L'Enfer sur Terre
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Post n°1
Auteur : KryannNar Shaddaa. Parmi toutes les planètes de la Galaxie, celle-ci était bien la dernière sur laquelle Kryann avait envisagé de se poser un jour à nouveau. Trop de souvenirs y étaient attachés et aucun n’était bénéfique pour elle. Il y avait en elle une blessure qui ne demandait qu’à se rouvrir et à saigner à nouveau, malgré le temps passé et les cicatrices qui s’oubliaient. Physiquement, elle n’avait pas tant changé : toujours la même Cathar maigrichonne aux yeux farouches, au corps marqué par les fers. Rien ne pouvait réellement la soigner de ce côté. Alors que son esprit commençait lentement, lui, à se faire à l’idée d’un nouveau foyer, d’une nouvelle famille. Et même…
Ses yeux se posèrent sur la Savareen qui lisait tranquillement, assise sur le siège de copilote, alors que Kryann vérifiait avec les droïdes les systèmes annexes. Sarina était tout pour elle. Un Maître. Un guide. Et surtout, une… mère. Cela devenait de plus en plus difficile à contester, même pour un esprit aussi indépendant que celui de la Cathar. L’affection dont elle faisait preuve à son égard, malgré le Code Jedi. La rédemption qu’elle lui offrait sans aucune condition. L’accueil qu’elle avait eu, sans regard pour sa trahison. L’attention qu’elle lui offrait presque à chaque instant. Tout en Sarina reflétait l’amour filial qu’elle ressentait pour sa Padawan, un lien s’était formé entre elles, inexplicable au vu des circonstances et de ses actes, mais bien réel, et Kryann le ressentait enfin.
Malheureusement, les actes ne suivraient jamais les pensées, puisque l’alarme retentit. La sortie d’hyperespace automatique leur fit enfin découvrir la planète honnie, grisâtre, recouverte de cette jungle urbaine, sale et décrépie. Pendant les manœuvres d’approche, Sarina sourit à Kryann.
-Nous profiterons de notre présence ici pour approfondir tes connaissances sur la Force, Kryann. C’est un tout autre genre de forêt que celles que nous connaissons, mais il y a tout de même des similitudes qui pourraient te paraître étranges. La vie est tout aussi présente, le danger aussi. Pour l’heure, ne nous éloignons pas l’une de l’autre. J’ai donné rendez-vous à ce cher Himron dans un bar de ma connaissance, l’Enfer sur Terre. Le nom est certes charmant, mais l’ambiance est moins pire que ce que cela laisse présager, je te rassure.
Kryann se contenta d’un sourire. Timide, certes, mais franc. Comment pouvait-il en être autrement avec l’optimisme débordant de son maître ? Si elle n’était pas inquiète, alors autant ne pas être plus impérialiste que l’Imperium… Et c’était avec le même optimisme que les formalités douanières furent expédiées. Quelques crédits sous le manteau, un joli sourire et la bonne humeur de Sarina firent le travail. Kryann s’en étonna. Pas de remous, d’éclats de voix, de colère, c’était si… différent. Autour d’elles, c’était comme si une bulle de protection s’était installée, et ne pouvait plus jamais être enlevée. Proche de son Maître, la Cathar se sentait bien. Pourtant, elle pouvait sentir autour d’elles qu’il y avait eu ici d’innombrables crimes, des vies brisées sans un regard en arrière, des meurtres, des délits, tout ce que la Galaxie produisait de mauvais se retrouvait ici. Mais peu importait.
L’Enfer sur Terre n’en avait réellement que le nom. En réalité, l’intitulé n’était qu’un vestige du passé, lorsque le boui-boui avait du avoir, conséquence inattendue d’un concours de circonstances, une popularité de quelques semaines ou de quelques mois. Comme tout bar de Nar Shaddaa qui se respectait, il s’y croisait toute la fine fleur de la faune galactique, et il y avait eu un temps où des barons du crime s’y retrouvaient. Mais désormais, c’était un bouge de plus sans autre intérêt que celui de proposer des boissons peu chères ou un revendeur de bâtons de la mort, occasionnellement. Mais il restait plutôt animé, ce qui en faisait l’endroit parfait pour une rencontre officieuse. Suffisamment de monde pour se cacher, l’éternel groupe Bith qui harcelait les oreilles avec une musique atroce, une clientèle à peu près sage, l’idéal en somme. Le videur ne fit pas de manières pour laisser entrer la Cathar et la Savareen, tout au plus s’en fichait-il éperdument.
Assises sur une table un peu trop collante à leur goût, des boissons à la couleur et à l’odeur étranges qui ne seraient sans doute pas touchées, elles se distinguaient par leur comportement. Kryann était agitée, un peu nerveuse, rien de plus normal lorsqu’on rencontre un officiel de l’Imperium. Sarina, rompue à l’exercice, était détendue, dans la banquette, un bas le long de celle-ci, et masquait parfaitement le fait qu’elle était ouverte à la Force et totalement alerte. En fait, elle était la plus réceptive aux éventuels problèmes. Kryann était bien trop concentrée sur le bruit ambiant, sur ceux qui parlaient et riaient trop fort pour se rendre compte des éventuels problèmes. Mais personne ne faisait attention à elle, alors pourquoi s’inquiéter pour l’heure ? C’était un coup à souffrir deux fois. Alors que de l’autre côté de la table, crispée, Kryann se disait qu’elle aurait mieux fait d’emmener son HK…
-Bien, Kryann. Quelques petites choses avant que ce cher Himron n’arrive. Premièrement, comme beaucoup d’hommes de l’Imperium, il se méfie de nous. Jedi, Sith, cela n’a pas d’importance. Comme beaucoup, cela n’est qu’une question de philosophie, et on ne peut pas réellement lui donner tort. Ensuite, j’attends de toi que tu lui présentes des excuses. Ta disparition sur le croiseur lui a causé bien du souci avec sa hiérarchie… Et enfin, le sujet. Je suis curieuse de savoir l’attitude de l’Imperium après tout ça, et leurs envies. Quant à nous, il est sans doute temps de se révéler un peu plus aux yeux du monde. Nous verrons où cela nous mène. -
Post n°2
Auteur : Hivernus- Si j’avais su que je signais pour jouer les nourrices… J’aurai filé mon chemin.
- T’es sûr que c’est pas lui la nounou ? Après tout, il est là pour nous surveiller.
- Attends, t’as vu sa tronche ? Et ses manies ? Le gars est un boulet, ça se voit.
- Et surtout ça s’entend.
- C’est pas faux…
Installé dans un coin de la soute du vieux cargo qui les transporte, le capitaine Himron écoute d’une oreille distraite la discussion de ses camarades. La tête posée contre la cloison froide, l’homme ne prête pas vraiment attention à ce qui l’entoure. Seule une tape sur l’épaule semble le faire revenir à lui.
- Et vous capitaine, vous en pensez quoi ?
L’officier tourne la tête vers le sergent Riggs, visiblement perdu.
- Hmm ?
- Le lieutenant Doll…
- Ah…
Le regard du capitaine passe au-dessus des stormtroopers assis à ses côtés pour se poser sur la silhouette de l’enquêteur du terrible Bureau de la Sécurité Impériale. L’agent chasse machinalement les plis de sa tenue civile, se recoiffe ensuite devant un miroir dont la glace semble avoir bien vécu. Il prend une profonde inspiration, se donne du courage en répétant son rôle, son identité fictive. Doll cherche une intonation de voix pour donner du caractère à son nouveau personnage, se trouve une attitude différente. Il a des allures de comédien… Mais pas de bon comédien.
Sa posture est trop rigide. Il y a des relents d’autorité militaire dans son attitude et son apparence est trop soignée. Ses ongles sont propres, son visage parfaitement rasé. Ses habits sont tape-à-l'œil, peu adaptés à une mission qui requiert une certaine discrétion. Avec son chapeau de feutre, son long manteau et ses cheveux gommés, l’homme se donne des airs d’enquêteur privé issu des quartiers chics de Coruscant. Et son jeu d’acteur… Qu’en penser ? Horrible à souhait. A vomir. Le lieutenant est non seulement un odieux connard mais semble être en plus de cela un abruti fini. La belle affaire.
- Une cause perdue. Se contente de répondre Himron, un soupir aux lèvres. Tenez vous loin de lui si vous ne voulez pas attirer l’attention. Et si jamais il se compromet d’une façon ou d’une autre, laissez le se faire suriner par le premier venu. Pas notre problème. Pas notre responsabilité.
- C’est bien noté, capitaine. Commente Riggs, un sourire amusé venant illuminer son visage.
Les soldats Delurei et Rikaan échangent des regards moqueurs. Tout le monde se fout de fait de la tronche du lieutenant Doll qui, avouons le franchement, est loin d’être une lumière… Une petite victoire en soi qui remonte le moral des troupes. Car derrière ces visages souriants se cache en effet une certaine crispation. Ils sont tous nerveux. L’esprit et la chair marqués à vif par la terrible mission sur le destroyer maudit, les hommes appréhendent la prise de contact avec la mystérieuse Sarina Darel… S’ils n’ont pas oublié l’aide précieuse qu’elle a pu leur apporter, ils ont également en mémoire l’attitude étrange de sa padawan et la disparition plus que suspecte de cette dernière au cours de l’évacuation du vaisseau.
Peut-on vraiment se fier à cette prétendue Jedi ? Et pour quelle raison cherche-t-elle à renouer contact avec Himron ? De nombreuses questions se posent…
Et l’inquiétude, tel un poison invisible, gagne du terrain. Les militaires vérifient l’état du matériel une énième fois, comme pour se rassurer. Blasters, comlinks, médikits… C’est tout l’équipement qui y passe. Une annonce, via haut-parleur, indique l’arrivée du transport dans le système de Nar Shaddaa. Un rire nerveux s’échappe des lèvres de Riggs.
- Qu’est-ce qui t’arrive mon vieux ?
- Y’Toub, capitaine. Y’Toub !
Intrigué par l’esclaffement soudain du sergent, le lieutenant Doll finit par s’approcher du petit groupe de soldats de choc impériaux.
- Il y a un problème, sergent ?
Le ton sec de l’agent des services de renseignements est tel qu’il efface tout sourire sur les lèvres du sous-officier.
- Non lieutenant. Aucun problème lieutenant.
- Bien. Nous ne sommes pas sur un marché aux bêtes… Ou dans une cantina. Surveillez votre attitude ou je me verrai dans l’obligation de faire un rapport sur votre attitude déplorable. Vient le sermonner le col rouge, époussetant machinalement les manches de son manteau long.
- Oui lieutenant.
Ayant obtenu une réponse satisfaisante de la part de Riggs, le représentant du Bureau de la Sécurité Impériale tourne ensuite son attention vers le capitaine Himron.
- J’entends bien diriger cette opération à ma manière, capitaine Himron. Nous entendrons ce que cette prétendue Jedi veut bien nous raconter… Et je déciderai ensuite de ce que nous ferons à son sujet. Déclare le lieutenant, autoritaire.
- Je ne crois pas, lieutenant. Il ne s’agit pas d’une opération du BSI. Et nous ne sommes pas en mission officielle. Vous avez le rôle d’un observateur. Pas celui d'un agent superviseur. Réplique Himron. Tout ce que vous pouvez faire actuellement, c’est aboyer comme vos collègues savent si bien le faire. Et faire %$!# le monde.
