Reprogrammation forcée
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Post n°5
Auteur : TericaraxLe front évoluait rapidement. Une explosion avait scellé un couloir entier mais aussi ouvert une brèche dans la porte principale, permettant à plus de troupes de pénétrer simultanément, permettant aux séparatistes légitimes d'avancer ; ce qui avait été la ligne d'affrontement figée était maintenant une position arrière. Le chaos organisé était le nerf de la guerre, les droïdes excellaient dans ce carnage privé d'effusions de sang.
B-344 son poignet sur sa gauche et abattit d'une volée trois B1 hostiles qui venaient dans sa direction. Objectif : destruction de toute menace. Protéger les troupes spécialistes. Il se tourna dans le sens inverse ; le blaster intégré à son bras annihila deux confrères, tirs en pleine tête. Le sergent était accompagné par neuf individus. Tous portaient une combinaison noire, un casque respiratoire sur leur visage dissimulait leurs traits.
« - Selon le sergent, un message a été émis dans la zone, c'est correct sergent ? »
« -/ Affirmatif. Spécialiste identifiée : June King. »
« - Je...Je sais pas si c'est une bonne idée... » débuta un des membres, dont la combinaison était légèrement roussie. À ces mots, B-344 l'attrapa par le col et le souleva sur le côté ; de son poignet libre, il tira à travers le couloir, terrassant de nouveaux assaillants. Il reposa ensuite sans douceur l'auteur de l'interjection au sol.
« - On doit aller au cœur. Là on s'approche de... »
« -/ Coeur de production. » indiqua le B2
« - À quel rythme les chaînes fabriquent les droïdes ? » s'enquit une autre membre de l'équipe tout en jetant autour d'elle des regards anxieux.
« - /Assemblage d'un droïde : 5 heures complètes et trente neuf secondes, modèle B1. Production en chaîne : assemblage à la suite sans interruption dans les étapes. Décalage de production entre deux B1 : 20 secondes./ »
« - Euh...Donc ça fait combien ? »
« -/ 181 droïdes par heure de production à compter du droïde initial. En 6h, 181./ En 10h30 atteinte du millier de droïdes./ »
« - Donc tant qu'on est sous les six heures, tout devrait bien aller. La production est lancée depuis combien de temps ? »
« - /Temps estimé : 20 heures./ Nombre de droïdes produits: 2701. »
Les soldats échangèrent un regard inquiet. Un tel nombre de droïdes serait assuré de les écraser, tôt ou tard, surtout si la chaîne n'était pas arrêtée. Les affrontements dans les autres couloirs faisaient trembler les murs ; des secousses régulières venaient agiter le sol comme le plafond. C'étaient des détonateurs thermiques, ainsi que les tirs des puissants chars séparatistes, bien décidés à agrandir la brèche causée par l'entrée initiale des troupes.
« - Ils...Auraient pu rendre ça plus dur et mettre au moins deux chaînes ! » railla un des soldats d'un ton hésitant. C'était une vaine plaisanterie, mais qui fut bien reçue pour le moral du groupe ; car c'était de courage qu'ils avaient besoin, et le sergent B-344 ne pouvait guère leur offrir qu'une protection physique et pas psychologique. Celui-ci, absorbé par ses propres calculs de position ainsi que la protection du groupe, était devenu silencieux. Le seul son qu'il produisait était son lourd pas d'acier, et le croassement de ses vérins à chaque enjambée. Il s'arrêta face à une cage d'ascenseur. Les portes avaient été arrachées. Ses mains cherchèrent dans la console de commande, jusqu'à ce qu'il en extirpe un connecteur, qu'il se brancha dans le bras.
Ce fut cet instant que choisit une phalange de B2 hostiles pour jaillir d'un couloir. Le sergent, son bras mobilisé, ne put qu'indiquer de sa voix monocorde aux soldats « / À couvert. ». Puis les cordialités débutèrent. Les spécialistes se jetèrent dans le désordre vers une cachette. Ce n'était pas tout à fait le summum du professionnalisme, mais ça ferait l'affaire. Tous...Sauf un, qui resta debout, tétanisé par la mise en situation peut-être trop réaliste au goût de ses nerfs.
B-344 le happa de son bras libre et le jeta lui-même au sol ; un laser lui fendit l'épaule droite, formant un trou rond, cerclé d'un disque incandescent où dansaient des flammes.
Ding !
L'ascenseur venait d'arriver. Les soldats d'élite fraîchement formés se jetèrent comme un seul homme dans l'ascenseur industriel, le sergent couvrant leur retraite. Après avoir jeté dans la direction de ses ennemis – mais frères - un détonateur thermique pour faire bonne mesure, il s'engouffra également dans le monte-charge.
« - Je...Je... »
Celui qui n'avait pas su trouver un couvert à temps observait avec des yeux affolés la plaie brûlante du sergent.
« - C'est de ma faute...Je...Je suis désolé... »
« -/ Étage : cœur de production./ Localisation spécialiste June : très proche./ Soyez sur vos gardes./ »
Lorsque l'ascenseur se stabilisa, le couloir sur lequel il donnait était désert. Selon les données du transpondeur de June, celle-ci ne devait guère être loin. La suite serait plus complexe encore : il allait falloir pénétrer le cœur de production, en évitant les patrouilles et les troupes produites depuis les chaînes. Ensuite, il faudrait désactiver ou détruire le cœur. Mais tout ceci n'étaient que les portions les plus évidentes. B-344 savait que ces objectifs, si prioritaires étaient-ils, n'étaient qu'une petite portion. La plus longue, peut-être, mais néanmoins la plus aisée pour lui.
Le plus dur, ce serait de ramener les spécialistes sains et saufs à la surface, quand tous les droïdes sauvages découvriraient que leur couveuse mécanique avait été détruite.
Le B2 jeta un œil au trou dans son épaule. Cela ne serait pas évident du tout. Mais d'abord, il fallait trouver cette recrue.Spoiler : HRP
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Post n°6
Auteur : June KingToujours piégé dans cette pièce, qui ressemblait vaguement et étrangement à une salle de contrôle, June dut réfléchir très vite à un moyen de fuir avant que les ennemis se trouvant derrière la porte ne parviennent à entrer. Les conduits d'aération étaient sans doute et encore une fois sa seule chance de survie, mais elle devait trouver quelque chose de suffisamment grand pour y parvenir, car ces derniers étaient accrochés au plafond, et malheureusement ce n'était pas avec une simple chaise qu'elle allait pouvoir les atteindre.
Cherchant dans toute la pièce pendant quelques instants un moyen d'atteindre les conduits avec quelque chose de suffisamment grand, elle fut surprise par un bruit qui la fit sursauter et l'obligea à tourner la tête vers l'unique porte de la salle. C'était un bruit sourd et lourd qui se distinguait de tout le vacarme émanant de l'usine, comme une sorte d'explosion ou d'effondrement qui créa une petite secousse en faisant chuter quelques poussières des murs en bougeant légèrement les lampes accrochées au plafond et en créant des petites fissures dans l'immense vitre qui donnait sur la production des droïdes. Cette vitre ne devait-elle pas être plus résistante que ça ? Une simple secousse était parvenue à créer de telles fissures ? Où était-elle déjà fragilisée ? Difficile à dire... et de là où elle se trouvait, elle n'avait aucune idée de ce qu'il se passait au-dessus d'elle. Mais grâce à cela elle trouva enfin un moyen pour fuir.
Alors qu'elle avait trouvé un moyen pour s'enfuir de cette pièce qui était en cet instant une sorte de piège, elle fut une nouvelle fois surprise par des bruits en direction de cette unique porte. Mais cette fois-ci, ce n'était pas une impression de bruit d'explosion. Non ! Mais comme des bruits de tirs laser qui devaient de l'autre côté frapper la porte et les murs dans tous les sens. Ne voulant pas être prise pour cible ou comme monnaie d'échange si jamais elle devait se faire capturer par l'ennemi, elle prit une des nombreuses chaises dans ses mains, et la jeta aussi fort qu'elle le pouvait sur la vitre, dans l'espoir de la briser. Mais, il en fallait bien plus que cela ne la brise. Bien que fissurée, la vitre était encore très résistante et ne semblait pas vouloir se laisser faire. Mais ne voulant pas s'avouer vaincue, elle récupéra une chaise et recommença sans s'arrêter à frapper la vitre en s'acharnant dessus avec le plus de force qu'elle pouvait. Mais voyant que cela ne produisait que des petits impacts ridicules, elle commença petit à petit à s'énerver et à perdre patience.
— C'est pas vrai ! Tu vas te briser, bordel ?! Commençait-elle à râler en s'énervant dessus.
Mais tout vient à point qui sait attendre. Après plusieurs coups sur la vitre et pas mal d'acharnement, celle-ci montra enfin des signes de faiblesse en se fissurant de plus en plus là où June frappait depuis quelques instants. Ne voulant pas perdre le rythme elle se mit à serrer les dents en faisant une grimace de douleur ou de rage tout en serrant plus fort la chaise qu'elle tenait dans ses mains en lâchant des gémissements après chaque coup sur la vitre. Elle devait réussir à fuir, car, au même moment derrière la porte quelqu'un était en train de l'ouvrir à l'aide d'un outil laser qui créait des étincelles de plusieurs couleurs.
Comme si la Force était avec elle, June donna le coup final sur la vitre qui finit par se briser entièrement. Elle eut seulement le temps de lâcher la chaise au moment où la vitre se brisa pour ne pas être emportée par son mouvement et finir écraser sur le sol tout en bas de l'usine. Mais, maintenant que la vitre n'était plus là, elle avait enfin la possibilité de fuir. Bien sûr, le chemin qu'elle allait emprunter était plus que dangereux puisqu'elle devait longer le long du mur et sur une petite bordure qui ressortait pour pouvoir atteindre une autre pièce. Regardant une première fois, elle se dit que ceci était impossible à faire, mais les étincelles qui étaient en bas de la porte lui signalant qu'elle allait bientôt être ouverte l'obligea à tenter le tout pour le tout.
Au moment où elle se mit à longer le mur sur la petite bordure qui ressortait, la porte de la pièce s'ouvrit et des bruits de droïdes se firent entendre. Croyant qu'elle avait échappé au pire et qu'ils n'allaient pas la voir, elle s'arrêta un petit instant pour reprendre son souffle. Mais au moment où elle crut être sortie d'affaire, une tête de droïde B1 sortit par la fenêtre brisée et regarda dans sa direction.
— Bienvenue ! L'accueillait-il avant de prévenir les autres. L'intrus est ici.
— Hein ?! Mais t'es sérieux, toi ?! Dit-elle au droïde, étonnée qu'il regarde par ici.
