Au royaume des aveugles, le borgne est roi.
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Post n°10
Auteur : HivernusLe colonel Hamer dévoile de nombreuses informations que le Chiss s’empresse d’enregistrer dans sa mémoire. Ainsi donc, les Ravageurs ont choisi de s’éloigner de l’agitation générale… Le fait qu’ils aient choisi une telle voie peut être interprété de bien des manières. Peut-être cherchent-ils à conspirer dans leur coin, dans le but de se préparer à une guerre à grande échelle, sans attirer l’attention des grandes puissances galactiques. Ou peut-être qu’ils cherchent réellement à se retirer dans un endroit perdu de la galaxie, à la recherche d’un havre de paix. Mais peut-on réellement attendre d’un seigneur de la guerre et de son armée qu’ils s’établissent sur une planète afin d’y vivre en toute sérénité ? Le doute est permis. Les soldats sont des hommes d’action. Et il est donc plus probable que le seigneur Gelmir cherche à se constituer un empire dans un endroit qui n’intéresse personne.
Quoi qu’il en soit, cette première information permet déjà de renseigner l'humanoïde à peau bleue sur un point précis : Leur capitale est établie sur un monde lointain, éloigné des voies de navigation très fréquentées. Les coins les plus reculés de la Bordure Extérieure pourraient bien correspondre… Mais il se peut que cette planète soit située dans l’Espace Sauvage, ou pire, dans les Régions Inconnues. Tout est possible. Et du fait de l’absence de renseignements, les déductions ne mènent à rien. Il faut toutefois noter que le colonel Hamer a mentionné Nar Shaddaa et Kessel comme terres d’accueil provisoires des Ravageurs. Il s’agit donc de pistes à exploiter.
Une partie entière du discours de l’officier porte sur la nature même de l’organisation militaire des Ravageurs. Ce sont, pour la plupart, des soldats ayant servi sous les ordres du seigneur Gelmir lorsqu’il était général de la Confédération des Systèmes Indépendants. Leur loyauté s’est forgée progressivement, lors de multiples batailles passées à ses côtés et sous ses ordres. Et à en croire le colonel Hamer, ils auraient été prêts à le couronner empereur s’il avait eu cette volonté. Une telle loyauté force le respect, inspire l’admiration. Hivernus ne connaît que trop bien cette loyauté. Il est lui-même le sujet d’une loyauté sans faille de la part de ses hommes. Il n’y a qu’un seul moyen d’inspirer telle dévotion à des soldats : Des actions brillantes. Le seigneur Gelmir, en tant que général séparatiste ou seigneur indépendant, a mené ses troupes à la victoire plus d’une fois. C’est un fait connu de tous. Il a mérité son titre de seigneur de la guerre. Peu peuvent se vanter d’avoir telle considération dans le cœur de l'humanoïde à peau bleue. Des personnages tels que Valiant ou Ozzel ne font pas l'objet d'une telle estime.
Dans une autre vie, s’il était né dans un coin moins isolé de la galaxie, et dans un régime différent, Hivernus aurait probablement été l'un de ces nombreux volontaires souhaitant servir au sein de la douzième division du commandant puis général Gelmir. Le simple fait, aujourd’hui même, de savoir qu’il peut avoir l’occasion de rencontrer dans un futur proche son homologue semble le satisfaire. Deux seigneurs de la guerre, ayant des opinions plus ou moins similaires sur quelques régimes corrompus, illégitimes et faibles, pourraient bien changer le destin d’une galaxie moribonde… Mais pour l’heure, il faut se contenter de ce qui est réellement acquis. Et le respect des Ravageurs est loin d’être gagné.
- Colonel Hamer, j’apprécie votre franchise. L’offre des Ravageurs est généreuse. Mais je me permets de proposer une nouvelle offre, plus favorable à vos attentes. Répond mystérieusement le Chiss, avant de continuer de son habituelle froideur. Nous sommes des militaires, et je sais très bien, en tant que tels, que seules les actions concrètes ont une quelconque influence sur nos esprits guerriers. Je ne connais pas votre situation actuelle, mais j’imagine que vos experts seront plus utiles sur votre monde qu’ici. Il se trouve que j’ai moi-même une division d’ingénieurs et de scientifiques, que je peux mettre à votre disposition.
Le seigneur de la guerre s’accorde un moment de pause, buvant une gorgée de son précieux lait bleu. Son regard incandescent reste fixé sur son interlocuteur, comme s'il cherche à deviner le fond de ses pensées. Il reprend rapidement la parole, lorsqu’il s’est assez désaltéré.
- Sur ce point là, je peux déjà vous arranger une visite, afin que vous puissiez vous forger votre propre opinion sur nos travaux en matière de recherches militaires et voir si cela est compatible avec vos projets. Continue Hivernus, impassible. J’ai par ailleurs le sentiment qu’il serait plus profitable, pour vous comme pour nous, d’établir une ambassade des Ravageurs sur Base Vergesso. De mon point de vue, il s’agit avant tout de prouver au seigneur Gelmir qu’il peut nous faire confiance, en gardant un oeil sur l’avancement de ma campagne militaire. Il pourra ainsi décider par lui-même s’il souhaite réellement s’investir dans le Seigneurat de Bajic et conclure quelques accords.
Les dés sont jetés. Il ne reste plus qu'à voir si le résultat obtenu par le lancer peut convenir au colonel, ou si ce dernier souhaite lui-même relancer afin d'avoir un résultat plus favorable à sa vision des choses. -
Post n°11
Auteur : Darth Malraas
La proposition du Seigneur Hivernus semble tout à fait adaptée aux besoins des Ravageurs. Les responsables de Bélériand sont-ils néanmoins prêts à déléguer la totalité des travaux, aux ingénieurs de Vergesso ? Hector indécis, préfère ajuster la suggestion de son hôte.
-Votre proposition est opportune, mais le Général Hamer ne pourrait concevoir de fournir nos plans sans avoir un oeil sur le processus. Voilà pourquoi la Générale de Bridage, Alinéor Ferra, réalisera des auditions sur votre personnel. Il plisse les yeux, comme pour percer l'oeil unique de son interlocuteur et dénicher ses réflexions. Notre Générale est chargée de la Division Aérienne de notre capitale et c'est à elle que nous devons les tests décisifs des Corvettes Raiders. Sa présence sera tout à fait adaptée et vos ingénieurs pourraient bénéficier de son expérience.
Il se tait, laissant quelques secondes à Hivernus pour réfléchir.
La dernière gorgée d'eau est bienfaitrice, de quoi humidifier la gorge sans avoir à la racler.
Il reprend, gardant à l'esprit les paroles de l'homme bleu.
-Je rebondis sur votre proposition d'ambassade, la Générale pourrait ainsi avoir le luxe de rester sur place, c'est un atout. Cette idée ne peut aller que dans un seul sens, notre monde sera heureux d'avoir une délégation du Seigneurat de Bajic. Un doute lui traverse l'esprit, mais si les Ravageurs veulent des alliés, il ne peuvent rester calfeutrés derrière les Régions Inconnues. Nous mettrons en place un cycle de transport militaire afin que vos hommes et que les nôtres, puissent naviguer entre chaque monde, à des dates précises. Vous comprendrez que le Seigneur Gelmir met un point d'honneur à préserver la capitale... Les coordonnées stellaires sont biens trop précieuses pour prendre le risque qu'elles finissent entre les mains de personnes hostiles.
Hector repose son verre.
-Une visite serait intéressante mais cette future alliance ne peut se faire sans satisfaire votre curiosité. Je vous propose de vous rendre à la capitale, de voir nos installations et de vous entretenir avec le Général Hamer et l'Amirale Mai. -
Post n°12
Auteur : HivernusLe colonel Hamer semble satisfait par le résultat obtenu lors du lancer de dés. Mais il ne peut toutefois s’empêcher de relancer dans le but d’avoir un meilleur score. Et visiblement, il semble avoir vu juste. L’officier de Ravage indique qu’une certaine générale se chargera de vérifier méticuleusement les dossiers des hommes et des femmes travaillant au sein de la division des recherches militaires. Il ajoute aussi qu’il sera nécessaire pour elle d’être au plus près des chantiers navals pour superviser la construction des corvettes destinées à la flotte des Ravageurs. L’offre d’ambassade est donc acceptée. Le colonel va d’ailleurs plus loin en offrant une proposition similaire au Seigneurat de Bajic. Chaque camp pourrait ainsi voir ce qu’il se passe chez l’autre… Et dans le cas de l'humanoïde à peau bleue, un tel privilège pourrait bien lui permettre de servir ses intérêts. A l’annonce de la possibilité de rencontrer l’amiral(e) Mai et le général Hamer, un possible parent de son interlocuteur, Hivernus se permet de garder le silence.
Si son visage semble impassible, son cerveau est en ébullition. Le seigneur de la guerre analyse les propos du colonel, émet plusieurs hypothèses… Il en vient à la conclusion suivante : Les Ravageurs manquent cruellement d’alliés et de ressources si l’on se fie à leur envie pressante de l’inviter sur leur capitale afin d’établir une “alliance” pour reprendre les mots du jeune Hamer. Alliance. Tout individu normalement constitué, et doué de raison, prendrait toutes les mesures nécessaires afin d’éviter de tomber dans un piège, de se fier à la mauvaise personne. Le colonel qui lui fait face lui prouve cependant qu’en ces heures sombres, il faut parfois chasser toute méfiance pour faire des compromis.
Quand il s’agit de dominer les étoiles, les différentes puissances galactiques se livrent une guerre sans merci et il est rare de voir des alliances durables se former, de peur de voir un gouvernement prospérer et devenir plus puissant qu’un autre. Si les alliances peuvent s’avérer utiles, voire essentielles, il est cependant important de retenir qu’elles doivent être abordées avec prudence. Tant que les avantages restent mutuels, l’alliance peut tenir… Mais les dirigeants changent, leurs besoins avec, et il n’est ainsi pas rare de voir un individu trahir ses alliés s’il trouve de nouveaux avantages à le faire. Il est donc du devoir d’un commandant avisé de rester attentif en tout temps, s’il veut survivre. Il doit savoir anticiper les attentes des autres et préparer ses coups à venir en fonction des moindres changements. Hivernus, qui est loin d’être un imbécile, sait très bien que cette alliance avec les Ravageurs peut être au pire une alliance de circonstance, au mieux une alliance étroite et durable, même si cette deuxième possibilité reste pour l’instant écartée.
Dans tous les cas, à court terme, une coopération étroite entre deux puissances enclavées dans les confins de la galaxie peut être une excellente manière de consolider ses positions… Seul un idiot refuserait d’accepter de se saisir d’une telle opportunité. Le Chiss s’empare de son verre de lait bleu et en avale une gorgée, toujours aussi inexpressif. Son regard ardent se pose sur sa fille adoptive, qui se permet de sourire malicieusement… Mais l’oeil désormais unique du seigneur de la guerre vient rapidement fixer l’officier de Ravage.
- Je crois que nous avons trouvé un terrain d’entente Colonel. Votre Générale sera ici chez elle. Et je ferai en sorte de la traiter avec tous les honneurs dus à son rang, tel un membre de ma propre famille. Répond froidement l'humanoïde à peau bleue. Mais avant de nous pencher sur les détails d’un tel accord, je pense qu’il est plus convenable pour vous comme pour moi de passer en revue les chantiers navals du système Libeya. Après tout, vous êtes venu sur Base Vergesso pour cette raison même et il serait impoli de vous refuser la visite que vous attendez.
