Prendre la lumière
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Post n°20
Auteur : Arnon VeralJe plissais les yeux lorsque le datapad claqua sur la table. Mon visage se tordit dans une expression contrariée, la Mirialan avait le don de me courroucer et ce depuis le début de notre entretien : que ce soit dans son teint verdâtre maladif, dans les formes géométriques ridicules qui parcouraient son visage, dans son attitude à la fois provocante et délurée, dans ses allures décontractée et professorale ou dans le manque de soin à ce datapad qui m’appartenait. Alors qu’elle pianotait sur le petit écran, ma grimace parla d’elle-même, je l’exhortais à traiter mon datapad avec un peu plus de soin, c’était mon appareil personnel, un modèle assez onéreux que j’avais payé sur mes frais tout en refusant les modèles classiques qu’on avait voulu me fournir. Demeurer auprès de cette Nocturna me paraissait un calvaire bien plus important que celui de fréquenter Vasburg. Cette dernière avait ses défauts et des attitudes brutales et détestables, mais au moins c’était clair.
Mettant ma contrariété de côté, je m’efforçais de détendre mon expression faciale et d’écouter ce qu’elle avait à me proposer. Mes yeux se plissèrent de nouveau lorsqu’elle évoqua un membre de la pègre locale. Ce fut une nouvelle grimace lorsque je vis le Defel, son pelage dru et sombre avec de petites décolorations rousses autour des oreilles. Meurtrier, mafieux, violent, ce Kalnietis semblait avoir toutes les caractéristiques du pur sociopathe…Cela m’impressionnait toujours de remarquer comment dans la pègre ce type de profils pouvait réussir à prendre un rôle de premier plan. En plus de ses trafics, il était également impliqué dans du proxénétisme. C’était ma chance. Alors que Nocturna continuait à me transporter dans sa narration, j’étais moi-même, happé l’espace d’un instant dans des souvenirs qui dataient de plus de dix années auparavant, d’actions auprès de groupes criminels qui avaient eu l’impudence de vouloir négocier pour les plus fous, de nous tenir tête pour les plus bêtes. Je fus arraché à mes pensées par la proposition de Nocturna. Ma langue claqua dans ma bouche.
-Je te demande pardon ! Il en est hors de question !
Le ton était inhabituellement rêche et sec. Presque cassant. Durant toutes ces années après la bataille de la Forge Stellaire, Ludwig Noas était devenu l’affable Arnon Veral. Arnon était toujours mesuré, toujours souriant avec cette retenue qui le caractérisait. J’avais, au fil du temps, construit un image d’un homme enjoué et énergique qui faisait la joie de ses collaborateurs à AgroChrome. J’offrais des cadeaux à mes collaborateurs le jour des fêtes, les félicitais pour leur anniversaire, tout en maintenant une politesse et des conventions sociales qui m’honoraient. C’était cela ma nouvelle routine, un moyen d’expier mes péchés passés. Malheureusement, depuis que j’avais rejoint le DSP, cet équilibre routinier avait été rompus, car j’était plongé dans le secret et les complots internes, j’avais fini en prison. Maintenant avec cette Mirialan qui voulait m’envoyer fréquenter une prostituée dans le Milieu local. Je jaugeais celle qui me faisait face, j’en étais presqu’à douter qu’elle travaillait pour le DSP. N’étais-je pas encore face à un test ? Une sorte d’immersion dans un environnement très hostile afin de tester ma réaction ? Testait-on ma capacité à réagir face à un ordre ou une proposition absurde ? Je n’avais aucune possibilité de le savoir, je jetais un coup d’œil au Defel, mon visage fut figé en une expression de dégoût. Quel dieu pervers avait pu créer des créatures aussi disgracieuses. Comme le disait le Commandant Rec Ornaz des années auparavant, certaines populations aliens amenaient la débauche, l’alcoolisme et des troubles sociaux. Personne ne pouvait regarder lui dire qu’il avait totalement tort en ayant connaissance du pédigrée de ce Kalnietis. Je secouais la tête, grommelant dans ma barbe.
-Cette fichue planète est un zoo où les animaux se sont échappés. Ce n’est pas possible. Le type dont tu parles, c’est un pur sociopathe, je n’irai pas compromettre la mission en allant parler avec lui sur de simples suppositions. Si Cynn avait des connexions avec lui…Tu ne crois pas que la Préfecture et les autorités auraient le sauraient et auraient cassé les contrats ? Il y a des divisions entières des renseignements qui inspectent tout le monde, ils ne sont pas à ce point incapables…
Incapables non, par contre il était vrai que Cynn aurait pu passer à travers les mailles du filet. En général, ceux qui avaient des connexions avec la pègre étaient très surveillés, mais il n’était pas impossible qu’elle ait développé ces fréquentations après avoir négocié ses contrats. En tant qu’ancienne militaire, elle bénéficiait d’aides à la réinsertion dans la société civile, elle avait été décorée par la médaille de la Forge Stellaire et avait reçu d’autres décorations mineures, c’était donc une héroïne qui avait perdu une partie de son intégrité physique pour la CSI. La Confédération avait un tel territoire à contrôler qu’il n’était pas non plus impossible que les administrations soient passées à côté. Au fond, le genre de statu quo qui arrangeait tout le monde : les petites frappes faisaient leurs affaires et l’état gérait la politique des mondes…Cela avait toujours existé. N’y avait-il pas un ou deux édiles locaux qui se faisaient graisser la patte ? Pas impossible non plus, si on transposait cela à l’échelle de Cato Naemoidia et de la Confédération dans son ensemble, le cas Kalnietis n’était qu’un cancrelas insignifiant sans réel pouvoir de nuisance. Si ce dernier trempait dans des affaires de terrorisme et d’assassinat contre Dae’Mid, c’était autre chose…Mais je trouvais ce scénario peu probable, c’était trop évident et il n’avait pas le profil. Les gens de l’espèce de Kalnietis formaient une racaille qui en général peinait à voir plus loin. Lui comme les autres finirait tôt ou tard par être occis par un rival, nouvelle étoile montante de la délinquance qui se montrerait plus violente et plus impitoyable que son prédécesseur vieillissant.
Saisissant à nouveau mon datapad, je passais en revue les informations que m’avait envoyé la préfecture sur Cynn. Non, aucune irrégularité à part cet aspect financier. La Préfecture n’avait pas d’information entre Cynn et Kalnietis. J’en profitais pour envoyer une nouvelle requête concernant defel. Si ce dernier était véritablement la personne que disait Nocturna, il avait forcément été fiché ou il avait eu des ennuis avec la justice. Secouant la tête et soupirant bruyamment je me tournais vers Nocturna, cette fois ayant repris un peu de mon calme.
-Pourquoi t’y vas pas toi ? On te connaît, tu pourrais y aller et déjà vérifier que Cynn est en cheville avec Kalnietis. Ensuite, et seulement ensuite, je pourrai m’y rendre, car si tu te trompes, je serai grillé. En plus, je dois réfléchir à un plan, car je n’ai aucune idée de l’allégeance de Cynn, elle est peut-être du côté de l’animal…
Je réfléchissais à haute-voix, cette fois suspendant mon propos. Si Kalnietis était en cheville avec Cynn, cela ferait une bonne raison pour moi de me déplacer. J’avais en effet une idée qui me permettrait de parler avec le defel, si ce dernier trempait avec des trafiquants de composantes illégales pour les droïdes, j’aurais qu’à me présenter moi-même comme quelqu’un qui cherchait ce type de service…Et là, une fois qu’il m’aurait fait une proposition en évoquant Cynn, il me suffirait de cueillir ce beau monde et d’envoyer tout le monde en prison pour les faire parler…Je ferais ainsi d’une pierre deux coups, je pourrais interroger Cynn et faire tomber un nuisible. -
Post n°21
Auteur : Super PNJL'attitude du soldat face à sa dernière proposition acheva de contrarier Nocturna. Elle était déjà largement en train d'outrepasser ses fonctions en lui proposant des plans, et ça ne lui plaisait toujours pas ? Ce peine-à-jouir allait finir par ramasser soit son poing dans les chicots, soit son pied dans ses bijoux de famille, mais ça n'allait pas traîner ! Et voilà qu'il lui gueulait dessus, désormais, avec sa tête de déterré ? Elle croisa les bras, se renfrognant.
-Cette fichue planète est un zoo où les animaux se sont échappés. Ce n’est pas possible. Le type dont tu parles, c’est un pur sociopathe, je n’irai pas compromettre la mission en allant parler avec lui sur de simples suppositions. Si Cynn avait des connexions avec lui…Tu ne crois pas que la Préfecture et les autorités auraient le sauraient et auraient cassé les contrats ? Il y a des divisions entières des renseignements qui inspectent tout le monde, ils ne sont pas à ce point incapables…
-Déjà, le zoo, comme tu dis si bien, c'est chez moi, alors mollo sur les termes. Et ensuite, bienvenue dans le monde réel, t'étais attendu ! C'est comme ça partout, de la plus petite cellule de recherche aux plus hauts bureaux des gouvernements, on peut pas tout contrôler et on veut pas tout contrôler, c'est juste logique, sinon, personne croirait au joli conte de fées sur la belle CSI toute puissante et protectrice des libertés.
Elle lâche un soupir entre ses lèvres. Il était évident que, quelque part, il y avait une note sur Cynn et sur cette connexion dores et déjà existante. Mais si personne ne l'avait fait remonter à qui de droit, alors la dite note resterait cachée où elle était, peu importait la raison. Elle finit par radoucir son ton légèrement.
