Des premiers pas difficiles
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Post n°26
Auteur : Ansikt- Debout, mauvaise troupe !
Je sursaute, aux aguets. Un son strident perce mes tympans. Je me redresse comme un ressort mal remonté, jetant mon regard partout dans la pièce. Que se passe-t-il ? Où suis-je ?
Arène. Emeute. C.S.I. Désert. Tempête de sable. Grotte. Acklay. Les événements de la veille me reviennent en mémoire. Tout tourbillonne dans mon esprit encore somnolent.
Toujours à moitié sous mes draps, je remarque tout de même que les soldats s’affairent et se préparent, comme si cette cacophonie était quelque chose de parfaitement normal et agréable. Ils s’habillent et partent se mettre en rang. Je jure intérieurement et m’apprête à sortir de mes draps en urgence, mais remarque que quelque chose ne va pas : au bout de ma main se trouvent des griffes, pas des ongles. Dans ma surprise, j’ai changé un peu d’apparence, comme par réflexe. Je ne peux pas me montrer comme ça. Je me concentre pour que tout revienne à la normale, mais je perds dans l’action de précieuses secondes. J’espère que personne ne m’a vu, mais la mandalorienne est la seule autre personne encore vers son lit, et elle semble trop occupée à batailler avec sa combinaison. Je l’imite, espérant qu’elle n’ait rien remarqué d’anormal avec moi, et l’imite. La tenue s’enfile facilement, bien qu’elle soit un peu large pour ma carrure. Je me dirige vers le reste du groupe et arrive à rejoindre les retardataires à grandes foulées, la mandalorienne sur mes talons. Je me mets en rang du mieux que je peux. Bien que la manœuvre soit imparfaite, elle semble suffisante pour se fondre dans la masse. J’essaie de reprendre ma respiration et de me calmer le plus discrètement possible. J’espère que le militaire devant nous n’a rien vu.
Le Major le rejoint, une expression neutre sur son visage, comme hier. Il regarde à côté de moi Azel, puis pose ses yeux sur moi. Il semble chercher quelque chose, puis se résigne. Un coup d’oeil furtif de ma part semble indiquer que la Kaleesh est absente. Étrange… J’avais pourtant cru l’avoir vue en arrivant… Mais je n’arrive pas à la distinguer dans mes alentours. A-t-elle un problème ? Le militaire nous adressa finalement la parole, un peu à l’écart.
- Bonjour, soldats. Aujourd'hui votre entraînement commence. Vous allez vous joindre au groupe derrière moi. Tous les matins, ils se réunissent pour faire un footing d'une heure, jusqu'à ce que le Soleil se lève. Vous ferez de même, soldats. Soldats, garde-à-vous !
Un footing. Eh bien. J’aurais imaginé un entraînement plus original, si l’on considère la veille, mais cet exercice reste efficace. Ce n’est pas mon type d’exercice physique préféré, mais je n’ai pas le choix, ici. Et je sens que je n’aurai pas vraiment le choix pendant un bon moment.
Le major s’approche de l’humaine et lui demande son nom. Elle répond sobrement “Azel Kyone’e”. Je mémorise la prononciation. Ça pourrait être utile. Je subis ensuite le même questionnement de la part du militaire. Mais que répondre ?
Si je lui donne le nom duquel Avinash m’avait baptisé, il pourrait peut-être remonter jusque moi. Enfin, mon ancienne vie. La vie Républicaine. Et il pourrait aussi découvrir certains secrets que je n’ai pas envie qu’il sache, ou qui pourraient me porter préjudice. L’option s’occulte d’elle même.
Mais alors quoi ? Sa demande me prend un peu au dépourvu. Je n’arrive pas à imaginer un prénom. Et je ne peux pas lui demander d’attendre pour une demande aussi banale qu’un prénom, il se douterait de quelque chose. Alors quoi ?
- Billy.
La réponse sort d’elle-même. Le prénom que j’avais donné à mon patron à l’arène de Géonosis. C’est mieux que rien. J’espère que ces quelques secondes de battement n’auront allumé aucune alarme. Devant son haussement de sourcil, je rajoute :
- Billy, c’est tout ce que j’ai, monsieur. Pas de famille. J’eus un ami qui me surnommait “Sikt”, mais ce n’est qu’un surnom.
Cette justification semble le satisfaire, du moins pour l’instant. Il continue alors :
Dans une heure, vous reviendrez ici. Ménagez votre souffle, allez à votre rythme, mais allez ensemble.
Ensemble ? Le dernier mot me fait tiquer. Que veut-il dire par là ? Juste, courir avec Azel ? Nous n’allons pas être dispersés dans le désert géonosien encore une fois, si ? Ou veulent-ils nous attacher les chevilles, comme les enfants dans une fête Coruscanti ? Je ne devrais pas avoir trop de mal à m’adapter à la cadence de la mandalorienne, du moment qu’elle ne court pas aussi vite qu’un Vorsnk affamé poursuivant une proie. Mais elle, peut-elle s’adapter à ma vitesse ? Peut-elle rester relativement calme et prendre un rythme correct ?
Nous rejoignons le reste du bataillon dehors. La morsure du froid glace tous mes membres, mais je fais mine d’aller bien. J’ai intérêt de me réchauffer avec la course si je ne veux pas finir frigorifié. Nous finissons au fond du groupe, alors qu’un militaire un peu gradé nous accoste, gueulant comme un poissonnier en manque de clients. Je reste silencieuse, le plus impassible possible. J’ai plus froid qu’autre chose. Géonosis n’est pas une planète accueillante. Les températures sont extrêmes quelque soit le moment de la journée, n’est-ce pas ?
L’homme décide finalement de lancer l’exercice, toujours en criant comme s’il s’adressait à des malentendants. Je commence à petite foulées, comme le reste du groupe. En parlant du groupe, je remarque à quel point il est composé de personnes différentes. Petits, grands, humains, non-humains… Je remarque même un droïde, mais évite de me questionner sur l’utilité d’un footing pour un droïde.
La course commence doucement. Je prends un peu de temps à m’habitude au rythme du groupe, mais je me calque sur leur vitesse sans trop de difficulté outre mesure. Le rythme global reste lent, mais régulier. J’essaie de rester à hauteur de l’humaine, regardant à plusieurs reprises son expression faciale. Toujours neutre.
Le soleil se lève. La température monte. Au début agréable, ce changement tourne assez vite à un cauchemar éveillé. Je supporte beaucoup moins bien la chaleur que le froid. Mes gestes perdent un peu en vigueur, un peu en harmonie. J’ai l’impression de piétiner, mais j’avance toujours avec le groupe. Ou alors tout le groupe a ralenti ? Des gouttes de transpiration apparaissent et se logent dans mes paupières, m’aveuglant derrière un fin rideau d’eau salée. Le “chef” vient sermonner Azel. Cette dernière semble pensive, puis un peu plus crispée. Puis elle tourne légèrement sa tête vers moi, et se ravise, mordant sa lèvre inférieure. Qu’est-ce qui a bien pu lui traverser la tête ? De quoi peut-elle penser actuellement ? Elle reprend sa course, mais a l’air en colère. Mais contre qui ? Ses yeux plein de fureur se posent sur moi, et regardent ensuite au loin. C’est une menace ? Il vaudrait mieux que non, même si ça y ressemble. J’essaie de rester neutre, même si le footing me fait suer, pour ne pas être plus vulgaire, et suit le peloton. Il faut continuer.
Une éternité plus tard, nous revenons à notre point de départ. J’ai l’impression d’être aussi sec et déshydraté qu’une plante abandonnée dans un grenier depuis plus de vingt ans. Je presque d’une traite l’eau qui nous est proposée, et m’en vais sans broncher aux douches. La sueur et la poussière sont enlevées comme un voile. J’ai l’impression d’avoir été allégé de plusieurs kilos. Sortant de cet interlude revigorant, je retrouve la mandalorienne et le Major. Celui-ci nous apprend que Kaalia est mal en point et est actuellement gérée par une équipe médicale séparatiste. Cette nouvelle devrait me peiner, me gêner, mais me laisse plutôt indifférent. Au final, je ne la connais presque pas. Et quand je lui avais donné une mission, elle avait réussi à échouer. Je n’ai aucune raison de m’inquiéter pour elle. Ou au moins pour l’instant. La seule conséquence directe est que je serai uniquement avec l’humaine dans la suite de ma “formation”. Je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose…
- Après votre footing matinal, votre matinée sera dédiée à l'étude. D'abord, nous comblerons les petites failles que vous possédez en géopolitique, nous vous présenterons également ce qu'est la CSI, puis les autres puissances galactiques. Vous suivrez également des cours accélérés de psychologie et de compréhension corporelle avec le professeur M'arten. Il est réputé dans toute la bordure extérieure pour ses écrits sur la psychologie cognitive des espèces comparées. La fin de matinée, on vous donnera des cours de pilotage basique en simulateur atmosphérique d'abord. Une fois que vous aurez maîtrisé le pilotage des speeder, vous passerez aux chasseurs.
De la théorie, donc ? Ceci n’est pas vraiment pour me déplaire. Avinash m’avait enseigné que le pouvoir passait en majeure partie par la connaissance. Si on sait contre quoi on se bat, on peut avoir plusieurs coups d’avance. Et c’est vital. Les cours de psychologies sont aussi les bienvenus, pour ma part. Niveau éloquence, je suis peut-être un peu rouillé, malheureusement. Les cours de pilotage peuvent également être utiles, même si je doute que l’on nous confie des vaisseaux, au vu de notre rang actuel. Je ne m’étais pas trop mal débrouillé la dernière fois, mais c’était il y a des années…
- L'après-midi, vous enchaînerez sur l'entraînement physique. Il faut vous remettre en forme. Que vous fassiez du muscle, que vous ayez des réflexes. Toutefois, votre entraînement sera également organisé pour que vous gagniez en souplesse.
Et après le psychologique, le physique. Logique. Niveau réflexes, je ne pense pas être trop en reste, mais je manque clairement de muscle, comparé aux autres recrues. Enfin, sous cette forme. Mais puisqu’il semble que je vais la conserver pendant un bon moment… Cette nouvelle est accompagné d’un très léger et furtif grognement de ma part, mais ce n’est pas le moment de montrer de la mauvaise volonté.
Le major continue de nous guider à travers le complexe. Je le soupçonne de faire exprès de faire durer notre trajet pour nous montrer tous les équipements séparatistes. Je dois bien admettre qu’ils sont bien équipés, mais pas à un niveau qui justifie une extase complète, contrairement à mon acolyte.
- À la fin de votre formation, vous intégrerez la deuxième division, soldats : un des organes du renseignement confédéré. Vous serez donc formés pour pouvoir être ou bien agents de terrain, infiltrant les rangs d'une dangereuse organisation terroriste, des nettoyeurs envoyés en terrain hostile pour nous relayer les informations et faire le ménage dans le silence le plus total, ou des agents techniques, des experts aptes à décrypter le plus complexe des codes, briser le plus épais des coffres par la maîtrise de la technologie, à brouiller les signaux d'une planète entière.
De l’infiltration ? Voilà qui est déjà plus intéressant. Je ne me sentais pas chair à canon sur un champ de bataille, de toute façon. Cette nouvelle me fait avoir un subtil sourire en coin, dévoilant presque la blancheur ternie d’une canine anormalement longue. La traque, la recherche d’informations, l’infiltration… Voilà qui pourrait me permettre d’utiliser mes… “talents” à leur plein potentiel depuis longtemps ! Mais la réflexion se pose toujours : dois-je révéler ma condition de Gurlanin à la C.S.I ? Ce serait la solution de simplicité, mais je ne sais pas quelle mesure les militaires pourraient prendre pour me gérer. Mais si je cache cette information, je devrai limiter l’utilisation de mes capacités raciales. Et cela ma dérange.
