Éveil
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Post n°14
Auteur : Pete JeabroSuivant le commandant dans les couloirs impérieux du Palais, Pete comprenait quel pouvait être le désarroi de ce peuple frappé en plein coeur. Le Jedi avait pris soin de se renseigner sur Naboo lors du trajet, grâce à l’aide notoire d’Endolorean. De nature pacifique, les habitants de la planète n’avaient que peu connu la guerre. La dernière en date était ce blocus effectué par la compagnie du commerce. L’attentat d’aujourd’hui paraissait bien plus lourd de conséquences que la tentative avortée d’invasion. Outre les vies brisées, anéanties, c’était le symbole de la diplomatie et du pacifisme de tout un système qui avaient été pulvérisés. Également choqué par ces événements, Jeabro ne pouvait que sympathiser avec les expressions de détresse qu’il voyait s’afficher sur les visagess des gardes royaux ou des personnels médicaux qu’il croisait dans ces couloirs. Ce n’était des aperçus que d’une ou deux secondes, mais qui se gravaient dans son esprit. Une mosaïque de visage paniqués, attristés, désespérés, colériques se constituait dans sa tête. Malgré ses efforts, Jeabro ne parvenait pas à les chasser. Et, alors qu’il progressait sur les pas du commandant Boerr, il comprenait pourquoi ses efforts étaient vains. Une partie de lui souhaitait les garder, les conserver. Pourquoi ? Le jeune homme crut d’abord -dans un léger sentiment de crainte- que c’était pour puiser l’inspiration et le courage dans la détresse de ces personnes. Oui, transformer quelque chose de sombre, de douloureux, en une force sur laquelle s’appuyer, un pilier pour nous soutenir et construire quelque chose de meilleur, quelque chose de bon, de profitable ! Mais non, il n’en était rien. Dans son arpentage silencieux des couloirs du Palais Royal, Pete entamait une lutte intérieure. Non, il savait que ce genre de pensée ne pouvait être que néfaste. Combien de personnes, avant lui, avaient sombré dans le Côté Obscur car elles souhaitaient nourrir de riches idéaux en s’appuyant sur des idées néfastes, corrompues. Non, Pete Jeabro ne pouvait s’inspirer du malheur du peuple Naboo pour les aider à comprendre ou à se venger. Le Jedi le savait éperdument et, pendant quelques instants, il avait été vexé de ce qu’il avait cru être sa naïveté. Mais il n’en était vraiment rien. Le jeune natif de Broh avait conservé dans sa tête tous ces visages endeuillés pour une seule et simple raison, qui relevait plus de l’Homme qu’il était que le Jedi. Il s’agissait d’un mécanisme de survie, d’auto-défense. Il était Jedi, certes. Et c’est pour cela qu’il devait aider le peuple Naboo dans ce moment difficile. Mais il était aussi Humain et, en bon humain qu’il était, il ne pouvait évacuer immédiatement le traumatisme qu’il venait de vivre. La méditation aidait, bien évidemment. Et, en cet instant, Pete était reconnaissant envers l’Ordre et tout particulièrement Phyl Reez pour leur enseignement. Mais il restait choqué par cette explosion. Et, dans cette situation, collectionner les visages de ces habitants de Naboo était un moyen de ne pas penser à la Salle du Trône, ses débris, ses corps carbonisés, défigurés par l’explosion. Dans le fin fond de son mental, Pete Jeabro se rassurait en associant ce drame aux inquiétudes des Naboo, plutôt qu’au pragmatisme morbide des faits.
La voix tonitruante du commandant Boerr, toute aussi inquiète que les autres sujets de la planète, ramena Pete à la réalité. Il inspira grandement afin de se calmer et de se recentrer sur l’enquête à mener. En tant que Jedi, il devait inspirer, rassurer et guider. Il n’avait pas le droit de trembler, ni de douter. Pas maintenant.
Dans l’obscurité de la salle d’holo-surveillance, le Jedi écouta le compte-rendu du commandant, point de départ de leur enquête. Pour le moment, les autorités ne disposaient que de peu d’informations. L’enquête allait être complexe.
- Commandant Boerr, commença Pete, pouvez-vous, je vous prie, me transmettre une liste de toutes les personnes ayant pu être impliquées dans ce complot ? J’entends, une liste de toutes les personnes savant éperdument comment fonctionnent vos systèmes de sécurité, ou ayant l’influence -le rang hiérarchique- nécessaire leur permettant d’obtenir ces informations.
Le Jedi marque une rapide pause et repris, afin d’étayer sa demande :
- Car, si vous avez raison, alors quelqu’un de très haut placé a pu être impliqué dans cet attentat. Il s’agit peut-être même de l’une des victimes. Tant que nous ignorons le mobile, nous de devons écarter aucune piste. En l’état actuel et, toujours si nous suivons votre théorie, je vois deux éventualité.
Pete prit une inspiration et déroula :
- Soit plusieurs personnes sont sciemment impliquées dans cet attentat et ont agi par malveillance. Soit une ou plusieurs personnes ont eu l’intelligence nécessaire pour manipuler avec habileté des individus qui, malgré eux, ont mis en application d’infimes parties d’une plan global. Il se peut, commandant, que certaines personnes aient involontairement servi une cause qui n’était pas la leur.
Jeabro laissa un instant de silence, pour savoir si Boerr allait réagir à ces suppositions. Mais le commandant resta silencieux. Le Jedi continua de faire tourner ses méninges, afin de savoir quelles auraient pu être les motivations de cette attaque :
- Pouvez-vous m’en dire plus sur la situation actuelle de Naboo ? Sans révéler les informations confidentielles, bien entendu, quel était l’état général de la politique ici ? Si une taupe a opéré, avez-vous une idée de ses motivations ? Des décisions récentes étaient-elles fortement désapprouvées, jugées nuisibles pour l’avenir de Naboo ? Nous pouvons avoir affaire à des nationalistes ou, au contraire, à des personnes voulant saboter la planète. À moins que cela ne soit réellement lié à notre présence sur votre territoire.
Pour le moment, toutes les pistes étaient ouvertes. Pete devait trouver le moyen de récolter suffisamment d’informations pour en écarter le plus possible. Car ce n’était que par élimination qu’il pouvait avancer, pour le moment. Et, même si Boerr figurait sur sa liste des suspects -car il refusait de se fier à qui que ce soit, seul lui pouvait le renseigner pour le moment. Jeabro jugea bon d’ajouter :
- Je suppose que vous avez des mesures de sécurité à cet égard. Peut-être devriez-vous assurer la sécurité sur d’autres sites de la planète. Si nous avons avons affaire à un ennemi au plan élaboré, peut-être que cet attentat spectaculaire n’est qu’une diversion pour attaquer en toute discrétion une autre cible.
En attendant les réponses du soldat, Pete détourna son regard du malheureux et observa le grésillement des holo-caméras. Avaient-elles été piratées pour cacher quelque chose, ou par diversion ? Quels secrets pouvaient-elles leur révéler ? -
Post n°15
Auteur : Rick O'lonell

John Boerr - Maayaî Veancy
[Commandant en Chef des Forces Royales] - [Conseillère politique de Rick O'lonell]Les légendes disaient vraies. Les Chevaliers Jedi baignaient dans la sérénité et la sagesse.Spoiler : FOND SONORE
Le Commandant Boerr, bien qu'inquiet de la tournure des évènements, laissa échapper un bref soupir de soulagement lorsqu'il constata que le dignitaire présent à ses côtés était loin d'être un néophyte. Diplomate et réfléchi, il semblait prêt à affronter toutes les épreuves qui lui tomberaient dessus.
En l'écoutant parler, questionner et indirectement enquêter, John Boerr sut que Naboo disposait d'une chance unique de retrouver les commanditaires de cet attentat.
