Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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Star Wars RPG

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Des premiers pas difficiles

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    Le ChroniqueurL Hors-ligne
    Le Chroniqueur
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    #20

    Post n°20
    Auteur : Azel Kyone'e


    On peut pas dire que notre situation soit très brillante. Mais bon. Chaque chose en son temps, on est en un seul morceau, c'est déjà pas mal quand on voit le bazar là dehors. Je jette un regard rapide aux deux des lascars qui restent avec moi : ils sont intacts, ou presque. Donc pas la peine d'épiloguer sur ce qui vient de se passer, on doit se mettre en route. Vers où ? Mais je t'en pose des questions ?! J'en sais rien et je m'en fiche. Faut dégager la place. On verra bien après.

    Je vérifie l'état des sangles, le contenu de mes poches, et c'est parti. D'abord, doucement pépette, parce que le fond de l'entaille est pas bésef large. Je manque de rester coincée, avec mon attirail. La suite est plus qu’exiguë. C'est une succession ininterrompue de dénivelés glissants, de roches saillantes et de boyaux distordus. On y voit tellement que-dalle que je suis obligée de sortir mes lunettes de vision nocturne. J'aurais pas pensé à devoir les utiliser en plein jour, celles-là.

    On descends en silence, laissant le vent derrière nous. Je commence à douter de trouver un fond à cette brèche. Où va-t-on bien pouvoir déboucher ? Certainement à des parsecs de notre but initial. Gé-nial. Quant à recevoir un foutu signal sur un pad à trente kilomètre sous terre, faut pas rêver. Seuls au monde, comme des grands. C'est quand on débouche enfin sur une grotte que je comprends qu'on est dans la mélasse jusqu'au nombril : du bruit en face. Genre, tu croyais être seul pénard dans le pire trou paumé de la pire planète paumée de la galaxie, au beau milieu d'une tempête... Eeeh bah c'est raté pépère ! Rendez-vous dans une autre vie : celle-là est plutôt mal barrée. Devant moi, le Kid s'est arrêté comme si on avait appuyé sur le bouton off. C'est mauvais signe. Courbée en deux, je pose une main sur un rocher, les lunettes tenues devant les yeux de l'autre pour voir la tronche de l'origine de ce bruit dantesque. Et je n'ai pas à attendre plus d'une poignée de secondes avant qu'une silhouette énorme déboule dans notre champ de vision.

    Un Acklay. La bestiole de l'arène ! Bordel de Hutt, il est si près que je peux voir les stries autour de ses mâchoires... Je ne bouge plus d'un millimètre, fascinée par cette machine à tuer. Si ce truc te chope un bras, il te prend le reste avec, pour sûr ! Je revois encore le gladiateur de ce matin. Je me souviens de la vélocité dont l'Acklay fait preuve : rien à voir avec l'allure de mastodonte pataud qu'il laisse paraître. Même si le corniaud a l'air d'avoir déjà bien pris cher pour son âge... Un vrai challenge : j'ai déjà le sang qui bout dans les vaisseaux. Avant de me rendre compte que j'ai rien qui pourrait faire office d'arme sur moi. Hm. Quoique : le jet pourrait bien se transformer en lance-flamme si besoin. Je m'assure une bonne prise sur la manette des gaz, au cas où. Je reste à ma place : on s'imprègne du terrain. Trop débile de tomber dans un trou parce qu'on regarde pas où on met les pieds. Je pourrais facilement rejoindre l'autre côté de la grotte, mais ça signifierait lâcher mes joyeux potes et nous faire repérer dans l'instant. J'ai du mal à me dire que c'est une mauvaise chose, sauf que je me souviens des consignes. Au moins ça. L'autre vieux veut qu'on s'en sorte tous, donc planter le groupe au milieu d'un nid de prédateur, c'est pas la meilleure chose à faire pour remplir la mission.

    " Je vais descendre le rejoindre, il faut absolument vérifier s’il y a des petits. Et si c’est le cas, on en verra d’autre. "

    La Kaleesh a l'air de savoir ce qu'elle fait. Perso, je m'y connais pas en Acklay. Autant laisser mesurer les autres. Si le gros machin décide qu'il a un creux, je suis mieux placée ici pour le prendre à revers. Des trois, je suis certainement la moins furtive. Faut bien le reconnaître quoi. Les passages incognito, c'est pas ce que je sais faire de mieux. Je suis plus utile en mode "diversion".

    " Il y a des petits ! On doit partir vite ! "

    Ben voyons... Un seul, c'était bien sûr pas suffisant. Tiens, et si on piquait un petiot ? On pourrait peut-être l'élever et s'en faire un beau char d'assaut... Non, 'tsel, c'est une très mauvaise idée. Oublie-la. Dommage... Et on part par où ? Impossible de faire demi-tour. Il faut avancer. Je tourne la tête de tous côtés. Si seulement j'avais un radar en état de marche. Là, c'est système D et rien que ça. Allez, 'tsel, s'il te reste quelques neurones, c'est le moment de les mettre à cuire. La réussite est pas assurée. Pour faire simple, en général mes plans incluent toujours quelque chose de foireux. Quant à savoir quoi, là, c'est la surprise du chef. Je sais que la voie empruntée par la Kaleesh mène droit dans le piège. J'arrive plus à localiser l'autre oiseau. Calcul grosso modo : je vais essayer droit devant. Au moins ça, je suis sûre de savoir faire.

    Mais au moment où je tente ma chance, la bestiole revient sur ses pas et grogne : pas idiot le machin, il a certainement d'autres sens que ses yeux pour chercher sa pitance dans le noir ! Je serre les dents, furieuse. Si j'avais un bon flingue, je lui en aurais certainement collé une entre les deux derniers, d'yeux. Même si au fond, j'ai rien contre lui - je suis même carrément d'accord pour laisser les bestioles proliférer tranquille, ça fait toujours de la bonne chasse... - là, il m'embête plus qu'autre chose. Je perds du temps, donc, ma patience. Je recule et me plaque de nouveau contre le mur. On se fixe, un temps qui me paraît incroyablement long. J'ai même le temps d'envisager une centaine de solutions toutes plus bêtes les unes que les autres avant que l'animal ne se détourne. Faut dire que l'odeur du métal chaud, ça doit pas être super attirant pour lui. Plutôt cool pour moi. En revanche, s'il me voit bouger, il risque de comprendre certaines choses. Dooonc, pas de bêtise, on se souvient des consignes de pépé fusil et on avance gentiment. Une fois l'Acklay repartit dans l'autre sens, je bondit au milieu de la grotte, roule sur moi-même pour venir me jeter derrière un amas de stalagmites, le plus loin possible du trou contenant les rejetons de Madame/Monsieur/cochez la mention inutile. Le bruit a pas dû passer inaperçu, sauf que le temps que le monstre revienne sur ses pas, je suis déjà à une bonne dizaine de mètres. Au mieux, ça laisse le temps à mon acolyte reptilienne et l'associé de trouver une sortie... Je me détourne de l'Acklay qui tourne en rond pour explorer à mon tour mon coin de grotte.

    Cul-de-sac. J'étouffe un juron. J'ai pas le choix : si l'Acklay se pointe, je suis coincée. Si les coordonnées X et Y sont une impasse, reste que le Z. On grimpe ! Je m'accroche aux pointes de roche qui parsèment la paroi en espérant qu'elles ne cèdent pas sous mon poids. Je parcours ainsi, à la verticale, un chemin qui me paraît dix fois plus long qu'il ne l'aurait été à pieds. Je passe au-dessus de l'animal, de telle sorte que je m'aperçois que je ne respire plus depuis deux bonnes minutes quand je redescends de l'autre côté, près du tunnel où les deux autres parviennent laborieusement. Allez, plus que quelques mètres... Mon pied droit fait craquer tout un pan du plafond, et je me sens partir, attirée par cette foutue gravité de mes deux. Activer le jet à une hauteur de moins de cinq mètres, c'est impossible. Autant déployer un parachute. Je chois de toute ma masse au beau milieu du passage. L'atterrissage me laisse un arrière goût métallique des plus désagréables : j'ai beau avoir les articulations rodées, j'en prends pour mon grade, une fois n'est pas coutume. Le souffle coupé, je redresse la tête : rien de cassé, mais plus à découvert, tu meurs. Le temps que je reprenne mes esprits, l'autre s'est rendu compte qu'il n'était plus seul dans sa maisonnette. Coucou, salut, moi c'est Azel, et toi ? Casse-croûte ? Naan, j'crois pas.

    " Oups. "

    C'était quoi, déjà ? Ah ouais, une formation militaire. Tu parles d'un merdier... Un hurlement retentit dans mon dos et je détale au quart de tour. Je dépasse mes deux coéquipiers en trombe tout en leur lançant :

    "CHAAAAUD DERRIÈRE !"

    ... en guise de salut. C'est parti pour un petit sprint des familles !


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      Le ChroniqueurL Hors-ligne
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      #21

      Post n°21
      Auteur : Super PNJ


      Major Jane Fawchester



      Après dix minutes, l'intensité de la tempête avait diminuée. Sous la lumière grésillante d'un néon à peine fonctionnel, le major surveillait les données de son datapad: la vitesse des vents n'était plus qu'à 75 km/h. Ayant trouvé refuge dans une cave aménagée à la base de la tour de garde, il avait patienté tranquillement, inspectant son équipement alors que les bourrasques démentielles faisaient grincer l'acier et la pierre au-dessus de lui, surveillant l'évolution des conditions climatiques. À présent, il était prêt à sortir. Il avait troqué ses médailles et son uniforme richement décoré contre une tenue bien plus pragmatique, et était actuellement en train de tapoter sur son datapad militaire : il avait accès aux transmissions sur la base d'entraînement et l'une d'elles avait retenu son attention.
      S'il n'avait pas lu ce message, il serait resté tranquillement dans son abri, et aurait repris la surveillance des recrues. Mais le fait était, elles avaient besoin d'être plus soigneusement encadrées.
      Sur la base de cette unique communication, ce message intercepté par hasard, il avait décidé qu'il devait agir à son tour. Ayant fini sa petite procédure, il rangea son précieux appareil, et réfléchit pendant quelques secondes.

      Peut-être que Jane s'était trompé sur le compte des novices. Peut-être n'étaient-ils que ça, finalement ? Des débutants qui jouaient aux durs ? La bande ne devait pas en mener large à présent, perdus dans un environnement hostile, avec des indications éparses et un équipement sommaire. Le séparatiste allait falloir réparer son erreur, en bonne et due forme. Fort heureusement, il n'était pas trop tard – loin de là. Jane enfila un masque respiratoire, qu'il enclencha avec un « pssshh » vaporeux. L'air artificiel produit était plus frais que celui de la cave où il était, ses poumons mirent quelques secondes à s'habituer. Après avoir testé différents rythmes de respiration – lents puis saccadés, satisfait de son équipement toujours fonctionnel, il enfila une paire de lunettes hermétiques ; une petite diode lumineuse s'alluma sur le verre droit. De la mallette, il sortit un épais sac de tissus blanc : c'est là qu'il mit toutes ses affaires, avant de passer ledit sac en bandoulière. Pour finir, il passa un manteau plus habitué au climat désertique : l'habit était lui couleur sable – pour des raisons de camouflage - confectionné dans un tissus épais et ample, à la façon de ces peuples du désert sur Tatooine ; c'était un vêtement fait pour protéger chaque parcelle de peau sous des couches et des couches de tissus, tant pour garder son porteur des ravages d'une tempête que pour le protéger du mortel Soleil. Le terme de manteau était très réducteur ; il descendait jusqu'aux chevilles à la façon d'une robe, dissimulait les bras à la façon d'un pancho, et des épaisseurs au niveau de la nuque donnaient l'impression d'une écharpe, tandis qu'une capuche venait perfectionner la protection contre les éléments.

      Ne restait de tout son équipement qu'une chose qu'il n'avait pas encore rangée ou enfilée : un long fusil noir à lunette. Son baril étiré ne laissait aucun doute sur sa classification : c'était un sniper. Le major Fawchester ajusta sa capuche, puis prit sa fidèle arme. Avec de la chance, il n'en aurait pas besoin. Après avoir bien contrôlé qu'il n'avait pas oublié de matériel derrière lui, il avança vers une volée de marches, qui menait à une trappe : la sortie de la cave. Il éteignit le vieux néon, qui claqua sous le choc, puis poussa la trappe, se jetant vers les vents et les sables furieux.


      ***

      Guidé par son datapad, Jane avait traversé la tempête, traquant les datapad de ses recrues. Le signal était faible, mais c'était du matériel militaire, étudié pour se rire des éléments. Il fallait juste savoir s'en servir. Ainsi, il s'était enfoncé dans un dédale de tunnels naturels, des boyaux creusés par des millénaires d'intempéries – et sans doute aussi une ancienne rivière souterraine. La petite loupiote sur le côté des lunettes de Fawchester l'aidait à progresser dans ce dédale, car le sol était hautement irrégulier ; des virages en épingle succédaient à des trous soudains, parfois un faux plat était suivi d'une brusque pente – et la pierre était humide, glissante, couverte d'une mousse puante. Il se baissa sur cette pestilence, la tâta de ses gants. La substance était épaisse, une sorte de liquide morveux et verdâtre. Il plissa les yeux. C'était caractéristique d'un prédateur qui sévissait depuis quelques années maintenant – grâce aux arènes qui l'avaient exporté ici – dans le désert géonosien : l'Acklay.

      Et si les recrues avaient été dévorées par l'Acklay ? Il se remit en marche, son sniper en mains, alerte. Ses yeux furetaient partout, chaque trou noir dans le mur, chaque bosse sur le sol, chaque stalactite au plafond, tout semblait suspect à ses yeux experts, rien n'était omis car chaque ombre pouvait être médisante, traîtresse, mortelle. Soudain, des bruits de pas ! Il se figea. Devant lui, à l'autre bout du tunnel, un trio courait dans sa direction. Trois humanoïdes, dont en tête une armure mandalorienne. Derrière eux venait un monstrueux insectoïde, qui commençait à les rattraper. L'Acklay. Le major inspira, se mit en position pour tirer. Il mit en joue le prédateur, puis retint son souffle. Il ne pouvait pas tirer immédiatement : la mandalorienne lui gâchait l'angle. Il stabilisa son souffle patient. La créature n'était que quelques mètres derrière eux ! Il se fixa sur l'armure qui courait dans sa direction. Trois mètres...Deux mètres...Un mètre...Elle passa à côté de lui. Sans hésiter, il pressa alors la gâchette.
      Un bang sonore ; le tir frappa le prédateur en pleine tête. Avec un cri douloureux, la bête perdit l'équilibre. Le major rechargea. Clac clac fit le fusil, alors que la cartouche usagée tombait au sol avec un cliquetis cristallin. Il fit un pas pour s'approcher de l'Acklay agonisante, agitée de convulsions, battant futilement l'air de ses pattes mortelles.
      Lentement, presque cérémonieusement, il posa le canon de son arme contre la tempe sanguinolente de l'infortunée créature. C'était une fin injuste...Mais c'était comme ça. Boom. Le tir fit sauter la tête démesurée comme une affreuse pastèque.

      Il se tourna alors vers ses recrues, qui s'étaient immobilisées quelques mètres plus loin. Il ôta la capuche de son visage, ainsi que ses lunettes et son masque respiratoire – ultimes précautions pour la tempête de sable. Son regard était neutre. Il n'affectait aucune déception, mais n'était guère plus satisfait :


      - J'ai intercepté une communication qui devrait vous intéresser. Le reste de votre équipe a été capturé par une patrouille de l'armée bleue – l'un des deux camps qui combat sur ce terrain.


      Il laissa quelques secondes aux novices, pour qu'ils impriment l'information.


      - Vous avez échoué à rester groupés, et en raison de cela, la moitié de votre équipe a été capturée. L'endroit où se trouvent les prisonniers est un camp militaire hautement gardé, où fourmillent les troupes. L'armée qui garde le camp traitera les prisonniers comme les intrus qu'ils sont, et va chercher à en extraire un maximum d'information, particulièrement sur la raison de leur présence. En d'autres termes, votre couverture dans la zone est compromise. D'ici ce soir grand maximum, des patrouilles seront à votre recherche – car vous pourriez être des espions de l'armée adverse.


      Il les regarda tour à tour.

      - Première leçon : vous êtes une équipe, une équipe agit ensemble et ne se sépare pas en territoire ennemi. La survie de l'équipe, c'est la survie de l'individu.


      Quelques secondes à nouveau, où il s'abstint de dire quoi que ce soit pour que ses paroles s'imprègnent bien dans l'esprit des séparatistes en devenir.

      - Vos petits camarades seront formés par l'armée bleue : ils resteront dans leur geôle pour un temps, puis on leur inculquera convenablement toutes les notions qu'il leur sera bon de savoir – pour ne plus être capturés à l'avenir, ou ne rien dire s'ils venaient à être attrapés quoi qu'il en soit. Vous resterez avec moi pour une formule plus...Classique. La tempête est bientôt terminée. Lorsqu'elle sera terminée, nous remonterons à l'endroit où la navette vous avait laissés. Vous aurez droit à une douche, des vêtements propres, le reste de la journée pour vous reposer, et même à un repas ce soir. Et demain, nous entamerons l'entraînement. La formule sera simple – académique : le matin, vous entamerez par de la course à pied au réveil, pour vous tonifier. Le reste de la matinée sera dédié à l'étude, où vous seront enseignées les valeurs séparatistes, et les informations que vous auriez pu manquer, géopolitique, armements séparatistes, procédures d'intervention...L'après-midi sera dédiée aux exercices physiques et à la manipulation des armes. Garde-à-vous recrues ! Un brillant futur vous attend.



      Spoiler

      J'annonce ici le reste de votre formation pour une raison simple: ceci peut (à votre convenance et selon vos préférences) se faire toujours en "bullet time" comme actuellement, ou passer en narration longue et/ou ellipsée.


      Teri.
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      • Le ChroniqueurL Hors-ligne
        Le ChroniqueurL Hors-ligne
        Le Chroniqueur
        a écrit sur dernière édition par
        #22

        Post n°22
        Auteur : Ansikt

        Nota bene : ne plus jamais prendre de travail illégal sur une planète séparatiste.

        Je suis la Kaleesh avec un pas allongé, rapide. L'humaine est derrière nous et essaye également d'échapper à la tonne de muscle qui nous poursuit avec envie. Le tunnel s'assombrit progressivement. Au bout de quelques secondes, des yeux normaux ne peuvent plus rien y voir. Inconsciemment, les miens se changent. Ils se font plus félins. Une fente se dessine alors que la pupille se jaunit. Je recouvre une vision en noir et blanc, mais je peux au moins voir ce qui se trouve devant moi.
        Nous avons de la chance : aucun virage à l'horizon. Le tunnel semble s'étendre indéfiniment. Un tournant aurait été fatal, mais nous ne sommes pas tirés d'affaire pour autant. Le monstre derrière nous gagne lentement du terrain. Notre seule chance serait de le confronter, mais comment ? Aucun de nous ne possède d'arme à distance, et il serait suicidaire d'aller au contact de la bête.

        Dans mon tourbillon de pensées, je ne remarque qu'au dernier moment une forme humanoïde devant nous. Impossible de la reconnaître, et elle armée d'un long fusil. Un sniper ? Allié ou ennemi ? Il va falloir faire sans cette information. Il porte son arme à l'épaule et vise. Il semble concentré. Je continue ma course jusqu'à entendre une détonation proche. Surpris, le bruit m'assourdit légèrement. Je m'arrête et regarde derrière moi, essayant de masser mes tympans un peu endoloris. L'Acklay est à terre et l'inconnu s'apprête à lui porter le coup fatal. Une deuxième détonation. La monstre ne bouge plus. L'inconnu se retourne et revient vers nous.

        Ce dernier enlève une partie de son équipement facial. Le Major. Que fait-il ici ? Enfin, je ne me plains pas. Il vient de nous éviter une mort douloureuse. Mais comment a-t-il su ? Les datapads ?
        Il finit par allumer une lampe torche pour que l'on puisse le voir. La lumière m'agresse la rétine. Je suis obligé de fermer les yeux et de me retourner quelques secondes pour changer de nouveau mes yeux. J'ai l'impression qu'ils sont en feu. Je me les frotte quelques instants, et reprend une position à peu près normale. J'espère n'avoir éveillé aucun soupçon.

