Chimères et souvenirs
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Post n°3
Auteur : Blad DemeciProfesseur Steve Hawk
Spécialiste de l'étude des métamorphes
La CSI contribuait continuellement à l'avancée des sciences organiques. Jusqu'ici, des milliers de spécimens étaient passés entre les mains des blouses blanches de la confédération. Le Professeur Tericarax fût d'ailleurs un grand chercheur, porté sur la Force et ses aspects scientifiques. D'autres donnèrent plutôt leur existence à l'étude de ceux que l'on appelle communément "les changeants". Ici, au complexe secret du DCRS, perdu dans les tréfonds des ruches Géonosiennes, le terme technique usuel était "métamorphe". Certaines créatures de la galaxie étant, grâce à ces chercheurs spécialisés notamment, relativement célèbres pour leurs capacités de transformation : les Clawdites, par exemple, et pour ne citer qu'elles.
Steve Hawk faisait parti de ceux qui pensaient que les métamorphes étaient présents un peu partout, comme fondus dans la masse. Espions, assassins, politiciens, doublures diverses, bref : le potentiel des changeants était si immense, que le Docteur Hawk avait voué sa vie à leur fonctionnement. Lui-même condamné à vivre dans une chaise mobile intelligente, à cause d'une dégénérescence génétique, Steve Hawk se plongea à cent pourcents dans ce travail aux pistes quasi-infinies. Scientifique de génie Alderaani, recruté très jeune au sein de la CSI, il était devenu chef de sa propre section de recherche à seulement 28 ans. Les séparatistes lui avaient d'abord donné les moyens de concevoir son propre fauteuil intelligent, dont l'IA unique incroyable fût baptisée Aldera, en hommage au monde d'origine de Hawk. L'apparence atypique et handicapée du scientifique en fit un modèle tout à fait singulier dans l'organisation galactique, demeurant tout de même loin de la notoriété publique, afin de s'assurer une certaine souplesse d'action.
Cela faisait environ une semaine que le spécimen "Billy" était en quarantaine maintenant, conservé précieusement au cœur d'une cellule stérile à barrières cinétiques. Le Docteur Hawk s'était tout de suite réservé à l'étude ce métamorphe, à l'état clairement instable à son arrivée. Le scanner de la "chambre" de l'agent Billy était continuellement relié à Aldera d'ailleurs, afin que le scientifique ne loupe en aucun cas le moindre sourcillement du changeant. Ce fût même au beau milieu de la nuit que l'IA réveilla son maître d'une musique doucereuse, lui signalant que le spécimen s'apprêtait à reprendre conscience.
Steve désactiva d'un clin d’œil le mode "sommeil" du fauteuil, puis son droïde ménager sortit du placard de l'appartement, afin d'habiller le chef de service convenablement. Rapidement prêt, le génie confédéré se rendit sans plus attendre aux cellules de quarantaine, là où son nouveau "joujou" s'apprêtait à immerger, d'une seconde à l'autre.
"Bonjour Billy, je suis le Professeur Hawk, tu te trouves actuellement sur Géonosis. Les capteurs de cette cellule nous indiquent que tu es désormais réveillé, fais-nous un signe, si tu comprends ce que je dis."
Déclara le synthétiseur vocal de Hawk, directement dans les enceintes de la cellule d'Ansikt. Le scientifique, lui, se tenait juste devant les barrières énergétiques rougeoyantes, son regard si étrange et fasciné posé sur le Gurlanin aux capacités incroyables.
"Tu n'as rien à craindre ici, nous sommes dans un complexe scientifique de la CSI. Nous ne voulons que ton bien. Si tu te sens bien, tu sortiras très vite, je te le promets."
Assura Hawk, avant de laisser le temps à Billy d'immerger et, pourquoi pas, réagir. Les lumières de la cellule étaient tamisées, loin des aveuglants tubes blancs des hôpitaux. Trois murs gris, d'une composition étrange entre métal et béton, encadraient le métamorphe. Le quatrième pan étant le champs d'énergie infranchissable dressé entre l'ancien compagnon d'Azel Kyone'e et le professeur en fauteuil sous-propulsé. Ansikt n'avait aucune raison de se montrer agressif, et s'il choisissait de l'être tous les moyens étaient réunis en ces lieux pour le mettre rapidement hors d'état de nuire. Hawk espérait toutefois qu'il n'ai pas besoin d'en arriver là, car ce métamorphe pouvait bien devenir le meilleur sujet de toute sa carrière... -
Post n°4
Auteur : Ansikt— Chérie ! Les gâteaux sont presque prêts !
Je me dépêche dans la cuisine malgré la chaleur des fours. L’entrée est bien entreposée dans le réfrigérateur. Le plat reste au chaud pour l’instant. Les gâteaux doivent être sortis. Oui, tout est en ordre. Tout va bien.
J’empoigne un gant et donne un coup sec pour que la porte cède. Elle a tendance à me résister, ces derniers temps. Il faudra que je fasse quelque chose à ce sujet. Peut-être en fin de semaine ? Oui, ça doit pouvoir se faire… Je l’ajouterai au calendrier quand ils seront repartis.
J’essuie un peu de sueur qui perle sur mon front. J’en ai peut-être trop fait… Roh, et puis zut ! Non, ça sera très bien ! Je peux le faire, et je refuse de céder mon rôle de maintien du foyer à un droïde. Il faut que je sois à sa hauteur, elle qui en fait déjà tellement à son travail…
Je pose les desserts sur la table, et une odeur fruitée emplit la pièce. Ils ont réduit en fin de cuisson, mais restent volumineux. Parfait ! Mais il manque quelque chose… Ah, je sais ! Je matérialise une queue, et attrape le sucre sur l’étagère, trop haute pour mes bras actuels. Je saupoudre généreusement, et le repose à sa place. Voilà, là, ils sont parfaits.
Je me permets de souffler enfin. La cuisine est toujours plus physique, quand on doit la préparer dans un court laps de temps. Mais c’est ça qui la rend si excitante ! Cette urgence, et l’adrénaline qui va avec ! Je ne le ferais pas tous les jours, mais à petites doses…
Un coup d’oeil à l’horloge. J’ai encore une heure trente, et plus rien à préparer. Comme prévu, donc. Excellent. Je dépose mon tablier, et m’empresse de rejoindre la salle de bains. Je jette tout de même un coup d’oeil précautionneux au salon, mais il est toujours aussi immaculé. Je ne sais pas vraiment ce qui aurait pu le changer, mais on est jamais trop prudent !
Je fais un détour par notre chambre pour choisir une tenue. Celle ci ? Non, trop relaxée… Celle là ? Mais non, je ne vais pas à un enterrement ! Ah, la voilà ! Ma favorite ! Je me disais bien qu’elle était disponible ! Il faudra que je mette sur l’inventaire que je l’ai portée aujourd’hui, pour planifier les lessives. Oh, ce n’est pas urgent.
Alors que je m’apprêtais à sortir de la pièce, je remarque que la poussière n’a pas été faite sur les chevets et rebords de fenêtre. Mince, j’ai complètement oublié ! Combien de temps ? Une heure dix-sept ? Misère… Vite, vite ! Je pose mes vêtements de soirée dans la salle de bains, et dévale l’escalier quatre par quatre pour aller chercher le chiffon prévu à cet effet, même le produit pour faire briller le bois utilisé. Je ne peux pas me permettre de faire un aller-retour en plus… Tant pis, ce n’est pas bien élégant, mais j’ai besoin d’une paire de bras en plus pour tout transporter d’un coup. Si elle me voyait… Misère…
Je nettoie et astique avec frénésie. Rah ! Quand je disais que j’aimais bien travailler sous la pression, je ne souhaitais pas des complications supplémentaires ! Bon sang, je suis en retard, maintenant ! Allez… C’est propre ? Mmhh… Oui, ça en a l’air. Direction salle de bains, alors ! Pas une seconde à perdre ! Je jette mes vêtements dans la corbeille avec un magnifique panier trois points, et rentre dans la douche.
