La conquête de Corellia
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Post n°7
Auteur : Asavar Phocas
Accompagné de la duchesse Axan, j'avançai sur l'estrade de la vaste salle de rassemblement située en plein centre-ville de Tyrena. Le choix de cette ville comme lieu d'annonce de ma candidature avait apparemment été basé aux tendances politiques de cette cité, principal lieu d'opposition au programme de Gabe Narben. Jetant un dernier regard vers les coulisses avant d'apparaître à la lumière, je vis Lawrence Vaetta me sourire et me souhaiter bonne chance d'un signe. Pour elle qui avait tant craint l'annonce de la candidature de Narben, ce revirement de situation avait été un soulagement infini. Je m'arrêtai quelques instants, laissant à la PDG de la CTC le privilège de m'introduire à la foule de curieux qui, je l'espérais, constituerait bientôt le socle de mon électorat.
- Mesdames et messieurs, citoyennes et citoyens de Corellia, aujourd'hui commence une nouvelle ère pour le joyau du Noyau. Les idées rétrogrades de Gabe Narben auraient pu faire de cette nouvelle ère une période sombre, mais nous vous apportons aujourd'hui celui qui conduira Corellia vers un nouvel âge de prospérité. Permettez-moi de vous présenter votre nouveau candidat : Asavar Phocas !
Modulant ma voix afin d'adopter le timbre le plus chaleureux possible, je me dévoilai à la foule partagée entre l'excitation et la surprise de découvrir un visage jusqu'alors inconnu, avançant au rythme de la musique qui, je l'apprendrais plus tard, était une interprétation d'une chanson militante chère à l'aile progressiste du Parti.
S'en suivit plusieurs heures de discours retransmises en direct dans tout le système, durant lesquelles je m'efforçai de captiver l'attention de mon auditoire, martelant d'un ton à la fois ferme et bienveillant. J'exposai ainsi un projet incitant Corellia à l'ouverture, loin des idées protectionnistes évoquées par Narben. Mon programme était marqué par une volonté de faire prospérer des idéaux de justice sociale, le tout en entamant un projet de création d'une grande fédération corellienne à même de se faire respecter par les grandes puissances et à jouer un rôle de phare pour les Etats indépendants et non-alignés. J'évoquais également un renforcement du commerce avec l'extérieur sous le contrôle attentif de l'appareil étatique. Tout mon programme reposait donc sur quatre piliers : équité, progressisme, fédéralisme et coopération. Croyais-je vraiment en ces idéaux ? Cela n'avait aucune importance. Tout ce qui importait, c'était qu'avec ce programme, je m'apprêtais à donner à mon rival une correction qu'il ne serait pas près d'oublier.
Je conclus mon discours enflammé par un avant-goût de ce à quoi ressemblerait Corellia sous mon mandat. Sous les applaudissements d’une foule visiblement conquise (une bonne nouvelle, même si ce n’était guère étonnant compte tenu des tendances politiques de Tyrena), une bannière se déroula le long du haut mur situé dans mon dos : un nouveau drapeau pour une nouvelle Corellia.
Guidant la jeune agente (ou le jeune agent) polymorphe de la CSI, le droïde 3PO entra dans l'hôtel de luxe situé en plein coeur du quartier le plus huppé de Coronet. Il conduisit alors la jeune fille jusqu'à une chambre imposante dotée d'une vue imprenable sur les spires de la ville haute - pas une suite, certes, mais elle avait cependant une allure indéniable. Le droïde s'adressa alors à celle qui se faisait appeler Mai'Sa Everkoote lui indiquant que ses consignes lui seraient bientôt communiquées. En attendant, elle était libre de jouer son rôle de touriste comme elle l'entendait, du moment qu'elle conservait à l'esprit la raison de sa venue sur Corellia. Bientôt, la CSI reprendrait contact avec elle par l'intermédiaire d'un agent, mais d'ici-là, elle devrait se contenter de suivre l'actualité politique... et de lire avidement tous les ragots et polémiques entourant le personnage ô combien controversé de Gabe Narben. -
Post n°8
Auteur : Blad DemeciLe lendemain matin, à l'aube, le datapad de Mai'Sa vibra. Un nouveau message venait de s'afficher sur le petit écran lumineux :
Après l'interview télévisée, Narben va se rendre au prestigieux club appelé CoroNight.
Il aime les tenues osées...
Supprimez ce message.
Ansikt devait donc trouver ce lieu de débauche, dans l'optique d'y préparer son plan (s'il en avait un). La seconde phrase du message anonyme était d'ailleurs étrange, visiblement le contact de l'agent Billy souhaitait le voir utiliser ses charmes et atouts physiques... Ils constituaient sans doute une arme non négligeable pour piéger Gabe Narben, à terme._________________________________________________________
Le studio de Corell Network était en ébullition. Ce soir, la chaîne allait potentiellement exploser ses records d'audience, et de façon historique. La nation Corellienne l'avait en effet désignée pour être le théâtre publique du débat présidentiel, peu surprenant ceci dit, vu l'influence déjà importante du groupe médiatique. Almir Charr avait donc enfilé son plus beau costume, il ne comptait pas faire de la figuration ce soir, bien qu'il ne soit évidemment pas la tête d'affiche. Cette place était logiquement réservée aux deux candidats : Gabe Narben et Asavar Phocas. Ceux-là avaient les bras très longs, et allaient probablement s’entre-déchirer ce soir pour grappiller des voix auprès des citoyens de Corelliens.
Le plateau de l'émission avait été modifié pour l'occasion. Amir était au centre de l'écran, face à la caméra bien entendu, assis à une table chromée, en forme de boomerang, qui permettait de réunir à ses extrémités les sièges de Narben et de Phocas. En fond, le drapeau de la mère-patrie volait au vent sur un écran géant, dans une animation au réalisme déconcertant. Le ton était donné.
Amir attendait sur son fauteuil en cuir noir depuis quelques minutes déjà, relisant ses fiches, soit en réalité les questions destinées aux deux invités du soir. Ces derniers ne tardèrent pas à rejoindre l'animateur, alors que la régie annonçait une minute de publicité avant le démarrage. Ce soir c'était du direct, la pression était donc à son paroxysme. Gabe Narben était parfaitement maquillé et coiffé, son costume de velours pourpre illuminait son côté de l'écran. Le natif Corellien avait toujours eu ce goût extravagant pour les couleurs vives, à voir si c'était du goût des téléspectateurs.
Le candidat Skakoan semblait froid de prime abord, glissé dans sa combinaison emblématique. Il n'y avait pas de sourire, ni de regard bienveillant derrière ce scaphandre, les armes de Phocas étaient sans doute ailleurs. Un décompte en lettres rouges s'afficha au-dessus des caméras du studio, cette fois-ci c'était bel et bien l'heure de s'adresser aux milliards d'habitants de Corellia.
"Corelliens, Corelliennes, bonsoir. Bienvenue sur Corell Network! Ce soir, ce n'est pas n'importe quelle émission qui vous attend, je vous présente sans plus attendre les deux candidats, masculins, des élections présidentielles de notre belle nation : Gabe Narben et... Asavar Phocas!"
Le jingle de présentation des deux candidats se lança. Narben fût présenté par un court clip comme le candidat natif de Corellia, homme d'affaires redoutable et nationaliste à souhait. Tandis que le parcours de Phocas, au sein de Techno-Syndicat notamment, fût brièvement abordé, lui apportant tout le crédit personnel dont il avait besoin. Ses liens étroits avec Kaloo Axan ne furent évidemment pas oubliés, évidemment, puisque ce nom rayonnant était connu quasiment de tous ici.
"Messieurs, quelques règles s'imposent pour encadrer notre débat. Dans un soucis d'équité, vous disposerez chacun du même temps de parole, sur l'ensemble de l'émission. A vous de voir, en fonction des questions posées par mes soins, le temps que vous souhaitez prendre pour répondre. Les échanges entre vous sont permis, bien sûr, tant que la parole de l'un n'empiète pas sur celle de l'autre. Conduisons-nous en gentlemen, si vous le voulez bien!"
