Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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    #7

    Post n°7
    Auteur : June King

    Comme l'avait pressenti la lieutenante Maria Gladmoore : toutes les recrues, qui venaient d'entrer officiellement en formation, ne parvenaient pas à coordonner correctement leurs forces pendant la tâche. Des petits groupes s'étaient créés à droite et à gauche et certains détruisaient le travail des autres - c'était à croire que les recrues n'avaient rien retenu des discours de leurs supérieurs avant de commencer le travail. Mais cela n'étonnait absolument pas Maria, et elle l'avait même anticipé avant leur arrivée.
    Cela n'était pas la première fois que la lieutenante devait s'occuper d'une formation de nouvelles recrues - elle en avait même fait sa spécialité à force -, mais les voir faire n'importe quoi était toujours très difficile à supporter, comme ce petit groupe formé de quatre personnes qui cassaient des cailloux sans même ramasser ce qui avait été détruit. À vouloir faire trop bien, on finissait par faire n'importe quoi : voilà ce à quoi pensait la lieutenante en voyant ses inutiles suer à la tâche. Malheureusement pour son bien-être, ce n'était pas le pire des groupes qui s'étaient naturellement formés durant cet exercice - à croire que les moins-que-rien finissaient par se regrouper entre eux.

    Niveler une partie d'un terrain en cassant des rochers tout en retournant la terre pour y couler une dalle de béton afin d'accueillir la suite de la nouvelle plateforme d'atterrissage de l'astroport. Voilà une tâche qui, sur le papier, semblait être facile. Mais c'était vite oublier que les recrues étaient sur Géonosis.

    Les minutes passèrent et la tâche devenait progressivement plus ardue, terrifiante, même. Certaines des recrues étaient obligées de s'asseoir ou de s'allonger quelques instants pour reprendre leurs esprits et leurs forces. Entre la chaleur de Géonosis, son soleil noircissant douloureusement la peau pour celui qui n'était pas habitué et son air sec et étouffant... une simple tâche comme frapper un rocher à l'aide d'une pioche se relevait plus d'un défi extrême que d'une simple tâche de travail. La lieutenante avait bien fait de choisir cet endroit pour le premier et véritable entrainement du groupe. Et qu'y avait-il de mieux que de voir souffrir de la chair fraîche pour faire comprendre à ce tas d'incapables que tant qu'ils ne parviendraient pas à travailler en équipe, jamais ils n'arriveraient à faire quoi que ce soit.

    Continuant d'observer les nouveaux frappant sur des rochers sans intervenir en leur laissant pleinement gérer la situation et sans donner aucune instruction, Maria sortit son datapad et commençait à y noter quelques critiques sur certaines des recrues. Toutes n'étaient pas forcement à renvoyer, quelques-unes faisaient preuve de beaucoup de bonne volonté et d'ardeur à la tâche - elle aimait ça -, malheureusement d'autres n'arrivaient plus à se relever, et lorsqu'une des recrues tombait par terre, le sergent Forest venait à son aide. Le sergent aidait les plus faibles à reprendre des forces en les amenant à l'ombre et en leur servant de l'eau pour les réhydrater. Après tout, les formateurs n'étaient pas là pour les tuer en les faisant faire un travail jusqu'à la mort, ils étaient seulement là pour les entraîner. Un entraînement difficile, certes, mais qui leur serait bénéfique pour la suite.

    Après seulement une heure de travail - qui semblait en faire plus pour ceux qui étaient en action -, l'une des recrues frappa violemment un rocher qui était plus grand que lui, et un gros bout de celui-ci, lourd de plusieurs kilogrammes, se détacha et fonça dans sa direction ! Heureusement pour lui, il fut très vite dévié par la soldate King qui se trouvait, à cet instant, non loin de là. Plaçant sa main gauche (recouverte d'un gant noir) sur le rocher pour l'arrêter à quelques millimètres du visage de la recrue, la soldate balança le morceau un peu plus loin et sans aucune difficulté. Faisant une remarque à la recrue qui était totalement inconsciente du danger, la soldate l'envoya chercher des ressources pour un droïdes qui attendait de retourner souder une nouvelle partie de la plateforme, avant de sortir son datapad et de noter quelque chose.

    Mais par un miracle, dans ce chaos sans nom, une voix forte se fit entendre. Surprises, toutes les recrues tournèrent leur visage dans sa direction, même les supérieurs qui étaient occupés à prendre des notes dans leur datapad regardèrent cette silhouette qui avait pris de la hauteur pour parler à voix haute. Qui était cette recrue à la musculature importante et cette petite à la mèche blanche ? Regardant dans ses dossiers via son datapad : Maria retrouva très vite les fiches de ces deux recrues. Mais avant d'en apprendre davantage sur elles, la fille prit la parole et en étonna plus d'un. Avait-elle compris l'importance de la coordination ? Venait-elle d'avoir une révélation et avait-elle pris l'initiative de devenir le leader de tout le groupe ? Difficile à dire. D'autant plus que sa fiche ne comportait aucune mention sur sa psychologie après une rapide lecture, du fait qu'elle était venue sans déposer une candidature au préalable.
    Curieuse, la lieutenante s'approcha de la recrue qui venait de prendre la parole et qui s'était remise au travail après son monologue. Sans rien dire, elle se plaça à côté de cette jeune fille à la mèche blanche et de cette montagne de muscle qui faisait facilement deux fois sa taille. Maria pouvait être terrifiante lorsqu'elle donnait des ordres, mais juste sa présence sans faire aucun bruit, en observant et en ne détachant nullement son regard de sa cible tout en prenant des notes, cela pouvait donner des sueurs froides dans le dos et en rendre fou n'importe qui.

    Observant le reste des recrues, en restant à côté de celle qui avait pris la parole un peu plus tôt : Maria fut étonnée de voir que toutes les recrues avaient appliqué les consignes qui avaient été dites.

    « — J'espère pour toi que ce n'était pas simplement une action pour te faire bien voir, expliquait la lieutenante dans un ton sec et suspicieux. »


    Les heures passèrent et le terrain ne comportait déjà plus de rochers à l'endroit où la plateforme devait être installée. Le sable et le peu de terre avaient été retournés et le tout semblait plat. Les consignes de la recrue avaient porté leurs fruits, et tous purent finir avec un peu d'avance sur le temps qui était prévu. La lieutenante semblait contente. Bien que le début des travaux s'annonçait très mal parti, il avait suffi qu'une voix s'élève pour que toutes les recrues se mirent à s'organiser pour commencer à travailler correctement en équipe. Fière de ce qu'elle avait vu, Maria appela toutes les recrues et leur ordonna de se mettre en rang et au garde-à-vous en face d'elle - et appela ses collègues par là même. La fatigue pouvait se lire sur les visages des recrues à cet instant. Les cheveux étaient trempés et collés sur la tête, les yeux avaient du mal à rester ouvert à cause du soleil et de la poussière, les vêtements étaient remplis de sables, les peaux étaient rougies et certaines brûlées par le soleil, les mains étaient gonflées et d'autres saignées dues à l'intensité du travail, les poumons se dégagés par de violentes toux et les gorges étaient sans doute sèches.

    « — Je suis fière de ce que j'ai vu, commençait-elle à dire en les félicitant. Bien que le début était désastreux et profondément pathétique, vous avez fini par travailler en équipe et vous avez compris l'importance d'unir vos forces, dit-elle en lançant un regard à la recrue qui avait pris la parole. Et pour votre plus grand bonheur, comme vous venez de terminer cette tâche plus tôt que prévu, s'arrêtait-elle un instant en apercevant les yeux des recrues s'illuminaient à l'annonce d'un repos bien mérité, vous allez appliquer les dalles de béton sur le sol que vous avez parfaitement nivelé ! Donnait-elle comme ordre en voyant les visages des recrues passaient de la joie à la déception. Bien sûr, il vous faudra faire le béton avant d'appliquer les dalles, expliquait-elle avec un léger sourire. Vous trouverez tout ce dont vous avez besoin à côté des ressources pour droïdes, finit-elle en pointant du doigt l'endroit où se trouvait les bétonnières. »

    À côté des diverses ressources pour la construction de la plateforme, il y avait plusieurs bétonnières, avec des sacs de sable, de ciment et de granulat ainsi que des citernes d'eau mis à disposition pour former le béton et en faire des dalles pour les poser au sol.

    « — J'attends de vous que vous me fassiez le meilleur béton et les plus belles dalles pour qu'elles puissent accueillir la plateforme sans aucun souci, motivait-elle les recrues. Bien sûr, n'oubliez pas de ressourcer les droïdes en matière première pour qu'ils puissent continuer sans ralentissement la construction de la plateforme, rappelait-elle au groupe. Recrue, en avant ! »



    Spoiler : HRP
    N'hésite pas à détailler un peu plus l'humain avec qui ton personnage semble avoir un début de relation, et à lui donner un nom si cela t'enchante.

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    • Le ChroniqueurL Hors-ligne
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      #8

      Post n°8
      Auteur : Atreïs Helcar

      Atréïs avait repris le travail sitôt ses quelques mots prononcés. Il avait eu l'agréable surprise de voir chacun le suivre. Quelque part, il s'en doutait un peu. Paralysés par la peur de mal faire, chacun donnait son maximum sans penser à la synergie du groupe, et leur grand nombre aboutissait nécessairement à un chaos sans nom. Sans doute étaient ils contents d'avoir trouvé une voix s'élevant pour les guider. C'était compliqué à imaginer. En revanche, il eut la moins agréable surprise d'apercevoir la Lieutenante Gladmoore se planter à côté de lui.

      Il sentait son regard avisé sur son dos, l'observant. Il eut à peine le temps de relever la tête. De près, elle était encore plus impressionnante que de loin. Pas physiquement à proprement parler. Elle était à peine plus grande que lui sous cette forme, et pas beaucoup plus musclée en apparence. Bien loin de la montagne de muscles en tout cas. En revanche, ses yeux noirs perçants avaient de quoi glacer le sang de n'importe qui tant ils lui semblaient calculateurs, vides de toute émotion ou sentiment. Sa seule présence suffisait à gêner le Gurlanin. Par sa façon de le regarder, et surtout, par ses paroles.


      "J'espère pour toi que ce n'était pas simplement une action pour te faire bien voir."

      Splendide. Evidemment, il ne s'attendait pas à se voir remettre une médaille. Mais malgré tout... Il eut comme une chape de plomb sur les épaules. Avait-il fauté ? Etait-il tombé dans un traquenard tendu par la lieutenante ? Ce n'était pas impossible, elle semblait être de cette trempe de ceux qui ont deux à trois coups d'avance, et maîtrisent le terrain de jeu sans vous laisser le voir. Mais en même temps... Elle n'avait pas hésité à expédier sans ménagement les quelques uns qui la défiaient ou n'atteignaient pas les objectifs. Et, tout test mis à part, elle n'avait pas cette lueur de fourberie. Pas à ce point.

      Il chassa bien vite ces quelques pensées de son esprit, se remettant au travail. Il verrait bien vite de quoi il retourne. Non, il n'avait pas fait cela pour gagner des points auprès de la Lieutenante, il aurait au moins cela pour sa conscience, si tant est que cela comptait. Ce qui importait, à cet instant précis, était de faire en sorte que ce groupe fonctionne. Et si son intervention l'avait rendu effectif, tant mieux ! Mais il ne se voyait pas se justifier devant l'instructrice qui avait de toute façon sans doute déjà son idée sur la question.

      La Lieutenante finit par laisser Atréïs travailler, entouré des autres recrues. Le temps passa, emportant avec lui les forces des recrues, et leur amenant le sable et le vent chaud, les gênant un peu plus à chaque minute écoulée. La sueur se mêlait à la poussière du chantier, la fatigue rendant chaque geste plus lent que le précédent. Même habitué aux efforts physiques, le Gurlanin se demandait comment il tenait encore, tant ses mains se couvraient d'ampoules et sa peau se brûlait un peu plus à chaque instant. Dans la fureur des pioches et des bêches, il trouva finalement sa planche de sauvetage en la personne de son nouvel acolyte.


      "Au fait. Moi c'est Jareess. J'viens de Taris exprès pour rejoindre la C.S.I. On leur doit bien ça là-bas. Ils nous ont aidés contre Cerberus, des grands malades de terroristes. Moi je travaillais dans les fermes hydroponiques, mais c'était tellement ennuyeux, toute la journée... J'voulais faire autre chose, voir du pays, tu vois ? Et puis, mes parents avaient plus trop besoin de moi. Et toi ?

      -Atréïs. Mais je ne sais pas d'où je viens."

      Honteux mensonge. Mais il ne pouvait pas vraiment avouer son origine. Il trouva une pirouette toute simple qui sembla satisfaire le colosse :

      "En fait, j'ai un peu voyagé là où je pouvais... Je sais même pas où j'atterrissais. Et puis, j'ai fini par entendre parler de la C.S.I et... il fallait bien faire quelque chose."

      L'histoire ne tenait pas debout. En tout cas, pas face à quelqu'un qui le presserait de questions, mais ce n'était manifestement pas dans les intentions du dénommé Jareess. tant mieux, se dit-il.

      "En tout cas, t'as du cran, pour un petit bout de femme comme ça. Mais j'suis pas sûr que Gladmoore apprécie."

      Il reçut un haussement d'épaules pour toute réponse. Peu importait. De toute façon, ils seraient bientôt fixés. Le chantier se terminait, et ils avaient accompli leur tâche, largement dans les temps. L'instructrice les rassembla, au garde-à-vous. Alors qu'elle commençait à les féliciter, elle doucha bien vite leur enthousiasme en leur expliquant la tâche suivant. Ils étaient à bout de nerfs, et elle s'amusait avec eux. Elle descendit brusquement dans son estime. Les pousser à bout était une chose, le faire de la sorte en était une autre. Il était évident que le travail serait au mieux bâclé tant ils étaient tous épuisés. Il aperçut Jareess qui le regardait alors que Gladmoore terminait son discours. Et il n'était pas le seul. D'autres avaient le regard tourné vers lui. Ils attendaient ? Bien sûr. Il rejeta sa mèche blanche en arrière. Il hocha vers le colosse qui éleva la voix.

      "Ecoutez tous, là !"

      Il le remercia. Inutile de dire que sa voix tremblait plus que quelques heures auparavant, fourbu qu'il était. Mais il l'éleva suffisamment tout en regardant ses collègues d'infortune. Ils étaient dans le même état que lui, tous, et n'attendaient qu'une chose : en finir.

      "Faites 4 groupes de dix. Les plus fatigués et abîmés... Mettez vous près des citernes d'eau. Rafraîchissez vous, économisez vos forces, en attendant de prendre un relai dans quinze minutes. Dix autres font le béton. Demandez aux droïdes comment faire. Dix pour ravitailler les droïdes. Et les dix derniers préparent le chantier des dalles. Et ça ira... J'espère."


      Pour être honnête, il n'avait pas la moindre idée de si oui ou non ils continueraient à le suivre. En mettant en place une rotation autour d'un rafraîchissement, il espérait les motiver suffisamment pour qu'ils donnent tout. L'idée était de reposer successivement les 4 groupes le temps de préparer le béton, pour finir par couler les dalles au complet. Mais il n'avait aucune idée de la manière dont réagirait Gladmoore à son idée. Sauf que le choix ne leur était pas vraiment laissé. Certains d'entre eux étaient à deux doigts de s'effondrer, et si ils ne se reposaient pas, ils y resteraient.