L’eau est moins chaude que d’habitude, ou je suis moins sensible qu’à l’accoutumée ? Peut-être que j’ai encore chaud à cause du stress ? Allez, ça va le faire… Calme toi… Une grande inspiratioooon. On gaaaarde. Une grande expiratiooooon. Voilàààà. Zen.
Je me savonne consciencieusement. Je dois être à l’image de la maison : impeccable. Je n’en tolérerais pas autrement.
Un quart d’heure plus tard, je ressors dans un nuage de vapeur parfumée. Ce savon fait des merveilles ! Il faut que je repense à en acheter. A moins que ça soit celui qu’il faut commander ? Ca serait possible. Je vérifierai.
Me voilà devant la glace. J’ai des cernes, et bouton est apparu. Ce n’est pas présentable. Je les efface, corrige ma teinte, rend la couleur de mes cheveux moins terne. Les détails à corriger s’accumulent, le temps s’égrène, mais je ne peux pas me permettre de perdre du temps en panique. Elle compte sur moi. Je ne vais pas la décevoir.
Voilà, j’ai tout ajusté, normalement. Je risque un coup d’oeil sur l’horloge. Trente-huit minutes restantes. Ca va le faire. Je m’habille, et a presque des difficultés à fermer le tout. J’ai pris du poids ? Rien de voyant, j’espère ! Ca donnerait l’impression de négligence ! Non, non, hors de question. Je le corrige aussi. Magnifique, parfaitement confortable. Mais je n’ai pas fini.
Je remets la bague qu’elle m’avait offert. Je l’enlève habituellement pour les tâches ménagères les plus salissantes. Mais je ne peux pas me permettre de l’oublier pour une telle occasion ! Je l’enfile, et prend quelques secondes pour admirer le joyau couleur saphir qui l’orne sobrement. La pierre se marie parfaitement avec ma robe. Que c’est élégant ! Je ne perds pas plus de temps, et l’accompagne de mon collier, et me maquille. Quelque chose de simple, censé sublimer le tout sans être oppressant. Là, voilà. Ca devrait être bon. Un coup d’oeil à l’horloge. Onze minutes. J’ai le temps d’aller la voir.Spoiler : Apparence
Guidée par les bruits de tiroirs, je la retrouve dans notre chambre, en costume militaire. Je la surprends et l’aide à faire les derniers ajustements. Elle aurait préféré avoir une autre tenue, moins formelle, mais j’ai insisté. Sa promotion se joue peut-être ce soir ! Non, mieux vaut assurer le coup, quand on invite ses supérieurs. Je la regarde. Elle est resplendissante.
— Merci, ma crevette.
Elle accompagne la parole en posant la main sur ma joue, et j’essaie de ne pas trop rougir, sans succès. Sa main est forte, me rassure. Elle a l’air si… sûre d’elle. Confiante. Comment fait-elle ? Ou alors elle est plus habituée à ce genre d’occasions que moi, tout simplement.
— Tout est bon. Ils ne devraient pas tarder.
Je regarde son visage. Malgré ses imperfections, je la trouve belle. Peut-être que son caractère joue aussi ? On a connu meilleur caractère, mais… je ne sais pas. Je ne l’explique pas. Peut-être que le contexte de notre rencontre a beaucoup joué dans notre relation ?
Une sonnette. Les premiers invités arrivent. Allez, je ne peux pas passer la soirée à rêvasser.
— Je vais les acceuillir. Ne tarde pas trop, d’accord ?
J’accompagne la phrase d’un clin d’oeil joueur. Elle sait que je suis plus à cheval sur la ponctualité qu’elle. Ce n’est pas la première fois que je lui dis ça, et elle râle pour la forme. Mais c’en est presque un jeu, maintenant. Le temps fait la complicité, apparemment.
Je me chausse et sors accompagner les invités de leur véhicule à la maison. Je suis revigorée, et me sent prête à affronter la Galaxie toute entière. Nous sommes là l’un pour l’autre, tout va bien se passer.
Oui, Azel est vraiment la meilleure personne avec qui je pourrais partager le reste de ma vie.*****
J’entends des éclats de rires provenir de la table alors que je prépare la vaisselle pour le plat. Tout va bien, alors. Aucun accroc, pour l’instant. Ils adorent. Excellent.
Je suis contente. Je les imaginais d’une autre classe, d’un autre monde, et pourtant… Ils ne semblent pas si distants que ça. Il y a des passions communes, des centres d’intérêt partagés, de la discussion sans méchanceté… Je n’aurais peut-être pas du me faire un tel mouron par rapport aux préparation… Mais bon, je ne peux pas changer le passé ! Et, c’était justifié, vu qu’ils ont l’air d’apprécier la soirée.
Je repars pour la cuisine, et manque de lâcher ce que j’ai dans les mains en sursautant. Je retiens au maximum mon cri de surprise. Dans l’ouverture de la porte se trouve un homme, la quarantaine, une cigarette à la bouche, habillé en tenue militaire, mais pas d’apparat. J’ai très envie de le gronder par rapport à la fumée, les cendres qu’il laisse partout, la crasse de son blouson sur le montant de porte, le fait qu’il soit en chaussures et non en pantoufles, sa barbe mal rasée, et globalement le fait qu’il soit ici. Mais je me retiens.
— Monsieur Κ̨̛̯̘̫͙̯̬̘͈̥̙͈̂ͥ̉͑ͭͣ͌́̅̓̽ͩ́͐́̚͢ͅl̋̽̅ͥ̎̏̎̒̿̐̓ͫ̉ͫ̋҉̴̛̛̘̟͉̖̼̟͉̰̲͍̩͍̻̳͖̪̤͠ἀ͚̠͍̼̟̪̞̲͔̖̞̇̐̍̐ͪ́̑̽̑ͨ̐̐̔ͥ̄ͯ͟f̶̢ͧ͐̋͑̄͂ͤ̓͌͗̐̐͠͏͎͍̝̗̹̟̻̰̱̦σ̛̻̝̻̫̩̼͕̖̻̠͍̥͑ͮ̇͛̽̄̉͑ͪͤ͌̎̋͜͠σͥ̓ͣͦ̿̓̀ͫ͗͏̷̡̠̹̰͇̭̕̕ͅμ̶̱̤̗͕̳͎͔̾̓̐͌̂̌̓ͬͬ͗̇̌̓̓̅̇̎͡͠τ͖̘͖̹̩̹͕͈͇͇͎̬̠̥̤̼̟̘ͯͫ̌͒́͗ͯ̾̑ͣͯ̕ι̵̶̨̤͉͕̰̘͓̹̜̭ͭ̉͗̔̿͘ͅ ! Vous m’avez fait peur. Vous cherchez les toilettes ?
Il daigne enfin me regarder, et je retiens une moue devant son regard blasé. Voilà qui n’est pas élégant. Voilà le genre de personne que je ne m’attendais pas à voir ici, dans cette cuisine.
Il reprend une bouffée de cigarette, détourne son regard, et commence, d’une voix étonnement claire, vu sa consommation de tabac.
— Mes excuses, Miss Megan.
Il marque une pause, reprend une bouffée de cigarette, et se tourne vers moi, le regard mauvais.
— Ou plutôt devrais-je dire, Monsieur Ansikt Rajani ?
Mon visage d’abord gêné devient contrarié, d’un coup. De qui parle-t-il ? Non, il cherche à me perturber. Créer du chaos dans mon foyer. Non, je ne l’accepterai pas. D’un ton ferme, je lui réponds.
