Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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    Le ChroniqueurL Hors-ligne
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    #1

    Post n°1
    Auteur : Super PNJ


    Sous-préfet Dae'Mid


    Dae’mid posa la touche finale à la décoration de son bureau. Rien d’extravagant, ni d’important. Une simple photo de lui, dans un cadre de bois des plus rustiques, qui le représentait plus jeune, bien plus jeune, universitaire à peine développé qui s’apprêtait à se lancer dans une carrière politique qu’il n’aurait jamais pensé aussi brillante, si on s’en tenait aux standards galactiques. Il n’était pas la personne la plus puissante de la Galaxie, mais tout de même… Combien pouvaient prétendre à un poste de sous-préfet de la CSI ? Peu. Il avait réfléchi, un long moment, en se retournant sur sa carrière. Mais l’appel du service avait été plus fort que tout au moment de briguer ce mandat. Et au-delà de cet aspect, il avait des choses à finir. L’intronisation de Leiel Osso en tant que sous-préfète de Raxus Secundus l’avait libéré, et il prenait un virage déterminant.

    Pour lui, et pour la CSI. Car si il n’avait pas fait que des heureux, il avait fait preuve d’efficacité, sans doute plus que ses collègues, collaborant efficacement avec le DSP et le DCRS pendant des années, afin de prévenir les menaces extérieures et intérieures. Et c’était bien là ce qui allait lui importer sur Cato Neimoidia. Son regard, avec le temps, s’était porté sur ces groupuscules qui se revendiquaient d’autres systèmes. Impérialistes, démocrates, fédéraux, républicains… Si la plupart ne passaient pas la dangereuse frontière entre la grogne et les actes, ceux qui le faisaient étaient à traiter avec autant d’attention que de sévérité. Comme toujours dans l’histoire de la CSI : frapper fort, frapper juste. Ne frapper qu’une seule fois pour s’assurer qu’il n’en reste rien. Le Gossam détestait l’idée de tuer pour sa cause, mais il détestait encore plus l’idée de la voir menacée.

    Pourtant, il avait bien d’autres choses à voir, avant toute chose. Et la première d’entre elles était un entretien avec la Générale Suprême Valkoinen. Etrange… Depuis son intronisation, quelques années auparavant, elle n’avait jamais fait le moindre pas en avant vers les politiciens, qui le lui rendaient bien. L’habituelle défiance entre gouverneurs et militaires avait toujours eu le dessus sur le reste, aidée en cela par l’absence de menaces ou de conflits. Il reprit ses dossiers, étudiant la flotte locale, les puissances droïdes en présence… Cato Neimoidia était loin d’être sans défense, grâce notamment à l’activité de l’un de ses prédécesseurs, la regrettée Maar Shane, disparue sans laisser de trace. Alors que pouvait bien vouloir Valkoinen ? Il ne tarderait pas à le savoir. L’heure du rendez-vous était déjà là, et son holocomm sonnait. Il ferma les yeux quelques secondes. Remettre ses idées en place. Inspirer. Expirer. Sa première apparition en tant que sous-préfet. Il s’avança dans son projecteur holographique, qui retransmettrait son image à son interlocutrice.


    -Transmission en cours.

    La silhouette fine et élancée de la Générale lui apparut. Elle n’avait pas vraiment changé avec le temps. Toujours cette solennité froide, ces uniformes tirés aux quatre épingles, ces grades discrets sur son épaule. Et surtout, cette longue chevelure blanche, et ces yeux aguerris de combattante. Lui faisait presque pâle figure, bien habillé certes, mais loin des standards très chics de ses collègues.

    -Générale Suprême Valkoinen, mes hommages. C’est un honneur pour moi de vous rencontrer.

    -Sous-préfet Dae’mid, tout le plaisir est pour moi, je vous l’assure. Je sais que nos rapports se sont limités à de vagues transmissions policées depuis mon investiture mais je compte y remédier.

    -Vous me surprenez, Générale. Vies politique et militaire n’ont jamais fait bon ménage ensemble, et si nous séparons les deux au sein de la Confédération, c’est pour une excellente raison.

    -Et je serais d’accord avec vous en temps normal, monsieur. Mais il n’est plus temps de parler de normalité, j’en ai peur. Les lignes bougent, les pions s’avancent sur l’échiquier, et plus que jamais, la Confédération se doit d’être unie à tous les étages de son administration. C’est pour cela que j’ai demandé à vous rencontrer aujourd’hui.

    Si Dae’mid en fut surpris, il n’en montra rien. Il avait eu des échos de certains de ses collègues de mouvements de flottes et de la Générale elle-même. Cela ne présageait rien de bon, et il comprit rapidement qu’il devait prendre les devants.

    -J’imagine que vous voulez parler des menaces internes, Générale, et que vous avez eu vent de mon travail avec le DCRS et le DSP. Autrement, vous ne seriez pas ici.

    -Précisément. J’admire votre travail, mais il serait regrettable que tous les moyens ne vous soient pas donnés afin de parvenir à accomplir votre but.

    -Madame. Ce dossier ne concerne en rien l’armée, et-

    -Il concerne la Confédération, Monsieur Dae’mid, et cela me concerne donc de facto.

    La Générale se radoucit légèrement après avoir levé le ton.

    -Vous comme moi avez à coeur l’avenir de la CSI et son intégrité. Je ne suis pas ici pour prendre le contrôle de votre noble entreprise, sous-préfet, mais bien de vous apporter mon plein soutien. Permettez moi de devancer votre remarque : ce n’est pas mon rôle. Et je vous répondrai que ce n’est pas sensé être le votre non plus. La Confédération se situe à un carrefour de son histoire, et les menaces qui pèsent sur nous sont suffisamment nombreuses pour nous plonger dans le doute et le chaos si nous ne faisons rien. Nous avons besoin de toutes les bonnes volontés, et vous en faites partie, comme tant d’autres. Je ne vous demande pas une réponse aujourd’hui, sous-préfet. Mais prenez le temps d’y réfléchir, je vous en conjure. Il en va de notre sûreté. Bonne journée.

    La communication se coupa. Il y avait du vrai dans ce que disait Valkoinen. Mais qu’étaient ces « menaces suffisamment nombreuses » ? Pourquoi sollicitait-elle les politiques ? Il se tramait autre chose. Mais travailler avec le Consulat et l’Armée ? C’était l’occasion rêvée pour parvenir à démanteler entièrement ces menaces. Se rasseyant à son bureau, il croisa les mains devant lui. La journée serait longue.

    Atréis
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    • Le ChroniqueurL Hors-ligne
      Le ChroniqueurL Hors-ligne
      Le Chroniqueur
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      #2

      Post n°2
      Auteur : Super PNJ

      Dae’Mid revenait d’une énième convention. Cette fois-ci, elle avait porté sur le recyclage de certains produits d’importation au profit de Cato Neimoidia. La fois d’avant, c’était au sujet de la criminalité dans les bars. Et la fois d’encore avant, il était question de voter concernant des commissions reversées à certains grands groupements banquiers. En fait, depuis sa conversation avec la Générale Valkoinen, il n’avait pas eu une minute à lui, réellement. Ainsi en allait la vie de politicien, surtout au sein de la nébuleuse séparatiste qui nécessitait d’avoir les yeux et les oreilles partout, mais Cato Neimoidia était encore au dessus en termes de bureaucratie et de corruption, de complexité et de procédures. Même le Préfet, qui n’était pourtant pas le dernier arrivé, se devait de faire particulièrement attention à tout ce qu’il faisait.

      C’était particulièrement vrai lorsqu’il devait se confronter, pour une raison ou une autre, aux corporations bancaires. Celles-ci, véritables organes de pouvoir au sein de la CSI et sur la planète, avaient une telle influence et de telles ressources, que chaque rendez-vous devait être minutieusement préparé, chaque intervention répétée à la perfection, chaque phrase, chaque point, chaque virgule signifiait quelque chose pour les juristes agressifs qui n’attendaient qu’une hésitation pour le manger cru, même lors de simples rencontres amicales. C’était son lot, et il se sentait vieillir de fait à vitesse grand V, alors qu’il avait tout de même déjà bien vécu.

      Par chance, il n’était pas seul. Son cabinet était formé des gens les plus compétents qu’il avait pu trouver. Hommes de loi, commerçants, soldats, pilotes, toutes les strates de la société étaient réunies sous sa tutelle pour lui offrir le meilleur soutien et le plus d’avis possible lorsque la situation l’exigeait. C’était ainsi qu’il avait fonctionné sur Raxus Secundus, c’est ainsi qu’il faisait sur Cato. Et grand bien lui en avait pris car en de nombreuses occasions, il avait du composer avec cette société hétéroclite, bien plus agitée que les foules paisibles et rurales de la planète-éden qu’il avait laissé dans les mains de Leiel Osso.




      -Réglez vos montres, les gars. Rappelez vous : pas un mot, à qui que ce soit.

      Tous acquiescèrent, se regardant les uns les autres. Sous les masques et les cagoules, seuls les yeux étaient visibles. Chacun ici savait la mission qu’il avait à accomplir, et pourquoi ils ne devaient pas faillir. Chaque regard était déterminé, acéré par l’entraînement, la privation, la faim. Une nécessité pour chacun d’entre eux, un devoir envers les leurs, et envers la CSI. Leurs ordres venaient d’en haut, du plus haut de la pyramide. Pour la sécurité de tous.




      Le retour en speeder était l’un des rares moments où Dae’Mid ne prenait aucune communication, laissant celles-ci à son secrétaire particulier. Il pratiquait une méditation rapide, yeux clos, à l’arrière du véhicule, ignorant l’extérieur. Pourtant, cette fois, il n’arrivait pas à se plonger dans cette simili-transe, dérangé sans cesse par le dit secrétaire qui cherchait encore à le joindre. Pourtant, il était sensé savoir que seule une urgence devait le déranger pendant ces quelques minutes… Il finit par prendre l’appel, exaspéré.


      -Que se passe-t-il ? Je suis en route pour la Préfecture, cela ne peut pas attendre ?

      -Non, préfet, la Générale Valkoinen cherche à vous joindre.

      -Pouvez-vous simplement lui dire que je la contacte d’ici quelques minutes ?

      -C’est ce que je lui ai dit, mais elle insiste.

      -Soit. Passez la moi.


      ***


      Minerva-Isabella Valkoinen était assise à son bureau, pianotant sur l’accoudoir de son fauteuil. Ce secrétaire particulier l’avait agacée à refuser ses appels, et la situation ne s’y prêtait absolument. C’était presque une question de vie ou de mort. Enfin on lui passait Dae’Mid. La dernière fois qu’ils s’étaient parlés, leur discussion l’avait laissée sur sa faim, faute d’avoir suffisamment de renseignements à lui communiquer. Ce qui était certes toujours le cas, mais il était nécessaire pour elle de lui parler. Les soupçons qui l’animaient étaient bien trop grands, désormais, et elle savait que le préfet partageait au moins pour partie ses convictions. L’hologramme s’afficha, dévoilant sa mine renfrognée au politicien.