- Pour les deux premiers jours, vous ferez donc des gainages, pompes, vous utiliserez les machines mises à votre disposition pour soulever des poids et vous forger un peu de muscle. Vous aurez un entraîneur, le sergent Sveinfield pour vous superviser et vous aider en cas de soucis. Votre entraînement passera ensuite sur des obstacles, et autres subtilités qu'il vous expliquera le moment venu. Vous débuterez aussi le maniement d'une arme, à votre choix. Mais Sveinfield vous expliquera tout ceci en détails le moment venu, ne vous inquiétez pas.
Et voilà la fin du programme de dévoilée. Encore de l’entraînement physique. Ennuyant, mais logique. Cependant, l’aspect un peu plus technique du maniement d’une arme attise ma curiosité. J’ai toujours utilisé mes poings, voire mes griffes, à la limite un canif rouillé, mais je n’ai jamais proprement appris à utiliser une arme. Je me débrouille au corps-à-corps, en général, mais je pense pas pouvoir gérer un adversaire armé. Mais il faudrait aussi que je sache me servir d’un blaster, au cas où. C’est une occasion en or. Il serait idiot de la manquer. Surtout si je décide un soir de ne plus profiter de l’hospitalité de la base séparatiste…
Mes avis sont mitigés sur ce programme. Cette formation pourrait être des plus utiles, mais je n’aime pas ce “lien”, cette “obligation”, cette “dette” qu’elle pourrait créer entre moi et la C.S.I. Il va tout de même falloir que je reste sur mes gardes. Je ne suis certainement pas le premier à vouloir “profiter” du système, et la base doit avoir des mesures pour les “petits malins” dans mon genre…
Nous nous arrêtons dans une bibliothèque richement équipée et décorée. Des ouvrages étaient alignés peu importe où l’on posait le regard. L’endroit devait faire au bas mot une vingtaine de mètres de hauteur, dont la majorité était occupée par des ouvrages. Le militaire nous chuchota alors :
- Soldats, savez-vous lire ?
Cette question me surprend un instant, avant que je me rappelle dans quelles conditions il nous avait… “recrutés”... Il doit toujours nous prendre pour des voyous de bas-étage, c’est ça ? Dans ce cas, la question est légitime. Comment pourrait-il nous enseigner quoi que ce soit si nous ne savons pas déchiffrer une phrase ? L’humaine répond en premier, également un peu étonnée par la question.
- Euh... l'Aurebesh, vous voulez dire ? Ouais, j'sais déchiffrer la plupart des mots... J'fais pas mal de faute, sinon.
Le Major, tourne ensuite son attention sur moi.
- Je sais lire le Basic, oui. Sans de difficultés, de surcroît. Vous souhaitez une démonstration de mes dires ?
Devant l’expression toujours indéchiffrable du militaire, je prends un livre au hasard dans la bibliothèque. “Espèces de Géonosis”. Eh bien. Je choisis une page au hasard, et me mets à lire le début de l’article à voix basse, gardant un rythme modéré, articulant au maximum.
- “L’Acklay est un prédateur dont l’aliment de prédilection est le lemnai. D’abord originaire de Vendaxa, il a été apporté sur Géonosis à la suite d’importations de combattants pour l’arène de la planète. L’Acklay possède de petits yeux noirs adaptés aux fortes luminosités de sa planète natale. Puisqu’il ne peut détecter la présence de ses proies avec ses yeux à cause de la lumière plus faible des arènes Géonosiennes, il se sert d’un appendice qui capte l’électricité corporelle. Une collerette protège le cou, ce qui le rend difficile à atteindre. Ses dents sont très acérées et enracinées dans ses mâchoires, de telle sorte qu’elles puissent s’ouvrir très grand pour les proies les plus imposantes. Le thorax est le seul point faible de l’Acklay : son estomac se distend plus ou moins selon sa nourriture, ce qui permet de le transpercer aisément. Le dos est protégé par une carapace chitineuse surmontée de petits pics. Les six pattes de l’Acklay sont ses instruments principaux d’attaque avec lesquelles il transperce ses proies. Il se déplace sur la pointe des plus longs doigts hypertrophiés de ses pattes tridactyles. Ces pattes sont le prolongement des bras et des mains préhensiles, elles aussi tridactyles.
Je relève la tête, laissant le livre ouvert à cette page, cherchant une réaction dans le regard des deux humains à proximité de moi. -
Post n°27
Auteur : Tericarax

Major Jane Fawchester - Professeur Lucy M'arten
- J'ai posé une question, soldat, j'attendais une réponse, pas une démonstration. Discipline est un mot qui manque cruellement à votre vocabulaire. Nous corrigerons aussi cela. L'initiative est une qualité sans prix, mais elle est à utiliser avec discernement, pas à tort et à travers. Souvenez vous en la prochaine fois, hm ?
Il lui lança un clin d'oeil complice. Il allait faire comme s'il n'avait rien vu pour cette fois-ci ! Ce que le jeune Billy ignorait, c'était que certains officiers dans la confédération étaient bien plus intransigeants que lui au sujet de l'autorité. Cette piqûre de rappel était en fait une faveur que lui faisait l'homme à la barbe poivre-sel. Mais ça, le soldat n'en saurait sans doute jamais rien. Jane se mit à fouiller dans la bibliothèque d'une main experte, comme s'il y avait passé toute sa vie !
Il tirait à chaque rayon des petites plaquettes transparentes, qu'il donnait aux recrues en les accompagnant d'une brève description : « cet ouvrage est une carte galactique des systèmes majeurs ! Essentiel pour qui veut voyager de nos jours! », « ce livre évoque la chute de l'Empire Sith et la création de la Nouvelle République, un prérequis pour comprendre toute la géopolitique actuelle », « quelques documentations sur l'armement droïde et les troupes séparatistes, il faut vous familiariser avec l'armée dont vous faites maintenant partie. », « une brillante analyse de l'armement utilisé depuis l'Empire Démocrate et son évolution jusqu'à la période actuelle ; vous comprendrez plus facilement pourquoi la République Fédérale utilise son arsenal actuel, mais aussi pourquoi les contrebandiers affectionnent tant les vibrolames et les blasters de poing. », …
Le binôme se retrouva rapidement submergé sous une pile de tablettes holo, car c'étaient les sujets qu'ils allaient devoir travailler non pas aujourd'hui, mais pendant le reste de la semaine. Ils revinrent à l'entrée de la bibliothèque. Un céréen attendait derrière un bureau circulaire, tapotant derrière un petit écran. Lorsque le trio s'approcha, il releva sa tête ovale vers eux, ses yeux se firent ronds comme des billes en voyant les montagnes d'ouvrages entre les mains d'Azel et de Billy. Cela devait représenter des milliers de pages de lecture ! Jane posa sur le comptoir une carte grise ; dessus on y voyait sa photo, le symbole séparatiste en couleurs d'or, ainsi que d'autres inscriptions en basic, mais le céréen s'en approcha trop vite pour qu'elles puissent être déchiffrées.
- Pour combien de temps ? Demanda l'alien à la tête allongée
- Une semaine, déclara le major tranquillement.
- Pas plus ? Renchérit le céréen
Jane secoua négativement la tête, puis il invita Azel et Billy à déposer les manuels sur le comptoir. Là, une machine vint les enregistrer un à un. Il faisait une petite faveur aux recrues, en empruntant les livres à son nom et pas au leur : de part son grade, il pouvait naturellement prétendre à plus d'ouvrages en même temps. Une fois tous les livres enregistrés, le céréen eut la décence de leur donner un gros sac en tissus pour porter plus confortablement leur butin (mais il finit par prendre deux puis trois sacs supplémentaires devant la phénoménale quantité d'ouvrages empruntés). Maintenant que Billy et Azel avaient de la lecture pour toute la semaine, on pouvait passer à l'étape suivante.
Ils laissèrent la bibliothèque derrière eux, menés par le major. La première matinée, ils devaient surtout se familiariser avec tout le monde. Le reste de la semaine, il pourrait les laisser plus libres d'accomplir leurs tâches respectives. Mais d'abord il fallait se conformer au protocole ; il pouvait laisser Azel et Billy libres de se renseigner à loisir sur la République ou l'Impérium, d'apprendre des épisodes marquants de l'histoire galactique et de ses grands noms, mais il ne pouvait pas les maintenir plus longtemps dans l'ignorance au sujet d'une chose. En les menant à travers les dédales de couloirs, ils débouchèrent finalement dans une salle qui semblait être une salle de réunion. Une table ovale occupait le centre de la pièce, des chaises l'encadraient. Au centre du meuble était un gros projecteur holographique. En face d'eux était assis un vieillard, un humain. Sa chevelure blanche était ébouriffée en de sauvages épis, complétée par des lunettes rondes qui lui tombaient sur le bout du nez. Il portait un pullover noir, sous lequel on devinait le col d'une chemise blanche et une cravate, mais surtout : il était endormi. Le personnage roupillait tranquillement, un paisible sifflement s'échappait de ses narines à intervalles réguliers. Jane et ses deux recrues entrèrent et, pas de chance ! L'un des sacs portés par les deux soldats heurta le bord de la pièce dans un gros « BOUM ». Le choc fit sursauter le vieillard en face.
- Hng.. ? Hein... ? Qu...À la garde ! On m'atta – (il se leva subitement, comme assailli, rajusta ses lunettes qui menaçaient de tomber de son nez, et soudain son expression se fit toute étonnée). Oh ! Jane, c'est vous ! (Son visage ridée se déforma en un sympathique sourire de père noël). Je ne vous attendais pas de sitôt...Pardonnez moi je...Je m'étais assoupi, la chose est stupide...
Jane s'approcha du petit vieux qui émergeait encore de sa sieste, un sourire amusé flottait sur son visage. Il lui tendit la main, que l'autre saisit, et ils eurent une chaleureuse poignée de mains.
- Ravi de vous revoir, professeur, dit-il. L'autre eut un rire léger et plissa les yeux ; des pattes d'oie se formèrent à ses tempes. Laissez moi vous présenter Azel Kyone'e et Billy, les deux recrues dont je vous avais parlées hier. Azel, Billy, voici le professeur Lucy M'arten dont je vous avais déjà parlé.
- Aaaah, oui, oui, fit le professeur. Il rajusta ses lunettes et battit des cils, comme pour tenter de mieux voir les deux personnages, puis leur tendit la main. Un plaisir de faire votre connaissance à tous les deux, j'espère que ce cher major ne vous a pas trop maltraité ! Hohohoh, détendez vous voyons, on n'est pas à l'armée ici !
Jane toussa bruyamment dans son coin. Lucy sursauta, puis passa une main dans sa barbe blanche.
- Hmm, ah oui, vous êtes de l'armée en fait, pardonnez moi j'avais oublié ! Ne vous inquiétez pas Jane, ils sont entre de bonnes mains ! Ajouta-t-il avec un clin d'oeil rieur.
Le Fawchester soupira intérieurement. Parfois, il se demandait si le professeur M'arten faisait exprès d'omettre des éléments pour le taquiner, ou si c'était vraiment sa mémoire qui devenait défectueuse avec l'âge. D'un autre côté, c'était rafraîchissant. Il hocha de la tête, droit comme un i, les bras dans le dos.
- Je vous les laisse professeur, pas de bêtises hm ?
Puis il quitta la petite pièce, laissant les deux soldats en compagnie de M'arten. Celui-ci sifflotait à présent tranquillement un air d'opéra, tout en réunissant devant lui des notes ; sans doute celles du cours qu'il comptait donner au duo, comme l'avait annoncé le major. Il sortit tout son petit matériel, dont de vieux crayons noircis, avant de s'interrompre et :
- Avant de commencer, le major m'a demandé de vous dispenser quelques petits cours sur ce qu'est vraiment la C.S.I. Je ne suis pas un expert en la matière, aussi je vais vous passer la vidéo de présentation qu'ils font eux mêmes. C'est bien suffisant, pas vrai ?
