Premières impressions.
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Post n°7
Auteur : AikinAlors que j'essayai de rester dans une posture convenable, l'instructrice s'approcha de moi. Je la "vois" tendre sa main droite en dessous de mon menton, puis pousser pour me faire redresser la tête. Son toucher était froid, sa main étant gantée, son geste emplit de dureté et de fermeté. Suite à cela, elle resta immobile et m'infligea un regard perçant. Enfin, elle commença par orienter sa vue vers le haut de mon visage, là où se situent les yeux des humains, mais elle se rabattit finalement son regard inquisiteur sur ma bouche, mes lèvres. Je restai immobile, presque stoïque, même si intérieurement un peu mal à l'aise. Elle était si près, semblait si sévère... J'avais l'impression que toutes les autres recrues observaient avec intérêt ce petit manège, alors qu'en réalité, tout le monde restait droit, "Au repos".
Elle m'adressa quelques mots, puis relâcha le bas de mon visage. J'avais l'impression d'être trop cambrée vers l'arrière. Cependant, si elle ne m'avait pas fait de remarque à ce sujet, c'est que je ne devais pas être trop dans l'erreur de ce côté là. Ma tête resta droite, haute. Mieux valait ne pas se faire corriger une deuxième fois...
Elle se dirigea ensuite vers d'autres soldats, et fut bien moins clémente avec eux : elle en poussa certains au ventre, en redressa d'autres. Elle alla même jusqu'à secouer ceux qui avaient une posture trop relâchée. Me disant que je m'en tirais à bon compte, je fus quand même un instant étonnée par les méthodes de la Lieutenante, mais me ravisai en supposant qu'elle avait l'autorité ici, et que mieux valait ne pas contester ses manières.
Elle entama ensuite un petit discours, rappelant à l'ordre ceux qu'elle avait corrigé. Elle semblait vraiment vouloir faire de nous des foudres de guerre, des armes capables de vaincre les plus puissants assaillants. Cette idée, paradoxalement, me fit un peu frémir. Je ne m'étais pas engagée pour faire ami-ami avec le reste de la Galaxie, mais je ne pensais pas que notre formation serait poussée autant à l'extrême. De toute façon, je ne pouvais plus reculer maintenant.
Elle nous ordonna ensuite de nous mettre au garde à vous. Je m'exécutai, réutilisant la même stratégie que tout à l'heure pour corriger mes erreurs. Les recrues changèrent de position à l'unisson, dans un mouvement unique, ce qui était assez différent du vacarme lorsqu'il fallut se mettre au repos. La lieutenante fit quelques pas en arrière, puis esquissa un sourire, nous félicitant avec un ton sarcastique.
Elle changea ensuite d'expression et sortit un petit paquet de sa poche. Ce dernier contenait des billes d'une couleur sombre. Notre instructrice les lâche : elles rebondissent à peine. Après s'être immobilisées, les petits objets roulèrent jusqu'à nos pieds. Cachant ma surprise, je me rendis assez vite compte que c'était certainement la Lieutenante qui utilisait la Force. Ses paroles confirmèrent mon hypothèse.
L'idée de gober toutes les billes ne m'attirait pas vraiment. J'eus la pensée assez enfantine de décider d'arrêter de respirer, avant de réaliser à quel point cette idée était stupide : ma respiration n'allait certainement pas être la chose qui allait faire bouger ces petites sphères.
Après avoir entendu notre instructrice frapper dans ses mains, je repris une position plus décontractée et essayai de me concentrer. Après avoir pris la décision de rejoindre la Garde, je m'étais un peu entraînée à faire tournoyer des volutes de poussières. Mais ce n'était que de la poussière. L'objet ici semblait autrement plus lourd.
Ma théorie se confirma lorsque je fis une première tentative qui se solda par un échec. Un peu embêtée, je "regardai" les autres recrues : tous arrivaient plus ou moins à la faire bouger comme ils le souhaitaient. L'un d'eux arrivait même à la faire léviter à quelques centimètres du sol.
Une idée traversa mon esprit. Et si cette épreuve était déjà un test ? C'était très probable, et cela aurait certainement un impact sur ma formation. Je ne pouvais pas me permettre d'échouer. Je me concentrai de plus belle sur la bille, mais elle ne se décidai toujours pas à bouger. Etais-je vraiment si faible que cela ? Cependant, dans ma frustration, je remarquai comme de très légers fils autour de l'objet, presque imperceptibles. Est-ce que c'était une hallucination ? Une rapide vérification m'indiqua que je "voyais" la même chose pour les autres billes. Je n'avais jamais remarqué cette particularité. Curieuse, j'essayai d'appuyer dessus, de le tirer. Aucun résultat. C'était peut-être une hallucination, finalement... Un peu désespérée, je tentai de bouger ces "fils". A cet instant précis, je "vis" ma bille vibrer devant moi. Une vibration presque imperceptible, mais bien réelle. Je me demandais si les autres avaient conscience de la Force en tant que "fils" eux aussi. Je mis cette question en suspens, décidant que je devais essayer de déplacer la bille.
Tirant encore plus fort sur les "fils", la bille roula légèrement vers l'avant, s'éloignant de moi. Fière de ce résultat, je tentai de ne tirer qu'une partie des "fils". Là, la bille roula un peu moins loin sur l'avant, mais roula également légèrement sur la droite. Je réitérai l'expérience en inversant les côtés, la bille alla vers la gauche. Enhardie par ces succès, j'essayai alors de soulever la bille. La pression que la bille exerçait sur le sol s'allégea, mais mon action n'alla pas plus loin. Un peu déçue de ce demi-échec, je choisis de faire revenir la bille vers moi. Je fis la même manœuvre que précédemment, mais la petite sphère ne bougea pas. Stupeur. J'essayai plus fort. Aucun résultat. Je tentai d'y mettre le maximum de mon potentiel actuel. Rien. Le blocage le plus complet. Je restai quelques secondes dans cette situation d'effort important, sans succès. Un peu épuisée, je relâchai tous les "fils" d'un coup.
La bille fonça vers l'avant, bien plus fort qu'à ma première tentative, comme s'il elle fût un ressort qui se décompressait violemment, et alla percuter le pied de la Lieutenante. Le choc n'étais pas douloureux, la bille ayant eut le temps de ralentir un peu, mais je fus très surprise par le départ canon du petit objet.
J'essayai de m'excuser. J'entrouvris ma bouche, mes les mots restèrent coincés dans ma gorge. J'attendis alors la réaction de notre instructrice, espérant ne pas me faire sanctionner pour ce potentiel affront. -
Post n°8
Auteur : Lyzs
< PNJ - Aldia Enor, Lieutenante - G.R. >
Impressionnant. Tout le monde arrive plus ou moins à faire bouger sa bille. C’est une première pour la lieutenante. Ce groupe a un bon potentiel : il faut parfois plusieurs semaines avant d’obtenir ces premiers résultats. La garde républicaine ne se fait pas d’illusions, la progression au niveau de la maîtrise de la Force est très propre à chacun. Cette capacité, souvent très lente à développer, peut parfois être innée à certaines personnes. Seules quelques recrues ont montré ces prédispositions à l’apprentissage rapide de la maîtrise de leur pouvoir. Ceux-ci sont formés différemment des autres qui ont plutôt le droit à un entraînement militaire intensif.
En sachant cela, Aldia se dit qu’il va falloir surveiller cette poignée de futurs soldats qui se trouve devant elle. Plusieurs d’entre eux pourraient bien intégrer ces formations spéciales. Elle prend des notes sur son datapad : l’un des bleus fait léviter sa sphère au premier essai !
Sentant un petit choc au niveau de son pied, la lieutenante s’interrompt et suit la trajectoire supposée du projectile. Directement devant elle, elle peut voir la jeune Aikin en train d’hésiter. Finira-t-elle par s’exprimer ? Apparemment, non. En suivant la trajectoire indiquée par le doigt d’Aldia, la bille se replace devant la miraluka. La militaire lui adresse un regard avant de fixer son écran sur lequel elle recommence à écrire.
— Intéressant… Il va en falloir plus pour me faire mal, mais c’est un début. déclare-t-elle sans lever le nez de ses notes.
Il faut se garder de complimenter la bleusaille. Et ça tombe bien, puisque ce n’est pas le genre de la lieutenante. Toujours est-il qu’elle est plutôt satisfaite par les premiers essais de chacun. Il est temps de passer à la suite. Impassible, la femme range son datapad.
— Gardez les billes. Ça vous fera un souvenir. Quand vous avez un moment, prenez plus de temps et reprenez l’exercice. Vous devez arriver à la déplacer avec précision. Bon… Repos ! ordonne la militaire au regard sévère.
Les recrues s’exécutent. Certaines d’entre elles respirent plus fort que d’autres. Il s’agit assurément contrecoup d’un usage de la Force sans entraînement. Ne s’en souciant pas vraiment, Aldia passe à la suite.
— Retenez-le, celui -là. Il revient souvent. conseille-t-elle en parlant de l’ordre précèdent. Maintenant, les enfants, il va falloir me montrer de quoi vous êtes capables physiquement. Oh… non pas que j’aie envie de vous voir souffrir, il s’agit surtout pour vous de vous souvenir d’où vous commencez. Au plus bas, à peu près par là. poursuit la femme en désignant son propre pied du doigt, sûre d'elle-même.
Son regard se plante alors dans les yeux bleus de l’une des recrues. Il était le second arrivé après Aikin et il n’avait pas l’air convaincu ces derniers propos. Bien qu’il soit plutôt grand et musclé, Aldia s’approche et lui fait face. A peine plus petite que celui-ci, elle ne le quitte pas des yeux.
— Pas d’accord, petit ? Tu es plus haut que ça ? Tu te sens chanceux ? Fort, peut-être ?
Il résiste et soutient le regard de sa supérieure. Ne sachant pas ce qu’il peut lui arriver, il ne dit mot, mais son expression affiche clairement son intention de ne pas se laisser faire. Aldia, que ce soit sur son visage ou à travers la Force, voit clairement les sentiments du jeune homme. Elle se recule d’un pas.
— Montre-moi, alors.
Elle attend, les mains sur les hanches. La recrue ne sait pas comment réagir. Les autres essaient de garder la position de repos, mais il est dur de ne pas tourner la tête pour voir ce qu’il se passe.
— Essaie ! Attaque ta lieutenante. Attaque ! insiste Aldia.