-Je crois pas que ça justifie quoi que ce soit, mais ce genre de relation, c'est pas nouveau, et ça arrange tout le monde... République, Imperium, CSI, c'est tous les mêmes de ce point de vue, si y'a un peu de blé à faire, la sécurité nationale, on s'en carre. Le temps est pas vraiment à la guerre, et ça se voit, ça se relâche de partout. C'est sûrement pour ça que ça pète de partout, d'ailleurs. Ca va ensemble.
Elle récupéra sa pièce entre ses doigts, regardant son collègue cogiter. Elle avait le pressentiment que rien de bon pour elle ne sortirait de sa réflexion, et elle avait un instinct remarquable pour ça...
-Pourquoi t’y vas pas toi ? On te connaît, tu pourrais y aller et déjà vérifier que Cynn est en cheville avec Kalnietis. Ensuite, et seulement ensuite, je pourrai m’y rendre, car si tu te trompes, je serai grillé. En plus, je dois réfléchir à un plan, car je n’ai aucune idée de l’allégeance de Cynn, elle est peut-être du côté de l’animal…
Gagné. Elle aurait du parier avec elle-même, elle serait riche à l'heure qu'il est...
-Tu rêves, Sergent. Je suis pas un agent de terrain, je suis pas de l'armée, je suis mécano, moi. Brillante et capable, mais mécano, et je trempe pas dans la merde, ça éclabousse. C'est toi qui est payé pour enquêter, mon pote !Atréïs -
Post n°22
Auteur : Arnon VeralJe fixais Nocturna avec un sourire de convenance. A quoi aurais-je pu m’attendre de plus ? Après tout, elle n’était qu’une contractuelle du système de la CSI. Cette dernière faisait appel à des experts extérieurs pour une mission engageant la sécurité de la Confédération, ce qui en soi aurait pu paraître étrange. Elle était attachée au fourbi sans nom qu’était ce monde, sans doute car elle n’avait jamais connu autre chose, sa nature alien y était aussi pour beaucoup. L’ordre était l’apanage des sociétés civilisées et les primitifs restaient insensibles aux bienfaits de la civilisation. Si ces idées pouvaient proliférer au sein de l’Empire Sith sous forme de détestation de ce qui n’était pas humain, je n’avais jamais validé leur propagande, mes idées à moi étaient basées sur des faits, ancrées en moi.
Mon sourire gagna un peu plus de terrain à l’évocation de mon grade : « Sergent ». Dans sa bouche, cela semblait presqu’une forme de mépris. Le mot, prononcé de manière légère, lui donnant une nuance presque transparente. Ce n’était pas un mépris en rapport avec le grade -bien que subalterne- mais bel et bien pour mon statut de militaire. Nocturna avait-elle un tel mépris pour les institutions de la CSI ? Cela expliquait sans doute ses propos sur le relâchement par rapport aux temps de paix relative. Je haussais donc les épaules tout en poursuivant sur un ton conciliant et placide.
-C’est comme tu veux, il va de soi que tu aurais été obtenu des primes spéciales pour une telle opération. Mais soit, je comprends ta position et donc je m’y rendrai tout seul. Libre à toi de m’accompagner ou non, mais pour terminer sur une petite pensée personnelle, il est de notre devoir de faire en sorte que ça ne « pète » pas trop. Il n’y a que ceux qui n’ont pas vécu la guerre qui peuvent se réjouir du désordre…
Agrémentant ma tirade d’un sourire, je montrais du doigt mon visage lardé de cicatrices. Cette mission commençait à m’agacer, pourtant, je gardais mon calme. A quoi s’attendait la Préfecture en m’envoyant tout seul enquêter dans les bas-fonds de Cato Naemoidia. A ce stade de l’histoire, je savais que je ne pourrais pas me rendre seul voir cette petite frappe locale. C’était le problème de la démocratie, les criminels avaient des droits.
Flashback, une dizaine d’années auparavant,
L’homme était attaché à une chaise en fonte…Des liens qui se limitaient à des cordes effilochées mais solides. La chemise ouverte, un liquide carmin s’échappait de diverses plaies de son visage tuméfié. La lumière blafarde d’une ampoule nue dévoilait les reflets violacées et les reliefs boursoufflés de son visage. Ses vêtements tâchés et poisseux détonnaient avec l’uniforme gris cintré de la brute qui le frappait à intervalle régulier. Un sous-officier du BSI à la mâchoire carrée et aux petits yeux vides bien enfoncés dans le visage. Le colosse décocha un crochet du droit dans le visage de l’homme qui gémit de douleur, dont la tête tourna sur le côté. Deux pas en retrait, Rec et moi-même observions la scène d’un air grave. Je portai ma cigarette à la bouche, recrachant lentement la fumée tout en jetant un coup d’œil à mon datapad. Rec, leva le bras, faisant signe à la brute qui se mit sur le côté, raide comme un « i ».
-Je crois que tu ne nous as pas bien compris. Peut-être que les anciens maîtres de la planète étaient conciliants avec toi, qu’ils gobaient tes conneries. Mais nous, on est des professionnels. Les types que tu caches pour faire quitter la planète…Ils sont où ? C’est ta dernière chance.
Cet homme était comme des centaines de milliers d’autres : des petites frappes qui avaient tiré parti du chaos galactique pour organiser des trafics divers. Celui-ci avait profité de l’annexion de sa planète à l’Empire Sith pour exfiltrer des gens qui voulaient partir et ne pas avoir affaire aux autorités Impériales Sith. C’était commun, le genre d’activités très lucratives…Extrêmement risquées aussi. Je me contentais de lire les divers éléments qu’on avait dans mon datapad. Mon unique préoccupation avait été de retrouver ces gens qui tentaient de fuir, l’Empire Sith ne se priverait pas en effet d’une manne humaine qu’il pourrait épuiser jusqu’à la mort dans ses usines pour soutenir l’effort de guerre. Le sous-officier monstrueux avait repris sa besogne, frappant à intervalles réguliers sur le pauvre bougre. Alors que Rec reprenait place auprès de moi, je lui tendais mon datapad.
-Il prévoyait sans doute de les dénoncer ensuite pour les déposséder de leurs biens. Un classique. Certains sont plus intelligents que d’autres…Les crédits ont été encaissés sur la planète…
Par pure stupidité ou par appât du gain, le criminel en herbe avait voulu encaisser rapidement son argent et n’avait pas pris la peine de le faire transiter autre part. C’était ce qui avait attiré les limiers du BSI. La lourde machine s’était donc mise en marche : le Département de Sécurité avait émis ses ordres et comme les « prisonniers de guerre » dépendaient maintenant du département économique, c’était à moi qu’on avait fait appel. L’homme, dont le visage tirait vers le pourpre, hurla à son bourreau d’arrêter. Il grommela quelque chose dans sa barbe. Rec se pencha sur les accoudoirs du siège, approchant son visage de lui.
-Pardon ? J’ai rien entendu.
L’homme murmura quelque chose, une adresse. Il avait finalement donné le nom de ses complices, sans négocier. Sans doute impressionné par les méthodes brutales du BSI. J’aspirais une nouvelle bouffée de fumée, le bout de ma cigarette se mit à scintiller, comme la vie de l’homme qui me faisait face, elle touchait à sa fin. Rec acquiesça lentement en passant devant moi, il avait récupéré les informations. Alors que le Commandant disparaissait dans l’entrebâillement de la porte, je me tournais vers le sous-officier et désignais l’homme du menton, avant d’écraser mon mégot sous le talon de ma botte et de quitter la salle. Le sous-officier sortit moins d’une minute plus tard, le pistolaser encore fumant dans son holster.
Comme pris de torpeur, je me rendais compte que ces pensées avaient fait naître en moi un profond malaise. Je m’essuyais le front avec mon mouchoir, reprenant le contrôle de moi-même. Il était temps de contacter la Préfecture à nouveau. Je m’exécutai en m’isolant dans la pièce, faisant la demande d’une escorte en civil et faisant mon rapport. Mon interlocutrice m’informa qu’elle ferait son rapport au Sous-Préfet en personne, maintenant il n’y avait plus qu’à attendre. Je retournais auprès de Nocturna, sourire aux lèvres.
-J’ai demandé du renfort, dès que la Préfecture me répond, on lève le camp.
Je comptais bien faire d’une pierre deux coups, si on pouvait également arrêter une petite frappe au passage, cela assainirait un peu la planète. -
Post n°23
Auteur : Super PNJNocturna s’était relevée, regardant Arnon droit dans les yeux. La lueur farouche qui régnait dans son regard assombrissait d’autant plus ses traits et sa peau verte. Les suggestions du soldat démontraient simplement qu’il n’avait pas compris ce dans quoi il s’engageait, ni qui elle était. Elle n’en prenait même pas ombrage, en fait, elle réalisait simplement quel homme pitoyable elle avait en face d’elle à cet instant. Ses réactions épidermiques, sa tronche de grand blessé, ses tics nerveux, son agacement constant à son encontre… Il avait vécu, ça se voyait à ses tempes largement grisonnantes, mais surtout à ses yeux, qui reflétaient à la fois la malice inhérente à l’âge et l’expérience, et la brume qui endormait peu à peu l’âme. Il avait trop vécu.
Elle finit par secouer la tête doucement.
-J’ai pas besoin de primes. J’vis dans la capitale de Cato Neimoidia et c’est la CSI qui vient m’chercher parce qu’elle est dans la merde, pas l’inverse. A la base, je fais ça pour aider, le blé, c’est optionnel. Chacun sa spécialité. Et si la pègre, c’est pas la tienne, alors je peux que te conseiller de prendre la première navette qui te ramènera à ta base.
