommes restent dans son ombre.
Le Seigneur Hivernus prend ici, une mesure de sécurité mais aussi de confidentialité.
Comme à l’accoutumé, depuis son arrivée, il hoche la tête puis se tourne vers son petit cortège.
Seul un murmure étouffé s’épanouit au delà de son casque, signalant une communication par comlink interne. Ses hommes se détendent et acquiescent d'un simple signe de tête. La dénommée Frilla, fils d'Hivernus passe les lourdes portes poussées par quelques Stormtroopers, suivie par le Colonel Hamer. La dernière chose qu'entendra Hector dans son système de communication portatif, est un "Bon courage Colonel" de la part de ses semblables. Une fois les portes refermées, la communication est intentionnellement rompue.
Une salle de trône fait son apparition, au bout d'un long tapis couleur ébène. Le benjamin des Hamers note plusieurs brasiers allumés probablement pour l'occasion, ainsi qu'un homme à la peau bleue, se tenant devant l'un d'entre eux. Sa stature est droite, mais son physique tendant vers le maladif. Une plaque d'Amiral siège sur son torse, un officier... Mais certainement pas le père de Frilla Hawan, en vue de l'étrange espèce à laquelle il appartient.
- Colonel Hamer, je vous souhaite la bienvenue sur Base Vergesso. J’espère que votre voyage n’a pas été trop… Difficile. Entame l'humanoïde d'une voix parfaitement calme et glaciale. Mais nous ne sommes pas ici pour parler de ceci n’est-ce pas ? Je crois qu’il serait plus approprié de discuter dans un endroit où nous serons bien installés.
Ne préférant pas poser une question qui serait inappropriée, le Colonel répond encore une fois par un hochement de tête et tout en suivant son hôte vers une salle adjacente, se permet une réponse.
-Merci pour cet accueille rondement bien mené. Son casque toujours visé sur ses épaules, transmet une voix bien plus paisible et tenue par le respect. Je ne m'attendais pas à une telle cérémonie.
Suivis par la dénommée Frilla, remettant en cause le lien de parenté avec l'homme bleu, les deux hommes se retrouvent rapidement dans une salle des trophées. Les yeux du Colonel trouvent directement le sabre laser, une intrigante découverte pour l'occasion. L'invitation de l'Amiral est faite, le Colonel prend place sur le fauteuil tout juste en face de son hôte. La fille est interpellée par le "père bleu", donnant une nouvelle indication à Hector sur l'identité de son interlocuteur.
- Mettez-vous à l’aise Colonel. Si vous voulez un rafraîchissement ou quoi que ce soit d’autre, n’hésitez pas à me le faire savoir. Commente l'humanoïde à peau bleue. Bien… Vous avez sûrement de nombreuses questions à me poser, des propositions à me faire, ou peut-être simplement quelques indications à me donner. Je vous écoute, Colonel.
Le Ravageur observe la pomme du Seigneur de Bajic, une démonstration d'assurance certaine, quant au dialogue qui suivra. Les Ravageurs, toujours habitués à marteler de coups leurs opposants ou à côtoyer des populations devenues dociles par la puissance militaire de leurs rangs, se retrouvent en face d'un caractère confiant.
-Merci, un verre d'eau devrait suffir. Préfère-t-il répondre en premier lieu. De nombreuses questions seront posées, mais la principale et celle qui m'intéresse le plus et, qui devrait tout autant intéresser le Seigneur Gelmir, est... Votre puissance militaire, cette base conquise... Est-ce a nom de l'Imperium ou bien encore... Hector retire son casque, dévoilant un visage plutôt jeune, moins de trente ans. Il tourne ses yeux vers le sabre laser pour revenir à l'oeil unique du Seigneur Hivernus. Au nom de l'Ancien Empire ? -
Post n°8
Auteur : HivernusLe colonel Hamer retire son casque et dévoile son visage, celui d’un jeune homme. Nombre d’individus pourraient se sentir offusqués, insultés, considérant qu’un tel grade et une telle position ne sont réservés qu’à des gens plus vieux… Plus… “Expérimentés”. Mais le seigneur de la guerre qui fait face au représentant de l’armée des Ravageurs n’est visiblement pas de ceux là. Il fait parti d’une espèce où l’on apprend dès son plus jeune âge à se servir d’une arme… D’un monde où l’enfance laisse rapidement sa place à des responsabilités d’adulte. En outre, avoir en face de lui un militaire trop jeune pour le grade qu’il arbore ne le dérange pas. De toute manière, nombre des officiers servant dans l’armée seigneuriale sont dans un cas similaire à celui du colonel Hamer. La jeunesse n’empêche pas l’expérience, surtout si l’on est confronté relativement tôt aux difficultés rencontrées sur un champ de bataille. C’est ce qui fait la force des armées qui font le choix d’offrir des responsabilités à des individus que l’on pourrait voir d’un mauvais oeil ailleurs.
L’émissaire des Ravageurs demande un verre d’eau comme seule boisson. Un choix judicieux quand on cherche à garder toute sa lucidité dans une affaire importante. Le Chiss hoche la tête. Sa fille adoptive se lève et se dirige vers un mini-bar. Elle en sort trois verres et verse trois liquides différents. La jeune femme à la chevelure argentée revient avec un plateau et distribue les boissons. Frilla semble avoir opté pour un lait Arkanien. Contrairement à ce que son nom laisse croire, il s’agit d’un hydromel particulièrement crémeux et fort en goût. L'humanoïde à peau bleue se contente de son traditionnel lait bleu. La question que vient lui poser le colonel Hamer, et le regard insistant qu’il a pu jeter sur le sabre laser sont particulièrement évocateurs. Rien d’étonnant toutefois… Le jeune homme fait son travail, rien de plus. Il cherche à s’assurer que les intérêts du seigneur de la guerre sont compatibles avec ceux de son maître.
Et bien évidemment, tout peut porter à confusion au sein de Base Vergesso. Les uniformes impériaux, les armes et les armures de facture impériale, les traditions et les protocoles militaires propres au régime impérial… Tout rappelle l’Empire. Mais quel empire ? C’est bien là l’intérêt de la question. Si l’on se fie aux rapports du Bureau de la Sécurité Impériale, le seigneur Gelmir est un Sith, ou tout du moins, un individu qui leur est affilié. Il se sert de ces derniers comme d’un outil militaire. C’est là l’avis du Chiss. En réalité, tout est envisageable. Mais quelque chose, dans la conscience d’Hivernus, lui fait croire que l’ancien général qui a le temps d’un instant dirigé la plus puissante organisation galactique a beaucoup en commun avec lui. Et puisqu’il se sert lui-même d’une créature sensible à la Force comme d’un atout militaire… Il en vient à déduire simplement que son homologue fait de même de son côté. Mais l’usage que Gelmir peut faire des Sith est sûrement plus complexe.
- Il est vrai que j’ai combattu les ennemis des Sith lorsqu’ils dirigeaient l’Empire. Et il est vrai que j’ai offert mon sang à l’Impérium. Le seigneur de la guerre dirige son regard embrasé vers le sabre laser et affiche un sourire triste aux lèvres. Mais ce temps est révolu. Je n’ai aucune sympathie pour les Sith. Et je n’en ai pas plus pour les impériaux d’aujourd’hui. Tout ce que vous voyez ici est mon empire. Celui qu’aurait du être l’Empire il y a des années.
Il y a une part de mensonge et de vérité dans ce qu’il raconte. Il se persuade silencieusement que ce qu’il entreprend est juste, nécessaire. Même s’il doit s’éloigner de l’Impérium et de ses intérêts pour accomplir ses objectifs. Mais il y a fort à parier que les agents impériaux, s’ils pouvaient l’entendre, ne seraient pas d’accord avec son point de vue. On le prendrait sûrement pour un traître. L’est-il réellement ? Possible oui. Mais n’est-ce pas ce qu’on attend de lui ? Qu’il mente ? Qu’il se rapproche du seigneur Gelmir par tous les moyens ? Même si cela doit le mener sur la voie de la trahison ?
- D’une certaine manière, je crois avoir parcouru un chemin similaire à celui emprunté par votre seigneur, même si cela reste un point de vue discutable. Nous nous sommes engagés dans une armée, nous avons combattu pour des empires et nous avons décidés de nous en éloigner pour quelques raisons obscures et personnelles. Continue froidement l'humanoïde à peau bleue. J’ai, pour ma part, quelques divergences d’opinion avec ceux qui prétendent suivre l’idéologie impériale. Ceux qui partagent mon point de vue sur ce que devrait être réellement l’Empire m’ont suivi dans la Bordure Extérieure. Le régime impérial est gangréné par toute une clique de politiciens, d’entrepreneurs et d’officiers qui considèrent que l’espèce humaine doit dominer toutes les autres. Vous aurez pu constater par vos propres yeux qu’ici même, nous accordons la même place à tout le monde. C’est ce qui fait la différence… Mais pas seulement.
Le Chiss marque un temps de pause. Il avale plusieurs gorgées de lait bleu, puis vient croquer un autre morceau de pomme. Son regard enflammé se plante dans les yeux du colonel.
- J’oeuvre pour la paix. Pour une paix durable. Ajoute mystérieusement le dénommé Hivernus. Vous me direz que c’est là le but de toute organisation politique douée de raison. Mais que faire si ces organisations politiques sont corrompues ? Impérium, République, Confédération des Systèmes Indépendants… Tous ces régimes sont rongés de l’intérieur par quelques maux insidieux qui finiront par les mener à la perte. Ils sont aveuglés par leur fierté, et par des personnages qui sont prêts à faire tous les sacrifices nécessaires pour assurer la pérennité de leurs intérêts personnels.
Deuxième silence. Un autre quartier de pomme est avalé. Ce qu’il reste du fruit est déposé sur la table, exposé tel un trophée. Toute expression faciale semble désormais effacée sur le visage du seigneur de la guerre.
- Le Mal… Le Mal, Colonel, est comparable à un arbre. Ses racines se trouvent dans les profondeurs de la terre, dans les ténèbres, mais ses fruits prolifèrent dans la lumière. Certains ont l’imprudence de goûter à ces fruits tentateurs et s’en trouvent à jamais changés. Cet arbre qu’est le Mal peut être coupé mais il reviendra toujours et encore tant qu’il ne sera pas déraciné. Voilà pourquoi il est si difficile à vaincre. Révèle l'humanoïde à peau bleue, d’une froideur renouvelée. C’est là la raison de mon combat. De mon oeuvre. L’armée que je dirige est l’avant-garde impériale. Celle chargée d’apporter l’ordre, la sécurité, la paix et la prospérité dans la galaxie. Mais ne vous trompez pas sur mes intentions. Si je dois détruire plusieurs mondes et réduire en poussière quelques régimes pour apporter l’aube d’une nouvelle ère, alors je n’hésiterai pas un instant. Certains peuvent remettre en question ce point de vue, cette façon de faire, mais ceux qui comprennent vraiment se rendent compte que je ne peux pas laisser perdurer quelques institutions corrompues.
Une porte disparaît dans le mur et laisse apparaître la silhouette en armure grise d’un commando de l’Unité Tactique d’Intervention Rapide. Le soldat, dont l’identité est dissimulée par un casque, fait claquer ses talons en guise de salut militaire.
- Mon seigneur… Désolé de vous importuner de la sorte mais… J’ai un rapport urgent à vous remettre. Indique l’inconnu en armure grise.
- Je vous accorde deux minutes. Pas une de plus. Répond froidement le Chiss en se redressant. Veuillez m’excuser pour ce contretemps Colonel. Ce ne sera pas long.
Le dirigeant de Base Vergesso quitte le salon d’une démarche pénible, accompagnant le soldat dans le couloir. La porte se referme derrière eux. Ce que les deux hommes comptent se dire ne regardent qu’eux visiblement. Frilla Hawan observe le militaire qui lui fait face, avec de nombreuses interrogations en tête. Elle décide finalement de se lancer à son tour.
- J’ai vu vos regards insistants. Vous vous interrogez sur le lien qui m’unit à mon père. Le sang du seigneur Hivernus ne coule peut-être pas dans mes veines, mais ne doutez pas un instant qu’il est bel et bien mon père. Annonce la fille adoptive du seigneur de la guerre avec une certaine dévotion. Il y a d'ailleurs une phrase Mandalorienne qu'il affectionne tout particulièrement en ce sens. Aliit ori'shya tal'din... La famille ne se limite pas aux liens du sang. C’est une chose particulièrement importante aux yeux de mon père. Le seigneur Hivernus est ma seule famille, la seule qui compte réellement. Il est mon père, mon modèle… Et je suis sa fille, son héritière.
La jeune femme boit une gorgée de lait Arkanien, comme si ce breuvage peut l’aider à trouver l’inspiration. Elle reprend avec toujours autant de ferveur son discours enflammé.
- Quoi qu’il en soit, mon père est peut-être dur dans ses mots, mais ce qu’il entreprend est juste. J’ai vu la loyauté sans faille qu’il inspire à ses hommes. J’ai vu le courage et la fierté affichés sur les visages de ceux qui combattent sous sa bannière... Poursuit-elle avec ardeur. La pureté de sa justice repousse les ténèbres… L’impitoyable férocité de ses soldats s’est plus d’une fois déchaînée sur ses ennemis. Aucune forteresse ne pourra résister à la colère de mon père et à la fureur de ses troupes. Du point de vue du Syndicat Tenloss et des nombreux groupes pirates du secteur, il n’est qu’un rival de plus à éliminer. Pour ses partisans, il est une lueur d’espoir dans une galaxie ravagée par les conflits. Les Ravageurs peuvent être un soutien de choix dans les projets de mon père, tout comme il peut être un soutien de choix dans les projets du seigneur Gelmir. Je pense, Colonel, que vous devriez y réfléchir sérieusement.
La porte s’ouvre à nouveau et laisse entrevoir la silhouette maladive du Chiss. Hivernus entre seul dans la salle convertie en musée privé. Il se glisse dans le fauteuil qu’il occupait auparavant et vient retirer sa prothèse de fortune. Son moignon se fait douloureux et l'humanoïde à peau bleue ne trouve qu’une seule solution pour se soulager : Un massage vigoureux.