        Le Major nous informa que l'autre partie de l'équipe avait été capturée. Merci la Kaleesh. Je tâcherai de m'en souvenir. Le militaire nous informe qu'ils ont été pris par une des deux armées, et que de ce fait des patrouilles vont se mettre à parcourir la zone pour voir s'il reste d'autres "indésirables". Logique.
        Il continue alors son sermon sur l’importance de l’esprit d’équipe. Il va continuer longtemps ? Je peux comprendre que c’est sa priorité en tant qu’instructeur, mais nous matraquer ça à chaque rencontre ? Pitié…

        Apparemment, le reste de “l’équipe” va être formée par une des deux armées qui se bat sur cette zone. Mais… Pourquoi ? J’ai loupé quelque chose ? Ils vont être conditionnés pour changer de camp, ou il y a un truc ? Le Major nous expose la suite de la journée et de notre “formation”. Des vêtements propres et une douche, quelle délicate attention. Je préférerais me barrer de cette planète, refaire une vie autre part, mais je doute avoir le choix pour l’instant. Je vais devoir me fondre dans la masse, pour l’instant…

        Nous suivons les instructions et demandes du militaire. Le voyage jusque la navette se déroule simplement. Nous reprenons à pied le même chemin que tout à l’heure. Tant de complications pour pas grand chose. Et un Acklay mort en plus. Son cadavre nourrira certainement ses petits, tiens. La navette arrive et nous emporte. Je m’installe le plus à l’écart possible et reste muet. Je réfléchis au potentiel incident avec mes yeux. J’espère ne pas avoir merdé. S’ils ont vu quelque chose, il faudra qu’ils gardent le silence, ou que je disparaisse plus tôt que prévu. Je ferai mieux de ne pas donner trop d’informations sur moi. Encore une fois. Ca fait combien de temps que je n’ai pas eu un logement sûr avec un entourage en qui j’ai confiance ? Depuis Avinash ? D’ailleurs, je n’ai pas revu Alduin depuis que je suis parti de l’arène… Je ne sais pas si je dois espérer qu’il ne me retrouve pas, pour être tranquille, ou espérer qu’il me retrouve, pour qu’il m’aide à me sortir de ce coin. J’espère également qu’il ne va pas faire un carnage et attirer l’attention… Mais il reste généralement discret. Je n’ai pas de soucis à me faire.

        La navette atterrit après un long moment. Nous sommes dépêchés en dehors du véhicule et guidés à travers le complexe. Baie d’atterrissage, champ de tir, armurerie, dortoirs… Les salles s’enchaînent. J’essaye de les retenir. Ça pourrait être utile, au moins le temps de mon séjour ici. Ou alors si jamais j’ai besoin de revenir ici sans y être invité.

        Le soir arrive. Nous sommes assignés dans un dortoir un peu à l’écart des autres militaires et recrues présentes dans la base. Nous prenons une douche chacun à notre tour, nous changeons, et partons manger. Le repas se passe… normalement. Enfin, je n’allais pas m’attendre à une révolte dans une base militaire. Cependant, les autres militaires et recrues portent des regards furtifs sur nous. Ils semblent surpris par notre présence. Ou alors est-ce du dédain ? Ou de la pitié ? Je ne cherche pas à démêler le vrai du faux et finis mon repas dans le calme. Je retourne ensuite dans notre dortoir et m’allonge sur mon lit, pensif. Dois-je garder une vie de fugitif, ou faire une carrière ici ? D’après le Major, ce serait possible… Mais est-il vraiment objectif ? Est-il vraiment honnête ? De plus, je ne me vois pas être soldat. Je suis plus doué pour l’infiltration. Mais le suis-je vraiment ? Ou est-ce que je me base beaucoup sur mes attributs raciaux ? Je m’endors finalement dans mes réflexions.

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          #23

          Post n°23
          Auteur : Azel Kyone'e

          Bon sang, 'tsel, cette fois, tu peux pas le nier, c'est toi qui nous a mis dans le pétrin. Je cours comme j'ai plus couru depuis bien des années. Punaise, c'est comme un retour en arrière. Dans les plaines de Keldabe et ses hordes de Malraas sauvages qui te donnent la chasse dès que t'a le malheur de te faire voir d'un peu trop près ! Sauf que c'est pas un Malraas qu'on a aux fesses, mais un machin de quatre mètre de haut, à six pattes dont deux se terminant par des pinces capables de couper un droïde en deux. Je cherche pas à me retourner, les cris stridents et les craquements de la roche suffisent à me persuader que Marcel n’a pas envie de plaisanter. Je préfère me concentrer sur ce qui vient devant : une suite continue d’obstacles naturels en pente de plus en plus raide. J’ai l’impression qu’on tourne en rond. Non, c’est pas qu’une impression : je reconnais l’embouchure par laquelle on est rentré ! Les grottes forment un circuit fermé ! Ah, punaise, c’est bien la première bonne nouvelle de la journée ! J’entends ma respiration en écho, comme les basses d'une vieille chanson pourave passant en boucle sur les ondes de Nar Shaddaa. J’dois bien l’avouer, ça me fait triper : enfin un peu d’action bordel de Hutt ! C’est pas trop tôt ! J’remercierai presque cette face de Rat Womp de m’avoir coffrée. Grâce à lui, j’ai l’impression que ma vie va enfin changer dans le bon sens de marche ! Bon, après , les sprints dans les grottes au sol glissant, c’est pas non plus mon meilleur trip, mais on fait avec c’qu’on a.

          Droit devant, les lunettes de vision nocturne m’indiquent la présence d’un individu planqué quelque part sur notre droite. L’Ackay déboule dans notre dos et je me dis que de toute manière, j’en ai pas grand-chose à faire… Après tout, que ce soit un ermite ou un animal, s’il a envie de se frotter à Marcel, c’est son problème, pas le mien ! Je le dépasse sans m’arrêter, ne pensant pour ne pas changer qu’à ma petite personne. Comment ça, égoïste ? J’te zute.

          ZPAM !

          Fusil à projectile, longue portée, moyen calibre. Je sais pas, c’est réflexe, et ça attire immédiatement mon attention. Je freine en un dérapage plus ou moins contrôlé, pour finalement me retourner et voir l’Acklay s’écrouler raide mort sous un deuxième tir. La vache, c’est pas un débutant, le reclus du désert ! Il sait viser, et pas qu’un peu. Une silhouette à l’allure humaine vient de sortir de derrière les rochers. Je reste figée, au fond de moi pas tout à fait persuadée qu’il va pas falloir l’abattre une troisième fois, le monstre. Mais non : on peut difficilement se relever avec le cervelas à l’air. Je reprends mon souffle, un peu abasourdie du dénouement de l’histoire… Quoi, c’est tout ? Pan et spaf, terminé ? Bid kathu'ya'yida. Pas terrible, comme fin. Comme si ce truc géant n'avait été qu'un pauvre petit Gizka de rien du tout.

          L’inconnu arrache ce qui lui cache le museau d’un geste sec. A la tête de mes comparses, je comprends que l'inconnu n'est pas si inconnu. J'ai comme une sorte de pressentiment pas très très enthousiasmant. Quoique... Quand je m’approche, je reconnais finalement le minois de pépé fusil. Il porte pas son surnom pour rien, eh ! Pewpew ! Dans les gencives, l’insecte géant ! Punaise, c’est dingue, j’ai presque honte de le dire mais l’espace d’une seconde, j’ai revu Eyan et son bon vieux DC-15A modifié. Bon, ça m’ôte pas la frustration grandissante qui me tord les tripes. Mais ça, j’y peux pas grand-chose : on vient vraiment de passer pour les derniers des novices devant not'manteau. Euh, notre mentor. Pas brillant brillant Je dirais même plus : carrément nullissime. Pour sûr qu'à Keldabe, je serais déjà la risée de toute la ville. Pas vrai...

          Je traine la savate pour rejoindre le groupe près de la carcasse encore fumante. Papy a pas l'air jouasse de nous revoir. Je sens qu'on va avoir droit à la bonne vieille remontée de bretelles du vieux corniauds "je vous l'avais bien dit, les petiots". Non ? Bah pourtant le parfum est un peu le même. Un p'tit silence, histoire de bien nous faire sentir que c'est pas normal qu'il soit ici, et on commence le tir au chauve-faucon.

          " J'ai intercepté une communication qui devrait vous intéresser. Le reste de votre équipe a été capturé par une patrouille de l'armée bleue – l'un des deux camps qui combat sur ce terrain. "

          Ah. Ah ! Eh ben, pas de chance. Try again.

          Quoi ? Comme si j'en avais quelque chose à faire, de cette brochette de plante-poignard dégoulinant d'amateurisme... J'vous rappelle que j'ai pas d'mander à venir ici, à l'origine. Mais ça, c'est un détail, hein. Sans rancune.

          " Vous avez échoué à rester groupés, et en raison de cela, la moitié de votre équipe a été capturée. L'endroit où se trouvent les prisonniers est un camp militaire hautement gardé, où fourmillent les troupes. L'armée qui garde le camp traitera les prisonniers comme les intrus qu'ils sont, et va chercher à en extraire un maximum d'information, particulièrement sur la raison de leur présence. En d'autres termes, votre couverture dans la zone est compromise. D'ici ce soir grand maximum, des patrouilles seront à votre recherche – car vous pourriez être des espions de l'armée adverse. "

          J'ai l'impression que je suis sensée tirer une leçon de ça. Sauf que je vois pas trop. Ok, les trois furios se sont fait pincer. Mais c'est pour ça qu'on est là, nan ? On va aller les chercher par la peau du fion… Non ? On est pas sensé mener des raids sur les camps militaires ? En regardant l'instructeur, j'ai l'impression que je prends mes désirs pour des réalités. Pire, que j'ai fumé quelques doses de bâton de la mort, alors que c'est franchement pas mon genre. Elles sont si blindés que ça, leurs bases ? Bah, pour ce que je connais de la CSI, en fait. Cool alors ! On va jouer dans la cours des grands !

          " Première leçon : vous êtes une équipe, une équipe agit ensemble et ne se sépare pas en territoire ennemi. La survie de l'équipe, c'est la survie de l'individu. "

          J'ai l'impression de me prendre une vilaine claque. Le genre de truc qui fait autrement plus mal à l'ego qu'à ta joue.

          " Vos petits camarades seront formés par l'armée bleue : ils resteront dans leur geôle pour un temps, puis on leur inculquera convenablement toutes les notions qu'il leur sera bon de savoir – pour ne plus être capturés à l'avenir, ou ne rien dire s'ils venaient à être attrapés quoi qu'il en soit. Vous resterez avec moi pour une formule plus...Classique. La tempête est bientôt terminée. Lorsqu'elle sera terminée, nous remonterons à l'endroit où la navette vous avait laissés. Vous aurez droit à une douche, des vêtements propres, le reste de la journée pour vous reposer, et même à un repas ce soir. Et demain, nous entamerons l'entraînement. La formule sera simple – académique : le matin, vous entamerez par de la course à pied au réveil, pour vous tonifier. Le reste de la matinée sera dédié à l'étude, où vous seront enseignées les valeurs séparatistes, et les informations que vous auriez pu manquer, géopolitique, armements séparatistes, procédures d'intervention...L'après-midi sera dédiée aux exercices physiques et à la manipulation des armes. "

          J'écoute pépé nous faire la morale, et ses paroles sonnent comme un « game over ». J'aime pas ça. Non, je déteste ça. J'ai l'impression qu'on me colle un flingue sur la tempe en me gueulant « t'es morte » d’un ton goguenard sans que je puisse rien faire. Je me sens bête. J'aime pas qu'on me rappelle que je suis pas maline, en réalité, ça m'énerverait plus tôt. Mais le pire, c'est que je comprends qu'il a raison. Et ça, ça me met la rage.

          Je dis rien, je reste immobile derrière ma visière. Seules mes épaules s'affaissent suffisamment pour témoigner de la déception qui est la mienne.


          " Garde-à-vous recrues ! Un brillant futur vous attend. "

          Garde à qui ? J'imite mes deux acolytes sans conviction. Mon salut doit plutôt ressembler à un vague "salut copain" exécuté en rigolant. Mais j'ai même pas envie d'en rire. J'hésite entre être furieuse ou complètement démotivée. Ce qui est sûr, c'est qu'on m'arrache pas un son de la bouche. Il a beau garder la face, faire le dur - j'suppose qu'on le paie bien pour ça - son regard trahit toute la lassitude qu'on lui inspire, alors qu'il nous a sur les bras depuis moins d'une journée.

          Je lui emboîte le pas en silence, et on se remet en route. Le bonhomme doit connaître le désert comme la poche arrière de son pantalon, j'imagine. Le trajet me donne encore davantage l'impression d'avoir fait tout ça pour... rien. C'est tellement frustrant ! J'ai envie d'insulter quelqu'un, de détruire quelque chose juste pour passer mes nerfs. Le seul type de la CSI qui nous drive dans le désert est déçu.

          Y a rien de pire que le regard déçu d'un aîné. Même un tir en pleine face m'aurait fait moins mal. J'me sens bête et humiliée. Mon regard se perd en arrière, vers le cadavre de l'Acklay, qui suinte encore de ses plaies. Si seulement j’avais eu un bon flingue… Ou même une bonne schlague, un truc contondant, un vibro-toutcequetuveux – enfin presque – j’te l’aurais transformé en yakitori, la bestiole ! Si j’avais su, je…

          Arrête avec les si j'avais su, Azel. C'est ce qu'aurait dit Eyan. Bien fait pour ta tronche, t'avais qu'à anticiper. La différence c'est qu'il se serait marré à la fin, il se serait pas contenté de nous fixer avec l'air de celui qui a tiré les mauvais numéros. Là, j’avais vraiment l’impression d’avoir passé la journée la plus pourave de ces cinq dernières années. Mais quoi, j’ai rien d’mandé ! On me flanque dans un désert en me demandant de me taper une bande de zouaves pas piqués des vers et on s’étonne que ça parte en cacahuète ! Ch’uis pas faite pour jouer les animatrices de camp de réinsertion pour aruetii désargentés, quoi !


          Je continue à ressasser les évènements, même quand le vaisseau revient se poser. Retour à la case départ. Génial... Tout ça parce qu'on est pas fichu d'être une équipe ? Désolée, j'peux pas faire équipe avec des mecs dont je sais rien, que je connais de nulle part, et qui m'inspire pas l'ombre d'une once de confiance. Juste pas possible. C'est comme demander à un Hutt d'effectuer un saut périlleux. Même s'il le voulait très fort, il pourrait pas.
          Affalée contre la paroi de la carlingue, les fesses sur le siège en métal, je m'amuse avec les sangles du jet. Même une blague sur les suffirait pas à me dérider. J'ai un énorme cumulonimbus au-dessus de la tête et les poings commencent à me démanger. Je suis pourtant obligée de prendre mon mal en patience. On nous affirme qu'on devrait pas tarder à atterrir.




          On nous débarque sur un terrain aussi desséché que tout le reste. Les rares installations qui dépassent ont un petit goût de papier craquelé et de soleil qui tape H24. Elles payent pas de mine vu de loin, mais lorsque nous les traversons au pas cadencé, je m'aperçois bien vite que c'est surtout pour pas se faire repérer. Derrière les trucs sans âge se cachent des bâtiments parmi ce qu'on fait de mieux en matière de high-tech. Plutôt classe. Je tourne la tête de tous les côtés et je détaille tout ce qui passe dans mon champ de vision comme une vraie gamine. Les quais d’atterrissages forment la partie extrême du lieu, tandis que de longs entrepôts bordent une allée principale où on nous dévisage bizarrement. Dommage que j'ai perdu ma langue en trajet, j'aurais bien dit deux mots sur la politesse à cette piétaille de mes deux. Mais Pépétoire ne nous laisse pas le temps de nous mesurer aux gardiens des lieux : direction les baraquements et que ça saute. Il nous y largue en réitérant ses instructions : vous suivez le rang, vous vous lavez et go miam miam. Vu que j'ai rien dans le siphon depuis la veille au soir, j'avoue que j'accueille la chose avec un enthousiasme certain !

          Le fameux "douche-repos-graille"promis par pépé arrive enfin. C'est mieux que tout ce à quoi j'm'étais attendu. Je dégage manu militari un garçonnet qui avait l'intention de passer à la douche le premier. Et quand il commence à beugler, je lui en colle une qui le persuade de prendre la cabine d'à côté. Pas si bête que ça, la douche : quand je vois la couleur de l'eau à la sortie, je me dis qu'il était temps de décrasser ma vieille carlingue. Bon, on passera sur le parfum patchouli-prune-pomme alderaane du distributeur automatique. Les logisticiens d'la CSI ont selon moi des goûts bizarres. Mais au moins, y a du savon ! J'en profite aussi pour bien casser les tympans à mes copains de lavage. Je pique ensuite l'une des brosses du local des droïdes attenant au dortoir pour désincruster le sable de mon armure. Et c'est pas une mince affaire : cette horreur s'est glissée absolument paaaartout. J'pense que j'ai dû m'en trimbaler au moins cinq bons kilos depuis la brèche. Des kilos qui se retrouvent un peu partout dans le dortoir et au pied de mon lit. Ah ! Le lit ! Ouais, genre, j'ai un pieu rien qu'à moi ! Mate-moi ça.

          Après des années de cantina-bouges-belle-étoile, j'arrive enfin à avoir un lit qui ressemble à quelque chose, sans être obligée de colloquer avec mes amies les punaises ! Le matelas a des airs de tôle forgée mais je m'en carre : les draps sont nickels et pas trop épais. Bon, bémol : c'est pas un studio privatif. Mais plutôt un grand dortoir où ton voisin a plein feu sur ta tronche la nuit. Tout pour me rappeler mes jeunes années, quoi. Moi qui pensait avoir laissé ça derrière moi... Je me déleste de mon bardas, et je m'en sers pour marquer allègrement mon territoire, constitué du dernier lit au fond à droite, dont la fenêtre donne sur ce qui ressemble à une placette - ou une cours d'honneur peut-être. La vitre blindée est propre, bien que poussiéreuse, et me permet de voir les manœuvres des petits soldats en faction. De quoi tromper un peu l'ennui avant qu'on nous sonne pour la soupe. Autant dire que quand sonne le gong, je constitue une armée à moi toute seule pour filer à la cantine, gamelle en main.

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            Post n°24
            Auteur : Super PNJ


            Major Jane Fawchester



            Jane se laissa tomber sur sa chaise qui grinça sous l'effort puis croisa les jambes, pensif. Il fit un va-et-vient, affalé contre son dossier. Il avait lâché les recrues dans leurs quartiers après une très sommaire visite, maintenant il allait devoir changer le programme. Il les avait surestimées peut-être en pensant qu'elles seraient capables de survivre dans le désert, il les croyait plus coriaces que ça mais peut-être...Non, ce n'était pas leur acharnement ou leurs capacités de survie qu'il avait mal estimés, c'était leur esprit de coopération. La tempête de sable, une situation de crise, avait été suffisante pour briser la fragile cohésion de leur groupe ; un constat éloquent.
            La question principale était maintenant de réussir à leur donner cet esprit d'équipe qui leur faisait pour l'instant défaut. Ils ne pouvaient pas faire cavalier seul éternellement, ceux qui faisaient ça mourraient bien vite dans les opérations, pour ne pas avoir suivi l'équipe : on les perdait de vue, on ne leur donnait pas les instructions, et on se retrouvait avec un disparu sur les bras. Il avait espéré qu'en les lâchant au milieu du désert avec un équipement restreint, ils auraient été obligés de coopérer, fonctionner ensemble. Malheureusement, ça n'avait pas été le cas. La tempête les avait divisés, et s'il n'était pas intervenu l'Acklay aurait eu raison de trois membres du groupe. De tout point de vue, c'était un échec.

            Le major regarda les papiers devant son bureau. En son absence, on avait déposé des piles de dossiers – majoritairement sous forme d'holopads empilés – dans un coin. Il avait encore des documents administratifs à remplir, on ne prenait pas sa journée sans conséquence dans la Confédération. Il abandonna pour instant le casse-tête de ces recrues pour se plonger dans les documents séparatistes. Budget des troupes sous son commandement, équipement, rapports de certains agents dans des mondes reculés – on avait mobilisé une équipe notamment à la bordure des régions inexplorées, à la recherche de potentiels alliés. Il avait sous les yeux essentiellement des rapports dont il devait vérifier la véracité. Chaque jour, l'organe du renseignement séparatiste récupérait des centaines, des milliers de rapports similaires. Des équipes qui rapportaient les changements d'allégeance d'un monde ou l'autre, qui tentaient d'en apprendre plus sur l'identité d'un chercheur qui mettait au point une prothèse révolutionnaire...On avait aussi la charge de former des « éclaireurs », pour parcourir l'immense galaxie à la recherche de nouveaux mondes. Jane faisait sa part du travail, mais il n'était fort heureusement pas le seul à trier et lire ces rapports : bien d'autres dans la CSI avaient cette tâche, et lui ne parcourait finalement qu'un nombre restreint de rapports, ceux qui concernaient ses propres troupes (compartimentation de l'information obligeait).
            Il se plongea dans toutes les informations qu'il devait traiter, et pour le reste de la soirée les recrues n'occupèrent plus ses pensées.


