Réflexions sur papier
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Post n°1
Auteur : Shar'kan NocturnaPrise de fonctions
L'élection était un franc succès, et la nuit fut pour moi plus éprouvante qu'autre chose. Le Némésis avait fêté ça, et dignement au sein de l'immeuble. Les félicitations pleuvaient, on voyait ceux qui étaient contre moi venir me saluer avec un grand sourire, faux au possible. Je déteste ces gens là, ils ne méritent vraiment pas leur adhérence au parti. Mais malgré tout ça, j'avais promis à Oldstein de rester, et c'est au passage la personne que j'avais le plus remercié. C'était en effet grâce à Ilian Oldstein, le plus brillant des professeurs de l'Académie Impériale que j'étais désormais le Sénateur de Coruscant. Quand j'écris ces lignes là, je ne peux pas m'empêcher de sourire, je repense à ce jeune à peine moins âgé que moi qui m'avait dit qu'un jours je finirais sénateur si je continuais à progresser comme je le faisais à l'académie. Ce gars je l'avais pris sous mon aile, touché et lié à la fois par son histoire. Il ne méritait pas ce qui lui était arrivé, l'injustice pure et simple... elle, je la hais. Voilà pourquoi je tiens tant à mon parti et surtout à son nom. Oldstein m'avait raconté que dans une civilisation datant de l'ancienne république, il y avait une entité respectée chargée de faire régner la justice sur le peuple qu'elle représentait. Elle n’effrayait pas et pourtant elle était crainte. Tellement crainte que le peuple évitait tout écart et obéissait à la loi instaurée par le gouvernement. Cette sorte de déesse acceptait la loi des hommes, et la condamnait si écart il y avait. Alors, quand un de ses sujet s'affairait à aller à l'encontre de cette loi, elle le jugeait, elle jugeait ses actes, elle jugeait l'être, puis, elle le punissait à juste titre. Elle ne pratiquait pas une simple loi du Talion, c'était largement plus profond me répétait mon ancien professeur. Elle condamnait par des sanctions légitimes mais non tout à fait égales à l'acte criminel commis, s'il y avait meurtre, elle ne condamnait pas forcément par le meurtre. Elle analysait le passé, l'histoire, la manière d'être des gens et c'est à partir de là qu'elle condamnait. A première vue, on aurait pu penser que cette déesse était cruelle. Mais les gens pensent qu'elle est cruelle simplement parce qu'elle est crainte par tous. Cette déesse, elle s’appelait Némésis.
Fort symbole n'est ce pas, l'incarnation de la Justice par un être transcendant, désormais représentée par un parti qui n'a cependant pas de droits divins. Et tant mieux d’ailleurs, on a beau le garder en soi, on sait très bien que le pouvoir absolu monte très vite à la tête. Heureusement que la démocratie est là pour tenter de limiter la casse et d'isoler un peu mieux les abus de pouvoir ou les tentatives de direction absolue. Je dis isoler un peu car malheureusement certains parviennent à passer entre les mailles du filet de la Justice. Ah la la... Il y a tant de choses à corriger dans ce monde... C'est bien difficile d'obtenir un succès total. Que voulez-vous, il y aura toujours une personne qui évitera la sentence, ça fait parti des défauts éternels de la société d'aujourd'hui. En tout cas, quand je me relis, j'ai l'impression d'être totalement blasé, mais c'est faux! Je suis juste un peu froid ça se ressent juste quelques fois lorsque j'écris, hein, c'est tout... Mais bref, revenons à nos moutons.
Le lendemain matin, le réveil fut horriblement compliqué. J'avais fêté l'élection et je n'avais pas réellement fait attention au nombre de verres que j'ingurgitais tout au long de la soirée. Résultat, un petit mal de tête mêlé à la fatigue. Le stress nous tient en haleine mais qu'est ce qu'il est assommant par la suite... C'était 8 heures du matin, mon réveil me l'avait annoncé en lançant une espèce de musique horrible qui m'avait servi en guise de réveil. On me l'avait offert pour mon anniversaire et je l'avais jamais utilisé, je crois qu'à l'avenir je mettrai quelque chose de plus doux... 8 heures du matin?! J'étais déjà en retard, j'avais une bien mauvaise mine mais c'était pas grave, je me levais en sursaut direction la salle de main. Mes cheveux longs en batailles pointant dans tous les sens, une tête digne de Droopy à son lever... C'était horrible. Je m'affairais à me rendre convenable, je pris une douche froide qui fit bien l'effet attendu. A ma sortie j'étais vif, je me coiffais, m'habillais de mon plus beau costume puis le ventre vide, je gagnais la Place des Commerces où Oldstein m'attendais sagement, scrutant sa montre toutes les dix secondes. J'avais juste 5 minutes de retard au final, pas de quoi en faire un drame n'est-ce-pas.