— Je ne vois pas de qui vous parlez. Maintenant, retournez à table, s’il vous plaît, je n’ai pas envie que le plat refroidisse. Et par pitié, éteignez cette cigarette. J’ai mis un cendrier à table.
Il regarde l’objet en question dans ses mains, et me regarde droit dans les yeux. Quel regard glacial… La situation m’est très inconfortable. J’aimerais bien l’éviter, mais il bloque le seul passage. Il tire à nouveau sur sa cigarette, et je ne cache pas mon agacement.
— Non.
Comment ça, non ? TU ES MON INVITE ! TU VAS RESPECTER LES REGLES DE CE LIEU !
— Cette mascarade a trop duré.
Il écrase sa cigarette encore allumée sur le meuble, qui prend inexplicablement feu. Cette fois, la surprise me fait lâcher le plat, qui se brise au sol dans un choc assourdissant. Comment est-ce possible ? Il est traité ! Indifférent aux flammes qui se propagent, l’homme continue.
— Vous ne pouvez pas vous réfugier ici éternellement.
Je me précipite vers les robinets, mais aucune eau ne vient. Que… ?
— Vous enfermer dans vos fantasmes ne vous soignera pas. Sérieusement : c’est ça que vous voulez ? Une vie banale, à s’occuper d’une maison, et ne pas avoir à prendre d’initiative ? Si votre père vous voyait...
Je me retourne, furieuse. La pièce entière est en proie aux flammes, maintenant, même les vêtements de l’invité. Cela ne semble pas le gêner.
— Il est mort ! Et c’est ce qu’il méritait !
Un sourire en coin lui apparaît sur le visage. Il sort une nouvelle cigarette et l’allume contre un mur proche.
— Tiens, c’est drôle, mais le père de Miss Megan est censé couler des jours heureux sur Coruscant avec sa chère et tendre, profitant de leur retraite commune...
Le choc se lit sur mon visage. Il… Il a raison ! Mais… d’où… d’où me viennent ces autres souvenirs, qui affluent dans ma tête ?! Pourquoi ils sont si familiers ?! N… Non !
Je cède dans un hurlement strident, m’agite, attrape un couteau aiguisé, et charge l’individu. La vitesse et la puissance du bond permet de le plaquer au sol, et je menace son oeil, mais n’arrive pas à porter le coup. La maison, ma belle vie… Tout s’efface.
— La réalité n’en a pas fini avec vous, Billy, annonce-t-il en accentuant le dernier mot, et le complétant d’un rire suffisant.
— Enfoiré !
Je le poignarde enfin, mais le trou s’élargit et il se disperse en cendres. Je craque, et n’arrive pas à retenir des pleurs bruyants. Autour de moi, que du blanc, du vide. Il a tout pris. Tout ce que j’avais construit. Et il l’a remplacé par de la souffrance.
Je me couche sur le côté, enlaçant le couteau à la manière d’un dernier souvenir de cette vie, contre ma robe partiellement brûlée. J’ai l’impression de flotter, comme si j’étais dans l’eau et remontait à la surface. Les images affluent devant mes yeux pourtant fermés, parfois accompagnées de sons et d’odeur. Certaines sont étranges. Beaucoup de répétitions, des millions de fois. Le tout se mélange, sans discernement entre rêve et réalité.
Puis, plus rien.
Et j’ouvre les yeux.
Une pièce, pas trop grande. Trois murs gris, et l’autre est à moitié transparent, avec quelque chose derrière. Je suis enfermé ? Quelle raison ? Prisonnier ? Hopital ? Bête de foire ? Ma respiration s’accélère, mes mouvements se font plus erratiques. Il faut que je sorte. Pas de fenêtre apparente. Réfléchis; Le lit. Lit médical. Des machines avec différentes informations à côté. J’essaie de bouger. Echec. Attaché. Plus fort. Echec, mais le lit bouge.
Regard rapide du seul côté visible. La forme est un fauteuil propulsé, avec quelqu’un a l’intérieur. Il sourit. Il se moque de moi ? Il articule quelque chose que je ne comprends pas. Il se moque de moi, assurément. Je me vengerai plus tard. Sortir, d’abord. Porte en cellule d’énergie. Pas franchissable sans ruse. Comment le faire approcher pour qu’il le désactive ? Mimer colère ? Non, si bête de foire, probablement protocole en place. Réfléchis, vite. Si tu es à la limite de l’hyperventilation, c’est pour être plus efficace, pas pour faire un malaise. Allez.
Dans mon dos, je génère discrètement une queue, qui s’allonge. Je juge la distance entre lui et moi. Cinq, six mètres ? C’est faisable, mais ça risque d’être un peu douloureux. Dès qu’il l’ouvre, je l’étrangle et lui vole la clé. Oui, c’est faisable. Prendre son apparence ? Non, il doit y avoir une raison à ce fauteuil. Manque d’informations. Trop risqué, pour l’instant. Considère tes options.
Peux espérer une intervention d’un allié ? Non, tous des vendus, si je suis là. Même elle ? Non, pas elle. Je ne veux pas. Dois me débrouiller seul, donc. Exploiter failles. Oui.
Vérifier caméras ? Oui. Une dans chaque angle. Ennuyant, mais gérable. Idée ? Non. Idée ? Oui. Allons-y.
J’augmente ma masse musculaire, prépare mon centre de gravité, et force. Douleur aux poignets et lieu d’attache. Mineur comparé à perspective de sortie. Le lit bascule finalement, à l’opposé de l’observateur, et je me dissimule sous la petite couverture qui m’a été fournie. Il va devoir envoyer quelqu’un vérifier. Et là, j’agirai. -
Post n°5
Auteur : Blad DemeciLe Gurlanin était bel et bien éveillé, et plutôt en forme vraisemblablement. Steve resta muet et concentré, lorsque l'IA Aldera lui signala une activité potentiellement "métamorphique", dans la cellule de l'agent Billy. Le scientifique voulait voir de quoi était capable ce spécimen, à l'état conscient et en pleine possession de ses moyens. Si les diverses mutations d'Ansikt s'étaient avérées impressionnantes durant son long sommeil, elles demeuraient relativement aléatoires, et donc peu fiables pour en déduire quoi que ce soit. Là, le changeant savait ce qu'il faisait, autant voir jusqu'où il pouvait aller.
Billy semblait vouloir cacher ce qu'il préparait. Son lit bascula en arrière, ne donnant plus la possibilité au Doc' Hawk de l'observer depuis l'extérieur de la cellule. Si le professeur n'était pas paralysé, il aurait sourit face à ce comportement digne d'un adolescent en pleine crise de puberté. Bien que l'âge de Billy demeurait inconnu, il était clair que, du moins psychologiquement (et pour son espèce, probablement), le "garçon" n'avait pas une maturité aboutie. Il n'en restait pas moins un individu malin et fourbe, sans oublier ses capacités hors normes, à aborder avec précautions par conséquent.
"Aldera, contactes le Professeur M'arten, qu'il vienne ici de toute urgence."
Lucy M'arten était un ancien collaborateur du Lieutenant Tericarax, spécialiste du comportement des espèces intelligentes. Ce nom, d'ailleurs, n'était pas étranger à Billy, puisque ce dernier avait déjà rencontré M'arten lors de sa formation en tant que recrue. Le Professeur M'arten était un psychiatre avant tout, et son aide pourrait bien s'avérer de nouveau précieuse ici. En attendant l'arrivée de son collègue, Hawk activa ses droïdes assistants, par le biais de son IA connectée.