Le jeune sent la pression monter, il expire un grand coup et tente un assaut. Une droite tirée au visage... Une bonne frappe pour un civil, mais ce n’est pas au niveau. En un instant, la garde bloque et amortit le coup en prenant le poing de l’assaillant au creux de sa main droite. Il ne comprend pas comment elle peut avoir tant de force. A quelques centimètres du visage d’Aldia, sa main tremble sous la pression des doigts de sa supérieure. Il sent que ce contact n’est pas naturel : ce bras entier est une prothèse mécanique.
— C’est tout ? lance-t-elle d'un ton provocateur.
Il se résigne à porter un nouveau coup. Sa main étant toujours entravée, il se décide à porter un coup de pied. Malheureusement pour lui, à peine sa jambe lancée, à peine son équilibre perturbé par le changement d’appuis, il se retrouve poussé au torse et tombe au sol. La lieutenante le lâche dans sa chute pour qu’il puisse se réceptionner et prend un peu de recul.
— Allez, en rang.
Triomphante, elle prend position pour avoir une vision d’ensemble sur tout le groupe avant de reprendre tandis que la recrue se replace en ravalant sa fierté.
— Vous êtes encore habillés en civils, et ça tombe bien puisque vous devez être capables d’agir en toutes circonstances. Deux par deux, vous allez vous échanger quelques coups. Souvenez-vous bien d’à quel point vous êtes nuls en ce jour. Parce que, quand vous regarderez en arrière quand quelques mois, vous aurez envie de rire.
N’étant pas spécialiste du combat à mains nues, la lieutenante décide de prendre son temps et de lancer un combat à la fois pour mieux prendre ses notes. Aussi, tout le monde pourra bien voir à quel point les inexpérimentés ont du mal pour ces choses-là. Sans mot dire, elle se recule à nouveau pour laisser un grand espace entre elle et ses hommes. Décidant de procéder par gabarits, elle désigne les premiers combattants.
— Aikin Lumaes et Slee’Vo Grant, en position. ordonne-t-elle en désignant la zone de combat. Pas de coups bas, pas de frappes au visage. Je sais, ce n’est pas très réaliste mais j’ai pas envie de vous abîmer dès le premier jour. On s’arrête au sang… ou quand je le dis.
L’adversaire de la miraluka est bien frêle et pâlot, mais il n’a pas l’air de vouloir se laisser faire pour autant. Le jeune homme est gonflé à bloc par le regard des autres recrues et motivé par l’envie d’être bien vu de la hiérarchie. Il n’a pas l’intention de retenir ses coups. -
Post n°9
Auteur : AikinLa bille toucha la Lieutenante, mais elle ne sembla pas m'en tenir rigueur. D'un simple geste, elle me renvoya la bille, rajoutant son commentaire sarcastique. Intérieurement, j'étais soulagée. Mieux valait ne pas se mettre sa supérieure à dos. Cette dernière nota quelque chose sur son datapad, puis le rangea. Elle nous annonça que nous pouvions garder notre bille, et que de ce fait nous pourrions nous entraîner si nous avions du temps libre. C'était fou à quel point un objet anodin comme une bille pouvait devenir important. Sans demander mon reste, je récupérai l'objet en question, puis me mit au repos quand la Lieutenante l'ordonna. Étonnamment, j'étais un peu essoufflée. Était-ce à cause de l'utilisation de la Force ? Peut-être. Je n'y étais pas habituée, après tout.
L'instructrice annonça qu'elle voulait voir ce que nous valions physiquement. J'eus un frisson glacé. Je ne m'étais jamais vraiment battue physiquement. J'allai me faire massacrer, assurément.
Toujours "au repos", j'écoute la Lieutenante nous dire à quel point nous étions mauvais. Dans mon cas, elle était certainement au delà de la réalité. Les seules formes de combat que j'avais un jour vue étaient des chamailleries d'enfants. Rien de bien efficace, donc.
La Lieutenante s'approcha d'une autre recrue. Profitant de ma vision d'ensemble, je pus observer la scène sans tourner la tête. Elle se déroulait entre la première recrue arrivée après moi, et Aldia. Il n'avait pas l'air de vouloir accepter ce genre d'affirmations sans broncher. La Lieutenante se recula alors, et lui dit d'attaquer. Il fut d'abord confus, puis s'exécuta. Elle para son assaut avec une facilité déconcertante, puis le repoussa, lui laissant à peine l'occasion de se rattraper. Un peu blessé dans son ego, la recrue se replaça dans le rang, et reprit la position "au repos"
L'instructrice se remit à parler, mais je ne l'écoutais que d'une demie-oreille. Je me demandais toujours comment elle avait pu le repousser si facilement. Elle ne semblait pas plus musclée que lui, et son attaque semblait assez puissante pour ne pas être contrée aussi facilement. Il y avait un mystère, mais je ne pouvais pas le résoudre pour le moment.
Je repris mes esprits quand elle dit mon nom. D'abord un peu surprise, je compris vite que j'étais partie pour faire le premier combat. Mon adversaire semblait presque aussi chétif que moi: c'était un humain, un peu plus grand que moi, mais au teint blafard, comme s'il avait été privé de lumière pendant une partie de sa vie. Il leva ses poings et semblait prêt à en découdre. Je l'imitai, bien que je semblais bien moins assurée que lui.
Il commença par une frappe du poing gauche, plutôt lente, que je pus éviter en marchant en arrière. Il continua son attaque par une frappe du poing droit, plus rapide. Instinctivement, je levai mes deux mains et attrapai sa main, la stoppant dans un geste descendant, assez mou. Le "combat" devait être assez ennuyeux à regarder. Un peu énervé, mon adversaire tenta un coup de genou dans le ventre. J'utilisai la même technique, en reculant d'un pas. Cela sembla être une feinte puisque je sentis une vive douleur dans mes épaule gauche. Je retins un petit gémissement plaintif et reprit mes distances.
Il ne me laissa pas le temps de réfléchir et chargea, préparant un coup. Je me mis à trottiner en marche arrière, face à lui, ce qui était idiot puisque je pouvais courir et quand même le surveiller. À portée de frappe, il déchaîna des coups. La plupart manquèrent leur cible, même si je pris un coup léger dans le ventre.
Cependant, ce manège ne dura pas éternellement. En effet, à un moment où mon opposant armait une frappe puissante, je trébuchai et chutai en arrière. L'humain, surpris, ne put s'arrêter à temps et fut déséquilibré. Instinctivement, je tendis mes bras et lui attrapai les poignets. Je tendis également ma jambe qui n'était pas blessée et la posai sur son ventre. Je l'entraînai dans ma chute, et poussai sur ma jambe en lâchant ses poignets quand il passa au dessus de ma tête. Sans trop me rendre compte de ce que je venais de faire, ni de comment je venais de le faire, j'observai l'humain voler sur un ou deux mètres et s'aplatir sur le sol.
Je me relevai ensuite, un peu essoufflée et très confuse. Qu'est-ce qu'il venait de se passer ? C'était venu comme un réflexe, comme si je l'avais déjà vu quelque part. La lieutenante avait fait un mouvement un peu similaire, mais pas aussi détaillé...
Perdue dans mes pensées, je ne remarquai pas que mon opposant s'était relevé et m'avait chargé, plein de hargne et de colère. Il m'aggripa et me frappa deux fois au ventre. Pendant un court instant, je perdis mon souffle et fut légèrement étourdie. J'arrivai à le repousser faiblement, mais il m'asséna un balayage, précisément à l'endroit de ma vieille cicatrice.
Je tombai au sol, comme si ma jambe venait de s'enflammer d'un seul coup. J'étais comme plaquée au sol par la douleur. Mais pas seulement de la douleur physique. Je souffrais atrocement, certes, mais il me revint alors le souvenir du massacre. Ma blessure me faisait mal comme si je venais de subir le tir de blaster. Je "vis" mon père effrayé, ma mère grièvement blessée, l'odeur de sang, les cris, le chaos... Toutes ces choses que j'avais réussi à occulter. Elles revenaient toutes. Mais le pire, ce n'était pas cela.
L'humain. Il jubilait.
Il semblait extrêmement fier d'avoir touché un point sensible, d'avoir trouvé le "point faible". Avec un dédain malsain, il m'enjamba et se dirigea vers le bord du ring improvisé, vers l'instructrice, comme s'il s'autoproclamait vainqueur.
À ce moment là, je vis rouge.
Silencieusement, je me relevai. Il s'était enhardi. Il me tournait le dos. Je devais ressembler à un cadavre ambulant. Ma jambe semblait incandescente. Mais je tenais debout, fébrile. Outrepassant la douleur, j'accélèrai d'un pas léger et bondit sur mon ennemi dans un hurlement furieux. Il ne se retourna que trop tard et tomba sous mon poids. J'étais sur lui et nous étions presque au pied d'Aldia. Mais je ne m'en rendais pas compte. J'étais comme sourde. Je ne voyais que lui. Mes sens étaient altérés par la colère. Je posai ma main gauche sur sa gorge et commençai à serrer, et le frappai dans les poumons avec ma main droite. Il tenta de se débattre, mais après deux coups furieux il n'avait déjà plus assez de forces. Son expression de haine se mua en terreur. Il se mit à frapper sur le sol avec sa paume, signe d'abandon, mais je ne réagis pas. Il commençait à étouffer sérieusement.
Puis, je me rendis compte de ce que je venais de faire.
Immédiatement, j'enlevai ma main de sa gorge. Il prit plusieurs grandes inspirations parsemées de hoquets secs et de quintes de toux. Il ne semblait pas avoir été suffisamment privé d'oxygène pour avoir des lésions. Fébrile, je me relèvai en murmurant de façon presque frénétique :
- Désolée... Désolée... Je suis tellement désolée... Je... Désolée... Tellement désolée... Désolée... Pardon... Désolée...
Tremblante comme une feuille morte sous un fort vent, je choisis de m'écarter, sous le regard médusé des autres recrues. Je ne voulais pas voir l'expression de la Lieutenante tellement j'étais couverte de honte. Je n'allais pas m'en tirer sans remontrances. J'allais peut-être même être considérée comme "dangereuse "et ne plus pouvoir du tout m'engager. À ce moment précis, j'aurais pleuré, si j'avais eu des yeux.
Qu'est-ce j'avais fait ? -
Post n°10
Auteur : Lyzs
< PNJ - Aldia Enor, Lieutenante - G.R. >
Aldia assiste à un combat plutôt mou. La miraluka recule encore et encore. Elle finit même par trébucher avant de rattraper son erreur par un mouvement plutôt bien exécuté. Si bien que la lieutenante défigea son air impassible pour lever un sourcil. Les recrues en veulent et se battent, l’humain ne lâche rien et réussit à mettre Aikin en mauvaise posture. Elle semble perdre le combat et Slee’Vo Grant s’autoproclame vainqueur. Cependant, la supérieure ne décroise pas les bras. Pleine de hargne, la jeune Lumaes se jette sur son adversaire pour se déchaîner contre lui.