Il se pencha sur la table avec un « Hmmph » sonore, il manquait cruellement de souplesse (c'était ça d'être friand de steak de sarlacc!). Ses doigts tâtonnèrent, jusqu'à atteindre l'holoprojecteur. Les lumières de la pièce se tamisèrent, alors qu'un symbole séparatiste en trois dimensions apparaissait, projeté en images multidimensionnelles au-dessus du meuble de réunion. Lui se mit confortablement dans son siège, alors que débutait la vidéo :
Un droïde de modèle B1 se mit au garde-à-vous, et entama de sa voix robotique
- / Bienvenue, postulants et postulantes ! Je suis le droïde OOM-349./ Je suis là pour vous expliquer ce qu'est la Confédération des Systèmes Indépendants, ou C.S.I./ La C.S.I est un système politique, économique et militaire qui est né il y a plus de 14 ans, dans l'Ancienne République./ Le Sénat était alors en désaccord après plusieurs incidents dont la crise de Naboo, et un mouvement séparatiste a commencé à voir le jour et gagner en popularité au Sénat./ C'était sous la direction du Chancelier …
Bercé par la voix du B1, le vieil homme finit par s'assoupir à nouveau, alors que la vidéo continuait à dérouler sur les objectifs de la CSI, son évolution, et ses anciennes figures (DH-47, Mufus, puis Gelmir), sur fond de marche militaire et de mise en scène volontairement exagérée pour transmettre un sentiment de glorieux patriotisme.
Lorsqu'il s'éveilla enfin, l'hologramme en était à « Rejoignez les nations du futur !/ Rejoignez la CSI !/ ». La bouche pâteuse, il mâchouilla. Il avait un peu chaud à la tête, aussi prit-il une petite gorgée de sa fidèle bouteille d'eau. Désaltéré et reposé, il jeta un œil aux deux recrues alors que l'hologramme s'effaçait et que les lumières se rallumaient dans la salle de réunion.
- Bien ! Si vous avez compris quelque chose à tout ce charabia, le major sera content de vous. Maintenant, trêve de bavardages. Je vais vous expliquer plus en détail les bases de la psychologie, pour que vous puissiez à l'avenir détecter des signes comportementaux devant vos heum...Cibles et collègues ! Nous n'avons qu'une semaine, et il y a beaucoup d'espèces dans cette galaxie. J'aurais aimé que vous puissiez vous entretenir avec un de mes brillants collègues, avec qui j'ai beaucoup collaboré pour établir les divers comportements des espèces sapientes à travers la galaxie, le docteur Teh Ree Stal Rax. Je crois qu'il est toujours à la CSI, mais il est plutôt du genre occupé. Enfin, ce n'est pas grave ! Comme je disais, cette semaine nous verrons uniquement les espèces humanoïdes – de façon superficielle, que vous puissiez détecter plus facilement quand quelqu'un vous ment, en vous basant sur son comportement, mais surtout, pour vous donner une méthodologie. Chaque individu est unique, une clef comportementale peut fonctionner pour quelqu'un et échouer pour un autre ! Je vais au fur et à mesure d'exemples et d'exercices tenter de vous donner un aperçu de comment vous y prendre pour cerner quelqu'un. Je jouerai des rôles si vous voulez, et je vous interrogerai tour à tour jusqu'à ce que vous arriviez à trouver ma personnalité.
Hmm, qui veut commencer ? Vous, jeune femme ?
Il adressa un radieux sourire à Azel, et fit glisser dans sa direction un petit calepin : elle allait avoir besoin de prendre des notes !Spoiler
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Post n°28
Auteur : AnsiktJe termine ma petite lecture. Le Major m’indique qu’il n’attendait qu’un “oui” ou un “non”. Soit, les mots ont un sens. Mais, ça a peu de sens. Enfin, si, personne dans cette situation mentirait sur sa capacité à lire ou non. Mais dans le cas où quelqu’un pense savoir lire mais qu’il a de fortes lacunes ? L’homme me fait une remarque sur le discipline, mais ne me réprimande pas plus que ça. Compte tenu de la réputation de la C.S.I, il est surprenamment tolérant. Il conclut même sa réponse par un clin d’oeil plutôt amical. Est-ce une stratégie pour me mettre en confiance et me rendre plus docile et malléable, ou alors est-il vraiment sympathique avec nous ?
Il se met ensuite à regarder les rayons et tire différentes plaquettes transparentes avec assurance, pour finalement nous les donner avec un résumé très succinct. Très rapidement, mes bras ainsi que ceux de la mandalorienne se retrouvent noyés sous une pile de documents. Le militaire nous ramène vers l’entrée, plus précisément vers le bureau où attend un humanoïde avec un crâne particulièrement allongé. Je fouille ma mémoire : j’en ai déjà vu dans la République… Machéen... ? Célin… ? Ah, si. Céréen. Il fait les yeux ronds en voyant la masse de documents que le Major nous impose, mais ne refuse pas l’emprunt. Sa discussion avec le militaire pose le tempo : une semaine pour lire l’entièreté des tablettes. Ca semble court. Combien de pages sont consignées dans ces ouvrages ? Des centaines ? Plutôt des milliers, non ?
Le bibliothécaire a la gentillesse de nous apporter à chacun plusieurs sacs afin que ce fardeau soit un peu plus simple à porter, puis nous sortons. Le Major nous fait traverser de longs couloirs pour nous emmener quelque part. Nous arrivons finalement dans une grande salle. Une salle de réunion ? Table ovale, chaises… Ca y ressemble… A l’autre bout de la salle est un assis quelqu’un. Au vu de sa morphologie, humain. Et vu ses cheveux blancs ébouriffés et ses lunettes, certainement vieux. Habillé de façon plutôt classique et correcte compte tenu du bâtiment dans lequel nous nous trouvons, quelque chose dans son attitude dénote complètement avec tout le reste : il dort. Malheureusement pour lui, alors que nous entrons, j’entends un grand bruit derrière nous. Un choc. L’un de nos sacs a percuté quelque chose. Un des miens ? Un de ceux d’Azel ? Je ne m’attarde pas à vérifier. Le vieil homme sursaute, puis reconnaît le militaire. Il lui sourit comme à un vieil ami, puis s’excuse pour s’être assoupi. Ils se serrent la main, puis le Major explique la situation.
Ainsi, ce vieil homme est le professeur M’arten ? Je m’attendais à quelqu’un de beaucoup plus de sérieux et formel… Décidément, les apparences sont trompeuses… Enfin, venant de moi, cette remarque est assez paradoxale. Ou alors il donne cette impression avec le Major mais sera plus sévère avec nous ? En tout cas, le premier contact est… amical au moins, comique peut-être ? Il nous offre une poignée de main, puis nous dit que nous ne sommes pas à l’armée ? Après avoir dit qu’il espérait que le Major ne nous a pas trop maltraité ? Je ne sais pas si je dois hausser un sourcil, sourire ou laisser échapper un léger rire devant la situation. Je choisis de rester le plus neutre possible, au cas où. Si c’est effectivement un professeur de psychologie très doué, il essaie peut-être de nous sonder ? De voir comment nous sommes ? Et si toute cette mascarade était une façon de faire baisser nos défenses ?
Le Major nous laisse avec le professeur. De bonnes mains ? Je perçois un double sens, mais je continue à agir comme si je n’ai rien remarqué. Je vois le vieil homme s’approche d’un holoprojecteur alors qu’il sifflote un air de musique. Classique ? Mh… Non… Plutôt… Théâtre ? Opéra ? Avinash m’avait emmené en voir un, mais cela ne m’avait pas plu. Un logo séparatiste apparaît soudainement en trois dimensions. Nous nous asseyons, déposant nos sacs dans un coin de la pièce.
Un droïde apparaît ensuite. Le modèle de base de l’armée séparatiste. Le robot entame un monologue sur ce qu’est la C.S.I, son histoire… La vidéo a de sérieux relents de propagande mais a le mérite d’être plutôt informative. J’essaie de retenir les noms cités : DH-47, Mufus (comment un Jawa a-t-il pu être général ?), Gelmir. Ces informations pourraient être utiles.
Après de très longues minutes, le clip s’arrête enfin. Le professeur boit un coup, puis se remet à parler. Il n’a pas l’air exalté par cette démonstration de force que la vidéo souhaitait transmettre. Nous passons maintenant au vif du sujet : la psychologie.
Le professeur explique qu’il va nous apprendre à détecter des signes comportementaux chez les espèces humanoïdes de la Galaxie (compte tenu du temps relativement court mis à disposition), pour par exemple savoir quand quelqu’un ment. Enfin quelque chose d’intéressant. Si je peux savoir comment quelqu’un agit et réagit, je peux peut-être contrôler ce qu’il ressent, puis ce qu’il pense, et au final comme il agit. Je doute arriver à un haut niveau de maîtrise en si peu de temps, mais cet apprentissage pourrait se révéler être un outil utile. Très utile.
Le professeur fait commencer Azel. Cependant, dans mes pensées, je suis complètement hermétique à sa tentative. Je ne sais pas si elle a réussi ou non, et à quel point. Je me demande plutôt sur le but de tout cela. Ils cherchent à nous former ? Mais ne nous considèrent-ils pas comme des voyous, des malfrats ? N’ont-ils pas peur que ces “enseignements” soient utilisés dans des cas qui ne leurs seraient pas avantageux ? Ou alors espèrent-ils que les “voyous” seront redevables ? Ou alors tout l’environnement feront d’eux des bons petits soldats ?
Perdu dans ma réflexion, je suis surpris quand le professeur m’accoste à son tour. Je reçois le carnet ainsi qu’un crayon noirci par l’âge. J’essaie de prendre des notes, voir des tics, des habitudes, des faiblesses, des irrégularités dans la parole du professeur, dans le rôle qu’il joue. Après quelques minutes arrive le moment où je dois donner ma conclusion, ce que j’ai déduit. Et… échec. J’ai loupé une information majeure et des détails qui m’ont mis sur la mauvaise voie. Cependant, le vieil homme se révèle très pédagogue et m’explique où je me suis trompé, les pièges à éviter, sur quoi focaliser son attention… Le cycle d’exercices reprend deux fois. Je sens une légère amélioration dans ma méthode, bien que je ne réussisse qu’une fois l’exercice, après que le professeur l’ait un peu simplifié au troisième essai. Le professeur nous donne ensuite des conseils et des pistes d’approche pour les cas les plus simples (personnes n’ayant pas reçu de formation psychologique).
Le Major revient. Il est 10H30. Nous remercions le professeur et le laissons vaquer à ses occupations, après avoir récupéré nos sacs. Ils semblent plus lourds que tout à l’heure. Le militaire nous mène à travers le complexe jusqu’à une grande salle. Là sont alignés plusieurs machines, dotées de grands écrans et de tout un panel de boutons et d’un volant. Les cours de pilotage basique. J’avais oublié.
Nous posons nos sacs dans un coin, puis le major nous explique que nous allons commencer “doucement” avec les speeders. Cette fois, c’est moi qui m’y colle en premier. Le hic, c’est que je n’ai JAMAIS piloté de speeder. J’explique le problème au militaire, qui profite de mon inexpérience pour faire un cours détaillé théorique de comment piloter un speeder. Après ce “cours”, il reste suffisamment de temps pour que Azel et moi puissions essayer. Je m’installe, essaie de me souvenir des indications du Major, et démarre. Et je me retrouve presque au sol, surpris par la force du speeder. Face à cet essai misérable, le militaire m’autorise à recommencer. J’ai l’impression d’être traité comme un enfant auquel on accorde une seconde chance par pitié. C’est très frustrant. Je laisse ensuite ma place à la mandalorienne. Après sa tentative, le Major nous déclare qu’il est temps d’aller prendre le repas de midi, et nous indique qu’il nous “récupérera” après que nous ayons mangé. Il nous conseille néanmoins de nous décharger de nos sacs dans le dortoir, dans notre espace personnel. Enfin. Ils commencent à peser lourd. Très lourd.