Deux sphères flottantes sortirent ainsi du plafond de la cellule, révélant leur cachette incrustée dans les parois. Ces robots étaient conçus pour la chirurgie au départ, leur programmation avait été largement améliorée pour s'adapter aux exigences du DCRS. Utiliser des droïdes pour faire face aux interventions les plus risquées était vraiment une coutume particulière à la CSI, que ce soit pour les sciences comme pour la guerre...
"J'ai demandé à mes petits assistants te détacher Billy. J'aimerais que l'on parle tranquillement, si tu le veux bien. Essayons de comprendre ensemble ce qu'il t'arrive."
Décoda le transmetteur vocal du Professeur Hawk au Gurlanin captif. L'homme essayait tant bien que mal de rassurer le "prisonnier", de la façon la plus honnête possible. Pour le moment, le risque de réaction agressive était trop grand pour se permettre d'éteindre la barrière cinétique. C'est alors qu'un silence pesant commençait à s'installer que la porte du sas, au fond du couloir, s'ouvrit. Lucy M'arten était déjà là, un peu débraillé faute à l'urgence toutefois. Seule sa coupe de cheveux blancs, constamment en pagaille, avait l'air habituelle.
Les deux scientifiques se croisèrent du regard, aucun mot n'était nécessaire pour leur permettre de se comprendre ce soir. Arrivé à côté du fauteuil amélioré du Doc' Hawk, Lucy se tourna directement vers son ancien élève, le visage radieux malgré l'heure tardive.Professeur Lucy M'arten
Comportementaliste inter-espèces
"Je suis content de te revoir, Billy. On va te sortir de là, mais cela sera bien plus rapide si, simplement, tu réponds à mon ami le Professeur Steve Hawk. Je sais, il n'a pas le sourire le plus avenant de la galaxie, mais c'est un esprit brillant, et honnête qui plus est. Tu peux lui faire confiance."
Le formateur des recrues s'était même permis une petite touche d'humour, fidèle à lui-même. Bien qu'il soit spécialiste du comportement inter-espèce, il savait qu'ici seul un climat sain, de confiance, pouvait permettre à la CSI de tirer quelque chose de Billy. Mentir ou essayer de manipuler d'une quelconque façon aboutirait forcément à une mauvaise réaction de la part du métamorphe. Et s'il devenait incontrôlable, alors il ne serait plus d'aucune utilité à la confédération. Voir même, le DCRS pourrait le juger trop dangereux pour être relâché, et se contenterai de l'abattre purement et simplement, offrant ainsi son corps à la science en bout de chaîne. -
Post n°6
Auteur : AnsiktLa queue augmente de taille. Portée suffisante ? Presque. Risqué de tenter maintenant, peut-être besoin de s’approcher.
Il parle. Je n’arrive pas à discerner les mots. Menace ? Possible. Comment se protéger sans se montrer aux caméras ?
Réfléchis. Réfléchis. Du bruit, au dessus. Coup d’oeil rapide. Des droïdes. Ils s’approchent. Une menace. Panique. Je prépare un bras griffu, pour essayer d’en attraper une, mais elles agissent avant. Je sens la tension sur mes jointures se relâcher. Libéré ? Pour quelle raison ?
J’entends l’individu marmonner. Pas compréhensible. Bourdonnement dans les oreilles. Agaçant. Tant pis, mieux vaut réfléchir.
La cellule est relativement grande, il n’y a pas d’ouverture. Je suis libre de mes mouvements, mais la seule ouverture est bloquée. Il faut ruser. Oui, ruser. Ah, je me répète. Réfléchis.
Je pourrais l’inciter à ouvrir, mais c’est un officiel CSI. Il sera prudent. Foutue CSI, à me mettre en cage. Je pourrais aussi forcer un autre passage, mais je ne sais pas si j’ai la force pour casser le mur en si peu de temps. Ces droïdes qui semblent m’avoir détaché : peuvent-ils aussi m’interrompre ? Trop risqué.
Je secoue la tête. Les bourdonnements commencent à partir. Un autre individu est arrivé. Voix familière ? Un peu. Où ? Pas Blad. Pas Cyborg. Pas Fawchester… Le professeur Ma… Ma ? Peut-être, oui. Possible. CSI veut rentrer dans ma tête. Je ne laisserai pas CSI le faire.
Gargouillement. J’ai faim. Depuis combien de temps je suis là ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Souvenirs diffus. Cato Neimoidia… Laboratoire… Et après, c’est flou… Je suis allé à l’Opéra ? Non, non, c’est un souvenir. J’ai frappé sur un mur, longtemps. A quel point longtemps ? Je ne sais pas. Expérience associée à de la douleur. Beaucoup de douleur.
Souvenir d’une autre vie. Détails flous, mais globalement plaisants. Je vois avec qui. J’ai connu… le bonheur ? Mais… disparu ?
Larme coule sur joue. Sanglot difficile à retenir. Non, faut se calmer. Pas montrer preuve d’instabilité. Pas montrer émotion. Emotions douloureuses. Retenir émotions plus douloureux encore. J’ai mal. Je veux qu’on me laisse tranquille. Je veux qu’on me laisse tranquille.
Doit sortir, d’abord. Peut pas utiliser force brute. Besoin d’informations. Vais devoir récolter des informations. Misère…
Un tentacule s’étend de mon flanc, et serpente contre la hauteur du lit renversé. Il arrive à découvert, et révèle un oeil. Je les vois. Il y a deux vieux hommes. Professeur Ma, et un autre dans un fauteuil. Feignant ? Non. Malade ? Possible. Pas ma priorité.
Je dois récolter des informations. Lesquelles ? Lieu, topographie seraient idéaux. Mais si je ne demande que ça, ils vont se douter de quelque chose. A moins qu’ils ne savent déjà ? Possible. Trop d’inconnues. Autant être prudent.
Un deuxième tentacule rejoint le premier. Une bouche, cette fois. Je ne me montrerai pas. Pas maintenant. Pas encore. Ou pas du tout. Je suis réfugié sous couverture et draps. Mieux que rien.J’affirme ma prise sur le lit si jamais je dois bouger. Et je m’adresse à eux, d’un voix fluctuante.
— Où suis-je ? Pourquoi suis je enfermé ? -
Post n°7
Auteur : Blad DemeciSur l'écran intégré au fauteuil du Docteur Hawk, les droïdes médicaux transmettent ce qu'ils voient de l'autre côté du lit. Aldera signala silencieusement une nouvelle activité potentiellement métamorphique dans la cellule. Billy reprenait pleine possession de ses moyens, c'était bon signe pour la suite. Le génie paralysé laissa donc Lucy M'arten poursuivre la conversation, préférant analyser la situation en temps réel avec efficacité pour le moment.
Le tentacule généré par le changeant posa une question aux deux experts des sciences. La situation pouvait paraître cocasse, mais elle ne surprenait pas le Professeur M'arten, qui en avait vu d'autres au cours de sa carrière. Conservant sa voix rassurante et son ton amical, Lucy répondit au Gurlanin :
"J'imagine que tu ne te souviens pas de ce qu'il s'est passé lors de ta précédente mission, vu ta question... Tu en es revenu inconscient, dans les bras de tes équipiers. Nous n'avions pas d'autre choix que de te mettre en quarantaine ici. Au cours de ta convalescence, nous avons analysé ta signature génétique, pour nous assurer que tu ne subissais pas l'action d'un éventuel virus, entre autre. Aujourd'hui, ton état semble s'être stabilisé, tant mieux..."
Le brave homme marqua une pause pour enchaîner sur un ton légèrement plus grave.
"Nous savons que tu es un métamorphe Billy, un changeant si tu préfères. Et bien que tu n'aurais certainement pas dû nous le cacher, nous sommes prêts à oublier ce mensonge de ta part. En échange, nous te demandons seulement d'être coopératif, afin que nous comprenions tes origines et l'étendue de tes capacités spéciales. Aux yeux du Docteur Hawk, tu es un miracle de la nature, pas une bête de foire, et encore moins un sujet de laboratoire. Je tiens à te rassurer également sur ce point."