            ***

            Le lendemain aux aurores, on sonnait la trompette. Les premiers soldats se réveillaient sans peine, on sortait des baraquements et, bientôt, la mandalorienne et l'humain que Jane avait sous sa protection pour le moment ne tardèrent pas eux-aussi à venir, quoi que difficilement. L'heure était extrêmement matinale, les recrues face à lui étaient encore mal réveillées – le rythme était toujours difficile à prendre les premiers jours. Le major, lui, était toujours dans sa tenue impeccablement soignée, pleinement éveillé et alerte. Il fronça les sourcils. Il manquait la Kaleesh pour que ses recrues soient toutes présentes. Bah, peu importait.
            Le Soleil n'était pas encore levé, le ciel était gris. La fraîcheur de l'aube pointait le bout de son museau, alors que Jane prenait la parole, projetant un petit nuage blanc devant sa bouche. Derrière lui, les premiers soldats commençaient à s'échauffer, en tenues légères, se riant du froid.


            - Bonjour, soldats. Aujourd'hui votre entraînement commence. Vous allez vous joindre au groupe derrière moi. Tous les matins, ils se réunissent pour faire un footing d'une heure, jusqu'à ce que le Soleil se lève. Vous ferez de même, soldats. Soldats, garde-à-vous !

            Il s'approcha de la mandalorienne – qui n'avait pas encore passé son armure.

            - Soldat, votre nom !

            Sitôt la réponse obtenue, il s'intéressa au frêle humain qui accompagnait la femme, puis :


            - Dans une heure, vous reviendrez ici. Ménagez votre souffle, allez à votre rythme, mais allez ensemble.

            Il abandonna ses deux protégés au groupe de militaires entraînés pour leur premier sport sous la bannière séparatiste. Le groupe était hétéroclite, il y avait là des humains à la chevelure coupée en brosse, mais aussi tous genres d'alien. On voyait là un homme doté d'une jambe cybernétique, là un autre plaisantait avec un droïde – qui s'apprêtait visiblement à participer lui aussi à l'entraînement.

            Jane, pour sa part, se dirigea vers les dortoirs, à la recherche de la Kaleesh, qui manquait à l'appel. Il traversa d'un pas hâtif les couloirs. Les différents soldats qui croisaient son chemin se mettaient au garde-à-vous, les officiers (ses collègues) le saluaient d'un sourire sympathique et d'un hochement de tête. Il passa de chambre en chambre. Sur sa droite, il entendait les douches encore en fonctionnement, on y sifflait gaiement alors que ruisselait l'eau chaude. Enfin, il entra dans l'une des chambres ; un seul lit était encore occupé. Là se trouvait une humanoïde à la peau pourpre, reptilienne. La kaleesh. Le major s'en approcha, et fut immédiatement frappé par sa respiration : la recrue avait de la peine à expirer, elle s'agitait dans son sommeil. Le séparatiste s'approcha encore, et posa sa main sur le front de la retardataire assoupie. Elle était brûlante! Fièvre, hm ? Il resta silencieux quelques secondes, puis se releva. Il fallait un médecin à cette pauvre fille, et vite.


            ***

            Lorsque enfin les recrues revinrent, Jane était là pour les accueillir. Il leur annonça que leur camarade souffrait d'une grave insolation et serait prise en charge par les services médicaux séparatistes jusqu'à son rétablissement : ils n'étaient donc que tous deux. Naturellement, il les encouragea à faire connaissance avec le groupe qu'ils avaient côtoyé pendant leur footing, puisqu'à présent, tous leurs matins se feraient en la compagnie de celui-ci, mais ce n'était là qu'une remarque lancée à la volée. Il y avait plus important à faire ; Jane continuait les explications, il présentait le programme à venir alors qu'il guidait les deux soldats, Azel et Ansikt, dans le complexe séparatiste :


            - Après votre footing matinal, votre matinée sera dédiée à l'étude. D'abord, nous comblerons les petites failles que vous possédez en géopolitique, nous vous présenterons également ce qu'est la CSI, puis les autres puissances galactiques. Vous suivrez également des cours accélérés de psychologie et de compréhension corporelle avec le professeur M'arten. Il est réputé dans toute la bordure extérieure pour ses écrits sur la psychologie cognitive des espèces comparées. La fin de matinée, on vous donnera des cours de pilotage basique en simulateur atmosphérique d'abord. Une fois que vous aurez maîtrisé le pilotage des speeder, vous passerez aux chasseurs.
            L'après-midi, vous enchaînerez sur l'entraînement physique. Il faut vous remettre en forme. Que vous fassiez du muscle, que vous ayez des réflexes. Toutefois, votre entraînement sera également organisé pour que vous gagniez en souplesse.
            À la fin de votre formation, vous intégrerez la deuxième division, soldats : un des organes du renseignement confédéré. Vous serez donc formés pour pouvoir être ou bien agents de terrain, infiltrant les rangs d'une dangereuse organisation terroriste, des nettoyeurs envoyés en terrain hostile pour nous relayer les informations et faire le ménage dans le silence le plus total, ou des agents techniques, des experts aptes à décrypter le plus complexe des codes, briser le plus épais des coffres par la maîtrise de la technologie, à brouiller les signaux d'une planète entière.
            Pour les deux premiers jours, vous ferez donc des gainages, pompes, vous utiliserez les machines mises à votre disposition pour soulever des poids et vous forger un peu de muscle. Vous aurez un entraîneur, le sergent Sveinfield pour vous superviser et vous aider en cas de soucis. Votre entraînement passera ensuite sur des obstacles, et autres subtilités qu'il vous expliquera le moment venu. Vous débuterez aussi le maniement d'une arme, à votre choix. Mais Sveinfield vous expliquera tout ceci en détails le moment venu, ne vous inquiétez pas.



            [i]Il entra dans une large bibliothèque, où les deux lui emboîtèrent le pas. À l'image du complexe, elle était hautement équipée dans les technologies les plus fines et les plus récentes. Des droïdes voletaient silencieusement entre les rayons de livres holo en bois de noisetier – on avait des moyens à la CSI, on voulait le montrer. La bibliothèque était élégante, raffinée, l'acier était temporairement banni en faveur d'un parquet stratifié et de hautes fenêtres qui laissaient filtrer les rayons du – maintenant haut – soleil. La lumière venait se poser sur les multiples étages des gigantesques étagères, qui s'élevaient sur plus de vingt mètres de haut ; des plate-formes allaient et venaient, grâce à des répulseurs qui n'étaient pas sans évoquer ceux du Sénat, permettant d'accéder aux plus hauts livres sans difficulté. Jane s'arrêta devant un des rayons, et se tourna vers le duo. Il parla à voix basse (car on voulait faire le moins de bruit possible dans la bibliothèque) :


            - Soldats, savez-vous lire ?


            Spoiler

            Teri.
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              Post n°25
              Auteur : Azel Kyone'e

              Bon, les dîners sont pas dignes d’un quatre étoiles, mais franchement, je pense qu’ici tout le monde s’en bat les steaks. On est tous plus ou moins affamés, on bat le pavé depuis une heure pour qu’enfin le cuisinier nous balance la popote dans l’écuelle sans un bonjour, alors on va pas non plus aller réclamer du filet de Bantha aux petits oignons. J’enfourne ma plâtrée de nouilles trop cuites avec un plaisir évident. L’effet est immédiat, je me sens revivre. Le fait est que les plats ici sont élaborés dans cet unique but : te remettre sur pied en un temps record. Et ça marche ! Mon estomac chante des louanges et moi, je me sens tout d’un coup de bien meilleure humeur. Bon, p’tet pas au point de bavasser sur le temps qu’il fait avec mon voisin de droite, mais j’ai déjà beaucoup moins envie de lui casser la figure, ce qui est une amélioration notoire.

              Quand les assiettes sont enfin nickel, on quitte le réfectoire et direction les chambrées. Je m'attends pas à une ambiance de folie à la nuit tombée, ça n'a pas l'air d'être le genre de la maison. C'est bien dommage, moi qui ai appris à vivre plus ou moins la nuit, j'ai franchement pas envie d'aller me pieuter sitôt le soleil couché. Mais ici, difficile de trouver des potes près à écluser les cantinas jusqu'à l'aube ! Sans parler que la cantina, j'la situe mal. Bref, ça sent la soirée à s'ennuyer comme un rat mort. J'ai pas spécialement sommeil, même avec la journée à la noix que je viens de me taper. On change pas des années d'habitudes en un soir, faut pas rêver ! Je vois déjà les vieux routards se mettre au lit, tout frais de la douche et bien rasés. L'un d'entre eux me grogne d'éteindre la lumière, et je lui dis gentiment d'aller voir dehors si j'y suis. Il en faut pas plus à la moitié du dortoir pour tenter de me bizuter en me braillant que je vais le regretter demain si je n'ai pas des six heures de sommeil. S'ils savaient à quel point j'm'en repeins les arpions en rose fluo !

              " Eh, la nouvelle ! Si j'étais toi je prendrais des forces pour demain !

              -Ouais ouais, t'inquiète frérot, je gère. "

              La différence entre toi et moi, choupinet, c'est que j'ai jamais demander à jouer le troufion de service avec le sourire aux lèvres. On m'a pas vraiment donné le choix. Je vais pas en plus leur faciliter la tâche. La troupe finit par lâcher l'affaire et le dortoir redevient parfaitement silencieux. Mon casque sur les genoux, assise sur mon lit, je fixe le ciel sans nuage au-dehors : c'est vrai qu'il doit cailler, la nuit, ici. On le sent pas tellement, à l'intérieur. Je repense aux provisions en sachet toujours planquées dans mes poches. Je suis pas contre un petit complément à la tambouille de tout à l'heure... et tant pis pour les miettes dans les draps.




              J'ai l'impression d'avoir fermé les yeux cinq minutes, que retentit une sonnerie tonitruante aux airs d'instrument malmené. Je sursaute dans mes draps, instantanément sur le qui-vive : c'est quoi, une attaque ? Un incendie ?

              " Debout, mauvaise troupe ! "

              Sans blague... Sont pas fichus de mettre une sonnerie qui ressemble à quelque chose ?Dans le dortoir, c'est le branle-bas de combat. Personne ne nous accorde un regard, toutes la piétaille se dépêche d'enfiler son petit maillot et file se mettre en rang à l'entrée du bâtiment. Avec un grognement animal qui témoigne de toute la mauvaise humeur qui est la mienne, je m'arrache à mon oreiller. J'ai le réflexe de tirer à moi ma combinaison flanquée sur l'étagère quand je réalise qu'on est les bons derniers dans la pièce : eh zut, on va vraiment se faire bizuter. J'en jure un sac et je bondis comme un fauve sur le seuil du couloir, je détalle à moitié désapée tout en essayant d'enfiler ce fichu maillot qui me va trop court au niveau des épaules. Ils s'imaginent tous que les nanas sont des brindilles ici ou quoi ? Ouais, d'accord, je suis un peu taillée comme un mec à ce niveau-là, mais faut pas exagérer. J'arrive finalement sur les talons des autres occupants qui se place en lignes et je les suis, ni vue ni connue. Enfin presque : je suis juste l'une des seules à pas être déjà en rang quoi. J'pense que le vioc qui nous zieute là devant a pas dû rater grand chose de ma cavalcade dans le couloir. C'est pas la discrétion qui m'étouffe, c'est sûr... Je reprend mon souffle, furieuse, quand j'enregistre une silhouette familière à l'horizon : voilà papy fusil en chair et en cuir qui se ramène ! Il me regarde, puis son regard tombe à côté de moi, et en glissant un oeil je reconnais le jeune humain gringalet qui m'accompagnait hier dans le désert. Par contre, pas de kaleesh dans les parages : bizarre, elle était là hier soir. J'suis pourtant certaine de l'avoir vu prendre un pieu, elle aussi. Bref...

              " Bonjour, soldats. Aujourd'hui votre entraînement commence. Vous allez vous joindre au groupe derrière moi. Tous les matins, ils se réunissent pour faire un footing d'une heure, jusqu'à ce que le Soleil se lève. Vous ferez de même, soldats. Soldats, garde-à-vous ! "

              Ah, si c'est juste pour ça, c'était pas la peine de nous faire lever dépôt-trot-minet, on pouvait bien attendre que le soleil se lève, histoire d'en baver - enfin, d'en suer - davantage, nan ? Nan. Ok, c'est pas des rigolos à la CSI, j'sens que l'humour, c'est pas franchement leur fort. On risque de s'ennuyer ferme, là dedans. Espérons que l'entraînement sera divertissant, sinon je vais finir par déprimer ! Je suis pépé du regard, le temps de sa courte inspection des rangs des habitués, jusqu'à ce qu'il vienne se planter devant moi. Ah ouais, c'est vrai que la première fois, les présentations ont été très courtes.

              " Soldat, votre nom ! "

              Soldat ? Oh non, ça va pas commencer. J'avais presque oublié que ce fion de Sarlacc d'officier m'avait fait signier un pap'sar qui me donnait ce statutlà. Azel, troufionne de deuxième classe sur Geonosis. Punaise, faites que je rentre jamais à Keldabe, c'est la honte assurée...

              " Azel Kyone'e" je lâche, sans grande conviction. J'ai pas franchement envie de me la jouer lèche-botte en mode "Sir, yes, Sir !". Pas mon genre, non. Ch'uis juste polie, parce que lui, à la limite, il a peut-être pas volé la rangée de trucs clinquant qu'il a sur son blouson. Ouais, rigolez pas, ils se comptent sur les doigts d'une demi mains ceux qui en sont arrivés à ce stade de ma vision du respect des étrangers ! Mais le coup de l'Acklay, j'dois avouer, il me reste bien en travers de la gorge.

              " Dans une heure, vous reviendrez ici. Ménagez votre souffle, allez à votre rythme, mais allez ensemble. "

              J'enregistre la conclusion étrange de sa phrase. Ensemble ? En même temps, dans un troupeau pareil, difficile de se perdre. Vous voulez pas non plus nous attacher, tant qu'on y est ? J'ai pas demandé à me taper un coéquipier, hein. Courir, j'peux faire ça toute seule comme une grande. Et certainement mieux que ceux qui ont jamais fait ça de leur existence.

              Le petit chef en charge de nous intégrer à son bataillon nous braille de nous mettre en rang avec les autres. Comme les bleus qu'on est, on se met en rang. C'est à dire à la suite de celui déjà formé. En queue de peloton, quoi...

              " Inutile d'essayer d'vous cacher là derrière, les nouveaux ! J'veille personnellement à ce que vous en baviez COMME TOUT L'MONDE. "

              Que j'veux mon n'veu ! Sinon c'est juste que t'es pas digne de porter tes galons, hein ! Pour une fois, j'ai l'intelligence de fermer ce qui me sert de bouche. Faut dire que je commence un peu à me les cailler sévère, avec un tricot de peau en guise d'armure parce que j'ai pas été fichue de lever mes petites fesses plus tôt. Raison pour laquelle il me tarde que cet andouille termine son numéro de "c'est moi qui commande" pour nous permettre de gagner quelques degrés en température corporelle. Je commence à serrer les poings et les mâchoires : mon visage est transparent, on peut déjà y lire tout le j'en-ai-rien-à-cirer-tisme qui me vient. Ras-le-bol des discours ! ON SE LES CAILLE ! Enfin, après avoir tranquillement fait le petit tour de l'équipe et nous avoir vanté les atouts touristiques de la région, il se décide à lancer les réjouissances.

              " Allez ! SOLDATS, EN AVAAAAAAAAANT-MARCHE ! UNE-DEUX ! UNE-DEUX ! ... "

              Le petit homme se met à bondir à petites foulées à côté du cortège étrange que forme cette assemblée hétéroclite. Des petits, des grands, des gros, des maigres, des humains, des presque-humains, des pas humains du tout... Y en a pour tous les goûts. Le premier kilomètre nous fait sortir de la base sur le même rythme, tranquille pépère comme de gentils écoliers rentrant en classe. Les mecs devant nous se prennent hyper au sérieux, tellement qu'au bout de dix mètres, j'avais déjà des envies de fou rire.

              La course se fait à un rythme assez lent mais parfaitement régulier. Je reste à la hauteur de l'humain, sans un regard pour lui. Je fixe l'horizon au travers du pochoirs des silhouettes qui nous précèdent. Le soleil se lève, et avec lui la chaleur grimpe en flèche. Les respirations sonnent différemment. Les pas se font un peu moins souples, plus lourds. Sans m'en rendre compte, j'ai laissé traîner un peu mes bras, désynchronisés avec le mouvement. Il n'en faut pas plus à petit chef pour venir sautiller à mes côtés et me brailler dans les oreilles :

              " Allez la bleue, du nerf ! "

              "La bleue"... C'est bizarre, c'était le surnom que me donnait Utam quand j'ai endossé ma Beskar pour la première fois. Elle était d'un bleu foncé impeccable, vibrant - à l'époque. J'étais bleue, quoi, et ça l'a fait marrer. Punaise, pourquoi je repense à lui maintenant ? Peut-être parce que soudain, quand mes bronches se mettent en branle après des années à respirer l'air suffoquant des bleds pourris de la Bordure, je réalise à quel point je me suis éloignée de cette voie qui était la mienne. A la place de ce désert poussiéreux, d'autres paysages me reviennent. Une jungle moite avec ces saletés de moucherons qui te collent, un marais putride où je m'enfonce jusqu'à mi-cuisse, une montagne... Satanée montagne de mes deux où j'ai bien failli laisser mes orteils. Tout ces souvenirs qui remontent d'un coup, c'est inhabituel. J'en ai le sang qui me bat les tempes. Mes narines se pincent et mes yeux prennent la teinte de l'acier bleui. J'ai qu'une envie : lui prouver que j'ai rien d'une petite larve et qu'il sait pas à qui il a affaire, le gradé. Je suis prête à partir au quart de tour, la vision d'Utam et de nos courses dans la tête, prête à remonter toute la file de gentils petits soldats au trot et faire trois fois le tour de la maisonnée à se rythme, jusqu'à m'effondrer à plat ventre d'avoir vomi mes tripes. Juste pour lui faire fermer son bec !

              Si tu veux me voir courir, coco, t'as tapé dans le mille. Courir, sauter, écumer comme un Bantha, j'ai fait ça toute mon enfance, toute ma pauvre jeunesse de garçon manqué. Laisse-moi oublier mon oisiveté des derniers mois passé à faire la plonge, et on en reparle !

              Thème – Comme un homme !


              Puis, d'un coup, je me souviens du type que j'ai à côté. Je me souviens aussi très bien de la dernière fois que je l'ai laissé en plan, ce qui nous en a coûté, et la petite phrase anodine de papy : "allez à votre rythme, mais allez ensemble". Allez ensemble. Je tourne la tête et aperçoit son profil. Y a peu de chance que je ne vois jamais quoi que ce soit d'Utam dans cette lopette-là. Un frère d'arme, un gamin pareil ? Il a surtout la tronche de celui qui voudra me la faire à l'envers à la première occasion venue. Mais est-ce que j'ai le choix ? Eh bah non. Ou plutôt si : je peux risquer ma peau à me tirer d'ici fissa et errer dans le désert jusqu'à retomber sur un bled. Ou un camp. Ou un Acklay. Ce genre de choix-là.

              Je me mords la lèvre jusqu'au sang pour pas balancer un "lâche-moi et va plutôt reluquer tes minets", et je me remets en position, le pas bondissant, à faire cogner mes talons contre mon fessier, la tête haute et les dents serrées. Mais la colère brûle toujours et n'est pas près de s'éteindre. Je courbe l'échine comme un gundark à qui on est parvenu à mettre un mors, mais qui se privera pas de bouffer le cavalier à la première occas'. Y a intérêt à y avoir une bonne paie dans les parages. Sinon y en a qui vont ramasser leurs dents avant de pouvoir me balancer au trou.

              Mon regard furieux a enregistré celui de mon "camarade". Eh ouais, va falloir me supporter, gros. Avoue-le, tu meurs d'envie d'me faire la bise, hein ? T'inquiète, c'est réciproque.

              Foutue planète. Foutu désert. Foutue CSI !




