L'Enfer sur Terre
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Post n°8
Auteur : HivernusLe regard perplexe du capitaine Himron se dirige vers la main qui vient doucement se poser sur son avant-bras. L’alcool faisant son effet, le militaire semble ne pas vraiment réagir. Il se contente simplement de plisser les yeux, cherchant probablement à trouver une explication à ce geste. Le cerveau embrumé par les effets de la boisson et les vapeurs douteuses de la cantina, l’homme apparaît à la fois agité et léthargique. En somme, il a trop picolé, n’a pas les idées claires.
Il écoute tant bien que mal le raisonnement de la jeune Cathar mais finit par décrocher après quelques secondes d’attention, l’esprit en vrac. Il a la tête qui tourne et une certaine envie de dégueuler. La vision trouble, l’officier se frotte les yeux. Il les écarquille, puis les ferme. Il recommence. Deux, trois fois. Himron a l’air con, c’est certain. Mais qui ne l’est pas lorsqu’il est bourré ? Et puis il faut dire que dans l’Impérium, on a pas trop l’habitude de se torcher la tronche. L’alcool, c’est réservé aux mondains, aux pète-plus-haut que leurs culs. Les militaires n’ont droit à ce genre de petit plaisir qu’en de rares occasions… Du moins lorsqu’ils sont sérieux et prennent à cœur leur boulot. Les ravagés du cerveau et les planqués de bureau ont sûrement le goût de la boisson parce qu’ils se moquent bien des conséquences. Ils abusent volontiers de leur autorité, rejettent la faute sur autrui, ont des connaissances bien placées.
Enfoirés. Fumiers !
Le capitaine tend la main vers son verre afin de noyer sa colère mais se ravise au dernier moment lorsque ses doigts viennent effleurer le contenant. Il fait la moue, fronce les sourcils. Il renifle doucement. L’officier ne pète pas la grande forme, c’est certain. Son corps le trahit, l’abandonne. Il a le teint pâle et le front couvert de sueur. Il commence à avoir des bouffées de chaleur. Sarina semble le remarquer, lui propose de prendre l’air. Il acquiesce d’un signe de tête, cherche à se redresser, vacille. Il a la tête lourde, manque de s’écraser sur la table d’un voisin, s’excuse.
Le militaire fait quelques pas, éructe un coup puis se met à vomir violemment sur le crâne chauve d’un client. L’homme se retourne brusquement, le regard noir, les yeux injectés de sang. Il est prêt à en découdre. Il sort une arme blanche de son blouson, l’agite sous le nez du capitaine. Son comparse Rodien, installé en face, profère des insultes et des menaces de mort. Himron tente bien de calmer le jeu en balbutiant quelques mots d’excuse. Il finit par dégobiller l’entièreté du contenu de son estomac sur le sol froid de la cantina, des gerbes de vomi venant éclabousser les chaussures du vaurien. Souillé de la tête aux pieds, c’en est de trop pour le crâne chauve. Il bondit sur l’impérial, lame en main.
L’officier cherche à esquiver, glisse sur sa propre flaque de vomi et tombe en arrière, sur les fesses. Son assaillant vole au-dessus de lui, fonce droit dans la table d’en face. Ses occupants ne sont pas ravis de voir un type couvert de dégueulis envoyer valser leurs boissons. Ils en viennent rapidement aux mains. Et comme c’est souvent le cas sur Nar Shaddaa, la bagarre est une chose qui se partage dans la joie et la bonne humeur. Les verres se mettent à voler. Le mobilier est fracassé. Et les coups de poing sont distribués à tout va. Ceux qui ont des comptes à régler le font. Ceux qui n’en ont pas en profitent pour s’en créer. Telle est la vie sur la lune des contrebandiers… Les trublions sont à tous les coins de rue et les occasions pour semer la pagaille sont légions.
Aujourd’hui, le fauteur de troubles s’appelle, contre toute attente et malgré lui, Himron.
L’homme se traîne misérablement sur le sol de la cantina, se met à couvert derrière une table renversée alors qu’il cherche à évaluer la situation. Il grimace en constatant qu’il a foutu un sacré bordel, essuie du revers de la manche la gerbe qui vient barbouiller son visage. L’agitation soudaine au sein de l’établissement semble avoir attiré l’attention de ses camarades, qui se ruent à l’intérieur pour venir lui porter assistance. Le lieutenant Doll est le premier à entrer dans l’Enfer sur Terre, blaster au poing. Un verre vient se fracasser sur son crâne et il s’écroule lourdement, inconscient. Les autres impériaux ne lui prêtent guère attention, se dispersent afin de trouver leur capitaine au beau milieu du chaos…
Himron n’a plus grand chose à vomir mais continue de tirer au cœur, dégoûté par l’odeur de sa propre régurgitation. Il s’est foutu dans une sacrée merde tout seul. Il aurait clairement dû s'abstenir de boire... Et il s’en souviendra la prochaine fois. Enfin s’il y a en une. L’officier explose soudainement de rire entre deux hoquets. Il donne une sacrée image de l’Impérium. Oh ça oui ! Qu’elle est belle l’armée impériale, saoule comme un cochon ! -
Post n°9
Auteur : KryannVoir le Capitaine Himron, que Sarina tenait pourtant en haute estime, grogner, se secouer, se lever, tituber, et finalement vomir sur un autre client en provoquant une bagarre générale. C’était au mieux troublant, au pire une remise en question totale de la puissance impériale pour la petite Cathar. L’homme était totalement ailleurs depuis un moment, mais il lui fallut le voir recracher l’entièreté du contenu de son estomac sur une tierce personne pour que la padawan le comprenne. Et que Sarina lui propose de prendre l’air, aussi. Décidément, la petite Jedi n’est pas des plus observatrices dès lors que l’on entre dans le cadre de la sociabilisation et de la relation aux autres. Soyons honnêtes : elle est même définitivement mauvaise à cela.
En revanche, il est une chose où elle se débrouille, c’est la bagarre. A force d’user et d’abuser de la Force au cours de ces derniers mois, elle a développé un sixième sens, certes commun aux Jedi, mais qui lui manquait, et qui, allié à ses compétences en termes d’esquive, faisait d’elle une redoutable adversaire. Aussi, lorsque des vauriens tentent de tomber à bras raccourcis sur l’impérial bourré, il ne lui faut pas plus de quelques fractions de seconde pour le défendre. Un croche-pied habile par ici, une chaise renversée par là, et voilà l’Impérial sain et sauf au milieu de la cohue. Bien qu’on ne puisse pas en dire autant de son honneur, de son amour-propre et de son déguisement.
Sarina, de son côté, n’a définitivement pas pu s’empêcher de rire. Comment le pourrait-elle ? Comme toujours, elle croque la vie à pleines dents, et un divertissement pareil, au moment où elle se disait qu’elle allait se jeter sur la piste de leurs ennemis séculaires, ne se refuse pas. La médiocrité apparente d’Himron n’est décidément pas sans l’amuser, autant qu’elle lui attire de la sympathie. Le bon capitaine n’est donc pas juste un militaire, il est également humain, avec toutes ses faiblesses. Elle ne peut que constater la vivacité de son élève qui défend indirectement leur allié de circonstance, mais elle finit par l’attraper par l’épaule.
-Sors notre ami d’ici, Kryann. Nous nous retrouvons dehors.
La Chevalier n’est pas totalement folle, et elle se demande si il ne serait pas possible d’user de cette fâcheuse déconvenue pour amadouer un peu l’Imperium. Alors que son étudiante file retrouver Himron, elle ne gâche pas l’occasion. Le type des renseignements impériaux a beau ressembler à un bouffon, peut-être a-t-il lui aussi un coeur sous son uniforme ? Elle en doute, mais elle sait que si ils disparaissent, elle sera immédiatement mise sur les primes impériales en compagnie des Sith.
Profitant de la cohue, Kryann se retrouve proche d’Himron. Celui-ci pourra voir la fourrure de la jeune femme alors qu’il rend tripes et boyaux, et ses grands yeux jaunes se poser sur lui. A la différence de Sarina, au moins, elle ne rit pas, et son air grave semble décorrélé de la réalité actuelle, qui n’est rien d’autre qu’un joyeux foutoir habituel dans un bouge pourri de Nar Shaddaa. En fait, se dit-elle immédiatement, ils sont tous totalement déconnectés de la réalité. A part peut-être Sarina, et encore…
-Venez, sortons d’ici rapidement. L’air de dehors n’est pas meilleur, mais vous pourrez vomir en paix…
Et ni une, ni deux, elle l’attrape sous les épaules, tant pis pour les odeurs et pour les tâches, tant pis pour sa bure, et tant pis pour sa fierté, elle l’emmène dehors. Là, elle repère bien vite une petite ruelle où elle aide le bon Capitaine à s’installer comme il le veut. Après tout… C’est lui qui dégobille avec pertes et fracas… Surtout que Sarina ne manque pas d’arriver, laissant tomber par terre le corps inconscient de Doll, et tant pis pour lui donner une bosse de plus.
-Eh bien, Capitaine, on ne tient pas la marée ? Il va falloir vous aguerrir si vous nous accompagnez sous couverture ! -
Post n°10
Auteur : HivernusLa picole n’est clairement pas le point fort du capitaine. Et tandis qu’il lutte contre les tremblements de son corps, pris par les nausées, les vertiges et les bouffées de chaleur, le monde autour de lui semble partir à vau-l’eau. Ni une ni deux, le voilà ballotté d’un côté sur l’autre par la Cathar sans qu’il ne puisse dire ou faire quoi que ce soit, visiblement trop chamboulé pour protester. L’officier, tel un soldat blessé en pleine opération militaire, est rapidement extrait de la zone des combats. Il respire certes un peu mieux maintenant qu’il a quitté ce taudis infâme qu’est l’Enfer sur Terre (il porte bien son nom d’ailleurs), mais se sent toujours patraque.
Sarina les rejoint rapidement, avec un Doll inconscient dans les pattes. Elle se permet une remarque moqueuse qu’il ignore royalement, quelque peu grognon. Puis c’est au tour du reste de son unité de rallier leur position. En voyant la mine déconfite de leur supérieur, les soldats impériaux semblent faire de gros efforts pour ne pas exploser de rire. Himron s’évente avec les mains, sue à grosses gouttes. Il respire bruyamment, cherchant à faire passer son envie de vomir.
- Un coup de chaud, capitaine ?
- De l’eau… De l’eau… Parvient à articuler le capitaine, au bout de sa vie.
Riggs lui tend une gourde, que l’officier attrape fermement. Il s’en déverse le contenu sur la tête pour se rafraîchir, pousse un soupir d’aise alors que le liquide vient ruisseler le long de son crâne, de sa nuque, de son dos. Les vêtements trempés et tachés de vomi, les cheveux plaqués sur la tête et mouillés, le fier Himron a piètre allure. Et il ne sent pas particulièrement bon.
- Voyez le bon côté des choses, capitaine… Non seulement personne ne vous cherchera des noises vu votre tronche mais en plus vous vous fondez désormais parfaitement dans la masse des défoncés du coin. Ricane le sergent. Il n’y a pas de meilleure couverture !
- Bordel… Bon sang… Purée j'en peux plus. Quel enfer ! Jure le militaire, secouant la gourde à la recherche de la moindre goutte d’eau salvatrice. Fais moi plaisir, Riggs… Rappelle moi de ne plus jamais boire de boisson alcoolisée… Surtout quand on ne sait pas d’où elle sort.
- C’est bien noté.
Le capitaine tourne la tête vers le corps inerte du lieutenant Doll.
- Qu’est-ce qu’il a cet abruti ? Il a trop picolé lui aussi ?
- Si seulement ça pouvait être vrai… Non. Il est trop guindé pour ça. Répond le sergent, un sourire aux lèvres. Il a pris un projectile dans la tronche, ça l’a couché d’un coup.
- Et ça veut jouer au chefaillon…
- Sauf votre respect capitaine, vu votre état… Se permet de faire remarquer Rikaan, moqueur.
- C’est pas faux. Je ferai mieux de la fermer…
L’homme se masse les tempes, cherche à faire passer son mal de crâne. Un grognement soudain retient l’attention de tout le monde. Le lieutenant Doll se réveille doucement, un bel œuf sur la tête. Il n’était déjà pas bien beau à voir avant mais il a désormais tout de la laideur que l’on s’attend à voir chez un agent des services de renseignements de l’Impérium. Le terrible représentant du D2I se redresse péniblement, un peu sonné. Il rectifie machinalement les plis de son long manteau, enlève la poussière de ses manches et de ses épaules, vraisemblablement dégouté de se réveiller dans une ruelle crasseuse. Ses manies de petite princesse le rendent bien plus ridicule encore que l’état lamentable du capitaine Himron.
Doll adresse un regard noir à la Jedi et à son apprentie. Ses yeux se posent ensuite sur la silhouette de l’officier. L’allure pitoyable du pauvre Himron et l’odeur qui se dégage de ses habits manquent de faire vomir l’agent, qui se couvre la bouche et le nez à l’aide d’une main. Il blêmit, tourne de l'œil.
- Capitaine Himron… Vous… Vous faites honte à votre uniforme ! Proteste faiblement le lieutenant, visiblement dérangé par les odeurs et la vue du vomi. Je ferai un rapport à votre hiérarchie concernant votre attitude déplorable qui nous met tous en danger !
Il se tourne ensuite vers les deux Jedi, pointant un index accusateur vers Darel, l’agitant sous son nez telle une menace.
- Et vous, Jedi, vous avez très clairement influencé le comportement du capitaine ! Vous êtes une menace ! Une menace pour la galaxie ! Et je m’arrangerai pour que l’on efface toute trace de votre existence !
Comme pour donner du crédit à sa promesse, l’agent porte la main à son holster pour s’emparer de son blaster. Il ne trouve que le vide. L’imbécile. Son arme est restée dans la cantina quand il a pris un coup sur la tête. Il se maudit en silence, passe pour un con auprès des Jedi et des soldats impériaux. La belle affaire ! Afin de ne pas perdre entièrement la face devant ce beau monde, Doll cherche à se trouver une certaine dignité dans le regard et l’attitude. Il fait comme s’il ne s’est rien passé, comme s'il n'a rien dit, lève le menton fièrement, bombe le torse. Il passe son long manteau devant son holster vide, comme pour dissimuler la source de sa honte. Il n’en est rien. Quelques sourires amusés se dessinent sur les lèvres de ses camarades impériaux.
- On laisse traîner sa merde monsieur le détective ? Lance une voix dans leur dos.
Un type fin comme un haricot se présente dans la ruelle, coiffé du chapeau de feutre du lieutenant, une bouteille à moitié vide dans la main gauche et un blaster impérial dans l’autre. Il apparaît passablement éméché, le dos voûté. Derrière lui, un comparse Nikto borgne, un Houk plus épais que deux Wookies et un Weequay à l’air snobinard. Ils ont tous la tronche joyeuse des imbéciles qui passent trop de temps au bar… Et pas pour siroter de la grenadine.