- Je m’excuse encore pour la gêne occasionnée Colonel. J’espère ne pas avoir été trop long. Reprend le seigneur de la guerre d’un ton plus… Paisible. Je suis désormais à votre entière... Disposition.
Le dirigeant des lieux s’empare de son verre de lait bleu et avale quelques gorgées du précieux liquide. Il guette la moindre réaction sur le visage de son interlocuteur. Peut-être cherche t-il à deviner les pensées du colonel Hamer… -
Post n°9
Auteur : Darth Malraas
Hector se suspend aux lèvres du Seigneur Hivernus, ne souhaitant perdre aucuns mots lâchés par ces lèvres sûres. Les changements de ton à peine perceptible révèlent pourtant une ardeur enfouie dans les entrailles de l'homme bleu. Les phrases sont des œuvres parfaitement sculptées, embellies par les sentiments et illuminés par l'intonation. Le Colonel ne sourcille pas, ses yeux ronds gravés sur son visage militaire, restent figés dans ceux de son interlocuteur. Soigneusement, il patiente et emmagasine les informations, l'idéologie même, de ce Seigneur de Guerre. Finalement et alors que la diction paraît s'achever, une armure d'un gris ardoise fait son apparition, révélant souhaiter effectuer un rapport à son supérieur.
Veuillez m’excuser pour ce contretemps Colonel. Ce ne sera pas long. Informe l'hôte à son invité, avant de disparaître dans un couloir.
-Je vous en prie. Répond le concerné.
C'est à ce moment précis que Frilla Hawan, la fille du Seigneur Hivernus, se décide à effectuer une intervention personnelle. Son discours tiens dans une main. La bonté d'âme de son père, par ce choix qui est sien de faire d'elle son enfant, couplé au caractère sublime d'un Seigneur hors pair. Le Colonel Hamer comprend que les liens du sang ne sont que des broderies sur un tableau généalogique. Il admet volontiers qu'un enfant sans le même ADN, peut-être autant, voire plus, important qu'une progéniture naturelle. Les guerres fabriquent des orphelins et torpillent les parents vers un état spectral, historique et parfois, légendaire. Les Hamers sont enrichis par leurs liens familiaux sur des générations, mais les trois frères s'unissent sur ce devoir de respecter de la vie. Des cauchemars d'un cataclysme, peuvent naître des enfants aux talents héroïques.
La jeune fille construit donc un tableau à l'avantage de son père. Elle y ajoute, comme n'importe quelle bonne politique, une touche récréative d'admiration qui se change aussitôt en utilité commune. Hector n'aurait pas été étonné si après ce beau monologue -ayant tout à fait un sens- la petite se serait tenue devant lui, plume à la main, lui tendant un parchemin pour rejoindre l'armée de son paternel. Tout cela bien sûr, les yeux humectés de petites perles de joies.
-J'y réfléchirais. Lui lance-t-il alors pour seule réponse, un sourire aux lèvres.
Le Seigneur Hivernus revient alors de son entrevue mystérieuse. Il reprend sa place sur le fauteuil, retire sa prothèse comme s'il s'agissait d'une chaussette et en oublie peut-être, que c'est là se présenter comme un être... Diminué et fragile. Hector avale une gorgée d'eau et repose son verre, aux Ravageurs de se dévoiler.
-Les Ravageurs ne s'accordent plus avec la plus grande majorité des civilisations de la Galaxie. Nous demeurons séparés volontairement, des voies de navigations classiques et œuvrons pour satisfaire les besoins de notre propre civilisation. Commence-t-il par dire. L'ombre des gouvernements tels que la République Galactique ou la Confédération, plane sur les têtes de ceux et celles qui choisissent la liberté. Mais les Ravageurs ne possèdent pas que de simples têtes. Hector tend le menton vers son casque. Nous sommes des soldats et notre principale mission est de satisfaire les besoins des nôtres, de sauvegarder notre peuple et notre civilisation, au détriment des nations extérieures s'il le faut.
Le Colonel s'enfonce dans son fauteuil afin de se sentir plus à l'aise.
-L'Empire Sith fut une plaie pour la Galaxie, tout comme l'ancien Empire proposant aux mondes affiliés, les mêmes politiciens corrompues de la République. Les Ravageurs sont responsables de l'émersion de la République Fédérale, nous avons pour la majorité, été sous la bannière Confédérée. Les choses ne pourraient être différentes, mais je suis certain que si le Seigneur Gelmir devait revenir des années en arrière, c'est avec satisfaction que je l'appellerais Empereur. Le Corellien fronce les sourcils en regardant l'homme bleu. Il est plus facile de suivre un homme qui ne veut pas être roi mais qui agit comme tel, aux yeux des siens. Notre Général s'est écarté de la Confédération pour fondre à travers les étoiles, après toutes ces années, alors qu'il dirigeait la plus grande puissance galactique, après avoir aidé à l'éradication de l'Empire et instauré la paix... Ses intérêts ne se sont pas tournés vers le pouvoir et la satisfaction d'avoir ce dit pouvoir. D'un homme puissant dans les armes et connu par le titre à travers la Galaxie, il est devenu un Seigneur de Guerre.
La gorge presque asséchée, Hector relève son verre, dirigeant un instant ses yeux vers la fille d'Hivernus, puis vers celui-ci. Une belle gorgée avalée, il reprend.
-Kessel puis Nar Shaddaa et finalement notre monde, d'une beauté sans égale, d'une nature féérique, que nous construisons à mesure que les étoiles filantes défilent sur Coruscant. Pour ses ennemis il est la fureur, mais pour les siens il est un bienfaiteur. Si je suis aujourd'hui ici, c'est pour parler des Chantiers que vous avez conquis en même temps que cette base, afin de construire le vaisseau avec lequel je suis venu.
Si vous acceptez cette offre, vous entrerez dans les faveurs du Seigneur Gelmir.
Les Ravageurs sont dans l'obligation de sous traiter certaines de leurs technologies le temps que nous ayons l'infrastructure nécessaire à développer dans notre propre système. Nous disposons d'ingénieurs, de techniciens et de divers personnes aux compétences variées pour superviser la construire de A jusqu'à Z.
Si vous acceptez Seigneur Hivernus, nous vous offrirons une de nos Corvettes Raiders et vous pourrez discuter de la suite, directement avec le Seigneur Gelmir. -
Post n°10
Auteur : HivernusLe colonel Hamer dévoile de nombreuses informations que le Chiss s’empresse d’enregistrer dans sa mémoire. Ainsi donc, les Ravageurs ont choisi de s’éloigner de l’agitation générale… Le fait qu’ils aient choisi une telle voie peut être interprété de bien des manières. Peut-être cherchent-ils à conspirer dans leur coin, dans le but de se préparer à une guerre à grande échelle, sans attirer l’attention des grandes puissances galactiques. Ou peut-être qu’ils cherchent réellement à se retirer dans un endroit perdu de la galaxie, à la recherche d’un havre de paix. Mais peut-on réellement attendre d’un seigneur de la guerre et de son armée qu’ils s’établissent sur une planète afin d’y vivre en toute sérénité ? Le doute est permis. Les soldats sont des hommes d’action. Et il est donc plus probable que le seigneur Gelmir cherche à se constituer un empire dans un endroit qui n’intéresse personne.
Quoi qu’il en soit, cette première information permet déjà de renseigner l'humanoïde à peau bleue sur un point précis : Leur capitale est établie sur un monde lointain, éloigné des voies de navigation très fréquentées. Les coins les plus reculés de la Bordure Extérieure pourraient bien correspondre… Mais il se peut que cette planète soit située dans l’Espace Sauvage, ou pire, dans les Régions Inconnues. Tout est possible. Et du fait de l’absence de renseignements, les déductions ne mènent à rien. Il faut toutefois noter que le colonel Hamer a mentionné Nar Shaddaa et Kessel comme terres d’accueil provisoires des Ravageurs. Il s’agit donc de pistes à exploiter.
Une partie entière du discours de l’officier porte sur la nature même de l’organisation militaire des Ravageurs. Ce sont, pour la plupart, des soldats ayant servi sous les ordres du seigneur Gelmir lorsqu’il était général de la Confédération des Systèmes Indépendants. Leur loyauté s’est forgée progressivement, lors de multiples batailles passées à ses côtés et sous ses ordres. Et à en croire le colonel Hamer, ils auraient été prêts à le couronner empereur s’il avait eu cette volonté. Une telle loyauté force le respect, inspire l’admiration. Hivernus ne connaît que trop bien cette loyauté. Il est lui-même le sujet d’une loyauté sans faille de la part de ses hommes. Il n’y a qu’un seul moyen d’inspirer telle dévotion à des soldats : Des actions brillantes. Le seigneur Gelmir, en tant que général séparatiste ou seigneur indépendant, a mené ses troupes à la victoire plus d’une fois. C’est un fait connu de tous. Il a mérité son titre de seigneur de la guerre. Peu peuvent se vanter d’avoir telle considération dans le cœur de l'humanoïde à peau bleue. Des personnages tels que Valiant ou Ozzel ne font pas l'objet d'une telle estime.
Dans une autre vie, s’il était né dans un coin moins isolé de la galaxie, et dans un régime différent, Hivernus aurait probablement été l'un de ces nombreux volontaires souhaitant servir au sein de la douzième division du commandant puis général Gelmir. Le simple fait, aujourd’hui même, de savoir qu’il peut avoir l’occasion de rencontrer dans un futur proche son homologue semble le satisfaire. Deux seigneurs de la guerre, ayant des opinions plus ou moins similaires sur quelques régimes corrompus, illégitimes et faibles, pourraient bien changer le destin d’une galaxie moribonde… Mais pour l’heure, il faut se contenter de ce qui est réellement acquis. Et le respect des Ravageurs est loin d’être gagné.
- Colonel Hamer, j’apprécie votre franchise. L’offre des Ravageurs est généreuse. Mais je me permets de proposer une nouvelle offre, plus favorable à vos attentes. Répond mystérieusement le Chiss, avant de continuer de son habituelle froideur. Nous sommes des militaires, et je sais très bien, en tant que tels, que seules les actions concrètes ont une quelconque influence sur nos esprits guerriers. Je ne connais pas votre situation actuelle, mais j’imagine que vos experts seront plus utiles sur votre monde qu’ici. Il se trouve que j’ai moi-même une division d’ingénieurs et de scientifiques, que je peux mettre à votre disposition.
Le seigneur de la guerre s’accorde un moment de pause, buvant une gorgée de son précieux lait bleu. Son regard incandescent reste fixé sur son interlocuteur, comme s'il cherche à deviner le fond de ses pensées. Il reprend rapidement la parole, lorsqu’il s’est assez désaltéré.
- Sur ce point là, je peux déjà vous arranger une visite, afin que vous puissiez vous forger votre propre opinion sur nos travaux en matière de recherches militaires et voir si cela est compatible avec vos projets. Continue Hivernus, impassible. J’ai par ailleurs le sentiment qu’il serait plus profitable, pour vous comme pour nous, d’établir une ambassade des Ravageurs sur Base Vergesso. De mon point de vue, il s’agit avant tout de prouver au seigneur Gelmir qu’il peut nous faire confiance, en gardant un oeil sur l’avancement de ma campagne militaire. Il pourra ainsi décider par lui-même s’il souhaite réellement s’investir dans le Seigneurat de Bajic et conclure quelques accords.
Les dés sont jetés. Il ne reste plus qu'à voir si le résultat obtenu par le lancer peut convenir au colonel, ou si ce dernier souhaite lui-même relancer afin d'avoir un résultat plus favorable à sa vision des choses. -
Post n°11
Auteur : Darth Malraas
La proposition du Seigneur Hivernus semble tout à fait adaptée aux besoins des Ravageurs. Les responsables de Bélériand sont-ils néanmoins prêts à déléguer la totalité des travaux, aux ingénieurs de Vergesso ? Hector indécis, préfère ajuster la suggestion de son hôte.
-Votre proposition est opportune, mais le Général Hamer ne pourrait concevoir de fournir nos plans sans avoir un oeil sur le processus. Voilà pourquoi la Générale de Bridage, Alinéor Ferra, réalisera des auditions sur votre personnel. Il plisse les yeux, comme pour percer l'oeil unique de son interlocuteur et dénicher ses réflexions. Notre Générale est chargée de la Division Aérienne de notre capitale et c'est à elle que nous devons les tests décisifs des Corvettes Raiders. Sa présence sera tout à fait adaptée et vos ingénieurs pourraient bénéficier de son expérience.
Il se tait, laissant quelques secondes à Hivernus pour réfléchir.
La dernière gorgée d'eau est bienfaitrice, de quoi humidifier la gorge sans avoir à la racler.
Il reprend, gardant à l'esprit les paroles de l'homme bleu.
-Je rebondis sur votre proposition d'ambassade, la Générale pourrait ainsi avoir le luxe de rester sur place, c'est un atout. Cette idée ne peut aller que dans un seul sens, notre monde sera heureux d'avoir une délégation du Seigneurat de Bajic. Un doute lui traverse l'esprit, mais si les Ravageurs veulent des alliés, il ne peuvent rester calfeutrés derrière les Régions Inconnues. Nous mettrons en place un cycle de transport militaire afin que vos hommes et que les nôtres, puissent naviguer entre chaque monde, à des dates précises. Vous comprendrez que le Seigneur Gelmir met un point d'honneur à préserver la capitale... Les coordonnées stellaires sont biens trop précieuses pour prendre le risque qu'elles finissent entre les mains de personnes hostiles.
Hector repose son verre.