- Shar'kan Nocturna! Il serait peut être temps de se remuer les fesses! Je sais que la nuit fut bien agréable et un peu alcoolisée mais que je sache tu n'as bu que trois verres!
Trois verres... Oui je ne tiens pas du tout l'alcool c'est impensable à quel point. Un verre ça va, deux ça va plus, trois je suis K.O. Il faut y aller doucement, je pars bien trop vite. Mais bref, je n'étais pas surpris de la réaction de mon ancien prof. j'avais beau être Sénateur, il me traitait du pareil au même que je sois son élève ou sénateur. C'est un défaut qu'il allait devoir corriger petit à petit, car c'est désormais à moi de me contrôler et de m'assumer. Je n'aurai plus droit à un seul conseil de Oldstein, en tout cas je ne les accepterai plus. Je dois tout de même me débrouiller seul, c'est moi le sénateur et je n'ai pas encore engagé d'assistant. Cette fois-ci je laissais filer, la transition devrait être douce, je ne veux pas le brusquer. Et puis j'ai peut être encore deux ou trois astuces à apprendre de sa part. Je grimpai donc dans son speeder qui me guida droit devant mon bureau. Situé pile en face du Sénat Galactique, c'était un magnifique immeuble en verre ramifié et lié à plusieurs autres buildings, le tout formant un complexe assez gigantesque. Mon bureau était situé dans le plus grand de tous. L'immeuble était torsadé élégamment alliant esthétique et technologie. Il ne se fondait pas dans la masse des buildings de Coruscant, il était particulier et ne ressemblait pas totalement à tous les autres. Il fallait que celui là, on le remarque. Je descendis du speeder alors que nous étions sur la plate forme en face du 190 ème étage il fallait encore en grimper 10 pour pouvoir débarquer dans mon nouveau bureau. Une petite passerelle nous permettait de relier la plate forme à une sorte de couloir de transition entre le bâtiment et l'environnement extérieur. Apparemment, l'immeuble était sacrément bien protégé, la sécurité y était importante. On contrôla mon identité malgré que mon visage était désormais connu dans toute la mégalopole ou presque. Ils laissèrent entrer Oldstein sous ma demande personnelle, en disant qu'il m'accompagnait jusqu'à mon bureau.
La salle où nous entrions était une salle de réception immense aux couleurs nobles. Canapés, fauteuils, tables basses, guéridons de grande classe étaient disposés dans toute la salle. L'atmosphère était chic et on y respirait le luxe. Je n'aimais pas trop afficher ce genre de détail mais après tout, l'immeuble abritant le bureau du sénateur et ses appartements n'allait pas être un taudis. Les gardes nous guidèrent ensuite jusqu'à un ascenseur, nous le prîmes et en sortîmes dix étages plus tard. L'étage en question était réservé aux besoins du Sénateur de Coruscant. Les gardes nous laissèrent ici Oldstein et moi après m'avoir donné les clés des mes appartements et de mes lieux de travail. J'ouvris alors mon bureau. C'était une magnifique pièce aux couleurs beiges et crèmes très agréables à l’œil. L'endroit était apaisant, idéal pour le travail. Il y avait ici aussi des canapés placés par-ci et par-là afin d’accueillir des hauts dignitaires étrangers ou non. Je m'assis sur l'un d'eux, Oldstein s'avança jusqu'à la baie vitrée la plus imposante qui nous donnait une vue imprenable sur le Sénat Galactique. Nous étions au cœur de la cité impériale, celle-ci n'était guère loin du sénat, un atout non négligeable. D'autres vitres permettaient de voir les beaux quartiers de Coruscant, les hautes routes piétonnes calmes et arborées, décorées de statues à la gloire de l'Empire, de placettes agréables où des fontaines crachaient leurs eaux. C'était réellement magnifique, un lieu idéal.