- Mon blaster ! Mon chapeau ! Je vous ordonne de me rendre mes biens immédiatement par ordre de…
Un coup de coude dans les côtes l’empêche de finir sa phrase. Il ne manquerait plus qu’il grille sa couverture cet idiot. En face, l’autre ne capte rien. Il agite l’arme de l’agent des services de renseignements dans sa direction, prêt à presser la détente. Perdant son sang froid, un cri peu viril sortant de ses lèvres, Doll finit par se cacher derrière Riggs en voyant le boit-sans-soif pointer le blaster sur sa petite personne.
- Lâche ! Comme j’aurai dû m'en douter… Commente l’ivrogne entre deux rires gras. Tu me dois beaucoup Valen Tyne. Je t’ai payé pour retrouver ma gonzesse, pas pour t’envoyer en l’air avec !
- Valen Tyne ? Il… Il y a méprise…
- C’est ça. Et moi je suis la reine de Naboo !
La remarque fait marrer les copains de beuverie du type. Ce dernier s’enfile une rasade d’alcool, s’essuie la bouche en reniflant bruyamment.
- Te fous pas d'moi Valen Tyne. J’t’ai reconnu tout de suite avec ton accoutrement à la con. Y’a que toi pour porter ce genre de merde sur Nar Shaddaa. Alors maintenant tu vas me faire l’plaisir de venir avec moi sinon je t’défonce le crâne devant tes admirateurs !
La menace ne passe pas. Nul ne peut intimider le lieutenant Doll sans en subir les conséquences ! Les joues du représentant du Bureau de la Sécurité Impériale s’empourprent. Il monte sur ses grands chevaux, tout en prenant soin de rester planqué derrière le sergent.
- Comment osez vous ! Je suis un off…
Nouveau coup de coude dans les côtes. Bon sang. Il ne sait pas la fermer cet imbécile.
- Vu ta tronche, on comprend mieux pourquoi ta nana se tire avec le premier venu ! Lance Riggs, taquin.
C’est désormais au tour du poivrot de s’exciter. Rouge comme une tomate, l’homme grimace de colère, serre poings et dents.
- Enfoiré ! Vous allez tous le me payer !
Il vide le reste de sa bouteille d’une traite et l’envoie voler dans la direction des impériaux. Riggs se baisse pour éviter le projectile improvisé, qui finit par percuter le front du lieutenant planqué derrière lui. Ayant son compte, Doll s’écroule à nouveau lourdement.
- Explosez-moi la tronche de ces merdeux ! Ramenez moi la tête du privé que j’lui fasse sa fête ! Vocifère l’éméché.
Les acolytes douteux de l’ivrogne ricanent de plus belle, trop heureux d’en découdre. Ils préparent leurs poings, dégainent surins et autres lames de poche puis ils se ruent sur la bande de l’agent du D2I en hurlant comme des abrutis finis. Se prenant au jeu, les impériaux en font de même. Une mêlée semblable à celle de la cantina a désormais lieu dans cette ruelle où le capitaine Himron pensait pouvoir décuver en toute tranquillité.
Et alors qu’il observe ses camarades s’empoigner joyeusement avec les idiots d’en face, il en vient à se dire que le lieutenant n’a peut-être pas tout à fait tort… Est-ce qu’ils s’attirent la poisse à traîner avec les Jedi ? -
Post n°11
Auteur : KryannEt allez, encore de la violence… Verbale comme physique. Cet officier du renseignement se voulait décidément aussi désagréable dans son attitude que dans son apprêt. Ses invectives glissaient sur la peau de Sarina qui attrapa doucement son élève par l’épaule pour lui signifier de ne pas le raccourcir séance tenante. Non qu’il ne l’aurait pas mérité, mais cette attitude indigne d’elles et de leur Ordre aurait sonné le glas d’un quelconque accord avec l’Imperium. Tout fragile soit-il, ce lien était la seule chose, à l’heure actuellement, qui leur permettrait de remonter la piste Sith. Les Impériaux étaient tellement plus en avance qu’eux, c’était terrible…
Pour Kryann, on est loin de ces réflexions là. Hormis son coup de sang passager face à Doll, toute cette scène est des plus ubuesques. Les provocations outrancières et outrées de l’espion sonnaient plus creuse que la poubelle contre laquelle il avait été laissé par son Maître, son attitude était à mi-chemin entre le grand guignol et le l’arrogance, et sa manière de se tenir lui donnait la prestance d’un vieux Mynock. A cela s’ajoutaient des propos totalement incohérents et grossiers, et une vanité qui n’allait lui apporter que des ennuis sur cette maudite lune. Ennuis qui ne tardèrent finalement pas à arriver. Au milieu des ordures et des odeurs, voilà que la joyeuse bande réunie se trouvait prise à parti par une autre bande toute aussi joyeuse et toute aussi puant que celle des Impériaux.
Non vraiment. Le prestige impérial était définitivement mort ce soir.
Le regard jaune de la padawan se posa sur Himron qui semblait soit perdu, soit désespéré, soit agacé. Et finalement, son instinct lui souffla que c’était les trois émotions à la fois qui se bousculaient avec son alcoolémie dans un mélange certes redoutable, mais surtout pitoyable. Rapidement, elle avisa son Maître qui supervisait la bagarre sans y prendre part si rien ne le demandait. Faire usage d’arts de combat ésotérique ou juste de la Force ne ferait que les mettre dans l’embarras, et elle espérait que des soldats entraînés couperaient la chique à une bande de coupe-jarrets. Alors Kryann vint poser une main sur l’épaule d’Himron.
-Inspirez à fond. Dès que la voie sera dégagée, nous vous trouverons de l’eau et un endroit où vous reposer. Vous en avez bien besoin, et de toute façon, ce n’est pas comme si nous étions réellement pressés…
Elle aurait bien voulu finir sa phrase, vraiment. Pour une fois qu’elle éprouvait de l’empathie vis à vis d’un homme et d’un soldat, ça aurait pu vraiment l’ouvrir au monde. Mais non, il fallait qu’elle soit interrompue. Alors que Sarina regardait ailleurs, entraînée par l’ennui relatif à cette cohue, l’un des soudards en profita pour se jeter sur l’officier, couteau à la main. Une cible facile, et sans doute des crédits à se faire… Et ce n’était pas la poilue à côté qui le gênerait. Grave erreur. Alors qu’il s’était élancé gaiement, levant son arme avec entrain…
Et rien. Le noir complet. Il n’avait pas pu le voir, trop occupé qu’il était à regarder sa cible avec les yeux plein de crédits. Un sort commun finalement pour toutes ces petites frappes des bas fonds de la planète la plus mal famée de la Galaxie. Dans un mouvement éclair, élégant, et surprenamment efficace, la jambe de la Cathar se tendit. L’arc qu’elle décrivit lui fit gagner de la vitesse alors qu’elle écrasa son coup de pied sur la tempe du type qui valdingua au sol, mis inconscient en un seul coup. Preuve s’il en fallait une que ces gars-là étaient surtout des ratés qui se cherchaient une légitimité. D’ailleurs, il ne faudrait pas beaucoup plus longtemps pour que les Impériaux prennent le dessus. A moins qu’il ne faille intervenir pour les Jedi, mais Sarina en doutait.
-Kryann, ma padawan… Joli coup, tout d’abord, mais pourrais-tu aider notre ami à se relever ? Nous allons chercher un endroit plus calme pour qu’il puisse se reposer. Puis, nous continuerons notre petite discussion.
-Oui, Maître, mais… et vous ?
-Je vais m’assurer qu’il n’arrive rien de fâcheux à ses hommes… Et également à son collègue, tout intolérable soit-il…
Kryann acquiesça avant d’aider Himron à se redresser, lui prodiguant d’inutiles conseils tant tout ce que le bon militaire devait vouloir, c’était de l’eau sur le visage, voire une douche chaude.
-Venez, éloignons nous. Près des grands ventilateurs, vous aurez au moins un air circulant, ça vous aidera à vous sentir mieux. Et à sentir moins, également. Si seulement mon Maître avait pu nous donner rendez-vous sur une planète plus agréable... -
Post n°12
Auteur : HivernusL’affrontement est terminé en moins de trois minutes. Les acolytes de la grande gueule ne valent pas un clou en combat rapproché. Hébétés par l’alcool et confrontés à des soldats dont l’expérience du corps à corps n’est plus à prouver, ces imbéciles sont maîtrisés en deux ou trois mouvements. Les Impériaux ont rapidement le dessus et lorsque le couillon d’en face se rend compte que ses copains sont à terre, il est déjà trop tard pour lui. Un coup de poing vient le coucher pour de bon. Il glisse lentement le long d’un mur, inconscient. Le sergent se fraie un chemin au milieu des corps pour récupérer l’arme de service et le chapeau du lieutenant. Il se tourne ensuite vers ses camarades.
- On ferait mieux de se tirer d’ici avant qu’il n’en arrive d’autres. Tout ce vacarme va finir par attirer quelqu’un.
- Je me charge de nous trouver un véhicule, sergent.
Rikaan s’empresse de quitter la ruelle à la recherche d’un engin assez grand pour accueillir tout ce beau monde. Delurei fait le guet derrière une poubelle, prêt à alerter ses comparses au moindre mouvement suspect. Riggs rejoint les autres près de la ventilation. Himron semble reprendre peu à peu des couleurs mais il a toujours une sale tronche.
- Capitaine, c’était quoi déjà l’adresse de la planque ? Ce n’est pas sûr de rester ici.
Le capitaine baragouine quelque chose, les yeux mi-clos, puis se met à soupirer. Il souffre toujours de ses bouffées de chaleur. Il glisse sa main dans une poche, en tire une carte de données qu’il remet à son second.
- Merci, capitaine. Ne vous inquiétez pas, on sera bientôt dans un endroit plus tranquille.
L’officier pouffe nerveusement de rire. Tranquille ? Impossible. Avec un abruti tel que Doll dans les pattes, il ne sera jamais tranquille où qu’il soit. Son regard se tourne vers Darel. Peut-être qu’il ferait mieux de se tirer avec les Jedi. L’homme se voit bien travailler dans les champs, construire sa petite ferme loin de tout, y faire pousser ses propres légumes, s’occuper de troupeaux de bêtes… Bon, il n’est pas certain de pouvoir se fier à la Cathar mais il s’imagine très bien une vie rangée en compagnie de la douce et belle Sarina.
Il secoue la tête, se masse les tempes. Qu’est-ce qu’il raconte. Il est un soldat impérial, un officier de la Grande Armée. Batifoler avec une Jedi ? Et puis quoi encore ? Himron a consacré sa vie au service de l’Empire. Renier cette évidence, ce serait comme trahir ses engagements, ce serait avouer qu’il a sacrifié son temps et son énergie en vain. Pire, ce serait salir la mémoire de ses frères d’armes tombés au combat. Et sa fierté d’Impérial ne peut s’imaginer telle chose.
Un corps remue doucement. Des gémissements de douleur se font entendre. Doll reprend péniblement connaissance, un second œuf sur le crâne. Il ressemble désormais à une sorte de démon avec ses deux bosses. L’agent pose une main sur sa tête endolorie, s’apprête à se plaindre. Mais le sergent Riggs l’empêche d’émettre le moindre commentaire.
- Gardez les invectives pour plus tard, lieutenant. On décroche d’ici. Indique le sous-officier en remettant au représentant du BSI son chapeau de feutre et son blaster.
Un bruit de klaxon résonne dans la ruelle. Delurei informe le groupe que Rikaan est revenu avec un véhicule. Il faut faire vite avant que d’autres individus louches ne pointent le bout de leur nez dans le coin. Jedi et Impériaux s’entassent donc dans un vieux modèle d’airspeeder tout juste assez grand pour les accueillir. Doll n’est pas particulièrement enchanté de se retrouver face à face avec deux sorcières. Il sent leur souffle d’ici, se sent souillé de respirer le même air qu’elles. Le regard noir qu’il leur adresse parle pour lui mais il ne semble pas vraiment combattif, maintenant d’une main son couvre-chef sur sa tête afin qu’il ne s’envole pas. Himron est moins vindicatif que l’agent des renseignements impériaux. En fait, il se sent même gêné d’être si proche de Sarina. Il rougit bêtement, collé contre elle.
- Il fait chaud… Non ? Souffle-t-il, s’éventant avec la main pour se donner de l’air.
La remarque fait sourire Riggs. A l’avant, Rikaan et Delurei échangent des regards entendus, moqueurs. Le capitaine justifie sa rougeur soudaine par ses bouffées de chaleur, met ça sur le compte de l’alcool mais ses camarades ne sont pas dupes. Ils savent qu’il n’est pas complètement insensible au charme de la Jedi et s’en amusent. Finalement, la méfiance initiale que les Impériaux pouvaient avoir à l’égard des représentantes de l’Ordre semble se dissiper. Seul le lieutenant Doll, fidèle à lui-même, demeure ouvertement hostile.
L’engin s’envole soudainement, le souffle de ses moteurs vrombissants décollant un nuage de poussière et quelques vieux détritus. Alertés par le bruit, plusieurs individus débarquent dans la rue, croient reconnaître la silhouette de Valen Tyne, se mettent à beugler son nom en dégainant des blasters. Plusieurs tirs frôlent de près le véhicule alors qu’il s’éloigne de la zone. On entend en contrebas quelques insultes, puis plus rien. Le sergent donne les coordonnées de la planque à Delurei, qui officie en tant que copilote.
L’airspeeder se mêle d’abord au trafic aérien, Rikaan manœuvrant habilement entre diverses files de véhicules volants, puis s’enfonce dans les méandres d’un autre quartier, bien plus cossu que l’endroit dont ils viennent de s’extirper. Appréciant le calme du trajet et le petit vent léger qui souffle sur son visage, Himron commence à piquer du nez. Il tente de lutter contre le train du sommeil mais finit par céder à la tentation lorsqu’il accepte de fermer ses yeux pour se reposer quelques instants. Il s’endort doucement, sa tête venant se poser lourdement contre l’épaule de la belle Sarina.
Le véhicule arrive finalement à destination après un quart d'heure de vol supplémentaires. L’engin se pose à l’angle d’une rue, face à une tour d'habitations qui apparaît bien plus chic que les taudis des quartiers d’en dessous. A cette heure-là, il y a peu de passage. Les gens doivent travailler. Le moment idéal pour se faufiler en douce dans le bâtiment, loin des oreilles et des regards indiscrets. Rikaan se charge de planquer l’airspeeder plus loin tandis que le groupe s’introduit dans l’immense tour. Himron et Doll traînent des pieds dans les couloirs, la tronche en vrac et les vêtements couverts de vomi chez l’un, l’air furieux et deux belles bosses sur la tête chez l’autre.
L’improbable se produit alors au détour d’un couloir lorsque le lieutenant, l’esprit perdu dans ses plus sombres pensées, percute de plein fouet une silhouette qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau. En face, l’homme semble surpris, esquisse l’ombre d’un sourire. Il ne comptait visiblement pas rencontrer sa copie conforme.
- Nom d’un Hutt… Si je m’attendais à ça.
- On dirait que tu as un admirateur secret, Ghrakhowsk. Fait remarquer l’imposant Trandoshan à ses côtés.
- Vous… Vous… C’est de votre faute s’ils veulent tous ma mort ! S’exclame l’agent en pointant du doigt le cyborg, prêt à en découdre.
- Dans quel merdier tu t’es encore fourré… Soupire le lézard bipède, adressant à son comparse un regard exaspéré.