La remarque provoque l’hilarité générale. Le lieutenant Doll se renfrogne mais ne dit rien. Seules ses joues s’empourprent légèrement, signe qu’il apparaît en effet contrarié par cette réponse insolente. Son air hautain et boudeur de petit chefaillon blessé dans son égo amuse la galerie. Mais le capitaine n’est pas dupe. Il sait que tôt ou tard, le col rouge lui fera payer son insolence.
- Et par pitié, lieutenant… Changez de tenue. Vous allez tous nous faire passer pour des abrutis dans cet accoutrement. L’Impérium n’a pas besoin d’être tourné en ridicule. Déjà qu’on ne vole pas bien haut niveau réputation…
Le regard du capitaine Himron se pose sur la façade délabrée du bar. Avec ses enseignes lumineuses usées, ses murs ravagés et ses vieilles affiches publicitaires, l’endroit ne paie pas de mine. C’est de fait la planque idéale pour une rencontre officieuse entre un impérial et une Jedi…
L’homme jette un dernier coup d'œil en arrière. Affublés de vêtements rapiécés, bon marché et crasseux, Riggs et ses compères excellent presque dans leur rôle de bons petits ouvriers venus se rincer le gosier après une bonne journée de travail. Ils se sont installés sur la terrasse située en face de l’Enfer sur Terre, possédée par un établissement rival qui semble au moins aussi misérable que le lieu de rencontre fixé par Darel. Les gars, bien que nerveux, n’en demeurent pas moins nonchalants dans leur attitude. Si cette mission avait été officielle, il est certain que les stormtroopers auraient cherché à identifier et faire surveiller toutes les issues de l’Enfer sur Terre. Mais Himron a tenu à ce qu’ils n’attirent pas l’attention sur eux. Inutile de se montrer plus prudent que nécessaire…
La consigne a bien été entendue. Sauf par le lieutenant Doll, qui tire une gueule de dix pieds de long. Il n’approuve pas le plan du capitaine, qu’il juge inconsidéré, et aurait très clairement préféré entrer en trombe dans l’établissement afin de procéder à l’arrestation de cette folle de Jedi. Contrarié par le manque de crédit qu’on lui accorde, l’agent fait part de son mécontentement en décidant de jouer les solitaires à une table inoccupée.
- Imbécile… Pire qu’un gamin. Ronchonne l’officier.
Commençant à connaître le tempérament puéril du col rouge, Himron se doute qu’il cherchera à fausser compagnie à ses hommes afin de tenter quelque chose dans son coin. Il espère que le sergent Riggs aura la même intuition que lui, qu’il gardera un œil sur cet abruti. Le contraire pourrait bien avoir des conséquences désastreuses…
L’homme prend une grande inspiration puis souffle un bon coup afin de chasser ses appréhensions. Il s’aventure ensuite dans cette tanière à bons à rien qu’on appelle plus couramment une cantina. L’endroit est immonde. L’ambiance y est délétère à souhait et les clients plus lugubres qu’une porte de prison impériale. Les ricanements des consommateurs lui paraissent sordides et faux, distordus par une musique horrible. Et que dire des odeurs ? Mélange infect de fumées toxiques, de substances douteuses et d’urine qui colle aux vêtements.
- C’est bien ma veine… Maugrée le capitaine en reniflant bruyamment, perturbé par la montée soudaine de ces effluves infâmes.
Ses vieux réflexes de soldat reprennent rapidement le dessus. Il observe les visages, les attitudes, les positions… Il prend note des différentes entrées et sorties, des angles morts. Si l’endroit est idéal pour les rencontres discrètes, il l’est également pour les traquenards en tout genre. Sa main se porte instinctivement sur la poignée de son blaster, dissimulé dans son dos. Son regard fait le tour de la salle une nouvelle fois. Il finit par repérer des silhouettes qu’il croit reconnaître…
Une Cathar aussi nerveuse qu’une puce de lave et une Savareen plus détendue qu’un Jawa défoncé aux herbes.
Himron sent un frisson parcourir son dos. Il se revoit une fois de plus sur le destroyer maudit. Les images troubles de visages tordus par la douleur, d’armures percées par les jets d’acide et noircies par les impacts de tirs, les cris… Et la fuite soudaine de la Cathar. Tout lui revient à l’esprit. La présence de la padawan disparue aux côtés de Sarina n’est pas pour le rassurer. Il se méfie de ses intentions… Et doute de ce fait de la bonne foi de Darel. S’agit-il d’un piège ? Il n’y a qu’une seule façon de le savoir.
L’officier se dirige vers la table des deux donzelles, s’installe sur un siège et tente de prendre une pose décontractée pour ne pas attirer l’attention sur lui. Jouant le jeu du gars venu rejoindre ses amies, l’homme se commande un verre.
- Je constate que vous avez ramené une connaissance… Commente t-il comme pour reprocher à la Jedi son manque de transparence, avant de poursuivre. Bon alors, c’est quoi le plan ? -
Post n°3
Auteur : KryannAh, Himron… L’Impérial avait la tête des mauvais jours, si tant est que l’on pouvait s’entendre sur l’éventualité d’une tête des bons jours le concernant. Certes, cela faisait de lui un militaire bien sous tout rapport, mais cela contribuait aussi à le rendre bien peu sympathique, y compris dans cette ambiance toute à la décontraction et la détente. En somme : il faisait tache. Mais ce n’était pas pire que Sarina, qui était bien trop détendue, ou que Kryann, qui n’attendait qu’un signe pour bondir dans tous les sens. Finalement, ils faisaient tous tache. Et de ce fait, rentraient tous dans ce décor incongru.
D’ailleurs, la remarque acide du militaire ne suffit pas à faire perdre son sourire à Sarina. La Savareen ne se présentait pas en terrain conquis, mais elle se refusait à admettre une quelconque soumission, son esprit libre le lui interdisait. Son regard vint lentement jauger l’assemblée, s’arrêtant une fraction de seconde sur cet homme étrange, seul à sa table, et bien trop raide pour être honnête. Sa position lui tira un petit rire, clair et gentiment moqueur, alors qu’elle revint à Himron.
-Allons, Capitaine… Je ne suis pas la seule à être venue accompagnée, après tout. Mais je préfère vous la présenter en face, pour éviter tout malentendu. Combien vous suivent, dites-moi ? Cinq, dix, vingt ? Et par pitié, ne me parlez pas de l’âne bâté qui se trouve plus loin et a manifestement oublié ses cours de théâtre.
Elle eut un nouveau rire, et d’un geste de la main, elle invita le capitaine à s’asseoir à ses côtés. Toute Jedi fut-elle et tout impérial fut-il, l’invitation était tout de même agréable si l’on oubliait un peu ses principes. La Savareen, grande, élancée et élégante, était loin d’être une compagnie désagréable après tout. Lorsqu’enfin Himron consentit à les rejoindre, la Jedi braqua son regard sur sa Padawan qui inspira longuement avant de relever les yeux sur le militaire. Elle ne le défiait pas, mais on sentait qu’elle lutte pour maintenir le regard de l’homme qu’elle devinait déjà acéré et vindicatif. On le serait à moins. L’Imperium détestait tout ce qui était manipulateur de la Force, et encore plus ceux qui contrevenaient aux ordres. Alors le mélange des deux, qui en plus manipulait un sabre rouge… Kryann s’était mise dans une belle panade. Mais c’était à elle de s’en sortir.
-Capitaine Himron… Je vous présente mes excuses. Nous ne sommes pas là initialement pour cette raison, mais… Beaucoup de choses ont changé en très peu de temps. Et mon Maître m’a expliqué les turbulences que cela a causé. Vous a causé.
Nouvelle inspiration. Elle parleait un peu vite, elle était stressée, elle n’aimait pas parler, c’est trop difficile, et sa voix chevrotante ne l’aidait pas, surtout qu’elle le ponctuait de quelques cris Cathars qui viennent altérer la forme. La Padawan n’était clairement pas au meilleur de sa forme, loin de là, mais elle paraissait également un brin plus petite, et surtout moins arrogante et défiante qu’elle ne l’était sur le Croiseur. Bien sûr, cela pourrait être une façade, un jeu de dupes, mais le regard fuyant et les mains qui jouaient sur son verre trahissaient ses véritables intentions : en finir le plus vite possible, se faire toute petite, et qu’on l’oublie jusqu’à ce qu’elle puisse se rendre utile autrement. Son regard vint se poser sur Sarina qui hocha de la tête pour l’inciter à continuer.
-Et… Je voudrais aussi vous remercier. Pour mon Maître. Elle m’a raconté ce qu’il s’est passé sur le Croiseur après mon départ. Elle m’a dit que vous l’aviez grandement aidée. Alors… Merci d’avoir aidé mon Maître.
Une nouvelle fois, elle parlait trop vite. Mais le message était sincère, malgré l’aversion qu’elle pouvait avoir pour les militaires, les impériaux, et même les hommes, quels qu’ils soient. Entre les lignes, elle commençait à discerner quelques contours de ce type qui se tenait en face d’elle. Un homme qui ne voulait sans doute que faire son devoir. Mais qui voulait peut-être aussi le faire à sa manière, à sa façon, et non dicté par une hiérarchie invisible et obscure. Peut-être que la démarche le surprendrait assez pour lui faire un peu baisser la garde ? Il semblait excessivement méfiant, après tout…
Sarina le laissa répondre. Enfin, si il accordait à Kryann quelques mots, ce qui n’était pas si sûr. Il avait toutes les raisons du monde de se méfier d’elle, et tout le droit de se sentir vexé ou en colère à son encontre. Mais ils n’étaient pas là pour ça. Aussi, la Jedi reprit la parole.
-Venons-en au pourquoi de notre demande. Même si je me doute que vous êtes pieds et poings liés par votre hiérarchie. Quel est le grade de ce monsieur ? Son unité ? Je doute que ce soit l’un de vos subordonnés directs… Mais là n’est pas le sujet. J’aurais préféré vous voir seul, tant pis. Nous avons mieux à faire que nous occuper de nous faire la guerre.
Elle regarda la cantina un instant avant de revenir à Himron, baissant légèrement la voix.
-Ce que nous avons vu, vous et moi, présage de bien pire qu’une simple divergence d’opinions. Ni vous, ni nous ne pouvons ignorer la réelle menace que cela présente. Quelque part, nos ennemis communs sont de retour, et nous devons nous y préparer. Vous savez le mal qu’ils nous ont fait, qu’ils vous ont fait. Nous ne pouvons pas nous permettre de nous méfier les uns des autres. Vous êtes un homme d’honneur, Capitaine. Et j’espère bénéficier à vos yeux de la même mansuétude. Nous nous sommes entraidés sur ce maudit croiseur, j’espère que nous pourrons à nouveau compter les uns sur les autres à l’avenir si une nouvelle menace se précisait.
Sarina n’avait pas envie de faire des ronds de jambe. Pas face à Himron. Leur entrevue pouvait s’arrêter à tout instant. D’ailleurs, elle ne serait même pas étonnée que leur discussion soit enregistrée, répétée, que le bâtiment soit encerclé et qu’on cherche à les arrêter. Les méthodes impériales ne différaient certainement pas de celles séparatistes ou républicaines, ou de n’importe quel état. Les Jedi étaient restés cachés bien trop longtemps, s’étaient débarrassés de leur vertu apparent depuis, et cela leur était reproché, désormais, à raison ou à tort. Mais à présent que l’ennemi commun était revenu, il était temps de présenter un front uni, elle en était persuadée.