J’arrive au réfectoire avec l’humaine. Au programme, un bout de viande de taille plutôt correct accompagné d’une sorte de bouillie de légume, assez pâteuse. De l’eau, un genre de yaourt sucré, et deux fruits pour clôturer le tout. Relativement complet, reste à espérer que ça ne soit pas dégueulasse. Nous nous installons à une table vide, un peu à l’écart, l’un face à l’autre. Enfin, vide… le début du repas se passe dans le silence, mais un groupe complet de recrues s’approche et s’assoit avec nous. La table devient très vite bruyante.
- Alors les nouveaux ? Déjà crevés ? Ce serait dommage et assez nul. ,commence un Zabrak.
Je lève la tête, le regarde quelques courts instants. Un regard froid, blasé. Une façon simple de dire “T’es sérieux ?”. L’humaine, quant à elle, lui adresse un regard en biais, froid également, tout en mâchant une bouchée de notre pitance. Le Zabrak semble frustré de cette inexpressivité, et hoche légèrement la tête vers une autre recrue, un Twi’Lek avec une belle balafre sur la joue droite.
- Bah alors ? T'as perdu ta langue ? déclare l’humanoïde aux tentacules en donnant un léger coup de coude dans le bras gauche d’Azel. Un peu de purée saute dans l’assiette. La mandalorienne reste figée un instant, puis me regarde, comme pour me demander si elle peut les massacrer. Je lui fais un discret “non” de la tête. Mieux vaut éviter une bagarre. Elle décide de ne pas lui enfoncer la tête dans l’assiette et continue de manger.
- La brute et le cerveau, hein ? Peut-être qu’à deux vous pourrez faire un soldat complet, à défaut de laver les chiottes ! déclare de nouveau le Zabrak, sur un ton assez confiant.
- Peut-être qu’à dix vous parviendrez à faire la moitié d’un individu lambda, qui sait.
La mandalorienne continue de manger de manger comme si de rien n’était, alors que le silence s’empare de la table. Entre ceux abasourdis et choqués, en passant par ceux vraiment blessés dans leur égo, il y a de quoi faire. Pour ma part, mes yeux s’ouvre plus qu’à l’accoutumée d’abord, puis reprennent une forme normale alors qu'apparaît un sourire en coin et que je laisse s’échapper un petit rire.
- Tu trouves ça drôle, le nouveau ? me demande le Cathar à côté de moi d’une voix grave, agressive, qui se veut menaçante.
- Non. Je trouve ça approprié.
Il s’apprête à me mettre un coup de poing, mais est retenu au dernier moment par le Zabrak, visiblement le meneur du groupe. Les deux grommellent, nous regardent avec méchanceté, puis le Zabrak déclare.
- Venez les gars. On a fini de manger de toute façon.
Ils se lèvent et s’en vont, nous laissant tous les deux.
Après le repas, nous retrouvons le Major. Ce dernier nous rappelle le programme de l’après-midi, puis nous guide à travers le complexe. Le Sergent Sveinfield s’occupera de notre entraînement physique, donc. Compte tenu des actions du Major le matin et du caractère du professeur M’arten, est-ce que nous allons encore nous retrouver avec un “gentil” instructeur ? Ca pourrait être une stratégie d’endoctrinement viable : des instructeurs relayant une idée positive, pour qu’ensuite, par parallélisme, la recrue associe une idée positive avec la C.S.I.
Nous arrivons dans une sorte de gymnase, et…
- Ah c’est pas trop tôt ! Vous avez deux minutes et trente-trois secondes de retard !
Oh pas lui… Un humain, relativement petit, vers le 1m70 d’hauteur, mais… C’est celui qui a géré le “footing matinal”. Donc c’est lui, le sergent Sveinfield. Quelle délicate attention de la part du Major qu’il s’occupe de notre entraînement personnel…
Le Major va le voir, lui serre la main, et lui explique précisément la situation. Ils ont l’air de bien se connaître, mais il ne se ressent pas la même relation qu’avec le professeur. Moins amicale, peut-être ? Ou ce n’est qu’une impression ?
Alors qu’ils discutent, le sergent se tourne vers nous, sans prévenir, et hurle.
- HEY LES NOUVEAUX ! VOUS N’ALLEZ PAS RESTER LA A RIEN FAIRE ! C’EST L’ARMEE ICI, PAS LE SALON DE THE DE MAMIE JAWA ! DIX TOURS DE GYMNASE !
Et c’est parti… La salle est assez grande, un tour doit faire environ deux-cent mètres… Nous nous mettons à trottiner, à un rythme stable mais plutôt soutenu. Il n’a pas l’air ce qui est “mou”, l’expérience de la matinée l’a bien montrée.
Alors que j’entame mon dernier tour, je remarque que le Major est déjà parti, et que le sergent est seul avec nous. Et là…
- Trop lent ! Dernier tour en sprint ! ALLEZ ! UNE-DEUX ! UNE-DEUX !
Je m’exécute, sans trop faire attention à la réaction de ma camarade. J’ai l’impression de dépenser plus d’énergie mais de ne pas aller plus vite. Il fait ça pour nous épuiser ? Quel intérêt ? Nous pousser dans nos derniers retranchements ?
Nous arrivons finalement devant le sergent. Je transpire, essaie de reprendre mon souffle, mais…
- Gaaaaaaaaarde à vous !
Je me mets au garde à vous, mais le mouvement est lent, pas forcément aussi droit qu’on pourrait l’espérer.
- C’est quoi ce garde à vous ? Vous n’êtes plus des civils ! Bombe le torse ! Plus que ça ! Plus que ça !
Quelques secondes plus tard, le résultat est satisfaisant. Sveinfield fait des allers-retours devant nous, mains derrière le dos, d’un pas lent. Puis il se retourne brusquement vers moi, et s’approche à moins d’un mètre.
- Taille, soldat !
- Un mètre soixante-dix-huit, mons… je commence à répondre, sobrement, un peu surpris.
- J’ai rien entendu recrue ! Plus fort ! beugle-t-il, me coupant la parole.
- Un mètre soixante-dix-huit ! je répète, plus fort, agacé de m’être fait interrompre.
- Un mètre soixante-dix-huit ! Jamais vu une tapette aussi haute que ça !
Il passe ensuite à Azel, attaquant les cicatrices sur son visage. Puis revient sur moi, ma carrure. “Engagé Crevette”, qu’il dit. Puis tape sur Azel, commentant ses origines, les qualifiant de tapette. Un joyeux spectacle qui dure… Qui dure…
Il décide finalement de conclure après de très, très longues minutes.
- Je vais vous mettre au pas, soldats ! Vous dresser, vous apprendre la discipline ! Je vais vous sortir de la connerie dans laquelle vous vous trouvez actuellement et faire de vous des durs ! Des agents de terrain ! Le glorieux bras armé de la CSI ! Maintenant, POSITION POMPES !
Je me mets en position et commence à faire des pompes. Mais évidemment…
- C’est quoi cette position, crevette !? Ton dos ! (il s’approche et change ma position) Plus vigoureux ! Faire pousser tes bras ! Allez ! Un ! Deux ! Trois ! Quatre ! Cinq ! Six ! La gonzesse, plus bas, tes bras ! Sept ! Huit ! Neuf ! Dix ! Onze ! Douze ! Treize ! Quatorze ! Allez ! Si l’un de vous deux abandonne, il en fait le double ! Vous êtes prévenu ! Et ça tient pour toute la semaine que je passerai avec vous ! Quinze ! Seize ! Dix-sept ! Dix-huit ! Dix-Neuf ! Vingt ! Repos !
Je manque de relâcher tous mes muscles en même temps. Ma respiration est bruyante. Je n’ai plus l’habitude de ce genre d’exercice. Mais je vais m’adapter. Je m’adapte toujours. Je transpire. Mes mains sont moites. Quelques secondes passent, puis le sergent déclare :
- Encore dix secondes de repos, et on repart ! Neuf, huit, sept, six… En position ! Eeeeeeeet… Un ! Deux ! Trois !...
Nous continuons ainsi pendant encore… six ? sept cycles de pompes ? Je perds le compte au bout d’un moment. Mes muscles des bras me font mal. Je m’assois comme d’habitude, mais…
- Hé ! Recrues !
Je me retourne pour attraper par réflexe un objet volant vers moi. Passé la surprise, je le regarde. Une bouteille d’eau ?
- Deux gorgées, trente secondes de pause, et on commence les flexions-extensions ! Gâchez pas votre eau, vous en aurez pas une autre avant deux heures !
Je le regarde, surpris. Je ne m’attendais pas à ce qu’il nous laisse tout de même boire. Enfin, des recrues exsangues et déshydratées seraient inutilisables, mais je pensais qu’il allait attendre plus que ça.
L’après-midi continue. Flexions-extensions, abdominaux, levée de poids, traction sur barre, gainage...L’objectif ici est clairement de nous faire faire du muscle, le tout avec un sergent qui nous crie dessus, à raison, pour nous corriger, ou non. Nous recommençons en boucle pendant une bonne heure, voire plus. Les derniers exercices sont assez douloureux, surtout que mon fond d’eau est maigre et tiède. Mais c’est mieux que rien, et ça me permet de tenir.
Nous recevons une deuxième bouteille d’eau, mais le militaire nous refait faire dix tours de gymnase, et nous oblige à faire le dernier tour en sprint. J’ai l’impression que mes jambes sont devenues de la gelée, si bien que je manque de trébucher à plusieurs reprises, vers la fin. Mais cela n'attendrit pas le sergent, oh non. Il nous laisse à peine le temps de boire, et enchaîne immédiatement sur les exercices d’assouplissement. Rythme toujours aussi soutenu, mais l’exercice a le mérite de faire un petit peu moins mal. C’est toujours ça de pris.
Environ quatre heures après nous avoir laissés, le Major vient nous récupérer, lessivés, exténués. Son arrivée est presque un soulagement. Il nous indique que nous allons pouvoir prendre une douche, puis nous conseille fortement d’étudier les documents que nous avons récupérés le matin. Une fois ramené en “terrain connu” (ici les dortoirs), le Major nous laisse, et nous souhaite une bonne soirée, en nous rappelant que le lendemain sera similaire.
Je me dépêche à la douche tant qu’elle est presque vide, et la quitte au moment où les autres recrues et soldats commencent à arriver. Je reste dans le dortoir pour étudier les documents, en commençant par l’histoire des différents “camps” politiques, et la géopolitique actuelle. Cette activité m’occupe jusqu’au repas. Ce dernier se passe sans accrocs : les chieurs du déjeuner n’ont pas cherché à revenir, au moins pour l’instant. Après le repas, je continue d’étudier, puis essaie de m’endormir après le couvre-feu. Cependant, quelque chose me revient à l’esprit et m’empêche de m’endormir pendant trente bonne minutes, avant d’enfin pouvoir tomber dans les bras de Morphée : où est Alduin ? -
Post n°29
Auteur : Azel Kyone'eC’est quoi ça ? Un animal savant ? Je rêve ! Le voilà qui nous fait sa petite démonstration de « monsieur-je-sais-tout » avec la trogne très satisfaite de celui qui ne doute de rien. Ben voyons ! Je lève les yeux au ciel – c’est pas l’envie d’en faire plus qui me manque. T’as de la chance que je sois plutôt d’bonne humeur, la crevette, parce qui ça tenait qu’à moi, t’irais faire tes idioties dehors. D’ailleurs, pas besoin d’attendre la pause déjeuner pour ça : papy s’en charge à ma place. C’est avec une bonne petite pointe de sadisme à grand peine dissimulée que je vois mon très cher camarade se faire gentiment rembarrer. Eh ouais, p'tite grenouille, chez moi ça s’appelle un échec. T’inquiète, c’est pas mortel – enfin, dans le cas présent.