- Alors là… Je n’en sais rien. Je n’ai jamais vu ce type. Enfin je ne crois pas.
Valen Tyne est un habitué des bars et des bagarres, il s’est mis un beau paquet de monde à dos en foutant le boxon lors de soirées très arrosées. Il lui est donc difficile de reconnaître le moindre péquenaud à qui il a cherché des noises, surtout qu’ils sont apparemment légions ces temps ci. Le T’doshok le sait. Et il ne compte même plus le nombre de fois où il a dû sauver les miches de son ami.
- Vous êtes Valen Tyne ? Le fameux Valen Tyne dont tout le monde parle ? Demande finalement Riggs en écartant Doll pour qu’il n'en vienne pas aux mains.
- En chair et en os. Le seul et l'unique.
- Notre “ami” s’est fait agresser à plusieurs reprises parce qu’on l’a confondu avec vous. Explique le sergent.
- Ah oui… Je comprends mieux l’animosité. Mais vous savez, quand on enquête sur des affaires de corruption et des histoires d’adultère, on se fait tout un tas d’ennemis… Parfois même parmi ses clients. Les joies du boulot de détective privé.
Les photorécepteurs jaunes qui viennent remplacer les organes oculaires du détective examinent attentivement cette bande de joyeux lurons. Un type qui, affublé d’un chapeau de feutre et d’un long manteau comme lui, ne semble être qu’une pâle copie de ce qu’il est réellement avec ses deux bosses sur le front et son air d’enfant boudeur, trois ouvriers crasseux, l’un ayant même visiblement abusé de la boisson avec ses traces de vomi très visibles et la mauvaise odeur qui se dégage de ses vêtements… Et deux donzelles étranges comme il n’en a pas l’habitude de voir sur Nar Shaddaa.
- Sacrée bande que voilà… Commente Valen Tyne. Vous n’avez pas vraiment le profil type des habitants du coin…
- C’est vrai. Nous venons d’un autre secteur de la ville. Tente de se justifier Riggs. Nous sommes ici pour rendre visite à de la famille. Les Sullivan. Cela vous dit quelque chose ?
Le sourire du détective privé s’agrandit soudainement.
- Mais bien sûr. Par chance, ce sont de bons amis à moi. Venez, je vais vous conduire jusqu’à eux.
Valen Tyne emmène le groupe jusqu’à un appartement, l’imposant Trandoshan fermant tout naturellement la marche. Le cyborg insère sa clé dans le lecteur de la console et lorsque la porte s’ouvre, invite d’un geste de la main ses nouveaux amis à pénétrer à l’intérieur. L’appartement n’a rien d’un palace quatre étoiles mais dispose de toutes les commodités d’usage. Le logement est spacieux, meublé comme il se doit et bien entretenu. Il dispose par ailleurs de nombreuses pièces : salon et salle à manger, deux chambres, une salle d’eau et même un balcon. Le propriétaire de l’endroit a les moyens de vivre ici, c’est certain. L’homme pose son chapeau de feutre sur le porte-manteau puis se tourne vers les inconnus.
- Vous n’êtes pas très discrets pour des Impériaux… Je savais que j'aurais sûrement à héberger chez moi des gens de votre acabit un jour ou l’autre mais je ne m’attendais clairement pas à ça.
Et il insiste bien sur le dernier mot, faisant référence à leur état déplorable général. Il sait qu’il n’a clairement pas en face de lui la fine fleur des services de renseignements impériaux.
- Vous avez de la chance… A quelques minutes près, on se ratait et vous étiez dans la rue à errer à la recherche d’un endroit sûr. Mais je digresse… Où sont passées mes bonnes manières ? Je suis Valen Tyne, ou Monsieur Sullivan, selon les circonstances… Et l’imposant Trandoshan derrière c’est Kephesh, mon ange gardien.
Riggs se permet de faire les présentations pour tout le monde, Doll et Himron n’étant clairement d’humeur (ou en état), de jouer aux entremetteurs. Le cyborg ne perd pas son sourire charmeur en apprenant que deux Jedi se cachent au sein de cette bande d’Impériaux. Il semble au contraire amusé. Peut-être se doutait-il un peu que ce groupe hétéroclite cachait quelque chose. C’est son boulot après tout.
- Des Jedi et des Impériaux hein… Sacrée histoire. Et pas commun. M'enfin sur Nar Shaddaa, plus rien ne m'étonne vraiment.
- Sergent, vous permettez que je reste dehors ? Histoire que Rikaan puisse se repérer quand il reviendra…
Le sous-officier opine du chef, donnant son feu vert.
- Kephesh va vous accompagner. Il y a un établissement qui fait d’excellents petits plats à deux rues d’ici. Ce sera l’occasion pour vous de découvrir les délices de la lune des contrebandiers… Croyez moi, vous ne serez pas déçus. Déclare le détective privé en offrant à ses invités un clin d’œil complice.
Delurei se tourne vers Riggs. L’homme semble accorder sa confiance au cyborg et à son acolyte à écailles. D’un simple geste de la main, il fait signe à son camarade de partir en compagnie du T’doshok. Et puis… Il n’a pas l’air contre l’idée de manger un morceau. Doll soupire, pose son chapeau de feutre sur l’accoudoir du canapé et s’échoue sur l’assise comme pourrait le faire un animal marin sur une plage de sable.
- Il y a de la glace dans le frigo… Pour soulager la douleur et faire dégonfler ces vilaines bosses. Indique Valen Tyne avant de s’adresser au capitaine. Et la salle de bain se trouve là-bas, si vous voulez faire un petit brin de toilette. Je vous filerai deux ou trois affaires à moi.
Himron acquiesce d’un signe de tête, articulant un “merci” sur le bout des lèvres en traînant misérablement les pieds jusqu’à la salle d’eau. Riggs se charge de prendre de la glace pour le lieutenant, qui semble contre toute attente plus calme qu’à accoutumé. Peut-être qu'il a eu son compte pour la journée. Le regard du porte-flingue se pose alors sur Darel et sa padawan.
- C’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de tomber sur des Jedi… Et encore moins en compagnie d’Impériaux. Il semble, aux dernières nouvelles, que l'Impérium n'est pas vraiment fan des individus de votre espèce. Alors, c’est quoi l’histoire ? -
Post n°13
Auteur : KryannTrois minutes montre en main. C’est le temps qu’il avait fallu aux Impériaux pour se débarrasser de la racaille. Sarina se retint d’applaudir la performance lorsque le dernier truand s’effondra au sol, alors que Kryann ne put que se retourner. Elle avait failli se rendre utile pour Himron… Tant pis pour elle, finalement. Après tout, ce n’était pas plus mal, elle évitait de s’éloigner trop de son Maître et, par ricochet, de la confiance impériale. C’était puéril, mais c’était l’espoir auquel elle se raccrochait. Au moins, le capitaine pouvait se ventiler un peu, même si avait l’air sacrément blanc…
La suite est plus floue pour la Cathare qui se poste aux dernières positions. Elle se cache à la fois de Doll et du regard des autres. Les Impériaux sont en contrôle, pour l’heure, elle ne peut que suivre. Le sentiment d’inutilité qui l’anime à ce moment est aussi désagréable que celui de supériorité qui la titille. Aurait-elle vraiment besoin de transpirer pour tous les mettre à terre, les désarmer, voire les tuer ? Il lui semblait que même sans arme, elle y parviendrait, et que leur faiblesse était évidente. Cette pensée qui lui traversa subitement et furtivement l’esprit l’habita tout le trajet, sans comprendre pourquoi. Elle n’avait pas eu ce genre de réflexions depuis…
Depuis quand, en fait ? Depuis le Destroyer Maudit, lui semblait-il. Ou un peu après, sur Ilum, ou en compagnie de Lili. Une bouffée de haine la prenait subitement. A la fois à l’encontre des soldats qui les entouraient et se méfiaient inutilement d’elle, et à l’encontre de ce qu’ils étaient en priorité. Des hommes. Juste des hommes. Le même genre d’idiots sanguinaires que ceux de sa captivité. Brusquement, dans le speeder, les souvenirs remontèrent, lui firent serrer les poings, bien cachée dans sa bure, il lui prenait l’envie d’essayer. Allumer son sabre, pour voir leur réaction, pour voir leurs yeux terrorisés, pour les voir réaliser que leur terreur est fondée.
Le soupir qui lui échappa au moment de sortir du speeder était à la fois la marque d’un soulagement conséquent, et d’une reprise de ses moyens. Qu’est ce qui lui prenait, subitement ? Alors qu’elle était enfin à l’aise, qu’elle se sentait bien aux côtés de son Maître… Puis ses yeux se posèrent sur Himron. Non… Pas elle. Pas comme ça. Etait-il possible qu’elle, Kryann, puisse être… jalouse ? C’était complètement idiot ! Sarina usait simplement de tout ses artifices pour obtenir gain de cause, elle n’était aucunement dans le charme ! Ou alors, pour rien d’autre que des informations ! Les sentiments contraires qui l’habitaient lui firent tourner la tête. Elle ne comprenait pas, ne SE comprenait pas, incapable de gérer ses propres émotions… Comment aurait-il pu en être autrement… Elle avait vécu opprimée, puis on lui avait intimé de cacher et d’étouffer ses sentiments… Pour au final ne pas savoir vivre avec. Une réussite.
Ce tourbillon amène Kryann à ne regarder qu’à moitié le nouvel arrivant. Elle capte par bribes ce qui se dit, l’essentiel, le tout étant finalement très peu intéressant à ses yeux. Savoir que le Lieutenant Doll avait un sosie ne l’intéressait que très peu, finalement… Et que le dit sosie soit un habitué des bagarres de bar, encore moins. Tout cela commençait à la faire douter allègrement sur le bien-fondé de leur venue sur cette lune maudite. Les voilà prises à perdre du temps avec d’autres Impériaux, tout ça car ils étaient incapables de faire confiance. Comme si sa fuite était réellement volontaire. Quel ennui. Quelle perte de temps.
Au moins, le cyborg semble disposé à aider, même si la Jedi ne comprend pas exactement d’où il vient. Ca n’a finalement pas tellement d’intérêt à ses yeux… Lorsqu’ils arrivent dans l’appartement, elle reste à nouveau dans un coin, assise sur un bras de canapé, à les regarder tous s’agiter. A qui se soigne, à qui se lave, à qui s’effondre… Spectacle peu réjouissant du renseignement impérial. Sarina elle-même vient aider Riggs avec la glace, en profitant pour lui prodiguer deux ou trois conseils. « La menthe poivrée pour les migraines, appliquez là sur les tempes en même temps que la glace, ça vous évitera une médication plus lourde. » « Allongeons-le, cela aidera à la circulation du sang et à ce que son coeur ralentisse. » Une vraie mère poule, avec des conseils de vieille grand-mère recluse dans une maison de sorcière des bois. Ce qu’elle est, techniquement…
Aussi, lorsque le cyborg se tourne vers elle, elle adresse un léger signe de tête à sa padawan. Elle se débrouillera très bien sans elle. Leurs jours ensemble sont comptés, de toute façon… Kryann se redresse et se rapproche de leur interlocuteur. Les optiques mécaniques la font tiquer, de même que sa voix. Ce Valen Tyne est un agent infiltré, et joue donc naturellement un double jeu… Lui faire confiance n’est pas dans les plans. Mais puisque Sarina a décidé de s’occuper de Doll, et d’Himron lorsqu’il reviendra…
-C’est une histoire que vous avez lue ou qui vous a été contée mille fois, monsieur Tyne. L’histoire de Jedi cherchant à combattre le Côté Obscur où qu’il se trouve. Et ce, en cherchant des alliés, pour une fois, ce qui est une… originalité, nous dirons.
Elle parle trop vite. Elle ralentit son flux de parole, inspire à fond, et redresse un peu les épaules.
-Il est vrai que l’Imperium n’a que trop subi les affres des Sith par le passé, et qu’il se méfie maintenant de tout comme de la peste. Peut-on le blâmer… Mais mon Maître et moi espérons encore un front commun. Nous avons rencontré le Capitaine Himron sur le Destroyer Maudit. Un homme de valeur et de courage, qui a tiré mon Maître d’un bien mauvais pas auprès de vos services de renseignements.
Elle hésita un instant. Passer sa propre fuite sous silence reviendrait à se parjurer.
-Je n’étais plus avec eux. Au mépris des ordres et des conseils, je m’étais aventurée plus loin dans le vaisseau. Ce qui nous a séparés pendant longtemps. Et ce qui explique la défiance d’Himron et de ses hommes à mon égard, fût-elle présente et future.
Pourtant, elle s’est excusée platement, qu’est ce qu’il faut de plus ? La situation lui déplaît, elle parle trop…
-C’est ce même Destroyer qui nous a amenées à contacter le Capitaine à nouveau. Pour évoquer cette menace Sith qui ne manquera pas de revenir, comme toujours. Nous, Ordre Jedi, comptons lutter contre cette menace, comme nous n’aurions jamais du cesser de le faire. Mais pour cela, nous avons besoin du soutien de ceux qui forment le bras armée de la Galaxie. Nous avons besoin de contacts, et les seuls que nous avions de solide étaient dans l’Imperium. Nous n’avons qu’un seul but, présenter aux Sith un front uni, et pas désorganisé comme il l’est depuis plus de dix ans, maintenant.
Son regard se reporta sur son Maître qui était parti aider Himron à la salle de bains au besoin. Pas de pudeur pour elle, juste de l’attention.
-Nous savons que l’Imperium a bien d’autres soucis, et nous avons entendu parler d’attaques internes, mais celles-ci ne seront pas si importantes si les Sith reviennent réellement. Je crois que l’on peut dire que… nous vous tendons la main, après des années d’exil. Je ne suis pas certaine que notre Ordre ait vocation à redevenir les gardiens du Temple sur Coruscant. Mais au moins à être là, présents et combatifs, lorsque la paix est menacée. Où qu’elle soit. -
Post n°14
Auteur : HivernusValen Tyne écoute la Cathar baragouiner des explications. Elle semble confuse, méfiante ou hésitante. Pas le type de Jedi que l’on aime avoir près de soi… D’autant plus que selon ses propres dires, elle aurait filé en douce lors d’une mission. Les Padawans qui n’en font qu’à leur tête sont souvent ceux qui filent un mauvais coton, qui finissent par devenir ce qu’ils ont juré de combattre. Enfin c’est ce qui se raconte. Quoi qu’il en soit, le cyborg comprend donc plus ou moins pourquoi ce groupe est si atypique. D’un côté des Jedi qui essaient de montrer patte blanche en demandant l’aide de l’Impérium, d’un autre des Impériaux qui semblent dubitatifs malgré une volonté affichée de coopérer.
Le détective privé se vautre dans sa chaise, passe ses bras derrière sa tête en sifflant. On lui a raconté tout un tas d’histoires sur les mystérieux représentants de l’Ordre Jedi et elles finissent toujours de la même manière : destructions en tout genre, morts en pagaille… Pour des prétendus gardiens de la paix, ces Jedi font assurément un mauvais boulot et notre soudard espère qu’ils ne resteront pas longtemps dans les parages afin de ne pas être impliqué dans leurs sales affaires… D’autant plus que la Padawan semble le prendre pour un Impérial. Elle arrondit les angles, cherche à louer les mérites du régime impérial afin de flatter son égo. Ha ! Qu’elle est bonne celle-là ! Si elle espère obtenir son soutien, elle se trompe. On ne survit pas cinquante ans sur Nar Shaddaa, dont la moitié passée à enquêter sur des gros bonnets de la pègre, en tendant la main au premier venu. Après tout, et comme on dit souvent, donnez leur la main et ils vous mangeront le bras.