      -Préfet Dae’Mid, mes hommages.


      -Générale Suprême. J’imagine que ce que vous avez à me dire est plus qu’important et relève de l’affaire d’État, pour cette insistance.

      Elle inspira. Il était agacé, ce qu’elle pouvait comprendre, mais ce n’était pas une raison pour parler aussi sèchement, surtout à la représentante de la force militaire séparatiste, les flottes les plus puissantes de la Galaxie.

      -Préfet Dae’Mid, je vous contacte pour…

      La communication coupa soudainement. Qu’est ce que c’était que cette histoire ? Immédiatement, elle rappela la ligne directe du préfet. Pas de réponse. Elle s’agaça sur le bouton d’appel, sans comprendre. Définitivement, personne ne lui répondait.

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        #3

        Post n°3
        Auteur : Atreïs Helcar

        L'explosion aurait pu, aurait dû mettre fin aux jours du nouveau préfet de Cato Neimoidia, Dae'mid. Tout avait été prévu : la bombe, la complicité du chauffeur, la duplicité de quelques gardes bien placés, arrosés de crédits pour se faire puis abattus pour faire bonne figure, et la petite bande avait même prévu un sniper dans le cas où les choses se passeraient mal. Le vieux préfet aurait pu, aurait dû être une cible facile, autant qu'elle était importante. Le roublard ne s'en était pas laissé compter, et il avait fallu de sa part une vivacité d'esprit hors du commun pour éviter un drame supplémentaire. A peine les communications entre lui et la Générale Suprême s'étaient-elles brouillées qu'il avait compris que quelque chose n'allait pas : ce genre de choses n'arrivait jamais, et surtout pas sur l'un des mondes les plus importants de la Confédération, câblé et relié de manière à ce que rien ne soit laissé au hasard, surtout pas en ces temps de guerre froide et d'escalade des tensions. Les canaux les plus importants étaient sécurisés, entretenus et stabilisés justement pour éviter ce genre de problèmes. Alors il ne pouvait y avoir qu'une cause à tirer : un sabotage. Et puisque cela arrivait précisément au moment où il était en voiture, légèrement isolé sur cette route périphérique... Son cerveau avait fait le lien avec ces vieux holofilms qu'il aimait à regarder de temps à autre... Notamment ceux avec Rabel Mondo, cette star du vieux cinéma.

        Immédiatement, il ordonna au chauffeur de s'arrêter, ce que le Neimoidien refusa de faire de prime abord, jusqu'à ce qu'il voie le canon d'une arme de poing braquée sur lui. Dae'mid avait horreur des armes, mais il avait entendu trop de choses pour ne pas savoir quand en braquer une sur autrui. Précipitamment, il quitta le véhicule sans regarder derrière lui, trébuchant presque, pas habitué aux efforts, avant de se redresser pour être quasi immédiatement soufflé par une explosion derrière lui. Ses réflexes, inattendus, venaient de le sauver, et heureusement pour lui, il était sans doute dans l'une des planètes les mieux sécurisées de la CSI. Les forces droïdes du maintien de l'ordre accoururent, immédiatement prévenues sur les canaux privés, programmées pour protéger la vie du préfet.

        Etendu de tout son long sur la voie, le Gossam reprenait son souffle difficilement, sa respiration sifflait, ses vieux poumons n'avaient pas l'habitude d'un tel stress, ni d'un effort aussi conséquent, il tremblait de tout ses membres et toussait misérablement comme si cela pouvait chasser le goût acide qui traînait dans sa bouche, symbole de relents vomitifs consécutifs à la peur qu'il venait de vivre. L'adrénaline, cette drogue de l'action, courait dans ses veines et son corps peu familier de la chose avait bien du mal à en gérer les conséquences. Surtout, son cerveau tournait à toute vitesse. Oui, on venait bel et bien d'attenter à sa vie. Et si il devait s'estimer heureux d'être vivant, une autre idée germa rapidement dans son esprit : il n'avait pas eu le temps de se faire des ennemis ici... Fallait-il en conclure que cette organisation qu'il pourchassait était derrière tout cela ?

        ***


        Les examens n'avait pas décelé de commotion ou de trouble. C'était une bonne chose. En revanche, l'enquête, elle, n'avait rien donné non plus, et c'était là une bien mauvaise nouvelle. Tout d'abord parce que si les forces locales n'avaient rien trouvé, c'était qu'elles étaient soit débordées, soit incompétentes, soit délictueuses. Dans tous les cas, il n'y avait rien de bon à cela. Aussi, il ne faudrait sans doute rien en attendre à l'avenir. Quant à son contact habituel dans l'armée, la Générale Suprême Valkoinen, il ne fallait pas attendre d'elle une réelle action pour l'heure, son utilité viendrait lorsque les terroristes auraient été mis au jour. Non, il fallait chercher ailleurs. Et cet ailleurs, il se situait sur son ancien monde. Raxus Secundus. A peine revenu dans son bureau, il lança une communication. Il n'y avait pas de temps à perdre.

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          Le ChroniqueurL Hors-ligne
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          a écrit sur dernière édition par
          #4

          Post n°4
          Auteur : Arnon Veral

          A peine arrivés sur Cato Neimoidia, la navette fut prise d’assaut par des soldats Neimoidiens qui semblaient particulièrement nerveux. L’officier beugla ses ordres pour contrôler nos papiers, sans doute l’attentat contre Dae’Mid avait-il laissé des traces. Lorsqu’il vit mon uniforme de sous-officier de la marine, le militaire se détendit et s’adressa à moi en basic, me souhaitant bon séjour sur la planète. Si Cato Neimoidia était historiquement le siège de la fédération du commerce, la planète ne faisait pas exception au règlement de la CSI. Prenant un nouveau taxi, le droïde me conduisit à la préfecture locale. Nous nous rendions donc directement dans les locaux de Dae’Mid, j’avais un mauvais présentiment, une telle mission semblait trop lourde pour un aspirant comme moi. La paranoïa s’empara à nouveau de mon esprit…Et si mes supérieurs étaient au courant de mon expérience passée au sein de l’Empire ? Et si tout ça n’était qu’un test pour me confondre ? Je chassais ces pensées, même si au fond de moi, je soupçonnais Vasburg d’avoir compris.

          Arrivé à l’entrée de la préfecture, nous fûmes accueillis par des gardes Neimoïdiens encore plus antipathiques que les soldats à l’astroport. L’ambiance était morne et l’agressivité transpirait les ordres secs et sibyllins aboyés en dialecte local. Une fois de plus, on nous demanda nos papiers, le droïde de protocole parla à ma place et répondit en langage local. Les gardes finîmes par consentir à nous laisser passer. L’intérieur de la préfecture était en effervescence, j’avais revêtu mon uniforme de Sergent de la marine, un uniforme de dotation que j’avais pourtant fait retailler à ma silhouette pour le rendre plus saillant, une petite coquetterie populaire chez certains sous-officiers pour ressembler à leurs supérieurs hiérarchiques plus gradés. J’avais dégrafé le col de ma vareuse, laissant apparaître une cravate étroitement nouée autour du col de ma chemise blanche. Les talons de mes bottes claquaient dans les couloirs finement décorés de la préfecture de Cato Neimoidia. Le droïde m’amena dans les profondeurs de la préfecture et lorsque j’arrivais à nouveau face à du personnel du bâtiment, un homme qui avait le grade de Capitaine me demanda mes accréditations, ce que le droïde lui donna. L’homme me darda du regard, se demandant sans doute ce qu’un simple Sergent de la Marine Confédérée faisait dans ce lieu. Dans un basic administratif, il m’invita à le suivre, je fus disposé dans un grande salle où je pus m’asseoir pendant qu’il allait s’enquérir auprès de ceux qui m’avaient convoqué. Assis et droit comme un ‘i’ dans mon uniforme bleu marine, je quittais ma casquette et la déposais sur cuisses, attendant qu’on revienne vers moi et d’enfin savoir à quelle sauce j’allais être mangé.

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            #5

            Post n°5
            Auteur : Super PNJ

            La pièce où avait été laissé Arnon à sa patience était à l'image des prédécesseurs Neimoidiens du préfet actuel : richement décorée, un étalage de luxe qui se voulait à la fois impressionnant et légèrement écrasant pour bien marquer les différences de classe entre les dirigeants et le reste du peuple. Il était de notoriété commune que les autochtones de Cato Neimoidia étaient bien peu à l'aise dans tout ce qui touchait au travail physique, se complaisant dans les directives et les ordres. Il était bien normal que ce trait de caractère rejaillisse sur ses représentants. Dae'Mid, lui, n'avait que faire de ce genre d'atours, y préférant largement l'art de la table, mais il n'avait eu ni le goût, ni le temps de se pencher sur la décoration de ses nouveaux locaux, surtout avec ce qui venait de se produire.

            Lorsque le préfet fut mis au courant de l'arrivée de l'agent du DSP, il se trouvait justement être dans les dossiers les plus nébuleux de ces derniers temps, sur Cato Neimoidia. Notamment sur des règlements de compte en apparence qui avaient eu lieu au Neimo's Inn, l'un des bars les plus branchés, incluant un Lieutenant de la Marine, une certaine Elfriede Vasburg, et d'autres événements plus ou moins localisés. Pour une planète qui se démarquait avant tout par une certaine lascivité (pour ne pas parler de paresse), des moments aussi brutaux se devaient d'être analysés sous toutes les coutures. Aussi, Dae'mid ne perdit pas de temps : il n'en avait déjà que peu à consacrer à l'homme qu'il fit inviter à rentrer.

            Pour Arnon, ou Adriel, la situation pouvait prêter à un léger sourire si tant est qu'il en eut le cœur : depuis un salon spacieux, luxueux et programmé pour les longues attentes, il fut rapidement emmené à un bureau plutôt austère qui voulait plutôt se donner des airs de temple du savoir, avec de nombreux ouvrages sur les étagères au mur, peu de technologie hormis un holo-communicateur à hologramme et un ordinateur. Derrière son bureau, l'officiel Gossam attendait sagement, les dossiers devant lui, mains croisés. Lorsque le Sergent fit son apparition, il se leva par politesse, attendant le salut militaire. C'était une situation qui se trouvait toujours être des plus intrigantes : le soldat devant lui ne lui devait rien, tout comme le préfet n'avait rien à lui rendre, ne gravitant pas dans les mêmes sphères de pouvoir et d'influence. Pourtant, il était de notoriété commune qu'hormis les hauts gradés, tous s'accordaient pour suivre les directives des préfets, jusqu'à un certain point.


            - Merci d'avoir fait le voyage aussi vite, Sergent. Asseyez-vous, je vous en prie, et allons droit au but. Je crois qu'un premier briefing vous a été fait ?