Devant maintenant fuir le plus vite possible, elle longea le mur aussi vite qu'elle le pouvait tout en se plaquant au mur sans bouger quand elle commençait à perdre l'équilibre. Mais à peine quelques mètres effectués, un tir de droïde la fit chuté et elle dut s'agripper sur le petit rebord sur lequel elle marchait pour ne pas s'écraser tout en bas.
— Veuillez vous laisser faire pendant votre extermination, s'il vous plait. Dis un droïde lorsqu'il tira sur elle.
— Oh, je suis désolé, j'ai glissé, je ferais plus attention la prochaine fois ! Répondit-elle sarcastiquement en évitant de justesse le tir et en se rattrapant au dernier moment.
Mais, maintenant que le mur était fragilisé, la petite bordure sur laquelle June s'était rattrapé semblait se détruire petit à petit, jusqu'à totalement se casser entraînant June dans une longue chute.
Serait-ce la fin ?
...Transition...
Alors que June venait de chuter, les spécialistes et le droïde B2 - le sergent B-344 - continuaient de patienter sur le monte-charge en attendant leur arrivée prochaine au centre de production de l'usine. La descente était longue et gênante. Tout le monde se regardait du coin de l'oeil sans oser prendre la parole. Les seuls sons présents étaient des reniflements et la respiration rapide et tremblante de certains... et cette musique !? Pourquoi y avait-il une musique qui s'était déclenchée ? Le personnel qui travaillait ici avait-il installé des enceintes à l'intérieur de cet ascenseur pour faire passer le temps durant le voyage ? Quoi qu'il en soit, après quelques minutes (peut-être trois ou quatre) le groupe était finalement arrivé à l'étage du coeur de production, ce qu'une voix expliqua tout de suite lorsqu'un "Ding!" se déclencha une fois l'ascenseur arrêté.
...Au même moment...
Non! La chute de June avait été un peu violente, oui, mais non mortelle fort heureusement. Elle eut de la chance dans son malheur en atterrissant sur l'un des nombreux tapis roulants de l'usine qui ne transportait rien. Grâce à cela, elle put éviter les droïdes qui étaient partis à sa recherche. Mais elle n'était pas sortie d'affaire pour au temps, loin de là. Sa chute lui avait déboité ou luxé l'épaule (difficile à dire à cause de la douleur et des circonstances qui ne lui laissaient pas le temps de savoir ce qu'elle avait) et s'était fait mal à la cheville gauche. Quand elle se redressa légèrement, mais avec beaucoup de difficulté accompagnée de discrets gémissements de douleur, un violent mal de tête apparut. Une fois son dos totalement redressé, elle retira son masque respiratoire - désactivant les informations vitales que transmettait sa combinaison - pour prendre une bouffée d'air et toucha juste après sa tête avec sa main gauche avant d'apercevoir du sang sur celle-ci une fois ramener en face de son visage. Mais malheureusement ce fut la seule chose qu'elle put voir avant d'entrer dans une sorte de tunnel...
Une fois à l'intérieur, June fut plongée presque totalement dans le noir où seule une lumière blanche au bout du tunnel était visible. Cette lumière était petite, comme si le tunnel semblait particulièrement long... très long. Mais pour le plus grand bonheur des oreilles, une fois à l'intérieur, le vacarme de l'usine avait pratiquement disparu et le calme lui fit du bien. Grâce à cela, elle put reprendre tranquillement ses esprits avant de prendre une grande inspiration, et en la bloquant, elle se releva le plus rapidement possible avant de gémir de douleur une fois debout. Une fois sur ses deux jambes et tenant en équilibre sur le tapis roulant qui se rapprochait petit à petit de la sortie du tunnel, elle entendit des petits bruits autour d'elle. Hormis le bruit du tapis, du vent qui sifflait par moments et les petits gémissements de douleur qu'elle faisait et qui résonnaient tel un écho, ces étranges bruits ne venaient pas d'elle. Tout ceci commençait à l'inquiéter, avec ces bruits l'ambiance du tunnel avait rapidement changé, elle se sentait de plus en plus mal à l'aise, comme ci des centaines de yeux étaient en train de la fixer en observant chacun de ses faits et gestes.
Mais elle put réellement savoir ce qui la rendait nerveuse quand elle arriva au bout du tunnel. Une fois à l'extérieur, la lumière lui fit perdre la vue pendant quelques instants et le boucan de l'usine l'obligea à mettre sa main gauche sur son oreille gauche tout en protégeant celle de droite avec son épaule droite, relançant de plus belle la douleur qu'elle avait à ce niveau. Puis, quand elle retrouva la vue et s'habitua au bruit, elle pouvait constater qu'elle était entourée de têtes de droïdes B1 non actives. Durant son petit voyage à l'intérieur du tunnel, plusieurs bras mécaniques avaient déposé des têtes de B1 sur le tapis, d'où les petits bruits étranges qu'elle avait entendu tout le long. Mais ce n'était pas tout, puisqu'elle n'était pas entourée que de tête de droïdes, mais aussi de corps de B1 sur les tapis roulants voisins.
...Transition...
Une fois sorti de l'ascenseur, le groupe arriva dans un étrange couloir qui était assez petit et désert. Bizarrement, il n'y avait aucun droïdes à leur arrivée... peut-être recherchaient-ils tous quelque chose ? Pourquoi avaient-ils déserté la zone. Mais, grâce à cela, la traversée du couloir se fit sans blasters dégainés et sans bruits jusque de l'autre côté. Au bout de ce couloir se trouvaient des portes assez grandes et larges, elles avaient l'air solides et et ne s'ouvraient pas par déclenchement, un code d'accès était obligatoire pour les franchir. Ce fut, une nouvelle fois le Sergent B-344 qui s'en occupa, tandis que les spécialistes attendaient sagement avec l'angoisse et la peur de la guerre qui les attendait de pied ferme de l'autre côté. Puis, quand les portes s'ouvrirent enfin, le groupe put apercevoir l'immensité de l'usine. Plusieurs bras mécaniques assemblaient bout par bout les droïdes pendant que d'autres les soudaient ou construisaient diverses pièces mécaniques, le tout dans un vacarme assourdissant. Mais le groupe n'était pas ici pour admirer l'immensité de la puissance et de l'armement des Séparatistes, mais bien pour sauver et reprogrammer une usine qui produisait, à la chaîne, des droïdes hostiles.
...Au même moment...
Prenant la décision de descendre du tapis sur lequel elle se trouvait, June se mit à sauter - en tenant son bras droit qui lui faisait mal du mieux qu'elle pouvait tout en prenant sur elle pour la douleur de sa cheville - sur l'un des nombreux tapis proche du sien, avant de recommencer la même action plusieurs fois, en prenant quelques instants avant, pour finalement arriver sur le sol ferme de l'usine. L'endroit où elle était atterrie avait un grand cercle de tracé sur le sol, en plein milieu de l'usine, et en son centre se trouvait un étrange pilier assez grand avec une console de commande qui faisait tout le tour accompagné de plusieurs écrans accrochés juste au-dessus des commandes.
Quand June s'approcha de ce grand panneau de contrôle et commença à en faire le tour avant d'apercevoir une personne qui était recroquevillée sur elle même sous la console, comme pour se cacher de quelque chose. Quand June s'approcha, elle eut un mouvement de recul en faisant une grimace de dégoût. Voulant savoir pourquoi cet homme puait de la sorte, elle prit son courage à deux mains et s'approcha de lui avant de reculer en ayant la nausée après avoir aperçu des verres ou bien des asticots présents un peu partout sur lui. La mission n'avait été donnée que très récemment. Comment un homme mort depuis moins de deux ou trois jours pouvait-il être dans un tel état de décomposition ? Tout ceci n'était pas logique. Puis, voulant prévenir tous les autres, elle essaya de contacter les groupes extérieurs.
— Allô ?! Ici June King, quelqu'un me reçoit ? J'ai peut-être trouvé la console de l'usine! Expliqua-t-elle en ayant que du grésillement comme réponse. Ainsi qu'un cadavre en décomposition à côté. Finit-elle avec une légère tristesse dans sa voix... et toujours sans réponse. Allô ?! Est-ce que quelqu'un me reçoit, bordel ?! S'énerva-t-elle à la fin de sa communication qui se termina brusquement quand une voix vient l'interrompt accompagné d'un bruit de blaster. -
Post n°7
Auteur : TericaraxL'équipe fit face un instant aux chaînes de production. Depuis un étage de grilles, on avait une vue directe sur les longs tapis où étaient assemblés à la chaîne les unités séparatistes de base ; des bras mécaniques gigantesques allaient le long de ceux-ci ; des volées d'étincelle illuminaient le premier étage d'assemblage, où les puces et autres composants électroniques étaient gravés et soudés. Sur le second étage, un tapis descendant juste en dessous, on pouvait voir de grands pots de terre cuite entièrement composés ; une poche au diaphragme de duranium venait les remplir, un à un, d'un magma brûlant, dont les lumières rougeoyantes et dorées venaient pourlécher les bords du pot où était déversée la lave incandescente. Elle se découpait par écailles brûlantes et noircies, sous laquelle scintillait l'ardeur des étoiles battues à blanc. Les pots de magma étaient utilisés, plus bas encore, lorsque l'assemblage véritable des droïdes débutait ; mais l'on ne pouvait guère voir le processus, et c'était une chance pour l'équipe : sinon ils se seraient heurtés aux unités fraîchement conçues, et c'eut été là leur perte. Après le tumulte des combats puis le silence oppressant des couloirs en apparence déserts, le vacarme assourdissant des chaînes était une véritable torture pour le nerf des soldats spécialistes. Les lointains bras gémissaient sans cesse sur leurs pistons, tandis que des refroidisseurs invisibles écrasaient le son constamment d'épais jets vaporeux ; et on entendait également des tambourinements, comme de dizaines de hachoirs agissant de concert, frappant contre l'acier. Mais le sergent B-344 gardait le silence. Ce n'était de toute évidence pas un droïde protocolaire, aussi n'était-il, par nature, pas très loquace. Mais à l'instant présent, c'était une méfiance nouvelle qui le poussait à n'émettre aucun son. Ses optiques artificiels fixaient entre les bras, les puces directement. Un jour, il avait été assemblé de façon très similaire.
La rambarde juste devant lui éclata en un crépitement de lasers ; c'était un tir adverse.