Pour une fois, elle disait ça sans aucune intonation belliqueuse, sans aucun grief à l’égard d’Arnon. Le conseil, bien que formulé de manière peu cavalière, était bienveillant. Il était évident aux yeux de Nocturna que l’homme n’avait pas forcément les connaissances nécessaires pour survivre dans les strates les plus basses de la vie neimoidienne.
-Kalnietis est pas le type le plus intelligent du monde, mais il est roublard, et il a du monde qui bosse pour lui un peu partout. Enfin, « pour »… Façon d’parler hein, t’es sur Cato Neimoidia, tout le monde est corrompu ou compromis, ici, à plus ou moins grande échelle, et tout l’monde veut tirer un peu de couverture à des degrés divers et des objectifs plus colorés les uns que les autres.
Elle secoua lentement la tête, faisant tinter ses bijoux, puis glissa une main dans ses cheveux. Même lorsqu’elle était agacée, elle restait charmante, une vraie femme, en somme.
-Je sais pas comment tu comptes t’y prendre. Pour atteindre Cynn, faudra que tu passes par Kalnietis. Et pour Kalnietis, y’a pas trente six solutions. J’sais pas où tu veux commencer, mais il a sûrement des parts à l’hosto, au Neimo’s Inn ou au CNIL. Dépend de ton approche.
Juste avant son départ, Nocturna tendit à Arnon un datapad. Celui-ci contenait les informations dont ils avaient parlé. Protocoles de sécurité, routines, algorithmes, ingénieux capables, tout y était, un travail de pro quoique agrémenté de petites annotations parfois grossières. Ce fut d’un simple mouvement de tête et d’un « bonne chance » prononcé du bout des lèvres qu’elle laissa partir l’agent, non sans en être finalement soulagée. Elle allait enfin pouvoir travailler en paix.
Atréïs -
Post n°24
Auteur : Arnon VeralFaisant une nouvelle fois tourner le marteau dans ma main, je réfléchissais à ce qu’il venait de me dire. Des réunions ? C’était donc un groupe organisé, mais ils n’avaient bien sûr pas envoyé les plus fins. J’avais l’impression que celui qui me faisait face était fragile et influençable, un porte-flingue en somme. Que faire de ça ? Je n’en tirerais rien, même si je le brutalisais. L’espace d’un instant, j’eus envie de le travailler au marteau rien que pour savoir ce que je pourrais en tirer. Bien évidemment, cela ne permettrait sans doute pas d’obtenir plus de sa part. A sa dernière question, je haussais les épaules.
-En vous en prenant à une pauvre handicapée ? Je ne vois pas ce qui a de digne derrière tout ça…
Et c’était vrai, ces grands discours sur la liberté étaient éculés depuis longtemps. J’avais assez vite compris dans ma vie d’adulte que la morale et les grands principes étaient en général là pour justifier les atrocités ou les écarts de certains. Quoi, cette Légion souhaitait renverser la CSI ? En s’en prenant à Dae’Mid et en tuant une handicapée ? C’était complètement contre-productif, ils ne réussiraient qu’à attirer les foudres du pouvoir central Confédéré qui enverrait ses troupes de choc les débusquer. C’était stupide et surtout, ça ne collait pas. J’avais participé à la chasse aux terroristes, aux partisans, aux résistants en tout genre pendant des années au sein de l’Empire Sith et même les plus petits réseaux avaient un plan ou une organisation. Même ceux qui n’étaient pas préparés ni entraînés avaient un corpus idéologique. Il était clair que ces gens allaient attirer le DSP, voire des unités un peu plus agressives, qui viendraient tenter de faire le ménage sur la planète. C’était ce qui leur arrivait et maintenant, les chefs de l’organisation -s’il y en avait- devaient avoir peur de ce qui se passait. Mais tout cela n’était plus mon problème et je me devais de me concentrer sur ma tâche : faire parler ce triste sire et lui arracher la vérité.
Malheureusement pour moi, il balbutiait à nouveau. Son discours était confus, il ne savait pas, il ne savait rien. Alec Sater n’était pas taillé pour l’entreprise qu’on lui avait confiée, il demeurait ainsi pleurnichant, dans son costume de rebelle bien trop grand pour lui. Il avait eu ses quelques minutes de gloire, tenant le pistolaser avec ses camarades, mais l’apogée fut de courte durée, laissant place à la descente. Cet homme paierait toute sa vie pour cette erreur, c’était ainsi. Pourtant, je n’arrivais pas à avoir pitié pour lui, sa faiblesse me dégoûtait. Il n’assumait pas ses fautes et avait été rattrapé par ses péchés. Au fond, je n’étais pas le meilleur pour critiquer cela, me cachant depuis des années derrière une fausse identité…Mais comprenons-nous bien, j’avais toujours assumé mes actes, au moins moralement. J’étais d’ailleurs prêt à les défendre devant un tribunal si je finissais par être pris. J’allais lancer une nouvelle remarque acerbe alors qu’on frappait à la porte. Rangeant délicatement les ustensiles dans mon sac de jute, je vérifiais que Sater était solidement entravé avant de sortir. Danlun était là, la mine sombre. Sans doute était-elle déçue de la journée ou tout du moins appréhendait-elle pour la suite. Lorsqu’elle m’informa qu’on avait mis la main sur un des tireurs, cela acheva de me convaincre que tous ces gens n’étaient que de petites frappes à la botte d’une organisation plus vaste. Du menu fretin qu’on avait équipé à la va-vite pour un coup d’éclat.
Je ne me faisais aucune illusion quant aux discours tenus par le tireur qui devaient être très proches de ceux que moi-même j’avais recueilli auprès de Sater. J’acquiesçais lentement lorsqu’elle m’informa que le Préfet voulait me voir. Dae’Mid avait-il eu vent de ce qui s’était passé ? Possible, je ne savais pas vraiment quelle était la fonction de Danlun, ni même si elle rendait des rapports à Dae’Mid, au DSP et dans les organisations des renseignements en général, tout le monde était suspect. Je n’avais pourtant rien à craindre, nous avions avancé, je remerciais donc une fois de plus Danlun.
-Bon travail pour le tireur. J’aimerais avoir votre rapport demain concernant ce qu’a dit ce tireur. Précisément ce qu’il a dit sur le groupe se faisant appeler « Légion ». Vous pouvez disposer, nous continuerons plus tard, laissons-les mariner. Je m’occupe des prisonnier, je n’ai plus besoin de vous pour l’instant. Encore félicitations.
Je lui touchais l’épaule en signe de reconnaissance. J’étais sincère, Danlun et Zekk avaient très bien travaillé, c’était des agents qui avaient su travailler comme il le fallait. Retournant dans la salle avec deux droïdes B1, je leur transmettais mes instructions, je souhaitais que Sater soit mis en cellule après une fouille intégrale pour être sûr qu’il ne dispose pas de capsule de cyanure dans ses dents ou d’un autre objet qui lui permettrait de se suicider. Je donnais les mêmes instructions pour l’autre prisonnier. Je leur demandais également à ce qu’un droïde B1 reste en permanence avec eux dans la cellule afin d’augmenter la pression et d’éviter le suicide. J’en profitais pour écrire une note exceptionnelle avant de partir, justifiant ces mesures draconiennes par l’urgence de la situation et la gravité de l’attentat. Ainsi, je me couvrais afin d’être irréprochable. Me saisissant de ma casquette et de mes affaires, je faisais demander un véhicule pour me rendre de toute urgence à la Préfecture. Mon chauffeur m’y conduisit, accompagné de mon droïde de protocole qui enregistrait tout ce que je lui disais afin de pouvoir écrire mon rapport ensuite plus facilement.
Je dus à nouveau présenter mes papiers, l’effervescence était toujours présente à la Préfecture et la sécurité avait été renforcée. J’ignorais si c’était toujours à cause des attentats ou si Dae’Mid et les autorités avaient été mises au courant des évènements récents et avaient resserré la sécurité de peur d’une fusillade à la Préfecture. Je préviendrais Kalnietis plus tard, lui proposant la somme qu’il voulait pour Cynn, pour l’instant je devais gérer Dae’Mid. Une fois à l’intérieur, on m’amena une fois de plus à son bureau. Je compris que c’était urgent, car le Préfet ne me fit pas attendre plus de deux minutes. Poussant les lourdes portes de bois vernis de l’opulente Préfecture. Droit comme un « i », reprenant une attitude formelle et martiale, j’ôtais ma casquette en saluant de nouveau Dae’Mid. Nous avions relativement bien avancé en deux jours et nous avions des suspects, mais ça, je me doutais que le Préfet le savait déjà. Je me contentais donc de m’avancer et de m’asseoir au bureau lorsqu’il m’y invita.
-Comme vous le savez déjà très probablement, nous avons interpelé deux suspects. Un premier interrogatoire a permis de les relier à une organisation qui se fait appeler « Légion » et qui les a recruté sur un certain ressentiment à l’égard de la CSI et des politiques locales. Nous en saurons peut-être un peu plus dans les jours qui viennent.
Net, concis et précis. J’avais donné en quelques phrases les informations dont je disposais afin de ne pas perdre de temps. Dae’Mid apprécierait sans doute cela et moi, de mon côté, j’attendais ce qu’il avait à me dire.