Amir s'adressait aux candidats mais ne lâchait pas la caméra du regard. Il s'agissait aussi de ses quelques instants de lumière, et ça se sentait. La star qu'il était pouvait se le permettre, son nom était d'ailleurs plus connu que celui du Skakoan sur Corellia, malgré tous les efforts de la CTC pour mettre en avant son poulain de dernière minute.
"Un tirage au sort a décidé que Monsieur Phocas allait répondre en premier à ma première question, puis nous intervertirons à chaque fois. Voici donc une interrogation qui me semble capitale : au cours des premiers mois de votre éventuel mandat, quelles seront les mesures prioritaires prises par votre gouvernement? La parole est à vous, Monsieur Phocas."
La guerre des mots pouvait commencer. Gabe Narben dévisageait déjà son concurrent avec un fin sourire narquois, comme s'il s'attendait à ce qu'Asavar se ridiculise tout seul, devant des milliards d'auditeurs. Alors qu'Asavar s'apprêtait à se lancer, Gabe se saisit du verre d'eau posé devant lui pour boire quelques gorgées, se préparant à riposter dès que possible à la moindre attaque adverse. -
Post n°9
Auteur : Asavar PhocasLe premier meeting de Tyrena avait été un succès. Si, Gabe Narben se trouvait encore devant moi dans les sondages, le soutien populaire quasi-instantané de la deuxième ville de la planète me donnait une solide base militante et m’assurait un réel statut de challenger sérieux dans la course à la présidence. De son côté, Narben pouvait compter sur les militants de villes de moindre importance comme Kor Vella, Doaba Guerfel ou Bela Vistal, qui, malgré leurs tailles plus réduites, constituaient une fois réunies un réservoir de suffrages majeur et un solide pilier électoral pour les ultranationalistes qui avaient pris les rênes du parti après la disparition de Mufus et Jinn Fear. Certains groupes politiques, tels que les Patriotes Dralls, ainsi qu’un parti clandestin connu sous le nom de Front Libertaire Républicain, avaient choisi de ne pas s’impliquer dans les élections. Ainsi, le seul territoire encore âprement disputé, celui qui allait déterminer l’issue de ces élections, n’était autre que la capitale de Coronet City elle-même. Et le débat de ce soir m’opposant à Narben serait déterminant dans la conquête de la plus grande métropole du système.
Gabe Narben… Pour la première fois, je faisais face à mon rival, et il me semblait bien misérable, plutôt élégant quoiqu’un tantinet extravagant, mais bien plus frêle que ce que ses tracts laissaient croire. Dans la conquête du pouvoir, tout est une question d’image… Mon apparence avait d’ailleurs déjà fait son petit effet sur l’opinion publique. La base militante de Narben, désireuse de me discréditer, n’avait d’ailleurs pas attendu avant de m’attribuer le surnom “d’homme d’acier”, sans doute pour me donner une aura autoritaire et menaçante afin de susciter le dégoût des électeurs… Ce fut un échec cuisant. L’équipe de communication engagée par Axan n’avait pas tardé à reprendre le sobriquet en lui donnant un sens tout autre, me donnant une image d’inflexible protecteur du peuple. Qu’est-ce qui vous fait sourire ? Allons, je n’ai jamais dit que j’étais un grand philanthrope ! Ce n’était que de la communication, et j’étais bien le premier à trouver cela ironique.
Almir Charr, le présentateur vedette de Corell Network chargé de diriger le débat, me posa une première question. Celle-ci était relativement vague et visait à me faire présenter les grandes orientations de mon projet politique.
- Monsieur Charr, je suis ravi que vous me posiez cette question. Si vous me permettez, je vais néanmoins devoir faire un léger détour avant de répondre clairement. Je vous prie d’avance de bien vouloir m’en excuser, mais c’est une étape nécessaire pour comprendre ma pensée politique.
Je marquai une courte pause avant de reprendre la parole.
- Mon visage - si je puis m’exprimer ainsi - était jusqu’hier parfaitement inconnu sur Corellia, et pour cause, je ne suis arrivé que très récemment sur le joyau du Noyau. Si l’on suit à la lettre la logique nationaliste adoptée ces derniers mois par les hautes instances du Parti Corellien et par mon estimé concurrent, cela devrait m’exclure de la compétition électorale. Cependant, je vous prie de bien regarder autour de vous, d’observer le public assistant à ce débat, de vous remémorer l’histoire même de cette illustre nation cosmopolite qu’est Corellia. Ne voyez-vous donc pas tous ces peuples aux cultures si différentes et pourtant unis par leur profond amour de la patrie et de ses valeurs ? Ne vous souvenez-vous donc pas que lors de ses heures les plus sombres, alors que l’impérialisme Sith menaçait la galaxie toute entière, ce sont deux étrangers qui se sont élevés face à la menace et ont dressé un rempart face à la tempête ? Oseriez-vous affirmer que ces hommes n’étaient pas corelliens ? Non, mes chers camarades, Corellia n’est pas la nation du sang. Corellia a toujours rayonné à travers la galaxie par ses valeurs d’ouverture et d’amitié entre les peuples. Et ce sont ces valeurs que je souhaite porter aujourd’hui et pour les années à venir. Je suis un ancien citoyen de la Confédération, c'est vrai. Et c'est ce recul qui me permet de voir clairement ce qui fait le rayonnement de cette belle planète et le danger que constituent les pulsions belliqueuses des puissants.
La galaxie traverse ces dernières années une période de trouble d’une particulière gravité. Alors que la chute de l’Empire semblait annoncer le retour de l’ordre, il semblerait que les vieilles rivalités entre la République et la Confédération se ravivent. Puisque les grandes nations ont choisi la voie du conflit, une alternative doit être trouvée. Corellia semble être la candidate idéale pour véhiculer un appel à la fin des hostilités. Nous devons néanmoins garder en mémoire l’échec d’Alderaan et de l’OPNA. Corellia doit donc se réformer afin de devenir un phare pour les peuples désireux d’échapper à la soif de sang des deux colosses, car c’est bien le sang du peuple qui a été coulé durant les dernières guerres menées au nom des puissants. Cette grande réforme sera la priorité absolue de mon gouvernement.
Dans un premier temps, pour véhiculer les valeurs d’unité et de solidarité, Corellia doit incarner ces valeurs. Cela passe par la création d’un Etat nouveau. Celui-ci devra répondre à deux problématiques. La première mission de cet Etat nouveau sera d’unir et de renforcer la nation Corellienne en mettant en oeuvre des grandes réformes économiques et d’une refonte de la CorSec. En d’autres termes, l’Etat nouveau doit être garant de la liberté et de la souveraineté populaire en nationalisant les moyens de production, la CTC devenant ainsi un organe étatique à part entière, et en augmentant le budget de la défense. L’objectif final sera de garantir la liberté individuelle tout en créant des emplois afin de dynamiser l’économie nationale par un effet multiplicateur. Vous pouvez considérer cette orientation politique comme une forme de capitalisme d’Etat, mais sa portée finale est de faire de Corellia un Etat social et populaire. L’investissement public est la clef pour développer le hard power de l’Etat d’une manière profitable aux citoyens. Un court service militaire sera également en place afin de préparer les corelliens à se défendre face à une éventuelle agression, mais aussi pour apprendre aux citoyens à faire fi des différences, contribuant ainsi à développer l'esprit de solidarité nationale. Le développement de l'accession à l'éducation est également une facette primordiale de mon programme, et des aides seront ainsi mises en place auprès des populations les plus défavorisées afin de briser à terme les frontières entre catégories sociales
La seconde problématique est celle de la dérive du Parti Corellien au sein duquel le pouvoir est aujourd’hui exclusivement détenu par un cercle fermé de cadres. La Loi d’Airain de l’oligarchie doit être éliminée du fonctionnement du Parti. Pour cela, la Constitution devra être réformée afin de placer les assemblées populaires, les Conseils, au centre du processus décisionnel. A chaque Conseil correspondra une portion du territoire national, une Commune. Chaque Commune sera administrée par son Conseil avec l’appui du Parti. De plus, une réunion sera organisée de manière régulière dans la Chambre des Conseils, ce qui permettra aux représentants démocratiquement élus de chaque Conseil de débattre de la politique nationale et de transmettre des doléances populaires aux hautes instances du Parti. Un comité central, le Praesidium, devra examiner les doléances populaires et en tenir compte dans les politiques publiques. Celui-ci sera dirigé par le Président, ou comme il sera nommé dans la nouvelle Constitution afin de revenir aux anciennes valeurs de Corellia, le Diktat.