La scène se déroule aux pieds d’Aldia, mais elle ne bouge pas. Ses deux pieds ont bien l’intention de rester où ils sont. Imperturbable, elle daigne à peine incliner la tête pour mieux regarder de haut les deux bleus se livrant bataille. Enfin… à vrai dire, ce n’est même plus un combat. Le maigrichon se fait massacrer. Dans sa transe guerrière, Aikin semble incapable de s’arrêter. La lieutenante n’interviendra qu’au tout dernier moment s’il le faut. Il est essentiel de voir si la miraluka va être capable de se contrôler. Il est clair que quelque chose l’empêche d’avoir toute sa raison, mais d’un coup tout semble se calmer. Un tas d’excuses fusent. La petite voix timide de la jeune femme se fait enfin entendre en de nombreux murmures essoufflés. C’en est assez pour Aldia. Elle attrape Aikin par le col et la relève.
— Toi. Tu te calmes… de suite ! En tailleur, à côté de moi. ordonne-t-elle en la guidant à sa droite.
Une fois la recrue en place. La supérieure va vérifier que la pauvre victime n’a rien. Tout à l’air de fonctionner, il n’est pas blessé.
— Je… je… mais pourquoi ? se demande-t-il.
— Tutututu… On ne parle pas. Assis à ma gauche.
Une recrue assise de chaque côté d’elle, Aldia lance le prochain combat. Les recrues viennent à leur tour s’installer à ses côtés, assis. Les duels s’enchaînent et se ressemble tous plus ou moins : de maladroits échanges de coups, quelques prises. De grands cris pour peu d’effet. Un spectacle assez pitoyable qui devrait rester dans les mémoires de ces jeunes. De chaque côté de la militaire, le nombre de recrues assises augmente. De temps en temps, l’arbitre jette un œil sur Aikin pour voir comment va la recrue si perturbée. Bientôt, il ne reste plus personne en face. Le dernier combat est plus rythmé, mais il reste amateur. Très vite, un mauvais coup est donné, un peu de sang tombe au sol et Aldia est obligée d’intervenir.
Une fois les deux hommes séparés, la lieutenante se positionne devant toutes les recrues assises. Certains reprennent encore leur souffle, d’autres sont plus calmes. La femme ne perd pas de temps.
— Vous allez sortir par cette porte. dit-elle en jetant son regard vers la sortie. Vous trouverez des vestiaires. Prenez une douche et enfilez vos combinaisons. Quelqu’un vous prendra en charge pour vous expliquer comment va se passer votre… séjour. Go.
Tout le monde se lève, mais Aldia pose sa main sur l’épaule Aikin pour lui dire de rester. Une recrue regarde en arrière et aperçoit la scène. Il juge qu’il vaut mieux ne pas traîner là et s’en va. Une fois seule avec la jeune miraluka, la lieutenante se campe devant elle.
— C’était quoi, ça, tout à l'heure ?
Son regard n’est pas plus sévère que d’habitude, mais on comprend aisément qu’Aikin n’est pas dans la meilleure des situations… -
Post n°11
Auteur : AikinToujours sous le choc, je sentis une quelque chose m'attraper fermement et me relever. Je ne l'avais pas "vu", certainement car je ne m'en préoccupais pas vraiment. Et si j'avais mis un terme à la carrière potentielle de mon adversaire ? Et si j'avais empêché la formation d'un tacticien hors pair ? Et si j'allais en prison et jetait la honte sur la famille ?
Bien que les questions fusaient dans mon esprit, j'arrivai tout de même à me rendre compte qui me tenait : Aldia. Cependant, quelque chose m'étonnait. Son toucher était... dur... presque mécanique. Je n'eus pas le temps réfléchir, la Lieutenante m'ordonnant de me calmer et de m'asseoir en tailleur à côté d'elle. Un peu secouée, je m'exécutai sans piper mot.
Juste après cela, elle alla voir la pauvre recrue qui se tenait la gorge. Il avait le hoquet, apparemment. Lui aussi était secoué. J'espérais sincèrement qu'il n'avait que ça. Il m'adressa un regard d'abord chargé de peur et étonnement, mais qui se mua bien rapidement en une légère rancœur. Mieux valait l'éviter à l'avenir, sauf s'il fallait absolument travailler en équipe. Je n'avais pas forcément envie qu'il me rende la monnaie de ma pièce...
Notre instructrice lui dit quelques mots sur lesquels je ne me concentrai pas. Comment une telle extrémité avait-elle pu avoir lieu ? Etait-ce car je ne m'étais jamais battue ? Etait-ce à cause de l'attitude de mon opposant ? A cette pensée, j'eus l'impression que quelqu'un tapait légèrement sur la blessure. Il avait fait remonter beaucoup de mauvais souvenirs que j'avais réussi à occulter pendant ces dernières années. Je ne m'imaginais pas que ce je considérais comme une vieille cicatrice pouvait me faire aussi mal. Allai-je garder ce stigmate pendant toute ma misérable existence ?
Je chassai cette idée noire. Plusieurs combats s'étaient déroulés, d'autres recrues s'étaient assis des deux côtés de la Lieutenante. L'affrontement qui se déroulait en face de moi était plus réactif que le mien. Enfin, eux n'avaient pas peur de prendre de coups, ni d'en asséner. Est-ce que j'avais peur de frapper ? C'était paradoxal. Je voulais rejoindre la Garde Républicaine. Si je n'avais pas voulu me battre, je ne serais pas venue. Je commençai à ressentir une pointe de regret. J'avais comme une boule au ventre, comme si j'avais peur. Peur de quoi ? Peur des opposants de la République ? Peut-être, mais ce n'était pas ça actuellement. Peur de la République ? Pour l'instant, je n'avais aucune raison d'avoir peur de la République. Peur de la lieutenante ? Elle ne m'avait pas réprimandée pour cet... acte... mais même si j'attendais le pire, c'était plutôt un soulagement de savoir quelqu'un nous encadrait, même si son inaction pendant le "combat" me surprenait. Et si je ne m'étais pas arrêtée ? Elle aurait certainement intervenu... Mais si elle avait intervenu trop tard ? Après que le mal ait été fait ? Cette idée me donna un frisson, mais je tentai de me rassurer en me disant que son expérience lui aurait permis de faire le bon choix.
En repensant à comment elle aurait pu me séparer, une interrogation surgit dans mon esprit. Si c'était elle qui m'avait relevé, pourquoi son toucher était aussi froid et dur ? Supposer que son caractère avait une influence sur son corps était idiot. J'essayai de me concentrer sur elle, commençant par le bras le plus proche. Si j'avais pu la voir à travers un mur, je pouvais bien la voir à travers une couche de vêtements. Cependant, à ma grande surprise, je ne remarquais rien. Pas un seul problème, pas un seul indice qui m'aurait permis d'expliquer ce phénomène. Je réitérai l'expérience avec son autre bras, mais j'obtins le même résultat. Un peu déçue, je gardais cette question en tête, peut être dans l'espoir de la lui poser si j'avais une bonne relation avec la Lieutenante.
N'ayant rien d'autre à faire, je décidai de "regarder" le dernier combat. Il est encore plus dynamique que l'autre que j'avais vu. Cependant, il dut s'arrêter prématurément suite à un mauvais coup qui fit saigner l'un des deux combattants. Aldia intervint pour séparer les deux opposants. Elle se posta ensuite devant nous et nous donna des instructions que j'écoutai avec attention.
Je fus la dernière à me lever. Cependant, tandis que toutes les recrues se dirigeaient vers les vestiaires, l'instructrice m'arrêta net dans mon élan en posant sa main sur mon épaule. Toujours ce même contact. Il y avait quelque chose, même si je ne savais pas quoi. Elle resta silencieuse et immobile quelques instants. Tout mon attention était focalisée sur elle, ainsi je ne compris pas pourquoi elle avait attendu. Puis elle me demanda ce qu'il s'était passé.
Je m'attendais à des remontrances, voire pire. Mais elle gardait son expression habituelle. Peut-être que si je m'expliquais clairement, elle comprendrait les raisons, et ainsi je pourrais m'en tirer à bon compte ? Ou alors je serais jugée dangereuse et serait expulsée. J'envisageai le silence comme une option un instant, avant de me rendre compte à quel point cela était stupide. Elle m'offrait une chance de m'expliquer, et je n'allais pas la refuser.
- Erm... Je... Comment dire...
Je démarrais très mal. Je ne savais pas par où commencer. J'imaginais le regard circonspect de la Lieutenante, bien qu'elle n'affichait aucune expression faciale définie. Mieux valait être claire.
- Je... Je pense que ce serait mieux que je vous montre quelque chose, avant.
Je pivotai légèrement sur moi même et relevai le vêtement sur ma jambe droite. La Lieutenante découvrit une vilaine cicatrice, plus grosse qu'un poing d'humain moyen, rougeâtre, en forme de tache.
- J'ai eu cette blessure quand j'étais plus petite. Je devais avoir dix ou onze ans. Mes souvenirs sont assez flous quand à la date. Cependant, je me souviens très bien de l'événement... Je vivais avec mes parents dans une petite ville sur Ondéron. J'avais des parents aimants et je vivais dans une famille plutôt aisée financièrement...
Plus j'avançais dans ma phrase, moins je parlais fort. Les derniers mots ressemblaient presque à des marmonnements. Ma tête était presque baissée. Je la relevai, remettant mon visage en face de mon interlocutrice.
- Désolée... Je divague... Donc, sur Ondéron. Un jour, notre ville fut approchée une énième fois par une communauté de fous vénérant les Sith. Ils voulaient convertir notre paisible ville à leur idéologie. A chaque fois, nous avions refusé et chassés plus ou moins pacifiquement. Cependant, cette fois là, ils étaient venus plus nombreux et plus armés que d'habitude. Et quand les habitants refusèrent, ils décidèrent de mettre la ville à feu et à sang... C'était le chaos... Rien qu'à vous en parler, j'entends encore les cris d'agonie, les tirs de blasters, la chaleur des flammes, l'odeur de mort... Je suppose que vous connaissez ça, si vous êtes lieutenante dans la Garde. Mais c'est vraiment traumatisant pour une petite fille, je vous l'assure. A un moment, nous avions presque réussi à nous mettre à l'abri, mais un des extrémiste nous surprit et... tira... Mon père n'eut rien, mais ma mère fut grièvement blessée. Quant à moi, et bien...
Je fis un léger mouvement de la tête pour montrer la cicatrice.
- Après cela, j'ai été prise en charge avec ma famille par un camp de réfugiés mis en place par Secours Sans Frontières. La suite n'est pas intéressante.