Les informations envoyées à l'agent Billy étaient claires et percutantes. L'idée était de briser rapidement la carapace du "garçon". La CSI avait besoin de lui, et plus tôt il se rendait disponible, mieux ce serait. Enfin, le fauteuil de Hawk s'approcha de la barrière énergétique, comme pour spécifier au spécimen que c'était à son tour de prendre la parole. La voix informatique du génie séparatiste résonna de nouveau dans la cellule de quarantaine, comme s'il se trouvait partout autour de Billy.
"Tu peux sans doute m'éclairer sur plusieurs choses importantes, Billy. D'où viens-tu? Quelle est ton espèce? Quel est ton but même? Ma vie est dédiée aux métamorphes tels que toi, t'avoir ici est une chance pour nous tous." -
Post n°8
Auteur : AnsiktLe professeur Ma répond. L’autre ne bouge pas. Endormi ? Mort ? Sur ses gardes ? Prêt à intervenir ? Comment ? Les droïdes sont là, et semblent équipés pour “gérer les situations difficiles”. Il les contrôle à distance, ou alors ils sont autonomes ? Ou alors il appelle du renfort ? Si c’est le cas, mieux vaut être prudent. Ou rapide ? Non, la précipitation ne m’amènera rien.
Inconscient, dans les bras de mes équipiers. Equipiers ? Blad ? Oui. Qui ? Cyborg. Tericarax ? Non. Iroey. Oui. Azel ? Azel.
Me mettre en quarantaine. Je suis considéré dangereux ? Possible. Je n’ai pas été prudent ? Je ne me souviens pas. Pourquoi parle-t-il d’un virus ?
Il continue. Je remarque que j’aurais pu jouer l’innocent, mais j’ai paniqué. Oui, maintenant ils savent. Il va falloir s’en occuper, certainement.
“Billy”. Je n’aime pas ce nom. Laid. Stupide. Enfantin. Il était censé me couvrir, et voilà où j’en suis. Misère…
Il parle. Il utilise des mots. Il veut m’attendrir. Il nous en avait parlé, un peu. Rester vigilant. Collecter des informations. Il n’a pas vraiment répondu à mes questions. Autre méthode. Avec la même voix changeante et incertaine, je reprends :
— Nous sommes sur Géonosis, donc ? Dans une base militaire ? Oui, vous n’auriez pas risqué un hôpital de Toskrew City. Charmante ville, de ce que j’en ai lu. Ou alors vous ne vouliez pas que je sois à proximité de mes coéquipiers ? Ils avaient besoin de soins, n’est-ce pas ?
Détourner la conversation. Ne pas concéder d’informations. C’est grossier, mais je peux espérer glaner quelque chose. Parler, leur donner l’impression que je m’ouvre. Je peux lire leur réaction physique. Eux, normalement, non. Il faut que j’en tire parti.
Je remarque que le fait de renverser le lit a également renversé le matériel médical autour. Je peux jouer dessus.
— Il fait chaud. Vous auriez de l’eau ? -
Post n°9
Auteur : Blad Demeci"Oui, nous sommes sur Géonosis, dans un espace enfoui sous terre, où nous sommes sûrs qu'aucun éventuel problème ne peut en sortir."
Avait reprit Lucy M'arten, signalant de la main à Hawk de ne pas intervenir avant qu'il ai terminé cette discussion. Ce dernier ordonna toutefois aux droïdes médicaux de donner à boire à son patient. Une des sphères virevolta donc en direction de l'extrémité du tentacule déployé par Billy. Le robot sortit un tuyau souple de son ventre et le pointa en direction de l’œil "mal placé" de la créature.
"Faites aaaaah."
Demanda-t-il, de sa voix standard de traducteur automatique obsolète d'Holonet. Le Professeur M'arten poursuivit l'échange verbal pendant ce temps, conscient que l'agent Billy devait être en train de réfléchir à un moyen de s'évader, maintenant que son secret n'en était plus un :
"Tes équipiers sont tous sains et saufs, ils ont plutôt vite récupéré d'après ce que j'en sais. Tu pourras les contacter toi-même directement, une fois que tu auras suivi le protocole de réhabilitation. Et cela passe par : répondre aux questions du Docteur Hawk. Navré si cela te chiffonne, mais il n'y a pas d'autres moyens."
Il était temps de fouiller un peu plus dans la psychologie du métamorphe, histoire de savoir quels étaient ses plans pour la suite. Lucy M'arten reprit donc de plus belle :
"Tu dois bien avoir des projets pour ta vie, discutons-en. Nous pouvons t'aider Billy, et nous le ferons si chacun a son lot de récompenses dans cette affaire. Aides-nous, et nous t'aiderons en retour, c'est aussi simple que ça."
Si Ansikt n'avait jamais eu son destin en main, il allait vite apprendre ce que cela voulait dire. -
Post n°10
Auteur : AnsiktGéonosis, donc. Prévisible. Que veut-il dire ? Que je ne peux pas sortir seul, ou qu’ils n’auront aucun soutien tant qu’ils n’auront pas fini leur affaire ?
Ont-ils des mesures si jamais ils ne donnent pas de nouvelles ? Tout fermer ? Intervenir après un certain temps ? Envoyer une équipe de secours ? Combien de temps je peux survivre avec deux corps de vieux hommes ?
Non, non. Il doit y avoir des protocoles de sécurité pour éviter une brèche. Je pourrais tenir deux semaines, trois grand maximum. Et c’est sans compter les droïdes qui pourraient intervenir. Non, trop risqué. Et, puisqu’ils savent qu’ils doivent gérer un métamorphe, ils doivent avoir des manoeuvres pour s’assurer qu’ils sont face au “réel” et non face à moi. Misère…
Le droïde s’approche. L’orifice buccal supplémentaire reçoit l’eau, mais je crée une poche en plus pour le stocker, temporairement. Ce liquide ne touchera pas mon organisme avant que je sache s’il est sûr. Ils pourraient y avoir mis des calmants, ou autre chose, non distinguable à l’odeur.
Je profite de la manoeuvre et génère un grand bruit, comme une puissante quinte de toux. Cela est presque douloureux, cela fait longtemps que je ne l’ai pas utilisé. Eux auront l’impression que je m’étouffe, mais en réalité, j’essaie de prendre conscience de mon environnement. Les murs atténuent les ondes, malheureusement, mais j’ai l’impression qu’il n’y a que nous trois à cet étage. D’autres pièces, vides. D’autres cellules ? Possible.
Le professeur Ma insiste. Il veut que je leur divulgue des informations. Saleté. Non, pas gratuitement. Je secoue un peu les appendices, mimant un mouvement désorienté, et reprend :
— Faisons un échange équitable. Je vous permets une question, à vous deux. Puis j’en ai une, et vous me répondez. Honnête, dans les deux sens. Nous arrêtons dès qu’un côté n’a plus d’intérêt à discuter. -
Post n°11
Auteur : Blad DemeciLa réaction de Billy fût d'essayer de détourner l'attention. Hawk et M'arten restèrent silencieux suite au bruit étrange produit par le métamorphe. Qu'est-ce que c'était au juste? La créature s'étouffait-elle avec l'eau qu'elle venait "d'ingérer"? Ansikt avait déjà fait semblant d'avoir perdu le don de la parole, au cours de sa précédente mission. Il était donc tout aussi bien capable de faire semblant de tousser, tout en préparant quelque chose... Lorsque le silence fût revenu, le métamorphe proposa un marché particulier aux deux scientifiques.