« - / À couvert./ »
Et comme un seul homme, les spécialistes plongèrent sur les côtés, tandis que le B2 posait un genoux au sol et faisait volte-face. La plate-forme où ils étaient provenait d'escaliers montant ; plus loin, après un virage direct qui longeait le vide on arrivait sur une porte étroite. C'était de là que provenaient les tirs ; une vague d'assauts nourris vint s'abattre sur notre groupe ; mais ils étaient déjà à l'abri, et les lasers s'écrasèrent trouvèrent pour seule victime l'acier. Des modèles B1 entraient un à un, armes au poing et leurs blasters hurlaient férocement tandis que les salves énergétiques filaient d'un bout à l'autre de l'échafaud. Le bras du sergent n'avait de cesse de se corriger ; un tir sur la gauche, un autre légèrement plus à droite, c'étaient deux ennemis qui chutaient. Il repliait alors son bras, patientant quelques secondes à couvert avant de reprendre la contre-attaque. En terrain découvert ils auraient déjà été submergés ; cependant, ils avaient ici un net avantage de position. Le couloir était étroit, si bien que peu d'adversaires pouvaient avancer de front ; ceci donnait un handicap à l'attaque en faveur de la défense, avantage qu'exploitait B-344. Le double-blaster intégré à son poignet crachait un feu nourri qui faisait surchauffer ses articulations ; les algorithmes des super-droïdes de combat B2 pouvaient être très puissants quand les droïdes avaient assez de pratique sous le pied. Un B1 adverse lâcha son fusil blaster pour armer une petite sphère : un détonateur thermique. Le sergent avait toujours une tâche unique : protéger les spécialistes. Il arma son bras ; un tir adverse le traversa au flanc, traçant un nouveau trou béant et incandescent, d'où s'échappaient des étincelles. Il rectifia son angle, déséquilibré par l'assaut, puis tira. Le B1 adverse, touché au torse et à la tête, émit un « Aïe ! » de douleur, alors que son crâne était arraché de sa cage thoracique. Le corps, également touché, perdit l'équilibre et chuta au milieu de ses camarades, toujours armé du détonateur.
Il y eut un son de succion dans l'air, comme si tout l'oxygène de la salle était happé. Pendant une seconde, un silence indiscutable et universel écrasa tout le boucan, un silence absolu qui avait vaincu le bruit. Il y eut un carillon, comme de dizaines de cordes d'acier se tordant, et soudain une déflagration vibrante faucha les droïdes en une explosion blanche, projetant débris et corps dans toutes les directions. La plate-forme tangua dangereusement sous le choc, mais fort heureusement tint bon. Le sergent s'était abrité à couvert après son tir ; il éteignait actuellement du bout de ses doigts noircis certains de ses fils, qui s'étaient embrasés après le nouveau tir essuyé. La précision avec laquelle il pouvait boucher son autre main était, il le savait, fortement réduite, car il avait perdu plusieurs connecteurs qui devaient transmettre des informations à cette région. Fort heureusement il pouvait encore bouger le reste de son bras convenablement, ainsi que son blaster. C'était le plus important. Il observa au-delà de sa cachette ; les cadavres encore fumants de ses congénères n'offraient aucune barrière. Les spécialistes s'étaient couverts les oreilles, certains semblaient encore sonnés par la déflagration. Au-delà de la porte, on pouvait cependant distinguer la marche des légions s'approchant. Leur présence était connue. La diversion avait fait son temps, mais à présent débutait la véritable course contre la montre. B-344 visa juste à côté de la porte, une petite console lumineuse. Il y logea deux tirs, puis se releva. La console éclata en gerbes lumineuses et immédiatement, le battant de la porte se referma comme une guillotine. Cela ralentirait les troupes. Avec la porte désactivée, ils devraient entrer par la force. Fort heureusement, cette usine ne produisait guère que des B1 et des B2 : ils n'avaient pas beaucoup d'outils pour forcer le passage.
« - Et...Et maintenant on va où... ? »
« -/ Chaîne de production : cœur de contrôle. »
B-344 s'approcha de la rambarde ; un peu plus loin en poursuivant le long de celle-ci, on arrivait à une échelle qui descendait en ligne droite. Clouée solidement au mur, elle pourrait probablement supporter le poids de toute la troupe. C'était un accès d'entretien, utilisé initialement par les ingénieurs et les techniciens. Les géonosiens n'avaient pas l'usage de tels dispositifs, capables (pour ceux dans les chaînes) de voler. Elle était principalement présente au cas où un haut responsable séparatiste aurait voulu voir de ses yeux l'installation.
« - On doit descendre ça... ? Mais c'est super haut ! » objecta l'un des soldats. Cela était correct : l'échelle descendait plus profond encore que les ascenseurs, et la vue vers le vide aurait donné le vertige à n'importe qui. Avant que le sergent ait eu le temps de donner de nouvelles indications quant à l'ordre de passage sur l'échelle, son communicateur intégré sonna.
***
La main qui tenait le blaster dans le dos de June appuya avec insistance le canon contre la tempe de la jeune fille.
« - Sépare toi de ton datapad et de ton casque. Si tu dis quoi que ce soit au sujet de ma présence, ton cerveau ira repeindre les murs, compris ? »
Le ton était calme, presque cordial. C'était une voix masculine. Une fois June séparée de son arme, le personnage émit un soupir de soulagement.
« - On peut enfin discuter en tête-à-tête. Retourne-toi, commanda-t-il, impérieux. »
Le visage de l'individu était un homme. Il avait une barbe de trois jours, brune, sur un visage qui tirait vers la quarantaine ; des poches épaisses aux paupières trahissaient une fatigue manifeste, des rides striaient son front et les contours hauts de ses yeux révélaient qu'il n'était plus tout jeune. Il portait une tenue de technicien, qui était une combinaison proche du corps, dotée de nombreuses ceintures pour y accrocher les outils multiples qu'on peut désirer pour entretenir les machines. Sa chevelure brune courte était parsemée de blanc ainsi que sa barbe, mais ses yeux verts étaient aussi pétillants que ceux d'un homme de vingt ans. Dans sa main gauche, il avait un blaster DL-44, celui-là même avec lequel il tenait June en respect. De l'autre il tenait une vibrolame, éteinte. Il agita le poignard, un sourire dansant sur son visage.
« - Bienvenue dans mon antre. Tu m'as trouvé. »
La lame du couteau se pointa dans la direction du cadavre, avachi le visage contre la console de commande, quelques mètres plus loin.
« - Lui aussi m'a trouvé. Il n'arrêtait pas de parler, blablabla...Pourquoi faites-vous ça...Je dois prévenir les autorités...Vous ne vous en tirerez pas comme ça... »
Il roula des yeux, fit une grimace, contrarié, puis reprit en battant des cils.
« - Je ne pouvais pas le laisser filer...Ce n'était pas...Pas envisageable. Parfois, il faut faire des choix difficiles. Tu dois le savoir, hein ? C'est la première chose qu'ils vous apprennent, dans ces usines de mort maudites qu'ils osent appeler académies militaires ! »
Son visage s'était durci soudainement sous la morsure de la colère. Le sang lui monta aux joues et la haine luisait dans ses yeux. Cependant, il se calma aussi rapidement qu'il s'était énervé. La seule trace de son accès de rage était la couleur de son épiderme, toujours tomate. Il haussa des épaules.
« - Et nous voilà pourtant. Tous les deux agents de la paix à notre façon, face à face. Fais moi la courtoisie de retirer ton casque. Je veux voir à quoi ressemble ton visage. »
On entendit plus haut, bien plus haut, une terrible déflagration. L'homme s'éloigna de quelques pas, tout en gardant la jeune fille en joue.
« - Quand j'étais jeune tu sais, je ne pensais pas que je finirais comme ça. Oh oui...Je sais bien que tôt ou tard, on va me faire mon compte. La C.S.I n'est pas douce avec les traîtres. Aucun jugement, pas de procès. Un laser dans le crâne...ç'aurait pu être...Si...Différent... »
Sa voix se brisa. Son regard erra dans le vide, alourdi de mélancolie. Il déglutit difficilement, puis refit quelques pas, sur la droite.
« - Mais on ne peut pas changer le passé. Ce qu'on peut changer par contre, c'est le futur. Et ça...(Il pointa sa vibrolame vers les chaînes de production)...Ce n'est pas le futur ! Oh, je sais très bien ce qui se trame. J'ai compris dès que j'ai vu leurs mastodontes de fer dans le ciel. Je savais déjà, avant que les messages n'aillent vers la République. Un des nôtres tués, une républicaine accusée...Alors j'ai fait ce que je devais faire...(il désigna du menton le cadavre)...Pour préserver la paix. »
Il s'écarta, pour montrer l'entièreté de la chaîne de production, ses bras largement ouverts, embrassant l'air entier.
« - Et quelle paix ! »
Emporté par sa passion suprême, l'homme tournait à présent le dos à June. Il rit avec amertume en observant les chaînes. Les éclats se muèrent en sanglots.
«- Lina... » murmura-t-il pour lui-même. Il fit alors volte-face vers la jeune militaire, pour ne pas la perdre de vue. -
Post n°8
Auteur : June KingAprès leur victoire face aux droïdes durant leur dernier affrontement, le groupe des spécialistes pouvait enfin prendre quelques instants pour souffler un peu. Puis, après que le Sergent B-344 ne ferma la lourde porte en tirant sur la console d'accès pour ralentir les ennemis, les spécialistes devaient à présent descendre le long d'une immense échelle qui descendait en ligne droite afin de se rendre au coeur de l'usine. L'échelle était banale, en fer, et était solidement clouée au mur avec tout un garde-corps rond qui l'entourait pour la sécurité des personnes devant l'utiliser. Mais même en sachant tout cela, certains spécialistes, qui n'étaient rien d'autre que des recrues encore en formation, n'étaient pas rassurées à l'idée de l'emprunter... Surtout l'une d'entre elles, qui visiblement avait le vertige et n'arrivait pas à s'avancer jusqu'au bord. Comment avait-elle réussi à aller jusqu'ici avec cette peur ? Mais il n'y avait pas de place pour la peur ou le doute en cet instant, puisque les droïdes de l'autre côté de la porte étaient en train de tenter de l'ouvrir. L'heure était donc à l'action, mais avant que le Sergent B-344 ne donne l'ordre de passage, son communicateur sonna. Bizarrement il n'y avait que du grésillement au premier abord, mais en écoutant plus attentivement le communicateur, il y avait des mots. Des phrases. Deux voix, une qui ressemblait à une femme et une autre plus grave. Une conversation était en train se déroulait. Écoutant en même temps que le sergent, Un Rodien - qui était souvent en groupe avec June durant la formation - reconnut tout de suite la voix de June. Malheureusement, le bruit que produisait l'usine, et les grésillements de la mauvaise réception empêchaient de comprendre leur conversation. Puis, mettant un terme à ceci en reprenant l'opération, le Sergent fit signe au hasard à un spécialiste en le pointant du doigt et en lui demandant de descendre, puis à un autre, puis encore un autre, ainsi de suite, jusqu'à la recrue qui avait le vertige et qui tremblait de peur en regardant le vide. Souhaitant aider du mieux qu'il pouvait, un Twi'lek - qui était lui aussi souvent dans le groupe de June durant la formation - qui n'était pas encore descendu, essaya de lui redonner courage tant bien que mal. Mais le temps pressait et les droïdes allèrent être bientôt là, la porte n'allait pas résistait encore longtemps. Puis, perdant patience, le Twi'lek attrapa son camarade et l'emmena jusqu'à l’échelle en lui ordonna de descendre tout de suite tout en pointant son arme sur lui. Le pauvre apeuré mit un premier pied sur le premier barreau de l'échelle puis ferma les yeux en descendant lentement tout en tremblant et en gémissant de peur et en s'arrêtant à chaque craquement que l'échelle faisait. Puis vint le tour du Twi'lek qui prit place sur l'échelle suivie de près par le Sergent.
