Chimères et souvenirs
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Post n°7
Auteur : Blad DemeciSur l'écran intégré au fauteuil du Docteur Hawk, les droïdes médicaux transmettent ce qu'ils voient de l'autre côté du lit. Aldera signala silencieusement une nouvelle activité potentiellement métamorphique dans la cellule. Billy reprenait pleine possession de ses moyens, c'était bon signe pour la suite. Le génie paralysé laissa donc Lucy M'arten poursuivre la conversation, préférant analyser la situation en temps réel avec efficacité pour le moment.
Le tentacule généré par le changeant posa une question aux deux experts des sciences. La situation pouvait paraître cocasse, mais elle ne surprenait pas le Professeur M'arten, qui en avait vu d'autres au cours de sa carrière. Conservant sa voix rassurante et son ton amical, Lucy répondit au Gurlanin :
"J'imagine que tu ne te souviens pas de ce qu'il s'est passé lors de ta précédente mission, vu ta question... Tu en es revenu inconscient, dans les bras de tes équipiers. Nous n'avions pas d'autre choix que de te mettre en quarantaine ici. Au cours de ta convalescence, nous avons analysé ta signature génétique, pour nous assurer que tu ne subissais pas l'action d'un éventuel virus, entre autre. Aujourd'hui, ton état semble s'être stabilisé, tant mieux..."
Le brave homme marqua une pause pour enchaîner sur un ton légèrement plus grave.
"Nous savons que tu es un métamorphe Billy, un changeant si tu préfères. Et bien que tu n'aurais certainement pas dû nous le cacher, nous sommes prêts à oublier ce mensonge de ta part. En échange, nous te demandons seulement d'être coopératif, afin que nous comprenions tes origines et l'étendue de tes capacités spéciales. Aux yeux du Docteur Hawk, tu es un miracle de la nature, pas une bête de foire, et encore moins un sujet de laboratoire. Je tiens à te rassurer également sur ce point."
Les informations envoyées à l'agent Billy étaient claires et percutantes. L'idée était de briser rapidement la carapace du "garçon". La CSI avait besoin de lui, et plus tôt il se rendait disponible, mieux ce serait. Enfin, le fauteuil de Hawk s'approcha de la barrière énergétique, comme pour spécifier au spécimen que c'était à son tour de prendre la parole. La voix informatique du génie séparatiste résonna de nouveau dans la cellule de quarantaine, comme s'il se trouvait partout autour de Billy.
"Tu peux sans doute m'éclairer sur plusieurs choses importantes, Billy. D'où viens-tu? Quelle est ton espèce? Quel est ton but même? Ma vie est dédiée aux métamorphes tels que toi, t'avoir ici est une chance pour nous tous." -
Post n°8
Auteur : AnsiktLe professeur Ma répond. L’autre ne bouge pas. Endormi ? Mort ? Sur ses gardes ? Prêt à intervenir ? Comment ? Les droïdes sont là, et semblent équipés pour “gérer les situations difficiles”. Il les contrôle à distance, ou alors ils sont autonomes ? Ou alors il appelle du renfort ? Si c’est le cas, mieux vaut être prudent. Ou rapide ? Non, la précipitation ne m’amènera rien.
Inconscient, dans les bras de mes équipiers. Equipiers ? Blad ? Oui. Qui ? Cyborg. Tericarax ? Non. Iroey. Oui. Azel ? Azel.
Me mettre en quarantaine. Je suis considéré dangereux ? Possible. Je n’ai pas été prudent ? Je ne me souviens pas. Pourquoi parle-t-il d’un virus ?
Il continue. Je remarque que j’aurais pu jouer l’innocent, mais j’ai paniqué. Oui, maintenant ils savent. Il va falloir s’en occuper, certainement.
“Billy”. Je n’aime pas ce nom. Laid. Stupide. Enfantin. Il était censé me couvrir, et voilà où j’en suis. Misère…
Il parle. Il utilise des mots. Il veut m’attendrir. Il nous en avait parlé, un peu. Rester vigilant. Collecter des informations. Il n’a pas vraiment répondu à mes questions. Autre méthode. Avec la même voix changeante et incertaine, je reprends :
— Nous sommes sur Géonosis, donc ? Dans une base militaire ? Oui, vous n’auriez pas risqué un hôpital de Toskrew City. Charmante ville, de ce que j’en ai lu. Ou alors vous ne vouliez pas que je sois à proximité de mes coéquipiers ? Ils avaient besoin de soins, n’est-ce pas ?
Détourner la conversation. Ne pas concéder d’informations. C’est grossier, mais je peux espérer glaner quelque chose. Parler, leur donner l’impression que je m’ouvre. Je peux lire leur réaction physique. Eux, normalement, non. Il faut que j’en tire parti.
Je remarque que le fait de renverser le lit a également renversé le matériel médical autour. Je peux jouer dessus.
— Il fait chaud. Vous auriez de l’eau ? -
Post n°9
Auteur : Blad Demeci"Oui, nous sommes sur Géonosis, dans un espace enfoui sous terre, où nous sommes sûrs qu'aucun éventuel problème ne peut en sortir."
Avait reprit Lucy M'arten, signalant de la main à Hawk de ne pas intervenir avant qu'il ai terminé cette discussion. Ce dernier ordonna toutefois aux droïdes médicaux de donner à boire à son patient. Une des sphères virevolta donc en direction de l'extrémité du tentacule déployé par Billy. Le robot sortit un tuyau souple de son ventre et le pointa en direction de l’œil "mal placé" de la créature.
"Faites aaaaah."
Demanda-t-il, de sa voix standard de traducteur automatique obsolète d'Holonet. Le Professeur M'arten poursuivit l'échange verbal pendant ce temps, conscient que l'agent Billy devait être en train de réfléchir à un moyen de s'évader, maintenant que son secret n'en était plus un :
"Tes équipiers sont tous sains et saufs, ils ont plutôt vite récupéré d'après ce que j'en sais. Tu pourras les contacter toi-même directement, une fois que tu auras suivi le protocole de réhabilitation. Et cela passe par : répondre aux questions du Docteur Hawk. Navré si cela te chiffonne, mais il n'y a pas d'autres moyens."
Il était temps de fouiller un peu plus dans la psychologie du métamorphe, histoire de savoir quels étaient ses plans pour la suite. Lucy M'arten reprit donc de plus belle :
"Tu dois bien avoir des projets pour ta vie, discutons-en. Nous pouvons t'aider Billy, et nous le ferons si chacun a son lot de récompenses dans cette affaire. Aides-nous, et nous t'aiderons en retour, c'est aussi simple que ça."