Steve Hawk fit tourner son fauteuil pour distinguer le visage de son confrère. Il n'était pas sûr de la démarche à suivre, toutefois il plaçait son entière confiance en Lucy. Au pire des cas, si le spécimen venait à représenter un trop gros danger, sa mise à mort restait possible. Les droïdes s’autodétruiraient à l'instant où Hawk le déciderait, au besoin. Et si cela ne suffisait pas, la procédure de stérilisation par désintégration moléculaire viendrait à bout de la créature, sans nulle doute. Malheureusement, cela reviendrait également à faire disparaître tout échantillon exploitable pour Hawk. Une issue non souhaitable pour tous, évidemment.
Lucy soupira et redressa ses lunettes en haut de son nez tout en ne lâchant pas du regard le tentacule-cyclope. Billy jouait là à un jeu culotté, tout aurait pu être bien plus simple.
"Nous acceptons ton marché. Mais dans ce cas, tu as trois réponses de retard. En effet, nous t'avons déjà expliqué où tu te trouvais, pourquoi, et qu'est-ce qui est advenu de tes camarades. Pour te prouver notre bonne foi, nous effaçons volontiers un tiers de cette dette. Néanmoins, c'est à toi de répondre à nos interrogations en premier, maintenant. Je te répète donc les questions du Docteur Hawk : quel est ton monde d'origine, et à quelle espèce appartiens-tu?"
Le vieil homme parlait à présent sur un ton plus neutre, faisant comprendre à Billy qu'il venait de descendre d'un cran dans son estime. Cela était bien sûr calculé, il s'agissait de voir si le métamorphe était sujet à un comportement sociopathe, voir psychopathe. Vu ses dernières réponses, il y avait de quoi s'interroger. -
Post n°12
Auteur : AnsiktIls se regardent, s’observent, hésitent. Parfait. Créer de la discorde. Créer de la surprise. Ca permet de prendre l’avantage.
Le professeur Ma soupire, se décide, et regarde de nouveau mon “oeil”. Il semble moins amical qu’avant. J’ai peut-être trop poussé sur la sympathie qu’il pouvait éprouver. Tant pis.
Ils acceptent. Intéressant. Ils exigent d’office deux questions. Moins intéressant. Je pourrais toujours refuser. Mais j’ai besoin d’informations. Et leurs questions ne me mettent pas en danger. Pour l’instant.
— Je ne connais pas mon monde de naissance.
J’hésite. Ils vont croire que je me moque d’eux. C’est un peu le cas, à vrai dire. Allez, ils ont été “gentils”. Jouons le jeu.
— J’ai été acheté lorsque j’avais quatre ou cinq ans comme esclave. Je n’ai jamais voulu apprendre la planète où j’étais détenu, et l’esclavagiste n’a jamais communiqué sa source.
Je prends soin d’omettre le fait que ma mémoire flanche quand on remonte si loin, ou que l’acheteur m’a élevé comme son fils. Ils devront payer ces informations d’une question supplémentaire.
— Je suis un Gurlanin. Une espèce polymorphe. Ils doivent être rares, je n’en ai jamais croisé d’autre dans la nature.
Je joue un peu sur les mots : mon père adoptif en était un, mais je ne le considère pas dans la nature. Mais mon ton est assuré : j’ai appris à mentir. Et ils ne peuvent lire qu’une bouche et un oeil.
A moi de poser une question, maintenant. La première question est la plus importante : c’est celle qui montre là où sont mes centres d’intérêt les plus importants. L’information capitale. Si je le suspecte, alors ils doivent le savoir. Je ne peux pas demander où est la mandalorienne : ils prendraient des mesures, ou essaieraient de m’avoir par les sentiments. Non, ne montrer aucune faille.
Quoi d’autre, quoi d’autre ? Demander un supérieur n’arrangera pas mon cas. Demander de sortir ne fonctionnera pas, ou ils demanderont coopération. Je pourrais essayer de les déstabiliser encore plus, mentionner le “frère adoptif” Derriphan, demander s’il est effectivement “mort” sur Cato Neimoidia, mais ça serait risqué. Ils risquent de comprendre que je n’ai pas été un esclave ordinaire, ou me mettre en confinement. Pire, ils pourraient décider de m’exécuter sur le champ.
Où sont leurs centres d’intérêt ? Sur quoi puis-je m’appuyer ?
Ils veulent discuter et me faire sortir de là, mais pour leur intérêt. Me faire devenir un toutou obéissant ? Me faire devenir un cobaye pour le tétraplégique ? Peu enviable.
Sur quoi appuyer ? L’assis espère gros d’un spécimen aussi rare. Problème : je n’ai pas d’autre Gurlanin à vendre pour sauver ma couenne. Enfin, si, mais il est enterré depuis belle lurette.
Le professeur Ma… Est là comme négociant ? Il voudrait que tout se déroule sans accroc ? Ses objectifs concordent avec ceux de la CSI et de l’autre. Rien de bien explicite à utiliser. Habile. A moins que j’ai loupé un détail important ? Tant pis.
Réfléchis, réfléchis ! Une demande qui pourrait créer une faille… Désactiver la barrière ? Désactiver les caméras ? Ca serait pratique, mais ils n’accepteront jamais. Et, ils sont déjà méfiants. Si jamais je fais semblant d’être déjà parti pour les forcer à envoyer quelqu’un pour vérifier, je parie que la pièce est truffée de capteurs pour s’assurer de ma présence. Ils me considèrent trop dangereux pour me laisser autant de marge.
Ah, j’ai peut-être une idée. C’est risqué, mais ça peut se tenter. Je ne l’ai jamais trop apprécié, après tout.
— Est-ce que je pourrais accéder au contenu des deux datapads du lieutenant Tericarax, récupérés dans le laboratoire ? Je crois me souvenir les avoir confiés au sergent Iroey.
Détourner l’attention, essayer de trouver un vice de forme. Si je me donne plus de valeur que j’en ai réellement, ils pourraient être enclin à me laisser sortir plus facilement. Ou à m’exterminer plus facilement, au choix. Mais je n’ai plus grand chose à perdre, dans l’état.
Certes, il y a une petite coquille dans cette question, mais ça, ils ne le savent pas. Et, si jamais ils acceptent, ça me fera un peu de lecture. -
Post n°13
Auteur : Blad DemeciImpossible de déterminer une quelconque réaction selon l'expression morne des tentacules. Cependant, la voix du Gurlanin ne change pas, son ton reste le même, alors que celui de Lucy M'arten, lui, a bien évolué. Soit Billy s'en fiche, soit il n'a pas noté ce changement, dans les deux cas cela pourrait amener à une conclusion délicate de la part des deux scientifiques. Billy accepte de jouer à son propre jeu, il finit par révéler quelque chose d'important même :
"Je suis un Gurlanin. Une espèce polymorphe. Ils doivent être rares, je n’en ai jamais croisé d’autre dans la nature."
Ainsi, l'espèce d'Ansikt avait au moins un nom, révélé au grand jour entre ces murs bien gardés. Chose rare, car beaucoup de métamorphes ignoraient leur propre ethnie originelle. Si ce nom, Gurlanin, avait déjà été ne serait-ce que prononcé quelque part, Hawk allait le découvrir bientôt. Aldera explorait déjà toutes les données disponibles en ce but. Cette recherche risquait de prendre un certain temps toutefois, inutile d'attendre le résultat sans rien faire donc.
L'agent Billy semblait réfléchir à sa question, pendant que Lucy attendait patiemment, silencieux devant la barrière rougeoyante. Il leva les deux sourcils en l'air, au-dessus des verres de ses lunettes, lorsque la requête du changeant parvint à ses oreilles. Était-il sérieux? Et en quoi ces datapads pourraient lui servir en définitive? Les mots d'Ansikt venaient, qui plus est, de trahir un point sur lequel il avait été bon comédien, jusque là : il se souvenait en fait de plusieurs détails relatifs à sa mission périlleuse sur Cato Neimoidia.