Je marquai une pause, soufflant un coup. Paradoxalement, ça me soulageait d'en parler avec quelqu'un, même si je la connaissais peu.
- Pendant le... combat... L'humain m'a un moment frappé à la jambe. Vous avez du le voir, je pense. Sauf que ça a réveillé la douleur. Cette douleur que je n'avais pas ressenti depuis des années. C'était comme si ma jambe s'enflammait et que mon esprit s'embrumait. J'étais partie pour rester couchée au sol à souffrir, mais là j'ai vu le visage de l'humain. Il était fier. Il est certainement fier de m'avoir vaincue, et je n'aurais pas du lui en vouloir pour ça, mais... Pour moi, c'est comme s'il était fier d'avoir trouvé un point faible. Comme s'il était fier de m'avoir fait souffrir, et de m'avoir fait souffrir avec CET EVENEMENT PARTICULIER, CES HEURES SOMBRES !
Sans que je m'en rende vraiment compte, je m'étais presque mise à crier sur les derniers mots. Je semblais vraiment secouée.
- D... Désolée... Je ne souhaitais pas être agressive... Mais ça a été comme un déclic. A ce moment là, c'est comme si je ne me contrôlais plus. Je... Ca ne m'était jamais arrivé avant... En même temps, je ne m'étais jamais battue avant, même pour chamailler avec quelqu'un... Je ne pensais pas arriver à ce genre d'extrémités...
Ma mine s'assombrit un instant. J'eus un sanglot sec, puis essayai de me reprendre en main.
- Vous avez vu la suite. Dans ma colère, j'ai failli l'étrangler. Enfin, j'ai essayé. Et puis j'ai arrêté, comme si j'avais eu un éclair de lucidité. Enfin, vous vous en êtes peut être rendue compte.
Je me tus. Un silence pesant s'installa, ma jambe toujours tournée pour montrer la blessure. J'attendais maintenant la réaction de la lieutenante, qu'elle soit positive ou négative. -
Post n°12
Auteur : Lyzs
< PNJ - Aldia Enor, Lieutenante - G.R. >
Aldia écoute sans bouger. Elle décide de ne pas intervenir, de voir jusqu’où la miraluka pourra déballer son sac. Finalement, c’est un bien long récit qui explique une chose toute simple : Aikin s’est abandonnée à son traumatisme et a perdu le contrôle. Un élément déclencheur, une montée d’adrénaline… Un véritable scénario de film de guerre, mais les histoires viennent toutes de quelque part. La lieutenante soupire avant de se mordre la lèvre, pensive. Que va-t-elle bien pouvoir faire de cette recrue ? Est-elle instable ? Est-ce que ce genre d’événements risque de se reproduire ? Quoi qu’il arrive, il lui faut mettre les choses au clair
— Ecoute bien. Douleur ou pas, traumatisme ou non, tu ne peux pas simplement perdre le contrôle et risquer ta vie ou celle de tes équipiers. Dans ce métier, on regarde souvent en arrière et on se dit : « et si ? ». Et si j’étais arrivée plus tard ? Plus tôt ? L’aurais-je sauvé ? Serait-il mort ? Si j’avais manqué mon coup, y serais-je passée ? Tu comprends ce que je veux dire ? Porter les armes, c’est dangereux. Surtout dans la garde. Si tu te rates une fois, au mauvais moment, quelqu’un peut y passer. Si tu risques de blesser ou de tuer toi-même l’un de tes alliés, comment feras-tu pour protéger qui que ce soit ? Tu ne peux pas te permettre ce genre d'écarts, c'est trop risqué.
Les bras croisés, elle soupire à nouveau. Elle n’a jamais eu de mal à regarder quelqu’un dans les yeux, mais c’est étrangement plus facile encore de fixer le visage de la miraluka. Ce voile donne l’impression qu’elle veut fuir, se cacher. Que ce soit la vérité ou non, c’est la sensation que cela donne à Aldia. La moitié de sa bouche se froisse, elle réfléchit.
*Peut-être qu’il faudrait la mettre à l’écart de la formation le temps d’arranger le problème ? Ou alors vaudrait-il mieux qu’on l’aide pendant qu’elle se forme ? Si elle fait partie de ce groupe, c’est pour de bonnes raisons... On ne peut pas se permettre de perdre ce genre de recrues.*
Ses yeux s'agitent un instant, elle chasse ses pensées pour mieux reprendre sur sa lancée.
— Aikin Lumaes, j’ai noté ce qui s’est passé. Explique Aldia en posant la main sur son datapad. Tu serais dans la régulière, on ne te laisserait pas t’en tirer sans rien. Une semaine ou deux à l’ombre, minimum. Sans compter le reste. Là… c’est le premier jour. Les recrues sont perdues, désorientées. Tu te retrouves seule femme dans un groupe destiné à devenir l’élite d’une armée dont vous ignorez encore beaucoup. C’est très égoïste de ma part, mais je vais laisser passer. Il n’y aura pas de seconde fois. Il n’y aura pas de rappel. Et il va falloir qu'on fasse quelque chose pour ta jambe.
La situation de la jeune femme et son histoire à part, c’est aussi la valeur des sensitifs qui motive les actions de la lieutenante. Si le problème vient de cette blessure, il suffit de l'arranger. Cette évidence traverse son esprit mais n'y reste pas. Elle préfère regarder autour d’elle, comme pour vérifier qu’il n’y a personne pour observer la scène alors qu’elle sait pertinemment qu’elles sont maintenant seules. Sa main, si dure, vient alors se poser à nouveau sur l’épaule de la recrue. Doigt par doigt, elle affirme sa poigne. Une force contrôlée qui entrave la miraluka dans une prise à peine douloureuse. Le regard en biais, elle tranche l’espace entre leurs deux visages de sa main libre. Son index levé fait quelques va-et-vient entre leur deux nez. Aldia reprend enfin :
— Ecoute moi bien, encore une fois. Il va falloir me montrer que tu es capable de te contrôler. Tu ne dois pas le faire pour moi, mais pour ce que cette armée représente... et pour toi. La prochaine fois -et j’espère qu’il n’y en aura pas- je ne serais pas aussi clémente. Montre que tu es faite pour ce travail, montre que tu en veux. Tu vas vivre des situations bien plus frustrantes, alors il va falloir se maîtriser, prendre sur soi. Il va falloir que tu arraches chaque seconde que la vie te tend et que tu t'en serves pour montrer ce que tu vaux.
Au-delà de son goût certain pour les phrases théâtrales, Aldia Enor essaie de faire comprendre à la miraluka que sa condition peut lui jouer des tours. Cette attitude, ces conseils... la militaire ne se reconnait pas. Une sorte de pressentiment l’avait envahi. Quelque chose la pousse à parler ainsi à cette personne si fragile. Cependant, elle ne s’en rend pas compte. Elle se contente d’agir en suivant son instinct comme elle a toujours fait. Sa prise se fait moins dure, ses doigts glissent le long du bras de la jeune femme. Alors qu’ils s’en détachent enfin, ils se ferment en un poing. Une petite tape dans le biceps d’Aikin vient secouer tout son corps. Aldia cherche à la réveiller : elle dû s’endormir, à force d'écouter ce véritable monologue.
— Allez ! Douche, combinaison. Rejoins les autres et faites un tour. Je vous récupère après. -
Post n°13
Auteur : AikinJe me sentais libérée d'un poids. Étrangement, me confier m'avait fait un bien fou. Je n'avais pas réfléchi aux conséquences de cet aveu, mais je ne m'en préoccupait pas pour l'instant.
Je vois Aldia, impassible. Un léger silence s'installa, puis je la vis avoir une réaction. Un soupir, puis un mordiellement de la lèvre. Elle semble hésiter sur mon sort. Je m'attendais au pire.
Elle prit la parole et je lui portai toute mon attention. Elle commença par un genre de sermon. Je m'y attendais. Cependant, il ressemblait plus à une leçon qu'à une punition pure et simple. La lieutenante me rappela donc les responsabilités que je pouvais avoir, mon devoir, ce que je ne pouvais pas faire. Les doutes, les craintes potentielles. Je n'y avais pensé que succinctement. J'essayai de cacher ma légère angoisse. C'était idiot de ma part d'avoir omis ce point pourtant si important. Je n'étais pas une héroïne de roman, parfaite et capable de tout, admirée par les siens, écrasant ses ennemis. Non. J'étais désormais une recrue, une membre de la Garde Républicaine en devenir. Je ne pouvais plus me permettre ce genre de folies, peu importe la situation.
Les lèvres de l'instructrice se déformèrent et se "froissèrent". Elle semblait prise dans une intense réflexion. Je restai silencieuse, à moitié entre le "garde à vous" et le "repos". Je la surpris également à fixer quelques instants le voile cachant la cavité vide où auraient pu se trouver des yeux humains. Tout les jours, je le mettais, comme un automatisme. Cependant, la réaction de la Lieutenante me fit réfléchir quelques instants. Pourquoi le mettais-je ? Mon perso ne se dissimulait une partie du visage uniquement lorsqu'il devait passer des commandes importantes, ou recevoir des clients importants. Ma mère n'en portait que pour sortir. J'étais la seule à en avoir un en permanence. Mes parents ne m'avait jamais fait une remarque à ce sujet, peut-être pour ne pas me blesser. J'avais décidé de le mettre après cet épisode dérangeant au camp de réfugiés, avec les autres enfants... Cependant, j'étais une adulte. Je n'avais plus vraiment de raison légitime de le garder en permanence. Alors, pourquoi ?
Je fus expulsée de ma réflexion par Aldia lorsqu'elle reprit la parole. Elle avait tout noté. Il y aurait des répercussions à un moment ou un autre, je pouvais en être certaine. Cependant, sa façon d'aborder sa phrase suivante m'intrigua. Le contenu de ladite phrase encore plus. Elle allait fermer les yeux ? La suite de son discours confirma mes espérances. Cependant, c'était un cas exceptionnel, et je le comprenais très bien. Elle ne pouvait pas se permettre d'être laxiste, ou elle créerait une porte ouverte sur l'anarchie la plus totale. Je m'en tirais à bon compte, pour cette fois.
Elle fit également une allusion à ma jambe. Peut-être que le système médical de la Garde pourrait faire quelque chose ? Si c'était le cas, ce serait une bénédiction qui permettrait d'éviter à moi et aux autres tout un tas de problèmes. Je gardais cette idée en tête, espérant un potentiel soin ou solution.