Frilla se redresse subitement et se charge de débarrasser les verres. Son père adoptif entreprend de fixer sa prothèse de fortune à son moignon avant de se tenir fermement appuyé sur sa canne. Cet état de faiblesse, dans lequel il semble s’accepter, pourrait être interprété par beaucoup comme une marque de médiocrité. Mais Hivernus est loin d’être faible, comme il aime se montrer. Bien évident, sa blessure de guerre le lance douloureusement de temps à autre et réduit considérablement sa mobilité, mais elle ne sape pas la volonté du Chiss. Et son esprit affûté est loin d’être perturbé par cette insignifiante douleur, aussi désagréable soit-elle. D’un simple geste de la main, il désigne la sortie au colonel Hamer et s’engage à sa suite. Frilla Hawan reste dans leur ombre, telle une servante obéissante. Le trio traverse la salle du trône sans y faire halte. Les lourdes portes s’ouvrent sur le couloir… Les soldats de la Brigade Impera postés en faction dans le couloir plaquent instinctivement l’arme contre le torse et font claquer leurs talons en guise de salut militaire.
Le seigneur Hivernus leur adresse un regard bienveillant, teinté de fierté. Il accorde d’un bref moment d’attention aux soldats escortant l’officier de Ravage, tentant peut-être de prendre des informations sur leur équipement militaire. Mais il semble s’en détourner rapidement et préfère continuer son chemin dans les couloirs austères de sa citadelle… Sur son passage, chaque stormtrooper portant le bleu sur son armure semble s’animer. A chaque fois que l'humanoïde à peau bleue s’avance, hommes, femmes et aliens qui constituent son bataillon personnel lui rendent hommage. Et le spectacle ne s’arrête pas là. Lorsque le cortège se rend dans la cour du bâtiment principal, une Twi’lek balafrée et portant un uniforme strié d’une unique bande bleue sur les manches et le pantalon donne un ordre que toute la troupe semble entendre.
- Sections ! Saluez votre seigneur ! Lance avec autorité celle qui arbore la plaque de capitaine sur sa poitrine.
Prenant réception de l’ordre, les différentes sections des jeunesses seigneuriales et de la Brigade Impera font claquer leurs talons, plaquent l’arme sur le torse, redressent le menton et se figent d’un coup. L’ensemble est parfaitement exécuté, fruit d’intenses mois de répétitions incessantes. Cette fois-ci, nul son ne sort des tambours. Comme le seigneur qu’il est réellement en ces lieux, Hivernus remonte les diverses sections en adressant de temps à autre un hochement de tête à ceux et celles qui sont prêts à donner sa vie pour lui. Le lieutenant qui a servi de conducteur au colonel Hamer n’a pas changé de place.
- Mon seigneur… Souffle presque timidement l’officier, adressant un salut militaire impeccable à son supérieur, puis dirigeant son regard vers la fille de ce dernier et l’émissaire qui les accompagne. Ma dame… Mon Colonel.
L’homme déglutit péniblement, probablement intimidé par la présence de ces individus puissants.
- Le Capitaine Ven me fait savoir qu’elle vous a affecté une garde rapprochée… Au cas où… Continue le lieutenant.
- Très bien. Lâche pour toute réponse le seigneur de la guerre.
Il jette un coup d’oeil du côté de la Twi’lek balafrée, un sourire amusé aux lèvres.
- Elle ne fait que son devoir, Lieutenant. Poursuit le Chiss en reprenant son air indifférent.
- Oui mon seigneur. L’officier incline la tête, en guise de soumission ou de respect, puis ouvre la portière du côté passager.
Hivernus monte le premier, à l’arrière, bientôt suivi par le colonel Hamer. Frilla occupe le siège qui jouxte la place du conducteur. Dans les autres véhicules, les soldats de Ravage et les stormtroopers affectés à la protection rapprochée du seigneur de la guerre s’installent à leur tour. Le convoi ne prend pas la direction des hangars par lesquels sont arrivés les Ravageurs. Le véhicule de tête mène la file au coeur du quartier de la Citadelle, relativement calme et moins surveillé que le reste de la base malgré une population plus présente et active. Après quelques minutes de trajet qui ne semblent être que quelques secondes, le convoi s’arrête à hauteur d’un autre hangar protégé par une petite section de soldats de choc de l’infanterie régulière.
Le lieutenant sort en vitesse et vient ouvrir la porte du côté passager, faisant claquer ses talons une nouvelle fois, rigide comme un I. Frilla Hawan descend en premier et vient soutenir son père lorsqu’il quitte à son tour le véhicule. Au moment où il pose le pied sur le sol, les stormtroopers de garde devant le hangar se mettent instinctivement au garde-à-vous, comme un seul homme. Les quatre combattants de la Brigade Impera chargés de la sécurité de l'humanoïde à peau bleue viennent s’ajouter à l’escorte du colonel Hamer. Le Chiss semble reconnaître la silhouette massive du caporal Yinchorri Qubbrakt, intimidant dans son armure blanche striée de bleu. Il lui adresse un bref hochement de tête, auquel le colosse répond par un poing fermé sur le torse. La petite troupe mélangeant Ravageurs et seigneuriaux avance tel un bloc homogène vers le hangar. A l’intérieur, quelques navettes de classe Lambda sont surveillées par un agent du Coeur Ardent, reconnaissable à son uniforme vert à col bleu. L’homme contrôle les départs et les arrivées, s’assure de l’identité des équipages et des passagers, vérifie les ordres donnés, prend des notes sur son datapad… Le respect du protocole est nécessaire pour éviter la moindre faille dans le système de sécurité.
Malgré tout, les procédures ne semblent pas atteindre le seigneur de la guerre. Il serait imprudent d’oser contrôler l’individu qui a la main-mise sur l’ensemble du système de Lybeya… L'humanoïde à peau bleue et ceux qui sont dans son ombre peuvent donc ainsi pénétrer en toute impunité dans sa navette personnelle. A l’intérieur du transport, l’équipage s’est figé dans un salut militaire impeccable, qu’il quitte rapidement lorsque le Chiss daigne leur adresser un signe de tête. Après les vérifications d’usage et l’annonce d’un départ imminent, la navette de classe Lambda décolle et quitte le hangar pour amorcer son vol dans l’espace. Le feulement rauque de plusieurs chasseurs TIE déviés de leur patrouille vient s'adjoindre au doux chuintement du vaisseau qu’ils sont chargés d’escorter jusqu’aux chantiers navals. Le transport personnel du seigneur Hivernus longe les silhouettes menaçantes des trois bâtiments de guerre de la petite armada seigneuriale puis se dirige vers le lieu de la visite. Après un bref moment accordé aux procédures de routine, la navette de classe Lambda obtient finalement l’autorisation de se poser. Les chasseurs TIE d’escorte retournent à leur patrouille.
Dans le hangar dédié à l’embarquement et au débarquement du personnel, une petite haie d’honneur s’installe devant le transport. Lorsque la rampe d’accès s’abaisse, les douze stormtroopers formant la section d’accueil se mettent au garde-à-vous. L'humanoïde à peau bleue est le premier à descendre, suivi de près par sa garde rapprochée et sa fille adoptive. De sa démarche lente et pénible, il continue son chemin, sans prendre la peine de vérifier que la délégation des Ravageurs le suit. Quelques véhicules habituellement destinés au transport rapide des ouvriers ont été réquisitionnés pour la visite. Lorsque tout le monde est embarqué, le petit convoi démarre son périple à travers les différents niveaux des chantiers navals du système. Les véhicules traversent d’abord une grande installation dans laquelle quelques dizaines de vaisseaux de petit tonnage de tout genre sont inspectés et remis en état par des ouvriers en combinaison grise. Quelques soldats portant l’armure blanche des troupes de choc accompagnent un agent du Coeur Ardent qui se charge de vérifier le travail d’une équipe de mécaniciens. Plus loin, un contremaître passe ses nerfs sur un ouvrier, sous le regard perplexe de quelques uns de leurs camarades. Il lui reproche apparemment une négligence.
- Nos chantiers navals ne sont pour l’heure pas utilisés à cent pourcents de leurs capacités. Il se trouve que nous avons du mal à trouver des clients soucieux de faire construire ou réparer des vaisseaux dans ce coin de la galaxie. Indique Hivernus à l’attention du colonel Hamer. Et le fait que le Seigneurat de Bajic soit en guerre avec ses voisins n’aide pas. J’ai cependant trouvé un moyen de palier à ce problème...
Le seigneur de la guerre laisse volontairement sa phrase en suspens, mystérieux. Le convoi passe devant une série de cales sèches dans lesquelles quelques vaisseaux de moyen et gros tonnages subissent quelques réparations conséquentes. Le Chiss jette un coup d’oeil du côté d’un vaisseau-donjon de classe Kiltirin. De nombreux ouvriers en combinaison zéro gravité se chargent de réparer l’imposante structure, parfois aidés dans leur tâche par quelques petits appareils spécialisés. La traversée se poursuit toujours plus loin, jusqu’à atteindre une partie des chantiers navals presque aussi vaste que celles déjà traversées. Une véritable usine semble s’être installée dans cet endroit. En l’air, des dizaines de baies en transparacier, de cockpits de chasseur TIE, d’ailes solaires sont suspendus à des rails sur plusieurs niveaux et avancent d’un point à un autre. Au sol, un large espace est consacré à l’assemblage des chasseurs. Là aussi, des stormtroopers sont toujours visibles.
- Nous avons converti une partie de nos chantiers navals en usine. Nous produisons nos propres chasseurs TIE ici. Continue l'humanoïde à peau bleue. Il s’agit là d’un atout non négligeable… Car nous pouvons ainsi remplacer nos pertes rapidement.
Il n’en est pas de même pour les pilotes. Ils ne peuvent pas être produits à la chaîne, à l’inverse des appareils. Trouver des remplaçants compétents aux pilotes tombés au combat est une tâche bien plus ardue. Mais là n’est pas le sujet de la visite.
- Si jamais vous vous posez des questions à propos de l’acquisition et de l’acheminement des matériaux nécessaires pour la fabrication des pièces, sachez qu’une partie est issue du secteur. Poursuit le seigneur de la guerre avec sa froideur habituelle. L’autre partie vient de la Bordure Extérieure. Il se trouve qu’au fil des années j’ai su me faire quelques soutiens de taille...
Hivernus sous-entend vaguement que l’Impérium lui livre certaines ressources. Ou tout du moins qu'il a des amis puissants chez les impériaux. Dans les faits, la mission que lui a confié la Grande Moff Ashe lui a permis d’acquérir quelques privilèges. La naine, qui cherche par tous les moyens à acquérir le soutien d’officiers prometteurs et d’alliés potentiels, n’hésite par à recourir aux grands moyens pour parvenir à ses fins. De ce fait, l’attribution exceptionnelle de ressources à un agent du Bureau de la Sécurité Impériale à qui elle croit pouvoir faire confiance est un investissement à long terme. Elle pense avoir en retour une loyauté acquise qui lui permettra de bénéficier d’un pion de plus sur son échiquier… Peut-être même qu’elle nourrit l’espoir de conclure une alliance avec le seigneur Gelmir. Mais tout ceci, le colonel Hamer l’ignore. De même que bon nombre d’individus au sein de l’Impérium. En fait, seule une poignée d’officiers fidèles à la cause de la Boroskaise est mise dans la confidence.