Sur la lune des contrebandiers, c’est d’autant plus vrai. Les histoires de trahison sont monnaies courantes au point où planter un couteau dans le dos de son meilleur ami semble être devenu une sorte de tradition. Ah, les joies de vivre sur un monde où l’esprit de compétition est poussé à son paroxysme… Pour une poignée de crédits ou une place plus alléchante dans une société plus que concurrentielle, les gens semblent prêts à tout. Valen Tyne ne sait jamais s’il doit en rire ou pleurer. Peu importe. La dénommée Kryann se trompe sur son compte et il convient donc de remettre les pendules à l’heure afin d’éviter tout malentendu.
- Vous allez un peu vite en besogne ma jolie… Je crois que vous vous méprenez complètement sur qui je suis. Je suis un privé, et l’un des meilleurs du coin qui plus est, mais je n’ai rien à voir avec ces Impériaux ou l’Impérium de manière générale. Explique le cyborg, un sourire amusé aux lèvres. Si j’accepte de vous accueillir en ce moment même, c’est parce que ça fait partie du contrat. C’est tout. Rien de plus, rien de moins… Et tant que les crédits coulent à flot, ça me va très bien comme ça.
Il laisse retomber ses paroles dans l’air, se gratte doucement le nez, pensif. Une lueur étrange illumine l’intérieur de ses photorécepteurs jaunes. Une idée traverse soudainement son esprit et il se met à sourire de plus belle.
- Oh mais j’y pense… Cette histoire de destroyer maudit n’est pas sans me rappeler une rumeur de destroyer fantôme, de vaisseau revenu d’entre les morts. Le détective privé se penche en avant, comme pour donner à son récit un côté secret. Je ne sais pas si ça a un rapport avec vos Sith ou votre mystérieux destroyer mais j’ai entendu parler d’un vaisseau impérial arpentant la Bordure Extérieure dans plusieurs établissements peu fréquentables de Nar Shaddaa… Un vaisseau qui aurait été pourtant détruit lors de la Bataille de la Forge Stellaire. M’enfin c’est ce qui ce dit. Vous savez, les ragots d’ivrognes ne sont pas toujours fiables et je ne me suis pas vraiment penché sur la question pour confirmer ou non la véracité de leurs dires.
Valen Tyne baille aux corneilles, étire ses bras. Il se serait bien levé pour se faire une bonne tasse de caf, histoire de se réveiller bien comme il faut, mais semble peu motivé à l’idée de devoir remuer ses fesses. Pour l’heure, tout ce qui l’intéresse c’est de savoir si ce groupe amusant de Jedi et d’Impériaux compte squatter chez lui et surtout pour combien de temps.
- Si c’est une piste qui vous intrigue, je peux vous donner deux ou trois indications…
- Un destroyer stellaire impérial revenu d’entre les morts ? Pas vraiment un bon signe… Surtout si les Sith sont dans le coup. Commente Riggs derrière eux.
Le sergent, à l’instar d’Himron, n’a pas vraiment gardé un bon souvenir de sa mission sur le destroyer maudit. Savoir qu’il existe potentiellement un autre vaisseau de ce genre dans la galaxie ne l’enchante guère et il espère secrètement qu’il ne s’agit que d’une histoire de fantômes inventée pour effrayer les enfants et les ivrognes. -
Post n°15
Auteur : KryannDonc Valen Tyne n’était qu’une sombre larve, une du plus. L’espoir de Kryann de tomber sur quelqu’un de décent venait de tomber en poussières devant ses yeux, mais elle n’en montra rien. Pouvait-on réellement attendre autre chose de la part d’un homme qui se plaisait sur Nar Shaddaa ? Probablement pas. Et son ton hautain et moqueur ne fait que renforcer cette impression. Qu’est ce qu’il croit ? Qu’elles sont ici par choix, de leur plein gré ? Ha. Elles ne sont que le fruit à moitié pourri d’années d’indécisions et d’idioties venues de la part d’un Conseil Jedi incapable de prendre une route claire… Et ce type là qui ne semble avoir que des crédits à la place des optiques est incapable de voir plus loin que le bout de son nez. Il traite avec les Impériaux, il est donc un Impérial à ses yeux, ça ne fait aucun doute, ses petits arrangements ne la concernent pas.
Elle perd toute envie d’être subtile, d’être agréable, elle aussi a bien envie de se montrer condescendante, voire dépréciative. Ce serait tout de même nettement plus simple de lui arracher les informations par la Force, avec les moyens qu’elle connaît déjà, faire plier son esprit comme un simple outil qui ne demande que ça. L’entendre supplier de le libérer des tourments de la Force, de visions qu’elle pourrait lui imposer jusqu’à ce que son esprit se brise en mille morceaux qu’elle pourrait essaimer aux quatre vents…
Pourquoi pensait-elle à tout cela, maintenant ? Tout arrogant et moqueur soit-il, ce type faisait comme les autres, survivre, et avait à sa disposition des facultés qu’il exploitait. Ca ne faisait pas de lui quelqu’un de mauvais… Insupportable et peu sympathique, mais beaucoup l’étaient. Et puis, il n’a pas l’air spécialement décidé à faire quoi que ce soit d’autre que parler…
-Nous ne comptions déjà pas rester. Disons qu’une chaîne d’événements inattendus nous a menés ici. Mais puisque vous le proposez, écoutons les indications que vous avez à disposition, si vous le voulez bien.
Un croiseur maudit, passe encore. Mais deux ? A ce rythme, le schéma pouvait devenir aussi récurrent que dangereux. Les Sith étaient suffisamment redoutables pour ne pas en plus bénéficier de forces venues du fond des âges. Dans un coin de sa tête, l’histoire de la Forge Stellaire faisait doucement son petit bonhomme de chemin. Mais c’était impossible, elle avait été détruite quinze ans auparavant. Alors des résidus de cette crise galactique ? Ce n’était pas totalement impossible, même si hautement improbable. Des restes de l’empire Sith ? On ne savait pas vraiment à quel point il s’était étendu, à l’époque, et les adeptes du Côté Obscur étaient bien connus pour leur sens du secret. Il suffisait de peu pour détourner des vaisseaux…
La Cathar finit par tourner son regard vers le Sergent Riggs. Elle a beau ne pas aimer les Impériaux, c’est toujours mieux que des Sith. Et puis, ils ont du monde hors jeu, du fait des âneries de leurs deux officiers. Ca aurait sans doute été plus simple sans tout ce décorum…
-Sergent, si d’aventure je vous proposais de nous rendre dans l’un de ces établissements peu fréquentables pour nous rendre compte sur place, qu’en diriez vous ? -
Post n°16
Auteur : HivernusApprendre de la bouche du détective qu’il n’est pas un agent impérial semble avoir un effet certain sur la Cathar. Valen Tyne ne s’en offusque pas. Nombreux sont ceux qui méprisent son travail parce qu’il fouine dans les affaires des autres. D’autres le détestent parce qu’il est une sorte de mercenaire de fortune et ne voient donc en lui qu’un type attiré par l’appât du gain, ce qui n’est pas entièrement faux… Avec le temps, le cyborg a fini par s’habituer aux changements de réaction, au mépris ou au dégoût. Ce n’est pas la première fois qu’il déçoit quelqu’un et ce ne sera pas la dernière, il le sait. Dans ce métier, on fait régulièrement des insatisfaits.
Il sourit bêtement. Tant qu’il fait bien son boulot et qu’il est payé à sa juste valeur, peu lui importe de connaître les états d’âme de ses clients et de leurs camarades. Enfin faut-il pour cela qu’ils restent en vie… Car visiblement l’apprentie Jedi semble bien pressée de se faire suriner la couenne dans un établissement douteux.
Elle propose au sergent de vérifier les dires de l’enquêteur privé. Le militaire hésite un instant. Son supérieur est au plus mal, Doll est dans un état déplorable et ses deux compères sont absents. Il est donc le seul impérial disponible pour cette tâche. Un groupe certes restreint aura plus de chance de passer inaperçu. Mais les dangers sont nombreux sur la lune des contrebandiers… Et la mort attend à tous les tournants. Il faut mieux assurer ses arrières et avoir pour seule alliée une padawan qui n’en fait qu’à sa tête n’est pas pour le conforter dans l’idée de la suivre dans les bas-fonds de Nar Shaddaa.
Cette histoire de vaisseau fantôme l’intrigue toutefois suffisamment pour qu’il accepte de l’accompagner. Découvrir la vérité qui se cache derrière ces rumeurs le motive assez pour qu’il daigne faire confiance à la jeune Kryann. Il acquiesce d’un signe de tête.
- C’est d’accord. Je vous accompagne.
- Ah ! Sacrée paire que voilà. Mais vous n’irez pas bien loin sans un guide… Commente Valen Tyne, un sourire amusé aux lèvres. Laissez moi cinq minutes pour me changer et je me charge de vous conduire dans ces nids à ennuis.
- Nids à ennuis ?
L’interrogation du sous-officier arrache au cyborg un rire mesquin.
- Bienvenue sur Nar Shaddaa l’ami. Si on ne cherche pas à vous détrousser au moins deux fois dans la même journée, alors que c’est que vous êtes né sous une bonne étoile. Et je ne parle même pas des escrocs de première catégorie, des gangs violents et des trafiquants en tout genre qui pullulent dans les quartiers où je compte vous conduire. Croyez moi, sans un bon guide, vous avez de bonnes chances de vous faire délester de quelques poignées de crédits ou de litres de sang.
- Charmant…
La réponse ne manque pas de faire sourire de plus belle le détective privé. Il part se changer dans sa chambre sans plus tarder. Doll, un paquet de glace sur la tronche, semble s’être assoupi dans le canapé. Himron se rafraîchit les idées dans la salle d’eau, jurant par moments, probablement surpris par la froideur de l’eau. Il se perd dans ses pensées, parle tout seul dans son coin, s’agace après le pommeau de douche. Riggs aurait bien aimé filmé la scène mais il doute que son supérieur apprécie la blague…
Lorsque l’enquêteur revient finalement, il apparaît métamorphosé, méconnaissable. L’homme a troqué son habituel chapeau de feutre et son long manteau pour un bleu de travail crasseux de mécanicien. Un bonnet couvre sa tête. Une paire de lunettes de soudage dissimule ses yeux artificiels et un foulard usé cache le bas de son visage. Une petite sacoche abritant divers outils ainsi qu’un blaster de poche est passée en bandoulière. Affublé de la sorte, Valen Tyne n’est plus le fringant cyborg dont tout le monde s’arrache les services mais ressemble plutôt à un pauvre type comme il en existe des milliers dans les bas-fonds de cette misérable lune.
- J’ai pris soin de contacter Kephesh afin de l’informer de notre petite virée en ville… Il a accepté de veiller sur vos amis. Et puis avec une Jedi pour lui tenir compagnie, rien ne peut leur arriver en notre absence. Indique le détective. En route !
Plutôt que de prendre son véhicule personnel pour se rendre dans le quartier de tous les vices, le vieux cyborg choisit plutôt la discrétion en conduisant ses nouveaux acolytes jusqu’à la station de transport la plus proche.
- Au fait, je m’appelle désormais Rick. Rick, mécano du secteur Duros. J’vous conseille de faire de même et de vous trouver une histoire banale. N’allez pas balancer sur tous les toits de Nar Shaddaa que vous êtes Jedi et Impérial.
- Rick hein… J’ai connu un Rick à une époque. Un technicien impérial stationné sur Coruscant. Commente le sergent, plongé dans de vieux souvenirs. Un type sympa… Mais un peu con. Je crois me rappeler qu’il a voulu impressionner sa hiérarchie en traquant les Jedi dans les bas-fonds de la capitale peu après l’avènement de l’Empire Sith. Curieusement, on a plus jamais entendu parler de lui.
Le commentaire arrache à l’enquêteur une sorte de sifflement moqueur. Des officiers bourrés ou sévèrement amochés, des techniciens qui s’estiment plus vaillants et forts que des Jedi… L’armée impériale dont on vante partout l’efficacité et la puissance semble plutôt gangrénée d’abrutis et d’incompétents. Ah ! Les joies de la propagande… On efface les exploits désastreux pour enjoliver ce qui peut l’être… Quoi qu’il en soit, Valen Tyne comprend mieux pourquoi l’Empire a par deux fois chuté. Avec de tels incapables pour diriger et protéger les instances impériales, pas besoin d’ennemis.
- Gardez ça pour vous, Riggs. Sauf si vous tenez à faire passer les Impériaux pour des abrutis. Se contente de répondre le cyborg, un soufflement amusé quittant ses lèvres. Une chance pour vous que je ne sois pas payé à colporter ce genre d’histoires… Quoi que. Qui sait ? Peut-être que mon prochain contrat ira dans ce sens.
L’autre grimace.
- Espérons que l’Impérium continuera de vous payer grassement dans ce cas. Enfin c’est ce qui m’arrangerait le plus…
Les deux compères explosent de rire. Le groupe rejoint finalement une queue de passagers attendant de pouvoir embarquer à bord d’un bus aérien. Les gens s’entassent dans le transport, s’installent sur les banquettes, s’agrippent aux barres. L’engin décolle doucement puis fonce vers les profondeurs de l’immense ville. Le bus traverse différents secteurs de la sous-cité, déversant son flot de travailleurs misérables et engloutissant par la même occasion un contingent entier de passagers au caractère acariâtre. Au sein de cette masse silencieuse, plusieurs gangsters armés qui n’hésitent pas à intimider plus faibles qu’eux pour obtenir quelques crédits faciles.
Valen Tyne baisse la tête, joue volontiers le rôle d’un ouvrier qui ne veut pas avoir d’ennuis avec les membres d’une quelconque organisation criminelle.
- Pas de vague… Pas de gestes brusques. Évitez de croiser leur regard et ils vous laisseront tranquilles. Enfin en théorie… Chuchote le cyborg à ses comparses.
Par chance, les détrousseurs semblent plutôt de bonne humeur aujourd’hui et les ignorent volontiers pour se diriger vers un type nerveux qui cherche à dissimuler son sac dans son dos. Le détective privé invite discrètement ses partenaires à descendre au prochain arrêt.
Le secteur 340-NJ de Nar Shaddaa n’a rien du coin paradisiaque où l’on aimerait finir ses jours… Connu de manière officieuse sous le nom de ville sanglante, il se dégage en effet de ce district quelque chose de répugnant. L’air y est étouffant et les odeurs qui émanent des différents conduits de ventilation sont un mélange de produits chimiques et de déjections fétides. Il y a de quoi tourner de l'œil… D’autant plus qu’une sorte de brume rouge s’étend sur l’ensemble du secteur, donnant à ce pan de ville un côté sinistre. L’air vicié irrite les voies respiratoires, si bien qu’il n’est pas rare de rencontrer des individus frappés par d’impressionnantes quintes de toux, parlant avec des voix distordues par une exposition prolongée dans la brume ou victimes de crises d’asthme.