Enfin, vous n’êtes pas sans savoir que je me suis prononcé en faveur du fédéralisme. En effet, pour incarner l’amitié entre les peuples, Corellia et ses soeurs doivent s’unir à nouveau au sein d’une unique nation cosmopolite, la République Fédérative Populaire de Corell. Des négociations seront menées avec les gouvernements de nos planètes voisines afin de faire de cet ambitieux projet une réalité. Cette fédération sera le coeur du projet de voie nouvelle face aux ambitions des grandes puissances et tissera avec les mondes indépendants et souverains un partenariat économique et militaire afin de véhiculer efficacement nos valeurs, dont la galaxie a actuellement cruellement besoin.
Je portai à nouveau mon regard sur Almir Charr après avoir énoncé les grandes lignes de mon programme sur un ton déterminé face à la caméra.
- C’est cela mon projet pour Corellia, monsieur Charr : l’ouverture, la solidarité et le progrès pour tous les peuples !
Dakul écoutait le débat d’une oreille distraite. Il aimait se tenir informer, mais il savait bien que si la mission qu’il devait superviser était un succès, alors la victoire d’Asavar Phocas serait une certitude. Néanmoins, il ne pouvait s’empêcher de ressentir une certaine curiosité pour la suite des événements. Asavar ne lui semblait pas être le genre de personnage qu’on pouvait utiliser comme un pion. Il semblait bien trop ambitieux, rusé et imprévisible pour cela… Tout cela promettait d’être fort divertissant !
Alors que le crépuscule commençait à tomber sur la capitale corellienne, l’homme de main Skakoan observa attentivement depuis sa cachette l’entrée de la boîte de nuit appelée CoroNight. Ses contacts ne laissait planer aucun doute sur le fait que Narben comptait s’y rendre après le débat, quelle qu’en soit l’issue, même si connaissant son ego démesuré, il s’attendait certainement à une victoire éclatante. Ses hommes étaient en position, le tenant informé du bon déroulement de l’opération. L’un d’entre eux en particulier, avait un emploi de serveur dans la boîte de nuit. Sa fiabilité était vérifiée : par le passé il avait rendu de fiers services au réseau de renseignement des supérieurs de Dakul, et quand bien même il se compromettrait, il ignorait tout du lien entre son organisation et le Techno-Syndicat. Sa mission serait de transmettre les consignes à l’agent de terrain et à s’assurer qu’il ne se défile pas. Les services de renseignements confédérés avaient tenu informé Dakul que leur envoyé ne serait sans doute pas facile à manier et le Skakoan avait fait en sorte que celui-ci soit tenu le plus possible dans le flou jusqu’au dernier moment afin de minimiser les risques. Il guetta l’entrée du club. Bientôt, “elle” serait là, et Gabe Narben serait de l’histoire ancienne. -
Post n°10
Auteur : Ansikt
— Zen caule mi méïbiiiiiiiiiIiiiiIiIiIIIIIIiIiIiiiIi !
Ma voix copie avec disgrâce les paroles de la musique, ajoute une couche d’insupportable à la cacophonie ambiante. Je doute qu’un agent chargé de me surveiller couperait l’audio pour de l’eau et une voix aussi agréable qu’un crissement d’ongles sur un tableau, mais je doute également qu’il passe un bon moment. Je suppose être surveillée en permanence, donc l’individu en question a certainement pu se rincer l’oeil sur mon corps, ce pervers. Autant pourrir son expérience autant que possible, non ?
Je coupe enfin la douche, et m’enroule dans une serviette. En soi, je n’en ai pas besoin. Je pourrais augmenter mon métabolisme pour me faire chauffer, et évaporer l’eau ainsi. Une fièvre sans transpiration. Je pourrais aussi rendre ma peau plus hydrophobe. Mais je ne suis pas dans l’urgence actuellement, et, si je suis surveillée en permanence, autant ne pas trop révéler mes capacités. Ils en savent déjà trop à mon goût.
J’observe mes alentours. La salle de bain est aussi luxueuse que le reste de la chambre. M’approchant de l’évier en marbre, mon regard se pose sur ma réflexion. Les traits sont jeunes, les cheveux d’un blond prononcé, les racines sombres invisibles. Le visage un peu ovale, des grands yeux noisette. Je peux comprendre l’attirance que pourrait susciter cette personne. Rien que son visage est agréable à voir.
Alors pourquoi, malgré cette apparence, je ressens ce vide, maintenant que je suis au calme ?
Je suis là, sur Corellia, dans un appartement de luxe. J’ai le visage d’une fille joviale, j’ai arboré ce masque toute la journée. J’ai quelque chose à faire, suis censé avoir un objectif à accomplir ici. Un challenge qui est censé être à la hauteur de mes capacités. Cela devrait m'exciter, non ? Et pourtant…
Est-ce parce que j’ai autre chose en tête ? Peut-être Elle ? Je ne L’ai pas revue depuis l’Aberration. Est-ce qu’Elle me manque ? Non, ça serait absurde. Je ne m’attache pas. Plus maintenant. S’attacher, ça ne cause que du tort. Je dois en priorité gérer ma sécurité, mon indépendance, ma liberté… C’est le plus important, n’est-ce pas ? Moi, et seulement moi. Uniquement moi. C’est ce que mon paternel m’avait transmis. C’était un enfoiré, mais un enfoiré avec de bons conseils. Un enfoiré utile, en somme.
Dans la même logique, pourquoi en aurais-je quelque chose à faire d’une supposée planète remplie d’autres de mon espèce ? Ils l’ont mentionné, dans un espoir de me motiver, et j’ai eu une posture de défiance envers cette idée, mais… Au final, je ne les connais pas, non ? Si ça se trouve, ce ne sont qu’un ramassis de sauvages et de primitifs. Des déchets qui n’ont pas su s’élever au delà de leur statut et quitter leur trou. Je pourrais essayer de les retrouver, oui. Mais dans quel but ? Devenir leur seigneur, pour flatter mon ego ? Inutile, risqué. Les livrer à la CSI ? Pour qu’ils finissent en rat de labo ? Hors de question. Ce sont malgré tout ce que j’ai de plus proche en tant que semblable, et je refuse que la CSI piétine leur dignité ainsi. Et cela serait trop simple de faire en sorte que des sauvages me mange dans la main, de toute manière.
Alors, si une planète ne me suffit pas, quoi ?
Enfin, ma priorité est de retirer cette foutue puce. Je la sens, je l’ai localisée. Le truc, maintenant, c’est de la retirer. Que peut-elle faire ? Envoyer un signal surpuissant ? Libérer une neurotoxine ? Exploser ? Est-ce qu’elle s’active automatiquement à la sortie de mon corps, ou est-ce qu’un agent doit l’activer manuellement ? Comment détecte-elle qu’elle sort de mon corps ? Il y aurait moyen de la sortir brutalement, mais il faudrait pouvoir savoir à quoi s’attendre. Si elle explose, elle risque de causer des dégâts.