      Lui-même était à bout de forces, mais il s'en cacha. Ses jambes ne lui répondaient qu'à grand peine, ses mains perclues d'ampoules le faisaient souffrir et sa tête tournait. A vrai dire, lui-même espérait pouvoir se rafraîchir. Cependant, lorsque vint son tour -à la troisième rotation- il se contenta de s'asperger d'eau avant de rejoindre le groupe en charge du chantier. Derniers encouragements avant de, peut-être, finir. Il n'avait pas menti. Il espérait que tout irait bien.

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        #9

        Post n°9
        Auteur : June King

        Les visages des recrues étaient tirés par la fatigue à la fin de leur travail. Les premiers entraînements étaient souvent les plus douloureux et les plus éprouvants durant une formation. Une seule erreur et le corps pouvait en pâtir pour un bon bout de temps. Et cela venait d'être expérimenté par toutes les recrues qui s'étaient acharnées toute une bonne partie de la journée sur des cailloux et du sable pour rendre le sol parfaitement plat. Bien évidemment, cela faisait partie des plans de la lieutenante : apprendre à gérer son énergie et éviter tout type de mouvement inutile en cas d'imprévu lors d'une mission. Mais même si elle avait planifié ce travail supplémentaire, elle fut surprise que les recrues étaient parvenues à finir cette tâche plus rapidement qu'elle l'avait pensé - si elles ne l'avaient pas terminé dans les temps, la seconde tâche de ce travail aurait été reportée au lendemain.
        Ordonnant de se remettre au travail rapidement après avoir donné ses instructions, elle se tourna vers ses collègues, avec qui elle voulait faire le point sur certaines choses qui n'allaient pas, et notamment sur cette recrue qui faisait n'importe quoi depuis le début et qui n'écoutait pas correctement les ordres. Ce regroupant tous les quatre ils furent interrompus, avant même d'avoir commencé leur conversation, par ces deux mêmes recrues qui avaient pris, un peu plutôt, l'initiative de remettre de l'organisation dans leur calvaire.

        En feuillant son datapad : la lieutenante trouva la fiche de l'une des deux recrues qui venaient de prendre à nouveau la parole. La première fiche était celle de cette jeune femme venue de nulle part et ayant rejoint la Confédération par idéologie le jour même des recrutements. Elle se faisait appeler Atreïs Helcar. Elle était caractérisée par cette mèche blanche sur ses cheveux. Pour une raison inconnue, Maria avait bon espoir avec cette recrue. Prenant seule des décisions et faisant preuve de maturité pour son jeune âge, la lieutenante avait décidé de garder un œil sur elle - tout comme elle l'avait fait pour la soldate King lors de sa formation. Puis, descendant dans la longue liste des recrues, elle trouva l'acolyte qui était avec Atreïs depuis le début de la formation. C'était un jeune homme à l'endurance plus qu'impressionnante et au physique d'apollon. Son dossier n'était pas mauvais, mais il ne semblait en rien spécial, et cela n'intéressait absolument pas la formatrice qui recherchait que les meilleurs - bien qu'elle donnait sa chance à tout le monde.

        Laissant les recrues finir de donner les ordres aux autres incompétents sans émettre le moindre commentaire ou le moindre regard dans leur direction, la lieutenante commença à réfléchir à quelque chose... Atreïs venait de former quatre groupes de dix recrues et il y avait quatre formateurs. L'avait-elle fait exprès ? Jouant là-dessus, Maria se retourna vers ses collègues et expliqua que chaque formateur allait s'occuper d'un groupe : le sergent Forest allait surveiller ceux qui étaient partis faire le béton, sans donner la recette parfaite ; le sergent Reticuli devait rester avec ceux qui allaient s'occuper de préparer le chantier pour accueillir les dalles de béton qui allaient être produites ; la soldate King allait suivre les recrues qui devaient ravitailler les droïdes ; et la lieutenante avait décidé de s'occuper des recrues qui voulaient se rafraîchir et prendre une pause à l'ombre. Ces pauvres ignorants venaient-ils d'oublier qu'ils étaient en formation et que les pauses étaient données uniquement par Maria ou ses confrères ?

        Allant voir le groupe qui ravitaillait déjà les droïdes en ressources pour la bonne continuation du chantier, June surprit une conversation entre deux recrues qui parlaient d'elle. L'une se demandait comment une si petite fille pouvait avoir une telle force, en faisant mention de l'accident du rocher qu'elle avait évité à la recrue inconsciente un peu plus tôt, tandis que l'autre se demandait s'il la soldate était célibataire. Amusait par ce qu'elle venait d'entendre : June se mit à pouffer légèrement de rire en affichant un air timide et amusé à la fois, avant d'ordonner avec sadisme et large sourire que les recrues devaient portés deux caisses de ressources à la place d'une comme petite punition. Les caisses n'étaient pas légères et elles étaient destinées au droïde qui se trouvait le plus loin.

        Se plaçant à côté des recrues qui étaient devant les bétonnières pour fabriquer le béton qui était nécessaire pour former les dalles, le sergent Forest entamait une conversation on ne peut plus banale avec elles, en demandant si tout le monde allait bien et s'ils appréciaient d'être là. Le sergent faisait toujours preuve d'une grande attention avec une sagesse dans la voix qui offrait à celui qu'il l'écoutait une certaine chaleur et réconfort. Il fit même preuve de bienveillance en rattrapant une recrue qui était sur le point de tomber en arrière en soulevant un sac de béton qui était trop lourd pour lui, avant de demander au plus musclé de porter le sac à la place de celui qui était fatigué.

        Surveillant les recrues qui étaient en train de mesurer le terrain pour y placer des planches en bois sur leurs chants pour former des carrés de deux mètres afin de couler le béton à l'intérieur et donner naissance aux futurs dalles, le sergent Reticuli sortit une cigarette de sa veste en regardant les recrues travaillées. Mais il ne fallait pas croire que le sergent ne faisait rien. S'approchant d'un des groupes qui s'étaient formés parmi ceux qui s'occupaient de préparer le terrain, il pointa du doigt un endroit en disant que certaines planches n'étaient pas droites et toutes les autres allaient être de travers si ce défaut n'était pas réglé avant. Le sergent avait un compas dans l’œil, et il devait ce talent à des années d'expérience de pilotage.

        De son côté et s'approchant de ses prochaines victimes qui étaient en train de se la couler douce en buvant de l'eau de la citerne qui était destinée au chantier, Maria eut une réaction... particulière. Comme elle en avait le secret.
        Prenant un gobelet en plastique en se servant de l'eau, Maria se plaça à côté des recrues en prenant une gorgée d'eau bien fraîche. Retirant le gobelet de ses lèvres en émettant un soupir de soulagement après s'être désaltéré, elle rigola fortement pour être entendu tout en prenant deux recrues sous ses bras, comme on fait entre amis. Sauf qu'une fois ses proies entre ses mains, elle passa du rire à la menace.

        « — Un de vos supérieurs a-t-il donné l'autorisation pour vous d'aller boire ? Demandait-elle en parlant froidement. »

        Prises dans sa toile de soie, les recrues ne pouvaient plus s'échapper. La lieutenante relâcha les recrues qui étaient dans ses bras et se mit en face d'elles et des autres qui se reposaient en hurlant dans les oreilles de ces feignants de se mettre au garde-à-vous immédiatement ! Ils venaient de fauter et ils allaient montrer l'exemple. Se retournant en interpellant toutes les recrues qui étaient en train de travailler sur le cite, Maria commença à dire :

        « — Recrues ! Vos compagnons ont commis une faute grave, elles se sont reposées et sont allées boire alors que vous êtes en plein travail, vous, et sans l'autorisation d'un supérieur ! Est-ce normal ? Demandait-elle en faisant les cent pas devant les recrues fautives et qui étaient aux garde-à-vous. La réponse est non ! Reprit-elle en s'arrêtant de bouger. Pensez-vous que partir dormir tranquillement dans un lit bien au chaud avec une bonne compagnie alors que vos confrères sont en train de mourir sur le champ de bataille est acceptable ?! Hurlait-elle en affichant un visage qui savait de quoi elle parlait. La réponse est encore non ! Insistait-elle plus fort sur ce dernier mot. S'ils ne sont pas capables de surmonter cette simple épreuve, ont-ils encore seulement leur place avec vous dans cette formation ? Questionnait-elle toutes les recrues en laissant comprendre qu'elles allaient être sévèrement punies. Toi ! Pointait-elle du doigt Atreïs. Depuis le début de cet entraînement, tu t'affiches comme le leader du groupe en prenant décisions et initiatives, que proposes-tu comme punition pour ses vauriens ? Demandait-elle à la jeune recrue en souhaitant qu'elle donne une idée pour une bonne punition. »

        Spoiler : hrp
        Tu es libre du choix de la punition ou de prendre la responsabilité, ou même de trouver une autre solution pour les sauver.

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          #10

          Post n°10
          Auteur : Atreïs Helcar

          Il n’y avait aucun plan derrière la tête d’Atréis, si ce n’était ramener tout le monde vivant à bon port, ou à peu près vivant. Il avait formé les groupes à la va-vite, sans vraiment prendre le temps de réfléchir, répartissant les tâches de manière à ce que chacun soit occupé. Il y eut un mouvement de flottement lorsqu’il vit les 4 formateurs se disperser parmi les groupes.

          S’étant de lui-même affecté au ravitaillement des droïdes, qui était à première vue la tâche demandant le plus de forces physiques, il eut à peine un regard pour la soldate King qui s’approchait dans le dos de deux de ses comparses qui discutaient et se posaient des questions au sujet de la jeune formatrice. Evidemment, ils furent repérés bien vite, et c’est tout penauds qu’ils se retrouvèrent à transporter deux fois plus de caisses. Décidément, l’entraînement tournait à la séance de qui serait le plus sadique entre la soldate et la lieutenante. Quel était l’intérêt d’une tâche pareille ? Epuiser les recrues pour trier le bon grain de l’ivraie était une chose, mais Atréïs avait le sentiment qu’ils y prenaient bien trop de plaisir. Et si il n’avait rien contre le travail physique, difficile de se dire qu’un organique ferait mieux qu’un droïde. Donc, hormis les mettre à leur place de recrues, quel intérêt ?

          Alors qu’il revenait chercher une caisse, ses yeux se placèrent sur l’instructrice de tir. June King, matricule MB-99, formatrice LV-426. Ses yeux vairons avaient de quoi étonner, tout comme ses cheveux blancs, pour une femme jeune. Tout du moins le supposait-il, au ton de sa voix et à son discours légèrement teinté d’optimisme, voire d’idéalisme. Tirée à 4 épingles, elle imposait néanmoins un certain respect dû à autre chose que cet uniforme que les recrues convoitaient. Il se dégageait d’elle un certain… magnétisme, quelque chose qui ne laissait pas indifférent, et surtout pas les quelques Humains qui posaient les yeux sur elle. Quant au Gurlanin, il supposa qu’elle avait une certaine expérience, qui se reflétait dans sa manière de se tenir. Etrange personnage.

          Cependant, il fut tiré bien vite de ses pensées lorsqu’il jeta un regard tout autour. Personne n’était tombé encore, mais, parmi les plus fatigués qu’il avait envoyé se désaltérer et se reposer en attendant de relayer leurs confrères, il vit la Lieutenante.

          Aïe.

          Cela n’augurait franchement rien de bon. Sa présence là-bas n’était pas anodine, il en était convaincu, et même si il ne l’était pas, la voix forte de la formatrice le lui confirma. L’ordre de garde-à-vous était bien plus dur que les autres fois. Etait-ce son inconscient ou une réalité ? Impossible à dire, mais tout le monde s’était arrêté. La plupart regardaient le groupe au garde-à-vous, certains se faisaient tout petits, d’autres enfin chuchotaient. Gladmoore les prenait à témoin, elle hurlait désormais. Le sang du Gurlanin se glaça lorsqu’elle pointa son doigt sur lui.


          « Toi ! Depuis le début de cet entraînement, tu t’affiches comme le leader du groupe en prenant décisions et initiatives, que proposes-tu comme punition pour ses vauriens ? »

          Le ton était cassant et ne souffrait d’aucune contestation, aucune question. Atréïs était piégé, il avait fait l’erreur de penser que la Lieutenante comprendrait son point de vue, omettant que la militaire avait ses propres idées… et que les siennes n’avaient pas lieu d’être, d’autant plus lorsqu’elles entraient directement en collision avec l’officier. Il avait lui-même presque ordonné à la dizaine de pauvres hères de se rafraîchir. Et maintenant, elle le leur reprochait. Difficile de lire en elle. Gladmoore avait sans doute entendu les ordres donnés par Atréïs, mais elle n’avait pas réagi immédiatement. Pour les piéger ? Pour faire un exemple ? Un tri ? Après tout, il avait envoyé les plus fatigués, le tri était déjà fait. Mais en même temps, il comptait là-dessus pour gagner leur confiance, surtout si ils devaient coopérer à l’avenir.

          Réfléchissant à toute vitesse, du moins aussi vite qu’il le pouvait tant son cerveau était embrumé, il s’avança et se mit de lui-même au garde-à-vous devant la Lieutenante. Sa mèche blanche tombait au milieu de son visage, le séparant en deux, ses cheveux tombant de part et d'autre de sa tête, retenus entre eux par la sueur qui commençait déjà à sécher. Il inspira, garda le silence quelques secondes, s’humecta les lèvres déjà craquelées par la chaleur et se lança :


          « Lieutenante. C’est moi qui leur ai dit de se reposer un moment avant de reprendre le travail. Ils auraient pu travailler, mais leur accorder un moment de répit m’assurait, sinon qu’ils soient plus efficaces que maintenant, au moins qu’ils n’entravent pas le bon déroulement du chantier. »

          Il avait pris la décision d’assumer. Il remobilisa sa voix, hors de question de flancher face à l’instructrice qui, il le savait, ne se priverait pas d’exploiter la moindre faille.


          « Ils ont peut-être commis l’erreur de m’écouter, mais nous, leurs camarades, les relayons comme nous le ferions au front, et j’espère qu’ils feront de même pour nous lorsqu’ils retourneront au travail. Ainsi, nous aurons fini plus vite, et plus efficacement. Je n’ai pas l’expérience du combat, mais un soldat éreinté est-il utile ou un boulet au pied ? »

          Dernière inspiration. Instant fatidique.

          « Lieutenante, j’exécuterai la punition à leur place si vous en décidez ainsi. Ils n’ont pas à subir les conséquences de décisions qu’ils n’ont pas prises. Je ferai 10 fois la punition que vous jugerez adéquate, peu importe le temps que ça prendra. »

          Il regardait Gladmoore tout en parlant, sans bouger d’un iota. Ca passait ou ça cassait, désormais. Il se tut. Venait-il de perdre sa place à la C.S.I ? De se faire une ennemie en la personne de la Lieutenante ?