Si Ansikt n'avait jamais eu son destin en main, il allait vite apprendre ce que cela voulait dire. -
Post n°10
Auteur : AnsiktGéonosis, donc. Prévisible. Que veut-il dire ? Que je ne peux pas sortir seul, ou qu’ils n’auront aucun soutien tant qu’ils n’auront pas fini leur affaire ?
Ont-ils des mesures si jamais ils ne donnent pas de nouvelles ? Tout fermer ? Intervenir après un certain temps ? Envoyer une équipe de secours ? Combien de temps je peux survivre avec deux corps de vieux hommes ?
Non, non. Il doit y avoir des protocoles de sécurité pour éviter une brèche. Je pourrais tenir deux semaines, trois grand maximum. Et c’est sans compter les droïdes qui pourraient intervenir. Non, trop risqué. Et, puisqu’ils savent qu’ils doivent gérer un métamorphe, ils doivent avoir des manoeuvres pour s’assurer qu’ils sont face au “réel” et non face à moi. Misère…
Le droïde s’approche. L’orifice buccal supplémentaire reçoit l’eau, mais je crée une poche en plus pour le stocker, temporairement. Ce liquide ne touchera pas mon organisme avant que je sache s’il est sûr. Ils pourraient y avoir mis des calmants, ou autre chose, non distinguable à l’odeur.
Je profite de la manoeuvre et génère un grand bruit, comme une puissante quinte de toux. Cela est presque douloureux, cela fait longtemps que je ne l’ai pas utilisé. Eux auront l’impression que je m’étouffe, mais en réalité, j’essaie de prendre conscience de mon environnement. Les murs atténuent les ondes, malheureusement, mais j’ai l’impression qu’il n’y a que nous trois à cet étage. D’autres pièces, vides. D’autres cellules ? Possible.
Le professeur Ma insiste. Il veut que je leur divulgue des informations. Saleté. Non, pas gratuitement. Je secoue un peu les appendices, mimant un mouvement désorienté, et reprend :
— Faisons un échange équitable. Je vous permets une question, à vous deux. Puis j’en ai une, et vous me répondez. Honnête, dans les deux sens. Nous arrêtons dès qu’un côté n’a plus d’intérêt à discuter. -
Post n°11
Auteur : Blad DemeciLa réaction de Billy fût d'essayer de détourner l'attention. Hawk et M'arten restèrent silencieux suite au bruit étrange produit par le métamorphe. Qu'est-ce que c'était au juste? La créature s'étouffait-elle avec l'eau qu'elle venait "d'ingérer"? Ansikt avait déjà fait semblant d'avoir perdu le don de la parole, au cours de sa précédente mission. Il était donc tout aussi bien capable de faire semblant de tousser, tout en préparant quelque chose... Lorsque le silence fût revenu, le métamorphe proposa un marché particulier aux deux scientifiques.
Steve Hawk fit tourner son fauteuil pour distinguer le visage de son confrère. Il n'était pas sûr de la démarche à suivre, toutefois il plaçait son entière confiance en Lucy. Au pire des cas, si le spécimen venait à représenter un trop gros danger, sa mise à mort restait possible. Les droïdes s’autodétruiraient à l'instant où Hawk le déciderait, au besoin. Et si cela ne suffisait pas, la procédure de stérilisation par désintégration moléculaire viendrait à bout de la créature, sans nulle doute. Malheureusement, cela reviendrait également à faire disparaître tout échantillon exploitable pour Hawk. Une issue non souhaitable pour tous, évidemment.
Lucy soupira et redressa ses lunettes en haut de son nez tout en ne lâchant pas du regard le tentacule-cyclope. Billy jouait là à un jeu culotté, tout aurait pu être bien plus simple.
"Nous acceptons ton marché. Mais dans ce cas, tu as trois réponses de retard. En effet, nous t'avons déjà expliqué où tu te trouvais, pourquoi, et qu'est-ce qui est advenu de tes camarades. Pour te prouver notre bonne foi, nous effaçons volontiers un tiers de cette dette. Néanmoins, c'est à toi de répondre à nos interrogations en premier, maintenant. Je te répète donc les questions du Docteur Hawk : quel est ton monde d'origine, et à quelle espèce appartiens-tu?"
Le vieil homme parlait à présent sur un ton plus neutre, faisant comprendre à Billy qu'il venait de descendre d'un cran dans son estime. Cela était bien sûr calculé, il s'agissait de voir si le métamorphe était sujet à un comportement sociopathe, voir psychopathe. Vu ses dernières réponses, il y avait de quoi s'interroger. -
Post n°12
Auteur : AnsiktIls se regardent, s’observent, hésitent. Parfait. Créer de la discorde. Créer de la surprise. Ca permet de prendre l’avantage.
Le professeur Ma soupire, se décide, et regarde de nouveau mon “oeil”. Il semble moins amical qu’avant. J’ai peut-être trop poussé sur la sympathie qu’il pouvait éprouver. Tant pis.
Ils acceptent. Intéressant. Ils exigent d’office deux questions. Moins intéressant. Je pourrais toujours refuser. Mais j’ai besoin d’informations. Et leurs questions ne me mettent pas en danger. Pour l’instant.
— Je ne connais pas mon monde de naissance.
J’hésite. Ils vont croire que je me moque d’eux. C’est un peu le cas, à vrai dire. Allez, ils ont été “gentils”. Jouons le jeu.
— J’ai été acheté lorsque j’avais quatre ou cinq ans comme esclave. Je n’ai jamais voulu apprendre la planète où j’étais détenu, et l’esclavagiste n’a jamais communiqué sa source.
Je prends soin d’omettre le fait que ma mémoire flanche quand on remonte si loin, ou que l’acheteur m’a élevé comme son fils. Ils devront payer ces informations d’une question supplémentaire.
— Je suis un Gurlanin. Une espèce polymorphe. Ils doivent être rares, je n’en ai jamais croisé d’autre dans la nature.
Je joue un peu sur les mots : mon père adoptif en était un, mais je ne le considère pas dans la nature. Mais mon ton est assuré : j’ai appris à mentir. Et ils ne peuvent lire qu’une bouche et un oeil.
A moi de poser une question, maintenant. La première question est la plus importante : c’est celle qui montre là où sont mes centres d’intérêt les plus importants. L’information capitale. Si je le suspecte, alors ils doivent le savoir. Je ne peux pas demander où est la mandalorienne : ils prendraient des mesures, ou essaieraient de m’avoir par les sentiments. Non, ne montrer aucune faille.