- On ne craint pas grand chose à rester ici une heure ou deux… Mais si on s’attarde plus longtemps, on finira probablement dans le même état que ces pauvres âmes. Déclare Valen Tyne, gardant près du visage son foulard. Courtoisie de la Corporation Arealleath… C’est son usine qui déverse cette brume rouge. Je ne sais pas ce qu’elle y fabrique mais ça me semble plus que douteux si vous voulez mon avis.
L’homme fourre une main dans sa sacoche, en tire quelques masques à oxygène qu’il distribue à ses camarades.
- Tenez, ça vous évitera de finir avec les bronches pleines de saleté. Indique l’enquêteur en enfilant son propre dispositif sur son visage.
Une fois les équipements de survie installés sur le bout du nez, les trois compères font la tournée des établissements du coin à la recherche d’informations sur le mystérieux vaisseau fantôme qui semble intriguer Impériaux et Jedi. Les sources du cyborg sont nombreuses, souvent éméchées ou planant du fait des substances avalées, et les informations données doivent être prises avec des pincettes. On évoque bien un vaisseau revenu d’outre-tombe, un destroyer stellaire à la carcasse partiellement abîmée, un monstre d’acier dont un flanc est entaillé ou présente une immense plaie béante. Il est dit qu’il apparaît parfois en orbite pour se ravitailler, puis disparaît aussi sec pour une destination inconnue. On parle d’un équipage de fantômes, de morts-vivants peu loquaces. Peu d’individus ont réussi à entrer en contact avec cette armée sinistre et nombre de ceux qui ont obtenu un entretien n’en sont jamais revenus.
Sortant d’une énième cantina douteuse, Valen Tyne apparaît perplexe. Jusqu’à présent, les informations obtenues n’offrent aucune piste concrète à suivre et l’on peut douter de la fiabilité des “témoignages”. Il se tourne vers ses deux comparses.
- Bon… C’est pas bien folichon tout ça. Deux trois ragots de types bourrés… Des histoires plus fantastiques que des holo films pour enfants et aucun nom précis… Autant dire qu’on a rien. Soupire le détective. Mais il me reste encore une carte à abattre. Heureusement pour vous, j’ai gardé le meilleur pour la fin.
Il espère sincèrement que son dernier contact aura des choses intéressantes à dire. Après tout, le cyborg n’aime pas particulièrement l’idée de passer pour un idiot devant un soldat impérial et une apprentie Jedi. L’enquêteur emmène donc ses partenaires du jour dans les ruelles malfamées et polluées du secteur, évitant les zones contrôlées par les gangs et les coins occupés par divers drogués et autres individus peu engageants. Il sait où il va et ça se voit.
Le détective privé s’arrête finalement devant la devanture d’un établissement qui, comme beaucoup d’autres en ce bas monde, ne paie pas de mine. L’enseigne lumineuse indique “Le Trou sans Fond”. Un nom de cantina qui ne manque pas de faire sourire Riggs malgré lui. Il entrevoit là le sombre état d’esprit des habitants de la lune des contrebandiers. Enfer sur Terre, Trou sans Fond, Espoir Perdu ou encore Puits Sinistre… Il faut dire que les bars du coin n’inspirent pas vraiment la joie et la bonne humeur. Et que dire des légions de types désespérés qui noient leur chagrin, leur misère et leur colère dans la boisson ?
Le sergent en a suffisamment vu aujourd’hui pour savoir que Nar Shaddaa est une vaste prison à ciel ouvert. Ou presque… Car il est vrai que la plupart des habitants ne voient pas la lumière du jour, résidant dans les tréfonds de l’immense ville. Quoi qu’il en soit, les beaux établissements de jeux et de plaisirs des quartiers huppés ne sont qu’une distraction pour couvrir la misère et la corruption qui règnent en maître en ce bas monde. Il suffit de foutre les pieds dans les taudis qui gangrènent la surface de la lune pour avoir un aperçu général de la vie telle qu’elle est réellement sous le jour du cartel des Hutts et des organisations criminelles qui leur paie tribut.
Valen Tyne invite ses deux comparses du jour à entrer au sein de cette énième cantina, la dernière de la longue liste d’endroits infâmes visités semble-t-il. La petite bande se fraie un chemin entre les tables occupées par des ouvriers peu bavards et autres manutentionnaires fourbus de fatigue, respire les vapeurs toxiques de quelques aliens fumant la pipe puis se dirige vers une alcôve où l’enquêteur reconnaît son contact. Le fameux “copain” du détective privé est un type obèse et imposant, au crâne chauve couvert de rides et dont la mine pataude lui donne un air peu malin. Les quelques accessoires de soudage accrochés à sa tenue d’ouvrier couverte de cambouis donnent des indications sur son boulot. Il s’agit d’un métallurgiste et à en juger la tronche qu’il tire il semblerait bien que son métier soit des plus pénibles.
Le regard éteint et fatigué du bougre semble soudainement s’illuminer lorsqu’il voit qui se pointe à sa table. Il écarquille les yeux, se met à sourire.
- Nom d’un Bantha ! Ricky ! Deux mois sans nouvelle… Je te croyais mort.
- Ah ! Ne m’en parle pas. Surtout qu’il y a un fond de vérité là-dedans. On m’a “réquisitionné” pour faire de la maintenance dans la ville morte. Pas eu mon mot à dire, comme tu te doutes bien.
Un vilain mensonge qui semble toutefois prendre auprès du contact. L’homme ne se pose pas de question, croit sur parole le vieux “Rick”.
- Tous des raclures ces enfoirés de bureaucrates. Soupire le bougre, reniflant bruyamment.
- J’te fais pas dire. Presque pire que ces salopards du cartel… Quoi que… Vu qu’ils bossent pour eux, ça revient au même.
La remarque fait rire le métallurgiste. Son regard se tourne vers les deux acolytes de l’enquêteur travaillant sous couverture.
- Des amis à toi ?
- Ouaip. Tout droit tirés des tréfonds de la ville morte. Ne fais pas attention à leur tronche cadavérique… Quand on côtoie les morts de trop près, on finit par leur ressembler. Enfin c’est ce qui se dit apparemment.
- Et tu t’es dis que ce serait une bonne idée de leur faire prendre l’air dans le secteur 340-NJ. T’es quand même un sacré tordu ! Répond le gars en riant de bon cœur.
- Bah quoi ? Y’a quand même une nette amélioration… Passer de la ville morte à la ville sanglante, c’est déjà pas mal. Et qui sait ? Peut-être que dans quelques années, on pourra les envoyer près des étoiles dans les beaux quartiers.
- Ah ! J’avais oublié à quel point tu pouvais être moqueur… Mais venez donc vous installer à ma table. Restez pas plantés là comme des glandus.
Les trois comparses s’installent donc sur la banquette, Riggs se tenant toutefois en bout de table afin de pouvoir surveiller discrètement le va-et-vient des clients. L’imposant (et non pas moins obèse) métallurgiste commande à boire. Et lorsque les boissons sont finalement distribués, l’homme trinque avec son vieux copain et ses nouvelles connaissances.
- Bon alors, quoi de neuf Ricky ?
- Pas grand chose… Que ce soit ici ou ailleurs, le travail est toujours aussi pourri. Et toi ? Toujours fasciné par ces histoires de vaisseaux fantômes ?
- M’en parle pas ! J’ai dû arrêter de fouiner… Trop risqué.
- Bah ça alors… J’me souvenais pas que t’étais aussi trouillard ! Depuis quand t’es devenu superstitieux ?
- Pfff. T’es con. C’est pas ça… L’ouvrier s’enfile une rasade d’alcool. Tu te souviens de mon cousin Iven ?
- Le mécano qui travaille dans les chantiers navals du cartel ?
- Tout juste. L’homme se penche en avant, s’assure que personne d’autre n’écoute autour d’eux et chuchote. Il m’a révélé un jour que des types mystérieux ont pris possession de plusieurs quais des chantiers navals… Ils ont commencé à recruter parmi les ouvriers du coin, à faire l’acquisition d’entrepôts et de hangars… Des dizaines de soldats armés se sont soudainement mis à apparaître. Des gars en armure noire, peu loquaces… Certains particulièrement imposants d’ailleurs, presque… Monstrueux. Différents. Enfin c’est ce que mon cousin a dit.
- Je vois. Tes fantômes ont donc un semblant d’existence.
- Eh ! Qu’est-ce que tu crois. J’ai beau picoler comme un trou, je sais encore ce que je raconte. Répond l’autre, sirotant une nouvelle gorgée d’alcool. Ils sont venus réquisitionner mon cousin un jour… Il a dû bosser sur des modèles TIE comme plusieurs de ses collègues. Boulot bien payé mais sacrément épuisant. Peu de pauses, des nuits courtes, des gardes impitoyables qui jouent avec leurs nerfs, un employeur inconnu, des tas de règles à suivre… Bref, pas la joie quoi. Quelques-uns de ses camarades ont cherché à en savoir plus sur la provenance des appareils et sur les origines de ces soldats et de leur patron. On ne les a plus jamais revu.
- Sacrée histoire. Et ton cousin ?
- Il est venu y’a quoi… Deux semaines ? Pour me parler d’un truc. Il était bizarre… Du style paranoïaque, à me dire qu’il était suivi, surveillé, mis sur écoute par des types. Je ne l’ai pas cru au début mais…
Riggs remarque du mouvement dans la cantina. Plusieurs hommes entrent en silence dans l’établissement, vêtus d’habits civils et de tenues d’ouvriers. Mais ils n’ont ni la carrure ni même l’attitude de travailleurs épuisés par une journée de dur labeur. Le sergent glisse une main sous la table, ses doigts venant doucement effleurer la poignée de son blaster. Il les observe faire le tour des clients puis en surprend un échanger un signe de tête avec un type installé au comptoir. Le bougre pointe discrètement d’un geste vif de la main le sous-officier et ses compagnons.
Plusieurs blasters sont dégainés. Et Riggs comprend désormais ce qu’il se passe.
- Couchez vous ! Embuscade ! Hurle le soldat alors que les premières salves de blaster sont tirées dans leur direction.
Les traits laser viennent s’écraser contre le mur ou le mobilier en -
Post n°16
Auteur : Hivernuscrépitant. Valen Tyne se glisse sous la table pour éviter les tirs, le sergent préférant pour sa part se jeter par terre en se saisissant de son propre blaster pour riposter. Le contact du détective n’a pas le temps de réagir correctement. Plusieurs tirs viennent lui transpercer la couenne avant qu’il ne puisse comprendre ce qu’il se passe et il s’écroule lourdement sur sa banquette, mort.
Un vent de panique se propage rapidement dans la cantina, les clients se ruant vers la sortie ou cherchant un abri alors que les traits laser se mettent à fuser de toute part. Dans ce chaos, difficile de distinguer ceux qui sont hostiles de ceux qui ne le sont pas. Les silhouettes se mêlent les unes aux autres, les corps commencent à tomber ici et là, le mobilier est par endroit fracassé ou renversé… Au milieu de la confusion, le cyborg et le sergent parviennent à rallier le comptoir, s’en servant comme d’une barricade de fortune.
- Où est la Jedi ? Demande alors l’enquêteur, baissant la tête en voyant les tirs fuser autour de lui.
- Aucune foutue idée ! Je l’ai perdu de vue ! Soupire le sous-officier, cherchant à évaluer les risques. Ces enfoirés sont bien entraînés. Je n’arrive pas à les voir mais j’en ai compté au moins cinq avant qu’ils ne se mettent à nous canarder la tronche.
- Alors ces histoires de revenants sont vraies hein…
- Faut croire que oui et il semblerait bien que nos fantômes tiennent à le rester !
Riggs et Tyne sont comme deux cons, blasters en main, planqués derrière le comptoir en attendant qu’une occasion se présente pour riposter. Si ces gars sont des pro’, pas la peine de prendre le risque de se faire flinguer pour rien. Malgré lui, l’Impérial se surprend à s'inquiéter pour Kryann. Où est donc passée cette foutue padawan ? -
Post n°17
Auteur : KryannValen Tyne ne lui inspirait pas confiance. Sinon, pourquoi aurait-elle proposé à un homme, un impérial, de l’accompagner ? Sans doute pas par pure envie de compagnie ou de resserrer les liens. La Cathar était indéfectiblement, inéluctablement solitaire, et se faire ainsi escorter par un représentant d’une force galactique n’était pas pour lui plaire. Mais les paroles de son Maître restaient vivaces dans son esprit : faire profil bas, faire montre de diplomatie et d’ouverture d’esprit, se montrer coopératifs et à l’initiative d’un rapprochement. Autant d’arguments qu’elle avait bien du mal à entendre. La petite compagnie ne manquerait pas d’une certaine ironie, voire de satire…
En voyant Riggs hésiter, elle n’a pas de mal à comprendre. Il ne lui fait pas plus confiance que l’inverse ? Peut-on réellement lui donner tort ? Les Impériaux sont presque élevés à haïr la Force et leurs utilisateurs, il l’a vue brandir son arme et il a pu voir ses comportements. Fantastique duo qui se hait et travaille ensemble par pur opportunisme. Les voies de la Force étaient décidément bien obscures parfois. Cependant, le vague entrain que peut ressentir la padawan est vite douché par la question naïve du sous-officier. Nar Shaddaa n’était pas un nid à ennuis, c’était le nid à ennuis ultime, celui dans lequel on ne se vautrait pas par choix. Aussi, quand Tyne énonce les diverses menaces et types de malfrats existants, cela tire un sourire sarcastique à la Jedi qui a déjà vu tout cela, et même pire.
Le petit trio fait vite s’effacer le sourire, cependant. Un signe de tête pour son Maître, qui acquiesce en retour, et vogue la galère. Galère magnifiquement illustrée par Riggs qui ne manque pas d’agrémenter l’aller d’une anecdote de son cru. Il y avait quelque chose d’étrange à l’écouter ainsi. Pour Kryann, tous les Impériaux sont les mêmes, et savoir qu’ils peuvent se tirer dans les pattes eux aussi, comme ça lui était arrivé au Sanctuaire était une sorte d’épiphanie inattendue. Non pas que cela le rende nettement plus sympathique, mais au moins plus… vivant. Moins suspendus par les fils d’un marionnettiste. D’autant que l’histoire en elle-même, si elle manquait quelque peu de panache et de rebondissement, avait le mérite d’éclairer sur la vacuité de leur condition de stormtrooper. Pour autant, elle ne se joint pas aux rires.
Kryann se montre peu active de fait, silencieuse, même mutique, se contentant d’écouter les racontars de la lune des contrebandiers. Tout ces bouges ont la même identité : un nom étrange et peu racoleur, une clientèle fade, maussade et violente, et un goût de misère. Et pourtant, c’est tout juste si elle ne se crispe pas un peu plus à chaque pas. Tant de vies, tant de destins se croisent ici, pour la plupart misérables et funestes, mais certains bien plus impressionnants, anciens et presque oubliés de tous… La Force était omniprésente, gênant considérablement les sensations de la Cathar qui pourtant fait mine de rien et avance mécaniquement, de bar en bar et d’histoire en histoire… Sans vraiment trouver quoi que ce soit d’intéressant. Mais Valen Tyne semble tenir à son salaire et à sa réputation.