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            Auteur : June King

            Lequel des instructeurs était le plus sympathique? Le plus abordable? Le moins tyrannique ou cruel, même? Voilà bien des questions que les recrues devaient certainement se poser au moment de cet exercice qui semblait ne jamais se terminer. Sans oublier qu'ils étaient tous dignes d'une caricature dans leur façon d'être - comme ci ils étaient sortis tout droit de l'imagination de quelqu'un. Entre une lieutenante ne négligeant absolument rien et faisant preuve d'autorité ; un sergent je-m'en-foutiste à l'odeur perpétuelle de tabac ; un autre sergent faisant ami-ami sans apporter la moindre aide et sans donner de conseils ; et une soldate qui n'hésitait pas à faire preuve de cruauté en affichant un visage d'ange. En y réfléchissant bien : il n'y avait aucune possibilité de bien répondre à toutes ces questions que de nombreuses recrues se posaient sur leurs supérieurs.

            Alors que la forte voix de lieutenante commençait à résonner à travers tout le chantier en s'amusant avec l'un dès groupe comme elle aimait le faire, la soldate King observa quelques recrues qui la dévisageaient à plusieurs reprises lorsque ces dernières passaient à côté d'elle en allant chercher des caisses de ressources pour les droïdes. Notamment une qui rougissait tout le temps. Cela était assez courant chez les nouveaux membres de regarder leurs supérieurs : il y avait beaucoup de curiosité, de questions, un brin d'admiration pour certains ou de haine chez d'autres. June le savait que trop bien, elle aussi était passée par cette phase lorsqu'elle n'était qu'une simple recrue. Et pour encore plus de mystère : elle offrit même un autre aspect d'elle lorsqu'un petit humain d'un très jeune âge tomba à côté d'elle. Aidant le pauvre enfant à se remettre sur pied, elle retira le sable sur ces vêtements et donna une petite pichenette sur son nez en lui disant de faire plus attention la prochaine fois. Tout timide ce dernier remercia la soldate et repartit vers son ami qui se cachait de peur derrière une caisse.

            Plus loin, au centre du chantier, le sergent Reticuli, quant à lui, répondait à quelques questions que les recrues se posaient sur lui, comme ce qu'il allait faire durant sa formation et la méthode qu'il allait employer pour apprendre aux nouveaux tous les secrets du pilotage. Mais ils eurent tous la même réponse : qu'ils allaient bien voir, avant de leur dire que s'ils continuaient à lui poser encore des questions de ce genre, ils allaient devoir tout refaire - ce qu'il arriva. Écrasant sa cigarette sur le sol que les recrues venaient de niveler un peu plus tôt et de quadriller avec les planches en bois posées sur leur chant pour y accueillir les futurs dalles de béton, il retira plusieurs planches et expliqua qu'il en retira encore et toutes les minutes aléatoirement. C'était l'une de ses façons de faire pour leur apprendre à correctement positionner les planches pour former un parfait carré, et ce rapidement.

            Ailleurs, alors que la lieutenante rigolait maintenant de bon cœur ; le sergent Forest questionna les recrues qui étaient en train de manipuler les divers sacs pour faire le béton avec les bétonnières. Sa méthode était moins violente que ses collègues, mais tout autant déstabilisante et fourbe. Posant de simples questions comme : quelle était l'histoire de la Confédération ou le fonctionnement de la politique séparatiste, ou bien des questions bien plus compliquées comme : comment se déplacer dans l'espace pendant une sortie extravéhiculaire ou comment le voyage supraluminique fut inventé. Le sergent parvint même à faire craquer l'une des recrues qui en fit tomber son sac. Cette dernière faisait deux fois la taille de son supérieur et avait une musculature plus imposante - à l'image de celui qui accompagnait Atreïs. Sur le papier le sergent n'avait aucune chance, mais posant sa main sur le poing de son agresseur et frappant l'intérieur de son bras pour faire basculer cette dernière au sol en donnant un coup dans sa gorge pour la calmer, le sergent Forest expliqua, avec un immense calme en étant parfaitement décontracté, qu'il ne fallait pas s'énerver pour si peu.

            Mais tous furent interrompus par la lieutenante Gladmoore qui demanda leur attention. Lorsque les formateurs se retournèrent pour observer la situation : ils comprirent très vite ce qu'elle était en train de manigancer, à l'exception de la soldate King, qui compris seulement qu'elle allait faire quelque chose d'assez spectaculaire comme elle aimait bien. S'approchant légèrement de la lieutenante, tous purent entendre son monologue. L'un des groupes avait fauté et s'était permis de se reposer après que celle qui avait formé les groupes leur ait donné l'autorisation d'aller boire. Mais cette dernière avait oublié qu'elle n'avait aucunement droit de donner des ordres. Elle n'était personne ici, et la lieutenante allait lui faire comprendre. Pointant du doigt vers la jeune fille, elle lui ordonna de donner une punition au groupe. Mais Atreïs ne répondit pas tout de suite. Elle semblait se préparer. Puis elle partit dans un monologue en expliquant qu'elle était belle et bien responsable, mais qu'elle avait fait ça pour le bon déroulement du chantier. Contestait-elle le potentiel des recrues? Mais elle ne s'arrêta pas là, et demanda si des soldats fatigués étaient inutiles... des boulets? Cette phrase fit froncer les sourcils de la lieutenante. Savait-elle de quoi elle parlait tout au moins? La laissant finir sans émettre le moindre en mot en plongeant ses yeux noirs dans ceux de la recrue, cette dernière se porta volontaire pour faire la punition à la place du groupe. Fixant la recrue d'un regard assassin, elle demanda au sergent Reticuli se qu'il pensait de la réponse de la jeune recrue :

            « — Elle a du cran, mais ici ça ne sert à rien, dit-il en allumant une nouvelle cigarette. »

            « — Sergent Forest? l'interpellait-elle en continuant de regarder la recrue. »

            « — Mis à part son ignorance concernant le sujet des soldats épuisés, elle a l'air d'être prête à assumer, expliquait-il avec sagesse. »

            « — Effectivement. Soldate King? »

            « — Elle me rappelle un peu moi quand j'étais en formation et qui n'hésitez pas à prendre mes responsabilités, dit-elle avec un petit sourire en direction de la jeune recrue. »

            « — Je vois, s'exclama-t-elle en faisant un pas vers sa victime. Recrue ! Tu n'as pas l'expérience de la guerre, mais tu sais ce qui est bon pour un soldat fatigué? Demandait-elle sans attendre de réponse. Sais-tu qu'un soldat, même fatigué, peut te sauver la vie? Sais-tu que lors d'un front on ne peut pas se reposer? Sais-tu seulement ce qu'est la peur, recrue? Expliquait-elle en approchant son visage du sien. As-tu seulement déjà rencontre la mort en personne? Connais-tu la malédiction de voir des choses que jamais tu n'avais pu imaginer et de les revoir encore et encore sans qu'ils s'en aillent juste en fermant les yeux ou d'entendre des cris qui ne pourront jamais sortir de ton esprit!? Haussait-elle le ton de plus en plus sur la recrue à la fin de sa phrase. Je ne pense pas que tu connaisses tout ça, alors n'émets plus jamais en demandant si un soldat et inutile ou un boulet parce qu'il est fatigué. Ne mets plus jamais de côté tes confrères, tous, ici, sont utiles! Expliquait-elle en éloignant son visage de la celui de la recrue. Puisque tu es prête à subir les conséquences à la place de ce groupe, tu vas me faire cinq cents pompes, et tant que tu n'auras pas fini, personne ne reprendra le chantier et les recrues devront attendre au garde-à-vous en plein soleil, donnait-elle comme explication. Maintenant à terre recrue. Une. Deux. Une. Deux. »

            La punition n'allait pas être aussi facile que prévu, puisque la lieutenante ajouta sur le dos de la recrue un sac de ciment de plusieurs kilogrammes vers la deux centième pompe pour lui faire porter toute son erreur. Ajouté à cela que le soleil de Géonosis était à son plus haut zénith à ce moment et qu'il continuait de brûler la peau, que le sable rendait la respiration difficile et les yeux secs lorsqu'il formait d'immenses nuages de poussière sur le chantier, que le bruit des machines faisait bourdonner les oreilles de tous et que la soif devenait impossible à ignorer. Une fois sa punition terminée, elle ordonna aux recrues de reprendre le travail pour finir avant le coucher du soleil. Les jours sur Géonosis ne duraient que trente heures, et il n'était que la moitié de la journée. Lorsque les recrues se remirent au travail, la lieutenante s'approcha d'Atreïs :

            « — Recrue, l'interpellait-elle une fois relevée, repose-toi si tu en ressens le besoin. Tu viens de porter une lourde responsabilité et en montrant l'exemple tu viens de remonter le moral de tout le monde, dit-elle en invitant la jeune recrue à regarder devant elle. »

            En face, toutes les recrues qui avaient pris du repos sans l'autorisation des supérieurs s'étaient remises à la tâche et semblaient plus que remontées. Voir souffrir leur compagnon avait certainement fait prendre conscience qu'ils devaient eux aussi faire preuve de courage et qu'ils devaient se dépasser pour que plus jamais ce genre de chose arrive.

            « — Tu as fait preuve d'un grand courage et tu n'as pas hésité à prendre ta responsabilité, dit-elle en redressant un peu ses vêtements, continue avec cette mentalité et tu iras loin. Prends exemple sur la formatrice King, elle aussi n'hésitez pas à prendre ses responsabilités, même lorsque ce n'était pas de sa faute ou pour protéger ses compagnons, expliquait-elle sans attendre de réponse en repartant vers ses collègues. »

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              Auteur : Atreïs Helcar

              Gladmoore pouvait bien dire ce qu'elle voulait. Ils n'étaient pas au front, et le groupe n'avait pas nécessairement besoin d'être au complet pour commencer. Le manichéisme dont faisait preuve la Lieutenante ne faisait que renforcer la défiance d'Atréis à son égard. Si leurs supérieurs étaient incapables de ménager une rotation des troupes afin de prendre un avantage sur le long terme, il n'était pas difficile de s'imaginer leur état après quelques jours. Il avait l'habitude des chasses longues, voire très longues. Il savait qu'au bout de quelques jours d'efforts solitaires, la fatigue pesait beaucoup trop pour être réellement efficace. Mais il ne pipa mot. L'intérêt ultime était ailleurs, les dix autres n'allaient pas devoir assumer alors qu'ils étaient déjà à bout. Il ne frémit même pas lorsqu'elle le remit en doute.

              Bien sûr qu'il avait déjà vu la mort de près. Bien sûr qu'il connaissait la peur. La sienne, celle des autres, il n'était pas né de la dernière pluie. Il était même peut-être plus vieux que cette gradée qui ne communiquait manifestement qu'à haut volume. Elle eut beau vociférer et tenter de l'intimider, il ne bougea pas. Se contentant de soutenir le regard de la Lieutenante. Quant aux commentaires des trois autres formateurs, cela lui glissait dessus comme la sueur sur son front. Il était venu pour apprendre à se battre, pas pour faire du terrassage. Ils pouvaient en dire ce qu'ils voulaient, il était persuadé du bien fondé de sa décision. Et tête de mule comme il l'était, personne ne pourrait le lui enlever. A tort ou à raison, il resta droit dans ses bottes, attendant que la Lieutenante en finisse.

              "Puisque tu es prête à subir les conséquences à la place de ce groupe, tu vas me faire cinq cents pompes, et tant que tu n'auras pas fini, personne ne reprendra le chantier et les recrues devront attendre au garde-à-vous en plein soleil."

              C'était moins pire que ce qu'il attendait. Il réprima un soupir de soulagement et un affaissement d'épaules en comprenant qu'il n'avait pas remis sa place en cause. Le soleil ne les tuerait pas, c'était certain. Lui, en revanche, c'était moins certain. Pour tout dire, il n'était pas encore totalement sorti d'affaire, se disait-il, les instructeurs étant bien capables de lui réserver un coup fourré supplémentaire sorti de leur uniforme. Il se mit à plat ventre, suivant le compte de la Lieutenante. A chaque descente, le sable venait lui brûler un peu plus le visage, rendu intenable par le soleil haut dans le ciel. Le vent chaud qui soulevait le sable lui faisait ingurgiter un peu de poussière à chaque rafale et assombrir un peu plus la tenue et la peau du Gurlanin, tout en lui faisant partiellement regretter ses paroles. Chaque poussée était marquée, plus difficile que la précédente, animée d'un profond soupir de douleur, cherchant à attraper chaque molécule d'oxygène pour retarder l'apparition de l'acide lactique qui serait fatale à son effort.

              Pourtant il tint bon. Malgré la chaleur. Malgré la douleur. Malgré ses mains cloquées et abimées. Malgré ce sac de ciment qu'on lui posa sur les épaules. Malgré les regards de tous posés sur lui. Peu importait ce que disaient ces yeux fixés sur ce corps de jeune femme. Face à lui-même, il alla au bout de ses ressources, ou presque. A la cinq-centième pompe, il eut toutes les peines du monde à revenir en position haute. Mais il y parvint.Avant de chuter sur les genoux, dans ce sable et cette poussière. A 4 pattes, les muscles tremblants, il ne fit même pas attention au mouvement de foule de ses compagnons qui retournaient au travail. Alors qu'il essayait de se relever, il entendit la Lieutenante l'interpeller. Les bottes de la militaire se plantèrent devant le Gurlanin.


              "Recrue, repose-toi si tu en ressens le besoin. Tu viens de porter une lourde responsabilité et en montrant l'exemple tu viens de remonter le moral de tout le monde."


              Qu'est ce qu'elle racontait ? Il n'avait pas les idées très claires avec tout ça. Remonter le moral des autres ? En étant puni ? Ca n'avait aucun sens. Oui, il venait de prendre sur lui pour épargner dix autres qui seraient sans doute plus efficaces que lui pour ce chantier. Mais de là à remonter le moral d'une compagnie de recrues ? Pourtant, force était de constater que tous s'étaient remis à la tâche, ceux qu'il avait couvert bien plus vite que les autres. Mais c'était l'effet attendu. Les obliger à se sentir coupables. De là à leur remonter le moral, le pas était immense. Il n'écouta même pas le reste de sa phrase, ou plutôt, ne l'imprima pas immédiatement. Le temps de se rendre compte de ce qu'elle disait, elle était repartie vers ses collègues.

              Quelque part, sa phrase sonnait comme un conseil, et comme un avertissement. Elle l'encourageait presque à continuer ainsi. A prendre la mesure et le leadership sur les autres. Il fixa son dos lorsqu'elle s'éloigna. Il y avait quelque chose d'autre. Chaque seconde était une évaluation dans leur situation. Puis il réalisa une chose. Personne ne leur avait jamais dit qu'ils passeraient tous. Y avait-il des éliminations sur la base de résultats, fussent-ils excellents ? Qui sait ? Et puis... Que feraient-ils d'eux ?

              Toutes ces questions tournaient dans sa tête alors qu'il se remit au travail. Il souffrait de chaque geste et refusa de répondre à la moindre question ou remarque de ses congénères, quand bien même certains l'enjoignaient à se reposer et qu'ils mettraient les bouchées doubles pour rattraper son absence. Mais il continua de travailler, sans rien dire. Il n'y avait rien d'autre à faire désormais, que souffrir sur ce terrain aplani, en espérant que le travail réalisé ne serait pas source de nouvelles punitions.