-Sachez que je ne viens pas sur ordre de qui que ce soit, Capitaine. Je me présente à vous de ma propre initiative. Cette discussion ne dépend que de nous. Nous seuls. -
Post n°4
Auteur : HivernusDarel tente de désamorcer la situation en présentant son plus beau rire. Elle sourit, cherche à détendre l’atmosphère en jouant de son charme naturel. Il est vrai que la Jedi est agréable à regarder… Il se dégage d’elle un certain attrait. Mais le capitaine ne mord pas à l’hameçon. Il sait que les Jedi savent influencer les pensées des gens, qu’ils sont doués pour manipuler l’esprit. Himron reste donc méfiant, serait presque tenté de se braquer. Surtout que la belle Sarina lui reproche à son tour, certes de façon cordiale, son manque de transparence. Impériaux et Jedi cherchent à renouer contact mais semblent incapables de passer outre leur réserve naturelle. Et on les comprend.
C’est d’autant plus flagrant lorsque le regard de l’officier se pose sur la padawan. Si Darel parvient plus ou moins à tranquilliser l’esprit sous tension du militaire par son imperturbable douceur, la Cathar, au contraire, semble raviver en lui une sensation de malaise. L’apprentie Jedi est au moins aussi nerveuse que lui. Cela se sent. Cela se voit. Les deux bougres se regardent ainsi en chien de faïence jusqu’à ce que la padawan parvienne à articuler des excuses plus ou moins compréhensibles au milieu du brouhaha ambiant. L’élève de Sarina semble sincère, du moins en apparence, et l’homme accepte de lui laisser le bénéfice du doute… Pour l’instant. Il inspire doucement, s’enfile une bonne gorgée d’alcool et décide finalement de répondre quelque chose de bref mais concis.
- Excuses acceptées, padawan. Mais ne me refaites plus jamais un coup pareil. Je ne serai pas toujours derrière vous pour vous sauver la mise.
Le capitaine n'est visiblement pas rancunier pour deux sous. Il semble vouloir passer à autre chose. Son regard se dirige vers Darel. Elle lui pose quelques questions, s’inquiète d’une potentielle résurgence des Sith, cherche à jouer sur les cordes sensibles en lui parlant d’honneur et de confiance. La Cathar rajoute quelque chose à sa suite, comme pour donner du crédit au récit de son maître. L’homme demeure un instant silencieux, prend le temps de la réflexion. Il soupire.
- L’âne bâté, comme vous l’appelez, est un type des renseignements impériaux… Un abruti tiré du bureau des affaires internes plus précisément. Je me suis foutu une cible dans le dos en prenant votre défense, Darel. Et j’ai une épée au-dessus de la tête désormais. Explique calmement Himron, bien qu’un peu sur les nerfs. J’essaie de le tenir à l’écart afin qu’on soit tranquille. Et j’ai quelques uns de mes gars pour le surveiller de près. Mais comprenez bien, Darel, que si vous voulez obtenir ma confiance, celle de l’Impérium, il vous faudra jouer le jeu en respectant les règles.
L’officier marque un léger temps de pause. Il se gratte le nez, renifle bruyamment, gêné par les odeurs infectes de ce bouge.
- Finie l’attitude de franc-tireur. Plus de cachoteries. Plus de tour de passe-passe. Si vous êtes d’accord avec ça, alors je vous dirai tout ce qu’on a appris sur ce fichu destroyer… Et je vous aiderai à faire la lumière sur cette sombre affaire. Car vous avez raison sur un point, Darel. On ne peut pas fermer les yeux face à la possibilité d’un retour en force des Sith ou de leurs petits copains. -
Post n°5
Auteur : KryannLes renseignements impériaux… Kryann avait noté l’homme habillé de manière bien étrange pour un tel ramassis de fange, mais de là à s’imaginer qu’il était de ces espions que l’on disait parfois si efficaces, et surtout cruels, elle en était bien loin. C’était même plutôt étrange de le voir se montrer aussi évidemment. Est-ce que finalement ce n’était pas un piège, là aussi ? Sa paranoïa recommençait à prendre le dessus, elle dut fermer les yeux pour essayer de reconcentrer. Autant dire qu’Himron ne serait pas heureux de la voir s’agiter à nouveau. Heureusement que son Maître reprit la parole d’une voix claire et légèrement amusée, pour détourner l’attention.
-Jouer selon les règles ? C’est exactement parce que nous jouons en respectant les règles que nous, Jedi, en sommes réduits à l’exil, et que l’Imperium s’enlise de son côté entre la CSI et la République. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, je ne compte pas aller contre nos supérieurs respectifs. Mais il nous faudra peut-être envisager de nous écarter du chemin si nous travaillons de concert demain. Non que j’en sois heureuse, cela dit…
Elle eut un léger soupir. Elégant, charmant, mais honnête. Elle a l’air moins gênée qu’Himron dans cette situation, il faut dire qu’elle a particulièrement fréquenté ces rades…
-Avant d’obtenir la confiance de l’Imperium, c’est la vôtre que je cherche, capitaine. Pour l’heure, c’est bien la seule qui m’importe. J’espère simplement que vous me ferez confiance comme je vous ferai confiance. Je ne vous avais rien caché sur ce destroyer, ce qui doit bien vous indiquer que, comme vous, nous avancions à l’aveugle, à mon grand regret.
Kryann finit par prendre la parole à son tour.
-En fait… De ce que j’ai compris, nous en sommes presque au même point. Un croiseur qui a dérivé des années durant, issu d’une époque indéterminée, mais tout de même suffisamment important pour que des messages Sith nous y guident. De ce que nous savons, ils sont apparus dans de hauts lieux de cultes anciens… Mais personne n’y a réellement trouvé quelque chose, pour l’heure.
Elle inspira une nouvelle fois, malgré la puanteur locale, et baissa légèrement la voix.
-Mon Maître et moi espérions pouvoir voir ces lieux de culte et enquêter dessus, mais certains se trouvent dans les territoires impériaux. Si nous pouvions circuler sur ces mondes, nous pourrions peut-être partager nos connaissances et nos conclusions. Nous savons déjà que nous avons pu remonter la piste via Yavin, au moyen de coordonnées retrouvées dans un chasseur Sith. Mais d’autres ont pu remonter autrement. Après tout, un message est apparu sur Coruscant, également. Il est probable que la République soit peu encline à nous laisser enquêter mais il faudra bien essayer aussi. -
Post n°6
Auteur : HivernusHimron écoute les deux donzelles sans faire de remarque. Elles veulent son aide, cherchent à comprendre pourquoi ce foutu destroyer est apparu dans la galaxie. Elles jouent la carte de la franchise, estiment qu’il faudra prendre des risques pour obtenir des réponses. Quand on se frotte de près ou de loin aux histoires de Sith, ce ne sont pas les emmerdes qui manquent. Et le capitaine a eu son lot de problèmes avec ces enfoirés de première catégorie. Il n’est pas pressé de se fourrer dans une nouvelle merde, de risquer la vie de ses hommes… Déjà qu’il ne lui en reste pas des masses.
Pour autant, une part de lui a envie d’en découdre, de comprendre, de vengeance. Oui. Il veut faire payer ces Sith pour ce qu’ils ont fait. A la galaxie, à l’Empire, à ses camarades… Il pense aux cauchemars qui hantent ses nuits, aux nombreuses blessures psychologiques qui ne cicatriseront jamais complètement et dont ils sont à l’origine. S’il peut se farcir quelques-uns de ces illuminés du Côté Obscur, il ne va pas s’en priver. L’officier s’enfile une nouvelle rasade d’alcool, cherchant à faire passer ses sombres pensées. Il pose son verre sur la table, se masse le crâne, pensif. Il soupire.
- Très bien… Voyons voir… L’un de nos “experts” a livré ses premières conclusions lorsque j’étais encore à bord de l'Équinoxe de Printemps. Qu’est-ce qu’il a dit, déjà ? Ah oui. Du charabia à propos de communications en langue Sith et Rakata. Il est persuadé que notre destroyer fantôme a été construit ou modifié à partir de la technologie des Rakata. Un lien avec la Forge Stellaire, probablement. Mais il ne sait pas encore s’il a été produit par l’antique station elle-même ou s’il a été modifié après sa destruction avec des pièces récupérées parmi les débris. Nous avons pu remorquer plusieurs morceaux du vaisseau après sa démolition et il est certain qu’une équipe est déjà en train d’en étudier les composants et leurs origines. S'ils ont quelque chose à révéler, nous le saurons.
Himron marque un temps de pause, surveille les clients de la cantina. L’un d’entre eux passe trop près de sa table et l’homme se tend brusquement, prêt à bondir au moindre problème. Il se rend compte qu’il est trop nerveux, cherche à se détendre. Il inspire. Une fois. Puis deux. Il reprend ses explications.
- Quoi qu’il en soit, nous n’en savons pas plus sur son rôle supposé ou ses objectifs. Notre expert considère qu’il aurait pu servir de base mobile pour les Sith ou qu’il s'agissait d’une sorte de temple itinérant prospectant de planète en planète afin de faire grossir les rangs de l’Ordre Sith. Mais rien n'est sûr. Nous ne sommes pas certains qu'il soit par ailleurs un exemplaire unique. Il se peut qu’il y ait d’autres vaisseaux de ce genre quelque part… Mais je ne l’espère pas. Vraiment pas.
Le capitaine insiste bien sur ces deux derniers mots. Il frissonne rien qu’à l’idée d’imaginer le spectre d’une avant-garde de vaisseaux Sith étendre son ombre sur la galaxie. Quelque chose en lui s’est brisé depuis la mission sur le destroyer maudit. Il n’est plus tout à fait le même et à cette pensée, le voilà de nouveau sur les nerfs. Il serre doucement les poings, soupire à nouveau.
- Nous savons cependant par l’intermédiaire de prisonniers interrogés par les renseignements impériaux qu’au moins un groupe de Sith est encore en activité. Un certain Ordre Noir dirigé par un seigneur Sith du nom de Darth Oblivious. Ou Oblivius. Je ne sais plus trop. Aux dernières nouvelles, ce sinistre groupe serait basé sur Vinsoth. Et puisque ces abrutis de l’Ordre Noir cherchaient visiblement à s’emparer du destroyer fantôme, je doute qu’ils sachent quoi que ce soit d’intéressant à son sujet. Ou alors ils cachent bien leur jeu ces enfoirés. M’enfin ça reste une piste comme une autre j’imagine… Il n’y a plus qu’à savoir quelle direction vous voulez prendre.
Himron n’est pas encore vraiment certain de vouloir s’engager dans une aventure improvisée avec des Jedi. Surtout si cela implique d’aller traîner les pieds dans des recoins sinistres. Mais il est un soldat malgré tout. Et si sa raison lui dicte de ne pas s’embarquer dans une sordide chasse aux indices, son devoir de soldat lui ordonne toutefois de prendre les mesures nécessaires pour endiguer la menace Sith. Quitte à mettre sa vie en jeu.
Foutu doute. L’homme s’avale une nouvelle gorgée d’alcool pour dissiper ses appréhensions. Bordel, c’est qu’il tabasse le rouquin. Le voilà désormais avec un pivert dans la tête. Il se masse les tempes, respire un grand coup. Il commence à voir double, ou triple. Ou trouble. Il ne sait plus trop.