Enfin, pourquoi la faire exploser ? Une explosion attire l’attention, et laisse des traces. Beaucoup de traces. Vu mes ordres de mission, je vais bientôt être en contact avec Gabe Narben. Peut-être même en contact très proche. Et ce n’est pas le genre d’individu qu’on peut éliminer facilement, surtout dans le climat actuel. Leur petit protégé pourra abandonner ses chances d’obtenir Corellia, avec un scandale pareil. Et, s’ils voulaient l’éliminer directement, ils auraient envoyé un spécialiste du domaine. Pas un infiltrateur.
Balayons cette hypothèse. Il faudrait que je puisse la désactiver, en fait. Est-ce que je connais une espèce capable de générer de l’électricité ? Rien qui me vienne en tête dans l’immédiat. Il faudrait que je fasse une recherche, mais cela a de fortes chances d’être tracé, si je le fais sur un de mes appareils actuels. Une IEM ferait l’affaire, mais je ne risque pas d’en trouver une facilement sur CoroNet. Il faudrait quelqu’un avec des connections, de militaire ou de contrebande. Il me faudrait du temps pour me familiariser avec les réseaux illégaux de Corellia, un temps qui me manque cruellement actuellement. Mais comment se procurer du matériel militaire ? Peut-être qu’un certain dandy connait du monde ?
La lumière clignote, et je sursaute. Je fais un bond en arrière, aiguise mes ongles. On m’attaque, et on cherche à couper ma visibilité ? Non, des professionnels auraient tout coupé d’un coup, plutôt que de faire un essai à moitié raté. Pourquoi à cet instant ? Quand j’ai pensé à ma cible. C’est la CSI ? Ils ont lu mes pensées ? Inconcevable ! Absurde ! Comment ?! Ils n’ont pas accès à mon système nerveux, et n’ont pas de sensitif dans leurs rangs ! Ou alors ils en ont gardé un juste pour moi ?
Il y a danger. Il faut que je reprenne contrôle de la situation. D’un bond, j’atteins les interrupteurs, enlève la visibilité dans la pièce. Cette première action faite, j’actionne les radiateurs de la pièce à la température maximale. Je ne serai pas détecté par une vision thermique, dans ce cas. Ma vision s’adapte, et je me juche au dessus de l’entrée, en embuscade.
La température monte, les minutes s’égrènent. De grosses gouttes perlent le long de mon visage, mais je reste en place. C’est une guerre de nerfs. Celui qui craque en premier perd son avantage tactique. Je ne cèderai pas. Non, je ne cèderai pas. Je suis piégée, faite comme un rat. Ils vont certainement pouvoir tenir le siège. Fais %$!# !
Soudain, la porte s’ouvre, et une forme sombre en émerge. Sans une réflexion, je me jette sur elle, griffes complètement formées en avant, vers son semblant de tête. Une agression basée purement sur l’instinct, une poussée bestiale pour éliminer l’intrus en un coup. Mais quelque chose ne va pas. Je traverse la cible de part en part, et atterrit avec force. Je l’ai transpercée avec tant de facilité ? Non, ça ne colle pas… Je l’ai loupée ? Non, non, impossible ! Que s’est-il passé ?
La forme ne perd pas de temps se déploie, et me plaque au sol. J’essaie de m’extraire de sa prise, sans succès. Malgré ma vision nocturne, je n’arrive pas à discerner ses traits. Une nouvelle technologie ? Malédiction ! Je me débats, mais n’arrive pas à bouger. La créature se déploie, appuie son avantage de tout son poids. J’essaie de lever les bras, mais impossible de se défendre. Je ferme les yeux, attend l’inévitable assaut, mais rien ne vient.
J’ai l’impression d’être la victime d’un prédateur qui joue avec sa proie. J’essaie de créer un tentacule de chair, mais il n’est pas encore complètement développé. Il tourne la tête dans sa direction à ce moment. C...Comment ?! C’est comme s’il l’avait perçu ! Quelle est cette chose ? Elle me semble familière, pourtant… Ce sentiment d’impuissance…
Tant pis, je continue. Le tentacule se dirige vers l’interrupteur de la lumière. Il faut que je puisse voir mon ennemi, peut-être l’éblouir aussi. Les luminaires s’actionnent, et là, ça me frappe.
Cette face meurtrie, ce corps sombre et muté, ces tentacules… ! C’est… !
J’hurle, me projette en arrière. Mon corps obéit avec trop de zèle, et je m’échappe de la prise de l’Aberration, pour finir dans le coin opposé de la pièce. Elle ne bouge pas, mais reste immobile, menaçante. J’attends, effrayée. Cette fois, elle ne me manquera pas. Cette fois, elle va m’achever. Elle m’a traquée pour finir le travail.
Et soudain, elle s’efface, comme bannie par la lumière artificielle. Et puis, plus rien d’autre que ma respiration haletante. La pièce est vide. Qu’est-ce que c’était que ça ? Elle… Elle était là ! La créature ! Je l’ai vue ! Elle m’a attaquée ! Mais… mais est-ce que je l’ai vraiment touchée ? Hein ? Ce… Ce n’était qu’une illusion ? Elle… Elle est morte ! Disparue ! A plusieurs années lumières ! Comment peut-elle encore m’atteindre ?! Non, non, impossible, irréalisable, illogique ! Elle n’existe pas… Elle n’existe plus…
Il faut que je me calme, il faut que je me calme… RAH ! Plus facile à dire qu’à faire, quand chaque fibre de mon corps tremble après cette interruption ! Quand ai-je perdu la totale maîtrise de mon corps ? Depuis quand l’interruption d’un vieux démon me fait-il perdre mon emprise sur ma chair ? J’ai le contrôle. J’ai le contrôle. Je… Je ne sais pas.... Je ne suis pas fou. Pas fou…
Je reste ainsi prostré dans un coin de la salle de bains, à mi-chemin entre les tremblements et les pleurs.*******
CoroNight. On m’avait parlé d’un club prestigieux, et on ne m’avait pas menti. Tout respire la classe, ici. Les lumières, les habits, les alcools… Ca me rappelle certaines choses… Mais il faut que je reste concentrée.
Le débat est bientôt fini. Il était… intéressant ? C’est le terme, je pense. J’étais surprise, en fait : le nouveau candidat est loin d’être inapte avec les mots, ni tombé de la dernière pluie. Pourquoi alors lui offrir un tel soutien de la part des services secrets ? Pour assurer sa victoire ? Peut-être. Actuellement, il a ses chances, mais je ne pourrais pas déjà affirmer l’issue de l’élection. Cette soirée va être importante.
Je retire mon oreillette et la range dans mon sac. J’ai pu écouter le débat en entier, au moins. Même si j’aurais préféré ne pas avoir à me dissimuler dans les toilettes pour le terminer. J’ai pu étudier les manies, les préférences et les ragots à propos de Gabe Narben hier, avant… avant l’incident. Je tremble rien qu’en y repensant. Non ! Non, je dois être naturelle. Regarde toi dans la glace. Tu es magnifique. Tu attires les regards envieux des autres. Tu peux le faire.
Je sors de la pièce, et me dirige vers le bar. Je commande un breuvage alcoolisé qui sonne bien, sans trop faire attention à son contenu. Il ne sera pas consommé, de toute manière. Je m’installe ensuite à une table libre non-loin de là. D’ici, je vois toutes les arrivées, et personne ne peut me louper. Parfait.
Plus qu’à attendre ma cible, alors.*******Spoiler : Apparence de Mai'Sa à la soirée
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Post n°11
Auteur : Blad DemeciLe Skakoan avait été relativement habile avec les mots, mais Gabe Narben n'en avait que faire. Il y avait beaucoup d'autres personnes, sur Corellia, capables de la même éloquence. Tout au long de la réponse d'Asavar Phocas, son concurrent Humain n'avait cessé d'afficher un fin sourire narquois. Lorsque l'ancien employé du Techno-Syndicat en eu fini, Almir Charr se tourna vers le rouquin afin de lui donner également la parole. Ce dernier fit rouler une des deux pointes de son élégante moustache entre ses doigts, puis il se lança vivement, de sa voix sûre et tranchante :
"Avant de vous répondre, M. Charr, j'aimerais revenir sur quelques phrases de M. Phocas."