Je me contente de suivre la troupe, faisant preuve d'une inhabituelle docilité, toute absorbée par l'étrangeté du décors. Je ne m'attendais pas à ça, à vrai dire. Ok, la cantine et les salles d'entrainement, j'aurais gagné gros si j'avais parié dessus, mais la bibliothèque ? Pfiou, eh, j'en avais pour plusieurs heures avant d'avoir fini mon inspection de gamine émerveillée. Peut-être que mettre un peu de bordel... Mmm, pas le temps d'y réfléchir, je récupère in extremis l'un des data que le sergent me fourre dans les pattes. Je jette un coup d’œil sceptique à la référence de l'ouvrage : "Mille et unes recettes de plantes des milieux arides". Coup d’œil atterré. T'es sérieux, mec ? Avoue, celle-là tu l'as gardée juste pour moi.
Je prends l'holobouquin avec une moue évocatrice, quand soudain un autre m'arrive dans la figure. "Traité de géopolitique spatiale de la Bordure Extérieure." Ouais, bon, les recettes c'était pas si mal... Pépé se met à nous les balancer façon blaster automatique et il faut le suivre dans les rayons au pas de course. "Tracés de carte d'astronavigation pour les nuls, tome 1", "Historique des traités et décrets séparatistes", "Catalogue des transports terrestres séparatistes à l'attention des troupes", "Organigrammes et Hiérarchies", "Manuel de Stratégie Militaire premier niveau - tactiques de terrains et manœuvres", "Traité de sociologie..." J'arrête de lire les titres, ça me donne mal au crâne. Je me contente d'attraper les machins au vol et les entassent devant moi comme un droïde. Bientôt, la pile dans mes bras dépasse le haut de mon crâne et j'envisage sérieusement de m'en servir pour faire quelques flexions discrétos.
" C'est une blague... Une semaine pour avaler tout ça ?! Même en trois mois on en aura pas fait un tiers !"
Ma voix est à moitié étouffée par le monceau de plaquettes devant mon nez, mais mon air furieux ne trompe personne. Le seul texte que j'ai jamais lu c'était "les chants de Keldabe" et j'ai eu plus d'un an pour le faire ! Non, faut pas délirer, je vais quand même pas m'encarrer quarante-cinq de ces horreurs ! En toute franchise, si j'arrive à finir la préface du premier, ce sera une grande victoire. Allez, à la dixième page, je me paye un coup ! Le reste, ça calera le lit et l'armoire. J'ai déjà repéré qu'elle était bancale du côté droit.
Je me fais pas prier pour laisser choir le paquet dans l'un des sacs et le charge sur mon épaule, sans cesser de jurer en Mando'a à voix basse. "Billy" moufte pas - je suppose qu'il s'en fiche, vu que la lecture a l'air d'être son rayon. Tant mieux pour lui, chacun son truc, hein. J'lui filerai volontiers la sociopolitotrucbidule pour aller tâter des mannequins d'entraînement et du mur d'escalade. Avec un plaisir non feint ! Division des taches, ça marche aussi dans l'armée, j'espère ?
On ne se perd pas longtemps en salutations inutiles, et la suite de la visite s'annonce déjà d'un ennui terrifiant. Terrifiant, c'est le mot. Un Rancor, pour être honnête, même enragé, eh bah ça rivalisera jamais avec un cours de sociot... breeeeeeeeef. Moi, je vois ça, je te fais une volte-face comme t'en a jamais vu. J'pense que même avec un vaisseau j'y arriverai, pour une fois ! Cette fascinante réflexion faite, on se retrouve dans une salle un peu à l'écart de l'agitation, où un vieux binoclard semble s'être retranché pour potasser sa sieste avec grande minutie.
" Ravi de vous revoir, professeur. Laissez moi vous présenter Azel Kyone'e et Billy, les deux recrues dont je vous avais parlées hier. Azel, Billy, voici le professeur Lucy M'arten dont je vous avais déjà parlé. "
Tiens donc. Déjà parlé ? On est déjà célèbre, dans le coin ? C'est bon à savoir. Tout compte fait, je me doute que la piétaille doit pas se bousculer au portillon pour assister aux cours de... jesaisplusquoi. L'autre énergumène me semble tout droit sorti d'un vieil holofilm dont j'ai oublié le nom. Il nous dévisage comme si on venait de lui apporter un paquet cadeau avec écrit "Bon anniversaire" dessus...
" Aaaah, oui, oui Un plaisir de faire votre connaissance à tous les deux, j'espère que ce cher major ne vous a pas trop maltraité ! Hohohoh, détendez vous voyons, on n'est pas à l'armée ici ! "
Mes lèvres se tordent une seconde, m'empêchant d'exploser de rire. La tête du Major vaut son pesant de crédit. J'sais pas si la blalgue était volontaire, mais je dois admettre qu'elle a fait mouche. Okay, donc je peux aller me chercher une binouze et des crackers ? Sans rancune ? C'est une question de survie, je pense. J'exécute une courte parodie de salut aruetii avec un sourire en coin. " 'Lut prof. " Au Sarlacc les patronymes bizarres.
Il paraît si content de nous voir que je finis par trouver ça suspect. Personne est jamais content de me voir - sauf Fen et Dason, peut-être, et encore. Je mets ça sur le compte du fait qu'on a pas encore fait connaissance, tous les deux. Monsieur Lunettes hérite donc de nos deux faces déconfites, pour le meilleur, mais surtout pour le pire - même s'il l'ignore pour une minute encore. Billy se prend une chaise et moi une autre, veillant à mettre un petit espace vital entre lui et moi. C'est pas parce qu'on va devoir se supporter que j'ai l'intention de le coller serré comme une danseuse Twi'lek en mal de plaquettes dorées. Plutôt retourner manger du sable.
" Avant de commencer, le major m'a demandé de vous dispenser quelques petits cours sur ce qu'est vraiment la C.S.I. Je ne suis pas un expert en la matière, aussi je vais vous passer la vidéo de présentation qu'ils font eux mêmes. C'est bien suffisant, pas vrai ? "
Une vidéo de présentation ? Mes yeux s'arrondissent alors qu'il nous quitte pour lancer le fichier. Genre, ils ont fait une vidéo de présentation ? Oh punaise. OH PUNAISE ! J'le sens vraiment pas. Je me redresse sur le dossier de ma chaise, bras croisés et mine renfrognée.
" Pince-moi, ch'uis en plein délire... "
Mais non 'tsel, tu rêves pas ! Et à en croire la mine ravie du professeur, faut pas compter sur une panne technique pour nous sauver la mise. Une silhouette apparaît : un de ces modèles de droïde que j'avais aperçu à plusieurs reprises à Toskrew. Au bout de cinq minutes, mon coude se cale en équerre sur la table et sert d'appui à mon menton. Mes yeux roulent dans leurs orbites, ma voix grinçante et pâteuse siffle quelques jurons inaudibles, avant de partir en monologue rageur contre cette fichue vidéo et ce droïde à la noix dont le babillage ressemble à une oraison funèbre.
" Oh, osi'kyr... Y aurait pas un Acklay qui trainerait dans l'coin, par hasard ? Non parce que là, j'vais pas survivre. C'est trop dur... Achevez-moi rapidement, par pitié. "
Avec une grimace qui déforme mes cicatrices, ma tête disparaît entre mes bras repliés devant moi. En quelques minutes, un discret ronflement témoigne de mon profond intérêt pour l'exposé. Trou noir, le vide. Mais bon sang que ça fait du bien de plus entendre cette voix artificielle qui me donne des envies de meurtre ! A côté de ça, je me retrouve à gambader dans la neige aux côtés de vieilles connaissances. Le fil de cette balade ridicule s'arrête brusquement quand je fais la rencontre d'un chasseur de Wampa à la peau bleue qui me parle d'une poubelle à redécorer avec des peaux de Dosh. Bizarre, ce rêve.
" Rejoignez les nations du futur !/ Rejoignez la CSI ! "
Un jinggle tonitruant me fait sursauter. D'instinct, j'ai poussé ma chaise en retrait, droite comme un i contre le dossier. Nan, j'dormais pas ! PAS DU TOUT ! Eh, c'est pas comme si la marque du pli de ma manche sur ma joue droite me trahissait, pas vrai ? Pff. De toute façon, j'ai comme l'impression que Prof m'a pas calculée. Tant mieux.
" Bien ! Si vous avez compris quelque chose à tout ce charabia, le major sera content de vous. "
Ahah ! Bon, ben, raté. Game over encore une fois. Ayons l'air occupée.
" Je vais vous expliquer plus en détail les bases de la psychologie, pour que vous puissiez à l'avenir détecter des signes comportementaux devant vos heum...Cibles et collègues ! Nous n'avons qu'une semaine, et il y a beaucoup d'espèces dans cette galaxie. "
Le semblant de sourire que j'étais parvenue à me composer se délite. Encore ce mot ! J'ai juste envie de fuir, de me barrer de cet asile de dingues. Je songe au sac de data qui m'attend. Je me souviens de ce que le major a dit et, d'un discret coup d’œil sur ma droite, j'analyse la réaction de mon binôme. Le temps que je me recentre sur lui, je comprends que son discours m'a totalement échappé.
" Vous, jeune femme ? "
Il me sert un sourire. Encore un ! J'me rend compte à quel point j'aime pas quand on me sourit. Mais je peux difficilement lui aplatir mon poing dans la figure. Sans compter que ça ferait mauvais genre. Je hausse un sourcil.
"M... euh... "
Mon regard doit certainement traduire quelque chose de profondément... perplexe. Ou débile, peut-être bien.
" Ouais ? "
Un petit carnet de papier glisse sur la surface du bureau jusque sous mes pattes. Je lui adresse un regard méfiant. Puis je regarde à nouveau Prof. Je veux pas te vexer, vieux, t'as l'air d'un bon bougre, mais, vraiment... T'as pas tiré le bon numéro là.
" Euh... C'est une sorte de test ? Je dois écrire des trucs ? Faire des dessins ? "
Ma voix rauque doit lui ôter son dernier espoir de me considérer comme un élément féminin. Le sourire de Prof se fendille. Voilà, là tu commences à comprendre ! C'est bien, c'est toujours ça de pris : au moins, on pourra difficilement tomber plus bas, hein ?
" Mmm...pas vraiment. Voyons, je vais tâcher d'expliquer ça autrement... "
Au moins, il est tenace le type, j'peux pas lui en vouloir.
La toquante accrochée au mur claironne, notre chaperon se présente à nouveau à la porte. En fin d'compte, l'exercice est pas aussi déprimant que je ne l'aurais cru. En gros, faut essayer de deviner ce que le type d'en face a dans la caboche sans avoir à lui faire chanter mâtine, juste en le regardant bien. Assez marrant ! Prof a le chic pour ne pas baisser les bras. C'est assez rare de voir des vieux civils comme ça, qui s'accrochent pour essayer de motiver un Bantha dans mon genre. De là à apprécier ses cours, y a un monde, mais bon. C'est pas pire que le reste.
Bref, je suppose qu'on aura l'occasion d'y regoûter. En attendant, un autre jeu super nous attend. Cette fois, c'est dans la catégorie simulateur ultra-haute-technologie que ça boxe ! Attention les yeux, pchit ! Je lance un coup d'oeil intéressé aux câblages et aux carlingues rutilantes, mais l'instructeur n'apprécie pas vraiment mon intérêt déplacé pour ce que je suis pas sensé regarder.
" C'est à l'intérieur que ça se passe ! "
Eh, on pourrait dire ça de pas mal de choses, hein ! Ouais, ok, la blague prend pas. Quelle bande de pisse-froid, dans ce bled... Dé-pri-mant.
L'appareil en lui-même est une vraie tuerie ! Le genre de chose hyper sophistiquée - pour pas grand chose, mais chut. Le casque sur la figure, on en prend plein les mirettes, c'est bien cool. Mais après, pour la performance, eh bah... Eh bah voilà. Après ma troisième tentative de décollage raté, le responsable s'énerve, me demande comment je fais pour être aussi bourrine sur les commandes des gaz. Il finit par croire que je le fais exprès : ce qui n'est pas tout à fait faux. C'pas ma faute : la sensation du décollage est juste trop bien.
Eeeet... Midi ! Ah ! Désolé m'sieur dame, pause syndicale, on vous recontactera après la page de pub ! Direction gamelle.