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                Auteur : June King

                Alors que la formation avait été mise aux arrêts pendant quelques instants, les recrues s'étaient comme harmonisée après l'infâme et rude punition que venait de subir Atreïs, par la faute d'un groupe; et tous travaillaient désormais en rythme quand ils reprirent les travaux. Une sorte de réveil inconscient venait d'apparaître et tous les nouveaux protégés de la lieutenante Gladmoore semblaient être en parfaite osmose après cet événement. Si bien que les formateurs n'eurent nul besoin d'intervenir pour aider les futurs soldats jusqu'à la fin de cette première phase de leur formation.
                Lorsqu'une nouvelle heure sonna et que tout le béton avait été coulé à l'intérieur des multiples coffrages en bois pour former les dalles de béton du futur site d'atterrissage de l'astroport, et une fois le tout parfaitement à niveau: Maria hurla aux recrues de se rapprocher d'elle et de ses collègues. Qu'allait-elle leur réserver? Se regroupant en face de leurs supérieurs avec la peur sur le visage ou de la méfiance pour certains, les recrues s'écroulèrent de bonheur au sol quand les formateurs annoncèrent que le travail était terminé et qu'ils avaient la possibilité de se reposer. Joie et libération! Quelques recrues se mirent à pleurer de nervosité, d'autres rigolaient ou se félicitaient et certains restaient par terre. Ils purent même se désaltérer au moment où la soldate et formatrice King leur apporta des bouteilles d'eau; les plus blessés se voyaient recevoir les premiers soins de la part du sergent Forest; quelques barres protéinées furent distribuées par le sergent Reticuli; tandis que la lieutenante Gladmoore écrivait quelques notes dans son datapad - pendant que les adhérents à la cause séparatiste profitèrent de plusieurs minutes de repos.

                Durant ce petit moment de bonheur, plusieurs recrues discutèrent avec les formateurs en étanchant leur soif et en se massant les muscles qui étaient très douloureux, ou en se mettant dans des positions plus bizarres les unes que les autres à cause des courbatures sur tout le corps. Une fois le travail terminé: l'ambiance générale avait changé, les recrues semblaient joyeuses et rigolaient entre elles; les supérieurs se joignaient même aux discussions et dévoilaient une nouvelle facette qu'ils n'avaient alors jusque-là pas encore montrée - certains eurent même l'étonnement et la chance de voir la lieutenante se joindre à eux. Une fois tout ce beau monde reposé, soigné en s'étant désaltéré comme il fallait: Maria interpella de nouveau toutes les recrues dans un ton autoritaire en se tenant droite et mains jointes dans le dos. Elle expliqua qu'ils aillaient retourner à la base séparatiste et qu'ils devront prendre une douche obligatoire pour se nettoyer de toute cette poussière et sueur avant d'avoir le droit de profiter d'un bon ragoût - plat du jour à la cantine. Mais avant tout ça, elle ordonna de ce mettre en rang et d'avancer aux pas et en rythme.

                La route pour retourner à la base était comme à son départ: fatigante, difficile, étouffante et surtout rythmé par les bruits de pas de la marche orchestrée par la lieutenante. L'ensemble de ces militaires était poussiéreux, sali par le travail difficile qu'ils venaient d'accomplir, brûlé à la peau par le soleil dévastateur de Géonosis, aux mains ensanglantées et au corps douloureux. Mais tous abordaient un léger sourire et une certaine allure de fierté durant le trajet. Mais contre toute attente, les minutes passées à marcher à travers la ville semblaient plus rapides qu'à l'allée et le chemin plus court. Très certainement que l'envie de confort, d'une bonne douche et d'un bon repas en était pour quelque chose.

                Une fois à l'intérieur des murs de la base séparatiste: les supérieurs ne perdirent pas une seule seconde et emmenèrent directement les recrues jusqu'à un couloir du bâtiment où ils présentèrent un immense dortoir comportant un nombre impressionnant de lits superposés aux draps blancs et rangés en rang avec des casiers à effet personnel au nom de chacune des recrues qui se trouvaient contre un mur avec à l'intérieur un uniforme de recrue séparatiste neuf. Expliquant aux membres du groupe que ça sera dorénavant ici qu'ils devront aller pour se reposer après leurs journées d'entrainement: les supérieurs firent sortir le groupe du dortoir pour les emmener jusqu'aux douches. La salle d'eau se trouvait juste à côté du dortoir, et une fois à l'intérieur tous purent comprendre qu'il s’agissait d'un lieu mixte. Cela allait être une épreuve de plus pour les plus timides d'entre-eux, mais ils ne devaient pas avoir honte, et ce lieu allait être un bon entrainement pour ça. Des douches ouvertes étaient présentes sur le mur de droite et de simples parois en verre translucide les séparées les unes des autres en garantissaient un minimum d'intimité.

                « — C'est ici que notre chemin se sépare pour aujourd'hui, commençait à dire la lieutenante en se retournant vers le groupe sans prévenir, une fois que vous aurez terminé de vous décrasser vous irez vous habiller de l'uniforme obligatoire qui est présent dans votre casier personnel au dortoir, votre nom y est affiché. Une fois terminé, vous pourrez aller manger et profiter de votre soirée, expliquait-elle en se dirigeant vers la sortie accompagnée de ses confrères. Bien sûr, je vous veux demain matin dans la cour de la base. Les retardataires ou les absents seront sévèrement punis ! Terminait-elle en partant et en laissant les recrues dans la douche ».

                Maintenant que les recrues étaient à la douche, la lieutenante et ses confrères partirent eux aussi se nettoyer. Mais eux avaient le droit à des douches individuelles et qui se trouvaient dans leurs quartiers.



                Deux heures s'étaient écoulées depuis que la lieutenante Gladmoore avait laissé les recrues libres pour le reste de la journée, au moment de prendre leur douche. Elle avait même fait un tour à la cantine, une fois lavée, pour y manger le fameux ragoût dont le chef de la base avait le secret pour le rendre si bon. Une fois lavé et s'être sustenté, elle attendait patiemment la soldate King dans son bureau - avec qui elle voulait faire le point sur cette journée. Attendant sa protégée: elle regarda les fiches des nouveaux adhérents sur son datapad, et plus particulièrement celle de Atreïs Helcar. En y regardant de plus près, il n'y avait pas énormément d'informations à son sujet. Aucune donnée sur sa planète d'origine ou sur sa race, et rien sur sa fiche médicale ou psychologique... Même si elle était arrivée à l'improviste, certaines informations auraient dû être entrées. Clignant des yeux devant son datapad quand elle entendit quelqu'un sonner à sa porte, elle retira son regard de ses fiches quand elle ouvrit les portes à la soldate King. La laissant prendre place sur l'un des sièges en face de son bureau; la lieutenante commença.

                « — Qu'avez-vous pensé de cette journée ? ».

                « — Il y a de bons potentiels, certains sont même très démonstratifs et cela est encourageant pour la suite, donnait-elle comme simple ressenti ».

                « — Vous avez affinité particulière avec l'une des recrues ? Demandait-elle à sa protégée sans qu'elle n'ait le temps de s'y préparer ».

                « — Heu... pas pour le moment. Cela est difficile de répondre après seulement une journée ».

                « — Quels sont les plus mauvais du groupe ? Enchaînait la lieutenante ».

                « — Je... sans doute celui qui a failli mourir par un rocher ».

                « — Que pouvez-vous me dire à propos de cette recrue qui s'appelle Atreïs Helcar ? ».

                « — Eh bien... de ce que j'ai vu aujourd'hui... elle sera certainement la leader du groupe, répondait-elle en ne sachant pas vraiment si cela était une bonne réponse ».

                « — Avez-vous une information à son sujet ? Comme d'où est-ce qu'elle vient ? ».

                « — Je n'ai rien à ce propos. Elle a rejoint la formation à l'improviste. Comme je l'avais fait... maintenant je peux comprendre pourquoi cela est assez dérangeant, dit June en comprenant qu'une recrue sans dossier et compliquée à gérer administrativement, tout en commençant à être troublée par toutes les questions de sa supérieure qui ressemblait plus à une interrogation qu'à un rapport ».

                « — En effet, répondit simplement la lieutenante en ayant la surprise de revoir les yeux de la soldate, et plus précisément ses pupilles, devenir brillants lorsqu'elle commençait à être troublée par une situation ou une conversation. Durant ces prochains jours de formation, je veux que vous collectiez un maximum d'informations. Posez-lui quelques questions sans qu'elle ne s'en aperçoive, comme je l'avais fait pour vous, expliquait-elle toujours en observant les yeux de la soldate. Si jamais elle refuse ou se doute de quelque chose, nous la convoquerons. Je vous remercie, vous pouvez disposer ».

                « — À vos ordres, répondit June en quittant son siège ».

                Une fois la soldate sortie du bureau, Maria prit son comlink en main et demanda de voir immédiatement une personne.



                Alors que les recrues finissaient d'arriver l'une après l'autre au centre de la cour après le petit déjeuner, la lieutenante hurla au garde-à-vous une fois tout le monde présent et expliqua, en faisant les cent pas devant eux et avec un ton strict et froid, que ce jour sera l'un des plus fatigants mentalement et qu'ils devaient s'y préparer dès maintenant. Ordonnant de ce mettre en rang: la lieutenante emmena tout le groupe à l'extérieur de la base en direction d'un grand dôme. Traversant à nouveau une partie de la ville, elle fut surprise de voir que certaines recrues s'étaient déjà acclimatées à leur nouvel environnement - bien qu'elles souffraient toujours autant au soleil.
                Une fois en face du dôme, il fallait franchir un petit bâtiment qui y était rattaché. À l'intérieur de celui-ci, ce trouvait plusieurs sas: l'un donnait sur la salle de commande; l'autre sur un vestiaire; et le plus grand sas donnait sur le dôme. Se retournant vers ses protégés, la lieutenante leur dit:

                « — Vous êtes ici à l'entrée du dôme de réalité holographique physique, nomma-t-elle l'endroit en sachant qu'il n'avait pas réellement de nom. Ce dôme vous permet de réagir physiquement avec ce qui est projeté holographiquement et permet de changer d'environnement sans aller sur une autre planète, expliqua-t-elle en bref. Il s'agit d'une amélioration de la salle à réalité virtuelle et sensorielle. Une salle qui était expérimentale et donc l'un de vos formateurs a subi lors durant sa formation. Pour votre mission, vous allez devoir retrouver des survivants d'un crash. Mais ça ne sera pas si simple. En effet, vous allez être soumis aux conditions météorologiques de Hoth, prit-elle une pause dans son explication en voyant des recrues discuter et paniquer légèrement. Silence ! Hurlait-elle. Vous allez devoir vous habiller chaudement. Dans le vestiaire vous trouverez des manteaux à capuche, des gants, des bonnets ainsi que des lunettes de protection et tout ce qu'il faut pour vous protéger du froid. Hoth est une planète glacière dont la température moyenne en journée est de moins quarante degrés et de moins quatre-vingt degrés lors des nuits, expliquait-elle en bref ce qu'était cette planète au caractère difficile. Pour le moment je veux que vous alliez vous changer avant d'entrée dans le dôme, terminait-elle en rejoignant la formatrice King qui était arrivée entre temps ».

                Quand toutes les recrues s'étaient changées et avaient franchi le sas donnant sur le dôme - qui était totalement vide -, une voix résonna à l'intérieur, tel un écho. C'était celle de la lieutenante. Et au même moment la soldate et formatrice King venait d'entrer à son tour dans le dôme.

                « — Avant toute chose, la formatrice King vous accompagnera durant toute cette épreuve. Née sur une planète glacière et étant résistante au froid, elle vous sera d'une aide précieuse, mettait-elle en lumière la soldate. Comme vous pouvez le constater: le dôme est vide et sombre, mais si j'appuie ici... ».

                Lorsque la lieutenante appuya sur un bouton, l'environnement changea brutalement. En l'espace d'une demi-seconde, de la neige frappait le visage des recrues; le froid conquit les plus sensibles d'entre eux; le vent assourdissant obligeait certains à se boucher les oreilles avec leurs mains; la lumière du soleil et son reflet dans la neige avaient brûlé les pupilles des recrues qui étaient encore dilatées à cause du dôme qui était plongeait dans le noir juste avant. Seule la soldate King prenait visiblement du plaisir à ressentir cette météo. Puis d'un coup, tout s'arrêta. Les recrues étaient de nouveau dans le dôme sombre, sans vent et à la température modérée - bien que certaines recrues tremblaient encore de froid.

                « — Ce que vous venez de vivre, et la dernière merveille technologique de la confédération ! Tout ce qui vous a touché et ce que vous avez vu n'étaient qu'hologramme physiquement interactif. Pour le reste: les ventilateurs et la climatisation venaient du dôme, expliquait-elle après avoir donné un aperçu aux recrues. Maintenant vous savez à quoi vous en tenir. La mission, comme expliquait plutôt, sera de retrouver des survivants qui se sont écrasés quelque part. Vous devrez vous débrouiller seuls. La formatrice King n'est là qu'en cas de problème, elle ne vous aidera en rien durant cet entrainement, expliquait-elle de nouveau l'objectif. Vous avez deux heures pour retrouver les survivants ! ».

                À ces mots, la lieutenante réactiva la simulation laissant le groupe à son sort dans cet environnement hostile, froid et éblouissant.


                Spoiler : HRP
                Mes excuses pour cette longue attente. Mais je n'ai pas forcement la tête à rp ces temps-ci. J'essayerai, tout de même, de respecter mon engagement pour ta formation et ne plus te faire attendre aussi longtemps.

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                  Auteur : Atreïs Helcar

                  Atréis n'avait aucune envie de sociabiliser avec qui que ce soit pour l'instant. Lorsque les formateurs (ou plutôt, les tortionnaires) leur avait signifié la fin du travail, il avait accueilli la nouvelle avec un certain soulagement. Ses fonctions physiques ne répondaient plus comme il le fallait, après s'être infligé cette punition pour sauver les autres de sa propre bêtise, et il n'aurait pas pu continuer longtemps à ce rythme. D'autant plus avec les regards des uns et des autres qui le détaillaient un peu trop à son goût. Il commençait même à se dire que cette forme de femme était sans doute une erreur... Même si elle ne limitait pas ses mouvements, elle attirait l'oeil. Mais il était sans doute trop tard pour changer. A l'écart du groupe, il accepta avec un simple mouvement de tête la bouteille d'eau, sans un mot, mais se garda bien de l'écouler d'un seul coup.

                  Le chemin du retour s’était fait presque mécaniquement. Suivant le rythme sans y réfléchir, ni faire attention à ce qui se passait autour, il ne vit pas le temps passer, ni les rues, ni les habitants. Son cerveau ne tournait plus à ses pleines capacités, harassé qu’il était. Aussi accueilli-t-il non sans un certain soulagement le retour à la caserne, et, tout aussi mécaniquement, il suivit la visite. Dortoirs, douches, vestiaires, tout était sommaire, malgré un confort relatif qui étonna la recrue, qui s’attendait à quelque chose de bien plus austère et spartiate. C’était une surprise agréable, quoiqu’elle contrariât Atréis. Ce n’était pas vraiment raccord avec le talent des formateurs pour la dureté. Mais il ne s’en plaindrait pas.