Si seulement ses pouvoirs de guérison étaient à la hauteur... La Reine Oliwia pouvait s'estimer heureuse d'avoir été soignée quelques secondes seulement après l'explosion grâce à la magie de la Force que lui avait promulgué ce même Chevalier Jedi.
Avec un grand enthousiasme et une détermination retrouvée, le Commandant en Chef des Forces Royales de Naboo contenta immédiatement la soif de réponses de son allié Humain.
- Tenez, commença t-il par dire en pointant du doigt une fenêtre qui venait juste de s'afficher sur l'holo-ordinateur, sont recensées juste ici toutes les personnes ayant accès ou ayant pu avoir accès à nos systèmes de sécurité ainsi qu'aux paramètres de leur élaboration. Certains y ont même participé. Néanmoins, il manque certainement de nombreux noms de l'entourage de confiance de la Famille Royale. Mais ces personnes ont été triées sur le volet. Elles ont été choisies pour leur extrême fidélité au régime, et préféreraient donner leur vie plutôt que de risquer celle de la Reine et de la Princesse."Ordinateur central de sécurité""Ordinateur central de sécurité"
Sa Majesté Oliwia - Monarque
Son Altesse Kamilia - Princesse de Theed
John Boerr - Commandant en chef des Forces Royales, responsable de la sécurité de la Famille Royale
Rick O'lonell - Gouverneur
Quarsh Panalka - Ex-Commandant en chef des Forces Royales (fonction : conseiller défense à titre exceptionnel)
Lionel Osborn - Conseiller défense, équipe de conception du système électronique de sécurité du Palais Royal
Solen Marlohee - Cabinet du Gouverneur (fonction : assistante)
Maayaî Veancy - Cabinet du Gouverneur (fonction : assistante)
Sabé Neberrie - Cabinet du Gouverneur (fonction : assistante)
Alfred Kincade - Majordome privé du Gouverneur
Grim Parayal - Conseiller défense, équipe de conception du système électronique de sécurité du Palais Royal
Bien qu'il soit là pour apporter objectivement tous les éléments que souhaiterait le Jedi, John devait également s'assurer de lui apporter son opinion, bien que subjective sur certains points.
- Maître Jeabro, même si l'enquête nous oblige à être prudent et à cibler toutes les taupes potentielles, sachez que cette liste contient des noms en qui nous avons une absolue confiance. Ces personnes travaillent au service de Naboo ou en lien étroit avec nos services depuis des années; certaines sont là depuis des décennies... Si nous avons des soupçons sur l'une d'entre-elles, il nous faudra des preuves tangibles, aussi dures que le beskar.
Même s'il assurait avoir confiance en toutes ces personnes, John Boerr restait un homme pragmatique. Son expérience l'avait préparé à toutes sortes d’éventualités et pourtant, jamais il n'aurait imaginé vivre une crise aussi profonde sur un monde aussi paisible que Naboo.
Il faisait partie de cette liste. Il était donc un suspect dans cet attentat. Et tant que Rick O'lonell serait entre la vie et la mort, personne ne serait là pour lui accorder une confiance aveugle. Il devrait prouver au plus vite sa bonne foi envers le Chevalier Jedi qui allait avoir besoin d'une confiance aveugle vis à vis de lui pour poursuivre l'enquête.
Pendant un instant, le Naboo se surprit à se penser dans la peau du terroriste. Se pouvait-il qu'il ait été dupé ? Se pouvait-il qu'on ait réellement abusé de sa confiance ? S'il avait permis l'explosion dans la salle du trône en négligeant la sécurité, il ne pourrait s'en remettre. Pire encore, s'il apprenait qu'une personne en qui il avait confiance l'avait trompé...
Boerr évacua cette pensée. Il la savait plausible, mais y penser maintenant alors qu'ils n'avaient strictement aucune preuve ne lui apporterait rien de bon. Il le saurait en temps et en heure.
- J'ai bien peur que vous ayez raison. S'attaquer à la famille Royale de cette manière, sans oublier que vous étiez présent... Ceux qui ont commandité cette attaque doivent avoir trois coups d'avance sur nous. Je crains qu'ils ne tentent de nous mener sur des fausses pistes. Nous allons devoir rester vigilants.
J'ai déjà pris les mesures nécessaires avec mes hommes pour garantir la sécurité des points stratégiques de notre monde. La protection de nos astroports, lieux publics, institutions et raffineries de plasma est d'ores et déjà renforcée.
Le Commandant en Chef profita du silence qu'il venait de réinstaller afin d'ouvrir une nouvelle fenêtre sur l'holo-ordinateur. Celle-ci semblait afficher un puits d'informations sur les menaces et les dangers que la Monarchie Constitutionnelle de Naboo devait particulièrement craindre.Spoiler : FOND SONORE
"[confidentiel] Commandant Boerr""[confidentiel] Commandant Boerr"
Rick,
Comme demandé, je te transmets mon rapport sur les éventuelles menaces que votre politique actuelle, à toi et à Sa Majesté Oliwia, pourrait engendrer. Tu trouveras ci-dessous les principaux projets de votre mandat qui pourraient amener des tensions futures et une grave opposition à votre politique :Spoiler : Nationalisation des industries de production du plasma
Spoiler : Militarisation de Naboo
Spoiler : Poursuite de la traque des responsables du Blocus de la Fédération du Commerce
Spoiler : Réglementation sur le port d'armes
Spoiler : Invitation des Jedi sur Naboo
Ces deux cités sont réputées, depuis la Grande Ouverture vers l'extérieur de l'après-Blocus, pour habiter une idéologie très proche de celles qu'on retrouve sur les mondes du Noyau. Ce sont les berceaux de nombreux artistes qui voient en la Monarchie et sa politique actuelle une régression par rapport à l'ouverture entreprise il y a plusieurs décennies.
Le Lieutenant Bellick O'Hara, responsable en chef de l'unité des Forces Royales de Keren, m'a fait état d'un problème en pleine expansion depuis quelques temps dans la cité : le collectif NNSPT "Naboo ne sera pas tienne !". Je t'ai joint un rapport expliquant la nature de ce mouvement et je t'invite grandement à t'intéresser de très près à leurs actions : il se pourrait qu'elles deviennent une épine venimeuse pour notre société.
Le Lieutenant Darius Vinman, responsable en chef de l'unité des Forces Royales de Rori, me met également en garde contre la rancune tenace des mineurs de sa lune. Depuis l'annonce de l'implantation du Pénitencier de Haute Sécurité sur leurs terres, ils menacent de passer à des actions violentes pour se faire entendre.
Ci-dessous sont recensées les potentielles menaces auxquelles le Gouvernement Naboo doit s'attendre à l'avenir :Spoiler : Syndicat des mineurs d'épices de Rori
Spoiler : Collectif NNSPT « Naboo ne sera pas tienne ! »
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Post n°15
Auteur : Rick O'lonellgroupuscules se revendiquant de la NNSPT s'en prennent à ce qu'ils nomment des « enfants » de ta politique : garnisons militaires et Forces Armées en premier lieu.
Si leur voix n'a pas de grande portée (pour l'instant), et si leurs actions n'ont pas (encore) eu d'impact médiatique, elle est la source d'une tension naissante dans les quartiers de Keren. C'est la première fois que des Naboos contestent le régime Monarchique millénaire et la Famille Royale voit en la NNSPT une très mauvaise influence pour la jeunesse idéaliste Naboo.
Si la Royauté voit en elle une menace à venir, c'est parce que la NNSPT revendique des soutiens de plus en plus importants. Certaines maisons royales se sont déjà rapprochées d'elle, tandis que des corporations étrangères du Noyau sont soupçonnées de financer leurs activités afin de prendre de l'influence sur notre monde.
Certains groupuscules anarchiques de la NNSPT ont même menacés de monter des actions bien plus radicales que par le passé si elles n'étaient pas écoutées. Une menace à prendre (très) au sérieux.Spoiler : Fédération du Commerce
J'ai transféré ce rapport à Maayaî comme tu me l'as demandé afin qu'elle en prenne connaissance et qu'elle l'étudie minutieusement.