Le dernier pub est comme les autres. Même clientèle, mêmes regards, même désintérêt pour la vie, même sensation qu’y mettre le feu serait rendre service à beaucoup de monde. Mais elle continue de suivre le mouvement, de ne pas faire de vagues. C’est ce qu’on lui a demandé, et elle s’exécute. L’énorme type au crâne dégarni est encore plus… misérable que les autres. Il devrait même inspirer de la pitié à la Jedi, mais elle n’y parvenait décidément pas. Heureusement que le masque à oxygène sur son visage masquait son rictus...
Mais cette fois, la discussion prenait une tournure intéressante. Si, à nouveau, Kryann ne participait pas, laissant une oreille attentive alors que son regard se promenait sur la salle, elle était tout de même intéressée. Bien sûr, c’était maigre au possible, et tout cela ne les emmenait que dans une nouvelle impasse, au final, mais au moins avaient ils quelque chose à rechercher. Des hommes mutiques en armure noire, des disparitions, des entrepôts secrets… Enfin quelque chose qui attisait la curiosité de la Cathar. Malheureusement, elle ne pouvait pas planter là ses acolytes et encore moins leur dire de se lever pour aller voir immédiatement. Il lui faudrait prendre son mal en patience. Juste avant de se rendre compte que l’agitation tant attendue vient d’entrer dans la pièce.
Lorsque Riggs hurle, Kryann est presque debout. Son instinct lui ayant hurlé de se méfier, elle était déjà prête à se jeter sur le côté. Bien lui en prit puisque les traits lasers vinrent à la fois frapper sa position et le contact de Valen Tyne. Inutile d’espérer quoi que ce soit pour lui, il était probablement mort avant que son corps ne heurte la table. Tant pis, c’était trop tard, heureusement qu’il avait pu donner les informations avant de s’effondrer. De toute façon, elle n’aurait rien pu faire. Tirer son sabre et le montrer à la vue de tous, c’était se suicider et se retrouver la cible de tous. Le chaos est son allié à cet instant, avec tout ces civils qui courent, qui tombent les uns sur les autres, s’écrasent pour être les premiers à sortir, et meurent sous les lasers des intrus qui ne semblent pas choqués à l’idée de faire des victimes civiles.
Kryann n’était pourtant pas la Jedi la plus empathique, loin de là. Pire, elle abhorrait cette planète et ses habitants, cautions malgré eux d’un système qu’elle vomissait et haïssait. Trop d’années passées au service d’un Hutt, esclave d’envies inavouables et violentes. Mais l’enseignement de Sarina avait laissé des marques profondes dans le coeur de la Cathar, et son sang ne fait qu’un tour en voyant le massacre. Le regard vide d’un Rodien mort croise le sien et lui fait serrer les dents, la décidant enfin à agir. Sa nature profonde lui intimait pourtant de rester cachée, de se couvrir les oreilles et d’attendre que le déluge de feu et de plasma ne passe. Mais cette fois, elle ne pouvait pas rester cacher. Les leçons étaient trop ancrées en elle pour qu’elle laisse passer cela.
Bien sûr, il était hors de question de brandir son sabre. La lame rouge la cataloguerait automatiquement comme ennemie que ce soit dans le bar, aux yeux de Tyne si il avait survécu, et même du reste du quartier. Comme toujours, les exactions Sith restaient dans la mémoire collective, comme une pensée primitive égale à la peur du noir. Alors il faudrait se débrouiller au maximum sans son arme. Ses oreilles sensibles pouvaient déjà entendre les armes enchaîner les tirs, à des cadences qu’elle parvenait à définir au bruit. Cinq bien distinctes, signe à la fois d’une hétérogénéité de la troupe et d’un certain professionnalisme. Sans doute étaient-elles même modifiées ? Il suffisait d’attendre le bon moment…
A l’affût, Kryann n’attendait qu’une chose. Le bruit d’une arme qui s’enraye, déchargée entièrement, un mouvement, peu importe. N’importe quoi qui romprait la routine des tirs. Son coeur battait la chamade dans sa poitrine, elle ferma les yeux un instant. La Force. La Force l’accompagnait. Puis d’un coup, l’absence de bruit. Immédiatement, les genoux se plient et Kryann saute de derrière le comptoir. D’un geste vif, elle déboucle sa cape et atterrit devant l’un des hommes en train de tirer. La cape s’enroule autour de l’arme, le laissant pantois un instant. Une seconde, une seconde de trop. Le poing de la Jedi s’abat sur sa gorge, coupant sa respiration, alors que son genou remonte brutalement, lui assénant une béquille pour le forcer à ployer. Enfin, dans un mouvement fluide et brutal, elle l’achève d’un coup de pied retourné à la tempe. En à peine quelques secondes, l’homme est à terre, et Kryann est au coeur de la mêlée, prête à se battre.
Bien sûr, les hommes étaient des professionnels. C’était loin d’être leur première excursion, et ils avaient l’habitude de la résistance, et ce n’était pas une petite étrangère qui leur tiendrait tête. Immédiatement, deux d’entre eux se jettent sur elle pour l’attraper, un brin trop tard. D’un mouvement acrobatique, la disciple du Shien se dérobe à l’embuscade, atterrissant un peu plus loin. Sans perdre de temps, elle invoque la Force, faisant usage de tous les débris de verre, de table et de déchets qui jonchaient le sol, les faisant léviter avant de les projeter brutalement vers ses ennemis. Les éclats se plantent dans les vêtements, les chairs, lacèrent et blessent, tirant des cris de douleur et de surprise.
Ce qui aurait été suffisant face à des amateurs ne l’étaient pas. Passée l’étonnement, les hommes épaulent leurs armes. A nouveau un brin trop tard, ils commencent à canarder la position de la Cathar qui file à nouveau comme le vent. Pour ceux qui n’ont jamais eu l’occasion de voir un Jedi à l’oeuvre, le spectacle est stupéfiant. Tout en courant, bouteilles, chaises et verres volent à nouveau vers les hommes, les obligeant à mal viser, à esquiver, les réduisant à l’état de pantin, et surtout, vidant leurs chargeurs. Au moment où une arme s’arrête de cracher son feu mortel, Kryann change brusquement de direction. A nouveau, elle saute, glisse, et vient envoyer un spectaculaire coup de pied dans les parties intimes de l’homme désormais doublement désarmé, avant d’utiliser un plateau attrapé plus tôt pour l’assommer.
La Jedi reste insaisissable. Les trois hommes restants ont beau essayer encore et encore, tirant ou tentant de l’attraper, la Cathar se dérobe encore et encore, rien ne semble pouvoir l’arrêter. Pourtant, en réalité et comme toujours, elle commence déjà à s’épuiser. Les combats long ne sont jamais son fort, payant là sa faible constitution. Elle tire la langue, et se retrouve contrainte de s’arrêter, perdant là son unique avantage, sa vitesse et son temps d’avance. Immédiatement, un trait de blaster la prend à l’épaule et la fait basculer par dessus le comptoir, écrasant bouteilles et verres.
Son épaule la brûlait atrocement, faisant monter les larmes aux yeux. Elle souffrait visiblement, sur le sol jonché d'éclats de bouteilles et de verres brisés, la forçant à la tenir. La blessure avait beau être superficielle, l'éclair de douleur était suffisant pour sonner la Cathar pas du tout habituée à ce genre de situations. La douleur la transperçait, et lui faisait perdre à moitié la tête. Elle serrait les dents, son épaule de sa main, en essayant de se redresser. Mais une voix s'agitait à nouveau dans sa tête.
Pitoyable... Alors que tu pourrais simplement profiter d'enseignements supérieurs, avec lesquels tu n'aurais même pas eu à te fatiguer... C'est pourtant si simple, mais non, tu choisis de te rendre la vie difficile, sombre idiote.
Il ne fallait pas grand chose à Kryann. L'adrénaline du combat, la déception d'être touchée, la douleur qui la faisait tressailler, et finalement la provocation la fit craquer. Avec un cri de rage, elle surgit à novueau de derrière le comptoir, et de ses doigts jaillirent des éclairs bleus de Force qui vinrent tout à la fois toucher ses ennemis qui ne s'y attendaient clairement pas, et le reste du mobilier. La tempête qu'elle déchaînait dans le bar était suffisamment violente et aléatoire pour ne rien épargner, si ce n'était Riggs et Tyne, toujours planqués dans l'attente d'une ouverture. Les étrangers valsèrent contre les murs, leurs nuques faisant des angles bizarres, leurs corps tressautant encore un moment alors que le silence retombait.
Rien ne venait plus briser le silence sinon la respiration lourde de la Cathar qui grinçait des dents. La main à nouveau plaquée sur son épaule douloureuse, elle se dirigea vers ls types, dans l'espoir sans doute vain de trouver quelque trace d'identité ou d'appartenance à un groupe. Qui avait bien pu les suivre jusque ici ? Etaient-ils seulement là pour eux, ou bien pour le contact de Valen Tyne qui reposait désormais dans sa graisse ? Elle ôta finalement sa main de sa blessure en se rendant compte que ça ne servait à rien, pour retourner l'homme qu'elle avait assommé. Il était encore vivant. C'était un bon point.
Ses yeux se relevèrent vers Riggs, croisant son regard un instant.
-Celui-ci est encore en vie, on peut attendre qu’il se réveille ou l’emmener. Les autres ne causeront plus de problèmes.
Tout en parlant, elle analyse le corps, cherchant un quelconque indice, n’importe quel signe qui pourrait signifier une quelconque allégeance. Pas d’uniforme, pas d’arme typique, pas de papiers non plus évidemment. C’eut été trop simple. Sa main vint frotter sa nuque alors qu’elle grimaçait à nouveau, lorsque son œil fut attiré par l’un de ceux qui avaient été frappés par la foudre. Ses vêtements avaient brûlés à certains endroits, laissant de larges pans de sa peau à l’air libre. Et sur celle-ci, à la base du cou, se trouvait un signe. Un serpent se mordant la queue. Kryann se rapprocha, intriguée.
-Venez voir. Celui-ci a un… on dirait un tatouage, mais sans encre. Comme si il était gravé à même les peaux.
Elle laissa Riggs analyser ça, peut-être avait-il plus de connaissances qu’elle, et elle se dirigea vers les autres. Rien. Sans doute un marquage tribal, une fantaisie de l’homme alors ? Mais ça lui semblait étrange. Les modifications corporelles de ce type étaient plutôt rares, et souvent ostentatoires, finalement. Le cacher ainsi sous un vêtement ? Son esprit lui soufflait que quelque chose pouvait avoir une importance.
Toute à sa réflexion, ses pas la conduisirent dehors. Un X-34 trônait dehors, sans doute le véhicule de leurs assaillants, et également la cible de nombreuses convoitises. C’était leur porte de sortie. A nouveau, elle s’engouffra à l’intérieur.
-Vite, venez. Emportez celui en vie, nous devons le faire parler. Il y a un landspeeder dehors, je vous conduis.
Et ce qui fut dit, fut fait. Forte de son expérience sur son propre vaisseau, Kryann se montrait habile au pilotage, s’engouffrait dans les ruelles les plus escarpées possibles pour échapper à la vigilance d’un patrouilleur qui les aurait pris en chasse. L’expérience n’était clairement pas des plus agréables, d’autant plus qu’elle sentait le regard des deux autres sur elle... -
Post n°18
Auteur : HivernusRiggs ne sait pas ce qui l’inquiète le plus… Il faut dire qu’entre ces mystérieux assaillants qui veulent leur faire la peau et la Cathar qui les transperce de débris de verre et d’éclairs, il y a de quoi se faire du mouron. A ses côtés, Valen Tyne ne dit rien. Il se contente d'assister, curieux mais également stupéfait, à cet impressionnant étalage de pouvoir. Les deux compères comprennent qu’il serait bien stupide de chercher les noises à la Jedi et au fond, cette neutralisation brutale des agresseurs, aussi bénéfique soit-elle, ne fait que renforcer la méfiance naturelle que le sergent peut avoir pour ceux et celles qui maîtrisent les mystères de la Force… D’autant plus qu’il ne se souvient pas d’une telle démonstration de force sur le destroyer maudit. Il ne sait pas encore s’il doit garder ça pour lui ou partager ses craintes avec son supérieur mais il s’admet plus chanceux d’être dans le “bon” camp.
Après tout, il n’aimerait pas se faire embrocher la panse par des dizaines d’éclats de verre ou se faire exploser la tronche par une tempête d’éclairs, ça non. Ce ne sont pas les cadavres de ces énigmatiques attaquantes qui diront le contraire.
Quoi qu’il en soit, la dynamique au sein du groupe semble soudainement changer. Kryann, qui s’était contentée jusque-là de suivre le mouvement sans broncher, se retrouve maintenant à mener la troupe. Et puisqu’elle vient d’impressionner les deux hommes de la façon la plus spectaculaire qui soit, ces derniers ne trouvent pas le courage (ou la volonté) de remettre en question le caractère entreprenant de la Cathar.
Riggs se contente donc de ligoter leur nouveau prisonnier tandis que Valen Tyne, en bon détective privé, s’arrange pour sortir de sa besace un appareil pour prendre plusieurs photos de ce mystérieux tatouage repéré par la Jedi. Lorsque l’Impérial les rejoint finalement, il semble perplexe.
- Un serpent hein… Cela ne me dit rien, à première vue. Mais ça pourrait être un signe d’appartenance à une unité militaire ou bien le symbole distinctif d’un gang. Peut-être même l'emblème d'une secte. Tyne, vous avez connaissance de groupes basés sur Nar Shaddaa ayant un rapport quelconque avec le serpent ?
- Pas vraiment non. Je vais demander à Kephesh de faire une recherche avec les clichés que je viens de prendre. Il pourra peut-être nous éclairer sur ces gens-là. Répond l’enquêteur, examinant les dépouilles avec l’oeil affuté d’un expert. Mais ce qui est certain, c’est que ce sont des professionnels, vous aviez raison sur ce point, sergent.
Il pointe du doigt différents équipements utilisés par les assaillants que la padawan vient de refroidir abruptement.
- Vestes tactiques dissimulées sous les manteaux, appareils de communication avec fréquences cryptées et… Ce que je préfère. Le cyborg pose la main sur un blaster, un sourire aux lèvres. Un SE-14r. Du bon vieux matos impérial comme on aime. Et pas de la première jeunesse à ce que je vois. Il a dû servir un tas de fois. J’ai remarqué un E-11 sur le gars du fond. Et l’autre, à côté, avait un DH-17. Que du flingue du militaire… Ce qui me laisse penser que…
- Que nos types sont des soldats ou d’anciens soldats ?
- Tout juste.
Ils n’ont pas le temps d’aller plus loin dans leur réflexion, Kryann revenant soudainement vers eux pour leur indiquer qu’il est temps de partir. Elle n’a pas complètement tort. Au vu du carnage, il y a fort à parier que les forces de sécurité du Cartel sont déjà en chemin. Et il se peut qu’un autre commando d’assassins se lance à leurs trousses. Se tirer de cet endroit de malheur est donc une excellente idée mais Riggs et Tyne savent tous deux que les ennuis les poursuivront où qu’ils soient. Cette mystérieuse attaque n’est pas le fruit du hasard et tant qu’ils n’auront pas tiré au clair cette histoire de fantômes, il est plus que probable qu’on cherchera à les faire taire.