                  Sitôt l’ordre de rompre les rangs prononcé par la Lieutenante, le Gurlanin s’éclipsa. Il avait grand besoin de se sentir propre, par-dessus tout le reste, tant le sable et la poussière de Géonosis lui collaient à la peau. Isolé du reste du groupe qui, lui, poursuivait les visites et le repos avant de se nettoyer, il resta un long moment sous la douche. Sa peau blanche avait rougi sous le soleil brûlant aux endroits les plus exposés. Ses cheveux noirs pendaient lamentablement, fortement abîmés et collés par la saleté. Ses muscles fins étaient tendus, agités de quelques spasmes, mais tout cela se calmait au contact de l’eau gelée. Il inspira un grand coup. Non, rien sur Qiilura n’aurait pu le préparer à ce genre de choses, à cet entraînement aussi peu orthodoxe. Mais était-ce un mal ? Le goût du travail bien fait ne lui manquait pas, au contraire des compétences nécessaires. Il n’y avait pas de sot métier, après tout. C’était étrange à dire, mais il avait appris des choses, aujourd’hui. Pas comment souffrir (cela, il le savait depuis longtemps), mais comment travaillait le génie civil. Ce n’était pas bête. Pas forcément utile d’un premier point de vue, mais pas bête.

                  La douche se prolongea un moment. Perdant la notion du temps, il ne revint à la réalité que lorsque d’autres recrues pénétrèrent la salle d’eau. Un groupe de trois Humains, qui riait bien fort, évoquant la rude journée, ainsi que leur contentement d’en avoir vu la fin sans avoir été évincés. Pourtant, ils se turent lorsqu’Atréis passa devant eux sans dire un mot. Il sentait leurs regards sur lui, mais ne dit rien. Du calme, de l’air. « Foutez moi la paix », en quelque sorte. A aucun moment il ne s’imagina qu’ils le regardaient pour une autre raison que son mouvement.

                  Il trouva bien vite son casier, son lit. Dans le dortoir encore peu fréquenté, il enfila son nouvel uniforme. Parfaitement repassé, le tissu brun s’ajustait suffisamment bien au corps pour permettre une certaine liberté de mouvement. C’était rudimentaire, mais efficace. Parfait. En effaçant du plat de la main les quelques plis, il se demanda comment était gérée l’intendance. Devaient-ils prendre soin de leur uniforme ? Il garda cette question dans un coin de sa tête, ainsi que quelques autres d’ordre secondaire, lorsqu’une voix retentit derrière lui.

                  "On dirait que t’as toujours été faite pour cet uniforme."

                  C’était la montagne de muscles, Jareess qui se tenait dans l’entrée. Il lui fit un signe de main et le rejoignit.

                  "T’en as pensé quoi de cette journée ? C’était bizarre, non, comme façon de faire ?"

                  Il haussa les épaules pour toute réponse. L’autre avait besoin de parler, d’exprimer son point de vue. Celui du Gurlanin importait peu, finalement.

                  "Franchement, je trouve ça étrange. Pourquoi on nous apprend à faire du permabéton et des dalles ? On est sensés devenir des soldats, pas des ingénieurs, en plus il y a des droïdes pour ça. J’ai l’impression qu’ils veulent nous humilier, nous casser, exprès pour qu’on fasse pas les malins après, et qu’on devienne de bons petits soldats."

                  Nouveau haussement d’épaules. Si il ne comprenait pas, ce n’était pas à lui d’expliquer.

                  "Demande au soldat King.

                  -Hein ? Pourquoi elle ? Juste parce que c’est un soldat ? Ca reste une instructrice, et puis, elle a pas l’air sûre de ce qu’elle fait. Franchement, elle se donne un peu un genre ? Ou alors elle fait semblant parce qu’elle ne sait pas encore se positionner."

                  Pas de réponse, encore. L’instructrice June King avait quelque chose dans les yeux qui laissait penser que ce n’était pas la première venue. Une souffrance, ou un souvenir passé qui la rendait dure aux yeux du Gurlanin. Ce n’était pas un mal, en soi. Mais il y avait une histoire derrière cette étrange femme aux yeux bicolores. Il n'était pas du genre à fouiller dans l'intimité des gens. Seulement, cela se ressentait. Son côté peu assuré (que d'autres n'avaient pas du manquer de remarquer, ni ne manqueraient d'exploiter) cachait une force autre. Etait-elle réellement faite pour l'instruction ? Que faisait-elle ici ? Nouvelles questions sans réponses qu'il balaya.


                  "Tu parles toujours aussi peu ? A part devant Gladmoore, t'as quasiment pas parlé de la journée. Alors que ça se voit que t'as des trucs à dire.

                  -Oui."

                  Jareess se gratta la tête. La misanthropie de la jeune femme était étrange, alors que Gladmoore avait insisté sur l'esprit d'équipe. Mais il n'était pas du genre à forcer les choses.

                  "Bon, ben j'te revois à la cantine."

                  Il acquiesça, mais il ne revit pas le Gurlanin. Se présentant en toute fin de service, il mangea sur un bout de table en esquivant les regards, avant de s'offrir une longue nuit de sommeil sans rêves, qui le reposa totalement, malgré les coups de soleil et les courbatures. Le lendemain, il était à nouveau le premier sous la douche et parmi les premiers dans la cour. Malgré sa faible résistance à la chaleur, hors de question pour Atréis de marquer la moindre faiblesse. Il se laissa guider avec le groupe jusqu'à un étrange dôme, où la Lieutenante leur expliqua les tenants et aboutissants de la journée. Joignant le geste à la parole, elle les plongea dans le froid et la neige brutalement au moyen de cette technologie inconnue. Malgré les vêtements chauds, il fut instantanément surprise et gelé par la température, mais il savait qu'il s'y ferait vite : il supportait bien mieux le froid que le chaud.

                  Gladmoore finit de leur donner les rares instructions qu'il restait, puis les fit basculer de nouveau dans ce monde hostile. Sans armes, juste avec leurs tenues chaudes... D'autres que lui commençaient déjà à grelotter violemment. Comment retrouver une navette crashée dans cette tempête ? Comment ramener les blessés ? Il jeta un coup d'oeil tout autour de lui. Cherchant à repérer une fumée noire au milieu du désert blanc, ou tout simplement des traces d'un vaisseau, il plissa les yeux. La main en visière pour se protéger du soleil qui brûlait ses rétines, les oreilles sourdes à toute communication à cause du vent, il finit par trouver ce qu'il cherchait : mêlée à la neige, des volutes noires s'agitaient, venant d'une direction précise qu'il identifia bien vite. D'un grand cri, il signifia à la troupe de le suivre et partit devant, traçant un sillon dans la neige. D'ailleurs, il ne se retourna même pas. Il savait que les autres le suivraient, et surtout, qu'ils n'hésiteraient. Ou bien se trompait-il ? Difficile de le dire, mais il sentait au fond de lui qu'il avait acquis un statut auprès d'eux.

                  La progression était lente, difficile, le terrain à la limite du prticable par la neige et la glace promettait à tous une chute qui pouvait être définitive, et le soleil les aveuglait totalement. Pourtant, Atréis n'avait pas laissé ces détails le ralentir. Avançant en tête du groupe, il ouvrait une voie pour ses compagnons, qui gardaient son sillage en ligne, attentifs à ce qui se passait autour. Mais rien ne perçait l'horizon, ni mouvement, ni vie, sinon cette neige qui tombait encore et toujours. Difficile de dire combien de temps cela dura, mais ils finirent par tomber sur la navette. Une embarcation de taille respectable, écrasée sur le sol. Le Gurlanin reprit son souffle un instant, avant de se diriger vers l'arrière du groupe, directement vers la soldate June King.


                  -Instructrice. Quelles sont les recommandations pour un sauvetage de ce genre ? Quelles informations avions nous sur ce transport ? Combien de personnes étaient dedans ?

                  Il avait déjà son idée en tête, pour être franc. Tout d'abord, il comptait faire en sorte de s'assurer que le vaisseau ne leur explose pas au visage. C'était le plus compliqué, qui pouvait bien avoir des compétences à ce sujet ? Pas lui, assurément. Puis, il leur faudrait se séparer afin de couvrir toutes les issues, et essayer de s'assurer qu'aucun membre d'équipage ne soit déjà sorti de l'épave. Enfin, pour leur porter secours, il leur faudrait peut-être les soigner, et là encore, il devait avouer son impuissance totale à ce sujet. Mais qui sait ? Peut-être que la CSI procédait autrement.

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                    Post n°15
                    Auteur : June King

                    Les recrues étaient perplexes, méfiantes, mais surtout interrogatives avec ce qu'elles étaient en train de vivre. Quel était le véritable but de cette mission de sauvetage dans cet environnement glacial ? Quel était le sens de cette formation ? La lieutenante venait de les envoyer en pleine nature sauvage avec comme seule consigne de retrouver le lieu d'un crash. C'était tout ? Aucun danger ou obstacle en particulier ? Aucun ennemi ? Comment les recrues pouvaient-elles croire sur parole leur supérieure avec ce qu'elles avaient vécues le jour d'avant ? Et que devraient-elles faire une fois le lieu trouvé ? Non, rien de tout cela n'avait été expliqué, et lorsque la simulation débuta, le froid, la neige et le vent vinrent frapper le visage de toutes les personnes qui se trouvaient dans le dôme.
                    Commençant à marcher sans savoir où aller, les recrues semblaient perdues et désordonnées. C'était une bonne chose, cela prouvait qu'elle allait devoir redoubler d'efforts pour s'organiser et travailler en équipe. Mais, comme sur le chantier, elles n'allaient pas dans le bon sens du travail en équipe. Certaines partaient dans le sens opposé, d'autres tremblaient en marchant sur place et en se tenant par la taille pour tenter de se réchauffer tant bien que mal, tandis que quelques-uns restaient bêtement à côté la formatrice June - qui ne semblait pas être dérangée par le froid, bien au contraire. Les recrues avaient-elles oublié que la soldate n'était là qu'en soutien ou en cas de problème et qu'elle ne devait en rien les aider ? D'ailleurs, la lieutenante Gladmoore avait interdit à June d'intervenir. Elle lui avait ordonné d'aller avec elles dans le dôme uniquement en cas de problème : comme pour un malaise, une blessure ou autres. Et étant une fille du froid, June était parfaite pour ce travail se déroulant dans cet environnement.

                    Mais tout n'était pas perdu. Alors que les recrues se transformaient petit à petit en stalagmites de glace, une voix se manifesta et désigna une direction. N'attendant pas ses compagnons : Atreïs s'avança sans se retourner. Venait-elle de montrer sa véritable nature de meneur de groupe en désignant une direction et en ouvrant le chemin sans attendre les autres recrues, en sachant qu'elles allaient venir quoiqu'il arrive ? Manifestement, oui ! À peine avait-elle pointé la direction en s'y rendant que tout le monde se mit à la suivre. Amusé par ce qu'elle voyait, la formatrice King échappa un petit rictus. Mais l'une des recrues, un humain assez frêle et de taille moyenne, ne semblait ne pas vouloir suivre les autres tout de suite, et se mit à rouspéter avant de finalement suivre le reste des recrues par la faute d'une dynamique de groupe. Ce pourrait-il que l'adversaire naturelle d'Atreïs était en train de se réveiller ?

                    Arrivant sur le lieu du crash, tous purent apercevoir une carcasse métallique déformée plantée dans le sol avec bons nombres de débris tout autour. La chaleur avait fait fondre la neige et faisait fondre celle qui tombait et la fumée noire et toxique était violemment balayé les bourrasques. Le grand moment allait pouvoir commencer, mais avant que June ne fasse quoi que ce soit, Atreïs vint lui demander conseil. Venait-elle d'oublier, elle aussi, que les recrues devaient se débrouiller seules ?

                    « — Aucune information à son sujet. C'est un vaisseau qui a franchi l'atmosphère et qui s'est écrasé ici. Vous devez prendre un maximum d'information et effectuer un sauvetage si nécessaire. Pour ce qui est des recommandations : désolé, je ne peux rien vous dire de plus que ce que la lieutenante vous a dit plus tôt, répondit-elle un peu gêné. La seule chose que je peux vous conseiller est de travailler en équipe et de vous dépêcher avant ce compte à rebours tombe à zéro, expliquait-elle en pointant son doigt au-dessus de sa tête. »

                    Pendant que la formatrice parlait, un immense compteur venait de s'afficher au-dessus des recrues en affichant un temps restant de neuf minutes et cinquante-neuf secondes... cinquante-huit... cinquante-sept... le groupe disposait de dix minutes pour trouver un maximum d'informations sur ce vaisseau. En voyant le compteur, l'une des recrues paniqua et s'avança vers Atreïs en hurlant dessus en la secouant légèrement pour qu'elle se dépêche de trouver une solution. Pour cette recrue tout reposait sur cette fille à la mèche blanche. Il ne fut pas le seul à penser cela, puisqu'une autre encouragea Atreïs en disant qu'il était sûr qu'elle trouverait une solution. Tout le groupe encourageait la petite recrue sauf une personne : l'homme frêle qui ne voulait pas suivre le groupe, un peu plus tôt. Il s'énerva en hurla sur le reste des recrues.

                    « — Vous me faites tous pitié ! Vous vous reposez sur cette gamine pour vous sortir d'un mauvais pas ? Comment avez-vous fait pour survivre jusqu'à aujourd'hui ? S'exclama-t-il avec dégoût. C'est avec ça que je dois faire ma formation ? Demandait-il en regardant la formatrice June. »

                    « — C'est avec ça que vous devez faire votre formation, affirmait June, et vous devrez, durant cet exercice, les aider du mieux que vous le pouvez. Maintenant, si vous avez un plan, je vous en pris, partagez-le avec le reste du groupe. »

                    « — Bien sûr ! Répondit-il en se mettant droit. D'abord nous devons vérifier à qui appartient ce vaisseau. Savoir s'il appartient à l'ennemi ou pas. Ensuite, contacter la base pour signaler notre position avant de fouiller les alentours pour retrouver les survivants. »

                    « — Et s'ils sont armés ? N'oubliez pas que vous ne disposez d'aucune arme pour cet entrainement, demandait simplement la soldate King. »

                    « — Nous avons le nombre, répondit la recrue avec une certaine assurance. »

                    « — Très bien. Quelqu'un d'autre a un plan ? »

                    Les recrues se regardèrent les unes et les autres sans qu'aucune ne prenne la parole ou ne propose quelque chose, mais la plupart des regards se tournèrent vers Atreïs. Est-ce qu'un meilleur plan allait-il voir le jour parmi les recrues ? Pendant qu'elles discutaient, le compte à rebours, quant à lui, affichait désormais huit minutes et quarante-six secondes... quarante-cinq... quarante-quatre... qu'allait-il se passer une fois arrivé à zéro ?

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                      Post n°16
                      Auteur : Atreïs Helcar

                      Atréis ne s'attendait pas à aussi peu de renseignements. C'était un coup à prendre de mauvaises habitudes quant à leurs ordres futurs que de ne pas leur donner de consignes plus claires. Les ordres de mission étaient aussi restreints qu'ils étaient nombreux à composer le groupe. Bien vite, il se trouva empoigné au col par un gaillard qui faisait une bonne tête de plus que lui et qui la sommait de trouver une solution. Puis, ce fut à un autre de l'apostropher sans autre forme de cérémonie. Et encore un, puis un, et encore, qui finirent par l'entourer, l'enjoignant séance tenante à les sortir d'une situation qui était catastrophique à leurs yeux. Il était vrai que le froid avait pu les rendre irritables, mais au plus près de cette carcasse de vaisseau, la température était remontée quelque peu, la faute aux moteurs en veille qui émettaient malgré tout de la chaleur et faisait fondre la neige.