HRP: suite du RP suivant, https://star-wars-rpg.soforums.com/t9227-Dans-la-fange.htm#p96632 -
Post n°25
Auteur : Super PNJDae’mid ne perdit pas plus de temps en salutations. Il offrit à Arnon un salut à mi-chemin entre le politique et le militaire, mais le Gossam vieillissant savait que l’Agent qui se trouvait en face de lui ne s’en formaliserait pas. Si, dans la théorie, le préfet et le soldat n’avait rien à voir l’un avec l’autre, dans la pratique, le politicien respectait l’action du Sergent sans pour autant la considérer légitime. Mais peu lui importait ; cela serait l’affaire de sa hiérarchie, et non la sienne. Les troubles semés sur son passage n’étaient rien comparés à ce qui pouvait se passer sur Cato Neimoidia parfois, et surtout, les résultats étaient là, mais il voulait entendre de la bouche de son invité ses conclusions.
D’un geste simple, il l’invita à s’asseoir devant son bureau, lui-même retournant derrière. Il prenait de l’âge, il le sentait dans ses mouvements moins précis, plus compliqués, et ce fut avec une grimace qu’il se rassit dans son fauteuil. Peut-être que, finalement, cet attentat avait laissé plus de traces qu’il ne le pensait de prime abord. Comme chacun savait, l’esprit contrôle le corps, et sa sensation d’impuissance au moment de l’attaque se répercutait désormais dans ses actions et dans ses membres. Il se faisait plus prudent, moins volubile, prenant encore plus le temps de la réflexion, ce qui pouvait être considéré comme un exploit compte tenu de la politique qu’il avait menée à l’époque sur Raxus, faite d’inaction totale et de maintien des forces.
-Avant toute chose, je vous remercie de votre action rapide, Sergent Venkhor. Je vous en suis réellement reconnaissant, peu m’importe que cela soit votre mission ou non. Vous avez fait preuve d’un certain talent pour celle-ci.
Il récupéra un petit datapad qu’il consulta un moment. Bien sûr, il avait eu ses renseignements. Danlun, Zekk, et toutes les forces de Cato avaient été sommées de coopérer, sous peine d’installer un état d’urgence et de faire intervenir ni plus, ni moins, que la légion Amber. Lui-même ne voulait pas de ces fous sur la planète, mais il fallait répondre parfois au mal par le mal. Les résultats d’Arnon parleraient d’eux-même et imposeraient, ou non, la force armée sur Cato.
-Je ne peux que regretter le décès de madame Nocturna, évidemment. Cet événement tragique ne restera bien sûr pas impuni et je souhaite bien sûr que justice soit rendue. Mais pour cela, j’ai besoin de savoir ce que vous avez trouvé, puis ce que vous en pensez.
Il se garderait bien de donner son avis sur sa rencontre avec Kalnietis, ce Defel qui était aussi gênant qu’utile, pour l’heure, et savait parfaitement comment garder le statut quo. C’était une plaie, une écharde dans le pied de Cato, mais pour l’heure, il devrait fonctionner avec lui.Atréïs -
Post n°26
Auteur : Arnon VeralDae’Mid était égal à lui-même : parfaitement maître de sa communication et de ses mouvements. Son salut abâtardi était à l’image des fonctions cumulées au cours de toutes ces années au service de la Confédération : mi-militaire, mi-politique. Comme si Dae’Mid ne savait réellement où se placer où s’il se trouvait dans la zone intermédiaire. Le vieux Préfet avait toujours su naviguer, se positionnant comme un édile raisonnable. Il y avait fort à parier qu’il ne cautionnerait pas mes actions mais qu’au fond, il en louerait les bienfaits. Cette ambiguïté l’avait déjà caractérisé sur Raxus Secundus où il avait constamment fait feu de tout bois. Le Gossam était trop intelligent pour se mouiller mais pas suffisamment naïf pour entraver des actions coups de poing. C’était dans cette apparente modération toute politique qu’il jouait avec les codes de la CSI. Fustigeant l’administration centrale avec le peuple et les autorités locales, promettant de combattre les récalcitrants avec les dirigeants Confédérés. C’était une position confortable, mais lui et moi appartenions à des mondes différents. Je n’étais que les petites mains, un rouage d’un système. Ma seule préoccupation était que le travail soit fait et que les moutons soient gardés. Nous avions besoin l’un de l’autre sans pour autant nous comprendre. Dae’Mid ferait le ménage, il s’occuperait des communications officielles et enluminerait l’action qui avait été menée. Sans doute avait-il déjà les informations sans en avoir les détails. Les détails, c’était à moi de les filtrer, occulter certains qu’il ne voudrait pas connaître et lui en donner d’autres qui donneraient le beau rôle à la Préfecture. Après tout, c’était de bonne guerre, je n’étais qu’un fantôme, une ombre sans existence véritable. On avait envoyé le DSP pour rattraper la situation, ultime tentative avant que la Légion Amber ou je ne savais quelle unité de choc ne vienne nettoyer ce merdier à sa manière. Dae’Mid avait encore des cartes à jouer et il le savait, il voulait sans doute que la Préfecture soit vue comme celle qui avait su réagir et prendre les bonnes mesures : pondérées et acceptables par la population. Si les terroristes étaient arrêtés, cela rassurerait des citoyens déjà très inquiets de ces manquements à la sécurité. Les journaux à scandales et contestataires faisaient d’ailleurs déjà leurs choux gras de l’affaire, fustigeant la mollesse d’une Confédération engluée dans sa bureaucratie…S’ils savaient. Ces journalistes démontraient qu’ils n’avaient en réalité aucune idée de ce qui se passait dans les bureaux Confédérés. La CSI n’envoyait pas les « hommes en gris » comme avait pu le faire l’Empire Sith, elle préférait envoyer des ombres. Ceux qui, comme moi, n’étaient qu’une souffle, une brise qui happait les branches qui s’étaient séparées de l’arbre Confédéré. Bien sûr, pour la plupart des gens, cela n’était qu’un hasard, la plupart ne voyaient là qu’une coïncidence et continueraient de protester contre les nouvelles réformes centrales…Mais au fond, le contrat social serait respecté et la sécurité rétablie. Tel était la manière dont j’interprétais la pensée des gens comme Dae’Mid…Pourtant sans être capable d’en faire l’exégèse véritable.
Les questions du Préfet -pourtant ouvertes et générales- appelaient des réponses précises. J’ignorais l’utilisation qu’il ferait des éléments que je lui donnerais, mais après tout ce n’était plus mon affaire. Toujours dans une posture très martiale, je repris d’une voix claire.
-Comme je vous l’ai dit, nous avons attrapé deux hommes. J’ai interrogé l’un d’entre eux, Alec Sater, aucun antécédent connu. Cet homme n’est pas un activiste politique ni un rebelle, juste un travailleur qui a été un citoyen modèle jusqu’alors. L’autre suspect a exactement le même profil. Sater s’en est pris à nous lorsque nous étions en train d’interroger un potentiel témoin, il était armé et avec plusieurs autres tireurs qui s’en sont pris aux deux agents qui étaient avec moi : Danlun et Zekk. La mission aurait pu avoir une issue funeste si ces gens avaient été entraînés, ce n’était pas le cas…
Je m’éclaircis la voix, les relents âcres tabagiques envahirent ma bouche…Je devrais m’atteler à arrêter de fumer. Me focalisant sur mon propos, je le laissais infuser afin que Dae’Mid puisse en prendre toute la mesure. Je tentais de donner une cohérence à tous les évènements que j’avais.
-Sater n’a pas vraiment résisté lors de l’interrogatoire, ce qui montre une fois de plus qu’il n’était pas préparé. Il a évoqué son opposition au système Confédéré et sa participation à des réunions d’un groupe qui se fait appeler la « Légion ». Si l’interrogatoire n’est pas terminé, il y a fort à parier qu’il dit la vérité lorsqu’il prétend qu’il n’a rencontré ces derniers que lors de réunions anonymes. Ils ont sans doute décelé la fragilité chez lui et l’ont envoyé pour s’en prendre à nous…
Je laissais ma phrase mourir dans l’acoustique presque parfaite du bureau de Dae’Mid. L’atmosphère feutrée et distinguée de son salon personnel contrastait avec l’ambiance sale et délabrée des barres d’immeubles en périphérie de la ville. Cato Neimoidia était l’allégorie de la CSI, il y avait ceux qui réussissaient et ceux qui n’étaient rien. Certains, suffisamment chanceux ou opportunistes pour prendre le train Confédéré en marche et d’autres laissés sur le bord de la route. J’aurais menti si j’avais dit que je ne faisais pas partie des gagnants de ce système, AgroChrome avait engagé sa mutation et bâti sa fortune sur la communication impossible entre la réglementation locale et la réglementation centrale Confédérée. Ceux qui faisaient appel à nos services payaient en réalité une sorte de taxe pour exister dans le système de la CSI. En œuvrant pour le DSP, je ne faisais que maintenir le système, mais je n’en avais cure, après tout je n’avais jamais été un idéologue. Que je porte l’uniforme gris du BSI ou le brun du DSP, seule la crèmerie changeait mais j’étais de ceux qui pensaient que tout cela n’était qu’une mascarade. Les grands principes dont nous nous drapions n’étaient là que pour rendre des actions plus acceptables. La Sous-Préfète Leiel Osso était la cristallisation de ce concept, prônant un changement permanent au nom du progrès, elle alliait la chèvre et le chou, tout en s’assurant qu’elle dégusterait la soupe et récolterait le lait de l’animal…Elle serait la seule gagnante de ce système. Pouvions-nous lui en vouloir ? Au fond, tout cela n’était que la conséquence de l’aspect tentaculaire d’une CSI qui avait su perdurer. Alors que la Confédération était balbutiante, les idéologues de la première heure avaient voulu garantir un système juste qui conserve la souveraineté de chaque monde. Qu’en était-il aujourd’hui ? Sater avait raison sur un point, le système n’était pas juste, il s’était contredit et avait trahi ses fondateurs. Mais n’était-ce pas là la marque des sociétés humaines ? Voilà que je devenais philosophe…
-Mon opinion sur ces évènements est qu’en effet la « Légion » n’est qu’un énième groupuscule qui complote dans l’ombre. Son succès n’est dû qu’aux vagues croissantes de contestations contre la centralisation et la bureaucratie de la CSI. Notre chance est qu’ils recrutent parmi les désœuvrés et que ces derniers n’ont pas de formation opérationnelle ni les compétences nécessaires pour réussir pleinement leur mission. Je pense que pour l’instant, les actions de ce groupe ne sont qu’à l’état embryonnaire.