Je suis à ta disposition si tu as besoin de quoi que ce soit.
John
PS : souhaite un bon anniversaire à ce bon vieux Alfred de ma part.
PS 2 : n'oublie pas Beemen.
Il était étrange de constater, tout en bas de la liste, que la Fédération du Commerce y était référencée malgré l'ancienneté du Blocus de Naboo qu'elle avait orchestré. Était-ce de la rancune ? De la prudence ? Ou les Naboos avaient de sérieuses raisons de penser que la Guilde du Commerce n'avait pas fini d'en vouloir à leur monde ?
- Sachez une chose, Chevalier Jeabro : si Naboo a une apparence idyllique, celle-ci cache en elle une personnalité peu flatteuse, dit-il avec un air grave, notre monde n'est pas aussi bon que dans l'imaginaire galactique. Complots et rivalités sont monnaie courante dans notre société depuis bien avant le Blocus de Naboo. Lorsqu'on fait partie de la politique intérieure, ce sont des secrets de polichinelle qui sont inconnus de la plupart des citoyens.
John se passa la main sur le visage. Il transpirait à pleines gouttes, usé par la difficulté de l'enquête alors qu'elle ne faisait que commencer. Pourtant, sa détermination était toujours aussi importante.
En se rappelant toutes ces potentielles menaces, le Commandant parvint à mieux organiser dans son esprit les renseignements fournis au Jedi. Des liens se créaient, d'autres disparaissaient. Et bien que son instinct le poussait vers une piste en particulier, son esprit réaliste l'incitait à avancer étape par étape dans l'investigation. Même si le temps leur manquait, il ne fallait pas omettre d'éléments importants.
- Avant d'être une démocratie, Naboo est une Monarchie. Et comme dans toutes les monarchies, nous disposons d'une classe de nobles, réputée pour leur richesse et leur influence considérables dans notre société. Ils ont les dents longues, et ont déjà causé de graves tords à Naboo par le passé.
A ce titre, j'ai de grandes raisons de penser que les maisons roya...
- TOC TOC TOC -
Dans un réflexe surprenant, Boerr attrapa son blaster et le tendit vers la porte qui venait de s'agiter. Une voix de femme se fit doucement entendre. Sans aucun doute savait-elle que la salle était occupée pour insister de la sorte.
Très doucement, John Boerr se leva de son siège et vint activer le verrou magnétique de la porte. Son blaster dissimulé dans le dos, il garda néanmoins son sang-froid afin d'accueillir comme il se devait Maayaî Veancy, la principale conseillère du Gouverneur Rick O'lonell. Impossible de ne pas esquisser un sourire en voyant la mine charmante de la jeune femme Naboo, quelque peu déboussolée comme tout le monde au sein du Palais.
Rassuré de voir une personne de confiance dans son champ de vision, l'ancien membre des forces spéciales républicaines baissa sa garde et rangea discrètement son arme autour de sa ceinture. Il s’avança de quelques mètres à l'extérieur de la salle de sécurité car ce qu'elle allait lui dire était confidentiel : le Chevalier Jedi qui était là, caché dans l'ombre de la pièce, devait seulement être informé des informations que Boerr aurait décidé de lui transmettre.
Bien-sûr, ce n'était pas une simple porte en duracier qui allait empêcher la mélodie s'échappant des lèvres de la jeune femme d’atterrir jusque dans les oreilles du sensitif. Boerr espérait simplement que Veancy comprenne son geste et qu'elle contrôle la portée de sa délicieuse voix.
- Commandant. Est-ce que vous avez une minute à m'accorder... en privé ? commença t-elle par annoncer en franchissant d'emblée la porte malgré le geste évident de son interlocuteur, Il faut que... Oh. Excusez-moi ! dit-elle en apercevant la silhouette du Chevalier Jedi, je ne veux pas vous déranger dans vos activités.
Boerr revint dans la salle allouée à la surveillance du Palais Royal. Il en profita pour mettre un peu plus de lumière dans la pièce -une manière d'accueillir comme il se devait la principale assistante politique du Gouverneur O'lonell- et vint se placer entre le Jedi et la jeune femme.
- Je voulais simplement vous dire que... J'ai eu des nouvelles de la Reine Oliwia et du Gouverneur O'lonell. Ils sont entre la vie et la mort.
Votre consœur Jedi... continua t-elle en regardant Pete Jeabro, est dans la même situation. Son état a empiré depuis le transfert vers l'hôpital. Elle vient d'être placée en chambre de réanimation.
Un silence fort troublant régna alors. Venue pour longuement échanger en privé, la dénommée Maayaî Veancy ne resta finalement que quelques secondes dans la salle. Une fois l'annonce passée à John Boerr et au Jedi, elle tourna le dos aux deux hommes afin de s'en aller. Elle fut interrompue par l'étrange main de Boerr qui lui attrapa le poignet.
Veancy sursauta.
- Vous saignez... dit-il délicatement en accompagnant ses mots d'un bref mouvement de la tête en direction du cou de la jeune femme, l'explosion dans la salle du trône a été violente. Vous devriez aller vous faire soigner.
Personne ne vous en voudra si vous pensez d'abord à votre santé.
L'assistante du Gouverneur se frotta assez rapidement la blessure avec le bout de l'index, comme si son toucher subtil et l'ongle délicatement taillé lui suffiraient à stopper le saignement. Elle décida finalement de jouer l'apaisement et de changer de sujet, pensant à juste titre que son cas ne devait pas être aussi important que celui des Naboos qui étaient à deux doigts de la mort.
Elle se contenta alors de remonter le col de sa chemise moulante.
- Contrairement à d'autres, j'ai eu la chance d'éviter la zone d'impact de la bombe. Je ne peux m'arrêter en sachant la Reine et le Gouverneur dans un état plus que critique.
Je me rends à l'hôpital pour être à leur chevet. Je veux m'assurer que tous les efforts soient faits pour qu'ils soient remis sur pieds, conclut t-elle avant de s'en aller définitivement.
John Boerr savait la jeune femme têtue. Son rôle quotidien étant d'assister le Gouverneur dans ses activités politiques, elle ne servait plus à grand chose dorénavant si ce n'est faire le porte parole funèbre de Rick O'lonell. Son importance au milieu de cette grave crise dépendait donc de la survie de l'ancien militaire et c'est là que sa présence à l'hôpital près de son possible cadavre devenait indispensable.
D'où la raison pour laquelle le Commandant des Forces Royales n'insista pas plus longtemps. Elle était une femme forte et indépendante, elle savait ce qu'elle faisait et bien qu'il ait montré le contraire lorsqu'elle était là, Boerr ne s'inquiétait pas vraiment pour sa petite écorchure au coup. Elle survivrait.
Tout le monde n'aurait pas cette chance. -
Post n°16
Auteur : Pete JeabroLe commandant faisait montre d’une efficacité redoutable. En moins de temps qu’il ne fallait pour le dire, voilà qu’il présentait déjà une liste de suspects. Et, fait considérable, il jouait suffisamment franc-jeu pour ne pas chercher à masquer sa présence sur celle-ci. Pete ne savait pas si cette liste contenait réellement des suspects. En tous cas, elle constituait une première piste qu’il n’allait pas négliger. Au moins l’un des noms affichés sur cet écran devait être lié à ces événements, consciemment ou non.