- Pendant ce temps, plus bas, au coeur de l'usine -
Le blaster que l'homme tenait dans ses mains força tellement sur la tempe droite de June que sa tête pencha légèrement sur le côté gauche. Prise au piège en ne pouvant riposter à cet instant, elle ne bougea plus et essaya du coin de l'oeil d'apercevoir la personne qui tenait le blaster. Malheureusement, bien que le blaster était sur sa droite, la personne qui le tenait se trouvait derrière. Si elle ne s'était pas fait mal à l'épaule droite, elle aurait pu essayer de le lui arracher, mais le destin en avait voulu autrement, et elle ne put que lui obéir en se séparant de son datapad et de son casque qu'elle retira avec sa main gauche tout en l'écoutant parlé. Encore une chance qu'il n'avait pas aperçu son second communicateur qu'elle portait dans le creux de l'oreille depuis les conduits d'aération. Puis, quand June se retourna à la demande de cet homme, elle put apercevoir son visage et ses habits. Il semblait plutôt normal, un visage serein, aucune cicatrice visible, aucune blessure, des vêtements propres, bien que poussiéreux. La seule chose visible était peut-être les cernes sous ses yeux qui marquaient sa fatigue. Depuis combien de temps n'avait-il pas dormi ? Ou bien ne serait-ce simplement que la vieillesse ? Quoi qu'il en soit, une fois qu'elle lui faisant face, l'homme partit dans un monologue en lui expliquant que les personnes qui avaient essayé de l'arrêter sont mortes et que la dernière en date était celui qui se trouvait sur la console de commande. En entendant ça, June eut un regard discret et assez triste en direction du cadavre. Elle comprit que la pauvre victime ne faisait que son travail et qu'un fou passant par-là lui avait ôté la vie. En regardant de nouveau cet homme, June eut un regard plus dur et plus menaçant. Surtout quand il osa dire qu'il était un agent de la paix.
— Tss! Agent de la paix ?! Se murmurait-elle en serrant les dents.
Tout ceci ne rimait à rien, cet homme était fou et faisait perdre du temps à June. La console était juste à côté d'elle, un seul tir de blaster et tout serait réglé. Elle commençait à perdre patience, et surtout à s'énerver. Elle lança plusieurs regards discrets en direction de la console de commande en élaborant un plan... Mais ses blessures l'empêchaient d'être aussi vive que d'habitude et la douleur allait très certainement la trahir. Puis, quand une explosion se fit entendre, elle leva les yeux au plafond avant de revenir sur l'homme qui semblait plus nerveux qu'avant. D'ailleurs il fit quelques pas en arrière après cette explosion en expliquant qu'il avait fait partie de la C.S.I. étant plus jeune avant de partir dans un délire complotiste en tournant à présent le dos à June. Ceci était plus que bizarre, mais la première réaction de June en écoutant sa conclusion lui fit pouffer de rire, avant de totalement rire aux éclats.
— Non, mais sérieusement ?! dit-elle en rigolant, avant de reprendre son souffle. Alors, juste sous prétexte qu'il y aurait, peut-être, un complot visant à créer une guerre entre les Séparatistes et les Républicains, ou je ne sais quoi ? toi, tu tues tout le monde dans une usine en reprogrammant des droïdes. Pour la paix ? dit-elle en repartant à rire. Et tu penses que ça va avoir un impact décisif ? finit-elle en repartant à rire aux éclats.
June ne pouvait plus se retenir de rire, pour elle s'était bien trop stupide. Non pas le complot pour créer une guerre entre les deux factions. Non, puisque la majorité des guerres naissaient souvent comme ça. Mais pour rétablir la paix et stopper l'inévitable en reprogrammant des droïdes. Bien que l'homme lui faisait de nouveau face, June ne pouvait plus s'arrêter de rire. Puis, quand elle reprit de nouveau le contrôle d'elle-même, elle changea de regard et de ton de voix en un instant.
Tu vas mourir, tu le sais, tu me l'as dit. expliqua-t-elle en se rapprochant légèrement de lui, avant de foncer d'un coup dessus de toute ses forces et de tout son corps une fois suffisamment proche de lui afin de le pousser en arrière pour qu'il tombe au sol et qu'il lâche son arme.
Mais, alors que June venait de pousser en arrière l'homme qui était responsable de toute cette agitation et de ces meurtres dans l'usine, un premier spécialiste fit son entrée. C'était le Cathar qui faisait souvent équipe avec June en formation et celui qui avait eu l'idée un peu folle d'utiliser un droïdes kamikaze pour forcer le passage dans le hangar. Quand celui-ci arriva au coeur de l'usine il aperçut tout de suite sa camarade en prise avec son assaillant. -
Post n°9
Auteur : TericaraxLe meurtrier ne s’effondra pas en arrière sous le poids de June : contrairement à ce que son apparence fine suggérait, il s’était entraîné. Des années durant, au prix de tout ce qu’il possédait, il s’était préparé. Préparé à cet instant, préparé à son coup d’éclat, sa vendetta personnelle. Qui était donc cette jeune fille qui osait se dresser face à lui, prétendant connaître par son inexpérience la réalité, quand lui l’avait amèrement goûtée ? Il lutta pour conserver son équilibre. La fatigue lui avait imprimé un moment d’inattention, mais il ne devait pas craquer, pas maintenant, pas si près du but. Son ennemie était femme. La réalité était simple : il était simplement plus fort, telle était la biologie humaine. June avait tenté de l’attraper au ventre, à son centre de gravité, mais elle avait négligé les bras. Un coup de crosse de blaster fut sa récompense pour son héroïsme. Un autre coup, de genoux dans le visage et le personnage prenait de la distance. Dans l’action, il n’avait pas vu si la fille avait simplement encaissé ou non ; cela ne comptait pas, il n’avait pas l’intention de s’acharner. Autour d’eux, les chaînes poursuivaient leur œuvre de création infinie. Le magma coulait toujours dans l’atelier de fusion, les bras soudaient toujours les circuits imprimés à l’assemblage, les droïdes prenaient toujours forme, un par un, pour son armée Juste, son armée de la paix. Une armée, oui. Il n’avait pas de formation en programmation à la base. C’était le cadavre proche de la console qui avait reprogrammé – de force – les droïdes. Tragique était-ce d’avoir à supprimer un honnête travailleur, qui ne faisait que ce qu’on lui demandait...Mais il le fallait. Il s’y était préparé. Son regard tomba sur la jeune fille, dont il s’était de nouveau éloigné. Il n’était pas une armée à lui seul, mais il saurait tenir face à un seul ennemi – non, il vaincrait face à un seul ennemi. Il n’y avait pas d’autre alternative : la défaite n’était pas envisageable pour la cause. L’interlocutrice du terroriste n’avait pas compris. Elle n’avait pas compris ce qu’il tentait de lui dire, elle n’avait pas entendu son avertissement. Aveugle, elle était aveugle. Elle portait les œillères du régime en place, elle était le pantin volontaire de ceux là-haut...Il lui ferait comprendre, elle verrait la vérité. Elle devait la voir, elle devait entendre raison…Il pointa son arme sur elle subitement et décocha deux tirs précis ; le DL-44 était une arme blaster redoutable. A une telle portée, elle aurait été tuée sur le coup, mais pas cette fois. Il avait réglé son pistolet pour la paralysie, car il avait encore à dire à la jeune.
« - Tu es aveugle. On te dit de voir et tu acceptes le monde tel qu’on te le présente, sans le remettre en question, sans douter. Si tu avais été plus...Ouverte, plus critique, il y aurait eu de l’intérêt à te garder. Mais ceux comme toi sont des centaines. Vous êtes le début du problème. Pas son fondement, mais son propagateur. La confiance aveugle est la mort de l’esprit critique. Mais tu n’en auras pas besoin, là où tu vas. »
Il pointa son arme vers la jeune fille. Sous la lumière rouge des lumières distantes, les ombres rampaient sous ses yeux, formant des cernes d’abîme noir, soulignant les arcanes de ses yeux, glissant sur ses pommettes saillantes. Tout ceci, pour une cause noble...Elle serait un sacrifice. Il n’existait pas d’alternative...Une vie sacrifiée face à des millions épargnés. Ce n’était qu’un petit prix à payer. Il ajusta la visée. Un tir entre les deux yeux c’était le moins qu’il puisse faire, pour lui épargner des souffrances inutiles. La détermination de l’homme qui avait tout perdu était purement pour les masses, non centrée sur l’individu unique. Il savait parfaitement ce que cela impliquait. Au début, ç’avait été une épreuve terrible, mais à présent ses nerfs seraient à toute épreuve. Il devait être de fer, d’esprit comme de corps. Les faibles seraient éliminés. Pour éviter la guerre, pour éviter la mort...Pour un monde pacifique, il fallait bien verser le sang sacrificiel. Il y arriverait. Le rouge de l’éveil, l’hémoglobine de la vérité. Si l’armée était le problème, il abattrait le problème. Il égorgerait les obstacles, au prix de sa propre existence. Sa détermination était d’acier. Ses motivations étaient nobles. Par le plus terrible paradoxe, il agissait pour une cause véritable, mais il ne voyait pas mieux que June ; à sa façon et sans le savoir, lui aussi était aveugle, enfermé dans une vision restreinte limitée à sa propre perception. Chacun à sa façon était une entité dramatique, car chacun refusait d’entendre le point de vue de l’autre. Cette dissonance amenait à la conséquence tragique actuelle : à celui qui, refusant de reconnaître l’autre, finit par lui refuser le droit même d’exister. Mais une question demeurait malgré tout : qui était dans le vrai et qui était dans le faux ici ?