Quoi d’autre, quoi d’autre ? Demander un supérieur n’arrangera pas mon cas. Demander de sortir ne fonctionnera pas, ou ils demanderont coopération. Je pourrais essayer de les déstabiliser encore plus, mentionner le “frère adoptif” Derriphan, demander s’il est effectivement “mort” sur Cato Neimoidia, mais ça serait risqué. Ils risquent de comprendre que je n’ai pas été un esclave ordinaire, ou me mettre en confinement. Pire, ils pourraient décider de m’exécuter sur le champ.
Où sont leurs centres d’intérêt ? Sur quoi puis-je m’appuyer ?
Ils veulent discuter et me faire sortir de là, mais pour leur intérêt. Me faire devenir un toutou obéissant ? Me faire devenir un cobaye pour le tétraplégique ? Peu enviable.
Sur quoi appuyer ? L’assis espère gros d’un spécimen aussi rare. Problème : je n’ai pas d’autre Gurlanin à vendre pour sauver ma couenne. Enfin, si, mais il est enterré depuis belle lurette.
Le professeur Ma… Est là comme négociant ? Il voudrait que tout se déroule sans accroc ? Ses objectifs concordent avec ceux de la CSI et de l’autre. Rien de bien explicite à utiliser. Habile. A moins que j’ai loupé un détail important ? Tant pis.
Réfléchis, réfléchis ! Une demande qui pourrait créer une faille… Désactiver la barrière ? Désactiver les caméras ? Ca serait pratique, mais ils n’accepteront jamais. Et, ils sont déjà méfiants. Si jamais je fais semblant d’être déjà parti pour les forcer à envoyer quelqu’un pour vérifier, je parie que la pièce est truffée de capteurs pour s’assurer de ma présence. Ils me considèrent trop dangereux pour me laisser autant de marge.
Ah, j’ai peut-être une idée. C’est risqué, mais ça peut se tenter. Je ne l’ai jamais trop apprécié, après tout.
— Est-ce que je pourrais accéder au contenu des deux datapads du lieutenant Tericarax, récupérés dans le laboratoire ? Je crois me souvenir les avoir confiés au sergent Iroey.
Détourner l’attention, essayer de trouver un vice de forme. Si je me donne plus de valeur que j’en ai réellement, ils pourraient être enclin à me laisser sortir plus facilement. Ou à m’exterminer plus facilement, au choix. Mais je n’ai plus grand chose à perdre, dans l’état.
Certes, il y a une petite coquille dans cette question, mais ça, ils ne le savent pas. Et, si jamais ils acceptent, ça me fera un peu de lecture. -
Post n°13
Auteur : Blad DemeciImpossible de déterminer une quelconque réaction selon l'expression morne des tentacules. Cependant, la voix du Gurlanin ne change pas, son ton reste le même, alors que celui de Lucy M'arten, lui, a bien évolué. Soit Billy s'en fiche, soit il n'a pas noté ce changement, dans les deux cas cela pourrait amener à une conclusion délicate de la part des deux scientifiques. Billy accepte de jouer à son propre jeu, il finit par révéler quelque chose d'important même :
"Je suis un Gurlanin. Une espèce polymorphe. Ils doivent être rares, je n’en ai jamais croisé d’autre dans la nature."
Ainsi, l'espèce d'Ansikt avait au moins un nom, révélé au grand jour entre ces murs bien gardés. Chose rare, car beaucoup de métamorphes ignoraient leur propre ethnie originelle. Si ce nom, Gurlanin, avait déjà été ne serait-ce que prononcé quelque part, Hawk allait le découvrir bientôt. Aldera explorait déjà toutes les données disponibles en ce but. Cette recherche risquait de prendre un certain temps toutefois, inutile d'attendre le résultat sans rien faire donc.
L'agent Billy semblait réfléchir à sa question, pendant que Lucy attendait patiemment, silencieux devant la barrière rougeoyante. Il leva les deux sourcils en l'air, au-dessus des verres de ses lunettes, lorsque la requête du changeant parvint à ses oreilles. Était-il sérieux? Et en quoi ces datapads pourraient lui servir en définitive? Les mots d'Ansikt venaient, qui plus est, de trahir un point sur lequel il avait été bon comédien, jusque là : il se souvenait en fait de plusieurs détails relatifs à sa mission périlleuse sur Cato Neimoidia.
Le côté manipulateur de l'agent Billy pouvait le desservir lors de cet échange, à terme. Néanmoins, si la CSI parvenait à le réhabiliter, il pourrait s'avérer excellent au sein des services secrets. M'arten et Hawk savaient que disposer d'un tel individu offrirait un grand pouvoir à la confédération. Ce spécimen ne devait absolument pas leur échapper...
"Ces datapads et leurs contenus sont la propriété de la Confédération des Systèmes Indépendants. Et je ne vois pas ce qu'ils ont en lien avec cette conversation. Nous avions convenu de poser des questions ici, et non d'imposer des exigences maquillées en requêtes les uns aux autres. Sinon, tu ne serais déjà plus caché sous ton matelas, et nous pourrions parler face à face."
Lucy reprit une petite bouffée d'air climatisé avant de poursuivre :
"Le Docteur Hawk et moi ignorons ce que le Lieutenant Tericarax a bien pu retranscrire dans ses journaux, à l'heure actuelle. Les datapads en question font l'objet d'une enquête interne, menée par le Colonel Cinder en personne. Pour faire simple : je voudrais bien pouvoir te fournir ce que tu demandes, mais je n'en ai pas les moyens, navré."
Le Professeur M'arten prit sa mine désolée : bouche pincée, yeux écarquillés. Ce qu'il venait d'expliquer était en effet la stricte vérité, et il espérait que le Gurlanin en soit persuadé. Cinder avait tout perquisitionné, afin de lui permettre de tirer au clair de graves problèmes internes à la CSI. Il n'y avait que lui qui pouvait répondre à l'exigence du métamorphe, dont le sens échappait au comportementaliste d'ailleurs.
"Maintenant, dis-moi quelles sont tes motivations profondes, dans la vie? Que cherches-tu à accomplir exactement au travers de ton existence?" -
Post n°14
Auteur : AnsiktPas de réaction de Ma, mais l’assis s’agite à la mention du nom de l’espèce. Ca doit être du pain béni, pour lui. Le premier n’a réagi qu’à la requête. De la surprise ? De l’agacement, peut-être ? C’en est presque amusant. Mais je piétine un peu. Il ne semble pas décidé à lâcher du terrain. Dommage.