Le regard de Gabe se posa alors sur son rival, mais son expression faciale ne changea pas pour autant.
"Vous glorifiez Jinn Fear et Mufus pour leurs travaux, mais vous n'avez rien compris à l'histoire de cette nation, pardonnez-moi M. Phocas. Cependant, je ne peux pas vous en vouloir : le Techno-Syndicat a toujours été tenu éloigné des affaires publiques de Corellia. Ce n'est pas vous faire offense que de dire cela, n'est-ce pas? Contrairement à ce que vous pensez : votre recul important n'illumine pas votre jugement, il le compromet largement."
L'homme en costume rougeoyant fit mine de laisser un temps de réponse au Skakoan, puis enchaîna en un souffle :
"La vérité, M. Phocas, c'est que nos deux anciens présidents étaient nécessaires à la survie de ce système. Vous l'avez très bien dit, d'ailleurs ; à l'époque, les deux super-puissances de cette galaxie étaient en guerre. Fear et son acolyte Jawa n'étaient pas les meilleurs représentants que nous pouvions espérer, mais les meilleures garanties du maintien de la paix. L'un fût Sénateur de Dantooine, notamment, et l'autre dirigea la CSI plusieurs années durant. Ce tandem hors du commun assurait la pérennité indépendante de Corellia, malgré les grands conflits voisins. Voilà ce que le peuple a voulu, et ce qu'il souhaitera encore. Aujourd'hui, néanmoins, nous n'avons plus besoin de ruser à ce point pour demeurer indépendants et forts. Corellia a accumulé suffisamment de pouvoir pour devenir l'exemple indépendant de cette galaxie. Et cela commence par se défaire de tous conflits d'intérêts potentiels, que l'on parle de la CSI ou d'autres institutions financières d'ailleurs. Pardon encore, M. Phocas, mais vous restez un Skakoan quoi que vous puissiez dire, et qui sait ce qu'il pourrait se passer, dans votre esprit, si vous veniez, un jour, à être confronté à vos anciens collaborateurs. Le peuple Corellien a toutes les raisons de croire que vous pourriez adopter une attitude un brin trop... Arrangeante."
Cette fois-ci, la pose de Narben fût bien réelle, bien qu'il n'en avait pas fini avec son intervention. Il se tourna à présent vers l'animateur de l'émission, montrant par ce geste qu'il allait s'atteler à répondre à sa question initiale.
"M. Charr, les mesures prioritaires de mon gouvernement seront, tout bonnement, d'assurer des accords économiques et diplomatiques avec les autres grandes nations de notre univers. Corellia peut travailler avec tout le monde, et sur de nombreux projets industriels. Rendons-nous utiles envers les autres, et ils nous le rendront bien. De plus, ceci nous amènera à un résultat proche du plein emploi, et sur une bonne durée. Un inestimable bienfait pour notre pays, donc, qui poursuivra d'ailleurs sur sa tendance progressive, sur ce point. Comme quoi, on peut verser dans le progrès sans pour autant céder aux facilités populistes... Toutefois, je rejoins mon concurrent sur le thème de la sécurité : le budget de la défense doit être augmenté, afin de purifier notre belle planète du crime qui la gangrène. Ceci réduira les inégalités, améliorera l'efficacité de nos douanes, et ramènera un peu de tranquillité dans certains quartiers, sur lesquels nous avons fermé les yeux depuis bien trop longtemps. Bien entendu, nous ne réduirons jamais à 0% le taux de délinquance, il faut être réaliste, mais je crois en notre justice, et elle n'attend qu'un petit coup de pouce de l’État pour fonctionner à plein régime."
Le rouquin natif de Corellia laissa le temps à son interlocuteur, et aux téléspectateurs, d'emmagasiner toutes les informations envoyées, puis il reprit :
"Établir une nouvelle constitution ne répondra pas aux problèmes des Corelliens, pour rebondir sur le programme d'Asavar Phocas. Ce ne sera en fait qu'un énorme chamboulement politique, risqué, débouchant sur l'inconnu absolu. Faisons déjà avec les leviers mis en place, il y a largement de quoi faire. Bien entendu, il faut déjà les connaître un minimum pour pouvoir prétendre à leur utilisation... Mon futur gouvernement est évidemment le plus qualifié en ce sens, et c'est dans cette optique que j'apposerai une mesure supplémentaire à la première développée précédemment : la mise en place d'une véritable école publique, totalement gratuite et ouverte à tous. Actuellement, notre système éducatif est très privatisé, il est temps d'avoir une école publique forte, et surtout ; digne de ce nom. Moi-même, je suis issu des grands instituts privés, tout le monde le sait, et je trouve cela parfaitement injuste d'avoir scindé le monde de l'éducation en deux niveaux économiques et sociaux. Là encore, je vise à réduire les inégalités à l'intérieur de notre nation. Je souhaite rendre possible le rêve Corellien, dans la tête de tous nos enfants. Si nous nous occupons bien des générations à venir, alors la longévité de Corellia est assurée. Car mon programme est un projet de fond, qui voit bien plus loin encore que demain. Voilà les deux premiers grands travaux qui attendent Corellia, avec Gabe Narben comme président."
Le sourire du Corellien s'était effacé petit à petit, au fil des mots, laissant place à une mine plus sérieuse et fière. Même sa voix, de nature plutôt grinçante, s'était rendue plus suave. Visiblement satisfait, Gabe avait assez bien joué son tour de parole. Cependant, difficile de dire qui sera le futur président Corellien ce soir, tant les styles sont différents.
Deux heures plus tard, le débat toucha à sa fin. Almir Charr souhaita une bonne nuit aux concitoyens, puis le générique de conclusion fit son apparition sur tous les écrans. Gabe n'octroya plus un seul regard à Asavar, se levant de sa chaise et posant vivement son micro-cravate sur la table. Il n'avait envie que d'une chose, là maintenant, tout de suite : un bon verre au CoroNight.
En compagnie de son garde-du-corps, un grand Rattataki à la peau crayeuse, sans tatouage apparent, le candidat Narben pénétra dans le fameux club de luxe, sans faire la queue à l'entrée. Il était un privilégié ici, son entreprise en possédait des parts importantes, à vrai dire. Gabe rejoignit sans hésiter une table où quelques amis mondains se partageaient déjà du vin de prestige, en attendant leur riche et célèbre compagnon. Au milieu de son poulailler, l'homme en costume rouge se sentait rassuré, il sentait même la victoire électorale arriver tout bientôt. Petit à petit, il laissa la politique de côté, histoire de profiter de cet instant de détente et d'euphorie, avant le sacre ultime... -
Post n°12
Auteur : Asavar PhocasJe demeurais silencieux pendant l'intervention de Gabe Narben. Cet humain arrogant ne semblait pas avoir la moindre considération pour ma personne... A vrai dire il semblait assuré de sa propre victoire... Le voir me traiter ainsi avec autant de mépris que j'en avais pour lui, cela m'était insupportable. Néanmoins, il commettait une erreur en me prenant à la légère. S'il comptait expédier ainsi ce débat, il devrait s'attendre à de mauvaises surprises. Je me permis ainsi une courte réponse à ses propos avant que le débat ne porte sur des points plus précis.