Le Jedi entama la lecture de cette liste, alors que Boerr partageait la confiance qu’il avait adressée aux personnes présentes sur le document. Pete se retint de commenter. Il ne tiqua pas non plus lorsque le titre de « maître » lui fut affublé. Au vue de la situation de crise, ce n’était pas le moment de donner une leçon sur la hiérarchie de l’Ordre. Qui plus est, toute remarque saluant le fait que l’attentat avait été l’oeuvre d’une traitrise aurait été inutilement douloureuse. Initialement, Jeabro avait été envoyé sur Naboo pour jouer les diplomates. Il allait donc s’efforcer de l’être dans ses réponses. Après un instant d’hésitation, il déclara :
- J’entends vos doutes, Commandant. Malheureusement, nous ne pouvons négliger aucune piste. L’ombre se dissimule sous l’éclat de la lumière : Naboo a été attaqué, ce qui, au vu de ce que vous me dites, était inenvisagable. Donc, tout aussi inenvisageable que le nom du ou des coupables puisse se trouver dans cette liste.
Une fois de plus, Pete se pencha sur le document. Plusieurs noms l’intriguaient. Le fait que la reine, la princesse, le gouverneur et le responsable de la sécurité aient accès aux systèmes de sécurité était logique. En revanche, pourquoi le dénommé Panalka était-il indiqué comme « Ex-commandant » ? Cet individu semblait disposer d’un statut très particulier. Était-il un vétéran désireux de prolonger ses états de service plutôt que de prendre sa retraite ? Parallèlement à ce profil atypique, Pete se demandait pourquoi autant de personnes du cabinet du gouverneur pouvaient accéder au système ? Était-il indispensable de laisser l'accès à trois assistantes et un majordome ? Le dernier détail qui attira l’attention de Jeabro était sans doute mineur. Mais la gravité de la situation l’obligeait à ne pas le mettre de côté : Parayal semblait avoir les mêmes fonctions qu'Osborn. L’écart de position au sein de cette liste était-elle significative d’une quelconque différence hiérarchique ?
- Pouvez-vous m’en dire plus sur Panalka ? Pourquoi n’est-il plus… ? commença le Jedi.
II s’interrompit au milieu de sa phrase et ne put s’empêcher de rougir. Alors qu’il avait commencé à poser sa question, il avait jeté un oeil sur la liste pour vérifier le nom de Panalka et s’assurer de ne pas l’écorcher. C’est en lisant à nouveau son titre qu’il comprit que cet individu était le prédécesseur de Boerr. Cela ne changeait pas grand chose à la question initiale, mais Jeabro se sentait un peu stupide. Il inspira un grand coup et reprit d’un ton qui se voulut naturel :
- Dans quelles conditions a-t-il quitté ses fonctions de commandant en chef des Forces Royales ? En quoi son statut de conseiller est-il « à titre exceptionnel » ?
Jeabro n’était pas convaincu du résultat et, à tous les coups, Boerr avait du constater sa bafouille. Le jeune homme se ressaisit et posa ses autres questions :
- Pourquoi autant de personnel du cabinet du Gouverneur, y compris son majordome, ont accès aux systèmes de sécurité ? Et y a-t-il une différence hiérarchique entre Messieurs Osborn et Parayal ? Ils semblent occuper les mêmes fonctions, à des niveaux différents.
Enfin, le Jedi compléta sa horde de remarques par une dernière requête :
- Commandant, pouvez-vous me faire parvenir un rapport dressant la situation présente de chacune des personnes présentes sur cette liste, et de leur agenda sur la dernière semaine ? Je sais qu’il s’agit d’un travail conséquent, mais si l’une de ces personnes a des informations sur ce qui s’est passé aujourd’hui, alors nous aurons un moyen de progresser dans notre enquête.
Le message que Boerr afficha par la suite était colossal. Jeabro le parcourut rapidement : il se voyait mal le lire posément devant son auteur, alors qu’il ressentait encore l’urgence et l’agitation de la situation. Du peu qu’il put parcourir sur le moment, Pete constata trois choses. Premièrement, le commandant était suffisamment proche du gouverneur pour le tutoyer. Au vu du ton qu’il employait, il lui semblait même entièrement dévoué. Deuxièmement, Jeabro se demanda si certains des noms évoqués ne se trouvaient pas sur la liste précédemment étudiée. Il nota que l’une des assistante avait été mise en copie du mail. Et le « bon vieux Alfred » était peut-être le majordome. Tous deux avaient accès aux systèmes de sécurité, tout comme le gouverneur et le commandant. Et, dans la globalité, tout le monde paraissait proches les uns des autres. Si le traître (ou les traîtres!) était parmi eux, la trahison n’en serait que plus douloureuse. Le troisième point était l’un des sujets évoqués par Boerr. Les propos concernant la militarisation de la planète soulignaient un risque important de repésailles. Le commandant prétendait connaître les personnes agissant en secret en faveur de la démilitarisation. Et, s’il ne les connaissait pas personnellement, il avait l’air de comprendre leurs actes. La piste était tellement grossière que Pete peinait à croire qu’elle soit concluante pour leur enquête. Quoi qu’il en soit, il désirait avoir plus d’informations à ce sujet :
- Commandant, pouvez-vous m’en dire plus sur ces familles rivales opposées à la militarisation de Naboo ? Suis-je dans le vrai lorsque j’affirme que vous en savez plus que vous ne l’avez écrit dans ce message ? Qui pourrait recherche « un conflit entre deux franges de la population », pour reprendre vos termes ?
Malheureusement, Boerr fut interrompu dans sa réponse. Une jeune femme frappait à la porte. Pete resta immobile, laissant les deux Naboo dans leur intimité. Malgré l’urgence de la situation, il comprenait que le commandant puisse être accaparé par d’autres priorités. L'absence de réaction de Jeabro, à sa déconvenue, le fit passer inaperçu quelques secondes, avant que l’inconnue ne réalise sa présence. Lorsqu’elle la découvrit, il lui adressa un signe de tête, avec un sourire courtois. Les nouvelles étaient macabres et le coeur du Jedi rata un battement lorsqu’elle évoqua Endolorean. La vague d’inquiétude qui l’envahit fut immédiatement remplacée par de la confusion. Si Endolorean avait rejoint la Force, Pete l’aurait ressentie, non ? C'était habituellement ce qui se produisait lorsque que quelqu’un d’aussi sensitif que la jeune Karnélienne trépassait. En un sens, le Jedi était rassuré. Même si l’état de la novice était instable, elle vivait encore. Pete accueillit ces nouvelles dans un silence… de mort.
Ce silence se poursuivit après le départ de la jeune femme. Jeabro regarda le soldat dans les yeux, puis finit par demander :
- Auriez-vous un datapad ? J’aurais besoin de disposer des documents que vous m’avez montré. Ils constituent pour le moment notre seule piste.
Puis, réalisant qu’il avait oublié quelque chose, le Jedi demanda de nouveau :
- Et, finalement, que disiez-vous à propos des familles royales ? -
Post n°17
Auteur : Rick O'lonellDes rapports venant des quatre coins du globe se multipliaient sur les nombreux écrans de la salle de surveillance. Les attentats avaient désormais un écho planétaire. Tous les services de l'état étaient sur le qui-vive, se préparant au pire.
- Panalka est mon prédécesseur au poste de Commandant en chef des Forces Royales. Il a quitté sa fonction durant le 1er mandat de Rick O'lonell afin de prendre sa retraite.
Il a été au service de Naboo durant plusieurs décennies. Il avait été nommé quelques mois avant le Blocus orchestré par la Fédération du Commerce sur notre monde. Il est connu ici pour avoir modernisé les infrastructures militaires de Naboo et pour avoir grandement amélioré les systèmes de défense et de sécurité de la capitale.
En tant que principal concepteur de nos infrastructures de sécurité, nous lui avons accordé le statut de conseiller « exceptionnel » afin qu'il puisse continuer à nous aider dans l'amélioration constante de nos équipements.
Même si je comprends votre démarche, je vois où vous voulez en venir, Maître Jedi. Mais Quarsh Panalka est un patriote et un homme de confiance du Gouverneur O'lonell et de sa Majesté la Reine. Bien que je ne veuille écarter aucune hypothèse, je pense qu'elle ne doit pas être en tête de liste de nos priorités. Pour le moment.