J’écoute sa réponse. Il semble agacé de ma formulation. Après tout, il aurait simplement pu répondre un oui ou un non, ça m’était bien égal. Il a compris que je les voulais maintenant, et pas que je demandais une hypothétique autorisation. Enfin, il aurait compris l’inverse, j’aurais pu exiger l’inverse. Mais son ton semble m’indiquer que le fait que je me dissimule l’agace. Du bon ?
Je suis surpris qu’ils n’aient pas tiqué à la mention de deux datapads. Ils ne savent pas ? Ils savent, mais ont vu le piège ? Rien de bien exploitable de ce côté là, donc. Et il faut que je sois vigilant, si jamais je suis plus à découvert que prévu.
Comme pour réagir aux paroles, les deux tentacules s’agitent, se font face, comme un muet face à un aveugle.
— Cinder, Cinder, Cinder … Ah ! Lui ! Je me disais bien que je l’avais lu quelque part. Les deux appendices refont face au professeur Ma Très bien.
A peine récupérés, déjà mis sous confidentialité, donc. Il semble gêné, presque triste. Comédie, oui, certainement. Dans quel but ? Asseoir sa communication verbale ? Jouer sur mes sentiments ?
Il émet sa requête. J’entame ma réponse d’un ton légèrement joueur, avant de reprendre la voix habituelle :
— Voilà deux questions, professeur. Mais, répondons.
Des motivations profondes ? Ce que je cherche à accomplir ? Heh, ça en serait presque drôle. Comment avoir des envies de grandeur quand on vit au jour le jour avec un condensé de Côté Obscur à ses côtés ? Mais ça, ils n’ont pas à le savoir.
La formulation est orientée. Quoi que je réponde, il va me proposer de rejoindre la CSI pour le faire. Après tout, la CSI a des moyens ! De l’envergure ! Du personnel ! Ca m’étonnerait, de sa part, lui qui n’était pas très porté propagande. Mais pourquoi pas.
C’est le moment de réfléchir. Il n’a pas envie que je m’échappe. Je veux m’échappe, ou, à défaut, ne pas perdre cet échange. J’ai besoin de très peu pour m’enfuir, et il le sait : il ne concède que très peu, pour l’instant. Misère..
Nous sommes dans une impasse. Voilà qui est fâcheux. Mais, s’il compte bien faire ce que je prédis, il y a peut-être moyen de négocier les termes, plutôt que de me les voir imposés. Tentons le coup. Marchons dans son “piège”.
Les appendices s’étendent, s’approchent de la barrière.
— Des motivations profondes ? Quelque chose à accomplir. Sauf votre respect, professeur, c’est un luxe que je n’ai jamais possédé. Vous avez déjà été esclave ?
Finalement, ma réponse est plus proche de la réalité que je ne l’aurais souhaité. Tant pis.
L’oeil se plisse, mesquin. Un sourire se dessine sur les lèvres.
— Mais, si vous me posez cette question, c’est que vous allez me proposer d’obtenir ce que je n’ai jamais eu, n’est-ce pas ?
Les deux membres reprennent une expression plus neutre.
— Et bien. Proposez.
Les négociations sont ouvertes. -
Post n°15
Auteur : Blad Demeci"Voilà deux questions, professeur. Mais, répondons."
La crevette, ainsi nommé par le soldat Kyone'e, avait l'air amusée de sa réflexion. Soit, Lucy préféra se concentrer sur la véritable réponse du polymorphe. Là encore, la créature sembla réfléchir, prenant le temps de préparer soigneusement ses mots. M'arten (qui avait noté l'usage de la première personne du pluriel, au passage) aurait pensé que, cette fois-ci, Billy aurait déjà en tête une phrase quasi toute faite, mais non. Les vies usurpées par le Gurlanin ne devaient pas être très trépidantes jusqu'ici. Son passé, à vérifier d'ailleurs, d'esclave l'avait peut-être cloisonné dès lors dans une existence de servitude, pleine de routine notamment. Difficile d'imaginer qu'un tel spécimen soit seulement utilisé pour faire le ménage néanmoins.
Visiblement, l'esprit quelque peu tourmenté de l'extra-terrestre était encore vif et capable d'anticiper certaines choses. Lucy sourit lorsque son interlocuteur termina sa phrase par un ordre simple :
"Proposez."
Depuis son recrutement, Billy avait toujours mis en avant son esprit plutôt que sa force. Aujourd'hui encore, c'était celui-ci qui primait avant tout. Pourtant, sa puissance devait être considérable, selon la forme qu'il choisissait de prendre. Ces tentacules même, devaient constituer des adversaires féroces en cas d'affrontement direct. La CSI pourrait en faire un véritable couteau multi-fonction... Restait à savoir maintenant jusqu'où Ansikt était capable d'aller pour le compte de l'organisation.
"Avec tes compétences, tu pourrais servir de grandes causes par delà la galaxie. Tu as d'ailleurs déjà commencé, en accomplissant ta première mission tout récemment. Comme tu l'as compris, la CSI pourrait t'aider à retrouver d'autres individus comme toi, d'autres Gurlanins. Bien sûr, il nous faudrait d'abord tester l'étendue de tes aptitudes sur le terrain avant de nous lancer dans une telle entreprise. Il faut bien que nous ayons un intérêt dans cette affaire, après tout."
Encore une fois, le Professeur M'arten laissa quelques secondes s'écouler avant de parachever sa réplique :
"Si ce projet t'intéresse, ta parole ne suffira pas à nous assurer de ta bonne foi, évidemment. Il y aurait fallu pour cela que tu réagisses autrement à ton réveil... Ta méfiance inhérente et tes envies, plus ou moins dissimulées, d'évasions ne nous permettent pas de prendre le moindre risque. Un traceur sera incorporé à ton corps, et au moins un partenaire te sera assigné, afin de te superviser sur le terrain."
Le Docteur Hawk avait un de ses seuls doigts capable de bouger placé au-dessus d'un bouton. C'était cette manette anodine qui lui permettrait d'envoyer les droïdes médicaux poser l'implant nanométrique, directement sur/dans le métamorphe. Il ne manquait plus que l'aval du patient, vraisemblablement. -
Post n°16
Auteur : AnsiktJe remarque le sourire du professeur. Il l’a à peine dissimulé, après tout. Amusé ? Fier ? Soulagé ? Il répond, et je porte une attention toute particulière à chacun de ses mots.