Après cela, elle regarda tout autour d'elle. Étrange, je ne sentais pourtant personne. Je décidai de vérifier, par acquis de conscience. J'eus presque un sursaut lorsqu'elle posa sa main sur moi, et affirma sa prise fermement, doigt par doigt. Je n'avais pas remarqué que nous étions si proches physiquement. Sa prise me serrait un peu, mais ne me tordait pas de douleur. Son contact était humain, pas comme celui que j'avais pu sentir un peu plus tôt. C'était peut-être une altération de mes sens dû à l'adrénaline ? Je ne pouvais pas savoir. De son autre main, elle fit plusieurs allers-retours entre nos deux visages, plus précisément entre mon nez et le sien. Elle me rappella qu'elle n'allait pas être aussi indulgente si ce genre d'incident avait à se reproduire et semble même... me donner des conseils ? Cela pouvait sembler normal, de la part d'un supérieur à une de ses recrues, mais cela tranchait complètement avec le caractère froid et impassible qu'elle montrait quelques instants plus tôt. Surtout si l'on ajoutait à cela sa main sur mon épaule.
Ses dernières phrases furent... Plus théâtrales et chargées de métaphores que les autres, mais restaient parfaitement compréhensibles.
Je sentis la pression sur mon épaule diminuer. Ses doigts glissèrent le long de mon bras, m'arrachant un frisson. J'avais essayé de ne pas bouger d'une iota pendant toute sa déclaration. Cependant, l'absence d'yeux semblait être assez handicapant pour marquer l'expressivité devant un Humain. Si j'aurais pu m'endormir debout, seul un léger soupir pouvant s'apparenter à un ronflement paisible aurait pu me trahir.
Je ne remarquai pas le poing d'Aldia à temps pour réagir en conséquence. Le coup n'est pas vraiment douloureux, mais me fit vibrer de tout mon être, d'un côté car je ne m'y attendais pas, et d'un autre car la Lieutenante avait tout de même placé un minimum de force dans le mouvement. Elle me rappella les instructions qu'elle avait donné aux autres recrues. Je hochai la tête en signe d'approbation et me retournai vers la direction qu'avait emprunté les autres néophytes. Je m'y dirigeai alors d'un pas soutenu, mais toujours boitillant, comme un écho du coup asséné à ma jambe à chaque pas.
Alors que je disparaissai, j'arrêtai de me concentrer sur Aldia pour pouvoir "regarder" devant moi. Cependant, je crus décerner au dernier moment une once de sourire sur son visage. N'y faisant pas vraiment attention, je misais sur une illusion créée par mon imagination.
J'arrivai ensuite à des bains-douches communes. L'endroit était désert. Toutes les recrues semblaient avoir fini depuis longtemps: le sol était presque sec. Il règnait une odeur artificielle de produits pour se laver. Je choisis de ne pas perdre trop de temps et commençai à me déshabiller. Je choisis de ranger mes affaires pliées près de celles des autres recrues, me disant que l'on pourrait bien les récupérer à un moment ou à un autre. Je commençais donc à me laver. Je pouvais presque ressentir cela comme une purification. L'eau n'était pas aussi froide que je m'y attendais, mais calma tout de même la brûlure sur ma jambe. Un instant plus tard, je pus retrouver mon calme. J'aurais pu rester ainsi pendant une heure, si je n'avais pas été pressée par le temps. Je m'affairais donc à me nettoyer le plus efficacement possible.
Une petite dizaine plus tard, j'étais prête à enfiler ma combinaison. J'eus tout de même une pensée aux hommes qui attendaient certainement depuis longtemps de l'autre côté. Mon entrevue avec Aldia avait tout de même duré un certain temps.
Ma combinaison ressemblait à un vêtement grisâtre en une pièce. Il semblait prévu pour couvrir tout mon corps. Cependant, j'eus quelques menus problèmes pour rentrer à l'intérieur. Pendant un moment, je crus que la combinaison était trop petite pour moi. Cependant, une fois enfilée, la combinaison se portait bien. Le vêtement était prêt du corps, mais n'entravait pas mes mouvements simples. La matériau était froid, mais pas forcément désagréable ou inconfortable. Satisfaite, j'ouvris la porte et sortit.
Là, tous les hommes attendaient, tous dans le même uniforme. À n'a vue, les conversations se muèrent en messes basses. Un peu ennuyée, je décidai tout de même de ne pas y faire attention, et me mit à attendre un peu à l'écart, vers la porte des douches, attendant la suite. -
Post n°14
Auteur : Lyzs
< PNJ - Aldia Enor, Lieutenante - G.R. >
Une autre personne récupère les recrues. L’œil sur son écran, l’homme chargé de guider la bleusaille attend. La retardataire se montre enfin. On la regarde en biais. Pourquoi ce retard ? Son précèdent adversaire ne dit mot, mais on lui tape gentiment sur l’épaule. Ça a dû jazzer bien comme il faut. Très vite, on fait le tour du QG. Beaucoup de marche. On explique les bases, on montre les nombreuses salles, on parle d’horaires, de formation… De temps en temps les nouveaux se regardent les uns les autres en ignorant les discours prémâchés qu’on leur sert. Une partie désagréable de la formation, mais une étape nécessaire pour comprendre la vie au sein de la garde. En vérité, ce sont deux longues heures qu’il vaut mieux passer sous silence.
Les gardes républicains en herbe découvrent finalement l’aile dédiée au pilotage. On les fait passer devant des simulateurs en tous genres et du matériel de test. La présentation reprend. L’homme explique ce qui attend les jeunes de manière très professionnelle, mais il s’arrête et tire sur le col de son uniforme. Au loin, on entend siffler très fort. Il s'agit d'Aldia qui appelle ses recrues comme l'on rabat du bétail. Elle interrompt tout le monde.
— Assez de tourisme ! On passe à la suite.
Ainsi, on sort de cette transe aux allures de portes ouvertes. On se secoue, se met en rang. Les recrues attendent la suite alors que la lieutenante continue de venir vers elles. L'homme qui les guidait, lui, ne cherche même pas à comprendre : on ne va pas contre les plans d'Aldia Enor. Il se retire sans demander son reste.
— Vous avez vu la zone d’entraînement au tir ? Tant mieux, parce qu'on y retourne. J’ai pas fini d’évaluer votre pitoyable petit niveau. Allez, on perd pas de temps !
Presque au trot, tout le monde suit le rythme soutenu de la supérieure. Malgré cette vitesse, le groupe met un certain temps pour rejoindre les pas de tir… mais à quel point ce QG peut-il être grand ? Aldia fait vérifier ses accès et aligne tout le monde à l’intérieur d’une grande salle. De sortes de petits enclos côtes à côtes donnent sur des couloirs tracés au sol. Des cibles sont réglées pour être positionnées à trente mètres et des blasters DC-15s modifiés sont posés sur les bureaux marquants la limite du pas de tir. Plus loin, un autre groupe est déjà en train de s'entraîner. Avec ce son de bataille en arrière plan, la supérieure explique la situation :
— Ce sont des armes d’entraînement, mais évitez de faire n’importe-quoi. Ces cibles sont à la portée optimale la vélocité des tirs est bien réglée. Pas d’excuses, on m’a déjà fait le coup une fois et la recrue en question a compris que la fonction paralysante de ces machins est toujours active et bien fonctionnelle.
Elle lève les yeux ciel en pensant à cet abruti qui s’était révolté contre elle lorsqu’elle lui fit remarquer que ses capacités au tir ne valaient pas la peine de tant s’exciter. Eh oui… faire preuve de discipline alors qu’on est stimulé est une véritable épreuve pour la volonté. Être dure avec les bleus permet à Aldia de les tester... et de s'amuser un peu.
— Comprit, la bleusaille ? Maintenant vous avez des capsules de 250 tirs, vous faites avec. Bien sûr, vous vous en doutez, j’ai autre chose à faire que de vous voir galérer pendant dix ans. Donc on s’arrêtera quand j’en aurais marre. Pour m’aider dans mon évaluation et pour vous guider dans cette fabuleuse expérience de tir, je serais assistée de ces deux personnes.
Elle désigne deux gardes en uniforme. Les deux jeunes hommes bronzé et à la coiffure réglementaire s’avancent et saluent à l’unisson.
— Allez, on s’y met.
La femme reste en retrait quelques instant pendant que tout le monde prend place et découvre son arme. Elle cherche sa première victime du regard. Evidemment, elle repère Aikin.
*Comment va s’en sortir cette gamine ? Sa jambe la travaille toujours, peut-être.* -
Post n°15
Auteur : AikinSpoiler : HRP
Quelques instants à peine plus tard, un homme nous récupère et commence à nous guider à travers le complexe. Cela me libère des regards circonspects des autres recrues. Personne ne me parle. Je suppose que je leur ai laissé une forte impression, qu'elle soit positive ou négative.
Nous déambulons dans l'immense QG de la Garde. Le rythme est bien moins exigeant que celui d'Aldia. J'essaie de retenir les informations données par le militaire, mais son discours simpliste et son ton monocorde ont raison de ma ténacité. J'ai l'impression que nous vagabondons depuis des heures, traversant de nombreuses salles. Je n'ai pas vu le temps défiler. Depuis combien de temps suivons-nous cette "visite" ? Des minutes ? Des heures ?
La combinaison que j'ai enfilé est plus pratique que je ne le pensais. Elle n'entrave pas mes mouvements simples et est plutôt... confortable ? Je n'ai pas d'autre mot pour décrire cette sensation. Même si ce n'est pas le confort d'un lit douillet, cette sensation est loin d'être insupportable.
Une fois arrivés à l'aile réservée au pilotage, nous passons devant plusieurs simulateurs, avant que l'homme ne reprenne sa présentation. Il nous explique nos objectifs au sein de la Garde. Son ton se fait plus dynamique, plus vivant. Le discours s'imprime mieux dans ma mémoire, même si j'avais déjà une idée de nos devoirs et avenir dans la Garde.
Soudain, il tire sur son col, comme s'il avait chaud ou était mal à l'aise, puis j'entends un sifflement. Orientant ma "vision", je découvre la Lieutenante. Elle interrompt les explications du militaire qui s'en va sans piper mot. Le groupe se met en rang de façon quelque peu désordonnée.
Une fois à notre niveau, Aldia nous déclare que l'évaluation n'est pas terminée, non sans nous rabaisser une énième fois. Elle nous presse alors et nous repartons vers le stand de tir. Je n'y avais pas fait attention à l'aller. Ne sachant pas où me diriger, je suis simplement la personne devant moi, en trottinant légèrement. Ma jambe ne me fait plus mal. Tant mieux.