De ce fait, divers stratagèmes se sont mis en place pour couvrir le soutien apporté au prétendu seigneur de la guerre Hivernus. On fait en sorte de recruter des individus sans attache, ayant un passé douteux ou passés par la cour martiale afin de les envoyer dans la Bordure Extérieure. On fait en sorte de supprimer leurs dossiers, ou de rédiger un rapport concernant une mort ou une disparition lors d’une quelconque mission afin d’éviter tout soupçon. La Bordure Extérieure étant un endroit contesté par de multiples factions, notamment des syndicats du crime, des seigneurs de la guerre et des groupes pirates, il est aisé de croire de tels rapports. De même, les nombreuses ressources envoyées au Seigneurat de Bajic sont transportées dans le plus grand secret. Les hommes de la Grande Moff se chargent de sélectionner des équipages loyaux qui pourront transporter d’un point à un autre des cargaisons non déclarées et destinées aux forces du Chiss. Et du fait des territoires impériaux éparpillés aux quatre coins de la galaxie, il est presque facile de justifier un retard de quelques jours sur une livraison. Le moindre élément pouvant compromettre l’équipage et révélant un détour est supprimé. Ainsi, les petites manigances de la Grande Moff passent au dessus de tout soupçon… Pour le plus grand plaisir de la naine et de celui qui semble servir ses intérêts dans la Bordure Extérieure.
- Il nous arrive parfois de perdre quelques transports. De nombreux groupes pirates profitent de la faiblesse du Syndicat Tenloss et n’hésitent pas à attaquer les moindres convois qui passent à leur portée, quels qu’ils soient. Ajoute l'humanoïde à peau bleue. J’ai toutefois réussi à convaincre certains de ces groupes de se joindre à moi. De ce fait, les risques de pertes sont réduits de moitié.
La visite en véhicule se poursuit. Le cortège passe désormais devant un petit hangar dans lequel sont entreposés deux Transports Blindés Tout-Terrain incomplets. Les nombreuses pièces manquantes sont posées aux pieds des mastodontes, n’attendant que le moment où elles seront installées. Quelques ouvriers travaillent dans le ventre des transports blindés, à en juger les crépitements incessants et les quelques échanges qui ont lieu. Les véhicules s’arrêtent d’un coup. Les passagers descendent. Hivernus quitte péniblement son siège et s’appuie sur sa canne pour ne pas manquer d’équilibre. Frilla cherche à l’aider mais se ravise au dernier moment.
- Colonel Hamer, vous avez pu voir des centaines d’ouvriers à la tâche. Ils sont des milliers. Je considère qu’il est nécessaire d’avoir une puissante industrie pour avoir une économie stable. Car l’argent est le nerf de la guerre n’est-ce pas ? Reprend le seigneur de la guerre en venant planter son regard de braise sur l’officier de Ravage. Nous pouvons travailler pour des gouvernements étrangers. Mais une partie de ce que nous produisons entre ces murs est destinée au Seigneurat de Bajic… Et à ses plus proches collaborateurs.
Il désigne d’un signe de tête les portes gardées par un trio de stormtroopers.
- Ce que vous vous apprêtez à voir ne doit jamais être divulgué. Termine froidement le Chiss.
Hivernus s’avance vers les soldats de garde, qui se figent dans un salut militaire à l’approche de leur supérieur. L'humanoïde à peau bleue est le premier à traverser les portes. A l’intérieur, un vaste couloir s’ouvre sur des dizaines de salles d’expériences en tout genre. Le seigneur de la guerre, qui semble connaître ces lieux comme sa poche, poursuit sa route d’un pas décidé. A son passage, les scientifiques s’écrasent contre les murs, soucieux d’éviter de subir le courroux de celui qui commande tout en ce bas monde. De temps à autre, des officiers et des soldats collaborant avec le département des recherches militaires croisent le cortège et offrent à leur seigneur un garde-à-vous impeccable.
Le Chiss s’arrête subitement, captivé par une quelconque expérience. Par la baie vitrée, il observe ce qu’il se passe à l’intérieur d’une salle qui semble être un bloc opératoire. Les membres du personnel scientifiques sont vêtus comme des chirurgiens et semblent effectuer une opération sur ce qui semble être un canidé ou ce qui s’en rapproche le plus. D’un coup, ils semblent s’agiter afin de maintenir en vie leur “patient”. Sur les moniteurs, les signes vitaux cessent brusquement. Un homme, probablement le superviseur de cette délicate opération, annonce alors le résultat de l’expérience : « Rapport d’expérience sur le spécimen 21. Observation : Implantation des greffes incomplètes. Conclusion : Échec. Conséquence : Décès du spécimen 21. » Une femme note les remarques de son supérieur sur un bloc de données, avant que celui-ci ne rajoute : « Nous analyserons les causes de l’échec plus tard. Préparez le spécimen 22. »
- Quelle dommage… Ces créatures sont fascinantes. Souffle Hivernus presque pour lui-même, avant de se tourner vers son invité. Nous avions à la base prévu de produire des machines ayant l’apparence de chiens de combat afin d’assister nos troupes dans divers domaines de compétences. Mais il s’avère que les coûts de production auraient été trop conséquents. Nous avons donc opté pour des compagnons cyborgs.
Le seigneur de la guerre fait quelques mètres supplémentaires afin d’arriver devant la baie vitrée d’une salle destinée à divers expériences sur des spécimens ayant survécu à la première phase. Plusieurs scientifiques munis de datapads prennent des notes sur les observations réalisées sur les progrès de leurs cobayes. Deux anoobas tentent de s’habituer aux greffes qu’ils ont reçu et font quelques pas maladroits sous le regard exigeant de leurs tortionnaires. Dans une salle adjacente, un vornskr s’entraîne à attaquer à un mannequin désigné par un soldat à l’aide de sa puissante mâchoire mécanique.
- Nous avons déjà quatre spécimens totalement opérationnels. Douze autres passent actuellement des tests. Mais comme vous avez pu le constater par vous même, il arrive parfois qu’un animal ne survive pas à l'opération ou qu'il en vienne à rejeter les implants. Nos experts travaillent actuellement sur des améliorations permettant d’éviter des pertes trop significatives. Indique l'humanoïde à peau bleue. Les prothèses que nous implantons permettent d’améliorer les performances de nos compagnons, tant sur le plan physique que cognitif. Ils forment d’excellents chiens de garde, démineurs et traqueurs. Le processus d’adaptation des spécimens varie en fonction des espèces. Notre meilleur élément s’est adapté aux ordres et aux prothèses en l’espace de deux semaines. Mais ils sont encore loin d’être un atout… De ce fait nous avons mis en place de nombreux projets visant à améliorer les performances individuelles et collectives de nos soldats.Spoiler : Spécimen aléatoire du projet X-23-A
Le Chiss reprend sa marche lente et pénible, passe plusieurs autres pièces dans lesquelles des spécimens cyborgs subissent des batteries de tests ou apprennent à obéir aux ordres et s’arrête devant une large salle réservée aux maniements d’armes. Quelques tables alignées contre un mur servent de râteliers pour divers armes de confection impériale ou pseudo-impériale. Un tireur de l’armée seigneuriale s’exerce au tir à l’aide d’un fusil de précision qui s’inspire du modèle DLT-19D.
- AML-F1. Commente simplement Hivernus. Inspiré du modèle impérial DLT-19D et conçu pour être plus performant que ce dernier. Portée maximale de huit cent mètres. Chargeur de vingt-quatre coups. Système de visée télémétrique et électronique… Un véritable petit bijou destiné à équiper les forces spéciales et les unités de reconnaissance de l’armée seigneuriale. Je pense qu’il pourrait toutefois vous intéresser… Nous nous penchons également sur la mise en service d’un blaster de poing et d’une carabine blaster. Le but est, à long terme, de faire de l’armée du Seigneurat de Bajic une entité capable de s’équiper sans dépendre d’organisations extérieures.
Le seigneur continue sa visite des lieux en jetant des coups d’oeil curieux aux salles adjacentes puis s’arrête devant une baie vitrée spécifique. A l’intérieur de la pièce, deux individus en armure semblent engager le combat sous le regard méticuleux d’un supérieur. Le premier combattant porte une armure grise similaire en tout point à celle portée par le soldat qui a interrompu la conversation entre l'humanoïde à peau bleue et le colonel. Le deuxième protagoniste revêt pour sa part une armure inspirée de la légendaire armure Mandalorienne. Il porte même le kama qui fait la fierté des mercenaires Mandaloriens et de leurs héritiers clones. Les coups furieux que s’échangent les deux hommes indiquent qu’ils ne sont pas là pour s’amuser. Il s’agit avant tout de tester les aptitudes de chacun et les performances offertes par les armures.
- Ma plus grande fierté. Lâche le Chiss d’un ton curieusement satisfait. L’armure AML-FS de phase 1 que vous pouvez voir sur le combattant de gauche équipe actuellement nos forces spéciales. Nous utilisons les meilleures technologies pour garantir à nos hommes les meilleures performances. Il existe également une phase 2 pour les opérations extérieures. Il faut noter que nous effectuons toujours des tests dessus afin de voir ce qui pourrait être amélioré. L’armure AML-TR, porté par le combattant de droite, équipe actuellement nos troupes du corps expéditionnaire. Elle est destinée à remplacer à long terme l’armure classique de mes troupes de choc. L’AML-TR n’est certes pas aussi performante que l’AML-FS, mais elle dispose toutefois de quelques améliorations significatives.Spoiler : Armures portées par les combattants:
Dans la salle, le soldat en armure grise fait voler le casque de son adversaire en offrant un magnifique coup de poing dans la mâchoire de celui-ci. L’autre tombe à la renverse, secoué, puis fauche les jambes de son adversaire à l’aide d’un coup de pied bien placé. Le combat continue, avec toujours autant d’acharnement. L’officier qui supervise l’affrontement ne semble pas réagir. Il se contente d’observer les deux protagonistes en croisant les bras sur son torse.
- Colonel Hamer, le tour rapide que nous avons fait des installations navales résume l’état d’esprit du Seigneurat de Bajic et de ses citoyens. Si vous avez quelques attentes spécifiques, n’hésitez pas à me le faire savoir… Termine finalement le seigneur de la guerre. -
Post n°13
Auteur : Darth Malraas
Lors de cette visite des imposants locaux, le Colonel Hamer ne peut être qu'impressionné par une telle force technologique. Tel un Empire à l'échelle modeste, le Seigneurat de Bajic n'a rien à envié aux gouvernements galactiques, souillés par une politique corrompue. Le fils de Corellia s'émerveille de cette prouesse économique sans oublier pourtant, qu'une telle organisation peut tout à fait sombrer en un battement de cils. Le Seigneur Hivernus sait parfaitement organiser ses ressources et identifier les besoins pour ajuster le catalogue des priorités. Des chiens de guerre aux armures de combat, le Seigneurat de Bajic s'auto-alimente en fournitures militaires directes, sans intermédiaire et donc peu de sous-traitance. Mais pour arriver à un tel stade, une telle autonomie, les fonds crédités sont colossaux. Peut-être beaucoup plus que ce que Bajic peut offrir. Toutes les organisations isolées, disposent de caisses à travers la Galaxie. Des trésors qui ne peuvent être saisis par des tierces personnes. Une indépendance financière parfois illégale.
Trésorerie planétaire, actions et parts dans des affaires criminelles.
Les Ravageurs sont les maîtres dans cet art qu'est celui de se fournir en crédits salis par des liens plus que douteux, parfaitement camouflés sous de bonnes raisons. Les épices de Kessel alimentent le marché Hutt mais aussi les groupes pharmaceutiques tout à fait légaux. Nar Shaddaa blanchie les crédits de diamants exploités par des esclaves, sous la couverture d'entreprises indépendants affiliées au gouvernement. Mais le coup de maître reste sans aucun doute la création de la Prost Engineering Compagny, bâtie il y a des décennies sur Muunilinst, complètement Confédérée mais absolument absorbée par les Ravageurs. Des milliards générés chaque années, des millions pour les actions.