-Une visite serait intéressante mais cette future alliance ne peut se faire sans satisfaire votre curiosité. Je vous propose de vous rendre à la capitale, de voir nos installations et de vous entretenir avec le Général Hamer et l'Amirale Mai. -
Post n°12
Auteur : HivernusLe colonel Hamer semble satisfait par le résultat obtenu lors du lancer de dés. Mais il ne peut toutefois s’empêcher de relancer dans le but d’avoir un meilleur score. Et visiblement, il semble avoir vu juste. L’officier de Ravage indique qu’une certaine générale se chargera de vérifier méticuleusement les dossiers des hommes et des femmes travaillant au sein de la division des recherches militaires. Il ajoute aussi qu’il sera nécessaire pour elle d’être au plus près des chantiers navals pour superviser la construction des corvettes destinées à la flotte des Ravageurs. L’offre d’ambassade est donc acceptée. Le colonel va d’ailleurs plus loin en offrant une proposition similaire au Seigneurat de Bajic. Chaque camp pourrait ainsi voir ce qu’il se passe chez l’autre… Et dans le cas de l'humanoïde à peau bleue, un tel privilège pourrait bien lui permettre de servir ses intérêts. A l’annonce de la possibilité de rencontrer l’amiral(e) Mai et le général Hamer, un possible parent de son interlocuteur, Hivernus se permet de garder le silence.
Si son visage semble impassible, son cerveau est en ébullition. Le seigneur de la guerre analyse les propos du colonel, émet plusieurs hypothèses… Il en vient à la conclusion suivante : Les Ravageurs manquent cruellement d’alliés et de ressources si l’on se fie à leur envie pressante de l’inviter sur leur capitale afin d’établir une “alliance” pour reprendre les mots du jeune Hamer. Alliance. Tout individu normalement constitué, et doué de raison, prendrait toutes les mesures nécessaires afin d’éviter de tomber dans un piège, de se fier à la mauvaise personne. Le colonel qui lui fait face lui prouve cependant qu’en ces heures sombres, il faut parfois chasser toute méfiance pour faire des compromis.
Quand il s’agit de dominer les étoiles, les différentes puissances galactiques se livrent une guerre sans merci et il est rare de voir des alliances durables se former, de peur de voir un gouvernement prospérer et devenir plus puissant qu’un autre. Si les alliances peuvent s’avérer utiles, voire essentielles, il est cependant important de retenir qu’elles doivent être abordées avec prudence. Tant que les avantages restent mutuels, l’alliance peut tenir… Mais les dirigeants changent, leurs besoins avec, et il n’est ainsi pas rare de voir un individu trahir ses alliés s’il trouve de nouveaux avantages à le faire. Il est donc du devoir d’un commandant avisé de rester attentif en tout temps, s’il veut survivre. Il doit savoir anticiper les attentes des autres et préparer ses coups à venir en fonction des moindres changements. Hivernus, qui est loin d’être un imbécile, sait très bien que cette alliance avec les Ravageurs peut être au pire une alliance de circonstance, au mieux une alliance étroite et durable, même si cette deuxième possibilité reste pour l’instant écartée.
Dans tous les cas, à court terme, une coopération étroite entre deux puissances enclavées dans les confins de la galaxie peut être une excellente manière de consolider ses positions… Seul un idiot refuserait d’accepter de se saisir d’une telle opportunité. Le Chiss s’empare de son verre de lait bleu et en avale une gorgée, toujours aussi inexpressif. Son regard ardent se pose sur sa fille adoptive, qui se permet de sourire malicieusement… Mais l’oeil désormais unique du seigneur de la guerre vient rapidement fixer l’officier de Ravage.
- Je crois que nous avons trouvé un terrain d’entente Colonel. Votre Générale sera ici chez elle. Et je ferai en sorte de la traiter avec tous les honneurs dus à son rang, tel un membre de ma propre famille. Répond froidement l'humanoïde à peau bleue. Mais avant de nous pencher sur les détails d’un tel accord, je pense qu’il est plus convenable pour vous comme pour moi de passer en revue les chantiers navals du système Libeya. Après tout, vous êtes venu sur Base Vergesso pour cette raison même et il serait impoli de vous refuser la visite que vous attendez.
Frilla se redresse subitement et se charge de débarrasser les verres. Son père adoptif entreprend de fixer sa prothèse de fortune à son moignon avant de se tenir fermement appuyé sur sa canne. Cet état de faiblesse, dans lequel il semble s’accepter, pourrait être interprété par beaucoup comme une marque de médiocrité. Mais Hivernus est loin d’être faible, comme il aime se montrer. Bien évident, sa blessure de guerre le lance douloureusement de temps à autre et réduit considérablement sa mobilité, mais elle ne sape pas la volonté du Chiss. Et son esprit affûté est loin d’être perturbé par cette insignifiante douleur, aussi désagréable soit-elle. D’un simple geste de la main, il désigne la sortie au colonel Hamer et s’engage à sa suite. Frilla Hawan reste dans leur ombre, telle une servante obéissante. Le trio traverse la salle du trône sans y faire halte. Les lourdes portes s’ouvrent sur le couloir… Les soldats de la Brigade Impera postés en faction dans le couloir plaquent instinctivement l’arme contre le torse et font claquer leurs talons en guise de salut militaire.
Le seigneur Hivernus leur adresse un regard bienveillant, teinté de fierté. Il accorde d’un bref moment d’attention aux soldats escortant l’officier de Ravage, tentant peut-être de prendre des informations sur leur équipement militaire. Mais il semble s’en détourner rapidement et préfère continuer son chemin dans les couloirs austères de sa citadelle… Sur son passage, chaque stormtrooper portant le bleu sur son armure semble s’animer. A chaque fois que l'humanoïde à peau bleue s’avance, hommes, femmes et aliens qui constituent son bataillon personnel lui rendent hommage. Et le spectacle ne s’arrête pas là. Lorsque le cortège se rend dans la cour du bâtiment principal, une Twi’lek balafrée et portant un uniforme strié d’une unique bande bleue sur les manches et le pantalon donne un ordre que toute la troupe semble entendre.
- Sections ! Saluez votre seigneur ! Lance avec autorité celle qui arbore la plaque de capitaine sur sa poitrine.
Prenant réception de l’ordre, les différentes sections des jeunesses seigneuriales et de la Brigade Impera font claquer leurs talons, plaquent l’arme sur le torse, redressent le menton et se figent d’un coup. L’ensemble est parfaitement exécuté, fruit d’intenses mois de répétitions incessantes. Cette fois-ci, nul son ne sort des tambours. Comme le seigneur qu’il est réellement en ces lieux, Hivernus remonte les diverses sections en adressant de temps à autre un hochement de tête à ceux et celles qui sont prêts à donner sa vie pour lui. Le lieutenant qui a servi de conducteur au colonel Hamer n’a pas changé de place.
- Mon seigneur… Souffle presque timidement l’officier, adressant un salut militaire impeccable à son supérieur, puis dirigeant son regard vers la fille de ce dernier et l’émissaire qui les accompagne. Ma dame… Mon Colonel.
L’homme déglutit péniblement, probablement intimidé par la présence de ces individus puissants.
- Le Capitaine Ven me fait savoir qu’elle vous a affecté une garde rapprochée… Au cas où… Continue le lieutenant.
- Très bien. Lâche pour toute réponse le seigneur de la guerre.
Il jette un coup d’oeil du côté de la Twi’lek balafrée, un sourire amusé aux lèvres.
- Elle ne fait que son devoir, Lieutenant. Poursuit le Chiss en reprenant son air indifférent.
- Oui mon seigneur. L’officier incline la tête, en guise de soumission ou de respect, puis ouvre la portière du côté passager.
Hivernus monte le premier, à l’arrière, bientôt suivi par le colonel Hamer. Frilla occupe le siège qui jouxte la place du conducteur. Dans les autres véhicules, les soldats de Ravage et les stormtroopers affectés à la protection rapprochée du seigneur de la guerre s’installent à leur tour. Le convoi ne prend pas la direction des hangars par lesquels sont arrivés les Ravageurs. Le véhicule de tête mène la file au coeur du quartier de la Citadelle, relativement calme et moins surveillé que le reste de la base malgré une population plus présente et active. Après quelques minutes de trajet qui ne semblent être que quelques secondes, le convoi s’arrête à hauteur d’un autre hangar protégé par une petite section de soldats de choc de l’infanterie régulière.
Le lieutenant sort en vitesse et vient ouvrir la porte du côté passager, faisant claquer ses talons une nouvelle fois, rigide comme un I. Frilla Hawan descend en premier et vient soutenir son père lorsqu’il quitte à son tour le véhicule. Au moment où il pose le pied sur le sol, les stormtroopers de garde devant le hangar se mettent instinctivement au garde-à-vous, comme un seul homme. Les quatre combattants de la Brigade Impera chargés de la sécurité de l'humanoïde à peau bleue viennent s’ajouter à l’escorte du colonel Hamer. Le Chiss semble reconnaître la silhouette massive du caporal Yinchorri Qubbrakt, intimidant dans son armure blanche striée de bleu. Il lui adresse un bref hochement de tête, auquel le colosse répond par un poing fermé sur le torse. La petite troupe mélangeant Ravageurs et seigneuriaux avance tel un bloc homogène vers le hangar. A l’intérieur, quelques navettes de classe Lambda sont surveillées par un agent du Coeur Ardent, reconnaissable à son uniforme vert à col bleu. L’homme contrôle les départs et les arrivées, s’assure de l’identité des équipages et des passagers, vérifie les ordres donnés, prend des notes sur son datapad… Le respect du protocole est nécessaire pour éviter la moindre faille dans le système de sécurité.
Malgré tout, les procédures ne semblent pas atteindre le seigneur de la guerre. Il serait imprudent d’oser contrôler l’individu qui a la main-mise sur l’ensemble du système de Lybeya… L'humanoïde à peau bleue et ceux qui sont dans son ombre peuvent donc ainsi pénétrer en toute impunité dans sa navette personnelle. A l’intérieur du transport, l’équipage s’est figé dans un salut militaire impeccable, qu’il quitte rapidement lorsque le Chiss daigne leur adresser un signe de tête. Après les vérifications d’usage et l’annonce d’un départ imminent, la navette de classe Lambda décolle et quitte le hangar pour amorcer son vol dans l’espace. Le feulement rauque de plusieurs chasseurs TIE déviés de leur patrouille vient s'adjoindre au doux chuintement du vaisseau qu’ils sont chargés d’escorter jusqu’aux chantiers navals. Le transport personnel du seigneur Hivernus longe les silhouettes menaçantes des trois bâtiments de guerre de la petite armada seigneuriale puis se dirige vers le lieu de la visite. Après un bref moment accordé aux procédures de routine, la navette de classe Lambda obtient finalement l’autorisation de se poser. Les chasseurs TIE d’escorte retournent à leur patrouille.
Dans le hangar dédié à l’embarquement et au débarquement du personnel, une petite haie d’honneur s’installe devant le transport. Lorsque la rampe d’accès s’abaisse, les douze stormtroopers formant la section d’accueil se mettent au garde-à-vous. L'humanoïde à peau bleue est le premier à descendre, suivi de près par sa garde rapprochée et sa fille adoptive. De sa démarche lente et pénible, il continue son chemin, sans prendre la peine de vérifier que la délégation des Ravageurs le suit. Quelques véhicules habituellement destinés au transport rapide des ouvriers ont été réquisitionnés pour la visite. Lorsque tout le monde est embarqué, le petit convoi démarre son périple à travers les différents niveaux des chantiers navals du système. Les véhicules traversent d’abord une grande installation dans laquelle quelques dizaines de vaisseaux de petit tonnage de tout genre sont inspectés et remis en état par des ouvriers en combinaison grise. Quelques soldats portant l’armure blanche des troupes de choc accompagnent un agent du Coeur Ardent qui se charge de vérifier le travail d’une équipe de mécaniciens. Plus loin, un contremaître passe ses nerfs sur un ouvrier, sous le regard perplexe de quelques uns de leurs camarades. Il lui reproche apparemment une négligence.
- Nos chantiers navals ne sont pour l’heure pas utilisés à cent pourcents de leurs capacités. Il se trouve que nous avons du mal à trouver des clients soucieux de faire construire ou réparer des vaisseaux dans ce coin de la galaxie. Indique Hivernus à l’attention du colonel Hamer. Et le fait que le Seigneurat de Bajic soit en guerre avec ses voisins n’aide pas. J’ai cependant trouvé un moyen de palier à ce problème...
Le seigneur de la guerre laisse volontairement sa phrase en suspens, mystérieux. Le convoi passe devant une série de cales sèches dans lesquelles quelques vaisseaux de moyen et gros tonnages subissent quelques réparations conséquentes. Le Chiss jette un coup d’oeil du côté d’un vaisseau-donjon de classe Kiltirin. De nombreux ouvriers en combinaison zéro gravité se chargent de réparer l’imposante structure, parfois aidés dans leur tâche par quelques petits appareils spécialisés. La traversée se poursuit toujours plus loin, jusqu’à atteindre une partie des chantiers navals presque aussi vaste que celles déjà traversées. Une véritable usine semble s’être installée dans cet endroit. En l’air, des dizaines de baies en transparacier, de cockpits de chasseur TIE, d’ailes solaires sont suspendus à des rails sur plusieurs niveaux et avancent d’un point à un autre. Au sol, un large espace est consacré à l’assemblage des chasseurs. Là aussi, des stormtroopers sont toujours visibles.
- Nous avons converti une partie de nos chantiers navals en usine. Nous produisons nos propres chasseurs TIE ici. Continue l'humanoïde à peau bleue. Il s’agit là d’un atout non négligeable… Car nous pouvons ainsi remplacer nos pertes rapidement.
Il n’en est pas de même pour les pilotes. Ils ne peuvent pas être produits à la chaîne, à l’inverse des appareils. Trouver des remplaçants compétents aux pilotes tombés au combat est une tâche bien plus ardue. Mais là n’est pas le sujet de la visite.
- Si jamais vous vous posez des questions à propos de l’acquisition et de l’acheminement des matériaux nécessaires pour la fabrication des pièces, sachez qu’une partie est issue du secteur. Poursuit le seigneur de la guerre avec sa froideur habituelle. L’autre partie vient de la Bordure Extérieure. Il se trouve qu’au fil des années j’ai su me faire quelques soutiens de taille...