Ce Panalka était très connu sur le monde idyllique de la Bordure Médiane, et plus particulièrement chez les militaires et les forces de l'ordre : il avait été à l'origine du projet de militarisation de Naboo, il y a plusieurs décennies. Bien avant le Blocus monté de toutes pièces par la Fédération du Commerce, Panalka avait sans cesse demander plus de moyens pour renforcer la Garde Royale, alors unique armée planétaire qui se chargeait également du maintien de l'ordre. Le Blocus avait alors été un argument de poids pour convaincre la Reine du besoin impératif de se doter d'une véritable armée de métier, épaulée par une flotte digne de ce nom.
L'homme fort de la Garde Royale avait tenu son rang jusqu'au premier mandat de Rick O'lonell, durant lequel il avait été missionné par la Reine pour se charger entre autres de sa protection. Les deux hommes avaient fini par se lier d'amitié et il n'était pas rare, aujourd'hui, qu'ils se rencontrent de temps en temps pour évoquer le bon vieux temps autour d'une partie de Pazaak.
- C'est une volonté récente du Gouverneur qu'un maximum de personnes de son entourage ait connaissance des protocoles de sécurité du Palais de Theed, expliqua Boerr en montrant des signes de désapprobation, d'après lui, il faut impliquer l'ensemble des proches conseillers dans l'organisation d'un événement politique, jusqu'à ce qu'ils sachent comment gérer la sécurité des lieux.
J'étais en désaccord avec cette décision et je l'ai fais savoir. Mais je crains de ne pas tout savoir des réelles intentions de mon Gouverneur.
Boerr semblait particulièrement gêné. Malgré sa proximité et son amitié de longue date avec Rick O'lonell, il ne pouvait faire semblant de tout savoir face au Chevalier Jedi : de nombreuses décisions de son vieil ami commando lui restaient incompréhensibles. A commencer par ce choix d'accorder l'accès aux protocoles de sécurité à plusieurs membres de son cabinet politique, là où un choix rationnel et censé aurait du l'amener à ne l'accorder qu'à une seule personne ayant la responsabilité de la sécurité du Palais.
- Lionel Osborn est le principal conseiller militaire du Gouvernement de Naboo. Ses responsabilités portent sur le développement des technologies de pointe dans le domaine de la défense planétaire. A ce titre, c'est avec lui que notre gouvernement échange lorsqu'il est question de sécurité et qu'il souhaite un soutien dans ce domaine. Grim Parayal n'est que l'un de ses nombreux assistants qui l'aide dans sa mission.
Tandis qu'une missive provenant tout droit de la cité de Keren retint momentanément son attention -l'on y faisait mention de troubles civils inhabituels dans le Secteur S, un quartier pauvre et défavorisé de la ville- Boerr rédigea dans la hâte un message à destination de quelques-uns de ses hommes de confiance afin qu'ils rédigent le rapport souhaité par Pete Jeabro.
Lorsque ce dernier enchaîna sur un terrain dangereux -celui des familles royales-, le Commandant des Forces Royales eut tout juste le temps de formuler un début de réponse que Maayai Veancy l'interrompit.
Ce n'est que quelques minutes après, après le départ de la jeune femme et tandis que la nouvelle sur l'état de santé du Gouverneur et de la Reine était tout juste digérée, que Boerr se rassit péniblement sur son siège. Le temps pressait et leur manquait à la fois. Ils seraient obligés de délaisser des pistes intéressantes pour ne cibler que celles qui leurs semblaient concrètes et prioritaires. L'enquête commençait très mal.
- Je télécharge les données sur cette puce, dit-il en joignant ses paroles d'un geste du menton, servez-vous en à bon escient : vous avez toute ma confiance. Car je crains que nous ne devions nous séparer dans très peu de temps : la situation sur Keren semble devenir alarmante...
Sur l'écran, une fenêtre de Naboo Holonet News apparut subitement, évoquant des manifestations dans la cité de Keren qui commençaient doucement à se transformer en troubles à l'ordre public. Sur les images, l'on voyait des jeunes civils s'en prendre aux militaires et à la Garde Royale. De violents slogans appelaient à la démission de Rick O'lonell, avec des échos honteux sur l'attentat qui venait juste de se produire.
« Tu as amené le feu et le sang sur Naboo ! » que l'on voyait écrit sur la pancarte d'une étudiante punk pouvait être perçu comme un compliment à côté de messages bien plus violents que l'on pouvait distinguer dans la foule.
- Il y a trop de coïncidences pour que les fam...
- TOC TOC TOC -
Le responsable des Forces Royales se surprit à sursauter dans un laps de temps, bien trop court pour être perceptible à l’œil nu -mais potentiellement détectable lorsqu'on possédait des pouvoirs qui dépassaient l'entendement-. La porte de la salle se mit à vibrer une nouvelle fois, quelques minutes après le départ de la charmante Maayaî Veancy. Boerr reproduisit donc le même mouvement pour se présenter face à la porte, le réflexe du blaster caché dans le dos en moins.
L'entrée en duracier coulissa doucement. La silhouette d'un jeune homme -vingt années tout au plus- portant l'uniforme de la Garde Royale se dessina tout aussi rapidement que son ombre, laquelle vint obscurcir la pièce. Impressionnant au premier regard, l'individu de race humaine était plutôt imposant et avait même le mérite d'être physiquement plus développé que John Boerr. Seul le charisme venait remettre les pendules à l'heure en permettant au Commandant de garder une marche d'avance en terme de posture et de carrure.
La prise de parole du jeune garde royal fut une preuve supplémentaire que la différence de grade entre les deux était justifiée. Contrairement à l'assistante de Rick O'lonell, un peu plus tôt, qui avait montré de la sérénité et du professionnalisme malgré la crise traversée, celui-ci avait d'avantage de difficulté à évacuer la pression accumulée dans ses épaules au cours de ces dernières heures.
Boerr le sentait dépassé par les évènements. L'on voyait sur son visage les traces d'une transpiration récente et fraîche, à défaut d'y voir des gouttes de sueur perler comme s'il s'agissait d'une vulgaire fontaine. Sa respiration, elle, était aussi rapide que ses brefs mouvements, lesquels montraient une certaine panique due à l'explosion et ses conséquences très certainement.
- Respire, jeune homme. Tu sembles à bout de souffle, lui annonça John Boerr en lui mettant une main sur l'épaule droite.
Le soldat, malgré son état, se mit au garde à vous pour saluer son supérieur hiérarchique. Le regard de Boerr lui intima l'ordre de ne pas continuer plus longtemps : le temps était bien trop important actuellement pour le réserver à des traditions militaires.
- Commmandant, mes respects. Je vous transmets cette datacarte contenant certaines des images d'holo-surveillance sabotées durant le piratage de ce matin. Je tiens cependant à vous prévenir : elles sont dérisoires et ne durent que quelques secondes.
Après ces précisions, le jeune homme tendit très délicatement la datacarte à son supérieur hiérarchique. Le mouvement était précis et bien pensé : tenant la disquette par ses bords, entre le majeur et le pouce de la main droite, le soldat de la Garde Royale tenait certainement à éviter tout contact nauséabond pour les fichiers de données présents dans la carte.
Boerr apprécia les précautions prises par son subalterne. Le geste était révélateur d'un très grand professionnalisme, et Dieu sait qu'ils en avaient besoin aujourd'hui. Le Commandant comprit alors l'une des raisons pour lesquelles le jeune Naboo avait une telle respiration saccadée en arrivant : il prenait son rôle très à cœur et craignait d'être à l'origine d'un éventuel dysfonctionnement de la carte de données.
Brandissant sa main droite en direction du petit objet, John l'attrapa fermement dans la paume de son membre. Il salua ensuite dignement l'émissaire grâce à qui il en avait eu la possession et lui tourna définitivement le dos. Malheureusement pour lui, il ne remarqua pas un bref échange qui venait d'avoir entre le jeune Naboo et le Chevalier Jedi.