            Atréïs

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              #6

              Post n°6
              Auteur : Arnon Veral

              Le salon était spacieux et richement décoré. Il reflétait toute l’idéologie de Cato Nemoidia, donnant une certaine véracité aux rumeurs concernant cette planète. Si je savais me tenir, j’avais toujours aimé le luxe, c’était précisément ce qui avait expliqué ma carrière au sein du BRI. J’avais accepté d’accomplir les basses besognes de l’Empire Sith précisément car ce dernier m’avait permis d’avoir une promotion sociale. Mes idées révolutionnaires à l’époque où j’étais encore un membre du Cercle Ouvrier m’avaient amené à rêver d’une révolution sociale qui renverseraient les classes dirigeantes. Etrangement, lorsque j’étais passé du côté des oppresseurs, je ne m’étais pas démarqué par mon sens de la morale. J’avais fait participé à la mise-en-place d’un système de tortionnaire et d’exploitation. Je ne pouvais m’empêcher d’éprouver une certaine satisfaction dans cette pièce pompeusement décorée et droit dans mon uniforme : les choses avaient changé et j’étais redevenu quelqu’un de respectable. Si initialement rempiler ne m’avait pas paru très agréable, je devais reconnaître que mes nouvelles fonctions au sein du DSP avaient quelque chose de très confortable. L’armée et les structures administratives fournissaient un cadre, une ligne à suivre, cela me canalisait et je n’avais plus à me poser de question. Mon unique préoccupation pour l’instant avait été de suivre le droïde et de rejoindre Cato Nemoidia et l’antre du Sous-Préfet. Il me fallut un certain moment pour comprendre que j’allais rencontrer Dae’Mid en personne. Je l’avais déjà rencontré, au moins deux fois, dans le cadre de délégation sur Raxus Secundus. Se rappellerait-il de moi ? Peu probable, le Gossam était une personnalité très importante qui avait l’oreille des huiles de la CSI comme du peuple. Il avait toujours réussi à se recycler, pour lui ce poste sur Cato Nemoidia n’avait été que la continuité d’une carrière très fructueuse.

              Je fus tiré de mes flâneries lorsqu’un intendant fit son apparition et m’indiqua le chemin à suivre, c’est la casquette sous un bras que je le suivis. Une fois dans le bureau de Dae’Mid, je ne pus que remarquer le contraste saisissant qu’il y avait avec la décoration fastueuse de la Préfecture qui était un véritable palais doré ou encore avec le bureau de sa successeuse, la Sous-Préfète Leiel Osso sur Raxus Secundus qui avait transformé ses quartiers en véritable musée d’art de la nouvelle vague. Quelques livres et seulement un holo-communicateur. Dae’Mid était de petite taille, les bras et les jambes croisées, derrière son bureau. Droit comme un « i », je saluais le Gaussam d’une manière des plus martiale, peut-être un peu trop raide pour la CSI, mais j’avais bien conscience qu’il y avait des choses dont je ne pourrais me départir. Loin d’être impressionné car sans doute habitué à être salué par des militaires et des fonctionnaires du renseignement, Dae’Mid prit les rennes et m’invita à m’asseoir, ce que je fis en déposant ma casquette sur le rebord de son bureau. Dae’Mid ne s’éparpilla pas en banalités…J’avais connu le Sous-Préfet mielleux et aimable, celui que j’avais face à moi était bien différent. Cela n’avait pourtant rien d’étonnant, on n’atteignait pas de si hautes sphères sans être capable de s’adapter à son auditoire. Cette dichotomie entre image publique et image plus privée du politicien donnait presque raison à la rhétorique de l’Empire Sith. En voudrais-je pour autant à Dae’Mid ? Non, car premièrement je n’étais pas en position d’avoir une quelconque expectation. La deuxième raison était plus pragmatique : nous avions perdu la guerre et l’Empire Sith s’était effondré, avec lui son modèle, je devais donc accepter et m’adapter au régime qui avait prospéré depuis. Je me surpris à avoir envie de fumer une cigarette, mais je chassais ces pensées. Ici j’étais Adriel Venkhor, mon nom d’emprunt pour le service, même s’il était possible que Dae’Mid connaissent mon nom sur Raxus Secundus puisque ce « Petit Homme » m’avait fait quérir dans les locaux d’AgroChrome. Habitué aux jeux de dupes, je me contentais de répondre à mon interlocuteur.


              -C’est exact Monsieur le Préfet, j’ai été informé de l’attentat infructueux contre vous.

              C’était extrêmement faible comme information. Il était évident que Dae’Mid rechercherait à trouver les commanditaires et même les exécutants. La Confédération avait tout intérêt à mater tout groupuscule avant que ce dernier ne lance des opérations régulières. C’était d’autant plus important dans un régime comme la CSI où tous les mondes conservaient une certaine indépendance et surtout des règles locales qui cohabitaient à des règles Confédérées. Cela mettait les peuples autochtones dans des situations très variées. Il fallait donc garantir une cohésion. Je ne pouvais que m’étonner que Dae’Mid en ait été la cible. Je voyais bien que le Sous-Préfet était un homme pressé, aussi était-ce le moment où j’allais devoir prendre le contrôle de la situation. Le Gossam attendait sans doute de moi que je sois un professionnel enclin à régler ses problèmes. Même si mon rang de sous-officier me cantonnait à des tâches subalternes, c’était moi que Petit Homme avait envoyé pour une quelconque raison.

              -Sachez que vous pouvez compter sur moi pour mettre tout en œuvre pour retrouver les commanditaires et ce dès maintenant, Monsieur. Afin de pouvoir évaluer concrètement la situation et de nous permettre de lancer l’enquête, il va me falloir toutes les informations sur ces évènements.

              J’en étais maintenant convaincu, c’était ce que Dae’Mid attendait du DSP, avoir face à lui un agent qui agisse avec professionnalisme. Si je restais un subordonné, je pouvais imaginer que le Gossam avait vécu un évènement traumatisant et qu’il s’attendait à ce que nous réglions l’affaire au plus vite. Il était probable que la mort de Dae’Mid n’ai pas été le seul objectif d’une telle attaque, mais qu’en réalité l’objectif ait été de semer la terreur en médiatisant l’action. Il était bien trop tôt pour tirer ce type de conclusion sans plus d’information mais il allait bien me falloir un point de départ pour trancher entre les différentes hypothèses qui me permettraient de commencer l’enquête. J’avais déjà en tête plusieurs propositions pour démarrer si Dae’Mid n’était pas capable de me donner plus de détail : le plus intéressant serait d’aller m’entretenir avec les responsables locaux de la police Nemoidienne, eux seraient capables de me renseigner sur d’éventuels groupuscules politiques, ainsi je pourrais évaluer la valeur de mon hypothèse assez rapidement.

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                Post n°7
                Auteur : Super PNJ

                Dae'mid avait masqué habilement sa surprise face à l'homme qui venait de le saluer de manière si rigide. Doté d'une mémoire assez fabuleuse, le Gossam n'avait pas pu oublier le visage dur et abîmé d'Arnon Veral, directeur d'AgroChrome. Longtemps, il s'était demandé, lors de leurs rencontres, ce qui lui avait donné ces cicatrices, mais à présent qu'il l'avait devant lui en tant qu'envoyé de Petit Homme, il comprenait mieux : un agent du DSP, ni plus, ni moins. C'était une réelle surprise, autant pour son identité que pour l'absence de contact qu'ils avaient pu avoir en dehors des entrevues officielles, alors qu'il avait tant oeuvré, dans l'ombre, pour la CSI. Ou bien était-ce une nouvelle recrue ? Après tout, il n'avait pas demandé d'homme d'expérience... Ce fut d'une voix calme qu'il enchaîna, bien loin de la précipitation qu'aurait eu un traumatisé suite à ces attentats.

                - Bien entendu, Sergent Venkhor. Avant toute chose, je tiens à préciser que je ferai mettre à votre disposition les enregistrements que j'ai fait récupérer par nos services de sécurité. Ceux-ci vous seront transmis là où vous logerez, j'imagine à la caserne, ou tout autre endroit que vous m'indiquerez.

                Arnon Veral n'avait jamais masqué son goût des bonnes choses. Il était curieux de voir si il se contenterait du confort spartiate des barraquements, ou si il tirerait profit de sa position pour obtenir plus confortable. Ce serait un indice utile sur l'homme qu'il était et sa faculté à résoudre ce sac de nœuds.

                - Pour vous répondre... J'ai eu une chance assez inouïe d'essayer de passer une communication très importante au moment du drame. Celle-ci ayant été subitement coupée de mon côté, j'ai tout de suite fait le lien avec la situation, où nous étions arrêtés... Je dois dire que j'ai peut-être trop vu de films avec Rabel Mondo, mais cela m'a sauvé, preuve en est ma présence en ces lieux. L'explosion m'a sonné uniquement. Nous avons également relevé l'absence de quelques gardes qui auraient dû être de faction à des endroits proches, gardes qui ont été retrouvés, désactivés ou abattus, plus tard.

                Il joignit les mains devant lui, l'air grave, légèrement plus tendu. Ils étaient rentrés dans le vif du sujet très rapidement, et si ça ne lui déplaisait pas, il fallait tout de même qu'il garde le fil de son histoire pour ne rien en omettre. Veral était un homme intelligent, et le savoir face à lui et sur cette affaire avait un côté rassurant, car il ne laissait jamais rien au hasard ou à la chance. Restait ce souci de l'inexpérience.

                - Permettez moi désormais d'en venir au pourquoi de votre présence ici, sergent. J'ai eu des contacts très réguliers et depuis longtemps avec Petit Homme, votre contact et, je suppose supérieur, sur Raxus Secundus, à l'époque où j'en étais le Sous-Préfet. Ces contacts s'expliquent par la nature même de la planète Raxus : calme, isolée et agricole, elle est l'endroit parfait pour rassembler des informations venant de l'extérieur. Sans être moi-même un agent du DSP, j'ai pendant longtemps collaboré avec l'armée et les services pour lutter contre les cellules terroristes présentes dans l'espace séparatiste, notamment les groupuscules Sith, comme celui qui a frappé Utapau, voici plusieurs années.

                Nouvelle pause dans la diatribe du Gossam. Révéler ce fait risquait de fortement infléchir l'enquête de l'humain face à lui, mais il était nécessaire qu'il comprenne.

                - En d'autres termes, nous ne pouvons écarter la piste de l'attentat politique, mais je n'ai guère eu le temps de me faire le moindre ennemi sur cette planète que vous ne manquerez pas de trouver quelque peu oisive. C'est pourquoi je privilégie la thèse de l'organisation souterraine, avec de nombreuses ramifications, qui iront des bas-fonds jusqu'à des niveaux de l'administration que nous ne soupçonnerons sans doute pas.

                Dae'mid sourit. Quitte à jouer cartes sur table, autant le faire jusqu'au bout.