- Ma foi, c'est plutôt pas mal...
Oldstein me regardait après que j'eus parlé, il était content de voir que j'avais enfin accès à ce titre que je convoitais tant. Je souriais, assez heureux de tout ce qui m'arrivait. Oldstein me laissa à mes affaires. Il y avait dans mon bureau des tas de papiers rangés par dates, ça signifiait qu'il fallait déjà se mettre au boulot.
Il fallait commencer par la création d'un casier galactique à la banque du même nom, où je répertorierais toutes mes possessions. Il fallait de plus que j'étudie les besoins actuels de Coruscant et ce qu'elle pouvait produire en terme de biens. Enfin, la plus grande importance était de me faire connaître dans la galaxie et d'établir un contact avec les autres sénateurs. Un projecteur holographique était posé à côté des papiers situés sur mon bureau. Il clignotait rouge. Alors je l'allumais et c'est alors qu'on me présenta l'actualité des principales planètes investies dans l'Empire, la CSI ou autres. On me présenta donc les sénateurs, les gouvernements, j'appris quelques petites choses de temps en temps car je me tenais tout de même au courant des évènements.
Je passais une bonne partie de ma journée dans mon bureau tout neuf, j'analysais les possibilités de Coruscant. C'était fantastique le boulot qu'il y avait à fournir. Oui fantastique c'est le mot, car j'allais adorer travailler pour ma planète. Faire bouger les choses, amorcer le changement tenter de revenir au sommet, posséder le monopole absolu. Le modèle Coruscant, cœur de la galaxie allait peut être émerger d'ici quelques temps. Si l'Empire m'aidait, il n'y aurait plus aucun doute sur mes susceptibles orientations. J'attendais des négociations, il fallait que je me déplace de même. En revanche, je ne me déplacerais pas pour établir un contact avec des sois-disant ennemis de l'Empire qui utilisent la population, les armes et qui rejettent la société afin de l'exploser de l'extérieur. Certains ne savent pas que l'intégration vaut bien mieux que la réjection. On s'étonnait de la réaction belliqueuse de l'Empire. Mais moi ça ne me surprenait guère... -
Post n°2
Auteur : Shar'kan NocturnaIl m’est venu une idée, celle d’écrire chacune de mes opinions politiques à l’encre bleue, sur ce vieux papier. Archaïque ? Peut-être, mais j’aime écrire, et non pas de façon quasi-virtuelle sur des hololivres de plus en plus dénués d’authenticité.
Chacune de mes pensées, j’ai décidé de les écrire, puis d’en tirer un bilan global afin de savoir au final où je me situe concrètement. J’ai besoin d’un rapport direct au réel pour savoir comment et dans quelle voie évoluer. Car pour le moment, tout est un peu flou, je ne sais pas où je me trouve et j’ère entre mon appartement, l’académie et le siège de mon parti sans savoir exactement où je vais aboutir. D’où l’importance de ces pensées, que je ne rédigerais d’un bloc car ma réflexion a besoin d s’étaler sur des jours entiers. J’ai en effet besoin de cet isolement pour me questionner moi-même.
Me voilà donc prêt à affronter mes propres réflexions.
1. La société du mérite
1.1. Les inégalités constituent le paysage économique et politique de notre monde hélas…. Mais devrais-je vraiment dire hélas ? Si la nature impose ses inégalités, doit-on forcer le barrage et construire un monde égalitaire ? Présenté comme cela, on peut supposer que j’affirme que nous ne pouvons rien contre la nature, et il est vrai que le tout que constitue l’Univers semble si solide que rien ne pourrait perturber son équilibre. L’équilibre de l’Univers réside en l’accomplissement des lois physiques qui le meuvent, il est en effet compliqué de s’imaginer que l’homme et l’homme lui seul puisse bousculer la nature et s’affranchir des barrières immatérielles qu’elle nous impose. Pour moi, ce tout semble être immuable et indestructible, et personne, quelconque homme que ce soit, même le plus puissant d’entre nous, ne serait capable de fonder une société humaine égalitaire à l’encontre des lois de la nature.