Et c’était vrai, leur succès n’était qu’en demi-teinte. L’attentat de Dae’Mid n’avait pas réussi et deux complices avaient été attrapés. Si l’attentat avait fait souffler un vent de terreur au sein de la Préfecture et fait éclater au grand jour une certaine contestation, la CSI avait prouvé qu’elle pouvait encore montrer les dents et même mordre. Au fond, c’était quand même une victoire Confédérée puisque le pouvoir central allait pouvoir utiliser les arrestations à son crédit... Faisant de cela un exemple pour les éventuels contestataires. Ceux qui voudraient rejoindre la Légion pour une action y réfléchiraient à deux fois. Qu’importait si les deux prisonniers n’étaient que des sbires sans aucune connaissance ni implication dans les desseins de la Légion, ce qui comptait, c’était l’image. Dae’Mid était un vieux renard, bien trop malin pour laisser passer pareille occasion d’asseoir son pouvoir et de montrer qu’il était un bon élève au sein de la CSI. Cela le regardait.
-Mon analyse est qu’il y a quand même une base au sein de la Légion qui dispose d’un entraînement voire d’une formation idéologique et politique. La tentative d’assassinat contre votre personne a fait appel à des compétences techniques très poussées et l’attaque contre nos services demandait des renseignements. Cela veut dire que les commanditaires connaissaient les algorithmes de nos droïdes de combat mais également mon nom et ma localisation. Il y a donc forcément des gens plus aguerris qui travaillent avec la Légion. La véritable question est selon moi de savoir s’il s’agit d’un petit conventicule d’initiés qui manipulent les autres ou s’il y a une ingérence extérieure qui utiliserait la Légion pour ses propres desseins. Pour l’instant, il est impossible de savoir mais l’enquête nous le dira sans doute. De toute évidence, l’arrestation des deux suspects devrait calmer les ardeurs des candidats à rejoindre cette organisation. Je n’exclue pas non plus qu’ils aient des membres dans nos rangs, ici à la Préfecture. Tous les détails se trouveront dans mes rapports, je les terminerai au plus vite pour vous les envoyer.
Totale coopération avec Dae’Mid. J’avais procédé à plusieurs niveaux, comme mon esprit analytique avait été entraîné à le faire : les faits, une analyse plus personnelle et les perspectives. Il était libre à Dae’Mid d’interpréter à sa manière mais je suspectais qu’il préférerait ne pas trop mettre l’accent sur l’intervention de puissances ennemies (ou prétendument alliées). Beaucoup de gens avaient été très choqués par la guerre qui avait déchiré la galaxie plus de sept ans auparavant, il fallait donc maintenir l’illusion que la CSI protégeait les gens d’un nouveau conflit terrible. C’était pour cela que le citoyen moyen acceptait toutes les nouvelles directives après tout : car la CSI était l’unique bouclier contre la guerre. Droit comme un « i », j’attendais désormais les instructions de Dae’Mid, les deux suspects seraient à la disposition de la Préfecture pour la suite des interrogatoires. Je menais cette affaire comme j’avais mené toutes les autres jadis : non sans cynisme.
Dix ans auparavant, bordure extérieure: Deux Cents Grammes de Riz.
Assis bien confortablement dans mon siège, je profitais du spectacle dans l’obscurité. La longue complainte d’un duo entre une chanteuse et un chanteur relatait je ne savais quelle aventure d’un panthéon mythologique ancestral. La troupe de danseuses mimait chaque étape et scénette, frappant du pied au rythme des percussions et de la flûte. Chaque couplet se terminait par un mudra ou une posture de dévotion envers des divinités oubliées depuis longtemps. Portant mon plus bel uniforme de gabardine fait sur mesure dans les rues miséreuses de la ville, j’applaudissais à chaque fin de danse. Dans la salle, il n’y avait que des Impériaux, les uniformes s’étaient substitués aux locaux à mesure que le monde avait été envahi. Paradoxalement, si tambourins et instruments à vent vantaient les mérites du peuple autochtone dans une langue sibylline, ces danseuses et les musiciens savaient qu’ils avaient face à eux des envahisseurs. Bientôt, il ne subsisterait plus rien de cette culture qui serait totalement écrasée sous la botte Impériale. J’avais, au fil des années, ramené de nombreux souvenirs de mes missions : statuettes, étoffes de luxe, services de porcelaine aux dorures éclatantes. J’étais pourtant très lucide quant à nos missions au sein de l’Empire Sith. Si ces manifestations culturelles m’intéressaient réellement, j’avais conscience qu’elles étaient vécues pour mes collègues comme des divertissements auxquels nous avions accès uniquement parce que les circonstances me permettaient. Nous servions un pouvoir parasite, asservissant les économies ennemies dès qu’un monde était vaincu. Nos armées étaient victorieuses un peu partout et nous profitions de cet état de grâce qui ne durerait pas et commencerait à changer six mois plus tard avec nos premiers revers.
Saisissant quelques graines grillées et salées, j’écoutais la fin du spectacle avec attention. J’avais beaucoup lu sur les coutumes locales, comme à chaque fois que je prenais un nouveau poste, je m’émerveillais sur la mythologie fournie et les coutumes des autochtones. Ainsi était la grande tragédie de la situation : nous avions conquis ce monde, comme bien d’autres, et nous imposerions aux peuples d’adopter nos us et coutumes. Bientôt, un gouverneur Impérial viendrait structurer son administration et alors, des bureaux de recrutement seraient implantés sur la planète. Les élites locales seraient corrompues et feraient des entorses à leurs préceptes millénaires. Au fond, nous nous en moquions, comme je l’ai déjà développé dans d’autres histoires, nous n’avions pas le temps pour le compromis. Convaincus de la supériorité de notre nouvel ordre, encouragés par nos victoires militaires, nous méprisions ceux que nous arrivions à soumettre. Après tout, s’ils avaient été vaincus, c’était parce qu’ils étaient faibles. A l’instar de la scène qui se jouait où un dieu combattait le tigre, le vainqueur était le plus fort. Si dans la scène mythologique le félin finissait par entendre raison et atteindre la complétude pour rejoindre la sagesse du dieu Kendrah, dans la réalité actuelle le tigre Impérial avait gagné. Nous avions embrassé le progrès technologique, nous nous étions libérés des breloques ancestrales, nous avions tué nos dieux depuis longtemps au profit d’un matérialisme sourd et criant.
On vint à ma rencontre, un jeune intendant qui murmura quelques mots à mon oreille. C’était le moment. J’acquiesçais et me levais, suivant mon subordonné dans les coursives. Une fois de plus, les tonnerres d’applaudissements résonnaient dans les couloirs obscurs du temple plusieurs fois centenaire maintenant transformé en scène pour les nouveaux vainqueurs. Nous arrivâmes à l’extérieur sur la petite place du village. Des stormtroopers et plusieurs officiers Impériaux attendaient. Un jeune Lieutenant bien sanglé dans un uniforme de la même qualité que la mienne me fit un salut martial. Ma solde n’aurait jamais permis de me faire tailler un ensemble de cette qualité, mais ici, nous étions les nouveaux rois et la main d’œuvre ne valait rien. Ma tunique finement cintrée, les coquetteries du grade brodé en cannetille colorée, ma casquette faite par un chapelier, ma culotte d’équitation de luxe, mon ceinturon à boucle en argent massif et mes bottes de cuir étaient le reflet d’une économie parasitaire que nous soutenions tous tacitement. Le Lieutenant était dans le même état d’esprit que moi et j’avais la veille dérobé des chemises de soie utilisées pour les cérémonies religieuses à un noble local. Je les portais de manière provocante comme un sous-vêtement sous mon uniforme, sacrilège ultime.
Les travailleurs avaient été rassemblés sur la place. Les visages étaient brunis par la crasse et le soleil, les dents sales et gâtées. La misère s’était répandue sur ce peuple autrefois fier et prospère. Portant un morceau d’étoffe au niveau de mon nez, je désignais de ma main gantée en daim toute cette masse criarde et informe.
-Qu’est-ce que c’est que ça ?
Le Lieutenant parut hésiter, il semblait ne pas trop savoir quoi dire. Il ouvrit la bouche plusieurs fois, mais les paroles moururent dans sa gorge, on aurait dit un poisson qu’on avait sorti de l’eau, son visage joufflu et poupin rajoutait à cette impression. Il finit par hausser les épaules et me répondre.
-Nous avons fait l’appel, comme vous l’aviez demandé, Capitaine. Ce sont ceux qui ont se sont présentés volontairement. Nous attendons maintenant vos instructions.