                - Pour cette raison précisément, je suis heureux qu'un spécialiste des administrations tortueuses telles que celles des corporations agricoles puisse s'atteler à la tâche, monsieur Veral. Je suis heureux de vous revoir, et de vous savoir en vie. Mais vous avez certainement des questions à me poser ?

                Atréïs

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                  #8

                  Post n°8
                  Auteur : Arnon Veral

                  Je me trouvais face à Dae’Mid, totalement impassible. Si j’avais bien appris quelque chose durant ma formation au BSI, c’était qu’il valait mieux parfois écouter plutôt que trop en dire. En tout cas, cela m’avait appris à écouter l’autre. Dans le cas du Sous-Préfet, ce dernier se révéla particulièrement organisé dans son récit. Je m’étais contenté de sortir un petit carnet protégé par un étui de cuir et à noter les éléments importants. Je n’avais pas en tête de noter tout le récit de Dae’Mid, loin de là, mais je comptais me focaliser sur l’essentiel. Avant qu’il n’ait démarré, j’avais répondu laconiquement à sa question :

                  -Vous pourrez en effet envoyer les enregistrements à la caserne. Je vous remercie.

                  Si à ce stade, je n’excluais pas plus tard de quitter mon uniforme et de prendre une chambre qui me permettrait de me fondre un peu plus dans la population civile, ce n’était pas nécessaire pour le moment. Le fait que Dae’Mid ait les enregistrements était une très bonne chose, même si je ne me faisais pas d’illusion là-dessus. A en juger le reste de son récite, ceux qui avait organisé cela étaient très bien organisés et avaient sans doute pensé à tout. Le fait qu’ils aient détruit ou désactivé les droïdes à proximité du lieu de l’attentat confirma mes craintes. Je me contentais de prendre des notes rapides, quelques mots tout au plus, afin de garder certains points pour plus tard. Quelle ironie, moi qui avais tenté d’organiser les manipulations lorsque j’étais au sein du BSI, je me retrouvais à enquêter pour en déjouer une alors que je venais d’entrer au DSP.

                  Dae’Mid, en dépit de sa propension à vouloir être exhaustif et à couvrir chaque élément, n’était pas stupide. Je ne pouvais pas non plus nier de mon côté que l’attentat politique me semblait être une piste intéressante. J’avais un certain nombre d’arguments pour cela, mais nous n’en étions pas encore là. Je préférais m’abstenir de spéculations car c’était la porte ouverte à des biais cognitifs qui auraient pu nuire à l’enquête. Dae’Mid termina son discours par un sourire, et une phrase qui dévoila qu’il se rappelait de moi. Au fond, il aurait été idiot de penser le contraire, même si cet homme passait sa vie dans des bains de foules, j’avais été face à lui pour représenter une commission et j’avais par la suite pris contact auprès d’Osso qui n’était autre que son ancienne collaboratrice. Il y avait fort à parier qu’Osso lui ait reparlé pour lui demander conseil ou tout simplement l’informer. Mon apparence physique et mes cicatrices étaient d’autres explications, les gens se rappelaient de moi par mes caractéristiques physiques. Je lui souris à mon tour.


                  -Je suis également heureux de vous voir sain et sauf, monsieur le Préfet. Beaucoup de choses se sont en effet passées depuis nos derniers échanges. Et je crains que cette fois-ci, si nous avons à éplucher l’administration, cela sera dans un tout autre contexte.

                  Et c’était vrai. Le Sous-Préfet était un homme habile, il avait dévoilé en sous-texte qu’il était au courant de mon « accident ». Cet homme avait des connexions partout, il aurait été idiot de sous-estimer son importance. Cela, je l’avais toujours du, car Dae’Mid était un vieux routard de la politique, ce que je savais moins en revanche, c’était sa collaboration avec l’armée et le DSP. Ces organismes n’étaient normalement pas directement inféodés aux branches locales ou confédérées des administrations politiques, mais pour un administrateur, avoir des contacts chez eux pouvait se révéler très précieux. Dae’Mid avait réussi cette prouesse sans se compromettre en étant membre. Pourtant cela s’était révélé à double-tranchant puisqu’il avait été la cible d’un attentat. Mon esprit s’emballait, et je tentais de le calmer, pour l’instant nous n’avions aucune raison de penser qu’il y avait une connexion. Regardant mes notes griffonnées sur le papier de bonne qualité, je décidai de faire un petit récapitulatif.

                  -En effet, j’ai plusieurs questions à vous poser, mais je vais me borner aux principales interrogations.

                  Je me remettais en place sur la chaise, me tenant bien droit. Plongeant dans mes petites notes, je construisais mes réponses afin de les faire les plus concises possibles et qu’elles puissent faire mouche dans son esprit. Dae’Mid était un puissant et surtout, comme il l’avait démontré à de nombreuses reprises, c’était le genre de personne qui voulait comprendre les choses, même celles qui dépassaient son domaine. Afin de m’assurer d’avoir sa coopération et son adhésion, j’allais devoir être très clair sans lui faire perdre son temps.

                  -Je suis de votre avis, à ce stade on ne peut plus exclure la portée politique. Je pense également que les gens qui ont fait ça avaient accès à des informations très précises vous concernant. L’emplacement des gardes, votre trajet, votre emploi-du-temps. Ma première question est la suivante : vous me confirmez que vous avez été coupé peu avant l’attaque ? Ces gens ont donc été capables de couper les conversations. Il va falloir examiner votre système de communication pour savoir comment ils ont fait ça.

                  Regardant à nouveau brièvement mes notes, je formulais la deuxième interrogation que j’avais.


                  -Ma deuxième question concernera les gardes désactivés. Ces droïdes ont, il me semble, un système d’encodage bien spécifique, les désactiver n’est pas à la portée de tout le monde. Je crois que je vais devoir examiner ceux qui ont été désactivés en demandant l’aide d’un ingénieur qui pourra nous indiquer comment ils ont été désactivés. Était-ce un signal à distance ? Quelqu’un avait-il implanté un dispositif ?

                  J’allais droit au but, tentant d’être le plus concis possible. Je n’avais aucune idée d’où nous propulserait cette enquête, ce que je savais en revanche, c’était que je n’avais pas le choix et que je devais absolument tout mettre en œuvre pour réussir cette mission. Refermant mon petit carnet et croisant les mains sur mes cuisses, je fixais intensément le Gossam.

                  -Je pense que répondre à ces deux questions nous permettra d’avoir un point de départ objectif. Pour le reste, je crains en effet qu’une telle action n’aurait pas été possible sans avoir complices au sein de l’administration de la Sous-Préfecture. En ce sens, je vous conseillerais de limiter vos déplacements au strict minimum jusqu’à ce que nous en sachions plus sur cette affaire.

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                    #9

                    Post n°9
                    Auteur : Super PNJ

                    Arnon Veral avait une qualité qui justifiait amplement son emploi par le DSP : une intelligence redoutable et situationnelle qu'il mettait au profit de ses intérêts. Hélas, cette finesse d'espriit et d'analyse allait nécessairement de pair avec un certain sens du secret qu'il avait fait valoir pendant de longues années sur Raxus Secundus. De fait, on ne lui connaissait pas d'amis proches, de connaissances passées ou même d'anecdotes sur lui qui faisaient le sel des personnalités les plus imposantes et tendaient à les ramener à leur statut de simples mortels. De là à dire qu'Arnon n'était pas de cette caste, il n'y avait qu'un pas...

                    Quoi qu'il en fut, pour l'heure, il fallait considérer Arnon comme un allié, probablement le seul réellement sûr dans ce monde, car le moins à même d'avoir des relations externes sur Cato Neimoidia. Pour autant, dans le pire des cas, il faudrait être certain de pouvoir gérer l'inconnue qu'il représentait. Tant que son allégeance n'était pas parfaitement claire, il faudrait garder un œil sur lui, ou deux. Si seulement il avait quelqu'un de réelle confiance à lui attacher pour l'accompagner, l'aider et le surveiller, ce serait l'idéal. Mais Dae'mid n'avait personne de ce profil, aussi, il lui fallait faire un grand pas en avant, risqué et inattendu. Faire confiance à Petite Homme, au Sergent Adriel, et espérer, en attendant mieux.


                    - Vous ferez ce qui vous semblera juste, Sergent, de cela, je n'en ai aucun doute, et vous trierez le bon grain de l'ivraie comme vous l'avez toujours fait, n'est-ce pas ? Si cela peut vous aider, je peux vous trouver un endroit plus calme que la caserne, où vous attirerez peut-être moins l'attention. Mais tout dépend de votre manière de travailler, évidemment. Je vous laisse juge.


                    Le vieux Gossam se laissa aller en arrière dans son siège, sondant toujours Arnon du regard, son sourire collé à ses lèvres. Fidèle à sa réputation, l'administrateur ne laisserait rien au hasard et irait toujours à l'essentiel, pour tirer la quintessence des informations recueillies.


                    - Il vous sera malheureusement fort compliqué d'accéder au système de communication propre de mon véhicule, celui-ci ayant sauté avec le reste. Peut-être qu'en retraçant les données depuis leur point de transmission sur la planète ? Je suis assez peu au fait du fonctionnement technologique des hyper-relais, je dois bien l'avouer. Mais effectivement. Pour couper ce type de communication, il faudrait des hommes d'un certain rang, ou un accès illégal à des installations sécurisées. En tant que préfet, j'ai l'honneur de bénéficier de lignes cryptées, rapides, et directes. C'est de cela dont nous parlons. Je vous donnerai les accès, et une aide d'un ingénieur au besoin, mais vous devrez être rapide, prudent et discret.

                    Le Gossam ne cherchait pas à faire peur à Arnon, mais il était évident que la situation était dangereuse autant pour lui-même que pour l'agent. Il était clair que si l'homme politique avait été visé par un attentat, ils ne reculeraient pas devant l'idée d'abattre un sergent de l'armée. Mais il avait dans l'idée que l'Humain était bien au courant de cela.


                    - Toutes ces questions, Sergent, ce sera à vous de les élucider. J'ai tenu à ce que les preuves et les différents éléments soient le moins compromis possibles avant votre arrivée, et il a fallu que j'use de mon influence. Vous aurez des moyens pour cette enquête. Ils ne seront pas illimités, mais je ferai en sorte que vous ayez le nécessaire...

                    Il s'arrêta de parler, le temps de prendre un message écrit, puis sourit à Arnon.

                    - Eh bien, en parlant de moyens. Votre ingénieur est arrivé, et vous pourrez le rencontrer dès lors que nous aurons fini cet entretien. Mais je vous en prie, continuez.