Le seul défaut des Ravageurs réside dans l'absence d'industries et autres usines, sur leurs territoires. Tout s'achète ou se confectionne à prix d'or, rien ne se crée.
-Vous avez une capacité industrielle étonnante pour une si petite infrastructure. Explique-t-il poliment en observant les duellistes arborant leur fière armure. Mais cela nécessite de devoir trouver des matériaux pour confectionner cette panoplie militaire. Vous savez bien mieux que moi, Seigneur Hivernus, que le crédit est la première des ressources à préserver, lorsque l'on dirige d'une... Faction.
En plongeant ses yeux dans ceux du Chiss, Hector redresse le menton sous l'effet de l'inspiration.
-Nous avions pour projet de commercer des Stations spatiales munies de chantiers, avec la planète Kuat, mais comme vous le savez la situation politique de ce monde, exige de revoir nos priorités. Ses mains sont maintenues derrière son dos, empêchant ainsi de réaliser des gestes qui pourraient être perçus comme un mensonge ou une vérité mal déguisée. Nous avons d'autres territoires qui pourraient accueillir des Stations spatiales, nous avons les moyens financiers de bâtir de telles structures mais sans modèle viable, technologiquement poussés, nous ne sommes que des rêveurs.
Ses yeux s'illuminent soudainement.
-Si vous connaissez le nom de la Commandante Confédérée Tahiri Delia, de la Légion Amber, vous devriez donc savoir que cette Légion dispose de Droïde classés EG et de plusieurs Annihilateurs. Dit-il en souriant. Nous avons des modèles plus évolués que les EG, plus féroces et plus compétents... Tout cela car le Seigneur Gelmir est non pas l'initiateur, mais le créateur de ce projet, sous toutes les coutures possibles, que la Confédération porte encore aujourd'hui dans ses entrailles. Tout ceci pour vous dire que votre projet pour ces chiens de guerre, peut bénéficier des compétences du Seigneur Gelmir et de ses ingénieurs. Le Colonel reporte son attention sur les combattants. Votre Faction et la nôtre se ressemblent et se complètent beaucoup, Seigneur Hivernus. Si nous pouvions avoir ne serait-ce, qu'une infime partie des plans d'un de vos chantiers... Disons simplement un centre d'usinage avec l'automatisation complète et les logiciels compétents, vous amorcerez une alliance durable. -
Post n°14
Auteur : HivernusLe colonel Hamer semble se satisfaire de cette visite riche en découvertes. Son regard pétillant indique qu’il est ouvert aux négociations. Et son discours, bien loin d’émouvoir le seigneur de la guerre, offre toutefois au Chiss un sentiment de plaisir qu’il réprime presque aussitôt. De nouvelles informations tombent. L’officier évoque une commandante séparatiste, puis les projets ambitieux du seigneur Gelmir lorsqu’il était encore général dans la Confédération des Systèmes Indépendants… Bien que floues, ces maigres informations permettent de dresser un portrait de plus en plus complet sur les Ravageurs et leur sinistre dirigeant. Hamer a raison sur un point : Ces deux empires en devenir qu’ils représentent se ressemblent et se complètent. Rater l’opportunité d’une alliance profitable sur le court et le long terme serait une erreur très coûteuse pour l’avenir du Seigneurat de Bajic.
- Nous avons beaucoup en commun en effet. Ce simple fait indique que nos liens seront étroits. Mais je dois réfléchir à vos propositions avant de prendre une quelconque décision. Répond mystérieusement l'humanoïde à peau bleue. Quoiqu’il en soit, vous êtes invité à une soirée Colonel. Vous ne pouvez pas refuser. Après un voyage aussi long, il est nécessaire de s’accorder une pause bien méritée. Bien évidemment, vos officiers pourront se joindre aux festivités. Il est toujours intéressant de converser avec d’autres militaires.
Le seigneur de la guerre débute sa marche lente et pénible dans le couloir, sans offrir un seul regard à l’officier de Ravage.
- Faites passer le message à vos hommes Colonel : Qu’ils profitent donc de cette journée pour se détendre un peu. Et ne vous inquiétez pas, une section de mes soldats se chargera de surveiller votre vaisseau en l’absence de son équipage. Considérez cela comme une marque de courtoisie. Continue le Chiss sans même attendre une réponse de la part de Hamer.
L’autre n’a de toute façon pas le choix. En refusant l’offre du dirigeant des lieux, les négociations risquent d’être compromises. Et dans un camp comme dans l’autre, il reste en effet intéressant d’apprendre à connaître ses futurs collaborateurs avant de s’engager dans une quelconque alliance. En résumé, cette soirée est profitable aux deux parties. Le cortège quitte le département des recherches et du développement militaires sous le regard perplexe, curieux ou fier des occupants de l’endroit. Conducteurs et véhicules patientent toujours à l’extérieur. Tout bavardage cesse lorsque le Chiss, sa garde d’honneur et ses invités apparaissent à l’ouverture des portes blindées. Les chauffeurs se mettent une nouvelle fois au garde-à-vous et attendent que tout le monde soit bien installé avant de faire gronder les moteurs. Le convoi de véhicules reprend le chemin de départ, en sens inverse. Dans les diverses parties des chantiers navals traversées, l’activité est toujours aussi intense. Des centaines d’ouvriers se tuent à la tâche, rouages essentielles d’une machine de guerre dépendant fortement de son industrie.
Le retour au hangar est aussi cérémoniel que l’arrivée. Les soldats en armure blanche chargés de la protection de l’endroit se figent dans un garde-à-vous en voyant les véhicules arriver. Le petit groupe passe le poste de garde et embarque dans la navette. Lors du décollage, l’officier de bord adresse un message à la flotte seigneuriale. Dans la minute qui suit, une patrouille de chasseurs TIE est déployée en escorte autour du transport personnel de l'humanoïde à peau bleue. Le vol se déroule sans encombre. Lorsque la navette de classe Lambda se pose dans Base Vergesso, le seigneur Hivernus est le premier à sortir. S’arrêtant après avoir descendu la rampe d’accès, son regard de braise se dirige vers le colonel.
- Colonel Hamer, en tant qu’invité de marque, je ferai en sorte que l’on vous trouve une chambre confortable. Vous pourrez vous y reposer le temps qu’arrive le soir. Indique le Chiss d’une froideur renouvelée. Sauf si vous préférez la cabine de votre vaisseau. Vous pourrez donner la destination de votre choix au chauffeur. Il se chargera de répondre à vos moindres besoins.
Frilla Hawan, prenant les devants, part informer le conducteur de la décision de son père. Hôtes et invités se séparent le temps de quelques heures.
Plus tard…
Un véhicule conduit le colonel Hamer au quartier de la Roseraie, considéré comme le plus beau quartier de Base Vergesso par une vaste majorité de citoyens. A la fois jalousé et convoité, le quartier de la Roseraie est l’objet d’une protection accrue. Le transport s’arrête à un poste de garde occupé par huit stormtroopers et muni d’une pièce d’artillerie E-Web. Le plus haut-gradé, un sergent, se présente à la portière et demande le lieu de destination et les accréditations au chauffeur. Ce dernier s’exécute sans broncher. Après une vérification dans les règles, le sergent donne l’autorisation de passer. La barrière est levée et le véhicule peut enfin pénétrer dans le coin le plus luxueux de la ville spatiale. S’engageant dans une vaste allée bordée de part et d’autre par des holoprojections d’arbres de toutes les couleurs, le transport du colonel Hamer passe sous d’immenses arches fleuries et contourne plusieurs places ornées de magnifiques fontaines. Quelques passants s’attardent dans les rues, le plus souvent accompagnés d’un serviteur ou d’un garde du corps, pour discuter avec des voisins ou de simples connaissances. Parfois, des amoureux se promènent sans hâte et commentent à voix basse les façades richement décorées des demeures qui défilent sous leurs yeux attendris.
La tranquillité du quartier n’est nullement troublée par la présence des soldats de choc en armure blanche ou des soudards à la solde de quelques riches propriétaires. La beauté des lieux, rehaussée par mille lueurs colorées et les senteurs exquises de parterres fleuris, s’accompagne d’un chant mélodieux : Celui d’une vie paisible. Les rires d’enfants gâtés jouant sous le regard attentif de leurs parents, un artiste célèbre s’abandonnant à sa musique dans son jardin, les bavardages discrets de passants se pavanant dans leurs riches atours… Ces gens là ne se préoccupent guère de la misère qui peut régner dans les bas quartiers de Base Vergesso. Ils ne se soucient pas non plus de la guerre qui plane au dessus de leurs têtes. Ils s’enferment dans leur petite bulle et profitent de leur statut privilégié pour mener la vie qu’ils estiment avoir mérité.
Slaryn avait bien raison de dire qu’ils vivent dans le mensonge. Cet endroit magnifique n’est qu’une façade trompeuse. Une façade destinée à dissimuler une vérité peu flatteuse, une pourriture sans nom. Ces gens là vivent de la misère des autres. Nombre d’entre eux tirent profit de la faiblesse de ceux qu’ils considèrent comme inférieurs, allant parfois jusqu’à gagner des crédits sur la mort de ces derniers. Et les individus qui ne sont pas liés de près ou de loin à ces affaires juteuses gardent le silence pour ne pas subir une quelconque forme de représailles. Hivernus avait voulu dans un premier temps se débarrasser de toute cette vermine. Mais il avait eu le temps de réfléchir et de se rendre à l’évidence : La mauvaise herbe repousse toujours. S’il a saigné à blanc les hautes sphères du pouvoir sur Base Vergesso, selon son plan initial, il n’a pas oublié non plus de se montrer clément. Ainsi, toute une clique d’opportunistes a saisi l’occasion de se rallier au seigneur de la guerre, offrant à ce dernier un vaste réseau d’influence et de moyens qu’il sait mettre à profit. C’est parmi ces êtres peu scrupuleux que le colonel va évoluer le temps d’une soirée…
Le véhicule s’arrête devant une grande bâtisse qui n’a rien à envier à ses voisines. Le conducteur vient ouvrir la porte à l’officier de Ravage, fait claquer ses talons en guise de salut militaire et le laisse s’aventurer seul dans la petite allée qui mène à la demeure. La porte se dérobe et laisse entrevoir la silhouette d’un laquais en tenue de soirée. L’homme courbe doucement l’échine.
- Colonel Hamer je suppose ? Je vous souhaite la bienvenue chez les Valerius. Débute d’une voix cérémonieuse le serviteur, puis désignant d’un geste de la main une pièce spécifique. Par ici Colonel.
Le domestique quitte le hall d’entrée et ses imposants escaliers ornés de statues pour rejoindre le grand salon, où des dizaines de convives sont déjà rassemblés. Frilla Hawan, qui joue un air délicieux sur un piano, s’arrête presque aussitôt en apercevant de loin l’émissaire des Ravageurs. Elle quitte les invités réunis autour du piano et se fraie un chemin jusqu’au colonel Hamer, qu’elle accueille avec un sourire sublime.
- Colonel, désirez-vous boire ou manger quelque chose ? Demande chaleureusement la jeune femme. Venez, suivez-moi.
La fille adoptive du Chiss conduit l’officier jusqu’à une immense table où de somptueux mets n’attendent que d’être consommés. Frilla fait signe à un laquais, qui vient silencieusement présenter au duo des verres de whiskey Corellien sur un plateau d’argent.
- Prenez donc ce qui vous fait envie Colonel. N’ayez pas peur de vous servir. Continue t-elle avec bienveillance.
Autour d’eux, les militaires de haut rang tentent de se mélanger aux fonctionnaires et riches entrepreneurs qui semblent habitués à ces soirées mondaines. Si quelques officiers parviennent sans mal à se mêler aux civils, d’autres préfèrent la compagnie de leurs homologues. Grisés par l’alcool et l’ambiance festive, les convives se livrent bientôt aux aveux. Les langues se délient. Des bribes de discussions parviennent aux oreilles de la belle et du représentant de Ravage.