                      Il allait élever la voix, et au passage remettre en question la virilité de celui qui l'empoignait, lorsqu'une voix s'éleva derrière l'attroupement. Il la reconnut aisément. Parmi toutes celles qu'il avait entendu, celle-ci était la plus désagréable. Une voix venimeuse, mielleuse, de celles qui envoûtent aisément les esprits les plus faibles. Et Atréis le savait, certains avaient déjà été convaincus par ses propos. Ceux parmi les plus forts physiquement y voyaient là un relais de leurs idées limitées et un porte-parole qu'ils pouvaient facilement manipuler. Déjà, hier, il avait entendu le dénommé Rigom se plaindre ouvertement de la situation, non sans un certain charisme. Son physique léger avait déjà étonné le Gurlanin quant à son recrutement. Il ne correspondait pas au profil type qu'il avait pu observer, des hommes bien mieux bâtis. Cela dit, lui aussi détonnait.

                      Il enleva d'un geste vif le poing qui le tenait au moment où le soldat apostrophait June sans aucun respect ni considération. Il fut presque étonné de ne pas le voir prendre un coup pour cela. Il profita de la courte dispute pour regarder les recrues. Certains suivaient l'échange, d'autres avaient l'air hagard, tous transis par le froid. Lorsque June demanda si un autre plan était à l'étude, il prit la parole :


                      -Nous n'avons pas le temps pour une vérification. Nous devons retrouver les survivants, tels sont les ordres. Si il y en a, ils sont soit blessés et coincés dans le vaisseau, soit aux alentours. Jareess, tu viens avec moi, on va fouiller l'épave. Josh, Guldem, vous venez aussi. Les autres, vous cherchez autour. En cercle, vous gardez une distance pour vous repérer les uns les autres. Et dépêchez vous.

                      Le temps leur était compté. Tellement qu'il avait à peine fini de parler qu'il se dirigeait déjà vers l'épave. Celle ci n'était pas très grande, l'explorer serait rapide. Il éleva la voix une dernière fois.


                      -Et Rigom. Tu viens avec moi.

                      Il ne prit pas le temps d'attendre une réponse, ni même de regarder si il suivait. Il laissait cela aux formateurs qui les jugeraient. Et en soit, il n'avait pas spécialement besoin de lui. Mais il préférait le garder à l'oeil. Sans son ton hautain envers la soldate, il se serait sans doute rangé à son avis, mais quelque chose le dérangeait dans son attitude, et il se disait déjà en son for intérieur qu'un jour viendrait une confrontation. Autant l'étudier d'ici là...

                      La navette n'était plus qu'un amas de débris tenant à peine les uns aux autres. Branlante, et manifestement de médiocre facture, elle semblait se refermer sur eux au fur et à mesure de leur progression. Celle-ci n'était pas facilitée par la chaleur dégagée par le vaisseau accidenté, ainsi que par tous les morceaux de métal qui jonchaient le sol. L'avancée était lente et méticuleuse, menée par le Gurlanin. Habitué aux forêts escarpées, les mouvements étaient similaires mais les obstacles bien différents, et il se devait d'apprendre à grande vitesse. La fumée et le risque d'explosion ambiants n'aidaient évidemment pas à rester concentré sur la mission et il entendait déjà ses compagnons d'infortune exhortés par Rigom à le laisser en plan, lui et ses plans stupides. Il ajouta que des hommes n'avaient pas à suivre une femme qui n'avait aucune expérience ni jugeotte, surtout qu'elle n'avait aucunement fait ses preuves.

                      Le Gurlanin laissa l'autre à ses élucubrations. Tout à ses observations, il essayait, en regardant la construction de vaisseau, ou ce qu'il en restait, de deviner son appartenance. Mais tout était impersonnel à ses yeux, basique, et sans aucun symbole qu'il aurait pu reconnaître. Il est vrai que sa connaissance des vaisseaux était limitée... Pour ne pas dire inexistante. Mais ses compagnons derrière lui ne lui donnaient pas plus d'indications, et il n'eut pour toute réponse lorsqu'il les questionna qu'un vague haussement d'épaules. Ils commençaient à un peu trop se reposer sur lui...

                      Leur progression les mena enfin jusqu'au poste de commandes et de pilotage. Là, ils trouvèrent enfin ce qu'ils cherchaient : les passagers. En fait de survivants, ils étaient tombés sur 6 cadavres en uniforme. Deux qui semblaient piloter le vaisseau et était vissés à leurs sièges, les quatre autres en différents endroits.


                      « Regardons si ils ont des plaques d'identification ou tout autre signe distinctif... »


                      Seul Rigom n'y mit pas du sien. Plutôt que de fouiller les corps, il se dirigea vers le poste de commande. Trifouillant les manettes, les boutons, il semblait à la recherche de quelque chose de précis lorsqu'une alarme se mit à sonner et une voix féminine robotique annonça :


                      « Moteurs activés. Attention pendant la sortie de l'atmosphère. »

                      Atréis releva immédiatement la tête. Au vu de la position du vaisseau, et si les réacteurs s'activaient, ils ne pouvaient que...

                      « VITE ! SORTEZ DE LA ! »


                      Il empoigna le plus hagard pour le pousser vers le couloir dans son cri, tout en désignant la sortie. Si les moteurs se lançaient, le vaisseau allait au choix prendre feu ou exploser. Et il ne voulait pas être là pour voir ça, tout holographique soit l'exercice. Il maudissait dores et déjà Rigom, et se promit de lui faire payer cette idiotie sans attendre. Cela lui coûterait cher, mais il aurait le plaisir de lui casser la mâchoire. Au moins.

                      La course-poursuite contre le temps voyait la fin s'approcher. En queue du groupe pour veiller à ce que personne ne reste derrière, il eut à peine le temps de voir Rigom sauter hors du vaisseau et lui de se mettre dans l’entrebâillement que tout alla très vite. Dans son dos, il entendit une explosion sonore. Les moteurs n'avaient pas pu faire leur office correctement et avaient largement surchauffé, entraînant une formidable réaction en chaîne. Il jeta un coup d'oeil en arrière. Celui de trop. Il vit une vague de feu remplir la coursive et le projeter au dehors. La douleur se répandit dans tous ses membres lorsqu'il heurta le sol. Il eut un gémissement de douleur lorsque son dos craqua, et resta là, bras en croix. Le poing fermé sur une plaque d'identification de l'Empire.

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                        Auteur : June King

                        Nul besoin de réfléchir plus longtemps, les minutes étaient contre le groupe et le chronomètre continuait de faire défiler les chiffres les uns après les autres. Lorsque June posa sa dernière question : elle eut un léger rictus en voyant celle qui prenait, depuis le début, toutes les initiatives en commandant, presque et pratiquement toujours, toutes les recrues sans se soucier de savoir si elles allaient suivre le pas ou non, puisqu'en étant toujours sûre qu'elles suivraient sans se poser de question. Heureuse de la voir reprendre en main la situation, la formatrice King se mit dans un coin en laissant briller l'étoile montante. Cette dernière avait déjà tout prévu en quelques instants, et les recrues semblaient enfin calmes et prêtes au travail. Laissant le groupe agir d'après le plan qu'Atreïs venait de mettre au point ; June se mit à noter quelques lignes dans son datapad, avant de poser son index gauche sur son comlink qui était à son oreille du même côté et de répondre affirmativement à un ordre. Regardant derrière elle, elle s'approcha d'une des recrues qui semblait être perdue et ne voulait pas prendre part à l'exercice. Demandant la raison de son inaction, la recrue semblait être trop frigorifiée pour, ne serait-ce, bouger ou répondre sans claquer des dents. Expliquant qu'elle devait bouger pour se réchauffer afin de ne pas mourir de froid, elle se retourna rapidement après qu'une autre recrue se mit à crier de panique.

                        Portant son regard sur la recrue qui venait d'hurler, June n'eut que le temps de se mettre accroupie en se protégeant le visage et la recrue qui se trouvait à côté d'elle, lorsque le vaisseau explosa ! Le souffle de l'explosion venait de mettre tout le monde à terre ; la neige qui se trouvait autour fut balayée en un instant et ne tombait désormais plus du ciel ; le vent avait fait silence durant quelques secondes ; l'odeur toxique de la fumée et du carburant brûlé piquait les yeux et le nez ; la chaleur des flammes avait pris le pas sur le froid et un bourdonnement sourd et aigu avait envahi les oreilles de tous.

                        Reprenant le plus vite possible ses esprits, June hurla si tout le monde allait bien. Observant les recrues, elle aperçut rapidement les plus touchées. Se précipitant vers la première, elle comprit qu'elle n'avait rien de grave, mais qu'elle venait d'être sérieusement sonnée par le souffle de l'explosion. Lui demandant de rester assise en reprenant ses esprits, elle partit en voir une seconde lorsqu'elle fut interpellée par une recrue un peu plus loin qui hurlait que Atreïs n'était pas en bon état. Se précipitant vers elle, June comprit qu'elle avait été sérieusement touchée. S'accroupissant pour l'observer afin de savoir si elle n'avait rien de cassé en parcourant son corps avec un bioscan, elle fut interrompue par Rigom qui se plaignait qu'elle était, depuis le début de la formation, qu'un boulet et une source de problème et que si June avait mieux fait son travail rien de tout ceci n'aurait eu lieu.

                        D'habitude, et sur ordre de la lieutenante Gladmoore, June n'aurait rien dit et se serait contentait d'ignorer les paroles de la recrue en serrant très fortement sa mâchoire et ses poings. Mais là, il venait de dépasser les bornes. Se retenant dans un premier temps en subissant les insultes de la recrue, elle finit par ne plus rien entendre autour d'elle... comme si tout était devenu noir. Se relevant sans prononcer le moindre mot avec un regard assassin dans la direction du pauvre fou, June s'avança vers Rigom qui continuait d'expliquer aux autres que tout était de la faute de la formatrice et d'Atreïs. S'arrêtant en face de la recrue June lui hurla dessus.

                        « — Ferme-la ! ».

                        Sa voix provoqua comme une violente bourrasque qui fit reculer d'un pas toutes les recrues qui étaient autour d'elle et Rigom s'écroula sur les fesses - l'une perdit même conscience. Sa voix avait aussi endommagé le dôme et la simulation subissait à présent des sortes de bugs holographiques. Après avoir hurlé sur la recrue en regardant autour d'elle, elle s'aperçut qu'elles avaient fait un pas de plus en arrière et ne semblaient plus vouloir s'approcher d'elle. Comprenant ce qu'elle venait de faire, elle se racla la gorge et reprit son rôle de formatrice en ordonnant à l'une des recrues de relever Rigom. Celle-ci obéit tout de suite sans poser de question et June regarda les résultats du bioscan. Retournant voir Atreïs elle se posa à côté d'elle.

                        « — Ne t'inquiète pas, tu n'as rien de cassé, ton épaule est déboîtée et tu as un hématome au niveau des lombaires. Je vais faire venir les médecins pour qu'ils t'emmènent à l'infirmerie, dit-elle en entrant en communication avec son comlink ».

                        Une fois les médecins appelés, June se releva et la simulation s'arrêta au même instant.

                        « — Avec ce qu'il vient de se passer, nous allons abréger l'entrainement. La mission est en partie réussite grâce à cette jeune recrue, expliquait-elle en portant un regard sur Atreïs. L'entrainement est terminé pour aujourd'hui, vous avez quartier libre pour le reste de la journée, concluait-elle en laissant place aux médecins ».

                        Replaçant son épaule en le maintenant avec un linge, Atreïs fut brancardé jusqu'à l'infirmerie de la base séparatiste.


                        Un peu plus tard, dans l'une des chambres de l'infirmerie de la base séparatiste : les droïdes médicaux donnaient les derniers soins nécessaires pour Atreïs. Malgré l'accident et la puissance de l'explosion et du choc : elle n'avait eue qu'une épaule de déplacée et un gros bleu au niveau des vertèbres lombaires. Nul besoin d'opération ou de reconstruction cybernétique, donc. Une simple séance dans une cuve de bacta suffira pour remettre la jeune recrue totalement sur pied.

                        Et pendant que la jeune femme à la mèche blanche recevait des soins, dans le dortoir, les questions se multiplièrent comme des petits pains, et Rigom commençait à rallier des personnes de son côté.

                        « — Comment la confédération peut-elle accepter qu'une telle personne soit dans notre groupe ?! Elle a failli me tuer, nous tuer, en faisant n'importe quoi et en jouant avec les commandes du vaisseau ! Hurlait Rigom en se tenant debout sur son lit pour dominer les autres. Durant cet exercice c'était clairement moi sa cible, mais demain ça sera peut-être toi ! Dit-il en pointant du doigt l'une des recrues. Sans oublier cette formatrice plus bizarre que jamais, elle cache quelque chose ! Ensemble, faisons comprendre à tout le monde que nous ne voulons pas d'elles ! Que nous ne voulons pas de ces femmes dans l'armée ! Qui est avec moi ? Concluait-il en levant le poing en l'air ».

                        Les recrues présentes dans le dortoir se regardèrent un instant et plusieurs s'avancèrent vers Rigom, convaincu par son discours. Mais certaines n'étaient pas d'accord avec lui.

                        « — Tu t'es comporté comme un abruti fini, toi aussi ! À l'insulter... à insulter tout le monde. Je n'ai pas oublié tes paroles méprisantes durant l'entrainement. Toi aussi tu me fais pitié ! Et je pense que j'aurais fait pire que l'institutrice King si j'avais été à sa place, s'exclamait une recrue ».

                        À la suite de son commentaire, quelques-unes des recrues qui avaient rejoint Rigom firent demi-tour.

                        « — Bon toutou, va ! Donne la papatte ! Tu n'es bon qu'à ça, répliqua Rigom avec sarcasme et mépris ».

                        Le groupe se déchira en deux à ce moment et une bagarre générale démarra dans le dortoir.


                        Au même instant, la lieutenante Maria Gladmoore et la soldate June King faisaient un bref débriefing sur l'incident du jour qui avait mis fin rapidement à l'entrainement, en discutant de la suite des événements.

                        « — L'incident d'aujourd'hui n'était pas un bug, mais la réalité physique holographique du dôme est bien trop dangereuse pour ce genre d'opération avec des recrues inexpérimentées, expliqua la lieutenante. Il faudra l'utiliser pour de simples missions d’entraînements pour la prochaine fois ».

                        « — Nous connaissons la raison de l'explosion ? Demanda June ».

                        « — Une recrue à jouer avec les commandes ».

                        « — Elles n'étaient pas désactivées ? Et savons-nous qui a touché les boutons ? ».

                        « — Nous ne pouvons pas savoir qui a touché les commandes, mais il faudra être moins réaliste pour les décors, à l'avenir, dit la lieutenante. Fort heureusement, il n'y a qu'une seule blessée, Atreïs. Les autres vont bien. Mais elle aura besoin de repos, et son épaule lui sera certainement douloureuse pour la semaine à venir. Je compte sur toi pour t'occuper d'elle pendant que j'entraînerai le reste du groupe ».

                        « — À ce sujet. Je ne sais pas si je- ».