Peut-être aurait-il mieux fait de ne pas toucher à la boisson finalement… Quelle idée de picoler la piquette douteuse d'un bouge aussi. -
Post n°7
Auteur : KryannHimron était trop nerveux, et cela se voyait. Il s’agitait sur la banquette, sirotait son alcool comme une âme en peine, et il venait de se tendre comme une arbalète. Ce rendez-vous montrait un homme bien plus agité que ce qu’il avait pu montrer jusque là, même sur ce fichu croiseur. Sarina rechignait à user de la Force sur cet homme, même juste pour le calmer, ou pour sonder un peu son esprit. Non, finalement, les vieux tours de psychologie marcheraient bien. Doucement, elle pose sa main sur le poignet du militaire impérial, et lui adresse un joli sourire rassurant.
-Capitaine, je vous remercie de votre confiance et de ces informations. Mais je dois dire que vous m’inquiétez un peu. Vous venez de siffler ce verre sans même y penser, et je n’ai besoin que de vous regarder pour voir votre désarroi.
Elle reporte ensuite son regard sur son apprenti qui prend là une petite notion de diplomatie. S’autoriser à toucher un autre être conscient la débectait déjà assez, alors le faire en son âme et conscience ? Plutôt mourir. Néanmoins, elle reconnaît l’efficacité de la méthode. En ignorant totalement que Sarina semble réellement inquiète pour l’Impérial. Après tout, il s’est porté garant de sa protection, puis de sa survie. Même face aux fameux services de renseignements qui, selon ses propres dires, n’attendaient qu’une occasion pour la passer à la casserole et lui faire subir toutes sortes de tortures pour lui faire avouer tout et n’importe quoi. La simple pensée d’être dans une geôle impériale la faisait frissonner. La padawan reprit.
-Si ce croiseur datait de la Forge Stellaire, il est étonnant qu’il ait dérivé pendant une quinzaine d’années… A moins qu’il y ait eu des créations antérieures dont nous n’avons pas connaissance. Je ne sais pas si nous avons connaissance de la durée de vie de la Forge… Je ne sais pas ce que les débris peuvent nous apprendre, à moins de trouver un composant très spécifique…
Il était temps qu’elle se mette à réfléchir. Son Maître attendait ce genre de réflexions venant d’elle, après tout, et si les propos d’Himron n’étaient pas de matière à la rassurer, ils avaient au moins l’honnêteté d’exister. Ce qui était plus que tout ce que pouvaient apporter les Jedi. Fichue réclusion…
-Si d’autres vaisseaux de ce type existent, n’auraient-ils pas été repérés depuis le temps ? La République, la CSI et l’Imperium sont à couteaux tirés, et il suffit de tendre l’oreille pour entendre l’hyperespace se distordre sous les compressions des réacteurs luminiques… Ou alors, ils sont déjà investis et emmenés ailleurs, mais cela irait contre votre théorie de base… Avec suffisamment de personnel pour les piloter, ils n’auraient pas besoin de prospecter : les candidats viendraient à eux…
Elle se mord la lèvre. Si seulement elle pouvait être plus utile que de faire de simples suppositions. Elle se sentait idiote de parler ainsi à quelqu’un qui avait de la bouteille et une expérience militaire et avait probablement toutes ces hypothèses en tête. Mais elle se reprit.
-La réalité est que le Côté Obscur et l’influence Sith continuent de faire des ravages. J’ai vu ses effets dans le système de Japrael, sur Dxun. Puis sur ce croiseur, puis… partout où j’ai pu mettre les pieds. Si ce n’était pas ce croiseur, ce serait n’importe quoi d’autre, en réalité. C’est un combat presque sans fin, mais nécessaire, si nous ne voulons pas revivre le règne de l’Oméga.
Ce n’était pas une menace dans la voix de Kryann. A l’inverse. Il y avait une sorte de peur, face à la possibilité de perdre une paix et une liberté si précaires. Le combat face aux Sith ne s’arrêterait donc jamais, semble-t-il… Elle allait ajouter autre chose quand Sarina la stoppa.
-Capitaine, si nous sortions prendre un peu l’air ? Vous me paraissez bien pâlot... -
Post n°8
Auteur : HivernusLe regard perplexe du capitaine Himron se dirige vers la main qui vient doucement se poser sur son avant-bras. L’alcool faisant son effet, le militaire semble ne pas vraiment réagir. Il se contente simplement de plisser les yeux, cherchant probablement à trouver une explication à ce geste. Le cerveau embrumé par les effets de la boisson et les vapeurs douteuses de la cantina, l’homme apparaît à la fois agité et léthargique. En somme, il a trop picolé, n’a pas les idées claires.
Il écoute tant bien que mal le raisonnement de la jeune Cathar mais finit par décrocher après quelques secondes d’attention, l’esprit en vrac. Il a la tête qui tourne et une certaine envie de dégueuler. La vision trouble, l’officier se frotte les yeux. Il les écarquille, puis les ferme. Il recommence. Deux, trois fois. Himron a l’air con, c’est certain. Mais qui ne l’est pas lorsqu’il est bourré ? Et puis il faut dire que dans l’Impérium, on a pas trop l’habitude de se torcher la tronche. L’alcool, c’est réservé aux mondains, aux pète-plus-haut que leurs culs. Les militaires n’ont droit à ce genre de petit plaisir qu’en de rares occasions… Du moins lorsqu’ils sont sérieux et prennent à cœur leur boulot. Les ravagés du cerveau et les planqués de bureau ont sûrement le goût de la boisson parce qu’ils se moquent bien des conséquences. Ils abusent volontiers de leur autorité, rejettent la faute sur autrui, ont des connaissances bien placées.
Enfoirés. Fumiers !
Le capitaine tend la main vers son verre afin de noyer sa colère mais se ravise au dernier moment lorsque ses doigts viennent effleurer le contenant. Il fait la moue, fronce les sourcils. Il renifle doucement. L’officier ne pète pas la grande forme, c’est certain. Son corps le trahit, l’abandonne. Il a le teint pâle et le front couvert de sueur. Il commence à avoir des bouffées de chaleur. Sarina semble le remarquer, lui propose de prendre l’air. Il acquiesce d’un signe de tête, cherche à se redresser, vacille. Il a la tête lourde, manque de s’écraser sur la table d’un voisin, s’excuse.
Le militaire fait quelques pas, éructe un coup puis se met à vomir violemment sur le crâne chauve d’un client. L’homme se retourne brusquement, le regard noir, les yeux injectés de sang. Il est prêt à en découdre. Il sort une arme blanche de son blouson, l’agite sous le nez du capitaine. Son comparse Rodien, installé en face, profère des insultes et des menaces de mort. Himron tente bien de calmer le jeu en balbutiant quelques mots d’excuse. Il finit par dégobiller l’entièreté du contenu de son estomac sur le sol froid de la cantina, des gerbes de vomi venant éclabousser les chaussures du vaurien. Souillé de la tête aux pieds, c’en est de trop pour le crâne chauve. Il bondit sur l’impérial, lame en main.
L’officier cherche à esquiver, glisse sur sa propre flaque de vomi et tombe en arrière, sur les fesses. Son assaillant vole au-dessus de lui, fonce droit dans la table d’en face. Ses occupants ne sont pas ravis de voir un type couvert de dégueulis envoyer valser leurs boissons. Ils en viennent rapidement aux mains. Et comme c’est souvent le cas sur Nar Shaddaa, la bagarre est une chose qui se partage dans la joie et la bonne humeur. Les verres se mettent à voler. Le mobilier est fracassé. Et les coups de poing sont distribués à tout va. Ceux qui ont des comptes à régler le font. Ceux qui n’en ont pas en profitent pour s’en créer. Telle est la vie sur la lune des contrebandiers… Les trublions sont à tous les coins de rue et les occasions pour semer la pagaille sont légions.
Aujourd’hui, le fauteur de troubles s’appelle, contre toute attente et malgré lui, Himron.
L’homme se traîne misérablement sur le sol de la cantina, se met à couvert derrière une table renversée alors qu’il cherche à évaluer la situation. Il grimace en constatant qu’il a foutu un sacré bordel, essuie du revers de la manche la gerbe qui vient barbouiller son visage. L’agitation soudaine au sein de l’établissement semble avoir attiré l’attention de ses camarades, qui se ruent à l’intérieur pour venir lui porter assistance. Le lieutenant Doll est le premier à entrer dans l’Enfer sur Terre, blaster au poing. Un verre vient se fracasser sur son crâne et il s’écroule lourdement, inconscient. Les autres impériaux ne lui prêtent guère attention, se dispersent afin de trouver leur capitaine au beau milieu du chaos…
Himron n’a plus grand chose à vomir mais continue de tirer au cœur, dégoûté par l’odeur de sa propre régurgitation. Il s’est foutu dans une sacrée merde tout seul. Il aurait clairement dû s'abstenir de boire... Et il s’en souviendra la prochaine fois. Enfin s’il y a en une. L’officier explose soudainement de rire entre deux hoquets. Il donne une sacrée image de l’Impérium. Oh ça oui ! Qu’elle est belle l’armée impériale, saoule comme un cochon ! -
Post n°9
Auteur : KryannVoir le Capitaine Himron, que Sarina tenait pourtant en haute estime, grogner, se secouer, se lever, tituber, et finalement vomir sur un autre client en provoquant une bagarre générale. C’était au mieux troublant, au pire une remise en question totale de la puissance impériale pour la petite Cathar. L’homme était totalement ailleurs depuis un moment, mais il lui fallut le voir recracher l’entièreté du contenu de son estomac sur une tierce personne pour que la padawan le comprenne. Et que Sarina lui propose de prendre l’air, aussi. Décidément, la petite Jedi n’est pas des plus observatrices dès lors que l’on entre dans le cadre de la sociabilisation et de la relation aux autres. Soyons honnêtes : elle est même définitivement mauvaise à cela.
En revanche, il est une chose où elle se débrouille, c’est la bagarre. A force d’user et d’abuser de la Force au cours de ces derniers mois, elle a développé un sixième sens, certes commun aux Jedi, mais qui lui manquait, et qui, allié à ses compétences en termes d’esquive, faisait d’elle une redoutable adversaire. Aussi, lorsque des vauriens tentent de tomber à bras raccourcis sur l’impérial bourré, il ne lui faut pas plus de quelques fractions de seconde pour le défendre. Un croche-pied habile par ici, une chaise renversée par là, et voilà l’Impérial sain et sauf au milieu de la cohue. Bien qu’on ne puisse pas en dire autant de son honneur, de son amour-propre et de son déguisement.
Sarina, de son côté, n’a définitivement pas pu s’empêcher de rire. Comment le pourrait-elle ? Comme toujours, elle croque la vie à pleines dents, et un divertissement pareil, au moment où elle se disait qu’elle allait se jeter sur la piste de leurs ennemis séculaires, ne se refuse pas. La médiocrité apparente d’Himron n’est décidément pas sans l’amuser, autant qu’elle lui attire de la sympathie. Le bon capitaine n’est donc pas juste un militaire, il est également humain, avec toutes ses faiblesses. Elle ne peut que constater la vivacité de son élève qui défend indirectement leur allié de circonstance, mais elle finit par l’attraper par l’épaule.
-Sors notre ami d’ici, Kryann. Nous nous retrouvons dehors.