De grandes causes… Celles de la CSI, surtout ! Je les vois mal me concéder gentiment à la République fédérale où aux vestiges de l’Empire ! Mais pourquoi pas. Il ne peut pas sortir d’autre argumentaire en présence de caméras séparatistes. Poursuivons.
Trouver d’autres Gurlanins ? C’est une offre alléchante. Mais comment ? Et pourquoi ? Simplement pour mon bon plaisir ? Non, ils veulent de nouvelles armes, de nouveaux sujets d’expérience, certainement plus dociles que moi. Les exploiter, aussi. La perspective d’une réduction en esclavage de mon espèce me répugne. Surtout par des humains.
Leurs intérêts, leurs intérêts… Et les miens, dans tout cela ? Une liberté conditionnelle, garantie par une nounou et une foutue puce ? Oui, j’ai été méfiant à mon réveil. Qui ne l’aurait pas été ? Mes souvenirs sont flous, mais je suis certain que cette réaction avait une origine toute justifiée. Oui, certain.
Une puce… Une puce… Est-ce que je pourrais m’en débarrasser ? Il faudrait que je sois sûr de le mettre dans un bout de chair, et de me l’arracher ensuite. Ca ferait mal sur le coup, et ça serait temporairement gênant, mais ça pourrait se régénérer avec du temps et de la nourriture. Oui, ça serait faisable. Avinash m’avait raconté s’être fait arracher la moitié d’une main. Si ce salopard ne mentait pas, alors il y a une chance.
Le partenaire, également, est un problème. Tout le temps à côté de moi ? Voilà qui serait ennuyeux, mais aussi foutrement inutile. Ou alors le traceur lui-même pourrait m’arrêter ?
Les deux tentacules s’agitent, reprenant leur posture plus joueuse.
— Une offre intéressante, professeur, même s’il faudra m’expliquer comment vous comptez me garder sous les yeux en permanence ET que je sois efficace.
Une pause, qu’il puisse formuler une réponse. Je reprends.
— Cependant… Si je vois bien les intérêts de la CSI à m’utiliser, je perçois moins mes intérêts à être là-dehors, sous ces conditions, pucé comme une bête. Les grandes causes, comme vous les appelez, dans l’état, sont bien trop floues pour être un argument de poids, n’est-ce pas ?
Avec un peu de bol, en me plaignant de la puce, je pourrais peut-être y échapper ? Je ne pense pas, en réalité, mais je peux toujours l’imaginer. Enfin, le principal, c’est qu’ils ne soupçonnent pas que j’ai potentiellement un moyen de la retirer. Il faudra être vigilant, cependant. A chaque transformation, la puce devra rester en place. Pas une mince affaire, mais c’est réalisable.
Ils mentionnent le monde des Gurlanin. Oui, ça pourrait être une raison de sortir. La recherche de ces origines… Cette question m’a traversé l’esprit, par le passé. Et, actuellement, je n’ai pas énormément de raisons de ne pas me laisser pourrir ici. Mais je refuse de livrer tout un peuple à la CSI. Tout mon peuple, quoi que ça signifie. J’ai appris à être fier de mes capacités, alors je lutterai contre les tentatives de les pervertir.
Hah. C’est drôle. S’il me redemandait un but, maintenant, je pourrais répondre. Ca ne sera pas tâche aisée, cependant. Je n’ai aucune idée de sa localisation, de combien de personnes y vivent encore, et même s’il est possible d’y voyager. Si jamais ce lieu est dissimulé dans les Régions Inconnues, je pourrais très bien ne jamais le découvrir.
Mais les choses ont changé. Ce… Ce coma a changé les choses, en réalité. Depuis mon réveil, j’essaie de les effacer, mais des images, des paroles, arrivent. Des souvenirs ? Mes propres délires maladifs ? Je ne sais pas. Elles sont peut-être également liés à la disparition d’Alduin, qui sait ? J’aurais ainsi récupéré ce qu’il m’a volé ? Seul le temps pourra le confirmer, je le crains. Mais peut-être pourrai-je récupérer des informations capitales.
Ce monde, je le trouverai, par moi-même, et pour moi. -
Post n°17
Auteur : Blad DemeciLes mots d'Ansikt étaient plutôt bien choisis, une fois de plus. Mais Lucy M'arten savait que l'idée de retrouver son monde d'origine venait de naître dans la tête de son interlocuteur. Au final, le professeur emmenait le métamorphe où il voulait, même si la chose ne fût pas aisée. La créature continua de questionner le vieil homme, conformément au petit jeu lancé plus tôt. A côté de Lucy, le Docteur Hawk semblait s'être assoupi en attendant la fin de la fausse négociation. L'handicapé pouvait compter sur Aldera pour le réveiller en temps voulu, et lui faire part de tout ce qu'il avait raté également.
"Les agents que nous déployons sont très compétents, comme tu as pu le voir sur Cato Neimoidia. Certains ont acquit l'aptitude de paraître absents, alors qu'ils sont en fait tout proches, ne t'en fais donc pas pour ça... Quant à la puce que nous allons t'implanter, il s'agit d'une technologie bien étudiée, sa fiabilité ne fait aucun doute non plus."
L’œil au bout du tentacule continuait de fixer le professeur, silencieux. Lucy savait quelles inquiétudes pouvaient ressortir d'une telle déclaration chez le prisonnier. Il lui fallait maintenant compenser cela par une bonne nouvelle.
"Ton intérêt dans cette affaire est de gagner ta vie en tant qu'agent de la CSI, puis de retrouver ta place parmi ton peuple. Si nous retrouvons, ensemble, tes congénères, nous ne ferons qu'étudier leur culture et tenter de la comprendre, comme nous l'avons fait avec d'autres précédemment. Ce n'est pas tous les jours qu'une civilisation est découverte après tout, une espèce extra-terrestre aux pouvoirs spéciaux avec... Nous pourrions notamment proposer à d'autres Gurlanins de travailler pour nous à terme, si nos relations s'avèrent bonnes. Toi, Billy, tu pourrais même prendre des responsabilités parmi les tiens, un jour. A voir comment ils t'accueillent, à vrai dire. Bien sûr, la CSI te soutiendra, quelque soit leur réaction, en guise de remerciement pour tes services rendus."