« Dites moi, mon bon Ardus, que pensez vous de ces fanatiques se donnant la discipline en public ? »
« Ce que j’en pense ? Ces tarés méritent de mourir ! Ils menacent notre mode de vie avec leurs règles stupides. Le seigneur Hivernus devra se rendre à l’évidence. Ces poltrons ne sont pas dignes de confiance. »
« Oui oui… Je suis de cet avis moi aussi. Les laisser prier leur foutu dieu et leur donner de l’importance risque de déstabiliser Base Vergesso. On dit qu’ils sont déjà plusieurs dizaines à venir grossir les rangs de ces illuminés. Il faudrait les exterminer jusqu’au dernier avant qu’ils ne deviennent un danger. »
Les deux hommes se permettent de vider leur verre devant ce constat effrayant, puis partent admirer la dépouille empaillée d’un animal sauvage pour oublier cette conversation.
- Ardus Valerius, le patriarche de la famille Valerius, chez qui nous nous trouvons. Un homme important dans Base Vergesso. Commente Frilla en sirotant son whiskey. Les Valerius ont investi beaucoup d’argent dans la campagne militaire de mon père. Il a obtenu le ministère des finances pour sa “loyauté”. Mais il n’est pas le seul Valerius à s’être fait une place de choix dans le Seigneurat de Bajic.
La fille adoptive de l'humanoïde à peau bleue désigne discrètement une belle femme nichée dans les bras d’un officier portant un uniforme vert strié de bleu. Les deux tourtereaux se murmurent des mots doux en observant le bal aquatique de poissons exotiques le long d’un large aquarium.
- Sa fille, Camilla Valerius, a hérité du ministère de l’urbanisme. Continue à voix basse Frilla. Et l’homme qu’elle va épouser n’est autre que le Major Telsh, le commandant de la Brigade Impera, le bataillon d’élite chargé de la protection de mon père. Comme je vous le disais, les Valerius sont des individus très importants dans notre société. Il est sûr et certain que les Ravageurs entendront parler d’eux si la promesse d’un rapprochement entre nos deux nations venait à se réaliser.
La jeune femme arbore un sourire à la fois fourbe et mystérieux. Elle avale une nouvelle gorgée de whiskey puis dévore une tartelette au citron qu’un domestique propose sur un plateau.
- Le seigneur Hivernus n’a pas le goût de ces soirées interminables. Il n’aime pas ces célébrations futiles où les hommes d’affaires et les politiciens se vautrent dans une richesse étalée à la vue de tous. Reprend t-elle sur un ton plus ferme. Mais mon père considère toutefois qu’il est nécessaire d’apprendre à connaître ses alliés et ses ennemis. Vous le savez sûrement déjà, Colonel, la politique est un jeu à la fois passionnant, ennuyant et dangereux. Mon père m’a expliqué qu’il a déjà vu des empires s'effondrer à cause du manque de considération de quelques dirigeants à l’égard de la classe politique. Et il ne compte pas reproduire les mêmes erreurs… Mais peu importe. J’ai quelques “amis” à vous présenter.
Frilla Hawan abandonne son air sérieux pour une attitude plus souriante et décontractée. Elle esquive habilement divers groupes de bavards aux tenues à la fois sophistiquées et ridicules, traversant presque d’un bout à l’autre le grand salon et s’arrête sur le seuil d’une pièce de taille plus modeste. A l’intérieur, une Cathar aux cheveux cendrés et revêtant un uniforme vert strié de bleu s’entretient avec un trio d’élégants personnages. Confortablement installés dans des fauteuils luxueux, les divers interlocuteurs semblent engagés dans une conversation très sérieuse. La discussion s’achève finalement sur des sourires entendus et des poignées de main franches. En voyant la fille du seigneur Hivernus sur le seuil, tout le monde se lève. Les civils se retirent en silence, inclinant la tête en passant à côté de l’héritière du Seigneurat de Bajic. Il ne reste désormais plus que la Cathar dans le petit salon.
- Capitaine Sylvar… Avez-vous de bonnes nouvelles à nous annoncer ? Demande Frilla à l’officier.
- Oui Madame. Ces gens là sont durs en affaires mais j’ai réussi à négocier l’acquisition de matériel militaire pour le Seigneurat de Bajic. Répond la créature féline, aussi rigide que peut l’être un militaire.
La dénommé Sylvar examine de la tête aux pieds le colonel Hamer, méfiante et curieuse. Mais la jeune femme qui l’accompagne apaise aussitôt les craintes de la Cathar.
- Je vous présente le Colonel Hamer, émissaire du Seigneur de Ravage. Indique la fille adoptive du Chiss. Colonel, je vous présente le Capitaine Sylvar, aide de camp de mon père et ministre de la guerre… Elle est à la tête du complexe militaro-industriel que vous avez pu visiter plus tôt dans la journée.
- Mon Colonel. C’est un réel honneur de faire votre connaissance. Le capitaine exécute un salut militaire impeccable. J’allais rejoindre un ami. Voulez-vous vous joindre à nous ?
- Avec joie.
Le trio quitte le petit salon pour s’engager dans une véranda, ou plutôt une serre, occupée par une multitudes d’arbres exotiques et de massifs de fleurs rares. De temps à autre, une statue nichée dans un bosquet fait son apparition, témoin silencieux de nombreuses flagorneries, duperies et conspirations. Le petit groupe atteint finalement une petite place couvert par un large nombre de palmiers. Un officier en uniforme noir fait face à un vaste bassin en marbre blanc peuplé de gros poissons colorés. Il semble perdu dans ses pensées, l’air boudeur. Se sentant observé, l’homme se retourne brusquement et écarquille ses yeux.
- Madame… Veuillez excu…
- Il n’y a rien à excuser Colonel. Le coupe sur un ton bienveillant Frilla.
- Colonel Hamer, voici le Colonel Anton Zakarov, héros de guerre impérial, as et commandant en chef des escadrons de chasseurs de la marine seigneuriale. Vient l’introduire la Cathar.
- Héros de guerre… Héros de guerre… Tout de suite les grands mots ! Survivre aux deux batailles de Coruscant ne fait pas d’un soldat un héros. Grogne doucement le dénommé Anton.
- Il est trop modeste pour admettre la vérité. Reprend Sylvar, un sourire aux lèvres.
- C’est ça ! Moque toi… Ronchonne l’autre.
- Qu’est-ce que tu fais ici tout seul ? Demande alors celle qui arbore la plaque de capitaine sur son uniforme.
- Je ne peux pas supporter ces vieux rapaces… Alors je profite de cette fraîcheur tiède et du silence pour ne pas rentrer dans le lard de ces sales opportunistes qui prétendent être les plus fervents soutiens du seigneur Hivernus. Confesse l’officier.
- Un comportement typiquement Corellien. Commente la fille adoptive du Chiss.
L’autre acquiesce d’un signe de tête, quelque peu amusé par la réflexion de l’héritière du Seigneurat de Bajic. Son regard s’attarde sur l’étranger accompagnant la jeune femme.
- Dites moi Colonel Hamer, que pensez-vous du Seigneurat de Bajic et de son armée ? L’interroge finalement Zakarov, pour détourner l’attention sur quelqu’un d’autre. Je suis sûr qu’entre militaires, nous avons beaucoup à partager. Et sans hypocrisie. -
Post n°15
Auteur : Darth Malraas
La réponse du Seigneur Hivernus se mue en une réquisition impérieuse de part son développement. Les agrès de la politique sont encore désordonnés dans l'esprit du Colonel Hamer, mais une chose exclue tout incertitude : Lorsqu'une invitation est lancée, elle ne peut-être refusée. "Vous ne pouvez pas refuser", cette citation traîne derrière elle de lourds répercutions politiques. Le renvoi de cette invitation pourrait mettre à mal le projet ambitieux, d'entretenir une association au moins commerciale et au mieux militaire, entre le Seigneur Hivernus et les Ravageurs. Un sourire s'écarte des lèvres du Colonel Hamer, gardant à l'esprit la réflexion du Seigneur des lieux, quant aux faits précis de la venue des envoyés de Ravage.
-L'invitation à une soirée aux côtés d'hommes et de femmes servant votre cause, ne peut se refuser. Répond avec délicatesse le Colonel, pourtant soucieux à l'idée de côtoyer de parfaits inconnus. C'est un honneur que vous nous faites.
Sa dernière phrase se perd dans le léger claquement donné par la marche d'Hivernus. Suivant son hôte afin d'être à portée de voix, le Ravageur stimule son esprit en l'écoutant donner des directives.
-Les membres de mon escouade seront ravis d'apprendre qu'ils pourront effectivement se reposer. Il déglutit pour mieux apprécier le goût de sa propre phrase. Votre attention à l'égard de notre vaisseau est appréciable.
Ses lèvres se pincent, rejetant l'affirmation que deux soldats occupent encore les entrailles de la Corvette Raider. Les deux individus membres de l'Escadron des Forces Spéciales, ne seront découverts qu'à l'issue d'une enquête d'aventuriers trop curieux. Alors et seulement à ce moment précis, le Colonel Hamer saura que les intentions du Seigneur Hivernus ne sont pas celles d'un hôte bienveillant. Mais avant de penser aux complications d'une telle situation, il doit briefer l'escouade et choisir avec soin, qui sera le ou les heureux élus pour l'accompagner à cette soirée.
La route réalisée en sens inverse, se fait dans les normes disciplinaires qui participent aux exigences de tout bonne armée. A l'intérieur du véhicule, Hector, dirige ses yeux vers l'extérieur. Des visages différents défilent devant ses yeux. De fiers hommes et femmes au service la machinerie industrielle, du maître de cette petite partie de la Bordure Extérieure. Du hangar jusqu'à l'embarquement dans les entrailles de la navette, l'armée d'Hivernus ne fait aucune fausse note. A croire que derrière ces armures en plastoïde, se cachent des pantins mécaniques.
Une fois débarqués, Hector et les siens quittent la compagnie de l'homme bleu, au profit d'une vague course vers les Quartiers de la Citadelle. Le Quartier de la Roseraie et ses points de contrôles, laissent entrevoir probablement la partie la plus surveillée de l'infrastructure du planétoïde. Les rares officiers de Ravage et les soldats lambdas sont conviés à se scinder en deux catégorie au sein de la Caserne de Haute Roche. Hector ne désirant pas quitter la compagnie de ses camarades, pour des raisons évidentes, s'offre le luxe de convoquer ses hommes, dans sa chambre assignée au sein de la Citadelle.
Pour l'occasion, des offrandes sous la forme de boissons alcoolisées -ou non- sont disposées dans la chambre du Colonel Hamer. Sur un canapé d'angle bien trop luxueux, trônent des habitats sous des housses protectrices. Différentes tailles sont affichées sur les étiquettes apposées sur les revêtements, Hector trouve la sienne et la contemple un instant en la dressant devant ses yeux. C'est en posant sa désormais tenue de soirée, sur l'accoudoir du canapé, que le Colonel se trouve en compagnie de ses compagnons au complet. Si l'on ignore les deux membres des Forces Spéciales.
-Nous devons nous préparer pour une soirée mémorable auprès de notre hôte. Hector pointe de son index, les vêtements sur le canapé. Choisissez vos costumes et une robe pour mademoiselle Raieve Perdebak.