Hivernus sous-entend vaguement que l’Impérium lui livre certaines ressources. Ou tout du moins qu'il a des amis puissants chez les impériaux. Dans les faits, la mission que lui a confié la Grande Moff Ashe lui a permis d’acquérir quelques privilèges. La naine, qui cherche par tous les moyens à acquérir le soutien d’officiers prometteurs et d’alliés potentiels, n’hésite par à recourir aux grands moyens pour parvenir à ses fins. De ce fait, l’attribution exceptionnelle de ressources à un agent du Bureau de la Sécurité Impériale à qui elle croit pouvoir faire confiance est un investissement à long terme. Elle pense avoir en retour une loyauté acquise qui lui permettra de bénéficier d’un pion de plus sur son échiquier… Peut-être même qu’elle nourrit l’espoir de conclure une alliance avec le seigneur Gelmir. Mais tout ceci, le colonel Hamer l’ignore. De même que bon nombre d’individus au sein de l’Impérium. En fait, seule une poignée d’officiers fidèles à la cause de la Boroskaise est mise dans la confidence.
De ce fait, divers stratagèmes se sont mis en place pour couvrir le soutien apporté au prétendu seigneur de la guerre Hivernus. On fait en sorte de recruter des individus sans attache, ayant un passé douteux ou passés par la cour martiale afin de les envoyer dans la Bordure Extérieure. On fait en sorte de supprimer leurs dossiers, ou de rédiger un rapport concernant une mort ou une disparition lors d’une quelconque mission afin d’éviter tout soupçon. La Bordure Extérieure étant un endroit contesté par de multiples factions, notamment des syndicats du crime, des seigneurs de la guerre et des groupes pirates, il est aisé de croire de tels rapports. De même, les nombreuses ressources envoyées au Seigneurat de Bajic sont transportées dans le plus grand secret. Les hommes de la Grande Moff se chargent de sélectionner des équipages loyaux qui pourront transporter d’un point à un autre des cargaisons non déclarées et destinées aux forces du Chiss. Et du fait des territoires impériaux éparpillés aux quatre coins de la galaxie, il est presque facile de justifier un retard de quelques jours sur une livraison. Le moindre élément pouvant compromettre l’équipage et révélant un détour est supprimé. Ainsi, les petites manigances de la Grande Moff passent au dessus de tout soupçon… Pour le plus grand plaisir de la naine et de celui qui semble servir ses intérêts dans la Bordure Extérieure.
- Il nous arrive parfois de perdre quelques transports. De nombreux groupes pirates profitent de la faiblesse du Syndicat Tenloss et n’hésitent pas à attaquer les moindres convois qui passent à leur portée, quels qu’ils soient. Ajoute l'humanoïde à peau bleue. J’ai toutefois réussi à convaincre certains de ces groupes de se joindre à moi. De ce fait, les risques de pertes sont réduits de moitié.
La visite en véhicule se poursuit. Le cortège passe désormais devant un petit hangar dans lequel sont entreposés deux Transports Blindés Tout-Terrain incomplets. Les nombreuses pièces manquantes sont posées aux pieds des mastodontes, n’attendant que le moment où elles seront installées. Quelques ouvriers travaillent dans le ventre des transports blindés, à en juger les crépitements incessants et les quelques échanges qui ont lieu. Les véhicules s’arrêtent d’un coup. Les passagers descendent. Hivernus quitte péniblement son siège et s’appuie sur sa canne pour ne pas manquer d’équilibre. Frilla cherche à l’aider mais se ravise au dernier moment.
- Colonel Hamer, vous avez pu voir des centaines d’ouvriers à la tâche. Ils sont des milliers. Je considère qu’il est nécessaire d’avoir une puissante industrie pour avoir une économie stable. Car l’argent est le nerf de la guerre n’est-ce pas ? Reprend le seigneur de la guerre en venant planter son regard de braise sur l’officier de Ravage. Nous pouvons travailler pour des gouvernements étrangers. Mais une partie de ce que nous produisons entre ces murs est destinée au Seigneurat de Bajic… Et à ses plus proches collaborateurs.
Il désigne d’un signe de tête les portes gardées par un trio de stormtroopers.
- Ce que vous vous apprêtez à voir ne doit jamais être divulgué. Termine froidement le Chiss.
Hivernus s’avance vers les soldats de garde, qui se figent dans un salut militaire à l’approche de leur supérieur. L'humanoïde à peau bleue est le premier à traverser les portes. A l’intérieur, un vaste couloir s’ouvre sur des dizaines de salles d’expériences en tout genre. Le seigneur de la guerre, qui semble connaître ces lieux comme sa poche, poursuit sa route d’un pas décidé. A son passage, les scientifiques s’écrasent contre les murs, soucieux d’éviter de subir le courroux de celui qui commande tout en ce bas monde. De temps à autre, des officiers et des soldats collaborant avec le département des recherches militaires croisent le cortège et offrent à leur seigneur un garde-à-vous impeccable.
Le Chiss s’arrête subitement, captivé par une quelconque expérience. Par la baie vitrée, il observe ce qu’il se passe à l’intérieur d’une salle qui semble être un bloc opératoire. Les membres du personnel scientifiques sont vêtus comme des chirurgiens et semblent effectuer une opération sur ce qui semble être un canidé ou ce qui s’en rapproche le plus. D’un coup, ils semblent s’agiter afin de maintenir en vie leur “patient”. Sur les moniteurs, les signes vitaux cessent brusquement. Un homme, probablement le superviseur de cette délicate opération, annonce alors le résultat de l’expérience : « Rapport d’expérience sur le spécimen 21. Observation : Implantation des greffes incomplètes. Conclusion : Échec. Conséquence : Décès du spécimen 21. » Une femme note les remarques de son supérieur sur un bloc de données, avant que celui-ci ne rajoute : « Nous analyserons les causes de l’échec plus tard. Préparez le spécimen 22. »
- Quelle dommage… Ces créatures sont fascinantes. Souffle Hivernus presque pour lui-même, avant de se tourner vers son invité. Nous avions à la base prévu de produire des machines ayant l’apparence de chiens de combat afin d’assister nos troupes dans divers domaines de compétences. Mais il s’avère que les coûts de production auraient été trop conséquents. Nous avons donc opté pour des compagnons cyborgs.
Le seigneur de la guerre fait quelques mètres supplémentaires afin d’arriver devant la baie vitrée d’une salle destinée à divers expériences sur des spécimens ayant survécu à la première phase. Plusieurs scientifiques munis de datapads prennent des notes sur les observations réalisées sur les progrès de leurs cobayes. Deux anoobas tentent de s’habituer aux greffes qu’ils ont reçu et font quelques pas maladroits sous le regard exigeant de leurs tortionnaires. Dans une salle adjacente, un vornskr s’entraîne à attaquer à un mannequin désigné par un soldat à l’aide de sa puissante mâchoire mécanique.
- Nous avons déjà quatre spécimens totalement opérationnels. Douze autres passent actuellement des tests. Mais comme vous avez pu le constater par vous même, il arrive parfois qu’un animal ne survive pas à l'opération ou qu'il en vienne à rejeter les implants. Nos experts travaillent actuellement sur des améliorations permettant d’éviter des pertes trop significatives. Indique l'humanoïde à peau bleue. Les prothèses que nous implantons permettent d’améliorer les performances de nos compagnons, tant sur le plan physique que cognitif. Ils forment d’excellents chiens de garde, démineurs et traqueurs. Le processus d’adaptation des spécimens varie en fonction des espèces. Notre meilleur élément s’est adapté aux ordres et aux prothèses en l’espace de deux semaines. Mais ils sont encore loin d’être un atout… De ce fait nous avons mis en place de nombreux projets visant à améliorer les performances individuelles et collectives de nos soldats.Spoiler : Spécimen aléatoire du projet X-23-A
Le Chiss reprend sa marche lente et pénible, passe plusieurs autres pièces dans lesquelles des spécimens cyborgs subissent des batteries de tests ou apprennent à obéir aux ordres et s’arrête devant une large salle réservée aux maniements d’armes. Quelques tables alignées contre un mur servent de râteliers pour divers armes de confection impériale ou pseudo-impériale. Un tireur de l’armée seigneuriale s’exerce au tir à l’aide d’un fusil de précision qui s’inspire du modèle DLT-19D.
- AML-F1. Commente simplement Hivernus. Inspiré du modèle impérial DLT-19D et conçu pour être plus performant que ce dernier. Portée maximale de huit cent mètres. Chargeur de vingt-quatre coups. Système de visée télémétrique et électronique… Un véritable petit bijou destiné à équiper les forces spéciales et les unités de reconnaissance de l’armée seigneuriale. Je pense qu’il pourrait toutefois vous intéresser… Nous nous penchons également sur la mise en service d’un blaster de poing et d’une carabine blaster. Le but est, à long terme, de faire de l’armée du Seigneurat de Bajic une entité capable de s’équiper sans dépendre d’organisations extérieures.
Le seigneur continue sa visite des lieux en jetant des coups d’oeil curieux aux salles adjacentes puis s’arrête devant une baie vitrée spécifique. A l’intérieur de la pièce, deux individus en armure semblent engager le combat sous le regard méticuleux d’un supérieur. Le premier combattant porte une armure grise similaire en tout point à celle portée par le soldat qui a interrompu la conversation entre l'humanoïde à peau bleue et le colonel. Le deuxième protagoniste revêt pour sa part une armure inspirée de la légendaire armure Mandalorienne. Il porte même le kama qui fait la fierté des mercenaires Mandaloriens et de leurs héritiers clones. Les coups furieux que s’échangent les deux hommes indiquent qu’ils ne sont pas là pour s’amuser. Il s’agit avant tout de tester les aptitudes de chacun et les performances offertes par les armures.
- Ma plus grande fierté. Lâche le Chiss d’un ton curieusement satisfait. L’armure AML-FS de phase 1 que vous pouvez voir sur le combattant de gauche équipe actuellement nos forces spéciales. Nous utilisons les meilleures technologies pour garantir à nos hommes les meilleures performances. Il existe également une phase 2 pour les opérations extérieures. Il faut noter que nous effectuons toujours des tests dessus afin de voir ce qui pourrait être amélioré. L’armure AML-TR, porté par le combattant de droite, équipe actuellement nos troupes du corps expéditionnaire. Elle est destinée à remplacer à long terme l’armure classique de mes troupes de choc. L’AML-TR n’est certes pas aussi performante que l’AML-FS, mais elle dispose toutefois de quelques améliorations significatives.Spoiler : Armures portées par les combattants:
Dans la salle, le soldat en armure grise fait voler le casque de son adversaire en offrant un magnifique coup de poing dans la mâchoire de celui-ci. L’autre tombe à la renverse, secoué, puis fauche les jambes de son adversaire à l’aide d’un coup de pied bien placé. Le combat continue, avec toujours autant d’acharnement. L’officier qui supervise l’affrontement ne semble pas réagir. Il se contente d’observer les deux protagonistes en croisant les bras sur son torse.
- Colonel Hamer, le tour rapide que nous avons fait des installations navales résume l’état d’esprit du Seigneurat de Bajic et de ses citoyens. Si vous avez quelques attentes spécifiques, n’hésitez pas à me le faire savoir… Termine finalement le seigneur de la guerre. -
Post n°13
Auteur : Darth Malraas
Lors de cette visite des imposants locaux, le Colonel Hamer ne peut être qu'impressionné par une telle force technologique. Tel un Empire à l'échelle modeste, le Seigneurat de Bajic n'a rien à envié aux gouvernements galactiques, souillés par une politique corrompue. Le fils de Corellia s'émerveille de cette prouesse économique sans oublier pourtant, qu'une telle organisation peut tout à fait sombrer en un battement de cils. Le Seigneur Hivernus sait parfaitement organiser ses ressources et identifier les besoins pour ajuster le catalogue des priorités. Des chiens de guerre aux armures de combat, le Seigneurat de Bajic s'auto-alimente en fournitures militaires directes, sans intermédiaire et donc peu de sous-traitance. Mais pour arriver à un tel stade, une telle autonomie, les fonds crédités sont colossaux. Peut-être beaucoup plus que ce que Bajic peut offrir. Toutes les organisations isolées, disposent de caisses à travers la Galaxie. Des trésors qui ne peuvent être saisis par des tierces personnes. Une indépendance financière parfois illégale.
Trésorerie planétaire, actions et parts dans des affaires criminelles.
Les Ravageurs sont les maîtres dans cet art qu'est celui de se fournir en crédits salis par des liens plus que douteux, parfaitement camouflés sous de bonnes raisons. Les épices de Kessel alimentent le marché Hutt mais aussi les groupes pharmaceutiques tout à fait légaux. Nar Shaddaa blanchie les crédits de diamants exploités par des esclaves, sous la couverture d'entreprises indépendants affiliées au gouvernement. Mais le coup de maître reste sans aucun doute la création de la Prost Engineering Compagny, bâtie il y a des décennies sur Muunilinst, complètement Confédérée mais absolument absorbée par les Ravageurs. Des milliards générés chaque années, des millions pour les actions.
Le seul défaut des Ravageurs réside dans l'absence d'industries et autres usines, sur leurs territoires. Tout s'achète ou se confectionne à prix d'or, rien ne se crée.
-Vous avez une capacité industrielle étonnante pour une si petite infrastructure. Explique-t-il poliment en observant les duellistes arborant leur fière armure. Mais cela nécessite de devoir trouver des matériaux pour confectionner cette panoplie militaire. Vous savez bien mieux que moi, Seigneur Hivernus, que le crédit est la première des ressources à préserver, lorsque l'on dirige d'une... Faction.
En plongeant ses yeux dans ceux du Chiss, Hector redresse le menton sous l'effet de l'inspiration.
-Nous avions pour projet de commercer des Stations spatiales munies de chantiers, avec la planète Kuat, mais comme vous le savez la situation politique de ce monde, exige de revoir nos priorités. Ses mains sont maintenues derrière son dos, empêchant ainsi de réaliser des gestes qui pourraient être perçus comme un mensonge ou une vérité mal déguisée. Nous avons d'autres territoires qui pourraient accueillir des Stations spatiales, nous avons les moyens financiers de bâtir de telles structures mais sans modèle viable, technologiquement poussés, nous ne sommes que des rêveurs.
Ses yeux s'illuminent soudainement.