En effet, tandis qu'il se retournait très lentement pour repartir, le soldat de la Garde Royale adressa un regard noir au dénommé Pete Jeabro, parfaitement visible dans la sainte lumière de la pièce. Sans raisons apparentes, le natif de Naboo à la musculature visiblement parfaite n'appréciait pas la présence du dignitaire Jedi aux côtés du Commandant John Boerr. Lui reprochait-il l'explosion d'il y a quelques heures ? Le pensait-il impliqué de près ou de loin ? Aucune réponse ne fut apportée puisque le jeune soldat s'en alla très rapidement après le bref échange muet. Ce dernier avait été extrêmement furtif, à tel point que ce n'était même pas certain que le destinataire du message silencieux -Pete- s'en soit rendu compte.
Reprenant sa place dans le siège, face aux écrans de surveillance, John Boerr inséra immédiatement la disquette dans l'ordinateur prévu à cet effet. Tandis qu'un message de chargement faisait son apparition, il se tourna alors vers le Chevalier Jedi.
- Vous m'avez demandé il y a quelques minutes en arrière si votre venue était liée de près à l'explosion, commença t-il par dire avant de poursuivre, c'est ce que je pensais tout à l'heure.
Vous, les Jedi, êtes connus pour vous fier à votre "intuition". La mienne me dit désormais que vous n'êtes que des prétextes à quelque chose de plus important, aujourd'hui.
J'ai peur que vous ne deveniez les bouc-émissaires parfaits avec cet attentat : vous risquez d'être les cibles parfaites de la colère de nombreuses personnes. A commencer par certains de nos concitoyens.
John Boerr avait trop d'expérience pour se faufiler dans une seule éventualité. Mais la présence des Jedi sur Naboo permettait d'avoir d'avantage de certitudes. Bien trop appréciés par le pouvoir en place, les ennemis de Naboo pouvaient profiter de la confusion pour inverser le rapport de force et faire en sorte que les dignitaires Jedi soient mal-perçus, voire considérés comme les resp...
- ATCHOUM -
C'était Boerr. Il venait brusquement d'éternuer.
Dans un mouvement assez rapide, l'ancien des Forces Spéciales Républicaines passa la paume de sa main droite sur le bord de ses lèvres pour éliminer délicatement les résidus de microbes qui avaient profité de l'éternuement pour venir s'installer au grand air. Particulièrement gêné du silence qui en résulta entre les deux hommes, il reprit alors la parole pour penser à voix haute. Histoire de passer définitivement à autre chose.
- Voyons ce que cette base de données a à nous apprendre, dit-il sans réelle conviction, se rappelant les précisions du jeune soldat rencontré il y a quelques minutes en arrière.
L'enquête serait longue. Très longue. -
Post n°18
Auteur : Pete JeabroL’agitation avait laissé place à la réflexion. Et à la consternation. Pete Jeabro s’était remis de ses émotions depuis un certain moment déjà. Mais les interruptions répétées et l’agacement de Boerr avaient tendance à lui rappeler que le calme était loin d’être revenu. Bien que déterminé, le commandant semblait éprouver une certaine lassitude. Il avait l’air de s’avouer vaincu alors même qu’il montrait sa volonté d’aller jusqu’au bout de cette enquête. En soit, cela avait quelque chose d'un peu déroutant. Néanmoins, Jeabro pouvait comprendre son trouble : sa planète venait de se faire attaquer sans aucun signe avant-coureur et ce, sous sa responsabilité. Enfin, à la lumière des récents événements, peut-être allait-il être plus évident de détecter ces signes avant-coureur, qui auraient pu mettre la puce à l’oreille des autorités ? Il était souvent plus sfacile de les identifier lorsque l'on repassait le film de ce qui venait de se passer. Les nouveaux éléments, funestes, permettraient sûrement de révéler des choses qui étaient passées inaperçues jusque là. Mais ce genre de travail d’analyse était très chronophage et le Jedi ne pourrait pas y parvenir seul. Il aurait besoin de l’aide d’un ordinateur ou d’un droïde pour aller plus vite dans les recherches et il doutait que son droïde astro-mécano fasse l'affaire.
- Vous avez raison, entonna-t-il, nous devons éliminer en premier lieu les pistes les plus improbables. Même si je pense que la gravité de l’acte qui a frappé votre planète recèle certainement l’implication de personnes hautement situées dans la hiérarchie Naboo, certains éléments tendent à privilégier d’autres pistes.
Pete marqua une courte pause, puis enchaîna :
- Je comprends que vos priorités se situent ailleurs. Vous avez déjà consacré beaucoup de votre temps afin de me briefer et de répondre à toutes mes questions. Et je vous en remercie. Je pense que, dès lors que les données auront fini de charger et que le rapport sur les conseillers du gouverneur me sera remis, je disposerai des premiers éléments pour avancer.
Le Jedi jeta un oeil aux écrans, qui continuaient de diffuser des informations alarmantes sur la situation dans une autre ville de Naboo. Une preuve supplémentaire que le calme de la salle de contrôle contrastait fortement avec l’agitation dont la planète était en proie. Paisiblement, Jeabro se tourna de nouveau vers Boerr et demanda :
- Y a-t-il un endroit où je puisse m’installer, afin d’étudier à tête reposée toutes les informations que vous m’avez transmises ? J’aurais également besoin d’outils d’analyse, pour étudier les archives. Des éléments de réponse se trouvent certainement bien plus près que nous le croyons. Il nous suffit de trouver où les chercher. Et il me faudrait également un moyen de communiquer, pour vous joindre directement si besoin et également pour contacter l’hôpital, afin d’avoir des nouvelles d’Endolorean… Je veux dire, de la Jedi Kardashkan.
Le jeune homme s’était repris au dernier moment. En délégation officielle, il ne savait pas réellement comment les Jedi devaient parler de leurs pairs auprès des interlocuteurs extérieurs. Il était vrai qu’au vu des circonstances, ce genre de détail n’avait pas réellement d’importance. Pete se contenta de reprendre sa respiration pour poser sa dernière question :
- Et, avant que nous regardions ces images, pouvez-vous m’en dire plus sur ces fameuses familles royales ? J’ai l’intuition qu’elles ont un rôle à jouer dans cette histoire. Vous étiez en train de me dire de ne pas me fier aux apparences, les concernant. -
Post n°19
Auteur : Rick O'lonellDe toutes parts, les rapports affluaient. Manifestations violentes de certains citoyens, explosions inexpliquées dans les cités de Keren et de Moenia, outrages et violences envers les forces de la Garde Royale et des Forces Royales de partout sur la planète... La situation empirait de minute en minute.
Et pour ne pas arranger le contexte, les maigres éléments qui étaient en faveur de la découverte de la vérité se révélaient infructueux et complètement inutiles.
Le soldat de la Garde Royale qui venait d'amener la datapuce au Commandant Boerr avait dit vrai : les images d'holo-surveillance qui avaient été trafiquées durant le piratage de source inconnue - quelques instants avant l'explosion dans la salle du trône - n'avaient strictement aucun intérêt.
Sur les écrans de retransmission holographique, Boerr et Jeabro revoyaient les précieuses secondes qui avaient précédé l'attentat. La salle de cérémonie, les couloirs adjacents... Chaque lieu se succédait à une grande vitesse, sans que le moindre élément d'importance ne se détache de cette vague d'images successives.