Les deux lascars emportent donc leur prisonnier à bout de bras, suivant la Cathar sans se poser de question. Ils embarquent à bord d’un transport, très certainement volé, puis se laissent conduire par la Jedi. S’ils n’osent pas aborder le sujet de peur de voir la padawan se fâcher, les compères se demandent toutefois si elle conduit comme elle combat : en adoptant une approche frontale. La réponse arrive rapidement. Si elle fait preuve d’une grande habileté au volant de son véhicule, Kryann manque par endroit d’emboutir une poubelle, l’angle d’un bâtiment ou un panneau quelconque. Ses réflexes sont néanmoins impressionnants et Riggs, peu habitué à ce genre de conduite extrême, commence à se sentir malade. L’estomac retourné par les secousses et les virages serrés, le soldat tient toutefois bon afin de ne pas perdre la face.
- Il y a un commerce pas loin d’ici qui pourrait servir de planque le temps que les choses se tassent. Son proprio’ me doit un service alors il ne dira rien si on se pointe dans sa boutique avec un gars saucissonné comme un bout de viande. Indique le détective privé en insérant les coordonnées de l’établissement dans la console de bord. Cela nous laissera le temps de voir si notre copain tueur a des choses de valeur sur lui… Et nous évitera d’avoir à compromettre la sécurité de nos camarades en ramenant à la maison un type dont on ne sait rien.
Le sergent, luttant pour ne pas vomir, se contente d’acquiescer en silence. Il semble d’accord avec la proposition du cyborg. Autant éviter de ramener les ennuis chez Tyne. D’autant plus qu’avec Doll et Himron dans les vapes, une équipe de tueurs professionnels aurait vite fait de foutre un sacré bordel. Tout le monde étant d’accord sur la marche à suivre, le landspeeder fonce vers la nouvelle destination. La boutique n’est qu’à quelques rues de la cantina, idéalement située dans une rue qui semble peu fréquentée à cette heure.
La devanture du commerce ne paie pas de mine. La vitrine expose quelques vieilles bricoles poussiéreuses, la peinture de la façade semble se détacher par endroits et l’enseigne lumineuse a très clairement perdu de son éclat d’antan. C’est l’avantage des vieux établissements du genre… Ils semblent tellement insignifiants qu’ils n’attirent pas l’attention sur eux. De tels endroits sont donc idéals pour conduire des affaires louches, rencontrer des gens plus que douteux ou mener diverses activités requérant une certaine discrétion comme c’est le cas aujourd’hui.
Le propriétaire ne semble pas vraiment surpris lorsque Valen Tyne et ses compagnons débarquent dans sa boutique avec un corps inconscient dans les bras. L’homme, un vieux gaillard maigrichon à la barbe hirsute et au regard perçant, se contente de sourire en voyant le détective privé s’introduire dans son commerce en traînant dans son sillage camarades étranges et colis suspect.
- Les vieilles habitudes ne changent pas à ce que je vois… La pièce du fond est libre, Rick. Lance le ferrailleur, occupé à brosser plusieurs morceaux d’un blaster démonté. A l’occasion, si tu pouvais venir jeter un coup d'œil à la chaudière… Je crois qu'il y a un problème de tuyau percé ou de diffusion de chaleur. J'en sais trop rien à vrai dire.
- Je m’en occuperai dès que je peux, Sid. T’en fais pas.
Le vieux commerçant lâche une sorte de ronflement moqueur qui s’apparente à une affirmation, laissant la bande passer derrière le comptoir avec son chargement encombrant. Le cyborg conduit ses acolytes dans un couloir, puis vers la fameuse pièce du fond qui s’avère être une grande réserve où différents objets sont entreposés sur de grandes étagères. L’enquêteur apporte une chaise sur laquelle Riggs s’empresse déjà de ligoter le prisonnier.
- On a pas encore vérifié s’il avait un tatouage comme son copain. Sergent, vous vous en occupez ? Je dois m’absenter deux minutes pour faire part de nos découvertes à Kephesh, histoire qu’il ne s’inquiète pas et qu’il commence à chercher des info’ de son côté.
Valen Tyne se dirige vers la sortie puis s’arrête sur le seuil, se retournant en souriant doucement.
- Oh j’oubliais… Essayez de voir s’il n’a pas un traceur sur lui. Ou une connerie du genre. Manquerait plus qu’on se fasse surprendre parce qu’on a pas été foutu de le fouiller correctement. Et je n'aimerai pas foutre le vieux Sid dans la merde.
La remarque arrache à l’Impérial un grognement sourd, sorte de réponse dépitée. Mais le détective a raison. Il ne faut pas laisser de côté la menace que représente un potentiel traceur. Après s’être assuré que le survivant du mystérieux commando soit bien attaché à la chaise, pieds et poings liés, Riggs entreprend de le fouiller minutieusement à la recherche de tout ce qui pourrait lui sembler dangereux ou suspect. Il arrache au prisonnier un comlink qu’il laisse allumé, histoire de surprendre une potentielle communication sur la fréquence que ces hommes utilisent, divers chargeurs de blasters et gadgets suspendus sur la veste tactique ainsi qu’un étrange stylo.
- Pas banal comme trouvaille. Je me demande bien à quoi ça peut servir…
Le sous-officier cherche ensuite une quelconque marque sur le corps du captif, tout tatouage ou motif de serpent qui pourrait créditer l’hypothèse selon laquelle il s’agit d’un emblème de groupe. Il finit bien par trouver une telle chose sur le poignet de l’individu. Un serpent se mordant la queue, comme celui que Kryann a pu observer sur le cadavre d’un de ses camarades.
- Bingo. Reste plus qu’à savoir à quoi correspond ce symbole.
Le sergent se tourne vers Kryann.
- Alors “Boss”, vous voulez qu’on lui secoue les branches pour le faire parler ? -
Post n°19
Auteur : KryannSi l’honnêteté avait du être la principale qualité de Kryann, elle aurait posé les mains sur les genoux et aurait demandé quelques minutes de pause, le temps de reprendre son souffle. Mais il n’y avait pas de temps à perdre, justement, et comme toujours depuis des mois, elle devait continuer, aller de l’avant, et ne surtout pas se laisser submerger par ses émotions ou par la situation. Alors quand elle les conduit, certes à sa manière, elle se contente de se laisser guider tout en écoutant ce qu’ils ont à dire. Le matériel militaire, c’est leur rayon, pas le sien. Un jour peut-être, à force de côtoyer ces énergumènes, mais pour l’heure, elle est bien incapable de comprendre. D’autant plus qu’à ses yeux, un blaster est un blaster : un ustensile destiné à faire des trous dans autrui.
D’ailleurs, les deux la regardent comme si elle pouvait les bouffer. Inutile de leur proposer de confirmer ou d’infirmer cette impression, qu’ils se tiennent à carreau et tout ira bien pour la Padawan qui n’a certes aucune idée de ce qu’elle est censée faire désormais. Toute cette histoire n’a absolument aucun sens, un vaisseau fantôme, un informateur tué quasiment à bout pourtant au moment le plus inopportun, des hommes armés comme du temps de l’Empire, et maintenant, un étrange tatouage qui ne lui rappelle rien malgré les innombrables livres qu’elle a pu engloutir lors de ses longues soirées en solitaire sur Endor.
Finalement, elle est bien contente de les voir faire. Valen Tyne offre un couvert, et Riggs se montre plutôt efficace, récupérant sur leur prisonnier un certain nombre d’ustensiles, aussi variés qu’incongrus. Le stylo notamment retient autant l’attention de Riggs que de Kryann qui le prend un instant entre ses doigts. Mais la technologie, à l’instar de la géopolitique, de l’empathie et de la compréhension humaine, lui échappe totalement, si bien qu’elle n’en tire absolument rien pour l’heure. Tout au plus rejoint-elle l’interrogation de Riggs, sans pourtant ajouter un mot. Celui-ci finit d’ailleurs par dévoiler le mystérieux serpent à nouveau. Une fois, c’est une coquetterie. Deux, c’est un schéma. Restait à comprendre. Mais rarement ont-ils été si flous.
-Restez derrière lui. Sait-on jamais, votre présence pourrait l’intimider, même sans armes pour le moment. Voyons ce que nous pouvons en tirer.
Elle ne sait pas du tout comment mener un interrogatoire, ce sera une première. Et alors, le pire, c’est qu’elle ne sait absolument pas ce qu’ils cherchent. Si au moins ils avaient un début du bout de la pelote à dérouler, alors elle pourrait appuyer là-dessus… Mais non, rien. Alors, quand leur victime se réveille, elle se contente de s’asseoir en face, et de lui parler quand il commence à s’agiter.
-Inutile de chercher à vous détacher ou à fuir, vous êtes actuellement attaché, en infériorité numérique. Mon ami derrière ne se le laissera pas dire deux fois.
Le type grommelle un borborygme inaudible dans sa barbe qui pourrait être n’importe quoi tant il ne s’applique pas.
-Commençons par le début. Savez-vous qui je suis ?
-Jedi…
Ce qui était autrefois un titre de respect sonne et claque désormais comme du venin dans la bouche de l’homme qui ne se contente pas de ça et crache même à la figure de la Cathar qui doit se mordre la joue pour ne pas le gifler en retour… Ou pire. Mais elle parvient à garder une once de sa dignité et s’essuie de la manche de ses vieux vêtements.
-En effet. Et, conformément aux légendes qui entourent les Jedi, je n’ai pas eu de mal à défaire votre petit groupe. Inutile de les chercher, ils sont morts. Alors, devons nous compter sur une potentielle entière disparition ? Qui êtes-vous ?
-Nous sommes légion…
La phrase est prononcée comme si ça devait avoir un effet, mais Kryann s’en moque. Elle est surtout à moitié mangée, comme si il avait bien du mal à se réveiller. Ce qui se comprendrait au vu des coups reçus. La Cathar doit à nouveau se retenir pour regarder Riggs et voir ce qu’il en pense. Ils auront bien le temps d’échanger d’ensuite, pour l’heure, elle garde ses yeux posés dans ceux du type attaché.
-Qu’est ce que je suis censée comprendre ?
-Légion. Si je tombe, un autre prend ma place.
Encore une phrase pleine de non-sens, pompeuse et sans doute tirée d’une dialectique censée être innovante et motivante. Kryann écoute, mais elle commence déjà à s’impatienter. Si Sarina était là, elle saurait, elle, quelles questions poser. Mais elle n’est pas là, et la Jedi ne va certainement pas se mettre en porte à faux en espérant que son Maître la sorte à nouveau de ce pétrin.
-Vous êtes nombreux ?
-Si je tombe, un autre prend ma place.
La réponse fait tiquer la Cathar. Ca lui rappelle ses jeunes années. Quand on lui répétait les mêmes phrases en boucle, encore et encore, de manière à lui faire oublier qui elle était. Elle avait failli sombrer, à l’époque, et il s’en était fallu de peu, en réalité.
-Le tatouage, que représente-t-il ?
-La connaissance et l’infini. Nous sommes légion.
-Quel est votre objectif ?
-La liberté. Penser et apprendre.
Cette fois, Kryann s’agace légèrement. Elle n’aime pas le ton de l’homme qui se veut hautain alors même qu’il est attaché et désarmé, pratiquement nu sur une chaise dans une boutique pourrie sur l’une des pires planètes de la Galaxie. Sa main se serre, et en même temps, elle sent la Force qui afflue en elle, elle entend les leçons qui lui reviennent. Avec finesse, elle commence à appuyer sur la trachée de l’homme qui tousse un peu et la regarde toujours.
-Je n’ai pas la patience de mes pairs. Pourquoi est-ce que vous nous avez attaqués ?
-Le serpent se défend… Lorsqu’il est attaqué.
A nouveau, une métaphore. Son discours était définitivement appris par coeur, recraché à l’envi, ce qui allait largement compliquer les choses par la suite. Comment apprendre quoi que ce soit d’un homme qui était bien trop lobotomisé pour penser par lui-même ? La chance ne leur avait pas souri et ils n’avaient pas tiré le bon lot… Sa main se crispe un peu plus et la pression s’accentue sur la gorge de l’homme.
-Mais nous n’avons attaqué personne. Alors, pourquoi ?
-Le… le serpent… se défend…
Sa respiration, pareille à un simple filet d’eau, devient de plus en plus difficile, et son visage commence à se tendre à mesure qu’il comprend l’influence de la Jedi sur lui. Peut-on réellement appeler Jedi un individu prêt à la torture ? Un vaste débat. Mais son efficacité semble à même de briser la glace.
-Les… Ils ont dit… Trop d’informations…
A ces mots, Kryann relâche immédiatement la pression avant de se relever et de tapoter la joue de son prisonnier, puis de faire signe à Riggs de la suivre, laissant l’homme dans le noir. Elle trouve un endroit isolé pour le sergent et elle, croisant les bras.
-Il semble prêt à nous partager des informations. J’ai choisi de laisser le doute s’instiller dans son esprit. Lui qui aime tant les serpents devrait apprécier le poison de la peur… Je vous propose d’échanger nos places, pour voir ce qu’il en fera, maintenant. Jusque là, j’admets que… je ne vois pas grand-chose en ressortir, si ce n’est qu’il fait partie d’une organisation qui me semble codifiée, notamment avec des comportements… d’esclavagistes. Bourrage de crâne et lavage de cerveau. A votre avis ? -
Post n°20
Auteur : HivernusRiggs se poste derrière le prisonnier, prêt à intervenir en cas de besoin. Les bras croisés sur la poitrine, l’homme écoute et observe l’échange entre la Cathar et le mystérieux assaillant qu’ils ont capturé. La Jedi pose des questions, cherche à comprendre qui il est, ce qu’il fait. L’autre se contente dans un premier temps de répondre de manière cryptique. Il semble prendre un malin plaisir à faire tourner en bourrique la padawan. Kryann perd rapidement patience.
En face, le bougre commence à tourner de l'œil, à manquer de souffle. Un étau invisible se resserre autour de sa gorge. Devant un tel usage de la Force, le sergent ne dit rien, ne bouge pas d’un pouce. Une fois encore, il s’estime bien heureux de ne pas être du mauvais côté… Mais s’inquiète tout de même en constatant l’étendue des pouvoirs de l’apprentie Jedi. Dans un coin de sa tête, le militaire en vient à se dire que les gars de l’ACTU ont raison d’être sur les nerfs face aux sensitifs, quels qu’ils soient. Il comprend mieux l’attitude méprisante du colonel Swedberg vis-à-vis des Jedi à présent et en vient à penser qu’il ferait mieux de redoubler de vigilance pour ne pas être pris de court. Après tout, on ne sait jamais ce qu’il peut se passer par la suite…
Quoi qu’il en soit, le prisonnier finit par céder à la pression. Il commence à parler. Et la Cathar décide de prendre à part le sergent afin de discuter de la suite. A défaut de lui faire complètement confiance, Riggs lui reconnaît une certaine efficacité.
- Hmm. Je ne suis pas encore certain de savoir à quoi on a affaire. On dirait une sorte de culte ou de secte paramilitaire. Mais je préfère encore garder mes réserves tant qu’on en sait pas plus.