Un son quelques mètres plus haut fit brusquement se jeter au sol l’homme. Le sol derrière lui éclata en gerbes colorées et incandescentes : c’étaient des tirs de blaster ! Il se mit promptement à couvert, inspectant la source des tirs. Un groupe de soldats, habillés pareillement à June, descendit au sol. C’était un B2, encore accroché à l’échelle dont les autres venaient, qui avait tiré. D’autres...D’autres aveugles. Mais il avait prévu ce cas de figure. Il savait bien, il était prêt à cette éventualité. Mais son œuvre n’était pas encore terminée, non…Il ramassa au sol le matériel qu’il avait abrité, loin des regards indiscrets. Il fallait bouger à la phase suivante.
L’un des spécialistes, le Cathar, fonça vers sa camarade paralysée au sol. Le reste du groupe inspectait avec méfiance la pièce, avec inquiétude leur amie par-terre.
« - June… ! Tu n’es pas blessée… ? »
Il se précipita à son côté, tentant de déterminer visuellement si elle était en danger direct. Il retira son casque, pour mieux juger de la gravité des blessures de sa camarade.
« - Ne dis rien, tout va bien se passer. Les secours vont arriver. »
Un des « spécialistes » se dirigea vers le corps. Après avoir confirmé avec dégoût la mort de l’humain, il se concentra sur la console. Il pouvait désactiver les chaînes de production, de cela il était certain. Il sortit le matériel électronique qu’on leur avait confié à cet effet et le lia à l’interface de l’usine. B-344 était descendu de l’échelle. Il arriva au niveau de June. Des gerbes d’étincelles s’échappaient de son armure noire protectrice. Plusieurs trous béants fumaient encore à plusieurs endroits de son corps.
«
/- Encerclez la zone. Protégez vos arrières./ » indiqua-t-il à l’intention des recrues désœuvrées. Puis il se baissa vers la jeune fille, au sol. « /- Mes excuses, spécialiste King. Nous sommes en retard./ »
Il s’interrompit. Un son de conserve, tandis qu’un petit cylindre roulait au sol. Tous levèrent les yeux vers l’étrange objet. B-344 bougea sur ses appuis, ses pistons s’actionnant avec un « vrrzz » caractéristique. Puis tout devint blanc. C’était un blanc aveuglant et vif, le genre qui envahit directement le champ de vision et s’y imprime au fer chaud. Il s’accompagnait d’une vibration suraiguë affreuse, qui perçait les tympans et martelait tout le système auditif. Une grenade stun !
Aux aveugles et ceux qui servaient la guerre, Il avait réservé une petite surprise. Il avait pu confirmé par sa discussion avec la jeune fille qu’elle n’était pas une militaire expérimentée. Alors, deux opportunités s’étaient présentées à lui, avec l’arrivée du groupe : fuir, ou les affronter. Il avait choisi la seconde. A présent, un blaster dans chaque main, une vibrolame à la ceinture, il était prêt à leur faire face. Il savait qu’il n’avait pas l’avantage du nombre, mais il avait l’avantage de la surprise, l’avantage des sens temporairement volés à ses ennemis grâce à sa grenade : l’initiative la plus totale, sur un groupe vulnérable.
Quand la luminosité redevint tolérable, il ne restait que le sergent B-344 debout. Les recrues autour de lui s’étaient toutes effondrées, abattues par les tirs du personnage. Le droïde, lui, avait plusieurs nouveaux trous béants dans son corps. Son poignet droit était nimbé de flammes, la main manquait, et l’on devinait un brasier qui couvait au creux du poumon droit du droïde. Devant lui, le meurtrier se tenait droit, une arme par main. Les canons fumaient légèrement, tous deux pointés sur le B2.
« - Tu auras intercepté les tirs jusqu’au bout. Il est temps de te reposer, pour toujours. »
Et sur cette ultime parole, les deux blasters crachèrent leur feu, et le B2 s’effondra. L’homme, alors, s’avança entre les recrues, vers la console.
« - Un monde sans armes...Un monde sans guerres...Un monde qui puisse bénéficier d’une paix éternelle...Pas de grande guerre, pas de clones, pas de droïdes...Ceux qui créent les armes et ceux qui les utilisent...Tous seront purgés. »
Il s’empara du matériel électronique, encore accroché à la console. C’était une petite boîte rectangulaire à clavier. Avec un sourire, il commença à pianoter dessus une séquence connue de lui-seul, avant de se tourner vers le groupe.
« - Oh ne faites pas cette tête. Vous avez été épargnés. Votre chien de garde droïde, non. Votre rencontre a été un vrai plaisir, mais je dois vous fausser compagnie maintenant. Adieu. Emportez le nom de Dread dans votre tombe. »
Et il s’en fut, nullement inquiété, vers le fond de l’usine, pour un dessein que seule la Force connaissait. Une voix calme annonça alors, à l’intention de tous dans l’usine :
« - Auto-destruction du bâtiment enclenché. Évacuation du personnel immédiate. Destruction prévue dans : 10 minutes 30 secondes. 10 minutes 28 secondes... »Spoiler : HRP
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Post n°10
Auteur : June KingAlors que la lourde charge de June sur son ennemi n'avait eu absolument aucun effet, elle décida, une fois sur lui, de l'attraper par la taille pour avoir une meilleure prise afin de le faire basculer en arrière pour qu'il tombe. Malheureusement, son ennemi n'était pas ce qu'il laissait apercevoir, il était bien plus résistant et endurant que ce qu'elle pensait. Mais il en fallait plus pour qu'elle ne se décourage et continua de toutes ses forces à le pousser en arrière. Mais ce fut elle, durant son acharnement à le pousser, qui se sentit partir vers le sol après avoir reçu un coup de crosse du blaster de l'homme sur le côté gauche de sa tête. Prise par un excès de colère, June avait foncé sur lui en oubliant de saisir ses bras, et son erreur lui couta la défaite du combat. Après le coup de crosse, elle lâcha l'homme pour mettre sa main gauche sur le même côté de sa tête (réaction automatique) et utilisa son autre main pour se rattraper afin de ne pas lourdement chuter sur le sol... Mais un oubli supplémentaire revint très vite au galop : Elle s'était faite très mal au bras droit après sa chute pour échapper aux droïdes, et ne pouvait plus l'utiliser comme elle le souhaitait. Une fois sa main droite au contact du sol, June eut un gémissement de douleur après avoir bougé et forcé sur son bras blessé ce qui l'empêcha de minimiser l'impact de sa chute. Mais elle eut de la chance durant son malheur, grâce à sa chute, elle put éviter le coup de genou que son assaillant venait de lui porter en direction de son visage, tout de suite après le coup de crosse. Seuls les cheveux de June furent emportés par le coup de genou, tandis que son corps s'écrasa lourdement au sol cognant en même temps sa tête, ce qui l'étourdit légèrement pendant quelques instants. Quelques instants où son ennemi en avait profité pour s'éloigner en pointant son blaster et en tirant deux fois sur June. Venait-elle d'être tuée ? Non. L'homme avait réglé son blaster sur le mode paralysant afin d'être sûr que June ne bouge plus, et pour repartir de plus belle dans un monologue...
Paralysée. Blessée. Fatiguée, June ne pouvait rien faire de plus que de rester la sur le sol sur le dos écoutant les propos délirants d'un fou qui tenait entre ses mains et au bout du canon de son blaster, sa vie. Mais ce qui dérangeait le plus June et surtout ce qui l'énervait vraiment était son incapacité à pouvoir lui répondre. La paralysie ne la rendait pas juste incapable de bouger, mais aussi de parler. Seuls ses yeux pouvaient continuer de suivre silencieusement ce fou en train de faire les cent pas durant son monologue interminable et incompréhensible en pointant son blaster en sa direction. Que savait-il d'elle ? Rien ! Absolument rien ! S'il savait, ne serait-ce qu'une petite partie de la vie de June, il ne dirait pas qu'elle suit aveuglément des ordres, ou qu'elle accepte le monde tel qu'on le lui montre. C'est ce pourquoi elle ne l'écouta plus vers le milieu de son monologue. Il ne savait rien, et ne pouvait comprendre June. Surtout quand il affirma qu'il y avait des centaines comme elle. Rien de plus que des balivernes. Puis, voyant que June ne l'écoutait plus en remarquant ses yeux qui regardaient ailleurs, il s'arrêta de parler et pointa son arme sur elle. Son viseur, un laser rouge, était dirigé en plein milieu de son front. Allait-il en finir définitivement ? De toute façon June ne pouvait strictement rien faire en cet instant, elle était totalement à sa merci. Mais bizarrement, celui-ci mit du temps à prendre une décision. Jouait-il avec le stress et l'angoisse de June ? Aimait-il faire durer ce genre de moment qui semblait jouissif pour lui ? Durant cette attente mortelle, un combat de regard entre June et son bourreau semblait être en cours. Jouait-il encore une fois avec elle avant la sentence ? Quoi qu'il en soit, durant cette attente June retrouva légèrement le contrôle de certaines extrémités de ses membres, et notamment ses doigts qu'elle dégourdit un peu avant de ne plus les bouger pour que l'homme ne s'aperçoive pas qu'elle commençait à sortir de sa paralysie.
— Qu'est-ce que tu attends ? Demanda-t-elle pour briser cet instant de silence.
Malheureusement, June n'eut pas de réponse, et sa phrase sonna comme une sorte de fin de scène, puisque juste après la fin de sa phrase un tir venu des hauteurs surprit tout le monde et obligea l'homme à se mettre à l'abri en esquivant de peu le tir qui l'avait pris comme cible. Quand elle porta son regard vers la source du tir, elle aperçut les recrues sur une échelle contre un mur en train de descendre une par une pour la rejoindre au coeur de l'usine. Ne pouvant pas encore bouger son corps, elle ferma les yeux à plusieurs reprises quand des tirs de blaster frappèrent le sol, et surtout quand certains frappèrent le sol non loin de son visage. Voyant qu'elle venait très certainement d'être sauvée de justesse, elle eut un petit sourire pendant une fraction de seconde avant de regarder en direction de l'ennemi qu'elle ne voyait plus. Où pouvait-il bien se cacher ? Ce fut à cet instant que le Cathar fonça vers elle pour savoir si tout allait bien et savoir si elle n'était pas blessée. Le pauvre semblait être plus inquiet pour la santé et la vie de June que de sa propre sécurité, aussi bien qu'il en retira son casque pour évaluer les blessures que June avait. Bien sûr il repéra tout de suite son bras droit qui était salement amoché avec une trace de tir de blaster sur son épaule, il repéra aussi le sang qui coulait suite au coup de la crosse du blaster sur le côté gauche du crâne de June. Il était tellement préoccupé par sa camarade qu'il ne remarqua pas le cadavre que les autres spécialistes avaient aperçu, ni même deux de ses camarades, un Rodien et un Twi'lek, venir vers lui et June, et n'entendit pas non plus le sergent B-344 donner l'ordre d'encercler la zone et ne remarqua pas non plus le sergent présenté ses excuses à June.