- Monsieur Narben, pardonnez-moi de vous contredire ainsi, mais si vous pensez réellement que je glorifie les anciens présidents, alors vous faites une lourde erreur. Si, comme vous le soulignez vous-même, leur mandat a été d'une importance capitale pour la survie de l'indépendance corellienne, leur héritage global est plus contrasté et demeure sans aucun doute critiquable. Il y a notamment un point qui me chagrine particulièrement, un point que mon projet réforme constitutionnelle vise à corriger. Mufus et Fear nous ont légué un parti unique défaillant, au fonctionnement antidémocratique, au sein duquel tout le pouvoir est détenu par une élite muselant les opinions divergentes. Vous m'accusez de sympathie déplacée pour mes congénères Skakoan, ce qui est non seulement outrageant, mais c'est aussi une accusation sans preuve. C'est inacceptable, monsieur Narben. En revanche, je vous accuse de soutenir un système autocratique allant à l'encontre de toutes les valeurs corelliennes. Vous prétendez connaître Corellia mieux que moi, monsieur Narben, mais vous oubliez que ce monde fut l'un des fondateurs de l'ancienne République, un pilier de la démocratie. Vous rejetez une réforme nécessaire, la qualifiant de simple "chamboulement", selon vos propres termes. Pourtant, vous semblez oublier qu'avant ma candidature, vous étiez désigné comme unique candidat à la présidence de Corellia. Vous n'étiez pas amené à devenir un chef d'Etat démocratiquement élu, monsieur Narben, vous prépariez votre couronnement. Alors à quoi bon réformer les institutions, n'est-ce pas, monsieur Narben ? Le système actuel vous arrange tellement... Cependant, c'est au peuple d'avoir le dernier mot.
Vous affirmez de plus que Corellia n'a plus besoin de voir son indépendance garantie ? Dans ce cas, monsieur Narben, ce n'est pas moi dont le jugement est compromis par le recul, mais vous qui êtes rendu aveugle par l'isolation.
J'espérais pouvoir ajouter quelques mots, mais Almir Charr signala que la phase introductive du débat touchait à sa fin. Il se poursuivit ainsi pendant près de deux heures, Narben et moi-même prenant chacun le temps de répondre aux questions du journaliste. L'opposition de deux styles était évidente : le charmeur charismatique faisait face à la colère populaire, un conservatisme immuable contre un vent furieux de révolte.
Lorsque le débat prit fin et que la diffusion cessa, Narben quitta le plateau sans même me jeter un regard. C'était là une attitude dont j'aurais pu faire preuve en temps normal, mais alors qu'il quittait les locaux de Corell Network et que mes conseillers en communication se réunissaient autour de moi pour faire le bilan et qu'Elayne Navarr, qui avait officialisé son soutien à ma candidature au cours du débat, fit son entrée en scène, je ne pus m'empêcher d'observer mon rival s'engouffrer dans l'obscurité dans les couloirs. Un sourire lugubre se dessina derrière mon masque. C'était donc ça la fascination morbide pour la dernière marche du condamné ? Gabe Narben disparut dans le couloir de la mort, et malgré sa féroce opposition au cours du débat, je me confortais dans l'idée que dès le lendemain, il ne serait plus qu'un mauvais souvenir.
"Organisez-moi une conférence de presse demain soir."
Dakul demeurait encore et toujours suspendu tel une gargouille aux spires de Coronet, l'oeil attentif. Du haut de son perchoir il observa Gabe Narben et son garde du corps dépasser la longue file d'attente longeant la façade du prestigieux club CoroNight. Il envoya un signal à ses agents sur place, leur confiant la mission d'être ses yeux et ses oreilles à l'intérieur de l'établissement. Le signal était également destiné à l'agent Angel-A, l'envoyée du DCRS chargé de garder le contrôle du change-forme. On lui indiqua que Narben s'était installé à une table VIP en compagnie de quelques amis. C'était le moment.
A l'intérieur du club, un serveur s'empara d'une bouteille de vin gazeux et l'apporta à la table de la jeune et belle Mai'Sa Everkoote. Les lumières bleutées, violettes et dorées venaient briser par séquences l'obscurité de l'établissement, et alors que le volume de la musique monta et que les basses se firent plus lourdes, la piste de danse se remplit d'une foule des plus riches jouisseurs de Corellia.
"Avec les compliments de la maison !"lança le serveur d'un air enjoué en déposant la bouteille, deux coupes et un seau de glace sur la table de Mai'Sa.
A l'intérieur du seau à glaçons, un message à l'attention de l'agent métamorphe des services de renseignements séparatistes était dissimulé. "La cible a eu à plusieurs reprises des comportements violents envers les femmes et s'est rendue coupable de multiples agressions à caractère sexuel. Mettez en scène une récidive et exposez-la au public. Détruisez cette note." Au même moment, Gabe Narben repéra la jeune fille et lui adressa un sourire charmeur. Son regard était celui d'un loup en chasse. -
Post n°13
Auteur : Ansikt
Après quelques instants à observer le va-et-vient de clients, je crois enfin apercevoir ma cible. Il avance confiant, avec une allure de dandy, surplombé par un humanoïde à la peau pâle. Pas un Umbaran. Un Rattataki, peut-être ? Un espèce taillée pour le combat. Un choix logique pour ce genre de place. Si tout se passe bien, je n’aurai pas à faire expérience de ses talents. Faisons en sorte que ça soit le cas.
Un serveur arrive; apporte ce que j’ai commandée avec un sourire. Je le lui rends avec des remerciements, mais il y a quelque chose de plus. ll me pointe du regard le seau avant de repartir. Curieuse, j’empoigne la bouteille, et découvre un petit note collée au fond de la bouteille. Je la détache, et en découvre le contenu. La requête est plus précise, cette fois. Comme je le soupçonnais, ils veulent jouer sur le passif très sulfureux du candidat. Au moins, ce n’est qu’une mise en scène. Je n’aurai pas à…
Je me reprends, et applique mes doigts sur le papier. Il est trempé, et l’encre s’efface, quand ce n’est pas le support en lui-même qui se déchire. Pratique. Je froisse les restes de la note et les dissimule dans mon sac à main. Pour rendre le geste moins suspect, je ressors un petit miroir, fait mine de vérifier que mon apparence est soignée. Apparemment satisfaite, je le range, puis extirpe mon datapad, plus par acquis de conscience que par nécessité. Il n’a pas vibré, et, effectivement, il n’y a pas de nouvelles directives, de précision de dernière minute. Les anciens messages sont supprimés, et le dernier fichier en date est la photo que j’ai prise de ma tenue. J’aime bien cet ensemble. Dommage qu’il doive être sacrifié pour la réussite du plan.
Je vérifie mes alentours, et tombe dans son regard. J’ai un petit sursaut, véritable, avant de mieux contrôler ma réaction. Ce n’est pas un humain, mais un prédateur à la recherche de sa proie. Enfin, ça colle avec les informations que j’ai eu jusqu'à maintenant. Mes joues rougissent un peu, je regarde ailleurs, puis reviens sur le dandy, l’air embarrassée. Satisfait par cette réaction, il quitte son groupe d’amis et avale la distance avec un certain style, afin de me rejoindre. En apparence intriguée, je pose mes coudes sur la table, joins mes mains, et pose mon menton sur celles ci. Je lui concède l’ascendant sur la conversation, il peut me regarder de haut. Il faut qu’il me prenne pour quelqu’un de facile.
Il s’introduit, demande ce qu’une si charmante jeune femme peut bien faire seule ici, à cette heure. Il joue au charmeur, est confiant. Je lui réponds que j’avais un rendez-vous avec une connaissance, mais qu’elle me prévient seulement à l’instant qu’elle ne pourra pas venir et annule la rencontre. Narben attrape la perche évidente, et m’invite à le rejoindre avec ses compagnons pour la soirée. Je fais d’abord mine de refuser, indiquant que je ne souhaite pas les gêner, mais il balaye vite cette excuse. Il prend d’une main le seau, de l’autre ma main, et me guide jusqu’à sa table, tout fier.
Le contact est établi, c’est une bonne chose. Je ne m’attendais pas spécialement à devoir gérer un groupe, mais, après quelques minutes, la tâche s’avère moins difficile que je supposais. Gabe Narben monopolise l’attention et la parole, et j’évite ainsi de devoir construire une histoire trop élaborée autour des origines de Mai’Sa. Ses “amis” sont plus présents pour le soutenir et acquiescer que pour entretenir une vraie discussion. Enfin, c’est relativement logique. Ils doivent avoir des systèmes de valeur similaires, peut-être même des parcours similaires. C’est normal, qu’il n’y ai pas de forte opposition au sein du même groupe.