La Chevalier n’est pas totalement folle, et elle se demande si il ne serait pas possible d’user de cette fâcheuse déconvenue pour amadouer un peu l’Imperium. Alors que son étudiante file retrouver Himron, elle ne gâche pas l’occasion. Le type des renseignements impériaux a beau ressembler à un bouffon, peut-être a-t-il lui aussi un coeur sous son uniforme ? Elle en doute, mais elle sait que si ils disparaissent, elle sera immédiatement mise sur les primes impériales en compagnie des Sith.
Profitant de la cohue, Kryann se retrouve proche d’Himron. Celui-ci pourra voir la fourrure de la jeune femme alors qu’il rend tripes et boyaux, et ses grands yeux jaunes se poser sur lui. A la différence de Sarina, au moins, elle ne rit pas, et son air grave semble décorrélé de la réalité actuelle, qui n’est rien d’autre qu’un joyeux foutoir habituel dans un bouge pourri de Nar Shaddaa. En fait, se dit-elle immédiatement, ils sont tous totalement déconnectés de la réalité. A part peut-être Sarina, et encore…
-Venez, sortons d’ici rapidement. L’air de dehors n’est pas meilleur, mais vous pourrez vomir en paix…
Et ni une, ni deux, elle l’attrape sous les épaules, tant pis pour les odeurs et pour les tâches, tant pis pour sa bure, et tant pis pour sa fierté, elle l’emmène dehors. Là, elle repère bien vite une petite ruelle où elle aide le bon Capitaine à s’installer comme il le veut. Après tout… C’est lui qui dégobille avec pertes et fracas… Surtout que Sarina ne manque pas d’arriver, laissant tomber par terre le corps inconscient de Doll, et tant pis pour lui donner une bosse de plus.
-Eh bien, Capitaine, on ne tient pas la marée ? Il va falloir vous aguerrir si vous nous accompagnez sous couverture ! -
Post n°10
Auteur : HivernusLa picole n’est clairement pas le point fort du capitaine. Et tandis qu’il lutte contre les tremblements de son corps, pris par les nausées, les vertiges et les bouffées de chaleur, le monde autour de lui semble partir à vau-l’eau. Ni une ni deux, le voilà ballotté d’un côté sur l’autre par la Cathar sans qu’il ne puisse dire ou faire quoi que ce soit, visiblement trop chamboulé pour protester. L’officier, tel un soldat blessé en pleine opération militaire, est rapidement extrait de la zone des combats. Il respire certes un peu mieux maintenant qu’il a quitté ce taudis infâme qu’est l’Enfer sur Terre (il porte bien son nom d’ailleurs), mais se sent toujours patraque.
Sarina les rejoint rapidement, avec un Doll inconscient dans les pattes. Elle se permet une remarque moqueuse qu’il ignore royalement, quelque peu grognon. Puis c’est au tour du reste de son unité de rallier leur position. En voyant la mine déconfite de leur supérieur, les soldats impériaux semblent faire de gros efforts pour ne pas exploser de rire. Himron s’évente avec les mains, sue à grosses gouttes. Il respire bruyamment, cherchant à faire passer son envie de vomir.
- Un coup de chaud, capitaine ?
- De l’eau… De l’eau… Parvient à articuler le capitaine, au bout de sa vie.
Riggs lui tend une gourde, que l’officier attrape fermement. Il s’en déverse le contenu sur la tête pour se rafraîchir, pousse un soupir d’aise alors que le liquide vient ruisseler le long de son crâne, de sa nuque, de son dos. Les vêtements trempés et tachés de vomi, les cheveux plaqués sur la tête et mouillés, le fier Himron a piètre allure. Et il ne sent pas particulièrement bon.
- Voyez le bon côté des choses, capitaine… Non seulement personne ne vous cherchera des noises vu votre tronche mais en plus vous vous fondez désormais parfaitement dans la masse des défoncés du coin. Ricane le sergent. Il n’y a pas de meilleure couverture !
- Bordel… Bon sang… Purée j'en peux plus. Quel enfer ! Jure le militaire, secouant la gourde à la recherche de la moindre goutte d’eau salvatrice. Fais moi plaisir, Riggs… Rappelle moi de ne plus jamais boire de boisson alcoolisée… Surtout quand on ne sait pas d’où elle sort.
- C’est bien noté.
Le capitaine tourne la tête vers le corps inerte du lieutenant Doll.
- Qu’est-ce qu’il a cet abruti ? Il a trop picolé lui aussi ?
- Si seulement ça pouvait être vrai… Non. Il est trop guindé pour ça. Répond le sergent, un sourire aux lèvres. Il a pris un projectile dans la tronche, ça l’a couché d’un coup.
- Et ça veut jouer au chefaillon…
- Sauf votre respect capitaine, vu votre état… Se permet de faire remarquer Rikaan, moqueur.
- C’est pas faux. Je ferai mieux de la fermer…
L’homme se masse les tempes, cherche à faire passer son mal de crâne. Un grognement soudain retient l’attention de tout le monde. Le lieutenant Doll se réveille doucement, un bel œuf sur la tête. Il n’était déjà pas bien beau à voir avant mais il a désormais tout de la laideur que l’on s’attend à voir chez un agent des services de renseignements de l’Impérium. Le terrible représentant du D2I se redresse péniblement, un peu sonné. Il rectifie machinalement les plis de son long manteau, enlève la poussière de ses manches et de ses épaules, vraisemblablement dégouté de se réveiller dans une ruelle crasseuse. Ses manies de petite princesse le rendent bien plus ridicule encore que l’état lamentable du capitaine Himron.
Doll adresse un regard noir à la Jedi et à son apprentie. Ses yeux se posent ensuite sur la silhouette de l’officier. L’allure pitoyable du pauvre Himron et l’odeur qui se dégage de ses habits manquent de faire vomir l’agent, qui se couvre la bouche et le nez à l’aide d’une main. Il blêmit, tourne de l'œil.
- Capitaine Himron… Vous… Vous faites honte à votre uniforme ! Proteste faiblement le lieutenant, visiblement dérangé par les odeurs et la vue du vomi. Je ferai un rapport à votre hiérarchie concernant votre attitude déplorable qui nous met tous en danger !
Il se tourne ensuite vers les deux Jedi, pointant un index accusateur vers Darel, l’agitant sous son nez telle une menace.
- Et vous, Jedi, vous avez très clairement influencé le comportement du capitaine ! Vous êtes une menace ! Une menace pour la galaxie ! Et je m’arrangerai pour que l’on efface toute trace de votre existence !
Comme pour donner du crédit à sa promesse, l’agent porte la main à son holster pour s’emparer de son blaster. Il ne trouve que le vide. L’imbécile. Son arme est restée dans la cantina quand il a pris un coup sur la tête. Il se maudit en silence, passe pour un con auprès des Jedi et des soldats impériaux. La belle affaire ! Afin de ne pas perdre entièrement la face devant ce beau monde, Doll cherche à se trouver une certaine dignité dans le regard et l’attitude. Il fait comme s’il ne s’est rien passé, comme s'il n'a rien dit, lève le menton fièrement, bombe le torse. Il passe son long manteau devant son holster vide, comme pour dissimuler la source de sa honte. Il n’en est rien. Quelques sourires amusés se dessinent sur les lèvres de ses camarades impériaux.
- On laisse traîner sa merde monsieur le détective ? Lance une voix dans leur dos.
Un type fin comme un haricot se présente dans la ruelle, coiffé du chapeau de feutre du lieutenant, une bouteille à moitié vide dans la main gauche et un blaster impérial dans l’autre. Il apparaît passablement éméché, le dos voûté. Derrière lui, un comparse Nikto borgne, un Houk plus épais que deux Wookies et un Weequay à l’air snobinard. Ils ont tous la tronche joyeuse des imbéciles qui passent trop de temps au bar… Et pas pour siroter de la grenadine.
- Mon blaster ! Mon chapeau ! Je vous ordonne de me rendre mes biens immédiatement par ordre de…
Un coup de coude dans les côtes l’empêche de finir sa phrase. Il ne manquerait plus qu’il grille sa couverture cet idiot. En face, l’autre ne capte rien. Il agite l’arme de l’agent des services de renseignements dans sa direction, prêt à presser la détente. Perdant son sang froid, un cri peu viril sortant de ses lèvres, Doll finit par se cacher derrière Riggs en voyant le boit-sans-soif pointer le blaster sur sa petite personne.
- Lâche ! Comme j’aurai dû m'en douter… Commente l’ivrogne entre deux rires gras. Tu me dois beaucoup Valen Tyne. Je t’ai payé pour retrouver ma gonzesse, pas pour t’envoyer en l’air avec !
- Valen Tyne ? Il… Il y a méprise…
- C’est ça. Et moi je suis la reine de Naboo !
La remarque fait marrer les copains de beuverie du type. Ce dernier s’enfile une rasade d’alcool, s’essuie la bouche en reniflant bruyamment.
- Te fous pas d'moi Valen Tyne. J’t’ai reconnu tout de suite avec ton accoutrement à la con. Y’a que toi pour porter ce genre de merde sur Nar Shaddaa. Alors maintenant tu vas me faire l’plaisir de venir avec moi sinon je t’défonce le crâne devant tes admirateurs !
La menace ne passe pas. Nul ne peut intimider le lieutenant Doll sans en subir les conséquences ! Les joues du représentant du Bureau de la Sécurité Impériale s’empourprent. Il monte sur ses grands chevaux, tout en prenant soin de rester planqué derrière le sergent.
- Comment osez vous ! Je suis un off…
Nouveau coup de coude dans les côtes. Bon sang. Il ne sait pas la fermer cet imbécile.
- Vu ta tronche, on comprend mieux pourquoi ta nana se tire avec le premier venu ! Lance Riggs, taquin.
C’est désormais au tour du poivrot de s’exciter. Rouge comme une tomate, l’homme grimace de colère, serre poings et dents.
- Enfoiré ! Vous allez tous le me payer !
Il vide le reste de sa bouteille d’une traite et l’envoie voler dans la direction des impériaux. Riggs se baisse pour éviter le projectile improvisé, qui finit par percuter le front du lieutenant planqué derrière lui. Ayant son compte, Doll s’écroule à nouveau lourdement.
- Explosez-moi la tronche de ces merdeux ! Ramenez moi la tête du privé que j’lui fasse sa fête ! Vocifère l’éméché.
Les acolytes douteux de l’ivrogne ricanent de plus belle, trop heureux d’en découdre. Ils préparent leurs poings, dégainent surins et autres lames de poche puis ils se ruent sur la bande de l’agent du D2I en hurlant comme des abrutis finis. Se prenant au jeu, les impériaux en font de même. Une mêlée semblable à celle de la cantina a désormais lieu dans cette ruelle où le capitaine Himron pensait pouvoir décuver en toute tranquillité.