Après une longue heure de préparation et une autre de discussion, les Ravageurs se tiennent désormais prêts à rencontrer le gratin de Vergesso. L'escouade de Bélériand est divisée en petits groupes, afin de pénétrer dans plusieurs véhicules qui conduiront l'ensemble, au même endroit. Hector, totalement seul, laisse son esprit dériver vers la lointaine Lloth, en posant sa joue contre la vitre de l'engin à moteur. Son coeur se serre en une poigne de tristesse mêlée à la honte du devoir, avant celui de l'amour. Soudain et sans doute à cause de la fatigue lui rappelant qu'il n'est qu'un homme et sous l'effet des lumières passées, telles de petites boules luminescentes psychédéliques, il s'abandonne. Ses pensées hypnotiques déambulent dans les rues étroites de Corellia, jusqu'au visage arrogant de Kayle Hamer et des traits déchirés de Miranda Daneb. Ces souvenirs ne sont que la projection d'un dialogue descriptif avec son autre frère, Ralph, son sauveur mais aussi geôlier. Hector ne peut que s'imaginer la réaction de ses parents lorsqu'ils furent avertis par le cadet de la fratrie, de la décision de partir. Fuir pour préserver un enfant du crime et l'isoler pour éveiller ses sens naturels à l'art militaire.
Hector doit tout à ses frères et absolument tout à l'ainé. Son seul devoir, à son sens, est d'obéir, afin de racheter une dette qui ne peut-être comblée. Pire encore depuis que son sang révèle un taux de midi-chloriens et que le dossier s'est vu clôturé par la main habile du Général Wulf Hamer. Le benjamin s'imagine enveloppé d'une tenue noire et de traits dénaturés par la corruption de la Force. Il se visualise en Darth et s'invente tous les prétextes du monde pour sombrer... Une lumière un peu trop proche l'expulse de sa rêverie et de ses cauchemars. Voyant que la route s'est achevée sur une demeure démesurément tape-à-l'oeil, Hector observe la poignée de la porte. Il plisse les yeux et tend une main suspendue au dessus du vide, les doigts écartés... Et si la Force...
La portière s'ouvre et la main s'agrippe aussitôt à la carlingue de l'engin pour extraire le corps. Hector salue le chauffeur, époussette sa tenue, vérifie les pliures, les boutons de manchettes, le col puis se lance sans l'ombre d'une hésitation. Sans son armure, il n'est qu'un homme, avec toutes les faiblesses qui incluent ce statut de mortel. Il se rappelle les consignes de sa mère pour parvenir à effectuer une marche déterminé et élégante. Compte ses pas et la cadence en s'obligeant à garder ses mains en dehors des poches de son pantalon. Il traverse l'allée et s'approche de la porte principale, ouverte aussitôt.
- Colonel Hamer je suppose ? Je vous souhaite la bienvenue chez les Valerius.
-C'est exact. Répond-t-il en se surprenant d'avoir un ton calme.
-Par ici Colonel.
Avant de pénétrer les lieux, il tourne son buste sur le côté pour s’apercevoir que les membres de l'escouade descendent à peine de leurs véhicules. Rassuré par cette présence, il suit le serviteur jusqu'au grand salon. Une musique est jouée admirablement bien par une femme tout aussi admirable. Frilla Hawan, la fille adoptive du Seigneur Hivernus, cesse sa brillante activité, aussi soudainement qu'elle s'approche du Colonel Hamer. Etant la cause de l'arrêt musical, Hector se sent quelque peu embarrassé jusqu'à ce que Frilla soit à ses côtés pour le détourner de sa profonde solitude.
- Colonel, désirez-vous boire ou manger quelque chose ?
-Bien entendu. Déclare-t-il en observant les convives, pour ensuite, suivre la fille de l'intriguant homme bleu.
Une imposante table lui est présentée alors, des mets raffinés, parfumés et succulents en abondance, siègent sur la structure. Toute une panoplie de petites bouchées, capables d'éradiquer la famine chez les Evocii de Nal Hutta. Ne sachant que faire de cette nourriture, Hector accepte avec entrain le Whisky Corellien, qu'il agrippe d'une main ferme pour contempler la robe.
-Vous ne pouviez pas mieux m'offrir. Dit-il d'un ton plutôt enjoué avant de lever son verre pour trinquer avec Frilla.
Ses oreilles se perdent dans les conversations, tandis que ses yeux dévorent la magnifique Raieve Perdebak qui par sa tenue et sa beauté, ne manque pas d'intéressé les regards des autres convives. Hector capte la conversation sur des certains fanatiques religieux, une épine dans le pied d'Hivernus, semble-t-il. Enfin, la jeune Frilla dans son rôle d'hôte parfaite, décrit les Valerius et finalement, les méthodes politiques de Vergesso. Il se pourrait que le Seigneur de ce planétoïde n'ait pas le choix que de s'entendre avec cette puissante famille.
...Vous le savez sûrement déjà, Colonel, la politique est un jeu à la fois passionnant, ennuyant et dangereux. Mon père m’a expliqué qu’il a déjà vu des empires s'effondrer à cause du manque de considération de quelques dirigeants à l’égard de la classe politique. Et il ne compte pas reproduire les mêmes erreurs…
-Les mots portent plus que les armes, ma chère Frilla. Assure le Colonel, après une timide gorgée de Whisky. Votre père paraît être un homme sage et cette sagesse lui assurera un grand avenir.
En suivant Frilla tout en refusant poliment des amuse-bouches présentés, Hector croise un de ses hommes en position jusqu'à côté d'un attroupement. Un sourire suffit à conclure du bon déroulement de la soirée. Que l'escouade en profite, il est rare d'obtenir une mission aussi agréable. Dans une pièce mitoyenne, d'autres individus passent la soirée en discutant. La maîtresse des lieux semble être la Cathar, une capitaine d'après les propos de Frilla.
Colonel, je vous présente le Capitaine Sylvar, aide de camp de mon père et ministre de la guerre… Elle est à la tête du complexe militaro-industriel que vous avez pu visiter plus tôt dans la journée. Annonce la fille d'Hivernus.
- Mon Colonel. C’est un réel honneur de faire votre connaissance. Affirme l'intéressée en effectuant un salue militaire.
-Ravis de faire votre connaissance, Capitaine Sylvar. Il imite le respectueux salue, comme pour convenir d'une marque mutuelle de respect.
Les deux femmes s'entendent pour rejoindre un "ami" et le Colonel suit sans peine le déroulement de cette bien heureuse cérémonie. Ils aboutissent à une serre, garnie d'une multitude de variétés d'espèces florales et autres plantes exotiques. Le benjamin des Hamer est ravis de s'insinuer entre les végétaux, bien heureux de satisfaire ses yeux et sa curiosité. A la fin de cette traversée "Indiana Jonesque", ils accèdent à un bassin ou se tient un homme en tenue noire. L'air songeur, contemplant les poissons aux mille couleurs. L'homme surpris, s'excuse et est aussitôt adoucit par Frilla.
- Colonel Hamer, voici le Colonel Anton Zakarov, héros de guerre impérial, as et commandant en chef des escadrons de chasseurs de la marine seigneuriale. Vient l’introduire la Cathar.
-Enchanté Colonel Zakarov. Intervient Hector en hochant la tête.
La réplique du Colonel vis-à-vis de son statut de héros est intéressante. Zakarov se pare d'un drap d'humilité sincère, courant chez les soldats qui exercent ce statut sans demander un quelconque retour héroïque. Une joute verbale tout à fait amicale, s'effectue entre le colonel et la capitaine dont le but est de glorifier un Zakarov ronchonnant, se refusant à accepter les louanges. D'après la conversation, le Colonel est un natif de Corellia, de quoi interloquer le jeune Hamer. L'officier de manière habile, lance une nouvelle conversation auprès du Ravageur.
- Dites moi Colonel Hamer, que pensez-vous du Seigneurat de Bajic et de son armée ?Je suis sûr qu’entre militaires, nous avons beaucoup à partager. Et sans hypocrisie.
-Je dois admettre que pour une si petite infrastructure, Vergesso n'a rien à envier à l'Imperium. La discipline est marquée, la présence militaire est voyante et le peuple semble s'en accommoder Ne manque pas de faire remarquer Hector, soulignant encore une fois le lien de parenté entre les deux factions. Néanmoins ce planétoïde est à double tranchant, son emplacement est stratégique mais peut-être aussi une tombe si un blocus viendrait à être réalisé. Un siège durable ferrait de cette base, un tombeau pour tous ses occupants. Ponctue le Corellien en observant son interlocuteur. Mais dans toute la galaxie, des Seigneurs se risquent à cette noble indépendance et ne sont pas inquiétés par leurs conquêtes et manoeuvres politiques. Vergesso est riche de créativité et de centres de construction, mais vous le savez aussi bien que moi Colonel Zakarov, la richesse est une gourmandise rapidement convoitée par d'autres. Ajoutez à cela, les soldats habillés en Impériaux et le désir de croissance du Seigneur Hivernus, vous obtenez le cocktail parfait pour attirer l'attention et probablement attiser les tensions.. -
Post n°16
Auteur : Hivernus- Vos remarques sont pertinentes Colonel Hamer. Admet Zakarov en appuyant ses dires d’un hochement de tête entendu. Mais croyez-moi, il vous reste encore beaucoup à apprendre sur notre jeune société… J’ai servi sous la bannière de l’Empire Démocrate. J’ai servi son gouvernement incohérent et incompétent. Puis j’ai servi l’Empire Sith. Un empire fragilisé par une classe politique corrompue et anéanti par les choix risibles de quelques Sith… Avant de finir par intégrer les rangs de l’Impérium. Et savez-vous ce que j’ai trouvé au sein de l’Impérium, Colonel ? L’héritage fétide de deux empires qui ont échoué à régner sur la galaxie.
Le Corellien marque un léger temps de pause, l’esprit agité par d’horribles souvenirs. Il grimace. Puis son regard soutient celui du jeune Hamer. Ses yeux se mettent à pétiller, illuminés d’espoir… Un espoir sincère.
- Je suis un fervent partisan de l’idéologie impériale Colonel Hamer. Mais jusque là, j’ai toujours cru faire honte à mon uniforme en servant des régimes n’en valant pas la peine. Et ce n’est qu’en travaillant sous les ordres du seigneur Hivernus que j’ai enfin su trouver ma place. Aujourd’hui, je peux enfin me déclarer fier de porter l’uniforme impérial… Et je sais que les soldats servant sous la bannière de notre illustre seigneur sont les seuls à mériter cet honneur. Nous sommes les héritiers de l’Empire. Nous sommes l’Empire. Les autres ne sont que des imposteurs. Reprend le colonel avec ferveur. Il est vrai que notre empire est risible à l’échelle galactique, mais nous ne souffrons pas des problèmes que rencontrent les grandes puissances de notre galaxie. C’est ce qui fait notre force. Et je me moque bien de savoir si ce que nous entreprenons peut en emmerder certains. Je suis prêt à mourir pour Hivernus. Je le suivrai jusqu’aux confins de la galaxie s’il le faut. Que ce soit dans la victoire ou la défaite.
Cette déclaration enflammée de la part du héros de guerre impérial fait mouche. Sylvar et Frilla, qui se sont laissées bercées par le discours de Zakarov, approuvent la prise de parole de leur camarade. L’homme déglutit péniblement, étonné d’avoir été aussi bavard, lui qui n’aime pas les longs discours. Il semble presque gêné désormais. Peut-être que l’officier ne se savait pas aussi éloquent...