              Le tour se termine avec une bonne couche de sueur qui nous vaut la permission de repasser par la case douche. Et c'est pas du luxe. Mais l'avantage, c'est qu'maintenant, je suis remontée comme une pendule à désintégration atomique. J'ai le cœur ravi d'avoir enfin pompé tout son saoul et les veines qui sifflent de la tête aux pieds. Mais pas question d'aller taffer avec les autres... il paraît qu'on a de la visite ! On finit par retrouver celui qui nous a ramené là. Visiblement, il en a pas fini avec notre matricule. Il semblerait même qu'il soit bien parti pour le faire chauffer comme il faut. Sauf que, bizarrement, la première chose qu'il pose sur la table, c'est le cas de notre trinôme, qui a allègrement déserté le footing. Son cas est sérieux : direction le toubib ! Et vlan ! Je cache pas ma surprise : je l'aurais cru bien plus solide. Quoi qu'en fait, j'y connais rien en alien. Encore une preuve qu'il faut pas se fier aux apparences, c'est ça ?

              Dans la série on enchaîne sur d'autres bonnes nouvelles, va falloir se taper de faire copain-copain avec la bande à petit chef, parce qu'on a pas fini de se les coltiner... Ahahah. Gééééénial, papy, j'vais vraiment finir par t'adorer toi, hein. Et mes miches, c'est du gros sel.

              " Après votre footing matinal, votre matinée sera dédiée à l'étude. D'abord, nous comblerons les petites failles que vous possédez en géopolitique, nous vous présenterons également ce qu'est la CSI, puis les autres puissances galactiques. Vous suivrez également des cours accélérés de psychologie et de compréhension corporelle avec le professeur M'arten. Il est réputé dans toute la bordure extérieure pour ses écrits sur la psychologie cognitive des espèces comparées. La fin de matinée, on vous donnera des cours de pilotage basique en simulateur atmosphérique d'abord. Une fois que vous aurez maîtrisé le pilotage des speeder, vous passerez aux chasseurs. "

              Mon cerveau en était resté à "psychologie cognitive". C'est quoi ça, le nom d'une recette d'un plat typique corellien ? Je la sens pas du tout, leur "matinée dédiée à l'étude". Genre vraiment vraiment pas, quoi ! Non mais, j'ai une tête à faire de la psycholochépaquoi ? Le p'tit footing était sympa hein, moi ça me va très bien ! Pas besoin de m'en mettre plein les mirettes avec des mots compliqués. Sauf que malheureusement, cette partie du programme a pas l'air d'être en option. J'en pleure d'avance. Puis, quand notre guide redémarre, j'en suis à enregistrer la fin de sa phrase. Piloter des chasseurs ? Ah. AH ! Alors, comment dire. Il faut que j'vous explique un truc, monsieur l'agent. Vous savez, les vaisseaux et moi, ça n'a jamais fait très bon ménage. J'veux bien faire la mécano ou piloter une tourelle. Jusque-là, pas d'problème. Mais pour ce qui est de manœuvrer dans l'espace...

              " L'après-midi, vous enchaînerez sur l'entraînement physique. Il faut vous remettre en forme. Que vous fassiez du muscle, que vous ayez des réflexes. Toutefois, votre entraînement sera également organisé pour que vous gagniez en souplesse. "

              Ah, bah voilà ! L'ombre d'un sourire se dessine sur mes lèvres fendues. Enfin du vocabulaire qui me plaît ! Sur ce coup, on va bien s'entendre. J'ai presque l'impression qu'il a fait exprès de me sortir la mauvaise nouvelle en premier, histoire de nous faire rager au maximum. Quoique. L'humain d'à côté reste trop impassible en apparence pour que je sache s'il est plus pompes que psycholotrucbidule. Dommage, ça m'en aurait appris un peu plus. Perso j'ai déjà fait mon choix et ça peut se deviner à mon regard. Faut dire que question impassibilité, je suis pas forcément un exemple, sauf quand j'en ai vraiment rien à carrer. Là, j'peux effectivement rapprocher mon expressivité du zéro absolu sans trop de problème.

              On continue la visite, tels deux gosses derrière le pater familias qui nous conduit au sacro-saint. Ma tête se tourne et se retourne, au gré de mes découvertes. J'en finis pas de m'extasier sur les gadgets tous plus sophistiqués les uns que les autres. C'est clair, c'est un autre monde. Dans la Bordure, quand tu trouves un briquet, t'es content. Alors te retrouver en face d'un écran holographique de la taille d'un mur, c'est un peu comme aller à une fête foraine sur Coruscant.

              " À la fin de votre formation, vous intégrerez la deuxième division, soldats : un des organes du renseignement confédéré. Vous serez donc formés pour pouvoir être ou bien agents de terrain, infiltrant les rangs d'une dangereuse organisation terroriste, des nettoyeurs envoyés en terrain hostile pour nous relayer les informations et faire le ménage dans le silence le plus total, ou des agents techniques, des experts aptes à décrypter le plus complexe des codes, briser le plus épais des coffres par la maîtrise de la technologie, à brouiller les signaux d'une planète entière. "

              Mon regard va à la crevette qui m'accompagne. La deuxième division ? Le type a l'air super fier quand il nous dit ça. Bon, la bonne nouvelle c'est qu'on aura autre chose à faire que patrouiller le long du barbelé, et ça c'est chouette. Nan parce que faire ça pendant trois jours, ça passe. Faire ça pendant trois ans, ils seraient tous allés se faire voir sur Dagobah bien gentiment.

              " Pour les deux premiers jours, vous ferez donc des gainages, pompes, vous utiliserez les machines mises à votre disposition pour soulever des poids et vous forger un peu de muscle. Vous aurez un entraîneur, le sergent Sveinfield pour vous superviser et vous aider en cas de soucis. Votre entraînement passera ensuite sur des obstacles, et autres subtilités qu'il vous expliquera le moment venu. Vous débuterez aussi le maniement d'une arme, à votre choix. Mais Sveinfield vous expliquera tout ceci en détails le moment venu, ne vous inquiétez pas. "

              Vous inquiétez pas... Vite dit. Je commence à faire une liste mentale assez longue des trucs qui me plaisent pas des masses. Tout ça pour une petite émeute de rien du tout dans une arène. J'te jure. Mais dans quoi est-ce que je me suis embarquée ! Devant, notre guide vient de s'arrêter brusquement. Je freine tout aussi soudainement à sa suite, quand il nous demande, de but en blanc :

              " Soldats, savez-vous lire ? "

              Hein ? Je suis restée sur l'avant-dernière phrase. Faut dire que j'écoutais qu'à moitié, trop occupée à regarder cet endroit bizarre. Des livres, on en croise pas tous les jours, faut bien le dire ! Je fréquente pas assez assidument les musées, peut-être. Voyant que je suis toute désignée pour répondre en premier, j'arque un sourcil dubitatif face à l'instructeur.

              " Euh... l'Aurebesh, vous voulez dire ? Ouais, j'sais déchiffrer la plupart des mots... J'fais pas mal de faute, sinon. "

              Tout pour dire que j'ai surtout appris sur le tas : jamais mis les pieds dans une école, ni de toute mon enfance sur Coruscant, ni avec Eyan, qui m'aurait jamais laissé filer. C'est lui qui s'est occupé de m'apprendre le minimum. Après, j'me débrouille certainement mieux en Mando'a qu'en Haut Basic, hein. C'est pas comme si j'avais eu l'occasion d'écrire des romans.

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                Auteur : Ansikt

                - Debout, mauvaise troupe !

                Je sursaute, aux aguets. Un son strident perce mes tympans. Je me redresse comme un ressort mal remonté, jetant mon regard partout dans la pièce. Que se passe-t-il ? Où suis-je ?

                Arène. Emeute. C.S.I. Désert. Tempête de sable. Grotte. Acklay. Les événements de la veille me reviennent en mémoire. Tout tourbillonne dans mon esprit encore somnolent.

                Toujours à moitié sous mes draps, je remarque tout de même que les soldats s’affairent et se préparent, comme si cette cacophonie était quelque chose de parfaitement normal et agréable. Ils s’habillent et partent se mettre en rang. Je jure intérieurement et m’apprête à sortir de mes draps en urgence, mais remarque que quelque chose ne va pas : au bout de ma main se trouvent des griffes, pas des ongles. Dans ma surprise, j’ai changé un peu d’apparence, comme par réflexe. Je ne peux pas me montrer comme ça. Je me concentre pour que tout revienne à la normale, mais je perds dans l’action de précieuses secondes. J’espère que personne ne m’a vu, mais la mandalorienne est la seule autre personne encore vers son lit, et elle semble trop occupée à batailler avec sa combinaison. Je l’imite, espérant qu’elle n’ait rien remarqué d’anormal avec moi, et l’imite. La tenue s’enfile facilement, bien qu’elle soit un peu large pour ma carrure. Je me dirige vers le reste du groupe et arrive à rejoindre les retardataires à grandes foulées, la mandalorienne sur mes talons. Je me mets en rang du mieux que je peux. Bien que la manœuvre soit imparfaite, elle semble suffisante pour se fondre dans la masse. J’essaie de reprendre ma respiration et de me calmer le plus discrètement possible. J’espère que le militaire devant nous n’a rien vu.

                Le Major le rejoint, une expression neutre sur son visage, comme hier. Il regarde à côté de moi Azel, puis pose ses yeux sur moi. Il semble chercher quelque chose, puis se résigne. Un coup d’oeil furtif de ma part semble indiquer que la Kaleesh est absente. Étrange… J’avais pourtant cru l’avoir vue en arrivant… Mais je n’arrive pas à la distinguer dans mes alentours. A-t-elle un problème ? Le militaire nous adressa finalement la parole, un peu à l’écart.

                - Bonjour, soldats. Aujourd'hui votre entraînement commence. Vous allez vous joindre au groupe derrière moi. Tous les matins, ils se réunissent pour faire un footing d'une heure, jusqu'à ce que le Soleil se lève. Vous ferez de même, soldats. Soldats, garde-à-vous !

                Un footing. Eh bien. J’aurais imaginé un entraînement plus original, si l’on considère la veille, mais cet exercice reste efficace. Ce n’est pas mon type d’exercice physique préféré, mais je n’ai pas le choix, ici. Et je sens que je n’aurai pas vraiment le choix pendant un bon moment.
                Le major s’approche de l’humaine et lui demande son nom. Elle répond sobrement “Azel Kyone’e”. Je mémorise la prononciation. Ça pourrait être utile. Je subis ensuite le même questionnement de la part du militaire. Mais que répondre ?

                Si je lui donne le nom duquel Avinash m’avait baptisé, il pourrait peut-être remonter jusque moi. Enfin, mon ancienne vie. La vie Républicaine. Et il pourrait aussi découvrir certains secrets que je n’ai pas envie qu’il sache, ou qui pourraient me porter préjudice. L’option s’occulte d’elle même.

                Mais alors quoi ? Sa demande me prend un peu au dépourvu. Je n’arrive pas à imaginer un prénom. Et je ne peux pas lui demander d’attendre pour une demande aussi banale qu’un prénom, il se douterait de quelque chose. Alors quoi ?


                - Billy.

                La réponse sort d’elle-même. Le prénom que j’avais donné à mon patron à l’arène de Géonosis. C’est mieux que rien. J’espère que ces quelques secondes de battement n’auront allumé aucune alarme. Devant son haussement de sourcil, je rajoute :

                - Billy, c’est tout ce que j’ai, monsieur. Pas de famille. J’eus un ami qui me surnommait “Sikt”, mais ce n’est qu’un surnom.

                Cette justification semble le satisfaire, du moins pour l’instant. Il continue alors :

                Dans une heure, vous reviendrez ici. Ménagez votre souffle, allez à votre rythme, mais allez ensemble.

                Ensemble ? Le dernier mot me fait tiquer. Que veut-il dire par là ? Juste, courir avec Azel ? Nous n’allons pas être dispersés dans le désert géonosien encore une fois, si ? Ou veulent-ils nous attacher les chevilles, comme les enfants dans une fête Coruscanti ? Je ne devrais pas avoir trop de mal à m’adapter à la cadence de la mandalorienne, du moment qu’elle ne court pas aussi vite qu’un Vorsnk affamé poursuivant une proie. Mais elle, peut-elle s’adapter à ma vitesse ? Peut-elle rester relativement calme et prendre un rythme correct ?

                Nous rejoignons le reste du bataillon dehors. La morsure du froid glace tous mes membres, mais je fais mine d’aller bien. J’ai intérêt de me réchauffer avec la course si je ne veux pas finir frigorifié. Nous finissons au fond du groupe, alors qu’un militaire un peu gradé nous accoste, gueulant comme un poissonnier en manque de clients. Je reste silencieuse, le plus impassible possible. J’ai plus froid qu’autre chose. Géonosis n’est pas une planète accueillante. Les températures sont extrêmes quelque soit le moment de la journée, n’est-ce pas ?

                L’homme décide finalement de lancer l’exercice, toujours en criant comme s’il s’adressait à des malentendants. Je commence à petite foulées, comme le reste du groupe. En parlant du groupe, je remarque à quel point il est composé de personnes différentes. Petits, grands, humains, non-humains… Je remarque même un droïde, mais évite de me questionner sur l’utilité d’un footing pour un droïde.

                La course commence doucement. Je prends un peu de temps à m’habitude au rythme du groupe, mais je me calque sur leur vitesse sans trop de difficulté outre mesure. Le rythme global reste lent, mais régulier. J’essaie de rester à hauteur de l’humaine, regardant à plusieurs reprises son expression faciale. Toujours neutre.

                Le soleil se lève. La température monte. Au début agréable, ce changement tourne assez vite à un cauchemar éveillé. Je supporte beaucoup moins bien la chaleur que le froid. Mes gestes perdent un peu en vigueur, un peu en harmonie. J’ai l’impression de piétiner, mais j’avance toujours avec le groupe. Ou alors tout le groupe a ralenti ? Des gouttes de transpiration apparaissent et se logent dans mes paupières, m’aveuglant derrière un fin rideau d’eau salée. Le “chef” vient sermonner Azel. Cette dernière semble pensive, puis un peu plus crispée. Puis elle tourne légèrement sa tête vers moi, et se ravise, mordant sa lèvre inférieure. Qu’est-ce qui a bien pu lui traverser la tête ? De quoi peut-elle penser actuellement ? Elle reprend sa course, mais a l’air en colère. Mais contre qui ? Ses yeux plein de fureur se posent sur moi, et regardent ensuite au loin. C’est une menace ? Il vaudrait mieux que non, même si ça y ressemble. J’essaie de rester neutre, même si le footing me fait suer, pour ne pas être plus vulgaire, et suit le peloton. Il faut continuer.

                Une éternité plus tard, nous revenons à notre point de départ. J’ai l’impression d’être aussi sec et déshydraté qu’une plante abandonnée dans un grenier depuis plus de vingt ans. Je presque d’une traite l’eau qui nous est proposée, et m’en vais sans broncher aux douches. La sueur et la poussière sont enlevées comme un voile. J’ai l’impression d’avoir été allégé de plusieurs kilos. Sortant de cet interlude revigorant, je retrouve la mandalorienne et le Major. Celui-ci nous apprend que Kaalia est mal en point et est actuellement gérée par une équipe médicale séparatiste. Cette nouvelle devrait me peiner, me gêner, mais me laisse plutôt indifférent. Au final, je ne la connais presque pas. Et quand je lui avais donné une mission, elle avait réussi à échouer. Je n’ai aucune raison de m’inquiéter pour elle. Ou au moins pour l’instant. La seule conséquence directe est que je serai uniquement avec l’humaine dans la suite de ma “formation”. Je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose…


                - Après votre footing matinal, votre matinée sera dédiée à l'étude. D'abord, nous comblerons les petites failles que vous possédez en géopolitique, nous vous présenterons également ce qu'est la CSI, puis les autres puissances galactiques. Vous suivrez également des cours accélérés de psychologie et de compréhension corporelle avec le professeur M'arten. Il est réputé dans toute la bordure extérieure pour ses écrits sur la psychologie cognitive des espèces comparées. La fin de matinée, on vous donnera des cours de pilotage basique en simulateur atmosphérique d'abord. Une fois que vous aurez maîtrisé le pilotage des speeder, vous passerez aux chasseurs.

                De la théorie, donc ? Ceci n’est pas vraiment pour me déplaire. Avinash m’avait enseigné que le pouvoir passait en majeure partie par la connaissance. Si on sait contre quoi on se bat, on peut avoir plusieurs coups d’avance. Et c’est vital. Les cours de psychologies sont aussi les bienvenus, pour ma part. Niveau éloquence, je suis peut-être un peu rouillé, malheureusement. Les cours de pilotage peuvent également être utiles, même si je doute que l’on nous confie des vaisseaux, au vu de notre rang actuel. Je ne m’étais pas trop mal débrouillé la dernière fois, mais c’était il y a des années…

                - L'après-midi, vous enchaînerez sur l'entraînement physique. Il faut vous remettre en forme. Que vous fassiez du muscle, que vous ayez des réflexes. Toutefois, votre entraînement sera également organisé pour que vous gagniez en souplesse.

                Et après le psychologique, le physique. Logique. Niveau réflexes, je ne pense pas être trop en reste, mais je manque clairement de muscle, comparé aux autres recrues. Enfin, sous cette forme. Mais puisqu’il semble que je vais la conserver pendant un bon moment… Cette nouvelle est accompagné d’un très léger et furtif grognement de ma part, mais ce n’est pas le moment de montrer de la mauvaise volonté.

                Le major continue de nous guider à travers le complexe. Je le soupçonne de faire exprès de faire durer notre trajet pour nous montrer tous les équipements séparatistes. Je dois bien admettre qu’ils sont bien équipés, mais pas à un niveau qui justifie une extase complète, contrairement à mon acolyte.


                - À la fin de votre formation, vous intégrerez la deuxième division, soldats : un des organes du renseignement confédéré. Vous serez donc formés pour pouvoir être ou bien agents de terrain, infiltrant les rangs d'une dangereuse organisation terroriste, des nettoyeurs envoyés en terrain hostile pour nous relayer les informations et faire le ménage dans le silence le plus total, ou des agents techniques, des experts aptes à décrypter le plus complexe des codes, briser le plus épais des coffres par la maîtrise de la technologie, à brouiller les signaux d'une planète entière.

                De l’infiltration ? Voilà qui est déjà plus intéressant. Je ne me sentais pas chair à canon sur un champ de bataille, de toute façon. Cette nouvelle me fait avoir un subtil sourire en coin, dévoilant presque la blancheur ternie d’une canine anormalement longue. La traque, la recherche d’informations, l’infiltration… Voilà qui pourrait me permettre d’utiliser mes… “talents” à leur plein potentiel depuis longtemps ! Mais la réflexion se pose toujours : dois-je révéler ma condition de Gurlanin à la C.S.I ? Ce serait la solution de simplicité, mais je ne sais pas quelle mesure les militaires pourraient prendre pour me gérer. Mais si je cache cette information, je devrai limiter l’utilisation de mes capacités raciales. Et cela ma dérange.

                - Pour les deux premiers jours, vous ferez donc des gainages, pompes, vous utiliserez les machines mises à votre disposition pour soulever des poids et vous forger un peu de muscle. Vous aurez un entraîneur, le sergent Sveinfield pour vous superviser et vous aider en cas de soucis. Votre entraînement passera ensuite sur des obstacles, et autres subtilités qu'il vous expliquera le moment venu. Vous débuterez aussi le maniement d'une arme, à votre choix. Mais Sveinfield vous expliquera tout ceci en détails le moment venu, ne vous inquiétez pas.

                Et voilà la fin du programme de dévoilée. Encore de l’entraînement physique. Ennuyant, mais logique. Cependant, l’aspect un peu plus technique du maniement d’une arme attise ma curiosité. J’ai toujours utilisé mes poings, voire mes griffes, à la limite un canif rouillé, mais je n’ai jamais proprement appris à utiliser une arme. Je me débrouille au corps-à-corps, en général, mais je pense pas pouvoir gérer un adversaire armé. Mais il faudrait aussi que je sache me servir d’un blaster, au cas où. C’est une occasion en or. Il serait idiot de la manquer. Surtout si je décide un soir de ne plus profiter de l’hospitalité de la base séparatiste…

                Mes avis sont mitigés sur ce programme. Cette formation pourrait être des plus utiles, mais je n’aime pas ce “lien”, cette “obligation”, cette “dette” qu’elle pourrait créer entre moi et la C.S.I. Il va tout de même falloir que je reste sur mes gardes. Je ne suis certainement pas le premier à vouloir “profiter” du système, et la base doit avoir des mesures pour les “petits malins” dans mon genre…

                Nous nous arrêtons dans une bibliothèque richement équipée et décorée. Des ouvrages étaient alignés peu importe où l’on posait le regard. L’endroit devait faire au bas mot une vingtaine de mètres de hauteur, dont la majorité était occupée par des ouvrages. Le militaire nous chuchota alors :


                - Soldats, savez-vous lire ?