Et alors qu’il observe ses camarades s’empoigner joyeusement avec les idiots d’en face, il en vient à se dire que le lieutenant n’a peut-être pas tout à fait tort… Est-ce qu’ils s’attirent la poisse à traîner avec les Jedi ? -
Post n°11
Auteur : KryannEt allez, encore de la violence… Verbale comme physique. Cet officier du renseignement se voulait décidément aussi désagréable dans son attitude que dans son apprêt. Ses invectives glissaient sur la peau de Sarina qui attrapa doucement son élève par l’épaule pour lui signifier de ne pas le raccourcir séance tenante. Non qu’il ne l’aurait pas mérité, mais cette attitude indigne d’elles et de leur Ordre aurait sonné le glas d’un quelconque accord avec l’Imperium. Tout fragile soit-il, ce lien était la seule chose, à l’heure actuellement, qui leur permettrait de remonter la piste Sith. Les Impériaux étaient tellement plus en avance qu’eux, c’était terrible…
Pour Kryann, on est loin de ces réflexions là. Hormis son coup de sang passager face à Doll, toute cette scène est des plus ubuesques. Les provocations outrancières et outrées de l’espion sonnaient plus creuse que la poubelle contre laquelle il avait été laissé par son Maître, son attitude était à mi-chemin entre le grand guignol et le l’arrogance, et sa manière de se tenir lui donnait la prestance d’un vieux Mynock. A cela s’ajoutaient des propos totalement incohérents et grossiers, et une vanité qui n’allait lui apporter que des ennuis sur cette maudite lune. Ennuis qui ne tardèrent finalement pas à arriver. Au milieu des ordures et des odeurs, voilà que la joyeuse bande réunie se trouvait prise à parti par une autre bande toute aussi joyeuse et toute aussi puant que celle des Impériaux.
Non vraiment. Le prestige impérial était définitivement mort ce soir.
Le regard jaune de la padawan se posa sur Himron qui semblait soit perdu, soit désespéré, soit agacé. Et finalement, son instinct lui souffla que c’était les trois émotions à la fois qui se bousculaient avec son alcoolémie dans un mélange certes redoutable, mais surtout pitoyable. Rapidement, elle avisa son Maître qui supervisait la bagarre sans y prendre part si rien ne le demandait. Faire usage d’arts de combat ésotérique ou juste de la Force ne ferait que les mettre dans l’embarras, et elle espérait que des soldats entraînés couperaient la chique à une bande de coupe-jarrets. Alors Kryann vint poser une main sur l’épaule d’Himron.
-Inspirez à fond. Dès que la voie sera dégagée, nous vous trouverons de l’eau et un endroit où vous reposer. Vous en avez bien besoin, et de toute façon, ce n’est pas comme si nous étions réellement pressés…
Elle aurait bien voulu finir sa phrase, vraiment. Pour une fois qu’elle éprouvait de l’empathie vis à vis d’un homme et d’un soldat, ça aurait pu vraiment l’ouvrir au monde. Mais non, il fallait qu’elle soit interrompue. Alors que Sarina regardait ailleurs, entraînée par l’ennui relatif à cette cohue, l’un des soudards en profita pour se jeter sur l’officier, couteau à la main. Une cible facile, et sans doute des crédits à se faire… Et ce n’était pas la poilue à côté qui le gênerait. Grave erreur. Alors qu’il s’était élancé gaiement, levant son arme avec entrain…
Et rien. Le noir complet. Il n’avait pas pu le voir, trop occupé qu’il était à regarder sa cible avec les yeux plein de crédits. Un sort commun finalement pour toutes ces petites frappes des bas fonds de la planète la plus mal famée de la Galaxie. Dans un mouvement éclair, élégant, et surprenamment efficace, la jambe de la Cathar se tendit. L’arc qu’elle décrivit lui fit gagner de la vitesse alors qu’elle écrasa son coup de pied sur la tempe du type qui valdingua au sol, mis inconscient en un seul coup. Preuve s’il en fallait une que ces gars-là étaient surtout des ratés qui se cherchaient une légitimité. D’ailleurs, il ne faudrait pas beaucoup plus longtemps pour que les Impériaux prennent le dessus. A moins qu’il ne faille intervenir pour les Jedi, mais Sarina en doutait.
-Kryann, ma padawan… Joli coup, tout d’abord, mais pourrais-tu aider notre ami à se relever ? Nous allons chercher un endroit plus calme pour qu’il puisse se reposer. Puis, nous continuerons notre petite discussion.
-Oui, Maître, mais… et vous ?
-Je vais m’assurer qu’il n’arrive rien de fâcheux à ses hommes… Et également à son collègue, tout intolérable soit-il…
Kryann acquiesça avant d’aider Himron à se redresser, lui prodiguant d’inutiles conseils tant tout ce que le bon militaire devait vouloir, c’était de l’eau sur le visage, voire une douche chaude.
-Venez, éloignons nous. Près des grands ventilateurs, vous aurez au moins un air circulant, ça vous aidera à vous sentir mieux. Et à sentir moins, également. Si seulement mon Maître avait pu nous donner rendez-vous sur une planète plus agréable... -
Post n°12
Auteur : HivernusL’affrontement est terminé en moins de trois minutes. Les acolytes de la grande gueule ne valent pas un clou en combat rapproché. Hébétés par l’alcool et confrontés à des soldats dont l’expérience du corps à corps n’est plus à prouver, ces imbéciles sont maîtrisés en deux ou trois mouvements. Les Impériaux ont rapidement le dessus et lorsque le couillon d’en face se rend compte que ses copains sont à terre, il est déjà trop tard pour lui. Un coup de poing vient le coucher pour de bon. Il glisse lentement le long d’un mur, inconscient. Le sergent se fraie un chemin au milieu des corps pour récupérer l’arme de service et le chapeau du lieutenant. Il se tourne ensuite vers ses camarades.
- On ferait mieux de se tirer d’ici avant qu’il n’en arrive d’autres. Tout ce vacarme va finir par attirer quelqu’un.
- Je me charge de nous trouver un véhicule, sergent.
Rikaan s’empresse de quitter la ruelle à la recherche d’un engin assez grand pour accueillir tout ce beau monde. Delurei fait le guet derrière une poubelle, prêt à alerter ses comparses au moindre mouvement suspect. Riggs rejoint les autres près de la ventilation. Himron semble reprendre peu à peu des couleurs mais il a toujours une sale tronche.
- Capitaine, c’était quoi déjà l’adresse de la planque ? Ce n’est pas sûr de rester ici.
Le capitaine baragouine quelque chose, les yeux mi-clos, puis se met à soupirer. Il souffre toujours de ses bouffées de chaleur. Il glisse sa main dans une poche, en tire une carte de données qu’il remet à son second.
- Merci, capitaine. Ne vous inquiétez pas, on sera bientôt dans un endroit plus tranquille.
L’officier pouffe nerveusement de rire. Tranquille ? Impossible. Avec un abruti tel que Doll dans les pattes, il ne sera jamais tranquille où qu’il soit. Son regard se tourne vers Darel. Peut-être qu’il ferait mieux de se tirer avec les Jedi. L’homme se voit bien travailler dans les champs, construire sa petite ferme loin de tout, y faire pousser ses propres légumes, s’occuper de troupeaux de bêtes… Bon, il n’est pas certain de pouvoir se fier à la Cathar mais il s’imagine très bien une vie rangée en compagnie de la douce et belle Sarina.
Il secoue la tête, se masse les tempes. Qu’est-ce qu’il raconte. Il est un soldat impérial, un officier de la Grande Armée. Batifoler avec une Jedi ? Et puis quoi encore ? Himron a consacré sa vie au service de l’Empire. Renier cette évidence, ce serait comme trahir ses engagements, ce serait avouer qu’il a sacrifié son temps et son énergie en vain. Pire, ce serait salir la mémoire de ses frères d’armes tombés au combat. Et sa fierté d’Impérial ne peut s’imaginer telle chose.
Un corps remue doucement. Des gémissements de douleur se font entendre. Doll reprend péniblement connaissance, un second œuf sur le crâne. Il ressemble désormais à une sorte de démon avec ses deux bosses. L’agent pose une main sur sa tête endolorie, s’apprête à se plaindre. Mais le sergent Riggs l’empêche d’émettre le moindre commentaire.
- Gardez les invectives pour plus tard, lieutenant. On décroche d’ici. Indique le sous-officier en remettant au représentant du BSI son chapeau de feutre et son blaster.
Un bruit de klaxon résonne dans la ruelle. Delurei informe le groupe que Rikaan est revenu avec un véhicule. Il faut faire vite avant que d’autres individus louches ne pointent le bout de leur nez dans le coin. Jedi et Impériaux s’entassent donc dans un vieux modèle d’airspeeder tout juste assez grand pour les accueillir. Doll n’est pas particulièrement enchanté de se retrouver face à face avec deux sorcières. Il sent leur souffle d’ici, se sent souillé de respirer le même air qu’elles. Le regard noir qu’il leur adresse parle pour lui mais il ne semble pas vraiment combattif, maintenant d’une main son couvre-chef sur sa tête afin qu’il ne s’envole pas. Himron est moins vindicatif que l’agent des renseignements impériaux. En fait, il se sent même gêné d’être si proche de Sarina. Il rougit bêtement, collé contre elle.
- Il fait chaud… Non ? Souffle-t-il, s’éventant avec la main pour se donner de l’air.
La remarque fait sourire Riggs. A l’avant, Rikaan et Delurei échangent des regards entendus, moqueurs. Le capitaine justifie sa rougeur soudaine par ses bouffées de chaleur, met ça sur le compte de l’alcool mais ses camarades ne sont pas dupes. Ils savent qu’il n’est pas complètement insensible au charme de la Jedi et s’en amusent. Finalement, la méfiance initiale que les Impériaux pouvaient avoir à l’égard des représentantes de l’Ordre semble se dissiper. Seul le lieutenant Doll, fidèle à lui-même, demeure ouvertement hostile.
L’engin s’envole soudainement, le souffle de ses moteurs vrombissants décollant un nuage de poussière et quelques vieux détritus. Alertés par le bruit, plusieurs individus débarquent dans la rue, croient reconnaître la silhouette de Valen Tyne, se mettent à beugler son nom en dégainant des blasters. Plusieurs tirs frôlent de près le véhicule alors qu’il s’éloigne de la zone. On entend en contrebas quelques insultes, puis plus rien. Le sergent donne les coordonnées de la planque à Delurei, qui officie en tant que copilote.
L’airspeeder se mêle d’abord au trafic aérien, Rikaan manœuvrant habilement entre diverses files de véhicules volants, puis s’enfonce dans les méandres d’un autre quartier, bien plus cossu que l’endroit dont ils viennent de s’extirper. Appréciant le calme du trajet et le petit vent léger qui souffle sur son visage, Himron commence à piquer du nez. Il tente de lutter contre le train du sommeil mais finit par céder à la tentation lorsqu’il accepte de fermer ses yeux pour se reposer quelques instants. Il s’endort doucement, sa tête venant se poser lourdement contre l’épaule de la belle Sarina.
Le véhicule arrive finalement à destination après un quart d'heure de vol supplémentaires. L’engin se pose à l’angle d’une rue, face à une tour d'habitations qui apparaît bien plus chic que les taudis des quartiers d’en dessous. A cette heure-là, il y a peu de passage. Les gens doivent travailler. Le moment idéal pour se faufiler en douce dans le bâtiment, loin des oreilles et des regards indiscrets. Rikaan se charge de planquer l’airspeeder plus loin tandis que le groupe s’introduit dans l’immense tour. Himron et Doll traînent des pieds dans les couloirs, la tronche en vrac et les vêtements couverts de vomi chez l’un, l’air furieux et deux belles bosses sur la tête chez l’autre.
L’improbable se produit alors au détour d’un couloir lorsque le lieutenant, l’esprit perdu dans ses plus sombres pensées, percute de plein fouet une silhouette qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau. En face, l’homme semble surpris, esquisse l’ombre d’un sourire. Il ne comptait visiblement pas rencontrer sa copie conforme.