Le Lieutenant avait agi habilement, comme tous ceux qui nous aidaient sur les mondes nouvellement conquis : aucune trace écrite de son implication dans nos actions. Cela arrangeait bien le BSI et j’avais moi aussi mes instructions. J’observais à nouveau la foule puante, des enfants gambadaient entre les jambes des adultes. Des femmes portaient des robes bouffantes aux couleurs bariolées et les hommes des tuniques aux couleurs chatoyantes. Tous semblaient abasourdis, certains inquiets observaient du coin de l’œil les armures blanches immobiles, qui les observaient, armes à la main. J’avais fait émettre un appel dans la campagne, nous organisions une vaste opération de recensement et ceux qui seraient recensés pourraient aller travailler. Les population miséreuses dont les récoltes avaient été réquisitionnées pour l’effort de guerre avaient répondu favorablement. Contrairement à d’autres mondes où nous prenions grand soin de rendre les choses crédibles, ici je n’avais fait aucun effort, pas de table, pas de fonctionnaires impériaux, juste les stormtroopers. Nous n’avions pas le temps, l’administration Impériale m’avait demandé des travailleurs, ils auraient des travailleurs.
-Que voulez-vous que je fasse avec ces gens ? La moitié semble malade, l’autre mal nourrie, je passe sur les enfants.
L’intendant qui m’avait suivi semblait de mon avis. Il m’indiqua qu’on ne pourrait pas envoyer ces populations nauséabondes dans d’autres mondes Impériaux et j’acquiesçais. L’intendant était la personnification de la volonté de l’administration Impériale…S’il avait un grade inférieur au mien, il avait le dernier mot. Le Lieutenant -dont ça semblait être la marque de fabrique- haussa à nouveau les épaule en ajoutant :
-On peut trier les femmes et les enfants si vous le souhaitez et garder seulement les hommes.
Sortant une cigarette de mon étui, j’en proposais une à l’intendant qui la refusa et au Lieutenant qui l’accepta. J’allumais la cigarette et celle du Lieutenant alors que les vapeurs nicotiniques envahissaient mon cortex limbique. Recrachant une volute, je me grattais le front en me tournant finalement vers le Lieutenant.
-Non, ça ne sera pas la peine, Lieutenant. Ils tiendront le temps qu'ils tiendront. Embarquez les tous, on va les rediriger vers les usines locales. La réglementation planétaire ne dit rien sur le travail des mineurs et d’autres chaînes de production seront bientôt implantées. Je m’arrangerai avec les responsables autochtones, réduisez les rations de riz à deux cents grammes et réduisez également le salaire de moitié. Nous ne prendrons pas de gant avec ces sauvages, la note de mes supérieurs est très claire, nous avons la feuille de route de la production de canons pour ce monde dans six mois.
La planification Impériale n’attendait pas. Nous n’avions pas le temps, pétris d’orgueil et convaincus de notre propre supériorité. C’était la course aux objectifs et il y avait des opportunités à saisir dans ces mondes périphériques qui avaient échappé pendant longtemps aux exigences Impériales. Je contemplais les populations autochtones qui obtempéraient en montant dans les véhicules, la tête baissée et le visage morne. Derrière moi, des véhicules chargés à ras-bord de denrées de luxe et de matériaux capturés filaient dans le sens inverse. Les fanions, les bannières et les drapeaux Impériaux flottaient jusque sur le temple millénaire. En aspirant une nouvelle goulée de fumée, j’eus une pensée, j’en étais certains, je n’atteindrais pas la complétude divine, il n’y aurait pas d’apothéose pour nous. En réponse à sa défaite, le dieu Kendrah recevrait comme les autres deux cents grammes de riz, un crédit colonial et deux coups de triques pour travailler plus vite. Cette pensée m’amusait autant qu’elle me déprimait, nous avions tué les dieux de cette peuplade pour les remplacer par un nouveau paradigme. J’en étais désormais convaincu, ce n’était ni un dieu, ni un tigre qui m’accueillerait pour me juger, à la fin de ma vie, mon esprit se dissoudrait dans le Néant. Au fond, cela n’avait que peu d’importance, l’Empire Sith avait renversé la table et nous œuvrions pour des principes qui nous dépassaient tous. Nous avions de toute façon gommé toute individualité dans la nouvelle société que nous imposions…Tout du moins était-ce ce que nous voulions faire croire. J’observais maintenant les véhicules s’éloigner au loin, ces gens allaient à une vie misérable, mais ils n’étaient qu’une petite partie de tous ceux que j’avais versé dans l’économie de guerre Impériale. Si cela aurait pu paraître moralement inacceptable, seule la victoire comptait, c’était ainsi que nous réservions nos sentiments pour les temps de prospérité. Allumant une nouvelle cigarette, je contemplais le drapeau Impérial qui flottait au sommet du temple, c’était lourd en symboles, les dieux de ce peuple ne leur étaient pas venu en aide, il n’y aurait pas de délivrance, pas d’absolution, pas de libération…N’était-ce pas là la preuve de notre supériorité et du bienfondé de nos actions après tout ? -
Post n°27
Auteur : Super PNJLe préfet Gossam semblait, pour un œil non-aguerri, parfaitement passif à cet instant, les yeux mi-clos, les mains croisées devant lui avec l’air empreint d’une mélancolie lasse qui pourrait très bien refléter un esprit bien peu alerte à cet instant. Mais il n’en était rien dans les faits, il décortiquait mot après mot l’analyse de l’esprit affûté d’Arnon Veral. Il arrivait à des conclusions on ne peut plus classiques, mais qui avaient le mérite d’exister. L’attentat dont il avait été victime était finalement tristement classique dans l’histoire de la Galaxie. Ce qui l’était moins, c’était les conséquences, les différentes attaques menées contre les gens de la Préfecture. Ils n’avaient pas hésité à tuer ni à envoyer des sbires à l’encontre des survivants.
-Je dois admettre être quelque peu déstabilisé par vos réponses, Sergent Venkhor. Bien que j’y adhère, je dois admettre qu’il est rare que nous trouvions dans un même groupe autant de professionnalisme que d’amateurisme. Avez-vous envisagé qu’il puisse s’agir de deux événements distincts et dus à des coïncidences ? Après tout, vous avez fait un peu de remous sur la planète avec votre enquête…
Il n’y avait pas trace de reproches dans la voix de Dae’mid, il évoquait simplement les faits tels qu’il les voyait. Arnon Veral avait fait preuve d’efficacité et surtout, qualité appréciable, de rapidité. Deux jours à peine avaient suffit à obtenir des résultats, et à mettre la Préfecture sur les rails.
-En tous les cas, Sergent, votre aide et vos analyses seront dûment analysées par les services de la Préfecture, en collaboration avec le DSP, bien entendu. Il va de soit que je vanterai vos mérites à qui de droit, mais je crois qu’il est temps pour vous de tourner la page de cette sinistre affaire, à moins que vous ne souhaitiez absolument continuer. Comme vous l’avez dit vous-même, nous n’avons aucune idée de l’étendue de cette entité que vous nommez Légion, et à moins que vous ayez une piste crédible à vous mettre sous la dent, je serais bien sot de vous retenir.
Il passa une main sur son menton, tranquillement, observant la réaction du militaire qui n’avait pas pris la peine de s’asseoir malgré son invitation. Sa réticence à faire fi des convenances était à mettre à son honneur, mais le politicien ne pouvait s’empêcher d’y voir là une marque de défiance, de distance qu’il installait entre eux, consciemment ou non, comme pour indiquer qu’il était conscient du rapport de forces. Pour l’heure, DSP et Préfecture collaboraient, à sa demande expresse, mais il savait très bien que les militaires avaient la mainmise sur la CSI. Un mot déplacé de sa part pouvait le faire démettre suite à une enquête lourde et abrutissante. Il suffisait qu’assez d’éléments soient donnés par Venkhor.
-De deux choses l’une, Sergent. Soit vous restez avec nous, et je serai heureux de cela, pour continuer votre enquête, soit vous nous laissez faire à partir de maintenant. Vous serez bien sûr mis au courant des diverses évolutions de l’enquête, mais je dois admettre que je suspecte un ralentissement des activités de Légion suite à votre présence. A mon humble avis, votre travail seul suffit à les tenir en retrait, pour l’heure.
A nouveau, il le regarda dans les yeux et se redressa pour mieux regarder le visage scarifié d’Arnon, faisant le tour de son bureau. Familièrement, comme on s’adresse à un vieil ami, ou à un fils, il posa la main sur l’épaulette de l’uniforme avec un petit sourire.
-Je vois dans vos yeux que vous êtes chamboulé. C’est tout naturel, et je me dis que vous avez bien besoin de repos. Je vous conseille de le prendre quand vous le pouvez, parole de vieux routard. Mais c’est votre décision.Spoiler : Spoiler
Atréïs -
Post n°28
Auteur : Arnon VeralDae’Mid était égal à lui-même, il n’avait pas changé après toutes ces années. S’il demeurait maître de ses émotions, il y avait quand même un certain soulagement sur le fait d’avoir des résultats aussi rapidement. Les équipes de communication feraient le reste, la CSI ne pouvait pas laisser des terroristes dans la nature et le coup de filet qui avait été mené chez cette Légion montrerait que la Confédération était capable de répondre efficacement à une attaque. Si des puissances extérieures étaient à la manœuvre, elles verraient que la tâches ne serait pas aisée. Je me réjouissais de cela puisque ma mission était accomplie, elle ne réglait pas définitivement le problème mais pouvait cependant me permettre de justifier les choses par rapport à mes supérieurs.
-C’est peu probable monsieur le Préfet, selon moi les deux évènements sont intrinsèquement liés. Je pense cependant que la Légion a plusieurs niveaux décisionnels et que les chefs sont peut-être connectés à d’autres entités. Il est trop tôt pour avoir des réponses tranchées, l’enquête nous le dira à l’avenir.