                    Atréïs

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                      Post n°10
                      Auteur : Arnon Veral

                      J’écoutais avec la même politesse le Sous-Préfet Dae'mid. Ce dernier se révélait assez enjôleur, toujours le même sourire collé sur les lèvres. J’avais souvent eu à faire aux politiciens dans ma carrière d’administrateur puis de directeur d’AgroChrome sur Raxus Secundus et je connaissais leurs codes. Je devais cependant reconnaître que Dae'mid m’avais toujours fasciné par son flegme et cette bonhommie qui, alliés à une grande connaissance des choses, lui donnaient une aura paternelle. Lorsqu’on écoutait Dae'mid, on avait face à nous le type de personne capable à la fois de baser ses décisions sur des expertises pour leur donner un sens et baser des arguments, mais également de jouer sur le côté relationnel en étant parfaitement empathique. Contrairement à beaucoup de politiciens modernes, il ne fustigeait pas l’opposition, n’entrait pas en conflit avec l’administration locale, c’était une bonne oreille. Cela ne faisait que renforcer le mystère autour de cet attentat. Si viser les autorités Confédérées était un pain béni pour les groupuscules radicaux…Pourquoi viser Dae'mid ? Il était sans doute un des plus modérés et un des plus appréciés, sans doute également le plus enclin à écouter tout le monde. Ceux qui avaient fait cela étaient soit très mal informés -ce dont je doutais vu la précision et les moyens déployés pour l’opération- soit ils voulaient frapper fort et montrer que personne ne serait à l’abri. Si les fanatiques et les fous n’étaient pas monnaie courante, on finissait toujours par en retrouver dans un territoire aussi vaste que la CSI. Groupuscules extrémistes, religieux dévots prêts à en découdre, activistes sectaires…Mais également des ennemis qui auraient pu prêter allégeance à d’autres factions. Les Siths en tête de liste.

                      Etrangement, la perspective de m’opposer à des Siths ne me dérangeait pas, j’avais certes travaillé au sein de l’Empire Sith, mais je n’avais jamais vraiment eu affaire à eux. Mon travail s’était borné à faire la basse besogne qu’on m’avait confié et les ordres m’étaient donné par des personnes tout à fait normales. Nous n’avions pas réellement d’excuses, si certains qui s’étaient retrouvés dans des procès avaient clamé qu’ils avaient eu le sabrolaser sous la gorge et été contraints, je peux vous assurer que ce n’était pas mon cas. J’avais agi en mon âme et conscience, j’aurais tout à fait pu refuser le poste. Mais l’appât du gain et de reconnaissance sociale avaient fait le reste. Je dois bien l’avouer, un peu d’idéologie aussi, nous avions été pris en charge à l’académie impériale et les cours d’instruction politiques avaient été très clairs, les ennemis de l’état étaient désignés en ces termes : « traîtres », « lâches », « vermines ». Des nuisibles qu’il aurait fallu éliminer tôt ou tard. Le contexte était différent maintenant et Dae'mid parlait d’une voix douce et apaisante. Je me surpris à me demander ce qu’il aurait pu penser si, derrière mon visage impassible, lui rendant quelques sourires polis, il avait pu déceler un dixième de ces pensées. Tout cela était derrière moi et je chassais ces souvenirs parasites, me concentrant sur notre conversation.


                      -Je vous suis très reconnaissant de votre proposition concernant le logement. Il est vrai que d’être en-dehors de la caserne me permettrait d’agir sous couverture civile. Je paierai de ma poche tout excédant par rapport à la dotation allouée par ma hiérarchie.

                      Car l’argent n’était pas un problème et qu’au fond, mes motivations n’étaient pas pécuniaires. Je ne voulais en outre pas inquiéter Dae'mid mais le fond de ma pensée était que des officiels ou des membres de son administration étaient impliqués dans cette affaire. Si je ne pouvais pas l’affirmer avec certitude, je ne pouvais pas non plus nier le caractère plausible de cette hypothèse. Revenir à la caserne signifiait attirer l’attention de militaires et de potentiels conjurés. Mes années au sein du BSI m’avaient bien appris quelque chose : tout le monde pouvait être suspect. Ceux qui recrutaient des traîtres ou des agents doubles le savaient bien, il fallait trouver des gens hors de soupçons, c’était rarement des gens de premier plan ou machiavéliques qu’on retrouvait dans ce rôle…Non, ça c’était pour les holofilms. Souvent, on recrutait des gens sans histoire et sans réelle importance…Des gens dont on ne se méfiait pas. Des personnalités effacées du quotidien qui n’avaient jamais parlé de politique et jamais manifesté le moindre intérêt pour des affaires étatiques ou pour la hiérarchie. Des gens dont on ne pouvait pas même sonder ce qu’ils avaient en eux. Alors par chance, parfois, les recruteurs sondaient en eux une certaine frustration, une noirceur d’âme ou toute autre caractéristique qui permettrait de les retourner. Au fond, ne parlai-je pas en connaissance de cause ? N’était-ce pas ce que Rec avait fait me concernant ? Le Cercle Ouvrier était profondément opposé à l’oppression impériale et moi, j’en étais un des leaders, pourtant j’avais retourné ma veste si facilement. L’âme humaine était si complexe et si insondable qu’il fallait nous résoudre à conclure que nous n’en explorerions pas les ficelles, ni dans cette vie, ni dans l’autre. C’était un des comptes-rendus de mon procès par coutumace qui rendait bien compte de cela, le procureur se demandait comment Ludwig Noas, ouvrier sans instruction d’un syndicat contestataire, avait pu devenir un officier du BSI « fanatique » qui s’était battu jusqu’au bout pour l’Empire Sith sur la Forge Stellaire, allant jusqu’à liquider tous les prisonniers encore présents sous sa responsabilité. L’énoncé du problème était faux et montrait que cet homme n’avait rien compris. Le fait qu’on me considère comme « sans instruction » toute ma vie avait permis à des gens comme lui de m’enfermer dans des couches défavorisées, de là était née ma frustration. L’Empire Sith m’avait donné ce que jamais personne ne m’avait donné : un but dans la vie et un statut. Même en ayant repris AgroChrome des années plus tard, j’avais dû me sevrer des idées extrêmes Impériales. Ce système m’avait convenu pendant des années, au point que je n’avais plus à penser, tout avait été extrêmement bien ficelé.

                      -Très bien, je vous remercie pour votre coopération. De mon côté, j’ai terminé et je dispose de toutes les informations nécessaires pour commencer mon enquête. Je vous recontacterai si j’ai d’autres questions, mais pour l’heure, je dois rencontrer votre ingénieur. J’attendrai d’en savoir plus sur ce qui s’est passé avec les communications et surtout les gardes.

                      En effet, les gardes constituaient ma piste prioritaire. Ces derniers étaient dotés d’un système d’exploitation très sophistiqué, il était impossible d’imaginer qu’on les aurait désactiver sans laisser de trace. Je comptais donc beaucoup sur leur examen. C’est poliment que je saluerais Dae'mid en prenant congé…Cet homme m’était toujours apparu très sympathique.

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                        Auteur : Super PNJ

                        Le Sergent Venkhor n'avait pas besoin de faire étalage de ses hypothèses en ces lieux, et le préfet le comprenait fort bien : comme il l'avait dit, il ne souhaitait pas infliger à l'enquêteur un flot d'idées qui le mènerait sur le mauvais chemin. Aussi ne demanda-t-il pas quelles étaient ses premières idées, c'était définitivement au soldat de prendre le relais. Alors que leur discussion touchait à sa fin, Dae'mid sourit un peu plus largement. Affable et sincère, il reconnaissait en cet homme, jeune pour lui, quelques uns des traits de caractère qui l'avaient mené à ce poste. Cependant, si ses qualités étaient réelles, il se demanda un instant quels défauts il cachait réellement. Peut-être ceux-ci ressortiraient lors de l'enquête. Il finit par se lever et tendre une main à son interlocuteur.

                        - Sergent, ce fut un plaisir de suivre cette discussion fort constructive. Je vous laisse libre de me contacter en cas de besoin ou si vous tirez des conclusions solides. Ma secrétaire vous escortera jusqu'à votre rendez-vous. D'ici à ce que nous nous revoyons, je vous souhaite un agréable séjour sur Cato Neimoidia et que la Force vous guide.

                        Alors qu'Arnon fut invitée par la secrétaire à la suivre pour le guider hors du dédale de couloir qui constituait le palais préfectoral neimoidien, elle s'arrêta près de la salle d'attente où il avait déjà patienté quelques dizaines de minutes. Elle lui fit un geste de la main pour l'inviter à rentrer, le laissant seul face à une Miralian confortablement installée dans l'un des canapés. Capuche remontée sur la tête qui laissait dégringoler une tignasse brune que l'on devinait lourde, vêtements simples et amples qui pouvaient laisser imaginer n'importe quoi, bottes usées faites pour marcher, elle releva la tête vers Arnon. Ses yeux bleus semblèrent pétiller doucement, alors que ses lèvres peintes en noir s'étiraient en un sourire joyeux... et légèrement moqueur. Sa peau verte ressortait à merveille dans ce cadre de moulures et de dorures, montrant son appartenance à son espèce, de même que les formes géométriques qui constellaient son visage. De sa main gauche, elle jouait avec une pièce qu'elle faisait rouler adroitement entre ses doigts, les tintements du métal contre ses nombreuses bagues au métal passé troublant le silence de la pièce. Elle s'arrêta brusquement de jouer, faisant simplement voler la dite pièce en l'air dans un pile ou face dont elle se garda bien de donner le résultat, son sourire s'amplifiant encore plus. Sans autre forme de procès, elle se leva du canapé en s'étirant et en ôtant sa coiffe, se présentant à l'agent du DSP d'un faux geste militaire, deux doigts à la tempe et un clin d'oeil enjoué.

                        - Salut ! Adriel, j'imagine, vu qu'on m'a dit que je devais attendre un humain et que t'es bien le seul que j'ai vu. Moi, c'est Nocturna Arestadili, mais tu peux m'appeler Nocturna si tu préfères. Ou Noc', j'ai l'habitude.


                        Elle ne se gêna pas pour regarder Arnon qui était comme toujours tiré à quatre épingles, impeccablement coiffé, uniforme taillé, bref, il faisait ce qu'il fallait pour impressionner ses interlocuteurs, et ça semblait avoir une sorte d'effet sur la Miralian qui enchaîna aussitôt.

                        - Du coup, on fait quoi ? On reste là à s'regarder en chien de faïence ou on trouve un coin tranquille pour discuter ? Non, parce que moi, on m'a dit « Nocturna, on a un boulot pour toi, c'est mal payé mais ça vient du préfet directement, alors tu discutes pas, et tu te bouges, tu vas être à la bourre. » et même malgré ça, j'ai quand même dû attendre... Enfin bref, on s'en fout, paraît que t'as besoin d'un ingé et d'un mécano, t'en fais pas, je gère. Je suis la meilleure du cadran.

                        Elle partit alors dans un grand rire joyeux. Cette fille avait décidément un pet au casque et ne se privait pas de le montrer à tous. Cela étant dit, Dae'mid lui-même s'était porté garant de la Miralian, celle-ci ne tardant pas à reprendre un sérieux tout relatif.