Ils m’interpellent parfois, oui, mais je joue le rôle d’une jeune femme Coruscanti, de classe moyenne, qui espérait un rendez-vous galant dans un club chic. Ils font preuve d’empathie (ou du moins, essaient), mais ne s’attardent pas trop. C’est dans ce genre de moments que savoir écouter est un bien meilleur atout que savoir parler. Ils discutent de société, d’actualité, de philosophie. Je reste discrète, et fait souvent mine d’être moins arrêtée qu’eux, ou indécise. Ils m’expliquent leur point de vue, et je pose des questions faussement spécifiques pour obtenir des détails. Au final, je donne l’impression d’être convaincue, et ils sont satisfaits. Leur donner raison est un bon moyen d’entretenir leur confiance et leur assurance sans trop de risques. Je n’ai rien à perdre, après tout.
Ils mentionnent étonnement peu le débat, ou le fait qu’il soit candidat. Je doute qu’un seul ici n’ai pas assisté au débat. Pourquoi, alors ? C’est un implicite, quand ils sont ensembles, ou ici ? Ou alors ils considèrent tous l’affaire réglée, en faveur du candidat conservateur, et préfèrent ne pas en parler ?
Après deux bonnes heures ainsi, et quelques bouteilles vidées, Gabe Narben se lève, et propose à tout le monde d’aller danser et s’amuser. Tous passablement éméchés, ils s’exécutent, et se créent un espace sur la piste de danse. L’alcool n’était pas mauvais, pour le peu que j’en ai bu. Suffisamment peu pour encore avoir les idées très claires et donner l’impression que je supporte bien l’alcool. L’astuce réside dans le contrôle de la bouteille. Sous des airs de serviabilité, je leur remplissais des verres entiers, quand je ne prenais que des tiers ou des moitiés. Ils étaient trop absorbés par la discussion pour s’en rendre compte, et cela joue à mon avantage.
La piste de danse, donc. La musique est suffisamment entraînante pour que je puisse faire quelque chose d’agréable à voir malgré ma rouille. Depuis combien de temps n’ai-je pas dansé ? Facilement quelques années. Un contexte un peu similaire, même si la moyenne d’âge était plus élevée. M’enfin, ce n’est pas le plus important. En fait, cela ne semble pas gêner ma cible, qui s’approche petit à petit. Il est plutôt discret, mais mon oeil est habitué à ce genre de manoeuvre. Même si j’avais plutôt tendance à être celui qui le faisait subir, plutôt que la victime. J’adopte une posture plus provocatrice, plus ouverte, sans non plus être vulgaire. Il faut l’intéresser, pas lui donner ce qu’il cherche.
Et il mord à l’hameçon. Après quelques minutes seulement, il me chuchote qu’il souhaiterait continuer la soirée juste avec moi, dans un lieu plus calme. Je fais mine de réfléchir, il élargit son sourire, et j’accepte enfin. Ses yeux brillent comme celui d’un enfant à Noël. A moins que cela ne soit l’alcool.
Il fait un signe de tête à ses amis, qui acquiescent et continuent de danser. Il fait le même à son garde du corps, qui se met à nous suivre avec une certaine distance. Il semble rompu à l’exercice. Pas si étonnant, vu les penchants libidineux du monsieur.
Pendant que le dandy me guide vers une chambre à l’intérieur du club, une pensée me vient à l’esprit. Est-ce que j’aurais pu finir comme lui, si Alduin n’était pas arrivé ? Un jeune requin sociopathe, certainement à un poste politique ou administratif d’importance ? Un hédoniste qui aurait tout eu, qui considérerait tout comme acquis, et qui laisserait libre court à ses envies ? Actuellement, malgré mon parcours moins reluisant, je le méprise autant qu’un autre. Mais est-ce que j’aurais été moins répugnant si j’étais resté dans la haute société ?
Nous arrivons à la chambre, et il indique à son garde de nous laisser seuls. Une fois à l’intérieur, il semble prêt à me sauter dessus, mais je m’efforce de le retenir. Je complimente la chambre, lui demande pourquoi il a choisi celle ci, fait des remarques sur l’élégance des meubles. Quand je remarque que le sujet l’agace, je lui demande les coins intéressants de Coronet, qui ne sont pas des pièges à touristes… Mais, face à son impatience, je dévoile mes épaules en enlevant mon châle. Son intérêt renouvelé, j’arrive à le faire parler encore un peu, avant qu’il ne devienne plus tactile. Il me dirige vers le lit, essaye de m’embrasser, mais j’arrive à l’interrompre, invoquant que, s’il veut vraiment passer à cette étape, il faut que je puisse me mettre en tenue avant. Du tac-au-tac, il accepte, et ajoute, joueur, qu’il doit faire de même. J’enlève mes talons, et m’enferme dans la salle de bains.
Une fois isolée, je ne perds pas de temps. J’excite mes glandes lacrymales pour me faire pleurer, afin de faire couler le maquillage. Je retiens les sanglots, et fais apparaître des hématomes sur mes épaules et mon corps. Je rougis ma peau au niveau de la gorge et de la bouche, comme si on m’avait plaqué une main sur le visage et essayé de m’étrangler. J’étire mon collant pour le faire filer, pour donner l’impression que quelqu’un m’a griffé au niveau des jambes. Par soucis du détail, je m’entaille réellement avec des ongles affutés pour l’occasion. Je déchire également partiellement la robe et le nylon autour de l’entrejambe, comme pour indiquer une tentative d’intrusion. Il n’y avait pas de caméra dans la chambre : je dois donc faire en sorte que les spectateurs comprennent la situation juste en me voyant. J’ajoute d’autres détails, comme une désorganisation de ma chevelure, m’assure que les hématomes sont bien douloureux et réels pour parfaire la comédie, et me sens prête.
Sortant de la salle de bains, je le vois en plein milieu de la pièce, en caleçon. Me remarquant, son sourire s’estompe. Avant qu’il ne puisse parler, je pousse un hurlement strident, suivi de plusieurs “Non !” et autres interjections négatives jusqu’à la porte. Il m’attrape le poignet, et j’en profite pour rétrécir légèrement mon bras pour lui laisser mon gant dans les mains. Profitant de sa surprise, je fonce à travers les couloirs déserts. Il m’a emmené dans un endroit très isolé, mais j’ai retenu la route. J’en vois le bout, et percute de plein fouet son garde du corps qui attendait là.
Je ne reste pas longtemps au sol, et m’écarte du garde du corps en criant. Entendant le bruit, des clients viennent voir, mais gardent leur distance en voyant mon apparence, choqués. Les amis du candidat arrivent. Certains se cachent le visage, comme honteux du comportement de leur favori, et d’autres essaient de s’approcher, tendent leur main. Je leur hurle de garder leur distance avec un regard haineux. Ils se ravisent, se disent que Narben a merdé. Ils contribuent au réalisme de la scène.
Un membre du staff arrive enfin pour voir ce qu’il se passe. Le serveur qui m’a apporté le vin. C’était prévu ? Parfait. Il semble choqué, s’approche doucement, essaie d’être rassurant, demande ce qu’il s’est passé. Je le rejoins et craque enfin en apparence.
— J’étais avec Gabe… Enfin… Mon...Monsieur Narben... (Un sanglot). Et… Il m’a emmené dans… dans une chambre… et...
Je me remets à pleurer. Le serveur m’enlace, me dit que tout ira bien, que je suis en sécurité maintenant, mais je continue.
— Et… Je v...voulais discuter… Mais… Il m’a… sur le lit… et… (Un sanglot). Il a essayé de… de…
Je repars en sanglots. Le serveur s’écarte un peu, met bien en évidence mes blessures et les rougeurs pour que les plus lents saisissent la suggestion, puis m’aide à me relever. Certains prennent des photos, d’autres filment depuis plus ou moins longtemps. Parfait.