Le comportementaliste jeta un œil à sa montre, jaugeant le temps prit pour ce dialogue. Il continua ensuite :
"Nous allons bientôt te rendormir, pour les besoins de l'opération dont nous avons parlé. A ton réveil, tu ne seras plus dans cette cellule, et ta mission de réhabilitation t'attendra. Voici donc ce qui devrait être ma dernière question, Billy : es-tu prêt?" -
Post n°18
Auteur : AnsiktJ’écoute la réponse du professeur Ma. L’autre n’a toujours pas parlé, tiens. Il se sait moins qualifié que mon interlocuteur pour ce genre de situations ? Ou il s’occupe d’autre chose, dans l’immédiat ? Il n’a pas l’air de beaucoup bouger…
Heh. Cato Neimoidia. S’il fait référence à notre petit groupe, il a du avoir de mauvaises informations. La discrétion a vite été jetée par dessus bord, au profit de la survie. Mais, s’il ne sait pas à propos des datapads, c’est possible qu’il n’ait pas eu toutes les informations. A moins qu’il fasse référence à une autre équipe, pour me faire paniquer ? Ca serait foutrement étrange de laisser une équipe pour surveiller, alors que nous étions en danger et que les documents semblaient sensibles. M’enfin.
A la mention de ma puce, une pensée me traverse. J’ai peut-être moyen de l’enlever, mais je ne peux pas m’arracher des membres à l’aveugle tant que je ne sais pas où elle se trouve. J’ai peut-être bien une idée, mais elle va être des plus désagréables…
Je me mets à augmenter le nombre de cellules sensorielles dans mon corps. Je commence à sentir mes muscles, les os qu’ils entourent. Je retiens un frisson de dégoût. J’y vais doucement, pour ne pas me surprendre moi-même, et ainsi avoir une réaction disproportionnée qui pourrait rendre caduque toute l’opération. Mais, tout de même, je serre les dents.
Gagner ma vie. Hah ! Je n’ai pas attendu la CSI pour me débrouiller. Certes, ça pourrait me procurer bien des avantages, mais ça serait au prix de ma liberté pour un bon moment, voire toujours. Je doute que le jeu en vaille la chandelle.
Il mentionne mon monde d’origine, encore. Il cherche à m’énerver ? Non, non, reste calme. Tais toi. Tu es sur les nerfs, littéralement. Ne fais pas tout capoter.
Il dit qu’ils n’interviendront pas, qu’ils étudieront. Et, juste après, dit qu’il leur proposerait du “travail”. Non. Comme tous les esclavagistes, ils chercheront à les soumettre, et vu leur puissance de feu, ils réussiront, ou les tueront. Non, je refuse.
Il a enfin fini de parler. J’ai mal, maintenant. Tout est trop sensible, autant en interne qu’en externe. C’était peut-être une mauvaise idée, avec du recul. Mais, l’information est bien trop importante. Je pourrais faire machine arrière, continuer à discuter, mais la personne en face de moi semble impatiente d’amener un nouveau pantin à son maître.
Dans un effort douloureux, je remets le lit en place, et me révèle. J’ai fait quelque chose à la va-vite, pour ne pas montrer par inadvertance ma véritable forme. Résultat, je suis petit et plein de fourrure, mais bipède. Il me confondra peut-être avec un Squib. Ca sera pour le mieux.
Je m’installe sur le lit. Que c’est inconfortable. Trop froid. Les plis sont des crêtes qui tailladent mon dos. Mais j’essaie de ne pas flancher. Le tentacule-bouche s’agite une dernière fois et profère quelques paroles avant de revenir.
— Je vous aurais bien proposé de me serrer la main pour conclure la chose, mais mon intuition me dit que vous auriez refusé. Alors… Evitez de ruiner mon brushing, Doc.
Le dernier mot était plus appuyé que prévu, presque plus méchant que mesquin. Tant pis. Tant pis. Ce n’est pas ma priorité. Je dois me retenir de ne pas hurler quand il m’insérera l’anesthésiant. Voilà. Voilà, c’est ça que je dois faire. Allez. Allez. Qu’on en finisse. -
Post n°19
Auteur : Blad DemeciLes capteurs de Steve Hawk s'affolèrent de nouveau : le métamorphe usait de ses capacités spéciales. Impossible de dire pourquoi, bien sûr, dans l'immédiat. Ansikt décida donc de remettre de l'ordre dans sa cellule, redressant son lit et révélant son apparence physique à ses interlocuteurs. Il se présenta ainsi sous la forme d'une petite créature similaire à un Squib, à la fourrure oscillante entre le blond et le brun. Ses deux appendices tentaculaires, eux, sortaient clairement du dos du Gurlanin désormais.
Le spectacle n'est pas fini. L'agent Billy semble jauger le moindre de ses mouvements, comme s'il craignait de se faire mal. La lenteur et la mesure de ses gestes le trahissent. Pour autant Lucy et Steve ignoraient s'il s'agissait d'un comportement normal ou non pour le métamorphe, puisqu'il était plongé dans le coma il y a encore peu de temps. Le fait de ne pas tout savoir obsédait le Docteur Hawk, visiblement revenu de sa somnolence, mais il ne pouvait s'en préoccuper vraiment pour le moment. L'heure était à l'accomplissement de sa mission. Le professeur M'arten se chargea d'abord de répondre à la dernière intervention cocasse du spécimen :
"J'aurais aimé pouvoir conclure ce marché autrement, Billy. Mais tu sais bien que c'est impossible."
La compassion dont faisait de nouveau preuve M'arten était honnête. Et vu que la créature semblait se plier enfin à la volonté de ses geôliers, il n'y avait plus de raison de continuer à jouer les impatients moins amicaux. Ensuite, Steve utilisa une commande spéciale de son ordinateur, afin de faire apparaître un hologramme coloré, très réaliste, dans la cellule, juste devant le lit du "patient". Il s'agissait d'une jeune femme tout à fait ravissante, blonde, aux grands yeux d'azur. M'arten se chargea d'expliquer paisiblement cette apparition soudaine :
"Voici ta future apparence, c'est dans tes cordes? Il est important que tu sois le clone exact de cette personne, et il le faut dès maintenant. Nous te laissons une petite minute pour que tu y parviennes. Ta nouvelle identité te sera révélée à ton réveil, au même titre que ta mission de réhabilitation. A toi de jouer, agent Billy."Quelques instants plus tard, la bestiole à poils fût remplacée par cette sublime humaine. L'opération pouvait donc commencer. Les droïdes-sphères flottants se mirent à tourner silencieusement autour du lit du Gurlanin, pendant qu'un gaz somnifère très puissant embrumait littéralement la pièce par de petits pores au sol. Les droïdes laissèrent le gaz agir quelques minutes avant de débuter leur œuvre : l'implantation cérébrale d'une nano-puce électronique. Les implants cybernétiques cérébraux étaient peu courants dans la galaxie. La plupart des cyborgs préféraient améliorer leurs membres physiques, ces opérations représentant également moins de risques mortels. Mais à la CSI, la technologie était très avancée, sans doute était-elle la meilleure de toute la galaxie même.