Sur le chemin, je me revois utiliser le vieux blaster de mon père sur une cible rudimentaire, il y a des années. J'espère ne pas complètement rater ce test là. Le pire serait de ne pas être mauvaise, mais d'être largement en dessous de tout le monde. Je n'ai pas le temps d'y penser outre-mesure: nous arrivons au stand de tir. J'ai l'impression de m'être déplacé pendant longtemps. Le QG est-il si immense, ou sommes nous si lents ? Malheureusement, je n'ai aucun moyen de répondre à cette interrogation pour le moment.
Je suis éblouie par la taille de la salle. Des genres de couloirs Sony aménagés pour séparer les tireurs, et les cibles ont une forme humanoïde. Elle se situent tout de même largement plus loin que la vieille cible que j'avais réussi à toucher. Cela s'annonçait plutôt mal. Je remarque également un autre groupe déjà en train de tirer, à l'autre bout de la salle. Devant nous se trouve une table, sur laquelle, sont posés plusieurs blasters. Des armes de poing. Ils ont l'air neufs.
La lieutenante nous explique l'exercice et ce que nous avons à disposition. Apparemment, même si nous n'avons que des armes d'entraînement, ces blasters comportent tout de même un danger. Mieux vaut rester précautionneuse.
Nous disposons de 250 munitions. Cela me semble être très grand, mais je me fais peut-être des idées. Aldia nous désigne les deux soldats en uniforme qui vont l'aider à nous évaluer, puis s'installe un peu en retrait pour voit comment nous nous débrouillons. J'emporte une arme et me dirige vers le couloir libre le plus proche.
Je prends quelques instants pour étudier l'arme. Elle ressemble au blaster de mon père, mais en plus sophistiqué. Cependant, le fonctionnement reste très basique. La sécurité est désactivée, les cartouches semblent déjà chargées. L'arme est déjà prête à être utilisée.
Je me concentre sur la cible en face de moi et dirigé le canon de mon arme vers elle, au jugé. Cependant, au moment où je presse la détente, je suis surprise par le recul de l'arme. Mon tir est dévié et passe trois mètres à droite de la cible et va s'écraser contre le mur du fond, même s'il ne semble pas laisser de marque. Quand à moi, suite au contrecoup, je suis emportée en arrière et tombe sur les fosses d'une manière ridicule. Si les autres recrues n'étaient pas concentrés sur leurs cibles, j'aurais provoqué l'hilarité générale.
Je me relève doucement en me mordant la lèvre. C'était une erreur inattendue. Je peux encore me ressaisir et réussir le test. Je ramasse le blaster, l'ayant fait tomber dans ma chute, et me remet à viser. Cette fois, je prends mon temps. Ma prise de l'arme est hasardeuse, archaïque même, mais elle me convient. J'ajuste ma visée et presse la détente.
Le coup part et le projectile va se loger au niveau du pectoral gauche du mannequin. Un sourire de satisfaction s'étire sur mes lèvres. Je réitère l'expérience plusieurs fois, prenant de moins en moins de temps pour viser. Jambe droite. Cuisse gauche. Avant bras gauche. Ventre. Épaule droite, puis gauche. Cependant, deux de mes tirs effleurent à peine le mannequin déjà bien brûlé, et je manque de nouveau un tir, n'ayant pas jugé utile de viser de nouveau. Redescendant les pieds sur Coruscant, je reprends mon sérieux et tire de nouveau une salve de trois coups. Un coup part dans la poitrine, comme souhaité, mais les deux autres coups viennent effleurer le flanc droit. Je choisis donc de faire une dernière tentative avant de faire une rapide pause. J'ajuste ma visée et aligne la tête du mannequin. Je murmure à chaque résultat.
- Touché.
Le premier projectile frappe la "joue" gauche du mannequin d'entraînement.
- Raté.
Le tir fait rougir le sommet du "crâne", mais n'inflige pas de réels dégâts.
- Touché.
Un tir direct dans la gorge. Efficace.
- Touché.
Le laser frappe le front et crée un léger cratère.
- Eeeet...
Par mégarde, je tire deux coups qui suivent une trajectoire identique.
- Touché.
La tête du mannequin s'est enfoncée, calcinée. Je regarde mon oeuvre alors que l'adrénaline redescent. J'éprouve un léger malaise en voyant le résultat de ce tir. Si ça avait été une espèce vivante, aurais-je eu le courage de presser la détente ? Aurais-je contemplé son corps brûlé ? Cette question semble renforcée par le fait que j'ai moi même subi une blessure au blaster. Un peu déboussolée, je pose mon arme sur la table proche et passe ma main dans mes cheveux, pensive. -
Post n°16
Auteur : Lyzs
< PNJ - Aldia Enor, Lieutenante - G.R. >
Au fond de la salle l’autre formateur observe toujours ses recrues à l’œuvre. Le groupe de la lieutenante, lui, commence son exercice. Les sons des tirs et des impacts se mélangent avec maladresse. Aldia ferme les yeux, on se croirait sur un champ de bataille. Elle inspire pour mieux sentir la légère odeur de brûlé qui se dégage du canon des blasters avant de sourire. La guerre aura provoqué chez-elle un comportement très certainement inhabituel. Son air réjouit trahit une sorte d’addiction. Quittant son état nostalgique, elle pose son regard perçant sur les soldats en devenir qui lui tournent le dos.
Après s’être gonflée de cet air si lourd, elle observe ses recrues. Les deux assistants sont déjà en train de corriger les positions de certains d’entre eux. On emprunte les armes, on montre comment faire. Comme prévu : tout le monde a déjà plus ou moins une idée de la façon dont il faut procéder. On les laisse un peu travailler pour observer. Bientôt il faudra uniformiser tout ça. Leur apprendre la position à prendre sur un pas de tir, les cadrer. La lieutenante soupire : tant de travail pour tuer le naturel de chacun et instaurer une rigueur militaire. Elle reconnaît tout de même qu’elle a du bon, mais jamais elle n’aurait imaginé devoir enseigner ces choses-là. De son temps, les chevaliers impériaux n’étaient que très peu formés aux armes à feu. Maintenant, la garde change la donne et décide de donner un nouveau jour aux utilisateurs de la Force… Pourquoi pas ? Aldia a toujours eu un goût prononcé pour le gaz tibana et les obus, de toutes façons.
Après avoir observé un moment les essais de la bleusaille, elle décide qu’il faut se mettre à faire les choses « proprement ». Forte de son expérience, la lieutenante s’approche d’une recrue et la guide le plus simplement du monde, mais elle a déjà repéré que la jeune Aikin s’en sort plutôt bien pour une débutante. Tout en gardant un œil sur la cible de la miraluka, elle ajuste la posture d’un jeune homme à coup d’instruction ou en attrapant son poignet et son arme pour mieux les aligner. Le tour de la seule jeune femme arrive bien vite après ces quelques corrections. Aldia se positionne en retrait et observe la posture et les tirs d’Aikin. Cette façon de viser est fascinante. Malgré l’absence d’yeux, la tête de la recrue semble regarder la cible. Pour cette jeune femme, il n’y a pas de lumière, juste la Force.
La posture et les résultats obtenus, par contre, sont d’un autre monde. Ils ne sont pas si horribles mais pas non plus aussi bon que ce que la militaire l'espérait. Aldia imaginait que son mode de vision sous-entend une affinité déjà avancée avec la Force, mais il ne semble pas que la jeune femme soit capable d’exploiter son plein potentiel à l’heure qu’il est. Il faut donc corriger certaines choses : avant d’espérer maîtriser la Force, il faut se maîtriser soi-même.
— Recrue... Ne vas pas croire que je ne t’ai pas vue tomber, plus tôt. Tu ne vas pas te contenter de ça, l'exercice ne s'arrête pas au bout de quelques tirs.
Rapidement, Aldia attrape l'arme laissée là et la fiche entre les deux mains d'Aikin. Hors de question de s'arrêter en si bon chemin.
— Reprend ta position. Respire. Baisse les épaules…
De la pointe de son pied, elle vient tapoter -voire pousser- les semelles de la jeune femme pour lui faire changer de position.
— Plutôt comme ça. Tu seras plus stable. Et tu me tiens ce blaster comme il faut : les poignets cassés ne sont pas bons pour la stabilité. Tu baisses le menton, tu fermes la mâchoire, tu contractes tes muscles pour anticiper le recul, ceux de ton buste aussi. Si tu dois faire de l’apnée : tu inspires, tu tires, tu expires. Tu ne t’interromps pas n’importe comment. Ensuite, on veut une cadence militaire : pas sportive. Un petit nombre de tir bien placés vaut mieux qu’une grande rafale ratée, mais parfois il faut savoir frapper précisément et lourdement.
La militaire s’approche de la recrue. Parfois, les actions parlent plus que les mots. Consciente de ses capacités, Aldia aime impressionner les recrues pour mieux les guider. Pour ce faire, elle pose sa main gauche sur l’épaule d’Aikin. Ses doigts gantés vont ensuite couvrir la main droite de la jeune femme pour guider l’arme. La mécanique de ce membre agit avec précision, si bien qu’il vient caresser la phalange de la miraluka comme s’il s’agissait de la gâchette. Elle expire alors longuement afin de se concentrer.
— Imagine un aimant invisible au bout de ton arme. Il tire et bloque ton canon sur ta cible. Tu ne peux pas te défaire de cette force. Dit-elle d’une voix plus calme et plus basse à cause de sa proximité.
Soudain, elle appuie sur le doigt d’Aikin qui vient lui-même presser la gâchette. Un, deux, trois, quatre, cinq puis six tirs viennent se fracasser contre le plexus solaire de la cible alors que la détente va et vient sous les commandes de la lieutenante. La poigne de celle-ci s’affermit un peu pour secouer la clavicule de la recrue. Elle se recule ensuite avant de donner ses prochaines instructions.
— Par rafales, maintenant. Mets en application tout ça et fais preuve de concentration. Sois sûre que tes tirs vont toucher avant d’appuyer à nouveau sur cette gâchette. -
Post n°17
Auteur : AikinJe sens qu'Aldia se positionne près de moi, un peu en retrait. Elle m'observe. Au premier abord, elle semble intriguée, curieuse par ma position, mais elle semble bien vite déçue par les résultats. Apparemment, elle s'attendait à mieux de ma part. Je ne vois pas comment j'aurais pu faire mieux, mais soit.
Me surprenant, elle me colle mon arme dans les mains et se place à côté de moi. Elle se met à corriger ma posture. D'abord, elle me montre la posture générale à adopter. Puis elle corrige les détails. Elle commence par les pieds. Voyant que je réagis trop lentement quand elle "tapote" mes pieds, elle se met à pousser plus franchement mes pieds. J'ai l'impression d'avoir l'air idiote, mais je suis objectivement plus stable, donc je ne peux pas vraiment me plaindre. Je me demande si une autre recrue aurait été autant aidée par la lieutenante. Je n'avais pas fait attention si les autre recrues avaient reçu ce genre de "traitement de faveur"
Elle réajuste ma prise du blaster. Je la trouve inconfortable, mais j'imagine qu'on doit s'y habituer au bout d'un moment.