C’était le fond de ma pensée. Leurs chefs devaient avoir été chamboulés par les évènements et surtout la réponse rapide de la CSI. Si Dae’Mid était vu comme un politicien consensuel, l’arrivée d’enquêteurs extérieurs mettrait en garde les ennemis de la CSI, elle leur ferait comprendre que même si le système Confédéré s’étendait sur des systèmes immenses, qu’il y avait une administration tentaculaire, le « système immunitaire » de la CSI avait su répondre très efficacement à l’agression extérieure. Le Préfet me proposa ensuite plusieurs options, pour finalement terminer par une main amicale sur mon épaule et un conseil. Dae’Mid avait toujours eu ce charisme, ce magnétisme qui le rendait à la fois sympathique et respectable. C’était quelque chose que je n’avais jamais su expliquer, pourtant déjà lorsqu’il était sur Raxus Secundus, le Gossam avait toujours su naviguer et convaincre. Il savait négocier et imposer en douceur. Si j’avais toute ma vie nourri une méfiance cru envers les aliens, je ne pouvais que m’incliner devant l’intelligence de ce « vieux hibou » de Dae’Mid comme l’appelaient certains du temps où nous travaillions avec son administration. Je ne m’étais jamais permis de telles grossièreté à son égard car il était une des rares personnalités politiques que j’avais toujours respecté. Nous n’avions pas toujours été d’accord, nous avions même été opposés dans les délégations, mais je respectais son intelligence. Je soutenais son regard, droit dans les yeux, hochant lentement la tête. Je marquais mon approbation à ses propos et ses conseils.
-Très bien, dans ce cas, je me dois à mon tour de vous remercier pour votre aide. Je vais laisser les autorités locales gérer la suite de l’enquête, mais je resterai disponible afin d’intervenir si mon aide est nécessaire. Je vous laisse mes coordonnées afin que vous puissiez me contacter directement si vous le désirez et que vous avez besoin de mon aide. Je rédigerai un rapport à mes supérieurs afin de relater les évènements qui se sont produits ici et le déroulement de la mission. Je ne manquerai pas de souligner la bonne volonté de vos services et de vous-mêmes. Je vous enverrai mon rapport à titre confidentiel et officieux afin que vous puissiez le valider et l’éditer si vous le souhaitez.
Ceci n’était pas nécessaire, mais ça se faisait. Je montrais ainsi à Dae’Mid que je n’étais pas son ennemi et je comptais sur cette délicatesse pour qu’il comprenne que j’étais de son côté. Après tout, cette affaire était mauvaise pour tout le monde et nous avions tous intérêt à ce que les coupables soient arrêtés. Il était cependant temps pour moi de rentrer sur Raxus Secundus, j’avais beau avoir été absent seulement deux jours, il me fallait retourner à AgroChrome pour justifier de ma présence et surtout écrire mon rapport. Mes employés avaient été très choqués par l’annonce de ma disparition et ils craignaient encore de voir l’entreprise couler si je ne revenais pas. J’étais en train de faire le nécessaire pour éviter que le fruit de mon travail ne tombe dans les mains de la Préfecture s’il m’arrivait quelque chose.
La prochaine étape serait de négocier avec Calnietis et de lui proposer une somme pour rentrer avec Cynn. Pour l’heure, je devais quitter la préfecture, reculant d’un pas, j’effectuais un salut militaire à Dae’Mid pour finalement lui serrer la main de manière un peu moins formelle. Je disparus en tournant les talons.
Dix ans auparavant, bordure extérieure,
La veille, j’avais été convoqué par Rec qui n’était pas dans son assiette. Depuis le début de la mission sur ce monde maudit, ce dernier se contentait de disparaître pour rencontrer des responsables locaux et leur promettre monts et merveilles. Sa stratégie était toujours la même : il leur faisait miroiter des opportunités en termes de liberté, de carrière ou tout simplement de main d’œuvre pour les industriels. Pour cela, ils devaient pactiser avec le diable et prêter allégeance à l’Empire Sith, le problème de tous ces arrangements était de me mettre dans une situation délicate. Je devais parfois lui céder une partie des denrées et du matériel capturé, voire des travailleurs, pour lui permettre d’avoir quelque chose à échanger. Quelques jours auparavant, alors qu’il sortait d’un rendez-vous non-officiel avec une femme d’un dirigeant, nous avions eu une violente dispute à ce sujet. Je ne pouvais pas prendre en charge son travail sans avoir aucune visibilité. Alors que les autorités Impérialo-Siths étaient généralement complaisante à l’égard des magouilles de Rec, le département de l’Economie et des Affaires Economiques et Industrielles du BSI me mettait de plus en plus de pression, augmentant mes objectifs. Le département de Surveillance auquel appartenait Rec au contraire, encourageait les interactions avec les populations locales. Nous recevions donc des objectifs contradictoires et personne ne savait vraiment que faire. Les responsables locaux des forces armées étaient focalisés sur la prise des régions qui étaient encore aux mains des autochtones et ne voulaient surtout pas être mouillés dans nos actions. L’intendant n’avait pas vraiment d’avis quant à la marche à suivre et les réunions se terminaient souvent en éclats de voix entre Rec et moi, ce dernier faisant valoir son grade plus important que le mien et moi faisant valoir les nécessités économiques. En effet, l’Empire Sith était entré dans une autre phase, la guerre s’était radicalisé et devenait coûteuse en hommes et en matériel. Nous n’étions plus simplement face à des barbares disposant d’armées sous-équipées. Les puissances galactiques étaient contre nous et les « opérations de maintien de l’ordre public » ou de « pacification » étaient devenues des opérations militaires. Même la propagande n’osait plus nier la guerre totale et terrible que menait l’Empire sur plusieurs fronts…Mais nous étions encore en train de gagner, à cet instant ignorant que c’était le point de bascule.
Nous avions reçu une lettre quelques jours auparavant, ou plutôt une note. Les autorités Impériales nous envoyaient un autre agent avec son équipe pour nous prêter main-forte et poursuivre ses propres objectifs. On nous ordonnait une pleine collaboration. Bien évidemment, Rec et moi avions été très nerveux face à cette annonce, cela voulait dire que nous allions potentiellement être surveillés, ces lettres étaient sibylline. Si Rec avait été inquiet pendant à peu près vingt-quatre heures (un record…), il avait rapidement repris ses activités : bitures, rendez-vous avec les locaux (et surtout les femmes) et d’autres activités que je préférais ignorer. Il appelait cela se fondre dans la masse, j’en venais à espérer que la masse ne fut pas comme lui. La veille de l’arrivée de notre collègue dont nous ignorons encore jusqu’à la branche à laquelle il appartenait, Rec avait décidé de rejoindre une sorte de cabaret où il avait joué toute la nuit aux cartes avec un Lieutenant-Colonel en poste sur la planète, l’alcool avait coulé à flot et Rec avait fini par aller se coucher à quatre pattes. C’est un officier d’ordonnance du Lieutenant-Colonel qui l’excusa le matin alors que j’étais en train de me raser pour me rendre au rendez-vous. Au fond, rien de bien surprenant à cela, je me réjouissais cependant que Rec ne vienne pas…J’étais toujours très préoccupé par ce qu’on nous envoyait. Je craignais le D2I, que notre chance ait tourné. Malheureusement, impossible de savoir, j’avais donc reçu l’ordre de me rendre dans un café non loin de la caserne, drôle d’endroit pour un rendez-vous professionnel avec quelqu’un qui pourrait m’envoyer à la potence. Je m’étais donc préparé, rasé de près, revêtant mon uniforme de service, celui que j’avais reçu à mon incorporation et qui était purement règlementaire, pour éviter de donner l’impression d’un profiteur de guerre…Après tout, je ne savais pas à qui j’allais avoir affaire. Commandant une pâtisserie et un café, j’attendis en terrasse. La situation m’agaçait, je n’étais pas heureux de devoir potentiellement rendre des comptes. Allumant une cigarette pour me calmer, j’ouvris les rapports de la situation militaire du jour sur mon datapad pour patienter. Sans réelle surprise, nos armées étaient en train d’écraser ce qui restait du camp adverse. Pas de surprise quant au fait que notre armée lamine cette bande de sauvages dégénérés.
Alors que j’étais encore en train de lire et que j’écrasai le mégot de ma cigarette, on s’avança vers moi. Relevant le nez de mes lectures, je vis arriver une Zeltronne qui portait un tailleur de couleur grenat. Je ne m’attendais pas à voir des aliens dans le secteurs et pour être honnête, cela ne me manquait pas. Je m’adressais à elle avec pour simple apostrophe un mouvement de menton. La Zeltronne m’observa et me tendit la main. « Vous devez être le Capitaine Noas, je présume. » L’observant de haut en bas, je hochais lentement la tête. « Lieutenant-Colonel Ambre Cigella, BSI, nous avons rendez-vous. » Les paroles furent comme un électrochoc, elle ne portait pas son uniforme, ce n’était pas règlementaire, mais je ne m’attendais pas à voir débarquer quelqu’un de ce grade. Mon sang ne fit qu’un tour, je me levais, effectuais un salut et lui tendais la main avec un sourire.
-Veuillez m’excuser, je ne m’attendais pas à voir arriver quelqu’un en civil. Enchanté de faire votre connaissance. Je vous en prie, asseyez-vous.
Cigella s’assit face à moi, commandant un simple thé lorsque je lui faisais passer la carte. Je pouvais saisir son parfum de ma place, une fragrance relativement légère, mais sophistiquée. Son tailleur était de très bonne facture, probablement sur-mesure, indiquant le rang social de cette dernière. Elle était une bourgeoise à n’en pas douter et cela suffit à me convaincre d’être aimable avec elle, je ne voulais pas non plus froisser un officier supérieur. Je me contentais donc de lui sourire, portant un morceau de pâtisserie à la bouche. Lorsqu’on lui apporta son thé, la Zeltronne sortit son datapad et poursuivit.