                        - Bon, assez déconné, j'suis peut-être pas la meilleure, mais je connais le coin comme ma poche en plus des consignes de sécurité séparatistes et neimoidiennes. J'te propose de me suivre à mon atelier, on pourra causer tranquille et tu m'diras de quoi t'as besoin.


                        Et sans attendre de réponse, elle partit à grands pas, presque en courant, vers la sortie, saluant ça et là l'un ou l'autre droïde d'un grand geste sans que ceux-ci ne lui répondent, à aucun moment. Oui, elle avait décidément un grain. Néanmoins, Nocturna savait parfaitement ce qu'elle faisait. Après des années à travailler pour la Confédération, elle avait acquis une petite réputation de faiseuse de miracles, et elle ne dérogeait que rarement à celle-ci : très rarement dans les clous, elle s'était fait à la fois une spécialité et un plaisir de se plonger dans les systèmes robotiques et électroniques les plus absurdes pour les décortiquer et en tirer la quintessence. C'était là sa triste malédiction, cette volonté de toujours repousser les limites de l'improbable limitait finalement ses accès aux contrats les plus simples ou les plus lucratifs, ceux qui requéraient de l'efficacité, chose qu'était incapable de comprendre la jeune femme, qui avait, justement ce besoin de tout comprendre d'une situation.

                        Arrivés à l'atelier proprement dit, elle tira un lourd rideau de fer pour permettre à son étrange binôme de la suivre. Elle lui désigna un porte-manteau de fortune sur lequel elle jeta sa cape de voyage, révélant qu'elle portait dessous des vêtements type de mécanicien : pantalon large et conçu pour résister aux chocs et aux déchirures, haut dans la même veine, le tout plein de poches qui semblaient bien pleines. Elle se fit une place sur un établi, croisant les jambes, reprenant sa pièce avec laquelle elle commença à jouer à pile ou face, sans prendre le temps de regarder le résultat.

                        - Du coup, j't'écoute. T'as besoin de moi pour quoi ?




                        Nocturna Arestadili

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                          Auteur : Arnon Veral

                          Il était temps de prendre congé du Sous-Préfet Dae’Mid. Me levant et le saluant respectueusement, je m’éclipsais lentement en prenant ma serviette et ma casquette sous le bras. Une secrétaire me montra le chemin, je lui emboîtais le pas. Les choses semblaient bien huilées, et c’était donc en me conformant parfaitement à ce qu’on me disait que j’avançais lentement dans le couloir. Je ne pouvais m’empêcher d’avoir l’esprit embrumé par les questions. Qui avait fomenté cet attentat ? Dans quel but ? Je ne pouvais réprimer mon instinct qui me disait que les choses étaient plus complexes. L’exécution était grossière et pourtant, ceux qui avaient fait ça s’étaient donnés la peine de trafiquer les droïdes et les réseaux de communication. Je chassais ces questions parasites, après tout je n’étais qu’un simple Sergent de la Marine sur le papier, la politique ne me concernait pas. Je devais procéder par étape et tenter de forger mes opinions sur des faits tangibles.

                          On m’invita à entrer dans la même salle dans laquelle je m’engouffrais lentement. Une personne m’y attendais, je reconnus immédiatement une femme…Enfin pas tout à fait. La teinte de la peau était différente lorsqu’elle retira sa capuche, je reconnus rapidement qu’il ne s’agissait pas d’une femme, les formes géométriques sur son visage rajoutant au tableau. C’était une Mirialan, une espèce que j’avais déjà rencontré plusieurs fois au cours de mes voyages intergalactiques. J’évitais en général au maximum les autres espèces, ne traitant presqu’exclusivement avec des humains…Aussi je dus réprimer un tic de dégoût face à cette personne dont l’affiliation n’était pas claire. Je me contentais d’un sourire en coin poli à son sourire enjôleur. A son pastiche de salut militaire, je lui opposais un salut parfaitement règlementaire, ne lui serrant pas la main comme la convenance l’aurait pourtant voulu. J’attendais de savoir ce que cette Mirialan venait faire dans l’équation, était-elle une énième interlocutrice ? Je décidais donc de conserver ma position d’observateur, lui rendant un sourire franc mais discret.

                          Le tutoiement et la familiarité m’arrachèrent cependant un plissement des yeux. Cette Mirialan ne semblait pourtant pas étrangère à l’armée ni au système Confédéré et pourtant elle se permettait cette proximité. Je me rappelais alors que c’était la première fois que je voyais un membre de cette espèce d’aussi près. Malgré cette horrible peau verte, certains auraient sans doute pu la trouver attirante et il était clair qu’Arestadili en jouait. Je compris alors qu’elle était l’ingénieur qu’on m’envoyait.

                          Vieux cochon de Dae’Mid…

                          Je ne pus réprimer un soupir intérieur…J’avais demandé un ingénieur à ce vieux salaud et il m’envoyait…Ca. Au sein de l’Empire Sith, plusieurs officiers pensaient que les aliens étaient un véritable fléau. Pour avoir passé des années au sein de leur organisation, j’avais bien compris que cela tenait plus du mythe que de la réalité. L’Empire Sith avait envahi de nombreuses planètes peuplées d’autochtones qui avaient été réduits à l’état d’esclaves et maltraités, cela avait favorisé l’apparition de mouvements armés de résistance…Lesdits autochtones n’étaient donc pas plus nuisibles que nous…C’était une simple réaction. Pour ma part, si je n’avais jamais adhéré à ces racontars, j’avais quand même compris que les aliens n’étaient pas compatibles avec les humains, nos cultures et nos mœurs étaient trop différents. L’attitude d’Arestadili donnait de l’eau à mon moulin, je la trouvais déjà vulgaire et son attitude me gênait au plus haut point. Sa familiarité était à mon sens un profond manque de respect. Dae’Mid était également un alien, mais le Sous-Préfet avait su gagner une certaine forme de respect de ma part, précisément car il avait su maintenir l’étiquette inhérente à son rang. Je me surpris à verser dans des pensées incohérentes…Réalisant que je ne pouvais pas rester là sans rien faire les bras ballants, c’est après une petite hésitation que mon visage se fendit d’un nouveau sourire.

                          -Eh bien…Nocturna, il semblerait que nous devions travailler ensemble. Trouvons un coin tranquille pour discuter et je t’expliquerai de quoi il en retourne.

                          Mon masque était parfait, je faisais ce que j’avais toujours su faire : donner le change. Mon hésitation avait été maquillée en légère timidité et désormais, je laissais apparaître quelqu’un de chaleureux. Les années passées au sein du BSI m’avaient changé et je pouvais maintenant le dire : si j’avais été un peu rouillé au début de mes missions, j’étais désormais à nouveau opérationnel. Cette mission était un test et je me devais de l’accomplir avec brio…Il n’y avait aucun choix. Je décidais de mettre mon dégoût de côté et de suivre Nocturna qui de toute manière n’attendait aucune réponse et semblait bien décidée à m’entraîner dans son atelier. Je récupérais mon arme que j’enfournais dans son holster à mon ceinturon et sortis du palais. Alors que mon esprit était régulièrement attiré par le cliquetis de ses bagues et son jeu d’adresse avec la pièce qu’elle tenait entre les mains, je la suivis jusqu’à l’atelier…Une bicoque fermée par un lourd rideau de fer qu’elle tira avec une force insoupçonnée pour un être de sa taille. Ma « farfadette » du jour s’y engouffra, dévoilant un atelier qui reflétait en effet un niveau professionnel. Plusieurs ustensiles et outils spécialisés étaient rangés par ordre sur des portoirs et du matériel électronique était rangé avec la même méticulosité dans des tiroirs transparents. Laissant ma nouvelle amie se changer et venir avec les attributs propres à son statut de mécanicienne cette dernière m’interrogea alors sur sa mission, continuant de jouer avec sa pièce. Malgré ses vêtements amples, la Mirialan ne pouvait cacher qu’elle était très attirante. Chassant à nouveau ces pensées, je me concentrais sur l’essentiel, tentant d’oublier la course infernale de cette pièce qui s’était lancée dans un nouveau tintamarre avec les bagues de Nocturna. Posant ma casquette et ma serviette sur un coin de la table après avoir inspecté méticuleusement que cet endroit était propre, je fixais à nouveau la Mirialan.


                          -Allons droit au but. Le Sous-Préfet a été victime d’un attentat et ce dernier a raté. Si c’est plutôt encourageant pour nous, il y a un certain nombre de détails problématiques dans cette histoire. Ceux qui ont fait ça ont réussi à couper localement les relais de transmission en pleine ville…Empêchant le préfet de contacter qui que ce soit. Pis encore, certains droïdes de surveillance ont été désactivés, d’autres détruits…

                          J’agrémentais ma phrase en suspens d’un sourire mystérieux. Je me surprenais à laisser mon naturel analytique reprendre le dessus. Si pendant des années j’avais été un bon chef d’entreprise relativement discret, je dévoilais là mon potentiel : celui d’un intrigant, d’un homme qui aimait se sentir important. Malgré la répulsion véritable que j’éprouvais à l’égard des non-humains, Nocturna n’en demeurait pas moins jolie et enjouée et au fond, on ne se refaisait pas.

                          -Tu connais sans doute les protocoles Confédérés et officiels, tu sais que ces droïdes ont plusieurs systèmes de cryptage internes et externes, il est quasi-impossible de les pirater. A ce stade de l’histoire, tu dois commencer à voir où je veux en venir. Si certains ont été désactivés…Pourquoi avoir détruit les autres ? Cela implique deux choses, premièrement, c’est que quelqu’un a eu accès à une partie des droïdes pour les pirater et deuxièmement, tous n’ont pas été piratés. S’agit-il de lots différents ? Comment ont-ils été piratés ?

                          Je ménageais mes effets de surprise, à l’image d’un conteur, je posais ma voix, sûr de moi. Bien sûr, Nocturna devait avoir compris l’histoire maintenant. Elle avait été informée et elle allait devoir m’aider. M’approchant d’elle et saisis soudainement la pièce au vol, la déposant délicatement sur la table, l’index sur le métal froid de sa tranche. J’observais le côté face, captivé par les détails de la figure.

                          -C’est là où je vais avoir besoin de toi. Je suppose que si tu es la meilleure, tu connais les protocoles Confédérés et tu pourrais inspecter les modules de cryptage des droïdes désactivés n’est-ce pas ? On va commencer par-là, je vais appeler la Sous-Préfecture et nous faire transférer les droïdes qui ont été désactivés et ceux qui ont été détruits. Je veux que tu regardes si les modules de cryptage ont été modifiés, peut-être par un programme malveillant ou par un appareil qui aurait été implanté. Ensuite, nous nous occuperons des communications…Mais chaque chose en son temps. De mon côté, je vais leur demander l’emplacement des droïdes qui ont été détruits et de ceux qui ne l’ont pas été pour voir si je peux y voir une logique dans l’espace ou par rapport à l’heure à laquelle ils ont été relevés.