Elle change ensuite la position de ma tête, et me dit que je dois contracter mes muscles pour anticiper le recul. Je le faisais déjà, mais elle ne pouvait pas le savoir. J'allai devoir faire plus d'efforts à ce niveau là, mais si cela ne me semble pas possible. Puis elle m'explique comment retenir ma respiration correctement si je veux gagner en précision, et qu'il vaut mieux faire peu de tirs qui touchent qu'une rafale qui loupe sa cible. Logique.
Estimant que je comprendrais mieux en la voyant faire, elle se place derrière moi et oriente de façon experte l'arme et sa visée. Je la sens presque "enroulée" autour de moi. Cela en serait presque gênant. Mais pas gênant pour viser. Plutôt gênant comme situation. J'ai chaud, tout d'un coup. Cette sensation est renforcée quand Aldia passe son doigt sur le mien, le caressant par la même occasion, pour mieux atteindre la gâchette.
Elle expire longuement, comme si elle vidait ses poumons entièrement, et m'explique simplement comment je peux considérer mon arme. Sa vision des choses me parle, étrangement. Après cela, la pression de son doigt se fait plus forte sur le mien, si bien que l'arme tire un coup, puis deux, puis trois. Six coups partent au total. Tous logés au même endroit, en plein torse. Mais ce qui m'étonne le plus, ce n'est pas la précision ahurissante de la Lieutenante. C'est que j'ai l'impression de ne pas avoir bougé d'un pouce. Le recul a été complètement annulé. Etait-ce son expérience, ou la posture qu'elle m'avait fait adopter qui permettait ce résultat ?
Je sens qu'elle me sert la clavicule, puis s'éloigne de moi. Il faut maintenant tirer en rafales, de préférence en mettant en application ce qu'elle vient de m'inculquer. Je reprends ma position et contracte mes muscles le plus possible. J'appuie sur la gâchette.
Le coup part et se loge au niveau du nombril sur mannequin. Cependant, contrairement à précédemment ( c'est à dire avant l'intervention d'Aldia ), je n'ai presque pas bougé. Je suis déjà en position pour un autre tir, presque sans efforts. Je décide de continuer sur ma lancée et appuie trois fois de suite sur la gâchette. Le premier tir se loge à nouveau dans le nombril, le second un peu en dessous des côtes, et le dernier en plein dans la poitrine. Je suis presque impressionnée par mes propres performances. Me disant que j'ai encore beaucoup à apprendre, je me concentre de nouveau sur la cible.
Cette fois, j'essaye de tirer "en apnée". J'expire longuement et prend une grande bouffée de dioxygène. J'ajuste le canon de mon arme sur le visage du mannequin, et tire. Cependant, le recul me fait tressaillir légèrement, et j'expire tout l'air que j'avais emmagasiné précédemment. Au lieu de frapper la cible en plein visage, le projectile roussit "l'oreille" du mannequin.
Un peu déçue, je décide de réitérer l'opération. Répétant les mêmes étapes, je suis sur la point de tirer quand j'entends un bruit venant de derrière moi. Retournant ma tête, comme par réflexe, je me rends compte que ce n'était qu'un râtelier d'armes qui est tombé par terre. Je me concentre de nouveau sur ma cible et, une fois que j'ai bien ajusté la blaster, tire une rafale en apnée. Les trois coups touchent la gorge, très proprement. Le hic, c'est que je n'avais pas pensé à me retourner avant d'appuyer sur la gâchette. De ce fait, j'avais littéralement tiré dans mon dos. Comment pouvais-je être aussi cruche et étourdie ? Comment ces tirs avaient-ils pu toucher proprement la cible ?
Un peu gênée, je me remets face au mannequin et fait semblant de viser, espérant que je ne m'étais pas attiré les foudres d'un instructeur. -
Post n°18
Auteur : Lyzs
< PNJ - Aldia Enor, Lieutenante - G.R. >
Il y a du mieux mais on ne s’approche pas encore du niveau d’un véritable soldat. Aldia se recule et observe la miraluka se concentrer. Un peu perplexe, la lieutenante s’adosse au mur pour croiser bras et jambes. Alors qu’elle sent qu’Aikin va à nouveau faire feu, elle sent quelque chose. Plutôt que la Force, c’est son instinct et sa curiosité qui la guident. Nonchalamment, elle pose sa main sur le râtelier qui se trouve tout près d’elle. Alors que tout le monde est concentré, elle le fait basculer sans quitter la jeune femme des yeux. Le bruit interrompt tout le monde. On se tourne pour comprendre ce qui se passe. La miraluka a aussi l’étrange réflexe de vouloir faire face au son, mais son arme fait tout de même feu. Elle touche la cible. Aldia repère les impacts en inclinant la tête pour voir par-dessus l’épaule de la recrue.
— Pas mal… se dit-elle à elle-même.
Aikin s’est déjà remise en position, on peut sentir sa tension. Cependant, la lieutenante ne compte pas désamorcer la situation si facilement.
— Hop hop hop hop hop… Par ici, petite. Tu ne vas pas jouer les modestes devant moi. Vous autres, reprenez !
La militaire s’approche une nouvelle fois de la petite bleue qui doit lui faire face. Elle l’entraîne en retrait, là où on ne l'entendra pas parler à cause des coups de feu. Quelque chose lui plait chez cette recrue. Son affinité avec la Force ? Ses capacités ? Non, c’est autre chose. Aldia réfléchit... Elle a du mal à mettre des mots sur ses propres pensées. Qu’est-ce qui la motive autant à se concentrer sur cette gamine ? Elle bloque en regardant ce bandeau et ce visage si gêné qui se trouve devant elle.
Puis, d’un coup, elle comprend : c’est l’ironie. Si puéril et pourtant si prenant. Ce sentiment candide secoue Aldia et lui donne la chair de poule : il lui faut cette recrue. Une miraluka, blaster à la main. Une aveugle qui se met au tir de précision. Il n’y a pas de mot pour décrire la sensation qu’éprouve la lieutenante Enor. Pour elle, c’est l’occasion de garder une perle rare à ses côtés et de la guider vers une ironie plus forte encore. Oh, bien sûr ce n’est sûrement pas le premier cas à voir le jour, mais, pour Aldia, ça l’est !
— Ecoute ma jolie… Je vais te former personnellement. Et tu as tout intérêt à suivre parce que si tu ne me conviens pas, je t’affecte à la position la plus pourrie que je pourrais trouver. Qu’en dis-tu ?
Un étrange sourire traduit son égoïste impatience : la femme a trouvé un jouet. Un beau jouet ! -
Post n°19
Auteur : AikinAlors que je me remets en position, j'entends Aldia m'interpeller. Mince. Ai-je fait une bourde ? Oui, certainement. Je n'étais pas censée tirer dans mon dos. C'était stupide. Pourquoi l'avais-je fait ? A quel point était-ce mauvais ? Qu'est-ce que la lieutenante allait faire de moi ?
Elle s'approche de moi, me fait face, puis m'entraîne au loin. Je pense qu'elle voit que je ne suis pas détendue. Cela faisait déjà deux fois qu'elle me prenait à l'écart. Si j'avais fait quelque chose de mal, elle ne passerait pas l'éponge, cette fois. J'attends sa réaction alors que nous nous éloignons des autres recrues. J'espère que je ne suis pas devenue son bouc émissaire. Si c'est le cas, j'allai passer un TRES mauvais moment.
Nous nous arrêtons. Elle me regarde, silencieuse. J'ai l'impression qu'elle m'inspecte. Elle me juge. Je sens qu'elle voit ma gêne sur mon visage. Je n'ai pas d'yeux. De ce fait, je suis moins expressive qu'un humain normal. Je cache l'espace vide au centre de mon visage avec un bandeau que j'ai depuis mon enfance. Mais c'est une militaire expérimentée. Elle a certainement remarqué que je me pinçais légèrement la lèvre. Elle a certainement remarqué que ma posture est légèrement tournée vers les autres recrues, et que je me rabaisse un peu. Elle a certainement remarqué que mes jambes se croisent légèrement et que je n'arrive pas à trouver une place correcte pour mes mains.
Pourtant, lorsqu'elle prend la parole de nouveau, elle a un ton plutôt calme. Mieux, elle n'a pas l'air énervée. Je l'écoute, elle est me déclare qu'elle souhaite me former personnellement. Je n'en crois pas mes oreilles. Après cela, elle souhaite toujours me former ? Et personnellement, qui plus est ? Je ressens un mélange de joie et de surprise. Cependant, sa "menace" me remet tout de suite les pieds sur Coruscant. Il semblerait que je n'ai pas vraiment le choix. Sa dernière question a l'air d'être simplement une politesse pour me laisser la parole. Qui refuserait ce genre d'offre ? Enfin, si on pouvait parler d'offre...
Je reste silencieuse un instant et la "regarde". Comme à son habitude, elle reste droite, fière. Une militaire, en somme. Depuis qu'elle nous a pris en charge, elle a gagné une attitude de genre. Je remarque cependant un étrange sourire sur ses lèvres qui me met légèrement mal à l'aise. Qu'a-t-elle en tête ?
- Je... D'accord. Merci.
Elle a l'air de vouloir m'entraîner sérieusement, mais j'ai l'impression qu'elle a également une autre idée en tête, au vu de son sourire. Mais je n'ai pas choisi d'intégrer la Garde pour avoir la pire place possible. Il semblerait que je ne peux qu'attendre la suite et voir ce qu'elle souhaite faire de moi. -
Post n°20
Auteur : Lyzs
< PNJ - Aldia Enor, Lieutenante - G.R. >
Aldia se retient de rire. Ces remerciements lui font presque de la peine. Aikin, cette pauvre petite chose, ne sait pas dans quoi elle s’aventure. Evidemment, la lieutenante n’est pas du genre à laisser des choix, donc on ne peut pas lui en vouloir. Cependant, il aurait peut-être mieux valu pour la miraluka d’attendre un peu. Le sourire d’Aldia s’agrandit. Si bien qu’il en deviendrait presque mauvais. Elle se reprend et se tourne à nouveau vers les autres qui font chauffer leurs canons un peu plus loin.
— Parfait, tout ça. Parfait. Bon maintenant, ma jolie, on va se remettre au boulot et vous faire suer un peu.