                        « — Tu n'as pas besoin de te remettre en doute. Ce qu'il s'est passé aujourd'hui n'est pas de ta faute, et ta réaction est pardonnable avec l'attitude que cette recrue a eue envers toi. Mais à l'avenir tente de te contrôler davantage. Je sais que tu es facilement émotionnelle, mais c'est de ton image qu'il est question, rassurait-elle la jeune fille qui restait silencieuse. Demain, lors de l'appel dans la cour, nous réglerons quelques détails et certaines choses seront corrigées, tu peux prendre le reste de ta journée, expliquait-elle avant de donner la journée de libre pour la jeune formatrice ».

                        ***
                        Le lendemain, toutes les recrues avaient été appelées dans la cour. Le groupe en formation s'était séparé en deux parties : la première était en accord avec les idées de Rigom, et la seconde en désaccord. Mais bien que le groupe se faisait la guerre, la lieutenante se tenait droite, en face des recrues, sans dire un mot, accompagnée des autres formateurs qui se tenaient derrière elle. Qu'allaient-ils leur arriver ?

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                          Auteur : Atreïs Helcar

                          Il y avait d'abord eu ce grand flash de lumière qui suivait immédiatement après le torrent de flammes. Puis la vive douleur dans le dos et l'épaule lorsqu'il heurta le sol violemment. La sensation de tétanie profonde lorsque tous ses membres réagirent subitement en se contractant. Puis le noir total dont il fut incapable de se défaire, son réflexe premier ayant été de fermer les yeux et de se protéger inutilement le visage. Désormais, il était étonnamment incapable de rouvrir les yeux. Il était vrai qu'il n'avait aucune expérience de ce genre de douleurs. Accoutumé des morsures et autres griffures, il se rendait compte qu'il existait un tout autre niveau de douleur. Heureux les ignorants, tant même à ce stade, il n'était pas à plaindre. La tête lui tournait même dans le noir, et il entendait une cacophonie de cris, de fureur et de colère sans parvenir à en déterminer ni la source, ni la cible.

                          C'est lorsqu'il put entendre la voix de la formatrice qui lui était clairement destinée qu'il commença à remettre les choses dans l'ordre dans son esprit.


                          -Ne t'inquiète pas, tu n'as rien de cassé, ton épaule est déboîtée et tu as un hématome au niveau des lombaires. Je vais faire venir les médecins pour qu'ils t'emmènent à l'infirmerie

                          Lorsqu'elle acheva sa phrase, la sensation de froid venant de la neige, et de fumée toxique émanant du vaisseau s'estompa. La simulation venait de s'achever, et la seule chose imprimée dans l'esprit du Gurlanin était un aveu d'échec cuisant. L'autre avait tenté de faire cavalier seul et avait refermé sur eux un piège qui aurait été mortel en de réelles conditions. Il se fichait bien d'être blessé dans ces circonstances. Il n'était pas là pour s'économiser, et voilà qu'il se retrouvait sur la touche dès son second jour dans la CSI.

                          June céda sa place aux médecins qui venaient de débarquer. Ceux-ci eurent la délicatesse de ne pas poser de questions, et prirent toutes les précautions nécessaires pour soigner celle qu'ils pensaient humaine. Il eut à peine le temps de réagir lorsque le premier, un Twi'Lek débonnaire lui annonça :


                          -Serre les dents. A trois, je remets ton épaule en place... Trois !

                          Le claquement arracha un grognement de douleur à l'alien métamorphe qui sentit les larmes lui monter aux yeux. Evidemment, il fallait replacer le membre dans l'axe tant que les muscles étaient chauds et le blessé sous l'effet de l'adrénaline, mais l'opération ne se faisait jamais sans mal.

                          -Ca va aller, t'en fais pas, gamine. Un bon bain de bacta et tu seras comme neuve. Allez, en avant !

                          Le second médecin, un vieux Géonosien qui avait sans doute vu les formateurs de Gladmoore passer en tant que recrues, en avait surtout vu bien d'autres. Des recrues blessées pendant les formations, c'était courant. Et puis, c'était plutôt bon signe. Ca voulait déjà dire qu'on ne ménageait pas les bleu-bites. Et surtout, qu'elles n'hésitaient pas à aller au charbon. Une vraie bonne nouvelle, ça manquait de chairs couillues dans les rangs de l'armée. Fussent-elles féminines.

                          Il fallut néanmoins contraindre Atréis d'être brancardé pour éviter les mouvements. Plus pour montrer qu'il n'était pas inapte aux formateurs que par fierté, il voulait marcher, mais s'en trouva interdit par les médecins. Question de sécurité. Sous l'oeil de ses camarades, aussi défiants que respectueux, il quitta donc les lieux.

                          Une fois à l'infirmerie, ce fut le Géonosien qui prit la parole :


                          -Surtout, te fait pas de bile, gamine. On en a soigné des centaines, des comme toi, et pas forcément des plus solides. Bon, c'est rare quand même qu'ils soient aussi maigrichons, mais y sont tous ressortis sur leurs deux guiboles, grâce à la merveille qu'on appelle bacta ! C'est pas dur, tu restes la nuit là-dedans et tu ressortiras comme neuf. Bon par contre, t'auras quand même mal à l'épaule. Mais ça, c'est pas si grave, ça forge le caractère !

                          Il lui expliqua rapidement le principe du respirateur qu'il aurait à porter tout du long, et lui montra la cuve qui serait son lit pour la soirée. Le Gurlanin enregistra les informations, élève attentif, mais se garda bien de la moindre remarque, taiseux qu'il était. Toutes les questions qui furent posées sur ses origines, ses motivations, ou tout autre trait de caractère étaient esquivées ou contournées, si bien qu'ils finirent par abandonner leurs investigations.

                          A la grande surprise d'Atréis, et alors qu'il attendait que la cuve soit préparée, il reçut la visite de Jareess, qui semblait inquiet, malgré un sourire jovial sur la figure. Il y avait une pointe de mouron au fond de ses yeux, et il gardait une certaine distance avec la jeune femme blessée.


                          -Tu as pas choisi le bon moment pour te blesser... En plein dans l'exercice hologra... je sais plus. En plein dans l'exercice. Les formateurs risquent de pas aimer...

                          Atréis haussa les épaules ce qui lui arracha un grognement de douleur et un regard moqueur des médecins.

                          -En plus... Je sais pas ce que tu lui as fait, mais Rigom est complètement dingue. Il est complètement en train de monter l'escouade contre toi et les formateurs. Ca a viré à la bataille rangée dans le dortoir, c'était n'importe quoi. Alors que nous, on sait bien que c'est lui qui a fait n'importe quoi... Mais il est en train de leur retourner la tête.

                          -Laisse tomber.

                          La voix claire du Gurlanin avait résonné dans l'infirmerie.


                          -La plupart ne passera pas le recrutement. C'est un tri. Garde toi de tout ça, ne prend pas parti. Sinon, ça te retombera dessus.

                          Le colosse de Telos la regarda, bouche à moitié ouverte, surpris. Après de longues secondes passées à se sentir gêné par le regard acéré de la femme à la mèche blanche, il reprit :

                          -Je vais pas te laisser tomber. Sans toi, on serait plus là. Si personne te soutient, tu seras isolée.

                          Il ne répondit pas immédiatement, car les médecins vinrent finir de le préparer, faisant détourner les yeux à Jareess pour préserver une intimité déjà bien entamée.

                          -Fais attention à toi. Et à tes décisions.

                          Le ton, la lueur au fond de ses yeux, tout laissait imaginer que cette phrase clôturait la discussion. Jareess ne fit pas autre chose, se contentant d'acquiescer en hochant la tête. Elle voulait certainement du calme et n'avait pas le cœur à discuter après ce qui s'était passé, se disait-il. Aussi prit il acte de ses paroles, mais se promit de ne rien en faire. Elle avait besoin de soutien. Surtout avec Rigom qui causait des troubles. Atréis serait rapidement leur cible, il en était persuadé, et elle ne pourrait pas se défendre en restant seule.

                          Aussitôt qu'il eut quitté l'infirmerie, Atréis fut plongé dans le bacta. La substance guérisseuse était confortable, et chaude, mais il se sentait mal au fond de cette cuve, étrangement. Le temps que les calmants fassent effet, il resta paniqué entre l'idée de se noyer dedans, la douleur qu'il ressentait dans son dos et son épaule, et les médecins qui l'observaient. Il s'agitait sans doute trop, car ils discutaient avec une certaine vigueur, et semblaient agacés de le voir aussi mouvementé. Mais cela ne dura pas, les calmants finissant par faire effet, et le plongeant dans un état second de semi-sommeil, duquel il ne sortirait que plusieurs heures plus tard.


                          Dans le calme de l'infirmerie, les médecins purent écrire leur rapport à la lieutenante Gladmoore.
                          « Etat stable physiquement. Contusions et fêlures soignées par bain de bacta. Etat psychologique instable, misanthropie évidente. Sujet possiblement dangereux. »

                          La nuit était toujours chaude sur Géonosis, et celle-ci le fut un peu plus, au vu de la haine grandissante dans les dortoirs. Rassemblés par Rigom, organisés dans un esprit de rebellion, ils avaient défié les autres recrues, et passé certaines, parmi les plus faibles, à tabac. Sans blessure grave autre que psychologique, ils faisaient néanmoins profil bas, éparpillés sans leader à suivre. Celle qu'ils considéraient comme un chef, ou presque, semblait s'être mise hors course par l'explosion, et ne se présenterait sans doute pas. C'est donc la mort dans l'âme qu'ils se présentèrent dans la cour au petit matin, rassemblés par Gladmoore, esquivant les grands airs triomphants de leurs rivaux.

                          Atréis, lui, avait passé une mauvaise nuit. Malgré la médication, la douleur se faisait toujours sentir et provoquait un engourdissement sourd de son épaule que les médecins ne voulaient pas forcer à se dissiper, sans quoi, disaient-ils, elle reviendrait, toujours plus vive. Aussi eut-il simplement le bras mis en écharpe pour soulager les muscles encore abîmés. Cela ne prendrait que quelques jours, tout au plus, mais suffisamment pour l'empêcher de s'entraîner normalement. Malgré cela, il insista pour être au rassemblement matinal. Bien que déjà en retard, il refusait de se montrer absent de nouveau. Aussi, c'est à l'abri des regards qu'il se mit au garde-à-vous, tant bien que mal, alors que la Lieutenante faisait ses habituels 100 pas.

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                            #19

                            Post n°19
                            Auteur : June King

                            Les recrues arrivèrent les unes après les autres dans la cour, au lendemain de la mission qui s'était achevée prématurément et qui fit une blessée. À la suite de cet échec de mission, deux clans et opposants s'étaient créé dans le groupe : l'un pro-Rigom et l'autre pro-Atreïs. Une guerre s'était déclenchée entre ces deux parties, et chacune voulait voir son meneur renvoyé. Et bien évidemment, les bleus, les arcades ouvertes et les lèvres gonflées ne manquaient pas d'être remarqués lors de l'appel dans la cour. Mais ayant eu vent de ce qu'il s'était passé la veille dans le dortoir, aucun des formateurs ne prononça un mot là-dessus - tout au moins pour le moment.

                            La lieutenante faisait, comme à son habitude, les cent pas en face des recrues. Mais la différence était qu'elle devait aller plus loin que les jours précédents. Le groupe s'était coupé en deux dans la cour et les recrues avaient laissé un détroit entre eux, pour ne pas se mélanger. Derrière la supérieure, ce trouvait le sergent Reticuli : qui fumait en regardant son datapad ; le sergent Forest, quant à lui, se tenait droit, mains jointes dans le dos et regardait les recrues qui se fusillaient du regard avec la rage au visage ; tandis que la soldate King observait, elle aussi, son datapad, mais aujourd'hui elle portait son KiSteer 1284 au dos, et portait un étrange objet noir à la ceinture, comme une sorte de manche sans rien au bout. Tous attentèrent la recrue Atreïs qui devait arriver bientôt. Les séances de Bacta étaient toujours longues, et connaissant le médecin de la base, qui aimait prendre son temps, il n'allait certainement pas mâcher le travail.
                            Lorsque la dernière recrue arriva, la lieutenante s'avança vers elle en lui ordonnant d'aller à côté de l'institutrice King - sans donner davantage de détails -, puis hurla sur le groupe. Mais cette fois-ci le ton n'était plus aussi amical qu'avant.

                            « — Au garde-à-vous ! Commença-t-elle en inspectant et en collant son visage énervé sur les recrues au premier rang. Je suis parfaitement au courant de ce qu'il s'est passé hier, dans le dortoir, expliquait-elle en reculant. Je vois que je ne me suis pas assez fait comprendre lors de votre recrutement, dit-elle en voyant une personne rigoler. Ça t'amuser ? En face de moi, immédiatement ! Cria-t-elle sur la recrue qui s'avança. Fais-moi des pompes, tout de suite, je te dirais quand t'arrêter, dit-elle en enjambant la recrue. Je connais parfaitement les noms de ceux qui ont commencé la bagarre et le pourquoi de votre petite guéguerre d'enfant, mais je ne les dirais pas, à vrai dire, cela m'arrange pour l'entrainement d'aujourd'hui ».

                            Au moment où la lieutenante expliqua qu'elle savait tout à propos du conflit dans le groupe et que cela l'arrangeait pour aujourd'hui, la recrue qui faisait des pompes s'écroula par terre. Était-ce dû à la fatigue ou juste parce qu'elle avait glissé ? Quand la lieutenante entendit la recrue tombée, elle se contenta uniquement de tourner légèrement la tête en lui parlant.

                            « — Je ne t'ai pas dit de t'arrêter. Tu dégages ! La Confédération n'a pas besoin d'incompétent dans ton genre, ordonnait-elle dans un ton autoritaire. Vous l'aurez tous compris. Aujourd'hui, durant cet entrainement, une nouvelle sélection sera faite, la moindre erreur vous sera fatale ».

                            Maria était revenue à une sélection de recrues. Chaque échec était fatal. Comme pour cette autre recrue qui pensait qu'elle pouvait se mettre au repos sans en avoir reçu l'ordre. La lieutenante la regarda et d'un claquement de doigts en indiquant la sortie avec son index, elle comprit venait d'être éliminée. Après cette deuxième élimination, Maria se retourna vers ses collègues et expliqua aux sergents Forest et Reticuli de la suivre, avant d'ordonner à la soldate King de conduire la jeune Atreïs jusqu'à la destination. Une fois chose faite, la lieutenante se retourna et exigea que les recrues se mettent en rang et au pas en montant bien haut les genoux ! Une, deux, une, deux ! Voyant les recrues partirent avec Maria qui ouvrait la marche et les sergents la fermant, June fit signe de la main à Atreïs de la suivre. Prenant une direction opposée pour aller jusqu'au garage de la base afin de prendre un véhicule, June n'osa pas parler, elle était trop timide pour ça. Et puis, pour elle, parler et sympathiser avec quelqu'un était synonyme de danger ou de mort pour la personne. Trop de gens ont souffert en restant à ses côtés, trop de gens sont morts par sa faute... le mieux était de rester seule, se disait-elle souvent. Mais, elle prit tout de même de ses nouvelles, en bégayant un peu sur le début de sa phrase.

                            « — Ton... ton bras va mieux ? ».