                          Je relevais l’index de la pièce, la libérant et me saisissant de mon datapad. J’écris à la Sous-Préfecture pour leur demander de nous envoyer les droïdes désactivés et ceux qui étaient endommagés. Je leur demandais également un plan exact de la position des gardes synthétiques et également de me communiquer les heures de relèves, je chercherais une logique pour savoir si ceux qui avaient été détruits étaient des droïdes qui auraient été remplacés plus tôt ou plus tard par rapport à ceux qui avaient été piratés. Ce que j’espérais était clair : retrouver les droïdes qui avaient été relevés, ils étaient peut-être encore en service et portaient peut-être encore d’autres traces de piratage ou des enregistrements qui permettraient d’en savoir plus sur l’opération. Déposant soigneusement mon datapad sur la table, je fixais désormais Nocturna.


                          -Maintenant, il n’y a plus qu’à attendre. C’est notre premier coup sur l’échiquier.

                          Le premier et sans doute un des plus importants. Il était temps désormais de nous confronter à ces comploteurs. Ils étaient sans doute intelligents, mais cette pensée ne faisait qu’attiser ma détermination à les battre à leur propre jeu…

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                            Auteur : Super PNJ

                            Le vieux militaire avait une verve qu'elle ne lui aurait pas soupçonné au premier abord, une sorte de charisme lancinant qui donnait envie d'écouter et de croire à ses petites histoires. Il faut dire qu'il parlait de droïdes de la CSI piratés à une Miralian qui s'en était fait un objectif personnel, difficile de ne pas la captiver. Si il avait parlé culture de choux, elle eut été moins attentive... Mais de fait, il avait l'attention de la mécano, même si tout ses gestes semblaient indiquer le contraire : regardant ailleurs, jouant avec sa pièce, se grattant la tempe, bref, tout pour montrer qu'elle était d'un je-m'en-foutisme rare : sans doute une couverture. Des plus agaçantes, mais une couverture.

                            Lorsqu'il se rapprocha et attrapa la pièce au vol, elle ne s'en émut pas, le regardant la poser sur la table. Elle l'écoutait toujours, triant les informations et les rangeant dans son cerveau, c'était là sa seule attitude adulte, puisque ses jambes se balançaient avec une certaine élégance, elle jouait avec ses cheveux maintenant qu'il lui avait piqué sa pièce... Pour autant, elle restait attentive.


                            - Déjà, ce qui est très juste dans ta description de notre super armée robotique, c'est qu'elle est quasiment impossible à pirater. Quasiment, ça veut tout et rien dire, et du coup, va falloir commencer par là. Y'a pas grand monde sur cette planète capable de ce genre de petit miracle, pour ainsi dire, j'les compte sur les doigts de mes mains... Après, pour l'histoire des détruits et des piratés, y'a deux choses pour moi : soit c'est voulu pour foutre la merde dans l'enquête, soit y'avait juste pas le temps de mieux... Mais ça veut dire que soit y'a eu un pépin, soit c'était précipité. Je sais pas ce que je préfère du coup.

                            Elle finit par récupérer sa pièce, mais elle ne joua pas avec cette-ci. Suite à sa phrase, toutes ses attitudes et gestes parasites avaient disparus comme par magie, laissant Nocturna le regard plongé dans les gravures de son maigre magot. Ses yeux dans le vague témoignaient d'une réflexion intense, et elle finit par jeter à nouveau la pièce, la récupérant dans son poing. Après quelques secondes et un léger sourire très charmeur, elle ouvrit la main, révélant le côté pile.

                            - T'es au courant que ça va me prendre looooongtemps pour étudier tout ça et qu'il me faudra un peu de matos de la sous-préfecture ? J'me doute que tu pourras m'obtenir ça, hein, mais tarde pas trop, y'a aussi les sauvegardes et mises à jour qui font que y'a des effacements de mémoire très réguliers. A moins qu'ils aient été renvoyés dans les fonderies de Jabiim. Ce qui serait d'autant plus moche.


                            Elle récupéra un bout de papier et commença à écrire en quelques secondes, frénétiquement, avant de le tendre à Arnon.

                            - Tiens ! Va m'falloir tout ça, et si tu peux aussi m'négocier une avance sur salaire pendant que je bosse, ça m'ira bien. D'ici à ce que j'ai fini, j'te souhaite bien du courage, Cato, c'est la jungle... Et les politiques c'est de la saloperie. Alors les deux en même temps... T'as pas fini d'en %$!#.

                            C'est d'un sourire amusé qu'elle mit fin à leur petite discussion, s'échappant rapidement de la vue d'Arnon pour s'éclipser dans l'arrière-boutique, mettant le volume sonore d'une musique électronique à fond comme pour marquer une envie de rester seule. En tous les cas, elle en avait vraisemblablement fini pour l'heure et attendrait la suite, sans doute avec une certaine impatience. Pour Arnon lui-même, la suite serait moins réjouissante, car sans la Miralian, il était laissé, livré à lui-même. Peut-être même était-ce la volonté de Nocturna ? Toujours est-il qu'il allait devoir faire montre d'une certaine ingéniosité désormais, surtout que les documents confidentiels de la préfecture arrivaient en masse depuis les ateliers et les garnisons, noyant l'agent sous une masse d'informations considérable...

                            Spoiler : Spoiler
                            HRP
                            J'ai volontairement laissé à ton interprétation le contenu des documents de la préfecture (ce ne serait pas drôle si je te donnais tout). La seule chose que j'impose est que les droïdes piratés furent les plus proches du lieu de l'attentat. Du reste, libre à toi !


                            Atréïs

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                              #14

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                              Auteur : Arnon Veral

                              Je considérais mon interlocutrice, l’espace d’un instant. Son attitude désinvolte m’agaçait au plus haut point et je me surpris à penser des conséquences qu’auraient eu une telle attitude du temps où j’étais au BSI. Bien sûr, moi je n’aurais sans doute rien dit…Je ne disais jamais rien…Mais Rec n’aurait pas accepté cela. Pas plus que le reste de la chaîne de commandement d’ailleurs. Une nostalgie fugace s’empara de moi, rapide comme l’éclair, électrisant mes sens, caressant mon âme. La nostalgie d’une période révolue et d’un temps où j’étais encore quelqu’un, pas un débris inutile. Vous auriez bon ton de me juger, les Pères Lamorale et autres objecteurs de conscience, mais en réalité, comme dans toute société humaine, j’avais accepté une contrepartie pour en arriver là où j’étais arrivé à cette époque. J’avais transgressé la morale, scarifié ma conscience, éclipsé mes aspirations pour embrasser ma carrière. Comme à chaque fois, ces pensées m’entraînaient dans un maelström mental qui balayait ma motivation et m’enlisait dans les remords. Seules les cigarettes -que je fumais l’une après l’autre- et les verres d’alcool -que j’enchaînais avec la même frénésie- pouvaient me calmer et embrumer suffisamment mon esprit pour me faire oublier ce que j’avais commis. Mais pour autant, cela n’empêchait pas le constat final d’émerger, rude et violent, comme une claque : je n’étais plus un officier du BSI, j’étais maintenant tout au plus un sergent de la marine. Nocturna le savait sans doute tout autant que moi, les temps et le monde avaient changé et moi, je n’étais plus qu’un spectre qui était ressurgi du passé. Une silhouette décharnée dont le visage lardé de cicatrice était tout juste bon à effrayer les enfants. Je faisais un bien piètre épouvantail, qui aurait suscité tout au plus le dégoût chez Nocturna si elle avait connu mes états de service.

                              Je chassai à nouveau ces pensées. Mon esprit vagabondait, captivé par les cheveux que Nocturna entortillait avec son doigt…Hagard face aux retournements de ses longues jambes…Consterné face à son sourire. Mais des considérations plus pragmatiques émergeaient durant ses prises de paroles : elle savait réfléchir. Plus nous avancions, plus je comprenais qu’elle serait ma meilleure alliée dans cette affaire. Si j’avais accumulé de nombreux défauts au fil des années, il y avait bien une qualité qui ne s’était jamais éteinte : j’avais toujours bien su m’entourer. C’était comme un don, je savais reconnaître mes meilleurs alliés et miser sur le bon cheval pour arriver à mes fins. Acquiesçant lentement, je complétais la remarque de Nocturna.

                              -Et je suppose que tu connais ceux qui en sont capables, n’est-ce pas ? Si le piratage est avéré, il va falloir trouver un moyen d’aller vers eux pour éventuellement les confondre…Ou trouver quelqu’un qui pourrait nous renseigner sur leur éventuelle implication. Je devine que tu en es capable aussi hein ? Dans tous les cas nous ne devons pas perdre de vue que les responsables sont peut-être des membres du gouvernement local ou même Confédéré. Je n’aime pas cette idée, mais nous devons nous y préparer. Ainsi si les gens auxquels tu penses ne sont pas impliqués et qu’on commence à savoir qu’on enquête sur les responsables, les coupables vont tenter de se couvrir. Nous devons agir vite, tu as raison, je m’occupe de ce pas de nous faire livrer les droïdes.

                              Alliant le geste à la parole, je me saisissais à nouveau de mon datapad, contactant la préfecture. Les contacts que m’avait donné Dae’Mid étaient pour la plupart des intendants très efficaces. Ils répondirent très rapidement, m’informant que les droïdes seraient livrés à l’atelier de Nocturna. Je demandais également à ce qu’une escorte soit envoyée ici, sans en informer mon interlocutrice. Avoir une patrouille dans les environs éviterait les mauvaises surprises. Je ne savais l’expliquer, mais j’avais un mauvais pressentiment concernant cette mission. Si des membres de la Sous-Préfecture ou du cabinet de Dae’Mid étaient impliqués, je ne pouvait m’empêcher de penser que nous courrions un danger et qu’en plus de ça nous jouions contre la montre. Nos adversaires étaient sûrement au courant que des enquêteurs seraient bientôt là. Aussi, je m’activais. Je m’étais saisi du bout de papier, acquiesçant à nouveau lentement. L’attitude de Nocturna était aussi désespérante que désopilante, mais au fond, je m’adaptais. J’avais compris que j’avais besoin d’elle et que j’allais devoir composer avec ses extravagance. Elle acheva de m’exaspérer lorsqu’elle me laissa seul, en proie à une musique sauvage. Je me contentais de m’éclipser devant l’atelier, afin de prendre l’air. Me mettant à l’abri des regard, je sortais un étui métallique à cigarettes, gravé à mes initiales.