Le côté manipulateur de l'agent Billy pouvait le desservir lors de cet échange, à terme. Néanmoins, si la CSI parvenait à le réhabiliter, il pourrait s'avérer excellent au sein des services secrets. M'arten et Hawk savaient que disposer d'un tel individu offrirait un grand pouvoir à la confédération. Ce spécimen ne devait absolument pas leur échapper...
"Ces datapads et leurs contenus sont la propriété de la Confédération des Systèmes Indépendants. Et je ne vois pas ce qu'ils ont en lien avec cette conversation. Nous avions convenu de poser des questions ici, et non d'imposer des exigences maquillées en requêtes les uns aux autres. Sinon, tu ne serais déjà plus caché sous ton matelas, et nous pourrions parler face à face."
Lucy reprit une petite bouffée d'air climatisé avant de poursuivre :
"Le Docteur Hawk et moi ignorons ce que le Lieutenant Tericarax a bien pu retranscrire dans ses journaux, à l'heure actuelle. Les datapads en question font l'objet d'une enquête interne, menée par le Colonel Cinder en personne. Pour faire simple : je voudrais bien pouvoir te fournir ce que tu demandes, mais je n'en ai pas les moyens, navré."
Le Professeur M'arten prit sa mine désolée : bouche pincée, yeux écarquillés. Ce qu'il venait d'expliquer était en effet la stricte vérité, et il espérait que le Gurlanin en soit persuadé. Cinder avait tout perquisitionné, afin de lui permettre de tirer au clair de graves problèmes internes à la CSI. Il n'y avait que lui qui pouvait répondre à l'exigence du métamorphe, dont le sens échappait au comportementaliste d'ailleurs.
"Maintenant, dis-moi quelles sont tes motivations profondes, dans la vie? Que cherches-tu à accomplir exactement au travers de ton existence?" -
Post n°14
Auteur : AnsiktPas de réaction de Ma, mais l’assis s’agite à la mention du nom de l’espèce. Ca doit être du pain béni, pour lui. Le premier n’a réagi qu’à la requête. De la surprise ? De l’agacement, peut-être ? C’en est presque amusant. Mais je piétine un peu. Il ne semble pas décidé à lâcher du terrain. Dommage.
J’écoute sa réponse. Il semble agacé de ma formulation. Après tout, il aurait simplement pu répondre un oui ou un non, ça m’était bien égal. Il a compris que je les voulais maintenant, et pas que je demandais une hypothétique autorisation. Enfin, il aurait compris l’inverse, j’aurais pu exiger l’inverse. Mais son ton semble m’indiquer que le fait que je me dissimule l’agace. Du bon ?
Je suis surpris qu’ils n’aient pas tiqué à la mention de deux datapads. Ils ne savent pas ? Ils savent, mais ont vu le piège ? Rien de bien exploitable de ce côté là, donc. Et il faut que je sois vigilant, si jamais je suis plus à découvert que prévu.
Comme pour réagir aux paroles, les deux tentacules s’agitent, se font face, comme un muet face à un aveugle.
— Cinder, Cinder, Cinder … Ah ! Lui ! Je me disais bien que je l’avais lu quelque part. Les deux appendices refont face au professeur Ma Très bien.
A peine récupérés, déjà mis sous confidentialité, donc. Il semble gêné, presque triste. Comédie, oui, certainement. Dans quel but ? Asseoir sa communication verbale ? Jouer sur mes sentiments ?
Il émet sa requête. J’entame ma réponse d’un ton légèrement joueur, avant de reprendre la voix habituelle :
— Voilà deux questions, professeur. Mais, répondons.
Des motivations profondes ? Ce que je cherche à accomplir ? Heh, ça en serait presque drôle. Comment avoir des envies de grandeur quand on vit au jour le jour avec un condensé de Côté Obscur à ses côtés ? Mais ça, ils n’ont pas à le savoir.
La formulation est orientée. Quoi que je réponde, il va me proposer de rejoindre la CSI pour le faire. Après tout, la CSI a des moyens ! De l’envergure ! Du personnel ! Ca m’étonnerait, de sa part, lui qui n’était pas très porté propagande. Mais pourquoi pas.
C’est le moment de réfléchir. Il n’a pas envie que je m’échappe. Je veux m’échappe, ou, à défaut, ne pas perdre cet échange. J’ai besoin de très peu pour m’enfuir, et il le sait : il ne concède que très peu, pour l’instant. Misère..
Nous sommes dans une impasse. Voilà qui est fâcheux. Mais, s’il compte bien faire ce que je prédis, il y a peut-être moyen de négocier les termes, plutôt que de me les voir imposés. Tentons le coup. Marchons dans son “piège”.
Les appendices s’étendent, s’approchent de la barrière.
— Des motivations profondes ? Quelque chose à accomplir. Sauf votre respect, professeur, c’est un luxe que je n’ai jamais possédé. Vous avez déjà été esclave ?
Finalement, ma réponse est plus proche de la réalité que je ne l’aurais souhaité. Tant pis.
L’oeil se plisse, mesquin. Un sourire se dessine sur les lèvres.
— Mais, si vous me posez cette question, c’est que vous allez me proposer d’obtenir ce que je n’ai jamais eu, n’est-ce pas ?
Les deux membres reprennent une expression plus neutre.
— Et bien. Proposez.
Les négociations sont ouvertes. -
Post n°15
Auteur : Blad Demeci"Voilà deux questions, professeur. Mais, répondons."
La crevette, ainsi nommé par le soldat Kyone'e, avait l'air amusée de sa réflexion. Soit, Lucy préféra se concentrer sur la véritable réponse du polymorphe. Là encore, la créature sembla réfléchir, prenant le temps de préparer soigneusement ses mots. M'arten (qui avait noté l'usage de la première personne du pluriel, au passage) aurait pensé que, cette fois-ci, Billy aurait déjà en tête une phrase quasi toute faite, mais non. Les vies usurpées par le Gurlanin ne devaient pas être très trépidantes jusqu'ici. Son passé, à vérifier d'ailleurs, d'esclave l'avait peut-être cloisonné dès lors dans une existence de servitude, pleine de routine notamment. Difficile d'imaginer qu'un tel spécimen soit seulement utilisé pour faire le ménage néanmoins.
Visiblement, l'esprit quelque peu tourmenté de l'extra-terrestre était encore vif et capable d'anticiper certaines choses. Lucy sourit lorsque son interlocuteur termina sa phrase par un ordre simple :
"Proposez."
Depuis son recrutement, Billy avait toujours mis en avant son esprit plutôt que sa force. Aujourd'hui encore, c'était celui-ci qui primait avant tout. Pourtant, sa puissance devait être considérable, selon la forme qu'il choisissait de prendre. Ces tentacules même, devaient constituer des adversaires féroces en cas d'affrontement direct. La CSI pourrait en faire un véritable couteau multi-fonction... Restait à savoir maintenant jusqu'où Ansikt était capable d'aller pour le compte de l'organisation.
"Avec tes compétences, tu pourrais servir de grandes causes par delà la galaxie. Tu as d'ailleurs déjà commencé, en accomplissant ta première mission tout récemment. Comme tu l'as compris, la CSI pourrait t'aider à retrouver d'autres individus comme toi, d'autres Gurlanins. Bien sûr, il nous faudrait d'abord tester l'étendue de tes aptitudes sur le terrain avant de nous lancer dans une telle entreprise. Il faut bien que nous ayons un intérêt dans cette affaire, après tout."