                Cette question me surprend un instant, avant que je me rappelle dans quelles conditions il nous avait… “recrutés”... Il doit toujours nous prendre pour des voyous de bas-étage, c’est ça ? Dans ce cas, la question est légitime. Comment pourrait-il nous enseigner quoi que ce soit si nous ne savons pas déchiffrer une phrase ? L’humaine répond en premier, également un peu étonnée par la question.

                - Euh... l'Aurebesh, vous voulez dire ? Ouais, j'sais déchiffrer la plupart des mots... J'fais pas mal de faute, sinon.

                Le Major, tourne ensuite son attention sur moi.

                - Je sais lire le Basic, oui. Sans de difficultés, de surcroît. Vous souhaitez une démonstration de mes dires ?

                Devant l’expression toujours indéchiffrable du militaire, je prends un livre au hasard dans la bibliothèque. “Espèces de Géonosis”. Eh bien. Je choisis une page au hasard, et me mets à lire le début de l’article à voix basse, gardant un rythme modéré, articulant au maximum.

                - “L’Acklay est un prédateur dont l’aliment de prédilection est le lemnai. D’abord originaire de Vendaxa, il a été apporté sur Géonosis à la suite d’importations de combattants pour l’arène de la planète. L’Acklay possède de petits yeux noirs adaptés aux fortes luminosités de sa planète natale. Puisqu’il ne peut détecter la présence de ses proies avec ses yeux à cause de la lumière plus faible des arènes Géonosiennes, il se sert d’un appendice qui capte l’électricité corporelle. Une collerette protège le cou, ce qui le rend difficile à atteindre. Ses dents sont très acérées et enracinées dans ses mâchoires, de telle sorte qu’elles puissent s’ouvrir très grand pour les proies les plus imposantes. Le thorax est le seul point faible de l’Acklay : son estomac se distend plus ou moins selon sa nourriture, ce qui permet de le transpercer aisément. Le dos est protégé par une carapace chitineuse surmontée de petits pics. Les six pattes de l’Acklay sont ses instruments principaux d’attaque avec lesquelles il transperce ses proies. Il se déplace sur la pointe des plus longs doigts hypertrophiés de ses pattes tridactyles. Ces pattes sont le prolongement des bras et des mains préhensiles, elles aussi tridactyles.

                Je relève la tête, laissant le livre ouvert à cette page, cherchant une réaction dans le regard des deux humains à proximité de moi.

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                  Auteur : Tericarax


                  Major Jane Fawchester - Professeur Lucy M'arten


                  - J'ai posé une question, soldat, j'attendais une réponse, pas une démonstration. Discipline est un mot qui manque cruellement à votre vocabulaire. Nous corrigerons aussi cela. L'initiative est une qualité sans prix, mais elle est à utiliser avec discernement, pas à tort et à travers. Souvenez vous en la prochaine fois, hm ?

                  Il lui lança un clin d'oeil complice. Il allait faire comme s'il n'avait rien vu pour cette fois-ci ! Ce que le jeune Billy ignorait, c'était que certains officiers dans la confédération étaient bien plus intransigeants que lui au sujet de l'autorité. Cette piqûre de rappel était en fait une faveur que lui faisait l'homme à la barbe poivre-sel. Mais ça, le soldat n'en saurait sans doute jamais rien. Jane se mit à fouiller dans la bibliothèque d'une main experte, comme s'il y avait passé toute sa vie !
                  Il tirait à chaque rayon des petites plaquettes transparentes, qu'il donnait aux recrues en les accompagnant d'une brève description : « cet ouvrage est une carte galactique des systèmes majeurs ! Essentiel pour qui veut voyager de nos jours! », « ce livre évoque la chute de l'Empire Sith et la création de la Nouvelle République, un prérequis pour comprendre toute la géopolitique actuelle », « quelques documentations sur l'armement droïde et les troupes séparatistes, il faut vous familiariser avec l'armée dont vous faites maintenant partie. », « une brillante analyse de l'armement utilisé depuis l'Empire Démocrate et son évolution jusqu'à la période actuelle ; vous comprendrez plus facilement pourquoi la République Fédérale utilise son arsenal actuel, mais aussi pourquoi les contrebandiers affectionnent tant les vibrolames et les blasters de poing. », …

                  Le binôme se retrouva rapidement submergé sous une pile de tablettes holo, car c'étaient les sujets qu'ils allaient devoir travailler non pas aujourd'hui, mais pendant le reste de la semaine. Ils revinrent à l'entrée de la bibliothèque. Un céréen attendait derrière un bureau circulaire, tapotant derrière un petit écran. Lorsque le trio s'approcha, il releva sa tête ovale vers eux, ses yeux se firent ronds comme des billes en voyant les montagnes d'ouvrages entre les mains d'Azel et de Billy. Cela devait représenter des milliers de pages de lecture ! Jane posa sur le comptoir une carte grise ; dessus on y voyait sa photo, le symbole séparatiste en couleurs d'or, ainsi que d'autres inscriptions en basic, mais le céréen s'en approcha trop vite pour qu'elles puissent être déchiffrées.


                  - Pour combien de temps ? Demanda l'alien à la tête allongée

                  - Une semaine, déclara le major tranquillement.

                  - Pas plus ? Renchérit le céréen

                  Jane secoua négativement la tête, puis il invita Azel et Billy à déposer les manuels sur le comptoir. Là, une machine vint les enregistrer un à un. Il faisait une petite faveur aux recrues, en empruntant les livres à son nom et pas au leur : de part son grade, il pouvait naturellement prétendre à plus d'ouvrages en même temps. Une fois tous les livres enregistrés, le céréen eut la décence de leur donner un gros sac en tissus pour porter plus confortablement leur butin (mais il finit par prendre deux puis trois sacs supplémentaires devant la phénoménale quantité d'ouvrages empruntés). Maintenant que Billy et Azel avaient de la lecture pour toute la semaine, on pouvait passer à l'étape suivante.

                  Ils laissèrent la bibliothèque derrière eux, menés par le major. La première matinée, ils devaient surtout se familiariser avec tout le monde. Le reste de la semaine, il pourrait les laisser plus libres d'accomplir leurs tâches respectives. Mais d'abord il fallait se conformer au protocole ; il pouvait laisser Azel et Billy libres de se renseigner à loisir sur la République ou l'Impérium, d'apprendre des épisodes marquants de l'histoire galactique et de ses grands noms, mais il ne pouvait pas les maintenir plus longtemps dans l'ignorance au sujet d'une chose. En les menant à travers les dédales de couloirs, ils débouchèrent finalement dans une salle qui semblait être une salle de réunion. Une table ovale occupait le centre de la pièce, des chaises l'encadraient. Au centre du meuble était un gros projecteur holographique. En face d'eux était assis un vieillard, un humain. Sa chevelure blanche était ébouriffée en de sauvages épis, complétée par des lunettes rondes qui lui tombaient sur le bout du nez. Il portait un pullover noir, sous lequel on devinait le col d'une chemise blanche et une cravate, mais surtout : il était endormi. Le personnage roupillait tranquillement, un paisible sifflement s'échappait de ses narines à intervalles réguliers. Jane et ses deux recrues entrèrent et, pas de chance ! L'un des sacs portés par les deux soldats heurta le bord de la pièce dans un gros « BOUM ». Le choc fit sursauter le vieillard en face.


                  - Hng.. ? Hein... ? Qu...À la garde ! On m'atta – (il se leva subitement, comme assailli, rajusta ses lunettes qui menaçaient de tomber de son nez, et soudain son expression se fit toute étonnée). Oh ! Jane, c'est vous ! (Son visage ridée se déforma en un sympathique sourire de père noël). Je ne vous attendais pas de sitôt...Pardonnez moi je...Je m'étais assoupi, la chose est stupide...

                  Jane s'approcha du petit vieux qui émergeait encore de sa sieste, un sourire amusé flottait sur son visage. Il lui tendit la main, que l'autre saisit, et ils eurent une chaleureuse poignée de mains.

                  - Ravi de vous revoir, professeur, dit-il. L'autre eut un rire léger et plissa les yeux ; des pattes d'oie se formèrent à ses tempes. Laissez moi vous présenter Azel Kyone'e et Billy, les deux recrues dont je vous avais parlées hier. Azel, Billy, voici le professeur Lucy M'arten dont je vous avais déjà parlé.

                  - Aaaah, oui, oui, fit le professeur. Il rajusta ses lunettes et battit des cils, comme pour tenter de mieux voir les deux personnages, puis leur tendit la main. Un plaisir de faire votre connaissance à tous les deux, j'espère que ce cher major ne vous a pas trop maltraité ! Hohohoh, détendez vous voyons, on n'est pas à l'armée ici !

                  Jane toussa bruyamment dans son coin. Lucy sursauta, puis passa une main dans sa barbe blanche.


                  - Hmm, ah oui, vous êtes de l'armée en fait, pardonnez moi j'avais oublié ! Ne vous inquiétez pas Jane, ils sont entre de bonnes mains ! Ajouta-t-il avec un clin d'oeil rieur.

                  Le Fawchester soupira intérieurement. Parfois, il se demandait si le professeur M'arten faisait exprès d'omettre des éléments pour le taquiner, ou si c'était vraiment sa mémoire qui devenait défectueuse avec l'âge. D'un autre côté, c'était rafraîchissant. Il hocha de la tête, droit comme un i, les bras dans le dos.


                  - Je vous les laisse professeur, pas de bêtises hm ?

                  Puis il quitta la petite pièce, laissant les deux soldats en compagnie de M'arten. Celui-ci sifflotait à présent tranquillement un air d'opéra, tout en réunissant devant lui des notes ; sans doute celles du cours qu'il comptait donner au duo, comme l'avait annoncé le major. Il sortit tout son petit matériel, dont de vieux crayons noircis, avant de s'interrompre et :


                  - Avant de commencer, le major m'a demandé de vous dispenser quelques petits cours sur ce qu'est vraiment la C.S.I. Je ne suis pas un expert en la matière, aussi je vais vous passer la vidéo de présentation qu'ils font eux mêmes. C'est bien suffisant, pas vrai ?

                  Il se pencha sur la table avec un « Hmmph » sonore, il manquait cruellement de souplesse (c'était ça d'être friand de steak de sarlacc!). Ses doigts tâtonnèrent, jusqu'à atteindre l'holoprojecteur. Les lumières de la pièce se tamisèrent, alors qu'un symbole séparatiste en trois dimensions apparaissait, projeté en images multidimensionnelles au-dessus du meuble de réunion. Lui se mit confortablement dans son siège, alors que débutait la vidéo :

                  Un droïde de modèle B1 se mit au garde-à-vous, et entama de sa voix robotique


                  - / Bienvenue, postulants et postulantes ! Je suis le droïde OOM-349./ Je suis là pour vous expliquer ce qu'est la Confédération des Systèmes Indépendants, ou C.S.I./ La C.S.I est un système politique, économique et militaire qui est né il y a plus de 14 ans, dans l'Ancienne République./ Le Sénat était alors en désaccord après plusieurs incidents dont la crise de Naboo, et un mouvement séparatiste a commencé à voir le jour et gagner en popularité au Sénat./ C'était sous la direction du Chancelier …


                  Bercé par la voix du B1, le vieil homme finit par s'assoupir à nouveau, alors que la vidéo continuait à dérouler sur les objectifs de la CSI, son évolution, et ses anciennes figures (DH-47, Mufus, puis Gelmir), sur fond de marche militaire et de mise en scène volontairement exagérée pour transmettre un sentiment de glorieux patriotisme.


                  Lorsqu'il s'éveilla enfin, l'hologramme en était à « Rejoignez les nations du futur !/ Rejoignez la CSI !/ ». La bouche pâteuse, il mâchouilla. Il avait un peu chaud à la tête, aussi prit-il une petite gorgée de sa fidèle bouteille d'eau. Désaltéré et reposé, il jeta un œil aux deux recrues alors que l'hologramme s'effaçait et que les lumières se rallumaient dans la salle de réunion.

                  - Bien ! Si vous avez compris quelque chose à tout ce charabia, le major sera content de vous. Maintenant, trêve de bavardages. Je vais vous expliquer plus en détail les bases de la psychologie, pour que vous puissiez à l'avenir détecter des signes comportementaux devant vos heum...Cibles et collègues ! Nous n'avons qu'une semaine, et il y a beaucoup d'espèces dans cette galaxie. J'aurais aimé que vous puissiez vous entretenir avec un de mes brillants collègues, avec qui j'ai beaucoup collaboré pour établir les divers comportements des espèces sapientes à travers la galaxie, le docteur Teh Ree Stal Rax. Je crois qu'il est toujours à la CSI, mais il est plutôt du genre occupé. Enfin, ce n'est pas grave ! Comme je disais, cette semaine nous verrons uniquement les espèces humanoïdes – de façon superficielle, que vous puissiez détecter plus facilement quand quelqu'un vous ment, en vous basant sur son comportement, mais surtout, pour vous donner une méthodologie. Chaque individu est unique, une clef comportementale peut fonctionner pour quelqu'un et échouer pour un autre ! Je vais au fur et à mesure d'exemples et d'exercices tenter de vous donner un aperçu de comment vous y prendre pour cerner quelqu'un. Je jouerai des rôles si vous voulez, et je vous interrogerai tour à tour jusqu'à ce que vous arriviez à trouver ma personnalité.
                  Hmm, qui veut commencer ? Vous, jeune femme ?


                  Il adressa un radieux sourire à Azel, et fit glisser dans sa direction un petit calepin : elle allait avoir besoin de prendre des notes !


                  Spoiler
                  Le reste de la semaine, je la laisse à votre discrétion, puisque je serai un peu absent, et que je pense votre formation est suffisante d'un point de vue du niveau RP ; vous avez donc ma permission pour faire les prochains tours (~ 2-3 messages par personne sera tout à fait convenable) sans mon intervention. Faites preuve d'inventivité et d'initiative, vous savez ce qui vous attend, l'exercice est maintenant pour vous de « broder », de faire votre propre sauce, d'expérimenter aussi avec la narration longue (mais attention Ansikt alors aux confusions passé/présent!).

                  Teri.
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                    Post n°28
                    Auteur : Ansikt

                    Je termine ma petite lecture. Le Major m’indique qu’il n’attendait qu’un “oui” ou un “non”. Soit, les mots ont un sens. Mais, ça a peu de sens. Enfin, si, personne dans cette situation mentirait sur sa capacité à lire ou non. Mais dans le cas où quelqu’un pense savoir lire mais qu’il a de fortes lacunes ? L’homme me fait une remarque sur le discipline, mais ne me réprimande pas plus que ça. Compte tenu de la réputation de la C.S.I, il est surprenamment tolérant. Il conclut même sa réponse par un clin d’oeil plutôt amical. Est-ce une stratégie pour me mettre en confiance et me rendre plus docile et malléable, ou alors est-il vraiment sympathique avec nous ?

                    Il se met ensuite à regarder les rayons et tire différentes plaquettes transparentes avec assurance, pour finalement nous les donner avec un résumé très succinct. Très rapidement, mes bras ainsi que ceux de la mandalorienne se retrouvent noyés sous une pile de documents. Le militaire nous ramène vers l’entrée, plus précisément vers le bureau où attend un humanoïde avec un crâne particulièrement allongé. Je fouille ma mémoire : j’en ai déjà vu dans la République… Machéen... ? Célin… ? Ah, si. Céréen. Il fait les yeux ronds en voyant la masse de documents que le Major nous impose, mais ne refuse pas l’emprunt. Sa discussion avec le militaire pose le tempo : une semaine pour lire l’entièreté des tablettes. Ca semble court. Combien de pages sont consignées dans ces ouvrages ? Des centaines ? Plutôt des milliers, non ?

                    Le bibliothécaire a la gentillesse de nous apporter à chacun plusieurs sacs afin que ce fardeau soit un peu plus simple à porter, puis nous sortons. Le Major nous fait traverser de longs couloirs pour nous emmener quelque part. Nous arrivons finalement dans une grande salle. Une salle de réunion ? Table ovale, chaises… Ca y ressemble… A l’autre bout de la salle est un assis quelqu’un. Au vu de sa morphologie, humain. Et vu ses cheveux blancs ébouriffés et ses lunettes, certainement vieux. Habillé de façon plutôt classique et correcte compte tenu du bâtiment dans lequel nous nous trouvons, quelque chose dans son attitude dénote complètement avec tout le reste : il dort. Malheureusement pour lui, alors que nous entrons, j’entends un grand bruit derrière nous. Un choc. L’un de nos sacs a percuté quelque chose. Un des miens ? Un de ceux d’Azel ? Je ne m’attarde pas à vérifier. Le vieil homme sursaute, puis reconnaît le militaire. Il lui sourit comme à un vieil ami, puis s’excuse pour s’être assoupi. Ils se serrent la main, puis le Major explique la situation.

                    Ainsi, ce vieil homme est le professeur M’arten ? Je m’attendais à quelqu’un de beaucoup plus de sérieux et formel… Décidément, les apparences sont trompeuses… Enfin, venant de moi, cette remarque est assez paradoxale. Ou alors il donne cette impression avec le Major mais sera plus sévère avec nous ? En tout cas, le premier contact est… amical au moins, comique peut-être ? Il nous offre une poignée de main, puis nous dit que nous ne sommes pas à l’armée ? Après avoir dit qu’il espérait que le Major ne nous a pas trop maltraité ? Je ne sais pas si je dois hausser un sourcil, sourire ou laisser échapper un léger rire devant la situation. Je choisis de rester le plus neutre possible, au cas où. Si c’est effectivement un professeur de psychologie très doué, il essaie peut-être de nous sonder ? De voir comment nous sommes ? Et si toute cette mascarade était une façon de faire baisser nos défenses ?

                    Le Major nous laisse avec le professeur. De bonnes mains ? Je perçois un double sens, mais je continue à agir comme si je n’ai rien remarqué. Je vois le vieil homme s’approche d’un holoprojecteur alors qu’il sifflote un air de musique. Classique ? Mh… Non… Plutôt… Théâtre ? Opéra ? Avinash m’avait emmené en voir un, mais cela ne m’avait pas plu. Un logo séparatiste apparaît soudainement en trois dimensions. Nous nous asseyons, déposant nos sacs dans un coin de la pièce.

                    Un droïde apparaît ensuite. Le modèle de base de l’armée séparatiste. Le robot entame un monologue sur ce qu’est la C.S.I, son histoire… La vidéo a de sérieux relents de propagande mais a le mérite d’être plutôt informative. J’essaie de retenir les noms cités : DH-47, Mufus (comment un Jawa a-t-il pu être général ?), Gelmir. Ces informations pourraient être utiles.
                    Après de très longues minutes, le clip s’arrête enfin. Le professeur boit un coup, puis se remet à parler. Il n’a pas l’air exalté par cette démonstration de force que la vidéo souhaitait transmettre. Nous passons maintenant au vif du sujet : la psychologie.

                    Le professeur explique qu’il va nous apprendre à détecter des signes comportementaux chez les espèces humanoïdes de la Galaxie (compte tenu du temps relativement court mis à disposition), pour par exemple savoir quand quelqu’un ment. Enfin quelque chose d’intéressant. Si je peux savoir comment quelqu’un agit et réagit, je peux peut-être contrôler ce qu’il ressent, puis ce qu’il pense, et au final comme il agit. Je doute arriver à un haut niveau de maîtrise en si peu de temps, mais cet apprentissage pourrait se révéler être un outil utile. Très utile.

                    Le professeur fait commencer Azel. Cependant, dans mes pensées, je suis complètement hermétique à sa tentative. Je ne sais pas si elle a réussi ou non, et à quel point. Je me demande plutôt sur le but de tout cela. Ils cherchent à nous former ? Mais ne nous considèrent-ils pas comme des voyous, des malfrats ? N’ont-ils pas peur que ces “enseignements” soient utilisés dans des cas qui ne leurs seraient pas avantageux ? Ou alors espèrent-ils que les “voyous” seront redevables ? Ou alors tout l’environnement feront d’eux des bons petits soldats ?

                    Perdu dans ma réflexion, je suis surpris quand le professeur m’accoste à son tour. Je reçois le carnet ainsi qu’un crayon noirci par l’âge. J’essaie de prendre des notes, voir des tics, des habitudes, des faiblesses, des irrégularités dans la parole du professeur, dans le rôle qu’il joue. Après quelques minutes arrive le moment où je dois donner ma conclusion, ce que j’ai déduit. Et… échec. J’ai loupé une information majeure et des détails qui m’ont mis sur la mauvaise voie. Cependant, le vieil homme se révèle très pédagogue et m’explique où je me suis trompé, les pièges à éviter, sur quoi focaliser son attention… Le cycle d’exercices reprend deux fois. Je sens une légère amélioration dans ma méthode, bien que je ne réussisse qu’une fois l’exercice, après que le professeur l’ait un peu simplifié au troisième essai. Le professeur nous donne ensuite des conseils et des pistes d’approche pour les cas les plus simples (personnes n’ayant pas reçu de formation psychologique).