-Si vous connaissez le nom de la Commandante Confédérée Tahiri Delia, de la Légion Amber, vous devriez donc savoir que cette Légion dispose de Droïde classés EG et de plusieurs Annihilateurs. Dit-il en souriant. Nous avons des modèles plus évolués que les EG, plus féroces et plus compétents... Tout cela car le Seigneur Gelmir est non pas l'initiateur, mais le créateur de ce projet, sous toutes les coutures possibles, que la Confédération porte encore aujourd'hui dans ses entrailles. Tout ceci pour vous dire que votre projet pour ces chiens de guerre, peut bénéficier des compétences du Seigneur Gelmir et de ses ingénieurs. Le Colonel reporte son attention sur les combattants. Votre Faction et la nôtre se ressemblent et se complètent beaucoup, Seigneur Hivernus. Si nous pouvions avoir ne serait-ce, qu'une infime partie des plans d'un de vos chantiers... Disons simplement un centre d'usinage avec l'automatisation complète et les logiciels compétents, vous amorcerez une alliance durable. -
Post n°14
Auteur : HivernusLe colonel Hamer semble se satisfaire de cette visite riche en découvertes. Son regard pétillant indique qu’il est ouvert aux négociations. Et son discours, bien loin d’émouvoir le seigneur de la guerre, offre toutefois au Chiss un sentiment de plaisir qu’il réprime presque aussitôt. De nouvelles informations tombent. L’officier évoque une commandante séparatiste, puis les projets ambitieux du seigneur Gelmir lorsqu’il était encore général dans la Confédération des Systèmes Indépendants… Bien que floues, ces maigres informations permettent de dresser un portrait de plus en plus complet sur les Ravageurs et leur sinistre dirigeant. Hamer a raison sur un point : Ces deux empires en devenir qu’ils représentent se ressemblent et se complètent. Rater l’opportunité d’une alliance profitable sur le court et le long terme serait une erreur très coûteuse pour l’avenir du Seigneurat de Bajic.
- Nous avons beaucoup en commun en effet. Ce simple fait indique que nos liens seront étroits. Mais je dois réfléchir à vos propositions avant de prendre une quelconque décision. Répond mystérieusement l'humanoïde à peau bleue. Quoiqu’il en soit, vous êtes invité à une soirée Colonel. Vous ne pouvez pas refuser. Après un voyage aussi long, il est nécessaire de s’accorder une pause bien méritée. Bien évidemment, vos officiers pourront se joindre aux festivités. Il est toujours intéressant de converser avec d’autres militaires.
Le seigneur de la guerre débute sa marche lente et pénible dans le couloir, sans offrir un seul regard à l’officier de Ravage.
- Faites passer le message à vos hommes Colonel : Qu’ils profitent donc de cette journée pour se détendre un peu. Et ne vous inquiétez pas, une section de mes soldats se chargera de surveiller votre vaisseau en l’absence de son équipage. Considérez cela comme une marque de courtoisie. Continue le Chiss sans même attendre une réponse de la part de Hamer.
L’autre n’a de toute façon pas le choix. En refusant l’offre du dirigeant des lieux, les négociations risquent d’être compromises. Et dans un camp comme dans l’autre, il reste en effet intéressant d’apprendre à connaître ses futurs collaborateurs avant de s’engager dans une quelconque alliance. En résumé, cette soirée est profitable aux deux parties. Le cortège quitte le département des recherches et du développement militaires sous le regard perplexe, curieux ou fier des occupants de l’endroit. Conducteurs et véhicules patientent toujours à l’extérieur. Tout bavardage cesse lorsque le Chiss, sa garde d’honneur et ses invités apparaissent à l’ouverture des portes blindées. Les chauffeurs se mettent une nouvelle fois au garde-à-vous et attendent que tout le monde soit bien installé avant de faire gronder les moteurs. Le convoi de véhicules reprend le chemin de départ, en sens inverse. Dans les diverses parties des chantiers navals traversées, l’activité est toujours aussi intense. Des centaines d’ouvriers se tuent à la tâche, rouages essentielles d’une machine de guerre dépendant fortement de son industrie.
Le retour au hangar est aussi cérémoniel que l’arrivée. Les soldats en armure blanche chargés de la protection de l’endroit se figent dans un garde-à-vous en voyant les véhicules arriver. Le petit groupe passe le poste de garde et embarque dans la navette. Lors du décollage, l’officier de bord adresse un message à la flotte seigneuriale. Dans la minute qui suit, une patrouille de chasseurs TIE est déployée en escorte autour du transport personnel de l'humanoïde à peau bleue. Le vol se déroule sans encombre. Lorsque la navette de classe Lambda se pose dans Base Vergesso, le seigneur Hivernus est le premier à sortir. S’arrêtant après avoir descendu la rampe d’accès, son regard de braise se dirige vers le colonel.
- Colonel Hamer, en tant qu’invité de marque, je ferai en sorte que l’on vous trouve une chambre confortable. Vous pourrez vous y reposer le temps qu’arrive le soir. Indique le Chiss d’une froideur renouvelée. Sauf si vous préférez la cabine de votre vaisseau. Vous pourrez donner la destination de votre choix au chauffeur. Il se chargera de répondre à vos moindres besoins.
Frilla Hawan, prenant les devants, part informer le conducteur de la décision de son père. Hôtes et invités se séparent le temps de quelques heures.
Plus tard…
Un véhicule conduit le colonel Hamer au quartier de la Roseraie, considéré comme le plus beau quartier de Base Vergesso par une vaste majorité de citoyens. A la fois jalousé et convoité, le quartier de la Roseraie est l’objet d’une protection accrue. Le transport s’arrête à un poste de garde occupé par huit stormtroopers et muni d’une pièce d’artillerie E-Web. Le plus haut-gradé, un sergent, se présente à la portière et demande le lieu de destination et les accréditations au chauffeur. Ce dernier s’exécute sans broncher. Après une vérification dans les règles, le sergent donne l’autorisation de passer. La barrière est levée et le véhicule peut enfin pénétrer dans le coin le plus luxueux de la ville spatiale. S’engageant dans une vaste allée bordée de part et d’autre par des holoprojections d’arbres de toutes les couleurs, le transport du colonel Hamer passe sous d’immenses arches fleuries et contourne plusieurs places ornées de magnifiques fontaines. Quelques passants s’attardent dans les rues, le plus souvent accompagnés d’un serviteur ou d’un garde du corps, pour discuter avec des voisins ou de simples connaissances. Parfois, des amoureux se promènent sans hâte et commentent à voix basse les façades richement décorées des demeures qui défilent sous leurs yeux attendris.
La tranquillité du quartier n’est nullement troublée par la présence des soldats de choc en armure blanche ou des soudards à la solde de quelques riches propriétaires. La beauté des lieux, rehaussée par mille lueurs colorées et les senteurs exquises de parterres fleuris, s’accompagne d’un chant mélodieux : Celui d’une vie paisible. Les rires d’enfants gâtés jouant sous le regard attentif de leurs parents, un artiste célèbre s’abandonnant à sa musique dans son jardin, les bavardages discrets de passants se pavanant dans leurs riches atours… Ces gens là ne se préoccupent guère de la misère qui peut régner dans les bas quartiers de Base Vergesso. Ils ne se soucient pas non plus de la guerre qui plane au dessus de leurs têtes. Ils s’enferment dans leur petite bulle et profitent de leur statut privilégié pour mener la vie qu’ils estiment avoir mérité.
Slaryn avait bien raison de dire qu’ils vivent dans le mensonge. Cet endroit magnifique n’est qu’une façade trompeuse. Une façade destinée à dissimuler une vérité peu flatteuse, une pourriture sans nom. Ces gens là vivent de la misère des autres. Nombre d’entre eux tirent profit de la faiblesse de ceux qu’ils considèrent comme inférieurs, allant parfois jusqu’à gagner des crédits sur la mort de ces derniers. Et les individus qui ne sont pas liés de près ou de loin à ces affaires juteuses gardent le silence pour ne pas subir une quelconque forme de représailles. Hivernus avait voulu dans un premier temps se débarrasser de toute cette vermine. Mais il avait eu le temps de réfléchir et de se rendre à l’évidence : La mauvaise herbe repousse toujours. S’il a saigné à blanc les hautes sphères du pouvoir sur Base Vergesso, selon son plan initial, il n’a pas oublié non plus de se montrer clément. Ainsi, toute une clique d’opportunistes a saisi l’occasion de se rallier au seigneur de la guerre, offrant à ce dernier un vaste réseau d’influence et de moyens qu’il sait mettre à profit. C’est parmi ces êtres peu scrupuleux que le colonel va évoluer le temps d’une soirée…
Le véhicule s’arrête devant une grande bâtisse qui n’a rien à envier à ses voisines. Le conducteur vient ouvrir la porte à l’officier de Ravage, fait claquer ses talons en guise de salut militaire et le laisse s’aventurer seul dans la petite allée qui mène à la demeure. La porte se dérobe et laisse entrevoir la silhouette d’un laquais en tenue de soirée. L’homme courbe doucement l’échine.
- Colonel Hamer je suppose ? Je vous souhaite la bienvenue chez les Valerius. Débute d’une voix cérémonieuse le serviteur, puis désignant d’un geste de la main une pièce spécifique. Par ici Colonel.
Le domestique quitte le hall d’entrée et ses imposants escaliers ornés de statues pour rejoindre le grand salon, où des dizaines de convives sont déjà rassemblés. Frilla Hawan, qui joue un air délicieux sur un piano, s’arrête presque aussitôt en apercevant de loin l’émissaire des Ravageurs. Elle quitte les invités réunis autour du piano et se fraie un chemin jusqu’au colonel Hamer, qu’elle accueille avec un sourire sublime.
- Colonel, désirez-vous boire ou manger quelque chose ? Demande chaleureusement la jeune femme. Venez, suivez-moi.
La fille adoptive du Chiss conduit l’officier jusqu’à une immense table où de somptueux mets n’attendent que d’être consommés. Frilla fait signe à un laquais, qui vient silencieusement présenter au duo des verres de whiskey Corellien sur un plateau d’argent.
- Prenez donc ce qui vous fait envie Colonel. N’ayez pas peur de vous servir. Continue t-elle avec bienveillance.
Autour d’eux, les militaires de haut rang tentent de se mélanger aux fonctionnaires et riches entrepreneurs qui semblent habitués à ces soirées mondaines. Si quelques officiers parviennent sans mal à se mêler aux civils, d’autres préfèrent la compagnie de leurs homologues. Grisés par l’alcool et l’ambiance festive, les convives se livrent bientôt aux aveux. Les langues se délient. Des bribes de discussions parviennent aux oreilles de la belle et du représentant de Ravage.
« Dites moi, mon bon Ardus, que pensez vous de ces fanatiques se donnant la discipline en public ? »
« Ce que j’en pense ? Ces tarés méritent de mourir ! Ils menacent notre mode de vie avec leurs règles stupides. Le seigneur Hivernus devra se rendre à l’évidence. Ces poltrons ne sont pas dignes de confiance. »
« Oui oui… Je suis de cet avis moi aussi. Les laisser prier leur foutu dieu et leur donner de l’importance risque de déstabiliser Base Vergesso. On dit qu’ils sont déjà plusieurs dizaines à venir grossir les rangs de ces illuminés. Il faudrait les exterminer jusqu’au dernier avant qu’ils ne deviennent un danger. »
Les deux hommes se permettent de vider leur verre devant ce constat effrayant, puis partent admirer la dépouille empaillée d’un animal sauvage pour oublier cette conversation.
- Ardus Valerius, le patriarche de la famille Valerius, chez qui nous nous trouvons. Un homme important dans Base Vergesso. Commente Frilla en sirotant son whiskey. Les Valerius ont investi beaucoup d’argent dans la campagne militaire de mon père. Il a obtenu le ministère des finances pour sa “loyauté”. Mais il n’est pas le seul Valerius à s’être fait une place de choix dans le Seigneurat de Bajic.
La fille adoptive de l'humanoïde à peau bleue désigne discrètement une belle femme nichée dans les bras d’un officier portant un uniforme vert strié de bleu. Les deux tourtereaux se murmurent des mots doux en observant le bal aquatique de poissons exotiques le long d’un large aquarium.
- Sa fille, Camilla Valerius, a hérité du ministère de l’urbanisme. Continue à voix basse Frilla. Et l’homme qu’elle va épouser n’est autre que le Major Telsh, le commandant de la Brigade Impera, le bataillon d’élite chargé de la protection de mon père. Comme je vous le disais, les Valerius sont des individus très importants dans notre société. Il est sûr et certain que les Ravageurs entendront parler d’eux si la promesse d’un rapprochement entre nos deux nations venait à se réaliser.
La jeune femme arbore un sourire à la fois fourbe et mystérieux. Elle avale une nouvelle gorgée de whiskey puis dévore une tartelette au citron qu’un domestique propose sur un plateau.
- Le seigneur Hivernus n’a pas le goût de ces soirées interminables. Il n’aime pas ces célébrations futiles où les hommes d’affaires et les politiciens se vautrent dans une richesse étalée à la vue de tous. Reprend t-elle sur un ton plus ferme. Mais mon père considère toutefois qu’il est nécessaire d’apprendre à connaître ses alliés et ses ennemis. Vous le savez sûrement déjà, Colonel, la politique est un jeu à la fois passionnant, ennuyant et dangereux. Mon père m’a expliqué qu’il a déjà vu des empires s'effondrer à cause du manque de considération de quelques dirigeants à l’égard de la classe politique. Et il ne compte pas reproduire les mêmes erreurs… Mais peu importe. J’ai quelques “amis” à vous présenter.
Frilla Hawan abandonne son air sérieux pour une attitude plus souriante et décontractée. Elle esquive habilement divers groupes de bavards aux tenues à la fois sophistiquées et ridicules, traversant presque d’un bout à l’autre le grand salon et s’arrête sur le seuil d’une pièce de taille plus modeste. A l’intérieur, une Cathar aux cheveux cendrés et revêtant un uniforme vert strié de bleu s’entretient avec un trio d’élégants personnages. Confortablement installés dans des fauteuils luxueux, les divers interlocuteurs semblent engagés dans une conversation très sérieuse. La discussion s’achève finalement sur des sourires entendus et des poignées de main franches. En voyant la fille du seigneur Hivernus sur le seuil, tout le monde se lève. Les civils se retirent en silence, inclinant la tête en passant à côté de l’héritière du Seigneurat de Bajic. Il ne reste désormais plus que la Cathar dans le petit salon.