Il me dit qu’il va me laisser avec une personne de confiance et appeler les autorité. Il me pointe une autre serveuse humaine, aussi jeune que moi, les cheveux châtains en queue de cheval. Elle a un sourire amical, et me tend la main pour que je la suive dans la section réservée aux employés. Considérant qu’elle est aussi dans le coup, j’acquiesce silencieusement, et la suis.
Au même moment, l’accusé arrive, dans une chemise même pas boutonnée et un pantalon encore ouvert. L’air débraillé, il essaye de s’approcher, mais se fait bloquer par la foule. Son garde du corps essaie d’empêcher le conflit, mais je le vois rougir de colère et d’embarras face aux sifflements et huements des clients.
Je disparais alors dans la salle de repos des serveurs et me fait remettre une couverture pour calmer mes tremblements. Cette pièce a une caméra, donc je maintiens les apparences malgré mes suppositions. Intérieurement, cependant, je suis plutôt satisfait de ma prestation. Je n’ai pas trop perdu de mon jeu dramatique. Cependant, je suis tout de même gêné. Je n’ai été qu’un instrument, qu’un pion. Et je n’aime pas ça. J’espère qu’après tout ça, je pourrai avoir deux mots avec cet Asavar Phocas.
Ou qu’on accède à ma requête, et me désactive et retire cette foutue puce. Cela serait bien, aussi. -
Post n°14
Auteur : Asavar PhocasEn une heure, l’information avait circulé à travers tout le système corellien. Le candidat Narben, champion du comité central ultraconservateur et favori de l’élection présidentielle, avait été interpellé par la CorSec avant d’être entendu pour des faits de violences aggravées et de viol. Sortant de l’ombre, des anciennes victimes du politicien firent leur témoignage et se portèrent parties civiles au procès à venir. Les preuves étaient accablantes et on ne donnait pas cher de la peau de Gabe Narben. Le Parti était dans l’impasse. En l’absence de condamnation, la justice ne pouvait invalider la candidature de Narben. Cependant, le court délai avant le début du scrutin ne laissait pas le loisir aux pontes de l’organisation de choisir un nouveau candidat et de recommencer la campagne. L’idée de désigner un suppléant sans pour autant mettre fin à la campagne de Narben fut abordée au cours d’une assemblée exceptionnelle, mais l’intéressé, représenté pour l’occasion en raison de son incapacité à assister à la réunion - il était toujours dans une cellule de la CorSec - refusa catégoriquement. Choisir un remplaçant, c’était reconnaître sa culpabilité. Son équipe de campagne et les services de communication renouvelèrent donc leur soutien envers Narben, clamant haut et fort l’innocence de leur candidat et invoquant la théorie du complot. Sans doute avaient-ils raison. Mais ça, l’écrasante majorité de Corellia ne pouvait le croire. Les médias et les soutiens populaires en faveur de la politique progressiste et anti-corruption d’Asavar Phocas se firent plus nombreux, le plaçant largement en tête des sondages. Le charme de Gabe Narben ne faisait plus d’effet, mais la colère du Skakoan, elle, se propageait au sein de la population, et le grondement de la foule se fit plus intense. Cette rage, cette fureur légitime, le peuple allait l’exprimer dans les urnes.
Pendant ce temps, l’enquête progressait petit à petit. Des agents de la brigade de sécurité civile de la CorSec tentèrent d’interroger la jeune Mai’Sa Everkoote, visiblement traumatisée et réfugiée dans les bras du serveur de la boîte de nuit CoroNight. Les questions n’eurent cependant pas eu le temps de fuser. Une femme d’une quarantaine d’années, brune aux cheveux courts et aux yeux bleus, dont le regard glaça d’effroi les enquêteurs, fit irruption. Elle aussi portait l’uniforme beige caractéristique de la force armée corellienne, mais ses insignes, ses galons et la plaque d’identification accrochée sur son torse ne laissaient aucun doute. Cette femme s’appelait Azalyn Engels et occupait la fonction de lieutenant-colonel des services de renseignements corelliens. Accompagnée de ses subordonnés, elle fit signe à la sécurité civile de déguerpir et invita la victime à monter dans un airspeeder aux couleurs des forces de sécurité.
- Montez, jeune fille. Vous n’avez rien à craindre. La CorSec protège les innocents.
Une fois embarqués, le véhicule démarra et fila dans les cieux. L’officier des renseignements activa ce qui semblait être une sorte de détecteur et le fit circuler quelques secondes dans le cockpit avant de le ré éteindre, l’air satisfait.
- Bien. Il semble que nous sommes entre nous. Je peux donc vous féliciter pour votre travail, agent. Notre ami commun est absolument ravi, j’en suis certain.
Le droïde pilote ne fit pas attention à la conversation, se contentant de conduire les deux passagères vers une destination inconnue de Mai’Sa.
- Je suis l’agent Angel-A. Ravie de vous rencontrer, Billy, ou quel que soit votre nom. Ma mission est de m’assurer du bon déroulement de la vôtre, et force est de constater que vous ne m’avez pas rendu la tâche bien difficile. C’était magistral. Narben ne s’en remettra pas de sitôt.
La taupe du DCRS marqua une pause le temps d’allumer une cigarette, en proposant une au polymorphe par la même occasion.
- Ne soyez pas surpris. La Confédération a des yeux partout. Un faux témoignage sera transmis demain au département de la police criminelle. Vous serez officiellement un témoin dans une affaire d’Etat placé sous protection, et donc, cela va sans dire, introuvable. Mais dans les faits, on va discrètement vous faire disparaître de la circulation…
Engels éclata de rire.
- Rien de macabre, rassurez-vous. Considérez ce choix malencontreux de lexique comme une déformation professionnelle. On vous confiera une nouvelle identité et vous attendrez quelques jours, le temps que les choses se tassent. Ensuite, on vous fera quitter Corellia… Souriez, agent ! Vous avez rendu un fier service à la Confédération, et elle vous le rendra bien. Qui sait ? Peut-être que notre ami commun vous remerciera en personne.
Alors que l’airspeeder s’éloignait, Dakul le regarda fendre les cieux depuis son point d’observation et commença seulement à réfléchir au potentiel que représentait un tel don…
HRP : Fin de ton intervention dans ce RP, Ansikt. Je t’ouvrirai un autre sujet sous peu pour conclure ta mission corellienne.
Veille de l’élection. La nuit avait été agitée sur Corellia. On m’avait annoncé la mort médiatique de Narben, mais je ne pensais pas que l’affaire prendrait une telle ampleur si rapidement. Dans quelques heures, les bureaux de vote s’ouvriraient aux quatre coins de Corellia, et d’ici là, l’affaire Gabe Narben continuerait d’enfler, sonnant le glas de la campagne de mon rival.
- Pas de questions concernant l’affaire Narben, je vous prie ! lança un employé de mon équipe de communication aux journalistes qui s’accumulaient dans la salle de conférence de mon QG de campagne, à Tyrena.
Le soir tombait à nouveau sur cette région de Corellia, et il était temps de marquer cette campagne de mon empreinte. Les faits impliquant Narben avaient contribué à la montée de ma popularité, mais il était hors de question que je me contente de n’être qu’élu président par défaut. Dorénavant, il s’agissait de poursuivre le processus de séduction des masses. Cette campagne ne serait pas la Défaite de Gabe Narben, non. Cette campagne serait la Victoire d’Asavar Phocas !
- Bonsoir à tous. Merci d’être venus si nombreux. La conférence de presse va commencer sous peu.
HRP : Le scrutin peut commencer. -
Post n°15
Auteur : IroeyHS/ A voté /HS
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Post n°16
Auteur : AnsiktHRP : A voté !
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Post n°17
Auteur : Hivernus- HRP - A voté ! - HRP -
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Post n°18
Auteur : Thane KelsanHRP = A voté
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Post n°19
Auteur : Noth RoshHRP: a voté !!
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Post n°20
Auteur : Jil CharceA vos thés ~
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Post n°21
Auteur : Senara
A voté!
(On peut avoir du thé?)