— Pas besoin de s'excuser pour le retard, vous êtes là. Dit-elle avec un petit trait de soulagement qui pouvait se lire sur son visage. Et puis, j'ai l'habitude des rencontres qui tournent mal. Finit-elle sa phrase en étant légèrement amusée par la situation dans laquelle elle se trouvait.
Alors qu'un petit moment de tranquillité venait de s'installer après avoir récupéré June, un étrange son de quelque chose frottant contre le sol attira tous les regards. Voyant cette petite chose ronde qui ressemblait à une boule de métal qui roulée doucement vers les spécialistes, tous se posèrent plusieurs questions en une fraction de seconde, avant d'entendre un son sonique traverser toute l'usine en rendant sourd et en aveuglant tous les organiques pendant quelques instants. La perte de l'ouï et de la vision durant ses quelques secondes qui furent particulièrement longues et douloureuses pour toutes les recrues empêchait de savoir ce qu'il se passait. Ce ne fut qu'après un long moment de silence et d'aveuglement que le constat pouvait se faire : Le sergent B-344 était de dos, debout, fumant sur plusieurs parties et brulant sur différents membres de son corps métallique. Le sergent venait de sauver toutes les recrues en encaissant tous les tirs ennemis. Lorsqu'une recrue qui était à côté de lui le regarda, il affirma aux autres qu'il venait d'être détruit et qu'il était "mort". En entendant ça, June serra les poings et se disant qu'il méritait tout son respect. Mort pour les autres en gardant sa dignité jusqu'à la fin en restant debout, même une fois éliminé. Puis elle entendit des bruits et aperçut l'homme de tout à l'heure écrivant quelque chose sur un clavier.
— Toi ! Dit-elle en serrant les dents avec un regard noir en sa direction.
Écoutant la dernière phrase de son ennemi, June fut prise de rage et parvint à se relever quelques secondes sur ses jambes en voulant le rattraper, mais elle s'effondra sur ses genoux après trois pas. La paralysie avait partiellement disparu, mais faisait encore effet, et la double dose qu'il lui avait mise n'arrangea pas sa situation. Au moment où un spécialiste vint en aide à June pour la relever une voix surprit tout le monde par son calme et son ton qui annonça avec douceur l'auto-destruction de l'usine dans 10 minutes et 30 secondes.
— Comme dirait un vieil ami. Le meilleur est derrière nous ! Commenta-t-elle, quand elle revint sur ses deux jambes en entendant la voix annoncée l'auto-destruction.
Alors que la voix venait d'annoncer dix minutes restantes avant l'auto-destruction. Le groupe de spécialistes prit la décision de faire chemin inverse afin de rejoindre l'ascenseur. Bien sûr pour ceci il devait remonter l'échelle qui allait leur faire perdre, au moins, trois à quatre minutes. Tout allait être très serré, car après l'échelle il devait monter dans l'ascenseur pour retourner dans la salle derrière le hangar, traverser le hangar qui était encore un champ de bataille et sortir avant qu'il ne soit pris dans l'explosion. Mais, malheureusement pour eux, il n'y avait pas d'autre pire choix que celui-ci, et ce fut tout naturellement le groupe entier qui prit cette décision. De son côté June, tenant à peine sur ses jambes, fut aidé par le Cathar qui la prit sur son dos pour l'aider durant la remontée de l'échelle. À ce moment, elle se sentait plus comme un boulet que quelqu'un d'utile, mais le groupe ne voulait pas perdre quelqu'un d'autre aujourd'hui, et depuis le sacrifice du sergent les spécialistes semblaient être devenus plus déterminés que jamais à se serrer les coudes entre eux. Avant de prendre l'échelle à leur tour, June demanda au Cathar de ramasser la carte d'identification du scientifique mort à côté de la console. Il fallait, au moins, avoir la possibilité de savoir de quelle équipe il faisait partie et qui il était ! Tout au moins pour sa famille, qu'elle ne reste pas dans l'incertitude et l'angoisse. Quand le Cathar ramassa la carte, et qu'il prit l'échelle à son tour pour remonter jusqu'au couloir menant à l'ascenseur, la voix annonça :
— 9 minutes avant auto-destruction. Merci de ne pas paniquer et de rester calme jusqu'à la sortie.
Une fois tout en haut de l'échelle et les deux pieds posés sur l'étage supérieur, la voix annonça qu'il ne restait plus que six minutes et quarante secondes. Le compte à rebours ne laissait place à aucun échec. La moindre faute pourrait être fatale pour tout le groupe. Mais heureusement, il n'y avait aucun ennemi en face d'eux pour le moment et le couloir pour rejoindre l'ascenseur n'était immense. En moins d'une minute, le groupe pouvait y être. Mais contre toute attente, la porte séparant la petite plateforme, où se trouvait l'échelle, et le couloir était fermée, et il fallait à tout prix un code d'accès pour l'ouvrir... Malheureusement le sergent B-344 avait été le seul à avoir ouvert la porte en piratant le code, mais ce dernier n'était plus là, détruit pour sauver le groupe, les spécialistes allèrent donc être obligés d'ouvrir la porte par leurs propres moyens. Et pour couronner le tout, des droïdes B1 dirigés par un B2 arrivaient sur la petite plateforme, par les airs et par l'échelle, afin d'éliminer le groupe. Plusieurs spécialistes prirent divers objets en guise de bouclier pour contrer les tirs et usèrent de leurs armes pour ralentir la progression des droïdes. June fit partie du groupe qui protégeait les spécialistes avec tout est n'importe quoi en frappant sur les B1 arrivant par l'échelle. Puis, alors que le groupe venait d'ouvrir la porte pour pénétrer dans le couloir, un droïde B2 arriva sur la petite plateforme par les airs en pointant ses bras en direction du groupe pour lui tirer dessus tout en ordonnant aux droïdes contrôlant l'usine de refermer les portes. June, étant la plus proche du B2 força sur ses jambes en réveillant sa douleur à la cheville tout en essayant de ne pas tomber à cause de la paralysie, et se jeta sur le B2 pour dévier ses tirs sur le côté. Cet acte d'héroïsme lui fit perdre de précieuses secondes, car l'ordre du B2 venait d'être confirmé et la porte commençait à se refermer doucement. Quand June regarda en direction de la porte, elle vit les autres spécialistes lui faire des signes pour qu'elle se dépêche ! Prenant son courage à bras le corps, elle se mise à courir aussi vite qu'elle pouvait en se rattrapant plusieurs pour ne pas tomber par terre et en essayant d'éviter un maximum les tirs des droïdes qui devenaient de plus en plus nombreux autour d'elle. Curieusement, elle parvint à éviter tous les tirs sans être blessée ou égratignée, et parvint à traverser la porte en plongeant et en roulant sur le sol jusque de l'autre côté avant qu'elle ne se referme totalement derrière elle. Voyant qu'ils venaient de lui échapper, le B2 ordonna d'ouvrir à nouveau la porte, mais le Rodien avait pris soin de détruire les consoles d'accès des deux côtés de la porte pour que les ouvertures à distance ne répondent plus. Puis une fois tous les spécialistes dans le couloir en direction de l'ascenseur, la voix annonça :
— 5 minutes avant auto-destruction.
Le Cathar reprit June sur le dos et l'équipe put reprendre sa fuite en montant à l'intérieur du monte-charge. À l'intérieur de l'ascenseur et une fois à mi-hauteur de l'arrivée, plusieurs bruits étranges se firent remarquer au-dessus de leurs têtes. Certains pensaient que c'était tout simplement l'ascenseur, d'autres pensaient qu’à cause de la bataille qui continuait de faire rage dans le hangar et qui faisait vibrer les murs. Mais tous se mirent d'accord quand le plafond de l'ascenseur commença à être percé par un droïde qui ; une fois le bout de métal découpé sortit sa tête et dit :
— Bonjour ! Veuillez rester confortablement là où vous êtes, en attendant votre décès imminent. Merci !
Mais les spécialistes n'allèrent pas rester là à ne rien faire en attendant que ce droïde accomplisse ce qu'il venait de dire. Et ce fut June qui, prise par un nouveau coup de sang et étant plus haut que les autres du fait qu'elle était sur le dos du Cathar, attrapa la tête du droïde avec son bras gauche, le seul qui n'était pas blessé, et se mise à le tirer de toutes ses forces vers le bas pour qu'il tombe à l'intérieur du monte-charge, afin que ses camarades le détruisent. Une fois ce dernier réduit en pièces détachées, les quelques spécialistes qui avaient des armes les utilisèrent pour tirer sur le plafond afin de détruire les autres droïdes qui étaient en train de saboter le monte-charge. Puis, une fois arrivés à destination, tous les spécialistes sortirent de l'ascenseur et se dirigèrent vers le hangar où la bataille continuait de plus belle. Tandis que la voix annonça :
— 2 minutes avant auto-destruction.
À l'intérieur du hangar, les spécialistes n'eurent pas d'autre choix que de courir aussi vite qu'ils le pouvaient, sans regarder en arrière ou de se soucier des tirs qui fusaient dans tous les sens. Seules la sortie et la survie comptaient en cet instant. Et le compte à rebours ne leur laissait pas d'autres alternatives que de se mettre en danger pour sortir d'ici au risque de réellement mourir sans avoir essayé. En plein milieu du hangar, les spécialistes en tête aperçurent des véhicules de transports très légers qui les attendaient juste à la sortie de l'usine. La fin de ce calvaire était enfin toute proche, plus que quelques pas avant d'être sorti d'affaire. Et ce fut à cet instant que la voix annonça qu'il ne restait plus qu'une minute avant l'explosion de l'auto-destruction de l'usine. Comme ci cette angoisse de ne pas savoir s'ils allaient y parvenir à temps n'était pas suffisante, voilà que la voix en rajoutât une couche. Mais fort heureusement au moment où la voix annonça le temps restant, les derniers spécialistes rejoignirent le dernier véhicule qui avait encore de la place. Et sans surprise ce fut June et le Cathar. Ce dernier portant June sur son dos était moins rapide que d'habitude. Puis quand le dernier véhicule se mit en route, les premières explosions à l'intérieur de l'usine se firent entendre à travers toute la surface sous forme de petits bruits sourds avant de voir toute l'usine sous un grand champignon d'explosion et de flammes. Au moment où le champignon grimpa dans le ciel, un silence de mort s'installa. Ce n'était pourtant pas une bombe qui venait d'exploser sur l'usine, mais comme cette dernière contenait beaucoup d'armes, de munitions et de carburant pour les droïdes, tout ceci, en explosant en même temps, créa une puissante explosion. Une explosion si puissante qu'au moment où le vent et l'onde de choc l'accompagnant se manifestèrent autour de l'usine, les véhicules fuyants se firent soulever et souffler de terre en effectuant quelques tonneaux avant de se retrouver sur le dos plus loin.