                              Craquant une allumette, j’aspirais la fumée. La nicotine ne tarda pas d’affluer dans mes veines, calmant brièvement mon anxiété. La ruelle était calme et nous étions loin de l’agitation aux abords de la Préfecture. Les volutes de fumées dansaient autour de moi comme des nuages. L’atmosphère était calme, presque placide, il était difficile d’imaginer qu’une crise politique couvait en ce monde et encore plus difficile d’imaginer que c’était moi, ancien officier du BSI condamné à mort par contumace, qu’on avait envoyé pour régler ce problème mettant en péril la CSI. CSI qui d’ailleurs n’avait d’indépendante plus que le nom puisque personne n’était dupe, les mondes n’avaient plus aucun pouvoir. En l’absence d’un ennemi fort et fédérateur, les grands discours sur la « défense du monde libre » s’étaient étiolés, les masques étaient tombés, laissant apparaître une sorte de dictature molle de l’institution. Les gens auraient beau protester, personne ne les écouteraient. Les plus radicaux entreprendraient des actions criminelles, comme sans doute les instigateurs de l’attentat contre Dae’Mid, mais là non plus, personne ne les écouterait, ils seraient traités comme les bandits qu’ils étaient. Laissant apparaître un rictus, j’en arrivais à la conclusion que j’étais un rouage de ce système. Les idéaux d’égalité que j’avais embrassé lorsque j’étais travailleur pauvre sur Coruscant avaient bel et bien disparu, je n’étais plus membre du Cercle Ouvrier, certains auraient dit que je m’étais embourgeoisé. La politique ne m’intéressais de toute manière plus vraiment et je me surpris à penser que les raisons pour lesquelles je servais la CSI et j’avais rempilé n’étaient pas très claires pour moi. Sans doute avais-je abandonné mes illusions, comprenant que plus rien ne serait comme avant et que le temps où j’étais quelqu’un, au sein de l’Empire Sith, était bel et bien révolu.

                              Mon datapad ne cessait de me rapporter des notifications. Ecrasant mon mégot pour le mettre à la poubelle, j’inspectais ces documents. Ils n’avaient pas perdu de temps, la CSI avait pour réputation d’être un bourbier administratif. Il fallait croire que lorsque le problème engageait l’intégrité physique de ses dirigeants et de leurs sbires, les choses étaient accélérées. Il y avait là les numéros de série des droïdes, leur position, les relèves de gardes et surtout, le trajet du Sous-Préfet. J’inspectais tout cela avec grand soin, les informations affluant dans ma tête. Pour l’instant, mon esprit tentait de recoller les morceau, d’assembler les pièces du puzzle. Pendant de longues minutes, j’inspectais les documents, profitant du calme pour me plonger dans l’ambiance du jour de l’attentat. Je fus arraché à mes pensées lorsqu’un véhicule s’arrêta. Il s’agissait d’un véhicule civil, deux droïdes en sortirent avec des charriots, sortant les carcasses de leurs congénères. Certains avaient été détruits par des blasters, d’autres semblaient tout simplement inanimés. Les droïdes déchargèrent les carcasses dans l’atelier, les approchant de Nocturna et de ses plans de travail. En silence, ils se dirigèrent à l’extérieur et celui qui commandait l’escouade attendit les ordres.

                              -Je veux une patrouille à portée. Positionnez vos unités dans les rues adjacentes, personne ne rentre dans cet atelier. Ne vous faites pas remarquer et restez proches de vos transmetteurs.

                              Le droïde se mit au garde-à-vous. Je venais de faire preuve d’imprévisibilité, car j’avais fait le choix de faire garder la zone. Les comploteurs ne pouvaient pas anticiper cela. Je doutais qu’ils connaissent mon existence pour l’instant, mais je souhaitais avoir une escouade de droïdes sous la main, prête à servir. Le véhicule serait utile aussi, si nous devions nous déplacer rapidement, nous serions escortés et un véhicule banalisé n’attirerait pas l’attention. Je rangeais mon datapad et rentrais à l’intérieur pour y retrouver Nocturna, toujours bercée par sa musique diabolique. Avec un sourire avenant et poli, je la rejoignais.

                              -Serait-il possible de baisser le volume s’il-te-plaît ? J’ai du mal à me concentrer et on ne va avoir du mal à communiquer. J’ai du nouveau…

                              Attendant que ma nouvelle amie baisse le son, je sortais mon datapad, désignant les droïdes.

                              -Tu avais raison, ce n’est pas si simple, il n’y a pas de logique évidente dans le remplacement et les droïdes qui ont été piratés. En revanche, si on regarde le trajet du Sous-Préfet, l’incident a eu lieu dans le seul tronçon où la sécurité était uniquement assurée par des droïdes et où il n’y avait pas de gardes némoïdiens. Ils connaissaient le parcours du Sous-Préfet. Les parcours de Dae’Mid ne sont pas réguliers, ils ne sont pas non plus publics, j’ai vérifié. Les responsables savaient, ils ont été prévenus…J’en suis convaincu maintenant…Ils ont forcément des informateurs au sein de la Sous-Préfecture.

                              Elle comme moi saurions ce que cela impliquait : la haute-trahison. Nous n’en étions pourtant pas à chercher les coupables. Je désignais les immenses caisses métalliques dans lesquelles gisaient les droïdes, dans une caisse il y avait les carcasses déchiquetées par les blasters, dans l’autre les carcasses piratées et inanimées. Je désignais à Nocturna les outils et tout le matériel qu’elle avait demandé, je lui tendais également un document qui attestait de son avance sur salaire. J’avais accédé à toutes ses demandes sans même les questionner, usant de la méthode que j’avais toujours utilisé : me faire apprécier.

                              -Je te laisse maintenant travailler tranquillement. Si tu as besoin de moi, je serai à côté pour éplucher le reste des documents envoyés par la préfecture.

                              Je lui fis signe, me montrant disposer à l’aider si elle souhaitait transporter les carcasses de droïdes. Nous entrions maintenant dans le vif du sujet.

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                                Post n°15
                                Auteur : Super PNJ

                                Il était peu dire que le volume de la musique de Nocturna était fort. Pour ainsi dire, elle n'en avait cure, de la gêne potentielle d'Arnon. Les pieds posés sur son atelier, un datapad dans chaque main, un verre d'eau avec une paille dans la bouche pour le siroter allègrement, et la chaise qui ne tenait que sur deux pieds, la Miralian était tout sauf professionnelle, sans doute au grand dam du Sergent et Agent de la CSI. Lorsqu'il rentra dans la pièce et émit sa doléance, elle leva un index vers lui, l'air de lui dire d'attendre, continuant de tapoter de l'autre sur sa tablette. Elle chantonnait en même temps qu'elle travaillait, Dieu sait sur quoi, et quelques dizaines de secondes plus tard, elle finit par enfin tourner la tête vers l'humain, baissant enfin la musique avec un soupir.

                                - C'était le meilleur drop, t'as pourri mon groove !

                                Elle n'avait pas cessé de sourire, mais elle s'était légèrement assombrie, arborant partiellement une moue boudeuse, ses yeux ne riant plus autant. Un nouveau soupir s'échappa de ses lèvres alors qu'elle jetait sa tablette sur son établi. Si elle avait des mouvements d'humeur, elle n'en demeurait pas moins attentive, attendant qu'Arnon n'en finisse avec ses explications pour prendre la parole.

                                - Y'a plein d'monde qui doit connaître ses déplacements, au préfet. Genre, imagine, les mécanos pour son taxi et son droïde pilote, l'intendance pour la bouffe, les secrétaires pour les docs'... Enfin, j'imagine hein, c'est toi le spécialiste, mais j'te vois bien partir dans un délire de trahison haut-placée, et faut pas oublier que tout c'petit gratin là, ça reste des privilégiés qui s'lattent en façade, dans l'arrière-boutique, c'est tous les mêmes et ils se partagent le gâteau du travail des autres...

                                Elle acheva sa tirade d'un coup, sans réellement de conclusion, et reporta ses yeux sur le matériel qui avait été ramené en nombre et en masse dans sa petite boutique. Arnon avait fait vite, et elle pouvait reconnaître et apprécier l'efficacité du type. Même si il avait l'air d'un vieux croûlant, ça bossait bien. Elle récupéra en priorité l'avance sur salaire, qu'elle fit disparaître dans ses vêtements, puis se pencha sur l'une des grandes caisses métalliques, se penchant dedans, le haut de son corps masqué par celui-ci ne restaient au dehors que ses longues jambes et son postérieur qu'elle affichait sans aucune gêne, ni honte. Dans le conteneur, on pouvait entendre la mécanicienne fouiller et faire un barouf d'enfer, alors que sa voix vint surpasser le reste.

                                - Avant de t'enfuir, j'suis pas contre un caf', si tu sais l'faire, y'a tout le matos sur le bureau, à côté du datapad. Tu peux le prendre aussi, j'y ai collé ce que tu demandais tout à l'heure : adresses, contacts, alibis pour les rares que je connais qui sont capables de pirater les droïdes. Ca veut pas dire qu'il y a tout le monde, mais si tu veux jeter un œil, c'est gratuit, c'est pour moi.

                                Elle finit par émerger de la caisse, s'accoudant dessus en tenant une tête de B1 dans une main, levée devant elle. Sa tête s'agitait doucement au son de la musique qui planait encore dans l'air, ses mèches de cheveux rebelles suivant le rythme, chacune à leur manière. Ses doigts pianotaient à nouveau sur le métal, alors qu'elle observait le débris sous toutes les coutures.

                                - Dis-donc, ils étaient pressés de les démonter... T'as vérifié si y'avait tout ? Ou ils t'ont dit qu'il en manquait ? Si c'est l'cas, ça va rendre le boulot vachement plus dur...


                                Elle trouva finalement ce qu'elle cherchait, laissant retomber la tête au fond de la boîte métallique, secouant la sienne avec une nouvelle moue peu convaincue.

                                - Ca va prendre des plombes de tous les vérifier, un par un... On sait même pas si ils ont tous été piratés selon les mêmes méthodes. Moi, en tout cas, j'aurais varié, histoire de foutre la merde. Mais tout le monde est pas aussi doué que moi, hein. Et puis, pirater autant de droïdes, sans que personne s'en rende compte, ça veut dire que ça s'est fait sur un lot précis... Ou entre deux restaurations ? A moins que la Préfecture soit aux fraises et fasse pas de contrôles ? Je veux dire, c'est du courant normalement, mais vu que y'a zéro menaces, ça se trouve, ça s'est ramolli ? T'aurais moyen de vérifier ça, tiens ? Les dates de dernières maintenances ?


                                Elle en donnait beaucoup et s'en doutait, mais en même temps, on lui avait dit qu'il fallait la meilleure, et la paye était sûrement largement supérieure à ce que Arnon allait toucher, lui, mais en même temps, elle avait une compétence rare. En attendant sa réponse, elle tira une carcasse entière d'une caisse et une boîte à outils fournie par la Préfecture et se mit à son atelier pour commencer à travailler.

                                Atréïs

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