Lassé par tant d'échecs, le Naboo se frotta les yeux avec ses deux mains, profitant de ce court instant de quiétude pour se reposer la vue et pour évacuer le stress qui s'accumulait en lui. Cela faisait tout juste une heure ou deux qu'il était dans cette salle aux côtés du Chevalier Jedi pour enquêter sur les origines du chaos actuel, il avait pourtant la certitude que cela faisait plusieurs jours d'affilée qu'il recherchait des indices pouvant l'amener jusqu'à la source de leurs soucis. Boerr se demandait même comment il pouvait supporter de telles responsabilités sans sombrer dans la folie, lui qui avait vécu d'innombrables conflits dans sa vie de militaire mais qui n'avait jamais été exposé à une telle menace au cœur de son pays.
La présence d'un Jedi à ses côtés pouvait-elle l'apaiser ? Est-ce que le Chevalier Pete Jeabro avait un effet bénéfique sur sa personne ? Comme pour vérifier cette hypothèse, le plus haut gradé de la police Naboo ouvrit à nouveau les yeux avant de les pointer dans la direction de l'ambassadeur de l'Ordre millénaire.
Le jeune humain à la barbe bien taillée laissait transparaître une aura bienveillante. Son regard perçant était rué vers les écrans de contrôle de la petite salle de sécurité depuis plusieurs minutes. Tel un prédateur concentré sur sa proie pour mieux la cerner, le Jedi semblait assimiler les milliers de données qui apparaissaient devant lui pour mieux aboutir dans leur enquête commune.
Boerr était persuadé que les Jedi seraient la clé de cette incroyable histoire.
- Les familles royales sont nombreuses sur Naboo. Il n'y a pas, comme dans certaines civilisations, de nombre prédéfini les concernant. Mais certaines se détachent de la masse par leur ancienneté, leur pouvoir, leur richesse ou plus souvent par leur influence... expliqua le Naboo d'origine en reportant son regard sur les écrans, à la recherche d'une éventuelle information qui serait passée inaperçue, ces familles sont les aristocrates de notre monde. Nous avons beau vivre dans une monarchie constitutionnelle démocratique - n'importe quel Naboo de sang peut devenir Roi ou Reine - nous restons toujours sous l'influence de cette classe de nobles. Leurs descendants ont toujours fait partie du pouvoir, certains d'entre-eux ont même été Monarques dans le passé. Mais l'arrivée de la Reine Oliwia a tout bouleversé. Ou, plutôt : le Blocus a tout changé.
Le Commandant en chef de la Garde Royale laissa apparaître à l'écran de nombreux articles de presse évoquant les purges menées par l'actuelle Monarque de Naboo il y a environ 30 ans en arrière. Des noms connus comme ceux de Bon Tapalo ou d'Ars Veruna, les Rois ayant précédé Oliwia, s'affichèrent à côté de leur photo holographique.
Certainement affaibli par le manque de réponses à la crise actuelle, Boerr semblait se résigner à se ruer sur un chemin plus réconfortant en évoquant des faits dont il avait une parfaite connaissance : le passé de Naboo. Une manière de se rassurer et de ne pas voir son moral chuter lourdement.
- Après le conflit du Blocus de la Fédération, la Reine a entrepris un véritable nettoyage dans les hautes sphères de la nation. De nombreux procès ont eu lieu, permettant de condamner ou de mettre à l'écart de grosses responsabilités des hommes et des femmes soupçonnés de corruption. Tous accusés d'avoir profité du conflit pour s'enrichir, avant ou pendant le blocus. Parmi eux, Sa Majesté Oliwia a clairement pointé du doigt le rôle de certaines des plus vielles familles royales, soupçonnées d'avoir été à l'origine de ces problèmes...
Le responsable de la sécurité planétaire trembla subitement de la main gauche. Étonné par cette réaction anormale, Boerr serra le poing de manière à arrêter le spasme irrégulier. Le stress actuel semblait avoir eu raison de lui, mais le Commandant parvenait toujours à rester maître de ses émotions et ainsi à se contrôler.
Quelques gouttes de sueur apparurent sur le haut de son front, mais cela ne l'empêcha pas de continuer à guider son hôte Jedi.
- La Reine vient d'une famille modeste. Pour certaines familles de sang royal, la voir ainsi rabaisser leur autorité et mettre à mal leur influence sur notre monde n'a pas été forcément apprécié. Elle s'est faite d'avantage d'ennemis que d'amis dans les hautes sphères du pouvoir Naboo... expliqua t-il en s'essuyant le front du revers de la main, auraient-ils pu tenter de l'assassiner ? Je répondrais qu'ils auraient pu le faire il y a des années. Pourquoi s'en prendre à elle maintenant ?
Le leader de la Garde Royale se passa les mains dans le cou. Il s'étira durant quelques secondes les membres supérieurs tandis qu'il venait de ramener le silence dans la petite salle de sécurité. La fatigue se faisait déjà sentir, et cela se voyait facilement sur les traits de son visage.
- Tenez, dit-il finalement à Pete Jeabro en lui tendant un petit comlink, nous pourrons nous contacter comme cela, et vous pourrez également joindre votre homologue Jedi à l'hôpital. Je vais mettre à votre disposition une salle d'archives dans laquelle vous aurez tous les éléments que vous souhaiteriez pour les besoins de l'enquête. La salle se trouve à quelques pas du Complexe de Raffinerie de Plasma, dans les locaux de la Garde Royale. Vous y serez en sécurité et en tranquillité là-bas, tout en restant près du Palais Royal au cas où...
Boerr toussa un peu avant de s'éclaircir la gorge.
- Malheureusement le temps m'est compté. Je vais devoir me déplacer dans la cité de Keren d'ici peu pour coordonner l'action de mes hommes. Chevalier Jedi, nous resterons en contact et nous nous retrouverons très bientôt, conclut-il en tendant sa main moite à l'ambassadeur Jeabro.
Le Commandant toussa de plus belle, avalant difficilement sa salive afin d'humidifier sa gorge et pour mieux se faire entendre. C'était comme si les difficultés connues dans l'enquête et le récit malheureux de la matinée grignotaient petit à petit sa bonne santé physique.
La journée serait longue. Très longue. -
Post n°20
Auteur : Rick O'lonellLes images de surveillance défilaient en boucle sans qu'il puisse en tirer une seule information cruciale. Las de ces échecs répétitifs, celui qui était l'un des principaux perdants dans cette histoire ne put se retenir de pousser un juron qui raisonna longtemps dans la petite salle de sécurité. Un juron qui en disait beaucoup sur le sentiment d'impuissance rencontré par cet homme d'ordinaire si charismatique.Spoiler : FOND SONORE
La tension n'avait jamais été aussi élevée pour John Boerr, le Commandant en chef des Forces Royales de Naboo. Le militaire aguerri ne comptait plus les litres de sueur qui s'écoulaient lentement de son front; une manière d'exprimer leur désir de fuite face à cette peur de l'échec, pensa t-il. Ça faisait déjà plusieurs heures que l'explosion avait eu lieu, tout comme la discussion avec le Chevalier Jedi s'était achevée il y a un moment.
Attendu dans la cité de Keren pour superviser les opérations de maintien de l'ordre, le premier Garde de Naboo avait préféré prolonger sa présence au sein du Palais Royal. Ce n'était pas son genre de tourner le dos aux responsabilités. Et il y avait toujours cette petite intuition qui lui torturait l'esprit, comme si la solution à l'ensemble de ses problèmes se trouvait à portée de mains...
Sa main gauche tremblait toujours autant. Et plus les secondes passaient, moins il parvenait à contrôler ces étranges spasmes irréguliers. Serrant une énième fois le poing, John fit craquer ses os en espérant obtenir un déclic probant.
Sur les écrans de retransmission holographique, deux fenêtres retenaient l'attention du Commandant. La première n'avait pas été fermée depuis plusieurs heures et diffusait en boucle les quelques images de surveillance enregistrées durant les secondes ayant précédé l'attentat. La seconde était une tentative de communication avec le prédécesseur de Boerr au poste de Commandant de la Garde Royale : Quarsh Panalka. Ce dernier n'ayant toujours pas donné de suite à l'appel initié il y a une dizaine de minutes, le responsable planétaire de la Garde Royale dut se résoudre à visionner en boucle des scènes holographiques qu'il commençait à connaître par cœur.