- Capitaine Sylvar… Avez-vous de bonnes nouvelles à nous annoncer ? Demande Frilla à l’officier.
- Oui Madame. Ces gens là sont durs en affaires mais j’ai réussi à négocier l’acquisition de matériel militaire pour le Seigneurat de Bajic. Répond la créature féline, aussi rigide que peut l’être un militaire.
La dénommé Sylvar examine de la tête aux pieds le colonel Hamer, méfiante et curieuse. Mais la jeune femme qui l’accompagne apaise aussitôt les craintes de la Cathar.
- Je vous présente le Colonel Hamer, émissaire du Seigneur de Ravage. Indique la fille adoptive du Chiss. Colonel, je vous présente le Capitaine Sylvar, aide de camp de mon père et ministre de la guerre… Elle est à la tête du complexe militaro-industriel que vous avez pu visiter plus tôt dans la journée.
- Mon Colonel. C’est un réel honneur de faire votre connaissance. Le capitaine exécute un salut militaire impeccable. J’allais rejoindre un ami. Voulez-vous vous joindre à nous ?
- Avec joie.
Le trio quitte le petit salon pour s’engager dans une véranda, ou plutôt une serre, occupée par une multitudes d’arbres exotiques et de massifs de fleurs rares. De temps à autre, une statue nichée dans un bosquet fait son apparition, témoin silencieux de nombreuses flagorneries, duperies et conspirations. Le petit groupe atteint finalement une petite place couvert par un large nombre de palmiers. Un officier en uniforme noir fait face à un vaste bassin en marbre blanc peuplé de gros poissons colorés. Il semble perdu dans ses pensées, l’air boudeur. Se sentant observé, l’homme se retourne brusquement et écarquille ses yeux.
- Madame… Veuillez excu…
- Il n’y a rien à excuser Colonel. Le coupe sur un ton bienveillant Frilla.
- Colonel Hamer, voici le Colonel Anton Zakarov, héros de guerre impérial, as et commandant en chef des escadrons de chasseurs de la marine seigneuriale. Vient l’introduire la Cathar.
- Héros de guerre… Héros de guerre… Tout de suite les grands mots ! Survivre aux deux batailles de Coruscant ne fait pas d’un soldat un héros. Grogne doucement le dénommé Anton.
- Il est trop modeste pour admettre la vérité. Reprend Sylvar, un sourire aux lèvres.
- C’est ça ! Moque toi… Ronchonne l’autre.
- Qu’est-ce que tu fais ici tout seul ? Demande alors celle qui arbore la plaque de capitaine sur son uniforme.
- Je ne peux pas supporter ces vieux rapaces… Alors je profite de cette fraîcheur tiède et du silence pour ne pas rentrer dans le lard de ces sales opportunistes qui prétendent être les plus fervents soutiens du seigneur Hivernus. Confesse l’officier.
- Un comportement typiquement Corellien. Commente la fille adoptive du Chiss.
L’autre acquiesce d’un signe de tête, quelque peu amusé par la réflexion de l’héritière du Seigneurat de Bajic. Son regard s’attarde sur l’étranger accompagnant la jeune femme.
- Dites moi Colonel Hamer, que pensez-vous du Seigneurat de Bajic et de son armée ? L’interroge finalement Zakarov, pour détourner l’attention sur quelqu’un d’autre. Je suis sûr qu’entre militaires, nous avons beaucoup à partager. Et sans hypocrisie. -
Post n°15
Auteur : Darth Malraas
La réponse du Seigneur Hivernus se mue en une réquisition impérieuse de part son développement. Les agrès de la politique sont encore désordonnés dans l'esprit du Colonel Hamer, mais une chose exclue tout incertitude : Lorsqu'une invitation est lancée, elle ne peut-être refusée. "Vous ne pouvez pas refuser", cette citation traîne derrière elle de lourds répercutions politiques. Le renvoi de cette invitation pourrait mettre à mal le projet ambitieux, d'entretenir une association au moins commerciale et au mieux militaire, entre le Seigneur Hivernus et les Ravageurs. Un sourire s'écarte des lèvres du Colonel Hamer, gardant à l'esprit la réflexion du Seigneur des lieux, quant aux faits précis de la venue des envoyés de Ravage.
-L'invitation à une soirée aux côtés d'hommes et de femmes servant votre cause, ne peut se refuser. Répond avec délicatesse le Colonel, pourtant soucieux à l'idée de côtoyer de parfaits inconnus. C'est un honneur que vous nous faites.
Sa dernière phrase se perd dans le léger claquement donné par la marche d'Hivernus. Suivant son hôte afin d'être à portée de voix, le Ravageur stimule son esprit en l'écoutant donner des directives.
-Les membres de mon escouade seront ravis d'apprendre qu'ils pourront effectivement se reposer. Il déglutit pour mieux apprécier le goût de sa propre phrase. Votre attention à l'égard de notre vaisseau est appréciable.
Ses lèvres se pincent, rejetant l'affirmation que deux soldats occupent encore les entrailles de la Corvette Raider. Les deux individus membres de l'Escadron des Forces Spéciales, ne seront découverts qu'à l'issue d'une enquête d'aventuriers trop curieux. Alors et seulement à ce moment précis, le Colonel Hamer saura que les intentions du Seigneur Hivernus ne sont pas celles d'un hôte bienveillant. Mais avant de penser aux complications d'une telle situation, il doit briefer l'escouade et choisir avec soin, qui sera le ou les heureux élus pour l'accompagner à cette soirée.
La route réalisée en sens inverse, se fait dans les normes disciplinaires qui participent aux exigences de tout bonne armée. A l'intérieur du véhicule, Hector, dirige ses yeux vers l'extérieur. Des visages différents défilent devant ses yeux. De fiers hommes et femmes au service la machinerie industrielle, du maître de cette petite partie de la Bordure Extérieure. Du hangar jusqu'à l'embarquement dans les entrailles de la navette, l'armée d'Hivernus ne fait aucune fausse note. A croire que derrière ces armures en plastoïde, se cachent des pantins mécaniques.
Une fois débarqués, Hector et les siens quittent la compagnie de l'homme bleu, au profit d'une vague course vers les Quartiers de la Citadelle. Le Quartier de la Roseraie et ses points de contrôles, laissent entrevoir probablement la partie la plus surveillée de l'infrastructure du planétoïde. Les rares officiers de Ravage et les soldats lambdas sont conviés à se scinder en deux catégorie au sein de la Caserne de Haute Roche. Hector ne désirant pas quitter la compagnie de ses camarades, pour des raisons évidentes, s'offre le luxe de convoquer ses hommes, dans sa chambre assignée au sein de la Citadelle.
Pour l'occasion, des offrandes sous la forme de boissons alcoolisées -ou non- sont disposées dans la chambre du Colonel Hamer. Sur un canapé d'angle bien trop luxueux, trônent des habitats sous des housses protectrices. Différentes tailles sont affichées sur les étiquettes apposées sur les revêtements, Hector trouve la sienne et la contemple un instant en la dressant devant ses yeux. C'est en posant sa désormais tenue de soirée, sur l'accoudoir du canapé, que le Colonel se trouve en compagnie de ses compagnons au complet. Si l'on ignore les deux membres des Forces Spéciales.
-Nous devons nous préparer pour une soirée mémorable auprès de notre hôte. Hector pointe de son index, les vêtements sur le canapé. Choisissez vos costumes et une robe pour mademoiselle Raieve Perdebak.
Après une longue heure de préparation et une autre de discussion, les Ravageurs se tiennent désormais prêts à rencontrer le gratin de Vergesso. L'escouade de Bélériand est divisée en petits groupes, afin de pénétrer dans plusieurs véhicules qui conduiront l'ensemble, au même endroit. Hector, totalement seul, laisse son esprit dériver vers la lointaine Lloth, en posant sa joue contre la vitre de l'engin à moteur. Son coeur se serre en une poigne de tristesse mêlée à la honte du devoir, avant celui de l'amour. Soudain et sans doute à cause de la fatigue lui rappelant qu'il n'est qu'un homme et sous l'effet des lumières passées, telles de petites boules luminescentes psychédéliques, il s'abandonne. Ses pensées hypnotiques déambulent dans les rues étroites de Corellia, jusqu'au visage arrogant de Kayle Hamer et des traits déchirés de Miranda Daneb. Ces souvenirs ne sont que la projection d'un dialogue descriptif avec son autre frère, Ralph, son sauveur mais aussi geôlier. Hector ne peut que s'imaginer la réaction de ses parents lorsqu'ils furent avertis par le cadet de la fratrie, de la décision de partir. Fuir pour préserver un enfant du crime et l'isoler pour éveiller ses sens naturels à l'art militaire.
Hector doit tout à ses frères et absolument tout à l'ainé. Son seul devoir, à son sens, est d'obéir, afin de racheter une dette qui ne peut-être comblée. Pire encore depuis que son sang révèle un taux de midi-chloriens et que le dossier s'est vu clôturé par la main habile du Général Wulf Hamer. Le benjamin s'imagine enveloppé d'une tenue noire et de traits dénaturés par la corruption de la Force. Il se visualise en Darth et s'invente tous les prétextes du monde pour sombrer... Une lumière un peu trop proche l'expulse de sa rêverie et de ses cauchemars. Voyant que la route s'est achevée sur une demeure démesurément tape-à-l'oeil, Hector observe la poignée de la porte. Il plisse les yeux et tend une main suspendue au dessus du vide, les doigts écartés... Et si la Force...
La portière s'ouvre et la main s'agrippe aussitôt à la carlingue de l'engin pour extraire le corps. Hector salue le chauffeur, époussette sa tenue, vérifie les pliures, les boutons de manchettes, le col puis se lance sans l'ombre d'une hésitation. Sans son armure, il n'est qu'un homme, avec toutes les faiblesses qui incluent ce statut de mortel. Il se rappelle les consignes de sa mère pour parvenir à effectuer une marche déterminé et élégante. Compte ses pas et la cadence en s'obligeant à garder ses mains en dehors des poches de son pantalon. Il traverse l'allée et s'approche de la porte principale, ouverte aussitôt.
- Colonel Hamer je suppose ? Je vous souhaite la bienvenue chez les Valerius.
-C'est exact. Répond-t-il en se surprenant d'avoir un ton calme.
-Par ici Colonel.
Avant de pénétrer les lieux, il tourne son buste sur le côté pour s’apercevoir que les membres de l'escouade descendent à peine de leurs véhicules. Rassuré par cette présence, il suit le serviteur jusqu'au grand salon. Une musique est jouée admirablement bien par une femme tout aussi admirable. Frilla Hawan, la fille adoptive du Seigneur Hivernus, cesse sa brillante activité, aussi soudainement qu'elle s'approche du Colonel Hamer. Etant la cause de l'arrêt musical, Hector se sent quelque peu embarrassé jusqu'à ce que Frilla soit à ses côtés pour le détourner de sa profonde solitude.
- Colonel, désirez-vous boire ou manger quelque chose ?
-Bien entendu. Déclare-t-il en observant les convives, pour ensuite, suivre la fille de l'intriguant homme bleu.
Une imposante table lui est présentée alors, des mets raffinés, parfumés et succulents en abondance, siègent sur la structure. Toute une panoplie de petites bouchées, capables d'éradiquer la famine chez les Evocii de Nal Hutta. Ne sachant que faire de cette nourriture, Hector accepte avec entrain le Whisky Corellien, qu'il agrippe d'une main ferme pour contempler la robe.
-Vous ne pouviez pas mieux m'offrir. Dit-il d'un ton plutôt enjoué avant de lever son verre pour trinquer avec Frilla.
Ses oreilles se perdent dans les conversations, tandis que ses yeux dévorent la magnifique Raieve Perdebak qui par sa tenue et sa beauté, ne manque pas d'intéressé les regards des autres convives. Hector capte la conversation sur des certains fanatiques religieux, une épine dans le pied d'Hivernus, semble-t-il. Enfin, la jeune Frilla dans son rôle d'hôte parfaite, décrit les Valerius et finalement, les méthodes politiques de Vergesso. Il se pourrait que le Seigneur de ce planétoïde n'ait pas le choix que de s'entendre avec cette puissante famille.
...Vous le savez sûrement déjà, Colonel, la politique est un jeu à la fois passionnant, ennuyant et dangereux. Mon père m’a expliqué qu’il a déjà vu des empires s'effondrer à cause du manque de considération de quelques dirigeants à l’égard de la classe politique. Et il ne compte pas reproduire les mêmes erreurs…
-Les mots portent plus que les armes, ma chère Frilla. Assure le Colonel, après une timide gorgée de Whisky. Votre père paraît être un homme sage et cette sagesse lui assurera un grand avenir.
En suivant Frilla tout en refusant poliment des amuse-bouches présentés, Hector croise un de ses hommes en position jusqu'à côté d'un attroupement. Un sourire suffit à conclure du bon déroulement de la soirée. Que l'escouade en profite, il est rare d'obtenir une mission aussi agréable. Dans une pièce mitoyenne, d'autres individus passent la soirée en discutant. La maîtresse des lieux semble être la Cathar, une capitaine d'après les propos de Frilla.
Colonel, je vous présente le Capitaine Sylvar, aide de camp de mon père et ministre de la guerre… Elle est à la tête du complexe militaro-industriel que vous avez pu visiter plus tôt dans la journée. Annonce la fille d'Hivernus.
- Mon Colonel. C’est un réel honneur de faire votre connaissance. Affirme l'intéressée en effectuant un salue militaire.
-Ravis de faire votre connaissance, Capitaine Sylvar. Il imite le respectueux salue, comme pour convenir d'une marque mutuelle de respect.
Les deux femmes s'entendent pour rejoindre un "ami" et le Colonel suit sans peine le déroulement de cette bien heureuse cérémonie. Ils aboutissent à une serre, garnie d'une multitude de variétés d'espèces florales et autres plantes exotiques. Le benjamin des Hamer est ravis de s'insinuer entre les végétaux, bien heureux de satisfaire ses yeux et sa curiosité. A la fin de cette traversée "Indiana Jonesque", ils accèdent à un bassin ou se tient un homme en tenue noire. L'air songeur, contemplant les poissons aux mille couleurs. L'homme surpris, s'excuse et est aussitôt adoucit par Frilla.