Le sous-officier se frotte le menton, perplexe.
- Vu qu’on a une ouverture, je peux en effet essayer de lui tirer les vers du nez. En espérant qu'il ne parte pas complètement en vrille. S’il est bel et bien “programmé”, qui sait ce qui peut arriver ? Restez vigilante.
Impérial et Jedi échangent donc de place. C’est désormais au sergent de mener l’interrogatoire. Il prend le temps d’observer le type qui lui fait face, le détaillant de haut en bas. L’homme respire bruyamment, cherchant à récupérer son souffle après avoir été partiellement privé d’air. Des gouttes de sueur commencent à perler sur son front. Il est nerveux, ça se voit.
- Reprenons… Pour qui tu bosses ?
- Légion… Nous sommes Légion…
- Légion. C’est le nom de ton groupe ?
- Oui… Si je tombe, un autre prend ma place.
- Je vois. Qu’est-ce que vous branlez sur Nar Shaddaa ? Tu veux bien nous dire ?
Le captif refuse cette fois-ci de répondre. Il grimace, cherche visiblement à résister à l’étreinte invisible de la Jedi. L’Impérial n’insiste pas, de peur de voir le type d’en face se braquer pour de bon. Mieux vaut y aller petit à petit.
- Ok. Pas de problème. Sujet sensible hein ? Passons à autre chose alors. Qui sont ces hommes en noir ? Tu les connais ?
- Je… Je ne… sais… rien.
L’homme se penche en avant, serre les dents. Il lutte pour ne pas parler, balance la tête d’avant en arrière. Plusieurs gouttes de sueur tombent au sol.
- Tu ne sais rien ? Vraiment ?
- Le serpent… Le serpent se… défend.
Retour à la case départ. Ok. Nouvelle approche.
- Tu as un nom ?
- Mon nom n'a pas... d'importance. Je suis Légion... Si je tombe, un autre prend ma place.
- Je vois. Un bon petit soldat anonyme donc. Et ton chef ? Il est Légion lui aussi ?
- Nous… sommes… tous… Légion… Aaaargh. Gnnn. Hmpf.
Le prisonnier commence à trembler. Une larme coule le long de sa joue. Il suffoque, cherche à se débattre. Puis une ouverture se présente de nouveau lorsqu’il arrête de résister. Le captif laisse son corps se détendre, il penche la tête en avant, expirant bruyamment.
- Varan…
- Varan ? C’est le nom de ton supérieur ?
- Oui… L’homme esquisse l’ombre d’un sourire triste. Qui frappe les buissons… en fait sortir les… serpents.
Plusieurs larmes creusent des sillons sur les joues du mystérieux assaillant capturé. Il en vient à se mordiller l’intérieur de la joue. Puis soudain… Un craquement. Le bougre se met à trembler de plus belle. L’écume lui monte à la bouche alors qu’il se laisse balloter d’un côté sur l’autre par de violentes vagues de spasmes. Le temps que Riggs se lève de sa chaise pour lui porter assistance, il est déjà trop tard.
Le sergent prend le pouls puis lève la tête vers Kryann.
- Mort. Soupire le sous-officier. Cet enfoiré avait une capsule de cyanure dans la bouche et on a rien capté. Bordel… J’aurai dû le voir venir !
Valen Tyne choisit bien son moment pour revenir dans la pièce. Voyant le gars complètement inerte avec de l’écume aux lèvres et les têtes ignares de ses comparses, le cyborg comprend rapidement que le salopard s’est fait la malle. Comportement lâche ou sacrifice héroïque ? Question de point de vue. Quoi qu’il en soit, le prisonnier est mort et les réponses sont bien maigres…
- J’en conclus que notre ami n’a pas été des plus loquaces… Il a balancé des info’ au moins ? Demande le détective privé, presque dépité mais pas vraiment surpris.
- Pas grand chose. Il fait partie d’un groupe appelé “Légion” et son patron serait un certain “Varan”. Si on avait pas tenté de nous flinguer, j’aurai clairement pu prendre ça pour un début de fable foireuse.
- Hmm. Varan hein… Pas banal.
- Une idée derrière la tête ? Ça vous inspire quelque chose ?
- Peut-être bien… Il y a un type dans une cantina qui avait un tatouage de varan dans le cou… Est-ce au Puits Sinistre ou à l’Espoir Perdu qu’on l’a croisé ? Hmmm. Ah ! Définitivement le deuxième après réflexion.
- Et vous pensez que c’est une piste sérieuse à suivre ? Un pauvre tatouage que n’importe qui pourrait porter ? L’interroge le sergent, perplexe.
- C’est sûr que dit comme ça, ça peut paraître con. Valen Tyne se met à sourire bêtement, amusé. Mais ce type au tatouage de varan n’avait rien d’un gars ordinaire quand j’y pense. Il avait peut-être la dégaine d’un péquenaud mais un quelque chose de militaire dans l’attitude. Ce quelque chose, il essayait de le gommer comme s’il ne voulait pas qu’on s’en aperçoive. Un profil plus ou moins similaire aux longs manteaux que notre amie Jedi a plombé. Vous voyez ce que je veux dire ?
- C’est vrai qu’au vu des circonstances et des éléments… Ce n'est peut-être pas un hasard. Bon, admettons que ce type soit bien le Varan évoqué par notre cadavre, qu’est-ce qu’on fait ? Je doute qu’il soit resté bien au chaud dans sa cantina miteuse à attendre qu’on lui tombe dessus…
- Pas besoin d’aller le chercher… Il viendra à nous.
L’enquêteur marque un temps de pause, tirant de sa sacoche l’étrange stylo.
- Je n’ai pas plus d’info’ que vous concernant notre très sympathique organisation de tueurs et de comploteurs. Il n’y a rien sur les réseaux Holonet du coin à propos d’un culte lié au serpent ou d’une armée privée arborant ce reptile comme symbole. Et mes informateurs sont bien silencieux à ce sujet. Cependant, on a une carte à jouer avec ce petit joujou…
Le cyborg effectue plusieurs manipulations sur le stylo, un compartiment secret s’ouvrant afin de faire sortir une petite tige métallique.
- Vous voyez ? On peut écrire avec… Comme un vrai stylo. Mais également transmettre ou recevoir des instructions. Il suffit de se connecter à une borne Holo et le tour est joué. Valen Tyne lance l’objet à l’Impérial afin qu’il puisse l’observer de plus près.
- Ce genre de truc n’est pas commun. Du matériel d’espion ou de soldat des forces spéciales. Et je parie que ce qu’il y a dessus est encrypté. On ne pourra pas y accéder à moins d’avoir les bonnes accréditations.
- C’est plus que certain… Et c’est là tout l’intérêt. Ça veut dire qu’il y a des info’ très croustillantes à choper. Je connais quelques Fixers qui pourraient passer au travers de la sécurité et nous donner accès aux dossiers. Je vais demander à Kephesh de venir récupérer ce chouette gadget et le corps de notre copain. Il s’occupera de faire les commissions pendant qu’on s’occupe de secouer les puces à tête de varan. Le détective privé reprend le stylo entre ses mains. A ce qu’il paraît, on commence à poser des questions à notre sujet. La disparition de leur petit camarade semble faire remuer les longs manteaux. Avec un peu de chance, si on joue bien nos cartes, on peut conduire nos copains reptiles dans un piège et faire la lumière sur toute cette histoire en capturant leur chef.
Long silence. Il faut dire que ça fait beaucoup à prendre en considération. Riggs, en bon militaire, semble déjà réfléchir à toutes les éventualités. Il calcule les enjeux et les risques, détermine la logistique qu’une telle opération peut nécessiter… Finalement, il donne son avis.
- C’est… Risqué. D’autant plus qu’on se lancerait dans le vide. Si vous voulez mon avis, on ferait mieux de bien préparer notre coup. Trouver un lieu idéal pour une embuscade, acquérir du bon matos, rameuter des renforts… On risque toutefois de manquer de temps pour ça. Et une opération improvisée peut rapidement finir en bain de sang.
Le cyborg acquiesce en silence puis se tourne vers Kryann.
- La padawan a t-elle un avis à nous partager ? -
Post n°21
Auteur : KryannLes réponses du captif avaient laissé Kryann aussi troublée que sa mort soudaine. Si Riggs lui-même n’y avait pas pensé, elle ne risquait pas non plus d’avoir cette réflexion. Et cette manière de se suicider alors qu’elle sentait qu’ils allaient enfin briser quelque chose en lui, une vanne, une digue, qui leur permettrait d’avoir toutes les informations qu’ils cherchaient… Elle était en colère, contre elle-même, contre le mort, contre Riggs, contre la lune des contrebandiers. Rien n’allait décidément dans leur sens, et ce n’était pourtant pas faute d’essayer.
De quoi avait-il parlé, au final ? D’un serpent qui se défend, d’un supérieur nommé Varan… Et c’était à peu près tout. Riggs et Valen Tyne avaient très vite fait le tour des informations qu’ils avaient récolté. Ce qui aurait pu être une réelle ouverture se révélait être une impasse, et alors que ses deux compères d’infortune échangeaient, Kryann se passa la main sur les yeux. Dans quelle espèce de galère s’étaient-ils fourrés…
Les explications de Valen sur l’étrange stylo n’étaient pas beaucoup mieux puisqu’elles ne faisaient qu’ajouter une couche sur l’épais brouillard qui semblait les entourer et presque les étouffer. C’était réellement aberrant de se sentir aussi impuissante pour Kryann, dans une situation qui relevait plus de la mauvaise farce que de la réelle mission. Des gadgets improbables, des alliés de circonstance inhabituels et maintenant, un suicide en direct. Elle avait l’impression qu’elle allait devenir folle. Mais elle se devait de mettre de côté toutes ces pensées scabreuses pour essayer de réfléchir en même temps que les autres. Et de rejoindre l’optimisme de Valen pour la suite, plutôt que de suivre son propre pessimisme. Il semblait tout à fait certain de son coup concernant les données contenues sur le stylo, ce qui était effectivement un bon point, mais qui prendrait du temps à être déchiffré. Mais au moins, il proposait également de s’occuper de cette fichue couvée de reptiles. Ils avançaient. A l’aveugle, certes, mais ils avançaient.
Son regard se posait sur Riggs. A force, elle commençait à voir quand le sergent réfléchissait. Et en ce moment, c’était à plein régime. Le militaire avait passé l’interrogatoire les yeux posés sur elle, et ce n’était pas de l’admiration qu’elle y lisait. Bah, peu importe. Tant qu’il ne lui plantait pas un couteau dans le dos, il fallait avancer. Et elle avait besoin de ses ressources, tant elle en était dépourvue au-delà de ses propres forces. Les arguments qu’il avançait ne permettaient absolument pas de trancher instantanément. Les deux chemins qui s’ouvraient à eux étaient truffés de défauts et de pièges qui ne se contenteraient pas de mordiller leur cheville à la manière d’une couleuvre. On était plutôt sur la constriction d’un boa, ce qui ne plaisait pas à la padawan.
-A l’heure actuelle, et à moins d’un nouveau tour de passe-passe de votre part, Tyne, nous sommes réduits à la portion congrue. Deux Jedi, deux mercenaires et quelques soldats. Ce n’est pas rien, mais si nous sommes réellement face à une organisation aussi dangereuse que nous le pensons, c’est un aller simple pour ne faire qu’un avec la Force. D’un autre côté, ne rien faire serait le meilleur moyen soit de tomber dans un guet-apens par inattention, soit de perdre la piste de ces… cette Légion.
La main de la padawan passa sur sa nuque pendant qu’elle réfléchissait, massant lentement les muscles tendus de son cou. Une situation tout sauf idéale, quelle que soit la décision finale. Une approche directe ou rapide, ou prendre le temps de réunir les deux.
-S’en prendre frontalement à Varan me paraît être un quitte ou double bien difficile à assumer. Il suffirait d’un rien pour mettre le feu aux poudres, et même en cas de succès, nous savons qu’ils ont des moyens de se suicider. Mais je suis aussi de l’avis du Sergent, attendre des renforts serait bien trop long. Je pense qu’il faudra se contenter de ce que nous avons déjà. A moins que…
Elle s’arrêta d’un coup. A la fois son mouvement de la main et son flot de paroles qui avait plus pour objectif d’organiser ses pensées que de réellement donner une ligne directrice. Ses yeux se relevèrent vers le cyborg.
-Vous avez dit qu’on commençait à poser des questions à notre sujet. Nous sommes sur Nar Shaddaa. Les gens détestent les questions, sur Nar Shaddaa. Si nous voulons des renforts, c’est à ceux qui sont dérangés par Légion que nous devons nous adresser. Vous devriez pouvoir trouver ça dans votre réseau de contacts. Ce ne sont pas les candidats qui manquent. Chasseurs de primes gands, Trandoshans, Hutts, même un Toydarien agacé pourrait faire l’affaire. Si nous voulons mettre le feu aux poudres sans risquer de nous brûler, il faut que ce ne soit pas notre main qui guide la flammèche. Tyne, pouvez vous vous renseigner à ce sujet ?
Puis son regard s’orienta sur Riggs et elle lui fit un sourire. Et pour une fois, ce n’était pas mesquin. Ni arrogant. Ni carnassier. Non, c’était un vrai sourire, comme si une illumination venait de la prendre, et lui donnait un nouveau point de vue.
-Vous l’avez dit vous-même, sergent. Du matériel d’espion ou de forces spéciales. Ce n’est pas ça qui manque dans la Galaxie, mais cela réduit considérablement les pistes si nous considérons que notre homme était en bas de l’échelle. Cela veut dire que, d’une manière ou d’une autre, ils ont eu accès à du matériel militaire. La Galaxie est à couteaux tirés depuis plus de quinze ans maintenant, les stocks doivent être supervisés de près.
Elle désigna le stylo tenu par Tyne, et son sourire s’élargit quelque peu, rendant presque le visage de la Cathar agréable à regarder, si seulement ses yeux jaunes n’étaient pas aussi fixes.
-Et notre début de piste commence par cet objet. Il y a sûrement un fabriquant, un numéro de série, n’importe quoi qui permette de l’identifier à coup sûr. Notre porte d’entrée est celle-là. Et la seconde, c’est le Lieutenant Doll. Il est du BSI, c’est ce que vous disiez, non ? Si ces gens-là n’ont pas accès à ce genre d’informations, je ne vois pas qui dans l’Imperium pourrait. Sergent, si nous remontons la piste du matériel, nous tomberons à un moment ou un autre sur un nom, un manifeste de fret, un acheteur, n’importe quoi qui nous reliera aux serpents que nous cherchons. Ca ne devrait pas prendre tant de temps, je pense. Et cela nous permettra d’expliquer aux autres dans quelle panade nous nous sommes fourrés…
Le ton était nettement plus assuré et assumé. La Jedi coupait la poire en deux entre les propositions, et aménageait surtout du temps pour progresser et comprendre. Même si il était hypocrite de sa part de ne pas vouloir se jeter dans la gueule du loup, au vu de ses actions passées. Peut-être que l’on pourrait mettre cela sur une prise de conscience. C’était à souhaiter. Les bras croisés sous la poitrine, elle attendait surtout la réponse de ses deux compagnons d’infortune.