Entre deux quintes d'une toux de plus en plus violente, l'ancien militaire Républicain regarda avec passivité le moment précédant l'instant fatidique durant lequel le trône royal vola en éclats. Les discussions allaient bon train au sein du cortège qui accompagnait les dignitaires Jedi. Une fois le troupeau dispersé au sein de la grande salle diplomatique du Palais, seuls quelques individus restèrent en retrait le temps que la cérémonie démarre réellement.
Parmi eux, le Gouverneur Rick O'lonell et Maïré, une des servantes de la Reine Oliwia qui avait eu la malchance de se trouver à côté de la bombe lors de l'explosion.
Sur les images en 3D, l'on apercevait initialement Rick se diriger vers la dénommée Maïra avant de la saluer dignement. Une manière très O'lonell d'adresser la parole à toutes les personnes entourant la famille royale, pensa Boerr. Désirant en apprendre d'avantage sur le contenu de leur bref échange, le chef de la Garde augmenta le son et tendit l'oreille près du diffuseur holographique.
« Une grande journée pour une grande Reine... Je suis si heureuse de la voir terminer sur cette rencontre pleine d'espoir. »
John eut la gorge nouée mais se ressaisit rapidement. Plus les minutes passaient, et plus il avait le sentiment qu'un ensemble de faits et gestes avant l'explosion avaient été réalisés dans le but d'annoncer ce qui allait se passer.
Cela ne fit qu'ajouter des regrets énormes sur la conscience du Commandant en Chef de la Garde Royale.
Les secondes qui suivaient la réaction de la servante de Sa Majesté, Rick semblait ajouter plusieurs commentaires à la discussion mais ceux-ci étaient imperceptibles en l'état. Des dysfonctionnements parasites brouillaient le contenu de ce qu'il disait, et on le voyait alors rejoindre le reste des convives dans la salle du trône en compagnie de Maïré.
Curieux d'en savoir plus, Boerr tenta de réparer la datacarte mais le processus demandait plusieurs minutes d'attente. Fort heureusement, la fenêtre de communication holographique vers Panalka venait de se réactiver au meilleur des moments : le prédécesseur de Boerr au poste de 1er Garde de Naboo apparut au dessus de l'holocommunicateur, le visage naturellement affecté par ce qui venait de se passer.
A la retraite depuis de nombreuses années, Quarsh Panalka restait tout de même un interlocuteur de choix pour le Palais Royal. Il avait occupé la fonction actuelle de Boerr depuis les premiers jours de la Reine Oliwia au sommet politique de Naboo, et il y était resté jusqu'au premier mandat de Rick O'lonell, quasiment 20 ans après.
C'est ce même Panalka qui avait modernisé les systèmes de sécurité du Palais Royal et c'est à ce titre que Boerr avait décidé de le joindre, afin d'avoir d'avantage de renseignements sur le sujet.
Les premières secondes de la discussion furent néanmoins concentrées sur l'attentat. Le sort de la Reine était au centre de l'attention des deux hommes. Panalka avait beau être à la retraite, il avait gardé des contacts dans l'entourage de la Reine et il semblait déjà au courant de la situation : Sa Majesté Oliwia était dans un état critique. Boerr se contenta de lui apprendre la manière dont s'était déroulée l'explosion, et les pistes sur lesquelles il se dirigeait pour retrouver les commanditaires de l'attaque.
Ce n'est qu'après plusieurs minutes d'échanges que le Commandant en Chef de la Garde Royale se décida à poser la question pour laquelle il avait réellement contacté son prédécesseur à la peau mât.
- Est-il possible de hacker nos systèmes de sécurité holographique depuis l'extérieur du Palais ?
Panalka ne chercha même pas à rentrer dans une profonde réflexion ou à se renseigner de son côté : pour lui, la réponse ne pouvait pas être remise en question.
« C'est impossible. Seule une personne de l'intérieur et connaissant parfaitement les dispositifs en place pourrait en être capable. »
Les deux hommes en étaient venus à la même conclusion : il y avait bien une taupe à l'intérieur du Palais. Mais qui ?
Tandis qu'ils poursuivaient leur discussion depuis de longues minutes maintenant, Boerr vit Panalka se retourner brusquement sur la retransmission holographique. L'ex-militaire Naboo annonça avoir entendu un bruit à l'extérieur de son appartement et s'absenta quelques instants afin de savoir ce qu'il se passait. Sans se soucier d'avantage de cet imprévu, Boerr se recentra sur les images d'holo-surveillance qui venaient d'être réparées par les ordinateurs.
C'est ainsi qu'il revit une nouvelle fois les images qui précédaient l'explosion.
Entre deux nouvelles quintes de toux qui lui occasionnèrent une petite douleur à la poitrine, le Naboo tendit l'oreille afin de s'assurer de ne louper aucun détail dans l'échange qu'avaient eu le Gouverneur Rick O'lonell et Maïré, la servante de la Reine.
« Une grande journée pour une grande Reine... Je suis si heureuse de la voir terminer sur cette rencontre pleine d'espoir. »
« C'est ce même espoir qu'elle avait inculqué à tous les Naboos en les réconciliant avec les Gungans il y a 30 ans. »
« Ainsi, la boucle est bouclée. »
Boerr se mordit les lèvres. La sueur sur son front décupla, et il poussa un énième juron qui eut d'énormes répercussions sur l'activité cardiaque de son corps. Le cœur battant, il expira le souffle de l'échec auquel il venait d'être confronté et ferma durablement les yeux.
Ces images ne valaient rien. Elles lui avaient fait perdre un temps précieux.
« Dites-moi, Maïré... »
Le Commandant Boerr sentit soudainement une étrange pointe dans son cœur. L'homme d'expérience avait suffisamment de vécu pour savoir que ce n'était pas une sensation normale. Était-ce simplement la frustration de n'avoir aucun résultats dans son enquête ? Ou était-ce des répercussions de l'attentat ?
L'oreille peu attentive aux derniers mots échangés entre le Gouverneur et la servante royale, le 1er Garde de Naboo s'essuya le front et se massa le cœur, de sorte à soulager la douleur qui grandissait petit à petit.
Quelque chose n'allait pas.
« Avez-vous vu Maayaî ? Elle devait m'attendre ici afin de me transmettre le présent que je me dois d'offrir aux émissaires Jedi. »
« Je ne l'ai pas vu Gouverneur, désolé. »
La douleur se propagea en un éclair. Du cœur où elle avait grandi, elle atteignit les jambes et bientôt la tête. Le corps de Boerr s'agita et tous ses membres se mirent à trembler.
Au même moment, d'étranges secousses gênèrent le transmetteur holographique. La retransmission avec Panalka s'arrêta soudainement. Mais Boerr n'en tint pas rigueur. Il était bien trop occupé à lutter contre une souffrance devenue insupportable.
Le Naboo d'origine sut qu'il vivait certainement ses derniers instants lorsque sa salive se transforma en une écume visqueuse. Il recracha ses tripes et du sang recouvra instantanément le sol de la salle. Boerr s'écroula par terre et tenta de crier à l'aide. Mais aucun son ne sortit de ses cordes vocales, devenues injoignables.
Sur les images de surveillance holographique, le moment de l'explosion venait d'être atteint. Celles-ci prirent instantanément fin.
John Boerr avait été seulement la seconde personne à comprendre l'ampleur du complot qui se tramait contre l'institution royale. Et comme le premier individu décédé depuis de nombreuses heures dans l'indifférence totale, on n'avait pas laissé l'opportunité au Commandant de la Garde Royale de révéler ce qu'il avait découvert.
Rick O'lonell et Maïré avaient été les dernières personnes à prendre place au sein de la salle du trône lors de la rencontre avec les Jedi.