Quitte à choisir un endroit pépère pour ruminer en silence, le réfectoire est pas si mal. En fait, le brouhaha y est tel qu'on peut espérer ne rien entendre. J'envoie mon plateau glisser au devant de l'un des places libres à l'écart de la foule, près d'une fenêtre. Billy se cale face à moi, comme si la chose faisait déjà partie d'une vieille habitude. De toute façon, vu le contenu de nos creusets, il est évident qu'on ne s'attardera pas toute la journée dessus.
" Alors les nouveaux ? Déjà crevés ? Ce serait dommage et assez nul. "
Effectivement, c'était trop beau pour durer. Je vois un énorme bahut rouge et cornu se planter à côté de moi alors que je m'souviens pas lui en avoir donné l'autorisation. A sa suite, une belle brochette de petits mignons qui déjà se croient autorisés à nous casser les pieds, et les oreilles par la même occasion. Mes prunelles pivotent vers lui, alors que tout le reste de mon corps continue son bonhomme de chemin comme si j'avais pas entendu. Nouvelle bouchée. Bon, la purée est pas inoubliable, mais a au moins le mérite de me remplir la panse et de m'occuper l'esprit.
" Bah alors ? T'as perdu ta langue ? "
C'est instantané : j'ai le sang qui déclenche mon hyperdrive personnel. Mes doigts se serrent sur la fourchette, jusqu'à ce que le métal ploie sous la pression. Mes yeux enregistrent ceux de Billy. La scène me paraît beaucoup trop longue : en général, ce genre de chose ne prend même pas une seconde. J'ai ma fourchette dans la main droite, prête à fuser direct sur la main gauche de cette petite fiente de chauve-faucon. Ou dans sa cuisse, dans son cou, dans ses parties, entre ses yeux, n'importe où ça pourra le faire gueuler comme un Ugnaught en rut. Fais pas ça, me disent ces deux yeux, là en face. Fais pas ça... J't'en ficherais de... Bordel de Hutt ! Allez, pense un peu à ce qu'aurait fait Eyan dans cette situation, 'tsel. Il aurait été plus malin que ça... Mais j'ai pas envie d'être maline, j'ai juste envie de lui faire bouffer ses lekkus avec sa sauce moutarde. L'alien jauge mon regard. Histoire de bien s'imprégner de toute la menace qu'il contient, jusqu'à prendre tout à fait conscience qu'il ne s'agit pas d'une simple menace mais d'une envie tenace. Jusqu'à mesurer que la seule chose qui retient mon geste in extremis est la dénégation discrète de mon camarade de chambrée. Bien sûr, l'autre abruti s'empresse d’interpréter notre silence comme une victoire.
" La brute et le cerveau, hein ? Peut-être qu’à deux vous pourrez faire un soldat complet, à défaut de laver les chiottes ! "
La fourchette qui aurait pu clouer le Twi'lek à la table termine son trajet sans incidence et le restant de purée est englouti. Je prends mon temps pour mâcher ce qui n'a pas besoin de l'être, puis déclare d'une voix glaciale :
" Peut-être qu’à dix vous parviendrez à faire la moitié d’un individu lambda, qui sait. "
Je te l'avais dit, à force de me prendre pour une quiche, tu vas te prendre des tartes. Tant qu'elles sont verbales, je risque pas grand chose. Je vais peut-être finir par apprendre quelque chose de mon séjour ici, hein. La retenue, qui sait... Non, faut pas rêver. Tes dents peuvent dire merci à Billy the Kid. Ouais, elle est nulle. J'assume.
Après une ultime provocation, les paumés de la galaxie se lèvent et retournent à leurs occupations.
" La prochaine fois, y en a un qui va se manger le mur en plus du dessert." Je grogne pour moi-même en ramassant mon plateau. Je sais que la crevette a entendu. Je sais aussi qu'il désapprouve. Mais s'il est parfaitement honnête, je sais qu'il pense la même chose que moi. C'est pas demain la veille qu'on bizutera un Mando'a dans un self, par les caleçons de l'Invincible ! Plutôt aller repriser des bures de Jedi sur Tython !
" Bon, c'est quoi la suite du programme ? "
Les couverts font un boucan de tous les Nexus en tombant dans le vide-couvert automatique.
Je sais pas si je dois me féliciter de pas suivre le "cursus standard pour soldat de base" ou au contraire, sentir venir les ennuis à quatre kilomètres à la ronde. J'me tâte. D'un autre côté, je suis certainement pas la plus à plaindre. J'en vois qui passent, rouges et trempés de sueur après leur séance d'exercice. Perso, j'ai surtout hâte de mettre les data au placard pour faire jouer mes muscles, qui prennent un peu trop leurs aises depuis quelques temps. Je sautille sur place, pressée de découvrir les nouveaux jeux que tonton canon nous a concocté. Faut dire, on a pas été déçu question bizarreries, jusque-là.
Sauf que l'atmosphère perd quelques degrés quand le visage de notre superviseur du soir apparaît face à nous.
" Ah c’est pas trop tôt ! Vous avez deux minutes et trente-trois secondes de retard ! "
Tu sais que tu m'avais manqué, toi... Voici donc le fameux " sergent Sveinfield" comme nous le rappelle notre guide. Génial, un nom pareil, je l'aurais oublié dans trois minutes ! C'est parfait !
Lui et papy fusil se connaissent, discutent l'air de rien de nos cas personnels alors que je détaille l'endroit où nous avons atterri. La salle est immense, éclairée par d'énormes spots néons, bordée par des passerelles qui serpentent vers les niveaux supérieur. Le centre est occupé par ce qui ressemble à un terrain d'athlétisme couvert, dont la surface brille à la lumière. L'endroit respire la propreté, malgré les litres de sueur qui doivent y être régulièrement versé. J'dirais même que le fond de l'air a un parfum de javel.
La tranquilité est de très courte durée. Dès que le major a tourné les talons, le rapace nous fond dessus avec délectation. On a droit à un petit rappel des règles - comme si on avait déjà envisagé de les enfreindre avant même de commencer. Oui bon, c'est p'tet mon cas, mais pour le coup c'est Billy qui prend la première salve alors qu'il a rien demandé à personne.
" Taille, soldat ! "
Taille ? Je tique. Qu'est-ce que ça peut bien lui faire, qu'il fasse trois mètre ou cinquante centimètres ?
" Un mètre soixante-dix-huit, mons…
- J’ai rien entendu recrue ! Plus fort !
- Un mètre soixante-dix-huit !
-Un mètre soixante-dix-huit ! Jamais vu une tapette aussi haute que ça ! "
D'ordinaire, j'aurais juste explosé de rire. Là, j'ai seulement la rage. Pas que je commence à me prendre pour la maternelle de la crevette, mais voir des types se croire tout permis avec des jeunes comme ça, c'est trop. Je suis pas une âme de pure bonté. Je suis pas une trainée pour autant, y a des choses que j'accepte pas. Point barre, à la ligne, retour chariot.
" Peut-être parce que c'en est pas une. J'ai entendu dire qu'il y avait une taille maximale, non ? "
Ma voix gronde comme celle d'un animal prêt à mordre. La réaction du sergent ne se fait pas attendre.
" On vous a sonné, l'égratignée ? PAS QUE JE SACHE. Règle numéro un dans l'armée : ON SE LA BOUCLE. "
Il s'imagine impressionnant avec ses postillons ? La belle affaire. T'es juste pitoyable, mec. Ou alors tu le fais exprès, mais l'un dans l'autre, tu me donnes juste envie de plier bagage. Je le toise sans vergogne, immobile au garde-à-vous.
" Quand on a une gueule comme la vôtre, on évite de fanfaronner. Ici, le mérite se gagne pas au nombre de points de suture ! Ici, c'est la DISCIPLINE et le RESPECT DE L’AUTORITÉ qui prime ! Pas la taille de votre four ni celle de votre ego ! "
Dents serrées, j'encaisse ses piques, concentrée sur les raisons qui m'ont fait venir ici, concentrée sur le sang froid du type qui fait à peine la moitié de ma carrure. Si lui pète pas un câble, je dois pas le faire. Mais c'est dur. Trop dur.
" On les connaît, les zouaves de votre genre ! Toujours à l'ouvrir bien grand et bien fort ! Mais ici, on est pas sur Mandalore ! On a pas de trophée à décerner pour celui qui a la plus grande gueule ! Alors un p'tit conseil : rentrez dans le rang, où votre armure vous servira à récurer la fausse sceptique du camp ! "
Je le tue d'un seul regard. Dans, je me vois déjà lui foncer dessus et l'étrangler à mains nues pour avoir oser proférer pareilles insultes. Mes poings se serrent peu à peu, jusqu'à ce que mes ongles pourtant ras me déchirent les paumes. J'ai juste envie de l'étrangler. Je reçois un léger coup de coude qui me fait dévier de mon envie meurtrière. Le temps que je refocalise mon attention sur le type, il s'est déplacé.
" On verra bien si vous faites autant la maline dans cinq minutes. "
Il revient vers Billy, puis s'exclame comme si on était tous sourds :
" Je vais vous mettre au pas, soldats ! Vous dresser, vous apprendre la discipline ! Je vais vous sortir de la connerie dans laquelle vous vous trouvez actuellement et faire de vous des durs ! Des agents de terrain ! Le glorieux bras armé de la CSI ! Maintenant, POSITION POMPES ! "
Autant d'assurance dans un si petit volume, c'est juste dingue. Me dresser ? Toi, t'as rien compris à la vie, mon gars. On dresse pas un Mandalorien, on l'apprivoise pas. On peut juste lui mettre une muselière pour éviter de se faire mordre... Et t'as de la chance que j'en ai une. Je vais pas me mettre en l'air pour un petit...
" C’est quoi cette position, crevette !? Ton dos ! Plus vigoureux ! Faire pousser tes bras ! Allez ! Un ! Deux ! Trois ! Quatre ! Cinq ! Six ! La gonzesse, plus bas, tes bras ! Sept ! Huit ! Neuf ! Dix ! Onze ! Douze ! Treize ! Quatorze ! Allez ! Si l’un de vous deux abandonne, il en fait le double ! Vous êtes prévenu ! Et ça tient pour toute la semaine que je passerai avec vous ! Quinze ! Seize ! Dix-sept ! Dix-huit ! Dix-Neuf ! Vingt ! Repos ! "
Mes paumes touchent le sol froid, le contact avec la surface dure me fait un drôle d'effet. C'est comme prendre une douche glacée après avoir attrapé la fièvre... J'ai les idées plus claires, mais j'sais pas si c'est très bon signe. Les pompes, c'est mon rayon. Pas d'entourloupe, pour une fois, je suis en terrain connu, on me la fera pas. Je connais toutes les ruses. Pas aller trop lentement, tu te fais repérer. Mais jamais en faire plus que ce qui est demandé : les petits chefs se croient toujours autorisés à t'en faire baver quatre fois plus juste pour avoir le plaisir de te briser. Même pas dans le plus doux de tes rêves, face de Sleen. Alors qu'il fait demi-tour devant moi pour gueuler sur Billy, je me soulève une dernière fois et lui décoche un joli doigt-d'honneur dans le dos. Pas très glorieux mais... pfiouuuu, ça calme les nerfs ! Je ricane toute seule de ma défiance lâche et puérile, juste le temps de m'entendre dire qu'il faut recommencer. Tant et si bien qu'au bout d'une paire de cycle, mes muscles commencent à se poser des question. Moi, je m'en pose aussi quand le sergent nous revient avec... de l'eau. Je lui lance un regard torve sans un mot.
Billy prend une gorgée et me tend la gourde. Je la refuse.