- Anton exagère à peine. Nombreux sont ceux qui, au sein du Seigneurat de Bajic, partagent son point de vue. Indique la Cathar à la longue chevelure argentée. Je dois tout au seigneur Hivernus. Avant son arrivée sur Base Vergesso, je n’étais qu’une vulgaire esclave, un objet destiné à satisfaire les besoins d’une poignée d’individus. Il a brisé mes chaînes. Il m’a offert une destinée. J’ai décidé de combattre avec lui et pour lui au sein du planétoïde. Je l’ai vu mener personnellement ses troupes à la victoire plus d’une fois, alors que nous combattions à un contre cinq.
Elle sourit doucement.
- Le seigneur Hivernus est un père, un guide, un modèle, pour l’ensemble des soldats servant sous sa bannière. Il inspire le respect et la loyauté. Il affronte les mêmes épreuves que nous. Il montre l’exemple à suivre. Et nous sommes nombreux à penser qu’il a un destin à accomplir... Avoue le capitaine. C’est peut-être bête, dit comme ça, je l’admets volontiers… Mais nous le pensons réellement.
- Vous n’avez pas à avoir honte Capitaine. Les Ravageurs ont une haute opinion de leur seigneur… Une opinion similaire à la vôtre. Vient la rassurer la fille adoptive de l'humanoïde à peau bleue. Mon père et le seigneur Gelmir ont de nombreuses choses en commun… Et j’en viens à croire, qu’ensemble, rien ne pourra les arrêter. Peut-être ont-ils une destinée commune. Mais nous nous égarons je crois. Nous devrions peut-être retourner à l’intérieur. Et Colonel, je compte sur vous pour rester diplomate. Soyez courtois.
- A vos ordres Madame ! Répond le principal concerné en faisant claquer ses bottes.
Frilla Hawan esquisse l’ombre d’un sourire, amusée par l’attitude moqueuse du colonel. C’est un trait de caractère qu’il faut apprendre à apprécier… Le petit groupe se mêle à nouveau aux convives au sein du grand salon. L’ambiance semble plus chaleureuse. Un orchestre rassemblé sur un large balcon se donne en spectacle. Nombre d’invités semblent apprécier l’air joué par les musiciens. Un individu s’approche du héros de guerre impérial et lui adresse quelques mots puant l’hypocrisie à plein nez. Se sachant observé par la fille adoptive du seigneur de la guerre, Zakarov fait un effort en répondant avec beaucoup de courtoisie à son interlocuteur. Erreur fatale. L’homme s’accroche, tente de sympathiser avec le Corellien… Chose qui semble ennuyer fortement ce dernier. Sylvar se mord la lèvre inférieure pour ne pas rire. Voir son ami se faire importuner de la sorte l’amuse.
La musique s’arrête soudainement. Le temps de quelques battements de coeur, tout a l’air figé sur place. Plus aucun son dans la grande salle. Puis quelques murmures se propagent et deviennent rapidement légions. Le seigneur Hivernus est là dit-on. Le chef d’orchestre donne quelques instructions et les musiciens se mettent bientôt à jouer un air lent… Un air qui donne des allures de cérémonie à cette soirée. Le Chiss fait son apparition au beau milieu de la foule, vêtu d’un uniforme d’apparat blanc strié de bleu et brodé d’or. Deux immenses soldats de la Brigade Impera, un Trandoshan et un Ynchorri portant tous deux la symbolique armure blanche striée de bleu, assurent la protection du seigneur de la guerre. L'humanoïde à peau bleue, d’une démarche assurée, se dirige vers le centre de la grande salle. Il rejoint sa fille adoptive et son invité de marque. L’orchestre cesse de jouer. Tout le monde semble retenir son souffle… Un serveur presse le pas pour présenter au Chiss un verre de lait bleu.
Hivernus remercie le domestique d’un geste de la tête puis s’empare du verre et le lève bien haut. Fermement appuyé sur sa canne, il déclare d’une voix puissante :
- Buvons à la santé de la famille Valerius, qui s’investit dans la guerre contre le Syndicat Tenloss plus qu’aucune autre famille au sein de Base Vergesso. Buvons à la santé de nos valeureux soldats, qui combattent sans jamais faillir. Buvons à la santé de l’émissaire du seigneur de Ravage, qui apporte avec lui la promesse d’un avenir meilleur pour nos deux nations !
Dans l’assemblée, tout le monde lève son verre. « A la famille Valerius ! », « Gloire au seigneur Hivernus ! Gloire à ses soldats ! », « A la santé du seigneur de Ravage ! » scandent de nombreuses voix dans la foule. Les officiers de l’armée seigneuriale semblent être les plus enthousiastes. L’idée d’un rapprochement entre deux sociétés fortement militarisées est à leurs yeux une excellente nouvelle… Et le fait de savoir que l’illustre général Gelmir est l’allié de demain a un effet galvaniseur. Pour les puissantes familles de Base Vergesso, l’excitation est plus mesurée. Nombre de fonctionnaires et de riches entrepreneurs discutent entre eux des potentiels bénéfices qu’ils pourront tirer en faisant affaire avec les Ravageurs.
Au signal du chef d’orchestre, la musique reprend. L’ambiance est à nouveau chaleureuse, conviviale. Quelques officiers des forces armées seigneuriales tentent un rapprochement avec les hommes du colonel Hamer. Ils cherchent à mieux connaître ceux qui seront peut-être leurs frères d’armes de demain. Le seigneur de la guerre n’a pas le temps d’adresser quelques mots à l’émissaire de Ravage. Une femme s’approche de l'humanoïde à peau bleue et chuchote à son oreille. Air strict, cheveux rassemblés en un chignon, casquette vissée sur la tête, uniforme aussi noir que la peau de son porteur, implant cybernétique remplaçant l’oeil gauche… Voilà le portrait physique d’un officier que l’on ne voudrait surtout pas contrarier.
- Colonel Wexley. Directrice des services de renseignements et ministre de la sécurité intérieure. Indique à voix basse Frilla. C’est une femme redoutable…
Hivernus répond quelque chose à la directrice du Coeur Ardent. Celle-ci acquiesce de la tête et disparaît dans la foule. Le Chiss pose son regard de braise sur la Cathar, qui se met immédiatement au garde-à-vous.
- Capitaine Sylvar… Les affaires ont été bonnes ? Demande t-il à son aide de camp.
- Oui mon seigneur. J’ai réussi à négocier auprès des Transports Ubrikkian la commande de trente-six blindés légers. Les vingt-quatre premiers exemplaires devraient être livrés d’ici peu. Annonce celle qui occupe le poste de ministre de la guerre.
- Parfait. Je compte sur vous pour débuter la production d’armures destinées à équiper nos futurs équipages. Une variante de l’AML-TR devrait suffir. Répond froidement le seigneur de la guerre.
- Oui mon seigneur… Souffle Sylvar en faisant claquer ses bottes.
Hivernus dirige ensuite son regard flamboyant sur le colonel Zakarov. Ce dernier exécute un salut militaire impeccable.
- Colonel, j’espère que vous ne faites pas de vagues. Lance le seigneur de la guerre au Corellien.
- Négatif mon seigneur. Je me tiens… Tranquille. Affirme l’officier en guettant du coin de l’oeil une quelconque réaction de la part de la Cathar.
Mais sa camarade semble garder un air sérieux. En présence de l'humanoïde à peau bleue, l’esprit sournois et taquin de son aide de camp se dissipe… Du moins en apparence. Un léger sourire semble apparaître au coin des lèvres. Sylvar tente de se retenir visiblement.
- Bien… Bien… Murmure le Chiss en tapotant amicalement l’épaule du héros de guerre impérial.
L’autre rigidifie sa posture, fait claquer ses talons. L’ombre d’un sourire est visible sur le visage du dénommé Hivernus. Peut-être qu’il s’amuse lui aussi, après tout. Peut-être qu’il cache bien son jeu… Peut-être qu’il dissimule habilement son caractère enjoué.
- Je pense qu’on ferait bien d’y aller Sylvar. Hein, qu’est-ce que tu en dis ? Suggère le colonel.
- Ce que j’en dis ? Tu me dois toujours une danse vieille canaille. Répond celle qui arbore une plaque de capitaine sur son uniforme.
- Et bien… Si tu n’as pas peur d’être humiliée…
- Qui oserait se moquer du grand et célèbre Anton Zakarov ? Ricane la Cathar. Allez viens.
Sylvar s’empare du bras du Corellien et l’emmène vers la piste de danse. Les voilà désormais en train de virevolter au beau milieu des convives, bousculant parfois un couple ou deux. Il n’y a plus aucune trace de rigidité militaire dans l’attitude des deux officiers. Ils semblent réellement s’épanouir, à en juger les rires et les sourires.
- Je ne pense pas qu’on pourra en faire de grands danseurs… Commente Frilla sur un ton léger.
- Qu’ils profitent donc. Lâche le seigneur de la guerre, bienveillant. Nous reprendrons bientôt le combat contre le Syndicat Tenloss et il n’y aura plus de place pour de tels divertissements.
L'humanoïde à peau bleue se tourne vers son invité de marque.
- Colonel Hamer, croyez-vous qu’il serait possible pour nos troupes de s’entraîner sur un territoire de Ravage ? Demande alors Hivernus, reprenant son air si sérieux. Mes hommes ont besoin de place pour manœuvrer et c’est quelque chose que nous n’avons pas sur Base Vergesso. -
Post n°17
Auteur : Darth Malraas
Le Colonel Zakarov emplie ses poumons d'éloges à l'égard de l'Imperium. Le propagandiste n'oublie pas de mentionner le Seigneur Hivernus, un Saint sauveur de la doctrine Impériale, juste et équitable. Des marques de dégouts planent sur les paroles sincères de l'officier pris dans le tumulte de son éloquence. A n'en pas douter, la liaison matérialiste de l'Imperium et des Empires qui furent pour l'un, Démocrate et pour l'autre tyrannique, n'est pas à faire. Froisser ses hôtes ne reviendrait qu'à faire échouer les négociations et l'avenir lumineux des deux petites nations en pleine expansion. Le Colonel Hamer marque son visage d'expressions fascinées et intéressées mais à n'en pas douter, tout cela ne le concerne que de très loin. Une chose reste sûre : Les hommes d'Hivernus éprouvent une loyauté sans faille à l'égard de l'homme bleu, matérialisant une allégeance unique et une admiration en durabéton.
-Si les hommes de Vergesso admirent autant le Seigneur Hivernus que vous, votre planétoïde prospérera encore des siècles. Déclare respectueusement le Colonel. Il ne fait aucun doute que votre Seigneur est un héros et par définition, un homme brave et charismatique. Je rejoins mademoiselle Hawan, nos leaders possèdent des traits communs qui peuvent apporter beaucoup à nos deux gouvernements. Il se contente de sourire à ses propres paroles.
De retour au grand salon, la musique rythme les pas mesurés des convives. Tous se serrent, se toisent, s'admirent et discutent. Hector, plisse les yeux en tendant l'oreille sur des conversations vraisemblablement pourvues de simagrées ridicules. Décidément, les lieux de pouvoirs restent toujours les cercles les moins sincères, pense l'Officier de Ravage. Les notes mélodieuses cessent subitement et instinctivement, les Ravageurs camouflés derrière leurs costumes ou leurs robes, se cherchent du regard comme pour s'entendre s'il advenait un quelconque problème. Lorsque le tintement des instruments reprend, le Seigneur Hivernus apparaît à la foule de convives.
Hamer observe l'homme bleu et ses gardiens aux allures de gros bras de la pègre, jusqu'à ce qu'ils arrivent auprès de son groupe. L'Homme trinque alors, dévoilant son lait bleu, suivi par l'assemblée mimant son geste.
- Buvons à la santé de la famille Valerius, qui s’investit dans la guerre contre le Syndicat Tenloss plus qu’aucune autre famille au sein de Base Vergesso. Buvons à la santé de nos valeureux soldats, qui combattent sans jamais faillir. Buvons à la santé de l’émissaire du seigneur de Ravage, qui apporte avec lui la promesse d’un avenir meilleur pour nos deux nations !