- Nom d’un Hutt… Si je m’attendais à ça.
- On dirait que tu as un admirateur secret, Ghrakhowsk. Fait remarquer l’imposant Trandoshan à ses côtés.
- Vous… Vous… C’est de votre faute s’ils veulent tous ma mort ! S’exclame l’agent en pointant du doigt le cyborg, prêt à en découdre.
- Dans quel merdier tu t’es encore fourré… Soupire le lézard bipède, adressant à son comparse un regard exaspéré.
- Alors là… Je n’en sais rien. Je n’ai jamais vu ce type. Enfin je ne crois pas.
Valen Tyne est un habitué des bars et des bagarres, il s’est mis un beau paquet de monde à dos en foutant le boxon lors de soirées très arrosées. Il lui est donc difficile de reconnaître le moindre péquenaud à qui il a cherché des noises, surtout qu’ils sont apparemment légions ces temps ci. Le T’doshok le sait. Et il ne compte même plus le nombre de fois où il a dû sauver les miches de son ami.
- Vous êtes Valen Tyne ? Le fameux Valen Tyne dont tout le monde parle ? Demande finalement Riggs en écartant Doll pour qu’il n'en vienne pas aux mains.
- En chair et en os. Le seul et l'unique.
- Notre “ami” s’est fait agresser à plusieurs reprises parce qu’on l’a confondu avec vous. Explique le sergent.
- Ah oui… Je comprends mieux l’animosité. Mais vous savez, quand on enquête sur des affaires de corruption et des histoires d’adultère, on se fait tout un tas d’ennemis… Parfois même parmi ses clients. Les joies du boulot de détective privé.
Les photorécepteurs jaunes qui viennent remplacer les organes oculaires du détective examinent attentivement cette bande de joyeux lurons. Un type qui, affublé d’un chapeau de feutre et d’un long manteau comme lui, ne semble être qu’une pâle copie de ce qu’il est réellement avec ses deux bosses sur le front et son air d’enfant boudeur, trois ouvriers crasseux, l’un ayant même visiblement abusé de la boisson avec ses traces de vomi très visibles et la mauvaise odeur qui se dégage de ses vêtements… Et deux donzelles étranges comme il n’en a pas l’habitude de voir sur Nar Shaddaa.
- Sacrée bande que voilà… Commente Valen Tyne. Vous n’avez pas vraiment le profil type des habitants du coin…
- C’est vrai. Nous venons d’un autre secteur de la ville. Tente de se justifier Riggs. Nous sommes ici pour rendre visite à de la famille. Les Sullivan. Cela vous dit quelque chose ?
Le sourire du détective privé s’agrandit soudainement.
- Mais bien sûr. Par chance, ce sont de bons amis à moi. Venez, je vais vous conduire jusqu’à eux.
Valen Tyne emmène le groupe jusqu’à un appartement, l’imposant Trandoshan fermant tout naturellement la marche. Le cyborg insère sa clé dans le lecteur de la console et lorsque la porte s’ouvre, invite d’un geste de la main ses nouveaux amis à pénétrer à l’intérieur. L’appartement n’a rien d’un palace quatre étoiles mais dispose de toutes les commodités d’usage. Le logement est spacieux, meublé comme il se doit et bien entretenu. Il dispose par ailleurs de nombreuses pièces : salon et salle à manger, deux chambres, une salle d’eau et même un balcon. Le propriétaire de l’endroit a les moyens de vivre ici, c’est certain. L’homme pose son chapeau de feutre sur le porte-manteau puis se tourne vers les inconnus.
- Vous n’êtes pas très discrets pour des Impériaux… Je savais que j'aurais sûrement à héberger chez moi des gens de votre acabit un jour ou l’autre mais je ne m’attendais clairement pas à ça.
Et il insiste bien sur le dernier mot, faisant référence à leur état déplorable général. Il sait qu’il n’a clairement pas en face de lui la fine fleur des services de renseignements impériaux.
- Vous avez de la chance… A quelques minutes près, on se ratait et vous étiez dans la rue à errer à la recherche d’un endroit sûr. Mais je digresse… Où sont passées mes bonnes manières ? Je suis Valen Tyne, ou Monsieur Sullivan, selon les circonstances… Et l’imposant Trandoshan derrière c’est Kephesh, mon ange gardien.
Riggs se permet de faire les présentations pour tout le monde, Doll et Himron n’étant clairement d’humeur (ou en état), de jouer aux entremetteurs. Le cyborg ne perd pas son sourire charmeur en apprenant que deux Jedi se cachent au sein de cette bande d’Impériaux. Il semble au contraire amusé. Peut-être se doutait-il un peu que ce groupe hétéroclite cachait quelque chose. C’est son boulot après tout.
- Des Jedi et des Impériaux hein… Sacrée histoire. Et pas commun. M'enfin sur Nar Shaddaa, plus rien ne m'étonne vraiment.
- Sergent, vous permettez que je reste dehors ? Histoire que Rikaan puisse se repérer quand il reviendra…
Le sous-officier opine du chef, donnant son feu vert.
- Kephesh va vous accompagner. Il y a un établissement qui fait d’excellents petits plats à deux rues d’ici. Ce sera l’occasion pour vous de découvrir les délices de la lune des contrebandiers… Croyez moi, vous ne serez pas déçus. Déclare le détective privé en offrant à ses invités un clin d’œil complice.
Delurei se tourne vers Riggs. L’homme semble accorder sa confiance au cyborg et à son acolyte à écailles. D’un simple geste de la main, il fait signe à son camarade de partir en compagnie du T’doshok. Et puis… Il n’a pas l’air contre l’idée de manger un morceau. Doll soupire, pose son chapeau de feutre sur l’accoudoir du canapé et s’échoue sur l’assise comme pourrait le faire un animal marin sur une plage de sable.
- Il y a de la glace dans le frigo… Pour soulager la douleur et faire dégonfler ces vilaines bosses. Indique Valen Tyne avant de s’adresser au capitaine. Et la salle de bain se trouve là-bas, si vous voulez faire un petit brin de toilette. Je vous filerai deux ou trois affaires à moi.
Himron acquiesce d’un signe de tête, articulant un “merci” sur le bout des lèvres en traînant misérablement les pieds jusqu’à la salle d’eau. Riggs se charge de prendre de la glace pour le lieutenant, qui semble contre toute attente plus calme qu’à accoutumé. Peut-être qu'il a eu son compte pour la journée. Le regard du porte-flingue se pose alors sur Darel et sa padawan.
- C’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de tomber sur des Jedi… Et encore moins en compagnie d’Impériaux. Il semble, aux dernières nouvelles, que l'Impérium n'est pas vraiment fan des individus de votre espèce. Alors, c’est quoi l’histoire ? -
Post n°13
Auteur : KryannTrois minutes montre en main. C’est le temps qu’il avait fallu aux Impériaux pour se débarrasser de la racaille. Sarina se retint d’applaudir la performance lorsque le dernier truand s’effondra au sol, alors que Kryann ne put que se retourner. Elle avait failli se rendre utile pour Himron… Tant pis pour elle, finalement. Après tout, ce n’était pas plus mal, elle évitait de s’éloigner trop de son Maître et, par ricochet, de la confiance impériale. C’était puéril, mais c’était l’espoir auquel elle se raccrochait. Au moins, le capitaine pouvait se ventiler un peu, même si avait l’air sacrément blanc…
La suite est plus floue pour la Cathare qui se poste aux dernières positions. Elle se cache à la fois de Doll et du regard des autres. Les Impériaux sont en contrôle, pour l’heure, elle ne peut que suivre. Le sentiment d’inutilité qui l’anime à ce moment est aussi désagréable que celui de supériorité qui la titille. Aurait-elle vraiment besoin de transpirer pour tous les mettre à terre, les désarmer, voire les tuer ? Il lui semblait que même sans arme, elle y parviendrait, et que leur faiblesse était évidente. Cette pensée qui lui traversa subitement et furtivement l’esprit l’habita tout le trajet, sans comprendre pourquoi. Elle n’avait pas eu ce genre de réflexions depuis…
Depuis quand, en fait ? Depuis le Destroyer Maudit, lui semblait-il. Ou un peu après, sur Ilum, ou en compagnie de Lili. Une bouffée de haine la prenait subitement. A la fois à l’encontre des soldats qui les entouraient et se méfiaient inutilement d’elle, et à l’encontre de ce qu’ils étaient en priorité. Des hommes. Juste des hommes. Le même genre d’idiots sanguinaires que ceux de sa captivité. Brusquement, dans le speeder, les souvenirs remontèrent, lui firent serrer les poings, bien cachée dans sa bure, il lui prenait l’envie d’essayer. Allumer son sabre, pour voir leur réaction, pour voir leurs yeux terrorisés, pour les voir réaliser que leur terreur est fondée.
Le soupir qui lui échappa au moment de sortir du speeder était à la fois la marque d’un soulagement conséquent, et d’une reprise de ses moyens. Qu’est ce qui lui prenait, subitement ? Alors qu’elle était enfin à l’aise, qu’elle se sentait bien aux côtés de son Maître… Puis ses yeux se posèrent sur Himron. Non… Pas elle. Pas comme ça. Etait-il possible qu’elle, Kryann, puisse être… jalouse ? C’était complètement idiot ! Sarina usait simplement de tout ses artifices pour obtenir gain de cause, elle n’était aucunement dans le charme ! Ou alors, pour rien d’autre que des informations ! Les sentiments contraires qui l’habitaient lui firent tourner la tête. Elle ne comprenait pas, ne SE comprenait pas, incapable de gérer ses propres émotions… Comment aurait-il pu en être autrement… Elle avait vécu opprimée, puis on lui avait intimé de cacher et d’étouffer ses sentiments… Pour au final ne pas savoir vivre avec. Une réussite.
Ce tourbillon amène Kryann à ne regarder qu’à moitié le nouvel arrivant. Elle capte par bribes ce qui se dit, l’essentiel, le tout étant finalement très peu intéressant à ses yeux. Savoir que le Lieutenant Doll avait un sosie ne l’intéressait que très peu, finalement… Et que le dit sosie soit un habitué des bagarres de bar, encore moins. Tout cela commençait à la faire douter allègrement sur le bien-fondé de leur venue sur cette lune maudite. Les voilà prises à perdre du temps avec d’autres Impériaux, tout ça car ils étaient incapables de faire confiance. Comme si sa fuite était réellement volontaire. Quel ennui. Quelle perte de temps.
Au moins, le cyborg semble disposé à aider, même si la Jedi ne comprend pas exactement d’où il vient. Ca n’a finalement pas tellement d’intérêt à ses yeux… Lorsqu’ils arrivent dans l’appartement, elle reste à nouveau dans un coin, assise sur un bras de canapé, à les regarder tous s’agiter. A qui se soigne, à qui se lave, à qui s’effondre… Spectacle peu réjouissant du renseignement impérial. Sarina elle-même vient aider Riggs avec la glace, en profitant pour lui prodiguer deux ou trois conseils. « La menthe poivrée pour les migraines, appliquez là sur les tempes en même temps que la glace, ça vous évitera une médication plus lourde. » « Allongeons-le, cela aidera à la circulation du sang et à ce que son coeur ralentisse. » Une vraie mère poule, avec des conseils de vieille grand-mère recluse dans une maison de sorcière des bois. Ce qu’elle est, techniquement…
Aussi, lorsque le cyborg se tourne vers elle, elle adresse un léger signe de tête à sa padawan. Elle se débrouillera très bien sans elle. Leurs jours ensemble sont comptés, de toute façon… Kryann se redresse et se rapproche de leur interlocuteur. Les optiques mécaniques la font tiquer, de même que sa voix. Ce Valen Tyne est un agent infiltré, et joue donc naturellement un double jeu… Lui faire confiance n’est pas dans les plans. Mais puisque Sarina a décidé de s’occuper de Doll, et d’Himron lorsqu’il reviendra…
-C’est une histoire que vous avez lue ou qui vous a été contée mille fois, monsieur Tyne. L’histoire de Jedi cherchant à combattre le Côté Obscur où qu’il se trouve. Et ce, en cherchant des alliés, pour une fois, ce qui est une… originalité, nous dirons.