"Non merci, j'lui ferais pas ce plaisir. "
Je sais très bien que le risque est énorme. Si je m'étale dans les vapes, j'aurais pas l'air fine. Mais toute cette colère doit sortir, et si je peux ni casser l'enseignant, ni le matos, il va bien falloir que je me casse le cul. Eh ouais. Allez, c'est parti pour une petite séance de craché de poumons ! J'avais même pas remarqué à quel point les miens étaient encrassés, à force de respirer les atmosphères saturées en pollution des mondes Hutt. Le décrassage se fait pas sans douleur, mais j'avoue qu'il était nécessaire. Sergent Némar en profite pour faire son petit sadique de service, histoire de bien faire comprendre qu'ici, on est juste des sous-êtres, des moins que rien qui ont de la chance qu'on les ait pas déjà liquidé. Ben voyons ! J'te conseille de jamais me tourner le dos, la demi-portion. On sait jamais ce qui pourrait me passer par le crâne...
Les heures passent, et Billy me tend pour la deuxième fois la bouteille d'eau. Comme une sorte de réflexe, ou alors quelque chose qui ressemble vaguement à de la pitié, je sais pas. Ce type est indéchiffrable. Cette fois, je suis coincée : j'ai plus suffisamment de flotte dans le corps pour encaisser encore une heure de saute-mouton sur les barres métalliques. A contrecœur, je lui arrache l'eau et je vide le flacon. Elle est tiède, a un arrière-goût de chlore, mais c'est de la flotte.
Et la flotte, c'est comme le carburant : si t'en a plus, t'es mal ! Pour le coup, je dois admettre que mon endurance en a pris un coup dans l'aile. En même temps, c'est pas avec mes dernières années de misère que j'allais à nouveau briller sur le champ de bataille. On va dire que c'est rarement agréable quand la fierté se ramasse. Mais quand sonne la dernière heure - allez, la racaille, on se magne de finir, j’interprète ça comme "on va bientôt fermer" - j'ai atteint un tel niveau de fatigue que plus rien n'a d'importance. J'ai juste l'impression d'être torchée ! Les points noirs dansent devant mes yeux, mais je me sens étrangement légère. J'ai l'impression d'être l'une de ces créatures mythologiques, qui renaissent de leurs cendres. Depuis combien d'années j'étais pas allée aussi loin ? Franchement, je sais plus. C'est dingue comme ça fait du bien ! Pour le coup, je suis presque prête à basculer dans la bonne humeur ! Allez... eh. En fait non.
" C'est fini pour aujourd'hui, le duo de comique ! C'était pas trop pitoyable, mais z'avez intérêt à faire mieux la prochaine fois ! "
" Oui chef ! Bien chef ! " Je m'exclame d'un ton beaucoup trop enjoué. Le sergent me regarde à son tour, puis lève les yeux au ciel d'un air consterné.
" Vous êtes une drôle, Kyone'e, hein ? Vous inquiétez pas, j'en ai maté des plus drôles que vous. Et pas plus tard qu'hier. "
Mes zygomatiques remontent avec tout le sarcasme dont je suis capable. Eh les mecs, attention, déclaration de guerre ! Préparez vos blasters ! Je sens que la semaine va être drôle. Punaise, j'me marre d'avance !
La nuit tombe. Dans l'environnement à l'éclairage artificiel des salles d'entraînement, la différence ne se fait pas sentir, et il faut attendre la sonnerie du camp pour savoir qu'il est temps de regagner nos pénates. On retrouve le dortoir - j'dois l'avouer, non sans un certain plaisir - et je me prépare à la ruée vers les douches.
Le Twi'lek qui m'emmerdait à midi, je le reconnais. En même temps, des Twi'ek, y en a pas trente-six dans le tas, et sa balafre est bien visible. J'hésite à le coincer pour lui faire regretter sa bêtise, mais la porte devant moi s'ouvre et je m'empresse de prendre la cabine de libre avant qu'un autre me la pique. Serviette, ok,
Je me retourne pour fermer la porte, et là : surprise. L'empêcheur de se laver en rond bloque le -
Post n°29
Auteur : Azel Kyone'ebattant.
" HEY, j'peux savoir ce que tu fabriques ? Tu t'es perdu ? C'est OCCUPE. "
Il me sourit, prend la pause, goguenard, une main sur le bord de la porte, l'autre sur la hanche, comme ces mannequins des revues coruscanti. Non mais vraiment, y a des tartes qui se perdent...
" Ah ? Mince, désolé, j'avais pas vu ! Mais toutes les autres sont occupées... J'me suis dit qu'une nana de ta trempe voudrait peut-être partager... Y a de la place pour deux, non ? En se serrant un peu... "
Les mecs. Du moment qu'ils sont pas trop mal fichus, ils s'imaginent qu'on est intéressée. Va falloir te réveiller, le minou. Je montre les dents et je lui fonce dessus. Je m'arrête à un centimètre de son nez et je l'attrape par la ceinture. Quand il sent ses pieds décoller du sol, il tente de battre en retraite. Un poiiil trop tard.
" La seule chose qui va se serrer ici, c'est ton fessier, si tu tiens à ressortir de là en espérant pouvoir un jour procréer ! "
Déséquilibré, il manque de partir en arrière et de s'étaler sur le carrelage. Sa tentative a au moins la vertu de désamorcer ma colère par le rire. Il fait juste pitié...
" Dégage.
-Ok ! Ok ! On se calme ! C'était pour rire...! "
Pour rire ? On doit pas avoir le même sens de l'humour, alors. Je lui balance la porte dans la figure et retourne à ma serviette.
Quand je ressors, propre et sèche, je ne peux m'empêcher de vérifier les portes d'à côté. Plus personne. Dommage, je lui aurais bien savonné la bouche moi-même, à l’autre empaffé. Ce sera pour une autre fois. J'adresse un regard furieux au groupe qui nous précède dans la chambre et regagne mon lit sans un mot. Débarrassée de la sueur de la journée, je retrouve avec joie mes affaires dans le placard : tout y est, c’est Phrik-Cortose. Je jette un oeil au jet-pack d'Eyan, entreposé sagement tout en bas. Je sais pas si j’pourrais m’en resservir un de ces quatre, mais en attendant, il me sert de souvenir. Comme une écharde gardée sous la peau, et qui vous rappelle que vous avez failli y passer, à chaque fois que vous appuyez dessus.
Mouais. Quart d’heure philo face à la fenêtre, histoire d’attendre le sommeil qui vient pas.
A peine couchés, déjà levés. Et le cirque recommence. J'ai l'impression d'avoir appuyé sur la touche "marche arrière". La seule différence, c'est que cette fois, aucun de nous ne se fait avoir. J'ai enfilé mon maillot de course la veille. Ce qui me permet de bondir du lit dès la sonnerie, et de précéder tous les gugus sur le terrain. Je retrouve sergent grande-gueule avec le plaisir de celui qui vient de marcher dans de la bouse de Bantha. On échange les amabilités d’usage, le revigorant « bande de Wampas castrés » qui répondent à un « oui chef » chaleureux. Que du bonheur ! Ce type a dû oublier le sens du mot respect dans le ventre de sa mère, je pense. Normal qu’il l’ait pas retrouvé depuis, donc. Bref. Au moins, il fait son boulot, et plutôt bien. En quelques jours, je me sens revivre ! Je crache toujours du feu à la fin de nos tours de sprint dans le désert, mais au moins, je progresse. Billy tient la route. Je me demande s’il va finir la semaine tous les soirs, mais non : le lendemain, il est là. Je commence à m’y faire, à sa tronche de mini-sarlacc. Je peux toujours pas le blairer, mais bon, je crois qu’il en a pas vraiment conscience. Ou qu’il s’en fiche, c’qui est pas plus mal !
Quelques jours, c’est pas assez pour parler de routine. Pourtant, dès le quatrième, on a tous compris que le rythme ne changerait pas. On peut pas parler de vrai plaisir, ni même de résignation : je suis toujours bien décidée à reprendre ma vie en main dès que l’opportunité se représentera. Néanmoins, c’est devenu une sorte… d’accoutumance. Ici, au moins, je suis chez les militaires. A faire ce que j’aime faire le plus, faute de mieux : courir, frapper, sauter, manier du lourd, etc. Pour le reste, je subis de mauvaise grâce. C’est franchement pas bon pour mon humeur, et les rares fois où je l’ouvre, c’est pour grogner comme un Gundark dérangé dans sa sieste. Mais ils y comprennent rien : c’est ma façon de dire bonjour, quoi ! De toute manière, si je te détestais vraiment, l'asticot, je t’adresserais même pas la parole ! Ou alors à travers un canon de blaster. Quant aux piles de documents, j'estime plus que remarquable ma performance de soirée, qui est d'une page et demi en trois heures ! Vraiment pas mal. Plus que dix ans et j'aurais tout fini ! Encore un peu et tu vas finir intello, ma pauvre 'tsel. Ils sont dingues, à la CSI !
Genosis, son désert, sa petite base au milieu de nulle part, ses soldats stupides et ses gradés tordus. Tout un monde ! Là, au moins, je m’amuse un minimum. Hein, si on fait le total, c’est toujours bien mieux que la tôle. Là, j’ai Billy pour les commentaires débiles, sergent-rage pour les prises de bec, Prof pour les prises de tête, et… et papy fusil. Ouais, alors lui par contre, j’ai toujours pas trouvé dans quelle case le ranger. Je cherche encore.
Hm, c’est déjà l’heure ? A TABLE ! -
Post n°30
Auteur : AnsiktSommeil. Réveil. Routine.
Une impression de déjà-vu me prend alors que la sirène hurle. Les autres autour de moi s’agitent comme un essaim, répètent les mêmes actions, comme si une pensée unique les animait. Même la mandalorienne les imite à moitié, ayant préparé ses affaires la veille. Je m’habille, je les suis sans conviction. Cette fois, Azel n’est pas en queue de peloton avec moi. Sveinfeld beugle. Le rang se forme et se met à courir.
Retour une heure plus tard. Je suis fatigué et déshydraté, mais ai l’impression d’avoir mieux tenu le coup que la veille. Logique, je m’habitue au traitement de la part du militaire. Nous allons ensuite voir le professeur M’Arten, nous suivons son apprentissage. Ca a le mérite d’être plus intéressant que de courir sans but. Après le cours, nous allons suivre la formation sur le pilotage de vaisseaux, puis nous suivons les autres soldats pour aller manger. Puis nous allons au gymnase avec le sergent pour suivre son entraînement.
Suivre. Toujours suivre. Tout est réglé, paramétré, prévu. Comme dans une grande partition. Comme dans une colonie géonosienne. Chacun sait ce qu’il doit faire, chacun fait ce qu’il doit faire. Pas d’initiative visible de la part des soldats. Chacun est plus ou moins content dans son rôle, et chacun l’interprète avec plus ou moins de ferveur. Le plus réaliste des théâtres. Et j’en fais également parti maintenant, apparemment. Mais est-ce que j’ai le choix ?
Oui, évidemment que j’ai eu le choix,et que je l’ai toujours. Si je l’avais voulu, j’aurais pu choisir la prison. Si je le voulais, je pourrais frapper un supérieur. Si je le voulais, je pourrais m’enfuir une nuit dans le désert géonosien, avec un minimum de vivres. Mais un cas comme dans l’autre, je ne donnerais pas cher de ma peau. Actuellement, mon envie de survivre surpasse mon envie de liberté. Alors je me résigne. Pour l’instant. Dès que je peux, je reprends mon indépendance. Ou alors, si je reste chez les séparatistes, ce sera pour une offre à mon avantage. Il faudra que je demande à la mandalorienne ce qu’elle compte faire, tiens...
Le soir arrive. J’étudie les hololivres que le major nous a assigné. Je vais prendre une douche, puis le repas. Je continue d’étudier. J’attends le couvre-feu. Je m’endors. Je me réveille le lendemain. Et le cycle recommence. Si l’entraînement physique ne me fatiguait pas, ne me faisait pas transpirer, ne me faisait pas mal, j’aurais l’impression d’être piégé dans un mauvais rêve, un cycle sans fin.