Hector sourit par politesse plutôt que par fierté, un peu gêné d'avoir toutes l'attention de la ribambelle d'invités. Ses hommes et lui-même imitent la foule pour toaster en l'honneur du Seigneur de Ravage, profitant de l'occasion et de sourires forcés pour lorgner les convives les moins attirés par cette ovation. Raieve Perdebak, dans sa superbe robe, ne manque pas une miette des visages effacés de certains membres de l'assemblée. Une certaine méfiance est raisonnablement logique mais fait tâche avec les réactions des officiers du Seigneur Hivernus. Alors comme pour redorer le blason des Ravageurs et pour rire quelques instants encore... La malicieuse Raieve se tourne vers son plus proche compagnon de discussion, faisant mine d'être légèrement embrumée par son verre.
-Ce toast est aussi brillant que nos mines de diamants sur... Oh pardonnez moi. Elle pose un doigt sur son front en fermant les paupières. Je crois que je devrais arrêter de boire.
Le Seigneur Hivernus est rapidement repris par ses affaires de dirigeant. Le Colonel Hamer tend l'oreille à l'intention du murmure de Frilla. Un brève instant, l'officier de Ravage se surprend à croire que les forces militaires de Vergesso ont découverts la présence des membres de l'EFS à bord de la corvette Raider. Il se détend lorsque la conversation tourne autour des officiers et de leur Seigneur, pour se concentrer sur ses camarades. Mademoiselle Perdebak joue les parfaites courtisanes tandis que ses autres compères, paraissent discuter de manière animée, avec des semblables de l'armée du Seigneurat de Bajic. Enfin, le Seigneur Hivernus se détourne de ses subordonnés pour démarrer une nouvelle discussion avec le Colonel Ravageur.
Il est question de recevoir les troupes du Seigneur Hivernus afin que celles-ci puissent s'exercer aux manoeuvres militaires, au sein des territoires Ravageurs. Incontestablement, la superficie de l'astéroïde sur lequel se trouve la base Vergesso, est bien trop modeste pour effectuer des mouvements de troupes, liés à un entraînement grandeur nature. Se mordant l'intérieur de la lèvre, comme aspiré dans une réflexion intense, Hector soigne sa réponse. Si l'homme à la peau bleue suggère cette idée, c'est qu'il perçoit le fort potentiel de l'alliance future.
-Cela serait un honneur de recevoir vos troupes, Seigneur Hivernus. Commence-t-il en serrant son verre. Néanmoins vous comprendrez que je ne peux rien affirmer sans avoir au préalable consulté le Seigneur Gelmir et l'Etat Major du Général Hamer. Mais nous avons, en effet, à notre disposition quelques mondes qui sauraient satisfaire vos besoins. Il avale la dernière gorgée de son verre, en gardant ses yeux sur Hivernus. Même si la plupart de "ses mondes" ne sont pas conscients d'être liés aux Ravageurs, enjoliver la réalité fait toujours sensation. Il me semble donc tout à fait raisonnable de vous inviter à la Capitale, vous aurez tout le loisir de discuter avec notre Seigneur et de voir par vous-même, notre gracieuse cité ainsi que toutes les bonnes choses qu'elle apporte avec elle.
Le Colonel termine son verre en savourant les dernières gouttes posées sur le bord de ses lèvres.
-Avec tout le respect que je vous dois, Seigneur Hivernus, n'oubliez pas que notre venue est surtout causée par votre récente acquisition de chantiers navals. Vous comprendrez que notre Seigneur cherche à s'entourer de personnages d'une aussi grande stature que la vôtre. Hector se doit d'être clair sur les intentions des Ravageurs et sans exercer de pression sur son interlocuteur, souligner l'attrait principal pour Vergesso. Je renouvelle l'invitation auprès de notre Seigneur dans les délais qui vous conviendront, ceci afin de vous laisser le temps nécessaire pour réfléchir à l'offre. -
Post n°18
Auteur : HivernusLe colonel offre une première réponse qui se veut prudente et polie. Cependant, quelque chose, dans son attitude, se met à changer. Les doigts de l’officier se serrent doucement. Son corps se raidit brusquement. Il est troublé par la demande du seigneur de la guerre, à n’en pas douter. Bien évidemment, cette requête singulière met Hamer dans l’embarras. Et il le fait comprendre. Selon ses propres dires, il ne peut pas prendre la décision d’autoriser les troupes du Seigneurat de Bajic à s’entraîner sur les territoires de Ravage sans consulter auparavant ses supérieurs. L’émissaire propose néanmoins au Chiss de se rendre au sein de ces mêmes territoires afin de discuter directement avec le seigneur Gelmir du rapprochement de leurs deux nations. Une proposition certes logique et alléchante, qui a toutefois quelques inconvénients…
L’officier aurait pu s’arrêter à cette simple réponse. Mais il tient visiblement à ajouter une remarque pertinente mais maladroite qui ne manque pas de faire remuer Frilla. L’espace d’un bref instant, la fille adoptive de l'humanoïde à peau bleue fronce les sourcils. Elle se reprend cependant très rapidement et adopte une expression faciale plus neutre, afin d’éviter d’exprimer devant l’invité de son père sa gêne. Hivernus, fidèle à lui-même, demeure impassible. Il se contente d’acquiescer en silence aux propos du colonel. Le manque de délicatesse dont peut faire preuve Hamer ne semble pas affecter le Chiss. Les militaires manquent parfois de courtoisie et de diplomatie quand ils sont engagés dans des affaires politiques. C’est un fait avéré. Et nombre d’officiers ont été critiqués pour leur manque de finesse politique lors de divers sommets. Mais de l’avis même du seigneur de la guerre, ce genre d’attitude est préférable aux flagorneries et autres propositions fallacieuses qu’il méprise au plus haut point.
De toute manière, l’émissaire de Ravage n’a jamais tenté de cacher l’intérêt que porte son seigneur aux chantiers navals du système Lybeya. Toute armée qui se respecte a besoin d’une industrie puissante sur laquelle s’appuyer. Celle du Seigneurat de Bajic, bien que modeste et très récente, a déjà su prouver son efficacité. Le colonel, satisfait de la visite des infrastructures navales et des centres d’usinage de l’Arsenal Militaire de Lybeya, sait donc l’avantage qu’il y a à traiter avec Hivernus. De l’autre côté, l'humanoïde à peau bleue comprend que sa seule opportunité d’alliance, pour l’heure, réside sur sa capacité à conserver le contrôle du complexe militaro-industriel qu’il a acquis par les armes et dont il a considérablement augmenté le rendement. Sans cet atout en sa possession, les Ravageurs n’auraient certainement pas pris la peine de le contacter pour discuter d’un rapprochement.
Pour l’heure, les relations naissantes entre le gouvernement de Ravage et le Seigneurat de Bajic demeurent fragiles. L’ébauche même de cette alliance en devenir peut s’effacer à tout instant. Le Chiss, qui a très bien compris la nature des enjeux, sait qu’il doit convaincre son invité autrement qu’avec ses chantiers navals. La guerre qu’il mène contre le Syndicat Tenloss offre quelques opportunités qu’il convient de saisir… Mais les forces armées seigneuriales ne sont pas encore opérationnelles à cent pourcent de leurs capacités. Le temps... C’est ce dont le seigneur de la guerre a besoin en ce moment même.
- Colonel Hamer, je serai honoré de fouler le sol de Ravage. Il me tarde de rencontrer le seigneur Gelmir et vos pairs. Cependant, comme vous le savez, il se trouve que j’ai une guerre à mener contre le Syndicat Tenloss. Indique l'humanoïde à peau bleue d’une voix parfaitement modulée. Je ne peux donc pas me permettre de partir sur l’heure. Je peux néanmoins vous proposer de rester sur Base Vergesso durant les deux ou trois prochaines semaines. D’un côté, cela me permettra de donner mes directives et de régler quelques affaires en interne avant de rejoindre la capitale de Ravage. D’un autre côté, ce sera pour vous l’occasion d’en voir un peu plus sur notre jeune société. Vous pourrez ainsi juger par vos propres yeux la qualité de nos infrastructures, passer en revue quelques-unes de nos troupes et assister à quelques démonstrations d’ordre militaire. C’est un contretemps fâcheux, je le crains, qui a néanmoins l’avantage de présenter quelques opportunités. En acceptant l’invitation, vous serez sûr et certain d'apporter à vos supérieurs un rapport détaillé des capacités militaires et industrielles du Seigneurat de Bajic.
Hivernus sirote doucement son verre de lait bleu afin de soulager sa soif. Son regard de feu quitte l’émissaire pour se perdre dans la foule de costumes, de robes de soirée et d’uniformes. Le temps de quelques battements de cœur, le seigneur de la guerre observe un petit groupe de militaires occupés à échanger entre eux. Officiers de Vergesso et soldats de Ravage se sont mêlés les uns aux autres pour apprendre à mieux se connaître. Certains visages sont détendus et souriants. D’autres conservent une attitude plus neutre, voire sérieuse. Quelques-uns, à l’inverse, dissimulent avec peine une nervosité bien affichée. Les propos échangés entre les diverses parties font visiblement réagir de toutes les manières possibles et imaginables. Pour l’heure, les représentants des deux jeunes nations cherchent à mieux se comprendre afin de se familiariser avec les coutumes des uns et des autres.
- Bien évidemment, nous fournirons à vos hommes tout le confort dont ils auront besoin pour séjourner ici durant les prochaines semaines. Un officier de liaison vous sera également affecté afin que vous puissiez vous déplacer à votre convenance au sein de Base Vergesso. Poursuit le Chiss avant d’avaler une nouvelle gorgée de lait bleu. Et si vous désirez en faire la demande, une escorte sera également fournie. Vous comprendrez, bien sûr, que nous ne pouvons pas laisser de parfaits inconnus se promener les armes à la main dans notre ville. Du moins… Pas pour le moment.
Officiellement, il s’agit d’une proposition que le colonel est en droit de refuser. Néanmoins, dans les faits, Hamer semble plus ou moins forcé à accepter. S’il veut en effet que l'humanoïde à peau bleue accepte son offre, il doit se plier, en retour, à la sienne. Cet échange de bons procédés, s’il peut être ennuyant, présente toutefois quelques avantages qu’il ne faut pas négliger. Il ne tient donc qu’à l’émissaire de Ravage de découvrir ces différents avantages au cours des semaines qui vont suivre…
- Prenez le temps de la réflexion s’il le faut, Colonel… Et profitez de la soirée. Vous n’êtes pas obligé de répondre dans la minute. Et si jamais aucune réponse ne vous vient en tête, n’ayez crainte... Une bonne nuit de sommeil porte parfois conseil. Indique avec courtoisie Hivernus, qui détourne le regard pour saluer d’un signe de la tête un officier qui tend son verre dans sa direction. A présent Colonel, veuillez m’excuser. Il se trouve que je suis demandé.
Le seigneur de la guerre se dirige vers le militaire qui l’a interpellé quelques secondes plus tôt, suivi de près par les deux soldats d’élite de sa garde rapprochée. Frilla adresse un dernier regard au colonel en lui souriant doucement, puis rejoint son père adoptif. Pour les Hawan, cette soirée est particulièrement importante. Il s'agit en effet de veiller à garder dans les rangs ceux qui pourraient être tentés d'aller voir ailleurs. Le Chiss, bien qu'ayant en horreur ces soirées interminables au sein desquelles tous les vices sont présents, doit composer avec afin de faire perdurer le fragile empire qu'il est en train d'établir.