- Colonel Hamer, voici le Colonel Anton Zakarov, héros de guerre impérial, as et commandant en chef des escadrons de chasseurs de la marine seigneuriale. Vient l’introduire la Cathar.
-Enchanté Colonel Zakarov. Intervient Hector en hochant la tête.
La réplique du Colonel vis-à-vis de son statut de héros est intéressante. Zakarov se pare d'un drap d'humilité sincère, courant chez les soldats qui exercent ce statut sans demander un quelconque retour héroïque. Une joute verbale tout à fait amicale, s'effectue entre le colonel et la capitaine dont le but est de glorifier un Zakarov ronchonnant, se refusant à accepter les louanges. D'après la conversation, le Colonel est un natif de Corellia, de quoi interloquer le jeune Hamer. L'officier de manière habile, lance une nouvelle conversation auprès du Ravageur.
- Dites moi Colonel Hamer, que pensez-vous du Seigneurat de Bajic et de son armée ?Je suis sûr qu’entre militaires, nous avons beaucoup à partager. Et sans hypocrisie.
-Je dois admettre que pour une si petite infrastructure, Vergesso n'a rien à envier à l'Imperium. La discipline est marquée, la présence militaire est voyante et le peuple semble s'en accommoder Ne manque pas de faire remarquer Hector, soulignant encore une fois le lien de parenté entre les deux factions. Néanmoins ce planétoïde est à double tranchant, son emplacement est stratégique mais peut-être aussi une tombe si un blocus viendrait à être réalisé. Un siège durable ferrait de cette base, un tombeau pour tous ses occupants. Ponctue le Corellien en observant son interlocuteur. Mais dans toute la galaxie, des Seigneurs se risquent à cette noble indépendance et ne sont pas inquiétés par leurs conquêtes et manoeuvres politiques. Vergesso est riche de créativité et de centres de construction, mais vous le savez aussi bien que moi Colonel Zakarov, la richesse est une gourmandise rapidement convoitée par d'autres. Ajoutez à cela, les soldats habillés en Impériaux et le désir de croissance du Seigneur Hivernus, vous obtenez le cocktail parfait pour attirer l'attention et probablement attiser les tensions.. -
Post n°16
Auteur : Hivernus- Vos remarques sont pertinentes Colonel Hamer. Admet Zakarov en appuyant ses dires d’un hochement de tête entendu. Mais croyez-moi, il vous reste encore beaucoup à apprendre sur notre jeune société… J’ai servi sous la bannière de l’Empire Démocrate. J’ai servi son gouvernement incohérent et incompétent. Puis j’ai servi l’Empire Sith. Un empire fragilisé par une classe politique corrompue et anéanti par les choix risibles de quelques Sith… Avant de finir par intégrer les rangs de l’Impérium. Et savez-vous ce que j’ai trouvé au sein de l’Impérium, Colonel ? L’héritage fétide de deux empires qui ont échoué à régner sur la galaxie.
Le Corellien marque un léger temps de pause, l’esprit agité par d’horribles souvenirs. Il grimace. Puis son regard soutient celui du jeune Hamer. Ses yeux se mettent à pétiller, illuminés d’espoir… Un espoir sincère.
- Je suis un fervent partisan de l’idéologie impériale Colonel Hamer. Mais jusque là, j’ai toujours cru faire honte à mon uniforme en servant des régimes n’en valant pas la peine. Et ce n’est qu’en travaillant sous les ordres du seigneur Hivernus que j’ai enfin su trouver ma place. Aujourd’hui, je peux enfin me déclarer fier de porter l’uniforme impérial… Et je sais que les soldats servant sous la bannière de notre illustre seigneur sont les seuls à mériter cet honneur. Nous sommes les héritiers de l’Empire. Nous sommes l’Empire. Les autres ne sont que des imposteurs. Reprend le colonel avec ferveur. Il est vrai que notre empire est risible à l’échelle galactique, mais nous ne souffrons pas des problèmes que rencontrent les grandes puissances de notre galaxie. C’est ce qui fait notre force. Et je me moque bien de savoir si ce que nous entreprenons peut en emmerder certains. Je suis prêt à mourir pour Hivernus. Je le suivrai jusqu’aux confins de la galaxie s’il le faut. Que ce soit dans la victoire ou la défaite.
Cette déclaration enflammée de la part du héros de guerre impérial fait mouche. Sylvar et Frilla, qui se sont laissées bercées par le discours de Zakarov, approuvent la prise de parole de leur camarade. L’homme déglutit péniblement, étonné d’avoir été aussi bavard, lui qui n’aime pas les longs discours. Il semble presque gêné désormais. Peut-être que l’officier ne se savait pas aussi éloquent...
- Anton exagère à peine. Nombreux sont ceux qui, au sein du Seigneurat de Bajic, partagent son point de vue. Indique la Cathar à la longue chevelure argentée. Je dois tout au seigneur Hivernus. Avant son arrivée sur Base Vergesso, je n’étais qu’une vulgaire esclave, un objet destiné à satisfaire les besoins d’une poignée d’individus. Il a brisé mes chaînes. Il m’a offert une destinée. J’ai décidé de combattre avec lui et pour lui au sein du planétoïde. Je l’ai vu mener personnellement ses troupes à la victoire plus d’une fois, alors que nous combattions à un contre cinq.
Elle sourit doucement.
- Le seigneur Hivernus est un père, un guide, un modèle, pour l’ensemble des soldats servant sous sa bannière. Il inspire le respect et la loyauté. Il affronte les mêmes épreuves que nous. Il montre l’exemple à suivre. Et nous sommes nombreux à penser qu’il a un destin à accomplir... Avoue le capitaine. C’est peut-être bête, dit comme ça, je l’admets volontiers… Mais nous le pensons réellement.
- Vous n’avez pas à avoir honte Capitaine. Les Ravageurs ont une haute opinion de leur seigneur… Une opinion similaire à la vôtre. Vient la rassurer la fille adoptive de l'humanoïde à peau bleue. Mon père et le seigneur Gelmir ont de nombreuses choses en commun… Et j’en viens à croire, qu’ensemble, rien ne pourra les arrêter. Peut-être ont-ils une destinée commune. Mais nous nous égarons je crois. Nous devrions peut-être retourner à l’intérieur. Et Colonel, je compte sur vous pour rester diplomate. Soyez courtois.
- A vos ordres Madame ! Répond le principal concerné en faisant claquer ses bottes.
Frilla Hawan esquisse l’ombre d’un sourire, amusée par l’attitude moqueuse du colonel. C’est un trait de caractère qu’il faut apprendre à apprécier… Le petit groupe se mêle à nouveau aux convives au sein du grand salon. L’ambiance semble plus chaleureuse. Un orchestre rassemblé sur un large balcon se donne en spectacle. Nombre d’invités semblent apprécier l’air joué par les musiciens. Un individu s’approche du héros de guerre impérial et lui adresse quelques mots puant l’hypocrisie à plein nez. Se sachant observé par la fille adoptive du seigneur de la guerre, Zakarov fait un effort en répondant avec beaucoup de courtoisie à son interlocuteur. Erreur fatale. L’homme s’accroche, tente de sympathiser avec le Corellien… Chose qui semble ennuyer fortement ce dernier. Sylvar se mord la lèvre inférieure pour ne pas rire. Voir son ami se faire importuner de la sorte l’amuse.
La musique s’arrête soudainement. Le temps de quelques battements de coeur, tout a l’air figé sur place. Plus aucun son dans la grande salle. Puis quelques murmures se propagent et deviennent rapidement légions. Le seigneur Hivernus est là dit-on. Le chef d’orchestre donne quelques instructions et les musiciens se mettent bientôt à jouer un air lent… Un air qui donne des allures de cérémonie à cette soirée. Le Chiss fait son apparition au beau milieu de la foule, vêtu d’un uniforme d’apparat blanc strié de bleu et brodé d’or. Deux immenses soldats de la Brigade Impera, un Trandoshan et un Ynchorri portant tous deux la symbolique armure blanche striée de bleu, assurent la protection du seigneur de la guerre. L'humanoïde à peau bleue, d’une démarche assurée, se dirige vers le centre de la grande salle. Il rejoint sa fille adoptive et son invité de marque. L’orchestre cesse de jouer. Tout le monde semble retenir son souffle… Un serveur presse le pas pour présenter au Chiss un verre de lait bleu.
Hivernus remercie le domestique d’un geste de la tête puis s’empare du verre et le lève bien haut. Fermement appuyé sur sa canne, il déclare d’une voix puissante :
- Buvons à la santé de la famille Valerius, qui s’investit dans la guerre contre le Syndicat Tenloss plus qu’aucune autre famille au sein de Base Vergesso. Buvons à la santé de nos valeureux soldats, qui combattent sans jamais faillir. Buvons à la santé de l’émissaire du seigneur de Ravage, qui apporte avec lui la promesse d’un avenir meilleur pour nos deux nations !
Dans l’assemblée, tout le monde lève son verre. « A la famille Valerius ! », « Gloire au seigneur Hivernus ! Gloire à ses soldats ! », « A la santé du seigneur de Ravage ! » scandent de nombreuses voix dans la foule. Les officiers de l’armée seigneuriale semblent être les plus enthousiastes. L’idée d’un rapprochement entre deux sociétés fortement militarisées est à leurs yeux une excellente nouvelle… Et le fait de savoir que l’illustre général Gelmir est l’allié de demain a un effet galvaniseur. Pour les puissantes familles de Base Vergesso, l’excitation est plus mesurée. Nombre de fonctionnaires et de riches entrepreneurs discutent entre eux des potentiels bénéfices qu’ils pourront tirer en faisant affaire avec les Ravageurs.
Au signal du chef d’orchestre, la musique reprend. L’ambiance est à nouveau chaleureuse, conviviale. Quelques officiers des forces armées seigneuriales tentent un rapprochement avec les hommes du colonel Hamer. Ils cherchent à mieux connaître ceux qui seront peut-être leurs frères d’armes de demain. Le seigneur de la guerre n’a pas le temps d’adresser quelques mots à l’émissaire de Ravage. Une femme s’approche de l'humanoïde à peau bleue et chuchote à son oreille. Air strict, cheveux rassemblés en un chignon, casquette vissée sur la tête, uniforme aussi noir que la peau de son porteur, implant cybernétique remplaçant l’oeil gauche… Voilà le portrait physique d’un officier que l’on ne voudrait surtout pas contrarier.
- Colonel Wexley. Directrice des services de renseignements et ministre de la sécurité intérieure. Indique à voix basse Frilla. C’est une femme redoutable…
Hivernus répond quelque chose à la directrice du Coeur Ardent. Celle-ci acquiesce de la tête et disparaît dans la foule. Le Chiss pose son regard de braise sur la Cathar, qui se met immédiatement au garde-à-vous.
- Capitaine Sylvar… Les affaires ont été bonnes ? Demande t-il à son aide de camp.
- Oui mon seigneur. J’ai réussi à négocier auprès des Transports Ubrikkian la commande de trente-six blindés légers. Les vingt-quatre premiers exemplaires devraient être livrés d’ici peu. Annonce celle qui occupe le poste de ministre de la guerre.
- Parfait. Je compte sur vous pour débuter la production d’armures destinées à équiper nos futurs équipages. Une variante de l’AML-TR devrait suffir. Répond froidement le seigneur de la guerre.
- Oui mon seigneur… Souffle Sylvar en faisant claquer ses bottes.
Hivernus dirige ensuite son regard flamboyant sur le colonel Zakarov. Ce dernier exécute un salut militaire impeccable.
- Colonel, j’espère que vous ne faites pas de vagues. Lance le seigneur de la guerre au Corellien.
- Négatif mon seigneur. Je me tiens… Tranquille. Affirme l’officier en guettant du coin de l’oeil une quelconque réaction de la part de la Cathar.
Mais sa camarade semble garder un air sérieux. En présence de l'humanoïde à peau bleue, l’esprit sournois et taquin de son aide de camp se dissipe… Du moins en apparence. Un léger sourire semble apparaître au coin des lèvres. Sylvar tente de se retenir visiblement.
- Bien… Bien… Murmure le Chiss en tapotant amicalement l’épaule du héros de guerre impérial.
L’autre rigidifie sa posture, fait claquer ses talons. L’ombre d’un sourire est visible sur le visage du dénommé Hivernus. Peut-être qu’il s’amuse lui aussi, après tout. Peut-être qu’il cache bien son jeu… Peut-être qu’il dissimule habilement son caractère enjoué.
- Je pense qu’on ferait bien d’y aller Sylvar. Hein, qu’est-ce que tu en dis ? Suggère le colonel.
- Ce que j’en dis ? Tu me dois toujours une danse vieille canaille. Répond celle qui arbore une plaque de capitaine sur son uniforme.
- Et bien… Si tu n’as pas peur d’être humiliée…
- Qui oserait se moquer du grand et célèbre Anton Zakarov ? Ricane la Cathar. Allez viens.
Sylvar s’empare du bras du Corellien et l’emmène vers la piste de danse. Les voilà désormais en train de virevolter au beau milieu des convives, bousculant parfois un couple ou deux. Il n’y a plus aucune trace de rigidité militaire dans l’attitude des deux officiers. Ils semblent réellement s’épanouir, à en juger les rires et les sourires.
- Je ne pense pas qu’on pourra en faire de grands danseurs… Commente Frilla sur un ton léger.
- Qu’ils profitent donc. Lâche le seigneur de la guerre, bienveillant. Nous reprendrons bientôt le combat contre le Syndicat Tenloss et il n’y aura plus de place pour de tels divertissements.
L'humanoïde à peau bleue se tourne vers son invité de marque.