Référence au : Meurtre près du piano - Les 2 minutes du peuple. -
Post n°11
Auteur : June King[Double poste après discussion]
Une douce brise frappée agréablement le visage de la petite fille aux yeux vairons ; agitant légèrement ses cheveux auburn ; elle était allongée sur le sol dans une neige brillante et douce ; contemplant le ciel bleu de sa planète natale et ses nombreux nuages qui dansaient au-dessus d'elle ; rêvassant et chantonnant une douce mélodie avec laquelle sa mère avait l'habitude de la bercer quand elle était petite. Un moment parfait et calme. Jusqu'à ce qu'une énorme explosion ne retentisse derrière elle, soudainement ! En se levant et en se retournant rapidement, le ciel passât du bleu au noir et les nuages changèrent de couleur pour devenir rouge. En face d'elle d'étranges flammes menaçantes dansaient autour de sa maison. Le moment parfait se transforma en son pire cauchemar. La douce berceuse s'était transformée en des cris de douleur sortant des flammes ; la neige brillante était devenue de sombres cendres ; la brise agréable s'était changée en une chaleur infernale. Une vision terrifiante et dystopique ! Tremblante de peur en imaginant le pire, elle s'avança lentement jusqu'aux flammes qui entouraient la maison de ses parents et manquait de tomber à plusieurs reprises sous cette cendre glissante. Mais June (qui avait repris sa taille d'adulte en se relevant) n'eut pas le temps d'arriver jusqu'aux flammes qu'un bruit reconnaissable entre mille ne l'arrêta à mi-chemin en lui glaçant le sang et en la pétrifiant de peur. Se retournant doucement après avoir entendu ce bruit si particulier, elle aperçut un homme, un Sith, assez grand portant une capuche et tenant dans sa main droite un sabre laser rouge. Bien que la capuche cachée son visage, elle sentit un sourire jouissif derrière. Se souvenant sans hésiter de qui il s'agissait, elle se mise à faire quelques pas en arrière avant de se retourner et de courir, mais au moment où elle se retourna pour prendre la fuite : les flammes, la maison, les cendres, les nuages et le ciel avaient disparu, plongeant June dans le néant.
Tournant la tête de tous les côtés en cherchant un faux-fuyant, June n'aperçut que du rien. Paniquant en se laissant envahir par la peur une nouvelle fois, elle se mit à courir vers nulle part. Mais cette fuite était peine perdue. Là où ne vivaient ni son, ni lumière et limite, June était destinée à courir sans fin... S'arrêtant de courir en voyant que cela ne mener à rien et nulle part, elle s'écroula sur les genoux, fatiguée par sa course. Prise par le désespoir, elle se mit à crier aussi fort qu'elle le pouvait, mais aucun son ne sortait de sa voix. Continuant de pleurer silencieusement en tremblant dans ce néant, un cri de Wookie résonna tout d'un coup, lui glaçant encore plus le sang ! June reconnue tout de suite à qui il appartenait ; elle se leva d'un bond en cherchant la provenance de ce cri, mais au moment où elle tourna sur elle-même un nouveau cri se fit entendre... Un cri d'homme, cette fois-ci. Paniquant encore plus, elle se mit à se retourner une nouvelle fois, mais une voix de femme se manifesta au même instant. Ne supportant plus les cris de ses regrettés amis, June s'écroula sur ses genoux, se boucha les oreilles en baissant la tête et en pleurant. Mais comme un ange venu du ciel ; une main chaude et rempli d'amour se posa sur l'épaule de June qui redressa la tête et aperçut sa mère lui sourire ; elle lui prit la main pour la relever et l'enlaça. June ne savait plus quoi dire ou quoi faire, elle ne se contentait que d'être passive et se laissait entièrement faire. Quand sa mère se sépara de June, elle lui sourit une dernière fois avant d'être planté dans le dos par un sabre laser rouge. En voyant ça, June hurla de colère et le néant se fissura avant de se briser comme du verre. Tout disparu d'un claquement de doigt, et June se retrouva dans une chambre d'hôpital.
Se redressant sur son lit d'un coup ; essoufflée et paniquée en ne comprenant pas ou est-ce qu'elle se trouvait ; elle se mise à émettre quelques bruits en tournant la tête dans tous les sens. Lorsque la porte de sa chambre s'ouvrit en laissant un médecin la franchir, June eut une réaction agressive et se mit debout sur le lit en s'armant du pied de perfusion tout en hurlant sur le médecin de ne pas approcher ! Voyant que June était devenue incontrôlable, le médecin fit appel à du renfort pour la maîtriser avant qu'elle ne se fasse de nouveau mal. Mais l'appel du médecin et l'arrivée de deux gardes militaires inquiéta encore plus June et elle devint plus violente et méfiante à cet instant. Les gardes - qui n'étaient pas là pour négocier - se lancèrent sur June d'un coup sec pour attraper ses bras et ses jambes afin de l'attacher au lit pour qu'elle ne bouge plus. Prise au piège ; ne pouvant plus bouger ; se sentant en danger ; June se mit dans une colère noire et força sur ses liens qui l'empêchaient de bouger tout en criant de la laisser tranquille. Mais les gardes refusaient de la laisser partir, et le médecin était en train de préparer un calmant. En voyant la seringue dans les mains du docteur, June redoubla d'efforts pour se libérer, mais les gardes avaient décidé de la tenir, malgré les liens qu'ils avaient installés, durant sa piqure. Mais au moment où l'aiguille toucha la peau de June ; elle se mit à crier une nouvelle fois avec rage ; et la seringue explosa dans les mains du médecin. ne sachant plus quoi faire, l'un des gardes sortit de la chambre pour demander de l'aide, et un haut gradé entra avec fracas dans la chambre et assomma June !
Quelques minutes... Heures ? Plus tard, June se réveilla et était moins énervée et moins en panique qu'à son premier réveille. Afin de la rassurer et de la calmer un peu plus à son réveille, toutes les recrues avec qui elle avait l'habitude de s'entraîner et de faire équipe avaient décidé de rester avec elle. le Cathar se tenait à côté du lit pour être sûr de ne pas rater son réveille, tandis que le Rodien était de l'autre côté du lit en train de dormir sur une chaise, et le Twi'lek était à côté de la porte de la chambre, dos au mur et bras croisés. Bien que ces trois là avaient l'habitude de se disputer et de se chamailler pour un rien à chaque fois, quand il était question de June, ils faisaient abstraction de leurs différents et devenaient plus que soudés. Quand June ouvrit les yeux et tourna la tête de droite et à gauche, la seule phrase qu'elle eut à cet instant fut :
— Vous savez que vous faites peur quand vous êtes calme, comme ça ! Se moqua-t-elle de ses camarades.
Cette petite touche d'humour, qui n'en était pas une, détendit l'atmosphère où l'inquiétude régnée, et amusa tout le monde. Ses camarades étaient rassurés de voir leur amie aller beaucoup mieux que lors de son premier réveille. Mais le repos n'était pas pour tout de suite, puisque qu'ils lui annoncèrent qu'elle devait se rendre au plus vite dans bureau du capitaine Thieris Buckler pour un rapport concernant la mission. À cette annonce soudaine, June se leva d'un bond de son lit avant de s'enrouler dans le drap plus vite qu'elle en était sortie ! Le visage tout rouge et à moitié caché dans le drap, elle demanda timidement à ses équipiers de bien vouloir quitter la chambre un instant. Elle ne s'était pas rendu compte qu'elle était nue... Une fois prête et surtout habillé, June sortit de la chambre d'hôpital dans laquelle elle se trouvait depuis son retour de mission et suivie les recrues qui l'accompagnèrent jusqu'au bureau du capitaine Buckler dans les quartiers militaires, en discutant et en rigolant avec eux tout. Le Rodien fit même une boulette promettant d'offrir une tourné à la cantina. Puis, une fois devant la porte du capitaine Buckler, June demanda à ses équipiers de l'attendre dans le couloir pendant qu'elle rendait son rapport. Quand June frappa à la porte du capitaine et que celui-ci l'invita à entrer, June se mit au garde-à-vous tout de suite et se présenta :
— Recrue June King, immatricule MB-99, au rapport ! Finit-elle en se mettant au repos comme demander. L'usine de production fut modifié par un dénommé "Dread" après avoir tué les ingénieurs et les mécaniciens qui y travaillaient. Durant ma confrontation avec cet individu, je n'ai, malheureusement, pas compris toutes ses revendications. Mais, dans sa folie il parlait d'une guerre. D'une guerre orchestrée par la République et la C.S.I. et qui était sur le point d'éclater après qu'un dès notre se soit fait tué et qu'une républicaine soit accusée. Pour lui, détruire cette usine de production était l'une de ses premières étapes pour préserver la paix. Il parlait aussi d'une purge. Il souhaite éradiquer tous les droïdes de combat et les clones pour empêcher la "grande guerre" qui s'annonce. Malheureusement, je n'ai pas réussi à l'arrêter et il s'est échappé. Fit-elle son rapport sans avoir eue le sentiment de l'avoir bien fait.
Après la réponse du capitaine, June sortit de son bureau et dit à ses équipiers qu'elle allait faire un tour dans ses quartiers afin de se reposer un peu plus ; se sentant encore faible. -
Post n°12
Auteur : TericaraxIl ne fallut que quelques jours pour que l'on rappelle la jeune June. Encore en repos suite à ses blessures, confiée aux soins des droïdes médecins à l'hôpital militaire, elle n'avait cependant pas souffert de maux trop graves. À l'inverse de B-344, songea Buckler. Les bras dans le dos, le capitaine se tenait dos à son bureau. Son regard se portait par une fenêtre étroite, au travers d'une épaisse plaque de transparacier, droit vers le camp d'entraînement. On y voyait usuellement les recrues comme les confirmés s'y entraîner ; c'était un terrain de jeu propice à l'exercice physique, une terre battue parfaite pour tous types d'efforts. Mais aujourd'hui la cour était déserte, et pour cause ; à l'horizon, une grande forme noire était apparue. Depuis que le capitaine l'observait, elle n'avait eu de cesse de grossir. Elle serait sur eux dans quelques minutes tout au plus. C'était une tempête, une monstrueuse tempête de sable. D'après les estimations, on avait pas vu pareil typhon de sables depuis dix ans. Les troupes avaient été stationnées à l'abri, dans les galeries souterraines. Un couvre-feu exceptionnel avait été imposé à la population de Toskrew city, capitale de Géonosis et seule ville émergée du territoire. Rien ne devait être en surface sur cet hémisphère de la planète : car la tempête était annoncée de magnitude 8. Les motojets comme les airspeeders avaient tous pour ordre de se poser. Depuis la journée précédente, on diffusait en continu sur le Shadownet local des messages de prévention et d'alerte. On évacuait les zones vulnérables, car certains bâtiments de Toskrew city ne tiendraient pas face à la fureur du désert. Les géonosiens, conscients du danger, avertis par leur instinct naturel sans doute, avaient quitté la surface pour regagner la sûreté et le confort de leurs ruches.