Elle parle trop vite. Elle ralentit son flux de parole, inspire à fond, et redresse un peu les épaules.
-Il est vrai que l’Imperium n’a que trop subi les affres des Sith par le passé, et qu’il se méfie maintenant de tout comme de la peste. Peut-on le blâmer… Mais mon Maître et moi espérons encore un front commun. Nous avons rencontré le Capitaine Himron sur le Destroyer Maudit. Un homme de valeur et de courage, qui a tiré mon Maître d’un bien mauvais pas auprès de vos services de renseignements.
Elle hésita un instant. Passer sa propre fuite sous silence reviendrait à se parjurer.
-Je n’étais plus avec eux. Au mépris des ordres et des conseils, je m’étais aventurée plus loin dans le vaisseau. Ce qui nous a séparés pendant longtemps. Et ce qui explique la défiance d’Himron et de ses hommes à mon égard, fût-elle présente et future.
Pourtant, elle s’est excusée platement, qu’est ce qu’il faut de plus ? La situation lui déplaît, elle parle trop…
-C’est ce même Destroyer qui nous a amenées à contacter le Capitaine à nouveau. Pour évoquer cette menace Sith qui ne manquera pas de revenir, comme toujours. Nous, Ordre Jedi, comptons lutter contre cette menace, comme nous n’aurions jamais du cesser de le faire. Mais pour cela, nous avons besoin du soutien de ceux qui forment le bras armée de la Galaxie. Nous avons besoin de contacts, et les seuls que nous avions de solide étaient dans l’Imperium. Nous n’avons qu’un seul but, présenter aux Sith un front uni, et pas désorganisé comme il l’est depuis plus de dix ans, maintenant.
Son regard se reporta sur son Maître qui était parti aider Himron à la salle de bains au besoin. Pas de pudeur pour elle, juste de l’attention.
-Nous savons que l’Imperium a bien d’autres soucis, et nous avons entendu parler d’attaques internes, mais celles-ci ne seront pas si importantes si les Sith reviennent réellement. Je crois que l’on peut dire que… nous vous tendons la main, après des années d’exil. Je ne suis pas certaine que notre Ordre ait vocation à redevenir les gardiens du Temple sur Coruscant. Mais au moins à être là, présents et combatifs, lorsque la paix est menacée. Où qu’elle soit. -
Post n°14
Auteur : HivernusValen Tyne écoute la Cathar baragouiner des explications. Elle semble confuse, méfiante ou hésitante. Pas le type de Jedi que l’on aime avoir près de soi… D’autant plus que selon ses propres dires, elle aurait filé en douce lors d’une mission. Les Padawans qui n’en font qu’à leur tête sont souvent ceux qui filent un mauvais coton, qui finissent par devenir ce qu’ils ont juré de combattre. Enfin c’est ce qui se raconte. Quoi qu’il en soit, le cyborg comprend donc plus ou moins pourquoi ce groupe est si atypique. D’un côté des Jedi qui essaient de montrer patte blanche en demandant l’aide de l’Impérium, d’un autre des Impériaux qui semblent dubitatifs malgré une volonté affichée de coopérer.
Le détective privé se vautre dans sa chaise, passe ses bras derrière sa tête en sifflant. On lui a raconté tout un tas d’histoires sur les mystérieux représentants de l’Ordre Jedi et elles finissent toujours de la même manière : destructions en tout genre, morts en pagaille… Pour des prétendus gardiens de la paix, ces Jedi font assurément un mauvais boulot et notre soudard espère qu’ils ne resteront pas longtemps dans les parages afin de ne pas être impliqué dans leurs sales affaires… D’autant plus que la Padawan semble le prendre pour un Impérial. Elle arrondit les angles, cherche à louer les mérites du régime impérial afin de flatter son égo. Ha ! Qu’elle est bonne celle-là ! Si elle espère obtenir son soutien, elle se trompe. On ne survit pas cinquante ans sur Nar Shaddaa, dont la moitié passée à enquêter sur des gros bonnets de la pègre, en tendant la main au premier venu. Après tout, et comme on dit souvent, donnez leur la main et ils vous mangeront le bras.
Sur la lune des contrebandiers, c’est d’autant plus vrai. Les histoires de trahison sont monnaies courantes au point où planter un couteau dans le dos de son meilleur ami semble être devenu une sorte de tradition. Ah, les joies de vivre sur un monde où l’esprit de compétition est poussé à son paroxysme… Pour une poignée de crédits ou une place plus alléchante dans une société plus que concurrentielle, les gens semblent prêts à tout. Valen Tyne ne sait jamais s’il doit en rire ou pleurer. Peu importe. La dénommée Kryann se trompe sur son compte et il convient donc de remettre les pendules à l’heure afin d’éviter tout malentendu.
- Vous allez un peu vite en besogne ma jolie… Je crois que vous vous méprenez complètement sur qui je suis. Je suis un privé, et l’un des meilleurs du coin qui plus est, mais je n’ai rien à voir avec ces Impériaux ou l’Impérium de manière générale. Explique le cyborg, un sourire amusé aux lèvres. Si j’accepte de vous accueillir en ce moment même, c’est parce que ça fait partie du contrat. C’est tout. Rien de plus, rien de moins… Et tant que les crédits coulent à flot, ça me va très bien comme ça.
Il laisse retomber ses paroles dans l’air, se gratte doucement le nez, pensif. Une lueur étrange illumine l’intérieur de ses photorécepteurs jaunes. Une idée traverse soudainement son esprit et il se met à sourire de plus belle.
- Oh mais j’y pense… Cette histoire de destroyer maudit n’est pas sans me rappeler une rumeur de destroyer fantôme, de vaisseau revenu d’entre les morts. Le détective privé se penche en avant, comme pour donner à son récit un côté secret. Je ne sais pas si ça a un rapport avec vos Sith ou votre mystérieux destroyer mais j’ai entendu parler d’un vaisseau impérial arpentant la Bordure Extérieure dans plusieurs établissements peu fréquentables de Nar Shaddaa… Un vaisseau qui aurait été pourtant détruit lors de la Bataille de la Forge Stellaire. M’enfin c’est ce qui ce dit. Vous savez, les ragots d’ivrognes ne sont pas toujours fiables et je ne me suis pas vraiment penché sur la question pour confirmer ou non la véracité de leurs dires.
Valen Tyne baille aux corneilles, étire ses bras. Il se serait bien levé pour se faire une bonne tasse de caf, histoire de se réveiller bien comme il faut, mais semble peu motivé à l’idée de devoir remuer ses fesses. Pour l’heure, tout ce qui l’intéresse c’est de savoir si ce groupe amusant de Jedi et d’Impériaux compte squatter chez lui et surtout pour combien de temps.
- Si c’est une piste qui vous intrigue, je peux vous donner deux ou trois indications…
- Un destroyer stellaire impérial revenu d’entre les morts ? Pas vraiment un bon signe… Surtout si les Sith sont dans le coup. Commente Riggs derrière eux.
Le sergent, à l’instar d’Himron, n’a pas vraiment gardé un bon souvenir de sa mission sur le destroyer maudit. Savoir qu’il existe potentiellement un autre vaisseau de ce genre dans la galaxie ne l’enchante guère et il espère secrètement qu’il ne s’agit que d’une histoire de fantômes inventée pour effrayer les enfants et les ivrognes. -
Post n°15
Auteur : KryannDonc Valen Tyne n’était qu’une sombre larve, une du plus. L’espoir de Kryann de tomber sur quelqu’un de décent venait de tomber en poussières devant ses yeux, mais elle n’en montra rien. Pouvait-on réellement attendre autre chose de la part d’un homme qui se plaisait sur Nar Shaddaa ? Probablement pas. Et son ton hautain et moqueur ne fait que renforcer cette impression. Qu’est ce qu’il croit ? Qu’elles sont ici par choix, de leur plein gré ? Ha. Elles ne sont que le fruit à moitié pourri d’années d’indécisions et d’idioties venues de la part d’un Conseil Jedi incapable de prendre une route claire… Et ce type là qui ne semble avoir que des crédits à la place des optiques est incapable de voir plus loin que le bout de son nez. Il traite avec les Impériaux, il est donc un Impérial à ses yeux, ça ne fait aucun doute, ses petits arrangements ne la concernent pas.
Elle perd toute envie d’être subtile, d’être agréable, elle aussi a bien envie de se montrer condescendante, voire dépréciative. Ce serait tout de même nettement plus simple de lui arracher les informations par la Force, avec les moyens qu’elle connaît déjà, faire plier son esprit comme un simple outil qui ne demande que ça. L’entendre supplier de le libérer des tourments de la Force, de visions qu’elle pourrait lui imposer jusqu’à ce que son esprit se brise en mille morceaux qu’elle pourrait essaimer aux quatre vents…
Pourquoi pensait-elle à tout cela, maintenant ? Tout arrogant et moqueur soit-il, ce type faisait comme les autres, survivre, et avait à sa disposition des facultés qu’il exploitait. Ca ne faisait pas de lui quelqu’un de mauvais… Insupportable et peu sympathique, mais beaucoup l’étaient. Et puis, il n’a pas l’air spécialement décidé à faire quoi que ce soit d’autre que parler…
-Nous ne comptions déjà pas rester. Disons qu’une chaîne d’événements inattendus nous a menés ici. Mais puisque vous le proposez, écoutons les indications que vous avez à disposition, si vous le voulez bien.
Un croiseur maudit, passe encore. Mais deux ? A ce rythme, le schéma pouvait devenir aussi récurrent que dangereux. Les Sith étaient suffisamment redoutables pour ne pas en plus bénéficier de forces venues du fond des âges. Dans un coin de sa tête, l’histoire de la Forge Stellaire faisait doucement son petit bonhomme de chemin. Mais c’était impossible, elle avait été détruite quinze ans auparavant. Alors des résidus de cette crise galactique ? Ce n’était pas totalement impossible, même si hautement improbable. Des restes de l’empire Sith ? On ne savait pas vraiment à quel point il s’était étendu, à l’époque, et les adeptes du Côté Obscur étaient bien connus pour leur sens du secret. Il suffisait de peu pour détourner des vaisseaux…
La Cathar finit par tourner son regard vers le Sergent Riggs. Elle a beau ne pas aimer les Impériaux, c’est toujours mieux que des Sith. Et puis, ils ont du monde hors jeu, du fait des âneries de leurs deux officiers. Ca aurait sans doute été plus simple sans tout ce décorum…
-Sergent, si d’aventure je vous proposais de nous rendre dans l’un de ces établissements peu fréquentables pour nous rendre compte sur place, qu’en diriez vous ?