                    Le Major revient. Il est 10H30. Nous remercions le professeur et le laissons vaquer à ses occupations, après avoir récupéré nos sacs. Ils semblent plus lourds que tout à l’heure. Le militaire nous mène à travers le complexe jusqu’à une grande salle. Là sont alignés plusieurs machines, dotées de grands écrans et de tout un panel de boutons et d’un volant. Les cours de pilotage basique. J’avais oublié.

                    Nous posons nos sacs dans un coin, puis le major nous explique que nous allons commencer “doucement” avec les speeders. Cette fois, c’est moi qui m’y colle en premier. Le hic, c’est que je n’ai JAMAIS piloté de speeder. J’explique le problème au militaire, qui profite de mon inexpérience pour faire un cours détaillé théorique de comment piloter un speeder. Après ce “cours”, il reste suffisamment de temps pour que Azel et moi puissions essayer. Je m’installe, essaie de me souvenir des indications du Major, et démarre. Et je me retrouve presque au sol, surpris par la force du speeder. Face à cet essai misérable, le militaire m’autorise à recommencer. J’ai l’impression d’être traité comme un enfant auquel on accorde une seconde chance par pitié. C’est très frustrant. Je laisse ensuite ma place à la mandalorienne. Après sa tentative, le Major nous déclare qu’il est temps d’aller prendre le repas de midi, et nous indique qu’il nous “récupérera” après que nous ayons mangé. Il nous conseille néanmoins de nous décharger de nos sacs dans le dortoir, dans notre espace personnel. Enfin. Ils commencent à peser lourd. Très lourd.

                    J’arrive au réfectoire avec l’humaine. Au programme, un bout de viande de taille plutôt correct accompagné d’une sorte de bouillie de légume, assez pâteuse. De l’eau, un genre de yaourt sucré, et deux fruits pour clôturer le tout. Relativement complet, reste à espérer que ça ne soit pas dégueulasse. Nous nous installons à une table vide, un peu à l’écart, l’un face à l’autre. Enfin, vide… le début du repas se passe dans le silence, mais un groupe complet de recrues s’approche et s’assoit avec nous. La table devient très vite bruyante.


                    - Alors les nouveaux ? Déjà crevés ? Ce serait dommage et assez nul. ,commence un Zabrak.

                    Je lève la tête, le regarde quelques courts instants. Un regard froid, blasé. Une façon simple de dire “T’es sérieux ?”. L’humaine, quant à elle, lui adresse un regard en biais, froid également, tout en mâchant une bouchée de notre pitance. Le Zabrak semble frustré de cette inexpressivité, et hoche légèrement la tête vers une autre recrue, un Twi’Lek avec une belle balafre sur la joue droite.


                    - Bah alors ? T'as perdu ta langue ? déclare l’humanoïde aux tentacules en donnant un léger coup de coude dans le bras gauche d’Azel. Un peu de purée saute dans l’assiette. La mandalorienne reste figée un instant, puis me regarde, comme pour me demander si elle peut les massacrer. Je lui fais un discret “non” de la tête. Mieux vaut éviter une bagarre. Elle décide de ne pas lui enfoncer la tête dans l’assiette et continue de manger.

                    - La brute et le cerveau, hein ? Peut-être qu’à deux vous pourrez faire un soldat complet, à défaut de laver les chiottes ! déclare de nouveau le Zabrak, sur un ton assez confiant.

                    - Peut-être qu’à dix vous parviendrez à faire la moitié d’un individu lambda, qui sait.

                    La mandalorienne continue de manger de manger comme si de rien n’était, alors que le silence s’empare de la table. Entre ceux abasourdis et choqués, en passant par ceux vraiment blessés dans leur égo, il y a de quoi faire. Pour ma part, mes yeux s’ouvre plus qu’à l’accoutumée d’abord, puis reprennent une forme normale alors qu'apparaît un sourire en coin et que je laisse s’échapper un petit rire.

                    - Tu trouves ça drôle, le nouveau ? me demande le Cathar à côté de moi d’une voix grave, agressive, qui se veut menaçante.

                    - Non. Je trouve ça approprié.

                    Il s’apprête à me mettre un coup de poing, mais est retenu au dernier moment par le Zabrak, visiblement le meneur du groupe. Les deux grommellent, nous regardent avec méchanceté, puis le Zabrak déclare.

                    - Venez les gars. On a fini de manger de toute façon.

                    Ils se lèvent et s’en vont, nous laissant tous les deux.

                    Après le repas, nous retrouvons le Major. Ce dernier nous rappelle le programme de l’après-midi, puis nous guide à travers le complexe. Le Sergent Sveinfield s’occupera de notre entraînement physique, donc. Compte tenu des actions du Major le matin et du caractère du professeur M’arten, est-ce que nous allons encore nous retrouver avec un “gentil” instructeur ? Ca pourrait être une stratégie d’endoctrinement viable : des instructeurs relayant une idée positive, pour qu’ensuite, par parallélisme, la recrue associe une idée positive avec la C.S.I.

                    Nous arrivons dans une sorte de gymnase, et…


                    - Ah c’est pas trop tôt ! Vous avez deux minutes et trente-trois secondes de retard !

                    Oh pas lui… Un humain, relativement petit, vers le 1m70 d’hauteur, mais… C’est celui qui a géré le “footing matinal”. Donc c’est lui, le sergent Sveinfield. Quelle délicate attention de la part du Major qu’il s’occupe de notre entraînement personnel…
                    Le Major va le voir, lui serre la main, et lui explique précisément la situation. Ils ont l’air de bien se connaître, mais il ne se ressent pas la même relation qu’avec le professeur. Moins amicale, peut-être ? Ou ce n’est qu’une impression ?

                    Alors qu’ils discutent, le sergent se tourne vers nous, sans prévenir, et hurle.

                    - HEY LES NOUVEAUX ! VOUS N’ALLEZ PAS RESTER LA A RIEN FAIRE ! C’EST L’ARMEE ICI, PAS LE SALON DE THE DE MAMIE JAWA ! DIX TOURS DE GYMNASE !

                    Et c’est parti… La salle est assez grande, un tour doit faire environ deux-cent mètres… Nous nous mettons à trottiner, à un rythme stable mais plutôt soutenu. Il n’a pas l’air ce qui est “mou”, l’expérience de la matinée l’a bien montrée.

                    Alors que j’entame mon dernier tour, je remarque que le Major est déjà parti, et que le sergent est seul avec nous. Et là…


                    - Trop lent ! Dernier tour en sprint ! ALLEZ ! UNE-DEUX ! UNE-DEUX !

                    Je m’exécute, sans trop faire attention à la réaction de ma camarade. J’ai l’impression de dépenser plus d’énergie mais de ne pas aller plus vite. Il fait ça pour nous épuiser ? Quel intérêt ? Nous pousser dans nos derniers retranchements ?
                    Nous arrivons finalement devant le sergent. Je transpire, essaie de reprendre mon souffle, mais…

                    - Gaaaaaaaaarde à vous !

                    Je me mets au garde à vous, mais le mouvement est lent, pas forcément aussi droit qu’on pourrait l’espérer.

                    - C’est quoi ce garde à vous ? Vous n’êtes plus des civils ! Bombe le torse ! Plus que ça ! Plus que ça !

                    Quelques secondes plus tard, le résultat est satisfaisant. Sveinfield fait des allers-retours devant nous, mains derrière le dos, d’un pas lent. Puis il se retourne brusquement vers moi, et s’approche à moins d’un mètre.

                    - Taille, soldat !

                    - Un mètre soixante-dix-huit, mons… je commence à répondre, sobrement, un peu surpris.

                    - J’ai rien entendu recrue ! Plus fort ! beugle-t-il, me coupant la parole.

                    - Un mètre soixante-dix-huit ! je répète, plus fort, agacé de m’être fait interrompre.

                    - Un mètre soixante-dix-huit ! Jamais vu une tapette aussi haute que ça !

                    Il passe ensuite à Azel, attaquant les cicatrices sur son visage. Puis revient sur moi, ma carrure. “Engagé Crevette”, qu’il dit. Puis tape sur Azel, commentant ses origines, les qualifiant de tapette. Un joyeux spectacle qui dure… Qui dure…
                    Il décide finalement de conclure après de très, très longues minutes.

                    - Je vais vous mettre au pas, soldats ! Vous dresser, vous apprendre la discipline ! Je vais vous sortir de la connerie dans laquelle vous vous trouvez actuellement et faire de vous des durs ! Des agents de terrain ! Le glorieux bras armé de la CSI ! Maintenant, POSITION POMPES !

                    Je me mets en position et commence à faire des pompes. Mais évidemment…

                    - C’est quoi cette position, crevette !? Ton dos ! (il s’approche et change ma position) Plus vigoureux ! Faire pousser tes bras ! Allez ! Un ! Deux ! Trois ! Quatre ! Cinq ! Six ! La gonzesse, plus bas, tes bras ! Sept ! Huit ! Neuf ! Dix ! Onze ! Douze ! Treize ! Quatorze ! Allez ! Si l’un de vous deux abandonne, il en fait le double ! Vous êtes prévenu ! Et ça tient pour toute la semaine que je passerai avec vous ! Quinze ! Seize ! Dix-sept ! Dix-huit ! Dix-Neuf ! Vingt ! Repos !

                    Je manque de relâcher tous mes muscles en même temps. Ma respiration est bruyante. Je n’ai plus l’habitude de ce genre d’exercice. Mais je vais m’adapter. Je m’adapte toujours. Je transpire. Mes mains sont moites. Quelques secondes passent, puis le sergent déclare :


                    - Encore dix secondes de repos, et on repart ! Neuf, huit, sept, six… En position ! Eeeeeeeet… Un ! Deux ! Trois !...

                    Nous continuons ainsi pendant encore… six ? sept cycles de pompes ? Je perds le compte au bout d’un moment. Mes muscles des bras me font mal. Je m’assois comme d’habitude, mais…


                    - Hé ! Recrues !

                    Je me retourne pour attraper par réflexe un objet volant vers moi. Passé la surprise, je le regarde. Une bouteille d’eau ?

                    - Deux gorgées, trente secondes de pause, et on commence les flexions-extensions ! Gâchez pas votre eau, vous en aurez pas une autre avant deux heures !

                    Je le regarde, surpris. Je ne m’attendais pas à ce qu’il nous laisse tout de même boire. Enfin, des recrues exsangues et déshydratées seraient inutilisables, mais je pensais qu’il allait attendre plus que ça.

                    L’après-midi continue. Flexions-extensions, abdominaux, levée de poids, traction sur barre, gainage...L’objectif ici est clairement de nous faire faire du muscle, le tout avec un sergent qui nous crie dessus, à raison, pour nous corriger, ou non. Nous recommençons en boucle pendant une bonne heure, voire plus. Les derniers exercices sont assez douloureux, surtout que mon fond d’eau est maigre et tiède. Mais c’est mieux que rien, et ça me permet de tenir.

                    Nous recevons une deuxième bouteille d’eau, mais le militaire nous refait faire dix tours de gymnase, et nous oblige à faire le dernier tour en sprint. J’ai l’impression que mes jambes sont devenues de la gelée, si bien que je manque de trébucher à plusieurs reprises, vers la fin. Mais cela n'attendrit pas le sergent, oh non. Il nous laisse à peine le temps de boire, et enchaîne immédiatement sur les exercices d’assouplissement. Rythme toujours aussi soutenu, mais l’exercice a le mérite de faire un petit peu moins mal. C’est toujours ça de pris.

                    Environ quatre heures après nous avoir laissés, le Major vient nous récupérer, lessivés, exténués. Son arrivée est presque un soulagement. Il nous indique que nous allons pouvoir prendre une douche, puis nous conseille fortement d’étudier les documents que nous avons récupérés le matin. Une fois ramené en “terrain connu” (ici les dortoirs), le Major nous laisse, et nous souhaite une bonne soirée, en nous rappelant que le lendemain sera similaire.

                    Je me dépêche à la douche tant qu’elle est presque vide, et la quitte au moment où les autres recrues et soldats commencent à arriver. Je reste dans le dortoir pour étudier les documents, en commençant par l’histoire des différents “camps” politiques, et la géopolitique actuelle. Cette activité m’occupe jusqu’au repas. Ce dernier se passe sans accrocs : les chieurs du déjeuner n’ont pas cherché à revenir, au moins pour l’instant. Après le repas, je continue d’étudier, puis essaie de m’endormir après le couvre-feu. Cependant, quelque chose me revient à l’esprit et m’empêche de m’endormir pendant trente bonne minutes, avant d’enfin pouvoir tomber dans les bras de Morphée : où est Alduin ?

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                      Post n°29
                      Auteur : Azel Kyone'e

                      C’est quoi ça ? Un animal savant ? Je rêve ! Le voilà qui nous fait sa petite démonstration de « monsieur-je-sais-tout » avec la trogne très satisfaite de celui qui ne doute de rien. Ben voyons ! Je lève les yeux au ciel – c’est pas l’envie d’en faire plus qui me manque. T’as de la chance que je sois plutôt d’bonne humeur, la crevette, parce qui ça tenait qu’à moi, t’irais faire tes idioties dehors. D’ailleurs, pas besoin d’attendre la pause déjeuner pour ça : papy s’en charge à ma place. C’est avec une bonne petite pointe de sadisme à grand peine dissimulée que je vois mon très cher camarade se faire gentiment rembarrer. Eh ouais, p'tite grenouille, chez moi ça s’appelle un échec. T’inquiète, c’est pas mortel – enfin, dans le cas présent.

                      Je me contente de suivre la troupe, faisant preuve d'une inhabituelle docilité, toute absorbée par l'étrangeté du décors. Je ne m'attendais pas à ça, à vrai dire. Ok, la cantine et les salles d'entrainement, j'aurais gagné gros si j'avais parié dessus, mais la bibliothèque ? Pfiou, eh, j'en avais pour plusieurs heures avant d'avoir fini mon inspection de gamine émerveillée. Peut-être que mettre un peu de bordel... Mmm, pas le temps d'y réfléchir, je récupère in extremis l'un des data que le sergent me fourre dans les pattes. Je jette un coup d’œil sceptique à la référence de l'ouvrage : "Mille et unes recettes de plantes des milieux arides". Coup d’œil atterré. T'es sérieux, mec ? Avoue, celle-là tu l'as gardée juste pour moi.

                      Je prends l'holobouquin avec une moue évocatrice, quand soudain un autre m'arrive dans la figure. "Traité de géopolitique spatiale de la Bordure Extérieure." Ouais, bon, les recettes c'était pas si mal... Pépé se met à nous les balancer façon blaster automatique et il faut le suivre dans les rayons au pas de course. "Tracés de carte d'astronavigation pour les nuls, tome 1", "Historique des traités et décrets séparatistes", "Catalogue des transports terrestres séparatistes à l'attention des troupes", "Organigrammes et Hiérarchies", "Manuel de Stratégie Militaire premier niveau - tactiques de terrains et manœuvres", "Traité de sociologie..." J'arrête de lire les titres, ça me donne mal au crâne. Je me contente d'attraper les machins au vol et les entassent devant moi comme un droïde. Bientôt, la pile dans mes bras dépasse le haut de mon crâne et j'envisage sérieusement de m'en servir pour faire quelques flexions discrétos.

                      " C'est une blague... Une semaine pour avaler tout ça ?! Même en trois mois on en aura pas fait un tiers !"

                      Ma voix est à moitié étouffée par le monceau de plaquettes devant mon nez, mais mon air furieux ne trompe personne. Le seul texte que j'ai jamais lu c'était "les chants de Keldabe" et j'ai eu plus d'un an pour le faire ! Non, faut pas délirer, je vais quand même pas m'encarrer quarante-cinq de ces horreurs ! En toute franchise, si j'arrive à finir la préface du premier, ce sera une grande victoire. Allez, à la dixième page, je me paye un coup ! Le reste, ça calera le lit et l'armoire. J'ai déjà repéré qu'elle était bancale du côté droit.

                      Je me fais pas prier pour laisser choir le paquet dans l'un des sacs et le charge sur mon épaule, sans cesser de jurer en Mando'a à voix basse. "Billy" moufte pas - je suppose qu'il s'en fiche, vu que la lecture a l'air d'être son rayon. Tant mieux pour lui, chacun son truc, hein. J'lui filerai volontiers la sociopolitotrucbidule pour aller tâter des mannequins d'entraînement et du mur d'escalade. Avec un plaisir non feint ! Division des taches, ça marche aussi dans l'armée, j'espère ?

                      On ne se perd pas longtemps en salutations inutiles, et la suite de la visite s'annonce déjà d'un ennui terrifiant. Terrifiant, c'est le mot. Un Rancor, pour être honnête, même enragé, eh bah ça rivalisera jamais avec un cours de sociot... breeeeeeeeef. Moi, je vois ça, je te fais une volte-face comme t'en a jamais vu. J'pense que même avec un vaisseau j'y arriverai, pour une fois ! Cette fascinante réflexion faite, on se retrouve dans une salle un peu à l'écart de l'agitation, où un vieux binoclard semble s'être retranché pour potasser sa sieste avec grande minutie.

                      " Ravi de vous revoir, professeur. Laissez moi vous présenter Azel Kyone'e et Billy, les deux recrues dont je vous avais parlées hier. Azel, Billy, voici le professeur Lucy M'arten dont je vous avais déjà parlé. "

                      Tiens donc. Déjà parlé ? On est déjà célèbre, dans le coin ? C'est bon à savoir. Tout compte fait, je me doute que la piétaille doit pas se bousculer au portillon pour assister aux cours de... jesaisplusquoi. L'autre énergumène me semble tout droit sorti d'un vieil holofilm dont j'ai oublié le nom. Il nous dévisage comme si on venait de lui apporter un paquet cadeau avec écrit "Bon anniversaire" dessus...

                      " Aaaah, oui, oui Un plaisir de faire votre connaissance à tous les deux, j'espère que ce cher major ne vous a pas trop maltraité ! Hohohoh, détendez vous voyons, on n'est pas à l'armée ici ! "

                      Mes lèvres se tordent une seconde, m'empêchant d'exploser de rire. La tête du Major vaut son pesant de crédit. J'sais pas si la blalgue était volontaire, mais je dois admettre qu'elle a fait mouche. Okay, donc je peux aller me chercher une binouze et des crackers ? Sans rancune ? C'est une question de survie, je pense. J'exécute une courte parodie de salut aruetii avec un sourire en coin. " 'Lut prof. " Au Sarlacc les patronymes bizarres.

                      Il paraît si content de nous voir que je finis par trouver ça suspect. Personne est jamais content de me voir - sauf Fen et Dason, peut-être, et encore. Je mets ça sur le compte du fait qu'on a pas encore fait connaissance, tous les deux. Monsieur Lunettes hérite donc de nos deux faces déconfites, pour le meilleur, mais surtout pour le pire - même s'il l'ignore pour une minute encore. Billy se prend une chaise et moi une autre, veillant à mettre un petit espace vital entre lui et moi. C'est pas parce qu'on va devoir se supporter que j'ai l'intention de le coller serré comme une danseuse Twi'lek en mal de plaquettes dorées. Plutôt retourner manger du sable.

                      " Avant de commencer, le major m'a demandé de vous dispenser quelques petits cours sur ce qu'est vraiment la C.S.I. Je ne suis pas un expert en la matière, aussi je vais vous passer la vidéo de présentation qu'ils font eux mêmes. C'est bien suffisant, pas vrai ? "

                      Une vidéo de présentation ? Mes yeux s'arrondissent alors qu'il nous quitte pour lancer le fichier. Genre, ils ont fait une vidéo de présentation ? Oh punaise. OH PUNAISE ! J'le sens vraiment pas. Je me redresse sur le dossier de ma chaise, bras croisés et mine renfrognée.

                      " Pince-moi, ch'uis en plein délire... "

                      Mais non 'tsel, tu rêves pas ! Et à en croire la mine ravie du professeur, faut pas compter sur une panne technique pour nous sauver la mise. Une silhouette apparaît : un de ces modèles de droïde que j'avais aperçu à plusieurs reprises à Toskrew. Au bout de cinq minutes, mon coude se cale en équerre sur la table et sert d'appui à mon menton. Mes yeux roulent dans leurs orbites, ma voix grinçante et pâteuse siffle quelques jurons inaudibles, avant de partir en monologue rageur contre cette fichue vidéo et ce droïde à la noix dont le babillage ressemble à une oraison funèbre.