                            En plus de ne pas vouloir s'attacher aux autres, et d'être émotionnelle - ce qui offrait une June différente chaque jour : la communication n'était pas ce qu'elle maîtrisait le mieux. Mais heureusement pour elle, ils étaient enfin arrivés au garage. Accueilli par deux droïdes B1 qui se redressèrent en saluant militairement leur collègue, June eut un mouvement de défense en posant sa main gauche sur la sangle de son fusil en faisant un pas en arrière... avant de se mettre droite et saluer à son tour - toujours avec la mauvaise main - les droïdes en affichant un visage de méfiance. Les deux droïdes demandèrent de les suivre jusqu'au véhicule. Suivant les droïdes avec vigilance, June demanda à Atreïs de monter dans le véhicule, pendant qu'elle signait le datapad des départs, qu'un B1 lui tendit. Montant à son tour dans le véhicule, celui-ci ne partit pas tout de suite.

                            « — Ne t'inquiète pas, tu participeras à cet entrainement, expliquait June à Atreïs une fois installé dans le véhicule. Mais, nous n'allons pas au même endroit ».

                            Une fois que la formatrice King venait d'expliquer une partie de ce qui allait se passer, elle reçut une communication via son comlink : interpellant le conducteur en lui faisant signe de partir, le véhicule se dirigea en haut d'une colline remplie de rochers et de cailloux. Le trajet fut rapide et assez silencieux, June ne savait pas quoi dire et n'était de toute façon pas bonne pour entamer une discussion. Lorsqu'elles arrivèrent à la colline : June déplia les pieds de son fusil de précision KiSteer 1284 et installa son fusil entre deux rochers pour que personne ne puisse le voir depuis la plaine désertique qui était aux pieds de la colline. S'allongeant sur le ventre en relevant le premier clapet de protection, June expliqua le rôle d'Atreïs pour cet entrainement.

                            « — Ton rôle est simple, choisir qui restera en vie dans le groupe et qui sera éliminé de la formation, dit June sans ménagement. Donne-moi les noms des têtes que tu veux voir tombées pendant qu'ils s’entraîneront ».

                            Alors que June expliqua sans détour le rôle d'Atreïs dans cet exercice, les recrues arrivèrent sur la plaine. De leur côté la lieutenante expliqua que le groupe allait devoir se séparer en deux et qu'une simulation de bataille sera leur entrainement. Sur place ce trouvait une caisse métallique avec des armes à lasers non létales et des plastrons avec des capteurs un peu partout.

                            « — Avant Toute chose, vous devez faire deux groupes... mais je pense qu'ils sont déjà fait, commença à dire la lieutenante. Vous devrez vous battre, vous aider, vous sauver et réfléchir pour vaincre l'autre. Vous allez vous séparer en deux groupes, et vous aurez dix minutes pour vous préparer, expliquait-elle en rejoignant ses collègues qui se trouvaient à côté de la caisse. Je tiens à vous dire qu'ici, les tempêtes sont nombreuses, et le sable y est particulièrement brûlant, dit-elle en regardant son datapad. Dans quarante minutes une tempête est annoncée, et en cas d'accident, je ne pourrais rien arrêter. Maintenant, dans cette caisse, vous allez mettre vos plastrons et prendre chacun une arme, ordonnait-elle en ouvrant la caisse. Si vous entendez un bip lorsque vous êtes touché, vous êtes morts et vous ne devez plus bouger, si vous ne respectez pas cette simple consigne, vous serez renvoyé. Dépêchez-vous ! ».

                            Les recrues se dépêchèrent de s'équiper et de rejoindre le groupe qu'il avait choisi. Après quelques essais pour savoir si l'équipement fonctionnait parfaitement, la lieutenante hurla que l'entrainement pouvait démarrer.
                            Plus haut, à plus de trois cent mètres du lieu de l'entrainement, sur la colline remplie de rochers : June releva le second clapet de protection de son fusil de précision en regardant dans le viseur et s'installa plus confortablement en redemandant qui des recrues Atreïs voulait voir mort.

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                              Post n°20
                              Auteur : Atreïs Helcar

                              Pour la première fois depuis son arrivée sur Géonosis, Atréis se sentait mal. Pas à cause des douleurs qu'il ressentait dans chaque fibre de son corps après l'enchaînement d'exercices. Pas à cause de son bras qui le lançait toujours autant. Non, cette fois, le mal-être était profond, ancré au plus profond de lui. Le sentiment avait grandi tout au long de cette nuit au fond de la cuve de bacta, où il avait alterné entre demi-sommeil et conscience. Qiilura lui manquait terriblement, et son idéal d'unité venait de voler en éclats face à la stupidité de ceux qui étaient sensés représenter sa troupe. Il faisait plus ou moins toujours cavalier seul, s'appuyant sur les autres quand il ne pouvait pas se débrouiller, mais était-ce la bonne méthode ? Ne le ralentissaient ils pas, tout simplement ? La question méritait de se poser...

                              En tant que retardataire, il s'efforça de ne pas se montrer, ce qui était rendu simple par les épaules affaissées de nombre de ses camarades. Seuls certains inconscients défiaient Gladmoore du regard, et Atréis ne put s'empêcher de déglutir quand il vit la Lieutenante marcher vers lui à grandes enjambées, avant de lui intimer, dans son style tout en retenue, d'accompagner l'instructrice King. Il ne se fit pas répéter l'ordre, se mettant au garde-à-vous lorsque l'instructrice en chef le commanda. Le Gurmanin crut repérer un regard goguenard de la soldate aux cheveux blancs, mais il ne pouvait s'en assurer.

                              Son discours fut aussi franc que direct, tout comme les éliminations de deux idiots. Les voir s'avancer piteusement vers la sortie conforta Atréis dans sa nouvelle vue d'ensemble. Il ne leur accorda pas un regard lorsqu'ils passèrent devant lui, avant que la petite troupe d'idiots ne soit mise au pas de course par la Lieutenante, qui les éloigna. June fit signe à la recrue de la suivre, et il lui emboîta le pas.


                              La réponse fut aussi brève que la question, entre deux taiseux : "Non."

                              Il n'allait pas mentir. L'impression d'avoir une tige chauffée à blanc qui s'enfonçait dans son bras n'aidait pas à se sentir plus en forme, et il devait revoir les médecins le soir même. Pour une simple épaule luxée ! De ce qu'il avait compris, son état ne s'était pas amélioré suffisamment par rapport à la norme. Il n'en rajouta pas, conscient qu'elle devait certainement avoir accès à son dossier médical.

                              Se contentant de suivre et d'imiter June lorsqu'elle saluait, il garda sa position mutique jusqu'à ce qu'elle épaississe le mystère de leur destination. Le Gurlanin ouvrit la bouche pour poser une question, puis se ravisa. Il verrait bien le moment venu ce qu'il aurait à faire. Les instructeurs n'étaient pas idiots. Ils savaient qu'Atréis ne pouvait ni se battre, ni se mouvoir correctement. Aussi, lorsque June lui indiqua qu'il participerait au même entraînement, il se posa la question : un exercice asymétrique ? Ou quelque chose qui n'impliquait pas d'efforts physiques ? Cette dernière hypothèse fut bien vite balayée lorsque la soldate fit conduire le speeder en haut d'une colline vide de toute autre chose que cette satanée poussières et ces cailloux rouges. Il la regarda silencieusement monter avec mille précautions son fusil, comme si c'était un objet cher à son coeur, puis la voix de l'instructrice en herbe claqua.

                              Lui ? Responsable de la vie ou de la mort dans cette formation des autres ? Il s'assit à côté de June, grimaçant avec la douleur. En contrebas, il voyait les autres s'affairer. Ils se mettaient en ordre de bataille ? Qu'est ce que c'était que cet entraînement encore ? Passant sa main sur son visage, il regarda le désordre éclater. Rapidement, des tirs de laser furent échangées, partant dans des directions plus ou moins aléatoires, tant ces idiotes de recrues semblaient incapables de viser droit. Parfois, par miracle, un tir semblait prendre la bonne direction, mais ils étaient suffisamment mauvais pour qu'Atréis ne se demande si ils ne le faisaient pas exprès. Ou pire. Si les armes n'étaient pas volontairement faussées.

                              Pendant ce temps, June attendait paisiblement les noms. Elle semblait d'une méthode et d'un calme olympiens, à la manière dont elle tenait son fusil et paraissait le régler au micromètre près. Il reporta son regard sur la mêlée. Etait-ce un test ? Oui. Mais pour qui ? Lui ? Ceux en bas ? Les autres. Il devinait aisément que ceux qui étaient touchés et "tués" n'avaient que de bien faibles chances de survie dans ce groupe. Mais ça ne paraissait pas létal. En revanche, le fusil de June, lui, semblait l'être. Alors quoi ? Il aurait la mort de ses camarades sur la conscience ? Mais cela avait-il une importance ?

                              Il repensa à la disucssion qu'il avait eu avec Jareess la veille. Dans son esprit, ils étaient tous sur un siège éjectable. Surtout maintenant qu'ils avaient commis une faute stupide en se séparant ainsi, là où ils devaient se montrer solidaires. Ce fut cette dernière pensée qui l'emporta sur le reste. Il devait prendre des décisions. Il l'avait fait tout au long de ces deux jours qui lui avaient semblé deux mois, et cela l'avait mené ici, sans ménager personne.


                              "Pas une n'a montré autre chose que de la couardise."

                              Et il énuméra les noms. Tous. Sans en oublier un seul. Si June s'exécutait, il réciterait la liste, ponctuée par des coups de feu. Tout en gardant un nom pour la fin. Rigom.

                              Les éliminations successives l'avaient convaincu que très peu en réchapperaient, finalement. Il prit le risque d'être éliminé lui-même pour avoir trahi. Mais au moins, il resterait fidèle à lui-même.

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                                Post n°21
                                Auteur : June King

                                Pathétique ! Voilà la seule réponse qu'avait en tête la lieutenante Maria Gladmoore en voyant toute cette troupe de bons à rien se tirer dessus tel des B1 défectueux sorties d'usines et tenant entre les mains des armes pour la première fois. Comment pouvaient-ils rater leur cible à moins de deux mètres de distance ? Pourquoi cette année les recrues avaient-elles un air de ridicule ? Prenant une grande bouffée de poussière rouge de Géonosis et retenant sa colère autant qu'elle pouvait, elle ne trouva rien de mieux que de se masser les tempes avec sa main de libre pour tenter de se calmer et d’ôter ce mal de crâne qui apparaissait, en détournant le regard de cette scène... pathétique.

                                Les recrues se faisaient face : les personnes qu'avait rallié Rigom à sa cause de battaient en le défendent tels des gardes du corps pour politiciens ; tandis que de l'autre côté les futurs soldats partaient dans tous les sens, sans coordonner leurs déplacements, sans stratégie d'approche et sans soutien technique. Toutes semblaient perdues et ne savaient pas comment agir devant le groupe de Rigom qui, pour certaines recrues était difficile de l'accepter, mais meilleur que celui qui avait pour meneur Guldem (l'une des recrues qui avaient accompagné Atreis lors du précédent entrainement). Malheureusement, le groupe de Rigom ressemblait plus à une escouade suicidaire, qu'autre chose. Rigom n'hésitait pas à utiliser "ses hommes" comme bouclier pour contrer les tirs des recrues adverses. Comme cette fois-ci - qui ressemblait aux autres - : lorsqu'il se retrouvait face à un ennemi et qu'il tira vers lui un allié pour qu'il reçoive les tirs à sa place, tout en avançant et en utilisant son compagnon comme bouclier avant de le laisser tomber par terre une fois proche de son ennemi, afin qu'il puisse lui tirer dessus à bout portant et être sur de le vaincre. Une technique et un geste déloyal, mais diablement efficace, puisque lui est son groupe parvenait à prendre l'avantage dans cette bataille désastreuse.

                                Alors que la lieutenante désespérait, que les sergents jouaient calmement aux cartes au-dessus de la caisse d'armement, le destin de tous était en train de se jouer au moment même, plus haut, sur une colline, caché derrière les rochers.

                                L'index plaçait sur le pontet du fusil et la main gauche tenant la poignée ; l’œil gauche plaquait contre la lunette de visée ; la crosse du fusil collait sur l'épaule gauche ; la respiration qui se faisait de plus en plus lente en inspirant par le nez et en expirant par la bouche ; les muscles du corps qui se relâchaient tous (pour mieux les contracter au moment du tir) ; la vue faisant seule le focus sur les cibles pour prévoir leurs mouvements. Dans cette position June pouvait être confondue avec l'environnement tant elle ne bougeait pas ou n'émettait aucune vibration, même les petits insectes de Géonosis grimpaient sur elle pour continuer leurs chemins en l'ignorant - ou en ne s'apercevant pas de sa présence ? Concentrée et attendant les noms, la soldate continuait de viser les recrues sans détourner le regard, mais avait toujours un œil autour d'elle, en cas d'attaque. Lorsqu'elle entendit la jeune Atreis s'asseoir à côté d'elle, son index gauche se plaça sur la queue de détente. Entendant le premier nom : June calcula à peu près et en l'espace d'un instant la distance, la température, le vent, l'humidité et tout ce qui pourrait faire manquer son tir lorsqu'elle inspira en bloquant son souffle.

                                Plus bas, continuant de se massacrer entre elles, l'une des recrues s'écroula par terre avec une violence et une rapidité impressionnante, et deux secondes après l'écho du tir vint résonner dans les oreilles de tous. Criant de se mettre à l'abri immédiatement, la lieutenante se mit à couvert elle aussi en s'armant et en cherchant la menace. Mais avant même que les recrues ne réagissent, une seconde victime s'ajouta au tableau, puis une troisième, puis une quatrième. Les recrues semblaient totalement perdues, affolées, et ne savaient absolument pas où se mettre à l'abri puisque les tirs semblaient venir de partout. Rigom forma un bouclier avec deux de ses sbires qui semblaient totalement en accord avec le principe de le sauver en y laissant leurs peaux. Mais il commença, lui aussi, à paniquer lorsqu'un de ses boucliers tomba sous un tir.

                                Plus haut, Atreis continuait d'énumérer sa liste à côté de June. Une inspiration, un tir, une expiration ; à chaque nom, un tir. Toutes les recrues tombèrent sous les balles de June. Nulle recrue n'avait su y échapper. Toute ? Non, une seule restait debout. Lorsque la liste venait d'être terminée, June se leva et prit dans sa main gauche l'étrange manche noire qu'elle portait à la ceinture et fit un coup sec avec pour déplier totalement la matraque et électrifia Atreis.

                                « — Toutes les cibles sont neutralisées, dit June via son comlink ».

                                « — Très bien ».

                                ***

                                Quelques heures plus tard, et sachant combien de temps duraient les effets des balles étourdissantes et de la matraque télescopique électrique, les supérieurs arrivèrent dans la salle de repos de l'hôpital au moment où les recrues se réveillèrent les unes après les autres dans les lits.

                                « — Vous avez tous échoué, s'exclama la lieutenante sans détour. Par conséquent, vous êtes tous renvoyés, expliquait-elle en laissant un blanc. Mais, comme nous avons un quota à respecter chaque année, vous êtes tous réintroduit. Demain, entrainement au combat rapproché avec le sergent Forest à 5h tapante dans la cour, vous êtes privé de dîner ce soir et interdit de sortir des dortoirs jusqu'à demain ! Hurla-t-elle en repartant aussi rapidement qu'elle était venue ».

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