-Autant gagner du temps et jouer franc-jeu avec vous, Capitaine, mon objectif n’est pas de vous faire perdre plus de temps. Un rapport a été écrit contre vous et votre camarade, le Commandant Ornaz. C’est allé assez loin, les huiles ne sont pas très satisfaites de vos actions. Le traitement des prisonniers que vous traitez a des conséquences négatives sur les négociations avec les pouvoirs locaux. Ils ont diligenté une enquête, et c’est en tant que cadre du département de Surveillance que je suis ici.
Ces paroles eurent l’effet d’un second électrochoc…Mais je m’y attendais et cela m’aida à masquer ma surprise. Je demeurais donc de marbre, sachant que si Cigella annonçait ses intentions, c’était que c’était moins grave que ce que nous craignons. Rec et moi avions eu des cas très difficiles à gérer, principalement dans les cas de prisonniers, des cas qui avaient demandé de prendre des décisions difficiles. J’avais toujours pensé qu’un jour ou l’autre, notre passé nous rattraperait, mais fort heureusement, cela ne serait pas ce jour-là. J’avais suffisamment préparé le terrain pour être un officier Impérial loyal et irréprochable : les rapports étaient rendus à temps et les procédures administratives respectées. C’était précisément parce que tout était consigné que Cigella avait pu avoir de la matière par rapport à la plainte reçue. Certains voient aujourd’hui l’Empire Sith comme une entité maléfique monolithique mais il n’en était rien, il y avait de nombreuses rivalités et la délation était partout. Rec et moi nous déplaçant dans toute la galaxie, les candidats pour nous dénoncer de manquaient pas : que ce soit un responsable local frustré d’un de nos arbitrages qui n’aurait pas été dans son sens ou un militaire rancunier parce que nous avions réquisitionné ses troupes. Impossible de savoir, mais le rapport devait être suffisamment fourni pour qu’on envoi cette Zeltronne. Gardant un calme olympien, je lui rendis son sourire, me conformant à l’hypocrisie qu’elle avait elle-même initié.
-Votre franchise vous honore, Lieutenant-Colonel, la situation ici est très complexe et vous comprendrez rapidement que nous devons parfois prendre des décisions difficiles. Bien évidemment, tous nos rapports sont à votre dispositions. Vous aurez aussi accès aux ordres que j’ai reçu, comme vous le savez, je dépends du Département des Affaires Economiques et Industrielles, pas du Département de Surveillance. Nous avons nos propres objectifs et pour les détails relatifs au Département de Surveillance, vous pourrez voir cela avec le Commandant Ornaz. Naturellement, je reste à votre entière disposition.
Je me fendais de mon plus beau sourire poli. Les services de l’Empire Sith étaient une poudrière et les guerres des chapelles étaient légion. Nous nous en étions toujours sortis ainsi, personne ne savait vraiment quoi faire dans le tumulte et le chaos de la guerre, aussi Rec et moi étions de vieux routards du vide juridique et du mille-feuille administratif. Rec la renverrait vers d’autres instances, probablement locales et elle s’épuiserait à savoir qui gérait quoi. La vérité était que personne ne savait vraiment que faire, les institutions donnaient de grandes lignes, des objectifs et les initiatives étaient encouragées pour remplir les objectifs. J’avais toujours eu des évaluations très favorables de ma hiérarchie et je ne comptais pas laisser la Zeltronne bloquer mon avancement ou ternir mon dossier. Elle acquiesça lentement.
-En effet, j’ai lu vos rapports. Ceux du Commandant Ornaz également, il y a de nombreuses similitudes…On pourrait presque croire que c’est vous qui les écrivez d’ailleurs. Enfin, c’est un autre débat. Toujours est-il que mes ordres et mes prérogatives sont claires, je vais remettre le BSI de cette planète dans le droit chemin. Vos rafles sont terminées, Capitaine Noas, nous allons laisser ces gens tranquilles le temps des négociations.
Je clignais des yeux plusieurs fois, comme si je voulais être sûr de bien avoir compris. En général, ma langue de velours suffisait à convaincre les ronds de cuir et les huiles. Mes rapports, bien ordonnés et synthétiques leur donnaient bonne conscience. Je maniais la langue de bois et l’euphémisme, permettant ainsi de rendre acceptable l’innommable. Nous ne pratiquions pas l’esclavagisme mais nous « réquisitionnions les forces locales pour l’effort de guerre ». Nous n’avions pas recours au parasitisme économique, nous « optimisions l’économie de guerre et remercions les peuples de soutenir une cause juste ». J’avais vu de nombreuses fois la propagande à l’œuvre et j’avais moi-même appris vite. C’était cela mon métier, j’organisais et j’empaquetais le résultat afin de permettre à nos dirigeants d’avoir les mains propres. Rec le savait, comme tout le monde, et malgré sa position au Département de Surveillance où il était censé à la fois me surveiller et m’assister, il était complice, comme tous les autres. Tout en terminant mon café, je désignais du doigt un autochtone qui passait par là. Il était sale, mal rasé et portait une épaisse moustache. Sa peau basanée par le soleil était recouverte d’une couche de crasse qui s’étendait aussi sur ses vêtements auréolés et rapiécés. L’homme passa devant nous et alla fouiller dans une poubelle.
-Ce que nous faisons ici, la population en bénéficie. Ces sauvages auront un travail honnête, accès à des infrastructures. Au fond, cela sera profitable à tout le monde…Et nous en avons besoin pour l’effort de guerre. Nous ne serons jamais capables de tenir les planifications imposées par l’Empire si nous arrêtons maintenant.
-Les choses ont changé, Capitaine Noas. Nous ne pouvons plus nous permettre de traiter les gens ainsi. Nous devons ménager les peuples dans les mondes annexés à l’Empire afin de faciliter les négociations avec les autorités locales. C’est pour cela que j’ai été envoyé ici, pour rattraper vos bêtises. Avez-vous lu Baxton, Capitaine Noas ?
Piqué au vif par tant de suffisance, je ne masquais plus mon agacement. « Oui, et alors ? » Baxton était un auteur assez populaire au sein du Cercle Ouvrier. Une littérature aujourd’hui interdite, même si on pouvait se le procurer facilement, je ne m’attendais pas à voir un officier impérial le citer. Cigella sourit de plus belle et ajouta : « Baxton pense que le productivisme strict est une illusion. Selon lui, le bien-être des ouvriers pousse à une meilleure entente avec les dirigeants. C’est pour cela qu’il prône un partage des richesses. Si je suis moins d’accord sur le partage des richesses, je pense qu’en effet le productivisme est une illusion et qu’on gagne plus par la coopération entre gens raisonnables et éclairés que par la coercition. » Cigella sourit de plus belle, mais moi je ne cachais plus mon agacement. Cette bonne femme -ou quoi qu’elle fut d’autre qu’humain d’ailleurs- allait être un caillou dans ma chaussure qui ne me permettrait pas de rentrer dans mes objectifs. Le Département des affaires Economiques et Industrielles ne changerait pas ses objectifs, précisément car notre armée avait un besoin croissant de matériel. Je balayais son propos du revers de la main, rétorquant : « Baxton était un idéaliste et vous semblez trop intelligente pour ne pas l’avoir compris. Il y a la théorie et il y a la réalité du terrain. Il parle d’un monde idéal rempli de gens raisonnables et éduqués, mais il n’explique pas comment on transforme ces animaux en citoyens éclairés et raisonnables…Ce que nous faisons ici servira le bien commun et sera un mieux pour ces gens qui auront accès au progrès. » J’avais désigné l’homme qui était encore en train de fouiller dans la poubelle, qui semblait ignorer jusqu’à la notion du progrès. Cigella saisit mon étui à cigarettes sans même me le demander, extrayant un des bâtonnets de nicotine alors que je lui tendais mon briquet. Elle sourit de nouveau, cette fois presque moqueuse. « Et c’est ce que vous êtes Capitaine ? ».
-Quoi donc ?
-Un partisan du progrès universel.
Je ne pus réprimer un sourire ironique, elle ne manquait pas d’esprit. J’avais vu défiler beaucoup d’officiels dans mes missions, mais il était rare d’avoir ce type de tempérament. Sans même m’efforcer à la contredire, je répétai les mouvements du Lieutenant qui m’avait assisté dans ma mission ici, je haussais les épaules en allumant une autre cigarette.
-Si je l’affirmais, vous peineriez à le croire. Je n’ai pas la prétention d’avoir la solution universelle, j’ai cependant un réel don pour trouver les solutions locales et immédiates…Et comme vous le verrez, on nous sommes loin de l’humanité fantasmée dans les textes de Paxton.
La Zeltronne ne put réprimer une sorte de ricanement qu’elle cessa immédiatement, comme si elle avait honte d’avoir succombé à mon trait d’esprit. Se reprenant immédiatement, elle jeta un coup d’œil au coin de la rue où plusieurs soldats étaient apparus, sans doute son escorte et son équipe. Elle me jeta un regard beaucoup plus sérieux cette fois.
-Je resterais volontiers bavarder avec vous Capitaine, mais on m’attend ailleurs. Nous nous verrons demain matin à sept heure, je veux visiter toutes les usines de production, j’évaluerai la situation et nous prendrons des discussions en conséquences. Dites au Commandant Ornaz d’être opérationnel cette fois-ci…Les écarts au règlement ne seront pas tolérés sous mon autorité.