- Colonel Hamer, croyez-vous qu’il serait possible pour nos troupes de s’entraîner sur un territoire de Ravage ? Demande alors Hivernus, reprenant son air si sérieux. Mes hommes ont besoin de place pour manœuvrer et c’est quelque chose que nous n’avons pas sur Base Vergesso. -
Post n°17
Auteur : Darth Malraas
Le Colonel Zakarov emplie ses poumons d'éloges à l'égard de l'Imperium. Le propagandiste n'oublie pas de mentionner le Seigneur Hivernus, un Saint sauveur de la doctrine Impériale, juste et équitable. Des marques de dégouts planent sur les paroles sincères de l'officier pris dans le tumulte de son éloquence. A n'en pas douter, la liaison matérialiste de l'Imperium et des Empires qui furent pour l'un, Démocrate et pour l'autre tyrannique, n'est pas à faire. Froisser ses hôtes ne reviendrait qu'à faire échouer les négociations et l'avenir lumineux des deux petites nations en pleine expansion. Le Colonel Hamer marque son visage d'expressions fascinées et intéressées mais à n'en pas douter, tout cela ne le concerne que de très loin. Une chose reste sûre : Les hommes d'Hivernus éprouvent une loyauté sans faille à l'égard de l'homme bleu, matérialisant une allégeance unique et une admiration en durabéton.
-Si les hommes de Vergesso admirent autant le Seigneur Hivernus que vous, votre planétoïde prospérera encore des siècles. Déclare respectueusement le Colonel. Il ne fait aucun doute que votre Seigneur est un héros et par définition, un homme brave et charismatique. Je rejoins mademoiselle Hawan, nos leaders possèdent des traits communs qui peuvent apporter beaucoup à nos deux gouvernements. Il se contente de sourire à ses propres paroles.
De retour au grand salon, la musique rythme les pas mesurés des convives. Tous se serrent, se toisent, s'admirent et discutent. Hector, plisse les yeux en tendant l'oreille sur des conversations vraisemblablement pourvues de simagrées ridicules. Décidément, les lieux de pouvoirs restent toujours les cercles les moins sincères, pense l'Officier de Ravage. Les notes mélodieuses cessent subitement et instinctivement, les Ravageurs camouflés derrière leurs costumes ou leurs robes, se cherchent du regard comme pour s'entendre s'il advenait un quelconque problème. Lorsque le tintement des instruments reprend, le Seigneur Hivernus apparaît à la foule de convives.
Hamer observe l'homme bleu et ses gardiens aux allures de gros bras de la pègre, jusqu'à ce qu'ils arrivent auprès de son groupe. L'Homme trinque alors, dévoilant son lait bleu, suivi par l'assemblée mimant son geste.
- Buvons à la santé de la famille Valerius, qui s’investit dans la guerre contre le Syndicat Tenloss plus qu’aucune autre famille au sein de Base Vergesso. Buvons à la santé de nos valeureux soldats, qui combattent sans jamais faillir. Buvons à la santé de l’émissaire du seigneur de Ravage, qui apporte avec lui la promesse d’un avenir meilleur pour nos deux nations !
Hector sourit par politesse plutôt que par fierté, un peu gêné d'avoir toutes l'attention de la ribambelle d'invités. Ses hommes et lui-même imitent la foule pour toaster en l'honneur du Seigneur de Ravage, profitant de l'occasion et de sourires forcés pour lorgner les convives les moins attirés par cette ovation. Raieve Perdebak, dans sa superbe robe, ne manque pas une miette des visages effacés de certains membres de l'assemblée. Une certaine méfiance est raisonnablement logique mais fait tâche avec les réactions des officiers du Seigneur Hivernus. Alors comme pour redorer le blason des Ravageurs et pour rire quelques instants encore... La malicieuse Raieve se tourne vers son plus proche compagnon de discussion, faisant mine d'être légèrement embrumée par son verre.
-Ce toast est aussi brillant que nos mines de diamants sur... Oh pardonnez moi. Elle pose un doigt sur son front en fermant les paupières. Je crois que je devrais arrêter de boire.
Le Seigneur Hivernus est rapidement repris par ses affaires de dirigeant. Le Colonel Hamer tend l'oreille à l'intention du murmure de Frilla. Un brève instant, l'officier de Ravage se surprend à croire que les forces militaires de Vergesso ont découverts la présence des membres de l'EFS à bord de la corvette Raider. Il se détend lorsque la conversation tourne autour des officiers et de leur Seigneur, pour se concentrer sur ses camarades. Mademoiselle Perdebak joue les parfaites courtisanes tandis que ses autres compères, paraissent discuter de manière animée, avec des semblables de l'armée du Seigneurat de Bajic. Enfin, le Seigneur Hivernus se détourne de ses subordonnés pour démarrer une nouvelle discussion avec le Colonel Ravageur.
Il est question de recevoir les troupes du Seigneur Hivernus afin que celles-ci puissent s'exercer aux manoeuvres militaires, au sein des territoires Ravageurs. Incontestablement, la superficie de l'astéroïde sur lequel se trouve la base Vergesso, est bien trop modeste pour effectuer des mouvements de troupes, liés à un entraînement grandeur nature. Se mordant l'intérieur de la lèvre, comme aspiré dans une réflexion intense, Hector soigne sa réponse. Si l'homme à la peau bleue suggère cette idée, c'est qu'il perçoit le fort potentiel de l'alliance future.
-Cela serait un honneur de recevoir vos troupes, Seigneur Hivernus. Commence-t-il en serrant son verre. Néanmoins vous comprendrez que je ne peux rien affirmer sans avoir au préalable consulté le Seigneur Gelmir et l'Etat Major du Général Hamer. Mais nous avons, en effet, à notre disposition quelques mondes qui sauraient satisfaire vos besoins. Il avale la dernière gorgée de son verre, en gardant ses yeux sur Hivernus. Même si la plupart de "ses mondes" ne sont pas conscients d'être liés aux Ravageurs, enjoliver la réalité fait toujours sensation. Il me semble donc tout à fait raisonnable de vous inviter à la Capitale, vous aurez tout le loisir de discuter avec notre Seigneur et de voir par vous-même, notre gracieuse cité ainsi que toutes les bonnes choses qu'elle apporte avec elle.
Le Colonel termine son verre en savourant les dernières gouttes posées sur le bord de ses lèvres.
-Avec tout le respect que je vous dois, Seigneur Hivernus, n'oubliez pas que notre venue est surtout causée par votre récente acquisition de chantiers navals. Vous comprendrez que notre Seigneur cherche à s'entourer de personnages d'une aussi grande stature que la vôtre. Hector se doit d'être clair sur les intentions des Ravageurs et sans exercer de pression sur son interlocuteur, souligner l'attrait principal pour Vergesso. Je renouvelle l'invitation auprès de notre Seigneur dans les délais qui vous conviendront, ceci afin de vous laisser le temps nécessaire pour réfléchir à l'offre. -
Post n°18
Auteur : HivernusLe colonel offre une première réponse qui se veut prudente et polie. Cependant, quelque chose, dans son attitude, se met à changer. Les doigts de l’officier se serrent doucement. Son corps se raidit brusquement. Il est troublé par la demande du seigneur de la guerre, à n’en pas douter. Bien évidemment, cette requête singulière met Hamer dans l’embarras. Et il le fait comprendre. Selon ses propres dires, il ne peut pas prendre la décision d’autoriser les troupes du Seigneurat de Bajic à s’entraîner sur les territoires de Ravage sans consulter auparavant ses supérieurs. L’émissaire propose néanmoins au Chiss de se rendre au sein de ces mêmes territoires afin de discuter directement avec le seigneur Gelmir du rapprochement de leurs deux nations. Une proposition certes logique et alléchante, qui a toutefois quelques inconvénients…
L’officier aurait pu s’arrêter à cette simple réponse. Mais il tient visiblement à ajouter une remarque pertinente mais maladroite qui ne manque pas de faire remuer Frilla. L’espace d’un bref instant, la fille adoptive de l'humanoïde à peau bleue fronce les sourcils. Elle se reprend cependant très rapidement et adopte une expression faciale plus neutre, afin d’éviter d’exprimer devant l’invité de son père sa gêne. Hivernus, fidèle à lui-même, demeure impassible. Il se contente d’acquiescer en silence aux propos du colonel. Le manque de délicatesse dont peut faire preuve Hamer ne semble pas affecter le Chiss. Les militaires manquent parfois de courtoisie et de diplomatie quand ils sont engagés dans des affaires politiques. C’est un fait avéré. Et nombre d’officiers ont été critiqués pour leur manque de finesse politique lors de divers sommets. Mais de l’avis même du seigneur de la guerre, ce genre d’attitude est préférable aux flagorneries et autres propositions fallacieuses qu’il méprise au plus haut point.
De toute manière, l’émissaire de Ravage n’a jamais tenté de cacher l’intérêt que porte son seigneur aux chantiers navals du système Lybeya. Toute armée qui se respecte a besoin d’une industrie puissante sur laquelle s’appuyer. Celle du Seigneurat de Bajic, bien que modeste et très récente, a déjà su prouver son efficacité. Le colonel, satisfait de la visite des infrastructures navales et des centres d’usinage de l’Arsenal Militaire de Lybeya, sait donc l’avantage qu’il y a à traiter avec Hivernus. De l’autre côté, l'humanoïde à peau bleue comprend que sa seule opportunité d’alliance, pour l’heure, réside sur sa capacité à conserver le contrôle du complexe militaro-industriel qu’il a acquis par les armes et dont il a considérablement augmenté le rendement. Sans cet atout en sa possession, les Ravageurs n’auraient certainement pas pris la peine de le contacter pour discuter d’un rapprochement.
Pour l’heure, les relations naissantes entre le gouvernement de Ravage et le Seigneurat de Bajic demeurent fragiles. L’ébauche même de cette alliance en devenir peut s’effacer à tout instant. Le Chiss, qui a très bien compris la nature des enjeux, sait qu’il doit convaincre son invité autrement qu’avec ses chantiers navals. La guerre qu’il mène contre le Syndicat Tenloss offre quelques opportunités qu’il convient de saisir… Mais les forces armées seigneuriales ne sont pas encore opérationnelles à cent pourcent de leurs capacités. Le temps... C’est ce dont le seigneur de la guerre a besoin en ce moment même.
- Colonel Hamer, je serai honoré de fouler le sol de Ravage. Il me tarde de rencontrer le seigneur Gelmir et vos pairs. Cependant, comme vous le savez, il se trouve que j’ai une guerre à mener contre le Syndicat Tenloss. Indique l'humanoïde à peau bleue d’une voix parfaitement modulée. Je ne peux donc pas me permettre de partir sur l’heure. Je peux néanmoins vous proposer de rester sur Base Vergesso durant les deux ou trois prochaines semaines. D’un côté, cela me permettra de donner mes directives et de régler quelques affaires en interne avant de rejoindre la capitale de Ravage. D’un autre côté, ce sera pour vous l’occasion d’en voir un peu plus sur notre jeune société. Vous pourrez ainsi juger par vos propres yeux la qualité de nos infrastructures, passer en revue quelques-unes de nos troupes et assister à quelques démonstrations d’ordre militaire. C’est un contretemps fâcheux, je le crains, qui a néanmoins l’avantage de présenter quelques opportunités. En acceptant l’invitation, vous serez sûr et certain d'apporter à vos supérieurs un rapport détaillé des capacités militaires et industrielles du Seigneurat de Bajic.
Hivernus sirote doucement son verre de lait bleu afin de soulager sa soif. Son regard de feu quitte l’émissaire pour se perdre dans la foule de costumes, de robes de soirée et d’uniformes. Le temps de quelques battements de cœur, le seigneur de la guerre observe un petit groupe de militaires occupés à échanger entre eux. Officiers de Vergesso et soldats de Ravage se sont mêlés les uns aux autres pour apprendre à mieux se connaître. Certains visages sont détendus et souriants. D’autres conservent une attitude plus neutre, voire sérieuse. Quelques-uns, à l’inverse, dissimulent avec peine une nervosité bien affichée. Les propos échangés entre les diverses parties font visiblement réagir de toutes les manières possibles et imaginables. Pour l’heure, les représentants des deux jeunes nations cherchent à mieux se comprendre afin de se familiariser avec les coutumes des uns et des autres.
- Bien évidemment, nous fournirons à vos hommes tout le confort dont ils auront besoin pour séjourner ici durant les prochaines semaines. Un officier de liaison vous sera également affecté afin que vous puissiez vous déplacer à votre convenance au sein de Base Vergesso. Poursuit le Chiss avant d’avaler une nouvelle gorgée de lait bleu. Et si vous désirez en faire la demande, une escorte sera également fournie. Vous comprendrez, bien sûr, que nous ne pouvons pas laisser de parfaits inconnus se promener les armes à la main dans notre ville. Du moins… Pas pour le moment.
Officiellement, il s’agit d’une proposition que le colonel est en droit de refuser. Néanmoins, dans les faits, Hamer semble plus ou moins forcé à accepter. S’il veut en effet que l'humanoïde à peau bleue accepte son offre, il doit se plier, en retour, à la sienne. Cet échange de bons procédés, s’il peut être ennuyant, présente toutefois quelques avantages qu’il ne faut pas négliger. Il ne tient donc qu’à l’émissaire de Ravage de découvrir ces différents avantages au cours des semaines qui vont suivre…
- Prenez le temps de la réflexion s’il le faut, Colonel… Et profitez de la soirée. Vous n’êtes pas obligé de répondre dans la minute. Et si jamais aucune réponse ne vous vient en tête, n’ayez crainte... Une bonne nuit de sommeil porte parfois conseil. Indique avec courtoisie Hivernus, qui détourne le regard pour saluer d’un signe de la tête un officier qui tend son verre dans sa direction. A présent Colonel, veuillez m’excuser. Il se trouve que je suis demandé.
Le seigneur de la guerre se dirige vers le militaire qui l’a interpellé quelques secondes plus tôt, suivi de près par les deux soldats d’élite de sa garde rapprochée. Frilla adresse un dernier regard au colonel en lui souriant doucement, puis rejoint son père adoptif. Pour les Hawan, cette soirée est particulièrement importante. Il s'agit en effet de veiller à garder dans les rangs ceux qui pourraient être tentés d'aller voir ailleurs. Le Chiss, bien qu'ayant en horreur ces soirées interminables au sein desquelles tous les vices sont présents, doit composer avec afin de faire perdurer le fragile empire qu'il est en train d'établir.