Nouvelle apparence d'Ansikt
L'opération dura plusieurs heures, Hawk et M'arten se retirèrent des locaux de quarantaine après s'être assurés que le Gurlanin n'était effectivement plus conscient, plus assez en tout cas pour se rendre compte de ce qu'il se passait dans sa boite crânienne. D'ici quelques jours, Billy allait pouvoir se projeter dans sa nouvelle vie, là-dehors. Un nouveau départ, placé sous le signe de la collaboration, plus ou moins forcée, avec la Confédération des Systèmes Indépendants.
A son réveil, Billy n'était plus Billy. Le métamorphe était enfin revenu à lui, dans ce corps somptueux de blonde fatale. Il flottait au cœur d'une cuve de bacta, nu et raccordé par la bouche à un système respiratoire complexe. L'opération s'était bien passée, mais Ansikt risquait d'avoir quelques maux de têtes pendant quelques jours encore. Son organisme devait s'habituer, même si ses compétences si particulières pouvaient probablement accélérer le processus de rétablissement.
En analysant un peu son environnement, l'agent du SIS pouvait comprendre facilement où il se trouvait, cette fois-ci : à l'hôpital. Sans doute à l'Hôpital Public Zarn, de Toskrew City, capitale Géonosienne. Un endroit bien plus conventionnel que la base scientifique souterraine du Docteur Hawk, pour sûr... Soudain, un médecin organique pénétra dans la chambre, suivi de près par quelques droïdes infirmiers. Le docteur était un Arkanien, plutôt frêle, la quarantaine. Il semblait en pleine forme, malgré ses cheveux noirs en bataille. Ce nouvel individu se plaça devant la cuve d'Ansikt et fit son speech, pendant que ses assistants vidaient la précieuse cuve curative, dans l'optique de laisser sortir leur "patiente".
"Bonjour Madame, je suis le médecin qui s'est occupé de votre rétablissement. Un sacré coup que vous avez reçu sur la tête, hein? Enfin, j'ai le plaisir de vous informer que vous êtes parfaitement rétablie aujourd'hui. Nous vous avons apporté vos vêtements, lavés et repassés, ainsi que tous vos documents personnels qui nous ont été remis à votre admission aux urgences. Allez-y doucement pendant quelques jours, et tout devrait se passer pour le mieux. Bonne journée!"
Sans attendre de réponse, le docteur fila dans les couloirs de l'hôpital, sa journée ne faisait que commencer et il avait d'autres cas bien plus sévères à traiter. Billy fût extirpé de la cuve, puis les droïdes l'aidèrent à revêtir ses courts vêtements noirs. Pour terminer, l'un d'eux donna un sac à main en cuir tout aussi noir au métamorphe, lui signalant que ses papiers étaient dedans.
L'instant d'après, Ansikt était seul dans sa chambre, paré à retrouver le monde extérieur. Un objet se mit alors à vibrer dans son sac, il s'agissait d'un datapad portatif, décoré de têtes de mort argentées et rayé sur sa coque. Le petit écran du bijou technologique afficha un message :Pense-bête du jour :Les ordres commençaient pour Billy, qui put également constater qu'une petite liasse de billets était aussi présente au fond du sac. De quoi se payer le billet pour ce nouveau voyage, très certainement, voir même un peu plus.
Astroport Loyd - 11h15 - Navette J-347 - Vers Système Corellien
[La CSI attribue à Ansikt 1000 Crédits en cash, afin de l'aider à mener à bien sa mission.
Il n'a toutefois pas besoin de justifier de la dépense de cette somme auprès du camp.
Solde des comptes CSI au 07/06/2018 : 29 021 695 Crédits -> 29 020 695 Crédits.]
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Post n°20
Auteur : AnsiktMes os me font presque mal. Ils me démangent, en tout cas. Je pourrais les sortir pour les gratter, mais je sais que ça ne servirait à rien. La gêne ne vient pas de là. La gêne vient de sa présence en elle-même. Raaaaah ! Je vais devenir fou, à ce rythme ! Pourquoi je l’ai fait aussi tôt ? Je n’en suis pas à me cambrer, mais forcément, mon attitude a changée ! Idiot ! Stupide ! Bête !
Il parle, il parle. Son impatience s’est vite effacée ! Il fait durer le plaisir, ce salaud. Je m’occuperai de son cas plus tard. Il me tarde de retrouver des sensations normales. J’acquiesce sans un mot, et regarde mon modèle. Une jeune femme, humaine. Pourquoi pas. Des vaguelettes parcourent mon corps, et la peau superficielle se retourne comme une pluie de millions d’écailles, changeant l’apparence superficielle. La structure suit, beaucoup plus lentement qu’à mon habitude, adoptant sa carrure fine. La raison de cette lenteur ? Tout m’est insupportable, malgré le fait que je garde le silence.Tant mieux : s’ils croient qu’il me faut plus de temps qu’en réalité, ils me sous-estimeront.
Une fois l’action faite, des sphères se mirent à tourner autour de moi. Je ne leur fis même pas l’honneur de mon attention, préférant fixer le professeur Ma de mes nouveaux yeux. Une légère odeur dans la pièce me fait tousser, et le monde autour de moi commence à devenir flou. C’est ça, leur anesthésiant ? Il semblerait. Remarque, une injection directement dans le corps aurait nécessité une approche, chose qu’ils ne souhaitent peut-être pas risquer. Ils sont précautionneux, ces foutus séparatistes.
Un sommeil sans rêve m’ôte à mes pensées, et je tombe au sol.*****
Une sensation de flottement. J’ouvre difficilement un oeil, les sens toujours embrumé. Je… flotte ? J’essaie de bouger, mais l’effort est difficile. Les couleurs sont… étranges… Tout est… verre ? Attends, non, c’est toi… Je suis dans de l’eau… ? Non, non, trop visqueux pour de l’eau… Ah, peut-être du bacta.
Mes yeux divaguent mollement, et je remarque un homme en blouse, entouré de quelques droïdes. Encore un chercheur… ? Non… Peut-être plutôt un médecin… Oui, certainement… Sommeil…
Les êtres mécaniques s’affairent pour vider la cuve de bacta, et me retirer les tubes respiratoires que j’avais à peine remarqué. Je sens qu’ils me touchent, mais ma peau est comme du coton, et je ne perçois pas plus de sensation que ça. C’est les effets secondaires du bacta, ou… ? Non, non, ça doit être le bacta. Ils n’auraient pas osé griller mon système nerveux… Si ?