Aldia relance les activités de plus belle. Il faut habituer tout ce petit monde à tirer sur des trucs. Après une bonne heure passée à laisser la bleusaille vider leur chargeur et se faire encadrer par les deux soldats venus l’assister, la lieutenante se rapproche des futurs gardes en se frottant les mains. Elle finit par applaudir un coup pour que tout le monde se rassemble.
— Tirer… C’est marrant au début, hein ? Après, quand on doit faire feu sur quelqu’un… C’est pas pareil. Je ne vous dis pas que ça va être votre quotidien, mais, si on vous ordonne de le faire, il ne faudra pas venir me dire que je ne vous aurais pas prévenu. Quand vous tirez, là, vous ne vous amusez pas. Vous vous entraînez pour le jour où vous aurez besoin de tirer en situation réelle. Et ce sera sur quelque chose… ou quelqu’un.
Un petit silence s’installe. Aldia jubile intérieurement en voyant le regard hébété de certaines recrues.
— De mon temps, quand j’étais nouvelle dans un autre service -vous devinerez lequel- on m’avait fait tirer sur une autre recrue qui se montrait un peu trop têtue. Je l’ai fait, parce que ce sont les ordres. C’était un exercice, en vérité. On ne m’avait pas confié que l’arme était en position paralysante. Heureusement pour la recrue, au final.
L’un des deux assistants se penche alors vers la première personne qui passe à portée de sa bouche. Il se trouve qu’il s’agit d’Aikin.
— C’est pas la première fois qu’elle dit ça. Il parait qu’elle a tiré quatre fois en voyant qu’il ne voulait pas mourir. Enfin c’est ce qui se dit…
La supérieure attaque le jeune homme du regard. Il ne chuchote pas assez bas, faut-il croire.
— On me donne un ordre, je le suis. Et vous avez intérêt à faire pareil.
Le soldat cligne des yeux en réalisant qu’elle ne cherche même pas à nier. Estimant qu’il vaut mieux ne pas insister, il se fait tout petit avec maladresse. Aldia le laisse tranquille et passe à la suite. On teste les recrues : on les a mises dans le bain, alors maintenant on les fait courir, on les fait lever des poids, on les fait compter, on les fait cogiter. A grand coup de discipline, on ajuste les rangs essoufflés. Il faut faire comprendre à la bleusaille qu’ici c’est l’armée, on n’est pas là pour rire.
Enfin, le soir arrive. Les nouvelles recrues ne se font pas prier pour manger et dormir après avoir trainé un peu dans les pièces à vivre. Au petit matin, alors que tout le monde roupille paisiblement pour récupérer de la veille, la porte du dortoir s’ouvre. Une vois familière réveille alors la plupart des soldats.
— Aikin ! Akin Lumaes ! Debout !
La voix d’un homme pas très réveillé demande ce qu’il se passe, apparemment il est une heure trop tôt pour ce genre de fantaisies. Il comprend que la lieutenante en veut à une personne en particulier. Pauvre Aikin.Spoiler : < HRP >
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Post n°21
Auteur : AikinL'expression sur le visage d'Aldia semble de plus en plus amusée, mais je ne le remarque que très rapidement, et je considère bien vite que c'est mon imagination qui me joue des tours. Aldia me ramène au stade de tir. Je m'y remets, un peu nerveuse. Cette entrevue m'a perturbé. Pourquoi semble-t-elle si enthousiaste à l'idée de m'entraîner personnellement ? Quelque chose m'échappe, mais je n'ai aucune idée de quoi. Et je ne pense pas que ma petite "crise" avant la douche m'a fait gagner des points de ce côté là.
Au stand, j'empoigne de nouveau l'arme, et applique de façon méticuleuse les conseils d'Aldia pour améliorer ma précision. Les deux autres soldats viennent me voir, prennent des notes, règlent quelques détails. Ils ont l'air satisfaits de mes résultats. Ou alors ils font semblant d'être satisfaits. Peut-être que je réfléchis trop...
Après plusieurs longs moments d'essai au tir, j'entends un "clic" au moment où je presse la gâchette. Après plusieurs autres tentatives, je me rends compte que j'ai épuisé toutes mes munitions. Je regarde s'il reste d'autres chargeurs autour de moi, mais il semble que mes ressources sont épuisées. Observant autour de moi, je vois que les autres recrues sont dans la même situation que moi. Je pose mon arme alors que j'entends la Lieutenante applaudir.
— Tirer… C’est marrant au début, hein ? Après, quand on doit faire feu sur quelqu’un… C’est pas pareil. Je ne vous dis pas que ça va être votre quotidien, mais, si on vous ordonne de le faire, il ne faudra pas venir me dire que je ne vous aurais pas prévenu. Quand vous tirez, là, vous ne vous amusez pas. Vous vous entraînez pour le jour où vous aurez besoin de tirer en situation réelle. Et ce sera sur quelque chose… ou quelqu’un.
Je frémis un instant à cette idée, mais je ne suis pas la seule dans ce cas. Notre réaction semble combler Aldia, mais mon imagination me joue peut-être encore des tours. C'est vrai, je veux m'engager dans la GAR. Je suis désormais une recrue dans la GAR. Et vu mes prédispositions actuelles, je risque fort de manier une arme à feu. Et, généralement, on n'ouvre le feu que sur une menace. J'ai imaginé, assez naïvement, que je n'aurai qu'à tirer sur des droites, des machines d'huile et de ferraille. Ainsi, je n'allai avoir aucun scrupule. Mais je n'ai jamais pensé à tirer sur un autre être vivant...
Je repense à ma blessure à la jambe. J'ai l'impression qu'elle se réveille et me chauffe quand je pense à un tir de blaster brûlant de la chair. Est-ce que cette blessure va me hanter jusque la fin de ma vie ? Quelle genre de péché ai-je pu commettre pour subir ce genre de châtiment ?
Mais en repensant à cette blessure, je repense à ceux qui me l'ont causé. Ceux qui m'ont blessé. Ceux que je souhaite stopper en m'engager dans la GAR. Malgré la douleur qui me fait frissonner la jambe, cela renforce légèrement ma détermination, comme à en juger par mon poing droit qui se serre.
— De mon temps, quand j’étais nouvelle dans un autre service -vous devinerez lequel- on m’avait fait tirer sur une autre recrue qui se montrait un peu trop têtue. Je l’ai fait, parce que ce sont les ordres. C’était un exercice, en vérité. On ne m’avait pas confié que l’arme était en position paralysante. Heureusement pour la recrue, au final.
— C’est pas la première fois qu’elle dit ça. Il parait qu’elle a tiré quatre fois en voyant qu’il ne voulait pas mourir. Enfin c’est ce qui se dit…
— On me donne un ordre, je le suis. Et vous avez intérêt à faire pareil.
Cette nouvelle me fait peur. Une peur sincère. J'ai un léger pas de recul et ma bouge s'entrouvre, marquant ma surprise. Est-ce que je vais me faire former par une lieutenante si à cheval sur les règles ? Est-ce qu'elle va essayer de me formater pour devenir un robot sans émotions, exécutant les ordres aveuglément ? Je ne veux pas devenir comme ça. Je ne veux pas devenir comme ça. Je ne veux plus tellement me faire former par cette... folle... Le pire étant qu'elle ne cherche même pas à nier cette action. Elle aurait tué un camarade si elle en avait reçu l'ordre. C'était ce genre d'obéissance aveugle qui pouvait mener aux pires dérives.
Je ne veux pas devenir comme cela.
Après cet épisode des plus perturbants, Aldia décide de continuer les tests, estimant que nous nous sommes assez "amusés" sur les cibles. Malheureusement pour moi, nous arrivons à une partie plus physique des tests. C'était idiot de ma part de penser que j'y couperai, en m'engageant à la GAR. Mais je vais le faire tout de même. Je n'ai pas le choix, maintenant qu'Aldia m'a dans le collimateur.
Nous commençons par la course. Je commence doucement, essaie de tenir le rythme, mais finit inévitablement par boitiller et prendre du retard. Je me fais engueuler (il n'y a pas d'autre mot), mais essaie de garder un rythme stable. Je suis lente, mais constante. Pas le plus utile, mais c'est déjà ça. Je dois continuer de "courir" alors que tous les autres ont fini depuis longtemps, mais ce n'est pas si grave. Je sais que les autres recrues m'observent, ayant fini la partie "endurance" de la course, mais j'essaie de ne pas y faire attention.
La partie "vitesse" de la course est un autre problème, cependant. Que ce soit en solitaire ou en relais, je suis toujours dernière. Je m'excuse avec ceux qui ont la malchance de tomber avec moi. Certains m'insultent, d'autres restent indifférents, mais certains restent compatissants.
Aldia nous fait ensuite lever des poids. Etant déjà fatiguée par toute cette course, et n'étant pas habituée à tant d'efforts, je réalise un score misérable : 40kg au développé-couché, en effort maximum, pendant à peine quelques secondes. La pire du groupe de recrues. Après avoir reposé la barre avec les poids minuscules, je ne sens plus mes bras. On fait passer les autres recrues, puis les soldats accompagnant Aldia décident de nous faire passer des tests un peu plus intellectuels. Je me réjouis. Enfin un domaine où je ne serai pas dernière.
Les tests vont du simple au compliqué, mais je me débrouille sans trop de difficultés malgré ma fatigue. D'autres ne sont pas dans mon cas, mais je ne commente pas ce fait. Je ne suis pas là pour me faire des ennemis.
A la fin de toutes ces épreuves, ils nous remettent une dernière fois en rang alors que nous sommes épuisés, et nous laissent notre soirée. Je suis les autres recrues vers les dortoirs et fonce vers le réfectoire. Je suis affamée et assoiffée. Je me débrouille pour prendre un repas copieux et sort assez vite pour prendre une douche. L'eau sur ma peau arrive comme une bénédiction qui lave la fatigue. Après ces quelques instants d'accalmies, je me dirige vers mon lit et m'endort très vite, mais mon sommeil est perturbé. Je transpire un peu, je fais un mauvais rêve. Je me remémore la journée où j'ai reçu ma blessure. Mais cela ne me réveille pas.
***
— Aikin ! Akin Lumaes ! Debout !
Je me réveille brusquement, ma blessure me brûlant légèrement. Aldia. Je m'exécute, un peu par peur de subir des représailles si je suis trop lente, et enfile mon uniforme. Je prends le bandeau que je mets habituellement pour cacher mes "yeux", mais le fixe plutôt mal dans ma précipitation. Je me dirige alors vers Aldia qui se tient dans l'ouverture de la porte, alors que je pense avoir l'air complètement débraillée. Je me mets dans un garde à vous approximatif mais tout de même correct, et attend la suite.