Le capitaine porta le regard en arrière, dans son bureau gris et de fer. Une table noire trônait au centre de la pièce. Au-dessus, suspendu depuis le plafond, une sphère dont s'étendaient une dizaine de bras articulés tenait dans chaque main une lourde cassette de données. Il aimait à imaginer que ce droïde était son assistant personnel. Les cassettes contenaient les dossiers du jour, ceux qui requéraient l'attention urgente et immédiate de Buckler. Sur la table, impeccable et dégagée, ne se trouvait qu'un seul module : un lourd et monolithique lecteur holographique. Il suffisait d'y insérer une cassette, de composer – tout naturellement – les codes d'accès, et l'on pouvait projeter directement le contenu et le lire. Le bon capitaine avait posé son casque d'élite sur son bureau ; reposait également, appuyée contre le meuble, son arme. Il s'agissait d'un fusil d'assaut blaster lourd modèle DLT-19. Une arme qui n'était pas réputée pour sa finesse, mais qui avait été d'une aide immense à Buckler tout au long de sa carrière, débutée il y avait de cela huit ans. Sur un coin de son bureau, une petite disquette. Elle lui venait tout droit des échelons supérieurs. L'autour de ce message était Sam Hillock, le vice-président du Clan Bancaire Intergalactique. De chaleureux remerciements pour l'aide du capitaine qui était intervenu avec ses troupes sur Muunilinst et avait sauvé Hillock des griffes de terroristes assoiffés de sang, des Sith déterminés à massacrer les mondes commerciaux de la Confédération. Le vice-président, bien sûr, avait souhaité couvrir d'or le capitaine et son équipe, mais tel n'était pas l'apanage des officiers de l'armée ; l'Etat Major autant que l'homme avaient refusé ce genre de récompense. Hillock, sans doute, serait toujours chaleureux à l'égard de Buckler cela dit. Peut-être même était-ce cette gratitude et cette redevance à l'égard de ses hommes que désirait l'Etat Major ; qu'on voit l'armée comme des héros et non comme des monstres.
Hillock, néanmoins, avait insisté pour couvrir les frais de soins du capitaine, blessé grièvement lors de l'intervention. Il ne devait en vérité la vie sauve qu'à l'intervention de Elder, un droïde de modèle EG. Un modèle comme il n'en avait jamais vu ; il ressemblait à un garde IG-100, mais il était pourtant plus épais, plus rapide pourtant et les alliages d'acier qui le composaient étaient rouges. Elder l'avait sauvé de la mort, mais cependant Buckler n'avait pas réussi à intercepter tous les Sith sur Muunilinst. Une tache dans sa carrière, un échec qu'il ne cesserait probablement jamais de se reprocher.
Bah, on y pouvait rien décida-t-il, chassant ces néfastes pensées de son esprit. Il jeta un œil par la fenêtre. On ne voyait plus ni la cour, ni l'horizon ; tout était de sable. La tempête était là. Les fenêtres blindées tenaient bon, gardant en dehors le sable et les vents mortels. Il prit l'une des cassettes de son droïde suspendu, qui la lâcha délicatement, avant de l'enfoncer dans le lecteur. Un profil vint s'afficher :Nom: King Prénom: June Espèce: Humaine Age: 18 ans Planète d'origine: Lorrd
Confédération des Systèmes Indépendants
Documents Confidentiels -
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JUNE KING
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Engagement : CSI par idéologie
Dossier King :
La soldate June King a été trouvée dans la base 33-4564-49877-V de Hoth, dirigée par l'agente « Sunny ». La soldate, civile alors, a empêché la propagation du projet [confidentiel]. Une équipe d'officiers confédérés dont l'agent Martner ont trouvé la jeune fille au milieu de l'équipe du laboratoire massacré ainsi que plusieurs corps inconnus. L'enquête complémentaire indique qu'elle n'est pas responsable des morts. Les rares enregistrements fonctionnels suggèrent la piste d'un coupable de nature sensitive.
La soldate a été engagée dans la semaine suivante dans l'armée confédérée, ramenée à Géonosis par l'agent Martner.
Formée par la lieutenante Maria Gladmoore, sixième division armée.
Rapport de formation :
La candidate fait montre d'une fierté certaine. Compétitive et talentueuse, elle montre de l'effort à la tâche qui porte en avant le reste du groupe. Présente des qualités de tireuse → orientation vers les sections de support tactique recommandée. Force physique convenable, mais manque crucial d'endurance. Bonne souplesse. Le contrôle du souffle et du stress sont convenables mais pourraient être améliorés. La recrue n'a pas encore assez conscience de son appartenance à un groupe. Son manque de sens coopératif est contrebalancé par son initiative, mais parfois tendance à être tête brûlée. Bonne capacité d'improvisation. Les tests ne révèlent pas une génie technique ou stratégique. La recrue King a bien assimilé l'importance de l'information et progressera en apprenant à mieux travailler en équipe.
Première affectation : Intervention 67-54-99-253
Officier commandant : Capitaine Thieris Buckler
Rapport d'officier :
La soldate King a fait montre de sang froid, malgré des blessures manifestes. La situation de crise a été contenue par l'équipe de spécialistes à laquelle elle a été affiliée, mitigeant une situation qui aurait pu sinon être catastrophique. La soldate a bien intégré la logique séparatiste et ne montre aucun signe d'insubordination. Les supports psychologiques mis à disposition pour l'équipe n'indiquent aucun signe de problème neurologique ou psychiatrique chez l'agente King. Une proximité certaine d'amitié est relevée avec son groupe de formation.
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Le regard de l'homme vint vers la porte d'entrée de son bureau : des pas approchaient dans le couloir. Sans ajouter un mot, il coupa l'enregistrement. Dans l'encadrement de la porte, deux droïdes de modèle BX patientaient, immobiles, l'un face à l'autre. Bientôt surgit au détour d'un couloir une jeune fille en uniforme. Le capitaine demeura silencieux jusqu'à ce qu'elle entre et décline son nom, mais ce n'étaient là que des formalités. Il savait déjà à qui il avait affaire.
« - Repos soldate, dit-il calmement. Tu as bien agi dans l'usine. Je tenais à te féliciter personnellement. »
Thieris tutoyait souvent les hommes sous son commandement. Il n'aimait pas à mettre de la distance avec ses subordonnés. Dans une opération, quelle qu'en fut sa nature, tout le monde était au même niveau. Et la jeune fille, comme ses camarades, avaient son respect pour leur franc succès. Cependant demeurait-il debout, fermement campé sur ses jambes. Il n'avait visiblement pas l'intention de s'asseoir, ni d'offrir un siège à son interlocutrice. Son visage était sympathique bien que ses traits furent austères ; Buckler avait une cicatrice sous l'oeil droit qui rendait son visage difficile à regarder, bien qu'il fut autrement un homme d'une certaine beauté, malgré une mâchoire carrée qui lui donnait presque l'air d'une caricature de militaire.
« - Cependant, évite de te retrouver séparée du groupe autant que possible. La force réside dans le groupe. Heureusement que le sergent B-344 veillait sur vous. »
Il marqua un silence.
« - Tu seras sans doute satisfaite d'apprendre que le cerveau-droïde de ce cher sergent était intact. Une vraie chance. Les géonosiens travaillent pour lui rendre un corps alors que nous parlons ! Mais passons les formalités, dit le capitaine. »
Il attrapa l'une des cassettes de son fidèle droïde araignée. Après avoir vérifié l'étiquette, il l'inséra dans le lecteur, qui l'avala avec un son mécanique. L'hologramme afficha une planète verdoyante, couverte de végétations.
« - Voici Félucia, l'un des nombreux mondes sous la bannière confédérée. Il y a quelques semaines, quand tu n'étais qu'une aspirante recrue, elle a été la cible d'une attaque terroriste, ainsi que plusieurs autres mondes. Il hésita un instant à mentionner Muunilinst. Non, elle n'avait pas besoin de le savoir pour son affectation. Il poursuivit. Ils ont besoin de bras sur Félucia. Et je pense que tu es juste ce qu'il leur faut. »
Ça et elle apprendrait à mieux travailler en groupe, mais il se garda bien de dire à voix haute sa pensée. Il se baissa pour attraper quelque chose au niveau des tiroirs de son bureau, un objet qui s'y trouvait appuyé.
« - …Le climat est plutôt humide, mais l'air devrait te redonner du tonus après tes blessures. Et puisqu'on m'a demandé mon avis, j'ai décidé d'envoyer tes trois camarades. La base d'une section est l'autorité, mais les soldats survivent grâce à la fraternité...Sans oublier... »
Il souleva un lourd et long objet, qu'il déposa sur le bureau. Il s'agissait d'une arme, au canon étiré et long. C'était un fusil à la forme élégante ; noire était sa crosse, d'argent le baril.
« - Une arme appropriée. J'ai entendu dire que tu te débrouillais plutôt pas mal en tir de précision ; cette petite bête est un kiSteer 1284. C'est une arme à projectiles et non à lasers ! Quand tu seras sur Félucia, essaie d'entraîner ton œil et ta visée ; veiller sur le groupe de loin pourrait bien être le destin qui t'attend dans nos rangs. »
Il tendit avec un sourire et sans cérémonies l'arme à la jeune fille, avant de lui donner une pochette.
« - Des balles. Eh oui, les projectiles doivent être rechargés, je sais. Il y a vingt balles, ça devrait te suffire jusqu'à Félucia. À ce sujet, votre navette part ce soir. Avec la tempête bien sûr, hors de question de décoller ici. Vous prendrez l'astrobus souterrain pour rejoindre l'aile nord. »
Il coupa la cassette et fouilla dans les tiroirs de son bureau, avant d'en tirer une petite disquette, qu'il tendit d'une main à la jeune fille.
« - Tes titres de transport sont là-dessus. Et, sans oublier bien sûr... »
De l'autre, il lui tendit une broche : il s'agissait du symbole confédéré, de fer. Si le Shérif avait son étoile, le soldat séparatiste avait son symbole.
« - Bienvenue dans l'armée séparatiste, agente King. Et maintenant à ton affectation. Soldat, rompez ! Vous rencontrerez la major Katyusha sur Félucia. »Spoiler : HRP