Ou alors je me fais des idées ? Après tout, le deuxième jour n’était pas la copie conforme du premier. Premier exemple : la bande de la veille n’était pas revenue au déjeuner. Ensuite, le cours du professeur M’arten s’était cette fois concentré sur les proche-humains. Enfin, Sveinfeld avait légèrement changé son entraînement pour se focaliser sur les muscles du haut du corps. M’enfin, le schéma reste globalement semblable…
Sommeil. Réveil. Routine.
Troisième jour. Quatrième. Cinquième. Sixième. Les journées se suivent sans grand changement de mon côté. Je ne fais pas preuve de zèle, mais ne rechigne pas vraiment aux exercices. D’un côté, c’est une façon pour eux d’asseoir leur autorité sur les recrues. De l’autre, je me dis que ça faisait longtemps que mon corps n’avait pas reçu de sérieux entraînement, et mes performances s’améliorent doucement. Les enseignements du professeur M’Arten restent intéressants et apportent de nouvelles notions à chaque cours, ce qui est un plus en soi.
Mes relations avec ma camarade n’ont pas vraiment évolué depuis le premier jour. Elle n’a pas l’air de m’apprécier, mais bon, je ne vais pas en faire tout un plat. D’après mon expérience avec les mandaloriens, ils sont souvent têtus, guerriers, et jugent sur la valeur au combat. En plus de détester tout ce qui se rapproche de la Force. Je ne vais pas changer sa vision de moi en suivant un bête entraînement à ses côtés. Alors je fais avec. Le relationnel viendra plus tard. Au moins elle n’a écharpé personne, pour l’instant.
Le soir du sixième jour démarre comme les autres. Après le repas, étude des hololivres. J’ai l’impression d’avoir plutôt bien avancé sur mon volume de documents. J’étudie donc en détail les arcanes du système républicain. Le couvre-feu arrive, mais je ne trouve pas le sommeil. Je tourne dans mon lit, lorsqu’un imprévu arrive. J’aperçois la bande de “bizuteurs” se lever, menée par le Zabrak qui tient une… chaussette ? Sur la défensive, je me lève de façon à ce que mon lit se trouve entre nous deux.
- Alors la crevette ? On a les foies ?
Je ne réagis pas. Pas un mot, pas une expression faciale. J’étudie la situation. Ils peuvent m’encercler sans aucun problème. Et reculer ne ferait que retarder l’inévitable. Il va y avoir confrontation.
-Pas de réponse, hein ? Et bien, puisque tu n’y vois pas d’inconvénient, tu vas gentiment nous suivre et faire tout ce qu’on te dit. On va rattraper le temps perdu depuis ton insolence à.... "
Sans prévenir, je soulève violemment le matelas, puis donne un coup de pied dedans. C’est trop faible pour vraiment les blesser, mais assez puissant pour les gêner. J’attrape au sol mon deuxième oreiller et le lance sur eux alors qu’ils se débarrassent de mon matelas et cherchent à avancer. Ils l’esquivent sans difficulté, mais… ce dernier va atterrir sur le visage d’Azel, encore dans son lit.
- Et bien… Je crois que vous allez passer un mauvais moment... je leur dis, bas, un léger sourire aux lèvres. -
Post n°31
Auteur : Azel Kyone'eRéveil ! TARI-TARA, branle-bas d'combat mes poulets ! On perd pas d'temps à savoir où on a bien pu flanquer son cerveau la veille et on se met en rang comme de gentils oignons prêts à être frits. Pas la peine de nous indiquer le chemin, on commence à le connaître. Faut dire, même si les dunes et les falaises se ressemblent toutes, celles qui bordent la base finissent par devenir familières.
Mon regard va se perdre au-delà du verre poussiéreux de la fenêtre : ça fait combien de temps qu'on est ici ? Au final, certainement pas bien plus d'une petite semaine. J'ai l'impression qu'c'est une éternité. Sans surprise, Billy s'avère autrement plus habile aux exercices de Prof que moi. Je sais pas, il a une drôle tournure d'esprit. Je sais pas comment le dire, mais pour le peu que je connais de la galaxie, j'ai jamais rencontré quelqu'un comme lui auparavant. Pourtant, j'en ai croisé, des petits fiérots forts en thème. Mais celui-là est d'un genre particulier. Il n'aime pas parler, alors qu'en général ces types-là sont des turboréacteurs à parole. Je m'en plains pas, je suis pas la locacité incarnée. Pour ma part, je suis pas mécontente de notre entrainement martial. J'ai l'impression d'être une bête qu'on a laissé enfermée dans une cage depuis des lustres, et qui peut enfin se libérer et en mettre plein la face à ses geôliers. Je me déchaîne avec un plaisir dingue sur les mannequins de combat, jusqu'à ce que pépère rabat-joie me gueule que je suis ici pour frapper juste, et pas démolir l'équipement. La précision, justement. Y a encore du progrès à faire, mais on pourra pas me reprocher de pas m'appliquer. Le tir, j'm'en sors pas trop mal -toujours mieux qu'en géopolitique en tout cas. Quelle prise de tête, ce truc ! Pouah, je pense que je me porterai mieux quand j'aurais enfin arrêté de me casser les miches à y comprendre quelque chose. Tu m'étonnes que la galaxie soit à feu et à sang. Avec des systèmes aussi migrainogène, pas étonnant que tout le monde préfère se taper dessus. C'est simple, efficace, et ça évite d'avoir à se poser ce genre de questions stupides...
Et ce tas de data qui ne diminue jamais ! Non, c'est peine perdue, j'aurais jamais plié ces foutus doc', même avec un délais supplémentaire. Y a quelques années, je les aurais même pas touché. Là, j'ai quand même fait l'effort d'en lire un ou deux. Ouais, bon, juste les préfaces, histoire de me rendre compte à quel point j'en ai rien à cirer. J'ai pas été déçue. C'est incroyable le genre de choses que les être vivants peuvent inventer pour perdre leur temps. Mais bon, on viendra me dire que c'est parce que j'y pige rien et que j'ai le QI d'un Dewback. C'est peut-être pas faux, chacun ses préoccupations, j'ai envie de dire. J'ai jamais eu la prétention d'être érudite, qu'on soit bien clair. Donc, j'assume.
La CSI possède un joli petit arsenal à même de plaire à tout Mando'a qui se respecte, et c'est plutôt plaisant de savoir que si un trouble-fête se ramène, on a de quoi en faire un puzzle sans bouger de nos sièges. Le seul truc qui me gêne, là-dedans, c'est que pépé et sa clique d'uniformes décorés nous prennent toujours à part, nous font faire tout un tas de choses bizarres - j't'en veux pas Prof, mais t'es quand même bien chelou sur les bords - sans jamais nous donner le fin mot de l'histoire. J'ai de plus en plus l'impression qu'on nous cache des choses, et ça me plaît pas des masses. J'suis quelqu'un de franc du collier, les cachoteries et les rumeurs, ça me casse les bonbons très vite - même si je suis une nana, de base. Alors entre deux cours, entre deux tours de parcours d'obstacles, à la cantoche ou à la douche, je commence à cogiter. Et c'est jamais très bon, une Azel qui cogite. On peut jamais trop prévoir le résultat.
Le soir venu, quand on nous donne la permission de regagner nos pénates, j'ai la tête ailleurs. Si bien qu'il me faut attendre un certain niveau sonore à quelques pas de mon pieu pour que mon cerveau se câble de nouveau sur la fréquence "y a du grabuge". Et c'est Billy qui prend. Le Billy, le vrai Billy, celui qui partage ma pitance et ma routine depuis que notre fine équipe s'est évanouie dans le désert. Au final, il est toujours là, plus gringalet que jamais, mais en bonne forme et toujours prêt à s'attirer des ennuis.
" Alors la crevette ? On a les foies ? "
La crevette ? Eh, attends, y en a qu'une seule ici ! C'est moi qui l'ai surnommé comme ça ! Y a un copyright sur le nom, là. Je lève le nez du data, pour voir le zabrak et ses suiveurs qui encadrent mon infortuné partenaire de galère. Son lit est de l'autre côté de l'allée, pas très loin du mien. Je replonge dans mon histoire de trajectoire d'astéroïdes. Billy a beau être une crevette, je l'ai déjà vu mettre un mannequin parterre, pas plus tard que cette après-midi. Alors les engagés pleins de testostérone, je le pense largement capable de les remoucher. Sauf que l'abruti de service a pas l'air de comprendre. Il en rajoute, et moi, ça m'énerve. Tout m'énerve. Tout le temps. C'est le côté épicantix qui parle, je crois. Faudrait peut-être que le côté humain apprenne à se manifester un peu plus, qui sait ?
" Pas de réponse, hein ? Et bien, puisque tu n’y vois pas d’inconvénient, tu vas gentiment nous suivre et faire tout ce qu’on te dit. On va rattraper le temps perdu depuis ton insolence à... "
ZBLAM.
C'était quoi ça ?! Je secoue la tête et mon regard tombe sur... un oreiller. Genre, je rêve ou bien le mec vient de me balancer son oreiller dans la figure ?! Non mais... C'est du sérieux ? Je crois bien que ma tête les renseigne sur la suite de l'épisode.
Oh punaise. J'vais m'le faire... J'VAIS M'LE FAIRE !
Je ramasse le coussin d'un geste vif et je me lève. Je lui expédie son oreiller en retour express par voie aérienne de toute ma force, en lui gueulant avec une bonne humeur transcendante :
" LE PREMIER QUI A UN PROBLÈME PERSONNEL AVEC LE KID, IL PEUT V'NIR M'EN PARLER. ON EST OUVERT AUX DISCUSSIONS ! "
Pour qui qu'il se prend, lui ? C'est pas parce que Billy possède la masse musculaire d'un Gizka qu'il faut s'croire permis de le baffer. C'est moi qui baffe. Et clairement, il a des tartes qui se perdent, mais pas pour celui qu'on croit ! Le cornu n'apprécie pas d'être dérangé dans son petit manège d'intimidation - raté, mais bon, pas la peine d'en rajouter, il s'en doute déjà.
" Hey ! On t'a pas sonné bordel ! C'est entre la crevette et moi, ok ?! "
Je lui flanque SON coussin dans la tronche avec une bonne dose de rogne, le faisant reculer sous le coup. En fait, heureusement qu'il y est, le coussin.
" C'est MA crevette. Tu y touches, j'te refais le portrait. C'est pas négociable. "
Je jette un rapide regard à Billy. Je le soupçonne de pas s'être défendu pour le plaisir de mon voir sortir de mes gonds. C'est pas comme s'il commençait pas à me connaître, hein. Les types se retranchent derrière leurs lits et se mettent à répliquer. Les oreillers volent. Un sourire me tord le nez, et je lui lance, tout en usant du matelas comme d'un bouclier :
" Allez, Bil', à couvert ! On va les leur faire bouffer, par le derrière s'il le faut ! "
Je bondis derrière le lit de Billy et ramasse les coussins, un dans chaque main. En quelque minutes, le dortoir est un champ de bataille où les soldats bondissent de lit en lit. Je suis pas mécontente de notre score : Billy et moi, on arrive à peu près à se comprendre. Il me couvre, et je saute sur le premier qui passe. Ma mauvaise humeur s’atténue un peu, remplacée par une adrénaline bienvenue. Ah, la folie des atunda soir, au fond des dortoirs geonosiens ! Je finis par acculer l'un des gars d'en face contre sa tête de lit et je lui saute dessus coussin brandi.
" A L'ATTAQUE !!! "
C'est ce moment que choisit l'un des surveillants CSI pour apparaître dans l'encadrement de la porte. Sa tête vaut son pesant de crédits : je pense qu'il en aurait pas eu une autre s'il avait vu un Dragon Krayt dormir dans l'allée centrale. Dès l'instant où il se pointe, tout le monde se fige, donnant un petit air "tableau de maître" à notre chambrée de gros bras occupés à se taper dessus à coup de traversins. Ok, ben, c'était bien sympa, mais je crois qu'il va être l'heure d'y aller... -
Post n°32
Auteur : Tericarax[hrp: Suite ici ]