Il parle, j’entends le message sans l’écouter, mais l’information passe globalement. Un coup sur la tête ? C’est ma couverture… ? Je suppose.
J’arrive à bredouiller un petit “Merci” malgré le fait que je me tienne encore humide et nu… non, nue comme un ver au plein milieu de la pièce.
Les droïdes ne perdent pas de temps, me sèchent, m’habillent, et me donnent mes affaires. Enfin, m’habillent… Une jupe à peine assez courte, un haut qui comprime mon abdomen sans dissimuler la moitié haute de mon buste, et une paire de bas et des bottes. Je ne m’attache même pas les cheveux, préférant ne pas encore accentuer le côté juvénile de cet accoutrement. Quel genre de pervers a bien pu décider de me refiler ça… ?
Mes sens me reviennent, et avec eux le douloureux soulagement que mon système nerveux fonctionne. Les maigres tissus pèsent une tonne, brûlent ma peau, mais je sens qu’il y a quelque chose en trop en moi. Dans ma tête, un caillou dans ma boîte crânienne. Certainement beaucoup plus petit en réalité, mais j’ai une zone. J’essaie de la déplacer, et elle répond en conséquence. Parfait. Je préfère ne pas y toucher pour l’instant, néanmoins : si jamais leur système est suffisamment performant pour savoir où la puce est dans mon corps, j’aimerais éviter qu’ils soient surpris en la voyant dans mon buste ou mon pied. Et hors de question de tenter une sortie si tôt, alors qu’ils pourraient avoir des agents planqués dans l’hôpital même. Je la mémorise donc soigneusement, et calme enfin cet inconfort généralisé, remplacé bien vite par des fourmillements dans tout mon corps, et un léger mâl de crâne. C’est moins pire qu’avant, ça me convient.
Je fouille nonchalamment mon sac, fait mine de vérifier mes affaires. Des “affaires de femme”, un datapad, et “mes” papiers. J’ouvre le porte-feuille, et remarque une carte de dépense. Est-elle chargée ? Possible. Je remarque aussi une pièce d’identité. Hah, voilà qui je suis.
Alors que je repose la preuve d’identité dans le sac, le datapad se met à vibrer. Je l’attrape du bout de mes doigts, et remarque qu’il est rayé en plus des petites décorations accrochées dessus. Franchement… Ils m’ont refilé du matériel déjà utilisé, ou quoi ? S’ils l’ont fait volontairement, ils sont sacrément impliqués, en tout cas. J’allume l’écran avec une légère pression, et remarque l’alerte. Un lieu de rendez-vous ? Pas galant, j’espère ! Je vérifie l’heure. 9H08. J’ai un peu de temps, apparement.
Je me dirige vers la sortie, un détail toujours dans la tête. Le système Corellien ? Pourquoi diable m’envoyer là-bas ? Certes, Mufus a été un de ses présidents les plus récents, et c’était avant une des figures de proues de la CSI, mais maintenant, le système est indépendant de la confédération… Etrange… Ils veulent que j’agisse sur un individu, ou m’envoyer à la mort en m’ordonnant de renverser le régime ? Non, ils n’oseraient pas…
Une fois dehors, la lumière matinale m’éblouit un instant, avant que je puisse m’y adapter. Devant moi, des bâtiments, au dessus du sol. J’en conclus donc que nous sommes dans la seule ville située au dessus du sol : Toskrew City. Le nom de l’astroport aurait dû me mettre la puce à l’oreille, peut-être.
Il fait bon, mais le premier courant d’air me confirme que cet accoutrement ridicule n’est absolument pas adapté à Corellia, où la chaleur ne compensera pas le manque évident de tissu sur ma peau actuellement. Je vérifie à nouveau l’heure, plus par forme que par réel besoin de connaître l’heure. Je prends un air satisfait, rajuste mon sac à main sur mon épaule, et me dirige gaiement vers le centre-ville. Il est l’heure de faire un peu de shopping !
Une bonne heure plus tard, j’ai enfin fini de faire mon choix. Ca n’a pas été facile ! J’ai hésité longuement, mais le rose se marie moins bien que le mauve de cette écharpe avec mon blouson en cuir noir ! Il fallait bien une petite touche de couleur, vu que le pantalon aussi est en cuir noir, mais le rose est trop criard. Et j’ai déjà un petit écusson en forme de tête de mort, accordé aux décorations de mon datapad, pour le petit côté original. Satisfaite, je me prends en photo, utilisant le miroir, ma main libre formant un peu “V” devant mon oeil et un grand sourire, avec un petit commentaire “Nouvelle tenue ! (‐^▽^‐)” pour l’agrémenter. Je décide finalement de sortir, payant pour les affaires avant de me diriger tranquillement vers l’astroport.
Sur le chemin, je navigue dans mon datapad, comme regardant les news. En réalité, je scrute les informations déjà présentes. Il y avait déjà des photos, mon exacte apparence, dans d’autres tenues plus ou moins exotiques, parfois avec un commentaire. Ils les ont fabriqué, ou ce datapad a réellement appartenu à quelqu’un par le passé ? Civil, agent séparatiste. Pas vraiment possible de savoir, avec aussi peu d’informations. Je garde tout de même une mine joyeuse en scrutant l’écran, s'immisçant dans mon rôle et cette nouvelle identité.
J’atteins la gare avec une bonne demi-heure d’avance, ce qui n’est pas de refus vu qu’il me reste encore à trouver le guichet, payer le billet, discuter avec enthousiasme avec le neimoidien au guichet, passer la sécurité, et finalement rejoindre la navette. Il me reste un peu de cash, et une somme encore inconnue sur la carte de paiement, ainsi, je préfère attendre d’être arrivée avant de chercher un repas. Je ne sais pas si je serai accueillie, si j’aurai un contact comme sur Cato Neimoidia, ou si je serai livrée à moi-même. Mieux vaut être précautionneuse, non ?
La navette arrive enfin, et la foule prend calmement place. Un alien hideux possède la place à côté de la mienne, mais un sourire amical suffit pour des rapports cordiaux et qu’aucun ne dépasse sur la place de l’autre, malgré le fait que ses bras aient deux fois le diamètre des miens. Je m’installe alors, au plus loin du couloir central, et observe les gens autour de moi, les scrutant et analysant pour passer le temps.