1.2. Ce que j’ai l’air d’affirmer semble se rapprocher de la conception de l’homme à l’état de nature. Mais ce concept à l’air de signifier que cet homme est simplement ce qu’il est et rien de plus. J’appelle ça un abus de langage. Je parle en ces termes pour un homme vivant dans une société hiérarchisée et non en guerre permanente avec son voisin, voilà l’homme à l’état de nature. Il est ridicule de penser que l’homme et simplement l’homme se voit tous les jours affronter ses semblables. Est-ce que les lions s’affrontent entre eux si ce n’est pour obtenir la plus haute des distinctions ? Les lions ne se battent pas de façon permanente entre eux, ils se contentent de vouloir le sommet, le haut de la pyramide de la société qu’ils forment, bien que archaïque, primaire et moins développée que celle de l’homme.
1.3. La société dans laquelle nous vivons et semblable à celle du règne animal, elle n’est cependant pas simplement basée que sur la loi du plus fort, mais aussi sur celle du mérite. La société du mérite et celle du plus fort sont en compétition permanente et il est difficile de doser correctement l’une ou l’autre. Car un homme qui arrive au sommet par la loi du mérite peut facilement tomber sous le courroux de la loi du plus fort. La réciproque n’est pas forcément vraie…
Supprimer cette loi du plus fort, c’est comme supprimer cette part de l’homme possédée par sa nature animale. Ce serait donc aller contre les lois de la nature ?
1.4. L’homme est intelligent, et cela le diffère de la majorité des animaux, sa société est tellement sophistiquée que les défauts invisibles avant, se trouvent visibles après, car on affine de jours en jours les appareils de mesures qui permettent de détecter les calamités sociétales. En cela, la société de l’homme est au-dessus de celle de l’animal. Alors l’homme possède le droit de supprimer la part primitive de son être, car la nature a donné à l’homme le droit de le faire. Ainsi je pense fermement que le mérite est prioritaire sur la fortitude.
1.5. La société du mérite existe pourtant bel et bien, mais la renforcer créera-t-elle encore plus d’inégalités ? Tout le monde, et je le pense, a le droit à la réussite mais le modèle d’éducation qui forge les jeunes gens leur prédit un destin morose. Voilà donc le problème, l’éducation fournie écarte un certain nombre de personnes de la société du mérite pour s’abandonner à celle du plus fort. Triste mais réelle je n’ai pas encore de solution définitive à cette situation. Alors comment faire… faut-il faire en sorte de minimiser l’effet de groupe qui entraine les plus faibles ? Pourtant l’effet de groupe a pour origine un seul homme… c’est étrange, c’est une question paradoxale. On devrait peut-être privilégier une éducation saine et presque parfaite, fermement contrôlée par des hommes de l’état afin qu’il ne reste qu’une minorité de personnes qui s’abandonnent à la loi animale.
1.6. L’éducation forge les hommes j’en suis convaincu. La mienne fut agréable, mais elle a coûté un bras à mes parents. J’ai remarqué qu’il n’y avait pas tant d’enfants bien nés qui se retrouvaient dans la société du plus fort, surtout sur Coruscant. Je ne connais pas très bien les politiques d’éducation de pas mal de planètes, mais j’ai appris le fonctionnement des plus importantes. Les plus démunis sombrent plus vite, plus violemment, quelques personnes aisées parviennent à plonger dans les gouffres infernaux de la sombre société mais la plus part s’en sortent plus ou moins, aidés par l’argent… Voilà donc le problème, éducation et argent vont de pair. Je n’en ferais pas une généralité évidemment, mais je crois que j’ai ciblé un peu plus précisément ce qui clochait.