                      " Oh, osi'kyr... Y aurait pas un Acklay qui trainerait dans l'coin, par hasard ? Non parce que là, j'vais pas survivre. C'est trop dur... Achevez-moi rapidement, par pitié. "

                      Avec une grimace qui déforme mes cicatrices, ma tête disparaît entre mes bras repliés devant moi. En quelques minutes, un discret ronflement témoigne de mon profond intérêt pour l'exposé. Trou noir, le vide. Mais bon sang que ça fait du bien de plus entendre cette voix artificielle qui me donne des envies de meurtre ! A côté de ça, je me retrouve à gambader dans la neige aux côtés de vieilles connaissances. Le fil de cette balade ridicule s'arrête brusquement quand je fais la rencontre d'un chasseur de Wampa à la peau bleue qui me parle d'une poubelle à redécorer avec des peaux de Dosh. Bizarre, ce rêve.

                      " Rejoignez les nations du futur !/ Rejoignez la CSI ! "

                      Un jinggle tonitruant me fait sursauter. D'instinct, j'ai poussé ma chaise en retrait, droite comme un i contre le dossier. Nan, j'dormais pas ! PAS DU TOUT ! Eh, c'est pas comme si la marque du pli de ma manche sur ma joue droite me trahissait, pas vrai ? Pff. De toute façon, j'ai comme l'impression que Prof m'a pas calculée. Tant mieux.

                      " Bien ! Si vous avez compris quelque chose à tout ce charabia, le major sera content de vous. "

                      Ahah ! Bon, ben, raté. Game over encore une fois. Ayons l'air occupée.

                      " Je vais vous expliquer plus en détail les bases de la psychologie, pour que vous puissiez à l'avenir détecter des signes comportementaux devant vos heum...Cibles et collègues ! Nous n'avons qu'une semaine, et il y a beaucoup d'espèces dans cette galaxie. "

                      Le semblant de sourire que j'étais parvenue à me composer se délite. Encore ce mot ! J'ai juste envie de fuir, de me barrer de cet asile de dingues. Je songe au sac de data qui m'attend. Je me souviens de ce que le major a dit et, d'un discret coup d’œil sur ma droite, j'analyse la réaction de mon binôme. Le temps que je me recentre sur lui, je comprends que son discours m'a totalement échappé.

                      " Vous, jeune femme ? "

                      Il me sert un sourire. Encore un ! J'me rend compte à quel point j'aime pas quand on me sourit. Mais je peux difficilement lui aplatir mon poing dans la figure. Sans compter que ça ferait mauvais genre. Je hausse un sourcil.

                      "M... euh... "

                      Mon regard doit certainement traduire quelque chose de profondément... perplexe. Ou débile, peut-être bien.

                      " Ouais ? "

                      Un petit carnet de papier glisse sur la surface du bureau jusque sous mes pattes. Je lui adresse un regard méfiant. Puis je regarde à nouveau Prof. Je veux pas te vexer, vieux, t'as l'air d'un bon bougre, mais, vraiment... T'as pas tiré le bon numéro là.

                      " Euh... C'est une sorte de test ? Je dois écrire des trucs ? Faire des dessins ? "

                      Ma voix rauque doit lui ôter son dernier espoir de me considérer comme un élément féminin. Le sourire de Prof se fendille. Voilà, là tu commences à comprendre ! C'est bien, c'est toujours ça de pris : au moins, on pourra difficilement tomber plus bas, hein ?

                      " Mmm...pas vraiment. Voyons, je vais tâcher d'expliquer ça autrement... "

                      Au moins, il est tenace le type, j'peux pas lui en vouloir.




                      La toquante accrochée au mur claironne, notre chaperon se présente à nouveau à la porte. En fin d'compte, l'exercice est pas aussi déprimant que je ne l'aurais cru. En gros, faut essayer de deviner ce que le type d'en face a dans la caboche sans avoir à lui faire chanter mâtine, juste en le regardant bien. Assez marrant ! Prof a le chic pour ne pas baisser les bras. C'est assez rare de voir des vieux civils comme ça, qui s'accrochent pour essayer de motiver un Bantha dans mon genre. De là à apprécier ses cours, y a un monde, mais bon. C'est pas pire que le reste.

                      Bref, je suppose qu'on aura l'occasion d'y regoûter. En attendant, un autre jeu super nous attend. Cette fois, c'est dans la catégorie simulateur ultra-haute-technologie que ça boxe ! Attention les yeux, pchit ! Je lance un coup d'oeil intéressé aux câblages et aux carlingues rutilantes, mais l'instructeur n'apprécie pas vraiment mon intérêt déplacé pour ce que je suis pas sensé regarder.

                      " C'est à l'intérieur que ça se passe ! "

                      Eh, on pourrait dire ça de pas mal de choses, hein ! Ouais, ok, la blague prend pas. Quelle bande de pisse-froid, dans ce bled... Dé-pri-mant.

                      L'appareil en lui-même est une vraie tuerie ! Le genre de chose hyper sophistiquée - pour pas grand chose, mais chut. Le casque sur la figure, on en prend plein les mirettes, c'est bien cool. Mais après, pour la performance, eh bah... Eh bah voilà. Après ma troisième tentative de décollage raté, le responsable s'énerve, me demande comment je fais pour être aussi bourrine sur les commandes des gaz. Il finit par croire que je le fais exprès : ce qui n'est pas tout à fait faux. C'pas ma faute : la sensation du décollage est juste trop bien.

                      Eeeet... Midi ! Ah ! Désolé m'sieur dame, pause syndicale, on vous recontactera après la page de pub ! Direction gamelle.




                      Quitte à choisir un endroit pépère pour ruminer en silence, le réfectoire est pas si mal. En fait, le brouhaha y est tel qu'on peut espérer ne rien entendre. J'envoie mon plateau glisser au devant de l'un des places libres à l'écart de la foule, près d'une fenêtre. Billy se cale face à moi, comme si la chose faisait déjà partie d'une vieille habitude. De toute façon, vu le contenu de nos creusets, il est évident qu'on ne s'attardera pas toute la journée dessus.


                      " Alors les nouveaux ? Déjà crevés ? Ce serait dommage et assez nul. "

                      Effectivement, c'était trop beau pour durer. Je vois un énorme bahut rouge et cornu se planter à côté de moi alors que je m'souviens pas lui en avoir donné l'autorisation. A sa suite, une belle brochette de petits mignons qui déjà se croient autorisés à nous casser les pieds, et les oreilles par la même occasion. Mes prunelles pivotent vers lui, alors que tout le reste de mon corps continue son bonhomme de chemin comme si j'avais pas entendu. Nouvelle bouchée. Bon, la purée est pas inoubliable, mais a au moins le mérite de me remplir la panse et de m'occuper l'esprit.

                      " Bah alors ? T'as perdu ta langue ? "

                      C'est instantané : j'ai le sang qui déclenche mon hyperdrive personnel. Mes doigts se serrent sur la fourchette, jusqu'à ce que le métal ploie sous la pression. Mes yeux enregistrent ceux de Billy. La scène me paraît beaucoup trop longue : en général, ce genre de chose ne prend même pas une seconde. J'ai ma fourchette dans la main droite, prête à fuser direct sur la main gauche de cette petite fiente de chauve-faucon. Ou dans sa cuisse, dans son cou, dans ses parties, entre ses yeux, n'importe où ça pourra le faire gueuler comme un Ugnaught en rut. Fais pas ça, me disent ces deux yeux, là en face. Fais pas ça... J't'en ficherais de... Bordel de Hutt ! Allez, pense un peu à ce qu'aurait fait Eyan dans cette situation, 'tsel. Il aurait été plus malin que ça... Mais j'ai pas envie d'être maline, j'ai juste envie de lui faire bouffer ses lekkus avec sa sauce moutarde. L'alien jauge mon regard. Histoire de bien s'imprégner de toute la menace qu'il contient, jusqu'à prendre tout à fait conscience qu'il ne s'agit pas d'une simple menace mais d'une envie tenace. Jusqu'à mesurer que la seule chose qui retient mon geste in extremis est la dénégation discrète de mon camarade de chambrée. Bien sûr, l'autre abruti s'empresse d’interpréter notre silence comme une victoire.

                      " La brute et le cerveau, hein ? Peut-être qu’à deux vous pourrez faire un soldat complet, à défaut de laver les chiottes ! "

                      La fourchette qui aurait pu clouer le Twi'lek à la table termine son trajet sans incidence et le restant de purée est englouti. Je prends mon temps pour mâcher ce qui n'a pas besoin de l'être, puis déclare d'une voix glaciale :

                      " Peut-être qu’à dix vous parviendrez à faire la moitié d’un individu lambda, qui sait. "

                      Je te l'avais dit, à force de me prendre pour une quiche, tu vas te prendre des tartes. Tant qu'elles sont verbales, je risque pas grand chose. Je vais peut-être finir par apprendre quelque chose de mon séjour ici, hein. La retenue, qui sait... Non, faut pas rêver. Tes dents peuvent dire merci à Billy the Kid. Ouais, elle est nulle. J'assume.

                      Après une ultime provocation, les paumés de la galaxie se lèvent et retournent à leurs occupations.

                      " La prochaine fois, y en a un qui va se manger le mur en plus du dessert." Je grogne pour moi-même en ramassant mon plateau. Je sais que la crevette a entendu. Je sais aussi qu'il désapprouve. Mais s'il est parfaitement honnête, je sais qu'il pense la même chose que moi. C'est pas demain la veille qu'on bizutera un Mando'a dans un self, par les caleçons de l'Invincible ! Plutôt aller repriser des bures de Jedi sur Tython !

                      " Bon, c'est quoi la suite du programme ? "

                      Les couverts font un boucan de tous les Nexus en tombant dans le vide-couvert automatique.




                      Je sais pas si je dois me féliciter de pas suivre le "cursus standard pour soldat de base" ou au contraire, sentir venir les ennuis à quatre kilomètres à la ronde. J'me tâte. D'un autre côté, je suis certainement pas la plus à plaindre. J'en vois qui passent, rouges et trempés de sueur après leur séance d'exercice. Perso, j'ai surtout hâte de mettre les data au placard pour faire jouer mes muscles, qui prennent un peu trop leurs aises depuis quelques temps. Je sautille sur place, pressée de découvrir les nouveaux jeux que tonton canon nous a concocté. Faut dire, on a pas été déçu question bizarreries, jusque-là.

                      Sauf que l'atmosphère perd quelques degrés quand le visage de notre superviseur du soir apparaît face à nous.

                      " Ah c’est pas trop tôt ! Vous avez deux minutes et trente-trois secondes de retard ! "

                      Tu sais que tu m'avais manqué, toi... Voici donc le fameux " sergent Sveinfield" comme nous le rappelle notre guide. Génial, un nom pareil, je l'aurais oublié dans trois minutes ! C'est parfait !

                      Lui et papy fusil se connaissent, discutent l'air de rien de nos cas personnels alors que je détaille l'endroit où nous avons atterri. La salle est immense, éclairée par d'énormes spots néons, bordée par des passerelles qui serpentent vers les niveaux supérieur. Le centre est occupé par ce qui ressemble à un terrain d'athlétisme couvert, dont la surface brille à la lumière. L'endroit respire la propreté, malgré les litres de sueur qui doivent y être régulièrement versé. J'dirais même que le fond de l'air a un parfum de javel.

                      La tranquilité est de très courte durée. Dès que le major a tourné les talons, le rapace nous fond dessus avec délectation. On a droit à un petit rappel des règles - comme si on avait déjà envisagé de les enfreindre avant même de commencer. Oui bon, c'est p'tet mon cas, mais pour le coup c'est Billy qui prend la première salve alors qu'il a rien demandé à personne.

                      " Taille, soldat ! "

                      Taille ? Je tique. Qu'est-ce que ça peut bien lui faire, qu'il fasse trois mètre ou cinquante centimètres ?

                      " Un mètre soixante-dix-huit, mons…

                      - J’ai rien entendu recrue ! Plus fort !

                      - Un mètre soixante-dix-huit !

                      -Un mètre soixante-dix-huit ! Jamais vu une tapette aussi haute que ça !
                      "

                      D'ordinaire, j'aurais juste explosé de rire. Là, j'ai seulement la rage. Pas que je commence à me prendre pour la maternelle de la crevette, mais voir des types se croire tout permis avec des jeunes comme ça, c'est trop. Je suis pas une âme de pure bonté. Je suis pas une trainée pour autant, y a des choses que j'accepte pas. Point barre, à la ligne, retour chariot.

                      " Peut-être parce que c'en est pas une. J'ai entendu dire qu'il y avait une taille maximale, non ? "

                      Ma voix gronde comme celle d'un animal prêt à mordre. La réaction du sergent ne se fait pas attendre.

                      " On vous a sonné, l'égratignée ? PAS QUE JE SACHE. Règle numéro un dans l'armée : ON SE LA BOUCLE. "

                      Il s'imagine impressionnant avec ses postillons ? La belle affaire. T'es juste pitoyable, mec. Ou alors tu le fais exprès, mais l'un dans l'autre, tu me donnes juste envie de plier bagage. Je le toise sans vergogne, immobile au garde-à-vous.

                      " Quand on a une gueule comme la vôtre, on évite de fanfaronner. Ici, le mérite se gagne pas au nombre de points de suture ! Ici, c'est la DISCIPLINE et le RESPECT DE L’AUTORITÉ qui prime ! Pas la taille de votre four ni celle de votre ego ! "

                      Dents serrées, j'encaisse ses piques, concentrée sur les raisons qui m'ont fait venir ici, concentrée sur le sang froid du type qui fait à peine la moitié de ma carrure. Si lui pète pas un câble, je dois pas le faire. Mais c'est dur. Trop dur.

                      " On les connaît, les zouaves de votre genre ! Toujours à l'ouvrir bien grand et bien fort ! Mais ici, on est pas sur Mandalore ! On a pas de trophée à décerner pour celui qui a la plus grande gueule ! Alors un p'tit conseil : rentrez dans le rang, où votre armure vous servira à récurer la fausse sceptique du camp ! "

                      Je le tue d'un seul regard. Dans, je me vois déjà lui foncer dessus et l'étrangler à mains nues pour avoir oser proférer pareilles insultes. Mes poings se serrent peu à peu, jusqu'à ce que mes ongles pourtant ras me déchirent les paumes. J'ai juste envie de l'étrangler. Je reçois un léger coup de coude qui me fait dévier de mon envie meurtrière. Le temps que je refocalise mon attention sur le type, il s'est déplacé.

                      " On verra bien si vous faites autant la maline dans cinq minutes. "

                      Il revient vers Billy, puis s'exclame comme si on était tous sourds :

                      " Je vais vous mettre au pas, soldats ! Vous dresser, vous apprendre la discipline ! Je vais vous sortir de la connerie dans laquelle vous vous trouvez actuellement et faire de vous des durs ! Des agents de terrain ! Le glorieux bras armé de la CSI ! Maintenant, POSITION POMPES ! "

                      Autant d'assurance dans un si petit volume, c'est juste dingue. Me dresser ? Toi, t'as rien compris à la vie, mon gars. On dresse pas un Mandalorien, on l'apprivoise pas. On peut juste lui mettre une muselière pour éviter de se faire mordre... Et t'as de la chance que j'en ai une. Je vais pas me mettre en l'air pour un petit...

                      " C’est quoi cette position, crevette !? Ton dos ! Plus vigoureux ! Faire pousser tes bras ! Allez ! Un ! Deux ! Trois ! Quatre ! Cinq ! Six ! La gonzesse, plus bas, tes bras ! Sept ! Huit ! Neuf ! Dix ! Onze ! Douze ! Treize ! Quatorze ! Allez ! Si l’un de vous deux abandonne, il en fait le double ! Vous êtes prévenu ! Et ça tient pour toute la semaine que je passerai avec vous ! Quinze ! Seize ! Dix-sept ! Dix-huit ! Dix-Neuf ! Vingt ! Repos ! "

                      Mes paumes touchent le sol froid, le contact avec la surface dure me fait un drôle d'effet. C'est comme prendre une douche glacée après avoir attrapé la fièvre... J'ai les idées plus claires, mais j'sais pas si c'est très bon signe. Les pompes, c'est mon rayon. Pas d'entourloupe, pour une fois, je suis en terrain connu, on me la fera pas. Je connais toutes les ruses. Pas aller trop lentement, tu te fais repérer. Mais jamais en faire plus que ce qui est demandé : les petits chefs se croient toujours autorisés à t'en faire baver quatre fois plus juste pour avoir le plaisir de te briser. Même pas dans le plus doux de tes rêves, face de Sleen. Alors qu'il fait demi-tour devant moi pour gueuler sur Billy, je me soulève une dernière fois et lui décoche un joli doigt-d'honneur dans le dos. Pas très glorieux mais... pfiouuuu, ça calme les nerfs ! Je ricane toute seule de ma défiance lâche et puérile, juste le temps de m'entendre dire qu'il faut recommencer. Tant et si bien qu'au bout d'une paire de cycle, mes muscles commencent à se poser des question. Moi, je m'en pose aussi quand le sergent nous revient avec... de l'eau. Je lui lance un regard torve sans un mot.

                      Billy prend une gorgée et me tend la gourde. Je la refuse.

                      "Non merci, j'lui ferais pas ce plaisir. "

                      Je sais très bien que le risque est énorme. Si je m'étale dans les vapes, j'aurais pas l'air fine. Mais toute cette colère doit sortir, et si je peux ni casser l'enseignant, ni le matos, il va bien falloir que je me casse le cul. Eh ouais. Allez, c'est parti pour une petite séance de craché de poumons ! J'avais même pas remarqué à quel point les miens étaient encrassés, à force de respirer les atmosphères saturées en pollution des mondes Hutt. Le décrassage se fait pas sans douleur, mais j'avoue qu'il était nécessaire. Sergent Némar en profite pour faire son petit sadique de service, histoire de bien faire comprendre qu'ici, on est juste des sous-êtres, des moins que rien qui ont de la chance qu'on les ait pas déjà liquidé. Ben voyons ! J'te conseille de jamais me tourner le dos, la demi-portion. On sait jamais ce qui pourrait me passer par le crâne...

                      Les heures passent, et Billy me tend pour la deuxième fois la bouteille d'eau. Comme une sorte de réflexe, ou alors quelque chose qui ressemble vaguement à de la pitié, je sais pas. Ce type est indéchiffrable. Cette fois, je suis coincée : j'ai plus suffisamment de flotte dans le corps pour encaisser encore une heure de saute-mouton sur les barres métalliques. A contrecœur, je lui arrache l'eau et je vide le flacon. Elle est tiède, a un arrière-goût de chlore, mais c'est de la flotte.

                      Et la flotte, c'est comme le carburant : si t'en a plus, t'es mal ! Pour le coup, je dois admettre que mon endurance en a pris un coup dans l'aile. En même temps, c'est pas avec mes dernières années de misère que j'allais à nouveau briller sur le champ de bataille. On va dire que c'est rarement agréable quand la fierté se ramasse. Mais quand sonne la dernière heure - allez, la racaille, on se magne de finir, j’interprète ça comme "on va bientôt fermer" - j'ai atteint un tel niveau de fatigue que plus rien n'a d'importance. J'ai juste l'impression d'être torchée ! Les points noirs dansent devant mes yeux, mais je me sens étrangement légère. J'ai l'impression d'être l'une de ces créatures mythologiques, qui renaissent de leurs cendres. Depuis combien d'années j'étais pas allée aussi loin ? Franchement, je sais plus. C'est dingue comme ça fait du bien ! Pour le coup, je suis presque prête à basculer dans la bonne humeur ! Allez... eh. En fait non.

                      " C'est fini pour aujourd'hui, le duo de comique ! C'était pas trop pitoyable, mais z'avez intérêt à faire mieux la prochaine fois ! "


                      " Oui chef ! Bien chef ! " Je m'exclame d'un ton beaucoup trop enjoué. Le sergent me regarde à son tour, puis lève les yeux au ciel d'un air consterné.

                      " Vous êtes une drôle, Kyone'e, hein ? Vous inquiétez pas, j'en ai maté des plus drôles que vous. Et pas plus tard qu'hier. "

                      Mes zygomatiques remontent avec tout le sarcasme dont je suis capable. Eh les mecs, attention, déclaration de guerre ! Préparez vos blasters ! Je sens que la semaine va être drôle. Punaise, j'me marre d'avance !




                      La nuit tombe. Dans l'environnement à l'éclairage artificiel des salles d'entraînement, la différence ne se fait pas sentir, et il faut attendre la sonnerie du camp pour savoir qu'il est temps de regagner nos pénates. On retrouve le dortoir - j'dois l'avouer, non sans un certain plaisir - et je me prépare à la ruée vers les douches.