Encore une fois, le Professeur M'arten laissa quelques secondes s'écouler avant de parachever sa réplique :
"Si ce projet t'intéresse, ta parole ne suffira pas à nous assurer de ta bonne foi, évidemment. Il y aurait fallu pour cela que tu réagisses autrement à ton réveil... Ta méfiance inhérente et tes envies, plus ou moins dissimulées, d'évasions ne nous permettent pas de prendre le moindre risque. Un traceur sera incorporé à ton corps, et au moins un partenaire te sera assigné, afin de te superviser sur le terrain."
Le Docteur Hawk avait un de ses seuls doigts capable de bouger placé au-dessus d'un bouton. C'était cette manette anodine qui lui permettrait d'envoyer les droïdes médicaux poser l'implant nanométrique, directement sur/dans le métamorphe. Il ne manquait plus que l'aval du patient, vraisemblablement. -
Post n°16
Auteur : AnsiktJe remarque le sourire du professeur. Il l’a à peine dissimulé, après tout. Amusé ? Fier ? Soulagé ? Il répond, et je porte une attention toute particulière à chacun de ses mots.
De grandes causes… Celles de la CSI, surtout ! Je les vois mal me concéder gentiment à la République fédérale où aux vestiges de l’Empire ! Mais pourquoi pas. Il ne peut pas sortir d’autre argumentaire en présence de caméras séparatistes. Poursuivons.
Trouver d’autres Gurlanins ? C’est une offre alléchante. Mais comment ? Et pourquoi ? Simplement pour mon bon plaisir ? Non, ils veulent de nouvelles armes, de nouveaux sujets d’expérience, certainement plus dociles que moi. Les exploiter, aussi. La perspective d’une réduction en esclavage de mon espèce me répugne. Surtout par des humains.
Leurs intérêts, leurs intérêts… Et les miens, dans tout cela ? Une liberté conditionnelle, garantie par une nounou et une foutue puce ? Oui, j’ai été méfiant à mon réveil. Qui ne l’aurait pas été ? Mes souvenirs sont flous, mais je suis certain que cette réaction avait une origine toute justifiée. Oui, certain.
Une puce… Une puce… Est-ce que je pourrais m’en débarrasser ? Il faudrait que je sois sûr de le mettre dans un bout de chair, et de me l’arracher ensuite. Ca ferait mal sur le coup, et ça serait temporairement gênant, mais ça pourrait se régénérer avec du temps et de la nourriture. Oui, ça serait faisable. Avinash m’avait raconté s’être fait arracher la moitié d’une main. Si ce salopard ne mentait pas, alors il y a une chance.
Le partenaire, également, est un problème. Tout le temps à côté de moi ? Voilà qui serait ennuyeux, mais aussi foutrement inutile. Ou alors le traceur lui-même pourrait m’arrêter ?
Les deux tentacules s’agitent, reprenant leur posture plus joueuse.
— Une offre intéressante, professeur, même s’il faudra m’expliquer comment vous comptez me garder sous les yeux en permanence ET que je sois efficace.
Une pause, qu’il puisse formuler une réponse. Je reprends.
— Cependant… Si je vois bien les intérêts de la CSI à m’utiliser, je perçois moins mes intérêts à être là-dehors, sous ces conditions, pucé comme une bête. Les grandes causes, comme vous les appelez, dans l’état, sont bien trop floues pour être un argument de poids, n’est-ce pas ?
Avec un peu de bol, en me plaignant de la puce, je pourrais peut-être y échapper ? Je ne pense pas, en réalité, mais je peux toujours l’imaginer. Enfin, le principal, c’est qu’ils ne soupçonnent pas que j’ai potentiellement un moyen de la retirer. Il faudra être vigilant, cependant. A chaque transformation, la puce devra rester en place. Pas une mince affaire, mais c’est réalisable.
Ils mentionnent le monde des Gurlanin. Oui, ça pourrait être une raison de sortir. La recherche de ces origines… Cette question m’a traversé l’esprit, par le passé. Et, actuellement, je n’ai pas énormément de raisons de ne pas me laisser pourrir ici. Mais je refuse de livrer tout un peuple à la CSI. Tout mon peuple, quoi que ça signifie. J’ai appris à être fier de mes capacités, alors je lutterai contre les tentatives de les pervertir.
Hah. C’est drôle. S’il me redemandait un but, maintenant, je pourrais répondre. Ca ne sera pas tâche aisée, cependant. Je n’ai aucune idée de sa localisation, de combien de personnes y vivent encore, et même s’il est possible d’y voyager. Si jamais ce lieu est dissimulé dans les Régions Inconnues, je pourrais très bien ne jamais le découvrir.
Mais les choses ont changé. Ce… Ce coma a changé les choses, en réalité. Depuis mon réveil, j’essaie de les effacer, mais des images, des paroles, arrivent. Des souvenirs ? Mes propres délires maladifs ? Je ne sais pas. Elles sont peut-être également liés à la disparition d’Alduin, qui sait ? J’aurais ainsi récupéré ce qu’il m’a volé ? Seul le temps pourra le confirmer, je le crains. Mais peut-être pourrai-je récupérer des informations capitales.
Ce monde, je le trouverai, par moi-même, et pour moi. -
Post n°17
Auteur : Blad DemeciLes mots d'Ansikt étaient plutôt bien choisis, une fois de plus. Mais Lucy M'arten savait que l'idée de retrouver son monde d'origine venait de naître dans la tête de son interlocuteur. Au final, le professeur emmenait le métamorphe où il voulait, même si la chose ne fût pas aisée. La créature continua de questionner le vieil homme, conformément au petit jeu lancé plus tôt. A côté de Lucy, le Docteur Hawk semblait s'être assoupi en attendant la fin de la fausse négociation. L'handicapé pouvait compter sur Aldera pour le réveiller en temps voulu, et lui faire part de tout ce qu'il avait raté également.
"Les agents que nous déployons sont très compétents, comme tu as pu le voir sur Cato Neimoidia. Certains ont acquit l'aptitude de paraître absents, alors qu'ils sont en fait tout proches, ne t'en fais donc pas pour ça... Quant à la puce que nous allons t'implanter, il s'agit d'une technologie bien étudiée, sa fiabilité ne fait aucun doute non plus."
L’œil au bout du tentacule continuait de fixer le professeur, silencieux. Lucy savait quelles inquiétudes pouvaient ressortir d'une telle déclaration chez le prisonnier. Il lui fallait maintenant compenser cela par une bonne nouvelle.
"Ton intérêt dans cette affaire est de gagner ta vie en tant qu'agent de la CSI, puis de retrouver ta place parmi ton peuple. Si nous retrouvons, ensemble, tes congénères, nous ne ferons qu'étudier leur culture et tenter de la comprendre, comme nous l'avons fait avec d'autres précédemment. Ce n'est pas tous les jours qu'une civilisation est découverte après tout, une espèce extra-terrestre aux pouvoirs spéciaux avec... Nous pourrions notamment proposer à d'autres Gurlanins de travailler pour nous à terme, si nos relations s'avèrent bonnes. Toi, Billy, tu pourrais même prendre des responsabilités parmi les tiens, un jour. A voir comment ils t'accueillent, à vrai dire. Bien sûr, la CSI te soutiendra, quelque soit leur réaction, en guise de remerciement pour tes services rendus."
Le comportementaliste jeta un œil à sa montre, jaugeant le temps prit pour ce dialogue. Il continua ensuite :
"Nous allons bientôt te rendormir, pour les besoins de l'opération dont nous avons parlé. A ton réveil, tu ne seras plus dans cette cellule, et ta mission de réhabilitation t'attendra. Voici donc ce qui devrait être ma dernière question, Billy : es-tu prêt?"