1.7. J’y ai réfléchi. L’éducation est primordiale et dans ce cas, je pense que tout le monde a droit à l’enseignement de grande qualité. C’est dans cette optique là que la société du mérite prendra forme telle que je l’imagine. L’enseignement tel que je le conçois doit outrepasser les barrières de l’école, et toucher profondément l’élève afin qu’il ne s’égare et n’applique la loi du plus fort au détriment de celle du mérite. Ca ressemble drôlement à de la manipulation… Mais ça ne l’est pas, je veux juste voir une société humaine libre et non pas influencée par le groupe. On me rétorquera peut-être que mon idée d’éducation influence l’élève en question. C’est le cas ça se trouve, je ne sais pas, mais je pense certainement que cette proposition est plus saine pour l’homme que ce que subissent les gens de nos jours non ? Et si l’homme est plus sain, il se sentira plus heureux et alors il se sentira plus libre. C’est de cette façon que je le conçois.
1.8. La société du mérite se forge donc sur une éducation égale, les aptitudes de chacun arrivés à un certain stade scolaire différencieront les élèves et ceux-là trouveront leur place au sein du monde du travail méritant. A travail plus acharné, meilleure réussite il y aura et meilleure place au sein de la société l’élève aura droit. -
Post n°3
Auteur : Shar'kan Nocturna2.Le Pouvoir
2.0. Voilà un sujet qui m’intéresse fortement. Traiter du pouvoir est une chose attirante, surtout quand on le frôle de près. Durant ces quelques jours, je vais me pencher sur cette notion et l’analyser en profondeur, ou du moins je vais essayer.
2.1. Cette nuit, préoccupé par mes questionnements je me suis demandé ce qu’était cette chose, à la fois tellement convoitée et crainte. Le pouvoir c’est le contrôle, plus ou moins puissant suivant les systèmes. Le pouvoir c’est ce qui détruit la frontière de la raison pour nous abandonner à l’accomplissement de nos désirs. En effet, celui-ci nous offre des opportunités exceptionnelles, des opportunités rêvées, l’idéal à nos pieds, une liberté parfois exacerbée. Il est difficile de connaître les limites fixes du pouvoir, car ce dernier reste variable suivant la manière dont on l’utilise. Je suis persuadé que bien manipulé, bien étudié, il peut absolument nous aider à accomplir nos rêves et nos désirs les plus fous, des plus banals jusqu’aux plus malsains.
2.2. Je me souviens qu’un jour, Oldstein fit à l’auditoire : « Ceux qui croient que le pouvoir est amusant confondent « pouvoir » et « abus de pouvoir » ». Aujourd’hui, j’en ai déduit que le pouvoir est bien avant tout une responsabilité et non un outil nous servant à assouvir nos désirs. Le pouvoir doit être confié à un homme sur lequel nous pouvons compter, sur lequel nous sommes certains qu’il l’utilisera à bon escient. Hélas, nous ne connaissons jamais assez bien la personne en question pour juger correctement si elle est apte à diriger ou non. Voilà la porte grande ouverte à la démagogie et la manipulation, calamité de la haute sphère politique.
2.3. Le pouvoir abusif est le fruit de notre propre abandon dans les limbes de la tentation. Certains disent que le meilleur moyen de se délivrer de la tentation c’est d’y céder, solution extrêmement facile je pense. Mais il ne faut pas prendre en compte que soi-même, mais aussi le peuple par lequel nous avons été élus, car notre élection ne sert pas à combler nos désirs bien que la tentation soit extrêmement présente. Voir la facilité en face est simple mais ne pas en profiter est une chose que bien peu d’hommes à l’exception de ceux contrôlés par leur raison peuvent faire. Suis-je donc réellement apte à gouverner malgré tous mes rêves et mes désirs ? Est-ce un signe de ma faiblesse d’esprit ?
2.4. A quoi sert réellement le pouvoir, en a-t-on réellement besoin ?
2.5. Il faut un dirigeant. Le peuple a besoin d’un homme derrière lequel il peut se protéger, derrière lequel il se sent en sécurité. Un leader est essentiel car il représente non pas que la Nation, mais toute une idéologie, tout un peuple. Il est la figure de proue d’un vaisseau gigantesque et tentaculaire dont la planète ne peut se passer, car il est la voix, les yeux et les oreilles de celle-ci au sein de la galaxie. Et pour avoir le droit de diriger, il est essentiel de passer par un pacte, souvent nommé élection, dans lequel le peuple exprime son choix, et accorde volontairement le pouvoir au futur dirigeant. L’action faite par le peuple est la pure volonté de la majorité puissante. Ce n’est pas pour autant que la minorité est à négliger, car le plus gros du travail est de convaincre ce reste. Il est donc là important de réguler son pouvoir, car la minorité est à l’affût du moindre faux pas capable de nous renverser en moins de deux. Une certaine abstinence est nécessaire, même dissimulée. Cependant la dissimulation du pouvoir est dangereuse car beaucoup plus ouverte sur la porte de la corruption. Et ce sont ce genre d’affaires malsaines qui souvent éclatent au grand jour et qui font tomber les puissants.