                      Le Twi'lek qui m'emmerdait à midi, je le reconnais. En même temps, des Twi'ek, y en a pas trente-six dans le tas, et sa balafre est bien visible. J'hésite à le coincer pour lui faire regretter sa bêtise, mais la porte devant moi s'ouvre et je m'empresse de prendre la cabine de libre avant qu'un autre me la pique. Serviette, ok,
                      Je me retourne pour fermer la porte, et là : surprise. L'empêcheur de se laver en rond bloque le

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                        Post n°29
                        Auteur : Azel Kyone'e

                        battant.

                        " HEY, j'peux savoir ce que tu fabriques ? Tu t'es perdu ? C'est OCCUPE. "

                        Il me sourit, prend la pause, goguenard, une main sur le bord de la porte, l'autre sur la hanche, comme ces mannequins des revues coruscanti. Non mais vraiment, y a des tartes qui se perdent...

                        " Ah ? Mince, désolé, j'avais pas vu ! Mais toutes les autres sont occupées... J'me suis dit qu'une nana de ta trempe voudrait peut-être partager... Y a de la place pour deux, non ? En se serrant un peu... "

                        Les mecs. Du moment qu'ils sont pas trop mal fichus, ils s'imaginent qu'on est intéressée. Va falloir te réveiller, le minou. Je montre les dents et je lui fonce dessus. Je m'arrête à un centimètre de son nez et je l'attrape par la ceinture. Quand il sent ses pieds décoller du sol, il tente de battre en retraite. Un poiiil trop tard.

                        " La seule chose qui va se serrer ici, c'est ton fessier, si tu tiens à ressortir de là en espérant pouvoir un jour procréer ! "

                        Déséquilibré, il manque de partir en arrière et de s'étaler sur le carrelage. Sa tentative a au moins la vertu de désamorcer ma colère par le rire. Il fait juste pitié...

                        " Dégage.

                        -Ok ! Ok ! On se calme ! C'était pour rire...!
                        "

                        Pour rire ? On doit pas avoir le même sens de l'humour, alors. Je lui balance la porte dans la figure et retourne à ma serviette.

                        Quand je ressors, propre et sèche, je ne peux m'empêcher de vérifier les portes d'à côté. Plus personne. Dommage, je lui aurais bien savonné la bouche moi-même, à l’autre empaffé. Ce sera pour une autre fois. J'adresse un regard furieux au groupe qui nous précède dans la chambre et regagne mon lit sans un mot. Débarrassée de la sueur de la journée, je retrouve avec joie mes affaires dans le placard : tout y est, c’est Phrik-Cortose. Je jette un oeil au jet-pack d'Eyan, entreposé sagement tout en bas. Je sais pas si j’pourrais m’en resservir un de ces quatre, mais en attendant, il me sert de souvenir. Comme une écharde gardée sous la peau, et qui vous rappelle que vous avez failli y passer, à chaque fois que vous appuyez dessus.

                        Mouais. Quart d’heure philo face à la fenêtre, histoire d’attendre le sommeil qui vient pas.




                        A peine couchés, déjà levés. Et le cirque recommence. J'ai l'impression d'avoir appuyé sur la touche "marche arrière". La seule différence, c'est que cette fois, aucun de nous ne se fait avoir. J'ai enfilé mon maillot de course la veille. Ce qui me permet de bondir du lit dès la sonnerie, et de précéder tous les gugus sur le terrain. Je retrouve sergent grande-gueule avec le plaisir de celui qui vient de marcher dans de la bouse de Bantha. On échange les amabilités d’usage, le revigorant « bande de Wampas castrés » qui répondent à un « oui chef » chaleureux. Que du bonheur ! Ce type a dû oublier le sens du mot respect dans le ventre de sa mère, je pense. Normal qu’il l’ait pas retrouvé depuis, donc. Bref. Au moins, il fait son boulot, et plutôt bien. En quelques jours, je me sens revivre ! Je crache toujours du feu à la fin de nos tours de sprint dans le désert, mais au moins, je progresse. Billy tient la route. Je me demande s’il va finir la semaine tous les soirs, mais non : le lendemain, il est là. Je commence à m’y faire, à sa tronche de mini-sarlacc. Je peux toujours pas le blairer, mais bon, je crois qu’il en a pas vraiment conscience. Ou qu’il s’en fiche, c’qui est pas plus mal !

                        Quelques jours, c’est pas assez pour parler de routine. Pourtant, dès le quatrième, on a tous compris que le rythme ne changerait pas. On peut pas parler de vrai plaisir, ni même de résignation : je suis toujours bien décidée à reprendre ma vie en main dès que l’opportunité se représentera. Néanmoins, c’est devenu une sorte… d’accoutumance. Ici, au moins, je suis chez les militaires. A faire ce que j’aime faire le plus, faute de mieux : courir, frapper, sauter, manier du lourd, etc. Pour le reste, je subis de mauvaise grâce. C’est franchement pas bon pour mon humeur, et les rares fois où je l’ouvre, c’est pour grogner comme un Gundark dérangé dans sa sieste. Mais ils y comprennent rien : c’est ma façon de dire bonjour, quoi ! De toute manière, si je te détestais vraiment, l'asticot, je t’adresserais même pas la parole ! Ou alors à travers un canon de blaster. Quant aux piles de documents, j'estime plus que remarquable ma performance de soirée, qui est d'une page et demi en trois heures ! Vraiment pas mal. Plus que dix ans et j'aurais tout fini ! Encore un peu et tu vas finir intello, ma pauvre 'tsel. Ils sont dingues, à la CSI !

                        Genosis, son désert, sa petite base au milieu de nulle part, ses soldats stupides et ses gradés tordus. Tout un monde ! Là, au moins, je m’amuse un minimum. Hein, si on fait le total, c’est toujours bien mieux que la tôle. Là, j’ai Billy pour les commentaires débiles, sergent-rage pour les prises de bec, Prof pour les prises de tête, et… et papy fusil. Ouais, alors lui par contre, j’ai toujours pas trouvé dans quelle case le ranger. Je cherche encore.

                        Hm, c’est déjà l’heure ? A TABLE !

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                          Post n°30
                          Auteur : Ansikt

                          Sommeil. Réveil. Routine.

                          Une impression de déjà-vu me prend alors que la sirène hurle. Les autres autour de moi s’agitent comme un essaim, répètent les mêmes actions, comme si une pensée unique les animait. Même la mandalorienne les imite à moitié, ayant préparé ses affaires la veille. Je m’habille, je les suis sans conviction. Cette fois, Azel n’est pas en queue de peloton avec moi. Sveinfeld beugle. Le rang se forme et se met à courir.

                          Retour une heure plus tard. Je suis fatigué et déshydraté, mais ai l’impression d’avoir mieux tenu le coup que la veille. Logique, je m’habitue au traitement de la part du militaire. Nous allons ensuite voir le professeur M’Arten, nous suivons son apprentissage. Ca a le mérite d’être plus intéressant que de courir sans but. Après le cours, nous allons suivre la formation sur le pilotage de vaisseaux, puis nous suivons les autres soldats pour aller manger. Puis nous allons au gymnase avec le sergent pour suivre son entraînement.

                          Suivre. Toujours suivre. Tout est réglé, paramétré, prévu. Comme dans une grande partition. Comme dans une colonie géonosienne. Chacun sait ce qu’il doit faire, chacun fait ce qu’il doit faire. Pas d’initiative visible de la part des soldats. Chacun est plus ou moins content dans son rôle, et chacun l’interprète avec plus ou moins de ferveur. Le plus réaliste des théâtres. Et j’en fais également parti maintenant, apparemment. Mais est-ce que j’ai le choix ?

                          Oui, évidemment que j’ai eu le choix,et que je l’ai toujours. Si je l’avais voulu, j’aurais pu choisir la prison. Si je le voulais, je pourrais frapper un supérieur. Si je le voulais, je pourrais m’enfuir une nuit dans le désert géonosien, avec un minimum de vivres. Mais un cas comme dans l’autre, je ne donnerais pas cher de ma peau. Actuellement, mon envie de survivre surpasse mon envie de liberté. Alors je me résigne. Pour l’instant. Dès que je peux, je reprends mon indépendance. Ou alors, si je reste chez les séparatistes, ce sera pour une offre à mon avantage. Il faudra que je demande à la mandalorienne ce qu’elle compte faire, tiens...

                          Le soir arrive. J’étudie les hololivres que le major nous a assigné. Je vais prendre une douche, puis le repas. Je continue d’étudier. J’attends le couvre-feu. Je m’endors. Je me réveille le lendemain. Et le cycle recommence. Si l’entraînement physique ne me fatiguait pas, ne me faisait pas transpirer, ne me faisait pas mal, j’aurais l’impression d’être piégé dans un mauvais rêve, un cycle sans fin.

                          Ou alors je me fais des idées ? Après tout, le deuxième jour n’était pas la copie conforme du premier. Premier exemple : la bande de la veille n’était pas revenue au déjeuner. Ensuite, le cours du professeur M’arten s’était cette fois concentré sur les proche-humains. Enfin, Sveinfeld avait légèrement changé son entraînement pour se focaliser sur les muscles du haut du corps. M’enfin, le schéma reste globalement semblable…

                          Sommeil. Réveil. Routine.

                          Troisième jour. Quatrième. Cinquième. Sixième. Les journées se suivent sans grand changement de mon côté. Je ne fais pas preuve de zèle, mais ne rechigne pas vraiment aux exercices. D’un côté, c’est une façon pour eux d’asseoir leur autorité sur les recrues. De l’autre, je me dis que ça faisait longtemps que mon corps n’avait pas reçu de sérieux entraînement, et mes performances s’améliorent doucement. Les enseignements du professeur M’Arten restent intéressants et apportent de nouvelles notions à chaque cours, ce qui est un plus en soi.

                          Mes relations avec ma camarade n’ont pas vraiment évolué depuis le premier jour. Elle n’a pas l’air de m’apprécier, mais bon, je ne vais pas en faire tout un plat. D’après mon expérience avec les mandaloriens, ils sont souvent têtus, guerriers, et jugent sur la valeur au combat. En plus de détester tout ce qui se rapproche de la Force. Je ne vais pas changer sa vision de moi en suivant un bête entraînement à ses côtés. Alors je fais avec. Le relationnel viendra plus tard. Au moins elle n’a écharpé personne, pour l’instant.

                          Le soir du sixième jour démarre comme les autres. Après le repas, étude des hololivres. J’ai l’impression d’avoir plutôt bien avancé sur mon volume de documents. J’étudie donc en détail les arcanes du système républicain. Le couvre-feu arrive, mais je ne trouve pas le sommeil. Je tourne dans mon lit, lorsqu’un imprévu arrive. J’aperçois la bande de “bizuteurs” se lever, menée par le Zabrak qui tient une… chaussette ? Sur la défensive, je me lève de façon à ce que mon lit se trouve entre nous deux.


                          - Alors la crevette ? On a les foies ?

                          Je ne réagis pas. Pas un mot, pas une expression faciale. J’étudie la situation. Ils peuvent m’encercler sans aucun problème. Et reculer ne ferait que retarder l’inévitable. Il va y avoir confrontation.


                          -Pas de réponse, hein ? Et bien, puisque tu n’y vois pas d’inconvénient, tu vas gentiment nous suivre et faire tout ce qu’on te dit. On va rattraper le temps perdu depuis ton insolence à.... "

                          Sans prévenir, je soulève violemment le matelas, puis donne un coup de pied dedans. C’est trop faible pour vraiment les blesser, mais assez puissant pour les gêner. J’attrape au sol mon deuxième oreiller et le lance sur eux alors qu’ils se débarrassent de mon matelas et cherchent à avancer. Ils l’esquivent sans difficulté, mais… ce dernier va atterrir sur le visage d’Azel, encore dans son lit.

                          - Et bien… Je crois que vous allez passer un mauvais moment... je leur dis, bas, un léger sourire aux lèvres.

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                            Post n°31
                            Auteur : Azel Kyone'e

                            Réveil ! TARI-TARA, branle-bas d'combat mes poulets ! On perd pas d'temps à savoir où on a bien pu flanquer son cerveau la veille et on se met en rang comme de gentils oignons prêts à être frits. Pas la peine de nous indiquer le chemin, on commence à le connaître. Faut dire, même si les dunes et les falaises se ressemblent toutes, celles qui bordent la base finissent par devenir familières.

                            Mon regard va se perdre au-delà du verre poussiéreux de la fenêtre : ça fait combien de temps qu'on est ici ? Au final, certainement pas bien plus d'une petite semaine. J'ai l'impression qu'c'est une éternité. Sans surprise, Billy s'avère autrement plus habile aux exercices de Prof que moi. Je sais pas, il a une drôle tournure d'esprit. Je sais pas comment le dire, mais pour le peu que je connais de la galaxie, j'ai jamais rencontré quelqu'un comme lui auparavant. Pourtant, j'en ai croisé, des petits fiérots forts en thème. Mais celui-là est d'un genre particulier. Il n'aime pas parler, alors qu'en général ces types-là sont des turboréacteurs à parole. Je m'en plains pas, je suis pas la locacité incarnée. Pour ma part, je suis pas mécontente de notre entrainement martial. J'ai l'impression d'être une bête qu'on a laissé enfermée dans une cage depuis des lustres, et qui peut enfin se libérer et en mettre plein la face à ses geôliers. Je me déchaîne avec un plaisir dingue sur les mannequins de combat, jusqu'à ce que pépère rabat-joie me gueule que je suis ici pour frapper juste, et pas démolir l'équipement. La précision, justement. Y a encore du progrès à faire, mais on pourra pas me reprocher de pas m'appliquer. Le tir, j'm'en sors pas trop mal -toujours mieux qu'en géopolitique en tout cas. Quelle prise de tête, ce truc ! Pouah, je pense que je me porterai mieux quand j'aurais enfin arrêté de me casser les miches à y comprendre quelque chose. Tu m'étonnes que la galaxie soit à feu et à sang. Avec des systèmes aussi migrainogène, pas étonnant que tout le monde préfère se taper dessus. C'est simple, efficace, et ça évite d'avoir à se poser ce genre de questions stupides...

                            Et ce tas de data qui ne diminue jamais ! Non, c'est peine perdue, j'aurais jamais plié ces foutus doc', même avec un délais supplémentaire. Y a quelques années, je les aurais même pas touché. Là, j'ai quand même fait l'effort d'en lire un ou deux. Ouais, bon, juste les préfaces, histoire de me rendre compte à quel point j'en ai rien à cirer. J'ai pas été déçue. C'est incroyable le genre de choses que les être vivants peuvent inventer pour perdre leur temps. Mais bon, on viendra me dire que c'est parce que j'y pige rien et que j'ai le QI d'un Dewback. C'est peut-être pas faux, chacun ses préoccupations, j'ai envie de dire. J'ai jamais eu la prétention d'être érudite, qu'on soit bien clair. Donc, j'assume.

                            La CSI possède un joli petit arsenal à même de plaire à tout Mando'a qui se respecte, et c'est plutôt plaisant de savoir que si un trouble-fête se ramène, on a de quoi en faire un puzzle sans bouger de nos sièges. Le seul truc qui me gêne, là-dedans, c'est que pépé et sa clique d'uniformes décorés nous prennent toujours à part, nous font faire tout un tas de choses bizarres - j't'en veux pas Prof, mais t'es quand même bien chelou sur les bords - sans jamais nous donner le fin mot de l'histoire. J'ai de plus en plus l'impression qu'on nous cache des choses, et ça me plaît pas des masses. J'suis quelqu'un de franc du collier, les cachoteries et les rumeurs, ça me casse les bonbons très vite - même si je suis une nana, de base. Alors entre deux cours, entre deux tours de parcours d'obstacles, à la cantoche ou à la douche, je commence à cogiter. Et c'est jamais très bon, une Azel qui cogite. On peut jamais trop prévoir le résultat.

                            Le soir venu, quand on nous donne la permission de regagner nos pénates, j'ai la tête ailleurs. Si bien qu'il me faut attendre un certain niveau sonore à quelques pas de mon pieu pour que mon cerveau se câble de nouveau sur la fréquence "y a du grabuge". Et c'est Billy qui prend. Le Billy, le vrai Billy, celui qui partage ma pitance et ma routine depuis que notre fine équipe s'est évanouie dans le désert. Au final, il est toujours là, plus gringalet que jamais, mais en bonne forme et toujours prêt à s'attirer des ennuis.

                            " Alors la crevette ? On a les foies ? "

                            La crevette ? Eh, attends, y en a qu'une seule ici ! C'est moi qui l'ai surnommé comme ça ! Y a un copyright sur le nom, là. Je lève le nez du data, pour voir le zabrak et ses suiveurs qui encadrent mon infortuné partenaire de galère. Son lit est de l'autre côté de l'allée, pas très loin du mien. Je replonge dans mon histoire de trajectoire d'astéroïdes. Billy a beau être une crevette, je l'ai déjà vu mettre un mannequin parterre, pas plus tard que cette après-midi. Alors les engagés pleins de testostérone, je le pense largement capable de les remoucher. Sauf que l'abruti de service a pas l'air de comprendre. Il en rajoute, et moi, ça m'énerve. Tout m'énerve. Tout le temps. C'est le côté épicantix qui parle, je crois. Faudrait peut-être que le côté humain apprenne à se manifester un peu plus, qui sait ?

                            " Pas de réponse, hein ? Et bien, puisque tu n’y vois pas d’inconvénient, tu vas gentiment nous suivre et faire tout ce qu’on te dit. On va rattraper le temps perdu depuis ton insolence à... "

                            ZBLAM.

                            C'était quoi ça ?! Je secoue la tête et mon regard tombe sur... un oreiller. Genre, je rêve ou bien le mec vient de me balancer son oreiller dans la figure ?! Non mais... C'est du sérieux ? Je crois bien que ma tête les renseigne sur la suite de l'épisode.

                            Oh punaise. J'vais m'le faire... J'VAIS M'LE FAIRE !

                            Je ramasse le coussin d'un geste vif et je me lève. Je lui expédie son oreiller en retour express par voie aérienne de toute ma force, en lui gueulant avec une bonne humeur transcendante :

                            " LE PREMIER QUI A UN PROBLÈME PERSONNEL AVEC LE KID, IL PEUT V'NIR M'EN PARLER. ON EST OUVERT AUX DISCUSSIONS ! "

                            Pour qui qu'il se prend, lui ? C'est pas parce que Billy possède la masse musculaire d'un Gizka qu'il faut s'croire permis de le baffer. C'est moi qui baffe. Et clairement, il a des tartes qui se perdent, mais pas pour celui qu'on croit ! Le cornu n'apprécie pas d'être dérangé dans son petit manège d'intimidation - raté, mais bon, pas la peine d'en rajouter, il s'en doute déjà.

                            " Hey ! On t'a pas sonné bordel ! C'est entre la crevette et moi, ok ?! "

                            Je lui flanque SON coussin dans la tronche avec une bonne dose de rogne, le faisant reculer sous le coup. En fait, heureusement qu'il y est, le coussin.

                            " C'est MA crevette. Tu y touches, j'te refais le portrait. C'est pas négociable. "

                            Je jette un rapide regard à Billy. Je le soupçonne de pas s'être défendu pour le plaisir de mon voir sortir de mes gonds. C'est pas comme s'il commençait pas à me connaître, hein. Les types se retranchent derrière leurs lits et se mettent à répliquer. Les oreillers volent. Un sourire me tord le nez, et je lui lance, tout en usant du matelas comme d'un bouclier :

                            " Allez, Bil', à couvert ! On va les leur faire bouffer, par le derrière s'il le faut ! "

                            Je bondis derrière le lit de Billy et ramasse les coussins, un dans chaque main. En quelque minutes, le dortoir est un champ de bataille où les soldats bondissent de lit en lit. Je suis pas mécontente de notre score : Billy et moi, on arrive à peu près à se comprendre. Il me couvre, et je saute sur le premier qui passe. Ma mauvaise humeur s’atténue un peu, remplacée par une adrénaline bienvenue. Ah, la folie des atunda soir, au fond des dortoirs geonosiens ! Je finis par acculer l'un des gars d'en face contre sa tête de lit et je lui saute dessus coussin brandi.

                            " A L'ATTAQUE !!! "

                            C'est ce moment que choisit l'un des surveillants CSI pour apparaître dans l'encadrement de la porte. Sa tête vaut son pesant de crédits : je pense qu'il en aurait pas eu une autre s'il avait vu un Dragon Krayt dormir dans l'allée centrale. Dès l'instant où il se pointe, tout le monde se fige, donnant un petit air "tableau de maître" à notre chambrée de gros bras occupés à se taper dessus à coup de traversins. Ok, ben, c'était bien sympa, mais je crois qu'il va être l'heure d'y aller...

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                              Auteur : Tericarax

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