2.6. Le pouvoir comme je l’ai déjà dit a des tendances malsaines. Il crée non pas que de la tentation, mais de la jalousie, de la rancœur et de la haine. Il n’est donc pas seulement nocif pour celui qui le possède, mais également pour ceux qui le veulent, souhaitant prendre la place du puissant. Ce sont dans ces conditions que les trahisons naissent, que les complots menacent l’Etat, que la haine appuie le déclin d’un régime. Profiter d’une baisse de popularité est alors idéal pour les jaloux qui n’hésiteront pas à vous planter un couteau dans le dos et vous l’enfoncer jusqu’à la moelle. Ainsi, la majorité devient la minorité et inversement. C’est alors que le pouvoir, vous le perdez.
2.7. Le pouvoir est utile mais dangereux. Savoir parfaitement le maîtriser est presque infaisable. Alors le pouvoir se transmet car votre régime et votre politique s’est épuisé peu à peu, soit à cause de vos erreurs conséquences directes de la tentation à laquelle vous avez cédé, soit à cause des jaloux qui parviennent de temps à temps à prendre votre place en utilisant les méthodes qui vous fracassent et tuent votre politique.
2.8. La longévité du pouvoir peut être à la fois bienfaitrice et à la fois le contraire. Bienfaitrice car le peuple peut concevoir en vous le leader idéal, c’est alors que le dirigeant est une icône, un chef derrière lequel tout le monde se rassemble. Ceux qui ne manipulent pas à leur aise le peuple ne seront jamais ces figures planétaires que celui-là admire tant. D’un côté, il est donc vrai que le pouvoir à longue durée peut être bénéfique, car le peuple vit dans un bonheur quasi-aveugle, fruit de la fine manipulation de leur dirigeant. Mais cette longévité peut aussi révéler des aspects malfaiteurs, car elle lasse, elle exaspère. Alors le peuple croit que vous vous accrochez coûte que coûte à ce siège de velours si confortable dans lequel vous êtes assis tous les jours, alors il croît que vous profitez de la belle vie que l’Etat vous octroie. Il est peut-être vrai que le dirigeant profite du système. A l’affût de ce qui peut vous faire tomber, l’opinion vous fracasse et vous vire de votre trône sans quelconque scrupule.
2.9. Alors comment faire ? Comment trouver ce qui est le mieux… Doit-on être une icône, ou doit-on passer le pouvoir quand même, afin de permettre de multiples fluctuations politiques ? Faut-il vraiment choisir le juste milieu ?
2.10. Mh, non, si le peuple est heureux, qu’il le reste à condition que la planète va bien. Dans ce cas, pourquoi changer de dirigeant… Ce n’est pas s’accrocher au pouvoir, c’est perpétuer une politique qui fonctionne, continuer de gravir l’échelle de l’évolution planétaire. Je ne vois aucune raison d’envisager de nouvelles élections si la politique faite par le gouvernement fonctionne. Alors, me diriez-vous peut-être, que la réélection du dirigeant suffit à montrer la volonté du peuple de le revoir à la tête de la planète. Mais les élections sont simplement un boulevard pour les manipulateurs et ceux qui veulent le mal du dirigeant et donc celui de la planète.
2.11. Le pouvoir sert donc à stabiliser la planète, elle en a besoin pour pouvoir survivre dans la jungle politique et économique galactique. Cependant les menaces contribuent à déstabiliser cet équilibre et c’est pour cela qu’une personne, le dirigeant est à la tête d’une planète, existe afin de pouvoir créer des lois capables de sauvegarder l’Etat, et donc notre civilisation.